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Thèse Guy Moukandi

Cette étude hydrogéologique et hydrochimique du système aquifère du bassin sédimentaire côtier de Pointe-Noire a permis de modéliser le comportement hydrodynamique de l'aquifère AQ-2 et d'estimer sa recharge moyenne à 56,3 mm/an. Deux zones hydrologiques distinctes ont été identifiées, chacune présentant des caractéristiques de perméabilité et de gradient hydraulique différentes, influencées par la topographie et les conditions géologiques. Les résultats de la modélisation numérique ont montré une distribution satisfaisante des perméabilités et une faible minéralisation des eaux souterraines, suggérant une relation avec la nature des sols et l'environnement local.

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Thèse Guy Moukandi

Cette étude hydrogéologique et hydrochimique du système aquifère du bassin sédimentaire côtier de Pointe-Noire a permis de modéliser le comportement hydrodynamique de l'aquifère AQ-2 et d'estimer sa recharge moyenne à 56,3 mm/an. Deux zones hydrologiques distinctes ont été identifiées, chacune présentant des caractéristiques de perméabilité et de gradient hydraulique différentes, influencées par la topographie et les conditions géologiques. Les résultats de la modélisation numérique ont montré une distribution satisfaisante des perméabilités et une faible minéralisation des eaux souterraines, suggérant une relation avec la nature des sols et l'environnement local.

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Etude Hydrogéologique, Hydrochimique in situ et

Modélisation Hydrodynamique du Système Aquifère du


Bassin Sédimentaire Côtier de la Région de Pointe-Noire
Guy Moukandi N’kaya

To cite this version:


Guy Moukandi N’kaya. Etude Hydrogéologique, Hydrochimique in situ et Modélisation Hydrody-
namique du Système Aquifère du Bassin Sédimentaire Côtier de la Région de Pointe-Noire. Hydrologie.
Université Marien N’Gouabi (Congo), 2012. Français. �NNT : �. �tel-03312879�

HAL Id: tel-03312879


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abroad, or from public or private research centers. publics ou privés.
UNIVERSITE MARIEN NGOUABI
FACULTE DES SCIENCES ET TECHNIQUES

Année 2012 N° d’ordre………

THESE
PRESENTEE

L’UNIVERSITE MARIEN NGOUABI


Pour obtenir le Diplôme de

DOCTORAT DE L’UNIVERSITE MARIEN NGOUABI


SPECIALITE : Hydrogéologie et Hydrologie Environnementales

Par MOUKANDI N’KAYA Guy Dieudonne


Titre :
ETUDE HYDROGEOLOGIQUE, HYDROCHIMIQUE IN
SITU ET MODELISATION HYDRODYNAMIQUE DU
SYSTEME AQUIFERE DU BASSIN SEDIMENTAIRE
CÔTIER DE LA REGION DE POINTE-NOIRE

Soutenue publiquement le 03 juillet 2012 devant le jury d’examen :

Bernard M’PASSI MABIALA, Professeur, Université Marien Ngouabi Président du jury


Alain LARAQUE, Directeur de recherche, IDR Montpellier Rapporteur externe
Timothée NSONGO, Maître de Conférences, Université Marien Ngouabi Rapporteur interne
Raymond MALOU, Maître de Conférences, Université Cheikh Anta Diop, Dakar Examinateur
Dominique NGANGA, Professeur, Université Marien Ngouabi Directeur de thèse
Bernard MABIALA, Maître de Conférences, Université Marien Ngouabi Codirecteur de thèse

------------- 2012 -------------


A mon père Joseph MOUKANDI à qui je rends hommage
Remerciements
Je tiens à remercier monsieur Bernard M’PASSI-MABIALA, Professeur des Universités-
Université Marien Ngouabi, pour ses multiples encouragements à terminer ce travail et pour
avoir accepté de présider le jury de soutenance de cette thèse.
Je remercie également Alain LARAQUE, Directeur de Recherches IDR, HDR, Coordonnateur
des chantiers Congo, Venezuela et Guyane de l’observatoire ORE/HYBAM, Hydrological
Adviser pour la France auprès de l’OMM pour les régions AR III et IV, Montpellier pour sa
confiance qu’il me fait en acceptant d’être rapporteur de cette thèse.
Que monsieur Timothée NSONGO, Maître de Conférences-Université Marien Ngouabi,
trouve ici mes sincères remerciements pour ses encouragements répétés à soutenir cette thèse
et de l’honneur qu’il me fait d’être rapporteur de ce travail.
Je tiens à renouveler toute ma gratitude à Raymond MALOU Maître de Conférences-
Université Cheikh Anta Diop, Dakar pour sa compréhension et son amitié pour m’avoir
soutenu. Qu’il trouve ici ma sincère cordialité pour la confiance accordée, ainsi que pour les
précieux et discrets conseils avisés qu’il m’a sans cesse donnés.
J'adresse mes vifs remerciements à Bernard MABIALA, Maître de Conférences-Université
Marien Ngouabi, lui qu’a été le chef d’œuvre de ce travail. Depuis toujours il m’a suivi avec
attention. J’apprécie sincèrement son efficacité, sa rigueur scientifique et son dévouement à
faire aboutir cette étude.
Je remercie monsieur Dominique NGANGA, Professeur des Universités-Université Marien
Ngouabi, Coordonnateur de la Formation doctorale Sciences de l’Environnement pour
m’avoir accueilli dans son équipe pour réaliser ce travail sous sa direction scientifique.
Je saisis cette opportunité pour exprimer ma profonde gratitude à monsieur Rachid
ABABOU, Professeur des Universités-INPToulouse, pour sa contribution à la réalisation de
cette étude.
Je remercie particulièrement monsieur Christian TATHY, Maître-Assistant à l’Université
Marien Ngouabi et membre de l’Equipe de Recherches en Matériaux et Ecoulements en
Milieux Poreux pour sa contribution et ses précieux conseils dans l’aboutissement de ce
travail.
Je n’oublie pas monsieur Romain NIERE Maître-Assistant à l’Université Marien Ngouabi
pour le plaisir que j’ai eu de travailler avec lui.
Je tiens aussi à remercier Messieurs Rémi D’ANNUNZIO, Alexandre HYAFIL, Pierre,
Hugues GOMA-MBOUBA, Laurent SAINT-ANDRE et Ahmed Amine BAHRI pour leurs
contributions à l’aboutissement de ce travail.
A l’université je souhaite à remercier Messieurs M.J. SAMBA-KIMBATA, Professeur des
universités, M. MPOUNZA, A. PANDI et L. SITOU, respectivement climatologues,
hydrologue et géomorphologue au département de géographie, pour leurs conseils précieux.
Merci aussi à A. BATCHI-MAV, H. NIAMBY, B. MAKOUANGOU-MBAYI, P. MAKABA et
tous mes collègues pour leur soutien moral.
Merci à Marcelline Marie Blanche GOMA qui m’a aidé, parfois de manière vitale, en
répondant à un problème précis et de pouvoir me soutenir dans les sentiments les plus
agréables. Merci aussi à ma fille Auréole Providence, toi que j’ai sacrifié pour ton éducation
à tort ou à raison pendant le temps qu’aura duré la préparation de ce travail.
A ma mère Marie NSIMBA, terre d’accueil, terre nourricière, comme la terre sa semence, tu
m’as accueillie la première, Mère, je pense à toi. Toi qui m’as portée dans le secret de ton
cœur, œuf, si dense et si fragile, relié à ta vie par un lien solide, tu as frémi à mes premiers
frémissements. Ô mère, comment te dire merci ? De ta chair, tu m’as donné la chair, de ton
cœur, tu m’as donné la vie. Mère de toutes les douleurs, Merci de m’avoir enfantée.
Enfin, mes remerciements vont également à mes amis et frères qui, de plusieurs manières,
m’ont encouragé et soutenu moralement et/ou matériellement dans cette initiative : A.
THONGO-MBOU, D. EPRON, Y. NOUVELLON, R. KIMBOUALA, W. MONDZOLA,
Professeur M. NZIKOU, A. MOUNDOSSO, A. MANZILA, I.M. MOUNZIKA, D. DZOUEKE,
JC KAYA, D. MIZERE-LOUFOUMA, M. NGOUMA, JM. MOUKANDI, JC. MBENGUELE,
P. MAKOUANGOU, M. NGOUALA-MABONDZO, A. KIMPENA, [Link], L. MATINI,
J.L. MOUTHOU, B. MAYIMA, A. MALONGA. Qu’ils trouvent ici ma sympathie et ma
gratitude.
Je ne saurai terminer ces remerciements sans faire un clin d’œil à tout le personnel de
l’ENSP pour son amitié à mon égard.
Je n’oublie pas la sympathie du personnel du Campus Numérique.

La mise sur pied de ce mémoire de thèse a nécessité de la part de l’International Foundation


for Sciences (IFS) un investissement important, mais qui est récompensé dans la satisfaction
du travail mené à terme. Aussi est-il important pour moi de rendre hommage à tous les
acteurs, qui ont participé, de près ou de loin, aux résultats finaux présentés dans ce mémoire.
Résumé

La région de Pointe-Noire se situe dans le grand ensemble hydrogéologique du bassin


sédimentaire côtier du Congo Brazzaville, de superficie 6 000 km2. Cet ensemble est formé
essentiellement des roches meubles très peu ou pas consolidées à porosité d’interstice. Il est
constitué d’un complexe hydrogéologique, incluant un système aquifère composé de plusieurs
couches aquifères superposées avec une continuité hydraulique. La présente étude a permis de
représenter et de schématiser les fonctions du réservoir et le comportement hydrodynamique
de l’aquifère AQ-2. Elle a, en outre, permis de définir en première approximation le système
aquifère en fonction des conditions géologiques et d’obtenir une première estimation de son
mode d’alimentation et de son sens d’écoulement. Un système d’information hydrogéologique
(SIH) de l’aquifère AQ-2 a été dressé à partir d’une reconstitution historique des charges
piézométriques des forages et piézomètres de différentes compagnes de mesures réalisées à
l’aide de systèmes d’informations géographiques (SIG). Deux zones hydrologiques liées à la
topographie et/ou au relief de la zone d’étude ont été identifiées : une zone de la plaine
littorale caractérisée par des protubérances et une forte profondeur de la surface
piézométrique à gradient hydraulique de 0,03 révélatrice d’un débit d’écoulement moins
important et d’une perméabilité moyenne qui traduit un drainage plus faible que
l’alimentation ; et une zone des plateaux caractérisée par un type de structure
hydrogéologique appelée seuil hydraulique traduisant une chute de la surface piézométrique et
du gradient hydraulique (0,005 et 0,006) qui peut s’expliquer par des variations de débit ou de
perméabilité. Cette morphologie est imposée par deux phénomènes, d’une part l’apport d’eau
du plateau de Hinda et d’autre part, le drainage général axial révélé par la présence des faciès
semi-perméables. L’hydrochimie des eaux souterraines réalisée montre une faible
minéralisation et une différence de la distribution spatiale des ions majeurs qui pourraient
s’expliquer en partie par la nature des sols du bassin sédimentaire côtier et de l’influence
possible de l’environnement immédiat des ouvrages en relation probable avec leur mauvaise
protection ou leur proximité avec l’océan. La modélisation des écoulements d’eau en milieu
non saturé a permis d’évaluer la recharge de l’aquifère dans les différents écosystèmes
occupant la zone de recharge, (Eucalyptus : 400 mm/an et savane : 520 mm/an).
La modélisation numérique des écoulements souterrains de l’AQ-2 contrôlée par la
distribution des perméabilités des roches et par la configuration de la surface piézométrique
qui dépend de la topographie et qui est contrôlée par le climat, est établie à l’aide du
programme de modélisation Processing Modflow for Windows (PMWIN). Ce modèle
d’écoulement qui se base sur « l’environnement hydrogéologique » a donné des résultats
satisfaisants. D’une manière générale, Les résultats de la modélisation numérique des
écoulements souterrains dans l’AQ-2, où toutes les hypothèses ont été prises en compte, sont
satisfaisants. Le calage de la perméabilité, a conduit à repérer trois zones de perméabilité se
rapportant aux différents horizons géologiques. La recharge moyenne de l’AQ-2 est estimée
autour de 56,3 [Link]-1

Mots clés : Modélisation, hydrogéologie, bassin sédimentaire côtier, hydrodynamique,


hydrochimie, recharge, aquifère AQ-2, Pointe-Noire.
Abstract

The region of Pointe-Noire is located in the large hydrogeological set of coastal sedimentary basin of
the Congo Brazzaville, area 6,000 km2. This set is formed essentially of loose rocks very little or no
consolidated porosity of gap. It consists of a complex hydrogeological, including an aquifer system
consisting of several aquifers layers superimposed with a hydraulic continuity. This study allowed to
represent and to mimic the functions of the reservoir and the hydrodynamic behaviour of the aquifer
AQ-2. It also allowed set in first approximation the aquifer system to geological conditions and a first
estimate of its mode of food and its sense of flow. A hydrogeological information system (HIS) of the
aquifer AQ-2 was developed from a re-enactment of piezometers and piezometric drilling loads of
different companions of measurements using geographic information (GIS) systems. Two hydrologic
areas related topography or the topography of the study area have been identified: an area of the
coastal plain characterized by protuberances and a strong depth of piezometric surface hydraulic
gradient of 0.03 revealing a flow of less important flow and average permeability which reflects a
lower than the power drainage; and upland area characterized by a type of hydrogeological structure
called hydraulic threshold reflecting a fall of piezometric surface and hydraulic gradient (0.005 and
0.006), which can be explained by changes in flow or permeability. This morphology is imposed by
two phenomena, from the plateau of Hinda and on the other hand, water axial general drainage
revealed by the presence of semi-permeable facies. Carried out groundwater Hydrochemistry shows
low mineralization and a difference of the spatial distribution of the major ions that could be explained
in part by the nature of the soils of coastal sedimentary basin and the possible influence of the
immediate environment works in likely relationship with their poor protection or their proximity to the
ocean. Modeling of unsaturated water flow to evaluate the recharge of the aquifer in the different
ecosystems in the recharge zone, (Eucalyptus: 400 mm/year and Savannah: 520 mm/year).

Numerical modeling of underground flow of the AQ - 2 controlled by the distribution of the


permeabilities of the rocks and the configuration of the piezometric surface which depends on the
topography and the climate-controlled is made using the Processing Modflow for Windows (PMWIN)
modeling program. This flow model based on "the hydrogeological environment" has given
satisfactory results. In General, the results of numerical modeling of underground flow in the AQ-2,
where all assumptions were taken into account, are satisfactory. The timing of the permeability, has
led to identify three areas of permeability with respect to different geological backgrounds. Average
recharge of the AQ-2 is estimated around 56.3 [Link]-1

Key words: Modeling, hydrogeology, sedimentary basin coastal, hydrodynamic, hydrochimy,


recharge, aquiferous AQ-2, Point-Noire
Nomenclature
α(h) : fonction de réponse au stress hydrique (sans unité) ;
∂H/∂z : gradient de charge hydraulique (sans unité)
ANAC : Agence Nationale de l’Aviation Civile
BI : Balance Ionique
C/N : rapport Carbone/azote
Ca2+ : ion calcium
CE : Conductivité Electrique (µS/cm)
CEC : Capacité d’Echange Cationique
Cl- : ion chlorure
CMTD : carbone minéral total dissous
ETP: Evapotranspiration potentielle
FAO: Food and Agriculture Organization
FDP : Fonction à Dérivée partielle
H : charge hydraulique
HCO3- : ion Bicarbonate
K : conductivité hydraulique (m.s-1).
K+: ion potassium
Ks : conductivité maximale à la saturation
L : profondeur d’enracinement.
Mg2+: ion Magnesium
Na+: ion sodium
NS: Zone Non Saturé
OMS: Organisation mondiale de la santé
P: Precipitation (mm)
pH: potentiel hydrogène
PMWIN: Processing Modflow for Windows
Q : Débit (Flux d'eau qui traverse une section donnée en une unité de temps donnée m3.s-1)
R : Ruissellement (mm)
RU : Reserve utile (mm)
S : coefficient d’emmagasinement
SIG : système d’information géographique
SIH : système d’information hydrogéologique
SNDE : société Nationale de distribution d’eau
SO42- : ion sulfate
T : Transmissivité (m3/cm2)
TAC : Titre alcalimétrique Complet
TDS : Solides Totaux Dissous
TH : Dureté totale
Tp : est le débit de transpiration potentielle ;
z : profondeur du sol , orienté de haut en bas
θ : teneur en eau volumique
Table des matières

Résumé ..................................................................................................................................5
Abstract ..................................................................................................................................6
Nomenclature .........................................................................................................................7
Table des matières ..................................................................................................................8
Liste des figures ................................................................................................................... 11
Liste des tableaux ................................................................................................................. 13
Introduction .......................................................................................................................... 14
Chapitre 1 : Contexte général de la région de Pointe-Noire ................................................... 17
1.1 Contexte géographique de Pointe-Noire ...................................................................... 17
1.1.1 Situation géographique ......................................................................................... 17
1.1.2 Géographie humaine ............................................................................................. 17
1.1.3 Activités économiques .......................................................................................... 17
1.1.4 Géomorphologie ................................................................................................... 18
1.1.5 Pédologie .............................................................................................................. 19
1.2 Couverture végétale .................................................................................................... 21
1.3 Contexte géologique .................................................................................................... 21
1.3.1 Principales formations stratigraphiques ................................................................. 22
[Link] Précambrien ................................................................................................... 22
[Link] Formations mésozoïque et cénozoïque ............................................................ 22
[Link].1 Crétacé..................................................................................................... 22
[Link].2 Tertiaire .................................................................................................. 25
[Link].2.1 Sénonien, Paléocène, Eocène ................................................................ 25
[Link].2.2 Miocène ................................................................................................ 25
[Link].3 Quaternaire .............................................................................................. 25
1.3.2 Structure et tectonique .......................................................................................... 26
1.4 Climatologie ............................................................................................................... 26
1.4.1 Introduction : contexte climatique ......................................................................... 26
1.4.2 Pluviométrie ......................................................................................................... 27
1.4.3 Températures ........................................................................................................ 28
1.4.4 Autres facteurs climatiques ................................................................................... 29
[Link] Humidité relative et insolation ........................................................................ 29
[Link] Vent ............................................................................................................... 32
[Link] Evaporation .................................................................................................... 32
1.5 Hydrologie de surface ................................................................................................. 33
1.6 Description hydrogéologique du système aquifère de Pointe-Noire ............................. 35
1.7 Limite verticale et épaisseur ........................................................................................ 37
Conclusion partielle .......................................................................................................... 38
Chapitre 2 : Élaboration d’un système d’informations hydrogéologiques de l’AQ-2 de Pointe-
Noire .................................................................................................................................... 39
2.1 Principes du SIG ........................................................................................................ 39
2.1.1 Définition générale ............................................................................................... 39
2.1.2 Représentativité des données dans un SIG............................................................. 41
[Link] Données vectorielles....................................................................................... 42
[Link] Données raster ................................................................................................ 43
[Link] Données alphanumériques .............................................................................. 43
2.1.3 Géoréférencement .................................................................................................... 44
[Link] Support cartographique ...................................................................................... 44
[Link] Support numérique ............................................................................................. 45
[Link] Système de coordonnées .................................................................................... 46
2.1.4 Logiciels utilisés : .................................................................................................... 46
2.2 Elaboration d’un SIH dans la région de Pointe-Noire .................................................. 47
2.2.1 Collectes des données ........................................................................................... 47
2.2.2 Traitement des données ......................................................................................... 47
2.3 Distribution et spatialisation du mouvement naturel de l’eau souterraine ..................... 48
2.3.1 Données géomorphologique .................................................................................. 48
2.3.2 Cartographie du mur de l’aquifère ..................................................................... 49
2.3.3 Cartographie du toit de la nappe ............................................................................ 49
2.3.4 Données hydrodynamiques ................................................................................... 50
[Link] Données de coefficients de perméabilité de Darcy .......................................... 50
[Link] Données de transmissivité .............................................................................. 51
[Link] Données de coefficients d’emmagasinement ................................................... 52
2.3.5 Données hydrogéologiques ................................................................................... 53
[Link] Données piézométriques ................................................................................. 53
[Link] Variations spatio-temporellee de la piézométrie .............................................. 54
[Link] Analyse morphologiquee de la surface piézométrique de l’aquifère AQ-2 ...... 57
Conclusion partielle .......................................................................................................... 58
Chapitre 3 : Hydrochimie de la nappe profonde AQ-2 de Pointe-Noire ................................. 59
3.1 Procédure expérimentale ............................................................................................. 59
3.2. Statistiques des concentrations des paramètres de base et des ions majeurs ................. 60
3.3 Compositions physico-chimiques ................................................................................ 60
3.3.1 Potentiel d’Hydrogène (pH) .................................................................................. 61
3.3.2 Conductivité électrique ......................................................................................... 61
3.3.3 Solides totaux dissous (TDS) ................................................................................ 62
3.3.4 Température ......................................................................................................... 62
3.3.5 Magnésium Mg2+ et Calcium Ca2+ ........................................................................ 64
3.3.6 Sodium Na2+ ......................................................................................................... 64
3.3.7 Potassium K+ ........................................................................................................ 66
3.3.8 Chlorure Cl- .......................................................................................................... 67
3.3.9 Sulfates SO42- ....................................................................................................... 67
3.3.10 Bicarbonate HCO3- ............................................................................................. 67
3.3.11 Titre alcalimétrique Complet (TAC) et Dureté totale (TH) .................................. 67
3.4 Evolution géochimique des eaux ................................................................................. 68
3.5 Temps de séjour des eaux ............................................................................................ 69
3.6 L’origine de la minéralisation de l’eau ........................................................................ 70
3.7 Spatialisation de l’hydrochimie ................................................................................... 74
3.8 Etude de la potabilité des eaux .................................................................................... 76
Conclusion partielle .......................................................................................................... 77
Chapitre 4 : Modélisation des écoulements d’eau dans le milieu variablement saturé de la
région de Pointe-Noire .......................................................................................................... 79
4.1 Approches d’estimation des écoulements d’eau en milieu variablement saturé ............ 80
4.2 Modélisation des transferts hydriques dans le sol......................................................... 81
4.2.1 Equation de Richards ............................................................................................ 82
[Link] Equation de continuité .................................................................................... 82
[Link] Equation dynamique : loi de Darcy ................................................................ 83
4.2.2 Fonctions puits et résolution de l’équation de Richards ......................................... 85
4.3 Présentation du logiciel HYDRUS 1D ......................................................................... 86
4.3.1 Paramétrisation .................................................................................................... 87
4.3.2 Conditions initiales .............................................................................................. 88
4.3.3 Conditions aux limites du modèle ........................................................................ 88
4.4 Expérience de drainage interne ................................................................................... 89
4.5 Relation potentiel hydrique-teneur en eau .................................................................... 89
4.6 Caractéristiques hydriques ........................................................................................... 92
4.7 Validation du modèle .................................................................................................. 93
4.8 Bilan d’eau .................................................................................................................. 93
4.8.1 Evapotranspiration ................................................................................................ 94
4.8.2 Bilan ..................................................................................................................... 96
Conclusion partielle .............................................................................................................. 99
Chapitre 5 : Modélisation de la nappe de l’AQ-2 de Pointe-Noire ....................................... 101
5.1 Rôle de la modélisation des écoulements souterrains ................................................. 101
5.2 Mise en place du modèle de la nappe des sables profonds.......................................... 101
5.2.1 Présentation du code de calcul PROCESSING MODFLOW ............................... 102
5.2.2 Données disponibles ........................................................................................... 103
5.2.3 Modèle conceptuel de l’aquifère de Pointe-Noire ................................................ 103
[Link] Limites et discrétisation de la zone étudiée ................................................... 103
[Link]-Les conditions aux limites ............................................................................ 104
[Link].1- Limites géologiques du modèle ............................................................. 104
[Link].2 Géométrie du réservoir ........................................................................... 105
[Link].2.1 Toit de l’aquifère AQ-2 ................................................................... 105
[Link].2.2-Mur de l’aquifère AQ-2 ................................................................... 105
[Link].2.3 Conditions de flux ........................................................................... 106
[Link].2.4 Conditions de flux internes .............................................................. 106
[Link].2.5 Conditions aux limites ..................................................................... 107
[Link].2.6 Paramètres hydrodynamiques .......................................................... 107
[Link].2.6.1 Emmagasinement ......................................................................... 107
[Link].2.6.2 Perméabilité .................................................................................. 107
5.3 Résultats ................................................................................................................... 107
5.3.1 Simulation en régime permanent ......................................................................... 107
[Link] Calage des perméabilités .................................................................................. 107
[Link] Calage de la piézométrie .................................................................................. 108
5.3.2 Calibrage de la recharge ...................................................................................... 111
5.3.3 Sensibilité de la recharge .................................................................................... 112
5.3.4 Sensibilité des perméabilités ............................................................................... 114
Conclusion partielle ........................................................................................................ 115
Conclusion générale ........................................................................................................... 116
Bibliographie ...................................................................................................................... 119
Annexes ............................................................................................................................. 126
Liste des figures
Figure 1.1: Situation géographique de la région de Pointe-Noire ....................................................... 18
Figure 1.2: Carte simplifiée des affleurements de la région de Pointe-Noire....................................... 20
Figure 1.3: Coupe lithostratigraphique du bassin sédimentaire côtier de Pointe-Noire ........................ 23
Figure 1.4 : Pluviométrie moyenne mensuelle de Pointe-Noire (1978-2008) ...................................... 27
Figure 1.5 : Variabilité inter annuelle de la pluviométrie de Pointe-Noire (1978-2008) ...................... 28
Figure 1.6 : Température moyenne journalière de Pointe-Noire (1978-2008) ..................................... 29
Figure 1.7 : Evolution journalière de l’humidité relative (HR%) et de l’insolation ............................. 30
(R heures) à Pointe-Noire (1978-2008).............................................................................................. 31
Figure 1.8 : Evolution du rayonnement global (Rg en MJ.m-2.j-1) à Pointe-Noire ............................... 31
(1978-2009) ...................................................................................................................................... 31
Figure 1.9 : Evolution mensuelle de la vitesse du vent dans la région de Pointe-Noire (1978-2009) ... 32
Figure 1.10 : Evolution journalière de l’évaporation à Pointe-Noire................................................... 33
Figure 1.11 : Hydrographie et hydrologie de la région de Pointe-Noire .............................................. 34
Figure 1.12: Coupe Hydrogéologique schématique............................................................................ 36
Figure 2.1: Composants du SIG ........................................................................................................ 40
Figure 2.2: Schéma général d'un SIG ................................................................................................ 41
Figure 2.3: Données d'un SIG ........................................................................................................... 42
Figure 2.4: Représentation de l'information en modèle vecteur .......................................................... 43
Figure 2.5: Représentation de l'information en modèle raster ............................................................. 44
Figure 2.6: Exemple de données alphanumériques ............................................................................. 44
Figure 2.7: Géoréférencement d'une carte.......................................................................................... 45
Figure 2.8: Système de coordonnées ................................................................................................. 46
Figure 2.9: Topographie de l'agglomération de Pointe-Noire ............................................................. 48
Figure 2.10: Carte de la profondeur du mur de la nappe AQ-2 ........................................................... 49
Figure 2.11: Carte de la profondeur du toit de la nappe AQ-2 de Pointe-Noire ................................... 50
Figure 2.12 : Spatialisation de la perméabilité de Darcy dans la région de Pointe-Noire ..................... 51
Figure 2.13: Distribution de la transmissivité .................................................................................... 52
Figure 2.14: Coefficient d'emmagasinement ...................................................................................... 53
Figure 2.15: Emplacement des points de mesure (forages et piézomètres) dans la région de Pointe-
Noire ................................................................................................................................................ 54
Figure 2.16: Carte piézométrique en 1986 ......................................................................................... 56
Figure 2.17 : Piézométrie de l'AQ-2 (2009) à Pointe-Noire ................................................................ 57
Figure 3.1 : Caractéristiques physico-chimiques moyennes des eaux souterraines de la nappe de
l’aquifère AQ-2 ................................................................................................................................ 65
Figure 3.1 (suite) : Caractéristiques physico-chimiques moyennes des eaux souterraines de la nappe de
l’aquifère AQ-2 ................................................................................................................................ 66
Figure 3.2 : Composition moyenne en % meq/l des cations (a) et anions (b) majeurs des eaux de l’AQ-
2 ....................................................................................................................................................... 68
Figure 3.3: Diagramme de Piper des échantillons d’eaux de l’aquifère AQ-2 ..................................... 69
Figure 3.4: Indices i dans la région de Pointe-Noire........................................................................... 70
Figure 3.5 a, b : Relation entre Ca2+ + Mg2+ et SO42- + HCO3 ; HCO3 et Na+ .................................... 72
Figure 3.6a : Relation Na+ + K+ et Cl- + SO42- ................................................................................... 73
Figure 3.6b : Relation entre Na+ et SO42- ........................................................................................... 73
Figure 3.7 : Dendrogramme des piézomètres dans la zone d’étude..................................................... 74
Figure 3.8a: Spatialisation de la conductivité électrique ..................................................................... 75
Figure 3.8b: Spatialisation des bicarbonates ...................................................................................... 75
Figure 3.8c: Spatialisation des ions chlorures .................................................................................... 76
Figure 4.1 : Schéma des bilans hydrologiques dans le milieu poreux variable saturé en interaction avec
les plantes et l’atmosphère ................................................................................................................ 79
Figure 4.2: Courbes de rétention d'eau aux différents horizons du sol de Pointe-Noire ....................... 91
Figure 4.3 : Simulation de l'évolution de l'humidité du sol de Pointe-Noire........................................ 93
Figure 4.4: Estimation de l’humidité volumique à différentes profondeurs et du drainage profond à
Pointe-Noire par Hydrus1D............................................................................................................... 94
Figure 4.5: ETP = f(Rg) de la savane et d’eucalyptus à Pointe-Noire ................................................. 95
Figure 4.6 : ETP journalière moyenne dans la savane et l’Eucalyptus (1988-2008) ............................ 96
Figure 4.7 : Simulation de drainage profond et de la transpiration sous plantation d’Eucalyptus à
Pointe-Noire ..................................................................................................................................... 98
Figure 5.1: Exemple de discrétisation du milieu .............................................................................. 104
Figure 5.2: Maillage de la zone d'étude ........................................................................................... 105
Figure 5.3: Conditions aux limites imposées dans le modèle............................................................ 106
Figure 5.4: Spatialisation des perméabilités calées ........................................................................... 108
Figure 5.5: Piézométrie simulée en régime permanent de l’aquifère AQ-2 (1986) ............................ 109
Figure 5.6: Droite de régression entre les données piézométriques observées et calculées ................ 110
Figure 5.7: Sensibilité au pompage de la piézométrie de Pointe-Noire (carrés rouges représentent les
exutoires de pompage) .................................................................................................................... 111
Figure 5.8: Piézométries calculés à Pointe-Noire avec : (a) une baisse de la recharge de 10%, (b) avec
une augmentation de la recharge de 10 %. ....................................................................................... 113
Figure 5.9: Piézométrie calculée pour une hausse de 10% de perméabilité ....................................... 114
Liste des tableaux

Tableau 1.1 : Humidité relative (HR%) à Pointe-Noire (1978-2008) ..................................... 29


Tableau 1.2 : Insolation (R en heures) à Pointe-Noire (1988-2008) ....................................... 30
Tableau 1.3 : Rayonnement global moyen journalier MJ.m-2.j-1 à Pointe-Noire ..................... 31
Tableau 1.4 : Vitesse moyenne mensuelle du vent (m.s-1.j-1) à Pointe-Noire (1988-2008) ..... 32
Tableau 1.5 : Evaporation mensuel à Pointe-Noire ................................................................ 33
Tableau 3.1 : Fiabilité des analyses des échantillons d’eaux de l’AQ-2 de Pointe-Noire ........ 60
Tableau 3.2 : Moyennes par point d’eau, des concentrations des analyses physico-chimiques
de l’AQ-2 de Pointe-Noire .................................................................................................... 63
Tableau 3.3 : Statistiques descriptives des paramètres chimiques majeurs pour la période 2009
............................................................................................................................................. 64
Tableau 3.4 : Rapports ioniques et Faciès chimiques des échantillons d’eaux........................ 71
Tableau 4.1 : Paramètres hydrodynamiques dans le sol de Pointe-Noire à différentes
profondeurs .......................................................................................................................... 90
Tableau 4.2 : Caractéristiques hydriques du sol de Pointe-Noire, calculées par l’équation de
van Genuchten ...................................................................................................................... 92
Tableau 4.3 : Composantes des bilans hydriques de la plantation d’eucalyptus et de la savane
............................................................................................................................................. 97
Tableau 4.4 : Bilan hydrique moyen annuel selon les écosystèmes majeurs de la région de
Pointe-Noire (1998-2008). .................................................................................................... 98
Introduction
Le bassin sédimentaire côtier du Congo présente un système hydrogéologique à aquifère
multicouches qui sont comprises entre 10 et 400 m de profondeur à Pointe-Noire et 70 et 150
m à Pointe Indienne. Ces couches aquifères sont séparées par des intercalations des matériaux
très composites (calcaire marneux, grès consolidés, argile…) de la série argilo gréseuses
rougeâtre des grès dolomitiques et ne présentent pas un profil régulier ; les sables et les grès
tendres sont pris en intercalation entre ces couches. L’eau d’excellente qualité, qu’il contient
satisfait les besoins en eau potable, en industrie et en sylviculture de la région. Malgré
l’importance des intérêts économiques et sanitaires en jeu, le fonctionnement de l’aquifère
multicouches est encore très mal connu et les conséquences d’exploitation qui se développent
de manière exponentielle et incontrôlée depuis l’apparition massive des forages profonds ne
sont pas évalués.
Dans la région de Pointe-Noire les seules couches aquifères les plus exploités sont AQ-1 et
AQ2. Une enquête et des observations sur le terrain montrent que l’aquifère AQ-1 est exploité
par la population pour l’approvisionner en eau par l’intermédiaire des puits traditionnels de
faible profondeur (allant de 0,50 à 10 m) en fin de saison sèche avec une variation saisonnière
importante allant de 3 à 5 m. L’exploitation artisanale de cet aquifère n’a pas d’impact
important sur l’évolution du niveau piézométrique.
Depuis le début des années 60, l’aquifère AQ-2 de Pointe-Noire est exploité dans les secteurs
où la nappe est captive, voire artésienne. A partir des années 1986, les ouvrages profonds se
sont multipliés. Ces ouvrages de captage alimentent le réseau d’adduction d’eau potable (de la
société SNDE) de la ville de Pointe-Noire. En effet, avec le développement économique de la
région, les techniques de forage et de pompage sont devenues économiquement accessibles.
Depuis les années 2000, Pointe-Noire connaît un très fort taux d’accroissement de sa
population. Cette croissance fulgurante est accompagnée du foisonnement des forages privés.
Actuellement, les débits prélevés dépassent 88848 m3.j-1. Alors que le seuil donné dans cette
région est 40000 m 3.j-1, passer ce seuil, le risque d’intrusion saline est important avec des
baisses des niveaux piézométriques de quelques mètres.
Dans le même temps, les premiers forages artésiens ont vu leur débit diminuer. La
multiplication des captages de cet aquifère a entrainé une surexploitation dudit aquifère ainsi
que la détérioration de la qualité des eaux par intrusion saline. Le volume prélevé par chaque
ouvrage privé correspondant aux besoins des ménages ou d’une entreprise, évolue presque
chaque année (reste souvent grandissant). Le nombre de forages captant cet aquifère en 2007
se situe autour d’une centaine. Aujourd’hui la commercialisation de l’eau potable par des
entreprises privées est effective, mécanisme difficile à arrêter ou à contrôler par manque d’eau
dans la ville et par la non application du code de l’eau.
Aussi, des problèmes de réduction de la charge de l’aquifère dans les zones artésiennes du
bassin et de forte minéralisation des eaux souterraines sont déjà identifiés par la Société
Nationale de Distribution d’Eau potable, car ce réservoir présente un écoulement à forte
inertie hydrodynamique. Cette inertie nécessite de prendre des mesures préventives adaptées.

