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Cours Smart Grid

Le document traite de la compensation de l'énergie réactive dans les systèmes électriques, en expliquant les concepts de puissance active, réactive et apparente, ainsi que l'importance du facteur de puissance pour optimiser les installations. Il aborde également les méthodes de compensation, notamment l'utilisation de condensateurs, et les avantages associés tels que la réduction des coûts d'électricité et l'optimisation des choix technico-économiques. Enfin, il présente les calculs de courants de court-circuit et les singularités des harmoniques dans les installations électriques.

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Cours Smart Grid

Le document traite de la compensation de l'énergie réactive dans les systèmes électriques, en expliquant les concepts de puissance active, réactive et apparente, ainsi que l'importance du facteur de puissance pour optimiser les installations. Il aborde également les méthodes de compensation, notamment l'utilisation de condensateurs, et les avantages associés tels que la réduction des coûts d'électricité et l'optimisation des choix technico-économiques. Enfin, il présente les calculs de courants de court-circuit et les singularités des harmoniques dans les installations électriques.

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Université Ibn Zohr Agadir , septembre 2025

Faculté des Sciences Appliquées Ait Melloul Année Univ. 2025–2026


Dép : Physiques Appliquées

Génie des Technologies Industrielles

SYSTEMES
ELECTRIQUES
INTELLIGENTS

PR B. BOUKHRIS

1
Chapitre 1
COMPENSATION DE L'ENERGIE REACTIVE
I Présentation.
Toute machine électrique (moteur, transformateur, ... ) alimentée en courant alternatif met en jeu
deux formes d'énergie :
• L'énergie active qui correspond à la puissance active P mesurée en kW et se transforme
intégralement en énergie mécanique (travail utile) et en chaleur (pertes).
* L'énergie réactive qui correspond à la puissance réactive Q mesurée en kvar qui sert à
magnétiser les tôles des appareils électriques (transformateurs, machines tournantes, …).
* Le réseau de distribution fournit l'énergie apparente qui correspond à la puissance
apparente S mesurée en kVA.
Les trois puissances P, Q et S se représentent vectoriellement par un triangle des puissances.

II Facteur de puissance

Le facteur de puissance de l'installation est le quotient de la puissance active en kW consommée


par l'installation sur la puissance apparente en kVA fournie à l'installation.
Il est égal au cosinus de l'angle de déphasage  entre la puissance active et la puissance apparente.
P
cos  = S = facteur de puissance. Le cos  est compris entre 0 et 1.
Un facteur de puissance proche de 1 optimise le fonctionnement d'une installation.
Il est possible d'exprimer la tg  avec
Q
tg =
P
La valeur la plus faible de tg  optimise l'installation.
3Avantages dus à l'amélioration du facteur de puissance

II.1 Diminution de la facture d'électricité

Le distributeur d'énergie électrique, EDF, propose des tarifs de facturation différents suivant la
consommation de l'abonné :
• tarif jaune pour des puissances souscrites entre 36 et 250 kVA avec livraison en BT
• tarif vert pour des abonnés livrés en HT avec des puissances souscrites supérieures à 250
kVA.
Dans les deux tarifs la diminution de la consommation d'énergie réactive, avec l'amélioration du
facteur de puissance, est très sensible au niveau de la facturation : EDF pénalisant les abonnés
pour un cos  < 0,93 (tg  = 0,4), dans le tarif vert, comptage en HT.

2
II.2 Optimisation des choix technico-économiques
Diminution de la section des câbles
La puissance active transportée par un câble diminue lorsque le facteur de puissance s'éloigne de
1.Pour une même puissance active à fournir la diminution du facteur de puissance impose le choix
de câbles de plus grande section.
Diminution des pertes en ligne
Un bon facteur de puissance permet une diminution des pertes en ligne à puissance active
constante. Les pertes wattées (dues à la résistance des conducteurs) sont intégrées dans la
consommation enregistrée par les compteurs d'énergie active (kWh) et sont proportionnelles au
carré du courant transporté.
Réduction de la chute de tension
L'amélioration du facteur de puissance diminue l'énergie réactive transportée et de ce fait diminue
les chutes de tension en ligne.
Augmentation de la puissance disponible
La puissance active disponible au secondaire d'un transformateur est d'autant plus grande que le
facteur puissance de l'installation est élevé.
Principe de la compensation
Compenser une installation consiste à installer une source d'énergie réactive de compensation qui
permet d'améliorer de facteur de puissance de l'installation.

La figure ci-dessous traduit la représentation vectorielle de la compensation.

III Puissance réactive de compensation


La puissance réactive de compensation à installer pour expression : Qc = P (tg - tg‘)

Exemple :
En régime normal un moteur absorbe une puissance de 125 kW avec un cos  = 0,75 soit tg  =
0,88. Pour passer à un cos =0,93 soit tg' = 0,40 la puissance réactive de compensation à
installer est :

QC =
………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………
……….

3
Moyens de compensation
La compensation peut se faire en basse tension ou en haute tension en utilisant des condensateurs.
En basse tension la compensation est réalisée avec deux familles de produits :
* les condensateurs de valeurs fixes ou condensateurs fixes,
* les équipements à régulation automatique ou batteries automatiques qui permettent
d'ajuster en permanence la compensation aux besoins de l'installation. Lorsque La puissance à
installer est supérieure à 800 kvar avec une charge stable et continue il peut être plus économique
de choisir des batteries de condensation haute tension à installer sur le réseau. (Rappel : Q = U2 Cu
d'où pour une même valeur de Q réduction de la capacité et coût moins élevé du condensateur).

IV Principe et intérêt de la compensation automatique :

Installées en tête de l'ensemble de la distribution BT ou d'un secteur important, les batteries de


condensateurs sont divisées en gradins. La valeur du cos  est détectée par un relais varmétrique
qui commande automatiquement l'enclenchement et le déclenchement des gradins en fonction de
la charge et du cos  désiré. Le transformateur de courant doit être placé en amont des récepteurs
et des batteries de condensateurs.
La compensation automatique permet l'adaptation immédiate de la compensation aux variations de
la charge et évite, ainsi, le renvoi d'énergie réactive sur le réseau EDF et les surtensions
dangereuses pour les circuits d'éclairage lors des marches à faible charge de l'installation.

Modes de compensation
La compensation peut être :

Globale Partielle Individuelle

• Globale : La batterie de condensateurs est raccordée en tête de l'installation et reste en service de


façon permanente. Ce mode de compensation convient lorsque la charge est stable et continue.

4
• Partielle : la batterie de condensateurs est raccordée au tableau de distribution et fournit l'énergie
réactive par atelier ou par groupe de récepteur. Ce mode de compensation convient lorsque
l'installation est étendue et comporte des ateliers dont les régimes de charge sont différents.
• Individuelle : La batterie de condensateurs est raccordée directement aux bornes de chaque
récepteur du type inductif, notamment les moteurs. Elle convient lorsque la puissance de certains
récepteurs est très importante par rapport à la puissance totale, elle offre le plus d'avantages.
Exercice
Un transformateur de 630 kVA qui alimente déjà une charge de 450 kW avec un cos = 0,8 peut-il
alimenter en plus une charge de 150 kW avec un cos = 0,7 ?

Situation initiale + extension Au total


P1 P2 PT
=…………………………………… =…………………………………… =……………………………………
…. …. ….
Q1 Q2 QT
=…………………………………… =…………………………………… =……………………………………
…. …. ….
S1 S2 ST
=…………………………………… =…………………………………… =……………………………………
…. …. ….

Déterminer la puissance réactive de compensation qui permettrait de conserver le transformateur.

