Prof.
MAMOUNI
[Link]
Résumé de Cours MP
Réduction d’endomorphismes
Éléments propres Théorème
Soit u 2 L (E ) où E désigne un K-espace vectoriel. Soit 2 Sp(u) d’ordre de multiplicité m( ).
1 ∂ dim(Ker(u idE )) ∂ m( )
! Généralités
Définition Si est valeur propre simple, alors Ker(u idE ) est une
droite vectorielle.
• On dit que 2 K est une valeur propre de u associé
au vecteur propre x 2 E si : Polynômes d’endomorphismes et de matrices
u(x ) = x avec x 6= 0E ! Algèbre commutative K[u ]
On appelle spectre de u et on note Sp(u) l’en- Pour u 2 L (E ) (ou M 2 Mn (K)), on définit :
semble des valeurs propres de u .
K[u] = {P (u ) | P 2 K[X ]} = Vect(u n )
• On appelle sous-espace propre associé à l’espace n2N
vectoriel E (u) = Ker(u idE ). (K[u], +, , ·) possède une structure d’algèbre commuta-
tive. L’application P 7! P (u) définit un morphisme d’al-
gèbres de K[X ] dans L (E ) ; son image est K[u].
Théorème
Si E est de dimension finie, K[u] ⇢ L (E ) l’est aussi.
• Les sous-espaces propres associés à des valeurs
propres distinctes sont en somme directe. Proposition
• Toute famille de vecteurs propres associés à des Si P 2 K[X ], les sous-espaces Im(P (u )) et Ker(P (u ))
valeurs propres distinctes est libre. sont stables par u .
! Polynôme caractéristique ! Polynômes annulateurs et polynôme minimal
On suppose désormais E de dimension finie n. Définition : Polynôme annulateur
Définition Soient u 2 L (E ) et P 2 K[X ]. P est appelé polynôme
annulateur de u si P (u) = 0L (E ) .
On appelle polynôme caractéristique de M 2 Mn (K)
le polynôme M = det(X In M ).
La définition est identique pour une matrice M 2 Mn (K).
Deux matrices semblables ont même polynôme caracté- En dimension finie, il existe toujours un polynôme annu-
ristique, donc mêmes valeurs propres. lateur non trivial (donc une infinité).
M et M > ont même polynôme caractéristique. Si P et Q annulent u, pgcd(P,Q ) annule u (Bézout).
Définition Théorème / Définition : Polynôme minimal
On appelle polynôme caractéristique de u le poly- Si u 2 L (E ) est non nul et E de dimension finie, il
nôme caractéristique de toute matrice représenta- existe un unique polynôme unitaire qui divise tous
tive de u. les polynômes annulateurs de u.
Ce polynôme est appelé polynôme minimal de u et
on le note ⇡u .
Théorème
• Les valeurs propres de u sont exactement les ra- Un endomorphisme en dimension infinie n’admet pas
cines de u . toujours de polynôme minimal.
• u =Xn Tr(u)X n 1
+ · · · + ( 1)n det(u ).
Proposition
• La somme des valeurs propres (complexes) vaut Deux matrices semblables ont même polynôme mi-
Tr(u) et leur produit det(u ). nimal.
Lorsque E est un C-espace vectoriel, u admet exactement
Proposition
n valeurs propres comptées avec leur ordre de multipli-
cité. Lorsque E est un R-espace vectoriel, elle en admet Si d est le degré du polynôme minimal de u , alors la
au plus n. famille (u k )0∂k ∂d 1 est une base de K[u].
Si F est stable par u, le polynôme caractéristique u |F de
En particulier, dim(K[u]) = deg(⇡u ).
l’endomorphisme induit divise u .
Proposition Un endormorphisme est diagonalisable si et seulement
s’il existe une base de vecteurs propres de f . Dans cette
Soit F un sous-espace stable par u non réduit à {0E }.
base, la matrice de f est diagonale.
Alors, le polynôme minimal de l’endomorphisme
induit u |F divise celui de u. Théorème : CNS de diagonalisabilité
Les assertions suivantes sont équivalentes.
Cela fournit un argument utile de diagonalisabilité pour
(i) u est diagonalisable
un endomorphisme induit. M
(ii) E = E
2Sp(u )
! Polynômes annulateurs et valeurs propres X
(iii) dim(E ) = dim(E )
Théorème 2Sp(u )
Si P annule u, toute valeur propre de u est racine (iv) u est scindé et, 8 2 Sp(u ), dim E = m ( )
de P . Si u (x ) = x , alors P (u)(x ) = P ( )x .
(v) il existe un polynôme scindé à racines simples
annulant u.
