V- Inhibition
Cette épreuve est composée de trois parties, Dénomination, Inhibition et Changement. La
première condition consiste à présenter des formes à l’enfant ou l’adolescent (carrés et ronds
pour l’Item 1 ; flèches pointant vers le haut ou le bas pour l’Item 2) qu’il doit dénommer le
plus rapidement possible. Pour la deuxième condition, le sujet doit dénommer la forme
inverse à celle présentée (par exemple rond lorsqu’il voit un carré) et pour la troisième, la
dénomination de la forme doit être correcte ou inverse selon la couleur de la forme.
Cette épreuve mesure l’inhibition des réponses impulsives et la flexibilité mentale.
Administration
La première difficulté d’administration de cette épreuve réside dans le fait que selon l’âge du
sujet, toutes les conditions ne sont pas présentées. Ainsi, seules les deux premières tâches
(Dénomination et Inhibition) sont proposées aux enfants de 5 ans et 6 ans, mais à partir de 7
ans et jusqu’à 16 ans 11 mois, les trois parties sont présentées.
La deuxième difficulté est liée à la présentation des items sur le Cahier d’administration, car
les trois conditions sont présentées successivement pour l’Item 1 (carrés et ronds) puis à
nouveau, dans le même ordre, sur l’Item 2.
Enfin, même si lire les lettres présentées sur le Cahier d’administration (ce que doit faire le
professionnel pour vérifier que l’enfant ou l’adolescent ne commet pas d’erreur) est a priori
plus facile que dénommer des formes correctement ou à l’inverse (ce qui est demandé au
sujet), l’administration peut aller vite, surtout si le patient se corrige ou s’il saute une forme
ou une ligne… une grande concentration est donc attendue de la part du professionnel !
Cotation
Pour corriger l’épreuve, on additionne deux sous-parties identiques (Dénomination des carrés
et des ronds et Dénomination des flèches), même si elles ne sont pas proposées l’une à la
suite de l’autre.
Notez que les erreurs auto-corrigées sont comptabilisées comme des erreurs dans cette
épreuve, ce qui n’est pas le cas dans toutes les épreuves.
Pour chaque condition, il est demandé au professionnel de regarder si le sujet pointe
spontanément les stimuli du doigt (O/N). Il s’agit ici d’une observation comportementale.
Pour chaque condition, le nombre de points pour cette observation est de 2, qui correspond au
nombre d’Item(s) (0, 1 ou 2) de la condition concernée
(Dénomination, Inhibition ou Changement) pour lesquels l’enfant ou l’adolescent a pointé les
stimuli.
Si une ligne est sautée par le sujet, il n’est pas demandé au professionnel de reprendre
l’enfant. En revanche, il devra considérer les huit formes non dénommées comme des erreurs.
Enfin, lorsque le professionnel se réfère à la table A.1. du Manuel clinique et
d’interprétation pour convertir les notes brutes en Notes étalonnées et équivalence en Rangs
percentiles, il devra faire preuve de vigilance car les colonnes ne sont pas présentées dans le
même ordre que sur le Cahier d’administration. La première colonne de la table A.1.
concerne en effet les erreurs auto-corrigées et la seconde les erreurs non corrigées.
Recommandation
Dans le cas d’une évaluation avec un enfant très lent, souffrant d’un trouble du langage
sévère ou présentant d’importantes difficultés exécutives, il est recommandé de lui proposer
au préalable l’épreuve Dénomination rapide. Si celle-ci est très chutée, il est probable que
l’épreuve Inhibition ait peu d’intérêt car la première condition (Dénomination) sera
probablement très difficile pour l’enfant, et les conditions suivantes trop ardues pour être
discriminantes. Cependant, les deux subtests diffèrent par le matériel présenté (figures vs
lettres – chiffres), et donc par le mode d’accès aux étiquettes verbales correspondantes, la
tâche de dénomination rapide peut donc être plus difficile pour les enfants avec un trouble du
langage.
