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Guide Approche Orientante

Ce document présente une approche orientante à l'école, soulignant l'importance de l'information et de l'orientation scolaires pour la réussite des élèves. Il décrit les fondements légaux et réglementaires, les caractéristiques d'une telle approche, ainsi que des exemples concrets de mise en œuvre dans les établissements scolaires. L'objectif est de favoriser le développement de l'identité et du cheminement vocationnel des jeunes en intégrant ces services dans l'ensemble des activités éducatives.

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Guide Approche Orientante

Ce document présente une approche orientante à l'école, soulignant l'importance de l'information et de l'orientation scolaires pour la réussite des élèves. Il décrit les fondements légaux et réglementaires, les caractéristiques d'une telle approche, ainsi que des exemples concrets de mise en œuvre dans les établissements scolaires. L'objectif est de favoriser le développement de l'identité et du cheminement vocationnel des jeunes en intégrant ces services dans l'ensemble des activités éducatives.

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R LA RÉUSS

IS E I
TE
POUR FAVOR

L’APPROCHE
ORIENTANTE
Direction de l’adaptation scolaire et des services complémentaires
Denise Gosselin, directrice adjointe

Recherche et rédaction
Yvan D’Amours, coordonnateur des services complémentaires

Consultation
Gilbert Moisan, Direction de la recherche et de l’évaluation
Nicole Gagnon, Direction de la formation générale des jeunes
Liette Picard, Direction de l’adaptation scolaire et des services complémentaires

Gouvernement du Québec
Ministère de l’Éducation, 2002 — 01- 00346

ISBN 2 - 550 - 38693 - 0

Dépôt légal — Bibliothèque nationale du Québec, 2002

2
TABLE DES MATIÈRES /
AVANT-PROPOS ...................................................................................................................................4

INTRODUCTION ...................................................................................................................................6

1
CHAPITRE 1

1.

1.1
Pourquoi une approche orientante à l’école ? .......................................................................................8

Des services dont l’importance est soulignée à maintes reprises ..............................................................8

1.2 L’information et l’orientation scolaires et professionnelles : un moyen et non une fin ................................10

2
CHAPITRE 2

2.

2.1
Points d’ancrage fournis par la réforme de l'éducation pour favoriser
le développement de l’identité et le cheminement vocationnel de l’élève ................................................12

Le cadre légal et réglementaire .........................................................................................................12

2.2 Le Programme de formation de l’école québécoise ..............................................................................15

3
CHAPITRE 3

3.

3.1
Caractéristiques d’une approche orientante à l’école ...........................................................................18

Définition et objectifs........................................................................................................................18

3.2 La nature des interventions, selon les stades de développement du jeune ...............................................20

3.3 Les éléments d’une approche orientante et leur application dans les services
d’enseignement et les programmes de services complémentaires...........................................................22

3.4 Les acteurs d’une approche orientante ...............................................................................................24

3.5 Les étapes de la mise en place d’une approche orientante ...................................................................28

4
CHAPITRE 4

4.

4.1
Quelques illustrations concrètes de projets ou d’approches orientantes
mis de l’avant dans le réseau scolaire................................................................................................30

Le Programme d’éducation au travail pour une école orientante, de la polyvalente de Disraeli .................30

4.2 L’expérimentation du projet de plan individualisé de formation (PIF)


à l’école secondaire Notre-Dame-du-Sourire........................................................................................32

4.3 PISICUI : le Projet d’intégration des sciences et de l’informatique, en collaboration avec


l’université et l’industrie de l'école secondaire Hormidas-Gamelin (Buckingham) .....................................37

CONCLUSION .....................................................................................................................................42

BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................................44

ANNEXE 1 : Liste des membres du Comité consultatif du ministère de l’Éducation sur l’information
et l’orientation scolaires et professionnelles .................................................................................................46

ANNEXE 2 : Exemples d'activités d’information et d’orientation intégrées aux programmes de géographie


de 1re secondaire et d’histoire de 2e secondaire, à la polyvalente de Disraeli ...............................................48

3
AVANT-PROPOS /
La réussite scolaire d’un jeune est étroitement liée à son degré de motivation à l’égard
des études. Cette motivation est alimentée, entre autres choses, par différents types
de projets : projets d’apprentissage, de formation, de carrière et de vie. Même si un
jeune a la responsabilité de former ses propres projets, il doit néanmoins être soutenu
par ses parents, ses amis, la communauté et, bien entendu, l’école.

Afin que l’élève soit en mesure de concevoir des projets, il faut, d’une part, que
l’école lui offre des moyens lui permettant de découvrir, de développer et de mettre
en valeur ses talents et ses aptitudes, de façon à contribuer à forger son identité.
Il faut, d’autre part, que l’école l’aide à saisir les liens qui existent entre ses
apprentissages scolaires et la société qui l’entoure, notamment en ce qui
concerne le monde du travail.

L’actuelle réforme de l’éducation vise notamment à soutenir les efforts des


intervenants scolaires pour accompagner les élèves de façon plus efficace
dans le développement de leur identité et dans leur cheminement vocationnel.
La mission de l’école consiste désormais à instruire, à socialiser et à qualifier
les jeunes. L’ajout de ce dernier volet à la mission éducative illustre toute
l’importance que l’école doit accorder à l’information et à l’orientation des
élèves. D’ailleurs, l’énoncé de politique éducative1 souligne « qu’il est temps
d’accorder une attention plus soutenue à l’orientation des élèves. »

S’inscrivant directement dans cette visée, la Loi sur l’instruction publique, le


Régime pédagogique de l’éducation préscolaire, de l’enseignement primaire
et de l’enseignement secondaire, ainsi que le Programme de formation de
l’école québécoise pavent la voie à un décloisonnement des pratiques
professionnelles permettant une action collective et concertée, d’abord entre
les différentes catégories du personnel scolaire et, ensuite, entre l’école

4
et ses partenaires privilégiés que sont les parents
et les membres de la communauté. À la suite du
retrait du programme d’études Éducation au
choix de carrière, dont les faiblesses ont été
soulignées maintes fois par les jeunes eux-mêmes,
l’école doit réviser ses stratégies et redéployer
ses efforts sur l’ensemble de ses acteurs afin
que chacun puisse contribuer, au quotidien, à
soutenir les jeunes dans le développement de
leur identité et dans leur cheminement vocationnel.

Par la présente publication, le ministère de


l’Éducation désire fournir, à ceux et celles oeuvrant
auprès des élèves, quelques balises permettant
de situer l’information et l’orientation scolaires et
professionnelles au sein des services éducatifs et
d’en consolider le rôle, en vue de favoriser la
réussite et la qualification de tous les jeunes.

Ces balises ont été établies à partir des travaux


effectués en 1998-1999 par un comité consultatif
formé de représentants de parents, de jeunes, de
l’Ordre professionnel des conseillers et conseillères
d’orientation, de l’Association québécoise d’infor-
mation scolaire et professionnelle, ainsi que de
syndicats d’enseignants et de professionnels de
l’éducation.

Le ministère de l’Éducation remercie les membres


de ce comité consultatif du travail important qu’ils
ont accompli dans le cadre de leur mandat. La
liste des membres du comité se trouve à l’annexe 1
du présent document.

1. MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION. L’école, tout un programme : énoncé de politique éducative, Québec, 1997, p. 9.

5
INTRODUCTION /
« Moi, quand je serai grand, je deviendrai… ». Combien de fois avons-nous entendu
cette phrase prononcée spontanément par nos enfants ? Les jeunes sont très tôt
intrigués et souvent fascinés par le monde du travail, en particulier par certains métiers
ou certaines professions. Quelques-uns veulent devenir pompiers ou conducteurs
de train, d’autres se voient déjà médecins, infirmières ou musiciens. Il s’agit non
seulement de manifestations de cette insatiable curiosité enfantine, mais aussi des
premiers balbutiements du développement de l’identité.

À une étape ultérieure de son développement, l’enfant ressent le besoin de poser


des questions sur le métier ou la profession exercé par ses parents et les autres
adultes de son entourage. Plusieurs jeunes désirent comprendre les liens qui existent
entre les matières enseignées à l’école et leur application concrète dans la société
qui les entoure. Tout en poursuivant le développement de son identité, le jeune
ressent le désir de mieux connaître le monde du travail auquel il se destine. Plus
il progresse dans son développement et dans son cheminement scolaire, plus
il cherche à se situer par rapport aux réalités du monde adulte et du marché
du travail, ce dernier étant souvent symbole d’acquisition d’autonomie et
d’intégration pleine et entière à la société.

Au cours de son cheminement vocationnel, le jeune doit pouvoir puiser à


de nombreuses sources d’information et d’inspiration. Parmi ces sources se
trouvent, entre autres, la famille, le réseau d’amis, la communauté et, bien
sûr, l’école.

Dans le premier chapitre du présent document, on explique pourquoi l’école


et tous ses acteurs sont concernés par le soutien des élèves en matière
d’information et d’orientation scolaires et professionnelles. On y indique
que l’information et l’orientation des élèves sont précieuses, non seulement

6
pour qualifier les jeunes, mais aussi pour contribuer
aux deux autres volets de la mission de l’école,
soit l’instruction et la socialisation.

Le second chapitre décrit les différents points


d’ancrage fournis par la réforme de l’éducation pour
favoriser la mise en place, à l’école, d’une approche
orientante, c’est-à-dire d’une approche intégrée
du soutien aux élèves en matière d’information
et d’orientation scolaires et professionnelles.
Les balises indiquées dans la Loi sur l’instruction
publique, dans le Régime pédagogique de
l’éducation préscolaire, de l’enseignement
primaire et de l’enseignement secondaire, ainsi
que dans le Programme de formation de l’école
québécoise y sont présentées.

Le troisième chapitre précise ce que le ministère


de l’Éducation entend par une approche de type
« orientante » à l’école. On y propose notamment
une démarche, des moyens et une répartition des
rôles entre les différents acteurs permettant une
approche intégrée en information et en orientation
scolaires et professionnelles. La contribution
essentielle des professionnels de l’information et
de l’orientation y est définie, dans un nouveau
contexte de pratique décloisonnée qui requiert
la collaboration des enseignants et des parents,
ainsi qu’un partenariat avec la communauté,
notamment les entreprises et les établissements
de formation.

Le dernier chapitre illustre de façon concrète


l’application d’une approche intégrée en matière
d’information et d’orientation, à l’aide d’exemples
de projets mis en place dans certaines écoles au
cours des dernières années.

7
1
POURQUOI UNE APPROCHE ORIENTANTE
À L’ÉCOLE ? /
1.1 DES SERVICES DONT L’IMPORTANCE
EST AFFIRMÉE À MAINTES REPRISES

On ne compte plus les événements ni les rapports sur l’éducation qui, depuis plusieurs
années, rappellent l’importance de soutenir les élèves en matière d’information et
d’orientation scolaires et professionnelles. Dès les années 60, la commission Parent
confirme la contribution de ces services à la réussite éducative des jeunes et à leur
intégration professionnelle à la société. Par la suite, l’orientation scolaire et profes-
sionnelle est incluse dans le régime pédagogique du secondaire, à titre de service
éducatif complémentaire offert par les commissions scolaires. Les années 70 sont
marquées par une importante augmentation des ressources professionnelles dans le
réseau scolaire. Au cours de cette période, de nombreux conseillers d’orientation et
conseillers en information scolaire et professionnelle s’installent dans les écoles
secondaires afin de soutenir les élèves dans leur choix de formation et de carrière.

Au cours des années 80, le programme d’études Éducation au choix de carrière


est mis en place afin de soutenir les élèves dans leur cheminement vocationnel et,
ainsi, de renforcer le travail accompli par les professionnels de l’orientation et de
l’information scolaires et professionnelles. Initialement prévu pour s’échelonner
sur les cinq années du secondaire, le programme est rapidement restreint aux
trois dernières années. Dans son rapport annuel 1988-1989 sur l’état et les
besoins en éducation, le Conseil supérieur de l’Éducation formule ce qui suit :

« Le soutien au cheminement scolaire et professionnel est de la responsabilité de


tous les intervenants du système. C’est une responsabilité partagée et non pas la
chasse gardée ou la responsabilité exclusive de quelque groupe que ce soit.
Parents, direction d’école, professionnels non-enseignants, enseignants, pairs,
tous peuvent soutenir l’individu qui chemine et particulièrement aux moments
capitaux de choix déterminants 1. »

8
Lors des États généraux sur l’éducation, en 1996,
plusieurs acteurs du réseau scolaire, dont les jeunes
eux-mêmes, dénoncent les lacunes du programme
d’études Éducation au choix de carrière, de même
que l’insuffisance des ressources professionnelles
mises à leur disposition en matière d’information
et d’orientation scolaires et professionnelles. Dans
le rapport final des États généraux, il en effet
mentionné que :

« Le soutien à l’orientation, dans la perspective


d’une école elle-même orientante doit également et l’orientation scolaires et professionnelles soient
se traduire, surtout au premier cycle du secondaire, mieux intégrées à l’ensemble des activités de l’école
par des activités qui permettent l’acquisition de et permettent le cheminement individuel de chaque
bonnes méthodes de travail et l’apprentissage élève dans ses choix scolaires et vocationnels 3. »
autonome. Mais il faut également mieux intégrer
les activités axées sur la connaissance de soi et la Cette recommandation reprend, en d’autres termes,
clarification des choix professionnels aux services le souhait formulé près de dix ans plus tôt par le
de conseillance qui sont indispensables, ces Conseil supérieur de l’éducation, qui désirait
derniers aidant les élèves à développer leur estime que le soutien en information et en orientation
de soi, à clarifier leurs aspirations ou à raviver leur ne repose plus uniquement sur les épaules d’un
engagement dans les études. De la même façon, enseignant en particulier, ni d’un seul type de
l’orientation ne peut être un processus strictement professionnel, mais qu’il devienne aussi l’affaire
scolaire : elle se forge également par des contacts des autres membres de l’équipe-école. C’est dans
significatifs avec la réalité de divers milieux sociaux, ce contexte de réforme et d’abolition du programme
avec des personnes qui exercent une activité d’études Éducation au choix de carrière qu’un
professionnelle et par l’application graduelle de comité consultatif formé de représentants de toutes
ses compétences à l’extérieur du milieu scolaire 2. » les associations et de tous les groupes concernés
est mis sur pied par le ministère de l’Éducation
Les travaux sur la refonte du curriculum qui suivent les en 1998 afin de formuler des recommandations
États généraux mènent à l’abolition du programme relatives à l’amélioration du soutien offert aux
d’études Éducation au choix de carrière. Le Groupe élèves en matière d’information et d'orientation
de travail sur la refonte du curriculum recommande scolaires et professionnelles. Le rapport du
de procéder différemment sur le plan du soutien comité est déposé au ministre à l’été 1999,
à offrir aux élèves en matière d’information et mais sa publication est mise en veilleuse, puisque
d’orientation scolaires et professionnelles : les aspects qui y sont traités sont soumis aux
consultations entourant le Sommet du Québec
« Que l’école prenne plus résolument et de façon et de la jeunesse.
plus concertée des mesures pour que l’information

1. CONSEIL SUPÉRIEUR DE L’ÉDUCATION. L’orientation scolaire et professionnelle : par-delà les influences, un cheminement personnel,
Rapport annuel 1988-1989 sur l’état et les besoins en éducation, Québec, 1989, p. 110.
2. COMMISSION DES ÉTATS GÉNÉRAUX SUR L’ÉDUCATION. Rapport final, Québec, 1996, p. 42.
3. Réaffirmer l’école : rapport du groupe de travail sur la refonte du curriculum, Québec, ministère de l’Éducation, 1997, p. 38-39.

