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Agavi

Le document traite du rôle et de l'importance des pactes d'associés dans les sociétés, en mettant en lumière leur nature conventionnelle et leur fonction dans la régulation des relations entre associés. Il souligne que bien que ces pactes ne soient pas spécifiquement codifiés dans le droit OHADA, ils sont reconnus comme des instruments contractuels essentiels pour la gouvernance des sociétés. L'étude aborde également les défis juridiques liés à leur exécution et propose des pistes pour renforcer leur efficacité et garantir la sécurité juridique.

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Le document traite du rôle et de l'importance des pactes d'associés dans les sociétés, en mettant en lumière leur nature conventionnelle et leur fonction dans la régulation des relations entre associés. Il souligne que bien que ces pactes ne soient pas spécifiquement codifiés dans le droit OHADA, ils sont reconnus comme des instruments contractuels essentiels pour la gouvernance des sociétés. L'étude aborde également les défis juridiques liés à leur exécution et propose des pistes pour renforcer leur efficacité et garantir la sécurité juridique.

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MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE

SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION
********************
SECRÉTARIAT GÉNÉRAL
********************
UNIVERSITÉ CATHOLIQUE D’AFRIQUE DE L’OUEST (UCAO)
***************
UNITÉ UNIVERSITAIRE AU TOGO (UUT)

INSTITUT SUPERIEUR DES SCIENCES JURIDIQUES (ISSJ)


MASTER I/DROIT ET FISCALITÉ DE L’ENTREPRISE
DROIT PRIVÉ

THEME :
LE PACTE DANS LA SOCIETE

Présenté par :
1 ADEKPLOVI Akouété
2 AGAVI Komlavi
3 TOGLAN Amavi
Chargé du cours : Pr FOLLY Agbo
Messan
Année universitaire :2024-2025
I

AVERTISSEMENT

L’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest n’entend ni approuver ni désapprouver


les opinions exprimées dans ce document. Ces opinions doivent être considérées
comme étant exclusivement celles de leur auteur.
II

DÉDICACE

Nous dédions ce document à :


•Nos parents
•Nos amis
III

REMERCIEMENTS

Nous adressons nos sincères remerciements au Père Directeur de l’ISSJ, à


Monsieur le Professeur FOLLY Agbo Messan, ainsi qu’à l’ensemble du corps
enseignant et administratif de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest,
Université Universitaire au Togo (UCAO-UUT).
Nous exprimons également notre gratitude aux intervenants professionnels pour leur
précieux accompagnement et les outils pédagogiques mis à notre disposition, qui
contribuent à notre épanouissement académique.
Enfin, nous remercions toutes les personnes dont le soutien, direct ou indirect, a
rendu possible l’élaboration de ce travail.
IV

LISTE DES ABREVIATIONS

OHADA : Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires

AUSCGIE : Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
économique

AUDSC : Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales

ARR : Arrêt

Cass. Com : Cour de cassation de la chambre commerciale

C. civ : Code civil

ART : Article

AL : Alinéa

N° : Numéro
V

SOMMAIRE

INTRODUCTION

I – LE FORMALISME DU PACTE DANS LA SOCIETE

A -LES CONDITIONS JURIDIQUES DE VALIDITE DU PACTE

B- L’ARTICULATION DU PACTE AVEC LES STATUTS SOCIAUX

II- LES EFFETS DU PACTE DANS LA SOCIETE

A-LA PORTEE JURIDIQUE DU PACTE ENTRE LES PARTIES

B-LES CONSEQUENCES DU PACTE SUR LA STABILITE DES RELATIONS ENTRE LES ASSOCIES
« Toutes société est un contrat, et tout contrat suppose un accord de volontés ». Cette
affirmation de Jean CARBONNIER, grand juriste français, souligne la nature conventionnelle de la
société. C’est dans cette logique que s’inscrit la notion du pacte, entendu comme l’accord structurant
entre les membres, a la base de l’existence, du fonctionnement et de la cohésion social ou
économique de l’entité. Le sujet soumis à notre réflexion, en est une illustration et porte sur « le
pacte dans la société ».

Le pacte dans la société n’a pas fait l’objet d’une définition spécifique en droit [Link],
l’article 2-1 l’acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
économique(AUDSCGIE) autorise les associés à conclure des conventions extra-statutaires pour
organiser les relations entres eux, la composition des organes sociaux, la conduite des affaires de la
société. Ces conventions extra-statutaires peuvent inclure des pactes d’actionnaires mais ils ne sont
pas spécifiés comme des « pactes » dans l’article lui-même. Article 2-1 de L’AUDSCGIE est le point de
départ légal pour les pactes d’actionnaires, qui sont des conventions extra-statutaires permettant
aux associés de réguler leur relation et la gestion de la société.

Selon l’article 1832 du code civil français la société est instituée par deux ou plusieurs personnes qui
conviennent par un contrat d’affecté à une entreprise commune des biens ou leur industrie en vue
1
de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter.

