Anatomie descriptive
du membre pelvien
Arthrologie du membre pelvien
Année académique 2024-2025
Equipe pédagogique : Dr Souleymane OUEDRAOGO, Chef de Clinique-Assistant
Dr Massadiami SOULAMA, Maître de Conférences Agrégé
Dr Malick DIALLO, Maître de Conférences Agrégé
Pr Patrick WH DAKOURE, Professeur Titulaire
Service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil moteur / CHUSS / UNB
La hanche
C’est l’articulation proximale du membre inférieur Articulation de type synoviale
sphéroïde (enarthrose, 3° de liberté), elle unit l’os coxal au fémur et transmet le poids du
corps au membre inférieur.
1. Surfaces articulaires :
Les surfaces osseuses sont représentées par :
- L’acétabulum pour l’os coxal.
- La tête fémorale pour le fémur.
L’acétabulum est comblé par un fibrocartilage qui s’insère sur le sourcil acétabulaire : le
bourrelet acétabulaire, qui augmente la profondeur de l’articulation et la surface
articulaire et assure donc une meilleure congruence.
Ce bourrelet est grossièrement prismatique triangulaire en coupe :
➢ sa base s’insère sur le sourcil acétabulaire, la face axiale (articulaire) est lisse et
recouverte de cartilage et sa face périphérique est convexe et reçoit les insertions
de la capsule articulaire.
➢ Dans sa partie inférieure, ce bourrelet passe en pont au- dessus de l’incisure de
l’acétabulum entre les cormes antérieure et postérieure.
➢ Il a une hauteur variant de 5 à 10 mm.
2. Moyens d’union
Ils sont nombreux et puissants mais permettent une bonne liberté de mouvement.
a) La capsule articulaire
C’est un manchon qui unit la tête fémorale à l’acétabulum.Elle s’insère sur le bourrelet
et le sourcil acétabulaire, et sur le fémur au niveau de la ligne inter-trochantérienne en avant
et à la jonction des 2⁄3 médiaux et du 1⁄3 latéral du col en arrière.
b) Les ligaments
• Le ligament ilio-fémoral de Bertin : c’est le ligament le plus puissant de la hanche. Il est
tendu de l’épine iliaque antéro-inférieure jusqu’aux 2 extrémités de la ligne inter-
trochantérienne. Il peut résister à a des tractions de l’ordre de 500 Kg.
• Le ligament ischio-fémoral : de forme triangulaire, il est tendu de la tubérosité
ischiatique jusqu’à la partie postérieure de la capsule articulaire.
• Le ligament pubo-fémoral : il renforce la capsule en bas et avant. Il est tendu de la
partie antérieure de l’éminence ilio-pubienne jusqu’au bord inférieur du col fémoral,
juste au dessus du petit trochanter. Avec les 2 faisceaux du ligament ilio-fémoral, il
forme un Z entre les branches moyenne et supérieure duquel le muscle ilio-psoas entre
directement en contact avec la capsule articulaire.
• Le ligament de la tête fémorale (anciennement appelé ligament rond) : c’est un
ligament intra-capsulaire mais extra-synovial d’environ 3 cm de long.Il s’insère
proximalement dans l’arrière fond de l’acétabulum en 2 faisceaux antérieur et
postérieur (certains auteurs, dont Rouvière, décrivent un 3ème faisceau) et distalement
dans la fovéa capitis de la tête fémorale.
• Le ligament transverse : il est tendu entre la corne antérieure et la corne postérieure de
l’acétabulum, fermant ainsi l’incisure acétabulaire.
3. Mécanique articulaire :
C’est une articulation sphéroïde, elle possède 3 degrés de liberté. Elle permet au
membre inférieur de décrire un tronc de cône dont l’articulation de la hanche est le sommet.
a) Mouvements de flexion/extension
- La flexion dépend de la position du genou car il existe des muscles bi-articulaires :
Genou fléchi :
- Flexion active : 120°
- Flexion passive : 145°
Genou en extension :
- Flexion active : 90°
- Flexion passive : 120°
- L’extension dépend aussi de la position du genou :
Genou fléchi :
- Extension active : 10°
- Extension passive : 30°
Genou en extension :
- Extension active et passive : 20°
b) Mouvements d’abduction et d’adduction
➢ L’abduction est de 30° au minimum par rapport à la verticale mais peut être
augmentée par l’entrainement physique, notamment chez les gymnastes (90 voire
120°). Elle tend à être naturellement plus élevée chez la femme. Elle est
principalement limitée par les muscles adducteurs.
➢ L’adduction est limitée par le membre inférieur controlatéral, combinée à une flexion
ou une extension elle peut atteindre 30°.
c) Mouvements de rotation
- La rotation externe est de 60°.
- La rotation interne est de 30°.
Nc : Devant une boiterie chez l’enfant, argumenter les principales hypothèses diagnostiques
et justifier les examens complémentaires pertinents.
Les étiologies de boiterie sont multiples : mécanique, traumatique, tumorale,
infectieuse, ... Devant une boiterie non fébrile, on raisonnera principalement en fonction de
l’âge :
- Après 10 ans : épiphysiolyse de hanche (plutôt chez l’enfant en surpoids).
