2020 Etude Logistique Rapport Final
2020 Etude Logistique Rapport Final
ÉTUDES
Rapport final
Mars 2020
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2. Méthodologie.........................................................................................................................................5
2.1. Périmètre ................................................................................................................................................5
2.2. Une étude en trois phases ...................................................................................................................... 6
2.3. Limites de l’étude : un « travail pionnier » sur une thémaIque jusqu’ici peu étudiée et très dépendant
des données transmises par les acteurs économiques du territoire..................................................... 10
2.5. Synthèse des facteurs d’évolu5on des coûts et leviers d’op5misa5on (leviers externes) ........................39
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1 htps://agriculture.gouv.fr/telecharger/88274?token=82cbd217abd55180af78c19dc0a66503
2 Intercéréales, Plan de transformaIon filière Céréales, décembre 2017 (p 64)
3Yves Le Morvan, « Filière céréalière française: construire une stratégie d’exportaIon », Rapport agriDées,
2019, 28.
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2. Méthodologie
2.1. Périmètre
Le périmètre de l’étude couvre toute la logisIque, du « bout de champ » jusqu’à la fosse de récepIon
de l’industriel ou du vraquier au port. Sont ainsi inclus : collecte, stockage travail du grain, expédiIon
pour 3 modes (rouIer, ferroviaire et fluvial), et FOBing qui comprend le coût du passage en silo
portuaire et les droits de port.
Les coûts logisIques liés à l’autoconsommaIon par les élevages et la logisIque post-fobing portuaire
(expédiIon mariIme) ne font pas parIe du champ de l’étude, comme matérialisé dans le schéma ci-
dessous.
L’étude a cherché à quanIfier et expliquer les différents coûts détaillés dans le diagramme suivant, et
matérialisés à ce stade du rapport par des points d’interrogaIon.
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4 htps://www.lacooperaIonagricole.coop/fr
5 htp://www.negoce-village.com/
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Les principaux entre5ens exploratoires (phase 1) ont été réalisés avec les organismes suivants (par
ordre alphabéIque) :
• AGPB : Assemblée Générale des Producteurs de Blé
• AGPM : Assemblée Générales de Producteurs de Maïs
• ANMF : Assemblée NaIonale de la Meunerie Française
• Arvalis – InsItut du Végétal
• FC2A : FédéraIon du Commerce Agricole et Agroalimentaire
• FédéraIon du Négoce Agricole (Négoce Village)
• France Export Céréales
• Intercéréales
• La CoopéraIon Agricole (MéIers du Grains, NutriIon Animale)
• SIFPAF / CFSI : Syndicat des industriels fabricants de pâtes alimentaires de France /
Comité Français de la Semoulerie Industrielle
• Unigrains
• USIPA : Union des Syndicats des Industries des Produits Amylacés et de leurs dérivés
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OS portuaires 4
Industriels 2
FAB 2
Agriculteurs stockeurs 7
EquipemenIers en silos 2
Infrastructures/Ports/Transporteurs 11
A eux seuls, les 25 Organismes Stockeurs (OS)6 interrogés représentent 45% de la collecte na5onale
en volume. Pour ces derniers, une atenIon parIculière a été apportée à leur choix, en collaboraIon
avec leurs fédéraIons respecIves, afin de couvrir toute la diversité géographique, organisaIonnelle
et commerciale des coopéraIves et négoces de grains. Les entreIens portaient sur les aspects
qualitaIfs et quanItaIfs suivants :
- DescripIon de l’OS pour appréhender volumes de collecte, types de céréales collectées,
niveau de segmentaIon, et contexte agricole et géographique, afin de contextualiser les
coûts transmis dans leur iInéraire de collecte.
- Schémas de collecte et de stockage.
- Coûts unitaires et globaux pour transport primaire, stockage et expédiIon.
- Facteur de dégradaIon et d’opImisaIon des coûts.
- Stratégie de l’OS.
Les acteurs clés du transport de céréales ont aussi été interrogés, afin de recueillir des données
quanItaIves et qualitaIves notamment sur les sujets suivants :
- OrganisaIon du transport de céréales (contractualisaIon SPOT, long terme, commissionnaire,
…) ;
- CaractérisIques des unités de transport uIlisées par type de flux ;
6 Pour des raisons de confidenIalité, les noms des Organismes Stockeurs (OS) ne sont pas cités.
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- Mesures potenIelles d’opImisaIon des coûts de transport et esImaIon des impacts sur le
taux de fret ;
Enfin, 4 réunions de travail été organisés avec des experts et acteurs opéra5onnels issus des OS,
deux avec les coopéraIves et deux avec les négoces, à mi-parcours et pendant la phase de
finalisaIon, grâce au support de leurs fédéraIons. Ces ateliers, réunissant en tout une vingtaine
d’acteurs économiques, ont permis de confronter les chiffres et la diversité des situaIons observées
aux retours d’expérience des acteurs économiques qui sont confrontés quoIdiennement aux enjeux
de la logisIque des céréales.
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7 Les coûts de gesIon des plateformes et du séchage sont décrits dans la parIe stockage de ce rapport.
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Sans inclure les primes de meilleure prime d’approche, le coût du transport primaire moyen
pondéré par les volumes est es5mé à 4,5 € /t commercialisée, et varie dans l’enquête de 2,8 à 14 €/
t commercialisée.
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Hypothèses :
1 tracteur 30 €/h
1 benne 10 €/h
Carburant 4 €/h
si cela permet in fine de fermer des plateformes, et donc d’en supprimer les coûts fixes. En revanche,
cela peut venir complexifier la gesIon des silos et provoquer leur engorgement, obligeant parfois à
rajouter des fosses et augmenter le débit des silos. Enfin, il a été soulevé par les OS que ces primes
d’approches peuvent poser des problèmes d’équité entre agriculteurs dans les zones de collectes,
selon leur proximité géographique iniIale par rapport aux silos d’expédiIon.
LocalisaIon dans une zone de faible densité céréalière (cas des zones de polyculture
élevage du centre-ouest, de Bourgogne, de Rhône-Alpes, etc.).
Engorgement important des silos (immobilisaIon des camions : le d'atente d'un camion
(immobilisaIon chauffeur et camion) est esImée à 3,1 cenImes d’€/min).
Travail en filière nécessitant plus de segmentaIon de flux
AugmentaIon des débits de chanIer et réducIons afférente de la durée de la campagne
de collecte, qui requiert une forte disponibilité de camions sur une courte période, un
!
surdimensionnement des ouIls de collecte.
Nécessité de sécher (maïs, et parfois les autres céréales notamment au nord du bassin
parisien pour le blé tendre).
Faible disponibilité des transporteurs et concurrence avec les autres secteurs
économiques.
Développement du stockage tampon/précaire à la ferme pour lisser les flux d’arrivée sur
le silo OS.
InternalisaIon de la flote de camion.
Proximité de débouchés de commodités :
• Peu d’opéraIons de traitement du grain et donc de transferts/allotements.
• Possibilité de suppression du transport primaire (livraison directe au silo
portuaire).
!
CréaIon d’une structure de transport mutualisée entre plusieurs OS (camions neutres).
Nouveaux ouIls OAD de pilotage logisIque
Part des cultures sous contrat : meilleure planificaIon des semis et des récoltes et
réparIIon spaIale des variétés en foncIon de la proximité des silos et des ouIls de
transformaIon.
