Cours de Patho Obstetricales
Cours de Patho Obstetricales
Chapitre I : Dystocies
1. Travail prolongé
2. Dystocie des épaules (DDE)
3. Procidence du cordon
4. Position transversale
5. Présentation de la face
6. Présentation du front
7. Travail sur utérus cicatriciel
Partum
1. Le paludisme
2. Les infections urinaires
3. L’infection ovulaire
4. L’endométrite
5. La mastite
6. L’abcès du sein.
FIN
Chapitre I : Dystocies
I. Le travail prolongé :
a. Définitions :
o Le travail se caractérise par des contractions utérines douloureuses et régulières,
entraînant des modifications du col (dilatation, effacement) ;
o Le travail prolongé est une durée de l’accouchement dépassant les 12 heures, ou
Phase de latence supérieur à 8 heures, ou Courbe de dilatation à droite de la ligne
d’alerte.
o Le travail actif se produit habituellement à partir d'une dilatation cervicale ≥ 4 cm.
Normalement, la dilatation et la descente de la tête dans le pelvis évoluent à une vitesse
d'au moins 1 cm/h et plus rapidement chez la femme multipare.
b. Etiologies :
Dystocie dynamique :
CU inefficaces
Efforts expulsifs insuffisants
Dystocie mécanique :
Disproportion foeto – pelvienne
Présentation vicieuse
Malformation fœtale
Anomalies du bassin
Obstacles prævia
c. Signes cliniques :
o Stagnation de la dilatation du col pendant 4 heures au cours de la phase active ou
o Absence d'engagement et de descente du fœtus à dilatation complète après plus de 2
heures chez une multipare et plus de 3 heures chez une primipare
o En pratique, Il se fait à l’aide du partographe sur la base d’un des éléments suivants :
Phase de latence supérieure à 8 heures ;
Attention !
En phase de latence, il faut distinguer un faux travail du travail d’accouchement qui se caractérise par
des contractions régulières et fréquentes entraînant des modifications du col (effacement et dilatation).
d. CAT et PEC :
> Si la dilatation est stationnaire et la poche des eaux n’est pas rompue : en l’absence d’une
présentation dystocique du fœtus ou d’un obstacle prævia ou d’une souffrance fœtale, penser à
une dystocie dynamique et :
Rompre les membranes et attendre une heure ;
Si pas d’évolution favorable au bout d’une heure, mettre une perfusion
d’ocytocine et observer pendant une heure ;
Si au bout d’une heure sous perfusion d’ocytocine, l’évolution est
favorable, faire l’accouchement par voie basse ;
Sinon, faire une césarienne.
> Si la dilatation est stationnaire et la poche des eaux rompue : en l’absence de souffrance
fœtale, d’une présentation dystocique du fœtus ou d’un obstacle prævia, penser à une dystocie
dynamique :
Poser une perfusion d’ocytocine (5 UI dans 500 ml de sérum glucosé
isotonique à 5 %) à raison de 32 gouttes par minute au maximum en
commençant par 8 gouttes par minute et en montant par pallier de 4
gouttes toutes les 15 mn.
Au bout d’une heure, si la dilatation n’a pas progressé, faire une
césarienne.
> Si la dilatation est complète, la poche des eaux rompue et la présentation du sommet
non engagée :
Surveiller pendant une heure en l’absence d’une indication immédiate de
césarienne ;
Si pas d’engagement de la tête au bout d’une heure, mettre en place une
perfusion d’ocytocine si cela n’était pas fait.
Si pas d’engagement après une heure de perfusion d’ocytocine, faire une
césarienne.
> Si la dilatation est complète, la poche des eaux rompue et la tête non engagée chez une
parturiente déjà sous perfusion d’ocytocine, observer pendant une heure :
Si engagement, accepter la voie basse ;
Si pas d’engagement au bout d’une heure, faire une césarienne.
Attention !
Urgence obstétricale liée à une difficulté d’extraction fœtale après la sortie de la tête.
