Livre Blanc
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L e secteur économique de
l’extraction des matériaux de
carrières tient une place essentielle
aux industriels une implication accrue
sur ces sujets et la poursuite des
efforts entrepris : développement du
au plan national, tant par ses recyclage, concertation en amont,
résultats que par son savoir-faire choix des modes de transport,
et ses investissements. Il est, réaménagements de carrières
pour le ministère de l’Écologie, en espaces naturels “réservoirs” de
du Développement durable, biodiversité, démarche qualité, etc.
des Transports et du Logement, très
Il s’agit bien d’un grand défi
caractéristique des grands enjeux
pour les entreprises exploitantes.
du Grenelle : concilier l’accès
Ce livre blanc des activités
à une ressource indispensable et
extractives est propice à une nouvelle
la protection de l’environnement, de
conception des projets
la biodiversité et des écosystèmes.
et à une meilleure adéquation entre
En effet, les besoins en matériaux de
extraction et développement durable.
construction pour le logement et les
Puisse son contenu valoriser les
infrastructures nécessitent au-delà
expériences et les acquis et inciter les
du recyclage, un apport en granulats,
industriels et leurs partenaires
auquel doit répondre le secteur
à innover et préparer l’avenir.
industriel. Dans le même temps, les
préoccupations environnementales,
la réduction des accidents et des Jean-Marc MICHEL, Directeur Général
de l’Aménagement, du Logement et de la Nature
nuisances et la réduction des impacts au Ministère de l’Écologie, du Développement
des activités humaines demandent Durable, des Transports et du Logement
© D.R.
L’UNPG
en bref
Avant-propos
Nos modes de vie et l’évolution de la
Par la production - extraction, traitement, recyclage - et la fourniture de granulats,
démographie génèrent de nouveaux
les industriels développent leur activité pour répondre durablement aux besoins besoins qu’il nous faudra satisfaire.
de la société en matériaux de construction. Ils se doivent d’exercer leur métier
de manière responsable, transparente et innovante, pour en améliorer l’acceptabilité. marquée par la loi de 1976, démographie génèrent de nouveaux
a changé la donne. Conscientes de besoins qu’il nous faudra satisfaire.
la nécessité de prendre pleinement
en compte les nouvelles exigences Dans ce contexte, il est apparu
environnementales, sociétales, opportun pour notre profession
Créée en 1840, l’Union nationale des produc- la moitié sont de roches massives, une cen- L’UNPG : techniques et économiques, nos d’engager, avec la collaboration
teurs de granulats – UNPG – rassemble les taine de plates-formes de recyclage et une une organisation ancrée entreprises se sont progressivement de nombre d’experts, une démarche
entreprises du secteur autour de ces valeurs. dizaine de gisements marins. Elles assurent à tous les niveaux adaptées en développant leur prospective. Fondée sur un constat
80 % de la production nationale et se répartis- expertise et leur savoir-faire. de la situation passée et actuelle,
sent en trois catégories : les groupes interna- Organisme représentatif de la profession, Soutenues dans cette démarche celle-ci envisage les effets prévisibles
Les granulats :
premier maillon
de la filière du bâtiment
tionaux (routiers ou cimentiers), les groupes
régionaux, qui exercent souvent en parallèle
l’UNPG adhère à l’Union Nationale des
Industries de Carrières et Matériaux de M atière première
de la construction,
des infrastructures de mobilité
par l’organisation professionnelle
qui a engagée des programmes
d’études et leur a proposé des outils
des grandes évolutions de la
société sur nos activités. Quels sont
ces effets et quelle sera, demain,
et des travaux publics une activité de travaux publics, et les petites Construction (UNICEM) qui regroupe l’en-
à l’habitat, les granulats sont de progrès, comme celui déployé notre capacité à approvisionner
entreprises implantées localement. Si l’on a semble des syndicats exerçant une activité
depuis toujours étroitement associés par la Charte Environnement les marchés du bâtiment et des
L’UNPG réunit les producteurs de granulats pu assister, depuis trente ans, à une concen- extractive minérale – craie, roches ornemen- au développement des territoires des industries de carrières, travaux publics dans des conditions
provenant de roches meubles terrestres et tration de l’activité, celle-ci reste néanmoins tales, chaux, minéraux industriels, gypse – et à l’amélioration du cadre de vie. nos entreprises ont su répondre acceptables pour la collectivité ?
marines, de roches massives calcaires et érup- fortement diversifiée dans sa structure. mais aussi d’autres activités en aval comme la Ce matériau de première nécessité à la demande en intégrant ces C’est à ces questions que ce Livre
tives, ou du recyclage des déchets du BTP et L’ensemble de l’activité représente un chif- fabrication de béton prêt à l’emploi, de plâtre a ainsi été longtemps exploité nouvelles exigences. Blanc veut apporter des réponses
de coproduits industriels. fre d’affaires proche de 4 milliards d’euros et ou de mortiers. au cœur même de la cité, puis dans et c’est pour nous permettre de
Sa mission, assurée par une équipe perma- emploie 15 000 personnes, essentiellement L’UNPG est membre fondateur de l’Union ses abords immédiats pour ensuite Aujourd’hui, alors que les besoins relever les défis futurs qu’il présente
nente centrale et dans chaque région, est de en milieu rural. Européenne des Producteurs de Granulats s’en éloigner progressivement. en matériaux se maintiennent et formalise 22 propositions.
défendre les intérêts de ses adhérents. Son Pour répondre aux besoins de la filière de la (UEPG), qui fédère 23 associations nationa- Activité de valorisation d’une à un niveau soutenu, la diminution
rôle consiste également à les informer et à les construction et des travaux publics, qui repré- les de producteurs de granulats. Elle a égale- ressource naturelle abondante, du nombre de sites en exploitation Je vous invite à découvrir ce
l’exploitation de carrières s’est se poursuit. Ce phénomène document, qui s’adresse bien sûr
accompagner dans la prise en compte d’en- sente environ 1,5 million d’emplois, les indus- ment créé, en 1992, la Charte Environnement
complexifiée au cours des trente conduit inéluctablement à éloigner aux producteurs de granulats mais,
jeux tels que la santé-sécurité, la protection triels produisent en moyenne 400 millions de des industries de carrières, aujourd’hui élargie
dernières années. Par ailleurs, les lieux de production des plus largement, à l’ensemble de nos
de l’environnement, la qualité des produits, tonnes de granulats par an. En 2009, le volu- à l’ensemble des industries extractives. les conditions d’accès à cette zones de consommation, sans parties prenantes, dans l’objectif de
le transport, la législation, etc. me produit par les membres de l’UNPG était L’UNPG s’appuie sur un réseau de déléga-
© UNICEM / M. LABELLE
ressource se sont fortement durcies, en appréhender les conséquences. partager nos réflexions et d’œuvrer
L’UNPG regroupe plus de 800 entreprises estimé à 303 millions de tonnes. tions régionales, structurées en “Collèges entraînant la fin de l’exploitation Si la baisse de consommation ensemble à un approvisionnement
qui exploitent environ 1 600 carrières, dont granulats” et animées par les UNICEM de nombreux gisements. par unité fonctionnelle a permis durable des territoires.
Au total, 2 200 carrières de granulats, exploitées
La production nationale de granulats, toutes entreprises confondues, s’est
régionales. Cette montée en puissance de la de réelles économies de matières,
par plus de 1 400 entreprises, étaient en activité en 2009. élevée à 376 millions de tonnes en 2009. protection de l’environnement, nos modes de vie et l’évolution de la Nicolas Vuillier, Président de l’UNPG
Synthèse
400 millions de tonnes : c’est la quantité moyenne de sables, gravillons
et cailloux ou, plus généralement, de granulats dont la France a besoin chaque
année pour construire ses routes, ses chemins de fer, mais aussi pour fabriquer
le béton de ses bâtiments et grandes infrastructures. 250 000 tonnes
ont par exemple été nécessaires sur le seul chantier du Stade de France…
Répondre à une telle demande représente réduire considérablement les impacts envi- peut aussi conduire à la diminution des espa-
un double défi pour les quelque 2 500 sites de ronnementaux de l’activité (bruit, poussières, ces encore accessibles. La nécessaire écono-
production. En termes de quantité d’abord : etc.). Plus encore, l’apport des carrières à la mie des ressources naturelles, rendue possi-
même si la géologie de la France est riche biodiversité, dans certaines conditions, est ble par le recyclage et les progrès techniques
et variée, l’accès à cette ressource minérale aujourd’hui largement reconnu. dans la construction, ne permettra pas pour
s’est complexifié depuis trente ans, accentué Or les besoins en granulats devraient res- autant une réduction drastique des besoins
par une opposition grandissante des riverains ter soutenus, compte tenu de la croissance de la société.
à de nouvelles carrières. En termes de qua- démographique, de l’évolution des modes de Enfin, l’évolution des modes constructifs
lité également : les carriers ont dû dévelop- vie, des nouvelles exigences environnemen- aura vraisemblablement des conséquences
per des granulats de plus en plus spécifiques tales dans la construction et l’entretien les sur l’activité. L’efficacité matérielle, c’est-à-
pour accompagner l’évolution des techniques infrastructures existantes. dire la capacité à élaborer un même produit
constructives et des normes. D’où la nécessité d’anticiper dès à présent avec moins de matière, ou l’engouement du
Les résultats, à ce jour, sont jugés satis- les tendances d’ores et déjà observées et qui public pour les matériaux alternatifs “natu-
faisants. En valorisant des gisements moins devraient se renforcer dans les vingt prochai- rels” tels que le bois constituent certes des
accessibles, qu’ils soient de roches meubles, nes années. enjeux forts, mais ne sauraient remettre en
massives ou issus du recyclage, les carriers D’abord, la participation de plus en plus question l’utilisation de granulats.
ont en effet réussi à répondre à la demande forte du public aux processus de décision Anticiper ou accompagner ces évolutions
croissante en matériaux, dans un contexte d’aménagement du territoire, facilitée par n’implique pas une modification radicale
de diminution des sites d’exploitation. En les nouvelles technologies de l’information du métier. Cet objectif incite au contraire à
mettant par ailleurs l’accent sur la qualité des et motivée par la volonté de préserver son renforcer les actions déjà engagées par la pro-
produits et la qualification des personnels, ils cadre de vie, risque d’accentuer les phéno- fession, visant à améliorer son acceptabilité.
ont su satisfaire les nouvelles exigences de mènes d’opposition aux carrières (on parle de Il nécessite également une adaptation des
leurs clients. Ces diverses actions ont été me- phénomène “Nimby”) et donc les difficultés politiques publiques favorisant l’usage de
nées en prenant en compte et en anticipant d’accès à la ressource. ressources minérales locales et le développe-
l’ensemble des évolutions réglementaires et Ensuite, la montée en puissance de la ment des processus de concertation à tous les
sociétales liées à la protection de l’environne- protection de l’environnement, initiée par la niveaux. C’est le sens des 22 propositions de
ment. La Charte Environnement par exem- société civile et trouvant sa traduction dans ce Livre blanc en faveur d’un approvisionne-
ple, créée en 1992 par l’UNPG, a permis de les politiques publiques nationales ou locales, ment durable des territoires.
Sommaire
Les producteurs de granulats : état des lieux p. 12
Les producteurs de granulats : Les producteurs de granulats :
état des lieux état des lieux
Le granulat, Le granulat,
un matériau un matériau
indispensable indispensable
L’exploitation L’exploitation
de granulats : de granulats :
une activité une activité
industrielle maîtrisée industrielle maîtrisée
© CN CharTE ENviroNNEmENT
© Eurovia / T. ChomEL
p. 15 p. 29
29
15
Ce Livre blanc constitue le fruit boré à partir d’une série d’entretiens menés
d’une large consultation engagée dès auprès d’experts externes (cf. liste p. 128) dans Une profession au cœur des grandes tendances sociétales p. 38
2009 auprès de l’ensemble des parties différentes disciplines telles que l’aménage-
prenantes de la profession, tant internes ment du territoire, la géopolitique, l’écolo- Une profession au cœur des Une profession au cœur des Une profession au cœur des
qu’externes. Il s’articule en trois volets. gie, la géographie, la sociologie, le droit de grandes tendances sociétales grandes tendances sociétales grandes tendances sociétales
© CN ChARTE ENVIRoNNEMENT
© UNICEM / P.Y. BRUNAUD
© ARTE-ChARPENTIER
évolutions, au cours des trente dernières an- tions qu’il présente sont regroupées en trois
p. 41 p. 49 p. 61
41 49 61
Mettre en œuvre une gestion Mettre en œuvre une gestion Mettre en œuvre une gestion
concertée de l’activité concertée de l’activité concertée de l’activité
© FotolIA.coM / D. BonArDelle
© LouIs NAtter
p. 75 p. 83 p.101
75 83 101
10 11
Les producteurs
En trente ans, la production de granulats est passée d’une moyenne
de 280 à 400 millions de tonnes par an. Les besoins en granulats pour
aménager le territoire n’ont en effet cessé de croître au cours de cette
période, sous-tendus par le développement démographique et des modes
de vie de plus en plus consommateurs.
de granulats :
Ainsi, la profession a dû faire face à un triple défi : satisfaire ces besoins
en termes de quantité et de qualité, tout en s’adaptant à des exigences
environnementales croissantes et en améliorant les conditions de travail
pour la sécurité et la santé des personnels, mais aussi exploiter une
ressource minérale de moins en moins accessible malgré une géologie
avantageuse.
12 13
Les producteurs de granulats :
état des lieux
Le granulat,
un matériau
indispensable
L’exploitation
de granulats :
une activité
industrielle maîtrisée
© Eurovia / T. Chomel
15
Les granulats, c encadré 1 c encadré 2
Les producteurs
de granulats :
état des lieux
la matière première de la richesse géologique du pays Un matériau,
des origines
Le granulat,
un matériau
l’aménagement du territoire diverses
Les granulats de roches meu-
bles sont issus des carrières
indispensable situées principalement dans les
L
réparties sur l’ensemble du ter-
ritoire (voir carte ci-contre). Les
granulats dits “recyclés” regrou-
es granulats proviennent essentiel- caractéristique indispensable pour assurer à la pent les matériaux issus de la
lement de roches dites “meubles” fois la stabilité des couches de fondation dans déconstruction des routes et bâ-
Formations sédimentaires timents, les granulats artificiels,
ou “massives” − deux types de gi- les routes et pistes d’atterrissage, ainsi que la Argiles les schistes, les laitiers et les mâ-
sement dont la France est naturelle- bonne adhérence des pneus sur la surface de Craies chefers d’incinération d’ordures
ment bien dotée (CF. Encadré 1). Mais roulement. Un kilomètre d’autoroute nécessi- Calcaires ménagères. Ils représentent 5 %
ils sont également issus des fonds marins et te ainsi de 20 000 à 30 000 tonnes de granulats. Sables de la production totale.
Grès
du recyclage (CF. Encadré 2). De même, c’est parce que diverses couches Formations métamorphiques Granulats calcaires
de granulats sont superposées sous les traverses Schistes
qui supportent les rails des voies de chemins Micaschistes
Les granulats, un matériau Schistes bleus
polyvalent indispensable de fer que ces derniers peuvent absorber les Ophiolites
vibrations répétées et les chocs dus au passage Gneiss
Environ 400 millions de tonnes de granulats di- des trains. Un kilomètre de ligne (deux voies) Formations plutoniques
vers sont nécessaires chaque année pour répon- TGV requiert ainsi 15 à 20 000 tonnes de gra- Granites
Granulats éruptifs
Formations volcaniques
dre aux besoins de la collectivité (CF. Encadré 3). nulats pour la constitution de la piste (soubas- Basaltes, rhyolites
L’extraction de minéraux (industriels ou à sements) et 9 000 tonnes de ballast – des lits Source : BRGM
usage principal dans la construction) représen- de graviers − sur lesquels se positionnent les Trois types de ressources naturelles
te même le premier flux de matières premières traverses et les rails. servent à fabriquer des granulats.
entrant dans l’économie… Il faut dire que les Autre utilisation majeure : les granulats
Les roches magmatiques ou méta- Les formations calcaires, inégale- Les roches meubles : elles regrou-
© BRGM
Causses...).
derniers de “s’auto-bloquer” entre eux, une
À ce niveau, on utilise des mélanges de bitume et de granulats, dits “enrobés”.
16 17
c encadré 4
Les granulats,
une activité
de poids
construction de bâtiments, d’infrastructures d’eau 2 500 carrières qui livrent quelque mil- Les autres carrières ont dû privilégier
(immeubles, lycées, collèges, ponts, centra- liers de centrales à béton et d’enrobage, des le transport par la route (94 % des tonnages
les électriques, digues portuaires...) et des usines de préfabrication et quelques dizaines en 2009). Comme le prix de la tonne de gra- Chiffre d’affaires
c encadré 3
éléments préfabriqués nécessaires à ces der-
niers (tuyaux d’assainissement, blocs, pou-
de milliers de chantiers ;
• deuxième contrainte : leur capacité de pro-
nulats, matériau par nature pondéreux et à
faible valeur ajoutée, double dans ce cas tous 3,6 milliards d’euros
trelles, pavés, planchers, escaliers…). Cent à duction est souvent insuffisante pour amortir les 25 kilomètres, les producteurs ont naturel-
les granulats, 300 tonnes de granulats sont ainsi nécessaires les investissements nécessaires à un embran- lement cherché à s’implanter à proximité des Nombre de salariés
pour quoi faire ? pour construire une maison individuelle et
20 à 40 000 pour un hôpital.
chement ;
• par ailleurs, un train transporte entre 1 300 et
centres de consommation.
Ainsi, même si on constate, au cours des
14 660
Consommation en millions de tonnes c Patrick Crézé
In fine, l’aménagement du territoire métropo- 1 500 tonnes de granulats, alors que la majorité Directeur adjoint au Délégué interministériel à dernières années, une augmentation sensible Nombre d’entreprises
l’Aménagement du Territoire et à l’Attractivité
Produits en béton
20
Enrobés
38
Ballast
4
litain requiert chaque année 7 tonnes de granulats
par habitant. Première conséquence directe de
des chantiers sont de petite taille, leurs besoins
ne se comptant qu’en centaines de tonnes ;
Régionale (DATAR)
des distances de transport par camion, l’exploi-
tation des granulats a réussi à demeurer une ac- 1550
Bétons de chantier
l’importance des besoins : même si la branche à • à noter enfin que les modalités d’achemine- La prise en compte tivité de proximité. La distance moyenne entre
Nombre de sites
proprement parler ne représente que 15 000 em- ment par les opérateurs ferroviaires pourraient les sites et les lieux de consommation n’est en
et mortiers
des problèmes
industriels
31
plois directs environ, l’activité de granulats gé-
nère indirectement plus de 50 000 emplois dans
être améliorées : le temps de rotation des ra-
mes entre les carrières embranchées et les énergétiques plaide
effet que de 25 à 30 kilomètres. Cette proxi-
mité historique se trouve, de fait, en parfait
2 700
la filière des matériaux de construction (cf. enca- clients situés dans les zones de consommation en faveur des accord avec les nouveaux impératifs environne- Volume produit
produits locaux.
376
dré 4). Deuxième conséquence : la proximité avec (la région parisienne par exemple) est de plu- mentaux. Comme le remarque en effet Patrick
les centres de consommation a toujours été un sieurs jours, alors que le trajet à proprement dit Crézé, directeur adjoint au délégué interminis- millions de tonnes
enjeu majeur pour les producteurs de granulats. n’est que de quelques heures… D’où une per- tériel à l’aménagement du territoire et à l’attrac-
formance logistique peu satisfaisante. tivité régionale (DATAR), “la prise en compte emplois amont
Voilà qui explique pourquoi seules les car- des problèmes énergétiques plaide en faveur (les fournisseurs de matériels,
Travaux routiers et ferroviaires, Une activité de proximité fixes ou mobiles, les
Béton prêt VRD, endiguements et autres rières correctement embranchées et situées à des produits locaux”. Autre défi majeur que la constructeurs d’engins fixes
à l’emploi usages pour infrastructure
71 215 Les principaux besoins en matériaux sont une distance compatible avec ces contraintes profession a dû relever au cours des trente der- ou mobiles, les emplois liés
concentrés sur les agglomérations : Paris et − soit en général supérieure à 200 kilomètres nières années : répondre aux profondes évolu- à l’entretien des engins…)
Environ 80 % des matériaux sont destinés
aux infrastructures de mobilité et aux réseaux
la petite couronne par exemple consomment
13 millions de tonnes de granulats par an,
pour le train et 100 kilomètres par bateau – sont
en mesure de recourir aux transports alterna-
tions, tant quantitatives que qualitatives, de la
demande.
16 000
divers. 20 % sont destinés à la construction celle de Nantes 2 millions de tonnes, et il a tifs. Une cinquantaine de sites sont ainsi em-
de bâtiments. Ainsi, 42 % des granulats sont 3
Cette augmentation résulte de la concomitance de deux phénomènes : Emplois Liés au transport
fallu 250 000 tonnes de granulats pour réali- branchés à une voie de chemin de fer en 2010 ;
utilisés pour la production de bétons hydrau-
liques, ou hydrocarbonés, le solde étant ser le Stade de France. Or, pour transporter leurs expéditions représentent 2 à 3 % de la
la diminution du nombre de sites (-14 % entre 1998 et 2008) et l’augmentation
de la production (+15 % sur la période). On estime en outre que si le nombre
actuel de carrières était divisé par deux, la distance moyenne parcourue pour
15 000
employé en l’état dans de multiples usages des centaines de millions de tonnes chaque production nationale. Par ailleurs, une cen-
les livraisons augmenterait de 41 %. Si leur nombre était divisé par trois, cette
comme dans l’industrie (charges minérales), année, la majorité des carriers n’a pas eu le taine de sites est reliée à une voie navigable ; distance croîtrait de 73 %. Source : UNICEM Magazine, octobre 2009. emplois des industries
l’agriculture (amendement, support de cultures choix : elle a dû opter pour la route. Difficile leurs expéditions représentent environ 5 %
Certaines régions sont conduites à importer des matériaux d’autres régions, transformatrices aval
maraîchères), les loisirs (terrains de sport…), voire d’autres pays, lorsque les caractéristiques des granulats présents à proximité (béton, mortiers, enrobés…)
la protection des biens et des personnes (en-
en effet de recourir au rail ou aux voies navi- de la production nationale. Et la situation n’a
35 000
sont inadaptées à leurs besoins spécifiques. Les couches routières de roulement,
diguements, enrochements…), la réalisation gables, et ce pour différentes raisons : guère évolué depuis quinze ans... les bétons spéciaux et les infrastructures ferroviaires, par exemple, exigent
des matériaux dotés d’une certaine résistance au feu, à l’usure, d’une durabilité
de routes, de ports, de voies ferrées, d’aéro- • tout d’abord, plus de 90 % des exploitations et d’une forme bien précises. La Bretagne importe ainsi des matériaux dont 8 300 dans le béton
ports et autres ouvrages de génie civil et de sont confrontées à l’absence d’embranche-
Plus globalement, le fret déplacé par rail a augmenté de 10 % dans l’Union alluvionnaires et des granulats marins des Pays de la Loire et la région parisienne prêt à l’emploi et 20 000 dans
travaux publics. ment au départ et/ou à l’arrivée chez leurs européenne des 25 entre 1995 et 2005, alors qu’il a baissé de 15 % en France. des calcaires du Nord par exemple. Certaines régions pourvues de gisements de les usines de préfabrication.
source : UNICEM – Données 2009 Source : http ://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/spipdgmt/pdf/ qualité font néanmoins appel à l’importation, ne pouvant valoriser leurs propres
clients. Impossible de relier par rail ou voie lepointsur_indicateurs_term_cle2faa5b.pdf. ressources compte tenu de contraintes environnementales et sociétales locales. source : UNICEM − données 2009
18 19
Satisfaire
Les producteurs
de granulats :
état des lieux
une demande c encadré 5
croissante de granulats
Évolution démographique
évolution de la production de granulats et en France métropolitaine
Le granulat, évolution démographique en france métropolitaine Granulats marins
Recyclage
un matériau En millions de tonne En millions d’habitants Roches éruptives
indispensable 450 Roches calcaires
Roches meubles hors
L’exploitation L’aménagement du territoire requiert chaque année 7 tonnes 400 marins
de granulats : de granulats par habitant. Pour satisfaire ces besoins, 350
La structure de la produc-
une activité la profession a su développer ses capacités de production tion a dû évoluer pour ré-
industrielle maîtrisée 300 pondre à l’augmentation
− en termes de quantité et de qualité − en s’appuyant sur 70 continue des besoins : la
diminution de la produc-
les progrès techniques et la compétence de ses personnels. 250
tion de roches meubles
200 a été largement com-
60 pensée par l’augmenta-
150 tion de celle de roches
E
massives (éruptives et
100 50 calcaires), ainsi que par
une légère progression
50
n dépit de quelques soubresauts mateur d’espace a nécessité des quantités des granulats recyclés
conjoncturels, les besoins en granulats importantes de matériaux pour construire 0 40 et, dans une moindre
n’ont en effet cessé de croître en trente les différents réseaux (routes, canalisations, 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 mesure, des granulats
SourceS : Unicem − INSEE marins.
ans : la production a dû augmenter en ouvrages d’art…). La mobilité accrue des
moyenne de 0,7 % par an entre 1970 individus, enfin, a favorisé la hausse des be-
c encadré 6
et 2009, passant de 280 à 376 millions de tonnes soins en matière d’infrastructures routières,
(cf. encadré 5). ferroviaires et aéroportuaires. Consommation d’espace par l’habitat
Certes, l’amélioration des techniques La surface occupée par l’habitat
En indice base 100 en 1992
Une croissance constructives a permis de limiter la consom- a augmenté environ 5 fois plus
140
mation de ressources naturelles : dans le vite que la population au cours
continue de la demande Surface au sol consacrée à l’habitat 1
des deux dernières décennies.
bâtiment, un bloc béton standard pesait 135 Ménage (nombre)
Logement (nombre) Cette pression accrue sur les
Plusieurs facteurs expliquent cette hausse environ 20 kg il y a 20 ans ; il n’en pèse en 130 Population sols et l’espace s’explique par
continue des besoins. En tête de liste : l’évo- moyenne que 17 kg aujourd’hui. Les murs la conjugaison de plusieurs fac-
125
lution démographique. En France, le nombre en béton de l’habitat collectif mesuraient teurs : l’augmentation du nombre
d’habitants est en effet passé de 51 millions 20 cm en moyenne, épaisseur réduite à 16 cm 120 de ménages, l’agrandissement
en 1970 à 62 millions en 2008, soit une hausse aujourd’hui. L’emploi des bétons à haute des logements et des espaces
115 attenants, ainsi que l’essor de
moyenne de 0,8 % par an. Conjuguée à l’évo- performance, enfin, a permis d’économiser
110 l’habitat individuel, en particulier
lution des modes de vie et de la structure fa- des granulats et du ciment dans les ouvra- dans les zones rurales.
miliale, cette augmentation a engendré une ges. Idem du côté de la route : il y a trente 105
(1)
Surface au sol consacrée à l’habitat (enquêtes
forte demande en matière de logements et ans, on utilisait une épaisseur de 20 cm de
100 Teruti et Teruti-Lucas) : rupture de série entre 2003
d’infrastructures (CF. Encadré 6). grave bitume en fondation, 20 cm de grave et 2006. Valeurs pour l’année 2008 : surface
95 au sol consacrée à l’habitat : 2,31 millions d’ha ;
L’évolution de l’urbanisme, aussi, a joué : bitume en sous-couche et 7 cm d’enrobés. ménages : 27 millions ; logements : 32,08 millions ;
1992 1996 2000 2004 2008
le développement des zones pavillonnai- population, 62,28 millions d’habitants.