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expéditeurs. Ce coût pondéré est une moyenne de la diversité des iInéraires de stockage en France.
La désagrégaIon de ce coût moyen est proposée dans le graphique ci-dessous.
!
Figure 2: ven5la5on du coût moyen du stockage en OS, en €/t (hors séchage)
La main d’œuvre représente environ un Iers du coût de stockage9 . L’énergie concerne principalement
de la venIlaIon et des mouvements de céréales. Les charges d’amorIssements et d’entreIen/
maintenance dépendent beaucoup de l’état du parc de silo, mais globalement les niveaux
d’amorIssements relaIvement faibles soulignent un parc bien amorI mais assez vieillissant. La
catégories « Divers » comprend les taxes, assurances, frais financiers et les ressources humaines
(« management fees ») liés à la gesIon de la structure.
Concernant les amorIssements, ceux-ci vont bien sur être liés au niveau d’invesIssement sur de
nouvelles infrastructures, mais aussi à la durée d’amorIssement choisie qui est souvent longue. Les
OS interrogées évoque pour leurs silos, un coût variant de 150 à 400 €/t logée, suivant surtout les
équipements choisis (notamment selon les équipements de traitement du grain, mais surtout sur les
éléments permetant d’avoir un débit de chargement élevé). Les coûts d’invesIssement pour les silos
portuaires sont le plus souvent autour de 400 €/t logée.
Le coût du stockage est très dépendant de la capacité de l’OS à augmenter le nombre de rotaIons sur
ces ouIls de stockage, notamment sur ses silos d’expédiIons. Il é été difficile de récupérer des
informaIons précises à ce sujet pendant les entreIens mais les quelques taux de rotaIons transmis
sont synthéIsés dans le graphique ci-dessous. Ce dernier montre que le nombre de rotaIons est
très variable et qu’il est très difficile de généraliser. Dans l’ensemble, les silos embranchés fer et
fluvial connaissent des taux de rotaIons plus importants, mais le graphique montre aussi une
excepIon10 . Les silos non-embranchés sur des modes massifiés connaissent généralement des taux
de rotaIons de 1-1,5/an.
9 Ce coût a été difficile à esImer car il est difficile pour les OS de disposer de clés de réparIIon pour la main
d’œuvre desInée aux ventes d’approvisionnements.
10Cas d’un OS qui centralise la majorité de sa collecte sur un silo fluvial de très grande capacité, avec un taux de
rotaIon de 1,3 seulement.
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Figure 3: taux de rota5ons rapportés par les OS interrogés, en €/t (hors séchage)
11 Les ouIls de comptabilité analyIque ne permetent pas facilement d’isoler le coût de gesIon des
plateformes dans le coût total du stockage. Il a donc été difficile d’obtenir des chiffres précis et les valeurs
présentées doivent être considérées comme exploratoires.
12 Si les coûts à la tonne traitée sont ramenés à la tonne commercialisée (toutes les tonnes commercialisées ne
transitent pas par des plateformes), le coût moyen de passage dans les plateformes temporaires varie de 1,5 à
5,5 € selon l’OS.
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Ne_oyage 1-1,5 €/t Taux de freinte moyen : 1%. Plus le produit est onéreux, plus la freinte
consItue un coût significaIf. Ce dernier point est parIculièrement prégnant
en mode de producIon biologique, où la perte de poids sur des maIères
premières à prix haut est un enjeu, renforcé par un besoin de netoyage
souvent plus fort. La hausse de la demande sans insecIcide de stockage
accroit aussi le besoin de netoyage.
Triage op5que 5 à 10 €/t Les trieurs opIques sont couramment uIlisés dans le domaine des récoltes
spéciales pour les meuneries et des moulins, notamment en bio. Meilleur
ouIl de triage mais demande une formaIon du personnel. Très coûteux, son
usage ne peut être amorI qu’avec des gros volumes de graines à trier. Ce coût
de 5 à 10 € rapporté par quelques opérateurs n’est probablement pas
représentaIf et surement largement sous-esImé. Même s’il s’agir de prix et
non de coûts, il semblerait que certains OS facturent à des prix bien
supérieurs à 5-10 € (jusqu’à un facteur 10), notamment en bio.
Séchage 14 à 19€/t selon les OS, en Forte variabilité inter-annuelle (de 5 à 35€ selon le taux d’humidité). Coût
moyenne lissée sur 5 ans moyen de 1,6€/t évaporée (0,93 à 2,3€/t)
Ven5la5on 0,6 – 0,7 €/t commercialisée Paliers de venIlaIon de plus en plus difficiles à ateindre, en raison de la
en moyenne. hausse de la fréquence des nuits chaudes en période de canicule (impact du
changement climaIque).
Réfrigéra5on 0,5 €/t sur un invesIssement Procédé encore en phase de test chez la plupart des OS interrogés.
amorI et avec de forts effets
Performances économiques améliorée par l’uIlisaIon d’électricité en période
volumes
creuse (été).
>4€/t sur des
Permet de baisser la température pour ateindre plus rapidement le premier
invesIssements récents et
palier de température, de plus en plus difficile à ateindre en raison de la
non amorIs.
mulIplicaIon des nuits >20°C.
Désinsec5sa5on 0.5-1 €/t traitée. Dépend de la qualité du grain et donc de l’année, de la région, etc .
chimique
5 € sur du curaIf (manip’ de
transfert, isolement du lot).
Calibrage des orges 2-3 €/t traitée Pour les orges de brasserie principalement.
Tableau 1: synthèse des coûts unitaires pour les différentes opéra5ons de traitement du grain.
Les acteurs interrogés au cours de l’étude font part de fortes variaIons de l’importance du stockage à
la ferme dans la collecte en foncIon des zones (10-15% de la collecte à 55% y compris pour des
coopéraIves). Dans certaines régions, le parc d’infrastructure de stockage à la ferme se développe
sous l’impulsion de plans de financement régionaux qui souIennent des toitures photovoltaïques.
Selon une enquête Arvalis/BVA réalisée en 2017, près de la moiIé des agriculteurs (47%) disposent
d’une capacité de stockage – avant tout des cellules métalliques rondes mais également des hangars
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de stockage à plat13. L’intenIon de s’équiper au cours de deux prochaines années est de 5%. La
capacité de stockage moyenne est de 579 t avec des plus grandes capacités de stockage en hangar à
plat qu’en cellules métalliques rondes. ¾ des stockeurs interrogés possèdent au moins un système de
venIlaIon. Les cellules métalliques rondes sont plus largement équipées (86%) que les hangars de
stockage à plat (60%) et que les autres types de stockage (40%). Le blé est très majoritairement
stocké (62% des volumes) loin devant le maïs (13%) et l’orge (12%).
La durée moyenne de stockage des récoltes est de 7,6 mois quelle que soit la culture - une durée plus
élevée pour les possesseurs de cellules métalliques rondes
25% des agriculteurs disposant d’une capacité de stockage sont équipés pour netoyer le grain – le
netoyeur séparateur est le plus largement diffusé (19%).
Par ailleurs, l’équipement en séchoir à grain est faible (10%).
Pour des installaIons individuelles, la plupart des stockeurs à la ferme commercialisent une
proporIon importante voire la totalité de leur récolte via leur OS habituel. Certains agriculteurs ont
parfois invesI sur des installaIons plus importantes pour mutualiser des capacités de stockage (sous
forme de CUMA ou de GIE. D’autres vont jusqu’à invesIr seul dans des capacités importantes (ex :
2 000 t logées) pour réaliser de la prestaIon pour Iers (y compris pour des OS importantes). Ils
deviennent à ce moment-là des OS à part enIère.