Selon l’article 4 al 1 « La société commerciale est créé par deux ou plusieurs personnes qui
conviennent par un contrat, d’affecter à une activité des biens, en numéraire ou en nature ou de
l’industrie, dans le but de partager le bénéfice et de profiter de l’économie qui peut en résulter. Les
associés s’engagent à contribuer aux pertes dans les conditions prévues par le présent Acte
uniforme. La société commerciale est créée dans l’intérêt commun des associés ».

L’article 5 complète cette définition en disposant que « la société commerciale peut être également
créée, dans les cas prévus par le présent Acte uniforme, par une seule personne, dénommé « associé
unique », par un acte écrit ».

Le présent travail se limite à l’étude des pactes extrastatutaires (aussi appelés pactes d’associés ou
pactes d’actionnaires) conclus entre les membres d’une société, sans pour autant les confondre avec
les statuts de la société. Il ne s'agit donc pas d'examiner les pactes au sens large du droit des
1
G. Goffaux-Callebaut, « Du contrat en droit des sociétés : essai sur le contrat instrument d'adaptation du droit
des sociétés », éd. L’Harmattan, 2008, n°2.
2 Caroline Leroy, le pacte d'actionnaires dans l'environnement sociétaire, thèse de l'université Paris - Est Créteil
Val de Marne (Paris XII), soutenue publiquement le 14 Juin 2010, p. 83.
3 L’article 1832 du code civil français
contrats, mais bien ceux spécifiquement utilisés dans le cadre des sociétés commerciales ou civiles,
pour régir les relations entre associés en marge des statuts. L’analyse se concentrera sur les formes
sociales les plus concernées (notamment les SARL, SA, SAS) dans lesquelles les pactes ont un rôle
significatif, sur leurs fonctions principales : la gouvernance interne, le contrôle de la cession de titres,
la stabilité du capital, la protection des minoritaires, ainsi que sur les limites juridiques, notamment
l’articulation entre les pactes et les statuts, leur opposabilité, leur force obligatoire, et les sanctions
en cas d’inexécution.

La pratique des pactes d’actionnaires ne s’est jamais essoufflée malgré la volonté du législateur de
faire bénéficier les statuts des sociétés par actions d’un renouveau contractuel, elle conserve
aujourd’hui une extraordinaire vitalité. Le recours aux pactes d’actionnaires est en effet
systématique dans la pratique des affaires. Il répond à des enjeux politiques, financiers et
économiques considérables. Cette pratique est née dans le cadre des concentrations et
regroupements d’entreprises, pour lesquels les pactes d’actionnaires permettent d’assurer la
stabilité de la direction et de l’actionnariat majoritaire face aux risques d’agressions inamicales ou de
mettre en place un pouvoir égalitaire dans les filiales communes créées en vue d’une coopération
inter-entreprises.

Le pacte d'associés trouve ses racines dans la pratique des affaires. Il est né de la volonté des associés
de sécuriser leurs relations et d’encadrer davantage les rapports sociaux que ce que les statuts
permettaient de faire. Il est donc une expression de la liberté contractuelle, visant à régir des
engagements entre certains associés sans modifier les statuts de la société.

À partir du milieu du XXe siècle, la jurisprudence française a commencé à reconnaître la validité des
pactes extrastatutaires comme instruments contractuels indépendants, à condition qu’ils ne portent
pas atteinte à l’intérêt social ou à des règles impératives du droit des sociétés. La Cour de cassation a
confirmé à plusieurs reprises que ces pactes ne sont opposables qu’entre les signataires. Dans les
années 1980-1990, avec le développement du capital-investissement, des fusions-acquisitions et des
sociétés cotées, les pactes d’associés sont devenus des outils incontournables pour les investisseurs.
Ils permettent de prévoir des mécanismes de contrôle, de sortie, d’investissement ou de non-
concurrence entre partenaires. Même si les pactes ne sont pas régis par une loi spécifique, certaines
règles en ont précisé le régime. Par exemple, en matière de sociétés cotées, le Code monétaire et
financier impose la publication de certains pactes. Par ailleurs, le droit commun des contrats,
renforcé par la réforme du droit des obligations de 2016 (ordonnance du 10 février 2016), encadre
mieux la formation, l’exécution et la sanction de ces engagements.

Dans l’espace OHADA, bien que le pacte d’associés ne soit pas formellement codifié, il est admis sur
le fondement de la liberté contractuelle (Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et
du groupement d’intérêt économique – AUSCGIE). Il joue un rôle important dans la gouvernance des
sociétés, notamment les SARL et SA.

