Protection Oiseaux
Protection Oiseaux
pratiques favorisant
la protection
des oiseaux
champêtres
Guide de recommandations
Stéphane Lamoureux
Catherine Dion
le regroupement québecoiseaux
1-514-252-3190 | 1-888-OISEAUX
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Autorisation de reproduction
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en partie ou en totalité, est autorisée à
la condition que la source et les auteurs
soient mentionnés de la manière sui- Ce projet a été réalisé en partie grâce au
vante : financement de :
Ce guide a donc été développé afin que les intervenants qui travaillent
directement avec les agriculteurs puissent, d’une part, mieux connaître les
problématiques liées aux habitats des oiseaux champêtres, et d’autre part,
qu’ils soient outillés à émettre des recommandations favorisant ces habitats
selon chaque type de production agricole. Le guide identifie, ainsi, pour
chacun des habitats observés dans le milieu agricole, les différentes pro
blématiques que subissent les oiseaux champêtres et propose des solutions
(aménagement ou modification de pratiques) qui permettent une meilleure
cohabitation.
Définition d’oiseaux champêtres Dans le cadre de ce guide, nous avons utilisé
le terme « oiseaux champêtres » pour définir les espèces qui utilisent presque
exclusivement le milieu agricole comme habitat de nidification. Les habitats
ouverts, tels que les champs en culture, les prairies ou les pâturages, permet
tent principalement aux oiseaux champêtres de s’y alimenter, s’y réfugier et
s’y reproduire. De plus, nous avons considéré les espèces qui utilisent des
milieux plus fermés, mais typiquement associés au milieu agricole, tels que
les friches, les cultures d’arbres, les vergers et les cultures d’arbustes fruitiers.
HABITATS : Cultures annuelles CA, Prairies PR, Pâturages PÂ, Vergers et arbustes fruitiers VA, Culture d’arbres PL, Friches FR, Habitats marginaux HM, Struc-
tures anthropiques SA | AUTRES ÉLÉMENTS : Utilisateur de nichoir N, Niche au sol S, Hivernant H, Hivernant occasionnel Hocc, Espèce à statut précaire *
© Benoit Dorion
Avant 1620 12
De 1620 à 1950 12
De 1950 à aujourd’hui 14
Modification du paysage 15
Modification des pratiques 17
Services écologiques 27
Impacts économiques 30
V Recommandations
2 prairies 49
3 pâturages 77
6 friches 119
7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place 138
7.2 Planter des arbres isolés 140
7.3 Mettre en place des haies diversifiées 142
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines 145
7.5 Retarder la fauche des fossés après la période de nidification 147
7.6 Aménager des fossés-avaloirs adaptés pour la faune 148
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs 150
8 structures anthropiques 153
annexes
remerciements 194
Avant 1620 Avant la colonisation, les habitats utilisés par les oiseaux
champêtres au Québec se limitaient probablement aux prairies naturelles
présentes aux pourtours des milieux humides et sur les rives inondables des
cours d’eau, particulièrement le long du Fleuve Saint-Laurent (1). D’autres
12 espaces ouverts, créés par les Amérindiens par défrichage ou brûlis pour
la chasse et l’agriculture (culture des trois sœurs : maïs, haricot et courge),
pouvaient également être utilisés par les oiseaux champêtres (2).
introduction
De 1620 à 1950 Avec l’arrivée des colons européens, le défrichage des terres
s’est intensifié, transformant ainsi substantiellement le paysage et créant
de nouveaux habitats. Les premiers cultivateurs s’établissaient sur les terres
selon la disponibilité de celles-ci et non sur la base de leur qualité pour
l’agriculture (3). Ces terres dévolues aux cultures et aux pâturages (4) ont attiré
des espèces aviaires qui nichaient initialement dans les prairies naturelles,
comme la Sturnelle des prés et le Goglu des prés (1). Durant cette période,
l’agriculture est demeurée une activité de subsistance sans rôle économique
important dans la province (5). La nature extensive de l’agriculture, l’ab
ci-dessous Paysages agri sence de pesticides et la machinerie agricole limitée ont alors contribué à
coles d’autrefois (vers la persistance d’une mosaïque de terres cultivées, de forêts et de végétation
1900) à Sainte-Anne-de- résiduelle (arbres isolés, arbustes, haies). Au même titre que les oiseaux
Bellevue et Oka fréquentant les aires ouvertes, les espèces de lisière, telles que le Tyran tritri
© Musée McCord et le Moqueur roux, ont grandement bénéficié de ce paysage.
terres seront alors abandonnées, ce qui modifiera le paysage agricole de la ci-dessus Paysage agricole
province. Arbres et arbustes reprennent le terrain perdu, particulièrement extensif dans Lanaudière
sur les terres moins productives du Bouclier canadien et des Appalaches (4). © Martin Joly
fig. 1
160 000 120
100
Taille moyenne (ha)
Nombre de fermes
4 Superficie totale
des fermes Source : Ruiz, J. et G. Domon (2005). Les paysages de
2 l’agriculture en mutation. Dans : Poullaouec-Gonidec, P.,
Terres en culture
Autres terres et jachères Domon, G. et S. Paquette (Éds.). Paysages en perspec-
tive. Presses de l’université de Montréal, série « Paysa
0 Pâturages ensemencés
ges », Montréal, pp. 47-97. Figure mise à jour en 2010.
De 1950 à aujourd’hui À partir des années 1950, l’apparition de nouvelles
techniques de culture, la modernisation de la machinerie agricole, l’usage
de fertilisants et de pesticides, la mise en place de réseaux de drainage et
d’irrigation, l’augmentation des effectifs des troupeaux et la maximisation
de la surface cultivable permettront au milieu agricole de se tailler une place
importante dans l’économie du pays (5, 6) et de mieux répondre aux besoins et
aux exigences du marché (5, 7). Cette période est cependant marquée par une
chute considérable de la superficie totale des fermes et de leur nombre (8). De
1951 à 2001, la superficie des fermes passe de 6,8 millions d’hectares à 3,4
millions, alors que leur nombre passe de 134 000 à un peu plus de 32 000
(fig. 1). La taille moyenne des fermes ayant survécu a toutefois doublé en
14 ci-dessus La Sturnelle des taille, passant de 51 ha à 106 ha en moyenne au cours de cette période (9).
prés, une des espèces L’abandon des terres est observé dans presque toutes les régions qui ne font
défavorisées par l’inten- pas partie de la zone des basses-terres du Saint-Laurent (4).
introduction
sification du territoire Par ailleurs, entre 1966 et 1986, la production laitière annuelle par tête
agricole. © Alain Daigle a augmenté de plus de 50%, alors que la demande pour les produits laitiers
a plafonné vers la fin des années 1970 (10). Les producteurs sont alors en
couragés à se convertir à l’exploitation de grandes cultures (11). Les fermes
traditionnelles associant culture et élevage ont ainsi disparu au profit de
fermes moins nombreuses, plus grandes et spécialisées dans un type de pro
duction (8). L’agriculture québécoise passe alors d’un mode de culture extensif
(nombreux pâturages et champs de foin), à un mode plus intensif (grandes
cultures céréalières), particulièrement en Montérégie.
ci-dessus Paysage agric ole À partir de ce moment, les premiers déclins des populations de certains
intensif aux cultures ho- oiseaux champêtres sont observés, notamment ceux du Bruant des prés,
mogènes en Montérégie du Goglu des prés, de l’Hirondelle rustique et de la Sturnelle des prés. À
© Stéphane Lamoureux l’inverse, des espèces moins appréciées des agriculteurs ont, quant à elles,
bénéficié de ce mode intensif et connu une hausse de leurs populations
(Goéland à bec cerclé, Pigeon biset, Tourterelle triste).
II. Répercussion des nouvelles pratiques
agricoles sur les oiseaux
modification du paysage
La nouvelle ère agricole a entrainé d'importantes modifications au paysage
qui se traduisent sur le terrain par la perte nette d'habitats ainsi que par la
diminution de la productivité des habitats résiduels. Il ne reste aujourd’hui,
en effet, que la moitié des terres agricoles établies historiquement. La dispa 15
rition de ces hectares jadis disponibles à l’agriculture (3,4 M) a entraîné par
la même occasion la perte d’habitats de nombreuses espèces champêtres. Ces
introduction
terres sont pour la plupart redevenues des forêts ou ont fait place à un pay
sage urbain. Les terres agricoles restantes subissent, quant à elles, une forte
pression d’intensification. L’uniformisation des cultures et la maximisation
des surfaces cultivables qui y sont associées engendrent une homogénéisation
du paysage qui rend la nidification difficile et soutient de moins grandes
populations d’oiseaux (structure et composition des habitats très simplifiées).
Uniformisation des cultures L’uniformisation des cultures observée au ci-dessus En banlieue de
jourd’hui découle du fait que les exploitations, fortement soutenues par Montréal, le développe-
les politiques et programmes agricoles, se sont orientées vers un nombre ment immobil ier s'effectue
restreint de productions dont les formes les plus extrêmes sont les élevages régulièrement sur des terres
hors-sol et la monoculture (8). Ainsi, les pâturages, composante essentielle agricoles. L’intensification
du paysage agricole traditionnel, ont connu une régression marquée au cours des cultures sur les par-
des dernières décennies (8). Plus de 80% des superficies en pâturage ont celles restantes a conduit à
disparu suite à la conversion des fermes laitières en fermes céréalières et à la disparition de nombreux
l’introduction de l'élevage hors-sol (fig. 2 et 3). Simultanément, on a observé habitats fauniques.
une diminution importante des superficies des cultures fourragères dans © Alexandre Nicole
l’ensemble de la province, voire même leur quasi-disparition dans certaines
régions du sud-ouest du Québec (8) (fig. 4). Or, les pâturages et les prairies
sont considérés comme les habitats les plus productifs en termes de biodi
versité. Ces derniers ont été remplacés par de grandes cultures commerciales,
principalement de maïs-grain et de soya, des cultures en pleine expansion
(fig. 5) mais supportant une moins grande biodiversité (5, 12).
1951
1981
Pourcentage de l’écoumène
Présence
Moins de 5%
2011
De 5% à 10%
Plus de 10%
© Suzanne Labbé
Source : Ruiz, J. et G. Domon (2005). Les paysages de l’agriculture en mutation. Dans : Poullaouec-Gonidec, P.,
Domon, G. et S. Paquette (Éds.). Paysages en perspective. Presses de l’université de Montréal, série « Paysages »,
Montréal, pp. 47-97. Figure mise à jour en 2010.
notamment par la perte de boisés de ferme et de nombreux habitats margi
naux (haies, arbres solitaires, chicots, bosquets d’arbustes, bandes riveraines
diversifiées, etc.) (fig. 6). Ce phénomène a contribué à réduire la disponibilité
des habitats propices à la nidification et à l’alimentation des oiseaux. Dans
le même sens, les travaux de redressement des cours d’eau, de remblayage
des fossés et de drainage des terres, mis en place pour accélérer la mise en
culture des terres (13), ont contribué à la perte de nombreux milieux humides
indispensables à plusieurs espèces. fig. 3 Superficies munici-
pales cultivées au Québec
Modification des structures an-
thropiques Finalement, certaines
structures anthropiques telles que 17
les piquets, les barbelés, les cribs,
les mangeoires, les silos de bois ou
introduction
encore les bâtiments de ferme isolés
dans les champs ont été éliminées,
réduisant ainsi le nombre de sites
d’alimentation, de guet, de parade,
de repos ou de nidification dis 1951
ponibles pour les oiseaux. Les bâti
ments se concentrent et s'uniform
isent en fonction de la spécialisation
de la ferme (8), ce qui attire des es
pèces moins désirables pour les
exploitants telles que l’Étourneau
sansonnet, le Moineau domestique
et le Pigeon biset. Même la modi
fication des matériaux utilisés pour
la construction ou la rénovation des
bâtiments affecte les espèces s’étant 1981
adaptées aux matériaux tradition
nels, comme l’Hirondelle rustique
dont le nid d’argile adhère unique
ment sur des surfaces poreuses.
introduction
pâtur ages et les prairies d’herbes
basses. Le travail excessif du sol,
l’usage d’herbicides et le fauchage
des fossés peuvent entrainer la des
truction de son nid. © David Trescak
1951
1981
Pourcentage de l’écoumène
Présence
Moins de 10%
2011 De 10% à 20% fig. 5 Superficies munici
Plus de 20% pales occupées par du
maïs-grain au Québec
Source : Ruiz, J. et G. Domon (2005). Les paysages de l’agriculture en mutation. Dans : Poullaouec-Gonidec, P.,
Domon, G. et S. Paquette (Éds.). Paysages en perspective. Presses de l’université de Montréal, série « Paysages »,
Montréal, pp. 47-97. Figure mise à jour en 2010.
fig. 6 Saint-Marc-sur-Richelieu, comme bien d’autres municipalités du sud du Québec, a connu d’importants changements sur
son territoire entre 1964 et 2006, par exemple : 1 la disparition des arbres isolés, 2 la disparition des haies naturelles,
3 la disparition des boisés, 4 le retrait des bâtiments en champ, 5 le remblai des fossés, 6 le redressement des cours
d’eau, 7 l’étalement urbain et 8 la concentration des bâtiments de ferme.
1964
20
introduction
2006
3
5
2 6
1
Photos : Ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles (1964, 2006), Photographies aériennes et orthophotographies, Saint-Marc-sur-Richelieu, Géoboutique Québec, Québec.
3,5 millions de nids seraient détruits (16). Le fauchage et la récolte du foin,
qui s'effectuent maintenant jusqu'à quatre fois par année dans le sud de la
province, détruiraient un grand nombre de nids et d’oisillons (17). Dans ce
cas spécifique, l’espèce la plus affectée serait le Goglu des prés avec 400 000
jeunes tués annuellement dans la région des basses-terres du Saint-Laurent
et des Grands Lacs (16). Puisque les oiseaux champêtres ne bénéficient pas
par la suite de périodes assez longues pour entamer une nouvelle nichée ci-dessous Solubles dans
et l’amener à l’envol, leur nidification est incompatible avec ce régime de l’eau, des résidus de
coupe (18). néonicotinoïdes se
retrouvent dans les fos-
Usage de pesticides L’usage de pesticides et de fertilisants chimiques affecte sés, les cours d’eau et
aussi les oiseaux champêtres. Jusqu’à 1,2 million d’oiseaux adultes succom autres milieux humides, 21
beraient à cette menace chaque année au Québec (19). Les oiseaux granivores incluant les flaques
ingèrent des pesticides granulaires ou des semences traitées, notamment de d’eau, à des concentra-
introduction
néonicotinoïdes, alors que les oiseaux insectivores consomment des insectes tions suffisantes pour
nuisibles ciblés et que les oiseaux nécrophages ou prédateurs s’alimentent avoir un impact sur les
de proies contaminées. L’application des pesticides se fait souvent lors de la espèces qui s’y abreu-
période de nidification des oiseaux. Pour chaque 4 adultes tués, on estime vent. © PleineTerre SENC
MAPAQ
Gestion du bétail La gestion actuelle du bétail contribue également à la
décroissance démographique de nos oiseaux champêtres. De fait, les pâtu
rages et le bétail attirent de plus grandes quantités d’insectes et d’insec
tivores aériens que tout autre type de culture (24, 25). Or, les superficies en
pâturage ont diminué de plus de 80 % depuis 1951 suite à la conversion de
ces terres en cultures annuelles et à l’introduction des élevages hors-sol où
le bétail est cloisonné (9). Les superficies qui restent sont souvent des pâtur
ages intensifs où la forte densité de bétail occasionne un broutement sévère
qui réduit le couvert végétal tout en favorisant la prédation des nids – quand
ceux-ci ne sont pas tout simplement piétinés (26).
22
introduction
Tendances des populations Les changements dans les populations d’oiseaux fig. 7 Pourcentage d’espèces d’oiseaux
champêtres engendrés par l’évolution de l’agriculture des dernières décennies significativement en déclin pour
sont observés autant en Europe (27, 28) qu’en Amérique du Nord (14). Les es différents milieux
pèces de ce groupe montrent aujourd’hui les déclins les plus importants et
les plus consistants de tous les groupes d’oiseaux (29). En effet, plus de 60 % Agricole 61
des espèces d’oiseaux champêtres présentent un déclin statistiquement sig Urbain 47 23
nificatif, alors qu’un peu moins du quart des espèces forestières présentent Forestier 23
un tel déclin (fig. 7). Humide 12
introduction
Au Canada, l’analyse des données du Relevé des oiseaux nicheurs
d’Amérique du Nord recueillies entre 1970 et 2010 révèle un déclin sig Source : Relevé des oiseaux nicheurs
d’Amérique du Nord
nificatif à long terme de plusieurs espèces d’oiseaux champêtres (30). Dans
la région de la Plaine du Saint-Laurent et des lacs Ontario et Érié, il s’agit
du groupe d’oiseaux qui a enregistré le plus fort déclin (fig. 8)1. Plusieurs
espèces auraient perdu plus de la moitié de leur population au cours des
quatre dernières décennies.
