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2233- Quand l’élite française aveuglée par les théories racistes des penseurs
coloniaux français prônant l’élimination culturelle et politique des Africains ne
voit pas qu’une nouvelle Afrique est en train de se construire sans la France,
sans l'Europe.
2025-09-19 [Link] 0 Comments cet article a été archivé
Quand l’élite française aveuglée par les théories racistes des penseurs coloniaux français prônant l’élimination culturelle et politique des
Africains ne voit pas qu’une nouvelle Afrique est en train de se construire sans la France, sans l'Europe.
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Leçon d’éducation politique de Jean-Paul Pougala destinée aux enfants des écoles primaires d’Afrique
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Il faut marginaliser tout africain qui parle intelligemment de l’Afrique !
Le collectif Tournons la Page, à la fin de son enquête rendu publique le mercredi 6 novembre 2024 dont nous allons en parler en détail plus loin
dans cette leçon, conclut avec une série de sept recommandations destinées aux dirigeants français, dont en voici trois :
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Se départir de la posture considérant la France comme ayant une « vocation » africaine, condition de la « grandeur » du pays sur la
scène internationale.
Une nécessaire « mise en retrait » politique et militaire de Paris, en acceptant tout simplement que la France soit un partenaire parmi
d’autres et que l’histoire de l’Afrique puisse aussi s’écrire sans la France.
Respecter l’indépendance et la souveraineté des peuples africains, et donc leur capacité à décider de leur trajectoire politique et éco-
nomique comme de leurs alliances, et faire preuve d’humilité sur les prétendus devoirs de la France, pour en finir avec les postures et les
injonctions
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Source : [Link]
De quoi s’agit-il ?
Il y a deux mois, le 12 juillet 2025, le quotidien français Le Monde mettait ce titre à la une :
"Pour le chef d’état-major des armées, la Russie « constituera une vraie menace avant 2030 »"
Sous-titre : Le général Thierry Burkhard a cherché à sensibiliser les Français à la nécessité de soutenir le budget de la défense, lors d’une rare
conférence de presse, organisée, vendredi 11 juillet, à la demande du chef de l’Etat.
La journaliste française Elise Vincent écrit :
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(...) le chef d’état-major des armées française, le général Burkhard a notamment évoqué l’Afrique et la nécessité, selon lui, de « maintenir », sur
le continent, « un vrai niveau d’influence », malgré un dispositif militaire ramené au strict minimum depuis le départ, en 2022, des troupes
Chat avec
françaises du le Profpuis du Burkina Faso et du Niger en 2023 et du Tchad, en janvier. « L’Afrique a encore besoin de la France et elle l’exprime
Mali,
souvent. La France ne peut pas se désintéresser de l’Afrique, car il y a bien évidemment des intérêts mais aussi des enjeux », a-t-il soutenu.
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Source : [Link]
avant-2030_6620745_823448.html?random=1731772650
Retenons ces quelques propos du chef d'état major des armées françaises :
« maintenir », sur le continent, « un vrai niveau d’influence »,
L’Afrique a encore besoin de la France
La France ne peut pas se désintéresser de l’Afrique.
En d'autres mots, la Russie devient la principale menace de la France, parce qu'elle a répondu aux demandes en sécurité de trois pays
africains : le Mali, le Burkina et le Niger.
Ceci semble suffisamment grave pour que le chef d'état major des armées françaises parle de menace existentielle pour la France.
Le général Burkhard n’a pas la capacité mentale de savoir que le rejet de la France en Afrique n’est pas seulement une réaction à des poli-
tiques contemporaines, mais aussi et surtout, à une idéologie coloniale raciste qui n’a jamais été pleinement déconstruite en France. Et les pro-
pos du général Burkhard sont là pour le prouver.
Ses propos révèlent une attitude mentale que porte l’élite intellectuelle, politique et militaire française et qui alimente un comportement raciste,
méprisant, arrogant, condescendant, dédaigneux, dénigreur, hautain de tout intellectuel français vis-à-vis des africains et qui explique pleine-
ment le rejet actuel de la France en Afrique francophone. Ce rejet n’est pas l’œuvre de la Russie ou de qui que ce soit, mais au contraire, il
s’inscrit dans une dynamique de décolonisation mentale et politique générale du peuple africain.
A aucun moment le général Burkhard ne se demande si les Africains ont fait le choix ou non d'aller avec la Russie. Tout ce qu'il sait est que
cette Russie-là devient une menace existentielle dès lors qu'elle reçoit des hauts dignitaires africains ou qu’elle leur envoie les armes pour se
défendre des terroristes islamistes.
