Choix du modèle de ruche
Les conditions d’une ruche parfaite.
Elle doit :
être chaude mais suffisamment aérée (plancher partiellement grillagé),
favoriser l’évaporation de l’humidité (plateau incliné vers l’avant),
être suffisamment grande pour contenir la population, le couvain et une partie de la
récolte qui revient de droit à la colonie,
respecter l’instinct de l’abeille,
être maniable et facile à visiter,
permettre le déplacement sans problème, si on veut transhumer
donner le maximum de produit que l’on attend de la colonie,
elle doit permettre la translation des cadres,
répondre à la condition et aux possibilités de l’apiculteur.
Le choix du modèle de ruche est important, il va conditionner la carrière de l’apiculteur.
Les critères de choix :
La façon de travailler
Les standards de la région
La transhumance
Le poids (accessibilité du rucher, âge, travail seul …)
Une grande ruche n’implique pas moins de travail mais elle a l’avantage que le planning peut
être moins précis qu’avec de petites ruches.
Si l'abeille s'accommode facilement de toutes sortes d'habitats, cela ne signifie pas pour autant
qu'elle s'y adapte sans affaiblissement.
De même, s'il est vrai que le matériel a peu d'importance comparativement au comportement
de l'éleveur,
Ruche
C’est l’unité de vie construite par l’apiculteur pour recevoir une colonie d’abeilles. Un
ensemble de ruches forme un rucher.
Ruche divisible
Aux XIXe siècle et XXe siècle, la recherche d’une apiculture rationnelle et l’approche
scientifique de l’apiculture ont conduit à la mise au point des ruches modernes, qui se
caractérisent par l’adoption de rayons mobiles, de dimensions précises et standardisées.
Les rayons mobiles permettent d'intervenir dans la ruche sans la détruire. Construits par les
abeilles, un à un, ils peuvent être facilement extraits et remis en place. Ils sont soit bâtis dans
des cadres préparés par l'apiculteur, soit suspendus à des barres ou barrettes sur lesquelles
l'apiculteur a placé des amorces de rayons.
Il existe deux grandes familles de ruches :
celles qui s'agrandissent par empilement vertical d'éléments standards, dites ruches
divisibles
celles qui s'agrandissent par ajout de cadres latéralement à ceux déjà en place. Ce sont
les ruches horizontales.
Les dimensions des ruches verticales varient en fonction du nombre d'éléments empilés, les
horizontales ont toujours le même aspect extérieur. Elles ont assez de place à l'intérieur pour
accueillir des rayons supplémentaires lors de l'agrandissement de la colonie.
Les ruches portent souvent le nom de leurs inventeurs. Les ruches verticales à cadre les plus
courantes en France sont les ruches Dadant, Langstroth et Voirnot. Les ruches Warre et
Climatstable sont divisibles et à barrettes, leur conduite originale les destine à l’apiculture
écologique.
Parmi les ruches horizontales à cadre, il faut citer la ruche mise au point par De Layens et
perfectionnées par Jean Hurpin. Actuellement, la ruche à barres Top-Bar, adaptée aux régions
chaudes et de faible coût, suscite un vif intérêt, autant dans les pays en voie de développement
que dans les plus développés. Plus récente, la ruche "Legris" est une ruche horizontale sans
fond et équipée de vingt cadres hauts de 37cm et larges de 27cm à l'intérieur, elle se
rapproche de la Layens et à la ruche africaine "kényane".
La ruche divisible type se compose d’un empilement de caisses ouvertes au-dessus et au-
dessous.
Cet empilement repose sur un plancher débordant sur un côté formant un balcon, appelé
planche de vol. C’est de là que les abeilles sortent de la ruche et y entrent. La première caisse
porte le nom de corps de ruche. C’est le domaine privé des abeilles. Tout ce qui est entreposé
dans le corps appartient aux abeilles, il contient assez de provisions pour qu’une colonie
d’abeilles passe l’hiver. Les caisses suivantes sont des hausses, c’est le domaine de
l’apiculteur, d’où il tire le miel. Le tout est recouvert d’un couvercle dit couvre-cadre et, pour
finir, d’un toit. Le corps et les hausses contiennent des cadres suspendus verticalement dans
lesquels les abeilles vont bâtir leurs rayons. Ces cadres sont mobiles, l’apiculteur pourra les
sortir un à un de la ruche. Il pourra les remplacer, les changer de ruche, vérifier l’état de la
colonie... Les différents modèles de ruches se distinguent par leurs dimensions et le nombre
de cadres.