Source : Insee − ministère de l’Agriculture et de la Pêche, SSP (enquêtes Teruti et Teruti-Lucas).
res et d’un habitat individuel très consom-
20 x 20 x 50 cm
20 21
c encadré 7
Consommation de matières
En indice base 100 en 1990
c encadré 10
115
110 De plus en plus
105 Aujourd’hui, grâce aux nouvelles techni- de transport et le développement de zones au cadre de vie des populations. Enfin, si de granulats
100 ques, ces quantités peuvent être réduites récréatives ou de loisirs. La loi relative à dans les années 70 certains espaces a priori recyclés
95 à 11 cm chacune en fondation et en sous- la solidarité et au renouvellement urbain vierges de vocation spécifique (fonds de
90 couche et à 3 cm en couche de roulement. (SRU) de 2 000 a par ailleurs encouragé le vallée, coteaux en friche…) pouvaient être Plus de 20 millions de tonnes
de granulats issus du recycla-
85 Mais les progrès techniques n’ont pas suffi maintien d’espaces agricoles à proximité consacrés à l’activité extractive sans grande
ge sont produits chaque année
80 Matières consommées à inverser la tendance globale à l’augmenta- des agglomérations, dans le but de garantir difficulté, d’autres priorités sont aujourd’hui – contre moins de 10 dans les
Matières consommées par habitant
75 tion de la demande, observée depuis trente la présence d’espaces “naturels” favorables données à ces espaces : maintien de continui- années 70. Ils proviennent* :
Matières consommées/PIB (intensité matérielle)
70 ans et observable, au-delà des granulats, sur tés écologiques, d’espaces verts périurbains, • d’activités industrielles : laitiers
1990 1994 1998 2002 2006 un grand nombre de matières (CF. Encadré 7).
Les zones artificialisées atteignent 9,4 % du territoire en 2008, soit conservation des milieux et préservation des de hauts fourneaux (2 millions
5,1 millions d’hectares, ce qui représente environ 800 m2 par habitant. 16 % de de t.), mâchefers d’incinération
Source : SOeS, 2010 (Dom inclus) Données 2007 estimées
Les carriers ont alors dû s’adapter et faire ressources en eau, etc. L’arrêté ministériel
ces surfaces correspondent à des sols bâtis (maisons, immeubles…), 44 % à des d’ordures ménagères (2 millions
considérablement évoluer leur activité. sols revêtus ou stabilisés (routes, parkings…) et 40 % à d’autres espaces du 22 septembre 1994 a, par exemple, inter- de t.), schistes houillers (2 mil-
c encadré 8 artificialisés (jardins, chantiers…). Les espaces artificialisés s’accroissent
d’environ 60 000 ha par an depuis 1993, aux dépens principalement des terres
dit toute exploitation dans le lit mineur des lions de t.) ;
Nombre de sites de production Le défi de la quantité agricoles, mais aussi des milieux semi-naturels (sources : CGDD, avril 2010) cours d’eau, et celui du 24 janvier 2001 dans • de la démolition de construc-
tions (15 millions de t.)
par type de roches Total
3500 Si la demande a fortement augmenté, l’accès
Roches massives 3 filières permettent en effet de
Roches meubles (hors granulats marins) 3000 à la ressource minérale, lui, s’est nettement valoriser les matériaux inertes
2500 2500 complexifié pour les producteurs de granulats. issus des chantiers du BTP (tra-
2000 2000 Jusque dans les années 70 en effet, ouvrir une vaux neufs et déconstruction des
carrière ne soulevait pas de difficultés parti- bâtiments, routes et ouvrages
1500 1500
d’art), qui représentent un vo-
1000 1000 culières. La nécessité de
lume total estimé à 269 millions
500 500 La croissance reconstruire le pays, dans de tonnes.
la période d’après-guerre, • 114 millions de tonnes sont
0
1982 1994 2008
0
1982 1994 2008 démographique et l’absence d’une conscience directement réemployées sur
l’évolution des modes collective des enjeux envi-
Source : MEDDTL, SOES, 2010 (DOM inclus) – Données 2007
les chantiers. Ces matériaux
c encadré 9 de vie ont engendré ronnementaux, une pla- proviennent à 90 % de travaux
routiers.
Production de roches meubleS une forte demande. nification très limitée des • 15 millions de tonnes sont
territoires et l’autorisation acheminées vers des plates-
Part des roches meubles dans la production totale d’exploiter délivrée à partir d’une simple formes de recyclage, où elles
% de la production totale % de la production totale déclaration en mairie constituaient des condi- sont traitées : concassage, cri-
80 80 blage, contrôle de la qualité et
tions peu contraignantes pour accéder aux
de la conformité.
70 France 70 Allemagne gisements à proximité directe des marchés. • 50 millions de tonnes sont
60 60 Depuis, la concurrence avec d’autres usa-
22 23
c encadré 11 c encadré 12
© D.R.
La certification est un acte vo- ment particulier de la marque nu-
lontaire de ce dernier. Elle lui méro NF041 approuvé par le di-
permet d’apporter la preuve, recteur général délégué d’AFAQ
l’espace de mobilité de ces derniers. Le souci employé produisait en moyenne moins de cela n’entraîne une augmentation du nom- par l’intervention d’un orga- AFNOR Certification le 4 février
croissant de protection de la nature, des pay- 15 000 tonnes par an avant 1982, il en produit bre de sites de roches massives. Elle repré- nisme tiers indépendant, par- 2008. L’AFNOR a confié le se-
tenaire d’AFNOR, que les pro- crétariat technique de la marque
sages et de la ressource en eau a donc rendu environ 30 000 aujourd’hui. Le recours à la sente ainsi 55 % du total de la production, duits fournis sont conformes aux “NF Granulats” à l’Association
plus difficile l’accès aux ressources alluvion- sous-traitance pour l’extraction, le transport alors que la part des granulats alluvionnaires, normes et que les contrôles de Technique pour la Certification
naires. et le terrassement s’est elle, a sensiblement baissé. En fait, c’est fabrication sont correctement des Granulats (ATCG), organisme
Pourtant, les carriers par ailleurs accentué. avant tout grâce à l’amélioration des techni- effectués pendant tout le cycle paritaire et indépendant, qui reste
ont réussi à répondre à
Les carriers ont réussi à Surtout, en réponse ques et des capacités de production que la d’élaboration du granulat. responsable devant l’AFNOR de
la demande, en hausse répondre à la demande, aux difficultés d’accès
En tirant le meilleur parti de la la gestion des opérations d’ad-
substitution a pu être réalisée (CF. Encadré 9). matière première, en adaptant mission et de surveillance.
constante depuis trente en hausse constante aux ressources alluvion- Ainsi, en l’espace d’une génération, le nom- le produit à l’usage attendu, en
ans (CF. Encadré 8). Ils ont depuis trente ans. naires, et, dans certains bre de sites a été divisé par deux tandis que détectant toute dérive de façon Résultats
d’abord misé sur l’auto- cas, à leur raréfaction, les leur production moyenne a doublé. préventive et en acquérant un Près d’une centaine de carrières
savoir-faire basé sur des repè- sur 2 200 produisent aujourd’hui
© D. jamme / CEVM
matisation, pour améliorer la productivité carriers se sont progressivement réorientés Les carriers ont également porté leurs
res, les producteurs réalisent des matériaux marqués NF. Ces
des exploitations : dans les nouvelles exploi- vers les roches massives : la production de efforts sur la production de granulats ma- ainsi des économies, gagnent granulats sont surtout destinés à
tations, on est passé d’un pilotage manuel à granulats issue de ces dernières a ainsi pres- rins, qui a plus que doublé en trente ans, et en productivité et améliorent des bétons employés dans les
un pilotage électronique. Ainsi, alors qu’un que doublé entre 1982 et 2009 – sans que surtout sur celle de granulats recyclés, qui leur technicité. ouvrages d’art.
24 25
c encadré 14
a triplé sur la période. Parmi les granulats usures − plus légers − pour l’isolation ther- produits (régularité, propreté, etc.). Encore ainsi permis d’améliorer les compétences
RÉPARTITION Des emplois recyclés, ceux issus de la déconstruction se mique − et même plus esthétiques − pour fallait-il que les compétences humaines du pour la conduite des sites de production. Un
dans le secteur des sont particulièrement développés depuis les les bétons apparents (couleur, aspect…). secteur s’adaptent à ces nouvelles exigences. partenariat avec l’école des Mines de Saint-
carrières et matériaux années 80, du fait des travaux de démolition Dans la route, la qualité des granulats uti- Étienne a par ailleurs été mis en place pour
RépartitionÉvolution 1999/2007 des grands ensembles construits après guer- lisés en couche de roulement – la partie su- De nouvelles compétences former en continu les personnels de carrières
52 % 13 % 30 re et les efforts faits par la profession pour périeure − influe sur le bruit provoqué par le et renforcer les effectifs d’encadrement dans
20 développer cette filière (CF. Encadré 10). roulement des véhicules sur la chaussée, l’ad- L’évolution de la demande, la technicité les entreprises. En 2010, plus de 35 person-
9 % 10
Parallèlement, la profession a multiplié hérence des pneumatiques, la résistance au croissante des granulats et l’automatisation nes ont ainsi été formées pour les industries
0
les démarches pour répondre au mieux aux polissage provoqué par le roulement, le carac- des sites ont incité les carriers à augmenter extractives.
-10
-20 exigences qualitatives croissantes de leurs tère drainant de la chaussée, ainsi que sur sa le niveau de qualification des opérateurs dans Plus globalement, la formation continue
9% 13 % -30 clients, liées à l’évolution des techniques résistance à la fissuration et sa durabilité. Au les exploitations et à développer certaines est réalisée dans le cadre de stages courts
constructives. cours des trente dernières années, les maîtres spécialisations. Comme dans de nombreux d’entretien des connaissances et de renouvel-
Ouvriés qualifiés Ingénieurs cadres
Employés Ouvriers non qualifiés d’ouvrage ont donc exigé des granulats qui secteurs économiques, on a assisté à une lement des habilitations en matière de sécu-
Techniciens agents de Total Le défi de la qualité soient optimisés en termes de composition réduction du nombre des ouvriers et à une rité (engins, électricité). Elle l’est également
maîtrise granulométrique d’une part et performants croissance des techniciens et agents de maî- au travers de parcours de type CQP pour l’en-
Source : Forcemat – données 2007
Il suffit de regarder le pont de l’île de Ré, le en termes de résistance à l’usure, à la frag- trise (CF. Encadré 14). cadrement de proximité (chef de carrière).
c encadré 15 viaduc de Millau et tous les bâtiments aux mentation et au polissage d’autre part. Dans le domaine de la formation initia- En 2009, l’organisme chargé de la forma-
structures de plus en plus complexes et aux Les carriers ont su répondre à ces nouvel- le, la profession a noué un partenariat avec tion continue de la profession a ainsi organisé
Quelles formations formes de plus en plus variées pour compren- les exigences. Ils ont avant tout bâti une offre l’école des Mines d’Alès à 4 700 stages couvrant 33 %
continues ? dre la profonde évolution des techniques cohérente, en donnant la priorité à la standar- partir de 2006, pour ouvrir de l’effectif des entrepri-
constructives, d’autant que sont apparus de disation et à la qualité. Ils ont ensuite valori- une option “matériaux de
La formation de chefs ses de la branche, princi-
construction”. Une quin- de carrière et de
3 634 inscriptions aux stages techniques
nouveaux impératifs en matière de sécurité, sé cette démarche en développant la marque palement dans le domaine
zaine d’élèves en sortent pilotes d’installation de
Sécurité Maintenance
1 271 792 de limitation des nuisances et de résistance “NF Granulats” (CF. Encadré 13). technique (CF. Encadré 15).
pour les routes. Cela a induit de nouvelles Non seulement la standardisation et diplômés chaque année. traitement de granulats Surtout, en trente ans,
exigences quant à la qualité des produits is- l’amélioration de la qualité des produits ont Et si les promotions inter- les carriers ont concentré
Engins
915 sus des carrières (CF. EncadréS 11 ET 12). permis de rationaliser la production, en li- nes ou le recrutement de
a permis d’améliorer leurs efforts sur un point
personnes expérimentées les compétences pour
Minage
377 La résistance des granulats à l’usure et à mitant les fabrications ponctuelles de gra- qui conditionnait et condi-
restent la voie principale la conduite des sites
Transport logistique
279 la fragmentation, leur dureté, leur densité, nulats trop spécifiques. Mais elles ont aussi tionne toujours la pérenni-
leur taille, etc., ont en effet un impact déter- contribué à fidéliser les clients, notamment pour devenir chef de car- de production. té même de leur activité :
166 inscriptions aux CQP minant sur la qualité du béton dans lequel ils les producteurs de bétons préfabriqués, très rière, certains de ces jeunes la maîtrise des impacts en
CQP BPE
915 sont utilisés. Le béton fibré ultra haute per- exigeants en matière de performances des ingénieurs d’Alès rejoignent les exploitations matière d’environnement et de santé/sécurité
CQP pilote
d’installation formance (BFUHP) par exemple, indispen-
La création d’une norme – la XP 18-540, remplacée en 2004 par la norme
pour ces postes opérationnels, en particulier des salariés.
38 sable pour réaliser une partie du viaduc de XP 18-545 – a notamment permis de dénommer les granulats selon leur au sein de groupes dans lesquels ils évoluent
dimension (“sablons” pour une taille inférieure à 1 millimètre, “sable” si leur
Millau (CF. Encadré 12), exige des granulats fins rapidement vers d’autres fonctions.
CQP chef de carrière taille est comprise entre 1 et 6,3 millimètres, etc.), de les classer en six
103 de résistance mécanique élevée, de haute catégories allant de A à F pour leurs caractéristiques mécaniques (résistance à La profession a également mis l’accent
l’usure et à la fragmentation) et de les soumettre à des critères de régularité
CQP technicien dureté et densité. Dans le bâtiment, les nou- stricts (en termes de granulométrie et de propreté notamment). Surtout, pour que
sur la formation continue. En 1993, la créa-
CQP conducteur d’engins de laboratoire veaux bétons (précontraint, haute perfor- la norme soit effectivement respectée sur le terrain, les carriers se sont obligés à tion des Certificats de Qualification Profes-
Les CQP sont accessibles soit aux collaborateurs expérimentés, soit aux
279 377 fournir systématiquement des “Fiches techniques produits” − documents où sont salariés de niveau bac + 2 ayant suivi un cycle de formation préparatoire.
mance, etc.) ont demandé des granulats plus indiquées, entre autres, les caractéristiques normalisées des granulats sur
sionnelle (CQP) “chef de carrière” et “pilote Centre national d’Études et de Formation des Industries de Carrières et
source : CEFICEM 2009 – statistiques granulats
durs − pour les bétons exposés à de fortes lesquelles le producteur s’engage vis-à-vis de ses clients. d’installation de traitement de granulats” a Matériaux (CEFICEM).
26 27
Les producteurs de granulats :
état des lieux
Le granulat,
un matériau
indispensable
L’exploitation
de granulats :
une activité
industrielle maîtrisée
© CN Charte Environnement
29
Réduire les impacts
Les producteurs
de granulats :
état des lieux
sur l’environnement :
Le granulat,
un matériau
une priorité Enfin, l’activité des carrières a un impact
direct sur la biodiversité, dans la mesure où
indispensable elle modifie les habitats, donc les espèces qui
y vivent. En la matière, l’action du carrier peut
L’exploitation Modification des paysages, du vivant, bruit des camions, s’apparenter à un processus naturel qui boule-
de granulats : émission de poussières… l’exploitation de granulats a des verse le sol, met la roche à nu, crée des plans
une activité impacts sur l’environnement. Leur perception explique en partie d’eau ou des falaises et de nouveaux paysages.
industrielle maîtrisée
les difficultés rencontrées par les carriers pour ouvrir de nouvelles
© N. LEMARCHAND
Quelles actions ?
exploitations. La profession a donc multiplié les efforts pour
réduire l’empreinte de l’activité. En réponse à ces difficultés, l’évolution de
la réglementation a naturellement incité les c encadré 16
Q
exploitants de carrières à mieux contrôler
leurs impacts sur l’environnement. La charte environnement,
Les dispositions réglemen- un outil de progrès
uels impacts ? granulométrie des roches, du trafic des en- taires propres à l’activité extrac- L’action du carrier
Outil pratique conçu Le maintien de ces bonnes proposant à ses adhérents
gins sur les pistes, ou encore des conditions tive, d’abord, ont progressive-
Les exploitants de carrière sont climatiques. ment imposé que l’ouverture
peut s’apparenter à par et pour les carriers, pratiques est vérifié ensuite des formations annuelles
la Charte Environnement annuellement. Les 80 critè- thématiques : formations sur
confrontés à plusieurs difficultés. Autre conséquence possible de l’acti- et l’exploitation des carrières un processus naturel des industries de res du référentiel couvrent les hydrocarbures en 2005,
L’extraction de roche, d’abord, in- vité : des effets sur l’hydrogéologie locale, soient soumises systématique- de perturbation carrières constitue un les grandes problémati- sur la concertation locale
engagement volontaire ques des industries extrac- en 2006, sur l’eau en 2007
duit une modification des paysages (suppres- au niveau des eaux souterraines (nappe ment à étude d’impact préa- qui bouleverse le
de la profession. tives en termes de dévelop- et 2008, sur la “gestion des
sion de la végétation initiale, modification de phréatique) ou superficielles (rivières, plans lable et à enquête publique.
la topographie, construction d’installations, d’eau). L’exploitation d’une carrière dans Depuis la loi du 4 janvier 1993,
sol, met la roche pement durable : le bruit poussières” en 2009 et la
Le principe ? Un proces- et les vibrations, la qualité biodiversité en 2010. Plus
décapage des sols, apparition d’un plan une nappe phréatique engendre en effet les carrières relèvent en effet à nu, crée des sus d’amélioration en plu- de l’air, la protection de de 250 personnes y partici-
d’eau, etc.). Il s’agit de la pression la plus vi- des modifications hydrodynamiques (effets de la législation sur les Instal- plans d’eau ou des sieurs étapes : l’eau, la gestion des dé- pent chaque année.
• un audit initial, réalisé chets et l’entretien du site, Pour renforcer son action,
sible que génère une exploitation. sur le niveau statique de la nappe, sur les lations Classées pour la Pro- falaises.
par un auditeur conseil l’insertion paysagère mais la Charte propose depuis
L’activité produit également des poussières, vitesses d’écoulement, sur les échanges tection de l’Environnement externe à l’entreprise, per- aussi la sécurité des tiers 2009 de nouveaux outils
du bruit et, dans certains cas, des vibrations. Le nappe/cours d’eau…) et peut, dans certaines (ICPE). Elles sont toutes soumises à autorisa- met d’abord de dresser un ou encore la concertation de progrès à ses adhé-
matériel de chantier et les véhicules de trans- situations, modifier les propriétés chimiques tion préfectorale : une étude d’impacts et une état des lieux, de repérer avec les riverains, les as- rents pour la gestion du
port constituent en effet une source de bruit de l’eau et de sa bactériologie. La végétation, étude de dangers doivent être jointes au dossier les points à améliorer et sociations de protection transport, de l’énergie, de
de positionner l’entreprise de l’environnement et les la biodiversité, de l’eau et
continu et répétitif. Plus ponctuellement, les notamment, se développe, puisque l’eau de la de demande d’autorisation .
sur une échelle de 1 à 4 ; pouvoirs publics. Cinq ans en matière de concerta-
tirs de mine dans les carrières de roches massi- nappe rentre désormais en contact avec l’air. • un plan d’action trien- après sa création, 400 en- tion locale.
ves constituent aussi des sources de nuisances Les carrières peuvent également générer
L’étude d’impact traite de l’ensemble des domaines visés par la nal est défini par l’entrepri- treprises regroupant un
réglementation : sites, paysages, faune, flore, équilibres biologiques, commodité millier de sites ont déjà
sonores et de vibrations selon le type de roches. des “matières en suspension” (MES) dans du voisinage (bruit, poussières…), agriculture, hygiène, santé, sécurité
se et son application est
Conçu en partenariat avec l’association
La poussière et les rejets de gaz à effet les cours d’eau et les nappes, en provenance publiques, protection des eaux superficielles et souterraines… L’exploitant doit y contrôlée chaque année adhéré à la Charte, 23 % Noé Conservation, le programme de
analyser l’état initial du site, les effets du projet d’exploitation de carrière sur par un auditeur conseil ; des sites audités atteignant formation sur la biodiversité est composé
de serre produits par les véhicules repré- des eaux de lavage, des poussières, du dra- l’environnement et les mesures prévues pour limiter ou supprimer ces effets. • un audit spécifique, réa- le niveau 4. Il faut dire que de sessions régionales et locales animées
sentent par ailleurs des sources de pollution gage ou de l’érosion des berges. Ces MES L’étude d’impact est donc un élément essentiel du dossier, car c’est par elle que
lisé par un autre auditeur, la Charte Environnement a par des structures extérieures à la
l’exploitant va analyser les impacts de son projet, définir les solutions pour profession directement impliquées dans la
atmosphérique, les émissions de poussières peuvent alors perturber la croissance de la corriger ces derniers et démontrer la compatibilité du projet avec le respect de son valide le respect des bon- encouragé l’acquisition de protection de la nature, en particulier
dépendant du mode d’exploitation, de la végétation aquatique. environnement. nes pratiques. nouvelles compétences en associatives.
30 31
c encadré 17
Outre la réglementation spécifique sur par des organismes indépendants, en partena- étaient certifiés Iso 14 001 début 2009, ce qui en situation, et leur permettre de préparer Union Internationale pour la Conservation
les installations classées, l’exploitation de riat avec plusieurs universités et organismes signifie qu’ils ont analysé l’ensemble de leurs un plan de communication et de concerta- de la Nature (UICN), World Wildlife Fund L’UNICEM Rhône-
carrières est également concernée par bon reconnus comme le Bureau de Recherches impacts environnementaux et mis en œuvre tion. Plus de 300 personnes ont ainsi suivi (WWF) ou la Ligue pour la Protection des Alpes partenaire
nombre de réglementations d’origine euro- Géologiques et Minières (BRGM), le Centre des plans d’action adaptés. cette formation depuis sa création. Oiseaux (LPO), en particulier sur le thème de la Ligue
péenne ou française, qui ont conduit les National pour la Recherche Scientifique Les entreprises, enfin, ont multiplié les La création de la Charte Environne- de la biodiversité. pour la
entreprises à mieux prendre en compte les (CNRS), le Muséum National d’Histoire démarches de concertation. Lors de la procé- ment (cf. infra) a également aidé en ce sens, Protection des
impacts potentiels de leur activité sur l’en- Naturelle, etc. Celles menées sur la pous- dure d’instruction d’un dossier de demande puisqu’elle encourage la mise en œuvre des Quels résultats ?
Oiseaux
vironnement. Parmi elles, les directives sière en 2000, par exemple, ont permis de d’autorisation d’exploiter, la réglementation commissions locales de concertation et de
Oiseaux et Habitats – qui ont donné nais- mieux définir les méthodologies de mesure prévoit en effet la réalisation d’une enquête suivi (CLCS), qui associent l’ensemble des En trente ans, l’évolution de la réglementa- C’est en 2003 que l’UNICEM
sance au Réseau Natura 2000 – les directives de poussières en vue de répondre de manière publique. Néanmoins, depuis le début des parties concernées par la carrière. La CLCS tion et les démarches volontaires entreprises Rhône-Alpes et la Ligue pour la
“Eau”, les SDAGE, les adaptée aux exigences années 90, c’est de leur propre chef que de permet ainsi aux populations riveraines par les carriers ont permis de réduire considé- Protection des Oiseaux (LPO) se
sont rapprochées.
textes sur les zones humi- réglementaires de respect nombreuses entreprises ont organisé des ins- d’exprimer leurs besoins et attentes mais rablement les impacts environnementaux de
des ou encore la stratégie Pour mieux connaître, des seuils. De même, en tances de concertation formelles : on estime aussi de constater l’application des bonnes l’activité. Objectifs : sensibiliser les pro-
nationale sur la biodiver- quantifier et identifier matière d’insertion pay- qu’environ un tiers des carrières adhérentes pratiques environnementales sur le site. En En matière de poussières émises dans fessionnels des carrières, l’ad-
sité. les solutions techniques, sagère, l’École Nationale à l’UNPG ont mis en place des comités lo- complément, un module de formation sur l’environnement, des études menées par ministration et les autres associa-
tions de protection de la nature
Surtout, pour répondre la profession a initié de du Paysage de Versailles a caux qui se réunissent entre trois ou quatre l’organisation des CLCS a été élaboré avec l’UNPG ont permis de mieux définir les
aux enjeux de la biodiversité,
aux exigences environne- élaboré pour la profession fois par an − dans le cas de situations conflic- le soutien de l’association Geyser, auquel méthodologies de mesure, donc de mieux
mentales croissantes, les nombreux programmes
développer les connaissances
des guides pratiques pour tuelles ou d’enjeux forts : projets d’exten- ont participé plus de 200 exploitants. Près de répondre aux exigences de seuils réglemen- sur la richesse des carrières en
industriels eux-mêmes de recherche. l’aménagement paysager sion ou de renouvellement de la carrière… 500 sites adhérents à la Charte, taires (Cf. Encadré 18). Rhône-Alpes, poser les bases
et la profession tout en- des sites. − à une fois tous les deux ou trois ans. Ils parmi le millier que compte Les entreprises Ces études ont en outre aidé d’un nouveau dialogue entre les
tière ont pris de nombreuses initiatives. Afin Bon nombre de carrières se sont parallèle- sont composés, selon les cas, de riverains, l’association, sont ainsi dotés les exploitants à mieux caracté- différents acteurs et rédiger un
d’accélérer l’évolution des pratiques sur les ment engagées dans des systèmes de mana- d’élus locaux, d’associations de protection d’une CLCS. ont multiplié riser les effets de l’activité sur
guide de “recettes” pour conci-
lier protection de la biodiversité
sites de production, les professionnels du gement environnementaux : environ 200 sites de l’environnement ou d’usagers (pêche, Enfin, les carriers ont mul- les démarches l’environnement et à mettre en et exploitation de carrières.
granulat ont ainsi fait évoluer en 2005 leur chasse, randonnée…), de représentants des tiplié les partenariats avec les de concertation. place les actions appropriées, de La nouveauté du projet tenait à
action environnementale vers une démarche administrations et d’interlocuteurs de l’en- associations de protection de type capotage des installations, la fois à son mode de fonction-
de progrès continu portée par une charte : la treprise (décideurs, techniciens, chefs de l’environnement (Cf. ENCADRE 17). De nombreu- abattage des poussières par aspersion, net- nement (travail entre carriers, na-
turalistes et collectivités) et à sa
“Charte Environnement des industries de carrière…). ses entreprises ont par exemple signé des toyage des pistes… En 2009, 77 % des carriè- thématique (roches massives et
carrières” (Cf. Encadré 16). Il faut dire que l’UNPG a encouragé de conventions de gestion de la biodiversité au res adhérentes à la Charte Environnement, carrières en activité).