Mais il ne s'agit pas que du général Burkhard à être si méprisant vis-à-vis de l'aspiration à la liberté des africains. Comme je l’ai dit plus haut,
c’est toute la classe des intellectuels français d'aujourd'hui qui pensent et disent que si moi Pougala manifeste sa douleur d'être né dans un
camp de concentration français à Bafang, qui n'est pas mon village, à l'Ouest du Cameroun, c'est forcément que je suis un troll de la Russie,
c'est forcément que je suis payé par la Russie pour externaliser la douleur qui m'habite de voir à quel point la France entretient la misère du pe-
uple camerounais.
Dans la leçon d'aujourd'hui, nous verrons un des nombreux penseurs qui ont structuré une telle pensée coloniale partagée par ces intellectuels
français, qui ont du mal à comprendre le rejet dont ils sont l'objet de la part des africains et l'attribuent à la Russie.
Plusieurs éléments nous prouvent que ces comportements ont un lien avec l’héritage des penseurs racistes de la colonisation comme Jules
Harmand :
1. Mémoire coloniale : Les discours hautement racistes contre les colonisés africains comme ceux de Harmand ont nourri des politiques
d’humiliation, de dépossession et de racisme institutionnalisé en France contre les pays africains dits francophones. Cette mémoire
d'humiliation et de dépossession reste vive dans les sociétés africaines.
2- Structures néocoloniales : La persistance de réseaux économiques, diplomatiques et militaires dont celui du général Burkhard, hérités de la
colonisation est perçue surtout par les africains de nouvelle génération, comme une continuation de la domination raciale et impériale française.
3- Révolte contre les doubles standards : Les jeunes générations dénoncent les discours sur les « droits humains » ou la « démocratie » portés
par la France, jugés hypocrites au regard de son passé colonial et de ses pratiques actuelles comme l'attitude hautement protectrice de la
France envers l'Ukraine dans le conflit avec la Russie.
Mais qui était Jules Harmand ?
Jules Harmand (1845–1921), médecin et diplomate français, est l’un des théoriciens les plus explicites de la domination coloniale. Dans son
ouvrage Domination et colonisation publié en 1910, il défend une vision hiérarchisée des races et des civilisations :
Il affirme que les peuples colonisés d’Afrique sont « inférieurs » et doivent être dirigés par des élites françaises.
Il rejette l’idée d’assimilation, proposant d’aller plus loin, pour appliquer sur le continent africain, une domination autoritaire où les colonisés sont
maintenus dans une position subalterne de façon permanente.
Il justifie la colonisation comme un devoir moral des « races supérieures » envers les « races inférieures », dans une logique paternaliste et
raciste.
Avec l’avènement d’autres Nations plus fortes, comme la Chine et la Russie, la menace existentielle dont parle le général Burkhard est à mon
avis, plutôt l’impossibilité d’accepter que de nouveau pays plus puissants arrivent et mettent à mal leur rhétoriques racistes qu’ils récitaient
depuis des siècles nous imposant leur devoir de civiliser le continent africain.
Je suis heureux d’avoir vécu en cette période de la transition du monde qui avait intériorisé comme une normalité, une banalité, celle de la vio-
lence et la brutalité coloniale européennes sur les peuples colonisés d’Afrique d’Amérique et d’Asie, et où est apparu comme un éclair dans un
ciel pourtant serein, une lueur d’espoir pour l’humanité meurtrie, la Russie, mais surtout, la Chine !
La Chine et la Russie sont les seuls pays qui depuis cinq siècles apportent aujourd’hui à l’Afrique un autre message, complètement différent de
celui auquel elle est habituée depuis sa rencontre avec l’Europe.
La Chine et la Russie disent clairement à l’Afrique que pour être puissantes elles n’ont pas besoin de tuer les autres peuples, pour être riches,
elles n’ont pas besoin de truander les autres peuples, pour être prospères, elles n’ont pas besoin d’esclavagiser qui que ce soit, pour devenir
hégémoniques, elles n’ont pas besoin de traumatiser ou d’exterminer la moitié de l’humanité et de construire des bases militaires à chaque an-
gle du globe terrestre.
De la même manière que je suis heureux comme africain d’écrire ces lignes d’une normalité retrouvée, je ne veux pas me mettre à la place des
descendants et des héritiers de nos génocidaires européens qui ont construit toutes leurs sur les pleurs, les douleurs et les deuils des autres
peuples, lorsqu’un état plus puissant, comme la Chine siffle la fin de la recréation.