A titre comparatif, les Pactes d’actionnaires constituent une catégorie des documents les plus
répandus et les plus essentiels de la vie des affaires tant dans l’espace OHADA qu’en France. Ils
désignent essentiellement des conventions extrastatutaires conclues entre associés ou actionnaires,
tant dans les sociétés de capitaux que dans les sociétés de personnes, afin d’adapter le
fonctionnement de celles-ci à leurs besoins de contrôle du pouvoir ou de la cartographie du capital
social. Curieusement, en dépit de leur utilité pratique, les pactes d’actionnaires sont confrontés à un
flou juridique qui résulte de l’absence d’un régime juridique clair et précis consacré à leur formation
et à leur exécution dans les systèmes juridiques OHADA et français. Cette étude a eu pour objet
d’évaluer l’aptitude pour les pactes d’actionnaires d’assurer la sécurité juridique de ses signataires
ainsi que de tiers. À l’issue de cette réflexion, il convient de retenir que la rédaction des pactes
d’actionnaires est une œuvre particulièrement complexe car les conditions de formation des pactes
d’actionnaires tenant tant au droit des contrats qu’au droit des sociétés sont manifestement
insuffisantes. Aussi, si la reconnaissance des pactes d’actionnaires ne fait l’ombre d’aucun doute en
droit OHADA et en droit français des sociétés commerciales, leur exécution est compromise tant
entre les parties qu’à l’égard des tiers. Ce sont ses différentes faiblesses qui justifient que des
palliatifs soient proposés en vue de renforcer l’efficacité des pactes d’actionnaires et de garantir par
la même occasion la sécurité juridique dans les deux systèmes juridiques.2

Dans un arrêt du 12 octobre 2022 (n° 21-15382), la Cour de cassation a rappelé que ce sont les
statuts de la SAS qui fixent les conditions dans lesquelles la société est dirigée, et notamment les
conditions de révocation de son directeur général. Cette décision, qui prolonge l’arrêt du 25 janvier
2017 (n° 14-28792) vient apporter une limite importante aux dérogations possibles par les pactes
d’associés en matière de direction des SAS, et incite les praticiens à une grande vigilance dans la
rédaction des pactes d’associés en vue d’assurer leur bonne articulation avec les statuts. Il est très
intéressant de noter que la Cour précise que les actes extrastatutaires peuvent compléter les statuts,
mais ne doivent pas y déroger. Cette décision, qui interprète de manière très large le domaine
réservé par la loi aux statuts, renforce l’intérêt des stipulations statutaires relatives à l’articulation
3
entre les statuts et les actes extrastatutaires (pactes d’associés, mais aussi conventions de
prestations de management), les statuts pouvant toujours renvoyer à une convention extra
statutaire le soin de préciser l’organisation et le fonctionnement des organes de gouvernance de la
société. Pour les praticiens la ligne de crête est donc de veiller à ce que les pactes d’actionnaires (ou
autres conventions extra statutaires) ne dérogent pas formellement aux statuts mais les complètent.

Le pacte d’associé, en tant qu'accord extra-statutaire, joue un rôle crucial dans la structuration des
relations entre associés au sein des sociétés. Son étude présente des intérêts tant théoriques que
pratiques.

Théoriquement, le pacte d’associé illustre l'exercice de la liberté contractuelle au sein des structures
sociétaires. Il permet aux associés de définir des règles spécifiques à leurs relations, en complément
des statuts. Cette pratique soulève des questions sur la hiérarchie des normes et la coexistence entre
les dispositions statutaires et les accords contractuels.

La société est à la fois un contrat et une institution. Le pacte d’associés, en tant qu'accord
contractuel, met en lumière cette dualité en permettant aux associés de personnaliser leur
collaboration tout en respectant les règles institutionnelles de la société. Cette dualité est
particulièrement marquée dans les sociétés de capitaux, où la dimension institutionnelle est
prédominante.

2
Ordonnance du 10 février 2016

Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique (AUSCGIE).
L’arrêt du 12 octobre 2022 (n° 21-15382)

3
L’arrêt du 25 janvier 2017 (n° 14-28792)
D. Martin et L. Faugérolas, « Les pactes d’actionnaires », JCP, éd. G, 1989. I. 3412 ; G. Parléani, « Les
pactes d’actionnaires », Rev. sociétés, 1991, p. 1 ; S. Prat, Les pactes d’actionnaires relatifs au transfert de
valeurs mobilières, Litec, 1992 ; Y. Guyon, op. cit. Et D. Velardocchio-Flores, Les accords extra-statutaires
Entre associés, PUAM, 1993.
En tant qu'acte extra-statutaire, le pacte d’associés complète les statuts en abordant des aspects non
couverts ou nécessitant une précision supplémentaire. Il permet d'approfondir des éléments tels que
la répartition des pouvoirs, les modalités de cession de parts, ou encore les mécanismes de
résolution des conflits. Contrairement aux statuts, le pacte d’associés n'est pas soumis à une
obligation de publicité, offrant ainsi une confidentialité appréciable pour les signataires. De plus, sa
modification est généralement plus aisée, nécessitant l'accord des seules parties concernées, ce qui
facilite l'adaptation aux évolutions de la société. Le pacte d’associés offre des mécanismes de
protection pour les associés minoritaires, notamment à travers des clauses de préemption,
d’agrément, ou d’inaliénabilité. Ces dispositions permettent de contrôler l'entrée de nouveaux
associés et de préserver l'équilibre des pouvoirs au sein de la société. En établissant des règles
précises concernant des situations potentiellement conflictuelles, telles que la cession de parts ou la
répartition des bénéfices, le pacte d’associés contribue à prévenir les litiges entre associés. Il favorise
ainsi un climat de confiance et de coopération au sein de la société. Pour les investisseurs, le pacte
d’associés est un moyen de sécuriser leur investissement, notamment en prévoyant des clauses de
sortie ou de liquidité. Il assure ainsi une meilleure anticipation des enjeux stratégiques et une
répartition équitable des bénéfices et des risques. Le pacte d’associés permet d'adapter les relations
entre associés en fonction de l'évolution de la société. Il offre une flexibilité pour intégrer de
nouveaux associés, modifier la répartition des pouvoirs, ou encore ajuster les modalités de prise de
décision.

