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Logique 2020

Le document est une introduction à la logique et à la philosophie, détaillant les définitions, divisions et concepts clés de ces disciplines. Il aborde la simple appréhension, le jugement et le raisonnement, ainsi que les différentes catégories et propriétés associées. La structure du texte est organisée en sections qui explorent les fondements de la logique et les méthodes de raisonnement.

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LOGIQUE

0. INTRODUCTION 2
0.1 Introductio ad philosophiam............................................................................................................... 2
0.1.1 Definitio philosophiæ 2
0.1.2 Division de la philosophie 3
0.2 Introduction à la logique ..................................................................................................................... 4
0.2.1 Notion de logique 4
0.2.2 Divisions de la logique 4

1. LA SIMPLE APPREHENSION 5
1.1 La simple appréhension et le concept en général............................................................................... 5
1.1.1 Notion de simple appréhension et de concept 5
1.1.2 Propriétés du concept 6
1.1.3 Expression du concept : le mot, le terme verbal 7
1.2 Classement des concepts ..................................................................................................................... 7
1.2.1 Classement en raison de la chose signifiée : les dix prédicaments ou catégories 7
1.2.2 Classement en raison de la manière d’attribuer un concept : Les 5 prédicables 8
1.2.3 Classement des concepts en raison de leur clarté 9
1.2.4 Classement des concepts en raison de leurs rapports mutuels 9
1.3 L’utilisation d’un terme pour exprimer un concept......................................................................... 10
1.3.1 L'utilisation du terme en lui-même univocité, équivocité, analogie 10
1.3.2 Valeur de suppléance d'un terme : “suppositio” 11
1.4 La définition...................................................................................................................................... 11
1.4.1 Les « modi sciendi » 11
1.4.2 Notion de définition 11
1.4.3 Règles d'une définition correcte 12
1.5 La division ......................................................................................................................................... 13
1.5.1 Notion de division 13
1.5.2 Les principales divisions 13
1.5.3 Règles d'une division correcte 14
1.5.4 POUR FAIRE UN PLAN 14

2. LE JUGEMENT 15
2.1 Le jugement lui-même ...................................................................................................................... 15
2.1.1 Notion de jugement 15
2.1.2 Propriété du jugement 15
2.2 L’énonciation ou proposition ............................................................................................................ 15
2.2.1 Notion d’énonciation 15
2.2.2 Division de la proposition 16
2.3 Propriétés de la proposition .............................................................................................................. 16
2.3.1 L’opposition 16
2.3.2 Conversion des propositions 17

3. LE RAISONNEMENT 17
3.1 Raisonnement et argumentation ....................................................................................................... 17
3.1.1 Notion de raisonnement 17
3.1.2 Notion d’argumentation 17
3.1.3 Lois du raisonnement et de l’argumentation 18
3.1.4 Divison du raisonnement et de l’argumentation 18
3.2 Le syllogisme catégorique ................................................................................................................. 18
3.2.1 Notion de syllogisme catégorique 18
3.2.2 Lois du syllogisme 18
3.3 Figures et modes du syllogisme catégorique ..................................................................................... 19
3.3.1 Figures du syllogisme 19
Couvent de la Haye-Aux-Bonshommes, année 2019-2020 ad usum privatum
2 COURS DE LOGIQUE 2019

3.3.2 Modes du syllogisme 19


3.3.3 L’importance de chaque figure 20
3.3.4 La réduction des modes 20
3.4 Division du syllogisme catégorique ................................................................................................... 20
3.4.1 Syllogisme complet et enthymème 20
3.4.2 Syllogisme droit et oblique 20
3.4.3 Syllogisme simple et composé 20
3.4.4 Syllogisme apodictique (ou démonstratif) et probable 21
3.5 Le syllogisme hypothétique ............................................................................................................... 21
3.5.1 Notion de syllogisme hypothétique 21
3.5.2 Division du syllogisme hypothétique 21
3.5.3 Le dilemme 21
3.6 L’induction........................................................................................................................................ 22
3.6.1 Notion d’induction 22
3.6.2 Le medium de l’induction et son principe 22
3.6.3 Division de l’induction 22
3.6.4 Analogie, exemple 23
3.7 Le sophisme ....................................................................................................................................... 23
3.7.1 Notion de sophisme 23
3.7.2 Fallaciae in dictione 23
3.7.3 Fallaciae in rebus, extra dictionem 23
3.8 La dispute scolastique ....................................................................................................................... 24
3.8.1 Ce qu’elle est 24
3.8.2 Charge du défenseur (defendens) 24
3.8.3 Charge de l’attaquant (arguens) 24

0. Introduction
0.1 Introductio ad philosophiam
0.1.1 Definitio philosophiæ
[Link] Definitio nominalis
a) Etymologia : filiva th`~ sofiva~ (Pythagore)
b) Usualis : « sapientia humana » ≠ donum sapientiae
C’est vrai surtout de la métaphysique, partie supérieure de la philosophie.
Sagesses objet Mode
Sagesse infuse (don du Saint-Esprit) Dieu en tant que Dieu Surnaturel
Théologie Dieu en tant que Dieu Naturel (raison)
Métaphysique (théologie naturelle) Dieu en tant que 1m Ens Naturel (raison)
La philosophie est un habitus intellectuel.
Habitus = qualitas stabilis disponens subiectum ad bene vel male esse sive operari.
Il y a les habitus entitatifs (affectent l’essence de la chose) et les habitus opératifs (affectent les
puissances opératives)
non ratiocinans Intellectus (speculativus) = habitus primorum principiorum speculativorum
Habitus  Synderesis (practicus) = habitus primorum principiorum practicorum
intellectualis  • conclusiones • generales : Sapientia = cognitio rerum omnium per altissimas causas
ratiocinans speculativas • speciales : Scientia = cognitio certa per causas
• actiones • agibilia : Prudentia = recta ratio agibilium
• factibilia : Ars = recta ratio factibilium
Les deux premiers sont des habitus naturels, les autres acquis.
L’intellectus donne l’évidence des 1ers principes. La science donne la connaissance des conclusions
(vérités démontrées).
Potentia Habitus
Intellectus Intellectus + Synderesis
Speculativa superior : Sapientia
Ratio  inferior : Scientia
COURS DE LOGIQUE 2019 3

Practica circa agibilia : Prudentia


circa factibilia : Ars
Potentia (operativa) = principium proximum agendi
Intellectus = potentia cognoscitiva essentiarum rerum.
Virtus = habitus operativus bonus

[Link] Definitio realis


Philosophia = scientia rerum omnium per causas altissimas, naturali ratione comparata.
Causa = omne quod influit esse rei
Causa efficiens = id quod actione sua rem producit in esse.
Causa finalis = id propter quod aliquid fit.
Causa formalis = id quo res est id quod est
Causa materialis = id ex quo res producitur
C’est la connaissance des « raisons les plus élevées des choses ».
Raisons des choses = les causes ou les principes considérés en tant qu’ils nous font comprendre
pourquoi la chose est ce qu’elle est.
Ratio (stricte) = id quo res est, ideoque intelligitur ut, id quod est et extra nihil
Principium = id a quo aliquid procedit quocumque modo
La philosophie considère toute chose à la lumière des causes premières, ce qui la distingue des autres
sciences. Cf Maritain, p. 70 (Descartes : sciences sont partie de philosophie – Comte : la philosophie est
une systématisation des sciences).
Objet = La chose considérée comme terme d’une puissance ou d’un habitus.
Objet matériel = omne quod attingitur a potentia vel habitu
Objet formel quo (ratio formalis sub qua, motivum) = lumen sive medium quo objectum attingitur
Objet formel quod (ratio formalis quae) = id quod per se primo attingitur et mediante quo objectum materiale attingitur
Ex de la vue : o m = les corps visibles ; o f quod = le coloré ; o f quo = la lumière.
L’o f quo et l’o f quod forment un seul objet formel : l’o f quod vu sous la lumière de l’o f quo.
Communément on confond l’objet et le sujet d’une science. Mais strictement, il y a une différence. Le
sujet est la chose sur laquelle se porte l’investigation scientifique, l’objet est l’ensemble des vérités
démontrées relativement à la chose qui est son sujet.
Eg pour la métaphysique, le sujet est l’être en tant qu’être, l’objet = les propriétés de l’être (divisions et
causes).
NB : La connaissance par les causes ultimes peut être par les causes ultimes simpliciter (sapientia
simpliciter, métaphysique), ou par les causes ultimes sec quid, dans un certain genre.

0.1.2 Division de la philosophie


Sapientis est ordinare : il y a trois parties dans la philosophie, et Notre-Seigneur les a étudiées toutes
les trois. Ordre dans nos pensées, ordre dans les choses, ordre dans nos actions.
Il mettait de l’ordre dans sa raison, dès l’âge de raison : La philosophie rationnelle. Pour convaincre ses
auditeurs (Lc 2:47 stupebant autem omnes qui eum audiebant super prudentia et responsis eius ; Lc 4:32
et stupebant in doctrina eius quia in potestate erat sermo ipsius) et pour confondre ses contradicteurs).
Il regardait et admirait l’ordre de la nature. Notre-Seigneur regardait l’eau, la terre où le grain meurt,
l’air et le vent, le feu, le coucher et le lever de soleil, les fleurs des champs, les oiseaux du ciel, les serpents
et les colombes, et de là il s’élevait à la connaissance de Dieu, de sa Providence, de sa Bonté…
Il regardait les hommes, il comprenait que l’homme est fait pour connaître et aimer Dieu, il étudiait les
vices et les vertus… La philosophie morale.
Dans l’ordre d’apprentissage 1 :

1 — « Quia non est facile, quod homo simul duo capiat, sed, dum ad duo attendit, neutrum capere potest: absurdum est,
quod homo simul quaerat scientiam et modum, qui convenit scientiae. Et propter hoc debet prius addiscere Logicam quam
alias scientias, quia Logica tradit communem modum procedendi in omnibus aliis scientiis » (Saint Thomas in Met. II, l. 5,
n. 335).
4 COURS DE LOGIQUE 2019

• Philosophie rationnelle (logique), Organon circa ens logicum (ordinatio conceptuum ad veritatem
attingendam).
• Philosophie • Physique (y compris psychologie) circa ens corporeum, mobile, sensibile.
spéculative • Métaphysique (y compris critique et théologie naturelle)
• Philosophie pratique, ou morale (y compris politique) de actibus humanis ordinandis ad finem ultimum

0.2 Introduction à la logique


0.2.1 Notion de logique
Étymologiquement, la « connaissance logique » est la science rationnelle, c'est-à-dire celle qui s’occupe
de l’acte de la raison.
Logica = ars directiva ipsius actus rationis in verum (l’art qui dirige l’acte même de la raison vers le vrai).
Logica = « ars directiva ipsius actus rationis, per quam scil. homo in ipso actu rationis ordinate et faciliter et sine errore
procedat » (Saint Thomas in Anal. post. I, lect. 1).
Voir Expositio Posteriorum, lib. 1 l. 1 n. 1 à 3a.