9
Lors de ce Sommet, tenu en février 2000, les présents, dont le ministère de l’Éducation et la
jeunes dénoncent à nouveau les faiblesses du Fédération des commissions scolaires, convien-
soutien offert par le milieu scolaire en matière nent de l’urgence de redresser la situation et de
d’information et d’orientation scolaires et profes- mieux soutenir les jeunes en matière d’informa-
sionnelles. Leur critique est sévère : trop peu (de tion et d’orientation scolaires et professionnelles.
soutien) et trop tard (dans le parcours scolaire). Les principaux défis liés à cet objectif sont décrits
À l’issue du Sommet, l’ensemble des partenaires dans le tableau suivant.

Principaux défis à l’égard du soutien en matière d’information et d’orientation

• Intégrer davantage l’information et l’orientation scolaires et professionnelles au projet éducatif de


l’école et à l’ensemble des services (d’enseignement et complémentaires);

• Amorcer, dès le primaire, le développement de l’identité chez l’élève et accompagner ce dernier


dans son cheminement vocationnel du début à la fin du secondaire;

• Accroître le nombre de personnes-ressources qualifiées (conseillers d’orientation, conseillers


d’information scolaire et professionnelle, enseignants spécialisés en éducation au choix
de carrière) travaillant auprès des élèves et des enseignants;

• Mettre à la disposition des élèves des outils performants d’information et d’orientation scolaires
et professionnelles efficaces, notamment à l’aide des nouvelles technologies de
l’information et de la communication;

• Susciter la participation de tous les acteurs potentiels, d’abord en favorisant les échanges
de vues et la collaboration entre les enseignants et les professionnels, et ensuite en
développant un véritable partenariat avec les parents et la communauté.

1.2 L’INFORMATION ET
L’ORIENTATION SCOLAIRES
ET PROFESSIONNELLES :
UN MOYEN ET NON UNE FIN portion importante de jeunes adultes n’ont pas
d’idées claires quant à leur avenir professionnel.
L’information et l’orientation ne constituent Par exemple, une enquête 1 menée en 1992
évidemment pas une fin en soi. Il s’agit plutôt auprès de 1 500 collégiens a révélé que
d’outils parmi d’autres, qui sont néanmoins 59 p.100 d’entre eux n’avaient pas de plan de
importants pour le développement personnel et carrière précis au terme de leurs études
social, la réussite scolaire et la qualification des secondaires. En fait, la difficulté pour nombre
élèves. Or, qualifier un jeune présuppose que ce d’élèves de bien se connaître et de faire un choix
dernier ait arrêté son choix de carrière. À l’heure de carrière entraîne parfois des conséquences
actuelle, différentes études montrent qu’une pro- négatives, et ce, bien avant la fin du secondaire.

1. CONSEIL PERMANENT DE LA JEUNESSE. Une cure « de jeunesse » pour l’enseignement collégial, Québec, 1992.

10
De nombreuses études ont montré que la méconnais- Raison d’être du soutien en matière
sance ou la dévalorisation de soi, ainsi qu’une faible d’information et d’orientation scolaires et
connaissance des réalités du monde du travail et des professionnelles 2
choix de formations et de carrières possibles, pou-
vaient se solder par l’absence de projet d’avenir, une Accroître la connaissance de soi, de ses intérêts
démotivation à l’égard des études et, en bout de et de ses aptitudes, ainsi que des divers métiers
ligne, des échecs et l’abandon scolaire (voir le et professions
tableau suivant).
Favoriser la conception d’un projet
de formation et de carrière
Conséquences potentielles d’un
faible soutien des élèves en matière Susciter l’intérêt et la motivation à l’égard des études
d’information et d’orientation Diminuer les risques d’échec et d’abandon

• Absence de projet d’avenir; ambivalence Augmenter la réussite scolaire,


au sujet des études; susciter la qualification

• Proportion importante (59 p. cent) de jeunes


qui, à la fin du secondaire, ont une idée peu « Nous pouvons affirmer que nous évoluons vers
précise de leur choix de carrière; une conception de l’orientation professionnelle plus
intégrée et plus globale, dont les objectifs éducatifs
• Nombreux changements de programmes à visent à la fois la prévention des échecs et la stimu-
l’enseignement supérieur (40 p. cent au secteur lation du développement de l'individu au cours de
technique) et prolongation des études; sa vie dans tous les domaines – personnel, éducatif
• Faible nombre d’inscriptions à la formation et professionnel – et pas seulement dans le champ
professionnelle et technique (avec pour corollaire purement vocationnel 3. »
une pénurie de main-d’œuvre dans certains
secteurs de l’économie); La raison d’être du soutien en matière d’informa-
tion et d’orientation scolaires et professionnelles
• Choix professionnels limités par les stéréotypes devient encore plus évidente lorsque l’on considère
sexistes. les populations d’élèves à risque, qui présentent
souvent un retard marqué dans le développement
En contrepartie, des ressources adéquates en de leur identité et une faible estime de soi. On n’a
matière d’orientation et d’information scolaires et qu’à songer aux taux de diplomation très bas de
professionnelles peuvent contribuer à la réussite sco- l’ordre de 17 ou 18 p. cent que l’on trouve par
laire et à la qualification des élèves. Le soutien dans exemple chez les élèves qui présentent des trou-
ce domaine doit bien entendu être amorcé tôt dans bles de comportement. L’information et l’orientation
le parcours scolaire offert d’une façon continue tout semblent donc être des outils précieux pour contrer
au long des études. l’échec et l’abandon scolaire. L’évaluation des
projets d’écoles orientantes, réalisés dans le
cadre du Programme de soutien à l’école
montréalaise, a mis notamment en lumière le fait
que les élèves qui participent à des projets de ce
2. Adapté de : L. E. ISAACSON, et D. BROWN. Career Information, genre et qui viennent de milieux démunis améliorent
Career Counseling, and Career Development, Toronto, Allyn and
Bacon, 1997, p. 264. leur estime de soi et sont plus motivés à poursuivre
3. ALVAREZ Gonzalez (1995) cité dans J.F. SIERRA. « L’orientation leurs études en donnant un sens à leur cheminement
professionnelle intégrée dans les programmes scolaires : de la
socialisation à l’éducation », L’orientation scolaire et professionnelle, scolaire 4.
1999, vol. 28, no. 2, p. 327-342.
4. MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION. L’école orientante à l’œuvre :
un premier bilan de l’expérience montréalaise, Direction de la
recherche, décembre 2000, p. 28 et 92.

11
2
POINTS D’ANCRAGE FOURNIS PAR LA RÉFORME
DE L’ÉDUCATION POUR FAVORISER
LE DÉVELOPPEMENT DE L’IDENTITÉ ET LE
CHEMINEMENT VOCATIONNEL DE L’ÉLÈVE /
La réforme de l'éducation, de par ses divers éléments, rappelle l’importance de
l’information et de l’orientation scolaires et professionnelles. La Loi sur l’instruction
publique, le Régime pédagogique de l’éducation préscolaire, de l’enseignement
primaire et de l’enseignement secondaire, ainsi que le Programme de formation de
l’école québécoise contiennent tous des éléments qui traduisent une certaine préoc-
cupation en ce qui concerne l’information et l’orientation des élèves de même que
le souci de les accompagner dans leur cheminement vocationnel.

2.1 LE CADRE LÉGAL ET RÉGLEMENTAIRE

Selon la Loi sur l’instruction publique (voir le tableau suivant), la mission de


l’école est d’instruire, de socialiser et de qualifier les élèves. Pour qualifier les
jeunes, le soutien en en matière d’information et d’orientation scolaires et
professionnelles paraît incontournable.

12
et ajustée en fonction du nombre d’élèves qui
Loi sur l’instruction publique fréquentent l’établissement. Cette pratique peut
s’avérer avantageuse pour l’école, dans la
• Mission de l’école mesure où le nombre d’élèves permet d’obtenir
une somme suffisante pour embaucher une ou
L’école a pour mission d’instruire, de socialiser
plusieurs personnes-ressources pouvant assurer
et de qualifier les élèves, tout en les rendant
une présence et un soutien significatifs pour les
aptes à entreprendre et à réussir un parcours
élèves. À l’inverse, lorsque les établissements
scolaire (art. 36).
scolaires ont peu d’élèves, ce procédé peut se
solder par un saupoudrage d’argent ne permet-
• Responsabilités
tant pas à chacun d’obtenir des ressources
La commission scolaire adéquates. Dans certains cas, la mise en commun
de ressources entre quelques établissements permet
La commission scolaire s’assure de l’application
d’offrir de meilleurs services à l'ensemble des
des programmes d’études établis par le ministre
élèves concernés.
(art. 222.1) et établit les programmes de services
complémentaires, conformément aux objectifs
Dans un même ordre d’idées, il existe actuelle-
prévus au régime pédagogique (art. 224).
ment quelques formules d’organisation de services
à l’échelle régionale; en effet, quelques commissions
Le conseil d’établissement
scolaires se sont regroupées pour mettre sur pied
Le conseil d’établissement adopte, réalise et une équipe volante de personnes-ressources
évalue le projet éducatif de l’école (art. 74); il chargée de concevoir et de mettre en place une
approuve la politique d’encadrement des élèves, approche intégrée et un soutien adéquat en
qui prévoit, notamment, des mesures relatives à matière d’information et d’orientation dans les
l’utilisation à des fins pédagogiques et éducatives écoles de la région.
du temps hors enseignement et hors horaire,
l’aménagement d’activités parascolaires et le En ce qui concerne l’école, c’est le conseil
développement de moyens pour favoriser la d’établissement qui approuve le programme de
réussite scolaire des élèves (art. 75); il approuve services complémentaires. Ainsi, il peut décider
la mise en œuvre des programmes des services d'accorder une attention particulière aux services
complémentaires visés par le régime pédagogique liés à l’information et à l’orientation scolaires et
et déterminés par la commission scolaire (art. 88). professionnelles. De plus, le conseil d’établissement
approuve la politique d'encadrement des élèves,
qui comprend, entre autres choses, la mise en
La commission scolaire répartit les ressources place d’activités de vie scolaire pouvant être liées
liées aux services complémentaires à partir des à l’information ou à l’orientation. Ici encore le
besoins exprimés par les établissements. Depuis conseil d’établissement peut déterminer si une
la mise en place de la réforme, qui accorde plus mise en commun de ressources avec d’autres
d’autonomie aux écoles, on remarque qu’un établissements s’avérerait avantageuse pour
certain nombre de commissions scolaires remettent les élèves de chaque école concernée.
à chaque établissement de leur territoire une somme
d’argent destinée aux services complémentaires

13
On mentionne dans le Régime pédagogique de services complémentaires devant faire l’objet
l’éducation préscolaire, de l'enseignement pri- d’un programme sont, notamment, des services
maire et de l’enseignement secondaire que les « d’aide à l’élève qui visent à l’accompagner
« services d'enseignement secondaire ont pour dans son cheminement scolaire et dans son
but de poursuivre le développement intégral de orientation scolaire et professionnelle, ainsi que
l’élève, de favoriser son insertion sociale et de dans la recherche de solutions aux difficultés
faciliter son orientation personnelle et profession- qu’il rencontre » (art. 4, al. 3). Enfin, l’article 5
nelle » (art. 2). Ce dernier élément souligne toute indique que les services d’information et
l’importance de l’orientation, et ce, même sur le d’orientation scolaires et professionnelles
plan des services d’enseignement. On indique doivent faire partie des services complémen-
également dans le Régime pédagogique que les taires faisant l’objet d’un programme.

Régime pédagogique de l’éducation préscolaire,


de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire

Art.1 Les services éducatifs offerts aux élèves comprennent des services d’éducation préscolaire, des services
d’enseignement primaire et secondaire, des services complémentaires et des services particuliers.

Art.2 Les services d’enseignement secondaire ont pour but de poursuivre le développement intégral de
l’élève, de favoriser son insertion sociale et de faciliter son orientation personnelle et professionnelle.

Art.3 Les services complémentaires ont pour but de favoriser la progression de l’élève dans ses
différents apprentissages.

Art. 4 Les services complémentaires devant faire l’objet d’un programme en vertu du premier alinéa de
l’article 224 de la Loi sur l’instruction publique (L .R.Q., c.I-13.3) sont des services :
1o de soutien qui visent à assurer à l’élève des conditions propices d’apprentissage;
2o de vie scolaire qui visent le développement de l’autonomie et du sens des
responsabilités de l’élève, de sa dimension morale et spirituelle, de ses relations
interpersonnelles et communautaires, ainsi que de son sentiment d’appartenance à l’école;
3o d’aide à l’élève qui visent à l’accompagner dans son cheminement scolaire et
dans son orientation scolaire et professionnelle, ainsi que dans la recherche de
solutions aux difficultés qu’il rencontre;
4o de promotion et de prévention qui visent à donner à l’élève un environnement
favorable au développement de saines habitudes de vie et de compétences
qui influencent de manière positive sa santé et son bien-être.

Art. 5 Doivent faire partie des services complémentaires visés à l’article 4 des services :
5o d’information et d’orientation scolaires et professionnelles.