Or, pour la majorité de ces espèces, les déclins s’accentuent ces dernières ci-contre Malgré qu'il soit
années. En effet, au Québec, le déclin annuel de la plupart des espèces d'oi un par asite des couvées
seaux champêtres est plus marqué durant la période 1989-2009 que durant (la femelle pond ses
la période 1970-2009 (tableau 1). Dans le même sens, une comparaison des oeufs dans les nids des
travaux du premier Atlas des oiseaux nicheurs du Québec (1984-1989) et autres espèces), le Vacher
de ceux du second (2010-2014) nous montre clairement une diminution de à tête brune est aussi
l’aire de nidification de plusieurs espèces champêtres sur une courte période. une espèce champêtre en
C’est le cas par exemple de la Sturnelle des prés (fig. 9). déclin. © Alain Daigle
1
Dans son regroupement des espèces, le Relevé des oiseaux nicheurs d’Amérique du Nord dis
tingue le groupe des insectivores aériens de celui des oiseaux champêtres. Dans les faits, un grand
nombre d’espèces de ce premier groupe, comme les hirondelles, s’alimentent dans les champs. C’est
pourquoi le groupe des oiseaux champêtres tel que nous le reconnaissons comprend les oiseaux
de prairies et une bonne partie des insectivores aériens. De plus, nous y avons aussi inclus des
espèces du groupe des oiseaux des milieux arbustifs et des lisières de forêt que l’on retrouve dans
les friches des milieux agricoles ou dans les paysages de bocage (brise-vents naturels).
%
fig. 8 Changements dans les 304%
200
populations des différents groupes
180
d’oiseaux pour la région de la
Plaine du Saint-Laurent et des lacs 160
Ontario et Érié de 1970 à 2010 sauvagine
140
120
100
80
24 60
oiseaux forestiers
40
tous les oiseaux
introduction
20
-20
insectivores aériens
-40
oiseaux de prairie
-60
Source : Initiative de conservation des oiseaux
d’Amérique du Nord (ICOAN). 2012. État des -80
populations d’oiseaux du Canada. Environne-
ment Canada, Ottawa, Canada. 36 pages. -100
Tendance annuelle (%) des popula- Bruant des champs -10.7 -16.1
tions de quelques espèces d’oiseaux Alouette hausse-col -8.9 -14.1
champêtres du Québec selon le Goglu des prés -6.1 -6.3
Relevé des oiseaux nicheurs Sturnelle des prés -5.5 -6.3
Busard Saint-Martin -1.4 -6.3
Vacher à tête brune -6.6 -6.2
Hirondelle rustique -5.8 -6.2
Crécerelle d’Amérique -1.5 -6.2
Maubèche des champs -0.5 -5.7
Pluvier kildir -3.7 -5.5
Bruant des prés -3.6 -5.1
Hirondelle bicolore -0.8 -4.2
Bruant vespéral -7.8 -3.7
Tyran tritri -1.8 -3.5
*
Les tendances en caractère gras signifient que pour ces espèces le déclin s’est accentué à
court terme.
Statuts des espèces champêtres Bien qu’il soit constitué d’un moins grand
nombre d’espèces que les autres groupes d’oiseaux, le groupe des oiseaux fig. 9 Comparaison de l’aire de
champêtres présente, toutes proportions gardées, un nombre élevé d’espèces nidification de la Sturnelle des
en péril dans la province. En effet, une douzaine d’espèces ont obtenu ou prés lors des travaux du premier
sont en voie d’obtenir un statut précaire au niveau provincial et/ou fédéral Atlas des oiseaux nicheurs du
(tableau 2). De ce nombre, près de la moitié l’ont obtenu au cours des quatre Québec (1984-1989) et ceux
dernières années, ce qui démontre la gravité du phénomène des déclins qui du second (2010-2014, en voie
continue de s’accentuer. Parmi celles-ci, on retrouve deux espèces embléma d’être complété). Les parcelles
tiques du paysage agricole qui étaient jadis communes et dont le déclin des avec un point gris indiquent que
populations est aujourd’hui facilement observable, soit le Goglu des prés et l’espèce a été signalée dans le
l’Hirondelle rustique. En effet, elles ont toutes deux été désignées comme premier atlas mais pas dans le
des « espèces menacées » par le Comité sur la situation des espèces en péril second. L’aire de nidification 25
du Canada (COSEPAC) respectivement en 2010 et 2011. Deux exemples de cette espèce associée aux
qui démontrent clairement la fragilité des oiseaux champêtres, peu importe champs de foin a réduit con-
introduction
leur abondance. sidérablement en une vingtaine
d’années.
Possible
*
cosepac : Comité sur la situation des espèces en péril au Canada; lep : Loi sur les espèces en péril au Canada; lemv : Loi sur les espèces
menacées ou vulnérables au Québec; sedmv : Susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable. Au fédéral, les statuts désignés par le
COSEPAC n’ont pas de valeur légale de protection tant qu’ils ne sont pas inscrits à la LEP.
© Sonia Van Wijk
IV. Services écologiques et impacts
économiques
services écologiques
Les services écologiques représentent l’ensemble des bénéfices, matériels et
immatériels, dont bénéficient les humains grâce aux fonctions des écosys
tèmes. Il existe quatre catégories de services écologiques, soit de soutien, de
régulation, d’approvisionnement et socioculturels (31). Les services de soutien
sont à la base du fonctionnement de tous les biens et services écologiques 27
(fig. 10). L’impact des services de soutien est indirect ou se produit sur une
très longue période comparativement aux autres services dont l’impact est
introduction
relativement direct et à court terme (31). Les services de régulation concernent
la capacité des écosystèmes à se maintenir dans des conditions propices à la
vie humaine et à contrôler certains phénomènes dangereux (32). Les services
d’approvisionnement fournissent des biens dont les humains peuvent se
nourrir ou faire usage pour répondre à leurs besoins en matière de santé,
d’abri, de divertissement, etc. (32) Les services socioculturels procurent quant
à eux des bénéfices non matériels. Intangibles, ils incluent le plaisir associé
à des activités récréatives ou culturelles, l’expérience spirituelle, ainsi que la
valeur pédagogique de la nature (32). En milieu agricole, les oiseaux peuvent
contribuer directement à l’une ou à l’autre de ces trois dernières catégories
de services.
© Adapterre
Services d’approvisionnement
• Nourriture et autres productions
• Eau douce
• Air
• Matériaux et fibres
28 • Composés médicinaux et pharma-
ceutiques
Services de régulation
Photos : Grenouille © Stéphane Lamoureux, Sol © PleineTerre SENC, Nécrophore © Suzanne Labbé, Rivière © Martin Joly,
Carottes © Ludovic Beauregard, Ornithologue © Sophia Hobohm, Abeilles © Alexandre Nicole
plantes. Par exemple, en se nourrissant des larves qui se trouvent dans les
arbres et arbustes fruitiers, les oiseaux transportent sur leurs plumes quelques
grains de pollen vers d’autres fleurs. Quant à lui, le Colibri à gorge rubis
s’alimente entre autres du nectar de quelques légumineuses, agissant ainsi
au même titre qu’un insecte pollinisateur.
29
introduction
Services d’approvisionnement Certaines espèces d’oiseaux utilisant les mi ci-dessus L'Oie des
lieux agricoles sont consommées par l’humain et contribuent ainsi à un neiges a connu
service d’approvisionnement important pour de nombreuses familles au une augmentation
Québec. En effet, sans être nécessairement considérées comme des oiseaux exceptionnelle, passant
champêtres, quelques espèces de sauvagine (bernache, canard, oie, sarcelle, de quelques milliers
etc.) utilisent le milieu agricole en période de migration où elles peuvent être d’individus dans les
chassées. D’autres espèces de type gibier, telles que la Bécasse d'Amérique années 1930 à un
ou le Dindon sauvage, nichent régulièrement en milieu agricole, alors que million d’individus en
la nidification de la Perdrix grise s’y fait inévitablement. 1999. L'Oie des neiges
a été désignée « espèce
Services socioculturels Les oiseaux champêtres offrent également aux hu surabondante ».
mains un service socioculturel important, soit le loisir ornithologique. En © France Paré
Pour les besoins de ce guide, nous avons établi huit habitats agricoles qui
constituent chacun un chapitre dans les sections suivantes :
introduction
3. Pâturages 5 77-92
4. Vergers et cultures d'arbustes fruitiers 4 93-106
5. Cultures d’arbres 5 107-118
6. Friches 5 119-132
7. Habitats marginaux 7 133-152
8. Structures anthropiques 6 153-170
© Martin Joly
Cultures Cultures
annuelles annuelles
32 Prairies Prairies
introduction
(anthropiques) (naturelles)
Vergers et
Pâturages
arbustes fruitiers
© Groupe ProConseil
Culture
Friches
d’arbres
statut
Candidat à une évaluation par le
COSEPAC
tendance annuelle
-5.5 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)
présence au québec
Nicheur migrateur : le Pluvier kildir
niche et trouve sa nourriture sur le
sol à nu des cultures maraîchères
ou céréalières, mais également dans
les pâturages et les prairies d’herbes
basses. Il se nourrit de gros insectes et
occasionnellement de petits vertébrés.
menaces
La réduction du couvert par l’u sage
d’herbicides et le travail du sol aug-
mente les risques de prédation.
Le passage de la machinerie et la
présence intensive de bétail peuvent
déranger ou détruire la couvée. L’utili
sation de pesticides peut intoxiquer
le pluvier suite à l’ingestion de proies
contaminées.
1
Cultures annuelles
Description de l’habitat Les cultures annuelles sont des cultures qui doivent
être semées chaque année. On y inclut les grandes cultures, telles que les
cultures du maïs, du soya, du blé, de l’orge, etc. Il en est de même pour
les cultures maraîchères. Les cultures de petits fruits herbacés, les fraises 35
notamment, sont aussi considérées dans cette catégorie bien qu’elles n’aient
pas besoin d’être semées chaque année. Les cultures annuelles se font tradi
cultures annuelles
tionnellement sur un sol à nu.
Ce type de culture nécessite diverses interventions au champ impliquant de ci-dessus Culture de soya,
fréquents passages de la machinerie (ex. : labour, sarclage, semis, épandage, Montérégie © Stéphane
arrosage, etc.). Ces activités affectent les oiseaux qui y nichent, car l’approche Lamoureux
autres recommandations
cultures annuelles
2.5 Utiliser une barre d’effarouchement à l’avant de la machinerie l’alouette hausse-col
4.1 Pratiquer la lutte intégrée Eremophila alpestris
4.2 Planter des arbres et des arbustes fruitiers indigènes et distractifs statut
4.3 Attirer les oiseaux de proie Aucun
objectifs fauniques
cultures annuelles
Coûts & bénéfices • Limiter l’empoisonnement des oiseaux qui sont exposés aux pesticides ou qui
en consomment sous forme de granules ou de proies contaminées (38);
+++ • Éviter de rendre le milieu improductif aux oiseaux par la perte de végétation
(nourriture, refuge) et la diminution des insectes (nourriture) (40, 41, 42).
conseils
• Appliquer les pesticides seulement si nécessaire, soit lorsque des ravageurs
sont détectés en nombres significatifs lors de dépistage;
• Utiliser des buses antidérive et éviter la pulvérisation lors de grands vents pour
réduire les risques de dérive de produits;
• Maintenir des zones sans application dans le pourtour du champ qui est da-
vantage utilisé par les oiseaux (voir recommandation 1.5);
• Interrompre l’épandage dans les virages (voir recommandation 1.4).
motivations
• Diminution des coûts;
• Milieu de travail sain et sécuritaire;
• Diminution des risques sur la santé humaine.
Mettre en pratique le travail réduit du sol afin de réduire ou d’éviter toutes activités
de brassage du sol (labourage, sarclage, hersage) et effectuer le semis direct des
nouvelles cultures sur les résidus de l’année précédente pour offrir un habitat de
meilleure qualité aux oiseaux champêtres (37).
Coûts & bénéfices 39
objectifs fauniques
+++
cultures annuelles
• Augmenter la densité et la richesse spécifique des oiseaux (43; 44; 45);
• Réduire les perturbations ou la destruction des nids engendrée par le passage
de la machinerie (15); ci-dessous En plus des bienfaits
pour le sol, le semis direct
• Augmenter la disponibilité des matériaux utilisés pour la construction de
augmente le couvert de pro-
nids (37);
tection contre les prédateurs
• Assurer un couvert de protection contre les prédateurs (camouflage) (37);
et la disponibilité des matéri-
• Fournir des sources d’alimentation aux espèces hivernantes ou migratrices (1). aux pour la construction du
nid. © Groupe ProConseil
conseils
• Être accompagné d’un agronome-conseiller lors de la mise en place de cette
pratique;
• Mettre en place des parcelles expérimentales si cette pratique n’a jamais été
essayée par le producteur;
• Augmenter annuellement la superficie des terres en semis direct;
• Encourager l’application de cette méthode auprès de producteurs voisins afin
de créer un important réseau non fragmenté d’habitats de qualité;
40 • Utiliser des engrais verts en accompagnement afin d'offrir un meilleur couvert
de protection contre les prédateurs.
cultures annuelles
motivations
• Pratique de plus en plus adoptée et reconnue pour ses avantages agronomiques,
économiques et environnementaux (46, 47);
• Économie de temps et des frais de main-d’œuvre (48);
• Réduction de l’usage de carburant et de fertilisants (48);
• Réduction des coûts d’achat, d’opération et d’entretien de la machinerie (48);
• Ralentissement de l’usure de la machinerie (48);
• Réduction de la compaction du sol (48);
• Conservation de la fraction fine du sol et de la matière organique dans la ma-
ci-dessous La Perdrix
trice du sol (49);
grise profite de la
disponibilité accrue de • Augmentation de la productivité du sol (50);
Éviter un semis en courbe dans les coins de champ en effectuant un semis angu-
laire (fig. 1-1) qui engendre moins de risques de contamination des oiseaux (51).
objectifs fauniques
Coûts & bénéfices 41
• Éviter qu’il y ait accumulation de semences enrobées de pesticides dans les
extrémités des champs suite aux manœuvres de la machinerie (39);
++
cultures annuelles
• Réduire le taux de mortalité par intoxication des oiseaux ayant ingéré ces se-
mences à la surface du sol (38).
conseils à noter
• Éviter de lever trop rapidement le semoir pour empêcher que des semences se En plus de nuire aux insectes pol-
retrouvent à la surface du sol et soient accessibles; linisateurs, les néonicotinoïdes com-
• S’assurer que les semences soient bien enfouies dans le sol; posants les semences enrobées affec
• Éviter l’utilisation de semences enrobées (néonicotinoïdes); tent les oiseaux qui s’abreuvent d’eau
• Installer des déflecteurs sur les semoirs pneumatiques pour réduire l’incidence contaminée. Éviter l'utilisation de ce
motivations
• Réduire les coûts en fertilisants et pesticides en réduisant leur utilisation; fig. 1-1 Patrons de semis
• Application facile et peu exigeante;
• Aucun coût supplémentaire à l’application de cette alternative par rapport à la A Angulaire X En courbe
méthode du semis en courbe;
• Perte de semences réduite permettant quelques économies;
• Manœuvre plus facile de la machinerie;
• Technologie actuelle permettant un géoposionnement de précision;
• Compaction moins élevée dans les cintres;
• Semis plus droit et égal;
• Appréciation quand les coins de champs sont tous semés;
• Fierté d’avoir un beau champ.
1.4 Interrompre l’épandage dans les virages
objectifs fauniques
42 Coûts & bénéfices
• Limiter l’empoisonnement des oiseaux qui sont exposés aux pesticides ou qui
en consomment soit sous forme de granules ou indirectement par des proies
++
cultures annuelles
conseils
• Éviter d’épandre ou de pulvériser lors de grands vents afin de minimiser le
risque de dérive dans les habitats marginaux (37);
• Procéder au semis angulaire dans les coins de champs pour effectuer les
travaux impliquant des intrants chimiques selon le même patron (voir recom-
mandation 1.3);
• Maintenir des zones sans application dans le pourtour du champ qui est da-
vantage utilisé par les oiseaux (voir recommandation 1.5).
motivations
• Diminution des coûts liés à l’achat de fertilisants et de pesticides;
• Aucun coût lié à son implantation;
• Application simple.
Conserver une bande de 20 mètres non traitée aux pesticides dans le pourtour des
champs en cultures annuelles qui correspond à la zone périphérique principale-
ment utilisée par les oiseaux dans ce type d’habitat (39, 54, 55, 56).
cultures annuelles
tellement de pesticides ou encore de proies contaminées (38, 52, 53);
• Favoriser davantage une bande de 20 mètres sur un seul côté qu’une bande
B
plus étroite sur l’ensemble du pourtour du champ puisque pour une même
surface une bande plus large supportera une plus grande biodiversité.
motivations
A
• Diminution des coûts liés à l’achat de pesticides et de carburant;
• Diminution des risques sur la santé;
• Risque très faible de dérive de pesticides;
• Contrôle de l’érosion hydrique;
Bande sans pesticides
• Contrôle du ruissellement des pesticides et des fertilisants;
• Attrait de pollinisateurs; Cours d'eau / fossé
+ • Attirer les oiseaux insectivores aériens en tant qu’ennemis naturels des rava
cultures annuelles
• Utiliser les graines produites par les plants de tournesol pour diversifier vos
produits (alimentation des oiseaux, production d’huile, etc.).
motivations
• Application facile et simple;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Réduction des pertes de production;
• Protection des cultures;
• Possibilité de diversifier la variété de produits;
• Réduction de l'utilisation de pesticides (coût, temps, santé);
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage.