Dans le cas d’une évaluation avec un enfant présentant des difficultés visuo-spatiales, il est
recommandé de s’écarter des conditions classiques de standardisation, en l’invitant à suivre
les items avec son doigt ou en utilisant un cache fin de l’aider à suivre les lignes et à passer
correctement d’une ligne à une autre.
Interprétation des scores
La première condition des Items 1 et 2 (Dénomination) vise à explorer la vitesse et la
précision de l’enfant ou de l’adolescent de dénomination, c’est-à-dire d’accès à un lexique de
mots connus.
Les scores obtenus pour cette condition font également office de « ligne de base » pour
interpréter les résultats aux deux autres conditions (éventuel ralentissement et ou perte de
précision, ou l’inverse, si l’épreuve est renforcée en fonctions exécutives).
La note IND Total Durée d'exécution renseigne sur la vitesse d’exécution. Elle doit être
interprétée en regard de la note IND Total Erreurs afin de juger de l’équilibre que l’enfant
trouve entre ces deux aptitudes. Un Rang percentileIND Total Erreurs élevé (correspondant à
un nombre d’erreurs faible) correspond à une bonne performance car ce rang représente le
pourcentage de sujets du même âge faisant plus d’erreurs que lui.
Pour comparer ces deux notes, il existe deux options. La première est de se référer à la Note
étalonnée IND composite et de la comparer à la Note étalonnée IND Total Durée d'exécution.
La seconde option est de comparer directement la Note étalonnée IND Total Durée
d'exécution et le Rang percentileIND Total Erreurs, en se référant à la grille de
correspondance entre Notes étalonnées et Rangs percentiles.
Attention ! Pris isolément, le Rang percentile IND Total Erreurs Auto-Corrigées n’a aucune
signification. Il est en effet déterminé par rapport au nombre d’autocorrections. Si un enfant
commet plus d’erreurs que la moyenne (Rang percentile IND Total Erreurs faible) mais qu’il
en corrige autant que la moyenne (Rang percentile IND Total Erreurs Auto-
Corrigées moyen) ou moins (Rang percentile IND Total Erreurs Auto-Corrigées élevé), la
capacité d’auto-correction de l’enfant doit être considérée comme mauvaise. De même, si un
enfant commet plus d’erreurs que la moyenne (Rang percentile IND Total Erreurs faible)
mais qu’il en corrige plus que la moyenne (Rang percentile IND Total Erreurs Auto-
Corrigées faible) la capacité d’auto-correction de l’enfant doit être considérée comme
existante mais déclenchée trop tardivement.
La deuxième condition de l’épreuve, Inhibition, permet d’une part d’identifier la vitesse et la
précision du sujet face à une tâche qui lui demande d’inhiber les réponses automatiques non
pertinentes (représentées par la Note étalonnée INI Total Durée d'exécution et le Rang
percentile INI Total Erreurs) mais également l’impact positif ou négatif du renforcement de
la tâche en contrainte d’inhibition (représenté par la différence entre la Note étalonnée IND
Total Durée d'exécution et la Note étalonnée INI Total Durée d'exécution et par la différence
entre le Rang percentile IND Total Erreurs et le Rang percentile INI Total Erreurs).
Dans cette deuxième condition, l’analyse des erreurs auto-corrigées suit la même démarche
que celle décrite précédemment.
Enfin, la troisième condition, Changement, mobilise les mêmes compétences que lors des
deux conditions précédentes (vitesse d’exécution, capacités d’inhibition), mais demande
également à l’enfant ou à l’adolescent de comprendre et mémoriser une consigne complexe
(langage réceptif et mémoire de travail) et de faire preuve de flexibilité mentale. De la même
manière que pour l’interprétation de la condition Inhibition, la Note étalonnée INC Total
Durée d'exécution et le Rang percentile INC Total Erreurs portent une signification
lorsqu’elles sont considérées isolément, mais celles-ci doivent également être interprétées au
regard des scores obtenus lors des conditions précédentes.
