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Cours Algebre Generale

Le document est un support de cours sur l'algèbre générale, abordant des concepts tels que la division euclidienne, les congruences, les groupes, les anneaux et les corps. Il contient des théorèmes, des algorithmes, des exercices et des exemples pour illustrer les notions mathématiques. La structure est organisée en plusieurs sections, chacune traitant d'un sujet spécifique lié à l'algèbre.

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My Ismail Mamouni

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Support de Cours

Algèbe Générale

Table des matières


1 Au commencement... 3
1.1 De brefs rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Algorithme d’Euclide, identité de Bezout . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Décomposition en facteurs premiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

2 Congruences : l’anneau Z/nZ 8


2.1 Sous groupes de (Z, +), congruences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.2 Eléments générateurs du groupe (cyclique) (Z/nZ, +), inversibles de l’an-
neau (Z/nZ, +, ×) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3 Le groupe des inversibles de l’anneau Z/nZ . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

3 Groupes 14
3.1 Vocabulaire et échauffements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3.2 Groupes monogènes et cycliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.3 Théorème de Lagrange - HP mais... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.4 Groupes produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

4 Anneaux et corps, généralités, notion d’idéal 23

5 L’anneau Z/nZ; compléments 24


5.1 Idéaux de Z , arithmétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
5.2 Caractéristique d’un corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
5.3 L’indicatrice d’Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
5.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

6 A propos des polynômes 31


6.1 Division euclidienne des polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
6.2 Racines et coefficients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
6.3 Idéaux de K[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35

1
6.4 Le théorème de Bezout . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35

7 Algorithmique 38
7.1 Algorithme d’Euclide étendu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
7.2 Décomposition d’une permutation en produit de transpositions . . . . . . . 40
7.3 Exponentiation rapide et Codage RSA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41

8 Résumons nous 43
8.1 Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
8.2 Anneaux et corps, généralités, notion d’idéal . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
8.3 Compléments d’arithmétique, les anneaux Z et K[X] . . . . . . . . . . . . . 46
8.4 L’anneau Z/nZ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

9 Quelques corrigés 49

10 Autres exemples de groupes et de leurs sous-groupes 52


10.1 Groupe symétrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
10.1.1 Les permutations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
10.1.2 Signature d’une permutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
10.1.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
10.2 Le groupe orthogonal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
10.2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
10.2.2 Description de O2 (R) et de O3 (R) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

2
1 Au commencement...
1.1 De brefs rappels

Théorème 1 division euclidienne


Pour tout couple d’entiers naturels (a, b) tel que b > 0, il existe un couple (q, r) et un seul
vérifiant :
a = bq + r et 0 ≤ r < b.

Exercice 1
1. Décrire un algorithme de division euclidienne en n’utilisant que la soustraction
comme opération arithmétique, produire par la même occasion la preuve du théorème
précédent ;
2. Écrire un programme récursif qui prend a et b en données et retourne le couple (q, r);
(7.1)

Définition 1 diviseurs, nombres premiers, ppcm, pgcd


Soient a ∈ Z et b ∈ Z deux entiers.
division euclidienne La division euclidienne est l’application

φ : (a, b) ∈ N × N∗ → (q, r) ∈ N2

où q et r, définis par le théorème précédent, ie : 0 ≤ r < b, sont respectivement le


quotient et le reste dans la division euclidienne de a par b;
divisibilité
on dit que a divise b (ou que b est un multiple de a) et on note a|b ssi il existe k ∈ Z,
b = ka;
nombre premier
p ∈ Z est premier ssi p 6= 1 et si ses seuls diviseurs sont ±1 et ±p;
nombres premiers entre eux ou étrangers
deux entiers sont premiers entre eux ssi leurs seuls diviseurs communs sont 1 et -1 ;
pgcd
on note pgcd(a,b), le plus grand diviseur commun à a et b;
ppcm
on note ppcm(a,b), le plus petit multiple positif commun à a et b;
relation de congruence modulo n
Soit n un entier non nul. La relation de congruence modulo n est la relation définie
sur Z2 par :
a ≡ b[n] ⇔ a − b ∈ nZ.

3
1.2 Algorithme d’Euclide, identité de Bezout
Exercice 2 l’algorithme d’Euclide et sa programmation
1. Soient a et b deux entiers, (q, r) le résultat de la division euclidienne de a par b :

a = bq + r, 0 ≤ r < b.

Justifier que (a, b) et (b, r) ont le même pgcd.


2. On note r0 = a, r1 = b, et, tant que ri 6= 0, ri−1 = ri qi + ri+1 avec 0 ≤ ri+1 < ri .
Montrer que la suite obtenue est finie, que son dernier terme est nul et que le dernier
reste non nul est le pgcd de a et b.
3. Montrer qu’il existe des entiers
 u et v tels que pgcd(a,
 b)= au + bv. On pourra
ri+1 ri
exprimer matriciellement en fonction de .
ri+2 ri+1
4. Écrire un programme MAPLE qui prend a et b en arguments et retourne un triplet
(d, u, v) tel que d = pgcd(a, b) = au + bv. Voir en section 7.1.

Théorème 2 algorithme d’Euclide, identité de Bezout


• Si a et b sont deux entiers naturels non nuls, la suite définie par l’algorithme :
– r0 = a, r1 = b,
– tant que ri+1 6= 0, ri+2 est le reste dans la DE de ri par ri+1 ,
est finie.
Cela signifie que l’algorithme termine (sic). La dernière itération donne rm = 0 et le dernier
reste non nul, rm−1 est le pgcd de a et b.
• Il existe u, v entiers relatifs tels que

pgcd(a, b) = au + bv;

(identité de Bezout)

Démonstration c’est l’exercice précédent ; on notera toutefois que l’on peut calculer
pratiquement les coefficients de Bezout de la façon suivante : si rn est le dernier reste non
nul, on a rn−2 − rn−1 qn−1 = rn , on remplace alors rn−1 et rn−2 en usant des relations
ri−1 − ri qi = ri+1 .

Théorème 3 théorème de Bezout


Pour tout couple d’entiers naturels (a, b) ∈ N2 , a et b sont premiers entre eux ssi il existe
des entiers relatifs u v, tels que 1 = ua + bv.

Démonstration
⇒ conséquence de l’algorithme d’Euclide étendu ;
⇐ on observe qu’un diviseur commun à a et b divise 1 ;

4
Exercice 3 théorème de Lamé (1845) ou pourquoi MAPLE est utilisable
On se propose ici d’évaluer le nombre d’opérations réalisées par l’algorithme d’Euclide
lors d’une exécution avec comme données a et b.
1. La suite de Fibonacci (Léonard de Pise 1 ) est définie de la façon suivante :

F0 = 0, F1 = 1 et Fn+2 = Fn+1 + Fn .

Donner une expression de Fn en fonction de n; vérifier que deux termes successifs


de la suite (Fn )n≥1 sont premiers entre eux.
2. On suppose dorénavant que a > b. On note r0 = a, r1 = b, ri−1 = ri qi + ri+1 avec
0 ≤ ri+1 < ri . La suite obtenue est celle des restes dans l’algorithme d’Euclide.
Montrer que si n est le nombre d’itérations de l’algorithme d’Euclide, alors

a ≥ Fn+1 , b ≥ Fn .

Indication : écrire en colonne 1 la succession des opérations de l’algorithme d’Euclide


(on notera rn le dernier reste non nul) ; écrire en colonne 2, en commençant par
la dernière ligne et après les avoir justifiées, des inégalités vérifiées par les Gi =
rn−i+1 .

r0 = q1 r1 + r2 G? ≥ G ? + G?
r1 = q2 r2 + r3
r3 = q3 r3 + r4
.. ..
. .
ri−1 = qi ri + ri+1 G? ≥ G ? + G?
.. .. .. ..
. . . .
rn−2 = qn−1 rn−1 + rn G3 ≥ G2 + G1
rn−1 = qn rn + rn+1 G2 ≥ G1 + G0

3. En déduire une majoration de n en fonction des données a et b.


C’est parce que son coût est en O(ln(sup(a, b)) que l’algorithme d’Euclide est efficient...
Cette étude est aussi développée dans un sujet EPITA 2004.

1.3 Décomposition en facteurs premiers

Théorème 4 théorème de Gauss


• Si deux entiers a et b sont premiers entre eux, alors a| b x ⇒ a|x.
• si p est premier, alors p| ab ⇒ p|a ou p|b.

Démonstration : on fera appel au théorème de Bezout pour écrire une relation au+bv =
1 puis axu + bxv = x...
1. Attention : Lamé (XIX˚ siècle) n’est pas disciple de Léonard (XII˚ siècle)

5
Théorème 5 théorème fondamental de l’arithmétique
Tout entier naturel n > 1 est d’une façon et d’une seule produit de facteurs premiers :
Y
n= p αp
p∈P

où les αp non nuls sont en nombre fini.

Démonstration
on procède par récurrence tant en ce qui concerne l’existence que l’unicité :

Exercice Q 4 niveau collège,Q


pour mémoire
Soient n = p∈P pαp et m = p∈P pβp .
1. Exprimer les pgcd et ppcm de n et de m;
2. Justifier que ν = n/d et µ = m/d sont premiers entre eux lorsque d = pgcd(n, m);
exprimer le ppcm de n et m en fonction de ces trois nombres ;

Exercice 5
Démontrer
Q qu’il existe une infinité de nombres premiers. Raisonner par l’absurde en posant
P = pk ...

Exercice 6 Centrale 2003


Soit n ∈ N∗ , on note S(n) le nombre de diviseurs de n dans N∗ .
1. Exprimer S(n) à l’aide de la décomposition en nombres premiers. Commencer par
n = pα , p premier ;
2. On note Ep l’ensemble des n tels que S(n) = 2p. Montrer que si p et 2p − 1 sont tous
deux premiers, 2p−1 (2p − 1) ∈ E.
3. Soit n pair, n ∈ Ep . Comment peut-on l’écrire ?

Exercice 7 brèves
1. Montrer que si p est un nombre premier supérieur ou égal à 5, 24|p2 − 1 (Mines)
2. Partant de l’écriture de n en base 10, on enlève le dernier chiffre, qu’on retranche
deux fois au nombre ainsi découpé. On obtient m, qui est divisible par 7 ssi n l’est.
Formalisez et prouvez.
Exemple : 31976 → 3197 − 2 × 6 = 3185 → 318 − 2 × 5 = 308 → 30 − 2 × 8 = 14 qui
est divisible par 7.

Exercice 8 nombres premiers d’une forme particulière


1. Soit q un entier. Factoriser dans Z[X] les polynômes X q − 1 et X q + 1;
2. Soient a > 1 et n > 0, deux entiers. Montrer que si an + 1 est premier alors n est
une puissance de 2.
voir aussi l’exercice 9.

Exercice 9 nombres de Mersenne, nombres de Fermat


n
Pour n ∈ N, on pose Fn = 22 + 1 (nombres de Fermat).

6
1. Calculer les premiers termes de cette suite, conjecturer, déconjecturer.
2. Comparer le produit nk=0 Fk à Fn+1 . Conjecturer et démontrer.
Q

3. Montrer que, si n 6= m, Fn et Fm sont premiers entre eux.

Exercice 10 produits de Cauchy, produits infinis et nombres premiers


1. Soit p ≥ 2 un entier. Que vaut la somme

X 1
?
ps
s=0

P 1 P 1
2. Déterminer le produit de Cauchy des séries géométriques p
et .
2 3p
1 1 1
3. Donner une expression judicieuse de     sous forme de série.
1 1 1
1− 1− 1−
2 3 5
On note Tn la nième somme partielle de cette série. Développer T2 et montrer que
l’on a l’encadrement
H(6) ≤ T2 ≤ H(25)
1
dans lequel H(n) désigne la somme partielle de la série harmonique H(n) = nk=1 .
P
k
4. On note (pn )n la suite des nombres premiers (ainsi p1 = 2, p2 = 3, p3 = 5, p8 = 19
etc...). On définit une suite (Pn )n en posant
n
Y 1
Pn =  .
1
k=1 1 −
pk
(a) Montrer que

X X 1 1 1
Pn = θn,m où θn,m = α α
... αn .
2 31 2 pn
m=0 (α1 +...+αn )=m

PN
(b) On considère la somme partielle PnN = m=0 θn,m . Montrer que PnN ≤ H(pN
n ).
(c) Soit K un entier compris entre 1 et min(2N , pn ). On suppose que K se décompose
a
en K = 2a1 3a2 ...pj j .
Justifier que tout nombre premier pi figurant dans cette décomposition avec
ai > 0 est inférieur à pn et que a1 + a2 + ... + aj ≤ N.