Je ne veux pas me mettre à la place de nombreuses fortunes occidentales construites sur le sang et les cadavres de l’humanité, maintenant
qu’un nouveau jour se lève pour cette humanité qui recommence à sourire et à rêver les choses positives pour elle-même, c’est-à-dire à
compter sur ses propres ressources, pour se développer, et mettre hors d’état de nuire tous les parasites qui empêchent un tel progrès depuis
plusieurs siècles.
Le drame de tout cela pour beaucoup d’africains qu’on a élevés et formatés dans l’amnésie historique de ce qui lui arrive, beaucoup vont
passer du cauchemar d’un monde inégal sous l’hégémonie occidentale à un nouveau monde multipolaire où chacun sera finalement libre de
faire ce qu’il veut, sans véritablement se rendre compte de la chance qui s’offre à eux, parce qu’ils ne sont pas conscients du traumatisme qu’ils
ont subi depuis tant de temps.
Et c’est pour ce devoir de mémoire et de la nécessité d’une thérapie mémorielle qu’après avoir parlé la semaine dernière, le dimanche 14
septembre 2025 dans une conférence à l’hotel Sawa de Bonanjo à Douala au Cameroun, du plus grand théoricien de la colonisation britan-
nique, Frederick Lugard dit du Indirect Rule (administration indirecte), je vais vous parler aujourd’hui de l’un des plus grands théoriciens de la
colonisation française qui voulait aller au-delà de la théorie dite de l’Assimilation pour passer directement à l’effacement des autres peuples
colonisés que j’ai déjà cité plus haut.
Il s’appelle : Jules Harmand. Ce nom ne dit rien à beaucoup d’Africains et pourtant ils subissent au quotidien, les idées racistes de cet homme
jusqu’à l’imposition par la France du Franc CFA.
Jules Harmand, est né François-Jules Harmand, est un médecin, explorateur et diplomate français né le 23 octobre 1845 et mort le 14 janvier
1921.
Ce qui nous intéresse de lui est son livre publié 11 ans avant sa mort intitulé : "Domination et colonisation", publié en 1910 à Paris, par
Flammarion, dans la collection : « Bibliothèque de philosophie scientifique ».
Dans ce livre, Jules Harmand qui a étudié à l'École impériale du Service de santé militaire de Strasbourg, avant d'aller combattre de 1873 à
1877 pour instaurer la colonisation française dans le Tonkin (nord du Vietnam) ne parle pas explicitement d’“élimination physique” des races
inférieures, mais il théorise leur subordination, marginalisation ou transformation forcée comme une nécessité historique et naturelle.
Harmand considère que certaines races (les africains et les arabes) sont “arriérées” ou “primitives” et que leur domination par des races
“supérieures”(les européens) est inévitable et bénéfique pour l’humanité. Il écrit que “le gouvernement des peuples arriérés est un art difficile”
mais nécessaire.
Pour lui, les peuples dominés doivent être transformés ou disparaître en tant que cultures autonomes. Il ne s’agit pas de coexistence, mais de
substitution culturelle et politique. Pour lui, il est impossible de faire vivre ensemble sur cette planète les européens, peuple supérieur avec les
africains et les arabes, peuples inférieurs. Un des deux groupes doit disparaître et ce ne sera pas l'européen.
Jules Harmand envisage que les peuples colonisés soient absorbés, transformés ou rendus obsolètes par la domination européenne. Il s'agit
en réalité d'une forme d’élimination culturelle, où les identités des peuples colonisés sont effacées.
Harmand compare la colonisation humaine à des phénomènes naturels observés dans le règne animal et végétal. Il écrit que :
“Le besoin d’expansion se rencontre partout dans la nature… une des manifestations essentielles de la vie”
Il assimile les peuples colonisateurs à des espèces biologiques qui se multiplient et s’installent dans de nouveaux milieux, comme des
bactéries formant des colonies.
Cette analogie naturalise la colonisation, la présentant comme un processus inévitable et vital, plutôt qu’un choix politique ou moral.
1. Les peuples européens (civilisés)
Position : Au sommet de la hiérarchie.
Caractéristiques : Races “supérieures”, dotées de raison, de morale, de capacité politique et de maîtrise technique.
Rôle : Porteurs de la civilisation, chargés de dominer et de guider les autres peuples.
2. Les peuples asiatiques (semi-civilisés)
Exemples : Chinois, Indiens, Vietnamiens.
Caractéristiques : Possèdent des cultures anciennes et des systèmes politiques, mais jugés stagnants ou décadents.
Vision de Harmand : Ils peuvent être “réformés” ou “adaptés” à la civilisation européenne, mais nécessitent une tutelle ferme.