5
Chapitre 2
Calcul des courants de court-circuit
I Introduction
Le dimensionnement d’une installation électrique et des matériels à mettre en
œuvre, la détermination des protections des personnes et des biens, nécessitent le calcul
des courants de court-circuit en tout point du réseau.
Ce chapitre fait le point sur les méthodes de calcul des courants de court-circuit prévues
par les normes UTE C 15-105 et CEI 60909.
Il traite du cas des circuits radiaux et maillés, BT - Basse Tension - et HT - Haute
Tension -.
II Définition de courant de court-circuit
Toute installation électrique doit être protégée contre les courts-circuits et ceci, sauf
exception, chaque fois qu’il y a une discontinuité électrique, ce qui correspond le plus
généralement à un changement de section des conducteurs. L’intensité du courant de court-circuit
est à calculer aux différents étages de l’installation ; ceci pour pouvoir déterminer les
caractéristiques du matériel qui doit supporter ou couper ce courant de défaut.
L’organigramme de la figure 1 montre l’approche qui conduit aux différents courants de
court-circuit et les paramètres qui en résultent pour les différents dispositifs de protection d’une
installation .
Pour choisir et régler convenablement les protections, on utilise les courbes du courant en
déclenchement des disjoncteurs et des fusibles, en particulier quand : la longueur des câbles est
importante et/ou que la source est relativement impédante (générateurs-onduleurs)

Fig. 1 : procédure de calcul d’Icc pour la conception d’une installation électrique basse tension
(CR = court retard ; Inst = instantané)

6
II. 1 Les principaux défauts de court-circuit
Dans les installations électriques différents courts-circuits peuvent se produire.

Caractéristiques des courts-circuits :


Ils sont principalement caractérisés par : leurs durées : auto-extincteur, fugitif ou permanent
ou à la suite d’une dégradation de l’isolement, consécutive à la chaleur, l’humidité ou une
ambiance corrosive ; leurs localisations : interne ou externe à une machine ou à un tableau
électrique.Outre ces caractéristiques, les courts-circuits peuvent être :
- monophasés : 80 % des cas ;
c-biphasés : 15 % des cas. Ces défauts dégénèrent souvent en défauts triphasés ;
- triphasés : 5 % seulement dès l’origine.
Ces différents courants de court-circuit sont présentés sur la figure 2 .

a) court-circuit triphasé b) court-circuit biphasé,


isolé
L3 L3
L2 L2

L1 L1

I"k3 I"k2

c) court-circuit biphasé - terre d) court-circuit phase-terre

L2 L3 L3
L1 L

I"k2EL3 I"k2EL2 2 I"k1

I"kE2E L

courant de court-circuit,
courants de partiels dans les conducteurs et
la terre.

Fig. 2 : les différents courts-circuits et leurs courants. Le sens des flèches figurant les
courants est arbitraire (cf. CEI 60909).

7
III Calcul des Icc par la méthode des impédances
III .1 Icc selon les différents types de court-circuit
Court-circuit triphasé :
C’est le défaut qui correspond à la réunion des trois phases. Le calcul de l’intensité de
court-circuit se résume alors au calcul de l’impédance Zcc, impédance équivalente à toutes les
impédances parcourues par l’Icc du générateur jusqu’au point de défaut de la source et des lignes -
(cf. fig. 12 ). C’est en fait l’impédance « directe » par phase
2 2
  R +  X
 
Zcc =
R = somme des résistances en série,
X = somme des réactances en série.
Le défaut triphasé est généralement considéré comme celui provoquant les courants de défaut
les plus élevés. En effet, le courant de défaut dans le schéma équivalent d’un système polyphasé,
n’est limité que par l’impédance d’une phase sous la tension simple du réseau. Le calcul d’Icc3 est
donc indispensable pour choisir les matériels (intensités et contraintes électrodynamiques
maximales à supporter).
Défaut triphasé ZL
Zcc

U/ 3
V cc3 =
ZL Zcc

ZL

Défaut biphasé ZL Zcc

ZL U
U cc 2 =
2 . Zcc
Zcc

Défaut monophasé ZL Zcc

U/ 3
V cc1 =
ZLn Zcc + ZLn
ZLn

Défaut terre ZL Zcc

U/ 3
V cco =
Zo Zcc + Zo
Zo

Fig. 12 : les différents courants de


court-circuit.

Court-circuit biphasé isolé


Il correspond à un défaut entre deux phases, alimenté sous une tension composée
U. L’intensité Icc2 débitée est alors inférieure à celle du défaut triphasé . Dans le cas
d’un défaut proche des machines tournantes, les impédances de celles-ci sont telles que
Icc2 est proche de Icc3.
8
III .2 Court-circuit monophasé isolé
Il correspond à un défaut entre une phase et le neutre, alimenté sous une tension simple
L’intensité Icc1 débitée est alors :
V = U/ Zcc + ZLn
Dans certains cas particuliers de défaut monophasé l’impédance homopolaire de la source
est plus faible que Zcc (par exemple aux bornes d’un transformateur à couplage étoile-zig
zag ou d’un alternateur en régime subtransitoire). L’intensité monophasée peut être alors
plus élevée que celle du défaut triphasé.
III 3 Court-circuit à la terre (monophasé ou biphasé)
Ce type de défaut fait intervenir l’impédance homopolaire Zo.Sauf en présence de
machines tournantes où l’impédance homopolaire se trouve réduite, l’intensité Icco débitée
est alors inférieure à celle du défaut triphasé.Son calcul peut être nécessaire, selon le régime
du neutre (schéma de liaison à la terre), pour le choix des seuils de réglage des dispositifs de
protection homopolaire (HT) ou différentielle (BT).

9
Chapitre 3
Les singularités de l’harmonique
I Définition
Dans les installations où le neutre est distribué, les charges non-linéaires peuvent
entraîner dans ce conducteur des surcharges importantes par la présence de l’harmonique
de rang 3. Le phénomène et les remèdes sont expliqués dans ce chapitre.
II Origine des harmoniques
II 1 Courant absorbé par les charges non linéaires

Les courants harmoniques sont générés par les charges non-linéaires, c’est-à-dire, absorbant
un courant n’ayant pas la même forme que la tension qui les alimente. Les charges de ce type
les plus courantes sont celles à base de circuits redresseurs.
Une charge non-linéaire quelconque, comme celle représentée sur la figure 1, absorbe un courant
qui contient tous les rangs d’harmoniques, pairs et impairs. L’allure du courant absorbé, dont les
deux demi-alternances sont différentes, ainsi que son spectre harmonique sont représentés sur les
figures 2 et 3.

Fig. 1 : exemple de charge non linéaire quelconque


Courant ligne

Fig. 2 : allure du courant absorbé.

10
Fig. 3 : spectre du courant absorbé.
Charges non linéaires symétriques
La plupart des charges connectées au réseau sont toutefois symétriques, c’est-à-dire que les demi-
alternances de courant sont égales et opposées. Ceci peut s’exprimer
mathématiquement par la relation f t+ = f t
Dans ce cas, les harmoniques de rangs pairs sont nuls. En effet, en supposant que le courant
comporte un harmonique de rang 2, il est possible d'écrire par exemple : I t I1 sin t + I2
sin 2 t
On a donc :
I t+ I1 sin t+ I2 sin 2 t+
I t+ I sin t I sin2 t
Ceci ne peut être égal à I t que si I2 (amplitude de l'harmonique 2) est nulle
Le raisonnement peut être étendu à tous les harmoniques de rang pair
1.1 Charges triphasées
Considérons une charge triphasée non linéaire, équilibrée, symétrique, sans raccordement au
neutre, comme représentée sur la figure 4.Supposons que les courants absorbés par cette charge
contiennent de l'harmonique 3. Les courants harmoniques de rang 3 de chacune des phases
peuvent s'écrire de la manière suivante
:ir3 I3 sin 3 t
ir3 is3= it3

Les courants harmoniques de rang 3 des trois phases sont donc égaux.
Or, en l'absence de conducteur de neutre,ir + is + it = 0.
La somme des courants harmoniques de rang 3 en particulier doit être nulle, ce qui n'est possible
que si chacune des composantes est nulle.
Les charges triphasées, équilibrées, symétriques, ne génèrent donc pas d'harmonique de rang
3.
Le raisonnement peut s'étendre à tous les harmoniques de rangs multiples de 3.
Les courants harmoniques non nuls sont donc de rang 5, 7, 11, 13, …, c'est-à-dire de la forme 6k
1.
La démonstration peut être faite pour tout système comprenant des redresseurs commandés ou
non. Il est ainsi démontré que le rang des harmoniques s’écrit h = (nxp) 1. Où n est un nombre
11
entier (1, 2, 3, 4, 5,…) et p le nombre de redresseurs composant le dispositif. Par exemple un
circuit ne comprenant qu’un seul redresseur (redressement mono alternance) a des harmoniques
de rang n 1 et présente tous les harmoniques possibles en partant de 0 qui est le courant
continu.Pour un pont composé de 4 diodes, le premier harmonique est de rang 3

Fig. 4 : charge triphasée.


