Cours Smart Grid
Cours Smart Grid
SYSTEMES
ELECTRIQUES
INTELLIGENTS
PR B. BOUKHRIS
1
Chapitre 1
COMPENSATION DE L'ENERGIE REACTIVE
I Présentation.
Toute machine électrique (moteur, transformateur, ... ) alimentée en courant alternatif met en jeu
deux formes d'énergie :
• L'énergie active qui correspond à la puissance active P mesurée en kW et se transforme
intégralement en énergie mécanique (travail utile) et en chaleur (pertes).
* L'énergie réactive qui correspond à la puissance réactive Q mesurée en kvar qui sert à
magnétiser les tôles des appareils électriques (transformateurs, machines tournantes, …).
* Le réseau de distribution fournit l'énergie apparente qui correspond à la puissance
apparente S mesurée en kVA.
Les trois puissances P, Q et S se représentent vectoriellement par un triangle des puissances.
II Facteur de puissance
Le distributeur d'énergie électrique, EDF, propose des tarifs de facturation différents suivant la
consommation de l'abonné :
• tarif jaune pour des puissances souscrites entre 36 et 250 kVA avec livraison en BT
• tarif vert pour des abonnés livrés en HT avec des puissances souscrites supérieures à 250
kVA.
Dans les deux tarifs la diminution de la consommation d'énergie réactive, avec l'amélioration du
facteur de puissance, est très sensible au niveau de la facturation : EDF pénalisant les abonnés
pour un cos < 0,93 (tg = 0,4), dans le tarif vert, comptage en HT.
2
II.2 Optimisation des choix technico-économiques
Diminution de la section des câbles
La puissance active transportée par un câble diminue lorsque le facteur de puissance s'éloigne de
1.Pour une même puissance active à fournir la diminution du facteur de puissance impose le choix
de câbles de plus grande section.
Diminution des pertes en ligne
Un bon facteur de puissance permet une diminution des pertes en ligne à puissance active
constante. Les pertes wattées (dues à la résistance des conducteurs) sont intégrées dans la
consommation enregistrée par les compteurs d'énergie active (kWh) et sont proportionnelles au
carré du courant transporté.
Réduction de la chute de tension
L'amélioration du facteur de puissance diminue l'énergie réactive transportée et de ce fait diminue
les chutes de tension en ligne.
Augmentation de la puissance disponible
La puissance active disponible au secondaire d'un transformateur est d'autant plus grande que le
facteur puissance de l'installation est élevé.
Principe de la compensation
Compenser une installation consiste à installer une source d'énergie réactive de compensation qui
permet d'améliorer de facteur de puissance de l'installation.
Exemple :
En régime normal un moteur absorbe une puissance de 125 kW avec un cos = 0,75 soit tg =
0,88. Pour passer à un cos =0,93 soit tg' = 0,40 la puissance réactive de compensation à
installer est :
QC =
………………………………………………………………………………………………………
…
………………………………………………………………………………………………………
……….
3
Moyens de compensation
La compensation peut se faire en basse tension ou en haute tension en utilisant des condensateurs.
En basse tension la compensation est réalisée avec deux familles de produits :
* les condensateurs de valeurs fixes ou condensateurs fixes,
* les équipements à régulation automatique ou batteries automatiques qui permettent
d'ajuster en permanence la compensation aux besoins de l'installation. Lorsque La puissance à
installer est supérieure à 800 kvar avec une charge stable et continue il peut être plus économique
de choisir des batteries de condensation haute tension à installer sur le réseau. (Rappel : Q = U2 Cu
d'où pour une même valeur de Q réduction de la capacité et coût moins élevé du condensateur).
Modes de compensation
La compensation peut être :
4
• Partielle : la batterie de condensateurs est raccordée au tableau de distribution et fournit l'énergie
réactive par atelier ou par groupe de récepteur. Ce mode de compensation convient lorsque
l'installation est étendue et comporte des ateliers dont les régimes de charge sont différents.
• Individuelle : La batterie de condensateurs est raccordée directement aux bornes de chaque
récepteur du type inductif, notamment les moteurs. Elle convient lorsque la puissance de certains
récepteurs est très importante par rapport à la puissance totale, elle offre le plus d'avantages.
Exercice
Un transformateur de 630 kVA qui alimente déjà une charge de 450 kW avec un cos = 0,8 peut-il
alimenter en plus une charge de 150 kW avec un cos = 0,7 ?