La mo5va5on principale pour un invesIssement en capacité de stockage sur l’exploitaIon citée par
les céréaliculteurs interrogés est la souplesse offerte par le stockage en ferme, notamment par
rapport aux horaires d’ouverture et l’engorgement des infrastructures de la coopéraIve pendant la
récolte. En second temps, les exploitants considèrent que le stockage à la ferme représente un
intérêt économique notable. Les primes de stockage d’une part, et la souplesse sur les choix de mise
en marché, et donc de rémunéraIon potenIelle, sont perçues comme des arguments moIvants en
faveur de l’invesIssement dans des capacités de stockage sur l’exploitaIon.
En termes d’organisaIon du travail, le stockage sur l’exploitaIon semble mobiliser un temps de
travail rela5vement réduit pour la plupart des exploitants, qui intègrent la surveillance de leurs silos
et le déplacement des venIlateurs dans la rouIne de leur exploitaIon, intégraIon parfois favorisée
par la localisaIon des silos à proximité d’un atelier d’élevage par exemple. On constate cependant
que les invesIssements les plus récents intègrent des systèmes de surveillance de la température à
distance, ce qui permet d’opImiser la venIlaIon et diminue la contrainte de surveillance.
Si le temps dédié à la surveillance et la gesIon des céréales stockées sur l’exploitaIon est
globalement considéré comme peu élevé au regard des incitaIons économiques au stockage sur
l’exploitaIons, certains céréaliculteurs considèrent qu’il serait opportun de favoriser les exploitaIons
réalisant un stockage de qualité, par exemple via une gradaIon des primes de stockage en foncIon
de la qualité des grains livrés. Cete réflexion est à metre en regard des risques du stockage à la
ferme perçus par les agriculteurs. En effet, la présence d’insectes dans un lot de céréales entraîne
une pénalité potenIellement importante (3 à 4€/t cités), voire le retour du lot à l’exploitaIon au frais
de l’exploitant en cas de commercialisaIon en direct. Ce « risque insecte » est notamment de plus en
plus prégnant au regard de l’augmentaIon des températures, qui entrainent des difficultés pour
ateindre les paliers de température.
Selon les zones géographiques, certains exploitants développent également des marchés spécifiques
avec des OS, par exemple pour des semences ou des filières qualité (blés améliorants, colza de
qualités spécifiques), grains généralement stockés à plat venIlé. Ces lots sont généralement stockés à
plat du fait de leur taille réduite, et de leur temps de stockage également réduit (3 mois maximum).
13 Selon les avis collectés pendant les entreIens, les équipements des agriculteurs sont en général beaucoup
plus rudimentaires, avec peu ou pas de venIlaIon. Dans l’ensemble, les retours terrain montrent des
infrastructures plus basiques que celles reportées dans l’enquête BVA.
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Le coût de stockage de céréales sur une exploitaIon se décline en trois composantes principales :
- L’amor5ssement des inves5ssements : invesIssement iniIal et invesIssements ultérieurs
pour entretenir ou améliorer les installaIons de stockage.
- Les charges liées au fonc5onnement des installaIons de stockage :
o ConsommaIon électrique des installaIons,
o Aucun exploitant interrogé ne réalise de traitement de désinsecIsaIon dans ses
installaIons de stockage. La principale opéraIon d’entreIen annuel praIquée est un
netoyage complet des installaIons de stockage, le coût de cete opéraIon se
retrouve donc dans le temps de l’exploitant dédié au stockage des céréales,
- Le temps du ou des chefs d’exploita5on, mais aussi de salariés, dédié à la manipulaIon,
l’entreIen et la surveillance des installaIons de stockage. Ces temps sont rarement valorisés
ou pris en compte au niveau de l’exploitant.
Au niveau des amor5ssements et donc des inves5ssements, les variaIons peuvent être très
importantes, notamment selon le type d’installaIon, avec des stockages à plat très peu onéreux
(mais demandant plus de manipulaIons) et des installaIons dotées de traitement du grain.
En coût d’invesIssement, pour un stockage « simple », venIlé à fond plat, on peut retenir le chiffre
de 100 à 125 €/t en invesIssement14, dont :
• Silo lui-même : 30%
• Matériel : 30%
• Montage : 20%
• VRD : 20%
Si on prend une durée d’amorIssement de 10 ans ou 15 ans, on peut retenir le chiffre de 6,7 à 10 €/t.
Ces coûts à la tonne logée vont dépendre des facteurs suivants :
• Type de silo (fond plat ou fond conique avec une structure porteuse plus importante)
• Capacité globale (effet taille) et nombre de cellules (1 cellule de 500 t est plus couteuse que 2
cellules de 250 t)
• De taux d’autoconstrucIon (pour les VRD) : +/- 20 €/t
• De la durée d’amorIssement (10 à 15 ans)
• De l’équipement envisagé : + 60 à + 80 €/t (fosses de récepIon, un calibreur, un netoyeur….
En bio, cela conduit à doubler l’invesIssement (300 €/t), soit 20 €/t sur 15 ans.
En termes de charges d’exploitaIon, les principaux postes sont liés aux dépenses énergéIques et à la
maintenance de l’installaIon. Les coûts énergéIques (hors séchage) sont limités (pas de transilage et
peu de travail du grain pour la plupart des installaIons) et ne sont parfois pas mesurés par les
agriculteurs. Le tarif de l’abonnement électrique va influer sur le prix. Pour ce type de dépense
énergéIque, on peut retenir l’intervalle de 0,4 à 0,7 €/t. Pour la maintenance, celle-ci est
généralement limitée, notamment si l’équipement est sommaire. Ces coûts de maintenance et
d’entreIen peuvent comprendre le remplacement de pièces plus « fragiles » comme des vis sans fin
Enfin, en termes de valorisaIon de temps de travail (que ce soit des charges salariales ou du temps
de l’exploitant valorisé), l’esImaIon reste délicate. En effet, la percepIon du temps passé à la
surveillance du silo est très variable selon les exploitants, variant de 10 à 35 h par campagne
maximum. A cela s’ajoute les coûts de chargement et de déchargement en cas de stockage à plat. Au
global, on peut esImer que ces coûts de main d’œuvre, si on les valorise à 20 €/h (chargés)
représentent 0,5 à 1,4 €/t.
Il est également possible d’évaluer les coûts de séchage pour des exploitants disposant de cellules
sécheuses. Là aussi, les coûts sont mulIfactoriels (ouIl amorI ou non, taille de la structure, volumes
et taux d’humidité variable d’une année sur l’autre, etc…). Si l’on prend un exemple pour une cellule
sécheuse de 149 t pour 600 t de maïs, pour passer de 30 à 15% d’H%, les coûts de séchage ramenés à
la tonne de produit sèches sont de 19,3 €/t (hors MO et charges de structure) soit 1,29 €/t par point
d’humidité, avec la décomposiIon suivante pour les principaux postes :
• Electricité : 1,2 €/t
• Gaz : 11,14 €/t
• AmorIssement : 6,7 €/t (sur 15 ans)
Il existe également des formes alternaIves à ces infrastructures nécessitant du génie civil :
• Le « stockage » précaire de courte durée, sur une plateforme chez l'agriculteur, durant 3 à 4
semaines, mais qui va fortement dépendre des condiIons climaIques. Cete soluIon permet
de s’affranchir à la livraison à un silo de collecte, et ne modifie pas les rapports commerciaux
entre l’OS et l’agriculteur.