0.2.2 Divisions de la logique


[Link] Selon les trois opérations de l’esprit
L’acte de la raison par excellence est le raisonnement, acte de l’esprit qui fait découvrir une nouvelle
vérité (conclusion) à partir de vérités connues (prémisses). Il est propre à l’intellect humain de raisonner,
et pour cela il est appelé raison.
Pour étudier le raisonnement, il faut étudier le jugement ; et pour étudier le jugement, il faut étudier la
simple appréhension. D’où la division de la logique en trois parties selon les trois opérations de l’esprit.
• Simple appréhension (1ère opération de l’esprit) Ex : Pater, Pater juste, Pater sancte
• Jugement (2e opération de l’esprit) Ex : Votre Père céleste est parfait
• Raisonnement (3e opération de l’esprit) Ex : Un enfant doit imiter son père ; or votre père céleste…
Exemple de raisonnement : Le péché est une offense contre Dieu. Or Dieu est infini. Donc le péché est
une offense …… Or la justice exige une réparation équivalente à la faute. Donc la justice exige pour le
péché une réparation …… Or l’homme est fini. Donc l’homme ………
Mon Père veut que je boive ce calice. Or je fais toujours ce que mon Père veut. Donc
Voir Expositio Posteriorum, lib. 1 l. 1 n. 3b et 4.
[Link] Selon les processus de la raison
Discours nécessaire, probable, défaillant.
Voir Expositio Posteriorum, lib. 1 l. 1 n. 5.
[Link] Division du discours nécessaire
Forme et matière du syllogisme.
Voir Expositio Posteriorum, lib. 1 l. 1 n. 6 a.
[Link] Division du discours probable
Selon qu’on s’approche plus ou moins de la certitude : Foi ou opinion, soupçon, belle apparence.
Voir Expositio Posteriorum, lib. 1 l. 1 n. 6 b.
[Link] Discours sophistique
Voir Expositio Posteriorum, lib. 1 l. 1 n. 6 c.
Petite logique et grande logique ; logique formelle et logique matérielle
La logique est nécessaire pour l’étude de la philosophie. C’est pourquoi il faut commencer par ce trai-
té . Cependant, la logique a des aspects faciles (par exemple la classification en genre et espèce, c’est-à-
dire l’universel logique), mais aussi des aspects difficiles (qu’est-ce que l’universel en soi, c’est-à-dire
l’universel métaphysique ?).
COURS DE LOGIQUE 2019 5

In addiscendo incipimus ab eo quod est magis facile, nisi necessitas aliud requirat.
Quandoque enim necessarium est in addiscendo incipere non ab eo quod est facilius, sed ab
eo, a cuius cognitione sequentium cognitio dependet. Et hac ratione oportet in addiscendo a
logica incipere, non quia ipsa sit facilior ceteris scientiis, habet enim maximam difficultatem,
cum sit de secundo intellectis, sed quia aliae scientiae ab ipsa dependent, in quantum ipsa
docet modum procedendi in omnibus scientiis. Oportet autem primo scire modum scientiae
quam scientiam ipsam, ut dicitur in II metaphysicae 2.
C’est pourquoi on a pris l’habitude de traiter les questions les plus simples et les plus nécessaires dans
une « petite logique », laissant les questions plus complexes à la « grande logique ».
Depuis Jean de Saint-Thomas, on a pris l’habitude de diviser la logique en logique formelle et logique
matérielle. Car Jean de Saint-Thomas étend la division entre « forme » et « matière » du raisonnement né-
cessaire (« Analytica priora » et « Analytica posteriora ») aux deux autres opérations de l’esprit.
L’abbé Calderon critique – avec raison semble-t-il – cette distinction de Jean de Saint-Thomas.
Nous traiterons ici de la « petite logique » en ajoutant à ce que les manuels incluent dans la logique
formelle quelques poinss de la logique matérielle.
Division de la logique et livres d’Aristote correspondants
1ère opération : intelligence des indivisibles ou des
Actes de la raison en Des catégories
incomplexes
tant que « intelligence »
2e opération : composition ou division de l’intellect Perihermeneias
Discours nécessaire, Forme du syllogisme 1ers analytiques
toujours vrai. Partie
Matière du syllogisme 2nds analytiques
Acte de la raison en tant judicative ou analytique
que « raison », 3e opé- Discours probable : Par- Foi ou opinion, probabi-
Topiques
ration de l’esprit, dis- tie inventive divisée lité de vérité, dialectique
courir du connu vers selon qu’on s’approche Soupçon de vérité Rhétorique
l’inconnu plus ou moins de la cer- Belle apparence
Poétique
titude
Discours défaillant, sophistique Réfutations sophistiques

1. La simple appréhension
1.1 La simple appréhension et le concept en général

1.1.1 Notion de simple appréhension et de concept


Simplex apprehensio = L’opération par laquelle l’intelligence connaît une quiddité, sans en rien affirmer
ni nier (operatio qua intellectus aliquam quidditatem intelligit, quin quidquam de ea affirmet vel neget).
On appelle quiddité « ce qu’est » une chose, ce qui répond à la question « quid est ». C’est ce qui est
atteint par notre intelligence dans la chose, comme la couleur est atteinte par la vue, la figure par
l’imagination, etc.
Par la simple appréhention nous concevons intellectuellement une chose, nous produisons un concept.
Conceptus = La simple représentation intellectuelle de la quiddité d’une chose (simplex intellectualis
repraesentatio quidditatis alicuius rei).
Le concept est une représentation qui est produite par notre intelligence et qui demeure en elle, et par
laquelle nous concevons ou « intelligeons » la chose (Illud a mente et in mente expressum, quo
intelligimus seu concipimus rem).
C’est une représentation intellectuelle, à bien distinguer de la représentation sensible. Exemple : le
chien du chef de gare et la locomotive. CSC 9-10

2 — Super De Trinitate, pars 3 q. 6 a. 1 ad 13.


6 COURS DE LOGIQUE 2019

Le concept est appelé aussi « idée » du verbe ei[dw, car il est comme une vision de l’objet. Mais ce
mot est ambigu depuis Descartes. Différence entre l’idée-tableau de Descartes, et l’idée-fenêtre.
Encore : « verbum mentis » (lovgo~), le terme mental.

1.1.2 Abstraction formelle et abstraction totale


L’opération par laquelle nous concevons une quiddité est appelée abstraction.
Abstrahentium non est mendacium 3.
Il y a deux sortes d’abstraction :
L’abstraction formelle : on dégage dans une chose l’un de ses aspects formels ; ex. l’aspect quantitatif
des corps en mathématiques.
L’abstraction totale : on dégage le tout universel des termes qui lui sont subordonnés ; on obtient ainsi
un genre ou une espèce (animal, homme).

1.1.3 Universel logique et universel métaphysique


Les concepts que nous abstrayons sont universels.
La quiddité dans la chose est singulière, mais l’esprit, en l’abstrayant, y ajoute une intention
d’universalité.
Concept = nature + intention d’universalité.
Universel métaphysique = la nature sans considérer son aspect universel. Par exemple : L’homme est un
animal.
Universel logique = la nature considérée sous son aspect universel. Par exemple : L’homme est une es-
pèce animale.
Universale potest accipi dupliciter. Uno modo potest dici universale ipsa natura communis,
prout subiacet intentioni universalitatis. Alio modo secundum se. Sicut et album potest accipi
dupliciter: vel id, cui accidit esse album, vel ipsummet, secundum quod subest albedini. [Sen-
tencia De anima, lib. 2, l. 12 n. 6.]

