Interessant Dm7
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DEVOIR MAISON 7
Les parties I et II sont obligatoires, la partie III est facultative
Définitions et notations
• p désigne un entier naturel supérieur ou égal à 3.
• On note Mp (C) l’ensemble des matrices carrées d’ordre p à coefficients complexes, M1,p (R) l’ensemble
des matrices-lignes à p colonnes à coefficients réels, Mp (R) l’ensemble des matrices carrées d’ordre p à
coefficients réels, Ip la matrice diagonale de Mp (C) et de Mp (R) dont tous les coefficients diagonaux sont
égaux à 1.
• On note, pour toute matrice carrée A d’ordre p et tout (i, j) ∈ n1, po2 , (A)i, j le coefficient de A situé à la
ligne i et à la colonne j.
• On note, pour tout matrice-ligne L de M1,p (R) et tout j ∈ n1, po, (L)j le coefficient de L situé à la colonne
j.
• On dit qu’une suite de matrices (An )n>1 de Mp (R) converge vers une matrice A de Mp (R), et on note
An −→ A, si et seulement si : ∀(i, j) ∈ n1, po2 , (An )i, j −→ (A)i, j .
n→+∞ n→+∞
• On dit qu’une suite de matrices (Ln )n>1 de M1,p (R) converge vers une matrice L de M1,p (R), et on note
Ln −→ L, si et seulement si : ∀j ∈ n1, po, (Ln )j −→ (L)j .
n→+∞ n→+∞
• On admet que, si la suite (An )n>1 de matrices de Mp (R) converge vers la matrice A et si la suite de matrice
(Bn )n>1 de Mp (R) converge vers la matrice B, alors la suite (An Bn )n>1 converge vers la matrice AB.
• On admet que si la suite (An )n>1 de matrices de Mp (R) converge vers la matrice A et si L est une matrice-
ligne de M1,p (R), alors la suite (LAn )>1 de matrices converge vers LA.
∀(i, j) ∈ n1, po2 , ai, j > 0
p
• On appelle matrice stochastique toute matrice A = (ai, j ) de Mp (R) telle que :
X
∀i ∈ n1, po, ai, j = 1,
j=1
et on note ST p l’ensemble des matrices stochastiques de Mp (R).
,0 0 1/3-
11. Déterminer une matrice P 1 ∈ M3 (R), inversible et à coefficients diagonaux tous égaux à 1, telle que
A1 = P 1 D 1 P 1−1 et calculer P 1−1 .
12. Déterminer la limite de la suite (D n1 )n>1 , puis la limite de la suite (An1 )n>1 .
13. Déterminer la limite de la suite (Ln )n>1 . Expliquer ce résultat par des arguments probabilistes.
EML 2010
Partie I : Résultats généraux sur les matrices stochastiques. Illustrations
1.a. Il s’agit de montrer que AV = V si et seulement si
p
X
∀i ∈ n1, po, ai, j = 1.
j=1
p
X
AV = V ⇔ ∀i ∈ n1, po, ai, j = 1.
j=1 Mieux
Nous avons même prouvé
que toutes les matrices de
1.b. Puisque V est non nul, AV = V implique que V est un vecteur propre de A, associé à la valeur
ST p ont V comme vecteur
propre 1. On en déduit que toutes les matrices de ST p ont 1 comme valeur propre. propre.
2. Soient A = (ai, j )16i, j 6p et B = (bi, j )16i, j 6p deux matrices de ST p . Alors il est clair que
f A1 (X 1 ) f A1 (X 2 ) f A1 (X 3 )
1 0 0 X1
Mat(X 1,X 2,X 3 ) (f A1 ) = *. 0 1
2 0 +/ X2 .
1
, 0 0 3 - X3
Et puisque cette matrice représente f A1 , dont la matrice dans la base canonique est A1 , elle
est semblable à A1 .
1
( )
3.b.i. A3 est triangulaire, donc Spec(A3 ) = 1, .
2
Rappel
Puisque 1 n’apparaît qu’une fois sur la diagonale de A3 , dim E 1 (A3 ) = 1 et
Pour une matrice triangu-
laire, la dimension du sous-
1/2 0 0
1
!
espace propre associé à une
dim E 1/2 (A3 ) = 3 − rg A3 − I 3 ) = 3 − rg *.1/2 0 0+/ = 3 − 2 = 1. valeur propre λ est compris
2
, 0 1/2 0- entre 1 et le nombre de fois
où λ figure sur la diagonale
On a donc de A.
X
dim E λ (A3 ) = dim E 1 (A3 ) + dim E 1/2 (A3 ) = 2 < 3.
λ ∈Spec(A3 )
Or, si A3 était semblable à une matrice diagonale D, celle-ci aurait comme coefficients
diagonaux A et 1/2. L’un de ces deux coefficients devrait alors apparaître deux fois sur la
diagonale de D.
Mais alors le sous-espace propre associé de D devrait être de dimension 2, et il en se-
rait de même du sous-espace propre de A3 (rappelons que deux matrices semblables
ont mêmes valeurs propres, et des sous-espaces propres associés de même dimension).
Or, les deux sous-espaces propres de A3 sont de dimension 1, d’où une contradiction :
A3 n’est pas semblable à une matrice diagonale .
