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Espace de Baire

Le document traite des espaces de Baire, définissant les propriétés équivalentes qui caractérisent ces espaces topologiques. Il présente des exemples d'espaces de Baire, comme les espaces topologiques discrets, et démontre que tout ouvert d'un espace de Baire est également un espace de Baire. De plus, il aborde les écarts sur les ensembles et leurs propriétés, ainsi que la topologie associée à ces écarts.

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Espace de Baire

Le document traite des espaces de Baire, définissant les propriétés équivalentes qui caractérisent ces espaces topologiques. Il présente des exemples d'espaces de Baire, comme les espaces topologiques discrets, et démontre que tout ouvert d'un espace de Baire est également un espace de Baire. De plus, il aborde les écarts sur les ensembles et leurs propriétés, ainsi que la topologie associée à ces écarts.

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2.8.

Espaces de Baire 99

2.8 Espaces de Baire


Proposition 2.8.1. Soit X un espace topologique. Les propriétés suivantes sont équiva-
lentes.

(i) Pour toute famille dénombrable Fn n≥0


de fermés de X telle que X = ∪ Fn , la
n≥0

réunion des intérieurs ∪ Fn est dense dans X.
n≥0

(ii) La réunion de toute famille dénombrable de fermés de X d’intérieurs vides est


d’intérieur vide.

(iii) L’intersection de toute famille dénombrable d’ouvertes de X et denses dans X est


dense dans X.

Démonstration. Montrons l’implication (i) =⇒ (ii). Soit (Fn )n≥0 une suite de fermés

de X d’intérieurs vides. Montrons que Y = ∪ Fn est d’intérieur vide. Si Y = ∅, alors
n≥0

F = X\ Y est un fermé dans X tel que F = X et on a X = F ∪ ∪ Fn . Par hypothèse,
n≥0
◦ ◦ ◦
la réunion F ∪ ∪ Fn est dense dans X. Or, pour tout n ≥ 0, on a Fn = ∅, on en déduit
n≥0

que F est dense dans X, donc F est un fermé dense dans X, d’où F = X ce qui est

impossible. Donc on a Y = ∅.
Montrons l’implication (ii) =⇒ (iii). Soit (Un )n≥0 une suite d’ouverts de X et denses
dans X. Soit U = ∩ Un , et pour tout n ≥ 0, soit Fn = X \ Un . Alors pour tout
n≥0

n ≥ 0, Fn est un fermé dans X et on a Fn = X \ Un = ∅, voir proposition 1.2.2. Donc
X \ U = ∪ X \ Un = ∪ Fn est d’intérieur vide, d’où on a X \ U = ∅. Donc U est
n≥0 n≥0
dense dans X.
Montrons l’implication (iii) =⇒ (i). Soit (Fn )n≥0 une suite de fermés dans X telle que

X = ∪ Fn . Pour tout n ≥ 0, soit Kn = Fn \ Fn , alors Kn est un fermé de X tel que
n≥0

Kn = ∅. Soit Un = X \ Kn , alors Un est un ouvert dense dans X. Par conséquent, ∩ Un
n≥0
◦ ◦
est dense dans X et on a ∩ Un = X \ ∪ Kn . On a Fn = Kn ∪ Fn , donc ∪ Fn contient
n≥0 n≥0 n≥0

le complémentaire de ∪ Kn , on en déduit que ∪ Fn est dense dans X. 
n≥0 n≥0

Définition 2.8.1. Un espace topologique X est dit espace de Baire si X vérifie l’une
des propriétés de la proposition précédente.

Exemple 2.8.1. Tout espace topologique discret est un espace de Baire.

Exemple 2.8.2. L’ensemble des rationnels Q muni de la topologie induite par R n’est
pas un espace de Baire.

Proposition 2.8.2. Tout ouvert d’un espace de Baire est un espace de Baire.
100 Chapitre 2. ESPACES MÉTRIQUES

Démonstration. Soient X un espace de Baire et U un ouvert de X. Soit (Un )n≥0 une


suite d’ouverts denses dans U . Alors, pour tout n ≥ 0, Un est un ouvert de X et on a
Un ∩ U = U , voir exercice 1.24. Soit F = ∩ Un , alors F est un fermé de X et on a
n≥0
U ⊂ F . Soit V = X \ F , alors V est un ouvert de X. On pose Vn = Un ∪ V , alors Vn
est un ouvert de X et on a Vn = Un ∪ V = X. Puisque X est un espace de Baire, alors
∩ Vn = ∩ Un ∪ V est dense dans X. D’où on a ∩ Un ∪ V = X. Par conséquent,
n≥0 n≥0 n≥0
on a U = X ∩ U = ∩ Un ∩ U ∪ V ∩ U . Or on a V ∩ U = ∅, d’où U = ∩ Un ∩ U .
n≥0 n≥0
Autrement dit, ∩ Un est dense dans U . Donc U est un espace de Baire. 
n≥0

Théorème 2.8.1 (Baire). Soit (X, d) un espace métrique complet. Alors X est un
espace de Baire.

Démonstration. Soit (Un )n≥0 une suite d’ouverts de X et denses dans X. Pour montrer
que ∩ Un est dense dans X, d’après la proposition 1.2.4, il suffit de montrer que pour
n≥0
tout ouvert non vide V de X, V ∩ ∩ Un = ∅. Comme U0 est dense dans X, alors
n≥0
V ∩ U0 = ∅, et soit x0 ∈ V ∩ U0 . Comme V ∩ U0 est un ouvert de X, il existe r0 > 0 tel
que r0 ≤ 1 et B(x0 , 2r0 ) ⊂ V ∩ U0 . On construit, par récurrence sur n, une suite (xn )n≥0
dans X et une suite (rn )n≥0 de nombres réels strictement positifs tels que rn ≤ 2−n
et B(xn , 2rn ) ⊂ Un ∩ B(xn−1 , rn−1 ), pour tout n ≥ 1. En effet, on a déjà construit
x0 et r0 et supposons xn et rn construits ; comme Un+1 est dense dans X, il existe
xn+1 ∈ Un+1 ∩ B(xn , rn ). Comme Un+1 ∩ B(xn , rn ) est ouvert, il existe 0 < rn+1 ≤
2−n−1 tel que B(xn+1 , 2rn+1 ) ⊂ Un+1 ∩ B(xn , rn ). Soit Bn = B  (xn , rn ), on a Bn+1 ⊂
B(xn+1 , 2rn+1 ) ⊂ B(xn , rn ) ⊂ Bn . Comme l’espace (X, d) est complet et les Bn forment
une suite décroissante de fermés non vides dont les diamètres tendent vers 0, d’après le
théorème de Cantor, on a ∩ Bn = ∅. Or B0 ⊂ V et, pour tout n ≥ 0, on a Bn ⊂ Un ,
n≥0
donc ∩ Bn ⊂ V ∩ ∩ Un . Par conséquent, on a V ∩ ∩ Un = ∅. Donc ∩ Un est dense
n≥0 n≥0 n≥0 n≥0
dans X. 

Soit (fn )n≥0 une suite de fonctions continues de [0, 1] dans R telle que pour tout x ∈ [0, 1],
la suite (fn (x))n≥0 converge vers un point f (x) ∈ R. Il existe des exemples qui montrent
que f n’est pas toujours continue sur [0, 1]. La question maintenant est de savoir s’il
existe une telle suite (fn )n≥0 telle que f soit discontinue partout sur [0, 1] ou bien de
savoir s’il y a un moyen pour contrôler la discontinuité de f . Le théorème suivant répond
à cette question.

Théorème 2.8.2. Soient X un espace de Baire, (Y, d) un espace métrique, f une


application de X dans Y et (fn )n≥0 une suite d’applications continues de X dans Y telle
que pour tout x ∈ X, la suite (fn (x))n≥0 converge vers f (x) dans Y . Soit C l’ensemble
des points de X en lesquels f est continue. Alors C est dense dans X.

Pour une preuve du théorème précédent, voir chapitre 2 du supplément.

2.9 Écarts
Pour tout t ∈ [0, +∞], on convient que t ≤ +∞ et que t + (+∞) = (+∞) + t = +∞.
2.9. Écarts 101

Définition 2.9.1. Un écart sur un ensemble X est une application :

e : X ×X −→ [0, +∞]
(x, y) −→ e(x, y)

possédant, pour tous x, y, z ∈ X, les propriétés suivantes :


1. e(x, x) = 0 ;
2. e(x, y) = e(y, x) ;
3. e(x, z) ≤ e(x, y) + e(y, z).
La seule différence avec la notion de distance est donc que e peut prendre la valeur +∞,
et que l’on peut avoir e(x, y) = 0 alors que x et y sont deux points distincts de X.
Définition 2.9.2. Soit e un écart sur un ensemble X. On dit que l’écart e est fini si
pour tout x, y ∈ X, on a e(x, y) = +∞. On dit aussi que l’écart e est séparé si pour
tout x, y ∈ X, e(x, y) = 0 =⇒ x = y.
Exemple 2.9.1. Soit X un ensemble.
1. Une distance sur X est un écart fini et séparé.
2. Soient (Y, d) un espace métrique et f : X −→ Y une application. Si pour tout
x, y ∈ X, on pose e(x, y) = d(f (x), f (y)), alors e est un écart fini sur X et e est
séparé si f est injective.
3. Si f : X −→ K est une application, alors ef (x, y) = |f (x) − f (y)| est un écart fini
sur X.
Proposition 2.9.1. Soit X un ensemble.
1. Si (ei )i∈I est une famille d’écarts sur X et e = sup ei , alors e est un écart sur X.
i∈I

2. Soit d une distance sur X. Alors il existe une famille A d’applications de X dans
R telle que d = sup ef .
f ∈A

Démonstration.
 1. Ceci est clair. 
2. Soit A = f : X −→ R ; |f (u) − f (v)| ≤ d(u, v) pour tout u, v ∈ X . Alors on a
sup ef ≤ d. Réciproquement, pour tout x ∈ X, soit fx (u) = d(u, x), alors fx ∈ A et on a
f ∈A
efx (x, y) = d(x, y). Par conséquent, on a sup ef (x, y) ≥ efx (x, y) = d(x, y), d’où on a
f ∈A
sup ef = d. 
f ∈A

Soit e un écart sur un ensemble X ; pour tous x ∈ X et r ∈ R∗+ , on appelle encore boule
ouverte de centre x et de rayon r l’ensemble B(x, r) = {y ∈ X ; e(x, y) < r}. Comme
dans les cas des espaces métriques, on peut associer une topologie à n’importe quel écart.
Proposition 2.9.2. Soit e un écart sur un ensemble X. Il existe une unique topologie
sur X pour laquelle les voisinages de x ∈ X sont les ensembles contenant une boule
ouverte centrée en x. Les ouverts de cette topologie sont les réunions des boules ouvertes.
102 Chapitre 2. ESPACES MÉTRIQUES

Exemple 2.9.2. Soit X un ensemble.

