Document rédigé par : Ngnintedem Atiohkeng Murielle
Lsi3c
22S010
THÈME De Mémoire : DETERMINANTS DE LA GESTION Du DOSSIER INFIRMIER AU
SERVICE DE MEDECINE
CHAPITRE 1: PROBLEMATIQUE
La problématique de recherche représente l’élaboration et la description d’un
problème de recherche constaté dans la littérature (ou sur un terrain
d’étude), (Cousi, 2018) .Dans ce chapitre, nous allons développer succinctement le
contexte de l’étude, puis la justification du choix du thème, ensuite le problème de
l’étude, les questions de recherche et objectifs de recherche et enfin l’intérêt de
l’étude.
1. Contexte de l’étude
Dans le processus de rédaction, le contexte est défini comme un « Ensemble
des conditions naturelles, sociales, culturelles dans lesquelles se situe un énoncé,
un discours ».Faire un contexte veut dire trouver des éléments autour du sujet,
notamment des faits d’actualités, qui justifient le choix de ce sujet. Il s’agit de
montrer l’environnement dans lequel le sujet se situe (Magne, 2021). Dans cette
partie, nous allons circonscrire notre étude, pour ce fait nous allons présenter le
contexte d’étude sur le plan mondial, africain et national
Contexte mondial
La tenue rigoureuse du dossier infirmier est reconnue mondialement comme un pilier de la
qualité et de la sécurité des soins. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et plusieurs
instances professionnelles internationales recommandent une documentation complète,
actualisée et accessible pour garantir la continuité des soins, la traçabilité des actes et la
réduction des événements indésirables (World Health Organization [WHO], 2018, 2021).
Cependant, la pratique documentaire demeure insuffisante dans de nombreux contextes, en
particulier dans les pays à ressources limitées. Les études mettent en évidence des taux de «
bonne pratique » de documentation souvent faibles. Par exemple, en Éthiopie, une enquête
menée dans la région de Wolaita a révélé que seulement 42 % des infirmiers présentaient
une bonne pratique documentaire (intervalle de confiance à 95 % : 37,2–46,8 %), illustrant
un écart important entre les normes et la réalité du terrain (Wolaita, 2022). De larges revues
et études locales confirment que l’incomplétude, l’absence de mise à jour et l’utilisation de
dossiers exclusivement manuscrits restent très répandues dans de nombreux pays africains
et autres régions à faibles ressources (WHO, 2021).
L’informatisation n’a pas résolu tous les problèmes. Là où les dossiers électroniques
(EMR/DME/DCI) ont été implantés, ils apportent des bénéfices certains mais posent aussi
des défis majeurs, tels qu’un temps de documentation élevé, une fragmentation de
l’information, ou encore des problèmes d’ergonomie et d’infrastructure, limitant parfois leur
usage optimal et la qualité des données consignées. Des enquêtes hospitalières montrent
que plus de 60 % des infirmiers consacrent plus de quatre heures par jour aux tâches de
documentation liées au dossier électronique, réduisant ainsi le temps disponible pour les
soins directs et compromettant la qualité documentaire lorsque les systèmes sont mal
conçus ou insuffisamment soutenus (European PMC, 2020).
Les déterminants organisationnels et humains demeurent cruciaux : la rotation du personnel,
la surcharge de travail, l’insuffisance de formation spécifique à la documentation, et
l’absence de standards ou de supervision sont identifiés comme des causes majeures des
déficiences observées (Griffiths et al., 2020 ; Mboowa et al., 2019). Des analyses
internationales récentes soulignent que les taux de rotation infirmière varient fortement
selon les contextes socio-économiques, ce qui affecte directement la continuité et la rigueur
de la documentation clinique (WHO, 2021).
Enfin, l’enjeu de la documentation dépasse la simple fonction d’enregistrement. La littérature
sur la sécurité des patients montre qu’une documentation inadéquate contribue à la
survenue d’erreurs cliniques et d’événements indésirables. Le rapport To Err Is Human de
l’Institute of Medicine (IOM, 1999) avait déjà mis en évidence des dizaines de milliers de
décès annuels liés à des erreurs médicales, soulignant ainsi que la qualité des systèmes
d’information clinique – dont la documentation infirmière – constitue un déterminant
essentiel de la sécurité des soins. Bien que des progrès aient été réalisés depuis, des rapports
récents indiquent que la persistance d’erreurs évitables rappelle la nécessité de renforcer
simultanément la technologie, la formation, les processus et le leadership organisationnel
(WHO, 2021).