Pour mieux connaître, quantifier et identi- telles démarches en créant des formations niveau local avec des associations naturalis- soit près de 730 sites, avaient ainsi mis en Résultat ? Après un travail im-
fier les solutions techniques à mettre en œuvre, dédiées pour les exploitants : depuis 2006, tes, des conservatoires régionaux ou autres place un dispositif permettant de maîtriser les portant de recensement et d’in-
la profession a également initié de nombreux un stage portant sur la gestion des relations centres permanents d’initiatives pour l’envi- envols de poussières pendant le transport des ventaire des espèces d’oiseaux
sur un large échantillon de 94
programmes de recherche. En un peu plus locales leur est proposé. Objectifs ? Leur ronnement (CPIE). Des partenariats natio- produits. Ils étaient moins de 520 en 2005. carrières en activités, la LPO a
de dix ans, les producteurs de granulats ont fournir des méthodes et des outils pour gérer naux, voire internationaux, sont en outre Des guides de bonnes pratiques ont égale- conçu des documents d’informa-
ainsi financé une centaine d’études, réalisées au mieux les processus de concertation, leur passés entre certaines grandes entreprises ment aidé les exploitants à mieux maîtriser les tion et rédigé le guide méthodo-
donner l’occasion d’échanger et de se mettre et des ONG environnementales du type nuisances dues au bruit, grâce à un positionne- logique “Une carrière, des hom-
© CEMEX / E. Sabatier
Créés par la loi sur l’eau de 1992, les Schémas Directeurs d’Aménagement et
ment judicieux de l’installation de traitement mes, des oiseaux” à l’attention
de Gestion des Eaux (SDAGE) sont des outils de planification qui fixent, par district
Organisée par le Préfet dans toutes les communes situées dans un rayon
Le Groupe d’études et de services pour l’économie des ressources (Geyser) est des exploitants. Celui-ci présente
hydrographique, les orientations fondamentales et objectifs principaux en matière de 3 km autour du projet de carrière, l’enquête publique doit permettre à toute une association loi 1901. Depuis 1983 Geyser, mène des activités d’étude, vis-à-vis de la topographie et à une bonne orga- les principales espèces concer-
de gestion des eaux. Au niveau local, chaque SDAGE est décliné en SAGE personne intéressée par le projet de s’exprimer sur le dossier. En fonction d’échange d’expériences, d’appui aux innovations locales et de mise en réseau
(schémas d’aménagement et de gestion des eaux) qui précisent et planifient ses de ses résultats, l’exploitant peut être amené à préciser ou amender son projet dans le domaine du développement et de la concertation locale, en France et en nées et contient dix fiches techni-
grandes orientations. afin de prendre en compte telle ou telle préoccupation des riverains. Europe (cf. www.geyser.asso.fr).
Notamment à ceux définis dans l’arrêté du 22 septembre 1994 ques très simples à utiliser.
32 33
c encadré 18 c encadré 20
la veille de
© CN Charte Environnement ; ENCEM / Laura Lugris ; quercy-photo.net / Azam ; Ecosphère / Y. Dubois ; J.M. Peers
la qualité de l’air
Dans la majorité des cas, le débit et les concen-
trations des émissions atmosphériques canalisés
en cas de captation sont contrôlés périodique-
ment et respectent les seuils réglementaires. Le nisation de l’exploitation (éviter les transports néral à la développer, puisqu’elles apparaissent
inutiles, avertissement de tirs de mines, explo- comme des milieux artificiels qui aident à main-
1 2
graphique ci-dessous présente la part des sites
adhérents à la Charte Environnement qui ré- sions à des heures précises…). tenir un patrimoine naturel éprouvé par d’autres
pond à cette exigence. Les travaux de la profession ont aussi per- activités. Les anciennes carrières convenable-
% de sites
80
mis d’améliorer les techniques d’abattage des ment aménagées constituent ainsi des milieux
fronts de taille, principales sources de vibra- de substitution aux habitats naturels absents
60
tion dans les carrières. Orientation des tirs (bras morts, plans d’eau oligotrophes…) ou dé-
40 de mine, connaissances des structures géo- faillants en raison d’un drainage excessif par
3 4 5
20 logiques, nouveaux produits explosifs, nou- exemple (mares temporaires, plans d’eau de
0 1. Le Petit gravelot 2. Le Crapaud 3. Le Lézard ocellé veaux détonateurs… permettent aujourd’hui faible profondeur, zones inondables…). Elles
2005 2006 2007 2008 2009 Il se reproduit sur les terrains calamite C’est le plus grand des lézards d’exploiter les carrières de roches massives en peuvent également compenser la perte des
Source : Charte environnement des industries de carrières
graveleux sans végétation, Espèce pionnière protégée au d’Europe ; il peut atteindre maîtrisant les nuisances de l’activité. stades pionniers issus de l’abandon et de l’en-
non loin de berges ou de zo- niveau national, le Crapaud 60 cm de long. Il affectionne
c encadré 19 Sur le sujet de l’eau, la contribution des frichement de certains milieux. Les carrières
nes humides peu profondes. calamite se reproduit dans les les éboulis qui lui offrent de
Cette espèce rare en France petits plans d’eau, mares ou bonnes conditions de séche- carrières dans la régulation du régime des accueillent ainsi des oiseaux d’eau hivernants
la gestion de l’eau se rencontre régulièrement sur flaques non végétalisées sur resse et de chaleur. Cette es- cours d’eau (crues, étiage) a pu être précisé- ou nicheurs, maintiennent des populations
les carrières où il retrouve des substrat minéral (sables, gra- pèce protégée en France se ment définie, tout comme les incidences de d’amphibiens menacés (grenouilles, cra-
La gestion de l’eau en carrières implique des exi- milieux favorables. C’est une viers). Les écologues l’ont trou- rencontre sur les carrières de l’exploitation sur les nappes souterraines, et pauds, tritons) ou d’insectes, odonates (libel-
gences techniques et réglementaires, auxquelles des espèces les plus favorisées vé dans les carrières, notam- roches massives comme dans
doivent répondre les sites de production. Les gra- l’évolution de la qualité biologique des plans lules) et abritent certaines espèces végétales
par les gravières qui sont à ment dans 10 des 17 sites de les zones humides issues de
phiques ci-dessous présentent la part des sites adhé- l’origine de son actuelle pro- zones humides étudiés. Cette d’eau issus de carrières. Désormais, les entre- rares (Cf. Encadré 20).
carrières alluvionnaires.
rents à la Charte Environnement ayant mis en œu- gression. forte fréquence traduit l’intérêt prises sont donc en mesure de recycler les Grâce à la qualité des recherches menées,
vre certaines pratiques dans le domaine de l’eau : des carrières pour cette espè- eaux circulant sur leurs sites (eaux de process, l’UNPG est en fait devenue un acteur incon-
• mise en place de fossés de dérivation, si néces- ce peu répandue.
saire, pour l’extraction de roches massives : eaux pluviales…), d’assurer la propreté des tournable sur les problématiques de biodiver-
% de sites eaux rejetées dans le milieu naturel et de pré- sité. Le syndicat et la fédération UNICEM
4. Le Criquet 5. Le Grèbe
100 venir tout risque de pollution accidentelle (Cf. sont ainsi membres de la Fondation pour la
à ailes bleues castagneux
80 Encadré 19). Recherche sur la Biodiversité ou de l’Ob-
Il apprécie les habitats caillou- Il colonise surtout les plans
60 teux à végétation clairsemée. d’eau assez jeunes et niche En trente ans, les carriers ont fortement servatoire National de la Biodiversité ; les
40 Sa relative rareté dans le nord dans les ceintures de végéta- progressé dans la gestion des abords de leurs comités environnement et biodiversité du
20 de la France a justifié son tion inondée (roselières, sau- sites : en 2009, 93 % des adhérents à la Charte MEDEF sont par ailleurs présidés par des
0 inscription parmi les espèces laies inondées...) en bordure
2005 2006 2007 2008 2009 Environnement, soit près de 880 sites, avaient représentants de la profession.
protégées en Île-de-France. de l’eau. Alors qu’il est consi-
Comme de nombreuses autres déré comme rare en France ainsi aménagé leur entrée, contre 500 environ Second type d’impacts que la profession
• réalisation d’analyses des effluents liquides rejetés en
milieu naturel, conformément à l’arrêté préfectoral : espèces des milieux pionniers, (moins de 5 000 couples), en- en 2005. s’est efforcée de réduire : ceux touchant la
% de sites ce criquet est favorisé par la viron 50 couples ont été inven- Enfin, en matière de protection de la natu- santé et la sécurité des travailleurs.
création de gravières. toriés sur 13 sites de carrières, re, les études menées sur la biodiversité ont dé-
80
dont 25 sur une seule carrière
60 montré que les exploitations de granulats, loin
du Loiret.
40 de détruire cette dernière, contribuaient en gé-
20
À noter que depuis 1979 la remise en état des sites doit être effectuée
parallèlement à l’exploitation et non plus après, ce qui favorise l’intégration
0
2005 2006 2007 2008 2009 paysagère. Depuis 1994, tout exploitant doit d’ailleurs constituer des garanties
Source : Charte environnement des industries de carrières financières destinées à couvrir le coût des travaux de remise en état en cas de
défaillance.
34 35
Prévenir les risques
Les producteurs
de granulats :
état des lieux
sur la santé et la sécurité :
Le granulat, un impératif d’Études et de Formation des Industries de Parallèlement, l’UNPG s’implique forte-
© CEMEX - E. Sabatier
un matériau Carrières et Matériaux (Ceficem), en partena- ment au niveau européen sur le thème de la
indispensable riat avec Prevencem. Son ambition est d’im- Santé-Sécurité : depuis 2008, le syndicat est
pliquer les responsables de sites et les inciter un des principaux contributeurs au rapport
L’exploitation Comme toute activité industrielle, l’exploitation de carrières à appliquer la démarche sécurité sur le terrain, européen qui a résulté de l’Accord social sur
de granulats : une et la production de granulats présentent des risques pour la santé en réalisant un diagnostic sécurité – une ving- la silice cristalline alvéolaire. Via l’UEPG,
c encadré 20
activité industrielle et la sécurité des travailleurs. La profession s’est donc mobilisée taine ont été réalisés en 2009 − un plan d’ac- l’UNPG participe également de façon active
maîtrisée tion et le suivi de sa mise en œuvre – plus à l’association Atlantic Alliance, qui rassem- L’engagement Santé-
pour les prévenir durablement. d’une centaine de responsables en ont béné- ble à l’échelon international les utilisateurs et Sécurité : les 12 points clÉs
Q
ficié en 2009. les constructeurs d’engins dans le but d’amé-
Au-delà, et pour aider les PME à struc- liorer leur ergonomie et leur sécurité intrinsè- Afin de préserver la sur les problématiques
santé et la sécurité de de coactivité et de
turer leur politique santé-sécurité, l’UNPG a que au-delà des seuls standards retenus par ses collaborateurs et sécurité sur site
uels impacts ? fréquence des accidents ayant occasionné défini un socle commun de bonnes pratiques, les normes. celles de tout salarié 6. Participation du
un arrêt de travail. l’Engagement Santé-Sécurité, dans lequel Les résultats sont encourageants. Entre intervenant sur ses signataire à la réunion
Du fait des engins en mouvement, Comment ? Trois grands leviers d’action ont sont retenus 12 points clés touchant l’orga- 2005 et 2009, le taux de fréquence a en ef- sites d’exploitation, régionale Santé-Sécurité
des bandes transporteuses ou des été retenus : des commissions Santé‑Sécurité nisation, la technique et les comportements fet baissé de 23 % pour les roches massives l’entreprise s’engage 7. Désignation
à mettre en du correspondant
explosifs, mais également des bruits d’abord – lieux d’échanges privilégiés entre (CF. ENCADRÉ 20). Son utilisation est très simple et, et de 25 % pour les roches meubles. 17 acci- œuvre des actions Santé-Sécurité
et vibrations, travailler dans une carrière n’a les responsables de carrières sur ce sujet – ont par exemple, la majorité des entreprises de la dents graves ou mortels avaient été recensés visant à agir sur 8. Communication des
jamais été sans risque. été créées dans chaque région. Des outils région Rhône-Alpes l’ont adopté dès 2010. en 2005. On en a compté 8 en 2009. l’organisation, les informations collectées
ont ensuite été mis au point à l’intention des Autre preuve de l’implication réelle de la En trente ans, les producteurs de granu- comportements et la dans le cadre de
exploitants : au niveau national, le cd-rom profession en matière de sécurité : depuis 2007 lats ont donc considérablement fait évoluer technique : l’Engagement
Quelles Les comportements
actions ? “Accueil Santé-Sécurité des s’est engagé, en étroite concertation avec la leur métier. Ils se sont modernisés, ils ont L’organisation 9. Mise en œuvre
nouveaux salariés en carrière”, profession, un important travail de moderni- amélioré les conditions de travail, la qualité
Pour les maîtriser, le Règle-
Diminuer de par exemple, explique de façon sation du Règlement Général des Industries des produits et ont réussi à répondre à la fois
1. Signature de
l’Engagement Santé-
d’un accueil sécurité
formalisé des
ment Général des Indus- 25 % en 5 ans le ludique et interactive les pré- Extractives (RGIE), afin de l’accorder au Code aux besoins croissants et aux nouvelles exi- Sécurité par la direction nouveaux arrivants
tries Extractives a précisé les taux de fréquence cautions à prendre en matière du Travail. gences environnementales, tout en demeu- et affichage dans (salariés, intérimaires,
chaque site stagiaires…)
moyens à mettre en place dans des accidents. d’exposition aux vibrations, aux Surtout, une approche très pédagogique a rant une activité de proximité. Leurs efforts 2. Mise à jour régulière 10. Formation continue
les exploitations. Des organis- poussières et au bruit. Des gui- été retenue pour que ces évolutions soient bien ont payé jusqu’à aujourd’hui. Mais en sera- du document de du personnel à la
mes de prévention indépendants, comme des ont également été édités au niveau régio- comprises et appliquées sur le terrain : chaque t-il de même dans les prochaines années ? sécurité et de santé prévention des risques
Prevencem, ont par ailleurs été créés, appor- nal, comme les livrets “Piétons en carrière” en année, et sur un thème choisi du RGIE − les Quelles sont les grandes tendances sociétales (DSS) en intégrant les 11. Organisation de
modifications du site points mensuels Santé-
tant un cadrage déterminant à l’action des Alsace ou “Prévention des addictions” (alcool, “véhicules sur pistes” par exemple, en 2008, qui auront, indirectement, un impact sur leur
comme celles de la Sécurité avec le
entreprises. drogues…) en Champagne-Ardenne ; des ou l’empoussiérage en 2011 − des réunions ré- activité ? réglementation personnel
En 2005 pourtant, l’Union Nationale concours sont aussi organisés : challenge sécu- gionales sont organisées en partenariat avec les 3. Mise en œuvre d’un La technique
des Producteurs de Granulats (UNPG) rité en Provence, etc. Enfin, une offre de for- Directions Régionales de l’Environnement, de plan d’action annuel 12. Prise en compte
a décidé d’aller plus loin et a lancé une mation spécifique a été conçue par le Centre l’Aménagement et du Logement (DREAL) et 4. Présence du directeur dans le mois du rapport
démarche collective fondée sur le par- les Caisses d’Assurance Retraite et Santé Au technique à la visite de de l’OEP avec, pour
Cet objectif a été fixé par l’agence européenne pour la santé et la sécurité au site par l’OEP finalité, la réduction du
tage de bonnes pratiques et la mutualisa- Travail (CARSAT). En 2009, plus des deux 5. Concertation nombre de remarques
travail (OSHA Europe). Il a également été repris par le Ministère du Travail
tion d’outils opérationnels. Objectif : faire français dans son plan Santé au travail 2010-2014. tiers des régions ont organisé au moins une systématique avec les dans sa partie
diminuer de 25 % en cinq ans le taux de Certaines existaient déjà avant 2006. réunion d’information de ce type. entreprises extérieures technique.
36 37
Une profession
au cœur
Une activité moins bien acceptée par les riverains, une montée en
puissance des préoccupations environnementales, une hausse continue
des besoins de la société en granulats… Ces tendances vont-elles perdurer
à l’horizon 2030 ? Les exigences de la société en matière de protection
du cadre de vie et de l’environnement vont-elles continuer à s’accroître ?
des grandes
L’usage des granulats naturels restera-t-il prépondérant dans la construction
et l’aménagement du territoire, ou risque-t-il de diminuer au profit d’autres
matériaux (bois, brique, granulats recyclés, etc.) ? Autant de questions clés.
Les réponses qui seront apportées conditionneront à la fois la capacité
des territoires à s’approvisionner en sables, graviers et gravillons selon des
modalités respectueuses de l’environnement, et l’avenir de la profession…
tendances
Pour prendre la mesure de ces tendances, l’UNPG a recueilli le témoignage
de nombreux experts, spécialistes de domaines aussi variés que
la construction, l’écologie, la sociologie, l’aménagement du territoire,
l’économie, la fiscalité ou le droit. Elle a aussi consulté des responsables
de l’Administration, des représentants d’associations environnementales
et d’élus, des organismes techniques. L’analyse (cf. annexe 2 : une démarche
sociétales
prospective) qui résulte du croisement de ces différentes visions a permis
d’identifier les grands enjeux auxquels l’activité sera confrontée à l’avenir.
38 39
Une profession au cœur des
grandes tendances sociétales
Un public de plus
en plus participatif
La montée en puissance
de la protection
de l’environnement
Quels besoins en
granulats demain ?
D
droite ligne avec l’objectif affiché de produire ticulièrement développé depuis trente ans : majeure, et une
20 % d’énergie renouvelable en 2020, celle de la mondialisation d’abord. “L’émergence d’un
remise en cause
e nouvelles installations capables de carriers se sont adaptés à une réglementation centres de traitement et recyclage des maté- monde plus globalisé et complexe a encouragé les
produire des granulats de plus en plus de plus en plus stricte. Ils tentent même de la riaux de construction avec le souhait d’optimi- phénomènes d’identification aux territoires proches
radicale des
sophistiqués, des salariés formés à la sé- devancer en rendant la Charte Environnement ser l’utilisation des ressources naturelles, font et a engendré une tendance au repli local” affirme équilibres socio-
curité, des haies végétales, un suivi des de la profession plus exigeante par exemple l’objet d’oppositions régulières. en effet Philippe Subra, professeur à l’Insti- économiques, pour
vibrations liées aux tirs (cf. encadré 16). Enfin, l’augmen- Face à ce paradoxe, les habitants des pays tut Français de Géopolitique et spécialiste de que les habitants
de mines, une meilleure gestion des Les carriers se sont tation continue des besoins dits développés subissent les conséquences l’aménagement du territoire. Voilà qui expli- des pays riches
eaux de procédés… la profession en granulats exprimés par la d’un autre choix : la “délocalisation” de l’ins- que, au-delà du syndrome NIMBY, l’inscrip-
acceptent sans mot
de carrier a profondément évo- adaptés à une société – hors effets de cycles tallation en question vers une autre région ou tion dans la constitution des langues régiona-
lué ces dernières années, au point réglementation de – a été un puissant moteur pour un autre pays, afin de profiter des produits ou les en tant que “patrimoine” par exemple, ou
dire que des
que mon grand-père lui-même ne plus en plus stricte. les producteurs de granulats : services générés sans en supporter au quoti- la campagne politico-médiatique du collectif installations
reconnaîtrait plus la carrière de elle les a incités à investir dans dien les contraintes réelles ou supposées. Ce “Touche pas à mon département” lors de la de type carrières,
Vaubadon, qu’il avait ouverte en 1956”, affirme leurs exploitations et dans la qualité de leurs phénomène de rejet porte un nom – déclina- mise en place des nouvelles plaques d’imma- déchetteries,
Gaëlle Pignet, directrice commerciale du grou- produits (cf. chapitre 1). ble à l’infini : le syndrome NIMBY – “Not In triculation, en 2008. Seuls 31 % des Français centres de
pe familial Girard et Fossez et Cie, propriétaire My Back Yard” (“Pas dans mon jardin”), voir seraient ainsi prêts à changer de lieu de vie.
traitement des
de plusieurs sites en Normandie. “NUMBY” − Not Under My Back Yard (“Pas Second facteur : la remise en cause de l’État
Il faut dire que trois facteurs majeurs ont
Pas dans mon jardin
sous mon jardin”) lorsque le sol est concerné, comme seul dépositaire de l’intérêt national.
matériaux de
bouleversé le métier en vingt ans : le fait, “Aujourd’hui, il faudrait une crise majeure, et une ou GOOMBY, “Get Out Of My Back Yard” Les différents scandales politico-sanitaires construction ou
d’abord, que l’activité soit moins bien accep- remise en cause radicale des équilibres socio-écono- (“Sortez de mon jardin”) ou encore BANA- (Tchernobyl, affaire du sang contaminé en lignes à haute
tée par les riverains, soucieux de préserver leur miques, pour que les habitants des pays riches ac- NA – “Build Absolutely Nothing Anywhere
NIMBY Then and Now : Land-Use Conflict in Worcester, Massachusetts, 1876-
tension s’implantent
cadre de vie. C’est ce qui explique les immen- ceptent sans mot dire que des installations de type Near Anything” (“Ne construisez rien, nulle 1900, William B. Meyer, The Professional Geographer, Volume 47, Issue 3 August à proximité de leur
ses progrès accomplis en matière, notamment, carrières, déchetteries, centres de traitement des ma- part, près de quoi que ce soit”), etc. 1995, pages 298 – 308.
Il a ensuite été révélé que M. Ridley s’était lui-même opposé à la construction
lieu de résidence.
de réduction des émissions de poussières et tériaux de construction ou lignes à haute tension Le phénomène, évidemment, est ancien :
d’habitations à bas prix près d’un village où il possédait une propriété.
du bruit. La montée en puissance des préoc- s’implantent à proximité de leur lieu de résidence”. une analyse de la presse parue entre 1876
Source : sondage CSA, effectué en mai 2006 pour le journal La Croix, auprès de
cupations environnementales aussi a joué : les Le verdict de Dominique Bourg, philoso- et 1900, dans le Massachusetts, aux États- 1 000 personnes.
42 43
France, vache folle, etc.), ajoutés à l’incapacité Résultat : il suffit aujourd’hui qu’un pro- été pris en la matière : désormais, les États si-
manifeste des pouvoirs publics de résorber un jet de déchetterie, d’autoroute, d’éolienne ou gnataires sont tenus de favoriser la participa-
chômage de masse et les difficultés sociales qui même de simple sente piétonne soit connu tion du public dans tous les projets industriels
en résultent, ont en effet accru la méfiance du pour que les riverains se mobilisent – parfois et d’infrastructures, puisque dans les faits tous
© J.F. Bernard-Sugy
public à l’égard des autorités : 67 % des Français même sur un rayon de plusieurs centaines de ont “une incidence sur l’environnement”. Et le
ne feraient confiance ni à la gauche ni à la droite kilomètres lorsqu’il s’agit d’installations de type sujet a été pris très au sérieux. En mars 2005, la
pour gouverner le pays et 75 % d’entre eux ne centres de traitement des déchets nucléaires. Charte de l’Environnement française, qui pré-
feraient pas confiance aux hommes politiques. Sauf “crise majeure”, comme évoquée par cise dans son article 7 que “toute personne a
La population, enfin, est de plus en plus Dominique Bourg, il est alors fort possible que le droit, dans les conditions et limites définies c encadré 1
informée. “Le niveau scolaire de la classe moyenne le syndrome NIMBY s’accentue d’ici à 2030. par la loi, d’accéder aux informations relatives à
c Philippe Subra
a beaucoup progressé ces dernières années, confirme D’abord parce que ses racines profondes – la l’environnement détenues par les autorités pu- Participation du public, les étapes CLÉS
Professeur à l’Institut Français de Géopolitique
Philippe Subra. Parallèlement, la classe ouvrière mondialisation et son corollaire, l’affaiblis- bliques et de participer à l’élaboration des dé- • Loi du 10 juillet 1976 : • Juin 1992, déclaration • Loi du 2 février 1995,
La notion s’est réduite en nombre, alors que des membres de sement des gouvernements nationaux, ainsi cisions publiques ayant une incidence sur l’en- création de l’étude de Rio : “la meilleure dite loi “Barnier” :
d’intérêt général la société civile, et en particulier les jeunes retraités, que l’élévation du niveau d’information de la vironnement” a été inscrite dans le préambule d’impact. Le public peut
prendre connaissance
façon de traiter les
questions d’environnement
inscription du principe
de participation dans le
acquièrent eux une véritable capacité à analyser et population – devraient continuer à se déve- même de la Constitution. Parmi les applica-
est devenue une critiquer les projets, grâce à l’accumulation d’infor- lopper. Ensuite parce que les débats relatifs à tions concrètes de cette nouvelle règle du jeu : des conséquences est d’assurer la système juridique français.
affaire de points mations diverses, sur des sujets très techniques”. Or, l’aménagement du territoire et à l’environne- la réforme de la procédure d’enquête publi-
environnementales de
l’ouvrage prévu.
participation de tous les
citoyens” (principe 10).
“Un débat public peut être
organisé sur les objectifs
de vue, d’intérêts ceci modifie considérablement la perception ment devraient accorder une place de plus en que, adoptée dans la loi dite “Grenelle 2” de • Loi du 12 juillet 1983 • 15 décembre 1992, et les caractéristiques
et d’idéologie. de l’intérêt général. Comme l’explique Philip- plus importante à l’acteur même qui porte le juillet 2010. Cette dernière oblige en effet les dite “Bouchardeau” : circulaire Bianco : principales des projets
pe Subra, “Autrefois, il était admis que certaines phénomène : le public. maîtres d’ouvrage et les personnes publiques soumission de prévoir une procédure pendant la phase de
certaines opérations de concertation sur leur élaboration”. La
personnes, par leurs connaissances et leur niveau responsables d’un projet à mettre en place des
d’aménagement à une l’opportunité des grands Commission nationale du
intellectuel, étaient habilitées à déterminer quel était De plus en plus de actions de concertation même lorsqu’ils sont en obligation d’enquête projets d’infrastructures Débat public (CNDP) est
l’unique intérêt général acceptable. Aujourd’hui, démocratie participative dessous des seuils de saisine de la Commission publique, dont l’objet dès la conception des mise en place pour en
chacun s’en sent capable”. C’est d’ailleurs à l’in- Nationale du Débat Public (CNDP)10. “Une ré- est d’informer le public projets. Le projet TGV garantir l’organisation et
dans les processus la qualité.
térêt général que font référence la plupart des forme qui s’inscrit parfaitement dans la logique de et de recueillir ses Rhin-Rhône constitue le
de décision appréciations, ses premier cas d’application • 25 juin 1998,
associations de riverains qui se créent sponta- la Convention d’Aarhus”, commente le député
suggestions et ses contre- de cette procédure convention d’Aarhus :
nément pour s’opposer aux projets de diverses La participation de la population à la prise de propositions. nouvelle. 39 États s’engagent à
L’enquête publique est une procédure de consultation du grand public qui précède
industries et d’infrastructures. décisions environnementales s’est en effet pro- la réalisation de grands projets (usine de traitement des déchets, déchetterie, projet • 7 juin 1990, • 14 janvier 1993, favoriser la participation
gressivement imposée comme une norme. Son routier, ferroviaire, station d’équarrissage etc.). Ouverte par le préfet et gérée par directive 90/313/CEE : circulaire Billardon : du public à toute prise
un commissaire-enquêteur − ou parfois une commission − elle consiste à présenter
Sondage réalisé par la Sofres pour le compte du Cevipof, d’Edelman et de principe même a été reconnu dans les années 70. en mairie, de façon détaillée, le projet aux populations concernées et à recueillir
renforcement du libre (remplacée par la de décision “ayant
l’institut Pierre Mendès France, le 11 janvier 2010. leurs avis, remarques et contre-propositions. La loi institue une durée limite de accès du public à circulaire Fontaine des incidences sur
Il a ensuite été inscrit dans la loi en 1995.