Il faut distinguer la vraie DDE (sévère) avec les deux épaules retenues au-dessus du détroit supérieur
de la fausse DDE (modérée) dont une épaule se trouve sous le détroit supérieur.
2. Etiologies ou FDR :
Les cliniciens doivent connaitre les facteurs de risque de la DDE, tout en sachant aussi qu’ils ont une
faible valeur prédictive positive tant individuellement qu’en combinaison. De plus, 48 % des DDE
surviennent chez des enfants de poids normal :
Macrosomie ;
Macrosomie dans grossesse diabétique : A poids égal des nouveau-nés, risque de
DDE multiplié par 2 à 4 chez mère diabétique ;
Antécédent(s) de DDE ;
Bassin maternel rétréci ;
Dyscinésie de fin de dilatation ;
Lenteur d’expulsion surtout si + instrumentation.
3. Diagnostic :
La gestion adéquate de la DDE nécessite une reconnaissance rapide des signes de DDE :
> Jamais de prise en charge en « solo » : absence d’explication claire à l’équipe de secours
(inefficace ; médico – légal) ;
> Maintien des efforts expulsifs maternel ;
> No pulling : Pas de traction continue sur la tête (ce qui entraîne une rupture du plexus
brachial) ;
> No pushing : Pas de pression fundique (inefficace - risque de rupture utérine) ;
> No pivoting : Pas pivoter la tête en tordant le cou (entraîne également un risque de lésion
neurologique).
> Absence de minutage des actes, et de documentation détaillée après (médicolégal).
Demander de l’Aide
Faire Lever : - Les fesses
Manœuvre de McRobert
- Les jambes
o Fracture de la clavicule fœtale par pression directe sur la partie médiane de la clavicule
(difficile à réaliser intentionnellement).
Décès.
Le procubitus du cordon : qui réalise une procidence du cordon sur membranes intactes avec
la perception au toucher vaginal d’une masse pulsatile dans la poche des eaux sur une
présentation haute. Cette situation est à haut risque de procidence vraie. Une échographie
confirme la présence du cordon devant la présentation ;
La latérocidence du cordon : qui correspond à la descente du cordon entre la paroi utérine et
la présentation sans qu’il ne dépasse celle-ci. Elle est responsable de souffrance fœtale aiguë
par compression.
3. Etiologies :
Selon Colette « Une présentation s’adaptant parfaitement au segment inférieur bien formé et au
détroit supérieur non rétréci ne peut engendrer de procidence ».
o D’ordre ovulaire :
Excès de liquide amniotique et hydramnios ;
Placenta prævia avec insertion basse du cordon (11 %) ;
Excès de longueur du cordon.
o D’ordre maternel :
La multiparité ;
Les bassins rétrécis.
> Procidences iatrogènes
o Rupture brutale de la poche des eaux (10 à 20 % des cas) ;
o Lors d’une tentative de version par manœuvre interne avec refoulement manuel ;
o Lors d’une version par manœuvre externe ;
o Refoulement involontaire d’une tête haute soit lors d’une tentative de rotation manuelle ou
soit lors d’une vérification d’une présentation défléchie.
4. Diagnostic et conduite à tenir
> Reconnaître la procidence
o Battements du cordon ;
o Auscultation des bruits du cœur du fœtus ;
o Echographie (confirmation enfant décédé) tout en préparant la césarienne.
> Choisir la voie d’accouchement
La conduite à tenir est fonction de l’état fœtal, du degré de dilatation et du type de présentation :
Si l’enfant est vivant et ne souffre pas, l’accouchement par les voies naturelles ne peut se
concevoir que si la dilatation est complète chez une multipare :
o Présentation céphalique s’engageant à la contraction en s’aidant de spatules ou de
forceps ;
o Grande extraction immédiate en cas de présentation podalique.
Si l’enfant est mort ou non viable, l’accouchement par voie basse est de rigueur
Dans toutes les autres situations avec enfant vivant, une césarienne s’impose en urgence.
