LES MODULATIONS NUMERIQUES
Objet du cours : définir les caractéristiques des différentes modulations numériques
mises en œuvre dans les systèmes de communications sans fil.
1. Les modulations numériques de base
1.1. Les trois types de modulations analogiques : rappels.
Les techniques traditionnelles permettant de transmettre par voie hertzienne, une grandeur
analogique d’un point A vers un point B distant, sont connues. Il s’agit des trois modulations
analogiques classiques :
• AM (Amplitude Modulation) ou Modulation d’Amplitude MA ;
• FM (Frequency Modulation) ou Modulation de Fréquence MF ;
• PM (Phase Modulation) ou Modulation de Phase MP.
Pour ce type de modulation, la grandeur analogique à transmettre (appelée signal modulant)
module une onde porteuse de fréquence fC, en modifiant l’un de ses trois paramètres
caractéristiques Amplitude (modulation AM), Fréquence (modulation FM) ou Phase (modulation
PM).
Actuellement, ces techniques de modulations sont principalement utilisées dans le domaine de la
radiodiffusion.
1.2. Les trois types de modulations numériques de base
La numérisation de grandeurs initialement analogiques, telles que la voix, par exemple, a conduit à
la mise au point de nouvelles techniques visant à transmettre des grandeurs numériques par voie
hertzienne. Ces techniques reposent sur le principe des modulations numériques.
Dans ce cas, tout comme pour les modulations analogiques, le dispositif d’émission associé au
système de communications, requiert une onde porteuse sinusoïdale de fréquence fc, destinée au
transport (d’où la terminologie « porteuse » choisie) du message binaire à transmettre :
Message binaire m(t)
MODULATION Signal modulé s(t)
NUMERIQUE
Onde porteuse Acos(ct)
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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La figure présentée ci-dessous définit l’allure du signal modulé s(t) correspondant à la transmission
du message binaire m(t) constitué des 5 bits 10010, et ce, pour les trois types de modulations
numériques de base :
• modulation ASK (Amplitude Shift Keying), ou Modulation par Déplacement d’Amplitude MDA ;
• modulation FSK (Frequency Shift Keying), ou Modulation par Déplacement de Fréquence MDF ;
• modulation PSK (Phase Shift Keying), ou Modulation par Déplacement de Phase MDP.
Message binaire à transmettre : 10010
1 0 0 1 0
s(t) Tr
E1
E0
Tc
Modulation ASK
s(t)
T1 T0 Modulation FSK
s(t)
Tc
Modulation PSK
Le signal modulant m(t).
Le message m(t) à transmettre n’est pas un signal électrique, mais une grandeur discrète (dans cet
exemple, on transmet le nombre 18).
Ce message, exprimé en binaire [18(10) = 10010(2)], est transmis sous forme sérielle (ici, bit de poids
fort en première position), au rythme d’un signal d’horloge de période Tr (période rythme).
1
On peut définir la grandeur fr = (en Hz), appelée fréquence rythme.
Tr
La valeur affectée à la fréquence rythme correspond également à la vitesse de transmission,
correspondant au débit binaire exprimé en bits/s.
L’onde porteuse.
Il s’agit d’une tension sinusoïdale (non représentée ici) d’expression Acos (C t ) , de fréquence fC (c
comme Carrier, qui signifie porteuse en anglais).
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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Le signal modulé s(t).
On constate, sur la figure de la page précédente, que pour chacun des trois types de modulations,
le signal modulé s(t), pendant la durée élémentaire de transmission d’un bit Tr, a pour expression :
s(t ) = Ecos (2ft + )
Cette tension sinusoïdale est entièrement caractérisée par les trois paramètres :
• amplitude E, en volts (V) ;
• fréquence f, en Hertz (Hz) ;
• phase φ, en radians (rad).
Pour chaque modulation, le changement de niveau logique du bit transmis se caractérise par la
modification de l’un des trois paramètres E, f ou φ du signal modulé s(t), et plus précisément, par :
• un saut d’amplitude pour une modulation ASK ;
• un saut de fréquence pour une modulation FSK ;
• un saut de phase pour une modulation PSK.