(d) Démontrer que pour tout (n, N ) ∈ N2 , il existe un entier q, que vous déterminerez,
tel que H(q) ≤ PnN . En déduire que H(q) ≤ Pn puis que lim Pn = +∞.
 
P 1
5. Déterminer la nature de la série ln 1 − .
pk
P 1
6. Montrer que la série diverge.
pk

7
2 Congruences : l’anneau Z/nZ
2.1 Sous groupes de (Z, +), congruences

Théorème 6 sous-groupes de (Z, +)


Une partie H est un sous-groupe de Z ssi il existe un entier a non nul tel que H = aZ.

Démonstration :
⇐: facile et immédiat
⇒: division euclidienne ;

Définition 2 relation de congruence, classes de congruence


Soit n un entier non nul. La relation de congruence modulo n est la relation définie sur
Z2 par :
a ≡ b[n] ⇔ a − b ∈ nZ.

Proposition 7 classes
1. La relation de congruence modulo n a les propriétés suivantes (qui en font une
relation d’équivalence (voir rappel en annexe, pas de démonstration !)) :
– a ≡ a[n];
– a ≡ b[n] ⇒ b ≡ a[n];
– a ≡ b[n] et b ≡ c[n] ⇒ a ≡ c[n].
2. Un entier a est congru modulo n à un et un seul des entiers 0,1,...n-1, qui est le reste
dans la division de n par a.
3. La relation de congruence modulo n est compatible avec l’addition, à savoir :

a ≡ a0 [n] et b ≡ b0 [n] ⇒ a + b ≡ a0 + b0 [n].

4. La relation de congruence modulo n est compatible avec la multiplication, à savoir :

a ≡ a0 [n] et b ≡ b0 [n] ⇒ a × b ≡ a0 × b0 [n].

Démonstration : écrire les définitions ;

Définition 3 classes d’un entier modulo n


On appelle classe d’un entier a modulo n, l’ensemble ā = {m ∈ Z; m ≡ a[n]}. On note
Z/nZ l’ensemble de ces n classes (voir prop. 7-2) : Z/nZ = {0̄, 1̄, 2̄, ..., n − 1}.

Théorème 8 le groupe (Z/nZ, +) .


– On définit une loi de composition interne sur Z/nZ en posant : ā + b̄ = a + b;

8
– L’ensemble Z/nZ muni de cette addition est un groupe commutatif ;
– L’application a ∈ Z → ā ∈ Z/nZ est un morphisme de groupe surjectif dont le noyau
est Z/nZ. On l’appelle morphisme canonique de (Z, +) sur (Z/nZ, +).

Démonstration : facile.

Théorème 9 l’anneau (Z/nZ, +) .

– On définit deux lois de composition interne sur Z/nZ en posant :

ā + b̄ = a + b;

ā × b̄ = a × b;
– L’ensemble Z/nZ muni de l’addition et de la multiplication ainsi définie est un anneau
commutatif ;

– L’application a ∈ Z → ā ∈ Z/nZ (morphisme canonique) est un morphisme d’anneau


surjectif.

Exercice 11 on se fait la main :


1. Calculer la somme des éléments (ou des classes) de Z/nZ;
2. Calculer la somme des carrés des éléments (ou des classes) de Z/nZ;
3. Calculer 157324 , 107324 dans Z/13Z .

9
2.2 Eléments générateurs du groupe (cyclique) (Z/nZ, +), inversibles de
l’anneau (Z/nZ, +, ×)
Définition 4
• Soit (G, ?) un groupe et F une partie de G. Le sous-groupe engendré par F est le
plus petit sous groupe contenant F (intersection des sous-groupes contenant F ). On note
< F > ce sous-groupe de partie génératrice F.
• (G, ?) est monogène s’il admet un singleton comme partie génératrice.
• (G, ?) est cyclique s’il est monogène et fini.
Exercice 12 exemples de groupes monogènes, cycliques, de générateurs
1. Soit a ∈ Z; quel est le sous-groupe engendré par a?
2. Montrer que (Z, +) est monogène, donner ses générateurs.
3. Montrer que (Z 2 , +) admet une partie génératrice composée de deux éléments.
4. Montrer que (Z2 , +) n’est pas monogène. On raisonnera par l’absurde en caractérisant
le sous-groupe engendré par un singleton {(u, v)}.
5. Donner une condition nécessaire et suffisante sur le couple ((a, b), (c, d)) pour que ce
soit une famille génératrice de Z2 .
6. Quels sont les sous-groupes cycliques des groupes (Z/8Z , +) et (Z/5Z , +)?

Théorème 10 générateurs du groupe Z/nZ


(Z/nZ, +) est un groupe cyclique.
Ses générateurs sont les classes des entiers premiers avec n.
Lorsque n est premier tout élément non nul est générateur.

Démonstration
• (Z/nZ, +) est un groupe cyclique puisqu’il est fini et parce que {1̄}, par exemple, est
génératrice.
Recherchons les éléments générateurs.
• Observons tout d’abord que le sous-groupe F engendré par x̄ ∈ Z/nZ, est {px/p ∈ Z}.
⊂ On montre par récurrence que px ∈ F pour p ∈ N :
- 0̄ ∈ F qui contient l’élément neutre ;
- px ∈ F ⇒ px + x̄ = (p + 1)x ∈ F qui est stable par addition ;
- Pour p ∈ Z − , on observe que px = −|p|x ∈ F qui contient les opposés de ses éléments.
⊃ On vérifie sans peine que {px/p ∈ Z} est un sous-groupe de Z/nZ, comme il contient
x̄, il contient F.

• Supposons maintenant que x̄ soit générateur de Z/nZ; F contient alors 1̄ ce qui signifie :
- Il existe p ∈ Z tel que px = 1̄
- Il existe p ∈ Z tel que px ≡ 1[n]
- Il existe p ∈ Z, q ∈ Z tel que px − qn = 1 et ainsi (par le théorème de Bezout) x et n
sont premiers entre eux.
• La réciproque est évidente : si x et n sont premiers entre eux, 1̄ ∈ F et donc, comme 1̄
engendre Z/nZ, x̄ engendre Z/nZ.

10


Application fondamentale : deux amants se donnent rendez vous toutes les 5 heures.
Montrer qu’ils se seront rencontrés à toutes les heures du jour et de la nuit.
indication : ils vivent dans une société relativement permissive ou sont très habiles.

Théorème 11 l’anneau (Z/nZ, +, .)


Soit n ∈ N∗ \ {1}.
– Les éléments inversibles de l’anneau (Z/nZ, +, .) sont les classes des entiers premiers
avec n.
– Lorsque n est premier Z/nZ est un corps, sinon ce n’est pas même un anneau intègre.

Démonstration : facile et immédiat

Exercice 13 voir feuille Maple page 11 pour les calculs dans Z/nZ
1. Que peut on dire du nombre de solutions de l’équation x2 = a dans un corps, dans
un anneau quelconque ?
Préciser pour R, C. Étudier z 2 = 0 dans Z/13Z dans Z/12Z ...
Pour les équations suivantes, regarder si vous pouvez les écrire sous la forme ca-
nonique avant tout.
2. Résoudre Z 2 − 10Z + 6 = 0 dans Z/12Z
3. Résoudre Z 2 − 5Z + 6 = 0 dans Z/12Z
4. Résoudre Z 2 − 5Z + 6 = 0 dans Z/13Z

11
Calculs modulo 12
> restart;
le calcul des congruences
> 12 mod 12;
39 mod 12;
0
3
> Z12Z:=[seq(k, k=0..11)];
Z12Z := [ 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11 ]
les solutions de Z^2-5*Z+6 =0 dans Z/12Z.
> P:= Z -> Z^2-5*Z+6 mod 12:
map(P, Z12Z);
[ 6, 2, 0, 0, 2, 6, 0, 8, 6, 6, 8, 0 ]
les doubles et les carrés

> map(x->x+x mod 12,Z12Z);


map(x->x*x mod 12,Z12Z);

[ 0, 2, 4, 6, 8, 10, 0, 2, 4, 6, 8, 10 ]
[ 0, 1, 4, 9, 4, 1, 0, 1, 4, 9, 4, 1 ]
Calculs modulo 13
> Z13Z:=[seq(k, k=0..12)];
Z13Z := [ 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 ]
les solutions de Z^2-5*Z+6 =0 dans Z/13Z.

> P:= Z -> Z^2-5*Z+6 mod 13:


map(P, Z13Z);
[ 6, 2, 0, 0, 2, 6, 12, 7, 4, 3, 4, 7, 12 ]
les doubles et les carrés

> map(x->x+x mod 13,Z13Z);


map(x->x*x mod 13,Z13Z);

[ 0, 2, 4, 6, 8, 10, 12, 1, 3, 5, 7, 9, 11 ]
[ 0, 1, 4, 9, 3, 12, 10, 10, 12, 3, 9, 4, 1 ]
>

12
2.3 Le groupe des inversibles de l’anneau Z/nZ
On observera sans peine que l’ensemble des éléments inversibles d’un anneau (A, +, ×)
forme un groupe multiplicatif (et qui se confond avec A\{0} ssi A est un corps !) ; par
exemple
– le groupe des éléments inversibles de Z est {−1, 1};
– le groupe des éléments inversibles de K[X] est K∗ (constantes non nulles) ;

Théorème 12 groupe des inversibles de Z/nZ


1. Les éléments inversibles de Z/nZ forment un groupe (noté parfois (Z/nZ)× ) ;
2. un élément de Z/nZ est inversible ssi il est premier avec n;
3. un élément de Z/nZ est inversible ssi c’est un élément générateur du groupe additif
Z/nZ;
4. Z/nZ est un corps ssi n est premier ; dans ce cas, le groupe des inversibles est
Z/nZ\{0};

Exercice 14
1. (a) Expliciter le groupe des inversibles de Z/8Z donner la table de ce groupe.
(b) Est il cyclique ? peut on en donner une partie génératrice ?
(c) Construire un isomorphisme de groupes entre (Z/2Z × Z/2Z , +) et (Z/8Z )× .
Est-ce le seul possible ?
2. Expliciter de même le groupe des inversibles de Z/12Z et en donner la table. Est il
cyclique ? En donner tous les sous-groupes.
Exercice 15 Mines
On note U le groupe des inversibles de Z/32Z .
1. Quel est l’ordre de 5 dans ce groupe ;
2. Donner un groupe additif isomorphe à U.
Exercice 16 On note Fp = Z/pZ lorsque p est premier.
1. Combien y a-t-il de carrés dans Fp ? Dessiner. Quelle est leur somme ?
2. Déterminer les carrés des éléments de F7 ;
Exercice 17 Soient a, b, c trois entiers. On suppose que a3 + b3 + c3 est divisible par 7.
Montrer qu’il en va de même pour a b c.
Exercice 18 Quels sont les entiers n pour lesquels 7|nn − 3?
Exercice 19 CCP 2012
1. Quel est l’ordre de 3 dans Z/11Z ? (formulé : Déterminer le plus petit entier p ≥ 1
tel que 3p ≡ 1[11])
2. Démontrer que pour tout entier naturel n, 3n+2102 − 9 × 52n est divisible par 11.

13
3 Groupes
3.1 Vocabulaire et échauffements
Définition 5 rappel du vocabulaire de base
groupe : Soit E un ensemble non vide et ? une loi interne sur E. On dit que (E, ?) est
un groupe ssi
– la loi ? est associative ;
– il existe e ∈ E tel que ∀x ∈ E, x ? e = e ? x = x (on dit que e est élément neutre
pour ?)
– pour tout x ∈ E il existe x0 ∈ E tel que x ? x0 = x0 ? x = e, (on dit que x0 est
inverse ou symétrique de x).
sous-groupe Soit (E, ?) un groupe d’élément neutre e, on dit qu’une partie H de E est
un sous groupe de (E, ?) ssi
– H est non vide ;
– pour tout couple (x, y) d’éléments de H, x ? y −1 ∈ H.
ordre d’un groupe on appelle ordre d’un groupe fini, le nombre de ses éléments ;
partie génératrice on dit qu’une partie F d’un groupe G, est une partie génératrice de
G0 , sous-groupe de G ssi G0 est le plus petit sous-groupe contenant F (ou, voir la
proposition ci-dessous, l’intersection des sous-groupes de E contenant F );
groupe monogène c’est un groupe engendré par un de ses éléments
groupe cyclique c’est un groupe monogène fini (voir le théorème 16) ;
générateur a est générateur d’un groupe (nécessairement monogène ou cyclique) si {a}
est une partie génératrice de ce groupe ; l’ordre d’un élément de G est l’ordre du
sous-groupe qu’il engendre ;
morphisme une application f : (G, ?) → (H, ∗) est un morphisme de groupe ssi pour
tous (a, b) ∈ G2 on a f (a ? b) = f (a) ∗ f (b);
noyau avec les mêmes notations, le noyau d’un morphisme f est le sous groupe de G
formé des antécédents de l’unité de H;
isomorphisme c’est un morphisme bijectif ;

Proposition 13 propriétés fondamentales


Soit (E, ∗) un groupe :
1. E n’a qu’un élément neutre, tout élément possède un unique inverse (à droite ou à
gauche) ;
2. les équations x ? a = b et a ? x = b possèdent chacune une solution et une seule ;
3. {e}, E, une intersection de sous-groupes de E sont des sous-groupes de E.