1.1.4 Concept formel et concept objectif


On distingue • le concept formel (subjectif, ou proprement dit) : id in quo intelligimus
• le concept objectif (analogiquement dit) : id quod intelligimus. = La chose en
tant qu’intelligée. C’est l’[Link]., mediante quo attingitur o.m.
Le concept formel (ce par quoi ou en quoi nous atteignons la chose) a comme objet ce qui est l’objet
même de la simple appréhension : une quiddité ou une essence, présentée sous tel aspect intelligible. On
appelle cet objet concept objectif, parce qu’il est ce que (id quod) nous concevons de la chose, rendu
présent à notre esprit par le concept formel. On le définit : id quod per se primo intelligitur, c.-à-d. la
chose même en tant que tombant immédiatement sous l’appréhension intellectuelle ou l’objet connu en
tant qu’objet.
Le concept formel n’est connu expressément (in actu signato) que par une réflexion de l’intelligence
sur elle-même ; c’est lui que la psychologie vise en premier lorsqu’elle étudie les concepts. Mais la lo-
gique, en traitant de l’ordre des concepts, vise en premier le concept objectif, bien que le concept formel
tombe aussi sous sa considération : ainsi, quand la logique parle de la convenance ou de la disconvenance
entre deux concepts ou de la composition et de la division des concepts, c’est des concepts objectifs qu’il
3 — Voir I, 85, 1 , ad 1 : « Il y a deux modes d’abstraction. Le premier, par composition et division, quand nous compre-
nons qu’une chose n’est pas une autre ou qu’elle en est séparée. Le second par une considération simple, quand nous pensons
à un objet, sans faire attention à un autre. Si l’intelligence abstrait, selon le premier mode, en séparant des choses qui en
réalité ne sont pas séparées, cela implique une erreur. Mais si l’on procède selon le second mode, cela n’est pas faux, comme
on le voit clairement dans les choses sensibles. Car, si nous pensions ou disions que la couleur ne se trouve pas dans le corps
coloré, ou qu’elle en est séparée, notre opinion ou notre dire serait faux. Mais cela n’arrivera pas si nous considérons seule-
ment la couleur et ses propriétés, sans faire attention au fruit qui est coloré. Le fruit n’appartient pas à la définition de la
couleur il n’y a donc rien qui empêche de connaître la couleur, alors qu’on ne considère nullement le fruit. De même, ce qui
appartient par définition à l’espèce d’une réalité matérielle quelconque, une pierre, un homme, un cheval, peut être considéré
sans les principes individuels, qui n’appartiennent pas à la définition de l’espèce. Procéder ainsi, c’est abstraire l’universel
du particulier, ou l’espèce intelligible de l’image, c’est-à-dire considérer la nature de l’espèce, sans considérer les principes
individuels présentés par les images. »
COURS DE LOGIQUE 2019 7

s’agit avant tout, c.-à-d. des objets de pensée que l’esprit pose devant lui et qu’il manie, compare et
dispose industrieusement (artificiose) pour parvenir à la vérité.
NB : critique de l’abbé Calderon :
Algunos tomistas llaman «concepto objetivo» al objeto Certains thomistes appellent l'objet du concept
del concepto, pero no nos parece conveniente porque "concept objectif", mais cela ne nous semble pas
al poner «concepto» a modo de género y «objetivo» a convenir car, en définissant "concept" en tant
modo de diferencia, se hace pensar como que hubiera que genre et "objectif" en tant que différence, on
dos especies de conceptos, cuando no hay más que el laisse penser qu'il y a deux espèces de concepts,
concepto mental especificado por su objeto. El con- alors qu’il n'y a que le concept mental spécifié
cepto tiene un modo de ser intencional, por lo que es par son objet. Le concept a une manière d’être
pura referencia a la cosa conocida. intentionnelle, si bien qu’il est une pure réfé-
rence à la chose connue.

1.1.5 Propriétés du concept


Le concept est constitué par un certain nombre de notes. Au début on a une idée imprécise (les enfants
nomment tous les hommes « papa »), puis elle se précise au fur et à mesure que notre concept s’enrichit de
notes.
Notae conceptus = elementa vel aspectus intelligibiles huius conceptus quos mens in eo discernit et
qui ad eum pertinent necessarie.
Elles forment le contenu intellectuel du concept. Ainsi on peut concevoir un homme comme « animal
bipède sans plume », ou comme « animal raisonnable ». Ces notes permettent de distinguer ce concept de
tous les autres.
La compréhension d’un concept est l’ensemble des notes qui constituent le concept.
L’extension est l’ensemble de tous les objets dont le concept est la représentation.
Plus la compréhension est grande, plus petite est l’extension, et plus la compréhension est petite…
Ainsi le concept d’animal est plus étendu que celui d’homme.

1.1.6 Expression du concept : le mot, le terme verbal


Le concept s’exprime par un mot ou terme, un groupe de mot, un signe (code de la route).
Ex : La reine des fleurs. Le lys des champs (anémone rouge). L’aigle de Meaux. L’ange de l’École.
Le mot peut être écrit, parlé, pensé…
Le mot est un signe du concept, le concept est une similitude de la chose. Voces sunt signa (σΰμβολον)
intellectuum, et intellectus sunt rerum similitudines (όμοιότης) (I, q. 13 a. 1). Le mot est un signe arbi-
traire, différent dans chaque langue, tandis que le concept est une similitude (la même chez tous les
hommes), un « signe » naturel.
Les animaux ont des cris pour exprimer leurs images ou sensation. Mais ils n’ont pas de mots ni de lan-
gage, car ils n’ont pas de concepts.

1.2 Classement des concepts


1.2.1 Classement en raison de la chose signifiée : les dix prédicaments ou catégories
Quand on classe les réalités, ce sont les dix genres suprêmes. Praedicamentum = genus supremum en-
tis.
Ils répondent à 10 questions qu’on peut se poser sur une chose :
Quis sit ? La réponse en exprime la substance Homo
Qualis sit ? La réponse en exprime la qualité justus
Quantus sit ? La réponse en exprime la quantité parvus
Ad quid sit ? La réponse en exprime la relation servus Christi
Quando sit ? La réponse en exprime le temps olim
Ubi sit ? La réponse en exprime le lieu Romæ
Quid agat ? La réponse en exprime l’action orabat
8 COURS DE LOGIQUE 2019

Quid patiatur ? La réponse en exprime la passion vinctus


Quo situ sit ? La réponse en exprime la position prostratus
Quo habitu sit ? La réponse en exprime l’habit facie velata
En distique : Arbor sex servos ardore refrigerat ustos ; Ruri cras stabo sed tunicatus ero.
Exercice : classer dans les prédicaments les concepts suivants : c’est un chien, c’est mon fils, le fil est
jaune, la gare est à un kilomètre, cela pèse un kilo, il court, il entend, il est assis, il est dans la classe
de 1ère, il est sans sa vareuse, il viendra demain.
NB : Ce classement en raison de la chose signifiée est une division de l’universel métaphysique.

1.2.2 Classement en raison de la manière d’attribuer un concept : Les 5 prédicables


Dans une phrase quelconque (Paul est un homme, le chat se promène = est se promenant) on attribue
un élément à un sujet. Cet élément s'appelle le PRÉDICAT.
Il n'existe que 5 manières d'attribuer une notion à un être, 5 sortes de PRÉDICABLES.
Donc, une notion peut être attribuée à un être de différentes façons :
— si elle exprime l'appartenance à un groupe d'espèces, on l'appellera : genre. ex: Paul est un animal.
Genus = universale respiciens inferiora specie distincta, IN QUID INCOMPLETE (concept qui
s’attribue à des espèces et qui exprime la quiddité incomplètement).
— si elle exprime un élément à ajouter pour le classer dans une espèce, on l'appellera : différence spé-
cifique. ex: Paul est raisonnable
Differentia specifica = universale respiciens inferiora, IN QUALE QUID (concept qui complète le
genre pour donner l’espèce).
— si elle exprime la nature précise à laquelle appartient l'être, on l'appellera : espèce ex: Paul est un
homme.
Species = universale respiciens inferiora numero distincta , IN QUID COMPLETE (concept qui
s’attribue à des individus et qui exprime la quiddité complètement).
— si elle exprime un élément accidentel nécessaire, qui n'appartient qu'à cette espèce, on l'appellera :
propre ex : Paul est capable de rire
Proprium = universale respiciens inferiora, IN QUALE ACCIDENTALITER ET NECESSARIE
(concept qui exprime un accident nécessaire).
— si elle exprime un élément non nécessaire (contingent), on l'appellera purement accidentel ex: Paul
porte un chapeau
Accidens (praedicabile) = universale respiciens inferiora, IN QUALE ACCIDENTALITER ET
CONTINGENTER (concept qui exprime un accident contingent).
Contingent = id quod [est et] potest non esse (ce qui est et peut ne pas être).
Donc: Genre + différence spécifique = espèce
espèce + propre + accidents = individu
Exemple: Le musicien est un homme amoureux des sonorités. Il connait le solfège. Il peut être pianiste,
être polonais, romantique, vivre au 19e siècle.
IMPORTANT: On s'efforce de trouver pour une espèce, le “genre prochain” c'est à dire celui qui en est
le plus proche. Il suffira de lui ajouter la “différence spécifique” pour savoir de quoi il s'agit. On aura alors
une définition de type “essentielle”, qui constitue l'espèce définie.
Le propre est une qualité propre à l'espèce, lui appartenant toujours et n'appartenant qu'à elle.
Ex: être capable de rire est le propre de l'homme qui saisit, par son intelligence (âme) les dispropor-
tions.
Bien distinguer l’essentiel et l’accidentel (ou contingent).
L’essentiel peut être l’essence ou une propriété qui découle de l’essence.
NB : Ce classement en raison de la manière de prédiquer est une division de l’universel logique. Genre,
espèce, différence spécifique, propre et accident sont 5 manières d’être universel (universale = unum ap-
tum inesse pluribus) et donc d’être prédicable.
COURS DE LOGIQUE 2019 9

1.2.3 Classement des concepts en raison de leur clarté


Un concept peut permettre de rendre plus ou moins compte de la réalité.
Il peut être confus (d’autres disent obscur).
Ex : automobile = un machin qui roule
Il peut être distinct (d’autres disent clair, opposé à obscur [mais non distinct]) ; il vous permet de bien
comprendre ce dont il s'agit, mais ne rend pas vraiment compte de ce qu’est la chose.
Ex: automobile ce que vous venez de voir passer
Il peut être adéquat si il est conforme à l'objet (d’autres disent clair et distinct]).
Ex: automobile = véhicule automoteur a quatre roues
Cours SC Gredt « Descartes » Explications
inadapté Ne peut s’appliquer à l’essence
confus commun Obscur Commun à d’autres essences
distinct propre mais non quidditatif Clair et confus Propre à cet essence
adéquat propre et quidditatif Clair et distinct Propre à cet essence
NB. Descartes prétend qu'une idée est vraie si elle est "claire et distincte" (= adéquate). C’est une con-
fusion. La vérité n’est pas dans les idées, mais dans les jugements. Le fait pour un concept d’être « clair et
distinct » décrit la précision de notre perception de la réalité.
Un des buts de la logique est de donner des concepts adéquats (« clairs et distincts »), notamment par
les définitions.