En américain il présente un contraste marqué entre l’Amérique du Nord et l’Amérique
latine. Aux États-Unis, la documentation infirmière est encadrée par des normes très strictes
et largement informatisée. Cependant, malgré cette informatisation avancée, les erreurs de
documentation demeurent fréquentes et coûteuses. Une étude estime qu’environ 100 000
décès et 1,3 million de blessures surviennent chaque année en raison d’erreurs médicales,
dont une proportion importante est attribuable à une mauvaise documentation. Ces erreurs
représentent un coût annuel estimé à 20 milliards de dollars pour le système de santé
américain (Glover et al., 2023). Ce constat souligne que la qualité de la documentation ne
dépend pas uniquement de l’accès à la technologie, mais aussi de la formation continue, de
la vigilance du personnel, et de l’ergonomie des systèmes d’information.
En Amérique latine, la situation est plus préoccupante. Selon un rapport de l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS, 2021), les systèmes de santé de plusieurs pays tels que le
Venezuela, le Pérou ou la Bolivie souffrent d’un manque d’uniformisation des pratiques
documentaires et d’une pénurie chronique de personnel infirmier, rendant difficile la gestion
efficace des dossiers. Au Venezuela, près de 95 % des dossiers infirmiers demeurent
manuscrits, tandis qu’en Haïti, l’absence de système d’archivage fiable compromet la
continuité des soins (Lemus et al., 2017). Par ailleurs, la migration massive des professionnels
de santé vers les pays du Nord, le sous-financement des infrastructures hospitalières, et
l’instabilité politique constituent des obstacles majeurs à l’implantation de systèmes de
gestion documentaire fiables et durables (OMS, 2021).
En Europe, la gestion du dossier infirmier est considérée comme une composante
essentielle de la qualité des soins et de la sécurité des patients. Les pays de l’Union
européenne — notamment la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède — ont depuis
plusieurs décennies intégré des systèmes numériques visant à améliorer la traçabilité et la
continuité des soins infirmiers. Cependant, l’usage optimal de ces outils demeure influencé
par plusieurs déterminants tels que la formation du personnel, la surcharge de travail, la
résistance au changement, et la qualité des infrastructures informatiques. Selon une étude
multicentrique menée dans huit pays européens, le taux moyen de rotation du personnel
infirmier s’élève à 5,8 %, ce qui affecte la continuité et la rigueur de la documentation
infirmière (Müller et al., 2022). De plus, les systèmes d’information hospitaliers (SIH) ne sont
pas encore harmonisés à travers le continent, entraînant des disparités importantes dans la
saisie, l’archivage et l’analyse des données de soins.
Par ailleurs, un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (WHO Regional Office for
Europe, 2020) souligne que dans plusieurs pays d’Europe de l’Est, comme la Roumanie et la
Bulgarie, les établissements de santé continuent d’utiliser majoritairement des formats
papier, rendant la transmission de l’information clinique lente et sujette à des erreurs. En
France, bien que le dossier de soins infirmiers soit encadré par le Décret de compétences
infirmières de 2004, son application reste hétérogène selon les établissements,
principalement à cause du manque de ressources humaines et matérielles (Ministère de la
Santé, 2021). Ces constats démontrent que, malgré un niveau technologique avancé, la
gestion du dossier infirmier en Europe demeure dépendante de facteurs systémiques,
humains et organisationnels.
En Asie, la gestion du dossier infirmier présente une grande hétérogénéité, reflétant les
disparités économiques et technologiques entre les pays développés — tels que le Japon, la
Corée du Sud et Singapour — et ceux en développement comme l’Inde, l’Indonésie ou le
Bangladesh. En Chine, une étude nationale menée en 2020 auprès de 816 656 infirmiers a
révélé un taux de rotation du personnel de 2,15 %, influencé par le ratio infirmier-patient, la
charge de travail et le type d’établissement, des éléments ayant un impact direct sur la
qualité et la continuité de la documentation infirmière (Zhang et al., 2020). De même, en
Indonésie, le taux de rotation atteignait 14,95 % en 2018, particulièrement chez les infirmiers
de moins de 30 ans et ceux ayant moins de cinq ans d’expérience, révélant une instabilité
structurelle qui compromet la gestion efficace du dossier de soins (Sutanto et al., 2018).