Théorème 14 Soient (G, ×) et (H, ?) deux groupes et φ : G → H un morphisme de


(G, ×) dans (H, ?).

14
1. Le noyau de φ est un sev de (G, ×).
2. Ker(φ) = {eG } ssi φ est injectif.

Démonstration

3.2 Groupes monogènes et cycliques


Définition 6 Soit G un groupe contenant a;
– En notation multiplicative, on définit an par récurrence sur n ∈ N :
|n|
a0 = eG , an+1 = an ? a, et en posant an = a−1 lorsque n ≤ 0.
– En notation additive, on définit n × a par récurrence sur n ∈ N :
0 = eG , (n + 1) × a = (na) + a, et en posant n × a = |n|(−a) lorsque n ≤ 0.

Exercice 20 exemples de groupes monogènes, cycliques, de générateurs


1. (a) Montrer que (Z, +) est monogène, donner ses générateurs.
(b) Soit a ∈ Z; quel est le sous-groupe engendré par a?
2. (a) Montrer que (Z2 , +) n’est pas monogène.
(b) Donner une condition sur le couple ((a, b), (c, d)) pour que ce soit une famille
génératrice de Z2 .

Théorème 15 structure des groupes monogènes et cycliques


Soit (G, ∗), un groupe et ω ∈ G.
1. Le sous groupe de G engendré par ω est l’ensemble des puissances {ω q ; q ∈ Z};
2. Lorsque le groupe engendré par ω est infini, les éléments ω q , q ∈ Z, sont tous distincts
et l’application p ∈ (Z, +) → ω p ∈ (G, ?) est un isomorphisme de groupe.
3. Lorsque le groupe engendré par ω est fini, de cardinal n, il est est de la forme
{ω 0 = e, ω 1 , ω 2 , ..., ω n−1 }, et l’on a ω n = e, n est le plus petit entier strictement
positif tel que ω p = e. On dit alors que < ω > est un groupe cyclique.

Théorème 16 le même en notations additives


1. Soit (G, +), un groupe et ω ∈ G. Le sous groupe de G engendré par a est l’ensemble
{n.a; n ∈ Z});
2. Lorsque le groupe engendré par a est infini, les éléments 0, ±a, ±2a, ±3a, ... ± na...
sont tous distincts et l’application p ∈ (Z, +) → pω ∈ (G, +) est un isomorphisme
de groupe.
3. Lorsque le groupe engendré par ω est fini, de cardinal n, il est est de la forme
{0, ω, 2ω, 3ω, ...(n − 1)ω} avec n.ω = 0; on dit alors que < ω > est un groupe
cyclique.

15
Théorème 17 racines de l’unité dans C
• L’ensemble Un des racines niemes de l’unité dans C, muni de la multiplication est un
groupe cyclique.
• Ses générateurs (appelés racines primitives de l’unité) sont les éléments e2ipπ/n où p est
premier avec n.

Exercice 21 Calculer
8  
X (2k + 1))π
cos .
19
k=0

Théorème 18 groupes monogènes et cycliques


Soit (G, ?), un groupe monogène de générateur ω ∈ G.
1. Si G est fini de cardinal n, il est de la forme G = {ω 0 = e, ω 1 , ..., ω n−1 }, ω n = eG et
l’application p̄ ∈ (Z/nZ, +) → wp ∈ (G, ?) est bien définie et c’est un isomorphisme
de groupe.

Remarque il s’agit ici de compléter les résultats du 16 et de mettre en évidence des


isomorphismes.

Exercice 22 Soit (G, ?) un groupe cyclique d’ordre n.


1. Comparer le nombre de générateurs de G et de Z/nZ;
2. Combien y a-t-il d’isomorphismes de G sur Z/nZ?
3. Expliciter les isomorphismes de Z/6Z sur le groupe des racines sixièmes de l’unité
dans C.

Théorème 19 Soit (G, ?) un groupe et a ∈ G.


1. L’application f : k ∈ Z → ak ∈ G est un morphisme de groupes ; son image est
{ak ; k ∈ Z}.
2. Si Ker(f ) = {0}, Im(f ) est monogène infini et isomorphe à Z;
3. Si Ker(f ) = nZ, Im(f ) est cyclique et isomorphe à Z/nZ.

Démonstration

16
3.3 Théorème de Lagrange - HP mais...

Théorème 20 un théorème de Lagrange 2


Soit G un groupe fini de cardinal n, H un sous-groupe de G. Alors, l’ordre de H est un
diviseur de l’ordre de G.

Démonstration avec l’exercice 23 .

Exercice 23 démonstration du théorème de Lagrange


1. On considère un groupe fini, G, et H un sous groupe de G. Montrer que si a et b
sont des éléments de G,
– aH et bH sont équipotents (ie : de même cardinal) ;
– aH et bH sont, soit égaux, soit d’intersection vide.
2. En déduire que si H est un sous-groupe de G, groupe fini, l’ordre de H est un diviseur
de l’ordre de G.
cet énoncé constitue le théorème de Lagrange

3.4 Groupes produits


Théorème 21 groupe produit
Soient (G1 , ?) et (G2 , ×) deux groupes. La loi interne définie sur l’ensemble produit G1 ×G2
par
(a1 , a2 ) (b1 , b2 ) = (a1 ? b1 , a2 × b2 )
confère à G1 × G2 une structure de groupe. Ce groupe est le groupe produit de (G1 , ?)
et (G2 , ×).

Exercice 24
1. Expliciter la table du groupe produit U2 × U2 . S’agit il d’un groupe cyclique ? Quels
sont les sous-groupes cycliques de G?
2. Expliciter la table du groupe produit U3 × U2 . S’agit il d’un groupe cyclique ?
3. Explicitez le groupe des isométries du plan qui laissent globalement invariant un
triangle équilatéral. Peut on en donner des parties génératrices est il isomorphe au
précédent ?

Exercice 25 groupe produit et groupes cycliques


On suppose que G1 et G2 sont cycliques, donner une partie génératrice de G1 × G2 ; (voir
aussi l’exercice 26).
Pour des exemples de groupes produits, voir le théorème chinois (thm 27), les exer-
cices 15... ;
2. ce n’est pas explicitement au programme, mais je préfère que vous l’ayez vu, y compris dans l’optique
des concours. Démonstration à connaı̂tre pour les oraux *

17
Exercice 26 produit de groupes cycliques
1. Donner un condition nécessaire pour qu’un produit de 2 groupes cycliques d’ordre
n et m soit cyclique (étudier un élément x = (w1 , w2 ));
2. Montrer que si n et m sont premiers entre eux, le produit de deux groupes cycliques
d’ordres respectifs n et m est cyclique.
voir aussi le théorème chinois 27 et l’exercice 27 .

Exercice 27
1. Vérifier que (Z/3Z , +) × (Z/2Z , +) est un groupe cyclique.
2. Déterminer à un isomorphisme près les groupes commutatifs d’ordre 6.

3.5 Exercices
Exercice 28 questions brèves :
1. Soit G un groupe multiplicatif, a ∈ G.

φ : x ∈ G → a−1 xa ∈ G,

est il un morphisme, un isomorpisme ?


2. Dans (Z2 , +), donner une partie génératrice. A quelle condition (CNS) ((a, b), (a0 , b0 ))
est elle génératrice ?

Exercice 29 partie génératrice à deux éléments


1. On considère un groupe (E, ?) et a, b deux éléments de E.
(a) Justifier que le sous-groupe engendré par {a, b} est
(N )
Y
< {a, b} >= api bqi ; N ∈ N, ∀i ∈ [1, N ], (pi , qi ) ∈ Z2 .
k=1

Vous expliciterez avec soin l’inverse d’un tel élément. Les choses se simplifient
elles lorsque E est commutatif ?
(b) Illustrations :
i. Quel est le sous-groupe de (R∗ , ×) engendré par 1/2 et 1/3?
ii. Quel est le sous-groupe du groupe des bijections de R∗ dans lui-même
engendré par x → 1/x et x → x + 1?
2. On suppose que chaque Gi possède une partie génératrice formée de 2 éléments.
Donner une partie génératrice de G1 × G2 ;
3. Pour le plaisir d’une analogie : si E et F sont deux K−espace vectoriels de dimensions
n et m, que dire de la dimension de E × F ? (vous définirez ce qui doit l’être)

18
Exercice 30 un groupe de matrices
On considère les endomorphismes de C4 associés aux matrices
   
0 0 0 1 0 0 0 i
   
 0 0 1 0   0 0 −i 0 
A= B=
   

 0 1 0 0   0 i 0 0 
   
1 0 0 0 −i 0 0 0
   
0 0 1 0 1 0 0 0
   
 0 0 0 −1   0 1 0 0 
C= D= .
   
 1 0 0 0   0 0 −1 0 
   
0 −1 0 0 0 0 0 −1
1. Ecrire le carré de la matrice E = xA + yB + zC + tD, en déduire des relations
remarquables vérifiées par A, B, C, D.
2. Soit G le sous-groupe de GL4 (C) engendré par {A, B, C, D}. Montrer que tous ses
éléments sont de la forme
±Aα1 B α2 C α3 Dα4
avec α = (αi ) ∈ {0, 1}4 .
Calculer en particulier l’inverse

(Aα1 B α2 C α3 Dα4 )−1 ,

sous cette forme.


3. Déterminer le nombre des éléments de G.

Exercice 31 Quel est le plus petit entier n pour lequel il existe un groupe non com-
mutatif d’ordre n ?

19
Exercice 32 groupes d’isométries laissant une figure invariante
1. Soit A un ensemble non vide et B(A) l’ensemble des bijections de A sur lui-même.
Montrer que la loi de composition des applications notée ◦, est une loi interne sur
B(A) et que (B(A), ◦) est un groupe (groupe des bijections de A).
2. On rappelle qu’une application affine d’un espace euclidien dans lui-même est une
application de la forme f (x) = φ(x) + u où φ est linéaire. Une transformation
affine est une application affine bijective.
(a) Montrer qu’une application affine conserve le barycentre (après avoir défini cette
expression) ;
(b) Soit f une application affine. Montrer que les trois énoncés suivants sont équivalents :
– f est une transformation affine ;
– φ ∈ GL(E)
– il existe trois points non alignés dont les images par f ne sont pas alignées ;
– pour toute famille de trois points non alignés, les images par f ne sont pas
alignées.
(c) Montrer que f est une isométrie affine (ie : ||f (x) − f (y)|| = ||x − y||) ssi
φ ∈ O(E);
(d) Montrer que deux applications affines du plan qui coı̈ncident en trois points
non alignés sont égales.
3. Soient A, B, C trois points distincts du plan affine euclidien.

triangle quelconque triangle équilatéral

(a) Montrer que les transformations affines qui laissent T = {A, B, C} stable (ie :
Φ(T ) ⊂ T ) forment un groupe qui ne contient aucune translation de vecteur
non nul.

20
(b) Caractériser les éléments de ce groupe en dresser la table, faire apparaı̂tre les
sous-groupes ; donner une partie génératrice.
(c) Montrer que ce groupe est isomorphe au groupes des permutations de 3 éléments
a,b,c.
(d) Montrer que le groupe des isométries qui laissent T = {A, B, C} invariant (ie :
Φ(T ) ⊂ T ) est un sous-groupe du précédent. Lui est il égal ?
On notera : id, r1 , r2 , s(Ag) , s(Bg) , s(Cg) ... où g est le centre de gravité du triangle,
r1 = rot(g, 2π/3), r2 = r1 ◦ r1 , s(Bg) la symétrie orthogonale d’axe (Bg), etc...
4. Idem avec 4 points non coplanaires formant un tétraèdre régulier dans l’espace...

