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Encyclopédie berbère
20 | Gauda – Girrei
Gauda
G. Camps
Édition électronique
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ISSN : 2262-7197
Éditeur
Peeters Publishers
Édition imprimée
Date de publication : 1 octobre 1998
Pagination : 2995-2996
ISBN : 2-7449-0028-1
ISSN : 1015-7344
Référence électronique
G. Camps, « Gauda », in Gabriel Camps (dir.), 20 | Gauda – Girrei, Aix-en-Provence, Edisud (« Volumes »,
no 20) , 1998 [En ligne], mis en ligne le 01 juin 2011, consulté le 01 mai 2019. URL : http://
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Gauda 1
Gauda
G. Camps
1 Roi numide de la lignée massyle, petit-fils de Massinissa, il était fils de Mastanaba’* (dont
les Latins “punicisèrent” le nom en Mastanabal) et demi-frère de Jugurtha dont la mère
était une concubine de Mastanaba’. Le nom de Gauda est certainement d’origine africaine,
les Latins écrivaient son nom “Gauda” forme que donnent Salluste dans la Guerre de
Jugurtha et des inscriptions de l’époque romaine (C.I.L. II, 3417, à Carthagène, Inscriptions
latines d’Algérie, I, 1242, à Thubursicu Numidarum). Les Grecs restent, dans leurs textes,
très proches de la forme latine : Dion Cassius (fragm. 89,4) écrit Γανδας, mais les deux
inscriptions qui le nomment, donnent Γαος à Syracuse. Le roi Micipsa qui était désireux de
maintenir la paix entre les princes susceptibles de lui succéder, semble avoir obéi à une
vieille conception numide du partage de l’autorité entre trois princes portant le titre de
roi. C’est le principe qui avait prévalu à la mort de Massinissa (148 av. J.-C.) : les trois
frères, Micipsa* (Mkawssen), Mastanaba’* et Gulussa* (sans doute les aînés des 90 enfants
attribués au vieux roi massyle) avait chacun reçu une part du pouvoir royal collégial, sans
que le territoire du royaume ne fût partagé. Ce gouvernement à trois semble avoir existé
également dans l’organisation municipale de certaines villes numides : Maktar, Thugga,
Althiburos étaient administrées par trois sufètes, d’autres, suivant l’usage courant, par
deux sufètes mais que supervisait un princeps (Calama).
2 Micipsa, seul survivant des trois rois du partage de 148, voulut qu’à sa mort les mêmes
principes fussent appliqués. Il adopta, sans grand enthousiasme, Jugurtha qui devint co-
héritier du royaume avec ses cousins. Micipsa avait jugé Gauda, l’autre fils de Mastanabal,
trop faible d’esprit et l’avait écarté du pouvoir, tout en lui reconnaissant, cependant, la
qualité de prince héritier susceptible de succéder aux trois rois désignés. Cet avenir, jugé
improbable, devait cependant se réaliser. En 105, à la fin de la Guerre de Jugurtha, Gauda
était reconnu roi des Numides par le Sénat qui récompensait ainsi une attitude très fidèle
à Rome. Il devait régner jusqu’en 88, année où son fils Hiempsal II était déjà roi
(Plutarque, Marius, XL).
3 Il semble que les historiens modernes aient attaché une trop grande importance au
jugement de Salluste sur Gauda qui était “morbis confectus et de eam causam mente paulum
imminita” (Bel Jugurth., LXV, 1). Gauda n’était pas un incapable au point de rester inactif, il
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Gauda 2
combattit aux côtés des Romains et se montra soucieux de sauvegarder les égards qu’il
attendait de ses alliés. Il demanda à Metellus le droit de s’asseoir à côté de lui, en tant que
roi allié de Rome ; il réclama aussi une turme de cavaliers romains pour accroître et
embellir sa garde personnelle. Ces prétentions ne sont pas celles d’un débile ; le refus que
lui opposa en termes humiliants le consul Metellus, contribua au rapprochement du
prince et de Marius qui, tous deux, intriguèrent à Rome auprès des amis que les petit-fils
du grand Massinissa conservaient encore.
4 C’est sans doute, grâce à cette entente entre Marius et Gauda, et aux promesses faites par
le nouveau consul que le prince massyle hérita de ce qui restait du royaume de Numidie
amputé de sa partie occidentale (Masaesylie) que Bocchus, roi des Maures, conservait
pour prix de sa trahison envers Jugurtha, qu’il avait livré de ses propres mains à Sylla. Le
royaume de Gauda n’est plus qu’un État protégé, soumis à la volonté de Rome ; c’est ainsi
que Marius établit ses vétérans dans les riches plaines de la Medjerda et du Haut Tell, ces
créations sont toutes situées à l’ouest de la Fossa Regia, c’est-à-dire en dehors de la
Province, dans le royaume numide. A la mort de Gauda, il semble qu’un nouveau partage
fut proposé, qui fit de Mαστεαβαρ, un roi sur le même pied que Hiempsal II, qui était peut-
être son frère. Ce roi n’est connu que par une dédicace des citoyens de Syracuse qui
accompagne son nom du titre de βασιλενς ce qui ne laisse planer aucun doute sur la
qualité du personnage, qui est dit fils du roi Gauda. On est tenté de retrouver dans le nom
de Masteabar* une forme aberrante de Mastanaba’, il s’agirait peut-être de Mastanabal II
De même son fils et successeur portait le nom célèbre de Massinissa II ; il fut le père du
dernier roi numide, Arabion*.
BIBLIOGRAPHIE
GSELL S., Histoire ancienne de l’Afrique du Nord, t. VII, p. 123-265.
CAMPS G ., Massinissa ou les débuts de l’Histoire, Alger, Imp. offic, 1961.
GASCOU J., “Le cognomen gaetulus, gaetulicus en Afrique romaine”, M.E.F.R., t. 82,1970, p. 723-736.
KONTORINI V. N., “Le roi Hiempsal II de Numidie et Rhodes”, L’Antiquité classique, t. LXIV, p. 90-99.
CAMPS G., “Les derniers rois numides : Massinissa II et Arabion”, Bull. archéol. du CTHS, nlle sér. 17
B, 1984, p. 303-310.
INDEX
Mots-clés : Biographie, Numides, Roi
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