Ce résultat est illustré par le schéma constitué d'un redresseur à diodes avec filtrage
capacitif (cf. fig. 5 ), dont le courant absorbé est représenté par la courbe de la figure 6 et son
spectre sur la figure 7

Fig. 5 : pont redresseur triphasé avec filtrage capacitif.

Fig. 6 : allure du courant absorbé par le schéma de la figure précédente

12
Fig. 7 : spectre harmonique du courant absorbé par le circuit de la figure 5.
1.1 Charges monophasées
Rappelons que les charges symétriques ne génèrent pas d'harmoniques de rang pair(cf.
paragraphe 1.2). Le spectre étant en général décroissant, l'harmonique de rang 3 est donc
l'harmonique prépondérant pour les charges monophasées. Ainsi, pour les charges très
répandues de type redresseur monophasé à diodes avec filtrage capacitif (cf. fig. 8 ),
l'harmonique de rang 3 peut atteindre 80 % du fondamental. La forme de l'onde du
courant qu'elles absorbent et son spectre harmonique sont représentés par les fig 9 et 10.
De nombreux appareils, dans tous les domaines d'activités, comportent un circuit de ce
type (cf. fig. 11 ). Ce sont les principaux générateurs d'harmonique de rang 3

Fig. 8 : redresseur monophasé avec filtrage capacitif.

Fig. 9 : allure du courant absorbé par le schéma de la figure précédente.

Fig. 10 : spectre harmonique du courant absorbé par le schéma de la figure 8.

Fig. 11 : quelques exemples d'appareils comportant un redresseur monophasé avec filtrage


capacitif.

13
Chapitre 4
Contexte énergétique

I. Introduction
La question de l'énergie et de sa production est actuellement au cœur de tous les débats qu'ils
soient économiques, politiques ou écologiques ; les estimations des ressources d'énergie primaire
restantes, le réchauffement de la planète et l'augmentation des besoins énergétiques forcent les
états à réfléchir au problème. Le développement des énergies renouvelables est une des mesures
nécessaires afin de satisfaire les besoins du pays et d'assurer la sécurité de l'énergie.
II. Le réseau électrique public

Dans un pays, le transport et la distribution publique assurent le transit de l'énergie électrique


entre les points de production et les points de consommation. Les points de production sont les
centrales qui génèrent l'énergie électrique à partir de différentes énergies primaires à savoir le
nucléaire, l'hydraulique, le charbon, etc.

Les points de consommation, sont des postes à partir desquels l'énergie est livrée aux clients,
ceci par l'intermédiaire de la "distribution MT (Moyenne Tension) ou BT (Basse Tension)".

II.1. Définition du réseau électrique publique

Les réseaux électriques ont pour rôle d'acheminer l'énergie des sites de production vers les
lieux de consommation, avec des étapes de baisse du niveau de tension dans des postes de
transformation.
II.2. Type des réseaux électriques

La tension à la sortie des grandes centrales est portée à 400 kV pour limiter les pertes
d'énergie sous forme de chaleur dans les câbles des lignes électriques de transport (Pertes
Joules). Ensuite, la tension est progressivement réduite au plus près des points de consommation,
pour arriver aux différents niveaux de tension auxquels sont raccordés les consommateurs (400
kV, 225 kV, 90 kV, 63 kV, 20 kV, 400 V ou 230 V suivant leurs besoins en puissance) .

II.2.1. Réseau de transport

Il est destiné à transporter des quantités importantes d'énergie sur de longues distances. Il
constitue l'ossature principale pour l'interconnexion des grands centres de production. Ce réseau
peut être assimilé au réseau autoroutier. Son niveau de tension est de 400 kV, soit le niveau de
tension le plus élevé.

II.2.2. Réseau de répartition

Ils sont destinés à répartir l'énergie en quantité moindre sur des distances plus courtes. Le

14
transport est assuré en très haute tension (225 kV) et en haute tension (90 kV et 63 kV). Ce type de
réseau est l'équivalent des routes nationales ou départementales dans le réseau routier (avec des
flux importants, de nombreux carrefours et croisements, etc.)

II.2.3. Réseau de distribution

La distribution est assurée en moyenne tension (20 kV) et en basse tension (400 et 230 V). Les
réseaux de distribution sont destinés à acheminer l'électricité à l'échelle locale, c'est-à-dire aux
utilisateurs en moyenne tension (PME et PMI) et en basse tension (clients du tertiaire, de la petite
industrie et les clients domestiques). C'est l'équivalent des routes départementales et des voies
communales dans le réseau routier (des flux locaux, la desserte des villages, …).

II.2.4. Réseau d'éclairage public

L'éclairage public est l'ensemble des moyens d'éclairage mis en œuvre dans les espaces
publics, à l'intérieur et à l'extérieur des villes, très généralement en bordures des voiries et des
places, nécessaires à la sécurité ou à l'agrément du citoyen.

L'installation d'éclairage public se compose des éléments énumérés ci-après.

II.2.4.1. Poste de transformation et système de protection

Cette partie comporte essentiellement, d'après la Fig. 1.1, de l'appareillage renfermant un


ou plusieurs transformateurs afin d'assurer la dérivation du courant sur le réseau, la protection
du transformateur côté haute tension type A (HTA), la transformation haute tension / basse
tension (HTA/BT), la protection du transformateur côté BT et le compteur d'énergie.

Fig. 1-1. Exemple d'une armoire électrique alimentée par un poste de transformation

Pour des fins de protection, toutes les masses métalliques du poste sont reliées à la prise de
terre. Lors d'intervention d'entretien ou autre dans le poste, les arrivées doivent être sectionnées et
les câbles reliés entre eux sont mis à la terre.

15
Le système de protection simulé a pour but de distribuer l'énergie électrique aux points
lumineux, aux moments opportuns et en toute sécurité. Ce dispositif, assurant la sécurité des
usagers et des intervenants ainsi que du matériel, est intégré dans l'armoire de commande avec un
dispositif de commande constitué de l'appareillage de comptage et d'une horloge astronomique
permettant de maitriser les temps de fonctionnement.

II.2.4.2. Câbles d'alimentation

Le réseau d'alimentation est divisé en deux catégories :

✓ Le réseau aérien constitué de câbles préassemblés en aluminium, de section 1x16 mm2 ;


✓ Le réseau souterrain composé de câbles industriels U1000 R02V en cuivre ou en
aluminium, de section 4x10 mm2, 4x16 mm2, 4x25 mm2 ou 4x35 mm2.

Le cordon d'alimentation des lampes est constitué de câbles en cuivre de section 2x2.5 mm2 ou 2x1.5
mm2, quel que soit le type de réseau.

II.2.4.3. Luminaire

Cette partie se nomme également "Lanterne". Sa fonction essentielle est d'émettre, de distribuer et
de contrôler la lumière fournie par une source lumineuse qu'est la "Lampe". Le luminaire (Fig. 1.8)
contient un ballast ferromagnétique, un amorceur, des condensateurs, selon le type des lampes
exploitées et une lampe.