Exercice 33
Soit un entier naturel, n ≥ 2. On note A l’ensemble des matrices M ∈ Matn (Z) pour
lesquelles il existe p ≥ 1 tel que M p = In .
   
1 0 0 1
1. On donne, pour n=2, A = ,B = . S’agit il d’éléments de A? Le
0 −1 1 0
groupe multiplicatif qu’elles engendrent est il contenu dans A ?
2. (a) Montrer que l’ensemble des polynômes unitaires (ie : de coefficient dominant
égal à 1),de degré n, à racines de modules 1 et à coefficients entiers est fini.
(b) En déduire qu’il existe un entier P tel que pour toute matrice de A, M P = In .
3. On se propose de montrer que tout groupe multiplicatif formé d’éléments de A est
fini :
(a) Soit G un tel groupe. Soit (Ai )1≤i≤p une base de V ect(G) et T l’application de
G dans Cp définie par

T (M ) = (T r(M A1 ), ..., T r(M Ap )).

Prouver que T est injective.


(b) En déduire que G est fini.

Exercice 34
Soit G un groupe qui n’admet pour sous-groupes que les sous-groupes triviaux : {e} et G
lui-même.

21
– Montrer que G est monogène ;
– Montrer que G est cyclique (monogène et fini) ;
– Montrer que Card(G) est premier ou égal à 1.

Exercice 35 * * loi associative


Soit E un ensemble fini muni d’une loi interne associative notée T. Démontrer qu’il existe
un élément de E au moins tel que zT z = z.
voir corrigé en 9.2

Exercice 36
On considère un groupe G tel que pout tout x ∈ G, x2 = e.
1. Montrer que G est commutatif (considérer (xy)(xy)...)
2. Soit H un sous-groupe de G et x ∈
/ H. Montrer que le sous-groupe engendré par
H ∪ {x} est de cardinal 2CardH.
3. En déduire que Card G est une puissance de 2.

22
4 Anneaux et corps, généralités, notion d’idéal
Définition 7 anneaux commutatifs, corps et idéaux
1. Un ensemble A muni de deux LCI notées + et × est un anneau ssi
– (A, +) est un groupe commutatif ;
– la loi × est distributive par rapport à + :
– (a + b) × c = a × c + b × c, c × (a + b) = c × a + c × b;
– A possède un élément neutre pour ×;
On dit que A est un anneau d’intégrité si, de plus :

xy = 0 ⇒ x = 0 ou y = 0;

2. On dit que l’anneau (A, +, ×) est un corps ssi tout élément son nul de A est
inversible (pour ×) (c’est alors un anneau d’intégrité) ;
3. Une partie non vide de I ⊂ A, est un sous-anneau si c’est un sous-groupe de (A, +)
qui est aussi stable pour la loi × et contient l’élément neutre.
4. Soient (A, +, ×) et (B, +, ?) deux anneaux ; on dit qu’une application φ de A vers
B est un morphisme d’anneaux lorsque
– c’est un morphisme de groupes de (A, +) vers (B, +);
– on a la formule : φ(a × b) = φ(a) ? φ(b);
5. produit de deux anneaux (A, +, ×) et (B, +, ×), c’est l’anneau (A × B, +, ×)
dont les opérations sont définies par

(a, b) + (a0 , b0 ) = (a + a0 , b + b0 ) et (a, b) × (a0 , b0 ) = (aa0 , bb0 );

6. Dans un anneau d’intégrité commutatif, on définit une relation de divisibilité en


posant :
a|b ⇔ ∃d ∈ A, b = da ⇔ bA ⊂ aA;

Exercice 37 brèves (à faire seul(e))


1. combien l’équation x2 = 1 a-t-elle de solutions dans un corps, dans un anneau ?
2. le produit de deux corps est un anneau, peut il être un corps ?

Définition 8 idéal
Soit A un anneau de lois + et ×. Un idéal de A est une partie I, de A est un sous-groupe
de (A, +) tel que
∀x ∈ A, ∀j ∈ I, x × j ∈ I et j × x ∈ I.

Exercice 38 exemples
1. les polynômes de la forme P A + BQ, (A, B) donné et (P, Q) décrivant K[X]2 , dans
A = K[X].
2. les fonctions de E ensemble quelconque, dans R nulles sur une partie donnée de E,
dans A = F(E, R).
3. les multiples de a dans Z...

23
Exercice 39 exemples d’anneaux et d’idéaux, brèves
On sait que (Z, +, ×), (K[X], +, ×), (L(E), +, ◦), l’ensemble F(X, A) (des fonctions de
X vers l’anneau A) muni de l’addition et de la multiplication des fonctions, sont des
anneaux...
1. Quels sont les anneaux d’intégrité parmi eux ?
2. Vérifier que dans F(X, A) l’ensemble des fonctions nulles sur U ⊂ X est un idéal ;
√ √ √
3. Soit q un naturel non carré. On note Z[ q], Q[ q], les éléments de la forme a + b q,
avec a et b dans Z ou Q respectivement. Anneaux, corps ?
4. Donner des exemples de sous-anneaux qui ne sont pas des idéaux ;
5. Quels sont les idéaux d’un corps ?
6. Soit A un anneau et a1 , ..., an ∈ A, montrer que l’ensemble des éléments de la forme

a1 u1 + .... + an un ,

est, un idéal et que c’est l’intersection de tous les idéaux contenant les ai .
7. Ordonner les idéaux de Z que sont {0}, Z, 2Z, 3Z, 4Z, 5Z, 6Z, 8Z, 9Z, 12Z, 15Z...
8. Préciser 18Z ∩ 12Z, 14Z ∩ 21Z.

Théorème 22 Dans un anneau A, une intersection d’idéaux est un idéal de A;

Démonstration immédiat ;

Définition 9
si U est une partie non vide de A, on appelle idéal engendré par U l’intersection des idéaux
de A contenant U ;

5 L’anneau Z/nZ; compléments


5.1 Idéaux de Z , arithmétique

Théorème 23 sous-anneaux et idéaux de Z


1. Les sous-groupes de Z sont les parties aZ, a ∈ Z.
2. Les idéaux de Z sont ses sous-anneaux ;
3. a|b ssi bZ ⊂ aZ;
4. L’intersection des idéaux aZ et bZ est l’idéal mZ où m est le ppcm de a et de b;
5. Soient a et b deux entiers non nuls, l’idéal engendré par a et b est l’ensemble

{au + bv; (u, v) ∈ Z2 } = dZ

où d = pgcd(a, b) est le plus grand diviseur commun de a et de b.

24
Démonstration seraient-ce immédiatetés ?

Théorème 24 théorème de Bezout


Soient a et b deux entiers non nuls. Les propositions suivantes sont équivalentes :
1. a et b sont premiers entre eux,
2. l’idéal {au + bv; (u, v) ∈ Z2 } est égal à Z,
3. il existe deux entiers u et v tels que

au + bv = 1.

Théorème 25 théorème de Gauss


Si deux entiers a et b sont premiers entre eux, alors a | b x ⇒ a | x.

Exercice 40 questions de divisibilité


On suppose p premier.
1. Montrer que, si 0 < i < p, les coefficients binomiaux (pi ) , sont des multiples de p;
qu’en est il si p n’est pas premier ?
2. Soient a et b des entiers. Montrer que (a + b)p ≡ ap + bp [p];
3. Montrer que si a ∈ N, ap ≡ a[p] (petit théorème de Fermat)
4. Soient p, un nombre premier impair, n ∈ N et a ∈ A. . Démontrer les propriétés
suivantes :
n
– (1 + pa)p ≡ 1 + pn+1 a[pn+2 ]
– (1 + pa )p ≡ 1 + pn+1 a[pn+2 ]
(cette dernière par récurrence sur n)

Exercice 41 mines 2006


1. Caractériser les matrices de Mn (Z) inversibles et dont l’inverse est dans Mn (Z).
2. On suppose que A et B sont deux matrices de M2 (Z) dont les déterminants sont
premiers entre eux. Démontrer qu’il existe deux matrices de M2 (Z) telles que AU +
BV = I2 .
(corrigé dans le poly révisions oraux).

5.2 Caractéristique d’un corps

Théorème 26
Soit (A, +, ×) un anneau intègre (ou un corps) dont l’élément neutre pour la multiplication
est noté 1A .

25
– Il existe un morphisme d’anneaux, non nul, et un seul φ : (Z, +, ×) → (A, +, ×);
– Le noyau de φ est un sous-groupe nZ de Z. Lorsque ce sous-groupe n’est pas réduit à
{0}, il existe un morphisme injectif ψ : Z/nZ → A et un seul tel que φ = ψ ◦m où m est
le morphisme canonique de Z sur Z/nZ, ce que l’on aime à résumer par le diagramme :

φ
Z → A
m& ↑ ψ
Z/nZ
– Lorsque A est un corps, l’entier n est premier ou nul, on dit que c’est la caractéristique
du corps A.

Démonstration

– Construction de φ :
Analyse on commence par prouver que si φ est un morphisme d’anneaux non nul,
φ(0) = 0A et φ(1) = 1A . On en déduit φ(n) = n1A pour n ∈ N (avec la convention
Ox = 0A , (n + 1)x = nx + x, pour n ∈ Nx ∈ A, puis nx = −|n|x pour n ∈ Z− ). Cela
prouve l’unicicité de φ.
Synthèse on vérifie sans peine que l’application définie par φ(n) = n1A , n ∈ Z, est un
morphisme d’anneaux (récurrences).
– Le noyau de φ est un sous-groupe de Z, de la forme nZ; si n 6= 0, on s’assure que

x ≡ x0 [n] ⇒ φ(x) = φ(x0 ),

ce qui permet de définir l’application ψ en posant

ψ(x̄) = φ(x).

– On prouve ensuite que ψ est un morphisme d’anneaux, l’injectivité est immédiate


puisque
ψ(x̄) = 0 ⇔ φ(x) = 0 ⇔ x ∈ nZ...
– Supposons maintenant que A est un corps :
si x̄ 6= 0̄, ψ(x̄) 6= 0A , cet élément est donc inversible dans A. En particulier pour
a = 1, ...n − 1 on a :
ψ(āx̄) = ψ(ā)ψ(x̄) 6= 0A .
Z/nZ ne contient donc pas de diviseurs de 0, n est premier.

Exemples
• le corps Z/pZ lorsque p est premier est de caractéristique p;
• Q, R, C sont de caractéristique nulle ;
• il existe des corps de caractéristique p (premier) autres que Z/pZ ; voir par exemple
l’exercice 48.

Exercice 42

26
1. Montrer que dans un corps commutatif de caractéristique p, (x + y)p = xp + y p ;
2. Montrer que si p est premier et a ∈ N, ap ≡ a[p]; comparer à la résolution précédente.

Exercice 43 nombre d’éléments d’un corps fini


Soit Fq un corps fini ayant q éléments.
1. Montrer que Fq est un corps de caractéristique p non nulle ;
2. Définir sur Fq une structure de Z/pZ −espace vectoriel ;
3. Montrer que q est une puissance de p.
voir l’exercice 48.

5.3 L’indicatrice d’Euler

Théorème 27 Soient n1 , n2 , ..., np des entiers > 0, premiers entre eux deux à
deux, de produit égal à Q
n.
– Les anneaux Z/nZ et i Z/ni Z sont Q isomorphes.
– Les groupes commutatifs Z/nZ× et i (Z/ni Z )× sont isomorphes.

Exercice 44 démonstrations du théorème chinois


1. Première preuve : On considère m et n premiers entre eux on considère
φ : x ∈ Z → (x̄[n] , x̄[m] ) ∈ Z/nZ × Z/mZ .
(a) Vérifier que φ est un morphisme d’anneaux et déterminer son noyau ;
(b) Montrer qu’il existe un isomorphisme d’anneau de Z/nmZ dans l’anneau pro-
duit Z/nZ × Z/mZ ;
(c) Conclure.
2. Deuxième preuve : On considère l’application ψ : Z/nmZ → Z/nZ × Z/mZ définie
par ψ(x̄[nm] ) = (x̄[n] , x̄[m] );
(a) Assurez vous que ψ est correctement définie, que c’est un homomorphisme
d’anneaux ; le fait que pgcd(n,m)=1 intervient il ?
(b) Montrer que ψ est un isomorphisme et dire comment on calcule ψ −1 .
3. Résoudre les systèmes de congruences suivants :

x ≡ 2[12]
(5.1)
x ≡ 7[25]

x ≡ 4[15]
(5.2)
x ≡ 7[32]
On a ainsi prouvé le théorème 27

27
Définition 10 indicatrice d’Euler
On appelle indicatrice d’Euler l’application φ : N → N définie par
φ(n) = Card (Z/nZ)× .