Contextes cliniques particuliers
Les enfants et adolescents présentant des difficultés visuo-spatiales ou de balayage visuel
peuvent avoir du mal à passer d’une ligne à l’autre sans en sauter. Il est envisageable de
masquer avec une feuille blanche les lignes inférieures afin de les aider à suivre.
Le subtest inhibition a été conçu pour évaluer de multiples aspects des
fonctions exécutives,
comme le contrôle inhibiteur, la flexibilité́ cognitive et l'autocontrôle
Le subtest inhibition corrèle avec Paires de mots de la CMS, une tache qui
demande à la fois a mémoire et des fonctions de contrôle. Le WISC-IV et la
WNV montrent des corrélations significatives avec des mesures du
raisonnement perceptif et de la vitesse de traitement. Les capacités
intellectuelles verbales ne sont pas liées à la performance, ce qui suggère
que les aptitudes verbales ne permettent pas de prédire de bonnes
performances dans cette tâche. Les compétences en mathématique
corrèlent de manière significative avec le contrôle inhibiteur. Dans le
subtest inhibition, les conditions inhibition et Changement sont fortement
corrélées.
Une note étalonnée composite inhibition-inhibition faible est supposée
pointer un déficit du contrôle inhibiteur. Une note étalonnée composite
inhibition-Changement faible est suppos& pointer un déficit du contrôle
inhibiteur et un déficit de flexibilité́ cognitive ; toutefois, ce subtest étant
assez complexe, il importe d'examiner les notes d'erreurs avant
d'interpréter les résultats.
De nombreuses notes au subtest inhibition doivent être prises en compte
dans L’interprétation des résultats de I ‘enfant. Il n'est pas indispensable
d'utiliser toutes les notes : le subtest peut être interprèté au moyen de
deux mesures principales, la Note étalonnée composite inhibition et la
Note étalonnée composite Changement. Toutefois, ces notes doivent être
envisagées par rapport à la Note étalonnée composite Dénomination.
Les notes suivantes sont obtenues pour chacune des trois conditions du
subtest inhibition : des notes étalonnées pour Total Durée d'Exécution,
des rangs percentiles pour Total Erreurs et une note étalonnée composite
qui combine les notes Total Durée d'exécution et Total Erreurs pour
chaque tache. Une note inhibition Total Erreurs est également fournie
pour le nombre total d'erreurs à travers les trois taches, mais elle doit être
interprétée par rapport aux notes Total Erreurs de chaque condition, les
erreurs dans une seule condition pouvant impacter considérablement
cette note. Les notes de comparaison comprennent la Note Étalonnée de
comparaison de Dénomination et d'inhibition et la Note étalonnée de
comparaison d'inhibition et de Changement. Des percentiles sont fournis
pour Total
Erreurs Autocorrigées et Total Erreurs Non Corrigées pour chaque tache.
La décision de reporter des notes spécifiques doit être basée sur la ou les
note(s) qui représentent le mieux le fonctionnement de I ‘enfant.
Pour chaque tache, il est recommandé́ de reporter le Total Durée
d'exécution et le Total
Erreurs. Ceci permet au clinicien de classer les performances de l'enfant
en quatre catégories, en fonction de la vitesse et de I ‘exactitude : lent et
exact, rapide et exact, lent et inexact ou rapide et inexact. Si I ‘enfant
commet un grand nombre d'erreurs, il importe de préciser si ces erreurs
étaient autocorrigées ou non corrigées
La Note étalonnée de comparaison de Dénomination et d'inhibition et la
Note étalonnée de comparaison d'Inhibition et de Changement permettent
de déterminer si la charge cognitive additionnelle à inhibition ou à
Changement entraine de plus faibles performances par rapport à la
compétence mesurée dans la tache précédente. Autrement dit, l'enfant
présente-t-il un déficit de contrôle inhibiteur étant donné sa vitesse de
dénomination ? Chez les enfants qui présentent de faibles compétences
de dénomination, il sera difficile d'identifier des déficits additionnels du
contrôle inhibiteur. Toutefois, les deux problèmes peuvent coexister et la
note de comparaison permet de déterminer si le contrôle inhibiteur de
l'enfant est plus faible qu'attendu étant donné son aptitude en
dénomination. Le Tableau 6.6 présente des hypothèses
d'interprétation de notes à inhibition.