Fig. 1-7. Exemple d'un Luminaire

16
II.2.5. Normes liées au réseau d'éclairage public

L'éclairage public doit apporter beaucoup plus aux usagers que le seul sentiment
de « confort », encore faut-il que ses performances photométriques permettent d'accéder de nuit
aux exigences indispensables à l'accomplissement des différentes tâches visuelles de chaque
catégorie d'usagers. C'est la raison pour laquelle la notion « d'éclairer juste » s'impose et se
décline au travers de valeurs d'éclairements et de luminances minimales à maintenir.

Ce sont ces valeurs qui sont exprimées dans les normes présentées ci-dessous. Elles permettent
de voir vite et bien, ce qui sert la cause de la réduction de nuit des accidents de la route et de
l'amélioration des sécurités objectives et subjectives que le citoyen est en droit d'exiger.

La norme européenne NF EN 13-201 relative à l'éclairagisme, d'application non obligatoire,


a pour objectif d'établir des recommandations pour assurer la sécurité des usagers, la fluidité
du trafic et la protection des biens et des personnes, lorsqu'il a été décidé d’éclairer.

La norme NFC 17-200 s'applique aux installations d'éclairage public, aux installations
similaires sur des surfaces accessibles au public et aux autres installations électriques
d'éclairage situées dans le domaine public. Les règles de la NFC 17-200 ont pour objet de définir
les conditions dans lesquelles les installations concernées doivent être établies et maintenues,
pour assurer la sécurité des personnes, des animaux domestiques, la conservation des biens et,
lorsqu'elles sont alimentées par un réseau de distribution publique, pour éviter toute cause de
troubles dans le fonctionnement général de ce réseau.

III. L'efficacité énergétique dans le réseau électrique public

III.1. Définition de l'efficacité énergétique


Toute action agissant positivement sur la consommation de l'énergie, quelle que
soit l'activité du secteur considéré, tendant à :
✓ La gestion optimale des ressources énergétiques ;
✓ La maîtrise de la demande d'énergie ;
✓ L'augmentation de la compétitivité de l'activité économique ;
✓ La maîtrise des choix technologiques d'avenir économiquement viable ;
✓ L'utilisation rationnelle de l'énergie.

Et ce, en maintenant à un niveau équivalent les résultats, le service, le produit ou la qualité


d'énergie obtenue.

III.2. Optimisation de consommation énergétique dans le réseau d'éclairage


public

17
Les économies en énergie dans le réseau d'éclairage public, se traduisent par la mise en
œuvre de plusieurs mesures décrites ci-après.

✓ Remplacement des équipements énergivores


✓ Changement de lampe par d'autre à grande efficacité énergétique
✓ Changement de lampe en fin de leur durée de vie
✓ Changement de ballast ferromagnétique par un ballast électronique

✓ Remplacement de luminaire à très faible facteur d'utilisation

✓ Utilisation d'horloge astronomique

IV. Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté le principe et les types d'un réseau électrique public.
Ainsi que les normes liées au réseau d'éclairage public et à l'efficacité énergétique. Nous avons
cité également des solutions d'optimisation de la consommation énergétique dans ce réseau.

18
Chapitre 5
Les Smart Grids
I Introduction

Le secteur de l'énergie, connaît une augmentation significative du nombre de systèmes de


production d'énergie décentralisés, et une grande prolifération de l'emploi des véhicules
électriques. Ces systèmes sont conçus et gérés, de manière à échanger, avec le réseau, toute leur
énergie intermittente et aléatoire. Dans cette optique, les gouvernements et les entreprises
multinationales, investissent d'énormes fonds dans le développement des solutions innovantes
et intelligentes, pour le contrôle et la gestion du réseau électrique . Ce contrôle intelligent est
l'origine de l'appellation "Smart Grid" (SG).

Les SG soulèvent de grands défis, au niveau de plusieurs domaines, à savoir ; l'utilisation


de nouvelles technologies de l'information et de communication (NTIC), la mise en œuvre de
l'intelligence artificielle distribuée (IAD) ou encore le développement des systèmes multi-
agents (SMA), mais aussi au niveau de la domotique et de la cyber sécurité. Tout cela aura un
impact important et accrue, sur les aspects économiques et les enjeux sociaux.

Figure 1. Prévisions mondiales concernant les véhicules électriques et hybrides

Le déploiement des SG nécessite le développement des aspects suivants :

▪ Le contrôle et management des Micro-réseaux.

19
▪ La gestion des systèmes de mesure intelligents (SMI).
▪ Les systèmes de stockage.
▪ L'intégration des véhicules électriques (PHEV : Plug Hybrid Electric Vehicle).
▪ Les technologies de communications.
▪ Les règlementations, normes et standardisations.
▪ Le cyber sécurité des données.

II Définition des Smart Grids

Le Smart Grid n'a pas de définition unique, toutefois, les définitions des diverses
organisations, telles que le DOE (Department Of Energy), NERC (North american Electric
Reliability Corporation) et Smart Grids Technology Platform, suivent un thème commun, au
sens large. Elles définissent un réseau intelligent comme étant un nouveau réseau d'électricité,
qui intègre fortement des technologies avancées de détection et de mesure, des nouvelles
technologies de l'information et de la communication, des technologies d'analyse et de prise de
décision, et enfin des technologies de contrôle automatique. L'objectif est d'assurer l'équilibre
entre l'offre et la demande, à tout instant, avec une réactivité et une fiabilité accrue, ainsi que
l'optimisation du fonctionnement des réseaux, afin d'améliorer l'efficience et l'efficacité de la
production, du transport et de la distribution de la puissance électrique. En outre, le réseau
intelligent n'est pas un concept statique. Il s'agit d'un système dynamique qui continuera
d'évoluer comme évoluent les technologies existantes.

II 1 Buts et objectifs du Smart Grid

Le SG est un concept innovant qui promet des objectifs imposés par des exigences
environnementales, techniques et économiques telles que :

▪ La résolution du problème des émissions à effet de serre, en intégrant des sources


d'énergie renouvelables, telles que le solaire, l'éolien, la biomasse, l'hydraulique, la
géothermie, la marémotrice et enfin l'hydrogène qui peut révolutionner le paysage
énergétique,
▪ L'amélioration du niveau de qualité concernant la fourniture d'électricité et la sécurité du
système électrique en équilibrant l'offre et la demande,
▪ L'ajout de nouveaux produits et services,
▪ L'ajout de nouveaux acteurs, tels que les systèmes de stockage et les véhicules électriques,
▪ L'augmentation des bénéfices pour les producteurs et la baisse des factures pour les
consommateurs.

20
II 2 Smart Grid et MicroGrid

La différence entre les réseaux intelligents et les MicroGrids, réside dans leurs
dimensions, les types de décideurs et le taux potentiel de changement. En fait, l'appellation des
réseaux intelligents s'étend à l'échelle nationale, exploitent les grandes lignes de transport et de
distribution, tandis que les MicroGrids s'étendent à petite échelle, ne nécessitant que des
décideurs locaux et leur implémentation est plus rapide.

Les SG sont des systèmes complexes, car ils sont composés d'un grand nombre d'entités
distribuées, et en perpétuelle augmentation et en interactions. Ils sont caractérisés par
l'hétérogénéité des acteurs, et la divergence de leurs enjeux économiques. Sauf que le facteur
de complexité le plus important, c'est la combinaison des systèmes artificiels et des personnes.
L'analyse et le contrôle d'un tel système cyber-physique, se révèlent extrêmement difficile.
Cependant une des solutions à considérer est le concept du SoS (System of System) qui consiste
à décomposer le réseau en sous réseaux, appelés smart MicroGrid (MG).

Un MicroGrid est donc, un réseau intelligent développé à l'échelle d'un bâtiment, d'un
groupe de bâtiments ou d'un éco-quartier. Il offre la possibilité de gérer les installations de
production et de consommation d'électricité sur un petit réseau, connecté en un point unique au
réseau public de distribution d'électricité, afin d'assurer la sécurité d'approvisionnement des
utilisateurs.