14
En vertu du régime pédagogique, la commission Le Programme de formation de l’école
scolaire structure ses services complémentaires sous québécoise : exemples d’éléments liés
forme de programmes à l’intérieur desquels peuvent à l’information et à l’orientation
contribuer plusieurs types de personnels (profes-
sionnels, enseignants, etc.). Cette organisation 1. Les compétences transversales2 :
en programmes plutôt qu’en services favorise un
• d’ordre intellectuel : exploiter l’information;
décloisonnement des pratiques professionnelles,
• d’ordre méthodologique : exploiter les
en vue d’une intervention optimale et concertée
technologies de l’information et de
auprès de l'élève. Le service d’information et
la communication (TIC);
d’orientation scolaires et professionnelles dont il est
• d’ordre personnel et social : structurer
question à l’article 5 du régime pédagogique peut
son identité.
donc se décliner dans plusieurs des programmes
prescrits à l'article 4. Cet aspect sera abordé
2. Les domaines généraux de formation :
plus en détail au chapitre suivant.
Orientation et entrepreneuriat

Axes de développement :
2.2 LE PROGRAMME DE FORMATION • conscience de soi, de son potentiel et
DE L’ÉCOLE QUÉBÉCOISE de ses modes d’actualisation;
• appropriation des stratégies liées à
En ce qui concerne le Programme de formation un projet;
de l’école québécoise, les notions relatives à • connaissance du monde du travail,
l’information et à l’orientation peuvent trouver place des rôles sociaux, des métiers et des
dans les programmes disciplinaires, par exemple professions.
le français ou les sciences de la nature, notamment
en servant d’éléments de contextualisation des
apprentissages. En effet, le programme propose un Il est possible d’exploiter le domaine de l’orientation
domaine général de formation intitulé Orientation et de l’entrepreneuriat tout en favorisant l’acquisition
et entrepreneuriat, dont l’intention éducative de certaines compétences transversales proposées
est la suivante : « Offrir à l’élève des situations dans le programme de formation. Par exemple,
éducatives lui permettant d’entreprendre et de en français, une recherche effectuée par l'élève
mener à terme des projets orientés vers la réalisation sur le métier ou la profession de ses rêves peut
de soi et l’insertion dans la société 1. » Cette servir à développer simultanément les compétences
intention éducative se décline ensuite dans différents suivantes :
axes de développement (voir le tableau suivant). • exploiter l’information;
• structurer son identité;
• exploiter les techniques de l’information et
de la communication.

1. Pour plus de détails, le lecteur est invité à prendre connaissance de la page 45 du Programme de formation de l’école québécoise,
version approuvée.
2. Les compétences transversales présentées ici ne sont indiquées qu’à titre d’exemples; d’autres compétences apparaissant dans le programme
de formation peuvent également être considérées dans une optique d’orientation.

15
« Il est de plus en plus nécessaire de développer les nombreux avantages, les activités de vie scolaire,
activités interdisciplinaires dans les établissements par leur diversité, peuvent également contribuer à
scolaires car, dans ce monde à évolution rapide où une telle différenciation et à un meilleur apprentis-
les élèves ont à vivre, il est indispensable de structurer sage, en rejoignant les élèves en dehors de la
les savoirs, de présenter et d’organiser les connais- classe, selon leurs domaines d’intérêt et leurs
sances et les expériences d’apprentissage autour de aptitudes.
thèmes-noyaux qui ont pour eux une signification. Il
s’agit en fait d’aider les élèves à se construire une « En raison de leur caractère englobant, le
culture qui les rende capable de comprendre et développement des compétences transversales et
d’agir dans la société où ils vivent et où ils vivront 1. » l’enracinement des démarches d’apprentissage dans
les domaines généraux de formation sont pris en
Il est intéressant de noter que, lorsqu’un enseignant, compte dans l’ensemble des activités se déroulant à
dans le cadre de son programme disciplinaire, fait l’école et sont placés sous la responsabilité de tous
référence à différents métiers ou à différentes profes- les intervenants 2. »
sions comme éléments de contextualisation des
apprentissages, il exploite non seulement le domaine Par exemple, la radio scolaire, la coop étudiante, le
général de formation Orientation et entrepreneuriat, comité d’élèves, les équipes sportives, les groupes
mais aussi d’autres domaines comme Santé et bien- musicaux, la troupe de théâtre ou l’engagement
être (infirmier, pharmacienne, médecin, etc.) ou communautaire en dehors de l’école représentent
encore Environnement et consommation (publicitaire, autant d’occasions de consolider la formation des
représentant, etc.). Faire des allusions aux métiers et élèves, tout en leur donnant la chance d’améliorer
aux professions permet de toucher simultanément à leur connaissance de soi, de mettre en valeur leurs
plusieurs domaines généraux de formation et, dans qualités et de développer un sentiment d'apparte-
certains cas, de développer différentes compétences nance à l'école. Il importe d’insister sur le fait que le
transversales. De même, une visite de la classe de développement de l’identité, un aspect important
sciences dans une clinique vétérinaire permet d’ex- dans la réussite scolaire et dans la vie, constitue une
ploiter plusieurs domaines tels que Orientation et entreprise de longue haleine devant faire l’objet d’un
entrepreneuriat (vétérinaire, technicien animalier, accompagnement soutenu tout au long du parcours
secrétaire, etc.) et Santé et bien-être (protection scolaire.
contre les maladies infectieuses).
Du côté des activités liées plus particulièrement à l’in-
Puisque les apprentissages proposés dans le pro- formation et à l’orientation, on peut songer, par
gramme de formation doivent s’appuyer non seule- exemple, à des visites en milieu de travail au cours
ment sur les programmes disciplinaires, mais aussi sur desquelles sont organisées des rencontres avec des
l’ensemble des activités de l’école, il est important de travailleuses et des travailleurs exerçant des métiers
prolonger et d’enrichir l’accompagnement, en matière non traditionnels (un infirmier, une urbaniste, etc.), ce
d’information et d’orientation, offert aux élèves en qui permet de sensibiliser l’élève aux rôles sociaux et
classe, en préparant également des activités éducatives d’élargir ses horizons professionnels.
diversifiées en dehors de la classe.
On ne saurait trop insister sur la valeur de ces
De la même façon que le nouveau programme de activités sur le plan de la formation, car elles
formation facilite la mise en place d’une pédagogie permettent aux jeunes d’assumer très concrètement
différenciée en classe, à laquelle on rattache de des responsabilités, de jouer différents rôles pour

1. JUAN FERNANDEZ SIERRA, ibid., p. 339.


2. MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION, Programme de formation de l’école québécoise, version approuvée, Québec, août 2001, p. 8.

16
qu’ils puissent prendre conscience de leurs qualités et sur un seul professionnel, ni sur un enseignant en
de leurs aptitudes, de se situer par rapport aux autres particulier, ni même sur un seul programme, mais
et d'explorer diverses tâches apparentées au monde qu’il devient aussi une responsabilité assumée par
du travail et à ses exigences. Les activités de la vie l'ensemble des membres de l’équipe-école, qui
scolaire constituent ainsi un terreau fertile pour doivent collaborer entre eux et avec les partenaires
l’établissement de liens entre des apprentissages de la communauté pour la réalisation d'activités
effectués en classe et des tâches qu’ils doivent d’apprentissage et de soutien, tant à l’intérieur des
accomplir à l’extérieur, dans un contexte lié de plus programmes disciplinaires que dans les autres
près à leurs réalités quotidiennes. Il s’agit donc d’un activités éducatives de la vie scolaire.
moyen privilégié pour favoriser la fameuse
« transversalité » des apprentissages et des compé- Cela ne signifie pas pour autant que le professionnel
tences recherchée dans le Programme de formation en matière d’information ou d’orientation n’y trouve
de l’école québécoise. Des avantages similaires se plus sa place, bien au contraire. En fait, pour
retrouvent du côté des responsabilités ou des tâches qu’une approche orientante puisse être instaurée et
pouvant être confiées à l’élève dans un milieu autre s’appliquer correctement à l’école, il faut d’abord
que l'école, par exemple dans sa famille ou sa s’appuyer sur l'expertise des professionnels de l’infor-
communauté. Les parents ont certes un rôle important mation et de l’orientation et, ensuite, s’assurer
à jouer sur ce plan. Par ailleurs, l’approche orientante qu’elle donne lieu à une pratique décloisonnée
se marie fort bien avec les visées du nouveau service entre ces professionnels et le personnel enseignant.
éducatif complémentaire d’animation spirituelle et En d’autres termes, cela signifie que le professionnel
d’engagement communautaire. En effet, en s’enga- ne peut plus exercer ses activités uniquement dans
geant bénévolement dans sa communauté, l’élève son bureau; l’enseignant doit pouvoir faire appel
développe son identité et apprend à connaître les aux connaissances et à l’expertise de ce dernier
métiers et les professions à caractère social, y pour proposer à l’élève des activités d'apprentissage
compris ceux qui sont liés à l’économie sociale. susceptibles de contribuer au développement de son
identité et lui fournir des références en ce qui
En résumé, la réforme de l’éducation comporte concerne le monde du travail qui lui permettront de
différents points d’ancrage pour favoriser une mieux saisir l’utilité de ses apprentissages discipli-
approche intégrée en matière d’information et d'orien- naires ou le rapport existant entre ces apprentissages
tation. L’idée maîtresse est que l’accompagnement de et le monde du travail.
l’élève en cette matière ne repose plus uniquement
Parents - Communauté

MISSION ÉCOLE : instruire-socialiser-qualifier


services d'enseignement services complémentaires

Compétences
transversales Activitée de vie scolaire
Domaines d'apprentissage
Domaine généraux
de formation Services d'aide, d'animation et de soutien

17
3
CARACTÉRISTIQUES D’UNE APPROCHE
ORIENTANTE À L’ÉCOLE /

3.1 DÉFINITION ET OBJECTIFS

Une approche orientante est en fait une démarche concertée entre une équipe-école
et ses partenaires, dans le cadre de laquelle on fixe des objectifs et met en place des
services (individuels et collectifs), des outils et des activités pédagogiques visant à
accompagner l’élève dans le développement de son identité et dans son cheminement
vocationnel. Il s’agit donc d’activités et de services intégrés au plan de réussite et
au projet éducatif d’un établissement et non d’un simple cumul d’actions isolées
engageant peu l’équipe-école.

Précisons également que la mise en place d’une approche orientante à l’école ne


correspond pas nécessairement à la mise en œuvre d’un programme particulier,
au même titre, par exemple, qu’un programme sport-études, ou un programme de
langues ou d’éducation internationale. Toute école, peu importe qu’elle offre une
programmation particulière ou non, peut intégrer à son projet éducatif et à son
plan de réussite les outils permettant une approche intégrée en matière d’information
et en orientation scolaires et professionnelles. L’approche orientante ne s’ajoute
pas aux objectifs de l’école ou a ses activités d’apprentissage, mais elle s’intègre
plutôt à ses activités régulières.

Bien que les expressions « approche orientante » ou « école orientante » puissent


être perçues comme des concepts à la mode, c’est une erreur de ne les considérer
qu’à ce titre. En fait, ces modèles mettent en jeu un ensemble cohérent et ordonné
d’activités et de services éducatifs qui font déjà partie de la mission de l’école.
L’approche orientante1 constitue un outil au service du projet éducatif,
favorisant l’accomplissement des trois missions de l’école : instruire, socialiser
et qualifier. La première mission, qui est d’instruire, est accomplie, par exem-
ple, lorsque dans des programmes disciplinaires, on fait référence à des

18
métiers ou à des professions, pour contextualiser
des apprentissages, intensifier leur portée et ainsi
faciliter leur intégration par l’élève. La deuxième
mission, qui est de socialiser, peut être menée à
bien lorsque l’élève s’engage dans des activités
de vie scolaire lui permettant, par exemple,
d’établir des contacts avec des personnes issues
du monde du travail. La troisième mission, qui est
de qualifier les jeunes, peut s’effectuer par des
activités et des services visant la connaissance de
soi et le développement vocationnel offerts à
l’élève tout au long de son parcours scolaire et Le premier objectif constitue, en quelque sorte, la
favorisant ainsi le choix d’un programme de for- clé de voûte d’une véritable approche orientante
mation secondaire, collégial ou universitaire et doit faire l’objet d’une préoccupation soutenue
menant au marché du travail. de la part de l’équipe-école. L’accompagnement
de l’élève dans le développement de son identité
Les principaux objectifs d’un soutien intégré et nécessite notamment l’acquisition d’habiletés et de
continu en matière d’information et d’orientation méthodes de travail ainsi que l’expérimentation de
scolaires et professionnelles qui caractérisent une rôles et de responsabilités. Paradoxalement, le
approche orientante à l’école sont les suivants : développement de l’identité représente souvent
l’un des aspects les plus négligés dans certains
1. Accompagner l’élève dans le développement
projets mis de l’avant dans le réseau scolaire. La
de son identité, en vue de faciliter son
plupart des actions portent plutôt sur les deuxième et
cheminement scolaire et son choix de carrière.
troisième objectifs, qui sont aussi pertinents, mais
2. Fournir à l’élève des occasions de découvrir insuffisants à eux seuls pour produire des effets
les divers types de formations et de parcours tangibles sur bon nombre d’élèves, en particulier
scolaires possibles, afin qu’il puisse s’y situer ceux qui ne sont pas actifs dans une démarche
et élargir ses visées professionnelles. d’exploration et qui, par le fait même, risquent de
demeurer insensibles à une abondante information
3. Permettre à l’élève de connaître le monde
sur les métiers et les professions.
du travail ainsi que son organisation, ses
exigences et les divers profils de métiers et
Le deuxième objectif vise, entre autres, à élargir
de professions qu’on y trouve.
l’horizon professionnel de l’élève, en lui fournissant
4. Accompagner l’élève tout au long du processus des informations sur les divers types de forma-
d’orientation et le soutenir dans les étapes tions et de carrières. À ce sujet, il y a lieu de pré-
critiques de son parcours scolaire, au cours ciser qu’une approche orientante ne doit pas être
desquelles il doit parfois faire des compromis assimilée à une démarche de promotion d’un type
entre la formation et la carrière idéales et la de formation en particulier.
réalité des choix qui s’offrent à lui.

1. L’expression « orientante » n’est pas toujours présente dans l’appellation des projets développés jusqu’ici dans certaines écoles; on parle plutôt
de programmes d’éducation au travail, de projets individualisés de formation (PIF) ou encore de partenariats école-entreprise. En milieu anglophone,
on trouve sensiblement le même concept dans des modèles de type « Career Awareness Program » ou « Career Education ». Ce n’est pas tant
l’appellation qui importe ici, mais plutôt la diversité, la qualité et la cohérence du soutien offert aux élèves.

19
Par exemple, le bilan des projets d’écoles l’élève une grande quantité d’information sur les
orientantes mis de l’avant dans le cadre du filières de formation ou sur les métiers et les carrières
Programme de soutien à l’école montréalaise a si aucun accompagnement ne lui est offert sur le
permis d’observer qu’il y avait parfois de la confu- plan du développement de son identité. Toute cette
sion entre la démarche orientante et les activités information risque de n’avoir aucune signification
liées aux campagnes de promotion de la forma- pour lui et de s’avérer déroutante plutôt
tion professionnelle et technique1. qu’éclairante. Il faut d’abord savoir QUI on est,
avant d’examiner les différentes possibilités qui
Pour ce qui concerne les moyens à mettre en peuvent s’offrir à nous et, en bout de ligne, de fixer
œuvre pour atteindre les objectifs d’une un choix de formation et de carrière.
approche orientante, ils sont décrits à la
section 3.3 du présent document.

