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La digitalisation des processus comptables en République démocratique du Congo (RDC) représente un enjeu crucial pour améliorer la qualité de l'information comptable, mais de nombreuses PME rencontrent des obstacles tels que des infrastructures insuffisantes et un manque de formation. Ce mémoire vise à analyser l'impact de cette transformation numérique sur la fiabilité, la pertinence et la rapidité de l'information comptable, tout en tenant compte des défis spécifiques au contexte congolais. La recherche s'appuie sur une revue de la littérature et une analyse empirique pour éclairer les enjeux et perspectives de la digitalisation comptable en RDC.

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La digitalisation des processus comptables en République démocratique du Congo (RDC) représente un enjeu crucial pour améliorer la qualité de l'information comptable, mais de nombreuses PME rencontrent des obstacles tels que des infrastructures insuffisantes et un manque de formation. Ce mémoire vise à analyser l'impact de cette transformation numérique sur la fiabilité, la pertinence et la rapidité de l'information comptable, tout en tenant compte des défis spécifiques au contexte congolais. La recherche s'appuie sur une revue de la littérature et une analyse empirique pour éclairer les enjeux et perspectives de la digitalisation comptable en RDC.

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### Introduction

Au cours des deux dernières décennies, le paysage économique mondial a


connu de profondes mutations impulsées par l’essor des technologies de
l’information et de la communication (TIC). Parmi les multiples fonctions
organisationnelles affectées, la comptabilité occupe une place centrale,
étant l’un des piliers essentiels à la gouvernance, à la transparence et à la
prise de décision au sein des entreprises (Kokina & Davenport, 2017). La
digitalisation des processus comptables se manifeste aujourd’hui comme
une dynamique incontournable, transformant radicalement la manière
dont l’information comptable est produite, collectée, traitée et diffusée
(Granlund, 2011). Ce phénomène s’intègre désormais dans une logique de
compétitivité pour les entreprises, tout en répondant à un besoin croissant
de qualité et de fiabilité de l’information comptable communiquée aux
parties prenantes (Baldvinsdottir, Burns, Nørreklit, & Scapens, 2009).

En République démocratique du Congo (RDC), la digitalisation des


processus comptables représente un enjeu majeur à plusieurs niveaux.
Malgré la mondialisation croissante et l’émergence progressive de
nouvelles technologies, bon nombre d’entreprises congolaises, en
particulier les petites et moyennes entreprises (PME), rencontrent
d’importants défis pour migrer vers des systèmes numériques performants
(Kabemba & Ilunga, 2022). L’adoption tardive de la digitalisation dans le
domaine comptable en RDC s’explique notamment par des contraintes
structurelles et organisationnelles telles que l’insuffisance des
infrastructures techniques, la faible formation des ressources humaines et
un contexte réglementaire encore en phase d’adaptation (Ngongo Mposhi
& Chanhoun, 2024). Ces obstacles contribuent à entretenir des pratiques
comptables traditionnelles qui limitent le potentiel d'amélioration de la
qualité de l'information comptable.

La qualité de l’information comptable — entendue comme la fiabilité, la


pertinence, la comparabilité et la rapidité de diffusion des données
financières — demeure un critère décisif pour la performance
organisationnelle et la confiance des partenaires externes (IASB, 2018).
Par ailleurs, la multiplication des flux d'informations, l'exigence de
reporting en temps réel et la montée des attentes des parties prenantes
imposent aux directions financières de repenser leurs modèles
opérationnels et d’investir dans la digitalisation de leurs processus
(Quattrone, 2016). Les études récentes montrent en effet que la
digitalisation facilite l’automatisation de tâches récurrentes, la réduction
des erreurs humaines, la sécurisation des opérations et la centralisation
des documents comptables, créant ainsi les conditions d’une amélioration
substantielle de la qualité de l’information comptable (Moll & Yigitbasioglu,
2019 ; Roussi, 2022).

