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Guéris Toi Toi Même

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Le Grand Livre de la Guérison :

GUERIS-TOI
TOI-MÊME
MÉTAPHYSIQUE APPLIQUÉE

1
2
Frank HATEM
Dr en Ontologie (Montréal)

Le Grand Livre de la Guérison :

GUERIS-TOI
TOI-MÊME
MÉTAPHYSIQUE APPLIQUÉE

Editions GANYMEDE

3
ISBN : 979-10-227-2487-6

Nouvelle édition, revue et complétée. Edition originale 1994.

© GANYMEDE SARL-HATEM 2014


Tous droits de traduction, d’adaptation, de reproduction, même partiels
réservés pour tout pays quel que soit le support

Editions GANYMEDE
BP 50013
77221 TOURNAN cedex (France)

contact@[Link]

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4
LIBRAIRIE DE L’HYPERSCIENCE
Livres et DVDs par Frank Hatem et Léon Raoul Hatem

Disponibles chez le même éditeur :

« Et l’Univers Fut » (Léon Raoul HATEM) 1e volume Théorie Unitaire complétée par F.
HATEM
« Naissance et Vie de l’Univers » (version 1956 de la Théorie Unitaire de L. R. Hatem)
« Le Livre de l’Infini » (manuel de base) ou « Quand la Réincarnation Devient une Certitude
Scientifique » (Frank HATEM).
« La Fin de l’Inconnaissable » : l’Énergie Magnétique, Clef de l’Univers et de l’Homme ;
d’où vient l’esprit, comment il engendre la matière (Léon Raoul et Frank HATEM)
« Quelle Science pour Demain » (comparaison de l’Hyperscience avec les théories du « Big
Bang » et de la Mécanique quantique (Frank HATEM).
« La Règle du Je » - créer par l’esprit, s’aimer soi-même et acquérir confiance (Frank
HATEM).
« Plénitude et Prospérité : la Cosmic Golden-Card » (Frank HATEM).

« La Matière, Piège de la Science » (brochure)


« La Révolution Mentale » (brochure de méditation métaphysique)
« La Nouvelle Genèse où l’Homme et l’Univers ne font qu’Un » (reliure des sept numéros du
journal GANYMEDE)
« La Science Découvre l’Esprit Créateur de l’Univers » (brochure 2 volumes – colloque de
1993)
« Le Métaphysicien et le Magicien » (Connaissance du monde occulte)
« De l’Emotion à l’Illumination » (Frank HATEM)
« Electricité à gogo » : comment produire son électricité de façon autonome.

EN ANGLAIS : « New Knowl’Age »

DVDs de l’HYPERSCIENCE :

« Quand l’Univers Révèle ses Secrets ». 2 h 40 en compagnie de Léon Raoul Hatem et de ses
appareils magnétiques créateurs d’énergie
« L’Horloger de l’Univers » - 50 minutes. collection Jean-Yves Bilien
« Guérir notre Relation au Monde » (Frank HATEM) ; (Ed Jacques Marin et Damien Geffroy)
« Les Lois métaphysiques de l’émotionnel » colloque «Guérir ses émotions, guérir sa planète» 1h 32

DVDs aux Editions DEBOWSKA PRODUCTIONS :


« Ni « Dieu » ni « Big Bang » ? » 45 minutes avec Frank Hatem
« Energie Libre ! » (La véritable origine de l’univers par Léon Raoul Hatem).

Livres de Frank HATEM publiés par Louise Courteau éditrice (Québec) :


« LES CINQ CLEFS face à la dictature mondialiste des Illuminati » et
« LA SIXIEME CLEF, la Clef Vibratoire : vers l’Homme Nouveau, pour une Civilisation Nouvelle »

« Les Cinq Clefs » existent en Espagnol (Editions Obelisco) et en Roumain (Editions Excalibur)
Frank Hatem est également l’auteur de « L’Origine du Monde » chez Félix (sans nom de l’auteur).

5
.

6
MINI-PREFACE
par Maïntanaï VAYMAYE VELLOUM ou « Le Dragon », au choix,
ce Grand Moi que d’autres appellent le « Double ». Ou l’ange inspirateur.
Et il a la mauvaise habitude de dire déjà tout dans la préface !...

« Etre ou ne pas être bien ». Telle est la seconde question. Car tant qu’à être,
autant que cette quête finie d’infini se passe le mieux possible. Il y en a même qui, pour
tenter de se trouver bien, passent leur vie à rechercher, trouver, et écrire la
compréhension la plus parfaite possible de l’univers et de Soi… On en connaît.

Mais c’est vrai, quand on y pense : cette quête est finie, mais le but est infini !
Alors comment y arriver ? On n’y arrive pas. On évolue toujours et quand on croit
qu’on a fini, on recommence. Et dans ce cas comment ne pas être perpétuellement
insatisfait ? Comment parvenir au bien-être total ? Faut-il attendre la mort ? Même
pas.
Accepter d’être limité pour s’aimer et se dépasser, en tirer toujours une
meilleure relation avec l’univers, voilà la seule solution. De quoi suis-je créateur ? De
la relation que je suis avec le monde, toujours plus loin vers l’unité. Harmonie.

C’est ce que font les particules atomiques, et ça leur réussit bien car elles
semblent immortelles, et, dans les accélérateurs du C.E.R.N., on ne leur trouve
pratiquement aucune ride. Quelques « traces » peut-être. Alors autant les imiter :
toujours en recherche de fusion avec l’autre sans jamais y parvenir, qui finissent par
vivre joyeuses en « mouvement perpétuel », en orbite le plus vite possible, jamais
susceptibles, jamais fatiguées, totalement épanouies dans leur éternelle et inconsciente
mission de nous donner un corps.

Mais comme nous avons un mental qui nous fait des misères (la douleur n’est
pas mentale, mais la souffrance beaucoup plus), on a tout fait pour que vous
compreniez tout cela dans le premier volume : « Et l’Univers Fut ». Car le meilleur
moyen d’accepter et d’aimer c’est de comprendre. La joie en dépend. Ceux qui courent
vers rien sans savoir pourquoi ne peuvent que rester malheureux.

Alors est-ce qu’on va mieux après avoir compris ? Définitivement OUI. On se


demande bien pourquoi l’humain se serait depuis toujours interrogé sur la vie,
l’existence, les astres et désastres, si comprendre ne servait à rien. Il y a des limites à
l’absurde. Cette course ne se fera pas sans peines, par contre, la souffrance, elle, est
évitable. C’est un regard, et un regard c’est une compréhension. Vous êtes là pour ça.

Guérir c’est faire en sorte que certains effets ne se manifestent plus, et donc
soigner avant tout les causes de mal-être. Bonne nouvelle, les causes on vous les a déjà
expliquées. Reste à faire le lien avec nos quotidiens. C’est-à-dire là où nous avons tant
de misère à manifester qui nous sommes vraiment, notre être profond. Oui oui, cette
vérité qui nous fait si peur. Et que « l’ange » souffle à nos oreilles barricadées peut-être
jusqu’à présent.

7
AVANT-PROPOS UN PEU INCONFORTABLE

COMMENT ON EN EST ARRIVE LA

Avoir bobo, c’est toujours une urgence. On a tous des mal-êtres. Hélas, ce n’est pas
dans l’urgence, même si c’est cela qui nous fait généralement nous intéresser à la
guérison, qu’il faut faire de la Métaphysique. C’est tout le temps, et en particulier quand
tout va bien, qu’on devrait se consacrer à sa propre guérison. Guérir est la recherche de
la paix totale, de l’harmonie totale, et on n’est sur Terre que pour cela. Mais si on attend
la guerre pour cela, ce sera très très difficile.

Eteindre les causes de tous les mal-êtres, ce n’est pas avec une recette de cuisine qu’on
le fera. Si on veut aller mieux de façon durable, on ne fera pas l’économie de la
compréhension de ce qu’on appelait « Dieu », la Cause des causes, à laquelle toutes les
autres, même les plus quotidiennes, sont subordonnées. Il va falloir comprendre le
premier drame de l’Etre, qui sous-tend tous les autres. Et pourquoi on se donne des
conditions de vie stressantes. C’est pourquoi ce livre fait suite au volume cité qui
explique complètement l’origine de l’univers et de l’existence de façon totalement
rationnelle et satisfaisante. On peut vouloir y échapper, mais on ne comprendra pas les
fonctionnements qui nous ont menés là d’où l’on veut sortir aujourd’hui sans cet effort
d’introspection. Et évidemment, cela suppose d’oublier un peu tout ce qu’on a appris
dans ce domaine, puisque c’est cette incompréhension qui, principalement, entretient les
problèmes de soi et du monde. Savoir d’où on vient et où on va, et pourquoi, telle est la
clef.

Une « théorie unitaire intégrale », c’est-à-dire atomique et cosmogonique, c’est le vrai


point de départ pour comprendre ce que c’est que soi. On se demande même comment
on pourrait comprendre l’origine de l’Etre, de l’univers, du Tout manifesté ou non, sans
disposer d’un tel PRINCIPE UNIQUE. Sans avoir synthétisé tout le réel apparent dans
une seule Loi. Car partir de quatre ou cinq « forces » ou de plusieurs « principes », cela
rend toute question pertinente impossible. Par laquelle commencer ? Faut-il quatre ou
cinq réponses ? Une par « force » ? Comme s’il y avait quatre ou cinq façons
d’ « exister », quatre ou cinq causes premières à l’Etre ? L’Etre est un et unique,
personne ne se poserait raisonnablement la question des cinq causes de l’univers. Donc
tant qu’on fait appel à plusieurs « forces » en Science, on est dans l’erreur et il ne faut
pas avoir peur de tout balayer car ce n’est pas en améliorant la bougie qu’on découvre
l’électricité.

8
Et vouloir guérir avant de comprendre ce qu’est la souffrance, c’est la même chose.

Il fallait donc bien une théorie unitaire, un Principe unique, AVANT de s’interroger sur
la cause de l’Etre, celle dont la réalisation pourrait éteindre la souffrance. Poser la
question de l’existence avant de comprendre la nature de l’existence, c’est la certitude
que cette question est prématurée et que les réponses seront ineptes. Vous avez entendu
parler bien des fois de « Big Bang » pour les étoiles, ou d’observation « quantique »
pour les atomes, de « comètes » pour la vie et pour l’eau, « d’espace » pour la
« gravité » et de neurones pour l’esprit. Et finalement de hasard pour l’univers et même
pour « Dieu ».

La cause de la souffrance ? Rien de plus simple quand on a compris la simplicité de la


cause unique de l’univers. Et donc il est temps d’en tenir compte et de se servir de la
Connaissance pour résoudre nos problèmes récurrents, car le pourquoi est la clef du
comment. La seule. Et pas l’inverse.

Au niveau de la guérison, le « quantique » ne fait rien d’autre que justifier ou recopier


des techniques millénaires (la Sophrologie, la maîtrise de la matière par la pensée, ou la
gestion de l’ADN par la gestion des mémoires, etc., bien que tout cela n’a rien de
spécialement quantique). Ces techniques anciennes repeintes au goût du jour ont pour
fondement la Connaissance ancestrale que les Grands Maîtres de l’antiquité ont ciselée
siècle après siècle, et dont on retrouve les éléments au fil des Traditions ésotériques ou
religieuses. Mais depuis, la Science n’a fait que régresser. S’enfermer dans le
matérialisme. Pourtant, à force d’étudier cette matière qui échappe aux sens car elle
n’est que Principes immatériels, on finit fort heureusement par revenir aux évidences
qui sont au cœur de l’Etre, et y ont toujours été, même si le mental tente
« scientifiquement » de les contourner par attachement à l’ego. Et alors on peut
requalifier en « quantique » des techniques qui vont de soi, mais qui, repeintes aux
couleurs de la Science moderne, prennent subitement une sorte de crédibilité nouvelle et
commencent à intéresser ceux qui ont la télévision pour référence. La Science a
simplement tout fait pour discréditer les connaissances ancestrales pendant des siècles,
aux seules fins de se les approprier plus tard et de les reconnaître, lorsqu’elle ne peut
plus faire autrement sans se ridiculiser.

Mieux vaut aller droit au but en partant des bonnes bases. C’est tout le propos de cet
ouvrage que vous avez entre les mains et qui va au fond des choses, établissant une
vraie Psychologie sur une vraie Ontologie (la Psychologie est plus personnelle,
l’Ontologie, « Science de l’Etre », plus universelle), elle-même fondée sur une vraie
Métaphysique, et tirant toutes les conséquences concrètes pour que chacun, à quelque
niveau qu’il soit dans son cheminement spirituel, puisse enfin se guérir lui-même.

Et qu’on ne s’y trompe pas, les contorsions théoriques « scientifiques » ne sont pour
rien dans ces développements, leurs prétendus progrès n’ont servi qu’à densifier le
brouillard. Seules des bases justes permettent des développements justes, et des bases
justes ne s’établissent ni par l’observation, ni par l’analyse, ni par l’hypothèse, qui sont
les trois piliers du matérialisme et de l’ego.

9
LA JOIE POUR PREUVE EXPERIMENTALE

Pour se guérir soi-même, il faut d’abord s’aimer soi-même. Et n’aime-t-on pas que ce
que l’on connaît ? « Guéris-toi toi-même » commence par « aime-toi toi-même », et
« aime-toi toi-même » commence par « connais-toi toi-même ».

Vous avez sûrement remarqué comme moi que d’aucuns se croient guéris de tout parce
qu’ils ont un discours positif sur tout. Ou qu’ils s’aiment en tant qu’ego en oubliant
d’aimer autrui. Dans les milieux spirituels, « choisir la joie » semble la panacée, en
affirmant que tout est parfait, que tout est « Dieu ». Que tout ce qui vient vient pour
notre bien, qu’on est créateur, même si on ne sait pas pourquoi. Mais voilà où le
neurone blesse. On ne sait pas pourquoi et le mental n’est pas toujours d’accord.

Du coup, après avoir assisté à mille séminaires de développement personnel, et en


suivant mille techniques à la fois, on reste parfois sur sa faim. On peut adopter un
comportement d’apparence spirituelle, mais au fond de l’être, le mental est toujours là
qui sape le travail, parce qu’il n’a jamais été vraiment pris en compte. Et en fait c’est lui
qui récupère les bénéfices et accroît son pouvoir sous forme d’« ego spirituel ». Il est
beaucoup plus judicieux d’utiliser ces techniques une fois la maturation métaphysique
effectuée. C’est vrai également pour la pratique des sciences occultes. Tout comme pour
soigner on a intérêt à agir d’abord sur le global et les causes, avant de s’intéresser au
local et au symptomatique, on a intérêt aussi à comprendre ce qu’est l’esprit et comment
il fonctionne avant d’apprendre des méthodes de réforme personnelle, souvent très
intéressantes au demeurant.

C’est vrai en soi que tout est parfait, qu’il vaut mieux parler en positif et nettoyer ses
mémoires, et plus tôt on en est convaincu, mieux on se porte, mais ce choix à la mode
est souvent artificiel si on n’a pas compris pourquoi. Et ce n’est pas parce qu’on joue
cette joie qu’on a tout résolu. Pour que la joie soit effective, disponible en cas de crise,
et « sans objet », ce qui est évidemment souhaitable et hautement spirituel, il faut de
bonnes raisons. Cela ne vient pas par décret. Il faut que le cœur s’ouvre et il ne s’ouvre
pas tant que le conscient reste subordonné au mental (le mental sert de robinet au cœur)
et persiste à défendre l’ego avec de fausses croyances confortables. Il peut faire
semblant, on peut se prendre dans les bras et avoir toujours le sourire, mais bien souvent
cela repose sur des malentendus savamment entretenus. C’est une unité de façade.

Je fais vraiment l’unité si mon mental ne voit effectivement plus d’inconvénient à ce


que l’autre soit moi, mais en général c’est justement ce qu’il refuse. Et si on s’en
détourne, il restera toujours revendicatif. Et on continuera à ne pas clarifier les concepts,
afin qu’aucun ego ne soit touché dans son orgueil en s’apercevant qu’il se trompe.

Tout reste à faire, donc, pour revenir aux vraies sources de la compréhension et faire
enfin l’unité là où on ne faisait que camoufler la guerre.

Et alors un « hug » (se prendre dans les bras) veut vraiment dire quelque chose. Sa
chaleur vibratoire s’étend au bout du monde, la joie devient inévitable et c’est ce qui se
passe quand la Connaissance déclenche l’amour, et non quand l’amour (en fait,
généralement, l’affectif) fait office de connaissance.

10
Soyons clair : la joie ni l’amour ne sont le fruit du hasard ni d’une décision. Cela a des
causes et si les causes sont là, ils en découlent. Et LA CONDITION PRINCIPALE DE
L’AMOUR EST LA CONNAISSANCE (reconnaissance mentale définitive que l’autre
est moi).

L’avantage de la Connaissance par rapport à la pratique technique, c’est que ses acquis
sont DEFINITIFS. Quand on a compris, on a compris. Alors que ce qui est devenu
habituel par la pratique de la pensée positive, par exemple, peut être remis en cause à la
première crise. Le robinet mental de l’amour n’est toujours pas ouvert.

Ne vous y trompez pas, lorsqu’un maître est tout amour et semble exempt de mental et
d’ego, c’est précisément parce que ce travail mental est achevé. Dans cette vie ou une
autre. Il n’y a plus d’obstacle mental à l’unité.

Et sans amour il y a peu de chances de parvenir à la moindre guérison car c’est cette
énergie qui transmute vers la paix. Et la forme immédiate que doit prendre ce vrai
amour est la GRATITUDE INCONDITIONNELLE. Et c’est de cette gratitude que
viendra la joie, la vraie, le « tout est merveilleux » après lequel on court mais auquel on
échappe par impatience et par paresse.

C’est la Connaissance qui conduit à l’amour. L’amour contient la gratitude. C’est


la gratitude qui conduit à la joie. Et c’est la joie qui guérit en produisant les
hormones utiles et en régénérant les synapses dont on a besoin.

La gratitude inconditionnelle, c’est dire profondément merci quoi qu’il advienne, MAIS
AVEC SINCERITE. Merci à qui ? La question ne se pose pas car si on est en état de
dire vraiment merci quoi qu’il advienne, c’est qu’on a foi dans ce qui engendre
l’univers. C’est cela qu’on remercie. Si on n’a pas cette foi, on fait seulement semblant
de dire merci.

Et si on n’a pas cette foi, de deux choses l’une : ou bien on attend que la suite de nos
vies pleines de tribulations finisse par nous obliger à comprendre, et c’est le cas le plus
fréquent, ou bien on étudie et on comprend. « Ce que l’homme n’apprend pas par la
sagesse, la souffrance le lui enseigne ». Si on a compris cela, guérir devient une
préoccupation secondaire, la préoccupation première est de tirer les enseignements
de la souffrance. Si on ne veut que guérir on ne guérira pas car c’est reculer pour mieux
sauter.

Choisir la sagesse, cela s’apprend. Et cela ne se fait pas dans l’urgence.

La Métaphysique hatémienne est la voie pour la compréhension la plus immédiate


possible. Elle s’appuie sur une « maïeutique », qui consiste à accoucher une âme en
confrontant le mental à des questions auxquelles il est obligé de répondre d’une seule et
unique façon. L’exemple-type est notre question : « est-ce que je peux avoir conscience
de quelque chose qui ne soit pas DANS ma conscience ? ». Le mental ne peut que
répondre NON, et dès lors il a changé de bord. Il ne croit plus à la matière, il sait que
tout est esprit. Il devient un allié du cœur. En tout cas il est en route pour le devenir.

Il n’y a donc que deux voies traditionnelles possibles : attendre que l’expérience de la
vie, des vies, donne la Connaissance, c’est la voie dite « humide » de l’Alchimie, et cela

11
est aussi définitif, ou mettre tout de suite le mental au garde-à-vous face au Soi par la
compréhension métaphysique.

C’est cette dernière voie qui est la-nôtre. Il ne peut y avoir de promesse de guérison que
s’il y a effort de compréhension. Car toutes les autres méthodes seront des recettes
partielles s’appliquant à tel ou tel niveau de l’humain, l’émotionnel, ou le physique etc.,
et n’éviteront absolument pas de passer par les affres des vies successives. Car les bases
ne sont pas acquises.

Evidemment, la « Voie sèche » est la plus difficile. Pour cela, le « Jnâna Yoga » que
nous pratiquons avec vous est le yoga le moins visité. Tenter de développer sa
compassion, revivre ses traumatismes passés, maîtriser ses cellules, s’ouvrir à l’autre,
tout cela est très intéressant, mais ne repose sur aucun fondement solide tant que le
mental n’est pas rééduqué et donc continue de chercher des échappatoires. L’Amour ne
s’apprend pas. La Connaissance s’apprend, et c’est d’elle que découle nécessairement
l’Amour.

Il n’est pas indispensable de connaître tout de la Création, il suffit d’avoir une vision
juste d’ensemble. Les détails ne feront que renforcer cette vision, la préciser,
l’approfondir, mais beaucoup sont en état de percevoir la Vérité sans aller au bout de la
compréhension métaphysique. Heureusement.

Quel est ce minimum vital de compréhension qui conduit à la joie ? Voici quelques
éléments, qui globalement se résument à une certitude : TOUT EST MOI. Vers où que
se tourne mon regard, JE SUIS CELA. C’est ma création puisque c’est dans ma
conscience. Ne paniquez pas, vous êtes en train de guérir.

« L’acte d’observation » qui « réduit la paquet d’ondes de probabilité » de la Physique


quantique, définissant la particule et par suite l’univers, tente de se rapprocher de cette
évidence. Le problème c’est que la Physique quantique ne sait pas pourquoi il y a un tel
acte d’observation, ni pourquoi il crée la matière, ni à quoi cela sert. Elle n’a donc
aucun pouvoir guérisseur réel puisqu’elle autorise et entretient la fuite mentale.

Entretenir le doute est une stratégie du mental pour échapper au Vrai.

La vraie gratitude n’a qu’une source :


LE CREATEUR DE TOUT CE QUE JE PERÇOIS
EST LE BUT QUE JE POURSUIS.

Ce qu’il va nous falloir débusquer c’est cette contradiction interne que nous avons tous
et qui, d’un côté, veut la joie et l’amour, mais de l’autre, refuse catégoriquement les
conditions de cette joie et de cet amour universels car elles remettent en cause l’ego.

Cette contradiction qui me mène à toutes les souffrances finira quand même par obliger
l’ego à rendre les armes.

Donc dans tous les cas, tout est bien, tout est pour mon bien, et la gratitude devrait aller
de soi. Sauf que dans le second cas elle n’est pas puisque je n’ai rien compris.

12
Le malheur provient de l’attachement à cette ignorance. L’attachement est l’œuvre du
mental qui défend l’ego avec ses caractéristiques et ses possessions grâce auxquelles il
peut se définir, croire qu’il est quelque chose, lié à l’espace et au temps. En tant que
possédant, on n’est pas. En tant qu’Etre, on a tout, et par conséquent on ne craint
aucune perte. Il n’y a pas de possibilité de ne pas avoir tout.

Les possessions d’un ego sont limitées, car l’ego est délimité. La peur en découle. Un
certain type de peurs en tout cas.

C’est la croyance que je suis un ego qui engendre les problèmes. Comme la croyance
qu’il y a des « états » : des choses qui ont une durée alors que tout change à chaque
instant. Même si c’est imperceptible.

Idem pour la croyance que l’Absolu est un état, c’est-à-dire que cet état serait
accessible. Il ne l’est pas. C’est un but. Si j’utilise la « Terre Promise » comme une
motivation à évoluer, à changer d’ego perpétuellement, je suis dans le bonheur. Si je
m’attends à la posséder, pensant que certains y sont parvenus, je la compare à mon
territoire actuel, qui m’apparaît alors méprisable. Croire à la réalité de la matière, aux
états, et à un état final merveilleux et accessible, rend la joie impossible. Ceux qui font
l’expérience de la possession, de l’opulence, en font souvent le constat. Ceux qui, au
contraire, vivent le présent pour vivre un amour croissant s’aperçoivent que chaque
étape est merveilleuse, et ils connaissent la joie de la gratitude.

Je suis mouvement. Changement. Si je compare mon état présent à un idéal, je ne peux


que me mépriser, voire me haïr. Le processus d’autodestruction suit son cours à travers
mille maux. Si j’ai compris que l’idéal INACCESSIBLE est la source de tous mes états
successifs, indispensables pour qu’il se réalise progressivement mais sans aboutis-
sement final, éternellement, alors je ne peux qu’aimer mon état présent, quel qu’il soit.
La guérison est en route car l’énergie d’amour fait son œuvre. Il n’y a qu’elle. Là où il
n’y a pas l’amour il n’y a pas l’énergie, et donc la vie recule.

Reconnaître en premier lieu le BUT est la clef. Car le comprendre c’est comprendre
qu’il est inaccessible, et alors on voit son ego comme parfait car jouant un rôle délimité
pour constituer cet infini petit à petit. Si l’infini était possible, rien ne serait. Car rien ne
serait nécessaire. Comparé à l’Absolu, tout est nul. Si le but est impossible, c’est que je
suis parfait tel que je suis pour constituer cet « inaccessible ». Alleluïa.

Ce regard change tout.

Si vous ne comprenez pas cela pour le moment, ce n’est pas grave, cela viendra.
L’important est de sentir que c’est vrai, que je ne suis rien, aucun état, juste une
succession d’instants de vie, dont il ne reste rien à chaque instant, et qu’il faut saisir en
lui-même pour lui-même sans le comparer à d’autres ou à un idéal possible. L’état
présent est toujours parfait car constitutif du But, d’où la joie inconditionnelle. Vous
comprenez maintenant ? Si je juge mon état, c’est cuit. Je m’attache à cet ego et le
déteste à la fois. Mais si cela reste une quête, alors chaque instant de vie est
incomparable, irremplaçable, et je suis déjà presque guéri. L’homme est un projet.

Alors à tout de sweet.

13
TABLE DES MATIERES

_______

Mini-Préface ........................................................................................................................….. 7
Avant-propos un peu inconfortable................................................................................................9
INTRODUCTION : La Pyramide de la Guérison
Peut-on guérir d’exister ? ………………………………………………………………………21
Dessin Pyramide de la Guérison …………………………………………………………….….25

Annexe I : Hiérarchie des remèdes et hiérarchie des causes ……………………………………..26

PREMIERE PARTIE : Eteindre la cause de la souffrance par la résolution du


Paradoxe du Présent

CHAPITRE PREMIER : DIX-MILLE PROBLEMES, UNE SEULE SOLUTION


L’esprit est présent …………………………………………………………………………….33
L’instant présent, libérateur et créateur ……………………………………………………….. 38
Le guérisseur toujours à votre disposition ……………………………………………………..46

Annexe II : Du moi au Soi


Guérir, c’est comprendre qu’on est le Présent créateur ………………………………………..51

CHAPITRE SECOND : POURQUOI CET EGO QUI NOUS FAIT TANT DE MISERES ?
Le Paradoxe du Néant fait l’Etre ………………………………………………………………59
A quoi cela sert-il de comprendre tout cela …………………………………………………...64
Résumé de la cause de l’ego …………………………………………………………………...67

Annexe III : Naissance des pensées ………………………………………………………….. 68


Origine de la mémoire…………..………………………………………………………………69

CHAPITRE TROISIEME : L’ANALYSE METAPHYSIQUE


Causes et conséquences de la peur …………………………………………………………… 71
Le rejet de l’Infini …………………………………………………………………………… ...74
Après la peur de l’Infini, le désir d’Infini ……………………………………………………... 79

DEUXIEME PARTIE : Ontologie (connaissance de soi) au-delà du Quantique

CHAPITRE QUATRIEME : L’IDENTITE


Qui suis-je ? …………………………………………………………………………………… 83
Le Nirvâna sans peine ………………………………………………………………………… 84
Je suis un but ………………………………………………………………………………….. 85
Origine et nature de l’ego ……………………………………………………………………... 87
Le choix de soi ………………………………………………………………………………… 89
Exercice d’identification ……………………………………………………………………………….. 90

14
CHAPITRE CINQUIEME : JUGEMENT ET IMAGE DE SOI
Le « conscient », pas si conscient que cela …………………………………………………… 93
Pas de bonne image de moi tant que j’ai une image de moi …………………………………... 94
Risquer son image ……………………………………………………………………………. 96
Ai-je besoin d’être aimé ? ……………………………………………………………………... 98
L’ego réhabilité quand même ………………………………………………………………... ..99

Annexe IV : les Sept Niveaux de Jugement ……………………………………………………….. 101


Annexe annexe : pour se mettre en relaxation profonde ………………………………………... 102

Liberté=Authenticité ………………………………………………………………………… 103


Comment je crée l’univers ? En choisissant mon mode observatoire ………………………. 104
Le Créateur n’a pas de passé ………………………………………………………………… 106
La Psychologie Holistique, thérapie globale ………………………………………………… 109
Acceptation et Prière ………………………………………………………………………… 111
Psychologie Holistique, Métaphysique Opérative, Astrologie Métaphysique, Numérologie
Vibratoire …………………………………………………………………………………..... 113

Annexe V : Je suis à l’image de mon univers, ou est-ce mon univers qui est à mon image ?
Faut-il croire à l’Astrologie ?.................................................................................................. 114
Identification au corps via l’énergie cosmique …………………………………………………… 115
L’Astrologie à la lumière de l’Hyperscience Métaquantique……………………………………. 116
Pourquoi Douze ? La décomposition fractale du Nombre d’Or………………………………… 118
Les symboles métaphysiques qui constituent les douze facettes de l’humain…………………... 121

CHAPITRE SIXIEME : L’INCARNATION


Pourquoi j’ai un corps ………………………………………………………………………. 129
Le corps est-il si fini que cela ? ……………………………………………………………… 130
L’esprit, créateur du corps qu’il croit être et subir …………………………………………... 133
Accepter d’avoir un corps …………………………………………………………………… 135
Mon corps n’est pas un dû …………………………………………………………………… 136
Mon corps n’est pas une malédiction ………………………………………………………... 137
Le corps n’est pas sans intérêt ……………………………………………………………….. 138
L’incarnation, une décision de chaque instant ………………………………………………. 139
Désormais, je fais la vaisselle et je paie mes impôts à temps ………………………………... 142
Incarner l’adulte ……………………………………………………………………………… 143
Les exercices à vivre du Dr Frank …………………………………………………………………... 144

Annexe VI : Incarnation et Sexualité


L’évolution sexuelle complètement métaquantique ………………………………………………. 149
Annexe VII : Le défi Sexe et Spiritualité
Pourquoi ce désir sexuel est-il si présent, et peut-on, doit-on en sortir ?................................. 158
Exercice de Xavier F. : « S’il y a des pommes »………………………………………...………… 166

CHAPITRE SEPTIEME : ETRE CONFIANCE EN SOI


Fais-toi confiance ……………………………………… ……………………………………………... 173
Du rebelle au souverain ……………………………………… ………………………………………175
Exercice à vivre : rappel au Présent et à la Liberté ……………………………………… ……….177
Les Clefs de la confiance en soi ……………………………………………………………………... 180
A méditer pour la confiance en soi ………………………………………………………………… . 184
La confiance en soi en tant que personne et en tant que chemin ………………………………... 188
Confiance en ma bonne étoile ? ……………………………………… ……………………………. 191
Merci qui ? ……………………………………… ……………………………………………………. 193
Identité et Gratitude ……………………………………… ……………………………………… ….. 195

15
A méditer pour vaincre l’influençabilité ……………………………………… …………………….196
A méditer pour vaincre la timidité ……………………………………… ………………………… 198
Timidité et orgueil ……………………………………… ……………………………………………. 200

Annexe VIII : La Loi du charisme et le magnétisme personnel


La force permet la douceur ……………………………………… ………………………………….. 202
Chercher l’affection est mauvais pour tout le monde ……………………………….. 203
La présence…………………………………………………………………………………………….. 204

CHAPITRE HUITIEME : REVER ET CREER


La force de l’idéal …………………………………………………………………………… 207
Peut-on vivre sans idéal ? ……………………………………………………………………. 210
Y a-t-il un prix à payer ? ……………………………………………………………………... 211
Cesse de te défendre contre ton idéal ………………………………………………………... 213
Comment vivre son idéal ………………………………………………………………… …. 214
Bon, supposons que vous ayez fait le tour …………………………………………………... 216
Je ne crée pas, je sélectionne ………………………………………………………………… 217
Comment changer d’ego ……………………………………………………………………... 218
Exercice à vivre : ingénierie de l’ego………………………………………………………………. 219
Tout est permis…………………………………………………………………………………………. 220
Les exercices à mourir du Dr Frank ………………………………………………………………... 222

CHAPITRE NEUVIEME : TELEOLOGIE ET TELEOPRAXIE


Ai-je un but ? Comment le trouver et comment le réaliser ………………………………….. 225
Quelle intention suis-je ? …………………………………………………………………….. 232
Tu es ton propre Père Noël …………………………………………………………………... 235
Exercice Traditionnel ………………………………………………………………………………… 236
Principes premiers de Téléologie …………………………………………………………………... 237
Principes premiers de Téléopraxie ………………………………………………………………….. 240
Aux sources de la motivation ………………………………………………………………………... 240
Encore un exercice : qui est cet homme (cette femme) ? ………………………………………… 241
Evacuer les désirs contradictoires, les habitudes néfastes et les attachements ……………… 243
Vaincre les peurs …………………………………………………………………………….. 243
C’est quoi mon but ? ………………………………………………………………………… 246
Exercice de Michaël Besson pour passer à l’acte ………………………………………………... 249
« Buvez le Soleil » …………………………………………………………………………… 251

CHAPITRE DIXIEME : DESTIN, VOLONTE, MAGNETISME PERSONNEL


Foi ou hasard, il faut choisir …………………………………………………………………. 255
Qui veut, et qui agit ? ……………………………………………………………………….. 258
La Clef de l’équilibre ontologique …………………………………………………………... 260
Qu’est-ce que la volonté ? …………………………………………………………………… 262
Exercices de développement de la volonté………………………………………………………….. 264
Exercices pour développer la concentration ………………………………………………………. 267
Exercice pharaonique pour développer la constance et la détermination …………………….. 269
Décision, volonté, lâcher-prise ……………………………………………………………… 270
Je suis et je reste la seule volonté de mon univers …………………………………………... 270
Mon inconscient sait mieux que mon conscient comment parvenir au but ………………….. 271
Ni les moyens ni les résultats ne me concernent …………………………………………….. 272
La qualité initiatique de la décision ………………………………………………………….. 273
Et l’échec, comment ça se gère ? …………………………………………………………….. 274
Expérience à faire : changez votre destin pour pas cher………………………………………… 276

16
CHAPITRE ONZIEME : L’AMOUR
Pourquoi et comment aimer, accepter, pardonner, déculpabiliser …………………………… 279
Conscience et Amour je suis ………………………………………………………………... 281
La conscience n’est pas consciente de ses buts mais de ses moyens ………………………... 282
La conscience du bien et du mal ……………………………………………………………... 282
Le but de l’homme, c’est la paix …………………………………………………………….. 286
Dites-le avec un univers ……………………………………………………………………... 287
Exercice interdit aux moins de 18 ans………………………………………………………………. 287
Exercice pieux n° 1 : partage et création…………………………………………………………... 288
La pensée libératrice ………………………………………………………………………… 289
La magie du pardon : se libérer du passé ……………………………………………………. 294
Se libérer de l’avenir ? ………………………………………………………………………. 296
Exercice à faire 24 h sur 24, 399 jours par an ……………………………………………………. 298
Faut-il tout accepter ? ………………………………………………………………………... 301
Comment aimer plus ? ……………………………………………………………………….. 303
Exercice de l’Instant : le Partage des Buts………………………………………………………… 307
Exercice pour vivre et aimer encore plus intensément …………………………………………… 308

Annexe IX : Le Châkra du Cœur …………………………………………………………………… 311

Et si l’amour c’était l’amour de la mort ? ……………………………………………………. 313

TROISIEME PARTIE : De l’Emotion à l’Illumination

CHAPITRE DOUZIEME : GENESE DE L’EMOTIONNEL


L’heure est au Tout, puisque la « matière » est en nous ……………………………………... 317
Ai-je donc un libre-arbitre ? …………………………………………………………………. 318
Un grand ouvre-boîte mental ………………………………………………………………… 321
Pourquoi je me donne des problèmes psychologiques et émotionnels ………………………. 323
L’émotionnel créateur ……………………………………………………………………….. 325
Le Causal est la vraie Clef de l’émotionnel, même si généralement c’est le mental qui tente de
jouer ce rôle ………………………………………………………………………………….. 327
Les deux types d’émotion ……………………………………………………………………. 329
D’où vient l’émotionnel ? Pourquoi est-on soumis à des émotions ? ……………………….. 331
Renoncer à l’ignorance et trouver la paix ……………………………………………………. 333

CHAPITRE TREIZIEME : LA LIBERATION EMOTIONNELLE, CLEF POUR SOI-MEME


ET POUR LE MONDE
L’ordinateur de ma vie n’arrête pas de « bugger ». Comment le réparer ? En nettoyant la
mémoire cachée ……………………………………………………………………………... 337
Mental haut …………………………………………………………………………………... 340
Faut-il tuer l’émotion ? ………………………………………………………………………. 345
Comment travaille l’émotion à la solidification de notre ego ……………………………….. 348
Désir et peur …………………………………………………………………………………. 348
Les émotions-racines ………………………………………………………………………… 350
Emotion et énergie créatrice …………………………………………………………………. 351
Suite du traitement des émotions fossiles ……………………………………………………. 352
Je me pardonne d’avoir une mémoire ……………………………………………………….. 354
Exercice pour désamorcer l’énergie d’une émotion fossile ……………………………………… 354
Le traitement des émotions contemporaines ………………………………………………… 355
La stabilité émotionnelle ou équanimité ……………………………………………………... 357

17
CHAPITRE QUATORZIEME : LA JOIE DE L’INSTANT PRESENT
Qu’est-ce que le bonheur ? …………………………………………………………………... 361
De quoi le bonheur dépend-il ? ……………………………………………………………… 363
« Le Pouvoir de l’Instant Absent » …………………………………………………………... 365
Exercice de méditation sur l’émotion totale ………………………………………………………. 369
Alors elle vient, cette joie ?....................................................................................................... 370
Qu’est-ce que l’illumination ? ……………………………………………………………….. 372
Construire une foi inébranlable ……………………………………………………………… 375
Je suis celui qui sépare Terre et Ciel ………………………………………………………… 383

Annexe X : Prospérité et Abondance


L’arc-en-ciel du bonheur……………………………………………………………………………... 388
L’équilibre matériel et financier …………………………………………………………………….. 390
La paix de l’abondance : si j’ai l’impression que quelque chose me manque,
c’est que je l’ai déjà……………………………………………………………………………………. 391
Les deux pauvretés ……………………………………………………………………………………. 391
Qu’est-ce qu’un blocage de l’énergie ?................................................................................... 392
Les problèmes d’autorité …………………………………………………………………………….. 394
Ne rien attendre en retour …………………………………………………………………………… 396
Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement………………………………………………... 397
Qu’est-ce que la prospérité ?................................................................................................... 398
Mes attitudes manifestent mon désir ou mon refus de la prospérité …………………………… 399
Y a-t-il un destin financier ?..................................................................................................... 399
Encore quelques conseils pour vous aider à vous en sortir ……………………………………… 402
Aimer ce qui rend libre autant que les chaînes qui nous donnent l’occasion et
l’envie de nous libérer ………………………………………………………………………………… 404

Annexe XI : Un chemin vers soi : les Sept Disciplines …………………………………………. 405

QUATRIEME PARTIE : Guérir le corps

CHAPITRE QUINZIEME : « CE N’EST PAS CE QUI ENTRE DANS L’HOMME QUI


COMPTE, C’EST-CE QUI SORT DE L’HOMME QUI COMPTE »
C’est quoi la vie ? ……………………………………………………………………………. 411
L’eau, circulation de l’information …………………………………………………………... 412
Qu’est-ce que la mort ? ………………………………………………………………………. 414
Que devient « l’âme » ? ……………………………………………………………………… 416
Qu’est-ce que la santé ? ……………………………………………………………………… 416
Pourquoi sommes-nous des êtres si intelligents et si bêtes ? ………………………………… 417
Genèse et disparition des maladies ………………………………………………………….. 418
La relation juste à l’autre ……………………………………………………………………. 421
Accepter la solitude, c’est ne plus jamais la connaître, et c’est guérir ……………………… 424

CHAPITRE SEIZIEME : LA SOLUTION ENERGETIQUE ET VIBRATOIRE


Plus facile de prendre un médicament que de changer ses habitudes ………………………. 427
Et l’énergétique dans tout ça ? ……………………………………………………………….. 430
Bien-être ou stress, il faut choisir …………………………………………………………… 432

Annexe XII, résumé final et sortie de secours : Aux origines du Yin et du Yang …………….. 435

18
INTRODUCTION

LA PYRAMIDE DE LA GUERISON

19
20
PEUT-ON GUERIR D’EXISTER ?

Le fait d’être incarné n’est pas une maladie, c’est inévitable, et pourtant toute notre vie
est là pour faire en sorte qu’on n’en ait plus besoin : guérir de cet attachement au corps
et à la matière qui nous lie à un ego vulnérable. Cette quête d’Absolu est sans fin car
quand une roue des incarnations est terminée, c’est une autre qui commence, sur un
autre plan.

Autant commencer tout de suite en choquant un maximum les croyances habituelles qui
vous maintiennent dans la course. La maladie, physique ou psychologique, ou
simplement les inconforts de vie, proviennent principalement du fait de ne pas
rechercher prioritairement cette libération, et au contraire de rechercher en
permanence à confirmer cette identification au corps, et à approfondir
l’attachement. Il faut reconnaître que la plupart de nos pensées, paroles ou actes n’ont
pour objectif conscient que de consolider l’ego : se distinguer des autres, avoir raison,
obtenir ce que l’on désire, satisfaire des besoins vitaux, prolonger les bons moments,
réduire les mauvais. Evidemment, même si tout est manipulé par l’inconscient qui a
finalement pour objectif l’absence d’ego, il ne s’agit pas là de chemins directs pour y
aboutir mais de chemins détournés. Donc facteurs de karma. Au bout d’un moment, les
détournements énergétiques qui s’ensuivent ont des conséquences physiques. Si l’ego
est inévitable, sa dictature, elle, ne l’est pas. On peut parfaitement mettre l’ego au
service du Grand But, « s’oublier » au profit d’autrui ou du Tout, en quelque sorte. Et
devenir un instrument. Dans ce cas, le chemin choisi vers l’unité est direct. Droit. Il ne
produit pas de karma.

C’est le principe premier qu’il faut comprendre pour comprendre et la maladie et la


guérison : la cause numéro un est métaphysique : c’est la nécessaire contradiction entre
un but infini et un ego qui en est le moyen, issu du fait que le but infini est inaccessible.
Il s’ensuit des limites personnelles qui sont ce qu’on appelle ici l’ego. La conscience se
délimite à des préoccupations, des buts partiels, et n’est plus identifiée à ce qu’elle est
en fait : le Grand But infini, l’Absolu.

C’est inévitable mais cela n’a de conséquences néfastes que tant que ce n’est pas
compris et assumé. Je suis ce processus de limitation, et donc je ne peux m’attendre à ce
que la vie soit « un long fleuve tranquille ». Il y aura toujours des obstacles et des
déboires, qui ne sont que des façons de rétablir l’équilibre, la quête la plus directe
possible de l’Absolu, autrement dit « l’amour inconditionnel » qui exprime ce non-
détournement de l’énergie.

On a tout de suite compris pourquoi l’amour est guérisseur. Si c’est conditionnel, c’est
relatif à l’ego, à ses envies, à son image de lui-même, à sa compréhension du monde.
C’est donc partiel, et comme au fond de nous c’est le Tout qui nous appelle, il y a une
part de souffrance avec des conséquences en chaîne de nos décisions, relation de causes
à effets, qu’on appelle le « karma ».

21
Il y a donc une cause numéro deux qui découle de la première : comme je me crois
limité et que j’aime conditionnellement, j’ai des attitudes mentales. Des volontés de
croire ceci ou cela de moi et du monde qui déterminent mes relations. C’est mon
univers psychologique car je maintiens ces croyances en entretenant des interprétations
des événements dont j’ai le souvenir, même si c’est événements sont passés et n’ont
plus d’existence, je les utilise pour qu’ils m’aident à consolider mes croyances sur moi-
même et sur le monde. Mon ego. J’entretiens mes mémoires.

Il s’ensuit un troisième niveau de causalité : le niveau émotionnel. Je ne peux empêcher


d’autres événements d’arriver dans ma vie, et bien entendu, ils sont là pour me
rapprocher du Grand But. Pas pour m’embêter. Comme mes croyances liées à mes
souvenirs sont limitantes, et que mon but fondamental est illimité, ce But qui est
créateur (on l’a montré dans « Et l’Univers Fut » et on y reviendra sur un plan plus
quotidien), apporte les circonstances qui vont ramener la conscience de soi dans la voie
du Vrai. Mais c’est difficile. Il en faut des expériences pour renoncer à ses
interprétations fossiles.

Chaque fois qu’on fait une « prise de conscience » qui change nos attitudes dans la vie,
on a guéri quelque chose.

Mais en attendant, ces circonstances se placent en contradiction avec ces interprétations,


donc produisent des émotions considérables car elles remettent en cause l’idée que l’on
a de soi et de l’univers. Comme on s’identifie à ces croyances, les remettre en cause
équivaut à une menace de mort. On s’y accroche farouchement. On réagit violemment.
Colère, désespoir, exaltation, panique, etc.

Ce sont ces émotions qui déclenchent des énergies puissantes. Comme la peur conduit
l’animal à fuir ventre à terre. Voici donc un quatrième niveau de causalité : l’énergie.
Cette énergie est une exacerbation des principes d’attraction et de répulsion. On va trop
s’exalter, prendre, aimer, ou au contraire trop rejeter, se fermer, sur-réagir. Ce faisant,
on puise cette énergie là où on peut. Car elle n’est pas naturelle. L’énergie naturelle est
calme et constante, elle ne va que dans un seul sens. Pour sur-réagir, il faut puiser cette
puissance quelque part, et ce ne peut être que dans les réserves constituées au fil des
millénaires et des millions d’années : les organes.

Les organes se sont construits au fil du temps comme moyens de résistance au But
(mais pour en permettre en même temps la progression). En tant que matière limitée ils
sont la manifestation de cette résistance. Ils ont tous des fonctions particulières, se
répartissent les rôles relationnels pour permettre la progression vers ce but mais pas
immédiatement. C’est d’ailleurs de ce paradoxe que naît le temps, et les organes en sont
la conséquence. La vie. Normalement, ils sont équilibrés, sains, jouent précisément leur
rôle, ni plus ni moins, c’est une habitude de fonctionner d’une certaine façon sur le très
long terme. On échange, on assimile, on rejette, on reproduit, tout se passe dans la paix,
c’est un compromis régulier auquel on ne peut échapper, manifestation matérielle d’un
paradoxe de principes.

Et donc lorsqu’on a tendance à sur-réagir, c’est-à-dire à défendre des croyances face à


une remise en cause, on sort de ce schéma régulier. Et on n’a pas le choix, ce sont ces
concentrés d’énergie limitée que sont les organes qui vont fournir le carburant pour fuir,

22
tuer, ne pas pleurer, exprimer des sentiments qui n’ont pas lieu d’être, mentir etc. Dans
le but de confirmer un état d’être et d’éliminer les intrus qui le menaceraient.

Les organes, en particulier les organes pleins, les reins, le foie, la rate etc. mais aussi les
muscles, les nerfs, les os, sont tous nos principales réserves d’énergie parce que ce sont
des réserves de mémoire universelle. A l’échelle d’une espèce, à l’échelle d’un
continent, à l’échelle d’une ère. Si on y pompe de l’énergie, on commence un processus
d’autodestruction, destiné au recyclage de l’individu, donc à la mort.

On n’a aucune raison d’y pomper de l’énergie si toute l’énergie de notre vie
relationnelle est issue de LA « Source », c’est-à-dire du Grand But universel (si on est
« canal », comme on dit). On veut dire par là que si on se laisse guider pour le bien du
Tout, on ne manque jamais de cette énergie et on s’use beaucoup moins. Par contre, dès
qu’on est régi par les appels de l’ego pour se maintenir en l’état et ne pas évoluer au
contact des autres, il faut prendre l’énergie ailleurs, et on la prend là où on peut, dans sa
mémoire, c’est-à-dire dans ses organes.

On comprend aisément comment on peut s’affaiblir sur le plan physiologique et créer


des soucis de santé à partir de ces déplacements énergétiques.

Le physique est donc, en bout de course, le résultat de cette succession de causes. Le


physique n’est la cause de rien. C’est l’aboutissement de cette hiérarchie de causes
qu’est la « Pyramide de la guérison ». Il est donc absurde de croire que s’il y a un
problème physique, la cause est physique. Et traiter le physique sans se préoccuper de
l’immatériel. On peut agir physiquement, mais ce n’est que pour l’urgence. Le
physique, c’est en permanence qu’on doit s’en préoccuper, et pour cela c’est sur les
quatre autres niveaux qu’il faut être vigilant.

Bien sûr, les circonstances physiques agissent aussi sur le physique du corps, comme
réciproquement, mais ce ne sont pas des causes. Ce sont des circonstances associés,
liées par les mêmes causes, qui font que ce n’est pas un hasard si on vit dans telles ou
telles conditions. Hygiène, pollution, ensoleillement etc. L’univers qui accompagne le
corps fait partie de ce corps, exprime les mêmes besoins et les mêmes attitudes passées.
On a le droit de changer ces circonstances, et obtenir des résultats, et d’ailleurs elles
changent tout le temps, mais sur le long terme on retrouve dans ces circonstances les
éléments créés sur le long terme par des attitudes mentales, que ce soit au niveau
individuel ou collectif. Si on n’intervient pas elles ne changeront que très lentement
bien qu’on aura changé intérieurement. Si on parvient à opérer ces changements
extérieurs plus vite, c’est que l’intérieur s’y est ouvert et c’est bien. Mais il ne faut pas
prendre les effets pour des causes.