Sondage de l’institut Obea-InfraForces pour France Info et 20 minutes, en date quatre mois prolongeables à l’enquête publique. A son terme, le commissaire- l’information en matière du 9 septembre 2002) : l’environnement”.
du 6 avril 2010. Néanmoins, c’est avec la Convention enquêteur rédige un rapport avec avis favorable ou défavorable, sur lequel s’appuie d’environnement. instauration d’une • 26 mai 2003, directive
d’Aarhus de 1998 qu’un véritable tournant a le préfet pour délivrer ou non la déclaration d’intérêt public au projet.
Ainsi, en juin 2010, c’est à la justice sociale qu’en appellent les associations de concertation en amont des 2003/35/CE : elle
riverains de Bayonne-Nord opposées à l’installation d’une nouvelle déchetterie : 10
Créée en 1995 et composée de vingt-et-un membres (élus, représentants des confirme la participation
procédures d’enquêtes
“[...] comme par hasard, c’est toujours le quartier le plus populaire de Bayonne qui associations de protection de l’environnement et des consommateurs etc.), la
La directive 2003/4/CE du 28 janvier
hérite des équipements dont personne ne veut” affirment ces dernières, dans un
En juin 2006 certains propriétaires d’une commune des Hauts-de-Seine se sont Commission Nationale du Débat Public (CNDP) veille à la participation du public à 2003 qui la reprend précise : les États publiques pour les travaux du public “lors de
article publié sur le site www.paysbasqueinfo.com. Regroupés depuis octobre 2009 mobilisés contre un projet de sente piétonne. Ce dernier a été abandonné. tout projet d’aménagement ou d’équipement à enjeu socio-économique fort, ou qui membres veillent à ce que les autorités de renouvellement ou de l’élaboration de certains
au sein de “l’association de défense des riverains des lignes HT & THT”, des
La convention d’Aarhus a été négociée dans le cadre de la Commission impacterait l’environnement ou l’aménagement du territoire. Elle est obligatoirement publiques soient tenues de mettre à la construction de lignes plans et programmes
riverains du Cotentin mettent eux en avant les risques de santé publique qu’induirait économique pour l’Europe des Nations Unies (CEE-NU) et signée le 25 juin 1998 saisie par les porteurs de projets dès que ces derniers dépassent certains seuils, disposition de tout demandeur, et sans que relatifs à l’environnement”.
électriques au-delà de
l’installation d’une ligne à très haute tension, et exigent la réalisation d’une étude au Danemark par 40 des 55 pays de la CEE-NU. Elle a été ratifiée par la France le définis par décret en Conseil d’Etat (exemple : ligne électrique égale ou supérieure celui-ci soit obligé de faire valoir un intérêt,
épidémiologique sur les conséquences du projet porté par RTE (cf. http :// 8 juillet 2002 et publiée par décret n°2002-1187 du 12 septembre 2002, JO à quatre-cent mille volts présente sur plus de dix kilomètres, équipement industriel les informations environnementales qu’elles 63 000 volts, en vue de • Charte de
riverainstht.e-monsite.com). n°221 du 21 sept.2002. de plus de 150 millions d’euros, etc.) détiennent.” préparer l’étude d’impact. l’environnement de 2004
44 45
de la Meuse Bertrand Pancher, Président du sécurité (INRETS-DEST). “Elle touchera de le public avec le nécessaire développement cette prévision : en 2006, des riverains ont assigné en
Comité opérationnel du Grenelle sur les ins- plus en plus de domaines : eau, déchets, nature, in- des activités économiques ? Encore faudrait-il justice la Compagnie du Vent, certaines de ses éolien-
titutions et la représentativité des acteurs, et frastructures, etc., et empruntera plus de méthodes : que les nouvelles procédures de concertation nes étant à leurs yeux responsables « d’un trouble
auteur du rapport “Institutions et représentativité débat, enquête, concertation, négociation, etc., en fonctionnent et que le souci des acteurs de dé- anormal de voisinage par des nuisances visuelles et
des acteurs” qui a été remis au Premier ministre variant les échelles du territoire, du local au natio- fendre l’intérêt général permettent de dépas- acoustiques »”. En février 2010, le Tribunal de
c Jean-Michel Fourniau en juillet 2008. nal”. Sébastien Genest, ancien président de ser le phénomène NIMBY. Mais ce scénario grande instance de Montpellier leur a donné
Sociologue et directeur Pour faciliter cette participation du public, l’association France Nature Environnement, pourrait avoir du mal à s’imposer en France. raison en ordonnant, au-delà des indemnisa-
de recherches à l’INRETS-DEST
l’utilisation des nouvelles technologies est en- propose d’ailleurs d’organiser des débats “La culture administrative de l’État et celle des en- tions, le démontage de quatre installations. La
c Loïc Blondiaux
La tendance à couragée. La Commission Européenne en a publics locaux pour définir les besoins d’ap- treprises ont fait que le passage en force a toujours Compagnie du Vent avait pourtant obtenu un Professeur de sciences politiques
ainsi fait une règle11. La pratique se dévelop- provisionnement des territoires en granulats été la norme, explique en effet Loïc Blondiaux. permis de construire en bonne et due forme… à Paris Panthéon-Sorbonne
la démocratisation pe en France. En octobre 2009 par exemple la (Cf. annexe 1 p. 122, scénario “démocratie participative”). Seule la disparition de la vision si française et si Idem sur le front des antennes-relais : c’est sur
des modes CNDP a eu recours à Internet lors du débat sur bien ancrée d’une hiérarchie entre les élus et les rive- le motif de trouble anormal de voisinage que L’hypothèse
de décision les nanotechnologies : plusieurs réunions ayant L’inévitable rains permettrait en fait à la concertation de s’im- s’est appuyée la Cour d’appel de Versailles, selon laquelle
est irréversible. été perturbées, des séances ont été retransmi- “judiciarisation” poser”. Surtout, les citoyens qui participent en février 2009, pour exiger de la société il serait possible
ses en ligne. À Orsay, la consultation a même des conflits à ces concertations sont-ils Bouygues Telecom qu’elle démonte une an- d’intéresser,
entièrement été menée via Internet, la salle de
Les consultations sur vraiment des citoyens “ordi- tenne relais située à proximité d’habitations.
de mobiliser,
réunion initialement prévue ayant été saccagée. Un syndrome NIMBY de plus en plus puis- naires”, à même de promou- De quoi inciter les porteurs de projets à réflé-
Les discussions ont finalement été menées à leur sant, une participation accrue du public aux Internet devraient voir l’intérêt général ? “Dans chir à deux fois avant d’engager le moindre in- de faire parler
terme et leur bilan publié en avril 2010. “Au-delà processus de décision… les conséquences se généraliser dans la plupart des cas, ce sont plutôt vestissement. Qui sait en effet si des riverains dans ces instances
de ce cas particulier où les nouvelles technologies ont de cette double tendance s’imaginent sans les années à venir. des individus intéressés, informés ne décideront pas soudain qu’une installation un échantillon
permis de débloquer une situation, leur utilisation est peine. “Le niveau de justification des projets exigé et souvent organisés sous une for- ayant obtenu toutes les autorisations requises représentatif,
un bon moyen pour toucher les jeunes et les actifs qui par le public sera de plus en plus élevé” prévient me associative ou sous une autre qui s’expriment, gêne la vue sur le paysage, est trop bruyante, ou un improbable
ne se déplacent pas beaucoup, explique Bertrand Loïc Blondiaux, professeur de sciences poli- répond Loïc Blondiaux. L’hypothèse selon laquel- génère trop de trafic ou présente un risque po-
Pancher. Les consultations par Internet devraient tiques à Paris Panthéon-Sorbonne. Les étu- le il serait possible d’intéresser, de mobiliser, de faire tentiel pour la santé.
“grand public”
donc se généraliser dans les années à venir”. des d’impact de projet de carrière pourraient parler dans ces instances un échantillon représenta- n’a, dans les faits,
Conclusion ? “La tendance à la démocratisa- ainsi continuer à se complexifier, en particulier tif, ou un improbable « grand public » n’a, dans les guère de
tion des modes de décision est irréversible”, prédit suite à la loi de Grenelle II. Les exploitants, faits, guère de fondement”. fondement.
c Maître Patricia Savin le sociologue Jean-Michel Fourniau, direc- déjà, doivent fournir des relevés écologiques Résultat : face à un phénomène NIMBY
Fondatrice associée
du cabinet Savin Martinet Associés
teur de recherche au département économie approfondis concernant la faune et la flore par que rien ne semble pouvoir modérer, on pour-
et sociologie des transports de l’Institut na- exemple, alors qu’une simple bibliographie, rait assister à “une judiciarisation accrue des
Les individus tional de recherche sur les transports et leur puis des études de terrain simples, suffisaient conflits” selon les termes de Maître Patricia
n’hésiteront plus à il y a quelques années. Ces études d’impact, Savin, fondatrice associée du cabinet Savin
qui comptent aujourd’hui près de cinq cents Martinet Associés. “Les individus étant à la
attaquer les projets Depuis le traité d’Amsterdam de 1997, la Commission européenne est tenue
11
46 47
Une profession au cœur des
grandes tendances sociétales
Un public de plus
en plus participatif
La montée en puissance
de la protection
de l’environnement
Quels besoins en
granulats demain ?
© CN Charte Environnement
49
La montée en puissance
de la protection Une profession au
cœur des grandes
tendances
de l’environnement mateur du quaternaire ne se contenterait plus
d’acheter une voiture par exemple. Il s’abon-
“De façon plus générale, il faut faire passer
l’environnement du statut de coût à celui d’oppor-
sociétales
Un public de plus
nerait plutôt à un service qui lui permettrait de tunité, pour que la restauration et l’amélioration de en plus participatif
disposer de cette dernière. “Ceci permettrait à l’environnement deviennent un moteur de la crois-
Un phénomène a priori inéluctable pourrait compliquer encore la fois le retour au plein-emploi et à la croissance sance” analyse Maximilien Rouer, fondateur La montée
davantage la tâche des porteurs de projets : la montée en durable, mais aussi le développement de nouveaux du cabinet BeCitizen. Au cœur de cette révo- en puissance
puissance des préoccupations environnementales. Le souci de avantages compétitifs face aux pays émergents” as- lution ? Les innovations technologiques. “Elles de la protection
sure Michèle Debonneuil. peuvent aider à créer un monde où chaque maison de l’environnement
préserver les ressources naturelles et de lutter contre le Dominique Bourg, professeur à l’univer- produit de l’électricité, chaque route des carburants,
réchauffement climatique a en effet déjà bouleversé la façon sité de Lausanne et à l’Institut de politiques chaque quartier son eau et dans lequel chaque mur Quels besoins
en granulats
même de penser les activités. territoriales et d’environnement humain, en dépollue l’air, explique ainsi l’auteur de « Ré-
demain ?
appelle lui à l’avènement d’une économie “cir- parer la planète – La révolution de l’économie
culaire” et “fonctionnelle”. En clair, il s’agirait positive ». Autant d’opportunités pour créer de
d’abord de réduire la consommation des res- nouveaux emplois, tout en jugulant les changements
sources (matières et énergie), de réutiliser les climatiques et leurs conséquences”.
D
biens (“remanufacturing”) et de recycler pour Voilà qui explique que l’on réfléchisse aussi
qu’émerge une économie circulaire “qui était à la mise en place de nouveaux indicateurs de
ésormais le développement doit À la recherche une réalité au XIXe siècle, car on ne jetait rien” ex- la performance et du progrès, capables de pren-
être “durable”, c’est-à-dire ré- de nouveaux modèles plique Dominique Bourg. Deuxième étape : dre en compte “la finitude des ressources”. En
pondre “aux besoins du présent économiques dans les secteurs où cela est possible, il faudrait septembre 2009, le prix Nobel d’économie
sans compromettre la capacité que le producteur vende l’usage d’un bien, américain Joseph Stiglitz a ainsi remis au gou-
des générations futures de répon- Ceci suppose un bouleversement total de plutôt que le bien lui-même, et assure ensuite vernement français un rapport qui suggère de
dre aux leurs” selon les termes du rapport l’économie et de la société. “Notre modèle tradi- la maintenance du support matériel du service combler les carences du Produit intérieur brut
Brundtland, publié en 1987 par la Commis- tionnel de croissance, fondé sur l’augmentation de la vendu (économie de fonctionnalité). Ceci for- (PIB), indicateur de référence, en mettant l’ac-
sion mondiale sur l’environnement et le productivité grâce à l’utilisation de techniques de plus cerait les producteurs à créer des biens résis- cent sur la mesure du bien-être ou la prise en
développement des Nations Unies. C’est en plus performantes, est à bout de souffle, incapa- tants et durables, d’où des ponctions moindres compte des activités non marchandes. “Je vou-
d’ailleurs cette priorité qui a guidé les ble de résister à la concurrence par les prix des pays sur les ressources naturelles et une diminution drais que nous soyons le premier pays à utiliser ces
nouvelles orientations issues du Grenelle émergents, explique ainsi Michèle Debonneuil, des déchets. La société Michelin, par exem- indicateurs”, a alors indiqué la secrétaire d’État
de l’environnement : obligation pour les économiste et membre du Centre d’Analyse ple, a déjà mis la théorie en pratique : elle loue à l’Écologie, Chantal Jouanno.
entreprises de plus de cinq cents salariés Stratégique. La seule alternative possible est donc aux flottes de camions des pneumatiques, dont Symbole déjà bien concret de cette évolu-
c michèle Debonneuil d’établir un plan de leurs de changer de modèle et de produire des services qui elle assure la maintenance régulière, et facture tion des pensées dans le secteur des producteurs
Économiste et membre émissions de gaz à effet de intègrent des biens”. L’auteur de “L’Espoir éco- ce service au kilomètre parcouru. Un pneuma- de granulats : en 1993, les industries de carrières
du Centre d’Analyse Stratégique serre (GES) et d’intégrer nomique” évoque ainsi le nécessaire avène- tique qui dure très longtemps n’est plus alors ont quitté la tutelle du ministère de l’Industrie
dans leur rapport annuel ment d’une “ère quaternaire”, après la fin de un problème : il n’a plus à être acheté à un prix pour celle du ministère de l’Environnement, du
Notre modèle un bilan social et environ- l’ère primaire (économie agricole), secondaire très élevé et surtout sa longévité ne contredit Développement Durable et de la Mer. En 2008,
de croissance est nemental, développement (production de biens industriels) et tertiaire plus la rentabilité du système. “Ce nouveau mo- l’État a décidé de fusionner les Directions
à bout de souffle. de l’affichage environne- (production de services simples). Un consom- dèle d’affaires est un des rares à pouvoir survivre
mental pour les produits et dans un monde contraint en termes de ressources”,
Editions JC Lattès, 2007
services…
Editions Bourin, 2007 affirme Dominique Bourg.
Les Échos, 14 septembre 2009
50 51
Régionales de l’Industrie, de la Recherche et de en matière de climat. Si on en croit le Groupe Des ONG et associations ont également de l’élaboration des politiques publiques. Nous col-
l’Environnement (DRIRE) s– qui instruisaient d’experts intergouvernemental sur l’évolution réussi à s’imposer à Bruxelles. Le temps où le laborons pour cela avec nos organisations membres
notamment les dossiers de carrières − avec les du climat (GIEC), à l’horizon 2010, le réchauf- Bureau européen de l’Environnement (BEE), dans les différents États de l’UE, dont les contribu-
Directions Régionales de l’Équipement (DRE) fement lié aux émissions de gaz à effet de serre créé en 1974, était la seule structure à représen- tions ont plus de chances d’être incorporées dans le
et les Directions Régionales de l’Environne- pourrait impacter les systèmes hydrologiques : ter des groupes environnementaux nationaux processus décisionnel au niveau européen” , précise
ment (DIREN) – des structures chargées jus- débit accru et crue de printemps plus précoce auprès des autorités européennes est révolu. le site Internet du “Green 10”, un collectif qui
qu’alors de recueillir, exploiter et diffuser toutes de nombreux cours d’eau alimentés par la fonte Avec les progrès du droit communautaire de regroupe dix structures et revendique sa légiti-
les informations disponibles sur l’environne- des glaciers et de la neige, réchauffement des l’environnement, certaines grandes ONG et mité à représenter les intérêts environnemen-
ment, et d’appliquer les législations relatives à lacs et des cours d’eau dans de nombreuses ré- associations ont mobilisé d’importants moyens
l’eau, au littoral, à la montagne, à la protection gions ayant des conséquences sur la structure financiers et humains pour établir leur pro-
En version originale : “We work with the EU law-making institutions − the
European Commission, the European Parliament and the Council of Ministers − to
des sites et à la protection des paysages. Elles thermique et la qualité de l’eau, etc. La santé pre bureau de salariés dans la capitale belge ensure that the environment is placed at the heart of policymaking. This includes
ont laissé place aux Directions Régionales de des populations serait également affectée, de et agir à la manière des lobbyistes des plus working with our member organisations in the Member States to facilitate their
input into the EU decision-making process”.
l’Environnement, de l’Aménagement et du même que les écosystèmes, avec 20 à 30 % de grands industriels. “Nous travaillons avec les ins-
Il s’agit des organisations suivantes : Bird Life International, Climate Action
Logement (DREAL). Leurs missions ? Élaborer la faune et de la flore qui pourraient être me- titutions délibérantes européennes − la Commission, Network Europe, CEE Bankatch Network, European Environmental Bureau, European
Federation of Transport and Environment, Health and Environment Alliance, Friends
c Maximilien Rouer et mettre en œuvre au niveau régional les poli- nacés d’extinction. Seize mille espèces anima- le Parlement européen et le Conseil des ministres − of the Earth Europe, Greenpeace Europe, International Friends of Nature, WWF
Fondateur du cabinet BeCitizen tiques en matière de changement climatique, les et végétales seraient déjà en danger selon afin d’être certains que l’environnement est au cœur European Policy Office.
de biodiversité, de construction, d’urbanisme, l’Union Internationale pour la Conservation
Il faut faire passer d’infrastructures de transport, d’énergie, de sé- de la Nature (UICN).
l’environnement du curité des activités industrielles, de prévention Or, ces préoccupations environnementales
statut de coût à des pollutions… sont aujourd’hui très bien portées auprès des
celui d’opportunité. pouvoirs publics nationaux, européens et des
ONG et associations instances mondiales comme l’ONU, par des ac-
environnementales teurs qui, en quelques années, sont devenus in-
contournables : les grandes Organisations Non
Il faut dire que les prévisions en matière d’en- Gouvernementales (ONG) et associations. En
vironnement sont alarmistes. Dans un contex- France, la Ligue pour la Protection des Oiseaux
te où l’offre énergétique serait structurelle- (LPO), France Nature Environnement (FNE),
ment en dessous de la demande et où les prix World Wild Fund (WWF), Greenpeace, les
augmenteraient de manière prolongée, seules Amis de la Terre et la Fondation Nicolas Hulot
les économies qui réussiraient à substituer (FNH) ont ainsi obtenu une reconnaissance
au pétrole une autre source d’énergie pour- “officielle” en 2007, à l’occasion des débats du
raient rester compétitives, préviennent ainsi Grenelle de l’Environnement. Pour la première
les Lloyd’s, premier assureur mondial, qui ont fois, elles sont intervenues comme partie pre-
publié un rapport sur le sujet en juillet 2010. nante à égalité avec l’État, les collectivités terri-
Sustainable Energy Security. Strategic risks and opportunities for business
Quatrième rapport du GIEC, 2007
52 53
c Jean-François jamet
Économiste pour la Fondation
Robert Schuman
taux pour intervenir dans les débats européens. pour les convaincre de voter une proposition d’amen- rares sujets qui fasse consensus plus prometteuses et celles qui, à l’avenir, sont
Comme le démontre Nathalie Berny, maître de dement concernant le sort des fonds de démantèle-
Les politiques auprès des opinions publiques susceptibles de se développer. Néanmoins, la
conférences en sciences politiques à l’Universi- ment des entreprises nucléaires”. Des actions qui, publiques européennes. La faiblesse des crise économique constitue à court terme un
té de Bordeaux-Institut d’Études Politiques de évidemment, permettent à la fois aux bureaux européennes ont moyens communautaires han- frein à leur développement, parce qu’elle rend
Bordeaux, spécialiste en sociologie des groupes nationaux de se valoriser en interne, de gagner privilégié la dicape la mise en place d’une nécessaire un contrôle encore plus strict d’un
d’intérêt, des politiques publi- en crédibilité auprès des auto- préservation de politique industrielle suscep- budget européen déjà bien mince...
ques et des études européen-
Les ONG et rités des pays… et de recruter l’environnement tible d’aider les secteurs les
nes, ces ONG et grandes as- de nouveaux membres. plus touchés par les nouvelles
sociations “utilisent pleinement grandes associations Au regard des grandes dé-
au développement contraintes environnementales
L’inéluctable
économique. verdissement
les ressources de l’expertise et de utilisent pleinement cisions adoptées ces dernières à mettre en place d’autres mo- de l’économie
l’information pour influencer les les ressources années par les instances euro- dèles de croissance. “Le budget
politiques publiques”. L’auteur
de l’article intitulé : “Le lob-
de l’expertise et péennes, le lobbying exercé
par les ONG et les grandes
de l’Union est limité à 1,24 % du
revenu national brut des États, commente ainsi
Or, même si le “verdissement” de l’écono-
mie est porteur de nouvelles opportunités de
bying des ONG internationales de l’information associations environnementa- Jean-François Jamet, et à ce jour il finance essen- croissance11, certains secteurs craignent pour
d’environnement à Bruxelles ”, pour influencer les les, soutenu par les opinions tiellement la politique agricole commune, ainsi que leur compétitivité et leur capacité à assumer
y démontre ainsi que ces der- politiques publiques. publiques, a indéniablement des mesures de redistribution entre les pays mem- financièrement les coûts des mesures envi-
nières constituent des grou- été très efficace : qu’il s’agisse bres”. Malgré la volonté de l’ancien président ronnementales dans un contexte économique
pes de travail et/ou font appel aux expertises de lutte contre le réchauffement climatique, de la Commission, Romano Prodi, de rendre défavorable : la crainte de “fuites de carbone”
de leurs bureaux nationaux pour s’imposer dans de réduction de la pollution, ou de protection l’économie européenne plus compétitive – il notamment, c’est-à-dire de délocalisations
les débats. “Le WWF EPO par exemple a montré de la biodiversité et des ressources naturelles, est à l’origine de la stratégie de Lisbonne – les vers des pays moins regardants en matière
les retards accumulés par l’application de la direc- les initiatives communautaires ont surtout pris mesures visant à favoriser la croissance écono- d’environnement, se répand. Ceci explique
tive Habitats10 grâce aux bureaux nationaux qui ont la forme de dispositions législatives fixant des mique des industries européennes sont restées sans doute en partie le fait que les pouvoirs
mesuré le processus de mise en œuvre par les États objectifs et normes contraignantes pour les en- très limitées. “Ce sont surtout des grands projets, publics aient (provisoirement ?) oublié certai-
membres. Les données ont été publiées de 1997 à 1998 treprises. Le Règlement sur l’enregistrement, dont la rentabilité à court terme n’est pas perçue par nes mesures vertes considérées comme ma-
dans le bulletin Spotlight on Natura 2000, en col- l’évaluation, l’autorisation et les restrictions les acteurs, qui ont été développés” remarque Jean- jeures, comme l’instauration d’une “taxe car-
laboration avec la Commission”. Autre cas cité par des substances chimiques (REACH), adopté François Jamet. Galiléo, le système de position- bone”. L’éco-redevance, pour les poids lourds
Nathalie Berny : dans le cadre des discussions en 2007, en est le symbole : il fait porter à l’in- nement par satellite, en est un exemple. Les aussi, est devenue moins prioritaire : elle qui
de 2001 sur la libéralisation des marchés de dustrie la responsabilité d’évaluer et de gérer Initiatives technologiques conjointes (“Joint devait entrer en application en 2010 est fina-
l’électricité, “les correspondants de Greenpeace tra- les risques associés aux produits chimiques, technology initiatives”) traduisent également lement repoussée de deux ans, après les élec-
vaillant sur les questions d’énergie ont uni leurs efforts et de fournir les informations de sécurité adé- la volonté des instances européennes de pro-
pour produire et envoyer aux députés européens, dans quates aux utilisateurs. “Les politiques publiques mouvoir la compétitivité de certains secteurs. 11
Dans un rapport intitulé “Verdir la sortie de crise ?” publié en septembre
2009, l’association Entreprises pour l’Environnement (EpE) identifie ainsi “une
plusieurs langues et en quelques heures, un courrier européennes ont privilégié la préservation de l’envi- La JTI Clean Sky par exemple, dont l’appel à dizaine de secteurs verts (qui) pourraient contribuer à un rebond économique et au
ronnement au développement économique des indus- propositions a été lancé en mars 2010, concerne maintien de l’emploi s’ils faisaient l’objet de soutiens publics additionnels ou s’ils
bénéficiaient de certains ajustements réglementaires” : la dépollution des sols, la
Nathalie Berny est notamment l’auteur de l’article intitulé Le lobbying des ONG tries, particulièrement depuis le début de la présidence l’aviation. “Mais ces initiatives conjointes supposent gestion des domaines forestiers, la protection basique des milieux et de leur
internationales d’environnement à Bruxelles. Revue Française de Sciences
politiques, vol 58, n°1, février 2008, pages 97-122. française, en 2008, et l’adoption du paquet éner- des financements à la fois des entreprises d’un sec- biodiversité, les filières de collecte / transport / tri / conditionnement / recyclage
/ valorisation des matières premières, la rénovation des canalisations hydrauliques,
Revue Française de Sciences politiques, vol 58, n°1, février 2008, pages 97- gie-climat” confirme ainsi Jean-François Jamet, teur bien défini, des pouvoirs publics nationaux et de la rénovation des réseaux de transport d’électricité, en concertation avec l’opérateur
122. économiste pour la Fondation Robert Schu- l’Europe” note Jean-François Jamet. D’après ce national, le développement des réseaux intelligents, la mise en place des
10
La directive “Habitats” a vocation à intégrer des “zones de protection spéciale” infrastructures énergétiques indispensables à l’essor du véhicule électrique,
dans un réseau de sites remarquables sur le plan de la biodiversité : le réseau
man. Au-delà de la réalité des dangers pesant dernier, les politiques publiques européennes l’efficacité énergétique des bâtiments, la réduction des nuisances sonores, et la
Natura 2000 (Directive 92/43 CEE du Conseil) sur la planète, “l’environnement” est un des fondées sur ce modèle de financement sont les filière agricole biologique.