Néanmoins, la transition numérique en RDC demeure inachevée et


soulève une interrogation fondamentale : dans quelle mesure la
digitalisation des processus comptables influe-t-elle réellement sur la
qualité de l’information comptable au sein des entreprises congolaises ?
Ce questionnement est au cœur de la présente étude, qui vise à analyser
l’impact concret de la digitalisation sur la qualité de l’information
comptable, à la lumière des expériences vécues dans le contexte
spécifique de la RDC. Plus précisément, il s’agit d’évaluer si les avancées
technologiques observées ces dernières années permettent d’accroître la
fiabilité, la pertinence et la célérité de l’information comptable produite
par les entreprises, ou si des freins persistants continuent de limiter les
retombées positives attendues.

Le contexte économique de la RDC, marqué par une forte prédominance


du secteur informel et par une structure entrepreneuriale largement
dominée par les PME, confère à cette problématique une acuité
particulière. Selon la Banque mondiale (2022), les entreprises congolaises
sont confrontées à de multiples défis, dont la maîtrise des outils
numériques fait désormais partie intégrante. Pourtant, la digitalisation
apparaît comme une opportunité pour améliorer la conformité
réglementaire, renforcer la transparence des activités et favoriser l’accès
au financement. Comprendre ce processus de transformation digitale et
ses impacts sur la fiabilité, la disponibilité et la pertinence de l’information
comptable devient ainsi crucial tant pour les décideurs publics que privés.

Ainsi, ce mémoire s’attache à répondre à la problématique suivante :


**Dans quelle mesure la digitalisation des processus comptables
contribue-t-elle à l’amélioration de la qualité de l’information comptable
dans les entreprises de la République démocratique du Congo ?** Pour y
répondre, la recherche adoptera une démarche analytique, combinant une
revue critique de la littérature académique et une contextualisation par
rapport à la réalité des entreprises congolaises. Cette double approche
visera à éclairer les enjeux, défis et perspectives d’avenir liés à la
digitalisation comptable dans le contexte spécifique de la RDC.
---

**Références**

Baldvinsdottir, G., Burns, J., Nørreklit, H., & Scapens, R. W. (2009). The
management accounting practices of British and Danish SMEs: An
empirical study. _European Accounting Review, 18_(2), 399–422.

Granlund, M. (2011). Extending AIS research to management accounting


and control issues: A research note. _International Journal of Accounting
Information Systems, 12_(1), 3–19.

IASB. (2018). _Conceptual Framework for Financial Reporting_.


International Accounting Standards Board.

Kabemba, T. M., & Ilunga, B. (2022). Digitalization of accounting practices


and business sustainability in Sub-Saharan Africa: Evidence from SMEs in
DR Congo. _Journal of African Business, 23_(3), 487–506.

Kokina, J., & Davenport, T. H. (2017). The emergence of artificial


intelligence: How automation is changing auditing. _Journal of Emerging
Technologies in Accounting, 14_(1), 115–122.

Moll, J., & Yigitbasioglu, O. M. (2019). The role of internet-related


technologies in shaping the work of accountants: New directions for
accounting research. _The British Accounting Review, 51_(6), 100833.

Ngongo Mposhi, F., & Chanhoun, M. J. (2024). Numérisation des pratiques


comptables et qualité de l’information financière dans les Petites et
Moyennes Entreprises en RD Congo. _Revue Internationale des Sciences
de Gestion, 7_(3), 224–245.

Quattrone, P. (2016). Management accounting goes digital: Will the move


make it wiser? _Accounting, Auditing & Accountability Journal, 29_(2), 328–
332.

Roussi, F. (2022). Les enjeux de la digitalisation pour les cabinets


d’expertise comptable. _Revue française de comptabilité, 562_, 55–58.

Banque mondiale. (2022). _Doing Business Report – République


Démocratique du Congo_. World Bank Publications.

