Harel 2025
Harel 2025
Département de Psychologie
2023-2025
« Ce n’est pas ce qui nous arrive qui nous définit, mais ce que nous faisons de ce qui nous arrive. »
- Jean-Paul SARTRE
REMERCIEMENTS
Je souhaite tout d’abord exprimer ma profonde gratitude à toutes les personnes et à l’ensemble des professionnels qui m’ont
accueillie, formée, accompagnée et soutenue tout au long de mes stages, pour leur bienveillance, leur confiance et la richesse des
échanges partagés.
Je remercie particulièrement Madame Pascale FAURE, psychologue clinicienne à l’IME Le Bois de Saint-Jean, pour son
accompagnement attentif et les nombreuses situations cliniques qu’elle m’a permis d’explorer. Mes remerciements vont également à
Madame Fanny ROUSSIN-BOUCHARD, neuropsychologue, pour m’avoir fait découvrir avec générosité la richesse de sa pratique
et son engagement auprès des jeunes.
Je tiens également à remercier Madame Marie DELVIGNE, psychologue de l’Éducation nationale et directrice du CIO de Cavaillon,
pour son accueil et son rôle de tutrice bienveillante lors de mon stage auprès des adolescents en orientation.
Mes remerciements vont à Madame Sabrina CARON-MERZOUK, psychologue clinicienne au sein du service de psychiatrie adulte
de l’hôpital de Laragne, pour m’avoir permis d’approcher un champ clinique avec rigueur et humanité.
Je suis également reconnaissante envers Tristan DESILES, neuropsychologue, ainsi qu’envers les équipes de l’hôpital Sainte-
Marguerite et de l’association des Salins de Bregille à Marseille, pour leur accueil, leurs conseils et leur disponibilité.
Je remercie chaleureusement les neuropsychologues Madame Lola LEFEVRE-BADOUAL, Madame Julie LEBERRE, ainsi que
Madame Leslie CUBEDDU, neuropsychologue et amie, ainsi que l’ensemble des professionnels de l’association Espoir Autisme
Corse pour leur encadrement à la fois exigeant, stimulant et bienveillant. La confiance et l’autonomie qu’ils m’ont accordées ont
renforcé mon engagement dans la pratique clinique.
Enfin, je tiens à remercier Monsieur Hugo BLANES, neuropsychologue à l’hôpital de L’Isle-sur-la-Sorgue, pour sa confiance, son
soutien et la liberté d’action qu’il m’a offerts dans le cadre de mon stage en gériatrie.
Je remercie également mes parents, Fabien et Carole HAREL, pour leur relecture, leurs encouragements et leur exemple de droiture.
Enfin, je tiens à remercier mes enseignants référents de Master en Psychologie, Neuropsychologie, Clinique, Comportement, Cerveau
et Cognition, Messieurs Bruno TRUCHET et Fabrice GUILLAUME, pour leur aide et leurs précieux conseils.
À chacun et chacune, merci pour votre accompagnement attentif et pour avoir nourri avec bienveillance ma construction
professionnelle.
SOMMAIRE
• Introduction……………………………….……………………………………4
• I- Enfance et adolescence…….………………………………………………...5
transdisciplinaires……………………………………………………………..10
………………………………………………………………………………...12
• Conclusion……………………………………………………………...……17
• Annexes…………………………………………………….………………..18
(Documents complémentaires et évaluations de stages)
Introduction
Parce que l’humain est un être intrinsèquement social, la neuropsychologie ne saurait se limiter à
l’évaluation du fonctionnement cognitif isolé, encore moins de manière uniquement quantitative.
Elle invite à considérer les personnes dans la singularité de leurs parcours, de leurs contextes de vie,
de leurs interactions sociales, affectives et environnementales. La différence, loin d’être un obstacle,
devient alors une richesse dès lors qu’elle est accueillie avec justesse et accompagnée avec éthique.
Les stages que j’ai pu réaliser au cours de ce parcours universitaire ont été sélectionnés dans une
démarche de diversification clinique, afin d’explorer les manifestations des troubles cognitifs et
psychologiques à travers le développement de l’enfant, les troubles adultes (psychiatriques,
neurologiques ou développementaux) et le vieillissement (et troubles associés). Ils m’ont ainsi
permis de mieux comprendre les rôles spécifiques du neuropsychologue, de m’exercer à des outils
d’évaluation, de remédiation et de médiation thérapeutique, mais aussi d’explorer une posture
professionnelle qui s’adapte à chaque terrain.
Enfin, l’ensemble de ces expériences a été guidé par une démarche intégrative, alliant la réflexion
clinique, l’approche psychométrique et l’intérêt pour les médiations corporelles et sensorielles, dans
un souci de respect de l’éthique du psychologue et de la personne qu’il accompagne.
