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Lycée Louis-Le-Grand, Paris Pour le 07/03/2016

MPSI 4 – Mathématiques
A. Troesch

DM no 13 : Polynômes

Correction du problème 1 –
Le but de ce problème est de démontrer un théorème dû à George Pólya sur les polynômes à coefficients complexes :

Théorème 1 (Pólya) Soit P ∈ C[X] un polynôme unitaire de degré au moins 1. Soit :

C = {z ∈ C | |P (z)| 6 2} et R = {Re(z), z ∈ C}.

Alors R est inclus dans une union finie d’intervalles fermés bornés deux à deux disjoints I1 , . . . , It tels que

ℓ(I1 ) + · · · + ℓ(It ) 6 4,

la longueur d’un intervalle I = [a, b] étant définie par ℓ(I) = b − a.

Version réelle :

Théorème 2 Soit P ∈ R[X] un polynôme unitaire de degré n > 1, dont toutes les racines sont réelles. Alors l’ensemble
S = {x ∈ R | |P (x)| 6 2} est une union disjointe d’intervalles fermés I1 , . . . , It tels que

ℓ(I1 ) + · · · + ℓ(It ) 6 4.

Partie I – Préliminaires

1. Soit P scindé dans R de racines r1 < · · · < rk , de mulitplicités α1 , . . . , αk .


Lemme 4 Si r est racine au moins double de P ′ , alors r est racine de P .
Démonstration.
D’après le théorème de Rolle, P ′ admet des racines s1 , . . . sk−1 vérifiant :

r1 < s1 < r2 < · · · < rk−1 < sk−1 < rk .

Par ailleurs, P ′ admet aussi les racines ri , avec multiplicité αi − 1. Cela fournit un total de k − 1 + (α1 − 1) +
· · · + (αk − 1) racines, à savoir n − 1 racines (P étant scindé dans R). Comme P ′ est de degré n − 1, il ne peut
pas avoir davantage de racines. En particulier, les si ne peuvent pas être racines multiples.
Ainsi, une racine multiple de P ′ est nécessairement une des racine ri , d’où le lemme 4 .
2. Lemme 5 Pour tout x ∈ R, on a : P ′ (x)2 > P (x)P ′′ (x).
Démonstration.
D’après le cours,
k
P ′ (x) X αi
∀x ∈ R \ {r1 , . . . , rk }, = ,
P (x) i=1
x − ri
donc, en dérivant :
k
P ′′ (x)P (x) − P ′ (x)2 X αi
∀x ∈ R \ {r1 , . . . , rk }, = − 6 0.
P 2 (x) i=1
(x − r1 )2

Ainsi, pour tout x ∈ R \ {r1 , . . . , rk }, P ′ (x)2 > P ′′ (x)P (x) .


Par continuité, cette inégalité reste vraie pour tout x ∈ R.

1
Partie II – Polynômes et théorème de Tchebychev
(
T0 = 1; T1 = X;
∀n > 1, Tn+1 = 2XTn − Tn−1 .

1. Étude élémentaire des polynômes Tn


(a) T0 = 1, T1 = X, T2 = 2X 2 − 1, T3 = 4X 3 − 3X, T4 = 2X(4X 3 − X) − (2X 2 − 1) = 8X 4 − 4X 2 + 1.
(b) Soit, pour tout n dans N∗ , la propriété P(n): Tn est un polynôme de degré n, de coefficient dominant 2n−1 ,
et Tn (1) = 1, Tn (−1) = (−1)n .
Comme T1 (1) = 1 et T2 (1) = 2 − 1 = 1, et comme T1 (−1) = −1 et T2 (−1) = 1, les autres propriétés étant
évidentes, P(1) et P(2) sont vraies.
Soit n ∈ N∗ tel que P(n) et P(n + 1) soient vraies. Alors 2XTn+1 est un produit de deux polynômes, donc
un polynôme, puis Tn+2 est la différence de deux polynômes 2XTn+1 et Tn , donc un polynôme aussi.
De plus, toujours d’après l’hypothèse de récurrence, puisque Tn+1 6= 0, deg 2XTn+1 = n + 1 + 1 = n + 2, et
deg Tn = n < n + 2. Ainsi, d’après les règles de degré d’une somme, les deux degrés étant différents :

deg Tn+2 = max(deg XTn+1 , deg Tn ) = n + 2.

De plus, l’argument précédent montre que le coefficient dominant de Tn+2 provient exclusivement du terme
2XTn+1. Ainsi, il est obtenu en multipliant le coefficient dominant de Tn+1 par 2. Il vaut donc 2n · 2 =
2n+1 = 2(n+2)−1 .
Calculons maintenant Tn+2 (1) à l’aide de la relation de récurrence :

Tn+2 (1) = 2 · 1Tn+1 (1) − Tn (1) = 2 − 1 = 1.

Enfin :
Tn+2 (−1) = 2 · (−1)Tn+1 (−1) − Tn (−1) = (−1)n (2 − 1) = (−1)n = (−1)n+2 .
Par conséquent, P(n + 2) est vérifié.
Par conséquent, P(1) et P(2) sont vraies, et pour tout n dans N∗ , P(n) et P(n + 1) entraînent P(n + 2).
D’après le principe de récurrence, P(n) est vraie pour tout n dans N∗ .
On en déduit que, pour tout n ∈ N∗ ,
Tn est un polynôme de degré n, de coefficient dominant 2n−1 , et Tn (1) = 1, Tn (−1) = (−1)n .
Remarque : Ne vous amusez pas à faire 5 récurrences différentes pour les 5 propriétés à démontrer. Cela
vous ferait perdre du temps, et sans doute de la qualité de rédaction. Mieux vaut rédiger proprement une
récurrence que d’en bâcler 5.
(c) Soit, pour tout n dans N, la propriété Q(n): ∀θ ∈ R, Tn (cos θ) = cos(nθ).
Soit θ ∈ R. On a T0 (cos θ) = 1 = cos(0 · θ) et T1 (cos θ) = cos θ = cos(1 · θ). Par conséquent, Q(0) et Q(1)
sont vraies.
Soit n ∈ N tel que Q(n) et Q(n + 1) soient satisfaits, et soit θ ∈ R. Alors, d’après la relation de récurrence
définissant Tn+2 :

Tn+2 (cos(θ)) = 2 cos θTn+1 (cos θ) − Tn (cos θ)


= 2 cos θ cos((n + 1)θ) − cos(nθ)
= cos((n + 1)θ + θ) + cos((n + 1)θ − θ) − cos(nθ) = cos((n + 2)θ),

en utilisant la formule trigonométrique pour le produit cos(a) cos(b). Ainsi, Q(n + 2) est vrai.
Par conséquent, Q(0) et Q(1) sont vraies, et pour tout n dans N, Q(n) et Q(n + 1) entraînent Q(n + 2).
D’après le principe de récurrence, Q(n) est vraie pour tout n dans N.

∀n ∈ N, ∀θ ∈ R, Tn (cos θ) = cos(nθ).

2. Étude des racines de Tn et Tn′ . On pose n ∈ N∗ .

2
(a) On commence par rechercher les racines r dans [−1, 1], sous la forme r = cos(θ), pour θ ∈ [0, π].
On a Tn (cos(θ)) = cos(nθ) = 0 si et seulement si nθ ≡ π2 [π], donc θ ≡ 2n π
[ nπ ].
Ainsi les valeurs cos π2 + kπ
n , pour k ∈ [[0, n − 1]], sont n racines distinctes de Tn dans [−1, 1]. Comme Tn


est de degré n, il ne peut pas avoir davantage de racines. Ainsi, l’ensemble des racines de Tn est :
 π       
3π 5π (2n − 1)π
cos , cos , cos , . . . , cos
2n 2n 2n 2n

(b) Pour tout θ ∈ R, Tn (cos θ) = cos(nθ). Dérivons cette égalité (dérivable sur R) membre à membre par rapport
àθ:
∀θ ∈ R, − sin(θ) · Tn′ (cos θ) = −n sin(nθ).