1. Pour tout x, y ∈ X, on pose e(x, y) = 0, alors e est un écart sur X, et la topologie


associée à cet écart est la topologie grossière sur X.

2. Pour tout x, y ∈ X, on pose e(x, y) = 0 si x = y et e(x, y) = +∞ si x = y, alors e


est un écart sur X, et la topologie associée à cet écart est la topologie discrète sur
X.

Proposition 2.9.3. Soit e un écart sur un ensemble X.

1. La topologie associée à l’écart e est séparée si et seulement si l’écart e est séparé.

2. Une suite (xn )n≥0 dans X converge vers un point x ∈ X si et seulement si e(xn , x)
tend vers 0 dans l’espace topologique R.

Proposition 2.9.4. Soit e un écart séparé sur un ensemble X. Pour tout x, y ∈ X, on


pose d(x, y) = min{e(x, y), 1}. Alors on a :

1. L’application d est une distance sur X.

2. La topologie associée à la distance d coı̈ncide avec la topologie associée à l’écart e.

Exemple 2.9.3. Soient X un ensemble et (Y, d ) un espace métrique. On note Y X


l’ensemble des applications définies sur X et à valeurs dans Y . Pour f, g ∈ Y X , on
pose e(f, g) = sup d (f (x), g(x)) ∈ [0, +∞]. Alors e est un écart séparé sur l’ensemble
x∈X
Y X et d = min(e, 1) est une distance sur Y X . Notons que la restriction de la distance
d à l’ensemble B(X, Y ) des applications bornées définies sur X et à valeurs dans Y
est uniformément équivalente à la distance de la convergence uniforme d∞ définie sur
B(X, Y ) par : pour f, g ∈ B(X, Y ), on a d∞ (f, g) = sup d (f (x), g(x)). Par conséquent,
x∈X
on appelle aussi d la distance de la convergence uniforme sur Y X .

Proposition 2.9.5. Soit e un écart sur un ensemble X. Considérons la relation R sur


X telle que x R y ⇐⇒ e(x, y) = 0. Alors on a :

1. La relation R est une relation d’équivalence sur X.

2. Il existe un écart séparé e sur l’ensemble quotient X/R tel que pour tout x, y ∈ X,
on ait e(q(x), q(y)) = e(x, y), où q : X −→ X/R est l’application quotient.

2.10 Exercices
Exercice 2.1. Soient (X, d) un espace métrique, x ∈ X et r > 0. Par définition de la
topologie de X, la boule ouverte B(x, r) est un ouvert de X car pour tout y ∈ B(x, r),
il existe ρ > 0, ρ = r − d(x, y), tel que B(y, ρ) ⊂ B(x, r).

1. Vérifier que que le boule fermée B  (x, r) est un fermé de X.



  
2. Montrer les inclusions B(x, r) ⊂ B  (x, r) et B(x, r) ⊂ B  (x, r) .
2.10. Exercices 103

3. Au moyen de contre–exemples, montrer que les inclusions précédentes peuvent être


strictes.

Solution. 1. Pour montrer que B  (x, r) est fermé dans X, on montre que son complé-
mentaire X \ B  (x, r) est ouvert dans X. Soit y ∈ X \ B  (x, r), i.e. d(x, y) > r. Soit
ρ = d(x, y) − r, alors ρ > 0. Montrons que l’on a B(y, ρ) ⊂ X \ B  (x, r). Soit z ∈ B(y, ρ),
comme on a d(x, y) ≤ d(x, z) + d(z, y), alors r < d(x, y) − d(z, y) ≤ d(x, z), d’où
z ∈ X \ B  (x, r). Donc on a B(y, ρ) ⊂ X \ B  (x, r). Par conséquent, X \ B  (x, r) est
un ouvert de X.
Une autre méthode pour montrer que B  (x, r) est fermé dans X. On considère l’applica-
tion de X dans R définie par f (y) = d(x, y). D’après la proposition 2.1.1, f est continue.
Or on a B  (x, r) = f −1 ([0, r]), donc B  (x, r) est fermé dans X.
2. On a B(x, r) ⊂ B  (x, r) et B(x, r) est ouvert dans X et B  (x, r) est fermé dans X,

  

alors on a, voir proposition 1.2.1, B(x, r) ⊂ B (x, r) et B(x, r) ⊂ B  (x, r).
3. Si d est la distance discrète sur X, on a B(x, 1) = {x} et B  (x, 1) = X, d’où

  

B (x, 1) = X et B(x, 1) = {x}.

Exercice 2.2. Soient (X, d) un espace métrique et a ∈ X. Pour tous x et y dans X, on


pose :
d(a, x) + d(a, y) si x = y ,
da (x, y) =
0 si x = y .

1. Montrer que da est une distance sur X.

2. Montrer que pour tout r > 0, on a Bda (a, r) = Bd (a, r). Autrement dit, la boule
ouverte de centre a et de rayon r pour la distance da est égale à la boule ouverte
de centre a et de rayon r pour la distance d.

3. Soit x ∈ X tel que x = a. Montrer qu’il existe un réel r > 0 tel que Bda (x, r) = {x}.

4. Soit A une partie de X.

(i) Montrer que si a ∈ A, alors A est un ouvert de X pour la distance da .


(ii) On suppose a ∈ A. Montrer que A est un ouvert de X pour da si et seulement
si A est un voisinage de a pour la distance d.

5. Montrer que si d est la distance discrète sur X, alors d et da sont équivalentes.

6. À l’aide d’un contre-exemple, montrer qu’en général, d et da ne sont même pas


topologiquement équivalentes.

Solution. 1. Il est clair que pour tous x, y ∈ X, on a da (x, y) ≥ 0, da (x, y) = da (y, x) et


que da (x, y) = 0 ⇐⇒ x = y. Vérifions l’inégalité triangulaire, i.e. pour tous x, y, z ∈ X,
on a da (x, z) ≤ da (x, y) + da (y, z). Si y = x ou z, l’inégalité triangulaire est triviale. On
suppose y ∈ {x, z} et x = z. Alors on a :

da (x, z) = d(a, x) + d(a, z) ≤ d(a, x) + d(a, y) + d(a, y) + d(a, z) = da (x, y) + da (y, z) .


104 Chapitre 2. ESPACES MÉTRIQUES

Par conséquent, da est bien une distance sur X.


2. Pour tout x ∈ X, on a da (a, x) = d(a, a) + d(a, x) = d(a, x), d’où Bda (a, r) = Bd (a, r).
3. Soit x ∈ X tel que x = a. Alors r = d(a, x) > 0 et on a Bda (x, r) = {x} car pour tout
y = x, on a da (x, y) = d(a, x) + d(a, y) ≥ r.
4. Soit A une partie de X.
(i) Si a ∈ A, d’après 3, pour tout x ∈ A, {x} est un ouvert de X pour da . Or on a
A = ∪ {x}, donc A est un ouvert de X pour da .
x∈A
(ii) On suppose a ∈ A. Si A est un ouvert de X pour da , alors il existe r > 0 tel que
Bda (a, r) ⊂ A, d’où on a Bd (a, r) ⊂ A. Par conséquent A est un voisinage de a pour d.
Réciproquement, supposons que A est un voisinage de a pour d, alors il existe r > 0 tel
que Bd (a, r) ⊂ A, d’où on a Bda (a, r) ⊂ A. Or A \ {a} est un ouvert de X pour da et on
a A = Bda (a, r) ∪ A \ {a} , on en déduit que A est un ouvert de X pour da .
5. Si d est la distance discrète sur X, alors on a d ≤ da ≤ 2d, donc d et da sont
équivalentes.
6. Si X = R et d est la distance usuelle sur R, alors d et da ne sont pas topologiquement
équivalentes car pour tout x ∈ R, {x} n’est pas ouvert dans R pour d.

Exercice 2.3. Soient (X, d), (Y, d ) des espaces métriques, a ∈ X et f : X −→ Y une
application. On définit la distance da sur X comme dans l’exercice précédent. Montrer
que les conditions suivantes sont équivalentes.

(i) L’application f est continue de (X, da ) dans (Y, d ).

(ii) L’application f est continue en a de (X, da ) dans (Y, d ).

(iii) L’application f est continue en a de (X, d) dans (Y, d ).

