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Les Centres Ruraux Emergents, Aménagement Et Enjeux Du Développement Territorial - Cas de La Province de Zagora

Cette thèse examine les Centres Ruraux Emergents (CRE) dans la Province de Zagora, en mettant en lumière leurs interactions avec les efforts d'aménagement et les enjeux de développement territorial. Malgré leur état embryonnaire, les CRE peuvent constituer des mécanismes de restructuration et de développement, mais leur succès dépendra de l'engagement de l'État à mobiliser les acteurs locaux et à adopter une approche participative. Les recommandations stratégiques proposées visent à améliorer la gestion des affaires publiques et à répondre aux besoins des populations locales.

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Les Centres Ruraux Emergents, Aménagement Et Enjeux Du Développement Territorial - Cas de La Province de Zagora

Cette thèse examine les Centres Ruraux Emergents (CRE) dans la Province de Zagora, en mettant en lumière leurs interactions avec les efforts d'aménagement et les enjeux de développement territorial. Malgré leur état embryonnaire, les CRE peuvent constituer des mécanismes de restructuration et de développement, mais leur succès dépendra de l'engagement de l'État à mobiliser les acteurs locaux et à adopter une approche participative. Les recommandations stratégiques proposées visent à améliorer la gestion des affaires publiques et à répondre aux besoins des populations locales.

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Université Sidi Mohamed Ben Abdellah

Faculté des Lettres et des Sciences Humaines


Saïs-Fès
Centre d’Etudes Doctorales :
Langues, Patrimoine et Aménagement du Territoire

Thèse de doctorat en Géographie


Spécialité: Géographie Humaine

Les Centres Ruraux Emergents,


aménagement et enjeux
du développement territorial
-Cas de la Province de Zagora-
Préparée par: Sous la direction des professeurs:
EL-ARABY Abdelaaziz FALEH Ali & YAHYAOUI Abdelaziz

Soutenue: le 20 Décembre2018 à la FLSH-Saïs-Fès, devant un jury


composé des professeurs:

Dr. HAJ ALI Oulfa : FLSH-Saïs-Fès - Présidente

Dr. HAZOUI Mohamed : FLSH- Saïs-Fès - Suffragant

Dr. NAIM Mohamed : Faculté Multidisciplinaires d’Asfi - Suffragant

Dr. FALEH Ali : FLSH-Saïs-Fès – Encadrant & Rapporteur

Dr YAHYAOUI Abdelaziz : FLSH-Marrakech - Encadrant & Rapporteur

Année universitaire:
2017-2018
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial -Cas de la Province de Zagora-

Remerciements

Ce travail de thèse n’aurait été abouti à terme que grâce à l’appui,


l’accompagnement, l’encouragement moral et matériel de plusieurs
personnes auxquelles nous sommes extrêmement reconnaissant. Nos
remerciements s’adressent d’abord, après Dieu et nos parents, à M. FALEH
Ali, professeur et « directeur administratif » de notre thèse, nous lui
accordons gratitude et respect d’avoir accepté de sauver ce travail malgré
ses engagements académiques et administratifs. Un grand merci à M.
YAHYAOUI Abdelaziz, notre professeur depuis les années de licence à la
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines-Marrakech et Co-directeur de
cette thèse. Nos remerciements s’adressent aussi à Madame la présidente
du jury : Docteur HAJ ALI Oulfa et aux Messieurs les membres du jury :
Docteur HAZOUI Mohamed et Docteur NAIM Mohamed, d’avoir accepté
la lecture et l’évaluation de notre recherche avec beaucoup de sérieux et de
rigueur scientifique.
Nos remerciements sont adressés à M. BENALI Lahcen, Professeur
universitaire de français, pour ses orientations qui ont contribué à la
réalisation de ce travail.
Nos vifs remerciements sont également adressés aux différentes
personnes rencontrées, durant la préparation de ce travail dans les
différentes administrations, à Rabat, Ouarzazate, Zagora et dans les
communes ciblées par notre recherche, que nous ne pouvons pas citer toutes
par leurs noms, de fait qu’elles sont très nombreuses (une centaine de
personnes).
Nous remercions ensuite tous les professeurs de formation doctorale
«Ressources, aménagement spatial et développement local», de l’équipe du
Laboratoire des Etudes Géographiques, Cartographie et Aménagement
(L.E.G.A.C), et du CED «Langues, Patrimoine et Aménagement du
Territoire ».
Nos remerciements sont adressés également à nos collègues
doctorants(es)/chercheurs(ses) que ce soit de la Faculté des Lettres et des
Sciences Humaines-Saïs-Fès ou d’autres Facultés au niveau national. Les
échanges et les discussions avec ces collègues ont été fructueux tout au long
du processus de réalisation de cette thèse de doctorat.
Grand merci à toute la population de Zagora et à celles et ceux qui
ont participé de près ou de loin à l’élaboration de ce travail.

I
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial -Cas de la Province de Zagora-

Résumé

La présente thèse porte sur les Centres Ruraux Emergents (CRE) dans leurs
interactions avec les efforts d’aménagement et les enjeux du développement territorial de
la Province de Zagora. La préparation de la thèse s’est appuyée sur la méthode déductive
et l’approche systémique. La mise en contexte des concepts de ce travail montre que
l’application de la démarche territoriale dans la gestion des affaires locales au Maroc
n’est pas encore en mesure de réaliser des objectifs escomptés. Ce constat est valable
pour le territoire de Zagora dans la mesure où les essais d’amener les communautés
oasiennes, dans un processus dit de « concertation et de démocratie participative »,
n’arrivent pas à remplacer des structures traditionnelles touchées par les mutations socio-
spatiales. La fragilité du milieu (rudesse du climat, le caractère structurel de la sécheresse
et les impacts néfastes des changements climatiques) la croissance démographique, des
déséquilibres spatiaux et le caractère rural de la Province de Zagora sont des facteurs qui
nous amènent à accorder d’une façon ou d’une autre, de l’importance à notre recherche
sur les Centres Ruraux Emergents. Les onze Centres Ruraux Emergents (CRE) identifiés
et étudiés, malgré leur état intermédiaire et embryonnaire, peuvent constituer des
mécanismes de restructuration et du développement territorial.

Quant aux programmes et projets mis en place par les différents acteurs, jusqu’à nos
jours, ils sont dominés, encore, par l’approche sectorielle et par la divergence des efforts
dans le traitement des problèmes locaux. Par conséquent, l’étude des attentes des
populations par rapport au développement de leur territoire nous a servi pour la
reformulation des éléments d’une vision stratégique en faveur du développement
territorial. Les trois axes stratégiques, proposés dans le dernier chapitre de ce travail, sont
susceptibles de permettre au territoire étudié l’adoption d’une nouvelle démarche dans la
gestion de la chose publique. Cette dernière est fondée sur les éléments du diagnostic
stratégique, sur la logique de la construction, la prospection territoriale et sur
l’intelligence économique et territoriale tout en visant la convergence des actions et le
suivi du processus du développement territorial des Centres Ruraux Emergents sur le
territoire de Zagora. Dans les années à venir, ces derniers seront dotés de pôles de
développement territorial et de futures villes fondées dans les normes. Mais, la
concrétisation des composantes stratégiques citées ci-dessus ne serait possible que si
l’Etat s’engageait à mobiliser les acteurs locaux, à mettre au profit des territoires leurs
enjeux dans un chantier évolutif de la démocratie participative, de la contractualisation
dans l’obligation d’atteindre des résultats et de satisfaire les besoins prioritaires des
habitants. Cette recherche a permis, donc, d’analyser une problématique d’actualité en
géographie avec une démarche qu’on peut appliquer sur d’autres territoires, notamment
pour ceux qui s’intéressent à l’étude des Centres Ruraux Emergents, phénomène possible
à travers le territoire national.

Mots clefs : Centres Ruraux Emergents, Aménagement, Enjeux, Développement


territorial, Intelligence économique et territoriale, Province de Zagora.

II
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial -Cas de la Province de Zagora-

Abstract

This thesis deals with Emerging Rural Centers (ERC) in their interactions with the
development efforts and issues of territorial development of the Province of Zagora. The
preparation of the thesis was based on the deductive method and the systemic approach.
The contextualization of the concepts of this work shows that the application of the
territorial approach in the management of local affairs in Morocco is not yet up to the
expected objectives. This observation is valid for the territory of Zagora insofar as the
attempts to bring the oasis communities, in a process called "concertation and
participative democracy", can not replace traditional structures affected by socio-
economic changes space. The fragility of the environment (harsh climate, the structural
nature of drought and the adverse impacts of climate change) population growth, spatial
imbalances and the rural character of the Province of Zagora are factors that can grant in
one way or on the other, importance to our research on Emerging Rural Centers. The
eleven Emerging Rural Centers (ERC) identified and studied, despite their intermediate
and embryonic state, can constitute mechanisms of restructuring and territorial
development of the Province of Zagora.

As for the programs and projects put in place by the various actors, until today,
they are still dominated by the sectoral approach and the lack of convergence in the
treatment of local problems. Therefore, the study of the expectations of the populations
with respect to the development of their territory served us for the reformulation of the
elements of a strategic vision in favor of the territorial development of the Province of
Zagora. The three strategic axes, proposed in the last chapter of this work, are likely to
allow the territory of the Province of Zagora the adoption of a new approach in the
management of public affairs. The latter is based on the elements of strategic diagnosis,
on the logic of construction, territorial prospecting, economic and territorial intelligence
while aiming for the convergence of actions and the monitoring of the process of
territorial development of Emerging Rural Centers so that in the coming years the
Province of Zagora will be endowed with territorial development poles and future cities
founded in the norms. But, the concretization of the strategic components mentioned
above would be possible only if the State undertook to mobilize the local actors, to put to
the profit of the territories their stakes in an evolutionary site of the participative
democracy, of the contracting in the obligation to achieve good results and satisfy the
priority needs of the inhabitants.

This research allowed, therefore, to analyze a current issue in geography with an


approach that deserves to be applied to other territories in order to verify the possibility of
generalizing the criteria for identification and classification of ERC.

Key words: Emerging Rural Centers, Planning, Challenges, Territorial Development,


Economic and territorial intelligence, Province of Zagora.

III
‫‪Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial -Cas de la Province de Zagora-‬‬

‫مـلخـص‪:‬‬

‫تفا التالقائمةبين‬ ‫تعلقبال‬


‫تتنا ول هذهاألطرو حة موضوعالمراكزالقرويةالصاعدةفيالجانبالم‬
‫مجهوداتالتهيئة ور هاناتالتنميةالترابيةبإقليم زاكورة‪.‬ارتكز انجاز هذاالبحثعلى المنهج االستنباطي‬
‫فاد ها أن‬‫لعملي منالخروجبخالصة م‬ ‫قية‪ ،‬حيث مكن وضعمف اهيم هذا العملفي سياقه ا ا‬ ‫النس‬‫والمقاربة‬
‫لتطلعات المنتظرة‪.‬‬‫تطبيق المقاربةالترابيةفيتدبيرالشأنالعامالمحليبالمغرب اليرقىإلى مستوى ا‬
‫قليم زاكورةعلى اعتبار أن المحاوالتالراميةإلى مواكبة‬ ‫بي إل‬‫نفسه على المجالالترا‬ ‫ينطبق هذاالمعطى‬
‫التشاركية"‪،‬لمتتمكن من أنتحل‬ ‫يمقراطية‬ ‫"التشاور والد‬
‫لسلينعت ب‬ ‫البشريةالواحيةفي مس‬ ‫المجموعات‬
‫تبرهشاشةالوسط(قساوة المناخ‪،‬الطابع‬ ‫مجالية‪.‬تع‬ ‫لتي مستهاالتحوالتالسوسيو‬ ‫تقليدي ة‪ ،‬وا‬
‫مكانالبنياتال‬
‫افي الخ الالت المجالية والطابع‬‫لسلبيةللتغيرات المناخية) والنمو الديمغر‬‫للجفاف والتأثيرات ا‬ ‫الهيكلي‬
‫ؤكبشكل أوبأخر‪ ،‬على أهمية هذاالبحث حولالمراكزالقرويةالصاعدة‪.‬‬ ‫قليم زاكورة‪ ،‬عواملتد‪،‬‬ ‫القروي إل‬
‫للهيكلة والتنمية‬
‫تيتمتحديد ها ودراستها ضمن هذاالعمل‪،‬آليات‬ ‫شكل المراكز اإلحدىعشر‪،‬ال‬ ‫يمكن أنت‬
‫قليم زاكورة‪ ،‬وذلكعلى الرغم من طابعها "الجنيني" و "الوسيطي"‪.‬‬ ‫الترابيين إل‬

‫الفاعليناستمرار هيمنةالمقاربةالقطاعية‬ ‫قبل مختلف‬ ‫لمشاريعالمنجزة من‬ ‫بينت دراسةالبرامج وا‬


‫بلورةمعالم رؤيةإستراتيجية‬ ‫تند هذا العملفي‬ ‫المحلية‪.‬اس‬ ‫بية‬
‫تعامل معالمشاكلالترا‬ ‫قائيةفيال‬ ‫وضع اإللت‬
‫يبدوا أن المحاور االستراتيجية الثالثة‬ ‫قليم زاكورةعلى دراسة انتظاراتالسكان‪ ،‬حيث‬ ‫للتنمية الترابية إل‬
‫بيرالشأنالعامالمحليللمجال‬ ‫المكونة لهذه الرؤية االستراتيجيةكفيلةبأنتسمحبتبني مقاربة جديدةفيتد‬
‫التشخيصاإلستراتيجي ومن‬ ‫رتكز هذهالمقاربة الجديدة على المعطيات المنبثقة من‬ ‫بي لزاكورة‪.‬ت‬ ‫الترا‬
‫ترابي‪ ،‬حيث‬ ‫قتصادي وال‬ ‫بي وكذاالذكاء اال‬ ‫تشرافالترا‬ ‫لمحليين ومنالس‬ ‫فاعلين ا‬‫منطقبناءالت خالت معال‬
‫لسلالتنميةالترابيةللمراكزالقرويةالصاعدةفي‬ ‫بع مس‬ ‫تحقيقإلتقائيةالت خالت وتت‬ ‫يستهدف‪ ،‬من كل ذلك‪،‬‬
‫لوبة‪.‬يرتبط‬ ‫يير المط‬ ‫فقالمعا‬ ‫تقبلية مبنية و‬
‫قليم زاكورة منأقطابللتنميةالترابية ومن مدن مس‬ ‫فقتمكين إ‬ ‫أ‬
‫لدولةبتعبئة مختلفالفاعلين‬ ‫لمشار إليها أعاله‪،‬بمدى إلتزام ا‬ ‫تنزيل مختلف مكونات هذهاالستراتيجية‪ ،‬ا‬
‫نيةفينطاق ورش‬ ‫ينل لصالحالمجاالتالترابية المع‬ ‫فاع‬‫أعمال مختلفال‬ ‫وبالحرص على أنتكون ر هانات و‬
‫لزامية‬‫لمرتكزعلى إ‬ ‫تعاقد ا‬ ‫التشاركية وال‬ ‫يمقراطية‬ ‫تطوري‪،‬يتم إغناؤهعبررسملةالتجارب‪،‬ينبنيعلىالد‬
‫فق منطق األولويات‪.‬‬ ‫السكان و‬ ‫قيقالنتائج واالستجابةلحاجيات‬ ‫تح‬

‫يقها‬
‫فق منهجيةتستحق أنيتمتطب‬‫فيا و‬
‫إشكالية آنيةفيالجغرا‬
‫تحليل‬‫مكنت هذه األطروحة‪ ،‬إذن‪ ،‬من‬
‫تأك د منإمكانيةتعميم معاييرتحديد وتصنيفالمراكزالقرويةالصاعدة‪.‬‬
‫على مجاالتترابية أخرىلل‬

‫تصادي‬
‫الترابية‪ -‬الذكاء االق‬ ‫تيح‪ :‬المراكز ا‬
‫لقرويةالصاعدة –التهيئة – الر هانات‪-‬التنمية‬ ‫الكلمات المفا‬
‫قليم زاكورة‪.‬‬
‫والترابي‪ -‬إ‬

‫‪IV‬‬
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial -Cas de la Province de Zagora-

Sigles et Abréviations
Sigles Signification
ABHSMA Agence du Bassin Hydraulique du Souss Massa– Agadir
ADS Agence de Développement Social
AGRE AGRE : Activité Génératrice de Revenu et d’Emploi
ANDZOA Agence Nationale pour le développement des zones Oasiennes et de l’Arganier
AUOZT L’Agence Urbaine de Ouarzazate, Zagora et Tinghir
CLDH Comité Local de Développement Humain
CPDH Comité Provincial de Développement Humain
CR Centres Ruraux
CRDH Comité Régional de Développement Humain
CRE Centres Ruraux Emergents
DAS Division de l’Action Sociale
DAT Direction de L’Aménagement du Territoire
DCL Division des Collectivités Locales
DGCL Direction Générale des Collectivités Locales
DTS : Diagnostic Territorial Stratégique
EAC/EAQ Les Equipes d’Animation communale/du Quartier
FDR Fonds de Développement Rural
HCP Haut-commissariat au Plan
IEA Institut des Etudes Africaines
ILDH Initiative Locale pour le Développement Humain
INAU Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme
INDH Initiative Nationale pour le Développement Humain
MHUAE Ministère de l’Habitat de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace
ONEE Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable
PA Plan d’Aménagement
PAC Plan d’Actions Communal
PAGER Programme d’Approvisionnement Groupé en Eau Potable des Populations Rurales
PAPCO Programme d’Appui à la Planification Communale
PAS Programme d’Ajustement Structurel
PCD Plan Communal de Développement
PDAR Plan de Développement de l’Agglomération Rurale
PERG Programme d’Electrification Rurale Globale
PNRR Programme National des Routes Rurales
RBOSM Réserve de Biosphère des Oasis du Sud du Maroc
RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat
RN Route Nationale
SAU Surface Agricole Utile
SCOT Schéma de Cohérence Territoriale
SDAU Schéma Directeur d’Aménagement Urbain
SDAU Schéma directeur de l’aménagement urbain
SNAT Schéma National de l’Aménagement du Territoire
SNAT Schéma National de l’Aménagement du Territoire
SNDR Stratégie Nationale de Développement Rural
SPSS Statistical Package for the Social Sciences
SRAT Schéma Régional de l’Aménagement du Territoire
SRAT Schéma Régional de l’Aménagement du Territoire
SWOT /FFOM Strengths (Forces), Weaknesses (Faiblesses), Opportunities (Opportunités), Threats (Menaces)
TAMA Taux d’Accroissement Moyen Annuel
UGP Unité de Gestion du Programme

V
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial-Cas de la Province de Zagora-

Glossaire

Mot Signification
La personne chargée de la gestion des canaux
Aimal
d’irrigation : Seguia.
Tarif d’amendes, on distingue l’izerf écrit : droit
Azerf
pénal et Izerf oral : droit civil.
Etendue d’eau, sans tenir compte de son volume,
Daya
de sa qualité ni de son origine.
Plaine étroite (ou couloir) située entre deux
Feija chaines de montagnes dans les zones
présahariennes.
Ighs : Pluriel ; Ighessan Fraction / lignage
Ighram/Tigheramt (en Agglomération locale ; entité socio-territoriale
Amazigh) = Modeâ (village).
/Qsar : pluriel ; « Qsour »
(en arabe)
Khemas : pluriel ; Métayer qui fournit sa force de travail contre le
Khemassa cinquième de la récolte.
Khetara : pluriel ; Système de drainage d’eau sous-terraine.
Khettaras
La jmâa (arabe.) / Assemblée
Taqbilte (amazigh)
Maider Zone d’épandage des eaux de crues.
Makhzen L’Etat et ces représentants
Moussems Festival à caractère sacré, lié, généralement, à un
marabout.
Nouba (en arabe) / Tiremt Tour d’eau
ou mouley (en Amazigh)
Ougougue Barrage de dérivation traditionnel.
Tabote/Louh Construction en pisé
Tamazirt/ bled Pays/ terroir/douar, tribu ou lignage d’origine.
Twiza (en arabe) / Forme d’entraide dans la réalisation des travaux
TIWIZI (en Amazigh) liés à l’agriculture et aux ressources en eau.
Zaouïas Confréries religieuses, sanctuaires.

VI
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Introduction générale

Le monde rural constitue une composante très importante dans la structure


du territoire national. Cette importance s’explique par la place qu’il occupe sur le
plan démographique et économique du pays. Le monde rural, malgré la chute du
taux de natalité et l’augmentation de l’exode rural enregistrées ces dernières
années, abrite encore une population importante (39.6% selon le Recensement
Général de la Population et de l’Habitat de 2014).
Par ailleurs, le monde rural dispose des ressources matérielles et humaines
qui peuvent contribuer au développement économique du pays. Mais, il souffre
d’un grand retard du développement social qui se manifeste dans la pauvreté et
l’analphabétisme. Cette situation se répercute, négativement, sur le milieu urbain.
La saturation des villes surpeuplées, le taux de chômage élevé et l’insuffisance de
logements et de services de base ont des effets néfastes sur le retard du
développement du monde rural.
L’Etat a procédé, depuis l’aube de l’indépendance, à une multitude
d’interventions qui visent à rattraper les retards accumulés en matière de
développement rural. Il a adopté un ensemble de politiques qui se caractérisent,
dans leur globalité, par une vision sectorielle. La stratégie 2020 qui a été élaborée
pour le développement rural en 1999 suscite une volonté politique de renouveler,
en profondeur, le mode de management des territoires ruraux. En effet, cette
tendance est renforcée par la réforme de la charte communale en 2002. Ce qui a
permis aux collectivités locales d’avoir une marge de manœuvre en matière de
gestion des affaires locales. Et, le réajustement de cette charte en 2009 ainsi que
l’homologation de la loi 14-113 en 2015 ont donné lieu à l’apparition des
démarches de planification stratégique participative dont le but est de mettre en
œuvre les interventions des acteurs dans une approche du développement
territorial. Dans le même contexte, le Maroc a créé le Fonds de développement
rural en 1994, l’ADS en 1999 et il a lancé l’INDH en 2005 etc. Toutes ces

1
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

initiatives ont les mêmes objectifs même si leurs méthodes d’intervention sont
différentes.
C’est dans l’objectif d’atténuer l’intensité de l’immigration rurale vers les
centres urbains que l’Etat cherche à promouvoir des centres ruraux émergents qui
doivent être identifiés et faire preuve d’une dynamique dans leur évolution socio-
démographique, économique et urbaine pour consolider leurs atouts en vue
d’atténuer l’exode rural. Ce chantier d’identification des CRE a été inauguré par
les urbanistes aménagistes et plus spécifiquement les responsables et cadres de la
Direction de l’Aménagement du Territoire (DAT) depuis 20061. Placée
actuellement (2018) sous la tutelle du Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de
l’Aménagement de l’Espace (MHUAE), la Direction de l’Aménagement du
Territoire (DAT), travaille sur d’autres chantiers et cède la place aux Agences
Urbaines2 qui vont s’occuper de l’étude, de l’identification des CRE et de leur
contribution dans leurs territoires d’intervention.
Quant à notre projet de thèse, il s’inscrit dans ce cadre tout en visant une
étude approfondie des CRE dans la Province de Zagora du point de vue de la
géographie d’aménagement et de développement territorial. Cette recherche a des
motivations aussi bien objectives que subjectives que nous allons révéler dans ce
qui suit :

1- L’épanouissement et l’intérêt scientifique ; deux facteurs suscitent


notre motivation quant au choix de notre sujet de thèse.
Les problématiques liées au développement, aux déséquilibres socio-
spatiaux et à l’aménagement des territoires ne cessent d’attirer notre attention
depuis longtemps. En outre, les cours dispensés par nos professeurs au
département de géographie à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de
1
- Il s’agit d’une étude qui s’intitule : Centres Ruraux Emergents – CRE – de l’identification à la mise en œuvre. Ministère de
l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace. 2006. La consultation de dite étude et les entretiens que nous
avons effectués auprès des cadres et responsables de la DAT incluent quelques-uns ayant participé à la réalisation de cette
étude. Ils nous renseignent sur la modestie de son contenu sur tous les plans. Cependant, ladite étude revêt une grande
importance par rapport à la mobilisation d’autres initiatives : Les Agences Urbaines dans leur majorité ont adopté l’idée de cette
étude en lançant des appels d’offres pour le recrutement des bureaux d’études. Chacun de ces derniers adopte une démarche
différente de celle de l’autre, même s’elles se rejoignent sur un seul objectif qui est l’identification et la hiérarchisation des
espaces intermédiaires entre le rural et l’urbain.
2
- Actuellement, la majorité des agences urbaines a pu établir des études d’identification et d’hiérarchisation des CRE dans
certaines Provinces appartenant à leur zone d’intervention.