Pratiquement, Le pacte d’associés permet de structurer la gouvernance de la société en définissant


clairement les rôles, responsabilités et pouvoirs des associés et dirigeants. Il peut inclure des clauses
précisant les modalités de prise de décision, les droits de veto, ou encore les procédures de
nomination des dirigeants.

En établissant des règles précises concernant des situations potentiellement conflictuelles, telles que
la cession de parts ou la répartition des bénéfices, le pacte d’associés contribue à prévenir les litiges
entre associés. Il favorise ainsi un climat de confiance et de coopération au sein de la société. Le
pacte d’associés offre des mécanismes de protection pour les associés, notamment à travers des
clauses de préemption, d’agrément, ou d’inaliénabilité. Ces dispositions permettent de contrôler
l'entrée de nouveaux associés et de préserver l'équilibre des pouvoirs au sein de la société. Dans le
cadre d'opérations telles que des levées de fonds ou des fusions, le pacte d’associés peut prévoir des
clauses spécifiques encadrant ces processus. Il assure ainsi une meilleure anticipation des enjeux
stratégiques et une répartition équitable des bénéfices et des risques. Contrairement aux statuts, le
pacte d’associés n'est pas soumis à une obligation de publicité, offrant ainsi une confidentialité
appréciable pour les signataires. Cela permet de préserver la discrétion sur les accords internes à la
société. Le pacte d’associés offre une flexibilité pour adapter les relations entre associés en fonction
de l'évolution de la société. Il permet d'intégrer de nouveaux associés, de modifier la répartition des
pouvoirs, ou encore d'ajuster les modalités de prise de décision.

De tout ce qui précède, la question fondamentale que soulève le sujet soumis à notre réflexion est
celle de savoir, dans quelle mesure le pacte dans la société, en marge des statuts, peut-il garantir
l’équilibre contractuel sans compromettre la sécurité juridique de la structure sociale ?

Pour répondre à cette problématique, il serait judicieux de voir dans un premier temps
l’encadrement juridique du pacte dans la société(I) et dans un second temps parler des effets du
pacte dans la société(II)
I-L’ENCADREMENT JURIDIQUE DU PACTE DANS LA SOCIETE

L’encadrement juridique du pacte dans la société permet de déterminer sa nature juridique(A) et


l’appréhension de son contenu juridique(B)

A- LA DETERMINATION DE LA NATURE JURIDIQUE DU PACTE DANS LA SOCIETE

Il convient d’apprécier la nature juridique du pacte dans la société, en distinguant ses formes et son
statut dans l’ordre juridique. En droit OHADA, nous distinguons deux catégories de pacte dans la
société selon l’article 2-1 de l’acte uniforme relatif au droit des sociétés générales et de groupement
d’intérêt économique(AUSCGIE) à savoir le pacte statutaire et extra-statutaire.

Le pacte statutaire est intégré directement dans les statuts de la société, il acquiert une valeur
réglementaire et est opposable à tous les associés ainsi qu'à la société elle-même. En droit OHADA, il
s’agit de clauses ayant une valeur réglementaire, opposables à tous les associés, à la société elle-
même, ainsi qu’aux tiers dans certaines conditions. Peut contenir des clauses relatives à la
gouvernance de la société (organisation des pouvoirs), à la répartition des bénéfices aux conditions
d’entrée ou de sortie des associés (agrément, préemption), aux modalités de vote ou de cession de
titres. L’article 12 de l’AUSCGIE affirme que les statuts déterminent les règles d’organisation et de
fonctionnement de la société. En conséquence, toutes les clauses incluses ont un caractère
obligatoire pour tous les membres. L’article 12 de l’AUSCGIE la Cour Commune de Justice et
d'Arbitrage (CCJA) a affirmé que le pacte d'actionnaires est soumis au principe de l'effet relatif des
contrats. Ainsi, une clause compromissoire insérée dans un pacte extrastatutaire ne lie que ses
signataires et, le cas échéant, ceux qui y adhèrent.