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I – Enfance et adolescence
L’Instit Médico-Éducatif (IME)1, situé à Gap, accueille des enfants, adolescents et jeunes adultes
présentant une déficience intellectuelle, souvent associée à d’autres troubles comme les troubles du
spectre de l’autisme (TSA), des troubles génétiques rares, ou encore des troubles de la
communication. L’établissement est géré par l’ADSEA 05 et propose un accompagnement éducatif,
thérapeutique et pédagogique adapté, dans une logique transdisciplinaire. Il comprend plusieurs
classes, ateliers (ferme, cuisine, jardinage, restaurant pédagogique) et dispositifs de groupes
thérapeutiques (travail sur les émotions, la danse, la vie affective,…).
Pour intégrer l’I.M.E., un QI inférieur à 69 est demandé. Le test du WISC-V reste le plus utilisé
pour ce dépistage. La structure accueille des jeunes de 6 à plus de 20 ans, garçons et filles, peut
accueillir 38 personnes en internat, 33 en semi-internat, 1 en accueil familial, et 4 en accueil
séquentiel (quelques jours par semaine). L’I.M.E. compte à ce jour environ 75 professionnels et 76
places pour l’agrément (75 usagers en ce moment), séparés des structures pour les adultes (F.A.M. -
Foyer d’Accueil Médicalisé - ou M.A.S. - Maison d’Accueil Spécialisé - pour les personnes en
régression). La majorité des enfants de l’I.M.E. ont des troubles autistiques, des déficiences, et les
familles se retrouvent souvent en difficulté (sociales, économiques, familiales,…), la plupart d’entre
eux viennent souvent de structures comme la MECS (Maison d’Enfants à Caractère Social).
Au cours de ce stage de 210 heures, j’ai été mobilisée dans diverses missions aux côtés de la
psychologue clinicienne et de la neuropsychologue. J’ai ainsi pu participer à des observations en
classe et en ateliers, à des réunions d’équipe pluridisciplinaire, à la co-animation des groupes
thérapeutiques, à des entretiens cliniques, de remédiation cognitive et la réalisation d’un bilan
neuropsychologique. Ce stage m’a permis d’expérimenter à la fois la posture d’observatrice,
d’intervenante et d’analyste, en lien constant avec l’approche des autres professionnels.
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leurs aspirations et leurs singularités. Dans cette optique, il est essentiel de sensibiliser à la question
du handicap et des organisations qui existent pour œuvrer pour le droit des personnes en situation de
handicap (telles que la MDPH, Maison Départementale des Personnes Handicapées par exemple).
Dans la préface du Guide Néo-Psy (Vauloup, 2017)2, le rédacteur Bernard Lespès3 cite Jean Zay4 :
« Le but de la psychologie est l’inclusion : favoriser l’accès de l’enfant ou du jeune à l’éducation «
pour qu’il tire le meilleur parti de ses aptitudes, pour qu’il soit lui-même au plus haut degré, sans
gêner l’épanouissement des autres personnalités, pour qu’il soit homme parmi les hommes » (Jean
Zay) ».
Étant donné que l'être humain est intrinsèquement sociable et que l'acceptation au sein du groupe est
essentielle, il est impératif de reconnaître que la différence représente une richesse à part entière et
ne devrait en aucun cas conduire à l'exclusion d'un individu. Dans ce contexte, la psychologue
travaille en étroite collaboration avec les chefs de service, les éducateurs, les professionnels de la
santé et de l'éducation, ainsi que les parents. Il est donc crucial de déterminer la meilleure approche
pour soutenir les jeunes concernés, tout en respectant scrupuleusement le secret professionnel
auquel tout psychologue est tenu.
L’étude de situations cliniques spécifiques m’a permis de mieux saisir la complexité des profils
rencontrés à l’IME, mais également la richesse des interactions entre les facteurs
neurodéveloppementaux, environnementaux et affectifs. J’ai donc sélectionné trois cas
particulièrement marquants ayant nourri ma réflexion clinique.
• Le premier cas illustre les conséquences d’un tableau neurologique sévère sur le
développement global, mais aussi la manière dont les dynamiques familiales peuvent influer
sur la construction psychique des adolescents. En effet, T. est une jeune fille de 16 ans au
moment où je la vois avec la psychologue, née prématurément à six mois de grossesse avec
une atrophie de l’hémisphère gauche du cervelet et une absence de l’hémisphère droit.