5
Chapitre 2
Calcul des courants de court-circuit
I Introduction
Le dimensionnement d’une installation électrique et des matériels à mettre en
œuvre, la détermination des protections des personnes et des biens, nécessitent le calcul
des courants de court-circuit en tout point du réseau.
Ce chapitre fait le point sur les méthodes de calcul des courants de court-circuit prévues
par les normes UTE C 15-105 et CEI 60909.
Il traite du cas des circuits radiaux et maillés, BT - Basse Tension - et HT - Haute
Tension -.
II Définition de courant de court-circuit
Toute installation électrique doit être protégée contre les courts-circuits et ceci, sauf
exception, chaque fois qu’il y a une discontinuité électrique, ce qui correspond le plus
généralement à un changement de section des conducteurs. L’intensité du courant de court-circuit
est à calculer aux différents étages de l’installation ; ceci pour pouvoir déterminer les
caractéristiques du matériel qui doit supporter ou couper ce courant de défaut.
L’organigramme de la figure 1 montre l’approche qui conduit aux différents courants de
court-circuit et les paramètres qui en résultent pour les différents dispositifs de protection d’une
installation .
Pour choisir et régler convenablement les protections, on utilise les courbes du courant en
déclenchement des disjoncteurs et des fusibles, en particulier quand : la longueur des câbles est
importante et/ou que la source est relativement impédante (générateurs-onduleurs)
Fig. 1 : procédure de calcul d’Icc pour la conception d’une installation électrique basse tension
(CR = court retard ; Inst = instantané)
6
II. 1 Les principaux défauts de court-circuit
Dans les installations électriques différents courts-circuits peuvent se produire.
L1 L1
I"k3 I"k2
L2 L3 L3
L1 L
I"kE2E L
courant de court-circuit,
courants de partiels dans les conducteurs et
la terre.
Fig. 2 : les différents courts-circuits et leurs courants. Le sens des flèches figurant les
courants est arbitraire (cf. CEI 60909).
7
III Calcul des Icc par la méthode des impédances
III .1 Icc selon les différents types de court-circuit
Court-circuit triphasé :
C’est le défaut qui correspond à la réunion des trois phases. Le calcul de l’intensité de
court-circuit se résume alors au calcul de l’impédance Zcc, impédance équivalente à toutes les
impédances parcourues par l’Icc du générateur jusqu’au point de défaut de la source et des lignes -
(cf. fig. 12 ). C’est en fait l’impédance « directe » par phase
2 2
R + X
Zcc =
R = somme des résistances en série,
X = somme des réactances en série.
Le défaut triphasé est généralement considéré comme celui provoquant les courants de défaut
les plus élevés. En effet, le courant de défaut dans le schéma équivalent d’un système polyphasé,
n’est limité que par l’impédance d’une phase sous la tension simple du réseau. Le calcul d’Icc3 est
donc indispensable pour choisir les matériels (intensités et contraintes électrodynamiques
maximales à supporter).
Défaut triphasé ZL
Zcc
U/ 3
V cc3 =
ZL Zcc
ZL
ZL U
U cc 2 =
2 . Zcc
Zcc
U/ 3
V cc1 =
ZLn Zcc + ZLn
ZLn
U/ 3
V cco =
Zo Zcc + Zo
Zo
9
Chapitre 3
Les singularités de l’harmonique
I Définition
Dans les installations où le neutre est distribué, les charges non-linéaires peuvent
entraîner dans ce conducteur des surcharges importantes par la présence de l’harmonique
de rang 3. Le phénomène et les remèdes sont expliqués dans ce chapitre.
II Origine des harmoniques
II 1 Courant absorbé par les charges non linéaires
Les courants harmoniques sont générés par les charges non-linéaires, c’est-à-dire, absorbant
un courant n’ayant pas la même forme que la tension qui les alimente. Les charges de ce type
les plus courantes sont celles à base de circuits redresseurs.
Une charge non-linéaire quelconque, comme celle représentée sur la figure 1, absorbe un courant
qui contient tous les rangs d’harmoniques, pairs et impairs. L’allure du courant absorbé, dont les
deux demi-alternances sont différentes, ainsi que son spectre harmonique sont représentés sur les
figures 2 et 3.
10
Fig. 3 : spectre du courant absorbé.