3. Les peuples africains et arabo-berbères (primitifs ou arriérés)
Caractéristiques : Présentés comme incapables de se gouverner, dominés par l’émotion, la superstition et la violence.
Justification : Harmand affirme que leur gouvernement exige une autorité extérieure, car ils ne peuvent accéder seuls à la civilisation. Le
Général de Gaulle va se baser sur cette théorie de Jules Harmand, pour maintenir le Franc CFA uniquement dans les colonies d’Afrique Noire,
même si devenues indépendantes. Alors même que tous les autres aussitôt accédés à l’indépendance, accédaient aussi à la souveraineté
monétaire. C’est notamment le cas du Cambodge, de Laos, du Vietnam, de la Syrie et des trois pays d’Afrique du Nord, la Tunisie, l’Algérie et
le Maroc.
Pour Harmand, les intellectuels d’Afrique Noire, sont incapables d’avoir assez d’intelligence pour se prendre en charge. Ils ont besoin de façon
permanente et perpétuelle d’un tuteur, de la France.
Conséquence : Leur culture doit être remplacée ou absorbée. Nous verrons plus loin comment y procéder à travers l’évangélisation, pour créer
en Afrique Noire un nouveau type d’humain, complètement acquis à son maître, à la France qui prie les Dieu de France, et demande à être
protégé par les saints français.
4. Peuples “inassimilables” ou “condamnés à disparaître”
Certains groupes sont jugés trop éloignés du modèle européen pour être transformés.
Vision darwiniste : Leur disparition culturelle (voire biologique) est expliquée par Harmand comme une “nécessité naturelle” dans l’évolution hu-
maine. Pour le médecin militaire français, l’humanité doit se débarrasser au plus vite des Africains Noirs. Et pour le moyen le plus sûr est le
génocide culturel. Une fois que tu as privé un homme de ses racines, de son histoire, de sa culture, de sa religion, cet homme sera toujours
d’être devant nous, mais en réalité, il n’existe plus. On peut passer à autre chose, puisqu’il ne représente plus aucune menace, et va
résolument se mettre au service d’exploitation, même des ressources qui lui appartiennent, pour l’intérêt et au service exclusif de son maître.
Ainsi, plus besoin de mettre des chaines aux africains, le génocide culturel est suffisant pour faire de lui un esclave sans résistance, un esclave
qui ne se rebelle plus avec ou sans la présence du maître blanc.
Peuples visés :
Les Noirs africains sont décrits dans le livre de Jules Harmand comme des êtres “primitifs”, “instinctifs” qui ne savent pas raisonner au-delà de
la capacité d’un enfants et pour cette raison, pour Harmand, ils sont “incapables de se gouverner eux-mêmes”.
Les Arabo-Berbères sont aussi considérés comme des gens arriérés mais moins que les Africains Noirs. Ce que Jules Harmand leur reproche,
c’est qu’ils sont trop attachés à leurs traditions religieuses musulmanes et sociales pour être transformés sans rupture. Ce qui rend leur conver-
sion au christianisme plus difficile que les Africains Noirs.
Certains groupes tribaux d’Asie du Sud-Est sont également évoqués comme “rétifs” à toute forme d’assimilation. Et pour Harmand, tous ces
groupes doivent disparaître, car il n’y a pas de co-existance possible avec les européens, qui ont pour mission d’occuper le monde et de le ren-
dre civilisé.
Conséquence selon Harmand : Ces peuples, selon lui, doivent être dominés sans espoir d’intégration. Leur culture est appelée à faire
disparaître ou à être absorbée par la civilisation européenne. Il parle d’une “substitution nécessaire” des institutions et des valeurs, et évoque
parfois une “extinction” culturelle comme un processus naturel dans l’évolution humaine.
Il voit l’école comme un moyen de désancrer les jeunes générations de colonisés de leur culture d’origine. L’enseignement doit inculquer la
supériorité européenne en absolu, dans tous les domaines, la langue française. Toutes les normes morales et les pratiques sociétales occiden-
tales, doivent être enseignées aux colonisés comme universelles, afin dit Harmand, d’effacer les traditions locales des colonisés, qui pourraient
leur servir comme levier d’émancipation.
Harmand écrit :
“L’éducation doit viser non à former des indigènes éclairés, mais à créer des auxiliaires de notre civilisation.”
Des « Auxiliaires de notre civilisation » !
J’ai compris la signification de cette expression lorsque je suis arrivé en Italie en 1985. C’est en me confrontant au peuple italien que je me suis
rendu compte que mon éducation était un simulacre d’éducation.
