UNIVERSITE DE KINSHASA
FACULTE DE MEDECINE
DEPARTEMENT DE BIOLOGIE MEDICALE
SERVICE DE BIOLOGIE CLINIQUE
Travaux Pratiques de BIOLOGIE CLINIQUE ET D’IMMUNOLOGIE / G3 BM/2024-2025
CONTEXTE
La Biologie Clinique est indispensable dans le diagnostic, le suivi et la prévention des maladies.
Elle est la plaque tournante de la médecine moderne en fournissant des données biologiques
pouvant expliquer les perturbations dans l’organisme, à la base d’une symptomatologie clinique.
Les travaux pratiques au sein d’un laboratoire médical permettent de mettre en pratique les
connaissances théoriques
OBJECTIFS
A la fin des TP, l’étudiant doit être capable de :
Définir les analyses programmées pendant les TP ;
Énoncer les principes des réactions de différents tests effectués ;
Énoncer l’intérêt clinique de différents tests effectués ;
Connaître le matériel approprié pour chaque analyse ;
Connaitre les valeurs de référence ;
Réaliser correctement les analyses effectuées lors des TP ;
Interpréter les résultats observés.
1. MESURE DE L’HEMATOCRITE (Ht)
Définition
-Le terme hématocrite signifie étymologiquement, séparation entre le plasma et les éléments
figurés du sang notamment les globules rouges.
-C’est en fait la fraction des éléments figurés en pourcentage du sang total ou encore le
volume qu’occupent les GR et autres éléments figurés dans 100ml de sang.
Principe
Le sang total prélevé sur EDTA et aspiré dans un tube capillaire, est centrifugé jusqu’à ce que
les éléments aient atteint un volume minimal. La hauteur de la colonne des cellules est ensuite
comparée à la hauteur totale qui représente 100%.
Matériels
-Tube capillaire hépariné ou non (micro tube capillaire) –
Micro centrifugeuse à hématocrite
-Hématocritomètre ou abaque
-Plasticine (ou Mastic) : pour boucher l’extrémité du tube par laquelle l’échantillon de sang a
été prélevé
-Echantillon de sang veineux prélevé sur EDTA ou échantillon de sang capillaire.
Mode opératoire
- Homogénéiser préalablement le sang contenu dans le flacon par des mouvements de
retournement ou à l’aide d’un mélangeur automatique pour ramener tous les éléments figurés
en suspension et rendre ainsi l’échantillon homogène.
- A l’aide d’un tube capillaire, prélever du sang jusqu’au ¾.
- Boucher l’extrémité du tube par laquelle on a prélevé, avec de la plasticine ou du mastic.
- Placer le tube sur le plateau de la micro centrifugeuse avec le bout bouché du coté externe,
en assurant l’équilibre avec un autre tube en regard du tube contenant l’échantillon.
- Centrifuger pendant 5 min à 3000 tours/min.
- Faire la lecture à l’aide de l’abaque en mesurant la hauteur du culot globulaire par rapport à
la hauteur totale.
Interprétation des résultats
Homme : 38 - 52%
Femme : 32 - 42%
Enfant (1 à 10ans) : 35 – 37%
Nouveau-né : 44 – 62%
2. LE TEST DE RIVALTA
Définition
C’est une méthode qualitative qui consiste à mettre en évidence la présence ou l’absence des
protéines dans un liquide d’épanchement en vue d’en déterminer la nature. Ce liquide peut
être soit un Exsudat ou un Transsudat.
Principe
La dénaturation et la précipitation des protéines par l’action d’un acide fort (Acide acétique
glacial).
Matériels
- verre à pied (Erlenmeyer, éprouvette graduée),
- pipettes Pasteur,
-eau distillée (100ml),
-Acide acétique glacial,
-liquide d’épanchement (échantillon)
Mode opératoire
- Remplir le verre à pied avec de l’eau distillée jusqu’au trait 100ml,
- Ajouter 3 à 5 gouttes d’acide acétique glacial à l’aide de la pipette Pasteur, et bien mélanger,
- Avec une autre pipette pasteur, prélever une quantité du liquide d’épanchement et laisser
tomber goutte à goutte quelques 3 ou 4 gouttes et,
- observer la réaction.