Charges non linéaires symétriques
La plupart des charges connectées au réseau sont toutefois symétriques, c’est-à-dire que les demi-
alternances de courant sont égales et opposées. Ceci peut s’exprimer
mathématiquement par la relation f t+ = f t
Dans ce cas, les harmoniques de rangs pairs sont nuls. En effet, en supposant que le courant
comporte un harmonique de rang 2, il est possible d'écrire par exemple : I t I1 sin t + I2
sin 2 t
On a donc :
I t+ I1 sin t+ I2 sin 2 t+
I t+ I sin t I sin2 t
Ceci ne peut être égal à I t que si I2 (amplitude de l'harmonique 2) est nulle
Le raisonnement peut être étendu à tous les harmoniques de rang pair
1.1 Charges triphasées
Considérons une charge triphasée non linéaire, équilibrée, symétrique, sans raccordement au
neutre, comme représentée sur la figure 4.Supposons que les courants absorbés par cette charge
contiennent de l'harmonique 3. Les courants harmoniques de rang 3 de chacune des phases
peuvent s'écrire de la manière suivante
:ir3 I3 sin 3 t
ir3 is3= it3
Les courants harmoniques de rang 3 des trois phases sont donc égaux.
Or, en l'absence de conducteur de neutre,ir + is + it = 0.
La somme des courants harmoniques de rang 3 en particulier doit être nulle, ce qui n'est possible
que si chacune des composantes est nulle.
Les charges triphasées, équilibrées, symétriques, ne génèrent donc pas d'harmonique de rang
3.
Le raisonnement peut s'étendre à tous les harmoniques de rangs multiples de 3.
Les courants harmoniques non nuls sont donc de rang 5, 7, 11, 13, …, c'est-à-dire de la forme 6k
1.
La démonstration peut être faite pour tout système comprenant des redresseurs commandés ou
non. Il est ainsi démontré que le rang des harmoniques s’écrit h = (nxp) 1. Où n est un nombre
11
entier (1, 2, 3, 4, 5,…) et p le nombre de redresseurs composant le dispositif. Par exemple un
circuit ne comprenant qu’un seul redresseur (redressement mono alternance) a des harmoniques
de rang n 1 et présente tous les harmoniques possibles en partant de 0 qui est le courant
continu.Pour un pont composé de 4 diodes, le premier harmonique est de rang 3
12
Fig. 7 : spectre harmonique du courant absorbé par le circuit de la figure 5.
1.1 Charges monophasées
Rappelons que les charges symétriques ne génèrent pas d'harmoniques de rang pair(cf.
paragraphe 1.2). Le spectre étant en général décroissant, l'harmonique de rang 3 est donc
l'harmonique prépondérant pour les charges monophasées. Ainsi, pour les charges très
répandues de type redresseur monophasé à diodes avec filtrage capacitif (cf. fig. 8 ),
l'harmonique de rang 3 peut atteindre 80 % du fondamental. La forme de l'onde du
courant qu'elles absorbent et son spectre harmonique sont représentés par les fig 9 et 10.
De nombreux appareils, dans tous les domaines d'activités, comportent un circuit de ce
type (cf. fig. 11 ). Ce sont les principaux générateurs d'harmonique de rang 3
13
Chapitre 4
Contexte énergétique
I. Introduction
La question de l'énergie et de sa production est actuellement au cœur de tous les débats qu'ils
soient économiques, politiques ou écologiques ; les estimations des ressources d'énergie primaire
restantes, le réchauffement de la planète et l'augmentation des besoins énergétiques forcent les
états à réfléchir au problème. Le développement des énergies renouvelables est une des mesures
nécessaires afin de satisfaire les besoins du pays et d'assurer la sécurité de l'énergie.
II. Le réseau électrique public
Les points de consommation, sont des postes à partir desquels l'énergie est livrée aux clients,
ceci par l'intermédiaire de la "distribution MT (Moyenne Tension) ou BT (Basse Tension)".
Les réseaux électriques ont pour rôle d'acheminer l'énergie des sites de production vers les
lieux de consommation, avec des étapes de baisse du niveau de tension dans des postes de
transformation.
II.2. Type des réseaux électriques
La tension à la sortie des grandes centrales est portée à 400 kV pour limiter les pertes
d'énergie sous forme de chaleur dans les câbles des lignes électriques de transport (Pertes
Joules). Ensuite, la tension est progressivement réduite au plus près des points de consommation,
pour arriver aux différents niveaux de tension auxquels sont raccordés les consommateurs (400
kV, 225 kV, 90 kV, 63 kV, 20 kV, 400 V ou 230 V suivant leurs besoins en puissance) .
Il est destiné à transporter des quantités importantes d'énergie sur de longues distances. Il
constitue l'ossature principale pour l'interconnexion des grands centres de production. Ce réseau
peut être assimilé au réseau autoroutier. Son niveau de tension est de 400 kV, soit le niveau de
tension le plus élevé.