Dénomination : Lorsque le nombre d'erreurs de dénomination est élevé́, le
clinicien cherchera à déterminer si I ‘enfant a commis principalement des
erreurs de dénomination autocorrigées ou non corrigées. Les erreurs
autocorrigées indiquent que I ‘enfant reconnait une erreur lorsqu'il I
‘entend et qu'il existe un autocontrôle des performances, bien que trop
différé́ pour annuler l'erreur initiale. Ces enfants sont peut-être impulsifs
et commettent des erreurs dans leur travail, mais ils sont en mesure de se
rattraper. Le taux d'erreurs non corrigées reflète l'incapacité́ de I ‘enfant à
reconnaitre les erreurs commises. L’incapacité́ à reconnaitre une erreur
peut suggérer de très faibles capacités de langage ou un autocontrôle peu
développé́. Un Total Durée d'exécution de Dénomination faible reflète de
faibles capacités de dénomination ou une faible vitesse de traitement et
peut aussi refléter un grand nombre d'erreurs autocorrigées.
La Note étalonnée composite Dénomination intègre le taux d'erreurs et la
durée d'exécution, en mettant l'accent sur l'exactitude de performance
plus que sur la vitesse d'exécution. Une Note étalonnée composite
Dénomination faible peut pointer une faible vitesse ou un grave manque
de précision. Il convient d'examiner les notes Total Durée d'exécution et
Total Erreurs pour déterminer I ‘origine de l'échec.
Inhibition : Cette tache demande en même temps de contrôler une
réponse automatique et de la remplacer par une réponse nouvelle. Ceci
crée une exigence complémentaire de flexibilité́ cognitive parce que
l'enfant doit remplacer une réponse logique par une réponse nouvelle.
L’épreuve est conçue pour identifier les enfants susceptibles d'avoir des
comportements impulsifs.
Une note Total Durée d'exécution d'inhibition très faible associée à un
grand nombre d'Erreurs d'inhibition dénotent un enfant qui se laisse
facilement entrainer par son impulsion. Le ralentissement de la vitesse
n'aide pas cet enfant à acquérir un contrôle cognitif suffisant pour
abaisser le taux d'erreurs. Une faible vitesse associée à des taux d'erreurs
relativement bas indique que l'enfant a ralenti dans l'exécution pour
gagner en contrôle cognitif et limiter les taux d'erreurs. Ces enfants
doivent lutter avec les exigences inhibitrices de la tâche, mais, plutôt que
de commettre des erreurs d'impulsivité́, ils ralentissent volontairement
leurs performances. Ces enfants rencontrent des difficultés à achever les
tâches à l'école, ou à les achever dans le temps imparti, mais ils
réussissent bien ce qu'ils exécutent.
Les enfants dont la vitesse de traitement et les taux d'erreurs sont très
élevés manifestent typiquement un comportement impulsif. Ils sacrifient
l'exactitude à la rapidité́ d'exécution. Ils ne comprennent pas qu'il
convient de réduire leur vitesse de traitement pour mieux contrôler leurs
performances. On observe une vitesse d'exécution moyenne associée à
un taux d'erreurs élevé́ lorsque I ‘enfant essaye d'équilibrer vitesse et
contrôle, mais ne dispose pas des capacités inhibitrices qui lui
permettraient de maintenir son taux d'erreurs dans des limites
acceptables. Ces enfants ne semblent pas aussi impulsifs que dans le cas
précèdent, mais leur travail témoigne d'un manque d'attention et compte
de multiples petites erreurs. Une vitesse d'exécution élevée associée à un
taux d'erreurs normal indique que I ‘enfant présente de bonnes capacités
inhibitrices.