Recherchons d’abord les racines de Tn′ dans ] − 1, 1[, en écrivant x = cos θ, θ ∈]0, π[. Dans ce cas sin θ 6= 0,
et par conséquent, Tn′ (cos θ) = 0 si et seulement si sin(nθ) = 0, donc si :


∃k ∈ Z, nθ = kπ soit: θ= .
n
Ainsi, les racines de Tn′ dans ] − 1, 1[ sont :
        
kπ π  π 2π (n − 1)π
cos , k ∈ [[1, n − 1]] = cos , cos , cos , . . . , cos .
n 2n n n n
On obtient ainsi n − 1 racines deux à deux distinctes de Tn′ qui est de degré n − 1. On les a donc toutes.
Comme la fonction cosinus est décroissante sur [0, π], il faut inverser l’ordre pour trouver la corrspondance
entre ces expressions et les si :
 
(n − k)π
∀k ∈ [[1, n − 1]], sk = cos .
n
(c) On en déduit, grâce à la question II-1(c), que pour tout k ∈ [[1, n − 1]],
  
(n − k)π
Tn (sk ) = Tn cos = cos ((n − k)π) = (−1)n−k : Tn (sk ) = (−1)n−k .
n

3. Démonstration du théorème de Tchebychev


Soit n ∈ N∗ , et soit Q un polynôme unitaire de degré n.
(a) La fonction x 7→ |Q(x)| est continue sur l’intervalle fermé borné [−1, 1], elle y admet donc un maximum .
On définit Qn = Tn − 2n−1 Q.
(b) On a deg(Tn ) = n, et deg(2n−1 Q) = n, donc, d’après les règles de degré d’une somme, deg(Qn ) 6 n.
Montrons que cette inégalité est stricte. Le coefficient dominant de Tn est 2n−1 d’après 1(b), et celui de Q
est 1 (Q est unitaire), donc celui de 2n−1 Q est 2n−1 . Par conséquent, les coefficients du terme X n dans Qn
se compensent, et Qn n’a pas de terme de degré n. Par conséquent, deg(Qn ) 6 n − 1.
1
(c) On suppose que max |Q(x)| < .
−16x61 2n−1
Tn
i. Il s’agit de montrer que Q 6= 2n−1 . D’après la question 1, |Tn | atteint la valeur 1 pour certaines valeurs
dans [−1, 1] (les valeurs 1, −1 et sk , k ∈ [[1, n − 1]]). Ainsi,

Tn (x) 1 Tn (x)
max n−1
> n−1 donc: max 6= max |Q(x)| ,
−16x61 2 2 −16x61 2n−1 −16x61

Tn
Nous avons donc nécessairement Q 6= 2n−1 , c’est-à-dire Qn 6= 0.
ii. Déterminons le signe de Qn en 1, −1 et aux sk :
• Qn (1) = Tn (1) − 2n−1 Qn (1) = 1 − 2n−1 Qn (1).
1
Puisque max |Q(x)| < n−1 , |Q(1)| < 2n−1 , donc −2n−1 < Q(1) < 2n−1 , puis Qn (1) > 0.
−16x61 2
• Qn (−1) = Tn (−1) − 2n−1 Qn (1) = (−1)n − 2n−1 Qn (1).
De même, −2n−1 < Q(−1) < 2n−1 , donc Qn (−1) > 0 si n est pair et Qn (−1) < 0 si n est impair.

3
• Soit k ∈ [[1, n]]. Alors Qn (sk ) = (−1)n−k − 2n−1 Q, et le même raisonnement montre que Qn (sk ) est
du signe de (−1)n−k , donc strictement positif si n − k est pair, et strictement négatif si n − k est
impair.
Posons s0 = −1 et sn = 1, on obtient alors de manière synthétique :
Pour tout k ∈ [[0, n]], Qn (sk ) est strictement positif si n − k est pair et strictement négatif sinon.
Par conséquent, pour tout k ∈ [[0, n − 1]], Qn (sk ) et Qn (sk+1 ) sont de signes (strictement) opposés. La
continuité de Qn associée au théorème des valeurs intermédiaires, montre que Qn admet alors au moins
n racines distinctes, donc strictement plus que son degré. La propriété de rigidité amène donc Qn = 0,
d’où une contradiction avec la question précédente.
(d) L’hypothèse initiale de la démontration par l’absurde est fausse. Par conséquent :
1
max |Q(x)| > .
−16x61 2n−1

Partie III – Exemples et réduction du problème au cas de polynômes réels

1. Un premier exemple : P = X − a, a ∈ C.
(a) z ∈ C si et seulement si |z − a| 6 2. Ainsi, C est le disque fermé de centre a et de rayon 2.
Géométriquement, il est évident qu’alors R = [Re(a) − 2, Re(a) + 2]
(b) Ainsi, R est la réunion d’un seul intervalle, de longueur ℓ = Re(a) + 2 − Re(a) + 2 = 4.
Le théorème 1 est donc vrai sur cet exemple.

2. Un deuxième exemple : P = X 2 − 2.
(a) Soit (x, y) ∈ R2 . Alors :

x + i y ∈ C ⇐⇒ |(x + i y)2 − 2| 6 2
⇐⇒ |x2 − y 2 − 2 + 2 i xy| 6 2
⇐⇒ (x2 − y 2 − 2)2 + 4x2 y 2 6 4
⇐⇒ (x2 − y 2 )2 + 4x2 y 2 + 4 − 4(x2 − y 2 ) 6 4
⇐⇒ (x2 + y 2 )2 − 4(x2 − y 2 ) 6 0

Ainsi : x + i y ∈ C ⇐⇒ (x2 + y 2 )2 6 4(x2 − y 2 ).


(b) • Soit x + i y ∈ C. Alors :
x4 = (x2 )2 6 (x2 + y 2 )2 6 4(x2 − y 2 ) 6 4x2 .
Ainsi :
∗ si x 6= 0, x2 6 4, puis |x| 6 2, soit x ∈ [−2, 2] ;
∗ si x = 0, l’inclusion x ∈ [−2, 2] est évidente !
Par conséquent, R ⊂ [−2, 2].
• On remarque sans peine (en prenant y = 0) que [−2, 2] ⊂ C donc [−2, 2] est aussi inclus dans la projection
de C sur l’axe réel, soit [−2, 2] ⊂ R.
• Des deux inclusions, on déduit l’égalité R = [−2, 2] . Cet intervalle étant de longueur 4, le théorème de
Pólya est vrai sur cet exemple.

3. Réduction du problème

(a) Cela résulte de l’inégalité, pour tout z ∈ C : |Re(z)| 6 |z| (en effet, |z|2 = Re(z)2 + Im(z)2 ), de laquelle il
découle, pour tout z ∈ C et tout i ∈ [[1, k]] :

|Re(z) − ti | 6 |z − ri |.

