Josh Cahill, célèbre vlogueur spécialisé dans l’aviation, a récemment accusé Air Côte d’Ivoire
d’« arnaque » lors de son vol entre Paris et Abidjan. Il affirmait avoir acheté un billet en
Business Class pour 982 euros (environ 644 000 F CFA), mais s’est retrouvé enregistré en
classe Économique. Qualifiant le vol de « désastre total », il a déconseillé la compagnie dans
une vidéo devenue virale, provoquant un vif débat en ligne. Cet incident survient peu après le
lancement par Air Côte d’Ivoire de sa nouvelle liaison Paris-Abidjan, un moment stratégique
pour la compagnie nationale.
Air Côte d’Ivoire a répondu en expliquant qu’un bug informatique entre une plateforme de
réservation externe et son propre système avait causé l’erreur. En réalité, le billet acheté
correspondait à un tarif économique, très inférieur au prix moyen d’un billet Business (autour
de 2 millions F CFA). Pour réparer cette confusion, la compagnie affirme avoir surclassé Josh
Cahill et tenté de le recontacter, tout en réaffirmant son engagement envers la transparence, la
qualité de service et la satisfaction client, reconnaissant néanmoins la nécessité d’améliorer
ses processus internes.
Cependant, la polémique a rapidement pris une dimension politique et commerciale. Plusieurs
observateurs estiment que cette affaire dépasse la simple erreur technique. Dans un contexte
de rivalité accrue entre Air Côte d’Ivoire et Air France sur la liaison Paris-Abidjan, certains
suggèrent que cette controverse pourrait s’inscrire dans une stratégie visant à déstabiliser la
compagnie ivoirienne. Air France, historiquement dominante sur cette route, voit sa position
challengée par Air Côte d’Ivoire, qui revendique une plus grande souveraineté aérienne et une
réciprocité des quotas de vols entre les deux pays. Cette rivalité a conduit les autorités
ivoiriennes à bloquer, du moins temporairement, certains programmes de vols français,
accentuant les tensions diplomatiques et commerciales.
Dans ce contexte, certains évoquent la possibilité qu’Air France ait, directement ou
indirectement, favorisé la critique de Josh Cahill, dans une logique comparable à certaines
campagnes de dénigrement médiatique observées dans d’autres industries, comme l’affaire
Samsung-Apple en Chine. Bien qu’aucune preuve ne confirme une telle implication, cette
hypothèse met en lumière les luttes d’influence entourant le secteur aérien africain, où les
compagnies nationales doivent affirmer leur position face aux poids lourds européens.
Au-delà du scandale, cette affaire illustre les enjeux de souveraineté économique, de gestion
de crise et de communication stratégique pour les compagnies africaines. Air Côte d’Ivoire,
malgré ce revers, voit sa croissance sur la ligne Paris-Abidjan comme un symbole
d’affirmation nationale. Toutefois, cet épisode rappelle la fragilité de l’image publique à l’ère
des réseaux sociaux, où une simple vidéo peut affecter la réputation d’une entreprise et
bouleverser un équilibre commercial déjà tendu.