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Sujet Final SES

L'effet de rebond est un phénomène où des innovations censées réduire l'impact écologique entraînent paradoxalement une augmentation de la consommation. Ce phénomène remet en question la soutenabilité de la croissance économique, car il montre que les gains d'efficacité ne suffisent pas sans un changement de comportement et une régulation des usages. Pour une croissance véritablement soutenable, il est nécessaire d'intégrer la sobriété et de transformer les comportements de consommation.

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Sujet Final SES

L'effet de rebond est un phénomène où des innovations censées réduire l'impact écologique entraînent paradoxalement une augmentation de la consommation. Ce phénomène remet en question la soutenabilité de la croissance économique, car il montre que les gains d'efficacité ne suffisent pas sans un changement de comportement et une régulation des usages. Pour une croissance véritablement soutenable, il est nécessaire d'intégrer la sobriété et de transformer les comportements de consommation.

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Problématique

En quoi l’effet de rebond constitue-t-il un frein à une croissance soutenable ?

Plan détaillé

I. L’effet de rebond : un phénomène paradoxal

A. Définition et origine économique

• Concept formulé par William Stanley Jevons (1865)

• Idée : plus une technologie est efficace, plus elle est utilisée

B. Les différentes formes de rebond

• Rebond direct : plus d’usage du même bien

• Rebond indirect : consommation déplacée sur d’autres produits

• Rebond macroéconomique : hausse globale de la consommation

C. Exemples concrets actuels

• Transport (voitures plus efficaces mais plus utilisées)

• Logement (isolation en Allemagne, résultats faibles)

• Éclairage (LED = plus d’usage)

• Numérique (croissance exponentielle des usages)


II. L’effet de rebond : une limite à la croissance durable

A. Une remise en cause de la soutenabilité faible

• Théorie néoclassique (Solow, Stiglitz) : progrès = substitut au capital naturel

• Limite : l’efficacité seule ne réduit pas l’impact global

• Référence : Tim Jackson, Prosperity Without Growth

B. Des politiques écologiques fragilisées

• Transition énergétique et numérique contrebalancées par les comportements

• Exemples : numérique (Shift Project), SUV, consommation excessive

C. La nécessité d’une sobriété assumée

• Innovation + sobriété = seul modèle viable

• Référence : CNRS – HAL-CNAM, logique de suffisance

• Citation finale : Serge Latouche sur l’inefficacité sans modération

Conclusion

• Le progrès technique ne suffit pas

• Il doit s’accompagner :

• d’un changement culturel,

• d’une régulation des usages,

• et d’une vision long terme compatible avec les limites planétaires


Sujet :

Introduction :

Depuis 2015, les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU appellent les États à
relever un défi majeur : favoriser la croissance économique tout en préservant
l’environnement.
Mais cette double ambition est souvent mise à mal par un phénomène contre-intuitif : l’effet de
rebond.

Ce concept, méconnu du grand public, désigne une situation paradoxale dans laquelle des
innovations censées réduire notre impact écologique finissent par provoquer une hausse des
consommations.

Ce phénomène soulève une vraie question :

En quoi l’effet de rebond constitue-t-il un frein à une croissance véritablement


soutenable ?

Nous verrons d’abord ce qu’est précisément l’effet de rebond, avant d’analyser pourquoi il
remet en cause l’idée d’une croissance respectueuse de l’environnement.

I. L’effet de rebond : un phénomène paradoxal

L’effet de rebond est un concept formulé pour la première fois par l’économiste William Stanley
Jevons au XIXe siècle.
Dans son ouvrage The Coal Question (1865), il montre que l’invention de la machine à vapeur de
James Watt — bien plus économe en charbon — a paradoxalement entraîné une augmentation
de la consommation de charbon. Pourquoi ? Parce que l’énergie était devenue plus rentable,
donc plus utilisée.