14
Contrairement à des mesures curatives qui consistent à communiquer sur les améliorations
qu’elles apportent au fur et à mesure des progrès constatés, une démarche préventive est très
peu motivante car on ne peut pas évaluer son efficacité immédiate. En effet, comment
connaître la situation en l’absence d’action ? De plus, comment mobiliser et engager les
décideurs, les gestionnaires et les usagers alors que l’aquifère fournit encore à tout le monde
une eau conforme aux normes de potabilité ?
Malgré la menace identifiée et les enjeux (sanitaires, sociaux et économiques) qui pèsent sur
le système aquifère du bassin sédimentaire côtier de Pointe-Noire, l’étude et la gestion de
cette ressource ne fait l’objet d’aucun programme régulier. Les connaissances actuelles ne
concernant que l’agglomération de Pointe-Noire et non l’ensemble du bassin, proviennent,
pour l’essentiel, d’études de cas sur l’eau et de recherches [1, 2] qui sont venus compléter
ceux des pétroliers. Depuis la fin des années 1980, le constat d’une intrusion du biseau salé
important dans les abords côtiers a concentré toutes les attentions des gestionnaires publics et
des collectivités territoriales.
Le travail de recherche présenté dans cette thèse se fonde sur l’ensemble des études
précédentes et a pour but d’apporter une vision actualisée et synthétique du fonctionnement
hydrodynamique du système aquifère de Pointe-Noire ; alors que la connaissance du système
étudié s’est toujours heurtée à sa complexité. Pour atteindre ce but, l’étude se fixe pour
objectif, de :
• faire un bilan le plus complet possible des connaissances, de les actualiser et de les
compléter, afin de faire une étude sur le fonctionnement hydrodynamique de l’AQ-2;
• faire une étude de la composition chimique des eaux de l’ensemble de l’aquifère AQ-
2 afin de rechercher les indices d’une éventuelle intrusion saline
• et d’évaluer la recharge de ce système aquifère, afin de construire un modèle
hydrogéologique de la couche aquifère la plus exploitée (AQ-2).
D’un point de vue méthodologique, c’est aussi une approche originale de l’usage des aspects
de modélisation qui sont : (i) la simulation des écoulements souterrains à l’aide d’un modèle à
saturation variable monodimensionnel (HYDRUS 1D), et (ii) la simulation de la piézométrie
à l’aide d’un modèle à saturation totale multidimensionnel (PMWIN).
Dans les trois premiers chapitres, nous examinons tous les éléments nécessaires à une
compréhension globale du système aquifère de la région de Pointe-Noire. Cette démarche est
rendue possible par l’utilisation des méthodes du système d’information géographique (SIG)
qui permet de rassembler les différents éléments du système en un tout afin d’élaborer un
système d’information hydrogéologique (SIH) de la région.
L’acquisition de données nouvelles a eu pour but de compléter, d’actualiser les données
antérieures par : (a) une analyse des données de la compagne d’essai de pompage dans les
nouveaux forages, (b) un suivi des niveaux d’eau dans les forages pour actualiser la carte
piézométrique et d’étudier la dynamique de l’aquifère au cours du temps, (c) une compagne
d’analyse chimique des ions majeurs pour tenter de dégager des tendances dans l’évolution
qualitative des eaux et le fonctionnement du système aquifère.

15
Dans les deux derniers chapitres, la modélisation de transfert hydrique monodimensionnelle
(1D) du système sol-plante-atmosphère, sont conduites à l'aide de modèles appropriés
(HYDRUS 1D). Globalement, la question du bilan hydrique et plus précisément, l’évaluation
de la recharge, est étudiée avec attention. Tous ces éléments d’hydrogéologie physique (par
opposition aux apports de l’hydrochimie) permettront de construire un premier modèle
hydrogéologique de l’aquifère AQ-2 de Pointe-Noire à l’aide du programme
multidimensionnel PMWIN.
Ce travail s’inscrit dans une étude globale de mise au point d’outils de caractérisation et de
modélisation de flux d’eau souterraine et de polluant transporté par l’eau transitant en milieux
poreux (variablement et totalement saturé) du système aquifère de la région de Pointe-Noire

16
Chapitre 1

Contexte général de la région de Pointe-Noire

1.1 Contexte géographique de Pointe-Noire


1.1.1 Situation géographique
La région de Pointe-Noire qui intègre notre étude est une agglomération située sur la côte
atlantique de l’Afrique centrale, à l’extrémité Sud-Ouest du Congo. Ses coordonnées
géographiques sont comprises entre les méridiens 11°30 et 12° Est et les parallèles 4°30 et 5°
Sud. Sa superficie d’environ 15.660 hectares est répartie sur un rayon de 15 kilomètres
(Fig.1.1). Présentant une position géographique très prépondérante à qui elle doit ses traits les
plus caractéristiques, la région étudiée est une zone idéale du contact océan-continent où les
effets des courants marins et de la masse d’air maritime atlantique présentent des effets qui
ont été signalés par [3 et 4] : instabilité atmosphérique par frottement du flux humide
océanique saturé d’humidité, épaisseur plus grande de la couche humide au bord du littoral
qu’à l’intérieur du continent, influence constante de la houle du Sud-ouest, précipitations
annuelles relativement faibles en moyenne 1200 mm par rapport à l’ensemble du pays. En
dépit de ces effets, elle est la zone qui facilite en outre la pénétration du flux océanique dans
le continent, attiré par les zones basses.
1.1.2 Géographie humaine
La région de Pointe-Noire possède l’un des grands ports d’Afrique et est actuellement la
deuxième ville du Congo avec près de 20% de la population totale du pays. Avec plus de
600000 habitants, Pointe-Noire est entrain de connaître un très fort taux d’accroissement de sa
population. Cette croissance fulgurante est accompagnée d’un développement urbain extensif
qui a pour conséquence la consommation incontrôlée de l’espace. Cette forte consommation
de l’espace, est aussi due au mode de construction qui privilégie l’extension horizontale pour
la grande partie de la ville, c'est-à-dire toute la partie Est.
1.1.3 Activités économiques
La région de Pointe-Noire située sur la façade atlantique est le débouché naturel d’un axe de
communication prépondérant pour l’Afrique Centrale. La croissance de cette région s’est
développée sous l’impulsion des activités pétrolière et portuaire. Cette région constitue le
poumon économique du Congo où sont concentrées presque la quasi-totalité des industries
(secteur bois, secteur mines : potasse et magnésium, hydrocarbures, boisson, eau minérale…).
Elle est aussi une région sylvicole où se développent des milliers d’hectares de plantations
d’eucalyptus.

17
Figure 1.1: Situation géographique de la région de Pointe-Noire
Ces activités industrielles se développent chaque année, aggravant ainsi les problèmes
d’alimentation en eau potable et en énergie. A cela s’ajoute la pollution de l’air, des sols et
des eaux par les rejets domestiques et industriels (hydrocarbures, effluents divers) et par
l’utilisation des sols (forêts d’eucalyptus).
La région de Pointe-Noire compte plus de 77 forages repartis comme suite 23 forages pour la
SNDE avec pour débit d’exploitation 2477 m 3.h-1 soit 59448 m 3.j-1 et 54 forages privés (44
forages d’eau des gros consommateurs et 7 forages de petits consommateurs) pour un débit de
29400 m 3.j-1 ; soit au total la consommation dans cette région est de 88848 m 3.j-1 ; débit
largement supérieure à l’usage prévisionnel
1.1.4 Géomorphologie
La région étudiée est une zone de subsidence peu à peu comblée par des dépôts marins et
éoliens mis en place pendant la grande phase du Léopoldvillien (phase climatique du

18
Quaternaire datée de ça 30000 à 12000 ans BP, a été aride). Cette phase qui a culminé vers
18000 ans BP a vu une nouvelle ou une forte extension des paysages des petites savanes.
La région de Pointe-Noire est caractérisée par deux grandes unités orographiques : la plaine
côtière et le plateau de Hinda bordé par un talus parallèle à la côte.
La plaine côtière à l’Ouest, est composée des cordons sableux parallèles à la côte. Ces
cordons sableux sont disposés en deux ou trois séries parallèles les unes aux autres (Fig.1.2).
La première série, la plus proche de l’Océan, a des altitudes inférieures ou égales à 10 m, la
suivante à 15 m et la dernière à 21 m (Fig.1.2). Ces cordons constituent dans certains endroits
de lourdes croupes aux sommets aplatis, séparées les unes des autres par des dépressions
souvent marécageuses. Ils sont interrompus localement par des petites vallées marécageuses
de la Songholo et des ses affluents. A cause de l’enfoncement de la rivière Songholo et de ses
affluents, la plaine littorale de la région de Pointe-Noire est en partie vallonnée. Elle prend
l’allure d’un bas plateau s’étendant sur environ 23 km2 autour de la ville.
A l’arrière des cordons sableux se déploie la plaine littorale particulièrement monotone. Elle
est très développée au Sud de Pointe-Noire où sa largeur atteint 4 km entre Ngoyo et côte-
Matêve.
Le talus à profil redressé sépare le plateau du littoral. Il a un tracé quasi rectiligne parallèle à
la côte avec une direction sud est - nord ouest et une concavité basale sensible. Il se situe dans
la région de Pointe-Noire à 6 km environ de la côte. Ce talus présente localement un petit
replat visible en arrière de l’agglomération de Pointe-Noire. Le long du talus et sur les
versants des vallées se localisent les érosions en cirque [5].
Le plateau de Hinda à l’Est d’altitude supérieure ou égale à 80 m, peu accidenté, s’étend sur
une surface monotone perturbée d’une part par des petites ondulations et, d’autre part par des
vallons secs, ainsi que par quelques dépressions fermées. Le plateau est recouvert par des
forêts artificielles d’eucalyptus. C’est dans cette zone où l’écoulement latéral des eaux
souterraines et leur zonalité sont déterminés. A l’Est de ce plateau se développe une zone des
collines polyconvexes qui détermine le bassin sédimentaire côtier et forme la transition entre
ce dernier et le Mayombe.
1.1.5 Pédologie
Les sols de la région de Pointe-Noire sont rangés dans le groupe des Ferralic Arenosols.
L’appartenance au groupe des arénosols s’explique par la présence sur une profondeur de plus
d’un mètre :
• d’une texture sableuse,
• de moins de 35 % en volume de fragments grossiers (0 % à Pointe-Noire),

19
Figure 1.2: Carte simplifiée des affleurements de la région de Pointe-Noire

20
• et l’absence d’horizons diagnostics autres que ochric, yermic ou albic ou un horizon
de type plinthic, petroplinthic ou salic au-delà de 50 cm de profondeur ou un horizon
de type argic ou spodic au-delà de 2 m de profondeur [6].
Les sols de Pointe-Noire correspondent bien aux propriétés de type ferralic. Ces sols ont des
caractéristiques physico-chimiques très semblables à celles du groupe des Ferralic Arenosols
quelle que soit la nature de la végétation rencontrée. Ils sont développés sur matériaux
détritiques où les minéraux altérables sont pratiquement absents.
Ces sols présentent une teneur en matière organique inférieure ou égale à 1 %, une texture
sableuse (80 à 90 % de sable), avec une teneur en argile d’environ 7 % dans les 30 premiers
centimètres supérieurs qui augmente faiblement en profondeur. La proportion de limons reste
inférieure à 4 % quel que soit l’horizon considéré. Les sables grossiers et fins représentent en
profondeur 82 à 90 % de la masse du sol [7]. Ces sols d’une grande homogénéité présentent
un rapport C/N qui varie de 10 à 14, un taux d’humification faible généralement inférieur à 10
%, une faible capacité d’échange cationique (environ 2 mcq/100g) et un degré de saturation
bas de l’ordre de 20 à 30 % [8]. En raison de cette texture sableuse, la densité apparente est
élevée et la réserve hydrique limitée. On rencontre de très faibles variations de teneur de
propriétés physico-chimiques [7, 6].
Ce sont des sols pauvres avec une faible capacité de rétention hydrique, montrant une
alternance des sédiments sableux (sols acides très sableux, de profondeur très importante
parfois localement podzolisé lié à la formation de la série de cirques). Ils présentent des
propriétés physiques très favorables à l’infiltration d’eaux de pluies pour alimenter les nappes
aquifères [9].
1.2 Couverture végétale
Les écosystèmes naturels sont des savanes qui sont les formations dominantes de la région
ponténégrine. Elles correspondent aux pluviométries les moins fortes de la région et prennent
de l’extension au fur et à mesure que l’on se rapproche de l’océan. Ces savanes sont
constituées de peuplement herbacé de taille réduite (0,5 à 1,5 m de hauteur) et couvrant mal le
sol [6, 8]. Ce sont pour certains botanistes des pseudo-steppes qui prennent l’allure de steppes
graminéennes. Ces savanes originelles ont subi un afforestage par des espèces à croissance
rapide : Eucalyptus, Pins, Acacias. Ces espèces constituent des massifs forestiers. La savane
et les Eucalyptus constituent les couvertures végétales les plus représentatives dans la zone de
recharge de la région de Pointe-Noire.
1.3 Contexte géologique
La région de Pointe-Noire appartenant au bassin sédimentaire côtier d’âge crétacé et tertiaire
recouverte par les formations d’âges plio-pléistocènes (série des cirques), formées de sables
très perméables comprenant de multiples horizons résistants. Le crétacé n’affleure qu’en
bordure du Mayombe et dans quelques fenêtres sur la côte atlantique (Fig.1.2). Des rares
alluvions en bordure de quelques rivières complètent la couverture de ce bassin.

21
1.3.1 Principales formations stratigraphiques
Les synthèses géologiques réalisées par les travaux antérieurs [10] dont on trouvera une
présentation analytique dans les travaux de [2], ont permis l’établissement d’une échelle
litostratigraphique (Fig.1.3). On a pu constater, en effet, que l’ordre dans lequel se succèdent
les séries observées en affleurement et celles rencontrées par les forages profonds a permis
d’accorder une valeur à cette échelle relative.
Notre zone d’étude correspond à un accident tectonique longitudinal, faille ou flexure. Le
contact entre les dépôts sédimentaires et le socle précambrien, sous-jacent est discordant et
témoigne d’une longue période d’érosion. Des discontinuités latérales sont observées de l’aval
vers l’amont du bassin sédimentaire côtier. Ainsi, de bas en haut on observe des formations
suivantes :
[Link] Précambrien
Constitué par un socle cristallophyllien qui affleure dans le Mayombe, mais dans le bassin
sédimentaire, il est très profond. Cet approfondissement serait dû à un accident tectonique
longitudinal, faille ou flexure. Le contact entre les dépôts sédimentaires et le socle
précambrien sous-jacent est discordant et témoigne d’une longue période d’érosion
[Link] Formations mésozoïque et cénozoïque
Le Mésozoïque montre des lacunes au niveau du Trias et du Jurassique dans les données du
bassin sédimentaire côtier du Congo. Dans l’ère Cénozoïque, le Paléocène, l’Oligocène et le
Pliocène sont aussi lacunaires. Les faciès du Crétacés, du tertiaire (Miocène et
d’Eocène/Cénomien) jusqu’au quaternaire sont représentés sous plusieurs étages et
constituent les formations offshores dans le bassin sédimentaire côtier de Pointe-Noire.

[Link].1 Crétacé
Les faciès de Crétacé sont représentés sous plusieurs étages : le Néocomien, le Barrémien,
l’Aptien, l’Albien, le Cénomanien, Turonien et Maastrichtien.
Néocomien : caractérisé par des formations des grès de Vandji, d’épaisseur allant de
50 à 800 m, constituées par une alternance des grès feldspathiques parfois conglomératiques,
des argiles grises silteuses et quelques rares niveaux carboniques ; les marnes de Sialivakou
qui reposent en continuité sur les formations de grès de Vandji, leurs épaisseurs varient entre
130 et 800 m. Ces formations sont constituées de marnes bitumeuses à intercalations de
niveaux sableux ou silteux. Elles sont couvertes des formations des grès de Djéno d’épaisseur
comprise entre 800 et 1400 m, et sont constituées par une alternance de grès micacés argilo-
carbonatés, de siltstones et d’argiles grises riches en matière organique.
Néocomien-Barrémien : ce sont les formations de marnes de Pointe-Noire d’épaisseur
variant ente 300 et 700 m, constituées des marnes bitumineuses et pyriteuses à intercalations
d’argiles silteuses et des grès micacés très fins.

22
Figure 1.3: Coupe lithostratigraphique du bassin sédimentaire côtier de Pointe-Noire

23
Barrémien : les argiles de Pointe-Indienne d’épaisseur environ 1500 m sont plastiques
de couleurs gris-vert parfois silteuses et micacées. Elles renferment des intercalations de
minces niveaux de grès, de siltstones et de carbonates. Ces argiles ont comme équivalents
latéraux les carbonates de Toca, les grès de Mengo et les sables de Tchibota.
Aptien : les sables de Chela, reposent en discordance sur l’ensemble des formations
sous-jacentes. Ils sont constitués à la base de niveaux conglomératiques polygéniques
surmontés par des sables et des grès fins à moyens à ciment dolomitique et à petits lits
d’argiles vertes. Au sommet apparaissent des marnes bitumineuses riches en pyrite et à traces
d’anhydrite. Son épaisseur est comprise entre 15 et 60 m.
Le salifère de la Loèmé, formation d’âge Aptien présente une sédimentation cyclique
atteignant 650 à 1000 m d’épaisseur. Chaque séquence est constituée à la base d’argiles noires
bitumineuses riches en débris de bois à rares intercalations de bancs dolomitiques de moins de
2 m d’épaisseur et surmontées par un niveau salifère très épais (alternance d’halite, sylvinite
et carnallite). Tout ce cycle est couronné par un banc d’anhydrite d’environ 50 m d’épaisseur.
Albien : les carbonates de Sendji surmontent la série salifère de Loémé. Son épaisseur
varie entre 50 et 1700 m. Cet étage est constitué par une alternance des dolomies calcaires, de
calcaires dolomitiques intercalés au sommet par de grès, de silstones, d’argiles silteuses et des
rares niveaux anhydritiques.
Albien supérieur, Cénomanien, Turonien : ces séries sont marquées par la formation
silto-argileuse de Likouala qui est en continuité de sédimentation sur les carbonates de Sendji.
Son épaisseur moyenne est de 300 m. Cette formation est constituée des grès fins et très fins,
de silstones argilo-carbonatés, de minces niveaux de calcaires bioclastiques et d’argiles
silteuses gris verdâtres.
Cénomanien : caractérisée par les grès de Tchala équivalent latéral des silts de
Likouala. D’une épaisseur pouvant atteindre 500 m, cette formation est constituée des sables
très peu consolidés mélangés avec des grès hétérométriques fins à grossiers à ciment siliceux
intercalés d’argiles, d’anhydrites, d’argiles bariolées et de calcaires argileux. Elle est
beaucoup plus rencontrée dans la partie orientale du bassin.
Turonien : Caractérisée par la formation dolomitique de Loango composée de bas en
haut de couches d’argile silteuse, des silstones à ciment argilo-carbonaté passant parfois à des
grès fins, de dolomie gréseuse grise à beige, microcristallines, vacuolaires. Son épaisseur est
généralement constante d’environ 100 m.
Maastrichtien : Caractérisée par la série de Holle essentiellement phosphatée. Elle
repose soit sur des grès soit sur des argiles d’âge crétacé moyen. Sur la côte, l’érosion marine
actuelle dissèque et dénude sous forme de pointe, les affleurements rocheux de la partie
inférieure non phosphatée de la série de Holle d’âge Sénonien.

24
[Link].2 Tertiaire
[Link].2.1 Sénonien, Paléocène, Eocène
Les marnes de Madingo peuvent atteindre 600 m d’épaisseur. Ces formations sont composées
de marnes siliceuses ou sableuses intercalées par des calcaires argileux et crayeux, des argiles
fossilifères silteuses riches en substances organiques.

[Link].2.2 Miocène
Le Miocène est caractérisé par des argilo-sableuses de Paloukou de la série des sables
grossiers ferrugineux qui reposent en discordance sur toutes les formations post-salifères.
Cette discordance est soulignée par la présence de lambeaux d’une cuirasse latéritique
ancienne. Cette formation varie entre 100 m sur la plate-forme continentale et plus de 1000 m
dans la zone de talus. C’est une puissante série argileuse intercalée des sables et des calcaires.
Elle présente un intérêt hydrogéologique.

[Link].3 Quaternaire
Au cours du quaternaire, plusieurs cycles glaciaire et interglaciaire se sont succédés. Ceux-ci
ont considérablement influencé l’évolution du relief, la sédimentation côtière avec le
revêtement quasi totale de la superficie du bassin. D’où, les formations argilo-sableuses du
Miocène sont surmontées par 150 à 200 m de dépôts gravelo-sableux cartographiés sous le
vocable de ’’série des cirques’’ à causes des énormes excavations qui s’y sont creusées. Elle
recouvre environ 99 % de la superficie du bassin côtier (cf. Fig.1.2).
La précision sur l’âge de ce terme supérieur du bassin sédimentaire côtier fait l’objet de
divergences. Les premières études [11, 12, 13, 14, et 15] attribuent à ce terme supérieur l’âge
Plio-Pléistocène. Ils l’ont attribué par analogie avec les formations des régions voisines telles
que le continental terminal de la cuvette du Tchad, les sables du Bénin et du Nigeria
méridional ; mais au Sénégal l’on a fini par attribuer au Continental Terminal l’âge
Eocène/Miocène. Les recherches paléontologiques dans cette région, attribuent à celle-ci des
âges approximatifs par rapport aux faunes trouvées qui appartiennent à l’Eocène et au
Pléistocène. Plusieurs divergences peuvent être notées sur la détermination de la précision de
l’âge de la série des cirques dans cette région côtière. Certains travaux [cf. dans 10] l’ont
rapporté au Sénonien supérieur ; les autres [16] mentionnent que cette série discordante sur le
Crétacé, complètement dépourvue de fossiles, considérée comme Plio-Pléistocène se serait
mise en place à l’occasion de périodes morphoclimatiques nuancées…, des horizons
supérieurs apparaissent comme de simples niveaux d’altération de la formation, susceptibles
d’être, peut-être, rapportés à la période sub-actuelle ‘‘Kibanguienne’’. Les travaux de [17]
confirment le caractère azoïque de la série des cirques et ajoutent qu’on peut admettre cette
approximation pour les couches les plus superficielles, par contre les sondages de
l’exploration pétrolière du bassin ont pu montrer que les niveaux les plus profonds étaient les
équivalents latéraux continentaux des sédimentations marines Cénozoïques, voire
Mésozoïques [5].

25
Les recherches les plus récentes [2] dans cette région, établissent une chronologie complète et
précise des formations postsalifères. Elle date du Miocène la formation argilo-sableuse sur
laquelle repose la série de cirques.
Mais une étude plus fine de l’âge de la série des cirques, doit être faite dans cette région pour
préciser une meilleure datation de celle-ci. Tout compte fait, cette formation est constituée par
plusieurs couches composées de graviers, de sable grossier et d’argiles multicolores (rouges,
jaunes blanches, violettes…) qui affleurent largement dans la région de Pointe-Noire où elle
occupe environ 6000 km2. Cette série est intéressante d’un point de vue hydrogéologique et
ses aquifères sont fortement sollicités.
1.3.2 Structure et tectonique
La structure du bassin sédimentaire côtier de la région de Pointe-Noire est dans l’ensemble
monoclinale et profonde, avec de faibles pendages, inférieurs à 1 % vers l’océan (Fig. I.3). Ce
pandage est la conséquence du rejet d’un système de faille important dû à la chaîne du
Mayombe.
En général, la structuration des formations post-salifères est directement liée aux phénomènes
halocinétiques dont deux grandes phases sont connues : l’Albien supérieur et le tertiaire. Cette
tectonique a engendrée dans ce bassin, diverses structures réparties de l’ouest vers l’est en
quatre zones : (i) la zone de grands diapirs et dômes de sels dans le grand offshore ; (ii) la
zone à carapaces de tortue et structure dissymétriques ; (iii) la zone à diapirs et intumescences
et (iv) la zone à sel calme dans la partie on shore du bassin [2].
1.4 Climatologie
1.4.1 Introduction : contexte climatique
La région de Pointe-Noire est située dans la partie Sud Congo dont elle doit ses traits
climatiques généraux. Les principaux traits du climat du Sud Congo ont été décrits par
plusieurs travaux [18, 19, 20 et 21]. Comme dans toute l’Afrique Centrale Atlantique, le
Congo en général et le Sud Congo en particulier sont sous la dépendance de trois anticyclones
permanents localisés au Nord-Ouest sur les îles Açores et Canaries, au Sud-Ouest sur l’Ile de
Sainte-Hélène et au Sud-Est sur les Mascareignes, avec une influence prépondérante australe.
Les anticyclones semi-permanents Egypto-lybien et Sud africain jouent aussi un rôle très
important sur ce climat.
Les travaux [22], où des longues séries de données climatiques ont été analysées, subdivisent
le Congo en deux types climatiques : Le climat équatorial au Nord et le climat tropical
humide au Sud. La région de Pointe-Noire appartient au climat tropical humide. Ce climat est
sous l’influence prépondérante de basses pressions intertropicales d’octobre à mai et de hautes
pressions subtropicales australes de juin à septembre. La couverture nuageuse est d’autant
plus importante et quasi-permanente que l’activité de la Zone de Convergence Inter Tropicale
(ZCIT) est inverse. Elle influence directement l’insolation et le rayonnement solaire.
Elle est caractérisée par une alternance de deux saisons : une saison pluvieuse et chaude qui
s’étend de novembre à avril caractérisée par une pluviométrie très fortement contrastée et une
saison sèche et fraîche de juin à septembre durant laquelle le bilan hydrologique est

26
probablement déficitaire [23]. Les mois de mai et octobre assurent une période de transition
de l’entrée et de la sortie de la saison sèche.
1.4.2 Pluviométrie
La connaissance de l’évolution pluviométrique est importante pour comprendre et essayer de
mieux interpréter les comportements des piézomètres implantés dans la zone d’étude.
Cependant, l’évolution du niveau du système d’aquifères de Pointe-Noire dépend des
précipitations mais également de l’évapotranspiration ; le ruissellement étant faible dans cette
région influence plus ou moins la recharge de la nappe.
Le réseau de mesures pluviométriques dans le littoral congolais comporte plus de sept stations
dispersées dans l’ensemble de la région. Nous nous limitons à une station synoptique, celle de
l’aéroport de Pointe-Noire appartement au Service de la Météorologie Nationale. La
différence de la quantité d’eau tombée n’est pas significative entre stations.
Les résultats présentés ici sont d’une courte série (1978-2008) où la pluviométrie moyenne
annuelle est de 1178 mm. Les études fines [24] plus récentes avec une longue série, effectuées
dans le Sud Congo, dans lesquelles on enregistre en moyenne annuelle 1200 mm confirment
ces résultats. Le régime pluviométrique (Fig.1.4) permet de mettre en évidence les principales
périodes des séries pluviométriques annuelles. Ces séries se caractérisent par deux périodes de
fortes pluies de novembre à décembre et de février à avril, séparées par une période de
ralentissement pluvieuse (de janvier à février), suivies d’une période sèche (de juin à
septembre). Ces périodes de fortes pluies correspondent aux périodes de recharge des nappes
avec des maxima aux mois de décembre et mars.

Figure 1.4 : Pluviométrie moyenne mensuelle de Pointe-Noire (1978-2008)

Les précipitations à Pointe-Noire connaissent des variations à différentes échelles de temps.


On note une présence des fluctuations mensuelles importantes d’une année à une autre sans
une tendance claire dans ces dernières décennies. Parfois la saison pluvieuse a la même durée
que la saison sèche. Cette région connaît la plus forte variation pluviométrique de l’Afrique

27
Equatoriale Atlantique (31%) due à sa position en bordure de l’Océan Atlantique, qui
l’expose à une influence prépondérante des anticyclones de Sainte-Hélène et sud africain.
Pointe-Noire fait partie des secteurs faiblement arrosés du Congo. Cette faiblesse constatée
dans cette agglomération côtière est liée à l’effort conjugué du courant froid de Benguela et
des hautes pressions subtropicales.
La variabilité pluviométrique inter-annuelle appréciée à partir des écarts moyens pondérés
montre trois principales périodes dont deux périodes déficitaires (1978-1980 et 1991-1993)
marquées par des écarts négatives et une période excédentaire (1994-1999) exprimée par des
anomalies positives (Fig.1.5). Une alternance d’écarts positives et négatives se caractérise à
partir des années 2000 jusqu’à nos jours, marquant une tendance à la baisse.

Moyenne = 1141; CV = 0,21


2
1,5
1
0,5
0
-0,5
-1
-1,5
-2
-2,5
-3

Figure 1.5 : Variabilité inter annuelle de la pluviométrie de Pointe-Noire (1978-2008)

1.4.3 Températures
Les observations disponibles (Pointe-Noire depuis 1930) montrent que les températures
globales de l’atmosphère terrestre sont inégalement réparties à l’échelle temporelle
(journalière, mensuelle, saisonnière et annuelle). En dépit de cette disparité thermique
temporelle, les températures de Pointe-Noire comme de tout le Sud Congo sont à la hausse,
une hausse qui semble aller dans le sens du réchauffement global constaté à partir d’analyse
fine des séries de températures extrêmes : recherche des tendances, des ruptures possibles des
séries [24, 25].
Nous représentons ici la chronique de la dernière décennie (1978 à 2008) où les températures
moyennes journalières oscillent entre 22.2 et 28°C avec des faibles écarts thermiques
(Fig.1.6). Cette figure (Fig.1.6) montre que les températures les plus fortes sont observées
pendant les périodes pluvieuses et les plus basses pendant la période sèche, d’où les périodes
pluvieuses sont chaudes et la période sèche et fraîche.
Les températures maximales journalières d’une façon générale ne sont pas très élevées,
elles varient de 20.8°C à 31.9°C. Toutefois, les valeurs maximales les plus importantes

28
observées sont de l’ordre de 31°C et les valeurs maximales les plus basses sont de l’ordre de
20°C. Les températures minimales journalières sont comprises entre 15°C et 25.9°C.
Les deux dernières décennies marquent un net réchauffement des températures en surface
avec une hausse d’environ 0.5°C par rapport à la normale climatologique correspondant à la
période de référence 1961-1990. Ce réchauffement, au cours des deux dernières décennies, est
plus important (anomalies : 0.8°C) en septembre-octobre-novembre et plus faible (anomalies :
0.4°C) en mars-avril-mai.