1.2.4 Classement des concepts en raison de leurs rapports mutuels


Des concepts sont :
– identiques : qui signi- – strictement identiques : même extension et même compréhension
-fient la même chose – équivalents : même extension, pas même compréhension
– indifférents l’un à l’autre : « blanc » et « savant »
– divers – en – inégaux : s’infèrent l’un l’autre (ex homme et animal)
relation – opposés : s’opposent l’un à l’autre (4 sortes d’oppositions)
Les quatre sortes d’opposition :
– contradictoire = entre une chose et sa négation (homo – non-homo) : pas de milieu
– privative = entre une chose et sa privation (voyant – aveugle), il y a un milieu négatif
– contraire = entre des réalités qui sont dans le même genre mais qui sont à l’opposé l’un de
l’autre et s’excluent du même sujet (rouge – vert ; prodigue – avare), il y a un milieu positif.
inter ea quae in eodem genere maxime distant et ab eodem subjecto mutuo se expellunt
– relative = entre des réalités qui ont un rapport entre elles (père – fils).
• Deux idées sont contradictoires quand elles s'excluent l'une l'autre, sans qu'il y ait de milieu possible,
(C’est l'un ou l'autre.)
Exemple: être à Rome et n'être pas à Rome,
• Deux idées sont contraires quand elles s'excluent l'une l'autre, mais de sorte qu'il y ait un milieu pos-
sible. (Cela peut être « ni l'un ni l'autre ».)
Exemple: être à Rome et être à Paris.
Dans la pratique, il faut donc savoir dire que deux concepts sont identiques (strictement ou équivalem-
ment), divers mais indifférents, inégaux ou opposés : relatifs, par privation, contraires ou contradictoires
10 COURS DE LOGIQUE 2019

1.3 L’utilisation d’un terme pour exprimer un concept

1.3.1 L'utilisation du terme en lui-même univocité, équivocité, analogie


Le même terme (mot) peut être attribué à plusieurs choses :
• selon une même raison formelle (même signification) = terme univoque
• selon une signification totalement différente = terme équivoque
• selon une signification similaire = terme analogue
(partiellement identique et partiellement différente).
Toutefois l'analogie va bien au-delà de la communauté de nom, elle atteint la réalité de la chose.
[Link] L'analogie
Définition :
L'analogie est une comparaison (ou proportion) établie entre diverses choses, non pas simplement en
raison d'une communauté de nom, mais à cause d'une similitude ou relation existant entre elles.
= une similitude basée sur un rapport ou une proportion.
Division
1) L'analogie d'attribution
= Attribution d'une même raison formelle en dépendance d'un premier analogue.
La raison signifiée par le terme commun se trouve :
• “intrinsece et formaliter” seulement dans le premier analogue
• “extrinsece et denominative” dans les autre analogués.
Le terme analogue convient en propre au premier analogué, aux autres analogués, il convient en dé-
pendance du premier analogue: (par suite de rapports extrinsèques : c. efficiente, finale, signe, effet les-
quels peuvent tous être ramenés à la c. finale).
Ex. : la santé dans : animal — nourriture — air — climat — couleur,
Ex. : homme vrai — homme en peinture — homme en statue.
Note : Tout peut être dénommé par son effet et vice versa, car l'effet comporte toujours une certaine
similitude avec la cause efficiente, finale, exemplaire.
Note 2 ! : Ramirez a montré qu’il existe une analogie d’attribution intrinsèque. Pour distinguer
l’analogie d’attribution extrinsèque et intrinsèque, il faut voir si dans les analogués secondaires la raison
signifiée par le terme commun se trouve denominative (par exemple la maison humble, ou proprie et for-
maliter (par exemple l’être des accidents).
2) L'analogie de proportionnalité
= Attribution d'une même raison formelle intrinsèquement et formaliter en tous, mais selon des degrés
divers, selon un mode proportionnel. Ce qui la distingue de l’analogie d’attribution c’est qu’il n’y a pas un
premier analogué dont les autres dépendent.
a) métaphorique, si elle se fonde sur des comparaisons
— le lion est le roi des animaux. NB. “Roi” n’est pas en rapport à un roi existant, mais bien une carac-
téristique intrinsèque propre au lion que l'on veut signifier.
— Je suis la Vigne, vous êtes les sarments
— la Jérusalem céleste
— Une riante prairie
b) propre, si elle se fonde sur l'être même des choses
Exemples : la vie d'une plante, d'un animal, d'un homme, d'un ange, de Dieu
— Dieu est un être, la créature aussi
— Connaissance sensible, ou intellectuelle
— Amour
— Péché originel, mortel, véniel
— régénération spirituelle du Baptême, de la Charité, du martyre.
COURS DE LOGIQUE 2019 11

1.3.2 Valeur de suppléance d'un terme : “suppositio”


La “valeur de suppléance” d'un terme est la manière dont ce terme tient la place d'une chose dans tel
discours.
Exemples:
L'homme est du genre animal
L'homme est un nom masculin
L'homme que j'ai devant moi est Paul
Dans un raisonnement, il est important que la correspondance entre le langage et la pensée reste la
même tout le long. (Aristote: “Les mots sont les substituts des choses dans le langage”)
N.B. Toujours se demander
— Quel est le rapport à l'existence? S'agit-il d'un être réel ou d'un être idéel?
— Y a-t-il une suppositio particulière ? (Y a-t-il une attribution à un sujet d'une façon particulière? En
revanche, quand on parle abstraitement dune nature, la définition est toujours la même.
— Quelle est cette suppositio?
[Link] Valeur de suppléance diverses
— matérielle Ex: Homme est un nom de 2 syllabes
— formelle — impropre (métaphore) Ex: L'Agneau a été immolé
— propre — Logique Ex : L’homme est une espèce du genre animal
— Réelle : singulière ou commune
— Réelle — singulière Ex: Pierre est assis
— commune — particulière (déterminée ou non)
Ex: Quelques hommes sont menteurs
Ex: II me faut quelques élèves pour...
— collective Ex: Les élèves sont quinze
— universelle (complète, incomplète, exceptive)
Ex: Tout homme est mortel
Ex: Tout animal fut dans l'arche
Ex: Tout homme a le péché originel.
Les erreurs de logique viennent souvent d’un changement de supposition.
Cet homme est un grand homme, donc il est homme grand.
Tout ce qui est rare est cher. Or un âne bon marché est rare. Donc… (dans la M rare : en tant que pré-
cieux, ou bien universelle exceptive : quand la rareté ne vient pas de ce qu’il n’est pas cher).

1.4 La définition

1.4.1 Les « modi sciendi »


Modus sciendi = phrase qui manifeste quelque chose d’ignoré (oratio alicuius ignoti manifestativa).
Ignoré : obscure, confus, douteux.
• l’essence • manifeste sa constitution : définition
Manifeste d’une chose • manifeste ses parties : division
• la vérité d’une proposition : argumentation
Il n’y a pas besoin d’un modus sciendi pour une vérité de fait (connue par l’évidence sensible).
La foi n’est pas un modus sciendi, car elle laisse l’objet obscur.

1.4.2 Notion de définition


Pour rendre claires les idées obscures, il faut les analyser, inventorier leur contenu, délimiter leur com-
préhension, en un mot: les “définir”, (fines = limites). Suivant le procédé employé pour explorer le contenu
de l'idée, on distingue plusieurs sortes de définitions.
12 COURS DE LOGIQUE 2019

Definitio = phrase qui expose la nature d’une chose ou la signification d’un terme (oratio naturam rei
aut termini significationem exponens).
1° La définition essentielle qui se fait par le genre prochain et la différence spécifique. Il serait en effet
trop long d'énumérer toutes les notes que comprend l'idée à définir; on ne retient donc que les notes essen-
tielles :
– le genre prochain (qui inclut beaucoup de ces notes)
– la différence spécifique (qui caractérise essentiellement l'espèce).
La définition ainsi obtenue est la plus parfaite elle fait connaître l'essence de l'objet défini. Voici
quelques exemples:
défini sa définition par:
le genre prochain la différence spécifique
Le triangle un polygone à trois côtés
L'homme un animal raisonnable
La justice une vertu morale qui fait rendre à chacun ce qui lui est dû
Un calembour un jeu de mots fondé sur des similitudes de sons

Mais cette définition n'est pas toujours possible, faute de bien connaître les caractères essentiels de l'ob-
jet à définir. On peut alors se contenter de:
2- La définition descriptive qui énumère les caractères extérieurs de l'objet ou ses effets. C'est la défini-
tion la plus en usage dans les Sciences naturelles. Exemple: “le dromadaire: une seule bosse et pas de
cornes. Armé contre le sable (pieds élargis qui ne s'enfoncent pas), contre la soif (des poches d'eau débou-
chent dans la panse), contre la faim (la bosse est une réserve de graisse). On lui prête beaucoup de défauts,
mais l'homme n'a pas de meilleur auxiliaire pour se déplacer dans le désert.” (OBRE, Classe de 6e, p. 60)
On se contente parfois de définir le terme ; c'est alors:
3- La définition nominale qui explique le sens d'un mot
– soit en faisant appel à un autre mot plus connu (définition usuelle).
– soit en faisant appel à l'étymologie (définition étymologique).
Exemples : Le chlorure de sodium = du sel de cuisine
La Philosophie = l'amour de la sagesse (de philo aimer et sophia sagesse).
Cette définition n'est pas une définition proprement dite, car elle n'exprime pas ce qu'est la chose en
elle-même; mais bien souvent elle peut conduire à faire une bonne définition descriptive ou essentielle.