Malgré ces lourdes atteintes, elle a acquis la marche ainsi qu’une communication verbale
plutôt efficace. Sur le plan familial, la situation est tendue : le père montre des difficultés à
accepter le handicap de sa fille et s’oppose à son placement en IME, ce qui impacte l’estime
2 Vauloup, J. (2017). Guide Néo-Psy. Education, développement, conseil en orientation scolaire et professionnelle. Académie de
Caen. (10è éd.).
3 Bernard Lespès, sylviculteur, enseignant, psychologue, formateur, directeur de CIO, inspecteur de l’Education Nationale,
retraité. Mandats nationaux exercés : vice président de l’Association Nationale des Organisations de Psychologues, secrétaire
général de la Société Française de Psychologie.
4 Jean Zay, ministre de l’Education Nationale du Front populaire (1936-1939), assassiné par la Milice en 1944, cité par Olivier
Loubès dans son ouvrage Jean Zay, l’inconnu de la République, Armand Colin, 2012.
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de soi de T. et sa stabilité émotionnelle. Lors des entretiens, elle manifeste des
comportements ambivalents, parfois provocateurs mais toujours dans une recherche
attentionnelle. Sa résilience, sa progression sur certains points (communication,
comportements,…) et la complexité de sa dynamique familiale rendent son
accompagnement particulièrement riche, mais exigeant ;
• Le troisième cas, centré sur T., un jeune garçon de 13 ans avec des TSA importants, m’a
permis d’affiner mes compétences d’observation dans un cadre écologique, et de mieux
comprendre les enjeux sensoriels et relationnels propres à ce trouble. Dans le cadre d’un
atelier à la ferme, j’ai mené l’observation de T. à la demande de la neuropsychologue. T.
présentait des comportements très fluctuants : repli dans les toilettes à l’arrivée de certains
adultes, comportements répétitifs (manipulation d’objets, recherche de stimulation
sensorielle marquée). Ses interactions sociales, bien que présentes, restaient fragiles, souvent
abruptes et inadaptées. Cette observation m’a permis de comprendre l’importance des
repères concrets, de la régularité des routines, mais aussi de la finesse requise dans l’analyse
du comportement chez les jeunes.
Parmi les nombreux dispositifs proposés à l’IME, j’ai particulièrement participé à des ateliers
thérapeutiques en observation et en animation tels que :
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Fig.2. La tanière de Kyban (2024). Des modèles pour lego duplo.
[Photographie]. La tanière de Kyban.
https://taniere-de-kyban.fr/2019/des-modeles-pour-lego-duplo
Fig.1. Le monde de Tchoupi et Doudou. (5 août 2020).
Montessori : Reproduire des tours de légos. [Photographie].
Le monde de Tchoupi et Doudou.
https://lemondedetchoupietdoudou.wordpress.com/2020/08/05/montessori-reproduire-des-tours-de-legos/
La photo ci-dessus (Photo du restaurant de l’I.M.E., s.d.) montre La photo ci-dessus (Photo d’une classe de l’I.M.E., s.d.) montre
le restaurant de la structure dans lequel les jeunes peuvent servir des
personnes venant de la structure comme de l’extérieur. [Photographie] L’une des salles de classe de la structure. [Photographie]
https://www.adsea05.fr/etablissement/institut-medico-educatif-bois-saint-jean-ime https://www.adsea05.fr/etablissement/institut-medico-educatif-bois-saint-jean-ime
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D’autre part, j’ai pu observer et participer à la passation de plusieurs tests psychométriques dont le
WISC-V, la Vineland-II, la NEPSY-II. J’ai ainsi pu réaliser la cotation et la passation d’un bilan
neuropsychologique auprès d’un jeune garçon de 11 ans (N.). Ce travail a été mené en autonomie
partielle et sous supervision des deux psychologues, avec la rédaction du compte rendu.
Ce stage à l’IME de Gap m’a donc offert une expérience particulièrement structurante, à la croisée
des approches cliniques classiques et neuropsychologiques. Il m’a ainsi permis de me confronter à
une grande diversité de profils et de pathologies (TSA, trouble de déficience intellectuelle, troubles
du langage, surdité, polyhandicaps, troubles du comportement, syndromes génétiques peu connus –
ex. Smith-Magenis, Prader-Willi), enrichissant ainsi ma compréhension des troubles
neurodéveloppementaux dans leur complexité.
Ce stage m’a également permis de participer à des ateliers thérapeutiques variés, soulignant l’intérêt
des médiations corporelles, émotionnelles et sensorielles comme complément aux évaluations
parfois trop formelles. Il m’a offert un espace de développement progressif de mon autonomie, dans
un cadre à la fois imprévisible et soutenant, grâce à la confiance de mes tutrices et leur
collaboration.