C’est aussi le nombre des entiers 1 ≤ p ≤ n, premiers avec n.

Théorème 28 propriétés de l’indicatrice d’Euler


– Si p est premier, φ(p) = p − 1 et φ(ps ) = ps−1 (p − 1);
– si m et n sont premiers entre eux, φ(mn) = φ(m)φ(n);
– pour un naturel n dont la décomposition en facteurs premier est n = i psi i , on a
Q
Y
φ(n) = n (1 − 1/pi ).
i

Démonstrations
– pour n = p ou n = pα , c’est chose facile
– pour n quelconque on propose en exercice deux démonstrations ; la seconde ne faisant
pas appel au théorème chinois est plus conforme au programme :
avec le théorème chinois
1. Pour montrer que φ est multiplicative, repérer les inversibles de Z/nZ × Z/mZ
lorsque n et m sont premiers entres eux et comparer aux inversibles de Z/nmZ ;
2. en déduire la formule générale
sans le théorème chinois démonstration combinatoire
1. Vous savez compléter la formule de dénombrement Card(A ∪ B) = ... Donner
la formule correspondant à la réunion de s parties.
2. On considère n = di=1 pαi i . Combien y a-t-il d’entiers compris entre 1 et n − 1
Q
ayant pi1 × pi2 ... × pis comme facteur commun avec n?
3. Calculer φ(n);
4. Déduire de la formule explicite que φ est multiplicative.

Exercice 45 théorème d’Euler


1. Quelles sont les valeurs de r7 dans Z/7Z , de rφ(n) dans Z/6Z , Z/8Z , Z/9Z ?
2. On se propose de généraliser ce qui vient d’être observé. Pour cela considérons ā un
élément inversible de Z/nZ et l’application
h : x̄ ∈ (Z/nZ)× → āx̄ ∈ (Z/nZ)×
où (Z/nZ)× désigne l’ensemble des éléments inversibles de Z/nZ.
(a) Montrer que h est une bijection de (Z/nZ)× dans lui-même.
(b) Calculer de deux façons le produit
Y
h(x̄)
x̄∈(Z/nZ)×

et en déduire que āφ(n) = 1̄ (théorème d’Euler).

28
5.4 Exercices
Exercice 46 théorème de Wilson
1. Soit p un nombre premier.
(a) Montrer que (p − 1)! ≡ −1 [p];
(b) Montrer que si p ≡ 1[4], (p − 1)! = −1 est un carré dans Z/pZ
(c) Qu’en est il si p ≡ 1[4]?
2. On suppose que n n’est pas premier, que vaut (n − 1)! [n]?

Exercice 47 TPE-2003 (deux morceaux de planches)


1. Résoudre dans Z/17Z , l’équation x2 − 3x + k = 0; Discuter suivant la valeur de k.
2. – Reste de la DE de 4851203 par 5 ;
– Résoudre dans Z/143Z , l’équation x2 − 3x + 2 = 0;

Exercice 48 un corps de caractéristique 5 ayant 25 éléments ;


On note F5 le corps Z/5Z .
1. Écrire la table de multiplication de ce corps ; quels sont ses carrés ? les formules de
Cramer y sont elles valides ?
2. On suppose qu’il existe un sur-corps commutatif de F5 contenant un élément q tel
que q 2 = 2. Calculer (a + bq)(a0 + b0 q) dans ce sur-corps.
3. On définit sur F5 × F5 une addition et une multiplication en posant :

(a, b) + (a0 , b0 ) = (a + a0 , b + b0 ) et (a, b) × (a0 , b0 ) = (aa0 + 2bb0 , ab0 + a0 b);

(a) Vérifier que muni de ces deux lois F5 × F5 est un corps de caractéristique 5 ;
(b) Montrer que F5 est isomorphe à un sous-corps de F5 × F5 .
Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?

Exercice 49 polynômes cyclotomiques


On rappelle que le groupe multiplicatif (Un , ×) des racines nième de l’unité dans le corps
des complexes est isomorphe à (Z/nZ, +), qu’une racine primitive nième de l’unité est un
générateur de Un , à savoir, un élément de la forme e2ikπ/n , avec k premier avec n.
On appelle polynôme cyclotomique d’ordre n le polynôme
Y Y  
Φn (X) = (X − ζ) = X − e2ikπ/n .
ζracine primitive nième k∈Z/nZ×

1. Quel est le degré de Φn (X)?


2. Calculer Φp (X), puis Φps (X), lorsque p est premier.
3. Calculer les polynômes cyclotomiques d’ordres 1, 2, 3, 4, 5, 6. Vérifier que X 6 − 1
est le produit des Φk avec k|6.
4. Généraliser ce résultat et en déduire que l’indicateur d’Euler vérifie
X
φ(n) = φ(d).
d|n

29
Exercice 50 codage et Q décodage RSA
On rappelle que si n = pαi i , les entiers pi étant premiers et distincts, le nombre des
entiers premiers avec n compris entre 1 et n est
Y 1

φ(n) = n 1− .
pi

1. (a) Vérifier que pour tout élément inversible x̄, de l’anneau Z/12Z , on a x̄φ(n) = 1̄.
(b) Qu’en est il dans Z/13Z ?
2. On se propose de généraliser ce qui vient d’être observé. Pour cela considérons ā un
élément inversible de Z/nZ et l’application

h : x̄ ∈ (Z/nZ)× → āx̄ ∈ (Z/nZ)×

où (Z/nZ)× désigne l’ensemble des éléments inversibles de Z/nZ.


(a) Montrer que h est une bijection de (Z/nZ)× dans lui-même.
(b) Calculer de deux façons le produit
Y
h(x̄)
x̄∈(Z/nZ)×

et en déduire que āφ(n) = 1̄ (théorème d’Euler).


3. Dans ce qui suit, p et q sont deux premiers positifs distincts et n = pq.
¯ = 1̄ dans Z/wZ où
(a) Soit d ∈ N, à quelle condition existe-t-il e ∈ N tel que dē
w = φ(n)?

On suppose désormais que d et e sont inverses dans Z/wZ et on définit deux


applications de Z/nZ dans lui-même 3 :

cod : m̄ ∈ Z/nZ → m̄e ∈ Z/nZ,

dec : c̄ ∈ Z/nZ → c̄d ∈ Z/nZ.


(b) On suppose que m̄ est inversible (dans Z/nZ). Calculer dec ◦ cod(m̄).
(c) Montrer que les entiers m compris entre 1 et n − 1 et tels que m̄ ne soit pas
inversible dans Z/nZ sont de la forme xps ou xq s avec x premier avec n, s ∈ N∗ .
(d) On suppose que m = ps , s ≥ 1.
Montrer que mde −m ≡ 0[p] et mde −m ≡ 0[q]. En déduire que dec◦cod(m̄) = m̄.
(e) On suppose que m = xps où x est premier avec n, et que 1 ≤ m ≤ n − 1;
Calculer dec ◦ cod(m̄).
(f) En déduire dec ◦ cod.
corrigé en 9.2 ;
pour une mise en œuvre, voir le TD MAPLE proposé en section (59).

3. on ne confondra pas les classes modulo n et les classes modulo w

30
6 A propos des polynômes
6.1 Division euclidienne des polynômes

Théorème 29
Soit K un corps. L’anneau des polynômes sur K est un anneau d’intégrité sur lequel est
définie une division euclidienne :

φ : (A(X), B(X)) ∈ K[X] × (K[X]/{0} → (Q(X), R(X)) ∈ K[X] × K[X]

où le couple (Q(X), R(X)) est l’unique couple vérifiant

A(X) = Q(X)B(X) + R(X) avec degR(X) < deqB(X).

6.2 Racines et coefficients


On rappelle les relations liant les racines d’un polynôme à ses coefficients : si
n
X n
Y
P (X) = ai X i = an (X − αi ) ∈ K[X]
i=0 i=1

est un polynôme scindé sur K, alors


 P an−1
 σ1 = i αi =− ,
an






an−2


 P
 σ2 = 1≤i<j≤n αi αj = ,


an


 .
.. .. ..
. .
an−k
= (−1)k
 P
σk = 1≤i1 <i2 <...<ik ≤n αi1 ...αik ,


an



.. .. ..


. . .



a0


 σn = α1 ...αn = (−1)n .


an

Exercice 51 méthode de Souriau et Faedev


On désigne ici par Pk (Λ), l’ensemble des k-parties de Λ = {λ1 , . . . , λn }, pour 1 ≤ k ≤
n, et des variables formelles λ1 , . . . , λn . On définit comme à l’accoutumée les fonctions
symétriques
X n
X
σk = λν1 . . . λνk et Sk = λki .
ν∈Pk (Λ) i=1

1. Exprimer, lorsque n = 4, σ1 , σ2 , σ3 en fonction des Si , 1 ≤ i ≤ 3.

31
2. Soit A une matrice carrée d’ordre 4, à coefficients complexes, on définit une suite
(Xk )k en posant :

X0 = A  
1
Xk+1 = A Xk − Tr(Xk )I4 .
k+1
Montrer que la suite est stationnaire (ie : constante à partir d’un certain rang) et
montrer que l’on peut exprimer le polynôme caractéristique de A en fonction des
premiers termes de la suite (Xk )k .
Que dire de σ4 ?
 
1 2 3 4
 
 4 −1 1 0 
3. On donne A =   , calculer son polynôme caractéristique sans utiliser
 
 2 −2 0 0 
 
0 1 2 3
de formule directe de calcul de déterminant.

Exercice 52 polynômes de Z[X]


1. On considère la matrice A ∈ Mn (Z), définie par
 
0 0 ... 0 −a0
1 0 . . .
 0 −a1


 .. . . . . .. ..

A= . . . . .
.

 . .. 
0 0 0 −an−2 
0 0 ... 1 −an−1
Calculer le polynôme caractéristique de A.
2. (a) Factoriser dans Z[X] et dans C[X] le polynôme X 3 − 1. On note αk ses racines
dans C et R(X) = X 2 + 2X + 4. Calculer le polynôme
3
Y
(X − R(αk )).
k=1

(b) Donner une matrice M dont P (X) est le polynôme caractéristique. Que peut
on dire de R(M )?
3. Soit P un polynôme de Zn [X] se factorisant sur C en
n
Y
P (X) = (X − αk ).
k=1

Montrer que pour tout polynôme R(X) ∈ Z[X], le polynôme


n
Y
S(X) = (X − R(αk ))
k=1

est lui aussi un polynôme à coefficients entiers.

32
Exercice 53
Soient f et g deux polynômes de C[X], de degrés respectifs p ≥ 1 et q ≥ 1.
1. Montrer que f et g ont une racine commune si et seulement si :
il existe deux polynômes non nuls, A et B tels que

(i) deg(A) ≤ q − 1

(ii) deg(B) ≤ p − 1

(iii) A f + B g = 0

2. On considère l’application

φ : (A, B) ∈ Cq−1 [X] × Cp−1 [X] → A f + B g ∈ Cp+q−1 [X]

Justifier que φ est bijective si et seulement si f et g n’ont aucune racine commune.


3. On considère : f (X) = aX 2 + X − 1, g(X) = aX 3 + aX 2 + 1. Écrire la matrice de
φ dans une base bien choisie. Donner les valeurs de a pour lesquelles ces polynômes
ont une même racine.

correction
1. ⇒:
QOn suppose que f etQg ont une racine commune. On factorise dans C : f (X) =
a (X − αi ), g(X) = b (X − βj ).
On note αi0 = βj0 une racine commune. On pose
g −f
A= , B= .
X − βj0 X − αi0
⇐: on suppose qu’il existe A, B tels que (i),(ii) et A f + B g = 0.
2. φ est linéaire les espaces de départ et d’arrivée ont la même dimension : p + q. φ est
bijective ssi Ker(φ) = {0}...
3. On choisit comme bases :

B = {(X i , 0); 0 ≤ i ≤ q − 1} ∪ {(0, X j ); 0 ≤ j ≤ p − 1},

et la base canonique.  
a 0 0 a 0
 
 1 a 0 a a 
 
 
La matrice est alors, pour a 6= 0 :  −1 1
 a 0 a   et son déterminant est :
 
 0 −1 1 1 0 
 
0 0 −1 0 1
a 4 a2 − 4 a − 1 , et a pour racines :


√ √
1/2 − 1/2 2, 0, 1/2 2 + 1/2.

Le cas a = 0, conduit à des polynômes de degrés inférieurs dont g = 1(voir feuille


de travail Maple). Dans les deux autres cas f est du second degré une de ses deux
racines est racine de g.