Ils sont destinés à répartir l'énergie en quantité moindre sur des distances plus courtes. Le
14
transport est assuré en très haute tension (225 kV) et en haute tension (90 kV et 63 kV). Ce type de
réseau est l'équivalent des routes nationales ou départementales dans le réseau routier (avec des
flux importants, de nombreux carrefours et croisements, etc.)
La distribution est assurée en moyenne tension (20 kV) et en basse tension (400 et 230 V). Les
réseaux de distribution sont destinés à acheminer l'électricité à l'échelle locale, c'est-à-dire aux
utilisateurs en moyenne tension (PME et PMI) et en basse tension (clients du tertiaire, de la petite
industrie et les clients domestiques). C'est l'équivalent des routes départementales et des voies
communales dans le réseau routier (des flux locaux, la desserte des villages, …).
L'éclairage public est l'ensemble des moyens d'éclairage mis en œuvre dans les espaces
publics, à l'intérieur et à l'extérieur des villes, très généralement en bordures des voiries et des
places, nécessaires à la sécurité ou à l'agrément du citoyen.
Fig. 1-1. Exemple d'une armoire électrique alimentée par un poste de transformation
Pour des fins de protection, toutes les masses métalliques du poste sont reliées à la prise de
terre. Lors d'intervention d'entretien ou autre dans le poste, les arrivées doivent être sectionnées et
les câbles reliés entre eux sont mis à la terre.
15
Le système de protection simulé a pour but de distribuer l'énergie électrique aux points
lumineux, aux moments opportuns et en toute sécurité. Ce dispositif, assurant la sécurité des
usagers et des intervenants ainsi que du matériel, est intégré dans l'armoire de commande avec un
dispositif de commande constitué de l'appareillage de comptage et d'une horloge astronomique
permettant de maitriser les temps de fonctionnement.
Le cordon d'alimentation des lampes est constitué de câbles en cuivre de section 2x2.5 mm2 ou 2x1.5
mm2, quel que soit le type de réseau.
II.2.4.3. Luminaire
Cette partie se nomme également "Lanterne". Sa fonction essentielle est d'émettre, de distribuer et
de contrôler la lumière fournie par une source lumineuse qu'est la "Lampe". Le luminaire (Fig. 1.8)
contient un ballast ferromagnétique, un amorceur, des condensateurs, selon le type des lampes
exploitées et une lampe.
16
II.2.5. Normes liées au réseau d'éclairage public
L'éclairage public doit apporter beaucoup plus aux usagers que le seul sentiment
de « confort », encore faut-il que ses performances photométriques permettent d'accéder de nuit
aux exigences indispensables à l'accomplissement des différentes tâches visuelles de chaque
catégorie d'usagers. C'est la raison pour laquelle la notion « d'éclairer juste » s'impose et se
décline au travers de valeurs d'éclairements et de luminances minimales à maintenir.
Ce sont ces valeurs qui sont exprimées dans les normes présentées ci-dessous. Elles permettent
de voir vite et bien, ce qui sert la cause de la réduction de nuit des accidents de la route et de
l'amélioration des sécurités objectives et subjectives que le citoyen est en droit d'exiger.
La norme NFC 17-200 s'applique aux installations d'éclairage public, aux installations
similaires sur des surfaces accessibles au public et aux autres installations électriques
d'éclairage situées dans le domaine public. Les règles de la NFC 17-200 ont pour objet de définir
les conditions dans lesquelles les installations concernées doivent être établies et maintenues,
pour assurer la sécurité des personnes, des animaux domestiques, la conservation des biens et,
lorsqu'elles sont alimentées par un réseau de distribution publique, pour éviter toute cause de
troubles dans le fonctionnement général de ce réseau.
17
Les économies en énergie dans le réseau d'éclairage public, se traduisent par la mise en
œuvre de plusieurs mesures décrites ci-après.
IV. Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté le principe et les types d'un réseau électrique public.
Ainsi que les normes liées au réseau d'éclairage public et à l'efficacité énergétique. Nous avons
cité également des solutions d'optimisation de la consommation énergétique dans ce réseau.
18
Chapitre 5
Les Smart Grids
I Introduction
19
▪ La gestion des systèmes de mesure intelligents (SMI).
▪ Les systèmes de stockage.
▪ L'intégration des véhicules électriques (PHEV : Plug Hybrid Electric Vehicle).
▪ Les technologies de communications.