1.7 Adapter la période de labour
Labourer les champs en culture si possible avant la fin avril pour le labour prin
tanier et après les récoltes pour le labour automnal afin d’éviter la période de forte
utilisation par les oiseaux (37).
cultures annuelles
de la machinerie (15);
• Fournir des sources d’alimentation aux espèces hivernantes ou migratrices
lorsque le labour est réalisé au printemps suivant une récolte automnale (1).
conseils
• Favoriser le labour automnal qui est moins conflictuel pour la nidification que
le labour printanier;
• Respecter les dates proposées (avant la fin avril) si un labour printanier est ci-contre Le labour
nécessaire et que les conditions météorologiques le permettent; automnal est moins con-
• Songer à mettre en pratique le travail réduit du sol et préconiser le semis direct flictuel pour les oiseaux
(voir recommandation 1.2). que le labour printanier,
en particulier pour le
Cultiver des céréales d’automne (blé, seigle, triticale ou épeautre) dont les travaux
aux champs (semis et récolte) sont effectués en dehors de la période de nidification
des oiseaux, donc moins conflictuels que leur équivalent printanier (141).
cultures annuelles
motivations ci-dessus En plus de
• Diversification des systèmes maïs-soya en alternance (142)
; servir de couvre-sol
• Système racinaire favorable à l’amélioration de la structure du sol (142); durant la saison froide,
les cultures céréalières
• Meilleure couverture et protection du sol contre l’érosion (141, 142, 143);
d'automne ont l'avan-
• Cultures compétitives aux mauvaises herbes (141, 142);
tage d'être semées et
• Réduction des coûts d’achat d’herbicides (141);
récoltées en dehors de
• Intégration facile de cultures intercalaires et de cultures couvre-sol d’hiver (142, la période de nidifica-
143)
; tion des oiseaux
• Mise en place possible d’une deuxième culture après la récolte ou l’implanta- © Élisabeth Vachon -
statut
Aucun
tendance annuelle
-3.7 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)
présence au québec
Nicheur migrateur : Le Bruant ves-
péral est présent dans les champs de
cultures annuelles et maraîchères,
les pâturages et les prairies d’herbes
basses. Ce bruant niche au sol et y
trouve sa nourriture. Il utilise, entre
autres, les piquets des clôtures pour
se percher.
menaces
Le travail excessif du sol, l’usage
d’herbicides et le fauchage des fossés
peuvent entrainer la destruction ou
la prédation des nids de même que
la diminution des matériaux pour le
construire. Ce bruant peut aussi s’in-
toxiquer en ingérant des proies con-
taminées, des pesticides ou des ferti
lisants.
2
Prairies
le goglu des prés
Dolichonyx oryzivorus
statut
Menacé (COSEPAC), en attente (LEP)
tendance annuelle
-6.3 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)
présence au québec
Nicheur migrateur : le Goglu des
prés niche dans les prairies d’herbes
hautes, les fourrages et les friches
herbacées. Il s’alimente d’insectes,
mais aussi de graines et d’araignées
qu’il trouve au sol. Le goglu fait son
nid dans une dépression du sol caché
sous la végétation.
menaces
Le fauchage hâtif et fréquent du foin
durant la période de nidification de-
meure une menace très importante
pour la survie de la population de go-
glus. On estime que 400 000 jeunes
Goglus des prés seraient tués annu-
ellement dans les basses-terres du
Saint-Laurent et les Grands Lacs.
2
Prairies
prairies
Longtemps utilisées comme sites de pâturage pour le bétail ou fauchées
pour produire du foin de mer, leur utilisation agricole demeure aujourd’hui
marginale (58).
Constats spécifiques à l’habitat Les prairies anthropiques offrent un ha ci-dessus Sturnelle des
bitat préférentiel à plusieurs espèces. Malheureusement, le fauchage du foin prés © Michèle Amyot
serait devenu, depuis les dernières années, l’une des plus importantes causes
de mortalité accidentelle d’oiseaux en milieu agricole (59, 60). Un régime où
l’on peut effectuer jusqu’à quatre fauches est difficilement compatible avec
la nidification de nombreuses espèces nichant au sol. En effet, celles-ci ne
bénéficient pas de périodes assez longues pour entamer une nouvelle nichée
espèces associées et l’amener à l’envol (18). Les œufs et les jeunes oisillons sont donc tués di
• Bruant sauterelle rectement par le passage de la machinerie lors des différentes opérations
de la fenaison (fauchage, fanage, andainage, pressage), ou indirectement
• Bruant des prés
par l’exposition accrue à la prédation qui suit la fauche, faute de couvert de
• Goglu des prés
protection. À titre d’exemple, chez le Goglu des prés, les échecs de nidifica
• Sturnelle des prés
tion liés à la fenaison seraient dus à 78 % aux passages de la machinerie et
• Troglodyte à bec court à 22 % à la prédation, la plupart du temps par les goélands, les corneilles et
• Râle jaune les corbeaux (61).
• Hibou des marais Par ailleurs, la première récolte de foin a maintenant généralement
52 • etc. lieu entre le début et la mi-juin dans les régions du sud du Québec, ce qui
correspond au pic de nidification de la plupart des espèces qui y nichent,
telles que le Goglu des prés et le Bruant des prés (1). Ainsi, chez ces deux
prairies
espèces, le fauchage hâtif entraîne des mortalités quasi totales dans les nids
(94-100%) (59, 60).
Dans les prairies naturelles, la nidification des oiseaux est davantage
menacée par le brûlage dirigé que par la fauche du foin de mer. La récolte
du foin de mer est effectuée au mois de septembre alors que la nidification
est déjà complétée. Elle peut toutefois engendrer un risque de mortalité lors
de rassemblements qui ont lieu dans les prairies humides à cette période (37).
Le brulage dirigé, opération associée aux îles du Saint-Laurent, est
surtout utilisé pour éliminer les débris ramenés des eaux qui pourraient
engendrer des bris de machinerie. Réalisé lors de la période de nidification,
le brûlage peut avoir de lourdes conséquences sur les oiseaux qui nichent au
sol comme le Hibou des marais ou le Bruant de Nelson (62).
prairies
2.10 Viser des hauteurs et des densités de fourrage variées
2.11 Débuter le fauchage par les champs de plus petite taille le hibou des marais
Asio flammeus
2.12 Éviter la fauche de nuit
2.13 Privilégier l’épandage de lisier après la dernière coupe statut
Préoccupant (LEP), susceptible d’être
2.14 Adapter la période de brûlage dirigé et les surfaces ciblées
désigné menacé ou vulnérable (LEMV)
2.15 Adapter la période de fauche du foin de mer
tendance annuelle
Non disponible
présence au québec
autres recommandations Nicheur migrateur et/ou hivernant
occasionnel dans le sud du Québec.
3.2 Limiter la densité du bétail dans le pâturage Moins nocturne que les autres hi-
boux, le Hibou des marais utilise les
3.3 Contrôler le broutage en effectuant une rotation des pâturages
prairies, les pâturages et les champs
3.4 Construire des exclos dans les pâturages abandonnés pour y construire son nid
recouvert de végétation à même le sol.
4.3 Attirer les oiseaux de proie
Il se nourrit presque exclusivement de
7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place petits mammifères comme les Cam-
pagnols des champs.
7.2 Planter des arbres isolés
7.3 Mettre en place des haies diversifiées menaces
La nichée du Hibou des marais est vul-
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines
nérable au fauchage du foin, de même
7.5 Retarder la fauche des fossés après la période de nidification qu’au pâturage intensif. L’usage de
pesticides peut entraîner l’ingestion
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs
de proies contaminées et de la bioam-
8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens pâturages convertis en culture plification. Le drainage des terres et
l’assèchement de milieux humides ont
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques
engendré une perte importante d’habi
8.5 Favoriser la nidification de l’Hirondelle rustique tat pour cette espèce. Finalement,
l’élimination d’habitats marginaux et
8.6 Maintenir les bâtiments et autres structures isolés
le retrait des clôtures diminuent les
perchoirs disponibles.
2.1 Maintenir les prairies de 4 à 5 ans
objectifs fauniques
54 Coûts & bénéfices
• Assurer des sites de reproduction de qualité et sur de longues périodes aux
espèces qui y nichent au sol (1);
+++
prairies
conseils
• Effectuer une rotation de façon à ce que les prairies remises en cultures juxta-
posent une nouvelle ou une ancienne prairie;
• Appliquer, si possible, cette stratégie sur la totalité des prairies;
• Appliquer cette stratégie sur la moitié des parcelles si le maintien de l’ensemble
des prairies est impossible sur une telle période.
motivations
• Application courante pour un bon nombre de producteurs;
• Application simple et facile;
• Coûts d’implantation répartis sur plus d’années;
• Compromis entre la qualité du foin et le coût d’implantation d’une prairie;
• Foin des dernières années spécifiquement dédié aux taures ou autres animaux
ayant des exigences de qualité moindre que les vaches en lactation2 (63).
Ancienne prairie
Nouvelle prairie
Ancienne culture
Nouvelle culture
2
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
2.2 Maintenir une parcelle de quelques hectares
en prairie sur 6 années et plus
Objectifs fauniques
Coûts & bénéfices 55
• Assurer des sites de reproduction de qualité et sur de longues périodes aux
espèces qui demeurent fidèles à leur site de nidification (64);
+++
prairies
• Contribuer, par le fait même, à leur succès de reproduction.
conseils
• Privilégier un mélange fourrager à dominance de graminées (65);
• Sélectionner une parcelle peu propice aux grandes cultures comme site d’im-
plantation (zone inondable, mauvais drainage) (51);
motivations
• Utilisation de zones inondables et de champs présentant un mauvais drainage;
• Productivité possible si implantée en terre légère;
• Coût d’implantation réparti sur plusieurs années;
• Compromis entre la qualité du foin et le coût d’implantation d’une prairie;
• Foin dédié aux taures ou autres animaux ayant des exigences nutritionnelles
moins élevées que les vaches en lactation3 (63).
3
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
2.3 Changer le patron de fauche
objectifs fauniques
56 Coûts & bénéfices
• Permettre aux oiseaux de fuir le champ vers les terrains voisins au lieu d’y être
confinés jusqu’au dernier coup de fauche (effet d’entonnoir) (66);
++
prairies
conseils
• Laisser, pour le premier tour, une largeur d’un (ou deux) rang entre l’aller et
le retour pour faciliter le virage, puis faucher cette zone au retour du second
(et troisième) tour;
à noter motivations
Une fauche par bandes peut aussi être • Aucun coût lié à son implantation;
57
B Fauche centrifuge adaptée
prairies
X Fauche centripète
ci-dessous Exemple de
fauche centrifuge
© Alexandre Nicole
2.4 Augmenter la hauteur de fauche
Effectuer la fauche des prairies à une hauteur variant de 100 à 120 millimètres (51).
objectifs fauniques
58 Coûts & bénéfices • Réduire le taux de mortalité des œufs, oisillons et adultes engendré par la fau-
che de foin lors de la période de reproduction des espèces nichant au sol (67);
de protection.
ci-contre Augmenter
la hauteur de fauche
permet d’éviter la
destruction des nids
d’oiseaux nichant au
sol tout en optimi
sant la repousse de
foin. Oeufs et oisil-
lons de Goglu des
prés © Alexandre Nicole
conseils
• Augmenter à 100 mm (3,9 po) si la fauche actuelle est à 80 mm (3,1 po), et à
120 mm (4,7 po) si elle est actuellement à 100 mm (3,9 po);
• Appliquer une hauteur de fauche plus élevée particulièrement lors des deux
premières coupes de foin (plus conflictuelles), puis réduire au besoin la hauteur
pour les fauches suivantes;
59
prairies
motivations à noter
• Application simple, facile et peu exigeante;
Une fauche basse limite la luzerne, le
• Aucun coût lié à son implantation; trèfle rouge, la fétuque et le dactyle,
• Taux de toxines moins élevé dans le foin; alors qu’elle favorise la renoncule, le
(69)
• Récolte d’un fourrage moins fibreux, plus feuillu et de meilleure qualité ; trèfle blanc et le chiendent. Une fau-
(69) che plus haute permet d’améliorer
• Réduction de la quantité de poussières ;
• Meilleure qualité de la repousse (69); le regain des espèces désirées puis-
qu’elle laisse plus de surface pour la
• Meilleure fermentation (68);
photosynthèse et la réserve (68).
• Séchage plus rapide (69; 70);
• Réduction du stress hydrique pour l’ensemble des plantes fourragères (69);
• Réduction de l’érosion liée à l’écoulement de surface (71);
• Évitement des pierres (70, 71);
• Usure de l’équipement plus lente (couteaux, doigts et ressorts) (69);
• Réduction de dommages aux couronnes et aux plateaux de tallage (69);
• Réduction de la prolifération de mauvaises herbes (69);
• Augmentation de l’accumulation de neige et meilleure survie hivernale (69, 70);
• Mortalité des oiseaux moins élevée (67).
2.5 Utiliser une barre d’effarouchement à l’avant
de la machinerie
Installer une barre transversale aussi large que la machinerie et munie de chaînettes
à l’avant du tracteur lors des travaux au champ, particulièrement lors de la période
de nidification des oiseaux (mi-mai à mi-juillet) (37).
++ • Faire fuir les oiseaux nichant au sol lors des travaux au champ, particulièrement
prairies
lors de la fauche du foin où les prises accidentelles sont élevées (jeunes capa-
bles de se déplacer rapidement, femelles qui couvent ou défendent leur nid);
• Obliger les femelles à fuir plutôt que de rester immobiles par réflexe (37).
conseils
• Concevoir artisanalement une barre d’effarouchement constituée d’une tige de
fer transversale où sont fixées des chainettes (voir plan, annexe A);
• Contacter des organismes qui ont mis à l’essai des barres d’effarouchement
dans la province (ex. : SCIRBI);
• Créer un engouement pour cet appareil afin qu’il soit disponible à moyen terme
sur le marché québécois.
motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle;
• Coût faible si conçu artisanalement;
• Mortalité des oiseaux moins élevée;
• Bénéfices pour les oiseaux observables; photos Barre d’effa-
• Intérêt à fabriquer soi-même cet appareil; rouchement développée
• Intérêt à être un précurseur. par la Société de Conser-
vation, d’interprétation et 61
de recherche de Berthier
et ses îles (SCIRBI) et
prairies
utilisée dans l’archipel
du lac Saint-Pierre. La
barre est composée de
trois sections main-
tenues en position
fermée ou ouverte grâce
à deux tiges d’attelage.
Deux barres de métal en
forme de L retiennent
l’instrument au tracteur.
© Alexandre Nicole
2.6 Adopter des mélanges de cultivars tardifs
ou hâtifs
Utiliser des cultivars très tardifs (fin juin) ou, à l’opposé, extrêmement hâtifs
(début mai) pour permettre respectivement de retarder ou devancer la première
fauche du foin (37).
• Retarder la fauche du foin (mélange tardif) pour assurer aux oiseaux nichant
au sol de compléter leur nidification en permettant aux jeunes de s’envoler ou
de se déplacer au moment de la fauche;
conseils
• Opter pour les cultivars très hâtifs de mélanges traditionnels composés de
graminées originaires d’Europe (brome, fétuque, fléole (mil), etc.) (74);
• Tester de tels mélanges hâtifs ou tardifs sur des champs de petite taille ou sur
une bande d’un champ de plus grande taille;
• Avoir idéalement sur ses terres, à la fois des champs de mélanges convention-
nels, de mélanges très hâtifs et de mélanges très tardifs (voir recommandation
2.10).
63
prairies
motivations ci-dessus Mélange tradi-
• Application simple, facile et peu exigeante; tionnel de fléole des prés
objectifs fauniques
64 Coûts & bénéfices
• Réduire le taux mortalité des œufs, oisillons et adultes engendré par la fauche
de foin lors de la période de reproduction des espèces nichant au sol (60, 63);
+++
prairies
conseils
• Utiliser le foin issu de la fauche reportée pour les taures, les vaches non lac-
tantes4 ou les élevages nécessitant du foin de moindre qualité (chevaux, bovins
de boucherie, etc.) (63);
• Sélectionner la zone de report de fauche sur la totalité d’un petit champ, sur
une portion centrale d’un grand champ ou le long d’une bande riveraine de
plusieurs champs juxtaposés (fig. 2-3) (37);
ci-contre Le foin issu de la fauche reportée peut être utilisé pour les taures, les
vaches non lactantes et les élevages ne nécessitant pas du foin d'aussi bonne
qualité que les vaches laitières (chevaux, bovins de boucherie, etc.)
© Stéphane Lamoureux
4
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle;
• Peu d’impact sur les besoins nutritionnels des chevaux ou des bovins de
boucherie (63);
• Qualité de foin acceptable pour les taures et les vaches non lactantes dans un
contexte d’élevage laitier (63);
• Peu d’impact sur les besoins nutritionnels des élevages autres que la produc- 65
tion laitière (chevaux, bovin de boucherie, etc.) (63);
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
prairies
• Intérêt à être un précurseur.
A 1re coupe après le 15 juillet : B 1re coupe après le 15 juillet : C 1re coupe après le 15 juillet :
Section d’un grand champ Un petit champ Bordure de plusieurs champs
2.8 Augmenter l’intervalle entre les fauches pour
quelques hectares
+++ • Réduire le taux mortalité des œufs, oisillons et adultes engendré par la fauche
prairies
de foin lors de la période de reproduction des espèces nichant au sol (60, 73);
conseils
• Effectuer la première fauche tôt en saison pour que l’intervalle de fauche che-
vauche le pic de nidification des oiseaux nichant au sol (fin mai à mi-juillet);
• Utiliser, pour la production laitière5, le foin issu de la seconde fauche pour les
taures et les vaches non lactantes exigeant un foin de moindre qualité;
• Augmenter l’intervalle de fauche sur la totalité d’un petit champ, sur une por-
tion d’un grand champ ou le long d’une bande riveraine de plusieurs champs
juxtaposés (fig. 2-4);
ci-dessus Troglodyte à meilleur succès de reproduction pour la plupart des espèces qui y nichent (60,
73)
bec court © Daniel Jauvin .