Solution. L’implication (i) =⇒ (ii) est évidente. L’équivalence (ii) ⇐⇒ (iii) résulte de la
proposition 2.2.3 et du fait que pour toute suite (xn )n≥0 dans X, on a da (a, xn ) = d(a, xn )
pour tout n ≥ 0.
Montrons l’implication (iii) =⇒ (i). Soit V un ouvert de Y . Si a ∈ f −1 (V ), alors f −1 (V )
est un ouvert de (X, da ). Supposons que a ∈ f −1 (V ), comme f est continue en a de (X, d)
dans (Y, d ), alors f −1 (V ) est un voisinage de a pour la distance d. D’après l’exercice
précédent, f −1 (V ) est alors ouvert dans (X, da ). Par conséquent, f est continue de
(X, da ) dans (Y, d ).

Exercice 2.4. Soient (X, d) et (Y, d ) deux espaces métriques et f : X −→ Y une


application. Pour tout a, b ∈ X, on pose df (a, b) = d(a, b) + d (f (a), f (b)).

1. Montrer que df est une distance sur X et que f est une application lipschitzienne
de (X, df ) dans (Y, d ).

2. Montrer que df est topologiquement équivalente (resp. uniformément équivalente,


resp. équivalente) à d si et seulement si f est continue (resp. uniformément continue,
resp. lipschitzienne) de (X, d) dans (Y, d ).

Solution. 1. Il est clair que df est une distance sur X. Pour tout a, b ∈ X, on a
d (f (a), f (b)) ≤ df (a, b). Donc f est lipschitzienne de (X, df ) dans (Y, d ).
2. Pour tous a, b ∈ X, on a d(a, b) ≤ df (a, b), donc l’application identique de (X, df )
2.10. Exercices 105

dans (X, d) est lipschitzienne. Par conséquent, df est topologiquement équivalente (resp.
uniformément équivalente, resp. équivalente) à d si et seulement si l’application identique
de (X, d) dans (X, df ) est continue (resp. uniformément équivalente, resp. lipschitzienne).
Or il est clair que l’application identique de (X, d) dans (X, df ) est continue (resp.
uniformément équivalente, resp. lipschitzienne) si et seulement si l’application f est
continue (resp. uniformément continue, resp. lipschitzienne) de (X, d) dans (Y, d ). D’où
le résultat.

Exercice 2.5. Soient (E, d) un espace métrique, U ⊂ E un  ouvert distinct  de E et


 1 1 
F = E \ U . Pour tous x, y ∈ U , on pose dU (x, y) = d(x, y) +  d(x,F ) − d(y,F ) .

1. Montrer que dU est une distance sur U , topologiquement équivalente à la restriction


de d à U .
2. Montrer que si (E, d) est complet, alors (U, dU ) est complet.
3. En déduire que tout ouvert d’un espace métrique complet est homéomorphe à un
espace métrique complet.
Solution. 1. Il est clair que pour tous x, y ∈ U , on a dU (x, y) ≥ 0, dU (x, y) = dU (y, x) et
que dU (x, y) = 0 ⇐⇒ x = y. Il reste à montrer l’inégalité triangulaire. Soit x, y, z ∈ U ,
on a :
 1 1 

dU (x, z) = d(x, z) +  − 
d(x, F ) d(z, F )
 1 
 1 1 1
= d(x, z) +  − + − 
d(x, F ) d(y, F ) d(y, F ) d(z, F )
 1   1 1 
 1
≤ d(x, y) + d(y, z) +  − + − 
d(x, F ) d(y, F ) d(y, F ) d(z, F )

= dU (x, y) + dU (y, z) .
Donc dU est bien une distance sur U .
Pour tous x, y ∈ U , on a d(x, y) ≤ dU (x, y), donc l’application identique de (U, dU ) dans
(U, d) est continue. Réciproquement, soit (xn )n≥0 une suite dans U qui converge vers
1
x ∈ U pour la distance d, i.e. lim d(xn , x) = 0. Puisque l’application z −→
n→+∞ d(x, F )
est continue de (U, d) dans R, on en déduit que lim dU (xn , x) = 0. Donc l’application
n→+∞
identique de (U, d) dans (U, dU ) est continue. Par conséquent, dU est topologiquement
équivalente à la restriction de d à U .
2. Soit (xn )n≥0 une suite de Cauchy dans (U, dU ). Comme on a d(x, y) ≤ dU (x, y)
pour tous x, y ∈ U , on en déduit que (xn )n≥0 est une suite de Cauchy dans (X, d).
Donc il existe x ∈ X tel que lim d(xn , x) = 0. Montrons que x ∈ U . Comme
n→+∞
(xn )n≥0 est de Cauchy pour dU , alors pour tout ε > 0, il existe N ∈ N tel que
 
 1 1 
pour tout n ≥ N , on ait  −  ≤ dU (xn , xN ) < ε. D’où pour tout
d(xn , F ) d(xN , F )
 
 1  1
n ≥ N , on a   ≤ ε+ . On a aussi lim d(xn , F ) = d(x, F ). Si
d(xn , F ) d(xN , F ) n→+∞
106 Chapitre 2. ESPACES MÉTRIQUES

1
x ∈ F , alors d(x, F ) = 0, d’où lim = +∞, ce qui est impossible car la
n→+∞ d(xn , F )
 1 
suite est bornée. Par conséquent, on a x ∈ U . Pour tout n ≥ N , on a :
d(xn , F ) n≥0
 1 
 1
dU (xn , x) = d(xn , x) +  − , d’où lim dU (xn , x) = 0. Autrement dit,
d(xn , F ) d(x, F ) n→+∞
la suite (xn )n≥0 converge vers x pour dU , donc (U, dU ) est complet.
3. D’après ce qui précède, (U, d) est homéomorphe à (U, dU ) qui est complet.

Exercice 2.6. Soit (X, d) un espace métrique. On munit l’espace produit X × X


de la distance D∞ , i.e. pour tous (x, y), (z, t) ∈ X × X, on a D∞ (x, y), (z, t) =
max d(x, z), d(y, t) . Montrer que l’application (x, y) −→ d(x, y) est lipschitzienne de
(X × X, D∞ ) dans R .
Solution. On a :
|d(x, y) − d(z, t)| = |d(x, y) − d(y, z) + d(y, z) − d(z, t)|

≤ |d(x, y) − d(y, z)| + |d(y, z) − d(z, t)|

≤ d(x, z) + d(y, t) ≤ 2 D∞ (x, y), (z, t) .

Exercice 2.7. (Isométries de R) † . Soit f : R −→ R une fonction. Montrer que f est


une fonction isométrique si et seulement s’il existe une constante a ∈ R telle que f soit
l’une ou l’autre des fonctions x −→ a + x ou x −→ a − x .
Solution. Si f (x) = a + x pour tout x ∈ R ou f (x) = a − x pour tout x ∈ R, alors on a
|f (x) − f (y)| = |x − y| pour tous x, y ∈ R, donc f est une fonction isométrique.
Réciproquement, supposons que pour tous x, y ∈ R, on a |f (x) − f (y)| = |x − y|. Soit
a = f (0) et pour tout x ∈ R, soit g(x) = f (x) − a. Alors g est une fonction continue
injective et pour tout x ∈ R, on a |g(x)| = |x|. S’il existe x > 0 et y > 0 tels que
g(x) et g(y) soient de signes différents, alors 0 ∈ g([x, y]), donc il existe α > 0 tel que
g(α) = 0 = g(0), ce qui est impossible car g est injective. Donc on a deux cas possibles :
Premier cas : pour tout x > 0, on a g(x) > 0. Alors pour tout x > 0, on a g(x) = x.
Soit x < 0, si g(x) > 0, alors on a g(x) = −x = g(−x), ce qui est impossible car g est
injective. Donc pour tout x < 0, on a g(x) < 0. Par conséquent, pour tout x ∈ R, on a
g(x) = x, i.e. f (x) = a + x.
Deuxième cas : pour tout x > 0, on a g(x) < 0. Alors pour tout x > 0, on a g(x) = −x.
Soit x < 0, si g(x) < 0, alors on a g(x) = x = g(−x), ce qui est impossible car g est
injective. Donc pour tout x < 0, on a g(x) > 0. Par conséquent, pour tout x ∈ R, on a
g(x) = −x, i.e. f (x) = a − x.

Exercice 2.8. Déterminer les rotations de centre O = (0, 0) et d’angle θ dans R2 qui
sont des isométries pour chacune des distances d1 , d2 et d∞ sur R2 .
Solution. Une rotation f de centre O et d’angle θ dans R2 est de la forme :

f : R2 = C −→ R2 = C
z −→ eiθ z
† On généralisera cet exercice aux isométries sur les (( espaces normés réels )), voir exercice 6.78 du

supplément.
2.10. Exercices 107

Autrement dit, pour tout (x, y) ∈ R2 , on a f (x, y) = (x cos(θ) − y sin(θ), x sin(θ) +


y cos(θ)). On a d1 f (x, y), f (a, b) = |(x − a) cos(θ) − (y − b) sin(θ)| + |(x − a) sin(θ) +
(y − b) cos(θ)|, donc f est une isométrie pour la distance d1 si et seulement si pour tous
x, y, a, b ∈ R, on a :

|(x − a) cos(θ) − (y − b) sin(θ)| + |(x − a) sin(θ) + (y − b) cos(θ)| = |x − a| + |y − b| . (2.1)

Soit A = (1, 0), alors on a d1 (O, A) = 1 et d1 (f (O), f (A)) = | cos(θ)|+| sin(θ)|. Donc, si f
est une isométrie pour la distance d1 , alors | cos(θ)|+| sin(θ)| = 1, d’où 2 sin(θ) cos(θ) = 0,

donc θ = , avec k ∈ Z.
2

Réciproquement, supposons que θ = , avec k ∈ Z, alors on distingue deux cas :
2
Premier cas : k = 2n, avec n ∈ Z, d’où on a | cos(θ)| = 1 et sin(θ) = 0.
Deuxième cas : k = 2n + 1, avec n ∈ Z, d’où on a | sin(θ)| = 1 et cos(θ) = 0.
On déduit de l’équation (2.1) que f est une isométrie pour la distance d1 .