On remarquera d’ailleurs que si seules les circonstances extérieures changent et que les
problèmes intérieurs demeurent, elles n’auront guère de résultat positif. Idem pour un
médicament si on ne veut pas guérir.

Si on a compris comment se génèrent les problèmes physiques à partir de l’immatériel,


d’une façon hiérarchique à partir des niveaux les plus subtils, on comprend aisément
qu’il existe à l’inverse une hiérarchie des traitements. Les solutions, des remèdes,
correspondent à chaque niveau de manifestation. Autrement dit, à chaque niveau de
cause existent des façon de procéder qui vont permettre d’éteindre ces causes. Il est

23
important de faire le lien et de voir clairement cette correspondance, et ne pas utiliser
dans l’urgence des choses qui n’y sont pas appropriées, comme faire de la thérapie
métaphysique pour guérir une maladie aiguë, ou utiliser des médicaments pour résoudre
des problèmes psychologiques. A chaque niveau son ou ses remèdes.

Au final, évidemment, puisque la sagesse veut qu’on se préoccupe avant tout de


prévention à long terme, à l’échelle d’une vie, ce qui est le principal propos de ce
« Grand Livre de la Guérison », la solution est d’abord spirituelle puisque c’est à ce
niveau que se trouve la cause supérieure dont toutes les autres découlent. Et donc c’est
l’affaire de toute une vie, sans attendre que les choses aillent mal, car on sait que si on
ne donne pas la priorité à la spiritualité, quand les problèmes surviendront, on sera
désarmé.

Renoncer à ces attachements de l’ego, cela ne se fait pas dans l’urgence. Mais toutes les
urgences sont là pour nous y encourager. On peut toujours penser que la cause est
extérieure, mais ce ne sera pas là la cause, ce sera l’occasion. Les occasions et
circonstances extérieures sont tout aussi utiles à maîtriser que les causes intérieures,
bien entendu. Mais l’attitude spirituelle est néanmoins prioritaire. La cause, c’est
l’attitude habituelle face à l’événement : acceptation et amour, ou jalousie, envie, colère,
peur, stress, inquiétude, frustration [Link]. C’est pour cela que le premier niveau de
guérison est métaphysique, et qu’il est trop tard quand les choses vont mal pour s’en
occuper. C’est pour cela qu’il faut toujours chercher à « guérir », guérir sa
compréhension, sans pour autant espérer guérir totalement. On sera toujours imparfait
car incarné et donc limité. Et accepter cela sans regret, puisque c’est pour notre bien
qu’on le crée, c’est être bien.

Voir dessin page suivante.

Quatre tranches n, principales pour la pyramide des causes, donc : le métaphysique, le


psychologique, l’énergétique et le physique. Au niveau des remèdes, en sens inverse,
on s’en tiendra aussi à quatre parties, mais associées différemment par commodité. Tout
cela regroupe bien entendu les sept Corps traditionnels et les niveaux de jugement
correspondant. Et on commencera par le haut pour suivre la hiérarchie des causes.

La première partie (Buddhi et Atma) sera un rappel des Lois métaphysiques qui font
qu’on n’est jamais réalisation totale et donc qu’il y a toujours quelque chose à guérir,
Lois qui permettent de réformer nos croyances et donc nos attitudes et relationnelles. Ce
sera l’objet de la seconde partie (Causal et Mental) avec toute l’Ontologie.

La troisième partie sera consacrée à l’émotionnel, avec une ouverture vers le spirituel
qui est toujours la clef du psychologique et de notre dialogue intérieur.

Enfin, l’énergétique (lié à l’émotionnel mais qui influe très directement sur le physique),
l’éthérique (indissociable du physique), et le physique (succintement), feront l’objet de
la quatrième partie.

Bonne lecture.

24
LA GUERISON EST UNE REMONTEE SPIRITUELLE
DES CAUSES DE MAL-ÊTRE

selon Frank HATEM DSD

Le “quantique” c’est le constat que l’énergie est apparemment discontinue. Mais l’Etre
est continu. Dès qu’il se voit extérieur, par impossibilité d’être infini, se met en place le
système des « poupées russes » qui ont toute la même source continue, mais dont les
couleurs sont toutes différentes. C’est le « réel » issu de l’observation, donc relatif.

AU-DELA DU QUANTIQUE, il y a la compréhension du pourquoi de cette illusion, et


par la compréhension il y a la remontée des causes, et par la remontée des causes il y a
la guérison, c’est-à-dire la Réalisation.

Je ne suis pas une poupée russe distincte des autres, et qui en souffre,
je suis ce qu’elles ont toutes en commun.

25
Annexe I :
HIERARCHIE DES REMEDES ET HIERARCHIE DES CAUSES

Quand on a compris la hiérarchie des causes, on peut comprendre à l’inverse la


hiérarchie des remèdes. A chaque niveau vibratoire correspond un type d’action.

Au corps physique (tout en bas de la Pyramide) qui est le lieu des déboires
physiologiques, correspond une médecine directement matérielle. Qu'il s'agisse de
chimie ou de chirurgie, elle ne se préoccupe que de modifier des effets. La cause,
évidemment, subsiste. La Médecine occidentale est passée maître dans ces domaines :
le domaine de l’urgence. Elle est souvent efficace mais dangereuse dans la mesure où
les effets manifestent des causes, et si on supprime les effets sans se préoccuper des
causes, l’énergie sera détournée, de plus en plus violente, et de plus en plus
incompréhensible.

Le corps immédiatement supérieur ("vital" ou "énergétique" ou "éthérique") est celui de


la distribution de l'énergie. La distribution idéale devrait être autant de « donner » que
de « recevoir » au niveau de chaque cellule, et par suite au niveau de chaque organe.
C’est impossible évidemment. Nous ne sommes pas des aimants parfaitement équilibrés.
Nous avons une psychologie qui nous fait donner plus que recevoir, ou prendre plus que
l’on ne veut donner. C’est cela le déséquilibre de l’énergie « Yang » et « Yin ». La
Médecine chinoise a particulièrement développé ces connaissances, L'Acupuncture est
le prototype de la médecine correspondante, mais aussi l'homoeopathie, et toutes les
médecines agissant directement par transferts d'énergie : magnétisme curatif,
phytothérapie, aromates etc. Cela peut suffire à régler définitivement une cause, dans le
cas où il s'agit de séquelles de problèmes réglés (fractures par exemple) ou d'habitudes
physiologiques comme alimentaires ou liées au mode de vie. Mais cela ne suffira pas
toujours car bien souvent ces habitudes ou ces incidents de la vie sont aussi liés à des
croyances ou à des manques émotionnels. Plus on descend vers le bas dans la
hiérarchie des corps, plus l'habitude est lourde et autonome, et difficile à régler
subtilement ou métaphysiquement. Et plus il devient inévitable de devoir agir
physiquement au niveau des effets. C’est ce qu’il faut éviter.

Tout ce qui est physique est la manifestation d’une circulation énergétique. Il est plus
facile et plus doux d’agir sur l’énergétique que sur le physique. Les tisanes et toute la
phytothérapie est de nature énergétique et éthérique. Pour comprendre l’éthérique il
faut comprendre l’eau. Voir à ce sujet les livres de Masaru Emoto.

Il est également plus difficile d’agir sur le psychologique, le niveau au-dessus, parce
qu’on n’a généralement pas la conscience de ce qui gère nos comportements. Il faut
parfois des années pour régler un petit problème, en fait pour discerner les arcanes
psychologiques qui le régit.

Le psychologique c’est d’abord l’émotionnel. Au-dessus du corps vital se trouve donc le


corps émotionnel (parfois appelé "astral"), siège des désirs et peurs. Ce sont ces
émotions et sentiments qui ont orienté les circulations d'énergie dans un sens ou dans
un autre. Pour guérir l'émotionnel, existe tout un ensemble de thérapies psychologiques
du genre psychanalyse, ou au contraire "rebirthing" ou techniques de visualisation

26
désamorçant les émotions, ou d’actions au niveau de la mémoire cellulaire, et qui ne
sont pas analytiques. On invente régulièrement de nouvelles techniques de nettoyage
émotionnel, et elles sont de plus en plus rapides et faciles, parfois associées à de
l’acupressure.

Mais pour nous autres ontologues, le nettoyage émotionnel passe par la pratique de la
"Pensée libératrice" (volet essentiel de la Psychologie Holistique dont nous parlerons
plus en détails dans le chapitre qui lui est consacré). La « pensée libératrice » est le
moyen privilégié de guérir les émotions. Elle consiste en des actes d'"acceptation" et de
"pardon" non pas forcés, mais induits par des prises de conscience métaphysiques
profondes. C’est évidemment plus difficile et plus lent, mais plus puissant et plus
durable.

Au-dessus du psychologique, le corps mental (dit "mental inférieur" par rapport au


corps causal dit généralement "mental supérieur" ou "Manas" en Sanskrit) est le siège
de nos pensées, qui sont majoritairement des jugements (même sous-entendus). Les
pensées qui ne sont pas des jugements sont en général des "prières", ou « affirmations »
positives ou négatives. « Constater », par exemple n’est pas du tout un constat, c’est
une prière pour que le passé se prolonge.

La méthode de guérison à ce niveau mental consiste à remplacer les jugements par des
prières dites « scientifique ». C'est là que prennent place toutes les techniques de
pensée positive créatrice ou constructive, et de visualisation créatrice (et non plus
libératrice). Voir le chapitre correspondant. En tout cas, il deviendra bientôt clair que
ce sont ces jugements mentaux qui, généralement, sont la cause de la plupart de nos
sentiments et émotions. Un jugement mental consiste en effet à établir ce que l'on
considère comme acceptable et ce qu'on considère comme inacceptable, et en général,
c’est l’émotionnel, le cerveau « reptilien », les instincts de conservation, de
reproduction, de défense du territoire, de sécurité etc. qui manipulent ce mental : « cela
c'est moi » (ou « bien », ou « vrai », ou « agréable », ou « beau », « utile » etc.), « cela
ce n'est pas moi » (ou « mal », « faux », « désagréable », « laid », « dangereux » etc.).
C'est sur ce mode que l'ego défend ses propres limites, et c'est ainsi que le châkra du
coeur se bloque (un « châkra » est le siège énergétique, le germe, d’un corps
énergétique). Les émotions induites par les pensées produisent alors des déviations
d'énergie via des peurs et des désirs, ce qui assoiffe ou surcharge tel ou tel organe qui y
est lié symboliquement (en fait : vibratoirement), provoquant la maladie physique. C'est
pourquoi l'acupuncture, et d’autres technologies, en compensant ces déséquilibres
énergétiques, peuvent résoudre le problème. Mais ce ne sera définitif que si les modes
de pensée en profitent pour changer également. Il existe bien d’autres procédés
énergétiques que l’acupuncture, bien entendu.

Mais ce qu’on cherche ici à faire, car c’est l’essentiel, c’est que le mental cesse d’être
manipulé par l’émotionnel, et qu’il commence à être manipulé par le Causal. C’est l’un
ou l’autre en fait. L’ego n’a aucune autonomie. Il est incapable de créer ou de décider
tout seul. Il lui faut des pulsions émotionnelles ou des convictions plus élevées. Au-
dessus du Mental, il y a donc le Causal. Qu'est-ce donc que le monde causal ? Cela est
généralement bien mystérieux chez les auteurs traitant des corps énergétiques de
l'homme. On s'en remet généralement au mysticisme ou le résume au « karma »
(résultante énergétique de nos actions et décisions successives). Pourtant, c'est
extrêmement simple. Le causal, c'est ce qui cause les pensées mentales. Et qu'est-ce qui

27
cause les pensées ? Ce sont les CROYANCES. Mes pensées et mes jugements
d'aujourd'hui sont la conséquence de tout un tas de croyances INCONSCIENTES, en
particulier sur ce que je suis, sur ce qu’est la vie ou l’univers, et que je ne remets
jamais en cause. Insistons sur le fait que les croyances sont en général inconscientes
(sinon ce serait des choix conscients) précisément parce que nous nous situons en tant
qu'hommes au niveau mental, et donc seul ce qui est mental et inférieur au mental est
conscient. Tout ce qui est au-dessus constitue l'"inconscient". Mais on préfère en
Hyperscience l'appeler l' « Omniscient », précisément parce qu'il sait infiniment plus de
choses que le « conscient » qui ne sait pas grand chose.

Les croyances, dans le cas de l'homme, c'est par exemple, tout simplement, le fait de
croire que nous sommes des hommes. Voilà : tout de suite vous sursautez : « bien
entendu, nous sommes des hommes ! ». Pas du tout. C'est une croyance, et par
conséquent vous voyez bien que c'est une croyance inconsciente. Nous ne sommes pas
du tout des hommes, nous croyons provisoirement être des hommes et cela a pour effet
que nous nous donnons un corps humain confirmant notre croyance. Mais auparavant
nous croyions être des animaux, ou des végétaux, et avions donc le corps en
conséquence (et donc des pensées bien plus limitées encore). Un jour nous serons
convaincus d'être des saints, ou des anges, ou autres. En tout cas que nous contenons
les humains en nous. Nous aurons le corps physique qui nous permettra d'y croire dur
comme fer ! Mais pour autant nous n'aurons pas changé : nous ne serons rien de cela,
nous serons toujours l'esprit unique potentiellement infini, contraint par sa nature-
même de se croire limité à quelque chose. Et nous ne guérirons cette croyance que par
l'illumination, suite à toutes les expériences humaines que nous aurons vécues, y
compris tous les mal-êtres, et qui nous auront enseigné que nous sommes davantage
que ce que nous croyons être.

Il y a bien d'autres croyances inconscientes, comme le fait de croire que la matière est
réelle et solide, ou que le temps existe, et qui conditionnent toutes nos pensées. Il reste
que guérir le causal est possible. Mais c'est évidemment le plus difficile. Plus difficile
encore que de s'astreindre à une discipline de pensée positive ou de gestion des
émotions. La thérapie correspondante est la pure Métaphysique, compréhension a
priori des réalités universelles indépendamment de la nature humaine. La Science des
causes, précisément, la Science de ce que sont l'être et l'esprit. Inutile de dire que si
beaucoup cherchent dans ce domaine, peu ont trouvé. Pourtant, c'est cela qui 1°) guérit
les fausses croyances, 2°) supprimant les mauvaises pensées, 3°) purifiant les
sentiments et apaisant les émotions, 4°) rétablissant une bonne circulation des énergies,
et 5°) guérissant ou entretenant le corps physique. Vous comprenez ce que c’est que la
« hiérarchie des causes » ? Si on parvient à atteindre le causal, par l’ONTOLOGIE qui
est l’humanisation de la Métaphysique, sa pratique, on a été au plus haut dans la
hiérarchie individuelle. Mais au prix de grands efforts, car évidemment, plus on agit
superficiellement, plus c'est facile. Prendre une pilule, couper un organe, cela ne
demande guère d'efforts. Se laisser magnétiser demande déjà une plus profonde
adhésion. Maîtriser ses émotions est presque déjà un exploit. Il est plus difficile encore
de faire la "police des pensées" comme disaient Grâce CASSETTE et Georges
BARBARIN ou encore Emile COUE digne successeur d’Apollonius de Tyane
(contemporain de Jésus) et maître méconnu de tous les métaphysiciens américains.

Alors, commander à ses croyances, surtout lorsqu'elles sont inconscientes, c'est très,
très difficile. Mais possible. Coué, ce grand métaphysicien, proposait une technique

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puissante et facile qui agissait directement sur les croyances superficielles sans
chercher leur cause. La technique que nous proposons avec l’Ontologie est plus
puissante, mais également plus difficile parce qu’elle conduit à comprendre comment se
forment les croyances. En quelque sorte, on va effleurer encore au-dessus du Causal
pour le réformer : « Buddhi ». Un corps énergétique qui n’a plus rien de personnel. Il
concerne la totalité de l’humanité. Alors guérir la qualité humaine, ce n’est pas du
ressort de chacun de nous.

Le niveau « causal » suppose une réunification des deux lobes du cerveau, le droit et le
gauche. Le cerveau gauche est mental, rationnel, analytique, le droit est créatif, intuitif,
sensitif. On ne peut être vraiment présent qu’avec une bonne connexion des deux lobes.

En général ils sont un peu ennemis, le mental étant toujours prêt à remettre en cause les
intuitions et visions du cerveau droit, jusqu’à ce que, remis en place par la
compréhension hyper-rationnelle, il se mette à son service au lieu de le contester. Cela
dit, il y a des remèdes à base de gymnastique, de méditation ou autres, pour aider à la
réunification des deux lobes. Les ondes style micro-ondes, ondes radios, en particulier
celles des téléphones portables, accentuent la séparation des deux pôles cérébraux,
alors que l’infrarouge lointain les réunit, et rétablit le rôle de reliance du corps calleux.

Au-dessus de « Buddhi » il y a « Atma », mais cela ne nous concerne pas non plus, c’est
l’identification à la Cause absolue. Tous les grands enseignants de l’humanité, comme
Jésus ou Bouddha etc. vivaient au niveau de Buddhi, « l’éveil ». C’est déjà pas mal…

Atma n’a rien d’humain. C’est le souffle de vie, autrement dit la Source en tout être,
organique ou non.

Tandis que la Métaphysique (Jnâna Yoga) est la « thérapie » correspondant au Causal,


la « thérapie » correspondant au niveau planétaire (« Buddhi ») est la pratique du
MIRACLE. Et plus haut encore, dans l'universel « atmique », n'a plus place que la
simple « VOLITION » dite divine. Ce n’est pas une volonté mais une nécessité.

Le niveau ontologique causal est celui qui nous intéresse le plus puisque c’est lui qui est
d’actualité pour l’humanité : remettre son mental à sa place et passer à un ego collectif
dans l’individualité assumée (et à cet égard, la vie en écovillage est un exercice
crucial). Impossible avec un mental dominant à la place du cœur.

Pour entraîner le Mental à s’ouvrir au Causal, méditations, mantras, visualisations,


affirmations positives sont importantes. Cela change certaines croyances. On gardera à
l’esprit qu'il est obligatoire pour que des croyances ou des pensées se manifestent dans
l'énergétique et par suite dans la matière de passer par le niveau émotionnel
(énergétique). Cela est une règle extrêmement importante pour l'efficacité de ces
méthodes, qu'il s'agisse de nettoyage émotionnel, de création par la pensée, ou
d'illumination métaphysique. Tout cela restera théorique et sans effet si ne leur est pas
associé une prise en compte émotionnelle élevée si possible (joie) et puissante. C'est
d'ailleurs pourquoi on associe souvent des rituels très poignants aux actions magiques
au sein des sectes qui pratiquent des techniques énergétiques. Ces rituels n'ont en eux
aucune importance, si ce n'est d'associer de forts sentiments de dégoût, de rejet, de peur
ou de désir, à des concepts mentaux. Sans jamais chercher à modifier les croyances

29
causales. C’est ce qui fait la « magie noire », car s’il n’y a pas désir de guérison, c’est
qu’on utilise cela pour confirmer l’ego, le mental.

On n'est pas ici pour pratiquer ces choses, mais on est néanmoins obligé de faire
intervenir l'émotionnel si l'on veut que la pensée ne reste pas purement intellectuelle
(dans le sens de la production d’effets, du haut vers le bas) ou si l’on veut que les
problèmes énergétiques se résolvent (dans le sens de la résolution des causes, du bas
vers le haut). Une fois l'émotion en marche, rien ne peut plus arrêter la machine. La
matérialisation est inévitable. A condition bien sûr que cette croyance perdure. Une
croyance fugace, comme une pensée fugace, n’a pratiquement aucun effet. L’inertie fait
la matière.

La guérison est un mouvement croissant. S’arrêter à un résultat qui satisfait l’ego


(douleur qui disparaît par tout moyen, résultat matériel obtenu par la pensée créatrice
etc.) c’est l’assurance qu’on ne fait que reculer pour mieux sauter. Il est sain d’utiliser
chaque occasion de guérir ou simplement d’avoir envie de guérir comme une porte vers
les étoiles.

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PREMIERE PARTIE

ETEINDRE LA CAUSE DE LA SOUFFRANCE par la


RESOLUTION DU PARADOXE DU PRESENT

DE LA SYNTHESE METAPHYSIQUE
A L’ANALYSE METAPHYSIQUE

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32
CHAPITRE PREMIER

DIX MILLE PROBLEMES,


UNE SEULE SOLUTION ?

L’ESPRIT EST PRESENT

Il nous faut bien du talent pour souffrir de déterminismes passés alors que l’esprit est
exclusivement présent ! Comment cela est-il possible ? Comment la souffrance est-elle
possible ?

Car « la vie c’est toujours maintenant », comme dit Eckart Tolle. Impossible d’avoir
conscience au passé, mêmes nos souvenirs sont dans le présent, alors pourquoi des
circonstances révolues pourraient-elles avoir une incidence sur mon état présent ?

Si l’on veut être rationnel, pour répondre à cette question, il va falloir aussi s’en
remettre au PRESENT. Comment un problème présent pourrait-il être créé ailleurs que
dans le présent ? Puisqu’il n’y a que cela. Comme tout autre problème, s’il est présent, il
est créé dans le Présent, et c’est donc en se plaçant dans le Présent qu’on peut le
résoudre. Sinon, c’est cuit.

Bien sûr il y a quelque chose dans notre mental qui nous crie le contraire. Qui voudrait
que cela soit lié au passé. Mais comment peut-on dépendre de ce qui n’existe pas ?
Cette question trouvera sa réponse au fil des pages.

Il ne peut y avoir de cause passée. Le Présent s’avérera être le Guérisseur car c’est la
source de toute énergie, et c’est la source de toute énergie parce que c’est le but, paix,
équilibre absolu. Aucune illusion ne saurait résister à ce qui seul est. Aucune souffrance.

SI L’UNIVERS EST PRESENT, C’EST QUE SA CAUSE EST PRESENTE. Se placer


dans le Présent, c’est se placer au niveau du Soi-créateur, et non au niveau du moi-
créature. Tout d’abord il faut observer la course qui nous a mené là où nous
ressentons plus ou moins cette souffrance. Ainsi on se place au-dessus. On voit que
notre ego est embarqué dans une fuite en avant mais que cet ego ce n’est pas soi car soi
est présent, et dans le présent il n’y a pas de course. Il est donc important de lui dire
« stop ». On est davantage présent et conscient sans cette course, il est donc faux de s’y
identifier. Je n’ai rien de moins sans cette course.

33
Ensuite on doit observer et reconnaître cette course comme étant le produit d’une
peur. On voit le processus de création du stress en reconnaissant cette peur
(éventuellement cette colère ou autre). Si on ne connaît pas la cause de l’ego par rapport
au Soi, c’est plus difficile à discerner.

Enfin, on apaise cette peur (ou cette colère etc.) en lui envoyant de l’énergie, c’est-
à-dire de la conscience, c’est-à-dire en envoyant de la lumière mentale à chaque
expiration, plus ou moins rapidement (on peut même le faire très vite, comme un chien
essoufflé), en visualisant cette peur récipiendaire sous une forme ou sous une autre. On
peut voir sa personne apeurée par exemple. On peut aussi lui donner la forme d’un
volume géométrique avec des couleurs ou autres, peu importe. C’est cette peur qui est
illuminée par la respiration consciente.

Chaque fois que nécessaire, si on opère ainsi, petit à petit on va s’habituer à s’identifier
au Soi au lieu de s’identifier à l’ego et à sa course, au Présent et non à la fuite du temps.

Dans le présent, que suis-je sinon une relation créatrice et réunificatrice entre deux
apparents pôles (« moi » et « le monde ») ? Jamais une créature (« moi »). Cela est
spatio-temporel donc illusoire.

La dualité fondamentale qui m’anime est le Principe qui sous-tend toute ma vie, quelle
qu’elle soit. Cette dualité se vit d’une infinité de façon, et moi j’en suis une. Toute mon
existence l’exprime sans que rien n’y échappe.

Cette façon d’être pour la dualité, c’est une « qualité de relation ». C’est la relation qui
engendre les apparences (« la relation est mutuellement constitutive », disait le
physicien David Bohm au début du vingtième siècle), et c’est ce type de relation qui me
définit : comment est-ce que je me comporte globalement et majoritairement par rapport
au monde « extérieur » ? J’ai une attitude de possession ? De consommation ? De
reconnaissance ? De compassion ? D’exploitation ? De peur ? D’amour ?
D’émerveillement ? De bienveillance ? D’indifférence ? D’attente ? D’espérance ?
D’exigence ? Qu’est-ce qui me définit le mieux ?

Toutes ces qualités de relation existent avec des milliards d’autres, et chacun est la
manifestation privilégiée d’une de ces attitudes, une couleur particulière dans la grande
palette de l’humanité, aussi indispensable et juste que toutes les autres. Mais distincte.
Et plus ou moins agréable, et pour soi et pour les autres.

Peut-être avez-vous déjà lu un de nos livres où on explique la cause, l’origine et la


nature de la conscience d’être. Le « Je-suis ». On le résumera plus loin. Vous avez peut-
être compris que la conscience est le résultat immédiat d’une éternelle dualité du néant,
inséparable mais incompatible, dont la manifestation concrète est la dualité magnétique,
les deux pôles inséparables autant que contraires qui constituent toute particule
atomique et donc toute la « matière » de l’univers.

Il est donc aisément compréhensible que tout l'univers que vous percevez n'est que la
forme de votre esprit dans le moment de vie qui est le vôtre. Et que toute attitude
spirituelle engendre l'univers qui est son complément. Toutes les attitudes existent, il y a
autant d'univers que de façons d'être.

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La dualité de la conscience est universelle. Il n'y a pas un point dans l'infini où elle ne
soit pas. Elle est cette opposition de l'infini au point. Maintenir cette incompatibilité
entre nullité et infinité suppose le maintien à tout instant de chacune de ces façons de
s'opposer qui sont autant de façons de s'unir avec le Tout. Ainsi se différencient nos
personnalités, avec autant d'univers personnels, mais toutes sous-tendues par la même
conscience.

Toutes sont une façon spécifique, individuelle, unique, de « relationner » avec son
complémentaire-univers.

Je change le type de relation auquel je m’identifie, je change mon univers.

Il ne s’agit évidemment pas de changer cette relation un fois pour tout changer. C’est
l’identification prioritaire à ce nouveau type de relation qui vous fera changer d’univers.

En fait, vous l'avez déjà expérimenté partiellement mainte fois. Selon que vous être en
colère contre le monde, ou en gratitude, ou en victimisation etc., l'attitude des gens vous
est différente, les événements vont confirmant votre prière inconsciente.

Les synchronicité (comme disait Jung) vont autant de la « positif » que dans le
« négatif ».

A quelle synchronicités aspirez-vous ? A celles qui font plaisir à votre ego ? Certes.
Celles qui vous donnent le sentiment d'harmonie, de fluidité, voire de joie.

Que ne donnerions-nous pas pour vivre cela tout le temps !

Mais cela est-il simplement possible dans l’absolu ? Non. Non parce que l’harmonie
totale serait unité, justement entre nullité et infinité, et cela est impossible. Si cela était
possible, cela serait, et ce serait le néant, non la conscience.

L’harmonie absolue est et reste un but.

Une fois qu’on a compris cela, on comprend qu’évidemment l’être est et sera toujours
insatisfait. Il fait tout ce qu’il peut pour l’être de moins en moins, mais que de toute
façon, du moment que la satisfaction n’est pas absolue, l’accent sera toujours mis sur ce
qui ne va pas, point de départ du prochain travail à faire, et par suite l’insatisfaction sera
toujours grosso modo la même. Ce qui fait que des gens qui vivent dans des conditions
invraisemblables ne sont pas moins heureux que ceux qui ont tout.

Cela vaut-il donc quand même la peine d’évoluer ? La question ne se pose pas car on
n’a pas le choix. On ne peut pas ne pas évoluer car le BUT nous tire en avant, quoi que
nous fassions ou ne fassions pas. Ce but, la Nécéssité du néant dans son unité (nul et
infini à la fois sinon il y aurait quelque chose), c’est Lui et Lui seul qui cause la dualité
(voir plus loin), et par suite l’illusion de l’existence universelle. C’est Lui qui justifie
cette existence : sans ce but, nous ne serions pas là à en parler. C’est Lui qui nous anime
et nous fait évoluer.

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Et ce sera une grande découverte essentielle pour la recherche de l’harmonie que de
comprendre que de ce fait, du fait que tout provient du But, rien ne peut être issu du
passé.

EN AUCUN CAS UN ETAT PRESENT NE PEUT AVOIR UNE CAUSE PASSEE. Si


état il y a, alors la cause est présente, et cette cause ne peut être qu’une absence
nécessaire, sinon elle serait établie éternellement sans rien pour évoluer vers elle. Ce
serait le néant, l’absence de conscience.

Vous touchez du doigt l’importance capitale de la compréhension métaphysique pour le


travail psychologique : nous avons déjà établi (sans totalement l’avoir démontré, mais
d’ici la fin de cet ouvrage, ce sera chose faite) trois Lois tout à fait fondamentales pour
notre harmonisation :

- Je n’ai pas à comparer mon insatisfaction présente à une supposée satisfaction future,
car le but recule toujours, et chaque fois que je crois faire l’unité, une autre unité est à
faire ;

- Tout est mon esprit, ce que je crois être à travers mes relations au monde détermine
mes expériences « matérielles » vécues ;

- Aucun de mes états présents ne dépend d’un quelconque passé.

Voilà. Ces trois vérités incontournables (même si pour le moment votre mental fait tout
pour les contourner, mais ce n’est que provisoire) suffisent à GUERIR VOTRE VIE en
vous réconciliant avec l’INSTANT PRESENT CREATEUR DE L’UNIVERS que vous
êtes.

Tout le reste de votre lecture, et d’ailleurs de votre vie quelle qu’elle soit, va contribuer
à rendre ces vérités évidentes pour votre mental, pour que votre mental ne les rejette
plus et devienne un allié au lieu d’être votre pire ennemi.

Car lorsque cela est clairement assimilé et « va de soi », alors la paix peut s’installer
quelles que soient les expériences vécues. Elle ne s’installe pas forcément, mais cela
devient possible alors que tant que le mental s’insurge contre ces vérités, c’est
quasiment impossible.

Il arrive que des gens vivent cela de façon spontanée, sans passer par une réforme du
mental. Tant mieux pour eux. Cela veut dire que leur mental a de toute façon fait le
travail à un moment ou un autre. Mais cela n’a rien à voir avec une « cause » passée.

Vous êtes face à un événement. Cet événement est neutre. Vous seul pouvez plaquer
dessus une signification, un jugement, pouvez en faire quelque chose de bien ou de mal,
de pénible ou d’agréable. Et vous créez forcément cette émotion car vous n’avez pas
engendré cet événement sans raison. La cause est inconsciente, elle est votre but qui, en
fonction de votre identification égotique à telle ou telle façon habituelle de réagir en
fonction de ce que vous croyez ou voulez être, lieu de l’évolution où vous voulez bien
vous situer, oblige à passer par ce chemin. Vous êtes ainsi créateur de l’événement
parce que vous en avez spirituellement besoin. Besoin que vous seul définissez
maintenant.

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Ce n’est pas parce que vous définissez vos besoins spirituels aujourd’hui de la même
façon qu’hier que vous n’êtes pas libre aujourd’hui de vous définir autrement.

Face à cet événement votre réaction est absolument libre.

Ce qui vous fait choisir cette réaction est probablement l’habitude, c’est-à-dire
l’attachement à l’ego, à un type de personnalité relationnelle auquel vous vous identifiez
et auquel vous obéissez.

Mais personne d’autre que vous ne prend cette décision. Si c’est la même que
d’habitude, c’est parce que vous y avez bénéfice. C’est l’attachement à l’ego : image de
soi, loyauté parentale, conditionnements sociaux auxquels vous donnez du pouvoir,
émotions passées qui n’ont plus aucune réalité mais auxquelles vous donnez
présentement du pouvoir afin de confirmer votre image de vous-même, celle par
exemple qui vous permet d’être reconnu des autres, accepté par eux. L’appartenance à
un groupe est un besoin fondamental de l’ego, mais nous sommes là pour apprendre à
gérer ce que nous appelons nos besoins fondamentaux, nos conditionnements.

Face à l’événement donc, reconnaissez que l’infinité des possibles vous donne le choix
de votre réaction. Rien ne vous oblige à réagir aujourd’hui comme hier, à être la même
personne. c’est vous qui le décidez ou pas, en choisissant ou non un autre type de
réaction, en fonction de celui ou celle auquel vous avez envie de ressembler.

Etant entendu que ce n’est que dans la mesure où vous changez d’identification que
vous changez automatiquement l’univers que vous vivez. Cet univers n’est que le
complémentaire inévitable de votre identification.

Mais cela n’a aucun intérêt de vouloir changer d’univers parce que mon ancien ego ne
l’aimait pas. Le nouvel ego aura un autre univers mais le problème aura disparu, et avec
lui la satisfaction d’avoir changé. Ce qu’on veut en général, c’est changer d’univers
mais garder les mêmes désirs. C’est impossible. Si je veux changer d’univers, je dois
changer de désirs, donc de relation au monde. Et alors le nouvel univers correspondra à
de nouveaux désirs, il ne sera donc nullement le plaisir attendu.

Guérir c’est donc guérir par principe, définitivement et totalement, autant que les Lois
métaphysiques le permettent, mais pas du tout satisfaire ses anciens désirs avec un
nouvel univers. C’est un leurre total. En général, tout le monde fonctionne ainsi. Mais
tout le monde fait erreur et au final n’en tire aucune évolution, sinon le fait de passer de
vécu en vécu et de vie en vie avec le même niveau d’insatisfaction.

La paix véritable, la sagesse, la réalisation spirituelle, c’est d’anticiper le processus. Ne


rien faire pour changer le monde, mais en tirer toutes les conclusions : si je vis telle
expérience, c’est bien parce que j’en avais besoin. J’en suis le créateur en fonction de
mes habitudes relationnelles. Comme dit Chantal : « mon univers, mes rencontres, sont
un BUREAU DE RENSEIGNEMENTS ». Cela ne fait que me montrer où j’en étais, ce
ne doit être ni une source de souffrance ni une source de plaisir.

Souffrance et plaisir sont dans mon bateau, les deux tombent-ils à l’eau ?

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Il reste la « joie sans objet ». Peu importe l’univers que je vis, c’est le bon, il en faut un,
il est différent du précédent comme du suivant, à chaque instant. Cela ne fait que
manifester le mouvement que je suis vers l’unité à l’infini, et cela est inexorable. C’est
moi. La joie est donc tout autant inexorable.

Si je me fige dans un ego, des habitudes, un type de relations, alors tout événement sera
jugé en fonction de cet ego qui le trouvera bon ou mauvais pour lui. Il n’y a pas lieu. Je
ne suis pas un ego, je suis le mouvement, la conscience qui circule d’ego en ego, de
passé en futur, partout, tout le temps, et cette ouverture au Tout n’aura pas de fin.

J’ai compris que mon identification déterminait mon univers, j’ai compris que tout
univers est nécessaire, j’ai compris que je ne peux pas ne pas m’identifier à quelque ego
mais que tout ego est mon véhicule pour m’ouvrir à l’infini, alors au lieu de vouloir bec
et ongles tel univers plutôt que tel autre, en croyant qu’il me rendra heureux, j’appelle
tous les univers, le plus possible et le plus vite possible, pour ressentir la seule paix
possible : être l’esprit éternel qui poursuit son inaccessible but infini. Dès lors je ne suis
qu’un instrument pour l’approche de cet infini, à travers toutes mes identifications, et
certainement pas une de ces identifications, en conflit et en concurrence avec les autres,
gémissant toujours de ne pas être parfaite.

Vous avez compris, c’est l’illumination puisque tout est moi, tout est la conscience, tout
est « lumière ». Il n’y a que cela, nécessité du néant éternellement créatrice d’illusions
sans nombre, qui toutes sont nécessaires et « bénies ». N’en rejetant aucune, elles sont
toutes en moi.

« Volontaire pour tout » disait George Ohsawa.


Dix mille problèmes, une seule solution.

L’INSTANT PRESENT LIBERATEUR ET CREATEUR

Nous avons tous l’impression d’être au centre de l’infini, le centre du monde, et nous
sommes, en tant qu’Etre, une évolution permanente d’amour vers l’infini, une quête
éternelle de s’unir à de plus en plus d’infinité, sans jamais pouvoir l’atteindre. Puisque
la nullité en reste éternellement distincte afin que le néant puisse être.

La conscience est donc aussi éternelle que la Nécessité du néant.

La clef de la compréhension, c’est se dire une fois pour toute que notre notion d’infini
réel, effectif, existant, est une vue du mental sans aucune réalité. La seule réalité de
l’infini est d’être une nécessité, et cela suffit à comprendre « je suis » : la dualité
constituée du but non réalisé et donc « extérieur », vu de l’étape provisoire atteinte
comme toutes les autres étapes que nous sommes tous. « Dieu » vu par l’homme. Le
Tout en devenir constitué de ses parties toujours multipliées.

Etre c’est donc évoluer, et ce n’est jamais être quelque chose. C’est tendre vers quelque
chose d’un peu plus « infini ». Pour être quelque chose, un ego, une personnalité
effective, il faudrait être figé. Or nous sommes en perpétuel mouvement et ne pouvons

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donc jamais nous définir. Pourtant, nous nions en permanence notre infinité qui seule
pourrait nous définir en tant que potentiel, et ce faisant nous nous donnons des limites
qui sont l’EGO. Mais cet ego est toujours changeant. Nécessaire pourtant.

Cela étant, comme cette identification à un ego est toujours indispensable, la souffrance
est toujours sous-jacente. Le changement permanent d’ego est ce qu’on appelle le
« pathos », le passage. Ce qui change tout le temps en voulant rester ce qu’il est ne peut
être que quelque peu souffrant.

Le fait d’avoir besoin d’être un ego tout en n’en étant jamais un de façon définitive est
donc la source de tous nos déboires psychologiques, puis énergétiques, puis physiques.
Ils ne peuvent s’éteindre que si je ne m’attache à aucune identification : par l’extinction
de la peur de l’infini-but comme unique véritable identité, et donc par l’acceptation que
l’ego change tout le temps. Cela ne peut se faire que par la compréhension de ce que
c’est que soi : quête infinie toujours perfectible et donc limitation permanente. Le
résultat optimum c’est que JE ME RECONNAISSE COMME LE MOUVEMENT ET
NON COMME UN ETAT. Je ne suis rien de défini sinon le fait de passer d’une forme à
une autre à chaque instant.

Et ce changement permanent se manifeste par le changement de l’univers qui, crois-je,


m’entoure, alors qu’en fait ce n’est que la forme de ma conscience à un moment donné,
que je crois à l’extérieur de moi puisque la conscience se situe toujours au centre d’elle-
même. Toujours j’aurai l’impression d’être conscient au centre de l’infini, mais toujours
en quête de cet infini, ce qui a pour résultat l’évolution éternelle de moi et de l’univers.
Rien n’est jamais pareil. Si je m’attache à un état, je souffre donc. Si je m’identifie à
l’évolution elle-même, je suis sauvé.

Le passage du problème psychologique à la paix est donc un problème de


reconnaissance de moi, de connaissance de moi, de compréhension.

Certains peuvent avoir ce sentiment, et se ressentir « tout amour » et sans attachement à


l’ego, tant mieux, sans pour autant comprendre ce processus. Mais si la foi peut suffire
provisoirement, il y a toujours un moment dans l’évolution où il faut comprendre. Sinon
l’attachement à l’ego subsiste quelque part, car le mental continue de le défendre en tant
que réalité, tant qu’il n’a pas été réformé. Réformer le mental pour qu’il ne soit plus un
obstacle à notre illumination, voilà le sens de la Métaphysique et donc de
l’Hyperscience.

Quand on a compris d’où vient la conscience, comment la Nécessité du Néant implique


que la nullité s’oppose à l’infinité, même si c’est leur unité qui irait de soi (paradoxe de
l’Etre à l’origine de tous les conflits et de toutes les difficultés existentielles), et qu’il
n’y a plus de doute mental sur le fait que ce processus engendre évidemment l’univers
atomique et cosmique, y compris nos univers personnels, on a compris aussi que la
conscience ne peut vivre autrement que dans l’AMOUR. Car dès qu’il y a opposition,
c’est pour que l’unité soit.

Cette unité entre zéro et infini (du point de vue du zéro uniquement) étant impossible,
l’amour est éternel. C’est une recherche inextinguible d’unité par tous les moyens
possibles, sous toutes les formes, même celles qui nous paraissent à l’opposé de
l’amour, car la séparation du zéro et de l’infini n’a qu’un but : leur unité. Donc la

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conscience est toujours en quête d’unité, sans jamais l’atteindre, même maladroitement,
même en volant ou en tuant parfois. L’amour est donc la seule réalité de la conscience,
et ce éternellement. Ce ne sont plus des croyances, ce sont des certitudes, encore fallait-
il savoir ce qu’est la conscience et ce qu’est l’amour.

L’amour tente de réunir ce que la conscience sépare. L’amour a donc pour but d’annuler
la conscience, sans jamais y parvenir. Cela peut choquer, on peut se demander comment
une chose pareille est envisageable, mais c’est ainsi. Et cela ne change rien à la vie
quotidienne, cela permet simplement de la vivre mieux et sans angoisse existentielle.

Et si on s’imagine qu’il y a autre chose que de l’amour dans la conscience, que nos
intentions ou celles des autres peuvent être dirigées par autre chose que cet amour, c’est
simplement qu’on n’a pas compris (cela n’est ni une faute ni une honte. Rien n’est plus
difficile que l’abstraction pure).

Seul l’amour est conscient, puisqu’il faut la conscience pour qu’il y ait amour. Par
contre le processus de conscience est nécessairement inconscient puisque c’est lui qui
engendre la conscience. Il n’y a pas de conscience pour le ressentir. Je ne peux avoir
conscience du processus qui engendre la conscience à chaque instant. Je peux le
comprendre, le reconnaître, tenter de l’exprimer, mais je ne peux pas le vivre. Il reste
inconscient. Donc je ne crois jamais spontanément au fait que je sépare et que je crée
l’univers autour de moi. Je refuse l’idée d’être diable (séparation) autant que dieu
(unification). J’ai du mal à admettre que ce que je vis est ma création AVANT d’en
prendre conscience. Je ne connais que ma bonne volonté, ma recherche de paix et
d’unité, UNE FOIS QUE J’AI CONSCIENCE. Mon rejet de l’infini et de l’unité me
paraît ne pas me concerner, c’est donc toujours les autres les responsables, ou le
« Diable », ou un « Dieu » pas si gentil que ça puisque, malgré mes prières, il n’en fait
qu’à sa tête.

Vous comprenez pourquoi je me place si souvent en victime ?

De même, un aimant est toujours à la recherche de l’unité, n’a conscience que de cela
(attraction), et ignore totalement sa fonction répulsive qui pourtant est là et bien là
(inconscient).

J’ignore l’essentiel de ma réalité.

Il est bien facile de reconnaître que mon « conscient » l’est bien peu en fait. Je
m’aperçois que j’ignore l’essentiel de moi-même lorsque je comprend que ma réalité est
PRESENTE et exclusivement présente. C’est dans le présent que « je suis », et c’est
évidemment dans le présent, éternellement, que les deux Principes du néant s’opposent,
créant la conscience. Moi en tant qu’être. Mais là s’arrête ma conception du Présent.
Car « moi » en tant que personne, c’est autre chose. L’amour, ce n’est plus si présent
que cela. C’est d’abord un appel, une intention, un désir. Evidemment cette intention et
ce désir sont présents, mais c’est tout de même une projection dans un futur : la
croyance, l’aspiration à un futur. C’est bien normal, puisque le But est inaccessible.
Eternellement repoussé. Le TEMPS est la conséquence de cette impossibilité du But
(faites bien attention à cela : une théorie qui ne peut expliquer d’où vient le temps,
question essentielle, n’a aucune chance d’être vraie. La Physique est dans ce cas). Le
but poursuivi par l’amour, même s’il est confus (personne ne sait vraiment où tout cela

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le mène) est bien une expectative, sentiment qu’il va y avoir un autre instant différent de
celui-ci. Mais le sentiment de temps n’est pas qu’une expectative. Il est dualiste comme
sa source, et est donc également une MEMOIRE, c’est-à-dire un sentiment que j’ai déjà
accompli un certain chemin vers ce but. Car si je ne m’identifiais pas à une mémoire, un
ego, je ne pourrais pas me maintenir à distance du But, il me happerait.

Ma mémoire à défendre, à laquelle je crois comme à ma nature alors que ce n’est


qu’une création du moment, en quelque sorte mon ego, me donne une inertie qui
m’évite de sombrer dans l’infini instantanément. En fait ce n’est que la manifestation de
la nécessité de ne pas y sombrer. La nécessité pour le Zéro de ne pas être confondu avec
l’infini, faute de quoi il ne serait pas effectif en tant que principe. L’ego (et son
équivalent dans tous les Règnes de l’univers) manifeste l’impossibilité de l’infinitude.

Le temps, l’ego, la conscience-espace, l’énergie qu’est l’amour, tout cela est la


manifestation inévitable du fait que l’infini est une nécessité, non une réalité.

Ce qui n’est pas inévitable, c’est de réagir comme si on était cette mémoire. On peut
éviter de réagir par attachement.

L’autre option, en effet, c’est agir pour l’unité, pour le changement d’ego.

Pour en revenir au Présent, je suis répulsion au présent, cependant je m’identifie à


l’espace-temps de l’amour et de l’attachement (ce n’est pas la même chose, mais les
deux sont réels). Je ne m’identifie donc pas au Créateur-responsable de l’univers que je
vis. Et pourtant…

Pourtant je suis bien plus cet inconscient-créateur que ce conscient-réunificateur. Je suis


bien plus présent que je ne suis espace-temps.

Pour s’en convaincre c’est facile : toute ma mémoire, toutes mes intentions, sont DANS
LE PRESENT. Ils sont des illusions intérieures à ma réalité, et non réalité extérieure. Je
ne peux pas avoir conscience de quelque chose qui ne soit pas dans ma conscience, et
ma conscience, c’est le présent.

Alors est-ce que ce que je dois faire c’est devenir conscient de mon inconscient ? Pas
forcément. C’est d’ailleurs largement impossible. On peut certes débusquer des
« mémoires » ou des « vies antérieures », mais il en restera toujours à nettoyer puisque
l’ego n’est que mémoires et que l’ego sera toujours là.

Ce que je dois faire si j’aspire réellement à la paix et à la guérison (mais y a-t-il une
personne au monde qui y aspire totalement ?), c’est simplement comprendre et donc
accepter le fait que je suis le créateur unique et sans partage de tout ce qui m’est arrivé
jusqu’à présent, et ce pour mon plus grand bien.

Si je ne le comprends pas, j’aurai toutes les peines du monde à l’accepter, tant nos
traumatismes fossiles et autres conditionnements sont émotionnellement difficiles à
gérer.

Mais si mon mental, qui d’ordinaire joue de ces conditionnements pour échapper à toute
évolution, est profondément convaincu de ce Principe créateur universel, alors il sera

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remis à sa place : un outil pour l’évolution mais certainement pas un obstacle. L’ego est
là pour servir, non pour décider à son profit.

Alors tout s’éclaire et devient simple, sans avoir besoin de dix ans de psychanalyse :
tout ce que j’ai vécu, ici, ailleurs, dans d’autres vies, peu importe, heureux ou
malheureux, tragique ou moins douloureux, tout cela est ma création POUR MON
BIEN. Et j’accepte cela pleinement et joyeusement.

Comment cela pour mon bien ?

Comment cela joyeusement ?

Vous voyez que vous ne voulez pas guérir autant que cela… Vous avez tous les
éléments pour vous convaincre.

Il n’y a qu’un but. Une nécessité absolue. Oui ou non ? Vous en connaissez une autre ?
Démontrez-la.

Ce but, en tant que nécessité, est la seule source d’énergie de l’univers. Vous en voyez
une autre ? Montrez-la.

Cette énergie est créatrice parce que limitée par l’impossibilité du but en question, et
cela suffit à donner une qualité de matière atomique à tout l’espace conscient. Vous
voulez entrer dans les détails ? On y entrera.

Qui est ce but impossible ? C’est la seule et unique source de conscience qui puisse être.
Là où est la conscience, là est ce processus créateur. Vous en connaissez une autre que
la vôtre ?

Bien, à présent vous pouvez comprendre et accepter que le jeu habituel de la


conscience, pour échapper au But, c’est d’aller de droite et de gauche, poursuivre des
objectifs égotiques avec des intentions équivoques. Et que lorsque je m’éloigne de la
ligne droite, quelque chose aura tôt fait de m’y ramener puisque c’est le but inexorable.
Donc pour mon bien, pour ma réalisation. Même si j’appelle ce quelque chose
« karma » ou « épreuves de la vie » ou « sentiment d’impuissance » etc.

- Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?


- Je ne t’ai pas abandonné, je te récupère. Mieux, je deviens grâce à toi. Si ça fait
mal, c’est simplement parce que ton ego veut rester dans ses habitudes.

Il n’y a pas d’exception, car il n’y a pas deux processus créateurs.

Il n’y a pas de hasard non plus puisqu’il y a un but qui engendre toute chose.