5
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle;
• Peu d’impact sur les besoins nutritionnels des chevaux ou des bovins de
boucherie (63);
• Qualité de foin acceptable pour les taures et les vaches non lactantes dans un
contexte d’élevage laitier (63);
• Qualité du foin faiblement diminuée après la première coupe (117);
• Qualité du fourrage plus stable dans le temps après la première coupe (117); 67
prairies
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Intérêt à être un précurseur.
A 65 jours entre la 1re et la 2e coupe : B 65 jours entre la 1re et la 2e coupe : C 65 jours entre la 1re et la 2e coupe :
Section d’un grand champ Un petit champ Bordure de plusieurs champs
2.9 Conserver quelques hectares
exempts de fauche
objectifs fauniques
68 Coûts & bénéfices
• Offrir aux oiseaux champêtres des zones de conservation exemptes de fauche
où se cacher, faire leur nid et trouver de la nourriture;
+++
prairies
• Fournir un habitat pour les espèces associées aux prairies hautes (ex. : Bruant
sauterelle) qui recherchent des secteurs où l’herbe atteint 65 cm (73);
à noter conseils
Il est déconseillé de procéder à la re- • Privilégier le maintien d’une portion centrale exempte de fauche, plus propice
cherche de nids d’espèces nichant au à la nidification des espèces nichant au sol puisqu’elles évitent de construire
sol puisque le risque d’abandon et de leur nid près des lisières (79, 80; 65);
prédation pourrait en être augmenté. • Conserver un minimum d’un hectare exempt de fauche pour une portion cen-
Cependant, si des nids ont été repérés, trale (à privilégier) ou une bande dans le pourtour du champ (78);
une zone de 2.5 à 10 m de rayon (ou
• Appliquer cette recommandation sur des zones de faible rendement (zone
un quadrilatère de 25 à 400 m2) peut
inondable, mauvais drainage) ou difficiles d’accès;
être délimitée afin de l’exempter de
• Valider la présence d’espèces en péril l’année précédente afin de cibler la meil-
fauche (78; 81).
leure zone de conservation;
• Délimiter les limites des portions conservées;
• Planter des piquets de cèdre en guise de perchoir à l’intérieur de la zone con-
servée, pour encourager la nidification dans celle-ci;
motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle;
• Mortalité des oiseaux moins élevée;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Intérêt à laisser un champ ou quelques hectares en jachère; 69
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril;
• Intérêt à être un précurseur.
prairies
A Bloc central ou périphérique B Bandes
Piquet
C Blocs de part et d'autre d'un fossé C Bandes longeant le même fossé X Bandes isolées
6
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
2.10 Viser des hauteurs et des
densités de fourrage variées
objectif faunique
70 Coûts & bénéfices
• Assurer la disponibilité des habitats pour les oiseaux tout au long de la saison.
++
prairies
conseils
• Utiliser sur ces terres à la fois des mélanges de cultivars très hâtifs, conven-
tionnels et très tardifs (voir recommandation 2.6);
• Utiliser le foin issu des fauches tardives pour les taures, les vaches non lac-
tantes7 ou les élevages nécessitant du foin de moindre qualité (chevaux, bovins
de boucherie, etc.) (63).
ci-contre La Sarcelle à
ailes bleues utilise les
prairies d’herbes hautes,
les fourrages, les friches
herbacées et les rives
herbeuses des étangs
comme habitat durant
sa période de nidifi-
cation. © Réjean Paquet
motivations
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Temps passé pour la récolte du foin plus étalé dans la saison;
• Réduction des risques de perdre complètement une coupe de foin à la suite de
mauvaises conditions météorologiques;
• Foin de qualité acceptable à différents moments dans la saison.
7
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
2.11 Débuter la fauche par les
champs de plus petite taille
Commencer avec le fauchage des champs de plus petite taille puis poursuivre avec
les champs de plus grande taille (37).
objectifs fauniques
Coûts & bénéfices 71
• Permettre aux oiseaux nichant dans les grands champs (plus propices à la
(73)
nidification) d’arriver à compléter leur nidification avec quelques jours
+
prairies
supplémentaires;
• Épargner un plus grand nombre d’oiseaux présents dans les champs de plus
grande taille.
conseils
• Attendre de 5 à 10 jours supplémentaires pour effectuer la fauche d’un grand
champ à la suite de celle de petits champs (37);
• Utiliser les champs de petite taille pour produire le foin de plus grande qualité
et qui pourront être fauchés plus tôt par rapport à un grand champ;
motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle;
• Production de foin de qualité pour l’ensemble des superficies.
2.12 Éviter la fauche de nuit
objectif faunique
72 Coûts & bénéfices
• Réduire le taux de mortalité des adultes engendré par la fauche nocturne durant
la période de nidification.
+
prairies
conseils
• Effectuer une fauche nocturne uniquement si elle est inévitable;
• Utiliser une barre d’effarouchement si la fauche de nuit est inévitable (voir
recommandation 2.5);
• Réduire la vitesse de fauche aux alentours de 10 km/h pour permettre davan-
tage le déplacement des individus.
motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Aucun coût lié à son implantation;
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle;
• Séchage plus rapide;
• Évitement de la présence de rosée sur le foin qui n’est pas favorable lors de
la fauche;
• Diminution des risques d’incident causé par la somnolence;
• Pratique déjà peu courante.
objectif faunique
Coûts & bénéfices 73
• Éviter d’ensevelir les nids et les œufs lors de l’épandage ou encore d’occa-
sionner des mortalités accidentelles lors du passage de la machinerie chez les
+
prairies
espèces qui tentent rapidement une seconde nichée après la destruction de
la première (37).
conseil
• Épandre dans les deux jours suivants la fauche si l’épandage est inévitable
après la première ou la seconde coupe.
motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Aucun coût lié à son implantation; ci-dessous L'épandage de
• Application n’entravant pas la pratique conventionnelle; lisier après la dernière
• Endommagement moindre aux prairies; coupe de foin réduit le
passage de la machinerie
• Réduction de la compaction du sol (68);
dans les champs durant
• Meilleure valorisation des éléments (68);
la période de nidification
• Pratique déjà courante.
des oiseaux. © Marc-Oliver
Gasser, IRDA
2.14 Adapter la période de brûlage dirigé
et les surfaces ciblées
++ • Éviter les risques de mortalité engendrés par le brûlage dirigé lors de la période
prairies
de nidification;
• Effectuer le brûlage dirigé automnal après les premières gelées soit vers le
15 novembre afin d’accroître l’effet bénéfique sur la croissance des plantes la
saison suivante (62);
• Éviter le brûlage dirigé durant l’été qui, de toute façon, n’a pas l’effet souhaité
sur la végétation (62);
• Effectuer un brûlage dirigé printanier uniquement s’il est inévitable;
• Éviter d’effectuer annuellement un brûlage dirigé sur l’ensemble des terres en
procédant plutôt à un brûlage de quelques petites parcelles (37);
• Favoriser, par le fait même, une mosaïque d’habitats aux caractéristiques di-
versifiées afin de répondre aux besoins de plus d’espèces (37).
motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Faible coût lié à son implantation;
• Effet bénéfique sur la croissance des plantes la saison suivante (62);
• Bénéfices pour les oiseaux observables.
2.15 Adapter la période de fauche du foin de mer
prairies
fauche du foin de mer lors de la période de reproduction des espèces nichant
au sol;
conseils
• Considérer la conservation et le maintien des prairies naturelles en y effectuant
une fauche tous les 2 ou 3 ans;
• Effectuer si nécessaire une récolte de foin de mer annuelle selon les dates
suggérées (37, 62);
motivations
• Aucun coût associé à son application;
• Application facile, simple et peu exigeante;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril.
statut
Aucun
tendance annuelle
-6.6 % (relevé des oiseaux nicheurs
1970–2012)
présence au québec
Nicheur migrateur : la Sarcelle à ai
les bleues utilise les prairies d’her-
bes hautes, les fourrages, les friches
herbacées et les rives herbeuses des
étangs comme habitat durant sa péri-
ode de nidification. Elle se nourrit des
graines des plantes aquatiques ainsi
que des larves d’insectes et d’escar-
gots durant la nidification.
menaces
Le drainage des terres, le redresse-
ment des cours d’eau et la diminution
de la présence d'étangs affectent la
Sarcelle à ailes bleues ainsi que ses
ressources alimentaires. Comme la
sarcelle niche au sol, la réduction du
couvert végétal par la fauche ou l’utili
sation d’herbicides rend son nid plus
propice à la prédation et la destruc-
tion.
3
Pâturages
78
pâturages
statut
Menacée (COSEPAC), en attente
(LEP)
tendance annuelle
-6.3 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)
présence au québec
Nicheur migrateur : la Sturnelle
des prés utilise les prairies, les
pâturages, les fourrages et les friches
comme habitat de nidification. Elle
se nourrit d’insectes et complète
son alimentation avec des graines
au printemps et à l’automne.
To u t c o m m e p l u s i e u r s o i s e a u x
champêtres, la Sturnelle des prés
construit son nid au sol.
menaces
Les risques de mortalité et de
prédation des nids sont importants
avec le fauchage du foin, le passage
de la machinerie et le piétinement
par le bétail. L’usage de pesticides
peut mener à l’intoxication de la
Sturnelle des prés par l’ingestion
directe de ces pesticides ou de
proies contaminées. Indirectement,
l’utilisation de pesticides rend le
milieu improductif à cette espèce en
raison de la perte de végétation et
d’insectes.
3
Pâturages
pâturages
Constats spécifiques à l’habitat La conversion des terres en cultures annuelles
et le cloisonnement du bétail ont contribué à la diminution de plus 80 % de
la superficie de pâturage depuis 1951 (8). Or, le bétail et leurs excréments at
tiraient plus d’insectes que n’importe quelle autre culture (24, 25). Les animaux
allant beaucoup moins à l’extérieur, il en résulte aujourd'hui une diminution
des populations d’insectes et donc de nourriture disponible pour les oiseaux
insectivores aériens qui nichent dans les pâturages (24, 83). Ceux-ci dépendent
de cette nourriture, surtout lors de la période de l’élevage des oisillons.
Quand les animaux vont à l’extérieur, le nombre de têtes et le temps ci-dessus Le bétail et leurs excréments
d’exposition des pâturages sont souvent élevés. Dans ces systèmes intensifs, attirent plus d'insectes que toute
le haut taux de broutage diminue le couvert de végétation nécessaire à la autre culture, ce qui fait des pâtu
nidification des oiseaux (18) et augmente ainsi les risques de prédation. D’autre rages d'excellents milieux de chasse
part, une forte densité de bétail (18, 84, 85) et un temps d’exposition élevé (86) pour les insectivores aériens comme
augmentent les risques de piétinement des nids, œufs et oisillons (18, 84, 85). l'Hirondelle rustique. © France Paré
En complément à l’herbe consommée au pâturage, on fournit au bétail du
foin ou de l’ensilage directement au champ. Or, cette alimentation supplé
mentaire apportée quotidiennement à l’aide de machinerie peut accentuer
le risque de destruction des nids des espèces nichant au sol déjà soumis au
piétinement du bétail. De plus, comme on procède régulièrement au déplace
ment des mangeoires et voitures-mangeoires, l’attroupement du bétail en un
point augmente grandement le risque de piétinement des nids construits par
hasard tout près d’un nouvel emplacement.
80 espèces associées
• Bruant des prés
• Maubèche des champs
pâturages
autres recommandations
81
4.3 Attirer les oiseaux de proie
6.3 Intégrer le bétail aux friches pour les maintenir
pâturages
7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place
7.2 Planter des arbres isolés le bruant des prés
Passerculus sandwichensis
7.3 Mettre en place des haies diversifiées
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines statut
Aucun
7.6 Aménager des fossés-avaloirs adaptés pour la faune
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs tendance annuelle
-5.1 % (relevé des oiseaux nicheurs
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques 1989–2009)
8.5 Favoriser la nidification de l’Hirondelle rustique
présence au québec
8.6 Maintenir les bâtiments et autres structures isolés Nicheur migrateur : le Bruant des
prés utilise les pâturages, les prai-
ries d’herbes basses, les fourrag es
et les friches herbacées comme
site de nidification. Il se nourrit
principalement de graines, mais
également d’insectes, d’araignées
et d’escargots durant la période de
nidification. Il construit son nid di-
rectement sur le sol recouvert de
litière où il est protégé par les her-
bes hautes. On peut l’observer au
sol ou perché sur un piquet de clô-
ture ou sur des herbes hautes.
menaces
La perte d’habitat, suite à la conver-
sion des fermes laitières en culture
intensive, a grandement affecté le
Bruant des prés. Le fauchage du
foin et des fossés de même que le
pâturage intensif causent la de-
struction des nids et augmentent
la prédation. L’usage de pesticides
peut mener à l’intoxication du Bru-
ant des prés par l’ingestion directe
de ces pesticides ou de proies con-
taminées.
3.1 Sortir davantage le bétail des bâtiments
objectifs fauniques
82 Coûts & bénéfices • Augmenter les superficies en pâturage, habitat riche en biodiversité qui a pra-
tiquement disparu du paysage agricole (24);
oiseaux champêtres;
• Attirer les insectes qui sont une importante source d’alimentation pour les
insectivores aériens et l’ensemble des oiseaux champêtres lors de l’alimenta-
tion des jeunes (83).
conseils
• Construire des exclos dans les pâturages pour créer des zones exemptes de
broutage (voir recommandation 3.4);
• Planter des poteaux au centre des pâturages en guise de perchoir pour aug-
menter la valeur faunique d’un pâturage (73) (voir recommandation 8.1);
ci-dessus Pâturage, • Considérer initialement, pour la production laitière8, la mise au pâturage des
Cantons-de-l'Est taures et des vaches taries;
© Monique Laguë
8
Applicable aussi aux autres productions laitières : brebis, chèvre, etc.
• Considérer, pour la production laitière8, la mise au pâturage des vaches lac-
tantes la nuit, quelques jours par semaine ou encore seulement les jours de
beau temps;
83
pâturages
motivations ci-dessus Pâturage,
• Nourriture de meilleure qualité pour le bétail (herbe fraîche vs foin sec) (87); Lanaudière © Martin Joly
• Réduire le taux de mortalité des œufs et des oisillons engendré par le piétine-
ment des nids par le bétail lors de la nidification des espèces nichant au sol.
conseils
• Appliquer la densité suggérée particulièrement lors de la période de reproduc-
tion de la plupart des espèces, soit du début mai à la mi-juillet;
• Viser une densité du bétail comprise entre 4 et 10 têtes/ha s’il est difficile
d’atteindre les densités de bétail suggérée9;
motivations
• Réduction de la compaction du sol (96);
• Repousse de meilleure qualité (96);
• Augmentation du taux de matières organiques dans le sol (97);
à noter • Application facile et simple;
Peu importe la densité du bétail, un • Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
pâturage demeure un habitat plus in- • Diminution du risque d’infestations de matières fécales;
téressant pour les oiseaux et la biodi- • Aucun dérangement au bétail;
versité que l’élevage hors-sol (24, 83). • Bénéfices pour les oiseaux observables.
9
Densités applicables aux bovins (laitiers ou de boucherie) de 2 ans et plus, voir le tableau des
densités corrigées pour les différents types de bétail (tableau 3-1).
Densité idéalement Tableau 3-1
souhaitée (individus/ha)
Densité souhaitée pour les différents
type de bétail Facteur de Pâturage en Pâturage en types de bétail
correction*
continu rotation
pâturages
Chèvres (plus de 6 mois) 6,67 16,7 26,7
Chevaux (plus de 6 mois) 1,00 2,5 4,0
*
Inspiré de l’indice UGB (unité gros bétail). Ex : pour une densité de moutons
équivalente à 10 individus/ha de bovins adultes, il suffit de multiplier cette densité
par 6.67, soit 66.7 individus/ha.
ci-dessous Pâturage,
Lanaudière © Martin Joly
3.3 Contrôler le broutage en effectuant une
rotation des pâturages
objectifs fauniques
86 Coûts & bénéfices
• Assurer un certain couvert de protection pour les oiseaux nichant au sol;
• Réduire le taux de mortalité des œufs et des oisillons engendré par le piétine-
++
pâturages
ment des nids par le bétail lors de la nidification des espèces nichant au sol (18);
• Permettre aux oiseaux de se déplacer, se réfugier et s’alimenter sans danger
dans les sections libres de bétail (96).
conseils
• Maintenir la hauteur de l’herbe à au moins 10 cm pour permettre aux oiseaux
de se camoufler (18);
pâturages
• Bénéfices pour les oiseaux observables.
B 3 grands pâturages
C Clôture araignée
3.4 Construire des exclos dans les pâturages
Construire des exclos (aire refuge pour les oiseaux où le bétail n’a pas accès)
temporaires ou permanents au centre du pâturage pour conserver une section
sans broutage (fig. 3-2) (18, 98).
ment des nids par le bétail lors de la nidification des espèces nichant au sol;
• Augmenter la qualité faunique du pâturage.
à noter conseils
S’il y a présence de bosquets dans les • Réaliser des exclos de forme carrée plutôt qu’allongée (diminuer le rapport
pâturages herbacés, planter des pi- périmètre/surface) dans les pâturages de nature herbacée (18);
quets de clôture à 1 m des arbustes • Créer des exclos d’environ 25 à 400 m2 (78, 81);
afin de réduire la destruction de nids • Planter un ou des piquets de cèdre dans la zone centrale de l’exclos en guise
engendrée par le frottement du bétail de perchoir;
contre les végétaux où nichent cer- • Permettre, si désiré, l’accès aux zones d’exclusion au bétail après le 15 juillet;
taines espèces.