On en déduit alors :
k
Y k
Y
∀z ∈ C, |Q(Re(z))| = |Re(z) − ti |αi 6 |z − ri |αi = |P (z)|, soit: |Q(Re(z))| 6 |P (z)|
i=1 i=1

4
(b) Par conséquent, soit x ∈ R. Il existe z ∈ C tel que x = Re(z). Ainsi, |P (z)| 6 2. On déduit alors de la
question précédente que :
|Q(x)| = |Q(Re(z))| 6 |P (z)| 6 2,
donc que x ∈ S. Ainsi, R ⊂ S .
(c) Si le théorème 2 est vrai, on a bien obtenu le fait que R est inclus dans une union finie d’intervalles fermés (à
savoir S donc la longueur totale est inférieure à 4 (on est bien dans les conditions d’application du théorème :
Q est unitaire, et scindé dans R).
Donc le théorème 2 implique le théorème 1.
Remarquez que j’ai modifié l’énoncé de sorte à ne pas avoir à prouver que R est lui-même une union finie
d’intervalles fermés. Des arguments de continuité et de compacité permettent de montrer assez facilement
que R est une union d’intervalles fermés bornés. En revanche, montrer qu’ils sont en nombre fini est une
autre histoire. Est-ce vrai d’ailleurs ?

Partie IV – Démonstration du théorème de Pólya

1. P est un polynôme de degré au moins 1, donc admet au moins une racine dans C. Comme par hypothèse,
toutes les racines de P sont réelles, P admet une racine r dans R. Alors |P (r)| = 0 6 2, donc r ∈ S. Ainsi,
S est non vide.

2. Cas où S est un intervalle

(a) Comme P est de degré au moins 1, on a :

lim |P (x)| = lim |P (x)| = +∞.


x→+∞ x→−∞

Ainsi, il existe des réels B et B ′ tels que :

∀x > B, |P (x)| > 2 et ∀x < B ′ , |P (x)| > 2.

Ainsi, S ⊂ [B ′ , B], donc I = S est borné.


(b) Soit a et b les bornes inférieure et supérieure de I. Commençons par montrer que |P (a)| = 2.
1
• Dans un premier temps, considérons la suite (un )n∈N∗ définie pour tout n ∈ N∗ par un = a − . Alors,
n
pour tout n ∈ N∗ , un < a, donc un 6∈ S, donc |P (un )| > 2.
En passant à la limite dans cette inégalité, puisque (un )n∈N∗ tend vers a et que |P | est continue en a,
on obtient : |P (a)| > 2.
• On en déduit dans un premier temps que P (a) 6= 0, donc que a 6= b. En effet, si a = b, alors S, qui est
non vide, serait égal au singleton {a}. Or, S contient une racine de P au moins, d’après la démonstration
faite en IV-1. Ainsi, P (a) serait nul, d’où une contradiction.
• Ainsi, a < b. Soit (vn )n∈N∗ la suite définie pour tout n ∈ N∗ par vn = a + b−a ∗
n . Alors pour tout n ∈ N ,
a < vn < b, donc vn ∈ I. On en déduit que pour tout n ∈ N∗ , |P (vn )| 6 2. En passant à la limite dans
cette inégalité, puisque (vn )n∈N∗ tend vers a et que |P | est continue en a, on obtient : |P (a)| 6 2.
Par conséquent, a < b, et |P (a)| = |P (b)| = 2 (le raisonnement est similaire pour |P (b)|)
On en déduit que a ∈ S = I, et B ∈ S = I. Ainsi, I contient ses deux bornes. I est donc fermé.
(c) Par définition de I, 2 est un majorant de |P | sur I, atteint aux points a et b.
Ainsi, |P | admet sur I un maximum, égal à 2.
(d) Le polynôme Q est de degré n, en tant que composée d’un polynôme de degré n et d’un polynôme de degré
1, le degré d’une ccomposition étant le produit des degrés (pour des polynômes sur un anneau intègre). De
plus, le monôme dominant de Q est
 n  n
2 b−a
× an ×X = X n,
b−a 2

puisque an = 1 (P est unitaire). Donc Q est un polynôme unitaire de degré n.

5
Le théorème de Tchebychev nous apprend alors que :
   n  n
1 b−a b−a 1 b−a
max |Q(x)| > n−1 soit: max P (x + 1) + a > = 2 ·
−16x61 2 −16x61 2 2 2n−1 4
 n
b−a
soit: max P (y) > 2 · .
a6y6b 4

(e) D’après IV-2(c), on en déduit que :


 n  n
b−a b−a
2>2· soit: 6 1.
4 4
b−a ln 1 b−a
Le logarithme étant croissant, on en déduit que ln 6 = 0, puis 0 < 6 1 et enfin 0 < b−a 6 4.
4 n 4
Par conséquent, S = I, avec ℓ(I) = b − a 6 4.
Le théorème de Pólya pour les polynômes à coefficients réels (deuxième énoncé) est donc bien vérifié dans
le cas où S est un intervalle.

3. Une description de S

(a) Comme on l’a déjà vu, P admet au moins une racine réelle r. De plus, P étant un polynôme de degré au
moins 1, donc non constant, P est non borné (car se comporte comme son monôme de plus haut degré).
Donc il existe s ∈ R tel que |P (s)| > 2. L’application |P | est continue sur l’intervalle fermé de bornes r et
s, et |P (r)| < 2, |P (s)| > 2. Ainsi, d’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe t dans ]r, s[ (ou
]s, r[) tel que |P (t)| = 2, donc t ∈ E. E est donc non vide.
De plus P − 2 est un polynôme non nul (car de degré n > 1), donc admet un nombre fini de racines ; de
même, P + 2 admet un nombre fini de racines. L’ensemble E étant l’union de ces deux ensembles de racines,
E également fini.
(b) On raisonne par l’absurde : soit i ∈ [[1, N − 1]], et supposons que [βi , βi+1 ] 6⊂ S et ]βi , βi+1 [∩S = 6 ∅. Ainsi, il
existe x ∈ [bi , bi+1 ] tel que x 6∈ S, et il existe y ∈]βi , βi+1 [∩S, soit |P (x)| > 2 et |P (y)| 6 2. De plus, puisque
y n’est pas égal à un des βi , |P (y)| 6= 2, donc |P (y)| < 2.
Comme |P | est continue sur [x, y] (ou [y, x]), on peut appliquer le théoèrme des valeurs intermédiaires : il
existe c ∈]x, y[ (ou ]y, x[) tel que |P (c)| = 2. Or, ]x, y[ (ou ]y, x[) est inclus dans ]βi , βi+1 [. Ainsi, il existe
c ∈]βi , βi+1 [ tel que |P (c)| = 2. Or, comme c n’est pas égal à un βi (donc n’est pas dans E), ceci est
impossible.
L’hypothèse initiale de la démonstration par l’absurde est donc faux, et on en déduit que pour tout i ∈
[[1, N − 1]], soit [βi , βi+1 ] ⊂ S, soit ]βi , βi+1 [∩S = ∅.
(c) On raisonne de même. Supposons ] − ∞, β1 [∩S 6= ∅, et soit x ∈] − ∞, β1 [∩S. Alors |P (x)| 6 2. Comme
lim |P (x)| = +∞, et comme |P | est continue sur ] − ∞, x], il existe c ∈] − ∞, x[⊂] − ∞, β1 [ tel que
x→−∞
|P (c)| = 2. Un tel c est donc dans E, ce qui contredit c < β1 .
L’hypothèse initiale de la démonstration par l’absurde est donc fausse. Ainsi ] − ∞, β1 [∩S = ∅.
Même raisonnement pour montrer que ]βN , +∞[∩S = ∅.
(d) Soit J le sous-ensemble de I constitué des indices i ∈ I tels que [βi , βi+1 ] ⊂ S. Alors, d’après ce qui précède,
[
S= [βi , βi+1 ] ∪ E.
i∈J

J et E étant finis, S est la réunion d’un nombre fini d’intervalles fermés bornés et éventuellement de points
isolés βi (dans le cas où i 6∈ J et i − 1 6∈ J). Mais des points isolés sont des cas particuliers d’intervalles
fermés bornés ({a} = [a, a]). Ainsi, J est une union d’un nombre fini d’intervalles fermés bornés.
Ces intervalles ne sont pas forcément disjoints, mais en regroupant les intervalles voisins, on obtient un nombre fini d’in

4. De l’existence d’une racine de P dans chaque Ij

(a) Les bornes des intervalles Ij , j ∈ [[1, t]], sont, par construction, dans l’ensemble E, donc, par définition de
E, pour tout j ∈ [[1, t]], |P (aj )| = |P (bj )| = 2.