On peut donc en déduire l’expression du signal modulé s(t) en fonction du niveau logique du bit
transmis, et selon le type de modulation considéré :
Type Expression analytique de s(t)
de modulation Pendant la transmission d'un 0 Pendant la transmission d'un 1
ASK E 0cos(2fC t + 0 ) E1cos(2fC t + 0 )
FSK Ecos(2f0 t + 0 ) Ecos (2f1t + 0 )
PSK Ecos(2fC t + 0 ) Ecos (2fC t + )
Remarques :
• On note sur la représentation graphique de la page précédente, pour les modulations ASK
et PSK, un rapport fC/fr=4. En réalité, ce rapport est beaucoup plus élevé. Ce faible rapport
n’a été choisi que pour des raisons de lisibilité des représentations graphiques.
• Les fréquences f0 et f1 associées à toute modulation FSK sont liées à la fréquence fC de
l’onde porteuse par la relation fC = (f0 + f1)/2. Or, dans notre exemple, si l’on considère que
les axes des temps des 3 oscillogrammes ont même échelle, les fréquences f0 et f1 sont
telles que f0 = fC/2 et f1 = 2fC, ce qui conduit à (f0 + f1)/2 = 5 fC/2. Le signal s(t) représenté ne
correspond donc pas à une modulation FSK d’onde porteuse égale à fC, mais FC = 5 fC/2 :
peu importe, là encore, f0 et f1 ont été choisies pour faciliter la représentation graphique.
2. Principe de la modulation vectorielle
Comme on vient de le voir, la fonction d’un modulateur numérique consiste, quel que soit le type de
modulation considéré, à élaborer un signal sinusoïdal de la forme s(t ) = Ecos (2fC t + ) .
Or, s(t ) = Ecos (2fC t + ) , soit s(t ) = Ecos ( )cos(2fC t ) - Esin( )sin(2fC t )
Soit s(t ) = I cos(2fC t ) + Q cos 2fC t + avec I = Ecos ( ) en Volts et Q = Esin( ) en Volts
2
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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Expression de Q = f(I)
2 2
On constate que I + Q = E 2cos 2 ( ) + E 2 sin2 ( ) = E 2 cos 2 ( ) + sin 2 ( ) = E
2
La représentation graphique Q = f(I) est donc le cercle de rayon E suivant :
Q (composante Quadrature) Ainsi, à tout couple de valeurs de paramètres
(Amplitude E, Phase φ) associés à la tension
P modulée s(t), correspond un seul et unique
Esin()
couple de valeurs (I, Q), de coordonnées
(Ecosφ, Esinφ).
E I (composante
0 Ecos () In phase)
Les paramètres amplitude et phase de la
tension modulée s(t) sont matérialisés, dans
le plan IQ, par le point de constellation P.
Nous obtenons alors, pour la modulation ASK, deux points de constellations distincts, de
coordonnées, dans la plan IQ :
• (E0,0) pendant la transmission d’un « 0 » ;
• (E1,0) pendant la transmission d’un « 1 ».
Paramètres s(t) Paramètres IQ Paramètres s(t) Paramètres IQ
Q Q
Amplitude E0 I0 = E0cos0 = E0 Amplitude E1 I1 = E1cos0 = E1
Phase = 0 Q0 = E0sin0 = 0 Phase = 0 Q1 = E1sin0 = 0
I I
E0 E1
Modulation ASK
Transmission d'un 0 Transmission d'un 1
Pour ce qui concerne la modulation PSK, nous obtenons également deux points de constellations
distincts, de coordonnées dans la plan IQ :
• (E,0) pendant la transmission d’un « 0 » ;
• (-E,0) pendant la transmission d’un « 1 ».
Paramètres s(t) Paramètres IQ Paramètres s(t) Paramètres IQ
Q Q
Amplitude E I0 = Ecos0 = E Amplitude E I1 = Ecos = -E
Phase = Q0 = Esin0 = 0 Phase = Q1 = Esin = 0
I I
E -E
Modulation PSK
Transmission d'un 0 Transmission d'un 1
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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La représentation de l’ensemble des points de constellation dans le plan IQ s’appelle le diagramme
de constellation.
Ainsi, le diagramme de constellation de chacune des deux modulations ASK et PSK précédentes est
le suivant :
Diagrammes de constellation
Q Q
0 1 1 0
I I
E0 E1 -E E
Modulation ASK Modulation PSK
Remarque concernant la modulation FSK.
La détermination du diagramme de constellation d’une modulation FSK n’est possible que dans un
cas bien précis, que nous traiterons plus en avant.