Enfin, il m’a appris à articuler les exigences institutionnelles avec une démarche individualisée, au
sein d’une équipe transdisciplinaire engagée, ce qui m’a été utile dans mes autres stages. Cette
expérience constitue ainsi un socle fondamental dans ma construction professionnelle, tant sur le
plan clinique que théorique, et a renforcé ma posture de future neuropsychologue.
Mon stage de licence 3 au sein du Centre d’Information et d’Orientation de Cavaillon m’a permis
d’explorer un champ complémentaire à la neuropsychologie clinique : celui de la psychologie du
travail, de l’orientation et de la prévention auprès d’adolescents en questionnement identitaire,
scolaire et/ou social.
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d’équipe éducative, à des interventions collectives en classe, ainsi qu’à des dispositifs spécifiques.
Ces expériences m’ont permis de mieux appréhender les liens entre le fonctionnement cognitif, les
processus motivationnels, l’anxiété souvent présente à l’adolescence, notamment lorsqu’il s’agit
d’élaborer un projet d’avenir (d’autant plus que mon stage s’est fait juste après la crise du COVID-
19, les adolescents avaient pour la plupart, mal vécu les confinements ayant causé un isolement
social).
Les jeunes rencontrés exprimaient des difficultés diverses : décrochage scolaire, phobie sociale ou
scolaire, troubles de l’humeur, incertitudes professionnelles, sentiment d’échec ou perte de sens.
L’écoute active, l’entretien d’aide et la guidance psychoéducative mobilisés dans ces contextes
m’ont permis de développer une posture clinique ajustée, sensible au cadre institutionnel et aux
enjeux développementaux propres à cette période charnière que peut être l’adolescence.
Ce stage m’a notamment confrontée à la nécessité de garder un esprit ouvert : les jeunes et leurs
parcours nécessitent une compréhension fine des facteurs contextuels (sociaux, familiaux, scolaires,
…) pouvant fragiliser l’équilibre psychique. La frontière entre difficultés d’orientation et souffrance
psychique est parfois fine, et ce type d’expérience m’a permis d’affiner mon analyse globale.
Cette immersion m’a également rappelé l’importance d’un travail en réseau (infirmiers scolaires,
enseignants, psychiatres si les jeunes sont suivis, familles…), et m’a sensibilisée à l’impact du cadre
éducatif et institutionnel sur le développement cognitif et émotionnel des jeunes.
Ainsi, ce stage m’a offert un éclairage concret sur les dynamiques adolescentes (quête d’identité,
opposition, repli, mécanismes de défense). La posture du psychologue consiste alors à trouver le
juste milieu entre l’écoute, l’analyse et le conseil.
Ce stage en milieu hospitalier m’a offert une immersion auprès de jeunes patients âgés de 0 à 20
ans, présentant pour la plupart des troubles neurologiques et des situations de polyhandicap, le plus
souvent consécutifs à des AVC, des traumatismes crâniens, des interventions chirurgicales ou des
maladies génétiques.
Une partie importante de ce stage s’est déroulée au sein de l’équipe mobile, intervenant aux
domiciles et aux écoles des jeunes, situés dans le Var et les Bouches-du-Rhône Cette organisation
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permettait ainsi de voir les patients dans un contexte écologique, propice aux entretiens et aux
exercices proposés.
J’ai ainsi pu suivre plusieurs de ces professionnels sur des temps dédiés, ce qui m’a permis de
mieux comprendre leurs modalités d’évaluation et de prise en charge, mais aussi d’enrichir ma
propre analyse clinique à travers leurs perspectives.
Parallèlement, j’ai participé à de nombreuses anamnèses, qui m’ont permis de synthétiser les
parcours de vie des personnes accompagnées. Ces entretiens m’ont sensibilisée à l’importance d’un
accueil contenant et ajusté aux besoins des jeunes, de leur situation familiale, émotionnelle,
cognitive, et sociale, tout en maintenant une posture d’observation fine et l’alliance thérapeutique.
J’ai eu l’opportunité de réaliser une vingtaine de bilans neuropsychologiques adaptés aux capacités
motrices et cognitives des jeunes. Ces bilans, souvent étalés sur plusieurs séances, nécessitaient une
adaptation permanente et une attention divisée efficace afin d’être alerte sur la cotation, la
fatigabilité, l’agitation, la compréhension et la disponibilité des personnes.
Dans le prolongement de ces évaluations, j’ai également pu mettre en œuvre des séances de
remédiation cognitive auprès de certains patients grâce à des jeux de société, ciblant des fonctions
cognitives spécifiques de manière individualisée. Ces temps m’ont permis de développer une
approche interactive et motivante.