- Entre 3 et 10 ans : synovite aigue transitoire (« rhume de hanche »),
ostéochondrite primitive de hanche (maladie de Legg-Perthes-Calve, nécrose
ischémique de l’épiphyse distale du fémur).
- Avant 3 ans : luxation congénitale de hanche découverte à l’acquisition de la
marche (devenue rare grâce au dépistage néonatal).
LA LUXATION CONGENITALE DE HANCHE :L’articulation de la hanche met en
relation l’acétabulum de l’os coxal et la tête du fémur. La LCH est un déplacement
congénital de la tête fémorale hors de l’acétabulum, en haut et en arrière. Son
dépistage néonatal est primordial, son diagnostic et sa prise en charge précoces
permettent d’éviter de lourds traitements chirurgicaux.Le dépistage est avant tout
clinique :
o Limitation de l’abduction.
o Instabilité de hanche : signe du ressaut d’Ortolani, signe du piston de
Barlow.En cas de facteurs de risque ou d’anomalie à l’examen clinique, le
diagnostic se fera par l’échographie (avant 4 mois) ou la radiographie
(après 4 mois).
Le genou
Le genou met en jeu 3 structures osseuses, détaillées dans le chapitre « ostéologie »
- Le fémur (épiphyse distale).
- Le tibia (épiphyse proximale).
- La patella (face postérieure).
Ces 3 structures forment 3 compartiments articulaires distincts :
- Le compartiment latéral (condyle fémoral latéral et plateau tibial latéral).
- Le compartiment médial (condyle fémoral médial et le plateau tibial média).
- Le compartiment fémoro-patellaire.
L’articulation du genou est peu congruente comparée à la cheville ou à la hanche, ses
surfaces articulaires n’étant pas encastrées. Cela implique que ses moyens d’union et de
stabilisation soient particulièrement importants et puissants. Ces différents moyens d’union
sont représentés par :
- Deux fibrocartilages : les ménisques.
- L’appareil ligamentaire antérieur.
- L’appareil ligamentaire postérieur.
- Les ligaments collatéraux.
- Les ligaments croisés.
1. Les surfaces articulaires
a. L’extrémité distale du fémur
Déjà décrite, elle est constituée par le condyle latéral et le condyle médial, séparés en
arrière par la fosse inter- condylaire et en avant par la trochlée fémorale.
b. L’épiphyse proximale du tibia
Elle est formée des condyles médial et latéral qui constituent le plateau tibial.
c. La face postérieure de la patella
Elle est divisée en une partie supérieure, articulaire, et une partie inférieure
dépourvue de cartilage :
d. Le cartilage articulaire
Le cartilage articulaire est un tissu spécialisé avasculaire. La partie superficielle du
cartilage est nourrie par le liquide synovial alors que les zones les plus profondes reçoivent
leur nutrition par la vascularisation de l’os sous- chondral.
e. Les ménisques
Les ménisques sont des structures fibro-cartilagineuses de forme semi-lunaire.Ils sont
au nombre de deux : un ménisque médial et un ménisque latéral.
Chaque ménisque couvre environ les 2⁄3 de chaque surface articulaire du tibia.On
décrit 3 segments sur un ménisque : un segment antérieur, un segment moyen et un
segment postérieur. En coupe ils ont une forme triangulaire :
- La face périphérique est épaisse, convexe et attachée à la capsule articulaire.
- Le bord libre (interne) est très fin.
- La face supérieure des 2 ménisques est concave et est en contact avec les condyles
fémoraux, alors que la face inférieure repose sur les plateaux tibiaux, à la périphérie
des cavités glénoïdales. Le segment postérieur du ménisque médial est plus grand
que le segment antérieur alors que ces deux segments ont la même taille pour le
ménisque latéral.
Les ménisques ont des fonctions très importantes :
- La transmission homogène des forces et contraintes.
- L’augmentation de la congruence articulaire.
- La distribution du liquide articulaire.
Les deux ménisques sont néanmoins différents dans leur forme et leur mobilité.
❖ Le ménisque médial :
Le ménisque médial est semi-circulaire (en forme de C), d’une longueur de 3,5 cm
environ. En coupe il est de forme semi-triangulaire, beaucoup plus épais en postérieur qu’en
antérieur.
Le segment antérieur recouvre la portion antérieure du tibia non cartilagineuse. Il
s’attache dans la fossette inter-condylaire antérieure en avant de l’insertion du LCA. Il existe
de plus un ligament transverse inter-méniscal qui relie le segment antérieur du ménisque
médial à celle de ménisque latéral.
Sur toute sa périphérie, le ménisque est attaché à la capsule articulaire.
Au niveau du segment moyen, le ménisque est attaché fortement via une condensation
de la capsule articulaire faisant partie du faisceau profond du ligament latéral interne (LLI).
Au niveau postéro-interne, le ménisque reçoit via la capsule des fibres du semi-
membraneux.