1.4.3 Règles d'une définition correcte


1- Normalement une définition ne devrait pas être négative: dire que l'homme n'est pas un ange, n'est
pas éclairer la question de la nature de l'homme. (Remarquons que cette règle concerne la compréhension
de l'idée à définir.)
2- La définition doit être plus claire que le défini; par suite elle ne doit pas contenir le terme à définir.
C'est ainsi que la définition de la lumière citée par Pascal est mauvaise: “la lumière est un mouvement
lumineux des corps luminaires”.
3- La définition doit convenir à tout le défini et au seul défini, c'est-à-dire qu'elle ne doit être ni trop
étroite (l'homme est un animal raisonnable, de taille inférieure à 2 mètres), ni trop large (l'homme est un
animal bipède). (Remarquons que cette règle concerne l'extension de l'idée à définir.)
COURS DE LOGIQUE 2019 13

1.5 La division

1.5.1 Notion de division


La définition n'est pas le seul moyen d'expliciter une idée; la division qui consiste à distribuer un tout en
ses parties composantes permet aussi de progresser dans la connaissance d'un objet; nous la pratiquons
bien souvent quand nous faisons des classifications ou des plans avec divisions et subdivisions.
Divisio = phrase (imparfaite) qui distribue une chose ou un nom dans ses parties (oratio rem vel nomen
per suas partes distribuens).
On distingue dans toute division trois éléments
1° Le tout que l'on divise,
2° Ses parties
3° Le fondement de la division c'est-à-dire le point de vue auquel on se place pour effectuer la division.
1er exemple
Je puis classer toutes les lettres que je reçois: d'après leur couleur, ou d'après leur format, ou d'après la
qualité du papier, ou mieux, d'après les correspondants dont émanent ces lettres) ou d'après leur date d'ex-
pédition, ou d'après le sujet de ces lettres (invitations, informations, etc), Couleur, format, date, sujet, sont
les divers fondements ou principes que je peux choisir pour faire le classement de ma correspondance.
2e exemple
Pour étudier le thème de la solitude, je puis adopter divers principes de division:
— passer en revue les lieux solitaires: le désert, la campagne, ma chambre, mais aussi la foule compacte
mais inconnue du métro, etc.
— rechercher les grands moments de la solitude de la vie: adolescence, absences, deuils, maladie, vieil-
lesse, etc.
— évoquer les grands auteurs qui ont parlé de la solitude: Lamartine, Vigny, Musset (Nuit d'octobre),
Bernanos (Journal d'un curé de campagne), etc.
— dégager les éléments constitutifs de la solitude; insatisfaction de certaines tendances naturelles: be-
soin de se distraire, d'être aidé, soutenu et aimé, besoin de se confier, besoin de se donner, etc.
Ainsi, lieux solitaires, moments de solitude, grands auteurs ayant parlé de la solitude, éléments constitu-
tifs de la solitude, sont quelques-uns des points de vue auxquels on peut se placer pour diviser ce tout
qu'est l'idée de solitude; le point de vue choisi commandera le plan du travail.

1.5.2 Les principales divisions


Une réalité peut se diviser :
— En raison d’elle-même :
o Division des divers sens d’un nom : la distinction, par exemple la sagesse en philosophie,
théologie, don du Saint-Esprit.
o Division de la réalité
 Un tout logique : un genre dans ses espèces (les parties subjectives), par exemple le
genre animal en « brutes » et « hommes ».
 Un tout réel : un composé dans ses parties intégrales, par exemple la maison dans « la
couverture, les murs, les fondations ».
 Un tout potestatif dans ses parties potentielles, c’est-à-dire le champ où s’exerce son
emprise, par exemple la justice en : la justice elle-même (je rends le dû à égalité) et ses
annexes : la religion et la piété (je rends un dû autant que je peux), l’amitié et la grati-
tude (je rends un dû moral, pas vraiment exigible).
— En raison des accidents :
o un sujet dans ses accidents : animaux blancs, noirs, etc,
o l’accident dans ses sujets : blancs de la neige, du lait, etc.
14 COURS DE LOGIQUE 2019

1.5.3 Règles d'une division correcte


• 1- Une division doit être fondée sur le même principe. La division suivante: ma bibliothèque se com-
pose de livres de littérature et de livres de format in-8°, pècherait contre cette règle, car le format et le
sujet sont deux principes différents de classement.
Une fois le principe de division choisi, et bien choisi, il faut diviser soigneusement le tout en ses parties;
ce qu'assurent deux autres règles.
• 2- Une division doit être complète c'est-à-dire énumérer tous les éléments dont le tout se compose: on
diviserait mal les propositions subordonnées en relatives et circonstancielles, car on oublierait les complé-
tives.
• 3- Une division doit être irréductible, c'est-à-dire qu'aucune des parties ne doit être comprise dans une
autre. La division suivante: l'homme se compose d'une âme, d'une intelligence et d'un corps, pèche contre
cette règle, car l'intelligence est une faculté de l'âme.

1.5.4 POUR FAIRE UN PLAN


[Link] APPLICATION DE CES RÈGLES DANS LE TRAVAIL D'ÉLABORATION D'UN PLAN
Faute d'observer ces règles dans les plans de composition française, on obtient des devoirs qui:
- ou bien traitent incomplètement la question (fautes contre la seconde règle)
- ou bien sont mal construits, avec redites, imprécisions, démarche de pensée peu convaincante (fautes
contre les 1ère et 3ème règles).
==> Cherchez ce qu'il faut “diviser”. Et puis selon quel principe ?
Dans les sujets de composition française, le tout à diviser est donné par le sujet même du devoir; quant
au principe de division il est souvent donné, parfois suggéré, parfois lassé à notre libre choix.
En résumé, pour bien faire un plan, il faut considérer attentivement le tout, sa compréhension et son ex-
tension; puis saisir dans le sujet bien compris quelle idée directrice permettra de diviser ce tout; ce principe
de division trouvé, il faut veiller à faire une division complète et irréductible, Cet art du plan s'apprend
beaucoup au contact des grands auteurs.
1 — Pour les sujets formés d'une idée simple veiller à épuiser tout le sujet. Craignez ce qui sera omis de
votre part.
Ex: Le colonialisme, la guerre de 14, la chevalerie…
• Le plan chronologique est le plus sûr. Il est rarement original.
Ex: les prémices de la guerre, son déroulement par année, ses conclusions
• Le plan par idées thématiques est riche. Il est difficile de ne pas faire d'omission.
Ex: la politique extérieure, la politique intérieure
2 — Pour les sujets sous forme d'une phrase affirmative c'est la division du PRÉDICAT qui sert de
fondement.
Ex: La Renaissance est humaniste
Ce sont les aspects de l'humanisme qui feront les parties
• De même si l'on vous précise “à la lumière de...”
Ex: A la lumière de la définition de la Grâce expliquez la prière.
Les parties se feront en fonction d'aspects de la Grâce
• La formule “thèse-antithèse-synthèse” est très à la mode; mais est très pauvre. Au sens strict, elle
n'est pas “logique”. Elle est à éviter.
3 — Pour les sujets qui demandent de comparer
Il faut trouver un fondement de division qui appartienne aux 2 éléments.
Ex: L'art s'exprime-t-il mieux dans la poésie que dans la musique?
• Ne JAMAIS traiter un point, puis l'autre et enfin la comparaison: les 2/3 seraient hors sujet
Jamais : l° la poésie, 2° la musique, 3° les deux comparés
Mais, choisir différentes qualités de l'art selon le MÊME fondement, en n'oubliant pas que ce n'est pas
un devoir sur l'art en général.
COURS DE LOGIQUE 2019 15

2. Le jugement
2.1 Le jugement lui-même

2.1.1 Notion de jugement


Judicium = acte de l’intelligence qui compose en affirmant ou divise en niant (actio intellectus qua
componit vel dividit affirmando vel negando).
On peut composer sans affirmer, par ex dans une simple appréhension complexe : « homme sage »,
« lion rugissant ».
L’essence du jugement consiste dans l’affirmation ou la négation, sentence portée par l’intellect qui voit
la convenance ou la disconvenance entre deux concepts.
S et P sont la matière du jugement, appelés aussi « extrêmes ».
La composition (ou division) est la forme du jugement.
Pour un jugement il faut connaître la convenance ou disconvenance entre S et P, qui est connue :
• immédiatement • d’après les termes eux-mêmes
• d’après l’expérience
• médiatement • par un troisième terme, dans le cas d’un jugement de conclusion.
• en s’appuyant sur une autorité dans le cas de la foi
Le fait de devoir composer et diviser montre que l’intellect est imparfait, car il ne penètre pas la chose
toute entière par un seul acte. Les anges et Dieu connaissent sans composer ni diviser.

2.1.2 Propriété du jugement


C’est de contenir la vérité ou fausseté logique (ou de la connaissance).
Il y a vérité logique lorsque la chose est énoncée par l’esprit telle qu’elle est dans la réalité. Or cela se
fait dans tout jugement, et uniquement dans le jugement.
Dans la s. a. l’intelligence est conforme à la réalité, mais ne connaît pas cette conformité et ne peut
donc l’énoncer.

2.2 L’énonciation ou proposition

2.2.1 Notion d’énonciation


Enuntiatio = phrase signifiant le vrai ou le faux sur le mode indicatif (oratio verum vel falsum
significans indicando). L’énonciation est l'expression verbale du jugement.
L’énonciation est appelée proposition quant elle fait partie d’un syllogisme.
Comme le jugement, la proposition comporte trois éléments:
— deux termes : le sujet et le prédicat;
— un verbe, appelé copule (c'est-à-dire lien) parce qu'il lie ou défie les deux termes.
Dans la proposition logique, la copule est toujours le verbe être; comme une proposition grammati-
cale ne renferme pas toujours le verbe être, mais tous les verbes équivalent au verbe être suivi d'un attribut.
Ex : je parle = je suis parlant. Pour étudier en logique une proposition, il faut ordinairement de la
ramener à sa FORME LOGIQUE.
REMARQUE importante sur l'amplitude des prédicats:
— le prédicat d'une proposition affirmative est toujours pris "particulièrement" (sauf dans le
cas d'une définition). Dans une proposition affirmative, S est soumis au P, car il reçoit de lui une
détermination et dénomination. S est donc plus grand en compréhension que P, mais en
extension P est plus grand. P « suppose » particulièrement.
Homo (S) est mortalis (P) : S continetur sub extensione Pi : il n’y a pas que les hommes qui soient
mortels.
16 COURS DE LOGIQUE 2019

— le prédicat d'une proposition négative est toujours pris "universellement".