Un auxiliaire est un individu qui aide, accessoirement ou temporairement, c’est-à-dire, sans être indispensable.
En Italie, je me suis intéressé au livre utilisé par les enfants pour apprendre le français. A ma grande surprise, c’était le même livre qu’utilisent
les enfants en France.
Si les italiens qui ne parlent le français qu’accessoirement après l’italien utilisent un livre aussi étoffé que les français pour l’initiation à la langue
française, expliquez-moi, pourquoi la France a eu le besoin de recourir à un manuel spécial appelé Mamadou et Bineta pour m’enseigner à par-
ler et écrire en français.
J’ai donc mené ma propre recherche en comparant ces deux manuels, pour constater que l’enfant africain avec son Mamadou et Bineta
n’aurait jamais possédé la parfaite maîtrise de la langue française.
Si vous n’avez pas la parfaite maîtrise d’une langue, cela signifie que toutes les autres matières que vous ferez dans cette langue seront tou-
jours dans un niveau élevé de médiocrité.
65 ans sont passés. Je conseille à tous les africains qui ont les enfants en bas âge de s’intéresser à tous les manuels scolaires utilisés par
leurs enfants en Afrique et de les comparer aux manuels utilisés par les enfants du même âge en France et ils comprendre que 65 ans après
l’indépendance d’un pays comme le Cameroun, ce sont les intellectuels camerounais qui appliquent à la lettre les préceptes de Jules Harmand
disant :
“L’éducation doit viser non à former des indigènes éclairés, mais à créer des auxiliaires de notre civilisation.”
Si les français voulaient qu’on parle bien le français, ils nous auraient prescrit leurs mêmes livres qu’ils conseillent aux enfants italiens qui veu-
lent apprendre le français. Et non le ramassis de compilations idiotes qu’on retrouve dans les manuels scolaires au Cameroun, édités en
France.
Effacement des élites locales
Harmand considère que les élites indigènes africaines qui mettent en avant le désir d’autonomie et de souveraineté, sont des obstacles à la
domination française. Il préconise purement et simplement leur marginalisation ou leur intégration forcée dans des rôles subalternes. Car écrit-
il, en tenant hors d’état de nuire c’est-à-dire en marginalisant toute élite africaine trop éveillée, « cela permet de briser la transmission culturelle
et de rendre les peuples africains, dépendants de l’autorité coloniale française ».
Occupation territoriale et transformation du mode de vie
Jules Harmand insiste dans son livre sur la nécessité de modifier les modes de vie traditionnels africains (nomadisme, agriculture vivrière, or-
ganisation clanique) par l’introduction d’un modèle agricole européen que les africains auront du mal à comprendre et donc à en être de vrais
protagonistes, notamment l’introduction de la culture de l’hévéa, du café, du coton et du cacao. Cela va entraîner écrit-il, à « une désintégration
des structures sociales et une perte de repères culturels. »
De quoi s’agit-il ?
Je reviendrai sur ce sujet dans une nouvelle rubrique que je vais lancer bientôt intitulée : « Histoire économie du Cameroun colonial et post-
indépendance ». J’étudierai avec vous l’histoire économique qui est derrière la création des principales entreprises publiques camerounaises
comme Sosucam, Camsuco, Sodeble, Soderiz, Sodecao, Sodecoton etc. pour vous montrer pourquoi et comment, depuis leurs créations, leurs
faillites étaient déjà actées, entretenues et programmées.
La raison est donnée par Jules Armand dans son livre. Il faut à tout prix arriver à :
« une désintégration des structures sociales et une perte de repères culturels. »
Dans un Cameroun qui va s’urbaniser après l’indépendance, il faut empêcher qu’une vraie classe moyenne camerounaise émerge hors du
contrôle colonial français, dans les campagnes, dans les villages.
Pour cette raison, il faut occuper les terres et les populations restées dans villages par des cultures qui ne sont pas utiles ou importantes pour
la France, comme la culture du cacao ou du café. Pour éviter l’émergence d’une classe bourgeoise africaine, les parcelles attribuées aux
paysans ne doivent dépasser deux hectares. Alors que, pour qu’une agriculture paysanne soit rentable à l’époque, il fallait un minimum de 5
hectares.
Demander aux camerounais à l’indépendance ou avant de cultiver le café, le cacao ou le coton, ne servait exclusivement que pour couper les
populations camerounaises nouvellement urbanisées aux populations rurales à appauvrir, pour éviter toute émergence d’une conscience de
classe, pouvant minimement tendre vers un début de bourgeoisie africaine.