35,0

30,0
Tempérarure moyenne journalière

25,0

20,0

15,0

10,0

5,0

0,0

Figure 1.6 : Température moyenne journalière de Pointe-Noire (1978-2008)

L’année 2000 représente l’année où la température moyenne annuelle en surface est


supérieure à la normale correspondant à la période de référence 1961-1990. La température
record a été observée ces dernières décennies en 1988 (37.7°C) et la plus basses en 1993
(12.5°C).
1.4.4 Autres facteurs climatiques
[Link] Humidité relative et insolation
L’atmosphère de Pointe-Noire est en général caractérisée par une humidité moyenne
journalière permanente élevée quelque soit la saison.
Les tableaux 1.1 et 1.2 et les graphiques de la figure 1.7 présentent les données d’humidité
relative et d’insolation à Pointe-Noire.

Tableau 1.1 : Humidité relative (HR%) à Pointe-Noire (1978-2008)


J F M A M J J A S O N D Année
Min 67.7 67.0 65.6 66.5 69.0 66.4 64.8 65.2 67.4 68.7 70.5 69.6 67.4
Max 95.4 95.2 95.5 95.6 95.9 95.4 94.9 94.2 93.5 92.4 94.5 95.6 94.8
Moy 81.6 81.1 80.6 81.0 82.5 80.9 79.9 79.7 80.5 80.6 82.5 82.6 81.1

29
Tableau 1.2 : Insolation (R en heures) à Pointe-Noire (1988-2008)
J F M A M J J A S O N D Année
Moy 169 163 203 182 168 123 121 101 67 93 136 144 139
Ecart type 31 30 51 17 38 29 34 27 19 33 43 30 32

L’humidité relative moyenne journalière est de 81.1 % (67.4 % min et 94.8 % max). Les
moyennes journalières (Fig.1.7) sont élevées entre novembre et février et avril et Mai et
peuvent atteindre 84 % en novembre, décembre et mai. Elles ne sont jamais faibles mais
retombent à des valeurs de 79 % pendant la saison sèche en juin - septembre, à cause des eaux
froides du courant de Benguela qui stabilisent les bas niveaux de l’atmosphère. Le temps se
caractérise par une absence des nuages convectifs.

Humidité relative
86.0

84.0

82.0
HR %

80.0

78.0

76.0

74.0
01/ 01/ 00 01/ 02/ 00 01/ 03/ 00 01/ 04/ 00 01/ 05/ 00 01/ 06/ 00 01/ 07/ 00 01/ 08/ 00 01/ 09/ 00 01/ 10/ 00 01/ 11/ 00 01/ 12/ 00

Pas du t emps jour nalier s

Durée d'insolation
9.0

8.0

7.0

6.0
R(heures)

5.0

4.0

3.0

2.0

1.0

0.0
01/01/00 01/ 03/0 01/ 05/ 00 01/07/ 00 01/ 09/ 0 01/11/ 00
Pas du temps jounaliers

Figure 1.7 : Evolution journalière de l’humidité relative (HR%) et de l’insolation


30
(R heures) à Pointe-Noire (1978-2008)
La moyenne mensuelle annuelle de l’insolation est de 139 heures dans la région de Pointe-
Noire (Tab.1.2). Le total annuel est faible (1669 heures) et ne dépasse guère 2000 heures à
cause de la nébulosité. C’est elle qui intensifie le pouvoir évaporant de l’air et représente de
ce fait le paramètre essentiel du rayonnement global. Elle détermine le bilan hydrologique et
intervient surtout dans le processus du cycle de l’eau.
Sans pour autant aborder de façon in fine, le rayonnement global que nous avons calculé en
annexe 1 selon les méthodes empiriques existantes, le tableau 1.3 présente les valeurs
moyennes journalières. La figure 1.8 présente l’évolution du rayonnement global au cours de
l’année.

Tableau 1.3 : Rayonnement global moyen journalier MJ.m-2.j-1 à Pointe-Noire

Mois J F M A M J J A S O N D

Rg moy./Jour 14.8 15.5 16.2 16.1 13.6 10.9 10.6 10.1 10.3 13.9 14.7 15.7

Rayonnement global
20
18
16
14
Rayonnement global

12
MJ.m-2.j-1

10
8
6
4
2
0
J F M A M J J A S O N D

Figure 1.8 : Evolution du rayonnement global (Rg en MJ.m-2.j-1) à Pointe-Noire


(1978-2009)
L’évolution annuelle du rayonnement global est assez bien corrélée avec les maxima en
saison pluvieuse : 13.9, 14.7, 15.7, 14.8, 15.5, 16.2, 16.1, 13.6 MJ.m-2.j-1 entre octobre et mai.
Les minima apparaissent entre les mois de juin et septembre (saison sèche). A cette période,
le rayonnement global est autours de 10 MJ.m-2.j-1 . L’évolution interannuelle de la nébulosité
est stable.

31
[Link] Vent
Les vents les plus dominants dans la région de Pointe-Noire sont les alizés, moins violents. Ils
soufflent le jour de l’ouest vers l’est et stabilisent les températures et la nuit le sens inverse.
Leur vitesse moyenne journalière est de 2 m.s-1, avec un maximum de 5 m.s-1.
Le tableau 1.4 et la figure 1.9 présentent les variations mensuelles de la vitesse moyenne du
vent à Pointe-Noire.
Tableau 1.4 : Vitesse moyenne mensuelle du vent (m.s-1.j-1) à Pointe-Noire (1988-2008)
Mois J F M A M J J A S O N D
Moyenne Journalière 1.9 2.0 1.9 1.9 1.8 1.7 1.6 1.9 2.3 2.8 2.4 2.0
Ecart type 0.1 0.1 0.1 0.2 0.1 0.2 0.2 0.2 0.3 0.2 0.2 0.2

Vite sse du vent


3.5

3.0

2.5
Vitesse (m.s-1.j-1)

2.0

1.5

1.0

0.5

0.0
J F M A M J J A S O N D
Mois

Figure 1.9 : Evolution mensuelle de la vitesse du vent dans la région de Pointe-Noire (1978-
2009)

[Link] Evaporation
L’évaporation mesurée sur une nappe d’eau libre (bac Colorado enterré ou bac dit de classe)
est très importante. Il mesure la hauteur d’eau évaporée sur eau libre, une valeur souvent
élevée mais représentative de l’évaporation sur une station climatologique bien ventilée.
Nous avons utilisé les données mesurées à pas du temps journalier dans les conditions
requises à la station synoptique de Pointe-Noire.
Le tableau 1.5 présente les variations mensuelles de l’évaporation à Pointe-Noire.
L’évolution journalière de l’évaporation au cours de l’année est illustrée sur la figure 1.10. Sa
moyenne inter annuelle est de 1481 mm à Pointe-Noire. Pendant la période sèche

32
l’évaporation subit un léger fléchissement, mais elle est toujours élevée quelque soit la saison.
Il y a un fort déficit des précipitations sur l’évaporation durant l’année.
Tableau 1.5 : Evaporation mensuel à Pointe-Noire
J F M A M J J A S O N D Année
Moyenne 130 124 148 134 114 97 102 112 109 142 144 124 1481
Ecart type 9 12 11 10 13 11 9 7 10 14 7 6 119

Evaporation journalière
7. 0

6 .0

5. 0
E (mm)

4 .0

3 .0

2 .0

1. 0

0 .0
1 21 41 61 81 10 1 12 1 14 1 16 1 18 1 2 0 1 2 2 1 2 4 1 2 6 1 2 8 1 3 0 1 3 2 1 3 4 1 3 6 1
Pas du tem ps journalier

Figure 1.10 : Evolution journalière de l’évaporation à Pointe-Noire

La figure 1.9 montre que les maximums journaliers sont souvent atteints aux mois de mars et
novembre (environ 6 mm.j-1) et les minimums en juin et juillet (environ 2 mm.j-1).
1.5 Hydrologie de surface
La région de Pointe-Noire présente un réseau hydrographique dense conquis en partie par les
lagunes et les vallons marécageux. Aujourd’hui ce réseau subit une modification par l’effet de
l’urbanisation. Les lagunes et vallons marécageux sont remblayés et les cours de rivières sont
détournés voir réduits et sont devenus les collecteurs des voiries municipales.
Au vu de cette modification environnementale, nous distinguons quatre bassins adjacents
avec, du nord au sud (Fig.1.11) :
a)- le bassin de Gamboussi (72 km2), constitué par l’ensemble des petites rivières de taille
modeste qui sont localisées dans la partie Nord de la région de Pointe-Noire. Son débit
d’écoulement est de l’ordre de 0.0062 [Link]-2. Il a pour principaux affluents la Labendé et
la Ngwambouissi qui se déversent dans l’océan Atlantique en formant un exutoire avec la
Songolo. C’est dans la Gamboussi qu’était installée une usine de traitement d’eau de surface

33
afin d’alimenter la ville portuaire en eau potable. Cette usine n’est plus fonctionnelle faute de
l’intrusion saline dans la rivière et de l’activité anthropique qui a modifié son cours.

Figure 1.11 : Hydrographie et hydrologie de la région de Pointe-Noire


b)- Le bassin de Songolo (52 km2), dont le cours est en grande partie, orienté nord ouest- sud
est. La rivière présente un débit d’étiage de 0.0054 [Link]-2. Les principaux affluents les
plus importants sont : Tchinouka, Tchikondo, Tchingoma,
c)- Le bassin de Tchinkoumbi : Ce bassin qui n’a ni référence de taille ni de module, recouvre
les rivières du sud-ouest. Il est drainé par deux principales rivières : la Tchinkoulou et la
Tchinkatanga.
La Tchikoumbi dont le cours s’étend sur quelques kilomètres, prend sa source vers le bassin
côtier de la Loémé, véritable château d’eau, d’où coule le fleuve Loémé. Elle se nomme alors
la Tchimagni tandis que son cours inférieur en bordure de la côte sauvage, parallèle à cette
dernière, porte le nom de Loya qui se déverse sur l’océan.
d)- Le bassin de Koulombo, avec une superficie de 115 km2 couvre pratiquement tout l’est de
la région de Pointe-Noire. Le principal affluent est la rivière Koulombo, appelée également
Kimpanzou dans son cours moyen et Koulombo dans son cours supérieur. Son module atteint
0.0104 [Link]-2. Cette rivière se jette sur le lac Nanga. Le tributaire le plus important est la

34
Tchikoulou. C’est dans ce bassin adjacent que l’écoulement latéral des eaux souterraines et
leur zonalité sont déterminés.
1.6 Description hydrogéologique du système aquifère de Pointe-Noire
La région de Pointe-Noire appartient au bassin sédimentaire côtier constitué d’un complexe
hydrogéologique, incluant un système aquifère composé de plusieurs couches aquifères
superposées avec une continuité hydraulique. Elle consiste en une vaste dépression remplie
par un complexe de dépôts plio-quaternaires, tertiaires et secondaires contenant cinq horizons
aquifères ou nappes (Fig.1.12).
Ces couches aquifères sont caractérisées géologiquement par leur lithologie ou type de roche
qu’on peut établir successivement de la manière suivante:
• l’aquifère peu profond AQ-1 (non confiné), contient une nappe libre, correspondant au
milieu saturé des couches les plus perméables et plus drainants des sables de surface ;
• l’aquifère profond AQ-2 (confiné), contient une nappe profonde confinée artésienne,
dans certains endroits, correspondant aux couches les plus perméables de la série des
cirques (quaternaire). Elle est constituée de sables hétérogènes parfois silteux alternant
avec les niveaux argilites ;
• l’aquifère profond AQ-3 (confiné), contient une nappe confinée correspondant aux
couches les plus perméables des sables ferrugineux, constituée de sables hétérogènes
parfois conglomératiques alternant avec des concrétions ferrugineuses ;
• l’aquifère profond AQ-4 (confiné) contient aussi une nappe confinée, reposant sur un
substratum peu perméable et limitée par un superstratum peu perméable aussi,
correspondant aux couches les moins perméables de la ‘‘série gréso-dolomitique’’ du
crétacé (secondaire), est constitué de sables argileux et d’agrégats dolomitiques ;
• l’aquifère potentiel AQ-5, est une nappe dite potentielle correspondant à l’unité de la
dolomie et de la calcite de la série calcaro-dolomitique dans laquelle des pertes de
circulation ont été observées dans certains forages d’exploration minière.
Entre les deux premiers horizons supérieurs, quelques lentilles semblent se présenter dans
certains forages, liés aux horizons argileux ou conglomératiques.

35
Figure 1.12: Coupe Hydrogéologique schématique

36
1.7 Limite verticale et épaisseur
La synthèse des études géologiques faites dans cette région [7, 8, 10, 2], a permis de définir
de façon détaillée la structure des différents horizons aquifères (Fig.1.12). On peut établir la
succession hydrogéologique suivante :
• L’aquifère AQ-1 à nappe non confinée, est une unité discontinue dont l’épaisseur
moyenne observée à Pointe-Noire est environ 15 à 80 m. cette nappe est entaillée par
endroit par des ravins et ravines voir même des vallées, où elle correspond aux sables
observés sur les zones des plateaux. Elle est constituée principalement des sables fins
avec une proportion variable de silt et d’argile, sec en surface et saturé sous le niveau
de la nappe, laquelle est généralement libre.
Cet aquifère communique avec l’extérieur de multiples façons :
o connection avec l’aquifère AQ-2 sous-jacent (apports/pertes) par drainance à
travers les couches silteuses et argileuses qui les séparent ;
o eaux de surface (apports/pertes) par les cours d’eau de la région et l’Océan, le
long de la côte ;
o eaux de pluie (apports) par la recharge de la nappe par infiltration directe ;
o eaux de surface (pertes) par sources de débordement, émergence par
infiltration
La proportion des couches silteuses et argileuses séparant les aquifères AQ-1 et AQ-2
diminue graduellement de la plaine côtière vers les plateaux de Hinda, de sorte que
l’aquifère AQ-1 à nappe non confinée se confond avec l’aquifère AQ-2 confinée en
aval et devient non confinée en amont dans les plateaux de Hinda à leur jonction.
• L’aquifère profond AQ-2 constitue (en région de Pointe-Noire) une nappe confinée
artésienne, dont le superstratum se trouve à 80 – 180 m de profondeur. Il est constitué
d’une alternance de sable fin et très fin avec des interlits de sable fins silteux et parfois
de sable cimenté. Les données de forage sont très variables et semblent être
contradictoires, ce qui explique l’hétérogénéité de cet horizon aquifère. L’épaisseur
des lits plus grossiers est variable latéralement et leurs profondeurs relatives par
rapport au niveau de l’océan diffèrent sensiblement d’un site à l’autre. L’épaisseur de
cette nappe varie entre 20 et 30 m.
L’aquifère AQ-2 qui est confiné en aval (en plaine côtière) et non confinée en amont
(plateaux de Hinda) se communique verticalement (apportes/pertes) par des jeux de
drainance à travers les couches semi-perméables le séparant avec les couches aquifères
AQ-1 et AQ-3 et avec l’extérieur à travers la décharge (pertes) vers l’océan et la
recharge (apportes) dans la zone de Hinda
• L’aquifère AQ-3 à nappe confinée profonde, correspond à la portion plus grossière des
sables ferrugineux observés entre 250 et 275 m dans la plaine côtière et dans les
plateaux de Hinda, à une altitude de 100 et 125 m. La série des sables grossiers
ferrugineux, épaisse de 100 à 200 m selon les endroits, est constituée de sables blancs
et des sables argileux de couleur beige ou jaune, à granulométrie variable et incluant
des passées conglomératiques de quartz blancs et des concrétions ferrugineux.
Les descriptions lithologiques des forages d’alimentation en eau aménagés dans la
limite de la ville de Pointe-Noire ne font pas la différence entre les aquifères AQ-2,
37
soit les sables de la série des cirques et AQ-3, soit les sables ferrugineux. Les
profondeurs de captage suggèrent que plusieurs forages captent l’aquifère AQ-2 à
nappe confinée et artésienne, alors que certains plus profonds, pourraient capter
l’aquifère AQ-3 à nappe aussi confinée. Ce dernier à cependant été testé grâce à des
forages d’exploration hydrogéologique nouvellement réalisés sur le flanc ouest des
plateaux de Hinda.
• Etant donné que les données dans les horizons les plus profonds dans la région de
Pointe-Noire semblent être insuffisantes, nous pouvons considérés que les lits les plus
grossiers de la série gréso-dolomitique pourraient être un aquifère, soit l’aquifère AQ-
4 à nappe confinée. Mais cette affirmation est aléatoire compte tenue de l’insuffisance
des données. Les aquifères AQ-3 et AQ-4 se confondent tout juste après la plaine
côtière qui à leurs tours deviennent plus loin vers Holle (en amont) un aquifère non
confiné dont leur superstratum (toit) devient libre.
• L’aquifère AQ-5 à nappe confinée profonde de la série calcaro-dolomitique dont le
superstratum (toit) se trouve à 400 - 465 m dans la plaine côtière et dans les plateaux
de Hinda entre les altitudes 40, 250 et 315 m. Cette unité est considérée comme un
aquifère contenant une nappe d’eau souterraine par une importante perte de boue de
forage entre 400 et 415 m de profondeur dans la zone des plateaux, ce qui suggère une
formation perméable par endroits, probablement karstique. Elle ne semble pas être en
contact avec les autres couches aquifères du système aquifère sédimentaire. Elle fait
peut être partie de l’aquifère karstique qui pourrait prendre sa source depuis la série
métamorphique du Mayombe.
Le présent travail ne s’intéresse qu’à la deuxième couche aquifère supérieure (aquifère AQ-2)
la plus exploitée dans la région.
Conclusion partielle
De par sa position géographique et ses activités économiques, la région de Pointe-Noire
possède un système aquifère dont certaines couches aquifères sont très sollicitées pour
l’exploitation. Ce qui lui (système aquifère) confère une certaine vulnérabilité par les
intrusions d’eau saumâtre qui limitent ses possibilités d’exploitation. Ce système aquifère
multi couches, est alimenté directement par les eaux de pluies. Composé de plusieurs couches
aquifères superposées avec une continuité hydraulique, ce système est caractérisé
géologiquement par la lithologie ou le type de roche de chaque couche.

38
Chapitre 2

Élaboration d’un système d’informations hydrogéologiques de


l’AQ-2 de Pointe-Noire

Dans de nombreuses études [26, 27], le manque de données et le besoin d’acquérir une
meilleure connaissance de la ressource en eau souterraine sont soulignés. Certaines font valoir
que, pour gérer, adéquatement l’utilisation de la ressource, il faut d’abord bien la connaître
(fonctionnement, capacité d’exploitation ponctuelle, qualité, vulnérabilité, etc…). Pour
d’autres, ce manque de connaissance, associée à un manque d’intégration des données
disponibles sur les eaux souterraines, permet difficilement de faire une gestion optimale de la
ressource, incluant sa mise en valeur et sa protection tant à l’échelle locale que régionale.
Il apparaît donc nécessaire de cartographier, de classer les propriétés hydrodynamiques des
aquifères d’eau souterraine, de connaître leurs aires de recharge et de résurgence et d’établir
les usages prioritaires. La majeure partie des scientifiques [28, 26, 27] estiment également
qu’on doit maintenir un réseau de surveillance de la qualité et de la quantité des eaux
souterraines afin de mieux documenter son fonctionnement hydrodynamique et
hydrochimique.
Une gestion régionale des eaux souterraines sur la base de la formation géologique aquifère
apparaît difficile présentement vu que les données hydrogéologiques ponctuelles disponibles
sont rarement suffisantes à cette échelle. Il existe peu de documents d'interprétation
d'ensemble des données sur une base locale ou régionale (cartes hydrogéologiques). La
délimitation des formations géologiques aquifères, leur potentiel d’exploitation, leur
vulnérabilité, leurs aires de recharge, la qualité des eaux souterraines qui s’y écoulent, les
liens avec les milieux récepteurs (plans d’eau, cours d’eau, milieux humides) sont autant de
renseignements qui sont souvent incomplets ou encore disséminés au sein de divers
organismes publics et parapublics. C’est ainsi que dans ce chapitre, nous faisons une
rétrospective des données anciennes et nouvellement acquises afin d’illustrer le
fonctionnement de l’aquifère de la région de Pointe-Noire à partir des systèmes
d’informations géographique (SIG). Les SIG présentent des avantages précieux car ils sont à
la fois capables de mémoriser la totalité de l’information disponible et de faciliter la
manipulation et l’interprétation des données.
Dans le présent travail nous réalisons à partir des SIG, le regroupement des informations
hydrogéologiques utiles pour la protection et la conservation des eaux souterraines au sein
d’un même système d'informations hydrogéologiques (SIH). Ceci constitue un préalable à
l’amélioration des informations de gestion.
2.1 Principes du SIG
2.1.1 Définition générale
Un système d'information géographique (SIG) est un outil informatique permettant
d'organiser, de présenter et d’analyser des données référencées dans l’espace, ainsi que de
produire des plans et cartes. Ses usages couvrent les activités géomatiques de traitement et de

39
diffusion de l'information géographique. La représentation est généralement en deux
dimensions, mais un rendu 3D ou une animation présentant des variations temporelles sur un
territoire sont possibles.
L'information géographique peut être définie comme l'ensemble de la description d'un objet et
de sa position géographique à la surface de la Terre.
Un SIG est constitué de cinq composants comme l’indique la figure 2.1 :

Figure 2.1: Composants du SIG


Ils assurent les 6 fonctions suivantes (parfois regroupées sous le terme des ‘6A’):
 saisie des informations géographiques sous forme numérique (Acquisition)
 gestion de base de données (Archivage)
 manipulation et interrogation des données géographiques (Analyse)
 mise en forme et visualisation (Affichage)
 représentation du monde réel (Abstraction)
 la prospective (Anticipation)
Un SIG permet de répondre à des questions relevant de domaines très variés comme la
protection de la nature, la gestion des eaux, le contrôle de l’espace aérien… Ceux-ci peuvent
également constituer une base d’aide aux décisions administratives, économiques ou

40
scientifiques. Il constitue une base neutre permettant de prendre des décisions [26] se
rapportant à l’environnement ou à l’aménagement [27].

Un SIG doit répondre à cinq questions, quel que soit le domaine d’application :
• Où : où se situe le domaine d’étude et quelle est son étendue géographique ?
• Quoi : quels objets peut-on trouver sur l’espace étudié ?
• Comment : comment les objets sont-ils répartis dans l’espace étudié, et quelles sont
leurs relations ? C’est l’analyse spatiale.
• Quand : quel est l’âge d’un objet ou d’un phénomène ? C’est l’analyse temporelle.
• Et si : que se passerait-il s’il se produisait tel événement ? C’est l’analyse prospective.
Telles sont les différentes questions auxquelles nous tentons de répondre pour définir le
fonctionnement hydraulique, la structure et la configuration de l’aquifère de Pointe-Noire.
2.1.2 Représentativité des données dans un SIG
Les informations d’un SIG sont représentées sous forme de données géographiques qui
indiquent la forme d’éléments qui se situe dans l’espace. Les objets géographiques sont
généralement rassemblés en couches ou layer (Fig.2.2), chaque couche rassemblant
l’ensemble des objets homogènes (bâti, rivière, voirie, parcelles, etc.). Formellement, une
couche est la représentation visuelle d'un ensemble de données géographiques dans tout
environnement numérique de carte. Conceptuellement, une couche est une tranche ou une
strate de la réalité géographique dans un secteur particulier, et est plus ou moins équivalente à
un article de légende sur une carte de papier. Sur une carte de route, par exemple, les routes,
les parcs nationaux, les frontières politiques et les fleuves peuvent être comme des couches
différentes.

Figure 2.2: Schéma général d'un SIG


41
Les données géographiques d’une couche peuvent être représentées de 2 manières
différentes : données vectorielles et données raster (Fig.2.3).

Stockage des données

Vecteurs
Modèle réel (infrastructures d’une ville)

Raster

Figure 2.3: Données d'un SIG


[Link] Données vectorielles
Dans le modèle vecteur, chaque objet est représenté avec ses coordonnées x,y. On distingue 3
sous-types principaux (Fig.2.4) :
o Les points sont des variables discrètes, ponctuelles représentant des objets
géographiques petits (à l’échelle d’observation) comme des cabines
téléphoniques, des centres de santé, des hôpitaux, des puits ou des monuments.
Les points sont utilisés pour une représentation cartographique mais aussi pour
exprimer une distribution spatiale, la triangulation ou interpolation.
o Les lignes sont une succession de coordonnées x, y. Elles sont utilisées pour
représenter des phénomènes géographiques linéaires telles que les réseaux de
transport (routes, chemins de fers), réseaux hydrographiques, des frontières et
d'autres réseaux connectifs.
o Les surfaces ou polygones sont une succession de coordonnées délimitant une
surface fermée. Ils sont utilisés pour représenter des divisions administratives
(pays, région), des lacs, des parcelles, des types de sol, etc.

42
Figure 2.4: Représentation de l'information en modèle vecteur
[Link] Données raster
Dans le modèle raster (ou trame), les données sont stockées sous formes de matrices de
cellules (ou de pixel), dont chacune stocke une valeur pour la partie de la surface qu'il couvre.
Une cellule donnée contient une valeur simple. Ainsi la quantité du détail qui peut être
représentée pour la surface est limitée à la taille des cellules de trame.
Les données raster proviennent, soit d’une image numérique telle que les images satellites,
soit de plans scannés telles que les cartes et les photos aériennes (Fig.2.5)
[Link] Données alphanumériques
Les données alphanumériques sont des informations textuelles, qualitatives ou quantitatives
décrivant l’objet géométrique.
A chaque objet est attribué un tableau contenant des informations de type alphanumérique.
Ces informations décrivent l’objet (exemple : nom de la ville, numéro de la commune, type de
l’occupation du sol,…).

43
Figure 2.5: Représentation de l'information en modèle raster
Ces fiches permettent de stocker des informations qui décrivent les objets : le contenu dépend
des besoins de l’étude (Fig.2.6).
Une table géographique est constituée d’une table classique (comportant des champs
tabulaires de type chaine, nombre, date), et d’un champ spécifique décrivant la nature de
l’information «shape ».

Figure 2.6: Exemple de données alphanumériques


2.1.3 Géoréférencement
[Link] Support cartographique
La première opération pour l’intégration d’une carte dans le SIG est sa numérisation qui
consiste à l’enregistrer sous forme de fichiers cartographiques numériques comportant les

44
coordonnées géographiques réelles (x, y). Ce type de données est dit géo référencé parce que
les objets sont liés à une référence géographique (dite également référence spatiale); cette
référence géographique permet de mettre en relation ces objets par rapport aux autres. La
référence géographique peut être explicite (coordonnées sphériques ou projectives) ou
implicite (adresse, code postale, nom de route).
Le géocodage, processus automatisé, est le système de conversion entre les références
explicites et références implicites (ex : repérer un endroit sur un plan à partir de son adresse).
Les autres données géographiques proviennent essentiellement de la vectorisation d’images
existantes : fonds de carte, photos ou images satellites redressées.
Après avoir géo référencé l’objet, le SIGiste remplit selon ses besoins une fiche attributaire
pour chaque objet, et fait entrer les données alphanumériques dites sémantiques dans le
progiciel.
Le lien entre les références géographiques et les attributs de chaque objet est stocké dans des
tables dont les colonnes représentent les différents attributs de l’objet et les lignes figurent les
différents objets de la couche de données. Chaque objet de la liste est référencé par un numéro
d’identification unique (colonne FID). La colonne Shape ou Forme indique le type de
données (point, ligne ou polygone).
Le SIG manipule également des objets graphiques non référencés qui complètent la carte :
images, textes, tableaux, légende, échelle, flèche du Nord, titre, etc. Le référencement permet
de lier des images (par exemple vues aériennes ou satellites) à un système de coordonnées
(Fig.2.7). C’est aussi le processus de convertir les coordonnées d'une carte ou une image d'un
système à l'autre, typiquement en les décalant, en tournant, en mesurant, en biaisant, ou en
projetant.

Figure 2.7: Géoréférencement d'une carte


[Link] Support numérique
Les données numériques peuvent être :
• Une base de données structurée dans un format interne à un SIG ;
• Un simple fichier textes contenant toutes les informations structurées de façon simple.
Ces données doivent être saisies en fichiers Excel ou Access…

45
[Link] Système de coordonnées
Tout SIG repose sur un système de coordonnées terrestres qui permet de référencer les objets
dans les espaces et de positionner l’ensemble des objets les uns par rapport aux autres
(Fig.2.8). Le système de coordonnées est dit sphérique ou géographique si les points sont
mesurés par les angles formés par rapport à des points de référence (latitude et longitude). Par
opposition, il est dit projectif ou cartésien s’il résulte de la projection des points à la surface
du globe sur une surface plane.

Figure 2.8: Système de coordonnées


2.1.4 Logiciels utilisés :
Les logiciels utilisés pour notre étude sont :
ENVI 3.5 de RSI
C’est un logiciel de visualisation et d’analyse de différents formats d’images :
• Données télédétectées (images, satellites, aériennes, radar) ;
• Vecteurs (formats des principaux SIG)
• Modèles numériques de terrains
Suite ArcGIS
La suite logicielle ArcGIS comporte 3 logiciels principaux : ArcMap, ArcCatalog et
ArcToolbox. Des extensions (toolbox) ont été utilisées pour augmenter les possibilités du
SIG.
• ArcMap : logiciel principal pour l’élaboration des cartes. Il applique divers traitements
sur les données :
 Revue des données
 Edition des données
 Production de carte
 Requêtes
 Analyse des données
 Diagrammes
 Rapports
46
• Arccatalog: l’explorateur des données géographiques. Il applique les traitements
suivants :
 Revue des données ;
 Gestion de base de données ;
 Création des données et documentation
• ArcToolbox : les boites à outils du geoprocessing. Il applique :
 Gestion de base de données
 Analyse des données ;
 Conversion des données
 Création d’outils personnalisés
Google Earth
Le fameux logiciel n’est pas qu’un gadget sympathique pour trouver une vue aérienne de la
gare centrale de Pointe-Noire ou de la maison de mon oncle. C’est également devenu un
outil de travail très important pour le sigiste qui fournit de très bonnes vues aériennes ainsi
que des bases de données personnelles de points. Malheureusement la résolution est encore
médiocre dans certaines de nos zones d’intervention.
Excel, Access
La suite Office de Microsoft a également des outils pratiques pour le traitement des
données. L’interface avec la suite ArcGIS n’est toutefois pas toujours aisée.
2.2 Elaboration d’un SIH dans la région de Pointe-Noire
A partir des données hydrodynamiques et hydrogéologiques numérisées et géoréférencées et
des informations régionales sur le régime d’exploitation des ressources en eau souterraine,
l’élaboration d’un Système d’Information Hydrogéologique (SIH) pour l’aquifère de Pointe-
Noire est effectuée. Ces données mémorisées sous forme de tables DBF sont importées par le
logiciel ArcGis pour être combinées soit avec les données cartographiques scannées et
géoréférencées soit avec des images satellitaires traitées à l’aide de la suite ArcGis. Cette
combinaison permet de faire une analyse plus globale.
2.2.1 Collectes des données
Pour effectuer l’étude du fonctionnement hydrodynamique de l’aquifère de Pointe-Noire, les
données géologiques (coordonnées, relief, stratigraphie…), hydrodynamiques (perméabilité
de Darcy, transmissivité hydraulique, coefficient d’emmagasinement…), hydrogéologiques
(régime d’exploitation, piézométrie…) sont collectées. Ces données collectées sont mises
sous forme de fichiers DBF.
2.2.2 Traitement des données
Le traitement des données consiste à les restaurer sous forme de table DBF afin de les rendre
utilisables dans le logiciel (ArcGis). Cette informatisation s’effectue en deux phases :
• création de fichier DBF ;

47
• création d’une base de données cartographique sous forme d’images et de fichier
(shape files) ;
• importation des données par le logiciel ArcGis.
Le logiciel ArcGis a permis de créer les cartes de fond numérisées de Pointe-Noire, tirées des
images satellitaires et des données cartographiques scannées. Ces cartes numérisées sont
superposées avec d’autres couvertures numérisées des différents paramètres hydrodynamiques
et hydrogéologiques à l’aide du logiciel Surfer 8. Ce logiciel a permis de créer des cartes
d’isovaleurs de différents paramètres étudiés.
Les données hydrodynamiques, piézométriques et chimiques sont des attributs des points
d’eau stockées dans les tables DBF vers les coordonnées géographiques. L’import et
l’implantation des forages et piézomètres avec leurs attributs sur les cartes numériques sous
surfer ont nécessité la transformation des coordonnées géographiques de ces points d’eau en
coordonnées Lambert compatibles avec celles de cartes numérisées.
2.3 Distribution et spatialisation du mouvement naturel de l’eau souterraine
2.3.1 Données géomorphologique
Le fond géologique de la région de Pointe-Noire est représenté par des images satellitaires
tirées à partir de google earth et géoréférencées à l’aide de ArcGis. Cette carte est superposée
sur le Modèle Numérique de Terrain (MNT) de maille 100 m. Le MNT représente le relief (X,
Y, Z (altitude)), en donnant à chaque point d’un quadrillage l’altitude d’un point
correspondant sur le terrain. Ce qui permet de faire des représentations hypsométriques
(coloration selon la couche d’altitude) (Fig.2.9).