5. Gestes à réaliser en vue d’une césarienne :
> Gestes à réaliser immédiatement :
o Mettre la patiente en position de Trendelenburg ;
o Maintenir la présentation haute en refoulant manuellement celle-ci et non pas le
cordon (pour éviter toute compression cordonale jusqu’à l’extraction) ;
o Compresse humide sur le cordon dans le type 3 ;
o Perfusion de Bêtamimétiques ;
o Remplissage vésical par du sérum permettant de refouler transitoirement la
présentation ;
o Assurer une bonne oxygénation de la maman.
> Tout en demandant :
o De faire appeler un anesthésiste en urgence ;
o De faire organiser le transfert vers le bloc opératoire ;
o De faire préparer une table pour la césarienne en urgence ;
o De disposer d’un appareil d’échographie au bloc opératoire
> Pendant le transfert au bloc :
o Maintenir le refoulement manuel
> Avant la césarienne :
o Contrôle échographique de la vitalité fœtale ;
o Maintenir le refoulement de la présentation le temps de l’extraction.
6. Prévention :
> Echographie avant rupture artificielle des membranes si présentation haute (absence de
cordon devant la présentation) ;
> Discuter amnioréduction si hydramnios ;
> Rupture des membranes à l’aiguille, idéalement dans une salle ou une césarienne peut
être pratiquée en urgence voire au bloc opératoire, table prête pour une césarienne.
On parle de la position transverse quant à la fin de la grossesse ou pendant le travail ; l’aire du détroit
supérieur n’est occupée ni par le pôle céphalique ni par le siège du fœtus. Ce dernier se trouve étalé
transversalement présentant une partie latérale.
2. Caractéristiques :
> Pendant la grossesse, on parle de présentation transversale ou oblique ;
> Cette position, prend le nom, en début de travail de présentation de l’épaule, car c’est l’épaule
fœtale qui est la première qui se met en rapport avec l’aire de détroit supérieur et va tenter à s’y
engager ;
> L’épaule négligée est une complication de la présentation de l’épaule : c’est l’aboutissement
inéluctable d’une présentation de l’épaule livrée à elle-même.
> C’est une présentation toujours dystocique, car même si le fœtus est eutrophique, à terme et
vivant, elle n’aboutit jamais à l’expulsion du fœtus par les voies naturelles.
3. Variétés :
4. Etiologies :
> La cause principale est la grande multiparité par relâchement des parois utérines et de la
paroi abdominale.
> Les autres causes sont :
o Obstacle prævia : placenta ou fibrome ;
o Grossesse gémellaire ;
o Malformations fœtales dont anencéphalie et hydrocéphalie ;
o Hydramnios ;
o Grande prématurité ;
o Disproportions foeto – pelviennes ;
o Utérus malformé ou déformé par un fibrome.
5. Diagnostic :
> Examen abdominal : Il permet de constater que :
o L’utérus est asymétrique ;
o Le grand axe fœtal traverse l’abdomen maternel ;
o Le fond utérin est plus bas que ne le voudrait l’âge théorique de la grossesse ;
o L’utérus est décrit comme un utérus carré. Sa limite supérieure est proche de
l’ombilic, il est plus large que normalement ;
o La palpation des pôles supérieur et inférieur de l’utérus ne retrouve ni la tête ni le
siège ;
o La tête est retrouvée dans le flanc maternel ;
o Le siège dans l’autre flanc.
> Auscultation :
Le foyer cardiaque fœtal est retrouvé sous l’ombilic du côté de la tête fœtale.
L’excavation pelvienne est vide, aucune présentation n’est accessible au x doigts vaginaux.
> Échographie :
Elle confirme le diagnostic et peut détecter certaines malformations fœtales comme l’hydrocéphalie ou
l’anencéphalie.
6. Déroulement du travail :
Une position transversale ne peut aboutir à un accouchement spontané, mais seulement à une
présentation de l’épaule enclavée.