III Les Systèmes de Mesure Intelligents (SMI)

L'intelligence des SGs est acquise, grâce aux systèmes de mesure intelligents (SMIs) qui
leur donnent les qualités d'être flexibles, évolutifs et interopérables. En effet, grâce à des
fonctions telles que la possibilité de visualiser la consommation, les systèmes de mesure
intelligents, contribuent à l'efficacité énergétique et aux économies d'énergie. Les SMIs peuvent
également permettre de mieux exploiter les potentiels de l'efficacité, au niveau de la
planification et de la production de l'énergie électrique. Par ailleurs, ces systèmes ont une grande
importance, dans le fonctionnement du marché, car leur utilisation permet de faire baisser les
coûts de transaction, ce dont les clients finaux profitent à leur tour.

III 1 Architecture d'un SMI

Un système de mesure intelligent est une installation de mesure, servant à mesurer le flux
d'énergie électrique et sa variation réelle dans le temps. Ce système permet aussi une

21
transmission bidirectionnelle des données avec le gestionnaire de réseau (LApEl1). La Figure
montre l'architecture d'un SMI qui met en évidence certains éléments dont découlent les
définitions supplémentaires suivantes :

• Appareil de mesure intelligent : Il correspond à un compteur d'électricité électronique,


également désigné par "Smart Meter" (SM). Sa principale fonction est d'obtenir des valeurs
mesurées de la production et de la consommation électrique
• Système de communication : C'est la connexion entre les appareils de mesure
intelligents et un système centralisé de traitement des informations relevées. Un tel
système de communication, peut recourir à diverses technologies de transmission de
l'information, ainsi qu'à d'autres équipements de transmission des données. Il peut, au
moyen d'une interface adaptée, être relié à d'autres dispositifs, notamment à d'autres
appareils de mesure intelligents, à d'autres agents énergétiques ou à des applications
clientes.
• Système de traitement des données mesurées ou "Meter Data Management System"
(MDMS) : Il désigne un système qui est nécessaire à la gestion des appareils de mesure
intelligents. Ce système, installé chez son exploitant, effectue le stockage de grandes
quantités de données à long terme.
• Plateforme de visualisation : Elle assure divers affichages sur des appareils, comme les
téléphones mobiles, les tablettes, les ordinateurs, ou sur des écrans, par le biais de portails
internet dédiés

Figure 2 Architecture d'un SMI

Dans le domaine des SMIs, quelques concepts intéressants devront être éclaircis, à savoir
les techniques suivantes : AMR (Automated Meter Reading), AMM (Automated Meter

22
Management) et AMI (Automated/Advanced Metering Infrastructure), ainsi qu'un état d'art sur
les différentes technologies de communications.

Les concepts AMR, AMI et AMM

AMR : C'est une technique de lecture à distance, basée sur une ancienne technologie
permettant aux services publics de lire les compteurs électroniques sur de longues distances.

AMI : C'est une infrastructure dotée de technique de communication dans les deux sens.
Elle englobe toute la gamme des appareils de mesure, des logiciels, des moyens de
communication bidirectionnelle, et des systèmes de gestion des données.

AMM : C'est la technique AMR complétée de prestations complémentaires et employant


une communication bidirectionnelle entre le consommateur et l'opérateur de service. Elle
consiste en l'automatisation des prestations techniques manuelles liées au comptage, telles que
la mise en service, le changement de puissance, etc.

23
Chapitre 6
Le concept MicroGrid (MG)
I Introduction

Un MG est un réseau électrique à petite échelle, formé par des sources distribuées
d'énergie (DER) généralement renouvelables, des charges critiques et non critiques, des
systèmes de stockage (ESS) et des systèmes de contrôle avancés. Un MG fonctionne
normalement en mode connecté au réseau de distribution, basse tension (BT) ou moyenne
tension (MT), en un point unique appelé Point de Couplage Commun (PCC). Une des
caractéristiques essentielles du MG est sa capacité à fonctionner en mode déconnecté du réseau
public.

Les concepts clés qui différencient un MG d'un réseau conventionnel sont :

▪ Les micro-sources (DERs) ou encore les générateurs distribués (DGs), sont généralement
de petites tailles, renouvelables et géographiquement distribuées.
▪ Ils sont situés à proximité des consommateurs.
▪ Les DERs et les charges sont contrôlés selon le principe de la demande/réponse (DR).
▪ Ils sont dotés d'une infrastructure de communication pour mieux ajuster la production à la
consommation.

RESEAU PUBLIC
AC

CHARGES ONDULEUR
330 KWh/j AC/DC
DC

PEMFC

PVECS H2 TANK ELZ


126 kW 20 Kg 80 kW

Figure 1. Configuration du micro-réseau étudié (couche physique)

II Avantage des MGs

Le tableau 1 suivant résume les principaux atouts du MG dans les domaines techniques,
économiques, sociétaux et environnementaux.

24
Tableau 1. Avantages des MGs

Technique Economique Sociétal Environnemental

▪ Optimisation de la ▪ Réduction des pertes de ▪ Réseau fiable et robuste ▪ Large intégration


gestion de transports et de distributions. aux défaillances. des énergies vertes.
production.
▪ Réduction de production et ▪ Auto cicatrisant. ▪ Réduction des gaz à
▪ Amélioration de la de consommation. effets de serre.
▪ Nouveaux acteurs et
qualité d'énergie.
▪ Amélioration de l'efficacité partenaires.
énergétique.
▪ Nouveaux Services
auxiliaires.

III Les modes d'opérations du MG

Normalement, un MG fonctionne en mode connecté, mais lorsqu'un défaut se produit,


le MG a la capacité de se déconnecter du réseau électrique principal et d'alimenter une charge
locale de façon isolée (Mode "ilôté"). Cette faculté augmente la qualité de la puissance par le
biais du contrôle de la tension locale.

En mode connecté deux points essentiels sont à noter :

▪ L'amplitude de la tension et de la fréquence sont contrôlées par le réseau global.


▪ Les unités distribuées de production (DGs) alimentent l'ensemble ou une partie de la
charge.

En mode "ilôté", un MG contrôle la tension et la fréquence en ajustant en permanence


la puissance active et réactive. Dans ce mode d'opération, le MG est responsable des actes
suivants :

▪ Le contrôle de la fréquence et de l'amplitude de la tension.


▪ La fourniture des puissances active et réactive nécessaires à la charge.

III 1 Architectures d'un MG

La Figure montre l'architecture hybride générale d'un MG, de puissance variant de


quelques watts, pour des applications domestiques, à quelques mégawatts, pour l'électrification
d'un petit village. En plus d'une ou plusieurs sources conventionnelles (Générateur diesel,
Microturbine, …), un MG peut aussi intégrer des sources d'énergies renouvelables (PVECS,
WECS, PEMFC, ELZ, etc.), des convertisseurs de puissance (Onduleur, Redresseur,
Convertisseur bidirectionnel ou Buck/Boost) ainsi que des systèmes de stockage.

25
Figure 2. Architecture hybride générale d'un MG
Le MG alimente en permanence la charge principale, tandis que les charges auxiliaires
(Différée, Optionnelle et Délestage) sont alimentées par ordre de priorité ; seulement lorsqu'il
y a un surplus d'énergie. Toutefois, on peut distinguer trois types de configurations de MG :
l'architecture mixte ou hybride (Figure ), à bus continu (DC ou CC) (Figure 1) et à bus alternatif
(AC ou CA) (Figure ).

Figure 1. Architecture à bus continu DC ou CC

26
Figure 4. Architecture à bus continu AC ou CA

Le Tableau 2 résume les avantages et les inconvénients de chacune de ces architectures.