2
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Marrakech durant la période 2003-20093, peuvent être suffisants pour avoir


orienté notre esprit critique vers les problèmes de notre société et des espaces
environnementaux vécus. Par ailleurs, le sujet de notre mémoire de licence en
20054 a porté sur l’expérience de « l’Agenda 21 de la région Marrakech Tensift
Lhaouz ». Cette première expérience nous a montré la nécessité d’avoir une
vision globale sur l’étude des territoires, en vue de développer cette curiosité qui
incite à comprendre les interactions entre l’homme et son espace. D’ailleurs, cela
va de pair avec le débat déclenché depuis 2007 sur la nécessité de la mise en
application de l’approche territoriale (transversale).
Notre participation à ce débat nous a incité à choisir comme sujet de notre
mémoire de master : « Le développement local entre les attentes des populations
et les interventions des acteurs- le cas de Tahnaout5».
Cette expérience de recherche académique (licence et master) a motivé notre
projet de thèse de doctorat. Dans ce cadre, nous avons participé, pendant cinq
mois (février-Juin 2009) avec une équipe multidisciplinaire d’un Bureau
d’Etudes, au processus de la mise en place du programme d’appui aux communes
de la Province d’Ouarzazate pour l’élaboration des Diagnostics Territoriaux
Participatifs (DTP) et des Plans Communaux de Développement (PCD).
De plus, notre participation dans la mise en place d’un projet intitulé :
«Appui à la dynamique associative locale dans la Province de Zagora par le
renforcement des capacités des réseaux locaux» - mis en place par le Réseau
Associatif de Zagora pour le Développement et la Démocratie (RAZDED) dans le
cadre d’un partenariat avec l'Union Européenne et le Conseil Consultatif des
Droits de l'Homme (CCDH)6 nous a permis aussi de travailler de près avec les
acteurs associatifs et politiques de notre province natale. Par conséquent, elle a
suscité notre intérêt scientifique et moral pour la géographie d’aménagement et de

3
- Il s’agit de la période du cursus universitaires : Licence et Master.
4
- Ce mémoire s’intitule « l’agenda 21 régional de la région Marrakech Tensift Lhaouz, une approche environnementale pour le
développement de la région (en arabe) ». Il a été réalisé sous la direction du professeur YAHYAOUI Abdelaziz.
5
- Ce mémoire de fin d’études du master a été publié dans la revue de géographie du Maroc électronique sur le site internet
suivant : https://magazine-geo.blogspot.com/2015/12/blog-post_23.html - dernière consultation le 21 Mars 2018.
6
- Cette institution a changé de nom et de statut en mars 2011 pour devenir : Conseil National des Droits de l'Homme (CNDH).

3
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

développement. Ces motivations aussi bien objectives que subjectives ont eu un


certain impact sur l’orientation de notre réflexion vers la nécessité de réaliser un
projet de thèse de doctorat que nous pourrions, par la suite, mettre au profit du
développement territorial de la zone oasienne de Zagora.
De surcroît, notre modeste expérience au sein de l’Agence du
Développement Social (ADS) en qualité d’Agent de Développement Local (ADL)
dans le cadre de l’opérationnalisation du « Programme d’Appui à la planification
Communale (PAPCO) » dans la Province de Boulmane, a attiré notre attention sur
les problèmes de développement des territoires fragiles à caractère rural. Ce qui a
appuyé notre conception du projet de recherche que nous essayerons de réaliser
dans les normes universitaires.
Par ailleurs, nous vivons quotidiennement des phénomènes sociaux
d’insécurité, de délinquance, d’exclusion… et d’anarchie paysagère dont souffrent
les grandes villes. Suite à ces constatations et à nos investigations quant aux
origines de ces fléaux, nous nous sommes convaincu que le travail sur le
développement des CRE ne peut être qu’intéressant pour contribuer en amont à la
résolution de ces problèmes à partir de deux pistes :
La première consiste en le renforcement des rôles des CRE, surtout dans les
territoires fragiles dominés par la ruralité, ce qui va permettre un développement
endogène des territoires sous leur contrôle. Par conséquent, cela offrira à la
population locale des conditions d’une vie digne et prospère. En effet, le
géographe BEN ATTOU Mohamed précise qu’une construction régionale qui se
veut solide doit prendre en considération l’aménagement du monde rural, car une
planification urbaine fonctionnelle doit commencer à l’aval. C’est-à-dire, il faut
intervenir au niveau des pseudo-villes et petits-centres, en gestation, urbains et
ruraux. Si l’on n’arrive pas à intervenir au niveau des villes où l’informel sous
toutes ses formes s’est progressivement institutionnalisé et où la maitrise de la

4
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

croissance urbaine est devenue une difficulté, il est encore temps de s’orienter
vers les petits centres7.
La deuxième piste, concerne plutôt le côté d’organisation et de gestion. En
effet, l’intérêt de la recherche sur les CRE va permettre à nos gestionnaires
d’avoir un angle de vue plus loin, basé sur la prospection territoriale. En fait, les
CRE seront les petites villes de demain (environ 25 ans) et peut être les moyennes
ou les grandes villes à long terme. Alors, l’accompagnement du processus de
développement de ces territoires dès le début contribue parfaitement à la
production de la ville de demain. Bref, notre thèse vise le développement des
CRE en vue de diminuer les flux migratoires vers les grandes villes et contribuera
à la construction, dans les normes urbaines, de ces centres qui vont devenir des
grandes villes.
Par ailleurs, les perspectives de la géographie d’aménagement et de
développement territorial, semblent être prometteuses. C’est un sujet peu exploré
par les chercheurs, alors qu’il se trouve au centre d’intérêt de la géographie, car il
traduit les interactions des habitants et leur territoire et vise la promotion de
l’équilibre spatial, la redynamisation et la convergence de l’action territoriale
constructive et le développement des Centres Ruraux Emergents.
Dans l’objectif d’ébaucher un itinéraire clair de notre travail, nous tenons à
présenter, de prime abord, les éléments de la problématique de cette recherche.

2- Une problématique au cœur de la géographie de l’aménagement et du


développement territorial.
Le pays vit des mutations économiques et sociales profondes qui concernent
tout le territoire national et se manifestent de façon plus contrastée, voire violente
dans les espaces vulnérables ou spécifiques. Les espaces présahariens et oasiens,
majeure partie du territoire, sont vus comme des composantes les plus fragiles où
les contraintes au développement et à l’aménagement sont inéluctables : rigueur

7
- BEN ATTOU Mohamed (1996), «Villes-relais, petites centres et pseudo-villes dans le souss : Décentralisation ou
urbanisation par le bas» in Faculté des Lettres et des Sciences Humaine Agadir (GERS), Actes du Colloque. Edition sud
contact. P 125.

5
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

du climat, rareté des précipitations, vastes étendues désertiques, fragilité de


l’écosystème, problème des eaux usées etc.
En dépit, donc, de la fragilité et de la précarité des écosystèmes, le Sud-est
marocain est, néanmoins, l’objet d'une croissance urbaine qui entraîne un
bouleversement profond en ce qui concerne la manière avec laquelle l'espace est
aménagé. La croissance démographique démesurée de la population, l’extension
de l’armature urbaine des différentes localités, le dépeuplement de quelques
espaces ruraux en faveur d’autres, sont les principaux aspects de multiples
mutations que l'espace oasien connait depuis le début des années 80 à nos jours.
Ces mutations, touchant l’homme et l’espace engendrent néanmoins, des besoins
nouveaux et des contraintes nouvelles nécessitant, de ce fait, des interventions de
restructuration et de régulation.
C’est dans ce contexte que se concrétise l’objectif de notre projet de thèse de
doctorat. En effet, le thème de ce travail, laisse penser qu’il Ya tendance à
l’urbanisation et à la restructuration de l’espace rural : « l’urbanisation
d’intermédiaire » (création des petits centres ruraux et urbains basée sur le secteur
tertiaire dans les communes rurales), des « plans d’actions communaux » (PAC),
du développement territorial, de la mise à niveau et du développement des centres
émergents dans le milieu rural. C’est de cette problématique que jaillissent les
éléments fondamentaux sur lesquels est axée la réalisation de notre projet de thèse
de doctorat.
Contrairement aux autres régions et Provinces du Maroc, la Province de
Zagora a connu durant ces dernières décennies une urbanisation trop lente et un
taux d’accroissement moyen annuel qui reste faible (0,84%) par rapport au taux
moyen national qui est à l’ordre de 1,25 entre les deux périodes intercensitaires de
2004 et 2014.Par conséquent, le taux de la population rurale reste élevé,
enregistrant un pourcentage de 83,48% soit 256558 habitants selon les résultats du
RGPH 2014. Cependant, la population urbaine de la Province de Zagora atteint à
peine, d’après le recensement de 2014, 50748 habitants. Cela est dû

6
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

principalement au phénomène de l’exode rural vers les autres centres urbains à


l’extérieur de la Province de Zagora accentué, ces dernières décennies, par les
cycles de sécheresse qui ont frappé la région et par le sous équipement des douars
et des centres ruraux des communes entraînant une évolution urbaine dans un
espace (Agdz et Zagora) non structuré. Ce dernier ne permet pas de répondre aux
attentes et aux besoins des habitants. Le processus d’urbanisation dans sa forme
immaitrisable actuellement continuera si les tendances socio-politiques actuelles
entrainent des répercussions négatives sur les espaces urbains et périurbains au
niveau national où prolifèrent l’habitat insalubre et les activités informelles. Par
conséquent, celles-ci porteraient préjudice au développement urbain et
économique des villes et entraveraient davantage la réglementation du secteur.
Ainsi, nous essaierons de mettre l’accent sur l’engagement du gouvernement
qui mettra en place des moyens efficaces à l’épanouissement et à la mise en
valeur du territoire rural. Cet engagement pourrait être concevable dans des
programmes nationaux du développement du monde rural qui peuvent émaner
d’un nouveau partenariat en faveur des zones rurales qui profiteraient des
programmes proposés par le gouvernement aux élus locaux et aux acteurs des
milieux ruraux.

Dans cette logique générale de conception de projets de développement rural


qui dépend de Rabat (le centre), un nouveau programme pluriannuel de
Développement Intégré des Centres Ruraux Emergents lancé par le ministère de
l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace en 2006, vise la
restructuration de l’espace rural marocain et la proposition de nouvelles solutions
de la problématique rurale et de ses répercussions sur l’arrière-pays de toutes les
agglomérations rurales ainsi que sur l’environnement urbain.

Aussi, ce projet de thèse consiste-t-il à concrétiser la convergence et la


complémentarité des diverses actions et des projets du développement initiés par

7
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

l’Etat, tout en tenant compte des politiques sectorielles adoptées par les différents
départements dans le milieu rural.

Quant à l’approche adoptée dans notre recherche, elle prend en considération


les spécificités de chaque entité en proposant des projets adaptables au contexte
local et régional. Lesdits projets qui devraient apporter des solutions adéquates
aux soucis majeurs qui entravent le développement au niveau des zones rurales
sont en cours de réalisation.

En effet, le monde rural du Maroc se compose de près de 33.000 douars8 et


168 centres ruraux d’après les données du Haut-commissariat au Plan (HCP) de
2014 (voir la carte n°1 ci-après). Aussi, toute intervention sur cet ensemble, en
même temps, semble-t-elle difficile. L’approche donc, a pour but de limiter, dans
un premier temps, l’intervention sur des centres ruraux déterminés.
C’est dans ce contexte que l’identification de nouveaux espaces
intermédiaires qui permettraient de retenir la population rurale et contribueraient à
l’atténuation des flux migratoires, parait comme une solution innovante liée aux
spécificités de la problématique rurale. Cette solution est conçue pour faciliter
l’intégration des populations locales en leur offrant un environnement de qualité
et des conditions de vie plus favorables. D’où la nécessité de déterminer des
critères pertinents d’identification et du choix de ces nouvelles structures
d’accueil des nouveaux habitants des centres ruraux émergents.
Face à cette situation, il faut opter pour la promotion des agglomérations
rurales afin d’atténuer l’intensité de l’immigration rurale vers les centres urbains
sur le territoire de la Province de Zagora. Par conséquent, il parait raisonnable
d’identifier des centres émergents qui vont faire preuve d’une dynamique dans
leur évolution sociodémographique, économique et urbaine pour consolider leurs
atouts afin de patienter et de satisfaire ceux qui pensent à pratiquer l’émigration
même si elle leur parait difficile.

8
- Pour plus de détails voir site internet : http://www.muat.gov.ma/?q=fr/article/appui-dans-la-promotion-des-projets-de-
d%C3%A9veloppement-int%C3%A9gr%C3%A9 – Dernière consultation : 21 Septembre 2019.

8
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Dans ce sens, l’objectif de notre projet de thèse est d’élaborer un travail


d’analyse et de présenter une conception claire de l’urbanisation, de
l’aménagement et du développement des centres ruraux émergents dans les
milieux oasiens de la Province de Zagora.

Carte n° 1 : Espace rural dans le territoire national.

Source (avant modifications) : DAT-2015 et HCP-2015-Carte digitalisée par EL-ARABY Abdelaaziz - Septembre 2017.

9
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

En effet, à partir d’une approche d’analyse de « cause à effet »9 (Diagramme


Ishikawa)10 concernant les interactions qui existent entre le développement rural
au Maroc et les modes d’intervention de l’Etat, la question centrale de notre
problématique peut être formulée comme suit :
Comment peut-on placer les Centres Ruraux Emergents (CRE) au cœur
de la politique d’aménagement et du développement territorial dans un
milieu oasien en pleines mutations ?
Cette question-problématique peut être déclinée en huit questions :
 Quelles sont les spécificités et les raisons des mutations subies par les
oasis de Zagora ?
 En quoi consiste la création des CRE de Zagora ? Quels sont les
mécanismes de leur fonctionnement ?
 Quelle serait la vision spécifique de l’Etat envers ces Centres Ruraux ?
 Quelles interactions ya-t-il entre les attentes de la population et les
interventions des acteurs ?
 Dans quelle mesure peut-on parler d’une polarité spatiale dans les CRE
de Zagora ?
 Quelle est la conception de la population des CRE et des acteurs quant à
l’avenir de ces territoires (CRE) ?
 Quels sont les axes d’une vision stratégique pour l’aménagement et le
développement de la zone ?
 Comment peut-on mener, à bon escient, cette stratégie ?
Il nous semble que la réponse aux questions citées ci-dessus et à d’autres
nécessite une démarche méthodologique bien choisie. En effet, la complexité du
sujet de ce projet de thèse et le manque voire l’absence des études académiques
qui ont déjà traité une problématique similaire nous ont amené à réserver le
premier chapitre au cadre théorique. La mise en évidence de l’appareil conceptuel
de notre recherche qu’on présente dans ses dimensions empiriques du point de
vue institutionnel, territorial et national, l’étalement de la démarche à suivre pour

9
- Pour plus de détails sur cet outil voir : Estelle Donadei Facchin-Les outils de qualité, la boîte à outils Méthodes de traitement
de problème- publié sur le site internet suivant :
http://applis.cermav.cnrs.fr/ANGD_qualite_en_chimie/Facchin.pdf - dernière consultation: le 20 Mars 2018.
10
- Le diagramme de causes à effets ou le diagramme d'Ishikawa est un outil développé par Kaoru Ishikawa. Il est utilisé dans le
domaine de la gestion de la qualité. Il représente un schéma de causes qui aboutissent à un effet. Il est utilisé dans la recherche
des causes d’un problème donné ainsi que dans la gestion des risques qui peuvent surgir lorsqu’on met en place un projet.

10
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

l’identification des CRE et les outils adoptés pour la collecte des données sont des
principaux points qui seront abordés dans ce chapitre théorique. Cependant,
l’enchaînement logique des idées nous oblige à présenter, à ce stade, ce que nous
voulons dire par les CRE.
Il ya lieu de définir le CRE comme étant « une localité (un Douar, deux
Douars ou plus) dans un espace rural, qui peut être chef-lieu de cette commune ou
non et qui fait preuve d’une dynamique remarquable dans son évolution
sociodémographique, économique, spatiale et urbaine. Cette dynamique se
concrétise par l’attractivité dont ces centres font l’objet à l’égard des populations
des autres douars qui appartiennent, généralement, à la même commune ou aux
communes avoisinantes. Par conséquent, une partie de ces populations qui
fréquenterait ledit Centre rural finirait par s’y installer et bénéficier des services
éducatifs, sanitaires, administratifs et commerciaux que procurerait ce centre plus
développé11».
Les éléments de la problématique présentée ci-dessus, nécessitent la
proposition des hypothèses que nous allons vérifier au fûr et à mesure qu’évolue
la réalisation de notre thèse.

3-Trois hypothèses de l’itinéraire de notre travail.


En nous référant à la problématique formulée ci-dessus et suite à nos
observations de terrain, nous pouvons avancer l’hypothèse générale suivante :
 Hypothèse générale : Le retard du développement qu’ont connu la
Province de Zagora et ses zones rurales dépendrait de plusieurs facteurs
naturels et humains et nécessiterait la multiplication des efforts en vue d’y
remédier. Par conséquent, l’identification, le développement des Centres
Ruraux Emergents et l’acheminement de toutes les interventions des
acteurs concernés dans un processus du développement fondé sur la

11
- EL-ARABY Abdelaaziz & FALEH Ali (2017). Emerging Rural Centers, Territorial Projects, Regional Development Players
and Prospects. The Case of the Province of Zagora (Morocco). Annals of Valahia University of Targoviste, Geographical
Series, 17(2), p172 - Retrieved 12 Nov. 2017, from doi:10.1515/avutgs-2017-0016.

11
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

démarche territoriale et la convergence des actions sembleraient un choix


stratégique en faveur de la requalification territoriale et la restructuration
socio-spatiale de la Province de Zagora y compris ses centres ruraux
émergents.

Cette hypothèse générale est déclinée en trois sous-hypothèses que voici :


Hypothèse 1 : Partant du constat qui considère le milieu
rural oasien comme un espace fragile sur le plan physique,
économique et social, on suppose que les Centres Ruraux
Emergents de la Province de Zagora forment des unités socio-
spatiales inachevées et dépourvues de mécanismes
d’attractivité, d’articulation et de structuration du territoire.
Hypothèse 2 : Dans l’objectif de présenter des éléments
d’évaluation des efforts publics visant l’aménagement et le
développement du territoire, nous avons opté pour l’hypothèse
suivante : Les efforts d’organisation, d’aménagement et de
développement des Centres Ruraux Emergents de Zagora
resteraient en deçà des besoins des habitants de ces territoires.
Hypothèse 3 : La récence de l’adoption de la vision
intégrée dans la conception et la mise en place des programmes
du développement (fin des années 90) et de l’instauration de la
démarche territoriale dans le domaine de la planification
communale (l’année 200712), nous amène à supposer que la
démarche sectorielle persiste encore devant les essais
d’adoption d’une vision territoriale basée sur la coordination et
la convergence des actions menées par les différents acteurs au
sein du territoire des centres ruraux émergents.

12
- A partir de l’année 2007, le Maroc a entamé un processus d’accompagnement des collectivités locales (qui ont changé de
nomination par la constitution de 2011 et par la loi 113-14 de 2015 pour devenir des collectivités territoriales). Ce processus
avait comme objectif l’instauration de la démarche territoriale dans la gestion des affaires communales.

12
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Nos enquêtes de terrain, descriptions et analyses n’ont abouti pas sans


difficultés et obstacles qui sembleraient parfois infranchissables. Mais, après avoir
parcouru ce chemin de la recherche géographique, nous avons pu constater que
toutes ces souffrances ne sont que des éléments incitateurs de motivation, de
curiosité scientifique, de persévérance et d’innovation des alternatives qui nous
ont permis de « panifier13 la souffrance » ; expression de l’écrivain français du
20ème siècle, Jean GIONO14.
Le désir de faire partager des principaux éléments de notre expérience nous
invite à énumérer, en premier lieu, certaines difficultés confrontées tout au long
de la réalisation de ce travail.

4-Difficultés de la recherche15 :
D’abord, il faut souligner que notre thèse traite un sujet nouveau voire
inhabituel aussi bien pour les académiciens que pour les géographes, plus
spécifiquement. C’est ce qui a compliqué notre tâche quant à la collecte des idées,
des notes et des citations que nous avons introduites dans les différentes phases de
notre travail.
Ensuite, l’accès à l’information auprès des différents services extérieurs et
des établissements et administrations, particulièrement, auprès du Haut-
commissariat au Plan (HCP), de l’Agence Urbaine, des Communes concernées et
des divisions et services de la Province de Zagora, est l’une des grandes
difficultés que nous avons rencontrées, au cours de notre travail. De plus, les
Centres Ruraux Emergents (CRE) étudiés ne sont du point de vue de l’HCP que
des districts et/ou un ensemble de sous-douars appartenant à une seule commune.

13
- Panifier = transformer en pain, en nourriture.
14
- Giono Jean, né le 30 mars 1895 à Manosque et mort le 9 octobre 1970 dans la même ville, est un écrivain français. Un grand
nombre de ses ouvrages ont pour cadre le monde paysan. Inspiré par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son
œuvre romanesque dépeint la condition de l'homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques et possède une
portée universelle.
15
- Il est à préciser que dans la version soumise à la soutenance, ces difficultés ont été placées dans la conclusion générale de
cette recherche en nous référent à l’avis qui considère que le lecteur ne doit pas prendre part des difficultés et des limites d’une
telle recherche qu’après avoir lu le travail, tout entier, en appréciant ses résultats. Cependant, le jury nous a imposé de déplacer
ses difficultés et les mettre dans l’introduction générale toute en considérant le fait de les introduire dans la conclusion « une
faute très grave » ; expression du Professeur HAJ ALI Oulfa (Présidente du jury de soutenance de notre thèse). Par ailleurs, les
remarques de forme de ce genre sont trop récurrentes le jour de la soutenance, la chose qui nous semble très accablante quant à
l’évaluation de la qualité de notre travail, car ce sont des remarques à prendre avec beaucoup de nuances ; chaque chercheur en
adopte et soutien un ordre et une forme qui différent de celles des autres.

13
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Cela a rendu l’accès aux données sociodémographiques et socio-économiques des


CRE difficile.
Enfin, quelques responsables de l’administration n’ont pas participé aux
enquêtes que nous avons menées particulièrement dans la zone d’étude. Il ya aussi
absence de cadre de partenariat entre l’université et les établissements chargés de
la gestion des affaires publiques locales. Cette absence a compliqué notre tâche,
ce qui nous a mis dans l’obligation de multiplier nos efforts pour nous en sortir.
Malgré toutes ces difficultés nous avons pu mener nos enquêtes dans des
circonstances plus ou moins convenables et les résultats ne paraissent pas
décevants.
La discussion des éléments de la problématique et la vérification des
hypothèses citées ci-dessus nécessitent un plan structuré dans la mesure du
possible.

5-Structure de la thèse
Notre thèse s’articulera autour de deux parties :

 La première traite des aspects théoriques, méthodologiques et le diagnostic


territorial des CRE de la Province de Zagora. Elle est déclinée en trois
chapitres :
 Le premier est consacré à la présentation du contexte et des
concepts liés au sujet, à la problématique de notre travail, à la
méthodologie, à la mise en évidence de l’importance des CRE pour le
développement des territoires et à la démarche sur laquelle nous nous
basons pour l’identification et l’étude des CRE de la Province de Zagora.
 Le deuxième chapitre concerne le diagnostic et l’étude des
CRE de Zagora, dans l’objectif de faire comprendre les caractéristiques,
les atouts, les faiblesses, les opportunités et les menaces de l’aire d’étude
et de mettre en œuvre les mécanismes de fonctionnement des CRE
identifiés, à l’aide d’une méthode déductive, et l’ampleur de leurs
14
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

capacités par rapport à l’encadrement et à la restructuration territoriaux


de la Province en question.
 Le troisième chapitre traitera des CRE de Zagora sur la base des
résultats de l’enquête-ménages que nous avons effectuée auprès d’un
échantillon des habitants de trois CRE choisis. Ainsi, le quota des
ménages fixé à 10% de la population mère se compose donc de 193
ménages.

 La deuxième partie a pour objectif d’analyser le rôle des acteurs dans le


développement des CRE, les attentes des populations à l’égard de ces acteurs
dans les différents axes du développement. Nous essayerons aussi de montrer
une vision stratégique, pour le développement de la zone, déclinée en axes.
Cette deuxième partie englobera trois chapitres dont voici les intitulés :
 Le premier chapitre : « Les acteurs de
développement, quels acteurs pour quelles actions ? ».
Ce chapitre présente la place et les rôles de chacun des
principaux acteurs du développement des CRE.
 Le deuxième chapitre : Attentes des
populations conçues comme éléments de feuille de route
dans l’objectif de construire des éléments pertinents pour
l’aménagement et le développement des CRE étudiés.
 Le troisième chapitre : Stratégies et perspectives
du développement des CRE. Il présentera les trois axes de
la vision stratégique que nous proposons pour un
développement territorial des CRE de la Province de
Zagora.

L’ensemble des idées ne peut être développé et les axes ne peuvent être
analysés et traités qu’à partir d’un espace géographique prédéfini.

15
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

6-L’aire d’étude : un territoire rural en quête d’équilibre


La Province de Zagora a été créée par le décret n° : 2.97.281 du 01 Dilhija
1417 correspondant au 09 Avril 1997 dans le cadre de la politique de
rapprochement de l’administration du citoyen. Elle est située au Sud-Est du
Royaume, elle fait partie, selon le dernier découpage administratif de 2015, de la
région du Drâa Tafilalet (voir carte n°2). Elle est limitée au Nord et à l’Ouest par
la Province d’Ouarzazate, à l’Ouest par la Province de Tata, à l’Est par la
Province d’Errachidia et au Sud par les frontières Maroco-algériennes sur une
longueur de 200 Km. Elle est composée de 25 Communes et se situe dans la
périphérie aride du territoire marocain, les vallées du Drâa et du Maider
(Tazarine-Taghbalte) font partie intégrante de cette région oasienne16.