La version spontanée d’une position transversale est exceptionnelle, elle peut s’observer dans les
positions obliques.
L’accouchement du foetus conduplicato corpore (plié en deux), se rencontre parfois lorsque le foetus
est de petite taille et macéré.
La présentation étant irrégulière les contractions utérines sont de mauvaises qualités et la dilatation
cervicale lente, la rupture de la poche des eaux est précoce. Quand les contractions utérines
deviennent plus intenses, l’épaule s’engage dans le bassin, la tête et le corps restent au-dessus du
détroit supérieur, le cou s’allonge et l’on observe un arrêt de progression. L’utérus se moule sur le
foetus, c’est l’enclavement de la présentation qui peut avoir deux conséquences soit la rupture utérine
La présentation n’étant pas adaptée à l’aire du détroit supérieur, les membranes étant rompues la
procidence du bras ou la procidence du cordon sont fréquentes.
-L’épaule négligée ne se voit que chez les femmes amenées en urgence dans cette situation. Il s’agit
plutôt d’épaule méconnue.
7. Conduite à tenir :
> Avant le travail :
Un diagnostic précis de la position fœtale doit être fait. Il faut éliminer le diagnostic d’anomalie fœtale.
o Version par manœuvre externe dans la majorité des cas avec mise en place de
ceinture abdominale de maintien.
o Césarienne d’emblée s’il existe un obstacle prævia ou un disproportion foeto-pelvienne.
> Au début du travail :
o Version par manœuvre externe dans la majorité des cas avec mise en place de ceinture
abdominale de maintien.
o Césarienne d’emblée s’il existe un obstacle prævia ou un disproportion foeto-pelvienne.
> Pendant le travail :
o Césarienne (césarienne difficile incision verticale du segment inférieur)
o Version par manœuvre interne :
Sur un fœtus non viable ;
Sur un deuxième jumeau ;
À dilatation complète, si la césarienne n’est pas possible immédiatement.
V. Présentation face :
1. Définition :
Présentation de la tête en DEFLEXION maximale, de sorte que la partie de la tête qui descend la
première est la face toute entière, menton compris.
3. Etiologies :
> Présentation de face primitive : découverte en fin de grossesse lors d’un examen
obstétrical.
> Face secondaire : découverte pendant le travail, la tête arrive en position indifférenciée et
se défléchit.
Si une extraction instrumentale est nécessaire, utiliser un forceps. L'utilisation de la ventouse est
contre-indiquée pour un foetus vivant.
Dans les situations où il est impossible de réaliser une césar ienne ou de référer, tenter les manœuvres
suivantes :
o Flexion de la tête pour aboutir à une présentation du sommet : une main vaginale saisit
la voûte crânienne et inflige une flexion sur le cou, aidée d'une main abdominale qui
effectue des pressions sur le thorax et les fesses du foetus. Cependant, il est évident
que la présentation ne doit pas être engagée, et souvent, le maintien de la tête en flexion
est difficile, voire impossible.
o Rotation de la tête menton en avant : repousser la face et le menton pour libérer les
épaules du détroit puis retourner la tête dans la cavité, en s'aidant de la main
abdominale qui aide la rotation par pression sur les épaules. Le menton est ainsi dirigé
vers l'avant.
o Version du foetus : version podalique puis grande extraction par manœuvre interne
Toutes ces manœuvres sont difficiles et comportent un risque important de rupture utérine. Elles
doivent être effectuées en dehors de toute contraction. Chaque fois que possible, préférer la
césarienne.
La présentation du front est la présentation de la tête fœtale intermédiaire entre flexion et déflexion.
On ne parle de présentation du front que durant le travail avec une présentation fixée au détroit
supérieur et une poche des eaux rompue.
Les étiologies sont rarement retrouvées, elles sont les mêmes que pour la présentation de la face.
o Hydrocéphalie, dolichocéphalie ;
o Prématurité ;
o Retard de croissance,
> Les causes annexielles :
o Hydramnios ;
o Obstacle prævia.