Les étapes du développement vocationnel


3.2 LA NATURE DES
INTERVENTIONS, SELON LES STADES DE
DÉVELOPPEMENT DU JEUNE
3° DÉCISION
Il est important de souligner que les objectifs d’une Quel est mon choix?
approche orientante à l’école, la démarche privilé-
giée, les activités choisies et les outils utilisés pour la
2° EXPLORATION; INFORMATION
mise en place de ce type d’approche doivent être
Quelles sont les possibilités?
adaptés au degré de développement des élèves. (de formation; de carrière)
Ainsi, une démarche orientante s’applique différem-
ment au primaire et au secondaire. Les objectifs visés 1° DÉVELOPPEMENT IDENTITAIRE
ainsi que les outils et le langage utilisés doivent être Qui suis-je?
pensés en fonction du développement de l’enfant Mes valeurs; mes forces; mes intérêts
et des étapes du parcours scolaire. Il importe que
les actions faites en matière d’information et d’orien-
tation, en particulier pour ce qui touche le
développement de l’identité, soient amorcées assez
tôt dans le parcours scolaire, par exemple au deux- Suivant à peu près la même logique, les profes-
ième ou au troisième cycle du primaire, et qu’elles sionnels en matière d’orientation 2 déterminent
se poursuivent par la suite tout au long du sec- plutôt cinq étapes dans le processus d’orientation
ondaire, dans une perspective de progressivité et (voir le tableau suivant). On peut, à titre indicatif,
de continuité. On peut globalement distinguer trois situer grossièrement ces étapes dans un parcours
étapes de questionnement que le jeune doit franchir scolaire type, en se rappelant toutefois que leur
avant de choisir une carrière. Chacune de ces début, leur durée et leur fin diffèrent d’un élève à
étapes doit faire l’objet d’un travail de maturation l’autre et que, par conséquent, les interventions
suffisant, sinon le processus risque de s’enrayer. Par doivent se chevaucher dans un continuum.
exemple, il est en quelque sorte inutile de fournir à

20
Parcours scolaire et phases difficulté d’apprentissage ou d’adaptation. Avant de
du processus d’orientation3 former un projet d'avenir, il est essentiel que l’élève
recueille des informations, qu’il joue des rôles, vive
Parcours scolaire 4 Phases du processus différentes expériences et assume des responsabilités
d’orientation pour apprendre à connaître ses forces, ses faiblesses,
ses goûts, sa personnalité, ses valeurs et ses ambitions.

SECONDAIRE 4. Réalisation Au primaire, la nécessité d’établir les fondements de


l’identité chez l’élève fait en sorte que l’on doit
3. Spécification orienter le travail de soutien en matière d’information
et d’orientation vers le développement de l’estime de
2. Cristallisation/ soi et des habiletés telles que la capacité de résolu-
clarification tion de problèmes ou de prise de décisions, ainsi
que l’acquisition de méthodes et d’habitudes de
PRIMAIRE 1. Exploration travail utiles, d’abord au métier d’élève et, plus tard,
- de soi à celui de travailleur. Il est également possible
- de l’environnement
d’amorcer l’exploration des carrières, de sorte que
scolaire
- des métiers et l’élève puisse contempler toute la largeur des horizons
des professions professionnels. Un travail de cette nature peut se
faire, entre autres, en intégrant au programme de
français ou de science des exemples faisant
La première étape du processus d’orientation consiste référence à des secteurs d'activité professionnelle,
donc en l’exploration, par l'élève, de sa personnalité ou encore en demandant aux élèves de faire de courtes
(qualités, intérêts et aptitudes), de son environnement recherches sur un rêve de carrière ou sur la
scolaire et du monde du travail, visant le développe- profession ou le métier exercé par un membre de la
ment de son identité. Cette phase permet d’établir les famille. Le conseiller d’orientation peut, avec la
fondements du cheminement vocationnel chez l’élève participation du conseiller en information scolaire et
et revêt, par conséquent, une grande importance. professionnelle, soutenir le personnel enseignant dans
L’identité, qui se définit au fil des ans, s’appuie cette démarche.
notamment sur le développement de l’estime de soi
et des autres compétences sociales du jeune, qui En résumé, une approche orientante est une stratégie
jouent par ailleurs un rôle important dans sa réussite qui, d’une part, intègre des éléments utiles au
à chaque étape du parcours scolaire. déve-loppement de l’identité de l’élève dans le
cadre des programmes disciplinaires et de l’organi-
L’accompagnement du jeune dans le développement sation du travail en classe, par exemple l’apprentis-
de son identité doit, idéalement, débuter dès ses sage coopératif, et qui, d’autre part, fournit à
premières années de scolarisation et se poursuivre l’élève, à l’extérieur des cours, des occasions de
au secondaire, puisque chacun évolue selon un jouer des rôles ou d'exercer certaines responsabilités,
rythme qui lui est propre. Ce travail est d’autant plus par exemple participer à un comité d'élèves ou à
important lorsqu’il s’agit d’élèves handicapés ou en l’organisation d’une activité de vie scolaire.

1. M. Huteau. « Les méthodes d’éducation à l’orientation et leur évaluation ». L’orientation scolaire et professionnelle, vol. 28, no 2, 1999, page 229.
2. Ibid., p. 61
3. Les phases du processus d’orientation présentées ici sont tirées du modèle théorique de Super. Pour de plus amples informations sur les différents
modèles existant, le lecteur peut consulter l’ouvrage de Charles Bujold et de Marcelle Gingras Choix professionnel et développement de carrière,
(2e édition), Boucherville, Gaétan Morin éditeur, 2000.
4. Les étapes du parcours scolaire apparaissant à gauche ne sont identifiées qu’à titre d’exemples, puisque le rythme d’avancement
du processus d’orientation varie beaucoup d’un jeune à l’autre. Ainsi, la phase d’exploration tend à s’étendre sur une grande
partie du parcours scolaire et même parfois au-delà de celui-ci.

21
Il s’agit en fait de moyens permettant de ren- s’appuie sur quatre lignes d’action qui s’insèrent
forcer et d’enrichir, grâce à des mises en bien dans le cadre de l’actuelle réforme de
situation bien réelles, certains apprentissages l’éducation, en particulier pour ce qui concerne le
effectués dans les programmes disciplinaires. régime pédagogique et le programme de formation.
Comme il a été mentionné auparavant, les avan-
tages d’une pédagogie différenciée appliquée à la Lorsque l’on jette un coup d’œil au Régime péda-
classe peuvent sans doute trouver leur prolonge- gogique de l’éducation préscolaire, de l’enseigne-
ment dans une différenciation des activités ou des ment primaire et de l’enseignement secondaire,
projets de vie scolaire offerts aux élèves. on constate que la mise en place de ces quatre
lignes d’action permet l’utilisation des ressources
offertes en information et en orientation dans au
3.3 LES ÉLÉMENTS D’UNE APPROCHE moins trois des quatre programmes de services
ORIENTANTE ET LEUR APPLICATION complémentaires prévus dans le régime
DANS LES SERVICES D’ENSEIGNEMENT pédagogique (voir le tableau suivant).
ET LES PROGRAMMES DE SERVICES
COMPLÉMENTAIRES

Il existe différentes façons de mettre en place


ou de gérer une approche orientante à l’école.
L’approche proposée dans le présent document

Principales lignes d’action contribuant à la mise en œuvre


d’une approche orientante à l’école

1o Intégration, par le personnel enseignant, d’éléments d’information et d’orientation dans les programmes
disciplinaires, à l’aide de mises en situation ou de références tirées du monde du travail, ou encore
d’approches pédagogiques favorisant le développement de l’identité (par projets, coopération, etc.);
collaboration entre les professionnels de l’information et de l’orientation et les enseignants pour ce qui
est du développement des contenus.
2o Planification d’activités de vie scolaire encadrées par des enseignants et des professionnels de l’informa-
tion et de l’orientation et permettant aux élèves d’explorer le monde du travail et d’exercer des respon-
sabilités (comité d’élèves, caisse scolaire, radio étudiante, coop jeunesse de services, visite de milieux de
travail et d’établissements de formation, etc.); mise à contribution des parents et des entreprises de la
communauté dans l’organisation de certaines de ces activités.
3o Mise à la disposition des élèves des outils pertinents d’information (REPÈRES, Jobboom, etc.) et d’orientation;
formation des élèves, offerte par du personnel professionnel ou du personnel de soutien en information
scolaire et professionnelle, sur l’utilisation de ces outils.
4o Aide (counselling) individuelle assurée par des professionnels de l’orientation (relation d’aide à l’explo-
ration et au processus de décision; analyse du potentiel de l’élève au regard de ses valeurs de ses
intérêts; personnalisation de l’information scolaire et professionnelle).

22
Contribution possible des services d’information et d’orientation à la mise en œuvre du
programme de services complémentaires décrits au Régime pédagogique de l’éducation
préscolaire, de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire
(Les quatre lignes d’action constituant une approche orientante)

Art. 4 Les services complémentaires devant faire l’objet d’un programme en vertu du premier
alinéa de l’article 224 de la Loi sur l’instruction publique (L.R.Q., c.I-13.3) sont des services :

1o de soutien qui visent à assurer à l’élève des conditions propices d’apprentissage;


1re ligne d’action d’une approche orientante

• ex. : les ressources1 en information et en orientation fournies par la commission scolaire contribuent aux services
de soutien, notamment par la formation aux enseignants et les collaboration suscitées entre ces derniers et les
professionnels, de façon à permettre l’intégration, dans les apprentissages disciplinaires, d’éléments utiles au
développement de l’identité et au cheminement vocationnel de l’élève et à permettre à celui-ci d’établir des liens
entre les apprentissages disciplinaires et les réalités du monde du travail. Le soutien est également destiné aux
parents, éducateurs de première ligne, pour les aider à comprendre leur rôle par rapport à l’école et à guider
leur jeune dans le développement de leur identité et dans leur cheminement vocationnel.

2o de vie scolaire qui visent à contribuer au développement de l’autonomie de l’élève, de son


2e ligne d’action d’une approche orientante

sens de responsabilités ainsi que de son sentiment d’appartenance à l’école et à la société;


• ex. : dans une visée d’appui et de complémentarité des services de soutien mentionnés à l'alinéa 1 ci-dessus,
les ressources en information et en orientation fournies par la commission scolaire contribuent aux services de vie
scolaire, entre autres par l’établissement de collaborations entre les professionnels, les enseignants, les autres
personnels, les parents et des organisations de la communauté, pour la mise sur pied d’activités à l’extérieur de
la classe permettant à l’élève d’explorer les métiers, les professions et les divers environnements de travail, ainsi
qu’à prendre conscience de ses qualités et de ses aptitudes et de se situer par rapport aux autres.

3o d’aide à l’élève qui visent à l’accompagner dans son cheminement scolaire et dans son
3e et 4e lignes d’action d’une approche orientante

orientation scolaire et professionnelle ainsi que dans la recherche de solutions aux difficultés
qu’il rencontre;
• ex. : les ressources en information et en orientation fournies par la commission scolaire contribuent aux services
d’aide à l’élève en offrant à ce dernier des rencontres individuelles avec un conseiller d’orientation, pour l’aider
à résoudre les difficultés qu’il rencontre dans ses choix de formation et de carrière, ainsi qu’en offrant l’accès à
des outils didactiques d’information scolaire et professionnelle et l’encadrement nécessaire à leur utilisation;

4o de promotion et de prévention…

Art. 5 Doivent faire partie des services complémentaires visés à l’article 4 des services :
[…]

5o d’information et d’orientation scolaires et professionnelles.

1. Il s’agit ici de ressources humaines, matérielles ou didactiques.

23
Noter que les liens suggérés dans le tableau Cette mise en place implique l’existence d’une
ci-dessus, concernant l’articulation des services démarche et la participation de différents acteurs
d’information et d’orientation au sein des pro- qui doivent faire équipe. Un premier bilan de
grammes de services complémentaires que doit l’expérimentation de projets d’écoles orientantes
mettre sur pied la commission scolaire, ne sont mis de l’avant dans le cadre du Programme de
présentés qu’à titre d’exemples. On ne doit pas soutien à l’école montréalaise montre que l’adhé-
en conclure que les services d’information et d’ori- sion de l’ensemble du personnel au projet con-
entation prescrits à l’article 5 du Régime péda- stitue un gage de succès 1.
gogique ne peuvent être offerts dans le 4e pro-
gramme (promotion et prévention). Par ailleurs, il y L’acteur principal au centre de cette démarche est,
a lieu de rappeler que d’autres services complé- bien sûr, l’élève lui-même, premier responsable de sa
mentaires, parmi les 12 services mentionnés à l’arti- formation et de son orientation. Son rôle consiste
cle 5 du Régime pédagogique, peuvent contribuer d'abord à assumer les responsabilités inhérentes à
à l’information et à l’orientation des élèves; par son métier d’élève et, ensuite, à s’engager active-
exemple, le service d’animation spirituelle et d’en- ment dans une démarche d’exploration de ses
gagement communautaire dont il a été question à qualités, de ses forces, de ses faiblesses, de ses apti-
la section 2.2 ( page 17 ). tudes et de ses intérêts (identité), ainsi que dans la
recherche des possibilités de formations et de car-
rières qui s’offrent à lui 2. Il revient toutefois aux dif-
3.4 LES ACTEURS férents adultes qui côtoient le jeune de près, que ce
D’UNE APPROCHE ORIENTANTE soit à l'école, à la maison ou dans la communauté,
de le soutenir et de l’accompagner dans sa
La mise en place d’une approche orientante démarche personnelle.
risque de devenir illusoire si elle n’est pas fondée,
d’une part, sur l’expertise des professionnels de Parmi ces adultes se trouvent le conseiller d’orienta-
l’information et de l’orientation et, d’autre part, tion et le conseiller en information scolaire et profes-
sur la collaboration des autres membres de sionnelle. Non seulement ces professionnels
l’équipe-école, ainsi que sur un partenariat avec représentent-ils des ressources précieuses en matière
les parents et la communauté. Encore une fois, la d’aide à l’élève, mais ils possèdent également l’ex-
superposition d'activités d’information et d’orienta- pertise nécessaire pour jeter les bases solides d’une
tion offertes par des intervenants peu formés dans approche orientante à l’école et proposer aux autres
le domaine ou peu familiers avec l’intervention membres du personnel de l’école, aux parents et aux
auprès d’une population jeune risque fort de se élèves une démarche cohérente et concertée ainsi
traduire par une « agitation » scolaire et profes- que des services et des outils de qualité permettant
sionnelle débouchant sur une confusion accrue d’accompagner l’élève dans sa quête d’identité et
des élèves, plutôt que par une clarification de leur dans son cheminement vocationnel.
identité et de leur cheminement vocationnel.

24
Les connaissances et l’expertise du conseiller d’orien-
tation sont essentielles, puisque la préparation d’un
jeune à la vie professionnelle n’a jamais été aussi
complexe qu’aujourd’hui. Il ne suffit plus d’aider
l'élève à faire un choix de carrière en fonction de
ses intérêts et de ses aptitudes; il faut également l’ac-
compagner dans une préparation qui lui permettra
éventuellement de s’adapter à des nombreux
changements de travail, voire de carrière, et à divers
environnements professionnels. C’est d’ailleurs pour
aider l’élève à faire face à ces nouvelles réalités que
le Programme de formation de l’école québécoise
mise maintenant sur le développement des compé-
tences transversales, entre autres choses.

