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Chapitre 1

chapitre 1 reseaux electriques production energie electrique

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Chapitre 1

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LA PRODUCTION DE L’ENERGIE ELECTRIQUE


INTRODUCTION
Dans le monde, il existe différentes sources d’énergies permettant de répondre aux nombreuses demandes de la
population mondiale, qui elle, augmente de jours en jours. Ces demandes énergétiques concernent le transport, le
chauffage, la climatisation, l’industrie, etc.
L’électricité est un facteur essentiel au développement économique, dans tous les pays du monde. Son importance relative
s’accroit avec les progrès techniques, l’industrialisation et le besoin de confort moderne. L’augmentation de sa production
est synonyme de sa qualité de vie et de création de richesse. La production d’électricité ramenée au nombre d’habitants, est
donc un bon indicateur permettant de mesurer les écarts de développent entre les différentes régions du monde.
Il existe plusieurs technologies de production d’énergies électriques raccordées au réseau de distribution. Celles-ci diffèrent
cependant de leur puissance ou encore du type de l’énergie primaire utilisée (gaz naturel, hydrogène, diesel, énergies dites
renouvelables comme le soleil ou le vent, etc.). Ces technologies de production se différencient également par leur méthode
de raccordement au réseau. La production d'électricité est tout simplement une transformation d’énergie. L’usine qui
produit de l’électricité est appelé CENTRALE ELECTRIQUE.

1. DIFFERENTS TYPES DE PRODUCTION DE L’ENERGIE ELECTRIQUE

1.1 Production hydraulique

Dans ce type de production, on utilise, à la fois l’énergie cinétique due à la vitesse et l’énergie potentielle due à la pression
de l’eau pour entraîner une turbine. Un alternateur permet de transformer l’énergie mécanique (Rotation de la turbine) en
une énergie électrique. On classe les centrales hydrauliques en trois catégories :
Centrales de hautes chutes : Elles sont caractérisées par une forte hauteur de chute (H>200m). La turbine
utilisée est de type Pelton (voir Figure 1).
Centrales de moyenne chute : La hauteur de chute est comprise entre 30 et 200m. La turbine utilisée est de type
Francis (voir Figure 2).
Centrales de basse chute ou au fil de l’eau : Elles sont caractérisées par un débit très important mais avec une
faible hauteur de chute (H<30m). La turbine utilisée est de type Kaplan (voir Figure 3).

Figure 1 : Principe de fonctionnement d’une centrale hydraulique de haute chute

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Figure 2 : Principe de fonctionnement d’une centrale hydraulique de moyenne chute

Figure 3 : Principe de fonctionnement d’une centrale hydraulique de basse chute

Les Stations de Transfert d'Energie par Pompage (STEP) fonctionnent sur le principe du recyclage de l'eau par pompage :
Turbinage : l'alternateur produit de l'énergie électrique.
Pompage : la pompe consomme de l'énergie pour remonter l'eau d'un bassin inférieur à un bassin supérieur.

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Figure 4 : Principe d’une STEP


La STEP d’Afourer est un aménagement complémentaire au complexe hydroélectrique de l'Oued El Abid au Maroc qui
exploite l’énergie excédentaire dans le réseau pendant les heures creuses pour la stocker sous forme d’énergie potentielle de
l’eau dans un bassin supérieur, et turbiner cette eau vers un bassin inférieur pendant les heures de pointe. La capacité totale
est de 465 MW électriques.
La production hydroélectrique du Maroc a atteint 2,17 TWh en 2018. La puissance installée des centrales hydroélectriques
marocaines totalisait 1770 MW fin 2018. Le Maroc s'est donné l'objectif d'atteindre 2000 MW en 2031. Les centrales
principales dont dispose le Maroc : Bin-El Ouidane (135 MW), Alwahda (240MW), Allal Al Fassi (240MW), Almassira
(128MW), Idriss I (40MW).

1.2 Centrale thermique classique (ou à flamme)


La centrale thermique produit l’énergie électrique à partir de l’énergie calorifique obtenue en brûlant un
combustible (charbon, gaz, fuel).

Figure 5 : Principe d’une centrale thermique classique

La chaleur dégagée par le combustible permet de transformer l’eau en vapeur. Cette vapeur de haute pression se détend
dans les différentes branches de la turbine pour l’entraîner en rotation. L’alternateur couplé sur l’arbre de la turbine permet
de transformer l’énergie mécanique (rotation) en une énergie électrique.
A la sortie des turbines, la vapeur à très basse pression se condense pour se retrouver à l’état liquide dans le condenseur,
puis elle est injectée dans le réservoir du générateur de vapeur.

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1.3 Centrale thermique nucléaire


Une centrale nucléaire est une centrale thermique dans laquelle on a remplacé les brûleurs de combustible par une
fission nucléaire.
La fission nucléaire est une réaction nucléaire dans laquelle un noyau se sépare en deux fragments de masse voisine. Le
processus donne en général naissance à deux noyaux de masses moyennes et à un certain nombre de neutrons rapides
(c’est-à-dire d’énergie cinétique égale à quelques MeV) susceptibles de déclencher sur les noyaux voisins une réaction en
chaîne. Chaque fission libère une énergie de l’ordre de 100 MeV.

Figure 6 : Principe d’une centrale thermique nucléaire

1.4 Cogénération
La cogénération est la production simultanée de deux formes d’énergie différentes dans la même centrale.
Généralement, Elle permet de récupérer la chaleur produite par toute microcentrale électrique proche de bâtiments et
fonctionnant à haute température, qu'il s'agisse de centrales thermiques classiques ou de certains types de piles à
combustible. L’utilisation locale de la chaleur produite permet d'éviter une consommation supplémentaire d'énergie pour le
chauffage des bâtiments.
La cogénération est une
centrale thermique qui
produit électricité par le
couple turbine–alternateur
comme d’habitude.
Mais au lieu de rejeter la
chaleur résiduelle, elle la
récupère pour du chauffage
ou des usages industriels.
Ce qui permet d’atteindre un
rendement global élevé
(jusqu’à 90%).

