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Protection Oiseaux

ecologie

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Aménagements et

pratiques favorisant
la protection

des oiseaux
champêtres

Guide de recommandations

Stéphane Lamoureux
Catherine Dion
le regroupement québecoiseaux

Fondé en 1981, le Regroupement QuébecOiseaux est un


organisme à but non lucratif qui regroupe et représente
les personnes et les organismes intéressés à l’étude, à
l’observation et à la protection des oiseaux du Québec.
Ses objectifs sont de favoriser le développement du loisir
ornithologique, promouvoir l’étude des oiseaux et veiller
à leur protection et à celle de leurs habitats. Entre autres
choses, QuébecOiseaux favorise l’acquisition et la diffu-
sion de connaissan­ces sur la répartition, l’écologie et la
conservation des oiseaux par l’établissement et le main-
tien de banques de données, un programme de suivi des
sites de nidification d’oiseaux en péril et la réalisation de
plusieurs productions, dont le magazine QuébecOiseaux.
Regroupement QuébecOiseaux

4545 avenue Pierre-De Coubertin


Montréal, QC H1V 0B2

1-514-252-3190 | 1-888-OISEAUX

info@[Link]
[Link]

Coordination, recherche et rédaction ISBN 978-2-9801553-7-6


Stéphane Lamoureux (version imprimée)
Regroupement QuébecOiseaux
ISBN 978-2-9801553-8-3
Recherche et rédaction (version PDF)
Catherine Dion
Regroupement QuébecOiseaux
Dépôt légal - 2016
Direction
Jean-Sébastien Guénette Bibliothèque et Archives nationales
Regroupement QuébecOiseaux du Québec

Soutien à la rédaction Bibliothèque et Archives Canada


Camille Bégin-Marchand, Bénévole
pour le Regroupement Québec­O iseaux
Michelle Breton, Groupe ProConseil Ce document est également
Gilles Falardeau, Environnement Canada disponible en format électronique
Bert Klein, Ministère des Forêts, au [Link]
de la Faune et des Parcs
Marie-Pierre Maurice, Club Techno-Champ 2000
Alexandre Nicole, Société de conservation, Photo intérieur de couverture :
d'inter­p rétation et de recherche de Berthier et ses îles France Paré
Benjamin Ouellet, Ministère de l’Agriculture, des
Pêche­r ies et de l’Alimentation du Québec

Conception graphique et illustrations


Alexandre Nicole
[Link]

Autorisation de reproduction
La reproduction de ce document,
en partie ou en totalité, est autorisée à
la condition que la source et les auteurs
soient mentionnés de la manière sui- Ce projet a été réalisé en partie grâce au
vante : financement de :

Lamoureux, S. et C. Dion. 2016. Guide


de recommandations – Aménagements
et pratiques favorisant la protection des
oiseaux champêtres. Regroupement
Québec­Oiseaux, Mont­réal, 198 pages.
avant-propos

Pourquoi ce guide? Le Regroupement QuébecOiseaux œuvre à la conserva­


tion et à la protection des oiseaux à statut précaire ou en déclin. Une des prio­
rités de notre organisme est la problématique du déclin des oiseaux associés
au milieu agricole (oiseaux champêtres), un enjeu de conservation des plus
importants à l’échelle internationale ces dernières années. En effet, ce groupe
est celui qui présente les déclins les plus importants de tous les groupes
d’oiseaux. Dans les dernières décennies, l’évolution des pratiques agricoles a
engendré des changements dans les populations d’oiseaux champêtres. Les
déclins observés sont notamment expliqués par la modification, la détério­
ration et la perte des habitats en milieu agricole. Or, dans les faits, cette
problématique est méconnue de l’ensemble des acteurs du milieu agricole,
tant des producteurs que des intervenants, et cette méconnaissance constitue
un obstacle majeur à la mise en place d’actions concrètes pouvant remédier
à la situation.

Ce guide a donc été développé afin que les intervenants qui travaillent
directement avec les agriculteurs puissent, d’une part, mieux connaître les
problématiques liées aux habitats des oiseaux champêtres, et d’autre part,
qu’ils soient outillés à émettre des recommandations favorisant ces habitats
selon chaque type de production agricole. Le guide identifie, ainsi, pour
chacun des habitats observés dans le milieu agricole, les différentes pro­
blématiques que subissent les oiseaux champêtres et propose des solutions
(aménagement ou modification de pratiques) qui permettent une meilleure
cohabitation.
Définition d’oiseaux champêtres Dans le cadre de ce guide, nous avons utilisé
le terme « oiseaux champêtres » pour définir les espèces qui utilisent presque
exclusivement le milieu agricole comme habitat de nidification. Les habitats
ouverts, tels que les champs en culture, les prairies ou les pâturages, permet­
tent principalement aux oiseaux champêtres de s’y alimenter, s’y réfugier et
s’y reproduire. De plus, nous avons considéré les espèces qui utilisent des
milieux plus fermés, mais typiquement associés au milieu agricole, tels que
les friches, les cultures d’arbres, les vergers et les cultures d’arbustes fruitiers.

espèces considérées comme oiseaux champêtres (liste non exhaustive)


espèces habitats associés autres éléments

Alouette hausse-col CA, PR, PÂ S, H


Bruant de Nelson PR S
Bruant des champs PÂ, PL, FR S
Bruant des plaines PÂ, PL, FR S
Bruant des prés PÂ, PR, FR S
Bruant sauterelle* PÂ, PR, FR, SA S
Bruant vespéral CA, PÂ, PR, PL, SA S
Busard St-Martin PÂ, PR, FR, SA S, Hocc
Crécerelle d’Amérique PÂ, PR, FR, HM, SA, VA N, Hocc
Goglu des prés* PR, FR S
Hibou des marais* PÂ, PR, FR, HM, SA S, Hocc
Hirondelle à ailes hérissées PÂ, PR, HM, SA
Hirondelle bicolore PÂ, PR, HM, SA N
Hirondelle rustique* PÂ, PR, HM, SA N
Maubèche des champs PÂ, PR, SA S
Merlebleu de l’Est PÂ, PR, FR, HM, SA N
Moqueur roux FR, HM, VA
Paruline à ailes bleues FR S
Paruline à ailes dorées* FR S
Perdrix grise CA, PR, FR S, H
Pie-grièche migratrice* PÂ, FR, HM, SA
Pluvier kildir CA, PÂ, PR S
Sarcelle à ailes bleues PR, FR, HM S
Sturnelle des prés* PÂ, PR, FR, SA S
Tohi à flancs roux PÂ, FR, HM S, Hocc
Troglodyte à bec court PR, FR S
Tyran tritri HM
Vacher à tête brune PÂ, FR, HM H

HABITATS : Cultures annuelles CA, Prairies PR, Pâturages PÂ, Vergers et arbustes fruitiers VA, Culture d’arbres PL, Friches FR, Habitats marginaux HM, Struc-
tures anthropiques SA | AUTRES ÉLÉMENTS : Utilisateur de nichoir N, Niche au sol S, Hivernant H, Hivernant occasionnel Hocc, Espèce à statut précaire *
© Benoit Dorion

« Combien plus hospitaliers deviennent les champs à la venue de quelques


oiseaux! À la fin de l’hiver, alors que rien n’arrive à nous soulager de la monotonie
des champs dénudés et de leur végétation racornie, la vie semble réduite à sa
plus triste expression. Mais lorsqu’un merlebleu pépie finalement au-dessus de
ceux-ci, quelle métamorphose! »

Henry David Thoreau


Mars 1858
table des matières

I Histoire de la cohabitation de l’agriculture


et des oiseaux au Québec

Avant 1620  12
De 1620 à 1950  12
De 1950 à aujourd’hui  14

II Répercussion des nouvelles pratiques agricoles


sur les oiseaux

Modification du paysage  15
Modification des pratiques  17

III Statuts et tendances des populations d’oiseaux


champêtres

Tendances des populations  23


Statuts des espèces champêtres  25

IV Services écologiques et impacts économiques

Services écologiques  27
Impacts économiques  30

V Recommandations

Contenu des chapitres « Habitats »  31


Contenu des fiches « Recommandations »  32
1 cultures annuelles 33

1.1 Effectuer un usage raisonné des pesticides  38


1.2 Mettre en pratique le travail réduit du sol et préconiser le semis direct  39
1.3 Éviter un semis en courbe dans le coin de champ  41
1.4 Interrompre l’épandage dans les virages  42
1.5 Conserver une bande sans pesticides  43
1.6 Semer des rangs de tournesol parmi les rangs en cultures  44
1.7 Adapter la période de labour  45
1.8 Cultiver des céréales d'automne  46

2 prairies 49

2.1 Maintenir les prairies de 4 à 5 ans  54


2.2 Maintenir une parcelle de quelques hectares en prairie sur 6 années et plus  55
2.3 Changer le patron de fauche  56
2.4 Augmenter la hauteur de fauche  58
2.5 Utiliser une barre d’effarouchement à l’avant de la machinerie  60
2.6 Adopter des mélanges de cultivars tardifs ou hâtifs  62
2.7 Reporter la fauche de quelques hectares après la période de reproduction  64
2.8 Augmenter l’intervalle entre les fauches pour quelques hectares  66
2.9 Conserver quelques hectares exempts de fauche  68
2.10 Viser des hauteurs et des densités de fourrage variées  70
2.11 Débuter le fauchage par les champs de plus petite taille  71
2.12 Éviter la fauche de nuit  72
2.13 Privilégier l’épandage de lisier après la dernière coupe  73
2.14 Adapter la période de brûlage dirigé et les surfaces ciblées  74
2.15 Adapter la période de fauche du foin de mer  75

3 pâturages 77

3.1 Sortir davantage le bétail des bâtiments  82


3.2 Limiter la densité du bétail dans le pâturage  84
3.3 Contrôler le broutage en effectuant une rotation des pâturages  86
3.4 Construire des exclos dans les pâturages  88
3.5 Adapter l’alimentation complémentaire  90
4 vergers et cultures d’arbustes fruitiers 93

4.1 Pratiquer la lutte intégrée  98


4.2 Planter des arbres et des arbustes fruitiers indigènes et distractifs  100
4.3 Attirer les oiseaux de proie  102
4.4 Adapter ou considérer des alternatives à la fauche  104

5 cultures d’arbres 107

5.1 Réaliser des dépistages et adapter la période


d’application de pesticides  112
5.2 Adapter l’utilisation d’engrais  113
5.3 Éviter l’élagage et la taille pendant la période de nidification  114
5.4 Éviter la récolte pendant la période de nidification  115
5.5 Diversifier les essences dans une même plantation  116

6 friches 119

6.1 Éviter ou adapter la remise en culture des friches  124


6.2 Éviter ou adapter le reboisement des friches  126
6.3 Intégrer le bétail aux friches pour les maintenir  128
6.4 Effectuer une fauche périodique dans les friches pour les maintenir  130
6.5 Éviter la circulation et l’entreposage de la machinerie dans les friches  131

7 habitats marginaux 133

7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place  138
7.2 Planter des arbres isolés  140
7.3 Mettre en place des haies diversifiées  142
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines  145
7.5 Retarder la fauche des fossés après la période de nidification  147
7.6 Aménager des fossés-avaloirs adaptés pour la faune  148
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs  150
8 structures anthropiques 153

8.1 Planter des piquets de cèdre en guise de perchoir  158


8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens pâturages convertis en culture  160
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques  162
8.4 Conserver les nids d’Hirondelle rustique  164
8.5 Favoriser la nidification de l’Hirondelle rustique  166
8.6 Maintenir les bâtiments et autres structures isolés  169

références bibliographiques  171

documents de référence  179

annexes

Annexe A Plan d'une barre d'effarouchement

Annexe B Végétaux indigènes favorisant la présence d'oiseaux

Annexe C Perchoirs et plateformes de nidification pour les oiseaux


de proie

Annexe D Mesures et caractéristiques des nichoirs destinés aux


oiseaux champêtres selon les espèces

Annexe E Plans d'une structure de nidification pour l'Hirondelle


rustique

remerciements  194

tableau synthèse des recommandations  196


I. Histoire de la cohabitation de
l'agriculture et des oiseaux au québec

Avant 1620 Avant la colonisation, les habitats utilisés par les oiseaux
champêtres au Québec se limitaient probablement aux prairies naturelles
présentes aux pourtours des milieux humides et sur les rives inondables des
cours d’eau, particulièrement le long du Fleuve Saint-Laurent (1). D’autres
12 espaces ouverts, créés par les Amérindiens par défrichage ou brûlis pour
la chasse et l’agriculture (culture des trois sœurs : maïs, haricot et courge),
pouvaient également être utilisés par les oiseaux champêtres (2).
introduction

De 1620 à 1950 Avec l’arrivée des colons européens, le défrichage des terres
s’est intensifié, transformant ainsi substantiellement le paysage et créant
de nouveaux habitats. Les premiers cultivateurs s’établissaient sur les terres
selon la disponibilité de celles-ci et non sur la base de leur qualité pour
l’agri­culture (3). Ces terres dévolues aux cultures et aux pâturages (4) ont attiré
des espèces aviaires qui nichaient initialement dans les prairies naturelles,
comme la Sturnelle des prés et le Goglu des prés (1). Durant cette période,
l’agriculture est demeurée une activité de subsistance sans rôle économique
important dans la province (5). La nature extensive de l’agriculture, l’ab­
ci-dessous Paysages agri­ sence de pesticides et la machinerie agricole limitée ont alors contribué à
coles d’autrefois (vers la persistance d’une mosaïque de terres cultivées, de forêts et de végétation
1900) à Sainte-Anne-de- résiduelle (arbres isolés, arbustes, haies). Au même titre que les oiseaux
Bellevue et Oka fréquentant les aires ouvertes, les espèces de lisière, telles que le Tyran tritri
© Musée McCord et le Moqueur roux, ont grandement bénéficié de ce paysage.

La grande dépression des années 1930 viendra toutefois assombrir le


monde rural et provoquer de nouveaux changements. Un grand nombre de
13

terres seront alors abandonnées, ce qui modifiera le paysage agricole de la ci-dessus Paysage agri­cole
province. Arbres et arbustes reprennent le terrain perdu, particulièrement extensif dans Lanaudière
sur les terres moins productives du Bouclier canadien et des Appalaches (4). © Martin Joly

Certaines espèces associées aux friches, telles la Paruline à ailes dorées et le


Tohi à flancs roux, profiteront de cette succession ligneuse.

fig. 1
160 000 120

100
Taille moyenne (ha)
Nombre de fermes

120 000 haut Des fermes de moins en


80 moins nombreuses et de plus en plus
80 000 60 grandes : changements dans le
nombre et la ­superficie des fermes
40
40 000 entre 1921 et 2011
20

0 0 bas Évolution de l’occupation des sols


1921 1951 1981 2011
des fermes de 1951 à 2011
Superficies totales (millions d’ha)

4 Superficie totale
des fermes Source : Ruiz, J. et G. Domon (2005). Les paysages de
2 l’agriculture en mutation. Dans : Poullaouec-Gonidec, P.,
Terres en culture
Autres terres et jachères Domon, G. et S. Paquette (Éds.). Paysages en perspec-
tive. Presses de l’université de Montréal, série « Paysa­
0 Pâturages ensemencés
ges », Montréal, pp. 47-97. Figure mise à jour en 2010.
De 1950 à aujourd’hui À partir des années 1950, l’apparition de nouvelles
techniques de culture, la modernisation de la machinerie agricole, l’usage
de fertilisants et de pesticides, la mise en place de réseaux de drainage et
d’irrigation, l’augmentation des effectifs des troupeaux et la maximisation
de la surface cultivable permettront au milieu agricole de se tailler une place
importante dans l’économie du pays (5, 6) et de mieux répondre aux besoins et
aux exigences du marché (5, 7). Cette période est cependant marquée par une
chute considérable de la superficie totale des fermes et de leur nombre (8). De
1951 à 2001, la superficie des fermes passe de 6,8 millions d’hectares à 3,4
millions, alors que leur nombre passe de 134 000 à un peu plus de 32 000
(fig. 1). La taille moyenne des fermes ayant survécu a toutefois doublé en
14 ci-dessus La Sturnelle des taille, passant de 51 ha à 106 ha en moyenne au cours de cette période (9).
prés, une des espèces L’abandon des terres est observé dans presque toutes les régions qui ne font
défavorisées par l’inten- pas partie de la zone des basses-terres du Saint-Laurent (4).
introduction

sification du territoire Par ailleurs, entre 1966 et 1986, la production laitière annuelle par tête
agricole. © Alain Daigle a augmenté de plus de 50%, alors que la demande pour les produits laitiers
a plafonné vers la fin des années 1970 (10). Les producteurs sont alors en­
couragés à se convertir à l’exploitation de grandes cultures (11). Les fermes
traditionnelles associant culture et élevage ont ainsi disparu au profit de
fermes moins nombreuses, plus grandes et spécialisées dans un type de pro­
duction (8). L’agriculture québécoise passe alors d’un mode de culture extensif
(nombreux pâturages et champs de foin), à un mode plus intensif (grandes
cultures céréalières), particulièrement en Montérégie.

ci-dessus Paysage agri­c ole À partir de ce moment, les premiers déclins des populations de certains
intensif aux cultures ho- oiseaux champêtres sont observés, notamment ceux du Bruant des prés,
mogènes en Montérégie du Goglu des prés, de l’Hirondelle rustique et de la Sturnelle des prés. À
© Stéphane Lamoureux l’inverse, des espèces moins appréciées des agriculteurs ont, quant à elles,
bénéficié de ce mode intensif et connu une hausse de leurs populations
(Goéland à bec cerclé, Pigeon biset, Tourterelle triste).
II. Répercussion des nouvelles pratiques
agricoles sur les oiseaux

modification du paysage
La nouvelle ère agricole a entrainé d'importantes modifications au paysage
qui se traduisent sur le terrain par la perte nette d'habitats ainsi que par la
diminution de la productivité des habitats résiduels. Il ne reste aujourd’hui,
en effet, que la moitié des terres agricoles établies historiquement. La dispa­ 15
rition de ces hectares jadis disponibles à l’agriculture (3,4 M) a entraîné par
la même occasion la perte d’habitats de nombreuses espèces champêtres. Ces

introduction
terres sont pour la plupart redevenues des forêts ou ont fait place à un pay­
sage urbain. Les terres agricoles restantes subissent, quant à elles, une forte
pression d’intensification. L’uniformisation des cultures et la maximisation
des surfaces cultivables qui y sont associées engendrent une homogénéisation
du paysage qui rend la nidification difficile et soutient de moins grandes
populations d’oiseaux (structure et composition des habitats très simplifiées).

Uniformisation des cultures L’uniformisation des cultures observée au­ ci-dessus En banlieue de
jourd’hui découle du fait que les exploitations, fortement soutenues par Montréal, le développe-
les politiques et programmes agricoles, se sont orientées vers un nombre ment immobi­l ier ­s'effectue
restreint de productions dont les formes les plus extrêmes sont les élevages régulièrement sur des terres
hors-sol et la monoculture (8). Ainsi, les pâturages, composante essentielle agricoles. L’intensification
du paysage agricole traditionnel, ont connu une régression marquée au cours des cultures sur les par-
des dernières décennies (8). Plus de 80% des superficies en pâturage ont celles restantes a conduit à
disparu suite à la conversion des fermes laitières en fermes céréalières et à la disparition de nombreux
l’introduction de l'élevage hors-sol (fig. 2 et 3). Simultanément, on a observé habitats fauniques.
une diminution importante des superficies des cultures fourragères dans © Alexandre Nicole
l’ensemble de la province, voire même leur quasi-disparition dans certaines
régions du sud-ouest du Québec (8) (fig. 4). Or, les pâturages et les prairies
sont considérés comme les habitats les plus productifs en termes de biodi­
versité. Ces derniers ont été remplacés par de grandes cultures commerciales,
principalement de maïs-grain et de soya, des cultures en pleine expansion
(fig. 5) mais supportant une moins grande biodiversité (5, 12).

Maximisation de la surface cultivable Parallèlement, le paysage a grandement


été affecté par la maximisation des surfaces cultivables, ce qui se traduit

fig. 2 Superficies munici­


16 pales occupées par des
pâturages ensemencés au
Québec
introduction

1951

1981

Pourcentage de l’écoumène

Présence

Moins de 5%
2011
De 5% à 10%

Plus de 10%

© Suzanne Labbé
Source : Ruiz, J. et G. Domon (2005). Les paysages de l’agriculture en mutation. Dans : Poullaouec-Gonidec, P.,
Domon, G. et S. Paquette (Éds.). Paysages en perspective. Presses de l’université de Montréal, série « Paysages »,
Montréal, pp. 47-97. Figure mise à jour en 2010.
notamment par la perte de boisés de ferme et de nombreux habitats margi­
naux (haies, arbres solitaires, chicots, bosquets d’arbustes, bandes riveraines
diversifiées, etc.) (fig. 6). Ce phénomène a contribué à réduire la disponibilité
des habitats propices à la nidification et à l’alimentation des oiseaux. Dans
le même sens, les travaux de redressement des cours d’eau, de remblayage
des fossés et de drainage des terres, mis en place pour accélérer la mise en
culture des terres (13), ont contribué à la perte de nombreux milieux humides
indispen­sables à plusieurs espèces. fig. 3 Superficies munici-
pales cultivées au Québec
Modification des structures an-
thropiques Finalement, certaines
structures anthropiques telles que 17
les piquets, les barbelés, les cribs,
les mangeoires, les silos de bois ou

introduction
encore les bâtiments de ferme isolés
dans les champs ont été éliminées,
réduisant ainsi le nombre de sites
d’alimentation, de guet, de parade,
de repos ou de nidification dis­ 1951
ponibles pour les oiseaux. Les bâti­
ments se concentrent et s'uniform­
isent en fonction de la spécialisation
de la ferme (8), ce qui attire des es­
pèces moins désirables pour les
exploitants telles que l’Étourneau
sansonnet, le Moineau domestique
et le Pigeon biset. Même la modi­
fication des matériaux utilisés pour
la construction ou la rénovation des
bâtiments affecte les espèces s’étant 1981
adaptées aux matériaux tradition­
nels, comme l’Hirondelle rustique
dont le nid d’argile adhère unique­
ment sur des surfaces poreuses.

modification des pratiques


Il est maintenant largement ad­
mis que l’intensification de l’agri­ Pourcentage de l’écoumène
culture a joué un rôle considérable Présence

dans les changements de la biodi­ Moins de 25%


2011 De 25% à 50%
versité, notamment sur les oiseaux De 50% à 75%
champêtres. Ainsi, les changements Plus de 75%

dans l’agriculture expliqueraient


de 25 à 30 % de la variation des Source : Ruiz, J. et G. Domon (2005). Les paysages de l’agriculture en mutation. Dans : Poullaouec-Gonidec, P.,
Domon, G. et S. Paquette (Éds.). Paysages en perspective. Presses de l’université de Montréal, série « Paysages »,
populations chez plusieurs espèces Montréal, pp. 47-97. Figure mise à jour en 2010.
d’oiseaux en Amérique du Nord
(14)
. Plusieurs aspects des nouvelles
pratiques agricoles contribueraient
directement ou indirectement à ces
changements. En voici quelques-
uns :

Mécanisation des pratiques agri-


1951 coles La mécanisation des pratiques
agricoles (labour, ensemencement,
épandage, récolte) entraîne, entre
18 autres, une importante diminution
des résidus végétaux au sol. Or,
ces résidus assurent aux oiseaux
introduction

un couvert de protection contre


les prédateurs et constituent une
source importante de nourriture et
de matériaux pour la construction
des nids (15). Le Bruant vespéral,
1981 l’Alouette hausse-col et le Pluvi­
er kildir seraient particulièrement
touchés par cette situation. La
quantité d’invertébrés, une autre
source de nourriture, est également
moins importante dans les champs
sans résidus. De plus, la machi­
nerie moderne, de plus en plus im­
Pourcentage de l’écoumène
posante, compacte énormément le
Présence
Moins de 15%
2011 De 15% à 30% fig. 4 Superficies municipales
Plus de 30% ­occupées par des cultures
fourragères au Québec
Source : Ruiz, J. et G. Domon (2005). Les paysages de l’agriculture en mutation. Dans : Poullaouec-Gonidec, P.,
Domon, G. et S. Paquette (Éds.). Paysages en perspective. Presses de l’université de Montréal, série « Paysages »,
Montréal, pp. 47-97. Figure mise à jour en 2010.
© Stéphane Lamoureux
sol, rendant aussi le milieu moins propice aux invertébrés dont se nourris­
sent les oiseaux.

Date et fréquence des travaux au champ Avec les changements climatiques


et le développement de cultivars adaptés à notre climat, les activités au
champ surviennent maintenant au même moment que le pic de reproduc­
tion de la plupart des oiseaux champêtres. Or, un bon nombre de ces es­
pèces nichent au sol, ce qui les rend très vulnérables aux activités mécanisées
(fauchage, labourage, ensemencement, récolte, etc.). Au Canada, on estime
que 500 000 adultes seraient tués annuellement lors de ces travaux et que

ci-dessous Le Bruant vespéral est 19


présent dans les champs de cul-
tures annuelles et maraîchères, les

introduction
pâtu­r ages et les prairies d’herbes
basses. Le travail excessif du sol,
l’usage d’herbicides et le fauchage
des fossés peuvent entrainer la des­
truction de son nid. © David Trescak

1951

1981

Pourcentage de l’écoumène
Présence
Moins de 10%
2011 De 10% à 20% fig. 5 Superficies munici­
Plus de 20% pales ­occupées par du
maïs-grain au Québec
Source : Ruiz, J. et G. Domon (2005). Les paysages de l’agriculture en mutation. Dans : Poullaouec-Gonidec, P.,
Domon, G. et S. Paquette (Éds.). Paysages en perspective. Presses de l’université de Montréal, série « Paysages »,
Montréal, pp. 47-97. Figure mise à jour en 2010.
fig. 6 Saint-Marc-sur-Richelieu, comme bien d’autres municipalités du sud du Québec, a connu d’importants changements sur
son territoire entre 1964 et 2006, par exemple : 1 la disparition des arbres isolés, 2 la disparition des haies naturelles,
3 la disparition des boisés, 4 le retrait des bâtiments en champ, 5 le remblai des fossés, 6 le redressement des cours
d’eau, 7 l’étalement urbain et 8 la concentration des bâtiments de ferme.

1964

20
introduction

2006
3
5

2 6
1

Photos : Ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles (1964, 2006), Photographies aériennes et orthophotographies, Saint-Marc-sur-Richelieu, Géoboutique Québec, Québec.
3,5 millions de nids seraient détruits (16). Le fauchage et la récolte du foin,
qui s'effectuent maintenant jusqu'à quatre fois par année dans le sud de la
province, détruiraient un grand nombre de nids et d’oisillons (17). Dans ce
cas spécifique, l’espèce la plus affectée serait le Goglu des prés avec 400 000
jeunes tués annuellement dans la région des basses-terres du Saint-Laurent
et des Grands Lacs (16). Puisque les oiseaux champêtres ne bénéficient pas
par la suite de périodes assez longues pour entamer une nouvelle nichée ci-dessous Solubles dans
et l’amener à l’envol, leur nidification est incompatible avec ce régime de l’eau, des résidus de
coupe (18). néonicotinoïdes se
retrouvent dans les fos-
Usage de pesticides L’usage de pesticides et de fertilisants chimiques affecte sés, les cours d’eau et
aussi les oiseaux champêtres. Jusqu’à 1,2 million d’oiseaux adultes succom­ autres milieux humides, 21
beraient à cette menace chaque année au Québec (19). Les oiseaux granivores incluant les flaques
ingèrent des pesticides granulaires ou des semences traitées, notamment de d’eau, à des concentra-

introduction
néonicotinoïdes, alors que les oiseaux insectivores consomment des insectes tions suffisantes pour
nuisibles ciblés et que les oiseaux nécrophages ou prédateurs s’alimentent avoir un impact sur les
de proies contaminées. L’application des pesticides se fait souvent lors de la espèces qui s’y abreu-
période de nidification des oiseaux. Pour chaque 4 adultes tués, on estime vent. © PleineTerre SENC

également la perte d’un nid (œufs et oisillons), ce qui ajouterait jusqu’à


2,2 millions d’oiseaux supplémentaires (19). Solubles dans l’eau, des résidus
de néonicotinoïdes se retrouvent dans les fossés, les cours d’eau et autres
milieux humides (20, 21), incluant les flaques d’eau (22), à des concentrations
suffisantes pour avoir un impact sur les espèces qui s’y abreuvent (23). À cela
s’ajoute un problème plus complexe pour la conservation des oiseaux, soit la
mortalité indirecte liée à la perte de végétation (herbicides) et d’invertébrés
(insecticides) qui rend les milieux improductifs pour les oiseaux (perte de
ressources alimentaires, du couvert de protection, etc.).

ci-contre Jusqu’à 1,2


­m illion­ d’oiseaux adul-
tes succom­b eraient aux
pesticides chaque année
au Québec © Marc Lajoie -

MAPAQ
Gestion du bétail La gestion actuelle du bétail contribue également à la
décroissance démographique de nos oiseaux champêtres. De fait, les pâtu­
rages et le bétail attirent de plus grandes quantités d’insectes et d’insec­
tivores aériens que tout autre type de culture (24, 25). Or, les superficies en
pâturage ont diminué de plus de 80 % depuis 1951 suite à la conversion de
ces terres en cultures annuelles et à l’introduction des élevages hors-sol où
le bétail est cloisonné (9). Les superficies qui restent sont souvent des pâtur­
ages intensifs où la forte densité de bétail occasionne un broutement sévère
qui réduit le couvert végétal tout en favorisant la prédation des nids – quand
ceux-ci ne sont pas tout simplement piétinés (26).