Conclusion : f est une isométrie pour la distance d1 si et seulement si θ = , avec
2
k ∈ Z.

De même, f est une isométrie pour la distance d∞ si et seulement si θ = , avec k ∈ Z.
2
Regardons le cas pour d2 . Pour tous z, z  ∈ C, on a :

d2 (f (z), f (z  )) = |f (z) − f (z  )| = |eiθ z − eiθ z  | = |z − z  | = d2 (z, z  ) .

Donc, pour tout θ ∈ R, f est une isométrie pour la distance d2 .

Exercice 2.9. Soit f : R −→ R une fonction continue. Montrer que les propriétés
suivantes sont équivalentes.
(i) Pour tous x, y ∈ R, on a f (x + y) = f (x) + f (y).
(ii) Il existe c ∈ R tel que pour tout x ∈ R, on ait f (x) = cx.
Solution. L’implication (ii) =⇒ (i) est triviale. Montrons l’implication (i) =⇒ (ii).
Vérifions d’abord par récurrence que pour tout n ∈ N et pour tout x ∈ R, on a
f (nx) = nf (x). On f (0) = f (0 + 0) = f (0) + f (0), d’où f (0) = 0. Supposons que
l’on a f (nx) = nf (x). Alors on a :

f ((n + 1)x) = f (nx + x) = f (nx) + f (x) = nf (x) + f (x) = (n + 1)f (x) .

Par conséquent, pour tout n ∈ N et pour tout x ∈ R, on a f (nx) = nf (x). Pour tout
x ∈ R, on a 0 = f (0) = f (x − x) = f (x) + f (−x), d’où f (−x) = −f (x). Comme on a
f (−nx) = −f (nx) = −nf (x), alors pour tout n ∈ Z, on a f (nx) = nf (x). Soient p ∈ Z et
q ∈ N∗ , alors on a f pq x = pf 1q x et f (x) = f q 1q x = qf 1q x , d’où f 1q x = 1q f (x).
Par conséquent, pour tout pq ∈ Q, on a f pq x = pq f (x). Soit x ∈ R. Comme Q est dense
dans R, alors il existe une suite (qn )n≥0 dans Q telle que lim qn = x. Comme f est
n→+∞
continue, alors on a f (x) = lim f (qn ) = lim qn f (1) = xf (1). Soit c = f (1), alors
n→+∞ n→+∞
pour tout x ∈ R, on a f (x) = cx.
108 Chapitre 2. ESPACES MÉTRIQUES

Exercice 2.10. Soit ϕ un automorphisme du corps C, i.e. ϕ est une application de C


dans C respectant l’addition, la multiplication et on a ϕ(1) = 1. Montrer que si ϕ est
continue, alors ϕ laisse invariant tout réel. Déterminer tous les automorphismes continues
du corps C.
Solution. Puisque l’on a ϕ(1) = 1 et que ϕ respecte l’addition, alors en faisant le même
raisonnement que dans l’exercice précédent, on obtient ϕ(x) = x pour tout x ∈ Q. Comme
ϕ est continue et Q est dense dans R, alors on a ϕ(x) = x pour tout x ∈ R. D’où on a
ϕ(x + iy) = ϕ(x) + ϕ(i)ϕ(y) = x + ϕ(i)y pour tous x, y ∈ R. On a aussi i2 = −1, donc
ϕ(i)2 = ϕ(−1) = −1, d’où on a ϕ(i) = ± i. Donc il y a deux automorphismes continues
de C ; à savoir ϕ(z) = z pour tout z ∈ C et ϕ(z) = z̄ pour tout z ∈ C.

Exercice 2.11. Soient (X, d) et (Y, d ) deux espaces métriques et (xn , yn ) n≥0
une
suite de (X × Y, D∞ ).
1. Montrer que si (a, b) est valeur d’adhérence de la suite (xn , yn ) n≥0 , alors a est
valeur d’adhérence de la suite (xn )n≥0 et b est valeur d’adhérence de la suite
(yn )n≥0 . Montrer que la réciproque est en général fausse.
2. Montrer que si la suite (xn )n≥0 converge vers a et si b est valeur d’adhérence de la
suite (yn )n≥0 , alors (a, b) est valeur d’adhérence de la suite (xn , yn ) n≥0 .
Solution. 1. Si (a, b) est valeur d’adhérence de la suite (xn , yn ) n≥0 , alors il existe une
sous-suite (xnk , ynk ) k≥0 telle que (a, b) = lim (xnk , ynk ), d’où on a a = lim xnk
k→+∞ k→+∞
et b = lim ynk . Par conséquent, a est valeur d’adhérence de la suite (xn )n≥0 et b est
k→+∞
valeur d’adhérence de la suite (yn )n≥0 .
1
Si X = Y = R muni de la distance usuelle et si x2n = n+1 , x2n+1 = n, y2n = n,
1
y2n+1 = n+1 , alors 0 est valeur d’adhérence de la suite (xn )n≥0 et 0 est valeur d’adhérence
de la suite (yn )n≥0 , mais (0, 0) n’est pas valeur d’adhérence de la suite (xn , yn ) n≥0 .
2. Soit (ynk )k≥0 une sous-suite de (yn )n≥0 telle que b = lim ynk . On a a = lim xn ,
k→+∞ n→+∞
d’où a = lim xnk . Par conséquent, on a (a, b) = lim (xnk , ynk ), donc (a, b) est valeur
k→+∞ k→+∞
d’adhérence de la suite (xn , yn ) n≥0
.

Exercice 2.12. Soit (xn )n≥0 une suite dans un espace métrique (X, d). Pour tout p ∈ N,
soit ap = p(p+1)
2 . Pour tout n ≥ 0, on pose yn = xn−ap si ap ≤ n < ap+1 . Autrement dit,
la suite (yn )n≥0 est définie ainsi :
n 0 = a0 1 = a1 2 3 = a2 4 5 6 = a3 7 8 9 10 = a4 ···
yn x0 x0 x1 x0 x1 x2 x0 x1 x2 x3 x0 ···
Donc chaque terme de la suite (xn )n≥0 est répété une infinité de fois dans la suite (yn )n≥0 .
1. Montrer que pour tout N ∈ N, xN est une valeur d’adhérence de la suite (yn )n≥0 .
2. En déduire que si l’ensemble {xn ; n ≥ 0} est fermé dans (X, d), alors {xn ; n ≥ 0}
est l’ensemble des valeurs d’adhérence de la suite (yn )n≥0 .
3. On suppose X = R et pour tout n ≥ 0, on pose xn = n et yn = n − ap si
ap ≤ n < ap+1 . En déduire que N est l’ensemble des valeurs d’adhérence de la suite
(yn )n≥0 .
2.10. Exercices 109

Solution. 1. Soit N ∈ N. Pour tout k ≥ N , on a yak +N = xN . En effet, comme on a


ak ≤ ak +N ≤ ak +k < ak +k+1 = ak+1 , alors yak +N = xak +N −ak = xN . Or (yak +N )k≥0
est une sous-suite de la suite (yn )n≥0 , donc xN est bien une valeur d’adhérence de la suite
(yn )n≥0 .
2. Comme on a {yn ; n ≥ 0} = {xn ; n ≥ 0}, si l’ensemble {xn ; n ≥ 0} est fermé
dans (X, d), alors toute valeur d’adhérence de la suite (yn )n≥0 est dans l’ensemble
{xn ; n ≥ 0}. On déduit de 1 que {xn ; n ≥ 0} est l’ensemble des valeurs d’adhérence
de la suite (yn )n≥0 .
3. Puisque N est fermé dans R, ceci résulte de 2.

Exercice 2.13. Donner des exemples de suites de réels ayant 0, ou 1, ou p valeurs


d’adhérence.
Solution. Si xn = n, alors la suite (xn )n≥0 n’admet aucune valeur d’adhérence. Toute
suite convergente admet une unique valeur d’adhérence. Soit p ∈ N∗ . Alors pour tout
n ∈ N, on fait la division euclidienne de n par p, on obtient un unique couple (qn , rn ) ∈
N × N tels que n = qn p + rn , avec 0 ≤ rn < p. On pose xn = rn , alors la suite (xn )n≥0
admet seulement p valeurs d’adhérence, à savoir, 0, 1, 2, . . . , p − 1.

Exercice 2.14. Déterminer les valeurs d’adhérence de la suite xn = 1 + n1 sin nπ 6 .


1
Solution. Soit yn = sin nπ
6 . Comme on a lim 1 + n = 1, alors les suites (xn )n≥0
n→+∞
et (yn )n≥0 ont les même valeurs d’adhérence. Déterminons les valeurs d’adhérence de
la suite (yn )n≥0 . On fait la division euclidienne de n par 6, on obtient n = qn 6 + rn ,
avec (qn , rn ) ∈ N × N et 0 ≤ rn < 6. Alors on a sin nπ 6 = sin qn π + rn6π =
r π 5π 4π
(−1)qn sin n6 . Comme on a sin 6 = sin 6 et sin 6 = sin π3 , alors on a
π
   √ √ 
yn ; n ≥ 0 = 0, − 21 , 12 , − 23 , 23 , −1, 1 = V . Or V est un ensemble fermé de
R, donc toute valeur d’adhérence de la suite √
(yn )n≥0 est dans V . Comme pour tout
k ∈ N, on a y2k = 0, y2k+1 = 2 , y2k+2 = 2 , y2k+3 = 1, y2(k+1)+1 = − 12 , y2(k+1)+2 =
1 3

− 23 , y2(k+1)+3 = −1, on en déduit que V est l’ensemble des valeurs d’adhérence de la
suite (yn )n≥0 .