4. Diagnostic :
> Tête haute, « coup de hache » comme dans la face, mais moins marqué.
> Au toucher vaginal, on sent le front, les orbites, la grande fontanelle et parfois les yeux et
la racine du nez.
> Mais on ne sent :
o Ni le menton (ce n'est pas une présentation de la face) ;
o Ni la petite fontanelle (ce n'est une présentation du sommet).
Une présentation mobile peut ultérieurement se fléchir. Le diagnostic de présentation du front n'est
donc posé qu'après rupture des membranes et début d'engagement de la tête sur une présentation
fixée. Certaines présentations du front vont parfois se transformer en sommet ou plus rarement en
face.
5. Complication :
Dès que le diagnostic est posé, la césarienne doit être faite sans tarder afin d'éviter les complications
redoutables :
○ Rupture utérine
○ Mort maternelle.
6. Diagnostic différentiel :
> Le principal diagnostic différentiel est celui de la face : la perception du menton est la clé
du diagnostic ;
> La présentation de siège ne prête jamais à confusion, en cas de doute la radiologie
confirme la présentation.
7. Marche du travail :
> Phénomènes mécaniques :
L’accouchement par voie basse est impossible sauf si le foetus est de petit volume dans les
accouchements prématurés ou gémellaires.
Le diamètre antéro-postérieur de la tête fœtale est le diamètre occipito – nasal puis le syncipito –
mentonnier (13cm), ce diamètre est supérieur aux diamétres du bassin normal.
L’orientation place le diamètre occipito-nasal sur un diamètre oblique ou sur le transverse du bassin.
L’évolution se fait vers l’enclavement.
Le travail si on le laissait évoluer est caractérisé par : hypertonie isolée puis associée à une
hypercinésie, contracture, élongation du segment inférieur puis rupture utérine.
Chevauchement importants des os du crane ; bosse sero – sanguine intéressant le front, les arcades
sourcilières.
8. Conduite à tenir :
> Ce qu’il ne faut pas faire :
o Pas de manœuvre de transformation en sommet ou en face ;
o Pas de version par manœuvre interne.
> Ce qu’il faut faire :
o Césarienne
> Foetus vivant :
o Réaliser une césarienne. Lors de la césarienne, un assistant doit être prêt à
désenclaver la tête vers le haut par un toucher vaginal.
o En dernier recours, si la césarienne est impossible, tenter deux manoeuvres :
Transformer le front en face : en dehors d'une contraction, passer les doigts
au travers du col et tenter de défléchir la tête ;
Ces deux manœuvres présentent un risque important de rupture utérine. Ventouse, forceps et
symphysiotomie sont contre-indiqués.
o Réaliser une embryotomie si le col est suffisamment dilaté sinon, une césarienne.
9. Pronostic :
> Bon si césarienne d’emblée ;
> En l’absence d’intervention :
o Dystocie dynamique : hypertonie ;
o Syndrome de pré rupture ;
o Rupture utérine ;
o Mort in utéro.
Cliniquement :
Paraclinique :
La cicatrisation des grades I et II est de bonne qualité contrairement au grade III et IV qui est
défectueuse.
> Hystéroscopie : À partir de 6 mois après l’incision utérine. Donne des aspects précis du
versant utérin de la cicatrice :
o Type I : Altération de l’arc antérieur (rectitude, angulation, asymétrie).
o Type II : réactions hypertrophies (spicule, mamelon).
o Type III : Perte de substance
o Type IV : Anomalies de coloration (blanc) en rapport avec la fibrose.
7. Prise en charge :
> Proscrire l’utilisation des ocytociques et du misoprostol pour le déclenchement du travail à
cause du risque élevé de rupture utérine ;
> Utiliser les ocytociques avec prudence pendant le travail (direction) si pas de moyens de
surveillance électronique
> Si indication permanente de césarienne (BGR ou Bassin limite) faire césarienne
> En dehors d’une anomalie du bassin (BGR, bassin limite) et d’une macrosomie (HU ≥ 36
cm), présentation du siège et présentations dystociques, envisager une épreuve utérine.