22
introduction

ci-dessus La forte densité de


bétail dans les pâturages
occasionne un broutement
sévère qui réduit le couvert
végétal tout en favorisant
la prédation des nids –
quand ceux-ci ne sont pas
tout simplement piétinés.
© David Gendron

ci-contre La Maubèche des


champs construit son nid
directement au sol dans les
prairies et les pâturages.
© Mike Allen
III. Statuts et tendances des populations
d’oiseaux champêtres

Tendances des populations Les changements dans les populations d’oiseaux fig. 7 Pourcentage d’espèces ­d’oiseaux
champêtres engendrés par l’évolution de l’agriculture des dernières décennies significativement en déclin pour
sont observés autant en Europe (27, 28) qu’en Amérique du Nord (14). Les es­ ­différents milieux
pèces de ce groupe montrent aujourd’hui les déclins les plus importants et
les plus consistants de tous les groupes d’oiseaux (29). En effet, plus de 60 % Agricole 61
des espèces d’oiseaux champêtres présentent un déclin statistiquement sig­ Urbain 47 23
nificatif, alors qu’un peu moins du quart des espèces forestières présentent Forestier 23
un tel déclin (fig. 7). Humide 12

introduction
Au Canada, l’analyse des données du Relevé des oiseaux nicheurs
d’Amérique du Nord recueillies entre 1970 et 2010 révèle un déclin sig­ Source : Relevé des oiseaux nicheurs
d’Amérique du Nord
nificatif à long terme de plusieurs espèces d’oiseaux champêtres (30). Dans
la région de la Plaine du Saint-Laurent et des lacs Ontario et Érié, il s’agit
du groupe d’oiseaux qui a enregistré le plus fort déclin (fig. 8)1. Plusieurs
espèces auraient perdu plus de la moitié de leur population au cours des
quatre dernières décennies.
Or, pour la majorité de ces espèces, les déclins s’accentuent ces dernières ci-contre Malgré qu'il soit
années. En effet, au Québec, le déclin annuel de la plupart des espèces d'oi­ un pa­r asite des couvées
seaux champêtres est plus marqué durant la période 1989-2009 que durant (la femelle pond ses
la période 1970-2009 (tableau 1). Dans le même sens, une comparaison des oeufs dans les nids des
travaux du premier Atlas des oiseaux nicheurs du Québec (1984-1989) et autres espèces), le Vacher
de ceux du second (2010-2014) nous montre clairement une diminution de à tête brune est aussi
l’aire de nidification de plusieurs espèces champêtres sur une courte période. une espèce champêtre en
C’est le cas par exemple de la Sturnelle des prés (fig. 9). déclin. © Alain Daigle

ci-dessous Oeuf de v­ acher


dans une couvée de Ca-
rouge à épaulettes
© Alexandre Nicole

1
Dans son regroupement des espèces, le Relevé des oiseaux nicheurs d’Amérique du Nord dis­
tingue le groupe des insectivores aériens de celui des oiseaux champêtres. Dans les faits, un grand
nombre d’espèces de ce premier groupe, comme les hirondelles, s’alimentent dans les champs. C’est
pourquoi le groupe des oiseaux champêtres tel que nous le reconnaissons comprend les oiseaux
de prairies et une bonne partie des insectivores aériens. De plus, nous y avons aussi inclus des
espèces du groupe des oiseaux des milieux arbustifs et des lisières de forêt que l’on retrouve dans
les friches des milieux agricoles ou dans les paysages de bocage (brise-vents naturels).
%
fig. 8 Changements dans les 304%
200
­populations des différents groupes
180
d’oiseaux pour la région de la
Plaine du Saint-Laurent et des lacs 160
Ontario et Érié de 1970 à 2010 sauvagine
140

120

100

80

24 60
oiseaux forestiers
40
tous les oiseaux
introduction

20

oiseaux des milieux arbustifs


0
et des lisières de forêt

-20
insectivores aériens
-40
oiseaux de prairie
-60
Source : Initiative de conservation des oiseaux
d’Amérique du Nord (ICOAN). 2012. État des -80
populations d’oiseaux du Canada. Environne-
ment Canada, Ottawa, Canada. 36 pages. -100

1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010

Tableau 1 espèces 1970-2009 1989-2009*

Tendance annuelle (%) des popula- Bruant des champs -10.7 -16.1
tions de quelques espèces d’oiseaux Alouette hausse-col -8.9 -14.1
champêtres du Québec selon le Goglu des prés -6.1 -6.3
Relevé des oiseaux nicheurs Sturnelle des prés -5.5 -6.3
Busard Saint-Martin -1.4 -6.3
Vacher à tête brune -6.6 -6.2
Hirondelle rustique -5.8 -6.2
Crécerelle d’Amérique -1.5 -6.2
Maubèche des champs -0.5 -5.7
Pluvier kildir -3.7 -5.5
Bruant des prés -3.6 -5.1
Hirondelle bicolore -0.8 -4.2
Bruant vespéral -7.8 -3.7
Tyran tritri -1.8 -3.5

*
Les tendances en caractère gras signifient que pour ces espèces le déclin s’est accentué à
court terme.
Statuts des espèces champêtres Bien qu’il soit constitué d’un moins grand
nombre d’espèces que les autres groupes d’oiseaux, le groupe des oiseaux fig. 9 Comparaison de l’aire de
champêtres présente, toutes proportions gardées, un nombre élevé d’espèces nidification de la Sturnelle des
en péril dans la province. En effet, une douzaine d’espèces ont obtenu ou prés lors des travaux du premier
sont en voie d’obtenir un statut précaire au niveau provincial et/ou fédéral Atlas des oiseaux nicheurs du
(tableau 2). De ce nombre, près de la moitié l’ont obtenu au cours des quatre Québec (1984-1989) et ceux
dernières années, ce qui démontre la gravité du phénomène des déclins qui du second (2010-2014, en voie
continue de s’accentuer. Parmi celles-ci, on retrouve deux espèces embléma­ d’être complété). Les parcelles
tiques du paysage agricole qui étaient jadis communes et dont le déclin des avec un point gris indiquent que
populations est aujourd’hui facilement observable, soit le Goglu des prés et l’espèce a été signalée dans le
l’Hirondelle rustique. En effet, elles ont toutes deux été désignées comme premier atlas mais pas dans le
des « espèces menacées » par le Comité sur la situation des espèces en péril second. L’aire de nidification 25
du Canada (COSEPAC) respectivement en 2010 et 2011. Deux exemples de cette espèce associée aux
qui démontrent clairement la fragilité des oiseaux champêtres, peu importe champs de foin a réduit con-

introduction
leur abondance. sidérablement en une vingtaine
d’années.

Sturnelle des prés


Sturnella magna

Possible

Probable Signalée dans le présent atlas, mais pas dans le premier


Confirmée Signalée dans le premier atlas, mais pas dans celui-ci

Carte : Andrew Couturier, Études d’Oiseaux Canada


Tableau 2

Liste des espèces d’oiseaux associées


au milieu agricole ayant obtenu ou en
voie d’obtenir un statut d’espèce en
péril à l’échelle de la province et du
pays.

espèces champêtres avec cosepac* lep* lemv*


statut (ou candidates)

26 Bruant de Nelson Non en péril (1998) Aucun SEDMV*


Bruant des champs Candidate à une évaluation Aucun Aucun
Bruant sauterelle Préoccupante (2013) En attente SEDMV
introduction

Crécerelle d’Amérique Candidate à une évaluation Aucun Aucun


Effraie des clochers En voie de disparition (2010) En voie de disparition SEDMV
Goglu des prés Menacée (2010) En attente Aucun
Hibou des marais Préoccupante (2012) Préoccupante SEDMV
Hirondelle rustique Menacée (2011) En attente Aucun
Paruline à ailes dorées Menacée (2006) Menacée SEDMV
Pie-grièche migratrice En voie de disparition (2000) En voie de disparition Menacée (2000)
Pluvier kildir Candidate à une évaluation Aucun Aucun
Sturnelle des prés Menacée (2011) En attente Aucun
Troglodyte à bec court Non en péril (1993) Aucun SEDMV

*
cosepac : Comité sur la situation des espèces en péril au Canada; lep : Loi sur les espèces en péril au Canada; lemv : Loi sur les espèces
menacées ou vulnérables au Québec; sedmv : Susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable. Au fédéral, les statuts désignés par le
COSEPAC n’ont pas de valeur légale de protection tant qu’ils ne sont pas inscrits à la LEP.
© Sonia Van Wijk
IV. Services écologiques et impacts
économiques

services écologiques
Les services écologiques représentent l’ensemble des bénéfices, matériels et
immatériels, dont bénéficient les humains grâce aux fonctions des écosys­
tèmes. Il existe quatre catégories de services écologiques, soit de soutien, de
régulation, d’approvisionnement et socioculturels (31). Les services de soutien
sont à la base du fonctionnement de tous les biens et services écologiques 27
(fig. 10). L’impact des services de soutien est indirect ou se produit sur une
très longue période comparativement aux autres services dont l’impact est

introduction
relativement direct et à court terme (31). Les services de régulation concernent
la capacité des écosystèmes à se maintenir dans des conditions propices à la
vie humaine et à contrôler certains phénomènes dangereux (32). Les services
d’approvisionnement fournissent des biens dont les humains peuvent se
nourrir ou faire usage pour répondre à leurs besoins en matière de santé,
d’abri, de divertissement, etc. (32) Les services socioculturels procurent quant
à eux des bénéfices non matériels. Intangibles, ils incluent le plaisir associé
à des activités récréatives ou culturelles, l’expérience spirituelle, ainsi que la
valeur pédagogique de la nature (32). En milieu agricole, les oiseaux peuvent
contribuer directement à l’une ou à l’autre de ces trois dernières catégories
de services.
© Adapterre

Services de régulation Les oiseaux vont surtout apporter des services de


régulation aux humains. Ils sont de très bons alliés naturels pour l’agriculture.
Le régime alimentaire des oiseaux champêtres varie selon l’espèce, mais un
bon nombre sont insectivores. En période de nidification et de nourrissage
des jeunes, la plupart des oiseaux s’alimentent d’insectes, peu importe leur
régime. Fait intéressant, les oiseaux ont tendance à s’alimenter davantage
d’insectes ravageurs et à éviter les espèces ennemies naturelles (33). Ils se nour­
rissent donc d’insectes nuisibles aux cultures et à l’humain. Grâce à l'élimina­
tion de ces ravageurs, il est donc possible pour les agriculteurs de réduire leur
utilisation d’insecticides et par le fait même de réduire d’importants coûts
liés à l’achat et à l’application de ceux-ci. À titre d’exemple, on estime que
jusqu’à 130 000 insectes/jour pourraient être naturellement éliminés dans les
champs à proximité de haies naturelles d’arbustes à forte densité d’oiseaux
(158 individus/ha) (33). Dans le même sens, les oiseaux granivores rendent
aussi service au milieu agricole en consommant les graines de mauvaises
herbes (34), réduisant ainsi leur propagation et l’usage d’herbicides.
Les oiseaux contribuent également à un autre service de régulation, soit
la pollinisation. Bien que d’une plus faible ampleur que les insectes pollini­
sateurs, certaines espèces d’oiseaux peuvent aussi aider à la pollinisation des
© Chenda Duong
fig. 10 Services écologiques

Services d’approvisionnement
• Nourriture et autres productions
• Eau douce
• Air
• Matériaux et fibres
28 • Composés médicinaux et pharma-
ceutiques

• Énergie (solaire, éolienne, pétrole,


introduction

gaz naturel, biomasse, etc.)

Services de soutien Services socioculturels Composantes du bien-être


• Habitats et biodiversité • Loisirs et tourisme Sécurité
• Formation et rétention des sol • Paysages Santé
• Cycle des éléments nutritifs • Spiritualité et inspiration Relations sociales et spirituelles
• Cycle de l’eau • Sentiment d’appartenance Biens matériels
Les services de soutien sont à la base du • Potentiel éducatif
fonctionnement de tous les biens et services
écologiques. • Patrimoine culturel

Services de régulation

• Régulation du climat local et


global

• Purification de l’eau et de l’air

• Atténuation des inondations


et des sécheresses

• Contrôle de l’érosion Figure originale :


CRÉ de la Montérégie Est, 2014. Biens et services
• Capture et séquestration du écologiques en Montérégie Est – Un capital naturel es-
carbone sentiel au développement des collectivités. McMaster-
ville, Québec, 30 p.

• Pollinisation et dispersion des


Elle-même inspirée de :
semences MEA BOARD – MILLENNIUM ECOSYSTEM ASSESS-
MENT BOARD. « Ecosystems and Human Well-Being:
• Contrôle des ravageurs agricoles Biodiversity Synthesis », World Resources Institute,
Washington D.C., 2005, 100 p., [En ligne].
et forestiers
Consulté en 2014 sur : [Link]/fr/[Link]

Photos : Grenouille © Stéphane Lamoureux, Sol © PleineTerre SENC, Nécrophore © Suzanne Labbé, Rivière © Martin Joly,
Carottes © Ludovic Beauregard, Ornithologue © Sophia Hobohm, Abeilles © Alexandre Nicole
plantes. Par exemple, en se nourrissant des larves qui se trouvent dans les
arbres et arbustes fruitiers, les oiseaux transportent sur leurs plumes quelques
grains de pollen vers d’autres fleurs. Quant à lui, le Colibri à gorge rubis
s’alimente entre autres du nectar de quelques légumineuses, agissant ainsi
au même titre qu’un insecte pollinisateur.

29

introduction
Services d’approvisionnement Certaines espèces d’oiseaux utilisant les mi­ ci-dessus L'Oie des
lieux agricoles sont consommées par l’humain et contribuent ainsi à un neiges a connu
service d’approvisionnement important pour de nombreuses familles au une augmentation
Québec. En effet, sans être nécessairement considérées comme des oiseaux exceptionnelle, passant
champêtres, quelques espèces de sauvagine (bernache, canard, oie, sarcelle, de quelques milliers
etc.) utilisent le milieu agricole en période de migration où elles peuvent être d’individus dans les
chassées. D’autres espèces de type gibier, telles que la Bécasse d'Amérique années 1930 à un
ou le Dindon sauvage, nichent régulièrement en milieu agricole, alors que million d’individus en
la nidification de la Perdrix grise s’y fait inévitablement. 1999. L'Oie des neiges
a été désignée « espèce
Services socioculturels Les oiseaux champêtres offrent également aux hu­ surabondante ».
mains un service socioculturel important, soit le loisir ornithologique. En © France Paré

effet, 1,5 million de Québécois s’intéressent aux oiseaux (35) et en faire


l’observation constitue l’une des plus importantes activités de loisir dans la
province. Ainsi, de nombreux ornithologues et photographes animaliers sil­
lonnent les chemins de campagne tout au long des saisons à l’affût d’oiseaux
champêtres dont certaines espèces emblématiques, telles que le Goglu des
prés ou l’Hirondelle rustique, qui se font de plus en plus rares.

Services en lien avec la présence d’habitats favorisant les oiseaux Il est


aussi important de mentionner que si l’on favorise la présence d’habitats
utilisés par les oiseaux champêtres, ces habitats procureront de nombreux
services aux communautés environnantes. À titre d’exemple, l’implantation
de bandes riveraines arbustives ou de haies diversifiées engendre directement
ou indirectement de nombreux services de régulation (contrôle de l’érosion,
capture et séquestration du carbone, pollinisation, purification de l’air et de
ci-dessus Environ 1,5 mil- l’eau, etc.), socioculturels (paysage, patrimoine culturel, etc.) et d’approvi­
30 lion de Québécois s’in- sionnement (nourriture, matériaux et fibres, énergie, composés médicinaux,
téressent aux oiseaux etc.), selon les espèces utilisées.
et en faire l’observation
introduction

constitue l’une des plus impacts économiques


importantes acti­v ités de Les oiseaux considérés nuisibles ou indésirables en milieu agricole, tels
loisir dans la province. que les oiseaux noirs (Carouge à épaulettes, Étourneau sansonnet, etc.) ou
Sortie ornithologique les espèces introduites et/ou domestiquées (Moineau domestique, Pigeon
en milieu champêtre, biset) ne sont pas définis comme des espèces champêtres, à l'exception de
Sainte-Anne-de-Sorel. la Perdrix grise, mais plutôt comme des espèces généralistes occupant une
© Alexandre Nicole variété de milieux. Dans le même sens, certaines espèces de sauvagine (Ber­
nache du Canada, Oie des neiges), qui peuvent fréquenter intensivement le
milieu agricole en période de migration, ne sont pas considérées comme des
espèces champêtres. Ainsi, l’ensemble des oiseaux champêtres n’occasionne
ci-dessous La majorité généralement pas de risques importants pour les produits des cultures et, par
des oiseaux champêtres conséquent, est rarement considéré comme problématique.
sont insectivores pen- La majorité des oiseaux champêtres sont insectivores pendant leur péri­
dant leur période de ode de nidification. Ils jouent ainsi un rôle certain dans la lutte biologique
nidification et jouent contre les insectes ravageurs, bien qu’il soit actuellement impossible d’en
ainsi un rôle dans la mesurer l’impact en raison du nombre limité d’études réalisées (33). Permettre
lutte biologique contre une meilleure cohabitation des pratiques culturales et des oiseaux champêtres
les insectes rava­g eurs. est donc souhaitable, d’autant plus que favoriser leur présence demeure, la
© Michèle Amyot plupart du temps, simple, peu exigeant et peu coûteux, voire même rentable
dans certains cas pour les producteurs agricoles.
En effet, bien que la modification de pratiques agricoles ou l'intégration
d'aménagements puissent engendrer quelques coûts, les agriculteurs tirent
généralement profit des mesures favorisant la conservation des oiseaux
champêtres. Par exemple, les travaux en semis direct procurent des économies
substantielles au niveau des opérations culturales (réduction de carburant
et de fertilisants) tout en permettant aux oiseaux de trouver un couvert de
protection contre les prédateurs, des matériaux pour la construction du nid
et de la nourriture grâce aux résidus végétaux laissés en place. De plus, en
laissant une couverture végétale permanente, cela augmente la résistance du
sol à la sécheresse, à l’acidification et à l’érosion par l’eau et le vent, d’autres
avantages économiques et agronomiques considérables pour les producteurs.
V. Recommandations

Pour les besoins de ce guide, nous avons établi huit habitats agricoles qui
constituent chacun un chapitre dans les sections suivantes :

chapitre recommandations (nombre) pages


31
1. Cultures annuelles 8 33-48
2. Prairies 15 49-76

introduction
3. Pâturages 5 77-92
4. Vergers et cultures d'arbustes fruitiers 4 93-106
5. Cultures d’arbres 5 107-118
6. Friches 5 119-132
7. Habitats marginaux 7 133-152
8. Structures anthropiques 6 153-170

© Martin Joly

Contenu des chapitres « Habitats » Chaque chapitre présente d’abord une


brève description de l’habitat, tel que nous l’avons défini, ainsi que les cons­
tats en lien avec les oiseaux champêtres qui leur sont spécifiques. En guise de
référence, des espèces typiquement associées à l’habitat sont données en ex­
emple. Puis, nous avons associé une série de recommandations à chaque hab­
itat. Ces recommandations sont détaillées sous forme de fiches indi­viduelles
dans les pages subséquentes. À noter que nous avons également identifié à
chaque chapitre d’autres recommandations pouvant s’appliquer à cet habitat,
mais associées principalement à un autre (fig. 11). Par conséquent, ces autres

© Sébastien Girard [Link]


recommandations sont détaillées dans un autre chapitre. Le numéro de la
fig. 11 Symboles utilisés dans les recommandation correspond au numéro du chapitre auquel il est associé
fi­ches pour désigner les habitats (ex : la recommandation 4.3 Attirer les oiseaux de proie est détaillée dans le
visés par les recommandations chapitre 4).

Cultures Cultures
annuelles annuelles

(grandes cultures) (maraîchères)

32 Prairies Prairies
introduction

(anthropiques) (naturelles)

Vergers et
Pâturages
arbustes fruitiers

© Groupe ProConseil
Culture
Friches
d’arbres

Contenu des fiches « Recommandations » Chaque fiche présente les habitats


Habitats Habitats
ciblés par la recommandation (symboles reproduits ci-contre), une brève
margi­naux margi­naux
description de celle-ci, ainsi que les objectifs fauniques visés par son appli­
cation. Des conseils pour faciliter la mise en place de la recommandation ou
des suggestions pour aller plus loin sont également proposés afin que chaque
(végétaux) (aquatiques) producteur agricole y trouve des solutions applicables à son entreprise. De
Structures
plus, nous avons relevé quelques arguments agronomiques, économiques et/
anthropiques ou émotifs en guise de motivations pour adopter chacune des recommanda­
tions. Finalement, une cote de coût et une cote de bénéfices pour les oiseaux
ont été établies à titre indicatif (symboles ci-dessous).

Cote de coûts : Cote de bénéfices :

faibles à élevés + (faibles) à +++ (élevés)


1
Cultures annuelles
le pluvier kildir
Charadrius vociferus

statut
Candidat à une évaluation par le
COSEPAC

tendance annuelle
-5.5 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)

présence au québec
Nicheur migrateur : le Pluvier kildir
niche et trouve sa nourriture sur le
sol à nu des cultures maraîchères
ou céréalières, mais également dans
les pâturages et les prairies d’herbes
basses. Il se nourrit de gros insectes et
occasionnellement de petits vertébrés.

menaces
La réduction du couvert par l’­u sage­
d’herbicides et le travail du sol aug-
mente les risques de prédation.
Le passage de la machinerie et la
présence intensive de bétail peuvent
déranger ou détruire la couvée. L’utili­
sation de pesticides peut intoxiquer
le pluvier suite à l’ingestion de proies
contaminées.
1
Cultures annuelles

Description de l’habitat Les cultures annuelles sont des cultures qui doivent
être semées chaque année. On y inclut les grandes cultures, telles que les
cultures du maïs, du soya, du blé, de l’orge, etc. Il en est de même pour
les cultures maraîchères. Les cultures de petits fruits herbacés, les fraises 35
notam­ment, sont aussi considérées dans cette catégorie bien qu’elles n’aient
pas besoin d’être semées chaque année. Les cultures annuelles se font tradi­

cultures annuelles
tionnellement sur un sol à nu.

Constats spécifiques à l’habitat La richesse spécifique dans les cultures


annuelles est généralement beaucoup plus faible que dans les prairies et
pâturages, car cet habitat plus homogène constitue un moins bon substitut
aux habitats naturels des espèces qui le fréquentent (36). Il en demeure que
quelques espèces s’y sont adaptées en période de nidification, en nichant
directement au sol. Par ailleurs, ce milieu est un habitat hivernal important
pour l’alimentation de certaines espèces résidentes (Alouette hausse-col,
Perdrix grise) ou venues du nord (Harfang des neiges, Plectrophane des
neiges). Ces espèces s'alimentent du grain et autres graines laissés au sol, ou,
dans le cas du harfang, des espèces qui les consomment (1).

Ce type de culture nécessite diverses interventions au champ impliquant de ci-dessus Culture de soya,
fréquents passages de la machinerie (ex. : labour, sarclage, semis, épandage, Montérégie © Stéphane

arrosage, etc.). Ces activités affectent les oiseaux qui y nichent, car l’approche Lamoureux

et le passage de la machinerie dérangent ou même détruisent les nichées (15).


espèces associées De façon générale, le travail du sol réduit le couvert de végétation, ce
• Alouette hausse-col qui a pour conséquence d’augmenter les risques de prédation des oiseaux
et de leur nichée, de réduire les matériaux pour la fabrication du nid et de
• Bruant vespéral
diminuer les sources d’alimentation disponibles (végétaux ou invertébrés) (37).
• Perdrix grise
Par ailleurs, l’usage de pesticides est courant afin d’éviter que la présence
• Pluvier kildir
d’insectes ou de mauvaises herbes n'affecte le rendement des cultures. Or,
• etc. la période d’application, pour les champs de maïs et de soya par exemple,
s’étale de mai à juin, soit pendant la nidification de plusieurs espèces. Dès
lors, les oiseaux risquent de s’intoxiquer en ingérant des proies contaminées
36 ou encore en s’alimentant accidentellement de granules ou de semences
enrobées (38). Ce phénomène est d’ailleurs plus fréquemment observé dans
les 19 mètres adjacents à la lisière des champs où, en tournant, la machinerie
cultures annuelles

applique des doses plus importantes de pesticides (39).

ci-dessous Le travail du sol réduit le couvert de végétation, ce qui a pour


conséquence d’augmenter les risques de prédation des oiseaux et de leur
nichée, de réduire les matériaux pour la fabrication du nid et de diminuer
les sources d’alimentation disponibles. Ici, sarclage d'oignons jaunes dans
Lanaudière. © Ludovic Beauregard
recommandations

1.1 Effectuer un usage raisonné des pesticides


1.2 Mettre en pratique le travail réduit du sol et préconiser le semis direct
1.3 Éviter un semis en courbe dans le coin de champ
1.4 Interrompre l’épandage dans les virages
1.5 Conserver une bande sans pesticides
1.6 Semer des rangs de tournesol parmi les rangs en culture
1.7 Adapter la période de labour
37
1.8 Cultiver des céréales d'automne

autres recommandations

cultures annuelles
2.5 Utiliser une barre d’effarouchement à l’avant de la machinerie l’alouette hausse-col
4.1 Pratiquer la lutte intégrée Eremophila alpestris

4.2 Planter des arbres et des arbustes fruitiers indigènes et distractifs statut
4.3 Attirer les oiseaux de proie Aucun

5.2 Adapter l’utilisation d’engrais tendance annuelle


7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place -14.1 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)
7.2 Planter des arbres isolés
7.3 Mettre en place des haies diversifiées présence au québec
Nicheur hivernant : l’Alouette hausse-
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines col utilise principalement les champs
7.5 Retarder la fauche des fossés après la période de nidification de grandes cultures céréalières et de
cultures maraîchères, les pâturages
7.6 Aménager des fossés-avaloirs adaptés pour la faune et les prairies d’herbes basses comme
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs habitat autant lors de la nidification
que l’hivernation. L’alouette se nour-
8.1 Planter des piquets de cèdre en guise de perchoir
rit de graines au sol, mais également
8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens pâturages convertis en culture d’insectes lors de sa période de repro-
duction. On l’observe souvent l’hiver
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques
en bordure des routes.
8.5 Favoriser la nidification de l’Hirondelle rustique
menaces
8.6 Maintenir les bâtiments et autres structures isolés
Comme l’alouette niche au sol, la ré-
duction du couvert par l’usage d’her-
bicides et le travail du sol favorise la
prédation des nids et réduit les matéri-
aux nécessaires à leur construction.
Le passage de la machinerie peut
déranger ou tout simplement détruire
la nichée. De plus, l’alouette peut s’in-
toxiquer par l’ingestion de pesticides
ou de fertilisants.
1.1 Effectuer un usage raisonné des pesticides

Habitats cibles description

Réduire l’utilisation des pesticides ou utiliser des méthodes plus naturelles


pour combattre les ravageurs des cultures, par exemple en attirant les ennemis
naturels de ces ravageurs, soit des oiseaux, des parasitoïdes et autres espèces
fauniques (37).
38

objectifs fauniques
cultures annuelles

Coûts & bénéfices • Limiter l’empoisonnement des oiseaux qui sont exposés aux pesticides ou qui
en consomment sous forme de granules ou de proies contaminées (38);
+++ • Éviter de rendre le milieu improductif aux oiseaux par la perte de végétation
(nourriture, refuge) et la diminution des insectes (nourriture) (40, 41, 42).

conseils
• Appliquer les pesticides seulement si nécessaire, soit lorsque des ra­vageurs
sont détectés en nombres significatifs lors de dépistage;

• Suivre les recommandations émises par le Réseau d’avertissements phytosa­


nitaires (RAP);

• Utiliser des buses antidérive et éviter la pulvérisation lors de grands vents pour
réduire les risques de dérive de produits;

• Maintenir des zones sans application dans le pourtour du champ qui est da-
vantage utilisé par les oiseaux (voir recommandation 1.5);
• Interrompre l’épandage dans les virages (voir recommandation 1.4).

motivations
• Diminution des coûts;
• Milieu de travail sain et sécuritaire;
• Diminution des risques sur la santé humaine.

ci-contre La réduction du couvert par


l’usage d’herbicides et le travail du
sol favorise la prédation des nids
d'espèces comme l'Alouette hausse-
col et réduit la disponibilité des
matériaux nécessaires à leur cons­
truction. © Mike Allen, Marcel Gauthier
1.2 Mettre en pratique le travail réduit du sol et
préconiser le semis direct

description Habitat cible

Mettre en pratique le travail réduit du sol afin de réduire ou d’éviter toutes activités
de brassage du sol (labourage, sarclage, hersage) et effectuer le semis direct des
nouvelles cultures sur les résidus de l’année précédente pour offrir un habitat de
meilleure qualité aux oiseaux champêtres (37).
Coûts & bénéfices 39

objectifs fauniques
+++

cultures annuelles
• Augmenter la densité et la richesse spécifique des oiseaux (43; 44; 45);
• Réduire les perturbations ou la destruction des nids engendrée par le passage
de la machinerie (15); ci-dessous En plus des bienfaits
pour le sol, le semis direct
• Augmenter la disponibilité des matériaux utilisés pour la construction de
augmente le couvert de pro-
nids­  (37);
tection contre les prédateurs
• Assurer un couvert de protection contre les prédateurs (camouflage) (37);
et la disponibilité des matéri-
• Fournir des sources d’alimentation aux espèces hivernantes ou migratrices (1). aux pour la construction du
nid. © Groupe ProConseil
conseils
• Être accompagné d’un agronome-conseiller lors de la mise en place de cette
pratique;

• Mettre en place des parcelles expérimentales si cette pratique n’a jamais été
essayée par le producteur;
• Augmenter annuellement la superficie des terres en semis direct;
• Encourager l’application de cette méthode auprès de producteurs voisins afin
de créer un important réseau non fragmenté d’habitats de qualité;
40 • Utiliser des engrais verts en accompagnement afin d'offrir un meilleur couvert
de protection contre les prédateurs.
cultures annuelles

motivations
• Pratique de plus en plus adoptée et reconnue pour ses avantages agronomiques,
économiques et environnementaux (46, 47);
• Économie de temps et des frais de main-d’œuvre (48);
• Réduction de l’usage de carburant et de fertilisants (48);
• Réduction des coûts d’achat, d’opération et d’entretien de la machinerie (48);
• Ralentissement de l’usure de la machinerie (48);
• Réduction de la compaction du sol (48);
• Conservation de la fraction fine du sol et de la matière organique dans la ma-
ci-dessous La Perdrix
trice du sol (49);
grise profite de la
disponibilité accrue de • Augmentation de la productivité du sol (50);

nourriture en hiver fa- • Rétention de l’humidité (50);


vorisée par la technique • Résistance accrue du sol à la sécheresse, à l’acidification et à l’érosion par
du semis direct l’eau et le vent (48);
© Alain Daigle
1.3 Éviter un semis en courbe dans les
coins de champ

description Habitat cible

Éviter un semis en courbe dans les coins de champ en effectuant un semis angu-
laire (fig. 1-1) qui engendre moins de risques de contamination des oiseaux (51).

objectifs fauniques
Coûts & bénéfices 41
• Éviter qu’il y ait accumulation de semences enrobées de pesticides dans les
extrémités des champs suite aux manœuvres de la machinerie (39);
++

cultures annuelles
• Réduire le taux de mortalité par intoxication des oiseaux ayant ingéré ces se-
mences à la surface du sol (38).

conseils à noter

• Éviter de lever trop rapidement le semoir pour empêcher que des semences se En plus de nuire aux insectes pol-
retrouvent à la surface du sol et soient accessibles; linisateurs, les néonicotinoïdes com-
• S’assurer que les semences soient bien enfouies dans le sol; posants les semences enrobées affec­
• Éviter l’utilisation de semences enrobées (néonicotinoïdes); tent les oiseaux qui s’abreuvent d’eau

• Installer des déflecteurs sur les semoirs pneumatiques pour réduire l’incidence contaminée. Éviter l'utilisation de ce

des néonicotinoïdes; type de semence est ainsi fortement


recommandé.
• Effectuer les autres travaux impliquant des intrants chimiques (arrosage, ferti­
lisation, etc.) selon le même patron (voir recommandation 1.4).

motivations
• Réduire les coûts en fertilisants et pesticides en réduisant leur utilisation; fig. 1-1 Patrons de semis
• Application facile et peu exigeante;
• Aucun coût supplémentaire à l’application de cette alternative par rapport à la A Angulaire X En courbe
méthode du semis en courbe;
• Perte de semences réduite permettant quelques économies;
• Manœuvre plus facile de la machinerie;
• Technologie actuelle permettant un géoposionnement de précision;
• Compaction moins élevée dans les cintres;
• Semis plus droit et égal;
• Appréciation quand les coins de champs sont tous semés;
• Fierté d’avoir un beau champ.
1.4 Interrompre l’épandage dans les virages

Habitats cibles description


Interrompre l’épandage de fertilisants et de pesticides dans les virages afin d’éviter
une suraccumulation de ces produits chimiques aux extrémités des champs (37).

objectifs fauniques
42 Coûts & bénéfices
• Limiter l’empoisonnement des oiseaux qui sont exposés aux pesticides ou qui
en consomment soit sous forme de granules ou indirectement par des proies
++
cultures annuelles

(38, 52, 53)


contaminées ;

• Conserver une complexité structurale dans les communautés végétales des


lisières pour favoriser la nourriture disponible (40, 41, 42) et diminuer les risques
de prédation (36).

conseils
• Éviter d’épandre ou de pulvériser lors de grands vents afin de minimiser le
risque de dérive dans les habitats marginaux (37);

• Procéder au semis angulaire dans les coins de champs pour effectuer les
travaux impliquant des intrants chimiques selon le même patron (voir recom-
mandation 1.3);

• Maintenir des zones sans application dans le pourtour du champ qui est da-
vantage utilisé par les oiseaux (voir recommandation 1.5).

motivations
• Diminution des coûts liés à l’achat de fertilisants et de pesticides;
• Aucun coût lié à son implantation;
• Application simple.

ci-contre Puisque le trac-


teur circule moins vite
dans les virages, une
plus grande quantité de
pesticides y est épan-
due © Groupe ProConseil
1.5 Conserver une bande sans pesticides

description Habitats cibles

Conserver une bande de 20 mètres non traitée aux pesticides dans le pourtour des
champs en cultures annuelles qui correspond à la zone périphérique principale-
ment utilisée par les oiseaux dans ce type d’habitat (39, 54, 55, 56).