6
(b) Soit j ∈ [[1, t]] tel que aj 6= bj et P (aj ) = P (bj ) = 2
i. P est une fonction continue sur [aj , bj ] qui est un intervalle fermé et borné, elle y admet un minimum
m. Puisque P (aj ) = 2, m 6 2.
• Si m < 2, alors ce minimum est atteint en un point b ∈ [aj , bj ] différent de aj et de bj .
• Si m = 2, alors, le minimum est égal au maximum, donc P est constant sur [ai , bi ], donc en particulier,
P admet son minimum en un point intérieur b ∈]aj , bj [.
Ainsi, dans tous les cas, P admet un minimum sur Ij , atteint en un point b ∈]aj , bj [.

ii. Sur l’ouvert ]aj , bj [, P atteint un mimimum en b, et est dérivable en b, donc P ′ (b) = 0.
Par ailleurs, au voisinage de b, d’après la formule de Taylor-Young,

(x − b)2
P (x) = P (b) + P ′ (b)(x − b) + P ′′ (b) + o((x − b)2 ),
2
et donc :
(x − b)2
P (x) − P (b) ∼ P ′′ (b) .
x→b 2
Ainsi, si P ′′ (b) < 0, par conservation du signe, P (x) − P (b) serait négatif au voisinage de b, ce qui
contredit l’existence d’un minimum en b. Ainsi, P ′′ (b) > 0 .
Remarquez qu’il s’agit là d’un argument de convexité locale.
iii. Ceci est le cœur de la démonstration, et fait toute la beauté de la preuve. Distinguons deux cas.
• Si P ′′ (b) = 0, alors P ′ (b) = P ′′ (b) = 0, donc b est racine au moins double de P ′ . De plus, on a supposé
que toutes les racines de P (dans C) sont réelles. On est donc dans les conditions d’application du
lemme 6. Ainsi, b est racine de P . Dans ce cas, on a donc trouvé une racine b de P dans ]aj , bj [.
• Si P ′′ (b) > 0, utilisons le lemme 7. On est bien dans les conditions d’application de ce lemme, puisque
toutes les racines de P sont réelles. Ainsi, en considérant l’inégalité obtenue avec x = b, on trouve :

0 = P ′ (b)2 > P (b)P ′′ (b).

Ainsi, comme P ′′ (b) > 0, on a P (b) 6 0.


Comme P est continue sur [aj , b], et P (aj ) = 2 > 0 et P (b) 6 0, il existe, d’après le théorème des
valeurs intermédiaires, un réel c ∈ [aj , b], forcément distint de aj , tel que P (c) = 0. Ainsi, P admet
une racine dans ]aj , b], donc dans ]aj , bj [.
Dans tous les cas, P admet une racine dans ]aj , bj [.
Cela reste-t-il vrai si P n’est pas scindé dans R ?
(c) On raisonne exactement de la même façon. Cette fois, P admet un maximum en un point b ∈]aj , bj [. Ce
point vérifie P ′ (b) = 0 et P ′′ (b) 6 0. En distinguant comme précédemment selon que P ′′ (b) = 0 et P ′′ (b) < 0,
on obtient une racine de P dans ]aj , bj [.
(d) Supposons que aj = bj .
• Si P (aj ) = 2, alors, puisque Ij est un singleton, et puisque P est continue, il existe un voisinage de aj
sur lequel P est supérieur à 2. Ainsi, P atteint en aj un minimum local, et comme précédemment, on en
déduit que P ′ (aj ) = 0 et P ′′ (aj ) > 0. De plus :
∗ si P ′′ (aj ) > 0, alors, d’après le lemme 7, P (aj ) 6 0, ce qui entre en contradiction avec P (aj ) = 2 ;
∗ si P ′′ (aj ) = 0 = P ′ (aj ), alors, d’après le lemme 6, P (aj ) = 0, ce qui entre en contradiction avec
P (aj ) = 2.
• De même si P (aj ) = −2. Dans ce cas, aj est un maximum local, et on aboutit de même à une contra-
diction.
Dans tous les cas, l’hypothèse aj = bj conduit à une contradiction. Par conséquent, aj 6= bj .
(e) Soit j ∈ [[1, t]]. D’après la question précédente, aj 6= bj . Ainsi :
• Si P (aj ) = P (bj ), alors on est dans un des deux cas des questions (b) et (c). Ainsi, ]aj , bj [ contient une
racine de P .
• Si P (aj ) = 2 et P (bj ) = −2, ou si P (aj ) = −2, et P (bj ) = 2, alors, P étant continue sur [aj , bj ], le
théorème des valeurs intermédiaires nous fournit une racine c de P dans ]aj , bj [.
Ainsi, pour tout j ∈ [[1, t]], P admet une racine dans ]aj , bj [.

7
5. Où l’on augmente le nombre de racines dans le dernier intervalle

(a) Si m = n, toutes les racines de P (au nombre de n comptées avec multiplicité, d’après le théorème de
d’Alembert-Gauss) sont dans It , donc il ne peut y avoir d’autres intervalles Ij constituant S, car ces inter-
valles ne contiendraient pas de racine de P , ce qui est en contradiction avec le résultat de la question 4(e).
Par conséquent, t = 1 .
On est donc dans la situation de la question IV-2-e, et le théorème 2 est donc vrai .
(b) C’est la contraposée de la question précédente, en remarquant que P P admet n racines avec multiplicité
(donc on a toujours m 6 n)
(c) Les réels c1 , . . . , cn représentant toutes les racines de P (répétées autant de fois que leur multiplicité), et P
étant unitaire, on a
n
Y Ym Yn
P = (X − ci ) = (X − ci ) (X − ci ).
i=1 i=1 i=m+1

n
Y
Ainsi, en posant R = (X − ci ) , on a P = QR. D’où l’existence de R· L’unicité de R découle de
i=m+1
l’unicité du quotient de la division euclidienne de P par Q.
(d) i. Soit x ∈ I1 ∪ · · · ∪ It−1 .
• Soit i ∈ [[1, m]]. Alors ci ∈ It par définition. Or, x ∈ I1 ∪ · · · ∪ It−1 , donc x 6 bt−1 , d’où

x + d = x + at − bt−1 6 at .

Comme ci ∈ It , on a ci > at . Par conséquent, x + d − ci < 0. Ainsi, comme d > 0, on obtient :

0 > x + d − ci > x − ci , donc: |x + d − ci | < |x − ci |.