Jules Harmand parle clairement d’empêcher les africains de pratiquer l’agriculture vivrière. Puisque cela leur donnerait un pouvoir d’achat gran-
dissant au fur et à mesure que les populations citadines pour se nourrir vont recourir à cette source d’alimentation.
Selon les préceptes de Harmand, on va plutôt offrir à cette population citadine, le riz importé et tout ce qui peut venir de France, notamment le
blé et tous les dérivés du blé (baguette, croissant, pizza, pâtes alimentaires : spaghetti, macaroni etc.
Ainsi l’africain du village n’a pas comme interlocuteur économique, un autre africain, celui de la ville, mais exclusivement un blanc, un français à
qui vendre son café, son cacao, son coton, son hévéa qui est sa principale occupation, puisque l’agriculture vivrière est repoussée au rang
d’agriculture de subsistance et non de commerce ou d’apport de revenus.
Justification par l’évolution naturelle
Enfin, Harmand présente cette extinction culturelle comme un phénomène naturel, inévitable dans le cours de l’histoire. Il mobilise une lecture
biaisée du darwinisme social pour affirmer que les cultures “faibles” sont appelées à disparaître au profit des “fortes”.
Il écrit :
“Il est dans l’ordre naturel que les civilisations supérieures absorbent ou remplacent les inférieures.”
En d’autres mots, dans tout son livre, lui qui est médecin militaire ayant combattu contre les Vietnamiens qui ne veulent pas être colonisés,
nous expliquent comment créer le grand remplacement des africains par les européens, en terre africaine et puis subitement, il conclut son livre
en disant que de toutes les façons, c’est dans l’ordre naturel des choses que les cultures faibles vont disparaitre d’elles-mêmes.
Et c’est là où le revirement de l’histoire apporté par la Chine a toute son importance. Au 19ème siècle, en humiliant la Chine, les occidentaux
avaient donné pour acquis que la Chine était une civilisation faible appelée à disparaitre. C’est même ce qui explique, pourquoi ils ne l’ont pas
morcelée en plusieurs états comme en Afrique.
Ils croyaient que les chinois seraient réduits comme les Africains à ne devenir qu’un pays de subalternes et une Chine unifiée aurait été une
meilleure aubaine pour les colonisateurs et pilleurs européens.
Sauf que la victime, la proie est subitement devenue le prédateur à la chasse de l’ancien prédateur européen.
LE PLUS GRAND ECHEC DE L’EUROPE EN CHINE EST D’AVOIR ECHOUE A IMPOSER LE CHRISTIANISME COMME RELIGION
POPULARE EN CHINE
Dans son livre « Domination et colonisation » publié en 1910, Jules Harmand, envisage l’évangélisation et le christianisme non pas comme une
simple mission spirituelle, mais comme un instrument stratégique de domination culturelle des peuples colonisés. Pour lui, le christianisme doit
servir à substituer les croyances, les valeurs et les structures sociales en Afrique et en Asie par celles de l’Europe coloniale.
Au moment où il écrit ce livre, la Chine est toujours colonie française et britannique.
Voici comment il théorise le grand-replacement dans les colonies à travers Jésus et le christianisme :
1. Le christianisme comme vecteur de civilisation
Harmand considère que les religions traditionnelles africaines sont des obstacles au progrès tel que pensé par le colonisateur français. Il voit le
christianisme comme une religion “supérieure”, capable d’éradiquer les superstitions et de structurer moralement les sociétés colonisées.
Il ne s’agit pas de dialogue interreligieux, mais de remplacement pur et simple des croyances locales.
2. Évangélisation comme outil de discipline sociale
L’évangélisation est conçue comme un moyen de rendre les peuples colonisés plus dociles, en leur inculquant des valeurs comme
l’obéissance, la soumission à l’autorité, et la résignation face à la souffrance.
Puisque tout le monde va à l’église, puisque les églises établissent même les actes de naissance, le christianisme devient ainsi un levier de
contrôle social, complémentaire à l’administration coloniale.
3. Éducation chrétienne pour effacer les cultures locales
Harmand insiste sur l’importance des écoles missionnaires, qui doivent enseigner non seulement la foi chrétienne, mais aussi la langue,
l’histoire selon la narration validée par l’administration coloniale française et les valeurs européennes. « Cela permet une désacculturation pro-
gressive, surtout chez les jeunes » poursuit Jules Harmand, mais il se garde bien de dire que parmi ces « valeurs européennes », il y a la
déportation d’Afrique et la mise en esclavage de millions de noirs, la privation de liberté à la moitié de l’humanité, auquel s’ajoutera l’apartheid
en Afrique du Sud et en Rhodésie (Zimbabwe) et la Shoa, le génocide des Juifs.