Si anomalie du travail au cours de l’épreuve pratiquer la césarienne.
> Si PDE non rompue, la rompre et continuer la surveillance et si souffrance foetale,
dystocie dynamique ou saignement vaginal, césariser.
Affection parasitaire transmise par un moustique du genre anophèle dont les formes graves sont
surtout dues au Plasmodium falciparum.
2. Intérêt :
C’est une affection aux conséquences graves voire mortelles pour la mère et l’enfant. C’est la
première cause de morbidité de la femme enceinte dans notre zone. La résistance à la chloroquine a
entraîné la modification des différents protocoles nationaux et la recommandation de l’usage des
associations et combinaisons thérapeutiques (ACT).
3. Diagnostic clinique :
Tout épisode fébrile chez une femme enceinte doit être considéré comme un paludisme jusqu’à
preuve du contraire. Tout paludisme chez la femme enceinte doit être considéré comme grave.
Il est défini par la présence de forme sexuée de Plasmodium falciparum dans le sang et d’une ou
plusieurs des manifestations suivantes :
Autres manifestations contingentes ne suffisant pas à elles seules à définir l’accès grave :
L’absence de ces signes chez la femme enceinte ne présage pas de la gravité du paludisme.
4. Diagnostic Paraclinique :
o Goutte épaisse
o Frottis sanguin
o Tests rapides (HRP, QBC, ICT)
Explorant le terrain :
o Glycémie
o NFS
o Taux d’hémoglobine
o Urée et créatinine
5. Diagnostic différentiel :
o Pyélonéphrite aiguë ;
o Fièvre typhoïde ;
o Méningite, encéphalites ;
o Hépatite aiguë ;
o Septicémie ;
o Appendicite aiguë ;
o Éclampsie, etc.
6. Traitement :
> Paludisme simple :
o Au premier trimestre (<16 SA) :
Quinine : 25 mg/kg/j à répartir en 3 perfusions de 500 ml de sérum glucosé
5% à passer en 4h chacune. (42 gouttes/mn).
(NB : Relais par quinine par voie orale dès que possible).
Durée totale du traitement : 7 jours
o Traitement symptomatique :
Toute fièvre ≥ 38°C doit être rapidement traitée par un antipyrétique :
paracétamol : 60mg/kg/j ;
Traitement antiémétique si vomissements (métoclopramide 10 mg*3/j ou
métopimazine 10 mg*3/j) ;
Glucosé 10% en bolus en cas d’hypoglycémie.
o A partir du 2ème trimestre (≥ 16 SA)
Quinine (25 mg/kg/j à répartir en 3 perfusions).
Ou
Ou
Ou
Le traitement préventif intermittent doit être continué après la cure de l’épisode : 3cp de
Sulfadoxine – Pyriméthamine en une prise ; Première prise à partir de la 16 ème SA ou dès
perception des premiers mouvements actifs du foetus puis deuxième prise à partir de la 28 ème
SA).
Le traitement préventif intermittent doit être continué après la cure de l’épisode : 3cp de
Sulfadoxine-Pyriméthamine en une prise ; Première prise à partir de la 16 ème SA ou dès
perception des premiers mouvements actifs du foetus puis deuxième prise à partir de la 28 ème
SA).
Il s’agit d’une atteinte infectieuse de l’appareil urinaire qui peut se traduire soit par une cystite (infection
basse), soit par une pyélonéphrite (infection haute).
2. Intérêt :
La forme la plus grave est la pyélonéphrite qui peut compromettre le pronostic vital maternel.
3. Diagnostic :
> Clinique :
o Dysurie, pollakiurie, mictions impérieuses, douleurs lombaires à prédilection droite,
vomissements, nausées ;
o Fièvre.