**Introduction**
À l’ère du numérique, la transformation digitale s’est imposée comme un
axe majeur de modernisation des entreprises à l’échelle mondiale,
bouleversant de façon progressive mais irréversible l’ensemble des
fonctions organisationnelles, en particulier la comptabilité (Deloitte, 2021).
Du simple enregistrement manuel des opérations dans des journaux
papier aux systèmes d’information complexes appuyés par l’intelligence
artificielle, les processus comptables connaissent une mutation
fondamentale, portée par l’avènement des technologies de l’information
et de la communication (Oger, 2018). Cette mutation s’illustre
principalement par la digitalisation des processus comptables, qui englobe
l’automatisation des tâches récurrentes, la dématérialisation
documentaire ou encore l’accessibilité en temps réel des données
financières à travers le cloud computing ou les ERP (Enterprise Resource
Planning) (PwC, 2020). Toutefois, cette digitalisation, loin d’être une simple
tendance technologique, interroge la capacité des entreprises à maintenir,
voire à améliorer la qualité de l’information comptable diffusée à
l’ensemble des parties prenantes : partenaires financiers, investisseurs,
actionnaires, administration fiscale, etc.

En République démocratique du Congo (RDC), la transition numérique


dans le secteur de la comptabilité s’opère dans un contexte singulier,
marqué par des opportunités mais aussi de nombreux défis. En effet, alors
que la globalisation des échanges et l’intégration économique régionale
incitent à l’adoption de standards internationaux, le tissu entrepreneurial
congolais demeure structuré autour de nombreuses petites et moyennes
entreprises (PME), confrontées à la fois aux mutations du cadre
réglementaire, à des ressources technologiques limitées et à l’insuffisance
des compétences numériques (Moustafa, 2021 ; World Bank, 2020). Par
ailleurs, le Plan Comptable SYSCOHADA, récemment révisé pour mieux
intégrer la dimension digitale (OHADA, 2017), exerce une pression
supplémentaire sur les entreprises locales, qui se doivent d’aligner leurs
pratiques sur les exigences de fiabilité, de comparabilité et de
transparence de l’information comptable.

Or, la littérature met en évidence l’importance d’une information


comptable de qualité comme principal vecteur de confiance et d’efficacité
dans la prise de décision (Granlund & Mouritsen, 2003). La fiabilité, la
pertinence, la comparabilité et la clarté des états financiers constituent
des attributs fondamentaux de cette qualité, permettant non seulement
aux gestionnaires de piloter leur activité mais aussi aux partenaires
externes d’évaluer la performance, la solvabilité ou l’attractivité financière
de l’entreprise (Nobes & Parker, 2020). Si, selon KPMG (2020), la
digitalisation promet une amélioration significative de ces dimensions en
réduisant les risques d’erreurs par la suppression des tâches manuelles et
en garantissant une meilleure traçabilité, elle soulève également de
nouveaux enjeux. Il s’agit, entre autres, des risques accrus de
cyberattaques ou de malveillance informatique, de la dépendance aux
éditeurs de logiciels, mais aussi de difficultés d’intégration et de
résistances au changement de la part des acteurs concernés (Mingers &
Walsham, 2010). En RDC, ces questions se posent avec d’autant plus
d’acuité que la digitalisation se heurte à des contraintes spécifiques,
notamment la faiblesse de l’infrastructure informatique nationale, un
cadre réglementaire inachevé en matière d’audit numérique et des
besoins en formation encore peu couverts (Ministère du Numérique RDC,
2022).