Coûts & bénéfices 43


objectifs fauniques
• Limiter l’empoisonnement des oiseaux exposés qui peuvent se nourrir acciden- ++

cultures annuelles
tellement de pesticides ou encore de proies contaminées (38, 52, 53);

• Conserver une complexité structurale dans les communautés végétales des


lisières pour favoriser les sources de nourriture disponibles (40, 41, 42) et dimi­
nuer les risques de prédation (36). fig. 1-2 Options d'application de la
bande sans pesticides, du meilleur
emplacement au moins stratégique :
conseils
A à proximité d'un cours d'eau;
• Conserver une bande au pourtour des champs, une zone cultivée plus B à proximité d'un fossé agricole;
fréquentée par les oiseaux en raison de la proximité des habitats marginaux C près d'une emprise de route;
(fossés, lisières arbustives, ruisseaux, etc.); D longeant le champ voisin.
• Considérer d’abord l’application de cette méthode sur un seul côté du champ,
C
(fig. 1-2) notamment les transversaux (plus courts) ou les côtés longeant un
cours d’eau (décharge ou ruisseau); D
• Débuter, si moins contraignant, par une bande plus étroite (5-10 mètres);

• Favoriser davantage une bande de 20 mètres sur un seul côté qu’une bande
B
plus étroite sur l’ensemble du pourtour du champ puisque pour une même
surface une bande plus large supportera une plus grande biodiversité.

motivations
A
• Diminution des coûts liés à l’achat de pesticides et de carburant;
• Diminution des risques sur la santé;
• Risque très faible de dérive de pesticides;
• Contrôle de l’érosion hydrique;
Bande sans pesticides
• Contrôle du ruissellement des pesticides et des fertilisants;
• Attrait de pollinisateurs; Cours d'eau / fossé

• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures; Terre du producteur


• Respect de la bande riveraine facilité. Terres voisines
1.6 Semer des rangs de tournesol parmi les rangs
en cultures

Habitat cible description

Semer des rangs de plants de tournesol en bordure ou au travers des rangs de


cultures maraîchères afin d’attirer des oiseaux ennemis naturels des insectes
ravageurs et de réduire les dommages liés aux cultures (57).

44 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques

+ • Attirer les oiseaux insectivores aériens en tant qu’ennemis naturels des rava­
cultures annuelles

geurs de cultures (57);


• Créer des perchoirs pour ces oiseaux ennemis naturels des ravageurs de cul-
tures ou autres espèces champêtres nichant dans ces habitats (1);
ci-dessous La plantation
• Limiter l’empoisonnement des oiseaux qui sont exposés aux pesticides ou qui
de tournesols en bordure
en consomment sous forme de granules ou de proies contaminées.
d'un champ constitue
une excellente façon de
conseils
tester l'adoption de cette
recommandation, com- • Débuter l’adoption de cette recommandation en plantant des tournesols en
me sur cette ferme de la bordure d’un champ;
vallée de la Matapédia. • Favoriser des rangs orientés perpendiculairement aux vents dominants afin de
© Paul-Claude Bérubé protéger les cultures;

• Utiliser les graines produites par les plants de tournesol pour diversifier vos
produits (alimentation des oiseaux, production d’huile, etc.).

motivations
• Application facile et simple;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Réduction des pertes de production;
• Protection des cultures;
• Possibilité de diversifier la variété de produits;
• Réduction de l'utilisation de pesticides (coût, temps, santé);
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage.
1.7 Adapter la période de labour

description Habitat cible

Labourer les champs en culture si possible avant la fin avril pour le labour prin­
tanier et après les récoltes pour le labour automnal afin d’éviter la période de forte
utilisation par les oiseaux (37).

Coûts & bénéfices 45


objectifs fauniques
• Réduire les perturbations ou la destruction des nids engendrées par le passage +

cultures annuelles
de la machinerie (15);
• Fournir des sources d’alimentation aux espèces hivernantes ou migratrices
lorsque le labour est réalisé au printemps suivant une récolte automnale (1).

conseils
• Favoriser le labour automnal qui est moins conflictuel pour la nidification que
le labour printanier;

• Respecter les dates proposées (avant la fin avril) si un labour printanier est ci-contre Le labour
nécessaire et que les conditions météorologiques le permettent; automnal est moins con-
• Songer à mettre en pratique le travail réduit du sol et préconiser le semis direct flictuel pour les oiseaux
(voir recommandation 1.2). que le labour printanier,
en particu­lier pour le

motivations Pluvier kildir dont la


nidi­f ication débute tôt
• Facilité de respecter des dates non conflictuelles;
au printemps, comme
• Période actuelle d’exécution de ces travaux déjà majoritairement non conflic- en témoigne ce nid dans
tuelle avec la nidification des oiseaux. une culture d'asperges.

© Jean-Sébastien Guénette © Catherine Dion


1.8 Cultiver des céréales d'automne

Habitat cible description

Cultiver des céréales d’automne (blé, seigle, triticale ou épeautre) dont les travaux
aux champs (semis et récolte) sont effectués en dehors de la période de nidification
des oiseaux, donc moins conflictuels que leur équivalent printanier (141).

46 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques

++ • Réduire les perturbations ou la destruction des nids engendrée par le passage


cultures annuelles

de la machinerie durant la période de nidification (141);


• Augmenter la densité et la richesse spécifique des oiseaux dans les cultures
annuelles (141);
• Assurer un couvert de protection contre les prédateurs (camouflage).

ci-dessus Blé d'automne conseils


peu avant sa récolte en • Être accompagné d’un agronome-conseiller lors de la mise en place de cette
juillet © Élisabeth Vachon -
pratique (technique, date et densité de semis appropriées);
Les Moulins de Soulanges
• Mettre en place des parcelles expérimentales si cette pratique n’a jamais été
essayée par le producteur;

• Considérer, comme alternative, l’application de cette recommandation dans


les 20 premiers mètres d’un pourtour de champ d’une autre culture annuelle
(soya ou maïs), zone périphérique principalement utilisée par les oiseaux dans
ce type d’habitat (54);

• Encourager l’application de cette méthode auprès de producteurs voisins afin


de créer un important réseau non fragmenté d’habitats de qualité;
• Effectuer la récolte après le 15 juillet.
47

cultures annuelles
motivations ci-dessus En plus de
• Diversification des systèmes maïs-soya en alternance (142)
; servir de couvre-­sol

• Système racinaire favorable à l’amélioration de la structure du sol (142); durant la saison froide,
les cultures céréalières
• Meilleure couverture et protection du sol contre l’érosion (141, 142, 143);
d'automne ont l'avan-
• Cultures compétitives aux mauvaises herbes (141, 142);
tage d'être semées et
• Réduction des coûts d’achat d’herbicides (141);
récoltées en dehors de
• Intégration facile de cultures intercalaires et de cultures couvre-sol d’hiver (142, la période de nidifica-
143)
; tion des oiseaux
• Mise en place possible d’une deuxième culture après la récolte ou l’implanta- © Élisabeth Vachon -

tion d’un engrais vert en dérobé (143); Les Moulins de Soulanges

• Répartition des travaux et réduction de la charge de travail au printemps (semis


à l’automne, récolte plus hâtive, etc.) (142, 143);
(141,
• Risques de fusariose moins élevés que pour les céréales de printemps
142, 143)
;

• Rendement des céréales d’automne supérieur à celui des céréales de printemps


(141, 142, 143, 144)
;
• Amélioration du rendement des autres cultures (142, 144).
le bruant vespéral
Poecetes gramineus

statut
Aucun

tendance annuelle
-3.7 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)

présence au québec
Nicheur migrateur : Le Bruant ves-
péral est présent dans les champs de
cultures annuelles et maraîchères,
les pâturages et les prairies d’herbes
basses. Ce bruant niche au sol et y
trouve sa nourriture. Il utilise, entre
autres, les piquets des clôtures pour
se percher.

menaces
Le travail excessif du sol, l’usage
d’herbicides et le fauchage des fossés
peuvent entrainer la destruction ou
la prédation des nids de même que
la diminution des matériaux pour le
construire. Ce bruant peut aussi s’in-
toxiquer en ingérant des proies con-
taminées, des pesticides ou des ferti­
lisants.
2
Prairies
le goglu des prés
Dolichonyx oryzivorus

statut
Menacé (COSEPAC), en attente (LEP)

tendance annuelle
-6.3 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)

présence au québec
Nicheur migrateur : le Goglu des
prés niche dans les prairies d’herbes
hautes, les fourrages et les friches
herbacées. Il s’alimente d’insectes,
mais aussi de graines et d’arai­gnées
qu’il trouve au sol. Le goglu fait son
nid dans une dépression du sol caché
sous la végétation.

menaces
Le fauchage hâtif et fréquent du foin
durant la période de nidification de-
meure une menace très importante
pour la survie de la population de go-
glus. On estime que 400 000 jeunes
Goglus des prés seraient tués annu-
ellement dans les basses-terres du
Saint-Laurent et les Grands Lacs.
2
Prairies

Description de l’habitat Les prairies anthropiques sont des cultures pérennes,


c’est-à-dire qu’elles n’ont pas besoin d’être semées chaque année; tel est le cas
pour le foin, le trèfle et la luzerne. Contrairement aux prairies anthropiques,
les prairies naturelles ne sont pas issues d’un semis de végétaux sélectionnés 51
par l’humain. Les prairies naturelles se font de plus en plus rares, car bon
nombre d’entre elles ont été converties en cultures pérennes ou annuelles.

prairies
Longtemps utilisées comme sites de pâturage pour le bétail ou fauchées
pour produire du foin de mer, leur utilisation agricole demeure aujourd’hui
marginale (58).

Constats spécifiques à l’habitat Les prairies anthropiques offrent un ha­ ci-dessus Sturnelle des
bitat préférentiel à plusieurs espèces. Malheureusement, le fauchage du foin prés © Michèle Amyot

serait devenu, depuis les dernières années, l’une des plus importantes causes
de mortalité accidentelle d’oiseaux en milieu agricole (59, 60). Un régime où
l’on peut effectuer jusqu’à quatre fauches est difficilement compatible avec
la nidification de nombreuses espèces nichant au sol. En effet, celles-ci ne
bénéficient pas de périodes assez longues pour entamer une nouvelle nichée
espèces associées et l’amener à l’envol (18). Les œufs et les jeunes oisillons sont donc tués di­
• Bruant sauterelle rectement par le passage de la machinerie lors des différentes opérations
de la fenaison (fauchage, fanage, andainage, pressage), ou indirectement
• Bruant des prés
par l’exposition accrue à la prédation qui suit la fauche, faute de couvert de
• Goglu des prés
protection. À titre d’exemple, chez le Goglu des prés, les échecs de nidifica­
• Sturnelle des prés
tion liés à la fenaison seraient dus à 78 % aux passages de la machinerie et
• Troglodyte à bec court à 22 % à la prédation, la plupart du temps par les goélands, les corneilles et
• Râle jaune les corbeaux (61).
• Hibou des marais Par ailleurs, la première récolte de foin a maintenant généralement
52 • etc. lieu entre le début et la mi-juin dans les régions du sud du Québec, ce qui
correspond au pic de nidification de la plupart des espèces qui y nichent,
telles que le Goglu des prés et le Bruant des prés (1). Ainsi, chez ces deux
prairies

espèces, le fauchage hâtif entraîne des mortalités quasi totales dans les nids
(94-100%) (59, 60).
Dans les prairies naturelles, la nidification des oiseaux est davantage
menacée par le brûlage dirigé que par la fauche du foin de mer. La récolte
du foin de mer est effectuée au mois de septembre alors que la nidification
est déjà complétée. Elle peut toutefois engendrer un risque de mortalité lors
de rassemblements qui ont lieu dans les prairies humides à cette période (37).
Le brulage dirigé, opération associée aux îles du Saint-Laurent, est
surtout utilisé pour éliminer les débris ramenés des eaux qui pourraient
engendrer des bris de machinerie. Réalisé lors de la période de nidification,
le brûlage peut avoir de lourdes conséquences sur les oiseaux qui nichent au
sol comme le Hibou des marais ou le Bruant de Nelson (62).

ci-dessous Goglu des prés mâle


(gauche) et femelle (droite)
© Alexandre Nicole, Michel Bordeleau
recommandations

2.1 Maintenir les prairies de 4 à 5 ans


2.2 Maintenir une parcelle de quelques ha en prairie sur 6 années et plus
2.3 Changer le patron de fauche
2.4 Augmenter la hauteur de fauche
2.5 Utiliser une barre d’effarouchement à l’avant de la machinerie
2.6 Adopter des mélanges de cultivars tardifs ou hâtifs
2.7 Reporter la fauche de quelques hectares après la période de reproduction
53
2.8 Augmenter l’intervalle entre les fauches pour quelques hectares
2.9 Conserver quelques hectares exempts de fauche

prairies
2.10 Viser des hauteurs et des densités de fourrage variées
2.11 Débuter le fauchage par les champs de plus petite taille le hibou des marais
Asio flammeus
2.12 Éviter la fauche de nuit
2.13 Privilégier l’épandage de lisier après la dernière coupe statut
Préoccupant (LEP), susceptible d’être
2.14 Adapter la période de brûlage dirigé et les surfaces ciblées
désigné menacé ou vulnérable (LEMV)
2.15 Adapter la période de fauche du foin de mer
tendance annuelle
Non disponible

présence au québec
autres recommandations Nicheur migrateur et/ou hivernant
occasionnel dans le sud du Québec.
3.2 Limiter la densité du bétail dans le pâturage Moins nocturne que les autres hi-
boux, le Hibou des marais utilise les
3.3 Contrôler le broutage en effectuant une rotation des pâturages
prairies, les pâturages et les champs
3.4 Construire des exclos dans les pâturages abandonnés pour y construire son nid
recouvert de végétation à même le sol.
4.3 Attirer les oiseaux de proie
Il se nourrit presque exclusivement de
7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place petits mammifères comme les Cam-
pagnols des champs.
7.2 Planter des arbres isolés
7.3 Mettre en place des haies diversifiées menaces
La nichée du Hibou des marais est vul-
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines
nérable au fauchage du foin, de même
7.5 Retarder la fauche des fossés après la période de nidification qu’au pâturage intensif. L’usage de
pesticides peut entraîner l’ingestion
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs
de proies contaminées et de la bioam-
8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens pâturages convertis en culture plification. Le drainage des terres et
l’assèchement de milieux humides ont
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques
engendré une perte importante d’habi­
8.5 Favoriser la nidification de l’Hirondelle rustique tat pour cette espèce. Finalement,
l’élimination d’habitats marginaux et
8.6 Maintenir les bâtiments et autres structures isolés
le retrait des clôtures diminuent les
perchoirs disponibles.
2.1 Maintenir les prairies de 4 à 5 ans

Habitat cible description


Maintenir les prairies en place durant 4 à 5 années consécutives avant de les
remettre en culture (51).

objectifs fauniques
54 Coûts & bénéfices
• Assurer des sites de reproduction de qualité et sur de longues périodes aux
espèces qui y nichent au sol (1);
+++
prairies

• Contribuer au succès de reproduction de ces oiseaux.

conseils

• Mettre en place un système de rotation où de nouvelles prairies sont créées


annuellement et qu’inversement des prairies ayant atteint 4 ou 5 ans soient
remises en culture (fig. 2-1);

• Effectuer une rotation de façon à ce que les prairies remises en cultures juxta-
posent une nouvelle ou une ancienne prairie;
• Appliquer, si possible, cette stratégie sur la totalité des prairies;
• Appliquer cette stratégie sur la moitié des parcelles si le maintien de l’ensemble
des prairies est impossible sur une telle période.

motivations
• Application courante pour un bon nombre de producteurs;
• Application simple et facile;
• Coûts d’implantation répartis sur plus d’années;
• Compromis entre la qualité du foin et le coût d’implantation d’une prairie;
• Foin des dernières années spécifiquement dédié aux taures ou autres animaux
ayant des exigences de qualité moindre que les vaches en lactation2 (63).

fig. 2-1 Rotation suggérée

Ancienne prairie
Nouvelle prairie
Ancienne culture
Nouvelle culture

2
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
2.2 Maintenir une parcelle de quelques hectares
en prairie sur 6 années et plus

description Habitat cible

Maintenir en place des prairies, constituées par une dominance de graminées,


durant 6 années et plus, sur une parcelle de 5 à 10 hectares (51).

Objectifs fauniques
Coûts & bénéfices 55
• Assurer des sites de reproduction de qualité et sur de longues périodes aux
espèces qui demeurent fidèles à leur site de nidification (64);
+++

prairies
• Contribuer, par le fait même, à leur succès de reproduction.

conseils
• Privilégier un mélange fourrager à dominance de graminées (65);
• Sélectionner une parcelle peu propice aux grandes cultures comme site d’im-
plantation (zone inondable, mauvais drainage) (51);

• Mettre en place un système de rotation qui, lors de la remise en culture de


l’ancienne prairie, la juxtapose à une nouvelle prairie pendant deux ou trois
ans avant de la convertir à nouveau en prairie de longue durée.

motivations
• Utilisation de zones inondables et de champs présentant un mauvais drainage;
• Productivité possible si implantée en terre légère;
• Coût d’implantation réparti sur plusieurs années;
• Compromis entre la qualité du foin et le coût d’implantation d’une prairie;
• Foin dédié aux taures ou autres animaux ayant des exigences nutritionnelles
moins élevées que les vaches en lactation3 (63).

3
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
2.3 Changer le patron de fauche

Habitats cibles description


Commencer la fauche du foin à partir de l’intérieur du champ puis vers l’extérieur
(fauche centrifuge) plutôt qu’inversement (fauche centripète) (fig. 2-2) (66).

objectifs fauniques
56 Coûts & bénéfices
• Permettre aux oiseaux de fuir le champ vers les terrains voisins au lieu d’y être
confinés jusqu’au dernier coup de fauche (effet d’entonnoir) (66);
++
prairies

• Réduire le risque de prédation en garantissant un meilleur couvert de protec-


tion aux oiseaux.

conseils

• Laisser, pour le premier tour, une largeur d’un (ou deux) rang entre l’aller et
le retour pour faciliter le virage, puis faucher cette zone au retour du second
(et troisième) tour;

• Marquer préalablement, à chacune de ses extrémités, le centre du champ à


l’aide de piquets de cèdre (perchoirs) ou de nichoirs afin de s’y orienter plus
facilement (voir recommandations 8.1 et 8.3);

• Appliquer ce patron de fauche particulièrement dans des champs larges puis-


que les risques de prédation augmentent dû au fait que les bordures de champs
sont plus éloignées du centre;

• Appliquer un patron de fauche centrifuge surtout lors des deux premières


coupes de foin (plus conflictuelles avec la nidification);
• Procéder, si désiré, à une fauche conventionnelle (centripète) pour les coupes
effectuées après la mi-juillet;

• Réduire la vitesse de fauche aux alentours de 10 km/h pour permettre davan-


tage le déplacement des individus.

à noter motivations

Une fauche par bandes peut aussi être • Aucun coût lié à son implantation;

considérée comme alternative, les oi- • Application simple;


seaux pouvant se réfugier dans les • Qualité et quantité de foin inchangées;
zones qui ne sont pas immédiatement • Mortalité des oiseaux moins élevée.
récoltées.
A Fauche centrifuge fig. 2-2 Différents patrons
de fauche

57
B Fauche centrifuge adaptée

prairies
X Fauche centripète

ci-dessous Exemple de
fauche centrifuge
© Alexandre Nicole
2.4 Augmenter la hauteur de fauche

Habitats cibles description

Effectuer la fauche des prairies à une hauteur variant de 100 à 120 millimètres (51).

objectifs fauniques

58 Coûts & bénéfices • Réduire le taux de mortalité des œufs, oisillons et adultes engendré par la fau-
che de foin lors de la période de reproduction des espèces nichant au sol (67);

++ • Limiter la prédation des œufs et des oisillons en maintenant un certain couvert


prairies

de protection.

ci-contre Augmenter
la hauteur de fauche
permet d’éviter la
destruction des nids
d’oiseaux nichant au
sol tout en optimi­
sant la repousse de
foin. Oeufs et oisil-
lons de Goglu des
prés © Alexandre Nicole

conseils
• Augmenter à 100 mm (3,9 po) si la fauche actuelle est à 80 mm (3,1 po), et à
120 mm (4,7 po) si elle est actuellement à 100 mm (3,9 po);

• Commencer l’application de cette stratégie sur quelques hectares avant de


l’appliquer sur l’ensemble des prairies;

• Appliquer une hauteur de fauche plus élevée particulièrement lors des deux
premières coupes de foin (plus conflictuelles), puis réduire au besoin la hauteur
pour les fauches suivantes;

• Réduire la vitesse de fauche aux alentours de 10 km/h pour permettre davan-


tage le déplacement des individus.
ci-dessous La fauche basse
favorise la repousse de
renoncules (boutons d’or)
© Alexandre Nicole

59

prairies
motivations à noter
• Application simple, facile et peu exigeante;
Une fauche basse limite la luzerne, le
• Aucun coût lié à son implantation; trèfle rouge, la fétuque et le dactyle,
• Taux de toxines moins élevé dans le foin; alors qu’elle favorise la renoncule, le
(69)
• Récolte d’un fourrage moins fibreux, plus feuillu et de meilleure qualité ; trèfle blanc et le chiendent. Une fau-
(69) che plus haute permet d’améliorer
• Réduction de la quantité de poussières ;
• Meilleure qualité de la repousse (69); le regain des espèces désirées puis-
qu’elle laisse plus de surface pour la
• Meilleure fermentation (68);
photosynthèse et la réserve (68).
• Séchage plus rapide (69; 70);
• Réduction du stress hydrique pour l’ensemble des plantes fourragères (69);
• Réduction de l’érosion liée à l’écoulement de surface (71);
• Évitement des pierres (70, 71);
• Usure de l’équipement plus lente (couteaux, doigts et ressorts) (69);
• Réduction de dommages aux couronnes et aux plateaux de tallage (69);
• Réduction de la prolifération de mauvaises herbes (69);
• Augmentation de l’accumulation de neige et meilleure survie hivernale (69, 70);
• Mortalité des oiseaux moins élevée (67).
2.5 Utiliser une barre d’effarouchement à l’avant
de la machinerie

Habitats cibles description

Installer une barre transversale aussi large que la machinerie et munie de chaînettes
à l’avant du tracteur lors des travaux au champ, particulièrement lors de la période
de nidification des oiseaux (mi-mai à mi-juillet) (37).

60 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques

++ • Faire fuir les oiseaux nichant au sol lors des travaux au champ, particulièrement
prairies

lors de la fauche du foin où les prises accidentelles sont élevées (jeunes capa-
bles de se déplacer rapidement, femelles qui couvent ou défendent leur nid);

• Obliger les femelles à fuir plutôt que de rester immobiles par réflexe (37).

conseils
• Concevoir artisanalement une barre d’effarouchement constituée d’une tige de
fer transversale où sont fixées des chainettes (voir plan, annexe A);

• Commencer par l’essai d’une barre d’effarouchement artisanale lors de la


fauche de foin, puis l’appliquer à d’autres travaux au champ;

• Contacter des organismes qui ont mis à l’essai des barres d’effarouchement
dans la province (ex. : SCIRBI);

• S’informer auprès des représentants de machineries agricoles locaux pour


obtenir un appareil de démonstration européen non disponible sur le marché
nord-américain (ex. : système hydraulique permettant le rabattement des bras
latéraux, Société Brard et Sarran);

• Créer un engouement pour cet appareil afin qu’il soit disponible à moyen terme
sur le marché québécois.
motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle;
• Coût faible si conçu artisanalement;
• Mortalité des oiseaux moins élevée;
• Bénéfices pour les oiseaux observables; photos Barre d’effa-
• Intérêt à fabriquer soi-même cet appareil; rouchement déve­loppée
• Intérêt à être un précurseur. par la Société de Conser-
vation, d’interprétation et 61
de recherche de Berthier
et ses îles (SCIRBI) et

prairies
utilisée dans l’archipel
du lac Saint-Pierre. La
barre est composée de
trois sections main-
tenues en position
fermée ou ouverte grâce
à deux tiges d’attelage.
Deux barres de métal en
forme de L retiennent
l’instrument au tracteur.
© Alexandre Nicole
2.6 Adopter des mélanges de cultivars tardifs
ou hâtifs

Habitat cible description

Utiliser des cultivars très tardifs (fin juin) ou, à l’opposé, extrêmement hâtifs
(début mai) pour permettre respectivement de retarder ou devancer la première
fauche du foin (37).

62 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques
• Permettre d’éviter la fauche du foin en juin, période où la plupart des espèces
++
prairies

champêtres sont en nidification (72, 73);

• Limiter le nombre de fauches à deux coupes afin de permettre aux oiseaux


nichant au sol de compléter une nidification complète de la ponte à l’envol
des jeunes;

• Retarder la fauche du foin (mélange tardif) pour assurer aux oiseaux nichant
au sol de compléter leur nidification en permettant aux jeunes de s’envoler ou
de se déplacer au moment de la fauche;

• Devancer la fauche du foin en mai avant la période de nidification de la plupart


des espèces nichant au sol et réduire ainsi la mortalité des œufs, oisillons et
adultes engendrée par cette fauche (73).

conseils
• Opter pour les cultivars très hâtifs de mélanges traditionnels composés de
graminées originaires d’Europe (brome, fétuque, fléole (mil), etc.) (74);

• Accompagner, ou remplacer, la légumineuse traditionnelle avec du Lotier


corniculé (Lotus corniculatus), espèce démarrant tard au printemps et ayant
une repousse lente après la fauche, dans un mélange composé de 60 % de
légumineuses (60 % lotier, 40 % luzerne) et 40 % de fléole (68);

• Favoriser ces cultivars dans des champs de grande taille;

• Considérer des mélanges à maturation tardive composés d’espèces indigènes


telles que le Barbon de Gérard (Andropogon gerardii), le Panic érigé (Panicum
virgatum) et le Schizachyrium à balais (Schizachyrium scoparium) (75);

• Utiliser le Panic érigé comme source de litière si récolté tôt au printemps ou


comme source d’alimentation sous forme ensilée si récolté en septembre (76);

• Tester de tels mélanges hâtifs ou tardifs sur des champs de petite taille ou sur
une bande d’un champ de plus grande taille;
• Avoir idéalement sur ses terres, à la fois des champs de mélanges convention-
nels, de mélanges très hâtifs et de mélanges très tardifs (voir recommandation
2.10).

63

prairies
motivations ci-dessus Mélange tradi-
• Application simple, facile et peu exigeante; tionnel de fléole des prés

• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle; (mil) et de trèfle rouge


© Stéphane Lamoureux
• Accès à du foin de qualité tôt au printemps;
• Qualité du fourrage maintenu malgré une fauche tardive;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Intérêt à être un précurseur.
2.7 Reporter la fauche de quelques hectares après
la période de reproduction

Habitats cibles description


Retarder la première coupe de foin sur quelques hectares au plus tôt à la mi-juillet,
soit après le pic d’envol des jeunes des espèces nichant au sol (60, 63).

objectifs fauniques
64 Coûts & bénéfices
• Réduire le taux mortalité des œufs, oisillons et adultes engendré par la fauche
de foin lors de la période de reproduction des espèces nichant au sol (60, 63);
+++
prairies

• Permettre aux oisillons de se développer et de pouvoir fuir au moment de la


fauche (60, 63);
• Réduire la prédation des nids qui n’ont pas été fauchés (60, 63).

conseils

• Utiliser le foin issu de la fauche reportée pour les taures, les vaches non lac-
tantes4 ou les élevages nécessitant du foin de moindre qualité (chevaux, bovins
de boucherie, etc.) (63);

• Sélectionner la zone de report de fauche sur la totalité d’un petit champ, sur
une portion centrale d’un grand champ ou le long d’une bande riveraine de
plusieurs champs juxtaposés (fig. 2-3) (37);

• Privilégier une zone de report sur la totalité d’un petit champ;


• Sélectionner les zones de fauche reportées en fonction des habitats marginaux
de qualité situés à proximité;

• Réaliser un projet collectif en reportant la fauche le long d’une bande riveraine


de champs juxtaposés appartenant à différents propriétaires;

• Considérer le report de la fauche sur la majorité des superficies pour la pro-


duction de foin destiné aux élevages n’exigeant pas une alimentation d’aussi
grande qualité que l’élevage laitier (chevaux, bovins de boucherie, etc.) (63);

• Considérer des zones exemptes de fauche pour la conservation d’espèces en


péril (voir recommandation 2.9).

ci-contre Le foin issu de la fauche reportée peut être utilisé pour les taures, les
vaches non lactantes et les élevages ne nécessitant pas du foin d'aussi bonne
qualité que les vaches laitières (chevaux, bovins de boucherie, etc.)
© Stéphane Lamoureux

4
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle;
• Peu d’impact sur les besoins nutritionnels des chevaux ou des bovins de
boucherie (63);

• Qualité de foin acceptable pour les taures et les vaches non lactantes dans un
contexte d’élevage laitier (63);

• Peu d’impact sur les besoins nutritionnels des élevages autres que la produc- 65
tion laitière (chevaux, bovin de boucherie, etc.) (63);
• Bénéfices pour les oiseaux observables;

prairies
• Intérêt à être un précurseur.

fig. 2-3 Différentes


options pour le report de
la fauche

A 1re coupe après le 15 juillet : B 1re coupe après le 15 juillet : C 1re coupe après le 15 juillet :
Section d’un grand champ Un petit champ Bordure de plusieurs champs
2.8 Augmenter l’intervalle entre les fauches pour
quelques hectares

Habitats cibles description

Laisser un intervalle de 65 jours entre la première et la seconde fauche de foin


sur quelques hectares afin de permettre une nidification complète, de la ponte à
l’envol des oisillons, des espèces nichant au sol (51).

66 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques

+++ • Réduire le taux mortalité des œufs, oisillons et adultes engendré par la fauche
prairies

de foin lors de la période de reproduction des espèces nichant au sol (60, 73);

• Permettre aux oisillons de se développer et de pouvoir fuir au moment de la


fauche (60, 73).

conseils
• Effectuer la première fauche tôt en saison pour que l’intervalle de fauche che-
vauche le pic de nidification des oiseaux nichant au sol (fin mai à mi-juillet);

• Utiliser, pour la production laitière5, le foin issu de la seconde fauche pour les
taures et les vaches non lactantes exigeant un foin de moindre qualité;

• Augmenter l’intervalle de fauche sur la totalité d’un petit champ, sur une por-
tion d’un grand champ ou le long d’une bande riveraine de plusieurs champs
juxtaposés (fig. 2-4);

• Privilégier l’augmentation de l’intervalle de fauche sur la totalité d’un petit


champ;

• Sélectionner les zones d’augmentation de l’intervalle de fauche en fonction des


habitats marginaux de qualité situés à proximité;

• Réaliser un projet collectif en augmentant l’intervalle de fauche le long d’une


bande riveraine de champs juxtaposés appartenant à différents propriétaires;

• Considérer le report de la fauche sur la majorité des superficies pour la pro-


duction de foin destiné aux élevages n’exigeant pas une alimentation d’aussi
grande qualité que l’élevage laitier (chevaux, bovins de boucherie, etc.) (63);

• Considérer un intervalle de 65 jours entre les deux fauches pour assurer un

ci-dessus Troglodyte à meilleur succès de reproduction pour la plupart des espèces qui y nichent (60,
73)
bec court © Daniel Jauvin .