54 55
tions présidentielles. Annoncé à l’ordre du Idem pour la directive sur l’eau : dès 2000, elle le réchauffement climatique, un document de tional et régional. “Les autorités publiques n’ont
jour du Conseil européen du 17 juin 2010, le a imposé aux États d’atteindre un “bon état la présidence espagnole du Conseil Européen pas perdu toute vision industrielle”, rassure alors
dossier “climat”, enfin, est passé quasiment écologique” des eaux d’ici à 2015, et de ré- rappelait d’ailleurs qu’il est indispensable “de Michèle Pappalardo, Commissaire générale au
inaperçu. Il a été supplanté par les urgences viser ensuite tous les cinq ans leur plan de réduire les émissions mondiales d’au moins 50 % développement durable. Simplement, elles ac-
du moment, au premier rang desquelles la gestion des districts hydrographiques. Par d’ici à 2050, ce qui implique que l’ensemble des pays cordent la priorité à l’émergence d’une écono-
crise économico-financière... ailleurs, la France s’étant engagée dès 1992, développés doivent réduire leurs mie sobre et décarbonée, seule
Prédire un ralentissement dans l’accumu- à Rio, à enrayer l’érosion de la biodiversité, les émissions de gaz à effet de serre réponse possible au fait que la
lation des exigences environnementales serait pouvoirs publics ont décidé en juillet 2010 de de 80 % à 95 % d’ici à 2050 par
Prédire un Terre ne pourra pas supporter
néanmoins peu réaliste. D’abord parce que, se doter d’une stratégie nationale plus offen- rapport aux niveaux de 1990”. ralentissement dans dix milliards d’humains si ces
crise économique ou pas, de grandes échéan- sive en la matière et de définir un plan “post Surtout, les opinions pu- l’accumulation derniers consomment comme
ces, souvent fixées au niveau mondial, ont 2010”. Idem pour les objectifs du paquet bliques ne comprendraient des exigences nous le faisons actuellement
déjà été traduites dans des textes européens : climat-énergie, adopté en Conseil européen le pas que la pression environ-
en 2002 par exemple l’Union Européenne a 12 décembre 2008 (-20 % d’émission de gaz à nementale s’atténue sur les
environnementales dans les pays occidentaux. Si la
crise économique et financière
signé le protocole de Kyoto. Dans la foulée, effet de serre, -20 % de consommation d’éner- entreprises, alors que les catas- serait peu réaliste. retarde l’application de certai- c encadré 4
des directives ont été publiées pour que les gie, +20 % d’énergies renouvelables dans le trophes écologiques d’origine nes mesures, le cap reste donc
engagements qui en découlent soient effecti- total consommé d’ici à 2020) : ils demeurent industrielle se répètent (cf. marées noires dans inchangé : la protection de l’environnement
Nestlé Waters
vement mis en œuvre d’ici à 2020 et au-delà, d’actualité malgré la crise. Peu avant la confé- le Golfe du Mexique en 2010…). Enfin, il est devrait rester LA priorité des pouvoirs publics protège l’eau
quel que soit le taux de croissance du PIB. rence de Copenhague de décembre 2009 sur fort probable que les grandes ONG et associa- à l’horizon 2030... Nestlé Waters offre un exem-
tions veilleront à ce que les objectifs affichés ple intéressant de protection
en matière d’environnement soient respectés. Vers une augmentation d’une ressource naturelle,
En France, certaines auront d’autant plus de des coûts le bassin de captage de la
source Vittel dans les Vosges,
poids qu’elles sont désormais institutionna- et des contraintes avec compensation monétaire
lisées : le Grenelle 2 – qui traduit en actions pour service rendu. Dans les
concrètes le Grenelle 1 − a en effet introduit Les conséquences pour les entreprises dé- années 1980, le taux de ni-
à l’art. L. 141-3. du Code de l’environne- sireuses de maintenir leurs activités sur le trates de la source atteignait
ment l’idée que les associations représentati- territoire sont majeures. Avant tout, une 8 mg/l, soit un niveau proche
de la limite maximale autori-
ves “peuvent être désignées pour prendre part au augmentation des coûts liés à la protection sée de 10 mg/l. Pour préser-
débat sur l’environnement qui se déroule dans le de l’environnement semble probable d’ici ver son activité économique,
cadre des instances consultatives ayant vocation à à 2030. En France, les dépenses de ce type Nestlé rachète des terres sur
examiner les politiques d’environnement et de dé- s’élevaient déjà à plus de 15 milliards d’euros le bassin de captage et incite
veloppement durable”. Leur rôle a d’ailleurs été en 2007, en progression de 5 % en moyenne à l’installation d’exploitations
agricoles biologiques. L’indus-
renforcé au sein du Conseil économique et so- par an depuis 2000. En tête de liste : la ges- triel verse une aide annuelle
cial − assemblée constitutionnelle consultative tion des déchets et l’assainissement des eaux à ces agriculteurs contre l’en-
placée auprès des pouvoirs publics − devenu usées. gagement du respect d’un
© AFP PHOTO / G. GOBET Conseil économique, social et environnemen- D’autres postes pourraient croître d’ici à cahier des charges strict.
tal (CESE) en 2010. Les CESE régionaux 2030, et notamment celui lié à la préservation Aujourd’hui, 92 % des terres
du bassin sont cultivés sans
leur accorderont une place similaire, signe de de la biodiversité. L’impact de la perte de la nitrates et sans pesticides. Le
l’importance donnée aux associations de pro- biodiversité, aujourd’hui évalué à 50 milliards taux de nitrates de la source
tection de l’environnement, aux niveaux na- d’euros par an (1 % du PIB) pourrait en effet dé- est tombé à 4,8 mg/l.
56 57
passer les 14 000 milliards en 2050, soit 7 % du être évalué à 153 milliards d’euros en 2005, soit mental, voire en remettre en cause l’intérêt péens. Une cinquantaine sont aujourd’hui
PIB !12 En 2008, le gouvernement français avait 9,5 % de la valeur de la production alimentaire économique. En juin 2010, le tribunal correc- mis en œuvre et plus d’une centaine sup-
déjà sollicité le spécialiste du sujet, Bernard mondiale. Ces derniers rendraient en effet un tionnel d’Aix-en-Provence a ainsi condamné plémentaire sont en cours d’élaboration. Un
c encadré 3
Chevassus-au-Louis, pour faire un état des service gratuit en contribuant à la reproduction Ikea à 30 000 euros d’amende, autre outil de planification
lieux des différentes approches permettant de sexuée des plantes à fleurs. La diminution du dont 10 000 euros avec sursis.
L’augmentation monétariser la biodiversité, c’est-à-dire d’éva- nombre d’individus, constatée un peu partout En 2008, le groupe suédois
Les SAGE risquent pourrait également devenir de
plus en plus contraignant : les
des dépenses luer le prix d’un hectare de forêt ou de récif dans le monde, pourrait alors avoir des effets d’ameublement, qui construi- de se durcir et de chartes de parcs naturels régio-
environnementales corallien par exemple13. À ce jour, les autorités très importants sur les cultures vivrières, puis- sait une plate-forme logistique se multiplier pour naux17. Dans le cadre de leur
des entreprises publiques n’en ont pas tiré que 35 % du tonnage mon- à Fos-sur-Mer, aurait en effet respecter l’objectif révision, certaines tendent en
de conclusions législatives, dial d’aliments d’origine détruit un végétal non cultivé,
En millions d’euros mais les réflexions conti- Une augmentation végétale proviennent de le milieu particulier d’une es-
européen de bon effet à restreindre les possibili-
tés d’ouverture de carrières au
15 000 nuent. En mai 2010 un des coûts liés à cultures dépendant en par- pèce végétale protégée non état écologique motif qu’elles peuvent porter
rapport du Commissariat la protection de tie des pollinisateurs. Le 14 cultivée et une espèce animale des eaux. atteinte au paysage et à l’en-
Général au Développement
durable a ainsi analysé une
l’environnement semble juillet 2010, les eurodéputés
membres de la Commission
protégée non domestique alors vironnement. C’est le cas de la
que son autorisation préfectorale ne portait charte du parc des Bauges par exemple, qui
nouvelle approche du sujet, probable d’ici à 2030. Environnement du Parle- que sur des espèces d’orchidées, dont le grou- interdit les nouvelles carrières car “le territoire
développée dès 2005 par ment européen ont ainsi pe s’engageait à compenser la destruction. du parc n’a pas vocation à être un espace d’exploi-
le Millenium Ecosystem Assessment14 : l’éva- rappelé qu’il était nécessaire “d’intégrer dans le Deuxième conséquence possible : un ren- tation pour l’extraction des matériaux rocheux”.
10 000 luation des services rendus à l’homme par les prix final des produits mis sur le marché les coûts ex- forcement des contraintes liées à des outils
Protection et
écosystèmes (forêt, zone humide, prairie, récif ternes que sont, par exemple, les dommages causés à de planification administratifs de plus en plus
dépollution corallien, etc.). Objectif ? Permettre l’évaluation la biodiversité ou les coûts supportés pour promou- stricts, comme les Schémas d’Aménagement
des sols, des eaux des écosystèmes selon leur fonctionnalité, en voir celle-ci’’. En droite ligne avec cette volonté, et de Gestion des Eaux (SAGE)16. Dans son
souterraines et des
eaux prenant en compte les espèces communes et l’étiquetage environnemental des produits de rapport annuel 2010 la Cour des comptes a en
de surface non plus les seules espèces rares ou patrimonia- consommation sera quant à lui expérimenté à effet dénoncé les différents acteurs de l’eau
Recherche et
développement les. Selon une étude franco-allemande15 dirigée partir de juillet 2011. et exprimé ses doutes quant à la capacité de la
5000 en environnement par Jean-Michel Salles (CNRS, Montpellier) et Intégrer certaines mesures environne- France à atteindre “le bon état écologique de
Protection de
la biodiversité Bernard Vaissière (Laboratoire de pollinisation mentales, comme la réalisation de bilans car- ses eaux en 2015”, comme prescrit dans la di-
et des paysages et écologie des abeilles, INRA, Avignon), l’ap- bones (plusieurs milliers d’euros par site) ou rective européenne de 2000. En cause ? L’in-
Lutte contre port des insectes pollinisateurs aux principales l’étiquetage environnemental des produits, suffisance des instruments mis en œuvre pour
le bruit
Protection de l’air cultures mondiales, par exemple, peut ainsi suppose que les entreprises mobilisent des prévenir et combattre les pollutions notam-
Gestion moyens financiers additionnels, qui s’ajou- ment. Le durcissement et la multiplication
des déchets 12
Source : Étude 2010, menée par “The Economics of Ecosystems and
Gestion Biodiversity” (TEEB). teront à ceux déjà déployés pour appliquer des SAGE pourraient alors apparaître comme
0 des eaux usées 13
Rapport du Centre d’Analyse Stratégique “Approche économique de la les diverses mesures de protection de l’en- le moyen de respecter les objectifs euro-
2000 2007 biodiversité et des services liés aux écosystèmes, Contribution à la décision vironnement. Par ailleurs, la mise en œuvre
publique”, 2009.
Les activités de mobilisation de la ressource des mesures compensatoires exigées, par 16
Le SAGE est un document de planification prévu par la loi sur l’eau du 3 janvier
14
MEA, (2005), Ecosystems and human well-being : General Synthesis, 1992, qui décline au niveau d’un bassin hydrographique les principales mesures en 17
Régie par l’article L.333-1 du Code de l’environnement “ La charte du parc
en eau et de récupération-recyclage ne font Washington, DC., Island Press, 160 p. (en ligne : http ://www.maweb.org/en/ exemple suite à des destructions d’habitats matière d’eau, en fixant des objectifs généraux d’utilisation, de mise en valeur, de détermine pour le territoire du parc naturel régional les orientations de protection,
pas partie du champ de la protection de l’en- products.aspx). ou d’espèces protégées consécutives à la réa- protection qualitative et quantitative des ressources aquifères. Élaboré par une de mise en valeur et de développement et les mesures permettant de les mettre en
vironnement. 15
Référence : Gallai N, Salles J-M, Settele J, Vaissière BE, “Economic valuation of commission locale de l’eau qui réunit l’État, les collectivités et les usagers, un œuvre”. Élaborée pour 12 ans après enquête publique, elle doit être approuvée par
the vulnerability of world agriculture confronted with pollinator decline”. Ecological
lisation d’un projet d’aménagement, peut en schéma a une portée juridique : toute décision dans le domaine des eaux doit être les communes, départements, régions du territoire sur lequel le parc se trouve, ainsi
Source : IFEN
economics. Août 2008. alourdir considérablement le coût environne- compatible avec ses dispositions. que par les partenaires associatifs pertinents.
58 59
Une profession au cœur des
grandes tendances sociétales
Un public de plus
en plus participatif
La montée en puissance
de la protection
de l’environnement
Quels besoins en
granulats demain ?
© Arte-Charpentier
61
Une profession
au cœur des
grandes tendances
Quels besoins
sociétales
Un public de plus
en granulats demain ? grande partie du réseau routier nécessiterait d’être – à base de granulats naturels – par des maté-
rénové d’ici à 2030, afin notamment d’en assurer riaux alternatifs a des limites. Dans les possibili-
en plus participatif la pérennité et d’en réduire l’impact sur l’environne- tés d’utilisation d’abord : à ce jour, seul le béton
ment, par exemple au niveau du bruit”, affirme ainsi – parfois associé à l’acier au niveau de l’arma-
La montée Augmentation de la pression sociétale, des coûts liés à la Hervé Guiraud, directeur d’études au Service ture − permet de construire des bâtiments de
en puissance préservation de l’environnement et des contraintes administratives.. d’Études sur les Transports, les Routes et leurs plusieurs dizaines d’étages du fait de sa bonne
de la protection les perspectives sont préoccupantes. Pour autant, elles ne devraient Aménagements (SETRA). Or, résistance mécanique. Lui seul
de l’environnement il est difficile d’économiser du Le béton possède permet aussi, grâce à l’existen-
pas révolutionner les conditions d’approvisionnement des matériau naturel sur la partie ce de multiples formulations,
Quels besoins territoires en granulats ou remettre en question la capacité “mobilier”. D’abord parce qu’il
des qualités d’édifier des constructions de
en granulats demain ? s’agit de nouveaux types d’amé- environnementales
des industriels à y répondre. Après tout, les besoins en granulats tous types. Enfin, les maisons c encadré 5
nagement. Il n’y a donc pas ou indéniables. en béton possèdent des qualités
naturels ne devraient-ils pas baisser à l’horizon 2030 ? peu de mobiliers à recycler dis- d’inertie thermique supérieures Des maisons
ponibles. Ensuite parce qu’il s’agit d’ouvrages à celle des maisons à ossature bois. Le béton en parpaings
en béton, où il est plus difficile d’introduire des est ainsi l’un des tous premiers matériaux prêts Brique pleine Autres
granulats recyclés pour des raisons de qualité, de à répondre à la future réglementation thermi- 3% 2%
D
résistance et de durabilité. Quelle sera l’ampleur que RT 2020, relative aux bâtiments à énergie Bois
2%
de ces nouveaux besoins ? Difficile à dire. Il est positive. En 1996, une charte “Bois construc-
Panneaux béton préfabriqués
ans la convention d’engagement vo- est en bois, devra ainsi, à partir du 1 décembre er
certain néanmoins que des granulats naturels tion environnement” affichait d’ailleurs un ob- 2%
lontaire co-signée par l’Union des 2011, incorporer un volume de 35 décimètres c Hervé Guiraud seront nécessaires pour y ré- jectif de part de marché pour le bois supérieur Blocs béton pleins
Syndicats de l’Industrie Routière cube de bois par m² de surface hors œuvre nette Directeur d’études au Service d’Études pondre. à 10 % en 2010. Dans les maisons individuelles 1%
Française (USIRF) en 2009, les en- (shon), contre 2 décimètres jusqu’à présent. sur les Transports, les Routes et leurs La construction de loge- en secteur diffus, qui représentent 86 % des ré-
Aménagements (SETRA)
treprises de la construction routière ments devrait par ailleurs de- sidences principales en accession à la propriété,
s’engagent à réemployer ou à valoriser 100 % À la recherche Une grande partie meurer forte d’ici à 2030, et le bois plafonne à 2 % en 2009.
des matériaux excavés sur les chantiers de ter- ce quels que soient les modes La substitution pourrait être d’autant plus
rassement à l’horizon 2020. Elles s’engagent
de nouveaux modèles du réseau routier d’urbanisation choisis (étale- limitée que : “Le béton possède un atout de poids :
économiques nécessiterait
également à réutiliser 60 % des matériaux bi- ment ou densification de l’ha- son prix, inférieur de 3 % à celui de la brique et
tumineux issus de la déconstruction routière En réalité, la réfection et la construction des d’être rénovée d’ici bitat). La population devrait en de 15 % à celui du bois”, affirme David Gugliel-
d’ici à 2012 – contre 20 % en 2010 –, et à réali- routes peuvent effectivement être réalisées avec à 2030. effet continuer à croître – elle metti, membre du Centre d’information sur le
ser ainsi une économie de 4 millions de tonnes plus de matériaux recyclés et moins de granulats pourrait atteindre 70 millions béton et ses applications (CimBéton). Son bilan
Briques creuses Blocs béton creux
de granulats naturels par an. naturels. Néanmoins, les nouveaux impératifs d’habitants en 2050 en métro- environnemental, enfin, démontre un faible im-
19 % 71 %
Les matériaux “alternatifs”, et en particu- environnementaux induisent eux de nouveaux pole – tout comme le nombre de familles mo- pact. Par le maillage des centrales à béton et des
lier le bois – dont l’image est plus “verte” que besoins mobiliers de type murs antibruit, ca- noparentales. Le ministère du Logement pré- unités de préfabrication, la production du béton Les maisons individuelles en
secteur diffus, qui représen-
celle du béton – connaissent par ailleurs un niveaux, canalisations, bassins de collecte des voit d’ailleurs que la demande moyenne sera prêt à l’emploi est une activité localisée à proxi- tent 86 % des résidences
regain d’intérêt. Il faut dire que le gouverne- eaux, passages à faune, trottoirs, murs de sé- de 350 000 logements supplémentaires par an, mité des marchés, à l’inverse d’autres matériaux principales en accession,
ment favorise nettement la filière : un décret de curité, etc. (on parle de “dépendances”). “Une soit 3 500 000 d’ici 2020. sont majoritairement construi-
mars 2010 a multiplié par dix la quantité de bois Or, en la matière, la substitution du béton La faculté du béton d’absorber et de stocker l’énergie est de 2 500 kilojoules tes en blocs de béton.
Pour les bâtiments dont la demande d’autorisation de construire ou la par m3 contre 960 pour le bois de charpente, et sa capacité à diffuser la chaleur est
imposée dans les logements. Un immeuble à déclaration préalable sera déposée après le 1er décembre 2011 et durant une plus grande. Source : Béton et confort – La thermique, Collection Technique
Source : Observatoire qualité
construction 2009
usage d’habitation dont la charpente de toiture période transitoire, allant du 1er décembre 2010 au 30 novembre 2011.
Source : INSEE. Cimbéton, septembre 2007, pages 18-20.
62 63
de construction. L’étude Qualité Environne- Charles Baloche, responsable sécurité, struc- En outre, Pierre Hérant note que détruire pour régulière de l’emploi de ces derniers dans les
mentale des Bâtiments, publiée par Cimbéton tures, feu au Centre Scientifique et Technique reconstruire requiert beaucoup d’énergie pour travaux publics, pourrait conduire à une aug-
fin 2009, réalisée par des experts, est la premiè- du Bâtiment (CSTB). “Il est probable que l’on la production, la fabrication, l’utilisation et enfin mentation des besoins de granulats et s’appro-
re étude multicritères qui permet n’assistera qu’à des évolutions le recyclage des matériaux de construction. On cher d’une consommation de plus de 500 mil-
d’apprécier les impacts environ- douces, car les Français sont très parle “d’énergie grise”, par opposition à celle lions de tonnes à l’horizon 2035. La corrélation
nementaux de plusieurs types
L’évolution de attachés à la pierre, à laquelle ils utilisée durant la vie du bâtiment (chauffage, entre l’investissement en construction et la pro-
de logement, mettant en œuvre la demande accordent une valeur patrimoniale, éclairage…). Enfin, les granulats recyclés ne duction de granulats est encore plus évidente
différents systèmes constructifs en matériaux explique ce dernier. Et puis, le peuvent être utilisés dans les bétons les plus (cf. encadré 6).
devant tous répondre aux exi- est directement secteur béton a déjà beaucoup opti- performants (béton haute performance, béton Le ralentissement de la croissance de la
gences thermiques de niveau misé son matériau et dispose encore auto-plaçant) du fait de leur moindre qualité. consommation par habitant observé depuis
BBC. Les fiches de déclaration
fonction de de marges de progrès inexploitées. Il Pour y remédier, il faudrait en fait mettre en quelques années (cf. encadré 7) est exclusive-
environnementales et sanitaires la croissance n’y aura donc pas de rupture bru- place des procédés extrême- ment dû aux progrès techni-
(FDES) des différents matériaux démographique. tale de l’équilibre entre les filières, ment sélectifs des matériaux La question de ques réalisé par les industriels
utilisés ont servi de base à l’étude. issus de la déconstruction.
mais plutôt des contraintes supplé-
Résultat : pour une maison de plain pied de 100 mentaires comme l’intégration du transport, de la À l’instar des pays du
l’approvisionnement et constructeurs d’ouvrages
et contribue ainsi à limiter
m² habitables en région tempérée, l’impact du gestion des déchets ou de la déconstruction”. Nord de l’Europe, la politi- des territoires se la consommation totale en
changement climatique, pour une durée de vie Idem pour la substitution des granulats natu- que nationale nous engage pose inévitablement. granulats. D’après une étude
de 100 ans est de 65 tonnes de CO² pour une rels par des recyclés. Comme le souligne Hélène sur la voie du recyclage des menée sur 23 pays d’Europe,
maison en bois, 69 tonnes pour une maison en Jacquot-Guimbal, directrice générale de l’Ins- déchets de démolition du BTP : elle incite il existe une corrélation entre la consommation
béton et 73 si le matériau choisi est la brique. titut français des sciences et technologies des fortement à l’utilisation des granulats recyclés de granulats par habitant et le PIB par habi-
Le béton possède donc des qualités environ- transports, de l’aménagement et des réseaux et à l’intégration de cette orientation dans les tant. Dans une optique de croissance économi-
nementales proches du bois et supérieures à (Ifsttar), certaines pistes méritent effectivement appels d’offres. que de long terme, on peut raisonnablement
celles de la brique, malgré les idées reçues sur d’être approfondies en matière de recyclage. In fine, les besoins de la société en granulats penser que la consommation par habitant
le béton. “Si l’image écologique du bois est liée à la Le Laboratoire Central des Ponts et Chaus- naturels pourraient donc rester élevés dans les poursuivra son augmentation, certes lente mais
forêt, les atouts du béton sont dans le développement sées (LCPC) a notamment mis en évidence un prochaines années. L’évolution de la consom- continue (cf. encadré 8). En dépit d’un décou-
de l’éco-conception des produits, et dans la durabilité potentiel de recarbonatation atteignant 80 % mation des granulats est directement liée à plage progressif de la croissance économique
intrinsèque du matériau” explique Marc Lebrun, des émissions provenant de la fabrication du la démographie. Par ailleurs, selon le modèle et de la consommation de certaines matières
Directeur général du Centre d’Études et de ciment, par simple stockage, durant moins d’un issu de l’étude ANTAG, une augmentation premières observable dans les pays fortement
Recherches de l’Industrie du Béton (CERIB). an, des matériaux issus de la déconstruction des régulière du PIB, même accompagnée d’une développés, comme la France, la demande
ouvrages en béton. Le potentiel de recyclage des croissance du coefficient de substitution des se stabiliserait en fait à des niveaux élevés de
Des besoins qui devraient ballasts de chemins de fer, trop souvent mis en granulats dans le bâtiment et d’une réduction développement économique, ne serait-ce que
rester soutenus décharge sans tri préalable, pourrait également
Le projet ANTAG (ANTicipation de l’Accès à la ressource Granulats), développé de
pour maintenir les infrastructures. Une prévi-
être mieux investigué. Mais l’idée de rempla- janvier 2007 à juin 2010 dans le cadre d’un programme de recherche de l’ANR sion confirmée par l’OCDE (cf. encadré 9).
(Agence Nationale de la Recherche), en partenariat avec le BRGM, a pour but de
“Même s’il va falloir laisser un peu de place à la cer tous les granulats naturels par leurs homo- développer des modèles permettant d’anticiper l’accès à la ressource granulats au-
La question de l’approvisionnement des
mixité des matériaux, la filière béton n’est nulle- logues recyclés présente de sérieuses limites. delà des schémas actuels à une échéance long terme de 15 à 30 ans en France. La territoires selon des modalités qui minimi-
démarche retenue consiste à simuler des évolutions dans le temps. Ces évolutions
ment menacée”, résume Pierre Hérant, chef La première : compte tenu des volumes néces- sont subies ou provoquées par des actions de rupture plus ou moins prononcées par
sent les distances de transport se pose alors
du service bâtiment de l’Agence De l’En- saires pour couvrir les besoins de la société, ce rapport au fonctionnement actuel ou envisagé à court terme dans le domaine de
l’approvisionnement, de la consommation et du transport des granulats. L’approche
Politiques de planification et procédures d’attribution de permis d’exploitation
vironnement et de la Maîtrise de l’Énergie sont des villes entières qu’il faudrait raser pour est du type macro-économique avec mise au point de modèles mathématiques pour garantir un approvisionnement durable en granulats en Europe, Université de
(Ademe). Une conclusion que partage avoir suffisamment de recyclés à disposition ! d’évolution et de diffusion. Leoben, Autriche, juin 2010.
64 65
c encadré 6 c encadré 9
1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 Évolution prévisible 2002-2020
Quantités extraites en 2002
Source : UNICEM restres et les modes de transport alternatifs. ne peuvent donc s’imposer aux autres docu- territoires (cf. annexe 1: les scénarios possibles”).
Mais ils oublient souvent deux points ma- ments d’urbanisme, et notamment aux Plans
Évolution 1980-2002
Évolution 1980-2002
(milliards de tonnes)
(milliards de tonnes)
c encadré 8 jeurs : d’abord, ils ne favorisent pas la proxi- locaux d’urbanisme (PLU) et aux Schémas
Corrélation entre
Les PLU sont régis par les articles L. 123-1 et suivants du Code de l’urbanisme.
Régi par l’article L. 515-3 du Code de l’environnement, “le schéma Leurs objectifs sont de définir le droit des sols applicable aux terrains, ainsi que
consommation de départemental des carrières (SDC), créé en 1993, définit les conditions générales d’exprimer un projet d’aménagement et de développement durable de la commune.
granulats et PIB en Europe Total 55 36 % 48 % 22,9 19 % 19 %
d’implantation des carrières dans le département. Il prend en compte l’intérêt
économique national, les ressources et les besoins en matériaux du département et
Le périmètre des PLU doit couvrir la totalité du territoire de la commune ou des
communes concernées, s’il s’agit d’un PLU intercommunal. Élaboré à l’initiative et
Minerais des départements voisins, la protection des paysages, des sites et des milieux sous la responsabilité de la commune, en concertation avec la population, il est
Tonnes / habitant vs PIB / habitant 5,8 56 % 92 % 1,8 41 % 70 %
métalliques naturels sensibles, la nécessité d’une gestion équilibrée de l’espace, tout en soumis à une enquête publique et approuvé par délibération du conseil municipal,
15 favorisant une utilisation économe des matières premières. Il fixe les objectifs à sachant qu’il doit être compatible avec le SCoT, lorsqu’il existe. Le PLU comporte un
Combustibles atteindre en matière de remise en état et de réaménagement des sites”. rapport de présentation, un projet d’aménagement et de développement durable,
10,6 30 % 39 % 4,1 12 % 6%
12 fossiles Le SDC est élaboré par la Commission départementale des carrières et approuvé par éventuellement les orientations particulières à certains secteurs, un règlement, et
Danemark le préfet, après avis du Conseil général. Il est révisé dans un délai maximal de enfin des documents graphiques. Il comporte également des annexes, qui
Biomasse 15,6 28 % 31 % 4,5 11 % 6%
9 Allemagne 10 ans à compter de son approbation. Les autorisations d’exploitation de carrières contiennent des éléments nécessaires à l’information de la population (comme les
Autres 22,9 40 % 54 % 12,6 21 % 21 % doivent être compatibles avec les orientations et les objectifs définis par le SDC, ce périmètres des zones spéciales de recherche et d’exploitation de carrières).