Figure 7 : Principe de la cogénération

1.5 L’énergie solaire


L’énergie solaire peut être exploitée sous différentes formes :
 Photovoltaïque : les photons sont convertis directement en courant électrique grâce à un semiconducteur.
 Thermique : la chaleur de la lumière est absorbée par un capteur, puis concentrée grâce à une pompe à chaleur.

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a. L'énergie solaire photovoltaïque


L'énergie solaire photovoltaïque désigne l'électricité produite par transformation d'une partie du rayonnement solaire avec
une cellule photovoltaïque. Plusieurs cellules sont reliées entre elles et forment un panneau solaire (ou module)
photovoltaïque. Plusieurs modules qui sont regroupés dans une centrale solaire photovoltaïque sont appelés champ
photovoltaïque.
Deux utilisations sont possibles.
 Panneaux photovoltaïques autonomes : Leur utilisation est dictée lorsque l’on ne peut amener l’alimentation
électrique en un lieu.
 Panneaux photovoltaïques connectés : L’énergie électrique produite est revendue partiellement ou en totalité au
distributeur de l’énergie.
Pour la plupart des générateurs photovoltaïque, la matière active est le silicium. Les plus utilisés sont :
 Le silicium monocristallin : les modules sont constitués de cellules de cristaux de silicium encapsulées dans une
enveloppe plastique.
 Le siliciums polycristallin (ou multicristallins) : les modules sont constitués de cellules de polycristaux de silicium
encapsulées.
 Le silicium amorphe : les panneaux « étalés » sont réalisés avec du silicium amorphe au fort pouvoir énergisant et
présentés en bandes souples permettant une parfaite intégration architecturale.

 Caractéristiques courant / tension d’un panneau

Figure 8 : courbe courant / tension d’une cellule à température et éclairement fixés.


Sur cette courbe, on repère :
 Le point de fonctionnement à vide : Uv pour I = 0A
 Le point de fonctionnement en court-circuit : Icc pour U = 0V
Pour une cellule monocristalline de 10x10cm, les valeurs caractéristiques sont :
Icc = 3A et Uv = 0,57V pour une irradiance de G = 1000W/m² et une température θ = 25°C.

 Caractéristiques puissance / tension


La puissance délivrée par la cellule a pour expression P = U.I. Pour chaque point de la courbe précédente, on peut
calculer la puissance P et tracer la courbe P = f(U). Cette courbe a l’allure suivante :

Figure 9 : Courbe puissance-tension d’une cellule à température et éclairement fixés

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Cette courbe passe par un maximum de puissance (PM). A cette puissance correspond, une tension Upm et un courant Ipm
que l’on peut repérer sur la courbe I = f(U).
Il y a un compromis entre la tension et le courant du panneau pour avoir une puissance maximale.
Pour une cellule monocristalline de 10x10cm, les valeurs caractéristiques sont :
PM = 1,24W, Upm = 0,45V, Ipm = 2,75A (G = 1000W/m² et θ = 25°C)

A température constante, la caractéristique I = f(U) dépend évidemment fortement de l’éclairement : sur la courbe suivante,
on remarque que le courant de court-circuit augmente avec l’éclairement G1>G2 alors que la tension à vide varie peu.

Figure 10 : Courbe courant-tension d’une cellule pour deux valeurs d’irradiance


A partir de la courbe précédente, on peut tracer les courbes de puissance P = f(U) pour les deux éclairements. On remarque
que la puissance maximum délivrée par la cellule augmente avec l’éclairement.

Figure 11 : courbe puissance-tension d’une cellule pour deux valeurs d’irradiance

Remarque : La tension à vide et la puissance maximale diminuent très faiblement lorsque la température augmente.

Il existe différents types de régulateurs permettant d'optimiser le transfert d’énergie entre les panneaux et la charge ;
nommés MPPT (Maximum Power Point Tracking). Plusieurs méthodes existent pour réaliser un système de MPPT. On cite
la méthode qui repose sur les algorithmes dits " Perturber et Observer " (PO), Algorithme Incrément de la Conductance
(INC), Algorithme à Base de la Logique Floue, etc.

Par ailleurs, on rencontre généralement trois types de systèmes photovoltaïques, les systèmes autonomes, les systèmes
hybrides et les systèmes connectés au réseau. Les deux premiers sont indépendants du système de distribution d’électricité,
on les retrouve souvent dans les régions éloignées.
 Les systèmes autonomes : Ces systèmes photovoltaïques sont installés pour assurer un fonctionnement autonome
sans recours à d’autres sources d’énergie. Généralement, ces systèmes sont utilisés dans les régions isolées et
éloignées du réseau. Les différents types de systèmes photovoltaïques autonomes sont décrits sur la figure 12 ci-
dessous qui traduit les différentes possibilités offertes : couplage direct à une charge adaptée ou couplage avec
adaptateur d’impédance MPPT (Maximum Power Point Tracking), fonctionnement au fil du soleil ou avec
stockage d’énergie électrique.

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Figure 12 : Différentes configuration d’un générateur photovoltaïque


 Les systèmes hybrides : Les systèmes d’énergie hybride associent au moins deux sources d’énergie renouvelable
aussi une ou plusieurs sources d’énergie classique. Les sources d’énergie renouvelable, comme le photovoltaïque et
l’éolienne ne délivrent pas une puissance constante, mais vu leurs complémentarités, leur association permet
d’obtenir une production électrique continue. Les systèmes d’énergie hybrides sont généralement autonomes par
rapport aux grands réseaux interconnectés et sont souvent utilisés dans les régions isolées. Les différentes sources
dans un système hybride peuvent être connectées en deux configurations, architecture à bus continu et architecture
à bus alternatif.