Le pacte extra-statutaire désigne une convention conclue entre certains ou tous les associés ou
actionnaires d’une société, distincte des statuts, visant à organiser leurs relations ou l’exercice de
leurs droits sociaux selon des modalités particulières. Ce pacte est régi par le droit commun des
contrats et n’engage que ses signataires. Il ne modifie pas les statuts de la société et ne peut être
opposé ni à la société elle-même ni aux tiers qui n’y ont pas adhéré. Il se caractérise également par
sa confidentialité, contrairement aux statuts qui doivent être publiés. En cas de non-respect, il ouvre
droit à des sanctions de nature contractuelle, comme des dommages-intérêts ou la résiliation du
pacte, sans pour autant remettre en cause les actes accomplis conformément aux statuts. Le pacte
extra-statutaire permet ainsi une grande liberté d’organisation entre associés, à condition de
respecter l’ordre public et les règles impératives du droit des sociétés édictées notamment par
l’AUSCGIE. Cour d'appel de Ouagadougou, dans un arrêt du 19 juin 2009,4
4
’Article 2-1 AUSCGIE
Article 12 de l’AUSCGIE
. Joseph Issa-Sayegh « Traité de droit des sociétés dans l’espace OHADA », Éditions Juriafrica.
Alain Fénéon « les pactes d’associés en droit OHADA », publié dans la Revue Penant (n°855, 2007).
Jean-Pierre Karaquillo « L’acte constitutif de société en droit OHADA », in Revue Juridique et Politique, 2003
Arrêt du 19 juin 2009
La Cour d'appel de Ouagadougou a reconnu la validité d'un pacte d'actionnaires extrastatutaire,
permettant à un tiers de se prévaloir d'une clause de sortie prévue dans ce pacte. Cet arrêt illustre
une interprétation extensive du principe de responsabilité délictuelle, permettant à un tiers de se
fonder sur un manquement contractuel dès lors que ce manquement lui a causé un dommage.

Le pacte, qu’il soit statutaire ou extra-statutaire, revêt un caractère essentiellement contractuel en


droit OHADA. Ce caractère découle du principe de la liberté contractuelle, reconnu par l’AUSCGIE,
notamment à l’article 2-1, qui affirme que la société est formée par la volonté de deux ou plusieurs
personnes de mettre en commun leurs biens ou leur industrie pour réaliser un objectif commun.
Dans le cas du pacte statutaire, bien qu’il soit intégré dans les statuts, il garde une nature
contractuelle en ce qu’il résulte d’un accord entre associés. Il devient opposable à tous du fait de sa
publicité et de son intégration dans les statuts. Le pacte extra-statutaire, quant à lui, reste purement
contractuel et n’a pas d’effet erga Omnes. Il lie uniquement les signataires (effet relatif des contrats),
sauf stipulation ou action particulière visant à son opposabilité. Son autonomie par rapport aux
statuts signifie qu’il peut contenir des clauses plus souples, confidentielles ou spécifiques à certains
associés, sans contredire les dispositions impératives de l’[Link] autonomie permet de
préserver une certaine liberté dans l’organisation des relations internes, tout en respectant les règles
impératives du droit des sociétés.

Si l’encadrement juridique du pacte dans la société permet de déterminer sa nature juridique par
rapport aux autres pactes, qu’en est -il de son appréhension sur son contenu ?