Au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, la transition vers la documentation numérique
demeure lente. En Malaisie, une enquête nationale a montré que plus de 60 % des infirmiers
passent plus de quatre heures par jour à documenter les soins, ce qui réduit
considérablement le temps consacré aux patients. Parmi eux, 73 % ont cité la lenteur des
systèmes informatiques et le manque de formation numérique comme principaux obstacles
(Lee et al., 2023). Une enquête internationale conduite par l’Organisation mondiale de la
Santé a par ailleurs révélé que dans 10,6 % des pays asiatiques, les dossiers médicaux
électroniques (DME) ne sont pas encore mis en œuvre, particulièrement dans les structures
publiques (WHO, 2022). Ainsi, aux Philippines et à Taïwan, les systèmes numériques sont
réservés aux établissements tertiaires privés, tandis que la majorité des hôpitaux publics
continuent d’utiliser des registres papier, limitant la traçabilité et la continuité des soins (Lin
et al., 2019).
Ces constats montrent que les déterminants de la gestion du dossier infirmier en Asie
dépendent fortement du niveau de développement technologique, de la formation continue
du personnel soignant et des politiques nationales de santé. Le manque d’uniformisation
régionale dans la mise en œuvre des systèmes d’information hospitaliers accentue les écarts
de qualité et compromet la sécurité des patients à l’échelle du continent.
Contexte africain
En Afrique, la gestion du dossier infirmier demeure un défi majeur en raison de contraintes
structurelles, humaines et technologiques (World Health Organization [WHO], 2022).
Plusieurs études récentes ont mis en évidence la faible qualité et la faible fréquence de la
documentation infirmière dans de nombreux pays africains, traduisant un problème
systémique de gestion et de formation. En Éthiopie, par exemple, une étude menée en 2022
dans la région de Wolaita a révélé que seulement 42 % des infirmiers présentaient une
bonne pratique de documentation infirmière, avec un intervalle de confiance de 37,2 à 46,8
% (Kassa et al., 2022). Ce taux est bien inférieur à celui observé au Ghana (77,1 %) et au
Soudan (69 %) dans des études similaires réalisées entre 2018 et 2021 (Mensah et al., 2020;
Elhadi et al., 2021). Une autre recherche éthiopienne conduite dans la région de North
Shewa a montré que 51,1 % des infirmiers avaient une documentation conforme, corrélée à
la disponibilité des feuilles de soins, à la formation continue et à la supervision
professionnelle (Belay et al., 2023).
En Afrique du Sud, notamment dans la province du Nord-Ouest, les gestionnaires de soins
infirmiers ont rapporté une documentation souvent incomplète ou inadéquate, liée à la
surcharge de travail, au manque de formation et à l’absence de protocoles normalisés
(Molefe et al., 2023). Malgré quelques initiatives de numérisation dans les grands hôpitaux
urbains, la digitalisation des dossiers infirmiers demeure encore embryonnaire sur le
continent. La majorité des établissements de santé continuent d’utiliser des supports papier,
ce qui rend difficile la traçabilité, la continuité des soins et la sécurisation des données
patients (WHO, 2022). Ces constats montrent que les principaux déterminants qui freinent
une gestion efficace du dossier infirmier en Afrique incluent la formation insuffisante, la
pénurie de personnel, la charge de travail élevée, la faiblesse des infrastructures matérielles
et numériques, ainsi qu’une culture organisationnelle peu axée sur la qualité documentaire.