Elle s’étend sur une superficie de 23.000 km² dont 33100 ha de Surface
Agricole Utile (SAU) et 2129650 ha de parcours17, et compte d’après le
recensement de 2014 une population de 307306 habitants dont 256558 personnes
en milieu rural.

Les CRE qui font l’objet de notre recherche sont étroitement liés à ce
« macro »-territoire mère qui englobe des espaces ruraux qui ne cessent de
s’urbaniser mais, timidement depuis l’indépendance du Maroc en 1956.

16
- OUADICH Brahim- (Octobre 2015) - Analyse du potentiel économique dans les Cinq Province s (Zagora, Ouarzazate,
Tinghir, Errachidia et Midelt) ciblées par le Projet réalisé par la GIZ sur : la Promotion de l’Economie et le Développement
Local dans les zones excentrées du Maroc(PEDEL)- P56.
17
- Monographie de la Province de Zagora - Année 2012- P 6.

16
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Carte n° 2 : Situation de l’espace des Centres


Ruraux Emergents à étudier.

Source : Fond du Maroc- Carte digitalisée par EL-ARABY Abdelaaziz - Septembre 2017.

17
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Partie I :

Les Centres Ruraux Emergents dans la


Province de Zagora : contextes,
démarches et diagnostic Territorial

18
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Introduction de la première partie :

Cette première partie a pour but de répondre, en premier lieu, à des questions
d’ordre méthodologique et théorique, en deuxième lieu à présenter un diagnostic
territorial de la Province de Zagora du point de vue démographique, urbain et
fonctionnel comme étant un système en guise de restructuration socio-spatiale par
le biais des Centres Ruraux Emergents (CRE). En effet, avant d’identifier et
d’étudier les Centres Ruraux Emergents, il semble indispensable de construire un
modèle analytique et théorique de référence. Dans ce sens, le premier chapitre de
cette partie est réservé à la revue de littérature par rapport aux principaux
concepts formant l’ossature de notre thèse. En outre, en appliquant l’approche
systémique et la démarche territoriale, on essaie de traiter dans ce chapitre des
évolutions liées à l’aménagement et à la gestion des affaires locales au Maroc.
Par la suite et en harmonie avec le cadre théorique de notre thèse, deux
autres chapitres exposent l’analyse des éléments du diagnostic territorial
participatif de la Province de Zagora. Ce diagnostic illustre à la fois l’importance
d’identification des CRE de Zagora, les mécanismes de fonctionnement de ces
nouvelles « entités socio-spatiales », leurs positions par rapport à l’articulation et
la restructuration du territoire «zagorien» et la position des acteurs du
développement par rapport à la dynamique des CRE.
L’analyse des fonctions des CRE de Zagora s’intéresse aux vocations, aux
équipements et aux infrastructures.

19
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Chapitre I : Contextes et méthodologie du travail

Introduction :

Le présent chapitre constitue la porte d’entrée de notre projet de thèse. Il met


en évidence le cadre conceptuel, constituant le champ de connaissances relatif aux
Centres Ruraux Emergents (CRE), à l’aménagement du territoire et au
développement territorial, ainsi que la méthodologie du travail adoptée pour
l’identification et l’étude des CRE de Zagora.
Par ailleurs, les éléments présentés dans l’introduction générale de cette
thèse font apparaitre que le champ conceptuel de notre travail concerne
l’aménagement du territoire, les approches, les démarches et les enjeux du
développement.
D’abord, le cadre théorique de notre travail sera débuté par la mise en
évidence de l’arsenal conceptuel dont quelques éléments ont été cités ci-dessus.
Ensuite, l’insertion de certains concepts dans le contexte marocain nous
amènera à passer en revue l’historique de la gestion des affaires locales au Maroc
à travers le suivi des principaux changements subis par le processus de mise en
œuvre des politiques et des actions du développement.
Enfin, on précisera la démarche d’identification ainsi que les outils et les
mécanismes adoptés pour la collecte des données.
Nous sommes donc amené à formuler les questions suivantes auxquelles
nous essayerons de répondre dans ce qui suit:
En quoi consiste l’histoire de la gestion des affaires locales au Maroc ? Quels
sont le contexte et les raisons d’adoption de la démarche territoriale ? Qu’est-ce
qu’on entend par les CRE ? Ya-t-il une démarche de leur identification et de leur
classement ?

1- Un arsenal conceptuel lié au développement territorial


Les concepts de la présente thèse sont regroupés dans les trois paragraphes
ci-après dont le premier est réservé à la définition de la nouvelle approche du
développement territorial, le deuxième traite les concepts du territoire, de
l’aménagement et des enjeux et le troisième et dernier est réservé à un essai de
définition des CRE.

20
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

1.1-La démarche territoriale : nouveau paradigme du développement ?


Le développement territorial est considéré comme un processus de
mobilisation de tous les acteurs, et de valorisation des ressources locales visibles
ou abstraites, dans un territoire construit et multidimensionnel. Ce processus :
 Concerne toutes les composantes de la société locale.
 Se déroule à long terme.
 Se déroule dans un espace construit.
Effectivement, le développement territorial, à travers la participation active
de tous les acteurs, permet d’identifier et de réaliser les actions qui correspondent
à la mise en valeur des atouts du territoire. La stratégie de développement
territorial est unique, elle est adaptée au territoire. Mais, elle nécessite une vision
globale, avec des préoccupations à la fois économiques, sociales et culturelles18.
Après cette définition succincte de la démarche territoriale, une question se pose :
quel est le processus de mise en œuvre de la stratégie du développement
territorial ?
D’une manière générale, la mise en œuvre d’une démarche du
développement territorial repose sur quatre grandes phases (voir Figure n° 1):

 La phase de préparation vise la mise en place des ressources matérielles


et humaines nécessaires à la mission d’appui, à la planification et à la mobilisation
des acteurs locaux en vue de les impliquer dans le processus de planification à
travers des ateliers d’information et de formation.

 Phase de diagnostic territorial participatif : la connaissance


approfondie du territoire et de ses dynamiques constitue une action préalable à
toute action du développement local. Le diagnostic territorial participatif a pour
but d’analyser les caractéristiques démographiques, institutionnelles, physiques,
économiques et sociales du territoire ciblé. Il vise à le situer dans son
environnement, à caractériser son positionnement, à mettre en évidence ses points
forts et ses points faibles, à déterminer les facteurs susceptibles de conditionner
son devenir et mettre en avant toutes ses potentialités de développement.

 Phase de planification stratégique participative : A partir des résultats


du diagnostic, on peut construire la vision que les acteurs peuvent avoir sur le
développement de leur territoire. La vision politique peut être issue de l’analyse
des forces et faiblesses de ce territoire et de la prise de conscience de ces acteurs
en ce qui concerne les enjeux du développement. Elle formalise, à moyen et à

18
- EL KADIRI Nacer, 2007- Genèse et développement de l’approche territoriale au Maroc in  LAPEZE Jean, ELKADIRI
Nacer & LAMRANI Nouzha (Sous la direction) (2007). Eléments d’analyse sur le développement territorial, aspects
théoriques et empiriques. Éditions L’Harmatan- Paris - P18.

21
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

long termes, les axes de développement stratégiques et les objectifs concrets à


atteindre.

Cette vision doit, ensuite, être traduite en programmes d’actions susceptibles


de répondre aux besoins de la communauté et aux objectifs fixés par les élus. En
réalité, la démarche de planification se résume dans les étapes suivantes :

 La définition de la vision-choix stratégique/axes/objectifs.


 L’élaboration de la planification physique et financière,
pluriannuelle, triennale et annuelle.
 L’identification du contenu des actions en fiche-projet.

Figure n° 1: processus de mise en œuvre de la démarche territoriale.

 Atelier de lancement
Phase de  Atelier de sensibilisation des acteurs
préparation  Formation des acteurs locaux à la démarche

 Constitution d’une banque de données


 Pré-analyse des données
Phase de  Enquêtes de terrain
diagnostic  Rédaction du DTP
territorial  Restitution et finalisation du DTP
participatif
La définition de la vision stratégique
 L’élaboration des matrices (cadre logique et
matrice financière)
Phase de  La Rédaction du plan d’action dans le cadre
planification d’une démarche participative
stratégique  Atelier de présentation de la vision du territoire
participative (PSP)  Commission de travail sur les projets
 Atelier de présentation du plan d’actions

 Contractualisation et mobilisation des fonds


Phase  Mise en œuvre du plan d’actions
 Evaluation et révision de la programmation
d’exécution

Source (avant modifications) : l’ADS, unité de gestion du programme d’appui à la planification communale (juillet 2011).

22
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

 La construction d’un Plan d’actions/plan de développement territorial


qui aura pour résultat la production de :
 La matrice de planification physique et financière qui est un cadre logique
complété par la budgétisation des actions et l’identification des sources de
financement.
 Fiches d’information sur les projets qui précisent les modalités de mise en
œuvre et de financement des actions programmées.

 Phase d’exécution et d’évaluation : durant cette phase, l’accent est mis


sur la contractualisation et la mobilisation des fonds, ainsi que sur la mise en
œuvre du plan d’actions et l’évaluation de la programmation.

Certes, le plan du développement territorial doit se compléter par un


dispositif de mise en œuvre qui précise comment opérationnaliser ce dernier.
Mais, la mise en place de cette nouvelle démarche, avec tout le dispositif cité ci-
dessus, ne pourra être accessible qu’à travers la maitrise et la prise en
considération d’autres concepts comme l’aménagement, le développement et les
enjeux territoriaux.

1.2-L’aménagement et le développement des territoires : Deux


concepts exigeant la compréhension des enjeux
Ce paragraphe, en effet, présentera trois définitions principales, en
l’occurrence celles du territoire, de l’aménagement et des enjeux du
développement territorial.

1.2.1-Notion de territoire
Si tout le monde, aujourd’hui, est d’accord sur le fait que la notion d’espace
géographique dépasse la dimension matérielle (support)19 pour désigner
« l’étendue terrestre utilisée et aménagée par les sociétés en vue de leur
reproduction, non seulement pour se nourrir et s’abriter, mais aussi dans toute la
complexité des actes sociaux20 », le territoire, par contre, est « tout » puisqu’il
recouvre une complexité qui demeure difficile à cerner. Les outils mis en œuvre à
l’heure actuelle doivent intégrer sa diversification et sa complexification en
coordonnant notamment les dimensions sociales, politiques, économiques et

19
- HASSANI Mustapha (2008). Problématique du développement territorial au Maroc-Cas de la région Doukala-Abda- Thèse
de doctorat d’Etat en géographie -2 Tomes- Université Cadi Ayad- Faculté des Lettres et des Sciences Humaines –Marrakech -
P 21.
20
- BRUNET R., FERRAS R., THERY H., 1993, Les mots de la géographie – Dictionnaire critique, Montpellier, Reclus, 2ème
édition, p203.

23
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

environnementales, en considérant tous les usages, sur la base d’une participation


de plus en plus active de la population. Pour « rehausser notre compréhension des
mécanismes de régulation systémique du territoire et de son développement »
comme le proposent M. Thériault et Prélaz-Droux R.21, il faut fonder la définition
du territoire que nous proposons sur une solide méthodologie que le paradigme
systémique nous offre par ailleurs22. Ainsi, comme un système, le territoire est une
construction intellectuelle23 mouvante, évolutive, floue, et dont les caractéristiques
correspondent totalement à celles que l’on peut attribuer plus globalement au
principe de complexité24. Il s’agit d’un tout, composé de sous-systèmes,
d’éléments, et surtout de relations multiples, notamment des boucles de
rétroaction positives ou négatives25. Ainsi, les trois entrées du territoire que nous
avons mentionnées ci-dessus, constituent-elles en fin de compte trois sous-
systèmes en interrelation, qui évoluent dans le temps, dans le cadre d’une boucle
ininterrompue fondée sur des principes de construction/déconstruction. Ces trois
sous-systèmes sont les suivants26 :

- L’espace géographique, approprié par l’homme, aménagé et au sein duquel


apparaissent des organisations spatiales et de multiples interactions fondées sur
les interrelations entre les sous-systèmes qui le composent (naturel,
anthropique/humain, social et institutionnel).
- Le système des représentations de l’espace géographique, ensemble de
filtres (individuel, idéologique, sociétal) qui influence les acteurs dans leurs prises
de décisions et les individus dans l’ensemble de leurs choix, selon deux temps :
lors de l’observation de ce qu’est l’espace géographique et lors de la projection de
ce que sera l’espace géographique après le choix d’une action.
- Le système des acteurs qui agissent consciemment ou inconsciemment sur
l’espace géographique, influencés par leurs filtres, suivant leur position au sein de
ce système.

Autrement dit, « le territoire est essentiellement le lieu où on se sent chez


soi. C’est l’espace approprié par un groupe social qui en fait leur milieu de vie et
leur environnement vital. Ainsi, le territoire n’existe que par son appropriation,
ses pratiques et sa reconnaissance par un groupe donné. Il est donc un espace

21
- THERIAULT M., PRELAZ-DROUX R., (2001), « Utilisation des SIG en aménagement du territoire», in Revue
Internationale de Géomatique, Vol. 11, n°3-4, Paris, Ed. Hermès, pp. 303-308.
22
- MOINE Alexandre (2005). Le territoire comme un système complexe. Des outils pour l’aménagement et la géographie.
Septièmes Rencontres de Théo Quant, Feb 2005, Besançon, France- consultable sur le site internet : https://hal.archives-
ouvertes.fr/hal-00867363/document - dernière consultation 11 Février 2018.
23
- LEMOIGNE J.-L., 1984, La théorie du système général, théorie de la modélisation, Paris, PUF, 330 p.
24
- DE ROSNAY J., 1975, Le macroscope. Vers une vision globale, Seuil, Collection Point, n°80, 346 p.
25
- MOINE Alexandre (2005). Op. Cit.- p3.
26
- MOINE Alexandre (2005). Op. Cit.- p3.

24
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

produit par l’homme, un moyen de capitalisation des réalisations humaines. Il


acquiert ainsi une dimension historique comme témoin d’une patrimonialisation
continue27»

C’est un espace approprié avec sentiment et conscience. Il est l’expression


de la socialisation de l’espace car la communauté existe avant tout par le contrôle
d’un territoire plus ou moins disputé. L’appropriation est donc à la fois, le but, le
sens et la finalité de la vie sociale28.

Par ailleurs, les définitions, citées ci-dessus et d’autres que nous avons pu
consulter et assimiler au cours de nos recherches, attirent notre attention sur le fait
que le territoire est un produit socio-spatial qui n’obéit nulle part ni aux limites
administratives, ni aux dimensions géographiques, ni aux
contraintes/limites/barrières de la nature. Le territoire, alors, est un construit des
sociétés et toutes actions/interventions n’auront un minimum de chance de
réussite que si elles sont « appropriées » par les populations concernées. Que
pouvons-nous dire, donc, de l’aménagement et du développement du territoire ?

1.2.2- Aménagement et développement, quelles interactions ?


L’aménagement est cette action volontaire, consciente, programmée d’une
collectivité sur son territoire. Il consiste à modifier, rectifier, corriger, adapter et
transformer un espace donné en vue d’un objectif déterminé : aménager une salle,
un bureau, une chambre, une ville ou une région. L’aménagement se définit
toujours par rapport à un objectif bien clair. On n’aménage pas sans finalité
précise. L’aménagement correspond à une volonté, notamment collective, de
corriger les déséquilibres d’un espace local, régional, national voire suprarégional.
Il s’appuie sur le volet appliqué par la géographie à côté des autres disciplines
comme l’économie, la sociologie, le droit29etc. Il suppose une conception globale
de l’ensemble d’un territoire, une analyse à la fois rétrospective (bilan) et
prospective (perspectives). C’est une véritable synergie des disciplines et des
compétences comme la géographie, l’économie, la sociologie, l’urbanisme, le
droit, l’agroéconomie etc. L’aménagement est transdisciplinaire ou du moins
multidisciplinaire qui regroupe plusieurs savoir-faire. L’aménagement est, d’une

27
- CHOUIKI Mustapha, (2017)- L’urbanisme en question(s)-Problématiques conceptuelles- Publication de l’Institut National
d’Aménagement et d’Urbanisme (INAU) Rabat. P15.
28
- AÏT HAMZA Mohamed, (1999), Mobilité socio-spatiale et développement local au Sud de l’Atlas marocain (Dadès -
Todgha), thèse d’Etat en géographie sociale. Univ. Mohammed V, Rabat- Publiée par Maghreb-student: Heft 13 – 2002-ISBN
3-932820-21-5-ISSN1436-137X- p20.
29
- BELHEDI Amor - L’aménagement du territoire Principes & approches - publie sur le site internet :
http://www.cgdr.nat.tn/upload/files/19.pdf- dernière consultation le 12 Février 2018.

25
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

certaine façon, une projection de la société dans le futur, c’est la conception de la


société de demain30.

Autrement dit, « l’aménagement du territoire est une réorganisation du


territoire de sorte à révéler ses caractéristiques (forces, faiblesses, opportunités,
menaces et besoins à court terme, moyen et à long termes) et à traduire ces
caractéristiques en projets de territoire qui donnent du plaisir aux populations
d’appartenir au territoire aménagé et permettent également de respecter les
systèmes de régulation (réglementation, normes, procédures) régissant ce
territoire. Ainsi, par aménagement du territoire, il faut surtout entendre (i) un
aménagement d’exploitation des potentialités du milieu, se rapportant le plus
souvent à la mise en valeur des ressources naturelles, à la production des biens et
services, (ii) un aménagement d’adaptation qui signifie qu’on ne peut pas occuper
le territoire n’importe comment, qu’on doit tenir compte de la sensibilité, de la
valeur paysagère, des facteurs exposés aux risques du milieu pour opérer les choix
d’investissement et d’architecture, les types d’industries, les relations
d’interdépendances des systèmes naturels et des systèmes culturels , et (iii) un
aménagement de préservation fondé sur une gestion patrimoniale, répondant à une
préoccupation de développement durable 31»

Au Maroc, l’aménagement du territoire est un ensemble de savoir-faire,


d’actions et d’interventions publiques et privées, en concertation et participation
de tous les acteurs, des décideurs jusqu’aux représentants de la société civile. Par
le biais d’une politique volontariste, on se met à la recherche d’une meilleure
répartition de la population, des activités et des infrastructures d’équipements, sur
l’ensemble du territoire national, sur la base de la compétitivité économique, la
cohésion sociale et la durabilité du développement, tenant compte des
potentialités et des contraintes naturelles32et humaines. Aménager un espace,
alors, c’est le préparer à l’exploitation.

C’est quoi le développement au juste ?


Le mot développement est l’un des concepts n’ayant pas de définition
standard et adoptée, en unanimité. Cependant, la quasi-totalité des définitions
présentées sont convergentes d’une manière ou d’une autre sur le fait que le
30
- BELHEDI Amor - L’aménagement du territoire Principes & approches - publie sur le site internet suivant:
http://www.cgdr.nat.tn/upload/files/19.pdf- dernière consultation le 12 Février 2018.
31
- TOMETY Simon-Narcisse, (2008) - L’ingénierie territoriale comme outil de développement local in : Amadou DIOP (éd.)
(2008) Développement local, gouvernance territoriale –Enjeux et perspectives – Editions KARTHALA- P 91.
32
- NACHOUI Mostafa -(2018) Aménagement et développement du territoire au Maroc : contexte et vision –publie in Revue
Espaces Géographique et société Marocaine- N°20/21 janvier 2018- P78. Consultable sur le site internet suivant :
http://revues.imist.ma/index.php?journal=EGSM&page=article&op=view&path%5B%5D=11028&path%5B%5D=6313
(dernière consultation le 14 Janvier 2018).

26
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

développement désigne une évolution qui concilie l’aspect quantitatif et qualitatif.


Dans ce sens LAZAREV Grigori estime que « Le développement est l’ensemble
des changements sociaux et mentaux qui favorisent l’apparition de la croissance
et sa poursuite à long terme »33.

Dans le contexte de sa définition du développement local le géographe AÏT


HAMZA Mohamed estime que « le développement local doit être intégré et
général, conçu et mis en œuvre par les intéressés eux-mêmes, mais la meilleure
façade de ce modèle ne doit pas cacher les problèmes que cela soulève au niveau
de sa mise en œuvre économique et politique. C’est tout le dossier de
l’opportunité de la participation de la population, de la démocratie qu’on ouvre
par-là.34 »

Par ailleurs, le développement désigne l’amélioration d’une situation


quelconque tant sur le plan quantitatif que qualitatif, d’où la nécessité de faire des
populations locales, à la fois, des acteurs et des bénéficiaires de ce processus
évolutif.

Après ces notions générales de développement, d’aménagement et de


territoire, on précisera le concept des enjeux du développement territorial.

1.2.3-Du jeu aux enjeux du développement territorial :


Le dictionnaire de la langue française « Larousse 35» définit l’enjeu comme
suit :
- Ce que l'on risque dans « un jeu », en particulier, une somme d'argent, et
qui revient au gagnant.
- Ce que l'on peut gagner ou perdre d’une action ou d’une entreprise
quelconque. L’enjeu englobe également des dimensions abstraites, comme des
enjeux politiques, économiques etc. : ex. : L'enjeu du dossier de Sahara est le
maintien des territoires et Provinces du sud marocain dans une attente
prometteuse de la résolution onusienne.

La définition citée ci-dessus nous pousse à nous demander quelle différence


existe entre l’enjeu et l’objectif et quelle est l’utilité de l’étude des enjeux dans
notre projet de thèse.

33
- LAZAREV Grigori (2014), Ruralité et changement social- Etude sociologiques, Publications de la Faculté des Lettres et des
Sciences Humaines, Rabat- Série : Essai et Etudes n° 64 – Edition & Impressions Bouregreg, Rabat- Première édition. p 123 et
124.
34
- AÏT HAMZA Mohamed, 1999 –Op. Cit. P20.
35
- Voir le site internet suivant : http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/enjeu/29621#b8D7UCjcc9JhbAPG.99 – dernière
consultation : 15 Janvier 2018.

27
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

L’objectif est une situation mesurable, quantitativement ou qualitativement,


qu’on souhaite atteindre dans une durée et une date bien déterminée à travers des
actions concrètes et planifiées. Ex. : l’objectif du Maroc quant au dossier du
Sahara est de compléter son intégrité territoriale afin de faire des Provinces du
Sahara des leviers du développement du pays à long terme pour ne pas dire
éternellement. L’enjeu et l’objectif sont, alors, liés de sorte que le premier
conditionne le second.

Ils sont, alors, très liés de sorte que l’enjeu conditionne l’objectif. Autrement
dit, l’enjeu est une récompense tandis que l’objectif est le moyen pour l’obtention
de cette récompense. Pour un même enjeu, on pourra établir plusieurs objectifs36.

Quant à l’étude et à l’identification des enjeux du développement d’un


territoire, elles sont une étape charnière de fait qu’elles permettent de dresser la
synthèse et le bilan du diagnostic territorial. Ce sont aussi les enjeux qui nous
facilitent la définition de la stratégie de laquelle émane le plan d’actions. Cette
conclusion sur les enjeux, nous invite à définir les CRE espace de notre thèse de
doctorat dans lequel nous serons amené à établir un diagnostic territorial avec une
vision stratégique déclinée en axes pour le développement territorial de la
Province de Zagora.

1.3-CRE : Nouvelle terminologie utilisée par les urbanistes et sollicitée


très récemment par les géographes aménagistes.
La détermination de « la notion de Centres Ruraux Emergents » nous a
beaucoup préoccupés au début de cette recherche. Notre souci vient de la
nécessité d’avoir un cadre théorique37 susceptible de nous éclairer sur la démarche
qu’on a adoptée dans l’identification et la hiérarchisation des CRE dans la zone
d’étude (Province de Zagora). En effet, la recherche bibliographique en
géographie que nous avons effectuée a abouti aux résultats suivants :

 Le Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de


l’Espace a défini le Centre Rural Emergent -CRE- comme étant « tout centre rural
qui fait preuve d’une dynamique endogène, qui conduirait à son urbanisation de

36
- SORBET Jérémy - Quelle est la différence entre enjeux et objectifs- publie sur le site internet :
https://education.toutcomment.com/article/quelle-est-la-difference-entre-enjeux-et-objectifs-12065.html - dernière consultation
: 23 Mars 2018.
37
- Comme tout le monde le sait, le débat reste ouvert et sans aucune unanimité, jusqu’à nos jours, sur la définition de la ville.
Pour plus de détails sur ce débat voir : Laghouat Mohamed. (1985) « Essai sur la définition théorique et la délimitation de
l’urbain en pays sous-développés, proposition méthodologique appliquée au cas du Maroc» R.G.M n°9, pp 39-53. En effet, si
les essais d’établissement des limites claires entre l’urbain et le rural n’ont pas abouti à des critères et à des règles qu’on doit
tous respecter, la définition et l’identification des CRE, comme espaces intermédiaires, ne doivent être que trop délicats.