Le conseiller en information scolaire et profession-


nelle est une autre ressource sur laquelle l'élève
peut compter pour y voir clair dans les innom-
brables filières de formation et types de carrières
que l’on trouve aujourd’hui sur le marché du tra- l’information scolaire et professionnelle a un rôle
vail. Le seul accès à des outils d’information ne d'accompagnement important à jouer à cet égard.
suffit pas, puisque l’abondance, la qualité très
inégale et l’objectivité parfois questionnable de l’informa- Les enseignants se situent aussi au premier plan dans
tion que l’élève peut trouver sur des supports l’application d’une approche orientante, entre autres
modernes d’information tels qu’Internet concernant pour ce qui est des liens qu’ils peuvent établir entre
les filières et les établissements de formation, les les apprentissages disciplinaires et les réalités du
carrières et les perspectives d’emploi, comman- monde du travail ou les exigences liées à certains
dent, plus que jamais, un encadrement de qualité métiers ou à certaines professions. Il s’agit d’une
pour les élèves qui les utilisent, que ce soit à l’école tâche importante qui gagne à être effectuée en
ou à la maison. La prolifération récente des collaboration avec les professionnels de l’information
ouvrages et des sites Internet consacrés à la formation et de l’orientation.
et à l’emploi prouve que les vendeurs de services
et de formation y trouvent leur profit, parfois au Les enseignants peuvent inviter des spécialistes qui
détriment du consommateur jeune ou adulte qui se parleront de leurs activités professionnelles, en
laisse séduire par des perspectives de carrière et faisant un lien avec les notions disciplinaires vues en
de rémunération mirobolantes. L’élève doit donc classe. Ils peuvent également accompagner ou
faire preuve d’esprit critique dans sa recherche encadrer des élèves à l’occasion de visites d’entre-
d’information. Le personnel scolaire affecté à prises ou d’établissements de formation.

1. MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION, L’école orientante à l’œuvre : un premier bilan de l’expérience montréalaise,


Direction de la recherche, décembre 2000, Québec, p. 29.
2. Tel que constaté dans le bilan des projets associés à l’école montréalaise (ibid., p. 73), pour assurer la réceptivité
et l’intérêt de l’élève lors des activités d’exploration qui lui sont proposées, ces dernières doivent porter sur un ou plusieurs
secteurs d’activités professionnelles de son choix.

25
Il est possible que certains enseignants se sentent l’accompagnement et la formation nécessaires,
mal à l’aise ou peu outillés à l’égard d’une con- afin que d’autres se joignent progressivement à
tribution de la sorte. Dans ce contexte, le perfec- la démarche. Il paraît évident que, plus le nombre
tionnement devient fort légitime et nécessaire. Il d’enseignants et d’autres membres du personnel
fournit des assises solides au développement de engagés dans la démarche augmente, plus la
l’approche orientante. Il peut s’avérer judicieux portée des interventions sera grande.
de susciter d’abord l’adhésion de quelques
enseignants volontaires et de leur offrir

Les acteurs d’une approche orientante

L’élève, comme premier responsable de sa formation et de son orientation;

Le parent, comme responsable de l’éducation de son enfant et partenaire de l’école,


par exemple à titre de travailleur susceptible de faire connaître à l’ensemble des élèves son métier ou sa
profession;

Le professionnel en matière d’information ou d’orientation, comme soutien à l’enseignant, dans l’intégra-


tion de notions à l’intérieur des programmes disciplinaires, et à l’élève, entre autres par de l’aide
individuelle (conseillance par le conseiller d’orientation) et par l’organisation d’activités particulières
intégrées à la vie scolaire; comme soutien également aux acteurs de l’école et de la commission scolaire;

L’enseignant, comme soutien à l’élève dans ses apprentissages disciplinaires et dans ses activités
éducatives de vie scolaire;

L’employé de soutien (ex. : bibliothécaire), notamment pour faciliter l’accès aux sources d’information
scolaires et professionnelles;

La direction et le conseil d’établissement, comme responsables du projet éducatif;

La commission scolaire, comme promotrice de l’approche orientante auprès des écoles et dispensatrice
de services et de formations aux personnels scolaires; comme coordonnatrice de certaines activités telles
que la sollicitation d’entreprises de la communauté afin que ces dernières accueillent des élèves pour des
stages d’exploration;

La communauté (travailleurs, employeurs, établissements de formation, organismes), comme soutien à


l’équipe-école, par exemple en recevant des jeunes dans des milieux de travail ou en collaborant à des
présentations de métiers et de professions.

26
Le premier rôle que doivent tenir les parents à envisagés pour les informer du rôle qu’ils peuvent
l’égard de l’orientation de leur enfant renvoie à jouer à l’école ou à la maison et pour susciter
leur vie de tous les jours, c’est-à-dire aux valeurs leur participation à certaines activités.
véhiculées à la maison, au degré d’encadrement
et de responsabilisation de leur jeune, ainsi qu’aux De par les responsabilités qui incombent à la
divers types de jeux ou d’activités sportives, commission scolaire sur le plan du perfectionnement
sociales, culturelles ou autres qu’ils peuvent lui du personnel scolaire et de l’organisation des
proposer afin de favoriser le développement de services complémentaires sur son territoire, celle-
son estime de soi et de son identité. Par exemple, ci peut guider les établissements qui désirent
le fait de confier régulièrement à l'enfant des implanter une approche orientante. À cet égard,
tâches domestiques aide ce dernier à acquérir elle peut offrir des formations destinées au
des attitudes positives liées au travail telles que personnel de ces établissements. De plus, elle
la persévérance, la ponctualité et le souci du tra- est bien placée pour communiquer avec les
vail bien fait. Les enfants peuvent ainsi éprouver de entreprises de la communauté et ainsi trouver
la fierté et de la satisfaction d’avoir rendu service. des sites que les jeunes pourront visiter ou dans
lesquels ils pourront faire des stages d’exploration.
De nombreuses études montrent que les parents En effet, ce travail risque d’exiger beaucoup de
exercent plus d’influence sur les choix de formation temps et d’énergie s’il est effectué par chaque
et de carrière de leurs enfants que n’importe quel établissement, et même mener à une sollicitation
autre adulte 1. Cela met en relief toute l’importance excessive des mêmes entreprises.
de leur rôle de modèle auprès de leur jeune, ne
serait-ce que par les attitudes et les comportements Du côté des partenaires de la communauté
qu’ils adoptent au quotidien à l’égard de leur sont visés, notamment, les chefs d'entreprise
travail et de leurs responsabilités professionnelles. et les dirigeants d’organisations publiques ou
privées, ainsi que les organismes humanitaires
Sur un autre plan, les parents peuvent jouer le et communautaires qui peuvent offrir à l'école
rôle de partenaires de l’école, par exemple en des occasions de faire connaître aux élèves
se rendant à l’école pour partager avec un différentes facettes du monde du travail et divers
groupe d’élèves les réalités de leur métier ou secteurs d'activité professionnelle.
de leur profession, ou encore en préparant une
visite d’élèves dans leur milieu de travail.

Obtenir l’adhésion des parents à l’approche


orientante constitue un défi de taille, en particulier
au secondaire, puisqu’ils sont généralement
moins présents qu’au primaire. Pour aider leur
enfant, les parents doivent être eux-mêmes bien
renseignés. Divers moyens doivent donc être

1. L.E. ISAACSON and D. BROWN. Career Information, Career Counseling, and Career Development, Toronto, Allyn and Bacon, 1997, p. 256.

27
Il y a tout lieu de croire que plus le nombre de Du côté de l'école, il faut, avant toute chose, que
personnes engagées dans l’approche orientante la direction et le conseil d’établissement recon-
mise de l'avant dans un établissement scolaire naissent les avantages d’une telle approche pour
est important, plus la probabilité que cette la réussite des élèves et qu’ils l’intègrent au pro-
approche ait une portée significative sur le jet éducatif. Le leadership de la direction paraît
développement vocationnel des élèves est forte, crucial, non seulement au début du projet, mais
pourvu que toutes les personnes touchées se con- à toutes les étapes de la mise en place de l’approche.
certent pour y apporter des contributions complé-
mentaires et ainsi en faire une approche Une fois la démarche approuvée par le conseil
cohérente et soutenue. d’établissement, la direction peut amorcer les
travaux en s’appuyant sur quelques membres
du personnel intéressés et prêts à contribuer
3.5 LES ÉTAPES DE LA MISE EN PLACE concrètement à la mise en place d’une approche
D’UNE APPROCHE ORIENTANTE orientante. Il faut donc prévoir du temps pour
permettre à ces personnes de se rencontrer
Sur le plan des étapes liées à la mise en place et de :
d’une approche orientante à l'école, il importe de
souligner que la commission scolaire joue, en 1. planifier une démarche cohérente ayant un
quelque sorte, un rôle préalable à la mise en place lien avec le programme de formation et les
de l’approche dans les écoles de son territoire. Elle services complémentaires, et permettant de
peut, en effet, promouvoir ce type d’approche en joindre les élèves aux différentes étapes
faisant connaître à tous les milieux concernés les de leur parcours scolaire;
avantages et les exigences qui y sont liés. Elle
peut également contribuer à l’implantation de 2. rassembler ou de développer les moyens
l'approche orientante dans les établissements d’action nécessaires (approches pédagogiques,
en facilitant la formation du personnel scolaire, outils didactiques, activités, partenariats
en offrant les ressources nécessaires aux écoles, externes, etc.);
ainsi qu’en suscitant l’engagement des diverses
organisations ou entreprises de la communauté à 3. répartir les responsabilités et les tâches,
titre de partenaires des écoles qui adoptent une en tenant compte de l’expertise dont on peut
approche orientante. disposer et de l’intérêt de chacun.

28
Il faut également prévoir des moments pour
informer et sensibiliser l’ensemble des membres
de l'équipe-école, les parents et les partenaires
de la communauté, le cas échéant, à propos de
la démarche choisie, des objectifs poursuivis, des
moyens envisagés et des outils disponibles, en
vue de susciter des collaborations. Comme pour
toute démarche, il y a lieu d’évaluer le degré
d’implantation de l’approche et ses impacts au
fur et à mesure de son déroulement, afin de la
modifier au besoin.

29
4
QUELQUES ILLUSTRATIONS CONCRÈTES
DE PROJETS OU D’APPROCHES ORIENTANTES
MIS DE L’AVANT DANS LE RÉSEAU SCOLAIRE1 /
L’idée n’est pas ici de présenter des modèles à reproduire, loin s’en faut, mais plutôt
de fournir quelques exemples de projets qui s’inscrivent dans le sens d’une approche
orientante, sans nécessairement en décrire tous les volets.

Parmi les éléments de réussite de ces expériences se trouvent presque invariablement :


• un leadership clairement assumé par la direction;
• une période de temps suffisante pour préparer le projet en établissant notamment
des liens avec le projet éducatif et en consultant le conseil d’établissement et
l’ensemble des membres de l’équipe-école;
• le volontariat d’un noyau de membres du personnel, auquel se greffent,
au fil des ans, des collaborateurs internes et des partenaires de la communauté.

Il importe de noter que les descriptions de projets présentés dans les pages qui
suivent sont des résumés de textes produits par les écoles concernées et dont
les références apparaissent dans la bibliographie.

4.1 LE PROGRAMME D’ÉDUCATION AU TRAVAIL POUR


UNE ÉCOLE ORIENTANTE, DE LA POLYVALENTE DE DISRAELI

S’inspirant du concept d’« éducation au travail », le projet intitulé


Programme d’éducation pour une école orientante de la polyvalente de
Disraeli a été mis sur pied en 1995-1996 par une équipe composée du
directeur adjoint et de trois membres volontaires du personnel : un
enseignant en géographie, une conseillère d’orientation et une conseillère

30
en information scolaire et professionnelle.
S’adressant initialement à des élèves inscrits à un
programme de préparation à l’exercice d’un
métier semi-spécialisé (volet 2), le projet a tôt fait
de s’étendre à la clientèle régulière de 1re secon-
daire, à l’intérieur du programme de géogra-
phie. Pour situer le projet dans le cadre du
Programme de formation de l’école québécoise, L’infusion consiste au jumelage du processus
le domaine d’apprentissage est Univers social et d’enseignement et du processus d’orientation.
le domaine général de formation, Orientation et Il s’agit de faire des liens entre les contenus des
entrepreneuriat. Le travail des responsables du programmes disciplinaires et les réalités du
projet s’articule autour de deux principes de monde du travail, donc d’infuser des objectifs
fonctionnement : la collaboration et l’infusion. de développement personnel et professionnel
dans les objectifs des programmes disciplinaires.
La collaboration s’effectue d’abord par le travail Le personnel en information et en orientation
en collégialité des membres de l’équipe de scolaires et professionnelles et le personnel
conception, qui favorise la communication entre enseignant travaillent donc, ensemble, à
le monde de l’enseignant et celui du personnel contextualiser les apprentissages scolaires et
des services complémentaires. Elle se fait ensuite à les intégrer à la vie des élèves.
par la coopération avec d'autres membres de
l’équipe-école. Par exemple, un enseignant en Vers la fin du programme de géographie de
sciences passionné d’astronomie est invité dans 1re secondaire, il est question de la population
une classe de géographie de 1re secondaire pour mondiale. Les objectifs d’apprentissage que
présenter des notions propres au domaine de doit atteindre l’élève sont :
l’astronomie qui sont contenues dans le programme
• de caractériser la population mondiale;
de géographie, avec la collaboration de la
• de localiser les pays riches et les pays pauvres;
conseillère en information. La coopération s’étend
• d’établir le lien entre le revenu gagné et le
même à l’ensemble des enseignants d’un même
régime alimentaire;
échelon, à l’occasion de la tenue d’une semaine
• de nommer les conséquences de la pauvreté
médiévale. Enfin, la collaboration se manifeste
et de la richesse sur les conditions de vie.
par un partenariat avec des parents d’élèves, du
personnel d’autres établissements d’enseignement,
ainsi que des gens qui travaillent dans une industrie
ou dans diverses organisations. Les activités
effectuées concordent avec les objectifs d’orientation
grâce à une planification pédagogique concertée
s’appuyant sur un second principe : l’infusion.

1. Le lecteur trouvera d’autres exemples de pratiques orientantes qui sont en cours dans des écoles québécoises dans le dossier
« Construire son projet de vie », dans le numéro de novembre-décembre 2000 de Vie pédagogique.
2. Cette description est une adaptation du texte d’une conférence prononcée à Québec le 30 mai 2000 par Monsieur Jacques Beaudet,
directeur de la polyvalente de Disraeli, à l’occasion d’une rencontre nationale sur la réforme de l’éducation.