Construction de ruches
La standardisation du matériel est une simplification pour le stockage et une facilité pour le
travail au rucher : permutations des éléments de la ruche, introductions de cadres,
transvasements d’une ruche à l’autre, agrandissements, réunions.
La standardisation commerciale permet de s’approvisionner en matériel dans des endroits
différents, et de pouvoir malgré tout travailler sans aucun problème.
L'épaisseur des parois est généralement fixée à 24 ou 25 mm
Il est très important de respecter les dimensions et les espacements que la pratique et le temps
ont reconnus être les meilleurs.
Entre les rayons de centre à centre...37 mm.
Entre la latte inférieure du cadres et le plateau...15 mm.
Entre la latte des côtés et les parois intérieures de la ruche...7 à 8 mm.
Entre deux cadres superposés...7 mm.
Entre le sommet des cadres et le couvre cadres...7 mm.
Le trou de vol sur toute la largeur sera de 7mm.
Le corps de ruche sera indépendant du plateau afin de faciliter le nettoyage de celui-ci.
La planche de vol sera amovible (idéal en cas de pillage, le retrait de la planche de vol de la
pillée freine les pillardes)
Cette planche d’atterrissage aura une profondeur de 5 à 8 cm sur toute la largeur de la ruche.
Les cadres des hausse seront de moitié moins hauts que les cadres de corps en respectant les
autres dimensions.
Il
Cette standardisation permet aussi d’adapter le plus gros matériel au choix du type de ruche.
L’extracteur par exemple sera choisi en fonction de la dimension et du nombre des cadres à
extraire
Une ruche pratique et fonctionnelle
Le choix de la divisible
Pour avoir travaillé certaines années avec six modèles de ruches différents, je suis convaincu que la
diversité des cadres est un obstacle majeur à tout progrès. Un travail sérieux, ordonné et détendu
n'est pas possible avec du matériel aux dimensions multiples. La standardisation est à mes yeux
une priorité absolue. Je n’ai pu suivre efficacement mes colonies qu'à partir du jour où l'ensemble
de mon exploitation a fonctionné avec un seul type de cadres. Toutefois, je ne regrette pas mes
expériences passées. Dans tout apprentissage, nous avançons en procédant par essais et erreurs.
Je peux maintenant parler des ruches Dadant, Langstroth, Voirnot, Warré, Claerr, en connaissance
de cause et apprécier à sa juste valeur le seul modèle que j’aie conservé.
Il n'est pas dans mon intention de faire le procès de ruches qui ont donné satisfaction à
plusieurs générations d'apiculteurs. Alain Caillas affirme avec raison : " Tant vaut
l'apiculteur, tant vaut la ruche ". Je comprends aussi la position de ceux qui, ayant acquis
à grands frais plusieurs dizaines de ruches ne veulent pas envisager leur remplacement
pour des raisons financières évidentes. Je suis d'avis que si l'abeille s'accommode
facilement de toutes sortes d'habitats, cela ne signifie pas pour autant qu'elle s'y adapte
sans affaiblissement. De même, s'il est vrai que le matériel a peu d'importance
comparativement au comportement de l'éleveur, il n'en demeure pas moins vrai que le
choix effectué au départ détermine dans une large mesure toute la méthode à employer
ultérieurement pour conduire le rucher.
Malgré tous les débats passionnés que ce sujet a déjà suscités, je pense utile de repartir à la
découverte de la ruche idéale, ceci avec le simple bon sens, sans aucun préjugé. Il s'agit en fait
d'établir un compromis entre les besoins vitaux de l'abeille et les possibilités d'interventions
humaines.