❖ Le ménisque latéral :
Le ménisque latéral est lui presque circulaire (en forme de O) et recouvre une portion
plus importante de la surface articulaire (lié au fait que la cavité glénoïde latérale est
convexe).
Son segment antérieur s’attache au niveau de la fossette inter condylienne, juste en
avant de l’épine tibiale latérale et à côté du LCA.
Au niveau de sa périphérie, le ménisque latéral présente la particularité de ne pas être
entièrement attaché à la capsule articulaire : au niveau de la jonction du segment moyen et
postérieur il existe un hiatus laissant passer le tendon du muscle poplité.
Le ménisque latéral n’a pas d’attache directe avec le ligament latéral externe (LLE).
Le segment postérieur s’attache au niveau de la fossette inter condylienne postérieure,
juste en arrière de l’épine tibiale latérale et en avant de l’insertion du ménisque médial.
Des fibres ligamentaires relient le segment postérieur du ménisque latéral à l’espace
inter- condylien du condyle fémoral médial : ces fibres forment le ligament ménisco-fémoral
de Humphry et le ligament ménisco-fémoral de Wrisberg. Ces 2 ligaments ne sont pas
constants ; le ligament de Humphry passe en avant du LCP alors que le ligament de Wrisberg
passe en arrière du LCP.
2. Les moyens d’union
a) La capsule articulaire
La capsule articulaire est un manchon fibreux continu qui comporte des zones de
renforcement et qui limite la cavité articulaire du genou.La capsule articulaire est recouverte
à sa face interne par une membrane fine et très souple: la membrane synoviale.
A la partie centrale du genou, la membrane synoviale va recouvrir les ligaments
croisés. Elle émet également un prolongement antérieur : le cul-de-sac sous-quadricipital.
La membrane synoviale sécrète un liquide aqueux et visqueux appelé synovie qui a pour but
de lubrifier l’articulation et de nourrir les couches superficielles du cartilage articulaire.
b. Le plan ligamentaire antérieur
Outre les rétinaculums patellaires (minces lames fibreuses triangulaires qui vont des
bords de la patella aux condyles fémoraux), le plan antérieur est constitué en majeure partie
par l’appareil extenseur du genou :
Dans sa partie proximale, cet appareil est formé par le muscle quadriceps qui est
composé de 4 chefs qui se rejoignent pour former un tendon commun : le tendon
quadricipital. Ces 4 chefs sont :
- Le muscle droit fémoral.
- Le muscle vaste médial (ou vaste interne).
- Le muscle vaste intermédiaire.
- Le muscle vaste latéral (ou vaste externe).
Distalement, les fibres du droit fémoral et du vaste intermédiaire s’insèrent
perpendiculairement au pôle proximal de la rotule alors que les fibres du vaste médial et du
vaste latéral s’insèrent de manière oblique.
Le tendon quadricipital se compose de 3 plans :
- La couche antérieure est formée par le droit fémoral.
- La couche moyenne est formée par l’union des fibres du vaste médial et du vaste
latéral.
- La couche profonde est formée par le vaste intermédiaire.
Il s’insère sur la rotule par une extension qui passe à la face antérieure de la rotule, le
plus souvent cette extension est composée uniquement par les fibres tendineuses du droit
fémoral.
L’appareil extenseur se poursuit ensuite par le ligament patellaire (ou tendon rotulien),
ce ligament prend son origine au pôle distal de la patella et se termine sur la tubérosité
tibiale antérieure. Les fibres de ce ligament sont en continuité avec les fibres du tendon
quadricipital.
c. Le plan ligamentaire postérieur
Le plan ligamentaire postérieur est complexe et ressemble à un trousseau de fibres
entrecroisées.Il se compose de 4 structures :
- Les coques condyliennes (médiale et latérale).
- Le ligament poplité oblique.
- Le ligament poplité arqué.
- Le ligament croisé postérieur.
❖ Les coques condyliennes :Elles s’insèrent en haut à la partie postéro- supérieure des
condyles fémoraux et en bas au bord postérieur du plateau tibial correspondant. Elles
correspondent à des renforts de la capsule articulaire.
❖ Le ligament poplité oblique :C’est une expansion du muscle semi-membraneux.
Oblique en haut et latéralement, il se termine sur la coque condylienne latérale.
❖ Le ligament poplité arqué :Son insertion latérale nait de la tête de la fibula puis se
divise en 2 faisceaux :Le faisceau latéral, vertical, va se fixer sur la coque condylienne
latérale.Le faisceau médial décrit une arche concave en bas et se fixe sur la coque
condylienne médiale, formant l’arcade du muscle poplité.
❖ Le ligament croisé postérieur :Il renforce le plan postérieur par ses adhérences
distales avec les coques condyliennes.
d. Les ligaments collatéraux
Ils sont au nombre de deux :
❖ Le ligament collatéral médial (ou tibial, ou ligament latéral interne)
❖ Le ligament collatéral latéral (ou fibulaire, ou ligament latéral externe)
Ils sont tendus quand le genou est en extension, et détendus en flexion.