• Le stockage en « silo bags » (qui est une autre forme de « stockage à la ferme »).
!
Crédits Photographiques : vidéo C2S, Stockage en silo bâche Thierart
Le stockage en boudin coute entre 5 et 8€/t selon les retours des opérateurs enquêtés
(invesIssement, main d’œuvre et recyclage). A noter que ce dernier mode de conservaIon, très
uIlisé en ArgenIne et dans certains pays est-européens, présente :
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• Des avantages indéniables : très bonne qualité de conservaIon qui s’effectue en anaérobie
(sans venIlaIon ni insecIcides), coût d’exploitaIon relaIvement faible (rendements
nominaux de 80 à 100 t/h), invesIssements réduits, bonne adéquaIon pour la bio par
exemple ;
• Mais aussi des inconvénients : risque accru par rapport aux rongeurs et aux oiseaux,
immobilisaIon de foncier (plate-forme de mise en boudin + stockage en bout de champ :
environ 1 m2/t), matériel de reprise à prévoir, producIon de déchets plasIques
Quoi qu’il en soit, la posiIon des OS vis-à-vis du stockage à la ferme, quelle que soit sa forme, reste
hétérogène entre un « mal nécessaire » ou « opportunité pour gagner en compéIIvité ».
Les avantages et inconvénients du stockage à la ferme sont résumés dans le tableau suivant :
AVANTAGES
Pour l’OS : Pour l’agriculteur :
• RéducIon des invesIssements pour l’OS • Suppression du coût du premier km
• Lissage possible des livraisons, réducIon des • Absence d’atente ou de dépendance
goulots d’étranglement, réducIon du besoin par rapport aux horaires d’ouverture
instantané de flote de camion de collecte
• Baisse du coût de collecte (selon le montant des • Meilleure maîtrise de la
primes de stockage versées) avec des transports commercialisaIon
directs et une réducIon des coûts d’exploitaIon
• Primes de stockage praIquées par
• Plus grande capacité pour faire des allotements les OS potenIellement intéressantes
INCONVENIENTS
Pour l’OS : Pour l’agriculteur :
• Des cahiers des charges industriels qui refusent • Une responsabilité plus importante
des grains issus de stockage à la ferme (notamment au niveau financier) post-
récolte (risque insecte)
• Coûts de traitements curaIfs plus élevés
(désinsecIsaIon, triage opIque…) • Nécessite un invesIssement
technique et financier
• Une grande variabilité du parc et de la compétence
des agriculteurs : une plus faible maîtrise de la • Réduit les rentrées de trésorerie après
qualité de stockage… et des grains la moisson
• Plus faible maîtrise de la commercialisaIon et de
la planificaIon des livraisons
Face à ces difficultés, certains OS qui s’appuient sur le stockage à la ferme ont fait le choix de mieux
accompagner les agriculteurs dans l’amélioraIon de leurs praIques de stockage (par du conseil, de la
formaIon) et/ou renforcer leurs capacités d’analyse en récepIon, voire de traitement du grain.
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Des réflexions pourraient également avoir lieu à l’échelle de la filière pour metre en place, au niveau
de l’interprofession, une démarche de progrès par paliers pour qualifier le niveau de performance de
ce stockage, en s’appuyant sur le référenIel norme NF V30-00115 développée par ARVALIS.
15 Norme NF V30-001 « Céréales à paille et maïs – Bonnes praIques de culture et de stockage à la ferme ».
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Nécessité de séchage, obligatoire pour le maïs et fréquente pour les autres céréales au
nord de la Seine.
Traitement du grain poussé (nouveaux cahiers des charges ou maIère première « sale »)
Capacité de chargement importante (invesIssement conséquent)
Poids spécifique de de la céréale (plus il est faible, plus le coût augmente à la tonne).
Faible PS de l’orge.
InadéquaIon entre la taille importante des cellules et la segmentaIon nécessaire à la
gesIon des cahiers des charges.
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⦿ Le trafic céréalier du port de Bordeaux connaît également de fortes variaIons d’une année sur
l’autre, avec une tendance globale en forte baisse au profit notamment du port de La Rochelle.
!
EvoluIon des trafics céréaliers (hors alimentaIon animale) depuis 2000 par port et par campagne céréalière
(source : l’Etoile de Normandie)
2.2.5.3. Acheminement
Les parts modales sur les préacheminements céréaliers sont très différentes d’un port à l’autre mais
le mode rouIer reste globalement majoritaire.
Néanmoins, le port de Rouen se disIngue par une bonne desserte fluviale, qui permet
l’acheminement de près d’un quart du total des marchandises traitées sur le port. Le mode ferroviaire
représente 6% des trafics selon le rapport annuel du port.
Le port de La Rochelle bénéfice d’une bonne desserte ferroviaire et profite d’une part modale du fer
de 15% sur l’ensemble de ces trafics et de 33% pour les flux de céréales, grâce notamment à la mise
en place d’un Opérateur Ferroviaire de Proximité (OFP), ayant permis de booster les trafics.
!26
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Rapport final
!
Source : Transporteca
Pour les silos portuaires français, leur prestaIon moyenne de coût de mise à FOB est d’environ 5 €/
tonne16, ce qui les place parmi les plus compéIIfs au niveau internaIonal17 . Concernant le FOBING
pour les silos fluviaux, il s’élève plutôt à 2,5€/t.
Ces coûts varient en foncIon de chaque port, mais aussi de chaque opérateur selon la poliIque
commerciale praIquée. Ils comprennent le stockage et traitement du grain dans les silos portuaires
(passage dans le silo), le chargement, les frais liés aux douanes, les contrôles, les droits de port…Les
deux coûts unitaires les plus importants sont liés :
• Au coût du passage par le silo portuaire (qui connaît généralement un nombre important de
rotaIons annuelles, de 8 à 12)
• Aux redevances payées aux ports (pour des navires de type Handysize, vraquier de 15 000 à
35 000 t) :
o DDPM18 : 0,3 à 0,4 €/t
o DDPN19 : 0,6 à 0,96 €/t
Ces coûts sont d’environ 4 à 5,5 €/t sur Caen, 4,5 à 5 €/t sur La Pallice, 5 à 5,5 €/T sur Rouen et 2,5 €/t sur la
16
Moselle.
17 Morvan, « Filière céréalière française: construire une stratégie d’exportaIon ».
18 Redevance pour les Marchandises
19 Redevance pour les Navires
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! !
20Chaque rupture de charge peut engendrer un coût supplémentaire d’environ 1-3 euros, voire 6-6 euros si cela
engendre un transport rouIer supplémentaire (ordre de grandeur selon nos esImaIons).
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⦿ Stockage à la ferme
Il permet un lissage des livraisons (réducIon du besoin instantané de flote de camion) et limite
les phénomènes d’engorgement des silos. Il peut être un moyen d’opImiser et de limiter les
centres de collecte temporaires, afin que les grains aillent directement de l’exploitaIon agricole
vers un silo performant. Enfin, il augmente la capacité d’allotement. En revanche, il peut
présenter des inconvénients en termes de garanIes de qualité (voir précédemment).