5
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle;
• Peu d’impact sur les besoins nutritionnels des chevaux ou des bovins de
boucherie (63);

• Qualité de foin acceptable pour les taures et les vaches non lactantes dans un
contexte d’élevage laitier (63);
• Qualité du foin faiblement diminuée après la première coupe (117);
• Qualité du fourrage plus stable dans le temps après la première coupe (117); 67

• Taux de protéines ayant tendance à moins diminuer qu’avant la première


coupe (77);

prairies
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Intérêt à être un précurseur.

fig. 2-4 Différentes


options pour augmenter
l’intervalle de temps entre
les fauches

A 65 jours entre la 1re et la 2e coupe : B 65 jours entre la 1re et la 2e coupe : C 65 jours entre la 1re et la 2e coupe :
Section d’un grand champ Un petit champ Bordure de plusieurs champs
2.9 Conserver quelques hectares
exempts de fauche

Habitats cibles description


Conserver quelques hectares de foin non fauchés dans la portion centrale ou le
pourtour d’un champ (fig. 2-5) (78).

objectifs fauniques
68 Coûts & bénéfices
• Offrir aux oiseaux champêtres des zones de conservation exemptes de fauche
où se cacher, faire leur nid et trouver de la nourriture;
+++
prairies

• Fournir un habitat pour les espèces associées aux prairies hautes (ex. : Bruant
sauterelle) qui recherchent des secteurs où l’herbe atteint 65 cm (73);

• Réduire le taux de mortalité des œufs, oisillons et adultes engendré par la


fauche de foin lors de la période de reproduction des espèces nichant au sol.

à noter conseils

Il est déconseillé de procéder à la re- • Privilégier le maintien d’une portion centrale exempte de fauche, plus propice
cherche de nids d’espèces nichant au à la nidification des espèces nichant au sol puisqu’elles évitent de construire
sol puisque le risque d’abandon et de leur nid près des lisières (79, 80; 65);
prédation pourrait en être augmenté. • Conserver un minimum d’un hectare exempt de fauche pour une portion cen-
Cependant, si des nids ont été repérés, trale (à privilégier) ou une bande dans le pourtour du champ (78);
une zone de 2.5 à 10 m de rayon (ou
• Appliquer cette recommandation sur des zones de faible rendement (zone
un quadrilatère de 25 à 400 m2) peut
inondable, mauvais drainage) ou difficiles d’accès;
être délimitée afin de l’exempter de
• Valider la présence d’espèces en péril l’année précédente afin de cibler la meil-
fauche (78; 81).
leure zone de conservation;
• Délimiter les limites des portions conservées;
• Planter des piquets de cèdre en guise de perchoir à l’intérieur de la zone con-
servée, pour encourager la nidification dans celle-ci;

• Commencer la fauche à partir de l’extérieur vers l’intérieur pour les champs


dont une portion centrale est conservée et inversement pour les champs dont
une lisière dans le pourtour a été conservée;

• Privilégier des lisières de conservation dans le pourtour des champs qui se


juxtaposent, plutôt que des lisières isolées;

• Considérer, si désiré, la mise en pâturage ou la fauche de cette zone de con-


servation après la mi-juillet (voir recommandation 2.7) afin de produire du foin
dédié aux taures6 ou autres animaux ayant des exigences nutritionnelles moins
élevées que les vaches en lactation (63);
• Exempter de fauche la totalité d’un petit champ (plus d’un ha) peu productif,
mal drainé ou en zone inondable (37).

motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle;
• Mortalité des oiseaux moins élevée;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Intérêt à laisser un champ ou quelques hectares en jachère; 69
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril;
• Intérêt à être un précurseur.

prairies
A Bloc central ou périphérique B Bandes

fig. 2-5 Différentes zones


de conservation exemptes
de fauche

Piquet
C Blocs de part et d'autre d'un fossé C Bandes longeant le même fossé X Bandes isolées

6
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
2.10 Viser des hauteurs et des
densités de fourrage variées

Habitats cibles description


Faucher chaque champ à une période différente afin d’avoir différentes hauteurs
et densités de foin au cours de la saison.

objectif faunique
70 Coûts & bénéfices
• Assurer la disponibilité des habitats pour les oiseaux tout au long de la saison.

++
prairies

conseils

• Appliquer cette recommandation chez les propriétaires de faible superficie


n’ayant pas d’autres types de cultures ou chez les éleveurs nécessitant du foin
de moindre qualité (chevaux, bovin de boucherie, etc.);

• Utiliser sur ces terres à la fois des mélanges de cultivars très hâtifs, conven-
tionnels et très tardifs (voir recommandation 2.6);

• Utiliser le foin issu des fauches tardives pour les taures, les vaches non lac-
tantes7 ou les élevages nécessitant du foin de moindre qualité (chevaux, bovins
de boucherie, etc.) (63).

ci-contre La Sarcelle à
ai­les bleues utilise les
prairies d’herbes hautes,
les fourrages, les friches
herbacées et les rives
herbeuses des étangs
comme habitat durant
sa période de nidifi-
cation. © Réjean Paquet

motivations
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Temps passé pour la récolte du foin plus étalé dans la saison;
• Réduction des risques de perdre complètement une coupe de foin à la suite de
mauvaises conditions météorologiques;
• Foin de qualité acceptable à différents moments dans la saison.

7
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
2.11 Débuter la fauche par les
champs de plus petite taille

description Habitats cibles

Commencer avec le fauchage des champs de plus petite taille puis poursuivre avec
les champs de plus grande taille (37).

objectifs fauniques
Coûts & bénéfices 71
• Permettre aux oiseaux nichant dans les grands champs (plus propices à la
(73)
nidification) d’arriver à compléter leur nidification avec quelques jours
+

prairies
supplémentaires;

• Permettre aux oisillons dans les champs de grande taille de bénéficier de


quelques jours de croissance supplémentaires afin qu’ils soient aptes à fuir
au moment de la fauche (37);

• Épargner un plus grand nombre d’oiseaux présents dans les champs de plus
grande taille.

conseils
• Attendre de 5 à 10 jours supplémentaires pour effectuer la fauche d’un grand
champ à la suite de celle de petits champs (37);

• Utiliser les champs de petite taille pour produire le foin de plus grande qualité
et qui pourront être fauchés plus tôt par rapport à un grand champ;

• Considérer comme alternative la fauche de la moitié d’un champ dans un pre-


mier temps et le reste quelques jours plus tard pour une exploitation ayant des
champs de tailles semblables ou ayant peu de superficies en prairies.

motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle;
• Production de foin de qualité pour l’ensemble des superficies.
2.12 Éviter la fauche de nuit

Habitats cibles description


Ne pas effectuer la fauche durant la nuit où les oiseaux ont plus de difficultés à se
déplacer et à réagir aux menaces (82).

objectif faunique
72 Coûts & bénéfices
• Réduire le taux de mortalité des adultes engendré par la fauche nocturne durant
la période de nidification.
+
prairies

conseils
• Effectuer une fauche nocturne uniquement si elle est inévitable;
• Utiliser une barre d’effarouchement si la fauche de nuit est inévitable (voir
recommandation 2.5);
• Réduire la vitesse de fauche aux alentours de 10 km/h pour permettre davan-
tage le déplacement des individus.

motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Aucun coût lié à son implantation;
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle;
• Séchage plus rapide;
• Évitement de la présence de rosée sur le foin qui n’est pas favorable lors de
la fauche;
• Diminution des risques d’incident causé par la somnolence;
• Pratique déjà peu courante.

ci-contre Moins nocturne que les au-


tres membres de sa famille, le Hibou
des marais est souvent actif le jour et
au crépuscule. Il niche et se repose
directement au sol dans les prairies,
pâturages et autres vastes étendues
ouvertes. © Claudette Archambault
2.13 Privilégier l’épandage de lisier
après la dernière coupe

description Habitat cible


Privilégier l’épandage de lisier après la dernière coupe de foin soit en dehors de
la période de nidification des oiseaux (37).

objectif faunique
Coûts & bénéfices 73
• Éviter d’ensevelir les nids et les œufs lors de l’épandage ou encore d’occa-
sionner des mortalités accidentelles lors du passage de la machinerie chez les
+

prairies
espèces qui tentent rapidement une seconde nichée après la destruction de
la première (37).

conseil
• Épandre dans les deux jours suivants la fauche si l’épandage est inévitable
après la première ou la seconde coupe.

motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Aucun coût lié à son implantation; ci-dessous L'épandage de
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle; lisier après la dernière
• Endommagement moindre aux prairies; coupe de foin réduit le
passage de la machinerie
• Réduction de la compaction du sol (68);
dans les champs durant
• Meilleure valorisation des éléments (68);
la période de nidification
• Pratique déjà courante.
des oiseaux. © Marc-Oliver
Gasser, IRDA
2.14 Adapter la période de brûlage dirigé
et les ­surfaces ciblées

Habitat cible description

Dans les prairies naturelles, effectuer de préférence le brûlage dirigé à l’automne


ou avant le mois de mai si le brûlage printanier est inévitable et procéder sur de
petites surfaces dispersées (en mosaïque) plutôt que sur une grande surface (37, 62).

74 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques

++ • Éviter les risques de mortalité engendrés par le brûlage dirigé lors de la période
prairies

de nidification;

• Assurer un certain couvert de protection lorsque les oiseaux sont présents ou


en période de nidification;
ci-dessous La coupe du
• Offrir des habitats diversifiés qui répondent aux besoins de plusieurs espèces.
foin de mer et la mise en
pâturage des prés salins
conseils
sont deux importantes
menaces pour le Bruant • Accroître, par un brûlage dirigé automnal, l’effet bénéfique sur la croissance
de Nelson en période de des plantes la saison suivante (62);
nidification. © Marcel Gauthier • Privilégier le brûlage automnal ayant peu de répercussions sur les oiseaux
champêtres qui ont déjà migré vers le sud par rapport au brûlage printanier
qui coïncide avec la période de nidification;

• Effectuer le brûlage dirigé automnal après les premières gelées soit vers le
15 novembre afin d’accroître l’effet bénéfique sur la croissance des plantes la
saison suivante (62);

• Éviter le brûlage dirigé durant l’été qui, de toute façon, n’a pas l’effet souhaité
sur la végétation (62);
• Effectuer un brûlage dirigé printanier uniquement s’il est inévitable;
• Éviter d’effectuer annuellement un brûlage dirigé sur l’ensemble des terres en
procédant plutôt à un brûlage de quelques petites parcelles (37);

• Favoriser, par le fait même, une mosaïque d’habitats aux caractéristiques di-
versifiées afin de répondre aux besoins de plus d’espèces (37).

motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Faible coût lié à son implantation;
• Effet bénéfique sur la croissance des plantes la saison suivante (62);
• Bénéfices pour les oiseaux observables.
2.15 Adapter la période de fauche du foin de mer

description Habitat cible

Effectuer le fauchage automnal du foin de mer après la période de nidification,


soit entre la fin juillet et la mi-août, ou après la période de rassemblement (et de
mue) du Râle jaune (espèce en péril) qui a lieu du 21 août au 15 septembre (37, 62).

Coûts & bénéfices 75


objectifs fauniques

• Réduire le taux de mortalité des œufs, oisillons et adultes engendré par la ++

prairies
fauche du foin de mer lors de la période de reproduction des espèces nichant
au sol;

• Permettre aux oisillons de se développer et de pouvoir fuir au moment de la


fauche;

• Réduire les risques de mortalité accidentelle lors des rassemblements de Râle


jaune alors que la forte concentration d’individus à un même endroit et leur
(62)
capacité de vol réduite les rend très vulnérables .

conseils
• Considérer la conservation et le maintien des prairies naturelles en y effectuant
une fauche tous les 2 ou 3 ans;

• Effectuer si nécessaire une récolte de foin de mer annuelle selon les dates
suggérées (37, 62);

• Procéder au fauchage annuel de petites parcelles plutôt que de l’ensemble de


la superficie (37);
• Privilégier le foin de parcelles semées déjà en place qui a une qualité de 15 à
20 % supérieure au foin de mer naturel (58).

motivations
• Aucun coût associé à son application;
• Application facile, simple et peu exigeante;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril.

ci-contre Le Râle jaune, une espèce désignée menacée au Québec, uti-


lise principalement les sections supérieures des grands marais d'eau
douce et d'eau saumâtre retrouvés en bordure du fleuve Saint-Laurent
et de la rivière Saguenay. © Christian Marcotte, Service canadien de la faune
la sarcelle à ailes bleues
Anas discors

statut
Aucun

tendance annuelle
-6.6 % (relevé des oiseaux nicheurs
1970–2012)

présence au québec
Nicheur migrateur : la Sarcelle à ai­
les bleues utilise les prairies d’her-
bes hautes, les fourrages, les friches
herbacées et les rives herbeuses des
étangs comme habitat durant sa péri-
ode de nidification. Elle se nourrit des
graines des plantes aquatiques ainsi
que des larves d’insectes et d’escar-
gots durant la nidification.

menaces
Le drainage des terres, le redresse-
ment des cours d’eau et la diminution
de la présence d'étangs affectent la
Sarcelle à ailes bleues ainsi que ses
ressources alimentaires. Comme la
sarcelle niche au sol, la réduction du
couvert végétal par la fauche ou l’utili­
sation d’herbicides rend son nid plus
propice à la prédation et la destruc-
tion.
3
Pâturages
78
pâturages

la sturnelle des prés


Sturnella magna

statut
Menacée (COSEPAC), en attente
(LEP)

tendance annuelle
-6.3 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)

présence au québec
Nicheur migrateur : la Sturnelle
des prés utilise les prairies, les
pâturages, les fourrages et les friches
comme habitat de nidification. Elle
se nourrit d’insectes et complète
son alimentation avec des graines
au printemps et à l’automne.
To u t c o m m e p l u s i e u r s o i s e a u x
champêtres, la Sturnelle des prés
construit son nid au sol.

menaces
Les risques de mortalité et de
prédation des nids sont importants
avec le fauchage du foin, le passage
de la machinerie et le piétinement
par le bétail. L’usage de pesticides
peut mener à l’intoxication de la
Sturnelle des prés par l’ingestion
directe de ces pesticides ou de
proies contaminées. Indirectement,
l’utilisation de pesticides rend le
milieu improductif à cette espèce en
raison de la perte de végétation et
d’insectes.
3
Pâturages

Description de l’habitat Le pâturage est un milieu ouvert, semé ou non,


utilisé par le bétail (vaches laitières, bovins de boucherie, chevaux, moutons,
chèvres et autres ongulés d’élevage) pour son alimentation pendant la période
durant laquelle le climat le permet. Bien que certains pâturages intègrent 79
des arbres et des arbustes, les plantes herbacées, notamment les graminées,
dominent cet habitat.

pâturages
Constats spécifiques à l’habitat La conversion des terres en cultures annuelles
et le cloisonnement du bétail ont contribué à la diminution de plus 80 % de
la superficie de pâturage depuis 1951 (8). Or, le bétail et leurs excréments at­
tiraient plus d’insectes que n’importe quelle autre culture (24, 25). Les animaux
allant beaucoup moins à l’extérieur, il en résulte aujourd'hui une diminution
des populations d’insectes et donc de nourriture disponible pour les oiseaux
insectivores aériens qui nichent dans les pâturages (24, 83). Ceux-ci dépendent
de cette nourriture, surtout lors de la période de l’élevage des oisillons.

Quand les animaux vont à l’extérieur, le nombre de têtes et le temps ci-dessus Le bétail et leurs excréments
d’exposition des pâturages sont souvent élevés. Dans ces systèmes intensifs, attirent plus d'insectes que toute
le haut taux de broutage diminue le couvert de végétation nécessaire à la autre culture, ce qui fait des pâtu­
nidification des oiseaux (18) et augmente ainsi les risques de prédation. D’autre rages d'excellents milieux de chasse
part, une forte densité de bétail (18, 84, 85) et un temps d’exposition élevé (86) pour les insectivores aériens comme
augmentent les risques de piétinement des nids, œufs et oisillons (18, 84, 85). l'Hirondelle rustique. © France Paré
En complément à l’herbe consommée au pâturage, on fournit au bétail du
foin ou de l’ensilage directement au champ. Or, cette alimentation supplé­
mentaire apportée quotidiennement à l’aide de machinerie peut accentuer
le risque de destruction des nids des espèces nichant au sol déjà soumis au
piétinement du bétail. De plus, comme on procède régulièrement au déplace­
ment des mangeoires et voitures-mangeoires, l’attroupement du bétail en un
point augmente grandement le risque de piétinement des nids construits par
hasard tout près d’un nouvel emplacement.

80 espèces associées
• Bruant des prés
• Maubèche des champs
pâturages

• Sturnelle des prés


• etc.

ci-contre Bruant des prés


et son nid © Alexandre Nicole
recommandations

3.1 Sortir davantage le bétail des bâtiments


3.2 Limiter la densité du bétail dans le pâturage
3.3 Contrôler le broutage en effectuant une rotation des pâturages
3.4 Construire des exclos dans les pâturages
3.5 Adapter l’alimentation complémentaire

autres recommandations
81
4.3 Attirer les oiseaux de proie
6.3 Intégrer le bétail aux friches pour les maintenir

pâturages
7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place
7.2 Planter des arbres isolés le bruant des prés
Passerculus sandwichensis
7.3 Mettre en place des haies diversifiées
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines statut
Aucun
7.6 Aménager des fossés-avaloirs adaptés pour la faune
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs tendance annuelle
-5.1 % (relevé des oiseaux nicheurs
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques 1989–2009)
8.5 Favoriser la nidification de l’Hirondelle rustique
présence au québec
8.6 Maintenir les bâtiments et autres structures isolés Nicheur migrateur : le Bruant des
prés utilise les pâturages, les prai-
ries d’herbes basses, les fourra­g es
et les friches herbacées comme
site de nidification. Il se nourrit
principalement de graines, mais
également d’insectes, d’araignées
et d’escargots durant la période de
nidification. Il construit son nid di-
rectement sur le sol recouvert de
litière où il est protégé par les her-
bes hautes. On peut l’observer au
sol ou perché sur un piquet de clô-
ture ou sur des herbes hautes.

menaces
La perte d’habitat, suite à la conver-
sion des fermes laitières en culture
intensive, a grandement affecté le
Bruant des prés. Le fauchage du
foin et des fossés de même que le
pâturage intensif causent la de-
struction des nids et augmentent
la prédation. L’usage de pesticides
peut mener à l’intoxication du Bru-
ant des prés par l’ingestion directe
de ces pesticides ou de proies con-
taminées.
3.1 Sortir davantage le bétail des bâtiments

Habitat cible description

Envoyer paître le bétail à l’extérieur le plus régulièrement possible.

objectifs fauniques

82 Coûts & bénéfices • Augmenter les superficies en pâturage, habitat riche en biodiversité qui a pra-
tiquement disparu du paysage agricole (24);

++ • Offrir des sites de nidification, d’alimentation ou de refuge de qualité aux


pâturages

oiseaux champêtres;

• Attirer les insectes qui sont une importante source d’alimentation pour les
insectivores aériens et l’ensemble des oiseaux champêtres lors de l’alimenta-
tion des jeunes (83).

conseils

• Privilégier les pâturages de forme carrée plutôt qu’allongée (ou de forme


irrégulière) pour diminuer le rapport périmètre/surface plus propice à une
abondance d’oiseaux (18);

• S’assurer d’offrir de l’ombre au troupeau par la mise en place de structures


(voir recommandation 8.5) ou la présence d’arbres (voir recommandation 7.2)
qui seront également utilisés comme perchoirs pour les oiseaux;

• Maintenir la hauteur de l’herbe à au moins 10 cm pour permettre aux oiseaux


de se camoufler (18);

• Contrôler le broutage et le couvert de protection des oiseaux en limitant la


densité de bétail (voir recommandation 3.2) ou en effectuant une rotation des
pâturages (voir recommandation 3.3);

• Construire des exclos dans les pâturages pour créer des zones exemptes de
broutage (voir recommandation 3.4);

• Planter des poteaux au centre des pâturages en guise de perchoir pour aug-
menter la valeur faunique d’un pâturage (73) (voir recommandation 8.1);

ci-dessus Pâturage, • Considérer initialement, pour la production laitière8, la mise au pâturage des
Cantons-de-l'Est taures et des vaches taries;
© Monique Laguë

8
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
• Considérer, pour la production laitière8, la mise au pâturage des vaches lac-
tantes la nuit, quelques jours par semaine ou encore seulement les jours de
beau temps;

• Considérer la sortie quotidienne d’une partie du troupeau pour un pâturage


restreint.

83

pâturages
motivations ci-dessus Pâturage,

• Nourriture de meilleure qualité pour le bétail (herbe fraîche vs foin sec) (87); Lanaudière © Martin Joly

• Production de viande moins grasse (88);


• Production de lait avec des concentrations en acides gras insaturés, en vita-
mines et en minéraux plus élevées (87, 89, 90, 91, 92);
• Exercice pour le bétail et réduction des troubles locomoteurs (93);
• Diminution des problèmes de santé tels que les boiteries et les mammites
(94; 95)
;
• Réduction des coûts reliés à l’achat ou à la production de grains et de foin (96);
• Diminution des frais de vétérinaire;
• Diminution des coûts énergétiques des bâtiments durant l’été (ventilation);
• Attrait des ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Souvenirs liés au passé des producteurs;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage (88);
• Figure intégrante du patrimoine agricole québécois (88).
3.2 Limiter la densité du bétail dans le pâturage

Habitats cibles description

Limiter la densité de bétail à moins de 2,5 têtes/ha pour un pâturage en continu


et à moins de 4 têtes/ha pour un pâturage de courte durée (bloc de 4 h) ou en
rotation (tableau 3-1) (37).

84 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques
• Assurer un certain couvert de protection pour les oiseaux nichant au sol;
++
pâturages

• Réduire le taux de mortalité des œufs et des oisillons engendré par le piétine-
ment des nids par le bétail lors de la nidification des espèces nichant au sol.

conseils
• Appliquer la densité suggérée particulièrement lors de la période de reproduc-
tion de la plupart des espèces, soit du début mai à la mi-juillet;

• Viser une densité du bétail comprise entre 4 et 10 têtes/ha s’il est difficile
d’atteindre les densités de bétail suggérée9;

• Considérer un compromis entre les densités suggérées et la durée de mise en


pâturage;
• Alterner quotidiennement la sortie des vaches lactantes en sous-groupe;
• Privilégier la rotation des pâturages s’il est difficile de diminuer la densité du
bétail aux valeurs proposées (voir recommandation 3.3).

motivations
• Réduction de la compaction du sol (96);
• Repousse de meilleure qualité (96);
• Augmentation du taux de matières organiques dans le sol (97);
à noter • Application facile et simple;

Peu importe la densité du bétail, un • Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
pâturage demeure un habitat plus in- • Diminution du risque d’infestations de matières fécales;
téressant pour les oiseaux et la biodi- • Aucun dérangement au bétail;
versité que l’élevage hors-sol (24, 83). • Bénéfices pour les oiseaux observables.

9
Densités applicables aux bovins (laitiers ou de boucherie) de 2 ans et plus, voir le tableau des
densités corrigées pour les différents types de bétail (tableau 3-1).
Densité idéalement Tableau 3-1
souhaitée (individus/ha)
Densité souhaitée pour les différents
type de bétail Facteur de Pâturage en Pâturage en types de bétail
correction*
continu rotation

Vaches lactantes 1,00 2,5 4,0


Autres bovins (2 ans) 1,00 2,5 4,0
Autres bovins (6 mois - 2 ans) 1,67 4,2 6,7
Autres bovins (0-6 mois) 2,50 6,3 10,0 85

Moutons (plus de 6 mois) 6,67 16,7 26,7

pâturages
Chèvres (plus de 6 mois) 6,67 16,7 26,7
Chevaux (plus de 6 mois) 1,00 2,5 4,0

Alpagas 3,33 8,3 13,3


Lamas 2,22 5,6 8,9

Cerfs 3,03 7,6 12,1


Bisons 1,20 3,0 4,8

*
Inspiré de l’indice UGB (unité gros bétail). Ex : pour une densité de moutons
équiva­lente à 10 individus/ha de bovins adultes, il suffit de multiplier cette densité
par 6.67, soit 66.7 individus/ha.

ci-dessous Pâturage,
Lanaudière © Martin Joly
3.3 Contrôler le broutage en effectuant une
­rotation des pâturages

Habitats cibles description


Effectuer une rotation des pâturages pour contrôler le broutage et assurer un
couvert de protection aux oiseaux (fig. 3-1) (18).

objectifs fauniques
86 Coûts & bénéfices
• Assurer un certain couvert de protection pour les oiseaux nichant au sol;
• Réduire le taux de mortalité des œufs et des oisillons engendré par le piétine-
++
pâturages

ment des nids par le bétail lors de la nidification des espèces nichant au sol (18);
• Permettre aux oiseaux de se déplacer, se réfugier et s’alimenter sans danger
dans les sections libres de bétail (96).

conseils
• Maintenir la hauteur de l’herbe à au moins 10 cm pour permettre aux oiseaux
de se camoufler (18);

• Alterner la mise en pâturage entre 2 à 4 pâturages et procéder aux transferts


lorsque la hauteur de l’herbe s’approche de 10 cm (fréquence variable selon la
densité du bétail et la taille du pâturage);

• Considérer l’utilisation de clôtures mobiles (ex. : araignée des prairies, Gal­


lagher) afin de séparer un pâturage en plusieurs portions et faciliter la rotation;

• Changer, si possible, les animaux de section hebdomadairement (ou aux


deux jours) dans un pâturage avec clôtures mobiles, afin de réduire le temps
d’exposition.
ci-dessous Pâturage divisé
en plusieurs sections, • Considérer un pâturage en rotation différée impliquant au moins trois pâtur-
Saint-­Ignace-de-Loyola ages, dont un sera laissé en repos durant un an (96).
© Martin Joly
motivations
• Augmentation de la saison de pâturage (96);
• Réduction de la compaction du sol (96);
• Repousse de meilleure qualité (96);
• Quantité et qualité de l’herbe plus élevées (96);
• Augmentation du taux de matière organique dans le sol (96);
• Diminution du risque d’infections parasitaires d'origine fécale (96);
• Prise de poids plus élevée (96);
• Aucun véritable dérangement au bétail; 87
• Réduction des impacts sur des zones environnementales fragiles telles que les
bandes riveraines (96);

pâturages
• Bénéfices pour les oiseaux obser­vables.

A 1 pâturage sous-divisé fig. 3-1 Différentes


techniques de rotation

B 3 grands pâturages

C Clôture araignée
3.4 Construire des exclos dans les pâturages

Habitats cibles description

Construire des exclos (aire refuge pour les oiseaux où le bétail n’a pas accès)
temporaires ou permanents au centre du pâturage pour conserver une section
sans broutage (fig. 3-2) (18, 98).

Coûts & bénéfices


objectifs fauniques
88
• Offrir un couvert de protection contre les prédateurs pour les oiseaux nicheurs;
++
• Réduire le taux de mortalité des œufs et des oisillons engendré par le piétine-
pâturages

ment des nids par le bétail lors de la nidification des espèces nichant au sol;
• Augmenter la qualité faunique du pâturage.

à noter conseils

S’il y a présence de bosquets dans les • Réaliser des exclos de forme carrée plutôt qu’allongée (diminuer le rapport

pâturages herbacés, planter des pi- périmètre/surface) dans les pâturages de nature herbacée (18);

quets de clôture à 1 m des arbustes • Créer des exclos d’environ 25 à 400 m2 (78, 81);
afin de réduire la destruction de nids • Planter un ou des piquets de cèdre dans la zone centrale de l’exclos en guise
engendrée par le frottement du bétail de perchoir;
contre les végétaux où nichent cer- • Permettre, si désiré, l’accès aux zones d’exclusion au bétail après le 15 juillet;
taines espèces.
• Considérer, pour une période restreinte du 1er mai au 15 juillet, une superficie
d’exclusion plus élevée que celle proposée;

• Varier l’emplacement de l’exclos d’une année à l’autre pour maintenir la strate


herbacée ou à l’opposé, maintenir cet emplacement pour favoriser l’implanta-
tion d’une strate arbustive;

• Privilégier une clôture de barbelé au lieu d’utiliser une clôture électrifiée pour
les exclos qui servira à la fois de barrière au bétail et de site d’empalement aux
pies-grièches (37);

• Ajouter des tronçons de barbelés ici et là à un enclos électrifié afin d’offrir des
sites d’empalement aux pies-grièches (voir recommandation 6.2).

motivations
• Application facile et simple;
• Coût d’implantation et d’entretien faible;
• Entretien peu exigeant;
• Aucun dérangement au bétail;
• Bénéfices pour les oiseaux observables.
fig. 3-2 Différents types
d’exclos

A Exclos herbacés B Exclos avec bosquets

89

pâturages
ci-dessous Maubèche des
champs © Larry Kirtley
3.5 Adapter l’alimentation complémentaire

Habitat cible description

Servir, lorsque cela est possible, l’alimentation complémentaire à l’intérieur.