❖ Le ligament collatéral médial : Constitué de deux faisceaux (profond et
superficiel), il se présente comme une bandelette aplatie de 12 cm de
long.L’insertion proximale des 2 faisceaux se fait sur l’épicondyle médial, puis ils
se dirigent obliquement en bas et en avant. Le faisceau profond est accolé à la
capsule au niveau de l’interligne articulaire.Le faisceau profond s’insère
distalement sur le tibia à environ 1 cm sous le niveau de l’interligne, tandis que le
faisceau superficiel s’insère à 4,5 cm sous l’interligne. Cette insertion distale est
recouverte par les tendons des muscles de la patte d’oie.
❖ Le ligament collatéral latéral : Ce ligament se présente sous la forme d’une
structure bien individualisé de 6 cm de long, arrondie, plus solide. Il s’insère
proximalement en arrière de l’épicondyle latéral du fémur, se dirige obliquement
vers le bas et l’arrière et se termine distalement sur le versant latéral de la tête de
la fibula.
e. Les ligaments croisés
Ils sont au nombre de deux :
- Le ligament croisé antérieur (LCA, ou antéro-latéral)
- Le ligament croisé postérieur (LCP, ou postéro-médial)
Ces deux ligaments sont situés dans la fosse intercondylaire. Ils se croisent dans les
plans sagittal et transversal pour constituer un complexe très organisé appelé pivot central
du genou.Ils jouent un rôle essentiel dans la stabilité du genou : ils assurent la stabilité
antéro-postérieure ainsi qu’une partie de la stabilité rotatoire et du contrôle du mouvement
de la flexion-extension.
Les deux ligaments croisés sont recouvert par la membrane synoviale : ils sont donc
intra-articulaires mais extra-synoviaux.
❖ Le ligament croisé antérieur :
Il naît distalement au niveau de la partie antérieure de l’aire inter-condylaire du tibia,
juste en arrière de la corne antérieure du ménisque médial. Il se dirige en haut, latéralement
et en arrière pour se terminer sur la moitié postérieure de la face médiale du condyle latéral.
Il se compose d’un faisceau antéro-médial et d’un faisceau postéro-latéral qui
s’enroulent l’un autour de l’autre et dont la tension varie en fonction de la position du
genou.
En extension le faisceau postéro-latéral est tendu tandis qu’à partir de 90° de flexion
c’est le faisceau antéro-médial qui va se mettre sous tension.Le LCA est extrêmement
résistant (environ 1750 N), il est responsable à lui seul d’environ 85% de la force totale de
résistance à la translation antérieure du genou.
❖ Le ligament croisé postérieur :
Il s’insère distalement sur l’aire inter-condylaire postérieure du tibia en arrière des
cornes postérieures des 2 ménisques, se dirige en haut, en avant et médialement pour
s’insérer à la partie antérieure de la face latérale du condyle médial.
Il se compose aussi de 2 faisceaux qui s’enroulent lors du passage de l’extension à la
flexion.Le ligament croisé postérieur est considéré comme un stabilisateur principal par sa
localisation très proche du centre de rotation de genou et il est presque deux fois plus
résistant que le LCA.
Il est responsable de 95% de la force totale de résistance à la translation postérieure du
tibia ; il est en tension maximale lors de la flexion complète.
3. La mécanique articulaire :
a. Mouvements de flexion / extension
❖ L’extension est cotée à 0° dans la position anatomique de référence. Si l’extension est
limitée, on parle de flessum.Une hyper-extension peut être considérée comme
normale pour des valeurs de 5° à 10° chez les sujets jeunes et hyperlaxes, mais
devient pathologique au- delà de 10° : on parle de genu recurvatum.
❖ La flexion active du genou est cotée de 120° à 140°, elle peut dépendre de la position
de la hanche car les muscles fléchisseurs du genou sont aussi des extenseurs de la
hanche (muscles ischio-jambiers).
❖ La flexion passive peut atteindre 160° (distance talon-fesse nulle). Le mouvement de
flexion-extension est très complexe, le fémur ne roule pas sur le tibia sinon le fémur
atteindrait la partie postérieure du tibia et tomberait en arrière de celui-ci. Le fémur
réalise en fait un mouvement complexe de glissement et de roulement.
b. Mouvements d’abduction et d’adduction
Les mouvements d’abduction et d’adduction sont irréalisables physiologiquement en
extension, les ligaments collatéraux tendus s’y opposent. Un tel mouvement traduit une
pathologie ligamentaire. Par contre en légère flexion, il existe quelques degrés de latéralité
physiologique.
c. Mouvements de rotation
La rotation du tibia selon son axe longitudinal est impossible en extension mais
possible en flexion. Cette rotation interne se fait de manière automatique lors de la flexion
et est due à la forme des cavités glénoïdes du tibia, à l’inégalité des contours condyliens et
au fait que le condyle médial soit plus long que le condyle latéral. Ce mouvement complexe
est appelé rotation automatique du genou.
La cheville
Il s’agit de l’articulation talo-crurale qui réunit les 3 os suivants :
- Le tibia en haut et médialement.
- La fibula en haut et latéralement.
- Le talus en bas.
Les mouvements de la cheville sont limités à un plan sagittal, légèrement oblique en
avant et latéralement.