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II – Âge adulte : psychiatrie, neurochirurgie et troubles du spectre de l’autisme
Ce stage de 35 heures m’a plongée dans le quotidien d’un service de psychiatrie adulte accueillant
des personnes souffrant majoritairement de troubles de l’humeur, de dépression, de troubles de la
personnalité, d’addictions et de psychoses. Les hospitalisations étaient généralement brèves, et les
patients, parfois sans domicile fixe, se retrouvaient rapidement confrontés à la nécessité de gérer
seuls un quotidien instable dans un contexte de grande précarité sociale et familiale.
En tant que stagiaire, j’ai participé à des entretiens cliniques, des observations comportementales, et
à la rédaction de transmissions quotidiennes, essentielles pour la coordination des soins. J’ai
également pu animer en autonomie un atelier de musicothérapie, où je laissais le choix aux patients
soit de jouer d’un instrument, soit d’écouter des musiques qu’ils choisissent avec tout le groupe,
favorisant l’expression émotionnelle et la socialisation.
Ce stage a soulevé pour moi des questions éthiques fondamentales, notamment la tension entre le
respect des libertés individuelles et la prévention de la mise en danger d’autrui. En effet, même en
cas de refus de traitement ou de comportements à risques (violence, passage à l’acte, consommation
de substances), aucun cadre ne peut être imposé si le patient ne relève pas légalement d’une
hospitalisation sous contrainte. Cette réalité m’a confrontée à la complexité du soin en psychiatrie
(que j’avais également constaté en pédopsychiatrie en tant que bénévole dans une association, mais
où les parents pouvaient gérer la situation malgré les difficultés contextuelles et émotionnelles), à
ses limites institutionnelles, à la place de la psychologue dans un contexte souvent tendu entre
urgence sociale, accompagnement psychologique et prévention.
Cette expérience m’a permis de mieux comprendre les critères décisionnels liés aux interventions
chirurgicales et leur articulation avec ma pratique et mon œil clinique en tant que future
neuropsychologue. Elle a ainsi enrichi ma vision de la neuropsychologie en tant que discipline
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complémentaire à la médecine, en particulier dans le cas d’indications fonctionnelles et les
conséquences cognitives d’atteintes du système nerveux central et/ou périphérique.
J’ai également eu la chance d’assister à une intervention chirurgicale de six heures sur la colonne
vertébrale, durant laquelle le neurochirurgien opérait debout, à travers un champ opératoire d’une
grande précision, sans altérer la moelle épinière.
Bien que ce stage fut court, il a représenté pour moi une ouverture précieuse sur le métier de
neuropsychologue. Il m’a également permis de renforcer ma capacité à collaborer avec des
médecins, à affirmer mon point de vue et à intégrer une compréhension biomédicale des troubles
neurologiques et neuropsychologiques dans ma future pratique.
Au sein de l’association Espoir Autisme Corse, j’ai pu intégrer une équipe mobile intervenant à
domicile, à l’école auprès de personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme de tous âges.
Une attention particulière était portée à la personnalisation des entraînements cognitifs, souvent
courts (environ 15 minutes), afin de favoriser la mobilisation attentionnelle, de mémoire et de
flexibilité mentale.
J’ai également pu mettre en place des outils spécifiques en m’inspirant des méthodes TEACCH et
PECS, et participer à la mise en place de renforçateurs sensoriels ou des supports visuels créés sur
mesure, en fonction du niveau de communication, des intérêts spécifiques ou des besoins
comportementaux des personnes accompagnées. L’approche mêlait TCC, guidance parentale,
guidance des enseignants, remédiation et médiations variées, dans une perspective d’approche
fonctionnelle, pragmatique et écologique.
Ce stage m’a permis de gagner en confiance dans mes capacités à mener un bilan de manière fluide,
à ajuster les outils à chaque situation, et à comprendre l’importance du travail collaboratif ainsi que
la souplesse nécessaire dans l’accompagnement des personnes avec des TSA, avec ou sans troubles
associés (TDA/H, épilepsies, Gilles de la Tourette…). Il a également renforcé mon intérêt pour la
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sensibilisation des différents troubles, des besoins et de la valorisation des compétences dans une
logique d’inclusion et de respect.
EHPAD / SMR
Mon stage en gériatrie au Centre Hospitalier de l’Isle-sur-la-Sorgue (environ 30 heures) a été réalisé
dans les services SMR et EHPAD. Il m’a permis de travailler auprès de personnes âgées
hospitalisées majoritairement pour des séjours transitoires (suite à des chutes ou autres) ; certaines
atteintes de troubles cognitifs divers (troubles psycho-comportementaux liés souvent aux troubles
de type Alzheimer, Huntington ou démences mixtes).
