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GUIDE HANNETONS AGSS

REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON


PAIX – TRAVAIL – PATRIE PEACE – WORK – FATHERLAND
************* *************

MINISTERE DE LA MINISTRY OF
FORMATION EMPLOYEMENT AND
PROFESSIONNELLE VOCATIONAL TRAINING
************* **********

AFRICAN GIANT SNAIL SERVICES

SUPPORT DE FORMATION EN
PRODUCTION HANNETONS

Par
Dr Frank Mael TCHAKOUNTE (Dr Snail)
Zootechnicien, spécialiste en Production et Transformation des espèces Non Conventionnelles
Tel : 676034685/690917044
Dr MEFFOWOET CHEKAM Prisca
Zootechnicienne, spécialiste en santé animale
Tel : 676879291/699366311

DR SNAIL Page 1
GUIDE HANNETONS AGSS
1. Biologie des charançons
1.1. Taxonomie
Le charançon est un insecte coléoptère de la famille des Dryophthoridae et de
l’embranchement des arthropodes. Les charançons sont caractérisés par un rostre prolongeant la tête
souvent très développé, ils sont rencontrés partout dans le monde. Ceux du genre Rhynchophorus
comprennent dix espèces dont sept sont des ravageurs des palmiers : R. ferrugineus, R. vulnérants et
R. billineatus sont rencontrés en Asie ; R. palmarum en Amérique latine ; R. cruentatus dans le sud
des Etats Unis; R. quadrangulus et R. phoenicis en Afrique (Dounias, 2003).

Selon Herbst, (1795) la taxonomie des charançons de palmier est la suivante :

Règne : Animalia
Embranchement : Arthropoda
Sous-embranchement : Arthropoda
Classe : Insecta
Sous-classe :Pterygota
Infra-classe : Neoptera
Ordre : Coleoptera
Sous-ordre : Polyphaga
Infra-ordre : Cucujiformia
Super-famille : Curculionoidea
Famille : Dryophthoridae
Sous-famille : Rhynchophorinae
Tribu : Rhynchophorini
Genre : Rhynchophorus

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✓ Rhynchophorus phoenicis
Le charançon africain du palmier (Rhynchophorus phoenicis) est une espèce très répandue
dans toute l'Afrique tropicale et équatoriale, du Sénégal à l’Ethiopie, du Nigeria à l'Afrique du Sud.
On la retrouve également en Afrique centrale plus précisément au Cameroun, Congo. Ce charançon
peut atteindre une longueur de corps d'environ 2,5 cm. Ce grand coléoptère est considéré comme un
ravageur sérieux dans les plantations de palmiers, endommageant particulièrement les jeunes
palmiers à huile (Elæaeis guineensis), palmier dattier ( Phoenix dactylifera), palmier raphia ( Raphia
spp.) et le cocotier ( Cocos nucifera). Le cycle de vie du charançon du palmier africain est similaire
à celui des autres espèces de Rhynchophorus. Les adultes pondent des œufs dans les plaies des tiges
des parties mourantes ou endommagées des palmiers. Après l'éclosion, les larves du charançon
creusent des tunnels dans le tronc et se nourrissent de la pousse et des jeunes feuilles, entraînant
fréquemment la mort des plantes hôtes (Fabricius, 1801).

Figure : Rhynchophorus phoenicis

1.1.2. Morphologie
Les larves sont typiquement curculioniformes, c'est-à-dire apodes avec une capsule
céphalique bien développée et dotées de fortes mandibules. Le corps est blanc-jaunâtre plus ou
moins brun. Aux derniers stades, la coloration devient plus brune. La capsule céphalique est brune,
arrondie, pourvue de longues soies et dotée de très fortes mandibules. Il faut être prudent lors de la
manipulation des grosses larves car les morsures sont douloureuses. Elles peuvent aussi venir à bout
de bambous d’un demi-centimètre d’épaisseur. La larve de dernier stade possède 12 lignes
ondulatoires. Sa tête est sclérifée et brun-noirâtre, plus foncée vers les pièces buccales (type broyeur
avec deux mandibules pointues, robustes et droites). La partie supérieure du thorax chez le
charançon porte deux lignes rouges pour certains et rien pour d’autres. Le caractère remarquable est
la présence d’un rostre de longueur variable (environ 1cm). Les antennes possèdent 4-6 articles et le
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dernier article est plus large en forme de massue. Le rostre (Figure. 7) est trois fois plus long que la
tête, porte à sa base les yeux, à sa partie terminale des pièces buccales, c’est l’organe (rostre) qui
détermine le dimorphisme sexuel. Le rostre de la femelle est long, incurvé et glabre, celui du mâle
est moins long, un peu cylindrique, droit et porte à son extrémité dorsale une touffe de soies. Tous
les mâles cependant n’ont pas de soies, la perte de ces dernières a lieu quand le mâle vieilli et c’est à
ce moment aussi que sa fertilité diminue. Les pattes sont également pourvues des soies au niveau de
fémur et du tibia (nombreuses chez les mâles). Pour les individus de petite taille (30-40 cm), seule la
forme du rostre permet de trancher car les mâles sont fréquemment dépourvus de brosse. Ces mâles
présentent généralement une dépression elliptique plus ou moins lisse à l’emplacement où se situe la
brosse chez les « grands » mâles. Dans de très rares cas, un examen minutieux du rostre ne permet
pas de déterminer le sexe de l’insecte. Il faut alors examiner ses pièces génitales. La méthode
consiste à placer l’insecte adulte dans une boîte hermétique à atmosphère saturée en gaz
carbonique. L’insecte, privé d’oxygène, finit par entrouvrir son extrémité abdominale, ce qui permet
d’observer soit l’ovipositeur pour la femelle, soit un tergite modifié de forme caractéristique pour le
mâle. La détermination du sexe est alors très facile.