Interprétation des résultats
-Si les gouttes précipitent avec apparition d’une traînée blanchâtre sous forme de nuage en
fumée :
Test de Rivalta= Positif, il s'agit d'un EXSUDAT.
-Si les gouttes se dissipent avec absence de traînée blanchâtre :
Test de Rivalta= Négatif ; c’est un TRANSSUDAT.
Intérêt clinique
En clinique, la réaction de Rivalta permet déterminer la nature d’un épanchement ; de
distinguer les épanchements inflammatoires des épanchements d’origine mécanique.
(exsudat ou transsudat)
3. LA RECHERCHE DES PROTEINES DANS LES URINES
Il existe deux types de recherche des protéines dans les urines :
- protéinurie qualitative
- protéinurie quantitative
RECHERCHE QUALITATIVE DE LA PROTEINURIE
Définition
Elle consiste à mettre en évidence la présence ou l’absence des protéines dans les urines. Il
existe plusieurs méthodes :
méthode à ébullition (la chaleur) ;
méthodes utilisant des réactifs (acide fort) ;
méthodes à bandelettes réactives
méthode à ébullition
Principe
C’est la dénaturation et précipitation des protéines par la chaleur,
Matériels
tube à essai
pipette pasteur ou compte-goutte
source de chaleur
portoir
gants stériles
porte tube (pince en bois)
urine fraiche (échantillon)
Mode Opératoire
- A l’aide d’une pipette pasteur, remplir le tube à essai avec des urines jusqu’au 1/3.
- Porter le tout à l’ébullition
- Observer la réaction.
- Si apparition d’un trouble, ajouter 3 à 5gouttes d’acide fort et observer la réaction.
- Si persistance du trouble : Protéinurie Positive
- Si disparition du trouble : Protéinurie Négative
Interprétation des résultats
- Aucun trouble= négatif
- Trace de protéines= +
- Troubles granuleux sans floculation ≈1g% ; ++
- Nuage dense avec fluctuation ≈ 2 à 3g% ; +++
- Précipitation très dense ≈ 5g% ; ++++
Méthode d’acidification
Principe
Dénaturation et précipitation des protéines par un acide fort.
Matériels
- Tube à essai
- Pipette pasteur
- Portoir
- Gants stériles
- Acide fort, acide trichloro-acétique à 10%
Mode opératoire
- A l’aide d’une pipette pasteur, remplir le tube à essai jusqu’à 1/3
- Ajouter 3 à 5 gouttes d’acide fort
- Observer la réaction et interpréter les résultats comme précédemment.
4. RECHERCHE DU GLUCOSE DANS LES URINES
Définition
C’est la recherche qualitative ou semi-quantitative du glucose dans les urines par la méthode
réductimétrique de FEHLING.
Principe
Par son pouvoir glucose réducteur, le glucose transforme le sulfate de cuivre (bleu) de la
solution de Fehling en oxyde cuivreux (rouge), qui est insoluble.
Donc c’est la réduction cuivrique (Cu+++ →Cu++) en présence du glucose.
Matériels
-Tube à essai
-Porte-tube ou pinces en bois pour tube à essai
-Bécher
-Lampe à alcool (Bec de Bunsen) ou autre source de chaleur
-Pipettes pasteur
-Solution de Fehling A = Sulfate de cuivre 5 fois hydraté (CuSO4.5H2O) ; de couleur bleu
ciel
-Solution de Fehling B = Tartrate de sodium et de potassium; incolore.
Mode Opératoire
On distingue deux temps :
- 1er temps : contrôle du réactif
- 2ème temps : examen proprement dit
a) Contrôle du réactif : A l’aide d’une pipette Pasteur ou compte-goutte, prendre un volume
du réactif de Fehling A et le mettre dans le tube à essai. Avec une autre pipette Pasteur,
prendre un volume équivalent de Fehling B et ajouter dans le tube à essai qui contient le
Fehling A. Il se forme un mélange de couleur bleu foncé, ensuite porter le tout à ébullition et
voir si persistance de la couleur bleu foncé; conclure que le réactif est de bonne qualité.