6 minéraux qui signifie qu’il n’est pas juridiquement possible d’obtenir une autorisation Conformément à l’article L. 123-5 du Code de l’urbanisme, les dispositions d’un
France préfectorale d’exploitation dans une zone interdite aux carrières par le schéma. PLU approuvées sont opposables à tout projet de construction, d’aménagement, ou
Selon Gérard Marcou, professeur de droit public et spécialiste des questions de
3 Les projections d’extraction globale de ressources et d’utilisation de
Espagne matières à l’horizon 2020 reposent sur le scénario de base du modèle À noter que le SDC n’est pas opposable aux documents d’urbanisme, et notamment d’ouverture d’installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le gouvernance, le préfet devrait rester un acteur clé en matière de planification. Une
0 GINFORS (Giljum et al, 2007). aux Plans Locaux d’Urbanisme, qui peuvent comporter des dispositions rendant PLU. En ce qui concerne notamment les carrières, ce principe d’opposabilité des opinion partagée par Georges Gontcharoff, co-fondateur de l’Association pour la
0 10 20 30 40 50 60 70 impossible l’exploitation d’un gisement quand bien même celui-ci serait identifié dispositions du PLU est important à souligner : l’exploitation d’une carrière dans une démocratie et l’éducation locale et sociale (Adels). Selon ce dernier, “les questions
Source : OCDE, Measuring material flows and dans le SDC. Dans ce cas, une modification du PLU sera nécessaire pour permettre commune couverte par un PLU sera possible si le PLU ne les interdit pas environnementales ne sont pas revendiquées par les élus locaux qui se défaussent
Source : UEPG – données 2009 resource productivity - Synthesis Report, 2008.
l’exploitation. expressément. sur la décision du Préfet, et se mettent ainsi à l’abri de la critique locale...”
66 67
c encadré 10
L’Espagne mise sur l’action locale La Belgique repense la gestion des territoires
et l’approvisionnement en matériaux
trop limiter l’octroi de nouvelles nous avons réussi à convaincre le sommes contraints de multiplier
S
autorisations” se félicite gouvernement de rendre illégal, les procès à leur encontre, car ur le papier, tout semble par- diverses commissions régionales. ou d’ouverture. Pas étonnant alors
Cesar Luaces Frades, au niveau national, le fait que des l’accès à la ressource n’est mal- fait pour les carriers belges. “La procédure prend plusieurs que la profession soit inquiète
directeur de l’Union des plans d’urbanisme communaux heureusement pas un paramètre Des “zones d’extraction” années, et plus de trente dossiers quant à sa capacité à assurer l’ap-
producteurs espagnols. puissent interdire génériquement de l’équation de l’aménagement sont en effet définies dans sont aujourd’hui en attente” expli- provisionnement durable des ter-
Mais la Catalogne est la seule les carrières, les élus locaux n’en du territoire”. Aucun doute : en les “plans de secteurs” des que ainsi Benoît Lussis, conseiller ritoires en granulats. Dès 2001,
région dans ce cas. À l’extrême tiennent pas toujours compte, Espagne, les carriers seraient pre- régions, signe, a priori, pour la Fédération des industries une étude qui fait aujourd’hui
inverse, le gouvernement du Pays déplore en effet le directeur de neurs d’un peu de rationalisation que les producteurs de extractives de Belgique. Il faut référence – l’étude Poty − avait
Basque a en effet totalement inter- l’Union des producteurs de gra- et de centralisation des décisions, granulats bénéficient d’un dire que même si la modification d’ailleurs donné l’alarme : sur les
dit, en mars 2010, l’exploitation nulats espagnols. Résultat : nous au moins à l’échelle régionale. accès facilité à la ressource. du plan de secteur est finalement vingt exploitations productrices
de carrières dans les espaces La réalité est néanmoins plus acceptée, sans que la ou les com- de sable en activité à l’époque,
de type Natura 2000 ou Parcs complexe. D’abord parce que les munes concernées ne s’y soient douze disposaient de moins de
Naturels qui, dans cette région, limites des “zones d’extraction” opposées, le carrier a encore cinq ans de réserves par exemple.
couvrent l’essentiel du territoire et ne sont actualisées qu’au cas par deux obstacles à franchir : il doit La situation évoluerait néanmoins
D
ix-sept. Tel est le nombre stérilisent pour l’avenir la grande cas. Résultat : certaines carrières, d’abord remplir ses obligations dans le bon sens. “Les nouvelles
de politiques existant en majorité des ressources géolo- qui ont besoin de nouveaux es- en matière de compensation. Pas autorités wallonnes, formées mi-
Espagne en matière de giques, alors que les directives progressivement été “réservée” à paces pour poursuivre leur acti- facile, car c’est le gouvernement 2009, ont publiquement affirmé
granulats. Autant que de com- européennes n’y imposent que le L’Autriche , la protection de l’environnement vité, craignent pour leur avenir. régional qui prend les décisions leur volonté de valoriser les ri-
munautés autonomes. En fait, respect de critères environnemen- vers des espaces (Natura 2000, parcs nationaux, A contrario, certaines zones d’ex- en la matière. Ce dernier peut chesses du sous-sol de la région
l’équivalent des régions françai- taux additionnels. Les granulats y parcs naturels etc.) : 37 % de la traction sont toujours considérées ainsi exiger du carrier qu’il trans- et de mieux organiser l’accès aux
ses. Il faut dire que si l’État cen- seront donc désormais importés
réservés à surface du pays étaient inacces- comme telles alors qu’elles n’ont forme une partie de ses terrains gisements des industries minéra-
tral définit le cadre général des des régions voisines. “Ce qui si- l’extraction sibles en 2008, contre 27 % huit plus aucun potentiel d’exploita- en zones non urbanisables (forêt, les et extractives” explique Benoît
industries d’extraction (mines et gnifie davantage de transport et ans plus tôt. Fort de ce constat, tion. Or, obtenir la modification terre agricole, etc.) – les zones Lussis. Les procédures de révision
carrières), ce sont les autorités ré- d’émission de CO2” regrette Ce- c’est le Parlement autrichien qui, d’un plan de secteur – la Wallo- d’extraction étant considérées des plans de secteur en cours et
gionales – plus particulièrement sar Luaces Frades. Même constat en 2002, a demandé au minis- nie, qui produit plus de 80 % des comme des zones “urbanisées” à venir pourraient être ainsi gérées
les “assemblées délibérantes”, au niveau des contrôles de l’acti- tère de l’Économie d’élaborer granulats du pays, en compte − ou qu’il mette en place diver- de façon dynamique et en colla-
élues au suffrage universel, et vité effectués par l’administration. un plan qui garantisse un appro- vingt-cinq – relève de l’exploit ses actions liées à la protection boration avec les carriers. La Task
les “gouvernements régionaux” “S’ils sont importants et concer- visionnement optimal des terri- pour les carriers. Le demandeur de l’environnement (économies Force Carrière, composée des
– qui déterminent les modalités nent toutes les entreprises dans toires en minéraux et granulats est en effet contraint de financer d’énergie, mobilité, etc.). Une fois représentants de la profession,
d’accès à la ressource pour les certaines régions, ils sont quasi à long terme. La conception de une étude d’impact préalable l’obstacle franchi, il doit encore des ministères concernés et de
R
carriers. Résultat : difficile de inexistants dans d’autres où les öthis, Gisingen, Bazora… de granulats qui ce dernier a alors mobilisé l’en- portant sur l’ensemble de la zone financer une étude d’impact por- l’administration travaille sur le
trouver la moindre cohérence en acteurs illégaux sont nombreux, ces petites communes de soient à la fois suffisantes pour semble des acteurs concernés − à modifier, et de la soumettre à tant sur son seul projet d’extension projet. À suivre…
la matière au niveau national ! poursuit Cesar Luaces Frades. Or, l’extrême ouest de l’Autriche satisfaire leurs besoins, d’une le bureau d’études géologiques
Les situations sont en effet extrê- l’absence de contrôles – au-delà ont désormais un point commun : qualité adaptée à la demande autrichien (“Geologische Bunde-
mement variées. En Catalogne des distorsions de concurrence elles réserveront très prochaine- future, et suffisamment proches sanstalt”, l’équivalent du Bureau
par exemple, les responsables qu’elle induit − nuit à la bonne ment quelques hectares de leur des centres de consommation de recherches géologiques et mi-
gouvernementaux locaux char- acceptabilité de la profession par territoire, bien identifiés, à la seu- (pas plus de 30 kilomètres) pour nières français), l’association na- ments ou des routes par exemple, plus contraint, la définition de ces
gés de l’économie, du dévelop- les populations locales, puisque le exploitation des granulats. El- être intéressantes aux niveaux tionale des carriers et les autorités et les entreprises n’y ont aucune espaces réservés garantit que les
pement durable et de l’industrie les petits carriers non autorisés les ne sont pas les seules. Le “Plan économique et environnemental. locales. Au final, des sites “proté- contrainte spécifique en matière besoins des territoires seront cou-
ont accepté de collaborer avec ne sont pas contraints d’effectuer autrichien pour les minéraux” Il faut dire qu’en Autriche, comme gés” pour l’extraction − dits “sites de tonnes produites. Elles peuvent verts de façon optimale pendant
le syndicat des carriers pour éva- des réaménagements de qualité (“Österreichische Rohstoffplan”) en France, l’accès aux ressources d’intérêt particulier – mines et car- également continuer à demander cinquante ans au moins, explique
luer, dans le cadre d’une étude, et à réduire les impacts environ- adopté par les autorités en 2008 est devenu très difficile pour les rières” − ont été identifiés sur l’en- des autorisations et à exploiter Robert Wasserbacher, conseiller
la demande de granulats présen- nementaux de leur exploitation”. et qui attend aujourd’hui ses di- carriers ces dernières années : semble du territoire : même si les dans tout le pays, dans le respect juridique pour l’association autri-
te et future dans la région. “Ceci Face à cette situation, le syndicat rectives d’application, couvre en au-delà du traditionnel rejet des procédures à suivre pour ouvrir des règles environnementales en chienne de producteurs de granu-
leur a fait prendre conscience n’a qu’une option : se doter d’an- effet l’ensemble du pays. Objec- exploitations par les populations une exploitation sont les mêmes vigueur (études d’impact, etc.). lats. Plus qu’un succès pour notre
de l’importance des besoins, et tennes régionales fortes et privilé- tif : garantir que les générations locales, une partie de plus en que sur l’ensemble du territoire, il “Simplement, même si l’exercice profession, c’est une victoire pour
donc des risques qu’il y avait à gier les actions locales. “Même si futures disposeront de réserves plus importante du territoire a est interdit d’y construire des bâti- de leur activité y est de plus en le pays entier”.
68 69
22 propositions L’accès à des granulats de qualité, issus de gisements naturels ou
du recyclage de produits minéraux, constitue un enjeu stratégique pour
l’approvisionnement des territoires en matériaux de construction ;
pour assurer
ces matériaux, d’intérêt général, sont en effet nécessaires pour entretenir
et développer l’habitat et les infrastructures de mobilité.
un
soit par les contraintes qui pèsent sur l’activité, qu’elles soient sociétales,
spatiales ou réglementaires, soit par l’opposition grandissante
des populations au développement de nouvelles exploitations.
approvisionnement
de faire évoluer les politiques publiques de gestion de la ressource
minérale, en particulier en assurant une meilleure articulation du schéma
départemental des carrières avec les autres documents d’urbanisme
et de planification des territoires. Par ailleurs, notre profession doit
continuer à mettre en œuvre toutes les actions permettant une meilleure
acceptabilité de l’activité.
durable
Nous ne pourrons mener à bien cette mission qu’en partenariat avec nos
parties prenantes.
des territoires
et productions durables, Conservation et gestion durable de la biodiversité
et des ressources naturelles, Transport et mobilité durables, Société
de la connaissance, Changement climatique et énergie, Santé publique,
Prévention et gestion des risques, Gouvernance.
70 71
22 propositions Améliorer l’acceptabilité
pour assurer de l’activité
un approvisionnement 6. Développer nos connaissances environnementales
7. Améliorer les pratiques opérationnelles
p. 84
p. 86
p. 103
16. Assurer une veille de l’activité p. 104
17. Participer à l’élaboration et au suivi
1. P
rendre en compte les besoins en granulats
des politiques publiques p. 107
dans les plans et programmes publics p. 76
18. Participer aux réflexions sur le développement durable p. 108
2. P
érenniser l’exploitation de ressources de proximité
pour les approvisionnements du territoire p. 77 19. Assurer une bonne gouvernance
des demandes d’autorisation de carrières p. 109
3. A
ssurer la compatibilité des documents d’urbanisme
avec les schémas départementaux des carrières p. 78 20. Mettre en place un conseil d’orientation stratégique p. 109
4. Assurer le plein emploi des gisements autorisés p. 79 21. Développer des partenariats avec
les associations environnementales p. 110
5. D
évelopper le recyclage des matériaux de chantier
et des déchets du BTP p. 80 22. Promouvoir la concertation locale p. 111
72 73
22 propositions
Inscrire l’approvisionnement
en granulats dans
les politiques publiques
Améliorer l’acceptabilité
de l’activité
© Fotolia.com / D. Bonardelle
75
Inscrire l’approvisionnement en granulats
Identifier les
besoins en
matériaux induits
dans les politiques publiques Préser ver l’accès
aux ressources
minérales pour
par les plans et répondre aux
programmes issus besoins de demain
des politiques
publiques
76 77
Préser ver l’accès
aux ressources
minérales pour
3 Assurer la compatibilité des documents
d’urbanisme avec les schémas départementaux
des carrières
4 Assurer le plein emploi
des gisements autorisés
Économiser
les ressources
minérales
répondre aux Le schéma départemental des carrières définit des faire l’objet d’une servitude spécifique au regard Développer la recherche et développement pour la valorisation des naturelles
besoins de demain orientations en matière d’approvisionnement des d’autres possibilités d’utilisation de ces espaces granulats naturels, recyclés et artificiels
territoires. En particulier, il identifie − après concer- compromettant toute activité extractive : urbanisa- Le nécessaire maintien de sites de proximité en- remplissage, soubassements d’habitations…) ;
tation entre les différents acteurs concernés − les tion, infrastructures de transport… ; traîne une gestion de la ressource géologique - pour adapter les formulations des produits finis
zones de ressources minérales potentiellement ex- • que la définition de ces zones de ressources permettant d’assurer une valorisation optimale de en tenant compte du déséquilibre granulaire des
ploitables, compte tenu de la géologie, du bâti, minérales fasse l’objet d’une large concertation, l’ensemble des matériaux extraits. L’UNPG soutient sites de production ;
des infrastructures et des différentes servitudes et en hiérarchisant leur potentialité à être exploitées plusieurs orientations : • développer des process et équipements indus-
protections environnementales en place. dans une logique de développement durable. • développer la recherche pour favoriser l’emploi triels plus performants dans le traitement des ma-
L’UNPG propose : Cette mesure nécessite de hiérarchiser les enjeux et des coproduits et des excédents de carrières, no- tériaux bruts et capables de traiter les gisements
• que les documents d’urbanisme, en particulier priorités du territoire compte tenu des différentes échel- tamment : complexes et ainsi de limiter la génération de sous-
les SCoT, soient compatibles avec les orientations les et statuts juridiques des politiques publiques : ges- - pour les usages routiers ou de comblement (cou- produits non marchands.
des schémas départementaux des carrières ; ain- tion de l’eau, de la biodiversité, des paysages… ches de fondations d’infrastructures, bétons de
si, les SCoT et PLU devront prendre en compte les Elle implique également une refonte profonde du
zones de ressources minérales reconnues comme contenu, de la portée et des modalités d’élabora- Réaliser des guides sur le bon usage des matériaux
potentiellement exploitables dans le schéma dé- tion du schéma départemental des carrières. Le choix des granulats utilisés pour tel ou tel usage de roulement des chaussées ou certains bétons spé-
partemental des carrières ; est principalement fonction de sa qualité. Certains ciaux, induit la production importante de coproduits
• que ces zones de ressources minérales puissent
Cette servitude ne constitue pas de facto un droit à exploiter. usages nécessitent de respecter des exigences aux caractéristiques techniques différentes.
fortes (résistance mécanique et chimique, angula- Afin d’optimiser la valorisation des matériaux ex-
c Bénéfices attendus c indicateurs c Partenaires rité…), tandis que d’autres permettent l’utilisation traits en carrières et sur la base des guides exis-
• Protection de la ressource pour • Nombre de SDC (Schémas • MEDDTL de matériaux communs. tants, l’UNPG propose de réaliser des guides de
le futur et possibilité de conforter Départementaux des • Fédération nationale des SCoT Par ailleurs, la production de granulats à haute per- recommandations sur l’emploi des granulats affec-
la notion d’intérêt général Carrières) mis à jour formance, par exemple ceux utilisés pour les couches tés aux différents usages possibles.
• Nombre de SCoT intégrant
les zones de ressources minérales Favoriser les investissements industriels permettant une meilleure CERIB : Centre d’Études et de
identifiées dans les SDC valorisation des gisements (subvention, fiscalité positive…) Recherches de l’Industrie du Béton
L’UNPG demande de développer des disposi- développer les investissements industriels en Cimbéton : Centre d’information
tifs d’aide ou d’incitation financière visant à faveur du plein emploi des gisements. sur le ciment et ses applications
CSTB : Centre Scientifique
c Bénéfices attendus c indicateurs c Partenaires et Technique du Bâtiment
• Développement de nouveaux marchés • Taux d’emploi national des • MEDDTL FIB : Fédération
• Économie de la ressource matériaux extraits en carrières • LCPC de l’Industrie du Béton
et prolongation de la durée • Nombre de guides de • IDRRIM, FNTP FNTP : Fédération Nationale
de vie des gisements recommandations publiés • Cimbéton, SNBPE, FIB des Travaux Publics
• Plein emploi des gisements • Taux de valorisation des matériaux • CSTB, CERIB IDRRIM : Institut des Routes, des Rues
• Limitation des consommations d’espace extraits en carrières • Bureaux d’études et des Infrastructures pour la Mobilité
• Montant annuel des avantages LCPC : Laboratoire Central
publics destinés à soutenir des Ponts et Chaussées
l’investissement industriel concourant SNBPE : Syndicat National
au plein emploi des gisements du Béton Prêt à l’Emploi
78 79
Économiser Économiser
les ressources les ressources
minérales minérales
5
naturelles naturelles
80 81
22 propositions
Inscrire l’approvisionnement
en granulats dans
les politiques publiques
Améliorer l’acceptabilité
de l’activité
© CN charte environnement
83
Améliorer l’acceptabilité de l’activité
Améliorer la Améliorer la
maîtrise des maîtrise des
6
impacts de la impacts de la
production production
84 85
Améliorer la Améliorer la
maîtrise des maîtrise des
impacts de la impacts de la
production production
86 87
Améliorer la Réduire les impacts
maîtrise des liés au transport
impacts de la des matériaux
8 9
production
88 89
Réduire les impacts
liés au transport
9 Améliorer le transport routier (suite)
10 Développer les transports
alternatifs à la route
Réduire les impacts
liés au transport
des matériaux Rechercher l’amélioration du matériel de transport Maintenir et, si possible, développer le transport par voie d’eau des matériaux
Les récentes études de la profession montrent Euro doit être encouragée. Les économies Les matériaux de construction représentent un révision des schémas départementaux des carrières.
que plus de la moitié des émissions de GES de carburant réalisées réduiront d’autant les tiers des marchandises transportées par voie Par ailleurs, le renouvellement du personnel et des
sont liées au transport et à la distribution des impacts socio-environnementaux du transport d’eau, devant la filière agroalimentaire, de l’ordre équipages de la flotte fluviale, en particulier des
granulats, du site de production au lieu de routier ; de 30 % (Service de l’Observation et des Statisti- artisans bateliers, constitue aussi un enjeu impor-
livraison du premier client. • pour les conditions de travail des chauffeurs ques − SOeS − mars 2010). tant pour pérenniser ce mode de transport. La mise
Des progrès peuvent être réalisés : (ergonomie, assise…), en vue de réduire les Développer le transport par voie d’eau implique en place de partenariats avec les entreprises uti-
• sur le matériel de transport et l’amélioration risques sanitaires liés au métier. de remplir différentes conditions : lisatrices et d’autres acteurs institutionnels – dont
des moteurs : la recherche, par les constructeurs, Ces progrès peuvent être favorisés par le • maintenir des gisements au bord ou à proximité l’UNICEM − permet notamment de sécuriser cette
de moteurs peu énergivores et limitant les développement de la contractualisation entre directe de voies d’eau navigables ; offre de services en donnant des garanties de trafic
émissions de gaz à effet de serre constitue une producteurs et transporteurs ; ils peuvent en • préserver le patrimoine foncier réservé aux à long terme ; des soutiens à la formation de la
priorité ; à ce titre, l’anticipation des normes outre faire l’objet de chartes de transport. activités “granulats“ sur les zones portuaires, “cale“ sont également assurés. En outre, l’amé-
face à la concurrence accrue d’autres activités lioration du rendement des bateaux (caractéristi-
c Bénéfices attendus c indicateurs c Partenaires potentiellement plus rémunératrices (conteneurs, ques hydrodynamiques des barges, efficacité des
• Réduire les consommations d’énergie et les • Part des transports réalisés sous contrat • Fédérations régionales de transporteurs déchets…). pousseurs…) et de leurs performances environne-
émissions de gaz à effet de serre (GES) • Nombre de chartes entre • Transporteurs L’UNPG demande qu’une attention particulière soit mentales (motorisation…) devra accompagner ces
• A méliorer la sécurité et le chargeurs et transporteurs portée au respect de ces conditions dans le cadre de la orientations.
confort des transporteurs
c Bénéfices attendus c indicateurs c Partenaires
Généraliser l’usage du 44 tonnes pour le transport des granulats • Relance du report modal de la route • Évolution de la part du transport par • VNF - Entreprendre pour le fluvial
La réduction des impacts liés au transport peut acheminés vers ou depuis les ports fluviaux et ma- vers la voie d’eau, en s’inscrivant voie d’eau (en % du volume total • Syndicats professionnels de batellerie
aussi être favorisée par l’usage généralisé de ca- ritimes peuvent bénéficier de ce type de camions. pleinement dans les objectifs du et % des tonnes kilométriques) • Ports autonomes
mions d’un Poids Total Roulant Autorisé (PTRA) de Afin de profiter plus largement de l’opportunité Grenelle 1 : “Porter à 25 % (14 % • Évolution du nombre de sites
44 tonnes, soit environ 15 % de charge utile en que constitue le 44 tonnes, l’UNPG souhaite la aujourd’hui) la part des transports non producteurs “expéditeurs“
plus par camion. Actuellement, seuls les matériaux généralisation de son usage. routiers et non aériens d’ici à 2022“. par voie d’eau
• Soutien du développement socio- • Évolution du nombre de plates-formes
c Bénéfices attendus c indicateurs c Partenaires économique de la voie d’eau et clients “recevant“ par voie d’eau
• Réduction d’environ 15 % du nombre • Total annuel des tonnes kilométriques • MEDDTL • Évolution de la surface foncière utilisée
de camions semi-remorques utilisés transportées par 44 tonnes • FNTR, AUTF par l’activité “granulats“ dans les ports
pour le transport des granulats
• Réduction d’environ 7 % des GES
émis par le transport routier des
granulats et ainsi concourir au
respect des objectifs fixés par la loi
de Grenelle 1 (réduction de 20 %
des émissions de GES d’ici à 2020)
AUTF : Association des Utilisateurs • Mise à égalité du transport français
de Transport de Fret vis-à-vis de ses voisins européens directs
FNTR : Fédération Nationale • Accélération du renouvellement
des Transports Routiers et de l’amélioration du parc de camions VNF : Voies Navigables de France
90 91
Réduire les impacts Réduire les impacts
liés au transport liés au transport
des matériaux des matériaux
92 93
Renforcer l’apport Renforcer l’apport
11
de l’activité de l’activité aux
aux territoires territoires et à la
et à la collectivité collectivité
94 95
Renforcer l’apport Renforcer l’apport
de l’activité de l’activité aux
aux territoires territoires et à la
et à la collectivité collectivité
96 97
Renforcer l’apport Renforcer l’apport
de l’activité de l’activité aux
13
aux territoires territoires et à la
et à la collectivité collectivité
98 99
22 propositions
Inscrire l’approvisionnement
en granulats dans
les politiques publiques
Améliorer l’acceptabilité
de l’activité
© Louis Natter
101
Mieux connaître
les activités
de carrières
Mettre en œuvre une gestion concertée de l’activité Mieux connaître
les activités de
carrières et de
et de production production
de granulats de granulats
102 103
Mieux connaître Mieux connaître
les activités les activités de
16
de carrières carrières et de
et de production production
de granulats de granulats
Développer l’observatoire national des matériaux et des déchets du BTP c Bénéfices attendus c indicateurs c Partenaires
Le BRGM a lancé en 2006 le projet d’observatoire nir et la capacité à y répondre. Une maintenance • Connaissance fine des • Nombre d’observatoires • MEDDTL
des matériaux. Une première phase de collecte du système, pour tenir compte des changements ressources, des consommations régionaux des matériaux • BRGM
de données a permis de réaliser un inventaire en intervenant dans l’activité, doit aussi être assurée et des flux de matériaux • CERC, Comités régionaux
métropole des sites anciennement exploités et des à l’avenir, avec le soutien des pouvoirs publics. Cet • Évaluation de l’impact des de gestion des déchets du BTP
carrières en activité de granulats et d’autres subs- observatoire national pourrait en effet s’appuyer transports de matériaux
tances (roches ornementales, argile..). Il convient sur le réseau existant : observatoires régionaux • Éclairage des politiques publiques
dorénavant de préciser et développer les informa- des matériaux, cellules économiques régionales,
tions – volumes extraits, réserves autorisées… − DREAL, UNICEM régionales, Conseil national des
afin de mesurer l’adéquation entre les besoins à ve- déchets…
104 105
Mieux connaître Contribuer
les activités aux réflexions sur
16 17
de carrières l’aménagement
et de production durable des
de granulats territoires
Participer à l’élaboration
Assurer une veille de l’activité (suite) et au suivi des politiques publiques
Garantir une vision de l’ensemble des flux de matières premières De plus en plus, les acteurs de la société ont la matiquement à l’élaboration et à la révision des
au niveau départemental et consolidée au niveau régional possibilité de participer aux débats, réflexions, documents de description et de planification ter-
L’ensemble des flux de matières premières – res- dans ce domaine et dispose d’une vision de l’en- projets et politiques publiques. La généralisa- ritoriale pour lesquels l’approvisionnement en
sources minérales naturelles, déchets et matériaux semble des flux de matières premières englobant tion des instances dites grenelliennes permet matériaux de construction représente un enjeu
excédentaires des chantiers du BTP – doit être géré, toutes les filières du BTP. Complétée des matiè- aujourd’hui aux entreprises de prendre part à ce fort. À titre d’exemple :
au niveau départemental, dans le cadre d’une res premières secondaires (déchets de chantiers dialogue dans un cadre formalisé et équilibré, • schéma régional d’aménagement et de dévelop-
instance de concertation formalisée. À cette fin, du BTP ou de déconstruction), sa mission devra que ce soit au niveau national, régional, dépar- pement du territoire ;
l’UNPG propose d’élargir la mission confiée aux ainsi intégrer les enjeux liés au cycle de vie de temental ou local. Représentant une activité ma- • profils environnementaux régionaux ;
CDNPS, en formation carrières, qui ont en charge l’ensemble des ressources minérales participant à jeure pour l’aménagement des territoires par la • schémas de cohérence écologiques régionaux ;
la mise en œuvre, le suivi et la révision du schéma l’économie des territoires, en coordination avec le capacité de ses membres à garantir durablement • plans climat / énergie régionaux ;
départemental des carrières, à la gestion des dé- Plan départemental de gestion des déchets du BTP, l’approvisionnement du marché de la construc- • schémas directeurs d’aménagement et de gestion
chets et excédents de chantier. l’Observatoire régional des matériaux ainsi que le tion, l’UNPG souhaite renforcer sa participation des eaux ;
Cette instance, dans laquelle siègent toutes les Comité régional de gestion des déchets du BTP. aux différentes instances en charge de la ges- • schémas régionaux de gestion des déchets du
parties prenantes, possède une solide expérience tion, de l’aménagement ou du développement des BTP ;
territoires (Conseil National de Protection de la • documents stratégiques de façade.
c Bénéfices attendus c indicateurs c Partenaires Nature, Comités national et régional de suivi du En ce sens, l’UNPG demande que soit garantie
• Connaissance fine des ressources, • Nombre de schémas intégrant • MEDDTL, DREAL Grenelle…). la cohérence entre les schémas départementaux
consommations et flux de matériaux le suivi de l’ensemble des flux • FNTP, FFB La profession demande à être associée systé- des carrières et ces documents de planification.