a b
Figure: Dimorphisme sexuel de R phoenicis (mâle (a) et femelle (b) (Rochat, 1991)
1.3.1. Cycle de vie des charançons
Le cycle de vie chez les insectes est très diffèrent de celui des mammifères. Les étapes sont
très complexes contrairement aux mammifères qui grandissent sans métamorphose. Les insectes
subissent des transformations internes et externes très impressionnantes. Leur cycle comprend
quatre stades (l’œuf, la larve, la nymphe et l’imago ou charançon adulte) et tous ces stades de
développement se rencontrent simultanément à tout moment de l’année, ce qui signifie que les
larves de R. phoenicis peuvent être récoltées toute l’année. Le passage de l’état larvaire à l’état
adulte s’effectue de manière brusque grâce à une phase appelée "stade nymphal".

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• Stade œuf
Les œufs sont pondus dans la plante hôte grâce à un orifice que la femelle ouvre à l’aide de
son rostre et qu’elle rebouche après la ponte par un bouchon fécal. La femelle pond ses œufs (300
œufs) dans une blessure fraîche du stipe, qui peut être issue de l’action d’un autre insecte ou générée
par l’homme. R. phoenicis parasite donc toujours les palmiers malades ou morts. Cette ponte débute
deux à cinq jours après l’envol des imagos et s’échelonne sur un à deux mois. Les œufs éclosent
après trois jours, suivis d’un développement larvaire qui s’étale sur plus de deux mois (Dounias,
2003). Ces œufs ressemblent à des grains de riz et mesurent 3mm de long et 1mm de large. Ils sont
allongés de couleur blanc crème légèrement translucide.

• Stade larvaire
Le nombre de stades larvaires est variable pour de nombreux coléoptères. Cette phase dure
environ 1 à 4 mois. Le nombre de stades est plus important quand les larves se développent dans un
milieu dur ou très fibreux (Rochat, 1991). Les mues sont très rapprochées dans les premiers jours de
la vie de la larve ; 4 à 5 mues les 10 à 12 premiers jours. Les stades larvaires sont les plus voraces
parce que les larves sont broyeuses et ont besoin de beaucoup d’énergie pour croître. 10 à 20 larves
peuvent entrainer la mort d’un palmier à plus ou moins brève échéance (Hardouin, 2003). On peut
entendre clairement l’activité de nutrition de la larve au travers du stipe dont elle se nourrit. La larve
est blanche, jaunâtre ou crème. Elle n’a pas de pattes (elle est apode) et se déplace par vagues de
contraction et de relâchement du corps segmenté. La larve fait autour de 7 à 10 cm de long et sa
forme est ovale. Les coléoptères subissent une métamorphose complète. Leur stade larvaire ne
ressemble en rien à leur stade adulte. Les tissus végétaux dont les larves se nourrissent, leurs servent
de fibres pour produire le cocon, à l’intérieur duquel elles effectuent leur nymphose (Agromisa,
2015; Dounias, 2003).

• Stade nymphal
Il se déroule également dans la plante hôte, mais contrairement aux deux premiers stades, il
se passe à la périphérie; c’est-à-dire, la larve fait une galerie jusqu’à l’extérieur et se retire à 0,5-1
cm de profondeur pour y construire son cocon à partir de fibre de la plante hôte. Une fois le cocon
formé, la larve entre dans le stade pré-nymphe. Son corps se contracte et ne se déplace plus. Les
organes de l’adulte en formation sont clairement visibles sur la nymphe. La mue imaginale
intervient environ une semaine après l’achèvement du cocon. La prénymphose est le stade critique

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de l’élevage car plusieurs mois d’efforts peuvent être anéantis (Rochat, 1991). La métamorphose se
passe à l’intérieur du cocon. La nymphose dure deux semaines environs, mais la maturation de
l’imago peut considérablement se prolonger (Dounias, 2003).