Figure 2.9: Topographie de l'agglomération de Pointe-Noire


48
2.3.2 Cartographie du mur de l’aquifère
Nous avons élaboré la carte du mur (Fig.2.10) à partir de l’interpolation des valeurs de la
profondeur de l’AQ-2 contenu dans les différentes fiches de présentation de chaque forage,
par le logiciel suite ArcGis. Ensuite, nous avons exporté le contour sous format shape file
dans le SIG. La carte nous renseigne sur les variations des épaisseurs de la série de cirques et
son analyse permet d’en déduire plusieurs structures :
- les structures concentriques des courbes dans la frange littorale pourraient être liées au
remplissage du bassin par les dépôts plio-pléistocènes ;
- dans le plateau de Hinda, nous remarquons une dépression marquée par
l’augmentation de l’épaisseur des dépôts du plio-pléistocène. Cette structure serait en
relation avec une falaise parallèle à la côte.

Figure 2.10: Carte de la profondeur du mur de la nappe AQ-2


2.3.3 Cartographie du toit de la nappe
A l’échelle de la zone, la nappe AQ-2 est considérée comme captive (cf.1.5.1), les lentilles
silteuses susceptibles de la mettre en charge sont généralement d’extension restreinte. Par
conséquent, la limite du toit de l’aquifère se trouve à 70 – 80 m correspondant aux couches les
plus perméables de la série des cirques (quaternaire). Nous avions interpolé le superstratum
afin d’obtenir une surface du toit absolue (Fig.2.11).

49
Figure 2.11: Carte de la profondeur du toit de la nappe AQ-2 de Pointe-Noire
2.3.4 Données hydrodynamiques
Les données disponibles sur les propriétés hydrodynamiques, pour la région de Pointe-Noire,
sont tirées des différents essais de pompages qui ont été réalisés [1]. Ces différentes données
ont été reprises par différents auteurs [2, 28] et ne semblent pas avoir été mises à jour, eu
égard aux nouveaux forages d’exploitation aménagés à Pointe-Noire. La comparaison entre
les différentes données disponibles présente certaines différences. En effet, ces propriétés
représentent des indicateurs qui, compte tenu de la forte exploitation de l’eau souterraine à
Pointe-Noire, devraient faire l’objet d’une réévaluation et d’une mise à jour englobant les
nouvelles données et essais de pompage. Ces différentes données sont superposées sur les
cartes numériques. Chaque propriété est reliée à une table de données à partir de laquelle on
peut tracer des isovaleurs représentatives de l’information voulue, telles que la spatialisation
des coefficients de perméabilité de Darcy, la transmissivité et le coefficient
d’emmagasinement.
[Link] Données de coefficients de perméabilité de Darcy
Sur la carte numérisée tirée de l’image satellitaire, nous avons superposé l’attribut de
coefficient de perméabilité. Ces données mises à jour en englobant les anciennes et les
nouvelles, donnant lieu à une réévaluation sont reliées à une table sous format DBF. Sur un
fond de carte numérisée, une carte des isovaleurs de coefficients de perméabilité est tracée
(Fig.2.12).

50
Figure 2.12 : Spatialisation de la perméabilité de Darcy dans la région de Pointe-Noire
[Link] Données de transmissivité
L’aquifère de Pointe-noire présente une grande variabilité de sa transmissivité liée à
l’hétérogénéité lithologique et géométrique des couches aquifères. Les différents essais de
pompages effectués précédemment [1, 2] ont permis la détermination des intervalles de
variations de la transmissivité.
La transmissivité dans cette région se situe dans les intervalles, 8,0.10-4 et 9,9.10-3 m2.s-1, ce
qui confirme les bonnes caractéristiques hydrogéologiques de l’aquifère. La carte réalisée
montre l’existence d’une zone de transmissivité élevée prenant la forme d’un chenal orienté
globalement est-ouest, débutant à l’est vers le centre et se terminant en bordure de la côte
atlantique (Fig.2.13).

51
Figure 2.13: Distribution de la transmissivité
Tout juste à côté de la zone de forte transmissivité, une zone à transmissivité faible se
présente également formant une vaste dépression qui s’intercale entre les zones est et ouest du
domaine transmissif.
[Link] Données de coefficients d’emmagasinement
Les valeurs d’emmagasinement sont déterminées à partir de la quantité d’eau libérée pour une
perte de charge donnée, c'est-à-dire une baisse de pression. Dans l’aquifère AQ-2, la perte, ou
le gain, d’une certaine quantité d’eau se traduit par une variation de la charge hydraulique.
Les valeurs sont toutes très faibles (en moyenne autour de 10-4) et mettent en évidence le
caractère captif de l’aquifère du bassin sédimentaire de la région de Pointe-Noire.
L’emmagasinement diminue au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la frange côtière (Fig.2.14)

52
Figure 2.14: Coefficient d'emmagasinement
2.3.5 Données hydrogéologiques
[Link] Données piézométriques
La variation temporelle du niveau piézométrique de la nappe de l’AQ-2 a été mesurée d’une
manière discontinue depuis les années 86. Nous avons effectué une compagne de mesure dans
cette région en 2009. Le niveau de l’eau dans les piézomètres couvrant toute la région, a été
mesuré à la sonde électrique par rapport à la surface du sol. Les résultats de cette compagne a
ont permis de compléter les quelques mesures antérieures.
Avant toute interprétation, nous nous sommes assurés de la qualité des données par une
critique de celles-ci et l’élimination des données aberrantes.
Il faut noter que d’une façon générale, la collecte des données est à la base de la connaissance
et d’une bonne gestion des ressources en eau. Or cette étape importante, qui précède le
stockage, le traitement et la diffusion des données, ne semble pas être facile à maîtriser.
La zone, objet de la présente étude, est la plus dotée en infrastructures de suivi quantitatif de
la ressource en république du Congo. La figure ci-dessous (Fig.2.15) indique les différents
points de mesure de la nappe profonde AQ-2.

53
Figure 2.15: Emplacement des points de mesure (forages et piézomètres) dans la région de
Pointe-Noire
Connaissant la côte topographique de chaque ouvrage, il a été possible de déduire la charge
piézométrique de tous les points de mesure et ainsi procéder à l’analyse morphologique de la
surface piézométrique dans le temps et dans l’espace.

[Link] Variations spatio-temporellee de la piézométrie


L’interprétation des variations du niveau des nappes peut donner accès à des paramètres se
rapportant à des phénomènes non seulement de courte période, mais aussi de grande période,
pouvant dépasser l’année [29, 30].
Ainsi l’interprétation de leur comportement sous l’effet des phénomènes variés qu’elles
subissent, mène à de nombreuses applications pratiques [29], notamment :
• la prévision de l’évolution naturelle du niveau d’une nappe,
• la mesure de l’alimentation des nappes par les pluies,
• la mesure des caractéristiques hydrauliques des nappes, telles que le coefficient de
tarissement, fonction de T/S,
• la mesure de la compressibilité de l’aquifère et surtout du coefficient
d’emmagasinement « S ».

54
L’étude de la cartographie de l’aquifère permet de considérer à présent la surface
piézométrique de l’aquifère de Pointe-Noire. Cette carte présente la morphologie qui lui est
propre, comparable à celle d’une surface topographique : dépression, ondulation, ruptures des
pentes, accidents, …
Ce travail fondamental permet de représenter la configuration, la structure et de schématiser
les fonctions du réservoir et le comportement hydrodynamique de l’aquifère. Ceci pour
définir en première approximation le système aquifère en fonction des conditions géologiques
et d’avoir une première estimation de son mode d’alimentation, du sens d’écoulement.
L’approche se base ainsi sur la reconstitution historique des charges piézométriques des
forages et piézomètres de différentes compagnes de mesures de la région de Pointe-Noire.
Ainsi, afin de dresser un portrait de l’aquifère AQ-2, les profondeurs et les élévations des
niveaux statiques et dynamiques de l’eau souterraine ont été mesurées (cf. annexe 1). Le
niveau statique correspond aux mesures prises dans les forages piézométriques non exploités
et permet de faire ressortir les grandes directions d’écoulements. Le niveau dynamique
correspond à des mesures prises dans des forages en exploitation et permet de faire ressortir
l’impact de l’exploitation des forages. Il est à noter que la piézométrie n’est présentée qu’à
titre indicatif compte tenu des différentes dates de mesures, du faible nombre de puits
d’observation à certains endroits et de la possibilité que certains forages, inclus au lever,
captent en fait l’aquifère AQ-3.
Pour remédier à cela, nous prenons comme hypothèse l’ensemble des formations aquifères
comme constituant un ensemble communicant unique, pour lequel nous allons tenter
d’identifier les déterminants hydrodynamiques de la circulation générale en nous fondant sur
la piézométrie. Nous disposons pour ce faire de toutes les valeurs de niveaux piézométriques
relevées lors d’investigations menées sur l’ensemble des documents existants pour le bassin
sédimentaire de la région de Pointe-Noire. Et aussi, nous disposons de la sorte, toutes
formations confondues et toutes dates confondues, de 41 valeurs de niveaux piézométriques,
couvrant un territoire d’environ 13 000 km2.
Ce tracé de la carte piézométrique régionale permet de mettre en évidence et d’attribuer des
limites de nature hydraulique à un système aquifère dont on puisse envisager une
représentation cohérente.
Ici, nous représentons les cartes de la piézométrie observée en 1986 (année de référence avant
l’intensification de l’exploitation de la nappe dans l’agglomération), puis la piézométrie de
2009 (une des années de la période de la surexploitation) de la nappe AQ-2.
La carte piézométrique de 1986 (Fig.2.16) présente une unité hydrogéologique presque
homogène, caractérisée par un écoulement général de l’est vers l’ouest.
Dans la région de Pointe-Noire, l’évolution piézométrique présente des variations faibles
entre 0,1 et 3 m/an en baisse et en remontée selon la période et le piézomètre (voir annexe 1).

55
Figure 2.16: Carte piézométrique en 1986
La carte piézométrique (Fig.2.17) tracée en utilisant les données récoltées en 2009 dans les
forages et piézomètres, présente une synthèse essentielle de l’étude hydrogéologique,
schématise la fonction conduite du réservoir et le comportement hydrodynamique de l’AQ-2
avec figuration des conditions aux limites. Celle-ci représente la distribution spatiale des
charges et des potentielles hydrauliques de l’AQ-2.
L’allure des courbes piézométriques offre par ailleurs de bonnes indications pour
l’identification des zones d’alimentation et des axes d’écoulement. Parmi ces derniers, on peut
généralement identifier est-ouest et nord est-sud ouest.
Quant aux aires principales d’alimentation de la nappe, elles semblent en première lecture,
être constituées essentiellement par les affleurements est des plateaux de Hinda (courbes
isopièzes 25 m et 30 m), qui expliquent aisément une mise en charge vers l’est.

56
Figure 2.17 : Piézométrie de l'AQ-2 (2009) à Pointe-Noire

[Link] Analyse morphologiquee de la surface piézométrique de l’aquifère AQ-2


L’analyse morphologique de cette carte permet d’identifier deux zones hydrologiques liées à
la topographie et/ou au relief de la zone d’étude :
- une zone de la plaine littorale caractérisée par des courbes fermées ;
- et une zone des plateaux caractérisée par des courbes parallèle au talus.
La zone de la frange littorale présente des courbes fermées qui traduisent des protubérances et
une forte profondeur de la surface piézométrique. Le gradient hydraulique de 0,03 est
l’expression d’un débit d’écoulement important et d’une perméabilité moyenne qui traduit un
drainage plus faible que l’alimentation. Cette structure hydrogéologique indique deux types
de nappes : une nappe à filets divergents au sud ouest et une nappe à filets convergents dans le
reste de la frange côtière traduisant une surexploitation.
La zone du plateau présente des caractéristiques nettement différentes, le relief est accentué et
augmente au fur et à mesure qu’on s’éloigne de l’océan. Les courbes isopièzes sensiblement
parallèles au talus et à la côte océanique montrent la présence une nappe à filets divergents.
Cette surface piézométrique traduit un type de structure hydrogéologique appelée seuil
hydraulique traduisant ainsi une chute de la surface piézométrique et du gradient hydraulique
(0,005 et 0,006) qui peut s’expliquer par des variations de débit ou de perméabilité. Cette

57
zone présente aussi un cône de dépression vers le nord caractérisée par l’existence des
courbes incurvées.
En somme l’aquifère AQ-2 présente une structure élémentaire ne traduisant pas sa
morphologie. Celui-ci traduit soit un fort débit, soit un faible coefficient de perméabilité, soit
la convergence de ces deux caractères, soit inversement. Cette morphologie est imposée par
deux phénomènes, d’une part l’apport d’eau du plateau de Hinda et d’autre part, le drainage
général axial souligné par la présence des faciès semi-perméables
Conclusion partielle
Dans la région de Pointe-Noire, différents aquifères sont bien individualisés mais le plus
productif, et de ce fait le plus exploité, reste celui de l’AQ-2 bien que ce dernier possède des
zones de productivité variable. L’AQ-2 est un aquifère largement exploité qui combine
fréquemment les caractéristiques hydrodynamiques d’un milieu sédimentaire à fortes vitesses
de transfert.
Cet aquifère, avec une porosité totale élevée de l’ordre de 20 % et une transmissivité moyenne
de 5,8. 10-3 m2.s-1 [2], constitue un matériau complexe et présente la spécificité d’avoir une
porosité matricielle, lui permettant de libérer une quantité importante d’eau. La nappe de notre
zone d’étude a des coefficients d’emmagasinement, de 4,2.10-5 à 5,1.10-4 en nappe captive.
Dans la région de Pointe-Noire, l’aquifère AQ-2 est en régime captif parfois jaillissant dans
certains endroits. Alimentée surtout par les eaux de pluie dans tout le domaine des
affleurements en amont, cette nappe est drainée en amont par le réseau de cours d’eau
auxquels elle apporte l’essentiel de son débit exceptionnellement régulier. Elle est peu
poreuse et peu perméable. En conséquence, l’emmagasinement et le transfert gravitaire d’eau
ne sont possibles que grâce à l’existence des zones de drainance, suffisamment denses et
interconnectées avec d’autres aquifères exploitables. Cependant, dans une région, où ces
conditions ne sont pas réunies, les aquifères ont des variations de productivité très fortes :
l’eau ne pouvant pas circuler au sein des blocs limités par les compartiments. Ainsi nous
devons examiner le comportement hydrodynamique d’un tel aquifère qui est basé
essentiellement sur sa structure et sa configuration.

58
Chapitre 3

Hydrochimie de la nappe profonde AQ-2 de Pointe-Noire


L’hydrochimie est utilisée comme outil de compréhension des circulations au sein de
l’aquifère. L’étude de la répartition dans l’espace et de l’évolution dans le temps des
concentrations en ions majeurs et des isotopes du carbone complète et précise le schéma
lithologique et celui des circulations [31].
Ce chapitre est consacré à l’étude hydrochimique par les ions majeurs de la compagne
d’analyse effectuée. L’étude des principaux processus chimiques a permis de comprendre
l’évolution statistique de la qualité de l’eau de l’aquifère l’AQ-2. Car l’eau est le facteur
principal qui façonne les roches et transforme le paysage. Lors de son écoulement, elle dissout
des minéraux, se sature et précipite d’autres minéraux. Par la suite, elle acquiert une qualité
qui est le résultat de ses interactions avec la roche et de l’influence de facteurs externes
naturels ou anthropiques [32].
L’eau joue donc deux rôles complémentaires [33] :
1- Réactif chimique qui dissout les minéraux et les matières organiques
2- Agent transporteur d’énergie et de matière.
Plusieurs facteurs peuvent intervenir dans l’acquisition la composition chimique de l’eau :
dans le cas présent, l’étude a porté sur la comparaison de la composition chimique des eaux
de l’ensemble des points d’eau de l’aquifère AQ-2 afin de rechercher les indices d’une
éventuelle intrusion saline. Presque tous les forages de la zone d’étude ont fait l’objet de
prélèvements réguliers chaque jour pendant deux mois en période de déficit pluviométrique.
Les paramètres suivants ont été mesurés pour tous les prélèvements : alcalinité, dureté,
conductivité, pH, température, Ca2+,Mg2+, Na+, K+, Cl-, SO42-, HCO3-.
Dans ce paragraphe, un aperçu global de la qualité chimique des eaux est donné.
3.1 Procédure expérimentale
Pour caractériser la composition chimique de la nappe AQ-2, 11 piézomètres de la Société
Nationale de Distribution d’Eau (S.N.D.E) dont la localisation est donnée dans la figure 2.15
(cf. [Link]), ont été échantillonnés. L’échantillonnage a été effectué en saison sèche (juillet et
août 2009). La caractérisation des eaux a porté essentiellement sur l’analyse des paramètres
de base et des éléments « majeurs » qui sont: le pH, la température, la conductivité électrique
(CE), les solides totaux dissous (TDS), le calcium (Ca2+), le magnésium (Mg2+), le sodium
(Na+), le potassium (K+), le chlorure (Cl-), les sulfates (SO42-), le bicarbonate (HCO3), la
dureté totale (TH) et le titre alcalimétrique complet (TAC). Les échantillons d’eau ont été
prélevés dans des flacons en polyéthylène de capacité 1 litre, préalablement lavés à l’acide
nitrique 1M et à l’eau distillée. Sur le site, les flacons ont été lavés trois fois avec l’eau à
analyser puis transportés au laboratoire dans une glacière à la température de 4°C. La mesure
du pH, de la conductivité électrique (CE) et des solides totaux dissous (TDS) a été faite sur le
terrain à l’aide du multi paramètre Consort type C933. La détermination des concentrations en
cations et anions majeurs a été faite selon les méthodes standardisées [34]. Le traitement

59
statistique des données a été fait avec le logiciel Statistica 7.1. La distribution spatiale des
paramètres a été représentée à l’aide du logiciel Arc-Gis 8.2.
Cette analyse a pour objectif d’attester la potabilité et/ou l’agressivité de l’eau dans l’aquifère
majeur de Pointe-Noire.
Le contrôle de la validité des résultats d’analyse chimique est fait à l’aide de la balance
ionique (BI).
∑ ∑ 
   100, avec 5  5%
∑ ∑ 

avec : ∑ = somme des anions en milliéquivalents par litre et ∑ = somme des cations en
milliéquivalents par litre
Au total 143 analyses sont disponibles et vis-à-vis de la balance ionique, la répartition révèle
que près de 13% des analyses devraient théoriquement être déclarées « non recevables »
(Tab.3.1).

Tableau 3.1 : Fiabilité des analyses des échantillons d’eaux de l’AQ-2 de Pointe-Noire
Points de mesure Nombre d’analyse BI recevable BI non recevable
P1 13 12 1
P2 13 10 3
P4 13 12 1
P6 13 12 1
P7 13 10 3
P8 13 12 1
P10 13 11 2
P11 13 13 0
P13 13 10 3
P14 13 13 0
P15 13 9 4
Total 143 124 19
3.2. Statistiques des concentrations des paramètres de base et des ions majeurs
La composition chimique des échantillons d’eau prélevés au niveau des 11 piézomètres et les
statistiques descriptives des paramètres étudiés sont présentées respectivement dans les
tableaux 3.2 et 3.3.
Pour faciliter la comparaison et mieux interpréter les résultats obtenus, nous avons dans les
mêmes tableaux, les différentes normes maximales de potabilité des eaux destinées à la
consommation humaine selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
3.3 Compositions physico-chimiques
Les paramètres physico-chimiques analysés présentent, hormis la température et le pH, un
coefficient de variation supérieur à 40 % caractérisant ainsi l’hétérogénéité des séries de
données.

60
Comme le montrent les valeurs moyennes des caractéristiques physico-chimiques synthétisées
dans le tableau 3.2 ainsi que la figure 3.1, il existe des contrastes relatifs entre les différents
points de mesure. Seule la température et le pH ne semblent pas être des paramètres
discriminants dans l’individualisation des points de mesure.
3.3.1 Potentiel d’Hydrogène (pH)
Le pH caractérise la concentration d'une eau ou d'une solution aqueuse en ions hydronium
(H30+). Il est très dépendant des mécanismes chimiques. C’est un paramètre qui détermine
l’acidité ou l’alcalinité d’une eau ainsi que l’état d’équilibre des éléments chimiques dans les
diagrammes Eh-pH.
Les valeurs du pH varient très peu à cause de la couverture sableuse ou argileuse qui l’isole de
l’air et à cause de l’absence des autres apports acides ou alcalins [35].
Le pH des eaux naturelles est lié à la nature géologique des terrains traversés. Dans la région
de Pointe-Noire, le pH des échantillons d’eau récoltés dans l’aquifère AQ-2 varie entre 5,9 et
7,2 avec une moyenne de 6,73. Les valeurs de pH des échantillons prélevés dans les
piézomètres P4 (Loandjili) et P15 (Mpaka) sont inférieures à 6,5 qui est la valeur limite
inférieure O.M.S [36] pour l’eau de boisson. Pour les échantillons d’eau des autres
piézomètres, la valeur du pH est dans les limites acceptables pour l’eau de boisson (6,5 – 8,5)
(Fig.3.1a). Ces eaux acides sont agressives (0 < pH < 7) et corrodent les parties métalliques
des canalisations de distribution. Le risque sanitaire est alors fonction des métaux qui passent
en solution dans l’eau (comme le plomb par exemple : risque de saturnisme hydrique).
3.3.2 Conductivité électrique
La conductivité représente la résistance qu'une eau oppose au passage d'un courant électrique.
Elle est proportionnelle à la minéralisation de l'eau. Plus l'eau est riche en sels minéraux
ionisés, plus la conductivité est élevée. La conductivité varie également en fonction de la
température. La conductivité a, la plupart du temps, une origine naturelle due au lessivage des
terrains lorsqu'il pleut. Ce lessivage entraîne naturellement la dissolution d'un certain nombre
de sels minéraux. Elle peut également avoir pour origine l'activité humaine causée par les
effluents agricoles, industriels ou domestiques qui contiennent des sels contribuant eux aussi à
l'accroissement de la conductivité. Les eaux qui émergent du système aquifère présentent
globalement une minéralisation importante. Cette conductivité est liée à la présence des
espèces ioniques en solution. Les résultats obtenus sont résumés dans le tableau 3.2 et
représentés dans la figure 3.1b. La précision de mesures est de l’ordre de +/- 1%.
A partir de ce tableau, les valeurs de la conductivité électrique mesurées oscillent entre 27
µS/cm et 685 µS/cm avec une moyenne de 225,75 µS/cm et montrent des contrastes entre les
piézomètres. Les échantillons d’eau des piézomètres P15 et P11 ont respectivement la plus
faible conductivité électrique et la plus élevée. Neuf des onze points mesurés, ont des valeurs
inférieures à la norme de l’OMS (300 µS/cm), ce qui signifie que cette eau est faiblement
minéralisée (conductivité < 180 µS/cm). Elle peut entraîner une dissolution des métaux
toxiques comme le plomb. Les piézomètres P7, P11 et P14, présentent des valeurs élevées qui
varie autour de 600 µS/cm. Ils sont vraisemblablement liés à la pollution.

61
Parmi les facteurs contrôlant la composition chimique des eaux souterraines, la nature
pétrographique joue un rôle déterminant, soit directement comme source de minéraux mis en
solution dans l’eau, soit indirectement en favorisant ou en limitant, selon la perméabilité, les
écoulements.
Globalement, les formations renfermant des roches plus solubles (argilites et surtout
carbonates et sablo-argileux) sont beaucoup plus minéralisées donc conductrices. En revanche
les formations de notre aquifère sont sableuses et fournissent des eaux très peu minéralisées,
donc à faible conductivité électrique, car ces roches réservoirs sont très peu solubles.
3.3.3 Solides totaux dissous (TDS)
Les solides totaux dissous de l’aquifère de la région de Pointe-Noire présentent des valeurs
variant entre 41,16 mg/l et 229,1 mg/l (Fig.3.1c). La valeur moyenne des solides totaux
dissous est de 104,84 mg/l. Les valeurs du TDS sont dans les limites acceptables de l’OMS
pour l’eau de boisson car elles sont inférieures à 500 mg/l [36]. Les faibles valeurs de la
conductivité électrique et des solides totaux dissous s’expliquent par la nature de l’aquifère
qui est sablonneux.
3.3.4 Température
La température de l’eau est un élément essentiel dans le fonctionnement des systèmes
aquifères. Elle varie en fonction de la température de l’air, des saisons, de la nature
géologique et de la profondeur du niveau de l’eau par rapport à la surface du sol [37, 38]. Elle
joue un rôle important dans l’augmentation de l’activité chimique ou bactérienne et de
l’évaporation des eaux.
Les températures de l’aquifère AQ-2 de la région de Pointe-Noire sont toutes supérieures aux
normes de l’OMS (25°C), et varient peu dans l’espace (Tab.3.2). Ces températures des eaux
dépendent des conditions d’écoulement et de la structure de l’aquifère. Les anomalies de
températures observées sont contrôlées par les structures géologiques qui conditionnent la
géométrie et le type de la circulation souterraine des eaux. Aussi, des variations de
température peuvent correspondre à une circulation de l’eau relativement rapide par des
réseaux de circulation.
Tous les points de mesure ont le même ordre de grandeur de température. Elle est de l’ordre
de 26°C (Fig.3.1a). Les eaux des points de mesure ne sont pas trop influencées par les
conditions atmosphériques, en effet, un écart faible de l’ordre de 0,37°C est observé entre les
puits de mesure. La variance est faible (Tab.3.3).

62
Tableau 3.2 : Moyennes par point d’eau, des concentrations des analyses physico-chimiques de l’AQ-2 de Pointe-Noire
TAC
2+ 2+ + + - 2-
CE TDS T Ca Mg Na K Cl SO4 HCO3 TH
(mg/l
Code Repère pH (µS/cm) (mg/) (°C) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l) CaCO3) (mg/l CaCO3)

P1 Tchiali 6,8 69,6 41,16 26 6 3,6 0,94 2,2 2,5 8 28,06 23 29,81
P2 Coraf 6,7 68,4 43,12 26,2 6,2 3,48 1,45 2,41 1,9 8,61 30,02 24,61 29,81
P4 Loandjili 5,9 35,8 54,38 26,9 4,67 0,7 12,27 2,9 3,9 12 32,94 27 14,54
P6 Nkouikou 6,6 29,3 47,13 26,6 19,4 0,96 16,06 5 1,2 9,52 15,13 12,4 52,40
P7 Orstom 7 621 126,5 26,3 35,6 16,31 38,16 3,02 3,9 32 47,64 39,05 156,06
P8 Matende 6,6 29,7 53,21 26 11,9 0,96 2,67 3,6 1,7 6,87 28,06 23 33,67
P10 Voungou 7,2 30,2 229,1 26,8 49 60,48 159 7,1 1,4 16,9 22,31 18,29 371,41
P11 Cercle 7,2 685 140 26,8 38 17 35,52 3,7 4,9 35 61 50 164,89
P13 Mboukou 6,6 280,2 49,1 26,8 20,08 0,89 12,73 2,7 0,8 2,47 31,72 26 53,80
P14 Brasco 7 607 140,8 26,8 43 20 65,34 6,1 7,3 8 46,36 38 189,73
P15 Mpaka 6,4 27 228,9 26 42 60 135,9 5,6 5,7 18 48,8 40 351,95
Valeur guide OMS 6,5 - 8,5 300 500 25 75 30 200 - 250 150 300 - 300

63
Tableau 3.3 : Statistiques descriptives des paramètres chimiques majeurs pour la période 2009
Paramètre Minimum Maximum Moyenne Ecart-type Variance

pH 5,90 7,20 6,73 0,38 0,14


CE(µS/cm) 27,00 685,00 225,75 274,85 75544,19
TDS 41,16 229,10 104,85 73,04 5334,37
T(°C) 26,00 26,90 26,47 0,37 0,14
Ca2+(mg/l) 4,67 49,00 25,08 16,81 282,52
Mg2+(mg/l) 0,70 60,48 16,76 22,69 515,05
Na+(mg/l) 0,94 159,00 43,64 55,11 3036,87
K+(mg/l) 2,20 7,10 4,03 1,66 2,74
Cl-(mg/l) 0,80 7,30 3,20 2,11 4,44
SO42-(mg/l) 2,47 35,00 14,31 10,48 109,73
HCO3-(mg/l) 15,13 61,00 35,64 13,57 184,27
TAC(mg/l CaCO3) 12,40 50,00 29,21 11,13 123,80
TH(mg/l CaCO3) 14,54 371,41 131,64 129,42 16748,98

3.3.5 Magnésium Mg2+ et Calcium Ca2+


Les statistiques des concentrations des ions Mg2+ et Ca2+ varient respectivement 0,7 - 60,48 mg/l
et 4,67 - 49 mg/l, dans l’eau du bassin sédimentaire côtier de Pointe-Noire. Les valeurs moyennes
respectives en cations majeurs sont 16,76 mg/l et 25,08 mg/l. Les points de mesure P10 et P15
présentent des valeurs de Mg2+ supérieures à la norme, et les autres points de mesure ont des
valeurs inférieures à la norme (30 mg/l) (Fig.3.1e).
Pour les ions Ca2+, on note une variabilité des valeurs dans le bassin sédimentaire de la région de
Pointe-Noire. Les piézomètres P7, P10, P11, P13, P14 et P15 présentent des valeurs assez
élevées, mais toujours inférieures à la norme (75 mg/l) (Fig.3.1f). Cette variation est due aux
échanges de bases qui enrichissent les eaux de l’aquifère en alcalins dans le bassin différemment
selon la géologie [39].
3.3.6 Sodium Na2+
La présence du sodium dans l'eau peut être d’origine anthropique ou d’origine naturelle dans le
sol. Le sodium peut présenter des dangers d'encéphalopathie pour des personnes aux
insuffisances rénales chroniques. Dans la région de Pointe-Noire, les résultats montrent qu’il
existe des grandes variabilités des valeurs de concentration des ions de sodium dans l’eau,
(comprises entre 0,95-159,00 mg/l). Il est à noter que les normes de la présence de sodium dans
les eaux sont minimes (< 200 mg/l). Les points de mesures P10 et P15ont atteint un premier
niveau d'alerte (respectivement 150 et 139 mg/l) (Fig.3.1g). Mais ces piézomètres sont situés loin
de la côte océane.

64
Figure 3.1 : Caractéristiques physico-chimiques moyennes des eaux souterraines de la nappe de
l’aquifère AQ-2

65
Figure 3.1 (suite) : Caractéristiques physico-chimiques moyennes des eaux souterraines de la
nappe de l’aquifère AQ-2
3.3.7 Potassium K+
Les statistiques des concentrations en potassium d’un point de mesure à l’autre sont variables
(comprise entre 2,20 et 7,10 mg/l). La moyenne n’est pas significative (4,03 mg/l) avec des écarts
de 1,66 mg/l et une variance de 2,74. Dans tous les points de mesure les valeurs observées sont
inférieures à la norme 10 mg.l-1(Fig.3.1h). Cette variation statistique des valeurs dans l’ensemble
du bassin, serait liée aux échanges de bases avec les argiles.
Ces réactions d’échanges seraient donc prépondérantes par rapport aux dissolutions de calcite, de
dolomite et de gypse. En effet, la saturation vis-à-vis de la calcite est quasi généralisée ; quand
l’eau est en contact avec du gypse, la saturation est très vite atteinte ; compte tenu des
circulations lentes dans l’aquifère, l’équilibre vis-à-vis de la dolomite est obtenu près des zones
de recharge.