Instal­ler, dans le cas contraire, la mangeoire sur une dalle de béton suffisamment
grande pour accueillir le bétail autour de celle-ci ou augmenter le nombre de
mangeoires et les disposer à une certaine distance l’une de l’autre (fig. 3-3) (37).
90 Coûts & bénéfices

objectifs fauniques
+
pâturages

• Réduire les perturbations ou la destruction des nids engendrés par le passage


de la machinerie dans les pâturages ou des espèces qui nichent au sol;

• Réduire le taux de mortalité des œufs et des oisillons engendré par le piétine-
ment de masse des nids par le bétail aux alentours des mangeoires;
• Assurer un certain couvert de protection pour les oiseaux au sol.

conseils
• Servir l’alimentation complémentaire à l’intérieur aux femelles lactantes au
moment de la traite;

• Installer la mangeoire (ou la voiture-mangeoire) sur une dalle de béton près de


l’accès au champ (entrée) afin de réduire les déplacements de la machinerie
dans le pâturage et diminuer le piétinement de masse de nids par le bétail;

• Augmenter le nombre de mangeoires et les disposer à une certaine distance


l’une de l’autre pour répartir l’attroupement du bétail en plusieurs points et
réduire la fréquence de déplacement de ces mangeoires;

• Réduire de façon générale les déplacements inutiles avec de la machinerie


dans les pâturages.

ci-dessus Bruant des prés motivations


© Simon Pierre Barrette
• Application facile et simple;
• Coût d’entretien faible;
• Réduction des coûts en carburant;
• Entretien peu exigeant;
• Aucun véritable dérangement au bétail;
• Réduction de la compaction du sol;
• Repousse de meilleure qualité;
• Diète plus facile à contrôler lorsque les femelles lactantes entrent à l’intérieur
pour la traite.
A 1 grande mangeoire fig. 3-3 Façons de mini­
miser la circulation de
la machinerie dans le
pâturage

91
B Plusieurs petites mangeoires

pâturages
Mangeoire

Dalle de béton

Circuit de la machinerie

ci-dessous Abreuvoir sur


dalle de béton © Chenda Duong
la maubèche des champs
Bartramia longicauda

statut
Aucun

tendance annuelle
-5.7 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989–2009)

présence au québec
Nicheur migrateur : la Maubèche
des champs utilise les prairies et les
pâtu­rages comme habitat en période
de nidification. Son alimentation est
cons­tituée en grande partie de sau-
terelles, de criquets et d’autres in-
sectes. La Maubèche des champs a be-
soin d’herbes courtes et de perchoirs
pour chasser et s’alimenter, et d’her-
bes plus hautes pour construire son
nid directement au sol, camouflé dans
la végétation, et y élever ses oisillons.

menaces
Le fauchage hâtif et fréquent du foin
augmente les risques de mortalité
et de prédation des nids. Le retrait
des clôtures diminue les perchoirs
disponibles pour l’espèce et réduit la
qualité de son habitat. L’usage de pes-
ticides peut mener à l’intoxication de
la Maubèche des champs par l’inges-
tion directe de ces pesticides ou de
proies contaminées. Indirectement,
l’utilisation de pesticides rend le mi-
lieu improductif à cette espèce par la
perte de végétation et la diminution
des insectes.
4
Vergers et cultures d’arbustes fruitiers
le moqueur roux
Toxostoma rufum

statut
Aucun

tendance annuelle
+2.8 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)

présence au québec
Nicheur migrateur : le Moqueur
roux préfère les friches arbustives,
les vergers de même que les haies
comme habitat durant la période de
nidification. Il se nourrit d’insectes
au sol, de fruits et de graines. Une
grande partie de son alimentation
est constituée d’insectes nuisibles
aux cultures.

menaces
L’usage de pesticides peut causer
l’intoxication de l’oiseau par l’in-
gestion de proies contaminées. La
perte d’habitats marginaux engen-
drée par la maximisation des surfa­
ces cultivables réduit le nombre de
sites de nidification et d’alimenta-
tion disponibles pour cette espèce.
4
Vergers et cultures d’arbustes fruitiers

Description de l’habitat Parmi les arbres fruitiers cultivés (vergers) au Qué­


bec, on retrouve principalement les pommiers, les poiriers, les pruniers et les
cerisiers. Bien que de forme arbustive, la culture de vignes s’apparente beau­
coup à celles des arbres fruitiers (pratiques, aménagements, interventions). Il 95
en est de même pour les cultures de bleuets, framboises, camerises, etc. C’est
pourquoi nous avons regroupé toutes ces cultures dans la même catégorie.

vergers et cultures d’arbustes fruitiers


Constats spécifiques à l’habitat Les oiseaux n’ont pas toujours une bonne ci-dessus Pommes « Sum-
réputation auprès des propriétaires de vergers et de cultures d’arbustes merred » © Gilbert Nicole
fruitiers puisque certaines espèces peuvent causer des dommages aux fruits
produits (34, 99). Or, les espèces causant le plus de dommages (34, 99) ne sont
pas considérées comme des oiseaux champêtres. Il s’agit principalement d’es­
pèces dites généralistes (Chardonneret jaune, Merle d’Amérique, Quiscale
bronzé, etc.) ou introduites (Étourneau Sansonnet, Roselin familier). La
consommation de fruits ne constitue qu’une part minime ou occasionnelle
de la diète de quelques espèces d’oiseaux champêtres. En considérant les
bénéfices engendrés par leur présence (contrôle des ravageurs de cultures,
contrôle des mauvaises herbes, pollinisation), les dommages causés par
celles-ci sont négligeables.
espèces associées Par ailleurs, étant donné l’attrait des fruits pour certains insectes ra­
• Moqueur roux vageurs, les applications de pesticides sont nombreuses et fréquentes dans
les vergers et les cultures d’arbustes fruitiers. L’application des herbicides
• Oriole de Baltimore
et des fongicides débutant vers la mi-avril et s’étendant jusqu’en août ou
• Petit-duc maculé
septembre (38), la période potentielle d’exposition pour les oiseaux est donc
• etc.
relativement longue. Certains produits comme les carbamates et les or­
ganophosphorés sont toxiques et affectent la survie des oiseaux avec des
doses létales de moins de 1 mg/kg de masse (100). En rendant le milieu
improductif, d’autres composés chimiques affectent indirectement la survie
96 des oiseaux en réduisant la végétation sous couvert et en altérant leurs res­
sources alimentaires (insectes et plantes herbacées) (100). Certains produits
peuvent aussi modifier le comportement des oiseaux momentanément (101).
vergers et cultures d’arbustes fruitiers

Ainsi, les oiseaux attirés par ce type de culture peuvent être intoxiqués en
consommant des proies contaminées ou tout simplement en y étant exposés.
Dès lors, leur comportement, leur succès reproducteur ou leur survie peuvent
en être affectés.
Finalement, bien que la nidification d’espèces au sol dans ce type de
culture soit moins fréquente que dans les prairies, celles-ci sont vulnérables
à une problématique similaire, soit la fauche entre les rangs d’arbres ou
d’arbustes (37). La période entre chaque fauche est généralement trop courte
pour laisser le temps aux oiseaux d’amener une nichée à l’envol entre deux
fauchages.
ci-dessous Verger situé à
Mont Saint-Hilaire
© Éric Dupuis
recommandations

4.1 Pratiquer la lutte intégrée


4.2 Planter des arbres et des arbustes fruitiers indigènes et distractifs
4.3 Attirer les oiseaux de proie
4.4 Adapter ou considérer des alternatives à la fauche

autres recommandations

1.1 Effectuer un usage raisonné des pesticides


97
5.1 Réaliser des dépistages et adapter la période d’application de pesticides
5.2 Adapter l’utilisation d’engrais

vergers et cultures d’arbustes fruitiers


5.3 Éviter l’élagage et la taille pendant la période de nidification
5.5 Diversifier les essences dans une même plantation l’oriole de baltimore
Icterus galbula
7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place
7.3 Mettre en place des haies diversifiées statut
Aucun
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines
7.5 Retarder la fauche des fossés après la période de nidification tendance annuelle
-1.1 % (relevé des oiseaux nicheurs
7.6 Aménager des fossés-avaloirs adaptés pour la faune 1989-2009)
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs
présence au québec
8.1 Planter des piquets de cèdre en guise de perchoir Nicheur migrateur (espèce non ex-
8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens pâturages convertis en culture clusivement associée au milieu agri­
cole). L’Oriole de Baltimore niche
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques dans les vergers, les grands arbres
8.6 Maintenir les bâtiments et autres structures isolés isolés, les haies, les bocages et les
bords de cours d’eau. Il se nourrit
d’insectes tels que des chenilles,
des pucerons, des doryphores et
des fourmis. Il s’abreuve aussi du
nectar des fleurs, participant ainsi à
la pollinisation dans les vergers.

menaces
L’usage de pesticides peut causer
l’intoxication de l’oiseau par l’in-
gestion des produits d’arrosage ou
de proies contaminées. La perte
d’habitats marginaux engendrée par
la maximisation des surfaces culti-
vables réduit le nombre de sites de
nidification et d’alimentation dis-
ponibles pour cette espèce.
4.1 Pratiquer la lutte intégrée

Habitats cibles description

Mettre en place des méthodes écologiques de protection des cultures qui utilisent
des éléments naturels dans le but d’attirer les ennemis naturels des ravageurs des
cultures tels que les oiseaux, les parasitoïdes et autres espèces fauniques (102, 103).

98 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques

+++ • Réduire les effets directs et indirects des pesticides sur le comportement, le
vergers et cultures d’arbustes fruitiers

succès reproducteur et la survie des oiseaux (37);


• Limiter l’empoisonnement des oiseaux exposés directement aux pesticides ou
qui consomment des proies contaminées;

• Éviter de rendre le milieu improductif aux oiseaux par la perte de végétation


(nourriture, refuge) et la diminution des insectes (nourriture) engendrée par
l’usage de pesticides;

• Réduire les effets néfastes des pesticides sur les insectes bénéfiques;
• Tirer profit d’un écosystème en équilibre bénéfique aux cultures (102, 103).

conseils

• Considérer les nombreuses méthodes alternatives permettant de réduire


­l’usage de pesticides, notamment la lutte biologique par l’utilisation d’insectes
ennemis naturels, la pose de pièges, l’utilisation de produits naturels et d’hor-
mones de croissance et le développement de cultivars résistants (102, 103);

• Éviter ou diminuer l’usage de pesticides durant la période de nidification des


oiseaux, soit entre les mois de mai et juillet (37);

• Augmenter la diversité des cultivars (ou espèces) dans les vergers et les cul-
tures d’arbustes fruitiers afin de prévenir les infestations et garantir une récolte
intéressante (103) tout en permettant d’attirer une plus grande variété d’ennemis
naturels, dont certains oiseaux;

• Planter des herbacées florales ou graminées en couvre-sol (ex. : sarrasin, phacé-


lie, moutarde, trèfle) ou en haie composite (ex. : verge d’or, achillée millefeuille)
afin d’attirer davantage de pollinisateurs et d’ennemis naturels des ravageurs
de cultures (102, 103) et créer par le fait même des sites de nidification, de refuge
et d’alimentation aux oiseaux;

ci-contre Argiope (Argiope trifasciata)


emaillotant sa proie © Stéphane Lamoureux
• Planter des arbustes ou des arbres fruitiers indigènes pour attirer les ennemis
naturels (99), dont certains oiseaux (voir recommandations 4.2 et 7.3);

• Attirer des oiseaux de proie en tant qu’ennemis naturels d’espèces nuisibles


aux cultures par l’installation ou le maintien de structures favorisant leur
présence (99) (voir recommandation 4.3);

• Accepter une perte minimale de 5% en échange des services écologiques ren-


dus par la communauté aviaire (34, 99).

99

vergers et cultures d’arbustes fruitiers


motivations ci-dessus La coccinelle
• Réduction des coûts d’utilisation de pesticides; à sept points, ennemi
naturel des tétranyques,
• Baisse de l’impact environnemental (104);
est un insecte très utile
• Attrait d’ennemis naturels (prédateurs et parasitoïdes) d’espèces nuisibles
dans les ver­g ers.
aux cultures;
© Suzanne Labbé
• Attrait des pollinisateurs;
• Milieu de travail sain et sécuritaire;
• Diminution des risques sur la santé humaine.
4.2 Planter des arbres et des arbustes fruitiers
­indigènes et distractifs

Habitats cibles description

Détourner les oiseaux vers d’autres zones nourricières en plantant des arbres et
des arbustes fruitiers indigènes (voir annexe B) à proximité ou en périphérie des
plantations afin de protéger les produits des cultures (99).

100 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques

+++ • Offrir une source de nourriture alternative plus intéressante pour les espèces
vergers et cultures d’arbustes fruitiers

frugivores (99, 105);


• Attirer les ennemis naturels des ravageurs de culture;
• Hétérogénéiser le paysage agricole;
• Augmenter la biodiversité.

ci-dessous Différents arbustes fruitiers susceptibles de distraire les oiseaux des


cultures principales si plantés en marge de celles-ci :
1 Amélanchier (Amelanchier sp.) © Jardin botanique de Montréal (Gilles Murray)
2 Viorne trilobée (Viburnum trilobum) © Service canadien des forêts
3 Cerisier de Virginie (Prunus virginiana) © Ressources forestières biotiques
4 Aronia noir (Aronia melanocarpa) © Jardin botanique de Montréal (Robert Mineau)
5 Sureau rouge (Sambucus pubens) © Suzanne Labbé

1 3

2
conseils

• Favoriser des espèces indigènes dont les fruits sont de taille inférieure à ceux
de l'espèce cultivée, puisqu’ils seront plus faciles à consommer et privilégiés
par les oiseaux (99);

• Choisir des espèces dont la période de fructification devance et excède celle


des espèces cultivées (105);

• Sélectionner un assortiment d’espèces dont les fructifications se succèdent


tout au long de la saison (99);

• Privilégier des espèces plus hâtives et dont le fruit est plus sucré que les es- 101
(99, 103)
pèces cultivées ;
• Sélectionner des espèces adaptées au sol et au climat;

vergers
• Aménager sous forme de haie brise-vent, si le site est exposé à de forts
vents (106) (voir recommandation 7.3);

• Accepter une perte minimale de 5% en échange des services écologiques ren-


dus par la communauté aviaire (34).

4 5

motivations
• Attrait d’ennemis naturels (prédateurs et parasitoïdes) d’espèces nuisibles
aux cultures (105);
• Attrait de pollinisateurs (105);
• Réduction de la perte de production (105);
• Possibilités de diversifier la variété de produits;
• Réduction des coûts d’utilisation de pesticides;
• Milieu de travail sain et sécuritaire;
• Diminution des risques sur la santé humaine;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage.
4.3 Attirer les oiseaux de proie

Habitats cibles description

Mettre en place des structures (nichoirs, perchoirs, plates-formes de nidification)


permettant d’attirer des oiseaux de proie en tant qu’ennemis naturels d’espèces
nuisibles aux cultures (rongeurs, insectes, oiseaux nuisibles).

102
objectifs fauniques
• Contrôler la présence d’espèces indésirables aux cultures (incluant des espèces
vergers et cultures d’arbustes fruitiers

d’oiseaux non champêtres) en favorisant celle d’oiseaux de proie;


• Offrir aux oiseaux de proie des habitats de qualité pour s’alimenter, se reposer
et se reproduire;
Coûts & bénéfices
• Favoriser la lutte intégrée et tirer profit d’un écosystème en équilibre bénéfique
aux cultures (102, 103).
++
conseils

• Maintenir les chicots qui sont utilisés naturellement comme sites de guet
et de repos par plusieurs oiseaux de proie ou comme site de nidification par
ceux nichant dans des cavités (ex. : Crécerelle d’Amérique, Petit-duc maculé,
etc.) (107) (voir recommandation 7.1);

• Planter des perchoirs de gros calibre (7 à 9 m de hauteur ou surpassant les


arbres de 1 à 2 m) munis d’une ou deux traverses de 1 ou 2 m de large (108)
(voir annexe C);

• Planter des perchoirs de petit calibre (piquets de cèdre) et de hauteurs dif-


férentes (moyenne de 1,5 m) à tous les 200 à 300 m pour attirer le Busard
Saint-Martin et le Hibou des marais (voir recommandation 8.1);

• Implanter une plate-forme de nidification (2 pi x 2 pi) fixée sur un poteau à


une hauteur d’au moins 14 pi (> 4,3 m), à la lisière d’un boisé, pour la Buse à
queue rousse et le Grand-duc d’Amérique (voir annexe C).

• Installer des nichoirs spécifiques à la Crécerelle d’Amérique, au Petit-duc


maculé, à la Petite Nyctale et à la Chouette rayée en tenant compte des carac­
téristiques propres à l’espèce ciblée (voir annexe D et recommandation 7.1);

ci-contre Perchoir pour


oiseaux de proie dans un
verger palissé
© Association du mont Rougemont
103

vergers et cultures d’arbustes fruitiers


motivations ci-dessus Le régime ali-
• Application facile, simple et peu exigeante; mentaire de la Crécerelle
d'Amérique se compose
• Faible coût associé à son application;
principalement d'insectes
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
(74%) et de rongeurs
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
(16%). Il est possible
• Réduction des coûts associés à la déprédation; de l'attirer chez soi en
• Réduction de la perte de production; construisant un nichoir
• Bénéfices pour les oiseaux observables; adapté. © Sylvain Rioux
• Intérêt et attachement envers les oiseaux de proie;
• Intérêt à fabriquer soi-même les structures;
• Réutilisation et valorisation de matériaux (piquets, poteaux, palettes de bois).
4.4 Adapter ou considérer des
alternatives à la ­fauche

Habitats cibles description

Éviter la fauche entre les rangs durant la période de nidification (mi-mai à mi-juil-
let) et considérer des alternatives pour diminuer la nécessité d’effectuer une telle
fauche par l’utilisation de plantes couvre-sol ou de paillis de paille.

104 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques

+ • Réduire l’impact de la fauche entre les rangs d’arbres et d’arbustes fruitiers


vergers et cultures d’arbustes fruitiers

sur la faune aviaire;


• Limiter les déplacements de la machinerie, source de dérangement, durant la
période de nidification des oiseaux;
• Éviter de détruire les nids et les oiseaux pendant leur période de reproduction;
• Permettre une repousse du couvert végétal pour réduire les risques de préda-
tion en période de reproduction;

• Offrir des sites de reproduction, de refuge et d’alimentation de qualité aux


oiseaux nichant dans ces habitats.

conseils
• Procéder, si nécessaire, à une fauche hâtive avant la mi-mai, soit avant la péri-
ode de reproduction des oiseaux (37);

• Considérer un intervalle de 60 à 65 jours entre la première fauche printanière


et la suivante si jugée nécessaire (37);

• Pratiquer, si désiré, une fauche sans restriction (fréquence et intervalle) après


la mi-juillet (37);

• Herser et semer des plantes non ligneuses en guise de couvre-sol afin de


permettre de réduire à la fois l’envahissement des mauvaises herbes et des
arbustes ligneux et l’entretien des rangs (37);

• Considérer le sarrasin, la phacélie, la moutarde ou des légumineuses comme le


trèfle ladino comme plantes couvre-sol qui serviront d’abris, d’aires d’alimen-
tation ou de sites de nidification aux oiseaux et aux insectes parasitoïdes (109);

• Utiliser ces plantes couvre-sol comme engrais verts afin de stimuler la vie du
sol (103) (voir recommandation 5.2);

• Limiter la propagation des mauvaises herbes en utilisant du paillis de paille


(8 po d’épaisseur) dans les rangs d’arbres et arbustes fruitiers (110).
motivations
• Application facile, simple et peu exigeante;
• Faible coût associé à son application;
• Réduction de l’entretien entre les rangs (temps, coût);
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Mortalité des oiseaux moins élevée.
ci-contre Oriole de Bal-
timore dans un cerisier. 105
Durant la période de nidifi-
cation, l'oriole consomme

vergers et cultures d’arbustes fruitiers


une grande quantité d'in-
sectes, incluant plusieurs
larves de lépidoptères
défoliateurs (>30% de sa
diète). © Marcel Gauthier

ci-dessous Une grande


proportion de la diète du
Moqueur roux est com-
posée d'insectes (63%).
Ce dernier est particulière-
ment friand de coléoptères
(chrysomèles, charançons)
et de larves de lépidop-
tères. © Larry Kirtley
le petit-duc maculé
Megascops asio

statut
Aucun

tendance annuelle
Non disponible

présence au québec
Nicheur hivernant (espèce non ex-
clusivement associée au milieu agri­
cole). Le Petit-duc maculé utilise
plusieurs habitats, dont les verg-
ers. Il niche généralement dans les
cavités naturelles des gros arbres
morts ou sénescents. Le Petit-duc
s’alimente d’insectes et de petits
mammifères. Sa présence dans les
vergers est donc d’un grand secours
pour les producteurs.

menaces
La diminution des arbres morts ou
sénescents en milieu agricole lim-
ite les sites de nidification pour le
Petit-duc maculé. L’usage de pesti-
cides peut entraîner l’ingestion de
proies contaminées et de la bioam-
plification chez cette espèce.
5
Cultures d’arbres
108
cultures d’arbres

le bruant des champs


Spizella pusilla

statut
Candidat à une évaluation
(COSEPAC)

tendance annuelle
-16.1 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)

présence au québec
Nicheur migrateur : le Bruant des
champs utilise les jeunes cultures
de pins, les pâturages ou encore les
friches arbustives comme habitat. Il
niche au sol ou dans des arbustes
à moins de 15 mètres du sol. Il se
nourrit d’insectes au sol durant la
période de nidification et de graines
le reste de l’année.

menaces
Son déclin est entre autres expliqué
par la perte de son habitat avec la
raréfaction des friches arbustives
et la succession végétale naturelle
des terres abandonnées. L’usage
de pesticides peut mener à l’intoxi­
cation du Bruant des champs par
l’ingestion de proies contaminées.
Le pâturage intensif augmente aussi
les risques de prédation de nids.
Cultures d’arbres

Description de l’habitat Les cultures d’arbres en milieu agricole, prévues pour


la récolte, se retrouvent en grande partie sur des sites de friches herbacées
et arbustives. Ce sont souvent des terres qui ont été abandonnées, car elles
5
étaient moins propices à l’agriculture, soit des petites terres mal drainées ou 109
encore peu fertiles. Parmi les essences utilisées en plantation, on retrouve
entre autres les peupliers hybrides, issus de croisement entre différentes es­

cultures d’arbres
pèces de peupliers indigènes et/ou exotiques, les épinettes, les pins, le sapin
baumier et les thuyas (cèdres). Les cultures de peupliers et de pins sont
principalement utilisées pour la production de bois, tandis que les sapins
servent à la production d’arbres de Noël.
Bien qu’on prône de plus en plus les plantations multi-espèces, les cul­
tures d’arbres regroupent généralement une seule espèce ou encore quelques
clones ou hybridations différentes d’une même espèce d’arbre (cas des peu­
pliers hybrides).

Constats spécifiques à l’habitat Les cultures d’arbres en milieu agricole for­ ci-dessus Plantation de pin
ment un habitat intéressant pour les oiseaux en offrant un couvert d’arbres rouge © Martin Joly

où se cacher, se percher ou faire son nid. Les herbacées qui poussent entre
les rangs sont fauchées pour ne pas nuire à la croissance des arbres et faciliter
l’accès à ceux-ci lors de l’élagage ou la coupe. Malheureusement, comme dans
les vergers et les cultures d’arbustes fruitiers, cette fauche augmente le taux de
mortalité des oiseaux nichant au sol et réduit leur succès de reproduction (37).
espèces associées Par ailleurs, dans le cas des cultures de pins et de peupliers hybrides ex­
• Bruant des champs ploitées pour leur bois, l’importance d’un tronc droit et sans nœuds pour ces
arbres implique un élagage fréquent des branches (111, 112). Or, ces branches
• Bruant des plaines
peuvent être utilisées par les oiseaux pour y déposer leur nid et ces derniers
• Bruant vespéral
sont donc affectés par l’élagage effectué lors de la période de nidification. De
• etc.
plus, les nombreux passages pour ces travaux peuvent déranger les oiseaux
au cours de cette période. La récolte du bois nécessite aussi le passage de la
machinerie qui peut entièrement détruire les nichées. En retirant l’ensemble
des arbres d’une parcelle lors de la récolte, on élimine complètement cet
110 habitat (113).
Finalement, les pesticides sont aussi utilisés dans ces cultures afin d’éviter
les attaques d’insectes ravageurs qui peuvent réduire significativement la
cultures d’arbres

croissance des arbres, voire mettre en péril leur survie. Comme dans les
autres cultures où ils sont utilisés, ces pesticides peuvent toutefois affecter la
santé des oiseaux s’ils y sont directement exposés ou par la consommation
ci-dessous La plantation de proies contaminées (insectes ou micromammifères) (114). Les oisillons
de plusieurs essences et les œufs seraient les plus affectés par l’application d’insecticides dans les
(ici : noyer noir, épi­ plantations (114). Dans le même sens, l’usage d’engrais granulés peut aussi af­
nette blanche et frêne de fecter la santé et la survie des oiseaux, s’ils sont consommés accidentellement.
Pennsylvanie) offre aux
oiseaux un habitat aux
caractéristiques variées
qui permet de répondre
à différents be­soins.
© Ressources foestières biotiques
recommandations

5.1 Réaliser des dépistages et adapter la période d’application de pesticides


5.2 Adapter l’utilisation d’engrais
5.3 Éviter l’élagage et la taille pendant la période de nidification
5.4 Éviter la récolte pendant la période de nidification
5.5 Diversifier les essences dans une même plantation

autres recommandations
111
1.1 Effectuer un usage raisonné des pesticides
4.1 Pratiquer la lutte intégrée

cultures d’arbres
4.3 Attirer les oiseaux de proie
4.4 Adapter ou considérer des alternatives à la fauche le bruant des plaines
Spizella pallida
7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines statut
Aucun
7.5 Retarder la fauche des fossés après la période de nidification
7.6 Aménager des fossés-avaloirs adaptés pour la faune tendance annuelle
Non disponible
8.1 Planter des piquets de cèdre en guise de perchoir
8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens pâturages convertis en culture présence au québec
Nicheur migrateur : le Bruant des
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques plaines se retrouve dans les jeunes
8.6 Maintenir les bâtiments et autres structures isolés plantations de conifères, les pâtu­
rages et les friches herbacées du-
rant sa période de nidification. Il
se nourrit de graines diverses de
même que d’insectes en période de
reproduction. Il construit générale-
ment son nid au sol ou dans un ar-
buste à moins de 2 mètres du sol.

menaces
La conversion des plaines brous-
sailleuses en culture cause d’impor-
tantes pertes d’habitat au Bruant
des plaines. Le pâturage intensif
peut engendrer la destruction des
nids ou causer des dérangements
importants lors de la nidification.
Cette espèce présente des risques
d’intoxication par l’ingestion de
pesticides ou de proies conta­
minées.
5.1 Réaliser des dépistages et adapter la période
d’application de pesticides

Habitats cibles description

Réaliser un dépistage des insectes pour limiter l’arrosage aux zones infestées.
Adapter la période d’application des pesticides de manière à réduire les impacts
de ceux-ci sur la faune.

112 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques
• Limiter l’empoisonnement des oiseaux qui sont exposés aux pesticides ou qui
++
cultures d’arbres

en consomment sous forme de granules ou de proies contaminées;

• Éviter de rendre le milieu improductif aux oiseaux par la perte de végétation


(nourriture, refuge) et la diminution des insectes (nourriture);

• Permettre à la plupart des jeunes oiseaux d’atteindre l’envol avant l’application


des insecticides;

• Réduire l’impact des insecticides sur les insectes bénéfiques (prédateurs et


pollinisateurs) (115).

ci-dessous Dommages
aux rameaux révélant la
conseils
présence de pucerons • Appliquer les herbicides très tôt en saison, soit avant l’éclatement des bour-
© Ministère des Forêts, de la geons qui a lieu au début de mai (115);
Faune et des Parcs
• Retarder l’application de certains pesticides à la fin juin (37);
• Réaliser un dépistage en début de saison permettant l’application d’insecticides
dans les parcelles envahies seulement;

• Préconiser une fauche très tôt au printemps afin de réduire l’usage d’herbi-
cides (116) (voir recommandation 4.4);

• Favoriser la lutte intégrée plutôt que l’usage d’insecticides (voir recommanda-


tion 4.1).

motivations
• Diminution des coûts liés aux pesticides;
• Application simple et facile;
• Aucun impact sur les arbres;
• Mortalité des oiseaux moins élevée;
• Attrait d’ennemis naturels (prédateurs et parasitoïdes) d’espèces nuisibles
aux cultures;
• Attrait des pollinisateurs.
5.2 Adapter l’utilisation d’engrais

description Habitats cibles


Adapter l’utilisation d’engrais de manière à en réduire l’impact sur la faune, soit
en privilégiant les engrais organiques et en procédant à des analyses de sol avant
leur application.

Coûts & bénéfices 113


objectifs fauniques
• Limiter la quantité d’engrais granulés accessibles aux oiseaux;
+

cultures d’arbres
• Éviter l’intoxication d’oiseaux qui ingèrent des fertilisants granulés en les con-
fondant avec des graines saines;

• Offrir des matériaux pour les nids et un couvert de protection contre les pré-
dateurs (paillis organique).

conseils
• Procéder à des analyses du sol afin d’intervenir correctement en utilisant les
engrais et les doses appropriées;

• Favoriser l’utilisation d’engrais organiques (fumier, compost), plutôt que de


l’engrais sous forme de granules (116);

• Utiliser un paillis organique en guise de compost qui jouera le rôle de fertilisant


tout en réduisant la croissance de mauvaises herbes entre les rangs (116);

• Considérer l’implantation de cultures d’engrais verts (ex. : ivraie, luzerne, millet


perlé, moutarde, sarrasin, trèfle, etc.) afin d’accroître la matière organique du
sol (103, 106).

motivations
• Avantages écologiques sur la structuration du sol et les microorganismes
présents (116);
• Réduction des coûts et du temps liés aux applications;
• Réduction du temps lié au fauchage, désherbage ou à l’application d’herbicides;
• Réduction d’épandage inutile de fumier ou de l’utilisation de fertilisants;
• Obtention d’un sol de meilleure qualité en sachant quoi lui appliquer;
• Mortalité des oiseaux moins élevée.

ci-dessus Bruant des


champs © Todd Fellenbaum
5.3 Éviter l’élagage et la taille pendant la période
de nidification

Habitats cibles description

Éviter l’élagage des arbres, c’est-à-dire couper les branches pour obtenir un bois
sans nœuds, et la taille des arbustes durant la période de nidification des oiseaux,
soit de la mi-mai à la mi-juillet.

114 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques
• Offrir des sites aux oiseaux pour construire leurs nids ou se percher;
++
cultures d’arbres

• Offrir un couvert de protection de meilleure qualité pour les oiseaux;


• Réduire les perturbations ou la destruction des nids causées par cette pratique.

conseils

• Effectuer prioritairement l’élagage et la taille de l’ensemble des espèces cul-


tivées après la mi-juillet, malgré le fait que les périodes idéales d’élagage et de
taille varient d’une essence à l’autre (118, 119, 120);

• Identifier les arbres où des nids auront été répertoriés afin qu’ils ne soient pas
traités en priorité si une partie des travaux d’élagage et de taille est inévitable
durant la période de nidification des oiseaux.

motivations
• Aucun coût lié à son implantation;
• Application simple et facile;
• Peu d’impact sur les arbres;
• Diminution des risques d’infection des arbres par des maladies ou des insectes;
• Mortalité des oiseaux moins élevée.

ci-contre Le Bruant des


champs construit son
nid directement au sol
ou dans la fourche d'un
arbuste ou d'un jeune
arbre jusqu'à 1,5 m
du sol. © Mike Allen
5.4 Éviter la récolte pendant la
période de n­ idification

description Habitat cible

Procéder à la récolte des arbres en dehors de la période de reproduction des oi-


seaux, soit de la mi-mai à la mi-juillet.

objectifs fauniques
Coûts & bénéfices 115
• Éviter de modifier et détruire l’habitat des oiseaux durant la période de nidi-
fication;
+

cultures d’arbres
• Offrir des perchoirs pouvant être utilisés comme sites de guet pour les oiseaux;
• Offrir un couvert de protection contre les prédateurs durant la période de
nidification.

conseils
• Limiter les travaux durant la période de nidification des oiseaux, soit de mai
à juillet;
• Éviter de circuler entre les rangs durant la période de nidification;
• Effectuer préférentiellement la récolte à l’automne, soit de la mi-octobre à la
mi-novembre.

motivations
ci-dessous Le Bruant
• Aucun coût lié à son implantation;
des plaines fréquente
• Application facile et simple;
les jeunes plantations
• Aucun impact sur les arbres; de conifères durant
• Mortalité des oiseaux moins élevée. sa nidification.
© Raymond Ladurantaye
5.5 Diversifier les essences dans une même
­plantation

Habitats cibles description


Combiner plus d’une essence d’arbre au sein même d’une plantation (fig. 5-1).

objectifs fauniques
• Offrir et préserver à long terme des sites de reproduction, de refuge et d’ali-
116 Coûts & bénéfices
mentation de qualité aux oiseaux nichant dans cet habitat;

++ • Offrir un habitat aux caractéristiques diversifiées afin de répondre aux besoins


cultures d’arbres

de plusieurs espèces;
• Favoriser et maintenir la présence d’oiseaux et d’insectes considérés comme
des ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Hétérogénéiser le paysage agricole;
• Augmenter la biodiversité.

conseils
• Favoriser des espèces indigènes et, si possible, produisant des graines ou des
fruits pouvant être consommés par les oiseaux (voir annexe B);

• Combiner des essences ayant un développement aérien et une croissance qui


diffèrent (ex. : chêne à gros fruits et frêne de Pennsylvanie) afin de favoriser la
croissance verticale et d’étaler les revenus (121);

• Combiner des feuillus à bois noble ayant une croissance lente et des peu­pliers
à croissance rapide sur une même parcelle, en ligniculture ou en culture inter­
calaire (122);

• Utiliser, si possible, plus d’une espèce à croissance lente et plus d’une espèce
à croissance rapide sur un même site selon le modèle de plantation retenu;

• Considérer des clones ou des cultivars aux caractéristiques différentes (crois-


sance et développement aérien) si des essences variées ne peuvent être im-
plantées;

• Incorporer des arbustes fruitiers indigènes comme accompagnement aux


feuillus afin d’offrir une structure plus étagée et favoriser une plus grande
biodiversité (voir annexe B);

• Éviter d’utiliser le bouleau jaune en accompagnement dans les plantations en


milieu ouvert puisqu’il forme un port buissonnant peu corrigible (121).
motivations
• Meilleure croissance verticale des feuillus nobles (121, 122);
• Préservation à long terme du paysage (122);
• Interventions forestières similaires entre les essences (122);
• Meilleure protection contre les maladies et infestations de ravageurs (121, 122);
• Possibilité de diversifier la variété de produits;
• Meilleur étalement du revenu (121);
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Augmentation de la biodiversité. 117

cultures d’arbres
fig 5-1 Différentes façons
de réali­ser des planta-
tions diversifiées dans
lesquelles l'alternance
d'essences à courte et à
longue rotation est consi­
dérée (121).