Pour une exploitation facile :L'intérêt de l'exploitant est de partitionner la ruche en plusieurs
éléments et d'abaisser la hauteur du cadre. En effet :
- Le poids d'un élément plein de miel ne doit pas dépasser 25 kgf.
- L'extraction du miel est plus commode lorsqu'il est contenu dans un cadre relativement
bas.
- La construction d'éléments bas est plus simple et plus économique car elle permet
l'utilisation de planches de largeur courante. (La confection de panneaux n'est pas
nécessaire).
L'épaisseur des parois est généralement fixée à 24 ou 25 mm. Les ruches à double paroi tendent à
disparaître. Elles retardent les sorties d'abeilles au printemps et les économies de provisions
attendues en hiver sont négligeables, voire nulles.
Examinons les ruches divisibles les plus connues en France :
Pour une exploitation facile :L'intérêt de l'exploitant est de partitionner la ruche en plusieurs
éléments et d'abaisser la hauteur du cadre. En effet :
- Le poids d'un élément plein de miel ne doit pas dépasser 25 kgf.
- L'extraction du miel est plus commode lorsqu'il est contenu dans un cadre relativement
bas.
- La construction d'éléments bas est plus simple et plus économique car elle permet
l'utilisation de planches de largeur courante. (La confection de panneaux n'est pas
nécessaire).
L'épaisseur des parois est généralement fixée à 24 ou 25 mm. Les ruches à double paroi tendent à
disparaître. Elles retardent les sorties d'abeilles au printemps et les économies de provisions
attendues en hiver sont négligeables, voire nulles.
Examinons les ruches divisibles les plus connues en France :
La divisible Dadant :
Cadre trop bas nécessitant un découpage du couvain en trois parties.
Cadre trop long pour supporter des lattes de faible épaisseur.
Volume s'éloignant de la forme sphérique naturelle du nid à couvain.
La divisible Langstroth
Poids excessif d'un élément plein de miel (jusqu'à 38 kg). Cette charge répétée
un grand nombre de fois dans des positions souvent inconfortables risque
d'endommager la colonne vertébrale du porteur. Le nombre d'éléments à
conserver pour l'hivernage et le développement du nid à couvain n'est pas
évident à déterminer. Un seul élément risque d'être insuffisant. Deux éléments
risquent d'être excessifs.
La divisible Warré
Grâce à celle-ci et à son créateur, nous assistons à une autre conception de
l'apiculture, plus conforme aux lois naturelles et à la biologie de l'abeille. Cependant, la
ruche de l'abbé Warré s'adapte mal aux grandes miellées, à cause des hauteurs
atteintes. Son système de rayons sans cadres peut paraître séduisant, mais après essai,
j’ai été contraint de l'abandonner, les résultats obtenus étant irréguliers, tant dans
l'évolution du nid à couvain que dans le déploiement des bâtisses. La manière de
récolter demande une certaine habileté qui doit me manquer. Avec cadres, le volume
n'est plus suffisant. En dépit de ces considérations, le livre de l'abbé Warré reste une
référence à de nombreux égards.
La divisible Voirnot :
Nous pourrions aussi partir de l'espace souhaitable entre les rayons. L'observation de
rayons dans les habitats naturels nous enseigne que cet espace varie de 30 à 42 mm
suivant la destination des cellules. L'espace entre deux rayons de couvain d'ouvrières
est en moyenne de 30 à 36 mm. Entre deux rayons de couvain de mâles et entre les
rayons de miel, il est en moyenne de 36 à 42 mm. Nous voyons que la valeur médiane,
susceptible de s'adapter à toutes les situations est : 36 mm. En adoptant cette valeur,
nous évitons d'avoir à gérer deux types d'éléménts, l'un destiné au couvain, l'autre à la
récolte. En fixant le nombre de cadres à 10 et en prévoyant un jeu de 2 à 3 mm aux
extrémités, nous en déduisons la largeur intérieure de l'élément : 365 mm.
Pour maintenir l'espace entre les cadres, je n'ai pas trouvé de meilleur moyen que la
bande d'écartement, t- La hauteur d'un élément n'est pas contestée : elle est fixée à 200
mm.
© Alain Charlier