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B12 Quest RDC

La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo a été créée pour mettre fin à l'arbitraire et à l'impunité des gouvernants, mais suscite des inquiétudes quant à son immixtion dans la politique. La procédure devant la Cour est de type inquisitorial, gratuite et reconnait les notions de parties et de procès, bien que des améliorations soient nécessaires pour renforcer le caractère contradictoire et garantir un procès équitable. La Cour doit également améliorer ses délais de communication et envisager des réformes pour faciliter l'accès à la justice constitutionnelle.

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B12 Quest RDC

La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo a été créée pour mettre fin à l'arbitraire et à l'impunité des gouvernants, mais suscite des inquiétudes quant à son immixtion dans la politique. La procédure devant la Cour est de type inquisitorial, gratuite et reconnait les notions de parties et de procès, bien que des améliorations soient nécessaires pour renforcer le caractère contradictoire et garantir un procès équitable. La Cour doit également améliorer ses délais de communication et envisager des réformes pour faciliter l'accès à la justice constitutionnelle.

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Cour constitutionnelle

de la République démocratique du Congo

I. Cadre général de l’organisation de la procédure contradictoire


Le caractère juridictionnel de votre institution est-il aujourd’hui discuté ?
Instituée par la Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006, la Cour
constitutionnelle coïncide avec l’éclatement de la Cour suprême de justice en trois juridictions auto-
nomes (Cour constitutionnelle, Cour de cassation et Conseil d’État). Elle repose sur une volonté de
mettre fin au règne de l’arbitraire et de l’impunité des gouvernants. La démarche se heurte néanmoins
à une autre volonté, celle d’éviter l’instauration d’une justice constitutionnelle qui fonctionne à
contre-courant d’une certaine tradition politique expérimentée pendant plusieurs années. La création
de la Cour constitutionnelle en RDC continue de susciter certaines inquiétudes auprès d’une partie
des acteurs politiques. Ces derniers voient dans la nouvelle juridiction une porte ouverte pour le juge
de s’immiscer dans le domaine politique. Mais il n’empêche que devant le doute qui habite encore
bon nombre de congolais sur la capacité de l’ancienne Cour suprême de justice de censurer les actes
inconstitutionnels des gouvernants, la création de la Cour constitutionnelle est apparue comme un
impératif et les incertitudes qui entourent sa création doivent être mise sur le contexte sociopolitique
qui précède la mise en place de cette « nouvelle juridiction ».

Les notions de « parties » et de « procès » sont-elles pleinement reconnues au sein de


votre Cour ?
Les notions de « parties » et de « procès » sont pleinement reconnues au sein de la Cour constitution-
nelle car le juge constitutionnel n’exerce pas que des attributions non contentieuses ou gracieuses.
Il lui arrive de trancher sur un conflit de droit porté devant lui. Comme juge de contentieux, le juge
constitutionnel congolais ne fait pas de constat pas plus qu’il n’émet d’avis : il dit le droit. À ce
sujet, toute personne peut saisir la Cour constitutionnelle par voie d’action directe mais endéans un
certain délai (6 mois) pour attaquer une loi considérée comme inconstitutionnelle, ou alors par voie
d’exception lorsque dans un procès, on oppose à un demandeur toute loi ou acte règlementaire jugé
contraire à la Constitution.

La procédure devant la Cour est-elle inquisitoire ou accusatoire ?


La conduite du procès constitutionnel en droit congolais offre des garanties d’un accès facile au
juge constitutionnel. De type inquisitorial et non accusatoire, cette procédure affranchit surtout le
citoyen de l’accomplissement de formalités qui alourdiraient le procès ou qui pèseraient sur lui, en
l’occurrence, en termes de frais de justice, « la procédure est gratuite ».

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L’organisation du contradictoire

Le caractère contradictoire de la procédure est-il explicitement consacré par un texte ?


(Constitution, texte organique, règlement organisant la procédure devant la Cour...)
A cet effet, la loi organique de la Cour constitutionnelle en République démocratique du Congo
précise en son article 96 que « la procédure en matière de contrôle de constitutionnalité est écrite.
Elle est en outre contradictoire en cas du contentieux d’inconstitutionnalité. Elle est gratuite ».