• Ainsi :
m
Y m
Y m
Y m
Y
|Q(x+d)| = (x + d − ci ) = |x+d−ci | < |x−ci | = (x − ci ) soit: |Q(x + d)| < |Q(x)| .
i=1 i=1 i=1 i=1

• Par conséquent,
|P1 (x)| = |Q(x + d)| · |R(x)| 6 |Q(x)| · |R(x)| = |P (x)|,
et comme x ∈ I1 ∪ · · · ∪ It−1 ⊂ S, |P (x)| 6 2. Ainsi, P1 (x) 6 2
ii. Soit x ∈ It .
• On raisonne de même. Puisque x ∈ It , x > at , donc

x − d > at − d = at − at + bt−1 = bt−1 .

Or, pour tout i ∈ [[m + 1, n]], comme P (ci ) = 0, on a ci ∈ S, et comme ci 6∈ It , on a ci ∈ I1 ∪ · · · ∪ It−1 ,


d’où ci 6 bt−1 . Par conséquent :

∀i ∈ [[m + 1, n]], x − d − ci > 0, donc: x − ci > x − d − ci > 0.

Ainsi, pour tout i ∈ [[m + 1, n]], |x − d − ci | < |x − ci |.


n
Y n
Y
On en déduit que : |R(x − d)| = |x − d − ci | 6 |x − ci |, soit : R(x − d) 6 |R(x)|
i=m+1 i=m+1
• Ainsi :
|P1 (x − d)| = |Q(x − d + d)| · |R(x − d)| 6 |Q(x)| · |R(x)| = |P (x)|.
Or, x ∈ It ⊂ S, donc |P (x)| 6 2. Par conséquent, |P1 (x − d)| 6 2.
(e) i. D’après la question (d),
• pour tout x ∈ I1 ∪ · · · ∪ It−1 , |P1 (x)| 6 2, donc x ∈ S1 . Ainsi :

I1 ∪ · · · ∪ It−1 ⊂ S1 .

8
• Pour tout x ∈ It′ , x + d ∈ It , donc |P1 (x)| = |P1 (x + d − d)| 6 2. Par conséquent,

It ⊂ S1 .

On en déduit que I1 ∪ · · · ∪ It−1 ∪ It′ ⊂ S1 .


ii. La factorisation en facteurs irréductibles du polynôme P1 est :
m
Y n
Y
P1 = (X + d − ci ) · (X − ci ).
i=1 i=m+1

Les racines de P1 sont donc c1 − d, . . . , cm − d, cm+1 , . . . , cn .


Or, pour tout i ∈ [[1, m]], ci ∈ It , donc ci − d ∈= It′ ⊂ I1 ∪ · · · ∪ It−1 ∪ It′ .
De plus, pour tout i ∈ [[m + 1, n]], ci ∈ I1 ∪ · · · ∪ It−1 ⊂ I1 ∪ · · · ∪ It−1 ∪ It′ .
Ainsi, toutes les racines de P1 sont dans I1 ∪ · · · ∪ It−1 ∪ It′ .
iii. On a : It−1 = [at−1 , bt−1 ], et It′ = [at − d, bt − d] = [bt−1 , bt − d]. Ainsi :

It−1 ∪ It′ = [at−1 , bt−1 ] ∪ [bt−1 , bt − d] = [at−1 , bt − d].

On en déduit que It−1 ∪ It′ est un intervalle.


Alors, It−1 ∪ It′ est inclus dans un même intervalle de la décomposition de S1 : il existe j ∈ [[1, t′ ]] tel que
It−1 ∪ It′ ⊂ Jj .
Montrons que j = t′ . Si ce n’était pas le cas, l’intervalle Jt′ serait situé strictement plus à droite que
It−1 ∪ It′ , donc que I1 ∪ · · · ∪ It−1 ∪ It′ . Ainsi :

Jt′ ∩ I1 ∪ · · · ∪ It−1 ∪ It′ = ∅.

Comme I1 ∪ · · · ∪ It−1 ∪ It′ contient toutes les racines de P1 (d’après (e)-ii), il en résulterait que It′ ne
contient aucune racine de P1 , ce qui rentre en contradiction avec la question 4(e) appliquée au polynôme
P1 , à racines toutes réelles.
Par conséquent, j = t′ , donc It−1 ∪ It′ ⊂ Jt′ .
iv. It′ contient m racines de P1 , et It−1 contient au moins une racine de P d’après la question 4(e),
qui est aussi racine de P1 , puisqu’elle n’est pas dans It . Ainsi, It−1 ∪ It′ contient au moins m +
1 racines de P1 (comptées avec multiplicité bien sûr). Comme It−1 ∪ It′ ⊂ Jt′ , on en déduit que
Jt′ contient au moins m + 1 racines de P1 .

6. On effectue une récurrence forte descendante et bornée sur m, le nombre de racines dans le dernier intervalle
constituant S. Ce nombre m est élément de [[1, n]], n étant le degré (fixé) de P .
Soit, pour tout m ∈ [[1, n]], P(m) la proposition : Pour tout polynôme P de R[X] de degré n, dont toutes les
racines sont réelles, et telles que le nombre de racines situées dans le dernier intervalle constituant S est m, le
théorème 2 est vérifié.
D’après la question IV-5(a), P(n) est vérifié.
Soit m ∈ [[1, n − 1]] tel que P(m + 1), . . . , P(n) soient vérifiés. Soit alors P un polynôme de degré n à coefficients
réels, à racines toutes réelles, et dont le nombre de racines situées dans le dernier intervalle constituant S est
égal à m. On construit le polynôme P1 comme précédemment. Ce polynôme P1 est également de degré n, à
racines toutes réelles, et le nombre de racines dans le dernier intervalle de S1 est strictement plus grand que m.
Ainsi, on peut appliquer l’hypothèse de récurrence à P1 : le théorème 2 est vérifié pour P1 , donc la longueur
totale de S1 est inférieure ou égale à 4.
Or, on a montré que I1 ∪ · · · ∪ It−1 ∪ It′ ⊂ S1 , donc la longueur totale de I1 ∪ · · · ∪ It−1 ∪ It′ est inférieure à
celle de S1 , c’est-à-dire à 4. De plus It′ et It étant de même longueur, il est immédiat que I1 ∪ · · · ∪ It−1 ∪ It′ et
I1 ∪ · · · ∪ It−1 ∪ It ont même longueur totale. Ainsi, S est de longueur totale inférieure ou égale à 4, et donc P
vérifie le théorème 2.
On a donc montré P(n), et on a montré que pour tout m ∈ [[1, n − 1]], P(m + 1), . . . , P(n) impliquent P(m).
Ainsi, d’après le principe de récurrence, pour tout m ∈ [[1, n]], P(m) est satisfait.
Cela prouve le théorème 2, et donc le théorème 1, d’après la partie III.