66
3.3.8 Chlorure Cl-
Constituants naturels de la croûte terrestre, les ions chlorures sont présents dans toutes les eaux à
des concentrations différentes et sous forme de sels : chlorure de sodium NaCl, chlorure de
potassium KCl ou chlorure de calcium CaCl2 introduits par des apports naturels ou d'origine
humaine.
Les analyses des eaux échantillonnées dans la région de Pointe-Noire montrent les valeurs des
ions chlorures inférieures ou égales à la référence de la qualité (5 mg/l). Ces valeurs varient entre
0,80 et 7,30 mg/l. Les piézomètres P11, P14 et P15 proches de la côte présente un taux de
concentration de chlorure élevé respectivement à 4,9 ; 7,3 et 5,7 mg/l (Fig.3.1i).
Le chlore n’est pas dangereux pour l’homme, mais la chloration permet d’obtenir une eau
exemptée de virus à partir d’une eau polluée par des organismes fécaux lorsque sa concentration
est maintenue aux normes.
3.3.9 Sulfates SO42-
Les sulfates présents naturellement dans les eaux (concentration inférieure à 1 g/l) peuvent se lier
avec de nombreux cations (calcium, magnésium, sodium, plomb, baryum, strontium,
aluminium...). L'origine de ces sulfates peut également être humaine : pollution d'industries
papetières, textiles, minières ou traitement pour la potabilisation de l'eau (sulfates d'aluminium et
de fer utilisés pour la floculation).
Comme pour les chlorures, les valeurs maximale ou minimale ne dépassent pas la norme de la
potabilité de l’eau. Les distributions sont étendues entre 2,47 et 35,00 mg/l (Fig.3.1j) et leur écart
type est égal à 10,48 avec une variance de 109,73.
3.3.10 Bicarbonate HCO3-
Les valeurs de bicarbonate dans la zone d’étude sont dissymétriques avec le pH. Les moyennes et
médianes ne sont pas significatives. Ce pourrait être une marque de la chimie des eaux en milieu
sédimentaire. En effet, les eaux étant saturées ou sursaturées vis-à-vis de la calcite, une
diminution de pH entraîne une augmentation en bicarbonate. Dans notre zone d’étude, les zones
de pH faible présentent une concentration de bicarbonate faible ; c’est le cas des piézomètres P4
et P15 (Fig.3.1k). Les zones à pH neutre présentent des fortes valeurs de bicarbonate.
3.3.11 Titre alcalimétrique Complet (TAC) et Dureté totale (TH)
Le comportement d'une eau dépend du fait qu'elle est ou non à l'équilibre. Pour éviter les
problèmes d'entartrage et d'agressivité, l'eau doit être la plus proche possible de l'équilibre calco-
carbonique (bicarbonate de calcium Ca(HCO3)2, dioxyde de carbone (CO2) libre et carbonate de
calcium (CaCO3)).
Pour évaluer l’équilibre calco-carbonique, le TAC et la TH ont été mesurés dans tous nos
échantillons et les résultats sont résumés ci-dessus dans le tableau III.2 et représentés
respectivement dans les figures 3.1l et 3.1m. Le titre alcalimétrique complet (TAC) dû
essentiellement aux ions bicarbonates (HCO3 ) varie entre 12,4 et 50 mg/l CaCO3. Quant à la
dureté totale (TH) due aux ions Ca2+ et Mg2+ , elle varie entre14,54 et 371,41 mg/l CaCO3 avec

67
une valeur moyenne de 131,64 mg/l CaCO3. Les valeurs faibles de la dureté totale (TH) ainsi que
celles des solides totaux dissous permettent de classer les eaux de l’aquifère AQ-2 comme
étant douces.
En conclusion, les concentrations en cations et anions majeurs sont tous dans les limites
acceptables pour l’eau de boisson. La composition relative à un cation ou anion est exprimée en
pourcentage de meq/l du total des cations ou des anions (Fig.3.2). L’ordre de prédominance des
cations et anions exprimé en pourcentage de meq/l, basé sur la moyenne calculée à l’ensemble
des forages, est respectivement : Ca2+ > Na+> Mg2+>K+ ; HCO3 > SO42-> Cl- [39, 40]. De la
figure 3.2, on remarque un excès des cations Ca2+ + Mg2+ par rapport aux cations Na+ + K+.

5%
(a) (b)
9%
%Ca
39% %Cl
32% %Mg
29% %SO4
%Na
62% %HCO3
%K
24%

Figure 3.2 : Composition moyenne en % meq/l des cations (a) et anions (b) majeurs des eaux de
l’AQ-2

3.4 Evolution géochimique des eaux


L’évolution géochimique des eaux de la nappe peut être comprise en traçant le diagramme de
Piper avec le logiciel AqQA software (Fig.3.3). Dans le diagramme des cations, on observe des
piézomètres au milieu du triangle ne présentant pas de dominance (P1, P2, P7, P10, P11, P14 et
P15). Par contre le piézomètre P4 présente une dominance en Na+, les piézomètres P6, P8 et P13
présentant une dominance en Ca2+. Dans le diagramme des anions, tous les piézomètres sont
proches du pôle bicarbonaté sauf P10 qui ne présente pas de dominance. Les échantillons d’eau
analysés sont repartis dans les zones de faciès chimiques suivants : mélange cations HCO3 (Ca-
Na-HCO3, Na-Ca-HCO3, Na-Mg-HCO3) représentant 36,37% du total des piézomètres, Ca-HCO3
(27,27%), Ca-Mg-HCO3 (18,18%), Na-HCO3 et Na-Mg-HCO3-SO4 représentant chacun 9,09%
des piézomètres (Tab.3.4). L’influence des eaux météoriques est nette dans la nappe étudiée [39].

68
Legend

%
80
A P1

80
%
H P2

%
60
G P4

Ca
+C

60
%
P6

+
M

Mg
SO
P7

%
40
I

40
%
I P8
C P10

%
20

20
%

L P11
A
H LI E P13
I MC P P14
M M P15
P
E G
%

20
20

%
80% 80%
Na

3
O
%

40
HC
+
40

SO
Mg

60% 60%

4
%

60

C
60

40% AH I 40%
M LM
C
%

80

LI M
G
80

P IHA
%

20% 20%
P
I G E
EM
%

%
80

60

40

20

20

40

60

80
%

Ca Cl

Figure 3.3: Diagramme de Piper des échantillons d’eaux de l’aquifère AQ-2


3.5 Temps de séjour des eaux
Il existe plusieurs méthodes de datation des eaux ; parmi lesquelles on peut citer :
- La méthode de datation des eaux par le carbone-14 qui consiste- à évaluer le temps de
séjour moyen des eaux souterraines jusqu’à 30000 ans [41] par l’activité résiduelle en
carbone-14 du carbone minéral total dissous (CMTD). Ce principe du calcul des âges
radiocarbone est fondé sur la relation de décroissance radioactive ;
- la méthode de calcul des indicateurs de temps de séjour des eaux.
Le manque de données isotopiques dans le bassin incite à utiliser une méthode de calcul de
l’indice du temps de séjour i. L’étude des concentrations en ions majeurs a montré que le rapport
Mg/Ca et la somme Na+K augmentent avec le temps de séjour. On définit donc l’indice i par la
relation suivante :
ெ௚ మశ ൈሺே௔శ ା௄ శ ሻ
݅ൌ ሺ஼௔మశሻమ

où les concentrations sont exprimées en milliéquivalents par litre.


i est donc bien d’autant plus grand que le temps de séjour est long. Cet indice de temps de séjour
est qualitatif mais présente l’avantage d’être connu à travers tout le bassin à partir des données
utilisées. Ainsi la carte des iso-valeurs de i (Fig. III.4), est obtenue par la méthode de Shepard
modifiée.
69
Figure 3.4: Indices i dans la région de Pointe-Noire
3.6 L’origine de la minéralisation de l’eau
Le calcul de rapports entre des éléments chimiques permet de mettre en évidence le mélange
d’eaux d’origine différente. Plusieurs études [42, 43, 44, 45) donnent des exemples d’utilisation
de rapports pour identifier l’origine de la salinisation de l’eau tels que Cl-/Br-, Na+/cl-, Na+/K+,
Ca2+/Mg2+, SO42-/Cl…. Ces rapports peuvent également être représentés sous forme de
graphiques d’un élément par rapport à l’autre. Lorsque le mélange est consécutif, les eaux du
mélange se répartissent graphiquement le long d’une droite reliant les deux eaux originelles. Les
points s’écartant de la droite indiquent alors une origine différente ou multiple, voire dans un
certain cas ils font ressortir des erreurs d’analyses.
L’hydrochimie de la nappe est aussi caractérisée par différents rapports ioniques (Tab.3.4). Le
rapport Ca/Mg est caracteristique du parcours des eaux souterraines, variant entre 0,42 et 13,54.
Les plus fortes valeurs sont observées dans les eaux des piézomètres P6, P8 et P13. Ceci pourrait
s’expliquer par un temps de résidence plus important au niveau de ces piézomètres [39].

70
Tableau 3.4 : Rapports ioniques et Faciès chimiques des échantillons d’eaux
Code Localisation Ca/Mg Na/Ca Na/K Na/Na+Cl Na/Cl Faciès chimiques

P1 Tchiali 1,00 0,14 0,72 1,07 0,58 Ca-Mg-HCO3


P2 Coraf 1,07 0,20 1,02 1,05 1,18 Ca-Mg-HCO3
P4 Loandjili 4,00 2,28 7,17 1,11 4,86 Na-HCO3
P6 Nkouikou 12,13 0,72 5,45 1,03 20,66 Ca-HCO3
P7 Orstom 1,31 0,93 21,43 1,11 15,10 Ca-Na-HCO3
P8 Matende 7,44 0,20 1,26 1,05 2,42 Ca-HCO3
P10 Voungou 0,49 2,82 37,98 1,04 175,33 Na-Mg-HCO3-SO4
P11 Cercle 1,34 0,81 16,28 1,14 11,19 Ca-Na-HCO3
P13 Mboukou 13,54 0,55 7,99 1,02 24,56 Ca-HCO3
P14 Brasco 1,29 1,32 18,16 1,21 13,82 Na-Ca-HCO3
P15 Mpaka 0,42 2,81 41,14 1,16 36,79 Na-Mg-HCO3
Le rapport Na/Ca varie entre 0,14 et 2,82. Pour des valeurs inférieures à 0,80, l’appauvrissement
en sodium des eaux de la nappe étudiée est très caractéristique. Le rapport Na/K est de l’ordre de
47 pour l’eau de mer et inférieur à 10 pour l’eau de pluie [46]. Ce rapport scinde les eaux des
piézomètres en trois groupes [39] :
- le premier groupe est constitué des piézomètres P1, P2, P4, P6, P8 et P13 avec un rapport
Na/K inférieur à 10, ce qui montre l’influence des eaux de pluies. Les échantillons d’eau
prélevés dans ces piézomètres ont les plus faibles valeurs du titre alcalimétrique complet
(TAC) et de la dureté totale (TH) ;
- le deuxième groupe est formé par les piézomètres P7, P11 et P14 dont le rapport Na/K dans
les échantillons d’eau est légèrement supérieur à celui de l’eau de pluie. Les valeurs du TAC
et de TH sont supérieures à celles du premier groupe et inférieures à celles du troisième
groupe ;
- le troisième groupe rassemble les piézomètres P10 et P15 dont le rapport Na/K est inférieur
ou voisin à celui de l’eau de mer. Les valeurs du TAC et de TH sont les plus élevées dans la
zone d’étude.
Le rapport Na/Na+Cl est supérieur à 1 dans tous les échantillons d’eaux analysés. Les valeurs
supérieures à 0,5 de ce rapport traduisent le processus d’échange ionique entre Ca2+ et Na+ d’une
part, et d’autre part entre Mg2+ et Na+. Ces échanges cationiques sont favorisés par la présence
des minéraux argileux [47, 39]. Les ions majeurs pourraient provenir en grande partie de
l’interaction eau/minéraux carbonatés et/ou de l’interaction eau/minéraux silicatés. Le rapport
Na/Cl est compris entre 0,58 et 175,33. Dans le cas où le sodium proviendrait de la dissolution de
l’halite, ce rapport devrait être égal à 1. Or il est supérieur à 1 dans 90,90% des échantillons
d’eau, ce qui indique que la source principale du sodium est la dissolution des silicates [48, 39].
L’ion bicarbonate HCO3 est l’anion majeur qui prédomine dans ces eaux. La présence des
minéraux carbonatés dans la zone de recharge et la dissolution chimique des silicates sont les
71
principaux facteurs qui favorisent l’augmentation de la concentration en ion bicarbonate dans les
eaux souterraines de l’aquifère AQ-2 de la région de Pointe-Noire [39].
Les processus hydrochimiques qui contrôlent la composition chimique de la nappe, à savoir la
dissolution des carbonates et silicates, les processus d’échanges ioniques entre cations ont été
évalués à partir des relations entre cations et anions majeurs [49, 50, 51]. Ces relations sont
illustrées sur des graphes dont la droite 1:1 permet de délimiter le domaine de dissolution des
carbonates et de celui des silicates (Fig.3.5 a, b).

8,00
Ca2+ + Mg2+ (meq/L)

7,00
6,00
5,00
4,00
3,00
Dissolution des carbonates
2,00
1,00
Dissolution des silicates
0,00
0,00 0,50 1,00 1,50 2,00

a SO42- + HCO3- (meq/L)

8,00
7,00
Dissolution des carbonates
HCO3 - (meq/L)

6,00
5,00
4,00
3,00
Dissolution des silicates
2,00
1,00
0,00
0,00 2,00 4,00 6,00 8,00

b Na + (meq/L)

Figure 3.5 a, b : Relation entre Ca2+ + Mg2+ et SO42- + HCO3 ; HCO3 et Na+
La figure 3.5a montre que la majorité des échantillons d’eaux se situe au-dessus de la droite 1:1,
ceci indique que la dissolution des carbonates est le processus dominant qui fournit les ions
calcium et magnésium dans la nappe. En plus de la dissolution des carbonates, la dissolution des
silicates représentée par l’équation chimique (Eq.3.1) contribue aussi à augmenter la
concentration en Ca2+ et Mg2+.

72
,  ,   ,                       
  (Eq.1)

La figure 3.5b montre que la dissolution des silicates est le processus qui contrôle la composition
chimique de la nappe par rapport au sodium. La relation entre (Na+ + K+) et (Cl- + SO42-)
(Fig.3.6a) montre que Na+ et K+ présents dans la nappe ne proviennent pas des sels tels que
l’halite ou le sulfate de sodium, ni du chlorure de potassium ou du sulfate de potassium. Ceci est
aussi confirmé par la figure 3.6b qui montre le regroupement des piézomètres. La présence des
carbonates, grès, dolomies, marnes signalés dans la litho-stratigraphie de Pointe-Noire (cf.1.2.1 et
Fig.1.3) suggère que la dissolution de ces minéraux contribue de façon significative à
l’augmentation de la concentration en ions Ca2+, Mg2+ et Na+.

8,00
7,00
6,00
(Na++ K+) meq/l

5,00
4,00
3,00
2,00
1,00
0,00
0,00 0,20 0,40 0,60 0,80 1,00

(Cl- + SO42-) meq/l

Figure 3.6a : Relation Na+ + K+ et Cl- + SO42-


180
groupe III
160
140
Na + (meq/l)

120
100
80
groupe II
60
40 groupe I
20
0
0 2 4 6 8 10 12

SO4 2- (meq/l)

Figure 3.6b : Relation entre Na+ et SO42-

73
Le traitement statistique des données par classification ascendante hiérarchique a aussi permis de
regrouper les piézomètres en trois classes. Ces classes ne sont autre que les trois regroupements
obtenus à partir du rapport ionique Na/K dans les échantillons d’eau (Fig.3.7).

Dendrogramme de 11 Obs.
Méth. de Ward
Dist. Euclidiennes
120

100

80
(Dlien/Dmax)*100

60

II III I
40

20

0
P11 P14 P7 P15 P10 P13 P6 P8 P4 P2 P1

Figure 3.7 : Dendrogramme des piézomètres dans la zone d’étude


3.7 Spatialisation de l’hydrochimie
Diverses cartes (Fig.3.8) ont été établies afin d’apprécier la variabilité spatiale du chimisme des
eaux (carte de la minéralisation totale, carte des iso-teneurs en chlorures et en bicarbonates) et de
la conductivité électrique.
Celles-ci, au-delà du fait qu’elles permettent de matérialiser les zones d’alimentation potentielles,
ne révèlent pas d’organisation spatiale permettent d’attribuer une quelconque individualisation.
La distribution spatiale de la conductivité électrique montre deux tendances variablement
spatialisées (Fig.3.8a). Une tendance à la hausse caractérisée par une conductivité électrique qui
varie entre 180 et 1000 µS/cm dans les piézomètres P7, P11, P13 et P14 et une tendance à
conductivité faible caractéristique des piézomètres situés au Nord et au Sud de la région étudiée.
La spatialisation des bicarbonates dans la région de Pointe-Noire est caractérisée par trois
tendances : Une tendance à faible concentration (P1, P2, P4, P6, P8 et P13, une à concentration
moyenne (P10 et P15) et l’autre à forte concentration (P7, P11, et P14) (Fig.3.8b).

74
Figure 3.8a: Spatialisation de la conductivité électrique

Figure 3.8b: Spatialisation des bicarbonates

75
Les eaux souterraines de l’AQ-2 de la région de Pointe-Noire, présentent des teneurs en chlorures
variablement spatialisées (Fig.3.8c). Cette variation semble être localisée à l’environnement
immédiat des piézomètres en relation probable avec la nature de la roche existante ou leur
proximité avec l’océan.
3.8 Etude de la potabilité des eaux
La potabilité de l’eau est définie par des paramètres physiques, chimiques et biologiques, mais
surtout en fonction de son usage. Pour ce qui concerne l’eau de boisson, en l’absence de normes
nationales, il est fait référence aux valeurs guides de l’OMS données d’après les directives de
qualité pour l’eau de boisson [37]. Par rapport à ces normes, bien que légèrement turbide, l’eau
de la zone d’étude est de bonne qualité ; toutes les concentrations des éléments majeurs mesurées
respectent les critères pour la qualité de l’eau potable.
L’eau souterraine de la zone d’étude peut généralement être qualifiée de fortement agressive, très
faiblement minéralisée et avec une très forte alcalinité. Ce type d’eau est fortement susceptible de
corroder les canalisations et la tuyauterie des pompes, et de dissoudre les métaux avec lesquels
elle entre en contact.

Figure 3.8c: Spatialisation des ions chlorures


En conclusion, les échantillons d’eau souterraine prélevés dans la région urbaine de Pointe-Noire
démontrent que l’eau souterraine est généralement de bonne qualité. La plupart des paramètres
physicochimiques de base analysés satisfont les critères pour la qualité de l’eau potable à
l’exception de la température, conductivité électrique et de l’alcalinité.

76
La température de l’eau souterraine se situe entre 25,8 et 29,8°C. Cependant, le critère de l’OMS
relatif à la température est-il applicable aux climats tropicaux ? Il est présenté seulement à titre
indicatif. La conductivité électrique dans la plupart des ouvrages présente des valeurs faibles aux
normes de l’OMS et montre une certaine agressivité de la nappe.
Les valeurs de l’alcalinité mesurées dans la plupart des stations d’échantillonnage excédent
également le critère pour la qualité de la potabilité ; elles varient entre 24 et 214 mg/l.
Les résultats d’analyse pour les échantillons d’eau souterraine montrent des différences
importantes dans la composition physicochimique entre les stations. Bien que les échantillons
aient été prélevés dans le même aquifère, on observe que plusieurs stations ayant une position
spatiale plus ou moins proche de la côte atlantique, présentent généralement des valeurs plus
élevées pour le pH, la conductivité et l’alcalinité. Ces différences pourraient s’expliquer en partie
par la nature des sols du bassin sédimentaire côtier et de l’influence possible de l’environnement
immédiat des ouvrages en relation probable avec leur mauvaise protection ou leur proximité
avec l’océan.
Conclusion partielle
La chimie des eaux apporte, incontestablement, beaucoup d'éléments nouveaux dans la
connaissance de la nappe et précise, pour l'instant, les données du problème. Elle permet une
individualisation des aquifères pour autant que l’équipement des ouvrages isole les différentes
formations qui les hébergent, empêchant toute communication hydraulique entre eux.
Il y a donc là une méthode pour mieux comprendre les grands aquifères lorsque leur géologie et
leur piézométrie sont moins connues.
L’étude hydrochimique de l’aquifère AQ-2 dont la nappe est utilisée par la Société Nationale de
Distribution d’Eau à Pointe-Noire au sud du Congo, a montré que les cations et anions majeurs,
le pH, la conductivité électrique, les solides totaux, l’alcalinité totale complète et la dureté totale
qui caractérisent la composition chimique de la nappe sont dans les limites permises pour l’eau de
boisson selon les normes O.M.S. L’hydrochimie de la nappe dans cet aquifère varie en relation
avec les différentes interactions eau-roche. Les caractéristiques hydrochimiques de la nappe
montrent une prédominance des cations (Ca2+ + Mg2+) sur (Na+ + K+), des ions bicarbonates
HCO3 sur les ions sulfates SO42- et chlorures Cl-. Les ions bicarbonates proviennent
principalement de la dissolution des minéraux carbonatés et silicatés. En se basant sur les
constituants majeurs, les eaux de la nappe à l’étude correspondent aux faciès chimiques mélange
cations – HCO3 et Ca –HCO3 qui représentent 64% des piézomètres. Les valeurs de la
conductivité électrique sont relativement élevées au sud-ouest de la zone d’étude, ce qui laisse
supposer une influence probable de l’eau de mer sur la composition chimique des eaux dans cette
partie de la zone d’étude. Le rapport Na+/K+ permet un regroupement des piézomètres
échantillonnés en trois groupes qui sont confirmés par une analyse statistique de classification
hiérarchique ascendante.
La géochimie ne peut évidemment pas tout expliquer, pour le cas présent. On ne peut encore
affirmer que la nappe s'écoule, qu'elle se renouvelle, ou bien que ses réserves s'épuisent. Il faudra
sans doute faire appel à d'autres techniques pour répondre à ces questions, en particulier aux
77
déterminations de l'âge des eaux par les méthodes isotopiques, qui sont maintenant de plus en
plus -utilisées. L'articulation étroite de ces techniques permettra une meilleure approche des
connaissances hydrogéologiques de l’ensemble aquifère.

78
Chapitre 4

Modélisation des écoulements d’eau dans le milieu variablement


saturé de la région de Pointe-Noire

Le besoin de modéliser les ressources en eau a été ressenti pour la première fois au début des
années 70 avec les premiers constats des impacts négatifs causés par les activités humaines sur le
cycle hydrologique. À l’heure actuelle, différents indicateurs environnementaux (e.g. pollution
des eaux de surface et souterraines, érosion et désertification, tendance au réchauffement
climatique global) sont assez pessimistes [52]. Il est de ce fait apparu nécessaire d’intégrer dans
la politique de développement l’impact sur l’environnement et plus particulièrement sur la
ressource en eau.
Le milieu poreux variablement saturé en eau du sol, milieu poreux souterrain compris entre la
surface du sol et le superstratum des nappes, est l’interface de contact entre l’atmosphère et les
aquifères et, de ce fait, son étude est primordiale à la modélisation des ressources en eau. La
figure 4.1 schématise le bilan hydrologique à travers le milieu poreux variablement saturé : à la
surface du sol, la lame d’eau de précipitation se répartit en un terme d’infiltration dans le sol et en
un terme de ruissellement de surface ; une partie de la quantité d’eau infiltrée se déplace alors de
façon latérale dans le milieux variablement saturé selon la pente (écoulement latéral non-saturé),
une autre est reprise par évaporation dans l’atmosphère et par extraction racinaire de la végétation
(quantité d’eau principalement évacuée dans l’atmosphère par transpiration, dont le tout se
répartit en terme d’évapotranspiration) ; une portion de la quantité d’eau infiltrée restante
s’accumule dans le milieu non-saturé et l’autre portion percole par gravité dans les nappes (terme
de recharge).

Figure 4.1 : Schéma des bilans hydrologiques dans le milieu poreux variable saturé en
interaction avec les plantes et l’atmosphère
79
Le milieu poreux variablement saturé est un réservoir non-négligeable en eau douce, puisqu’il
alimente toute la végétation. La capacité de rétention en eau de l’ensemble des sols du globe est
du même ordre de grandeur que celle de tous les lacs et la quantité d’eau absorbée est environ
égale au tiers de celle retenue dans les lacs. La quantité d’eau totale présente dans les sols et les
aquifères dépasse d’environ deux ordres de grandeur la quantité d’eau douce de surface [53].
Enfin, le milieu poreux variablement saturé joue également un rôle crucial dans le transfert des
polluants, qu’ils soient d’origine agricole, industrielle ou urbaine. La concentration à laquelle une
pollution de surface atteint la nappe est dépendante principalement des caractéristiques du milieu
variablement saturé, ce dernier pouvant jouer le rôle de tampon.
Le développement d’outils de gestion de la ressource en eau à l’échelle du bassin versant est
stratégique pour une région surpeuplée utilisant des eaux souterraines. Les informations
actuellement disponibles dans la région de Pointe-Noire laissent en effet supposer une
surexploitation de la ressource qui va se traduire, à court ou moyen terme, par une diminution
drastique des prélèvements possibles. L’utilisation de modèles adaptés à ce contexte
hydrogéologique permet de déterminer la durabilité des pratiques actuelles et d’envisager les
alternatives en matière de gestion de l’eau. C’est dans cette optique d’élaboration de modèle
hydrogéologique à grande échelle qu’une étude des bilans hydrologiques doit être effectuée dans
la région de Pointe-Noire pour estimer la recharge des aquifères et l’impact d’activité sylvicole
qui se développe dans la région.
4.1 Approches d’estimation des écoulements d’eau en milieu variablement saturé
Afin de connaître et d'estimer quantitativement les processus d’écoulement d’eau en milieu
variablement saturé (milieu non saturé), il est nécessaire de prendre en compte trois grands types
de variables d’entrée :
1. la climatologie, qui va conditionner la quantité d'eau entrante par les précipitations
et en partie la quantité d'eau évaporée vers l'atmosphère qui dépend de la
température, l'hygrométrie, le rayonnement solaire et la vitesse du vent ;
2. la végétation qui va puiser par ses racines plus ou moins d'eau dans le sol et
réémettre de la vapeur d'eau dans l'atmosphère par transpiration. Le type de
végétation et son stade de développement vont conditionner ses besoins en eau et
sa réponse aux contraintes extérieures (paramètres climatiques et disponibilité de
l'eau dans le sol) ;
3. le sol qui agit comme un réservoir qui se vide vers le bas par gravité et vers le haut
par évaporation et par les prélèvements de la végétation (cf. Fig.4.1).
Son évaluation se fait soit à l’échelle des bassins versants, soit à l’échelle du peuplement
(formation végétale homogène). C’est le cas dans notre étude, l’évaluation des bilans hydriques
se fait dans les peuplements d’eucalyptus et de la savane, formations végétales les plus
caractéristiques de la région de Pointe-Noire.
Au niveau des bassins versants, on raisonne fréquemment sur des systèmes de drainage organisés
et fermés en l’absence bien sûr d’apports ou de pertes externes. La situation est favorable en
80
bassin versant de taille suffisante (0,5 à 10 km2), drainé par des émissaires suffisamment incisés
pour caractériser la couche aquifère. Mais toutes les mesures se font en un seul point, l’exutoire,
sauf la pluviométrie. Il suffit de mesurer à l’exutoire les volumes écoulés (ruissellement (R.),
écoulement hypodermique (E.H.), nappe souterraine (N.S.)), suivant les méthodes classiques de
l’hydrologie (limnigraphie, jaugeage, tarage) pour déterminer les débits sortants avec des
précisions relatives de l’ordre de 5 à 10 %. L’avantage de cette évaluation est le calcul du bilan
d’eau à l’échelle macroscopique.
Les séquences et les profils de sols qui sont des systèmes d’écoulement mal délimités et à forte
variabilité spatiale présentent une évaluation très incertaine. A l’échelle de la parcelle (quelques
hectares), les systèmes de captage des flux de solution tels que les dispositifs lysimétriques qui
servent à obtenir des échantillons d’eau, ne permettent pas d’estimer correctement les flux de
solution [54], tout comme les méthodes d’utilisation des traceurs de l’infiltration et les méthodes
de calcul des bilans hydriques à partir de la pluviosité (P), de l’évapotranspiration potentielle
(ETP), et de la réserve en eau utile du sol (RU).
Les méthodes tensiométriques tirées de l’extension de la loi de Darcy aux milieux variablement
saturés renseignent bien cependant sur le sens des transferts des flux d’eau et leur variabilité
spatiale (selon la profondeur).
Notre approche est centrée sur la modélisation des flux hydriques. Les modèles de bilan hydrique
du sol cultivé ou nu ont connu durant la dernière décennie un développement considérable,
autorisant maintenant leur utilisation pour suivre le comportement du végétal lié à la
consommation en eau et son écoulement dans un milieu poreux.
Ces modèles ont démontré leur utilité pour aborder l’évaluation de la répartition de l’eau dans le
système sol-plante-atmosphère. Notre étude s’inscrit dans le cadre d’une plate-forme de
modélisation où le support est une représentation informatique qui utilise un modèle mécanique
basé sur des lois physiques. Cette approche s’articule sur la simulation au cours du temps de
l’évolution de l’humidité du sol et des flux d’eau avec le logiciel ‘‘HYDRUS 1D’’. Elle a pris
depuis de nombreuses années une importance considérable et s’est montrée très efficace soit pour
déterminer les paramètres hydrodynamiques du sol pour une amélioration de la prévision
numérique, soit pour tester les modélisations du fonctionnement hydrique.
4.2 Modélisation des transferts hydriques dans le sol
La modélisation est devenue une approche fréquemment utilisée pour l’estimation des paramètres
en sciences de l’eau. Fondamentalement, cette technique est basée sur les méthodes de contrôle
optimal qui nécessitent des observations et un modèle pour le calcul des dérivées du premier
ordre. Le modèle adjoint du modèle de Richards est construit pour obtenir le gradient de la
fonction coût (qui mesure les écarts entre les valeurs simulées et celles observées) par rapport aux
paramètres de contrôle [55].
Plusieurs approches de modélisation et hypothèses font état de bilan d’eau dans le complexe sol-
plante-atmosphère. Parmi tant d’autres, nous retiendrons :

81
• Les modèles déterministes : les paramètres du sol et les autres données d’entrée sont
définis de façon unique, si bien que la réponse du modèle est unique. Ces modèles
s’appliquent uniquement à des sols uniformes et homogènes (paramètres caractérisés par
des valeurs ou des fonctions uniques).
• Modèles stochastiques : les paramètres du sol et éventuellement certaines autres données
d’entrée sont introduites sous forme de variables aléatoires décrites par des FDP (fonction
de densité de probabilité). Les résultats de ces modèles sont donc également exprimés
sous forme de FDP.
• Modèles mécanistes (à base physique) : les équations de cette catégorie de modèles,
généralement des équations aux dérivées partielles, reposent sur des lois fondamentales
empruntées à la physique. Elles fournissent les variations spatio-temporelles des variables
d’état (teneur en eau volumique θ et potentiel hydrique h), en fonction des conditions
initiales et des conditions aux limites par l’intermédiaire de paramètres.
• Modèles fonctionnels : les processus impliqués dans les transferts sont pris en compte de
façon très simplifiée. La formulation mathématique de ces modèles est généralement
simple. Ils exigent peu de données et sont faciles à résoudre.
En général, il existe deux grandes catégories des modèles de transfert hydrique dans les sols :
 modèles à compartiments et à flux, peu explicatifs des flux de transfert, mais basés sur les
paramètres généralement beaucoup plus simples à mesurer ;
 modèles mécanistes basés sur les lois physiques de transfert hydrique dans le sol (en
particulier la loi de Darcy, 1856) que la présente étude utilise.
4.2.1 Equation de Richards
L’équation de Richards est à la base du fonctionnement hydraulique des sols puisqu’elle établit
une relation entre l’humidité du sol, le potentiel hydrique et la conductivité hydraulique.
C’est une équation aux dérivées partielles non-linéaires en une, deux ou trois dimensions
d’espace que nous allons utiliser en dimension un.
La description mathématique du transfert hydrique est obtenue en considérant d’une part
l’équation dite de continuité (Eq.4.1) qui exprime la conservation de la masse d’eau dans un
volume élémentaire représentatif du sol et d’autre part l’équation de conservation de la quantité
de mouvement(Eq.4.2) [56].
[Link] Equation de continuité
Une relation est établie entre le flux d’eau (q en m.s-1), l’humidité du sol (θ en m3.m-3) et le
potentiel hydrique (h en Pa) en effectuant un bilan entrées/sorties pendant le temps ∂t (en s) pour
un volume de sol d’épaisseur ∂z (en m) comme présenté par la formule ci-dessous :

∂θ = ∂q (Eq.4.1)
∂t ∂z

82
[Link] Equation dynamique : loi de Darcy
C’est l’équation (Eq.4.2), dite ‘‘loi de Darcy’’ qui permet de décrire les écoulements ou les
transferts hydriques dans un milieu poreux saturé. Elle exprime la proportionnalité entre le flux
d’eau ou vitesse de filtration (q) traversant une colonne et l’opposé du gradient de charge
hydraulique. Bien qu’elle fut conçue à l’origine pour les écoulements en milieux saturés, elle fut
étendue par Richards en 1931 aux écoulements en milieu non saturé en stipulant que la constante
de proportionnalité (K) appelée conductance hydraulique est fonction de la teneur en eau du sol.
La relation proposée par Darcy (1856) et étendue aux milieux non saturés s’écrit :
∂H
q = K (θ ) (Eq.4.2)
∂z
avec
q = Flux d'eau qui traverse une section donnée en une unité de temps donnée (m.s-1) K =
conductivité hydraulique (m.s-1). Elle exprime la capacité du sol à transmettre l'eau suivant son
état de saturation mesuré par θ ou h. La conductivité est maximale à la saturation (Ks). θ =
teneur en eau volumique (m3.m-3)
C'est une variable adimensionnelle qui donne le pourcentage volumique de sol occupé par l'eau.
z = profondeur du sol (m) orienté de haut en bas
H = charge hydraulique : c’est un potentiel de pression (Pa) exprimé en hauteur d’eau (m) pour
des raisons de commodité.
Elle est égale à la somme du potentiel gravitaire (z) et du potentiel de pression hydrostatique (h)
mesuré par la tension Ψ (on néglige les potentiels chimique, osmotique et d'adsorption). H = h -
z.
La tension hydraulique h mesure l'état énergétique et traduit la plus ou moins grande saturation
du sol en eau. Elle est donc faible dans les sols saturés et augmente dans les sols secs. C'est une
grandeur négative exprimée en Pa.
∂H/∂z = gradient de charge hydraulique
Il permet de déterminer le sens de déplacement des flux hydriques lors de l'exploitation des
données des tensiomètres. Il s'exprime en Pa.
Si la conductivité hydraulique K est connue, les flux hydriques tels que les remontées capillaires
et le drainage peuvent être déduits en mesurant les paramètres de l'équation de Darcy à l'aide de
tensiomètres et d'humidimètres. θ, K et h sont liés par des relations caractéristiques du milieu :
1. la courbe de rétention θ(h) lie la teneur en eau volumique à la tension hydrique et exprime
la capacité du sol à retenir l'eau en fonction de la succion exercée. Grâce à elle, il est
possible de connaître les humidités volumiques correspondant aux données
tensiométriques (et vice-versa). C'est une caractéristique macroscopique fondamentale en
physique du sol car elle intègre l'influence de la structure, de la porosité et de l'adsorption
sur l'état de l'eau du sol ;
83
2. la courbe de conductivité hydraulique K(h) ou K(θ).
L'importance que revêt la conductivité hydraulique pour la description de la dynamique de la
phase liquide fait de sa détermination un aspect essentiel de l'évaluation des processus de
l’écoulement. La détermination de la phase liquide en laboratoire s'effectue à l'aide d'échantillons
non remaniés et aussi représentatifs que possible de l'ensemble du sol dont ils sont issus. Ces
deux conditions sont en général très difficiles à respecter ou à vérifier (ce qui induit souvent de
grosses erreurs), par contre les techniques de mise en place au laboratoire sont plus simples et
fournissent des mesures relativement précises. Ces relations peuvent être aussi obtenues à partir
de mesures locales sur le terrain. Cependant, ces mesures demandent des moyens humains et
matériels importants et sont généralement longues et coûteuses, d'autant plus qu'une grande
diversité de sols peut être rencontrée sur un même bassin. Dans le cas des sols de Pointe-Noire,
on rencontre une grande homogénéité de ces sols, ce qui nous pousse à utiliser la méthode des
expériences de drainage in situ.
La capacité capillaire C(h) = ∂θ/∂h (m-1) est la dérivée de la rétention hydrique et donne la
variation de la teneur en eau pour une variation de potentiel.
La combinaison de ces deux équations monodimensionnelles de la dynamique prend la
forme(Eq.4.3) (équation de Richards).