Ce stage m’a permis de suivre les parcours de certains patients du bilan à l’accompagnement
médico-psycho-social, dans une approche globale, éthique, écologique et humaine.
Ces espaces permettaient aussi d’observer les interactions sociales, l’initiative, l’humour, la
sensibilité émotionnelle, autant d’éléments essentiels dans l’évaluation qualitative et
l’accompagnement. Les réactions des patients, parfois désinhibées ou inattendues, m’ont confrontée
à l’importance d’un cadre contenant mais souple, ainsi qu’à la richesse de ces médiations en
complément des entretiens, qui semblent faire beaucoup de bien aux patients.
Un pan essentiel du travail concernait également le soutien aux aidants : les proches sont souvent
épuisés, débordés émotionnellement, et confrontés à des difficultés administratives, financières et
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organisationnelles. Dans ce cadre, notre métier consiste à devenir un soutien, aussi grâce à la
collaboration avec l’assistante sociale, les médecins, infirmières, kinésithérapeutes, ergothérapeutes,
psychologues clinicien.ne.s, etc.
Le quotidien en gériatrie est marqué par de nombreux imprévus, ce qui exige une grande
adaptabilité, une capacité à ajuster les priorités, à capter les signaux faibles, et à intervenir
rapidement en respectant les souhaits et besoins de la personne concernée.
Bien au-delà de la seule évaluation cognitive, ce stage m’a marquée par sa dimension humaine,
idéale pour développer une posture clinique d’écoute, de patience, et d’attention à l’autre, tout en
consolidant les compétences théoriques et techniques.
Médecine nucléaire
Ma journée de stage en médecine nucléaire m’a offert un aperçu précieux de l’articulation entre nos
données cliniques et les examens d’imagerie fonctionnelle, notamment via le TEP-scan à la Fdopa.
J’ai pu échanger avec les techniciens et la pharmacienne sur les protocoles d’injection et les
indications des examens neurologiques, souvent réalisés chez des patients âgés présentant des
troubles cognitifs et/ou moteurs complexes. Cette journée m’a permis d’observer des tableaux
cliniques variés tels que celui d’une patiente orientée par son EHPAD, atteinte de paralysie
supranucléaire progressive (PSP), peu verbale et désorientée, ou encore une autre présentant des
symptômes extrapyramidaux sous neuroleptiques, avec une dépression associée à ses troubles
psychiatriques connus, et des autolyses récentes sur les bras et les jambes. Les résultats du TEP-
scan permettait de visualiser des atteintes cérébrales spécifiques (striatum, locus niger, putamen),
parfois invisibles sur IRM, offrant ainsi une aide précieuse au diagnostic différentiel entre une
maladie à Corps de Lewy, une DTA (Alzheimer), Parkinson, dyskinésies post-neuroleptiques, etc.
Ce stage, bien que court, m’a sensibilisée à l’importance de cette lecture fine des corrélations entre
données cliniques et neurobiologiques, et à l’intérêt d’une collaboration entre neuropsychologues,
médecins, et équipes.
Ainsi le rôle de la neuropsychologue est à la fois évaluateur, médiateur, soutenant pour les équipes
et les familles, et parfois, simplement, celui d’un interlocuteur attentif et humain.
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La photo ci-dessus (Photo d’une machine, 05 juin 2025)
La photo ci-dessus (Photo d’un chariot, 05 juin 2025)
La photo ci-dessus (Photo d’une machine, 05 juin 2025) montre montre l’outil de mesure de la radioactivité porté par tous les
montre l’une des machines de manipulation des
l’une des machines de manipulation des produits radioactifs. [Photographie] professionnels présents dans le service. [Photographie]
produits radioactifs. [Photographie]
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Conclusion
L’ensemble des stages réalisés m’a permis de développer des compétences transversales fondamentales pour
ma formation de neuropsychologue : la conduite d’anamnèses, la passation, cotation et interprétation de
bilans psychométriques, la formulation d’hypothèses cliniques et diagnostiques, l’observation
comportementale, la mise en œuvre de remédiations cognitives, l’animation d’ateliers thérapeutiques et
sociaux-thérapeutiques, ainsi que la capacité à travailler seule ou en équipe pluridisciplinaire.
Au-delà de la théorie et de la pratique, ces expériences ont contribué à façonner ma posture professionnelle,
dans une dynamique alliant rigueur, engagement éthique, alliance thérapeutique, sensibilité clinique et
adaptabilité. Elles m’ont permis de prendre conscience de la nécessité d’un positionnement réfléchi, capable
de jongler entre cadre institutionnel, individualisation des accompagnements et travail collectif.