A B C

Essence à courte rotation


ex : frêne de Pennsylvanie

Essence à longue rotation


ex : chêne à gros fruits
6
Friches
la paruline à ailes dorées
Vermivora chrysoptera

statut
Menacée (LEP), susceptible d’être
désignée menacée ou vulnérable
(LEMV)

tendance annuelle
Non disponible

présence au québec
Nicheur migrateur : la Paruline à
ailes dorées privilégie les fri­c hes
arbustives comme habitat lors de
la nidification. Elle niche au sol ou
près du sol. Elle se nourrit d’in-
sectes et d'araignées qu’elle trouve
au sol.

menaces
L’intensification des cultures et, à
l’opposé, la régénération forestière
causent la destruction et la perte de
son habitat. L’usage de pesticides
accroit les risques d’ingestion de
proies contaminées. Indirectement,
l’utilisation de pesticides rend le
milieu improductif à cette espèce en
raison de la perte de végétation et
d’insectes.
6
Friches

Description de l’habitat La friche est un habitat ouvert en régénération,


c’est-à-dire une parcelle de terre agricole qui n’est plus cultivée, ni même
entretenue, où des arbustes ou même des arbres se sont établis. La compo­
sition des friches est variable selon l’historique de la parcelle (123). Ces terres 121
ont souvent été abandonnées à cause de leur faible productivité (124). Cet
habitat est transitoire et nécessite un certain entretien pour être maintenu

friches
dans son état (125).

Constats spécifiques à l’habitat Les friches renferment une abondance


d’oiseaux et une grande richesse spécifique (36). Elles permettent d’attirer
un bon nombre d’oiseaux considérés comme des ennemis naturels d’espèces
nuisibles aux cultures. La problématique liée aux friches est essentiellement
une question de perte d’habitat pour les espèces qui les utilisent. D’une part,
cette perte est occasionnée par la maximisation des surfaces cultivables où
des terres abandonnées ont été remises en culture suite aux pressions d’in­
tensification (123). D’autre part, ces habitats se sont naturellement reboisés en
raison de leur instabilité (125), ou ont été volontairement reboisés par l’homme
puisque cette opération demeure la plus simple pour revaloriser les terres
abandonnées (126). Or, le maintien d’habitats en friche demeure essentiel
pour des espèces en péril qui les utilisent presque exclusivement telles que ci-dessous Coulées en friche
la Paruline à ailes dorées et la Pie-grièche migratrice. dans Lanaudière © Martin Joly
espèces associées Les autres menaces auxquelles font face les oiseaux sont en lien avec des
• Paruline à ailes dorées problématiques vues dans les habitats précédents. D’abord, l’application de
pesticides sur des cultures adjacentes peut, d’une part, atteindre les nids et
• Pie-grièche migratrice
affecter le développement et la survie des jeunes et, d’autre part, perturber
• Tohi à flancs roux
la composition de la communauté végétale propre aux friches et augmenter
• Bruant des champs
le risque de prédation (37).
• Moqueur roux Deuxièmement, comme les friches sont parfois utilisées en pâturage,
• etc. les mêmes problématiques de piétinement et de broutage intensif peuvent
affecter les oiseaux nichant au sol, alors que les nids des espèces nichant sous
122 les buissons (Paruline à ailes dorées, Tohi à flanc roux) peuvent être détruits
lorsque le bétail utilise les arbustes en guise de grattoir (37). À noter toutefois
que les pressions de broutement du bétail permettent un ralentissement
friches

de la succession végétale, assurant ainsi le maintien à l’état de friche (127).


L’introduction du bétail est donc une avenue intéressante pour assurer la
pérennité de cet habitat.

ci-dessus La Paruline à ailes Finalement, les terres en friches servent souvent d’aire d’entreposage pour la
dorées est une espèce en péril machinerie. Comme la période d’utilisation accrue de la machinerie coïn­
qui niche dans les friches, un cide avec celle de la nidification des oiseaux, le va-et-vient de la machinerie
habitat non seulement rare mais constitue, au même titre que dans les cultures annuelles, un risque élevé de
aussi éphémère en raison de sa mortalité des espèces nichant au sol (37).
nature transitoire. © Régis Fortin
recommandations

6.1 Éviter ou adapter la remise en culture des friches


6.2 Éviter ou adapter le reboisement des friches
6.3 Intégrer le bétail aux friches pour les maintenir
6.4 Effectuer une fauche périodique dans les friches pour les maintenir
6.5 Éviter la circulation et l’entreposage de la machinerie dans les friches

autres recommandations
123
3.2 Limiter la densité du bétail dans le pâturage
3.3 Contrôler le broutage en effectuant une rotation des pâturages

friches
3.4 Construire des exclos dans les pâturages
4.3 Attirer les oiseaux de proie la pie-grièche migratrice
Lanius ludovicianus
7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs statut
En voie de disparition (LEP),
8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens pâturages convertis en culture menacée (LEMV)
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques
tendance annuelle
8.5 Favoriser la nidification de l’Hirondelle rustique Non disponible
8.6 Maintenir les bâtiments et autres structures isolés
présence au québec
Nicheur migrateur : la Pie-grièche
migratrice utilise les friches ar-
bustives comme habitat de même
que les pâturages et les diverses
haies. Elle construit généralement
son nid dans un arbre isolé. Elle se
nourrit de petits oiseaux et mam-
mifères ainsi que d’insectes. Faute
de serres, elle capture ses proies
avec son bec puis les empale sur
du barbelé ou encore les épines
d’aubépines.

menaces
L’intensification des cultures et la
régénération forestière entrainent
une perte de son habitat. Le retrait
des clôtures, dû au cloisonnement
du bétail, la conversion des fermes
laitières en grandes cultures et
l’élimination des aubépines en mi-
lieu agricole contribuent à la détéri-
oration de l’habitat de la Pie-grièche
migratrice. L’utilisation de pesti-
cides peut provoquer l’intoxication
de cette espèce par l’ingestion de
proies contaminées.
6.1 Éviter ou adapter la remise en
culture des ­friches

Habitat cible description

Éviter prioritairement la remise en culture des friches qui constituent des habitats
grandement utilisés par la faune. Limiter les surfaces ciblées (fig. 6-1) et effectuer
les travaux en dehors de la période de reproduction des oiseaux si une remise en
culture est inévitable.
124 Coûts & bénéfices

objectifs fauniques
+++
friches

• Assurer la présence de cet habitat en tant que site de nidification, d’alimenta-


tion et de refuge pour les espèces d’oiseaux qui y sont associées;

• Assurer des habitats de qualité à des espèces en péril qui nichent presque
exclusivement dans des friches arbustives (ex. : Paruline à ailes dorées, Pie-
grièche migratrice) ou régulièrement dans des friches herbacées (ex. : Bruant
sauterelle et Sturnelle des prés) (1);

• Éviter la mortalité accidentelle d’œufs, oisillons et adultes nichant dans les


friches lors des travaux de remise en culture impliquant de nombreux passages
de la machinerie;

• Maintenir la présence d’oiseaux considérés comme des ennemis naturels


d’espèces nuisibles aux cultures situées à proximité des friches;
• Hétérogénéiser le paysage agricole;
ci-dessous Le Bruant
• Maintenir une certaine connectivité entre les différents habitats;
sauterelle niche régulière-
• Maintenir ou augmenter la biodiversité.
ment dans les fri­ches
herbacées. © Marcel Gauthier
fig 6-1 Adaptations
A Petites friches B Grande friche possibles de la remise en
Ordre à prioriser : I, II & III culture de friches

II

III

125
Friche arbustive
I
Friche remise en culture

friches
Culture

Forêt

conseils à noter
• Vérifier la présence d’espèces en péril (avifaune, herpétofaune, flore) dans les Certaines friches hébergent des es-
friches avant de songer à des travaux de remise en culture; pèces en péril comme le Bruant sau-
• Éviter la remise en culture dans les friches où la présence d’espèces en péril terelle (friches herbacées) ou la Paru­
est connue ou a été validée; line à ailes dorées (friches arbustives).
• S'informer des options légales de protection de sites hébergeant des espèces Il est donc recommandé de s’assurer
en péril auprès d’organismes de conservation; que de tel­les espèces ne soient pas
présentes avant de procéder à une re-
• Conserver idéalement une partie en friche d’au moins 0,3 ha (128) si la remise
mise en culture ou à une plantation.
en culture est nécessaire et justifiée (fig. 6-1);

• Éviter les travaux de remise en culture lors de la période de nidification, soit de


mai à la mi-juillet pour la plupart des espèces;

• Sélectionner, si possible, des friches de petite taille (< 0,3 ha) et isolées des
habitats à haut potentiel faunique si la remise en culture est inévitable (fig. 6-1);

• Effectuer préférablement les travaux en automne, si la remise en culture est


inévitable.

motivations
• Application facile, simple et peu exigeante;
• Aucun véritable dérangement aux cultures avoisinantes;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril.
6.2 Éviter ou adapter le reboisement des friches

Habitat cible description

Éviter prioritairement le reboisement des friches qui constituent des habitats gran-
dement utilisés par la faune. Limiter les surfaces ciblées et effectuer les travaux en
dehors de la période de reproduction des oiseaux si une plantation est inévitable.

126 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques

+++ • Assurer la présence de cet habitat en tant que site de nidification, d’alimenta-
friches

tion et de refuge pour les espèces d’oiseaux qui y sont associées;

• Assurer des habitats de qualité à des espèces en péril qui nichent presque
ci-dessous La Paruline exclusivement dans des friches arbustives (ex. : Paruline à ailes dorées, Pie-
à ailes bleues niche au grièche migratrice) ou régulièrement dans des friches herbacées (ex. : Bruant
sol ou près du sol dans sauterelle et Sturnelle des prés) (1);
les friches arbustives,
habituellement à moins • Éviter la mortalité accidentelle d’œufs, oisillons et adultes nichant dans les

de 30­ m d'une lisière de friches lors des travaux de remise en culture impliquant de nombreux passages

forêt. L'espèce est très de la machinerie;

rare au Québec et ne • Maintenir la présence d’oiseaux considérés comme des ennemis naturels
se retrouve qu'au sud d’espèces nuisibles aux cultures situées à proximité des friches;
de la Montérégie, dans • Hétérogénéiser le paysage agricole;
le secteur d'Hunting-
• Maintenir une certaine connectivité entre les différents habitats;
don. © Alain Quenneville
• Maintenir ou augmenter la biodiversité.

conseils
• Vérifier la présence d’espèces en péril (avifaune, herpétofaune, flore) dans les
friches avant de songer à des travaux de plantation;

• Éviter le reboisement dans les friches où la présence d’espèces en péril est


connue ou a été validée;

• S'informer des options légales de protection de sites hébergeant des espèces


en péril auprès d’organismes de conservation;

• Conserver idéalement une partie en friche d’au moins 0,3 ha (128) si une plan-
tation est considérée;

• Considérer la mise en place de cultures fruitières incorporant des arbustes


indigènes diversifiés (ex. : amélanchier, aronie noire, viorne trilobée) comme
alternative aux plantations visant la production de bois (reboisement, lignicul-
ture) puisqu’elles s’apparentent davantage à l’habitat de friches arbustives;
• Opter pour des essences à graines ou à fruits (ex. : chênes, caryers, cerisier ci-dessous Grâce à leur
tardif) offrant de la nourriture aux oiseaux si une plantation visant la production structure végétale com-
de bois est considérée (130); plexe, les milieux transi-

• Intégrer des zones ouvertes et des îlots d’arbustes indigènes bénéfiques aux toires entre la prairie et la

oiseaux (voir annexe B) à l’intérieur de la plantation, peu importe le type, si un forêt que sont les fri­ches

tel aménagement est considéré; offrent des habitats


uniques et hébergent
• Intégrer des aubépines pouvant servir aux pies-grièches comme sites de nidi­
plusieurs espèces qui
fication et pour empaler leurs proies (1) si une plantation est considérée, peu
s'y sont adaptées. Il est
importe le type;
conseil­lé de vérifier la 127
• Éviter les travaux de plantation lors de la période de nidification, soit de mai à présence d'espèces en
la mi-juillet pour la plupart des espèces; péril si l'on songe au

friches
• Effectuer préférablement les travaux en automne si une plantation est con- reboisement d'un tel
sidérée. milieu. © Stéphane Lamoureux

motivations
• Application facile, simple et peu exigeante;
• Économie de temps et d’argent si on ne procède pas à un reboisement (129);
• Aucun véritable dérangement aux cultures avoisinantes;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril.
6.3 Intégrer le bétail aux friches pour les
­maintenir

Habitat cible description

Assurer le maintien des friches en aménageant des pâturages dans celles-ci afin
de limiter l’implantation d’une succession végétale grâce à la pression de broutage
et le piétinement du bétail (fig. 6-2) (127).

128 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques

++ • Limiter l’implantation d’une succession végétale dans les friches;


friches

• Assurer la présence de cet habitat en tant que site de nidification, d’alimenta-


tion et de refuge pour certaines espèces d’oiseaux qui y sont associées;

• Assurer des habitats de qualité à des espèces en péril qui nichent presque
exclusivement dans des friches arbustives (ex. : Paruline à ailes dorées, Pie-
grièche migratrice) ou régulièrement dans des friches herbacées (ex. : Bruant
sauterelle et Sturnelle des prés) (1);

• Favoriser et maintenir la présence d’oiseaux considérés comme des ennemis


naturels d’espèces nuisibles aux cultures situées à proximité des friches;

• Freiner l’envahissement de plantes exotiques envahissantes (127) dont le ner-


prun bourdaine et le nerprun cathartique;
• Hétérogénéiser le paysage agricole;
• Maintenir une certaine connectivité entre les différents habitats;
• Maintenir ou augmenter la biodiversité.

A B

fig 6-2 Façons d'intégrer


le bétail aux friches
tout en maintenant des
aires de refuge pour les
oiseaux (exclos)

Exclos

Friche arbustive

Friche mise en pâturage

Pâturage
conseils
• Introduire, si possible, le bétail dans les friches seulement à partir de la mi-juillet
lorsque la période de nidification est complétée pour la plupart des espèces (1);

• Limiter la densité du bétail à moins de 2,5 têtes/ha ou limiter le temps d’expo-


sition par une rotation des pâturages (131);

• Considérer l’aménagement d’un enclos qui chevauche une partie d’une friche
et un pâturage conventionnel afin de conserver une section de la friche qui ne
sera pas broutée ou piétinée par le bétail;
129
• Construire des exclos (aires de refuge pour les oiseaux auxquelles le bétail n’a
pas accès) temporaires ou permanents autour de quelques bosquets pour con-

friches
server des sections sans broutage et éviter que les nids, tant au sol que dans
les arbustes, soient piétinés ou détruits lorsque le bétail utilise les arbustes
comme grattoir (37, 98);

• Construire des exclos temporaires ou permanents dans des zones où la suc-


cession végétale est souhaitée afin d’améliorer la qualité de la friche;

• Varier l’emplacement d’exclos d’une année à l’autre autour des bosquets afin
de contrôler la succession végétale;

• Privilégier une clôture de barbelés au lieu d’utiliser une clôture électrifiée pour
les exclos qui servira à la fois de barrière au bétail et de site d’empalement de
proies pour les pies-grièches (37);

• Ajouter des tronçons de barbelés ici et là à un enclos électrifié afin d’offrir des
sites d’empalement aux pies-grièches (voir recommandation 8.2).

motivations
ci-dessus Le Tohi à flancs
• Application facile, simple et peu exigeante; roux utilise les friches
• Aucun véritable dérangement aux cultures avoisinantes; arbustives et les pâtu­
• Aucun véritable dérangement au bétail; rages lors de sa nidi-

• Bénéfices pour les oiseaux observables; fication. © Régis Fortin

• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;


• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril;
• Pâturages alternatifs;
• Accès du bétail à de l’ombre;
• Réutilisation et valorisation de barbelés;
• Réduction des travaux liés au maintien des friches grâce au bétail (127);
• Réduction de la propagation de plantes exotiques envahissantes (127).
6.4 Effectuer une fauche périodique dans les
­friches pour les maintenir

Habitat cible description


Assurer le maintien des friches en effectuant une fauche périodique aux 2 à 10 ans
selon le cas et le type de friche désiré (37, 130).

objectifs fauniques
130 Coûts & bénéfices
• Limiter l’implantation d’une succession végétale dans les friches;

+++ • Assurer la présence de cet habitat en tant que site de nidification, d’alimenta-
friches

tion et de refuge pour certaines espèces d’oiseaux qui y sont associées;

• Assurer des habitats de qualité à des espèces en péril qui nichent presque
exclusivement dans des friches arbustives (ex. : Paruline à ailes dorées, Pie-
grièche migratrice) ou régulièrement dans des friches herbacées (ex. : Bruant
sauterelle et Sturnelle des prés) (1);

• Favoriser et maintenir la présence d’oiseaux considérés comme des ennemis


naturels d’espèces nuisibles aux cultures situées à proximité des friches;
• Hétérogénéiser le paysage agricole;
• Maintenir une certaine connectivité entre les différents habitats;
• Maintenir ou augmenter la biodiversité.

conseils
• Effectuer la fauche à la fin de l’été (août), soit après la saison de reproduction
des oiseaux (mi-juillet) et lorsque le sol est sec (130);

• Éviter une fauche à l’automne qui influe négativement la composition et la


croissance des espèces végétales tout en encourageant l’invasion d’espèces
non indigènes et envahissantes (130);

• Identifier, si possible, les plantes rares ou en péril avant d’effectuer une fauche
et ainsi éviter de les couper (130);

à noter motivations

En alternant annuellement les sites • Application facile, simple et peu exigeante;


de fauche à l’intérieur d’une friche de • Aucun véritable dérangement aux cultures avoisinantes;
grande taille ou d’une série de petites • Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
friches juxtaposées, on offre des ha­ • Intérêt pour la conservation d’espèces en péril;
bitats variés aux oiseaux. • Réduction de la propagation de plantes exotiques envahissantes (130).
6.5 Éviter la circulation et l’entreposage
de la ­machinerie dans les friches

description Habitat cible

Éviter la circulation et l’entreposage de la machinerie dans les friches du début


mai à la mi-juillet.

objectifs fauniques
Coûts & bénéfices 131
• Éviter de déranger les oiseaux dans les friches durant la période de nidification;
• Réduire le taux de mortalité des œufs et des oisillons engendré par le passage +

friches
de la machinerie.

conseils
• Entreposer la machinerie dans des secteurs peu propices pour les oiseaux
(remise, cour, etc.);

• Éviter d’entreposer de la machinerie dans les friches lors de la période de nidi­


fication, soit de mai à la mi-juillet pour la plupart des espèces;

• Sélectionner la machinerie qui ne sera pas fréquemment réutilisée ou déplacée


si l’entreposage dans les friches est inévitable;

• Limiter, de façon générale, les déplacements inutiles et le va-et-vient continuel


dans les friches.

motivations
• Application facile, simple et peu exigeante;
• Diminution des risques de bris de la machinerie causés par les branches d’ar-
bustes, les pierres ou le mauvais relief du sol;
• Aspect de propreté;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage;
• Bon voisinage.

ci-dessus Paruline

à ailes dorées
© Alain Quenneville
132
friches

le tohi à flancs roux


Pipilo erythrophthalmus

statut
Aucun

tendance annuelle
Non disponible

présence au québec
Nicheur migrateur et/ou hivernant
occasionnel dans le sud du Qué-
bec. Le Tohi à flancs roux utilise les
friches arbustives, les pâturages et
les diverses haies comme habitat
lors de la nidification. Il construit
son nid au sol ou à moins de 1,5 m
de celui-ci. Il s’alimente d’insectes,
d’araignées, de graines, ainsi que de
fruits à l’occasion.

menaces
Le pâturage intensif dans les fri­
ches arbustives peut causer la des­
truction et la prédation des nids
ou encore causer un dérangement
pendant la nidification. L’usage de
pesticides peut mener à l’intoxica-
tion du Tohi à flancs roux par l’in-
gestion de proies contaminées.
Indirectement, l’utilisation de pes-
ticides rend le milieu improductif à
cette espèce en raison de la perte de
végétation et d’insectes.
7
Habitats marginaux

133

friches
la crécerelle d'amérique le tyran tritri
Falco sparverius Tyrannus tyrannus

statut statut
Candidate à une évaluation Aucun
(COSEPAC)
tendance annuelle
tendance annuelle -3.5 % (relevé des oiseaux nicheurs
-6.2 % (relevé des oiseaux nicheurs 1989-2009)
1989-2009)
présence au québec
présence au québec Nicheur migrateur : le Tyran tritri
Nicheur migrateur et/ou hivernant utilise les haies diversifiées comme
occasionnel dans le sud du Québec. habitat durant sa période de nidi-
La Crécerelle d’Amérique utilise les fication. Il utilise aussi les arbres
pâturages, les prairies, les fourra­ isolés pour se percher et même y
ges, les friches herbacées et les faire son nid. Ces habitats margi­
haies comme habitat durant la péri- naux sont donc d’une grande impor-
ode de nidification de même que tance pour l’espèce. Le tyran s’ali-
l’hiver. Ce sont dans ces habitats mente d’insectes en vol et des fruits
qu’elle trouve ses sources de nour- à l’automne.
riture, soit des petits mammifères,
des oiseaux et des gros insectes. menaces
La crécerelle utilise principalement La diminution de la présence d'ar-
les cavités pour nicher, mais utilise bres en milieu agricole réduit consi­
également les nichoirs mis à sa dis- dérablement les sites de nidification
position. propices à l’oiseau. L’usage de pes-
ticides peut provoquer l'intoxication
menaces du Tyran tritri suite à l’ingestion de
La crécerelle est affectée par la proies contaminées. Indirectement,
diminution des habitats margi­ l’utilisation de pesticides rend le
naux particulièrement des arbres milieu improductif à cette espèce en
morts ou sénescents. La diminu- raison de la perte de végétation et
tion de perchoirs naturels et an- d’insectes.
thropiques des dernières années,
qu’elle utilise comme site de guet,
détériore la qualité de son habitat.
L’usage de pesticides constitue une
menace importante suite à l’inges-
tion de proies contaminées et du
phénomène de bioamplification.
7
Habitats marginaux

Description de l’habitat Les habitats marginaux arbustifs et arborescents


sont des éléments du paysage agricole que l’on peut rencontrer dans plusieurs
types de cultures. Ils incluent les diverses haies, les bosquets d’arbustes, les
arbres isolés, les boisés ou encore les arbres morts ou sénescents (chicots). 135
Ces habitats se retrouvent souvent en bordure des champs le long des lignes
de fossés ou dans les zones difficiles d’accès ou non propices à la culture

habitats marginaux
(zone inondable, pointe de champ, coulée, zone rocailleuse, etc.). Bien que
ces habitats ne soient pas perçus comme essentiels aux cultures, ils sont d’une
importance capitale pour les oiseaux.
Les habitats marginaux aquatiques concernent principalement les plans
d’eau que l’on retrouve en milieu agricole, c’est-à-dire les étangs permanents
ou temporaires, les fossés et les ruisseaux. Les habitats juxtaposant et che­
vauchant ces milieux humides tels que les ponceaux ou les bandes riveraines
sont aussi considérés dans cette catégorie.

Constats spécifiques à l’habitat L’intensification de l’agriculture s’est traduite ci-dessus Arbre solitaire et
par une maximisation des surfaces cultivables au détriment des habitats haies naturelles © Martin Joly
marginaux et de la faune qui les utilisait. Les habitats marginaux arbustifs et
arborescents ont donc été grandement éliminés, et continuent de l'être, pour
faire place à de plus vastes zones cultivables. Or, ces habitats, aussi marginaux
semblent-ils, contribuent à l’hétérogénéité du paysage et, par le fait même, à
en augmenter la biodiversité. La perte des habitats marginaux affecte ainsi
sévèrement les espèces qui en dépendent.
espèces associées L’ensemble des oiseaux champêtres bénéficie de ces habitats marginaux
• Crécerelle d'Amérique arbustifs ou arborescents. Ainsi, les bosquets, les haies diversifiées et les îlots
boisés sont utilisés comme site de nidification pour certaines espèces alors
• Tyran tritri
que d’autres s’en servent comme aire de refuge. Les habitats marginaux sont
• Sarcelles à ailes bleues
aussi d’excellentes sources de nourriture, autant de graines que d'invertébrés
• Hirondelle bicolore
ou de petits mammifères. Même isolés (par ex. un arbre solitaire), ces habitats
• Hirondelle à ailes hérissées sont régulièrement utilisés comme perchoir ou site de guet. Ils servent aussi
• Buse à queue rousse de halte transitoire pour les oiseaux forestiers qui passent d’un îlot boisé à
• etc. un autre. Finalement, les chicots ou les arbres sénescents sont appréciés par
136 plusieurs espèces aviaires qui font leur nid dans leurs cavités.
Les habitats marginaux aquatiques ont eux aussi largement été per­
turbés, voire éliminés, avec les pressions d’intensification des cultures. En
habitats marginaux

effet, le drainage des terres, le redressement des cours d’eau et le remblayage


des fossés ont largement contribué à la perte d’habitats aquatiques utilisés
ci-dessous Harfang des par les oiseaux champêtres. Ces microécosystèmes hébergent de nombreux
neiges sur son orme insectes et autres invertébrés dont s’alimentent les oiseaux, notamment les
solitaire, un perchoir de insectivores aériens. Ils sont parfois les seuls lieux d’alimentation de qualité
chasse devenu rare en dans les zones fortement intensives. Les fossés, souvent de nature herbacée,
milieu agricole suite aux sont aussi utilisés comme aire de refuge ou de nidification. Or, le fauchage
ravages causés par la des fossés est une pratique qui nuit à la protection et à la survie des espèces
maladie hollandaise de qui les utilisent, particulièrement lors de la période de nidification.
l'orme. © Catherine DIon
recommandations

7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place


7.2 Planter des arbres isolés
7.3 Mettre en place des haies diversifiées
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines
7.5 Retarder la fauche des fossés après la période de nidification
7.6 Aménager des fossés-avaloirs adaptés pour la faune
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs
137

autres recommandations

habitats marginaux
1.1 Effectuer un usage raisonné des pesticides
4.2 Planter des arbres et des arbustes fruitiers indigènes et distractifs l'hirondelle bicolore
Tachycineta bicolor
4.3 Attirer les oiseaux de proie
8.1 Planter des piquets de cèdre en guise de perchoir statut
Aucun
8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens pâturages convertis en culture
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques tendance annuelle
-4.2 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)

présence au québec
Nicheur migrateur : l’Hirondelle
bicolore utilise les pâturages et les
fourrages comme habitat. Elle se
nourrit essentiellement d’insectes
en vol ainsi que d’araignées et d’es-
cargots. Elle utilise les cavités na-
turelles d’arbres morts pour nicher,
mais adopte aisément les nichoirs
mis à sa disposition.

menaces
Le drainage des terres et l’assèche-
ment de milieux humides ont engen-
dré une perte importante d’habitat
où cette espèce pouvait s’alimenter
et se reproduire. La diminution du
nombre de chicots en milieu agri­
cole nuit aussi à sa nidification.
L’usage de pesticides cause, d’une
part, une diminution importante
des proies, source essentielle d’ali-
mentation et, d’autre part, un risque
d’intoxication suite à l’ingestion de
proies contaminées.
7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux
déjà en place

Habitats cibles description


Maintenir et favoriser les végétaux des habitats marginaux déjà en place, tels que
les arbres isolés, les bosquets d’arbustes, les lignes de branches et les chicots (51).

objectifs fauniques
138
• Offrir des habitats diversifiés aux oiseaux pour la nidification, l’alimentation,
le repos et pour se cacher des prédateurs;
habitats marginaux

• Attirer les insectivores aériens et les oiseaux de proie en tant qu’ennemis na-
turels des ravageurs de cultures;
• Hétérogénéiser le paysage agricole;
Coûts & bénéfices
• Augmenter la biodiversité.

+++ conseils
• Effectuer un entretien minimal de ces habitats marginaux afin de ne pas en-
gendrer de bris à la machinerie;

• Effectuer cet entretien minimal en dehors de la période de reproduction des


oiseaux;

• Favoriser la connectivité entre les différents habitats marginaux avoisinants


(îlots forestiers, milieux humides, etc.);

• Éviter de faucher certaines lignes de fossés pour favoriser l’implantation d’ar-


bustes (voir recommandation 7.5);

• Favoriser les bosquets d’aubépines qui sont très prisés par les pies-grièches
pour empaler leurs proies (1);

• Conserver les arbres morts encore debout (chicots) et les arbres sénescents
qui sont présents afin d’assurer la nidification d’oiseaux de proie (Crécerelle
d’Amérique) ou d’insectivores aériens (Hirondelle bicolore) (107).

à noter motivations

Les haies naturelles accueillent une • Application simple, facile et peu exigeante;
plus grande diversité d’oiseaux que • Aucun coût lié à l’application;
les haies plantées, abritent moins de • Dérangement faible ne justifiant pas le temps pour les éliminer;
mauvaises herbes et ne contribuent • Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
pas à augmenter les populations d’es- • Bénéfices pour les oiseaux observables;
pèces nuisibles aux cultures (33).
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage;
• Bon voisinage.
1

139

habitats marginaux
2 3

ci-dessus Habitats margi­


naux naturels : 1 Bosquets
d'arbustes et haies arbustives
© Martin Joly 2 Caryer ovale
solitaire dont la noix a pro­
bablement été semée par un
écureuil © Stéphane Lamoureux
3 Rangée d'arbres matures
© Martin Joly
7.2 Planter des arbres isolés

Habitats cibles description

Planter des arbres indigènes dans les pointes de champs inutilisées ou peu pro-
ductives en raison d’un mauvais drainage, d’une zone inondable ou de la difficulté
d’accès de la machinerie (51).