Tableau 2. Avantages et inconvénients des diverses configurations DC, AC et Hybride

Topologie Avantages Inconvénients

Bus DC • Rendement
• Commande relativement simple.
du système
(Figure 1) • Rendement optimal des sources classiques.
global faible.
• Découplage de différentes sources.
• Les sources alternatives peuvent fixer la tension et la fréquence.
Bus AC • Système de
• Possibilités de varier la puissance par transformateur.
commande
(Figure ) • La fréquence peut être utilisée comme un moyen de contrôle. complexe.
• Adaptée aux gros réseaux, avec les moyens financiers et
logistiques nécessaires.

• Systèmes
Hybride • Possibilités d'alimenter des charges DC et AC.
complexes

III 3Description des composants d'un MG

Ce paragraphe expose la description des principaux composants dans le cas de notre


MG à savoir : les panneaux photovoltaïques, la pile à combustible, l'électrolyseur, les systèmes
d'interfaçages et finalement l'option retenue pour le stockage par hydrogène.

27
III 3 1 Les panneaux photovoltaïques (PVECS)

Les panneaux PV (Figure 5) sont des composants semi-conducteurs utilisant l'effet PV


pour générer de la puissance électrique. Chaque panneau est constitué de cellules PV, conçues
à partir de jonctions PN, connectées entre elles en série et/ou parallèle. Le comportement de ces
panneaux PV dépend principalement de deux paramètres : l'irradiation solaire et la température
des cellules PV.

Figure 5. Exemple de cellules et de modules PV au Silicium


a) Plaquettes sans connectique, b) Cellule PV élémentaire, c) Générateur PV,
d) Générateur PV Poly-cristallin commercial
Il existe plusieurs technologies des cellules PV, notamment les cellules amorphes, les
monocristallins et les poly-cristallins. Le rendement optimal théorique des panneaux
monocristallins est de 29%, mais descend en pratique à 14%. Les Poly-cristallins ont, quant à
eux, un rendement relativement inférieur, mais coutent moins chers. Ce sont essentiellement
ces deux technologies qui sont utilisées pour alimenter les bâtiments ou dans les centrales PV .

III 3 2 La pile à combustible (PEMFC)

Parmi les technologies envisagées pour l'avenir, en termes de production d'énergie


électrique décentralisée, la pile à combustible est considérée comme une solution très
prometteuse. Ce convertisseur d'énergie, à la fois propre et efficace, permet de convertir
l'énergie chimique de l'hydrogène en une énergie électrique, utilisable directement, ainsi qu'une
énergie thermique qu'elle est possible de valoriser. L'utilisation de cette cogénération permet
d'atteindre des rendements très intéressants, pouvant atteindre 80% dans certains cas.

La pile à hydrogène est une pile à combustible utilisant le dihydrogène et le dioxygène.


Il s'agit d'une combustion électrochimique contrôlée du dihydrogène et du dioxygène, avec
production simultanée d'électricité, d'eau et de chaleur. Dans ce cas nous disposons de deux
28
électrodes ; la cathode par où sorte des électrons, et l'anode, toutes deux séparées par un
électrolyte qui bloque le passage des électrons tout en laissant circuler les ions. La réaction
chimique mise en jeu est déclenchée en utilisant un catalyseur qui est généralement du platine
(Figure ).

Figure 6. Vue en coupe transversale d'une pile à hydrogène

Exemple de Stacks à 23 cellules du constructeur ZSW [16]


III 3 4 Electrolyseur alcalin (ELZ)

L'hydrogène apparaît donc comme un vecteur énergétique prometteur. Cependant, le


gaz d'hydrogène n'existe pas naturellement sur terre, il faut le produire. Pour ce faire, l'une des
techniques simples est l'électrolyse de l'eau (Figure 2).

29
Figure 2. Production de l'hydrogène par l'électrolyseur PEM [18]

Actuellement, il existe principalement trois types d'électrolyseur d'eau. Ils sont classés
selon la nature de leur électrolyte et leur température de fonctionnement :

• Les électrolyseurs Alcalins. Pour ce cas l'électrolyse est réalisée à partir d'une solution
aqueuse d'hydroxyde de potassium (KOH) dont la concentration est variable, selon la
température de fonctionnement.
• Les électrolyseurs à oxyde solide (SOE : Solid Oxide Electrolyser). Pour ce type
d'électrolyseurs qui sont encore au stade de la recherche [20], l'électrolyte est en céramique
à haute température. Cette technologie est directement issue des développements de piles
à combustible de type SOFC, fonctionnant entre 600 et 1100°C. Cette électrolyse à haute
température est l'un des procédés de production d'hydrogène à grande échelle les plus
prometteurs pour le futur.
• Les électrolyseurs PEM. Ces derniers sont à membrane échangeuse de protons. Ils sont
encore en cours de développement. Cette technologie se distingue par un électrolyte solide
à membrane polymère conductrice de protons PEM à basse température.

IV Les systèmes d'interfaçage

Les systèmes d'interfaces permettent le raccordement d'une source d'énergie primaire, à


l'un des bus d'un MG (AC ou DC) ou au réseau électrique global. Les convertisseurs
d'électronique de puissance sont un élément essentiel pour l'intégration des sources d'énergie
primaire dans le réseau électrique. En fait, pour ce type d'intégration, l'un des problèmes à

30
résoudre dans les systèmes hybrides est l'adaptation entre les différents éléments de tels
systèmes, pour assurer un transfert optimal d'énergie d'un bloc à un autre. Par exemple, afin de
maximiser le transfert de puissance entre les modules PV et le bus DC, des algorithmes de
poursuite de la puissance maximale disponible aux bornes de ces modules, ont été largement
développés. Par exemple, des algorithmes sont employés au niveau des convertisseurs de
puissance, de type survolteur-dévolteur (Boost-Buck), pour moduler la tension aux bornes de
la charge en fonction des caractéristiques de l'ensoleillement . Même si dans la plupart des cas,
ces algorithmes sont assez performants, l'efficacité globale de tels systèmes est liée au
rendement des convertisseurs mis en œuvre.

Par ailleurs, les tensions électriques mises en jeu peuvent être différentes et celle du bus
DC ; ce qui est le cas de la pile à combustibles et de l'électrolyseur. Pour ces cas, il est nécessaire
de prévoir des convertisseurs de type hacheur DC/DC, pour assurer leurs adéquations avec le
reste d'un réseau électrique.

Ce genre de problématiques est résolu grâce aux convertisseurs, dont les trois types de
schémas électriques équivalents sont exposés dans les sous paragraphes ci-après, à savoir : les
convertisseurs DC/DC de type hacheur survolteur (Boost) et/ou dévolteur (Buck) ainsi que les
convertisseurs AC/AC ou onduleur. Les détails de calcul et de modélisation de ces
convertisseurs sont développés dans le chapitre 3.

IV 1 Convertisseur Boost (DC/DC)

Le hacheur élévateur ou survolteur (Boost), assurant une conversion DC/DC, est illustré
par le schéma de la Figure . C'est le plus fréquemment étudié en littérature. En fait, le Boost, en
plus de sa simplicité, son faible coût et son rendement élevé, il n'occasionne aucune perte
d'énergie lorsque le transistor T est en état bloqué. C'est cette structure que nous avons retenue
pour réaliser notre convertisseur DC/DC, utilisé aussi bien pour le transfert de puissance, dans
le cas de la pile à combustible, que pour l'adaptation du système PV au bus DC (Figure ).

En fait, la Figure représente le hacheur permettant le transfert de puissance entre la pile


à combustible et le bus DC. Dans ce cas, la tension nominale du bus DC est de 480 V alors que
la tension de sortie de la pile ne varie qu'entre 160 V et 270 V. Au vu de cette différence des
tensions électriques, il est nécessaire d'employer une interface de puissance que représente le
hacheur survolteur.