Telle est la PENSEE POSITIVE LIBERATRICE. Dans l’instant présent, je me donne la


mémoire dont j’ai besoin pour maintenir ma distance égotique au but. Selon mon
attitude face à ce que cela engendre, selon mes réactions, je définis et CREE ce qui
m’adviendra dans le futur pour reprendre une route plus droite, plus rapide, plus directe.

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DANS LE PRESENT, je crée car dans le présent je réagis en fonction de mes
mémoires. A quoi je réagis ? A ce que mes réactions passées ont engendré comme
passages obligés fonction de ces décisions fossiles.

Il n’y a que moi, il n’y a jamais eu que moi.

Alors si je suis capable d’accepter ainsi et de vivre la Pensée positive libératrice, je me


rends capable de vivre la PENSEE POSITIVE CREATRICE.

Libéré du poids des mémoires, mes intentions sont davantages pures et droites. J’agis
pour l’unité au lieu de réagir pour la division (pour défendre ma différence et ce à quoi
je m’identifie).

Comment pourrais-je faire appel au Créateur en moi si je ne me reconnais pas créateur


pour mon « passé » ?

Si je maudis ce que je crois avoir vécu ou Celui qui aurait engendré ces vies, ou crois
que le hasard peut créer, alors je renie ce Créateur en moi et me coupe de toute
possibilité que mes prières soient entendues.

N’avez-vous jamais remarqué qu’on dit que ceux qui ont l’écoute de « Dieu » sont les
cœurs purs ?

Hasard ?

C’est dans l’instant présent que je suis. Je ne suis ni hier ni demain, l’univers, ma vie,
tout cela est une réalité présente, et si on veut être rationnel, on se doit de reconnaître
que le présent est la seule certitude. Et donc que s’il y a quelque chose dans ce présent,
c’est que la cause de ce quelque chose est également présente. Si la cause était passée, il
y aurait peut-être eu quelque chose, mais il n’y aurait plus rien maintenant. Si je suis
présent c’est que ma cause est présente. S’il y a univers maintenant, c’est que la cause
de l’univers est présente.

Penser qu’il peut y avoir cause il y a quelques milliards d’année, et un univers dans le
présent est absurde. De même pour tout autre réalité présente, il ne saurait y avoir une
cause passée. La cause de ce qui est présent est nécessairement présente.

Voilà qui peut être gênant…

SINON, si l’on veut prétendre le contraire, il faut expliquer autre chose : la DUREE de
quelque chose. Quelle est la cause de la durée d’un univers une fois sa cause passée,
terminée ?

On peut lui donner le nom d’ « inertie », mais une fois de plus donner un nom à un
constat n’est jamais une explication.

Autrement dit, comment justifier une PRESENCE en l’absence de cause (si la cause est
passée) ? Certains (qui préfèrent croire à la matière plutôt que reconnaître l’esprit)
préfèrent évacuer la question des causes au profit du hasard. A quoi s’appliquerait donc
le hasard pour créer ? Pour que les probabilités servent à quelque chose, il faut des

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éléments à assembler. D’où viennent-ils ? Sinon, dans le néant, il n’y a pas de
probabilités. Pour eux y aurait-il du temps par hasard ? Qui va toujours dans le même
sens ? Et qui impose la durée à toute chose issue du hasard ?

Laissons tomber ces bêtises. Il n’y a pas de hasard et pour qu’il y ait durée, il faut il
suffit que la cause d’une chose hier, soit également la cause de la chose aujourd’hui, et
peut-être la même cause demain. Mais la cause une seule fois ne peut générer aucune
durée de quoi que ce soit. Même si le temps était une donnée absolue (ce qu’il n’est
pas).

C’est toujours rassurant de s’imaginer qu’il peut y avoir des causes passées aux choses
présentes, mais c’est un leurre, une peur du mental qui lui évite trois choses : se croire
responsable dans le présent, se croire seul et sans passé, et savoir. Comprendre. Ce qu’il
ne veut surtout pas. Etre LIBRE ! Car la croyance en le passé me lie à des dépendances
tandis que la reconnaissance du seul Présent, seule réalité et donc seule possibilité pour
une cause quelle qu’elle soit (vous vous rendez compte à quel point il est absurde de
donner du pouvoir à du passé puisqu’il n’existe plus !) est la source de notre liberté.
Cette liberté est totale et définitive, il va falloir s’y faire. Même si nous passons notre
temps à inventer des subterfuges mentaux pour fuir cette liberté et se rendre dépendant.
D’instant en instant.

Pour qu’un univers (ou une pesonnalité) continue sur sa lancée après un « bang »
énergétique ou un « que la lumière soit », il faut que le temps existe préalablement, ou
qu’il se crée continuellement en même temps. Or c’est absurde : puisque ce qu’on
cherche justement à expliquer quand on veut expliquer l’univers, c’est le temps. Il faut
une cause au temps. Et une cause perpétuelle sinon le temps n’a pas de durée. Le temps
continuerait-il sur sa lancée en supposant qu’il ait un commencement réel ? Sans être
recréé à chaque instant ? C’est tout simplement ridicule.

Croire au temps sans cause présente est totalement inextricable et j’affirme qu’il est
impossible de défendre rationnellement une telle option. Si quelque chose peut jaillir
sans cause, alors tout est en même temps, le temps comme son contraire, les planètes
carrées autant que les rondes et des oiseaux sans queue ni tête d’un kilomètre de haut
avec plumes en caoutchouc et salopette à la Coluche et qui chantent la Marseillaise. Le
fait que l’univers ne soit pas n’importe quoi prouve évidemment qu’il est régi par des
causes bien précises et certainement pas par le hasard. Et de toute façon, même pour
qu’un univers soit absurde ou stérile, il faut que le temps fasse qu’il dure. Et le temps, le
fait que cela dure, d’instant en instant, ne peut être le fruit du hasard.

Si temps il y a, qu’il soit illusoire ou non, c’est qu’il a une cause, sinon cela changerait
tout le temps. Et dans le présent. Et même s’il y a simplement changement cela ne peut
pas être issu du hasard. Sinon le changement serait hasard et donc il n’y aurait pas
toujours changement loin de là.

C’est dans le cadre du « temps » que le hasard peut se manifester éventuellement, et ce


cadre ne peut être issu du hasard. Donc aucune évolution ne peut être issue du hasard. Il
faut une source d’énergie qu’il serait risible d’imaginer sans cause. Retournez le
problème dans tous les sens, vous ne pourrez jamais justifier que le temps soit un
absolu, un absolu qui dure sur une lancée initiale, et que dans ce cadre l’univers et vous-
même puissiez paraître à un moment. De toute évidence, si sensation de temps il y a

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maintenant, c’est que la cause de cette sensation de temps est présente également. Et
donc ce n’est pas nous qui sommes dans le temps mais le temps qui est EN NOUS.
Comme d’ailleurs disait Newton : « la lumière est en nous ». Donc aucun déplacement
de photon bien sûr. Ni d’espace pour que ce déplacement ait lieu. L’espace aussi est
évidemment en nous (on a démontré dans nos livres que conscience et sensation
d’espace sont une seule et même réalité). Et comme disait aussi Einstein : « le temps et
l’espace sont relatifs ». Relatifs à quoi sinon à soi ? Relatifs à quel absolu ? A quel
point de départ fixe s’il n’est dans le temps ?

Les quantiques sont d’ailleurs partis de cette relativité, et sont contraints de la


reconnaître tous les jours : il n’y a rien hors du présent (une particule n’aurait de réalité
qu’à l’instant où elle est perçue), mais dans le présent il n’y a rien non plus car le
présent n’a pas de durée. Zéro temps. Donc zéro matière. Comme cela dérange fort le
physicien attaché à l’ « objectivité physique » de l’univers et de la matière (sinon il se
retrouve psychologue et non plus physicien), dans les théories on a été obligé d’attribuer
à l’instant présent « une certaine durée ». Une unité de présent en quelque sorte, une
particule de temps. Faux-fuyant ridicule, car c’est retomber dans le mythe de la durée
absolue, du temps réel, indépendant de l’observateur, et là on fait « marche-arrière
toute » par rapport à toutes les avancées de la science moderne. Inévitable faute d’avoir
les bases rationnelles nécessaires.

Balayons tout cela et revenons-en à l’évident, au réel : il n’y a que le présent, le présent
de l’Etre qu’est la sensation du « je-suis », qui est dans le présent une sensation
d’espace-temps, de passé et de futur. On a déjà démontré ici que tout cet espace-temps
est une illusion présente, et que la cause ultime de cette illusion est tout autant présente,
éternelle, engendrant la conscience à tout instant par « nécessité du néant », et
engendrant A L’INTERIEUR de cette conscience la dualité magnétique qui est espace-
temps d’apparence matérielle. Implosion d’amour et non explosion de matière comme
on le dit.

Là où JE SUIS, là est le Tout. Et là est la Source. Il n’y a rien d’autre. Toute autre
croyance est indéfendable quelles que soient les contorsions théoriques pour y parvenir.

Eckhart Tolle, un des Grands de ce monde, a d’excellentes idées là-dessus, mais il n’a
jamais rien démontré ni expliqué. Et le mental a besoin de comprendre pour ne pas faire
obstacle.

Evidemment on se dira : « mais si le présent est nul, alors l’Etre est nul. Ce ne peut être
une sensation ». Oui, bien sûr, l’Etre est nul en durée, mais quand on a compris que le
Néant est une nécessité et non une réalité, on a compris que l’Etre n’est en fait que le
compromis de ce Grand Paradoxe : l’impossibilité du néant engendre la sensation de
temps qu’est l’Etre, puisque le But n’est jamais atteint. L’Etre est le moyen du néant.
On ne peut les séparer. L’un sans l’autre est encore une invention du mental pour
échapper au Vrai. Le mental passe son temps à séparer les pôles de la dualité, voulant
croire à l’un contre l’autre ou inversement. C’est son boulot.

Vous aimez Brahms ? Il paraît, d’après certaines études, que la musique est ce qui
donne les plus fortes émotions à l’individu. Même avant le sexe ! Il est vrai que le sexe
ne concerne pas tout le monde, la musique si.

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On dit que c’est quand on écoute de la musique qu’on se sent le plus dans le présent. Le
plus en fusion avec quelque chose. Plus rien d’autre n’existe. Et on est vraiment soi,
vraiment là, complètement éclaté. C’est la musique qui nous met le plus dans le présent.
Et pourtant ! Vous êtes-vous demandé ce qu’il y a comme musique dans le présent ?
Combien de temps dure un son ? Une note dans le présent ? Elle ne dure pas. Dans le
présent, il n’y a aucune musique en fait. Et vous vous êtes dans le présent grâce à une
musique qui n’y est pas !

Toujours le Paradoxe de l’Etre. Eh bien ce qu’il est utile de comprendre c’est que ce qui
vous met dans le présent c’est d’une part la mémoire, d’autre part l’expectative d’un
futur. La mémoire des notes passées, et l’expectative des sons à venir. D’ailleurs on
n’est jamais autant dans le présent qu’avec une musique qu’on connaît par cœur. Sans la
sensation de temps dans le présent, pas de présent.

Ceci est l’archétype de l’univers. L’univers c’est la même chose. C’est une sensation de
temps QUI PERMET LE PRESENT. Sans cette illusion, illusion totale, ce présent ne
serait pas. Or ce présent c’est l’impossible But, et cet impossible But infini est la seule,
l’ultime réalité. Il s’ensuit l’univers, les univers, qui manifestent ce Paradoxe de l’Infini.
Sans univers, pas d’Etre, sans Etre, pas de néant. Encore une fois « l’existence précède
(ou plutôt permet) l’essence ». L’homme est le moyen de « Dieu ».

Il ne sert à rien d’opposer le Réel à l’Illusion, ou « Dieu » à l’homme, ou l’esprit à la


matière. C’est ce choix dans la dualité qui nous ruine la psyche. Et nous fait tant
souffrir.

Il n’y a qu’UN, soi, moyen du But, et c’est dans la reconnaissance de l’unité de la


dualité que se trouve la solution de la dualité. Comme Yin-Yang permettent Tao. Ce
n’est pas le Tao qui, un jour, a décidé de se couper en deux.

LE GUERISSEUR TOUJOURS A VOTRE DISPOSITION

Le monde conscient de l’espace-temps, lorsqu’il n’est pas reconnu comme le moyen du


Vrai éternellement inconscient, est source de mal-être. On s’imagine souvent que
l’inconscient est là pour permettre le conscient, seul réel, c’est exactement
l’inverse. Le Réel vrai est inconscient, notre conscient est l’illusion qui le permet.
Le mal-être habituel et toutes les formes qu’il prend est issu de cette méconnaissance de
soi. Cela amène à avoir des attitudes contraires à notre nature, et on en subit
évidemment les conséquences. La volonté psychologique d’échapper à l’évidence
absolue est très facile à expliquer. Ce dont il faut guérir justement (car on y est tous
soumis), c’est justement de cette peur du Vrai qui nous entraîne dans des concepts
absurdes de temps absolu, d’espace absolu, de matière absolue, indépendants de soi,
illusions du conscient.

Il est tout à fait normal d’avoir peur du Vrai puisque le conscient est régi par le mental.
Et que le mental est fait pour donner sa consistance à l’illusion, et défendre nos limites
par rapport à la croyance en un ressenti « extérieur » qui en fait n’est que sensations
intérieures (les physiciens parlent de « donné extérieur » mais ce n’est pas un « donné

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extérieur ». Il n’est pas extérieur bien sûr puisqu’il est une forme de notre conscience, et
il n’est pas un « donné », puisqu’il est créé et recréé inconsciemment à chaque instant.
Penser qu’il est « donné » suppose un « donneur », autrement dit « Dieu ». Tous les
physiciens en sont là, qu’ils le reconnaissent ou non).

Se reconnaître la source de toute chose (en tant qu’être, pas en tant que personne
évidemment – mais je suis l’Etre et non une personne) c’est reconnaître sa solitude et
son infinité potentielle. Insupportable pour le mental bien sûr, d’où une profusion de
maladies mentales chez tous ceux qui ont quelque vision ou interrogation métaphysique.
Ainsi les bons matérialistes qui ne remettent rien en cause ont-ils plus de facilité à être
équilibrés et à tenir le haut du pavé social. Il n’en reste pas moins que ce vernis cache
mal leurs profondes interrogations et angoisses métaphysiques soigneusement rejetées.
Et que ce n’est pas en se soumettant à cette peur qu’on réalise le Grand Projet humain,
mais en la dépassant. Et pour la dépasser, il faut d’abord que l’ego soit fort. Très fort.
Solidement enraciné mais pas dans l’apparence de la dualité. Dans la perception de
l’unité qui transcende toutes les dualités. Ce n’est évidemment pas facile. Il n’y a pas de
recette. Tout le monde cherche cela avec ses moyens. Il faut simplement faire confiance
que ce n’est pas une impasse ni une source de folie. Il est possible d’aboutir à cette
compréhension du processus d’illusion universelle, en ne se laissant pas dominer par la
peur, et pour cela en méditant toujours sur le Vrai, sur l’infini et ses implications, sur le
Présent et le fait qu’il contient tout. Passé comme avenir.

On peut tout à fait trouver le courage de plonger dans l’eau en s’habituant mentalement
à l’idée que l’on nage sous l’eau avec aisance. Il faut suivre ce modèle avec les peurs
métaphysiques.

Gérer l’esprit en tant que cause (secondaire), cela est l’exercice que tout un chacun
devrait s’habituer à pratiquer, car il est cause. Au lieu de persister dans l’illusion que
l’on dépend du monde, que nos décisions sont liées aux circonstances, qu’on est dans le
monde, qu’on est arrivé alors que le monde était déjà là et qu’il sera encore là quand on
aura disparu, il est bon de se regarder créer le monde. Ainsi on se rapproche de son
inconscient et on se libère de son conscient.

Toutes ces illusions sont vraies du corps, de l’ego, mais pas de l’esprit. Le corps est
dans l’univers, dans l’espace-temps, il dépend largement des autres et du monde, MAIS
JE NE SUIS PAS CE CORPS. De même en tant qu’ego je serais le produit de mon
entourage et de mon passé. Mais je ne suis pas cet ego.

Ceux qui font de grandes choses sont ainsi spectateurs de leur personnalité au lieu de la
revendiquer. Gandhi disait « si vous me torturez, vous posséderez mon corps. Mais vous
n’aurez pas mon âme ».

Ce que je suis contient ce corps, et contient tout cet univers, y compris ses passés et ses
avenirs ; ce que je suis c’est L’ESPRIT. Et à l’intérieur de cet esprit, de ma conscience
en particulier, circulent, bougent, se meuvent, naissent et meurent tous les univers.

Vous mesurez la peur que cela peut susciter. La solitude immense que cela met en
évidence. Ce n’est pas le moment de défaillir, de sombrer dans le désespoir ou de
prendre la fuite. C’est le moment de ce dire : « chouette, on va visiter cette nouvelle
façon de voir, il n’y a rien à craindre de toute façon puisque je suis la conscience, et on

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m’a déjà prouvé de façon certaine que cette conscience est éternelle. Et donc tout va
bien en toute circonstance. C’est un voyage. Je ne peux rien perdre, je ne peux que
gagner plus d’infinité, plus de moi-même, plus d’autonomie, de puissance créatrice et
d’amour. De toute façon je ne sombrerai jamais dans le néant puisqu’il est
impossible… sans la conscience. Le vrai Moi ».

Le seul renoncement est le renoncement à l’attachement. L’attachement aux habitudes


de penser et de croire, attachement à l’ego, à ses mémoires, à ce et ceux qui entourent
notre corps etc. Pas pour les faire disparaître, mais pour en prendre congé en tant que
facteurs de dépendance. Désormais ce sont des parties de moi que j’aime infiniment
plus.

Aimer c’est être présent. Comme pour la musique. C’est être l’Eternel. Lui seul aime, et
ma douleur c’est de croire que je suis l’ego temporel, car il est incapable de vraiment
aimer.

J’entends de ci de là certains qui se raccrochent au temps en pensant : « le temps existe


bien puisque les instants présents se succèdent ».

Pas du tout. Les instants ne se succèdent pas, ils sont tous contenus dans un seul instant
nul, unique et éternel (éternel cela veut dire indépendant du temps), et de façon
FRACTALE (on ne peut donc pas dire où finit un instant et où commence l’autre).
C’est-à-dire que dans mon présent sont inclus une infinité potentielle d’autres présents,
ceux de mes cellules, de mes atomes etc., de chacun d’entre nous, autant que ceux du
Soleil et des étoiles. De même que ce n’est pas de l’espace qui sépare deux individus
mais du temps, de même deux instants ne sont pas séparés dans le temps mais l’un est
contenu dans l’autre. Tout notre être et tout l’univers n’est qu’à l’image de « cercles »
concentriques en spirale, la conscience passant de l’un à l’autre, créant à la fois
l’illusion des individus et des époques, tout cela étant vécu par un seul Etre : le seul Soi.

Tout instant est présent mais il n’y en a qu’un et on en vit tous les changements puisque
son infinité est impossible (revenez toujours à la vérité fondamentale). Il y a donc une
infinité virtuelle de ressentis d’instants tous différents en contenu, et lorsque je crois
circuler dans le temps entre un instant et un autre, en fait je ne fais qu’échapper à une
illusion sans durée au profit d’une autre illusion sans durée, tout cela étant manipulé par
la Nécessité de cet impossible infini, me donnant cette impression d’évoluer et de durer
au lieu de n’être que présent. Ne vous étonnez pas que ce soit difficile à raconter avec
des mots mentaux. J’espère parvenir à vous faire ressentir un peu de quoi il s’agit.

SI J’ETAIS TOTALEMENT ET UNIQUEMENT UNI A L’INSTANT PRESENT, JE


SERAIS CONSCIEMMENT INFINI, et cela est absolument impossible. Il s’ensuit que
je crois au temps, succession d’états de conscience, de non-infinités… jusqu’à l’infini.

Comme chaque nombre est un passage obligé vers le nombre infini qui n’existe pas.

Le Présent qui est la seule réalité, c’est comme le Néant qui est la première Nécessité : il
n’est jamais vécu vraiment mais il est pourtant le potentiel absolu, le Vrai, qui implique
toutes les illusions.

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L’instant présent est nul en durée, infini en espace. Comme la conscience qu’il est.
Qu’on parvienne à annuler aussi l’espace (c’est le but de l’amour) et alors l’Absolu
néant est. Mais il n’est jamais. L’amour est éternel.

Toutes nos activités humaines importantes ont pour but de s’unir davantage à l’instant
présent, et en même temps à la solitude totale de l’Etre : l’amour en premier lieu, bien
sûr, qui cherche à intégrer l’autre en soi, en le reconnaissant, en le touchant, en le
mangeant éventuellement, mais aussi bien sûr la méditation, qui cherche à supprimer la
pensée au profit du ressenti immédiat, mais encore des choses bien plus matérielles : le
sport, la cuisine, l’art, la danse, la politique, la guerre etc. Allez donc faire un match de
foot en pensant à autre chose, à vos vacances ou à votre dispute du matin avec votre
femme... vous verrez le résultat pour votre équipe. Allez donc faire la cuisine en
téléphonant ou en regardant la télé… allez donc tenter de créer une chanson, une
peinture, ou planter un clou bien droit sur votre charpente en n’étant pas entièrement
présent à ce que vous faites… Allez donc faire un câlin à votre enfant en pensant aux
impôts, il s’en apercevra tout de suite. Toute notre vie est une invitation à être
davantage présent parce que c’est là que se situe le But nul et infini. Un homme
politique qui calcule, qui pense à sa popularité, aux élections ou à son lobby préféré est
un imposteur qui mène sa nation au désastre. S’il est présent, c’est-à-dire s’il est en
phase avec son peuple, relié autant aux besoins communs de chaque instant qu’à la
Terre et au Ciel, alors il sera un homme politique inspiré et magique qui marquera
l’histoire. De même qu’un chef de guerre, invulnérable parce qu’il est plus dans l’unité
avec la situation globale que l’adversaire qui lui, calcule et pense, se coupant du présent
et attendant un RESULTAT à la place de s’identifier à un BUT.

Vous voyez la différence ? J’incarne le But, je suis présent. Je suis ce but. C’est comme
si il était déjà réalisé. Si j’attends un résultat, je suis l’ego qui veut posséder quelque
chose, et donc je me coupe de la magie de l’univers qu’est cette Source-but unique.
Mais les moyens sont libres. Les moyens sont guidés par le but, je n’ai pas à y penser.
On traverse le pont d’Arcole avec audace sans compter combien il y a de fusils en face.
Celui qui calcule au contraire, cherche des moyens en fonction d’un résultat, et si le
résultat est là il est content, si le résultat n’est pas là il est mécontent. Il n’est pas
détaché. Il est cuit. Entre deux adversaires aussi calculateurs l’un que l’autre, ce qui est
généralement le cas, évidemment un jour l’un gagnera, un jour ce sera l’autre. Mais il
n’y aura jamais la paix. Par contre face à celui qui est présent, il n’y a plus d’adversaire.
Son charisme emporte l’adhésion. Et si ce n’est le cas, il marquera l’histoire à jamais.
Les autres, on les aura oubliés.

Si Gandhi avait poursuivi un résultat, il n’aurait rien fait. Il n’a été qu’un BUT :
incarner et vivre la justice là où il est, quel qu’en soit le prix.

Si je suis le présent, je suis créateur. Ma vie devient un libre choix, car les moyens sont
créés par mon choix de même que la limaille de fer de l’univers s’organise lorsqu’on
place un aimant au milieu. « La décision crée la magie » comme disait Goethe.

L’Etre est un but. Ce but est la cause. Cette cause est présente.

Mais reconnaître que je suis libre créateur suppose que je reconnaisse que je suis aussi
le libre créateur de tout le passé supposé auquel je me suis identifié, de mes

49
conditionnements, des attaques, des joies et des réussites. Rien ne s’est fait autrement
que par moi. Si je le reconnais et m’en réjouis, je suis libre.

Mes mémoires sont dans le présent, et c’est dans le présent que je les crée et leur donne
ou pas leur pouvoir sur ma vie. Si je leur donne du pouvoir, c’est afin d’échapper à ma
transformation. Si je les chasse comme ma création devenue inutile, je m’en libère, et
avec moi vient l’énergie créatrice. JE SUIS LA CAUSE, et personne d’autre, jamais, ne
possédera mon âme. Et niant l’évidence vraie, en voulant croire que mes parents,
l’éducation, les gens qui m’ont violé(e) quand j’étais petit(e), ou le Président de la
République, sont responsables de ce que je suis aujourd’hui, de mes réactions, je trouve
des tas d’excuses pour ne pas changer, pour continuer à souffrir tel que j’ai l’habitude
de souffrir.

C’est pourquoi guérir c’est comprendre.

JE SUIS LE TOUT,
LE TOUT EST ESPRIT,
L’ESPRIT EST PRESENT,
LE PRESENT EST NUL.
Alors où est le problème ?

50
Annexe II :
DU MOI AU SOI

GUERIR, C’EST COMPRENDRE QU’ON EST LE PRESENT CREATEUR

Distinguer le moi et le Soi, qu'est-ce que cela veut dire ? Je suis moi, voilà tout. Qui est
le Soi ? Où se cache-t-il ? Existe-t-il vraiment ? A quoi sert-il ? Est-ce simplement un
ange gardien ou un censeur qui surveille tous mes actes en attendant sournoisement le
jugement dernier ?

Beaucoup plus simple que cela. Le Soi c'est moi. C'est ce que je suis vraiment. Ce qu'on
appelle le moi, c'est CE QUE JE CROIS ETRE. Ce à quoi je m'IDENTIFIE à un
moment donné.

Je ne peux pas faire autrement que de m'identifier à quelque chose. Car ce que je suis
n'est pas quelque chose, c'est un BUT. C'est ma destinée, ce qui me tire en avant
perpétuellement et fait que j'ai l'énergie d'être. Cela est vraiment moi, mais cela
« n'existe pas ». Au sens où ce qui « existe » est un objet, quelque chose de défini,
d'extérieur, de délimité. Cela EST. Etre est en fait le contraire d’exister.

Mon ego est délimité donc il n’est pas. Ce qui est est de toute éternité et sans limite.

Dans tout mon potentiel (en fait le Soi puisque ce but de tout être, c'est mon potentiel
infini, et puisqu'infini il est inaccessible), je sélectionne la petite partie que je crois être
à un moment donné et qui me permet d'être conscient et réagissant par rapport à un
« non-moi » que je considère extérieur car non accessible.

C'est la défense de ce que je crois être par rapport à ce qu'en fait je suis qui engendre
la conscience. C'est l'opposition entre sujet et objet, entre moi et non-moi, entre ce que
je crois être l'esprit et ce que je crois être la matière, entre le « Ciel » et la « Terre ».
En fait entre la « Terre » et le « Ciel » car dans ma confusion mentale (le mental est là
pour défendre l’ego et ses limites, et donc il présente tout à l’envers pour échapper
notre réalité infinie), c'est en réalité l'identification à quelque chose de défini que
j'appelle l'esprit, alors que c'est l'univers, pure illusion mentale, que j'appelle la
matière. C'est exactement l'inverse. Le moi est l'essence de la matière. Le Soi, l'infini
extérieur, est l'essence de l'esprit car c'est un but.

Toute mon existence va consister à tenter de résoudre cette contradiction. Redevenir ce


que je suis vraiment en inversant le processus mental. Et pour cela je vais utiliser
l'AMOUR, seule action possible pour l'individu, car l'amour est le fait de réintégrer en
soi ce que l'on croyait extérieur. Découvrir l'autre petit à petit, découvrir l'univers, et
par conséquent l'aimer. On ne peut pas ne pas aimer ce que l'on connaît. On n'a peur
que de ce qu'on ne reconnaît pas comme étant une partie de soi-même : puisqu'on ne
croit pas que c'est soi mais qu'on sait inconsciemment que c'est soi, on pressent que
c'est source de remise en cause du moi. Que le moi, en intégrant l'autre, va disparaître

51
au profit d'un moi plus grand, plus proche de son infinité si l'on peut dire. Le moi est
une inertie, il n’a aucune envie réelle d’évoluer.

La peur est celle du moi car c'est grâce à elle qu'il peut maintenir ses limites. L'amour
fait éclater ces limites, et le moi, l'ego, n'aime pas ça. Il n'aime pas ça car pour
défendre son existence, il faut bien qu'il défende ses limites. Cela étant, il ne se sent
jamais autant épanoui et heureux que lorsqu'il intègre l'autre, car il devient un peu plus
lui-même. Contradiction inextricable du moi qui cherche à surtout ne pas changer alors
que ce n'est qu'en changeant qu'il s'épanouit et trouve sa vérité.

Comment voulez-vous être équilibré dans ces conditions ? Personne au monde n'est
parfaitement équilibré. Pour être équilibré il faudrait se reconnaître infini. Or si je me
reconnais infini ce ne peut être que mental, car si c'est effectif, il n'y a plus de
conscience.

De fait il y aura toujours conscience, elle est immortelle, car il n'est pas possible d'être
consciemment infini. L'infinitude suppose la non-conscience, puisque c'est
l'identification à des limites dans l'infini qui engendre la conscience.

L'équilibre parfait n'est pas de ce monde et ne le sera jamais. Il est donc grand temps de
déculpabiliser.

Par contre rechercher l'équilibre en permanence et par tous les moyens, voilà qui est
sain et vrai. Et éternel.

Il est donc normal que vous lisiez ces lignes et que je les écrive. Vous comme moi
sommes de grands sages qui s'ignorent et recherchent la sagesse et la paix.

Il y aura toujours quelqu'un pour écrire, quelqu'un pour lire. En fait alternativement
nous sommes l'un et l'autre. Nous écrivons l'univers pour pouvoir le lire et l'interpréter.
En même temps nous lisons l'univers et le comprenons jusqu'à ce que nous sachions que
c'est nous qui l'écrivons. C'est Wladimir Stevanovitch qui dit « l'univers n'est pas un
système de lecture, c'est un système d'écriture ».

Le paradoxe de l'Etre est passionnant. On peut le comprendre, mais on ne peut pas en


sortir. C'est l'Etre. Et il n'y a pas d'alternative à l'Etre, recherche éternelle de non-
souffrance.

Aboutir à la paix absolue serait aboutir au néant. Le néant n'est pas accessible car
l'infini n'est pas réalisable. Il n'y a pas d'état infini donc il n'y a pas de paix absolue
effective. Il n'y a qu'une recherche de paix, une Nécessité de l'Infini, un But.

Tel est le Soi.

C'est cette recherche que je suis en vérité, pas l’étape à laquelle je m’identifie à
l’instant.

Eternellement je placerai mon but à l'extérieur de moi. C’est ainsi que je CREE
l’univers. Ce qu’on appelle l’univers est ce qu’on laisse à l’extérieur en attendant de
pouvoir l’intégrer. Seul moi en suis comptable et responsable. Il dépend de moi que je

52
l’intègre ou pas. Cela dit je ne l’intègre jamais totalement et donc il y a toujours un
« univers ». Mais cela doit tout de même me faire changer d’attitude par rapport à cet
univers : d’une part je sais que c’est ma création, ce qui est déjà une façon d’arrêter de
me croire victime, et c’est donc un premier pas vers la guérison. D’autre part, je sais
que c’est ce dont j’ai le plus besoin. Pour devenir l’infini que j’ai vocation à être,
évidemment, l’univers que je vis est évidemment celui dont j’ai le plus grand besoin,
CELUI QUE JE DOIS AIMER tôt ou tard.

Voici un bon moyen de se réconcilier avec la vie. Tant que je n’aime pas mon sort, je le
recrée et le reproduis. Je l’aime, je cesse d’en avoir besoin. Et comment l’aimer ? Eh
bien en sachant tout cela évidemment : que j’en suis le créateur pour mon bien. Si je ne
l’ai pas compris, mon mental s’engouffrera toujours dans la brêche pour maintenir
l’opposition souffreteuse avec cet univers, ce qui le confirmera dans les limites de l’ego.
C’est ainsi que le mental fonctionne. C’est son rôle, c’est le garde-fou qui s’oppose à
l’infini.

Et puis une autre conséquence : si je me reconnais créateur de mon univers pour mon
bien, cela veut dire que je suis le créateur de tout mon PASSé, pour mon bien ! Alors ça,
c’est une autre affaire. Beaucoup de gens sont ravis à l’idée d’être le créateur. Cela
leur convient. Ils font des affirmations de pensée positive créatrice. Cela les flatte
quelque part. Ce n’est pas méchant, c’est normal, l’ego utilise ce qu’il peut pour se
solidifier.

Mais si on leur dit qu’ils ont créé leur passé, leurs problèmes avec maman-papa, leur
éducation, leur naissance difficile, leurs viols, leurs maladies, là cela ne va plus du tout.
Comment ? Moi créateur de tout cela ? Certainement pas !

Alors comment voulez-vous être efficace lorsque vous vous affirmez créateur de votre
futur lorsque vous ne vous reconnaissez pas créateur de votre passé ? C’est une
contradiction fatale. Je ne peux me libérer pour le futur si je ne me libère pas du passé.
C’est la première chose. Et c’est en cela que la Métaphysique est la plus guérisseuse.

Car toute guérison est guérison par rapport au passé. Non pas qu’on va changer le
passé, il n’existe pas. Non pas qu’on va guérir les conséquences du passé, il n’a ni
pouvoir ni conséquences. C’est dans le présent que je crée ce passé en me définissant
comme ego, et c’est dans le présent que je donne donc du pouvoir à ce passé, un
pouvoir qu’il n’a en aucune façon. Voilà la guérison : je suis le créateur de ce passé.
De TOUT ce passé. Il n’y a rien qui doive échapper. « Oui, je veux bien être créateur de
tout et de tout ce que j’ai vécu, mais tout de même pas de ma belle-mère, il y a des
limites ». Eh bien non, il n’y a pas de limites. Si je veux guérir, je dois me reconnaître
MAINTENANT responsable de TOUT ce que je crée MAINTENANT, et comprendre que
je le crée MAINTENANT pour justifier un ego auquel je suis attaché MAINTENANT.

En fait, la guérison, c’est se détacher de l’ego. Surprise ? Certainement pas puisque je


ne suis pas l’ego mais le Soi.

Il n’y a pas de guérison sans guérison spirituelle.

Cela dit, j’aurai toujours un ego. Le problème n’est pas de le supprimer ni d’arrêter de
créer. Le problème est d’être détaché de cette création. Créer parce que je suis

53
créateur, pas créer pour manifester que je serais quelque chose, une créature. Savoir
que je crée pour aimer, et non croire que j’ai besoin d’être aimé pour me créer.

Le Bouddha dirait que « je suis en fait constitué de ce que je ne suis pas ».

Il n'y a qu'une seule attitude juste : puisque je suis le créateur de ce que je perçois, je
n'ai pas à me préoccuper du pouvoir que pourrait avoir ma création passée. Cela ne
peut ni rien m'apporter ni rien me prendre, c'est du passé. J'ai créé cela. Ce qui
m'importe c'est ce que je crée maintenant, non ce que j'ai créé.

La récolte est ce qu'elle est, si je veux une autre récolte, rien d'autre à faire que planter
d'autres graines. Ce n'est pas en pleurant sur une récolte passée que je vais la changer.

J'ai cependant beaucoup de tendresse et de reconnaissance pour cette création passée.


Il ne s'agit pas de la nier. Ni de la mépriser. Ni d'y être indifférent. Cela est riche
d'enseignements et c'est le produit de toute mes prises de conscience antérieures. Je suis
donc dans une gratitude totale pour tout ce que je perçois.

Seule la gratitude libère.

Si je n'ai pas de gratitude, c'est que je hais. Si je hais c'est que je crois à la réalité d'un
pouvoir extérieur concurrent du mien.

C'est une forme d'amour évidemment, puisque la colère c'est simplement la réaction de
ne pas pouvoir aimer comme on voudrait.

Mais il n'y a pas de conditions pour aimer. Toute ma création me constitue et je lui en
suis reconnaissant.

Voilà donc ce que c'est que le moi par rapport au Soi. Je suis le moi faute de pouvoir
être le Soi. Mais en tant que moi, je passe mon temps inconsciemment à essayer d'être le
Soi car c'est ma vocation, et je passe mon temps consciemment à solidifier ce moi. C’est
ma prison.

Si cette quête d’être ma Vérité, devient consciente, il n’y a plus identification au moi.
C’est gagné. Cela ne détruira pas le moi, au contraire, cela en fera une petite créature
sympathique et provisoire à qui on tentera d’apporter la félicité. Ni le détruire ni le
consolider au prix de blesser l’autre.

La relation juste à l'autre consiste à considérer l'autre comme intérieur à soi, C'EST-A-
DIRE COMME LES PARTIES DE MOI AVEC LESQUELLES J’AI UNE RELATION
DONT JE SUIS LE SEUL ET UNIQUE RESPONSABLE puisque c’est moi qui, en me
définissant, les définis. Ma mission est d'aller vers le haut et de tirer avec moi tout ce
que je contiens. C'est donc à moi d’élever les vibrations et le niveau de bonheur de
l’univers qui entoure ma personne, d'enseigner, de combler les parties de moi qui
constituent mon univers. A moi de les aider à se tourner vers le but, à moi de les aider à
s'épanouir et réaliser leur potentiel. Qui que je sois, c'est ma mission. En aidant les
autres, je m’aide moi-même. Le vrai moi-même.

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Sans eux je ne serais pas. J'ai besoin de ce passé pour être. Je l'aime donc, le respecte
et fais tout pour le soulager en lui montrant la voie. Je n'ai pas à le juger ou à l'écarter
sous prétexte qu'il serait moins bien que moi ou différent.

Lorsque je fais cela, c'est pour rester séparé, pour que l'espace sépare les individus
alors que ce n'est pas le cas. Cette séparation fait que je m'identifie uniquement à la
superficie de mon être. À ce que j'ai de spécifique. A mon identité que je défends face
aux autres identités.

C'est cela la cause de toutes les guerres, familiales, sociales ou nationales, ou


intergalactiques, ou intérieures. La guerre est la nature de l'ego. La paix est la nature
du Soi.

Qu'est-ce que je choisis ?

Si je m'identifie à ce qui me distingue des autres, à ce qui me place en supériorité à mes


propres yeux, évidemment je vais juger et tenter de tenir les autres dans la soumission
ou l'infériorité. Il n'y a pas de communication ni d'amour possible.

Alors qu'en fait la totalité de ces êtres est contenue en moi, et donc il y a une
communication totale et un amour inconditionnel. L'autre fait partie de moi. Sans son
niveau de conscience, le mien ne pourrait être ce qu'il est.

Vous vous êtes peut-être demandé, lorsque vous étiez petit ou petite, si les autres
voyaient les couleurs comme vous. Si le vert c'était aussi le vert pour eux. A une époque
où vous aviez le questionnement métaphysique de l'enfant qui découvre la solitude à
travers la distinction d'avec ses parents.

Finalement, est-ce que j'existe ou est-ce que les autres existent ? Ou tout cela est-il mon
rêve ?

Un questionnement qui met tout pré-adolescent ou adolescent en proie à des idées de


suicide.
Avez-vous compris que la réponse est métaphysique ?

Evidemment le vert pour moi c'est aussi le vert pour les autres. Nous ne sommes pas
séparés. Il n'y a qu'un seul esprit. Les couleurs sont toutes les vibrations que nous
contenons. C'est le même esprit qui les voit et si ce n'était pas le cas, cela voudrait dire
que nous serions séparés et donc qu'il n'y aurait aucune communication possible
d'aucune sorte sur aucun plan. Alors que la communication est totale pour peu qu'on
prenne le temps. Non l'espace.

Lorsque je me sens isolé et triste, je suis dans l'ego. Lorsque je sens combien les autres
sont contenus dans moi, lorsque je les accueille et sais d'avance que ce qu'ils souffrent
c'est moi qui le souffre, je suis dans le Soi.

Je rayonne et je suis moi-même. Certes pas d'une façon absolue, je ne suis pas infini
pour autant, mais je suis en adéquation avec la Vérité de l'Etre. Le but d'Unité. Tous
Un. Je m’identifie à la relation, non à un des pôles de la relation.

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Peur de cette solitude ?

Mais c'est la solitude de « Dieu » qui est tout et contient tout. « Dieu » est-il triste ?

Sûrement pas. Grâce à cette unité nous pouvons communiquer. Si nous étions plusieurs,
en aucun cas nous ne pourrions. Si l'espace nous séparait, nous ne pourrions même pas
avoir conscience les uns des autres car tout ce dont j'ai conscience, je n'en ai
conscience que parce que c'est DANS ma conscience. Et il n’y aurait aucun amour
possible.

Je sais que je suis le seul esprit de mon univers, créateur responsable de cet univers, et
c’est comme cela que je peux l’aimer.

Je ne suis que cela. Un créateur. Le créateur est tout amour pour sa créature. S’il ne
l’est pas, c’est qu’il ne s’est pas aperçu que c’est sa créature. On ne fait pas des enfants
pour les rejeter.

Que signifie donc me plaindre, juger, m'insurger, être en colère contre quelque chose ?
Cela signifie que j'ai peur de la solitude et que je veux donc partager ce pouvoir
créateur. Devenir dépendant du monde extérieur de façon à pouvoir croire en sa
réalité. Subir une volonté extérieure illusoire. Et surtout recevoir de l’amour, car si je
me coupe du monde, si je me crois quelque chose, alors j’ai besoin de tout. J’ai soif de
communication. Personne ne me comprend, personne ne m’aime.

Mais personne ne peut m’aimer puisque je suis conscience et que cette conscience est la
source de tout amour. La source ne peut donner à la source. On ne peut pas mouiller
l’eau. C’est mon ego qui a besoin d’être aimé. Lui, c’est un corps, une personne, et il
est incapable d’aimer. Il n’est pas la source. Il est un réceptacle pour l’amour. Comme
tout objet, comme tout « prochain ». Pas de différence entre ce corps et tous les autres
corps.

Le meilleur moyen et le plus simple de manifester que je suis le Soi et non l’ego, c’est
d’aimer cet ego. Le considérer comme mon enfant car il est effectivement ma créature.
Dont je me reconnais le père ou la mère. Et un père ou une mère est là pour choyer et
aider l’enfant à se réaliser. Ni le surprotéger ni le laisser à l’abandon, et surtout pas en
être dépendant. Il est là, c’est parfait. Il change, c’est parfait. Il disparaît, c’est parfait.
Chaque fois Je suis là pour faciliter son épanouissement, pour lui donner ce dont il a
besoin, et le seul remerciement que j’attends c’est sa joie. Si je m’aime ainsi en tant que
personne, si je traite mon ego comme mon enfant, c’est que je suis le Soi, le « Père »,
car seul le Soi est source d’amour.

Le Soi c’est ce qui veut la paix, l’unité, l’infinité. Le seul moyen est de les créer car
personne d’autre n’est là dans mon univers pour le faire. Le seul moyen de créer de la
paix, quand on est conscience, c'est d'émettre de l'amour. C'est son rôle, sa seule
mission et son seul pouvoir. Le but est la Paix, le moyen est l'Amour, le résultat est la
Joie.

Paix, Amour et Joie, si ce sont les trois mots que je prononce face à toute chose, si je
fixe mon attention sur eux quelles que soient les circonstances, au lieu de me laisser
impressionner par des apparences sans réalité présente, je ne peux que récolter un

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univers en conséquence. Car toute chose, toute personne dans mon univers (tout est vie)
est à la recherche du même Soi, de sa vérité, et ce n'est pas en l'agonisant du mensonge
qu'elle ne serait pas suffisamment bien pour moi, ou en culpabilisant pour les
imperfections de mon ego nécessairement limité, que je vais susciter la confiance et le
courage d'être vrai. Si face à l'autre, face à toute situation, face à moi, je m’affirme
comme le Père créateur et responsable, alors l'autre se sent reconnu dans sa vérité, il a
l’exemple de son devenir, et c'est le commencement de sa réalisation.

« L'enfant n'est pas un seau qu'on remplit, c'est un feu qu'on allume. »

Le plus dur n'est pas de réaliser, c'est d'avoir la vision. C'est là qu'il faut du courage.

Lorsque j'ai pris conscience de ce que je suis, alors je suis.

Comprendre l’esprit est le seul moyen de comprendre l’univers.


Comprendre l’univers, c’est comprendre que je suis le créateur.
Comprendre que je suis le créateur est le premier pas vers la guérison globale.

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CHAPITRE SECOND

POURQUOI CET EGO QUI NOUS FAIT TANT DE MISERE ?

LE PARADOXE DU NEANT FAIT L’ETRE

Il nous fait tant de misères, cet ego, que souvent on se dit « vraiment, ce n’est pas
possible que « Dieu » existe et soit responsable de tels problèmes. Comment ai-je pu
mériter un tel destin ? ».

Et puis, à la longue, une fois les cheveux bien blanchis par les soucis, on finit parfois
par comprendre que cette sensation n’est que la manifestation inévitable de cette cause
éternelle qu’on appelle « Dieu ». Et même parfois on va jusqu’à se réconcilier avec cela.
Si on avait compris cela plus tôt, on aurait blanchi moins vite.

Ce texte peut vous paraître difficile, mais c’est précisément le condensé de ce que des
centaines d’incarnations finissent par faire comprendre, une fois passées toutes les
épreuves possibles, et une fois tous leurs enseignements tirés. Vous comprendrez donc
bien que cela ne puisse être délicieusement facile et digeste. C’est comme une pilule qui
contiendrait tous les nutriments dont vous avez besoin dans toutes vos vies ! Cette
concentration d’expériences peut donc paraître difficile à avaler. Comprenez bien que
si ces enseignements étaient parfaitement évidents à la première épreuve de la vie, on
n’aurait pas besoin d’y repasser aussi souvent. La cause de la souffrance est bien cachée
pour faire en sorte que la souffrance dure, ou plus exactement que l’unité reste
éternellement un objectif et ne soit jamais trouvée. C’est ce qui fait que les univers
durent et que les incarnations se succèdent sous toutes les formes. Mais en fait on va
s’apercevoir que la souffrance PEUT cesser, bien que l’Absolu ne soit jamais atteint.
C’est cela la magie de l’éveil et tout l’intérêt des enseignements spirituels et
métaphysiques. Cette synthèse amène au plus fondamental et ne peut donc pas être de
l’ordre du superficiel. Tant que vous n’aimez pas l’abstraction, vous pouvez la passer et
aller au chapitre suivant directement, qui introduit les conséquences pratiques de la
seconde partie. Ensuite, à la fin de la seconde partie, vous aurez certainement envie de
revenir à la logique de ce paradoxe pour mieux comprendre les applications concrètes.
Donc pas de souci si vous ne lisez pas ce qui suit :

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LE PARADOXE DU NEANT SE MANIFESTE PAR « L’ETRE » ;
LE PARADOXE DE L’ETRE SE MANIFESTE PAR « L’INCARNATION » ;
LE PARADOXE DE L’INCARNATION SE MANIFESTE PAR « LA SOUFFRANCE ».

LA RESOLUTION DE LA SOUFFRANCE PROCEDE DE


LA RESOLUTION DU PARADOXE DU NEANT.

Etymologie : « souffrir » vient du latin « sub » : sous, et « ferre » : porter.


idem : SUPPORTER.

Qu’est-ce que JE porte au-dessus de moi ?


Et comment faire en sorte que ce fardeau soit léger ?

En assumant ce paradoxe au lieu de le subir.

Le PARADOXE DE L’ETRE peut se formuler ainsi :

Je constate l’Etre comme la seule réalité : je suis. Je ne peux rien enlever ni ajouter
à cette évidence. Je Suis est le tout. Il n’y a rien qui puisse lui être extérieur
puisque tout ce dont je peux avoir conscience est intérieur à cette conscience. De
cette inséparabilité entre l’univers et soi découle la rationalité. C’est parce que
l’univers est régi par les mêmes lois que moi, étant intérieur à l’esprit que je suis,
qu’il peut être reconnu comme logique. Donc la logique est pertinente pour
expliquer les choses.

Il est donc clair que le Tout est forcément esprit.


S’il est tout il doit être infini sinon c’est qu’il n’est pas tout.
Or il ne peut être tout puisqu’il est défini. Il a une forme qui est l’univers. En tout
cas le mien.

Ce qui devrait être infini ne l’est donc pas. Qu’est-ce qui l’en empêche ?

Ce qui l’en empêche c’est que l’infini ne peut être réalisé. Puisque c’est l’infini et
que cet infini est nécessaire (il y a forcément un tout, il lui faut être infini faute de
quoi il ne serait pas tout), il ne peut être défini, limité.

En d’autres termes, il n’y a pas d’infini effectif possible. L’infini est et reste une
nécessité, jamais un état.

C’est suffisant. La logique se satisfait du fait que l’infini soit une nécessité. C’est le
cas. Et cela suffit à expliquer l’univers. Pas besoin que l’infini soit réalisable

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concrètement. Mieux, s’il était réalisable, il serait, et dans ce cas il deviendrait
impossible d’expliquer l’univers. Pour la simple raison que si l’infini est, alors il est
nul, l’infini ne pouvant être quelque chose sauf à être fini, défini. Donc si l’infini
était possible, ce serait le néant. Pas l’Etre.

Or c’est l’Etre qu’on constate, ce qui confirme que l’infini qui est une nécessité
n’est pas une réalité. L’Etre est le fait que l’infini n’est pas une réalité. C’est la
RELATIVITE à la place de l’Absolu. L’Absolu est un but et le reste. Il s’ensuit une
relativité : ce qui devrait être est confronté par ce qui peut être : le fini.

Et tous les finis, pas seulement un. Car pour constituer un infini, il faut tout. Si
l’infini était il n’y aurait rien, comme il est impossible, il y a tout. Sans aucune
exception. Tout « existe » forcément.