L’articulation talo-crurale est encastrée et assure la stabilité du pied par rapport à la
jambe dans les mouvements de marche et de course.
L’adaptation du pied aux inégalités du sol est assurée quant à elle par les
articulations intrinsèques du pied.
1. Surfaces articulaires :
La mortaise tibio-fibulaire formée par l’extrémité distale du tibia et de la fibula
s’articule avec le tenon qui est formé par le corps du talus.
2. Moyens d’union :
Il existe une capsule articulaire continue ainsi que des ligaments antérieur, postérieur
et latéraux.Les ligaments antérieur et postérieur sont relativement fins; les principales
formations ligamentaires sont les ligaments collatéraux.
a) Le ligament collatéral latéral
C’est le plus fréquemment touché dans les entorses de cheville (mécanisme en varus et
rotation interne).Il est formé de 3 faisceaux qui divergent à partir de la malléole latérale :
• Le faisceau antérieur, ou ligament talo-fibulaire antérieur :
Il prend son origine au bord antérieur de la malléole fibulaire à sa partie moyenne. Il est
très court, oblique en bas et avant.Il se termine sur le corps du talus juste en avant de la
surface malléolaire latérale.
• Le faisceau moyen, ou ligament calcanéo-fibulaire :
Il s’insère sur le bord antérieur de la malléole latérale sous le faisceau antérieur.
NC : ENTORSE DE CHEVILLE :L’entorse du LCL est l’urgence traumatologique la plus
fréquente. Le diagnostic est facile par l’interrogatoire et l’examen clinique (impotence,
douleur sur 1 ou des faisceaux ligamentaires, laxité).
Il faut éliminer les diagnostics différentiels : lésion osseuse associée, entorse sous-
talienne ou médio-tarsienne, lésion du tendon d’Achille, luxation des fibulaires. La
radiographie n’est indiquée que dans certains cas, elle a pour but la recherche de lésions
osseuses associées.
Rappel des critères d’Ottawa :
• Âge inférieur à 18 ans ou supérieur à 55 ans
• Impossibilité de faire 4 pas
• Douleur à la palpation de la base du 5ème métatarsien ou du naviculaire
• Douleur à la palpation d’une malléole surune hauteur de 6 cm.
Le traitement est fonction de la gravité de l’entorse ; il sera le plus souvent fonctionnel
(protocole RICE :rest, ice, compression, élévation). En cas d’entorse grave nécessitant un
traitement orthopédique parBotte plâtrée, ne pas oublier la prévention thrombo-embolique !
FRACTURE BI-MALLEOLAIRE :Classification de Duparc : sus-tuberculaire, inter-
tuberculaire ou sous-tuberculaire. Toujours rechercher une luxation tibio-talienne
(réduction en urgence) et les complications classiques des fractures (peau-pouls-
nerfs).Traitement orthopédique en l’absence de déplacement, sinon chirurgical, le plus
souvent par ostéosynthèse.Un cas particulier : la fracture de Maisonneuve associe une
fracture de la malléole médiale et une fracture du col de la fibula (risque de lésion du nerf
ficulaire commun).
Il se dirige en bas et en arrière, contournant le sommet de la malléole latérale dont il
est séparé par une petite bourse séreuse. Il se termine sur la face latérale du calcanéus.
• Le faisceau postérieur, ou ligament talo-fibulaire postérieur :
C’est le faisceau le plus solide, rarement atteint lors des entorses de
cheville.Cylindrique, il prend son origine dans la fossette creusée au sommet de la malléole.
Son trajet est antéro-postérieur, très court et horizontal.Il se termine sur le tubercule
postéro-latéral du talus.
b) Le ligament collatéral médial
Il est disposé en 2 plans : un plan profond et un plan superficiel.
• Le plan profond :
Il descend vers le talus, il est très solide.Il prend son origine sur le sommet de la
malléole médiale.Il est oblique en bas et en arrière puis se termine à la partie postérieure du
corps du talus juste en dessous de la surface malléolaire médiale.
• Le plan superficiel :
De forme triangulaire, il est aussi appelé ligament deltoïdien.Il s’insère au bord
antérieur de la malléole médiale. Il s’étend en éventail et recouvre la partie antérieure du
plan profond dont il reste indépendant.
Il se termine sur le bord médial des os du tarse :
• Sur l’extrémité médiale du naviculaire.
• Sur la petite apophyse de calcanéus (sustentaculum tali).
• Sur le ligament glénoïdien.
c) Les ligaments tibio-fibulaires distaux
Les ligaments tibio-fibulaires distaux sont au nombre de 2 : un antérieur et un
postérieur.Ils attachent solidement l’extrémité distale des 2 os de la jambe.
• Le ligament tibio-fibulaire antérieur : il s’étend sur 3 cm de haut, son bord inférieur
affleure l’interligne talo-crural.
• Le ligament tibio-fibulaire postérieur : il est plus développé que l’antérieur et donc
beaucoup plus résistant. Ses fibres sont obliques en bas et latéralement.