> Paraclinique :
C’est une colonisation bactérienne de l’œuf survenant le plus souvent après une rupture prolongée
des membranes (au-delà de 6 heures).
2. Intérêt :
o Il s’agit d’une urgence obstétricale avec indication impérative d’évacuation utérine.
o Elle est à l’origine de complications maternelles et foetales graves :
Chez l’enfant : mort foetale, pneumopathies, septicémies, méningites, etc.
Chez la mère : septicémie, choc septique, endométrite, péritonite.
3. Diagnostic :
> Clinique :
o Ecoulement vaginal fétide, léger saignement vaginal ;
o Fièvre, frissons ;
o Douleurs abdominales ;
o Tachycardie fœtale.
> Paraclinique :
o Examen bactériologique du liquide amniotique (EBLA) et antibiogramme ;
o NFS, CRP.
4. PEC thérapeutique :
> Médical :
o Ampicilline 1g : 2g toutes les 6 heures en IV associé à 160 mg/j de gentamycine IM en
attendant les résultats.
o Adapter en fonction de EBLA et de l’antibiogramme.
o Métronidazole 500 mg toutes les 12 heures en perfusion.
o Durée du traitement : ≥15 jours.
> Obstétrical : Préférer l’accouchement par voie basse.
> Transfert obligatoire du nouveau-né en néonatalogie.
Fièvre élevée ;
Douleurs vives +/- défense sus-pubienne ;
Syndrome sub-occlusif/occlusif ;
Empâtement et douleurs des culs de sac vaginal
Complications: abcès du douglas, phlegmon du ligament large.
> BACTERIEMIE
> INFECTIONS ANNEXIELLES
> THROMBOSES VEINEUSES PELVIENNES.
6. Diagnostic différentiel :
> APPAREIL GÉNITAL - SEIN
o Infection de site opératoire (cicatrice césarienne, épisiotomie) ;
o Mammite, abcès mammaire, engorgement des seins
> AUTRES
o Pyélonéphrite ;
o Pneumonie post-opératoire (surtout si anesthésie générale) ;
o Abcès épidural (post-péridurale) ;
o Veinite
7. PEC thérapeutique :
o Ampicilline 1g : 2g toutes les 6 heures en IV associé à 160 mg/j de gentamycine IM
en attendant les résultats.
o Métronidazole 500 mg toutes les 12 heures.
o Adapter en fonction de l’EBL et de l’antibiogramme.
o Ergométrine : 0,2 mg IM 2 fois par jour ou 20 gouttes*3/j per os pendant 6j
o Durée du traitement : ≥15 jours.
Pour minimiser les risques d’endométrite, utiliser systématiquement des gants stériles dès que
la rupture prématurée des membranes est suspectée et appliquer toutes les mesures de
prévention des infections.
V. La mastite :
1. Définition : C’est une atteinte inflammatoire de la glande mammaire.
2. Intérêt :
C’est une pathologie fréquente, dont l’impact sur l’allaitement du nouveau-né n’est pas négligeable (la
douleur peut gêner la mère et lui faire arrêter l’allaitement).
2. Diagnostic :
> Clinique : signes d’inflammation (douleur, rougeur, chaleur, tuméfaction) ;
> Paraclinique : peu spécifique.
3. PEC thérapeutique :
> Cloxacilline 500 mg : 1cp en quatre prises journalières per os pendant 7 à 10 jours
Ou
> Erythromycine 500 mg : 1Cp per os 3 fois par jour pendant 10 jours.
> Acide acétylsalycilique 300 mg : 1 g 3 fois par jour
> Compresses humides entre les tétées.
Il est clinique :
o Signe de Budin (expression du lait sur la compresse : le pus reste sur la compresse en
laissant une tache jaunâtre) ;
o Parfois fistulisation spontanée avec écoulement de pus par un orifice externe.
4. PEC thérapeutique :
> Traitement médical :
o Cloxacilline 500mg : 500 mg en quatre prises journalières per os pendant 7 à 10 j
Ou