Exercice 2.15. Soit (xn )n≥0 une suite dans R telle que lim xn+1 − xn = 0. Montrer
n→∞
que l’ensemble des valeurs d’adhérence de (xn )n≥0 est un intervalle, peut être vide, fermé
de R.
Solution. Soit I l’ensemble des valeurs d’adhérence de (xn )n≥0 . D’après la proposition
1.7.1, I est un fermé de R. Supposons que I = ∅. Si I est réduit à un seul élément, alors
I est un intervalle. Supposons que card(I) ≥ 2. Soient 1 , 2 ∈ I tels que 1 < 2 . Soit
 ∈ ]1 , 2 [. Montrons qu’alors  est aussi une valeurs d’adhérence de (xn )n≥0 . Si  ∈ I,
alors il existe ε > 0 et N ∈ N tels que pour tout n ≥ N , on ait |xn − | > ε. On peut aussi
supposer 1 <  − ε <  + ε < 2 . Notons que |xn − | > ε si et seulement si xn <  − ε ou
xn >  + ε. Comme on a lim xn+1 − xn = 0, alors il existe N  ≥ N tel que pour tout
n→∞
n ≥ N  , on ait |xn+1 − xn | < ε. On distingue deux cas :
Premier cas : xN  <  − ε, alors pour tout n ≥ N  , on a xn <  − ε. Par conséquent,
2 ∈ I, ce qui est impossible.
Deuxième cas : xN  >  + ε, alors pour tout n ≥ N  , on a xn >  + ε. Par conséquent,
1 ∈ I, ce qui est impossible.
110 Chapitre 2. ESPACES MÉTRIQUES

Donc on a bien  ∈ I. Par conséquent, I est bien un intervalle fermé de R.


Notons que si xn = ln(n), alors on a lim xn+1 − xn = 0, mais la suite (xn )n≥0 n’admet
n→∞
aucune valeur d’adhérence.

Exercice 2.16. Soit A une partie non vide de R.


1. Montrer que si A est majorée, alors sup(A) ∈ A.
2. Montrer que si A est minorée, alors inf(A) ∈ A.
Solution. 1. Puisque A est majorée, alors sup(A) existe dans R, et pour tout n ≥ 1, il
existe an ∈ A tel que sup(A) − n1 < an ≤ sup(A). D’où on a sup(A) = lim an . Par
n→+∞
conséquent, on a sup(A) ∈ A.
2. De même, puisque A est minorée, alors inf(A) existe dans R, et pour tout n ≥ 1,
il existe bn ∈ A tel que inf(A) ≤ bn < inf(A) − n1 . D’où on a inf(A) = lim bn . Par
n→+∞
conséquent, on a inf(A) ∈ A.

Exercice 2.17. Soient (X, d) un espace métrique et (xm,n )(m,n)∈N2 une suite double dans
X. On suppose que pour tout m ≥ 0, lim xm,n = xm ∈ X et que lim xm = x ∈ X.
n→+∞ m→+∞
Montrer qu’il existe une sous-suite (pm )m≥0 de N telle que lim xm,pm = x.
m→+∞
Solution. Puisque l’on a lim xm = x, alors il existe une sous-suite (mk )k≥0 de N
m→+∞
1
telle que pour tout k ≥ 0 et pour tout m ≥ mk , on ait d(xm , x) < 2k+1 . Comme pour
tout m ≥ 0, on a lim xm,n = xm , alors il existe une sous-suite (nk )k≥0 de N telle que
n→+∞
n0 ≥ m0 , nk + mk+1 − mk < nk+1 et pour tout m ∈ N vérifiant mk ≤ m ≤ mk+1 et pour
1
tout n ≥ nk , on ait d(xm,n , xm ) < 2k+1 , pour tout k ≥ 0. On pose p0 = 0, . . . , pm0 −1 =
m0 − 1 et pour tout k ≥ 0 et pour tout m ∈ N vérifiant mk ≤ m < mk+1 , on pose
pm = nk + m − mk . Alors (pm )m≥0 est une sous-suite de N et pour tout k ≥ 0 et pour
tout m ∈ N vérifiant mk ≤ m < mk+1 , on a d(xm,n , x) < 21k . Soit ε > 0. Alors il existe
k0 ∈ N tel que pour tout k ≥ k0 , on ait 21k < ε. Alors pour tout m ≥ mk0 , il existe
k ≥ k0 tel que mk ≤ m < mk+1 , d’où on a d(xm,n , x) < 21k < ε. Par conséquent, on a
lim xm,pm = x.
m→+∞

Exercice 2.18. Distance ultramétrique. Soient X un ensemble et d : X × X −→ R +


une application satisfaisant, pour tous x, y, z ∈ X, les conditions suivantes :
(i) d(x, y) = 0 ⇐⇒ x = y ;
(ii) d(x, y) = d(y, x) ;
(iii) d(x, z) ≤ max d(x, y), d(y, z) (inégalité ultramétrique).

1. Vérifier que d est une distance sur X.


Un ensemble X muni d’une distance vérifiant les conditions ci-dessus est appelé un
espace ultramétrique ; on dit aussi que d est une distance ultramétrique sur
X.
2. Montrer que si d(x, y) = d(y, z), alors on a d(x, z) = max d(x, y), d(y, z) . En
particulier, dans un espace ultramétrique tout triangle est isocèle.
2.10. Exercices 111

3. Soient x ∈ X et r > 0. Montrer que pour tout y ∈ B(x, r), on a B(y, r) = B(x, r)
et que pour tout z ∈ B  (x, r), on a B  (z, r) = B  (x, r). Autrement dit, dans un
espace ultramétrique, tout point d’une boule est le centre de cette boule.
4. Soient x ∈ X et r > 0. Montrer que les ensembles B(x, r) et B  (x, r) sont à la fois
ouverts et fermés dans (X, d).
5. Montrer que si deux boules dans X ont un point commun, l’une d’elles est contenue
dans l’autre.
6. Montrer que la distance de deux boules ouvertes distinctes, de rayon r, contenues
dans une boule fermée de rayon r, est égale à r.

Solution. 1. Pour montrer que d est une distance, il reste à montrer que d vérifie
l’inégalité triangulaire. Pour tous x, y, z ∈ X, on a d(x, y) ≤ d(x, y) + d(y, z) et d(y, z) ≤
d(x, y) + d(y, z), d’où max d(x, y), d(y, z) ≤ d(x, y) + d(y, z). Par conséquent, on a
d(x, z) ≤ d(x, y) + d(y, z). Donc d est bien une distance sur X.
2. Supposons d(x, y) < d(y, z), alors on a d(x, z) ≤ max d(x, y), d(y, z) = d(y, z). On
a aussi d(y, z) ≤ max d(x, y), d(x, z) . Si d(x, y) ≥ d(x, z), alors on a d(y, z) ≤ d(x, y),
ce qui est impossible, donc on a d(x, y) < d(x, z), d’où d(y, z) ≤ d(x, z). Par conséquent,
on a d(x, z) = d(y, z) = max d(x, y), d(y, z) . Si d(y, z) < d(x, y), on fait le même
raisonnement et on montre alors que l’on a d(x, z) = d(x, y) = max d(x, y), d(y, z) .
3. Soient y ∈ B(x, r) et a ∈ B(y, r). On a d(a, x) ≤ max d(a, y), d(y, x) < r, d’où
a ∈ B(x, r). Par conséquent, on a B(y, r) ⊂ B(x, r). Puisque l’on a d(x, y) < r, i.e.
x ∈ B(y, r), alors on a B(x, r) ⊂ B(y, r), donc B(y, r) = B(x, r). On fait exactement le
même raisonnement pour montrer que pour tout z ∈ B  (x, r), on a B  (z, r) = B  (x, r).
4. Soient x ∈ X et r > 0. On sait déjà que B(x, r) est un ouvert de X et que B  (x, r) est
fermé dans X. Il reste à montrer que B(x, r) est fermé dans X et que B  (x, r) est ouvert
dans X. Pour tout z ∈ B  (x, r), on a z ∈ B(z, r) ⊂ B  (z, r) = B  (x, r), donc B  (x, r)
est un ouvert de X. Montrons que X \ B(x, r) est un ouvert de X. Soit z ∈ X \ B(x, r),
i.e. d(x, z) ≥ r. Si B(z, r) ∩ B(x, r) = ∅, alors il existe a ∈ B(z, r) ∩ B(x, r), d’où on
a B(z, r) = B(a, r) = B(x, r) ce qui implique z ∈ B(x, r), i.e. d(x, z) < r, ce qui est
impossible. Donc on a B(z, r) ∩ B(x, r) = ∅, i.e. B(z, r) ⊂ X \ B(x, r). Par conséquent,
X \ B(x, r) est un ouvert de X, donc B(x, r) est un fermé de X.
5. Si on a z ∈ B(x, r) ∩ B(y, r), alors on a B(x, r) = B(z, r) = B(y, r). Si on a
z ∈ B(x, r) ∩ B  (y, r), alors on a B(x, r) = B(z, r) ⊂ B  (z, r) = B  (y, r). Si on a
z ∈ B  (x, r) ∩ B  (y, r), alors on a B  (x, r) = B  (z, r) = B  (y, r).
6. Soient x, y, z ∈ X tels que B(x, r)∩B(y, r) = ∅, B(x, r) ⊂ B  (z, r) et B(y, r) ⊂ B  (z, r).
Soient a ∈ B(x, r) et b ∈ B(y, r), alors on a d(a, b) ≤ max d(a, z), d(z, b) ≤ r. Si
d(a, b) < r, alors on a B(x, r) = B(a, r) = B(b, r) = B(y, r), ce qui est impossible. Donc
on a d(a, b) ≥ r, d’où d(a, b) = r. Par conséquent, la distance de B(x, r) à B(y, r) est
égale à r.