33
Exercice 54 majoration des racines ou des coefficients
1. Montrer que l’ensemble des polynômes unitaires (ie : de coefficient dominant égal à
1),de degré n, à racines de modules 1 et à coefficients entiers est fini.
2. Soit F (X) = X n + an−1 X n−1 + ... + an−k X n−k + ... + a0 , un polynôme à coefficients
complexes.
(a) Montrer que si α est une racine de F, alors

|α| ≤ 2 max |an−k |1/k


k

(b) Montrer que, si α est une racine de F, alors

1 |an−k |
|α| ≤ max
21/n −1 k (nk )1/k

indication : calculer (|α| + ρ)n , choisir un majorant de ρ.


(c) On suppose que F a des coefficients entiers et que

G(X) = bq X q + bq−1 X q−1 + ... + b0 ,

divise F. Montrer que si les racines de F, vérifient |α| ≤ R, alors, les coefficients
de G vérifient :
|bj | ≤ sup(qk )Rk .

34
6.3 Idéaux de K[X]

Théorème 30
Dans K[X], tout idéal I est de la forme I = G(X) × K[X]. On dit que G est un générateur
de l’idéal I et on note I = (G(X)).
Le polynôme G(X) est unique à une constante multiplicative prés, ie :

G(X) × K[X] = H(X) × K[X] ⇒ (∃α ∈ K, G = αH).

Démonstration division euclidienne et degré du reste...

Définition 11 – on appelle pgcd de deux polynômes non nuls A(X) et B(X) un générateur
de l’idéal (A(X)) + (B(X));
– on appelle ppcm de deux polynômes non nuls A(X) et B(X) un générateur de l’idéal
(A(X)) ∩ (B(X));

Théorème 31 algorithme d’Euclide pour les polynômes Soient A et B deux polynômes


de K[X].
On considère la suite définie par :
R0 = A, R1 = B, et, tant que Ri 6= 0, Ri−1 = Ri qi + Ri+1 avec degRi+1 < degRi . Cette
suite est finie, son dernier terme est nul et le dernier non nul est le pgcd de A et B :

RN = pgdd(A, B) = uN A + vN B

Démonstration pas de différence avec le cas des entiers ;

6.4 Le théorème de Bezout


Définition 12
Soient A et B deux polynômes, on dit que A et B sont premiers entre eux ssi leurs seuls
diviseurs communs sont les constantes.

Exercice 55 exemples
Montrer que deux polynômes scindés sont premiers entre eux ssi ils n’ont pas de racine
commune ;

Théorème 32 Soient A et B deux polynômes. Les propositions suivantes sont équivalentes :


1. A et B sont premiers entre eux,
2. l’idéal {AP + BQ; (P, Q) ∈ K[X]2 } est égal à K[X],

35
3. il existe deux polynômes P et Q tels que
AP + BQ = 1.

Démonstration
– 1 ⇒ 2 : A et B premiers entre eux, nous supposerons.
L’idéal I = {AP + BQ; (P, Q) ∈ K[X]} est de la forme I = D × K[X]. D divise donc
A comme B qui sont éléments de I (remplacer P et Q comme il se doit...). D est donc
une constante non nulle, et {AP + BQ; (P, Q) ∈ K[X]2 } = K[X].
– 2 ⇒ 3 : comme 1 ∈ I, il existe des polynômes tels que AU + BV = 1;
– 3 ⇒ 1 : AP + BQ = 1, nous supposerons :
Si D divise à la fois A et B, AP + BQ = 1, il divisera, et donc scalaire il sera.

Théorème 33 lemme de Gauss


si A et B sont des polynômes premiers entre eux, alors pour tout polynôme C,
A|BC ⇒ A|C.

Démonstration

Remarque : en arithmétique des entiers, on a énoncé de la même façon :


• tout idéal de Z est de la forme I = aZ.

• a et b sont premiers entre eux ssi il existe u et v tels que


au + bv = 1.
• si a et b sont des entiers premiers entre eux, alors pour tout entier c,
a|bc ⇒ a|c.

Exercice 56
Montrer que le polynômeP (X) = X 3 − 2 est irréductible sur Q[X].
Exercice 57 Centrale
Soit V une partie finie de C et I(V) l’ensemble des polynômes f de C[X] tels que f (x) = 0
pour tout x ∈ V.
1. Montrer que I(V) est un idéal de C[X]. Donner un générateur.
2. Soit
Yp
f (X) = a (X − αk )νk et V = {αi }.
k=1
f
Montrer que le polynôme , engendre I(V).
pgcd(f, f 0 )
3. Déterminer l’idéal I(V) lorsque V = f −1 ({0}) et f (X) est le polynôme

X 12 + X 11 + X 10 + 2 X 8 + 4 X 7 + 4 X 6 + 2 X 5 + X 4 + 3 X 3 + 4 X 2 + 3 X + 1

36
correction

1. Soient u ∈ I = I(V), g ∈ C[X]. On a, pour a ∈ V, g.u(a) = g(a)u(a) = 0 et g.u ∈ I.


I est donc un idéal de C[X].
Soit h ∈ I, h(a) = 0 pour a ∈ V, et on a, classiquement,
Y
(X − a) | h(X).
a∈V
Q
Q de a∈V (X − a) est dans I.
Réciproquement, tout multiple
On a donc I =< φ >, φ = a∈V (X − a).
2. Si f (X) = a pk=1 (X − αk )νk , où l’on peut supposer les νk 6= 0, on a :
Q

  
p
X p
 Y νk 
 νj −1 

Df (X) = a  (X − αk )  νj (X − αj )


j=1 k=1
k6=j

p
Y
pgcd(f, D(f )) = a (X − αk )νk −1
k=1
p
f Y
φ= = (X − αj ).
pgcd(f, D(f ))
j=1

3. F:=X^12+X^11+X^10+2*X^8+4*X^7+4*X^6+2*X^5+X^4+3*X^3+4*X^2+3*X+1;
DF:=diff(F,X);
phi:= quo(F,gcd(F,DF),X);
On obtient φ = X 5 + X + 1.

37
7 Algorithmique
7.1 Algorithme d’Euclide étendu
• L’algorithme pour les nombres est décrit dans l’exercice 2. Donnons un programme
récursif pour la division euclidienne et l’algorithme d’Euclide simple,

DivEucl:=proc(a,b)
#=================
local q,r;
if b=0 then Error(cat("dans ", procname, ", division par 0"));
elif a < b
then [0,a];
else DivEucl(a-b,b)+[1,0];
fi;
end:

Euclide:=proc(a,b)
#=================
if b=0 then a
else
DivEucl(a,b);
Euclide(b,%[2]);
fi;
end:

puis un un programme itératif avec une boucle while pour l’algorithme d’Euclide étendu
aux coefficients de Bezout, on utilise les matrices comme dans l’exercice 2, mais ce n’est
pas ce que vous feriez à la main, attention :

Bezout:=proc(a,b)
#===============
local r0,r1,q, r, M;
r0:=max(a,b);
r1:=min(a,b);
M:=diag(1,1);

while r1<0 do
DivEucl(r0,r1);
q:=%[1];
r:=%%[2]:
r0:=r1; r1:=r;
M:=evalm(matrix([[0,1],[1,-q]])&*M);
od;
r0,M[1,1],M[1,2]
end:

38
• Pour les polynômes nous écrirons

DivEuclPoly:=proc(A,B,X)
#=======================
local Q1, Q, R,p,q ;
option trace;

p:=degree(A);
q:=degree(B);
if p < q
then [0, A];
else
R:=A;
Q := 0;
while (degree(R) = q) do
p:= degree(R);
Q1:= coeff(R,X,p)/coeff(B,X,q)*X^(p-q);
Q := Q + Q1;
R:= (sort@expand)(R-Q1*B);
od;
fi;
[Q,R];
end:

39
7.2 Décomposition d’une permutation en produit de transpositions
Exercice 58 mise en œuvre de la méthode
Programmation : on se propose d’implémenter l’algorithme que sous-tend la démonstration
du théorème 48. On représentera pour cela les permutations par des listes.
1. Écrire une fonction MAPLE, Composer2(T,S) qui prend pour arguments deux
listes de n ≥ 2 entiers (de 1 à n) représentant deux permutations, et retourne la liste
représentant le produit de ces deux permutations ;
2. Écrire une fonction MAPLE, Composer(LL) qui prend pour argument une liste
de listes de n ≥ 2 éléments, LL = [L1 , ...Lp ], et retourne la permutation produit
L1 ◦ ... ◦ Lp .
3. Écrire une fonction MAPLE, Transp(i,j,n) qui prend pour arguments trois entiers
et retourne la liste de n éléments représentant la transposition (i, j)n ;
4. Écrire une fonction MAPLE, DecompTransp(L) qui prend pour argument une liste
L d’entiers, représentant une permutation et retourne une liste de (listes représentant
des ) transpositions dont le produit est égal à L.
On écrira une procédure récursive, suivant pas à pas l’algorithme donné par la
démonstration du théorème 48. On vérifiera chaque étape au fur et à mesure de
son écriture. 4

4. fichier : Permutations.mws

40
7.3 Exponentiation rapide et Codage RSA
Exercice 59 On se propose de mettre en œuvre la méthode de cryptage à clef publique
décrite dans l’exercice 50
On a vu, dans cet exercice que lorsque n = pq est un produit de deux facteurs premiers,
– si d est premier avec φ(n) = (p − 1)(q − 1),
¯ = 1̄ dans Z/wZ où w = φ(n),
– si dē
alors les applications
crypt : m̄ ∈ Z/nZ → m̄e ∈ Z/nZ,
decrypt : c̄ ∈ Z/nZ → c̄d ∈ Z/nZ,
sont réciproques l’une de l’autre. Cela fournit une méthode de cryptage à clef publique.
En effet, l’individu A se donne p, q, deux grands nombres premiers, il calcule n, d et e.
Il rend publique la fonction crypt, (donc n et e). Il garde secrets p, q et d.
On lui envoie des messages avec crypt, il est seul à pouvoir les décrypter tant qu’il reste
le seul à savoir factoriser n en un temps raisonnable.
1. Que sont les fonctions mod, isprime, is(a, odd), ifactor, igcd ? La fonction
isolve permet elle de résoudre une équation Diophantienne

ed + kw = 1?

2. Écrire une fonction MAPLE qui prend en argument un nombre entier positif a et
retourne le plus petit nombre premier p ≥ a. Donnez vous p et q premiers de quelques
chiffres, puis de plus de 20 chiffres (mesurer le temps de calcul) . Déterminer n et w.
3. La fonction ifactor est elle performante ? Utiliser un ordinateur auxiliaire pendant
que vous travaillez sur le votre.
4. Regarder ce que l’on peut faire avec la fonction rand(6).
Écrire une fonction MAPLE qui prend un entier u en argument, détermine un nombre
entre 1 et u au hasard, puis retourne le premier entier premier avec u dans [1, u − 1].
5. On se donne un nombre d; calculer e. On pourra utiliser l’algorithme d’Euclide
étendu donnant des coefficients de Bezout ou la fonction isolve de MAPLE.
6. Calculer me pour m assez grand. Quel problème rencontrez vous ?
Pour éviter ce problème utiliser une fonction exponentielle rapide modulo n :
ExpoRapide:=proc(a,b,n)
local r;
if b = 0 then 1;
elif b = 1 then a mod n
elif (b mod 2) = 0 then
r:=ExpoRapide(a,b/2,n);
r^2 mod n;
elif (b mod 2)= 1 then
r:=ExpoRapide(a,(b-1)/2,n);
(a*r mod n)*r mod n;
fi;
end:

41
> ExpoRapide(2,6,5);
4

7. Écrire des fonctions Crypt(m,e,n), Decrypt(c,d,n) comme il se doit.