Figure 13 : Les systèmes hybrides


 Les systèmes connectés au réseau : Les systèmes de production d’énergie photovoltaïque connectés à un réseau
sont une résultante de la tendance à la décentralisation du réseau électrique. L’énergie est produite plus près des
lieux de consommation. Les systèmes connectés à un réseau réduisent la nécessité d’augmenter la capacité des
lignes de transmission et de distribution. Il produit sa propre électricité et achemine son excédent d’énergie vers le
réseau, auprès duquel il s’approvisionne au besoin, ces transferts éliminent le besoin d’acheter et d’entretenir une
batterie. Il est toujours possible d’utiliser ces systèmes pour servir d’alimentation d’appoint lorsque survient une
panne de réseau.
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Figure 14 : Les systèmes connectés au réseau


b. L'énergie solaire thermodynamique
Le solaire thermodynamique permet de transformer l’énergie solaire en chaleur à température élevée, puis de convertir
cette chaleur en énergie électrique.
Il faut tout d’abord concentrer le rayonnement solaire et une grande variété de configurations est possible. Les systèmes
solaires thermodynamiques peuvent être classés en quatre filières technologiques : cylindro-parabolique, Fresnel, récepteur
central (tour), parabole-Stirling. Ces technologies, qui ne valorisent que la composante directe du rayonnement solaire, sont
éventuellement équipées de dispositifs de suivi de la trajectoire du soleil et de miroirs pour concentrer ses rayons.
 La filière cylindro-parabolique : Ces centrales utilisent des miroirs cylindro-paraboliques de 100 à 800 m2 qui
concentrent les rayons du soleil sur des tubes placés à l’axe focal du concentrateur et dans lesquels circule un fluide
caloporteur. Le concentrateur suit la course du soleil en tournant sur un axe. Le fluide caloporteur, généralement
une huile de synthèse, chauffé lors du passage dans les tubes, circule à travers une série d’échangeurs de chaleur
pour produire de la vapeur surchauffée à la température de 390°C sous une pression de 100 bars. Il constitue ainsi
la source chaude d’un cycle vapeur classique. Toutes les unités construites à ce jour comportent une hybridation au
gaz naturel d’au moins 12 à 15%. Un stockage thermique de plusieurs heures dans des sels fondus permet de mieux
adapter la production à la demande bien que l’adjonction de ce système et l’extension du champ solaire qui en
résulte engendrent un surcoût d’investissement. Le champ de collecteurs peut également être intégré à une centrale
fossile pour augmenter le cycle vapeur. Le rendement solaire-électrique maximal est dans le meilleur des cas
d’environ 25%. Cette technologie présente cependant quelques inconvénients. En particulier, un terrain assez plat
(pente maximale de 3%) et rectangulaire est requis. D’autre part, l’huile thermique utilisée pose des problèmes :
elle se dégrade chimiquement à partir de 400°C ce qui limite le rendement du cycle thermodynamique du fait de la
limitation de la température de la source chaude ; elle fige à 12°C et il peut être nécessaire la nuit ou en hiver de
consommer du combustible fossile dans l’unique but de la garder fluide ; enfin l’huile est inflammable et présente
un risque environnemental.
 La filière Fresnel : Cette filière est simple et peu coûteuse. Les collecteurs sont des miroirs en bandes parallèles
disposés à plat et près du sol concentrant les rayons sur des tubes récepteurs fixes. L’eau, portée à 100 bars et à
500°C, est utilisée comme fluide caloporteur. Cette technologie est encore au stade de la démonstration. Son
principe est similaire à celui de la filière cylindro-parabolique mais elle utilise des miroirs plans ou légèrement
incurvés moins chers que les réflecteurs paraboliques. Cette filière possède les plus faibles performances optiques
et le plus faible rendement solaire-électrique. Le lavage des miroirs peut s’automatiser. Il n’y a pas de solution de
stockage mature. Les applications d’hybridation avec des centrales conventionnelles ainsi que la production de
chaleur industrielle sont très intéressantes pour cette filière.

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 Les tours solaires : La technologie la plus souple d’utilisation. Des baisses de coûts importantes sont attendues.
Les héliostats suivent le soleil et concentrent ses rayons sur un récepteur au sommet d’une tour. Deux technologies
sont possibles : la production directe de la vapeur, à coûts moindres, et l’utilisation de sels fondus pouvant être
utilisés comme fluide caloporteur et milieu de stockage thermique. Les technologies matures utilisent un cycle
vapeur proche de celui d’une centrale à charbon (vapeur à 150 bars et 550°C). Le stockage est trois fois plus
efficace qu’avec la filière cylindro-parabolique.

Figure 15 : Systèmes thermodynamiques à concentration


 La filière parabole-Stirling : Le miroir parabolique réfléchit les rayons du soleil vers un point de convergence, le
rayonnement solaire est alors concentré sur le récepteur qui monte en température. Le récepteur en question est un
moteur Stirling qui fonctionne grâce à la montée en température et en pression d’un gaz contenu dans une enceinte
fermée. Ce moteur convertit l’énergie solaire thermique en énergie mécanique et ensuite en électricité. Tout au long
de la journée, le socle de la parabole s’oriente automatiquement face au soleil pour suivre sa course et ainsi profiter
d’un ensoleillement maximum. Les systèmes à réflecteur parabolique peuvent atteindre 1000 °C sur le récepteur, et
parvenir à des rendements optimaux de conversion de l’énergie solaire en électricité. La performance de l’ensemble
du système est étroitement liée à la qualité optique de la parabole et au rendement du moteur Stirling. Cette filière
est très coûteuse et a du mal à passer au stade commercial.

Figure 16 : Principe de fonctionnement d’un capteur à miroirs paraboliques


1.6 Energie Eolienne
a. Eolienne avec ou sans multiplicateur
L'énergie extraite à partir du vent est transformée par le rotor de l'éolienne en un mouvement de rotation. La vitesse
de rotation de l'arbre du rotor est alors augmentée, ou « multipliée », par un multiplicateur. L'arbre « rapide » à la sortie du
multiplicateur entraîne l'induit d'un générateur qui fournit une tension électrique sur son stator. Le générateur est relié au
réseau électrique par un transformateur et d'autres équipements.