• Évaluation des besoins en matériaux de matières premières minérales • Chambres consulaires
à court, moyen et long terme c Bénéfices attendus c indicateurs c Partenaires
• Évaluation de l’impact • Intégration de l’enjeu de • Nombre d’instances nationales • Administration
des transports de matériaux l’approvisionnement en granulats auxquelles participe la profession • État
• Éclairage des politiques publiques dans les politiques publiques • Élus
• Associations environnementales
et gestionnaires
• Organisations professionnelles
106 107
Contribuer
aux réflexions sur
l’aménagement
durable
des territoires
18 Participer aux réflexions
sur le développement durable
19 Assurer une bonne gouvernance
des demandes d’autorisation de carrières
Agir ensemble
pour un
approvisionnement
durable des
territoires
La production et l’approvisionnement des granulats L’UNPG demande à être associée, directement ou Afin d’optimiser le déroulement de l’instruction des En particulier, elle demande :
sont directement concernés par une pluralité de par représentation, aux différentes réflexions lan- projets de carrières, la profession souhaite en amé- • que les délais d’instruction soient précisément
questions fondamentales liées au développement cées par les pouvoirs publics sur ces thématiques, liorer la gouvernance, à toutes les étapes. Elle pro- définis ;
durable des territoires. On citera notamment celles en particulier à celles concernant la construction pose de réviser la codification du processus d’ins- • que des étapes de concertation et de validation
du transport, de l’énergie, de la biodiversité, des et la ville durables. truction et d’autorisation et de la compléter par des intermédiaires soient prévues ;
paysages, de l’eau ou encore des déchets. règles et lignes directrices nationales définies en • que les différentes procédures dont dépend
concertation avec les industriels du secteur. l’activité soient mieux articulées.
c Bénéfices attendus c indicateurs c Partenaires
• Partage des connaissances et positions • Participation de l’UNPG • MEDDTL c Bénéfices attendus c indicateurs c Partenaires
dans le domaine du développement aux réflexions nationales sur • Associations environnementales • Réduction des délais d’instruction • Durée d’instruction moyenne • MEDDTL
et de la construction durables le développement durable • CNDDGE et des coûts de réalisation des dossiers d’autorisation
• CESE des dossiers de carrières de carrière par région
• Chambres consulaires • Qualité des projets et • Nombre de recours contre
réduction des contentieux les décisions administratives
• Égalité de traitement
des demandes d’autorisation
20 Mettre en place
un conseil d’orientation stratégique
La profession mène depuis plus de 30 ans des ches, guides, actions de sensibilisation), ainsi
études et recherches dans différents domaines, que pour assurer une veille scientifique, l’UNPG
comme le bruit, le paysage, l’eau, la biodiversité, propose de créer un conseil stratégique pluridis-
la santé, la sécurité ou les relations sociétales. ciplinaire et représentatif des principales parties
Pour mieux orienter et suivre ses travaux (recher- prenantes.
21 22
pour un pour un
approvisionnement approvisionnement
durable durable des
des territoires territoires
Développer des partenariats
avec les associations environnementales Promouvoir la concertation locale
Les associations de protection de l’environnement L’UNPG envisage par conséquent de formaliser Développer des plates-formes de dialogue territorial
constituent pour la profession des interlocuteurs pri- un partenariat avec certaines d’entre elles, en Si les communes sont les entités administratives intercommunales ou à des SCoT. C’est à cette échelle
vilégiés susceptibles de lui faire bénéficier de com- fonction de leur objet et de leur spécificité, par directement concernées – notamment en termes d’im- d’influence des carrières, définie par leur aire de
pétences et d’un savoir-faire reconnus. De nombreu- exemple sur les sujets suivants : biodiversité, éner- pact – par les projets de carrières, le rayonnement livraison, que l’UNPG souhaite développer des struc-
ses entreprises ont d’ailleurs signé des partenariats gie, transport, eau, paysage, réaménagement, socio-économique de celles-ci s’élargit à des bas- tures de concertation spécifiques, capables d’échan-
avec ces organisations, la plupart du temps pour un compensation, concertation, urbanisme… sins beaucoup plus vastes. Ceux-ci peuvent d’ailleurs ger sur les enjeux relatifs à ces approvisionnements
accompagnement technique sur la gestion écologi- En outre, l’UNPG incite ses adhérents à développer couvrir des territoires correspondant à des structures (environnement, transport, recyclage…).
que, les aménagements écologiques, les suivis, les et formaliser leurs relations avec des associations
indicateurs de biodiversité ou le paysage. environnementales reconnues. c Bénéfices attendus c indicateurs c Partenaires
• Porté à connaissance des enjeux auprès • Nombre de plates-formes de • Administrations
c Bénéfices attendus c indicateurs c Partenaires des acteurs concernés par les granulats dialogue territorial mises en place • Collectivités
• Progrès environnementaux • Nombre de partenariats signés par • Associations environnementales • Mise en évidence de l’intérêt général • Associations environnementales
des entreprises les entreprises avec les associations des approvisionnements en granulats • Chambres consulaires
• Développement de la concertation • Partenariats établis au niveau • Organisations professionnelles
à toutes les échelles régional ou national dans le cadre • Public
• Partage des enjeux et cohérence de l’UNICEM et de l’UNPG
des actions en cours Développer les pratiques de concertation autour des sites de production
Convaincue de l’intérêt collectif de ce type de Parmi les diverses actions envisagées, l’UNPG
démarche, l’UNPG souhaite promouvoir la concer- propose de développer les formations profession-
tation locale, qu’il s’agisse d’extractions terrestres nelles existantes et de réaliser un guide de concer-
ou marines : tation locale à destination des parties prenantes
- en phase projet, en amont de l’étude d’impact et (exploitants, élus, associations, Administration,
jusqu’à l’autorisation ; usagers, riverains…), avec le concours des élus,
- durant l’exploitation des sites, en particulier en des associations et de l’administration, sur la base
mettant systématiquement en place des CLCS. des nombreux guides existants.
110 111
Annexe 1
Une démarche prospective
Annexes Annexe 2
Les principales voix de
l’environnement en France
112 113
Annexe 1 Leunelivre
démarche
blanc
prospective
Méthodologie La méthode d’élaboration des scénarios s’ar- qui pèse sur les questions clés pour le futur.
ticule en trois phases : On utilise éventuellement les méthodes
La méthode adoptée pour l’élaboration du • identifier les variables-clés, c’est notam- d’enquête auprès d’experts pour mettre en
livre blanc est celle de la démarche prospec- ment l’objet de l’analyse structurelle ; évidence les tendances lourdes, les risques
tive. Cette démarche s’appuie en particulier • analyser les jeux d’acteurs afin de poser les de rupture et finalement dégager les scéna-
sur la méthode des scénarios : elle consiste à questions clés pour l’avenir ; rios d’environnement les plus probables ;
identifier dans un premier temps les variables • réduire l’incertitude sur les questions clés • l’étape n° 6 met en évidence les projets co-
clés pour notre secteur, à élaborer ensuite des et dégager les scénarios d’environnement hérents, c’est-à-dire les options stratégiques
hypothèses d’évolution de ces variables, à dé- les plus probables grâce aux méthodes d’ex- compatibles à la fois avec l’identité de l’en-
finir des scénarios d’avenir possibles et enfin perts. treprise et les scénarios les plus probables de
à en déduire les actions qu’il serait souhaita- Plus précisément, ces trois phases sont décli- son environnement ;
ble de mettre en place (cf. chapitre 4). nées en neuf étapes : • l’étape n° 7 est consacrée à l’évaluation des
• la première étape a pour objectif d’analyser options stratégiques ; une approche ration-
le problème posé et de délimiter le système nelle inciterait à s’appuyer sur une méthode
étudié. Il s’agit ici de situer la démarche pros- de choix multicritères mais c’est rarement le
pective dans son contexte socio-organisation- cas ; avec cette étape s’achève la phase de ré-
nel afin d’initier et de simuler l’ensemble du flexion préalable avant la décision et l’action ;
processus à l’aide d’ateliers de prospective ; • l’étape n° 8 du projet relative aux choix
• l’étape n° 2 est fondée sur une radioscopie stratégiques est cruciale puisqu’il s’agit de
complète de l’entreprise, des savoir-faire aux passer de la réflexion à la décision. Les choix
lignes de produits, matérialisée par l’arbre stratégiques et la hiérarchisation des objectifs
des compétences ; sont du ressort d’un comité de direction ou de
• l’étape n° 3 identifie les variables clés de son équivalent ;
l’entreprise et de son environnement à l’aide • l’étape n° 9 est tout entière dévolue à la
de l’analyse structurelle ; mise en œuvre du plan d’action ; elle im-
• l’étape n° 4 entend appréhender la dyna- plique des contrats d’objectifs (négociés ou
mique de la rétrospective de l’entreprise dans suscités), la mise en place d’un système de
son environnement, son évolution passée, ses coordination et de suivi et de développement
forces et faiblesses par rapport aux principaux d’une veille stratégique (externe).
acteurs de son environnement stratégique.
L’analyse des champs de bataille et des en-
jeux stratégiques permet de repérer les ques-
tions clés pour le futur ;
• l’étape n° 5 cherche à réduire l’incertitude
114 115
Les scénarios Scénario 1 La planification
En 2030, l’accès à la s’implanter dans ces zones, sous réserve qu’ils ré-urbanisation, encouragée par la montée sur les segments porteurs (hybride, électrique, qu’en compléments. Son faible prix relatif a
ressource est devenu y respectent les contraintes afférentes en ter- des prix de l’énergie et des transports, incite ingénierie verte, rénovation des logements) été un avantage majeur. Le fait que ses qua-
extrêmement difficile mes de biodiversité. Dans les faits, pourtant, à considérer la campagne comme un espace et de prendre le tournant de la “servicisation” lités environnementales – inertie thermique
pour les carriers les autorisations d’ouverture ont cessé. Les de repos, réservé à la Nature. Face à un tel (augmentation de la part d’immatériel dans la notamment – aient été reconnues comme
renouvellements d’autorisations quant à eux phénomène, les entreprises constatent leur valeur ajoutée). Surtout, la mise en place d’in- équivalentes à celles des autres matériaux a
En vingt ans, les politiques publiques environ- sont devenus extrêmement rares, les zones impuissance : leurs efforts pour ouvrir les por- frastructures numériques dans tout le territoire a également joué.
nementales ont en effet multiplié les statuts de identifiées ayant de facto acquis une sensibilité tes des exploitations ou pour impliquer les favorisé la multiplication des applications mobi-
protection (sur l’eau, la biodiversité, le paysage, environnementale accrue. acteurs publics locaux se révèlent vains, ces les permettant de mettre à la disposition tem- Les pouvoirs publics
l’air, etc.), rendant l’ouverture et le renouvel- L’opposition des populations à l’ouver- derniers ne pouvant s’opposer aux choix de poraire des usagers des biens (vélos, transports prennent conscience de
lement de nombreuses carrières de plus en ture de nouveaux sites, observée dès le début leurs électeurs. en commun…), des informations (données de la nécessité d’assurer et
plus difficiles. Afin de respecter l’objectif de la des années 60, a par ailleurs continué à se santé, accès aux moyens de transport partagés, d’encadrer l’accès aux
Directive cadre européenne relative à la protec- renforcer. En 2030, un projet d’ouverture de La demande augmente etc.) ou des personnes (prestataires pour les ressources minérales
tion de l’eau par exemple, le Schéma directeur carrière suscite une levée de boucliers dès services aux personnes dépendantes). Ceci a
d’exploitation et de gestion des eaux (SDAGE) le dépôt du dossier de demande d’autorisa- Pourtant, la demande de granulats a continué généré une nouvelle dynamique de croissance. En 2030, la concomitance d’une difficulté
du bassin Loire-Bretagne avait ainsi imposé dès tion, avant même que ne débute l’enquête d’augmenter de façon tendancielle, suivant en La demande de logements est par ailleurs accrue d’accès à la ressource pour les carriers et
2010 un calendrier strict de réduction des volu- publique. Les associations pas de porte, dont cela l’augmentation du PIB, ce dernier ayant restée forte sur la période : elle a bénéficié de d’une demande de granulats en hausse force les
mes extraits dans le lit majeur des cours d’eau. l’audience se limitait autrefois au périmètre retrouvé le niveau de croissance moyen annuel l’apparition de nouveaux besoins liés à l’accrois- pouvoirs publics français à s’intéresser de plus
Les autres régions ont rapidement suivi et les local, reçoivent quant à elles des soutiens de l’avant-choc pétrolier, soit 2,2 % par an. sement des exigences en matière d’urbanisme près aux ressources réellement disponibles.
pouvoirs publics, désireux d’atteindre les objec- via Internet de personnes parfois géographi- Deux scénarios peuvent expliquer ce regain durable. Les changements socio-démographi- Ils y sont d’autant plus incités que la
tifs européens, ont pris acte : ils ont interdit quement très éloignées du projet (il n’existe de croissance : ques (croissance démographique soutenue, diminution du nombre de sites a conduit à
toute exploitation ayant un impact quelconque plus de périmètre défini d’information). Ce • dans le premier, la crise de 2008 n’a été vieillissement, familles monoparentales, divor- une augmentation de la distance moyenne
sur les masses d’eau. Résultat : de nombreux phénomène résulte en partie de l’évolution que ponctuelle. Son origine étant purement ces…) ont eux nécessité le renouvellement entre les lieux de consommation et de pro-
sites de roches alluvionnaires et calcaires ont des modes de gouvernance (convention d’Aa- financière, les marchés se sont réajustés au des formes d’habitat des personnes âgées, des duction, d’où un recours accru aux transports
dû fermer. De fortes restrictions en matière de rhus, Grenelle de l’environnement, Pacte de bout de trois ans ; populations étudiantes et des familles. Afin de routiers contraire aux objectifs du Grenelle
possibilités d’ouverture et de profondeur d’ex- solidarité écologique…), qui a systématisé • dans le second, la crise de 2008 a révélé les réduire les risques de crise sociale, les pouvoirs de l’environnement.
ploitation autorisée ont par ailleurs été imposées l’information et la participation du public en profonds dysfonctionnements du capitalisme. publics ont donc été incités à accélérer le rythme Les pouvoirs publics décident donc d’ins-
aux sites de roches massives, en particulier ceux amont de tous les projets d’aménagements Néanmoins, elle n’a pas affecté tous les secteurs de construction de logements, donc celle des taurer une forme de planification : des objec-
situés dans ou à proximité d’aquifères utilisés territoriaux. Les demandes d’extension ou de de façon uniforme : certains l’ont traversée de bâtiments (écoles, hôpitaux…) et infrastructu- tifs de production sont désormais définis dans
pour l’alimentation en eau potable (AEP). renouvellement déclenchent donc désormais façon quasi indolore (loisirs, santé, conseil, etc.). res (voiries, réseaux divers…) associés. les schémas des carrières (SDC), en fonc-
Dans une logique similaire, la Trame verte des oppositions : les populations, qui ne per- Si par ailleurs l’automobile, le logement et le Or, le béton est resté le matériau privilé- tion des besoins des territoires. Les acteurs
et bleue – zone destinée à la préservation çoivent plus le moindre lien entre l’exploita- transport ont subi de plein fouet la raréfaction gié, le bois, l’acier et la brique n’étant utilisés locaux ont obligation de prendre en compte
de la biodiversité – a été mise en oeuvre sur tion des carrières et les investissements en du crédit, le modèle économique de ces sec- ces objectifs lors de l’élaboration des schémas
Idée issue du rapport de Michèle Debonneuil. L’Économie quaternaire, une
l’ensemble du territoire. Officiellement, les bâtiment et travaux publics, souhaitent leur teurs n’a évolué que très graduellement, ce qui croissance durable à construire, publié par le Centre d’Analyse stratégique (CAS)
de cohérence territoriale (SCoT) et les plans
industriels ont certes conservé la possibilité de disparition. Il faut dire que la tendance à la a laissé aux acteurs le temps de se positionner en janvier 2010. locaux d’urbanisme (PLU).
116 117
Les scénarios Scénario 2 La décroissance
En 2030, l’accès à la industriels ont certes conservé la possibilité de ré-urbanisation, encouragée par la montée sur les ménages (alimentation, loyer, trans- teurs sont restés intrinsèquement attachés croissance économique molle et de la baisse
ressource est devenu s’implanter dans ces zones, sous réserve qu’ils des prix de l’énergie et des transports, incite port, remboursement des emprunts, etc.), à l’idée de propriété et n’ont pas modifié de la demande de ces matériaux.
extrêmement difficile y respectent les contraintes afférentes en ter- à considérer la campagne comme un espace dont les revenus ont été pénalisés par la per- leurs comportements. Certains plan locaux d’urbanisme (PLU)
pour les carriers mes de biodiversité. Dans les faits, pourtant, de repos, réservé à la Nature. Face à un tel sistance d’un chômage de masse et le déve- Au-delà de l’affaiblissement durable de la continuent donc à interdire expressément
les autorisations d’ouverture ont cessé. Les phénomène, les entreprises constatent leur loppement des emplois précaires : la part croissance économique, la demande de gra- l’implantation de carrières. Les besoins en
En vingt ans, les politiques publiques envi- renouvellements d’autorisations quant à eux impuissance : leurs efforts pour ouvrir les por- contrainte des dépenses des ménages toutes nulats a par ailleurs été directement affectée granulats ne sont pas pris en compte dans les
ronnementales ont en effet multiplié les sta- sont devenus extrêmement rares, les zones tes des exploitations ou pour impliquer les catégories confondues, de 20 % en 1960, est par trois facteurs : schémas de cohérence territoriale (SCoT).
tuts de protection (sur l’eau, la biodiversité, identifiées ayant de facto acquis une sensibilité acteurs publics locaux se révèlent vains, ces passée à 36 % en 2006 et à 45 % en 2030, la • l’utilisation accrue des matériaux de substi- Les schémas de carrières restent des docu-
le paysage, l’air, etc.), rendant l’ouverture et environnementale accrue. derniers ne pouvant s’opposer aux choix de charge se révélant d’autant plus élevée que tution dans le bâtiment – le bois, les fibres, les ments limités à l’identification des contrain-
le renouvellement de nombreuses carrières L’opposition des populations à l’ouver- leurs électeurs. le ménage est à faible revenu, et de petite métaux et le verre se sont répandus dans les tes et sensibilités environnementales sans
de plus en plus difficiles. Afin de respecter ture de nouveaux sites, observée dès le début taille ou jeune. Les produits de haute tech- structures et les enveloppes de ces derniers pour autant assurer un accès rationnel à la
l’objectif de la Directive cadre européenne des années 60, a par ailleurs continué à se La demande a baissé nologie ont ainsi créé de nouveaux besoins, – et la route (utilisation de granulats recyclés ressource.
relative à la protection de l’eau par exem- renforcer. En 2030, un projet d’ouverture de sans donner directement aux consomma- issus de la démolition ou des chantiers de ter-
ple, le Schéma directeur d’exploitation et de carrière suscite une levée de boucliers dès Après des années de croissance ininterrom- teurs les moyens de les satisfaire. rassement pour le “remplissage”) ;
gestion des eaux (SDAGE) du bassin Loire- le dépôt du dossier de demande d’autorisa- pue, la demande de granulats est quant à elle Le développement des secteurs “verts” • la poursuite de la diminution du volume
Bretagne avait ainsi imposé dès 2010 un tion, avant même que ne débute l’enquête en baisse tendancielle. (dépollution des sols, filière de collecte, effica- nécessaire de granulats par unité fonctionnelle
calendrier strict de réduction des volumes publique. Les associations pas de porte, dont Il faut dire que la croissance économique a cité énergétique des bâtiments, exploitation des (kilomètre de route, m2 de bâtiment…) ;
extraits dans le lit majeur des cours d’eau. l’audience se limitait autrefois au périmètre été durablement affectée à partir de 2010, du énergies renouvelables, rénovation des réseaux • la faiblesse du taux de renouvellement des
Les autres régions ont rapidement suivi et local, reçoivent quant à elles des soutiens fait de la sortie des dispositifs transitoires de d’électricité, etc.) a quant a lui été handicapé bâtiments (inférieur à 1 % par an, soit envi-
les pouvoirs publics, désireux d’atteindre via Internet de personnes parfois géographi- relance et les efforts ultérieurs de consolidation par un manque de main d’œuvre qualifiée et ron 400 000 nouveaux logements par an en
les objectifs européens, ont pris acte : ils ont quement très éloignées du projet (il n’existe budgétaire, nécessaires au financement des la faiblesse des soutiens financiers des pouvoirs haut de cycle). Il est ainsi prévu que la moitié
interdit toute exploitation ayant un impact plus de périmètre défini d’information). Ce retraites notamment. En France, la crise s’est publics, pénalisés par la contrainte budgétaire des logements existants en 2010 soient tou-
quelconque sur les masses d’eau. Résultat : phénomène résulte en partie de l’évolution ainsi soldée par une récession de 3 % du PIB, et la nécessité de financer les retraites. jours présents en 2050 et que les logements
de nombreux sites de roches alluvionnaires des modes de gouvernance (convention d’Aa- d’où une perte permanente d’emplois de l’or- L’économie de l’usage et de la fonction- construits avant 1975 représentent encore
et calcaires ont dû fermer. De fortes restric- rhus, Grenelle de l’environnement, Pacte de dre d’un million de personnes dans le secteur nalité, fondée sur la tarification des services deux cinquièmes du parc à cet horizon.
tions en matière de possibilités d’ouverture solidarité écologique…), qui a systématisé marchand. En 2030, le taux de chômage avoi- rendus et non des biens, aurait pu initier
et de profondeur d’exploitation autorisée ont l’information et la participation du public en sine donc les 12 % de la population active. une nouvelle forme de croissance. Ces sché- Les pouvoirs
par ailleurs été imposées aux sites de roches amont de tous les projets d’aménagements Les espoirs placés dans la “nouvelle crois- mas n’ont pourtant été appliqués que dans publics ne sont pas
massives, en particulier ceux situés dans ou à territoriaux. Les demandes d’extension ou de sance”, fondés notamment sur le développe- des domaines très limités (marchés inte- incités à encadrer
proximité d’aquifères utilisés pour l’alimen- renouvellement déclenchent donc désormais ment des NTIC (nouvelles technologies de rentreprises – imagerie médicale, photoco- l’approvisionnement
tation en eau potable (AEP). des oppositions : les populations, qui ne per- l’information et de la communication) et les pieurs, informatique – télécommunications, en granulats
Dans une logique similaire, la Trame verte çoivent plus le moindre lien entre l’exploita- secteurs “verts”, ont été déçus. La diffusion services financiers, etc.). Les consomma-
et bleue – zone destinée à la préservation tion des carrières et les investissements en des nouveaux produits de haute technolo- En 2030, les ressources en granulats ne sont
Idée issue du rapport “Sortie de crise : vers l’émergence de nouveaux
de la biodiversité – a été mise en oeuvre sur bâtiment et travaux publics, souhaitent leur gie a en effet été freinée par l’augmentation modèles de croissance ?” présidé par Daniel Cohen, Centre d’Analyse stratégique,
pas un sujet de préoccupation pour les pou-
l’ensemble du territoire. Officiellement, les disparition. Il faut dire que la tendance à la continue des dépenses contraintes pesant octobre 2009 voirs publics, du fait de la persistance d’une
118 119
Les scénarios Scénario 3 La continuité
En 2030, l’accès à la s’implanter dans ces zones, sous réserve qu’ils des prix de l’énergie et des transports, incite ingénierie verte, rénovation des logements) lisés qu^]en compléments. Son faible prix en cela aux différentes planifications environ-
ressource est devenu y respectent les contraintes afférentes en ter- à considérer la campagne comme un espace et de prendre le tournant de la “servicisa- relatif a été un avantage majeur. Le fait que nementales (eau, biodiversité, climat/éner-
extrêmement difficile mes de biodiversité. Dans les faits, pourtant, de repos, réservé à la Nature. Face à un tel tion” (augmentation de la part d’immatériel ses qualités environnementales – inertie gie…). Les besoins en granulats ne sont pas
pour les carriers les autorisations d’ouverture ont cessé. Les phénomène, les entreprises constatent leur dans la valeur ajoutée). Surtout, la mise en thermique notamment – aient été recon- pris en compte dans les schémas de cohé-
renouvellements d’autorisations quant à eux impuissance : leurs efforts pour ouvrir les por- place d’infrastructures numériques dans tout nues comme équivalentes à celles des autres rence territoriale (SCoT).