A ce stade, on peut proposer le synoptique d’un modulateur numérique :
i(t)
CNA
X
message Calculateur
message
m(t) numérique s(t)
q(t) modulé
CNA
porteuse X
cos(c t )
Déphaseur
+
Modulateur IQ
Le modulateur intègre un calculateur numérique ainsi que deux convertisseurs numérique-
analogique permettant d’élaborer, à partir du message numérique m(t) à transmettre, 2 tensions
analogiques internes i(t) et q(t), pour lesquelles l’évolution q(t) = f[i(t)] peut se représenter sous
forme vectorielle (vecteur de Fresnel). C’est la raison pour laquelle on utilise souvent le terme
générique de modulation vectorielle pour désigner toute modulation numérique.
Par ailleurs, le dispositif permettant, à partir des informations i(t) et q(t), d’élaborer le signal modulé
s(t), s’appelle modulateur IQ, et constitue le cœur de tout modulateur numérique.
Enfin, il convient de distinguer en couleur et en traits fins, les informations analogiques i(t) et q(t)
liées au message m(t) à transmettre (donc de composantes fréquentielles basses), des informations
analogiques associées à l’onde porteuse (en traits forts et en noir), de composantes fréquentielles
beaucoup plus élevées (voir principe de la transmission en bande transposée abordée au chapitre1).
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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3. Les modulations numériques usuelles
Les 3 modulations de base ASK, FSK et PSK que nous venons de traiter sont fondamentales dans
la mesure où elles sont à la base des modulations numériques mises en œuvre dans les très
nombreux systèmes de communications sans fil qui nous entourent.
Nous allons désormais nous attacher à décrire les caractéristiques de ces modulations numériques.
3.1. Les modulations numériques à déplacement d’amplitude ASK
Ces modulations sont assez peu utilisées, à l’exception d’une forme particulière appelée OOK (On-
Off Keying), pour laquelle s(t) = 0V pendant la transmission d’un 0.
On donne ci-dessous le diagramme de constellation d’une modulation OOK, comprenant 2 points
de constellation :
• (0,0) pendant la transmission d’un « 0 » ;
• (E,0) pendant la transmission d’un « 1 ».
0 1
I
E
Modulation OOK : diagramme de constellation
D’où l’allure du signal modulé s(t) :
Message binaire à transmettre : 10010
0 0 1 0
s(t) Tr
E
Tc
Modulation OOK : signal modulé s(t)
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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3.2. Les modulations numériques à déplacement de phase PSK
3.2.1. La modulation BPSK ou modulation PSK à 2 états
La modulation PSK de base que nous avons évoquée précédemment présente deux états de
modulation distincts, matérialisés, au niveau du diagramme de constellation, par la présence de
deux points de constellation distincts. A chacun de ces 2 points de constellation, correspond la
transmission d’un seul bit (qui peut valoir 0 ou 1).
Pour cette raison, cette modulation PSK de base à 2 états, est souvent dénommée BPSK (Binary
Phase Shift Keying).
Nous rappelons ici brièvement ses caractéristiques :
1 0
I
-E E
Modulation BPSK : diagramme de constellation
Message binaire à transmettre : 10010
1 0 0 1 0
s(t)
Tc
Modulation BPSK : signal modulé s(t)
Les deux modulations à 2 états OOK et BPSK présentent une vitesse de transmission égale à 1/Tr
bits/s.
Si l’on souhaite augmenter cette vitesse de transmission tout en conservant la même valeur de
fréquence rythme fr, il faut transmettre non pas un, mais plusieurs bits du message par état de
modulation élémentaire, c'est-à-dire par durée élémentaire Tr.
Ces modulations font l’objet de la suite de ce chapitre.
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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3.2.2. La modulation QPSK ou modulation PSK à 4 états
La modulation à déplacement de phase QPSK (Quadrature Phase Shift Keying) présente 4 états de
modulation distincts.
Chaque état de modulation résulte de la combinaison de 2 bits, conformément au diagramme de
constellation suivant :
Q
01 00
E
I
11 10
On constate, graphiquement, que :
• à la combinaison de 2 bits 00, correspond la phase + 4 ;
• à la combinaison de 2 bits 01, correspond la phase + 3 4 ;
• à la combinaison de 2 bits 10, correspond la phase - 4 ;
• à la combinaison de 2 bits 11, correspond la phase - 3 4 .