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Figure 17 : Eoliènne avec multiplicateur


Les générateurs montés dans cette éolienne sont des générateurs asynchrones. Leur induit nécessite une vitesse de rotation
élevée, doit donc être entraîné par un arbre « rapide ». Cette condition est indispensable pour qu'ils puissent fournir les
grandeurs requises par le réseau, en particulier la fréquence de 50 Hz.
L'arbre « rapide », dans la plupart des éoliennes, présente une vitesse de rotation de 1000 tr/mn ou 1500 tr/mn. L'arbre «
lent », en revanche, tourne uniquement à une vitesse au voisinage de 16 tr/mn. Il faut donc disposer d'un multiplicateur en
mesure de multiplier 16 tr/mn en 1000 tr/mn ou 1500tr/mn.
Mais depuis une dizaine d'années, on emploie aussi des éoliennes sans multiplicateur qui entraînent directement l'induit
dans le générateur par l'arbre lent. Ce type d'installation utilise des génératrices synchrones multipolaires. Celles-ci sont
plus coûteux à construire.

b. Conceptions d'éolienne
La puissance éolienne captée est proportionnelle au cube de la vitesse du vent. Donc, il existe pour la puissance
éolienne nominale Pn une vitesse du vent nominale pour laquelle l'aérogénérateur est bien dimensionné. C'est pour cela que
la turbine éolienne doit modifier ses paramètres, afin de maintenir la vitesse au voisinage de sa valeur nominale et d'éviter
toute destruction mécanique. Le fonctionnement d'une éolienne à vitesse variable peut être défini selon trois zones, comme
l'illustre la Figure 21 ci-dessous.
 Zone 1 : la vitesse du vent est faible, insuffisante pour permettre de démarrer l’éolienne ; la vitesse de rotation et la
puissance mécanique sont alors égales à zéro.
 Zone 2 : le vent atteint une vitesse minimale Vmin pour permettre le démarrage. Une fois ce démarrage effectué,
l’éolienne va fonctionner de manière à extraire le maximum de puissance disponible pour avoir un fonctionnement
optimal jusqu'à ce que le vent atteigne la vitesse nominale Vn correspondant aux valeurs nominales de la puissance
mécanique Pn et de la vitesse de rotation Ωn.
 Zone 3 : le vent atteint des vitesses élevées supérieures à la vitesse nominale, la vitesse de rotation et la puissance
mécanique doivent être maintenues à leur valeurs nominales afin de ne pas endommager l'éolienne. Ces limitations
peuvent s’effectuer, par exemple, en orientant les pales de l'éolienne afin de dégrader le rendement de l'éolienne
(augmentation de l'angle de calage des pales β). Dès que le vent a atteint sa valeur maximale Vmax, une procédure
d'arrêt de l'éolienne est effectuée afin d'éviter toute destruction de celle-ci.

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Figure 18 : Zones de fonctionnement d'une éolienne à vitesse variable


Pour contrôler la puissance aérodynamique capturée et la limiter lorsque la vitesse du vent est très élevée, on peut utiliser
l'une des deux techniques de contrôle connues surtout dans les grandes turbines sous les noms de « Pitch Control » et «
Stall Control ».
 Système d'orientation des pales ou "Pitch Control"
C'est un contrôle par variation de l'angle de calage des pales autour de leur axe longitudinal en fonction de la vitesse
du vent et de la puissance active à extraire.
En agissant par le Pitch Control, le coefficient de puissance Cp varie en fonction de la vitesse du vent à vitesse de rotation
constante, ce qui va permettre de maintenir la puissance constante dans la zone 3 à sa valeur maximale.
En général, la modification de l'angle de calage de la pale de l'éolienne permet certaines actions distinctes :
 L'optimisation du régime de conversion de l'énergie quand la vitesse du vent évolue entre Vmin et Vn;
 La régulation par limitation de la puissance pour une vitesse du vent supérieure à la vitesse nominale Vn ;
 La protection de l'éolienne contre les grandes vitesses du vent (>Vmax) par la mise en drapeau des pales sans
nécessité d'un système puissant de freinage pour les arrêts d'urgence.
 Système à décrochage aérodynamique ou "Stall Control"
Cette méthode se base sur les caractéristiques du profil de pale en utilisant le procédé de décrochage aérodynamique.
Les pales des éoliennes qui utilisent ce procédé, sont prévues pour décrocher à des vitesses de vents supérieures à la valeur
nominale. Lorsque la vitesse du vent dépasse cette valeur, l'angle d'incidence devient important. Ce décrochage dépend
notamment de l'angle de calage des pales qui peuvent être fabriquées avec un pas variable suivant la position le long de la
pale et possèdent aussi un mécanisme de freinage en bout. Cette technique a aussi quelques avantages :
 Pas de système de contrôle d'angle de calage ;
 Construction plus simple et moins coûteuse du rotor ;
 Maintenance plus aisée et contrôle simple et efficace de la puissance.
Cependant, ce système de contrôle manque de précision car il dépend de la masse volumique de l'air et de la rugosité des
pales donc de leur état de propreté. Certains aérogénérateurs utilisent un système hybride nommé le Stall Actif qui combine
les avantages des deux systèmes où le décrochage aérodynamique est obtenu progressivement grâce à une orientation
minime des pales nécessitant des moyens de réglage plus économiques et plus robustes que dans le cas du système de Pitch
Control.

c. Système éolien utilisant les machines asynchrones à cage (MAS)


Les machines électriques asynchrones à cage sont les plus simples à fabriquer et les moins coûteuses. Dans cette
structure, le rotor de la machine est couplé à l'arbre de la turbine et ses enroulements sont court-circuités, tandis que le
stator est directement connecté au réseau par l'intermédiaire d'un banc de condensateur assurant sa magnétisation.