B- APPREHENSION DU CONTENU JURIDIQUE DU PACTE

L'appréhension du contenu juridique du pacte dans la société consiste à analyser les clauses que ce
pacte peut comporter, en les confrontant aux exigences du droit applicable, notamment en droit
OHADA. Le pacte, qu’il soit statutaire ou extra-statutaire, peut contenir diverses stipulations visant à
organiser la vie sociale entre les associés. Ces clauses peuvent porter sur la cession des titres, comme
les clauses de préemption qui donnent à un associé la priorité pour acquérir les parts sociales mises
en vente par un autre, ou les clauses d’agrément qui subordonnent toute cession à l’accord préalable
des autres associés. Il peut également inclure des engagements de vote, par lesquels les parties
s’engagent à adopter une position commune lors des assemblées, ou encore des clauses de
confidentialité ou d’incessibilité. Les clauses de complément insérées dans les statuts d'une société
permettent de préciser, renforcer ou compléter les dispositions légales ou statutaires. Elles sont le
reflet de l’autonomie des associés dans l’organisation de leur société, dans les limites posées par
l’AUSCGIE. Ces clauses ne viennent pas contredire les règles impératives du droit des sociétés, mais
cherchent à adapter la norme à la réalité contractuelle et organisationnelle propre à chaque
structure. Par exemple, une clause de préemption peut être insérée pour conférer à certains associés
une priorité en cas de cession de parts sociales. D'autres clauses de complément fréquentes sont
« Droit commercial Sociétés », Dalloz, 23e éd., avec Marie-Laure Coquelet.
Michel Jeantin « les conventions d’actionnaires », Revue des sociétés, 2006.
celles d’inaliénabilité, visant à bloquer temporairement la cession de titres, ou encore les clauses de
vote obligatoire encadrant certaines décisions collectives sensibles. Ces clauses ont une fonction
préventive en encadrant les comportements futurs et en renforçant la cohésion des associés. Les
clauses de substitution, quant à elles, sont destinées à prévoir des mécanismes remplaçant ou
adaptant les dispositions classiques prévues soit par la loi, soit par les statuts eux-mêmes. Elles
jouent un rôle de souplesse juridique en permettant de gérer efficacement certaines situations
exceptionnelles ou de prévenir les ruptures dans la structure de l’actionnariat ou la gouvernance. À
titre d’exemple, une clause peut prévoir que, dans une situation donnée (telle que le décès ou
l’incapacité d’un associé), un tiers désigné ou un autre associé peut se substituer dans l’exercice de
ses droits. Une autre illustration concerne la substitution dans le droit de vote ou de cession,
permettant à une personne déterminée d’agir temporairement à la place d’un associé empêché. Ces
clauses doivent toutefois être compatibles avec les règles impératives de l’AUSCGIE, notamment les
articles 2-1 et 12, qui consacrent le principe de la liberté contractuelle en matière de statuts, tout en
rappelant que cette liberté ne saurait porter atteinte à l’ordre public sociétaire. Ainsi, les clauses de
complément et de substitution permettent d’assurer une meilleure gestion des relations sociétaires
tout en renforçant la sécurité juridique. Elles traduisent la volonté des associés d’adapter leur
organisation aux enjeux pratiques, en tenant compte de l’évolution du droit et des besoins
spécifiques de la société. Voici d'autres arrêts de la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage (CCJA)
de l'OHADA qui abordent le contenu juridique des pactes d'actionnaires, qu'ils soient statutaires ou
extrastatutaires. Dans un arrêt n°115/2021 du 3 juin 2021 : Société Ivoirienne de Concept et de
Gestion (SICG) c/ Banque Malienne de Solidarité (BMS-SA), la CCJA a examiné les effets d'une
convention extrastatutaire sur les relations entre actionnaires et la société. La Cour a rappelé que les
conventions extrastatutaires, bien que contractuelles, ne peuvent modifier les statuts de la société ni
être opposables à celle-ci ou aux tiers non signataires. Elle a souligné que ces conventions doivent
respecter les dispositions impératives de l'AUSCGIE et ne peuvent porter atteinte aux droits des
associés non parties à la convention. La compatibilité du contenu juridique du pacte avec les règles
impératives de l’AUSCGIE repose sur l’idée que la liberté contractuelle des associés, bien que
consacrée, ne saurait justifier une dérogation aux normes d’ordre public établies par le législateur
communautaire. En effet, les pactes, qu’ils soient statutaires ou extrastatutaires, doivent s’inscrire
dans les limites fixées par l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du
groupement d’intérêt économique. Ainsi, les clauses insérées dans ces pactes doivent respecter les
règles fondamentales de fonctionnement de la société, notamment celles relatives à l’égalité entre
associés, à la transparence dans la gestion sociale, et à la protection de l’intérêt social. Toute clause
contraire à une disposition impérative est réputée non écrite. Par exemple, une clause de retrait
automatique d’un associé sans respect des droits de la défense ou sans autorisation préalable prévue
par les statuts peut être annulée pour contrariété avec les principes de l’AUSCGIE. La Cour Commune
de Justice et d’Arbitrage (CCJA) a5 également rappelé dans plusieurs décisions que la validité des
clauses contractuelles dans les pactes extrastatutaires est conditionnée 6 par leur conformité au droit
positif OHADA. En ce sens, une clause d’agrément insérée 7 dans un pacte mais non reproduite dans
les statuts ne peut produire effet à l’égard de la société si elle n’est pas portée à la connaissance de
celle-ci, conformément aux dispositions de l’article 2-1 de l’AUSCGIE.

Si l’encadrement juridique du pacte permet la détermination du contenu du pacte dans la société et


l’appréhension de son contenu juridique. Quel est alors son effet ?
5
Arrêt n°115/2021 du 3 juin 2021 : Société Ivoirienne de Concept et de Gestion (SICG) c/ Banque Malienne de
Solidarité (BMS-SA)
Francis Lefebvre (collectif) « Mémento Sociétés Commerciales OHADA », Éditions Francis Lefebvre.
6

7
II- LES EFFETS JURIDIQUES DU PACTE DANS LA SOCIETE
nts qu'elles ont pris, ce qui confère au pacte une force contraignante. Cela implique que si l'une des
parties ne respecte pas ses obligations, elle peut être tenue responsable et faire l'objet de poursuites
judiciaires.

Pour qu'un pacte soit valide, il doit répondre à certaines conditions. En premier lieu, le consentement
des parties doit être libre et éclairé. Cela signifie que les associés doivent comprendre pleinement les
implications de leurs engagements et ne doivent pas être soumis à des pressions ou à des
contraintes. La capacité des parties est également cruciale ; tous les associés doivent avoir la capacité
juridique nécessaire pour s'engager contractuellement.