▪ Les règlementations, normes et standardisations.
▪ Le cyber sécurité des données.
Le Smart Grid n'a pas de définition unique, toutefois, les définitions des diverses
organisations, telles que le DOE (Department Of Energy), NERC (North american Electric
Reliability Corporation) et Smart Grids Technology Platform, suivent un thème commun, au
sens large. Elles définissent un réseau intelligent comme étant un nouveau réseau d'électricité,
qui intègre fortement des technologies avancées de détection et de mesure, des nouvelles
technologies de l'information et de la communication, des technologies d'analyse et de prise de
décision, et enfin des technologies de contrôle automatique. L'objectif est d'assurer l'équilibre
entre l'offre et la demande, à tout instant, avec une réactivité et une fiabilité accrue, ainsi que
l'optimisation du fonctionnement des réseaux, afin d'améliorer l'efficience et l'efficacité de la
production, du transport et de la distribution de la puissance électrique. En outre, le réseau
intelligent n'est pas un concept statique. Il s'agit d'un système dynamique qui continuera
d'évoluer comme évoluent les technologies existantes.
Le SG est un concept innovant qui promet des objectifs imposés par des exigences
environnementales, techniques et économiques telles que :
20
II 2 Smart Grid et MicroGrid
La différence entre les réseaux intelligents et les MicroGrids, réside dans leurs
dimensions, les types de décideurs et le taux potentiel de changement. En fait, l'appellation des
réseaux intelligents s'étend à l'échelle nationale, exploitent les grandes lignes de transport et de
distribution, tandis que les MicroGrids s'étendent à petite échelle, ne nécessitant que des
décideurs locaux et leur implémentation est plus rapide.
Les SG sont des systèmes complexes, car ils sont composés d'un grand nombre d'entités
distribuées, et en perpétuelle augmentation et en interactions. Ils sont caractérisés par
l'hétérogénéité des acteurs, et la divergence de leurs enjeux économiques. Sauf que le facteur
de complexité le plus important, c'est la combinaison des systèmes artificiels et des personnes.
L'analyse et le contrôle d'un tel système cyber-physique, se révèlent extrêmement difficile.
Cependant une des solutions à considérer est le concept du SoS (System of System) qui consiste
à décomposer le réseau en sous réseaux, appelés smart MicroGrid (MG).
Un MicroGrid est donc, un réseau intelligent développé à l'échelle d'un bâtiment, d'un
groupe de bâtiments ou d'un éco-quartier. Il offre la possibilité de gérer les installations de
production et de consommation d'électricité sur un petit réseau, connecté en un point unique au
réseau public de distribution d'électricité, afin d'assurer la sécurité d'approvisionnement des
utilisateurs.
L'intelligence des SGs est acquise, grâce aux systèmes de mesure intelligents (SMIs) qui
leur donnent les qualités d'être flexibles, évolutifs et interopérables. En effet, grâce à des
fonctions telles que la possibilité de visualiser la consommation, les systèmes de mesure
intelligents, contribuent à l'efficacité énergétique et aux économies d'énergie. Les SMIs peuvent
également permettre de mieux exploiter les potentiels de l'efficacité, au niveau de la
planification et de la production de l'énergie électrique. Par ailleurs, ces systèmes ont une grande
importance, dans le fonctionnement du marché, car leur utilisation permet de faire baisser les
coûts de transaction, ce dont les clients finaux profitent à leur tour.
Un système de mesure intelligent est une installation de mesure, servant à mesurer le flux
d'énergie électrique et sa variation réelle dans le temps. Ce système permet aussi une
21
transmission bidirectionnelle des données avec le gestionnaire de réseau (LApEl1). La Figure
montre l'architecture d'un SMI qui met en évidence certains éléments dont découlent les
définitions supplémentaires suivantes :
Dans le domaine des SMIs, quelques concepts intéressants devront être éclaircis, à savoir
les techniques suivantes : AMR (Automated Meter Reading), AMM (Automated Meter
22
Management) et AMI (Automated/Advanced Metering Infrastructure), ainsi qu'un état d'art sur
les différentes technologies de communications.
AMR : C'est une technique de lecture à distance, basée sur une ancienne technologie
permettant aux services publics de lire les compteurs électroniques sur de longues distances.
AMI : C'est une infrastructure dotée de technique de communication dans les deux sens.
Elle englobe toute la gamme des appareils de mesure, des logiciels, des moyens de
communication bidirectionnelle, et des systèmes de gestion des données.