31
Pour leur part, les objectifs de développement 4.2 L’EXPÉRIMENTATION DU PROJET
personnel et professionnel sont de : DE PLAN INDIVIDUALISÉ DE FORMATION
• faire connaître à l’élève un autre mode (PIF) À L’ÉCOLE SECONDAIRE
de travail : la coopération internationale; NOTRE-DAME-DU-SOURIRE 1
• faire connaître à l’élève les conditions
de travail dans les pays pauvres; Le plan individualisé de formation (PIF) est une
• faire découvrir à l’élève des réalités qui démarche continue qui vise à susciter chez les
diffèrent du monde environnant; jeunes une réflexion sur leur rêve professionnel.
• faire connaître à l’élève des professions Cette démarche débute dès la première secondaire
en demande dans les pays en voie de et l’élève est invité à participer à diverses activités
développement. qui l’aideront à mieux se connaître et à explorer
les différents domaines scolaires et le monde
Ces objectifs d’orientation s’inscrivent dans l’op- du travail. Les activités sont effectuées dans les
tique d’une exploration professionnelle que milieux scolaires et parascolaires et le personnel
l’équipe responsable du projet a déterminée de l’école, les parents et les groupes socio-
comme cadre de référence pour la 1re secondaire. économiques du secteur y collaborent.

L’infusion permet d’allier la mission qui est de Le projet a été formé selon le concept d’école
qualifier à celle d’instruire, en favorisant simul- orientante, vu comme un concept intégrateur qui
tanément le développement des compétences s’inscrit dans le projet éducatif de l’école. Ce
liées au domaine de l’orientation et des compé- dernier doit intégrer les principes suivants :
tences liées au domaine d’apprentissage de • Le cheminement professionnel de l’élève est
l’univers social. Selon ses concepteurs, le projet une véritable préoccupation institutionnelle;
aurait pu tout aussi bien se faire dans un autre • L’élève est responsable de sa propre démarche;
domaine d’apprentissage. • Tout le personnel de l’école adhère à cette
vision et contribue concrètement à sa réalisation;
Initialement conçu pour le programme de géogra- • Les parents sont intégrés à la démarche et
phie de 1re secondaire, le projet s’effectue égale- y participent selon leurs possibilités;
ment en histoire de 2 e secondaire. Des guides de • Les groupes socio-économiques du milieu sont
l'enseignant, dans lesquels sont proposées associés à la démarche d’orientation des jeunes.
notamment des activités à faire avec les élèves,
ont été rédigés pour ces deux programmes. On Le PIF s’appuie sur les éléments suivants :
trouve dans l’annexe 2 du présent document • La sensibilisation du jeune aux éléments
deux exemples de ces activités, soit une pour la inhérents à un processus de prise de décisions;
géographie de 1re secondaire et l’autre pour • La récurrence de la démarche (amorcée en
l’histoire de 2 e secondaire. première secondaire et reprise à chaque année);

32
• La responsabilisation du jeune, qui est en Les objectifs et leur degré d’atteinte
fait l’agent de son développement;
Quatre objectifs généraux sont visés par le
• L’incarnation d’un rêve dans la réalité;
projet, le premier étant à court terme, le deuxième
• La modification toujours possible de ses choix.
à moyen terme, le troisième et le quatrième à
long terme et le dernier concernant le personnel
Les enseignants qui animent le PIF, la responsable
de l’école.
du projet et l’élève concerné sont les seuls à
avoir accès au document PIF rempli par l’élève.
Le premier objectif est de faire connaître aux
À la fin de chaque année scolaire, la responsable
jeunes différentes formations professionnelles,
du projet recueille tous les documents et les
techniques ou universitaires ainsi que les exigences
range jusqu’à l’année suivante.
liées à ces formations. D’après les « commentaires »
des jeunes et des enseignants, les élèves connaissent
L’historique
davantage les domaines de formation après
Le projet a débuté au cours de l’année scolaire avoir participé aux activités. Ils considèrent
1996-1997 dans deux groupes d’élèves de donc que cet objectif est atteint.
première secondaire. Deux enseignantes, aidées
de la coordonnatrice de l’ensemble des projets Le second objectif visé consiste à établir des
de l’île de Montréal, animaient les rencontres. liens entre l’école et le milieu de travail. Lors des
stages de courte durée et des visites dans des
L’année suivante, le projet a été réalisé auprès milieux de travail, les élèves ont l’occasion de
de tous les élèves de première secondaire et s’est découvrir le marché du travail et de faire des
poursuivi avec un groupe de deuxième secondaire. liens avec leurs apprentissages scolaires. C’est
Un comité composé de cinq enseignants (dont pourquoi la responsable du projet considère que
les deux personnes qui avaient mené le projet cet objectif est atteint. Quant au directeur, il le
l’année précédente) a été formé et d’autres croit partiellement atteint car les stages n’ont
activités ont été conçues. lieu qu’en deuxième secondaire.

La troisième année, soit l’année scolaire 1998-


1999, tous les élèves de première et de deuxième
secondaire ont participé au projet PIF. Une
enseignante de l’école est responsable de
l’ensemble du projet et le directeur en est le
gestionnaire. Tous le personnel enseignant de
l’école est informé du projet et un nombre
croissant d’enseignants y participent.

1. Le résumé présenté ici est une adaptation d’un texte non publié, préparé par la Direction de la recherche
du ministère de l’Éducation, en 1999.

33
Le troisième objectif du projet vise à faciliter le ressources, de ses forces et de ses intérêts. De
choix professionnel des jeunes. Il est difficile pour plus, on l’encourage à interagir avec les autres
l’école de se prononcer sur l’atteinte de cet sur la perception qu’ils ont d’eux-mêmes. Par la
objectif, car les élèves font leur choix en suite, on lui demande de décrire un de ses rêves
cinquième secondaire et l’école n’offre que les de carrière, de faire des démarches pour se ren-
programmes de première et de deuxième sec- seigner sur celui-ci et de bâtir un plan d’action
ondaire. Les observateurs ont toutefois remarqué pour le réaliser. En deuxième secondaire, l’élève
que les élèves de deuxième secondaire qui ont doit refaire la même démarche. Les enseignants
participé au projet l’année précédente se connais- qui animent cette activité ne disposent pas vraiment
sent mieux et que leur choix est plus précis qu’en d’un cahier de l’animateur, mais la responsable du
première secondaire. Ils croient donc que cet projet les aide à animer les activités au début
objectif pourra être atteint. de l’année.

Le quatrième objectif du PIF est de contrer le L’élève visite également un centre de formation
décrochage scolaire. Les responsables mention- professionnelle (centre de formation professionnelle,
nent qu’il est encore une fois difficile de se pronon- cégep ou université), effectue une recherche sur
cer sur l’atteinte de cet objectif. Ils croient que le son rêve de carrière, organise une entrevue avec
fait que le projet aide les jeunes à connaître les une personne exerçant un métier qui l’intéresse,
exigences du marché du travail peut les empêcher participe à un stage de courte durée, écoute des
de décrocher. témoignages que font des parents sur les métiers
ou les professions qu’ils exercent et assiste à des
Enfin, le cinquième et dernier objectif du projet conférences données par des gens d’affaires de
consiste à rassembler les membres du personnel la communauté.
de l’école autour du projet et à les amener à
l’intégrer dans leurs cours. Cet objectif est par- Les conditions de réalisation et les acteurs
tiellement atteint, mais les responsables du pro-
Sur le plan financier, l’école bénéficie d’un soutien
jet prévoient travailler davantage cet aspect
financier de quelques milliers de dollars chaque
l’année prochaine.
année, offert dans le cadre du Programme de
soutien à l’école montréalaise. D’autres ressources,
Les activités
dont le Centre de formation professionnelle de
Pour faciliter sa réflexion sur son rêve profession- Verdun, ont contribué au projet.
nel, le jeune participe à différentes activités
l’aidant à mieux se connaître et à effectuer une
exploration professionnelle. À cette fin, divers
moyens sont mis de l’avant, le premier étant le
plan individuel de formation, dans lequel on
invite l’élève à réfléchir sur la connaissance qu’il a
de lui-même, et prendre conscience de ses

34
Sur le plan matériel, l’école dispose de 32 ordi- Les parents sont tous informés du projet et de
nateurs avec accès à Internet et une section de la son déroulement par écrit et ils sont invités à une
bibliothèque de l’école est réservée au projet. rencontre d’information au Centre de formation
Des volumes et le logiciel REPÈRES ont été achetés professionnelle de Verdun en début d’année. Lors
pour faciliter les recherches des élèves sur leur de cette rencontre, les sujets suivants sont abordés :
rêve de carrière. le système scolaire (formation professionnelle au
secondaire), la motivation scolaire, l’estime de
Le gestionnaire du projet est le directeur de soi, le rôle des parents dans la démarche
l’école, qui gère le budget prévu pour le projet et d’orientation de leur enfant et le rêve de carrière.
participe aux activités qui y sont liées. Le conseil
d’établissement prend connaissance du projet, La proportion de parents qui s’engagent activement
mais n’y participe pas directement. Le projet est dans le projet demeure relativement faible (environ
coordonné par une enseignante libérée d’un 10 p. cent), mais ceux qui le font apportent une
groupe par cycle de neuf jours pour le projet PIF. contribution significative, par exemple en offrant
Elle est assistée par une autre enseignante, qui à des élèves un stage de courte durée dans leur
n’est cependant pas libérée, et par un comité milieu de travail ou en venant à l’école parler
formé de quelques enseignants (six environ). de leur expérience professionnelle.

Quant aux autres enseignants engagés dans le Plusieurs groupes socio-économiques du secteur
projet, ceux du cours de français, ils collaborent sont impliqués dans le projet PIF. Par l’intermédiaire
à l’activité de recherche sur le rêve de carrière et des « midis-motivation » organisés par le Forum
aident les élèves à rédiger des lettres de remer- économique de Verdun, auxquels participent le
ciements pour les visites effectuées dans le cadre directeur de l’école, les gens d’affaires et des
du projet. Les enseignants-tuteurs animent les entreprises de la région sont sensibilisés au
rencontres consacrées au plan individuel de projet. De plus, on leur propose d’offrir des
formation et présentent aux élèves une vidéo sur stages de courte durée ou de venir parler de
la formation professionnelle au secondaire. Comme leur expérience professionnelle. L’école collabore
chaque enseignant est tuteur d’un groupe, tous également avec plusieurs cégeps et centres de
collaborent au projet. Finalement, la secrétaire formation professionnelle ainsi qu’avec une
participe à la production des documents distribués université de l’île de Montréal pour les visites
aux élèves. d’élèves. Le Centre de formation professionnelle
de Verdun met également à la disposition des
L’adhésion grandissante de l’ensemble du personnel responsables des locaux pour les réunions portant
au projet favorise sa mise en œuvre. Toutefois, sur le projet et a collaboré à la préparation du
l’engagement de certains membres du personnel document intitulé Plan individuel de formation.
est minimal, ce qui alourdit la tâche de la
coordonnatrice. Cette dernière a besoin de
l’apport de tous.

35
Pour l’instant, les groupes communautaires sont À l’issue de la démarche, les élèves sont plus
peu associés au projet. L’implication des gens de motivés à l’école et comprennent mieux le sens
la communauté à des activités liées au projet de leurs apprentissages scolaires. Ils sont con-
facilite la mise en œuvre de celui-ci. Elle permet scients des efforts qu’ils devront faire pour réa-
aux jeunes de mieux connaître les organismes de liser leur rêve. De plus, la participation au projet
leur milieu. Il est toutefois plus difficile de trouver permet aux jeunes d’augmenter leur estime de
des personnes qui sont prêtes à accueillir des soi, car ils sentent que les adultes les prennent
jeunes pour les stages. Les groupes socio- au sérieux durant leur stage. Le plan individuel
économiques du secteur désirent que l’école se de formation les aide aussi à prendre con-
rapproche davantage de la communauté. Malgré science de leurs qualités.
l’ouverture que permet le projet, ils trouvent que
le milieu scolaire n’est pas assez « branché » sur Sur le plan de l’autonomie, certains élèves
la réalité sociale, économique et communautaire apprennent à faire eux-mêmes les démarches
de son milieu. par rapport à leur rêve de carrière. En 1re et 2 e
secondaires, les élèves n’en sont pas encore à
Les résultats l’étape de la prise de décisions, mais ils savent
davantage ce qu’ils veulent faire ou ne pas faire.
En général, les élèves se montrent intéressés au pro-
jet, qui constitue pour eux une démarche person-
En première secondaire, les jeunes aiment
nelle, ce qui est un facteur facilitant. Cependant,
participer aux activités, mais comprennent peu
certains ont plus de difficulté à s’y engager, parce
l’importance qu’elles peuvent avoir dans leur
qu’il leur est difficile d’avoir un rêve de carrière
cheminement vocationnel. En deuxième secondaire,
(jeunes en difficulté d’apprentissage), ou parce
le projet a plus de sens pour eux et ils en com-
qu’ils considèrent que les activités s’adressent à
prennent l’objectif. Le stage favorise beaucoup
des enfants plutôt qu’à des adolescents. Pour
la motivation et l’implication des jeunes dans
d’autres, il n’est pas facile d’envisager des métiers
le projet. Toutefois, ils sont plus hésitants à
et des professions ne faisant pas partie de leur
s’engager lorsqu’ils doivent remplir les sections
rêve de carrière, ce qui les empêchent
du plan individuel de formation qui concernent
d’explorer ouvertement.
la perception que leurs parents ont d’eux et
préparer une entrevue avec une personne
Après avoir participé aux activités, les jeunes
exerçant un métier qui les intéresse.
savent davantage ce qu’ils veulent faire dans la
vie. De plus, ils connaissent mieux la formation
professionnelle et ses préalables. Les visites et les
stages leur ont également permis d’explorer le
marché du travail et de prendre conscience de
ce qu’ils doivent faire pour accomplir leur rêve
de carrière.