Exercice 2.19. Soient X un ensemble arbitraire et E l’ensemble des suites x = (xn )n≥1
d’éléments de X. Pour deux éléments quelconques distincts x = (xn )n≥1 et y = (yn )n≥1
de E, soit k(x, y) le plus petit entier n ≥ 1 tel que xn = yn . Soit :
1
d(x, y) = si x = y et d(x, x) = 0 .
k(x, y)
112 Chapitre 2. ESPACES MÉTRIQUES

Montrer que d est une distance ultramétrique sur E et que l’espace métrique (E, d) est
complet.
Solution. Il est clair que pour tous x, y ∈ E, on a d(x, y) ≥ 0, d(x, y) = d(y, x), et que
d(x, y) = 0 ⇐⇒ x = y. Il reste à montrer que d vérifie l’inégalité ultramétrique. Soient
x = (xn )n≥1 , y = (yn )n≥1 , z = (zn )n≥1 ∈ X. Il s’agit de montrer l’inégalité :

d(x, z) ≤ max(d(x, y), d(y, z)) .

On peut supposer x = y = z. Alors l’inégalité est vérifiée si et seulement si k(x, z) ≥


min k(x, y),
k(y, z) . Soit N = min k(x, y), k(y, z) ∈ N, on peut supposer N > 1. Alors pour tout
1 ≤ n < N , on a xn = yn = zn . Par conséquent, on a k(x, z) ≥ N , d’où le résultat. Donc
d est bien une distance ultramétrique sur E.
Montrons que (E, d) est complet. Soit (ξp )p≥1 une suite de Cauchy dans E, où ξp =
(xp,n )n≥1 , avec xp,n ∈ X. Soit n ≥ 1, alors il existe pn ∈ N∗ tel que pour tout p, q ≥ pn ,
on ait d(ξp , ξq ) < n1 , d’où n < k(ξp , ξq ), si ξp = ξq . Par conséquent, on a xp,n = xq,n pour
tout p, q ≥ pn . Autrement dit, pour n fixé, la suite  (xp,n )p≥1 est stationnaire à partir d’un

certain rang. Pour tout n ≥ 1, soient αn = inf p ≥ 1 ; xp,n = xq,n pour tout q ≥ p et
xn = xαn ,n , alors ξ = (xn )n≥1 ∈ E. Il s’agit maintenant de montrer que la suite (ξp )p≥1
converge vers ξ dans (E, d). Soit ε > 0, alors il existe N ≥ 1 tel que N1 < ε. Il existe
aussi pN ∈ N∗ tel que pour tout p, q ≥ pN , on ait d(ξp , ξq ) < N1 , d’où N < k(ξp , ξq ), si
ξp = ξq . Par conséquent, pour tout 1 ≤ n ≤ N et pour tout p, q ≥ pN , on a xp,n = xq,n .
Donc, pour tout 1 ≤ n ≤ N et pour tout p ≥ pN , on a xp,n = xαn ,n = xn , d’où pour
tout p ≥ pN , on a N < k(ξp , ξ), si ξp = ξ, donc d(ξp , ξ) < N1 < ε. Par conséquent, la
suite (ξp )p≥1 converge vers ξ dans (E, d), donc l’espace métrique (E, d) est complet.

Exercice 2.20. Soient (X, d) un espace métrique et (xn )n≥0 une suite dans X.
1. Montrer si (xn )n≥0 est de Cauchy, alors on a lim d(xn , xn+1 ) = 0. Donner un
n→+∞
exemple montrant que la réciproque n’est pas toujours vraie.
2. Montrer que (xn )n≥0 est de Cauchy si et seulement si pour toute sous-suite (xnk )k≥0
de (xn )n≥0 , on a lim d(xnk , xnk+1 ) = 0.
k→+∞

3. Montrer que si la série d(xn , xn+1 ) est convergente, alors (xn )n≥0 est de Cauchy.
n≥0

4. Montrer que l’espace (X, d) est complet si et seulement si toute suite (xn )n≥0 de
X vérifiant d(xn , xn+1 ) < 2−n pour tout n ∈ N est convergente.
Solution. 1. Comme (xn )n≥0 est de Cauchy, alors pour tout ε > 0, il existe N ∈ N
tel que pour tous p ≥ N et q ≥ N , on ait d(xp , xq ) < ε. D’où pour tout n ≥ N , on a
d(xn , xn+1 ) < ε. Par conséquent, on a lim d(xn , xn+1 ) = 0.
n→+∞
Si X = R et si d est la distance usuelle sur R et si xn = ln(n), alors on a d(xn , xn+1 ) =
ln(n + 1) − ln(n) = ln(1 + n1 ), d’où lim d(xn , xn+1 ) = 0. Mais la suite (xn )n≥0 n’est
n→+∞
pas de Cauchy dans R.
2. Supposons que (xn )n≥0 est de Cauchy. Si (xnk )k≥0 est une sous-suite de (xn )n≥0 ,
d’après la proposition 2.6.1, (xnk )k≥0 est alors de Cauchy. On déduit de 1 que l’on a
2.10. Exercices 113

lim d(xnk , xnk+1 ) = 0.


k→+∞
Réciproquement, supposons que l’on a lim d(xnk , xnk+1 ) = 0, pour toute sous-suite
k→+∞
(xnk )k≥0 de (xn )n≥0 . Si (xn )n≥0 n’est pas de Cauchy, alors il existe ε > 0 tel que pour
tout k ∈ N, il existe p > k et q > k tels que d(xp , xq ) ≥ 2ε. Par l’inégalité triangulaire, on
a 2ε ≤ d(xp , xq ) ≤ d(xp , xk ) + d(xk , xq ), donc d(xp , xk ) ≥ ε ou d(x
 k , xq ) ≥ ε. Ainsi, pour

tout k ∈ N, il existe p > k tel qued(xp , xk ) ≥ ε. Soit n0 = min  p > 0 ; d(xp , x0 ) ≥ ε
et pour tout k ≥ 1, soit nk = min p > nk−1 ; d(xp , xnk−1 ) ≥ ε . Alors (xnk )k≥0 est une
sous-suite de (xn )n≥0 telle que pour tout k ∈ N, on ait d(xk , xk+1 ) ≥ ε, ce qui contredit
l’hypothèse. Donc (x n )n≥0 est bien de Cauchy.
3. Puisque la série d(xn , xn+1 ) est convergente, alors pour tout ε > 0, il existe
n≥0
+∞

N ∈ N tel que d(xn , xn+1 ) < ε. Donc pour tous p ≥ N et q ≥ N , on a d(xp , xq ) ≤
n=N

q−1 +∞

d(xn , xn+1 ) ≤ d(xn , xn+1 ) < ε. Donc la suite (xn )n≥0 est de Cauchy.
n=p n=N
4. Supposons d’abord (X, d) complet. Si (xn )n≥0 estune suite dans X telle que
d(xn , xn+1 ) < 2−n pour tout n ∈ N, alors la série d(xn , xn+1 ) est convergente. On
n≥0
déduit de 3 que (xn )n≥0 est de Cauchy, donc (xn )n≥0 est convergente.
Réciproquement, supposons que toute suite (xn )n≥0 de X vérifiant d(xn , xn+1 ) < 2−n
pour tout n ∈ N est convergente. Soit (xn )n≥0 une suite de Cauchy dans X. D’après la
proposition 2.6.2, il existe une sous-suite (xnk )k≥0 de (xn )n≥0 telle que d(xnk , xnk+1 ) <
2−k pour tout k ∈ N. Par hypothèse, la suite (xnk )k≥0 est alors convergente. Encore une
fois, d’après la proposition 2.6.2, la suite (xn )n≥0 est alors convergente. Donc (X, d) est
complet.

Exercice 2.21. Soit (X, d) un espace métrique non complet.

1. Montrer qu’il existe une suite (xn )n≥0 dans X qui n’est pas convergente et telle
que, pour tout n ≥ 0, on ait d(xn , xn+1 ) < 21n .

2. Montrer que la suite de boules fermées B  xn , 22n n≥0


est décroissante et que son
intersection est vide.

Solution. 1. Ceci résulte de l’exercice précédent, propriété 4.