Ces stages ont également été l’occasion de prendre du recul sur les conditions d’apprentissage et de
professionnalisation. J’ai pu bénéficier d’aménagements liés à mon handicap moteur, ce qui a été d’un
soutien précieux. En revanche, les horaires étant difficilement modulables et compatibles avec mes besoins
d’adaptation, a parfois mis à l’épreuve mon organisation, notamment en termes de gestion de mes ressources
personnelles. Certains outils ont joué un rôle clé dans mes apprentissages : par exemple, la testothèque
universitaire, ressource précieuse pour accéder à du matériel de qualité rapidement, avec des prêts de durée
raisonnable. Toutefois, la réalisation concrète de bilans neuropsychologiques s’est surtout apprise sur le
terrain, davantage qu’en cours, ce qui a retardé le développement de mon autonomie dans d’autres aspects de
ma pratique clinique.
Avec la diversité des terrains rencontrés, j’ai pris conscience de ma pratique et de mon aisance particulière
avec les personnes vivant avec des troubles du spectre autistique (TSA), ce qui m’oriente naturellement vers
une poursuite de mon parcours auprès des personnes vivant avec des troubles du neurodéveloppement
(TND). Par ailleurs, mon niveau en langue des signes française, acquis en autodidacte, me donne envie de
m’investir auprès des personnes sourdes ou malentendantes.
Ainsi, ces stages ont renforcé mon désir de poursuivre des formations diverses telles que l’hypnothérapie,
l’EMDR ou d’autres encore, tout au long de ma carrière. Je souhaite continuer à affiner mes compétences
afin d’offrir un accompagnement ajusté, humain et éclairé, en m’inscrivant dans une pratique accessible,
engagée et respectueuse de la personne dans sa globalité.
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ANNEXES
Par rapport à d'autres approches pédagogiques, la méthode Montessori se distingue par ses principes et ses pratiques spécifiques.
Voici quelques-unes des méthodes éducatives souvent utilisées pour les enfants autistes et ceux avec des troubles intellectuels, avec
- Principes : L'ABA est basée sur les principes du conditionnement opérant pour enseigner de nouvelles compétences en utilisant
- Utilisation de supports visuels : Comme la méthode Montessori, l'ABA utilise souvent des supports visuels pour aider à
l'apprentissage et à la compréhension.
- Individualisation : Tout comme Montessori, l'ABA est souvent individualisée pour répondre aux besoins spécifiques de chaque
enfant.
2. Approche TEACCH :
- Organisation de l'environnement : L'approche TEACCH met l'accent sur l'organisation de l'environnement physique pour soutenir
- Utilisation de supports visuels : Comme Montessori, TEACCH utilise des supports visuels pour aider à la compréhension et à la
communication.
- Structuration des tâches : TEACCH propose souvent une structuration claire des tâches et des activités, ce qui peut être similaire à
l'approche Montessori.
- Communication alternative et augmentative (CAA) : PECS se concentre sur l'utilisation de systèmes de communication alternatifs
- Interaction sociale : PECS met également l'accent sur le développement des compétences en interaction sociale, ce qui peut
différer de la méthode Montessori qui met souvent l'accent sur l'autonomie individuelle.
- Utilisation de supports visuels : Tout comme Montessori, PECS utilise des supports visuels pour faciliter la communication.
Chaque méthode éducative a ses propres forces et faiblesses, et leur efficacité peut varier selon les besoins individuels de chaque
enfant. Certaines familles et éducateurs peuvent même choisir d'intégrer des éléments de différentes méthodes pour créer un
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ATTESTATION DE STAGE
Nous soussignées, Mme Pascale FAURE, Psychologue Clinicienne et Mme Fanny
ROUSSIN-BOUCHARD, Psychologue spécialisée en Neuropsychologie certifient que :
L'I.M.E. du Bois de Saint Jean accueille des enfants et adolescents de 6 à 20 ans présentant
une déficience intellectuelle et/ou des troubles du spectre autistique.
La prise en charge éducative, médicale, para médicale et psychologique, effectuée par une
équipe pluridisciplinaire est complétée par des temps de scolarisation assurés par des enseignants
spécialisés.
Dans ce cadre, Madame Eve HAREL a pu participer à l'ensemble des activités des deux
psychologues de l’institution.