36
Le projet a eu des effets inattendus chez les 4.3 PISICUI 1 : LE PROJET D’INTÉGRATION
élèves de l’école. En effet, la participation au DES SCIENCES ET DE L’INFORMATIQUE
projet a amélioré le comportement de certains EN COLLABORATION AVEC L’UNIVERSITÉ
élèves perturbateurs en classe. De plus, les ET L’INDUSTRIE DE L’ÉCOLE SECONDAIRE
enseignants ont été surpris de constater que ces HORMIDAS-GAMELIN (BUCKINGHAM)
élèves étaient plus disciplinés lors des activités
du projet qu’en classe. Un autre point étonnant a Le Projet d’intégration des sciences et de
été l’enthousiasme des élèves à l’égard du projet l’informatique en collaboration avec l’université
et le fait que certains jeunes ont commencé à et l’industrie (PISICUI) a pris forme à la suite
s’affirmer davantage à la suite de leur participation. d’une demande de parents et d’élèves de créer
Ils semblent savoir davantage ce qu’ils veulent. une voie scientifique à l’école et grâce au désir
d’un enseignant en sciences de trouver une façon
Pour ce qui est du personnel de l’école, la de motiver les jeunes tout en leur permettant
coordonnatrice du projet a retrouvé le goût d’être de développer leur potentiel et en leur faisant
en contact avec les jeunes. La réalisation du connaître les différentes carrières scientifiques.
projet l’a également aidé à créer des liens avec
le milieu. Quant aux enseignants, ils ont été Le projet a été conçu notamment à partir du
ouverts au projet et fait surprenant, la motivation constat que l’école et l’industrie sont deux acteurs
de certains pour le travail a beaucoup augmenté importants dans une communauté et qu’ils ont
depuis qu’ils y participent. avantage à s’engager dans des projets communs.
L’école doit s’ouvrir à son milieu et l’industrie
En ce qui a trait aux parents, certains d'entre constitue un lieu de connaissances et de formation
eux ont suivi avec intérêt la participation de leurs où existe un potentiel éducatif important qui
enfants au projet et ont été étonnés du changement permet de donner un sens à l’enseignement. Pour
qui s’est produit chez leur enfant (ex : augmentation l’industrie, cette collaboration lui permet d’offrir
de la confiance en soi, de l’affirmation de soi). une image positive aux gens de la communauté
Ils croient en l’importance de ce projet. et de leur faire connaître les responsabilités
qu’elle assume et les mesures qu’elle adopte pour
Les membres de la communauté ont appris à respecter les lois et l'environnement. Il est même
connaître le projet. De plus, lorsque les jeunes possible que des jeunes soient attirés vers des
effectuent des stages dans des entreprises ou des formations qui feront d’eux une relève bien
organismes du milieu, ils sont pris au sérieux par enracinée pour les personnes qui y travaillent.
les personnes qui les accueillent, ce que l’école
apprécie beaucoup.

1. La description du projet est tirée du document préparé par B. Lussier, M. DesRuisseaux, R. Guérin et L. Prud’homme. PISICUI, Programme
d’intégration des sciences et de l’informatique en collaboration avec l’université et l'industrie. Commission scolaire au Cœur-des-Vallées,
école secondaire Hormidas-Gamelin, Buckingham, 1999, 125 p.

37
D’autres éléments caractéristiques de l’environ- Ainsi, au départ, trois enseignants (six aujourd’hui)
nement dans lequel ce projet s’est développé se réunissent autour d’un projet intégrateur dans
se situent sur le plan de l’intérêt manifesté par leurs différentes matières et prévoient des travaux
le milieu industriel de la région à développer les que les élèves devront effectuer dans des industries
sciences, de la préoccupation du personnel sco- de la région. Le projet s’appuie sur :
laire de rendre l’apprentissage plus significatif pour • l’intégration des matières et des nouvelles
les jeunes et de la nécessité d’intégrer les NTIC à technologies de l’information et de la
l'apprentissage des élèves. Il ne s’agit pas d’un communication, en concertation avec les
projet de concentration scientifique, mais plutôt compétences des gens des milieux industriel,
d’ouverture à la science. universitaire et scolaire;
• la concertation des intervenants des différents
Selon ses concepteurs, PISICUI est original, car le milieux afin de planifier des projets de nature
partenariat entre l’industrie et les jeunes n’est pas scientifique.
basé uniquement sur des ressources financières,
mais également sur l’implication de tous les inter- En ce qui a trait à la visée du projet, on trouve,
venants (jeunes, industriels, parents, professeurs, entre autres, les objectifs suivants :
communauté. L’industrie est mise à contribution
pour la préparation d'activités d’apprentissage • permettre aux jeunes de vivre des activités
réalistes et liés à des problématiques du monde enrichissantes leur permettant de transférer
du travail. Le projet se caractérise par un ses connaissances à d’autres domaines
enseignement par projet ou par résolution de pro- que ceux du monde scolaire;
blème, ce qui favorise l’interdisciplinarité de • motiver les élèves à apprendre et à faire
toutes les matières. des transferts d’apprentissage tout en leur
permettant de découvrir petit à petit le
Élément intéressant, le projet ne s’adresse pas monde des sciences;
seulement aux élèves forts, mais aussi à des • explorer de nouvelles avenues dans la
élèves en cheminement particulier. recherche d’une pédagogie toujours
plus stimulante;
• faire connaître davantage les carrières
scientifiques aux élèves;
• faire profiter l’école secondaire du savoir
et des ressources que l’on trouve dans le
milieu industriel;
• faire en sorte que les gens de l’industrie
se sentent impliqués dans l’apprentissage des
jeunes et que ces derniers sentent l'importance
de l’industrie dans leur milieu.

38
Les compétences ciblées par le projet sont de : Sur le plan du développement personnel de
• présenter les réalités du milieu naturel et construit; l'élève, le projet vise à inciter l’élève à adopter
• résoudre des situations problématiques pour une méthode de travail qui le rendra plus efficace;
l’individu, la société et l’environnement et à lui donner le goût du travail bien fait et de la
qui font appel aux sciences et à la technologie; réussite, à lui apprendre le sens de la précision,
• exploiter le langage propre aux sciences et à lui montrer l’importance de l’effort; à l’amener à
à la technologie dans diverses activités de apprécier le travail en équipe; à susciter sa curiosité
la vie quotidienne; et son intérêt pour des professions scientifiques.
• souligner l’apport et l'utilisation des sciences
et de la technologie. La première année, deux industries ont accepté
de participer au projet.
Les principes pédagogiques mis de l’avant sont,
entre autres, les suivants : La contribution des divers acteurs :

• un enseignement par projet : l'élève est 1. L’industrie


placé dans des situations problématiques Les entreprises engagées dans le projet ont apporté
significatives; du soutien aux enseignants et aux élèves en :
• avec l'aide des gens du milieu et des outils
disponibles, l’élève doit être en mesure • offrant l’aide de personnes-ressources aux
d’envisager diverses solutions et démarches enseignants et aux élèves afin que les projets
pour résoudre le problème; soient réalistes et concrets;
• un projet consiste en une activité qui demande • organisant des visites en industries;
au jeune de s’investir et de s’organiser, afin • facilitant et en favorisant des engagements
de susciter chez lui le goût des sciences; potentiels de leur personnel selon les
• l’apprentissage coopératif : dans la réalisation programmes scolaires visés;
de projets, l’élève est appelé à effectuer des • préparant des documents de présentation
tâches qui exigent un travail d’équipe; de leurs services;
• l’acquisition d’un vocabulaire et de techniques • libérant des ingénieurs pour accompagner
scientifiques : les projets doivent permettre les élèves sur le terrain;
aux élèves, dès la 1re secondaire, d’acquérir • présentant diverses professions scientifiques
un certain vocabulaire et des techniques exercées dans leur entreprise;
scientifiques, ainsi que de développer un esprit • expliquant des procédés utilisés pour la
scientifique afin de comprendre les problèmes protection de l’environnement;
et de les résoudre. • décrivant des normes urbaines et
gouvernementales à respecter;
• apportant du soutien matériel (équipement
de laboratoire, équipement informatique, etc.)
pour la réalisation des activités;
• soutenant financièrement le transport des
élèves et la location d’équipement.

39
2. L’université 4. La direction d'école et la direction des
La contribution du milieu universitaire a été de services pédagogiques (commission scolaire)
déléguer des personnes-ressources pour : • participer aux rencontres avec les autres
• aider les enseignants et les élèves à intervenants;
poursuivre la réalisation des projets; • permettre l’organisation scolaire nécessaire;
• coordonner les actions du milieu scolaire • soutenir les enseignants dans leurs demandes
et industriel afin de maintenir le cap sur de perfectionnement et de temps de coordination;
des objectifs clairement définis au départ; • encourager tous les intervenants dans la
• rendre le personnel enseignant critique et poursuite des projets.
capable d’analyser et d’évaluer une
situation d’apprentissage valable; 5. Les enseignants
• soutenir les enseignants dans l’élaboration Le dynamisme des enseignants a constitué la clé
d’outils d’évaluation; du succès de ce projet. Ils ont accepté :
•concevoir du matériel didactique avec • de travailler en équipe;
les enseignants et les représentants • de travailler en collaboration avec les gens
de l’industrie; de l’industrie et de l’université;
• agir comme superviseurs de la • d’expérimenter de nouvelles méthodes
pédagogie et de l’enseignement par d’enseignement permettant d’impliquer
projet ainsi que comme évaluateurs davantage l’élève dans son apprentissage;
de l’apprentissage des jeunes. • de définir des situations d’apprentissage
significatives pour l’élève;
3. Les parents • d’intégrer les NTIC pour la communication
• accompagner leur enfant dans ses et la recherche.
apprentissages, en collaboration
avec les enseignants; Conditions de mise en oeuvre
• s’engager dans la réalisation Les responsables ont choisi d’échelonner la mise
des projets; en œuvre du projet sur cinq ans afin :
• aider les enseignants, les gens
de l’industrie et les jeunes à choisir • de former adéquatement le personnel
des projets significatifs; enseignant;
• aider leur enfant à maintenir une • de structurer la collaboration des intervenants
bonne attitude au travail et dans et d’assurer le rayonnement dans l’école;
la vie de groupe. • d’équiper convenablement les locaux;
• d’offrir la formation continue au
personnel concerné.

40
Ainsi, une équipe de trois enseignants assure
l’enseignement de toutes les matières (sauf les
spécialités) à deux groupes d’élèves d’une même
année d’étude. L’organisation structurale du projet
est basée sur la grille-matière du ministère de
l’Éducation, mais elle est adaptée aux besoins
d’une approche par projet.

Le document descriptif présente en détails des


exemples d’organisation des tâches établie pour
l'enseignement au secondaire sur un horaire de
9 jours avec des périodes de 75 minutes. On y
présente également les difficultés vécues pendant
la mise en œuvre de cette organisation et les
solutions qui ont été trouvées pour que le tout
soit à la satisfaction de tous.

41
CONCLUSION /
En vertu de l’actuelle réforme de l’éducation, l’école a pour mission d’instruire, de
socialiser et de qualifier les jeunes. Appuyant cette mission, la Loi sur l’instruction
publique, le Régime pédagogique et le Programme de formation de l’école québécoise
réaffirment, entre autres choses, l'importance de l’information et de l’orientation
scolaires et professionnelles pour bien préparer les jeunes à faire face aux défis
de plus en plus nombreux qu’ils devront relever dans la société et sur le marché
du travail, à la fin de leurs études.

Le décloisonnement des pratiques professionnelles que favorise le Régime pédagogique,


sur le plan de l’organisation des programmes de services complémentaires, ainsi
que la mention de domaines généraux de formation et de compétences transversales
à l’intérieur même du programme de formation, constituent autant d’éléments
favorisant l’établissement de liens et de passerelles entre ce que les élèves font
en classe et ce qu’ils réalisent en dehors de celle-ci, par exemple dans le cadre
d'activités de vie scolaire. Ces liens rehaussent la signification des apprentissages
disciplinaires et favorisent la motivation des jeunes et leur réussite scolaire.

Ce nouveau cadre éducatif se prête particulièrement bien la mise en place


d’une approche orientante à l’école. Comme il a été souligné dans les pages
précédentes, une telle approche ne représente ni une mode, ni une fin en soi;
il s’agit plutôt d’un outil utile à la réussite éducative et à la qualification des
jeunes. L’approche orientante propose une démarche qui s’intègre bien
aux objectifs et aux moyens véhiculés par l’actuelle réforme de l’éducation.
Cette approche peut s’articuler autour de quatre lignes d’action : l’intégration
d’éléments liés à l’information et à l’orientation dans les programmes
disciplinaires; la planification d'activités de vie scolaire enrichissant et
renforçant les éléments vus en classe; l'accès à des outils d'information

42
scolaire et professionnelle pertinents ainsi qu’à par l’actuelle réforme de l’éducation prend tout son
un encadrement adéquat; la mise sur pied d’un sens lorsque des organisations et des entreprises
service de conseillance individuelle assurée par s’engagent auprès de l’école, entre autres, pour
un conseiller d'orientation. accompagner les jeunes dans le développement
de leur identité et leur permettre d’explorer des
La mise en place d’une approche orientante repose réalités du monde du travail et de profiter de
d'abord sur l’engagement et la collaboration de possibilités d’insertion offertes par la société
la direction et des différents personnels de l’école des adultes.
et, ensuite, sur la création d’un partenariat entre
l’école, les parents et les organisations de la Toutes et tous peuvent ainsi contribuer, avec
communauté. La collaboration étroite entre le l’école, à guider les jeunes vers la réussite et
personnel enseignant et le personnel des services la qualification.
complémentaires constitue l’un des éléments
essentiels pour assurer la réussite d’une telle
approche. Cette collaboration est recherchée,
notamment dans le cadre du programme de
formation. En effet, le développement de compé-
tences transversales telles que « structurer son
identité », en utilisant le domaine général de
formation orientation et entrepreneuriat, peut
s’effectuer par un travail de collaboration et de
partage d’expertise entre les enseignants et les
professionnels de l’information et de l’orientation.
De plus, la collaboration de ces mêmes personnes
est nécessaire pour la mise en oeuvre d’une
diversité d'activités de vie scolaire permettant à
l’élève de mettre en pratique et d’intégrer réellement
bon nombre de compétences visées dans les
programmes disciplinaires. Pour que ces échanges
aient lieu, il importe que la commission scolaire
et le conseil d’établissement donnent leur appui
à la mise en place d’une telle approche.

À la collaboration interne au sein de l’équipe-école


doit s’ajouter le partenariat, d'abord avec les
parents, premiers éducateurs de leur enfant, et,
ensuite, avec les organisations de la communauté.
Le concept de communauté éducative véhiculé

43
BIBLIOGRAPHIE /
ORDRE PROFESSIONNEL DES CONSEILLERS ET CONSEILLÈRES D’ORIENTATION DU QUÉBEC.
L’école orientante. Extrait de Miser sur l’orientation : donner un sens au projet éducatif, mémoire
présenté à la Commission des États généraux sur l'éducation, Québec, août 1995, 31 p.
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DUPONT, P. et BÉDARD, J. « Évaluation des besoins d’éducation à la carrière au primaire »,


Revue des sciences de l’éducation, vol. XVII, no.1, Montréal, 1991, p. 77-95.

ÉCOLE POLYVALENTE DE DISRAELI. Programme d’éducation au travail pour une école orientante :
guide de l’enseignant. Géographie, première secondaire, document provisoire, Disraeli,
30 juin 1999, 131 p.

ÉCOLE POLYVALENTE DE DISRAELI. L’éducation au travail pour une école orientante :


guide de l’enseignant. Pour la discipline scolaire de : Histoire, deuxième secondaire, Disraeli,
septembre 2000, 119 p.

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BLANCHARD, P. et autres. Rapport d’évaluation du programme éducation au travail à la polyvalente


de Disraeli, Sherbrooke, CRIEVAT, novembre 2000, 80 p.

LUSSIER, B., M. DESRUISSEAUX, R. GUÉRIN et L. PRUD’HOMME. PISICUI, Programme d’intégration


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au Cœur-des-Vallées, école secondaire Hormidas-Gamelin, Buckingham, 1999, 125 p.