28
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

façon plus ou moins spontanée, qui disposerait à cet égard d’atouts appropriés.
Cette tendance à l’urbanisation étant soutenue par les potentialités propres du
centre rural, son dynamisme démographique, ses équipements socio-éducatifs et
administratifs, en plus de sa position géographique et des ressources matérielles et
humaines »38.
 KERZAZI Moussa dans son article intitulé : « Les Centres ruraux et petits
centres urbains, outils de structuration de l’espace au Maroc 39» a considéré
que « Définir un centre rural, n’est pas une chose facile. Au critère de la taille
démographique, il faut ajouter d’autres critères ; à savoir les équipements, la
dynamique économique et les fonctions. Dans un espace rural marocain se
trouvent de petits douars qui représentent des petites implantations humaines
groupées ou dispersées, et de gros douars groupés, plus ou moins denses et
équipés. Certains gros douars groupés, et parfois même des douars de tailles
moyennes se transforment avec le temps en centres ruraux et centres semi-urbains
ou délimités, et ce, grâce à leur dynamique économique, à la diversité d’activités
extra agricoles de leurs populations actives et l’implantation des équipements
structurants (établissements administratifs et socio-éducatifs et économiques)40.
 FATEH Abdelali41 estime, que, généralement, nous entendons par centre
rural une localité, chef-lieu de commune dont la population est assez importante
groupée autour d’un noyau qui dessert par un certain nombre d’équipements,
services et commerces une population rurale environnante qui n’en dispose
pas42». Ainsi, cet auteur adopte une définition statistique qui stipule que …ces
centres ruraux en tant que chefs-lieux de commune rurale jouent le rôle
d’encadrement des campagnes et des éléments de grands poids dans le système
urbain marocain ….
 BREJON DE LAVERNEE Nicolas dans son étude sur l’aménagement rural
dans la région nord-ouest du Maroc avance la définition du concept des Centres
ruraux de services : « On entend par un centre rural de services toute
agglomération regroupant des équipements de services marchands et non
marchands ayant un rôle polarisateur. L’agglomération considérée est donc située
entre le niveau rural proprement dit (le Douar) et l’urbain (petite ville)43 ». Par

38
- Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace- (2006)- Centres Ruraux Emergents – CRE – de
l’identification à la mise en œuvre p11.
39
- KERZAZI Moussa -(2009) Les Centres ruraux et petits centres urbains, outil de structuration de l’espace au Maroc in
KERZAZI Moussa (Sous coordination) (2009) L’urbanisation des campagnes au Maroc, Publication de la Faculté des Lettres et
des Sciences Humaines de Rabat, Série Colloques et Séminaires, n° 162, Rabat- p 25.
40
- KERZAZI Moussa –(2009)- Op. Cit. p 25.
41
- FATEH Abdelali - (2009) « Centres ruraux au Maroc : Evolution Spatio-temporelle – Cas de la région de Rabat-Salé-
Zemmour-Zaêir » in KERZAZI Moussa (sous coordination) Op. Cit. p 46.
42
- KERZAZI Moussa (sous coordination)-2009- Op. Cit. – p46.
43
- BREJON DE LAVERGNEE Nicolas et all (1990)- Politiques d’aménagement du territoire au Maroc – éditions l’Harmattan
– P 93.

29
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

ailleurs, cet auteur souligne dans un autre contexte44 que les centres ruraux sont
plus difficiles à circonscrire car ils n’ont pas d’existence juridique proprement
dite. Le Douar est une « cellule élémentaire de peuplement rural, communauté
ethnosociologique, territoriale, économique et habitationnelle 45». Il a un nom
bien déterminé et donc facile (relativement car, parfois, il change de nom46) à
répertorier. Cependant, il ne peut constituer en tant que tel le pôle de l’armature
rurale car il n’a pas obligatoirement une fonction d’approvisionnement, de
collecte et d’exportation de produits agricoles ou de commandement et, par
conséquent, sa zone d’influence est nulle47. Cependant, un Centre Rural se
caractérise, tout d’abord, par sa fonction commerciale, matérialisée par la
présence d’un ensemble de boutiques ouvertes en permanence et en général d’un
souk. Mais, au cours du temps, les fonctions des CR sont devenues plus
complexes : Aux fonctions commerciales traditionnelles s’ajoutent des fonctions
de commandement (qui se matérialisent par la présence d’un siège de caïdat, de
cercle, des services extérieurs des administrations centrales…),
d’approvisionnement d’autres régions en produits agricoles et artisanaux48, etc.
A travers la lecture de l’ensemble de ces définitions nous pouvons
construire une définition personnelle qui consiste à considérer qu’un CRE est
« une localité (un Douar, deux Douars ou plus) dans une commune, qui peut être
chef-lieu de cette commune ou non et qui fait preuve d’une dynamique
remarquable dans son évolution sociodémographique, économique, spatiale et
urbaine. Cette dynamique se concrétise par l’attractivité dont ces centres font
l’objet à l’égard des populations des autres douars qui appartiennent,
généralement, à la même commune ou aux communes avoisinantes. Par
conséquent, une partie de ces populations qui fréquente ledit Centre finit par s’y
installer et bénéficie des services éducatifs, sanitaires, administratifs et
commerciaux que procure ce centre49. Le degré et la nature de l’attractivité de
chaque CRE nous mettent devant plusieurs typologies de CRE. D’où la nécessité
de travailler sur l’élaboration des critères standard susceptibles d’être adoptés par
tout le monde pour différencier, d’abord, les CRE et les douars/sous-douars et
puis, pouvoir classifier et hiérarchiser les CRE identifiés ».

44
- BREJON DE LAVERGNEE Nicolas (1984) Schémas d’armature rurale et problématique des équipements collectifs in
Revue de Géographie du Maroc N° 8 – Ppublié par l’Association Nationale des Géographes Marocaines-Facultés des Lettres et
des Sciences Humaines-Rabat- P 79.
45
- LE COZ Jean (1965)- Le numéro spécial de la Revue de Géographie du Maroc- n°8 – PP 9-14- Article cité par BREJON DE
LAVERGNEE Nicolas (1984) – Op. Cit.- P 79.
46
- BREJON DE LAVERGNEE Nicolas (1984) – Op. Cit.- P 79.
47
- BREJON DE LAVERGNEE Nicolas (1984) – Op. Cit.- P 79.
48
- BREJON DE LAVERGNEE Nicolas (1984) – Op. Cit.- P 79.
49
- EL-ARABY Abdelaaziz & FALEH Ali (2017). Op. Cit- p172 - Retrieved 12 Nov. 2017, from doi: 10.1515/avutgs-2017-
0016.

30
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Après avoir passé en revue certains concepts que nous introduisons dans
notre thèse, nous essaierons de les positionner dans le contexte évolutif de la
gestion des affaires locales et territoriales au Maroc. La section ci-après est
consacrée au traitement de cette question de « contextualisation » des concepts de
la thèse à travers l’étude de l’expérience de la planification communale et de la
participation de la société civile dans la gestion des affaires locales.

2- Le Maroc ; à la recherche d’une démarche de gestion et du


développement adéquate
Cette section vise la « contextualisation » des concepts définis ci-dessus.

2.1- La gestion des affaires locales, du système de la tribu au système


de la commune
La tribu (Taqbilte) a constitué jusqu'au début du 20ème siècle l’unique
institution chargée de la gestion des affaires quotidiennes des populations locales.
La jmâa est composée de notables élus par les membres de la tribu (Ighssans),
parce qu’ils sont influents, fortunés etc.50. Les membres de la jmâa sont issus des
Ighssans (lignages) de la tribu de telle façon à ce que chaque ighs (lignage) soit
représenté par un homme de confiance. Le géographe Ait Hamza Mohamed
résume la fonction de la jmâa en ces termes : « La jmâa doit veiller sur la bonne
gestion, la défense et le développement de son espace socioéconomique. La jmâa
n’a pas un programme établi d’avance, c’est-à-dire cette fluidité dans l’action qui
fait sa force contrairement aux institutions modernes, rationnelles mais rigides »51.
Cependant, cette institution coutumière subit des changements qui conduisent à la
réduction de ses attributions. L’apparition de l’esprit individuel dans des localités
gérées auparavant par les tribus, l’apparition des associations et des collectivités
territoriales et la gestion des territoires et des populations par le biais des
administrateurs représentant l’autorité de l’Etat52, sont quelques exemples qui
témoignent des changements ayant touché les prérogatives de la tribu.

Le travail collectif sous des formes différentes et authentiques est très


ancien au Maroc alors que l’organisation en association est récente, elle date de
50
- Pour plus de détails sur la notion des notables et de l’élite voir : AÏT HAMZA Mohamed, 1999, Mobilité socio-spatiale et
développement local au Sud de l’Atlas marocain (Dadès -Todgha), thèse d’Etat en géographie sociale. Univ. Mohammed V,
Rabat- Publiée par Maghreb-student: Heft 13 – 2002-ISBN 3-932820-21-5-ISSN1436-137X- PP 63-65.
51
- AÏT HAMZA Mohamed, 1999 –Op. Cit. p25.
52
- AÏT HAMZA Mohamed, 1999 –Op. Cit. p 27.

31
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

191453. Les associations modernes au Maroc reposent, généralement, sur des


traditions d’organisations collectives très enracinées dans la culture populaire
dont les plus importantes demeurent les jmâas, les zaouïas et les corporations de
métiers.

Les prérogatives de la jmâa traditionnelle dépassent souvent celles des


associations actuelles, c’est ce qui a permis, jusqu’à une date très récente,
d’entretenir un esprit d’engagement collectif et de gestion des affaires communes
basé sur la solidarité, spécialement dans l’espace rural. L’appartenance commune
à un seul lignage et/ou même localité (Tigheramt) est l’élément moteur du
développement des différents mécanismes du travail collectif dont la « TWIZA »
est la principale. De plus, les confréries religieuses, entre autres, Elquadiria,
Ettijania, Elkittania et Ennaciria, ont créé l’organisation sociale du pays, mais
avec une manière transversale et souvent oligarchique. Ces Zaouïa ont façonné la
structure sociale du Maroc plus spécifiquement entre le 15 ème et le 19éme siècle en
se basant sur des méthodes du travail qui conjuguent le religieux au social et des
stratégies d’expansion en multipliant leurs filiales à travers le territoire national.
Ces confréries possédaient alors un fief des dizaines de filiales pour chacune dont
certaines étaient implantées en dehors même des frontières du Maroc notamment
en Algérie et au Sénégal54. Les domaines d’intervention des confréries sont
divers, les plus originaux sont la régulation des conflits, la protection des démunis
et la promotion de l’enseignement traditionnel55. Elles interviennent, de même,
dans l’organisation et la régulation des métiers sous forme de corporations
artisanales développées souvent dans les médinas et se caractérisent par l’exercice
d’une seule profession.

Par ailleurs, les Zaouïas ont subi des mutations qui ressemblent à celles des
tribus. Ces mutations sociales, dans leur ordre général, ont amené à la
détérioration progressive des rôles et de la place de ces institutions sociales
traditionnelles dans l’organisation de la société. Cette nouvelle situation pousse
l’Etat marocain depuis la période coloniale, à nos jours, à chercher des

53
- Le dahir du 8 rabii II 1332 (6 Mars 1914) sur les attroupements et le dahir du 28 rabii II 1332 (26 Mars 1914) portant
réglementation des réunions publiques.
54
- ZAINABI Ahmed Toufik -(2010)- Contribution des associations de proximité au développement local de la Province de
Zagora (Drâa Moyen)- Thèse de doctorat d’Etat, FLSH. Université Mohammed V – Agdal, Rabat. P110.
55
- Nous voulons dire par l'enseignement traditionnel, les mssids et les écoles coraniques qui enseignent les lettres arabes et les
textes coraniques.

32
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

alternatives qui vont permettre au « makhzen » de maitriser et de gérer les


sociétés et les territoires locaux.

Le Maroc a vécu dans des conditions spécifiques liées à l’omniprésence du


« Makhzen » et des tribus mais également, à la nature discriminatoire de la
politique coloniale exercée par la France56. Seuls les français ont été autorisés à
s’organiser en associations. Parmi les premières associations créées dans cette
période, on note l’association des géographes en 1916. Les Marocains n’ayant pas
cette possibilité, faute de bienveillance des autorités coloniales, étaient dans
l’obligation d’œuvrer dans l’informel si ce n’est dans la clandestinité, en
l’occurrence l’association Alhilal à Tanger créée en 1923, le Groupe de l’Acte
Fassi constitué en 1924, le Groupe de l’Acte de Salé fondé en 1930 et
l’Association des Fils des Notables à Casablanca créée en 193657.

2.1.1- L’action associative au Maroc et le processus de construction du


cadre juridique et institutionnel.

A l’aube de l’indépendance du Maroc, une nouvelle loi relative au droit


d’association a vu le jour. Elle est promulguée par le Dahir n° 1-58-376 du 15
novembre 1958. Avec un esprit qu’on peut qualifier de libéral son texte est inspiré
de la loi française promulguée en 1901. Cette inspiration demeure insuffisante. La
loi de 190158 était le fruit d’une évolution interne de la société française
représentant les valeurs de la démocratie et de l’égalité alors que la loi marocaine
de 1958 s’inscrivait dans le cadre des efforts déployés par un pays qui vient
d’avoir son indépendance, relativement accablé par « des traditions
makhzaniennes », et qui cherche à construire un Etat moderne doté d’un arsenal
juridique important. Par ailleurs, des lois ont été totalement ou partiellement
calquées à des législations européennes spécialement françaises avec quelques
modifications dont l’ampleur varie selon le désir du changement recherché et les
équilibres politiques en place. Certes, l’esprit du Dahir n°1-58-376 du 15
novembre 1958 est libéral, mais, son application a subi une pensée autoritaire et

56
- GHAZALI A. – 1989 – contribution à l’analyse du phénomène associatif au Maroc. In CAMU M. (dir) changements
politiques au Maghreb. Paris, CNRS- P8.
57
- CHARFI A., (2005), le management des associations de développement rural au Maroc. Thèse de Doctorat en sciences
économiques, Université Mohamed V, Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales. Rabat Agdal, p 66.
58
- Loi du 1er juillet 1901 et décret du 16 aout 1901. Accessibles sur le site internet suivant:
https://niort-associations.fr/loi_decret_1901.pdf - Dernière consultation: le 23 Mars 2018.

33
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

centraliste de l’Etat, marqué selon KAMAL L.59 par le doute et l’esprit réticent et
le plus souvent méfiant des partis politiques qui développent dans certaines
périodes des discours et parfois même des pratiques antipathiques aux
associations.

Avec l’avènement de la constitution de 1962, on parlait des libertés


d’association. En fait, l’article 9 stipule que « la constitution garantit à tous les
citoyens la liberté d’association ». Dans les différentes réformes dont la
constitution a fait l’objet notamment en 1970, 1972,1992 et 1996, ce droit a été
maintenu. Cependant, la constitution de 1962 ne reconnait aucun droit aux
associations ni en termes d’organisations ni en termes de représentations des
populations « article 3 ».

Pour donner suite aux deux tentatives de coups d’Etat échoués en 1971 et
1973, le Dahir n°1-58-376 du 15 novembre 195860 a été complété et modifié le 10
avril 1973 en y introduisant plusieurs restrictions. Par conséquent, le droit
d’existence est lié désormais au dépôt d’une déclaration préalable, et à
l’acquisition de la capacité juridique à l’obtention d’un récépissé définitif délivré
par les autorités compétentes. Toutefois, la nouvelle loi ne fixe aucun délai aux
autorités pour délivrer ce récépissé. Ce vide est exploité minutieusement pour se
débarrasser de toute association « nuisible » ayant échappé au premier tri. En cas
de violation du Dahir de 1973 des mesures correctives sont prévues. Ces mesures
allant d’amendes (de 1200,00dhs à 50.000,00dhs) à l’emprisonnement des
dirigeants (entre 1 mois et 2 ans) et parfois à la dissolution même de l’association.

Après la récupération des Provinces présahariennes et pour donner suite


aux événements sociaux de 1981 et 1984, le contrôle de l’action associative
s’amplifie davantage. Dans l’objectif de contrecarrer et/ou contrôler le
mouvement associatif, et suite à une première tentative de mise en place
d’associations d’anciens élèves des écoles et des lycées, le pouvoir central a
appuyé tout au long de la deuxième moitié des années quatre-vingt la création
d’une série d’associations régionales par de hautes personnalités 61. De plus, les

59
- Pour plus de détails voir KAMAL L. (2002), Relation entre mouvement associatif et acteurs politiques et socio-
économiques, PP 7-17. Publications de l’Espace Associatif, Imprimerie Elmaârif El jadida, Rabat.
60
- Dahir n° 1-58-376 du 3 joumada I 1378 (15 novembre 1958) réglementant le droit d'association, tel qu'il a été modifié et
complété. Bulletin officiel n° 2404 bis du 27/11/1958 (27 novembre 1958). Ce Dahir est consultable sur le site internet suivant :
https://www.imolin.org/doc/amlid/Morocco/Morocco_Dahir_no_158376_reglementant_le_droit_dassociation_1958.pdf -
dernière consultation: le 23 Mars 2018.
61
- ZAINABI Ahmed Toufik -(2010) - Op.Cit. – P112.

34
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

effets sociaux du Programme d’Ajustement Structurel (PAS) et en vue


d’appliquer les recommandations de la Banque Mondiale en termes de
désengagement de l’Etat, le gouvernement marocain a déclenché la création d’une
série d’associations dont la plus formalisée et la plus importante est l’Association
des Usagers de l’Eau Agricole (AUEA).

Par ailleurs, les années quatre-vingt ont connu également la création d’une
série de fondations bénéficiant du soutien ou de la bénédiction du Roi, en
l’occurrence, la Fondation Hassan II des personnes Handicapées, la Fondation
Hassan II pour la prévention et la lutte contre les maladies du système nerveux, la
Fondation Hassan II pour la lutte contre le cancer, la Fondation Hassan II
d’ophtalmologie, la Fondation Hassan II pour les œuvres sociales des agents
d’autorité du Ministère de l’Intérieur et la Fondation Hassan II des marocains
résidants à l’étranger etc.

Pour donner suite au discours royal du 03 mars 1988, quelques brèches


d’ouverture sont observées. Cette tendance d’ouverture va être élargie davantage
avec les pressions externes et surtout suite à un mouvement associatif
contestataire lié à une reconversion relativement massive des militants de la
gauche et de l’extrême gauche au travail associatif. On assiste, donc, à des
espaces de liberté propre à l’action associative élargie de fait et, par conséquent, à
une forte mobilisation dès 1992, initiée dans un premier temps par l’Union de
l’Action Féminine, puis dans un second temps par un réseau associatif, autour de
la révision de «la moudawana »62. A l’initiative de l’Espace Associatif, le
mouvement associatif s’est mobilisé en 1998 autour de la révision du Dahir de 10
avril 1973 relatif au droit d’association. En effet, 545 associations ont signé un
mémorandum élaboré sur la base des travaux d’une dizaine d’ateliers organisés à
différentes échelles. Ce mémorandum qui a été remis au premier ministre le 13
janvier 1999, insiste principalement sur l’élimination de la nécessité de
déclaration aux autorités publiques, le renforcement des moyens financiers des
associations, la transparence lors de l’attribution du statut « utilité publique » et
enfin la suppression de certaines phrases dont l’interprétation laisse apparaitre
l’arbitraire63.

62
- RHIWI Leila (2000) Le mouvement féminin au Maroc. BESM, rapport du social, Editions OKAD, p 147.
63
- DENOEUX Guilain, 2002 – Le mouvement associatif marocain face à l’Etat : autonomie, partenariat ou instrumentalisation.
In BEN NEFISSA S. (Dir.), pouvoirs et associations dans le monde arabe. Editions CNRE, Paris, P 31.

35
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

D’une manière générale, les associations durant les années quatre-vingt


restent de simples organes d’exécution sinon des instruments pour le
renforcement des programmes étatiques. Le Programme d’Alimentation Groupé
en Eau potable des zones Rurales (PAGER) est un exemple illustratif de cette «
instrumentalisation » de la société civile.

Il s’agit d’un simple exemple des revers enregistrés dans le processus de


libéralisation de l’action associative, qui sont compensés partiellement par un
appui de plus en plus affiché de la coopération internationale donnée au
mouvement associatif. C’est dans ce contexte qu’un ensemble d’associations et de
fédérations d’associations ont vu le jour, en l’occurrence la Section Nationale du
Réseau International des Organisations Communautaires de lutte contre la
Désertification, l’Espace associatif, le Groupement des Organisations Non
Gouvernementales, le Réseau Carrefour Associatif, l’Alliance Machrek Maghreb
pour l’Eau etc.

Certes, la promulgation de la loi 75-00 par le dahir n°1-02-2006 du 23


juillet 2002 qui portait des modifications au Dahir du 10 Avril 1973, a allégé
plusieurs mesures, en faveur de la société civile, plus spécifiquement dans les
articles 3,5,6,7et 864 , mais, ces modifications sont jugées par la société civile en
deçà de leurs attentes surtout en termes d’absence de références aux principes
internationaux notamment la convention internationale des droits de l’homme, de
clarté des formulations et d’absence de critères d’octroi de l’utilité publique.

A partir des années 2000, on assiste à une implication directe de


l’institution royale sous deux formes distinctes : la première revêt un caractère
institutionnel à travers la création d’un ensemble d’institutions sociétales, entre
autres, la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’Environnement, la
Fondation Mohammed V pour la Solidarité, Mohammed VI pour la réinsertion
des détenus et l’Association Lalla Salma de la lutte contre le cancer. La deuxième
concerne l’investissement dans le domaine social à travers l’initiation par Sa
majesté le Roi Mohamed VI du chantier de l’Initiative Nationale de
Développement Humain (INDH) à partir de 2005.

64
- Pour plus de détails voir : ZAINABI Ahmed Toufik (2010), Contribution des associations de proximité au développement
local de la Province de Zagora (Drâa Moyen)- Thèse de doctorat d’Etat, FLSH. Université Mohammed V – Agdal, Rabat- P
114.

36
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

La relation Etat-société civile était, généralement, toujours traitée par les


différents gouvernements à des niveaux inférieurs qui ne dépassent pas dans les
meilleurs des cas les directions centrales65. Cette donnée a changé avec
l’avènement de la constitution de 2011 qui insiste sur les droits et les rôles
primordiaux que la société civile doit assurer dans le processus du développement
et de modernisation du pays. Par ailleurs, le gouvernement de Monsieur Abdelilah
BENKIRANE a créé pour la première fois dans l’histoire du Maroc un ministère
chargé à la fois des relations avec le parlement et la société civile. Il est à signaler
que le ministère en question a organisé un débat national sur la société civile en
201566. Ainsi, on assiste à des marges de manœuvres en faveur de la société civile
dans le domaine de la démocratie participative et de la présentation des
mémorandums.

2.1.2- La société civile au Maroc, des chiffres importants et des actions


qui manquent de visibilité.

Le Maroc compte, actuellement67, plus de 30.000 associations selon les


déclarations faites en 26 Juillet 201768 par le ministre délégué chargé des
Relations avec le parlement et la Société civile, porte-parole du gouvernement.
Un nombre de 225 associations est déclaré par le Secrétariat Général du
Gouvernement69 comme des associations reconnues d'utilité publique.
Par ailleurs, une étude réalisée pour le compte du ministère de l’intérieur en
1987 avançait un chiffre de 17698 associations. Cependant, une autre étude71
70

établie en même année a haussé le chiffre pour atteindre les 40.000 associations.
Plusieurs facteurs expliquent l’inexistence d’un répertoire d’associations
officiel et actualisé : la non-reconnaissance d’une grande partie des associations
en exercice et l’absence de mise à jour des registres, faute de la non-déclaration
65
- Pour plus de détails sur cet aspect de transition démocratique au Maroc voir : HARRAK Fatima -(2009), Morocco in
transition-Towards a more inclusive démocracy for the 21st century- in : HARRAK Fatima et all (Coordination), (2009)-
Perspectives et dynamique du développement de la société civile – Publications de l’Institut des Etudes Africaines- Série :
Séminaires (n°1)- Imprimerie El Maârif Al jadida-Rabat. PP 59- 77.
66
- Les objectifs assignés à notre travail ne permettent pas d’entrer dans les détails de ce débat national sur la société civile et de
présenter des conclusions à ce propos. Ce qui nous a amené à aborder ce point, c’est la nécessité de mettre en évidence le
processus d’évolution de la démarche de gestion des affaires locales au Maroc.
67
- Juillet 2017.
68
- La déclaration a été faite lors de la réunion de présentation du premier rapport annuel sur la situation du partenariat entre
l’Etat et la société civile. Pour plus de Détails voir le site suivant : https://lematin.ma/journal/2017/les-associations-beneficient-
annuellement-de-plus-de-6-milliards-de-dirhams-de-financement-public/275800.html
69
- Voir à ce propos le site officiel du Secrétariat Général du Gouvernement:
http://www.sgg.gov.ma/Portals/0/association_pdf/liste_Associations_RUP.pdf?ver=2017-12-21-150842-890-dernière
consultation: le 23 juin 2016.
70
- Voir : BEN MIMOUN Z. (1987)- les associations au Maroc- Ministère de l’intérieur.
71
- RIFKI H. - Essai d'analyse du mouvement associatif marocain. Présentation faite au séminaire sur l’économie sociale.
U.C.I., Rabat, 20-26 Avril 1987.