21 htps://www.terre-net.fr/materiel-agricole/recolte-fenaison/arIcle/avec-le-transbordeur-ils-sont-passes-au-
haut-debit-pour-leur-logisIque-recolte-208-91451.html
22 htps://www.farm-connexion.com/2019/03/11/perard-silo-express-un-silo-tampon-mobile-pour-redonner-
de-la-compeIIvite/
23 htp://lorient.port.fr/actualites-port-lorient
24 htps://www.terre-net.fr/materiel-agricole/recolte-fenaison/arIcle/thierart-c2s-le-stockage-en-silo-
bache-208-147502.html
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Rapport final
25Archer Daniels Midland (ADM), Bunge, Cargill, Dreyfus (Louis) se partageraient 80% du marché des céréales
(voir arIcle htp://www.agra.fr/comment-les-g-ants-du-n-goce-se-renouvellent-art456932-2496.html), même si
leur stratégie est en train d’évoluer vers de l’intégraIon verIcale.
26Pour des acteurs interrogés, la France n’est qu’un « tas de blé » qui a pour principale qualité d’être le plus
souvent disponible et alimenté de manière régulière (sécurité d’approvisionnement).
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Rapport final
• Concentra5on des flux sur des sites moins nombreux mais plus performants, notamment des
ouIls de stockage à haut débit et avec des taux de rotaIon importants (cf. paragraphes
précédents). Notons que les potenIels d’opImisaIon de parc varient grandement d’un OS à
l’autre.
• Organisa5on spa5ale des variétés en foncIon de la proximité des marchés ou du silo agrégateur.
Sur ce dernier point, il doit être noté que le regroupement des variétés sur un territoire plus
concentré peut entraîner une plus forte vulnérabilité aux aléas climaIques et à la pression des
ravageurs des cultures.
• AdaptaIon des horaires et réducIon des durées d’ouverture des plateformes (ce qui peut
dépendre des habitudes régionales et des contextes climaIques)
• InvesIssement dans des silos plus comparImentés, étanches et automaIsés (exemple : fonds
vibrants), ce qui permet un gain de main d’œuvre
• FormaIon des responsables de silos pour mieux maîtriser la qualité du grain (ce qui peut éviter
de praIquer une désinsecIsaIon curaIve par exemple si le silo est bien géré).
⦿ Réduc5on des coûts fixes
• Stockage low-cost (silos bags pour les agriculteurs, et temp storage (stockage sur plate-forme
sous bâche)
• ConcentraIon du traitement sur des usines à grains, en réduisant sensiblement le parc de silos
« mixtes » (qui font de la collecte et du travail du grain, en étant de peIte taille).
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Rapport final
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EvoluIon du transport intérieur de marchandises par mode (Source : SDES, CCTN 2018)
De l'avis des acteurs de la filière, le marché céréalier français n’est pas épargné par les tendances
générales du fret terrestre naIonal. Cete prédominance du mode rouIer se fait également ressenIr
pour le transport de céréales et la tendance s’est même accentuée ces dernières années.
• Les termes kilométriques, qui intègrent les postes de coûts proporIonnels aux distances
parcourues (Énergie, pneumaIque, …)
• Les termes horaires, relaIfs au temps d’exploitaIon des véhicules (Salaire, frais de déplacement,
…)
• Les termes journaliers, qui regroupent les coûts fixes temporelles, quel que soit la durée
d’exploitaIon du moyen de transport (AmorIssement véhicules, assurance, taxes, …)
A Itre indicaIf, une analyse de la réparIIon des différents postes de coûts par mode a été réalisée
sur une trajet type d’environ 400 km, en prenant comme hypothèse des flux directs site à site pour
les modes alternaIfs, sans surcoût lié à un acheminent rouIer vers/depuis une plateforme
intermédiaire.
L’analyse a également été réalisée sur la base d’hypothèses de matériel roulant.
Route : Benne céréalière 44 tonnes
Fer : Train d’une capacité de 1 000 tonnes
Fluvial peIt gabarit : Automoteur type CDN « Canal du Nord » d’une capacité de 500 tonnes
Fluvial grand gabarit : Bateau de type RHK (Rhein-Herne Kanal) d’une capacité de 1500 tonnes
!
VenIlaIon des coûts pour le transporteur (source : Systra)
Il est important de noter que les réparBBons peuvent sensiblement varier en foncBon des hypothèses
de trajet (temps de parcours, distance de parcours, type de matériel roulant). Les résultats de
l’analyse précédente ne reflètent donc pas la venBlaBon des coûts pour chaque trajet, mais
permeYent de dégager certaines tendances propres à chaque mode :
⦿ Le principaux postes de coûts du mode rou5er sont les salaires, l’énergie ainsi que
l’amorIssement des véhicules. La part du poste carburant devient plus importante sur les trajets
plus longs, au profit notamment d’une réducIon du poids des coûts salariaux et des coûts fixes.
⦿ Au même Itre que le mode rouIer, les principaux postes de coûts du fluvial sont les salaires, les
coûts d’amorIssements ainsi que le carburant. On constate également une augmentaIon de la
part des coûts salariaux en foncIon du type de bateau, qui s’explique notamment par une
!33
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Rapport final
!
Indice d’évoluIon des prix de transport par mode (source : INSEE, CNR)
Les modes ferroviaire et fluvial ont connu une forte augmentaIon des prix au début de la décennie,
avant de diminuer entre 2014 et 2016, puis de se stabiliser ces dernières années.
Dans le même temps, le mode rouIer a été moins impacté par l’augmentaIon des tarifs à parIr de
2010 et a même connu une diminuIon importante entre 2013 et 2015. Cete tendance s’explique
notamment par les distorsions de concurrence alimentée par le coût de travail inégal des chauffeurs
rouIers de l’est de l’Union Européenne.
27 Origine-DesInaIon
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Rapport final
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Rapport final
⦿ Le mauvais état du réseau fluvial et des infrastructures, parIculièrement des capillaires fluviaux
peIt gabarit sur plusieurs bassins notamment la Marne. Le vieillissement des écluses engendre
également de nombreux blocage/immobilisaIon du trafic, la maintenance de l’infrastructure
représente un surcoût croissant, directement répercuté sur le prix des péages et donc sur les
uIlisateurs du réseau.
⦿ Le mode fluvial fait également face à une diminuIon de l’offre fluvial, composée en grande parIe
d’une flote de bateaux vieillissants. L’Age moyen du personnel navigant est élevé et le
renouvèlement n’est pas assuré à court terme. Ce constat est parIculièrement impactant sur
certains bassins. Actuellement, 3000 bateaux fluviaux sont uIlisés en France pour le transport de
marchandises, dont seulement 50% sous pavillon naIonal. La quesIon de la disponibilité des
flotes influe ainsi directement sur le prix à la vente. De plus, les chanIers du Grand Paris Express
risquent de capter une grande parIe de la flote sur le bassin de la Seine, ce qui devrait induire
une sous-capacité pour le transport de céréales et une augmentaIon des prix.
Pour répondre à ces différentes problémaIques, VNF a lancé une série de programmes et d’acIons
dans l’objecIf de développer le mode fluvial, de répondre aux problémaIques de vieillissements des
bateaux et de pénurie de bateliers. Il s’agit également de proposer un matériel flotant plus
performant, plus capacitaire avec une motorisaIon moins énergivore.
⦿ VNF parIcipe au financement et à la régulaIon de la flote et suit la situaIon financière des
bateliers, à travers notamment :
• Le programme PAMI (Plan d'Aide à la ModernisaIon et à l'InnovaIon) qui contribue à
l’innovaIon et au financement pour le renouvellement de la flote à hauteur de 3 M€/
an sur 5 ans.