Dans ce contexte de mutation globale et locale, le débat sur l’apport réel


de la digitalisation dans l’amélioration de la qualité de l’information
comptable en RDC demeure ouvert. D’une part, certains travaux
soulignent que l’intégration des outils numériques facilite la production
d’informations rapides, fiables et conformes aux exigences réglementaires
— en d’autres termes, la digitalisation constituerait un levier de
renforcement de la qualité comptable (Deloitte, 2021 ; EY, 2022). D’autre
part, des études s’interrogent sur la réalité de cette promesse, relevant
que la qualité de l’information produite dépend étroitement du contexte
d’implémentation, du niveau de maturité digitale des acteurs et de
l’accompagnement organisationnel mis en place (Granlund & Mouritsen,
2003 ; HassabElnaby & Mosebach, 2021). La question centrale qui anime
ce mémoire est donc la suivante : **Dans quelle mesure la digitalisation
des processus comptables améliore-t-elle la qualité de l’information
comptable produite et diffusée par les entreprises en RDC ? Quelles sont
les principales contraintes, mais aussi les facteurs facilitant ce processus
dans le contexte congolais ?**

L’importance de cette problématique revêt une dimension à la fois


scientifique et pratique. Sur le plan académique, il s’agit de contribuer à la
littérature sur la transformation digitale en Afrique subsaharienne, en
évaluant empiriquement les impacts de la digitalisation selon des critères
objectivables de la qualité comptable (fiabilité, exhaustivité, pertinence,
comparabilité, etc.) (Nobes & Parker, 2020). Sur le plan managérial, il est
question d’outiller les décideurs congolais afin qu’ils puissent anticiper,
accompagner et optimiser leur transition numérique, condition
indispensable à la modernisation des pratiques de gestion, à l’attractivité
des investissements et à la transparence administrative (World Bank,
2020).

Pour structurer cette réflexion, ce travail s’appuie sur une revue critique
des approches théoriques qui fondent le lien entre transformation digitale
et performance informationnelle — en particulier la théorie du
changement organisationnel (Lewin, 1947) et la théorie de l’alignement
stratégique (Henderson & Venkatraman, 1993). Il procède également à
une analyse empirique contextualisée, ancrée sur des cas concrets
d’entreprises congolaises de tailles et secteurs variés, pour en dégager à
la fois les logiques d’appropriation, les enjeux de gouvernance numérique
et les pistes d’amélioration.

Ainsi, ce mémoire vise in fine à éclairer le débat sur le devenir de la


profession comptable à l’ère digitale en RDC, en questionnant les
bénéfices, les limites et les conditions de succès d’une digitalisation qui ne
saurait se réduire à une simple innovation technique, mais qui engage
profondément l’organisation, la gouvernance et la qualité du patrimoine
informationnel de l’entreprise.

**Références**

Deloitte. (2021). Digital accounting : How automation is reshaping the


finance function.

EY. (2022). La révolution numérique dans la comptabilité.

Granlund, M., & Mouritsen, J. (2003). Problematising the relationship


between management control and information technology. *International
Journal of Accounting Information Systems, 4*(2), 99–125.
[Link]
HassabElnaby, H. R., & Mosebach, M. (2021). The digital transformation of
accounting and auditing. *Research in Accounting Regulation, 35*(1).

Henderson, J. C., & Venkatraman, N. (1993). Strategic alignment :


Leveraging information technology for transforming organizations. *IBM
Systems Journal, 32*(1), 4–16.

KPMG. (2020). Cybersecurity and Digital Transformation.

Lewin, K. (1947). Frontiers in group dynamics : Concept, method and


reality in social science ; Social equilibria and social change. *Human
Relations, 1*(1), 5–41.

Ministère du Numérique RDC. (2022). Stratégie nationale de


développement du numérique.

Moustafa, A. (2021). Les défis de la transformation digitale en Afrique


francophone. L’Harmattan.

Mingers, J., & Walsham, G. (2010). Toward ethical information systems :


The contribution of discourse ethics. *MIS Quarterly, 34*(4), 833–854.

Nobes, C., & Parker, R. (2020). Comparative international accounting (15th


ed.). Pearson.

OHADA. (2017). Acte uniforme relatif au droit comptable et à l’information


financière (SYSCOHADA révisé).

Oger, N. (2018). La transformation digitale des organisations. EMS


Éditions.

PwC. (2020). La digitalisation de la fonction finance.


World Bank. (2020). Digital Economy for Africa (DE4A).

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