Ces 2 ligaments sont renforcés par la partie basse de la membrane interosseuse,
épaissie à cet endroit et qui prend le nom de ligament interosseux.
Nc : En cas de rupture de l’un de ces 2 ligaments lors des entorses graves de cheville ou lors
des fractures de cheville, on observe un diastasis tibio-fibulaire distal sur la radiographie de
face de la cheville.
3. Moyens de glissement :
La synoviale tapisse la face profonde de l’articulation. Elle émet quelques
prolongements:
• Antérieur : devant le tibia et le col du talus.
• Supérieur : elle forme un petit cul-de-sac entre le tibia et la fibula au niveau de
l’articulation tibio-fibulaire distale.
4. Mécanique articulaire
La dorsi-flexion et l’extension du pied sur la jambe se mesurent genou plié à 90°.
- Flexion dorsale : 20° à 30°.
- Extension (ou flexion plantaire) : 30° à 40°.
La cheville permet aussi des mouvements en abduction- adduction et en prono-
supination, dont les amplitudes articulaires sont limitées.
Dans la flexion dorsale, le talus étant un peu plus large en avant qu’en arrière, il se
produit un écartement de la pince malléolaire qui s’accompagne d’une rotation médiale de la
malléole fibulaire. Ce mouvement est freiné à la fois par des obstacles osseux (contact entre
le bord antérieur de l’extrémité distale du tibia et la face supérieure du col du talus) et par
des facteurs ligamentaires (mise en tension de la capsule postérieure, des faisceaux
postérieurs des ligaments collatéraux et aussi des ligaments tibio-fibulaires distaux).
Lors de la flexion plantaire on observe un phénomène inverse : l’extension est limitée
par la butée entre le rebord marginal postérieur du tibia et les tubercules du talus, et par la
mise en tension de la partie antérieure de la capsule.
ARTHROLOGIE DU PIED
I- INTRODUCTION:
Les articulations du pied sont un ensemble fonctionnel dédié à l’adaptabilité du pied au sol ainsi
que la stabilité en appui uni et bi-podal.
Nombreuses et complexes, elles permettent la propulsion et l’amortissement du pas.
Elles guident le pied dans les plans transversal et frontal permettant aux pieds de s'adapter aux
irrégularités du sol.
Netter – Vue dorsale du pied osseux
II- ARTICULATION SUB-TALAIRE:
Appelée également articulation sous talienne ou sous astragalienne, il s’agit en réalité de deux
articulations séparées par un sillon calcanéen et une crête talaire qui forment le sinus du tarse.
Articulation subtalaire, d'après KAPANDJI
C’est une articulation synoviale double trochoïde de configuration inversée.
1
Atlas d’ostéologie humaine – membre inférieur
L’articulation sub-talaire est une articulation capitale dans l’adaptation de l’arrière-pied aux
contraintes imposées par le sol lors de la marche et de la course. Sa mobilité globale faible s'explique
par le fait que cette double articulation sub-talaire antérieure et postérieure est de configuration
géométrique inverse (cylindre plein contre cylindre creux), toute perte de mobilité entraînant une
importante gêne fonctionnelle.
Talus – vue caudale:
1- Facette articulaire naviculaire
7- Facette articulaire calcanéenne antérieure
8- Facette articulaire médiane
9- Sillon du talus
10- Facette articulaire calcanéenne postérieure
1. Surfaces articulaires:
L’articulation sub-talaire antérieure ou l'ASTA:
surfaces articulaires sont plus planes, ovalaires et fragmentées en deux portions discrètement
séparées par une crête italienne convexe et un sillon concave sur le calcanéum.
L’articulation sub-talaire postérieure ou l'ASTP:
On peut considérer les 2 surfaces articulaires qui composent l’ASTP comme des fragments de
cylindre (la surface calcanéenne est le thalamus et il est franchement convexe et son extrémité
postérieure se situe au niveau du carrefour postérieur de la cheville; la surface talienne, elle, est
franchement concave).
2. Moyens d’union:
• Capsule
• Ligament talo-calcanéen latéral
• Ligament talo- calcanéen médial
• Ligament talo- calcanéen post
• Ligament interosseux
2
1 & 2 : ligaments en haie
3- Ligament talo-calcanéen
latéral
4- Ligament talo-calcanéen
post.
Les 2 faisceaux antérieur et postérieur du ligament en haie,
VUE DU SINUS DU TARSE
Vue médiale du pied (arthrologie – Netter)
Les articulations antérieure et postérieure sont séparées par un canal osseux, le sinus du tarse
ouvert sur l'extérieur et situé quand le pied est positionné à 90°, 2 cm en dessous et en avant de la
pointe de la malléole latérale et en forme d'entonnoir.
Ce ligament en haie, particulièrement riche en terminaisons nerveuses et en mécano-récepteurs est
considéré comme un important centre proprioceptif qui peut être comparé au LCA du genou. Il se
tend dans le mouvement d'inversion du pied et se détend en éversion. Il est égalent riche en
terminaisons nerveuses amyéliniques qui conduisent la douleur.