• Considérer, pour une période restreinte du 1er mai au 15 juillet, une superficie
d’exclusion plus élevée que celle proposée;
• Privilégier une clôture de barbelé au lieu d’utiliser une clôture électrifiée pour
les exclos qui servira à la fois de barrière au bétail et de site d’empalement aux
pies-grièches (37);
• Ajouter des tronçons de barbelés ici et là à un enclos électrifié afin d’offrir des
sites d’empalement aux pies-grièches (voir recommandation 6.2).
motivations
• Application facile et simple;
• Coût d’implantation et d’entretien faible;
• Entretien peu exigeant;
• Aucun dérangement au bétail;
• Bénéfices pour les oiseaux observables.
fig. 3-2 Différents types
d’exclos
89
pâturages
ci-dessous Maubèche des
champs © Larry Kirtley
3.5 Adapter l’alimentation complémentaire
objectifs fauniques
+
pâturages
• Réduire le taux de mortalité des œufs et des oisillons engendré par le piétine-
ment de masse des nids par le bétail aux alentours des mangeoires;
• Assurer un certain couvert de protection pour les oiseaux au sol.
conseils
• Servir l’alimentation complémentaire à l’intérieur aux femelles lactantes au
moment de la traite;
91
B Plusieurs petites mangeoires
pâturages
Mangeoire
Dalle de béton
Circuit de la machinerie
statut
Aucun
tendance annuelle
-5.7 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989–2009)
présence au québec
Nicheur migrateur : la Maubèche
des champs utilise les prairies et les
pâturages comme habitat en période
de nidification. Son alimentation est
constituée en grande partie de sau-
terelles, de criquets et d’autres in-
sectes. La Maubèche des champs a be-
soin d’herbes courtes et de perchoirs
pour chasser et s’alimenter, et d’her-
bes plus hautes pour construire son
nid directement au sol, camouflé dans
la végétation, et y élever ses oisillons.
menaces
Le fauchage hâtif et fréquent du foin
augmente les risques de mortalité
et de prédation des nids. Le retrait
des clôtures diminue les perchoirs
disponibles pour l’espèce et réduit la
qualité de son habitat. L’usage de pes-
ticides peut mener à l’intoxication de
la Maubèche des champs par l’inges-
tion directe de ces pesticides ou de
proies contaminées. Indirectement,
l’utilisation de pesticides rend le mi-
lieu improductif à cette espèce par la
perte de végétation et la diminution
des insectes.
4
Vergers et cultures d’arbustes fruitiers
le moqueur roux
Toxostoma rufum
statut
Aucun
tendance annuelle
+2.8 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)
présence au québec
Nicheur migrateur : le Moqueur
roux préfère les friches arbustives,
les vergers de même que les haies
comme habitat durant la période de
nidification. Il se nourrit d’insectes
au sol, de fruits et de graines. Une
grande partie de son alimentation
est constituée d’insectes nuisibles
aux cultures.
menaces
L’usage de pesticides peut causer
l’intoxication de l’oiseau par l’in-
gestion de proies contaminées. La
perte d’habitats marginaux engen-
drée par la maximisation des surfa
ces cultivables réduit le nombre de
sites de nidification et d’alimenta-
tion disponibles pour cette espèce.
4
Vergers et cultures d’arbustes fruitiers
Ainsi, les oiseaux attirés par ce type de culture peuvent être intoxiqués en
consommant des proies contaminées ou tout simplement en y étant exposés.
Dès lors, leur comportement, leur succès reproducteur ou leur survie peuvent
en être affectés.
Finalement, bien que la nidification d’espèces au sol dans ce type de
culture soit moins fréquente que dans les prairies, celles-ci sont vulnérables
à une problématique similaire, soit la fauche entre les rangs d’arbres ou
d’arbustes (37). La période entre chaque fauche est généralement trop courte
pour laisser le temps aux oiseaux d’amener une nichée à l’envol entre deux
fauchages.
ci-dessous Verger situé à
Mont Saint-Hilaire
© Éric Dupuis
recommandations
autres recommandations
menaces
L’usage de pesticides peut causer
l’intoxication de l’oiseau par l’in-
gestion des produits d’arrosage ou
de proies contaminées. La perte
d’habitats marginaux engendrée par
la maximisation des surfaces culti-
vables réduit le nombre de sites de
nidification et d’alimentation dis-
ponibles pour cette espèce.
4.1 Pratiquer la lutte intégrée
Mettre en place des méthodes écologiques de protection des cultures qui utilisent
des éléments naturels dans le but d’attirer les ennemis naturels des ravageurs des
cultures tels que les oiseaux, les parasitoïdes et autres espèces fauniques (102, 103).
+++ • Réduire les effets directs et indirects des pesticides sur le comportement, le
vergers et cultures d’arbustes fruitiers
• Réduire les effets néfastes des pesticides sur les insectes bénéfiques;
• Tirer profit d’un écosystème en équilibre bénéfique aux cultures (102, 103).
conseils
• Augmenter la diversité des cultivars (ou espèces) dans les vergers et les cul-
tures d’arbustes fruitiers afin de prévenir les infestations et garantir une récolte
intéressante (103) tout en permettant d’attirer une plus grande variété d’ennemis
naturels, dont certains oiseaux;
99
Détourner les oiseaux vers d’autres zones nourricières en plantant des arbres et
des arbustes fruitiers indigènes (voir annexe B) à proximité ou en périphérie des
plantations afin de protéger les produits des cultures (99).
+++ • Offrir une source de nourriture alternative plus intéressante pour les espèces
vergers et cultures d’arbustes fruitiers
1 3
2
conseils
• Favoriser des espèces indigènes dont les fruits sont de taille inférieure à ceux
de l'espèce cultivée, puisqu’ils seront plus faciles à consommer et privilégiés
par les oiseaux (99);
• Privilégier des espèces plus hâtives et dont le fruit est plus sucré que les es- 101
(99, 103)
pèces cultivées ;
• Sélectionner des espèces adaptées au sol et au climat;
vergers
• Aménager sous forme de haie brise-vent, si le site est exposé à de forts
vents (106) (voir recommandation 7.3);
4 5
motivations
• Attrait d’ennemis naturels (prédateurs et parasitoïdes) d’espèces nuisibles
aux cultures (105);
• Attrait de pollinisateurs (105);
• Réduction de la perte de production (105);
• Possibilités de diversifier la variété de produits;
• Réduction des coûts d’utilisation de pesticides;
• Milieu de travail sain et sécuritaire;
• Diminution des risques sur la santé humaine;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage.
4.3 Attirer les oiseaux de proie
102
objectifs fauniques
• Contrôler la présence d’espèces indésirables aux cultures (incluant des espèces
vergers et cultures d’arbustes fruitiers
• Maintenir les chicots qui sont utilisés naturellement comme sites de guet
et de repos par plusieurs oiseaux de proie ou comme site de nidification par
ceux nichant dans des cavités (ex. : Crécerelle d’Amérique, Petit-duc maculé,
etc.) (107) (voir recommandation 7.1);
Éviter la fauche entre les rangs durant la période de nidification (mi-mai à mi-juil-
let) et considérer des alternatives pour diminuer la nécessité d’effectuer une telle
fauche par l’utilisation de plantes couvre-sol ou de paillis de paille.
conseils
• Procéder, si nécessaire, à une fauche hâtive avant la mi-mai, soit avant la péri-
ode de reproduction des oiseaux (37);
• Utiliser ces plantes couvre-sol comme engrais verts afin de stimuler la vie du
sol (103) (voir recommandation 5.2);
statut
Aucun
tendance annuelle
Non disponible
présence au québec
Nicheur hivernant (espèce non ex-
clusivement associée au milieu agri
cole). Le Petit-duc maculé utilise
plusieurs habitats, dont les verg-
ers. Il niche généralement dans les
cavités naturelles des gros arbres
morts ou sénescents. Le Petit-duc
s’alimente d’insectes et de petits
mammifères. Sa présence dans les
vergers est donc d’un grand secours
pour les producteurs.
menaces
La diminution des arbres morts ou
sénescents en milieu agricole lim-
ite les sites de nidification pour le
Petit-duc maculé. L’usage de pesti-
cides peut entraîner l’ingestion de
proies contaminées et de la bioam-
plification chez cette espèce.
5
Cultures d’arbres
108
cultures d’arbres
statut
Candidat à une évaluation
(COSEPAC)
tendance annuelle
-16.1 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)
présence au québec
Nicheur migrateur : le Bruant des
champs utilise les jeunes cultures
de pins, les pâturages ou encore les
friches arbustives comme habitat. Il
niche au sol ou dans des arbustes
à moins de 15 mètres du sol. Il se
nourrit d’insectes au sol durant la
période de nidification et de graines
le reste de l’année.
menaces
Son déclin est entre autres expliqué
par la perte de son habitat avec la
raréfaction des friches arbustives
et la succession végétale naturelle
des terres abandonnées. L’usage
de pesticides peut mener à l’intoxi
cation du Bruant des champs par
l’ingestion de proies contaminées.
Le pâturage intensif augmente aussi
les risques de prédation de nids.
Cultures d’arbres
cultures d’arbres
pèces de peupliers indigènes et/ou exotiques, les épinettes, les pins, le sapin
baumier et les thuyas (cèdres). Les cultures de peupliers et de pins sont
principalement utilisées pour la production de bois, tandis que les sapins
servent à la production d’arbres de Noël.
Bien qu’on prône de plus en plus les plantations multi-espèces, les cul
tures d’arbres regroupent généralement une seule espèce ou encore quelques
clones ou hybridations différentes d’une même espèce d’arbre (cas des peu
pliers hybrides).
Constats spécifiques à l’habitat Les cultures d’arbres en milieu agricole for ci-dessus Plantation de pin
ment un habitat intéressant pour les oiseaux en offrant un couvert d’arbres rouge © Martin Joly
où se cacher, se percher ou faire son nid. Les herbacées qui poussent entre
les rangs sont fauchées pour ne pas nuire à la croissance des arbres et faciliter
l’accès à ceux-ci lors de l’élagage ou la coupe. Malheureusement, comme dans
les vergers et les cultures d’arbustes fruitiers, cette fauche augmente le taux de
mortalité des oiseaux nichant au sol et réduit leur succès de reproduction (37).
espèces associées Par ailleurs, dans le cas des cultures de pins et de peupliers hybrides ex
• Bruant des champs ploitées pour leur bois, l’importance d’un tronc droit et sans nœuds pour ces
arbres implique un élagage fréquent des branches (111, 112). Or, ces branches
• Bruant des plaines
peuvent être utilisées par les oiseaux pour y déposer leur nid et ces derniers
• Bruant vespéral
sont donc affectés par l’élagage effectué lors de la période de nidification. De
• etc.
plus, les nombreux passages pour ces travaux peuvent déranger les oiseaux
au cours de cette période. La récolte du bois nécessite aussi le passage de la
machinerie qui peut entièrement détruire les nichées. En retirant l’ensemble
des arbres d’une parcelle lors de la récolte, on élimine complètement cet
110 habitat (113).
Finalement, les pesticides sont aussi utilisés dans ces cultures afin d’éviter
les attaques d’insectes ravageurs qui peuvent réduire significativement la
cultures d’arbres
croissance des arbres, voire mettre en péril leur survie. Comme dans les
autres cultures où ils sont utilisés, ces pesticides peuvent toutefois affecter la
santé des oiseaux s’ils y sont directement exposés ou par la consommation
ci-dessous La plantation de proies contaminées (insectes ou micromammifères) (114). Les oisillons
de plusieurs essences et les œufs seraient les plus affectés par l’application d’insecticides dans les
(ici : noyer noir, épi plantations (114). Dans le même sens, l’usage d’engrais granulés peut aussi af
nette blanche et frêne de fecter la santé et la survie des oiseaux, s’ils sont consommés accidentellement.
Pennsylvanie) offre aux
oiseaux un habitat aux
caractéristiques variées
qui permet de répondre
à différents besoins.
© Ressources foestières biotiques
recommandations
autres recommandations
111
1.1 Effectuer un usage raisonné des pesticides
4.1 Pratiquer la lutte intégrée
cultures d’arbres
4.3 Attirer les oiseaux de proie
4.4 Adapter ou considérer des alternatives à la fauche le bruant des plaines
Spizella pallida
7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines statut
Aucun
7.5 Retarder la fauche des fossés après la période de nidification
7.6 Aménager des fossés-avaloirs adaptés pour la faune tendance annuelle
Non disponible
8.1 Planter des piquets de cèdre en guise de perchoir
8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens pâturages convertis en culture présence au québec
Nicheur migrateur : le Bruant des
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques plaines se retrouve dans les jeunes
8.6 Maintenir les bâtiments et autres structures isolés plantations de conifères, les pâtu
rages et les friches herbacées du-
rant sa période de nidification. Il
se nourrit de graines diverses de
même que d’insectes en période de
reproduction. Il construit générale-
ment son nid au sol ou dans un ar-
buste à moins de 2 mètres du sol.
menaces
La conversion des plaines brous-
sailleuses en culture cause d’impor-
tantes pertes d’habitat au Bruant
des plaines. Le pâturage intensif
peut engendrer la destruction des
nids ou causer des dérangements
importants lors de la nidification.
Cette espèce présente des risques
d’intoxication par l’ingestion de
pesticides ou de proies conta
minées.
5.1 Réaliser des dépistages et adapter la période
d’application de pesticides
Réaliser un dépistage des insectes pour limiter l’arrosage aux zones infestées.
Adapter la période d’application des pesticides de manière à réduire les impacts
de ceux-ci sur la faune.
ci-dessous Dommages
aux rameaux révélant la
conseils
présence de pucerons • Appliquer les herbicides très tôt en saison, soit avant l’éclatement des bour-
© Ministère des Forêts, de la geons qui a lieu au début de mai (115);
Faune et des Parcs
• Retarder l’application de certains pesticides à la fin juin (37);
• Réaliser un dépistage en début de saison permettant l’application d’insecticides
dans les parcelles envahies seulement;
• Préconiser une fauche très tôt au printemps afin de réduire l’usage d’herbi-
cides (116) (voir recommandation 4.4);
motivations
• Diminution des coûts liés aux pesticides;
• Application simple et facile;
• Aucun impact sur les arbres;
• Mortalité des oiseaux moins élevée;
• Attrait d’ennemis naturels (prédateurs et parasitoïdes) d’espèces nuisibles
aux cultures;
• Attrait des pollinisateurs.
5.2 Adapter l’utilisation d’engrais
cultures d’arbres
• Éviter l’intoxication d’oiseaux qui ingèrent des fertilisants granulés en les con-
fondant avec des graines saines;
• Offrir des matériaux pour les nids et un couvert de protection contre les pré-
dateurs (paillis organique).
conseils
• Procéder à des analyses du sol afin d’intervenir correctement en utilisant les
engrais et les doses appropriées;
motivations
• Avantages écologiques sur la structuration du sol et les microorganismes
présents (116);
• Réduction des coûts et du temps liés aux applications;
• Réduction du temps lié au fauchage, désherbage ou à l’application d’herbicides;
• Réduction d’épandage inutile de fumier ou de l’utilisation de fertilisants;
• Obtention d’un sol de meilleure qualité en sachant quoi lui appliquer;
• Mortalité des oiseaux moins élevée.
Éviter l’élagage des arbres, c’est-à-dire couper les branches pour obtenir un bois
sans nœuds, et la taille des arbustes durant la période de nidification des oiseaux,
soit de la mi-mai à la mi-juillet.
conseils
• Identifier les arbres où des nids auront été répertoriés afin qu’ils ne soient pas
traités en priorité si une partie des travaux d’élagage et de taille est inévitable
durant la période de nidification des oiseaux.
motivations
• Aucun coût lié à son implantation;
• Application simple et facile;
• Peu d’impact sur les arbres;
• Diminution des risques d’infection des arbres par des maladies ou des insectes;
• Mortalité des oiseaux moins élevée.
objectifs fauniques
Coûts & bénéfices 115
• Éviter de modifier et détruire l’habitat des oiseaux durant la période de nidi-
fication;
+
cultures d’arbres
• Offrir des perchoirs pouvant être utilisés comme sites de guet pour les oiseaux;
• Offrir un couvert de protection contre les prédateurs durant la période de
nidification.
conseils
• Limiter les travaux durant la période de nidification des oiseaux, soit de mai
à juillet;
• Éviter de circuler entre les rangs durant la période de nidification;
• Effectuer préférentiellement la récolte à l’automne, soit de la mi-octobre à la
mi-novembre.
motivations
ci-dessous Le Bruant
• Aucun coût lié à son implantation;
des plaines fréquente
• Application facile et simple;
les jeunes plantations
• Aucun impact sur les arbres; de conifères durant
• Mortalité des oiseaux moins élevée. sa nidification.