23
Chapitre 6
Le concept MicroGrid (MG)
I Introduction
Un MG est un réseau électrique à petite échelle, formé par des sources distribuées
d'énergie (DER) généralement renouvelables, des charges critiques et non critiques, des
systèmes de stockage (ESS) et des systèmes de contrôle avancés. Un MG fonctionne
normalement en mode connecté au réseau de distribution, basse tension (BT) ou moyenne
tension (MT), en un point unique appelé Point de Couplage Commun (PCC). Une des
caractéristiques essentielles du MG est sa capacité à fonctionner en mode déconnecté du réseau
public.
▪ Les micro-sources (DERs) ou encore les générateurs distribués (DGs), sont généralement
de petites tailles, renouvelables et géographiquement distribuées.
▪ Ils sont situés à proximité des consommateurs.
▪ Les DERs et les charges sont contrôlés selon le principe de la demande/réponse (DR).
▪ Ils sont dotés d'une infrastructure de communication pour mieux ajuster la production à la
consommation.
RESEAU PUBLIC
AC
CHARGES ONDULEUR
330 KWh/j AC/DC
DC
PEMFC
Le tableau 1 suivant résume les principaux atouts du MG dans les domaines techniques,
économiques, sociétaux et environnementaux.
24
Tableau 1. Avantages des MGs
25
Figure 2. Architecture hybride générale d'un MG
Le MG alimente en permanence la charge principale, tandis que les charges auxiliaires
(Différée, Optionnelle et Délestage) sont alimentées par ordre de priorité ; seulement lorsqu'il
y a un surplus d'énergie. Toutefois, on peut distinguer trois types de configurations de MG :
l'architecture mixte ou hybride (Figure ), à bus continu (DC ou CC) (Figure 1) et à bus alternatif
(AC ou CA) (Figure ).
26
Figure 4. Architecture à bus continu AC ou CA
Bus DC • Rendement
• Commande relativement simple.
du système
(Figure 1) • Rendement optimal des sources classiques.
global faible.
• Découplage de différentes sources.
• Les sources alternatives peuvent fixer la tension et la fréquence.
Bus AC • Système de
• Possibilités de varier la puissance par transformateur.
commande
(Figure ) • La fréquence peut être utilisée comme un moyen de contrôle. complexe.
• Adaptée aux gros réseaux, avec les moyens financiers et
logistiques nécessaires.
• Systèmes
Hybride • Possibilités d'alimenter des charges DC et AC.
complexes
27
III 3 1 Les panneaux photovoltaïques (PVECS)
29
Figure 2. Production de l'hydrogène par l'électrolyseur PEM [18]
Actuellement, il existe principalement trois types d'électrolyseur d'eau. Ils sont classés
selon la nature de leur électrolyte et leur température de fonctionnement :
• Les électrolyseurs Alcalins. Pour ce cas l'électrolyse est réalisée à partir d'une solution
aqueuse d'hydroxyde de potassium (KOH) dont la concentration est variable, selon la
température de fonctionnement.
• Les électrolyseurs à oxyde solide (SOE : Solid Oxide Electrolyser). Pour ce type
d'électrolyseurs qui sont encore au stade de la recherche [20], l'électrolyte est en céramique
à haute température. Cette technologie est directement issue des développements de piles
à combustible de type SOFC, fonctionnant entre 600 et 1100°C. Cette électrolyse à haute
température est l'un des procédés de production d'hydrogène à grande échelle les plus
prometteurs pour le futur.
• Les électrolyseurs PEM. Ces derniers sont à membrane échangeuse de protons. Ils sont
encore en cours de développement. Cette technologie se distingue par un électrolyte solide
à membrane polymère conductrice de protons PEM à basse température.
30
résoudre dans les systèmes hybrides est l'adaptation entre les différents éléments de tels
systèmes, pour assurer un transfert optimal d'énergie d'un bloc à un autre. Par exemple, afin de
maximiser le transfert de puissance entre les modules PV et le bus DC, des algorithmes de
poursuite de la puissance maximale disponible aux bornes de ces modules, ont été largement
développés. Par exemple, des algorithmes sont employés au niveau des convertisseurs de
puissance, de type survolteur-dévolteur (Boost-Buck), pour moduler la tension aux bornes de
la charge en fonction des caractéristiques de l'ensoleillement . Même si dans la plupart des cas,
ces algorithmes sont assez performants, l'efficacité globale de tels systèmes est liée au
rendement des convertisseurs mis en œuvre.