37
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

des associations de l’arrêt de ses activités provisoirement ou définitivement


auprès des autorités locales.
Néanmoins, le chiffre du ministère de tutelle cité ci-dessus fait apparaitre
que le Maroc dispose d’un nombre d’associations plus élevé en comparaison avec
les pays arabes, entre autres, l’Algérie (20.000), l’Egypte (15.000), la Tunisie
(6.700), la Jordanie (670) et la Syrie (600)72.
En termes de répartition des associations par région, les données obtenues
auprès du SGG font apparaitre des disparités entre les régions. En effet, les deux
régions de Casablanca-Settat et de Rabat-Salé-Kenitra occupent la première place
avec respectivement 14% et 16% de l’effectif global des associations du Maroc.
Les régions de Souss-Massa et du Drâa-Tafilalet viennent en deuxième rang avec
un pourcentage de 13%. Elles sont suivies par les régions de Tanger-Tétouan-Al-
Hoceima (9%), de l’Oriental (8%), d’Oued Edahad-Lagouira (0,24%), de
Laayoun-Boujdour-Sakia El-hamra (0,68%) et de Guelmim-Oued Noun (1,1%).
S’agissant du taux d’encadrement (nombre d’habitants par association), la région
de Rabat-Salé-Kenitra est la plus encadrée, suivie respectivement par les régions
d’Oued Eddahab, de Souss-Massa, de Drâa-Tafilalet et de Casablanca-Settat (voir
la carte n°3).
L’absence des chiffres officiels73 par rapport à la quantification74 de la
contribution des associations au financement du développement, nous a permis de
nous baser sur une déclaration du ministre délégué chargé des relations avec le
parlement et la Société civile, porte-parole du gouvernement. Ce dernier estime le
montant global du financement public accordé annuellement par les départements
ministériels, les établissements et les entreprises publics au profit des associations
aux environs de 6,423 milliards de dirhams75.

72
- BEN NEFISSA S. -(2002)- Association et ONG dans le monde arabe : vers la mise en place d’une problématique. In
pouvoirs et associations dans le monde arabe. CNRS éditions, Paris, p 13.
73
- Nous avons tenté à plusieurs reprises d’avoir des chiffres par rapport aux financements que reçoivent les associations
marocaines, que ce soit des financements octroyés par les organismes internationaux ou par des institutions nationales. Ces
tentations ayant ciblé principalement le Secrétariat Général du Gouvernement et le Haut-commissariat au Plan (HCP) n’ont pas
pu aboutir aux résultats escomptés.
74
- La seule étude officielle, à notre connaissance, qui traite l’apport économique des institutions sans but lucratif est l’étude
menée par l’HCP au titre de l’exercice 2007 dont une synthèse a été établie en décembre 2011 et publiée sur le site de l’HCP.
Elle est consultable sur le lien suivant : https://www.hcp.ma/file/129275/ (dernière consultation : 15 Janvier 2018).
75
- Voir le site du journal le MATIN, pour plus de détails : https://lematin.ma/journal/2017/les-associations-beneficient-
annuellement-de-plus-de-6-milliards-de-dirhams-de-financement-public/275800.html - (dernière consultation : le 10 Aout
2017).

38
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Carte n°3 : Répartition des associations par personnes et par


régions du Maroc.

Source : Fond du Maroc-données de l’HCP-2016 - Carte digitalisée par EL-ARABY Abdelaaziz - Mai 2017.

39
Les centres ruraux émergents, aménagement et enjeux du développement territorial
-cas de la Province de Zagora-

Ce financement public, qui demeure la source principale du financement


des projets des associations, est accordé au profit de 130.000 associations. Ce
constat tire la sonnette d’alarme par rapport à la nécessité d’augmenter les
ressources financières mobilisées et la diversification des autres sources de
financement comme la contribution du secteur privé. Les associations sont
devenues un acteur principal dans la mise en œuvre des politiques publiques, d’où
la nécessité d'accroître ce partenariat en les impliquant dans l’élaboration et
l’évaluation des politiques publiques, a déclaré le ministre délégué chargé des
relations avec le parlement et la société civile, porte-parole du gouvernement.
« … Notons que cette nouvelle dynamique de la société civile repose
essentiellement sur le lancement de l’Initiative Nationale pour le Développement
Humain (INDH). La constitution de 2011 accorde une importance particulière à la
société civile et au développement du partenariat depuis la publication de la
circulaire du Premier Ministre n ° 07/2003 relative au partenariat entre l'Etat et les
associations.
Le ministre assure que son département s’engage à publier un rapport
annuel sur le partenariat entre l’Etat et les associations, évaluer la mise en œuvre
de ladite circulaire, développer le portail électronique de partenariat, renforcer la
présence de la société civile au sein des commissions de partenariat, lancer un
chantier pour la valorisation des initiatives gouvernementales pionnières en faveur
de la société civile et à réviser la circulaire relative aux attributions du ministère
délégué chargé des relations avec le parlement et la société civile.
Cette rencontre a été également l’occasion pour présenter le portail
électronique de partenariat avec les associations (www.charaka-association.ma)
qui contribue au renforcement de la gouvernance et de la transparence du
financement public et au développement des partenariats avec la société civile. Ce
portail, ouvert aux associations et à l’ensemble des citoyens, présente les
annonces des appels d'offre des projets des associations et des données sur le
partenariat et le financement public des projets d'associations »76.
Par ailleurs, l’observation des actions menées par les associations au niveau
national nous amène à noter un manque de maturité et l’inconscience quasi-totale
de missions que lesdites associations doivent accomplir. Certes, ces dernières sont
appelées à assurer l’encadrement et la sensibilisation de la population locale dans
le but de faciliter la tâche d’intervention et de convergence des actions de l’Etat.
Mais, le fait d’avoir une société civile impliquée et chargée directement de la

76
- Extrait de site du journal le MATIN: https://lematin.ma/journal/2017/les-associations-beneficient-annuellement-de-plus-de-
6-milliards-de-dirhams-de-financement-public/275800.html - le 10 Aout 2017.

40
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

réalisation des infrastructures et des supra-structures telles que les routes, les
écoles et les dispensaires, nous laisse adhérer aux points de vue qui considèrent
cet encouragement de la société civile comme un essai échoué du
« désengagement » de la part de l’Etat central, de ses responsabilités par rapport
aux droits de survie et d’amélioration des conditions de vie des populations
locales.
Cependant, ce chantier d’implication de la société civile dans le processus
du développement territorial n’a pas pu encore aboutir aux résultats escomptés. Il
faut noter plusieurs raisons de cet échec entre autres, l’organisation récente et les
nouvelles formes de la société civile, son « injection » par l’Etat après la
détérioration des institutions traditionnelles (Tribus, lignages, confréries…) et la
lourdeur des actions et des responsabilités attribuées à ces nouvelles institutions
ayant encore du mal à trouver leurs places auprès des autochtones. Il ya lieu de se
demander : « quels sont la position et le rôle des collectivités territoriales par
rapport au chantier de la démocratie participative ? Les collectivités territoriales
sont-elles capables d’assurer et d’assumer les responsabilités que l’Etat leur a
attribuées dans le cadre des réformes successives ayant ciblé le processus de la
décentralisation, des organes de gestion, de la chose publique au nom de la
démocratie représentative et participative ? En quoi consiste dans ce cadre
l’expérience de la Province de Zagora ?

2.2- Les collectivités territoriales et les essais d’instauration d’une


démarche participative
Le cadre juridique et institutionnel qui s’occupe de l’action des collectivités
territoriales au Maroc, n’a cessé d’évoluer au fil des années. Mais cette évolution
n’a pas eu des retombées positives sur les réalisations et les bilans des territoires
concernés.

2.2.1-Cadre juridico-institutionnel

L’évolution graduelle de la gouvernance territoriale77, s’est renforcée aussi


bien au niveau institutionnel que juridique, marquant ainsi la politique territoriale
d’un élan de gouvernance dont la commune constitue la pierre angulaire. Alors,
l’architecture de la territorialisation au Maroc est composée en 2015, de trois
niveaux :

77
- BOUACHIK Ahmed (2010) - La régionalisation : un nouveau mode de gouvernance, in : vers un modèle marocain de
régionalisation », CNRS éditions, Paris, 2010- p 77.

41
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

− Le premier est celui des communes (1503), avec leurs conseils


communaux dont on souligne l’importance par rapport à la gestion des
affaires locales.
− Le deuxième est celui des préfectures et Province s (75), avec leurs
assemblées préfectorales et provinciales.
− Le troisième est celui des régions (12 régions78), avec leurs conseils
régionaux.
Sur le plan juridique, les principaux textes se présentent comme suit :

 Nouvelle constitution adoptée en juillet 2011.


 La loi n° 113-14 relative à la charte communale du 07 Juillet 201579.
 La loi n° 112-1480 relative à l’organisation des collectivités territoriales et
provinciales.
 La loi n° 111-1481 relative à l’organisation des régions.
 La loi n° 9-97 formant le code électoral.

Le territoire bénéficie d’un ensemble de compétences et de moyens qui


permettent de développer des capacités d’innovation et d’action.

2.2.2- Bilan de l’action territoriale

Les différents enseignements tirés de l’expérience territoriale actuelle au


niveau régional, selon BOUACHIK Ahmed82, peuvent être synthétisés sous forme
de limites de divers ordres :

 Limite d’ordre politique ;


 Limite d’ordre économique ;
 Limite d’ordre fonctionnel ;
 Limite d’ordre institutionnel ;
 Limite liée à la problématique des ressources humaines.

78
- Loi organique relative aux régions - Dahir n°1-15-83 du 20 ramadan 1436 (7 juillet 2015) portant promulgation de la loi
organique n° 111-14 relative aux régions Bulletin Officiel N° 6440 du 09 Joumada I 1437 (18 Février 2016)Document
téléchargeable via le lien suivant :
www.pncl.gov.ma/fr/Publication/regle/Documents/Loi%20organique%20region.pdf – dernière consultation - le 26 Mars 2018.
79
- Loi organique relative aux communes Dahir n°1-15-85 du 20 ramadan 1436 (7juillet 2015) portant promulgation de la loi
organique n°113-14 relative aux communes Bulletin Officiel N° 6440 du 09 Joumada I 1437 (18 Février 2016). Document
téléchargeable via le lien suivant :
www.pncl.gov.ma/fr/Publication/regle/.../loi%20organique%20commune.pdf – dernière consultation - le 26 Mars 2018.
80
- Loi organique relative aux préfectures et Province s Dahir n°1-15-84 du 20 ramadan 1436 (7juillet 2015) portant
promulgation de la loi organique n°112-14 relative aux préfectures et Province s Bulletin Officiel N° 6440 du 09 Joumada I
1437 (18 Février 2016) - Document téléchargeable via le lien suivant :
www.pncl.gov.ma/fr/.../loi%20organique%20Province s%20et%20préfectures.pdf – dernière consultation - le 26 Mars 2018.
81
- Loi organique relative aux régions Dahir n°1-15-83 du 20 ramadan 1436 (7 juillet 2015) portant promulgation de la loi
organique n° 111-14 relative aux régions Bulletin Officiel N° 6440 du 09 Joumada I 1437 (18 Février 2016).
82
- BOUACHIK Ahmed (2010) – Op.Cit. p 77.

42
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Ce constat, peut être extrapolé aux autres échelons des collectivités


territoriales à savoir, les Provinces, les préfectures et les communes. Ainsi, à ce
stade, les choses devront être plus ou moins nuancées. Si le rôle des Province s et
préfectures se limite à la coordination des actions d’organisation et de
développement du territoire entre le niveau local et central, les communes,
surtout, dans les milieux urbains et les espaces en transition, jouent un rôle
primordial dans les actions de proximité et de services publics locaux.

Au Maroc, l’action publique territoriale à l’instar des autres pays,


notamment, en matière de gouvernance territoriale est, aujourd’hui, confrontée à
l’existence des problèmes dont la solution dépasse le cadre d’une seule
organisation et se heurte à la limite des méthodes traditionnelles de débat pour la
résolution des conflits liés aux orientations contradictoires qui apparaissent dans
la gestion des affaires publiques.

C’est pourquoi, il importe de souligner, à ce stade, que les territoires devront


conjuguer leurs efforts et mettre à disposition leurs expériences en commun en se
concentrant sur la logique des réalisations et l’amélioration des prestations
fournies aux citoyens. Par ailleurs, des tendances qui se dessinent par le
remplacement de la solidarité individuelle en déclin par une solidarité
institutionnelle et structurée, caractérisée par l'implication de la société civile dans
la vie associative des territoires en vue de lutter conjointement avec les pouvoirs
publics contre la pauvreté et la marginalisation, font preuve des compétences
appréciatives.

2.2.3-La planification communale au Maroc : Du plan de développement au


plan d’actions

L’échec des politiques d’intensification, d’équipement et le changement dans


l’environnement économique et institutionnel sont les principaux facteurs
explicatifs de recours au paradigme de la territorialisation.

En effet, le premier faisceau de faits se manifeste dans le décalage entre les


objectifs et les résultats des projets. Le meilleur exemple, ici, est celui des grands
aménagements hydrauliques. Cette politique, dont le corollaire est l’aménagement
des grands périmètres irrigués dans neuf bassins répartis tout au long du réseau

43
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

hydraulique du pays, a démarré au cours des années trente et couvre aujourd’hui


quelques 620.000ha sur un potentiel de 850.000ha83.

Ladite politique a absorbé une part importante des ressources budgétaires du


pays au cours des années soixante et soixante-dix sans aboutir aux résultats
probants en termes de réduction de la pauvreté84. Quant au second faisceau de
faits, il est possible d’énoncer les mutations qui sont liées à :

 L’équipement des zones rurales qui réduit de manière substantielle l’écart


de mode de vie avec l’introduction de la télévision, du téléphone, des
réfrigérateurs et de l’eau potable.

 La montée en puissance des instances élues dans l’allocation des budgets


publics et dans la gestion des affaires de la population, qui ont réduit le
poids des acteurs déconcentrés.

 L’ouverture des espaces ruraux sur la globalisation à travers les flux


migratoires, les flux touristiques et les flux des marchandises.

 La diversification des sources des revenus en milieu rural.

L’expérience des plans communaux de développement a duré environ 7 ans


(de 2007 à 2014). Elle a des points d’amélioration à diverses dimensions, et a
également des points forts susceptibles de forger une dynamique en matière
d’évolution de la planification communale et par conséquent de la gouvernance
locale.

Dans ce sens, l’Etat a voulu continuer ses efforts pour aller de l’avant sur ce
chantier de la décentralisation et de gouvernance locale, c’est pour cela que la loi
n° 113-14 a été homologuée le 07 juillet 2015. Le présent sous-axe met en
évidence ce processus d’évolution entre les plans communaux de développement
(PCD) et les plans d’actions communaux (PAC). En effet, l’expérience des PCD
est liée, dans la majorité extrême des communes, au programme de partenariat
public-public-privé connu par PAPCO (Programme d’Appui à la Planification
Communale). Sur ce, le premier paragraphe présentera ce programme dans ses
différentes dimensions, alors que le deuxième paragraphe traitera la nouvelle
démarche menée par la loi 113-14.

83
- LAPÈZE Jean et all (sous la direction) (2007) Eléments d’analyse sur le développement territorial, aspects théoriques et
empiriques. Éditions L’HARMATAN- Paris – P 62.
84
- LAPÈZE Jean et all (sous la direction) (2007) Op. Cit. -PP 60-63.

44
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

2.2.3.1-Programme d’Appui à la Planification Communale (PAPCO) : le contexte,


les objectifs et la démarche

L’appui à la décentralisation et la nécessité d’instauration d’un cadre de


partenariat constituent les deux éléments principaux ayant donné lieu à
l’apparition du PAPCO qui a des objectifs et une démarche de la mise en œuvre
de ses prérogatives.

Contexte Général

L’appui à la décentralisation et l’instauration d’un cadre de partenariat basé


sur la convergence des interventions sectorielles des acteurs constituent la sphère
principale qui a donné lieu à l’apparition du PAPCO.

Le programme d’appui à la planification communale (PAPCO) est le résultat


d’une convention tripartite entre la Direction Générale des Collectivités Locales
(DGCL), l’Initiative Nationale de Développement Humain (INDH) et l’Agence de
Développement Social (ADS). Il s’agit d’un modèle exemplaire en termes
d’actions publiques qui vise le renforcement du processus de la décentralisation
au Maroc. En effet, nous avons choisi ce programme comme un cas d’étude pour
examiner le degré de la réussite des acteurs étatiques dans la concrétisation de
l’arsenal juridique au niveau territorial. Pour ce faire, nous présenterons ce
programme en deux axes : Le premier met en évidence le contexte, les objectifs et
la démarche adoptée pour la mise en œuvre dudit programme et le deuxième est
consacré à l’évaluation du degré d’atteinte des objectifs assignés.

L’appui à la décentralisation

La réforme de la charte communale en 2002 a allégé la tutelle exercée par le


ministère de l’intérieur et a élargi le champ d’autonomie des communes en
matière de développement économique et social tout en instaurant un dispositif de
contrôle externe (cours régionales des comptes). Ensuite, dans le but d’impliquer
les acteurs locaux dans le processus de planification stratégique et participative,
cette charte est reformée en 2009. Ainsi, en liaison avec les décrets d’application
de cette loi, un décret porte sur les procédures d’élaboration des plans
communaux du développement (PCD), suite à l’article 36 de la charte communale
qui a été publié dans le bulletin officiel le 28 avril 2011 sous le numéro 2.10.504.

45
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

En effet, les collectivités locales85 sont obligées d’avoir un PCD. Ce dernier


détermine les actions à réaliser en conformité avec les axes stratégiques de
développement de la commune qui sont issus d’un travail basé sur la démarche
territoriale. Ce processus connait cependant certaines difficultés d’application sur
le terrain, lesquelles sont liées aux insuffisances institutionnelles et au manque
patent, au niveau local, de moyens humains et matériels, surtout dans le milieu
rural.

En tout cas, la décentralisation vient pour renforcer l’idée que les solutions
aux problèmes rencontrés sont à trouver dans un équilibre entre tout ce qui est
national et ce qui est local. Dans ce sens, il faut tenir compte des spécificités des
territoires concernés et de leurs ressources propres. Ainsi, les politiques mises en
œuvre pour corriger les grands déséquilibres spatiaux et socio-économiques ne
peuvent trouver leur pleine efficacité que si elles sont basées sur une concertation
et implication des acteurs locaux. Conscient de cette situation, l’Etat a, déjà,
procédé à une sorte de partenariat public-public pour pallier aux insuffisances
dont souffrent les collectivités territoriales.

L’instauration d’un cadre de partenariat public-public-privé

En Septembre 2006, l’Agence de Développement Social a signé une


convention de partenariat avec le Comité de Pilotage de l’INDH. En application à
cette convention nationale, plusieurs conventions spécifiques ont été signées entre
la Direction Générale des Collectivités Locales (DGCL), l’Agence de
Développement Social (ADS) et les Comités Provinciaux de Développement
Humain (CPDH) en vue d’accompagner les communes rurales et urbaines de
moins de 35.000 habitants pendant trois ans. En fait, l’ADS a fait appel à
l’expertise privée en recrutant des bureaux d’études pour la mise en place de
ladite convention. Cela a pour but de renforcer les capacités locales en vue de
promouvoir le développement humain, économique et social basé sur une
démarche territoriale participative et sur une planification stratégique. Cet appui
qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie de l’ADS vise à appuyer l’action de
l’Etat au niveau de : l’INDH, la décentralisation et la lutte contre la pauvreté, ainsi
que la stratégie de l’Etat dont le but est de :

 Renforcer les attributions dévolues aux collectivités locales ;

85
- Avec l’avènement de la loi n° 113-14 on les appelle les collectivités territoriales et non plus les collectivités locales ainsi
qu’on n’y distingue plus entre les communes rurales et les communes urbaines.

46
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

 Conforter l’administration de proximité ;


 Améliorer les conditions de vie des catégories sociales défavorisées et
vulnérables

Ce Programme nommé « Programme d'Appui à la Planification Communale


(PAPCO) » a ciblé au niveau national en totalité 12 régions sur les 16 régions
constituant le découpage régional en vigueur au cours des années 2007-2014. Les
zones d'intervention sont identifiées en concertation avec la DGCL et les CPDH
concernés. Au total, le PAPCO a concerné 534 Communes. Sur cet effectif, il a
touché 484 Communes rurales et 50 Municipalités.

Les Objectifs et la démarche du PAPCO

Ce programme d’appui à la planification communale a pour objectif le


renforcement des capacités et l’accompagnement des acteurs dans le processus
d’adoption de la démarche territoriale constituant la nouvelle vision de conception
et de gestion des affaires locales.

- Les objectifs

A ce propos, on distingue, d’abord, un objectif global, contribuant à la mise


en œuvre d’un processus d’animation du territoire, piloté par les collectivités
territoriales, visant à assurer un développement durable (humain et
socioéconomique) puis quatre Objectifs Spécifiques qui peuvent être formulés
dans ce qui suit :

 Renforcer les capacités des communes en vue d’élaborer et établir leurs


plans de développement, fondés sur les droits humains, intégrant les
dimensions sociales et une approche genre, à travers une démarche de
planification stratégique participative ;
 Accompagner les Comités Provinciaux et locaux de Développement
Humain (CPDH et CLDH) pour préparer les Initiatives locales de
développement Humain (ILDH), identifier, monter et suivre la réalisation des
projets d’une part, former et accompagner les équipes d’Animation
communale/du Quartier (EAC/EAQ) et renforcer les capacités du tissu
associatif partenaire de l’INDH, d’autre part.
 Accompagner les acteurs locaux dans l’établissement des Plans
Communaux de Développement (PCD), en particulier, en matière de montage,
de réalisation et de suivi des projets.

47
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

 Renforcer les systèmes de données au niveau communal/ provincial/


préfectoral pour répondre aux besoins de la planification locale et du suivi des
indicateurs de développement humain.

2.2.3.2- Plan d’actions Communale, vers un nouveau modèle de gestion


manageriel

La gouvernance locale est un mécanisme d’envergure qui offre des


possibilités de développer des moyens traditionnels de gestion des affaires
publiques locales. L'application de « Approche Managerielle » est nécessaire pour
permettre aux collectivités territoriales de jouer leur rôle de développement. La
concrétisation de cette conception est dépendante de la capacité de la commune
d’adopter le modèle de gestion emprunté au secteur privé, c’est à travers ce
modèle que nous pouvons parler d’une dimension économique et de la formation
du capital. En effet, les nouvelles théories prennent en considération le cadre
économique local, en tant qu'élément essentiel de l'analyse économique et de
l'application des plans économiques. À cette fin, les collectivités territoriales sont
appelées à devenir le moteur principal du cycle économique au niveau local, ce
sont des domaines et champs sur lesquels se base l'économie dans tous ses aspects
multiples et variés.

A partir de ce qui précède, nous comprenons l'importance d'une approche


basée sur le principe de la libre gestion des affaires publiques locales. D’ailleurs,
l'État Marocain est appelé à revoir sa conception des collectivités en tant qu'unités
territoriales administratives et à les considérer comme des groupes économiques
concurrentiels revitalisant le cycle économique local en tant que partenaire clé de
l'État dans les grands chantiers de la promotion des investissements et de
conception des solutions aux problèmes sociaux. Par conséquent, les collectivités
territoriales sont devenues un pôle économique important, contribuant au
développement de l'économie locale, non seulement dans leur sphère d'influence,
mais aussi dans les grandes initiatives de développement. Il s'agit de l'Initiative
Nationale pour le Développement Humain, qui vise à améliorer la situation

48
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

sociale des citoyens, que ce soit par des interventions sur le terrain sous forme
d’aides alimentaires et la réalisation des projets ou par un soutien financier.

En effet, la gestion libre des affaires territoriales est l’une des dimensions les
plus importantes de la décentralisation qui lie cette dernière à la gouvernance
territoriale. La Constitution de 2011 confirme cette tendance à la gestion
managériale et à la gouvernance dans la gestion des affaires locales.

Quant à la loi actuelle86, elle s'efforce de proposer des objectifs plus réalistes.
Elle souligne la nécessité d'établir des mécanismes de consultation et de dialogue
dans le processus d’élaboration du plan d’actions communal (PAC) et permet aux
citoyens de participer et de suivre de près l'état du plan d’actions. Elle a
également fixé un délai de 30 mois pour l’homologation des textes d’application
qui traitent de la mise en œuvre obligatoire des actions prévues.

La présentation du processus de mise en place de la démarche territoriale au


niveau national montre plusieurs points d’amélioration. Parmi ces points figure le
manque en termes de convergences et de capacité des organismes étatiques à faire
des populations locales des concepteurs et des propriétaires de leurs
développements. Le travail sur la vérification de ce constat dans les CRE de
Zagora exige, avant tout, la précision de la démarche méthodologique que nous
suivrons pour l’étude de ces nouvelles entités socio-spatiales.

3-Méthodologie du travail

La démarche méthodologique de notre thèse tiendra compte à la fois de la


présentation des matrices sur lesquelles la classification des CRE de notre zone
d’étude sera basée et des outils de collecte des données auprès des différents
acteurs ainsi que celles de la population des CRE.