Dans une proposition négative, le P est écarté du S selon toute son extension. Dans ce
cas P suppose universellement :
Parfois S et P ont la même extension (dans les propositions convertibles), eg quand on
prédique une définition : Homo est animal rationale.

2.2.2 Division de la proposition

[Link] En raison de la forme ou qualité


• catégorique • affirmative
(simple) • négative
• copulativa : Pierre et Paul sont morts à Rome
• disjunctiva (aut, vel)
• hypothétique • conjunctiva : A ne peut être en même temps B et C
(composée) • conditionalis (si)
La division en catégorique et hypothétique, en affirmative et négative, est une division essentielle, c'est-
à-dire en genre et espèce, car elle se fait en raison de la forme ou de la composition qui consitue l’essence
de la proposition. On parle encore de division en raison de la qualité (essentielle).
[Link] En raison de la quantité c'est-à-dire de l'extension du sujet:
a) les propositions universelles sont celles dont le sujet est un terme universel.
EX: l'homme est mortel,
b) les propositions particulières sont celles dont le sujet est un terme particulier,
Ex: quelque homme est médecin,
c) Les propositions singulières dont le sujet est un terme singulier : elles sont assimilées aux proposi-
tions universelles, car le sujet y est pris dans toute son extension. Ex : Louis XIV est mort en 1715.

En résumé, on peut distinguer QUATRE sortes de propositions que les logiciens désignent par des
voyelles, à savoir;
L'universelle affirmative (A) Ex: Tout homme est mortel
L'universelle négative (E) Ex: Aucun homme n'est pur esprit
La particulière affirmative (I) Ex: Quelque homme est médecin
La particulière négative (O) Ex: Quelque homme n'est pas médecin.
Ces lettres ont été choisies à dessein ; en voici la raison empruntée à la grammaire grecque, et qu'une
formule mnémotechnique latine peut rappeler:
• A vient de "tout" pan Affirmo
• E vient de "aucun" ouden nEgo
• I vient de "quelque" ti affIrmo
• O vient de "quelque ne pas" outi negO

2.3 Propriétés de la proposition

2.3.1 L’opposition
Il s’agit ici de l’opposition logique, et non de l’opposition physique inter res (et conceptus) dont on a
parlé en 132.
Pour qu’il y ait opposition logique, il faut que S et P demeurent avec la même signification et le même
genre de supposition.
Opposition contradictoire = quae repugnat in veritate et falsitate. Deux contradictoires ne peuvent être
en même temps vraies ou fausses.
Opposition contraire = quae repugnat in veritate, non tamen in falsitate. Deux contraires ne peuvent
être en même temps vraies, mais peuvent être fausses toutes deux.
COURS DE LOGIQUE 2019 17

Opposition sub-contraire = quae repugnat in falsitate, non tamen in veritate. Deux sub-contraires ne
peuvent être en même temps fausses,
mais peuvent être vraies toutes deux.
Le carré logique pour les
propositions de inesse :
AffIrmo
NEgO
L’opposition maximale est
l’opposition contradictoire, dans les
choses (voir 132) comme dans les
propositions. Car c’est l’opposition
qui détruit l’autre entièrement. Dans
les autres oppositions, on conserve
quelque chose de l’autre.

2.3.2 Conversion des propositions


C’est l’inversion des extrêmes en conservant la vérité de la proposition.
• Simple : inversion des extrêmes en conservant la quantité de la proposition.
• Per accidens inversion des extrêmes en faisant varier la quantité (unverselle  particulière ou
inverse) de la proposition.
• Per contrapositionem : inversion des extrêmes en mettant « non » avant chacun des extrêmes.
Il faut faire attention à convertir tout le S en tout le P. Eg « Pierre voit la pierre » ne se convertit pas en
« Quelque pierre voit Pierre », mais en « Quelque voyant la pierre est Pierre ».
Il faut aussi que le genre de supposition ne change pas. C’est pourquoi les propositions A (où P
suppose particulièrement) ne se convertissent pas simplement. De même O ne peut pas se convertir
simplement.
La règle pour les conversions des propositions est donnée par les vers mnémotechnique de Pierre
d’Espagne :
Sīmplĭcĭtēr fĒcĪ cōnvērtĭtŭr ĒvĂ pĕr āccid
ĀstŌ pēr cōntrāp, sīc fīt cōnvērsĭŏ tōta
Ou plus simplement : Simpliciter fEcI, EvA per accid, AstO per contrap.

3. Le raisonnement
3.1 Raisonnement et argumentation
3.1.1 Notion de raisonnement
Raisonnement (Ratiocinium) = acte de l’esprit par lequel, à partir de vérités déjà connues, on connaît
une nouvelle vérité (actus mentis, quo, ex veritatibus cognitis, mens aliam veritatem cognoscit).
Il ne suffit pas de connaître l’un après l’autre, ou l’un dans l’autre (comme l’effet dans la cause) : Dieu
ni l’ange ne raisonnent.

3.1.2 Notion d’argumentation


C’est l’expression orale du raisonnement. Argumentation (argumentatio) = Phrase qui signifie qu’une
vérité est la conséquence d’une autre vérité (oratio significans sequelam unius ex alio).
Il y a un antécédent, un conséquent, et un signe d’inférence (illatio). « Pierre est un animal, donc il a un
corps ».
18 COURS DE LOGIQUE 2019

3.1.3 Lois du raisonnement et de l’argumentation


a) Si l’antécédent est vrai, [avec une bonne conséquence] le conséquent est vrai. Ex vero antecedente
semper sequitur verum consequens [per bonam consequentiam].
Si l’antécédent est faux, parfois le conséquent est vrai. Ex falso antecedente aliquando sequitur verum
consequens :
Toute pierre est vivante, or l’homme est une pierre, donc… mais il ne s’agit pas là d’une vraie preuve
logique, car la vérité du conséquent n’est pas manifestée.
b) La conclusion suit toujours la plus mauvaise prémisse. Peiorem semper sequitur conclusio partem.
Si une prémisse est négative ou particulière, la conclusion ne sera pas affirmative ou universelle. L’effet ne
peut dépasser la cause.

3.1.4 Divison du raisonnement et de l’argumentation


Essentiellement, en tant que modus sciendi qui manifeste la vérité, elle se divise en 3 espèces :
• syllogisme catégorique : manifeste la vérité grâce à un moyen terme (qui sépare ou unit S et P)
• syllogisme hypothétique : m. v. en affirmant la vérité (ou fausseté) d’une proposition dont une autre
dépend.
• inductio : m. v. grâce à une énumération des parties.
Le syllogisme catégorique procedit en descendant de l’universel au particulier, l’induction monte du
particulier à l’universel.

3.2 Le syllogisme catégorique

3.2.1 Notion de syllogisme catégorique


Syllogismus categoricus = argumentation dont l’antécédent compare deux termes avec un troisième et
dont le conséquent énonce la convenance ou disconvenance de ces deux termes.
On s’appuie sur ces principes : « Deux choses identiques à une troisième sont identiques entre elles »,
« si parmi deux choses l’une convient avec une troisième mais pas l’autre, elles ne conviennent pas entre
elles ».
Dans un tel syllogisme, il y a trois termes (S, P, et µ) qui sont la matière éloignée, et trois propositions
qui sont la matière prochaine : les deux premières, appelées prémisses, forment l’antécédent et manifestent
la conséquence de la troisième appelée le conséquent ou la conclusion.
S et P sont dits les extrêmes. S est le petit terme (t), P est le grand terme (T) car généralement il est
d’extension plus grande. Entre les deux est le moyen terme.
La prémisse qui contient le T est appelée majeure (M), et celle qui contient le t est
appelée mineure (m).
Antece M : Tout homme (µ) est mortel (T)
dens m : Or, Pierre (t) est un homme (µ)
Consequens C: Donc Pierre est mortel
La conclusion est contenue virtuellement dans les prémisses. Quand l’esprit connait la mineure comme
mineure (donc avec son lien avec la majeure), il est nécessité à formuler la conclusion. Les prémisses sont
la cause instrumentale nécessaire de la conclusion.

3.2.2 Lois du syllogisme


1. Trois termes seulement : Grand, Moyen et Petit. Terminus esto triplex: maior, mediusque minorque.
2. Jamais dans Conclusion plus grands que dans Prémisses.
3. Que jamais le Moyen n'entre en la Conclusion.
4. Mais qu'une fois au moins il soit universel.
5 De deux prémisses négatives rien ne suit. Utraque si praemissa neget, nihil inde sequetur
6. Prémisses affirmant, Conclusion ne peut nier.
COURS DE LOGIQUE 2019 19

7. Conclusion suit toujours la moins bonne Prémisse.


8. Et enfin rien ne suit de deux particulières. Nil sequitur geminis ex particularibus umquam.
1. Il peut y avoir quatre termes de façon cachée par un changement de signification (Le chien est une
constellation, or le chien aboie…) ou de supposition (L’homme est une espèce, or Platon est un
homme…)
2. En effet dans ce cas il y a quatre termes (par un changement de supposition).
4. Là encore, il y aurait en fait quatre termes, par changement de supposition du µ. La plante est
vivante, or l’animal est vivant, donc quelque animal est une plante. Paul est homme, or Pierre est homme,
donc Pierre est Paul.
5. Car dans ce cas ni le S ni le P ne sont sous l’extension du µ.
6. Si S et P conviennent avec µ, ils doivent convenir entre eux.
7. Si S (ou P) ne convient pas avec µ, S et P ne peuvent convenir entre eux. Si S (ou P) ne convient
qu’en partie avec µ, S et P ne peuvent convenir qu’en partie entre eux.
8. Si les deux sont négatives, on pèche contre la loi 5, si elles sont toutes deux positives on pèche
contre 4. Si l’une est affirmative et l’autre négative, un seul terme dans les prémisses suppose
universellement et ce doit être µ d’après la règle 4. Mais dans ce cas P est particulier dans les prémisses, et
universel dans la conclusion (règle 7), et l’on est contre la règle 2.
Un terme singulier, comme il n’a pas d’extension, est équiparé à un terme universel.