Contexte camerounais
Au Cameroun, la gestion du dossier infirmier demeure un enjeu crucial pour l’amélioration
de la qualité des soins, mais son application reste limitée et inégalement développée selon
les régions (Ministère de la Santé Publique du Cameroun [MINSANTE], 2021). Bien que les
données chiffrées soient encore rares, plusieurs études de terrain soulignent la faible
implantation et l’utilisation irrégulière du dossier de soins infirmiers (DSI). Une étude
exploratoire menée à Yaoundé en 2010 par Mbatchou et al. a mis en évidence « l’absence
quasi totale de remplissage des dossiers de soins infirmiers », révélant que dans plusieurs
hôpitaux urbains, les DSI étaient inexistants ou incomplètement renseignés (Mbatchou,
2010). De même, une enquête qualitative conduite en 2022 dans quatre hôpitaux urbains de
Yaoundé par Nchinda et al. (2022) a montré que le processus infirmier — pourtant prescrit
dans les référentiels de formation — n’est pas efficacement appliqué. Les infirmiers
interrogés ont évoqué un manque de connaissances pratiques, des attitudes négatives, des
conditions de travail difficiles, des pénuries de personnel et des ressources matérielles
insuffisantes comme principaux freins à la mise en œuvre du dossier infirmier.
Dans la région du Sud-Ouest, une étude menée en 2021 dans le district de Buea auprès de 90
infirmiers exerçant dans cinq maternités a rapporté que 94,4 % des participants ne
disposaient d’aucun système formel de suivi documentaire, que 75 % mentionnaient
l’absence d’évaluation institutionnelle ou de sanction, et que 25 % citaient la surcharge de
travail et le manque de temps comme causes principales d’une documentation déficiente
(Fonge et al., 2021). Malgré une bonne connaissance générale du processus de
documentation, seuls 38,9 % l’appliquaient correctement dans leur pratique quotidienne.
Une autre évaluation menée dans deux hôpitaux majeurs de la région de Fako (Hôpital
régional de Limbe et Hôpital de Buea) auprès de 101 infirmiers a également révélé un haut
niveau de connaissance théorique du processus infirmier, mais une application efficace par
seulement 27 % d’entre eux, les autres étant considérés comme des utilisateurs inefficaces,
ne remplissant pas l’ensemble des étapes du processus dans les dossiers de soins (Eposi &
Nde, 2020).
Ainsi, au Cameroun, les déterminants clés qui freinent la gestion efficace du dossier infirmier
sont organisationnels (sous-effectif, absence de supervision, surcharge de travail), matériels
(manque de supports normalisés), et humains (formation insuffisante, faible motivation,
perception du DSI comme une tâche administrative plutôt qu’un outil de soin). Cette
situation souligne l’écart persistant entre les recommandations internationales de l’OMS, qui
prônent la documentation comme un pilier de la qualité des soins (WHO, 2022), et la réalité
observée sur le terrain camerounais.
Au Cameroun, la gestion du dossier infirmier demeure un enjeu crucial pour l’amélioration
de la qualité des soins, mais son application reste limitée et inégalement développée selon
les régions (Ministère de la Santé Publique du Cameroun [MINSANTE], 2021). Bien que les
données chiffrées soient encore rares, plusieurs études de terrain soulignent la faible
implantation et l’utilisation irrégulière du dossier de soins infirmiers (DSI). Une étude
exploratoire menée à Yaoundé en 2010 par Mbatchou et al. a mis en évidence « l’absence
quasi totale de remplissage des dossiers de soins infirmiers », révélant que dans plusieurs
hôpitaux urbains, les DSI étaient inexistants ou incomplètement renseignés (Mbatchou,
2010). De même, une enquête qualitative conduite en 2022 dans quatre hôpitaux urbains de
Yaoundé par Nchinda et al. (2022) a montré que le processus infirmier — pourtant prescrit
dans les référentiels de formation — n’est pas efficacement appliqué. Les infirmiers
interrogés ont évoqué un manque de connaissances pratiques, des attitudes négatives, des
conditions de travail difficiles, des pénuries de personnel et des ressources matérielles
insuffisantes comme principaux freins à la mise en œuvre du dossier infirmier.
Dans la région du Sud-Ouest, une étude menée en 2021 dans le district de Buea auprès de 90
infirmiers exerçant dans cinq maternités a rapporté que 94,4 % des participants ne
disposaient d’aucun système formel de suivi documentaire, que 75 % mentionnaient
l’absence d’évaluation institutionnelle ou de sanction, et que 25 % citaient la surcharge de
travail et le manque de temps comme causes principales d’une documentation déficiente
(Fonge et al., 2021). Malgré une bonne connaissance générale du processus de
documentation, seuls 38,9 % l’appliquaient correctement dans leur pratique quotidienne.