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Figure 19 : Connexion directe d'une machine asynchrone sur le réseau

La machine fonctionne sur une plage de vitesse très limitée à cause de son nombre de paires de pôles qui est fixe. La
fréquence étant imposée par le réseau, si le glissement devient trop important les courants statoriques de la machine
augmentent et peuvent devenir destructeurs. La simplicité de la configuration de ce système (aucune interface entre le stator
et le réseau) permet de limiter la maintenance sur la machine.
L’avantage de cette structure est sa simplicité et son faible coût. Son principal inconvénient est d'une part l'impossibilité de
fonctionnement à vitesse variable, ce qui réduit la puissance extraite du vent et d'autre part les problèmes
d'accrochage/décrochage au réseau. En plus, ce type d’éolien est toutefois consommateur d'énergie réactive nécessaire à la
magnétisation du rotor de la machine, ce qui détériore le facteur de puissance global du réseau. Celui-ci peut-être toutefois
amélioré par l'ajout d'un banc condensateur représentées sur la Figure 19 qui devient la seule source de puissance réactive
dans le cas d'un fonctionnement autonome de l'éolienne.
Par ailleurs, l'introduction de convertisseurs de puissance entre le générateur et le réseau permet un découplage entre la
fréquence du réseau électrique et la vitesse de rotation de la machine électrique. Comme l'indique la Figure 20 ci-dessous,
ceci entraîne une amélioration du rendement et de la qualité d'énergie du système éolien. En plus, permet à la machine de
fonctionner à vitesse variable. Cependant, l'interface de l'électronique de puissance est dimensionnée pour la totalité de la
puissance nominale ce qui engendre d'énorme perte. De plus, la présence des capacités est indispensable pour fournir
l'énergie réactive nécessaire à la magnétisation de la machine. Cette énergie ne peut pas être fournie par le réseau car le
redresseur est unidirectionnel. Mais, on peut résoudre ce problème en utilisant un convertisseur bidirectionnel qui nous
permettra de prendre l'énergie du réseau pour la magnétisation du rotor si nécessaire. Toutefois, cette solution alourdit le
système éolien en termes de coût et de complexité de mise en œuvre. Ces inconvénients ont freiné le développement
industriel de cette structure.

Figure 20 : Eolienne à base d’une machine asynchrone connectée sur le réseau par l'intermédiaire d'un
ensemble redresseur – onduleur
L’utilisation d’une machine asynchrone à double stator est aussi possible pour fonctionner en vitesse variable comme le
monte la figure 21 ci-dessous.

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Figure 21 : Eolienne à vitesse variable basée sur une machine asynchrone à double stator

d. Systèmes utilisant la machine synchrone


C'est ce type de machine qui est utilisé dans la plupart des procédés traditionnels de production d'électricité,
notamment dans ceux de très grande puissance (centrales thermiques, hydroélectriques ou nucléaires). De plus, dans leur
fonctionnement en génératrice, le champ créé par la rotation du rotor doit tourner à la même vitesse que le champ
statorique. L'utilisation de ces genres de machine dans le système éolien nécessite obligatoirement une interface
d'électronique de puissance entre le stator et le réseau, car il est difficile de maintenir la vitesse de rotation de l'éolienne
strictement fixe afin de synchroniser celle-ci avec le réseau pendant la connexion (voir Figure 22) ce qui permet d'autoriser
un fonctionnement à vitesse variable dans une large plage de variation.

Figure 22 : Eolienne à base d’une machine synchrone reliée au réseau par un dispositif redresseur-hacheur-
onduleur
La Figure 22 présente une configuration classique d'interface de connexion d'une machine synchrone au réseau. Le
convertisseur connecté au stator de la machine est un simple redresseur. Ce redresseur est normalement suivi d'un hacheur
élévateur permettant de délivrer une tension suffisante à l'onduleur pour les faibles vitesses de rotation.
La présence de l'onduleur MLI permet de contrôler le facteur de puissance côté réseau. Les principaux inconvénients pour
cette structure sont : le surcoût (pour les générateurs synchrones utilisés dans le domaine éolien, ceux de 500 kW à 2 MW
sont bien plus chers que les générateurs à induction de la même taille) et les convertisseurs sont dimensionnés pour la
totalité de la puissance nominale de la machine et entraînent jusqu'à 3% de cette puissance de pertes.

e. Systèmes utilisant la Machine Asynchrone à Double Alimentation


La machine asynchrone à double alimentation (MADA) avec rotor bobiné présente un stator triphasé identique à celui
des machines asynchrones classiques et un rotor contenant également un bobinage triphasé accessible par trois bagues
munies de contacts glissants. Intégrée dans un système éolien, la machine a généralement son stator connecté au réseau
alors que l'enroulement rotorique triphasé est connecté par l'intermédiaire d'une interface d'électronique de puissance
dimensionnée à environ 30% de la puissance nominale. Pour la grande majorité des éoliennes proposées sur le marché,
cette interface est constituée de deux onduleurs de tension à interrupteurs à IGBT commandables à la fermeture et à
l'ouverture.

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Figure 23 : Structure de Scherbius d’une éolienne à base de la MADA avec convertisseurs MLI
Plusieurs études récentes, confirmées par des réalisations industrielles (Vestas, Gamesa, Enercon, ...), montrent la viabilité
de ce dispositif dans un système éolien à vitesse variable. La bidirectionnalité du convertisseur rotorique autorise les
fonctionnements hypersynchrone et hyposynchrone et le contrôle du facteur de puissance côté réseau. De plus, le
fonctionnement hypersynchrone permet de produire de l'énergie du stator vers le réseau, mais également du rotor vers le
réseau. La puissance totale ainsi produite peut alors dépasser la puissance nominale de la machine et le facteur de puissance
de l'ensemble peut être maintenu unitaire.
La présence du convertisseur entre le rotor et le réseau permet de contrôler la puissance entre le stator et le réseau. La
Figure 24 ci-dessous montre les différentes configurations de fonctionnement de la machine asynchrone à double
alimentation dont le stator est relié directement au réseau et le rotor est relié au réseau par l'intermédiaire d’un
convertisseur.