C’est cela, l’effet de rebond : lorsque des gains d’efficacité réduisent le coût d’usage d’un bien, la
consommation de ce bien augmente.
Et cela annule une partie, voire la totalité des économies espérées.
On distingue plusieurs formes d’effet de rebond :

• Rebond direct : un bien est moins coûteux à utiliser donc on ne l’utilise plus.
Exemple : une voiture qui consomme moins incite à faire plus de kilomètres.
• Rebond indirect : les économies réalisées sur un produit sont réutilisées pour consommer
autre chose.
Par exemple, une famille qui économise grâce à des ampoules LED peut dépenser
davantage dans des équipements numériques, eux-mêmes énergivores.
• Rebond macroéconomique : à l’échelle d’un pays, l’amélioration de l’efficacité
énergétique peut stimuler la croissance… donc augmenter la consommation globale
d’énergie.

Ces effets sont aujourd’hui largement observables :

• Dans les transports : en France, selon l’ADEME, la consommation moyenne des voitures
neuves a baissé de 30 % en 20 ans. Mais les distances parcourues ont augmenté,
annulant presque totalement les gains en émissions de CO₂.
• Dans le logement : en Allemagne, 340 milliards d’euros ont été investis depuis 2010
pour isoler les logements. Pourtant, les émissions du secteur résidentiel n’ont quasiment
pas baissé (source : Der Spiegel, 2022).
• Dans l’éclairage : l’adoption des ampoules LED a réduit la consommation par ampoule.
Mais l’usage s’est intensifié : plus d’éclairages, allumés plus longtemps. Résultat : selon
l’AIE (Agence Internationale de l’Énergie), la consommation mondiale d’électricité pour
l’éclairage n’a pas diminué aussi fortement qu’espéré.

II. L’effet de rebond : une limite à la croissance durable

À première vue, le progrès technique semble être un allié de la durabilité : produire plus avec
moins.
Mais l’effet de rebond remet en cause cette idée, en montrant que l’innovation seule ne suffit
pas.

La soutenabilité faible, défendue par les économistes néoclassiques comme Robert Solow ou
Joseph Stiglitz, postule que le capital naturel peut être remplacé par le capital
technologique.
En clair, tant qu’on innove, on peut continuer à croître sans épuiser les ressources.
Mais l’effet de rebond contredit cette vision optimiste :

Si les gains d’efficacité sont systématiquement neutralisés par des comportements de


surconsommation, alors le progrès technique ne garantit pas la durabilité.

C’est ce que rappelle l’économiste Tim Jackson, auteur de Prosperity Without Growth, dans cette
ouvrage, il avance je cite :

« On ne peut pas découpler indéfiniment la croissance économique de la


consommation de ressources. »

Les politiques actuelles misent beaucoup sur l’efficacité énergétique et l’innovation


verte. Mais sans régulation des usages, elles peuvent devenir contre-productives.

Exemple :

• La transition numérique est censée optimiser nos usages.


• Pourtant, selon le Shift Project, le numérique représente 4 % des émissions mondiales
de gaz à effet de serre – davantage que l’aviation civile – et cette part augmente chaque
année.

De plus, la baisse du coût des technologies encourage leur surconsommation :

• smartphones changés tous les deux ans,


• objets connectés non essentiels,
• voitures SUV plus lourdes malgré leurs moteurs optimisés.

L’effet de rebond révèle une vérité dérangeante :

Le progrès technique ne nous sauvera pas, sans une transformation culturelle.

Comme le soulignent les chercheurs du CNRS dans une étude de 2021 (HAL-CNAM), seule une
combinaison entre innovation et sobriété peut permettre une croissance compatible avec les
limites planétaires.

Autrement dit, il faut passer d’une logique d’efficacité à une logique de suffisance.
Conclusion :

En conclusion, l’effet de rebond est un piège silencieux :


Il fait croire que nous avançons vers la durabilité… alors que nos consommations totales
continuent d’augmenter.

Il limite l’impact réel du progrès technique, remet en cause la soutenabilité faible, et montre
que l’innovation, seule, ne suffit pas.

Pour qu’une croissance soit réellement soutenable, il faut :

• Accompagner l’innovation de changements de comportement,


• Intégrer la sobriété dans les politiques publiques,
• Et sortir d’une logique où plus d’efficacité justifie plus de consommation.

Comme le dit l’économiste Serge Latouche :

« L’efficience technique sans réduction des besoins, c’est comme courir sur un tapis roulant. On
bouge, mais on n’avance pas. »

Merci de votre attention.

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