9
Correction du problème 2 – La quadrature du cercle

Partie I – Extensions algébriques

1. Degré d’une extension


(a) • L’addition correspond à l’addition du corps L. Par définition, (L, +) est un groupe abélien.
• La multiplication par un scalaire de K est la restriction à K (pour la variable scalaire). La multiplication
de L étant associative, et distributive sur l’addition, on en déduit toutes les propriétés requises pour un
espace vectoriel.
Ainsi, L est un K-espace vectoriel .
(b) Soit (a1 , . . . , an ) une base de L sur K, et (b1 , . . . , bm ) une base de M sur L. En particulier, n = dimK (L) et
m = dimL (K).
Montrons que (ai bj )(i,j)∈[[1,n]]×[[1,m]] est une base de M sur K.
• Soit (λi,j )(i,j)∈[[1,n]]×[[1,m]] une famille de scalaires de K tels que
n X
X m
λi,j ai bj = 0.
i=1 j=1

On a alors : !
m
X n
X
λi,j ai bj .
j=1 i=1
n
X
Or, les ai sont dans L, donc les sommes λi,j ai sont des éléments de L. Par liberté sur L de la famille
i=1
(bi )i∈[[1,m]] , on en déduit que pour tout j ∈ [[1, m]], on a :
n
X
λi,j ai = 0.
i=1

La liberté de la famille (ai ) sur K nous permet alors de conclure que pour tout (i, j) ∈ [[1, n]] × [[1, m]],
λi,j = 0.
Ainsi, (ai bj )(i,j)∈[[1,n]]×[[1,m]] est libre sur K.
• Soit x ∈ M . Comme (bi ) est génératrice sur L, il existe des éléments µ1 , . . . , µm de L tels que
m
X
x= µj b j .
j=1

Or, les µj étant dans L, et (ai ) étant une famille génératrice de L sur K, pour tout j ∈ [[1, m]], il existe
une famille (λi,j )i∈[[1,n]] , telle que
Xn
µj = λi,j ai .
i=1
On a alors : m X
n
X
x= λi,j ai bj .
j=1 i=1

Ainsi, la famille (ai bj )(i,j)∈[[1,n]]×[[1,m]] est génératrice de M sur K.


on en déduit que (ai bj )(i,j)∈[[1,n]]×[[1,m]] est une base de M sur K.
Cette base étant de cardinal fini nm, on en déduit que M est de dimension finie sur K, donc que l’extension M : K est d
et que
dimK (M ) = dimK (L) dimL (M ) soit: [M : K] = [M : L][L : K] .
2. Adjonction d’un élément à un corps
(a) L’intersection de tous les sous-corps de L contenant K et α est un corps (stabilité par intersection), et
contient K et α. C’est aussi clairement le plus petit. D’où l’ existence de K(α) .
Par ailleurs, comme dans la première question, K(α) est un espace vectoriel sur K, et est muni d’une
structure d’anneau (puisque c’est un corps). L’associativité de la multiplication d’un corps, ainsi que sa
commutativité, assure que pour tout λ ∈ K, et tout x, y ∈ K(α), λ(xy) = (λx)y = x(λy).
Ainsi, K(α) est une algèbre sur K .

10
(b) On suppose dans cette question que α est algébrique.
i. Comme α est algébrique, il existe un polynôme P non nul tel que P (α) = 0. L’ensemble des degrés
des polynômes non nuls annulant α est donc un sous-ensemble non vide de N, et admet un minimum.
Soit Qα un polynôme réalisant ce minimum, et Pα le polynôme unitaire obtenu en divisant Qα par son
coefficient dominant. Ainsi, Pα est un polynôme unitaire de degré minimal annulant α.
Supposons Pα non irréductible. Il existe alors deux polynômes non constants Q et R dans K[X] tels que
Pα = QR. On a alors
Pα (α) = Q(α)R(α),
et l’intégrité de L amène alors Q(α) = 0, ou R(α) = 0. Or, comme Q et R sont non constants, ils divisent
strictement L. Quitte à les diviser par leur coefficient dominant, on a donc trouvé un polynôme unitaire
contredisant la minimalité du degré de Pα .
Ainsi, Pα est irréductible dans K[X] .
ii. L’application linéaire ϕ est bien définie par la description de l’énoncé (elle est définie sur une base).
Soit P et Q deux polynômes de K[X]. On les décrit par leurs coefficients dans K :
k
X ℓ
X
P = ai X i et Q= bi X i .
i=0 i=0

On a alors, par linéarité de ϕ :


 
k X
X ℓ k X
X ℓ
i+j 
ϕ(P Q) = ϕ  ai b j X = ai bj ϕ(X i+j ).
i=0 j=0 i=0 j=0

La définition de ϕ amène donc :

k X
ℓ k
! ℓ 
X X X
ϕ(P Q) = ai bj αi+j = ai αi  bj αj  .
i=0 j=0 i=0 j=0

On utilise à nouveau la linéarité pour conclure que

ϕ(P Q) = ϕ(P )ϕ(Q).

Ainsi, ϕ est un morphisme d’algèbre .


Le noyau de ϕ est l’ensemble des polynômes annulateurs de α. Les polynômes annulateurs sont les
éléments de l’idéal (Pα ). En effet si P est un polynôme annulateur de α, alors P ∧ Pα aussi (par une
relation de Bézout). Comme Pα est de degré minimal, il en résulte que P ∧ Pα = Pα , donc Pα divise P ,
d’où notre assertion.
Ainsi, Ker(ϕ) = (Pα ).
iii. L’application ϕ définit, par passage au quotient, un morphisme d’anneaux injectif

ϕ̃ : K[X]/(Ker(ϕ)) −→ K(α).

Par ailleurs, étant donné P dans K[X]/(Ker(ϕ)) représenté par P , si P 6= 0, alors P ∧ Pα 6= Pα , et


P ∧ Pα divise Pα . Par irréductibilité de Pα , on a P ∧ Pα = 1, donc P et Pα sont premiers entre eux.
Une relatin de Bézout amène alors l’existence de U et V tels que U P + V Pα = 1. En réduisant dans le
quotient, il vient donc U P = 1, et par commutativité, on en déduit que P est inversible.
Par conséquent, K[X]/(Ker(ϕ)) = K[X]/(Pα ) est un corps. Son image par le morphisme ϕ̃ est donc un
sous-corps de K(α). Ce sous-corps contient K et α (image de X). Donc par minimalité de K(α), on a

Im(ϕ̃) = K(α).

Ainsi, ϕ̃ est surjective.


On en déduit que ϕ̃ est un isomorphisme d’anneaux (donc aussi de corps).
Ainsi, K[X]/(Pα ) est isomorphe à K(α) en tant que corps .

11
iv. La projection canonique p est clairement K-linéaire.
• La famille (p(1), · · · , p(X d−1 )) = (1, α, · · · αp−1 ) est libre dans le K-espace vectoriel K[X]/(Pa ), sinon
on en déduirait l’existence d’un polynôme Q de K[X] non nul de degré strictement plus petit que d
tel que p(Q) = 0, c’est-à-dire Q ∈ (Pa ), ou encore, Pa | Q. Ceci est impossible.
• La famille (p(1), · · · , p(X d−1 )) est génératrice de K[X]/(Pa ), car étant donné un élément P̃ de Pa ,
représenté par un polynôme P (c’est-à-dire p(P ) = P̃ ), le reste R de la division de P par Pa vérifie
p(R) = P (P ) = P̃ . Ainsi, tout élément de K[X]/(Pa ) est représenté par un polyôme de degré au plus
d − 1. Notons
d−1
X
R= ak X k .
k=0

On a alors
d−1
X
P̃ = ak p(X k ) ∈ Vect(p(1), . . . , p(X d−1 )).
k=0

Ainsi, (p(1), · · · , p(X d−1 )) est une base de K[X]/(Pα ) .


3. Caractérisation des éléments algébriques
• Supposons que α est algébrique, et notons comme plus haut Pα un polynôme unitaire minimal.
On vérifie assez facilement que le morphisme de corps ϕ̃ introduit précédemment respecte aussi la structure
de K-espace vectoriel. Pour le montrer, il suffit de vérifier la compatibilité avec le produit par un scalaire
(les autres propriétés étant incluse dans la propriété de morphisme de corps). Cela provient de la linéarité
initiale de ϕ (avant quotient) :

ϕ̃(λP ) = ϕ̃((λP ) = ϕ(λP ) = λϕ(P ) = λϕ̃(P ).