Attention, l’ensemble des racines d’un polynôme annula-
teur contient les valeurs propres mais n’est pas égal, en (vi) le polynôme minimal de u est scindé à racines
général, au spectre de u . simples.
! Théorème de Cayley-Hamilton Une matrice est diagonalisable si, et seulement si, elle est
annulée par un polynôme scindé à racines simples.
Théorème : Théorème de Cayley-Hamilton
Pour que u soit diagonalisable, ⇡u ne doit pas contenir
Le polynôme caractéristique d’un endomorphisme de facteur de la forme (X )↵ avec ↵ > 1.
en dimension finie est un polynôme annulateur. En
d’autres termes, si E est de dimension finie, Théorème : CS de diagonalisabilité (1)
8u 2 L (E ), Si u est scindé et n’admet que des racines simples
u (u ) = 0L (E )
alors u est diagonalisable.
Le polynôme minimal d’un endomorphisme divise ainsi
le polynôme caractéristique. Le degré du polynôme mini- Théorème : CS de diagonalisabilité (2)
mal est donc inférieur ou égal à dim(E ). • Tout endomorphisme symétrique d’un espace eu-
Théorème clidien est diagonalisable à l’aide d’une base or-
thonormale de vecteurs propres.
Les racines du polynôme minimal de u sont exacte-
ment ses valeurs propres. • Toute matrice symétrique réelle est diagonalisable
au moyen d’une matrice orthogonale.
Proposition Plan de diagonalisation (à l’aide de u) :
Une matrice de Mn (C) est nilpotente si, et seulement • Étude de la diagonalisabilité de u.
si, son polynôme caractéristique est X n .
– On détermine u.
– Si u n’est pas scindé, u n’est pas diagonalisable.
! Lemme des noyaux – Si est scindé, on compare dim E et m ( ).
u
Théorème : Lemme des noyaux • Diagonalisation de u lorsque c’est possible.
On détermine une base de E pour tout 2 Sp(u) en
Si P1 , . . . , Pr sont des polynômes deux à deux pre-
résolvant u(x ) = x et on concatène les bases obtenues.
miers entre eux de produit égal à P , alors :
M
r Corollaire
Ker (P (u )) = Ker (Pi (u)) Si u est diagonalisable, alors pour tout sous-espace
i =1 vectoriel F non réduit à {0E } et stable par u , l’endo-
morphisme induit par u sur F est diagonalisable.
M
r
En particulier, si P annule u, E = Ker (Pi (u)).
i =1
E est alors la somme de sous-espaces stables par u. Trigonalisation
Diagonalisation Définition : Trigonalisabilité
• Un endomorphisme u de E est dit trigonalisable
Définition
s’il existe une base de E dans laquelle la matrice
• Un endomorphisme f de E est dit diagonalisable de u est triangulaire supérieure.
s’il existe une base de E dans laquelle sa matrice
• Une matrice est dite trigonalisable si elle est sem-
est diagonale.
blable à une matrice triangulaire supérieure.
• Une matrice est dite diagonalisable si elle est sem-
blable à une matrice diagonale.
Théorème : CNS de trigonalisablité
Les assertions suivantes sont équivalentes.
(i) u est trigonalisable.
(ii) son polynôme caractéristique est scindé.
(iii) son polynôme minimal est scindé
(iv) u est annulé par un polynôme scindé.
Toute matrice est trigonalisable dans Mn (C). T = P 1 M P
avec T une matrice triangulaire supérieure dont la diago-
nale est constituée par les valeurs propres de M .
Lorsque n = 2 ou n = 3, on cherchera généralement T
sous la forme :
2 3
1 ⇥ ⇥
1
1
ou 4 0 2 15
0 2
0 0 3
m1 mr
Si u = (X 1) ⇥ · · · ⇥ (X r) , où 1, . . . , r sont les r
valeurs propres distinctes de u ,
m1 mr
E = Ker ((u 1 idE ) ) ··· Ker ((u r idE ) )
Définition : Sous-espace caractéristique
On appelle sous-espace caractéristique de u associé
à la valeur propre le sous-espace Ker ((u idE )m )
où m = m( ).
En notant d l’ordre de multiplicité de en tant que racine
du polynôme minimal (d ∂ m),
Ker ((u idE )m ) = Ker (u idE )d
De plus, dim Ker ((u idE )m ) = m.
Théorème
Soit M 2 Mn (K). S’il existe un polynôme scindé an-
nulant M , alors M est semblable à une matrice de
la forme :
2 3
T1 i
4 .. 5 avec Ti =
.
i
Tr
Si M est annulée par un polynôme scindé, M est sem-
blable à une matrice de la forme D +N où D est diagonale,
N est nilpotente et D N = N D .