NORTH CAROLINA (N.C.) DEPARTMENT OF PUBLIC INSTRUCTION, N.C. Job Ready and N.C.
Occupational Information Coordinating Committee. Elementary Career Awareness Guide, A resource
for Elementary School Counselors and Teachers, 1999, 88 p.
(Internet : www.icdl.uncg.edu.ft/060200.01htlm).

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION. Régime pédagogique de l’éducation préscolaire, de l’enseignement


primaire et de l’enseignement secondaire, décret 651-2000, Gazette officielle du Québec du 14 juin 2000,
Québec, 22 p.

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION. Programme de formation de l’école québécoise, version approuvée,


Québec, Direction de la formation générale des jeunes, août 2001, 350 p.

MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION. L’école orientante, un concept en évolution, MEQ, 2000, 44 p.

Dossier « Construire son projet de vie », Vie pédagogique, Sainte-Foy, no 117, novembre-décembre 2000,
p. 20-48.

44
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Extension of Oliver and Spokane (1988) », Journal of counseling Psychology, Washington, vol. 45, no 2,
p. 150-165, 1998.

OLIVER, L. W. et A. R. SPOKANE, « Career-Intervention Outcome : What Contributes to Client Gain ? »,


Journal of Counseling Psychology, Washington, vol. 35, no 4, p. 447-462, 1988.

ISAACSON, Lee E. et BROWN, DUANE, Career Information, Career Counseling and Career
Development, Toronto, Allyn and Beacon, 1997, 309 p.

DUPONT, P. et autres. « Transition école-travail " career-education " au Québec. », Les Sciences
de l’éducation) pour l’ère nouvelle, CAEN, vol. 5, no 6, 1990, 186 p.
SIERRA, Juan F., « L’orientation professionnelle intégrée dans les programmes scolaires : de la socialisation
à l’éducation », L’orientation scolaire et professionnelle, Paris, vol. 28, no 2, 1999, p. 327-342.

HUTEAU, Michel. « Les méthodes d’éducation à l’orientation et leur évaluation », L’orientation scolaire
et professionnelle, Paris, vol. 28, no 2, 1999, p. 225-251.

Sites Internet pertinents

École Montréalaise : Centre national en vie-carrière :


www.ecolemontrealaise.qc.ca http://lifework.ca/accueil.htm

Groupe de ressources informatiques des Série jouer… Pour de vrai


commissions scolaires (GRICS), Banque REPÈRES : www.realgame.ca/jouer_pour_vrai/index.html
www.grics.qc.ca/reperes
Centre de ressources Ciblétudes
Inforoute de la formation professionnelle et http://cibletudes.ca
technique :
Consortium canadien des carrières
www.inforoutefpt.org
www.careerccc.org/index_f.sshtml
Site JOBBOOM (français et anglais) :
Développement des ressources humaines
www.jobboom.ca
Canada, information sur les carrières
Idclic www.drhc.gc.ca/hrib/hrp-prh/pi-ip/
www.idclic.qc.ca career-carriere/francais

L’alliance-éducation
(Learning Partnership en anglais) :
www.tlp.on.ca

45
ANNEXE 1 /

LISTE DES MEMBRES DU COMITÉ CONSULTATIF


DU MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION SUR L’INFORMATION
ET L’ORIENTATION SCOLAIRES ET PROFESSIONNELLES

46
COMPOSITION DU COMITÉ CONSULTATIF

M. Pierre Bégin M. Gaston Leclerc


Vice-président aux affaires professionnelles Président
Association des cadres scolaires du Québec (ACSQ) Association québécoise d’information scolaire
et professionnelle
Mme Rita Nadeau-Bouffard
Personne-ressource et rédactrice du rapport M. Marcel Leroux
Vice-président
M. Scott Conrod, conseiller d’orientation Fédération des syndicats de l’enseignement
Représentant des directeurs généraux et des
directrices générales du secteur anglophone M. Denis Marceau
Directeur général, Commission scolaire Laurenval Vice-recteur
(1998) Conférence des recteurs et principaux
des universités du Québec
Mme Margaret Rioux-Dolan
Directrice Mme Lise Matte
Direction de la formation générale des jeunes et Coordonnatrice
Direction de l’adaptation scolaire et des services Coordination à la condition féminine
complémentaires Ministère de l’Éducation
Ministère de l’Éducation
Présidente du Comité consultatif Mme Marie-Claude Ménard
Vice-présidente
Mme Maude Fortin Conseil permanent de la jeunesse
Adjointe de direction
Direction de la formation générale des jeunes Mme Diane Miron
Ministère de l’Éducation Vice-présidente
Secrétaire du Comité consultatif Fédération des comités de parents de
la province de Québec
M. Claude Giroux
Directeur adjoint M. Yvon Rodrigue
Direction de la formation générale des jeunes Coordonnateur
Ministère de l’Éducation Direction de l’adaptation scolaire et
des services complémentaires
Mme Barbara L. Goode Ministère de l’Éducation
Services à la communauté anglophone Coordination des travaux du Comité consultatif
Ministère de l’Éducation
M. Luc Sénéchal
Mme Louise Landry, conseillère d’orientation Président
Présidente Fédération des professionnelles et professionnels
Ordre professionnel des conseillers et conseillères de l’éducation du Québec
d’orientation du Québec

47
ANNEXE 2 /

PROJET D’ÉDUCATION AU TRAVAIL


POUR UNE ÉCOLE ORIENTANTE

POLYVALENTE DE DISRAELI

EXEMPLES D’ACTIVITÉS TIRÉES DES GUIDES DE L’ENSEIGNANT


(GÉOGRAPHIE DE 1RE SECONDAIRE ET HISTOIRE DE 2 E SECONDAIRE)

48
INFLUENCE DU CLIMAT SUR Les compétences transversales
LE RELIEF TERRESTRE
Ordre intellectuel
Les éléments naturels tels que la pluie, le vent,
Compétence 1 : Exploiter l’information
le gel et le dégel altèrent les formes des terrains
Capacités : • Recourir à sa mémoire
et causent l’érosion du sol. Les changements qui
et à la mémoire collective;
se produisent sur les routes le printemps sont le
• Construire des questions
résultat, en grande partie, de la météorisation et
pertinentes;
de l’érosion. Une personne travaillant au ministère
• Sélectionner l’information;
des Transports ou à la voirie municipale est invitée
• Valider l’information.
à faire le lien entre le climat et son influence sur
le relief terrestre.
Compétence 3 : Faire preuve de jugement
critique
Objectifs pédagogiques
Capacités : • Évaluer la pertinence
• L’élève devrait être capable de décrire de ses représentations
le processus d’évolution du relief. et croyances.
• L’élève devrait pouvoir comprendre les liens
entre les conditions climatiques et leurs Ordre personnel et social
conséquences sur le relief.
Compétence 1 : Affirmer son identité
Objectifs de développement de carrière personnelle et sociale
Capacité : • Partager ses idées
• Présenter à l’élève les professions liées à
et opinions.
l’entretien et à la construction des routes.
Compétence 2 : Interagir positivement dans
le respect de la diversité
et de la différence
Capacités : • Entretenir des relations
exemptes de mépris;
• Assurer ses responsabilités
dans différents groupes
d’appartenance;
• S’adapter continuellement
aux diverses situations.

49
Ordre de la communication Matérielles : • Vidéo
• Outils d’arpentage
Compétence 1 : Communiquer de façon • Tableaux d’information
claire, précise et concernant l’entretien des
appropriée routes, le fonctionnement
Capacités : • Adapter son écoute ou du ministère des Transports
sa lecture à la situation; • Carte routière
• Adapter son message • Liste des professions
à l’interlocuteur;
• Décoder l’environnement Préparation avant l’activité
à partir des différents
• Enseignement du module IV, section 2 :
signes : visuels, écrits,
évolution du relief terrestre.
verbaux, non verbaux
• Rencontre de l’enseignant et de la conseillère en
et iconographiques; information scolaire et professionnelle afin de pré-
• Structurer son message; parer le plan et la date de la rencontre avec l’invité.
• Appliquer un code de • La conseillère en information scolaire et
communication (langues, professionnelle communique avec le bureau
arts, sciences); du ministère des Transports.
• S’approprier le vocabulaire • La conseillère en information scolaire et
précis approprié aux professionnelle dresse la liste des professions
différents domaines. ayant un lien avec l’évolution du relief.

Compétence 2 : Rendre compte de sa Déroulement de l’activité


compréhension des
• Présentation de l’invité par l’enseignant.
différents éléments de • Exposé présenté par l’invité à l’aide d’une vidéo
la communication et de tableaux, suivi d’une période de questions.
Capacités : • Cerner l’intention derrière • Présentation des professions par le spécialiste
le message; en information et en orientation scolaires et
• Différencier un fait professionnelles.
d’une opinion; • Remerciements de l’enseignant.
• Décoder les messages
non verbaux. Évaluation de l’activité
Durée : 60 minutes
• Au cours suivant, retour sur l’activité et
discussion de groupe.
Ressources humaines et matérielles
• Commentaires et suggestions des élèves.
Humaines : • Enseignant • Commentaires de l’invité, de l’enseignant et
• Conseiller en information du spécialiste en information et en orientation
scolaire et professionnelle scolaires et professionnelles.
• Invité • Modifications à apporter, s’il y a lieu,
par l’enseignant et le spécialiste.

50
LE MONDE DE LA VOIRIE Dessinateur en génie civil (secondaire)

Il dessine les plans de construction des routes


Sais-tu ce qu’est la voirie ?
conçus par le technicien et l’ingénieur.
Le mot voirie désigne à l’ensemble des voies de
communication. Dans notre cas, on pense aux Entrepreneur en pavage (secondaire)
routes. Des personnes travaillent à la construction
Opérateur de machineries lourdes de
et à l’entretien de ces routes. Elles sont engagées par
construction (secondaire)
le ministère des Transports (province de Québec) et
Mécanicien de machineries lourdes de
par les municipalités, puisque ce sont à eux que
construction (secondaire)
revient la responsabilité de l’entretien et de la
Préposé à l’entretien de machineries lourdes
construction des routes.
(secondaire)
Il existe des professions liées aux travaux de Manœuvre de construction (secondaire)
voirie, en voici quelques-unes : Manœuvre à l’entretien des travaux publics
(secondaire)
Ingénieur civil (université) Grutier (secondaire)
Il conçoit et dirige la construction des routes, des
ponts et des autoroutes. Il s’assure que l’environ-
nement est respecté et que la route construite
sera sécuritaire.

Ingénieur en mécanique des sols


(université)

Il analyse le sol afin d’en connaître la com-


posante pour que l’ingénieur civil puisse prévoir
une construction adaptée au terrain. On ne fait
pas la même structure de route sur une terre
argileuse que sur du roc.

Technicien en génie civil (collégial)

Il travaille avec l’ingénieur civil à la conception


des plans et surveille les travaux de construction.

51
GUTENBERG ET L’IMPRIMERIE Ressources humaines
D’AUJOURD’HUI et matérielles

Humaines :
Depuis l’Antiquité, des personnes transmettent des
• Enseignant
informations à l’aide des écrits. Rappelons-nous
• Conseiller en orientation ou
qu’au Moyen ge des moines copistes transcri-
conseiller en information scolaire
vaient des livres au complet. Parmi les progrès
et professionnelle
techniques importants de la Renaissance, notons
l’invention de Gutenberg : l’imprimerie. Au cours Matérielles :
de cette activité, nous voulons présenter aux • Johannes Gutenberg, orfèvre à Mayence,
élèves les professions liées à ce domaine. présente l’histoire de l’imprimerie.
• Photographies d’anciennes machines
Objectifs pédagogiques à imprimer.

• Présenter les progrès techniques


Préparation avant l’activité
déterminants de la Renaissance.
• Montrer l’évolution vécue dans • Rencontre entre la conseillère en orientation
ce domaine. et l’enseignant.
• Préparation des photocopies des feuilles à
Objectifs de développement remettre aux élèves par la conseillère en
de carrière orientation ou la conseillère en information
scolaire et professionnelle.
• Présenter les professions du domaine • Préparation des photographies par
de l’imprimerie. l’enseignant.
• Présenter le domaine du multimédia
et les professions s’y rattachant.
Déroulement de l’activité
Durée : de 10 à 15 minutes
• L’enseignant présente l’invention de
l’imprimerie.
• Afin de conclure la partie traitant de l’invention
de l’imprimerie, l’enseignant présente les
professions qui sont aujourd’hui liées au
domaine de l’impression.

52
JOHANNES GUTENBERG,
ORFÈVRE À MAYENCE

Au Moyen ge, dans les monastères et les ateliers des


« librairies », les copistes réalisaient de véritables
chefs-d’œuvre. Sur des parchemins d’une grande
finesse, ils transcrivaient des textes enrichis de
miniatures peintes et d’enluminures aux vives
couleurs. Recouverts d’une épaisse reliure de
cuir, ces manuscrits trouvaient ensuite place dans
les bibliothèques des abbayes ou dans celles
d’amateurs fortunés, seuls capables de payer
le prix de ces somptueux ouvrages.

Rares et chers, fabriqués à l’unité, et réservés


à quelques privilégiés, les livres ne pouvaient
suffire à la demande de ceux qui avaient appris
à lire et que dévorait la soif d’apprendre, de
comprendre et de découvrir. Les étudiants des
universités devaient se contenter de manuscrits de
mauvaise qualité, copiés à la hâte, parsemés de
fautes de transcription. Les savants, les professeurs,
les érudits étaient souvent contraints de se déplacer
de ville en ville, de monastère en monastère.

53
DOMAINE DE L’IMPRIMERIE Graphiste – Infographiste
(collégial, université)
Metteur en page assisté par ordinateur
Il conçoit et réalise, avec l’aide de logiciels, le
(secondaire)
matériel graphique et visuel de documents
Il effectue la mise en page de textes et de imprimés (journaux, revues, affiches, etc.), de
graphiques avec des logiciels de micro-édition et productions audio-visuelles ou multimédias (CD-
de composition typographique. Il peut faire la con- ROM). Pour ce travail, il faut faire preuve de
ception d’annonces publicitaires ainsi que la mise créativité, avoir un sens artistique et être original.
en page de revues, de journaux et de volumes.
Relieur (collégial)
Technicien en imprimerie – Photocopiste –
Il assemble et relie les pages et la couverture
Imprimeur (secondaire, collégial)
des livres.
Il travaille dans une imprimerie, reçoit les com-
mandes des clients et utilise différents appareils
de reproduction graphique (photocopieur, dupli-
cateur). Dans certains cas, il peut également
utiliser des presses de type offset ou séri-
graphique. Il possède de solides connaissances
en mécanique et en électronique.

Correcteur d’épreuve
(université)

Avant l’impression d’un document, il s’assure que


celui-ci ne contient aucune faute de français.

54
R LA RÉUSS
IS E I
TE
POUR FAVOR

L’APPROCHE
ORIENTANTE
19-7030

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