Lorsque le nombre d'Erreurs d'inhibition est élevé́, le clinicien doit
examiner les notes Total Erreurs Autocorrigées d'inhibition et Total Erreurs
Non Corrigées d'inhibition. Les enfants très impulsifs manifestent des taux
d'erreurs élevés mais, si leur autocontrôle est intact, ils prennent souvent
conscience d'une erreur après l'avoir commise. Ils ne peuvent s'empêcher
de la commettre, mais la reconnaissent quand ils la prononcent. Ceci peut
être un problème en mémoire de travail, I ‘enfant étant incapable
d'exécuter la tâche et de contrôler l'information parvenant simultanément
dans la mémoire de travail. L’enfant peut être frustré par son incapacité́ à
s'empêcher de commettre des erreurs. D'autres enfants ne reconnaissent
pas les erreurs et font un grand nombre d'erreurs d'impulsivité́ sans les
identifier. Ceux-ci manifestent à la fois des problèmes d'impulsivité́ et
d'autocontrôle.
La Note étalonnée composite inhibition intègre le taux d'erreurs et la
durée d'exécution et met l'accent sur la précision de performance plus
que sur la durée d'exécution. Des notes faibles suggèrent une faiblesse du
contrôle inhibiteur. Toutefois, les performances peuvent résulter d'une
grande lenteur associée à quelques erreurs d'impulsivité́ ou d'un taux
d'erreurs très élevé́ associé à une vitesse d'exécution relativement bonne.
Une note moyenne peut masquer un déficit lorsque la vitesse d'exécution
est très élevée. Il convient d'évaluer séparément la vitesse et les erreurs
pour comprendre quels processus sont déficients.
La Note étalonnée de comparaison de Dénomination et d'inhibition fournit
une estimation du degré́ de présence des effets inhibiteurs qui contrôlent
la vitesse initiale de dénomination.
Une note de comparaison élevée peut sembler paradoxale du fait que
l'enfant réalise des performances significativement supérieures à la tâche
la plus exigeante et non à la tâche la moins exigeante. Il existe plusieurs
explications à cela. La Note étalonnée composite Dénomination constitue
un puissant indicateur d'automatisation et les enfants qui ne manifestent
pas de lien étroit entre stimuli visuels et description verbale ne seront pas
aussi sensibles aux exigences inhibitrices de la condition inhibition. Ainsi,
ils ne font pas mieux à inhibition. Ils ne ralentissent pas comme le font les
autres enfants face aux demandes inhibitrices de la tâche, aussi leurs
performances s'améliorent par rapport à celles de leurs pairs. Il se peut
également que des enfants qui présentent généralement une faible
vitesse de traitement mais qui ne présentent pas de déficits spécifiques
de dénomination ou de contrôle inhibiteur réalisent de moindres
performances aux tâches qui présentent des écarts types plus faibles,
comme la tâche de dénomination. Du fait d'un moindre ralentissement, ils
se situeront plus loin de la moyenne qu'aux tâches présentant des écarts
types plus importants dans les échantillons tout venant. En ce sens, la
Condition Dénomination est un indicateur plus pur des déficits de vitesse
de traitement que la Condition inhibition.