86
- La loi n° 113- 14 relative à la charte communale de 07 Juillet 2015 : Dahir n°1-15-85 du 20 ramadan 1436 (7juillet 2015)
portant promulgation de la loi organique n°113-14 relative aux communes Bulletin Officiel N° 6440 du 09 Joumada I 1437 (18
Février 2016).

49
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

3-1- Démarche d’identification et importance des CRE

A l’instar de la définition des « CRE » les critères permettant de distinguer


un Centre Rural Emergent, d’un autre « non Emergent », restent un champ ouvert
à des recherches académiques et empiriques.
Compte tenu des expériences des agences urbaines, de beaucoup
d’observations et de réflexion, on peut dire que les critères d’identification des
CRE peuvent être résumés ainsi87: - critères sociodémographiques – critères
économiques d'attractivité et de rayonnement - critères spatiaux-physiques.
3.1.1- Critères socio-démographiques
Ils englobent à la fois les critères démographiques, d'équipements socio-
collectifs, d'habitat et infrastructures de base ainsi que les indicateurs sociaux
(pauvreté, vulnérabilité, et développement humain et social).
L’aspect démographique, les critères de notation des Centres/localités, objet
d’identification sont :
 L’évolution du poids démographique par rapport au total provincial rural
est l’indicateur révélateur non seulement de l’attractivité de la localité à étudier
mais aussi de son ancrage dans l’histoire de la zone.
 Le Taux d’Accroissement Moyen Annuel (TAMA) reflète la capacité de la
localité à attirer la population et à la détenir. Il permet d’expliciter l’aptitude du
territoire à soutenir sa population face aux flux d’émigration qui le vident de son
potentiel humain ;
 L’indice démographique comparatif du taux d’accroissement entre deux
périodes intercensitaires rapporté au taux annuel moyen constaté durant la même
période pour l’ensemble des communes rurales. Cet indice, combinant les deux
précédents, permet de mesurer l’importance du poids démographique de la
commune en comparaison avec d’autres territoires communaux et de la situer, de
ce fait, dans le contexte démographique global.
Nous attribuons des notes pondérées aux communes selon les performances
souhaitées et pour chaque critère selon le modèle de notation suivant :

87
- EL-ARABY Abdelaaziz & FALEH Ali (2017), Op. Cit. - PP 172-178.

50
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Tableau n° 1 : Indicateurs démographiques pour la notation des CRE.


Critère Consistance Note attribuée
Poids > à 5 3
Poids
Poids entre 2 et 5 2
démographique
Poids < à 2 1
Taux d’accroissement annuel > à 2 3
Taux
Taux d’accroissement annuel entre 1 et 2 2
d’accroissement
Taux d’accroissement annuel entre 0 et 1 1
annuel
Taux d’accroissement annuel < à 0 0
Indice IDC > 2 3
démographique IDC entre 1 et 2 2
comparatif IDC entre 0 et 1 1
IDC < à 0 0
Source : construction personnelle à l’aide des études réalisées par des Bureaux d’Etudes en faveur des Agences Urbaines de
Ouarzazate, Taroudant et Meknès sur les CRE entre 2009 et 2013.

Les équipements socio-collectifs sont des équipements de première nécessité


dont la disposition satisfaisante révèle le niveau structurel performant du territoire
en question.
La finalité d'identifier les territoires communaux potentiellement accueillant
des flux de population nécessite la prise en considération de cet indicateur de
performance des équipements éducatifs et sanitaires.
La notation des communes est conditionnée par l’importance de
l’équipement socio-collectif disponible.
La méthode à suivre pour la notation des communes selon le critère en
question est synthétisée dans le tableau suivant :
Tableau n° 2 : Barème de notation selon le critère des équipements.
Activités Consistance Note attribuée
Centres de santé et dispensaires 2
Centres de santé ou dispensaires 1
Pas de centre de santé ni de dispensaire 0
Santé 1 pharmacie 1
2 à 3 pharmacies 2
Plus de 3 pharmacies 3
Pas de pharmacie 0
Existence de cabinets médicaux 1
Primaire 1
Education Primaire+ collège 2
Primaire+ collège +lycée 3
Source : construction personnelle à l’aide des études réalisées par des Bureaux d’Etudes en faveur des Agences Urbaines de
Ouarzazate, Marrakech, Taroudant et Meknès sur les CRE entre 2009 et 2013.

Il est évident que le territoire doté d’une infrastructure solide et performante


est par défaut celui qui détient plus de chance pour se développer plus rapidement
que les espaces qui connaissent une certaine défaillance en équipements et

51
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

services de base. En quête d’identification et d’hiérarchisation des communes


rurales, douars et centres émergents, cet indicateur de performance relative à
l’habitat et aux infrastructures de base sera d’un apport avéré. Il permettra de
distinguer les territoires qui se montrent préparés pour accueillir les flux de
population attendus.
Le critère de raccordement au réseau d’eau potable constitue un indicateur de
performance déterminant du moment où la commune qui en bénéficie sera
proportionnellement préparée pour accueillir des activités socioéconomiques
porteuses de richesses.
Aussi, vu les multiples utilisations de l’énergie électrique pour des fins de
production ou de création d’activités socioéconomiques, le raccordement au
réseau public d’électricité se veut-il un indicateur assez signifiant pour le repérage
des territoires communaux à potentiels forts du développement.
A ces deux indicateurs s’ajoute celui du raccordement au réseau
d’assainissement. La fiabilité de cet indicateur réside dans son aptitude à
renseigner sur le niveau de prévention contre les infections et les épidémies par
contact ou inhalation, qui risquent d’apparaître en cas d’écoulement des eaux
usées à la surface du sol et qui peuvent contribuer à la contamination des
ressources naturelles avoisinantes.
Par ailleurs, l’analyse des statuts fonciers dominants dans chaque localité
(douars et centres) va permettre de mettre l’accent sur les caractéristiques
foncières des territoires de l’étude et de relever ceux qui présentent un avantage
considérable quant à cet aspect. Cette analyse s’avère opportune du moment où la
répartition foncière pourrait influencer le développement économique et spatial
futur du territoire. En fait, une grande partie des formes foncières actuelles
constitue des obstacles pour l’investissement privé et l’aménagement territorial. A
l’exception des terres « du domaine de l’Etat » qui constituent le statut le plus
favorable pour l’instauration d’une politique de mise à niveau communale, les
autres formes, en majorité traditionnelles, entravent en partie les orientations
d’aménagement potentielles par leur rigidité et résistance aux flux
d’investissement.
Le tableau ci-dessous présente les barèmes à suivre pour la notation des CRE
par rapport aux caractères d’infrastructures de base et d’habitat dominant :

52
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Tableau n°3 : Barème de notation par rapport aux critères d’infrastructures


de base, d’habitat et du statut foncier.
Consistance Note attribuée
Réseau public dépassant 50% 3
Réseau public –50% 2
Eau Bornes fontaines existantes 1
Autres types 0
Branchement au réseau public +80% 3

Branchement au réseau public 50-80% 2


Electricité
Branchement au réseau public 20-50% 1
Branchement au réseau public -20% 0

Branchement au réseau assainissement +50% 3

Branchement au réseau assainissement 20-50% 2


Assainissement
Branchement au réseau assainissement -20% 1
Réseau d’assainissement inexistant 0
Habitat Rural en pisé dominant 1
Habitat en dur dominant 2
Habitat moderne dominant 3
Foncier Domaine de l’Etat dominant 3
Un seul statut existe 2
Plusieurs statuts existent 1
Source : construction personnelle à l’aide des études réalisées par des Bureaux d’Etudes en faveur des Agences Urbaines de
Ouarzazate, Marrakech, Taroudant et Meknès sur les CRE entre 2009 et 2013.

Le taux de pauvreté représente le pourcentage des individus dont le niveau


de vie est inférieur au seuil de pauvreté relative. Le seuil est estimé en 2014 à
1.797 Dhs par mois pour un ménage moyen (5 membres) en milieu rural88. Le
taux de vulnérabilité renseigne sur les ménages qui risquent de tomber sous ce
seuil.
L'indice de développement humain informe sur le niveau de vie (le PIB par
habitant et l'espérance de vie à la naissance) et les équipements éducatifs (le
niveau de l'éducation des enfants de 15 ans et plus) et sanitaires dans les
communes diagnostiquées alors que l'indice de développement social permet de
mesurer le développement de toute la commune et la Province en rendant
compte de son niveau d'accès aux services collectifs de base (eau, électricité et
réseau routier).

88
- Royaume du Maroc - Haut-commissariat au Plan-Présentation des résultats de l’Enquête Nationale sur la Consommation et
les Dépenses des ménages 2013/2014- Inégalités sociales et territoriales à la lumière des résultats de l’enquête nationale sur la
consommation et les dépenses des ménages 2014. Octobre 2016. Disponible sur le site internet suivant :
https://www.hcp.ma/file/183899/ - dernière consultation : le 29 Juin 2017.

53
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Tableau n°4 : Barème de notation des communes par rapport au critère


d'indicateurs sociaux.
Indicateurs sociaux Consistance Note attribuée
TP et TV < 20% 3
Taux de pauvreté et de
TP et TV entre 20 et 30% 2
vulnérabilité TP > 30% 1
IDH > 0,53 3
Indice de développement
IDH entre 0,5 et 0,53 2
humain IDH < 0,5 1
IDS > 0,75 3
Indice de développement
IDS entre 0,55 et 0,75 2
social IDS < 0,55 1
Source : construction personnelle à l’aide des études réalisées par des Bureaux d’Etudes en faveur des Agences Urbaines de
Ouarzazate, Taroudant et Meknès sur les CRE entre 2009 et 2013.

La source des données à analyser est issue des résultats des recensements
généraux de la population et de l'habitat exhaustifs (1982-1994-2004-2014).

3.1.2- Critères économiques d'attractivité et de rayonnement


Les potentialités économiques que recèlent les territoires communaux
constituent la composante la plus déterminante dans l’identification des centres
ruraux les plus dynamiques, ceux qui disposent de la base économique nécessaire
pour détenir la population locale. Un espace économiquement dynamique est par
nature attractif. L’attractivité est donc un élément clé qui contribue à la
constitution de nouvelles localités territoriales ou à la recomposition des
anciennes.
Par rapport à ce troisième groupe de critères, six secteurs productifs doivent
être pris en considération. Il s’agit de l’agriculture, le tourisme, le commerce,
l’artisanat et l’industrie. Une note est attribuée à chaque secteur selon son
importance dans le CRE, sa capacité de création d’emplois et sa contribution
estimée dans les revenus de la population locale.
Les transformations structurelles que connaît la Province de Zagora, dues au
lancement de divers projets de développement dans les domaines de l'eau potable,
des routes, du tourisme, de l'agriculture et de l'enseignement..., lui confèrent la
qualité d’une Province en pleine dynamique et activités multiples.

54
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Tableau n°5: Barème de notation selon les secteurs productifs identifiés.


Secteurs Note
productifs Consistance Attribuée
identifiés
SAU >= 1000 ha / Cheptel >= 5000 têtes / Culture variée / 1
actifs 70% et plus
Agriculture SAU entre 500 / 1000 ha ou Cheptel entre 1000 et 5000 / 2
Culture variée / actifs entre 40 et 69%
SAU <500 ha / Cheptel < 1000 / actifs moins de 40% 3

La commune dispose d’une zone d’activités industrielles 3


Diversité des unités de fabrication et de transformation 2
Industrie
Quasi-absence des unités industrielles 1
Absence totale de l’activité industrielle 0

Attractivité + atouts naturels variés + infrastructure 3


d’hébergement
Tourisme Atouts naturels et infrastructures modestes 2
Absence d’attractivité, d’atouts naturels et 1
d’infrastructures d’hébergement

Commerces multiples et diversifiés (plus de 20 unités) 3


Commerces peu diversifiés (entre 5 et 19 unités) 2
Commerces quasi-absents (moins de 5 unités) 1
Notes additionnelles (Avantages de l’existence des souks) :
Commerce Présence de souk 1
Portée régionale 3
Portée provinciale 2
Portée communale 1
Souk non fonctionnel ou inexistant 0

Unités artisanales nombreuses et diversifiées (50 unités et 3


plus)
Artisanat Nombre moyen d’unités d’artisanat (entre 10 et 50 unités) 2
Peu d’unités artisanales (moins de 10 unités) 1
Pas d’unité et de savoir-faire artisanaux 0

Diversité d’unités de services (50 et plus) 3


Nombre moyen d’unités de services (10 – 50) 2
Services
Activités de services très modestes (moins de 10) 1
Pas d’unités 0
Source : construction personnelle à l’aide des études réalisées par des Bureaux d’Etudes en faveur des Agences Urbaines de
Ouarzazate, Taroudant et Meknès sur les CRE entre 2009 et 2013.

De tels projets d’équipements et d’infrastructures, en cours de réalisation ou


prévus, sont susceptibles de générer des effets de grande importance sur
l’aménagement du territoire provincial et le développement socio-économique et
spatial des agglomérations.

55
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Tableau n°6 : Barème de notation des Centres Ruraux Emergents selon les
projets d’investissement.
Paramètres Consistance Note attribuée
Impact important sur l’amélioration des revenus des ménages / A 3
Atténuation de Impact moyen sur l’amélioration du revenu des ménages / B 2
la pauvreté Peu d’impact sur le revenu des ménages / C 1
Création de l’emploi pour les femmes et les hommes / A 3
Atténuation du Création de l’emploi pour les hommes / B 2
chômage Création de peu d’emplois / C 1
Amélioration importante du niveau de l’éducation, santé et 3
projets générateurs de revenus / A
Amélioration importante du niveau de l’éducation, santé et 2
Développement
local projets générateurs de revenus / B
Peu d’amélioration du niveau de l’éducation, santé et projets 1
générateurs de revenus / C
Ressources naturelles protégées /A 3
Impact
prévisionnel sur Dégradation moyenne des ressources naturelles / B 2
l’environnement Dégradation excessive des ressources naturelles / C 1
Source : construction personnelle à l’aide des études réalisées par des Bureaux d’Etudes en faveur des Agences
Urbaines de Ouarzazate, Taroudant et Meknès sur les CRE entre 2009 et 2013.

L’impact paraitra essentiellement dans l’atténuation du chômage, de la


pauvreté et la création de nouvelles opportunités d’emplois et de sources de
revenus.

3.1.3- Critères spatiaux physiques


L’influence de l’espace comme étant une composante essentielle dans la
formation de territoires attractifs et compétitifs est indéniable. Dans ce sens, la
notion de proximité apparaît déterminante dans la restructuration de l’espace et
l’émergence de nouveaux groupements territoriaux avec des fonctions de plus en
plus complémentaires. Ce concept de proximité dépasse même le cadre
géographique pour regrouper l’aspect relationnel. On s’intéresse dorénavant à la
proximité géographique et relationnelle faisant référence, à la fois, aux avantages
spatiaux dont peut bénéficier un territoire qui jouit d’une position stratégique près
d’un projet ou d’une zone d’activités, ainsi qu’aux relations que pourrait
entretenir ledit territoire avec des zones qui lui sont, géographiquement, plus ou
moins éloignées, mais avec qui il développe une certaine complémentarité
fonctionnelle.

56
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Cette proximité est favorisée par l’existence d’une infrastructure routière


performante et diversifiée qui permet l’ouverture des territoires communaux sur
leur environnement immédiat et lointain.
Tableau n°7: Barème de notation des Centres Ruraux Emergents selon
les critères de proximité et d'accessibilité.
Moins de 10 km 3
Proximité Entre 10 et 30 km 2
Plus de 30 km 1
Route nationale + régionale ou provinciale 3
Accessibilité Route nationale seule 2
Route régionale ou provinciale 1
Source : construction personnelle à l’aide des études réalisées par des Bureaux d’Etudes en faveur des Agences Urbaines de
Ouarzazate, Taroudant et Meknès sur les CRE entre 2009 et 2013.

Le poids de la géographie a toujours été important dans les choix


d'implantation des activités économiques d’un territoire. Celle-ci détermine
l’ampleur et l’importance de l’activité économique qui s’y développe. Elle
permet, en effet, de comprendre les interactions à l’intérieur et entre les
écosystèmes, entre les systèmes socio-économiques de terrain pour dégager la
signification de l’espace en question. Elle permet d’informer sur les concepts
concernant l’espace, idées-clefs spécifiques à une étude géographique qui aide à
comprendre le monde : la localisation, la distribution, la distance, le mouvement,
la région, l’échelle, l’association spatiale, l’interaction spatiale et le changement
dans le temps. Les données géographiques d’un territoire informent sur ses atouts
et les limites de son émergence.
Tableau n°8 : Barème de notation selon les critères d'atouts géographiques.
Superficie du CRE
Plus de 250 km² 3
Entre 100 et 200 km² 2
Atouts géographiques

Moins de 100 km² 1


Topographie
Plaines 3
Montagne + plaines / montagnes + plateaux 2
Montagnes 1
Type de sol
Prédominance de l’argile 3
Argile + limons/sables 2
Autres non fertiles 1
Climat
Ecart température annuel moins de 20°C / pluviométrie plus de 150 mm/an / pas de vents de 3
sable
Pluviométrie entre 50 et 150 mm/an 2
Ecart température annuel plus de 40°C / pluviométrie moins de 50 mm/an / existence de vents 1
de sable
Source : construction personnelle à l’aide des études réalisées par des Bureaux d’Etudes en faveur des Agences Urbaines de
Ouarzazate, Taroudant et Meknès sur les CRE entre 2009 et 2013.

57
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Dans un avenir proche, les atouts environnementaux seront considérés


comme des critères d’émergence de premier ordre. La vulnérabilité de
l’écosystème des communes vis-à-vis des facteurs de la pollution anthropique
(pollution, exploitation excessive et non raisonnable des ressources naturelles
…etc.) ou par des effets naturels (désertification, érosion éolienne, inondations,
incendies…etc.) constitue un indicateur qui renseigne sur l’avantage
environnemental dont jouit un territoire communal ainsi que sur l’émergence des
centres et leur attractivité.
Tableau n°9 : Barème de notation selon les critères d'atouts
environnementaux.
Atouts paysagers et naturels
Palmeraies + Oueds + Forêts 3
Palmeraies ou oueds ou Forêts 2
Atouts
Existence de décharge
environnementaux
Décharge contrôlée 3
Décharge non contrôlée 1
Pas de décharge 0
Source : construction personnelle à l’aide des études réalisées par des Bureaux d’Etudes en faveur des Agences
Urbaines de Ouarzazate, Taroudant et Meknès sur les CRE entre 2009 et 2013.

Les qsours et kasbahs constituent des éléments d’une importante inestimable


dans l'architecture de l’espace rural d’un certain nombre de territoires nationaux
et plus spécifiquement dans les Province s du sud-est. Ils reflètent tout d'abord,
une harmonie ingénieuse entre les hommes et leur milieu, une forme d'urbanité et
d'urbanisme modelée avec la terre, une architecture adaptée au climat rude de ces
territoires, basée sur l'utilisation des matériaux de construction locaux qui ont fait
preuve de leur résistance thermique durant des siècles.
La présence de ces constructions à valeur architecturale historique (Kasbahs,
qsours, Zaouïas) constitue des potentialités patrimoniales particulières à prendre
en considération lors de la classification des territoires distingués par leurs
monuments et sites historiques et culturels.

58
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Tableau n° 10: Barème de notation selon les critères de potentialités


patrimoniales.
Qsours + Kasbahs et patrimoine historique + zaouïa 3
Qsours + Kasbahs et patrimoine historique 2
Eléments patrimoniaux
Qsours ou Kasbahs et patrimoine historique 1
Pas de Qsours, pas de kasbahs et pas de 0
zaouïas
Source : construction personnelle à l’aide des études réalisées par des Bureaux d’Etudes en faveur des Agences Urbaines de
Ouarzazate, Taroudant et Meknès sur les CRE entre 2009 et 2013.

La dotation en documents d’urbanisme des centres et agglomérations du


territoire objet d’étude justifie l’intérêt accordé aux zones en question en termes
de gestion et de contrôle urbains. Un territoire doté d’un plan d’aménagement
(PA) ou d’un plan de développement des agglomérations rurales (PDAR) est
généralement mieux positionné qu’un autre non couvert. L’existence de ces
documents signifie le développement et l’extension urbains du territoire sont bien
orientés, qu’ils font preuve d’une certaine dynamique démographique,
économique ou structurelle et qu’ils recèlent des ressources spécifiques qu’il
faudrait protéger et valoriser.

3.2- Typologies et utilités des CRE

A partir de l’analyse des fonctions que l’on souhaite attribuer aux centres
ruraux émergents, on constate que l’identification et le développement de ces
fonctions doivent, impérativement, découler d’une vision territoriale, basée sur les
rapports entretenus entre les principales entités socio-spatiales à l’échelle
provinciale de Zagora.

Certes, cette question a été, amplement, approchée par les différents


dispositifs d’aménagement du territoire, mais, vu des objectifs assignés à ces
dispositifs ainsi que l’étendue de leurs zones d’investigations, la problématique
des rapports entre entités socio-spatiales qui forment un espace donné a toujours
été appréhendée à des échelles qui ne permettent pas la maitrise du rôle des places
centrales de la strate inférieure ; « Centres ruraux ». C’est la raison pour laquelle,

59
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

notre recherche doit être perçue comme la continuité des réflexions suscitées par
les études d’aménagement du territoire, afin d’identifier les articulations possibles
entre la concrétisation de leurs choix stratégiques et le développement des centres
ruraux.

En somme, l’identification de ces centres ruraux émergents s’avère un


exercice très complexe. Il requiert la combinaison de plusieurs facteurs. En fait, la
définition des critères de sélection et d’attribution du qualificatif « émergent » à
ces centres, dépend, essentiellement, de l’objectif que l’on vise quant à la place et
au rôle de ces centres au sein de l’espace rural en question.

3.2.1- Les facteurs déterminants

Trois catégories de facteurs seront prises en considération pour identifier


parmi les centres repérés ceux éligibles au statut de « centre rural émergent » :

Facteurs de cohérence « facteurs exogènes » avec les dispositions et les


orientations majeures des différents dispositifs qui couvrent l’aire de
l’étude. Cette première approche de la cohérence avec les dispositifs
d’aménagement du territoire est incontournable en ce sens qu’elle permet
d’identifier les centres ayant déjà été repérés comme espaces de
développement et font l’objet d’une ou plusieurs actions
d’accompagnement. En d’autres termes, ces centres constitueront dans un
avenir proche des entités fonctionnelles dans le cadre d’une approche
territoriale globale qui, souvent, dépasse l’aire de notre recherche. Ils
doivent être considérés comme des résultats d’une tendance lourde de
développement.

Facteurs d’organisation spatiale : il s’agit d’approcher le fonctionnement du


milieu rural à travers l’analyse des rapports que tissent les populations
rurales avec les centres ruraux émergents. Cette approche permettra de

60
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

dresser une carte des zones d’influence des centres ruraux et constituera un
outil principal pour la définition des territoires pertinents au sein de
l’espace rural de l’aire d’étude. Chaque zone d’influence peut couvrir une
ou plusieurs communes qui, bien entendu, comptent un seuil de population
dont les besoins de l’encadrement justifient le développement d’au moins
un centre rural.

Certainement, après l’identification des territoires pertinents, plusieurs


d’entre eux comprennent plus d’un centre rural. Pour choisir celui en mesure
d’assurer le rôle de chef-lieu de territoire pertinent, nous procéderons à l’analyse
d’autres facteurs liés au développement des centres concernés « facteurs
endogènes ». Ceci n’exclura pas les autres centres. Il s’agit tout simplement
d’une hiérarchisation des niveaux d’encadrement.

1. Facteurs de viabilité des centres ruraux « facteurs endogènes » : ce sont


des facteurs qui révèlent la capacité de chaque centre à assumer le rôle des
centres de services ruraux, et à disposer de conditions requises pour leur
pérennisation :

 Le potentiel de développement qui sera appréhendé, à ce stade de


l’étude, en termes d’opportunités de développement ;

 La dynamique urbaine (augmentation de la superficie bâtie) réalisée


par le centre durant les dernières années ;

 La situation par rapport aux centres de services provinciaux ;

 Positionnement par rapport aux axes et infrastructures routiers ;

Cet ensemble de conditions, appuie l’affinement de l’identification des


centres qui présentent des prémices de développement, qui ne sont retenues par
aucun des dispositifs de planification stratégique.

L’ampleur des enjeux relatifs aux problématiques auxquelles s’attaquent


ces dispositifs et les objectifs qui leur sont assignés, ne permettent pas la

61
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

territorialisation des réflexions au niveau de tous les centres ruraux.


Généralement, les centres qui sont définis comme des espaces à fort potentiel de
développement, l’ont été, selon une approche descendante, en réponse à des
dysfonctionnements dans les rapports entretenus entre les principaux pôles de
développement.

A travers l’analyse de ces indicateurs, et en corrélation avec les choix et les


orientations majeures des différents dispositifs couvrant l’aire de l’étude, nous
mettrons en exergue les principales caractéristiques et rôles des centres ruraux
émergents afin de les hiérarchiser selon une analyse multicritère.