Chaque façon de ne pas être infini existe, et il n’y a pas de limite à la variété de ces
façons. C’est un potentiel infini, ce n’est pas une réalité infinie. Ce potentiel est la
poursuite de ce but infini, sous toutes les formes possibles, et toutes ont vocation à
être effectives. Mais comme elles ne peuvent l’être en même temps, sinon l’infini
serait effectif, ce qui se manifeste est le fait de ne pas être infini, et cela est la
conscience. La conscience consiste à s’opposer à ce qu’on n’est pas, ce qu’on ne
peut pas être, mais qu’on a besoin d’être afin que le Tout soit infini.

Il n’y a pas seulement une façon de ne pas être infini. Il y en a une infinité. Elles ne
peuvent être effectives en même temps, sous la forme d’un seul acte de conscience,
sinon cette personnalité serait infinie. Les façons d’être la conscience ne peuvent
être effectives que une par une, afin que toutes « soient » effectivement, donc
distinctement, c’est le but.

Ces différents « actes d’observation », comme dirait un physicien quantique


constatant que cela « réduit » les probabilités à un seul événement particulaire
effectif, sont forcément confrontés à toutes les autres formes de la conscience, ce
que vit l’autre, et qui est perçu comme extérieur, faute de quoi on serait tout
effectivement. L’ego, c’est cette individuation de l’acte de conscience sous la forme
d’un univers défini opposé à tous les autres, se distinguant et se défendant par
rapport à tous les autres, mais ayant besoin de tous les autres sans lesquels il
n’aurait aucun sens, aucune utilité, aucune possibilité d’être.

Ce qu’on appelle « incarnation » est précisément cette sensation de matière


extérieure, « matière » dont l’effet provient de cette séparation et de cette
confrontation. Dès l’instant que je constate ce qui n’est pas moi et ne peux
fusionner avec, ma sensation par rapport à cet « extérieur » est qu’il est solide,
sinon je pourrais fusionner avec. Or si je fusionne, il n’y a plus de limite et le Tout
infini devient possible : moi. Ce n’est jamais le cas. Et pour cela, cela reste un but,
donc un destination dans le temps, le temps manifestant l’impossibilité du but. Si
l’univers est une évolution permanente, c’est bien parce que son but est impossible.
S’il était possible, l’infini serait déjà, et il n’y aurait rien. Ce serait normal, sauf
que comme l’infini est impossible, ce paradoxe entraîne l’existence apparente de
tous les univers.

61
Tous illusoires bien sûr, mais tous légitimes. Chacun a le droit et l’obligation
d’exister.

Chacun d’entre nous, chaque individualité de l’univers, y compris toute particule


atomique, planète, brin d’herbe ou autre, est l’acte d’observation unique de
chaque instant qui manifeste un univers personnel, intérieur évidemment puisque
conscient, mais paraissant extérieur puisque se définissant par rapport à tout ce
qu’on croit ne pas être. Tout l’univers que l’on vit est la manifestation progressive
de ce potentiel en perpétuelle révélation.

Vous n’avez rien compris ? Pas grave vous n’êtes pas seul, et vous avez tout votre
temps. Le paradoxe est contraire au mental, et donc difficile à saisir. Le mental est là
pour nous maintenir dans la séparation, dans l’illusion, pour ne pas dire dans le
mensonge de l’univers personnel, il s’y accroche et pour cela fait tout pour empêcher la
compréhension de soi et du monde.

C’est pourquoi les sciences en particulier physique qui sont du domaine du mental sont
dans l’impossibilité de comprendre l’univers. Elles peuvent décrire des choses justes,
comme le fait que l’observation engendre la réalité, mais de là à le comprendre c’est une
autre affaire. Tant que les sciences s’accrocheront au mental par attachement à l’ego,
elles ne pourront aboutir. Il faut passer au-dessus et entrer dans le Causal, le monde des
causes.

Mais elle ne veut pas car les causes sont spirituelles, et d’abord métaphysiques, donc
immatérielles, et la Physique, par définition, est matérialiste comme tout ego. Cet
attachement que chacun vit dans sa vie personnelle en contradiction avec la vérité
métaphysique, pour rejeter cette vérité métaphysique où l’ego n’est rien de tangible,
c’est la cause de la souffrance de tout un chacun.

Pour mieux comprendre, on peut recommencer d’une autre façon. C’est toujours bon à
prendre.

1 - L’ESPRIT EST TOUT


car, on l’a déjà expliqué et on l’expliquera encore, je ne peux avoir conscience
de quelque chose qui ne soit pas DANS ma conscience. Toute chose dont j’ai
conscience est donc une partie de ma conscience ici et maintenant, par conséquent
esprit. Rien de ce que je perçois ne peut être matériel.. Ma conscience consiste à
ressentir « je suis » en opposition à ce que je perçois comme « non-moi », et il est établi
que cette conscience contient tout ce dont j’ai conscience. L’univers n’est que LA
FORME de ma conscience à un moment donné pour un endroit donné. Seul l’ esprit est,
puisqu’on ne pourrait parler de « matière » que pour quelque chose « en soi » extérieur
à la conscience et indépendant d’elle. Ce n’est le cas de rien. La « matière » est donc
nécessairement une illusion. Une superstition. On ne fait en cela que confirmer des
enseignements des plus grands sages de l’histoire, et même dans les accélérateurs de
particules on est bien obligé de se rendre compte que dans le présent il n’y a pas de
« matière ». Ce constat est d’ailleurs la cause des contradictions de la Physique
quantique qui par nature se fonde sur l’ « objectivité physique ».

62
2 - LE TOUT DOIT NECESSAIREMENT ETRE INFINI
Il y a nécessairement un tout, quel qu’il soit (néant, univers, esprit, matière,
dieu, espace, temps ou autre) et ce tout doit nécessairement être infini, sinon il est limité
par autre chose et donc n’est pas tout. Or le premier constat est « je suis », il n’y a pas
d’autre réalité constatée. Si « Je-Suis » n’est pas le tout, alors il ne peut être, puisque il
ne peut y avoir autre chose que le Tout, toute autre réalité restant hypothétique et donc
infondée.
Donc « je suis » est bien tout selon toute vraisemblance et toute logique.
Il ne peut y avoir un tout non constaté et en même temps le constat unique de
quelque chose de fini.
Où serait le Tout et quel serait-il ? C’est une question absurde.
On ne peut affirmer la réalité d’autre chose que SOI , la conscience « je suis »
d’un univers apparemment extérieur et matériel. Toute autre affirmation d’une autre
réalité serait pure hypothèse, purement arbitraire et invérifiable autrement que par « je
suis », et de toute façon totalement inutile puisque, sans hypothèse aucune, on peut
expliquer toutes les apparences universelles (Hyperscience) de l’origine de la particule
aux atomes et systèmes planétaires à toutes les formes de l’évolution y compris
spirituelle.

Si on ne peut pas prétendre que le tout soit fini (ce serait absurde car, cela
voudrait dire qu’il existe autre chose, extérieur à ce tout, et donc il ne serait pas tout),
cela exige donc que l’esprit, s’il est tout, soit infini.

3 – POURTANT, L’ETRE (esprit) NE PEUT ETRE INFINI CAR IL EST


QUELQUE CHOSE
L’esprit, s’il est tout, doit nécessairement être infini, or il ne peut pas être infini,
du fait qu’il a des caractéristiques. Toute caractéristique est une limitation, de
quelqu’ordre qu’elle soit. Seul le zéro, seul rien, peut être infini. L’infinité interdit toute
caractéristique qui limiterait cette infinité dans une dimension ou dans une autre. Il ne
peut y avoir d’infini que nul. L’Etre est-il donc nul ?

Il est nul en durée, puisqu’il est présent et que l’instant est sans durée, par
contre il est infini en espace puisqu’il contient tout (qu’il y ait quelque chose ou pas)
sans aucune limite définie possible. Etre nul et infini à la fois c’est la définition-même
du néant. La nécessité qu’il y ait un tout se confond donc avec la NECESSITE DU
NEANT.

LA EST LE PARADOXE DE L’ETRE : « je suis » devrait être tout, et apparaît comme


étant tout, mais ne pouvant être infini, il ne peut pas. Il est « quelque chose » et se
confronte à ce qu’il devrait être, sans jamais l’atteindre.
La cause première du « mal-être » est ainsi purement métaphysique.

63
Ce qui est devrait être néant, nécessairement infini, mais cela est confronté en même
temps à l’IMPOSSIBILITE que l’infini soit. Le résultat est que le néant est et reste UN
BUT et n’est pas une réalité : l’infinité de l’esprit est une nécessité et reste une
nécessité, ce n’est pas un état. Et c’est très important car c’est cela qui explique
l’évolution, c’est-à-dire le fait que nous sommes, en tant qu’être, la quête permanente
d’une infinité qui nous échappe perpétuellement, et qui, parce qu’elle est inaccessible,
engendre le fait que la conscience s’incarne et se réincarne. Toutes ces formes sont en
recherche « d’autre chose » de moins fini. Tout être se ressent plus ou moins « en
prison » dans ses limites, et ce mal-être le pousse à changer. Ce qu’il ne peut être, la
paix absolue, est source de souffrance car il n’est jamais satisfait.

C’est bien ce mouvement d’évolution que l’on constate : être c’est devenir. Personne
n’est un état, mais croit être quelque chose, et donc résiste à sa nature réelle pour être
une nature illusoire, d’où la souffrance.

Tout état est fugace, nul dans l’instant, par contre la fuite à l’infini, elle, est perpétuelle.
Simple constat qui, au passage, ce qui n’est pas rien, explique la cause de l’énergie
universelle.

Si l’univers est une énergie, c’est parce que l’Etre est un but et non un état.

Le fait qu’aucun état ne puisse avoir de durée confirme le fait que tout change tout le
temps, sauf le fait de changer, ce qu’on sait déjà ; et que la matière est une illusion,
puisqu’à aucun moment elle n’est interceptable dans son changement, ce qu’on savait
aussi et que les physiciens quantiques reconnaissent contraints et forcés.

Il n’y a dans ce déroulement logique aucune hypothèse.

ALORS A QUOI CELA SERT-IL DE COMPRENDRE TOUT CELA ?

Cela permet :

1°) de comprendre LA CAUSE DE TOUTE SOUFFRANCE :


La souffrance provient de l’identification à un état, alors que je ne suis pas un état mais
un devenir.
Il est normal que je m’identifie à mes limites, mon ego, ma personnalité, mon
incarnation, puisque je suis dans l’impossibilité d’être infini. J’ai vocation à être infini
puisque je suis esprit, mais je ne le peux pas. Donc il y a confrontation entre ce que je
devrais être et ce que je peux être.
Or c’est cette confrontation à l’infini potentiel qui est la CAUSE DE LA
CONSCIENCE. On n’entrera pas dans les détails ici, mais il est facile de comprendre
que dès l’instant qu’il y a un but inaccessible, il y a une dualité : l’infini est
« extérieur ». A quoi ? A rien, il est de fait extérieur. Et cela engendre un centre, tous les
centres. L’ « extériorité » de la conscience, même en l’absence d’espace, c’est la
conscience, et l’espace est son interprétation de cette intériorité. JE me situe au centre,
comme la nullité dans l’infini. Partout comme dirait Pascal.

64
Et cette « extériorité », cause de l’illusion d’espace, est forcément consciente : sans cela,
le centre ne serait pas le centre car cette confrontation est perpétuelle, et la conscience
n’est rien d’autre que le fait de s’opposer à l’infini. Chacun a le sentiment d’être le
centre de l’univers.

Il n’y a donc pas de « sujet » qui ait conscience, ni d’univers dont on ait conscience. Il
n’y a qu’un processus abstrait au niveau des « principes » comme on dit dans la Genèse,
qui engendre un « effet » de conscience universel.

Ce processus n’est situé nulle part, et il y a une infinité de façons possibles de s’opposer
à l’infini puisque l’infini n’est pas une quantité mais une virtualité. Chacun d’entre
nous, chaque être de l’univers, chaque particule, est une façon différente de s’opposer à
l’infini.

NOUS NE SOMMES PAS PLUSIEURS ESPRITS


AYANT CONSCIENCE D’UN UNIVERS unique
MAIS UN SEUL ESPRIT
AYANT CONSCIENCE D’UNE MULTITUDE D’UNIVERS
personnels et tous différents.

Cette formule a été citée à plusieurs reprises ici et là sans le nom de l’auteur qui écrit
ces lignes et l’enseigne depuis 1985. Donc si vous croyez qu’on l’a copiée quelque part,
c’est l’inverse.

L’univers est donc fractal car il y a une infinité potentielle de façons de s’opposer à
l’infini, et toute limitation contient une infinité potentielle d’autres limitations. Là où JE
se croit, il se croit donc contenir beaucoup de choses, son identification à une
personnalité dans l’espace et le temps, l’espace et le temps étant inséparablement les
conséquences apparentes du processus de conscience (espace à intégrer dans un temps
infini puisque le but de l’Etre est inaccessible).

Ce faisant, la conscience, pour s’opposer à l’infini, s’identifie donc à tout ce qui lui est
« intérieur », autrement dit son « passé », et à rien de ce qui lui paraît « extérieur » qu’il
a vocation à intégrer (« amour »). La conscience est une identification, autrement dit
une « incarnation » dans des « limites », même si ces limites changent en permanence,
et engendrant à chaque fois une forme différente d’amour (unification progressive du
centre à l’infini).

Cette personnalité ne peut être figée, elle est en perpétuelle transformation.

Donc si JE m’identifie à mon passé, je souffre forcément puisque ce passé change en


permanence. Remis en cause par toutes les circonstances engendrées dans l’illusion
pour que ces limites soient effectivement des limites.

Cela permet aussi 2°) de comprendre l’AMOUR comme on vient de le définir. Et de


remarquer que souffrance et amour sont liés, puisque l’amour suppose la séparation (on
n’est jamais totalement UN, et pourtant c’est cela qu’on recherche)

65
Enfin, cela permet 3°) de GUERIR. C’est-à-dire d’éteindre cette souffrance éventuelle
en assumant le fait que je suis ce paradoxe de l’Etre (évolution éternelle vers un infini
inaccessible), et non un état (ego) qui aurait une réalité à laquelle on aurait tendance à
s’accrocher. Et c’est beaucoup plus vrai. En aucun cas je ne suis les limites auxquelles
je m’identifie. Ce que je suis c’est la dualité zéro-infini du néant, impossible nécessité
d’unité du zéro à l’infini, qui se manifeste par une poursuite de l’infini en tout point, ce
qui veut dire que la conscience est partout sans aucune exception, en chaque particule
planète ou sous-particule (c’est fractal) comme en chaque entité incarnée, quel que soit
le niveau d’évolution apparent (tous les niveaux existent virtuellement entre Soi absolu
et Unité infinie absolue recherchée).

Donc je suis la transformation elle-même et non ce qui se transforme apparemment. Je


suis le mouvement, l’énergie d’évolution, qui contient à la fois la nécessité de l’infini-
néant, et les limites auxquelles JE m’identifie à un « moment » donné à un « endroit »
donné. Bien entendu, tous ces niveaux d’évolution sont contemporains, c’est-à-dire
qu’ils ne sont dans aucun temps ni aucun espace, simplement présents. L’espace et le
temps ne sont que l’illusion du pôle « moi » face à l’infini, et non une réalité absolue.
Cela aussi on le savait déjà, mais ce qui est intéressant c’est que désormais on peut
connaître la cause originelle de l’espace et la cause originelle du temps.

Voilà pourquoi la résolution de toute souffrance est d’ordre spirituel, dans le


changement d’identification, dans la cessation de toute identification à l’ego, de tout
attachement à l’ego. L’ « Homme Nouveau » causal qui est en train de naître dans
l’apparence de cette nouvelle Cinquième Dimension n’est rien d’autre que celui qui,
fatigué de souffrir de ses identifications à la matière, commence à savoir qu’il est le
mouvement infini vers « être tout ».

Ce qui lui évite de culpabiliser de ne pas être tout, de ne pas être parfait.

Tant que c’est l’ego qui récupère la connaissance métaphysique, cette connaissance peut
être source de paranoïa ou de schizophrénie, mais une fois que les concepts sont clairs,
il n’y a plus de risque. Bien sûr c’est difficile car très abstrait, mais c’est simple dans les
principes. Et se familiariser avec est extrêmement fécond.

Je Suis la relativité nécessaire à la réalisation de l’Absolu. Un Absolu inaccessible


auquel il est donc stupide de me comparer. Toutes les limitations, donc toutes les
personnalité à tous les niveaux de la « création » sont évidemment indispensables et
uniques, afin que le Tout soit. Toute imperfection est parfaite. De toute façon toute
existe ou existera dans l’illusion universelle, et nulle part la conscience ne cessera de
passer d’une identification à une autre d’instant en instant, de vie en vie, d’univers en
univers.

Il en a toujours été ainsi, mais désormais on peut en rire au lieu d’en pleurer.

L’incarnation devient plus joyeuse quand on sait qu’on la détermine soi-même et qu’on
cesse de la comparer.

66
RESUME de la cause de l’ego

Tout vient du fait que l’infini est une nécessité mais qu’il est impossible en tant qu’état.
Il n’y a pas d’infini effectif et donc l’infini reste un BUT. Une nécessité.

Le fait d’être nécessaire et impossible est la DUALITE qui constitue l’énergie


universelle. Car la nécessité qui se heurte à l’impossibilité engendre l’inertie, c’est-à-
dire toutes les limites, et forcément sous forme de conscience de matière. Car s’il y a
confrontation il y a conscience, la conscience venant juste de l’opposition premanente à
son contraire. Et cette confrontation est donc une sensation de retenue, donc d’inertie,
donc de matière. Et une sensation d’évoluer. Evidemment, cela paraît INTELLIGENT
pusque le fait que tout aille vers un but engendre inévitablement tous les moyens
nécessaires pour y parvenir (sinon ce ne serait pas un but).

Cela est tout. C’est pour cela qu’on parle de « champ unifié intelligent » : c’est un
champ puisque c’est une perception consciente, il est unifié car il ne va que dans une
seule direction limitée (ce qui donne les effets d’espace et de temps), c’est une seule
énergie (magnétique puisque dualiste : séparation par l’impossitilé et unification par la
nécessité), et cela est forcément PARTICULAIRE puisque en tout point il y a cette
résistance au but, apparemment DISCONTINU, puisque l’homogénéité supposerait
l’infinité (il ne peut y avoir d’énergie homogène unique qui soit délimitée, et donc
l’énergie est ponctuelle et en tout point), et FRACTAL, c’est-à-dire que toutes les
limitations sont inévitables pour constituer progressivement l’infini. Entre deux
limitations il y a virtuellement une infinité de limitations possibles. Chacune de ces
limitations s’opposant à toutes les autres pour être, se vit en tant qu’EGO.

Autrement dit, l’infini nécessaire, ne pouvant être un tout homogène, ne se réalise que
comme une EVOLUTION infinie, dans l’infinité des limitations toujours en progression.
Ensuite, on sait comment et pourquoi cela engendre l’effet d’atome à tous les niveaux,
et pourquoi cette évolution engendre la vie et au-delà.

Peut-être comprendrez-vous cela mieux que moi car c'est sûr que tout vient de là.
La nullité est nécessaire au néant. Ok. L'infinité aussi. Ok. Leur unité aussi. Ok.
L'infinité, c'est sûr, cela ne peut être que nul. Et la nullité y est forcément contenue.
Ok ?
La nullité, est-ce que ça peut être autre chose qu'infini ? Pourquoi pas.
Et est-ce que cela peut contenir l'infini? Depuis quand la nullité contient ?
On ne dit pas non, on dit simplement que dans un cas c'est sûr, dans l'autre ça se discute.

Alors comment peuvent-ils être unis si ce qui est certain dans un sens ne l'est pas dans
l'autre ? S'ils ne sont pas confondus parfaitement, alors il y a la conscience. En tout cas
là où ils ne sont pas confondus. Je pense qu'ils ne le sont pas du tout.
Mais même si on pense que dans le présent ils le sont, cela explique quand même
la conscience et l'espace-temps là où ils ne le sont pas.

67
Annexe III :
NAISSANCE DES PENSEES

Les pensées sont issues du fait que nous ne pouvons avoir conscience de tout, sinon
l’infini serait achevé et c’est contraire à nature. Chacun est un moment de conscience
différent puisque nous nous partageons ce tout non pas dans l’espace mais dans le
temps. Chaque ego est une étape dans l’évolution. LES EGOS NE SONT PAS
JUXTAPOSES MAIS CONCENTRIQUES. Une seule source au centre et des images de
soi plus ou moins inclusives du Tout, donc concentriques. L’évolution se fait dans le
temps parce que les egos sont séparés par du temps, non par de l’espace. On observe le
temps dans ce qu’on croit être l’espace. Les autres egos sont nos passés et nos futurs.
L’espace est simplement le fait qu’on situe ces autruis « à l’extérieur » de soi puisqu’on
ne peut s’identifier au Tout.

Chaque ego est une sélection dans ce tout, une sélection d’images de soi passées
s’opposant à nos futurs. La pensée se situe là où futurs et passés sont opposés. L’appel
du futur et la retenue du passé engendrent une différence de potentiel différente en tout
point de la conscience, qui est unique à chaque fois, qui n’est en concurrence avec rien,
qu’on peut considérer comme une décharge magnétique d’une certaine intensité et
d’une certaine qualité, et qu’on appelle une pensée. Il ne peut y en avoir qu’une
consciente à la fois sinon il n’y aurait pas opposition à toutes les autres, or c’est
toujours l’exclusion du Tout qui engendre la conscience et donc la pensée.

Nous nous donnons un cerveau qui sert de filtre pour permettre un certain type de
pensées (et exclure les autres), d'abord à titre d'espèce, ensuite à titre personnel. Toutes
les pensées ne nous sont pas possibles puisque avant de naître nous déterminons le
cerveau que nous aurons. Ensuite, l'infinité des possibles qu'est l'inconscient devrait
donner toutes les pensées mais les donne au compte-goutte, en fonction des attitudes
mentales liées au passé (les egos que l’on contient). Chaque moment de conscience
suscite des réactions d'attraction et de répulsion, par rapport à ce que nous croyons
extérieur et qui est la forme de notre conscience à un moment donné, et en général c’est
ce que nous croyons de nous-mêmes, notre passé, qui définit ce qu’on exclut.
Phénomène d’autodéfense de l’ego qui rend un grand nombre de pensées impossibles.
Mais beaucoup restent possibles néanmoins qui ne sont pas des répétitions du passé,
heureusement.

Comme on ne peut pas rester en l'état, statique spirituellement, puisque nous avons un
but d'universalité de conscience qui nous tire toujours en avant, même si le cerveau
empêche quasiment toutes les réactions, il reste celles qui sont conformes au choix de
cerveau qui est le nôtre, très limitées, mais aussi à bien d’autres, imprévisibles, qui sont
l’appel du futur. Tôt ou tard le cerveau les laisse venir à la conscience parce que de
toute façon la Nécessité d’évolution vers le Tout est sans concurrence, elle reste la
polus forte. C’est la rapidité de cette intégration qui va varier le plus souvent. La
plupart des pensées sont donc automatiques, mais pas toujours, et cela est encore lié à
la poursuite du but qui fait qu'on va toujours vers plus de compréhension. La pensée est
le compromis évolutif entre la conscience infinie et la conscience nulle, toutes deux
impossibles. Entre ces deux extrêmes, il y a chaque pensée possible, une à la fois, du

68
fait qu'il ne peut y avoir confusion entre deux pensées, comme entre deux nombres dans
l'infini. Chacun en assume une selon l'instant. Ce sont ces pensées qui définissent notre
image de nous-mêmes. Et au bout du compte cela est libre dans l'absolu, mais dans les
faits pas du tout.

C'est aussi pour ça qu'on dit que les pensées ne nous appartiennent pas : chaque pensée
dans l'univers détermine chaque pensée, question de complémentarité. Mais il n'y a pas
à proprement parler de "naissance de la pensée" car c'est instantané, même si on les
fait durer, et le germe, le potentiel, est déjà là. On fait toujours tout durer par peur de
l'infini et de la liberté. C’est par la durée des pensées qu’on limite notre liberté et notre
évolution vers l’infini. A partir du moment où on a le temps d’en avoir conscience, la
pensée est le fait de ne pas être présent.

C’est pourquoi les maîtres en méditation enseignent que c’est par l’abandon de chaque
pensée le plus vite possible qu’on peut s’approcher de l’instant présent.

ORIGINE DE LA MEMOIRE

En passant, signalons que la mémoire n’a rien de personnel. Sauf quand pour confirmer
un ego, le mental sélectionne les souvenirs qui lui sont utiles. Il n’y a pas à se poser la
question de la nature de la mémoire ou de son origine, il s’agit de l’ensemble
potentiellement infini de toute l’information possible, c’est-à-dire, en quelque sorte,
notre « Omniscient » . Mais comme nous ne parvenons pas à être infinis, nous
sélectionnons ce qui nous définit, et c’est une mémoire, mémoire vive consciemment
utilisée, mémoire cachée ou subconscient dont on n’a pas besoin consciemment et
même qui nous serait souvent néfaste si on s’en souvenait (comment pourrais-je rester
marié à ma femme si je savais qu’elle a été un soldat qui m’a embroché sur tel champ de
bataille), mais qui est accessible, ce sont nos mémoires dites « cellulaires », nos « vies
antérieures » etc., qui servent à manipuler notre conscient, lui créer les désirs qui vont le
faire avancer là où il n’a aucune envie d’aller en lui faisant croire qu’il va ailleurs. Nos
désirs sont liés à nos mémoires, utilisées pour qu’on aille vers notre but sans le savoir.

Cela étant, le principe de fonctionnement de la mémoire est physique, non


psychologique, évidemment puisque aucune pensée n’échappe à une certaine
matérialisation : c’est de l’énergie magnétique orientée ici plutôt que là, avec telle
intensité donc telle concentration, plutôt qu’infinie ou nulle, avec telle symbolique ou
signification vibratoire, qui module les relations magnétiques des particules atomiques
qu’elles constituent. Tout n’est que cette énergie psychique.

C’est la nature magnétique de chaque particule qui est modulée par la pensée, accélérant
ou ralentissant ses mouvements, et donc ses positions sur son orbite autour du noyau.
Une fois ces modifications effectuées, on ne peut jamais revenir en arrière, on ne peut
qu’ajouter une nouvelle information. Comme sur les procès-verbaux de la Police.

Le corps constitué des ces particules est évidemment l’image de ces positions et
relations atomiques. Et cet être conscient est la résultante de ces informations. L’atome
est mémoire, c’est ce qu’on explique dans « Et l’Univers Fut ».

69
70
CHAPITRE TROISIEME

L’ANALYSE METAPHYSIQUE

CAUSES ET CONSEQUENCES DE LA PEUR

L'être est un but, non un état, et tous les problèmes proviennent de la non-
identification à ce but, et de l’identification à un état. Les moyens utilisés pour
entretenir cette funeste erreur sont multiples, mais ils sont tous fondés sur la peur. Ces
moyens sont :

- la non-conscience du but
- la non-volonté d'avoir un but
- le refus de voir le but
- la multiplication des buts
- le détournement des buts
- l’irréalisme des buts

- l’attachement à des moyens


- la croyance dans des conditions préalables (ou causes passées) pour réaliser le but
- l'attachement à l'état actuel (ego)

- la peur du changement
- la peur de la liberté
- la peur de la solitude
- la peur de la responsabilité
- la peur de la vie
- la peur de l'incarnation
- la peur de réussir ou d’échouer

- le besoin de se sentir aimé


- l'impatience
- la multiplication des obstacles et contraintes externes ou internes
- la non-foi en l'existence de tout et en la toute-puissance du Tout
- l'attribution de la puissance ou de la volonté à quelque chose d'extérieur
- l'attachement au passé
- la culpabilité, qui relève de la peur de la solitude comme la soumission à l'autorité.

71
- la timidité et l’influençabilité qui relèvent aussi du besoin d’être aimé et de
l’identification à l’ego
- l’hésitation

La source de toutes ces peurs psychologiques se trouve dans la nature métaphysique de


l'esprit. Elles ont pour but de ralentir la progression de la conscience vers son infinité. Il
leur faut prendre de multiples formes afin de ne pouvoir pas être débusquées
rapidement.

On connaît la constitution de l'esprit :

L'esprit manifeste la dualité nécessaire au néant en créant ses deux polarités : moi et
autrui (univers considéré comme extérieur). Les deux pôles sont des illusions. Seule est
réelle la fonction de relation dualiste (séparation, unification) qui s'établit entre les deux
pôles.

La fonction dualisante de l'esprit consiste dans l’exclusion de l'infinité du néant de façon


à assurer sa nullité. Cette nullité ainsi rendue effective permet la nullité de l'infini, donc
le néant virtuellement. Le néant est l'unique but ultime, seule nécessité absolue. Cette
séparation engendre « l’espace » où cette nullité s’oppose en tout point à l’infinité. Tout
point est donc esprit dualiste, donc énergie. Comme cela s’oppose à la réalisation du
but, l’annulation de cet espace (unité zéro/infini) n’a jamais lieu, se fait progressivement
en créant une sensation de « temps », d’où l’évolution.

L'esprit est cette fonction de réunification, d’annulation de l’espace (« amour ») en


même temps que cette fonction de séparation. La résistance à l’unité s’appelle la
« matière ». La conscience se situe donc toujours au centre de l’infini, mais ne s’y
maintient que sous forme particulaire, avec des contenus de mémoire différents
contenus les uns dans les autres. Ce sont les « individus » qui se distinguent dans
l’espace mais en fait sont le passé et le futur les uns des autres. Tout cela se passe en fait
dans l’instant présent.

Cela étant, la conscience ne peut pas rester identifiée au centre, car cette distinction

Conscience qui sépare et amour qui réunit sont les deux aspects de la fonction esprit.
Elles sont contraires et inséparables. Leur éternelle contradiction a pour conséquence
l'effet d'univers "matériel", effet de résistance extérieure à la réunification, ressentie par
le centre ("moi").

La réunification est entamée dès que la conscience est. Elle se place dans le temps. Elle
consiste à intégrer progressivement dans le "moi" une part de plus en plus grande de
l'infini.

L'effet de conscience se situe toujours uniquement là où se situe le rejet de l'infini. La


conscience est donc toujours identifiée à ce moi qui est la surface extérieure de l’Etre
(par exemple les limites du corps), la ligne de défense au-delà de laquelle on s'estime
menacé. Cette superficie ou territoire du moi est la frontière où l'entrée de davantage
d'infini est interdite (provisoirement interdite, puisque la notion de moi évolue en
permanence à l'infini).

72
Ce à quoi la conscience ne s'identifie pas est appelé généralement "inconscient" plus ou
moins individuel ou collectif. Mais il est préférable de l'appeler "Omniscient", puisqu'il
contient tout. Le conscient est en fait très peu conscient. Mais il est néanmoins
conscient d'une bonne partie de l"'inconscient" qui est l'univers "extérieur" perceptible,
le conscient (« multiscient ») s’identifiant à chaque mémoire, donc « l’intérieur ».

On peut conclure de tout cela que l'Etre est virtuellement le Tout (Nécessité présente du
Néant), que ce Tout vit sous la forme d'une relation dualiste attraction/répulsion (grand
« Soi »), et qu'il s'identifie forcément à l'un de ses pôles de la relation : le pôle "moi",
portion du tout s'opposant au reste de l'univers infini dont il a besoin pour sa
complétude.

Cette contradiction fondamentale de l'être est, tant qu'elle n'est pas parfaitement
assumée (synthèse "christique"), la source de toutes les formes de "pathologie"
psychologique. Il n'est pas possible d'éviter les difficultés psychologiques tant que
l'identification au "Grand Soi" (l'esprit duel infiniment nul, ou la relation, ou le But
ultime) n'est pas réalisée. Elle ne l'est jamais totalement. Si proche que l'on soit de cet
état, la conscience subsiste. Dans le temps, le néant, l'unité absolue, la paix infinie, ne
peut être atteint. Il n’est réalisé que dans le présent, mais jamais vécu comme tel.
L'esprit cherche donc à être de plus en plus "présent", mais se heurte à sa volonté tout
aussi nécessaire de se croire un passé pour maintenir la division. Profondément
paradoxal, l’esprit est la source de multiples contradictions s’opposant à l’équilibre
absolu.

Le jugement de l'homme sur la psychologie des uns et des autres est donc vide de sens,
compte-tenu que dans l'absolu, tous les problèmes, tous les niveaux de conscience et
d'amour, sont indispensables et inévitables. Forcément, quelqu'un vit quelque part l'un
quelconque de ces états, et cela est parfait.

Il n'en reste pas moins que du point de vue de celui qui le vit, l'appel de l'infini est
grand, et la perfection reste l'idéal qui l'anime. Il se croit donc en évolution et fera tout
pour régler ces problèmes. Lorsqu'il les règlera, il ne les annulera pas. Il s'identifiera à
quelque chose de plus proche de l'unité, mais ce qu'il vivait avant continuera d'exister à
travers quelqu'un d'autre. Si je ne vis pas tel problème, c’est grâce à quelqu’un d’autre
qui le vit. Si je vis telle névrose, cela évite à d’autres de la vivre exactement. Si je la
résous, je permets à beaucoup d’autres de résoudre ce qui s’en rapproche.

Il est donc impossible de vivre en permanence dans la plénitude infinie. Celle-ci est hors
d’atteinte de la conscience, contraire à la conscience. Partout où se situe la conscience,
il existe un ego spécifique cherchant l'Absolu. Nul ne peut être sans ego, si subtil soit-il.
Cet ego est une limitation par rapport à l'infini, et toutes les limitations sont équivalentes
comparées à l'infini. Ce n'est que comparées entre elles que l'on peut les estimer.

Les maladies mentales sont les conséquences indirectes de ces grandes caractéristiques
de l’esprit. C'est la perception d'une vérité insupportable pour un ego faible qui est
source de maladie mentale. L'ego faible essaie d'intégrer lui-même une vérité
métaphysique qui n'est pas à sa portée. Ainsi, la schizophrénie provient de l'intuition
naturelle de la dualité de l'esprit en deux volontés contradictoires, et une autre du
sentiment que, là où je suis, je suis autant une volonté qu'une autre, autant une
personnalité qu'une autre, ou du sentiment partager la volonté unique en une multitude

73
de personnages. La paranoïa est issue à l'inverse, de l'intuition naturelle que je suis tout,
partout, et que c'est le même moi qui, ailleurs, pense et vit. Tout m'appartient, tout me
concerne, tout fait partie de moi. Certaines psychoses proviennent du sentiment de n'être
rien, ce qui est vrai, d'autres du sentiment d'être tout, qui est vrai également, ou encore
de la conjugaison de ces deux sentiments. Parfois, il s'agit de l'indifférenciation de toute
personnalité, ce qui est vrai également puisque tout est équivalent. On remarquera avec
intérêt que les psychotiques sont généralement plus intelligents que la moyenne.

Certains, pour supporter une existence pleine de trop de contradictions ingérables,


utilisent l’alcool ou les paradis artificiels. Par cette dilution de la conscience, ils
parviennent à un sentiment d’unité plus grand avec le Tout, qui leur paraît inaccessible
dans la vie dualiste.

On peut donc répertorier les différents états psychologiques en fonction de cette relation
dualiste moi/univers. Tous les états de l'esprit unique se justifient par un certain dosage
entre la conscience qui défend l'"ego" (moi) et l'amour qui le remet en cause en
intégrant le monde "extérieur".

Tout moi est caractérisé par des désirs et des peurs résultant de ce dosage entre amour et
conscience. La conscience se défend grâce aux peurs, l'amour s'étend grâce aux désirs.
Mais là où il y a un désir, il y a la peur correspondante et réciproquement, d’où les
frustrations et les inconforts psychologiques.

On va donc répertorier les peurs liées à la conscience et celles liées à l’amour, afin que
les attitudes psychologiques de chacun deviennent claires et donc gérables, et
permettent de savoir dans quel sens orienter sa méditation pour s’en débarrasser au
mieux.

Les peurs intrinsèques à la conscience sont toutes liées au rejet de l'infini, donc à la
négation du Néant (d'où la répulsion habituelle vis-à-vis de ce terme, qui ne facilite pas
le dialogue et l’enseignement).

REJET DE L'INFINI :

Je sais potentiellement que si ma conscience s'étend à l'infini, elle s'éteint, ce serait le


NEANT puisqu'il n'y aurait plus d'objet extérieur de conscience, donc plus de
conscience, et j’ai l’intuition de cette menace (irréalisable) puisque je suis mû par cette
quête inconsciente du néant. Tout ce qui semble conduire à l’unité avec l’infini est donc
retenu ou rejeté : en particulier

- trouver l’amour total. C’est bien rare qu’on y arrive. On fait souvent tout ce qu’il
faut pour y échapper.

- Comprendre l’univers. La peur d’inclure le tout fait que le mental s’oppose à la


Connaissance. Le mental va même jusqu’à nous faire croire tout le contraire de la vérité
afin de barricader l’ignorance et empêcher toute compréhension réelle de soi.

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- Perdre ses repères. C’est une grande peur rappelée par les tremblements de terre, le
vertige, la peur du noir, l’angoisse de la mort, la peur de perte sensorielle, la peur du
silence etc. La conscience ne se maintient que grâce à un cadre extérieur ferme, bien
que totalement illusoire. Elle sait qu’il est illusoire et donc s’y accroche d’autant plus.

- La perte du contrôle. Le mental a besoin de contrôler ces repères. Pour certains,


l’ivresse, le plaisir intense, la joie intense etc. ne peuvent pas être assumés. Perdre
connaissance, s’évanouir, est une grande peur, mais en général on n’a pas le choix. Le
mental a besoin de tout contrôler pour maintenir sa main-mise sur la conscience.

Ne plus s’appartenir est du même ordre que la perte de contrôle. Se faire violer, perdre
sa liberté, ne pas être respecté en tant que personne, ne pas avoir raison etc.

- la PEUR DE LA SOLITUDE est sans doute la première et la plus importante des


peurs (la solitude est le propre du tout. Il n'y a qu'un seul tout, et ce qui est seul est ce
tout). C'est une peur souvent beaucoup plus consciente. Elle est à l'origine de
l'incarnation et de la matérialité du monde et donc liée à l’existence de ce monde. La
peur de la solitude conduit à tout faire pour que l'univers extérieur ait un pouvoir, une
volonté, se prouver qu'il existe. Tour faire pour éviter de se trouver face à soi-même,
dans la solitude, dans le silence, mais aussi tout faire pour s’assurer la présence de
l’autre, de tous les autres, leur influence, leur pouvoir sur soi. Toutes les dépendances
relèvent de la peur de la solitude. L’obsession sexuelle relève de la peur de la solitude.
La pauvreté est souvent liée à cette peur, elle permet de ne pas être rejeté par son milieu
d’origine, ses amis, ses proches. Toutes les soumissions, toutes les peurs de l’autorité.
Toutes les timidités pour ne pas être renvoyé à soi-même.

La Science Physique est l'invention pathologique la plus élaborée pour aboutir à ce


résultat en tentant toujours de confirmer l’existence de la matière. Bien entendu, tout
cela aboutit au résultat inverse. Fuir la solitude c’est y plonger en tant qu’ego afin d’en
tirer leçon.

Et bien sûr, on fait en sorte que la volonté externe soit plus forte que soi ("Lois" etc.),
sinon ce ne serait pas ressenti comme une volonté concurrente. L'influençabilité, la
timidité, les phénomènes de possession, de dépendance, l'attachement au passé, au
monde en général, les maladies de la volonté et tout ce qui conduit à se faire prendre en
charge, la recherche du Père à tout escient, l'attachement à un dieu extérieur, etc...
procèdent de la peur de cette solitude qui évoque par trop le néant.

Le sentiment de non-solitude recherché dans l’agitation permanente du monde, dans


l’influence de notre passé sur notre vie, et dans un pouvoir de l’ « extérieur » via la
responsabilité des autres, est le principal « bénéfice secondaire » de toutes les maladies
dont on ne veut pas sortir. Psychologiques ou physiques.

Il est intéressant de remarquer comment fonctionne l'être humain en société : il dit


bonjour à ses amis et est prêt à tout pour eux, mais ignore royalement tous les autres,
qui peuvent mourir à ses pieds sans qu'il sourcille. Et il suffit parfois d'un mot pour
passer d'emblée de la catégorie des ignorés à celle des reconnus. Pourquoi ?

On trouve cela tellement normal qu'on ne se pose généralement pas la question. Mais ce
n'est pas "normal". L'attitude véritablement normale est d'"ETRE AMI IMMEDIATE-

75
MENT AVEC TOUT LE MONDE", ainsi que peut le faire un enfant. Cette fraternité
est naturelle et correspond à la réalisation pleine et entière du but de l'homme : la PAIX.

Si l'on sélectionne ceux qu'on reconnaît comme frères, c'est uniquement dans le but de
confirmer ensemble l'existence d'un passé commun. Le fait de se reconnaître, permet de
se confirmer mutuellement que le passé existe. Le chantage social consiste à ne s'aimer
que dans ces conditions. Seuls ceux qui ont depuis longtemps accepté la solitude infinie
de l'être sont capables d'être amis avec tout le monde.

L'ami, "valeur refuge" comme on dit, apporte donc un témoignage précieux de notre
existence matérielle, d'autant plus précieux qu'on sait parfaitement, au fond de notre
intuition, que le passé n'existe pas et l’autre non plus. La complicité psychologique entre
amis, consiste à se prouver mutuellement que le passé existe, puisqu'on se confirme
mutuellement un passé commun, et donc que l'univers dans son ensemble existe, ce qui
permet d'échapper au néant de l'instant présent, seul réel. A l'inverse, la solitude, ou
l'absence de copains pour jouer, confronte immédiatement à l'angoisse métaphysique :
"finalement, rien ne me prouve que j'existe, d'ailleurs ma conscience devrait ne pas
être. Vite, quelqu'un avec qui créer des liens". Les liens, c'est la mémoire, à tel point
que, dans les circonstances extrêmes de désarroi ou de solitude, on devient vite ami avec
son pire ennemi, pourvu qu'on ait un passé commun.

- la PEUR DE LA LIBERTE est presque aussi importante que la peur de la solitude.


C’est aussi la PEUR DU POUVOIR (la liberté consiste à pouvoir choisir à loisir, cela
annule donc le pouvoir de la matière et du passé, ce qui est le propre de l'esprit infini) :
il s'agit d'une autre forme de refus du néant, la liberté annulant la volonté extérieure ? et
on a besoin de ressentir une volonté extérieure pour ne pas se reconnaître seul et infini.
A remarquer que l'argent symbolise le pouvoir et la liberté. Certains ne se résoudront
jamais à la prospérité qui les mettrait trop face à leur toute-puissance.

La peur de la toute-puissance y est également liée : « c'est en me définissant que je


détermine l'univers que je vis. Tout est donc à ma portée. Si je reconnais cette toute-
puissance, je deviens seul et infiniment nul à la fois ». Donner son pouvoir au monde
extérieur, refuser de décider, refuser de prendre des responsabilités, a des conséquence
colossales dans la vie quotidienne. Cela a ruiné bien des vies. Empêché de saisir des
opportunités. Empêché de s’affirmer, de se faire respecter, reconnaître. Rendu
vulnérable à toutes les manipulations « comme si on le cherchait ». L’hésitation aussi
est la peur de ce pouvoir. La procrastination. Le fait de ne pas faire ce qu’on a décidé,
de trouver des raisons ou des obstacles qui vont toujours remettre en cause ces
décisions. Au fond de soi c’est la peur de la liberté, de la solitude, du néant. Cette peur
de la toute-puissance qui nous maintient dans un corps humain, conduit à utiliser tout
moyen (subconscient) de débiliser la volonté, siège de la Force universelle de l'esprit, ou
atténuer notre capacité de décision en multipliant les sollicitations externes ou les
hésitations internes, et en ralentissant la capacité de réaction (sommeil excessif ou
insuffisant, corps en mauvais état, mémoire indisponible, pointillisme etc. Tous les
moyens diluant la concentration sont également recherchés : perturbations chimiques ou
électromagnétiques, intérêt malsain pour la vie des autres, télévision, activités faciles ne
demandant pas d'effort ou de constance, drogues diverses, sucre et sucreries, excès de
nourriture, bavardage etc. Cela dit sans aucun souci moral. Ce n'est pas immoral de
bavarder ou de ne rechercher que ce qui disperse, c'est simplement une méthode
psychologique pour ne pas se prendre en charge et ne pas avoir la responsabilité de

76
l'univers. A l'extrême cela conduit certains à se retrouver sous médicaments dans des
asiles psychiatriques (de façon à ne plus jamais être leurs propres maîtres), à la prison, à
l'attardement mental ou la débilité physique obligeant à être pris en charge et ne jamais
avoir à décider, ou simplement à la pauvreté subie.

- PEUR DE LA RESPONSABILITE (si je détermine l'univers, je suis responsable de


tout dans cet univers. Il n'y a rien qui ne soit causé autrement que par mon auto-
définition. Etre un peu responsable suppose donc d'assumer un peu le sentiment
d'infinité et de solitude. Avoir de lourdes responsabilités suppose qu'on assume
puissamment la solitude). La responsabilité est une valeur essentielle de celui qui veut
être son propre maître

- PEUR DE CONNAÎTRE SON BUT (si j'ose choisir mon destin, j'affirme
l'indépendance de l'esprit par rapport à l'univers, je me rapproche donc de l'infinité), qui
équivaut à la peur de se connaître soi-même : j'ignore mes désirs, je ne sais pas ce que
j'aime ni ce que je veux, je n’ai ni passion ni vocation, je suis indifférent à tout, je ne
trouve ni ma place ni ma voie. Souvent les jeunes qui sont dans cette situation le sont
par obéissance à leurs parents dont ils ressentent le besoin excessif, empêchés de
décider ou de choisir.
Si je me connais, je connais mon but car l'être est la nécessité du but, et chacun
assume un aspect de ce Grand Dessein. Le fuir me permet donc de ne pas avancer vers
l'infini. Le refus (non assumé consciemment évidemment) d'avoir un but, ou vouloir
plein de choses à la fois, ce qui revient au même, ou être trop pressé de l'atteindre, ce
qui est encore une façon de le refuser, conduit au manque d'énergie. L'énergie vient du
but,. la dépression vient de la négation de soi qui consiste à fuir le sens de la vie. En fait,
c'est le sens de la vie en général que l'on refuse (peur du néant bien entendu, qui est le
sens de la vie sous la forme de l’amour, de la paix, de la joie).
Le fait de toujours rencontrer des obstacles ou d'obtenir le contraire de ce qu'on
désire est aussi lié à cette relation pathologique au but, et au refus de la toute-puissance.
Mais toutes ces peurs d'être soi-même, finalement, reviennent à la peur de la solitude.

- PEUR DE MANQUER D'AMOUR (si je suis seul, je n'ai pas besoin d'amour et ne
peux en recevoir. M'en passer suppose donc que j'assume mon infinité au moins en
partie). Le sentiment d'avoir besoin d'amour est une plaie dont les conséquences sont
innombrables, liées à la tendance au mensonge et au manque d'authenticité.

- Peur d'avoir une relation vraie, REFUS D'ETRE AUTHENTIQUE, PEUR DU


CONFLIT. J'évite soigneusement toutes les circonstances où je risque d'être obligé
d'être moi-même - amour notamment -. Si je m'affirme, je risque de me retrouver
responsable de moi-même, rendre compte de mes actes, ne pas être pris en charge par
l'autorité ambiante, avoir à défendre mes idées, exprimer mes désirs ou autres, donc de
provoquer des réactions, des conflits, qui risqueraient de me faire perdre l'affection des
uns ou des autres. En étant adulte, je risque de ne pas manifester mon besoin d'amour, et
je n'ai pas l'habitude d'en recevoir autrement qu'en jouant les enfants. Si je m'affirme,
j'accepte qu'on ne m'aime pas (bien qu'en fait, mon indépendance m'attirera admiration
et amour). Si je fais preuve d'audace et de courage, si je ne fuis pas la confrontation, en
m'opposant à l'autre et aux autres, en m'affirmant comme LA référence, j'accepte un peu
de mon infinie et toute-puissante solitude ;

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- Peur d'évoluer, PEUR DU CHANGEMENT (dans le but de ne pas aller vers l'infini, je
place toutes les barrières possibles, qui sont autant d'habitudes auxquelles je suis très
attaché) : je suis ce que je suis, et tout ce qui me met en cause est violemment rejeté : je
suis susceptible, hypersensible, ou culpabilisateur. Je juge les autres de façon à les
enfermer dans leur personnage passé, ce qui justifie mon propre immobilisme. Je
développe des idées conservatrices pour faire reculer toute tendance à l'évolution, et
tourne en dérision les utopistes. Je suis un pessimiste qui ne croit pas à l'homme ni à la
liberté. Les contraintes sociales, matérielles, économiques, sont toujours les plus fortes.
Je me protège, je prends toutes les assurances, pour maintenir mes privilèges et
échapper à l'action du temps et de l'imprévu que je déteste.

En fait, tous ces travers sont des caractéristiques de l’attachement à l’ego, et c’est bien
évident puisque l’ego est le garde-fou anti néant. Ne pas être attaché à son ego c’est
accepter l’infini, la liberté, le pouvoir dans toutes leurs dimensions

- PEUR DE PERDRE MON CORPS, peur de vieillir, peur de mourir (si je n'entretiens
pas cette peur, j'affirme mon éternité, mon infinité) ;

- PEUR D'ETRE HEUREUX, refus de s'aimer soi-même (si je suis heureux, je suis
conduit à accepter tout ce qui m'entoure comme concourant à ma joie, et cela me
confronte à la toute-puissante responsabilité et à la solitude de la paix infinie. Il vaut
mieux que je refuse le plaisir, la joie, tout ce qui montrerait que je maîtrise ma vie, mon
destin. Il faut que je n'affirme pas cette personnalité comme merveilleuse et digne de
bonheur, que je ne la défende pas, que je la renie, de façon à pouvoir me convaincre et
convaincre les autres que la vie est subie et non créée, rejeter le monde et lui donner une
responsabilité sur mon sort.