Fonctionnement en Mode Moteur Hypo-Synchrone Fonctionnement en Mode Moteur Hyper-Synchrone

Fonctionnement en Mode Générateur Hypo-Synchrone Fonctionnement en Mode Générateur Hyper-Synchrone


Figure 24 : Différentes configurations de fonctionnement de la machine asynchrone à double alimentation

On peut donc remarquer que la MADA a deux principaux avantages sur la machine à cage classique : la production de
puissance électrique en hypo ou hypersynchronisme et la récupération de la puissance de glissement.
Nous concluons que les intérêts majeurs de l’utilisation de cette machine sont :
- Le convertisseur lié au rotor est dimensionné pour une fraction (30%) de la puissance nominale de la machine.
- Possibilité de fonctionner sur une grande plage de vitesse en hypo et hypersynchronisme.
- Rendement élevé.
Le principal inconvénient de cette machine reste celui de la présence de balais-collecteurs qui la rend moins robuste et qui
nécessite un entretien régulier.
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f. Intérêt du fonctionnement d’une éolienne en vitesse variable


Un exemple de l’ensemble des caractéristiques donnant la puissance disponible en fonction de la vitesse de rotation de
la génératrice pour différentes vitesses de vent est illustré sur la figure 25 ci-dessous. À partir de ces caractéristiques, il
apparaît clairement que si la génératrice est entraînée à une vitesse fixe (par exemple 1500 tr/min) les maximas théoriques
des courbes de puissance ne seraient pas exploités. Pour pouvoir optimiser le transfert de puissance et ainsi obtenir le
maximum théorique pour chaque vitesse de vent, la machine devra pouvoir fonctionner entre 1100 et 1900 tr/min pour cet
exemple. Il faut donc ajuster la vitesse de rotation de l’arbre de la génératrice en fonction de la vitesse du vent à l’aide d’un
système appelé Maximum Power Point Tracking (MPPT).

Figure 25 : Fonctionnement à vitesse variable d’une éolienne


1.7 L’énergie biomasse
Une centrale électrique à biomasse produit de l'électricité et de la chaleur par combustion de la biomasse dans une
chaudière. Les types les plus communs de chaudières sont des chaudières à eau chaude et des chaudières à vapeur.
La biomasse permet en général de réduire les émissions de CO2. Par contre, la production, le traitement et le transport de la
biomasse génèrent des émissions de CO2 dans la chaîne d'approvisionnement. La production d'électricité par la biomasse
produit des gaz de combustion qui doivent être nettoyés avant d'être émis dans l'atmosphère. Ceci est fait en utilisant des
techniques bien établies telles que les filtres à particules.

1.8 L’énergie géothermique


Le principe de la géothermie (voir figure 26) consiste à puiser dans une nappe phréatique ou le plus souvent à
prélever l’énergie gratuite contenue dans le sol pour chauffer une habitation, cette énergie est constamment renouvelée par
la nature, le soleil, le vent, la pluie. C'est donc une énergie renouvelable.

Figure 26 : Energie géothermique

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1.9 L’énergie marémotrice


L'énergie marémotrice est issue des mouvements de l'eau créés par les marées. Elle est utilisée sous forme d'énergie
potentielle grâce à l'élévation du niveau de la mer ou sous forme d'énergie cinétique grâce aux courants des marées.
L'exploitation de l'énergie marémotrice est ancienne. La première usine marémotrice produisant de l'électricité par la force
des marées est l'usine marémotrice de la Rance, dans le nord-est de la Bretagne, mise en service en 1966.

Figure 27 : Energie marémotrice


1.9 L’énergie houlomotrice
L’énergie houlomotrice, ou l'énergie des vagues, est une énergie marine utilisant l'énergie contenue dans le
mouvement de la houle, soit les oscillations de la surface de l'eau. Cette énergie ne doit pas être confondue avec l'énergie
marémotrice. La faisabilité de son exploitation a été étudiée, en particulier au Portugal, au Royaume-Uni et en Australie.
Le Conseil mondial de l'énergie a évalué à 10% le potentiel théorique de la demande annuelle mondiale d’électricité qui
pourrait être couvert par l'énergie houlomotrice.

Figure 28 : Energie houlomotrice

2. ADMINISTRATION DE L’ELECTRICITE AU MAROC


Il existe deux administrations de l’Electricité au Maroc : l’Office National de l’Electricité et de l’Eau potable (ONEE) et la
Moroccan Agency for Sustainable Energy (MASEN).
 L’ONEE-Branche électricité est un organisme public, chargé « de satisfaire la demande en électricité du pays dans
les meilleures conditions de coût et de qualité de service. Il gère et développe le réseau de transport et généralise
l’électrification rurale ». Il est l’acheteur unique des différentes productions d’électricité et les répartit ensuite entre
les clients et les compagnies de distribution.
 La « Moroccan Agency for Sustainable Energy » (MASEN), sous sa forme actuelle, « est devenue l’acteur central
et intégré des énergies renouvelables. Ce très jeune organisme est en charge des énergies solaire, éolienne et
hydraulique et de toute autre énergie renouvelable susceptible d’être développée dans le pays.
Le MASEN est conçu comme indépendant de l’ONEE mais il doit travailler « de concert » avec l’ONEE. Il a été
créé pour faciliter et piloter le développement des énergies renouvelables, tout en maintenant le rôle central de
l’ONEE dans la gestion du secteur électrique.