• Le programme PARM (Plan d’Aide au Report Modal) qui accompagne les entreprises
souhaitant intégrer la voie d’eau dans leurs chaînes logisIques.
• Le programme MULTIREGIO qui a pour vocaIon de contribuer au renforcement de la
flote peIt gabarit, en nete diminuIon ces dernières années (800 bateaux Freycinet
en 2000 contre 250 en 2018)
• En parallèle, VNF finance et parIcipe à l’élaboraIon d’étude de faisabilité et d’essais du
schéma logisIque fluvial. VNF propose également une subvenIon d’aide à
l’embranchement, sous condiIon d’un objecIf de tonnage à respecter.
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Rapport final
2.5. Synthèse des facteurs d’évolution des coûts et leviers d’optimisation (leviers
externes)
Le secteur du transport de céréales se trouve à une période charnière de son développement.
Maillon de la chaîne céréalière et aussi sujet à une compéIIon féroce, les acteurs du transport se
doivent également d’accompagner ces efforts et de renforcer leur vigilance sur les facteurs externes
d’évoluIon des coûts.
L’analyse ci-après synthéIse ces principaux facteurs d’évoluIons des coûts de transport par mode et
par catégorie (infrastructures, matériel, énergie, …). Ces données sont notamment issues des
informaIons récoltées au cours des entreIens avec les acteurs concernés, mais également d’études
précédentes réalisées sur le sujet.
!
Tableau 2 : Synthèse des facteurs externes d’évolu5on des coûts
Sans quanIfier l’effet de chaque élément sur l’évoluIon du coût de transport, il est tout de même
intéressant de constater que globalement il existe plus de facteurs d’augmentaIon des coûts que de
facteurs d’allègement.
Au premier abord, on peut également constater que les facteurs entrainant une réducIon concernent
en grande parIe des amélioraIons techniques (notamment sur le matériel de transport), qui
nécessite un besoin en invesIssement.
Dans le même temps, les facteurs d’alourdissement des coûts sont principalement liés à une
dégradaIon de l’offre existante, que ce soit en termes d’infrastructure, de matériel de transport ou
même de personnel.
Dans ce contexte, de nombreux leviers d’opImisaIon des coûts de transport ont été idenIfiés au
cours des analyses et entreIens réalisées auprès des acteurs du transport de céréales. L’ensemble
des leviers sont présentés dans le tableau suivant :
!39
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Enjeu
Secteur Leviers d’op5misa5on Responsabilité
économique
!40
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Rapport final
modes
ConteneurisaIon des céréales :
opImisaIon des schémas logisIques pour
Chargeurs A évaluer
les marchés de niche ou les produits à plus
forte valeur ajoutée
!41
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Etude des coûts logist
!42
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Etude des coûts logist
! !
Figure 4: cartographie des données Etats 2 pour les 3 principales céréales françaises, et indica5on des flux pour lesquels
une ven5la5on des coûts a té réalisée.
!43
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Etude des coûts logist
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Blé
Maïs
"filières",
Blé Blé Blé export, Orge de Blé
avec cahier Blé
Marché tendre tendre tendre pour brasseri meunier/ Blé dur Maïs
des FAB
export FAB export l’alimentaI e industriel
charges
on animale
spécifique
Port de
La
Des5na5o Port de Bretag Industriels Espagne Belgiq Belgiqu Italie du
Rochell Belgique Roterdam
n Rouen ne naIonaux (Aragon) ue e Nord
e
Pallice
Zone de
Zone faible
de densité,
Densité Densité Zone de
forte Zone Zone 10% avec des
intermédiai intermédiai densité
densité de de de SF contraintes
Caractéris re, fortes re, forte,
, densité densité Silo Zone de topographi
5ques contraintes transport concentrée
courtes interm interm expédi densité Zone de ques (fonds
collecte et d'alloteme de maïs à géographiqu
distanc édiaire édiaire Ion intermé densité de vallées,
stockage nt Passage 25% ement entre
es. à forte. à forte. perfor diaire à intermédi etc.).
(dont SF par silos d'humidité Rhin et
March SF SF mant forte, aire, 20% SF quasi
pour satellites, à sécher. Vosges.
é de relaIve relaIve avec 20% de de SF. nul.
« Stockage sans Rupture de Silos
commo ment ment 7-8 SF. Contraintes
Ferme ») insecIcides charge expéditeurs
dités, répand répand rotaIo d’alloteme
SF quasi générée par embranchés
allotem u (30%) u (30%) ns nt et de
nul. le séchage. sur le Rhin.
ent traitement
réduit. du grain.
Parts
modales RouIer Fer RouIer RouIer RouIer Fluvial Fluvial RouIer Fer Fluvial
expédi5on
Tableau 4: principales caractéris5ques des flux typiques dont le coût logis5que a été recons5tué
!44
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Etude des coûts logist
!
Figure 5: recons5tu5on des coûts logis5ques par étape logis5que
!45
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Rapport final
La collecte et la consolidaIon de données réalisées pour collecte, stockage, fobing et pour les 3
principaux modes de transport ont permis de reconsItuer les coûts logisIques pour les principaux
flux typiques sélecIonnés. Cete synthèse est représentée sur le graphique page précédente. Cela
montre que le coût global varie de 20 à 50€ selon l’iInéraire logisIque.
Afin de vérifier la cohérence de ces reconsItuIons de coûts logisIque avec le marché, les écarts de
prix entre FOB et Départ Ferme ont été étudiés (cf. graphique ci-dessous). Avec un écart de prix
moyen de 23,5 €/t pour Rouen et 27,5 €/t pour la Pallice, et sachant que les OS ne margent que très
peu sur leurs acIvités de collecte, les coûts logisIques présentés semblent totalement cohérents
avec les écarts de prix observés sur le marché.
60
45
Différence €/t
30
15
0
7/2005 7/2006 7/2007 7/2008 7/2009 7/2010 7/2011 7/2012 7/2013 7/2014 7/2015 7/2016 7/2017 7/2018
! Différence FOB - Départ ferme (Rouen) Différence FOB - Départ ferme (La Pallice)
Figure 6: différence entre prix départ ferme et prix FOB pour les ports de Rouen et La Rochelle-La Pallice
Afin de s’assurer de la perInence des coûts présentés, le graphique de synthèse des coûts par flux a
aussi été mis en débat au cours des ateliers de réflexion organisés avec les OS. Les représentants de
ces derniers ont validé la cohérence des chiffres présentés, et ont souligné leur perInence
pédagogique pour montrer que les OS font des efforts d’adaptaIon au marché en foncIon de leur
localisaIon, mais aussi pour expliquer l’importance du coût de la logisIque dans le commerce du
grain. Il a été rappelé les augmentaIons de coûts à venir, notamment sur les amorIssements pour la
modernisaIon des ouIls de stockages vieillissants et en parIe inadaptés aux nouveaux marchés.
Enfin, les parIcipants ont partagé le même constat sur le fait qu’avec la séparaIon des acIvités
d’appro et de collecte, la hausse de l’importance du « sans-insecIcide », la plus grande segmentaIon
de l’offre et de la demande, la profession doit affronter un nouveau paradigme.