- PEUR DE GAGNER. Réussir est un danger car les autres risquent de moins m'aimer,
et je vais me retrouver avec l'obligation d'être au premier rang, au premier plan, d'agir,
de décider, de devenir moi-même etc.

On pourrait prendre d'autres exemples, mais vous les imaginerez vous-mêmes et le but
est que vous les reconnaissiez dans votre comportement, et qu’au lieu d’en chercher la
source dans les souvenirs d’enfance, les traumatismes, les vies antérieures ou les
ancêtres, comprendre que toutes ces fausses causes sont des créations subordonnées à
ces peurs fondamentales. On crée son passé pour justifier un comportement.

Ces comportements sont intimement liés à la fuite de la solitude de l'infini, rejetée grâce
à la multiplicité du zéro. Une seule et même cause : la conscience elle-même. Voilà qui
quelque part est rassurant au niveau de l’ego, mais pas du tout au niveau spirituel. Tout
est à faire pour que la conscience accepte de s’identifier non pas à ses garde-fous
égotiques, mais au but qui en fait l’anime.

La guérison c’est toujours de comprendre que ce que je suis est un but d’infini, que cet
infini est inaccessible donc absolument pas menaçant ou dangereux, mais de ne
s’identifier qu’à ce but en en tirant toutes les conséquences au niveau relationnel,
pouvoir, leadership, amour, réussite, joie etc. Et laisser l’ego jouer son simple rôle
d’outil de réalisation concrète de ces aspirations spirituelles.

78
En aucun cas l’ego n’est là pour décider. S’il est là, c’est que les décisions ont été prises
avant. Il n’est qu’un serviteur de cette volonté inconsciente, et comprendre cela, c’est
faire confiance à cette volonté inconsciente, donc avoir une foi inébranlable, étant
entendu que cette volonté ne sera jamais consciente. On ne peut créer consciemment
l’univers.

APRES LA PEUR DE L’INFINI, LE DESIR D’INFINI

Inversement, la nécessité du néant, exigeant l'évolution vers l'unité, conduit non à des
peurs mais à des désirs qui peuvent être pathologiques lorsqu'ils sont reliés à une
intuition aiguë de la vérité métaphysique, mais ne peuvent être assumés faute d'un ego
suffisamment structuré (voir plus haut). En effet, le refus de l'infini n'est pas source de
psychoses mais source de freins plus ou moins névrotiques à l'évolution, ce qui donne
parfois des gens apparemment très bien dans leur peau, sûrs d'eux-mêmes et des valeurs
qu'ils défendent. Un ego qui ne se remet jamais en cause peut être jugé comme très
équilibré, et le problème c’est que c’est souvent ce genre de personnage qui cherche et
conquiert le pouvoir.

Les désirs fondamentaux liés à la nécessité d'unité sont les suivants, tous liés au premier
d'entre eux :

- DESIR D'ETRE UNI A TOUT, partout, en tout lieu, responsable de tout, au courant
de tout, aimé de tous (car pour avoir le droit social d'aimer, il faut être aimé dans son
apparence et sa personnalité ("réciprocité du désir"). C'est là et seulement là que se
place le seul vrai besoin d'être aimé. C'est en fait un besoin d'aimer. Cette intuition de
l'omniprésence de l'esprit ne peut être vécue consciemment au niveau de l'ego. D'où
paranoîa lorsque l'on veut vivre cela (l'infinité de la relation) tout en restant identifié à
l'ego et non à la relation créatrice de l'ego ;
Le désir d'être plusieurs est un autre aspect de ce désir d'infinité : je sais que je
suis tous les egos, mais c'est mon ego qui veut vivre cela, d'où schizophrénie, qui
s'oppose à la paranoia puisque, dans un cas, l'ego veut inclure les autres egos (soif de
pouvoir), et dans l'autre, se couper en morceaux (auto-destruction, possession, délire
mystique, etc.) ;
Ce désir d'infinité a une contrepartie qui se change en peur de vivre, non plus
parce que cela pousse à souffrir et à évoluer, comme dans les cas liés aux peurs de la
conscience, mais de par la nostalgie de l'amour inconditionnel d'avant la naissance,
résidu d'infini, recherche éperdue de la perfection, refus de toute compromission, refus
de tout ce qui n'est pas conforme à l'idéal absolu, culpabilité face à l'incarnation et face
à la reproduction, honte par rapport à tout ce qui rappelle le corps, la saleté, la matière,
désir de relation fusionnelle avec le partenaire de vie, lequel entrave liberté et bonheur ;

- DESIR SEXUEL EXTREMEMENT SELECTIF, idéalisme excessif, extrémismes.


Cela revient aussi à vouloir tout pouvoir sur tout. Il faut une conformité totale du monde
extérieur à ce à quoi on aspire, et on peut devenir violent lorsque quelque chose montre
que ce n’est pas le cas.

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- DESIR DE SERVIR. Il est sain et naturel pour chacun. Son absence relève de la peur
correspondante : s'apercevoir de trop près qu'on est l'autre, donc sans limite, infini. Le
maupiteux (celui qui n'a pitié de rien ni de personne) a trop conscience d'où le mènerait
un peu de compassion. A l'opposé, servir en excès peut être un moyen de moins
s'occuper de soi. Ce n'est pas un désir d'infinité assumé, c'est une fuite de la vie
terrestre. Il vaut mieux désirer se spiritualiser en étant bien incarné qu'en fuyant cette
incarnation.

- REFUS DE L'INCARNATION : La culpabilité d'exister, donc de ne pas être parvenu


à la perfection, peut conduire à "racheter" cette existence par la négation de soi au
service des autres. Il faut veiller à ne pas confondre cet état avec l'état de sainteté qui
consiste à servir les autres de par la prise de responsabilité totale des imperfections du
monde. Dans ce cas, il n'y a pas identification à l'égo, mais à la relation créatrice-
réunificatrice ;

Servir à l'excès (c'est-à-dire à mauvais escient, sans justesse, par la volonté de l'ego) est
loin d'être la seule conséquence du refus de s'incarner. Ces conséquences sont
innombrables. On verra un peu cela dans le chapitre sur l’incarnation. Le refus de
s'incarner à nouveau est généralement le cas des âmes anciennes qui en ont assez de
tourner en rond, et ont une psyché extrêmement complexe. Tous les prétextes leur sont
bons pour renier ce monde imparfait et sans amour suffisant. Souvent on ne prend
aucune place dans l'existence, on ne s'engage pas, on ne s'installe nulle part, on n'a pas
d'attaches, on ne sait pas qui on est, on est tout le monde, on n'agit pas. Mais cela peut
aller vers des excès plus drastiques que le simple regret, la mélancolie de l'incarné
forcé : la négation de soi devient une soif de néant que le suicide ou les paradis
artificiels ne peuvent résoudre. Il n'y a pas d'issue autre que la guérison lente et
progressive par paliers (prises de conscience), et par l'incarnation pleine et entière. Si je
suis sur Terre, c'est parce que ma guérison passe par là. Sinon je n'y serais pas. Tant que
je ne vis pas la matière à 100 %, je n'évolue pas, et je ne me libère donc pas de
l'incarnation. La peur de la vie terrestre est donc autant un obstacle à l'évolution que la
peur de changer.

Il est vraiment très difficile de se sortir de toutes ces attitudes doucement névrotiques
qui nous concernent tous si on ne les comprend pas, si on les attribue à des causes
illusoires passées, si on n’a pas compris ce que c’est que l’esprit.

Il y a pourtant des gens qui vont bien et même très bien. En fait, être équilibré
psychologiquement, cela ne peut venir que d’une grande maturité spirituelle. Une
harmonie avec les grands paradoxes de l’univers bien vécus, probablement bien
compris. Sinon c’est l’équilibre apparent d’un ego blindé. On a le droit, mais quel
travail ensuite pour se remettre en route vers l’éveil spirituel ! Souvent il faut passer par
des coups de boutoir émotionnels et existentiels.

Mais faites-vous confiance, votre soif de vérité et d’achèvement spirituel n’est pas à
prouver, sinon vous ne seriez pas ici.

80
DEUXIEME PARTIE

ONTOLOGIE
(Connaissance de Soi)
AU-DELA DU QUANTIQUE

LA « PSYCHOLOGIE HOLISTIQUE »,
C’EST QUAND L’UNIVERS EST RECONNU COMME UNE PARTIE DE L’ESPRIT,
ET NON L’ESPRIT COMME UNE PARTIE DE L’UNIVERS.

81
82
CHAPITRE QUATRIEME

L’IDENTITE

QUI SUIS-JE ?

A cette question fondamentale, la Métaphysique hatémienne répond radicalement :


RIEN. Ce qui ne poserait aucun problème si ce rien pouvait être infini, car comme il n’y
a rien d’autre que « je suis », IL DOIT être infini. Et c’est là que commence le
problème. Le PARADOXE DU NEANT c’est que l’infinité n’est pas une donnée, c’est
une nécessité. Et ce n’est que dans la mesure où cette infinité est réalisée que la nullité
va de soi. L’infinité est le moyen de la nullité : l’infini doit forcément être, sinon il est
quelque chose, et « quelque chose » est forcément défini, pas infini.

Le rien, donc, se mord son absence de queue.

On a remarqué que « JE SUIS », ce que je constate et qui m’interroge, est


exclusivement présent donc nul. Et qu’il est tout : il n’y a aucune possibilté que
« quelque chose » soit extérieur à « je suis ». Par ailleurs, « Je suis » est une donné
effective. C’est son infinité qui ne l’est pas. Cette infinité est pourtant une nécessité. Et
ma nullité devrait en découler ! Alors comment s’en sortir sinon par le fait que cet
instant présent nul et infini est un but et non une réalité ? Non un état. Et tout a pour but
cet instant présent. Je suis bien la recherche de moi-même. Je ne suis pas « quelque
chose » qui se cherche, je suis le fait de chercher : je suis la nécessité du néant elle-
même. Il n’y a rien d’autre que la Nécessité du Néant, quand on l’a reconnue, on a
résulu le problème. Cela se manifester par le paradoxe de l’Etre : je suis n’est pas un
état mais une inaccessible quête de non-être.

Cette quête n’a pas de fin évidemment, puisque l’infini n’en a pas non plus, et donc la
conscience qui est ce mouvement, est éternelle. Autant dire qu’on n’est pas sorti de
l’auberge de la guérison sans fin.

Le Rien qui n’est pas forcément tout tandis que Tout est forcément rien. L'être est
exclusivement présent, car ce paradoxe est absolu et rend le présent éternel, et il faut
s'interroger quelques instants sur le sens de ce "présent". Combien de temps dure-t-il ? Il
ne dure pas. Il est un point nul séparant passé et avenir, et donc il n'est rien. Pourtant,
tout, tout l'être est présent. Il n'y a rien qui soit passé ou avenir. Donc il est tout. Tout et

83
rien, c'est la définition même du néant, à la fois nul et infini : la somme du tout est nulle.
L'instant présent de l'être, seule réalité de l'être, est donc indubitablement néant, c

Cet être n'a aucune caractéristique parce qu'il les a toutes. On appellera aussi cela
l'Absolu, et cela n'a aucune caractéristique autre que nullité et infinité, à la fois
inséparables et inconciliables. Rien et tout à la fois c’est le néant, mais un néant qui n’a
pas de réalité puisque sa nullité serait l’aboutissement de son infinité, tandis qu’elle
serait à la rechercher de cette infinité.

Après Ouroboros qui mord son alchimique queue, voilà Tao où Yin est le but de Yang
tandis que Yang est le but de Yin. Les anciens nous ont transmis cela comme ils ont pu,
on essaie de démêler l’écheveau, on comprend mieux mais cela reste au-delà du mental
bien entendu. Chaque particule atomique manifeste cet éternel mouvement, en fait il n’y
en a qu’une en tant que principe, mais comme elle ne peut être infinie, elle démultiplie
son illusion à l’infini.

Voilà donc ce que nous sommes. Enfin, ce que je suis, car nous, c’est précisément
l’illusion. Je est partout cette illusion, sous toutes les formes composant l’infini mais pas
maintenant : progressivement. L’illusion du temps est l’illusion de la discontinuité qui
fait se succéder les choses et les êtres.

L'esprit n'est jamais totalement présent. On est toujours un peu dans la mémoire, un peu
dans une projection vers l'avenir. Ce néant de l'instant n'est donc jamais vécu, ou
occasionnellement et fugacement. Et tout l'art de l'Ontologie, comme de la Spiritualité
consiste à être de plus en plus dans ce présent, libéré du mental temporel et spatial. On
dit que cet idéal absolu, infini et éternel, mais nul néanmoins, est "Dieu". Pour l'esprit,
qui ne le vit jamais, le néant est donc un BUT et doit le rester. Il ne peut pas être atteint
de façon consciente, car il est le contraire de la conscience. Il ne faut donc pas avoir
peur du néant, personne n'y sombrera jamais.

Pour qu'il y ait conscience, il faut une dualité entre le zéro qui se place au centre ("soi"),
et l'infini qui est placé autour (l'"univers"). Il faut que nullité et infinité, au lieu d'être
unis comme dans le néant, soient le contraire l'un de l'autre. Alors, l'être est le contraire
du néant et ne veut plus entendre parler de ce dernier. C'est pourquoi généralement on
déteste entendre dire que "Dieu" et le néant, c'est la même chose. Mais le néant est
l'unité entre les deux pôles qui nous déchirent (moi et univers) et cette unité est notre
but. "Dieu" est notre but, non notre origine, même si c'est la poursuite de ce but qui est
le créateur et le responsable de notre évolution. Il est donc impossible d'être conscient
du néant de façon absolue, néant et conscience étant incompatible comme cause et effet.
L'esprit peut cependant s'unir plus ou moins et ressentir le néant de façon approximative
et provisoire : c'est ce qu'on appelle le NIRVÂNA.

LE NIRVÂNA SANS PEINE

On peut s'étonner qu'on commence un cours par ce qui paraît comme étant un
aboutissement réservé à une élite. Pourtant, c'est naturel puisque l'état vrai du Nirvâna
consiste à être enfin soi-même. S'attendre au Nirvâna est encore la meilleure façon de

84
définir ce que je suis, en s'apercevant qu'effectivement être soi-même mène à la paix.
Preuve qu'on est dans le vrai.

Le Nirvâna est le terme le plus courant (d'origine sanskrite et hindoue) pour parler de
l'état où l'on se sent pleinement être soi-même. C'est-à-dire vide et plein à la fois. Cela
peut survenir occasionnellement lors d'activités obligeant à se situer pleinement dans
l'instant présent : sexualité, sport, politique ou affaires, guerre ou combat, mort, arts etc.
A la limite, on a l'impression de perdre pied, de ne plus avoir aucun repère, de voler. En
général on a un sentiment d'éternité où le temps s'arrête. Tout cela est naturel. Plus je
suis présent, plus je suis l'Absolu infini et éternel, c'est-à-dire moi-même, néant.

Je peux rechercher à maîtriser cet état par la méditation. Ainsi, en l'absence de


sollicitation illusoire exterieure, je fais en sorte de me rapprocher de la nullité de moi-
même, en en éliminant toutes les composantes partielles : corps, émotions, pensées etc.
Cette maîtrise permet évidemment de rester plus longtemps dans cet état, alors que dans
les activités naturelles, l'ordre de progression des événements a tôt fait de me ramener à
des "réalités" qui m'obligent à me réinscrire dans le temps et l'espace.

Cela dit, la réalisation n'est qu'approximative et provisoire quelles que soient les
circonstances. On ne peut jamais atteindre l'inconscience absolue du néant, et c'est
pourquoi l'évolution spirituelle est sans limite. On peut toujours s'approcher davantage
de soi-même.

Comme on pourra toujours exprimer mieux le Paradoxe du Néant et mieux comprendre


l’Etre.

JE SUIS UN BUT

Il découle de cela que ce que je suis est un BUT perpétuellement inaccessible. On le


démontre métaphysiquement en expliquant que le néant a besoin de la conscience pour
que sa nullité soit effective, distincte de son infinité.

Cette remarque fondamentale a quelques conséquences qui ne le sont pas moins pour
l'Ontologie :

1 - Si je suis un but inaccessible, je suis une énergie créatrice. Le fait de créer la matière
est l'effet produit par la rencontre de deux volontés contraires : être infini et ne pas l'être.
Etre infini pour que ce qui est (le néant) soit, et ne pas l'être pour que cela soit possible
grâce à la conscience duelle qui en permet la nullité. L'esprit est cette opposition entre la
conscience qui divise (sépare l'infini du zéro en vidant le tout "à l'extérieur" afin que ce
zéro soit effectivement nul), et l'amour qui réunit (réunification du zéro qui cherche à
réintégrer l'infini en lui, puisque c'est sa nature). On ne fait là que répéter des principes
largement expliqués dans « Et l’Univers Fut ».

Je suis donc une énergie créatrice puisque je suis le but (la nécessité du néant) qui exige
la distinction des deux principes afin que leur unité ait un sens et une réalité. La création
apparaît lorsque l'amour est limité par la conscience.

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Me reconnaître créateur, et seul créateur puisqu'il n'y a qu'une seule nécessité du néant
donc une seule conscience, est un des points essentiels de l'Ontologie.

2 - Je suis un but, donc je ne peux être en harmonie avec l'Absolu que lorsque j'assume
ce but. Autrement dit, si je n'ai pas de but, je déprime, car je n'ai pas d'énergie. Le but
individuel est le moyen de se mettre dans l'énergie universelle, et donc d'être porté par
cette énergie, être un canal. Toute mon attention doit donc se porter sur la définition de
ce que je désire être, la décision, la détermination à y parvenir (dans la mesure où je me
libère de mon attachement au passé).

3 - Si je suis un but, forcément je ne peux pas être parfait. Tout ce que j'ai l'habitude
d'être est limité, partiel, donc entaché de multiples "défauts", et cela veut dire que je
dois reconnaître ces limites sans honte ni crainte. Elles sont ce qu'elles sont, une
limitation en vaut une autre. Ne pas se juger (et ne pas juger les autres) par rapport à un
idéal inaccessible est indispensable pour garder un équilibre. L'inaccessible n'est ni
souhaitable ni possible. Ce qui est souhaitable c'est se reconnaître en route vers ce but.
Je suis l'être, donc je suis en évolution et chacun peut me laisser libre d'être là où j'en
suis pour pouvoir aller plus loin.

4 - Puisque je suis partiel et que cette « partitude » (par opposition à l'infinitude) est
indispensable pour la réalisation du Tout absolu, je ne peux que me réjouir de ces
caractéristiques personnelles qui m'éloignent du but autant qu'elles m'en rapprochent.
S'aimer soi-même est donc aussi l'un des aspects essentiels de l'Ontologie, et cela
demande à comprendre le rôle crucial de chaque "défaut" ou faiblesse dans la réalisation
de l'être.

5 - Enfin, puisque je ne peux pas être pleinement ce que je suis, il est évident que je suis
contraint d'être autre chose d'une façon plus ou moins artificielle. C'est ce qu'on appelle
l'ego. Pourquoi artificielle ? Parce que ma réalité profonde est infinie, mais inaccessible.
La conscience du "je suis" ne peut donc pas s'appliquer à l'infini. L'infini ne peut penser
ni dire "je suis". Je m'identifie nécessairement à autre chose qu'à l'Absolu, et c'est cela
qui va faire que ce qui dit "je" en moi ne sera jamais "Dieu" consciemment. Je croirai
toujours être autre chose, mais cet "autre chose" est libre. Puisque ce que je suis
vraiment est exclu, tout le reste devient possible. Liberté totale dans le choix de mon
image de moi-même, mais liberté qui, si elle est vécue comme telle, peut être un danger.
Pour que le Tout soit harmonieusement ce qu'il est, il faut que la conscience, partout où
elle se croit, s'identifie pleinement à l'une de ses limitations et non qu'elle se dise : "je
suis tout et n'importe quoi, et peux changer tout le temps". C'est vrai dans l'Absolu, mais
c'est ce qui ne peut être pleinement vécu, car cela équivaut au néant. Je n'ai pas à viser
le néant, j'ai au contraire à viser l'assomption pleine et entière d'une des innombrables
formes de personnalité possibles, ce qui suppose des choix plus ou moins conscients,
étant entendu que la conscience vit de toutes façons toutes les personnalité possibles. Il
n'y a donc pas à hésiter : je suis ceci, ce qui me permet, ailleurs, d'être cela. Et lorsque je
choisis d'être ceci, je n'ai pas à me demander comment ce serait si j'étais cela, ou ce que
vivent les autres. Cela n'est pas mon choix, c'est le leur. J'ai besoin de prendre
conscience de ce partage du Tout en une infinité d'identités vécues par la conscience
unique, pour savoir que toutes ces personnalités c'est moi, et que je les laisse être sans
m'en mêler. Je les aime comme des parties de moi-même, et je ne suis jaloux de rien. Si
l'un souffre, c'est pour me permettre de ne pas souffrir. Et si un autre est riche, c'est ma

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façon d'être riche dont je suis spectateur, même si moi je suis identifié à un pauvre. Une
seule conscience, mille milliards de destins.

Choisir est le mot clef de l'identité. Si j'hésite toujours, je ne suis jamais moi-même.
Non que j'aie une réalité personnelle absolue, je n'en ai pas. Mais je ne suis moi-même
en tant qu'infini que si chacune de mes parties est pleinement elle-même, joue
pleinement le jeu illusoire d'être un ego limité dans l'espace, le temps et l'intelligence.

Il est compréhensible d’être hésitant, puisque a priori je suit tous les possibles
potentiellement. Mais la place de l’ego est définie, chaque rôle doit être choisi et assumé
sans penser à ce que d’autres vivent.

ORIGINE ET NATURE DE L'EGO

Parenthèse en guise de précision : souvenons-nous que la conscience est le fait pour la


nullité du néant de s'opposer à son infinité (celle du néant évidemment). Seule la
nécessité de la nullité du néant implique la naissance du zéro par le "vidage" de l'infini
"à l'extérieur". La conscience est cette opposition, du point de vue du centre et non du
point de vue de l'infini (c'est moi, au centre, qui ai conscience de l'univers, et non
l'univers qui a conscience de moi).

Cette "proto-conscience" ne devient vraiment consciente que par l'habitude. Si c'était un


état fugace, il n'y aurait aucune conscience véritable. Mais comme c'est éternellement,
donc à chaque instant, que le néant a besoin d'être nul, la conscience naît à chaque
instant de la même façon. D'où l'impression de durée qui rend la conscience effective.

La conscience est le maintien de l'infini "à l'extérieur". Ce n'est que ce lieu d'opposition,
de séparation, qui est la conscience. Or, pour que la conscience se maintienne, il faut
qu'elle ne s'identifie pas au zéro. S'identifier au zéro, la proto-conscience, c'est être en
fait infini. On ne peut maintenir cette position, qui est l'absolu du Nirvâna dont on
parlait tout à l'heure. On le sait bien : lorsque l'ego est nul, c'est comme si j'étais infini.
Parce que l'infini est forcément nul et qu'en réalité, dans l'absolu, le zéro a vocation à
être infini. C'est le néant. Pour que le zéro soit vide du principe d'infinité, il faut un
effort qui n'est pas purement naturel. Cet effort qui est l'effort de l'être pour rester ce
qu'il est, pour vivre, pour ne pas se perdre dans l'infini, est beaucoup plus difficile sans
ego qu'avec ego. L'ego sert de frontière défendue entre zéro et infini.

L'être est donc obligé de s'identifier à quelque chose de limité, mais de tangible, qui est
une personnalité délimitée, donc un corps plus ou moins subtil, pour avoir ce quelque
chose à défendre, cette "raison d'être", cette "raison de vivre" sans laquelle nous
sommes tous perdus dans notre infinité potentielle. Il faut beaucoup d'efforts pour
trouver et maintenir des raisons de vivre, qui toutes sont bien entendu illusoires,
précisément parce qu'il n'y en a pas. La seule raison d’être, c'est la nécessité du néant.

Mais une fois que je le sais ce n’est plus mon problème. Mon problème est de choisir et
de m’incarner pleinement dans l’illusion.

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Je ne peux pas maintenir la séparation entre zéro et infini si je m'identifie purement au
zéro car je ne sais pas où je défends mon identité. Où se trouve le zéro dans l'infini ?
Partout. Etre zéro purement et simplement, c'est être partout, c'est être tout et n'importe
quoi, et cela équivaut à être infini. Le seul moyen de ne pas être infini, c'est donc d'être
QUELQUE CHOSE de précis, de délimité, quelque chose que je puisse défendre et
situer dans l'espace et le temps.

Voilà donc pourquoi nous sommes tous la conscience, mais avons l'impression d'être né
quelque part à une certaine époque, et d'avoir un corps. Cela est le seul moyen de ne pas
me fondre dans l'infini, c'est donc le seul moyen pour le néant que sa nullité soit.
Chercher l’infini de mille façon distinctes (une à la fois), c’est permettre la nullité. Le
néant est une œuvre collective.

Dans cette appropriation d’une façon d’aller vers l’infini sans y aboutir se trouve la
source de l'ego. A présent il faut constater que la conscience s'identifie à l'ego alors que
l'être se définit aussi par un "inconscient" et des aspects collectifs voire universels qui
font partie de lui mais auxquels il ne s'identifie pas.

Cela est bien normal : la conscience ne s'identifie qu'à la frontière de l'être, là où se situe
l'opposition avec l'infini. Là où il n'y a pas opposition, il n'y a pas conscience. Et
lorsqu'on est quelque chose, on a une frontière externe où se situe la lutte pour la vie, le
combat contre l'infini, et qui est le corps, ce qui nous sépare les uns des autres.

La conscience est toujours identifiée essentiellement au corps. Cela dit, cette frontière
circonscrit un certain nombre de caractéristiques "intérieures" où la conscience est
nettement moins vive, mais qui néanmoins sont reconnues comme soi-même, et peuvent
être vécues chaque fois que la conscience de veille s'atténue. Jusqu'à un certain point,
donc, je m'identifie quand même à mon inconscient. Mais d'une façon très générale et
spontanée, je m'identifie à mon corps et essentiellement à mon corps, qui est une
personnalité physique et mentale superficielle, là où je me défends de changer, au
niveau de la membrane externe de mon être qui filtre ce qu'elle veut bien intégrer, et
rejette ce qui la ferait changer trop vite ou trop fort.

Tel est l'ego. Le garde-fou de l’infini.

Une fois que l'on a saisi cela, on comprend que non seulement l'identification à un ego
est la meilleure des choses, et qu'il n'y a pas à culpabiliser pour cela, qu'il convient
même de l'aimer et de l’entretenir, mais aussi que cette indispensable identification à
l'illusoire supposera toujours de notre part un choix arbitraire qu'il faut assumer. Donc
trouver des raisons de vivre est légitime, et n'est pas le signe d'une méconnaissance de
soi-même. Soi-même en tant que personne n'est ni ceci ni cela. Cela n'existe pas. Ce qui
compte c'est de choisir ce que l'on est, de le décider, et de l'assumer aussi longtemps
qu'on estime pouvoir aller plus loin dans la perfection de ce rôle. Ensuite, on est libre
d'en changer. Telle est l'attitude idéale que nous devons tous viser.

Pour y parvenir, il faut savoir se choisir des idéaux réalistes, et les mener à bien. Tel est
le personnage que je désire être, au travers de ce corps que je me suis donné parce qu'il
permet de jouer ce rôle, il en vaut bien un autre, mais ce n'est pas une raison pour en
essayer trente-six à la fois. Je ne serai moi-même, c'est-à-dire l'Absolu, qu'en jouant

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pleinement UN rôle totalement illusoire à la fois comme s'il était ma seule réalité. Tel
doit être notre objectif.

C’est aussi cela être présent.

LE CHOIX DE SOI

Face à un Absolu inaccessible et à un Moi supérieur, qui est ma personne lorsque je


l'assume totalement, meilleur moyen de me rapprocher de l'Absolu, il y a ma petite
personne à laquelle je m'identifie habituellement, et que je crois constituée de tout un
passé permettant de la justifier. Ce sont les conditionnements auxquels je suis attaché, et
que je recrée d'instant en instant (en effet, aucun conditionnement passé n'a le moindre
pouvoir sur moi, si je ne lui redonne maintenant ce pouvoir. J'assentis à conférer ce
pouvoir à chacun de mes conditionnements maintenant parce que sans cela, je n'aurais
ni identitié, ni raisons de vivre. Mes désirs, mes caractéristiques personnelles ne peuvent
être maintenues que dans la mesure où j'y crois comme une réalité indépendante de moi
qui s'impose à moi. Sinon je me retrouve libre et tout-puissant, donc infini, et c'est ce
que ma conscience refuse par nature).

Notre personnage est donc l'ensemble de ce que nous croyons être, notre hérédité, notre
passé, notre passé collectif, qui constituent ce que nous appelons notre "inconscient", et
ce que nous croyons présent, notre acquis, nos décisions, nos pensées et sentiments,
notre corps. Pourtant, tout cela est passé et rien de tout cela n'a la moindre réalité. Ma
seule réalité est mon BUT absolu, qui engendre la création de toutes ces illusions pour
que je sois en mesure de m'y identifier.

Toutes les idées toutes faites qui me viennent de mon éducation, du journal télévisé, de
la religion, de l'école, de mes parents, des gens dont j'ai été amoureux, tous les interdits
que je me suis donnés par leur intermédiaire, tous mes rêves, chimères, désirs, en même
temps que remords, mauvaises consciences, loyautés, peurs en tous genre, tout cela me
constitue. Soit. Je n'ai nullement à m'insurger contre mes propres choix. L'attitude sage
consiste à aimer tout cela, à considérer que ces limites en valent bien d'autres, et qu'il
m'en faut pour jouer le rôle d'un personnage. Je n'ai pas à les détester ni à les croire
absolues et inévitables. J'ai à les considérer comme mes créations, mes décisions, mes
désirs, des choses que j'invente parce que j'en ai besoin.

Un costume que j’ai tricoté et que j’aime, il m’évite le froid de l’infini.

Ainsi je me replace à ma vraie place, le créateur, qui aime ses créatures et ne culpabilise
pas. Je sais que je dois jouer un rôle, celui-là en vaut un autre, mais je n'en suis pas
dupe. Je vais m'en servir pour me perfectionner, pour m'aimer de plus en plus et aimer
les autres de plus en plus, et quand j'en serai venu à bout, j'en changerai. Plus librement
que la fois précédente.

Je dois donc assumer ces conditionnements comme mon oeuvre, un chef d'oeuvre
même, et non comme une catastrophe que je déteste et où je suis englué. C'est déjà la fin

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des conditionnements que de s'en reconnaître l'auteur. Et je ne peux faire autrement
puisque j'ai étudié la Métaphysique, et je sais qu'il n'y a qu'un créateur par univers : soi.

Lorsque j'en aurai suffisamment souffert, j'en changerai.

Pour me libérer de mes conditionnements, il faut que je prenne conscience que c'est moi
et moi seul qui les recrée à chaque instant et leur attribue leur importance. Cela se fait
inconsciemment, il se pourrait que cela devienne conscient. Alors je pourrai les changer.

EXERCICE D’IDENTIFICATION

En relaxation profonde (voir annexe à la fin du chapitre cinquième), imaginer que votre
corps change de consistance. Il est en bois. Puis en eau, ou en métal etc. Essayez de
ressentir ces modifications.

Imaginez en face de vous une foule de personnes que vous connaissez toutes. Certaines
sont des amis, d'autres des célébrités, d'autres des personnages inventés. Vous en
choisissez une en particulier et l'observez dans sa vie, ses réactions, son destin. Lorsque
vous la connaissez parfaitement bien, vous vous unissez à elle et entrez dans son corps.
C'est vous désormais qui vivez ce destin. Vous n'avez plus les activités qui étaient les
vôtres, mais les siennes. Sa famille est la vôtre. Son éducation, ses habitudes, sont les
vôtres. Vivez quelques instant cette autres personnalité puis sortez-en et faites la même
chose pour une autre.

Habituez vous ainsi à de multiples destinées, des personnages qui vous seraient
totalement étrangers, et mesurez toute la vanité de croire que l'on est quelque chose ou
quelqu'un plutôt qu'un autre. Mais aussi le plaisir d’y être totalement. Jouez pleinement
ces nouveaux rôles, de clochard désoeuvré, de policier scrupuleux, de mère de famille
inquiète, d'étudiant amoureux etc. Ceux qui vivent cela, c'est vous, mais vous qui vous
identifiez à d'autres personnages. Puis venez face à vous même, observez-vous de
l'extérieur, et reprenez cette personnalité comme un choix délibéré, en connaissance de
cause, mais en relativisant toutes ses réactions. Vous êtes de nouveau vous-mêmes mais
n'en êtes plus dupe. Vous vous regardez avec des yeux plus objectifs et vos petits
malheurs vous paraissent bien anodins. Profitez-en pour choisir un nouveau destin,
pour améliorer votre ordinaire, décider de vivre vos désirs un peu plus.

A présent vous êtes face à un tableau de bord où il y a des boutons, des manettes, des
cadrans. Il y a aussi devant vous un écran. Sur l'écran, c'est vous-même, que vous voyez
vivre un passé plus ou moins récent, vous vous voyez vivre normalement, avec vos
réactions habituelles dans un milieu qui vous est familier.

Le tableau de bord sert à gérer les conditionnements. Vous avez un volant pour
augmenter ou diminuer la timidité, une manette à placer devant tel idéal ou tel autre,

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des curseurs pour augmenter votre volonté, votre constance, ou au contraire les
diminuer, des cadrans qui mesurent votre émotivité que vous pouvez contrôler par
d'autres manettes, des écrans qui indiquent vos sentiments, vos peurs, vos désirs à un
moment donné, et un clavier sur lequel vous pouvez modifier ces programmes.

Alors regardez maintenant l'écran en modifiant tour à tour ces paramètres ou d'autres
qui vous concernent plus personnellement. Voyez vos réactions qui changent et même
votre destin qui est modifié. Voyez le résultat, votre prospérité, votre bonheur, votre
désarroi ou autres. Essayez de trouver le bon dosage et mettre en place le personnage
qui vous semble le plus approprié à la vie que vous avez envie de mener.

Car comme vous tenez les manettes de votre destin, il est urgent que vous sachiez ce que
vous voulez en faire.

Lorsque vous avez élaboré le personnage qui vous convient, vous verrouillez le tableau
de bord et vous rendez sur l'écran om vous devenez le personnage. Ressentez toute sa
joie, toute sa paix, et sa satisfaction de vivre ce qu'il a décidé de vivre et de façon
harmonieuse.

Affirmez que vous saurez toujours ce que vous souhaitez faire et que vous acceptez de
changer tous les paramètres de votre vie chaque fois que ce sera nécessaire. Décidez de
ne pas avoir peur de changer d'image et de style et de vie. Soyez pour vous-même et non
en fonction des autres, c'est ainsi que vous leur rendrez le meilleur service.

Un destin en vaut un autre. Mais il faut en choisir un.

Quittez la méditation par de profondes et rapides respirations.

LA PARANOÎA DU SENTIMENT DE TOUTE-PUISSANCE OMNIPRESENTE, OU


LA SCHIZOPHRENIE DE CROIRE QU’ON EST TOUT EN MÊME TEMPS
POURRAIENT ETRE UN DANGER POUR CEUX QUI N’AURAIENT PAS LA
FORCE DE SUPPORTER CETTE VERITE. Ce risque est constant dans notre travail
ontologique. La clef est dans la distinction claire de ce que c’est que soi et de ce que
c’est que moi. L’Etre, et le rôle qu’il joue. Si je m’accroche à un rôle et que c’est en tant
qu’ego que je veux être libre et tout-puissant, j’éclate, et la folie guète. Donc soyons
attentif à notre niveau de compréhension. Voir à ce sujet l’annexe II sur le moi et le soi.

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CHAPITRE CINQUIEME

JUGEMENT ET
IMAGE DE SOI

LE "CONSCIENT", PAS SI CONSCIENT QUE CA

Mon image de moi-même est le premier de mes jugements (qui me donne raison par
rapport à autrui) et celui qui conditionne tous les autres. Selon ce que je considère
comme étant moi, généralement, ma façon d'avoir des sentiments, ma façon de
comprendre, ma façon de réagir, mes caractéristiques personnelles, mon passé, en fait,
toutes mes habitudes, j'estime ce qui est bon ou vrai pour moi et ce qui est mauvais ou
faux. A travers ce choix, je cherche toujours à ce que cette image soit la plus gratifiante
possible. Même lorsque j'ai la pire opinion de moi, même si j'ai démissionné, c'est à
regrets ; et toujours le désir de me revaloriser à mes propres yeux subsistera.

L'image est définie par le jeu que je joue dans le monde, et ma façon de le jouer, le rôle
que je m'attribue, ou ma façon de refuser de m'en attribuer un.

On connaît l'importance de l'ego : en tant que sélection, dans l'ensemble infini des
possibles, de ce que je parviens à être, il détermine l'univers que je vis. Si je vis tel
univers, c'est parce que je m'approprie telle autre partie de l'univers. En me définissant,
je définis, par contrecoup, l'univers qui m'entoure et qui est mon complément.

Cet univers est donc ce dont j'ai besoin pour être un, pour être moi-même, entier. Moi
plus (+) l'univers égale tout. Si je considère tout cet univers (le mien) comme moi-
même, alors je suis Dieu. Réalisé. Mon image de moi est alors juste, mais ce n'est plus
une image. Tel est le but. Je progresse vers ce but chaque fois que j'arrive à aimer et à
intégrer une expérience qu'auparavant je rejetais.

Bien entendu, d'une façon générale, je refuse cet univers dans lequel j'ai l'impression de
baigner ; c'est d'ailleurs pour cela qu'il existe "à l'extérieur" de moi. Ce que je refuse de
moi-même, c'est l'infini extérieur, alors que ce que j'en accepte, que je considère comme
étant moi, c'est ma personne, le territoire que je défends grâce à mes peurs, forme
émotionnelle du jugement.

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Mais autant il m'est indispensable de créer un univers en me définissant, autant il m'est
vital de m'ouvrir à cet univers et l'intégrer progressivement en moi. C’est l’attraction qui
fait suite à la répulsion. Je sais parfaitement que cela est ma destinée, et je ne deviens
moi-même qu'en "aimant" ce monde, c'est-à-dire en ne le jugeant pas. Juger n'est
jamais constater car rien n’est, tout ce que perçois est passé. Juger, c'est donc figer
autrui dans une forme afin de se figer soi-même par peur de remettre en cause son
ego et d'évoluer. Peur du but absolu.

Mes jugements me servent à maintenir à l'extérieur ce que je considère comme ne


pouvant être moi pour le moment. La maturation de mon ego dépend donc de l'évolution
de mon jugement. C'est ainsi que l'amour que je suis capable de manifester vis-à-vis de
ce monde dépend de ma connaissance de moi-même, elle-même liée à mes expériences
de la vie. Je ne peux rien forcer en ce domaine, je ne peux que freiner moins. Freiner
moins, c'est moins utiliser mon jugement dans un but égoïste, de séparation, et de
maintien de mes habitudes. Mes jugements ont généralement pour but de défendre mon
ego, et donc de nier ma véritable nature. Ce faisant, je sais parfaitement que je suis faux.
Mon image de moi en souffre, je me désolidarise de mon ego, parfois même sans m'en
rendre compte.

L’ego c’est mon conscient, pour simplifier. Le fait de vivre un univers qui perdure
même s’il change toujours un peu. C’est donc évacuer tous les autres egos, tous les
autres univers. C’est pour cela qu’on l’appellera chez nous le « multiscient » plutôt que
le « conscient » : en fait il est conscient de bien peu de choses, mais d’une multitude de
façons.

PAS DE BONNE IMAGE DE MOI TANT QUE J’AI UNE IMAGE DE MOI

L'absence de jugement égotique entraîne l'absence de comportement égoïste.

Plus on se rapproche de cet état où on ne juge pas autrui en fonction de soi, plus on
s'aime soi-même, bien sûr, car on est davantage soi-même. Au contraire, un jugement
égotique conduit à des pensées, paroles et actes égoïstes, donc éloignés de notre vérité,
et il s'ensuit une haine de soi-même. L'image dénaturée est cependant celle à laquelle on
s'accroche et qu'on ne veut pas quitter, par peur de l'inconnu et de perdre le peu qu'on a.
Juger en bien et en mal est le mode d'expression de cette peur qui rejette ou intègre les
choses, les gens, les événements, selon l'intérêt du moment, intérêt qui peut être étendu
à autrui dans un altruisme sincère mais égotiste dans sa profondeur. Se connaître soi-
même, savoir ce que c'est que soi, sa vraie nature, l'affirmer, la contempler et la devenir,
cela est et reste le moyen de l'ILLUMINATION.

Chaque fois que je veux changer l'univers, je sais que je ne peux qu'en me
changeant moi-même. Changer mon mode de jugement c’est changer ma façon de
rejeter des univers. Abandonner une image au profit d'une autre, me délimiter autrement
dans le tout redéfinit mon complément universel. Tout changement s'oppose au désir de
rester ce qu'on était. La peur est le moyen de ne pas évoluer, grâce aux obstacles qu'elle
engendre. Il est donc vain de tenter de changer mon image de moi si je ne
m'habitue pas à mon devenir. J'atteindrai mes buts en m'habituant aux changement

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d'ego que leur réalisation entraînera.. De même c'est en contemplant "Dieu" au travers
de toute ces choses "extérieure" que je crois ne pas être moi, que je deviendrai ce que je
suis. Le meilleur moyen de voir "Dieu" dans quelque chose, c'est de constater que cette
chose est constituée de pur amour et rien d'autre. Comme je suis amour, j'aime ce dans
quoi je vois l'amour : c'est moi.

La recherche de la connaissance de soi, c'est-à-dire la Métaphysique, contient maintes


difficultés qui font obstacle à cette réalisation. L'un des principaux est la découverte que
tout est illusion, et que tout est déjà réalisé. Finalement, on se demande à quoi bon tout
cela, à quoi on sert, et pourquoi se fatiguer. Autant en finir tout de suite. On dit :
"puisque le monde ne peut rien m'apporter, le monde m'indiffère. Il n'a pas d'intérêt".
Le suicide n’est pas loin.

Ce moment passager de désespoir est dû à l'attachement à l'ego. Me croyant l'ego, est


intéressant ce qui peut combler ses manques. De fait l'univers comble la totalité des
manques de l'ego puisqu'il est son complément. Mais on ne veut pas le savoir. Le
paradoxe de l’Etre fait qu’on veut combler les manques de l’ego pour rester l’ego.
Mais je ne suis pas l'ego, je suis le Soi (c'est-à-dire la source de vie, de pensée et
d'amour qui anime l'ego). Le Soi ne peut rien contenir de plus, il est tout. Je suis le
créateur du monde, la Providence elle-même ! Du fait-même que le monde ne peut rien
m'apporter, c'est à moi de tout lui donner. Il m'attend, il a besoin de mes décisions. Sans
ses manques et souffrances, que je perçois dans ce monde, comment pourrais-je faire la
preuve que je peux le guérir, le nourrir, l'aimer ? Faire la preuve que je suis la source
infinie ? C’est une illusion indispensable pour que je progresse.

Dire que tout est illusion c’est simplement dire que « tout est dans l’esprit ». On le sait.
Cela n’a rien de péjoratif, au contraire. C’est moi. C’est mon véritable « autre » qui me
complète.

Au début on pense : "puisque le monde est une illusion, il n'a pas d'intérêt", alors que
c'est exactement l'inverse : c'est parce que l'univers est une illusion qu'il a un
immense intérêt. C'est une illusion parce que c'est une partie de l'esprit que je suis, et je
le définis en me définissant. C'est cela son intérêt. S'il n'était une illusion, s'il existait par
lui-même indépendamment de moi, il n'aurait aucun intérêt car, étant extérieur à mon
esprit, je ne pourrais en aucune façon communiquer avec, je ne pourrais pas agir dessus
ni lui donner d'amour. Il y aurait ignorance mutuelle totale. Si ce n'était moi, s'il était
réel, je n'en aurais même pas conscience et ne pourrais pas le trouver beau. Je ne peux
avoir conscience que de ce qui est dans ma conscience. C’est là pour que j’y voie moi,
et le prouve en l’aimant, en lui donnant tout.

Evidemment, pour l'ego, se sentir responsable de tout cela est une charge bien lourde. Et
abandonner cette image de moi, d'être un ego parmi d'autres, m'est difficile. J'ai
l'impression que sans mon ego je ne suis plus rien. C'est encore une fois l'inverse : sans
mon ego qui me limite, je deviens tout. Comment parvenir à cette confiance, et ne plus
avoir peur ? Comment ressentir la Présence infinie du Soi tout-puissant par-delà toutes
mes apparences limitées ?

Là est le point crucial. Les techniques yogiques d'initiation sont faites pour prendre
conscience de cette présence et ne plus la quitter des yeux. Alors tout devient facile.
Mais la Métaphysique est une autre voie de recherche. Elle consiste à SAVOIR, de

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façon à ne pas avoir besoin de preuves tangibles ou sensationnelles ainsi que le Yoga en
fournit. Savoir peut-il suffire ?

Savoir ne suffit pas. Il faut l'émotion de la rencontre avec soi-même. Mais savoir peut
conduire à cette rencontre à condition de la désirer ardemment. Que faut-il savoir tout
d'abord, et ensuite, comment se voir dedans ? Ce qu'il faut savoir c'est LA NECESSITE
DU NEANT, nécessité que l’infini soit, réalité ultime, plus vraie que l'être ; la
comprendre, la sentir comme source infinie d'énergie dont l'univers est l'acte de
réalisation. L'univers tout entier est là pour réaliser cette nécessité que je suis. C'est
là que je peux y voir une bénédiction infinie de chaque instant. Il faut que je me
reconnaisse comme cette nécessité qui donne vie à toute chose, et que je reconnaisse
chaque chose comme le moyen pour moi d'atteindre à moi-même. Il faut que cette
rencontre se fasse et que ce soit un rendez-vous d'amour, avec toute l'émotion du "coup
de foudre".

Si toute l'émotion n'y est pas, si pour le moment la rencontre est mentale, c'est que le
désir est encore trop faible. Pour ressentir quand même la bénédiction de l'amour qu'est
le monde, il faudra demander de l'aide. Cette aide, c'est un être plein d'amour, un être
qui vit cette realisation, qui peut la donner. C'est le plus simple : rencontrer l'image de
l'amour tel qu'on n'osait même pas l'espérer. En principe cela marche. Sinon, la vie, les
vies, se chargeront d'attiser le vrai désir de se voir, de rencontrer "Dieu". C'est cela
qu'on appelait la "prédestination" de la Grâce. Après tout, tout vient à point à qui sait
attendre, et il n'y a pas de recette pour presser les choses. Je suis libre. A chaque
jugement son ambition.

RISQUER SON IMAGE

Généralement, on défend bec et ongle l'image que l'on a de soi-même et que l'on veut
montrer aux autres, tout simplement parce que l'un des rôles du mental, dans la
conscience, est d'empêcher l'évolution vers l'infini, afin que la séparation qui
permet la nullité du néant ne soit pas mise en cause ; freiner l'évolution c'est éviter
le changement d'ego, d'image de soi, et pour cela, nous défendons cette image
(grâce aux peurs du risque notamment). Ceux qui n'ont pas compris parfaitement la
phrase qui précède feraient bien de lire et relire nos écrits jusqu'à ce que cela leur
paraisse d'une évidence totale (l’ego, en manifestant l’absence d’infinité de la nullité,
permet à cette nullité d’être effective et donc est là pour permettre le néant. Gross
paradoxe…). Cela dit non pour vous froisser, mais pour vous rendre service. Jonglez
avec le néant, vous n’en aurez plus peur.

Précisément, on veille à ne pas savoir ce qu'on veut, et si on le sait, à ne pas le décider,


et si on le décide, à ne pas prendre les risque nécessaire à la réalisation, afin de ne pas
changer cette image de soi. Savoir ce qu'on veut et le faire, c'est devenir autre chose,
plus grand, plus fort, plus proche de l'infini. La prise de risque est toujours un risque au
niveau de l'image : risque physique, donc capacité à être avec une autre forme ; risque
psychologique, donc risque de ne pas s'aimer ou de ne pas être aimé ; risque existentiel,
en vivant autrement, donc danger d'échec, faisant perdre confiance en soi ; ou de

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réussite, obligeant à des responsabilités et à la remise en cause des relations
sentimentales, etc.

La prise de risque est le signe que j'ai pris une décision en ne pouvant plus revenir en
arrière. Tant que je ne prends pas de risques, je peux revenir en arrière et donc je n'ai
pas vraiment décidé. Le risque me permet de mesurer ma décision, il montre que je
n'envisage pas l'échec, ce qui est facteur de réussite, et en même temps, il donne une
légitimité à ma réussite : j'en ai payé le prix, et l'émotion qui découle de cette situation
est facteur de réalisation. On sait en effet que c'est le passage par l'émotion qui fait que
le mental se manifeste physiquement. L'utilisation des rituels dans les groupes religieux
a ainsi pour but de rendre émotionnelles des décisions de changer spirituellement, qui
sans cela resteraient purement intellectuelles. D'où l'appel à des actes effrayants,
attristants ou autres.