31
IFC ID
IL D
VL IT VD Ics Is
Ice
Vdc
VFC VT
T BUS
C DC
Commande MLI

Figure 8. Structure du hacheur de type Boost

D'un autre côté, pour un fonctionnement optimal des modules PV, c'est-à-dire assurant
un rendement élevé, on doit intercaler entre ces modules et le bus DC un étage d'adaptation ou
convertisseur d'énergie, de type DC/DC pour les applications en régime continu. Ce
convertisseur, n'est autre qu'un hacheur commandé afin de réaliser cette optimisation, en faisant
varier le rapport cyclique  de la commande [. Le principe est basé sur l'ajustement automatique
de  à une valeur adéquate, de manière à maximiser la puissance à la sortie du panneau PV.

Dans ce cas, le principe du système de gestion étant d'effectuer à la fois une recherche
du point de fonctionnement optimal, tout en assurant une parfaite adaptation entre les
générateurs PV et la charge, de façon à transférer le maximum de puissance P produite par ces
modules PV vers cette charge.

VL VD
Ipv IL ID
Icee IT
Vdc Is
Ics
Commande VT
MLI Bus
Vpv DC

Ipv Vpv Rapport cyclique 

Algorithme MPPT Driver

Porteuse PWM
Commande
+ MPPT
-
Comparateur

Figure 9. Chaine de conversion PV avec adaptation

32
Il existe plusieurs méthodes de commandes spécifiques pour amener des dispositifs à
fonctionner à des points maximums (PPM) de leurs caractéristiques P(V), sans qu'à priori ces
points soient connus à l'avance, sans non plus que l'on sache à quel moment ils ont été modifiés,
ni quelles sont les raisons de ce changement. Ce type de commande est nommé dans la
littérature "La Recherche du Point de Puissance Maximum" ou encore "MPPT : Maximum
Power Point Tracking". De nombreux travaux de recherche, dans le domaine de la commande
MPPT [22, 25 à 27], ont été effectuées, afin de développer des algorithmes conduisant à des
systèmes optimaux permettant une recherche du PPM, selon l'évolution de la puissance fournie
par un PVECS. Dans la littérature, parmi les algorithmes MPPT les plus utilisés nous pouvons
citer :

• Algorithme de la Tension Constante (CV : Constant Voltage).


• Algorithme du Courant Constant (CC : Constant Current).
• Perturbation et Observation (P&O : Perturb and Observe).
• Conductance Incrémentale (IncCond : Incremental Conductance).
IV 2 Convertisseur Buck (DC/DC)

Par exemple, dans le cas d'un électrolyseur, afin de contrôler la production de


l'Hydrogène H2, comme l'illustre la Figure , un convertisseur abaisseur ou dévolteur est
nécessaire afin d'asservir le courant des cellules de l'électrolyseur. Ce convertisseur est un
hacheur abaisseur de tension (Buck) à courant continue dont le but est, entre autres, de
maximiser le transfert de puissance du bus DC vers les cellules de l'électrolyseur. Son modèle
dynamique permet de connaître la tension appliquée aux cellules de l'électrolyseur en fonction
du rapport cyclique imposé par le système de contrôle [1].

Ie VT IT IL L IELZ

ID VL

VELZ
Bus Vdc Commande
DC Ce MLI VD Cs
D

Figure 10. Structure d'un hacheur Buck

33
IV 3 Convertisseur DC/AC ou onduleur

Les Micro-Grids raccordés au réseau de distribution électrique produisent leur propre


énergie, mais peuvent aussi, en période de faible ensoleillement, s'alimenter du réseau public,
évitant ainsi de devoir recourir à un important système de stockage. Dans de telles installations,
un onduleur ou convertisseur DC/AC est nécessaire. Cet onduleur ainsi que tout équipement de
raccordement, doivent répondre à des normes très rigoureuses, exigées par l'interconnexion au
réseau électrique public. En période de grand ensoleillement, les systèmes raccordés au réseau
peuvent également acheminer vers le réseau l'excédent d'énergie qu'ils produisent et que
d'autres clients pourront ainsi consommer. L'apport d'énergie au réseau peut être mesuré et le
producteur indépendant peut être compensé de différentes façons.

La Figure 11 représente dans le cas de notre étude, le modèle général d'un générateur
basé sur un onduleur de tension. Ce générateur est composé des trois éléments principaux
suivants : une source DC, un onduleur triphasé et un filtre d'interfaçage avec le réseau électrique
public. La source DC appelée Micro-Source intègre la source primaire PVECS ou PEMFC dans
notre cas, ainsi qu'un convertisseur AC/DC, dans le cas des générateurs éoliens et/ou à micro-
turbine, ou un convertisseur DC/DC, dans le cas des systèmes PVECS.

Le convertisseur DC/AC est un onduleur de tension triphasé MLI, c'est-à-dire doté d'une
commande dite MLI intersective (Modulation de Largeur d'Impulsion). Le filtre de connexion
au réseau électrique public est un filtre LCL en T qui sert à minimiser les harmoniques de
commutation.

Figure 11. Modèle général d'une Micro-Source connectée au réseau électrique public
à travers un onduleur de tension

IV 4 Dispositif de stockage d'hydrogène (H2TANK)

Concernant le stockage d'énergie, pour le modèle que nous avons développé, nous
optons pour un système de stockage d'énergie sous forme d'hydrogène qui permet un
approvisionnement variable en réponse à une demande énergétique variable. L'option

34
hydrogène est la plus adéquate pour l'environnement, tout en étant la plus adaptée pour
emmagasiner l'énergie électrique produite par le soleil.

Comparaison de différentes technologies de stockage


Caractéristiques
Capacité Puissance Durée de Coût
Efficacité Maturité
(MWh) (MW) vie (Cycles) (DH/kWh)
Types
STEP 1000 - 10000 100 - 2000 0.8 11000 Très faible Elevée
CEAS 1 - 200 15 - 200 0.5 11000 Faible Moyenne
Thermique à turbine 1000 - 10000 10 - 100 0.6 Très faible Prototype
Hydrogène et PAC 0.01 - 10000 1 - 1000 0.6 25 ans Elevé Moyenne
Flow batterie 0.01 - 480 100 0.7 4000 Moyen Moyenne
Batterie 0.01 - 1000 1 - 10 0.8 500 - 4000 Moyen - Faible Elevée
-4 -3
SMES 3.10 - 3.10 1-3 0.9 > 10000 Elevée Moyenne
Volant d'inertie 0.5 - 10 2 - 40 0.8 > 10000 Moyen - Elevé Moyenne
Super-condensateur Quelques kWh 0.9 > 10000 Elevé Moyenne

Comparativement aux autres technologies de stockage , celle exploitant l'hydrogène


offre une amélioration de la densité de stockage, des économies d'échelle, des caractéristiques
d'adaptation à la température et la durée d'exploitation. L'hydrogène peut être produit à
n'importe où, à partir de ressources énergétiques locales renouvelables, évitant ainsi les
inconvénients du transport des carburants au site d'utilisation .

V Conclusion

Le but des projets MGs est d'installer des petits systèmes de production électrique
d'origine renouvelable, dans des régions décentralisées, avec pour objectifs l'optimisation
énergétique, la valorisation économique à travers la commercialisation d'énergie, localement
générée, et la prestation de services systèmes, ainsi qu'une augmentation de la fiabilité d'une
installation, à travers la possibilité de travailler en mode ilôté.

35
Chapitre 6
GESTION ET CONTROLE DU MICRO-RESEAU

ETUDE DE CAS
I Introduction
Afin d'améliorer le rendement du système, il faut assurer l'exigence de la
charge sans interruption et avec réduction des pics de surcharge ce qui va induira
l'optimisation de la répartition de la puissance entre les différents participants du
micro réseau, ainsi que la réduction du coût du système. Une stratégie de gestion
et d'optimisation de l'énergie s'impose alors. Dans le cas général, un contrôle
hiérarchique peut être proposé. Il est décomposé en quatre niveaux, comme
l'illustre la Figure 1, où les niveaux 0 et 1 sont situés du côté onduleur quant aux
niveaux 2 et 3, ils sont localisés du côté système de contrôle du micro réseau.