Un autre aspect essentiel de la portée juridique du pacte est son opposabilité aux tiers. Cela signifie
que certaines clauses du pacte peuvent avoir des effets sur des personnes qui ne sont pas signataires
de l'accord. Par exemple, si un pacte contient une clause de préemption en cas de cession de parts
sociales, cette clause peut être opposable aux tiers potentiels intéressés par l'achat de ces parts.
Toutefois, pour qu'un pacte soit opposable aux tiers, il est souvent nécessaire de respecter certaines
formalités, comme l'enregistrement ou la publication du pacte.

la portée juridique du pacte entre associés est à la fois large et essentielle. Elle définit non
seulement les droits et obligations des associés, mais elle influence également la dynamique de la
société dans son ensemble. En garantissant un cadre d'interaction clair et en établissant des règles
de conduite, le pacte contribue à la stabilité et à la pérennité des relations entre associés. Dans le
contexte du droit OHADA, il est impératif que les associés comprennent l'importance de ces
instruments juridiques et veillent à leur rédaction soigneuse et conforme aux dispositions légales
pour éviter tout litige futur.

B-Les conséquences du pacte sur la stabilité des relations entre associés

Les relations entre associés dans une société commerciale peuvent être complexes et sont souvent
soumises à des tensions ou des conflits d'intérêts. C'est ici qu'intervient le pacte entre associés, qui
joue un rôle crucial dans la préservation de l'harmonie au sein de la société. Les conséquences d'un
pacte bien rédigé se manifestent principalement dans la prévention des conflits, la clarification des
rôles et responsabilités, ainsi que le renforcement de la confiance et de l'engagement entre les
associés.

Un des principaux avantages d'un pacte est sa capacité à prévenir les conflits. En définissant
clairement les droits et obligations de chaque associé, ainsi que les modalités de prise de décision, le
pacte sert de guide pour les interactions quotidiennes au sein de la société. Par exemple, un pacte
peut stipuler les procédures à suivre en cas de désaccord entre associés, en intégrant des
mécanismes de médiation ou d'arbitrage pour résoudre les litiges. Cela permet d’éviter que des
différends ne dégénèrent en conflits ouverts qui pourraient perturber le fonctionnement de
l'entreprise.8

En outre, le pacte peut contenir des clauses concernant la cession de parts sociales, le droit de
préemption ou encore la gestion des bénéfices. Ces dispositions anticipent les situations qui
pourraient engendrer des tensions, en offrant des solutions claires et acceptées à l’avance. Par
conséquent, un pacte bien conçu agit comme un bouclier contre l'émergence de conflits, contribuant
ainsi à la stabilité des relations entre associés.

La clarification des rôles et responsabilités est une autre conséquence majeure de l'existence d'un
pacte entre associés. Dans de nombreuses sociétés, les associés peuvent avoir des compétences et
des contributions variées. Un pacte peut préciser les fonctions de chaque associé, les attributions de
direction, ainsi que les modalités de prise de décision. Par exemple, il peut déterminer qui est
responsable de la gestion quotidienne, qui prend les décisions stratégiques, et comment les votes
sont organisés.

Cette clarification non seulement réduit le risque de chevauchement des responsabilités, mais elle
contribue également à une plus grande efficacité dans la gestion de l'entreprise. Les associés savent
exactement quels sont leurs rôles et peuvent ainsi se concentrer sur leurs tâches respectives, ce qui
optimise le fonctionnement de la société. En cas de changement de rôle ou d’arrivée de nouveaux
associés, le pacte peut également prévoir des modalités d’adaptation, assurant ainsi une transition
fluide.

Le pacte entre associés renforce également la confiance et l'engagement au sein de la société. En


établissant des engagements clairs, les associés se sentent plus en sécurité dans leurs relations
professionnelles. La transparence des attentes et des responsabilités favorise un environnement où
les associés sont plus disposés à collaborer et à investir dans l'avenir de l'entreprise.

De plus, la confiance mutuelle est un facteur clé de la réussite entrepreneuriale. Lorsqu'un associé
sait que ses droits sont protégés par un pacte, il est plus enclin à s'engager pleinement dans le
développement de l'entreprise. Cela peut se traduire par une plus grande créativité, une meilleure
motivation et une volonté accrue de travailler ensemble pour atteindre des objectifs communs.

8
Wolff, M. (2016). "Les sociétés commerciales dans l'espace OHADA". Revue des sociétés, n° 2, pp.
123-140.
9
Les conséquences d'un pacte bien rédigé sur la stabilité des relations entre associés sont multiples
et significatives. En agissant comme un mécanisme de prévention des conflits, en clarifiant les rôles
et responsabilités, et en renforçant la confiance et l'engagement, le pacte joue un rôle indispensable
dans la pérennité et le succès des sociétés commerciales. Les associés doivent donc porter une
attention particulière à la rédaction et à la mise en œuvre de ces documents pour assurer un climat
de coopération et de succès à long terme.

