*Introduction*
Selon Nelson Mandela, « l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le
monde ». Elle constitue en effet un véritable outil de socialisation et de développement, car elle forme
l’esprit critique et la rationalité de l’individu. Pourtant, dans certaines communautés rurales, la
scolarisation de la jeune fille reste perçue comme inutile, celle-ci étant jugée plus utile aux tâches
ménagères. Cette vision entraîne un fort taux d’abandon scolaire féminin. Dès lors, une question se pose
: la scolarisation de la jeune fille n’est-elle pas un moyen d’ouverture à la vie active ? Ce travail propose
de montrer les avantages et les stratégies favorisant la scolarisation des filles.
I. Activités d'animation pour sensibiliser les parents et les leaders communautaires.
Pour toucher les chefs de village et les inciter à soutenir l’éducation des filles, voici quelques animations
socio-éducatives faciles à mettre en plève
1. Organisation de causeries éducatives communautaires
Invitez des femmes du village ou de la région qui ont pu scolariser leurs filles et qui témoignent des
bénéfices concrets (emploi, santé, autonomie). Le récit vivant crée un modèle identifiable et montre que
l’école n’est pas une perte mais un investissement.
2. *Jeu de rôle « Le conseil du village »*
Simulez une réunion du conseil où les participants doivent décider d’un budget limité : construire une
école ou un puits. En faisant vivre les arguments de chaque camp, les chefs ressentent les dilemmes et
comprennent les retours à long terme de l’éducation des filles.
3. *Exposition photo « Une journée dans la vie d’une écolière »*
Présentez, à l’aide de photos prises dans le village, le quotidien d’une fille qui va à l’école : cours,
devoirs, activités sportives, aide à la famille. L’image humanise l’idée abstraite d « éducation » et rend
visible le rôle de la fille dans la communauté.
4. *Défi « Écoles en marche »*
Proposez aux chefs de parrainer une fille pendant un mois : ils financent les fournitures et, en échange,
participent à une activité communautaire (plantation d’arbres, atelier de cuisine). Le partenariat crée un
lien affectif et montre que l’éducation est une responsabilité partagée.
5. *Projection-débat de courts films*
Sélectionnez des courts métrages africains qui abordent la scolarisation des filles. Après la diffusion,
animez un échange où chaque chef exprime ce que le film lui a inspiré et comment il pourrait le
transposer dans son village.
II. Négociation avec les autorités traditionnelles pour obtenir leur soutien
En tant que leader éducatif, la négociation avec les autorités traditionnelles doit être menée avec
respect et diplomatie. Il s’agira d’abord de *reconnaître leur autorité et leur rôle central* dans la
cohésion sociale.
Ensuite, la mise en avant *les bénéfices communautaires de l’éducation des filles*, tels que la réduction
de la pauvreté, la santé familiale, la stabilité sociale et la valorisation du village. Pour obtenir leur
adhésion, il est primordial d’associer les chefs traditionnels et religieux aux activités éducatives, en leur
confiant des rôles honorifiques (parrainage, discours, présidence d’événements scolaires).
Enfin, nous nous appuierions sur des exemples locaux de réussite pour montrer que l’éducation des
filles n’est pas une menace pour la tradition, mais un facteur de progrès pour toute la communauté.
III. Activités socio-éducatives avec plan détaillé pour sensibiliser les filles à la scolarisation.
L'activité proposée est intitulée : « Ma voie, mon avenir »
_Objectif : sensibiliser les filles du village à l’importance de la scolarisation et les inciter à envisager une
trajectoire scolaire._
1. Préparation (2 jours)
- *Rencontre avec le conseil des chefs* : présenter l’activité, obtenir leur aval et identifier 2 ou 3
« marraines » (femmes instruites du village).
- *Recrutement des participantes* : 15 filles âgées de 10-14 ans, invitées par les chefs et les parents.
- *Matériel* : panneaux flip-chart, marqueurs, fiches « défis », sacs de fournitures (cahiers, stylos), petit
budget pour le goûter.
2. Accueil & mise en confiance (30 min)
- Mot de bienvenue du chef du village.
- Tour de table : chaque fille dit son prénom et un rêve qu’elle a (ex. « être infirmière »).
- Règles du jeu : écoute, respect, aucune mauvaise réponse.
3. Atelier « Mon futur en images » (45 min)
1. *Projection de 3 courts clips* (2-3 min chacun) montrant des filles africaines qui étudient et
travaillent.
2. *Débriefing* : que voient-elles ? Quels obstacles ? Quels bénéfices ?
3. *Exercice individuel* : chaque fille dessine son « chemin de l’école » (maison → école → métier).