2 2
2. Soit y ∈ B  xn+1 , 2n+1 , alors on a d(y, xn ) ≤ d(y, xn+1 ) + d(xn+1 , xn ) ≤ 2n+1 + 21n =
2  2  2
2n , donc y ∈ B xn , 2n . Par conséquent, la suite B xn , 2n n≥0
est décroissante.
Supposons que ∩ B xn , 2n = ∅. Alors il existe x ∈ X tel que x ∈ B  xn , 22n pour
 2
n≥0
tout n ∈ N, d’où on a 0 ≤ d(x, xn ) ≤ 22n pour tout n ∈ N. On en déduit que la suite
(xn )n≥0 converge vers x, ce qui est impossible. Par conséquent, on a ∩ B  xn , 22n = ∅.
n≥0

Exercice 2.22. Soient (X, d) un espace ultramétrique et (xn )n≥0 une suite dans X.
Montrer que la suite (xn )n≥0 est de Cauchy si et seulement si lim d(xn , xn+1 ) = 0.
n→+∞
Solution. Si (xn ) est de Cauchy dans X, alors on a lim d(xn , xn+1 ) = 0, voir exercice
n→+∞
114 Chapitre 2. ESPACES MÉTRIQUES

2.20. Réciproquement, supposons que l’on a lim d(xn , xn+1 ) = 0. Il résulte de l’inégalité
n→+∞
ultramétrique que pour tous p, q ∈ N tels que q > p, on ait d(xp , xq ) ≤ max d(xk , xk+1 ).
p≤k≤q−1
Or pour tout ε > 0, il existe N ∈ N tel que pour tout k ≥ N , on ait d(xk , xk+1 ) < ε.
Donc pour tous p, q ≥ N , on a d(xp , xq ) < ε. Par conséquent, la suite (xn )n≥0 est de
Cauchy.

Exercice 2.23. Soient (X, d) et (Y, d ) deux espaces métriques et f : X −→ Y une


application. On suppose que l’image par f de toute suite de Cauchy de (X, d) est une
suite de Cauchy de (Y, d ). Montrer qu’alors f est continue.
Solution. Soient a ∈ X et (xn )n≥0 une suite dans X telle que lim xn = a. Soit zn ∈ X
n→+∞
tel que z2n = xn et z2n+1 = a pour tout n ∈ N. D’après la proposition 1.7.2, la suite
(zn )n≥0 converge vers a. Donc (zn )n≥0 est de Cauchy dans X, d’où (f (zn ))n≥0 est de
Cauchy dans Y . Comme (f (z2n+1 ))n≥0 est une sous-suite convergente vers f (a), même
constante, de (f (zn ))n≥0 , d’après la proposition 2.6.2, la suite (f (zn ))n≥0 converge vers
f (a). Or (f (xn ))n≥0 est une sous-suite de (f (zn ))n≥0 , donc (f (xn ))n≥0 converge vers
f (a). Par conséquent, f est continue en a, voir proposition 2.2.3. Donc f est continue.

Exercice 2.24. Soient (X, d) un espace métrique, (xn )n≥0 une suite de X et A =
{xn ; n ≥ 0}.
1. Montrer que si (xn )n≥0 n’admet aucune sous-suite convergente, alors A est infini
et fermé dans X et A muni de la topologie induite par X est discret.
2. Montrer que si (xn )n≥0 est de Cauchy non convergente, alors A est infini et fermé
dans X et A muni de la topologie induite par X est discret.
Solution. 1. D’après la proposition 2.2.3, (xn )n≥0 n’admet aucune valeur d’adhérence.
D’après la remarque 1.7.4, l’adhérence A est la réunion de A et de l’ensemble des valeurs
d’adhérence de la suite (xn )n≥0 . Par conséquent, on a A = A, donc A est fermé dans
X. Si A est fini, alors il existe x ∈ X et une partie infinie D de N telle que pour tout
n ∈ D, on ait xn = x. Soit ϕ(0) le plus petit élément de D, et par récurrence, ϕ(n + 1)
le plus petit élément de D strictement plus grand que ϕ(n). Alors (xϕ(n) )n≥0 est une
sous-suite de (xn )n≥0 qui converge vers x, ce qui contredit l’hypothèse. Donc A est infini.
Soit N ≥ 0. Alors l’ensemble {n ∈ N ; xn = xN } est fini, donc il existe p > N tel que
pour tout n ≥ p, on ait xn = xN . Comme la suite (xn )n≥p n’admet aucune sous-suite
convergente, il résulte de ce qui précède que l’ensemble {xn ; n ≥ p} est fermé dans
(X, d). Comme l’ensemble {xn ; 0 ≤ n < N } \ {xN } est aussi fermé dans (X, d), alors
A \ {xN } est aussi fermé dans (X, d). Donc {xN } est ouvert dans A. Par conséquent, A
muni de la topologie induite par X est discret.
2. Puisque (xn )n≥0 est de Cauchy non convergente, d’après la proposition 2.6.2, la suite
(xn )n≥0 n’admet aucune sous-suite convergente. On déduit de 1 que A est infini et fermé
dans X et A muni de la topologie induite par X est discret.

Exercice 2.25. Soient (X, d) un espace métrique et A un sous-ensemble de X. On


suppose qu’il existe une constante α > 0 telle que quels que soient les éléments a et b
distincts de A, on ait d(a, b) ≥ α.
1. Montrer que (A, d) est un espace complet. En déduire que A est fermé dans X.
2.10. Exercices 115

2. Donner un exemple concret d’une telle situation.


Solution. 1. Soit (an )n≥0 une suite de Cauchy dans A. Alors il existe N ∈ N tel que pour
tous n, m ≥ N , on ait d(an , am ) < α. Par conséquent, pour tout n ≥ N , on a an = aN .
Donc la suite (an )n≥0 converge vers aN ∈ A. Donc (A, d) est complet. Le fait que A est
fermé dans X résulte de la proposition 2.6.5.
2. Il suffit de prendre X = R, A = Z ou A = N et α = 1.

Exercice 2.26. Soient (X, d), (Y, d ) des espaces métriques, avec X complet et f :
X −→ Y une application continue telle qu’il existe α > 0 avec α d(a, b) ≤ d (f (a), f (b))
pour tous a, b ∈ X. Montrer que f est une application fermée.
Solution. Puisqu’une partie A de X est fermée dans X si et seulement si A est complète
pour la distance induite par d, alors pour montrer que f est une application fermée, il
suffit de montrer que f (X) est une partie fermée de Y . Soit (f (xn ))n≥0 une suite dans
f (X) qui converge vers un élément y ∈ Y . Alors (f (xn ))n≥0 est de Cauchy. Or pour tous
n, m ∈ N, on a d(xn , xm ) ≤ α1 d (f (xn ), f (xm )), donc (xn )n≥0 est de Cauchy dans X.
Par conséquent, (xn )n≥0 converge vers un élément x ∈ X. Puisque f est continue, alors
(f (xn ))n≥0 converge vers f (x), d’où on a y = f (x) ∈ f (X). Donc f (X) est fermé dans Y .

Exercice 2.27. Soient I un ensemble non vide et (Fi )i∈I une famille de parties complètes
d’un espace métrique (X, d). Montrer que l’intersection ∩ Fi est complète.
i∈I
Solution. Ce résultat est une conséquence immédiate de la proposition 2.6.5. En effet,
pour tout i ∈ I, Fi est une partie fermée de X. Soit i0 ∈ I, alors on a ∩ Fi ⊂ Fi0 . Or
i∈I
une intersection des fermés est un fermé, donc ∩ Fi est un fermé de Fi0 qui est complet,
i∈I
donc ∩ Fi est une partie complète de X.
i∈I

Exercice 2.28. Soient (X, d), (Y, d ) des espaces métriques et f : X −→ Y une
application isométrique.
1. Montrer que l’image par f de toute partie complète de X est fermée dans Y .
2. Montrer que si de plus (X, d) est complet, alors f est une application fermée.
3. Donner un exemple montrant que f n’est pas une application fermée si (X, d) n’est
pas complet.
Solution. 1. Soit A partie complète de X. Puisque f est une application isométrique,
alors f (A) est une partie complète de Y . D’après la proposition 2.6.5, f (A) est alors
fermé dans Y .
2. On suppose de plus que (X, d) est complet. Soit A une partie fermée de X. D’après
la proposition 2.6.5, A est une partie complète de X. Il résulte de 1 que f (A) est une
partie fermée de Y . Donc f est une application fermée.
3. Si X = Q et Y = R et si f = ı est l’injection canonique de Q dans R, alors f est une
application isométrique, mais f n’est pas une application fermée.

Exercice 2.29. Pour tous n, m ∈ N∗ , on pose :



⎨ 0 si n = m,
d(n, m) =

1 + n1 + m
1
si n = m .
116 Chapitre 2. ESPACES MÉTRIQUES

1. Montrer que d est une distance sur N∗ et que (N∗ , d) est complet.
2. Soit f (n) = n + 1 pour n ∈ N∗ . Montrer que d(f (n), f (m)) < d(n, m) si n = m
mais que f n’est pas contractante.
Solution. 1. Il est clair que pour tous n, m ∈ N∗ , on a d(n, m) ≥ 0, d(n, m) = d(m, n)
et que d(n, m) = 0 ⇐⇒ n = m. Il reste à montrer l’inégalité triangulaire. Soient n, p et
m trois éléments distincts de N∗ , on a d(n, m) = 1 + n1 + m 1
≤ 1 + n1 + p1 + 1 + p1 + m
1
=

d(n, p) + d(p, m). Donc d est bien une distance sur N . Pour tous éléments distincts n et
m dans N∗ , on a d(n, m) ≥ 1. Il résulte alors de l’exercice 2.25 que (N∗ , d) est complet.
1 1
2. Si n = m, on a d(f (n), f (m)) = 1 + n+1 + m+1 < 1 + n1 + m 1
= d(n, m). Comme f
n’admet pas de point fixe, il résulte du théorème de point fixe que f n’est pas contractante.
Une autre manière de montrer que f n’est pas contractante. Si f est contractante, il
existe k ∈ [0, 1[ telque pour tout n ≥ 1, on ait n+1d(f (n), f (n + 1)) ≤ k d(n, n + 1), d’où
1 1
1 + n+1 + n+2 ≤ k 1 + n1 + n+11
, et donc on a n+2 ≤ k pour tout n ≥ 1. On en déduit
1 ≤ k, ce qui est impossible. Donc f n’est pas contractante.