Sinon, changer des réactifs. b) Examen Proprement dit
- Prendre un volume du mélange de Fehling (A+B), mettre dans un tube à essai ; ajouter 1
volume équivalent d’urine dans le même tube à essai ; porter le tout à ébullition.
- Observer la réaction et interpréter les résultats obtenus en fonction de l’échelle
colorimétrique suivante :
Lecture du résultat : observer tout changement de couleur ou apparition
Résultat
Bleu Négative
Vert Trace
Vert avec précipité jaune Positive (+)
Jaune à vert foncé Positive (++)
Brun Positive (+++)
Orange à rouge brique Positive (++++)
Intérêt clinique : le dépistage ou le diagnostic des troubles du métabolisme du glucose
IMMUNOLOGIE-HEMATOLOGIE
1. GROUPAGE SANGUIN
Introduction
Les groupes sanguins, ou phénotypes érythrocytaires, correspondent à des antigènes
membranaires de l’érythrocyte, dont l’expression est déterminée par une série de systèmes
génétiques polymorphes. Ces antigènes, introduits dans un organisme qui les reconnaît
comme étrangers, peuvent être la cible d’anticorps sériques naturels ou immuns
correspondants, responsables d’une lyse cellulaire parfois grave, voire mortelle. Plus de 23
systèmes de groupes sanguins ont été identifiés depuis la découverte du système ABO par
Landsteiner en 1900.
Pour les TP, ne seront concernés que le système ABO.
Dans le système ABO, il existe 2 Ag principaux qui définissent 4 groupes sanguins : A, B,
AB et O. Ces Ag, de nature glycoprotéique ou glycolipidique, font partie intégrante de la
membrane érythrocytaire. Ils sont largement distribués dans l’organisme, en particulier sur les
GB et les plaquettes, dans le plasma, le lait et la salive, dans divers tissus tels que les glandes
salivaires et digestives, dans l’endothélium vasculaire et certains épithéliums. En dehors de
l’homme, on les retrouve également dans certaines bactéries.
Les anticorps du système ABO : anti-A et anti-B, dirigés contre les antigènes du système
ABO, sont des anticorps naturels réguliers, c’est à dire qu’ils existent de façon constante chez
tout individu qui ne possède pas le(s) antigène(s) A et/ou B, en dehors de toute stimulation
antigénique. Ces anticorps dits “ naturels ” correspondraient en réalité à une immunisation
acquise vis-à-vis d’antigènes étrangers ubiquitaires surtout les Ag de la flore commensal du
tube digestif. Ainsi, les individus de groupe A produisent des anti-B, les individus de groupe B
produisent des anti-A et les individus de groupe O produisent à la fois des anti -A et des anti-
B. Les personnes de groupe AB ne possèdent pas d’anticorps naturel dans le système ABO.
Il faut noter l’intérêt clinique de ces anticorps naturels anti-A et anti-B : en se fixant à la
surface d’hématies étrangères non compatibles dans le système ABO, ils sont capables
d’induire une réaction d’hémolyse massive souvent mortelle. Le système ABO est donc le
plus important des systèmes à respecter en transfusion, de par l'existence constante de ces
anticorps naturels.
Techniques de groupage sanguin ABO
Deux épreuves complémentaires sont utilisées pour réaliser le groupage sanguin :
Epreuve globulaire ou méthode de Beth Vincent
Principe : mise en évidence des Ag érythrocytaires à l’aide d’antisérums connus anti-A, anti-B
et anti-AB pour mettre en évidence l'Ag A, Ag B et les Ag A et B ou aucun de 2 Ag dans le
cas du groupe O
Matériels :
- Bioplate
- Pipette pasteur,
- Tube à essai,
- Baguette en bois ou en verre.
Réactifs : sérum-test anti A, sérum-test anti B, sérum-test anti-AB, solution physiologique.