4. Jeu de rôle « Le conseil du village » (45 min)
- *Scénario* : le conseil doit choisir entre financer un puits ou une bourse pour 5 filles.
- *Groupes* : 3 équipes (parents, chefs, filles). Chaque équipe prépare 3 arguments.
- *Débat* : chaque équipe présente, les filles posent des questions.
- *Vote* : le résultat montre que la bourse apporte plus d’avantages à long terme (revenus, santé,
autonomie).
5. Témoignage des marraines (30 min)
- Deux femmes du village, diplômées, racontent leur parcours, les difficultés surmontées et les retours
positifs (emploi, soutien à la famille).
- Échange libre : les filles posent des questions personnelles.
6. Engagement collectif (15 min)
- Chaque fille écrit sur une feuille « Je m’engage à… » (ex. « venir à l’école chaque jour », « aider ma
sœur à faire ses devoirs »).
- Les feuilles sont collées sur un tableau « Notre pacte » visible dans la salle de classe.
7. Cl clôture & distribution (15 min)
- Remise d’un petit kit scolaire (cahier, stylo).
- Photo de groupe pour garder le souvenir et montrer le soutien du village.
Évaluation (à 1 mois)
- *Questionnaire simple* aux filles : « Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ? »
- *Suivi des présences* à l’école pendant le mois suivant.
- *Rencontre de suivi* avec les chefs pour partager les premiers résultats et planifier la prochaine
activité.
Cette activité combine visuel, interaction et engagement concret, afin que les filles se projettent comme
actrices de leur propre éducation et que les autorités traditionnelles perçoivent l’impact positif d’un tel
investissement.
IV. Pérennisation des actions éducatives
En tant qu’éducateur, nous considerons notre fonction comme une véritable plateforme de
changement. Elle me permet de mettre en place des mécanismes durables qui continuent de
fonctionner même en mon absence. Pour assurer la pérennité des actions éducatives, plusieurs
stratégies peuvent être mises en œuvre.
D’abord, il convient de former des relais locaux. Il s’agit de sélectionner et de former des élèves ou des
jeunes du village, appelés « ambassadeurs de l’éducation », afin qu’ils puissent animer des ateliers,
suivre les présences et gérer les petits problèmes du quotidien. Ces relais deviennent les premiers
acteurs de la continuité du programme éducatif.
Ensuite, il est important d’institutionnaliser les activités. Pour cela, je travaillerais avec la direction de
l’établissement afin d’intégrer les ateliers et campagnes de sensibilisation dans le règlement intérieur de
l’école, avec des créneaux fixes, un budget minimal et des critères d’évaluation. Ainsi, ces actions
cessent d’être de simples initiatives ponctuelles pour devenir des pratiques régulières et durables.
Par ailleurs, il est essentiel de documenter et de partager les expériences. Chaque activité doit être
consignée dans un livret récapitulatif mentionnant les objectifs, le déroulement, les outils utilisés et les
résultats obtenus. Ce document peut ensuite être partagé avec les chefs du village, les parents et les
ONG partenaires, afin de laisser une trace exploitable et de favoriser la transmission du savoir-faire.
De plus, la création d’un réseau de soutien s’avère indispensable. Ce réseau, composé d’associations
locales, de centres de formation et d’autorités éducatives, apporte un appui matériel, technique et
moral aux relais locaux. Il permet aussi de renforcer la légitimité et la continuité des activités éducatives.
Enfin, la mise en place d’un suivi à distance permet de maintenir le lien et d’assurer la supervision des
actions. Grâce à des outils simples comme un groupe WhatsApp ou un tableau de suivi partagé, il
devient possible de recueillir les retours, d’évaluer les progrès et de rappeler les engagements des
participants.
Ainsi, en combinant la formation de relais locaux, l’ancrage institutionnel, la documentation, le travail en
réseau et le suivi à distance, l’éducateur transforme son rôle en un véritable levier de pérennisation. Les
actions éducatives continuent alors de vivre, portées et renforcées par la communauté elle-même.
*Conclusion*
L’abandon scolaire des filles dans les zones rurales est une problématique complexe qui exige une
réponse globale et concertée. En tenant compte des facteurs économiques, culturels et structurels qui
freinent leur scolarisation, il devient possible de concevoir des stratégies efficaces pour y remédier.
Garantir l’accès des filles à l’éducation constitue non seulement un droit fondamental, mais aussi un
puissant levier de développement durable pour l’ensemble de la société. Pour construire un avenir plus
juste et prospère, il est essentiel de promouvoir une éducation inclusive et équitable pour toutes.