Ainsi, ϕ̃ est un isomorphisme de K-espaces vectoriels. Comme K[X]/(Pα ) est de dimension finie (on en a
trouvé une base de cardinal fini d), il en est donc de même de K(α), qui a même dimension. On peut même
affirmer que le degré de l’extension K(α) : K est égal au degré du polynôme minimal de α.
• Réciproquement, si [K(α) : K] < +∞, alors K(α) ne contient pas de famille libre infinie, donc la famille
(αn )n∈N est liée sur K. Une relation non trivial donne un polynôme annulateur de α à coefficients dans K,
permettant d’affirmer que α est algébrique sur K.
Ainsi, α est algébrique sur K si et seulement si [K(α) : K] < +∞ .
4. Produit d’éléments algébriques.
(a) Si [L : K] est fini, alors pour tout α ∈ L, puisque K(α) est un sous-K-espace vectoriel de L, lui-même de
dimension finie sur K, on en déduit que K(α) est aussi de dimension finie sur K. La question précédente
nous permet d’affirmer que α est algébrique sur K.
Ainsi, ceci étant valable pour tout α ∈ L, L est algébrique sur K .
(b) Soit α ∈ M . Si α est algébrique sur K, il existe un polynôme P ∈ K[X] tel que P (α) = 0. Or K ⊂ L, donc
K[X] ⊂ L[X]. Ainsi, il existe aussi P ∈ L[X] (le même) tel que P (α) = 0. Donc α est aussi algébrique sur L .
(c) Soit α et β deux élément de L, algébriques sur K. On déduit de la question précédente que β est aussi
algébrique sur K(α). On a alors, d’après la question 3, [K(α) : K] < +∞ et [K(α)(β) : K(α)] < +∞.
La question 1(b) montre alors que [K(α)(β) : K] < +∞, et la question 4(a) permet de conclure que
l’extension K(α)(β) est algébrique sur K .

(d) Or, α et β sont éléments du corps K(α)(β), donc aussi αβ. Ainsi, d’après la question 4(c), αβ est algébrique .

Partie II – Transcendance de π

1. On suppose que π est algébrique (sur Q). De plus, i est aussi algébrique, puisque racine du polynôme X 2 + 1
à coefficients rationnels. Ainsi, sous l’hypothèse que π est algébrique, et d’après la question I-4(d), on peut
conclure que i π est aussi algébrique .
2. Soit P un polynôme minimal unitaire annulant i π, et soit n son degré.

12
(a) Le calcul d’un PPCM de P et Q se fait par l’algorithme d’Euclide étendu. Les restes successifs dans cet
algorithme seront les mêmes qu’on fasse l’algorithme dans K[X] ou dans L[X]. Ainsi, le PPCM (unitaire)
est invariant par extension de corps.
Par conséquent, puisque dire que Q et R sont premiers entre eux équivaut à dire que 1 est le PPCM
unitaire de Q et R, et que le PPCM unitaire est le même dans K[X] et dans L[X], on peut affirmer que
Q et R sont premiers entre eux dans K[X] si et seulement s’ils le sont dans L[X].
(b) • P est irréductible dans Q[X] d’après la question I-2(b)-i.
• Si P admet une racine multiple dans C, P et P ′ ne sont pas premiers entre eux dans C[X] (ils ont une
racine commune), donc pas non plus dans Q[X] d’après la question précédente. Ainsi, P ′ ∧ P est un
diviseur non constant de P . Comme P est irréductible, on en déduit que P ′ ∧ P = P (les deux étant
unitaires), puis P | P ′ , ce qui est absurde, P n’étant pas constant.
Donc P n’admet que des racines simples dans C .
• Le nombre de racines est au moins égal à 2, car d’après le théorème de d’Alembert-Gauss, il est égal au
degré de P , qui ne peut pas être 1 (cela signifierait que i π ∈ Q, alors que cette quantité n’est même par
réelle !) Donc n > 2 .
3. (a) Soit σ un élément de Sn . On a alors :
!  
Y X Y X
Q0 (X, Xσ(1) , . . . , Xσ(n) ) = X− Xσ(i) = X − Xσ(i)  .
I⊂[[1,n]] i∈I I⊂[[1,n]] i∈σ(I)

Or, σ induit une bijection de P([[1, n]]) lui-même. Ainsi, en posant J = σ(I) (donc I = σ −1 (J)), on obtient :
!
Y X
Q0 (X, Xσ(1) , . . . , Xσ(n) ) = X− Xσ(i) = Q0 (X, X1 , . . . , Xn )
IJ⊂[[1,n]] i∈J

Ainsi, Q est symétrique par rapport aux variables X1 , . . . , Xn .


(b) Le polynôme Q0 s’écrit donc comme polynôme en les fonctions symétriques élémentaires des Xi , à coefficients
dans Z[X]. Or, en évaluant les Xi aux γi , le polynôme Q1 s’exprime donc comme combinaison linéaire
d’éléments de Z[X], donc les coefficients sont des produits de fonctions symétriques élmentaires en les αi .
Or, d’après les relations de Viète, ces fonctions symétriques élémentaires en les αi sont aux signe près, les
coefficients du polynôme unitaire P dont les αi sont les racines. Comme P ∈ Q[X], on en déduit que Q1 est
combinaison linaire à coefficients rationnels de polynômes de Z[X]. Ainsi, Q1 ∈ Q[X].
n
Y
(c) Remarquons d’abord que 0 = (eαi + 1). En effet, le facteur correspondant à i = 1 est ei π + 1 = 0.
i=1
Le développement du produit amène :
n
Y X Y X P
(eαi + 1) = eαi = e i∈I αi .
i=1 I⊂[[1,n]] i∈I I⊂[[1,n]]

Or, la définition de Q2 donneXune factorisation de Q2 en polynômes de degré 1, fournissant les racines de


Q2 , qui sont exactement les αi . Ainsi
i∈I

n
Y
0= (eαi + 1) = eγ0 + · · · + eγs .
i=1

4. Soit c le coefficient dominant de Q et p un nombre premier. L’entier r est comme ci-dessus. On définit :
crp−1
f (X) = X p−1 (Q(X))p et F (X) = f (X) + f ′ (X) + · · · + f (rp+p−1) (X).
(p − 1)!
(a) On a, pour tout x ∈ R :

g ′ (x) = e\x (F ′ (x) − F (x)) = e\x (f (rp+p) (x) − f (x)).

Or, le polynôme Q est de degré r, donc f est de degré rp + p − 1. On en déduit que f (rp+p) = 0, d’où :

∀x ∈ R, g ′ (x) = −e−x f (x) .

13
(b) On a donc, pour x ∈ R :
Z 1 Z x Z x x
(1−λ)x x−y x
(−e−y f (y)) dy = ex g(x) 0

−x e f (λx)dλ = − e f (y) dy = e
0 0 0

Ainsi,
Z 1
−x e(1−λ)x f (λx)dλ = ex (e−x F (x) − F (0)) = F (x) − ex F (0) .
0

Évaluons ces expressions aux γi , i ∈ [[1, r]], et sommons les expressions obtenues :
r
X r
X r
X Z 1
F (γi ) − F (0) eγi = − γi e(1−λ)γi f (λγi )dλ.
i=1 i=1 i=1 0

La question 3(c) amène alors :

r
X r
X Z 1
F (γj ) + mF (0) = − γj e(1−λ)γj f (λγj )dλ .
j=1 j=1 0

(c) Le polynôme f ayant un facteur Q élevé à la puissance p, tout racine γj de Q est racine de f de multiplicité
p au moins. Ainsi, par caractérisation de la multiplicité, pour tout k ∈ [[1, p − 1]], f (k) (γj ) = 0 .
(p−1)!
(d) Notons g = cpr−1 f . Ainsi, g est un polynôme à coefficients entiers.
Montrons que pour tout k ∈ N, il existe des polynômes Ak,0 , . . . , Ak,p , à coefficients entiers, tels que
p
(k)
X p!
g = Qp−ℓ Ak,ℓ ,
(p − ℓ)!
ℓ=0

et tel que pour tout ℓ, deg Qp−ℓ Ak,ℓ 6 pr + p − 1.