Exercice 2.30. Soit c0 l’ensemble des suites numériques tendant vers 0 à l’infini. Pour
tous x = (xn )n≥0 , y = (yn )n≥0 ∈ c0 , on pose d∞ (x, y) = sup |xn − yn |.
n≥0

1. Montrer que (c0 , d∞ ) est un espace métrique complet.


2. Soit cc l’ensemble des suites numériques nulles à partir d’un certain rang. Montrer
que (c0 , d∞ ) est le complété de (cc , d∞ ).
Solution. 1. Rappelons d’abord qu’une suite numérique est une application de N dans
K = R ou C, et qu’une suite numérique tendant vers 0 à l’infini est bornée, donc on peut
considérer que l’on a c0 ⊂ B(N, K). D’après la proposition 2.6.8, B(N, K) muni de la
distance de la convergence uniforme d∞ est complet, donc pour montrer que (c0 , d∞ ) est
complet, il suffit de montrer que c0 est fermé dans B(N, K), voir proposition 2.6.5. Soit
(ξp )p≥0 une suite dans c0 , où ξp = (xp,n )n≥0 avec xp,n ∈ K, et on suppose que (ξp )p≥0
converge vers un élément ξ = (xn )n≥0 de B(N, K). Soit ε > 0, il existe p0 ∈ N tel que
pour tout p ≥ p0 , on ait sup |xp,n − xn | = d∞ (ξp , ξ) < ε, d’où pour tout n ≥ 0, on a
n≥0
|xn | < ε + |xp0 ,n |. Or la suite numérique ξp0 = (xp0 ,n )n≥0 tend vers 0 à l’infini, donc il
existe N ∈ N tel que pour tout n ≥ N , on ait |xp0 ,n | < ε. Par conséquent, pour tout
n ≥ N , on a |xn | < 2ε. Donc on a lim xn = 0, d’où ξ = (xn )n≥0 ∈ c0 . Donc c0 est
n→+∞
fermé dans B(N, K).
2. Il s’agit de montrer que cc est dense dans c0 . Soient ξ = (xn )n≥0 ∈ c0 et ε > 0. Alors
il existe N ∈ N tel que pour tout n ≥ N , on ait |xn | < ε. Soit η = (yn )n≥0 , avec yn = xn
si 0 ≤ n ≤ N et yn = 0 si n > N , alors η ∈ cc et on a d∞ (ξ, η) = sup |xn | ≤ ε. Par
n>N
conséquent, cc est dense dans c0 pour la distance d∞ .

Exercice 2.31. Soit E = C ∞ [0, 1], R l’espace des fonctions de classe C ∞ sur [0, 1] et
à valeurs dans R. Pour tous f, g ∈ E, on pose :
+∞
 1 d∞ f (n) , g (n)
d(f, g) = .
n=0
2n 1 + d∞ f (n) , g (n)
2.10. Exercices 117

Montrer que (E, d) est un espace métrique complet.


Solution. Le fait que d est une distance résulte de la proposition 2.3.5. Soit (fk )k≥0
une suite de Cauchy dans (E, d). Soient ε > 0 et N ∈ N. Alors il existe k0 ∈ N tel que
+∞
 (n) (n)
1 d∞ fp , fq 1 ε
pour tous p ≥ k0 et q ≥ k0 , on ait n (n) (n)
= d(fp , fq ) < N .
n=0
2 1 + d∞ fp , fq 2 1+ε
(N ) (N )
1 d∞ fp , fq 1 ε
Donc, pour tous p ≥ k0 et q ≥ k0 , on a < N , d’où on a
2N 1 + d∞ fp(N ) , fq(N ) 2 1+ε
(N ) (N ) s
d∞ fp , fq < ε car s −→
est strictement croissante de [0, +∞[ dans [0, +∞[.
1+s
(N )
Donc, pour tout N ∈ N, la suite fk k≥0
est de Cauchy dans C [0, 1], R , d∞ qui
est complet, voir proposition 2.6.8, donc il existe gN ∈ C [0, 1], R tel que :
(N )
lim d∞ (fk , gN ) = 0. Pour tout k, N ∈ N et pour tout t ∈ [0, 1], on a :
k→+∞
 t
(N ) (N +1)
fk (t) = fk (s)ds, d’où :
0

 t  t   t 
 (N +1)   (N +1)  (N +1)
 fk (s)ds − gN +1 (s)ds ≤ fk (s) − gN +1 (s) ds ≤ d∞ fk , gN +1 .
0 0 0

 t
Par conséquent, pour tout N ∈ N et pour tout t ∈ [0, 1], on a gN (t) = gN +1 (s)ds,
0

donc gN est dérivable sur [0, 1] et on a = gN +1 . Donc, il existe g ∈ E tel que pour
gN
(N ) (N )
tout N ∈ N, on ait lim d∞ fk , g = 0.
k→+∞
Soit ε > 0, il existe p0 ∈ N tel que pour tout p ≥ p0 et q ≥ p0 , on ait :

+∞
 (n) (n)
1 d∞ fp , fq
= d(fp , fq ) < ε .
n=0
2n 1 + d∞ fp(n) , fq(n)

N (n) (n) +∞
 (n) (n)
1 d∞ fp , fq 1 d∞ fp , fq
Soit N ∈ N, alors on a ≤ < ε. Or on
n=0
2n 1 + d∞ fp(n) , fq(n) n=0
2n 1 + d∞ fp(n) , fq(n)
 (n) (n)  (n)
1 d∞ fp , g (n)
N N
1 d∞ fp , fq
a lim = , donc pour tout N ∈ N,
q→+∞
n=0
2n 1 + d∞ fp(n) , fq(n) n=0
2n 1 + d∞ fp(n) , g (n)
 (n) +∞
 (n)
1 d∞ fp , g (n) 1 d∞ fp , g (n)
N
on a ≤ ε. D’où on a ≤ ε, pour tout
n=0
2n 1 + d∞ fp(n) , g (n) n=0
2n 1 + d∞ fp(n) , g (n)
p ≥ p0 . Par conséquent, la suite (fk )k≥0 converge vers g dans (E, d). Donc (E, d) est
complet.

Exercice 2.32. Soit E = C [0, 1], R l’ensemble des fonctions continues sur [0, 1] et à
 1
valeurs dans R muni de la distance d définie par d(f, g) = |f (x) − g(x)| dx pour tous
0
f, g ∈ E.
118 Chapitre 2. ESPACES MÉTRIQUES

1. Soit (fn )n≥1 la suite dans E définie par :



⎨ n si 0 ≤ x ≤ n12 ,
fn (x) =
⎩ √1 si 1 ≤ x ≤ 1 .
x n2

Montrer que (fn )n≥1 est une suite de Cauchy dans (E, d).
2. Montrer que (E, d) n’est pas complet.

Solution. 1. Pour tous m ≥ n ≥ 1, on a m12 ≤ n12 et




⎪ m − n si 0 ≤ x ≤ m12 ,



√1 − n si 1 1
fm (x) − fn (x) = m2 ≤ x ≤ n2 ,


x



0 si n12 ≤ x ≤ 1 .
 12  12  1
m n
1
Donc on a d(fm , fn ) = (m − n) dx + √
x
− n dx + 0 dx = (m − n) m12 +
1 1
0 m2 n2
2 1 2 1 1
n − − +
n m
n
m2 = n −m ≤ n1 . Soit ε > 0, il existe N ∈ N tel que N1 < ε. Alors pour

tous m ≥ n ≥ N , on a d(fm , fn ) ≤ n1 ≤ N1 < ε. Donc (fn )n≥1 est une suite de Cauchy
dans (E, d).
2. Si (E, d) était complet, il existerait f : [0, 1] −→ R continue telle que
lim d(fn , f ) = 0. Soit t ∈ ]0, 1], alors il existe N ∈ N∗ tel que pour tout n ≥ N , on ait
n→+∞
 1  1
1
n2 < t. On a aussi |f n (x) − f (x)| dx ≤ |fn (x) − f (x)| dx ≤ d(fn , f ). Or pour tout
t  10
 1 
n ≥ N , on a fn (x) = √1x sur [t, 1], d’où  √ − f (x) dx ≤ d(fn , f ). Par conséquent,
x
 1 t
 1 
on a  
√ − f (x) dx = 0, donc f (x) = √1 sur [t, 1]. D’où on a f (x) = √1 pour tout
x x x
t
x ∈ ]0, 1], on en déduit que f n’est pas bornée sur [0, 1], ce qui est impossible car f est
continue. Donc (E, d) n’est pas complet.

Exercice 2.33. Soient X un espace de Baire non vide et F une famille d’applications
continues de X dans K telle que pour tout x ∈ X, il existe une constante Kx > 0 telle
que pour tout f ∈ F , on ait |f (x)| ≤ Kx . Montrer qu’il existe une constante K > 0 et
qu’il existe un ouvert non vide U dans X tels que pour tout x ∈ U et pour tout f ∈ F ,
on ait |f (x)| ≤ K.  
Solution. Pour tout n ∈ N∗ , soit Fn = x ∈ X ; |f (x)| ≤ n pour tout f ∈ F . Alors Fn
est fermé dans X et on a ∪ Fn = X. Comme X est un espace de Baire, alors il existe
n≥1
◦ ◦
n ≥ 1 tel que = ∅, voir proposition 2.8.1. Soit U = Fn , alors U est un ouvert non vide
Fn
de X et pour tout f ∈ F , on a |f (x)| ≤ n.

Pour plus d’exercices, voir le supplément associé à ce livre.

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