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3. EVOLUTION DE LA CONSOMMATION EN ELECTRICITE AU MAROC


Entre 1994 et 2014, la consommation d’électricité a augmenté en moyenne de 6,1%, soit plus rapidement que la
croissance économique qui fut de 3,9%. Cela n’est pas anormal dans un pays qui construit des infrastructures de base. La
consommation d’électricité est proche du doublement tous les dix ans.
Les coupures d’électricité existent, mais elles sont assez rares et sont plutôt dues à des problèmes de réseaux. 90% des
entreprises n’estiment pas nécessaire de posséder un groupe électrogène de secours. L’électrification du pays est quasiment
terminée. La croissance économique nécessite plusieurs conditions. L’une d’entre elles est une électricité suffisante et à bas
prix. Au Maroc, depuis vingt ans, cette condition a été réalisée.
Les tarifs pour les particuliers (usage domestique et éclairage public) croissent avec la consommation et vont de 0,9 à 1,5
dirhams le kWh. Le tarif le plus bas correspond à une consommation inférieure à 100 kWh par mois, ce qui est fort
modeste.
Au Maroc, il faut un double défi pour l’avenir :
 Maintenir absolument des prix bas, pour la compétitivité de l’industrie et l’accès à plus d’applications de
l’électricité pour la population.
 Rester au rythme du doublement de la consommation au moins pour les dix ans à venir. Le Maroc est encore à
l’étape du décollage.

4. LA FOURNITURE ACTUELLE D’ELECTRICITE AU MAROC


4.1 L’origine de l’électricité
Le Maroc dispose d’un parc de centrales électriques, au charbon, au gaz, au fioul et hydrauliques, ainsi que
d’éoliennes et d’installations solaires. En 2021, la puissance totale installée du parc de production électrique de l'Office
est 10 968 MW (voir tableau ci-dessous). En 2021, l’électricité produite, au niveau national, a atteint 41 259,792 GWh dont
8 831 GWh provenant des centrales ONEE.

Tableau 1 : Puissance électrique installée au Maroc


 La part des énergies fossiles se maintient au-dessus de 62% mais l’évolution principale depuis 2012 est
l’augmentation importante de la part du charbon. En trois ans, le pays a augmenté de moitié la production
d’électricité issue du charbon. En contrepartie, l’usage des produits pétroliers a chuté, ce qui a entraîné une
réduction des coûts de production de l’électricité.
 Un grand effort a été fait pour l’éolien, mais la Maroc a surtout misé sur le charbon ces dernières années pour
satisfaire ses besoins en électricité.
 Le Maroc importe des quantités notables d’électricité (de 14 à 18%) en quasi-totalité d’Espagne profitant des prix
bas aberrants du marché européen de l’électricité.

4.2 Producteurs
La production propre du pays (85% des besoins, en excluant les fournitures espagnoles) provient de l’organisme
public, l’ONEE, et de plus en plus d’entreprises privées liées par des contrats de fourniture à l’ONEE, et ayant remporté
des appels d’offres de l’ONEE ou du MASEN.
La TAQA Morocco : un peu plus de la moitié de la production marocaine.
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En 2015, une seule centrale électrique, celle de Jorf Lasfar a produit 43% de la demande d’électricité marocaine, presque la
moitié de la production du pays (en tenant compte des importations d’Espagne). Elle est située dans le port du même nom à
environ 120 km au sud-ouest de Casablanca.
L’installation appartient à la TAQA Morocco filiale d’une compagnie d’Abou Dhabi, TAQA, appelée également Abu
Dhabi National Energy. La TAQA Morocco est ainsi le premier producteur d’électricité marocain. La centrale de Jorf
Lasfar comporte six unités brûlant du charbon, d’une puissance totale de 2056 MW. Les coûts de production baissaient
grâce aux prix bas du charbon importé. La TAQA est un acteur majeur du secteur électrique marocain.
L’ONEE et divers
 Le charbon : L’ONEE possède deux centrales à charbon, l’une à Mohammedia (300 MWe) et l’autre à Jerada (au
sud d’Oujda), de 150 MWe. Avec la centrale privée de la TAQA, le Royaume dispose d’un parc électrique de
capacité de 2 500 MW au charbon, qui, à lui seul produit 60% de l’électricité issue du pays et pratiquement la
moitié de ses besoins.
En plus, la centrale à charbon de Jerada, est agrandie par un nouveau groupe de 318 MW, mis en service fin 2017
par la société chinoise SEPCOIII.
 Le gaz : L’Office public possède à Tahaddart, près de Tanger une centrale à gaz de 384 MW.
La centrale « thermo-solaire » d’Ain Tahar Mathar, une autre centrale à gaz, plus importante, de 450 MWe
fonctionne à Ain Beni Mathar, au Nord-Est du pays, près de la frontière algérienne (Région de l’Oriental).
L’installation comprend en plus une partie solaire de 20 MW. Elle est nommée « thermo-solaire à cycle combiné ».
L’ONEE a confié la gestion de l’ensemble à Abengoa, une entreprise espagnole.
 Le fioul : L’office public possède deux grandes installations au fioul, la première de 300 MWe à Mohammedia, sur
le même site que la centrale à charbon, l’autre à Kenitra. L’ensemble a une puissance de 615 MWe. A cela
s’ajoutent des centrales plus petites à Laâyoune et Tan-Tan dans le sud.
 L’hydraulique : Le parc hydraulique avait une capacité maximum de 1306 MW. Depuis 2009, seules deux petites
installations, au total 40 MWe ont été rajoutées. L’ensemble a produit en 2015 un peu plus de 6% des besoins du
Royaume.
 L’éolien et le solaire : En 2021, la puissance solaire installée est de 831 MW. L’éolien aussi a poursuivi son
développement par des installations gérées par des entreprises privées bénéficiant, à la suite d’appels d’offres, de
contrats d’achats de courant par l’ONEE à prix garantis. La capacité installée en éolien au Maroc en 2021 est de
1466 MW.
La centrale thermique de Safi : La centrale thermique de Safi est une centrale électrique au charbon dotée de
deux unités totalisant une puissance installée de 1386 MW mise en service le 8 Décembre 2018. Elle doit couvrir
25 % des besoins du Maroc en énergie électrique. La centrale sera exploitée en utilisant du charbon importé.
L’électricité est injectée sur le réseau par l'intermédiaire d'un poste qui est connecté à des lignes haute tension. La
centrale consomme environ 10.000 tonnes de charbon par jour. L’électricité produite est fournie à l’ONEE dans le
cadre d’un contrat d’achat et de fourniture d’électricité d’une durée de 30 ans. La centrale est développée, financée,
construite et exploitée par la société de droit marocain SAFIEC. La centrale de Safi est la première centrale
thermique de type ultra-supercritique en Afrique. Cette technologie se distingue par un rendement énergétique plus
élevé et une empreinte environnementale plus réduite, en comparaison avec les centrales au charbon
conventionnelles, notamment en matière d’émissions de CO2.