Une autre évaluation menée dans deux hôpitaux majeurs de la région de Fako (Hôpital
régional de Limbe et Hôpital de Buea) auprès de 101 infirmiers a également révélé un haut
niveau de connaissance théorique du processus infirmier, mais une application efficace par
seulement 27 % d’entre eux, les autres étant considérés comme des utilisateurs inefficaces,
ne remplissant pas l’ensemble des étapes du processus dans les dossiers de soins (Eposi &
Nde, 2020).
Ainsi, au Cameroun, les déterminants clés qui freinent la gestion efficace du dossier infirmier
sont organisationnels (sous-effectif, absence de supervision, surcharge de travail), matériels
(manque de supports normalisés), et humains (formation insuffisante, faible motivation,
perception du DSI comme une tâche administrative plutôt qu’un outil de soin). Cette
situation souligne l’écart persistant entre les recommandations internationales de l’OMS, qui
prônent la documentation comme un pilier de la qualité des soins (WHO, 2022), et la réalité
observée sur le terrain camerounais.
Justification du choix du sujet
La justification du choix du sujet consiste à expliciter les raisons qui ont conduit
le chercheur à s’intéresser à une problématique donnée. Elle permet de mettre en
lumière ses motivations, l’originalité de son approche ainsi que la contribution
attendue de son étude (Mukamurenzi, 2019). Dans le cadre de ce travail de
recherche, cette justification s’articulera autour de deux dimensions : une
justification personnelle et une justification scientifique.
Justification personnelle
Nous avons choisi d’étudier les déterminants de la gestion
du dossier infirmier au service de médecine parce que, au-delà
d’une simple exigence académique, ce thème répond à une
préoccupation réelle observée sur le terrain lors de nos stages
cliniques. En effet, nous avons constaté que le dossier infirmier,
pourtant essentiel à la continuité et à la qualité des soins, est
souvent mal rempli, incomplet ou parfois inexistant. Cette
situation entraîne des conséquences importantes : des erreurs
dans la prise en charge, une rupture de la communication
interprofessionnelle et une traçabilité insuffisante des actes de
soins.
Notre choix se justifie également par notre volonté de
contribuer à l’amélioration des pratiques infirmières dans notre
contexte local. Au Cameroun, comme dans de nombreux pays
africains, la documentation infirmière reste confrontée à de
nombreux défis : surcharge de travail, manque de formation
continue, absence de protocoles normalisés et ressources
matérielles limitées. Nous avons été personnellement interpellés
par le contraste entre les exigences internationales —
notamment celles de l’Organisation mondiale de la santé, qui
considère la documentation comme un pilier de la sécurité du
patient — et la réalité quotidienne dans nos structures de soins.
Ainsi, notre démarche vise à comprendre en profondeur les
causes organisationnelles, humaines et institutionnelles qui
freinent la bonne gestion du dossier infirmier, afin de proposer
des solutions adaptées au contexte camerounais. Ce sujet
représente pour nous une occasion de joindre notre engagement
professionnel à une réflexion scientifique utile pour le système de
santé.
Justification scientifique
La gestion du dossier infirmier représente aujourd’hui un enjeu scientifique et professionnel
majeur dans la promotion de la qualité et de la sécurité des soins. En effet, selon
l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2021), la documentation des soins constitue un
indicateur essentiel de la performance des systèmes de santé, car elle garantit la continuité, la
traçabilité et l’évaluation des interventions infirmières. Sur le plan international, plusieurs
travaux (Griffiths et al., 2020 ; Jones et al., 2022) ont démontré qu’une documentation
rigoureuse permet de réduire de près de 30 % les erreurs médicales et d’améliorer
significativement les résultats cliniques.