3. Anatomie fonctionnelle:
Les mouvements des articulations sub-talaire et l'articulation transverse du tarse sont
indissociables et permettent les mouvements complexes d'inversion (flexion suppination
adduction) et d'éversion.
Lors de la marche sur terrain plat, l'amplitude totale de la sub-talaire est de l'ordre de 8° à 18°.
III- ARTICULATION DE CHOPART OU ARTICULATION TRANSVERSE DU TARSE:
Unit le tarse distal au tarse proximal.
- A talo-naviculaire (sphéroïde): qui est concave vers l’arrière - supéro-interne
- A calcanéo-cuboïdienne (en selle): inféro-externe - concave vers l’avant
Elles ont en commun le ligament bifurqué mais sont distinctes morphologiquement.
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b- Moyens d’union:
L’articulation talo-naviculaire et calcanéo-cuboïdienne possède chacune une capsule et une
synoviale distinctes.
Les ligaments:
Ligament calcanéo-naviculaire plantaire: épais, c’est la clef de voûte de l’arche médiale.
Insertion: Bord ventral du sustentaculum tali jusqu’au bord plantaire de l’os naviculaire.
Forme trapézoïdale recouverte de cartilage. Sur son bord médial libre: insertion du ligament
deltoïde (articulation talo-curale).
Ligament bifurqué (Y): calcanéus → os naviculaire + os cuboïde.
Ligament plantaire long: 2 processus de tubérosité calcanéus - tubérosité cuboïde et face
plantaire des métatarsiens II à V.
Ligament talo-naviculaire dorsal et ligament calcanéo-cuboidien plantaire.
Le naviculaire et le cuboïde solidaires par 3 ligaments autour d’une surface articulaire plane
(association lésionnelle)
Les autres articulations du médio-pied sont les articulations inter-tarsiennes:
– A cunéo-naviculaire (complexe)
– A intercunéiformes (planes)
– A cuboïdo-naviculaire (plane)
– A cunéo-cuboïdienne (plane)
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IV- ARTICULATION DE LISFRANC OU INTERTARSO-METATARSIENNE:
L’articulation tarso-métatarsienne est l’ensemble de trois articulations synoviales, comportant trois
capsules distinctes:
• médiale: correspondant au premier rayon;
• moyenne: commune pour les deuxième et troisième rayons;
• latérale: unissant le cuboïde aux quatrième et cinquième métatarsiens.
a- Surfaces articulaires:
Elles sont schématiquement planes et verticales et recouvertes de cartilage articulaire.
➢ Surfaces articulaires métatarsiennes:
Elles sont portées par la face postérieure de la base de chacun des métatarsiens; chacun des trois
premiers métatarsiens s’articule avec l’os cunéiforme du même rayon;
- Le premier métatarsien présente une surface articulaire légèrement concave en avant et en
dehors, en forme de croissant;
• Le deuxième métatarsien présente la particularité de s’articuler avec les trois os cunéiformes, car
il est disposé entre les premier et troisième cunéiformes et comporte donc deux facettes
articulaires supplémentaires portées par les faces latérale et médiale de sa base;
• La surface articulaire du troisième métatarsien est plane;
• Les deux métatarsiens latéraux s’articulent avec l’os cuboïde et présentent des surfaces
articulaires légèrement concaves en avant.
➢ Surfaces articulaires tarsiennes antérieures:
• Celle du premier cunéiforme est légèrement convexe en avant. Celles des deuxième et troisième
cunéiformes sont planes;
• Le cuboïde porte deux surfaces articulaires légèrement convexes vers l’avant.
b- Moyens d’union:
Capsules articulaires:
La membrane fibreuse de chacune des trois cavités articulaires s’insère au contact des surfaces
articulaires. Elle est tapissée en profondeur par une membrane synoviale. Des communications
entre les trois cavités articulaires s’observent couramment.
Les capsules de l’articulation de Lisfranc
Système ligamentaire:
Il est constitué par des ligaments dorsaux, des ligaments plantaires et des ligaments interosseux
cunéométatarsiens, renforcés par des ligaments intermétatarsiens.
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• Les ligaments dorsaux sont disposés respectivement :
– du premier métatarsien au premier cunéiforme ;
– du deuxième métatarsien aux trois cunéiformes ;
– du troisième métatarsien au troisième cunéiforme ;
– du cuboïde aux quatrième et cinquième métatarsiens ;
• les ligaments plantaires sont tendus :
– du premier cunéiforme aux premier, deuxième et troisième
métatarsiens ;
– du deuxième cunéiforme au deuxième métatarsien ;
– du troisième cunéiforme aux troisième et quatrième
métatarsiens ;
– du cuboïde aux quatrième et cinquième métatarsiens ; • les
ligaments interosseux cunéométatarsiens sont au nombre de
trois (médial, moyen et latéral). C’est le ligament médial qui est
le plus solide et le plus important sur le plan fonctionnel ;
– le ligament médial : situé dans le premier espace
intermétatarsien (ligament de Lisfranc) est tendu de la face
latérale du premier cunéiforme à la face médiale de la base du
deuxième métatarsien ;
– le ligament moyen est disposé dans le 2° espace, en situation
extrasynoviale, et relie les cunéiformes et les métatarsiens des
Vue supérieure du pied- articulation Lisfranc
deuxième et troisième rayons ;
– le ligament latéral est tendu de la face latérale du troisième
métatarsien et du troisième cunéiforme à la face médiale du
quatrième métatarsien et du cuboïde.
c- Anatomie fonctionnelle:
Cette articulation est caractérisée par une quasi-immobilité du compartiment moyen, en
particulier du deuxième rayon.