Je dois utiliser toutes les occasions de changer mon image de moi. C'est-à-dire que je ne
suis pas là pour que les autres me perçoivent toujours de la même façon et dans le même
rôle. Je ne dois pas les encourager au "jugement", et pour cela je dois leur montrer que
je suis la recherche du but, via toutes les images, et non un personnage figé à un
moment donné. Le SOI et non le MOI. L'énergie, non la matière. Le créateur, non la
créature. Toutes les occasions sont bonnes lorsqu'elles se présentent : s'afficher en
leader en prenant des responsabilités alors qu'on passait pour timoré et effacé ; se
montrer faible et vulnérable alors qu'on passait pour fort et inébranlable, montrer qu'on
peut être menteur ou égoïste, montrer qu'on peut être un saint, MONTRER QU'ON
PEUT TOUT S'AUTORISER et qu'on n'obéit à personne d'autre que son libre choix
personnel, et montrer que si on ne fait que le bien, c’est par choix, non par obéissance ;
MONTRER QU'ON A LE DROIT DE TOUT PENSER ET DE TOUT FAIRE, et que
c'est pour cela que le choix du bien a un intérêt. En aucun cas je ne me soumets aux
jugements du monde extérieur. Cela voudrait dire que je donne le pouvoir à la matière, à
mon passé, à l'autre afin de ne pas me reconnaître seul responsable et créateur. Par
contre, je décide de répondre aux besoins du monde extérieur. Mais ce n'est pas parce
que le monde attend que je réponde toujours de la même image, ce qui arrange chacun
et justifie que personne n'évolue, que je dois le satisfaire. Son besoin est au contraire
que je lui montre ma liberté. Afin de l'aider à se libérer. Si devenir le créateur universel
que je suis est le but, cela ne peut se faire en créant toujours la même chose ni en créant
ce qu'on me demande d'être pour que je sois accepté du groupe.

Ainsi que le disait Robert Petit-Bon, Président de la Science du Mental (Roquebrune-


Cap-Martin) à un Congrès de Métaphysique en Ardèche : "Chaque jour je suis le
créateur face à une feuille blanche. Et je peux dessiner un nouvel univers. Mais
généralement je ne fais qu'une photocopie de la veille, qui était aussi une photocopie de
la veille et ainsi de suite." La vie comme cela a vite fait de perdre ses couleurs.

Au même symposium, Jacques Carette a joué ce même jeu en commençant sa


conférence par ces mots : "comment me définir ? En tant que quoi suis-je ici à vous
faire une conférence ? Eh bien puisque les autres la font en tant que psycho-
thérapeutes, ce que je ne suis pas, moi je vais la faire en tant que psychopathe". Merci
Jacques pour cette leçon.

N'hésitez pas à risquer votre image de vous-même. Prenez conscience que le seul risque
que vous prenez en décidant, est toujours un risque d'image, vis à vis de vous même

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et/ou des autres, et que l'attachement à cette image est la peur de la solitude de celui que
les autres ne peuvent plus définir. L'Innommable. Soyez l'Innommable, "Dieu", en
jouant de cette image au lieu de vous y accrocher.

Qui suis-je ? Rien. Je peux donc tout décider à tout instant. Si je tiens à être quelque
chose, je cesse d'être ce que je suis : le Libre Créateur du Tout.

C’EST PAR LE JUGEMENT QUE LE MENTAL


REJETTE CE QUI REMET L’EGO EN CAUSE ;

L’ABSENCE DE JUGEMENT EST LA MAÎTRISE DU MENTAL ;

L’ABSENCE DE JUGEMENT LAISSE PLACE A L’AMOUR.

Comment renoncer à défendre l’ego


sinon en faisant comprendre au mental que je suis bien plus ?

AI-JE BESOIN D'ETRE AIME ?

Bien sûr, répondra tout le monde. Mais cette réponse est fausse parce qu'elle est fondée
sur la croyance fausse que je suis ma personnalité.

Certes, ma personnalité, mon ego, a besoin d'être aimée. Mais cette personnalité, ce
n'est pas moi. C'est une de mes créatures. Et par conséquent si elle a besoin d'être aimée,
c'est à moi, son créateur, de le faire, et non d'attendre que les autres le fassent. Moi seul,
le SOI, suis en état d'aimer, car je suis la seule source d'amour de mon univers. Ma
personnalité, comme tous les autres egos, est un réceptacle de cet amour, au même titre
que toutes les autres personnalités, mais je ne dois attendre aucun amour d'aucune
d'entre elles. Aucun ego ne peut aimer, ce n’est pas son rôle. Il est le pôle « division »
de l’Etre. Certains appellent cela Shatan ou le « Diable », « celui qui fait deux ».

Vu sous cet angle, la question change d'aspect. Ai-je besoin d'être aimé ? Evidemment
non. Je suis la conscience donc la source d'amour. Si ma personnalité a besoin d'amour,
c'est pour me permettre d'en exprimer. Sans elle, sans le monde, comment pourrais-je
aimer, faire l'unité ? Avec quoi, avec qui ? L’ego est l’outil de l’amour, rien d’autre.

Merci, donc, à ces manques d'amour de ma personne et des autres grâce auxquelles nous
allons pouvoir nous combler mutuellement.

Mais ce discours suppose que j'aie renoncé à m'identifier à ma personnalité. Or je disais


qu'il faut s'identifier à son ego. Oui, mais en connaissance de cause. Si je sais que je suis
le créateur de cet ego, et que cet ego m'est indispensable pour être Soi, je vais jouer ce
rôle. M'y identifier, mais comme un enfant s'identifie à Zorro. Pas pour de vrai. je joue
le rôle à cent pour cent, mais quand c'est l'heure du goûter, Zorro n'existe plus. Je suis

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redevenu l'être créateur du personnage. Pour y retourner ensuite à volonté. Cela est la
bonne façon de s'identifier, et elle signifie qu'en fait, je m'identifie profondément au Soi,
non au moi. Je suis la Nécessité du Néant qui passe notamment par l'illusion de telle
destinée pour être réalisée. J'y joue pleinement.

Si j'épouse cette attitude de sagesse, je n'ai plus de problème d'affirmation ni


d'expression de moi. J'ai intégré ce destin c'est pour qu'il vive, avec ses qualités et
défauts qui en valent bien d'autres. Je le laisse vivre. Je l'aide à s'exprimer. De quoi
pourrais-je avoir peur ? Cette personnalité peut ramasser des coups, c'est son
expérience. Elle a besoin d'en faire. Je ne l'y pousse pas, mais si elle a des désirs, qu'elle
les exprime et en subisse les conséquences.

L'EGO REHABILITE QUAND MÊME

L'ego est une somme de désirs puisqu’il est privé de l’essentiel de lui-même. Le Soi est
le créateur de cet ego, ce qui a défini les limites des désirs auxquels on s'identifie. Pour
vivre non plus au niveau du désir, c'est-à-dire de l'ego, mais à celui du Soi, même
provisoirement, le meilleur moyen, est de se positionner en créateur qui aime sa créature
: cela consiste à AIMER SES DESIRS.

Lorsque j'aime mes désirs, il y a celui qui désire et il y a celui qui aime. L'ego autant
que « Dieu » se sentent reconnus. C'est une façon de s'élever au-dessus du corporel tout
en ne le reniant pas.

Le désir est le fait de l'ego. Cela est bien, quels que soient ces désirs, car tous sont
indispensables au Tout universel. L'amour est le fait du Soi. C'est bien également. Si
j'aime mes désirs, celui qui aime n'est pas celui qui désire : je développe mon regard
divin en ne jugeant pas, en ne rejetant pas. Et en même temps je vis pleinement mon
incarnation d'ego.

Si au contraire je hais mes désirs, il est évident que c'est le fait de l'ego, non du Soi. Car
le Soi est incapable de haïr, il ne peut qu'aimer ses créatures. Donc si je ne m'aime pas,
c'est-à-dire si je n'aime pas mes désirs, c'est que mon ego est divisé en deux, désir et
rejet du désir, et c'est là la source principale de problèmes psychologiques. Au contraire
si je m'aime, j'engendre l'unité tout en développant les deux dimensions de mon être. Ce
faisant, je relativise mon ego et mes désirs, puisque je m'identifie aussi à une dimension
supérieure. Il s'ensuit que je me rapproche de l'idéal : vivre pleinement en paix vis-à-vis
de désirs forts. Je peux ainsi satisfaire mon ego dans le détachement.

Si je hais mes désirs, il est évident que je ferai tout pour me frustrer. Et cela prouve que
je renie ma vraie réalité d'amour, par peur. Si d'aventure j'en satisfais quelques uns, j'en
tirerai sûrement la plus grande culpabilité.

Au contraire si je les aime, j'ai le choix de les satisfaire ou pas. Ma liberté est dans ce
choix, et ma liberté s'en trouve encore accrue par rapport au résultat de ce choix : si je
fais en sorte de satisfaire l'ego, ce sera sans passion excessive. Si je le refuse, ce sera

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sans frustration. Mais il faut pour choisir la non-satisfaction, des raisons ALTRUISTES
très fortes.

Alors, face à mes frustrations passées, que dois-je penser ? Que je ne me suis pas aimé
moi-même car S'AIMER, C'EST AIMER SES DESIRS. Et qu'il ne peut y avoir de
raison valable qu'autant d'entre eux soient restés insatisfaits. Par conséquent, je dois
développer l'amour de mes désirs, l'amour du moi.

L’idéal de l’ego, c’est d’avoir tous les désirs, pas d’en avoir moins. C’est la sélection
qui fait l’attachement.

Les désirs de l’ego sont d’essence spirituelle. Le fait de ne pas s'aimer soi-même est un
refus d'évoluer, lié à la peur de l'infini, de notre vraie nature. En effet, si je fais en sorte,
même inconsciemment, de ne pas satisfaire mes désirs, cela veut dire que je refuse
d'intégrer ce monde extérieur qui me manque pour être Tout. Il n'y a pas de quoi
culpabiliser car cette peur est naturelle : elle permet le maintien de la conscience qui se
limite forcément. Mais notre rôle est cependant de faire reculer cette peur. Je peux
mesurer mon acceptation de l'évolution et de « Dieu » à l'aulne de mes frustrations :
plus mes désirs ont été bafoués, moins j'ai voulu évoluer. Pourquoi ? Parce que
l'évolution de mon ego passe par l'assimilation de toutes les expériences, sélectionnées
par mon désir, désir que j'ai choisi au départ en m'incarnant, et ne pas les vivre c'est
reporter à plus tard le passage à de nouveaux désirs. Tant que le détachement n'est pas
né en soi, tant que la frustration est encore ressentie comme une souffrance, l'ego ne
peut passer à un plaisir plus élevé que s'il est saturé du précédent.

L'amour le plus grand passe par l'amour le plus petit.

Et ces désirs minuscules sont souvent des appels à plus grand, pour que vous réalisiez
ce que vous êtes venu faire. Cherchez quel est le vrai BUT de votre existence, ce qui
vous rendrait vraiment heureux. Quelque part au fond de vous, vous le savez, car l'ego
est un outil spécifique, personnel, et à un outil spécifique correspond une mission
spécifique.

Je ne suis pas un ego. J’AI un ego. J’en ai même des myriades, mais un seul à la fois.
Aucun n’est un hasard. Tous se satisfont les uns des autres, et parfois ils se battent.

Il n’y a rien à juger.

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Annexe IV :
LES SEPT NIVEAUX DE JUGEMENT
Inspiré de l’œuvre du Pr Georges OHSAWA

Jugement suprême universel : tout est moi. Quoi qu'il se présente, je suis en état
d'amour. Il n'y a rien que je rejette car je suis l'infini. Je bénis toute chose et reconnais
toute chose comme une bénédiction. J'ai une confiance totale dans le créateur que je suis
et dont le seul but est l'unité du néant, paix absolue. Ma solitude est infinie et source de
joie sans limite. Je suis la connaissance elle-même. Mon ego est inexistant, rapporté à
mon infinité. Mon orgueil est nul. Désirs et peurs sont inimaginables. Mon unité ne se
fait pas avec les créatures de la nature, mais avec les ELEMENTS de la nature qui
constituent celles-ci.

Corps Atmique.

Jugement planétaire : Je ressens mon unité dans la compassion avec toute chose créée.
Si l'autre souffre, c'est moi qui souffre. Alors que le jugement suprême ignore la
souffrance, dont l'existence est niée, au même titre que le passé, le jugement planétaire
est solidaire de tout être dans son évolution temporelle. Tout être dans la limite de ce
qui est créé : particules et cellules, minéraux, végétaux, animaux, hommes, planètes du
système solaire, étoiles du cosmos. Cette solidarité consiste à aimer son prochain
comme soi-même, c'est-à-dire en tant que soi-même.

Identification au Corps Buddhique.

Jugement communautaire : Il consiste à se sentir en solidarité avec toute l'humanité.


Ce niveau de jugement pousse à l'action humanitaire, à la défense de l'environnement et
des animaux, à l'entraide syndicaliste ou autre. C'est le niveau de la découverte
scientifique et technique, en relation avec l'intuition qui est l'intelligence commune à
toute l'humanité. Ce niveau de jugement est très minoritaire dans l'humanité, tandis que
les niveaux supérieurs, propres aux maîtres réalisés, sont exceptionnels. La
responsabilité est universellement assumée.

Identification au Corps Causal (croyances collectives).

Jugement égotique : C'est le niveau de jugement normal de l'homme au sortir du


monde animal. Il consiste à connaître le bien et le mal en fonction des intérêts
particuliers de l'ego et des personnes (famille etc.) directement associées à cet ego pour
en satisfaire les besoins. L'autre est aisément un ennemi ou un concurrent. Les autres
règnes de la nature sont ignorés ou exploités sans conscience. L'intelligence n'a accès
qu'à la mémoire personnelle. L'idéologie est matérialiste et tournée vers les satisfactions
sensorielles. La raison est son mode d'évolution. La responsabilité est "irresponsable".

Identification au Corps Mental humain.

Jugement émotionnel : Tout le comportement est régi par les sentiments, notamment
par les désirs et les peurs, et le raisonnement a peu de place. C'est le niveau normal des

101
animaux évolués. Il n'y a pas encore de conscience très claire de soi-même, suivre le
troupeau étant ce qu'on a trouvé de mieux pour satisfaire les besoins immédiats. La
préoccupation principale est de rester intégré, de ne pas être rejeté. On est prêt à toutes
les bassesses pour y parvenir. Il n'y a pas de sentiment de responsabilité.

Identification au Corps Emotionnel de l’animal.

Jugement instinctif : Exclusivement régi par les besoins vitaux : sécurité, nourriture,
reproduction etc. Ni soi ni l'autre n'existe, on vit dans le sommeil du végétal. La
délimitation du moi est loin d'être faite. Il n'y a ni question ni angoisse. L'indifférence
est à peu près totale vis-à-vis du monde extérieur avec lequel la symbiose est pleine
mais inconsciente. Cela donne une impression d'amour parfait vu de l'extérieur, mais si
cet amour n'est pas volontaire, il est sans valeur spirituelle. Le seul sentiment est :
souffrance/non-souffrance.

Identification au Corps Vital ou éthérique du végétal.

Non-Jugement : Conscience d'éternité et d'immuabilité sans sensation qu'il y ait des


circonstances extérieures, ni possibilité de mouvement, ni confort à acquérir. Aucune
distinction n'est faite entre soi et un éventuel non-soi. Tout est confondu. L'équilibre est
total, brutal et immédiat. En cas de perte d'équilibre, l'éveil n'a pas le temps de se faire
pour en prendre conscience avant le rétablissement de l'équilibre. Cela dit, à la longue,
les évolutions imposées de l'extérieur finissent par amener à une mémoire différenciée.

Identification au Corps Physique de l’aimant et du minéral.

Annexe Annexe :
POUR SE METTRE EN RELAXATION PROFONDE (Yoga Nidra)

Etendez-vous sur le dos si possible, dans le silence, laissez vos yeux se fermer, et
immédiatement toute votre attention se fixe sur votre respiration. Ne faites rien d’autre
que penser à votre respiration, en ressentant votre ventre qui monte et qui descend, au
rythme de votre respiration. Sur l’inspiration il monte, sur l’expiration il descend.
Ressentez votre ventre monter et descendre une dizaine de fois et puis voyez-le de
l’intérieur, comme si vous étiez sous votre nombril et que vous le voyiez comme une
coupole qui monte et qui descend.

Après une dizaine de fois, fixez toute votre attention sur vos narines, et ressentez la
différence de température entre l’air qui entre dans vos narines, qui est plus frais que
l’air qui en sort. Tant que vous ne ressentez pas cette différence, continuez.

A présent vous pouvez penser à chacun de vos organes, chacun des systèmes
physiologiques les uns après les autres, en voyant très clairement la lumière très
blanche et très brillante entrer du cosmos par le haut de votre crâne, et descendre à
travers votre corps pour illuminer chaque organe l’un après l’autre, et le plus
rapidement possible. Ressentez chaque organe et passez au suivant. Voilà, vous êtes en
relaxation profonde et vous pouvez passer à d’autres visualisations.

102
LIBERTE = AUTHENTICITE

Revenons-en à l'affirmation de soi. La raison essentielle pour laquelle on a peur de


s'affirmer, c'est la peur de ne pas être aimé. L'autre peur est celle d'être infini et tout-
puissant, mais elle est extrêmement rare à ce niveau. En général, si je ne m'exprime pas,
c'est que je tiens à ne pas être rejeté, à être reconnu, à garder l'affection de mes proches
etc. Je ne veux pas prendre le risque de perdre ce que j'ai pour des chimères.

Là est l'erreur. Je dois prendre le risque de perdre ce que j'ai, seule façon de réaliser mes
rêves. Et pour cela il faut que je n'attache aucune importance à l'amour que les autres me
manifestent. Tant mieux si cette personnalité reçoit de l'amour. Tant mieux, elle aime
cela. Mais avant d'être un objet d'amour, il faut simplement être. Je ne peux inverser les
propositions, et attendre d'être aimé avant d'être. Je dois être d'abord, et c'est fonction de
ce que je serai que les uns m'aimeront, et que les autres ne m'aimeront pas. De toute
façon, il y aura toujours de gens qui ne m'aimeront pas en tant qu’ego. Et le meilleur
moyen d'être détesté et méprisé de tous, c'est encore de vouloir faire plaisir à tout le
monde, ce qui pousse au mensonge, à la fuite, aux langages multiples etc. Les gens ont
besoin d'êtres consistants. Alors on les aime ou on les déteste. Mais ceux qui sont sans
consistance ne sont jamais aimés.

Etre d'abord. Et cela veut dire quoi ? Cela veut dire créer. Créer sa vie, prendre des
initiatives risquées etc. Cela veut dire avoir un but et des convictions, et défendre son
point de vue et sa personnalité. Si je ne les défends pas, je ne joue pas mon rôle
d'identification à cet ego. Il est sans objet, et je trouble l'harmonie générale.

Difficile d’avoir l’attitude juste, pour que cette expression de moi ne soit pas un
attachement à mon ego, mais l’affirmation d’un destin parmi tous les autres. Ecole de
discernement pour que les désirs de l’ego soient toujours les outils d’une recherche
d’une unité plus universelle. On progressera toujours de ce point de vue-là. Les désirs
seront de moins en moins indifférents à la souffrance de l’autre. De plus en plus tournés
vers l’universel.

Ne cherchez pas à être aimé. Ne cherchez pas à conserver l'amour. Tant que vous vous
sentez coupé de votre source, c'est-à-dire tant que vous croyez être cet ego faible, au
lieu de jouer à l'être tout en sachant que vous en êtes le créateur, vous êtes sans
puissance et sans joie. Toujours dans la crainte de perdre et de disparaître à vos yeux ou
aux yeux des autres. Vous faites tout pour être accepté, en pure perte.

Au contraire, lorsque vous êtes un but sachant que l'univers en est la conséquence et non
le créateur, lorsque vous savez que c'est vous le créateur maintenant et non votre passé
ou les autres personnes qui sont toutes aussi du passé, vous ne cherchez pas de
reconnaissance aucune, mais en recevez un maximum. Vous ne cherchez à rien garder.

Ne pas chercher à être aimé, telle est la clé pour ne pas être l’ego. Vous n'en avez aucun
besoin, car la source d'amour qu'est l'être est intarissable et elle aime absolument toute
sa créature. Soyez cet être et vous ne craindrez plus rien.

103
Plus facile à dire qu'à faire ? Certes. Ce n'est pas une raison pour y renoncer. Et la
réussite passe par la compréhension et l'acceptation de notre réalité ultime, à laquelle il
faut s'habituer petit à petit par l'étude de la Métaphysique et la méditation sur l’Unité.
Le reste est bavardage.

De toute façon si vous souhaitez des recettes plus faciles vous n'en trouverez pas. Vous
en essaierez cinquante, et en fin de compte il restera le fond des choses à changer. Et il
faudra se mettre à travailler au fond.

Tant que vous aurez peur de manquer d'amour, vous en manquerez, car cette peur est le
signe de l'identification aveugle à l'ego. Et l'ego est toujours en demande, c'est son rôle.
Soyez sa corne d'abondance, en vous aimant pour accepter de vous donner. Vous êtes
un cadeau pour le monde car la spécificité de cet ego a une place à occuper
indispensable. Mais c’est du passé dès que vous l’avez assumée. C’est comme ça qu’on
grandit.

Ouvrez les vannes de son expression en le laissant demander ce dont il estime avoir
besoin. Il faut le satisfaire. Un père, le Soi, est-il là pour priver son enfant ou pour
l’aider à s’épanouir en lui évitant les écueils inutiles ? Il s'apercevra bien lui-même si
c'était un vrai besoin ou pas. Il faut vivre la matière pour évoluer. Avec douceur.

Aime-toi toi-même et tu ne pourrais t'empêcher d'être "Dieu".

COMMENT JE CREE L'UNIVERS ?


EN CHOISISSANT MON MODE OBSERVATOIRE

Je-Suis est le tout. Mon esprit est le tout. Il n'a pas de limites. C'est l'univers tout entier,
c'est ma conscience infinie, « Dieu » etc. C'est le tout, donc c'est le Je-suis, car il n'y a
rien d'autre nulle part que le Je-suis. Je ne peux pas exhiber une chose qui ne soit pas
une partie de ma conscience ; qui ne soit une partie du Je-suis. Le Je-suis, c'est le tout.
Le fait d'avoir conscience d'un univers c'est le Je-suis, et il n'y a rien d'autre.

Si, dans ce Tout infini que je suis, je choisis (plus ou moins consciemment) de ne
m'identifier qu'à une petite partie, une personnalité avec un corps, je me crois une partie
du tout. A partir du moment où je me crois une partie du tout, forcément je crois que le
reste m'est extérieur. C'est cela créer l'univers en fonction de l'image de soi. La
perception extérieure, c'est la conscience d'un univers, intimement lié à l'ego dont il est
le complémentaire absolu et inévitable.

Lorsque je me crois ceci, l'univers c'est cela. Et si je me croyais autre chose, mon
univers serait tout à fait un autre. Ici encore, je serais le créateur d'un tout autre univers.
Ce qui permet de comprendre que tel je me définis, tel je crée l'univers autour de moi.
C'est mon image de moi. Et chacun d'entre nous, c'est le soi unique qui se définit d'une
façon différente, et donc qui se crée un univers différent. Avec des points communs,
mais complètement distinct.

104
Si nous pouvons passer d'une conscience à l'autre, nous changeons d'univers. Le Soi
s'identifie à une infinité de corps et personnalités différentes qui fait qu'il vit à la fois
une infinité d'univers différents. Ce qui fait que nous sommes une seule conscience,
mais cela aussi vous le savez déjà puisqu'on le dit et redit depuis la nuit des temps ("il
n'y a qu'un seul dieu")

Ca veut dire quoi "il n'y a qu'un seul Dieu" ? Lorsque Moise se trouve devant le buisson
ardent, il demande à Dieu comment t'appelles-tu, et dieu lui répond : JE-SUIS. Je suis le
Je-suis.

Donc il n'y a qu'un seul dieu, et "Dieu" est le Je-suis, conclusion : il n'y a qu'un seul Je-
suis. Et c'est normal puisqu'il est très possible d'expliquer l'origine de LA conscience,
mais tout à fait impossible d'expliquer l'origine de plusieurs consciences. Et personne ne
peut ressentir ni exhiber plusieurs Je-suis.

Il y a un seul Soi, et ce Soi est obligé de s'identifier à une infinité de personnalités et


d'univers différents. Nous avons l'impression d'être plusieurs êtres ayant conscience
d'un univers unique, en fait nous sommes un seul être ayant conscience d'une
infinité d'univers différents. Et c'est cela, cette infinité de tous les univers, qui
constitue le TOUT, "Dieu" en tant que « Fils » (le « Père », c’est la Cause, la Nécessité
du Néant). Et dans ce tout, chacun en est une partie, une limitation, et donc tout le
monde est imparfait, forcément. Chacun a ses caractéristiques limitées, ses qualités, ses
défauts, qui sont obligatoires, indispensables, par rapport aux autres. C'est comme un
puzzle, et l'ensemble de tout cela forme le Tout que je suis. Nous en avons déjà parlé.

Je vois mon infinité à l'extérieur de moi-même, c'est pour cela que ma conscience
croit l'univers extérieur alors que l'univers (le mien) est une partie de moi.

Cela éclaircit un peu l'expression "je suis créateur". En fait, ce qui est créateur, c'est le
fait pour le soi de s'identifier à quelque chose, à une personne. Lorsque je m'identifie à
un corps à une personnalité, automatiquement je crée un univers. C'est-à-dire que la
partie de moi à laquelle je ne m'identifie pas, est forcément à l'extérieur de moi. Je suis
donc absolument et entièrement responsable de ce qui se passe dans mon univers. Cela
dépend uniquement de mon image de moi, de ce que je considère comme étant moi-
même. Et pour être encore plus concret, qu'est-ce que cela veut dire "s'auto-définir" de
la sorte ? Cela veut dire définir maintenant mon attitude morale, mon attitude mentale
par rapport au monde. Cette attitude est libre. Je suis libre d'aimer ce monde ou de le
détester, je peux dire cet événement est merveilleux ou cet événement est horrible ou
sans intérêt, je suis libre. Face à une situation, je peux avoir une réaction de peur, de
joie, de désir, ce que je veux. Tout cela est libre maintenant et c'est cela qui, dans
l'instant présent, me définit, car c'est à travers cette attitude morale, mentale, qu'à
chaque instant je me donne et j'entretiens ma personnalité.

C’est bien dans le présent que je suis, et dans le présent que je crée mon ego. Il n’est
donc pas du tout lié à mon passé.

Donc comme il est naturel pour la conscience de s'attacher à ce qu'elle a créé, elle a
tendance à recréer toujours la même attitude d'instant en instant. Mais ce n'est pas parce
que ma vie est une habitude que je ne suis pas libre d'en changer. A chaque instant on
est toujours libre d'aimer davantage, d'apprécier quelque chose qu'on a toujours détesté,

105
ou face à un événement qu'on a toujours rejeté, de dire cette fois ci je l'accepte, je n'en ai
plus peur, je vais au-devant. Là, j'ai changé d'attitude, et par conséquent je me suis
défini autrement, j'ai donc changé de destin. Le simple fait d'avoir pris la décision
d'avoir une attitude différente fait bifurquer complètement mon destin, et mon univers
est désormais différent. Pas totalement bien sûr. Mais déjà j'ai une nouvelle puissance
en moi.

C'est cela se définir. Moi par rapport au Soi. Etant entendu que je ne peux pas être Soi
(le conscient est toujours l’ego). On ne peut pas avoir conscience d'être le tout. On ne
peut qu'avoir de plus en plus cette conscience spirituelle que notre corps est l'univers
tout entier, mais pas totalement et définitivement. Ce qui est conscient est toujours autre
que la Connaissance et toujours en contradiction avec elle, c’est pour cela qu’il est si
dur de vivre.

L'Ontologie, Science de l'être, consiste à devenir soi-même, en comprenant que l'univers


qu'on croyait extérieur, donc les événements qu'on rejetait plus ou moins, c'est soi. C'est
donc changer de corps et d'univers en changeant d'attitude. Il faut que je reprenne
conscience le plus vite possible que je suis le créateur et non pas une créature. Que
je suis le soi créant une créature, et non une créature créée par le Soi. Il est normal
que je me croie une personne, mais il ne faut pas que j'en sois dupe. Normal que je joue
le rôle de telle personne mais en sachant que je ne suis pas cette personne mais celui qui
la définit par ses attitudes de chaque instant, par ses décisions. Même inconscientes.

Les décisions ne sont pas le fait de la personne ni du corps. C'est le fait du "je suis".

LE CREATEUR N'A PAS DE PASSE

Si je m'identifie à une personne, alors je crois être un passé, je me définis comme mon
passé, comme un effet. Toute ma personne est constituée de mes impressions, émotions,
sensations passées, habitudes, c'est ma personnalité. Je l'ai construite tout le temps
comme cela, en regardant toujours en arrière, en marchant à reculon et en disant : "je
suis ce passé, je suis ce passé, je suis ce passé. Je suis Untel né à tel endroit, ayant eu
telle éducation, tels petits bobos, tels désirs etc." Vous n'êtes pas cela. Si vous deviez
retenir une seule chose de cette conférence (ce texte est extrait d’une conférence donnée
en 1993 à l’Eglise Américaine de Paris), que ce soit celle-ci : au lieu de marcher à
reculon de la sorte, retournez vous vers l'avenir, et au lieu d'être un passé, devenez le
créateur. Contemplez ce que vous décidez de devenir sans vous préoccuper de ce que
vous avez été ou croyez avoir été.

Je ne suis pas l'effet, je suis la cause. Je suis le créateur, et ce qui est derrière, ce n'est
pas moi, c'est du passé. Et cela, c'est le point essentiel de la libération spirituelle. C'est le
premier pas du disciple, de l'initié. Arrêter de se prendre pour un effet, commencer à se
savoir la cause. Donc je ne suis pas ma personne. Je ne suis pas mon corps. Je ne suis
pas un résultat du passé, je suis au contraire le libre créateur de tout cela, capable de
changer tout ce à quoi j'ai eu tendance à m'identifier.

Il est normal de se tromper. Il est normal aussi de s'en libérer.

106
Plus je reconnaîtrai que je suis le Créateur, plus je serai moi même, plus je serai en
harmonie avec l'univers. Au contraire, plus je regarderai vers le passé et croirai à cette
personnalité, plus je souffrirai et plus il y aura de difficultés.

QUESTION : A la seconde où je parle en ce moment, je suis bien un effet de mon


passé. Si je suis venu ici, c'est parce que j'ai un certain passé. Je suis à la fois l'effet et
la cause. J'essaie d'éviter un certain nombre d'erreurs en fonction de ce que j'ai vécu.
Notre inconscient nous fait agir en fonction de notre passé sans que nous le sachions.

L'inconscient (que je préfère appeler l'"Omniscient") c'est ce à quoi je ne


m'identifie pas. Le conscient c'est ce à quoi je m'identifie. Et le fait d'exclure de moi la
plus grande partie du Tout, fait que mon besoin de le réintégrer est grand, ce qui
provoque les événements que je vis pour combler ce besoin à l'aide d'expériences de vie
qui me mettent en évidence petit à petit que tout cela m'est intérieur.

Il est donc vrai de dire que mon inconscient est créateur, il n'est pas vrai de dire je suis
le résultat de mon passé. C'est faux parce que ce qui est est le seul présent. Et le passé
n'existe que comme mémoire présente, à qui je donne de l'importance, consciemment ou
inconsciemment. Je suis présent donc je suis le Créateur, et c'est ma responsabilité si
mon passé a une influence ou pas, et même si mon passé existe ou pas pour moi. Le
fonctionnement du mental consiste à justifier le présent, à donner une justification
rationnelle permettant de vivre convenablement le présent. Un exemple : si je me
retrouvais immédiatement en Amérique sans avoir eu l'impression d'y aller, je
deviendrais fou. Il faut, pour que ce nouvel univers ait un rôle spirituel à jouer, que j'y
associe la mémoire d'un voyage, d'un déplacement, avec des causes et des objectifs.
Mon mental me donne cette mémoire dans laquelle se trouve tout le processus de faire
mes bagages, prendre l'avion etc. Et cela c'est le rôle du mental qui, dans l'infinité de
l'univers, a sélectionné une mémoire plutôt qu'une autre. Mais cette mémoire n'a pas
plus d'importance ni de réalité qu'une autre mémoire.

Etes vous bien sûr que votre passé vous ait amené ici ? La réalité c'est que vous avez la
sensation d’être ici, votre réalité présente, parce que vous avez besoin d’assumer cette
sensation au nom du Tout. C'est tout ce dont vous êtes sûr. Votre mental vous donne
une justification qui vous permet de vivre cet instant et d'en tirer un enseignement.
Votre passé n'est pour rien dans votre présence ici qui est pure illusion. Il n'a aucun
pouvoir. Il ne peut rien créer. La seule chose qui soit créatrice de cet instant, c'est votre
avenir, c'est-à-dire votre but, le Soi.

Je suis ravi qu'on embraye tout de suite là-dessus car c'est fondamental pour l'Ontologie.
Tout le reste de l'Ontologie découle de notre acceptation de cette vérité que c'est le but
qui est créateur, le but qui est la source d'énergie, et non le passé. Et tout le
cheminement métaphysique a notamment pour objet de démontrer cela de façon
irréfutable, pour qu'on n'en doute plus.

Lorsque vous dites "c'est mon passé qui m'a amené où je suis et qui donc va provoquer
mon avenir", vous êtes prisonnier de l'enchaînement naturel des causes et effet, vous
vous subordonnez à ce que vous avez été, vous subissez la matière et l'univers.

107
« Parce que j'ai été ceci hier, je serai ceci demain ». Eh bien non. Vous devriez plutôt
dire : « c'est mon but qui m'a amené où je suis et qui pour cela a fait appel à tel passé ».
Précisément, l'Ontologie, cela consiste à dire que quel que soit mon passé, maintenant je
décide ma vie librement. En aucun cas le passé n'a la moindre importance ni la
moindre influence sur mon état présent ni mes états futurs sans mon assentiment. Si
on fait des miracles (on n'en fait pas d’exceptionnels du jour au lendemain quand on fait
de l'Ontologie, mais c'est à cela qu'on est tous destinés, un jour ou l'autre on fera des
miracles), cela veut dire que l'on reconnaît qu'il n'y a pas de causes passée à l'état
présent. Cette personne me dit qu'elle est malade parce qu'elle a mangé cela, parce
qu'elle a vieilli etc. C'est faux. C'est personne est parfaite, elle se donne cette maladie
parce que cela correspond à l'image d'elle-même qu'elle se donne maintenant, et si je
reconnais pleinement sa liberté de choisir autre chose, elle la reconnaîtra peut-être aussi
elle-même et guérira, décidant de changer de direction.

La maladie peut disparaître alors que les "causes" ou plutôt le passé, sont toujours là.
Pourquoi ? Simplement parce que le passé n'était là que comme moyen d'entretenir cette
maladie. C'est la Justification mentale et inconsciente de la maladie. Ce n'est pas son
créateur. Le créateur, c'est le but poursuivi. Et cela est tout à fait essentiel en
Métaphysique : la cause d'une chose est toujours son but, et jamais son origine.
L'origine des choses n'a absolument aucune importance. On se moque de l'origine des
choses. Ce qui compte c'est la source d'énergie créatrice. Et la source d'énergie aussi
bien de nous-mêmes que de l'univers, C'EST NOTRE BUT.

C'est parce que nous allons vers "Dieu", vers l'Absolu, vers le Soi etc. que nous
évoluons; Ce n'est pas parce que nous avons un passé que nous évoluons. Le passé est
tout à fait incapable de nous faire évoluer, il n'est source d'aucune énergie. C'est
impossible. La matière n'a aucun pouvoir sur la vie. Elle ne peut rien nous faire ni rien
nous imposer. Pour en être sûr il faut la comprendre dans toute la mécanique atomique
(voir « Et l’Univers Fut »). Elle ne peut s'imposer à nous que si nous lui attribuons ce
pouvoir, si nous décidons que c'est elle qui limite notre liberté. Inconsciemment bien
entendu, car nos croyances sont inconscientes. Sinon ce ne sont pas des croyances. Les
maîtriser suppose de ne plus être dans le Mental mais dans le Causal.

Par peur de nous couper du passé, de nous couper du monde, par peur de la solitude en
fin de compte, nous faisons en sorte de croire à notre passé et en le pouvoir de la
matière. Mais ce pouvoir n'est que celui que nous lui attribuons car nous sommes la
seule source de tout pouvoir. La seule source de pouvoir et d'énergie des choses, c'est le
but. Sans but, pas d'énergie. Ceux qui n'ont pas de but dépriment. Il est tout à fait
essentiel de comprendre que sans but il n'y a pas d'énergie. Si l'univers est une grande
énergie, c'est parce qu'il a un but. Sans ce but, pas d'énergie, pas d'univers.

L'univers ne part pas sur une lancée, comme si on lui donnait une pichenette, et hop, il
évolue tout seul. C'est impossible. Il ne peut y avoir d'évolution que par rapport à une
direction vers laquelle on est tiré, car sans cet objectif, la matière est incapable de nous
pousser vers le haut.

Il n’y a même pas d’univers durable possible si ce n’est pas un but qui l’engendre, car la
pichenette n’entretient aucune cause. Il faut que la cause soit permanente, et cela
s’appelle un « but ».

108
Il est essentiel de se rendre compte qu'on est là pour faire ce choix : ou bien je crois au
passé qui me définit, et alors je m'interdis d'être créateur, ou bien je décide d'être un
BUT, et cela seul me définit, et alors je suis libre. Ou bien on dit : "je suis un effet et je
subis le monde", ou bien on dit : non, je suis le Créateur, je suis celui qui décide même
si j'ai l'impression pour l'instant d'être enfermé, prisonnier, parce que je suis encore trop
attaché à ce corps, néanmoins je suis là pour prendre ce chemin.

Petit à petit il faut s'habituer à cela. C'est là le mûrissement progressif de l'ego qui dit
petit à petit : "je ne suis pas ce corps, j'en suis le Créateur". Mais pendant un temps,
nous sommes subordonnés à ce corps, même si c'est de moins en moins. Il faut s'ouvrir
à cette évolution en s'attendant à ce qu'elle se fasse. Elle va se faire. Mon ego est de
moins en moins attaché à cette forme et de plus en plus identifié à son essence créatrice.
A ce moment là, les choses vont infiniment mieux car en tant que Créateur, on est
beaucoup plus soi-même. Le fait de souffrir vient du fait de ne pas être soi-même.

Lorsque je suis le tout, l'infini, "Dieu", qui se croit un petit corps minuscule, je suis
"Dieu" dans une petite chaussure, je souffre. Mon image de moi-même m'enferme, mais
plus elle s'ouvre vers ce que je suis, moins je souffre. C'est à cela que sert la pensée
positive. C'est très simple, mais ce n'est pas du tout facile. On ne sera jamais totalement
conscient d'être le Créateur. Mais chaque fois qu'on s'aperçoit qu'on l'est un peu plus,
c'est bon a prendre. C'est un acquis qui me permet de moins souffrir et d'être plus libre.

Je me crois cause ou je me crois effet. Chaque fois que j'en ai l'occasion il faut que je
sois attentif à mon attitude mentale. Est-ce que dans cette circonstance je me comporte
en croyant que je suis mon passé et que je subis, ou me suis-je positionné comme le
responsable créateur ? Est-ce que je considère que j'ai créé cette chose ou que cette
chose m'est tombée dessus ?

Evidemment, je suis libre de choisir l'un ou l'autre. Je suis libre de dire "c'est
scandaleux, qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu etc." Mais je suis libre également de dire
"c'est merveilleux, c'est exactement le défi dont j'avais besoin pour devenir un peu plus
conscient de moi-même". Lorsque je ressens que ce qui m'entoure ou ce qui se produit
est moi-même, est le complément dont j'ai besoin, c'est que je m'en considère comme la
cause. Donc je progresse. Je suis davantage moi-même. Je m'ouvre à moins de
souffrance.

Chaque fois que je me demande pourquoi je vis une chose, je la rejette. "Pourquoi est-
ce comme cela, n'aurais-je pas pu vivre autre chose ?" Non. C'est cela que j'ai créé, ce
n'est pas autre chose. Si j'avais fait ce qu'il faut pour vivre autre chose, j'aurais vécu
autre chose. Il faut que je me reconnaisse responsable, sinon inutile de faire de la pensée
positive. Et de toute façon si j’ai créé cela, c’est déjà du passé. Dans le présent je suis en
train de créer autre chose, inconsciemment, en fonction de mes prises de conscience.

LA PSYCHOLOGIE HOLISTIQUE®, THERAPIE GLOBALE

Déterminer ce qui dans mon être, sera causes et ce qui sera effet est un acte permanent
totalement inconscient dont l'objectif est de me donner une image de moi-même à un

109
certain niveau de conscience. C'est un processus qu'il convient de débusquer afin d'avoir
une action réelle de guérison sur moi-même.

En effet, ce à quoi je m'identifie est toujours un effet. La conscience d'être regarde


toujours vers le passé. « Je suis mon passé », tel est le credo de l'ego. C'est d'ailleurs ce
que l'on tente de changer lorsqu'on a une démarche spirituelle volontaire.

Les causes, je les ignore. Je ne veux pas les voir. Les causes c'est ce que je considère
comme au-dessus, ou au-delà de moi, dans les sphères spirituelles auxquelles je n'ai pas
consciemment accès.

Lorsque je crois agir sur les causes en agissant sur mes émotions, ou sur mes souvenirs,
c'est que je m'identifie à ce qui est en-dessous du niveau émotionnel : les corps vital (ou
éthérique) et physique. Mais si ce que je veux guérir en moi, ce n'est pas mes émotions
liées au passé, mais ma capacité à générer de telles émotions pour l'avenir, alors je
décide vraiment de changer. Pas seulement de me sentir mieux dans mon corps et ma
vie. J'ai une ambition spirituelle, je ne veux plus engendrer ni culpabilités, ni remords,
ni drames psychologiques et relationnels, ni actions immorales etc.

Il est très important de distinguer ces deux niveaux de guérison. L'un consiste à agir sur
des symptômes, c'est utile pour être plus heureux, mais n'empêche pas de replonger, et
l'autre consiste à résoudre vraiment ce qui en nous est erroné. Devenir une source de
joie au lieu de continuer d'être une source de peine qui sait simplement compenser
périodiquement les peines.

C'est toute la différence entre la Psychologie non-holistique, ou symptomatique, et la


Psychologie Holistique®. Le distinguo est rarement fait, et cela engendre bien des
malentendus, notamment pour l'usage que l'on fait de ce qu'on appelle la "pensée
positive" et la "Métaphysique".

La notion de pensée positive exige également quelques précisions. Elle comporte deux
aspects : la pensée libératrice et la pensée créatrice. La pensée libératrice consiste à
ACCEPTER et aimer son passé. C'est une attitude positive consistant à reconnaître
qu'on est créateur, et de comprendre que ce créateur ne peut créer que pour notre bien
même si on a l'impression contraire. Cela se DEMONTRE absolument depuis que
l'origine causale et la nature ultime de l'esprit est connue, c'est-à-dire depuis 1985,
même si cela reste largement ignoré du public.

Comprenant qu'il n'y a qu'un seul créateur, que ce créateur c'est soi, et que ce créateur
n'a qu'un seul but qui est le Souverain Bien, c'est-à-dire la paix absolue (le NEANT en
fait ; il n'y a plus aucune contestation possible à ce sujet ; mais précisons que pour
certaines raisons très claires, ce but absolu est inaccessible à l'être), il va de soi que tout
ce que nous avons vécu et vivons doit être ressenti comme une bénédiction. C'est
l'Acceptation de tout événement dans la joie, seul moyen de montrer qu'on fait
effectivement confiance à ce créateur en nous.

Cette discipline de pensée est foncièrement libératrice. Elle permet d'évacuer tout
problème psychologique lié au passé. Mais la pensée positive n'est pas que libératrice.
Elle est aussi créatrice, par nos affirmations, décisions, visualisations émotionnelles etc.

110
ACCEPTATION ET PRIERE

Ensemble, acceptation et prière constituent la Pensée Positive. L'une sans l'autre n'a pas
de sens. En effet, il n'y a pas lieu d'accepter le passé si c'est pour le reproduire
passivement. On n'accepte le passé que pour s'en libérer et être libre de créer du
nouveau dans notre vie. Réciproquement, la pensée créatrice sans l'acceptation est
impossible. Si je ne reconnais pas que le créateur en moi est bon et juste, inutile de le
prier, je me coupe de tout résultat par mon manque de reconnaissance.

Je ne peux créer mon avenir en croyant que je ne suis pas le responsable de ce que
j’ai vécu jusqu’à présent. Je ne peux me faire confiance en tant que créateur en
croyant que ce que j’ai vécu jusqu’à présent n’était pas pour mon bien.

Ces deux aspects de la Pensée Positive : pensée libératrice et pensée créatrice,


constituent l'essentiel de la Psychologie Holistique®. C'est une toute autre approche que
la Psychologie symptomatique, celle qui nettoie les émotions en les faisant revivre, par
exemple, et qu'on pratique dans le "rebirth", la Psychanalyse, et toutes techniques de
visualisation d'événements passés, Elles sont parfois fort utiles et quelque peu efficaces.
Mais, portant exclusivement sur la modification d'effets, elles n'agissent nullement au
niveau des causes engendrant ou ayant engendré ce genre de difficultés. Cela étant, tout
effet est la cause d'un niveau inférieur à lui-même, et guérir ces niveaux émotionnels
permet d'éviter des conséquences sur les plans inférieurs : émotionnel ("astral") qui
s'auto-entretient, énergétique ("éthérique") et physique.

En quoi la Psychologie Holistique® est-elle différente ? Parce que la pensée positive


suppose des croyances nouvelles. Des certitudes nouvelles. Et ces croyances et
certitudes sont d'ordre métaphysique. D'où la confusion fréquente entre Métaphysique et
Pensée Positive.

La « pensée positive » habituelle est une pratique, une maîtrise de la pensée s'appuyant
sur des convictions différentes de celles qui ont présidé à la genèse des problèmes dont
on tente de se débarrasser. Ces convictions sont des actes de foi métaphysique. En tant
que telles, elles ne sont nullement de l'ordre émotionnel, mais de l'ordre du Mental,
puisque conscientes, et non du Causal. Le "corps causal" est le corps de nos croyances
métaphysiques, et il se situe au-dessus du corps "mental", celui de nos pensées (les
pensées positives sont une entrée en matière pour un corps causal sain), lui-même situé
au-dessus du corps émotionnel (les émotions, sentiments, désirs et peurs, sont la
conséquence de nos pensées, et permettent leur matérialisation dans le physique).

Il est donc capital de se soigner sur le plan métaphysique, afin d'être clair sur le plan des
pensées, afin que les émotions qui en découleront soient propres et équilibrées, ce qui
aura pour conséquence une vie matérielle et physique saine. Si je néglige le plan causal,
j'appuie ma guérison sur du sable.

Si au contraire je fais en sorte de guérir mes croyances, alors je peux dire que je fais de
la Psychologie Holisitique®. Mais cela ne se fait pas tout seul.

Généralement, dans les Ecoles de Philosophie, traditionnelles notamment, on enseigne


une métaphysique, mais on nie la possibilité d'agir sur les corps subtils supérieurs au
"quaternaire de base", c'est-à-dire corps physique ("matériel"), "éthérique" (vital),

111
émotionnel ("astral"), et l'ego (corps mental inférieur, où se situe le conscient). Tout
cela constitue l'homme. Ce qui est au-dessus, l'homme considère que ce n'est pas lui.
Pas encore. Ce sont les "sphères spirituelles", domaine des anges et des Hiérarchies. En
fait domaine que l'on considère comme celui des causes, lorsqu'on se considère soi-
même comme un effet, et je m'identifie toujours, répétons-le, à mon passé, donc à un
effet. Mais il est clair que si je m'identifiais à un ange, le corps mental supérieur ou
causal ("Manas") m'apparaîtrait faisant partie de moi, et non comme un corps supérieur
causal. A l'inverse, si j'étais encore animal, ne m'identifiant pas à un ego, cela me
paraîtrait du domaine des "Sphères". On se reportera au croquis de la "Pyramide de la
Guérison" pour mieux comprendre.

Alors cette attitude visant à s'en tenir aux effets, aux symptômes, n'est-elle pas un
renoncement à évoluer ? Est-elle simplement une attitude réaliste ?

On a le choix. Mais ce qui est certain, c'est que ceux qui pratiquent la Pensée positive ne
le font qu'en référence à des croyances métaphysiques plus ou moins claires, et que
donc, pour eux, le choix est déjà fait. S'ils veulent progresser, ils doivent affiner ces
croyances, en faire des certitudes, et cela ne peut se faire que par l'étude. L'étude de la
Métaphysique la plus théorique et la plus abstraite, celle qui explique d'où vient l'esprit,
comment il engendre l'univers et pourquoi. Il n'y a pas deux explications effectives dans
le monde, il y en a une. Parce qu’il n’y a pas plusieurs façons d’expliquer pourquoi il y
a quelque chose à la place de rien, pourquoi cela est un effet de conscience, et pourquoi
cela engendre un effet de matière universelle avec des petites billes qui tournent les unes
autour des autres.

Alors seulement on peut dire que l'on pratique une psychologie spiritualiste. La
Psychologie a longtemps renié ses liens avec la spiritualité, bien que de toute évidence,
la moitié des malheureux qui sont enfermés dans les hôpitaux psychiatriques ne sont
que des intuitifs qui ressentent intimement les vérités métaphysiques impossibles à
assumer par un ego faible. Ils y resteront tant que les psychiatres ne s'en seront pas
aperçus.