∂θ = ∂  K ( θ )  ∂h − 1  
 
∂t ∂z   ∂z 
(Eq.4.3)

dans laquelle h est la pression relative par rapport à la pression atmosphérique de l’eau exprimée
en Pa et H définie par :
H =h(θ) –z. (Eq.4.4)
L’introduction du coefficient de ‘’diffusivité’’ qui est le produit de la conductivité et de la pente
de la relation liant la pression de l’eau h à l’humidité volumique :

D( θ ) = K ( θ ) ∂h , (Eq.4.5)
∂θ
permet d’exprimer l’équation (Eq.4.3) sous forme de θ qui devient alors, en déplacement
monodimensionnel vertical :

∂θ = ∂  D ( θ ) ∂θ − K ( θ ) 
∂t ∂z  ∂z  (Eq.4.6)

dans laquelle D est le coefficient de diffusivité.


L’équation (Eq.4.6) est appelée équation de Fokker-Planck. Cette équation ne peut-être utilisée
en milieu saturé. En effet, lorsqu’une partie du sol est saturée (teneur en eau à saturation naturelle
θ = θs= cte), la pression de l’eau dans le sol continue à augmenter, donc la diffusivité devient
infinie.

84
Pour un milieu non saturé, l’équation (Eq.4.3) est exprimée en fonction de la pression effective
de l’eau h en introduisant le concept de capacité capillaire [57] :

C ( h ) = ∂θ , (Eq.4.7)
∂h
et l’équation (Eq.4.3) prend la forme de :

 
C ( h ) ∂h = ∂  K ( h ) ∂h − 1  
∂t ∂z   ∂z 
(Eq.4.8)

4.2.2 Fonctions puits et résolution de l’équation de Richards


La résolution des équations de transfert a fait l’objet de très nombreux travaux [58, 59, 60] et, en
sol nu, sans végétation, les résultats prédictifs obtenus par simulation sont souvent très
satisfaisants quelle que soit la méthodologie employée. En fait, les difficultés interviennent
surtout au niveau de l’identification des paramètres phénoménologiques K(θ) et h(θ) et leur
variabilité [60]. L’absorption par les racines est aussi une des difficultés lorsque de l’eau peut être
soustraite du système au cours de son écoulement souterrain. Dans ce cas, il faut introduire dans
l’équation de Richards une fonction dite « fonction-puits S » qui doit tenir compte de la
morphologie du système racinaire.
L’équation de Richards devient alors :

∂θ = ∂  K ( θ 
) ∂h − 1   + S
∂t ∂z   ∂z 
(Eq.4.9)

avec
S : fonction d’extraction racinaire (volume d’eau extrait par unité de volume de sol et par unité de
temps) (m3m-3 s-1)
Cette fonction d’extraction S (m3m-3 s-1) a été présentée simplement par [60].
Tp
S = α( h ) (Eq.4.10)
L

α(h) est la fonction de réponse au stress hydrique (sans unité) ;
Tp (m.s-1) est le débit de transpiration potentielle ;
L (m), la profondeur d’enracinement.
L’équation des écoulements souterrains peut être résolue analytiquement ou numériquement.
Dans notre cas cette équation est hautement non linéaire et ne peut être résolue analytiquement.
D’où la résolution numérique (méthode des éléments finis ou méthode des volumes finis) est
nécessaire. Pour cela, les conditions initiales et aux limites doivent être discrétisées de sorte que
les erreurs numériques soient minimisées. Cette technique de modélisation a été utilisée par
plusieurs auteurs [58, 59]. Les modèles incluent généralement des procédures qui permettent de
faire varier automatiquement le pas de temps en fonction de la rapidité de convergence de la
85
solution numérique. Les modèles monodimensionnels possèdent un maillage sous forme de
couche, l’espacement entre les lignes étant à définir.
La fonction « puits » S introduite dans l’équation de base tient compte du stress hydrique α(h).
Pour représenter ce stress hydrique, on utilise la formule établie par van Genuchten (1986) qui
tient compte de la pression induisant une diminution de 50 % du rendement d’une culture (h50) et
d’une autre constante empirique p, exponentielle :
α(h) = (1 + (h/h50))-p (Eq.4.11)
α
..1

h4 h3 h2 h1 0 charge hydraulique (h)


h1 : Point d’anoxie
h2-h3 : Zone d’absorption potentielle maximale
h4 : Pointe de flétrissement permanent (d’après Feddes et al., 1978) [61].
En outre, la résolution de l’équation de-transferts hydriques requiert une caractérisation des
paramètres hydrodynamiques, une détermination de la fonction puits caractérisant l’extraction
racinaire ainsi qu’une connaissance des conditions aux limites du système (condition initiale,
conditions en surface et en profondeur). Cette résolution se fera à l’aide d’un progiciel modelant
l’environnement pour l’analyse de l’écoulement de l’eau.
D’où la plate-forme informatique utilisée dans cette étude, HYDRUS 1D qui présente l’avantage
de fonctionner sous un environnement convivial.
4.3 Présentation du logiciel HYDRUS 1D
Le logiciel HYDRUS 1D a été réalisé en 1996 par le laboratoire de salinité des ETATS-UNIS,
ministère de l'agriculture des ETATS-UNIS, service de recherches d'agriculture [62]
Le programme de HYDRUS 1D est un modèle d’éléments finis pour simuler le mouvement
unidimensionnel selon la profondeur de l’eau, de la chaleur et des multiples corps dissous dans
des milieux variables. Le programme résout numériquement l’équation de Richards pour
l’écoulement saturé-insaturé de l’eau. Il met en application les différents types de modèles de van
Genuchten [63], de Brooks et Correy [64] et de fonction analytique de van Genuchten modifiée
qui permettent de décrire les paramètres hydrauliques de sols insaturés. Des modifications ont été
faites pour améliorer la description des paramètres hydrauliques près de la saturation. Le code
HYDRUS incorpore le phénomène d’hystérésis en employant le modèle empirique présenté par
Scott et al. [65] et Kool et Parker [66].
Le progiciel HYDRUS 1D offre la possibilité d’optimiser les paramètres de caractérisation des
sols par une évaluation inverse. Cette technique consiste à faire varier les paramètres à optimiser
86
afin de minimiser les écarts entre les valeurs simulées (conductivité hydraulique, humidité,
potentiel hydrique, flux profond) et les valeurs observées expérimentalement.
HYDRUS 1D fonctionne avec les sous unités suivantes : pour l’humidité volumique θ en m3.m-3
ou [Link]-3, pour le potentiel hydrique h en m d’eau, la conductivité hydraulique K en cm.s-1, la
capacité capillaire en cm-1.
4.3.1 Paramétrisation
Afin de caractériser le comportement hydrique d’un sol, on calcule la relation entre l’humidité du
sol et le potentiel hydrique. Cette relation h(θ) est une composante importante des phénomènes
de transfert hydrique. Pour décrire de façon continue la relation « teneur en eau/potentiel
hydrique», un certain nombre d’auteurs [67, 68, 69] ont attribué à priori une certaine forme
mathématique, utilisable dans des modèles de transfert [60]. Une forme simple a été introduite
par van Genuchten et Nielsen [70] :

S e = ( 1 + ( αh ) n )
−m
(Eq.4.12)

où Se représente le taux de saturation et h la valeur absolue du potentiel hydrique :


θ − θr
Se = (Eq.4.13)
θs − θr

où θs est l’humidité volumique à saturation, et θr, l’humidité résiduelle.


La détermination des paramètres se fait à partir de la fonction de rétention d’eau de van
Genuchten :
θs − θr
θ( h ) = θr +
[1 + ( αh ) n ]m
(Eq.4.14)

α, n et m sont des paramètres indépendants que l’on peut déterminer par les ajustements
statistiques. Une relation de dépendance entre m et n (m =1-1/n) améliore la représentativité de la
relation choisie presque pour tous les sols.
La fonction de rétention devient :
θs − θr
θ( h ) = θr + (Eq.4.15)
[1 + ( αh ) n ]1− 1
n

En introduisant la fonction de capacité capillaire (Eq.4.7), l’équation (Eq.4.14) (ou (Eq.4.15))


devient :
( θ s − θ r )( − m )( α n ) n( h ) n −1
C( h ) = (Eq.4.16)
[1 + ( αh ) n ]1+ m
La relation peut également s’exprimer analytiquement en fonction de K(θ) ou K(h) par :

87
   
2

 θ − θr     θ − θr  m  
1 m

K( θ ) = Ks   1 −  1 −    
i
(Eq.4.17)
 θs − θr     θs − θr   
   

ou

K( h ) =
(
K s 1 − ( αh ) n −1 [1 + ( αh ) n ]
−m
)
2
(Eq.4.18)
[1 + ( αh ) n ] m
2

Dans les équations (Eq.4.17) et (Eq.4.18), les différents paramètres désignent respectivement :
- θs la teneur en eau à saturation naturelle (m3.m-3),
- θr la teneur en eau résiduelle (m3.m-3),
- Ks la conductivité hydraulique à saturation naturelle (m.s-1),
- α paramètre empirique de la courbe de rétention d’eau (m-1)
- m et n les paramètres de la courbe de rétention d’eau liés à la structure du sol (sans
unité),
- et i, un paramètre relatif à la porosité des sols et fixé à 0,5 [71].
La caractérisation des sols requiert la détermination de ces cinq paramètres qui interviennent dans
le modèle de Richards décrit ci-dessus. Les paramètres n et m sont des paramètres de forme et Ks,
α, θs et θr sont des paramètres d’échelle. Certaines études [72] ont démontré que les paramètres
d’échelle sont fortement liés à la texture du sol alors que les paramètres de forme dépendent
principalement des propriétés structurales du sol.
4.3.2 Conditions initiales
- Si l’on utilise la forme diffusive de l’équation de Richards, on définit le profil
hydrique initial θ(z,0)qui prévaut au début de la simulation (t=0) ;
- Si l’on utilise la forme capacitive de l’équation de Richards, on définit le profil de
charge de pression initiale h(z,0) qui prévaut au début de la simulation (t=0).
4.3.3 Conditions aux limites du modèle
Les conditions de type Dirichlet (potentiel hydrique) et de type Neumann (Flux d’eau) sont
imposées selon la limite inférieure ou supérieure.
En surface
On peut choisir entre le potentiel hydrique constant, le flux d’eau constant, les conditions
atmosphériques (précipitations, évapotranspiration et valeur de pression maximale
d’équilibre sol/atmosphère avec ruissellement ou accumulation d’eau possible), le
potentiel hydrique variable, le flux d’eau variable.
En profondeur

88
On peut choisir entre le potentiel hydrique constant, le flux d’eau constant, le potentiel
hydrique variable, le flux d’eau variable, le drainage libre, le drainage profond, la face de
suintement, et le drainage horizontal.
4.4 Expérience de drainage interne
Une expérience de ressuyage contrôlé en eau ou ‘‘méthode du drainage interne’’ a été effectuée
lors nos travaux antérieurs [9], afin de préciser le fonctionnement hydrologique de ces sols. Dans
la zone de recharge des couches aquifères de notre zone d’étude, un anneau métallique (25 cm de
hauteur et 1 m de diamètre) est enfoncé dans le sol de 10 cm afin de délimiter une zone de 0,78
m2 au-dessus d’une répétition de sondes TDR (Réflectométrie dans le Domaine Temporel) qui
évaluent l’humidité volumique du sol. Cet anneau est entouré d’un deuxième anneau (25 cm de
hauteur et 2 m de diamètre) délimitant une surface de 3,14 m2. Ce deuxième anneau est installé
pour limiter les écoulements latéraux.
Cette expérience de ‘‘drainage interne’’ consiste à saturer le sol dans la zone délimitée par ces
deux anneaux par apport d’eau externe (environ 3 m3/m2 d’eau ont été déversés), puis de laisser
le sol se ressuyer, afin d’assurer des écoulements souterrains homogènes autour des sondes TDR.
Dans l’anneau central sont installés au plus proche des sondes TDR des tensiomètres à mercure
dont le point d’entrée d’air se situe aux alentours d’une pression de -800 cm d’eau. Sous
l’influence de la succion du sol, l’eau contenue dans la bougie se met en équilibre de potentiel
avec l’eau du sol et cette succion équilibre la montée d’une colonne manométrique de mercure.
Pendant la phase de ressuyage, l’humidité volumique du sol (θ) est mesurée à pas de temps
régulier avec les sondes TDR et le potentiel hydrique (h) avec les tensiomètres, placés
respectivement à 15, 50, 100 et 200 cm de profondeur. Les dispositifs installés sont bâchés, ce
qui permet d’éviter les pertes d’eau par évaporation.
4.5 Relation potentiel hydrique-teneur en eau
La relation potentiel hydrique-humidité volumique h(θ) est une composante importante des
phénomènes des écoulements des eaux souterraines dans le milieu variablement saturé. Elle est
essentielle pour décrire l’état de l’eau dans le sol [73]. Cette relation mesurée expérimentalement
est représentée graphiquement par une courbe caractéristique de l’humidité du sol ou ‘‘courbe de
rétention de l’humidité du sol’’.
A partir des données expérimentales de drainage interne in situ, les paramètres de l’équation de
van Genuchten qui lient le potentiel hydrique à la teneur en eau du sol sont estimés par le
progiciel HYDRUS 1D à différentes profondeurs (15, 50, 100 et 200 cm) dans la zone de recharge
de notre domaine d’étude (Tab.4.1).
Il n’a pas été tenu compte d’éventuels phénomènes d’hystérésis car dans les sols sableux ils sont
négligeables.

89
Tableau 4.1 : Paramètres hydrodynamiques dans le sol de Pointe-Noire à différentes profondeurs
Paramètres Profondeur (cm)
hydrodynamiques 15 50 100 200
θr (m3.m-3) 0.023 0.026 0.040 0.064
θs (m3.m-3) 0.446 0.436 0.410 0.360
α (m-1) 3.418 3.861 4.565 5.036
n (-) 1.767 1.641 1.603 1.539
Ks (m.j-1) 373.7 200.2 66.5 45.3

Pour le paramètre m, la simplification de Mualem [71] (m =1-l/n) a été utilisée avec l la


connectivité des pores prise égale à 0.5.
Les sols de notre zone d’étude étant très drainants, il est difficile de pouvoir déterminer
l’humidité à la saturation du sol. Pour remédier à cette difficulté, les humidités à la saturation θs
ont été fixées aux valeurs déterminées à partir de la porosité totale estimée par des densités
réelles et apparentes. Les valeurs d’humidité résiduelle sont fixées aux plus faibles humidités
observées en fin de saison sèche, car les valeurs minimales d’humidité sont difficiles à déterminer
à partir de l’expérience de drainage interne, la limite d’utilisation des tensiomètres étant
d’environ 0.8 bar (soit 816 cm d’eau).
En fixant ainsi les valeurs des paramètres θr et θs, il a donc été possible de déterminer les valeurs
des paramètres empiriques (α et n) de l’équation de van Genuchten aux différentes profondeurs
en minimisant les écarts entre les valeurs mesurées et estimées.
Les valeurs de Ks ont été estimées par ajustement en faisant la simulation de l’humidité
volumique des sols à chaque profondeur.
Ces paramètres de l’équation de van Genuchten obtenus varient avec la profondeur. On constate
que θr et α augmentent avec la profondeur tandis que θs et n diminuent avec la profondeur alors
que Ks diminue fortement avec la profondeur.
Cette variabilité des paramètres hydrodynamiques traduit celle des courbes de rétention (Fig.4.2).
Les courbes obtenues aux différentes profondeurs ont des allures de courbe caractéristique de sol
sableux. Les courbes de rétention mesurées épousent bien les courbes de rétention estimées à
toutes profondeurs du milieu d’étude.

90
Courbes de rétention à 15 cm
0,5
0,45

Humidité volumique (m3 .m-3 )


0,4
Courbe observée
0,35
0,3 Courbe simulée
0,25
0,2
0,15
0,1
0,05
0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900
Potentiel hydrique (m) (valeur absolue)

Courbes de rétention à 50 cm
0,50
0,45
0,40
Humidité volumique (cm3/cm3)

Courbe observée
0,35 Courbe simulée
0,30
0,25
0,20
0,15
0,10
0,05
0,00
0 50 100 150 200 250 300
Potentiel hydrique en cm (valeur absolue)

Courbes de rétention à 100 cm


0,45
Humidité volumique (cm3/cm3)

0,40
0,35 Courbe observée
0,30 Courbe simulée
0,25
0,20
0,15
0,10
0,05
0,00
0 50 100 150 200
Potentiel hydrique en cm (valeur a bsolue)

Courbes de rétention à 200 cm


0,40
Humidité volumique (cm3/cm3)

0,35 courbe observée


0,30 courbe simulée

0,25
0,20
0,15
0,10
0,05
0,00
0 50 100 150 200
Potentiel hydrique en cm (Valeur absolue)

Figure 4.2: Courbes de rétention d'eau aux différents horizons du sol de Pointe-Noire

91
Les variations de paramètres hydriques avec la profondeur sont cohérentes avec les variations de
texture, de matière organique et de la capacité d’échange, cationique (CEC).
4.6 Caractéristiques hydriques
Afin de bien caractériser le comportement hydrique des sols, les capacités au champ, les points de
flétrissement permanent et les réserves utiles pour chaque profondeur ont été calculés à partir de
l’équation de van Genuchten.
La capacité au champ (θfc) est définie comme la quantité d’eau restant dans le sol après drainage
libre. En règle générale, la capacité au champ correspond à une force nécessaire pour extraire
l’eau de 330 cm d’eau, mais cette valeur augmente avec la finesse de la texture (50 cm d’eau pour
un sol sableux jusqu’à 330 cm d’eau pour des textures plus fines) [74, 9, 75, 76]. La capacité au
champ a été calculée à pF = 2 (soit respectivement pour un potentiel hydrique h = 100 cm),
puisque nos sols sont sableux et contiennent des faibles teneurs en argile.
Le point de flétrissement permanent (θwilt) est défini comme la quantité d’eau en dessous de
laquelle les racines ne peuvent plus extraire l’eau du sol. Les racines exercent une succion
jusqu’à h = 15000 cm d’eau pour puiser l’eau.
La réserve utile (RU) est la différence d’humidité entre la capacité au champ et le point de
flétrissement permanent, c’est l’eau utilisable par les racines.
Les valeurs de la capacité au champ (θfc) et celles du point de fléchissement permanent (θwilt)
varient avec la profondeur du sol (Tab.4.2).

Tableau 4.2 : Caractéristiques hydriques du sol de Pointe-Noire, calculées par l’équation de van
Genuchten
Profondeur (cm)
Caractéristiques 15 50 100 200
θfc (m3.m-3) 0.106 0.108 0.105 0.116
θwilt (m3.m-3) 0.023 0.026 0.043 0.067
RU (m3.m-3) 0.082 0081 0.062 0.049
Quelle que soit la profondeur, les valeurs de la capacité au champ sont peu variables avec la
profondeur. La valeur la plus élevée est observée en profondeur (0.116 m3.m-3) et les plus faibles
dans les 100 premiers cm.
Les quantités d’eau correspondant à la limite inférieure de l’eau capillaire absorbable par les
racines (θwilt) pour chaque horizon augmentent avec la profondeur et sont presque identiques en
surface dans les premiers 50 centimètres
Les valeurs de RU par couche de sol sont faibles et diminuent avec la profondeur. Pour les 15
premiers cm de sol, RU = 12 mm et pour les 200 premiers cm de sol, RU = 132 mm
Ce sol a une réserve utile (RU) théorique importante pour le profil 0-200 cm. Néanmoins
l’humidité à la capacité au champ n’est jamais atteinte simultanément sur tout le profil de sol
étudié (Fig.4.4). Ce sol étant très drainant, la quantité d’eau qui tombe sur le sol se laisse ressuyer

92
rapidement en profondeur. Dans ce sol, la RU par unité de volume augmente avec la profondeur
et a tendance à se stabiliser.
4.7 Validation du modèle
Pour valider le modèle, différentes données analysées dans le chapitre I ont été utilisées, à
savoir : la pluviométrie (P) l’évapotranspiration potentielle (ETP), la relation entre la
transpiration réelle (ETR) et l’humidité volumique (θ), et la répartition en profondeur des racines
fines.
Ces paramètres de transfert hydrique et agro-météorologique permettent de simuler au cours du
temps l’évolution de l’humidité du sol et des flux d’eau avec HYDRUS 1D, puis de comparer ces
simulations avec les données réelles observées et d’établir les bilans hydriques.
L’utilisation des paramètres obtenus par les expériences de drainage interne permet une bonne
simulation des humidités observées quelle que soit la profondeur (Fig.4.3 et Fig.4.4).

0.20
Humidité volumique ([Link] -3)

mesurée
estimée
0.15

0.10

0.05

0.00
01/11/98 31/01/99 02/05/99 01/08/99 01/11/99 31/01/00 01/05/00 31/07/00 30/10/00 30/01/01 01/05/01

Date

Figure 4.3 : Simulation de l'évolution de l'humidité du sol de Pointe-Noire


4.8 Bilan d’eau
Le bilan d’eau d’un système hydrologique est la balance comptable des entrées (recettes) égales
au débit moyen des apports et des sorties (dépenses) représentées par le débit moyen des
écoulements. Il se réfère à un domaine délimité, le système hydrologique et à une durée moyenne
précise.
Il présente les données sur les conditions aux limites de flux, débits entrant et sortant. Celles-ci
sont contrôlées et affinées par simulation lors du calage des modèles mathématiques de
simulation hydrodynamique.

93
0.25 1.25

0.2 1
Humidité volumique (-)

Pluviométrie ([Link]-1)
15 cm

Drainage ([Link] )
-1
50 cm
0.15 0.75
100 cm
200 cm
0.1 0.5 300 cm
Pluviométrie
Drainage
0.05 0.25

0 0
0 200 400 600 800 1000 1200
Temps (jour depuis le 6/01/1998)

Figure 4.4: Estimation de l’humidité volumique à différentes profondeurs et du drainage profond


à Pointe-Noire par Hydrus1D
4.8.1 Evapotranspiration
Dans la troposphère, soit la couche de l'atmosphère au voisinage du sol (son épaisseur est de 2 à 3
kilomètres environ), l'air ambiant n'est jamais sec mais contient une part plus ou moins
importante d'eau sous forme gazeuse (vapeur d'eau) qui est fournie par :
• L’évaporation physique au-dessus des surfaces d'eau libre (océans, mers, lacs et cours
d'eau), des sols dépourvus de végétation et des surfaces couvertes par de la neige ou de la
glace.
• La transpiration des végétaux qui permet à la vapeur d'eau de s'échapper des plantes vers
l'atmosphère.
En hydrologie, on utilise le terme d’évapotranspiration qui prend en compte la combinaison de
l'évaporation directe à partir des surfaces d'eau libre et des sols nus et de la transpiration végétale.
Rappelons que ces processus se traduisent par un refroidissement tandis que la transformation
inverse, à savoir la condensation, libère de l'énergie calorifique et s'accompagne d'une
augmentation de la température.
L'évaporation et plus particulièrement l'évapotranspiration jouent un rôle essentiel dans l'étude du
cycle de l'eau. Comme le montre la figure 4.1, ces mécanismes sont importants en regard des
quantités de précipitations incidentes aussi bien à l'échelle des continents qu'à celle du bassin
versant.
Plusieurs méthodes de calcul ont été élaborées pour estimer l’évapotranspiration, allant des
méthodes empiriques simples (la méthode Thornthwaite [77], Turc, [78, 79], Blanney-Criddle,
94
[80] ; Thornthwaite & Mather [81]…) reposant sur la corrélation entre l’évapotranspiration
potentielle (ETP) et des facteurs climatiques facilement accessibles (la température moyenne de
l’air et la durée théorique de l’insolation), à des méthodes semi-physiques plus élaborées.
Généralement, le choix de la méthode à utiliser dépend des données climatiques dont on dispose.
Au Congo, la faiblesse des données climatiques a fait que les méthodes employées étaient
empiriques. L’acquisition récente de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) des
stations synoptiques mesurant plusieurs paramètres climatiques (température, humidité relative,
rayonnement, vitesse du vent, point de rosée,…) permet d’utiliser des méthodes de calcul
élaborées [82]. Des études comparatives récentes [83] ont montré la supériorité de la méthode
basée sur l’approche Penman-Monteith [84].
Cet ainsi que dans notre étude, l'ETP journalière est calculée à partir de la formule de Penman-
Monteith séparément pour la savane, et la plantation d'Eucalyptus à partir des données
météorologiques de Pointe-Noire (ANAC) (cf. annexe 2).
Pour vérifier la fiabilité des calculs et des données, une corrélation entre ETP et le rayonnement
globale Rg (ETP=f(Rg)) est effectuée dans nos différents écosystèmes (savane et eucalyptus) et
cette corrélation donne des valeurs de coefficient de corrélation R2 proche de 1 (Fig.4.5).

7
y = 0,276x - 0,507
R² = 0,925
6

ETPsav
ETPeuc
4
Linéaire (ETPsav)
y = 0,250x - 0,491 Linéaire (ETPeuc)
R² = 0,912
3

0
0 5 10 15 20 25 30

Figure 4.5: ETP = f(Rg) de la savane et d’eucalyptus à Pointe-Noire


L’ETP journalière calculée, varie en fonction du temps dans les deux écosystèmes (savane et
eucalyptus). La courbe d’évolution de l’ETP (Fig.4.6) tracée à partir de la moyenne mobile
montre une tendance à la baisse pendant la saison sèche.
Les différences entre l’ETP savane et l’ETP eucalyptus ne sont pas trop grandes, elles varient
autour de 0,23 mm/jour. L’ETP journalière de l’eucalyptus est toujours plus grande que l’ETP de

95
la savane. Ceci s’expliquer par une grande consommation en eau du sol des eucalyptus par
rapport à la savane.
4.8.2 Bilan
Le bilan hydrologique d’un bassin versant est une méthode de calcul qui permet d’apprécier les
relations entre apports et sorties d’eau, sur une période de temps déterminée, qui correspond à
une année hydrologique complète. Il sert à vérifier la cohérence de l'ensemble des données
recueillies et calculées : mesure de précipitation, calcul d'évapotranspiration, mesure de
l'écoulement moyen.
Le bilan hydrique calculé au pas de temps journalier peut s’écrire :
∆Wz = P - In – Ru – ETR - ∆S (Eq.4.19)
avec
- ∆Wz, le flux d’eau drainée à la profondeur z
- P, la pluviométrie
- In , l’interception
- Ru, le ruissellement
- ETR, l’Evapo-Transpiration Réelle, qui dépend de l’Evapo-Transpiration Potentielle,
(ETP) et de l’eau disponible dans le sol
- ∆S, la variation de stock d’eau dans le sol.

ETP Savane 30 Moy. mobile sur pér. (ETP Savane) ETP Eucalyptus 30 Moy. mobile sur pér. (ETP Eucalyptus)

6 6

5 5

4 4

3 3

2 2

1 1

0 0
1
15
29
43
57
71
85
99
113
127
141
155
169
183
197
211
225
239
253
267
281
295
309
323
337
351
365

1
15
29
43
57
71
85
99
113
127
141
155
169
183
197
211
225
239
253
267
281
295
309
323
337
351
365

Figure 4.6 : ETP journalière moyenne dans la savane et l’Eucalyptus (1988-2008)


L’interception et le ruissellement ont été estimés à partir des formules de Laclau [6]. Le
prélèvement racinaire (égal à la transpiration réelle) est estimé proportionnellement à la densité
de racines fines et est contrôlé par l’équation de Feddes et al. [60] [85].
Les bilans hydriques établis montrent que les plantations d’eucalyptus consomment plus d’eau
que la savane (Tab.4.3), mais cette consommation dépend du stade de développement de la
plantation [9, 75].
La consommation moyenne des plantations d’eucalyptus est estimée à 64% de la pluviométrie,
soit environ 20% de plus que la savane.
96
Les pertes par ruissellement superficiel sont faibles aussi bien sous savane que sous eucalyptus.
On note cependant que la somme ETR+Ruissellement+Drainage peut être différente de la
pluviométrie à cause des variations de stock dans le sol.

Tableau 4.3 : Composantes des bilans hydriques de la plantation d’eucalyptus et de la savane


Composantes ( en mm) P Ps EcT In Ru ETR Dr Dr/P
Savane
1998 1691 1510 - 181 6 933 701 0.41
1999 1435 1220 - 175 5 852 613 0.43
2000 1470 1294 - 176 5 936 495 0.34
-
-
Moyenne (1998-2008) 1532 1335 - 177 5 907 603 0.39
Eucalyptus
0-1 an(2001) 1173 1145 4 24 24 679 494 0.42
1-2 ans(2002) 1191 1084 12 95 17 770 386 0.32
2-3 ans(2003) 1590 1452 18 120 22 1048 552 0.35
3-4 ans(2004) 951 859 10 81 13 830 378 0.40
4-5 ans(1998) 1680 1531 16 133 27 1089 618 0.37
5-6 ans(1999) 1406 1273 13 120 23 990 500 0.36
6-7 ans(2000) 1469 1335 13 121 24 994 404 0.28

Moyenne (1998-2000) 1518 1380 14 125 25 1024 507 0.33


Moyenne (1998-2004) 1351 1240 12 99 21 914 476 0.35
Moyenne (2004-2008) 1302 1210 11 81 13 902 398 0.30
Ratio euca./savane(1) 0.99 1.02 0.70 4.6 1.13 0.84
Ratio euca./savane(2) 0.88 0.92 0.56 4.2 1.01 0.79
P=précipitations ; Ps=pluviolessivats ; EcT=écoulement de tronc ; In = Interceptions ;
Ru=ruissellements ; ETR=évapotranspiration réelles ; Dr= drainage profond (4m)

(1) période de référence : 1998-2000 pour les 2 écosystèmes ; (2) pour une période de 1998-
2000 pour la savane et 1998-2004 pour les eucalyptus
Pour une pluviométrie moyenne annuelle de 1200 mm à Pointe-Noire, la recharge des aquifères
est estimée à 520 mm/an sous savane, à 680 mm/an la première année après plantation pour les
Eucalyptus, à 410 mm/an pour les plantations de 1 à 2 ans, et à 260 mm/an pour une plantation de
6 à 8 ans (Tab.4.4). Pour une rotation de 7 ans, la recharge moyenne annuelle est estimée à 400
mm, soit 120 mm de moins que sous savane.

97
Tableau 4.4 : Bilan hydrique moyen annuel selon les écosystèmes majeurs de la région de
Pointe-Noire (1998-2008).

Ecosystème Pluviométrie ETP1 ETR2 Ruissellement Drainage3


Savane mm 1200 840 660 4 528
%4 100 70 55 0.3 44
Plantation (0-1 an) mm 1170 1020 600 10 660
% 100 87 51 0.9 56
Plantation (2-3 ans) mm 1390 1200 930 15 470
% 100 86 67 1.1 34
Plantation (6-8 ans) mm 1500 1140 1040 25 335
% 100 76 69 1.7 22
1
ETP : Evapo-Transpiration Potentielle du aux conditions climatique ; 2 ETR : EvapoTranspiration Réelle
3
Drainage : quantité d’eau drainée ; 4 Pourcentage par rapport à la pluviométrie
Les résultats obtenus avec les mesures de pluviométrie (P), les calculs d’évapotranspiration
potentielle (ETP), la relation entre la transpiration réelle (TR) et l’humidité volumique, et la
répartition en profondeur des racines fines permettent de simuler fidèlement l’évolution de la
transpiration des plantes et des flux d’eau (drainage profond) au cours du temps (Fig.4.7).