3.3 Figures et modes du syllogisme catégorique

3.3.1 Figures du syllogisme


La forme du syllogisme est la disposition artificieuse de la matière (voir 321). La disposition de la
matière éloignée est appelée la figure, la disposition de la matière prochaine est appelée le mode.
La figure est donc la disposition des extrêmes par rapport au µ. Il y a quatre figures possibles :
1ère figure 1ère indirecte 2ème figure 3ème figure
µ–T T–µ T–µ µ–T
t–µ µ–t t–µ µ–t
t–T t–T t–T t–T
Sub prae prima, bis prae secunda, tertia sub bis.
La 1ère figure indirecte est appelée aussi galénique (de Galène, médecin 131-200).

3.3.2 Modes du syllogisme


C’est la disposition des propositions selon la quantité et la qualité essentielle (affirmative ou négative).
Il y a 4 x 4 modes possibles par figure de syllogisme :
aa, ae, ai, ao ; ea, ee, ei, eo ; ia, ie, ii, io ; oa, oe, oi, oo.
Donc en tous 16 x 4 modes possibles. Mais seuls 19 d’entre eux répondent aux lois du syllogisme.
Les modes légitimes sont contenus dans les vers :
Barbara Celarent Darii Ferio / Baralipton
Celantes Dabitis Fapesmo Frisesomorum /
Cesare Camestres Festino Baroco / Darapti
Felapton Disamis Datisi Bocardo Ferison
La première voyelle de chaque mot donne la quantité et la qualité de la M, la seconde celles de la m, et
la troisième celles de la C. Sauf pour Baralipton … Frisesomorum ou la première voyelle est pour la m, la
seconde pour la M.
Les lois du syllogisme s’appliquent ainsi aux trois figures (hexamètres) :
Sit minor affirmans, nec major particularis (que la mineure soit affirmative et la majeure universelle)
Una negans esto, nec major particularis (qu’une prémisse soit négative et la majeure universelle)
Sit minor affirmans, conclusio particularis(que la mineure soit affirmative et la conclusion particulière)
20 COURS DE LOGIQUE 2019

3.3.3 L’importance de chaque figure


La première figure est la plus parfaite, celle où apparaît plus facilement la conséquence (car on voit bien
l’application du dictum de omni). On peut la mettre en ligne : t – µ – T.
Toutefois la 2de figure est utile pour réfuter un adversaire (sa conclusion est toujours négative) et la
3ème pour montre qu’une affirmation universelle est illégitime à cause d’un exemple contraire.

3.3.4 La réduction des modes


Il est utile de ramener les autres figures à la première, plus parfaite, par le jeu des conversions et
mutations des propositions. Ce qui peut se faire directement ou indirectement (par réduction à l’absurde).
On trouve la manière de le faire avec les lettres s, p, m et c des vers « Barbara, Celarent, etc.) sachant
que :
S signifie conversion Simple, P conversion Per accidens
M demande une Mutation, C réduCtion à l’impossible.
On ramène alors au mode de la 1ère figure indiqué par la première lettre du mot : Cesare se ramène à
Celarent.
Pour les modes qui se réduisent par l’absurde, il faut omettre la proposition avant le c, et à sa place
mettre la contradictoire de la C.
Ex d’un syllogisme Baroco : « Toute vertu est louable ; or quelque vice n’est pas louable ; donc
quelque vice n’est pas une vertu » ; si un adversaire qui admet les prémisses nie la conclusion, on peut
l’obliger à admettre le raisonnement Barbara : « Toute vertu est louable ; or tout vice est une vertu ; donc
tout vice est louable. » Or l’adversaire avait admis « quelque vice n’est pas louable ».

3.4 Division du syllogisme catégorique

3.4.1 Syllogisme complet et enthymème


L’enthymème est un syllogisme incomplet où toute la matière n’est pas explicitement donnée.
« C’est un corps, donc il est pesant ».

3.4.2 Syllogisme droit et oblique


En raison de la matière éloignée on divise le syllogisme en syllogisme droit et oblique (où il y a un
terme – t, µ, T – oblique).
« Le Christ est Dieu. Or Marie est la mère du Christ. Donc Marie est la mère de Dieu. »
Il convient de les transformer en syllogisme droit pour en éprouver la valeur. « La mère du Christ est la
mère de Dieu, or … »

3.4.3 Syllogisme simple et composé


En raison de la matière prochaine, on peut avoir un syllogisme composé de plusieurs argumentations ou
autres syllogismes.
Le polysyllogisme est la réunion de plusieurs syllogismes, où la conclusion de l’un sert de prémisse au
suivant. Si elle lui sert de M, on a le polysyllogisme progressif dans lequel on part du T à l’aide de µ ayant
une extension de plus en plus restreinte pour arriver à t.
M1 : tout ce qui est simple est incorruptible ; m1 : tout ce qui est spirituel est simple ;
C1 = M2 : tout ce qui est spirituel est incorruptible ; m2 : l’âme est spirituelle
C2 : donc l’âme est incorruptible.
Si la C sert de m au syllogisme suivant, on a le polysyllogisme régressif où l’on part du t et on remonte
par des µ de plus en plus étendus jusqu’au T. Pour voir mieux l’enchaînement, on met la m avant la M :
m1 : l’âme est spirituelle ; M1 : tout ce qui est spirituel est simple ; C1: donc l’âme est simple
m2 (= C1) l’âme est simple ; M2 : tout ce qui est simple est incorruptible ; C2 : donc l’âme est
incorruptible.
Quand la conclusion du premier syllogisme n’est pas exprimée, on a un sorite.
COURS DE LOGIQUE 2019 21

Le polysyllogisme progressif donne le sorite progressif ou de Goklen (XVIe) où le S est P de la


proposition suivante.
L’animal sent ; l’homme est un animal ; Pierre est un homme ; dont Pierre sent.
Le polysyllogisme régressif donne le sorite régressif ou d’Aristote qui est celui où le P est S de la
proposition suivante.
L’âme est spirituelle ; tout ce qui est spirituel est simple ; tout ce qui est simple est incorruptible ; C :
l’âme est incorruptible.
m1 M1 M2
L’âme = spirituelle = simple = incorruptible
Le sorite d’Aristote étant composé de syllogisme de la 1ère figure est soumis à ses règles : seule la
dernière prémisse peut être négative et la première (m) particulière. Il faut veiller à ce que les sens et
supposition ne varient pas d’une prémisse à l’autre :
« Celui qui boit trop de vin s'enivre ; qui s'enivre dort bien ; qui dort bien ne pèche pas ; qui ne pèche
pas est un saint ; quiconque est saint ira au ciel donc celui qui boit trop de vin ira au ciel. »

3.4.4 Syllogisme apodictique (ou démonstratif) et probable


Selon la matière des propositions, c'est-à-dire selon que le syllogisme est composé de propositions
nécessaires, ou probables.
Aristote distingue (parmi les syllogismes probables) les syllogismes dialectiques (pour rechercher la
vérité) et les syllogismes rhétoriques (appelés par lui enthymèmes) pour persuader les auditeurs à partir
d’exemples et de vraisemblances.

3.5 Le syllogisme hypothétique

3.5.1 Notion de syllogisme hypothétique


La M en est une proposition hypothétique, dont une part indique la C, l’autre la raison logique dont elle
dépend. La m pose cette raison logique.
S’il en est autrement, le syllogisme est catégorique, même s’il comprend des prémisses hypothétiques.
Par exemple : « Si A est, B est. Si B est, C est. Donc, si A est, C est. »

3.5.2 Division du syllogisme hypothétique


Comme on ne peut rien inférer de la proposition copulative, il y a trois formes de syllogismes
hypothétiques :
• conditionnel • ponendo ponens : Si A est vrai, B est vrai. Or A est vrai. Donc B est vrai
avec 2 figures : • tollendo tollens : Si A est vrai, B est vrai. Or B n’est pas vrai. Donc A n’est pas vrai.
• disjonctif • Soit A est vrai, soit B est vrai. Or A n’est pas vrai. Donc B est vrai.
avec 2 figures • Soit A est vrai, soit B est vrai. Or A est vrai. Donc B n’est pas vrai.
• conjonctif avec une seule figure : « L’homme ne peut servir Dieu et Mammon. Or il sert Dieu… »
Dans le syllogisme conditionnel, si la proposition conditionnelle a le même S dans les deux membres, il
se ramène facilement à un syllogisme catégorique :
« Si Pierre court, il se meut. Or Pierre court. Donc… » = « Tout ce qui court, se meut. Or Pierre court.
Donc… »
S’il n’y a pas le même S, la réduction n’est pas évidente, ni absolument équivalente selon certains.
« Si le monde existe, Deus existe. Or le monde existe. Donc Deus existe. » = « La cause d’un monde
existant existe. Or Deus est cause d’un monde existant. Donc… ».

3.5.3 Le dilemme
Raisonnement dans lequel, en posant n’importe lequel des membres d’une disjonction complète, on
aboutit toujours à la même conclusion 4.

