B- …mais ne parvient pas à empêcher la volonté des peuples d’aspirer à la liberté
1- Certains mouvements connaissent des succès
PPO : 1822, LE MASSACRE DE CHIOS P.54-55
CONTEXTE : soulèvement grec en 1821 contre l’occupant ottoman présent depuis 4 siècles. Chios est une île riche qui n’a
pas directement participé au soulèvement, mais des insurgés venus de l’île de Samos (1821) débarquent et attaquent la
garnison turque.
1822, intervention des troupes turques : terrible répression : 25 000 morts et 47 000 personnes vendues comme esclaves.
➔ Question 1 : Présentez et décrivez le document (Doc. 1).
❖ Ce texte est un extrait d’un poème de Victor Hugo intitulé L’Enfant. Il est tiré du recueil
Orientales. Dans ce poème, Victor Hugo joue du contraste entre la beauté édénique de l’île,
la félicité qui y régnait, et l’enfer stérile qu’elle est devenue. On peut insister sur les champs
lexicaux de la guerre et de la paix, de la désolation d’aujourd’hui et de la richesse d’autrefois.
Le rythme, contrasté, exacerbe cette opposition : Victor Hugo utilise des alexandrins et des
octosyllabes pour ménager une rupture entre le bonheur passé et le malheur présent. Les
rejets et les enjambements concourent également à cette rupture de rythme. Dans sa forme,
le poème évoque le chaos qui règne désormais sur l’île. Il débute comme une élégie et
s’achève dans la tragédie.
➔ Question 2 : Montrez comment se manifeste l’engagement des intellectuels et des artistes
européens pour la cause grecque. (Doc. 1, 2, 3 et 4)
❖ La cause grecque déchaîne les passions en Europe. Les intellectuels et les artistes prennent
position, à l’instar d’Eugène Delacroix ou de Victor Hugo. On soutient les héritiers de la Grèce
antique contre les barbares, les chrétiens contre les musulmans. Des comités philhelléniques
se constituent dans toute l’Europe pour aider les insurgés grecs et faire pression sur les
gouvernements européens. Le projet d’un État-nation grec, libéré du joug ottoman, devient
le rêve de tous.
➔ Question 3 : Analysez le rapport de Kolokotronis aux États européens. (Doc. 5)
❖ Kolokotronis rappelle en quoi les Grecs sont redevables de l’idée de souveraineté nationale
défendue par la Révolution française : les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes.
Cependant, il estime que la lutte pour l’indépendance de la Grèce doit être le seul fait des
Grecs.
➔ Question 4 : Comparez les deux documents en insistant sur leurs différences. (Doc. 4 et 5)
❖ Si Kolokotronis suggère ici que les Grecs sont seuls dans leur lutte, il élude en réalité le
formidable mouvement d’empathie pour la cause grecque. Benjamin Constant, dans son
Appel aux nations chrétiennes, contrecarre cette idée : les Européens prennent fait et cause
pour le peuple grec.
Synthèse
La lutte menée par les Grecs est une des premières manifestations de la volonté des peuples européens à
disposer d’eux-mêmes. Ainsi, ils s’opposent aux autorités ottomanes qui les oppriment dans le domaine
religieux et leur refusent les droits politiques.
Les deux peuples engagent donc à partir de 1822 une lutte d’une grande violence.
Le martyre des Grecs exalte la jeunesse romantique. Le courant philhellène prend une telle ampleur que les
États n’ont guère d’autre choix que celui de l’intervention.
La Russie, le Royaume-Uni et la France entrent en lice (première brèche dans la Sainte-Alliance) et jouent un
rôle décisif dans la victoire (bataille de Navarin, 1827, notamment) permettant à l’indépendance grecque,
proclamée dès 1822, de devenir réalité en 1830, suite au traité d’Andrinople (1829).
La Grèce obtient son indépendance en 1827 (1830 officiellement), la Belgique en 1830.
2- Tandis que d’autres sont sévèrement réprimés
C’est le cas des mouvements italiens (carbonari) en 1821, et polonais (1831) doc.3 p.61