Le contrôle de la tension et du courant de sortie de l'onduleur (niveau 0) est


formé par des boucles de commande à régulateur PI qui agissent directement sur
les commutateurs IGBT de l'onduleur. L'objectif de ces contrôleurs est d'assurer le
suivi des références de tension et de courant sinusoïdaux .

Contrôle tertiaire - Tertiary control


Import ou export des puissances P et Q du MG

Contrôle secondaire - secondary control


* Régulation de f et V en mode îloté
* Synchronisation du MG lors de la reconnexion au réseau.

Contrôle primaire - Primary control


* Contrôle de P et Q (Contrôle statisme: P-f, Q-V)
* Contrôle de P (P(MPPT) - Q = 0).

Contrôle des boucles internes - Inner control


boucles de Contrôle de tension et du courant

Fig. 1 : Stratégie de contrôle hiérarchique


Le contrôle de niveau 1, régule les puissances échangées avec le bus AC et
son principal objectif est différent de celui des onduleurs associés à des générateurs

36
non dispatchables et des onduleurs connectés aux BESS et aux générateurs
dispatchables.

Pour les onduleurs de générateurs non dispatchables, l'objectif est d'injecter


la puissance fournie par la technique de poursuite du point de puissance maximale
(MPPT) dans le bus alternatif avec un facteur de puissance unitaire [10]. Les autres
onduleurs régulent la puissance active P et réactive Q injectée dans le bus AC en
utilisant le contrôle de statisme, dont l'objet principal est de contribuer à la
régulation de la fréquence f et de la tension V du bus AC.

Le niveau 2 est responsable de la gestion de l'énergie (EMS : Energy


Management System) dans le micro réseau, de la synchronisation avec le réseau
principal et de l'exploitation économique du micro -réseau, que ce soit en mode
connecté au réseau ou en mode autonome.

Le niveau 3 de contrôle tertiaire est le niveau le plus haut dans la hiérarchie


de contrôle et il est généralement conçue pour optimiser les flux d'énergie entre
les différents micro-réseau ou entre un micro-réseau et le réseau principal. Le
contrôle tertiaire facilite la planification de l'exploitation du flux de puissance et
la gestion en temps réel d'achat et/ou de vente d'énergie entre les consommateurs
ou entre le micro réseau et le réseau principal . Ce niveau de contrôle sort du cadre
de notre étude.

Dans notre cas , pour faciliter le contrôle du système, on peut le diviser en


deux couches :

• La couche inférieure (niveau 0 et 1), encore appelée couche


physique (Hardware), qui est composée de diverses micro
sources et convertisseurs DC-DC (Figure 2).

• La couche supérieure (ou Software, Figure 3) qui est la couche


de contrôle global (niveau 2) et qui est basée sur une
communication wifi locale, à l'aide d'un module, par exemple
de type NodeMCU ESP8266.

37
Fig. 2: Synoptique de la couche physique

Fig. 3: Synoptique de la couche supérieure

Nous notons qu'un système de contrôle et de gestion d'un micro-réseau (couche


supérieure), garantit que l'ensemble des tâches de contrôle soient achevées. Il s'intéresse à
un niveau d'abstraction élevé de notre micro-réseau, c'est la couche d'information. Cette
couche est responsable de l'ensemble des opérations d'acquisition, de traitement, d'analyse
et de commande. Elle permet aussi d'établir l'intercommunication entre les différentes
unités du micro-réseau ou de connecter ce dernier aux infrastructures externes, telles que
le réseau de distribution principal ou des micros-réseaux adjacents. La solution proposée
peut être embarquée dans un nano ordinateur de type Raspberry Pi (Figure 4).
La couche d'information est basée sur le protocole de communication sans fil, fondé
lui-même sur le standard WiFi. Elle permet aussi au micro-réseau de communiquer non
seulement localement mais aussi sur le réseau internet.

38
Fig. 4 : Architecture proposée du micro réseau intelligent
Le cœur de ce système de contrôle (EMS), est un nano -ordinateur de type
Raspberry Pi 3 Model B+ (Figue 5), doté d'un réseau sans fil Bi-bande 2.4 GHz et
5 GHz, une connexion Bluetooth 4.2/BLE. Une connexion Ethernet est aussi
possible. Ce nano-ordinateur communique avec les autres parties du système grâce
au module WiFi ESP8266 (Figure 6). Ce module se programme via l'IDE Arduino.
Des connecteurs latéraux mâles et femelles permettent d'enficher le module sur une
plaque de montage de test. L'interface sans fil WiFi permet la création de point
d'accès sans fil, l'hébergement d'un serveur, l a connexion à l'internet et le partage
de données par exemple.

Fig. 5: Nano-ordinateur Raspberry Pi 3B+

39
Fig. 6 : Module WiFi ESP8266
Un contrôleur à ESP8266 est assigné pour chaque composant du micro -
réseau comme le montre la Figures 7 . Chaque contrôleur permet l'acquisition des
informations utiles pour son composant (Puissance, SoC, Tension, Courant, ...), il
permet aussi la commande de ce composant (connexion ou déconnexion, délivrer
le signal d'attaque PWM, ...). Ce système de gestion incorpore aussi un bloc de
contrôle de la batterie (BEM) qui englobe plusieurs fonctions, à savoi r :

o L'acquisition et la communication des mesures au travers du bus de


transmission WiFi.

o La protection des cellules de la batterie.

o Le contrôle de la charge (protection contre les charges profondes et la


surcharge).

o L'équilibrage des cellules de batterie durant les deux opérations de


charge et de décharge.

o La détermination de l'état de santé ( SoH: State Of Health).

o La détermination de l'état de charge ( SoC: State Of Charge).

o La gestion optimale de l'énergie.

o La gestion thermique du pack.

Fig. 7 : Maquette de test du contrôleur à base de ESP8266

40
Le bloc gestion des charges (HEM: Home Energy Management) est un contrôleur qui
se charge de connecter ou de déconnecter les charges, selon un algorithme établi au préalable .
Si la puissance appelée PL dépasse la puissance fournie PPV par le micro-réseau (SoCh et SoCb
sont au niveau bas), il y a délestage des équipements qui ne sont pas prioritaires. Cette mise à
l'arrêt ou au ralenti n'est effectuée que lorsque la puissance totale prélevée, intégrée sur la
période de mesure, risque de dépasser le seuil limite de puissance fixé. Les équipements sont
délestés selon un ordre de priorité établi préalablement et mémorisé par EMS. Des niveaux de
priorités seront ainsi définit afin que l'appareil dont la coupure risque d'être ressentie le plus soit
interrompu en dernier. Quand la demande redevient inferieure à l'offre, on reconnecte les
charges selon le même ordre de priorité

Gestion des charges Gestion des charges


Cas 1 Cas 2
1 3

Alimenter charge principale Alimenter charge principale

Délester toutes les charges Délester les charges différées


optionnelles et différées
Brancher les charges optionnelles
par priorité
Tempo = Tempo + 2 min
Tempo = Tempo + 2 min i = i + 1
2
4

Organigramme de gestion des charges


Le système de gestion proposé est basé sur l'algorithme proposé par la Figure du
synoptique .

Synoptique de la gestion globale.


le convertisseur DC-DC bidirectionnel de la batterie et la méthode utilisée
pour déconnecter les batteries, dans certaines circonstances (charge complète par
exemple), ceci est réalisé à l'aide de l'entrée « Battry_ON ».

41
Convertisseur DC-DC pour batterie

CONCLUSION
Dans ce chapitre, nous avons subdivisé le système de gestion en deux couches ; l'une
inférieure est responsable de la régulation des boucles de tension et de courant internes aux
convertisseurs, l'autre supérieure assure la gestion des flux d'énergies dans le MG ainsi que la
génération des consignes aux boucles inferieures. Pour cela, nous avons adopté d'utiliser un
nano-ordinateur de type Raspberry Pi et des modules NodeMCU ESP8266 pour former un
système communicant intelligent

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