• Le stade adulte (émergence)


Cette phase à une durée de vie relativement longue 2 à 4 semaines. Le charançon vit à
l’extérieur du stipe, dans les anfractuosités de la plante hôte (Faleiro, 2006). Il se déplace le plus
souvent dans les heures les plus fraiches de la journée, surtout au crépuscule cherchant activement
des sites pour s’alimenter et pondre. Le vol est rapide et puissant jusqu’à proximité des sites
d’atterrissage au niveau desquels l’insecte décrit des cercles ou des « huit » à faible vitesse, faisant
quelquefois du vol stationnaire avant de se poser et se cacher très rapidement à l’aisselle des feuilles
ou sous des morceaux provenant de l’écorçage d’un palmier abattu ( Dounias,2003).

Figure: Cycle de vie du charançon (Dounias, 2003)


Plantes hôtes des charançons

• Le palmier (Elaeis guineensis)


• Le Cocotier (Cocos nucifera)
• Le Raphia (Raphia gilletii)

1.1.5. Techniques de production des charançons


Dans l’optique de réduire les dégâts que cause la production des hannetons sur
l’environnement par l’abattage des palmiers à huile et de raphia, plusieurs techniques d’élevage ont
été misent sur pied par les chercheurs.

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[Link]. Logement et équipements
L’élevage des larves de charançon de palmier se fait dans plusieurs types de dispositifs : les
bacs en plastique, des caisses en bois de 0,6 m de long, 0,4 m de large et 0,4 m de haut. Il peut
également se faire dans les bassines. L’inconvénient des caisses en bois est la difficulté de maintenir
la température constante ce qui donne des mauvais rendements.

[Link]. Substrats d’élevage


• Substrats composés

Un substrat constitué d’un mélange de manioc, aliment composé, de la banane et des peaux
(mésocarpe+exocarpe) de noix de coco donne de bons resultats. Le tableau suivant résume les
ingrédients de l’aliment composé utilisé.

Tableau : Formulation de l'aliment composé

Ingrédients Quantité (kg)


Maïs 30
Tourteau de soja 10
Son de blé 15
Concentré 3
Coquille 2

• Substrats simples
- Cœur de palmier
- Canne à sucre
- Cœur de raphia

Figure : Logement des animaux (a) bac en plastique et (b) bassines

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2.6. Conduite de l’élevage
➢ Fabrication du substrat composé pour la production des larves

• Eplucher le manioc, découper en petits carreaux, lavé avec de l’eau puis écrasé au moulin.
• Dépulpées les peaux de noix de coco et découper de deux façons : une partie découpée en
carreaux pour faire la formulation et une partie en lamelle pour poser au dessus de substrat
une fois le mélange fait.
• La banane mure est coupée en deux avec la peau.
• L’aliment composé ne subit aucun traitement
• Après la préparation des ingrédients, l’ensemble sauf la banane est mis dans les bacs avec les
proportions consignées dans le Tableau ci-dessous puis homogénéiser.
• Une fois le mélange terminé, trois peaux de noix préalablement découpées en lamelle sont
posés au dessus du substrat.
• Les deux demi-doigts de banane sont disposés de part et d’autres du bac.
• Introduire 3 à 4 couples par bac

Tableau: Composition du substrat composé pour un bac

Ingrédients Quantité
Manioc 1,5kg
Bagasses de noix de coco en carreaux 1,5kg
Aliment composé 1kg
Banane 1 doigt
Eau 3L

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➢ Préparation du substrat simple


Le cœur de palmier/la canne à sucre ou le raphia frais est découpé à l’aide d’une machette en
morceau et chaque bac reçoit 6kg de substrat.

NB : La récolte peut se faire entre 25-40 jours pour les larves mais pour la production
des charançons adultes, la durée est 40-60 jours.
Les substrats composés donnent les meilleurs résultats que les substrats simples.

➢ Production des charançons adultes


Le substrat pour la croissance des larves est constitué des restes de substrat provenant du bac
d’élevage et des peaux de noix de coco. Ceux-ci sont découpés en lamelle à l’aide d’une machette.
Une fois la préparation déterminé, les larves transférer dans le bac puis recouvert avec les peaux de
noix de coco de façon à former un dôme au dessus des larves et enfin étaler le reste de substrat ayant
servi pour élevage des larves au dessus. La durée de production varie entre 40 et 60 jours.

Remarque : vous trouverez dans la vidéo qui


accompagne ce guide d’autres méthodes que vous
pouvez expérimenter et avoir de bons rendements.

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