Distribuer Crypt, garder DeCrypt

42
8 Résumons nous
8.1 Groupes
Définition 13 rappel du vocabulaire de base
groupe : Soit E un ensemble non vide et ? une loi interne sur E. On dit que (E, ?) est
un groupe ssi
– la loi ? est associative ;
– il existe e ∈ E tel que ∀x ∈ E, x ? e = e ? x = x (on dit que e est élément neutre
pour ?)
– pour tout x ∈ E il existe x0 ∈ E tel que x ? x0 = x0 ? x = e, (on dit que x0 est
inverse ou symétrique de x).
sous-groupe Soit (E, ?) un groupe d’élément neutre e, on dit qu’une partie H de E est
un sous groupe de (E, ?) ssi
– H est non vide ;
– pour tout couple (x, y) d’éléments de H, x ? y −1 ∈ H.
ordre d’un groupe on appelle ordre d’un groupe fini, le nombre de ses éléments ;
partie génératrice on dit qu’une partie F d’un groupe G, est une partie génératrice de
G0 , sous-groupe de G ssi G0 est le plus petit sous-groupe contenant F ;
groupe monogène c’est un groupe engendré par un de ses éléments
groupe cyclique c’est un groupe monogène fini (voir le théorème 35) ;
générateur a est générateur d’un groupe (nécessairement monogène ou cyclique) si {a}
est une partie génératrice de ce groupe ; l’ordre d’un élément de G est l’ordre du
sous-groupe qu’il engendre ;
morphismes une application f : (G, ?) → (H, ∗) est un morphisms de groupe ssi pour
tous (a, b) ∈ G2 on a f (a ? b) = f (a) ∗ f (b);
noyau avec les mêmes notations, le noyau d’un morphisms f est le sous groupe de G
formé des antécédents de l’unité de H;
isomorphisme c’est un morphisms bijectif ;

Théorème 34 théorème de Lagrange 5


Soit G un groupe fini de cardinal n, H un sous-groupe de G. Alors, l’ordre de H est un
diviseur de l’ordre de G.

Théorème 35 groupes monogènes et cycliques


1. Soit (G, ∗), un groupe et ω ∈ G. Le sous groupe de G engendré par ω est de la forme
{wq ; q ∈ Z}.
2. Lorsque le groupe monogène engendré par a est infini, les suites (0, a, 2a, 3a, ...(n −
1)a, ...) ou (a0 = e, a1 , a2 , ..., an−1 e, , ...) ont des termes distincts et G = {aq ; q ∈ Z};
5. ce n’est pas au programme, mais je préfère que vous l’ayez vu

43
3. Tout sous-groupe cyclique d’ordre n, (G, ?) est de la forme {ω 0 = e, ω 1 , ...ω n−1 } et
il est isomorphe à (Z/nZ, +) .
4. en notation additive, le groupe cyclique engendré par a est de la forme {0, a, 2a, 3a, ...(n−
1)a} avec na = 0;
5. en notation multiplicative, le groupe cyclique engendré par a est de la forme {a0 =
e, a1 , a2 , ..., an−1 e}, an = e;

Exemples :
– (Z, +) est monogène, engendré par ±1;
– (Z/nZ, +) est un groupe additif cyclique : ses éléments générateurs sont les classes des
entiers premiers avec n;
– pour n ∈ N, n > 1, le groupe des racines nièmes de l’unité dans C est un groupe pour
la multiplication, cyclique, ses générateurs sont les racines primitives e2ikπ/n où k est
premier avec n;

8.2 Anneaux et corps, généralités, notion d’idéal


Définition 14 anneaux commutatifs, corps et idéaux
1. Un ensemble A muni de deux LCI notées + et × est un anneau ssi
– (A, +) est un groupe commutatif ;
– la loi × est distributive par rapport à + :
– (a + b) × c = a × c + b × c, c × (a + b) = c × a + c × b;
– A possède un élément neutre pour ×;
On dit que A est un anneau d’intégrité si, de plus :

xy = 0 ⇒ x = 0 ou y = 0;

2. On dit que l’anneau (A, +, ×) est un corps ssi tout élément non nul de A est
inversible (pour ×) (c’est alors un anneau d’intégrité) ;
3. Une partie non vide de I ⊂ A, est un sous-anneau si c’est un sous-groupe de (A, +)
qui est aussi stable pour la loi × et contient l’élément neutre.
4. Soient (A, +, ×) et (B, +, ?) deux anneaux ; on dit qu’une application φ de A vers
B est un morphisme d’anneaux lorsque
– c’est un morphisme de groupes de (A, +) vers (B, +);
– on a la formule : φ(a × b) = φ(a) ? φ(b);
5. produit de deux anneaux (A, +, ×) et (B, +, ×), c’est l’anneau (A × B, +, ×)
dont les opérations sont définies par

(a, b) + (a0 , b0 ) = (a + a0 , b + b0 ) et (a, b) × (a0 , b0 ) = (aa0 , bb0 );

6. Dans un anneau d’intégrité commutatif, on définit une relation de divisibilité en


posant :
a|b ⇔ ∃d ∈ A, b = da ⇔ bA ⊂ aA;

44
On observera sans peine que l’ensemble des éléments inversibles d’un anneau
(A, +, ×) forme un groupe multiplicatif (et qui se confond avec A\{0} ssi A
est un corps !) ; par exemple
– le groupe des éléments inversibles de Z est {−1, 1};
– le groupe des éléments inversibles de K[X] est K∗ (constantes non nulles) ;
– Voir aussi le théorème 46, pour ce qui est des inversibles de Z/nZ.

Définition 15 idéal
Soit A un anneau de lois + et ×. Un idéal de A est une partie I, de A est un sous-groupe
de (A, +) tel que
∀x ∈ A, ∀j ∈ I, x × j ∈ I et j × x ∈ I.

45
8.3 Compléments d’arithmétique, les anneaux Z et K[X]
• Division euclidienne dans l’anneau • Division euclidienne dans l’anneau
Z K[X]

Théorème 37
Théorème 36 Soit K un corps. L’anneau des polynômes
Pour tout couple d’entiers naturels (a, b) tel sur K est un anneau d’intégrité, et pour
que b > 0, il existe un couple (q, r) et un tout couple (A(X), B(X)) ∈ K[X]×(K[X]/{0},
seul vérifiant : il existe un unique couple (Q(X), R(X)),
tel que
a = bq + r et 0 ≤ r < b.
A(X) = Q(X)B(X)+R(X) et degR(X) < deqB(X).

• Nombres premiers dans Z • Polynômes irréductibles dans K[X]

Théorème 38 Définition 16
Tout entier naturel n > 1 est d’une façon et P ∈ K[X] est irréductible dans K[X] ssi
d’une seule produit de facteurs premiers :
Y P = QR ⇒ P ∈ KouR ∈ K.
n= p αp
p∈P

où les αp non nuls sont en nombre fini.

• Idéaux de Z • Idéaux de K[X]

Théorème 39 Théorème 40
1. Les idéaux de Z sont les parties aZ, a ∈ Dans K[X], tout idéal I est formé des mul-
Z. tiples d’un polynôme G(X). On dit que G
2. a|b ssi bZ ⊂ aZ; est un générateur de I. Il est unique à une
3. L’intersection des idéaux aZ et bZ est constante multiplicative prés, ie :
l’idéal mZ où m est le ppcm de a et de b; G(X) × K[X] = H(X) × K[X] ⇒ (∃α ∈
4.Soient a et b deux entiers non nuls, l’idéal K, G = αH).
engendré par a et b est l’ensemble {au +
bv; (u, v) ∈ Z2 } = dZ où d = pgcd(a, b) est
le plus grand diviseur commun de a et de
b.

46
Notion de polynôme minimal (d’un
endomorphisme)

Définition 17
Soit u un endomorphisme de E K−ev. L’en-
semble des polynômes annulateurs de u est
un idéal de K[X]. On appelle polynôme mi-
nimal de u le polynôme générateur de cet
idéal dont le coefficient de tête est égal à 1.
• Entiers premiers entre eux • Polynômes premiers entre eux

Définition 18 Définition 19 Deux polynômes A et B


Deux entiers sont premiers entre eux ssi sont premiers entre eux ssi leurs seuls di-
leur pgcd est égal à 1. viseurs communs sont les constantes non
nulles.

Théorème 41 théorème de Gauss


Si deux entiers a et b sont premiers entre Théorème 43 théorème de Gauss
eux, alors a| b x ⇒ a|x. Si A et B sont des polynômes premiers
entre eux, alors pour tout polynôme C, A|BC ⇒
A|C.

Théorème 42 théorème de Bezout


Soient a et b deux entiers non nuls. Les pro-
positions suivantes sont équivalentes : Théorème 44 théorème de Bezout
1. a et b sont premiers entre eux, Soient A et B deux polynômes. Les propo-
2. l’idéal {au + bv; (u, v) ∈ Z2 } est égal à sitions suivantes sont équivalentes :
Z, 1. A et B sont premiers entre eux,
3. il existe deux entiers u et v tels que 2. l’idéal {AP + BQ; (P, Q) ∈ K[X]2 } est
égal à K[X],
au + bv = 1. 3. il existe deux polynômes P et Q tels que

AP + BQ = 1.

Application : la démonstration du lemme


des noyaux...

47
8.4 L’anneau Z/nZ

Théorème 45 l’anneau (Z/nZ, +, ×) .


1. Soit n ∈ N∗ \{1}. On note Z/nZ l’ensemble des classes des éléments de Z modulo n.
Il y a n classes qui sont celles des entiers 0,1,...,n − 1.
2. On définit deux lois de composition interne sur Z/nZ en posant :
– ā + b̄ = a + b;
– ā × b̄ = a × b;
3. L’ensemble Z/nZ muni de l’addition et de la multiplication ainsi définies est un
anneau commutatif ;
4. L’application a ∈ Z → ā ∈ Z/nZ (morphisme canonique) est un morphisme d’anneau
surjectif.

Théorème 46 groupe des inversibles de Z/nZ


1. Les éléments inversibles de Z/nZ forment un groupe (noté parfois (Z/nZ)× ) ;
2. un élément de Z/nZ est inversible ssi il est premier avec n;
3. un élément de Z/nZ est inversible ssi c’est un élément générateur du groupe additif
Z/nZ;
4. Z/nZ est un corps ssi n est premier ; dans ce cas, le groupe des inversibles est
Z/nZ\{0};

Définition 20 indicatrice d’Euler


On appelle indicatrice d’Euler l’application φ : N → N définie par

φ(n) = Card (Z/nZ)× .




C’est aussi le nombre des entiers 1 ≤ p ≤ n, premiers avec n.

Théorème 47 propriétés de l’indicatrice d’Euler


– Si p est premier, φ(p) = p − 1 et φ(ps ) = ps−1 (p − 1);
– si m et n sont premiers entre eux, φ(mn) = φ(m)φ(n);
– pour un naturel n dont la décomposition en facteurs premier est n = i psi i , on a
Q

Y
φ(n) = n (1 − 1/pi ).
i

48
9 Quelques corrigés
CO n˚ 9.1 corrigé de l’exercice 35.
Si E est fini (et non vide) pour un élément z ∈ E quelconque, la suite définie par

z0 = z et zn+1 = zn T zn
n
est aussi finie. L’associativité de T nous permet de noter zn = z 2 sans perte de sens.
p+q p
Il existe donc deux entiers p ∈ N et q ≥ 1 tels que z 2 = z 2 . On écrit alors
p+q p p p (2q −1) p+q p p p (2q −2) p (2q −1) p p (2q −2)
z2 = z 2 puis z 2 z 2 = z2 = z 2 et enfin z 2 z 2 z2 = z2 z2 .
p (2q −1)
L’élément w = z 2 vérifie donc wT w = w.

49
CO n˚ 9.2 corrigé de l’exercice 50. :codage et décodage RSA
 
Q 1
On rappelle que φ(n) = n 1− .
pi
  
1 1
1. (a) φ(12) = 12 1 − 1− = 4 et les éléments inversibles x̄, de l’anneau
2 3
Z/12Z , sont les classes de 1, 5, 7, 11.
Pour chacune de ces classes, on a x̄φ(n) = x̄4 = 1̄; on observe même x̄1 = 1̄1
(b) Qu’en est il dans Z/13Z ?
φ(13) = 12 (13 est premier) ; les classes de 1, 2, 3, ..., 12 sont toutes inversibles
(Z/13Z est un corps) et vérifient x̄φ(n) = x̄12 = 1̄.
2. Généralisation : Soit ā un élément inversible de Z/nZ et l’application

h : x̄ ∈ (Z/nZ)× → āx̄ ∈ (Z/nZ)× .

(a) h est injective : en effet supposons que h(x) = āx = h(y) = āy. Comme ā est
inversible, en multipliant par ā−1 , il vient x = y.
L’ensemble d’arrivée et l’ensemble de départ sont finis et ont le même cardinal,
h est donc aussi surjective.
Q
(b) Calculons x̄∈(Z/nZ)× h(x̄), en remplaçant h(x̄) par sa définition puis en obser-
vant que h(x̄) décrit bijectivement (Z/nZ)× lorsque x̄ décrit (Z/nZ)× :

Y Y
h(x̄) = āx̄
x̄∈(Z/nZ)× x̄∈(Z/nZ)×
Y
= āφ(n) x̄
x̄∈(Z/nZ)×

Y Y
h(x̄) = x̄
x̄∈(Z/nZ)× x̄∈(Z/nZ)×

En identifiant les deux expressions, il vient (théorème d’Euler)

āφ(n) = 1̄. (9.1)

  
1 1
3. p et q sont deux premiers positifs distincts n = pq et w = φ(n) = n 1 − 1− =
p q
(p − 1)(q − 1).
¯ = 1̄ dans Z/wZ c’est dire que d et w sont
(a) Dire qu’il existe e ∈ N tel que dē
premier entre eux.