Ainsi, si l’on souhaite transmettre le message m(t) = 1000011110, et en conservant le même rapport
fC/fr=4 que sur les représentations graphiques précédentes, on obtient le signal modulé s(t) suivant :
Message binaire à transmettre : 1000011110
10 00 01 11 10
s(t)
Tr
E
Modulation QPSK
Chaque ensemble de 2 bits transmis pendant la durée élémentaire Tr, est désigné par le terme
symbole.
La modulation QPSK est alors caractérisée par :
• une vitesse de transmission de 2fr bits/s,
• une vitesse de modulation (ou rapidité de modulation) de fr symboles/s.
A fréquence rythme fr identique, la modulation QPSK est donc deux fois plus rapide que la
modulation BPSK.
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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3.2.3. La modulation 8PSK ou modulation PSK à 8 états.
A chaque état de modulation, correspond un symbole constitué d’un ensemble de 3 bits.
La phase du signal modulé s(t) peut prendre, en fonction des combinaisons de ces 3 bits, les 8
valeurs 0, 4 , 2 , 3 4 ou , conformément au diagramme de constellation suivant :
Q
011
010 001
000
I
110 E
111 100
101
On obtient évidemment, dans ce cas, pour une vitesse de modulation de fr symboles/s, une vitesse
de transmission de 3fr bits/s.
3.2.4. La modulation Edge PSK (modulation PSK à 8 états)
Il s’agit d’une variante de la modulation précédente, utilisée par exemple en téléphonie mobile de
2,5G (technologie Edge), caractérisée par le diagramme de constellation suivant :
Q
010
000 011
111
I
001 E
101 110
100
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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3.2.5. La modulation 16PSK ou modulation PSK à 16 états
On donne ci-dessous, le diagramme de constellation de cette modulation :
Q
0110
0111 0010
1111 0011
1110 0001
0000
E
I
1010
1011 0100
1001 0101
1000 1101
1100
Les modulations PSK : synthèse
Pour les modulations à déplacement de phase PSK que nous venons de traiter, l’information à
transmettre (1 bit pour une modulation BPSK, 2 bits pour une modulation QPSK, 3 bits pour une
modulation 8PSK ou 4 bits pour une modulation 16PSK), est portée par la valeur de la phase du
signal modulé s(t ) = Ecos (2ft + ) .
Il existe un deuxième type de modulation numérique à saut de phase, pour laquelle chaque symbole
à transmettre est porté non pas par une valeur absolue de phase , mais par l’information d’écart
de phase = n − n -1 par rapport à l’état de modulation précédent.
De telles modulations sont appelées modulations différentielles.
3.2.6. La modulation DBPSK (Differential Binary Phase Shift Keying)
Le diagramme de constellation est identique à celui associé à la modulation BPSK, mais le codage
de l’information transmise est désormais le suivant :
• à la transmission d’un 0, correspond la conservation de la phase précédente : n = n -1 ( = 0 )
• à la transmission d’un 1, correspond une rotation de phase de : n = n -1 + ( = ).
Les oscillogrammes donnés page suivante permettent de comparer le signal modulé s(t) d’une
modulation BPSK avec celui d’une modulation DBPSK, et ce, pour un même message m(t) = 01101.
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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Message binaire à transmettre : 01101
0 1 1 0 1
s(t)
Tc
Modulation BPSK
s(t)
Tc
Modulation DBPSK
3.2.7. La modulation DQPSK (Differential Quadrature Phase Shift Keying)
Dans ce cas également, le diagramme de constellation demeure inchangé par rapport à une
modulation QPSK, mais le codage de l’information à transmettre est désormais le suivant :
• à la transmission du symbole 00, correspond n = n -1 ( = 0 ),
• à la transmission du symbole 01, correspond n = n -1 + /2 ( = /2 ),
• à la transmission du symbole 11, correspond n = n -1 + ( = ),
• à la transmission du symbole 10, correspond n = n -1 + 3/2 ( = 3/2 ).
3.3. Les modulations numériques à déplacement d’amplitude et de phase QAM
Les points de constellation d’une modulation 16PSK (voir §3.2.5.) sont relativement proches les uns
des autres, et constituent actuellement une limite technologique. En effet, une modulation 32PSK
présenterait des variations de phase élémentaires de /16 = 11,25°, ce qui, compte tenu des
altérations que subit le signal modulé s(t) dans le canal de transmission, ne permettrait pas une
démodulation suffisamment fiable.