Figure 4.7 : Simulation de drainage profond et de la transpiration sous plantation d’Eucalyptus à


Pointe-Noire

98
Conclusion partielle
L’estimation des paramètres qui caractérisent la courbe de rétention et le comportement hydrique
des sols étudiés révèle une variabilité selon la profondeur. Les variations des paramètres
hydriques avec la profondeur sont cohérentes avec les variations de texture, de matière organique
et de CEC.
Les sols de Pointe-Noire ont une réserve utile théorique importante pour le profil 0-200 cm.
Néanmoins l’humidité à la capacité au champ n’est jamais atteinte simultanément sur tout le
profil des sols. Ces sols étant très drainants, la quantité d’eau qui tombe sur le sol se laisse
ressuyer rapidement en profondeur.
Les bilans hydriques calculés montrent que les plantations d’Eucalyptus utilisent en moyenne 120
mm d’eau par an de plus que la savane originelle pour la durée habituelle de rotation de 7 ans.
Cette augmentation de l’utilisation de l’eau est due à une transpiration plus importante des
eucalyptus, surtout en saison sèche grâce à leur système racinaire plus profond (>6 m pour les
eucalyptus, contre <2 m pour la savane) qui permet de prospecter des couches de sol ayant de
l’eau disponible en saison sèche. Ils montrent aussi que les plantations d’Eucalyptus n’empêchent
pas une recharge des nappes phréatiques superficielles, même si elles sont moindres que sous
savane. Le drainage profond sous eucalyptus a toujours lieu pour deux raisons. La première est
que l’ETP annuelle est en moyenne inférieure à la pluviométrie annuelle, ce qui explique que les
conditions climatiques, en particulier le rayonnement, ne permettent pas aux eucalyptus de
prélever toute l’eau disponible. La deuxième raison est que les sols sont très filtrants, et malgré
un système racinaire très développé et croissant rapidement, les eucalyptus ne parviennent pas à
capturer toute l’eau du sol lors des épisodes pluvieux importants.
Au niveau régional, la diminution de la recharge des nappes d’eau souterraine à cause des
plantations d’Eucalyptus est à relativiser car ces plantations ne forment pas un massif compact.
En effet, les plantations sont entrecoupées de savanes et de forêts galerie. Il est estimé qu’environ
un tiers du territoire est occupé par les plantations. En extrapolant les résultats, la diminution
annuelle de la recharge des nappes d’eau souterraine ne serait que de 40 mm soit moins de 10%
de la recharge sous savane. Il se peut pourtant que les années sèches (pluviométrie <1000 mm),
les effets des plantations d’eucalyptus sur les nappes d’eau souterraine soient relativement plus
conséquents pour les populations habitant dans le périmètre des plantations.
La diminution du drainage sous eucalyptus a également pour conséquence de diminuer les risques
de pertes d’éléments minéraux et de pollution des nappes d’eau souterraine par les intrants.
Ces bilans hydriques confirment également la très bonne efficience d’utilisation de l’eau par les
eucalyptus, puisque pour une consommation d’eau de 20% supérieure à celle de la savane leur
production annuelle de biomasse est deux fois plus importante.
Les résultats de ce chapitre permettent de faire d’une part, (1) la simulation des écoulements
souterrains à l’aide d’un modèle à saturation variable multidimensionnel pouvant gérer par
exemple l’infiltration (la recharge) très rapide dans un sol très perméable ou macro-poreux – ainsi

99
le couplage de cette infiltration avec la nappe sous-jacente ; et d’autre part (2) en perspective la
modélisation de l’intrusion saline à l’aide d’un modèle d’écoulements densitaires. Ce modèle
devra tenir compte des forçages hydrologiques (pluies, évaporation), des conditions d’écoulement
en amont (dans les plantations d’eucalyptus), des extractions d’eau (pompages forages
industriels), et des communications (drainance) entre différents aquifères (profond,
superficiel,…). On pourra commencer à décomposer le problème de façon simplifiée : (i)
intrusion saline en plan dans la zone côtière par approche « interface abrupte » du code de calcul;
(ii) analyse en coupe (x, z) de la recharge-infiltration-évaporation dans la plantation d’eucalyptus
(régime à saturation variable) ; (iii) modélisation en plan du système régional d’écoulement de
nappe à plus grande échelle ; et enfin (iv) intégration et couplage de ces différents aspects du
cycle hydrologique.

100
Chapitre 5

Modélisation de la nappe de l’AQ-2 de Pointe-Noire

Les caractéristiques hydrogéologiques du système aquifère de la région de Pointe-Noire


influencent les conditions de réalimentation et d’exploitation qui induisent des problèmes
particuliers dont on doit tenir compte lors de la modélisation. La surexploitation des ressources en
eau dans cette région conduit à une vulnérabilité des nappes de ce système face à l’intrusion
d’eaux saumâtres venant de l’océan. Ce qui limite les potentialités de la ressource et peut susciter
d’énormes investissements pour garantir son utilisation.
En vue d’une exploitation durable de cette ressource vulnérable, il est important d’élaborer un
modèle de gestion optimale. Ce modèle est à rechercher à travers les outils méthodologiques
existants. On peut utiliser les modèles mathématiques déterministes qui ont l’avantage d’intégrer
les données disponibles dans un cadre logique permettant de reconstituer les lacunes et fournir
une réponse globale. Ici les modèles hydrogéologiques basés sur les lois d’écoulement en milieu
poreux ont été utilisés. Ils ont l’avantage d’utiliser, en entrée, des paramètres faciles à obtenir
comme la transmissivité, la perméabilité, le coefficient d’emmagasinement, les coefficients de
recharge etc… Au plan méthodologique, le calcul est réalisé en résolvant l’équation
différentielle, en tenant compte des paramètres spécifiés, des sollicitations extérieures et des
conditions aux frontières.
5.1 Rôle de la modélisation des écoulements souterrains
Les modèles d’écoulements souterrains sont contrôlés par la distribution des perméabilités des
roches et par la configuration de la surface piézométrique qui dépend de la topographie, contrôlée
par le climat [86, 87]. Ainsi, les modèles d’écoulements se basent sur « l’environnement
hydrogéologique », qui englobe la topographie, le climat et la géologie [88].
La modélisation hydrogéologique permet la caractérisation hydrodynamique des aquifères en
terme de : morphologie piézométrique, gradients hydrauliques, débits et régime d’écoulement. Il
est ainsi possible, à partir d’une situation initiale de référence, de quantifier les impacts des
exploitations sur l’évolution de régimes et de variations des stocks. .
5.2 Mise en place du modèle de la nappe des sables profonds
Le modèle mis en place concerne la nappe des sables profonds de Pointe-Noire, qui constitue la
principale ressource en eau dans la région. L’objectif de cette modélisation est de simuler la
piézométrie en régime permanent et de quantifier la recharge directe de l’AQ-2. Ceci dans le but
de proposer un schéma global du fonctionnement de l’aquifère des sables profonds AQ-2.
Dans un premier temps, nous présentons les éléments de modélisation en régime permanent,
ensuite la discrétisation des variables et enfin l’intégration des données hydrogéologiques
acquises.

101
5.2.1 Présentation du code de calcul PROCESSING MODFLOW
Le programme de modélisation Processing Modflow for Windows (PMWIN) a été utilisé. Il
s’agit d’un système de simulation pour modeler des procédés d'écoulement et de transport d'eaux
souterraines. Ce programme comporte :
• un modèle tridimensionnel modulaire MODFLOW d’eaux souterraines de différences
finies, développé en Fortran par l’USGS [89] sous la version 2.81 qui fonctionne sous
l’interface « Visual Basic » ;
• les modèles de transport des particules PMPATH for Windows [90] et MODPATH [91,
92, 93], de transport de corps dissous MT3D [94] ;
• et le modèle PEST [95] d'évaluation de paramètres.
Les codes soutenus par PMWIN sont employés couramment.
Le premier modèle utilisé pour notre étude de l’aquifère de Pointe-Noire est MODFLOW vu que
les applications de ce modèle, en ce qui concerne la description et la prévision du comportement
des systèmes aquifères, ont considérablement évoluées au cours des dernières années. A cet effet,
MODFLOW peut simuler les effets des puits, des fleuves, des drains, des frontières hydrauliques,
de la recharge et de l'évapotranspiration. MODFLOW soutient également le calcul du tassement
élastique et non élastique d'une couche aquifère dû aux changements des charges hydrauliques.
C’est un modèle à base physique, déterministe, capable de représenter des écoulements
laminaires monophasiques tridimensionnels dans des systèmes multicouches. Il est basé sur la
résolution de l’équation de l’écoulement des eaux en milieu poreux : équation de diffusivité
(Eq.5.1) (combinaison de la loi de Darcy et de l’équation de continuité) par la méthode des
différences finies.

ቀ‫ݔݔܭ‬ ቁ൅ ቀ‫ݕݕܭ‬ ቁ൅ ቀ‫ݖݖܭ‬ ቁ െ ܹ ൌ ܵ‫ݏ‬


డ డ௛ డ డ௛ డ డ௛ డ௛
డ௫ డ௫ డ௬ డ௬ డ௭ డ௭ డ௧
(Eq.5.1)

Kxx, Kyy et Kzz sont les conductivités hydrauliques suivant les axes x, y, et z.
h : la charge hydraulique.
W : les débitsinjectées ou pompées.
Ss : l’emmagasinement spécifique.
t : le temps.
Pour ce faire, l’aquifère doit être discrétisé en mailles quadrangulaires et des conditions aux
limites doivent être définies. Le nombre et la taille des mailles dépendent de la précision attendue
et de la nature des données sources (nombre, distribution et qualité).
La piézométrie calculée au centre de chaque maille tient compte des paramètres
hydrodynamiques (conductivité hydraulique, porosité), des conditions aux limites (potentiel ou
flux imposé, possible liaison avec un réseau hydrographique…) et des conditions de recharge
(infiltration, évapotranspiration, éventuels pompages).

102
Le second modèle utilisé est PEST (Parameter ESTimation) dont le but est d'aider à
l'interprétation de données et au calibrage du modèle. Dans cette étude, il s’agit d’incrémenter le
modèle afin de lui faire reproduire au mieux les données réelles. Ce modèle a permis d’évaluer
différents paramètres (Perméabilités, transmissivités….).
D’où, on peut définir les trois étapes de cette modélisation de la manière suivante :
1) Elaboration du modèle conceptuel : définition des conditions aux limites, saisie des
paramètres d’entrée du modèle ;
2) Calibration : apprentissage du modèle à la reconstitution des données d’entrée ;
3) Simulation : phase où l’on fait tourner le modèle avec des scénarios d’exploitation ou
d’évolution d’autres paramètres et définition de politiques de gestion.
5.2.2 Données disponibles
Les plus anciennes mesures piézométriques proviennent des études d’alimentation en eau potable
(AEP), effectuées dans la localité, par le bureau d’études IWACO, courant 1986.
En 2000 et 2001, d’autres mesures ont été faites dans le cadre de recherche pour la présentation
de l’esquisse morphologique du système aquifère de Pointe-Noire.
En 2009 enfin, nous avons réalisé une compagne de mesures pour compléter les données
existantes en vue de la réalisation du présent travail. Une synthèse de toutes ces données est faite
aux chapitres précédents de la présente étude. Cette synthèse a rassemblé les mesures
piézométriques, les caractéristiques hydrodynamiques, les données géologiques et les
prélèvements par pompages.
5.2.3 Modèle conceptuel de l’aquifère de Pointe-Noire
[Link] Limites et discrétisation de la zone étudiée
Les équations hydrodynamiques en milieu souterrain sont des équations différentielles fortement
non linéaires difficiles à résoudre avec les moyens analytiques habituels. Pour cela, on utilise des
méthodes numériques nécessitant une discrétisation spatiale du milieu étudiée. Le système
aquifère est alors découpé en réseaux de mailles constituant les lignes et les colonnes. La taille
des mailles dépend de plusieurs facteurs tels que la précision souhaitée sur les calculs, le nombre
et l’éloignement des singularités (puits),…
La géométrie du maillage utilisée pour notre étude est basée sur des mailles carrées de même
taille, que l’on ajuste par des lignes et des colonnes entières. Pour chaque maille, le calcul se fait
en un point appelé nœuds. Ici, la schématisation retenue est celle des nœuds centrés (Fig.5.1).

103
Figure 5.1: Exemple de discrétisation du milieu
La schématisation hydraulique adoptée est alors celle de Darcy-Dupuits. Les pertes de charges
sont proportionnelles aux débits et à la distribution des pressions dans chaque couche qui est
hydrostatique (écoulements subhorizontaux).
Le maillage
Le modèle couvre une superficie de 210 km2 (Fig.5.2). Le maillage de la zone inclus des cellules
inactives (mailles mortes situées dans l’océan) et consiste en un rectangle de 15 Km de long sur
14 km de large. Avec un maillage métrique, le nombre total des mailles est 21000, dont chaque
maille mesure 114,28 m de côté.
[Link]-Les conditions aux limites
[Link].1- Limites géologiques du modèle
La nature des limites est fondamentale pour la réalisation du modèle. Elle se doit de refléter une
réalité hydrogéologique sans trop contraindre le modèle. Les conditions aux limites imposées se
situent en périphérie du modèle (Fig.5.2) et sont à flux ou à potentiel imposés. Elles
correspondent ainsi au fonctionnement hydrogéologique et nous permettent de mieux contrôler
les débits entrant et sortant.
Les limites géologiques de la nappe sont constituées latéralement par les affleurements des roches
sédimentaires adjacentes. Elles sont matérialisées à l’est par le plateau de Hinda constitué des
dépôts sédimentaires du quaternaire reposant en discordance sur les faciès imperméables (cf.
1.5.2). Cette configuration peut laisser supposer une recharge directe de la nappe par les eaux de
pluie provenant du plateau de Hinda. Les limites de drainage ou des échanges possibles avec les
autres nappes et les limites imperméables sont décrites au paragraphe 1.5.2.

104
Figure 5.2: Maillage de la zone d'étude
[Link].2 Géométrie du réservoir
La géométrie du réservoir définit la couche contenue entre le toit et le mur. Elle est caractérisée
par la nature géologique et l’épaisseur de l’aquifère. Ces deux paramètres conditionnent la
transmissivité et par conséquent le sens de l’écoulement.
[Link].2.1 Toit de l’aquifère AQ-2
Pour toute modélisation, la connaissance de la surface de l’aquifère est nécessaire. Puisque la
nappe est captive à l’échelle de la zone d’étude, la limite supérieure de l’aquifère correspond
donc au superstratum de la nappe comprise entre 80 et 180 m (cf.1.5.2). Pour cela, nous avons
interpolé la topographie du toit de l’aquifère en utilisant les données issues du modèle numérique
de terrain (cf.[Link]). Pour avoir une hauteur exacte à la réalité du toit, nous avons exploité les
données issues du modèle numérique de terrain que nous avons attribué à chaque maille du
modèle. La morphologie de cette surface a été interpolée afin d’obtenir une altitude pour chaque
maille du modèle (cf.[Link]).
Cette surface est constituée des faciès semi-perméables le permettant de se communiquer avec
l’AQ-1 (cf.1.5.2).
[Link].2.2-Mur de l’aquifère AQ-2
Nous avons aussi essayé de reconstituer avec le plus de précision la morphologie générale du mur
de la nappe captive des sables profonds afin d’estimer l’épaisseur de l’aquifère sédimentaire. Cet
aquifère repose sur les faciès semi-perméables et imperméables. Conformément aux informations
synthétisées dans le paragraphe [Link], le substratum représente une limite à flux imposé, avec

105
échange par drainance avec l’aquifère AQ-3 plus profond. L’aquifère est par conséquent
modélisé en système multicouches. La morphologie du mur de la nappe (cf.[Link]) ne présente
pas une homogénéité.
[Link].2.3 Conditions de flux
La zone d’étude est une région côtière dont toute la partie Ouest est délimitée par l’océan
Atlantique. Cette limite représente une condition de flux nul pour l’aquifère AQ-2 de la région de
Pointe-Noire. Elle est représentée sous forme de river dans le modèle (Fig.5.3).

Figure 5.3: Conditions aux limites imposées dans le modèle


[Link].2.4 Conditions de flux internes
Dans le modèle, les conditions de flux internes seront exprimées en termes de recharge nette, de
drainance et de débits sortants. Etant données que les zones de drainance ne sont pas connues
avec exactitude et qu’à l’heure actuelle, leur contribution dans le bilan hydrodynamique relève
d’énigme. C’est pourquoi, devant l’absence de données descriptives fiables, plusieurs conditions
seront envisagées :
- une recharge directe diffuse infinitésimale par les précipitations (cf.4.8.2) ou, une
recharge concentrée, mais homogénéisée au niveau de maille,
- une drainance avec AQ-1 ;
- une drainance avec AQ-3 ;
- des débits sortants négatifs, correspondant aux prélèvements par pompages dans la région.
106
[Link].2.5 Conditions aux limites
La nappe que nous modélisons, est une nappe profonde confinée et n’est pas en contact avec les
cours d’eau, sauf l’océan où elle se déverse. Dans ce cas les conditions de potentiel sont nulles
pour l’aquifère AQ-2.
[Link].2.6 Paramètres hydrodynamiques
[Link].2.6.1 Emmagasinement
En régime permanent ce paramètre n’intervient pas ; par conséquent sa valeur exacte importe
peu.
[Link].2.6.2 Perméabilité
Dans le paragraphe [Link] nous avons présenté la gamme de variation spatiale des perméabilités
de la zone d’étude. Cette variabilité peut être due à la représentativité régionale des mesures
ponctuelles surtout dans un contexte sédimentaire côtier. Dans ces conditions, nous entrerons
dans le modèle, comme première base de travail, la distribution spatiale des perméabilités établie
au paragraphe [Link] que nous affinerons au fur et à mesure du calage dans une gamme de
variations d’environ 0,366.10-5 à 6,33.10-4 m.s-1. Au final, une moyenne de 0.96.10 -4 m.s-1 a été
choisie, pour obtenir de bons résultats.
5.3 Résultats
La première étape a été de simuler la piézométrie observée de 1986 (année de référence avant
l’intensification de l’exploitation de la nappe dans l’agglomération), puis la piézométrie de 2009
(une des années de la période de la surexploitation) en régime permanent. Pour ce faire nous
avons fait d’abord le calibrage de la recharge, de la transmissivité et du réservoir de la nappe AQ-
2. Nous n’avons pas pu effectuer les simulations en régime transitoire parce que les données
recueillies dans la bibliographie et les mesures de terrain ne sont pas représentatives et ne
prennent en compte que quelques mois d’où la difficulté à définir le pas temps de simulations.
Le calage a consisté en un ajustement successif des perméabilités, des transmissivités et de la
recharge par les précipitations pour reproduire au mieux la piézométrie observée.
5.3.1 Simulation en régime permanent
[Link] Calage des perméabilités
Les perméabilités ajustées sont hétérogènes et varient de 1,92.10-5 à 1,83.10-4 m.s-1. Nous avons
travaillé à partir de la position des zones supposées les plus perméables que nous avons
conservées au cours du calage. Elles sont représentées (Fig.5.4) en trois étages de perméabilités
correspondant aux cordons sableux parallèles à la côte. On remarque, qu’il y a une variation
latérale des faciès, de la côte vers le continent. Ceci se traduit en terme piézométrique par une
variation du gradient hydraulique dans la carte piézométrique.

107
Figure 5.4: Spatialisation des perméabilités calées
En comparaison avec les valeurs ponctuelles connues de terrain, les zones de perméabilité
moyenne obtenues correspondent dans certains cas aux valeurs ponctuelles mesurées.
Ces données ont été calibrées, jusqu’à obtenir une valeur moyenne nette de 9.9.10-5 m.s-1, nous
avons conservé la variabilité de la conductivité hydraulique en utilisant le calage de la
piézométrie observée. Cette valeur est très proche de la moyenne de valeurs observées dans la
région par les différents essais de pompage (9.6.10-5 m/s).
Une variabilité de la transmissivité évoluant dans le même sens que la perméabilité, a été
observée. En prenant la valeur moyenne de la perméabilité obtenue au cours du calibrage, une
transmissivité moyenne a été estimée à environ 5,9.10-3 m2.s-1 pour une épaisseur moyenne de
l’aquifère AQ-2 de 60 m.
[Link] Calage de la piézométrie
Dans le calage de la piézométrie de 1986, nous n’avons pas tenu compte des prélèvements par
forages. Ceux-ci ont été négligés car ils représenteraient moins de 1‰ des réserves exploitables
et ne présenteraient pas une sensibilité. Les piézométries obtenues avec le modèle sont
représentées sur la figure 5.5.

108
Figure 5.5: Piézométrie simulée en régime permanent de l’aquifère AQ-2 (1986)
Cette carte piézométrique montre un gradient nord est – sud ouest, dont l’écoulement est dirigé
vers l’océan.
La recharge calée grâce à la simulation en régime permanent est de 1,7.10-9 m.s-1. Cette valeur est
finalement beaucoup plus proche de celle rapportée dans la littérature [9] et dans le chapitre
précédent (1,5.10-8 m.s-1).
Cependant, comme nous pouvons le remarquer sur la figure ci-dessous (Fig.5.6), la régression
linéaire montre la relation entre valeurs observées et simulées. Ce qui ne veut pas dire que la
courbe des valeurs observées est confondue à celle des valeurs simulées.

109
Figure 5.6: Droite de régression entre les données piézométriques observées et calculées
Actuellement la région côtière connait une exploitation intense de ses ressources en eau de l’AQ-
2. Ainsi, nous avons intégré dans le modèle le flux de pompage pour observer la sensibilité et le
comportement de la nappe. En utilisant la piézométrie de 2009 avec les mêmes paramètres, nous
constatons que la morphologie de la surface piézométrique est influencée par le débit de
pompage. Au débit de pompage actuel (supérieur au seuil d’exploitation : 40000m3.j-1, seuil
défini par la Société Nationale de Distribution d’Eau dans la région de Pointe-Noire), la surface
piézométrique présente des dépressions au centre de la région marquant une surexploitation de la
nappe (Fig.5.7)

110
Figure 5.7: Sensibilité au pompage de la piézométrie de Pointe-Noire (carrés rouges représentent
les exutoires de pompage)
5.3.2 Calibrage de la recharge
Une estimation précise de la recharge des nappes est indispensable pour une gestion optimale des
ressources en eaux souterraines. Plusieurs méthodes ont été mises au point en bassins
sédimentaires pour son évaluation, méthodes conduisant à des résultats très disparates compte
tenu de la variabilité des propriétés des milieux et de la conception même des outils d’évaluation
utilisés [96].
On admet généralement que l’alimentation des aquifères s’effectue suivant trois mécanismes : par
infiltration directe des précipitations aux aires perméables, par percolation latérale à partir des
berges des cours d’eau, et à travers la contribution d’eau en provenance d’autres aquifères [97].
Mais dans le cas le plus général, l’alimentation des réservoirs aquifères est subordonnée à
l’infiltration efficace des précipitations pour les aquifères à nappe libre, c’est-à-dire la part de la
pluie qui échappe à l’évapotranspiration et au ruissellement [98]. Comme le souligne J. Margat,
une connaissance plus fine et plus rigoureuse de l’infiltration efficace implique une formulation
analytique des transferts d’eau dans la zone non saturée.
111
Le but de notre travail n’est pas de passer en revue les différentes méthodes traitant de la question
mais d’appliquer certaines d’entre elles qui s’adaptent à notre contexte. Nous disposons des
données de précipitations (entrée) ainsi que des chroniques de débits en un exutoire (sortie) ainsi
qu’une chronique plus ou moins élaborée de suivi piézométrique et nous cherchons à « estimer la
fonction de transfert qui les relie ».
L’hypothèse d’une drainance entre les aquifères conformément au schéma de fonctionnement
énoncé (cf.2.3.) a été respectée. Cette surface a été placée sur une zone très étendue considérant,
d’un point de vue totalement subjectif et par commodité, qu’à partir de l’isopiéze 19 m. Dans ces
conditions, le calage du modèle débouche sur des valeurs comprises entre 53,6 et 59,1 [Link]-1
environ. La zone d’infiltration efficace a été définie au niveau du plateau de Hinda. La recharge
nette de l’AQ-2 est en moyenne autour de 56,3 [Link]-1.
5.3.3 Sensibilité de la recharge
Nous avons tout d’abord testé le modèle avec une recharge uniforme par la pluie sur l’ensemble
de la zone afin d’apprécier en quelles proportions la piézométrie était influencée par l’infiltration
diffuse. Tous les autres paramètres demeurent fixes.
- 0 mm de recharge provoque un écoulement de surface uniforme soutenu par l’altitude des
niveaux topographique et s’écoulant du nord est vers le sud ouest à raison de 2500
m3/jour,
- une baisse de 10% de recharge, les isopièzes à partir de 10 commencent à se décaler vers
l’est, par conséquent on assiste à une baisse de la surface piézométrique autours de 1m
dans la plaine côtière et 2m dans la partie est de la région (Plateau de Hinda) (Fig.5.8a).
- une augmentation de 10% de la recharge crée une augmentation du niveau de la surface
piézométrique de 2 m dans la partie est de la zone d’étude (Plateau de Hinda), de 1m au
centre de la région, provoquant ainsi une hausse du gradient piézométrique vers le centre
de l’agglomération de Pointe-Noire (Fig.5.8b). Nous constatons que l’augmentation du
gradient piézométrique est graduellement décroissante de l’est vers l’ouest.
Ces exemples illustrent l’importance extrême des paramètres de la recharge dans le bilan
hydrodynamique du système modélisé.

112
(a)

(b)
Figure 5.8: Piézométries calculés à Pointe-Noire avec : (a) une baisse de la recharge
113 de la recharge de 10 %.
de 10%, (b) avec une augmentation
5.3.4 Sensibilité des perméabilités
Une des principales difficultés rencontrées au cours du calage est l’estimation des perméabilités.
Par exemple, une baisse de 10 % de la perméabilité le long du ‘‘river’’ (Océan), suffit à baisser
de 1m le niveau piézométrique dans toute la zone d’étude. A l’inverse, une hausse de 10 %
provoque une avancé progressive des isopièzes vers l’est (Fig.5.9). Dans ces conditions, il
devient extrêmement difficile de trouver un compromis lors du calage et la précision des valeurs
est illusoire.

Figure 5.9: Piézométrie calculée pour une hausse de 10% de perméabilité


Il est évident que le comportement du modèle est fonction de la qualité des données. Ainsi l’étude
de la sensibilité montre que, pour aboutir à un résultat unique, il faut diminuer les incertitudes et
donc, dans le même temps, les intervalles de variation des valeurs mesurables sur le terrain.
Un travail sans « garde-fou » revient, lors de la modélisation, à caler tous les paramètres
simultanément. Ce cas de figure nous met en difficulté pour la validation d’un schéma de
fonctionnement particulier. Notre zone d’étude est caractérisée par une extrême variabilité des
paramètres de terrain qui représente un obstacle à la régionalisation des spécificités locales. Des

114
études plus poussées pourraient permettre de mieux cerner les variables d’entrée et de proposer
une gamme moins étendue de combinaisons possibles à l’aboutissement d’un résultat lors de la
modélisation.
Conclusion partielle
Les résultats de la modélisation numérique des écoulements souterrains, où toutes les hypothèses
ont été prises en compte, sont satisfaisants. D’une manière générale, toute modélisation
hydrodynamique réalisée à partir de trop peu de données comporte un risque de ne pas aboutir.
Dans le cas favorable, le croisement des rares données disponibles permet néanmoins de
contraindre énormément le modèle et d’aboutir à un schéma cohérent raisonnablement précis.
Dans le cas défavorable, les nombreuses incertitudes s’additionnent et de multiples combinaisons
très diverses permettent d’aboutir au même résultat sans qu’il soit possible de trancher. C’est le
premier cas qui est arrivé au terme de notre modélisation. Cette situation débouche sur un
contexte où le croisement de quelques rares données obtenues dans la région s’est compensé
entre eux, tout en restant dans une gamme de valeur acceptable par rapport aux données in situ.
Nous avons pris pour exemple la perméabilité, la transmissivité, la géométrie du réservoir (toit et
mur de la nappe) et la recharge. Nous avons montré que les valeurs ajustées sont en accord avec
les valeurs mesurés. Le problème crucial est qu’actuellement, aucune observation de terrain ne
peut privilégier une hypothèse par rapport à une autre, car leur insuffisance ne permet pas de faire
une modélisation en régime transitoire.
Nous avons pu poursuivre l’opération de calage du modèle puisque nous devons dans un même
temps paramétrer toutes les variables. Le calage de la perméabilité, a permis de repérer trois
zones de perméabilité se rapportant aux différents horizons géologiques. La recharge moyenne de
l’AQ-2 a été estimée à 56,3 [Link]-1
En revanche l’étude de la sensibilité aux différents paramètres a permis de se rendre compte de la
nécessité de rechercher plus de données de base avant la mise en œuvre du projet de
modélisation. D’autres études de terrain doivent permettre d’identifier avec plus de certitude les
zones de drainance et leur contribution dans le bilan hydrogéologique.
Des études géochimiques complémentaires faisant suite aux études déjà menées au moyen de
radio-isotopes pourraient apporter la lumière sur le choix des hypothèses à privilégier.