10

9
Acte uniforme de l’OHADA

- Bourguignon, F. (2019). "L'importance des pactes dans la gouvernance des sociétés". Revue
française de droit des affaires, n° 3, pp. 201-215. Cet article souligne comment les accords entre
associés peuvent renforcer la confiance et l'engagement au sein des entreprises.

Wolff, M. (2016). "Les sociétés commerciales dans l'espace OHADA". Revue des sociétés, n° 2, pp.
123-140.
10
Léger, J. (2019). "Les pactes d'associés : un outil de gestion des conflits". Revue des Sociétés, n° 5,
pp. 345-360.

Tordjman, A. (2017). La gouvernance des sociétés : enjeux et perspectives. Editions L'Harmattan.


Bourguignon, F. (2019). "L'importance des pactes dans la gouvernance des sociétés". Revue française
de droit des affaires, n° 3, pp. 201-215.
En somme, le pacte exerce des effets juridiques significatifs. Entre les signataires, il a une valeur
obligatoire qui peut être renforcée par des clauses pénales ou des mécanismes de mise en œuvre
contraignants. Toutefois, il demeure inopposable aux tiers, notamment à la société elle-même, sauf
exceptions encadrées. La jurisprudence, notamment l’arrêt célèbre "Château d’Yquem" rendu par la
Cour de cassation française (Com. 16 oct. 1978), illustre la vigilance du juge quant à la distinction
entre pacte et statuts, tout en reconnaissant la légitimité du pacte comme outil contractuel interne.
Par ailleurs, les effets du pacte sur la stabilité des relations entre associés sont ambivalents. D’un
côté, il assure une meilleure gouvernance, favorise la transparence, et permet d’anticiper certains
conflits. D’un autre côté, une mauvaise rédaction ou des obligations déséquilibrées peuvent devenir
sources de contentieux et de blocages, notamment en cas de violation. C’est pourquoi la rédaction
du pacte exige une grande précision juridique, une anticipation des situations conflictuelles et une
prise en compte constante de l’évolution des relations sociétaires. Mais cette flexibilité ne peut se
déployer sans limite, au risque de porter atteinte à l’ordre public sociétaire. L’autonomie
contractuelle reconnue aux associés trouve en effet ses bornes dans les règles impératives du droit
des sociétés, notamment celles protégeant les tiers, les créanciers ou l’intérêt social. Le pacte, bien
qu’efficace entre les signataires, demeure inopposable à la société et aux tiers non contractants, ce
qui en limite parfois l’effet pratique. En outre, toute clause contrevenant aux dispositions légales
obligatoires encourt la nullité ou l’inefficacité juridique. Ainsi, si le pacte extra-statutaire constitue un
outil précieux de régulation interne, il appelle à une rédaction rigoureuse et à un encadrement
équilibré pour concilier liberté contractuelle, sécurité juridique et respect des principes
fondamentaux du droit des sociétés.
BIBLIOGRAPHIE

Jacquet, M. (2018). Droit des sociétés. Paris : Dalloz.

Wolff, M. (2016). "Les sociétés commerciales dans l'espace OHADA". Revue des sociétés, n° 2, pp.
123-140.
Bourgeois, A. (2017). "L'opposabilité des pactes d'associés". Les Petites Affiches, n° 50, pp. 14-18. G. Goffaux-
Callebaut, « Du contrat en droit des sociétés : essai sur le contrat instrument d'adaptation du droit des sociétés
», éd. L’Harmattan, 2008, n°2.
Caroline Leroy, le pacte d'actionnaires dans l'environnement sociétaire, thèse de l'université Paris - Est Créteil
Val de Marne (Paris XII), soutenue publiquement le 14 Juin 2010, p. 83.
L’article 1832 du code civil français Ordonnance du 10 février 2016

Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique (AUSCGIE).
L’arrêt du 12 octobre 2022 (n° 21-15382) E. du Pontavice, Rapport introductif, in « La stabilité du pouvoir et du
capital dans les sociétés par
actions », Colloque de Deauville, RJ com., 1990, p. 9. et s., spé. p. 11.
35 Voir notamment, J.-J Daigre, « Pacte d’actionnaires et capital-risque : Typologie et appréciation », Bull.
Joly, 1993, p. 157 et M. Henry et Gh. Bouillet-Cordonnier, Pactes d’actionnaires et privilèges statutaires, éd.
EFE, 2003.
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TABLE DES MATIERES

AVERTISSEMENT

DEDICACE

REMERCIEMENTS

LISTE DES ABREVIATIONS

SOMMAIRE

INTRODUCTION

I – LE FORMALISME DU PACTE DANS LA SOCIETE

A -LES CONDITIONS JURIDIQUES DE VALIDITE DU PACTE

B- L’ARTICULATION DU PACTE AVEC LES STATUTS SOCIAUX

II- LES EFFETS DU PACTE DANS LA SOCIETE

A-LA PORTEE JURIDIQUE DU PACTE ENTRE LES PARTIES

B-LES CONSEQUENCES DU PACTE SUR LA STABILITE DES RELATIONS ENTRE LES ASSOCIES

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

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