Par ailleurs, les tensions électriques mises en jeu peuvent être différentes et celle du bus
DC ; ce qui est le cas de la pile à combustibles et de l'électrolyseur. Pour ces cas, il est nécessaire
de prévoir des convertisseurs de type hacheur DC/DC, pour assurer leurs adéquations avec le
reste d'un réseau électrique.
Ce genre de problématiques est résolu grâce aux convertisseurs, dont les trois types de
schémas électriques équivalents sont exposés dans les sous paragraphes ci-après, à savoir : les
convertisseurs DC/DC de type hacheur survolteur (Boost) et/ou dévolteur (Buck) ainsi que les
convertisseurs AC/AC ou onduleur. Les détails de calcul et de modélisation de ces
convertisseurs sont développés dans le chapitre 3.
Le hacheur élévateur ou survolteur (Boost), assurant une conversion DC/DC, est illustré
par le schéma de la Figure . C'est le plus fréquemment étudié en littérature. En fait, le Boost, en
plus de sa simplicité, son faible coût et son rendement élevé, il n'occasionne aucune perte
d'énergie lorsque le transistor T est en état bloqué. C'est cette structure que nous avons retenue
pour réaliser notre convertisseur DC/DC, utilisé aussi bien pour le transfert de puissance, dans
le cas de la pile à combustible, que pour l'adaptation du système PV au bus DC (Figure ).
31
IFC ID
IL D
VL IT VD Ics Is
Ice
Vdc
VFC VT
T BUS
C DC
Commande MLI
D'un autre côté, pour un fonctionnement optimal des modules PV, c'est-à-dire assurant
un rendement élevé, on doit intercaler entre ces modules et le bus DC un étage d'adaptation ou
convertisseur d'énergie, de type DC/DC pour les applications en régime continu. Ce
convertisseur, n'est autre qu'un hacheur commandé afin de réaliser cette optimisation, en faisant
varier le rapport cyclique de la commande [. Le principe est basé sur l'ajustement automatique
de à une valeur adéquate, de manière à maximiser la puissance à la sortie du panneau PV.
Dans ce cas, le principe du système de gestion étant d'effectuer à la fois une recherche
du point de fonctionnement optimal, tout en assurant une parfaite adaptation entre les
générateurs PV et la charge, de façon à transférer le maximum de puissance P produite par ces
modules PV vers cette charge.
VL VD
Ipv IL ID
Icee IT
Vdc Is
Ics
Commande VT
MLI Bus
Vpv DC
Porteuse PWM
Commande
+ MPPT
-
Comparateur
32
Il existe plusieurs méthodes de commandes spécifiques pour amener des dispositifs à
fonctionner à des points maximums (PPM) de leurs caractéristiques P(V), sans qu'à priori ces
points soient connus à l'avance, sans non plus que l'on sache à quel moment ils ont été modifiés,
ni quelles sont les raisons de ce changement. Ce type de commande est nommé dans la
littérature "La Recherche du Point de Puissance Maximum" ou encore "MPPT : Maximum
Power Point Tracking". De nombreux travaux de recherche, dans le domaine de la commande
MPPT [22, 25 à 27], ont été effectuées, afin de développer des algorithmes conduisant à des
systèmes optimaux permettant une recherche du PPM, selon l'évolution de la puissance fournie
par un PVECS. Dans la littérature, parmi les algorithmes MPPT les plus utilisés nous pouvons
citer :
Ie VT IT IL L IELZ
ID VL
VELZ
Bus Vdc Commande
DC Ce MLI VD Cs
D
33
IV 3 Convertisseur DC/AC ou onduleur
La Figure 11 représente dans le cas de notre étude, le modèle général d'un générateur
basé sur un onduleur de tension. Ce générateur est composé des trois éléments principaux
suivants : une source DC, un onduleur triphasé et un filtre d'interfaçage avec le réseau électrique
public. La source DC appelée Micro-Source intègre la source primaire PVECS ou PEMFC dans
notre cas, ainsi qu'un convertisseur AC/DC, dans le cas des générateurs éoliens et/ou à micro-
turbine, ou un convertisseur DC/DC, dans le cas des systèmes PVECS.
Le convertisseur DC/AC est un onduleur de tension triphasé MLI, c'est-à-dire doté d'une
commande dite MLI intersective (Modulation de Largeur d'Impulsion). Le filtre de connexion
au réseau électrique public est un filtre LCL en T qui sert à minimiser les harmoniques de
commutation.