50
Supposons avec l’énoncé que d et e sont inverses dans Z/wZ et considérons

cod : m̄ ∈ Z/nZ → m̄e ∈ Z/nZ,

dec : c̄ ∈ Z/nZ → c̄d ∈ Z/nZ.


(b) Soit m̄ inversible (dans Z/nZ). dec ◦ cod(m̄) = (m̄e )d .
Comme les classes de d et de e sont inverses dans Z/wZ il existe un entier k
tel que d e = 1 + kw et, dans Z/nZ ,

k
(m̄e )d = m̄e d = m̄1+kw = m̄ × m̄φ(n) = m̄. (9.2)

(c) Si m̄ n’est pas inversible dans Z/nZ, m et n ne sont pas premiers entre eux et
il existe un entier naturel d 6= 1 tel que d|m et d|n = pq.

d 6= 1 ne peut diviser à la fois p et q qui sont premiers entre eux. Alors, deux
cas se présentent :

• d|p et d ne divise pas q :


Y Y
n= r sr = p sp rsr = psp × x.
r∈P r∈P\{p,q}

• d|q et d ne divise pas p :


Y Y
n= r sr = p sq rsr = q sq × x.
r∈P r∈P\{p,q}

(d) Considérons m tel que 1 ≤ m ≤ n − 1 et m = xps où x est premier avec n.

dec ◦ cod(m̄) = ((xp¯ s )e )d


= x̄ed × p¯s ed
= x̄ × p¯s ed
= x̄ × p¯s 1+k(p−1)(q−1)

Que vaut p̄ed dans Z/nZ ?


p̄ed = p̄ = 0 dans Z/pZ ;
p−1
p̄ed = p̄ dans Z/pZ car p̄(p−1)(q−1) = p̄φ(q) = 1̄ dans Z/qZ par le théorème
d’Euler (9.1).
Ainsi ped − p est il un multiple de p et de q donc de n par le théorème de Gauss
et pde = p dans Z/nZ. En conséquence : dec ◦ cod(m̄) = x̄ × p¯s 1+k(p−1)(q−1) =
x̄ × p¯s = m̄.
(e) dec ◦ cod est l’identité sur Z/nZ cqfd.
pour une mise en œuvre, voir le TD MAPLE proposé en section (59) et corrigé sur
mpcezanne.fr page MAPLE.

51
10 Autres exemples de groupes et de leurs sous-groupes
10.1 Groupe symétrique
10.1.1 Les permutations
Pour tout entier naturel, n ≥ 1, on note [1,n] l’ensemble des entiers compris entre 1 et n
tant qu’il n’y a pas de risque de confusion.
Définition 21 permutations : vocabulaire et notations
– Une permutation de [1, n] est une bijection de [1, n] dans lui-même ;
– L’ensemble des permutations de [1, n] est noté Sn ; muni de la composition des appli-
cations, c’est un groupe à n! éléments, que l’on appelle groupe symétrique ;
– Le support d’une permutation de [1, n] est l’ensemble des éléments i ∈ [1, n] qui
vérifient σ(i) 6= i;
– On adopte pour une permutation,
– tantôt une représentation à une ligne : σ = [σ1 , σ2 , ..., σn ], où le terme d’indice i de la
liste est σi = σ(i);
– tantôt une représentation à deux lignes :
 
1 2 3 ... n
σ= ,
σ1 σ2 σ3 . . . σn
dans laquelle un terme de la deuxième ligne est l’image du terme de la première ligne
situé dans la même colonne. Il est alors possible de ne faire figurer en première ligne
que les éléments du support, ainsi :
 
1 2 3 4 5
σ= ,
3 2 4 1 5
s’écrira aussi  
1 3 4
.
3 4 1 5
– Une transposition est une permutation dont le support contient deux éléments ; on
note (i, j)n la permutation de [1, n] qui a pour support {i, j} (et donc qui échange i et
j) ;
– On appelle k-cycle une permutation dont le support contient k éléments exactement et
telle qu’il existe une numérotation des éléments du support pour laquelle
σ(ai ) = ai+1 pour 1 ≤ i ≤ k − 1, σ(ak ) = a1
Exercice 60 pour se faire la main :
1. Expliciter (2, 4)7 .
2. Expliciter les groupes S2, S3 et S4;
3. Expliciter les tables des groupes S2 et S3;
4. Vérifier que si τ = (i, j)n est une transposition, alors τ −1 = τ.
   
1 2 3 4 5 1 2 3 4 5
5. Soient σ = , et µ = .
3 2 4 1 5 4 3 1 5 2
Calculer σ −1 , µ−1 , σ ◦ µ, µ ◦ σ...

52
Théorème 48 théorème fondamental
Soit n un entier tel que n ≥ 2. Toute permutation de Sn est un produit de transpositions.

Démonstration par récurrence :


Lorsque n = 2, le résultat est évident puisque S2 contient deux éléments, (1, 2) et l’identité ;
Supposons le résultat établi pour un entier n ≥ 2. Considérons alors σ ∈ Sn+1, deux cas se
présentent :
– soit σ(n + 1) = n + 1, et la restriction de σ à [1,n] est un élément de Sn. On a donc
Y Y
σ|[1,n] = (ik , jk )n et σ = (ik , jk )n+1 ;

– soit σ(n + 1) 6= n + 1, et on se ramène au cas précédent en considérant le produit


τ ◦ σ = (σ(n + 1), n + 1)n+1 ◦ σ
qui est un élément de Sn+1 laissant n + 1 invariant.

Exercice 61 mise en œuvre de la méthode
1. Décomposer la permutation suivante en produit de transpositions en suivant la
méthode décrite par la démonstration précédente :
 
1 2 3 4 5
σ= .
5 4 1 3 2
2. Programmation : voir l’exercice 58.

10.1.2 Signature d’une permutation

Théorème 49 Si une permutation de Sn (avec n ≥ 2), s’écrit


σ = τ1 ◦ τ2 ◦ ... ◦ τp = µ1 ◦ µ2 ◦ ... ◦ µq ,
où les τi , µj sont des transpositions, alors les entiers p et q ont la même parité.

Démonstration : HP

Définition 22 Soit σ = τ1 ◦ τ2 ◦ ... ◦ τp ∈ Sn , comme ci-dessus. Le nombre (−1)p ne


dépend que de σ. On l’appelle signature de σ, on le note ε(σ).

Théorème 50
L’application ε : (Sn , ◦) → ({−1, 1}, ×) est un homomorphisme de groupes.

Démonstration : facile.

53
10.1.3 Exercices
Exercice 62 cycles
Soient i, j, n tels que 1 ≤ i < j ≤ n.
1. Exprimer plus simplement (1, i)n ◦ (1, j)n ◦ (1, i)n .
2. Exprimer plus simplement (1, n)n ◦ (1, n − 1)n ◦ ... ◦ (1, 3)n ◦ (1, 2)n .
3. Montrer que tout cycle (c1 → c2 → ... → ck → c1 )n se décompose en produit de
transpositions de la forme (1, j)n .
4. Soit c un k−cycle de Sn. Quelle est sa signature ?

Exercice 63 Soit E un ev de dimension n, de base B. A toute permutation de Sn , on


associe l’endomorphisme fσ de E défini par :

∀i, fσ (bi ) = bσ(bi ) .

On notera Mσ la matrice dans la base B.


1. Expliciter ces matrices lorsque n = 3;
2. Déterminer Mσ−1
3. Vérifier que
σ ∈ (Sn , ◦) → fσ ∈ GL(E)
est un morphisme de groupe.

10.2 Le groupe orthogonal


10.2.1 Généralités

Théorème 51 groupe orthogonal

– L’ensemble des endomorphismes orthogonaux de E euclidien forme un groupe pour la


compositions des endomorphismes. On le note (O(E), ◦)
– L’ensemble des endomorphismes orthogonaux tels que Det(u) = +1 est un sous-groupe
de O(E) noté O+ (E). Ce sous groupe est commutatif ssi dimE ≤ 2;
– L’ensemble des matrices orthogonales de Mn (R) forme un groupe pour la multiplication
des matrices. On le note (On (R), ×).
– L’ensemble des matrices orthogonales telles que Det(M ) = +1 est un sous-groupe de
On (R) noté On+ (R).

Définition 23 symétries orthogonales et réflexions


On appelle symétrie orthogonale une symétrie dont les sous-espaces propres ker(f − id)
et ker(f + id) sont supplémentaires orthogonaux.
Une réflexion est une symétrie orthogonale par rapport à un hyperplan.

54
10.2.2 Description de O2 (R) et de O3 (R)
Nous donnons ici de brefs rappels du cours de première année. On note dans les tableaux
qui suivent E1 = ker(u − idE ) = {x; u(x) = x} et E−1 = ker(u + idE ) = {x; u(x) = −x}.

En dimension 2 nous avons :

Det Spectre Éléments propres Nature géométrique Matrice (BON)


1 {1} E1 = E idE I2
1 {−1} E−1 = E −idE , rotation d’angle π  −I2 
cos(θ) − sin(θ)
1 vide ... rotation d’angle θ 6= 0[π]
 sin(θ) cos(θ) 
\ cos(θ) sin(θ)
-1 {1, −1} D = E1 , ⊥D = E−1 réflexion d’axe D tq (Ox, D) = θ/2
sin(θ) − cos(θ)

• La matrice d’une rotation est inchangée par changement de BON directe le paramètre
θ change de signe avec un changement de BON indirecte.
• La matrice d’une réflexion change avec la BON, le paramètre θ est le demi-angle entre
e1 et l’axe de la réflexion ;
• O2+ (R) est commutatif (cela devient faux si n ≥ 3).

En dimension 3, le polynôme caractéristique est de degré impair, le spectre contient un


des réels 1 ou −1 au moins et nous avons :

Det Spectre Éléments propres Nature géométrique


1 {1} E1 = E idE
1 {1} dimE1 = 1 rotation d’axe E1
-1 {−1} dimE−1 = 3 symétrie centrale, produit de 3 réflexions
-1 {−1, 1} dimE1 = 2 réflexion de plan E1
-1 {−1} dimE−1 = 1 produit d’une rotation et d’une réflexion (avec D⊥P )

Théorème 52 Soit u ∈ O(E), un endomorphisme orthogonal.


• si dimE = 2, u est une réflexion ou composé de 2 réflexions ;
• si dimE = 3, u est une réflexion ou composé de 2 ou 3 réflexions ;
Dans les deux cas, les réflexions engendrent le groupe orthogonal.

55
Index
Algorithme Lagrange
Euclide, polynômes, 34 théorème, 16, 42

canonique méthode
morphisme, 8 Souriau Faedev, 30
caractérisique matrice
d’un corps, 24 compagne, 31
classe de Dirac, 18
de congruence, 8 de permutation, 53
congruence, 8 unipotente, 20
Cryptage RSA, 29 Mersenne
cyclotomique nombres, 6
polynôme, 28 morphisme
canonique, 9, 47
division euclidienne de groupe, 13, 42
polynômes, 30, 45
noyau
équation, 28 d’un groupe, 13, 42
Euclide
Algorithme étendu, 4 permutation, 51
Euler pgcd
indicatrice, 27, 47 de deux polynômes, 34
polynôme
Fermat à coefficients entiers, 31
nombres, 6 cyclotomique, 28
Fibonacci ppcm
suite de, 5 de deux polynômes, 34
générateurs racine
de Z/nZ, 9 fonctions symétriques élémentaires, 30,
groupe, 13, 42 33
de matrices, 18, 20 majoration, 33
des racines de l’unité, 15 racines communes, résultant, 32
symétrique, 51 racines
de l’unité, 15
idéal, 22, 43, 44
dans Z, 23 signature
engendré, 23 d’une permutation, 52
générateur, 34 sous-groupes
inversibles de Z, 8
de Z/nZ, 12, 47 support
isométrie d’une permutation, 51
plane, 19
théorème
k-cycle, 51 de Lagrange, 16

56
chinois, 26
de Bezout, 24, 34, 46
de Gauss, 5, 24, 46
de Lamé, 5
transposition, 51

Wilson
théorème, 28

Z/nZ (groupe), 8

57

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