Si l’on s’intéresse à la décomposiIon par poste de coût (figure ci-dessous), on s’aperçoit en effet que
les amorIssements sont relaIvement faibles et ne peuvent qu’augmenter. Les invesIssements
nécessaires28, pour répondre aux nouvelles exigences et à la diversité des nouveaux marchés,
viendront fortement renchérir ce coût. De même, le tableau 5 montre l’importance de la main
d’œuvre dans les acIvités logisIques et la sensibilité de certains flux typiques à une hausse du coût
de l’énergie.
28 Par exemple, il faut compter 250 € d’invesIssement par tonne de capacité pour un silo récent, soit 10 €
d’amorIssement par tonne commercialisée si amorI sur 25 ans, ou encore 5 € par tonne commercialisée sur 25
ans si 2 rotaIons sont effectuées sur ce silo.
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Etude des coûts logistiques de la chaine céréalière française
Rapport final
0% 30 % 60 % 90 % 120 %
! Main d'œuvre Energie AmorIssements Autres coûts FOBing
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Rapport final
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Etude des coûts logistiques de la chaine céréalière française
Rapport final
L’analyse des résultats des test de sensibilité aux variaIons des postes de coût permet ainsi de
dégager certains constats sur l’impact de chaque mesure par mode.
⦿ On peut ainsi constater que le mode rouIer est plus sensible aux variaIons du prix du carburant
que le fluvial et surtout le ferroviaire, qui semble peu impacté par une explosion des coûts de
l’énergie, qui ne représente pas un poste de coût important sur le train.
⦿ Concernant le test sur les effets pénurie de personnel de conduite/navigaIon, le mode fluvial est
le plus impacté par une évoluIon importante des coûts de personnel, le transport rouIer est
également sensible à ces variaIons. Le fer est moins touché par l’effet d’une augmentaIon
importante des coûts, du fait que le poste de coût occupe une part plus faible sur le coût total,
mais également du fait que la pénurie de conducteur de train semble moins importante.
⦿ De même, une augmentaIon du coût du matériel roulant impacte de façon plus importante les
coûts de transport ferroviaire. L’effet de l’augmentaIon des coûts de matériel de transport sur les
prix du mode fluvial et du mode rouIer est à peu près équivalent.
⦿ L’augmentaIon des coûts de péage a relaIvement peu d’impact sur le coût de transport rouIer,
au contraire du mode ferroviaire où le poste de coût péage a une part plus importante. L’effet est
par ailleurs plus important pour les modes alternaIfs à la route car les coûts de péages
augmentent plus rapidement, du fait des coûts de remise en état et de maintenance des
infrastructures associées.
!49
Etude des coûts logistiques de la chaine céréalière française
Rapport final
⦿ L’instauraIon d’une écotaxe pour les poids-lourds impacterait également les coûts rouIers à
hauteur de +5% à +10%.
⦿ L’effet d’une opImisaIon des retours à vide pourrait être important pour le transport ferroviaire
et fluvial. Cependant, l’impact chiffré dépend très fortement des objecIfs de retours à vide
ateint, on peut néanmoins noter que le coût de transport est relaIvement sensible aux
opImisaIons des chargements/remplissages.
3.4.2. Scénarios
Dans la conInuité des tests précédents et dans l’objecIf de décrire les possibilités d’évoluIon des
coûts de transport, plusieurs mesures ont été associées afin d’obtenir 3 scénarios crédibles et de les
comparer.
Scenario 0 « fil de l’eau » : EvoluIons tendancielles des différents postes de coût.
Scenario 1 : Mesures en faveur d’un développement des modes alternaIfs et donc en défaveur du
mode rouIer, qui comprend une mise en place à horizon 2022 d’une écotaxe pour les poids-lourds,
associée à une augmentaIon importante des coûts de l’énergie et de la main d’œuvre.
Scenario 2 : Mesures en défaveur des modes ferroviaire et fluvial et donc en défaveur du mode rouIer,
augmentaIon des coûts de péages et augmentaIon des coûts de matériel de transport.
L’intérêt de la démarche étant de couvrir les différentes possibilités, les associaIons ont été établies
de façon à obtenir pour chaque mode, un scénario avec une évoluIon tendancielle, un scénario avec
une évoluIon dégradée et un dernier avec une évoluIon opImisée des coûts.
Les scenarios ont été testés sur trois trajets type, qui sont actuellement réalisés par un des trois
modes de transport étudiés et sur des distances différentes. L’analyse a ainsi été réalisée sur un trajet
type route et sur deux flux typiques metant en concurrence le mode rouIer ainsi qu’un mode
alternaIf.
⦿ Un trajet type d’environ 400 km réalisé actuellement par la route et en concurrence avec le train
et la voie d’eau, qui se rapproche de plusieurs flux typiques étudiés.
⦿ Le flux typique de blé tendre entre la région Centre et la Bretagne, d’une distance supérieure à
500 km, actuellement réalisé en ferroviaire et qui fait face à la concurrence du mode rouIer.
⦿ Le flux typique de blé meunier entre le nord de la France et le port d’Anvers, sur une distance
inférieure à 300 km. Les marchandises sont actuellement transportées par la voie fluviale.
Les résultats des analyses sont présentés individuellement pour chaque cas de figure (Scénario x
Trajet type), afin de décrire de façon la plus exhausIve possible l’ensemble des évoluIons possibles.
Au-delà de quanIfier l’évoluIon des coûts sur chaque scénario, l’intérêt de la démarche réside dans
l’observaIon et la comparaison des tendances d’évoluIon de la compéIIvité économique de chaque
mode pour chaque opIon retenue.
!50
Etude des coûts logistiques de la chaine céréalière française
Rapport final
17,5
15,0
12,5
10,0
2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031 2033 2035 2037 2039 2041 2043 2045 2047 2049
27,5
25,0
22,5
20,0
2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031 2033 2035 2037 2039 2041 2043 2045 2047 2049
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Etude des coûts logistiques de la chaine céréalière française
Rapport final
Scénario fde: EvoluIon des prix à la tonne (€2019) du flux typique de blé meunier
Nord - Belgique
15,0
12,5
10,0
7,5
5,0
2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031 2033 2035 2037 2039 2041 2043 2045 2047 2049
Route Fer Fluvial
Initialement moins chère que les autres modes, la voie d’eau va garder un écart de prix avec ses concurrents et
ainsi maintenir sa compétitivité.
Dans le même temps, le mode routier, originellement moins cher que le ferroviaire, va subir une augmentation
plus marquée de ses prix que le train, qui devient plus compétitif que la route à horizon 2040.
22,0
18,0
14,0
10,0
2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031 2033 2035 2037 2039 2041 2043 2045 2047 2049
Route Fer Fluvial
Initialement le mode de transport le plus cher, le train va connaitre une croissance de ses tarifs plus faibles que
ses concurrents et ainsi devenir le mode le plus compétitif en 2040.
Les prix des modes routier et fluvial sont relativement équivalents au début de la période d’analyse. Cependant,
la route se détache du mode fluvial à partir de 2022, il connait en effet une nette augmentation de ses prix en
2022, lié à l’instauration de l’écotaxe poids-lourd, cet écart se maintient les années suivantes.