140
objectifs fauniques
• Augmenter la présence d’arbres isolés pratiquement disparus du paysage
habitats marginaux

agricole à la suite de la maximisation des surfaces cultivables;


Coûts & bénéfices • Offrir des sites de nidification, de guet, de repos ou d’alimentation aux oiseaux;
• Faciliter le déplacement des oiseaux entre les îlots forestiers.
++
conseils
• Diversifier les espèces utilisées sur l’ensemble de votre propriété;
• Sélectionner des espèces d’arbres indigènes adaptées au sol et au climat (voir
annexe B);
• Favoriser des espèces indigènes produisant des graines ou des fruits pouvant
être consommés par les oiseaux (voir annexe B);

• Considérer des espèces indigènes rares ou moins communes telles que le


Micocoulier occidental (Celtis occidentalis), le Caryer ovale (Carya ovata), le
Caryer cordiforme (Carya cordiformis) ou le Chêne bicolore (Quercus bicolor);

• Opter pour des essences nobles en vue d’une utilisation future du bois;
• Planter des arbres de bonne taille (environ 6 pi) nécessitant moins d’entretien
et de vigilance que des arbres de quelques années;
• Utiliser des tuteurs pour favoriser une croissance droite;
• Effectuer la plantation après les récoltes ou la fauche du foin pour ne pas en-
dommager les cultures;

• Développer un projet collectif de mise en réseau de plusieurs arbres isolés


impliquant différents producteurs agricoles d’un même secteur (51).

ci-contre Vestiges du passé, les chicots sont appréciés par plusieurs espèces d'oi-
seaux qui font leur nid dans leurs cavités. En milieu agricole, les arbres sont sou-
vent abattus avant d'avoir la chance de jouer ce rôle essentiel. © Stéphane Lamoureux
141

habitats marginaux
ci-contre Ce frêne
(gauche) et ce chêne à
gros fruits (droite) brisent
la mono­tonie de ces
paysages agricoles ayant
subi une forte intensifi-
cation. Plusieurs études
suggèrent une préférence
naturelle des gens pour
motivations les milieux ouverts dans
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures; lesquels on retrouve des

• Coût d’implantation et d’entretien faible; arbres. © Stéphane Lamoureux

• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;


• Application facile et simple;
• Entretien peu exigeant;
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
• Utilisation d’espaces sous-exploités ou impropres à l'agriculture;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage;
• Bon voisinage.
7.3 Mettre en place des haies diversifiées

description
Habitats cibles
Mettre en place une haie diversifiée sur toute la longueur d’un champ pour per-
mettre une meilleure distribution des oiseaux et maximiser leur impact sur les
insectes ravageurs (33).

objectifs fauniques
142
• Offrir des sites de nidification, de guet, de repos ou d’alimentation aux oiseaux;
• Attirer les ennemis naturels des ravageurs de cultures;
habitats marginaux

Coûts & bénéfices • Maintenir une certaine connectivité entre les différents habitats fauniques;
• Assurer des corridors de déplacement pour la faune;
+++ • Hétérogénéiser le paysage agricole;
• Augmenter la biodiversité.

conseils
• Sélectionner des espèces d’arbres indigènes adaptées au sol et au climat;
• Préconiser une diversité d’espèces végétales et de genres botaniques;
• Favoriser des espèces indigènes produisant des graines ou des fruits pouvant
être consommés par les oiseaux (voir annexe B);

• Intégrer dans la haie, parmi les arbres, des arbustes indigènes reconnus pour
attirer les oiseaux et les pollinisateurs (voir annexe B);
• Inclure la présence de feuillus et de conifères;
• Opter pour des essences nobles en vue d’une utilisation future du bois;

• Choisir des essences à croissance lente ou aux systèmes racinaires profonds


(ex. : arbres à noix) afin de réduire les risques de détérioration des systèmes
de drainage (122);

• Diversifier les essences au sein de la haie afin de réduire les maladies et les
risques d’infestation par des ravageurs (122);
à noter
• Favoriser une séquence aléatoire, d’aspect plus naturel, à une séquence sys-
Une haie d’une seule rangée présen- tématique afin d’attirer une plus grande densité et variété d’oiseaux (fig. 7-1);
tant une structure diversifiée (densité • Réduire la perte de surface cultivable en favorisant une structure étagée avec
de feuillage des cimes, diamètre des divers végétaux sur une seule rangée plutôt qu’un aménagement sur deux
troncs, etc.), plusieurs strates et des rangées peu diversifié (fig. 7-1) (33);
essences variées attire davantage d’oi-
• Minimiser la perte de surface cultivable en disposant une haie le long d’un
seaux qu’une haie peu diversifiée de
chemin de ferme (122);
plus d’une rangée (33).
A Haie d'une seule rangée à séquence aléatoire fig 7-1 Différentes
manières d'aménager
des haies diversifiées.
Parmi les 3 aménage-
ments proposés, l'option
A maximise la création
d'habitats fauniques, 143
minimise la per­te de
superficies cultivables

habitats marginaux
B Haie d'une seule rangée à séquence systématique et s'intègre de la façon
la plus harmonieuse au
pay­sage. Les options B

et C répondent
moins bien à l'ensem-
ble de ces critères.

C Haie de trois rangées à séquence systématique

ci-contre L'implantation

d'une haie diversifiée


au sud d'un cours d'eau
permet que l'ombrage
porte sur celui-ci et non
sur les cultures (voir
recommandation 7.4)
© Stéphane Lamoureux
• Considérer l’aménagement d’une haie orientée nord-sud pour contrer les vents
dominants de l’ouest (122, 132);

• Préparer le terrain après les récoltes ou la fauche du foin pour ne pas endom-
mager les cultures et effectuer la plantation au printemps suivant.

motivations
• Contrôle de l’érosion éolienne (122, 132);
• Protection des cultures (122, 132);

144 • Augmentation des rendements (122, 132);


• Amélioration des sols en apportant de la matière organique, en améliorant
la structure et en augmentant la diversité des micro-organismes du sol (122);
habitats marginaux

• Protection des sols en réduisant l’érosion éolienne et hydrique (122, 132);


• Réduction du ruissellement des engrais et des pesticides;
• Diminution des coûts énergétiques à proximité des bâtiments (122, 132);
• Meilleur étalement de la neige (122);
• Séquestration du carbone;
• Attrait des ennemis naturels (prédateurs et parasitoïdes) d’espèces nuisibles
aux cultures (33);
• Attrait de pollinisateurs;
• Contrôle des odeurs (132);
• Source de financement possible pour exécuter les travaux;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage;
• Bon voisinage;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Augmentation de la biodiversité.

ci-dessus Le Tyran tritri, un insectivore


aérien, utilise les haies diversifiées
comme habitat durant sa période de
nidification. © Jean-Sébastien Guénette

ci-contre L'aménagement d'une haie


à proximité d'un chemin de ferme
minimise l'ombrage sur les cultures.
Dans cet exemple, l'utilisation d'un
espace agricole sous-exploité entre
un chemin et un fossé n'offre que des
avantages. © Stéphane Lamoureux
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines

description Habitats cibles


Améliorer les bandes riveraines des cours d’eau en y plantant des arbres et des
arbustes indigènes de tailles et d’espèces différentes.

objectifs fauniques
145
• Offrir des sites de nidification, de guet, de repos ou d’alimentation aux oiseaux;
• Attirer les ennemis naturels des ravageurs de cultures;

habitats marginaux
• Maintenir une certaine connectivité entre les différents habitats fauniques; Coûts & bénéfices
• Assurer des corridors de déplacement pour la faune;
• Hétérogénéiser le paysage agricole; +++
• Augmenter la biodiversité.

conseils

• S’assurer de respecter la norme minimale de la Politique de protection des


rives, du littoral et des plaines inondables, soit une bande de végétation de 3 m
conservée à partir de la ligne des hautes eaux (LHE) incluant au moins 1 m
sur le replat du terrain si le haut du talus se trouve à moins de 3 m de la LHE;

• Envisager l’intégration d’arbustes dans le replat et le talus de cette zone de


protection minimale, généralement constituée d’herbacées, à l’aide d’espèces
adaptées (résistance aux inondations, pouvoir d’enracinement, etc.);

• Élargir cette bande minimale de protection en y intégrant, si possible, les


trois strates de végétation (herbacées, arbustes et arbres) afin d’attirer une
plus grande densité et variété d’oiseaux tout en maximisant l’efficacité de la
bande riveraine (stabilisation du sol, interception de sédiments et des eaux de à noter
ruissellement, etc.);
Le Code de gestion sur les pesticides
• Favoriser une structure étagée avec divers végétaux sur une seule rangée ou (CGP) et le Règlement sur les ex-
aménagée sur plus d’une rangée; ploitations agricoles (REA) interdisent
• Préconiser une diversité d’espèces végétales et de genres botaniques; res­pectivement l’application de pes-
• Utiliser des arbres et arbustes indigènes reconnus pour attirer les oiseaux et ticides et l’épandage de fertilisants,
les pollinisateurs (voir annexe B); minéraux et organiques, à l’intérieur
de la bande riveraine. La Financière
• Sélectionner une variété d’espèces dont les fructifications se succèdent tout
agricole du Québec applique aussi
au long de la saison;
une mesure d’écoconditionnalité et
• Sélectionner des espèces adaptées au sol et au climat;
retranche les bandes riveraines des
• S’inspirer de ce qui pousse naturellement dans les environs est la meilleure superficies assurables.
garantie que l’espèce se développera bien (122);
• Considérer la plantation sur une seule des deux rives, si possible au sud, de
manière à ce que l’ombrage porte principalement sur le cours d’eau, réduisant
ainsi la perte de rendement des cultures et facilitant les éventuelles opérations
d’entretien du cours d’eau (122);

• Adoucir la pente pour favoriser l’implantation dans le talus;


• S’informer des mesures de protection supplémentaires adoptées dans certains
cas par les municipalités et les autorités gouvernementales.

146
habitats marginaux

ci-dessus La création de motivations


bandes rive­raines élargies • Respect de la bande riveraine facilité (122, 133);
donne une vocation aux
• Augmentation des rendements des cultures adjacentes (122, 133);
endroits difficilement
• Contrôle de l’érosion hydrique et éolienne (122, 133);
cultivables, que ce soit en
• Contrôle du ruissellement des pesticides et des fertilisants (122, 133);
raison de leur relief
trop abrupte, de leur • Amélioration de la qualité de l’eau (122, 133);

forme restrei­gnant l'accès • Diminution de la prolifération de certaines algues et plantes envahissantes par
de la machinerie ou de le refroidissement de l’eau (création d’ombre) (133);
leur propension à être • Diminution de l’impact du rat musqué (134);
inondés. • Réduction des coûts d’entretien des cours d’eau (133);
© Ressources forestières
• Attrait des ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures (133);
biotiques
• Attrait de pollinisateurs (133);
• Source de financement possible pour exécuter les travaux;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage;
• Bénéfices observables pour les oiseaux et la faune en général;
• Augmentation de la biodiversité;
• Bon voisinage.
7.5 Retarder la fauche des fossés après la période
de nidification

définition Habitats cibles

Ne pas procéder à la fauche des fossés avant le 15 juillet, soit la période de nidi-
fication de la plupart des oiseaux champêtres (51).

objectifs fauniques
147
• Assurer l’utilisation des bords de fossés aux oiseaux comme sites de nidifica-
tion, d’alimentation et de refuge;

habitats marginaux
• Éviter que la fauche des fossés concorde avec la période de nidification des Coûts & bénéfices
oiseaux et qu’elle nuise à leur reproduction;

• Limiter les risques d’abandon de couvées et de mortalité d’oisillons engendrés ++


par la fauche des fossés durant cette période cruciale.

conseils à noter
• Procéder à la fauche après la 3e coupe de foin dans le cas des prairies et après
Parfois les seuls lieux d’alimentation
les récoltes à l’automne pour les cultures;
de qualité pour les oiseaux dans les
• Éviter de faucher les fossés après les semis ou après la première coupe de foin; zones fortement intensives, les fossés
• Procéder annuellement par bloc de champs et non pas sur la totalité des terres; sont aussi utilisés comme refuge ou
• Éviter de faucher certaines lignes de fossés pour favoriser l’implantation d’ar- site de nidification. En plus de mainte-
bustes. nir des microhabitats riches en biodi-
versité, ils assurent une certaine con-
• Limiter la fauche préférablement au replat des fossés et non pas dans le talus.
nectivité entre les différents habi­tats
fauniques et hétérogénisent le pay­
motivations
sage agricole. La fusion de champs
• Application simple et facile; par le remblayage des fossés est donc
• Aucun dommage aux cultures lorsque la fauche est reportée après la récolte; à éviter.
• Meilleur accès de la machinerie après les récoltes;
• Satisfaction de contribuer à la biodiversité simplement par la modification de
la date d’exécution d’une pratique jugée inévitable;
• Bénéfices pour les oiseaux observables.

ci-contre La fauche des


fossés à l'automne, ou,
idéalement, l'absen­ce de
fauche, permet d'évi­
ter tout conflit avec la
nidification des oiseaux.
© Stéphane Lamoureux
7.6 Aménager des fossés-avaloirs
adaptés pour la faune

Habitats cibles description

Aménager des fossés-avaloirs adaptés pour favoriser la présence de la faune en


masquant les premières rangées d’ouvertures (en partant du sol) des avaloirs
traditionnels par du ruban adhésif en toile. Permettre qu’une certaine quantité
d’eau s’accumule dans les lignes de fossés et que des petits habitats aquatiques
148
soient ainsi créés (135, 136).
habitats marginaux

Coûts & bénéfices objectifs fauniques


• Créer des microhabitats aquatiques riches en biodiversité (végétaux indigènes,
+ insectes, amphibiens, etc.) et bénéfiques aux oiseaux;

• Attirer des insectes, composition essentielle de la diète des oiseaux insecti-


vores aériens (Hirondelle rustique, Hirondelle bicolore, Tyran tritri, etc.) et de
la majorité des oisillons des espèces champêtres;

• Améliorer la qualité de l’eau en favorisant la sédimentation de particules de sol


et en réduisant l’apport de sédiments ainsi que la charge de phosphore dans
les cours d’eau situés en aval (135, 136, 137);

• Maintenir une certaine connectivité entre les différents habitats fauniques;


• Assurer des corridors de déplacement pour la faune;
• Hétérogénéiser le paysage agricole;
• Augmenter la biodiversité.

conseils
• Favoriser un tel aménagement en sol argileux puisque ce type de sol retient
(135, 136)
mieux l’eau ;

• Préconiser un site situé à proximité de boisés ou de milieux humides environ-


nants afin de favoriser la connectivité des divers habitats fauniques (135, 136);

• Considérer un tel aménagement dans un fossé à faible pente où la surface


d’accumulation de l’eau sera plus grande et donc plus bénéfique pour la
faune (135, 136);

• Être conseillé par des spécialistes pour réaliser un tel aménagement;

ci-contre L'aménagement d'un bas-


sin de sédimentation en amont d'un
avaloir favorise la création de mi-
lieux humides. © Stéphane Lamoureux
• Consulter des organismes ayant mis en place un tel aménagement (ex. : Groupe
ProConseil);
• Visiter des producteurs qui ont mis en place un tel aménagement;
• Inclure dans l’aménagement un bassin de sédimentation en amont de l’avaloir
d’une profondeur de 30 à 40 cm et d’une longueur de 5 à 10 m (137);

• Conserver une section plus élevée qui agira comme digue entre le bassin de
sédimentation et l’avaloir (137);

• Vérifier le niveau de l’eau durant les premières années, surtout au moment du


dégel printanier et lors de fortes précipitations, afin de s’assurer que l’avaloir 149
évacue adéquatement l’eau (135, 136);

• S’assurer que l’eau se maintient suffisamment longtemps dans le fossé pour

habitats marginaux
permettre aux espèces présentes de terminer leur cycle de reproduction (in-
sectes et amphibiens) (135, 136);

• Procéder à tous les 2 ou 3 ans au nettoyage du bassin de rétention en retour-


nant les sédiments au champ.

ci-contre Tout aménage-


ment susceptible d'attirer
des insectes favorise
les oiseaux insectivores
aériens comme l'Hiron-
delle bicolore. © Larry Kirtley

ci-dessous Milieu humide


d'intérêt pour la faune
© Stéphane Lamoureux

motivations
• Application facile et simple;
• Coût d’implantation faible si fossé-avaloir déjà en place;
• Aménagement n’affectant pas l’efficacité de l’avaloir;
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
• Coût et temps d’entretien faible;
• Réduction de l’apport de sédiments dans les cours d’eau;
• Réduction de la charge de phosphore dans les cours d’eau;
• Bénéfices observables pour les oiseaux et la faune en général;
• Augmentation de la biodiversité.
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs

Habitats cibles description


Créer, mettre en valeur ou conserver des étangs afin d’offrir des milieux aquatiques
de qualité pour les oiseaux en milieu agricole (138).

objectifs fauniques
150
• Créer des habitats aquatiques riches en biodiversité (végétaux indigènes, in-
sectes, amphibiens, reptiles, etc.) et bénéfiques aux oiseaux;
habitats marginaux

Coûts & bénéfices • Offrir des sites de nidification, de guet, de repos ou d’alimentation aux oiseaux;
• Attirer les ennemis naturels des ravageurs de cultures;
+++ • Attirer des insectes, composition essentielle de la diète des oiseaux insecti-
vores aériens (Hirondelle rustique, Hirondelle bicolore, Tyran tritri, etc.) et de
la majorité des oisillons des espèces champêtres;

• Offrir des haltes migratoires et des sites de nidification à la sauvagine (ex. :


Sarcelle à ailes bleues);
• Maintenir une certaine connectivité entre les différents habitats fauniques;
• Assurer des corridors de déplacement pour la faune;
• Hétérogénéiser le paysage agricole;
ci-dessous Sarcelle à ailes • Augmenter la biodiversité.
bleues © Serge Deslex

conseils
• Établir une zone non utilisée pour les cultures, à l’abandon ou à faible rende-
ment pour aménager un étang (138);

• Privilégier un site naturellement humide ou mal drainé en terrain plat ou en


pente faible et dont le fond est préférablement constitué d’argile, de sable
argileux ou de limon afin qu’il soit imperméable (138);

• Préconiser un site situé à proximité de boisés ou de milieux humides environ-


nants afin de favoriser la connectivité des divers habitats fauniques (138);
• Être conseillé par des spécialistes pour réaliser un tel aménagement;
• Consulter des organismes ayant mis en place un tel aménagement (ex. :
­Techno-Champ 2000);
• Visiter des producteurs qui ont aménagé ou mis en valeur des étangs;
• Obtenir les permis nécessaires avant de procéder aux travaux;
• Privilégier un étang de forme irrégulière en courbe, plus bénéfique pour la faune
qu’une forme carrée (fig. 7-2) (138);
fig 7-2 Privilégier un étang à la forme
et au profil irréguliers, plus bénéfique
pour la faune qu’une forme carrée.

A Forme géométrique (à éviter) B Forme irrégulière (à favoriser)

Vue aérienne
151

habitats marginaux
Vue de profil

• Créer des zones de différentes profondeurs pour augmenter la biodiversité ci-dessous Étang artificiel
(138, 139) bordé de quenouilles en
(fig. 7-2) ;

• Prévoir des berges à pente douce pour permettre à la faune (ex. : amphibiens, Outaouais © Catherine Dion

reptiles, canetons, etc.) de quitter aisément l’eau (139);

• Mettre en place une bande riveraine diversifiée pour maintenir les zones aqua-
tiques intactes et favorables à la biodiversité (voir recommandation 7.4);
• Intégrer des plantes aquatiques indigènes;
• Implanter des arbres et arbustes indigènes dans le pourtour de l’étang (139);

• Intégrer des nichoirs à Hirondelle bicolore ou à Canard branchu (voir recom-


mandation 8.3) ou des perchoirs (voir recommandations 4.3 et 8.1) à l’aménage-
ment.

motivations
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Source de financement possible pour exécuter les travaux;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage;
• Création ou mise en valeur d’un lieu paisible;
• Fierté d’avoir implanté un tel aménagement;
• Augmentation de la biodiversité.
l'hirondelle à ailes
hérissées
Stelgidopteryx serripennis

statut
Aucun

tendance annuelle
-4.7 % (relevé des oiseaux nicheurs
1970-2009)

présence au québec
Nicheur migrateur : l’Hirondelle
à ailes hérissées utilise les pâtura­
ges et les fourrages comme habi­
tat. Elle niche sur des structures
anthropiques telles que les ponts
qui traversent les cours d’eau ou
encore dans des terriers sur les
berges ou les parois des sablières.
En tant qu’insectivore aérien, cette
hirondelle consomme de nombreux
insectes nuisibles.

menaces
Le redressement des cours d’eau,
le remblayage des fossés et l’as-
sèchement des milieux humides
ont engendré une perte importante
d’habitat pour cette espèce. Le pro-
filage des cours d’eau peut causer
la destruction des nids. L’usage de
pesticides cause d’une part, une
diminution importante de proies,
source essentielle d’alimentation,
et d’autre part, un risque d’intoxi-
cation suite à l’ingestion de proies
contaminées.
8
Structures anthropiques
l'hirondelle rustique
Hirundo rustica

statut
Menacée (COSEPAC), en attente
(LEP)

tendance annuelle
-6.2 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)

présence au québec
Nicheur migrateur : l’Hirondelle
rustique habite les pâturages et les
fourrages durant la saison estivale.
Elle niche habituellement sur des
bâtiments ou des structures artifi-
cielles comme les granges et les ga-
rages, ou sous les ponts et les pon-
ceaux. L’Hirondelle rustique vit en
petites colonies et se nourrit d’in-
sectes en vol dans les champs de
graminées, les terres agricoles, les
prés et à proximité des cours d’eau.

menaces
Le drainage des terres a réduit con-
sidérablement le nombre de mi-
lieux humides où les hirondelles
pouvaient s’alimenter facilement.
La diminution des populations
d’insectes (usage de pesticides et
cloisonnement du bétail), est une
menace importante pour tous les
insectivores aériens. Par ailleurs, il
est maintenant difficile pour l’es-
pèce de construire son nid sur les
nouveaux recouvrements extérieurs
des bâtiments en PVC et en alumi­
nium où l’argile n’adhère pas, ou
très difficilement.
8
Structures anthropiques

Description de l’habitat En milieu agricole, plusieurs structures construites


par l’humain ont été adoptées par les oiseaux champêtres comme sites de
nidification, d’alimentation, de refuge ou simplement à titre de perchoir pour
la parade, le guet ou le repos (1). L’utilisation de ces structures est souvent 155
liée à la perte de leur équivalent naturel. Ainsi, les bâtiments de ferme, les
clôtures, les silos, les cribs et autres installations sont couramment utilisés

structures anthropiques
par les oiseaux champêtres. Si la majorité de ces structures sont destinées à
l’humain, que ce soit pour ses cultures ou ses animaux domestiques, d’autres,
comme les nichoirs, sont conçues spécifiquement pour les oiseaux.
ci-dessous Les bâtiments
Constats spécifiques à l’habitat Les clôtures bordant les pâturages sont isolés favorisent la nidi-
très utilisées comme perchoir de guet, de repos ou de parade par plusieurs fication des oiseaux loin
espèces d’oiseaux champêtres telles que le le Bruant des prés, le Hibou des des espèces introduites
marais, la Maubèche des champs ou la Sturnelle des prés (1). Dans le passé, (Étourneau sansonnet,
la Pie-grièche migratrice a pu tirer bénéfice de la présence de barbelés pour Moineau domestique)
empaler ses proies, une option de rechange aux épines d’aubépines. N’ayant et des prédateurs asso-
plus de raison d’être avec le cloisonnement du bétail et l’élevage hors sol, les ciés à l'homme (chat,
clôtures ont été, la plupart du temps, retirées du paysage. rat). © Alexandre Nicole

La modernisation et la concentration des bâtiments ont réduit quant à


elles le nombre de sites utilisés par les oiseaux champêtres. D’une part, les
revêtements lisses en PVC ou en aluminium utilisés aujourd’hui sur les bâ­
espèces associées timents agricoles diminuent l’adhérence et empêchent la fixation du nid de
• Merlebleu de l'Est certaines espèces, notamment de l’Hirondelle rustique (140). De plus, lorsque
cette espèce en péril parvient à construire son nid, il est souvent délogé par
• Hibou des marais
les propriétaires pour une question d’hygiène et de propreté (51). D’autre part,
• Busard Saint-Martin
la concentration des bâtiments à proximité des routes et des habitations a
• Hirondelle rustique
favorisé la disparition des structures et bâtiments isolés dans les champs (8).
• Hirondelle bicolore Or, ces bâtiments permettaient à certaines espèces d’oiseaux de nicher en
• Crécerelle d'Amérique toute tranquillité, loin de la compétition d’espèces introduites ou domes­
• etc. tiquées (ex. : Étourneaux sansonnet, Moineau domestique) et des prédateurs
156 intimement associés à l’homme (chat, rat). Ces bâtiments et structures isolés
servaient également aux oiseaux de proie comme site de guet, de repos et
même de nidification (ex. : Effraie des clochers).
structures anthropiques

Par ailleurs, la construction et l’installation de nichoirs profitent à cer­


ci-dessous Les nichoirs artifi- taines espèces. Ces nichoirs sont des alternatives aux cavités naturelles que
ciels remplacent les cavités des leur procuraient les arbres morts ou sénescents. Comme ces arbres se font
arbres morts ou sénescents rares en milieu agricole (107), la plupart des espèces qui nichent en cavité se
utilisées par plusieurs espèces, sont bien adaptées à ces structures artificielles.
dont l'Hirondelle bicolore. Sou-
vent éliminés à titre préventif,
ces arbres sont devenus rares
en milieu agricole. © Sonia Van Wijk
recommandations

8.1 Planter des piquets de cèdre en guise de perchoir


8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens pâturages convertis en culture
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques
8.4 Conserver les nids d’Hirondelle rustique
8.5 Favoriser la nidification de l’Hirondelle rustique
8.6 Maintenir les bâtiments et autres structures isolés

autres recommandations 157

s/o

structures anthropiques
le merlebleu de l'est
Sialis sialis

statut
Aucun

tendance annuelle
+1.1 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)

présence au québec
Nicheur migrateur : on retrouve le
Merlebleu de l’Est dans les habitats
ouverts où la végétation y est basse
comme les pâturages, les prairies
et les champs abandonnés. Il niche
naturellement dans les cavités na-
turelles de vieux arbres ou celles
excavées par les pics. Comme ces
arbres sont rares en milieu agricole
suite à la maximisation des surfaces
cultivables, les nichoirs installés par
les propriétaires ont su compenser
la perte de ces habitats de nidifica-
tion naturels.

menaces
Le Merlebleu de l’Est est sensible
à la compétition avec des espèces
introduites comme le Moineau do-
mestique et l’Étourneau sansonnet
pour les sites de nidification. L’us-
age de pesticides peut causer une
intoxication de l’oiseau suite à l’in-
gestion de proies contaminées. Le
dérangement par les activités hu-
maines en période de nidification
affecte aussi l’espèce.
8.1 Planter des piquets de cèdre en guise de
­perchoir

Habitats cibles description


Planter des piquets de cèdre dans le talus ou le replat des fossés à tous les 250 m
(820 pi) (51).

objectifs fauniques
158
• Assurer la disponibilité de perchoirs (sites de guet, de parade ou de repos) qui
a été considérablement réduite suite à la maximisation des surfaces cultivables
structures anthropiques

et au retrait du bétail des pâturages (8);

• Attirer les oiseaux de proie en tant qu’ennemis naturels des ravageurs de cul-
tures (gros insectes, petits mammifères ou oiseaux indésirables).
Coûts & bénéfices

conseils
+
• Réutiliser les piquets d’anciennes clôtures qui ont été retirés, mais conservés;
• S’informer de la disponibilité de piquets chez les producteurs environnants;
ci-dessous Goglu des prés • Effectuer un achat de nouveaux piquets en groupe;
© Alexandre Nicole • Planter les piquets à l’automne pour ne pas endommager les cultures ou après
la fauche des prairies;

• Planter les piquets dans le talus ou le long des fossés pour ne pas être incom-
modé lors du fauchage;

• Installer des piquets dans les pointes de champ comme alternative à la ligne
de fossé;

• Mettre en place des perchoirs de gros calibre pour attirer les oiseaux de proie
(voir recommandation 4.3);

• Conserver les clôtures des pâturages lorsqu’ils sont convertis en cultures an-
nuelles ou en prairies (voir recommandation 8.2).

motivations
• Application facile et simple;
• Coût d’implantation faible;
• Aucun entretien une fois implanté;
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
• Élément permettant de définir et d’assurer une bande riveraine réglementaire
ou élargie;
• Réutilisation et valorisation de piquets inutilisés;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Augmentation de la biodiversité.

1 2

159

structures anthropiques
3

ci-dessus Exemples d'oiseaux de proie 1 Busard Saint-Martin © Alain Daigle


retrouvés en milieu agricole et avan- 2 Crécerelle d'Amérique © Sylvain Rioux
tagés par la présence de perchoirs : 3 Buse pattue © Michèle Amyot
8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens
pâturages convertis en culture

Habitats cibles description

Conserver, en tout ou en partie, les clôtures munies de fils électriques ou barbelés


d’anciens pâturages convertis en culture pour qu'elles continuent d'être utilisées
par les oiseaux champêtres comme perchoir.

160
objectifs fauniques

• Assurer la disponibilité de perchoirs (site de guet, de parade ou de repos) qui


structures anthropiques

a été considérablement réduite suite à la maximisation des surfaces cultivables


et au retrait du bétail des pâturages (8);

• Attirer les insectivores aériens et les oiseaux de proie en tant qu’ennemis na-
Coûts & bénéfices turels des ravageurs de cultures;

• Permettre à la Pie-grièche migratrice (espèce menacée), lors de la période de


+
nidification, et à la Pie-grièche grise, durant l’hiver, d’utiliser les fils barbelés
comme alternative aux épines d’aubépines pour empaler leurs proies (1).

conseils
• Déplacer ou retirer au besoin les poteaux nuisant aux déplacements de la
machinerie;

• Conserver, si désiré, qu’un seul côté de l’ancien pâturage ou des tronçons de


quelques mètres ici et là dans le pourtour du champ (fig. 8-1);

• Privilégier le maintien des clôtures longeant une bande riveraine ou le long


d’une ligne de champ juxtaposant une prairie;

• Considérer l’usage de fils barbelés récupérés pour la construction de nouvelles


clôtures de pâturage ou simplement en fixer sur certains tronçons en plus du
fil conventionnel (fig. 8-1);

• Retirer les fils en cas de crainte de bris à la machinerie;

• Porter une légère attention à cette structure lors des travaux au champ afin d’ap-
porter des correctifs nécessaires permettant d’éviter des bris de la machinerie
(retrait des fils cassés, poteau endommagé, etc.);

• Avoir en tête que cette clôture peut être discontinuée et que l’usage est essen-
tiellement lié à l’offre de perchoirs.

ci-contre La Pie-grièche migratrice


empale ses proies sur les fils barbelés.
© Larry Kirtley
fig 8-1 Conservation et revalorisation
des clôtures d'anciens pâturages

Ajout de fils barbelés dans Conservation de sections de


A B
certaines sections de clôture clôture d'un ancien pâturage

161

structures anthropiques
Sections
conservées

motivations
• Application facile et simple;
• Aucun coût d’implantation;
• Faible entretien une fois implanté;
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
• Élément permettant de définir et d’assurer une bande riveraine réglementaire;
• Succession végétale sous la clôture agissant comme une zone tampon;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage;
• Réutilisation et valorisation de piquets inutilisés;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Augmentation de la biodiversité.

ci-contre Le Merlebleu de l'Est cap-


ture ses proies au sol après les avoir
loca­lisées du haut d'un perchoir.
© Larry Kirtley
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques

description
Habitats cibles Implanter des nichoirs adaptés à des espèces spécifiques en fonction des intérêts
des producteurs et des éléments du paysage (ex. : Merlebleu de l’Est, Hirondelle
bicolore, Crécerelle d’Amérique, Petit-duc maculé, Canard branchu, etc.) (51).

objectifs fauniques
162
• Assurer la disponibilité de sites de nidification de rechange aux espèces uti­
lisant naturellement des cavités dans les arbres morts ou sénescents (chicots)
structures anthropiques

quasi inexistants à la suite de la maximisation des surfaces cultivables;

• Attirer les insectivores aériens et les oiseaux de proie en tant qu’ennemis na-
turels des ravageurs de cultures.
Coûts & bénéfices

conseils
+++
• Tenir compte des spécificités de l’espèce ciblée pour la construction et l’im-
plantation des nichoirs (taille, diamètre et forme de l’ouverture, orientation,
hauteur, distance entre chaque nichoir, ajout de matériaux, habitat, etc.) (voir
annexe D);

• Construire soi-même les nichoirs pour épargner des coûts (plans de construc-
tion disponibles en ligne gratuitement);
• Effectuer un achat de plusieurs nichoirs en groupe;
• Éviter de teindre ou de peindre l’intérieur des nichoirs;

• Installer les nichoirs à au moins 250 mètres des bâtiments de ferme pour
ne pas attirer des espèces indésirables comme l’Étourneau sansonnet et le
Moineau domestique;

• Fixer adéquatement les nichoirs sur des piquets de clôture, des arbres sé-
nescents ou des poteaux en acier en tenant compte des spécificités de l’espèce
ciblée;

• Procéder annuellement au suivi des nichoirs, à la fin de l’automne ou tôt au


printemps (avant la période de nidification), afin de valider leur utilisation et
d'effectuer un léger entretien (correctifs aux nichoirs, ajout de matériaux de
nidification, retrait des nids d’écureuil ou de souris, etc.).

ci-contre Le Tyran huppé utilisera un nichoir aux dimensions adaptées (voir annexe
D) placé à la lisière d'un boisé, dans une forêt clairsemée ou dans un verger.
© Sylvain Lafrenière
1 2

163

structures anthropiques
3 4

motivations ci-dessus Différentes espèces d'oiseaux


• Application facile et simple; utilisant des nichoirs en milieu agricole :

• Coûts d’implantation et d’entretien faible;


1 Merlebleu de l'Est © Marcel Gauthier
• Entretien peu exigeant;
2 Canard branchu © Jim McConnell
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
3 Petit-duc maculé © Robert Auger
• Intérêt à fabriquer soi-même les nichoirs; 4 Hirondelle bicolore © Jean-Sébastien Guénette
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Augmentation de la biodiversité.
8.4 Conserver les nids d’hirondelle rustique

Habitat cible description

Ne pas détruire les nids construits par les Hirondelles rustiques, espèce désignée
menacée en 2011 par le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril
au Canada) (51).