© Raymond Ladurantaye
5.5 Diversifier les essences dans une même
plantation
objectifs fauniques
• Offrir et préserver à long terme des sites de reproduction, de refuge et d’ali-
116 Coûts & bénéfices
mentation de qualité aux oiseaux nichant dans cet habitat;
de plusieurs espèces;
• Favoriser et maintenir la présence d’oiseaux et d’insectes considérés comme
des ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Hétérogénéiser le paysage agricole;
• Augmenter la biodiversité.
conseils
• Favoriser des espèces indigènes et, si possible, produisant des graines ou des
fruits pouvant être consommés par les oiseaux (voir annexe B);
• Combiner des feuillus à bois noble ayant une croissance lente et des peupliers
à croissance rapide sur une même parcelle, en ligniculture ou en culture inter
calaire (122);
• Utiliser, si possible, plus d’une espèce à croissance lente et plus d’une espèce
à croissance rapide sur un même site selon le modèle de plantation retenu;
cultures d’arbres
fig 5-1 Différentes façons
de réaliser des planta-
tions diversifiées dans
lesquelles l'alternance
d'essences à courte et à
longue rotation est consi
dérée (121).
A B C
statut
Menacée (LEP), susceptible d’être
désignée menacée ou vulnérable
(LEMV)
tendance annuelle
Non disponible
présence au québec
Nicheur migrateur : la Paruline à
ailes dorées privilégie les fric hes
arbustives comme habitat lors de
la nidification. Elle niche au sol ou
près du sol. Elle se nourrit d’in-
sectes et d'araignées qu’elle trouve
au sol.
menaces
L’intensification des cultures et, à
l’opposé, la régénération forestière
causent la destruction et la perte de
son habitat. L’usage de pesticides
accroit les risques d’ingestion de
proies contaminées. Indirectement,
l’utilisation de pesticides rend le
milieu improductif à cette espèce en
raison de la perte de végétation et
d’insectes.
6
Friches
friches
dans son état (125).
ci-dessus La Paruline à ailes Finalement, les terres en friches servent souvent d’aire d’entreposage pour la
dorées est une espèce en péril machinerie. Comme la période d’utilisation accrue de la machinerie coïn
qui niche dans les friches, un cide avec celle de la nidification des oiseaux, le va-et-vient de la machinerie
habitat non seulement rare mais constitue, au même titre que dans les cultures annuelles, un risque élevé de
aussi éphémère en raison de sa mortalité des espèces nichant au sol (37).
nature transitoire. © Régis Fortin
recommandations
autres recommandations
123
3.2 Limiter la densité du bétail dans le pâturage
3.3 Contrôler le broutage en effectuant une rotation des pâturages
friches
3.4 Construire des exclos dans les pâturages
4.3 Attirer les oiseaux de proie la pie-grièche migratrice
Lanius ludovicianus
7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs statut
En voie de disparition (LEP),
8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens pâturages convertis en culture menacée (LEMV)
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques
tendance annuelle
8.5 Favoriser la nidification de l’Hirondelle rustique Non disponible
8.6 Maintenir les bâtiments et autres structures isolés
présence au québec
Nicheur migrateur : la Pie-grièche
migratrice utilise les friches ar-
bustives comme habitat de même
que les pâturages et les diverses
haies. Elle construit généralement
son nid dans un arbre isolé. Elle se
nourrit de petits oiseaux et mam-
mifères ainsi que d’insectes. Faute
de serres, elle capture ses proies
avec son bec puis les empale sur
du barbelé ou encore les épines
d’aubépines.
menaces
L’intensification des cultures et la
régénération forestière entrainent
une perte de son habitat. Le retrait
des clôtures, dû au cloisonnement
du bétail, la conversion des fermes
laitières en grandes cultures et
l’élimination des aubépines en mi-
lieu agricole contribuent à la détéri-
oration de l’habitat de la Pie-grièche
migratrice. L’utilisation de pesti-
cides peut provoquer l’intoxication
de cette espèce par l’ingestion de
proies contaminées.
6.1 Éviter ou adapter la remise en
culture des friches
Éviter prioritairement la remise en culture des friches qui constituent des habitats
grandement utilisés par la faune. Limiter les surfaces ciblées (fig. 6-1) et effectuer
les travaux en dehors de la période de reproduction des oiseaux si une remise en
culture est inévitable.
124 Coûts & bénéfices
objectifs fauniques
+++
friches
• Assurer des habitats de qualité à des espèces en péril qui nichent presque
exclusivement dans des friches arbustives (ex. : Paruline à ailes dorées, Pie-
grièche migratrice) ou régulièrement dans des friches herbacées (ex. : Bruant
sauterelle et Sturnelle des prés) (1);
II
III
125
Friche arbustive
I
Friche remise en culture
friches
Culture
Forêt
conseils à noter
• Vérifier la présence d’espèces en péril (avifaune, herpétofaune, flore) dans les Certaines friches hébergent des es-
friches avant de songer à des travaux de remise en culture; pèces en péril comme le Bruant sau-
• Éviter la remise en culture dans les friches où la présence d’espèces en péril terelle (friches herbacées) ou la Paru
est connue ou a été validée; line à ailes dorées (friches arbustives).
• S'informer des options légales de protection de sites hébergeant des espèces Il est donc recommandé de s’assurer
en péril auprès d’organismes de conservation; que de telles espèces ne soient pas
présentes avant de procéder à une re-
• Conserver idéalement une partie en friche d’au moins 0,3 ha (128) si la remise
mise en culture ou à une plantation.
en culture est nécessaire et justifiée (fig. 6-1);
• Sélectionner, si possible, des friches de petite taille (< 0,3 ha) et isolées des
habitats à haut potentiel faunique si la remise en culture est inévitable (fig. 6-1);
motivations
• Application facile, simple et peu exigeante;
• Aucun véritable dérangement aux cultures avoisinantes;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril.
6.2 Éviter ou adapter le reboisement des friches
Éviter prioritairement le reboisement des friches qui constituent des habitats gran-
dement utilisés par la faune. Limiter les surfaces ciblées et effectuer les travaux en
dehors de la période de reproduction des oiseaux si une plantation est inévitable.
+++ • Assurer la présence de cet habitat en tant que site de nidification, d’alimenta-
friches
• Assurer des habitats de qualité à des espèces en péril qui nichent presque
ci-dessous La Paruline exclusivement dans des friches arbustives (ex. : Paruline à ailes dorées, Pie-
à ailes bleues niche au grièche migratrice) ou régulièrement dans des friches herbacées (ex. : Bruant
sol ou près du sol dans sauterelle et Sturnelle des prés) (1);
les friches arbustives,
habituellement à moins • Éviter la mortalité accidentelle d’œufs, oisillons et adultes nichant dans les
de 30 m d'une lisière de friches lors des travaux de remise en culture impliquant de nombreux passages
rare au Québec et ne • Maintenir la présence d’oiseaux considérés comme des ennemis naturels
se retrouve qu'au sud d’espèces nuisibles aux cultures situées à proximité des friches;
de la Montérégie, dans • Hétérogénéiser le paysage agricole;
le secteur d'Hunting-
• Maintenir une certaine connectivité entre les différents habitats;
don. © Alain Quenneville
• Maintenir ou augmenter la biodiversité.
conseils
• Vérifier la présence d’espèces en péril (avifaune, herpétofaune, flore) dans les
friches avant de songer à des travaux de plantation;
• Conserver idéalement une partie en friche d’au moins 0,3 ha (128) si une plan-
tation est considérée;
• Intégrer des zones ouvertes et des îlots d’arbustes indigènes bénéfiques aux toires entre la prairie et la
oiseaux (voir annexe B) à l’intérieur de la plantation, peu importe le type, si un forêt que sont les friches
friches
• Effectuer préférablement les travaux en automne si une plantation est con- reboisement d'un tel
sidérée. milieu. © Stéphane Lamoureux
motivations
• Application facile, simple et peu exigeante;
• Économie de temps et d’argent si on ne procède pas à un reboisement (129);
• Aucun véritable dérangement aux cultures avoisinantes;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril.
6.3 Intégrer le bétail aux friches pour les
maintenir
Assurer le maintien des friches en aménageant des pâturages dans celles-ci afin
de limiter l’implantation d’une succession végétale grâce à la pression de broutage
et le piétinement du bétail (fig. 6-2) (127).
• Assurer des habitats de qualité à des espèces en péril qui nichent presque
exclusivement dans des friches arbustives (ex. : Paruline à ailes dorées, Pie-
grièche migratrice) ou régulièrement dans des friches herbacées (ex. : Bruant
sauterelle et Sturnelle des prés) (1);
A B
Exclos
Friche arbustive
Pâturage
conseils
• Introduire, si possible, le bétail dans les friches seulement à partir de la mi-juillet
lorsque la période de nidification est complétée pour la plupart des espèces (1);
• Considérer l’aménagement d’un enclos qui chevauche une partie d’une friche
et un pâturage conventionnel afin de conserver une section de la friche qui ne
sera pas broutée ou piétinée par le bétail;
129
• Construire des exclos (aires de refuge pour les oiseaux auxquelles le bétail n’a
pas accès) temporaires ou permanents autour de quelques bosquets pour con-
friches
server des sections sans broutage et éviter que les nids, tant au sol que dans
les arbustes, soient piétinés ou détruits lorsque le bétail utilise les arbustes
comme grattoir (37, 98);
• Varier l’emplacement d’exclos d’une année à l’autre autour des bosquets afin
de contrôler la succession végétale;
• Privilégier une clôture de barbelés au lieu d’utiliser une clôture électrifiée pour
les exclos qui servira à la fois de barrière au bétail et de site d’empalement de
proies pour les pies-grièches (37);
• Ajouter des tronçons de barbelés ici et là à un enclos électrifié afin d’offrir des
sites d’empalement aux pies-grièches (voir recommandation 8.2).
motivations
ci-dessus Le Tohi à flancs
• Application facile, simple et peu exigeante; roux utilise les friches
• Aucun véritable dérangement aux cultures avoisinantes; arbustives et les pâtu
• Aucun véritable dérangement au bétail; rages lors de sa nidi-
objectifs fauniques
130 Coûts & bénéfices
• Limiter l’implantation d’une succession végétale dans les friches;
+++ • Assurer la présence de cet habitat en tant que site de nidification, d’alimenta-
friches
• Assurer des habitats de qualité à des espèces en péril qui nichent presque
exclusivement dans des friches arbustives (ex. : Paruline à ailes dorées, Pie-
grièche migratrice) ou régulièrement dans des friches herbacées (ex. : Bruant
sauterelle et Sturnelle des prés) (1);
conseils
• Effectuer la fauche à la fin de l’été (août), soit après la saison de reproduction
des oiseaux (mi-juillet) et lorsque le sol est sec (130);
• Identifier, si possible, les plantes rares ou en péril avant d’effectuer une fauche
et ainsi éviter de les couper (130);
à noter motivations
objectifs fauniques
Coûts & bénéfices 131
• Éviter de déranger les oiseaux dans les friches durant la période de nidification;
• Réduire le taux de mortalité des œufs et des oisillons engendré par le passage +
friches
de la machinerie.
conseils
• Entreposer la machinerie dans des secteurs peu propices pour les oiseaux
(remise, cour, etc.);
motivations
• Application facile, simple et peu exigeante;
• Diminution des risques de bris de la machinerie causés par les branches d’ar-
bustes, les pierres ou le mauvais relief du sol;
• Aspect de propreté;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage;
• Bon voisinage.
ci-dessus Paruline
à ailes dorées
© Alain Quenneville
132
friches
statut
Aucun
tendance annuelle
Non disponible
présence au québec
Nicheur migrateur et/ou hivernant
occasionnel dans le sud du Qué-
bec. Le Tohi à flancs roux utilise les
friches arbustives, les pâturages et
les diverses haies comme habitat
lors de la nidification. Il construit
son nid au sol ou à moins de 1,5 m
de celui-ci. Il s’alimente d’insectes,
d’araignées, de graines, ainsi que de
fruits à l’occasion.
menaces
Le pâturage intensif dans les fri
ches arbustives peut causer la des
truction et la prédation des nids
ou encore causer un dérangement
pendant la nidification. L’usage de
pesticides peut mener à l’intoxica-
tion du Tohi à flancs roux par l’in-
gestion de proies contaminées.
Indirectement, l’utilisation de pes-
ticides rend le milieu improductif à
cette espèce en raison de la perte de
végétation et d’insectes.
7
Habitats marginaux
133
friches
la crécerelle d'amérique le tyran tritri
Falco sparverius Tyrannus tyrannus
statut statut
Candidate à une évaluation Aucun
(COSEPAC)
tendance annuelle
tendance annuelle -3.5 % (relevé des oiseaux nicheurs
-6.2 % (relevé des oiseaux nicheurs 1989-2009)
1989-2009)
présence au québec
présence au québec Nicheur migrateur : le Tyran tritri
Nicheur migrateur et/ou hivernant utilise les haies diversifiées comme
occasionnel dans le sud du Québec. habitat durant sa période de nidi-
La Crécerelle d’Amérique utilise les fication. Il utilise aussi les arbres
pâturages, les prairies, les fourra isolés pour se percher et même y
ges, les friches herbacées et les faire son nid. Ces habitats margi
haies comme habitat durant la péri- naux sont donc d’une grande impor-
ode de nidification de même que tance pour l’espèce. Le tyran s’ali-
l’hiver. Ce sont dans ces habitats mente d’insectes en vol et des fruits
qu’elle trouve ses sources de nour- à l’automne.
riture, soit des petits mammifères,
des oiseaux et des gros insectes. menaces
La crécerelle utilise principalement La diminution de la présence d'ar-
les cavités pour nicher, mais utilise bres en milieu agricole réduit consi
également les nichoirs mis à sa dis- dérablement les sites de nidification
position. propices à l’oiseau. L’usage de pes-
ticides peut provoquer l'intoxication
menaces du Tyran tritri suite à l’ingestion de
La crécerelle est affectée par la proies contaminées. Indirectement,
diminution des habitats margi l’utilisation de pesticides rend le
naux particulièrement des arbres milieu improductif à cette espèce en
morts ou sénescents. La diminu- raison de la perte de végétation et
tion de perchoirs naturels et an- d’insectes.
thropiques des dernières années,
qu’elle utilise comme site de guet,
détériore la qualité de son habitat.
L’usage de pesticides constitue une
menace importante suite à l’inges-
tion de proies contaminées et du
phénomène de bioamplification.
7
Habitats marginaux
habitats marginaux
(zone inondable, pointe de champ, coulée, zone rocailleuse, etc.). Bien que
ces habitats ne soient pas perçus comme essentiels aux cultures, ils sont d’une
importance capitale pour les oiseaux.
Les habitats marginaux aquatiques concernent principalement les plans
d’eau que l’on retrouve en milieu agricole, c’est-à-dire les étangs permanents
ou temporaires, les fossés et les ruisseaux. Les habitats juxtaposant et che
vauchant ces milieux humides tels que les ponceaux ou les bandes riveraines
sont aussi considérés dans cette catégorie.
Constats spécifiques à l’habitat L’intensification de l’agriculture s’est traduite ci-dessus Arbre solitaire et
par une maximisation des surfaces cultivables au détriment des habitats haies naturelles © Martin Joly
marginaux et de la faune qui les utilisait. Les habitats marginaux arbustifs et
arborescents ont donc été grandement éliminés, et continuent de l'être, pour
faire place à de plus vastes zones cultivables. Or, ces habitats, aussi marginaux
semblent-ils, contribuent à l’hétérogénéité du paysage et, par le fait même, à
en augmenter la biodiversité. La perte des habitats marginaux affecte ainsi
sévèrement les espèces qui en dépendent.
espèces associées L’ensemble des oiseaux champêtres bénéficie de ces habitats marginaux
• Crécerelle d'Amérique arbustifs ou arborescents. Ainsi, les bosquets, les haies diversifiées et les îlots
boisés sont utilisés comme site de nidification pour certaines espèces alors
• Tyran tritri
que d’autres s’en servent comme aire de refuge. Les habitats marginaux sont
• Sarcelles à ailes bleues
aussi d’excellentes sources de nourriture, autant de graines que d'invertébrés
• Hirondelle bicolore
ou de petits mammifères. Même isolés (par ex. un arbre solitaire), ces habitats
• Hirondelle à ailes hérissées sont régulièrement utilisés comme perchoir ou site de guet. Ils servent aussi
• Buse à queue rousse de halte transitoire pour les oiseaux forestiers qui passent d’un îlot boisé à
• etc. un autre. Finalement, les chicots ou les arbres sénescents sont appréciés par
136 plusieurs espèces aviaires qui font leur nid dans leurs cavités.
Les habitats marginaux aquatiques ont eux aussi largement été per
turbés, voire éliminés, avec les pressions d’intensification des cultures. En
habitats marginaux
autres recommandations
habitats marginaux
1.1 Effectuer un usage raisonné des pesticides
4.2 Planter des arbres et des arbustes fruitiers indigènes et distractifs l'hirondelle bicolore
Tachycineta bicolor
4.3 Attirer les oiseaux de proie
8.1 Planter des piquets de cèdre en guise de perchoir statut
Aucun
8.2 Conserver et valoriser les clôtures d’anciens pâturages convertis en culture
8.3 Mettre en place des nichoirs spécifiques tendance annuelle
-4.2 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)
présence au québec
Nicheur migrateur : l’Hirondelle
bicolore utilise les pâturages et les
fourrages comme habitat. Elle se
nourrit essentiellement d’insectes
en vol ainsi que d’araignées et d’es-
cargots. Elle utilise les cavités na-
turelles d’arbres morts pour nicher,
mais adopte aisément les nichoirs
mis à sa disposition.
menaces
Le drainage des terres et l’assèche-
ment de milieux humides ont engen-
dré une perte importante d’habitat
où cette espèce pouvait s’alimenter
et se reproduire. La diminution du
nombre de chicots en milieu agri
cole nuit aussi à sa nidification.