L’école chrétienne devient en Afrique, un lieu de formatage culturel, où l’on apprend à rejeter les traditions africaines, que la narration
ecclésiastique colonialiste dépeint comme nocives, dangereuses, rétrogrades, déviantes etc.
4. Substitution des rites et des symboles
Jules Harmand écrit que pour gagner la bataille religieuse et imposer le christianisme aux africains les plus récalcitrants, il suggère à
l’administration coloniale ni plus ni moins que « l’éradication des pratiques rituelles africaines (cultes ancestraux, divination) au profit des sacre-
ments chrétiens ». Les fêtes religieuses locales doivent être remplacées par le calendrier liturgique européen.
Cette substitution vise à reconfigurer le temps, l’espace et les repères symboliques des sociétés africaines.
5. Justification pseudo-scientifique
Enfin, Harmand justifie cette évangélisation forcée par une vision évolutionniste : les religions africaines sont “inférieures” et doivent céder de-
vant une foi “universelle” et “rationnelle”. Il ne reconnaît aucune valeur intrinsèque aux spiritualités locales.
QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ?
Mercredi le 6 novembre 2024 à Paris, le collectif "Tournons la page" et le CERI de Sciences Po organisent une conférence pour rendre public,
le résultat d'une enquête menée auprès de 500 militants dans six pays (Niger, Bénin, Gabon, Cameroun, Côte d’Ivoire, Tchad) et qui révèle un
rejet « massif, presque unanime » de la politique française en Afrique. Ce rejet est fondé sur des faits, et non sur une simple « émotion » ou
une manipulation étrangère russe.
Voici un extrait des résultats l'enquête :
--------------
Dispositif sécuritaire non fiable, pillage des ressources, imposition de valeurs occidentales (promotion de la sexualité), collusion avec les élites
corrompues, politique du deux poids deux mesures sur les coups d’Etat... Ces enjeux constituent l'essence du rapport « De quoi le rejet de la
France en Afrique est-il le nom ? », présenté ce mercredi 6 novembre 2024 à Sciences Po à Paris (France). Ce rapport est une recherche-ac-
tion menée par Tournons La Page (TLP), en collaboration avec le Centre de recherches internationales de Sciences Po (CERI Sciences Po),
dans six pays de l’Afrique francophone (Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Niger et Tchad).
'
(...)
« Le principal enseignement de cette enquête est que, dans les réseaux militants, le rejet de la politique française en Afrique est massif,
presque unanime », a déclaré Laurent Duarte lors de la présentation dudit rapport organisé en huit chapitres. 67,6% des personnes interrogées
pensent que la France est un partenaire non-fiable dans dix domaines clés (santé, éducation, défense des droits humains, renforcement de
l’administration, culture, agriculture, défense de la démocratie, sécurité, lutte contre la corruption et économie).
(...)
Rejet du sentiment anti-français
L’usage du terme « sentiment », renvoyant à l’affect en politique, tendrait à faire de la critique de la France une critique irrationnelle. C’est
d’ailleurs, à coups de contre-communication, « d’agenda transformationnel » et de « diplomatie publique » que l’État français compte répondre
aux critiques virulentes de son action et de sa présence sur le continent africain. C’est pourtant bien les actions de la France qui conduisent à
un rejet de sa politique en Afrique : « Pour les gens qui ont compris les relations, ils savent très bien. Ils ne parlent pas de cette relation entre
Français et Africains, mais de cette relation entre l’Afrique et la politique française en Afrique. C’est de ça qu’ils parlent », a précisé Laurent
Duarte rapportant les propos d’un membre du focus-group du Niger.
(...)
La France considérée comme un acteur prédateur
C’est dans le domaine économique que la France apparaît comme le partenaire le moins fiable. L’action de ses entreprises est associée au pil-
lage des ressources naturelles, notamment de l’uranium au Niger. « Nous étions à un moment donné le deuxième producteur de certains
minéraux. Les plus chers au monde. Et le monopole de cette exploitation appartient à la France. Mais en quoi est-ce que nous, ça nous a
développé ? Je ne vois aucun caractère positif », a dit Dan Sanaren, relation les propos d’un membre du focus-group du Niger. L’amertume est
d’autant plus forte que, souvent, les entreprises extractives françaises, comme celles des autres pays, ne font pas preuve d’une grande
transparence.