Les textes (loi, règlement intérieur de procédure...) réglementent-ils les modalités selon
lesquelles la Cour organise ses travaux, en particulier la procédure d’instruction ?
De cette disposition se dégagent les 4 caractères suivantes de cette procédure : l’écrit, la gratuité, le
secret ou la confidentialité et le contradictoire, il est vrai compte tenu de la requête. Ce formalisme
procédural est complété par des pouvoirs reconnus aux juges-rapporteurs de la Cour. Ces derniers
sont habilités à diligenter des enquêtes, peuvent procéder à des auditions. Ainsi, il est prévu par
le règlement-intérieur de la Cour que « Le rapporteur entend, le cas échéant les parties ; il peut
également entendre toute personne dont l’audition lui paraît opportune ou solliciter par écrit des
avis qu’il juge nécessaires. Il fixe aux parties des délais pour produire leurs moyens et ordonne au
besoin des enquêtes ».

Des coutumes ou usages internes à l’institution existent-ils en la matière ? Merci


de les détailler.
Il n’existe pas au sein de la Cour constitutionnelle des coutumes ou usages internes quelconques si
ce ne sont que les applications du règlement intérieur.

La Cour prend-elle en considération certaines exigences extranationales imposant le


principe du contradictoire ? Si oui, lesquelles (par exemple, article 6 §1 de la CEDH) ?
Ces exigences sont-elles applicables pour toutes les compétences de la Cour ?
À cet égard, bien que le République démocratique du Congo soit signataire de la Charte des Nations
unies et des pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques ainsi qu’à la charte de
l’Union africaine qui imposent le principe du contradictoire aux standings d’un procès équitable,
cette institution ne se réfèrent qu’aux dispositions de la loi organique et du règlement intérieur dans
le déroulement du procès constitutionnel.

La Cour se prononce-t-elle dans un délai déterminé ? Quel est le délai moyen de juge-
ment ? Cela peut-il constituer une limite à la mise en œuvre du contradictoire ?
En ce qui concerne la question des délais, il faut préciser que le délai dans lequel la Cour rend ses
décisions dépend du domaine concerné par le contentieux constitutionnel. Ainsi, en matière de
contrôle de constitutionnalité des lois, la Cour constitutionnelle statue dans un délai de 30 jours de sa
saisine. Toutefois, à la demande du gouvernement, s’il y a urgence, ce délai est ramené à huit jours.

Du point de vue de l’organisation interne, un service de greffe (ou équivalent) assure-t-il,


au sein de la Cour, l’enregistrement des recours, les notifications, communications et
échanges de pièces ? La procédure est-elle dématérialisée ?
Selon la procédure, la Cour est saisie par requête des parties ou du procureur général déposée contre
récépissé au greffe. Ce dernier inscrit la requête dans un rôle dont le nombre et les dénominations
sont fixées par le règlement intérieur de la Cour constitutionnelle ; Le greffier assure la signification
de la requête à toutes parties concernées pour les conclusions à déposer dans les huit jours de la

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Réponses au questionnaire sur « l’organisation du contradictoire »

réception. Jusqu’à ce jour, la procédure n’est pas dématérialisée compte tenu de l’usage peut fréquent
de l’informatique dans les services publics de l’État.

L’organisation du contradictoire au sein de votre Cour présente-t-elle des spécificités


au regard des autres juridictions supérieures du pays ?
L’organisation du contradictoire au sein de la Cour constitutionnelle de la République démocratique
du Congo n’offre pas des spécificités particulières à l’égard des autres juridictions supérieures telle
que la Cour de cassation car le principe du contradictoire est aussi de mise au sen de cette juridiction.

Les discussions et consultations qui se sont déroulées durant la procédure d’instruc-


tion devant votre Cour sont-elles intégralement publiques ? Quels sont les actes qui
demeurent placés sous le secret de l’instruction et dépourvues de communication
aux parties ?
Les discussions et consultations qui se sont déroulées durant la procédure d’instruction devant la Cour
sont reproduites intégralement par le greffier à l’audience publique que toutes les parties concernées
peuvent consulter. Seuls les actes instruits par les juges rapporteurs, notamment sa note juridique et
le projet d’arrêt demeurent secrets avant le prononcé de la décision. Il en est de même de l’avis du
Parquet général près la Cour constitutionnelle à qui une copie de la requête lui est adressée par le
greffier en vue d’émettre son avis. Ce dernier demeure secret car les parties ne peuvent en prendre
connaissance avant le prononcé de l’affaire, bien qu’il figure au dossier.