L’usage de pesticides cause, d’une
part, une diminution importante
des proies, source essentielle d’ali-
mentation et, d’autre part, un risque
d’intoxication suite à l’ingestion de
proies contaminées.
7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux
déjà en place
objectifs fauniques
138
• Offrir des habitats diversifiés aux oiseaux pour la nidification, l’alimentation,
le repos et pour se cacher des prédateurs;
habitats marginaux
• Attirer les insectivores aériens et les oiseaux de proie en tant qu’ennemis na-
turels des ravageurs de cultures;
• Hétérogénéiser le paysage agricole;
Coûts & bénéfices
• Augmenter la biodiversité.
+++ conseils
• Effectuer un entretien minimal de ces habitats marginaux afin de ne pas en-
gendrer de bris à la machinerie;
• Favoriser les bosquets d’aubépines qui sont très prisés par les pies-grièches
pour empaler leurs proies (1);
• Conserver les arbres morts encore debout (chicots) et les arbres sénescents
qui sont présents afin d’assurer la nidification d’oiseaux de proie (Crécerelle
d’Amérique) ou d’insectivores aériens (Hirondelle bicolore) (107).
à noter motivations
Les haies naturelles accueillent une • Application simple, facile et peu exigeante;
plus grande diversité d’oiseaux que • Aucun coût lié à l’application;
les haies plantées, abritent moins de • Dérangement faible ne justifiant pas le temps pour les éliminer;
mauvaises herbes et ne contribuent • Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
pas à augmenter les populations d’es- • Bénéfices pour les oiseaux observables;
pèces nuisibles aux cultures (33).
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage;
• Bon voisinage.
1
139
habitats marginaux
2 3
Planter des arbres indigènes dans les pointes de champs inutilisées ou peu pro-
ductives en raison d’un mauvais drainage, d’une zone inondable ou de la difficulté
d’accès de la machinerie (51).
140
objectifs fauniques
• Augmenter la présence d’arbres isolés pratiquement disparus du paysage
habitats marginaux
• Opter pour des essences nobles en vue d’une utilisation future du bois;
• Planter des arbres de bonne taille (environ 6 pi) nécessitant moins d’entretien
et de vigilance que des arbres de quelques années;
• Utiliser des tuteurs pour favoriser une croissance droite;
• Effectuer la plantation après les récoltes ou la fauche du foin pour ne pas en-
dommager les cultures;
ci-contre Vestiges du passé, les chicots sont appréciés par plusieurs espèces d'oi-
seaux qui font leur nid dans leurs cavités. En milieu agricole, les arbres sont sou-
vent abattus avant d'avoir la chance de jouer ce rôle essentiel. © Stéphane Lamoureux
141
habitats marginaux
ci-contre Ce frêne
(gauche) et ce chêne à
gros fruits (droite) brisent
la monotonie de ces
paysages agricoles ayant
subi une forte intensifi-
cation. Plusieurs études
suggèrent une préférence
naturelle des gens pour
motivations les milieux ouverts dans
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures; lesquels on retrouve des
description
Habitats cibles
Mettre en place une haie diversifiée sur toute la longueur d’un champ pour per-
mettre une meilleure distribution des oiseaux et maximiser leur impact sur les
insectes ravageurs (33).
objectifs fauniques
142
• Offrir des sites de nidification, de guet, de repos ou d’alimentation aux oiseaux;
• Attirer les ennemis naturels des ravageurs de cultures;
habitats marginaux
Coûts & bénéfices • Maintenir une certaine connectivité entre les différents habitats fauniques;
• Assurer des corridors de déplacement pour la faune;
+++ • Hétérogénéiser le paysage agricole;
• Augmenter la biodiversité.
conseils
• Sélectionner des espèces d’arbres indigènes adaptées au sol et au climat;
• Préconiser une diversité d’espèces végétales et de genres botaniques;
• Favoriser des espèces indigènes produisant des graines ou des fruits pouvant
être consommés par les oiseaux (voir annexe B);
• Intégrer dans la haie, parmi les arbres, des arbustes indigènes reconnus pour
attirer les oiseaux et les pollinisateurs (voir annexe B);
• Inclure la présence de feuillus et de conifères;
• Opter pour des essences nobles en vue d’une utilisation future du bois;
• Diversifier les essences au sein de la haie afin de réduire les maladies et les
risques d’infestation par des ravageurs (122);
à noter
• Favoriser une séquence aléatoire, d’aspect plus naturel, à une séquence sys-
Une haie d’une seule rangée présen- tématique afin d’attirer une plus grande densité et variété d’oiseaux (fig. 7-1);
tant une structure diversifiée (densité • Réduire la perte de surface cultivable en favorisant une structure étagée avec
de feuillage des cimes, diamètre des divers végétaux sur une seule rangée plutôt qu’un aménagement sur deux
troncs, etc.), plusieurs strates et des rangées peu diversifié (fig. 7-1) (33);
essences variées attire davantage d’oi-
• Minimiser la perte de surface cultivable en disposant une haie le long d’un
seaux qu’une haie peu diversifiée de
chemin de ferme (122);
plus d’une rangée (33).
A Haie d'une seule rangée à séquence aléatoire fig 7-1 Différentes
manières d'aménager
des haies diversifiées.
Parmi les 3 aménage-
ments proposés, l'option
A maximise la création
d'habitats fauniques, 143
minimise la perte de
superficies cultivables
habitats marginaux
B Haie d'une seule rangée à séquence systématique et s'intègre de la façon
la plus harmonieuse au
paysage. Les options B
et C répondent
moins bien à l'ensem-
ble de ces critères.
ci-contre L'implantation
• Préparer le terrain après les récoltes ou la fauche du foin pour ne pas endom-
mager les cultures et effectuer la plantation au printemps suivant.
motivations
• Contrôle de l’érosion éolienne (122, 132);
• Protection des cultures (122, 132);
objectifs fauniques
145
• Offrir des sites de nidification, de guet, de repos ou d’alimentation aux oiseaux;
• Attirer les ennemis naturels des ravageurs de cultures;
habitats marginaux
• Maintenir une certaine connectivité entre les différents habitats fauniques; Coûts & bénéfices
• Assurer des corridors de déplacement pour la faune;
• Hétérogénéiser le paysage agricole; +++
• Augmenter la biodiversité.
conseils
146
habitats marginaux
forme restreignant l'accès • Diminution de la prolifération de certaines algues et plantes envahissantes par
de la machinerie ou de le refroidissement de l’eau (création d’ombre) (133);
leur propension à être • Diminution de l’impact du rat musqué (134);
inondés. • Réduction des coûts d’entretien des cours d’eau (133);
© Ressources forestières
• Attrait des ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures (133);
biotiques
• Attrait de pollinisateurs (133);
• Source de financement possible pour exécuter les travaux;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage;
• Bénéfices observables pour les oiseaux et la faune en général;
• Augmentation de la biodiversité;
• Bon voisinage.
7.5 Retarder la fauche des fossés après la période
de nidification
Ne pas procéder à la fauche des fossés avant le 15 juillet, soit la période de nidi-
fication de la plupart des oiseaux champêtres (51).
objectifs fauniques
147
• Assurer l’utilisation des bords de fossés aux oiseaux comme sites de nidifica-
tion, d’alimentation et de refuge;
habitats marginaux
• Éviter que la fauche des fossés concorde avec la période de nidification des Coûts & bénéfices
oiseaux et qu’elle nuise à leur reproduction;
conseils à noter
• Procéder à la fauche après la 3e coupe de foin dans le cas des prairies et après
Parfois les seuls lieux d’alimentation
les récoltes à l’automne pour les cultures;
de qualité pour les oiseaux dans les
• Éviter de faucher les fossés après les semis ou après la première coupe de foin; zones fortement intensives, les fossés
• Procéder annuellement par bloc de champs et non pas sur la totalité des terres; sont aussi utilisés comme refuge ou
• Éviter de faucher certaines lignes de fossés pour favoriser l’implantation d’ar- site de nidification. En plus de mainte-
bustes. nir des microhabitats riches en biodi-
versité, ils assurent une certaine con-
• Limiter la fauche préférablement au replat des fossés et non pas dans le talus.
nectivité entre les différents habitats
fauniques et hétérogénisent le pay
motivations
sage agricole. La fusion de champs
• Application simple et facile; par le remblayage des fossés est donc
• Aucun dommage aux cultures lorsque la fauche est reportée après la récolte; à éviter.
• Meilleur accès de la machinerie après les récoltes;
• Satisfaction de contribuer à la biodiversité simplement par la modification de
la date d’exécution d’une pratique jugée inévitable;
• Bénéfices pour les oiseaux observables.
conseils
• Favoriser un tel aménagement en sol argileux puisque ce type de sol retient
(135, 136)
mieux l’eau ;
• Conserver une section plus élevée qui agira comme digue entre le bassin de
sédimentation et l’avaloir (137);
habitats marginaux
permettre aux espèces présentes de terminer leur cycle de reproduction (in-
sectes et amphibiens) (135, 136);
motivations
• Application facile et simple;
• Coût d’implantation faible si fossé-avaloir déjà en place;
• Aménagement n’affectant pas l’efficacité de l’avaloir;
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
• Coût et temps d’entretien faible;
• Réduction de l’apport de sédiments dans les cours d’eau;
• Réduction de la charge de phosphore dans les cours d’eau;
• Bénéfices observables pour les oiseaux et la faune en général;
• Augmentation de la biodiversité.
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs
objectifs fauniques
150
• Créer des habitats aquatiques riches en biodiversité (végétaux indigènes, in-
sectes, amphibiens, reptiles, etc.) et bénéfiques aux oiseaux;
habitats marginaux
Coûts & bénéfices • Offrir des sites de nidification, de guet, de repos ou d’alimentation aux oiseaux;
• Attirer les ennemis naturels des ravageurs de cultures;
+++ • Attirer des insectes, composition essentielle de la diète des oiseaux insecti-
vores aériens (Hirondelle rustique, Hirondelle bicolore, Tyran tritri, etc.) et de
la majorité des oisillons des espèces champêtres;
conseils
• Établir une zone non utilisée pour les cultures, à l’abandon ou à faible rende-
ment pour aménager un étang (138);
Vue aérienne
151
habitats marginaux
Vue de profil
• Créer des zones de différentes profondeurs pour augmenter la biodiversité ci-dessous Étang artificiel
(138, 139) bordé de quenouilles en
(fig. 7-2) ;
• Prévoir des berges à pente douce pour permettre à la faune (ex. : amphibiens, Outaouais © Catherine Dion
• Mettre en place une bande riveraine diversifiée pour maintenir les zones aqua-
tiques intactes et favorables à la biodiversité (voir recommandation 7.4);
• Intégrer des plantes aquatiques indigènes;
• Implanter des arbres et arbustes indigènes dans le pourtour de l’étang (139);
motivations
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Source de financement possible pour exécuter les travaux;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage;
• Création ou mise en valeur d’un lieu paisible;
• Fierté d’avoir implanté un tel aménagement;
• Augmentation de la biodiversité.
l'hirondelle à ailes
hérissées
Stelgidopteryx serripennis
statut
Aucun
tendance annuelle
-4.7 % (relevé des oiseaux nicheurs
1970-2009)
présence au québec
Nicheur migrateur : l’Hirondelle
à ailes hérissées utilise les pâtura
ges et les fourrages comme habi
tat. Elle niche sur des structures
anthropiques telles que les ponts
qui traversent les cours d’eau ou
encore dans des terriers sur les
berges ou les parois des sablières.
En tant qu’insectivore aérien, cette
hirondelle consomme de nombreux
insectes nuisibles.
menaces
Le redressement des cours d’eau,
le remblayage des fossés et l’as-
sèchement des milieux humides
ont engendré une perte importante
d’habitat pour cette espèce. Le pro-
filage des cours d’eau peut causer
la destruction des nids. L’usage de
pesticides cause d’une part, une
diminution importante de proies,
source essentielle d’alimentation,
et d’autre part, un risque d’intoxi-
cation suite à l’ingestion de proies
contaminées.
8
Structures anthropiques
l'hirondelle rustique
Hirundo rustica
statut
Menacée (COSEPAC), en attente
(LEP)
tendance annuelle
-6.2 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)
présence au québec
Nicheur migrateur : l’Hirondelle
rustique habite les pâturages et les
fourrages durant la saison estivale.
Elle niche habituellement sur des
bâtiments ou des structures artifi-
cielles comme les granges et les ga-
rages, ou sous les ponts et les pon-
ceaux. L’Hirondelle rustique vit en
petites colonies et se nourrit d’in-
sectes en vol dans les champs de
graminées, les terres agricoles, les
prés et à proximité des cours d’eau.
menaces
Le drainage des terres a réduit con-
sidérablement le nombre de mi-
lieux humides où les hirondelles
pouvaient s’alimenter facilement.
La diminution des populations
d’insectes (usage de pesticides et
cloisonnement du bétail), est une
menace importante pour tous les
insectivores aériens. Par ailleurs, il
est maintenant difficile pour l’es-
pèce de construire son nid sur les
nouveaux recouvrements extérieurs
des bâtiments en PVC et en alumi
nium où l’argile n’adhère pas, ou
très difficilement.
8
Structures anthropiques
structures anthropiques
par les oiseaux champêtres. Si la majorité de ces structures sont destinées à
l’humain, que ce soit pour ses cultures ou ses animaux domestiques, d’autres,
comme les nichoirs, sont conçues spécifiquement pour les oiseaux.
ci-dessous Les bâtiments
Constats spécifiques à l’habitat Les clôtures bordant les pâturages sont isolés favorisent la nidi-
très utilisées comme perchoir de guet, de repos ou de parade par plusieurs fication des oiseaux loin
espèces d’oiseaux champêtres telles que le le Bruant des prés, le Hibou des des espèces introduites
marais, la Maubèche des champs ou la Sturnelle des prés (1). Dans le passé, (Étourneau sansonnet,
la Pie-grièche migratrice a pu tirer bénéfice de la présence de barbelés pour Moineau domestique)
empaler ses proies, une option de rechange aux épines d’aubépines. N’ayant et des prédateurs asso-
plus de raison d’être avec le cloisonnement du bétail et l’élevage hors sol, les ciés à l'homme (chat,
clôtures ont été, la plupart du temps, retirées du paysage. rat). © Alexandre Nicole
s/o
structures anthropiques
le merlebleu de l'est
Sialis sialis
statut
Aucun
tendance annuelle
+1.1 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)
présence au québec
Nicheur migrateur : on retrouve le
Merlebleu de l’Est dans les habitats
ouverts où la végétation y est basse
comme les pâturages, les prairies
et les champs abandonnés. Il niche
naturellement dans les cavités na-
turelles de vieux arbres ou celles
excavées par les pics. Comme ces
arbres sont rares en milieu agricole
suite à la maximisation des surfaces
cultivables, les nichoirs installés par
les propriétaires ont su compenser
la perte de ces habitats de nidifica-
tion naturels.
menaces
Le Merlebleu de l’Est est sensible
à la compétition avec des espèces
introduites comme le Moineau do-
mestique et l’Étourneau sansonnet
pour les sites de nidification. L’us-
age de pesticides peut causer une
intoxication de l’oiseau suite à l’in-
gestion de proies contaminées. Le
dérangement par les activités hu-
maines en période de nidification
affecte aussi l’espèce.
8.1 Planter des piquets de cèdre en guise de
perchoir
objectifs fauniques
158
• Assurer la disponibilité de perchoirs (sites de guet, de parade ou de repos) qui
a été considérablement réduite suite à la maximisation des surfaces cultivables
structures anthropiques
• Attirer les oiseaux de proie en tant qu’ennemis naturels des ravageurs de cul-
tures (gros insectes, petits mammifères ou oiseaux indésirables).
Coûts & bénéfices
conseils
+
• Réutiliser les piquets d’anciennes clôtures qui ont été retirés, mais conservés;
• S’informer de la disponibilité de piquets chez les producteurs environnants;
ci-dessous Goglu des prés • Effectuer un achat de nouveaux piquets en groupe;
© Alexandre Nicole • Planter les piquets à l’automne pour ne pas endommager les cultures ou après
la fauche des prairies;
• Planter les piquets dans le talus ou le long des fossés pour ne pas être incom-
modé lors du fauchage;
• Installer des piquets dans les pointes de champ comme alternative à la ligne
de fossé;
• Mettre en place des perchoirs de gros calibre pour attirer les oiseaux de proie
(voir recommandation 4.3);
• Conserver les clôtures des pâturages lorsqu’ils sont convertis en cultures an-
nuelles ou en prairies (voir recommandation 8.2).
motivations
• Application facile et simple;
• Coût d’implantation faible;
• Aucun entretien une fois implanté;
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
• Élément permettant de définir et d’assurer une bande riveraine réglementaire
ou élargie;
• Réutilisation et valorisation de piquets inutilisés;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Augmentation de la biodiversité.
1 2
159
structures anthropiques
3
160
objectifs fauniques
• Attirer les insectivores aériens et les oiseaux de proie en tant qu’ennemis na-
Coûts & bénéfices turels des ravageurs de cultures;
conseils
• Déplacer ou retirer au besoin les poteaux nuisant aux déplacements de la
machinerie;
• Porter une légère attention à cette structure lors des travaux au champ afin d’ap-
porter des correctifs nécessaires permettant d’éviter des bris de la machinerie
(retrait des fils cassés, poteau endommagé, etc.);
• Avoir en tête que cette clôture peut être discontinuée et que l’usage est essen-
tiellement lié à l’offre de perchoirs.