3.2.2- L’importance des CRE

Le rôle des CRE est d’être des centres d’encadrement rural, des pôles de
développement (tourisme, agriculture, commerce, agro-industrie, mines et
services, …), des pôles d’attraction de la population rurale et des lieux de
transition des migrants vers les villes. De plus, les CRE doivent constituer des
points de développement urbain, des espaces de synergie des actions des divers
acteurs sur le plan local et permettre aux initiatives individuelles et collectives
d’apparaitre. Ils peuvent êtres des espaces tampons entre les villes et les
campagnes, et par conséquent constituer des relais en vue de diminuer la pression
démographique dont souffrent les villes en contribuant à la valorisation des
ressources naturelles et humaines des espaces occupés et /ou impactés par ces
centres.

Parmi d’autres finalités des CRE, nous citons l’amélioration du cadre de vie
des populations de ces centres et des espaces avoisinants. Cela à travers
l’adduction et la facilitation de l’accès des populations aux services et
équipements publics de base, le renforcement et la diversification des activités qui
règnent dans les espaces des centres en question. Aussi, les CRE s’avèrent-ils des
mécanismes susceptibles d’accompagner et faciliter la politique de

62
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

décentralisation et de déconcentration, de rapprocher un mode de vie qui


ressemble au mode de vie urbain de la population, de limiter l’exode rural,
s’ouvrir aux investissements publics, intéresser les investissements privés et jouer
un rôle primordial en termes de diminution des indicateurs et aspects de précarité
sociale, surtout en termes de création des opportunités d’emplois émanant de
quelques activités économiques que ces centres offrent aux populations locales et
aux populations des zones avoisinantes. Tout cela est conçu dans une logique de
renforcement de la solidarité sociale et spatiale qui permet une création équilibrée
des villes sur le territoire national ou régional89.

Par ailleurs, les CRE peuvent être la source du développement des espaces
ruraux et urbains à travers la qualification des territoires et la distribution
équitable des biens émanant de la croissance économique sur le reste du territoire
national à travers leur contribution au maintien, sur le plan quantitatif et qualitatif,
de la croissance urbaine et promouvoir le développement rural. Il s’agit, alors, des
points focaux du développement territorial à travers la création d’une
complémentarité entre ces centres et leur environnement. La taille réduite de ces
centres constitue un avantage pour le maintien de son évolution, au moment où les
villes souffrent des problèmes difficiles à résoudre. Par conséquent, ces centres
constituent un cadre de vie propre sur le plan environnemental de fait qu’ils
permettent de combler les failles spatiales et sociales à travers le renforcement des
articulations entre l’espace urbain et rural et la mise en place d’un développement
territorial équitable. Cependant, l’optimisation des opportunités offertes à la
gouvernance territoriale par ces centres est conditionnée par le respect des règles
principales de gestion.

Alors, de l’analyse de cette description succincte des rôles et de


l’importance des CRE, ressort un centre rural émergent qui est une entité
89
- Forum régional de Chaouia Ouardigha sur la politique de la ville (le 21 février 2014)- Les Centres Emergents comme
support au développement territorial (en arabe) – Rapport réalisé dans le cadre d’un partenariat entre l’Agence Urbaine de
Settat et l’INAU-Rabat. Consultable sur le site internet suivant : http://geographie-general.blogspot.com/2014/02/blog-
post_4100.html - dernière consultation : le 22 Avril 2018.

63
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

territoriale jouissant d’un minimum de conditions lui permettant, via des actions
« développementales » volontaristes, d’assumer le rôle d’encadrement des
populations rurales, de leurs activités et de leur mode de vie. Il s’agit, donc, d’une
entité fonctionnelle, en mesure d’offrir des services à l’échelle d’une ou plusieurs
communes rurales et ce, en harmonie avec le schéma fonctionnel global d’un tel
territoire qui puisse être l’objet d’identification des CRE.

L’étude géographique de cas de la Province de Zagora exige des outils de


collecte de données à la fois quantitatives et qualitatives.

3.3- Les techniques d’investigation : déploiement relatif à la


problématique des CRE.
Dans une tentative de bien réussir notre recherche et recueillir plus de
données, nous avons opté pour deux démarches :

La première consiste en l’exploitation des données disponibles dans des


études, des documents administratifs et des statistiques officielles.

La deuxième fait appel aux enquêtes de terrain à travers des questionnaires


adressés aux populations et des entretiens semi-directifs effectués avec les acteurs
locaux du territoire.

3.3.1- L’exploitation des documents existants.


Il s’agit de la collecte, de la relecture et de l’analyse des données, des
rapports administratifs et des documents d’urbanismes suivants :

 Les documents officiels du Haut-commissariat au Plan (le Maroc en


chiffres 2016) ;
 Le Recensement Général de la Population et de l’Habitat 1982, 1994, 2004
et 2014 ;
 Le Maroc des régions, 2005.
 La monographie de la Province de Zagora 2012.
 Le Schéma Directeur d’Aménagement Urbain de Drâa- 2010.
 Le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT).

64
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

 Les PDAR, PDES, cartes et plans de certaines agglomérations rurales de la


Province (PDAR Tazarine, PDES d’Aït Ouallal et Tafetchna, cartes Aït
Ouallal, Tafetchna, Taghbalte et Tinzouline…).
 Les monographies et les (PCD) (Plans Communaux de Développement,
mandat 2009-2015) de 23 communes de Zagora.
 Les PAC (Plans d’Actions Communaux, mandat 2015-2021) des
communes suivantes : Tamgroute, Afla N Dera, N’kob et Tazarine.
 Le Plan du développement de la Province de Zagora – adopté et validé au
cours de la session tenue par le conseil provincial le 13 Juin 2017- (En
arabe).
 Les sites web officiels, notamment celui du Haut-commissariat au Plan, du
ministère de l’équipement et du transport, le site de l’Agence Urbaine de
Ouarzazate-Zagora-Tinghir, le site de l’Office National d’Eau et
d’Electricité…

3.3.2- Les enquêtes de terrain


En plus de la revue de littérature et de l’analyse documentaire, l’enquête de
terrain (quantitatif) détient une importance particulière. Ainsi, un questionnaire
conçu spécialement pour ce travail, traduit en arabe, expliqué et administré à la
population échantillon lors des visites de terrain. Ce questionnaire porte sur les
détails qui touchent l’ensemble des volets pouvant servir au ressort des critères
d’identification et de hiérarchisation des centres ruraux étudiés.

Par ailleurs, des visites aléatoires des sites ont été organisées à partir des
photos aériennes et cartes topographiques.

3.3.3- Enquêtes-ménages

Dans l’objectif d’économiser les moyens financiers dont nous disposons,


très limités par rapport à l’immensité du terrain d’étude et pour respecter le temps
imparti à l’élaboration de ce projet de thèse, nous allons procéder, d’abord, à la

65
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

sélection d’un nombre de centres parmi les 11 centres jugés émergents. Cela est
fondé sur des critères que nous jugeons pertinents. Au niveau des centres
sélectionnés un quota aléatoire de 10% de la totalité des ménages a été tiré. La
réalisation de l’enquête a été effectuée sur la base d’une démarche statistique à
partir des blocs d’habitat (îlots).

 Trois CRE ciblés par l’enquête-ménages :

La nature des informations que nous voulons collecter par le questionnaire


adressé aux ménages, qui revêt un caractère socio-spatial et socio-économique,
nous renvoie vers des critères intégrant le spatial et l’économique. Pour ce faire, il
s’avère nécessaire de respecter deux critères pour le choix des CRE : la proximité
et l’éloignement de l’un des deux villes de la Province (Zagora et Agdez), et la
vocation du centre.

A travers l’état des lieux et le Diagnostic Territorial stratégique, avec le


respect des critères cités ci-dessus, les trois CRE (voir la carte n°4) suivants ont
été l’objet de l’enquête-ménage :

 Le centre N’kob : commune rurale de N’kob


 Le centre de Taghrout : commune rurale Afla N’dra
 Centre Tamgroute et ses environs : commune Rurale de Tamgroute.

Les trois CRE objet de l’enquête-ménages abritent une population de 15547


habitants appartenant à 1922 ménages selon le RGPH de 2014 (voir le tableau
n°11 ci-dessous). Ainsi, le quota des ménages fixé à 10% de la population mère se
compose donc de 193 ménages.

Dans le but de nous faciliter la tâche d’établissement de cette enquête-


ménages, nous avons recruté trois enquêteurs spécialistes. Ils sont sélectionnés à
cet effet, compte tenu, de leurs profils répondant au contexte social des territoires

66
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

en question et formés théoriquement et pratiquement pour ce genre d’enquête du


diagnostic du territoire.

Tableau n° 11 : Définition de l’échantillon des ménages enquêtés.


Quotas des ménages à
Nombre de
Unité spatiale Population 2014 l’intérieur de l’échantillon
ménages 2014
(Nombre de ménages enquêtés)

N’kob 8200 1150 115


Tamgroute 6725 724 73

Taghrout 622 48 5
Total 15547 1922 193
Source : RGPH-2014 et enquête de terrain.

Au terme de ces investigations, il a été procédé au dépouillement de la base


de données recueillies à l’aide du logiciel « SPSS » et ensuite l’analyse. Cette
opération a été réalisée grâce au procédé de la saisie des données tirées des
enquêtes, qui ont été reportées sur des tableaux Excel.

Ainsi, une base de données a été constituée pour chacun des CRE
considérés. Les valeurs extrêmes ont été éliminées de manière à garantir la
crédibilité et la fiabilité des informations. Les questionnaires ont été conçus de
sorte que l’on puisse comparer diverses approches.

67
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Carte n°4: Les Centres Ruraux Emergents ciblés par l’enquête-ménages.

Source : Fond du Maroc- - Carte digitalisée par EL-ARABY Abdelaaziz - juin 2017

68
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Conclusion :

En conclusion de ce premier chapitre, nous constatons que la problématique


en question concerne des espaces qu’on peut appeler « intermédiaires » entre deux
milieux différents : rural et urbain. Cette étude s’inscrit dans une logique de la
recherche de l’articulation, de la restructuration et du développement territorial.
Ces nouvelles démarches qui visent le passage d’une logique de production
(centralisation) à une logique de construction (décentralisation et démocratie
participative) dans la gestion des affaires publiques territoriales, restent, encore,
au début de leur mise en application.

Par ailleurs, l’absence des critères précis et adoptés en unanimité


universellement, pour distinguer la limite entre les milieux : rural et urbain nous a
mis devant un défi majeur quant à la définition des CRE. Bien que la deuxième
section du présent chapitre propose une définition, certes elle reste d’ordre général
et ne permet pas la résolution définitive du problème de la distinction des CRE
comme des espaces intermédiaires entre la ville et la campagne. Par conséquent,
les critères et la démarche de l’identification déployée ne seront que des balises
d’un long chemin à tracer pour l’étude de cette problématique et ces objets. La
mise en application de la démarche méthodologique, présentée dans ce premier
chapitre de notre thèse, annonce la pertinence de l’élaboration d’un diagnostic
territorial susceptible de dégager les caractéristiques et les enjeux de
développement de notre zone d’étude tout en situant les CRE dans le territoire de
la Province de Zagora.

69
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Chapitre II : Les CRE de Zagora, diagnostic et


enjeux du développement territorial

Introduction :

L’identification et l’étude des CRE ne sont envisageables qu’à partir de la


connaissance de leur territoire. De ce fait, le présent chapitre est consacré au
diagnostic territorial des CRE dans ses dimensions physiques et humaines.

Il est évident qu’il s’agit d’un diagnostic territorial des Centres Ruraux
Emergents (CRE), mais, nous visons, également dans cette étude, l’identification
des principales mutations ayant touché le territoire en question, particulièrement,
celles qui semblent être liées, d’une manière ou d’une autre, au processus du
développement territorial de la Province.

1- Le cadre physique et la rareté des ressources naturelles

La présente section traitera les caractéristiques de ce milieu oasien du Sud-


Est marocain tout en passant en revue les principales ressources territoriales et
quelques manifestations produites par les interactions entre l’homme et son
territoire.

1-1. Aridité du climat de Zagora : une donnée structurelle

Le climat de la zone, espace de notre travail, s’inscrit dans l’étage


bioclimatique présaharien qui se caractérise par des précipitations insuffisantes,
des températures moyennes importantes et une évaporation intense, renforcée par
des vents souvent violents.

Les précipitations enregistrées au niveau des stations météorologiques de la


Province de Zagora montrent des irrégularités annuelles importantes qui vont du
nord au sud et d’ouest à l’est.

Quant à la station d'Ouarzazate dont les relevés sont réguliers depuis trente
ans et les trois autres postes situés dans la vallée du Drâa, ils montrent la

70
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

diminution du facteur pluviométrique de l'amont vers l'aval en fonction de


l'altitude et de la latitude :

- Ouarzazate : 1 135 m -104.2 mm.


- Agdz : 1 100 m - 108 mm.
- Zagora : 700 m -78.7 mm.
- Tagounite : 600 m - 54 mm de pluie.
Le régime annuel des pluies est caractérisé par deux saisons d'automne et
de printemps relativement humides et séparées par un hiver moins humide et un
été très sec. Mais les saisons sont de durée inégale : L'automne et l'été durent de 4
à 5 mois, le printemps et l'hiver ne dépassent pas 2 à 3 mois (voir tableau n° 12 ci-
dessous). En général, les pluies les plus fortes se produisent en automne et leur
fréquence annuelle moyenne est de 7 jours avec un volume moyen de
100mm/an90. Leur fréquence annuelle varie entre un et vingt-cinq jours au mois
de septembre. Le nombre de jours de pluie est donc restreint, il traduit l'intensité
relative des précipitations dont les deux tiers sont supérieurs à 5 mm.

Tableau n°12 : Précipitations moyennes mensuelles dans le Drâa Moyen.


Station Ouarzazate Agdz Zagora Tagounite
Période 1974-2009 1965-2004 1931-2009 1965-
2004
Septembre 10,3 19 8,2 7
Octobre 16,6 16 13,1 6
Novembre 9,3 17 13,5 13
Décembre 11,4 11 11,9 8
Janvier 8,8 9 7,0 4
Février 12,2 4 6,6 2
Mars 11,0 8 4,2 5
Avril 5,7 8 5,5 3
Mai 4,7 5 2,9 2
Juin 10,0 4 1,2 2
Juillet 2,5 1 0,8 0
Aout 6,6 6 3,7 2
Moyenne 104.2 108 78.7 54
Source : Royaume du Maroc- Agence du Bassin Hydraulique du Souss Massa– Agadir-(ABHSMA) (2010) - étude
d'évaluation des ressources en eau souterraines dans les bassins de Drâa et Guelmim- p14.

Le régime interannuel est peu connu par suite d'un nombre trop restreint de

90
- Schéma Directeur d’Aménagement Urbain (SDAU) de la Vallée du Drâa- Horizon 2030- P11.

71
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

données d'observations. Aucune loi de périodicité ne semble régir actuellement


les précipitations dont l'irrégularité caractérise le climat présaharien91.Le cas de
l’année 2018 est illustratif du fait que la Province de Zagora, à l’instar des autres
Provinces du Maroc, a connu des chutes de pluie importantes. De plus, il a neigé
exceptionnellement dans cette région pendant deux jours, ce qui a produit un
certain paysage qui nous rappelle celui de l’année 196892 (voir planche photos
n°1).

Planche photos n°1 : Quelques paysages des Oasis de Zagora lors des
chutes de neige entre 29 Janvier et 01 Février 2018.

Source : http://m.ahdath.info/359526 - dernière consultation : 09 Mars 2018.

Quant au sous-bassin de Tazarine-Taghbalte, qui fait partie du Bassin

91
- Royaume du Maroc- Agence du Bassin Hydraulique du Souss Massa– Agadir-(ABHSMA) (2010)- étude d'évaluation des
ressources en eau souterraines dans les bassins de Drâa et guelmim- p14.
92
- Selon les déclarations de certaines personnes âgées (entre 70ans -55ans) de la palmeraie de Tinzouline.

72
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Maider, il se caractérise par deux périodes pluvieuses : la première a lieu entre


septembre et novembre, avec un pic en octobre, et la deuxième entre janvier et
mars avec un pic en février. La saison d’avril-mai-juin par contre est moins
prononcée. La quantité moyenne de pluie dans le bassin de Maider est d’environ
104 mm. Elle dépasse 120 mm sur les reliefs du Nord de ce bassin et diminue au
niveau des premières plaines de piémont au niveau de N’kob et d’Alnif (aval),
soit 100mm pour atteindre 50 mm au début de la plaine en aval à partir d’Ait
sâadane, mais le nombre d’années successives de sécheresse peut atteindre 10 ans
dans le bassin en question93.

Par ailleurs, les données météorologiques de deux stations d’Alnif et de


Tazarine affichent une moyenne de 104,32 mm pour la période 1957-200994. La
répartition mensuelle des pluies est consignée dans le tableau n° 13 ci-après.

Tableau n°13 : Pluviométries moyennes mensuelles interannuelles dans le


bassin du Maider.

Mois Sept. Oct. Nov. Déc. Jan. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Aout Total

Moyenne
8,56 14,23 12,30 10,22 12,25 11,17 8,96 11,78 6,45 3,92 1,53 2,94 104,32

Source : MAHBOUB Abderrahman (2014). Op.cit. P9.

La température atteint des degrés très élevés ; les vents sont chauds,
violents et secs, ce qui engendre une très forte évapotranspiration (de 2900 mm/an
en moyenne), largement supérieure au total des précipitations, occasionnant un
déficit hydrique permanent. La classification des données de la station
météorologique de Zagora, dans le diagramme pluviothermique d’Emberger, est
représentée dans la figure ci-après (voir figure n° 2).

93
- MAHBOUB Abderrahman (2014), Contribution à l’étude hydrologique, hydrogéologique et de gestion des ressources en
eau des bassins sud-Atlasiques : Cas du Bassin du Maider (sud-est du Maroc) thèse pour l’obtention de grade docteur en
géologie- spécialité ; hydrologie, hydrogéologie-université Moulay Ismail- Faculté des sciences Meknès- (non publiée) P 10.
94
- MAHBOUB Abderrahman (2014). Op.cit. P9.

73
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

En ce qui concerne les vents, la zone est connue par deux types de vents :
un vent desséchant venant de l’est (Chergui) qui souffle fréquemment dans la
région et un autre froid relativement humide (Saheli) qui souffle de l’ouest. Ces
vents engendrent une érosion éolienne qui se manifeste dans la région par la
remise en suspension des sables, remettant en mouvement certaines zones
stabilisées, et créant ainsi des zones de déficit ou d’excès.

Figure n° 2 : Situation de la zone d’étude dans le Climagramme d’Emberger.

Source : Haut-commissariat aux Eaux et Forêts et à la lutte contre la Désertification-Coopération Allemagne (GIZ)- (2015)
Cartographie des zones soumises et vulnérables au phénomène de l’ensablement au niveau de la région du souss –Massa Drâa -
Première et deuxième phase-P 24.

Certes, ces vents/tempêtes de sables ont un impact négatif sur les activités
humaines en envahissant des terres agricoles, des routes et des habitats et obligent
les populations locales à adopter des moyens efficaces qui peuvent diminuer les
effets néfastes de l’ensablement à travers la constitution de petites barrières à base
des troncs des arbres comme le Tamarix aphylla et palmes des palmiers et/ou des
murailles en pisé (Voir planche photos n°2).

74
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Carte n°05 : Des isohyètes de la zone d’étude.

Source : Royaume du Maroc- Agence du Bassin Hydraulique du Souss Massa– Agadir-(ABHSMA) (2010) -Op.cit.
Établie suivant les données pluviométriques- Impetus-ABHSMD (1984-2004).

75
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Planche photos n° 2: Quelques exemples des actions visant la lutte


contre l’ensablement dans les oasis de Zagora.

Protection des champs à l’aide des petites murailles


Utilisation des palmes des palmiers pour la lutte contre soutenues par des arbres de Tamarix Aphylla (Commune de
l’ensablement des oasis (Oasis de Ketaoua-juin 2013). Tazarine-Juin 2013)

Témoigne de fixation des dunes, dans le temps, par la Essai de fixation des dunes par la population locale à travers
population locale (Dune consolidée du côté ouest du douar l’implantation des troncs du Tamarix amplexicaulis
Tinfou, tout près de l’oued Drâa) (Commune Mhamid Elghizlane -juin 2013).

Source : clichés personnels Juin 2013+Haut-commissariat aux Eaux et Forêts et à la lutte contre la Désertification-
Coopération Allemagne (GIZ)- (2015) Op. Cit.P74.

« Le domaine forestier s’étend sur 111179 ha, il correspond à des


formations végétales très ouvertes et fortement mutilées suite à la
surexploitation à laquelle elles sont soumises par les populations riveraines et
leurs troupeaux.
Les espèces arborées rencontrées sont :
Acacia raddiana : 90194 ha ;
Tamarix aphylla : 20985 ha ;
Total : 111179 hectares dont 64000 hectares sous forme de Forêts
non délimitées 95».
La végétation de notre zone d’étude, alors, est très riche et soumise aux
conditions climatiques de ce milieu présaharien. Mais, elle est très rattachée
aux activités humaines et à l’abondance des ressources en eau. Les deux
sections qui suivent présentent l’état des lieux des oasis de Zagora par rapport
aux ressources en eau et aux principales manifestations liées aux interactions
entre les populations locales et leur milieu de vie.
95
- Monographie de la Province de Zagora- Année 2012- PP 17 et 18.

76
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

1.3- L’eau, source de vie en péril


La Province de Zagora est considérée parmi les régions du Maroc
menacées par le stress hydrique. Les éléments de l’état des lieux quant à cette
ressource rare se présentent dans ce qui suit :

1.3.1-La sécheresse climatique et l’irrégularité du drainage superficiel


Les deux périodes de 1931-1964 et de 1980 et 2005 enregistraient des
moyennes des précipitations estimées, respectivement, à 69mm/an et
56,71mm/an, soit un recul de 12,29 mm.
Mais, il est à signaler que 74%96 des ressources hydriques du sud oasien
marocain sont concentrées au niveau du bassin du Drâa. Elles sont de l’ordre de
844 Millions de m3par an97.
En ce qui concerne, les origines des ressources hydriques, le Drâa se
base, principalement, sur les apports superficiels de l’oued Drâa dus à la fonte
des neiges des sommets du haut atlas central et des apports des eaux des
affluents qui le rejoignent tout au long de son trajet, alors que le sous-bassin de
Tazarine-Taghbalte compte essentiellement sur les eaux souterraines et
partiellement sur les eaux des pluies parfois torrentielles.
Le long de son parcours, qui s’étend sur une longueur de 1200km98,
l’oued Drâa moyen traverse la chaine de l’Anti-Atlas en creusant des cuvettes
où il dépose des sédiments. En effet, six nappes phréatiques sont formées dans
ces cuvettes en constituant des « plates-formes » sur lesquelles reposent les six
oasis/palmeraies formant la vallée du Drâa moyen (voir la carte n°5 ci-après).
Ces nappes se caractérisent par des réserves avec un régime irrégulier,
dépendant de celui de l’oued principal source de leur alimentation.
Les apports de l’oued Drâa enregistrent une variation entre les valeurs
extrêmes de 90 à 1400Mm3 pendant le 20ème siècle et montrent des périodes
marquées par des déficits hydriques très importants. Ainsi, la fréquentation des
périodes de grandes sécheresses devient une situation récurrente : 1945-1947,
1955-1957, 1973-1976, 1981-1987, 1993-1995, 2000-200399.
En ce qui concerne le sous-bassin de Tazarine-Taghbalte (voir la carte
n°6), plusieurs assifs (affluents), venant du versant sud-est de jbal et des

96
- Schéma Directeur d’Aménagement Urbain (SDAU) de la vallée du Drâa- horizon 2030- P11.
97
- SDAU de la vallée du Drâa - op. Cit. P11.
98
- BAHANI Abdelkabir et all, (2014), Migrations internationales et développement- cas de la Province de Zagora/Maroc-
Kawtar Print-Rabat - p 31.
99
- BAHANI Abdelkabir et al, (2014)-op.cit. p 32.

77
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

montagnes de l’Anti-Atlas oriental forment le réseau hydrographique de cette


partie du bassin de Maider. Il s’agit, principalement, des oueds de N’kob, de
Tazarine, d’Ait Ouaaziq et de Taghbalte. Ces derniers s’enchainent pour se
jeter dans un lac (daya) appelé Maider.
Cependant, les eaux superficielles ne suffisent pas aux besoins des
cultures, surtout pendant les saisons de faibles précipitations et des périodes de
sécheresse.

1.3.2- Les eaux souterraines et le risque d’épuisement par les pompages


Le bassin du Drâa Moyen compte six nappes phréatiques (voir carte n°7-
p 85). Cependant, le sous-bassin de Tazarine-Taghbalte reste moins étudié du
point de vue hydrogéologique. La seule tentation disponible (à notre
connaissance) est celle de l’hydrologue Abderrahman MAHBOUB 100. Ce
dernier conclut son étude en précisant que « les aquifères paléozoïques et
quaternaires du Maider sont répartis selon quatre sous-bassins dont le sous-
bassin de l’oued Taghbalte qui fait partie de notre zone d’étude. A ces sous-
bassins, s’ajoutent les aquifères du couloir Alnif-N’kob et les aquifères de la
cuvette Tazarine-Taghbalte. Quant au fonctionnement hydrogéologique
probable du bassin Maider, il pourrait se résumer dans ce qui suit :
Les terrains du cambrien jouent géologiquement un rôle hydraulique
d’aire de recherche pour les terrains ordoviciens qui la surmontent. Il s’agit
même d’une allure typique de bassin hydrogéologique avec le mont Saghro
comme aire de recharge. Les infiltrations à travers les monts du Saghro
pourront s’acheminer en direction de la cuvette de Tazarine-N’kob, en
contribuant à la recharge des terrains paléozoïques qui s’y apprêtent.