Considérez-vous que le caractère contradictoire de la procédure constitutionnelle


contentieuse ait été renforcé ? Préciser, le cas échéant, les étapes chronologiques
de ce renforcement.
Au regard de la chronologie de déroulement du procès constitutionnel devant la Cour constitution-
nelle, le caractère contradictoire ne s’en trouve pas renforcé car la non communication par exemple
aux parties de l’avis écrit du Parquet général (ministère public) constitue plutôt un recul et non un
renforcement.

Considérez-vous qu’il existe désormais un « standard » du procès constitutionnel,


fondé par exemple sur le droit au procès équitable ?
On peut soutenir qu’il existe désormais un « standard » du procès constitutionnel en République
démocratique du Congo car toute requête est communiquée à la partie adverse qui doit fournir ses
moyens. Mais on peut regretter le délai assez court de 8 jours consacré pour produire les conclusions
de la partie défenderesse car vu l’immensité territoriale du pays, un défendeur résidant à plus de
2 000 kilomètres du lieu où siège la Cour, aura du mal à être dans le délai de huit jours. Autre écueil,
les services du greffe ne sont pas suffisamment équipés pour signifier les requêtes à toutes les parties
qui seraient éloignées de la Cour et l’exigence d’élire domicile au greffe de la Cour pour y être
signifié ne résout pas l’équation car la partie doit quand même prendre connaissance de la requête
pour y répondre, peu importe qu’elle soit domiciliée au greffe de la Cour constitutionnelle.

Considérez-vous que l’organisation du contradictoire, au sein de votre Cour, est per-


fectible ? Quelles évolutions sont envisagées ?
L’organisation du contradictoire au sein de la Cour est perfectible. Il faut d’abord envisager la réforme
de la procédure par la révision de la loi organique en y incluant l’obligation du Parquet général près la
Cour de communiquer aux parties son avis écrit émis dans le dossier afin de permettre à celles-ci d’y

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L’organisation du contradictoire

répliquer éventuellement. Aussi, faut-il aussi donner aux parties un délai suffisant, surtout à celles qui
résident à l’intérieur du pays afin de venir à Kinshasa, siège de la Cour. Pourquoi n’envisageons pas
aussi la création des chambres constitutionnelles au sein de chaque Cour d’appel dans les différentes
provinces et qui peuvent recevoir les requêtes à l’intérieur du pays et les transmettre à Kinshasa.
La dématérialisation de la procédure s’avère urgente car la République démocratique du Congo doit
se mettre au diapason de l’évolution technologique et informatique.

II. Organisation de la procédure écrite


Auprès de quelles autorités le recours est-il notifié ? Comment est organisée la
notification et sous quelle forme ?
La procédure devant la Cour constitutionnelle assure la navette des affaires entre la Cour et la Parquet
général à qui le dossier est transmis. Le greffier assure la signification de la requête aux parties
concernées, au président de la République, au Premier ministre, au président de l’Assemblée natio-
nale, au président du Sénat, aux gouverneurs des provinces ainsi qu’aux présidents des assemblées
provinciales. La notification se fait par voie d’écrit.

La Cour peut-elle rejeter une requête sans débat contradictoire (par exemple, non-
admissibilité du recours, requête manifestement infondée...) ?
Indépendamment de cette procédure, le greffier peut, dès le dépôt de la requête, transmettre le
dossier au président de la Cour pour un examen préliminaire de la cause. Au cours de cette étape,
il peut arriver que le recours soit manifestement irrecevable, non fondé ou qu’il ne relève pas, de
façon évidente, de la compétence de la Cour. Dans ce cas, le président communique le dossier à
deux juges pour un examen approfondi. Si ces derniers aboutissent à la même conclusion du rejet
de la requête, le dossier est appelé et fixé à une audience après notification faite au requérant et au
procureur général. Cette procédure est dite de filtrage.

Quelle(s) autorité(s) assure(nt) la défense de la loi dans le contrôle de constitution-


nalité ? La situation vous paraît-elle satisfaisante ?
Dans le contrôle de constitutionnalité, la Cour peut être saisie d’un recours visant à faire déclarer une
loi à promulguer non conforme à la Constitution par le président de la République dans les 15 jours
qui suivent la transmission à lui faite de la loi définitivement adoptée, le Premier ministre, le président
de l’Assemblée nationale ou le président du Sénat, ou un nombre de députés ou sénateurs au moins
égal au dixième des membres de chacune des chambres. Selon la procédure organique, lesdites auto-
rités peuvent transmettre par écrit leurs observations à la Cour. Elles sont donc considérées comme
les défenseurs de la loi qu’elles ont soumis à l’examen de la Cour. Cette situation ne me paraît pas
satisfaisante car la Constitution exige à ces mêmes autorités de saisir la Cour pour un contrôle de
conformité, on voir mal comment elles peuvent encore assurer la défense de la loi ?