115
Conclusion générale

Cette étude du système aquifère du bassin sédimentaire côtier de la région de Pointe-Noire


conduit à des conclusions et des réflexions d’ordre régional et méthodologique. Du point de vue
de l’hydrogéologie régionale, elle apporte des connaissances et des éléments de compréhension
au fonctionnement général de l’aquifère du bassin sédimentaire de Pointe-Noire. Sur le plan
méthodologique, elle utilise les trois composantes de l’étude des systèmes aquifères : géologie,
hydrodynamique et hydrochimie. Enfin les résultats obtenus indépendamment à partir de ces trois
composantes sont rassemblés en un tout cohérent sous la forme d’un modèle hydrogéologique de
l’AQ-2.
Des deux premières composantes, nous pouvons affirmer que la géométrie du réservoir est
maintenant mieux définie. Les contours en surface étaient certes connus puisqu’ils suivent les
affleurements mais les limites sous couverture et l’organisation des corps sédimentaires n’avaient
pas fait l’objet d’une description à l’échelle du bassin. L’étude de l’ensemble des données
géologiques disponibles (forages, géophysique, pétrolière, cartes et descriptions géologiques),
montre que le bassin sédimentaire est composé de cinq couches aquifères qui ne présentent pas
une stratigraphie homogène. Ces couches aquifères sont séparées par intercalations des matériaux
très composites (calcaire marneux, grès consolidés, argile…) de la série argilo gréseuses
rougeâtre du gréso-dolomitique. Bien que ces différentes couches aquifères soient précisément
individualisées, la plus productive, et de ce fait la plus exploitée, reste l’AQ-2. Cette dernière
possède des zones de productivité variable. L’AQ-2 est un aquifère largement exploité qui
combine fréquemment les caractéristiques hydrodynamiques avec les autres couches aquifères
(AQ-1 et AQ-3). Ce matériau, avec une porosité totale élevée de l’ordre de 20 % et une
-3 -1
transmissivité moyenne de 5,8.10 m2.s , constitue un aquifère homogène et présente la
spécificité d’avoir une perméabilité, lui permettant de libérer une quantité importante d’eau.
L’AQ-2 a des coefficients d’emmagasinement, de 4,2.10-5 à 5,1.10-4 en nappe captive. Elle est
poreuse et perméable. En conséquence, l’emmagasinement et le transfert gravitaire d’eau rendent
possible l’existence des zones de drainance, suffisamment denses et interconnectées avec d’autres
couches aquifères exploitables (AQ-1 et AQ-3). La morphologie de sa surface piézométrique
présente deux zones hydrologiques liées à la topographie et/ou au relief de la zone d’étude. Une
zone de la plaine littorale caractérisée par des courbes fermées traduisant des protubérances et
une forte profondeur de la surface piézométrique avec un gradient hydraulique de 0,03. Ce
gradient est l’expression d’un débit d’écoulement freiné ; c’est-à-dire moins de transferts de flux
suite à une faible perméabilité qui traduit un drainage plus faible que l’alimentation. Et une zone
des plateaux qui est caractérisée par des courbes parallèles au talus
Les variations saisonnières de la piézométrie est négligeable sur le réseau de mesure, mais on
note une baisse du niveau d’eau pendant l’activité de pompage et une remontée à la fin de
l’activité. A une échelle inter-annuelle, la comparaison des cartes piézométriques et de données
qualitatives a permis d’apprécier l’évolution des niveaux sur près de 25 ans. On note une

116
réduction de l’intensité de l’artésianisme (baisse de 4 m à 12 m de la pression) imputable à la
multiplication des forages. D’un point de vue quantitatif l’aquifère AQ-2 subit la pression
anthropique mais la ressource ne serait pas menacée si l’exploitation et la recharge restent
inchangées.
Les résultats fournis par l’hydrochimie viennent conforter les hypothèses de fonctionnement que
nous avons formulées auparavant. L’analyse géostatistique des concentrations en ions majeurs,
révèle une prédominance des cations (Ca2+ + Mg2+) sur (Na+ + K+), des ions bicarbonates HCO3
sur les ions sulfates SO42- et chlorures Cl-. Les ions bicarbonates proviennent principalement de la
dissolution des minéraux carbonatés et silicatés. En se basant sur les constituants majeurs, les
eaux de la nappe à l’étude correspondent aux faciès chimiques mélange cations – HCO3 et Ca –
HCO3 qui représentent 64% des piézomètres. Les valeurs de la conductivité électrique sont
relativement élevées au sud-ouest de la zone d’étude, ce qui laisse supposer une influence
probable de l’eau de mer sur la composition chimique des eaux dans cette partie de la zone
d’étude. Le rapport Na+/K+ permet un regroupement des piézomètres échantillonnés en trois
groupes qui sont confirmés par une analyse statistique de classification hiérarchique ascendante.
Les résultats de la modélisation des ressources en eau montrent l’impact causé par les activités
humaines sur le cycle hydrologique, dans la zone de recharge du système aquifère à multicouches
de Pointe-Noire. Cette modélisation a permis d’évaluer la recharge de l’aquifère. Cette recharge a
été évaluée dans deux écosystèmes (plantations d’Eucalyptus et savane) occupant la zone de
recharge du système. Ces résultats montrent que les plantations d’Eucalyptus n’empêchent pas
une recharge du système, même si elles sont moindres que sous savane. Le drainage profond sous
Eucalyptus a toujours lieu pour deux raisons. La première est que l’ETP annuelle est en moyenne
inférieure à la pluviométrie annuelle, ce qui explique que les conditions climatiques, en
particulier le rayonnement, ne permettent pas aux Eucalyptus de prélever toute l’eau disponible.
La deuxième raison est que les sols sont très filtrants, et malgré un système racinaire très
développé et croissant rapidement, les eucalyptus ne parviennent pas à capturer toute l’eau du sol
lors des épisodes pluvieux importants. Pour une pluviométrie moyenne annuelle de 1200 mm à
Pointe-Noire, la recharge des aquifères est estimée à 520 mm/an sous savane, à 680 mm/an la
première année après plantation, à 410 mm/an pour les plantations de 1 à 2 ans, et à 260 mm/an
pour une plantation de 6 à 8 ans. Pour une rotation de 7 ans, la recharge moyenne annuelle est
estimée à 400 mm, soit 120 mm de moins que sous savane.
Du point de vue méthodologique, le fait de fixer pour objectif l’élaboration d’un modèle
hydrogéologique oblige à adopter une démarche scientifique systématique et rigoureuse. Tous les
éléments doivent être quantifiés et, à défaut de données précises, les hypothèses doivent être
clairement formulées et argumentées au mieux, sous peine de rendre la démarche incohérente.
Une connaissance minimale du réservoir, de son remplissage, de sa structure, de sa géométrie et
surtout de sa recharge devient indispensable. Le suivi de la piézométrie à différentes échelles de
temps s’impose comme un élément primordial pour confronter les résultats du modèle avec les
observations.
En définitif, ces éléments d’hydrogéologie physique (par opposition aux apports de
l’hydrochimie) nous ont permis de construire un modèle hydrogéologique de l’aquifère AQ-2 de
117
Pointe-Noire. Les résultats de la modélisation numérique des écoulements souterrains de l’AQ-2
semblent être satisfaisants. D’une manière générale, les valeurs de la piézométrie ajustées
montrent une cohérence tout à fait acceptable avec les valeurs mesurées. Le calage de la
perméabilité a conduit à repérer trois zones de perméabilité se rapportant aux différents horizons
géologiques. La recharge moyenne de l’AQ-2 est estimée autours de 56,3 [Link]-1
En revanche l’étude de la sensibilité aux divers paramètres montre la nécessité d’accumuler plus
d’informations avant de relancer un nouveau projet de modélisation dans l’ensemble du système
aquifère.
En perspectives, ces éléments d’hydrogéologie physique, les résultats de la première modélisation
de l’AQ-2 et d’autres études de terrain qui doivent permettre d’identifier avec plus de certitude
les zones de drainance et leur contribution dans le bilan hydrogéologique, permettront de
construire un modèle hydrogéologique de l’ensemble du système aquifère de la région de Pointe-
Noire.
Néanmoins ils sont parfois négligés dans les études hydrogéologiques. L’étude de la lithologie est
souvent une entreprise fastidieuse et décourageante, il faut pourtant connaître le contenant pour
étudier le contenu. La piézométrie est la seule mesure possible de l’énergie du système.
L’établissement et le suivi d’un réseau de mesure des niveaux d’eau sont contraignants. Mais à
long terme ils peuvent apporter des renseignements précieux sur les circulations dans l’aquifère,
l’évolution de celles-ci, leurs relations avec la recharge et les aquifères voisins. Avec l’utilisation
des capteurs et des enregistreurs modernes, l’observation de phénomènes rapides devient
possible. L’étude de l’effet barométrique est alors un outil pour estimer la valeur du coefficient
d’emmagasinement (rarement connu par les essais de pompages sur des ouvrages agricoles ou
domestiques) et pour évaluer le confinement de l’aquifère.
La simple constatation d’un niveau piézométrique élevé ne permet pas de trancher entre une
faible diffusivité en condition d’infiltration moyenne ou une diffusivité moyenne mais avec une
infiltration très importante. Des études géochimiques complémentaires faisant suite aux études
déjà menées au moyen de radio-isotopes pourraient apporter la lumière sur le choix des
hypothèses à privilégier.
En effet, la géochimie ne peut évidemment pas tout expliquer, pour le cas présent. On ne peut pas
encore affirmer que la nappe s'écoule, qu'elle se renouvelle, ou bien que ses réserves s'épuisent. Il
faudra sans doute faire appel à d'autres techniques pour répondre à ces questions, en particulier
aux déterminations de l'âge des eaux par les méthodes isotopiques, qui sont maintenant de plus en
plus utilisées. L'articulation étroite de ces techniques permettra une meilleure approche des
connaissances hydrogéologiques de l’ensemble aquifère.

118
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125
Annexes

Annexe 1 : Données piézométriques et hydrodynamiques


Annexe 2 : Calcul de l’ETP

126
Annexe 1 : Données piézométriques et hydrodynamiques

Données piézométriques (en m) Données hydrodynamiques


Z(Mur)
Code X Y Z(1986) Z(1990) Z(2000) Z(2005) Z(2009) Z(Moyenne) en m K (m/s) T (m2 /s) S
PZ-1 11°52'31,207''E 4°44'10,533''S 11,5 11,6 11,7 11,6 11,75 11,6 119
PZ-2 11°51'15,357''E 4°44'43,542''S 10,95 14,05 12,5 102
PZ-3 11°51'39,236''E 4°45'57,285''S 12,3 12,77 12,3
PZ-4 11°52'15,054''E 4°46'10,499''S 10,6 9,8 8,03 9,5 115
PZ-6 11°53'58,997''E 4°46'12,736''S 12,75 13,85 13,85 13,3
PZ-7 11°51'20,975''E 4°46'37,317''S 7,25 6,15 6,7
PZ-8 11°52'45,956''E 4°46'28,187''S 11,6 11,6
PZ-9 11°54'47,457''E 4°47'40,006''S 10,9 10,89 10,9
PZ-10 11°54'18,662''E 4°47'37,015''S 14,75 14,25 14,23 14,5
PZ-11 11°50'52,883''E 4°47'23,671''S 1,6 2,7 2,7
PZ-12 11°52'0,305''E 4°47'41,931''S 6,55 7,25 6,9
PZ-13 11°53'23,881''E 4°48'8,619''S 3,95 3,25 3,27 3,6
PZ-14 11°51'57,496''E 4°48'28,986''S 8,3 5,15 6,5 6,7
PZ-15 11°54'19,365''E 4°49'20,256''S 7,4 7,4
P-1 11°53'35,821''E 4°47'11,029''S
F1 11°52'57,193''E 4°47'21,564''S 9,4 129,1 23,17.10-5 6,95.10-3
F2 11°51'11,143''E 4°47'15,243''S 11,2 -11,6 121,5 19,83.10-5 5,95.10-3 6,13.10-4
F3 11°51'13,25''E 4°47'22,266''S 14,1 11,0 121,5
F5 11°51'35,022''E 4°48'22,666''S 6,6 6,7 6,7 150 15,33.10-5 4,6.10-3 5,1.10-4
F6 11°51'46,259''E 4°48'23,368''S -2,5 -8,3 -5,4 150 6,33.10 -4 9,5.10-3 4,5.10-4
F7 11°52'52,979''E 4°46'45,745''S 6,3 -18,9 115,1 26,17.10-5 7,85.10-3

i
F8
11°52'19,97''E 4°44'40,432''S 9,8 9,8 9,8 118 18,33.10-5 3,95.10-3 4,2.10-5
F9 11°52'18,566''E 4°44'37,221''S 13 -19,7 121,7 13,00.10-5 1,95.10-3
F10 11°52'12,947''E 4°44'40,03''S 1,9 6,4 4,1 116 24,50.10-5 4.10 -3 1,5.10-4
F11 11°54'6,021''E 4°48'26,879''S 21,5 -8,9 131 9,33.10 -5 1,4.10-3
F12 11°54'15,853''E 4°48'33,903''S 11,1 11,1 11,1 131 25,66.10-5 3,85.10-3 1,5.10-4
F13 11°54'21,472''E 4°48'42,33''S 18,2 -6,1 125 3,66.10 -5 5,5.10-3 1,7.10-4
F14 11°53'25,286''E 4°46'54,173''S 6,7 -24,3 175 3,83.10 -5 1,15.10-3
F15 11°53'34,416''E 4°47'7,517''S 14,2 13 13,6 168
F16 11°53'52,677''E 4°45'39,025''S -19,6
F17 11°52'30,505''E 4°49'22,363''S -36,5
F19 11°51'30,105''E 4°47'12,434"S 10,7 10,7
F20 11°52'13,649"E 4°47'46,145"S -43,3 181,6
F21 11°54'14,448"E 4°47'36,312"S -51,0 156
F22 11°53'42,142"E 4°44'58,29"S 18,45 19,0 132
F23 11°53'57,593"E 4°44'56,183"S 3,8 167
JIKA 11°52'9,435"E 4°48'53,568"S 40,9 40,9
BOPLAC 11°51'36,426"E 4°47'49,656"S -12,5 41
Sicé 11°51'32,915"E 4°47'28,587"S -10 44
Loan 11°52'12,947"E 4°45'36,918"S -27 45
Tra 11°53'57,593"E 4°45'22,872"S -11 70
Nana 11°54'7,425"E 4°45'9,527"S 26 26 74
PNR 11°52'18566 4°46'51,364"S -24,1 44

ii
Annexe 2 : Estimation de l'ETP à partir des données de l'aéroport de
Pointe Noire

1-Équation de Penman-monteith:
L'énergie utilisée journalièrement pour l'évaporation d'un couvert végétal, ou flux de chaleur latente, LE (MJ
m2 jour-1), peut-être calculée selon l'équation. de Penman-Monteith:
ೌ ೛ ೝ


 ೝೞ೎
  ೝ Eq.1

Dans cette équation, A est l'énergie disponible (MJ m-2 jour -1 ), s est la pente de la courbe de
pression de vapeur saturante (kPa °C-1), ρa est la densité de l'air (kg m-3), cp est la chaleur
spécifique de l'air à pression constante (≈1012 10 -6 MJ kg-1 °C-1), γ est la constante
psychrométrique (kPa °C-1), D est le déficit de pression de vapeur saturante (kPa), ra est la
résistance aérodynamique du couvert (jour m-1), et rsc est la résistance stomatique du couvert (jour m-
1
).

 ೞ೎
Le premier terme de l’Eq.1,  ೝ  est souvent appelé ‘‘composante radiative’’ car il
ೝೌ
dépend essentiellement du rayonnement net: l'énergie disponible, A (MJ m-2 jour -1 ), calculée
en fonction du rayonnement net Rn (MJ m-2 jour -1 ), du flux de chaleur dans le sol, G (MJ m-
2
jour -1 = stockage de chaleur dans le sol), et du stockage de chaleur dans le bois et dans l'air sous et
dans la canopée, Sb et Sa (MJ m-2 jour -1 ) :
 Eq.2
Lorsque l'Eq. de Penman-Monteith est appliquée au pas de temps horaire ou serai-horaire, G, S b
et Sa ne peuvent être négligés. Par contre, lorsqu'elle est appliquée au pas de temps journalier, on les
néglige car on suppose que le stockage de chaleur pendant la journée est compensé par le
déstockage pendant la nuit. Donc, au pas de temps journalier, A≈Rn.
ೌ೛ ೝ


 ೝೞ೎
Le second terme,  ೝ  représente la ‘‘composante advective’’, qui dépend

essentiellement du déficit de pression de vapeur saturante D (kPa), qui est la différence
entre la pression de vapeur saturante es (kPa) et la pression de vapeur mesurée, e (kPa).
   Eq.3
es et e peuvent être calculée selon les Eq. 11 et 10 du fichier ‘‘[Link]’’.
La densité de l'air, ρa (kg m-3) peut être estimée empiriquement à partir de la pression atmosphérique
P (kPa) et la température de l'air T (°C) selon:


  3,486 Eq.4
La pente de la courbe de pression de vapeur saturante, s (kPa °C-1) peut être estimée empiriquement
en fonction de la pression de vapeur saturante es (kPa), et la température de l'air (°C) selon :
ೞ
 ,మ
 Eq.5

La constante psychrométrique γ(kPa °C -1 ) est calculée à partir de la chaleur spécifique de


-1-
l'air à pression constante, Cp (≈1012 10-6 MJ kg-1 °C-1), de la pression atmosphérique, P (kPa), de
la chaleur latente de vaporisation, λ (MJ kg-1), et du rapport ε entre la masse moléculaire de
la vapeur d'eau et celle de l'air sec (ε=0,622) :
೛

  0,0016286 λ Eq.6
Pour obtenir l'évaporation réelle E (kg d'eau m-2 jour -1 = mm jour -1 ) à partir de LE (MJ m-2
jour -1 ), il suffit de diviser LE par la chaleur latente de vaporisation, λ (MJ kg-1) ;

 λ
Eq.7
λ vaut environ 2,5 MJ kg-1 à 0°C, et décroit légèrement avec la température T (°C)
λ  2,501 0,002361T Eq.8
2-Calcul du rayonnement net et rayonnement global à partir des données de l’aéroport de
Pointe-Noire
Les échanges radiatifs correspondent à des transferts d’énergie par rayonnement. Le
rayonnement absorbé par un objet ou une surface correspond au rayonnement net. Le
rayonnement net (Rn) est la quantité d’énergie radiative disponible à la surface terrestre et
pouvant être transformée en d’autres formes d’énergie par les divers mécanismes physiques
ou biologiques de la surface. Le rayonnement net (Rn) est obtenu par l’Eq.9 du bilan radiatif :
  1   1  ! " . $. % Eq.9
Dans cette équation, Rn rayonnement net (W.m ) ; l’albédo αs, Rg le rayonnement global de
-2

petite longueur d’onde (W.m-2) ;ρs coefficient de reflexion thermique de la surface ; le


rayonnement thermique incident de grande longueur d’onde, émis par l’atmosphère (de 3,5 à
8 µm) (W.m-2 ) ; εs émissivité de la nature ; σ constante de Stefan-Boltzman ((W.m-2 k-4) et Ts
température radiative de surface (°K)
Le rayonnement global, Rg, peut-être calculé par des relations empiriques en fonction de la durée
d’insolation, N, de la durée théorique du jour, No et du rayonnement global extraterrestre RgO :

  & '( 1 (  ) Eq.10

ou

   '* + ) Eq.11

Dans ces équations, No et Rg o sont calculés en fonction de la latitude du lieu et du jour de


l'année, tandis que les coefficients τ et b ou c et d sont obtenus par calibration à partir de
mesures de Rg et de N. Le coefficient τ ou la somme c+d correspondent à la transmission
atmosphérique par temps clair (journée complètement ensoleillée : N=No). Le produit τ*b ou
le coefficient c correspondent à la transmission atmosphérique par temps nuageux (journée
complètement couverte : N=0).
La durée maximum du jour, N o (en heures), est calculée en fonction de la latitude,, et de
la déclinaison, δ :
24
. 
/ 
0 8
-
0  !*12 tan, tan 67
La latitude, , (radians), est positive dans l’hémisphère nord, est négative dans l’hémisphère sud.
-2-
La déclinaison δ (radians), est calculée en fonction du jour julien, J :

Le rayonnement global extraterrestre Rgo (MJ m-2 jour -1 ) est calculée en fonction de, et δ :

Eo est l'éclairement énergétique extraterrestre (constante solaire) et vaut environ 4.932 MJ m-2 h-1
pour la distance moyenne terre-soleil. d, est la distance relative terre-soleil.
2.1-Estimation des paramètres τ et b ou c et d
Pour estimer la valeur des paramètres t et b, ou c et d nous avons utilisé des mesures de
rayonnement global obtenues par l'ORSTOM, à Pointe Noire,' entre 1990 et 1992, et des
mesures d'insolation obtenues par l'aéroport de Pointe Noire sur la même période (Figure 1 et
2). La valeur des paramètres i et b obtenues par calibration pour ces 3 années sont reportées dans
le tableau 1

Figure 1 : Rayonnement global mesuré à Pointe-Noire entre 1990 et 1992, et rayonnement global
aux confins de l’atmosphère

-3-
Figure 1 : Rayonnement global mesuré à Pointe-Noire entre 1990 et 1992 versus N/No
Tableau 1 : Valeur des coefficients τ et b estimés à Pointe Noire
Période τ b
1990 0.608 0.381
1991 0.641 0.370
1992 0.661 0.307
1990-1992 0.635 0.352
Sur la période 1990-1992, b est de l'ordre de 0.35. Par comparaison, Riou (1975) a obtenu
0.31 à partir de données acquises à Brazzaville entre 1968-1971.
La transmission atmosphérique par temps clair ( τ dans l'équation 1 ou c+d dans l'équation 2)
dépend de la concentration en aérosols dans l'atmosphère, et peut ainsi présenter de fortes
variations saisonnières (tableau 2 et figures 3 et 4). Elle est minimale pendant la saison
sèche lorsque l'atmosphère est fortement chargée en aérosols. En `lessivant' une partie des
aérosols en suspension dans l'atmosphère, les pluies contribuent à- diminuer le trouble
atmosphérique et à augmenter la transmission atmosphérique : la transmission atmosphérique par
temps clair est maximale pendant le saison des pluies, et augmente avec les précipitations
mensuelles.
Tableau 2 : Estimations des valeurs mensuelles de τ, c et d

Mois J F M A M J J A S O N D
τ à Pointe Noire0,6215 0.6221 0,6333 0,6597 0,6278 0,6236 0,5804 0,5613 06172 0,7036 0,6524 0,6860
(1990-1992)
τ à Brazzaville 0,730 0,720 0,735 0,745 0,740 0,660 0,610 0,650 0,680 0,700 0,750 0,740
(1968-1971)
c (Pointe Noire) 0,237 0,218 0,198 0,2550.228 0,220 0,214 0,208 0,226 0,231 0,233 0,214

d (Pointe Noire) 0,364 0,403 0,453 0,387 0,392 0,403 0,347 0,332 0,3620,509 0,414 0,505

C+D 0 600 0.622 0.651 0.6420.620 0.622 0.5610 540 0.5880.739 0 646 0 718

-4-
Figure 3 : Variations saisonnières des transmissions atmosphériques par temps clair (τ ou c+d)
Après estimation des valeurs mensuelles moyennes de τ, l'Eq. 1 permet d'obtenir d'assez
bonnes estimations de Rg à partir des mesures d'insolation (Figure 4 et 5). Les résultats
sont légèrement meilleurs avec l'Eq. 2 (relation de Prescott modifiée), et pourraient sans
doute être améliorés si l'on faisait varier la valeur mensuelle de τ en fonction des
précipitations.

Figure 4 : Comparaison des valeurs journalières calculées de Rg pour 4 mois des années 1998-
2009

-5-
Figure 5 : Comparaison de Rg calculés et mesurés (période 1998-2009)
3-Calcul des résistances aérodynamiques et stomatiques
En supposant un profil logarithmique du vent, la résistance aérodynamique, ra (jour m-1) peut-être
calculée selon l’équation :

Eq.12

Dans cette équation, zu et ze (m) sont les hauteurs auxquelles sont mesurées la vitesse du vent et
l'humidité relative, d(m) est la hauteur de déplacement, zom et z ov (m) sont les longueurs de
rugosité associées aux flux de quantité de mouvement et de vapeur d'eau, k la constante de Von
Karman (0,41), et Ur (m jour -1) la vitesse du vent mesurée à la hauteur de référence. Les
hauteurs de déplacement et longueurs de rugosité peuvent être estimées empiriquement en
fonction de la hauteur du couvert, h (m): d ≈ 0.67 h, zom ≈ 0.123 h, et zov ≈ 0.0123 h.
La résistance stomatique du couvert dépend de la résistance stomatique moyenne des feuilles, r,
(jour m-1) et du LAI:

Eq.13

Différents modèles existent pour calculer la résistance stomatique foliaire en fonction du rayonnement
incident, humidité relative, température de l'air, et autres variables micrométéorologiques ou
physiologiques (modèles de Jarvis, de Ball et Berry, ect.).
4-Application : calcul des ETP-savanes et plantations d'Eucalyptus à partir des données de
l'aéroport de Pointe-Noire
Il existe plusieurs définitions de l'évaporation potentielle et de l'évapotranspiration potentielle (voir par
exemple Lhomme, 1997).
Pour l'évapotranspiration potentielle (ETP), on peut retenir la définition donnée par Brutsaert (1982): c'est
l'évapotranspiration d'une surface large (large afin de pouvoir négliger l'advection (effet d'oasis)),
complètement et uniformément couverte par une végétation en croissance, en permanence bien
alimentée en eau. Dans ce cas, rsc prend une valeur minimum rscmin permettant de calculer l'ETP selon l'Eq.
1.
-6-
Sur savane, le calcul de r sc (et r scmin) selon l'Eq.13 n'est pas possible car le LAI (et ses
variations annuelles) n'est pas connu. Pour contourner cette difficulté, on peut calculer l'évaporation
potentielle, telle qu'elle est définie par Perrier (1977) ou Brutsaert (1982) : c'est l'évaporation d'un
couvert lorsque toutes ses surfaces d'échange sont saturées en eau, soit l'évaporation qui
serait mesurable après une pluie, une irrigation par aspersion ou en présence d'une forte rosée.
Dans ce cas, la résistance de surface devient nulle (rsc = 0), et l'Eq. 1 devient donc:
 ೌ೛

ೝೌ
 
9  Eq.14

C’est l’équation de Penman (1948). L’évaporation potentielle EP (mm jour-1) peut ainsi être
calculée selon :
 ೌ೛ ೝೌ

 
9  λ
Eq.15

Cette équation peut encore s’écrire sour la forme:


 ೌ
 
9  Eq.16
λ!γ

Où Eo (mm jour -1) représente le ‘‘pouvoir évaporant’’ de l’air :


ೌ೛

ೝೌ
  λγ
Eq.17

la principale difficulté pour appliquer cette équation avec les données de l’aéroport de Pointe-
ೌ೛ ೝ


 
Noire concerne l’estimation de la composante advective, : ;, car la vitesse du vent n’a pas
été mesurée au dessus des couverts de savane et Eucalyptus (donc on ne peut normalement pas utiliser
directement les mesures de vitesse pour estimer les résistances aérodynamiques, ra) : savane et
Eucalyptus n'ont pas les mêmes longueurs de rugosités et hauteur de déplacement, donc les
profils de vitesse du vent au dessus de ces couverts sont différents. La vitesse du vent qui
serait mesurée à 2 m au dessus d'un couvert de savane ne serait pas la même que celle mesurée à 2 m
au dessus d'un couvert d'Eucalyptus, ou à la même hauteur à l'aéroport de Pointe-Noire. La meilleure
solution est probablement d'estimer la composante advective dans les conditions de la station
météorologique de Pointe-Noire (sur couvert de graminée tondu de temps en temps), et de prendre
cette valeur indifféremment pour savane et Eucalyptus. Cette extrapolation induit certainement une
petite erreur, mais qui ne devrait pas affecter de manière importante l'estimation des ETP-savane et
Eucalyptus, car en milieu tropical la composante advective est faible (du fait des faibles valeurs
de déficit de pression de vapeur d'eau) comparée à la composante radiative.
Application numérique:
A l'aéroport de Pointe-Noire, la vitesse du vent et l'humidité relative sont mesurées à
respectivement 11 m et 1,5 m (z u =11 m et z e =1,5m).
On peut prendre h = 0.12 m. C'est ce qui est utilisé pour calculer l'évaporation d'un couvert de
référence (couvert de graminée de 12 cm de haut et d'albédo = 0.23), et c'est proche de ce que j'ai pu
observer à l'aéroport de Pointe-Noire (pelouse tondue de temps en temps).
Pour l'albédo, prendre 0.12 pour l'Eucalyptus, et une valeur comprise entre 0.17 à 0.22 pour la savane.
Les figures 6 et 7 présentent une comparaison des évaporations diurnes et mensuelles mesurées à
l'aéroport de Pointe Noire (Bac A) entre 1998 et 2002 et simulées par l'équation de Penman
(albédo de l'eau = 0.05).
-7-
Figure 6 : Comparaison des évaporations mesurées en bac A (et divisées par 1,12 pour tenir
compte de la surestimation par le bac A) à l’aéroport de PNR et des évaporations simulées par
Penman (albédo de l’eau = 0.05)
Les mesures d'évaporation (bac A) ont été divisées par 1.12 sur la base des résultats de Riou
(1978) qui a comparé a Brazzaville les évaporations mesurées en bac A et celles mesurées en
bac enterré, jugées beaucoup plus fiables et représentatives de la réalité: les bacs A sont en
effet disposés au dessus du sol, et bénéficient donc d'apports supplémentaires d'énergie
radiative au niveau des parois qui sont par ailleurs le siège d'échanges thermiques avec l'air (apports
d'énergie par advection). Cette disposition perturbe aussi les écoulements de l'air. Riou a montré à
Brazzaville que les évaporations obtenues par bac enterré et par Bac A étaient très corrélées,
mais avec un rapport Ebac A / Ebac enterré de l'ordre de 1.12.

Figure 7 : Comparaison des évaporations mensuelles moyennes mesurées à l’aéroport de PNR


entre 1998 et 2009, et des évaporations calculées par l’équation de Penman (albédo de l’eau =
0.05). Les évaporations mensuelles moyennes mesurées à partir des bacs enterrés par Riou à
Brazzaville entre 1968 et 1971 sont également présentées
Riou a aussi montré que les mesures d'évaporation à l'échelle journalière ne sont pas très précises (ce qui
pourrait expliquer une partie de la dispersion des points sur la Figure 1), en raison des erreurs
de mesure, mais que les erreurs deviennent négligeables lorsque les mesures sont cumulées sur
-8-
plusieurs jours.
Comme le montre la figure 2, on a une assez bonne concordance entre les évaporations
calculées et mesurées, sauf pendant la saison sèche où les évaporations calculées sont
nettement inférieures aux évaporations mesurées. Cette différence entre valeurs calculées et
mesurées pendant la saison sèche pourrait être attribuée soit à une mauvaise estimation de
certains paramètres utilisés pour calculer le rayonnement net, les résistances
aérodynamiques, ect., soit à une surestimation de l'évaporation potentielle par les mesures en
Bac A... : normalement, le bac A devrait être placé au milieu d'une pelouse d'au moins 400
m2 régulièrement alimentée en eau afin de réduire les `effets oasis' (apports externes d'énergie
advective). Le bac A de la station météorologique de l'aéroport de Pointe-Noire est bien
placé au milieu d'une pelouse (de matiti!) d'environ 400 m2, mais qui n'est certainement pas
arrosé régulièrement en saison sèche !!! Donc il est probable qu'on ait un fort effet oasis (donc
surestimation de l'évaporation potentielle par les mesures en bac) en saison sèche. Cet effet ne devrait par
contre pas être très important en saison des pluies, puisque la pelouse reçoit des apports
d'eau par les précipitations.
Pour estimer cet effet oasis, Riou (1978) a comparé les évaporations mesurées à partir de bacs enterrés
installés au milieu d'une pelouse régulièrement alimentée en eau, ou au milieu d'une surface de sol nu
non irriguée. Ces mesures montrent une augmentation très nette de l'évaporation du bac « sol nu »
par rapport à celle du bac « pelouse ». La différence atteignait 30% en saison sèche. Ces résultats n'ont pas
été obtenus à Brazzaville, niais dans une station météorologique du Tchad où l'on peut s'attendre à des
effets oasis beaucoup plus marqués qu'en zone équatoriale. A Pointe Noire, cet effet devrait donc être
moins marqué du fait de la différence de climat, mais d'un autre coté il devrait être amplifié du
fait de l'utilisation d'un bac A, beaucoup plus sensible aux effets oasis que les bacs enterrés (à cause de
l'augmentation des surfaces d'échanges (parois du bac)).
Si l'on supposait (ou s'il s'avérait exact) qu'en saison sèche le bac A surestime l'EP de 15 à 30%, les valeurs
corrigées d'évaporation seraient similaires à celles calculées par l'équation de Penman. La
comparaison avec les valeurs mesurées à Brazzaville est intéressante, car ces dernières ont été
obtenues avec un bac « pelouse ».

Figure 8 : ETP mensuelles moyennes (1998-2002) calculées par l'équation de Penman à partir des
-9-
données météorologiques de l'aéroport de PNR, pour un couvert de savane (albédo de 0.20) ou
d'Eucalyptus (albédo de 0.12), et ETP mesurées par Riou (moyennes mensuelles sur la période
19681971), à Brazzaville, à partir d'évapotranspiromètres plantés par Paspalum ou Cyclodon
dacrylon (albédo mesuré =0.20). Au niveau annuel, les différences entre les évapotranspiromètres
plantés en Paspalum ou Cyclodon n'étaient que de 1% à 3% suivant les années !!!
Comme le montre la figure 3, les moyennes mensuelles d'ETP-savane calculées par l'équation de
Penman à partir des données météorologiques de l'aéroport sont très similaires -sauf pour les mois
d'août et de septembre- à celles `mesurées' par Riou à Brazzaville entre 1968 et 1971. Les moyennes
annuelles ne diffèrent que de 22 mm, soit une différence de 2%. Les différences observées en août
et septembre sont liées à la fois à de plus fortes valeurs de Rg (et donc de Sn), et de pouvoir évaporant de
l'air (Ea), à Brazzaville qu'à Pointe Noire, pour ces 2 mois (Figures 9b et 9d).
D'une manière générale, Sn est plus élevé à Brazzaville qu'à PNR (transmission atmosphérique plus
importante à Brazzaville qu'à Pointe Noire), mais cette différence est compensée par un Ln plus élevé
(moins négatif) à Pointe Noire qu'à Brazzaville, et un plus fort pouvoir évaporant de l'air (Ea) à
Pointe Noire, d'où des ETP peu différentes entre ces 2 villes.

Figure 9: Comparaison des valeurs mensuelles moyennes du rayonnement net, Rn (Fig 9a), et
de ses composantes, Sn et Ln (Fig. 9b et 9c), calculées à Pointe Noire (1998-2009), et mesurées à
Brazzaville (1968-1971). Les valeurs mensuelles moyennes du pouvoir évaporant, Ea, calculées à
Pointe Noire et à Brazzaville sont également présentées (Fig. 9d).
La figure 10 montre l'importance respective des 2 composantes ('radiative' et 'advective') de l'équation de
Penman. En milieu équatorial, la composante 'advective' est connue pour être faible, du fait
- 10 -
des faibles déficits de pression de vapeur d'eau (humidité relative élevée). Au niveau
annuel, cette composante est estimée à environ 0.63 mm joui' à Pointe Noire. A Brazzaville, Riou
(1978) l'estimait à 0.40 mm jour'.
Comme en milieu équatorial la composante advective est faible en comparaison de la
composante radiative, et que d'autre part les pertes d'énergie dans les grandes longueurs
d'onde (Ln) sont faibles par rapport aux apports d'énergie dans les courtes longueurs d'onde
(Sn), il en résulte qu'au niveau mensuel ou annuel l'ETP est généralement bien corrélée avec
Rg (Figure 11). La corrélation est excellente à Brazzaville, avec une pente de 0.45, lorsque
Rg est exprimé en équivalent mm d'eau. A Pointe Noire, la corrélation est un peu moins bonne,
et on obtient une pente plus élevée (~0.53), pour les raisons évoquées ci-dessus (Rg plus faible,
et composante advective plus importante).

Figure 10: ETP journalières calculées par l'équation de Penman. Importance relative des
composantes `radiatives' et `advectives'.

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Figure 11: Comparaison des valeurs mensuelles d'ETP et de rayonnement global (Rg), à Pointe
Noire (1998-2009) et à Brazzaville (1968-1971). Le rayonnement global est exprimé en
équivalent mm, d'eau jour -1 (après division par), λ ≈ 2.45 MJ kg-1 d'eau).

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A

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