3.b.ii. Nous pourrions utiliser la matrice A2 pour réfuter cette affirmation, mais plus simplement,
notons que I 3 ∈ ST 3 , et que dim E 1 (I 3 ) = 3 , 1.
4.a. Par définition, on a AX = λX . En particulier, en identifiant la i-ème coordonnée, il vient
p
X
λx i = ai,k x k
k =1
et donc
p
X p
X p
X p
X p
X
|λx i | = ai,k x k 6 |ai,k x k | 6 ai,k |x k | 6 ai,k |x i | 6 |x i | ai,k 6 |x i |.
k =1 k =1 k =1 k =1 k =1
| {z }
=1
|λ| 6 1.
n−1
1X k
Donc d’après la question 1, la matrice A ∈ ST p .
n
k =0
n−1
1k = n, et donc
X
6. Commençons par traiter le cas x = 1. On a alors
k =0
n−1
1X k n
1 = = 1 −→ 1.
n n n→∞
k =0
n−1
1 − xn Danger
xk =
X
Si x , 1, alors .
1−x Attention à ne pas aller trop
k =0
vite, pour x = −1, il n’est pas
On obtient alors une suite bornée car
question d’utiliser le fait que
1 − xn |1 − x n | 1 + |x|n 2 x n → 0 : c’est faux !
= 6 6 .
1−x |1 − x| |1 − x| |1 − x| Rappel
1 Le produit d’une suite bornée
Puisque tend vers 0, on a alors :
n et d’une suite de limite nulle
tend vers 0.
n−1
1X k
lim x = 0.
n→∞ n
k =0
7. Puisque A et D sont semblables, elles ont les mêmes valeurs propres. Or, A étant stochastique,
ses valeurs propres sont de module inférieur à 1. Il en est donc de même de D, et ses valeurs
propres étant ses coefficients diagonaux, on en déduit que tous les coefficients diagonaux
3 En fait on sait que ces coef-
de D sont de module3 inférieur ou égal à 1.
Ainsi, en utilisant les données de l’énoncé, on a ficients sont réels, donc leur
module n’est autre que leur
D = diag(1, . . . , 1, λr +1 , . . . , λp ) avec ∀i ∈ nr + 1, po, |λi | 6 1 et λi , 1. valeur absolue.
| {z }
r fois
8.b. Il s’agit de prouver qu’une limite de matrices stochastiques est encore une matrice stochas-
tique.
Soit (i, j) ∈ n1, po2 . Alors ∀n ∈ N, (Bn )i, j > 0 car Bn ∈ ST p .
Donc par passage à la limite, Bi, j = lim (Bn )i, j > 0.
n→∞
p
X
De plus, ∀i ∈ n1, po et pour tout n ∈ N, (Bn )i, j = 1 et donc
j=1
p
X p
X p
X p
X
(Bn )i, j = 1 et donc Bi, j = lim (Bn )i, j = lim = 1.
n→∞ n→∞
j=1 j=1 j=1 j=1
Donc B ∈ ST p .
De plus, nous souhaiterions que PBc an ,B possède des coefficients diagonaux égaux à 1,
c’est-à-dire que si (f 1 , f 2 , f 3 ) est la base canonique de R3 , alors on souhaite avoir
Explication
e1 e2 e3
Les ? sont des coefficients
1 ? ? f1
qui peuvent prendre n’im-
PBc an ,B = *.? 1 ?+/ f2 . porte quelle valeur, les seules
,? ? 1- f3 contraintes portant sur les
coefficients diagonaux.
1 0 0
De plus, un calcul d’inverse nous donne P 1−1 = *.−1 1 0+/ .
, 1 −2 1-
1 0 0
12. On a D n1 = *.0 1
2n 0 +/, de sorte que
1
,0 0 3n -
1 0 0
lim D n1 = *.0 0 0+/ = D.
n→∞
,0 0 0-
1 0 0
lim An1 = P1 DP 1−1 = *.1 0 0+/ .
n→∞
,1 0 0-
Notons L 0 = a b c . Puisque {[X 0 = i], i ∈ n1, 3o} est un système complet d’événements,
13.
on a a + b + c = 1.
De plus, comme expliqué dans l’énoncé, on a
1 0 0
lim Ln = lim L 0An1 = L 0 ( lim An1 ) = a b c *.1 0+/ = a + b + c 0 = 1 0 .
0 0 0
n→∞ n→∞ n→∞
,1 0 0-
Ce résultat s’explique par le fait que si l’objet est dans l’urne 1, il n’en sort pas :
PX n =1 (X n+1 = 1) = 1.
De plus, si l’objet se trouve dans la seconde urne à un instant donné, il a une probabilité
1/2 de se trouver dans la première à l’instant suivant (et donc de ne plus en sortir), et de
même, depuis la troisième urne, il a une probabilité 1/3 de se trouver dans la première à
l’instant suivant, puis de ne plus en sortir.
Ainsi, quel que soit l’endroit où se trouve l’objet au départ, au bout d’un temps suffisamment
long, il finira presque sûrement par se retrouver dans la première urne, puis n’en sortira
Remarque
plus.
Ceci correspond au résultat du calcul : quel que soit a b c l’état de départ, alors au Ce type de situations sera
longuement étudié en TP,
bout d’un temps assez long, l’objet se trouvera dans l’urne 1 avec probabilité 1 (et donc c’est ce qu’on appelle des
dans les autres avec probabilité nulle). chaînes de Markov.