Quels sont les délais de production des observations ? Quelles sont les règles relatives
à la production des observations ? Existe-t-il une succession des délais de production
(secondes observations, réponses, répliques, dupliques...) ?
Selon la loi organique, ces autorités ont un délai de 8 jours pour donner leurs observations. Passé ce
délai, le dossier est communiqué au Parquet général (ministère public) pour son avis écrit à verser
au dossier de la Cour. Il n’y a pas une succession des délais de production (secondes observations,

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Réponses au questionnaire sur « l’organisation du contradictoire »

réponses, répliques ou dupliques) car la Cour est tenue de donner sa réponse (arrêt) dans un délai
de 30 jours, lequel délai peut être réduit à 8 jours en cas d’urgence à la demande du gouvernement.
S’agissant de la procédure d’exception d’inconstitutionnalité soulevée devant une juridiction, il est
normal que toutes les parties qui étaient litigantes dans ce procès aient le droit de communiquer leurs
conclusions valant observations contre la requête ayant soulevé l’exception d’inconstitutionnalité.

Quelles sont les règles d’assistance et de représentation des parties devant la Cour ?
Quelles sont, en pratique, les tendances observées en la matière (éléments statistiques
notamment) ?
Selon la loi organique, les parties peuvent comparaître en personne ou peuvent être représentées ou
assistées de leurs avocats. La plupart des requêtes, à la majorité, les parties se font représenter par
des avocats au de la technicité de la procédure.

Existe-t-il un mécanisme d’aide juridictionnelle devant la Cour ? Quelles sont les


règles applicables ?
Il n’existe pas en droit processuel constitutionnel congolais un mécanisme d’aide juridictionnelle
devant la Cour car la procédure est gratuite.

La Cour peut-elle accorder des frais irrépétibles (compensation des frais de justice)
et, dans l’affirmative, quelles sont les règles applicables ?
Par conséquent, il n’y a pas lieu d’accorder des frais irrépétibles quelconques, la procédure étant
gratuite. Mais des voix s’élèvent dans la doctrine afin que la procédure devant la Cour constitution-
nelle soit soumise à la consignation préalable d’une provision car la justice est un service public et
il est normal que les usagers puissent contribuer aux charges de celle-ci lorsque cela est possible.

Comment est organisée l’instruction du recours ? Comment est organisée la clôture


de l’instruction ? La réouverture de l’instruction est-elle possible et, dans l’affirmative,
dans quelles hypothèses ?
L’instruction d’un dossier commence d’abord par le juge-rapporteur à qui le dossier a été confié
aussitôt que l’avis du procureur général ait été versé au dossier. Le rapporteur établit un rapport écrit
à soumettre à la Cour dans les sept jours. Le rapport ainsi que l’avis du procureur général sont lus
à l’audience publique. La réouverture de l’instruction est possible, lorsqu’une des parties soulèvent
des observations que la Cour estimerait utiles pour éclairer sa religion.

III. Les incidents


Les mesures d’instruction :
La Cour soulève-t-elle des moyens d’office ? Comment cette faculté est-elle organisée
par les textes et mise en œuvre en pratique ? Est-ce fréquent ?
Le contrat judiciaire étant noué par le dépôt de la requête qui contient les griefs soulevés contre une
loi ou un acte réglementaire considérés comme violant la Constitution, la Cour constitutionnelle de
la RDC dans son office se limite à ce cadre. Elle ne soulève jamais un moyen d’office contrairement
au Conseil constitutionnel français.