Aujourd'hui, les psychologies modernes sont toutes plus ou moins spiritualistes, qu'elles
se disent "transpersonnelle" ou "jungienne" ou "bibliste" ou autre. Ont-elles raison ? La
Psychologie a-t-elle raison de se tourner vers la spiritualité ? Le choix est simple : elle
ne peut pas faire autrement si elle veut agir sur les causes, et donc se positionne dans
une logique d'évolution des croyances, et donc d'évolution spirituelle de l'individu. Si au
contraire, elle estime dangereux pour l'ego de se placer face à ces vérités spirituelles, ce
qui est assez vrai, elle peut s'en priver. Mais restant symptomatique, cette psychologie
de confort pourra s'en tenir avec bonne conscience à l'usage des médicaments au pire, et
au mieux des thérapeutiques émotionnelles.

Pour ceux qui pratiquent la Pensée positive, il est clair que le choix est fait et qu'il
faudra bien en tirer les conséquences. La décision d'évoluer spirituellement, même
inconsciente, conduit impérativement à travers certains passages obligés. En tout cas il
n'est pas mauvais de savoir où l'on se situe dans cette pyramide de la guérison où
chaque école tient une place qui lui est propre. N'est-ce pas en contemplant ce qu'on a
au-dessus de soi, même si on ne le comprend pas encore, qu'on a une chance de le
devenir ?

112
LA « PSYCHOLOGIE HOLISTIQUE »®

La « Psychologie Holistique »®, ainsi appelée parce qu'elle est une forme d'analyse des
problèmes psychologiques tenant compte du fait que L'UNIVERS EST UNE PARTIE DE
L'ESPRIT, justifiant l'appellation "holistique" (rapport au Tout) à l'instar de la « Physique
Holistique » qui, elle, tente à l’inverse de réintégrer l'esprit (l'observateur) dans le champ de la
recherche physicienne, ce qui est évidemment un leurre voué à l’échec. La matière est une
sensation, non l’inverse.

La Psychologie Holistique® qui est fondée sur la connaissance de l’énergie magnétique


universelle et de son origine, invite l'homme à adopter deux attitudes mentales, l'une en rapport
avec la conscience (répulsion) qui sépare (en l'occurence : créer par la pensée) et l'autre en
rapport avec l'amour (attraction) qui réunit (en l'occurence : accepter le passé). On appelle
respectivement ces deux attitudes la PENSEE POSITIVE CREATRICE et la PENSEE
POSITIVE LIBERATRICE.

Une discipline en liaison avec la Psychologie Holistique est la METAPHYSIQUE


OPERATIVE : travail vibratoire tenant compte de l’unité entre soi et l’univers dont on
a conscience afin de changer sa relation au monde. Il s’agit non pas d’agir sur moi
mais d’agir sur la relation elle-même en recherchant les longueurs d’onde qui manque
à notre vibration pour atteindre le but poursuivi ou pour atteindre un niveau plus élevé,
et à recevoir cette longueur d’onde complémentaire jusqu’à l’établissement de
l’équilibre recherché. Il y a bien d’autres développements, mais cela permet de régler
bien des conflits en se changeant soi-même, d’atteindre des objectifs et de développer
certaines aptitudes.

C’est aussi une façon de se prouver concrètement l’unité entre soi et l’univers,
puisqu’en s’imprégnant d’une vibration avec une intention, on s’aperçoit que le monde
change autour de soi. S’habituer à changer à volonté est toujours bon à prendre. Cela
repose d’ailleurs sur une réforme du mental et une remise en cause de l’ego et va donc
dans le sens d’un épanouissement personnel et spirituel de qualité et sans risque.

Eugénie Rosec en est une spécialiste en France.

L’ASTROLOGIE METAPHYSIQUE EST UNE AUTRE APPLICATION. C’est un moyen


privilégié de se situer au-dessus du destin de quelqu’un afin d’en comprendre les
tenants et aboutissants. Un peu comme quand on survole un paysage en mongolfière, on
en voit tous les détails et on comprend le rôle de chaque chose, alors que quand on est
les mains dans le cambouis et qu’on n’observe que ce que l’on a autour de soi, on ne
peut comprendre ce qu’on fait là et pourquoi. Cela permet de connaître le niveau
vibratoire d’une personne, son avancement spirituel, et donc l’adaptation d’un
traitement à sa situation.

C’est aussi le cas de la NUMEROLOGIE VIBRATOIRE, très précieuse pour se


connaître soi-même et travailler sur soi (voir aussi Eugénie Rosec).

113
Annexe V :
JE SUIS A L’IMAGE DE MON UNIVERS,
OU EST-CE MON UNIVERS QUI EST A MON IMAGE ?

FAUT-IL CROIRE A L’ASTROLOGIE ?

Notre identité est-elle liée aux astres ? Les astres peuvent-ils nous aider à savoir qui
nous sommes ? Les planètes nous influencent-elles et à quel niveau ? Pourquoi douze
signes ?

Peut-être ces questions ne vous préoccupent pas, et pourtant toute votre vie, toute votre
personnalité est reliée à l’ensemble de votre univers, celui-là même que vous engendrez
à chaque instant lorsque vous « séparez le Ciel et la Terre ».

Souvenez-vous : là où JE est (évidemment partout), JE sépare la Terre et le Ciel et se


situe donc entre les deux, en intermédiaire, comme le disait Moïse, c’est-à-dire que
vous séparez –(et réunissez) d’un côté la part d’infini que vous avez intégrée (la Terre,
votre passé, votre support matériel), et en face la part d’infini que vous n’avez pas
encore intégrée, à laquelle vous ne pouvez encore vous identifier : le Ciel, la liberté,
« l’inaccessible étoile ».

Symboliquement, on a toujours le sentiment que la matière est en bas, sous nos pieds, et
que le Ciel est en haut. Alors qu’il n’y a évidemment aucune différence : nous sommes
sur une planète qui n’est pas différente des autres dans le ciel.

Selon le niveau auquel s’opère cette séparation, vous vous définissez. Vous définissez
votre personnalité et l’univers qui va avec. En tant que Terriens, nous définissons tous
la Terre comme notre constituant essentiel. Nos personnalités individuelles sont des
superstructures à partir de là. C’est notre passé commun. Mais nous créons aussi ce qui
nous différencie.

On l’a déjà dit, il va de soi que ce processus créateur est totalement inconscient.
Puisqu’il n’y a conscience qu’une fois qu’il a opéré : lorsqu’il y a un univers. On a
donc toujours l’impression de débarquer dans un monde préexistant alors qu’on le crée
à chaque instant, inconsciemment.

Ensuite, ce qui est conscient, c’est la « quête » qui, elle, est totalement et seule
consciente, tout ce qui va arriver à cette personnalité, tout ce qu’elle va faire ou penser,
c’est de l’amour conscient, la recherche d’unité avec cet infini apparemment extérieur
qu’on a créé inconsciemment. Ainsi on aime sans savoir quoi ni pourquoi. On n’y peut
rien. Tant que cet amour est conditionnel, on n’a pas l’impression d’aimer tout, et on a
l’impression qu’il y a aussi autre chose que l’amour, mais finalement cela devient
inconditionnel et on comprend qu’il n’y a que l’amour sous de multiples facettes.

C’est en définissant mon niveau de personnalité que je définis l’univers que je vis, et
cela se lit dans les relations des astres entre eux. Les symboles sont les mêmes pour tout
le monde, tout existe pour tout le monde, mais il s’agit pour chacun d’un « dosage »

114
entre ces différentes réalités symboliques, dosage que je détermine à chaque instant par
mon niveau d’amour et qu’ensuite j’ai le sentiment de subir.

C’est donc l’amour que j’exprime dans le présent qui engendre les apparences futures,
et lorsque je les perçois, c’est donc du passé, et ce passé me sert à nouveau à manifester
telle ou telle forme d’amour. On interprète cela comme un karma lié à nos actions, il est
lié en fait à nos réactions, car l’univers (illusoire bien sûr puisque spirituel) n’est là que
comme prétexte à ces réactions. Et mes réactions l’orientent ensuite à chaque instant,
car ces réactions sont une certaine façon d’aimer plus ou moins et de telle ou telle
façon. Je réagis à ma création inconsciente, et ensuite cela conduit à une nouvelle
création inconsciente en fonction des besoins spirituels ainsi exprimés par ma réaction
consciente.

Il n’y a rien d’autre. Cela est la vérité de l’Etre.

IDENTIFICATION AU CORPS VIA « L’ENERGIE COSMIQUE »

Vous connaissez cette représentation de l’Etre humain énergétique en forme de « tore »


où on voit l’énergie sortir de la tête, descendre par les côtés et rentrer par le bas,
l’autre pôle. Exactement comme la Terre ou n’importe quel aimant (l’homme est un
aimant comme une planète est un aimant, comme une particule atomique est un aimant,
etc.). Il y a donc une circulation énergétique du pôle Nord vers le pôle Sud (du Yin qui
disperse vers le Yang qui concentre) qu’on peut observer physiquement par différents
moyens :

Dans notre cas, le champ part du sommet de la tête vers le haut et se rassemble par les
pieds également vers le haut. Ce champ est purement et simplement ce dont nous venons
de parler. L’esprit. C’est ce processus de séparation du Ciel et de la Terre. JE, qui ne
peut être identifié à un point nul, comme on l’a déjà expliqué, mais s’identifie toujours à
une partie du tout (une personne, un ego) se projette « extérieurement » à l’infini pour
ensuite ramener à lui cet infini et l’intégrer, afin de devenir soi. Ce mouvement est
éternel puisqu’on n’a jamais fini d’intégrer l’infini, et qu’on ne peut faire autrement
que de l’expulser. C’est la fonction de la nullité du néant que de se distinguer de son
infinité.

Si ce mouvement d’énergie n’était un but, une nécessité, cela ne serait pas. Il n’y a
aucune raison qu’il y ait une énergie où que ce soit sans poursuite d’un but
inaccessible. Un but accessible serait atteint et il n’y aurait plus aucune énergie. C’est
pourquoi l’évolution est la seule constante de l’univers.

La personne est un filtre pour cette énergie, qui la délimite et donc lui donne forme.
Ainsi chacun de nous vit un univers personnel unique, fonction du rapport de force
entre l’émission et la réception d’énergie, car l’équilibre absolu entre donner et
recevoir n’est jamais atteint. Il y a toujours une légère différence, et c’est cette
différence qui nous détermine personnellement dans nos caractéristiques individuelles
et nos destins.

115
Certains ont plus tendance à donner qu’à recevoir dans tel ou tel domaine et
inversement. Ainsi nous ne sommes plus des aimants parfaits.

L’ASTROLOGIE A LA LUMIERE DE L’HYPERSCIENCE METAQUANTIQUE

Alors comment voudriez-vous, dans ces conditions, qu’on ne puisse pas lire un destin
individuel dans les astres ? Une personnalité est le résultat d’une mise en relation
particulière de ses différentes composantes entre elles, et son destin est sa façon de les
réintégrer, de les assumer, de les changer. Ce sont les deux éléments essentiels d’une
vie : une personnalité et un destin. La personnalité est un état, une création passée, le
destin est un mouvement de création.

Double mouvement énergétique : je me définis en expulsant la partie de l’infini à


laquelle je ne m’identifie pas, créant le cosmos. Mais pas n’importe quel cosmos : un
cosmos exprimant les relations entre mes différentes composantes, entre les différentes
fonctions de mon être dont la combinaison constitue un être quel qu’il soit. Et par
rapport à ce cosmos, à ce monde qui est mon passé, mes façons de réagir jusque là, ma
personnalité, mon vécu, je réagis. Et je réagis comment ? En modulant ces relations. En
faisant en sorte ou bien d’accepter et d’aimer ce passé, ou bien de le rejeter. En faisant
en sorte de continuer dans mes habitudes ou au contraire de décider comment je réagis
et comment j’aime. C’est cela la Connaissance : avoir compris qu’on est totalement
libre de réagir d’une façon ou d’une autre à une situation, parce qu’on a une vision
juste de ce que c’est qu’être. Et l’ignorance, c’est croire qu’on est quelque chose, qu’on
a une personnalité, et donc que pour moi, aimer c’est me comporter de telle façon et
pas d’une autre, et c’est aux autres de l’accepter. Alors que ma vérité est d’évoluer
dans ma façon d’aimer vers de plus en plus d’infini, d’inconditionnalité. C’est cela ma
vraie nature.

Vous comprenez la différence entre éveil et vie profane ?

On l’a déjà évoqué, l’Homme Nouveau est celui qui est en mouvement permanent pour
s’unir au tout le plus directement possible, alors que l’ancien reste sur ses positions. Le
Nouveau (« Cinquième Dimension ») est identifié au But et non à l’étape qu’il vit à un
moment donné, ce à quoi s’attache l’homme de la « Troisième Dimension ». L’un est
causal, l’autre mental.

Bon, je synthétise tout cela de façon un peu hard, mais petit à petit vous comprendrez ce
que tout cela veut dire.

Il y a douze planètes dans notre cœur.

Ce n’est pas parce qu’il y a douze planètes qu’on a douze secteurs de personnalité, ce
ne sont pas les planètes qui nous influencent, cela c’est l’apparence. C’est notre façon
de gérer notre personnalité qui se manifeste dans l’espace qui est, on l’a déjà expliqué,
notre conscience, et se voit sous formes d’astres. Tout comme notre Soi, que nous
refusons, se voit extérieurement en tant que Soleil. En attendant qu’il soit intérieur
(« Christ solaire »).

116
Rappelons en effet que je ne peux avoir conscience de quelque chose qui ne soit DANS
ma conscience et que donc ce que je crois être l’espace extérieur et cosmique n’est en
fait que la FORME de ma conscience à un moment donné. Ma conscience peut se
subdiviser en douze aspects comme en 360, quatre ou dix-mille, peu importe, puisque
c’est fractal, on pourrait inventer toutes les astrologies qu’on voudrait, et toutes
fonctionneraient. A conditions qu’elles soient reliées à la vérité du Principe créateur tel
qu’on l’a défini antérieurement, bien entendu.

Le monde que je perçois est ma création parce que je forme ma conscience à chaque
instant d’une certaine façon en rejetant ou en intégrant certaines dimensions. On peut
dire ainsi que je suis un filtre dans l’infini des possibles, c’est une autre façon de dire,
pas tout à fait exacte mais passable.

Eternellement je percevrai ma conscience comme si c’était un univers extérieur, parce


qu’il n’y a de conscience qu’au niveau de l’opposition de la nullité du néant à son
infinité. Donc être conscient est se situer au centre. Il n’y a pas d’autre solution que
d’extérioriser l’infini si on est un centre nul. Du coup, tout m’apparaît extérieur alors
que c’est moi. Il n’y a aucune conscience de l’infini qui, lui, ne s’oppose nullement à la
nullité. Tout se passe du point de vue du zéro : création (conscience ou répulsion)
comme réintégration (amour ou attraction). C’est cette dualité de l’esprit qui est
responsable de la discontinuité des apparences : il ne peut y avoir un tout indifférencié
et continu, il ne peut qu’y a voir des « gouttes » d’univers séparées les unes des autres.
En l’occurrence, des planètes, des particules atomiques, des vies séparées par des
morts, des individus qui se croient séparés les uns des autres alors qu’ils sont un même
esprit.

J’en entends qui s’illuminent en lisant ces lignes. Ca fait du bien de temps en temps de
comprendre ce qu’on est.

Le résultat ? Eh bien je peux « voir » les douze aspects de ma personnalité sous la


forme de douze planètes dans ce que je crois être le Ciel, et puis toutes les étoiles, 9000
visibles à l’œil nu environ, qui sont mon inconscient collectif, ce qui est vrai pour tout le
monde. Infiniment plus vaste que les quelque douze mini-lumières qui me différencient
des autres personnes et qui sont la surface de l’Etre.

Et ce qui différencie les personnes, ce n’est pas les positions des étoiles, elles sont les
mêmes pour tout le monde, c’est notre inconscient commun. Ce n’est pas non plus les
douze planètes, elle sont aussi les mêmes pour tout le monde, tout humain a ces mêmes
douze secteurs de personnalité si on se divise en douze. Non. Ce qui différencie les
personnalités, ce sont les rapports de forces entre ces douze symboles, leurs positions
par rapport à ce qui nous est commun. Ce sont les positions, les configurations
planétaires. Différentes pour tout le monde car il n’y a pas deux personnes nées
exactement au même endroit au même moment. Même les jumeaux. Et donc les
positions sont différentes.

Tout cela est mon esprit réparti dans des mondes (les systèmes solaires, les galaxies
etc.) qui en fait sont sans nombre, car plus j’en chercherai, plus j’en trouverai : l’infini
se révèle au fur et à mesure que je l’intègre. Les galaxies ne sont pas des réalités
comptables.
Ce qui ne veut nullement dire que l’univers soit en expansion.

117
POURQUOI DOUZE ? LA DECOMPOSITION FRACTALE DU NOMBRE D’OR

Parce qu’il y a quatre façons d’être la Trinité. Et quatre parce que deux. La vraie
question est « pourquoi deux », car ou c’est zéro, ou c’est deux. Le UN et sa Trinité ne
sont que grâce à la dualité, c’est le néant qui se dualise et qui engendre l’Etre. C’est le
principe du Nombre d’Or : rien ne se passe tant qu’il n’y a pas deux yeux pour voir :
un cercle entrecroisé avec un autre cercle, c’est la création de l’espace. Ensuite il suffit
de suivre de reporter les intersection pour obtenir une rosace genre « Fleur de Vie ». Et
le tour est joué, tout dans l’univers suit ce principe créateur géométrique, qu’on
retrouve dans la structure des coquillage, des flocons de neige, des cathédrales et des
pyramides. Ce qui ne respecte pas le Nombre d’Or n’est pas en harmonie avec
l’univers, et donc ne peut être pérenne. Mais on ne vas pas s’étendre là-dessus ici.

Je ne vais pas revenir sur la « Genèse des Nombres » dont on a déjà parlé dans « Et
l’Univers Fut », mais rappelons-nous simplement qu’il y a une Nécessité du Tout, une
nécessité qu’il y ait un tout, et cela est unique et sans limites sinon ce n’est pas le Tout.
C’est UN. Donc Un égale Infini, puisque Un est Tout, et égale également Zéro puisque
si infini il y a, il est nécessairement nul. Il ne peut pas y avoir d’infini « quelque
chose », ce serait le délimiter.

En tout cas ce premier « Nombre » est triple dans sa signification. Ce qui va tout
multiplier par trois ensuite.

Le Un, c’est cela. Ce qui est. L’Etre, ou l’univers, ou « Dieu », appelez cela comme
vous voulez. Comme c’est en fait la Nécessité du Néant, c’est une énergie (seule une
nécessité est une énergie). Une énergie éternelle, car jamais l’infini n’est réalisé : il
reste un But, toujours un but, vécu sous la forme d’une apparence d’ESPACE, comme
on l’explique dans « Et l’Univers Fut », le nouveau livre que vous trouverez sur le site
[Link]. Parce que l’espace est le sentiment d’extériorité.

Comme ce but est inaccessible, il y a DEUX : « ce qui peut être » et « ce qui devrait
être ». Ce qui peut être est infiniment multiple, car tout peut être. Et cela, en s’opposant
à ce qui devrait être, engendre la conscience et l’évolution éternelle de ce sentiment de
conscience.

En même temps, évidemment, il y a TROIS, c’est-à-dire que cette dualité est une
relation entre but et possible. Entre infini et fini. Le Troisième élément est aussi le
premier : c’est le fait de séparer l’infini du zéro, et le fait des réintégrer l’infini dans le
zéro. Répulsion/Atraction. Donc énergie magnétique. La relation est duelle, les deux
pôles qu’elle manifeste, Zéro et Infini, en fait, n’existent pas. Ils sont seulement
nécessaires et tout l’univers est une tentative pour qu’ils soient.

C’est cela l’énergie, qui est.

Et cette énergie dualiste étant de chaque instant, et étant une opposition de deux
nécessités, et étant donc une résistance, une inertie, une énergie devant être infinie mais
étant en fait limitée, on aboutit à la MATIERE : le quatre, qui n’existe que dans et par

118
le temps. Comme le but n’est jamais réalisé, le temps s’impose. Et comme l’infini n’est
jamais, la limite qui s’oppose à l’infini : « l’inertie », s’impose. C’est la limite, la
résistance. Les physiciens l’appellent « vitesse de l’énergie » et « masse ».

Ce qui donne sa vitesse à l’énergie (à la « lumière »), c’est son impossibilité d’être
infinie. Ce qui donne sa « masse » à l’énergie, c’est cette limitation. Qui est une
résistance à l’évolution. Désolé si on a l’air de se répéter, il vaut mieux dire les choses
de façon différente.

Quand on a atteint le quatre, on a à peu près fait le tour du problème. En Kabbale, 1 +


2 + 3 + 4 égale 10, qui est en fait le germe de l’univers, le IOD (un un, et un zéro placé
à sa droite, ce qui signifie que le néant est le but, car la droite symbolise le Père, le But,
et que seul ce but donne sa réalité au Un. S’il était à gauche, il n’y aurait rien
d’exprimé).

Fantastique symbolique inconsciente qui transcende les peuples et les âges. Et par
conséquent indiscutablement vraie.

Restons-en là pour le moment : Un, c’est l’affirmation de ce qui est, en tout cas de ce
qui devrait être, c’est donc la Nécessité première, la VOLONTE qui anime tout
l’univers et toute votre vie. On le représente par le BELIER en vous, qui s’impose en
toute occasion, qui est une source permanente d’action, d’initiative. Votre volonté a sa
planète, c’est-à-dire sa manifestation dans votre esprit cosmique : MARS, dieu de la
guerre (celle du moi évidemment en lutte contre son propre changement). Bien peu de
chose en réalité, mais essentielle. Avec une couleur rouge qui est la couleur primaire la
plus yang. La vibration la plus longue du spectre visible.

En second il y a AUTRUI. Le monde extérieur que moi « constate » après s’être séparé.
Et le TAUREAU en vous sait qu’il est dépendant de l’autre. Il doit posséder. Il doit être
marié. Il doit être propriétaire. Il est paisible quand tout est en ordre. Perdu et
colérique quand les choses ne sont pas à leur place. L’autre est sa propriété car il en a
le plus grand besoin. C’est la planète TERRE qui le régit. Vous avez créé la Terre.
Super. C’est votre sécurité. Votre territoire. Couleur Orange juste au-dessus du rouge.
Qui symbolise aussi le sexe, par conséquent (vous pouvez suivre la suite des « châkras »
dans les corps énergétiques en suivant les signes élémentaires du Zodiaque).

Entre Moi et Autrui, entre Zéro et Infini, il y a la relation dualiste qui sépare et unit tout
cela. Leur donne leur substance. Cette dualité, cette énergie, c’est les GEMEAUX. Ils
sont deux, ils sont inséparables, mais distincts néanmoins. C’est l’énergie magnétique.
Ils symbolisent les échanges, la négociation entre deux nécessités contraires, donc le
commerce, la circulation, la communication. Le changement permanent. L’imagination.
Il est JAUNE, ce qui est la couleur de l’esprit, et régi par MERCURE, ou Hermès chez
les Grecs, symbole de connaissance, que Jupiter appelle Ganymède lorsqu’il en fait son
sommelier. Ganymède se retrouvera dans le symbole du Verseau. C’est lui qui verse la
Connaissance sur l’humanité, à l’Ere qui lui correspond. L’ « Ambroisie » ou vin de la
Connaissance, boisson préférée des dieux. On en a d’ailleurs fait un satellite de Jupiter
pour qu’il ne s’ennuie pas.

Vous reconnaissez les Gémeaux, et vous reconnaîtrez aussi le CANCER, le quatrième


signe, celui qui correspond à la MATIERE, et donc au temps. A la mémoire. Les

119
cancers sont très casaniers et ont une puissante mémoire. Leur couleur est le VERT qui
est celui de la nature et leur châkra est celui du cœur. C’est l’atome constitué grâce à la
durée, la stabilité.

Voilà. On a fait le tour des Principes premiers de l’univers. Les premières phases du
Cycle éternel de l’existence (voir le dessin dans « La Fin de l’Inconnaissable »).
La suite on en parlera plus tard : pourquoi on dépasse l’équilibre de la matière vers la
vie et la spiritualité, pourquoi tous ces signes sont doubles, avec un aspect terrestre et
un aspect cosmique, pourquoi ces quatre premiers signes sont triples, donnant les douze
subdivisions du Zodiaque.

Subdivisions qui n’ont strictement rien à voir avec les constellations, il est donc inutile
d’inventer un « treizième signe ». Les constellations n’apportent rien à l’Astrologie qui
est personnelle. Ce qui compte ce sont les périodes de l’année, les saisons, car tout est
lié au mouvement de la Terre autour du Soleil, c’est la seule source d’astrologie qui
soit propre à la Terre et à l’humain. Evidemment les Astrologies chinoise, hindoue, etc.
sont tout aussi valables, qu’elles soient fondées sur la Lune ou sur autre chose, pourvu
que cela concerne les Terriens.

Car tout est cycle. Les cycles astrologiques ne font qu’exprimer le Grand Cycle de la
Création universelle, les différentes phases qui la manifestent, et c’est cela seul qui est
à la base de l’Astrologie. Tant qu’on n’a pas compris l’origine de l’univers, on n’a
aucune raison de comprendre l’Astrologie, et on est obligé d’apprendre les symboliques
par cœur car il n’y a aucune logique apparente. Cette logique est pourtant totale et
incontournable, et si on l’a comprise, on n’a plus aucune difficulté pour DEVINER ce
que signifie tel ou tel signe, telle ou telle planète, ou telle ou telle relation entre
planètes.

Car il n’y a évidemment pas que les signes et les planètes, ce qui est le plus important,
c’est leurs relations. Comment on joue avec ces différentes parties de nous-mêmes,
comment on établit des rapports de force entre ces dimensions qui nous constituent et
sans lesquelles nous ne serions pas des personnes.

L’Astrologie est la plus ancienne science connue avec la Géomancie. On la fait


remonter à dix-mille ans sur la Terre, mais bien entendu, ce n’est que dans le monde
connu. La Connaissance est de tout temps et de toutes les planètes, et chaque peuple de
l’univers a sa propre astrologie, qui correspond bien aux caractéristiques des individus,
et toujours reliée aux mêmes cycles que l’on retrouvera forcément partout : séparation
de la naissance, réunification de la vie, et puis usure face à cette résistance à soi-même,
vieillissement, et mort pour reprendre les choses à leur début et mieux intégrer le cycle
éternel de la vie que nous sommes, chacun, ici ou ailleurs, même à des milliards
d’années-lumière d’ici, et qui nous unit tous.

Il n’y a qu’un seul homme comme il n’y a qu’un seul atome.

La seule différence, c’est jusqu’où on accepte son universalité.

Une infinité potentielle de façons d’être.

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Facile de les opposer, facile de se faire la guerre, mais ce n’est qu’une étape vers la
compréhension et l’amour inconditionnel.

LES SYMBOLES METAPHYSIQUES


QUI CONSTITUENT LES DOUZE FACETTES DE L’HUMAIN,

Alors vous comprenez mieux pourquoi l’homme a conçu l’Astrologie, ? Pourquoi il ne


pouvait faire autrement que reconnaître son propre fonctionnement dans les cycles des
astres au fil des saisons ?

L’Astrologie n’est qu’une science occulte parmi d’autres, même si c’est la reine, mais
on pourrait prendre chaque science occulte une à une et la rapprocher de
l’Hyperscience, ainsi on la comprendrait d’emblée. On a déjà évoqué la Tarologie,
vous pourrez facilement faire le lien. De même, l’Alchimie doit être déjà parfaitement
claire pour vous, d’ailleurs certains appellent l’Hyperscience « l’Alchimie moderne »,
celle qui fait de l’homme de plomb un homme d’or en remplaçant son corps personnel
par son corps universel (passer de l’ego au Soi par la symbiose avec la « matière »).
Egalement, tout ce qui est magie, radionique, pensée créatrice etc., enseignées et
pratiquées dans toutes les sociétés secrètes du monde, trouve son explication
rationnelle uniquement dans la compréhension de l’origine de l’esprit et de sa capacité
à engendrer et animer un univers à chaque instant. Toutes ces sciences ancestrales
inséparables de l’histoire de l’humain (voir « la Sixième Clef – la Clef vibratoire » aux
Editions Louise Courteau), jusque là conçues de façon empiriques bien sûr, ont la
même source et la même cause. Si on ne les enseigne pas à l’école, si on les discrédite
régulièrement dans les médias, c’est parce que ces sociétés secrètes qui mènent le
monde en sous-main veulent évidemment en conserver le monopole.

Cette clarification des fondements des sciences occultes est d’ailleurs une des raisons
pour laquelle ces sociétés secrètes institutionnelles haïssent tant l’Hyperscience,
considérée comme une concurrence dangereuse par la simplicité et la clarté de son
enseignement comme par son éclairage des aspects opératifs de ces Lois de l’Etre. Un
jour viendra où tout cela ne servira plus qu’à la guérison et la libération de l’individu
d’une façon lumineuse et universelle et non plus à la conservation du pouvoir. Quand
les puissances monopolistiques seront tombées. C’est la guérison par la Connaissance.

« La Connaissance vous affranchira » disait Jésus. Rien d’autre à chercher.

Mais revenons-en à la genèse des signes du Zodiaque et à leur intime relation avec les
planètes de notre système solaire et avec les « châkras » qui les relient à notre corps.

On avait vu comment les quatre premiers Signes métaphysiques, ne font qu’exprimer le


premier cycle de la création de l’univers : Bélier et Nécessité première du néant,
Taureau et dualité inévitable de ce même néant, Gémeaux qui sépare et relie ces deux
premières positions métaphysiques, engendrant la Trinité. Enfin, quatrièmement, la
permanence de cette trinité créatrice dans le temps du fait que c’est à chaque instant
que sa cause se manifeste, engendre le signe du Cancer.

121
J’ai dit « quatre premiers signes métaphysiques » pour éveiller votre curiosité. Parce
qu’en fait ce ne sont pas des signes qui sont engendrés mais des « axes ». Des axes
constitués de deux signes opposés face à face, deux polarités, une métaphysique et
l’autre spirituelle.

La différence entre métaphysique et spirituel est simple : la Métaphysique couvre les


abstractions causales à l’origine des apparences physiques, tandis que le Spirituel, ce
sont les apparences physiques. Tiens, quelle drôle d’idée de dire que le spirituel est
physique alors qu’en général on les oppose…

On les oppose justement lorsqu’on ignore le Métaphysique. Car dans la dualité de notre
esprit conscient, où la dualité est celle des apparences physiques et des apparences
psychiques, si on ignore tout ce qui nous est inconscient (et c’est le cas de toutes les
sciences, même de la Psychologie qui parle de l’inconscient mais n’est une science que
mentale), on ne peut faire autrement que d’être happé par cette apparente dualité et
tomber dans le piège. Le mental aime se bercer des illusions qui lui donnent pouvoir et
existence, il y tient plus qu’à tout, et a toujours tendance à récupérer les réalités à son
profit. Il fait donc tout pour continuer de croire que les deux pôles de la réalité c’est
« moi » et « l’univers », et croit à la dualité de l’esprit et de la matière. L’esprit c’est
« moi », la « matière » c’est les autres, le monde qui m’entoure. Cette dualité est
totalement illusoire aussi longtemps qu’on ignore le pôle « métaphysique » : La seule
dualité est dans les causes et les effets, les causes sont totalement inconscientes, et les
effets sont tout le conscient. Le conscient est bien peu de chose, mais nous occupe
quasiment à 100 %. On a déjà expliqué tout cela, pourquoi le fait d’être créateur de
notre réalité est inconscient et pourquoi on est conscient de ce qui n’est pas. Le double
processus d’illusion.

Ce processus fait que lorsque je suis conscient de quelque chose, je peux être certain
que cela n’est pas. Et que la vérité est tout autre. L’illumination ou l’éveil consiste à
s’identifier non plus à l’illusion mais à ce « tout autre ». Le « Métaphysique ».

Ainsi la Réalité est métaphysique et invisible, et toute l’apparence, la dualité


consciente, est spirituelle. Elle est spirituelle car tout entière destinée à s’unir aux
Principes absolus. Il n’y a aucune place pour le physique. La « matière » est esprit.

Le zodiaque exprime cette vraie dualité. Chaque axe est constitué d’un pôle
métaphysique, un signe qui exprime la réalité inconsciente, la succession des causes
premières (succession qui ne s’opère pas dans le temps ni l’espace mais qui engendre le
temps et l’espace), et en face les apparences, la manifestation sans laquelle les causes
seraient sans objet. Il est absurde d’imaginer une cause sans effet, ce ne serait pas une
cause. Le spirituel est spatio-temporel, ce qui peut choquer certains. On ne peut être
créateur s’il n’y a créature. Sans l’homme et l’univers, pas de « Dieu ».

La dualité universelle n’est donc en aucun cas d’un côté le spirituel ou le divin (les six
signes du haut comme on le prétend en Astrologie), et de l’autre le matériel ou l’humain
(les six signes du bas). Il faut oublier cette fausse dualité qui nous mène en bateau de
vie en vie et de livre en livre dans tous les domaines.

122
Le matériel et le spirituel sont une seule et même chose. Tout l’univers est spirituel et
purement spirituel. Il n’a jamais existé nulle part le moindre grain de « matière » et il
n’en existera jamais. Tout ce dont j’ai conscience, donc la matière, est intérieur à ma
conscience, donc spirituel. Il n’y a pas d’échappatoire. Tout ce qui est spirituel est du
vécu, que je ne peux vivre autrement que sous forme matérielle : des relations avec des
« autrui ». La spiritualité est dualiste, cela n’enlève rien à sa valeur.

Evidemment, bien souvent, le mental matérialiste mélange métaphysique et spirituel,


mettant dans un même sac tout ce qu’il considère comme irréel, non matériel.
Au contraire, le Zodiaque qui exprime le Vrai, est-il divisé en deux polarités, les six
signes « du bas » du Bélier à la Vierge, Principes métaphysiques, et les six signes « du
haut », de la Balance aux Poissons, Principes spirituels. Et regardez à quel point
l’homme qui veut tout ramener à son mental sait transformer en plomb tout l’or qu’il
touche : au lieu de reconnaître que les signes du bas sont métaphysiques et ceux du
haut humains, il a institutionnalisé exactement le contraire ! En bas, on enseigne que
c’est l’humain, avec la « Porte de l’Homme » entre Gémeaux et Cancer (au solstice
d’été) parce que c’est à partir de là que la vie apparaît, ce qui est vrai, et on enseigne
qu’en haut c’est le monde du divin ! C’est vrai que là se trouve la « Porte des dieux »
entre Sagittaire et Capricorne, au solstice d’hiver, qui ouvre les trois signes les plus
spirituels. Mais cela étant, la spiritualité est tout à fait humaine et pas du tout divine.

Avec de tels paradoxes, si on n’a pas la clef métaphysique, il est difficile aux
astrologues de comprendre l’Astrologie. Le fait est qu’en général on l’applique sans la
comprendre, ce qui n’enlève évidemment rien à son efficacité. On a retrouvé ce même
phénomène avec les sciences physiques actuelles : bien que les théories soient
dramatiquement et ridiculement fausses, on obtient des résultats technologiques parfois
spectaculaires. Qu’on utilise ensuite pour se convaincre que les théories sont vraies.
Alors que toute l’histoire de l’humanité est l’expression de progrès techniques
considérables avec des théories toujours aussi fausses. Pas besoin de savoir ce qu’est le
feu, même nucléaire, pour en faire.

Evidemment les progrès seraient incomparablement supérieurs avec des théories


vraies. Tout comme l’Astrologie obtient de bien meilleurs résultats sur les plans
ontologique et psychologique avec une compréhension plus grande de sa science.

Ainsi la dualité en Astrologie ce n’est pas des signes divins au septentrion (automne et
hiver) et des signes humains au méridien (printemps et été). Les six signes du bas sont
au contraire les plus puissants et les plus caractéristiques, et en particulier les trois
premiers, justement parce qu’ils sont originels et simplissimes. Principes magnétiques
fondamentaux. Les six signes du haut sont beaucoup plus subtils et nuancés. Et les trois
derniers même parfois indécelables.

Les couleurs qui leur sont associées de même : plus élémentaires en bas, plus
complexes en haut.

Alors on a déjà expliqué la première suite des quatre premiers signes, du Bélier au
Cancer, qui expriment le premier cycle intemporel de la création, jusqu’au temps qui
commence avec le signe du Cancer (avant il n’y a pas de temps). Mais on n’a pas
évoqué la dualité de chaque signe qui forme chaque axe de deux signes opposés.

123
Chaque signe connaît sa manifestation « à l’envers », puisqu’on sait que le monde
physique est inverse par rapport au monde métaphysique.

En face du Bélier se trouve le signe de la Balance. C’est la manifestation physique du


Principe immatériel Bélier, nécessité pure : sa polarité opposée qui lui confère sa
réalité, c’est le CORPS, l’apparence, la forme en face du « fond ». Il n’y a pas de Soi
sans incarnation, et cette incarnation est limitée et donc hésitante par rapport au Bélier
qui va tout de suite droit au but. L’ego-Balance est fait pour être aimé, pour séduire, et
non pour aimer, pour prendre l’initiative. Rien de plus humain. Il symbolise la beauté,
la forme, la recherche d’harmonie (régies par Vénus), non plus la force première.

De cette dualité Bélier-Balance découle le deuxième signe : le Taureau. Et il en sera


toujours ainsi en Astrologie : il faut passer par le signe opposé pour parvenir au signe
suivant. Si vous ne voyez pas ce que je veux dire, par exemple pour passer du Bélier au
Taureau, le signe qui lui fait suite, il faut d’abord passer par la Balance en face. Et
ensuite seulement on arrive au Taureau. Ensuite il faudra passer par le Scorpion, en
face du Taureau, pour arriver aux Gémeaux qui est à côté du Taureau (avec un
zodiaque sous les yeux c’est plus facile à comprendre). Et ainsi de suite. Ce sont des
axes qui se succèdent, comme les aimants qui ont deux pôles, non des signes.

En fait, il y a de grandes chances pour que cette façon de se succéder recoupe la suite
des incarnations humaines. Quand on a vécu en tant que bélier, on doit expérimenter le
signe opposé, la Balance, à titre de compensation karmique, et ce n’est qu’à la suite de
cette seconde incarnation qu’on peut incarner le second signe : le Taureau. Et ainsi de
suite. Passer d’abord par le Scorpion, en face du Taureau, pour pouvoir devenir
Gémeaux. Cette succession de karmas a pour but de conduire jusqu’au signe des
Poissons, la spiritualité accomplie, l’idéal presque absolu, qui va amener à une
nouvelle incarnation Bélier dans un nouveau cycle, mais sur un plan supérieur (le
Bélier n’est pas qu’un chef de guerre brutal et égoïste, c’est aussi « Dieu », le créateur
qui insuffle l’énergie au monde. Les astrologues le savent bien et sont d’ailleurs un peu
gênés par cette symbolique divine du Bélier, puisque pour eux les signes divins, c’est en
haut. Mais c’est secondaire.) Et les autres signes suivront dans le même esprit dans une
dimension supérieure, et ainsi de suite. Cela conduit à considérer le Zodiaque comme
une suite d’incarnations dont le nombre est bien supérieur à douze, en forme de spirale
se déroulant vers le haut, et non en forme de cercle. A chaque fin de cycle on monte
d’un étage et on recommence. Jusqu’à finir par changer de « Dimension » où un
nouveau « Zodiaque » plus subtil prendra place, qui ne s’appliquera plus à l’humain).

Après avoir été Balance, on expérimente donc le Taureau (la Terre remplace Vénus, ce
qui rappellera des choses aux historiens de l’humanité et aux archéologues), Taureau
qui est, disions-nous, la dépendance du Soi par rapport à sa forme. L’autre est tout. On
cesse de vouloir le séduire, on s’aperçoit qu’on en est esclave. Le Taureau parvient à
maîtriser son incarnation lorsqu’il n’est plus esclave mais devient maître des lieux,
qu’il maîtrise son monde, avec une autorité naturelle qui n’a plus besoin de la comédie
pour arriver à ses fins. Alors il est prêt pour passer en face, dans le Scorpion, son pôle
spirituel.

Le Scorpion est le signe qui exprime la discontinuité de l’univers. La Dualité


métaphysique exprimée dans le Taureau entraîne inévitablement la discontinuité du
réel : les atomes sont séparés, les particules, les planètes, les individus sont

124
apparemment distants les uns des autres, les vies sont séparées par des morts. Le
Scorpion est devenu quasiment indépendant du monde qu’il tient à distance en
n’exprimant rien et en n’étant influencé par rien. Pluton qui le régit est la planète la
plus éloignée. L’ego y vit son paroxysme. Il y a moi et il y a les autres. Il est autant
accro à la matière qu’obsédé par la mort. Cela peut conduire à tous les excès. Mais
c’est aussi le lieu de l’approfondissement dans l’incarnation, à l’instar de l’alchimiste
(tradition occidentale) qui cherche la vérité au cœur de l’atome (alors que dans la
tradition orientale, on recherche la vérité dans le « Ciel » et la méditation), et donc le
Scorpion est la source de beaucoup de génie. Par exemple en science, en psychologie,
en sculpture, en architecture, en politique, en art militaire etc. Car c’est en plongeant
au cœur de la matière que l’esprit se trouve. Et le signe du Scorpion est le signe
métaphysique par excellence, où folie, créativité et génie se côtoient. La passion de
l’occulte et du fondamental n’ont donc pas attendu longtemps : dès le deuxième axe
zodiacal, donc dès la manifestation de l’espace, c’est là que la soif d’absolu, de solitude
comme de fuite de la solitude, et donc le désir sexuel, sont les plus radicaux. Le
déchirement ; la schizophrénie métaphysique : je ne peux pas ne pas me séparer de
l’autre mais je ne peux pas le quitter. « I can’t live with or without you », que chantait
Bono du groupe U2 fut le disque le plus vendu au monde. Tout le drame du couple se
situe dans cet axe Taureau-Scorpion. Le Scorpion fascine car il touche au plus intime.
Comment le scorpion va-t-il s’en sortir ? En passant par la case « Gémeaux » bien
évidemment, c’est la suite de son destin. Devenir androgyne voire asexué, se nourrir de
relations superficielles et mentales pour échapper à la souffrance du choix, échanger
sans cesse, servir d’intermédiaire pour la relation des autres, voilà le retour du
balancier. Le Gémeaux est un entremetteur. Un commerçant qui bouge tout le temps.
Surtout ne plus s’incarner, surtout ne plus s’engager, c’est trop dur. Comme un
adolescent qui ne veut pas entendre parler du monde des adultes.

A force de tourner autour de l’autre, ce qui est le résultat de la dualité magnétique « je


suis l’autre mais je ne peux pas l’être » que vivent toutes les particules atomiques,
l’énergie finit par organiser tout le cosmos, tout, sur le modèle des relations
magnétiques dualistes Gémeaux. Ce modèle d’organisation, seule possibilité durable,
c’est la trinité du Principe de Mouvement Perpétuel qui génère toute chose selon L. R.
HATEM : dualité magnétique qui correspond au Taureau, sychronisme symétrique des
rotations engendrant la Dégravitation (qui exprime l’indépendance des Gémeaux), et
translation orbitale qui stabilise le tout et exprime la solidité matérielle du signe du
Cancer. Le Principe de Mouvement perpétuel, ce sont donc les signes deux, trois et
quatre. Mais quel est le UN ?

Soit dit en passant, c’est une confidence qu’il ne faut pas répéter, c’est en comparant
les phases de la création que je discernais dans la théorie paternelle avec les phases
cycliques de l’Astrologie que j’enseignais à l’époque, que j’ai compris le signe du
Bélier (c’est-à-dire l’origine des choses) et sa dualité potentielle, la seule phase qui
échappait à l’investigation physique via les aimants. Autrement dit la cause des causes :
la Nécessité du néant. Je ne rentre pas dans les détails mais c’est de là que vient
l’Hyperscience. C’est pourquoi j’encourage toujours à étudier l’Astrologie, meilleur
moyen de se comprendre soi-même en tant qu’être et en tant que personne. Il est
sympathique de constater que c’est du lien entre la science la plus ancienne et la plus
universelle d’une part, et la science la plus moderne et la plus individuelle d’autre part,
qu’est née la lumière.

125
Donc le Gémeaux sans en avoir l’air, va finir par devenir une pièce maîtresse dans
l’univers, c’est lui qui permet les relations, qui les organise. Sans lui, sans la
Dégravitation et sa liberté, rien ne se ferait. Et ainsi le Gémeaux finit par devenir
responsable de l’univers cosmique en tant que SAGITTAIRE. Jupiter, Zeus, est le Père
des dieux, planète de l’universel (la plus grosse de toutes), et de l’organisation des
univers. Fils de Chronos le temps, lui-même fils d’Ouranos l’espace. On voit combien
la mythologie grecque est métaphysique : c’est bien de la conscience (espace-Ouranos)
que vient le temps, et ensuite l’univers s’organise. Le temps qui fait tout pour dévorer
ses enfants (annuler la création par l’amour ou la réintégration). Comme on l’a
expliqué métaphysiquement. L’intuition des anciens se confirme avec l’Hyperscience.
On remarquera même le lien entre Uranus (Ouranos) et la conscience, le Verseau étant
le passage de la conscience personnelle à la conscience cosmique.

Pour l’instant, c’est le Sagittaire le maître. Le Cosmos. Le père barbu et imposant. Qui
sécurise le tout. C’est cette stabilisation de l’énergie de mouvement perpétuel,
s’inscrivant enfin dans le temps, faisant que les atomes et systèmes planétaires sont
pérennes pour ne pas dire éternels, qui permet au signe du Cancer de s’incarner.
Le signe du Cancer, ensuite, régi par la Lune, le plus émotionnel et changeant des
astres, ce qui paraît contradictoire si on ne fait pas le lien entre passé et émotions,
symbolise pourtant le principe du temps et de la stabilité, ce qui lui confère une
mémoire et une patience à toute épreuve. Changeant et déterminé à la fois, le
cancerien.

Cette matière (« maya ») est aussi la « mère » (Maria) qui donnera la vie avec le
cinquième signe, celui du Lion, le Fils. Mais pour cela il faut passer par son
incarnation spirituelle, le CAPRICORNE. Signe qui régit le temps et l’immuable. Tant
et si bien que notre univers tend à se scléroser dans l’immobilisme. Tout ronronne à
merveille et plus rien ne change, dans une pérennité rassurante et une régularité
atomique, où les hiérarchies planétaires semblent immuables. « Je suis, de tout le
firmament, l’étoile la plus brillante et la plus stable » disait le Capricorne Charles De
Gaulle. Le signe qui domine tout le Zodiaque est celui qui prend conscience du Soi
indépendant de toute circonstance matérielle, présent qui régit tout le cosmos, mais
comme on l’explique dans le nouveau livre « Et l’Univers Fut », ce n’est pas pour
autant que le But poursuivi par la création est atteint. Il ne l’est pas, et la stabilité
apparente du cosmos ne saurait en rester là. C’est le seul moyen d’expliquer l’origine
de la vie organique.

Le Capricorne va bientôt devoir expérimenter la perte de ce confort pour reprendre sa


course à l’infini. Cela se fait par l’énergie du Soleil, celui qui insuffle la vie organique
sur Terre, Soleil du Soi qu’on voit à l’extérieur tant qu’on ne l’a pas reconnu intérieur,
qu’on ne peut jamais rejoindre, et dont on intègre la lumière au cœur de nos atomes
faute de pouvoir s’y unir autrement. Et l’agitation atomique provoquée par cet insistant
appel à l’évolution conduit au dépassement de l’équilibre dans des échanges de
particules entre atomes qui engendrent la physique des fluides, l’eau, la circulation
interne, la vie.

Les physiciens se sont toujours demandés pourquoi l’eau existe et pourquoi elle est
liquide, ils se le demandent encore aujourd’hui, ce qui est un peu ridicule tant c’est
élémentaire. Comment peut-on s’accrocher à des théories incapables d’expliquer le
plus fondamental ?

126
Depuis 1955 l’Hyperscience répond à ces questions de façon immédiate et parfaitement
satisfaisante, et permet d’expliquer la vie organique et l’évolution. Combien de fois
faudra-t-il le dire pour que les regards autorisés se tournent vers elle ?

Le Lion exprime la vie du Soleil en chacun de nous. Le Roi qui anime nos cellules. On
ne peut rester éternellement dans l’immobilisme des mouvements atomiques
parfaitement stabilisés et organisés, ce monde Sagittaire et Capricorne. Car le but
appelle et il n’est pas atteint. Il faut sortir de l’équilibre, et la vie profite de l’excès
d’énergie pour en sortir précisément. Et alors commencent les problèmes évidemment.
Il va falloir se bagarrer. Changer. Prendre des risques. Et là c’est la porte ouverte à
tout. A toutes les évolutions. L’amour, la guerre, l’art, la passion, l’exploitation de
toutes les formes de liberté pour aller vers un dépassement de soi. La matière ça suffit.
Il est temps de sortir de prison. DECOUVRIR.

Cette explosion de conscience et de créativité se manifeste particulièrement avec le


signe du VERSEAU, en face du Lion, celui qui « verse l’eau » de la Connaissance sur
l’humanité Lion, grâce ou à cause de Zeus qui a kidnappé le beau Ganymède (c’est lui
qui tient la cruche sur l’épaule), et alors toute l’illumination devient possible. D’abord
par le courant alternatif, peut-être (c’est rigolo car Uranus régit bien sûr l’électricité
autant que le progrès technologique, l’informatique et la « conquête » spatiale), mais
surtout par la compréhension. L’ouverture de conscience. L’intelligence visionnaire du
Verseau en relation avec le Tout et plus seulement avec son petit univers égotique
aspire à la vérité de l’Etre. Il est humaniste, écologiste, universaliste. Il a soif de pureté
et d’expériences nouvelles à tout prix.