Cette propriété est vraie pour k = 0, en posant A0,0 = X p−1 et A0,i = 0 pour i > 0.
Supposons que la propriété soit vérifiée à un certain rang k, alors
p−1 p
X p! X p!
g (k+1) = Qp−ℓ−1 Ak,ℓ Q′ + Qp−ℓ A′k,ℓ .
(p − ℓ − 1)! (p − ℓ)!
ℓ=0 ℓ=0

On définit alors Ak+1,ℓ = Ak,ℓ−1 Q′ + A′k,ℓ si ℓ ∈ [[1, p − 1]], et Ak+1,ℓ = A′k,ℓ si ℓ = 0. Ces polynômes sont
bien à coefficients entiers, et donnent la relation voulue au rang k + 1. On vérifie facilement la condition sur
les degrés.
Ainsi, d’après le principe de récurrence, pour tout k ∈ N, il existe des polynômes Ak,0 , . . . , Ak,p , à coefficients
entiers, tels que
p
X p!
g (k) = Qp−ℓ Ak,ℓ .
(p − ℓ)!
ℓ=0

Soit alors hk (X) = p!Ak,p . Les γi étant racines de Q, on a alors, pour tout k ∈ N,
r
X r
X
g (k) (γi ) = hk (γi ).
i=1 i=1

On définit alors
rp+p−1 rp+p−1
1 X pr−1
X
H= hk = c Ak,p .
p!
k=0 k=0

Ce polynôme H est à coefficients entiers, de degré au plus pr + p − 1 (grâce au contrôle des degrés effectué
dans la récurrence) et d’après la remarque qui précède, on a :
r
X r
X
F (γi ) = pcrp−1 H(γi ).
i=1 i=1

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r
X
Or, H(γj ) est alors polynomial en les variables γj , à coefficients dans Z, et clairement symétrique. Donc,
j=1
d’après le résultat admis, il s’exprime comme polynôme à coefficients entiers en les fonctions symétriques
des γj , donc, d’après les relations de Viète, comme polynôme en les cci , à coefficients entiers, où les ci sont
les coefficients entiers de Q.
Par ailleurs, le résultat admis sur les polynômes symétriques stipule que ce polynôme en les cci est de degré
Xr
au plus égal au degré de H, à savoir au plus pr + p − 1. Ainsi, H(γj ) s’exprime comme combinaison à
j=1
d
coefficients entiers d’expressions ,
où les d sont entiers et les exposants k sont inférieurs à pr + p − 1. Par
ck
Xr
conséquent, cpr−1 H(γj ) est un entier, que nous notons N .
j=1
Nous avons alors
r
X
F (γj ) = pN,
j=1

r
X
donc F (γj ) est un entier divisible par p .
j=1

(e) On a, pour tout k ∈ [[0, rp + p − 1]], d’après la formule de Leibniz :


min(k,p−1) 
cpr−1

(k)
X k (p − 1)!
f (X) = X p−1−i (Q(X)p )(k−i) .
(p − 1)! i=0
i (p − 1 − i)!

Ainsi :
• si k < p − 1, tous les termes de la somme ont un facteur X, donc f (k) (0) = 0 (cela se voit aussi en
remarquant que 0 est racine de multiplicité p − 1 de f )
• si k = p − 1, seul un terme n’a pas de facteur X, ainsi :

f (p−1) (0) = cpr−1 Q(0)p = cpr−1 cp0 ,

où c0 = Q(0) est le coefficient constant de Q.


• si k > p − 1, on obtient également un unique terme sans facteur X :
 
(k) pr−1 k
f (0) = c A(0),
p−1

où A est la dérivée k − p + 1-ième du polynôme Q(X)p . Or, l’ordre de cette dérivation est au moins 1, et

(Q(X)p )′ = pQ′ (X)Q(X)p−1 = pB(X),

où B est un polynôme à coefficients entiers. Ainsi,

A(0) = pB (k−p) (0),

et B étant à coefficients entiers, B (k−p) (0) est un entier. Ainsi, A(0) ≡ 0 [p], puis f (k) (0) ≡ 0 [p].
Nous en déduisons que F (0) ≡ crp−1 cp0 [p], et la question 3(d) permet de conclure :

r
X
F (γj ) + mF (0) ≡ mcrp−1 cp0 [p] .
j=1

(f) Soit p un nombre premier vérifiant p > max(m, c, c0 ). Alors, m, c et c0 , étant non nuls (0 n’est pas racine
de Q), et non divisibles par p, sont premiers avec p, donc aussi mcrp−1 cp0 . Ainsi, mcrp−1 cp0 6≡ 0 [p], donc
Xr
F (γj )+mF (0) 6≡ 0 [p]. En particulier, pour tout nombre premier p suffisamment grand (plus précisément
j=1
r
X
vérifiant p > max(m, c, c0 )), F (γj ) + mF (0) est un entier non nul .
j=1

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5. On montre que le terme de droite (s’exprimant sous forme intégrale), converge vers 0 lorsque le nombre premier
p tend vers +∞. En effet, notons δ = max(|γi |, i ∈ [[1, r]]). La fonction z 7→ zQ(z) est continue, donc bornée sur
le compact B(0, δ) ⊂ C, et de même pour z 7→ Q(z). Notons M1 et M2 deux réels tels que

∀z ∈ B(0, δ), |zQ(z)| 6 M1 et |Q(z)| 6 M2 .

Alors, d’après l’inégalité triangulaire intégrale,


Z 1 1
(|c|r M1 )p−1
Z
e(1−λ)γj f (λγj )dλ 6 e(1−λ)γj M2 |c|r−1 dλ.
0 0 (p − 1)!

La fonction continue λ 7→ e(1−λ)γj peut également être majorée par une constante M3 sur le compact [0, 1],
d’où : Z 1
(|c|r M1 )p−1 r−1
e(1−λ)γj f (λγj )dλ 6 |c| M2 M3 .
0 (p − 1)!
La comparaison des croissances des suites géométriques et des factorielles permet de justifier que le majorant
obtenu converge vers 0 lorsque p tend vers +∞ en étant premier. Ainsi, en notant pn le n-ième nombre premier
(on a bien pn → +∞), et fpn et Fpn les fonctions associées, on a :
Z 1
∀i ∈ [[1, r]], lim e(1−λ)γj fpn (λγj )dλ,
n→+∞ 0

puis :
r
X Z 1
lim γj e(1−λ)γj fpn (λγj )dλ = 0.
n→+∞ 0
j=1

On a donc r
X
lim Fpn (γj ) + mFpn (0) = 0.
n→+∞
j=1

Or, il s’agit d’une suite d’entiers. Sa convergence implique donc qu’elle est stationnaire de valeur 0 à partir d’un
certain rang. Ceci contredit le fait que pour tout p assez grand (donc tout p = pn avec n assez grand), cette
expression est non nulle (question 4(f)).

Aboutissant à une contradiction, on peut conclure que l’hypothèse initiale portant sur l’algébricité de π est
fausse, et on conclut :

π est transcendant.

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