De nouvelles modulations ont alors été mises au point, permettant de contourner cette limite
technologique, afin d’augmenter le format des symboles transmis, donc d’augmenter la vitesse de
transmission.
Il s’agit de modulations à déplacement d’amplitude et de phase combinées, désignées par le terme
QAM (Quadrature Amplitude Modulation).
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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3.3.1. La modulation 16QAM
Cette modulation à 16 états présente le diagramme de constellation suivant :
1011 1001 0010 0011
E
1010 1000 0000 0001
E/3
E0 E1 E2
I
1101 1100 0100 0110
1111 1110 0101 0111
Les 16 points de constellation sont répartis sur 3 cercles concentriques. Le signal modulé s(t) peut
donc présenter 3 amplitudes E0, E1 ou E2 distinctes.
On constate par ailleurs, que les abscisses (ou les ordonnées) de chacun de ces 16 points de
constellation ne peuvent prendre que 4 valeurs distinctes ± E et ± E/3.
3.3.2. Les modulations QAM à plus de 16 états
Actuellement, on rencontre, parmi les différents systèmes de communications sans fil, des
modulations numériques à déplacement d’amplitude et de phase :
• 32QAM (symboles constitués de 5 bits),
• 64QAM (symboles constitués de 6 bits),
• 128QAM (symboles constitués de 7 bits),
• 256QAM (symboles constitués de 8 bits = octets).
3.4. Les modulations à déplacement de fréquence et à phase minimale MSK
Pour une modulation FSK, l’information transmise (un seul bit pouvant prendre les valeurs 0 ou 1)
est portée par deux fréquences f0 et f1 distinctes.
Ces deux fréquences sont liées à la fréquence fC de la porteuse par les relations f0 = fC -∆f ainsi que
f1 = fC+∆f, où ∆f désigne l’excursion de fréquence du signal modulé s(t).
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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On cherche à réaliser des modulations numériques FSK à phase continue, de telle façon qu’à
chaque changement de niveau logique du bit transmis, le signal modulé s(t) ne présente pas de
discontinuité.
De telles modulations numériques à déplacement de fréquence et à phase continue sont désignées
par le terme CPFSK (Continuous Phase Frequency Shift Keying) :
Modulation FSK Modulation CPFSK
1 0 1 0
Phase discontinue Phase continue
On montre que pour qu’une modulation FSK présente une phase continue (donc soit de type CPFSK),
l’excursion de fréquence ∆f et la fréquence rythme fr doivent être telles que :
k
f = fr , avec k entier naturel.
4
Enfin, pour réduire l’encombrement spectral du signal modulé s(t), on cherche à rendre l’excursion
de fréquence la plus faible possible, ce qui impose k=1.
fr
Ce type de modulation CPFSK particulière, pour laquelle f = est appelée modulation MSK
4
(Minimum Shift Keying).
On peut donc en déduire que pour une modulation MSK, les fréquences f0 et f1 sont telles que :
fr f
f0 = fC − et f1 = fC + r .
4 4
Diagramme de constellation d’une modulation MSK
Si l’on se réfère au synoptique du modulateur numérique de la page 5, on constate que le signal
modulé a pour expression s(t ) = I cos(2fC t ) + Q cos 2fC t + .
2
Les fréquences f0 et f1 n’interviennent pas directement dans cette expression, et déterminer l’allure
du diagramme de constellation d’une modulation MSK n’est pas immédiat.
On admettra toutefois qu’il est possible de générer des formes d’ondes i(t) et q(t) telles que :
s(t ) = i0 (t ) cos(2fC t ) + q0 (t ) cos 2fC t + = Ecos(2f0 t ) pendant la transmission d’un 0, et
2
s(t ) = i1(t ) cos(2fC t ) + q1(t ) cos 2fC t + = Ecos(2f1t ) pendant la transmission d’un 1.
2
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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Contrairement aux modulations de type ASK et PSK, les ondes i(t) et q(t) ne sont pas constantes
pendant la durée Tr de transmission d’un bit. Par conséquent, à chaque état de modulation, c'est-à-
dire pendant chaque durée Tr, le diagramme de constellation ne présente pas un seul point de
constellation P, mais un ensemble de points P se déplaçant sur le cercle de rayon E.
On montre que pendant la durée Tr de transmission d’un 0, le point de constellation se déplace sur
le cercle de rayon E, d’un quart de tour dans le sens horaire, et qu’inversement, pendant la durée de
transmission d’un 1, il se déplace d’un quart de tour dans le sens trigonométrique.