161
structures anthropiques
Sections
conservées
motivations
• Application facile et simple;
• Aucun coût d’implantation;
• Faible entretien une fois implanté;
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
• Élément permettant de définir et d’assurer une bande riveraine réglementaire;
• Succession végétale sous la clôture agissant comme une zone tampon;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage;
• Réutilisation et valorisation de piquets inutilisés;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Augmentation de la biodiversité.
description
Habitats cibles Implanter des nichoirs adaptés à des espèces spécifiques en fonction des intérêts
des producteurs et des éléments du paysage (ex. : Merlebleu de l’Est, Hirondelle
bicolore, Crécerelle d’Amérique, Petit-duc maculé, Canard branchu, etc.) (51).
objectifs fauniques
162
• Assurer la disponibilité de sites de nidification de rechange aux espèces uti
lisant naturellement des cavités dans les arbres morts ou sénescents (chicots)
structures anthropiques
• Attirer les insectivores aériens et les oiseaux de proie en tant qu’ennemis na-
turels des ravageurs de cultures.
Coûts & bénéfices
conseils
+++
• Tenir compte des spécificités de l’espèce ciblée pour la construction et l’im-
plantation des nichoirs (taille, diamètre et forme de l’ouverture, orientation,
hauteur, distance entre chaque nichoir, ajout de matériaux, habitat, etc.) (voir
annexe D);
• Construire soi-même les nichoirs pour épargner des coûts (plans de construc-
tion disponibles en ligne gratuitement);
• Effectuer un achat de plusieurs nichoirs en groupe;
• Éviter de teindre ou de peindre l’intérieur des nichoirs;
• Installer les nichoirs à au moins 250 mètres des bâtiments de ferme pour
ne pas attirer des espèces indésirables comme l’Étourneau sansonnet et le
Moineau domestique;
• Fixer adéquatement les nichoirs sur des piquets de clôture, des arbres sé-
nescents ou des poteaux en acier en tenant compte des spécificités de l’espèce
ciblée;
ci-contre Le Tyran huppé utilisera un nichoir aux dimensions adaptées (voir annexe
D) placé à la lisière d'un boisé, dans une forêt clairsemée ou dans un verger.
© Sylvain Lafrenière
1 2
163
structures anthropiques
3 4
Ne pas détruire les nids construits par les Hirondelles rustiques, espèce désignée
menacée en 2011 par le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril
au Canada) (51).
conseils
• Laisser une ouverture d’une vingtaine de centimètres pendant la ponte et
l’élevage des jeunes si un couple a construit un nid dans un bâtiment (140);
• Fixer une planchette sous le nid (30 cm X 30 cm) pour retenir les fientes des
oisillons et limiter les désagréments engendrés par ces salissures (fig. 8-2) (51);
• Installer des obstacles (ex. grillages souples ou filets) pour éviter que l’Hiron-
delle rustique construise son nid à des endroits jugés inappropriés ou non
souhaités;
motivations
• Application facile, simple et peu exigeante;
• Aucun coût associé à son application;
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
30 cm
165
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Attachement à cette espèce emblématique;
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril.
30 cm
ci-dessous L'Hirondelle
© Stéphane Lamoureux
166
objectifs fauniques
• Attirer cette espèce fortement en déclin depuis les dernières années en offrant
structures anthropiques
• Bénéficier d’une espèce reconnue pour consommer une grande quantité d’in-
+ sectes piqueurs ou ravageurs des cultures (1);
• Contrôler les sites de nidification de cette espèce et éviter les désagréments.
conseils
• Fixer à l’intérieur des bâtiments, aux endroits désirés, des nids artificiels
(demi-coupe de bois, fig. 8-3), des supports latéraux (fig. 8-5), des clous, des
crampons, de la moustiquaire, du grillage, ou d’autres matériaux poreux sur
une poutre ou à 15-20 cm en dessous du plafond afin de faciliter la construction
fig 8-3 Demi-coupe
d’un nid (140);
servant de support pour
le nid installée entre 13 à • Placer ces supports non loin de l’ouverture d’envol, soit à une distance de 2 à
20 cm d'une corniche ou 5 m dans la mesure du possible (140);
d'un plafond • Laisser une ouverture d’une vingtaine de centimètres pendant la ponte et
l’élevage des jeunes si un couple a construit un nid dans un bâtiment (140);
• Installer à l’extérieur des bâtiments des supports (fixes ou amovibles, fig. 8-4 et
8.5) en matériaux poreux ou des nids artificiels (demi-coupe de bois, fig. 8-3)
22 cm
dans les 20 premiers centimètres d’une paroi latérale et à l’abri des intempéries
16 cm
(surplomb de 30 cm) (140);
12 cm
8 cm
• Aménager, dans les pointes de champ ou autres zones non cultivées, des abris
spécifiques en bois pour la nidification de l’Hirondelle rustique (fig. 8-6, voir
9 cm
annexe E);
• Créer ou mettre en valeur des étangs ou autres petits milieux humides pour
favoriser l’abondance d’insectes et l’approvisionnement en boue (voir recom-
4 cm mandations 7.5 et 7.7);
• Maintenir les pâturages et sortir davantage le bétail des bâtiments afin de
favoriser la présence d’insectes dont elle se nourrit (voir recommandation 3.1);
• Fixer une planchette (30 cm x 30 cm) sous le nid pour retenir les fientes des ci-dessus Vue en plongée
oisillons et limiter ainsi les désagréments engendrés par ces salissures (fig. d'une demi-coupe 167
8-2) (51). © Regroupement Québec
structures anthropiques
par Nature-Action Québec
15 cm
(min)
15 cm 15 cm
(min) (min)
fig 8-6 Abri de bois
spécialement conçu pour
la nidification de l'Hiron-
delle rustique
168
structures anthropiques
motivations
• Application facile, simple et peu exigeante;
• Faible coût associé à son application selon les supports ou structures utilisés;
• Aucun dérangement aux cultures et aux travaux agricoles;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Attachement à cette espèce emblématique;
• Intérêt à fabriquer soi-même les nichoirs artificiels ou les abris spécifiques;
• Intérêt pour la conservation d’espèces en péril.
8.6 Maintienir les bâtiments et autres structures
isolés
169
objectifs fauniques
• Assurer la disponibilité de sites de nidification, d’abris ou encore de perchoirs
structures anthropiques
pour le guet, l’alimentation ou la parade;
• Attirer les oiseaux de proie en tant qu’ennemis naturels des ravageurs de cul-
tures (gros insectes, petits mammifères ou oiseaux indésirables);
Coûts & bénéfices
• Réduire la compétition pour des sites de nidification avec des espèces intro-
duites ou domestiquées (ex. : Étourneau sansonnet, Moineau domestique);
+
• Réduire la prédation engendrée par des espèces associées à l’homme (chat,
rat).
conseils
• Entretenir périodiquement les bâtiments et les autres structures isolés en
champ pour en assurer leur pérennité;
dans les bâtiments isolés en champ afin que les oiseaux puissent y avoir accès;
• Conserver les nids présents dans les bâtiments ou sur les structures isolées.
motivations
• Application simple, facile et peu exigeante;
• Aucun coût lié à son implantation (déjà en place);
• Peu ou pas d’entretien;
• Bénéfices pour les oiseaux observables;
• Attrait d’ennemis naturels d’espèces nuisibles aux cultures;
• Appréciation visuelle de cet élément du paysage.
© Catherine Dion
le busard saint-martin
Circus cyaneus
statut
Non en péril
tendance annuelle
-6.3 % (relevé des oiseaux nicheurs
1989-2009)
présence au québec
Nicheur migrateur et/ou hivernant
occasionnel dans le sud du Québec.
Le Busard Saint-Martin est un ra-
pace fréquentant les pâturages, les
prairies d’herbes hautes et basses,
les fourrages ou les champs aban-
donnés. On le retrouve principale-
ment au sol, où il niche dans les
ilots d’herbes hautes, ou encore
perché sur un poteau de clôture à
la recherche de proies. Il se nourrit
de mammifères de petite taille, d’oi-
seaux, de grenouilles et de couleu-
vres et même parfois de charognes.
menaces
Le drainage des terres a réduit con-
sidérablement le nombre de milieux
humides où le Busard Saint-Mar-
tin pouvait s’alimenter ou nicher.
L’utilisation de pesticides affecte la
disponibilité des ressources alimen-
taires. Le passage de la machinerie,
le fauchage du foin et le pâturage in-
tensif peuvent causer la destruction
des nids et des oisillons. La dispa
rition de structures anthropiques,
telles que les clôtures, et la perte
d’habitats marginaux, tels que les
arbres isolés, réduit les perchoirs
de guet disponibles pour le Busard
Saint-Martin.
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faune. Adresse URL: [Link]
Projets/Qualitedeleauenbiodiversite/Qualitedeleauetbio- 144 Larose, P., Roger, L. et C. Azar. 2015. La culture du blé
[Link] Page consultée le 4 mai 2014. d’automne postsoya. Coopérateur, avril, 44 :4.
documents de référence
Atlas des oiseaux nicheurs du Québec. 2015. Résultats [cartes interactives]. Données
consultées sur le site de l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec. Regroupement
QuébecOiseaux, Service canadien de la faune d'Environnement Canada et Études
d'Oiseaux Canada. Québec, Canada.
Rapport complet :
[Link]
Recommandations :
[Link]
En ligne :
[Link]
Jusqu'à 2 m
Dièreville chèvrefeuille Diervilla lonicera • • • • 0,9 à 1 0,9 à 1 rapide 3a
Myrique baumier Myrica gale • • • • 1à2 2 moyenne 2a
Raisin d'ours Arctostaphylos uva-ursi • • • • • • 0,3 1,5 moyenne 2a
Spirée à larges feuilles Spiraea latifolia • • • • 1,5 1,5 moyenne 4
Sumac aromatique Rhus aromatica • • • • • • 1à2 2à3 lente 3
Viorne à feuilles d'érable Viburnum acerifolium • • • • 2 2 lente 3
Viorne cassinoïde Viburnum cassinoides • • • • • • 1,5 1,2 moyenne 2a
Amélanchier du Canada Amelanchier canadensis • • 7 4 moyenne 4a
Aubépine à feuilles rondes Crataegus chrysocarpa • • • • • • 4à6 4à6 lente 4
Aubépine flabelliforme Crataegus flabellata • • • • 5à6 5à6 moyenne 4
Cerisier de Virginie Prunus virginiana • • • • • • 6 6 moyenne 0a
Chalef argenté Elaeagnus commutata • • 2 3 rapide 4
Clavalier d'Amérique Zanthoxylum americanum • • 2,5 2,5 moyenne 3
Houx verticillé Ilex verticillata • • • • 2 1,8 lente 3b
Noisetier à long bec Corylus cornuta • • • • • • 2,4 2,4 lente 3
Noisetier d'Amérique Corylus americana • • 3 1,5 rapide 2a
Physocarpe à feuilles d'Obier Physocarpus opulifolius • • • • • • 2,5 2,5 moyenne 2b
De 2 à 7 m
Prunier noir Prunus nigra • • • 4 3 lente 4
Sorbier des montagnes Sorbus decora • • 7 5 lente 2
Sumac glabre Rhus glabra • • 3 2 rapide 3a
Sumac vinaigrier Rhus typhina • • • • • • 6 5 rapide 3a
Sureau du Canada Sambucus canadensis • • • • • • 3 2 rapide 3a
Sureau pubescent Sambucus pubens • • • • • 4 3 moyenne 5
Viorne lentago Virburnum lentago • • • • • • 3à6 2à3 rapide 2a
Viorne trilobée Viburnum trilobum • • • • 4 3 moyenne 2a
Type de sol Emplacement Floraison et fructification
7 m et plus
Épinette blanche Picea glauca • • 20 à 30 6 à 10 moyenne 1a
Frêne de Pensylvanie Fraxinus pensylvanica • • • • • • 7 à 25 10 à 12 rapide 3a
Micocoulier occidental Celtis occidentalis • • • • 18 12 moy. à rapide 2
Pin blanc Pinus strobus • • • 30 à 50 7 rapide 2b
Sorbier d'Amérique Sorbus americana • • 15 à 20 10 à 15 moyenne 3
Couleur de la
Nom commun Nom latin Argile Sable Loam Hauteur (cm) Rusticité M A M J J A S O N
fleur
Achillée millefeuille Achillea millefolium • 30 à 60 2 blanc
Ancolie du Canada Aquilegia canadensis • 30 à 40 3 rouge
Aster à feuilles cordées Symphyotrichum cordifolium • 30 à 100 3 bleu, violet
Aster lancéolé Symphyotrichum lanceolatum • 60 à 250 3 blanc
Barbon à balais Schizachyrium scoparium • 30 à 40 4 vert
Campanule à feuilles rondes Campanula rotundifolia • 20 à 30 3 bleu
Deschampsie cespiteuse Deschampsia cespitosa • 20 à 100 4 vert
Échinacée pourpre Echinacea purpurea • 70 à 90 3 rose
Épilobe à feuilles étroites Chamaenerion angustifolium • 50 à 200 1 rose, violet
Herbacées vivaces
Faux-sorgho penché Sorghastrum nutans • 100 à 240 4 vert
Onagre vivace Oenothera perennis • • 50 4 jaune
Panic raide Panicum virgatum • 70 à 200 3 vert
Phlox paniculé Phlox paniculata • 100 3 blanc, rouge
Rudbeckie orangée Rudbeckia fulgida • • 30 à 100 3 jaune
Verge d'or du Canada Solidago canadensis • 30 à 150 3 jaune
annexe c | Perchoirs et plateformes de nidification pour les oiseaux de proie
184
9”
6”
4’
188
Crécerelle Hirondelle Merlebleu Petit-duc Canard Tyran Petite
d’Amérique bicolore de l’Est maculé branchu huppé Nyctale
Plancher (cm) 20 x 20 13 x 13 13 x 13 20 x 20 30 x 30 15 x 15 15 x 15
Hauteur (cm) 30 - 38 15 - 20 20 - 25 30 - 38 56 20 - 25 25 - 30
Forme de
Ronde Ronde Ronde Ronde Ovale Ronde Ronde
l’ouverture
Hauteur entre
l’ouverture et le 23 - 30 10 - 15 15 - 20 23 - 30 43 15 - 20 20 - 25
plancher (cm)
Hauteur
3,0 - 9,0 1,8 - 4,5 1,5 - 3,0 3,0 - 9,0 2,0 - 6,0 2,4 - 6,0 3,6 - 6,0
d’installation (m)
Habitat Milieu Urbain, Milieu Boisés Marais, Milieu rural, Dans les
ouvert périurbain, ouvert près ouverts, en marécage, pâturages, bûchers ou
agricole ou rural des champs bordure des étang, plaine champs, en bordure
agroforestier le long des boisés de déborde- bordure de des boisés
près des routes, près ment la forêt ou des
champs des boisés bûchers
annexe e | Plans de structures de nidification pour l'Hirondelle rustique
Structure 4'x8'
189
ci-contre Jeune
Hirondelle rustique
© Jean-Sébastien Guénette
Révision Le projet a également été rendu possible grâce à la collaboration de
professionnels du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimenta
tion du Québec (MAPAQ), du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs
(MFFP), d’Environnement Canada (EC), du Groupe ProConseil, du Club
Techno-Champ 2000 et de la Société de conservation, d’interprétation et de
recherche de Berthier et ses îles (SCIRBI) en tant que réviseurs du guide.
Finalement, nous tenons à remercier spécialement Alexandre Nicole pour son ci-dessus Buse à queue
importante collaboration dans la réalisation de ce guide (conception graphique, rousse © Richard Fournier
arbustes fruitiers
des recommandations
Hab. marginaux
Hab. marginaux
Bénéfices pour
anthropiques
anthropiques
maraîchères
aquatiques
les oiseaux
Structures
Pâturages
Vergers et
naturelles
végétaux
Grandes
Cultures
d’arbres
cultures
Prairies
Prairies
Culture
Friches
Coûts
1.1 Effectuer un usage raisonné des pesticides p. 38 • • • • • • $$ +++
1.2 Mettre en pratique le travail réduit du sol et préconiser le semis direct p. 39 • $$ +++
1.3 Éviter un semis en courbe dans le coin de champ p. 41 • $ ++
1.4 Interrompre l’épandage dans les virages p. 42 • • $ ++
1.5 Conserver une bande sans pesticides p. 43 • • $$ ++
1.6 Semer des rangs de tournesol parmi les rangs en cultures p. 44 • $ +
1.7 Adapter la période de labour p. 45 • • $ +
1.8 Cultiver des céréales d'automne p. 46 • $ ++
7.1 Conserver les végétaux des habitats marginaux déjà en place p. 138 • • • • • • • • • $ +++
7.2 Planter des arbres isolés p. 140 • • • • • $ ++
7.3 Mettre en place des haies diversifiées p. 142 • • • • • • • $$ +++
7.4 Aménager et améliorer les bandes riveraines p. 145 • • • • • • • • $$ +++
7.5 Retarder la fauche des fossés après la période de nidification p. 147 • • • • • • • $ ++
7.6 Aménager des fossés-avaloirs adaptés pour la faune p. 148 • • • • • • • $$ +
7.7 Créer ou mettre en valeur des étangs p. 150 • • • • • • • • $$$ +++
1-514-252-3190
1-888-OISEAUX
info@[Link]
[Link]
Ce guide a été réalisé grâce aux dons amassés par le Grand Défi
QuébecOiseaux et au soutien financier du Ministère de l'Agri‑
culture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, de la Fon
dation de la faune du Québec, d'Environnement Canada et de la
Fondation Schad.
100%