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L’organisation du contradictoire

La Cour peut-elle solliciter une mesure d’instruction afin de l’éclairer sur l’affaire pen-
dante, notamment sur la portée de la disposition législative contestée ? En pratique,
quelles sont ces mesures d’instructions ? Sont-elles communiquées aux parties ?
La Cour peut-elle solliciter des observations de la part des juridictions supérieures ?
Le but de l’instruction est de permettre à la Cour constitutionnelle de mettre les affaires dont elle
est saisie en l’état d’être jugées. Temps clé du procès constitutionnel, elle est conduite en respectant
le principe du contradictoire. Grâce à elle, le principe du contradictoire est respecté en ce qu’elle
donne aux parties, à leurs représentants, même aux autorités politique l’occasion de développer leurs
argumentations s’agissant de la constitutionnalité ou non des dispositions législatives attaquées en
inconstitutionnalité. Dans le cadre de l’instruction, la Cour saisit les personnes et autres autorités
politiques pour avoir leurs observations sur les requêtes à elle introduites et les concernant. Saisie
par un recours d’exception d’inconstitutionnalité par la juridiction qui a transmis à la Cour ladite
exception, la Cour se limite à cette saisine et ne trouve pas d’intérêt de solliciter les observations de
cette juridiction car le monopole de l’examen des questions de constitutionnalité lui revient et elle
ne le partage pas avec d’autres juridictions.

La Cour est-elle dotée, en propre, de moyens d’investigation ? La Cour procède-elle


à des enquêtes, constats et/ou expertises ? Merci d’illustrer votre réponse.
Lors de l’instruction, la Cour n’a pas des moyens propres d’investigation. Le règlement intérieur ne
fait nullement mention des enquêtes, constats ou expertises. Ces investigations sont effectuées par le
Parquet général attaché près la Cour constitutionnelle lorsqu’il est saisi des questions des poursuites
pénales contre le chef de l’État et le Premier ministre ou leurs complices qui sont justiciables de la
Cour en matière pénale.

La Cour peut-elle recourir à une audition ? Merci de préciser votre réponse par des
éléments pratiques et statistiques (fréquence, objet, information des parties...).
À cette occasion, la Cour pourrait recourir à des auditions lorsqu’elle statue en matière pénale.
Évidemment lorsqu’elle est appelée à statuer en matière gracieuse sur la déclaration des patrimoines
des autorités publiques (président, Premier ministre et ses ministres) la Cour procède à l’instruction
de la cause en demandant aux intéressés s’ils confirment la teneur de leurs déclarations patrimoniales.
La déclaration du patrimoine se fait au début et à la fin des fonctions desdites autorités.

Les interventions devant la Cour :


La Cour accepte-t-elle la participation de tiers (amicus curie) dans le procès ?
Quels sont les textes applicables à cette possibilité d’intervention ?
Les interventions devant la Cour sont fonction de la matière qui lui est dévolue. Par exemple, en
matière électorale, étant juge des élections du président de la République et des membres de l’As-
semblée nationale, la Cour constitutionnelle peut entendre les membres de la Commission électorale
nationale indépendante ou tout expert pour éclairer sa religion. C’est le règlement intérieur de la
Cour qui est applicable.

Quelles sont les conditions de recevabilité d’une intervention (spontanée ou sollici-


tée) ? La recevabilité des observations en intervention fait-elle l’objet d’une procédure
contradictoire ? Comment s’opère l’analyse de l’admission des interventions ?
Aucune règle particulière ne n’organise le mécanisme de l’intervention (spontanée ou solli-
citée) devant la Cour constitutionnelle qui se réfère dans ce cas à la procédure de droit commun.

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Réponses au questionnaire sur « l’organisation du contradictoire »

Le règlement intérieur spécifie que sauf disposition contraire à la loi organique, les règles ordinaires
de la procédure pénale (ou civile) en matière d’instruction, de représentation des parties, du prononcé
et de l’exécution de l’arrêt sont applicables devant la Cour constitutionnelle.

Quel est le statut de l’intervenant ? Quel est/sont le(s) régime(s) juridique(s) des inter-
ventions ? Quels sont les droits des intervenants ?
Les éléments de réponses fournis au point 3.6 peuvent s’appliquer

Existe-t-il des interventions forcées devant la Cour ?


Votre Cour est-elle fréquemment concernée par des interventions ? Merci de donner
des précisions concrètes notamment sur la fréquence, le profil des intervenants et
les tendances à l’œuvre.

IV. Organisation de la procédure orale


Existe-t-il une procédure orale devant votre Cour ?
La procédure devant la Cour, bien qu’écrite est aussi orale en ce que, selon la loi organique, les
audiences de la Cour sont publiques, à moins que cette publicité ne soit dangereuse pour l’ordre
public ou les bonnes mœurs. Dans ce cas, la Cour ordonne le huis-clos.

Comment appréciez-vous la place de l’oralité dans votre procédure ?