!52
Etude des coûts logistiques de la chaine céréalière française
Rapport final
42,5
35,0
27,5
20,0
2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031 2033 2035 2037 2039 2041 2043 2045 2047 2049
17,8
13,5
9,3
5,0
2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031 2033 2035 2037 2039 2041 2043 2045 2047 2049
!53
Etude des coûts logistiques de la chaine céréalière française
Rapport final
20,5
17,0
13,5
10,0
2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031 2033 2035 2037 2039 2041 2043 2045 2047 2049
32,5
25,0
17,5
10,0
2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031 2033 2035 2037 2039 2041 2043 2045 2047 2049
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Etude des coûts logistiques de la chaine céréalière française
Rapport final
Scénario 2: EvoluIon des prix à la tonne (€2019) pour le flux typique de blé meunier
Nord - Belgique
18,0
14,8
11,5
8,3
5,0
2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031 2033 2035 2037 2039 2041 2043 2045 2047 2049
D’une manière générale, il est important de noter que l’évoluIon tendancielle des coûts
d’exploitaIon joue plutôt en défaveur du mode rouIer sur le long terme, notamment du fait d’une
augmentaIon importante à venir des coûts de l’énergie et de la main-d’œuvre.
On peut ainsi observer que le mode ferroviaire parvient à maintenir ou augmenter sa compéIIvité
face au mode rouIer sur la longue distance, quel que soit le scénario retenu, également sur le plus
dégradé d’entre eux.
A contrario, le train ne parvient dans aucun des cas de figure sur les plus peItes distances à devenir
compéIIf face à ses concurrents, notamment le mode fluvial, qui demeure le mode le plus
intéressant sur courte distance.
L’analyse d’évoluIon des coûts d’exploitaIon des différents modes laisse donc penser à un
basculement sur le moyen terme d’une part de marché vers les modes massifiés (fer, fluvial) au
détriment de la route.
Cependant, il est important de metre en perspecIve ces résultats avec les besoins importants en
invesIssement, souvent essenIels au bon déroulement des logisIques ferroviaires et fluviales, qui ne
sont pas intégrés à l’analyse précédente et qui doivent être étudiés au cas par cas.
Il est également nécessaire de rappeler que l’ensemble des coûts présentés pour les modes
ferroviaire et fluvial ne Iennent pas compte d’éventuels pré-acheminement/post-acheminement
rouIer, ainsi que des manutenIons associées, qui induiraient un surcoût important.
Au-delà des analyses de coûts, le mode rouIer jouit également d’une fiabilité, d’une rigidité et d’une
disponibilité plus importante que ses concurrents, qui lui permet de maintenir une part de marché
conséquente.
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Etude des coûts logistiques de la chaine céréalière française
Rapport final
important de pouvoir quanIfier les coûts de la chaine logisIque des céréales françaises, et
d’idenIfier des premiers leviers pour gagner en compéIIvité.
Le travail réalisé fournit une première approche des coûts, avec des coûts unitaires par opéraIon,
mais aussi des coûts recontextualisés par iInéraire logisIque dans des flux typiques. L’approche,
présentée aux professionnels de la filière pendant et à la fin de l’étude, paraît perInente à ces
derniers, qui valident en outre les ordres de grandeurs des chiffres proposés, malgré la réIcence de
nombre d’entre eux à fournir des données sur leurs coûts logisIques, les jugeant confidenIels. Ces
esImaIons fournissent donc une première esImaIon des coûts et permet aux opérateurs des filières
de se situer dans les fourchetes de coûts présentées, dans le cadre d’un travail « pionnier ». Ces
esImaIons sont encore perfecIbles si le périmètre du coût est mieux caractérisé, mais il faudrait
pour cela un travail fin à parIr de la comptabilité analyIque des organismes stockeurs, et l’accord de
ces derniers pour travailler à parIr de données confidenIelles.
Les simulaIons réalisées, notamment pour le secteur du transport où des scénarios ont été proposés,
permetent de mesurer l’impact poten5el de varia5ons de facteurs de coût.
En ce qui concerne les leviers pour gagner en compé55vité, ils ont été idenIfiés de manière
qualitaIve et parfois quanItaIve. Ces leviers ne peuvent pas être généralisés et leur mise en œuvre
dépend de facteurs contextuels (géographie, proximité des débouchés) et individuels (orientaIons
technico-économiques des exploitaIons de la zone de collecte, types de marchés visés, niveau de
segmentaIon, âge et performance des ouIls de stockage existants, etc.). Les situaIons des OS sont
en effet très contrastées. Quoi qu’il en soit, une op5misa5on est de plus en plus nécessaire, dans un
contexte de segmentaIon croissante et de durcissement des cahiers des charges. Ces évoluIons
doivent s’opérer alors que l’ouIl actuel, vieillissant et souvent amorI, sera sujet à des besoins de
renouvellement, renchérissant ainsi les couts de stockage à cause d’une hausse probable des
amorIssements. Les nouvelles demandes du marché peuvent être un facteur de hausse de coût mais
elles permetent souvent une meilleure diversificaIon et valorisaIon, et consItuent une opportunité
pour mieux planifier la chaine logisIque, par le développement de la contractualisaIon notamment.
Enfin, il semblerait que la situaIon actuelle pousse les opérateurs à surmonter certains de leurs
clivages concurrenIels, conscients qu’une opImisaIon logisIque a plus de chance d’abouIr à des
résultats en mutualisaIon flux et moyens.
Ce travail d’inventaire et de descripIon des postes de coût suggère qu’il y a peut-être plus de
facteurs de hausse de coût en perspec5ves que de leviers de réduc5on à mobiliser. Ceci est d’autant
plus sensible que les acIvités de collecte des OS semblent peu génératrices de marge (voire
déficitaires) et que la séparaIon du conseil et de la vente viendra metre à mal la possibilité de
réaliser une péréquaIon entre les acIvités déficitaires et bénéficiaires.
Enfin, l’étude nous met en garde une possible hausse des coûts de collecte, de stockage mais
surtout d’expédi5on, avec un coût de transport qui sera significaIvement augmenté, peu importe le
scénario choisi, notamment pour les modes de transport massifiés qui pourraient perdre un peu plus
de compéIIvité face au mode rouIer, alors que c’est justement vers eux que la nécessaire transiIon
énergéIque devrait pousser les opérateurs à se diriger.
Ce constat ouvre la possibilité d’engager des chanIers interprofessionnels à plusieurs niveaux. Tout
d’abord, ce travail de mise à nu des couts logisIque de la filière consItue une base pour
communiquer auprès des acteurs de la filière et des clients pour mieux appréhender l’importance
des couts logisIques dans le prix final des produits. Le travail de scénarisaIon réalisé sur le secteur
du transport souligne le besoin de lobbying, notamment pour garanIr une redistribuIon complète
de la future fiscalité environnementale (taxe carbone sur le transport par exemple) sur les modes de
transport massifiés. D’autre part, compte tenu des exigences sur la qualité et la montée en gamme
des cahiers de charges des transformateurs et distributeurs, notamment pour les céréales sans
insecIcides de stockage, l’intérêt d’une mise en commun au sein de la filière pour factualiser les
surcoûts et primes liés à ces nouvelles pra5ques semble primordial, notamment pour éviter que ce
soit l’amont de la filière (les producteurs notamment) qui doive internaliser ces surcouts sans
contreparIe.
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Etude des coûts logistiques de la chaine céréalière française
Rapport final
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Etude des coûts logistiques de la chaine céréalière française
Rapport final
Annexes
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Etude des coûts logistiques de la chaine céréalière française
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Rapport final
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Tél : 04 78 69 84 69 | Fax : 04 78 72 28 65
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Réalisation d’une étude sur l’évaluation des coûts de la chaîne logistique céréalière
française - Rapport final 2020 - édition juin 2020