Après une visite des locaux et une présentation aux membres des différentes équipes, Madame Eve
HAREL a pu participer :
à des entretiens psychologiques individuels avec des enfants, des adolescents et des jeunes
adultes
aux classes, aux groupes éducatifs et aux ateliers préprofessionnels (Atelier Cuisine,
Atelier Enseignement Ménager, Ferme)
à des séances individuelles et une de balnéothérapie avec la psychomotricienne
aux réunions d'équipe d’internat ; de l’équipe médicale, paramédicale et psychologique ; et
aux projets personnalisés des usagers
à des temps de prise en charge en groupe : Groupe Emotions, Atelier Théatre, Groupe
Danse
à un débriefing avec une psychologue et le médecin psychiatre pour soutenir l’équipe d’un
établissement pour adultes (de la même association) suite à la fausse route d’un des usagers
lors d’un repas
à la passation de tests cognitifs avec la psychologue spécialisée en neuropsychologie et elle
a pu se familiariser avec la cotation des épreuves (NEPSY, TEA-Ch, WISC V, MEM III,
21
Vineland-II)
à des séances de remédiation cognitive
à une réunion avec les différents psychologues intervenants dans l’association
à des échanges pluri-professionnels en lien avec le projet de l’enfant
Madame Eve HAREL a réalisé l’observation clinique d’un adolescent lors de temps d’atelier
ferme. Celle-ci avait été demandée par la psychologue afin d’affiner et d’unifier les différentes
perceptions que les intervenants avaient de cet enfant.
Les temps d'échange avec les psychologues lui ont permis de formuler des observations, des
questions et d’établir des liens entre les notions abordées en cours et les différentes situations
rencontrées à l'I.M.E. Madame Eve HAREL a fait preuve, lors de ces réunions, de bonnes aptitudes
d'analyse et de raisonnement.
Le bilan du stage est positif. Madame Eve HAREL, doit seulement acquérir plus
d’assurance et de confiance en elle, lors des entretiens et des temps de parole. Ceci est
compréhensible car cette aisance ne peut s’acquérir qu’en situation de professionnel. Ses futures
expériences de stage lui permettront d’affiner sa posture professionnelle.
Le stage de Madame Eve HAREL de 218 heures à l’IME du Bois de Saint Jean à Gap est
validé et il permet de confirmer qu’elle possède les qualités requises pour l'exercice du métier de
psychologue.
Pascale FAURE
Psychologue Clinicienne
Fanny ROUSSIN-BOUCHARD
Psychologue spécialisée en Neuropsychologie
22
EVALUATIONS ET ATTESTATIONS DE STAGE
23
24
25
26
x
HAREL Eve
M2 Neuropsychologie
27
28
29
30
31
32
Evaluation de stage long
Stagiaire
Nom : HAREL Prénom: Eve
Maître de stage
Nom : LE BERRE
Prénom: Julie
Pour ce stage :
Commentaires libres :
Eve a été forte de propositions lors de son stage.
Elle a les bons réflexes d’appuyer ses pratiques sur les données récentes issue de la
recherche.
33
Critère n°1 : Respect des exigences
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Eve a été forte de proposition lors de son stage. Face aux tâches demandées elle a été
pro-active et a pris des initiatives.
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
34
Critère n°4 : Insertion dans l’équipe et collaboration
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
L’organisation du service (SESSAD) limite les temps de collaboration avec les autres
professionnels.
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
35
Critère n°7 : Recul critique et théorisation
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Eve est capable de s’appuyer sur la littérature pour faire la lumière sur une situation
clinique.
Critère n°8 : Progression face aux difficultés et engagement dans sa propre formation
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
36
Critère n°10 : Aptitude à l’entrée dans le monde professionnel :
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
37
Synthèse générale
38
Evaluation de stage long
Stagiaire
Nom : HAREL Prénom: Eve
Maître de stage
Nom : DESILES Prénom: Tristan
Pour ce stage :
- Estimez vous que le contrat de départ a été respecté ? Eve a respecté les demandes et s'est
investi dans le stage
- Estimez-vous que les deux parties y ont trouvé avantage ? Oui
39
Critère n°1 : Respect des exigences
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Eve a fourni des efforts pour se plier aux demandes, quitte à parfois
se mettre dans des situations incofortables pour elle
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
40
Critère n°4 : Insertion dans l’équipe et collaboration
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Eve peut se montrer créative même s'il n'a pas souvent été possible de le
montrer
41
Critère n°7 : Recul critique et théorisation
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Il existe des lacunes théoriques qui rendent difficile le recul critique ou la mise en
perspective
Critère n°8 : Progression face aux difficultés et engagement dans sa propre formation
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Le niveau de départ d'Eve était bas et en fin de stage, elle a nettement progressé
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Il a été parfois difficile pour Eve de s'adapter aux exigences mais elle a fourni des
efforts pour aller dans ce sens
42
Critère n°10 : Aptitude à l’entrée dans le monde professionnel :
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
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Synthèse générale
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