4.3 D’ici 2025 : des centrales à gaz


En décembre 2014, le pays lança un vaste projet « Gas to power », « du gaz pour de l’électricité » prévoyant la
construction d’un terminal pour du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) à Jorf Lasfar. Les fournisseurs de gaz possibles seraient la
Russie, les Etats-Unis et le Qatar. La priorité est donnée à la production d’électricité. Quatre centrales à gaz de 600 MWe
sont prévues, deux au sud, à Jorf Lasfar, deux autres au nord, à Dhar Doum, près de Kenitra. Elles seront capables de
générer l’équivalent de la moitié des besoins actuels du pays.

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4.4 Le programme du MASEN : les Energies Renouvelables


Le but du gouvernement marocain est de disposer fin 2020, d’un parc de production électrique renouvelable de
6000 MW (2000 MW en hydraulique, 2000 MW en éolien et 2000 MW en solaire).
La part relevant de ces énergies passerait de 25% en 2015 à 42% en 2020 et à 52% à l’horizon de 2030, comme annoncé
par les autorités marocaines.
Le solaire : Noor est le nom du plan solaire marocain, partie emblématique du programme « renouvelables ».
L’objectif est de disposer d’ici 2020 une capacité de 2000 MW. Si l’on met à part la centrale d’Aïn Beni Mathar,
mise en service en 2010, et de très faible puissance (20 MW), le programme solaire comporte quatre sites. Deux se
trouvent dans le sud (Laâyoune-Saguia al Hamra, à Laâyoune 80MW et à Boudjour 20 MW), leur distance des
grands centres de consommation d’électricité fait que leur importance dans le secteur électrique marocain restera
locale.
L’essentiel du programme solaire marocain est centré sur deux projets dans la région de Drâa-Tafilalelt, au sud-est
du Royaume, à Ouarzazate, au seuil du Sahara, et près de Midelt, dans l’Atlas.
Les centrales des quatre sites relèvent de deux modèles différents, mais quelquefois présents ensembles sur le
même site.
Le solaire thermique. Au Maroc la technique choisie consiste à concentrer par des miroirs la lumière solaire et de
stocker quelques heures la chaleur en utilisant des sels fondus. Cela permet de pallier partiellement l’intermittence
du rayonnement solaire. Le coût du kWh est élevé, soit près de trois fois celui provenant du charbon, pour la
centrale Ouarzazate Noor 1. La même technique sera choisie pour Ouarzazate Noor 2 et 3, avec un investissement
par MW encore plus cher, mais conduisant à un stockage de la chaleur un peu plus long.
Le photovoltaïque, choisi pour la dernière tranche d’Ouarzazate, et les centrales sahariennes de Laâyoune et
Boudjour. Nettement moins cher mais la production est intermittente sans stockage partiel.

Nous constatons que la solution choisie pour les grandes centrales marocaines est la coexistence d’une forte proportion de
thermique solaire additionnée d’un peu de photovoltaïque (A Ouarzazate, 510 MW thermique, 70 MW photovoltaïque). On
espère abaisser les coûts (par le photovoltaïque) tout en palliant partiellement à l’intermittence par le thermique et ses sels
fondus.
Le principe de la gestion du solaire adopté par le Maroc est de confier la construction des centrales à une entreprise qui en
sera propriétaire et qui ensuite la gérera en rentabilisant ses investissements par la vente d’électricité à l’ONEE à un prix
garanti durant une longue période (25 ans).

L’éolien : Fin 2015, la capacité installée était de 787 MW. Cinq fermes éoliennes sont prévues : à Tanger (150
MW), Jbel Lahdid près d’Essaouira (200 MW), Midelt (100 MW), Tiskrad près de Laâyoune (300 MW) et
Boudjour (100 MW), au total 850 MW. L’ensemble devrait être mis en service de 2017 à 2020.

L’hydraulique : Actuellement de 1306 MW, la capacité marocaine hydroélectrique devrait passer à 2000 MW,
avec une promotion des petites installations. Les seuls grands projets actuels concernent le stockage de l’énergie
(STEP).
Eolien et solaire sont des sources d’électricité intermittentes, susceptibles de fournir ensemble en 2020, 13 TWh soit 23%
du total. L’adaptation de cette production électrique à la demande, est un problème redoutable. Le Maroc, pour le résoudre
partiellement, a choisi des options de stockage d’énergie. Le solaire thermique à sels fondus, permet un stockage de
quelques heures. Il a été largement préféré au photovoltaïque, mais le kWh obtenu est nettement plus cher. Principalement
pour l’éolien, le Maroc bâtit des stations de pompage. L’énergie des éoliennes pompe de l’eau vers des barrages
hydroélectriques d’altitude, qui, ensuite peuvent produire de l’électricité à la demande. Ainsi le pays a décidé de consacrer
entièrement au pompage deux projets hydroélectriques, la station de transfert d’énergie par pompage (STEP) de
Abdelmoumen, située dans la province de Taroudant (350MW) et très récemment M’Dez-El Menzel (125 MW), afin « de
pallier les aléas des énergies renouvelables totalement intermittentes

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