Figure 11. Modèle général d'une Micro-Source connectée au réseau électrique public
à travers un onduleur de tension
Concernant le stockage d'énergie, pour le modèle que nous avons développé, nous
optons pour un système de stockage d'énergie sous forme d'hydrogène qui permet un
approvisionnement variable en réponse à une demande énergétique variable. L'option
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hydrogène est la plus adéquate pour l'environnement, tout en étant la plus adaptée pour
emmagasiner l'énergie électrique produite par le soleil.
V Conclusion
Le but des projets MGs est d'installer des petits systèmes de production électrique
d'origine renouvelable, dans des régions décentralisées, avec pour objectifs l'optimisation
énergétique, la valorisation économique à travers la commercialisation d'énergie, localement
générée, et la prestation de services systèmes, ainsi qu'une augmentation de la fiabilité d'une
installation, à travers la possibilité de travailler en mode ilôté.
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Chapitre 6
GESTION ET CONTROLE DU MICRO-RESEAU
ETUDE DE CAS
I Introduction
Afin d'améliorer le rendement du système, il faut assurer l'exigence de la
charge sans interruption et avec réduction des pics de surcharge ce qui va induira
l'optimisation de la répartition de la puissance entre les différents participants du
micro réseau, ainsi que la réduction du coût du système. Une stratégie de gestion
et d'optimisation de l'énergie s'impose alors. Dans le cas général, un contrôle
hiérarchique peut être proposé. Il est décomposé en quatre niveaux, comme
l'illustre la Figure 1, où les niveaux 0 et 1 sont situés du côté onduleur quant aux
niveaux 2 et 3, ils sont localisés du côté système de contrôle du micro réseau.
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non dispatchables et des onduleurs connectés aux BESS et aux générateurs
dispatchables.
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Fig. 2: Synoptique de la couche physique
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Fig. 4 : Architecture proposée du micro réseau intelligent
Le cœur de ce système de contrôle (EMS), est un nano -ordinateur de type
Raspberry Pi 3 Model B+ (Figue 5), doté d'un réseau sans fil Bi-bande 2.4 GHz et
5 GHz, une connexion Bluetooth 4.2/BLE. Une connexion Ethernet est aussi
possible. Ce nano-ordinateur communique avec les autres parties du système grâce
au module WiFi ESP8266 (Figure 6). Ce module se programme via l'IDE Arduino.
Des connecteurs latéraux mâles et femelles permettent d'enficher le module sur une
plaque de montage de test. L'interface sans fil WiFi permet la création de point
d'accès sans fil, l'hébergement d'un serveur, l a connexion à l'internet et le partage
de données par exemple.
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Fig. 6 : Module WiFi ESP8266
Un contrôleur à ESP8266 est assigné pour chaque composant du micro -
réseau comme le montre la Figures 7 . Chaque contrôleur permet l'acquisition des
informations utiles pour son composant (Puissance, SoC, Tension, Courant, ...), il
permet aussi la commande de ce composant (connexion ou déconnexion, délivrer
le signal d'attaque PWM, ...). Ce système de gestion incorpore aussi un bloc de
contrôle de la batterie (BEM) qui englobe plusieurs fonctions, à savoi r :
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Le bloc gestion des charges (HEM: Home Energy Management) est un contrôleur qui
se charge de connecter ou de déconnecter les charges, selon un algorithme établi au préalable .
Si la puissance appelée PL dépasse la puissance fournie PPV par le micro-réseau (SoCh et SoCb
sont au niveau bas), il y a délestage des équipements qui ne sont pas prioritaires. Cette mise à
l'arrêt ou au ralenti n'est effectuée que lorsque la puissance totale prélevée, intégrée sur la
période de mesure, risque de dépasser le seuil limite de puissance fixé. Les équipements sont
délestés selon un ordre de priorité établi préalablement et mémorisé par EMS. Des niveaux de
priorités seront ainsi définit afin que l'appareil dont la coupure risque d'être ressentie le plus soit
interrompu en dernier. Quand la demande redevient inferieure à l'offre, on reconnecte les
charges selon le même ordre de priorité
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Convertisseur DC-DC pour batterie
CONCLUSION
Dans ce chapitre, nous avons subdivisé le système de gestion en deux couches ; l'une
inférieure est responsable de la régulation des boucles de tension et de courant internes aux
convertisseurs, l'autre supérieure assure la gestion des flux d'énergies dans le MG ainsi que la
génération des consignes aux boucles inferieures. Pour cela, nous avons adopté d'utiliser un
nano-ordinateur de type Raspberry Pi et des modules NodeMCU ESP8266 pour former un
système communicant intelligent
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