Echantillon : sang prélevé avec anticoagulant
Mode opératoire :
- Lavage des GR avec de l’eau physiologique
- Déposer 2 gouttes de chaque sérum- test dans différents puits de la bioplate (chaque sérum-
test dans un puits différent)
- Déposer ensuite 1 goutte de GR lavés dans chacun des puits, au contact des différents
antisérums
- Mélanger les réactifs au niveau de chaque puits en imprimant de brefs mouvements
rotatoires à la bioplate ou à l'aide d'une baguette
Interprétation des résultats :
Lire les résultats 5 minutes après : les réactions Ag-Ac se manifestent par l’apparition
d’agglutinations.
Epreuve sérique ou méthode de Simonin
Principe : mise en évidence des Ac naturels à l’aide des Ag érythrocytaires connus.
Matériels :
- Bioplate,
- Pipette pasteur,
- Tube à essai,
- Baguette en bois ou en verre.
Réactifs : GR- test A, GR- test B, GR- test O, solution physiologique
Echantillon : sérum ou plasma
Mode opératoire :
- Déposer 1 goutte de chaque solution de GR-test dans différents puits de la bioplate (chaque
GR-test dans un puits différent)
- Déposer ensuite 1 goutte de l’échantillon dans chacun des puits au contact des différents
GR-test.
- Mélanger les réactifs au niveau de chaque puits en imprimant de brefs mouvements
rotatoires à la bioplate ou mélanger à l'aide d'une baguette.
Interprétations des résultats :
- Lire les résultats 5 minutes après : les réactions Ag-Ac se manifestent par l’apparition
d’agglutinations.
Intérêts cliniques :
- Eviter les accidents transfusionnels ;
- Médico-légal : orientation pour le test de paternité.
NB : Pour la validité du groupage sanguin, les 2 tests doivent être obligatoirement
concordants.
DETERMINE VIH Principe C’est un test immuno-chromatographique de détection qualitative des Ac
anti-VIH. L’échantillon, déposé sur la zone de dépôt de l’échantillon, migre pour atteindre la zone du
conjugué. Il se mélange avec le conjugué colloïde de sélénium-Ag. Ce mélange continue à migrer sur
la phase solide jusqu’aux Ag recombinants et aux peptides synthétiques immobilisés au niveau de la
fenêtre-patient.
Si les Ac anti-VIH sont présents dans l’échantillon, ils se lient à l’Ag du conjugué et à l’Ag de la fenêtre-
patient en formant une bande rouge au niveau de la fenêtre patient. Si ces Ac sont absents, le
conjugué traverse la fenêtre-patient sans former une bande rouge. Une bande de contrôle de la
procédure est incluse dans le système afin d’assurer la validité du test .
Matériels
-Micropipette
-Embouts –
Gants –
Réactifs : Bandelette de Determine VIH
Echantillon :-Sérum ou Plasma
Mode opératoire
Enlever la protection plastique de chaque test
Prélever 50µl d’échantillon à l’aide de la micropipette
déposer sur la zone de dépôt d’échantillon de la bandelette
Attendre au moins 15 minutes (maximum 60 minutes) pour la migration et lire le résultat
Interprétation des résultats
Le test est validé si une bande rouge apparaît dans la fenêtre-contrôle
-Résultat positif : présence de 2 bandes rouges ,1 dans la fenêtre contrôle et 1 dans la fenêtre-
patient. -Résultat négatif : présence d’1 barre rouge dans la fenêtre-contrôle, sans barre dans la
fenêtre-patient.
Intérêts cliniques
Dépistage VIH .
Diagnostic VIH.
Immuno- Hématologie
PAILLASSE TDR
Immuno- Hématologie
PAILLASSE GS
Travail Pratique de Biologie Clinique
PAILLASSE GLUCOSURIE
Travail Pratique de Biologie Clinique
PAILLASSE PROTEINURIE
Travail Pratique de Biologie Clinique
PAILLASSE RIVALTA
Travail Pratique de Biologie Clinique
PAILLASSE Ht