164 Coûts & bénéfices


objectifs fauniques

++ • Assurer la nidification de cette espèce fortement en déclin depuis les dernières


structures anthropiques

années en tolérant sa présence et la construction de son nid;


• Bénéficier d’une espèce reconnue pour consommer une grande quantité d’in-
sectes piqueurs ou ravageurs des cultures (1).

conseils
• Laisser une ouverture d’une vingtaine de centimètres pendant la ponte et
l’élevage des jeunes si un couple a construit un nid dans un bâtiment (140);

• Fixer une planchette sous le nid (30 cm X 30 cm) pour retenir les fientes des
oisillons et limiter les désagréments engendrés par ces salissures (fig. 8-2) (51);

• Installer des obstacles (ex. grillages souples ou filets) pour éviter que l’Hiron-
delle rustique construise son nid à des endroits jugés inappropriés ou non
souhaités;

• Éviter l’entreposage de machineries, d’outils et de matériaux à moins de 180 cm


à noter à côté ou en dessous d’un nid occupé afin de réduire la prédation par les chats
ou autres prédateurs (140);
1 La Loi de 1994 sur la convention
concernant les oiseaux migrateurs • Conserver ou intégrer du revêtement de bois (fig. 8-4), particulièrement sur le
interdit de déranger, de détruire ou haut des murs des bâtiments de ferme;
de prendre le nid ou les œufs d’un • Favoriser la construction de nids à l’extérieur des bâtiments ou à un endroit
oiseau migrateur comme l'Hirondelle approprié à l’intérieur d'un bâtiment en installant des supports en matériaux
rustique. © Mike Allen poreux (fig. 8-4 et 8.5) dans les 20 premiers centimètres d’une paroi latérale et
à l’abri des intempéries (voir recommandation 8.5).
2 L’Hirondelle à front blanc utilise
aussi les structures anthropiques
1 2
en milieu agricole pour nicher. Son
nid est aussi formé de boue comme
l’Hirondelle rustique, mais ne con-
tient pas d’herbe sèche et sa forme
est complètement fermée avec une
ouverture ronde. © Nicole Fournel
fig 8-2 Plaquette anti-fientes

motivations
• Application facile, simple et peu exigeante;
• Aucun coût associé à son application;
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
30 cm
165
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Attachement à cette espèce emblématique;
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril.

30 cm

ci-dessous L'Hirondelle
© Stéphane Lamoureux

rustique a été désignée


menacée en 2011 par
le COSEPAC (Comité
sur la situation des
espèces en péril au
Canada). © Suzanne Labbé
8.5 Favoriser la nidification de l’hirondelle
rustique

Habitat cible description

Favoriser la nidification de l’Hirondelle rustique à l’extérieur des bâtiments ou à


un endroit approprié à l’intérieur des bâtiments en installant des supports ou des
structures facilitant la construction de nids.

166
objectifs fauniques
• Attirer cette espèce fortement en déclin depuis les dernières années en offrant
structures anthropiques

Coûts & bénéfices des structures facilitant la construction de son nid;

• Bénéficier d’une espèce reconnue pour consommer une grande quantité d’in-
+ sectes piqueurs ou ravageurs des cultures (1);
• Contrôler les sites de nidification de cette espèce et éviter les désagréments.

conseils
• Fixer à l’intérieur des bâtiments, aux endroits désirés, des nids artificiels
(demi-coupe de bois, fig. 8-3), des supports latéraux (fig. 8-5), des clous, des
crampons, de la moustiquaire, du grillage, ou d’autres matériaux poreux sur
une poutre ou à 15-20 cm en dessous du plafond afin de faciliter la construction
fig 8-3 Demi-coupe
d’un nid (140);
servant de support pour
le nid installée entre 13 à • Placer ces supports non loin de l’ouverture d’envol, soit à une distance de 2 à
20 cm d'une corniche ou 5 m dans la mesure du possible (140);
d'un plafond • Laisser une ouverture d’une vingtaine de centimètres pendant la ponte et
l’élevage des jeunes si un couple a construit un nid dans un bâtiment (140);

• Installer à l’extérieur des bâtiments des supports (fixes ou amovibles, fig. 8-4 et
8.5) en matériaux poreux ou des nids artificiels (demi-coupe de bois, fig. 8-3)
22 cm
dans les 20 premiers centimètres d’une paroi latérale et à l’abri des intempéries
16 cm
(surplomb de 30 cm) (140);
12 cm
8 cm
• Aménager, dans les pointes de champ ou autres zones non cultivées, des abris
spécifiques en bois pour la nidification de l’Hirondelle rustique (fig. 8-6, voir
9 cm
annexe E);

30 cm • Choisir un site contenant plusieurs habitats riches en insectes (ex. : cours


13 cm d’eau, étang, pâturage, friche, haie, bosquet d’arbustes, fosse à fumier, etc.)
7.5 cm
(140)
dans un rayon de 300 m pour l’aménagement d’un abri de nidification ;

• Créer ou mettre en valeur des étangs ou autres petits milieux humides pour
favoriser l’abondance d’insectes et l’approvisionnement en boue (voir recom-
4 cm mandations 7.5 et 7.7);
• Maintenir les pâturages et sortir davantage le bétail des bâtiments afin de
favoriser la présence d’insectes dont elle se nourrit (voir recommandation 3.1);

• Conserver ou intégrer du revêtement de bois, particulièrement sur le haut des


murs des bâtiments de ferme;

• Éviter l’entreposage de machineries, d’outils et de matériaux à moins de 180 cm


à côté ou en dessous d’un nid occupé afin de réduire la prédation par les chats
ou autres prédateurs (140);

• Fixer une planchette (30 cm x 30 cm) sous le nid pour retenir les fientes des ci-dessus Vue en plongée
oisillons et limiter ainsi les désagréments engendrés par ces salissures (fig. d'une demi-coupe 167
8-2) (51). © Regroupement Québec­

Oiseaux, demi-coupe fournie

structures anthropiques
par Nature-Action Québec

fig 8-4 Support amovible

fig 8-5 Support latéral

Paroi latérale (1 ou 2 côtés)


pour protéger des courants d’air

15 cm
(min)
15 cm 15 cm
(min) (min)
fig 8-6 Abri de bois
spécialement conçu pour
la nidification de l'Hiron-
delle rustique

168
structures anthropiques

© Regroupement QuébecOiseaux, rendu 3D réalisé à partir d'une photo de Chenda Duong

motivations
• Application facile, simple et peu exigeante;
• Faible coût associé à son application selon les supports ou structures utilisés;
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Attachement à cette espèce emblématique;
• Intérêt à fabriquer soi-même les nichoirs artificiels ou les abris spécifiques;
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril.
8.6 Maintienir les bâtiments et autres structures
isolés

description Habitats cibles

Conserver les vieux bâtiments et autres structures anthropiques isolés en champ,


même s’ils ne sont plus utilisés (ex. vieille grange, hangars, abris pour le bétail,
cribs, pompes éoliennes, etc.).

169
objectifs fauniques
• Assurer la disponibilité de sites de nidification, d’abris ou encore de perchoirs

structures anthropiques
pour le guet, l’alimentation ou la parade;

• Attirer les oiseaux de proie en tant qu’ennemis naturels des ravageurs de cul-
tures (gros insectes, petits mammifères ou oiseaux indésirables);
Coûts & bénéfices
• Réduire la compétition pour des sites de nidification avec des espèces intro-
duites ou domestiquées (ex. : Étourneau sansonnet, Moineau domestique);
+
• Réduire la prédation engendrée par des espèces associées à l’homme (chat,
rat).

conseils
• Entretenir périodiquement les bâtiments et les autres structures isolés en
champ pour en assurer leur pérennité;

• Éviter de recouvrir les bâtiments isolés en champ de matériaux en aluminium


ou en PVC;
• Éviter, si possible, de teindre ou de peindre les bâtiments isolés en champ;
• Créer ou laisser, si possible, des ouvertures à l’opposé des vents dominants
© Luc Gilbert

dans les bâtiments isolés en champ afin que les oiseaux puissent y avoir accès;
• Conserver les nids présents dans les bâtiments ou sur les structures isolées.

motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Aucun coût lié à son implantation (déjà en place);
• Peu ou pas d’entretien;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage.
© Catherine Dion
le busard saint-martin
Circus cyaneus

statut
Non en péril

tendance annuelle
-6.3 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)

présence au québec
Nicheur migrateur et/ou hivernant
occasionnel dans le sud du Québec.
Le Busard Saint-Martin est un ra-
pace fréquentant les pâturages, les
prairies d’herbes hautes et basses,
les fourrages ou les champs aban-
donnés. On le retrouve principale-
ment au sol, où il niche dans les
ilots d’herbes hautes, ou encore
perché sur un poteau de clôture à
la recherche de proies. Il se nourrit
de mammifères de petite taille, d’oi-
seaux, de grenouilles et de couleu-
vres et même parfois de charognes.

menaces
Le drainage des terres a réduit con-
sidérablement le nombre de milieux
humides où le Busard Saint-Mar-
tin pouvait s’alimenter ou nicher.
L’utilisation de pesticides affecte la
disponibilité des ressources alimen-
taires. Le passage de la machinerie,
le fauchage du foin et le pâturage in-
tensif peuvent causer la destruction
des nids et des oisillons. La dispa­
rition de structures anthropiques,
telles que les clôtures, et la perte
d’habitats marginaux, tels que les
arbres isolés, réduit les perchoirs
de guet disponibles pour le Busard
Saint-Martin.
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documents de référence

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Rapport technique présenté à Environnement Canada. Club Consersol Vert Cher,
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Rapport complet :
[Link]

Tableau résumé des risques :


[Link]

Recommandations :
[Link]

Fondation de la faune du Québec et Union des producteurs agricoles. 2011. Des


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En ligne :
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Montréal, 71 p.
Regroupement QuébecOiseaux. 2014. Stratégie de protection des oiseaux champêtres
en région dominée par une agriculture intensive – Partie II : Plan d’action. Re-
groupement QuébecOiseaux, Montréal, 128 p.

Regroupement QuébecOiseaux. 2009. Connaître et protéger le Bruant sauterelle


[dépliant]. Regroupement QuébecOiseaux, Montréal, 2 p.

180 Regroupement QuébecOiseaux. 2009. Connaître et protéger le Hibou des marais


[dépliant]. Regroupement QuébecOiseaux, Montréal, 2p.

Regroupement QuébecOiseaux. 2014. Connaître et protéger la Paruline à ailes dorées


[dépliant]. Regroupement QuébecOiseaux, Montréal, 2p.

Regroupement QuébecOiseaux (à paraître en 2016-2017). Connaître et protéger la


Sturnelle des prés [dépliant]. Regroupement QuébecOiseaux, Montréal, 2p.

Regroupement QuébecOiseaux (à paraître en 2016-2017). Connaître et protéger le


Goglu des prés [dépliant]. Regroupement QuébecOiseaux, Montréal, 2p.

Regroupement QuébecOiseaux (à paraître en 2016-2017). Connaître et protéger


l’Hirondelle rustique [dépliant]. Regroupement QuébecOiseaux, Montréal, 2p.

Regroupement QuébecOiseaux (à paraître en 2016-2017). Connaître et protéger la


Crécerelle d’Amérique [dépliant]. Regroupement QuébecOiseaux, Montréal, 2p.

Regroupement QuébecOiseaux (à paraître en 2016-2017). Connaître et protéger la


Maubèche des champs [dépliant]. Regroupement QuébecOiseaux, Montréal, 2p.
annexe a | Plan d'une barre d'effarouchement
182
annexe b | Végétaux indigènes favorisant la présence d'oiseaux en milieu agricole

Type de sol Emplacement Floraison et fructification

Champ Haut Milieu Bas Hauteur Largeur


Nom commun Nom latin Argile Sable Loam Croissance Rusticité M A M J J A S O N
/replat talus talus talus (m) (m)
Amélanchier de Fernald Amelanchier fernaldii • • • • • 1 1 moyenne 4
Amélanchier sanguin Amelanchier sanguinea • • • • • 1 1 moyenne 3
Aronie noire Aronia melanocarpa • • • • 1 1 lente 4
Chèvrefeuille à feuilles oblongues Lonicera oblongifolia • • • • • • • 0,6 à 1,5 0,6 à 1 rapide 4
Chèvrefeuille du Canada Lonicera canadensis • • • • • • • 1 à 1,8 1 à 1,5 rapide 3a
Chèvrefeuille involucré Lonicera involucrata • • • • 1,3 1 rapide 4b
Cornouiller à grappes Cornus racemosa • • • • 2 2 lente 2b
Cornouiller rugueux Cornus rugosa • • • • • • • 1,5 2 moyenne 3a
Cornouiller stolonifère Cornus stolonifera • • • • • • • 2 3 rapide 2a

Jusqu'à 2 m
Dièreville chèvrefeuille Diervilla lonicera • • • • 0,9 à 1 0,9 à 1 rapide 3a
Myrique baumier Myrica gale • • • • 1à2 2 moyenne 2a
Raisin d'ours Arctostaphylos uva-ursi • • • • • • 0,3 1,5 moyenne 2a
Spirée à larges feuilles Spiraea latifolia • • • • 1,5 1,5 moyenne 4
Sumac aromatique Rhus aromatica • • • • • • 1à2 2à3 lente 3
Viorne à feuilles d'érable Viburnum acerifolium • • • • 2 2 lente 3
Viorne cassinoïde Viburnum cassinoides • • • • • • 1,5 1,2 moyenne 2a
Amélanchier du Canada Amelanchier canadensis • • 7 4 moyenne 4a
Aubépine à feuilles rondes Crataegus chrysocarpa • • • • • • 4à6 4à6 lente 4
Aubépine flabelliforme Crataegus flabellata • • • • 5à6 5à6 moyenne 4
Cerisier de Virginie Prunus virginiana • • • • • • 6 6 moyenne 0a
Chalef argenté Elaeagnus commutata • • 2 3 rapide 4
Clavalier d'Amérique Zanthoxylum americanum • • 2,5 2,5 moyenne 3
Houx verticillé Ilex verticillata • • • • 2 1,8 lente 3b
Noisetier à long bec Corylus cornuta • • • • • • 2,4 2,4 lente 3
Noisetier d'Amérique Corylus americana • • 3 1,5 rapide 2a
Physocarpe à feuilles d'Obier Physocarpus opulifolius • • • • • • 2,5 2,5 moyenne 2b

De 2 à 7 m
Prunier noir Prunus nigra • • • 4 3 lente 4
Sorbier des montagnes Sorbus decora • • 7 5 lente 2
Sumac glabre Rhus glabra • • 3 2 rapide 3a
Sumac vinaigrier Rhus typhina • • • • • • 6 5 rapide 3a
Sureau du Canada Sambucus canadensis • • • • • • 3 2 rapide 3a
Sureau pubescent Sambucus pubens • • • • • 4 3 moyenne 5
Viorne lentago Virburnum lentago • • • • • • 3à6 2à3 rapide 2a
Viorne trilobée Viburnum trilobum • • • • 4 3 moyenne 2a
Type de sol Emplacement Floraison et fructification

Champ Haut Milieu Bas Hauteur Largeur


Nom commun Nom latin Argile Sable Loam Croissance Rusticité M A M J J A S O N
/replat talus talus talus (m) (m)
Amélanchier glabre Amelanchier laevis • • • 6à8 5 moyenne 2b
Aubépine ponctuée Crataegus punctata • • • • • • 7 à 10 7 à 10 lente 5
Aubépine subsoyeuse Crataegus submollis • • • • • • 5à8 5à8 lente 4
Bouleau gris Betula populifolia • • 7 à 12 5 moyenne 3
Cerisier de Pennsylvanie Prunus pensylvanica • • • • • 7 à 15 5,5 à 7,6 rapide 1à6
Cornouiller à feuilles alternes Cornus alternifolia • • 5à8 5 lente 3b

7 m et plus
Épinette blanche Picea glauca • • 20 à 30 6 à 10 moyenne 1a
Frêne de Pensylvanie Fraxinus pensylvanica • • • • • • 7 à 25 10 à 12 rapide 3a
Micocoulier occidental Celtis occidentalis • • • • 18 12 moy. à rapide 2
Pin blanc Pinus strobus • • • 30 à 50 7 rapide 2b
Sorbier d'Amérique Sorbus americana • • 15 à 20 10 à 15 moyenne 3

Type de sol Floraison et présence de graines

Couleur de la
Nom commun Nom latin Argile Sable Loam Hauteur (cm) Rusticité M A M J J A S O N
fleur
Achillée millefeuille Achillea millefolium • 30 à 60 2 blanc
Ancolie du Canada Aquilegia canadensis • 30 à 40 3 rouge
Aster à feuilles cordées Symphyotrichum cordifolium • 30 à 100 3 bleu, violet
Aster lancéolé Symphyotrichum lanceolatum • 60 à 250 3 blanc
Barbon à balais Schizachyrium scoparium • 30 à 40 4 vert
Campanule à feuilles rondes Campanula rotundifolia • 20 à 30 3 bleu
Deschampsie cespiteuse Deschampsia cespitosa • 20 à 100 4 vert
Échinacée pourpre Echinacea purpurea • 70 à 90 3 rose
Épilobe à feuilles étroites Chamaenerion angustifolium • 50 à 200 1 rose, violet

Herbacées vivaces
Faux-sorgho penché Sorghastrum nutans • 100 à 240 4 vert
Onagre vivace Oenothera perennis • • 50 4 jaune
Panic raide Panicum virgatum • 70 à 200 3 vert
Phlox paniculé Phlox paniculata • 100 3 blanc, rouge
Rudbeckie orangée Rudbeckia fulgida • • 30 à 100 3 jaune
Verge d'or du Canada Solidago canadensis • 30 à 150 3 jaune
annexe c | Perchoirs et plateformes de nidification pour les oiseaux de proie

184

9”

6”

Source : adapté de 50birds ([Link])


185

4’

Source : adapté de GRIT ([Link])


186

Source : Association du mont Rougemont


187

Source : Steven S. E. 1984. Use of introduced perches by raptors:


experimental result and management implications. Raptor Research. 18 (1): 25-29
annexe d | Caractéristiques des nichoirs à considérer en milieu agricole

188
Crécerelle Hirondelle Merlebleu Petit-duc Canard Tyran Petite
d’Amérique bicolore de l’Est maculé branchu huppé Nyctale

Plancher (cm) 20 x 20 13 x 13 13 x 13 20 x 20 30 x 30 15 x 15 15 x 15

Hauteur (cm) 30 - 38 15 - 20 20 - 25 30 - 38 56 20 - 25 25 - 30

Diamètre de 7,5 x 10,0


7,5 3,8 3,8 7,6 5,0 6,3
l’ouverture (cm) (H x L)

Forme de
Ronde Ronde Ronde Ronde Ovale Ronde Ronde
l’ouverture

Hauteur entre
l’ouverture et le 23 - 30 10 - 15 15 - 20 23 - 30 43 15 - 20 20 - 25
plancher (cm)

Hauteur
3,0 - 9,0 1,8 - 4,5 1,5 - 3,0 3,0 - 9,0 2,0 - 6,0 2,4 - 6,0 3,6 - 6,0
d’installation (m)

Toutes Face vers


Orientation Sud ou Est Sud ou Est Sud ou Est Sud ou Est Sud
directions l’eau

Habitat Milieu Urbain, Milieu Boisés Marais, Milieu rural, Dans les
­ouvert périurbain, ouvert près ouverts, en marécage, pâturages, bûchers ou
agricole ou rural des champs bordure des étang, plaine champs, en bordure
agrofo­restier le long des boisés de déborde- bordure de des boisés
près des routes, près ment la forêt ou des
champs des boisés bûchers
annexe e | Plans de structures de nidification pour l'Hirondelle rustique

Structure 4'x8'

189

© Regroupement QuébecOiseaux, rendu 3D réalisé à partir d'une photo de Chenda Duong


Structure 12'x12'

© Regroupement QuébecOiseaux, rendu 3D réalisé à partir d'une photo de Martin Joly


192
193
remerciements

La réalisation du Guide de recommandations – Aménagements et pratiques


favorisant la protection des oiseaux associés au milieu agricole est une initiative
du Regroupement QuébecOiseaux dans le cadre de son Programme de forma­
194 tion d’intervenants clés pour la conservation de l’habitat des oiseaux en milieu
agricole. De nombreux partenaires ont accepté de se joindre au projet et nous
tenons à les remercier chaleureusement pour leur contribution.

Soutien financier Ce guide a bénéficié du soutien financier du Ministère de


l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ : Prime-
Vert 2013-2018 – volet 3.2, approche interrégionale), de la Fondation de la
faune du Québec (Découvrir les habitats fauniques), d’Environnement Canada
(Programme d’intendance de l’habitat des espèces en péril – volet Prévention),
de la Fondation Schad, ainsi que des dons recueillis lors du Grand Défi Qué­
becOiseaux (édition 2014).

ci-contre Jeune

Hirondelle rustique
© Jean-Sébastien Guénette
Révision Le projet a également été rendu possible grâce à la collaboration de
professionnels du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimenta­
tion du Québec (MAPAQ), du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs
(MFFP), d’Environnement Canada (EC), du Groupe ProConseil, du Club
Techno-Champ 2000 et de la Société de conservation, d’interprétation et de
recherche de Berthier et ses îles (SCIRBI) en tant que réviseurs du guide.

Photographies et autres visuels Nous aimerions remercier les nombreux


collaborateurs qui nous ont autorisés à utiliser les différentes photographies et
autres visuels qui agrémentent ce guide : Mike Allen, Michèle Amyot, Clau­
dette Archambault, Robert Auger, Simon Pierre Barrette, Ludovic Beauregard,
Paul-Claude Bérubé, Michel Bordeleau, Andrew Couturier (BSC-EOC), Alain
Daigle, Serge Deslex, Catherine Dion, Benoît Dorion, Chenda Duong, Éric
Dupuis, Todd Fellenbaum, Régis Fortin, Nicole Fournel, Richard Fournier,
Marc-Olivier Gasser (IRDA), Marcel Gauthier, David Gendron, Luc Gil­
bert, Sébastien Girard, Jean-Sébastien Guénette, Sophia Hobohm, Daniel
Jauvin, Martin Joly, Larry Kirtley, Suzanne Labbé, Raymond Ladurantaye,
Sylvain Lafrenière, Monique Laguë, Marc Lajoie (MAPAQ), Stéphane Lam­
oureux, Christian Marcotte (SCF), Jim McConnell, Robert Mineau, Gilles
Murray, Alex­andre Nicole, Gilbert Nicole, Réjean Paquet, France Paré, Alain
Quenneville, Sylvain Rioux, Julie Ruiz, David Trescak, Sonia Van Wijk, Élis­
abeth Vachon (les Moulins de Soulanges), Adapterre, l’Association du mont
Rougemont, l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec, Environnement Canada, le
Groupe ProConseil, le Jardin Botanique de Montréal, le Ministère de l’Énergie
et des Ressources naturelles, le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs,
le Musée ­McCord­, Pleine Terre SENC, le Regroupement QuébecOiseaux,
Ressources forestières biotiques, le Service canadien des forêts et la SCIRBI.

Finalement, nous tenons à remercier spécialement Alexandre Nicole pour son ci-dessus Buse à queue
importante collaboration dans la réalisation de ce guide (conception graphique, rousse © Richard Fournier

illustrations, révision linguistique et technique) et sa grande motivation tout au


long du projet. Merci!
tableau synthèse 1 1 2 2 3 4 5 6 7 7 8

arbustes fruitiers
des recommandations

Hab. marginaux

Hab. marginaux

Bénéfices pour
anthropiques

anthropiques
maraîchères

aquatiques

les oiseaux
Structures
Pâturages

Vergers et
naturelles

végétaux
Grandes

Cultures

d’arbres
cultures

Prairies

Prairies

Culture

Friches

Coûts
1.1 Effectuer un usage raisonné des pesticides p. 38 • • • • • • $$ +++
1.2 Mettre en pratique le travail réduit du sol et préconiser le semis direct p. 39 • $$ +++
1.3 Éviter un semis en courbe dans le coin de champ p. 41 • $ ++
1.4 Interrompre l’épandage dans les virages p. 42 • • $ ++
1.5 Conserver une bande sans pesticides p. 43 • • $$ ++
1.6 Semer des rangs de tournesol parmi les rangs en cultures p. 44 • $ +
1.7 Adapter la période de labour p. 45 • • $ +
1.8 Cultiver des céréales d'automne p. 46 • $ ++

2.1 Maintenir les prairies de 4 à 5 ans p. 54 • $$ +++


2.2 Maintenir une parcelle de quelques hectares en prairie sur 6 années et plus p. 55 • $$ +++
2.3 Changer le patron de fauche p. 56 • • $ ++
2.4 Augmenter la hauteur de fauche p. 58 • • $ ++
2.5 Utiliser une barre d’effarouchement à l’avant la machinerie p. 60 • • • • $$$ ++
2.6 Adopter des mélanges de cultivars tardifs ou hâtifs p. 62 • $$ ++
2.7 Reporter la fauche de quelques hectares après la période de reproduction p. 64 • • $ +++
2.8 Augmenter l’intervalle entre les fauches pour quelques hectares p. 66 • • $ +++
2.9 Conserver quelques hectares exempts de fauche p. 68 • • $$ +++
2.10 Viser des hauteurs et des densités de fourrage variées p. 70 • • $ ++
2.11 Débuter le fauchage par les champs de plus petite taille p. 71 • • $ +
2.12 Éviter la fauche de nuit p. 72 • • $ +
2.13 Privilégier l’épandage de lisier après la dernière coupe p. 73 • $ +
2.14 Adapter la période de brûlage dirigé et les surfaces ciblées p. 74 • $ ++
2.15 Adapter la période de fauche du foin de mer p. 75 • $ ++

3.1 Sortir davantage le bétail des bâtiments p. 82 • $$ ++


3.2 Limiter la densité du bétail dans le pâturage p. 84 • • • $$ ++
3.3 Contrôler le broutage en effectuant une rotation des pâturages p. 86 • • • $$ ++
3.4 Construire des exclos dans les pâturages p. 88 • • • $$ ++
3.5 Adapter l’alimentation complémentaire p. 90 • $$ +

4.1 Pratiquer la lutte intégrée p. 98 • • • • $$$ +++


4.2 Planter des arbres et des arbustes fruitiers indigènes et distractifs p. 100 • • • • $$ +++
4.3 Attirer les oiseaux proies p. 102 • • • • • • • • • • • $ ++
4.4 Adapter ou considérer des alternatives à la fauche p. 104 • • $ +

5.1 Réaliser des dépistages et adapter la période d’application de pesticides p. 112 • • $$ ++


5.2 Adapter l’utilisation d’engrais p. 113 • • • • $$ +
5.3 Éviter l’élagage et la taille pendant la période de nidification p. 114 • • $ ++
5.4 Éviter la récolte pendant la période de nidification p. 115 • $ +
5.5 Diversifier les essences dans une même plantation p. 116 • • $$$ ++

6.1 Éviter ou adapter la remise en culture des friches p. 124 • $ +++


6.2 Éviter ou adapter le reboisement des friches p. 126 • $ +++
6.3 Intégrer le bétail aux friches pour les maintenir p. 128 • • $$ ++
6.4 Effectuer une fauche périodique dans les friches pour les maintenir p. 130 • $ +++
6.5 Éviter la circulation et l’entreposage de la machinerie dans les friches p. 131 • $ +

7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place p. 138 • • • • • • • • • $ +++
7.2 Planter des arbres isolés p. 140 • • • • • $ ++
7.3 Mettre en place des haies diversifiées p. 142 • • • • • • • $$ +++
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines p. 145 • • • • • • • • $$ +++
7.5 Retarder la fauche des fossés après la période de nidification p. 147 • • • • • • • $ ++
7.6 Aménager des fossés-avaloirs adaptés pour la faune p. 148 • • • • • • • $$ +
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs p. 150 • • • • • • • • $$$ +++

8.1 Planter des piquets de cèdre en guise de perchoir p. 158 • • • • • • • • • $ +


8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens pâturages convertis en culture p. 160 • • • • • • • • • • $ +
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques p. 162 • • • • • • • • • • • $ +++
8.4 Conserver les nids d’Hirondelle rustique p. 164 • $ ++
8.5 Favoriser la nidification de l’Hirondelle rustique p. 166 • • • • • • • $$ +
8.6 Maintenir les bâtiments et autres structures isolés p. 169 • • • • • • • • • $ +
4545 avenue Pierre-De Coubertin
Montréal, QC H1V 0B2

1-514-252-3190
1-888-OISEAUX

info@[Link]
[Link]

les oiseaux champêtres (oiseaux associés au milieu agricole)


constituent le groupe d’oiseaux qui présente les plus importants
déclins de leur population. La détérioration et la perte d’habitat
semblent expliquer en grande partie ce déclin. Cette probléma-
tique étant peu connue des acteurs du milieu agricole, ce guide
a été développé afin de remédier à cette situation. Des recom-
mandations de pratiques et d’aménagements y sont présentées
par type d’habitat (utilisation du sol ou structure du paysage). La
mise en place de ces recommandations assurera une meilleure
cohabitation des oiseaux champêtres et de l’agriculture.

Ce guide a été réalisé grâce aux dons amassés par le Grand Défi
QuébecOiseaux et au soutien financier du Ministère de l'Agri‑
culture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, de la Fon­
da­­tion de la faune du Québec, d'Environnement Canada et de la
Fondation Schad.

100%

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