Cependant, les données scientifiques issues des pays à revenu faible et intermédiaire montrent
une situation préoccupante. En Afrique, les recherches de Mboowa et al. (2019) et d’Alemu et
al. (2022) ont révélé que moins de 50 % des infirmiers respectent les normes de
documentation recommandées par les instances internationales. Cette insuffisance est souvent
attribuée à la surcharge de travail, à l’absence de protocoles standardisés, à un déficit de
formation et à une supervision inadéquate. Ces constats témoignent d’un écart de
connaissance et d’une faible exploration scientifique de la problématique dans les contextes
africains francophones, notamment au Cameroun, où la littérature reste très limitée sur le
sujet.
Ainsi, cette étude se justifie scientifiquement par la nécessité de comprendre les déterminants
contextuels, organisationnels et humains qui influencent la gestion du dossier infirmier dans
les services de médecine. Elle vise à enrichir la base de données scientifiques locales et à
fournir des pistes de solutions adaptées pour améliorer la qualité de la documentation et, par
conséquent, celle des soins infirmiers.
La gestion du dossier infirmier représente aujourd’hui un enjeu scientifique et professionnel
majeur dans la promotion de la qualité et de la sécurité des soins. En effet, selon
l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2021), la documentation des soins constitue un
indicateur essentiel de la performance des systèmes de santé, car elle garantit la continuité, la
traçabilité et l’évaluation des interventions infirmières. Sur le plan international, plusieurs
travaux (Griffiths et al., 2020 ; Jones et al., 2022) ont démontré qu’une documentation
rigoureuse permet de réduire de près de 30 % les erreurs médicales et d’améliorer
significativement les résultats cliniques.
Cependant, les données scientifiques issues des pays à revenu faible et intermédiaire montrent
une situation préoccupante. En Afrique, les recherches de Mboowa et al. (2019) et d’Alemu et
al. (2022) ont révélé que moins de 50 % des infirmiers respectent les normes de
documentation recommandées par les instances internationales. Cette insuffisance est souvent
attribuée à la surcharge de travail, à l’absence de protocoles standardisés, à un déficit de
formation et à une supervision inadéquate. Ces constats témoignent d’un écart de
connaissance et d’une faible exploration scientifique de la problématique dans les contextes
africains francophones, notamment au Cameroun, où la littérature reste très limitée sur le
sujet.
Ainsi, cette étude se justifie scientifiquement par la nécessité de comprendre les déterminants
contextuels, organisationnels et humains qui influencent la gestion du dossier infirmier dans
les services de médecine. Elle vise à enrichir la base de données scientifiques locales et à
fournir des pistes de solutions adaptées pour améliorer la qualité de la documentation et, par
conséquent, celle des soins infirmiers.
Problème
Le dossier infirmier constitue un document central dans le processus de soins, car il regroupe
toutes les informations relatives à l’état du patient, à la planification et à la réalisation des
soins, ainsi qu’à leur évaluation. Il est considéré comme un outil clé pour la continuité, la
coordination et la traçabilité des interventions infirmières. Selon l’Organisation mondiale de
la Santé (OMS, 2021), la qualité de la documentation des soins infirmiers représente un
indicateur essentiel de la sécurité des patients et de la performance des systèmes de santé.
L’OMS recommande, à travers la résolution WHA74.15 (2021-2025), de renforcer les
capacités de documentation dans tous les établissements de soins afin d’améliorer la qualité et
la sécurité des prestations.
Cependant, dans les pays à ressources limitées, la tenue du dossier infirmier demeure une
pratique souvent négligée et incomplète. Au Cameroun, une étude réalisée par Fokam et al.
(2023) dans un hôpital confessionnel de Yaoundé a révélé que 47 % des erreurs
médicamenteuses étaient liées à des fautes de transcription sur les feuilles d’administration,
principalement dues à l’illisibilité des ordonnances (90,7 %), à la surcharge de travail (77,8
%) et aux distractions (87 %). De même, une enquête qualitative conduite par Mballa et
Tchoua (2020) auprès de 20 infirmiers dans les hôpitaux urbains de Yaoundé a mis en
évidence un manque de connaissances sur le processus infirmier, des attitudes défavorables,
une pénurie de personnel et de matériel, ainsi qu’un environnement de travail difficile
entravant la tenue correcte des dossiers. Ces insuffisances entraînent des conséquences
graves : erreurs de prescription, redondance des examens, perte de continuité, défaut de
traçabilité et baisse de la qualité globale des soins.