---------------
Source : [Link]
Comme on peut bien constater de cette enquête, la France pose mal un problème en parlant de « sentiment anti-français », pour induire la
réponse à rechercher dans les émotions des africains. Et qui dit émotion, dit aussi irrationalité.
Si la question est posée à travers une insulte à l’intelligence des africains qui seraient incapables de savoir tout le mal que le pillage de leurs
pays par la France leur a causé, c’est bien la preuve qu’on navigue à vue, à cause d’un formatage intellectuel et idéologique des penseurs
comme Jules Harmand.
Ils continuent en 2025, à refuser aux africains, toute capacité de réflexion. Pire, le chef d’état-major des armées français est capable de dire le
11 juillet 2025 que l’Afrique a besoin de la France.
C’est le violeur qui continue de présenter son forfait comme une faveur faite à la victime. Les africains répondent, non pas sur l’émotion d’un
quelconque sentiment anti-français, mais sur le bilan de deux cents ans de la France en Afrique.
C’est en définitive, ce bilan qui ne passe pas.
Au moment où la Chine pense sa relation avec le monde en termes d’un projet ambitieux structurant de la Nouvelle Route de la Soie rebaptisé,
une ceinture, une route, pour créer les conditions d’une prospérité partagée avec les pays où cela se passe, l’élite française reste toujours con-
vaincue qu’elle a la civilisation à apporter aux africains, au lieu de se défendre du déclin que la nouvelle initiative structurante de la Chine, leur
cause et qui est de loin une vraie déflagration, comparée à l’aide militaire de la Russie aux trois pays de l’AES.
C’est en cela que je suis heureux de vivre ce moment historique, de transition de déclin des bourreaux du continent africain, pendant lequel,
l’Afrique ne se contente plus de commenter les égarements des élites françaises qui nous attribuent l’incapacité de réflexion pour être dans
l’émotion permanente et rien que de l’émotion, même pour décrire le tort et l’injustice subis depuis plus de 5 siècles, mais d’avoir le courage de
ne plus tendre l’autre joue, mais de se donner les moins pour un jour rendre la gifle.
CONCLUSION
Quand la plupart des intellectuels Français s'entêtent d'imposer en Afrique la hiérarchie raciale héritée de Jules Harmand, les africains
éprouvent un sentiment d’humiliation historique qui se traduit par le refus d’assimilation et surtout le rejet des valeurs imposées à travers la
domination autoritaire et aux ingérences françaises notamment pour choisir les dirigeants des pays africains et quand ils décèdent, cette
France-là ne trouve aucune insulte, aucune indignation de remplacer le vassal à peine décédé au pouvoir par son fils, alors qu'on est bien en
République et non dans les Royautés.
Quand Macron s'entête à faire partir son ambassadeur de Niamey à l'été 2023, il est dans un réflexe non contrôlé de la mission civilisatrice
française envers les peuples africains.
Il est convaincu en bonne foi de faire quelque chose de bien, pour le peuple du Niger. Il a été à ce point formaté par les idées racistes de Jules
Harmand qu'il n'arrive pas à se poser les bonnes questions de ce que cette prétendue mission civilisatrice a fait du peuple du Niger en deux
siècles de colonisation française, puisque le pays continue d'être classé comme le pays le plus pauvre du monde.
Il ne sert à rien de se battre contre les moulins à vent. Les penseurs racistes de la colonisation ont créé beaucoup de tort à l’Afrique, mais
surtout rendu incapables les colonisateurs français et britanniques de savoir tourner la page d’un passé qui ne finira pas de si tôt de les hanter.
Cela les a en plus rendus aveugles et incapables de voir que l’histoire d’une nouvelle Afrique est en train de s’écrire sans le Royaume Uni, et
sans la France et la Russie n’y est pour rien.
Jean-Paul Pougala
Vendredi le 19 septembre 2025
PS : ci joint, 5 livres en pdf à télécharger sur Jules Harmand
N.B : Pour télécharger le livre "Domination et Colonisation" de Jules Harmand, cliquez sur ce lien : [Link]
content/uploads/2017/09/1910_Harmand_Domination-et-colonisation_Gal.pdf
Mots clés
#Quand l’élite française aveuglée par les théories racistes des penseurs coloniaux français prônant l’élimination culturelle et politique des Africains ne
voit pas qu’une nouvelle Afrique est en train de se construire sans la France, sans l'Europe.
Téléchargements #Jules Harmand - Domination et [Link] #Exploration coloniale au Laos - Harmand [Link]
#Harmand Jules, La passion de la Cochinchine - Segment 046 de 02-XVI-XIX° [Link] #[Link]
#Jules français Harmand [Link]
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