Les compartiments médial et latéral ont des amplitudes modestes de flexion, extension et
glissement qui présentent toutefois un grand intérêt dans les modifications dynamiques de l’arche
transversale du pied au cours de la marche en particulier.
V- ARTICULATION METATARSO-PHALANGIENNES ET INTERPHALANGIENNES:
La voûte plantaire est une partie de l'architecture du
squelette du pied constituée de 3 arches décrivant
au sol un triangle.
Cette structure osseuse, sous-tendue par des
ligaments, des muscles et l'aponévrose plantaire,
est capable de se déformer pour:
-Supporter le poids du corps
-Absorber les chocs
-Permettre au pied de s'adapter à tous types de
terrains
-Participer à la phase de propulsion à la marche ou
à la course à pied.
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VI- LES ARCHES DU PIED:
ARCHE MEDIALE LONGITUDINALE:
De ces 3 arches, la plus importante en taille et en fonction, c'est l'arche longitudinale interne ou
médiale.
Elle décrit un arc de cercle qui part du calcanéum, passe par le naviculaire (la clé de voûte) et se
termine au niveau de la tête du 1er métatarsien. C’est une arche élastique.
ARCHE LATERALE LONGIUDINALE:
La deuxième est l’arche longitudinale externe ou latérale. Elle décrit une courbe qui part du
calcanéum, passe par le cuboïde et se termine au niveau de la tête du 5ème métatarsien.
C’est une arche d’appui.
ARCHE ANTERIEURE TRANSVERSALE:
Enfin, la troisième est l’arche antérieure transversale. Elle forme un petit pont qui relie la tête du
1er métatarsien à celle du 5ème. C’est une arche de liaison.
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VII- ANATOMIE FONCTIONNELLE - Le concept de bloc calcanéo-pédieux:
L’articulation talo-naviculaire et les articulations sub-talaires sont liées anatomiquement et
fonctionnellement : elles forment le complexe articulaire sous-talien où siègent les mouvements
entre le bloc calcanéo-pédieux (BCP) (ensemble du pied excepté le talus) et l’unité talo-tibio-
fibulaire (talus enserré dans la mortaise bi-malléolaire).
L’articulation sub-talaire se résume trop souvent à une étude des mouvements entre le talus et le
calcanéus sur le pied en décharge avec la fameuse image de Farabeuf: le calcanéus « tangue, vire
et roule » sous le talus. En réalité, des travaux déjà anciens avaient montré qu’il s’agissait d’un
complexe articulaire formé de trois articulations indissolublement liées (sub-talaire postérieure, sub-
talaire antérieure et talo-naviculaire) où siègent les mouvements entre le bloc calcanéo-
pédieux et l’unité talo-tibiofibulaire. C’est la double appartenance de l’articulation talo-naviculaire
(Le complexe articulaire ST; articulation talo-calcanéo-naviculaire et l’articulation transverse du
tarse avec l’articulation calcanéo-cuboïdienne) ainsi que la géométrie variable du ligament
calcanéo-naviculaire qui détermine toute la fonctionnalité de ce bloc articulaire.
Le concept de BCP qui équivaut à une division oblique du pied vient compléter utilement les
autres modes de segmentation: transversale (arrière-pied, médio-pied et avant-pied) et longitudinale
(en deux colonnes médiale et latérale). Cela peut faciliter la compréhension des déformations du
pied, l’interprétation clinique et radiologique et déboucher sur des thérapeutiques mieux adaptées.
VIII- CONCLUSION:
Grâce à cet ensemble articulaire, renforcé par des moyens d’union capsulo-ligamentaires importants,
le pied aura une bonne stabilité quelle que soit la phase du pas.
De plus, aux ligaments passifs, on peut ajouter le rôle de stabilité des ligaments actifs: muscles tibial
postérieur, muscles extenseurs et fléchisseurs ainsi que les fibulaires. (voire myologie du membre pelvien)
Références:
-Anatomie et imagerie de l’articulation tarso-métatarsienne (articulation de Lisfranc) - Article in Médecine et Chirurgie du
Pied · Septembre 2011
-Le concept de bloc calcanéo-pédieux Raphaël Seringe Paris May 2008.
-Les articulations talo-naviculaire et sous-taliennes : le concept de « bloc calcanéo-pédieux » Orthopaedics & Traumatology:
Surgery & Research, Volume 99, Issue 6, Supplement, October 2013, Pages S345-S355
- Appareil locomoeur – vie de relation – membre pelvien, faculté de médecine René Descartes Paris – Département d’anatomie.
- L’iconographie est notamment issue des ouvrages de Mr Netter et Kapandji.