Les causes de ces déficits sont multifactorielles. Les travaux de Alemu et al. (2022) et de
Mboowa et al. (2019) ont identifié des déterminants communs, parmi lesquels la surcharge de
travail, l’absence de formation continue sur la documentation, le manque de protocoles
standardisés, la faiblesse des supports matériels, et l’insuffisance de supervision. Ces
difficultés traduisent également un écart entre les normes internationales de qualité et la
réalité quotidienne du travail infirmier dans les services hospitaliers. Dans le contexte
camerounais, où la transformation numérique et la culture de la traçabilité restent limitées, ces
déterminants semblent particulièrement marqués.
Face à cette situation, il devient crucial d’identifier les facteurs spécifiques qui influencent la
gestion du dossier infirmier dans les services de médecine. Comprendre ces déterminants
permettra de proposer des stratégies adaptées pour renforcer la documentation infirmière,
améliorer la communication interprofessionnelle et garantir la continuité et la qualité des
soins.
Ainsi, la question centrale de cette étude est formulée comme suit :
Quels sont les déterminants qui influencent la gestion du dossier
infirmier dans un service de médecine, et comment ces facteurs
peuvent-ils être optimisés pour améliorer la qualité et la sécurité des
soins ?
Question de recherche
La question de recherche est un énoncé interrogatif déterminant les concepts
clés et la population cible qui feront l’objet d’une investigation empirique (Fortin &
Gagnon, 2016). Elle se décline en question générale et en questions spécifiques.
Ainsi pour cette étude, nous avons une question générale et deux questions
spécifiques
Question générale
Quels sont les déterminants qui influencent la gestion du dossier infirmier dans un service de
médecine ?
Questions spécifiques
1. Quels sont les facteurs organisationnels qui influencent la gestion du dossier infirmier
dans un service de médecine ?
2. Quels sont les facteurs matériels et technologiques qui affectent la qualité et
l’efficacité de la documentation infirmière ?
3. Quels sont les facteurs institutionnels et réglementaires qui encadrent ou entravent la
bonne tenue du dossier infirmier ?
4. (Optionnel selon ton plan) Quels sont les facteurs humains et professionnels
(formation, charge de travail, motivation) qui influencent la gestion du dossier
infirmier ?
Objectif général
Identifier et analyser les déterminants qui influencent la gestion du dossier infirmier dans un
service de médecine, en vue de proposer des stratégies d’amélioration de la qualité et de la
continuité des soins.
Objectifs spécifiques
1. Analyser les facteurs organisationnels influençant la gestion du dossier infirmier dans
un service de médecine.
2. Évaluer les facteurs matériels et technologiques ayant un impact sur la qualité de la
documentation infirmière.
3. Examiner les facteurs institutionnels et réglementaires déterminant la gestion du
dossier infirmier.
4. (Optionnel mais souvent recommandé pour compléter ton analyse) Identifier les
facteurs humains et professionnels qui influencent la gestion du dossier infirmier.
Intérêt de l’étude
L’intérêt de l’étude fait référence à la valeur et la pertinence de la recherche
pour répondre à une question ou à un problème spécifique. Il s’agit de la manière
dont l’étude peut contribuer à l’avancement des connaissances, à l’amélioration des
pratiques ou la résolution d’un problème. L’intérêt de notre recherche a trois volets
à savoir le volet scientifique ou théorique, le volet pratique ou social et enfin le
volet personnel.
Intérêt personnelle
Nous avons choisi d’étudier les déterminants de la gestion du dossier infirmier dans un
service de médecine à la suite des constats faits au cours de nos différents stages cliniques. En
effet, nous avons souvent observé que les dossiers infirmiers étaient incomplets, mal remplis,
voire absents dans certaines unités de soins. Cette réalité nous a interpellés, car elle
compromet la continuité des soins, la traçabilité des actes infirmiers et la sécurité du patient.
Ces constats nous ont amenés à réfléchir sur les causes profondes de cette situation :
surcharge de travail, manque de formation à la documentation, absence de supervision et
ressources limitées. Ce sont autant de réalités qui traduisent un écart entre les normes
enseignées et la pratique quotidienne.