Changement : Pour Changement, l'enfant doit assumer la demande
complémentaire de changer son comportement en fonction d'une
caractéristique de stimulus. Il doit donc contrôler un élément
d'information additionnel en mémoire de travail et être en mesure de s'en
tenir à la règle pendant toute la tâche. La demande de changement est
conçue pour identifier les enfants qui présentent des déficits de flexibilité́
cognitive. Ces enfants ne sont pas capables de changer leur
comportement en fonction de signaux environnementaux et risquent de
rencontrer des problèmes liés à la reproduction des mêmes
comportements ou à leur défaut d'adaptation à l'évolution des exigences
de I ‘environnement.
Les enfants qui obtiennent des notes faibles à Total Durée d'exécution de
Changement et qui commettent un grand nombre d'erreurs de
changement ont des problèmes significatifs de flexibilité́ cognitive. Bien
qu'ils diminuent leur vitesse pour mieux contrôler le processus, ils font
quand même des erreurs cognitives. Les enfants qui sont lents dans
l'exécution mais qui commettent peu d'erreurs ont quelques difficultés
avec le changement, qu'ils compensent en diminuant leur vitesse. Une
très grande vitesse d'exécution associée à un taux d'erreurs élevé́
caractérise des enfants qui sont très impulsifs et qui essayent de terminer
la tâche le plus vite possible sans tenir compte des règles imposées. Ces
enfants ont des problèmes de contrôle inhibiteur et de changement. Une
vitesse moyenne associée à un taux d'erreurs élevé́ suggère que l'enfant
n'a pas diminué́ excessivement sa vitesse pour optimiser le contrôle, mais
qu'il n'a simplement pas essayé d'en finir le plus vite possible avec la
tâche. Des erreurs de ce type reflètent probablement davantage de
difficultés avec le changement que chez les enfants qui se montrent plus
rapides, mais qui ont davantage tendance à répondre de manière
impulsive. Une très grande vitesse d'exécution associée à un taux
d'erreurs faible correspond à un enfant qui possède un très bon contrôle
exécutif à la fois pour le changement et pour I ‘inhibition.
Lorsqu'il observe un taux d'erreurs élevé́, le clinicien doit évaluer les taux
d'Erreurs Autocorrigées par opposition aux taux d'Erreurs Non Corrigées.
Ceci donne une bonne indication de l'autorégulation des comportements.
Une faiblesse du taux d'Erreurs Autocorrigées suggère un déficit
d'autorégulation du comportement de changement. Des taux élevés
d'Erreurs Autocorrigées indiquent des problèmes dans le contrôle du
comportement de changement qui n'excluent pas une autorégulation du
comportement.
La Note étalonnée composite Changement intègre les taux d'erreurs et la
durée d'exécution et met davantage l'accent sur la précision que sur la
vitesse d'exécution. Des notes élevées indiquent un bon contrôle du
comportement de changement. Des notes faibles peuvent indiquer une
vitesse de changement très faible ou un déficit du contrôle du
comportement de changement. Les notes de durée d'exécution et
d'erreurs doivent être évaluées séparément afin de déterminer les causes
de performances déficitaires
La Note étalonnée de comparaison d'inhibition et de Changement permet
de comparer les performances à la tâche Changement aux performances
à la seule tâche d'inhibition. Cette note est interprétée comme l'aptitude
de l'enfant au changement par le contrôle de son niveau de capacités
inhibitrices. Des notes faibles indiquent que l'enfant a échoué́ dans
l'aspect de l'épreuve concernant le changement par rapport à son niveau
de contrôle inhibiteur. Des notes faibles résultent parfois d'une charge
cognitive trop forte et l'enfant perd complètement pied. On observe des
notes élevées lorsque I ‘enfant réussit mieux à la tâche de Changement
qu'à la tâche d'inhibition. Les enfants qui présentent des capacités
inhibitrices très faibles réussissent parfois mieux à la tâche de
Changement, la moitié seulement des items étant des items d'inhibition
alors que les autres items concernent la Dénomination. Certains enfants
réussissent mieux après avoir été exposés à la tâche d'inhibition parce
qu'elle n'est plus nouvelle et qu'ils savent mieux comment l'aborder.