Ainsi, en supposant qu’à l’instant t = 0 de début de transmission du message m(t) = 10010, la phase
à l’origine du signal modulé soit nulle, nous obtenons, au cours du temps, les cinq diagrammes de
constellation successifs suivants :
Message binaire à transmettre : 10010
1 0 0 1 0
s(t)
... ... ... ... ...
t
Pendant la transmission du message modulant 10010, le point de constellation a donc décrit le demi-
cercle droit d’abscisses positives.
On peut donc conclure que pour un message m(t) aléatoire et suffisamment long, les points de
constellation occupent la totalité du cercle de rayon E.
I
E
Il s’agit là d’une propriété remarquable des modulations GSM, comme on le verra au chapitre suivant.
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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4. Synthèse
Les techniques modernes de transmission sans fil reposent sur le concept de modulation vectorielle
encore appelée modulation IQ.
Comme nous l’avons vu, la tension s(t) issue d’un modulateur IQ, est un signal composite fonction
du message m(t) à transmettre ainsi que d’une onde sinusoïdale porteuse de fréquence fc.
Ce concept de modulation vectorielle ne doit pas être interprété comme une théorie permettant de
décrire le fonctionnement d’une modulation numérique, mais au contraire, comme une réalité à
laquelle sont confrontés les techniciens spécialistes des transmissions sans fil.
En effet, lorsque ces derniers ont en charge la conception, la qualification ou la maintenance d’un
dispositif émetteur, ils doivent procéder à la caractérisation de 3 types de signaux :
• les signaux i(t) et q(t) liés au message à transmettre, représentés par le diagramme de
constellation q(t) = f[i(t)],
• le signal associé à l’onde porteuse,
• le signal modulé s(t).
Les notions de « voies I et Q », sont par conséquent fondamentales dans le domaine des
transmissions sans fil, et la visualisation du diagramme de constellation (utilisation de l’oscilloscope
en mode XY, avec voie I sur l’entrée X et voie Q sur l’entrée Y) absolument indispensable, dans une
démarche de caractérisation de système de communications « wireless ».
5. Exercices
On se propose de vérifier, pour deux exemples de modulations distincts, la bonne compréhension du
concept de modulation vectorielle.
i(t) Modulateur s(t)
q(t) IQ
cos(ct)
On donne les caractéristiques d’une modulation (type de modulation et diagramme de constellation
associé, ainsi que les caractéristiques de l’onde porteuse), et on demande de tracer, à partir de la
seule observation du diagramme de constellation q(t) = f[i(t), l’allure des tensions i(t), q(t) et s(t).
On vérifiera ensuite, à l’aide du tableur Excel, puis du logiciel IQcreator(*), la pertinence des résultats
proposés.
(*)
IQCreator est un logiciel libre de droit, proposé par la société Cobham (anciennement Aeroflex), et
disponible à l’adresse [Link]
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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5.1. Etude d’une modulation QPSK
Cahier des charges.
On transmet le message binaire périodique de motif 01110010 à raison de 2 Mbits/s.
Le diagramme de constellation de la modulation QPSK considérée est identique à celui présenté page
8 de ce cours, avec E = 1V.
La fréquence de l’onde porteuse est de 5 MHz.
• Tracer l’allure du diagramme de constellation associé au message m(t) périodique de motif
01110010, et en déduire l’allure des tensions i(t), q(t) et s(t).
• Utiliser le tableur Excel pour :
a) tracer plus précisément les tensions i(t), q(t) ainsi que s(t) (que l’on notera ici sa(t))
proposés à la question précédente,
b) tracer l’évolution temporelle de l’expression s(t ) = I cos(2fC t ) + Q cos 2fC t +
2
(que l’on notera sb(t)),
c) tracer, pour le message considéré, le diagramme de constellation de cette modulation.
• Visualiser le diagramme de constellation directement à l’aide du logiciel IQCreator.
5.2. Etude d’une modulation 16QAM
Cahier des charges.
On transmet cette fois le mot binaire périodique de motif 1011000111100000 à raison de
1 Msymboles/s.
Le diagramme de constellation est conforme à celui présenté page 12, et pour lequel E = 3V.
La fréquence de l’onde porteuse est de 5 MHz.
Mêmes questions que précédemment.
Chapitre 2 – Les modulations numériques
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