La place de l’oralité dans la procédure devant la Cour constitutionnelle permet à celle-ci d’examiner
avec suffisamment de lumière les prétentions du requérant car tout peut ne pas figurer dans la requête
écrite. Ainsi les observations orales suppléent à cette carence.

Quelles sont les règles applicables à la présentation orale des observations ?


Aucune règle particulière quant à la présentation orale des observations sauf à se référer aux déve-
loppements consacrés au point 3.6 du présent questionnaire et aux réponses qui y ont été données.

La Cour organise-t-elle une audience publique ? Depuis quand ? Est-ce systématique ?


Comment est-elle fixée ?
Comme souligné au point 4.1 toutes les audiences de la Cour sont publiques. Le secrétaire de la
plénière de la Cour annonce au greffier les affaires dont le délibéré est terminé et annonce aux parties
la date d’audience à laquelle l’affaire sera instruite et la décision qui sera prononcée s’il échet, à
moins d’une audience ultérieure pour continuer l’instruction.

Quels sont les modes de publicité organisés par la Cour ? (salle d’audience, retrans-
mission, visionnage Internet...)
L’audience étant publique, une salle d’audience est prévue dans le palais de justice où se trouve
la Cour constitutionnelle. Pour certaines affaires importantes qui nécessitent une large diffusion,
l’instruction des celles-ci est retransmise sur la chaîne nationale (RTNC) ou les chaînes privées qui
ont reçu l’aval pour ce faire.

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L’organisation du contradictoire

Quelles sont les restrictions éventuelles à la publicité ? (audience privée)


Selon la loi organique, les audiences de la Cour sont publiques, à moins que cette publicité ne soit
dangereuse pour l’ordre public ou les bonnes mœurs. Dans ce cas, la Cour ordonne le huis-clos.

Quelles sont les règles applicables en matière de représentation lors de l’audience ?


Existe-t-il, par exemple, un monopole de représentation au profit des avocats et/ou
d’autres professions juridiques ?
Quant aux parties au procès constitutionnel, elles peuvent se faire assister de toute personne physique
ou morale. Celle-ci peut déposer les mémoires signés par les parties concernées. L’assistance n’est
pas obligatoire. Il n’y a pas un monopole de représentation réservé au profit des avocats car la défense
est libre. Mais compte tenu de la technicité de la procédure constitutionnelle, des voix s’élèvent dans
la doctrine pour proposer qu’il y ait un monopole de représentation des parties devant la Cour consti-
tutionnelle à l’instar des avocats du Barreau près la Cour de cassation (Cour suprême de justice).

Comment les audiences se déroulent-elles ? Merci d’indiquer notamment :


– Les modalités de direction et d’organisation des débats ;
– Les temps de prise de parole ;
– Les modalités d’échanges avec les membres de la Cour (questions posées par les membres
de la Cour) ;
– Le rôle particulier que peut exercer le juge-rapporteur ;
– La durée moyenne d’une audience ;
– Les modalités d’enregistrement.

À l’ouverture de l’audience, le président de la Cour donne la parole au greffier en vue de procéder à


la lecture du rôle des affaires qui ont été programmées. Aussitôt lecture faite, le président donne la
parole au juge-rapporteur afin de faire lecture de son rapport élaboré dans la cause. Les parties ayant
été préalablement notifiées de cette date d’audience sont appelées en vue de faire leurs observations
orales. Le temps de prise de parole est à la discrétion du président. Puis la parole est donnée au repré-
sentant du procureur général pour lecture de son avis. La cause est alors déclarée en état de recevoir
une décision de la Cour qui la prend en délibéré. La décision est alors portée à la connaissance des
parties une fois que la Cour a fini de délibérer. La durée moyenne d’une audience est fonction du
nombre des affaires inscrites au rôle mais qui ne peut dépasser deux à trois heures. Aucune modalité
d’enregistrement n’est prévue.

À l’issue de l’audience, les parties ont-elles la possibilité de déposer une note post-­
audience (note en délibéré) ?
Une fois l’audience terminée, la Cour est totalement dessaisie et les parties ne peuvent pas déposer
des notes en délibéré.

Le contradictoire se poursuit-il, d’une façon ou d’une autre, après l’audience ?


La Cour étant complètement souveraine, on ne peut guère envisager que le contradictoire se poursuive
d’une façon ou d’une autre car la décision qui a été rendue s’impose à l’égard de toutes les parties
et n’est susceptible d’aucun recours, sauf interprétation ou rectification d’erreur matérielle.

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