4 — Argumentatio in qua, ex positione uniuscumque membri disjunctionis completae, idem semper deducitur.
22 COURS DE LOGIQUE 2019

C’est un syllogisme hypothétique composé. On l’appelle aussi syllogisme à deux cornes, ou à deux
tranchants (syllogismus cornutus, aut utrimque feriens).
Exemple du dilemme de Tertullien contre le décret de Trajan :
Les chrétiens sont soit coupables, soit innocents.
S’ils sont coupables, pourquoi interdis-tu de les rechercher ? (le décret est injuste)
S’ils sont innocents, pourquoi leur infliges-tu une peine ? (le décret est injuste)
Donc le décret est injuste.
Pour qu’un dilemme soit bon, il faut que la disjonction soit complète et que de chaque membre on
puisse déduire légitimement et exclusivement la conséquence.
Tu gouverneras la république bien ou mal
Si tu le fais bien tu déplairas (aux hommes)
Si tu le fais mal tu déplairas (à Dieu)
On peut rétorquer : si je le fais bien je plairai (à Dieu) et si je le fais mal je plairai (aux hommes).

3.6 L’induction

3.6.1 Notion d’induction


Au sens large, on parle d’induction pour l’abstraction de l’universel à partir du singulier. Au sens strict
= raisonnement qui, à partir de vérités singulières ou particulières, conclut à une vérité universelle
contenue en elles 5.
Dans l’induction il y a « ascensus » tandis que dans le syllogisme il y a « descensus ».
« Les plantes, les animaux, les hommes se meuvent eux-mêmes
Or les plantes, les animaux, les hommes sont des êtres vivants corporels
Donc les êtres vivants corporels se meuvent eux-mêmes »
« Les êtres vivants corporels se meuvent eux-mêmes
Or les plantes, les animaux, les hommes sont des êtres vivants corporels
Donc les plantes, les animaux, les hommes se meuvent eux-mêmes ».

3.6.2 Le medium de l’induction et son principe


L’induction unit le P au S par le moyen d’une énumération de particuliers (tandis que le syllogisme le
fait par le moyen d’un moyen terme). Le « medium » de l’induction est donc la division ou l’énumération
de particuliers.
Son principe est : « Tout ce qui est affirmé ou nié de chaque inférieur d’un universel, est affirmé ou nié
aussi de cet universel ».

3.6.3 Division de l’induction


• Complète (ex ci-dessus) dite aristotélicienne. Légitime, peu utile.
• suffisante dite baconienne 6 ou physique. Légitime et très utile.
• Incomplète • insuffisante. Ne donne qu’une probabilité.
Un effet constant demande une cause constante. Si on constate qu’un prédicat convient à un nombre
suffisant d’individus (d’espèces) dans des circonstances diverses, c’est une propriété qui émane de la
nature spécifique (générique). On s’appuie sur le principe de causalité (tout ce qui se fait doit avoir une
cause proportionnée 7).
Il peut arriver que l’induction puisse se faire avec une seule expérience (par exemple en brisant un
minéral on observe des figures géométriques tellement régulières qu’elles ne peuvent venir que de la nature
du minéral).

5 — Argumentatio qua, ex veritatibus singularibus seu particularibus, ad veritatem universalem in eis contentam
concluditur
6 — Francis Bacon, 1561-1623. (≠ Roger Bacon, ofm, 1214-1294). Voir note 21 p. 332 de Maritain.
7 — Quidquid fit, causam habet proportionatam.
COURS DE LOGIQUE 2019 23

Mais souvent, même après de nombreuses observations, on n’arrive pas à la certitude d’avoir fait une
énumération suffisante. On élabore alors une hypothèse. L’hypothèse peut ensuite se transformer en
certitude. Eg : on observe que certains corps tombent, et l’on suppose qu’ils sont tous pesants, et que si
certains ne tombent pas (les ballons…) cela doit venir d’une cause qui empêche la chute. Quand on
comprend la raison pour laquelle certains corps ne tombent pas, on peut conclure avec certitude que les
corps sont tous pesants.
NB : une théorie scientifique est en général un mélange d’hypothèses et de certitudes qui permettent de
faire des recherches de manière cohérente.
NB 2 : C’est à tort qu’on restreint l’induction d’Aristote à l’induction complète, car quand il dit qu’il
faut faire l’énumération intégrale, il faut entendre intégrale « virtute », non pas « actu », comme le
remarque Averroès, et comme on le voit dans l’usage qu’Aristote et saint Thomas en font.

3.6.4 Analogie, exemple


L’analogie est un processus probable qui conclut a pluribus particularibus ad aliud particulare eiusdem
generis. L’exemple conclut ab uno particulari.
L’analogie et l’exemple contiennent en eux une induction et une déduction.
« Pierre, Jacques et Jean, tous grands pécheurs, ont obtenu le pardon de Dieu. Donc toi aussi, grand
pécheur, tu l’obtiendras. »

3.7 Le sophisme

3.7.1 Notion de sophisme


Sophisme = Oratio quae, propter similitudinem quam habet cum syllogismo, syllogismus videtur cum
tamen non sit.
— soit parce que les « voces » semblent signifier la même chose quand ce n’est pas le cas,
« fallaciae in dictione » (tromperie dans les mots),
— soit parce que les chose signifiées semblent les mêmes quand ce n’est pas le cas, « fallaciae
in rebus, extra dictionem » (tromperie dans les choses).

3.7.2 Fallaciae in dictione


• Equivocité (æquivocatio) : si un mot est équivoque. « Celui qui rit est un homme, Or le pré est riant,
Donc… »
• Amphibologie (amphibologia) : si une phrase est équivoque. « Aio te Aeacida Romanos vincere
posse. »
• Fallacia compositionis et divisionis : quand on passe du sens divisé au sens composé, et viceversa:
« Possum ambulare et non ambulare; sed ambulare et non ambulare est impossibile; Donc possum
impossibile. »
• Fallacia accentus : provient du changement de place de l’accent (en latin) : « Lépores sunt animalia
silvestria; sed in comœdiis sunt lepóres (agréments, charmes); Donc in comœdiis sunt animalia silvestria. »
• Fallacia figurae dictionis (tromperie de l'aspect du mot) oritur ex similitudine dictionum : « Toute
substance de couleur blanche est blanche; or papa est de couleur blanche; donc, papa est blanche ». « Tu
as acheté de la viande crue. Or tu as mangé ce que tu as acheté. Donc… »

3.7.3 Fallaciae in rebus, extra dictionem


• Fallacia accidentis : quand ce qui convient (ou non) à un accident (= tout P différant réellement ou
ratione du S) est dit convenir (ou non) au sujet, ou viceversa.
« Risibile est proprietas; homo est risibilis; Donc est proprietas. »
On le résoud ainsi : Dist. mai.: Accidens risibilitatis est proprietas, conc.; subiectum habens risibilitatem
est proprietas, nego. Contradist. min.: Homo est subiectum habens risibilitatem, conc.; est accidens
risibilitatis, nego.
24 COURS DE LOGIQUE 2019

• Fallacia dicti est, quand on passe de ce qui est dit secundum quid à ce qui est dit simpliciter, et
viceversa. Exemplum: Aethiops est albus dente; Donc est albus.
• Fallacia consequentis: lorsqu’on emploie mal le « ponendo ponens et tollendo tollens ». « Si Petrus
currit, Petrus movetur; Or Petrus movetur; Donc currit; Or non currit; Donc non movetur. »
• Ignoratio elenchi (le status quaestionis) quand on ne prouve pas ce qui est à prouver. Par exemple si
voulant prouver que les chrétiens sont idolâtres, on prouve qu’ils vénèrent les saints.
• Petitio principii est, quand on prouve le même par le même. « Icar est filius Dædali, quia Dædalus est
pater Icari. » – Le cercle vicieux est une pétition de principe avec un intermédiaire : Je prouve que l’âme
est spirituelle parce qu’elle a des actes spirituels, puis je prouve que l’âme a des actes spirituels parce
qu’elle est une substance spirituelle.
• Fallacia non causae ut causae quand on assigne une cause qui n’est pas une vraie cause: « Quod
inebriat, non est bibendum; vinum inebriat; Donc vinum non est bibendum. »
• Fallacia plurium interrogationum ut unius: « Homo et lapis suntne animal ? »

3.8 La dispute scolastique

3.8.1 Ce qu’elle est


C’est une dispute en forme (où on observe la forme syllogistique), qu’on distingue de la dispute
informelle et de la dispute socratique (par questions qui amènent peu à peu à la conclusion).

3.8.2 Charge du défenseur (defendens)


In disputatione scholastica defendentis est argumenta in forma syllogistica contra thesin allata ad
verbum repetere, de singulis propositionibus iudicium ferendo, concedendo veras, negando falsas,
distinguendo ambiguas, transmittendo eas quae ad rem non pertinent.
Si syllogismus est vitiosus, negatur consequentia.
Si distinctio adhibetur, haec cadit aut in µ aut in t aut in T syllogismi. Si primum, distinguenda erit
maior, contradistinguenda minor et neganda consequens et consequentia; si secundum aut tertium,
distincta sola maiore aut sola minore, distinguitur consequens.
Interdum distinctio aliqua ulterius subdistinguitur.
Quandoque defendens, antequam directe, modo exposito, argumenta solvat, poterit indirectam
praemittere solutionem, negando suppositum (i. e. id quod adversarius tamquam fundamentum
argumentationis suae supponit) aut retorquendo argumentum.

3.8.3 Charge de l’attaquant (arguens)


Arguentis est probare propositiones a defendente negatas.
Si distinctio adhibita fuit, arguens instaurat argumentum, probando partem negatam aut ex parte
concessa ulterius arguendo.
Si defendens negavit propositionem disiunctivam, arguens potest postulare ut assignetur membrum in
distinctione omissum, quo assignato ad illud repellendum argumentatur.
Si negata est propositio universalis, potest petere instantiam, i. e. petere ut indicetur exceptio.
Negata consequentia arguens a defendente quaerat, ut ostendat formam syllogismi non esse rectam;
quodsi revera forma vitiosa fuit, emendetur, sin aliter, arguens formae rectitudinem ostendat.

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