Il va en baver. Car tout cela se passe quand même dans un cadre matériel. On a beau
aspirer à l’Absolu, il faut se soumettre au relatif, et le balancier continue son
mouvement pour nous faire retomber dans le sixième signe : le signe de la Vierge.
La Vierge est régie par Proserpine, douzième planète. Qui reste inconnue. Le but, il
faudra s’y faire, est inaccessible. La Vierge contient toute la spiritualité, le dépassement
de la condition organique. Avoir un corps vivant et pouvoir gambader dans les champs
n’est pas une fin en soi. La fin, c’est d’utiliser ce corps et cette vie jusqu’à la corde
pour encore se dépasser. Devenir le vrai Soi. Même si ça coûte un ego.

Quand on est incarné jusqu’à l’os et qu’on n’a qu’une envie, faire l’unité, être un avec
le Tout, dans un univers discontinu où on ne peut intégrer les choses qu’une à une, il
n’y a pas d’autre solution que la compassion, le service, l’empathie, et bien sûr
l’humilité. Comment pourrais-je à la fois aider l’autre à s’épanouir pour lui-même et
défendre mon ego ? Il faut choisir, et les Vierges ont choisi. La plupart du temps. Enfin,
souvent. Qu’elles choisissent ou pas, tôt ou tard elles finiront dans une fusion plus
grande encore avec l’univers, en passant par la vie de POISSONS. Qui voudrait bien se
fondre avec l’océan dont Neptune est le maître. Qui vit plus dans l’inconscient que dans
le conscient. Qui sait que tout est illusion et en tire parfois désespoir, mais pas toujours.
Parfois il sait que le rêve est la seule réalité. Que la prière est la vraie fonction de
l’esprit, non l’attachement aux formes du passé. Si près de « Dieu » et ne pas pouvoir le
toucher, cela pousse parfois à renoncer, à mépriser la matière ou à fuir l’existence.
Après tout à quoi bon ? Peut-on vraiment communiquer ? L’autre existe-t-il ? Y a-t-il
un univers à vivre ? C’est l’épreuve de « l’Oeuvre au Noir » des alchimistes, mais
derrière l’Oeuvre au Noir, il y a l’Oeuvre au Rouge, le contact avec le Soi, la

127
résurrection vers un nouveau Bélier, d’où jaillit en fait « Dieu » en tant que but,
l’énergie originelle.

« Derrière le mal de vivre il y a la joie de vivre » comme disait la chanteuse Barbara,


un nouveau cycle, une nouvelle naissance, sur un autre plan, où on se rend compte que
si le but est inaccessible, ce n’est pas triste loin de là, au contraire : c’est parce qu’il
est inaccessible que l’amour est en perpétuelle croissance, et que l’incarnation vaut la
peine d’être engendrée et vécue. Chaque nouveau corps est un nouveau moyen de
progresser vers plus d’unité et plus de liberté. Si le but était accessible, qui se réjouirait
de ce néant ?

Ainsi, les six phases du cycle éternel de l’Etre, qu’on aura intérêt à étudier
graphiquement dans le livre « la Fin de l’Inconnaissable » (Editions Ganymède), sont
une dualité constituant douze destins par lesquels nous sommes tous appelés à passer.
Pas forcément d’une vie sur l’autre, on peut passer plusieurs vies dans la même
énergie, mais tôt ou tard tout est expérimenté dans un ordre logique qui est une spirale
d’évolution infinie.

Trois Principes de base qui sont les « Lettres-Mères » de la Kabbale, Aleph l’infinité
des possibles, Mem la manifestation et Shin sa transformation, autrement dit Brahma,
Vishnou et Shiva pour les Hindouïstes, ou encore Tao, Yin et Yang, ou également Bélier
qui « veut TOUT » comme « Dieu » selon St Paul, Taureau qui ne voit que l’autre, et
Gémeaux qui agite tout cela dans tous les sens pour créer des liens, trois Principes qui
se manifestent chacun de quatre façons différentes (trois multiplié par quatre égale
douze comme les douze Lettres doubles de la Kabbale hébraïque) selon les quatre
formes successives de la manifestation : la volonté (Feu), la pensée (Air), l’émotion
(Eau), et la « matière » (Terre). Et c’est ainsi que le point-nul sommet de la pyramide se
transforme en carré-matière sur le sable de Gizeh, en passant par les quatre triangles
des quatre côtés qui sont les quatre aspects de l’esprit (le triangle symbolise l’esprit),
les quatre faces de nous-mêmes.

Car nous ne sommes ni le sommet (Père éternel ou Bélier) ni la forme apparente


(Taureau ego-Fils, le carré de la matière en bas) mais la Relations qui les sépare et les
unit, l’Esprit dans sa dodécuple multiplicité. La réalité c’est les Gémeaux, l’Androgyne
spirituel des alchimistes, Hermès le Trois Fois Grand (« Trismegistos »). La Relation.
Façon de se rappeler à la réalité symbolique, car chacun de nous est bien sûr
l’ensemble de ces douze signes, qu’il vit et revit successivement sur une multiplicité de
plans, et chaque fois qu’on en vit un on croit que les autres sont extérieurs. Et c’est
dans la matière qu’on les voit. Mais ce n’est qu’une question de temps pour
s’apercevoir que l’autre c’était ou ce sera soi, tant il est vrai que nous ne sommes pas
séparés les uns des autres par de l’espace mais par du temps. Les Astres, les Autres, ne
peuvent vous être que favorables.

128
CHAPITRE SIXIEME

L'INCARNATION

POURQUOI J'AI UN CORPS ?

L’identité ne consiste plus à fignoler et astiquer sa personnalité, au nom de la priorité au


moi, elle consiste à s’identifier à ce qui a besoin d’une personne pour manifester son
amour. Et cette personne toute relative, point de départ de mon évolution vers le non-
personnel, est nécessairement délimitée par rapport aux autres, ce qui ne peut se faire
qu’avec une sensation de résistance matérielle à la confusion.

Il n’y a pas de matière cependant, il n’y a qu’un besoin réciproque de se distinguer de


l’autre, de ne pas traverser certaines limites. Ces limites, c’est le corps. Et ma relation à
mon corps est une seconde étape de la recherche ontologique, après l’affirmation d’une
identité.

Il est bon de rappeler certaines connaissances qui ont été révélées en exclusivité via nos
travaux. La cause de l'ego n'avait jamais été révélée par personne auparavant dans
l’histoire connue de l’humanité, et il est donc important de se la remémorer pour le cas
où ces nouveautés seraient passées un peu inaperçues. Car la plus grande confusion
règne généralement à cet égard et on ne fait pas forcément le lien entre le fait d'avoir un
ego et le fait d'avoir un corps. Souvent on les considère comme deux réalités
indépendantes, l’un occupant l’autre provisoirement. Pourtant ces deux réalités sont
tellement liées qu'on peut à la limite les assimiler l'une à l'autre. Qui dit ego dit corps, et
comprendre l'un c'est comprendre l'autre.

Certes, on ne peut pas dire stricto sensu que corps et ego soient synonymes. Leurs
définitions sont distinctes. Reprenons quelques définitions métaphysiques :

On appelle ESPRIT le JE-SUIS en tant que tout (on démontre que le JE-SUIS, ce qui en
nous nous fait dire JE et avoir la conscience d'être, est le tout : il n'y a rien d'autre, et
cela est potentiellement infini (c'est-à-dire qu'il contient toute chose). Le JE-SUIS est
une relation dualiste créant les illusions de moi et d'autrui (ou monde extérieur). Cette
dualité inséparable (et équivalente au "Yin-Yang" dont l'ensemble est néant ou Tao) a
deux fonctions inséparables mais distinctes : la CONSCIENCE qui distingue l'infini par
rapport au zéro qui s'en trouve le centre, et l'AMOUR qui, une fois cette distinction

129
réalisée, n'a de cesse que de l'annuler afin d’établir l'unité du tout nul (néant). Le Je-suis
est le tout et non le centre du tout. Mais c’est un sentiment d'être au centre, ce qui
engendre l'amour, puisque ce centre est le centre de soi-même et que l'amour c'est
redevenir soi-même : si je ME perçois comme 'extérieur, je cherche à m'unir à cet
extérieur. L'amour est un sentiment de manque au centre, pour devenir soi-même, qui se
comble en intégrant en soi le monde apparemment extérieur. Ainsi, le zéro où se situe le
sentiment de conscience, et par suite d'où part l'amour, se réunifie petit à petit avec
l'infini, engendrant l'évolution apparente de l'être en intégrant de plus en plus
l'expérience du monde.

L'esprit est donc le tout, cet ensemble est nul, et il contient tout. Par ailleurs, l'esprit, le
Je-Suis, c'est évidemment soi. L'essence de soi. Quiconque a la conscience et ressent
l'amour est le Je-Suis tout entier. On démontre également très facilement que l'infini ne
peut être divisé. Toute partie de l'infini est forcément infinie. La croyance que les objets
et personnes sont finis est en fait un leurre total, fruit d'une illusion tout à fait
explicable.

Comme l’esprit ne peut pas être effectivement infini (c’est sa vocation puisqu’il est tout
mais il ne peut pas faire autrement que de percevoir un extérieur), il se délimite. Il ne
peut pas s’identifier au zéro car pour cela il lui faudrait aussi être infini. Il ne peut
qu’être entre les deux : « quelque chose ». Ce « quelque chose » est un « ego » qui
s’oppose à tous les autres grâce au corps qui lui est associé, c’est-à-dire qu’il se donne
des moyens de défendre ses limites, par des sensations nerveuses, des organes des sens
etc.

LE CORPS EST-IL SI FINI QUE CELA ?

Le corps nous paraît délimité par nos sensations, mais en réalité il n’est pas du tout
délimité. Il n’existe rien de séparé dans l’univers. Deux planètes paraissent éloignées à
nos sens, en fait elles se touchent, et même se contiennent mutuellement. Il n’y a
qu’énergie, même si on perçoit cette énergie un peu plus concentrée là où on dit « voici
la planète », en réalité leur corps énergétique est infini et contient tout. La Terre touche
le Soleil par son énergie qui n’est pas une propriété du corps mais qui est le corps lui-
même. C’est la même chose pour nous, nous ne sommes pas séparés, sauf par notre
mental qui ne veut s’identifier qu’aux corps les plus denses et n’a aucune sensation des
corps plus subtils qui s’étendent à l’infini.

De toute façon, on explique en Mathématiques métaphysiques (rien à voir avec les


maths physiciennes et mentales), que la multiplicité est une illusion de division de
l’infini. On ne peut ajouter deux fois un pour obtenir deux, car il n’y a que UN. Il ne
saurait y en avoir un autre. Pour obtenir deux, il faut diviser UN en deux. Mais ce n’est
qu’une illusion car en fait on ne peut le diviser. Ni en deux ni en dix-mille. Cela restera
toujours infini Cela est très intéressant à rapprocher du fait que nous nous croyons
plusieurs à nous partager le monde.

Supposons que l'on divise l'infini par deux, qu'obtenons-nous ? Deux demi-infinis ?
Cela ne veut rien dire. Un demi-infini est forcément infini. Et il n'y a qu'un seul infini.

130
Divisons le par trois, quatre, mille, on en revient toujours au même problème. Un
millième de l'infini est forcément infini et est forcément l'infini lui-même. "Dieu" est
indivisible, dit-on. Cela n'empêche pas certains de dire : "chacun a en lui une partie de
"Dieu", une étincelle divine dont la somme est "Dieu"". Cela est évidemment faux. Là
où se trouve la conscience, là se trouve la totalité de l'infini et donc "Dieu", qui ne peut
être divisé. Nous avons déjà évoqué cela.

Cela a une conséquence immédiate : tout est infini. Et comme il n’y a qu’un seul
« tout », un seul infini, tout est un. Vous ne pouvez pas exhiber un objet, une personne,
quoi que ce soit, qui ne soit l’infini tout entier qu’on appelle "Dieu". L'impression que
c'est une partie du tout est pure illusion. En fait ce qu'on appelle "Dieu" (l'"Absonite",
vérité ultime inconditionnée infinie et nulle qui est n’est qu’un but et donc une énergie
créatrice), est la nature réelle et en totalité de toute chose, si minuscule et apparemment
méprisable soit-elle. Toute chose apparemment finie est infinie.

Ce qui veut dire que quels que soient mes efforts inconscients pour être un ego, et pour
m'identifier à un corps, cela ne peut en aucun cas contrecarrer le fait premier et évident
que je suis l’Absonite dans sa totalité, l’Unique inconditionné dans l’espace et le temps.
Je suis le tout, quelle que soit mon image de moi-même, quelle que soit l'idée que je me
fais de moi, homme, animal, corps ou autre.

Le biologiste Jean-Pierre GAREL démontre d'ailleurs cela d'une façon physique et


mathématique également incontestable :

« Prenez un objet. Mesurez-le dans la dimension que vous souhaitez. Maintenant,


utilisez une mesure plus petite. Vous obtenez une dimension plus grande car avec une
mesure plus petite, vous avez accès à des composantes de la forme également plus
petites et inaccessibles à un instrument de mesure plus grossier. Vous vous apercevez
au microscope que vous pouvez faire des détours à n'en plus finir sur une surface qui, à
l'oeil nu, vous apparaissait droite, et sa dimension s'en trouve multipliée. Ainsi de suite,
si vous utilisiez un instrument de mesure suffisamment petit pour mesurer jusqu'aux
atomes composant cet objet, vous ne pourriez plus lui donner de dimension, car vous
mesureriez une particule sphérique, passeriez dans un immense espace vide avant
d'atteindre une autre particule sphérique, mais à l'intérieur et entre les deux vous
pouvez en rencontrer d'autres sur d'autres plans géométriques et ainsi de suite, vous ne
pourrez jamais faire le tour de l'objet. Tout objet s'avère infini pour un instrument de
mesure non pas infiniment petit, mais suffisamment précis ».

De même vu de l'espace, on peut mesurer la longueur d'un continent. Mais sur Terre,
avec tous les détours que l'on doit faire pour aller d'un point à un autre, la distance
s'avère beaucoup plus grande. Et si vous prenez la peine de mesurer le continent avec un
double-décimètre, sa longueur sera bien plus grande, et s’il vous prend de faire le tour
de chaque grain de sable, vous vous apercevez que le continent, et même le grain de
sable, est infini.

Vous voilà dans de beaux draps : vous vous croyiez confortablement installé(e) dans un
corps harmonieux et bien délimité, avec un mental bien personnel, et vous vous
apercevez qu'en fait ce corps est infini comme tout le monde ! Qu'il n'est pas une partie
du tout mais le tout lui-même ! Et que l'esprit qui l'anime, mais cela vous le saviez déjà,
n'est pas un esprit limité mais la totalité de l'esprit universel ! Finalement, comment

131
séparer l’ego, et même l’esprit du corps ? Et même l’ego de l’esprit ? Là où je me crois
quelque chose je me trompe. Pure question de mesure. Voilà comment des gens tout à
fait normaux ont, un jour, pris subitement conscience qu'ils étaient le Christ. On les a
taxés de folie et lapidés parce qu'ils disaient ce que notre mental refuse à chaque
instant : son infinité. Mais qui est le plus fol ?

Ces précisions données, ou rappelées, nous pouvons poursuivre avec nos quelques
définitions. Ces définitions ne définissent pas des éléments distincts, ce sont des
délimitations mentales uniquement au niveau du sens. Comme pour tout. Définir un
chat est en fait impossible.

On appelle « AME » le fait pour le Soi de ne pas s'identifier au tout (infini), et donc de
s'identifier à quelque chose, une partie du tout. Cette âme est un processus permanent et
éternel, qui s'applique en tout point de l'infini, mais d'une façon différente, nous donnant
à chacun l'impression d'être un personnage différent, distinct des autres. Le même soi se
croît une infinité de personnes différentes, c'est l'âme. Cette âme est forcément
individualisée, il n'existe pas d'âme universelle. C'est l'esprit qui est universel, l'âme en
est la personnification à l'infini, le fait de se délimiter dans l’infini, d’une infinité de
façons illusoires. Mais toutes existent éternellement évidemment.

On appelle EGO l'état de croyance de soi-même quelque part à un moment donné. A tel
instant, le Soi, ici, se croit ceci, et par assimilation, on appelle souvent cela une "âme"
alors que l'âme est un processus d'egotisation dont l'ego est le résultat. Ailleurs il se
croit cela. Il est partout, partout il se croit un ego différent.

On appelle CORPS la manifestation sensible de cette identification à des limites qu'on


appelle l'ego. Je limite mon esprit à certaines caractéristiques personnelles, il faut que je
les défende par rapport au monde extérieur. Ce n'est pas facile pour un esprit impalpable
qui en fait est sans limite aucune. D'où la nécessité pour lui de donner à ces limites une
manifestation le délimitant par rapport aux autres. C'est le corps. Cette manifestation
s'appuie sur le phénomène de conscience qui engendre automatiquement l'effet de
matière (voir Métaphysique) et donc d’univers. Tout ego est inséparable de son univers,
ensemble ils sont tout. L’ego tout seul n’a aucun sens. L’âme est une façon de séparer
ego et univers dans l’infini des possibles.

Puisque l’ego est inséparable de son univers, il ne cesse d’être infini en fait.

Vous commencez peut-être à comprendre pourquoi vous avez ce corps, pourquoi votre
conscience se vit à travers un corps. Et pourquoi vous n’êtes pas ce corps mais CE qui
sépare le Ciel (univers, autrui) et la Terre (corps, moi, personnalité « physique » et
mentale).

132
L’ESPRIT, CREATEUR DU CORPS QU'IL CROIT ETRE ET SUBIR

Supposons établi (difficile de prétendre le contraire) le fait que JE est le Tout et


représentons-le par ce rond supposé infini :

Il est clair que JE n'a pas l'impression d'être cet infini et pas non plus l’impression de
n’être rien. Il a pourtant l’impression d’être au centre de cet infini, mais pas en tant que
simple « point » nul. Il se croit quelque chose. S’il se croyait nul, il ne s’opposerait pas
à l’infini en fait. C’est le FINI qui s’oppose à l’infini, pas vraiment la nullité, car
l’infini, s’il était, serait nul. L’infini étant une tendance, une nécessité, et non une
réalité, cela manifeste toutes les finitudes nécessaires pour le constituer.
Potentiellement. Toutes s’opposent à l’infini, et donc toutes sont finies. Toutes sont
évidemment au centre de cette infinité, en restant nécessairement distinctes, autres, et
cela ne peut se maintenir que sous forme CONSCIENTE, par opposition des unes aux
autres. JE se croit donc toujours au centre, mais n’y est pas puisqu’il n’y en a pas :
l’infini n’est pas un espace mais une direction. Le JE est donc ce qui sépare et unit en
même temps zéro et infini en ne se croyant ni rien, ni tout, mais « quelque chose »
(« moi »), une partie du tout, donc un corps et sa délimitation : l’esprit dualiste. Mais
cela ne veut pas dire que JE le soit. En tout cas pas plus l’un qu’un autre.

Et en fait je ne crée pas ce corps, c’est pure illusion, c’est juste le rejet de ce que je ne
veux pas être, toutes les potentialités dont JE se prive ici et maintenant, sans pour autant
tout rejeter.

Ce faisant qu'arrive-t-il ? En m’identifiant à un corps, je crée autour de moi l'impression


d'un donné extérieur que j’appelle l'univers (en hachuré), et qui est ce que je ne
m’approprie pas. Cet univers est évidemment aussi une illusion.

133
Mais c’est aussi tout le potentiel que je suis appelé à intégrer (amour) puisqu’il n’y a
qu’un but à tout cela : l’infini, c’est-à-dire le fait qu’il y a forcément un tout et que ce
tout ne peut pas être fini sauf à ne pas être tout, donc qu’il ne peut y avoir d’univers
réel.

Telle est l'explication la plus simple de l'univers/esprit, et la représentation la plus


simple du principe créateur : je me trompe de moi. Elle ne fait aucun doute car il est
amplement démontré qu'effectivement je suis la nécessité du Tout infini, et par ailleurs
que je ne peux que me croire autre chose, à partir du moment où « je suis », je dis
« moi ».

Maintenant, on a compris que ce sentiment d'être quelque chose de défini au milieu d'un
monde également défini est inévitable et est ce qu'on appelle la conscience. La
conscience est donc cette rétraction par rapport au Tout, mais pas jusqu’à la nullité.
Sans moi, pas de conscience. On montre par ailleurs que ce moi ne peut pas ne pas avoir
la sensation d'être un corps matériel séparé des autres, car l’énergie du but se heurte à
l’INERTIE DU MOI et fait que tout apparaît matériel et temporel.

Cela étant, être un moi est une négation de soi-même. En fait je suis le tout en tant que
nécessité. Et si vous chassez le naturel, il revient au galop. Ce galop, c'est ce qu'on
appelle l'amour. Partant d'un moi illusoire, quelque chose d'irrésistible me pousse à me
dépasser en étendant mes limites, en intégrant ce monde extérieur appelé à redevenir
une partie de moi-même. On peut dire que l'esprit est ce double mouvement :
conscience créatrice du moi et de l'univers qui va avec, et amour qui cherche à rétablir
la vérité nulle et infinie.

On ne peut pas échapper à cette dualité qui constitue toute chose dans cet univers, y
compris moi.

L'effet de "matière" est le résultat de cette dualité de nécessités contradictoires. Tout


point de l'infini est constitué par la volonté de redevenir infini, freiné, bloqué, limité par
la volonté de rester soi. D'où cette sensation que le donné extérieur nous résiste
physiquement alors qu'il n'est que l'expression de notre propre niveau de résistance à
l'amour. Il ne faut donc pas s'étonner d'être "incarné", il ne faut pas s'étonner d'avoir un

134
corps. Je crée ce corps parce que je suis un être dualiste et donc contradictoire. Cela
signifie évidemment que cette création est spirituelle, en pensée, en sensations, ce qui
n'enlève rien à sa résistance et à sa tangibilité.

Il ne faut pas non plus que je m’étonne de ne pas être amour infini et inconditionnel. Je
ne peux pas l’être puisque être, c’est se limiter.

Ouf, vous voilà déculpabilisé un bon coup.

En tant que corps, je suis ma première création. L'univers que je vis en découle puisqu'il
est mon complément pour constituer le Tout. D'où la certitude que c'est en changeant
mon image de moi-même que je vais changer mon univers.

Pour l'heure, il s'agit de gérer ce corps. Dois-je en changer ? Puis-je l'améliorer ? Dois-
je le haïr, le renier, l’adorer ou l’accepter ? En premier lieu : comment l'accepter.
Comment me faire à cette évidence que, bien qu'infini, je me limite à un "véhicule"
étriqué, que d'aucuns n'hésitent pas à qualifier de "prison".

Vive les prisons car elles nous donnent la soif de liberté, et l'occasion de nous libérer.

Le corps n'est que cela. Un moyen de prendre conscience de la liberté qui nous manque,
et un moyen de faire le travail d'acquisition de cette liberté. Sans corps, cela serait
impossible, et une liberté qui ne s'acquiert pas par le sacrifice n'a aucune valeur de
liberté. C'est une autre prison.

ACCEPTER D'AVOIR UN CORPS

La plupart des problèmes psychologiques, avec mille conséquences physiques,


proviennent de la relation au corps : parce que je suis pur esprit potentiellement infini,
me limiter à cette apparente prison me paraît insupportable, inadmissible, voire honteux.

C’est tout à fait normal.

On est ici pour guérir, et on commence avec les choses sérieuses. Tout d'abord, il faut
régler une fois pour toutes la question de savoir si je suis un corps ou si j'en ai un. De
toute évidence, J'AI UN CORPS mais je ne le suis pas. En aucun cas je ne dois
considérer que je suis ce corps. Ce que je suis est l'esprit créateur qui sépare et réunit ce
moi du reste de l'univers. Ce que je suis est une RELATION mutuellement créatrice,
non un des pôles de la relation.

Si je crois être un corps, alors je deviens mortel. Par ailleurs, je n'ai aucune chance
d'accéder ni à la connaissance ni à la liberté. M'attachant forcément à ce que je crois
être, je ne peux que souffrir de toutes les façons : croire à la maladie et la maudire,
craindre la vieillesse, me sentir séparé des autres et du monde. Je suis alors pleinement
dans l'illusion et en subirai toutes les conséquences jusqu'à ce qu'à force de souffrance,
je commence à comprendre que je ne suis pas du tout ce que je croyais. La souffrance
est là pour nous montrer que nous nous trompons. C'est le signal d'alarme de l'erreur. Et

135
elle est très perfectionnée : plus je m'accroche à l'erreur, plus elle sonne fort. Si je ne
tiens pas compte de la première sirène, elle devient vite assourdissante.

Je ne suis pas un corps, j'ai un corps. Maintenant, il s'agit de ne pas considérer ce corps
ni comme ma propriété, ni comme un dû, ni comme une malédiction, ni comme un fait
neutre ou sans intérêt.

MON CORPS N'EST PAS UN DÛ

Je ne suis pas un petit enfant à qui on n'a pas donné l'amour qu'il méritait. Personne n'a
rien à me donner. Personne ne me doit rien, et il ne me manque rien. Je suis le tout,
donc je contiens tout, et il n'existe personne à l'extérieur de moi qui puisse me donner
quoi que ce soit. Le créateur c'est moi, le Père Noël, c'est moi, et si j'ai un corps c'est
parce que je me le suis donné. Si je me le suis donné, c'est parce que j'en ai besoin.

En effet, le créateur est désormais connu, son but est connu, c'est la paix absolue, l'état
parfait et vrai absolu. Tout être, quel qu'il soit, est tout entier en recherche de cet
équilibre, responsable du fait que je m'assois lorsque je suis fatigué, que mes pieds
restent sur le sol grâce à la « gravité », et que la souffrance me porte à dépasser mes
limites. Tout cela et tout le reste est recherche de paix, d'équilibre, c'est le seul but de
l'être parce qu'il se sent en déséquilibre par rapport à lui-même, se croyant autre chose
que ce qu'il est.

Un seul but, et donc un seul créateur. Pour qu'il y ait des choses qui vont à l'encontre de
mon intérêt, il faudrait qu'il y ait un but contraire, et donc un créateur concurrent qui
voudrait mon mal. Or rien dans l'univers ne pousse à ma séparation d'avec moi-même,
car tant que je ne suis pas séparé, je ne suis pas conscience, et il n'y a pas d'univers. Je
commence à être au moment où je commence à chercher l'équilibre.

Parfois on considère son corps comme un dû. Je l'ai, j'y ai droit, personne n'a à y
toucher, rien ne doit le menacer, tout ce qui le gène doit être éliminé, et si je peux
exploiter les autres pour améliorer son confort, pourquoi pas.

C'est l'attitude normale de l'enfant avant l'âge de raison. C'est évidemment une erreur.
Mon corps n'est pas un dû, c'est un cadeau que je me fais. Personne d'autre que moi n'en
est responsable. Je me charge d'entretenir ce merveilleux outil qui va permettre ma
libération. Sans ce corps, je ne peux rien faire. Lorsque j'étais mort, sans corps, je
souffrais beaucoup de ne pas pouvoir agir pour ma libération et pour l'amélioration du
sort de chacun. C'est pourquoi j'étais impatient de revenir sur Terre. Maintenant que j'y
suis, à moi d'y donner toute l'importance nécessaire et respecter l'indispensable moyen
de réaliser l'Absolu. Sans le corps auquel s'identifie le moi, l'Absolu ne pourrait pas être.
Je suis infini et libre grâce à mon identification à quelque chose que je ne suis pas.

Cet infini n’est pas conscient et ne le sera jamais. Le conscient se croira toujours un
corps. Il permet l’autre Plan qui est beaucoup plus moi-même que celui qui est
conscient. Si je perds ce corps, je ne peux plus contribuer la réalisation du But. Il me

136
faudra recommencer tout avec un autre. Donc je l’entretiens. Et toute idée de suicide
irait à l’encontre de mon désir de liberté.

MON CORPS N'EST PAS UNE MALEDICTION.

Certains ont un autre sentiment : « je suis revenu sur Terre parce que j'ai manqué
l'examen la fois précédente. Je n'ai pas réussi à me perfectionner assez pour mériter de
ne plus avoir de corps. Je reviens dans cette vallée de larmes pour en baver jusqu'à ce
que je comprenne. A la limite, plus je me mortifierai, plus vite je serai débarrassé de ce
mauvais moment à passer. Mort à la vie. Dieu est la seule chose qui m'intéresse, les
autres peuvent crever. Je ne suis pas sur Terre pour être heureux, d'ailleurs l'amour
n'existe pas ici-bas ».

Parfois, pour retrouver le goût de cet infini dont je perçois intuitivement la présence et
qui, de par mon incompréhension, retire tout intérêt aux choses limitées de la vie, c'est
les intrusions dans les paradis artificiels de l'alcool ou de la drogue, en attendant le
suicide.

C'est l'attitude fréquente du débutant en spiritualité. Il a compris qu'il n'était pas un


corps, et donc a une soif excessive de ce qu'il est vraiment. Tout ce qui lui rappelle le
corps, la saleté, le sexe, le sport, la nourriture etc, le dégoûte et il n'a de cesse que de
purifier tout cela toujours plus. Rien n'est assez propre, rien n'est assez pur et parfait. Il
est passé d'un extrême à l'autre. Entre le jouisseur enfant qui veut tout vivre à travers ce
corps auquel il s'accroche, ne croyant à rien d'autre, courant de plaisirs de la table en
plaisirs du lit et toujours à la recherche de sensations plus fortes, et celui qui méprise ces
bassesses illusoires, il y a le sage.

Le sage est celui qui sait bien qu'il n'est pas le corps et ne s'y accroche pas, mais
néanmoins a compris son importance et le respecte autant qu'il l'entretient, sans excès,
mais avec le soin d'un ouvrier pour l'outil de sa réalisation. Si cet outil est devenu
périmé ou trop usé, qu'à cela ne tienne, j'en change. Tant qu'il est adapté et peut servir,
je m'en sers au mieux. C'est à travers les expériences de ce corps que je développe la
maturité de mon ego et affine mon jugement et ma connaissance de soi.

La relation au corps est toujours délicate mais décisive. Rien ne peut être plus propre,
plus pur, que le corps. Rien ne peut être plus précieux car il est éphémère contrairement
à l’esprit. L’esprit peut mentir. Le corps ne peut pas. Il est manifestation, il est la réalité
présente de l’Etre, c’est notre relation au corps qui montre notre niveau spirituel. La
spiritualité est une relation au corps, sans le corps, pas de spiritualité possible. Pas
d’évolution possible non plus puisque chaque corps en est une étape.

137
CE CORPS N'EST DONC PAS SANS INTERET

Il existe un troisième ensemble d'attitudes vis-à-vis du corps : celui qui pense qu'il n'est
rien, qui ne se donne pas la peine de le mépriser (s'il veut vivre, qu'il vive, cela ne me
concerne pas ; s'il disparaît, ce n'est pas grave), et pas davantage de l'aimer. Pour lui,
seul le néant est, et cette intuition le place face à une recherche d'absolu irrésistible.
Tout est illusion, et éternellement je vais chercher dans la méditation la clef de cet
univers, là où se trouverait peut-être une raison de méditer.

Alors de deux choses l'une : ou bien ma maturité est suffisante pour comprendre le sens
de l'univers, ou bien elle ne l'est pas et je ferais mieux de recommencer à vivre le monde
avec ses contraintes et ses servitudes. Il sera bien temps de méditer ensuite.

Si j'ai compris le monde, j'ai compris que l'illusoire est indispensable au Vrai, que le
corps est le moyen de "Dieu", et que sans lui, il n'existe pas de néant. Ce corps prend
alors tout son intérêt. Je deviens un dévôt du corps au même titre que je suis un dévôt de
toute personne et de toute chose dans l'univers. En tout et partout je vois l'infini,
l'Absolu, "Dieu". C'est le regard convenable. Celui du saint. Le seul à être cohérent avec
la logique.

Mon corps est donc la première créature à aimer. Non pas à chérir comme un conjoint
dont on ne peut se passer, mais comme la seule représentation de soi-même où l'on
perçoit toute la lumière et toute la beauté de l'univers. Sans le moindre attachement, car
tous ces corps sont changeants, en permanence, et leur mort fait partie de leur vie. Voir
le mouvant là où on est tenté souvent de voir l'inerte, c'est voir la vie en action là où
généralement on ne voit que formes passées et figées, c'est voir le Saint Esprit là où l'on
croyait à la matière, c'est voir "Dieu" au seul endroit où il est : dans chaque corpuscule
si méprisable et inutile qu'il puisse paraître. A fortiori dans chaque personne.

J'essaie désormais de m'habituer au fait d'être "Dieu" et PAR CONSEQUENT de me


sentir corps, car il n'existe aucun dieu en dehors du vécu concret et quotidien. Ma
relation corporelle au monde est la manifestation de mon état d'esprit, et cet état d'esprit
constitue ma relation à l'Absolu. Il n'y a pas autre chose que cette relation puisque
l'Absolu est néant. Mon corps dans sa dynamique (il n'existe pas, en fait, en dehors de
cette dynamique : si elle cesse, il se décompose très vite) est cette relation. Il n'y a pas
d'autre lieu où "Dieu" puisse se glisser, et il n'y a que là que je sois fondé à le voir.

Une fois cela établi et compris, je ne dois plus jamais, comme dit la Bhagavad Gita,
laisser quoi que ce soit s'insinuer entre moi et "Dieu". Rien qui puisse me faire penser
que "Dieu" est extérieur à ce moi, qu'il n'est pas ce moi, que ce moi est imparfait et qu'il
faut le purifier. Il n'y a rien à purifier : être pur c'est voir "Dieu" en chaque chose. Ce qui
veut aussi dire qu'il n'y a pas de "Dieu" en dehors ou en plus de ces choses.

Si mon corps semble limité, alors c'est qu'il est l'infini tout entier. Il n'existe aucun infini
en dehors de cela, auquel je puisse le comparer.

Aimez ce corps, aimez avoir ce corps, aimez vivre les limites du corps et ses servitudes,
car c'est là que se trouve l'Absolu et le Vrai. Celui qui cherche l'infini y reviendra
toujours.

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Certains de nos lecteurs en ont peut-être assez de voir le nom de « Dieu » dans toutes
les phrases. Il y en a pour qui ce mot est connoté religieusement, et cela peut les
troubler. Veuillez nous en excuser. Nous mettons toujours « Dieu » entre guillemets
pour bien exprimer le fait que c’est son sens métaphysique que nous utilisons et aucune
réalité telle que le pensent les croyants. Il s’agit d’un concept, celui du but/créateur,
donc de l’énergie universelle associée à sa forme universelle. Ce qu’on appelle
généralement « Dieu » sans savoir ce que c’est, c’est cela : « de la Dualité à l’Unité en
passant par l’Infinité de l’espace et l’Eternité du temps », comme dit notra ami Jean-
Yves Macron.

L'INCARNATION, UNE DECISION DE CHAQUE INSTANT

« Je n'ai pas envie de vivre. Je m'arrange pour qu'on me prenne en charge. Je préfère
que les autres décident. Etre heureux ou pas, cela m'indiffère. Vivement la mort. La vie
n'est qu'un mauvais moment à passer. A quoi bon se fatiguer, tout cela disparaîtra. J'ai
l'impression d'être spectateur. La vie se fait sans moi. Seul Dieu compte, le reste est
sans intérêt. Je ne sers à rien. Personne n'a besoin de moi. J'ai envie d'être ailleurs. Je
suis toujours entre deux valises. Je n'ai ni meubles ni attaches. Le monde est trop moche
– ou trop beau - pour moi. J'ai toujours envie de dormir. Je n'en ai jamais assez. Il me
faut tout tout de suite. Si ce n'est pas parfait, cela ne vaut rien. On n'arrivera pas à tout
changer. Il n'y a pas de place pour moi ici. L'amour doit être inconditionnel ou rien. Il
n'y a pas d'amour. On est trop séparés les uns des autres. Les gens ne comprennent
rien. Ce serait tellement simple si on s'aimait tous. Pourquoi tant d'inégalités, de
différences ? Je ne me sens bien que quand je suis seul ; l'autre, c'est l'enfer. J'ai
toujours l'impression d'être privé de quelque chose. L'argent, voilà l'ennemi. Parfois,
j'ai l'impression que tout est vide, que rien n'existe. J'ai envie de mourir. J'ai envie de
retrouver mes frères. Je déteste monter dans une voiture ou à cheval. Je déteste mon
corps, je n'arrive pas à m'y habituer. Le corps, c'est sale. La matière, c'est le mal. Je ne
suis bien que dans la spiritualité. Je suis incapable de faire un jogging ou de danser. Je
suis incapable de faire des démarches administratives. Il faut en finir avec la
reproduction. Les enfants sont des plaies. Ce serait tellement simple si l'humanité
s'éteignait. Etre mère ? Quelle horreur ! Ma mère a souffert à ma naissance. Je ne
risque rien, je n'ai pas de famille. Dans la vie, il ne faut jamais prendre de risques. J'ai
toujours mal quelque part. Quelle idée d'avoir un sexe ! Je me sens coupable chaque
fois que je me mets en avant, ou que c'est moi qui prends l'avantage, ou qu'on me donne
quelque chose, ou que je mange le premier, ou que je ne partage pas tout avec toute le
monde. En fait, je n'ai pas le droit de vivre, je devrais être ailleurs. Je n'ai de place
nulle part. Je manque mes trains, j'arrive en retard à mes rendez-vous. Je passe mon
temps à me laver les mains. J'évacue trop. Ou pas assez. J'ai peur de souffrir. J'ai peur
d'aimer, de m'engager, de décider. Je préfère qu'on me commande. Créer une
entreprise ? C'est de la folie. Je trouve toujours mille raisons de ne pas faire ce que je
décide. Je n'étais pas un enfant désiré. J'aurais voulu avoir un autre destin. La vie s'est
liguée contre moi. Je ne sais pas ce que je veux. Je n'ai pas de but. Je déteste vieillir. Il
est trop tard pour agir. Pourquoi tout ça ? Il faut toujours se battre, j'en ai assez. Si au
moins les autres agissaient aussi. Qu'attendent les Extraterrestres pour venir me
chercher ?Je suis incapable de faire des démarches administratives. Je suis incapable
de me servir d’un pendule. On me dit « flyé » ou « perché ». Je suis toujours absent. Je

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ne fais attention à rien. Je ne suis pas vraiment là. Je ne suis pas centré. Je n’ai pas de
prise de terre. Je n’ai aucune relation avec les animaux, les plantes, les pierres. J’adore
ces réunions et ces séminaires où on se prend tous dans les bras, où on ne parle que
spiritualité, et dès que je rentre chez moi, il faut faire la vaisselle, le lit, le ménage,
s’occuper des enfants, et ça me déprime. Je voudrais que tout soit bien, que le monde
soit parfait. »

Qui n'a pas reconnu un de ses travers de pensée, un de ses réflexes de vie, dans cette
énumération de symptômes ? Symptômes de quoi ? De la même affection : la peur, ou
le refus de s'incarner, d'être incarné.

L'incarnation est la souffrance première : je suis l'être potentiellement infini, et il faut


que je m'enferme dans un corps minuscule ! Et que par la même occasion je perde
l'essentiel de ma mémoire, de ma connaissance, de mes pouvoirs psychiques, et surtout,
je perds la joie de l'unité pour tomber dans les affres de la séparation. Qui plus est, ce
corps que je n'ai pas l'impression d'avoir choisi et décidé, dont j'ignore désormais et
l'origine et le but, ce corps est un facteur de douleur, de vieillesse, de maladie, de
limitations insupportables. Que ne suis-je resté où j'étais !

Pour tout cela, j'essaie de fuir l'incarnation, je m'incarne à reculon, j'essaie de rester
enfant, dépendant, je garde la nostalgie de la fusion avec l'autre, de cet « au-delà »
d’avant la naissance, que je recherche sans grand succès dans mes couples, mes
associations, mes découvertes du monde et de l'esprit, mais finalement, ce que j'ai
encore trouvé de mieux, c'est de ne rien faire, d'attendre qu'on en finisse, de chercher
des paradis artificiels ou spirituels, en évitant tout ce qui risque de me faire souffrir ou
perdre quelque chose, éternel adolescent évitant de s'engager, spiritualiste méprisant la
matière, amoureux tiède, sans maison ni obligations, ou encore malade psychiâtrisé
certain de ne plus prendre contact avec le réel.

C'est bien beau de fuir, mais c'est absurde lorsqu'on a compris qu'on ne peut pas
échapper à la vie. Le seul moyen d'en finir avec l'incarnation, désir somme toute
légitime puisque la nature de l'être est infinie, C'EST DE VIVRE L'INCARNATION
AU MAXIMUM, COMPTE-TENU QUE CE QUE J'ACCEPTE ET AIME, JE N'EN AI
PLUS BESOIN, ET JE CESSE DE LE CREER DANS MON UNIVERS. SI JE VEUX
L'UNITE, IL EST URGENT QUE J'AIME LA DUALITE. SI JE VEUX LA PAIX, IL
EST URGENT QUE JE ME DELECTE DES CONFLITS. SI J'AI PEUR DE
SOUFFRIR, IL EST INDISPENSABLE QUE JE ME SURPASSE DANS DES ACTES
DE BRAVOURE, ET QUE JE PRENNE LE RISQUE DE PERDRE L'AUTRE ET
SON AFFECTION. EN « AIMANT A PERDRE LA RAISON ». C'EST LE SEUL
MOYEN : S'INCARNER.

La mesure de mon acceptation de l’incarnation est la mesure de mes prises de risques.


S’incarner c’est souffrir. Avoir peur de vivre, avoir peur de souffrir, c’est refuser de
s’incarner. Aimer c’est risquer de souffrir, de perdre l’autre, de ne pas être aimé. Etre
fort c’est risquer d’être rejeté par les faibles. Etre riche, c’est risquer de tout perdre.
Avoir est exclu car avoir c’est être à travers la matière, ce que je méprise. Ne pas être
aimé c’est la preuve de la séparation, c’est insupportable. Je fais tout pour être aimé,
toutes les compromissions, tous les mensonges, tous les sacrifices, et comme cela je me
hais et me méprise de plus en plus, moi qui ne suis pas assez bien pour être libéré des
incarnations !

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Une chose est certaine : si j'ai un corps, c'est que j'en ai besoin. Le jour où je n'en
aurai plus besoin, je n'en aurai plus. Et pour ne plus en avoir besoin, il faut être capable
de tout avec ce corps, en avoir vécu toutes les expériences, et accepté toutes les limites.
Souffert toutes les douleurs. Si mon acquis dépasse ce qu'un corps peut m'apporter, il est
clair que je ne connaîtrai plus les affres (c'en sont) de la naissance.

Aussi longtemps que je traîne les pieds et ne cherche pas à être heureux par peur de
perdre le bonheur, ou que je n'ai pas d'engagements sociaux ou familiaux, de peur d'en
subir les contraintes et les risques, ou que mon corps ne devient pas un ami avec lequel
je suis merveilleusement à l'aise, au point de danser, de courir, de sauter, de me montrer
nu, il est clair que la vie peut encore m'apporter beaucoup. Je ne me débarrasse que de
ce que j'aime. Ce que je rejette, je le crée. C'est en ce sens que la peur est le phénomène
créateur. On ne peut cesser de créer. L'être est créateur par nature. Vouloir le néant est
absurde. C'est le fait de créer, dans le temps et l'espace, qui permet le néant, hors du
temps et de l'espace, là où ma conscience n'aura jamais accès. Donc si je veux le néant
conscient, je me trompe. Ni la mort ni l'ennui ne m'y conduiront, au contraire. Plus je
voudrai mourir, plus je retomberai dans ce que je n'aime pas : la vie. Le seul moyen de
réaliser le néant, c'est d'aimer la vie. Et de la vivre. Pleinement, sans peur et sans
perdre de temps. Tout vivre.

Le corps doit être une fête. C’est une chance incommensurable d’être limité à cela, alors
que potentiellement je suis tout donc rien. L’au-delà du corps n’est rien. Néant. Il n’y a
pas un autre plan où je serais parfait parce que je n’aurais pas de corps. Cela n’existe
pas. Quand je suis mort, j’ai un corps, plus subtil, mais j’ai un corps. Et n’ai de cesse
que de revenir en chair et en os pour pouvoir manifester l’amour. Aucune nostalgie à
avoir de cette période d’avant la vie.

C’EST LA SEPARATION, LA SEPARATION DES CORPS,


QUI PERMET L’AMOUR. L’UNITE N’EST PAS AMOUR.

LE MONDE EST UN CADEAU QUE JE ME SUIS FAIT, CE QUE JE FAIS AVEC


EST MON CADEAU AU MONDE. Si je suis indifférent et si mon passage ne laisse
pas de trace, ce fut une vie pour rien. Il faudra recommencer. Je suis là pour créer, pour
féconder cet univers que je me suis donné comme réceptacle à ma pensée créatrice, et je
ne peux féconder le monde que parce que j’ai un corps. C’est le bien le plus précieux.
La bénédiction de l’univers.

Créer c'est vivre. Créer c'est rester jeune. Créer c'est être "Dieu". Créer c'est reconnaître
qu'on est magique. Créer, c'est risquer mais créer c'est s'incarner. JOUE LE JEU.

Le corps est l’outil de la communication. Il y a communication parce qu’il y a


séparation, afin de l’annuler. Sans le corps c’est impossible. On communiquerait avec
soi-même. La vie c’est l’échange. C’est le magnétisme dualiste. Ce qui cesse de
communiquer meurt, le corps se désagrège alors, mais uniquement pour en recréer un
afin de trouver un meilleur destin où on communique plus.

141
DESORMAIS, JE FAIS LA VAISSELLE ET JE PAIE MES IMPOTS A TEMPS

Il n'y a pas d'enjeu réel à la vie. Il est vrai que rien n'est important. Il est vrai que tout est
vain et sans substance, que le monde est un rêve et que l'éveillé sait qu'il rêve. Mais
l'éveillé sait aussi qu'il est le rêve lui-même, il ne peut pas ne pas rêver. Alors autant que
le rêve soit beau, radieux, heureux. C'est le seul enjeu réel. Je suis. De toute façon je
suis. Je ne choisis pas d'être. Alors autant que je sois DANS LA JOIE et non dans la
mélancolie paresseuse. DECIDER D'ETRE HEUREUX c'est le choix à faire pour tous
ceux qui n'ont pas encore accepté leur incarnation. Car cela ne dépend en fait que de
moi. Ne pas être heureux c’est ne pas être incarné, ne pas être présent au Réel, et c’est
un choix. Le jour où ils l'accepteront, ils se diront : "quel dommage que j'aie perdu
autant de temps, toutes ces minutes qui auraient pu être heureuses si j'avais ouvert les
yeux !" Au lieu de cela, certains veulent se venger de vivre, en jetant leur malheur à la
face des autres dont la présence manifeste la séparation illusoire de l'être en une
multitude de destins limités.

Ces limitations, je cesse de les refuser. Je ne peux pas créer l'indifférencié, sans limites.
Créer c'est délimiter, c'est choisir. C'est la somme de toutes les limites du monde, et mes
limites personnelles, qui constituent l'illimité de l'infini. Sans chacune de ces
imperfections, la perfections du tout ne serait pas. Si je fuis l'imperfection, si je haïs
l'existence trop médiocre à mes yeux, si j'ai l'impression de mériter mieux, plus
d'amour, plus de paix et d'abondance, c'est que je n'ai pas compris que je suis le
serviteur de cette perfection qui a besoin de moi. L'incarnation sert à cela : créer chaque
chose permettant de constituer le Tout. Ce tout, c'est ma vraie réalité, mais ma
conscience ne peut que s'identifier à une de ces parties, puisqu'elle consiste à placer
l'infini à l'extérieur de ses propres limites. Etre conscient c'est être insatisfait. Accepter
l'inévitable conscience c'est faire preuve de sagesse, et la conscience suppose de vivre
chaque corps, chaque limite, chaque vie, chaque douleur et chaque plaisir. Si je
n'accepte pas cela je me nie moi-même, je me détruis, et ce qui aurait pu être une fête
devient un océan de larmes. Deviens le "pro-fête".

Chante la louange de la création dont le seul but est ton éveil à la liberté, par le chemin
des servitudes et des injustices. Aime la séparation apparente qui permet l'unité réelle.
Aime la solitude de celui qui ne voit que soi à l'extérieur de lui-même. Tout cela est
bon, tout cela est vrai. Le seul amour possible, c'est l'amour du corps et de la matière
universelle. Le tout ne saurait aimer. Ta nostalgie de l'unité est un mensonge. Il n'existe
que l'incarnation. Toutes les incarnations. Et les êtres de lumière avec lesquels tu te
sentais si bien, avant de naître, sont des être merveilleusement incarnés avec leurs
limites si vastes soient-elles. Ils sont purs parce qu'ils s'acceptent. Tu crées le mal en te
détestant.

Toute souffrance présente n’est pas du tout présente, et est une bénédiction. C’est le
« pouvoir de l’instant absent ». C’est une invitation à être plus présent. Avez-vous
jamais remarqué que lorsque vous êtes malade ou avez mal au dos, et que vous vous
mettez à parler en public ou à jouer de la musique ou à méditer ou toute autre façon de
s’imposer à être dans le présent, la douleur ou le rhume disparaît ? Comme si vous étiez
en voyage astral. Parce que la souffrance est un refus. Et le remède est l’acceptation. Pas
de continuer à souffrir, mais d’être présent avec un corps grâce auquel cette souffrance
qui nous rappelle à l’ordre est possible.

142
INCARNER L'ADULTE

Les occultistes remarquent souvent en observant les enfants qu'ils apparaissent un peu
extérieurs à leur corps : cet « esprit » personnal