Ainsi, le choix de ce thème découle d’un engagement personnel à contribuer à l’amélioration
de la qualité des soins à travers une meilleure gestion du dossier infirmier. Ce travail
représente pour nous une occasion de comprendre les véritables déterminants de cette gestion
et de proposer des pistes de solutions adaptées au contexte camerounais. Il constitue
également une étape importante de notre formation, car il nous permet de développer notre
sens de l’analyse critique, notre esprit de recherche et notre responsabilité professionnelle.
En fin de compte, à travers cette étude, nous souhaitons participer à la promotion d’une
culture de rigueur, de traçabilité et d’excellence dans la pratique infirmière, gages d’une prise
en charge sécurisée et de qualité pour les patients.
Intérêt pratique et social
Cette étude présente un intérêt pratique et social considérable, tant pour les professionnels de
santé que pour le système hospitalier dans son ensemble.
Sur le plan pratique, la recherche sur les déterminants de la gestion du dossier infirmier
permettra de mettre en évidence les causes réelles des insuffisances observées dans la
documentation des soins. Les résultats obtenus serviront de base à l’élaboration de stratégies
concrètes d’amélioration, telles que la mise en place de protocoles standardisés, la formation
continue du personnel infirmier, ou encore le renforcement de la supervision et du suivi
qualité dans les services de médecine. À travers ces actions, cette étude contribuera
directement à l’amélioration de la qualité, de la sécurité et de la continuité des soins offerts
aux patients.
Sur le plan institutionnel, ce travail apportera des informations utiles aux responsables
hospitaliers et aux décideurs de santé pour orienter la gestion des ressources humaines et
matérielles. Il offrira également des pistes pour la digitalisation progressive du dossier de
soins infirmiers, en adéquation avec les recommandations internationales de l’Organisation
mondiale de la Santé.
Sur le plan social, une meilleure gestion du dossier infirmier se traduira par une prise en
charge plus sûre, plus coordonnée et plus humaine des patients, contribuant ainsi à renforcer
la confiance de la population dans le système de santé. Enfin, cette étude participe à la
valorisation du rôle infirmier, en rappelant que la documentation constitue une responsabilité
professionnelle et un gage de qualité des soins.
En somme, ce travail s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue des pratiques
infirmières et de promotion de la sécurité des patients, tout en soutenant les politiques
nationales de santé visant à renforcer la performance et la crédibilité des services hospitaliers
au Cameroun.
Intérêt scientifique ou théorique
Ce travail s’inscrit dans une perspective scientifique visant à approfondir la compréhension
des déterminants qui influencent la gestion du dossier infirmier, considéré comme un
indicateur majeur de la qualité et de la sécurité des soins (OMS, 2021).
Sur le plan théorique, cette étude présente plusieurs apports :
1. Renforcement du cadre conceptuel de la documentation infirmière
Elle permettra d’analyser, à la lumière des modèles organisationnels et
comportementaux en sciences infirmières, comment les facteurs humains (formation,
motivation, attitudes) et institutionnels (supervision, politique de qualité, normes de
pratique) interagissent pour influencer la qualité du dossier infirmier.
2. Production de connaissances contextualisées
L’étude contribuera à combler un vide scientifique sur la gestion du dossier infirmier
dans le contexte camerounais, où peu de travaux empiriques ont été menés. Les
résultats offriront des données actualisées et spécifiques au milieu hospitalier local,
enrichissant ainsi la littérature internationale sur les pratiques documentaires en milieu
à ressources limitées.
3. Appui à la construction de modèles explicatifs
En identifiant les déterminants majeurs qui influencent la tenue du dossier infirmier,
cette recherche pourra servir de base à l’élaboration d’un modèle explicatif du
comportement documentaire des infirmiers, adapté au contexte africain.
4. Orientation pour la recherche future
Les résultats obtenus ouvriront la voie à d’autres études évaluatives ou
interventionnelles, notamment sur la digitalisation du dossier infirmier, la formation
continue en documentation, ou encore l’impact des politiques de supervision sur la
qualité de la traçabilité des soins.
Ainsi, ce travail vise non seulement à enrichir la base théorique existante, mais aussi à
favoriser le développement d’approches scientifiques contextualisées susceptibles d’améliorer
durablement la qualité documentaire et la sécurité des soins.