En vingt ans, les politiques publiques envi- sont devenus extrêmement rares, les zones tes des exploitations ou pour impliquer les le territoire a favorisé la multiplication des matériaux a également joué.
ronnementales ont en effet multiplié les sta- identifiées ayant de facto acquis une sensibilité acteurs publics locaux se révèlent vains, ces applications mobiles permettant de mettre
tuts de protection (sur l’eau, la biodiversité, le environnementale accrue. derniers ne pouvant s’opposer aux choix de à la disposition temporaire des usagers des Pourtant, les pouvoirs
paysage, l’air, etc.), rendant l’ouverture et le L’opposition des populations à l’ouver- leurs électeurs. biens (vélos, transports en commun…), des publics ne perçoivent pas
renouvellement de nombreuses carrières de ture de nouveaux sites, observée dès le début informations (données de santé, accès aux la nécessité d’encadrer
plus en plus difficiles. Afin de respecter l’ob- des années 60, a par ailleurs continué à se La demande augmente moyens de transport partagés, etc.) ou des l’approvisionnement du
jectif de la Directive cadre européenne rela- renforcer. En 2030, un projet d’ouverture de personnes (prestataires pour les services aux territoire en granulats
tive à la protection de l’eau par exemple, le carrière suscite une levée de boucliers dès Pourtant, la demande de granulats a continué personnes dépendantes). Ceci a généré une
Schéma directeur d’exploitation et de gestion le dépôt du dossier de demande d’autorisa- d’augmenter de façon tendancielle, suivant nouvelle dynamique de croissance. Malgré l’augmentation de la demande, la
des eaux (SDAGE) du bassin Loire-Bretagne tion, avant même que ne débute l’enquête en cela l’augmentation du PIB, ce dernier a La demande de logements est par ailleurs question de l’approvisionnement des ter-
avait ainsi imposé dès 2010 un calendrier strict publique. Les associations pas de porte, dont retrouvé le niveau de croissance moyen annuel restée forte sur la période : elle a bénéficié ritoires en granulats n’est pas, en 2030, un
de réduction des volumes extraits dans le lit l’audience se limitait autrefois au périmètre de l’avant-choc pétrolier, soit 2,2 % par an. de l’apparition de nouveaux besoins liés à sujet de préoccupation majeure pour les
majeur des cours d’eau. Les autres régions ont local, reçoivent quant à elles des soutiens Deux scénarios peuvent expliquer ce l’accroissement des exigences en matière pouvoirs publics. Ces derniers estiment que
rapidement suivi et les pouvoirs publics, dési- via Internet de personnes parfois géographi- regain de croissance : d’urbanisme durable. Les changements les marchés sont en mesure de se réguler
reux d’atteindre les objectifs européens, ont quement très éloignées du projet (il n’existe • dans le premier, la crise de 2008 n’a été socio-démographiques (croissance démogra- naturellement, sans que leur approvisionne-
pris acte : ils ont interdit toute exploitation plus de périmètre défini d’information). Ce que ponctuelle. Son origine étant purement phique soutenue, vieillissement, familles ment ne soit mis en danger.
ayant un impact quelconque sur les masses phénomène résulte en partie de l’évolution financière, les marchés se sont réajustés au monoparentales, divorces…) ont nécessité Surtout, la participation croissante du
d’eau. Résultat : de nombreux sites de roches des modes de gouvernance (convention d’Aa- bout de trois ans ; le renouvellement des formes d’habitat des public dans les décisions relatives à l’aména-
alluvionnaires et calcaires ont dû fermer. De rhus, Grenelle de l’environnement, Pacte de • dans le second, la crise de 2008 a révélé personnes âgées, des populations étudiantes gement du territoire exerce une forte pres-
fortes restrictions en matière de possibilités solidarité écologique…), qui a systématisé les profonds dysfonctionnements du capi- et des familles. Afin de réduire les risques de sion sur les élus locaux. Ces derniers ayant
d’ouverture et de profondeur d’exploitation l’information et la participation du public en talisme. Néanmoins, elle n’a pas affecté crise sociale, les pouvoirs publics ont donc été davantage de pouvoir depuis l’émergence
autorisée ont par ailleurs été imposées aux amont de tous les projets d’aménagements tous les secteurs de façon uniforme : cer- incités à accélérer le rythme de construction des métropoles et la multiplication des inter-
sites de roches massives, en particulier ceux territoriaux. Les demandes d’extension ou de tains l’ont traversée de façon quasi indolore de logements, donc celle des bâtiments (éco- communalités, les représentants locaux de
situés dans ou à proximité d’aquifères utilisés renouvellement déclenchent donc désormais (loisirs,santé, conseil, etc.). Si par ailleurs les, hôpitaux…) et infrastructures (voiries, l’État ont de plus en plus de difficultés à leur
pour l’alimentation en eau potable (AEP). des oppositions : les populations, qui ne per- l’automobile, le logement et le transport ont réseaux divers…) associés. imposer des décisions divergentes quant aux
Dans une logique similaire, la Trame verte çoivent plus le moindre lien entre l’exploita- subi de plein fouet la raréfaction du crédit, le Or, le béton est resté le matériau privi- souhaits des électeurs, comme l’ouverture
et bleue – zone destinée à la préservation tion des carrières et les investissements en modèle économique de ces secteurs n’a évo- légié, le bois, l’acier et la brique n’étant uti- d’une carrière par exemple.
de la biodiversité – a été mise en oeuvre sur bâtiment et travaux publics, souhaitent leur lué que très graduellement, ce qui a laissé De nombreux plans locaux d’urbanisme
Idée issue du rapport de Michèle Debonneuil. L’Économie quaternaire, une
l’ensemble du territoire. Officiellement, les disparition. Il faut dire que la tendance à la aux acteurs le temps de se positionner sur croissance durable à construire, publié par le Centre d’Analyse stratégique (CAS)
(PLU) continuent donc à interdire expressé-
industriels ont certes conservé la possibilité de ré-urbanisation, encouragée par la montée les segments porteurs (hybride, électrique, en janvier 2010. ment l’implantation de carrières, répondant
120 121
Les scénarios Scénario 4 La démocratie participative
En 2030, l’accès à la industriels ont certes conservé la possibilité de ré-urbanisation, encouragée par la montée (hybride, électrique, ingénierie verte, rénova- qu^]en compléments. Son faible prix relatif a 2008 la région Bretagne s’était autosaisie de
ressource est devenu s’implanter dans ces zones, sous réserve qu’ils des prix de l’énergie et des transports, incite tion des logements) et de prendre le tournant été un avantage majeur. Le fait que ses qua- la problématique de son indépendance éner-
extrêmement difficile y respectent les contraintes afférentes en ter- à considérer la campagne comme un espace de la “servicisation” (augmentation de la part lités environnementales – inertie thermique gétique en organisant une vaste consultation,
pour les carriers mes de biodiversité. Dans les faits, pourtant, de repos, réservé à la Nature. Face à un tel d’immatériel dans la valeur ajoutée). Surtout, notamment – aient été reconnues comme devant déboucher sur un plan d’implantation
les autorisations d’ouverture ont cessé. Les phénomène, les entreprises constatent leur la mise en place d’infrastructures numériques équivalents à ceux des autres matériaux a d’éoliennes en mer. La préfecture, représen-
En vingt ans, les politiques publiques envi- renouvellements d’autorisations quant à eux impuissance : leurs efforts pour ouvrir les por- dans tout le territoire a favorisé la multiplica- également joué. tante de l’État, avait alors dû s’incliner. Par
ronnementales ont en effet multiplié les sta- sont devenus extrêmement rares, les zones tes des exploitations ou pour impliquer les tion des applications mobiles permettant de la suite, de nombreuses collectivités ont suivi
tuts de protection (sur l’eau, la biodiversité, identifiées ayant de facto acquis une sensibilité acteurs publics locaux se révèlent vains, ces mettre à la disposition temporaire des usagers Les pouvoirs publics cet exemple, encouragées par des associa-
le paysage, l’air, etc.), rendant l’ouverture et environnementale accrue. derniers ne pouvant s’opposer aux choix de des biens (vélos, transports en commun…), décident de confier tions comme France Nature Environnement
le renouvellement de nombreuses carrières L’opposition des populations à l’ouver- leurs électeurs. des informations (données de santé, accès la question de (FNE), favorables à l’organisation de concer-
de plus en plus difficiles. Afin de respecter ture de nouveaux sites, observée dès le début aux moyens de transport partagés, etc.) ou l’approvisionnement des tations locales systématiques sur les questions
l’objectif de la Directive cadre européenne des années 60, a par ailleurs continué à se La demande augmente des personnes (prestataires pour les services territoires en granulats d’aménagement du territoire.
relative à la protection de l’eau par exem- renforcer. En 2030, un projet d’ouverture de aux personnes dépendantes). Ceci a généré aux élus locaux En 2030, les ouvertures de carrières
ple, le Schéma directeur d’exploitation et de carrière suscite une levée de boucliers dès Pourtant, la demande de granulats a continué une nouvelle dynamique de croissance. et à la population dépendent donc largement des résultats de
gestion des eaux (SDAGE) du bassin Loire- le dépôt du dossier de demande d’autorisa- d’augmenter de façon tendancielle, suivant La demande de logements est par ailleurs vastes consultations publiques, organisées par
Bretagne avait ainsi imposé dès 2010 un tion, avant même que ne débute l’enquête en cela l’augmentation du PIB, ce dernier a restée forte sur la période : elle a bénéficié de La concomitance d’une difficulté accrue d’ac- les collectivités territoriales.
calendrier strict de réduction des volumes publique. Les associations pas de porte, dont retrouvé le niveau de croissance moyen annuel l’apparition de nouveaux besoins liés à l’ac- cès à la ressource pour les carriers et d’une
extraits dans le lit majeur des cours d’eau. l’audience se limitait autrefois au périmètre de l’avant-choc pétrolier, soit 2,2 % par an. croissement des exigences en matière d’ur- demande de granulats en hausse a incité les
Les autres régions ont rapidement suivi et local, reçoivent quant à elles des soutiens Deux scénarios peuvent expliquer ce banisme durable. Les changements socio- pouvoirs publics français à s’intéresser de
les pouvoirs publics, désireux d’atteindre via Internet de personnes parfois géographi- regain de croissance : démographiques (croissance démographique plus près aux ressources en granulats réel-
les objectifs européens, ont pris acte : ils ont quement très éloignées du projet (il n’existe • dans le premier, la crise de 2008 n’a été soutenue, vieillissement, familles monopa- lement disponibles – d’autant que la dimi-
interdit toute exploitation ayant un impact plus de périmètre défini d’information). Ce que ponctuelle. Son origine étant purement rentales, divorces…) ont eux nécessité le nution du nombre de sites a conduit à une
quelconque sur les masses d’eau. Résultat : phénomène résulte en partie de l’évolution financière, les marchés se sont réajustés au renouvellement des formes d’habitat des augmentation de la distance moyenne entre
de nombreux sites de roches alluvionnaires des modes de gouvernance (convention d’Aa- bout de trois ans ; personnes âgées, des populations étudiantes les lieux de consommation et de production
et calcaires ont dû fermer. De fortes restric- rhus, Grenelle de l’environnement, Pacte de • dans le second, la crise de 2008 a révélé les et des familles. Afin de réduire les risques de et à un recours accru aux transports routiers,
tions en matière de possibilités d’ouverture solidarité écologique…), qui a systématisé profonds dysfonctionnements du capitalisme. crise sociale, les pouvoirs publics ont donc été contraire aux objectifs du Grenelle de l’envi-
et de profondeur d’exploitation autorisée ont l’information et la participation du public en Néanmoins, elle n’a pas affecté tous les sec- incités à accélérer le rythme de construction ronnement.
par ailleurs été imposées aux sites de roches amont de tous les projets d’aménagements teurs de façon uniforme : certains l’ont traversé de logements, donc celle des bâtiments (éco- Ce sont les collectivités locales qui ont
massives, en particulier ceux situés dans ou à territoriaux. Les demandes d’extension ou de de façon quasi indolore (loisirs,santé, conseil, les, hôpitaux…) et infrastructures (voiries, été chargées de gérer la question de l’appro-
proximité d’aquifères utilisés pour l’alimen- renouvellement déclenchent donc désormais etc.). Si par ailleurs l’automobile, le loge- réseaux divers…) associés. visionnement des territoires en granulats.
tation en eau potable (AEP). des oppositions : les populations, qui ne per- ment et le transport ont subi de plein fouet la Or, le béton est resté le matériau privilé- En droite ligne avec les grandes orienta-
Dans une logique similaire, la Trame verte çoivent plus le moindre lien entre l’exploita- raréfaction du crédit, le modèle économique gié, le bois, l’acier et la brique n’étant utilisés tions européennes et l’esprit de la conven-
et bleue – zone destinée à la préservation tion des carrières et les investissements en de ces secteurs n’a évolué que très graduel- tion d’Aarhus, ces dernières sont en effet
Idée issue du rapport de Michèle Debonneuil. L’Économie quaternaire, une
de la biodiversité – a été mise en oeuvre sur bâtiment et travaux publics, souhaitent leur lement, ce qui a laissé aux acteurs le temps croissance durable à construire, publié par le Centre d’Analyse stratégique (CAS)
devenues de plus en plus décisionnaires en
l’ensemble du territoire. Officiellement, les disparition. Il faut dire que la tendance à la de se positionner sur les segments porteurs en janvier 2010. matière d’aménagement du territoire : dès
122 123
Les scénarios Résultats
des questionnaires relatifs aux 4 scénarios
Les 4 scénarios retenus (la continuité, la pla- Plusieurs catégories de résultats ressortent. • soit en rester à la situation actuelle, voire se
tion ; les trois quarts ont ce point de vue en
nification, la décroissance du marché et la recentrer sur la production de granulats. cas de décroissance des marchés.
démocratie participative) ont permis d’envi- Les conséquences convergentes, quel que soit Elle a également une vision partagée (50/50) En matière de recyclage, une nette majorité
sager – de manière hypothétique – quelles le scénario, et exprimant une vision consen- quant à l’émergence de carrières à usages des participants envisagent une augmentation
pourraient être les conséquences sur l’activité suelle de la profession réservés à la fabrication de produits à haute des volumes produits, sauf en cas de décrois-
de l’évolution combinée de trois variables Ainsi, dans les quatre hypothèses d’évolution performance (béton ou couches de roule- sance du marché (60 % imaginent qu’ils pour-
jugées déterminantes : la pression environne- présentées : ment), sauf dans le cas d’une décroissance du raient stagner, voire baisser).
mentale et sociétale, la demande en granulats • le nombre de sites de production diminue- marché qui exclurait cette hypothèse (pour Leur approche de la substitution des granu-
et la prise en compte des besoins en granulats rait ; le scénario de la planification présente plus des trois quarts). lats par d’autres ressources est similaire : sauf
par les pouvoirs publics. toutefois une relative divergence de point Enfin, la profession considère (à plus de 60 %) en cas de décroissance, cette tendance devrait
de vue, 27 % des répondants estimant que le que des carrières à usages réservés à des fonc- s’accentuer dans l’avenir.
Environ 200 responsables d’entreprises adhé- nombre de sites pourrait augmenter dans ce tions de remplissage (bétons courants, VRD…) L’essentiel des répondants estiment que le
rentes de l’UNPG ont répondu à chacun des cas, et 35 % qu’il pourrait stagner ; ne devraient pas se développer dans l’avenir. prix des granulats augmentera, hypothèse de la
quatre questionnaires remplis lors des huit • les exportations sont plutôt envisagées à la décroissance mise à part (70 % envisagent une
réunions régionales tenues au printemps baisse ou en stagnation pour plus de 70 % des Les conséquences divergentes, selon le scéna- stagnation ou une baisse des prix dans ce cas).
2010. Compte tenu de la diversité structu- participants ; rio, et exprimant un point de vue consensuel
relle et géographique des entreprises présen- • les coûts d’accès à la ressource et les coûts Selon les scénarios, l’estimation de l’évolu-
tes à ces réunions, on considère les résultats de prise en compte de l’environnement aug- tion des distances de transport entre lieu de La vision de la profession sur les conséquen-
“représentatifs” de la profession. menteraient systématiquement. Environ un production de granulats et lieu de consomma- ces possibles de telles ou telles évolutions à
quart des répondants envisagent toutefois une tion varie. venir sur l’activité “granulats”, qui ressort de
stagnation, voire une baisse, des coûts d’accès Dans l’hypothèse de la continuité ou celle ces résultats, constitue pour l’UNPG un élé-
à la ressource dans l’hypothèse d’une planifica- de la démocratie participative, les distances ment essentiel à intégrer pour orienter l’ac-
tion ou d’une décroissance du marché. s’allongeraient (pour plus des deux tiers des tion syndicale (cf. chapitre 3).
répondants).
Les conséquences convergentes, d’un scé- En revanche, dans l’hypothèse d’une planifica-
nario à l’autre, mais exprimant une vision tion ou d’une décroissance des marchés, plus de
mitigée de la profession la moitié des participants estiment que ces dis-
La profession envisage à part égale que son tances ne changeraient pas ou diminueraient.
activité pourrait : Ces tendances s’accentuent d’ailleurs dans
• soit se diversifier. À noter que dans l’hypo- le domaine des importations. deux tiers des
thèse de la décroissance, 70 % des profession- répondants estiment qu’elles se stabilise-
nels imaginent cette diversification ; raient ou diminueraient en cas de planifica-
124 125
Les principales voix
Annexe 2 de l’environnement en France
NOM France Nature Environnement Fondation Nicolas Hulot Greenpeace France Les Amis Ligue pour la protection Ligue ROC UICN WWF France
de la Terre des oiseaux
CRÉATION • Création en 1968 • Création en 1990 Greenpeace France a été créée en 1977 Les Amis de la Terre existe depuis 1970 • Création en 1912 • Création en 1976 • Création en1948 de l’IUCN • Création en 1976
• Reconnue d’utilité publique en1976 • Reconnue d’utilité publique en1996 • Reconnue d’utilité publique en1986 (International Union for Conservation of • Reconnue d’utilité publique en 2004
Nature)
• Création de l’UICN en 1992 (comité
français de l’IUCN)
• Organisation internationale regroupant
83 États
NOMBRE • 0 adhérent direct • 0 adhérent • 110 000 adhérents • Nombre d’adhérents et bénévoles non • 50 000 adhérents • 3 salariés • Une dizaine de salariés à temps plein • 100 000 adhérents
D’ADHÉRENTS • Une trentaine de salariés • Une équipe permanente d’une • Une cinquantaine de salariés à temps communiqué • 125 salariés • 4915 heures de bénévolat valorisées • Une centaine de salariés
ET DE SALARIÉS quarantaine de personnes plein • Une dizaine de permanents
OBJECTIF(S) Protéger la nature dans une perspective Développer l’éducation citoyenne envers • Préserver l’environnement Trois objectifs : Protéger les oiseaux et les écosystèmes • Préserver la faune sauvage • Répondre aux enjeux de la biodiversité Enrayer la dégradation de l’environnement
humaniste : l’environnement • Promouvoir la paix dans le monde • sensibiliser le grand public • Faire reconnaître a tout animal le statut en France
• utiliser l’expertise citoyenne • Favoriser une répartition équitable des • participer aux débats sur d’être sensible • Valoriser l’expertise française au sein du
• instaurer plus de justice richesses l’environnement • Défendre les droits et les intérêts des réseau mondial de l’IUCN et sur la scène
non-chasseurs internationale
• alerter l’opinion • agir concrètement sur le terrain en lien
avec les associations, les entreprises et les
collectivités locales
ORGANISATION • Fédération de 3 000 associations Centralisation Fonctionnement unitaire et déconcentré • Fédération de 1 500 membres répartis Stratégie de politique concertée entre des L’UICN travaille en partenariat avec Fonctionnement à la fois décentralisé et
souvent elles-mêmes des fédérations (marge de manoeuvre laissée en région) dans 29 groupes locaux délégations régionales 2 ministères (MEDDTL et Affaires coordonné
• Maillage territorial dense et décentralisé • Fonctionnement démocratique et étrangères). Il regroupe 5 établissements
décentralisé publics et 35 organisations non
gouvernementales ainsi qu’un réseau de
plus de plus de 200 experts.
MODE(S) • Mode d’action informationnel : • Lobbying • Recours à des actions directes non • Campagnes d’action ou de Stratégie de réseautage pour devenir • La Ligue ROC est à l’origine et relaie Le Comité participe à des réflexions • Dialogue avec les autorités et
D’ACTION plaquettes, revues, campagnes, etc. • Image médiatique de son président violentes, conflictuelles et médiatisées sensibilisation à l’attention du grand public l’interlocuteur référent sur le sujet de la de nombreuses pétitions en ligne pour collectives, contribue à l’élaboration de participation citoyenne
• Dialogue avec les institutions • Travail d’expertise technique et • Études et expertise protection des oiseaux soutenir la préservation de la biodiversité documents de sensibilisation, encourage • Réalisation de projets concrets sur le
• Soutien à des opérations de terrain et la protection de l’environnement. l’adhésion de fondations d’entreprises à
scientifique en vue des rencontres terrain
internationales • L’association s’implique activement dans l’UICN et développe des partenariats.
l’interpellation des pouvoirs publics.
SUJET(S) DE • Sobriété énergétique Les thèmes du Grenelle de • Opposition au nucléaire et à ses déchets • Développement durable : développement • Zone de protection des oiseaux La Ligue ROC s’implique activement dans • Politiques de la biodiversité • Préservation des forêts, de l’eau douce
MOBILISATION • 0rganismes génétiquement modifiés l’environnement où la fondation a • Déforestation de filières d’agromatériaux • Travaux d’ornithologie divers les débats publics sur la question de la • Outre-mer • Conservation des espèces
contribué fortement • Equilibre Nord-Sud préservation de la biodiversité.
• Biodiversité • Lutte contre la surpêche dans les océans • Aires protégées • Protection des côtes
• Prévention des déchets et lutte contre • Lutte contre le réchauffement climatique • Agriculture : refus de l’agrobiologie, • Écosystèmes sensibles
les produits toxiques souverainenté alimentaire
• Espèces menacées
• Énergie : développement des énergies
renouvelables, etc. • Droit et politiques environnementales
• Éducation et communication
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Remerciements
L’UNPG adresse ses remerciements à toutes les personnes ayant collaboré à l’élaboration de ce livre blanc.
En effet, cet ouvrage a été réalisé grâce à la mobilisation de nombreux responsables d’entreprises, membres des collèges granulats régionaux,
des commissions nationales et du comité directeur de l’UNPG, de l’ensemble des experts de la profession et du comité de pilotage mis en place.
L’UNPG salue tout particulièrement les experts externes, sollicités notamment pour l’identification des évolutions sociétales, qui ont permis
d’apporter toute la crédibilité et l’objectivité nécessaires à un tel ouvrage :
Philippe ASKENAZY, économiste François CHARTIER, chargé des campagnes Jean-Michel FOURNIAU, directeur de Jean-François JAMET, Cécile OSTRIA,
Christophe AUBEL, directeur, Ligue Roc “Océan”, Greenpeace France recherches au département économie et maître de conférences, IEP Paris directrice générale, Fondation Nicolas Hulot
Charles BALOCHE, Bernard CHEVASSUS-AU-LOUIS, INRA sociologie des transports, à l’INRETS (IFSTTAR) Marc LEBRUN, directeur général, Centre Jean-Paul OURLIAC,
directeur technique, Centre Scientifique André COLSON, Sébastien Genest, ancien président, France d’Études et de Recherches de l’Industrie du président de la section économie, transports,
et Technique du Bâtiment (CSTB) directeur technique et de recherche, Nature Environnement Béton (CERIB) réseaux, CGEDD, MEDDTL
Nicolas BASSELIER, ancien directeur général Fédération Nationale des Travaux Publics George GONTCHAROFF, Thierry LEMOINE, sous-directeur de Bertrand PANCHER, député de la Meuse,
de l’Association des Maires de France (AMF) Patrick CRÉZÉ, directeur adjoint, Délégation administrateur, Association pour la Démocratie l’aménagement durable, DGALN, MEDDTL président de Décider ensemble
Catherine BERGEAL, sous-directrice de la interministérielle à l’Aménagement du Territoire et l’Éducation Locale Sociale (ADELS) Xavier LEPERCQ, Michèle PAPPALARDO, commissaire générale
qualité du cadre de vie, DGALN, MEDDTL et à l’Attractivité Régionale (DATAR) Pascal GRONDIN, chargé de programme ancien président, Union des Syndicats de au développement durable, CGDD, MEDDTL
Nathalie BERNY, Julien DAMON, Professeur, IEP Paris “Zones humides”, World Wild Fund (WWF) l’Industrie Routière Française (USIRF) Jean-Luc PERRIN, sous-directeur des risques
maître de conférences, IEP Bordeaux Hugues DE JOUVENEL, Marc GUÉRIN, directeur du département Cesar Luaces Frades, chroniques et du pilotage, DGPR, MEDDTL
Jean-Jacques BLANCHON, responsable des directeur général, groupe Futuribles “Gestion des territoires”, CEMAGREF directeur général, Fédération Espagnole des Maximilien ROUER, président, BeCitizen
programmes, Fondation Nicolas Hulot Jean-Baptiste DE PREMARE, Hervé GUIRAUD, directeur d’études Producteurs de Granulats (FdA) Patrick ROUGEAU, ingénieur, CERIB
Loïc BLONDIAUX, délégué général, USIRF techniques de construction et d’entretien, Benoît LUSSIS, Patricia SAVIN, associée fondatrice,
professeur, Université Paris 1 Michèle DEBONNEUIL, professeur, HEC Service d’Études sur les Transports, les Routes conseiller de la Fédération des Industries Cabinet Savin Martinet Associés
Jean-Pierre BOIVIN, Jean-Stéphane DEVISSE, directeur des et leurs Aménagements (SETRA) Extractives de Belgique (FEDIEX) Philippe SUBRA, maître de conférences,
associé fondateur, Cabinet Boivin et Associés programmes, World Wild Fund (WWF) Christian HAESER, Gérard MARCOU, Institut Français de Géopolitique, Université
Allain BOUGRAIN-DUBOURG, président, Éliane DUTARTE, conseillère auprès du Bundesverband Mineralische Rohstoffe e.V. professeur, Université Paris 1 Paris VIII
Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) délégué, Délégation interministérielle à Vincent HÉMERY, président, Fédération de Michel MÉTAIS, directeur général, Ligue pour Jack TESTARD, responsable du département
Dominique BOURG, l’aménagement du territoire et à l’attractivité l’Industrie du Béton (FIB) la Protection des Oiseaux (LPO) “Ressources minérales”, Bureau de
directeur, Institut de Politiques Territoriales régionale (DATAR) Pierre HÉRANT, chef du département Jean-Marc MICHEL, Recherches Géologiques et Minières (BRGM)
et de l’Environnement Humain (IPTEH) Xavier FOATA, chef du bureau des ressources “Bâtiment et urbanisme”, ADEME directeur général, DGALN, MEDDTL Jacques VARET,
John BRADSHAW-BULLOCK, minérales, DGALN, MEDDTL Hélène JACQUOT-QUIMBAL, directrice Pascal MIGNEREY, développement durable, conseiller du Président, Bureau de Recherches
Mineral Products Association (Royaume-Uni) générale, Institut Français des Sciences transports et urbanisme, Délégation Géologiques et Minières (BRGM)
Jacques BRETON, président, Commission et Technologies des Transports, de interministérielle à l’Aménagement du Territoire Robert WASSERBACHER,
Nationale des Commissaires Enquêteurs l’Aménagement et des Réseaux (IFSTTAR) et à l’Attractivité Régionale (DATAR) Association Autrichienne des Producteurs de
Pierre BROUSSE, président, Centre d’Études et Sébastien MONCORPS, Granulats
de Recherches de l’Industrie du Béton (CERIB) directeur, Union Internationale de
Conservation de la Nature – France (UICN)
Wolf MÜLLER, Bundesverband Baustoffe-
Steine und Erden e.V. (Allemagne)
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Conception / coordination : UNPG
Rédaction : Anthenor Public Affairs (Fabiola Flex)
Création et réalisation graphique : Clémentine Berthier
Imprimé sur Cocoon Silk (100 % recyclé), avec encres végétales “Éco Intenses”,
par Les Impressions Dumas (79), labellisées Imprim’Vert ®
Référence bibliographique :
UNPG, 2011, Livre blanc – Carrières et granulats, pour un approvisionnement durable des territoires, 132 pages.