100
- MAHBOUB Abderrahman (2014), Contribution à l’étude hydrologique, hydrogéologique et de gestion des ressources
en eau des bassins sud-Atlasiques : Cas du Bassin du Maider (sud-est du Maroc)- Thèse pour l’obtention de grade docteur
en géologie- spécialité ; hydrologie, hydrogéologie-université Moulay Ismail- Faculté des sciences Meknès- (non publiée).

78
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Carte n°6: Les oasis de la Province de Zagora.

Source : Fond du Maroc- Carte digitalisée par EL-ARABY Abdelaaziz - Juillet 2017.

79
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Pour les nappes phréatiques, leur recharge s’effectue par des alimentations
combinées des « underflows » des cours d’eau principaux des sous-bassins et de
la drainance ascendante des aquifères profonds. La zone de recharge de ce
système est constituée par l’alignement Saghro-Ougnate au NW et au NE qui
plonge en direction du SE, vers la daya du Maider.
La salinité des eaux souterraines est hétérogène, ce qui pourrait s’expliquer
par une variation lithologique, mais aussi le rôle des failles qui pourrait mettre en
communication des eaux de composition différente. Le faciès chimique des eaux
du bassin Maider révèle la dominance du faciès bicarbonate calcique, néanmoins,
d’autres faciès y existent où les teneurs en chlorures dominent, celles des sulfates
(cas des forages Tamgroute, Tiguirna, Tissemoumine, Amejrane et N’kob), le
magnésium peut prendre aussi de l’ampleur au profit du sodium ; ce faciès
caractérise les eaux de Tanoumirte, et enfin une dominance du sodium sur le
magnésium et le calcium s’observe au niveau des eaux du Mcissi et Toughza 101».
Par ailleurs, l’exploitation intensifiée des eaux souterraines s’observe,
particulièrement, dans le bassin de Tazarine-Taghbalte ainsi que de l’amont vers
l’aval du Drâa, en plus du recul du niveau piézométrique, de l’exploitation
intensifiée des eaux souterraines avec des motopompes. En l’absence des chiffres
précisant le nombre de puits équipés, nous tenons à préciser que les données de
l’enquête de terrain102 révèlent que 70% des agriculteurs des oasis de Zagora
abritent un puits bien équipé par une motopompe, tandis que 35% des enquêtés
possèdent plus d’un puits équipé en motopompes.
De plus, une étude réalisée pour l’ABHSMA en 2010 a recensé dans le
bassin du Drâa moyen un nombre de 1501103points d’eau.
Par conséquent, cette pression pratiquée sur les nappes phréatiques (voir
planche photos n°3 ; page 86.) provoque leur épuisement et engendre la
concentration de sels sur les sols à cause de la quantité de sodium dans ces eaux,
elle entraine aussi la dégradation des sols qui s’aggrave en raison de
l’accentuation des phénomènes d’évaporation et d’évapotranspiration. Lors des
années de sécheresse on assiste à l’assèchement des puits et au tarissement des
Khettaras notamment dans la région de Tazarine.

101
- MAHBOUB Abderrahman (2014), Op.cit. P198.
102
- EL-ARABY Abdelaaziz - enquête de terrain auprès d’un échantillon des agricultures des oasis de Zagora – Avril-Mai
2015.
103
- Royaume du Maroc- Agence du Bassin Hydraulique du Souss Massa– Agadir-(ABHSMA) (2010)- étude d'évaluation des
ressources en eau souterraines dans les bassins de Drâa et guelmim- pp 31-108.

80
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Carte n°7: Les nappes phréatiques dans les oasis de Zagora.

(Moins de 35 m)

Source (avant modifications) : Agence du Bassin Hydraulique de Souss Massa Drâa + Enquête de terrain réalisée par EL-ARABY Abdelaaziz -Avril 2016.

81
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Planche photos n°3: Irrigation des champs à partir de la nappe


phréatique dans la plaine de Feija.
Captages par puits au niveau de l’unité Périmètres irrigués à partir des eaux souterraines
Feija au niveau de la plaine de Feija

Source : Agence du Bassin Hydraulique du Souss Massa– Agadir-(ABHSMA) (2010) -Op.Cit. P27.

La section ci-dessus, alors, révèle certaine vulnérabilité quant au milieu


naturel de Zagora. La rudesse du climat provoque la récurrence des années de
sécheresse tout en faisant de la rareté des ressources en eau et de la dégradation
du couvert végétal une réalité vérifiée. Ces défis naturels ont une influence directe
sur l’histoire de l’homme dans son territoire. En effet, le caractère spécifique de
ces oasis oblige ces habitants à s’inscrire dans un processus d’interactions avec
leur milieu naturel. La section qui suit, donc, traite ces interactions dans leurs
dimensions socio-démographiques et socio-économiques.

2- Le cadre anthropique et la fragilité des tissus socio-


démographiques et socio-économiques de Zagora
Cette section a pour but de faire connaitre les principales caractéristiques de
la Province de Zagora par rapport à l’évolution démographique, aux potentialités
socio-économiques et aux aspects des mutations sociales.

2.1- Peuplement enraciné et persistance de l’exode rurale


« L’histoire de la région remonte aux temps immémoriaux, comme en
témoignent les gravures rupestres à Foum Chena et à Tazarine et la nécropole
géante de Foum Larjam à Ighir N’tidri à M’hamid El Ghizlane. Au début du 14 ème
siècle, les Chorfas Saâdiens, venus du Moyen Orient se sont installés à
Tagmadart. Au 16ème siècle, ils partirent à la conquête du Souss et du Nord du

82
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Maroc, avant de réaliser celle du pays du Soudan occidental par la célèbre route
de Tombouctou. Cette grande expédition a assuré la prospérité commerciale et
culturelle du Maroc. Sous le règne de la Dynastie Alaouite, la région s’est vue
accorder un intérêt particulier depuis sa libération par le grand Sultan My
Mohamed Ben Chérif au 17ème siècle et plus particulièrement sous le règne du
grand et célèbre My Ismail. Son fils Cherif Ben Ismail se rendit à Aghlan de Beni
Zoli, où il installa le siège de son autorité (wilaya de Drâa Sijilmassa), le Roi
vaillant s’appuyait également sur la Zaouïa Naciria pour la diffusion du savoir
dans les pays africains limitrophes. Cette Zaouïa est dotée d’une riche
bibliothèque qui recèle de précieux manuscrits de théologie, d’histoire, de
médecine (le plus ancien manuscrit date du 13ème siècle). Après la mort de My
Ismail en 1727, la région a connu des périodes d’instabilité mais restait toujours
fidèle au Trône Alaouite. Au 20ème siècle, après une phase de colonialisme, la
région a renoué avec le développement qui engage tous les secteurs grâce à la
politique sage menée par Feu Sa Majesté Hassan II que Dieu l’ait en Sa Sainte
miséricorde et poursuivie par S.M le Roi Mohamed VI, que Dieu le glorifie 104».
Aujourd’hui, la population de la Province de Zagora s’élève, d’après le
recensement de 2014, à 307306 habitants dont 256558 personnes en milieu rural.
Le taux d’urbanisation et la densité de la population sont respectivement de 15,10
% et 12 Hab/Km². La population est très jeune, En effet, 91,4% des habitants de la
Province ont moins de 59 ans et 31,2% sont en âge préscolaire et scolaire (5 à14
ans).
Le tableau n°17 révèle les données relatives à l’évolution démographique
de la Province et les communes de Zagora. Effectivement, les deux périodes
intercensaires de 1994-2004 et 2004-2014 affichent respectivement des TAMA de
l’ordre de 1,1 et de 0,8. Cette évolution, légèrement importante, de la population
de la Province de Zagora cache des différences entre les communes. Par ailleurs,
si ces différences sont très remarquables entre le milieu rural et urbain en
enregistrant, à titre indicatif, un TAMA très important qui est de l’ordre de 3% au

104
- Monographie de la Province de Zagora- Année 2012- P 5.

83
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

niveau d’Agdz pour les deux recensements de 2004 et de 2014, l’espace rural, par
contre, affiche des taux moins importants voire négatifs. En effet, les communes
d’Ait Boudaoud, de Bleida, et de Mhamid Elghizlane, affichent des taux négatifs
allant de -0,5 à -1,2 entre les deux recensements de 1994 et 2004. Tandis que la
période intercensaire de 2004-2014 illustre des TAMA trop négatifs dans la
commune de Ketaoua (-2,2).
Les données du tableau n°15 et la carte n°8 ci-dessous qui représentes
l’évolution des populations par communes depuis le recensement de 1982 et nous
poussent, alors, à nous demander : quels sont les renseignements que nous
pouvons tirer de ces données du point de vue du développement territorial ?
Deux niveaux d’analyses nous apparaissent concevables ; le premier
concerne le caractère expulsif de certaines communes, quant au deuxième niveau
d’analyse, il est lié à l’importance revêtue par le TAMA des deux espaces urbains
surtout la commune d’Agdz.
Le tableau ci-après, présente le taux d’accroissement démographique
annuel moyen par milieu de résidence105.
Tableau n° 14 : Taux d'accroissement annuel moyen (%) par milieu de
résidence pour les deux périodes intercensitaires 1994-2004 et 2004-2014.
1994/2004 2004/2014
Désignation
Urbain Rural Total Urbain Rural Total
Zagora 2,9 0,7 1,0 1,7 0,6 0,8
Drâa-Tafilalet ND ND ND 1,9 0,4 0,8
Maroc 2,1 0,6 1,4 2,2 -0,01 1,2
Source : HCP, RGPH 1994, 2004 et 2014.

Calculé pour les deux périodes intercensitaires 1994-2004 et 2004-2014, le


taux d’accroissement annuel moyen de la population provinciale a enregistré une
baisse substantielle de 0,2 point en passant de 0,1% à 0,8% contre une baisse de
0,2 point au niveau national. Par milieu de résidence, le taux d’accroissement de
la Province durant la période 2004-2014 est de 1,7% en milieu urbain contre 0,6%
en milieu rural.

105
- Haut-Commissariat au Plan - Direction Régionale de Drâa-Tafilalet- 2017- Recensement Général de la Population et de
l’Habitat de 2014 ; Caractéristiques Démographiques et Socio-économiques Province de Zagora-Série provinciale- Errachidia -
Janvier 2017- P 12. Accessible sur le site-internet suivant : https://www.hcp.ma/draa-tafilalet/attachment/905502/- dernière
consultation : 17 Juin 2018.

84
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

La Province reste à forte dominance rurale puisque son taux d’urbanisation


n’a progressé que de 11,1% à 16,6%en Trente-deux ans entre 1982 et 2014, alors
que dans la même période, le pays entier est passé de 43% à 60,4%. Avec cette
structure rurale, et malgré la faiblesse de l’évolution démographique observée
dans ce milieu, la question du sureffectif y reste posée. Le niveau de population
provinciale pose des problèmes en termes d’équilibre avec le milieu naturel,
concernant l’eau en particulier.
En somme, le rythme de croissance provincial est faible, depuis dix ans
(0,8% par an.), il reste inférieur à la moyenne nationale (1,4%) et équivalant à
celui de la région Drâa-Tafilalet (0,8%).
« L’étude de la structure par groupe d’âge fonctionnel de la population
provinciale en 2014, montre que la population en âge préscolaire (00-06 ans) s’est
établie à 17,5%. Par milieu de résidence, ce taux est de l’ordre de 16,1% en milieu
urbain et 17,7% en milieu rural. Quant à la part de la population en âge scolaire
(07-12 ans), elle est de l’ordre de 12,2% (12,0% en milieu urbain contre 12,2% en
milieu rural). Concernant les personnes en âge d’activité (15-59 ans), on constate
que leur part est de 57,2%. (60,0% en milieu urbain contre 56,7% en milieu rural).
Pour la dernière tranche, dite population du troisième âge (60 ans et plus), sa
proportion est de 8,6%106 ».
La population active provinciale se compose de 72.737 personnes actives
(16,2% de la population active régionale) et de 232.773 personnes inactives
(19,7% de la population inactive régionale). Par sexe, la population active
provinciale en 2014 est à prédominance masculine, sur dix personnes actives on
ne comptait que moins de deux femmes, en effet 89,2% de la population active
sont des hommes contre seulement 10,8% des femmes (84,2% des hommes contre
15,8% des femmes au niveau régional).

106
- Haut-Commissariat au Plan - Direction Régionale de Drâa-Tafilalet- 2017- Recensement Général de la Population et de
l’Habitat de 2014 ; Caractéristiques Démographiques et Socio-économiques - Province de Zagora-Série provinciale- Errachidia
-Janvier 2017- P 16.

85
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Tableau n°15 : Evolution démographique des communes de la Province de Zagora entre 1982 et 2014.
TAMA RGPH 2014
82-94 TAMA
Communes RGPH 1982 RGPH 1994 RGPH 2004 TAMA 04-14
94-04

Population Population Ménages Population Ménages Population Ménages


AGDZ (municipalité) 3.796 5.870 838 3,7 7.951 1239 3,1 10.681 1865 3
ZAGORA (municipalité) 18.126 26.174 3452 3,1 34.851 4993 2,9 40.067 6332 1,4
AFELLA N'DRA 5.633 6.906 821 1,7 7.170 850 0,4 7.203 951 0,01
TANSIFTE 10.530 11.645 1393 0,8 12.110 1583 0,4 11.987 1672 -0,1
MEZGUITA 6.760 7.603 818 1,0 8.234 872 0,8 8.451 970 0,3
TAMEZMOUTE 7.037 9.099 931 2,2 10.462 1216 1,4 11.697 1366 1,1
AFRA 7.451 8.290 977 0,9 8.317 1074 0,0 8.939 1148 0,7
OULAD YAHYA
7.102 9.523 898 2,5 10.621 1044 1,1 12.019 1180 1,2
LAGRAIRE
TERNATA 9.262 12.140 1280 2,3 14.185 1538 1,6 16.512 1821 1,5
BNI ZOLI 13.210 17.175 1712 2,2 18.399 1779 0,7 18.941 1940 0,3
TINZOULINE 8.459 12.264 1237 3,1 13.462 1453 0,9 15.505 1753 1,4
BOUZEROUAL 6.993 9.444 911 2,5 10.060 1054 0,6 11.166 1162 1,0
TAFTECHNA 2.917 3.850 442 2,3 4.787 601 2,2 5.258 615 1,0
ERROUHA 6.295 8.701 857 2,7 9.492 964 0,9 10.523 1063 1,0
TAMEGROUTE 14.768 18.065 1836 1,7 19.560 2072 0,8 21.603 2318 1,0
FEZOUATA 4.874 7.387 723 3,5 8.281 839 1,1 9.416 864 1,3
TAGOUNITE 13.451 16.688 1853 1,8 17.553 2210 0,5 17.103 2262 -0,3
KTAOUA 11.329 11.021 1246 -0,2 11.157 1221 0,1 8921 1082 -2,2
BLEIDA - 5.256 645 - 4.640 483 -1,2 4.629 496 0,0
M'HAMID EL
8.671 8.508 1129 -0,2 7.764 1088 -0,9 7.590 1052 -0,2
GHIZLANE
TAZARINE 11.318 13.134 1500 1,2 13.721 1713 0,4 15.169 1904 1,0
AIT BOUDAOUD 4.422 5.568 562 1,9 5.293 622 -0,5 5.439 691 0,3
TAGHBALTE 6.454 8.140 869 2,0 8.867 939 0,9 10.054 1087 1,3
N'KOB 5.384 5.344 727 -0,1 6.782 969 2,4 7.209 1113 0,6
AIT OUALLAL 5.504 8.010 912 3,2 9.649 1065 1,9 11.224 1360 1,5
TOTAL 196.825 255.805 28.569 2,0 283.348 33.481 1,1 307.306 38.067 0,8

Source : RGPH 1982, 1994, 2004 et 2014.

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Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Carte n°8: Evolution de la population des communes de la Province de Zagora entre 1982 et 2014.

Source : RGPH-1982-1994-2004 et 2014-Carte digitalisée par EL-ARABY Abdelaaziz -Février 2016.

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Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Quant à la population provinciale inactive, elle se caractérise par une


prépondérance des femmes, ainsi sur 10 personnes inactives on compte presque 7
femmes, ce qui est aussi constaté au niveau de la région107.
Les indicateurs socio-démographiques présentés ci-dessus font apparaitre
que Zagora est un territoire expulsif. Le taux d’accroissement élevé des deux
espaces urbains témoigne d’une problématique démographique effective qui les
caractérise et qui s’étend, à travers ses effets négatifs, sur tout le territoire
provincial.

2.2-Une économie qui manque de compétitivité territoriale

La croissance économique de la plupart des pays, qu’ils soient développés


ou en développement, est portée aujourd’hui par le pouvoir de leurs entités
territoriales rurales et urbaines à constituer des espaces de production et de
consolidation des richesses, à même assurer l’intégration et la cohésion socio-
culturelle.

En termes d’avantages absolus, le territoire notre objet d’étude ne manque


pas d’atouts et potentialités sur lesquels il pourrait fonder son développement. Son
tissu économique, riche et varié, s’articule autour de l’agriculture et le tourisme,
ainsi que sur d’autres secteurs moins présentés mais qui constituent autant
d’opportunités pour un développement équilibré.

Le secteur agricole joue un rôle important dans l’activité économique de la


région malgré les contraintes auxquelles il est soumis : insuffisance des ressources
en eau ; forte évaporation accompagnée d’une salinisation des sols ; éloignement
de la zone du centre d’approvisionnement et d’écoulement des productions
agricoles ; ensablement des palmeraies et des infrastructures ; micro-propriétés et
droits d’eau traditionnels peu adaptés à une gestion rationnelle, …

Malgré ces contraintes, la région dispose de potentialités correctives telles


que : l’existence d’un réseau de mobilisation des eaux relativement complexe ;
107
- Pour plus de détails voir : Haut-Commissariat au Plan - Direction Régionale de Drâa-Tafilalet- 2017 – Op.cit. pp32-34.
88
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

l’expérience séculaire de mobilisation des eaux et le savoir-faire de la population,


la diversité de l’agriculture et l’aptitude d’entrée en production précoce ; le faible
risque de développement des maladies en raison du climat sec, …

L’agriculture, secteur ancré dans un territoire oasien, a contribué


amplement et contribue encore à la dynamisation de l’économie locale avec plus
de 44% des actifs employés. Elle bénéficie de l’étendue de la surface agricole
utile qui couvre 33.100 ha.

Le tableau ci-après révèle quelques chiffres relatifs à l’occupation de la


surface agricole dans la zone étudiée.

Tableau n° 16 : Occupation du sol et production agricole dans la


Province de Zagora.

Superficie Moyenne
Cultures et plantations Production Moyenne (Qx)
(ha)
Céréales 18.500 614.180

Maraîchage 2.175 509.270


Palmier dattier 1 500 000 pieds 500.000
Amandier 33 550 pieds 3.700

Pommier 31 500 pieds 6.200


Olivier 22.400 pieds 2.900
Source : Monographie de la Province de Zagora-2012-p17.

Avec ses deux grands périmètres agricoles (vallée du Drâa moyen et


palmeraies du Maider) qui s’étendent respectivement sur 26.100 ha et 7.000 ha, ce
secteur constitue une véritable source de vie pour la population rurale et une
opportunité d’emplois indirects pour les centres urbains. La production agricole
est basée sur l’arboriculture, la céréaliculture et l’élevage. L’arboriculture fruitière
est dominée par le palmier dattier. Les autres espèces fruitières (Amandier,
Olivier, Pommier, Abricotier…), se concentrent essentiellement dans les oasis du
nord en amont du territoire en question.

89
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

On ajoute aux arbres fruitiers, la production agricole des céréales, de


cultures maraichères, de luzerne et de henné.

Parallèlement aux cultures, la zone est caractérisée par la pratique de deux


types d’élevage : l’élevage sédentaire, entièrement intégré à l’agriculture,
composé de bovins et d’ovins de race D’man, et l’élevage de transhumance,
composé de camelins, d’ovins et de caprins. Les productions sont estimées à
436108 tonnes de viande rouge, 26 tonnes de poils, 38 tonnes de laine et 1.280.000
litres de lait, dont 800.000 litres traités par les deux coopératives laitières de la
région.

Ce secteur est, toutefois, contrarié par des difficultés naturelles, telles que la
perturbation du climat, l’insuffisance des précipitations et des ressources en eau,
la propagation du Bayoud, l’ensablement, la salification des sols…, des difficultés
structurelles, la prédominance de la micropropriété et la mauvaise gestion des
droits traditionnels d’eau.

En effet, selon les données du HCP, Zagora compte parmi les zones de
pauvreté profonde, à l’échelle du pays tout entier (Voir carte n°9). Si nous
prenons comme indicateur de richesse/pauvreté, l’accès au marché de santé 109, on
constate que la Province fait partie, avec Tata et Azilal, de la catégorie la plus
pauvre du pays, avec un indice de 10, pour une moyenne nationale de 100.

108
- ORMVAO- 2014.
109
- L’indice d’accès au marché de la santé est calculé à partir de nombre de professionnels exerçants dans le cadre libéral
(médecins, dentistes, pharmaciens), rapporté à la population total concernée. La moyenne nationale étant de 100, celle de la
Province de Zagora est 6.
90
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Carte n°9: Position de l’espace d’étude par rapport à la


dynamique du développement du territoire national.

Source : HCP-2014- Carte digitalisée par EL-ARABY Abdelaaziz - Septembre 2017.

En ce qui concerne le niveau de développement économique, le constat est le


même. La carte de l’ensemble du pays montre clairement la profonde faiblesse
économique de la Province. Le cas extrême est constitué par un groupe de huit
Province s dont Zagora. Cette dernière cumule un grand nombre de handicaps,
aussi bien naturels écologiques, économiques que sociaux. Le chômage et le sous-
emploi sévissent massivement (voir carte n°10 ci-après).
91
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Carte n°10: Taux de pauvreté110 de la Province de Zagora par


rapport au territoire national.

Source : HCP-2014- Carte digitalisée par EL-ARABY Abdelaaziz - Octobre 2017

D’après les données du RGPH de 2014, Le taux de chômage111 par milieu de


résidence, par sexe et par niveau géographique (provincial, régional et national)
est donné par le tableau ci-dessous (tableau n°17).

110
- Le Taux de pauvreté par Province est calculé par le HCP avec des indicateurs différant de ceux relatifs au calcul des taux de
pauvreté par communes.
111
- Le Taux de chômage est le rapport de la population en chômage âgée de 15 ans et plus à la population active du même âge.
92
Les Centres Ruraux Emergents, aménagement et enjeux du développement territorial- Cas de la Province de Zagora-

Tableau n°17 : Taux de chômage (%) selon le sexe et le milieu de résidence -


2014.
Désignation Sexe Urbain (%) Rural (%) Total (%)
Masculin 12,8 12,9 12,9
Zagora Féminin 43,2 44,6 44,2
Total 17,9 15,9 16,3
Masculin 13,9 11,3 12,2
Drâa-Tafilalet
Féminin 42,0 26,1 33,2
Total 19,3 13,3 16,2
Masculin 15,2 8,3 12,4
Maroc
Féminin 30,5 26,2 29,6
Total 19,3 10,5 16,2
Source : HCP, RGPH -2014

Le taux de chômage de la population provinciale en 2014 est 16,3%, ce


taux est relativement supérieur à celui enregistré au niveau régional (15,5%) et
identique à celui national (16,2%). Par milieu de résidence, les taux de chômage
enregistrés au niveau provincial sont de 17,9% en milieu urbain et 15,9% en
milieu rural, contre respectivement 19,3% et 13,3% au niveau régional (19,3% et
10,5% au niveau national). Par sexe, le taux de chômage au niveau provincial est
plus élevé chez les femmes (44,2%) que chez les hommes (12,9%), ce qui est
aussi observé aux niveaux régional et national112.
Le tourisme à Zagora bénéficie d’une situation géographique stratégique
sur le cours moyen du Drâa, de l’existence de palmeraies qui s’étendent sur une
longueur de 200 Km, allant d’Agdez à M’Hamid El Ghizlane, de Jbel Saghro et
ses montagnes à paysage minéral et des dunes de sable de M’hamid El Ghizlane
et de Tinfou etc. La Province est caractérisée également par de paysages
pittoresques variés, de l'hospitalité de ses habitants, de la richesse et la diversité
de son folklore et de l'authenticité de son patrimoine architectural etc.
En termes d’infrastructure touristique, Zagora dispose de 14 hôtels classés
et 14 non classés, totalisant 727 chambres, 1381 lits et 24 suites. A cela s’ajoutent
15 restaurants, 21 campings…
Le commerce ne cesse de connaître une évolution rapide du fait de
l'importance du marché local, caractérisé par l'existence de plusieurs activités
économiques liées au développement des secteurs productifs. Ainsi, la Province

112
- Haut-Commissariat au Plan - Direction Régionale de Drâa-Tafilalet- 2017 – Op.Cit. p 35.
93

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