Chapitre III: Le compte et le principe de la comptabilité en
partie double et l’organisation comptable
I- Le compte et principe de la partie double
Le compte peut être défini comme étant l'unité comptable de base à tous les stades du travail
comptable.
Lorsqu'il se présente de façon distincte, il prend la forme d'un tableau dont la partie gauche s'appelle
débit et la partie droite s'appelle crédit.
Dans chacune des parties d'un compte, chaque opération est datée et expliquée par un libellé.
Un compte pris individuellement n'est pas nécessairement équilibré.
Un compte peut donc présenter trois situations
1- Le total des débits est supérieur au total des crédits, la différence constitue un solde débiteur.
Exemple
02/02/18 Alimentation caisse 500,000 D
03/02/18 Achat livre en espèces 20,000 D
05/03/18 Achat fournitures de bureau en espèces 75,000 D
Travail à faire : Arrêter le compte caisse au 31/03/18.
Débit COMPTE 54 CAISSE Crédit
Libellés des
Dates Montants Dates Libellés des opérations Montants
opérations
02/02/18 Alimentation caisse 500,000 03/02/18 Achat livre 20,000
(Retrait de la banque) 05/03/18 Achat fournitures de bureau 75,000
Total au 31/03/98 95,000
Solde débiteur au 31/03/98 405,000
Total 500,000 Total 500,000
2- Le total des crédits est supérieur au total des débits, la différence constitue un solde créditeur.
Exemple
04/01/18 Achat marchandises à crédit auprès de Z 5 000,000 D
05/01/18 Remis une traite acceptée à Z 10/01/18 3 000,000 D
Remis chèque au fournisseur Z 1 000,000 D
Travail à faire
Arrêter le compte fournisseur Z au 31/01/18
Débit Fournisseur Z Crédit
Libellés des
Dates Montants Dates Libellés des opérations Montants
opérations
05/01/18 Remis traite au 04/01/98 Achat marchandises 5 000,000
fournisseur Z
3 000,000
10/01/18 Remis chèque 1 000,000
Total au 31/01/98 4 000,000
Solde créditeur 1 000,000
TOTAL 5 000,000 TOTAL 5 000,000
3- Le total des débits est égal au total des crédits, la différence est nulle, le compte est dit soldé.
1
Exemple : Poursuivons l'exemple précédent en ajoutant l'opération suivante : le 05/02/18 payé en
espèces 1 000 D à Z.
Débit Fournisseur Z Crédit
Libellés des
Dates Montants Dates Libellés des opérations Montants
opérations
05/01/18 Remis traite au 3 000,000 04/01/98 Achat marchandises 5 000,000
fournisseur Z
10/01/18 Remis chèque 1 000,000
05/02/18 Espèces à Z 1 000,000
TOTAL 5 000,000 TOTAL 5 000,000
En tant qu'outil de base du travail comptable , le compte fait l'objet d'une large standardisation
dans le cadre d'une nomenclature générale dite plan des comptes de référence ou
nomenclature comptable. Cette standardisation attribue à chaque compte un numéro et un
intitulé. La normalisation à la fois par le numéro et par l'intitulé des comptes permet de bien
structurer le plan des comptes et de bien distinguer la nature de chaque compte.
Ainsi, tout compte dont le numéro commence par le chiffre 1 est un compte de capitaux propres ou de
passifs non courants. On reconnaît un compte d'actifs non courants par un code commençant par le
chiffre 2. Un compte de stocks commence par le chiffre 3 ; un compte de tiers commence par le chiffre
4 ; un compte financier commence par le chiffre 5 ; un compte de charges commence par le chiffre 6 ;
un compte de produits commence par le chiffre 7.
II- Processus comptable
élémentaire
Un processus est un cheminement qui correspond au déroulement rationnel d'un travail représenté
par une suite d'opérations jusqu'à la réalisation du produit final. Un processus regroupe l'ensemble
des transformations (agencées de façon logique) permettant de réaliser un produit.
Après l'apparition de la partie double, il restait aux comptables d'organiser leur travail de sorte à le
doter des meilleures sécurités possibles.
Ainsi, il fallait
- Pouvoir vérifier quelles sont les opérations qui ont été saisies en comptabilité ;
- Assurer que toute opération saisie est convenablement traitée jusqu'à sa présentation dans
les états de synthèse : bilan et état de résultat notamment ;
- Se donner la possibilité de vérifier l'exactitude arithmétique des traitements et la bonne
justification des comptes.
Le processus consistant à saisir les opérations l'une à la suite de l'autre dans un ordre
chronologique offre une liste des opérations saisies qui permet de contrôler l'exhaustivité des
opérations comptabilisées.
Le report des écritures saisies du journal aux comptes individuels (qui forment ce qu'on appellera le
grand livre) permettra d'avoir des comptes par tiers, par élément d'actifs ou de passifs et de capitaux
propres ainsi que par nature de charges ou de produits.
La récapitulation de l'ensemble des comptes en totaux ou mouvements et soldes permet d'établir ce
que l'on désignera par balance qui permet de s'assurer que toute l'arithmétique comptable est exacte.
Après vérification, contrôle, rectification et ajustement des comptes, une nouvelle balance est
établie en vue de construire les états financiers de l'exercice.
Le processus comptable comprend les étapes suivantes
Le journal.
Le grand livre.
2
La balance.
La justification et le contrôle des comptes : è Journal è Grand livre è Nouvelle balance.
Les états financiers.
Section 1. Le journal
Très rapidement, les qualités du journal ont fait qu'il est devenu le livre de base en comptabilité, le
livre comptable le plus important. Mais tout d'abord, voyons comment il se présente.
Sous-section 1. Présentation du journal
Le journal est un livre dont les pages sont prénumérotées. Il constitue le registre des écritures de
saisie des données comptables. Chaque transaction, chaque événement qui entraîne un
changement dans les actifs, les passifs ou les capitaux propres est pris en compte en
comptabilité par une écriture au journal.
Son tracé usuel s'établit comme suit
Zone de
passation
d’une écriture
1
comptable
Zone de mention des Montants Montants
numéros des comptes débités crédités
Chaque opération est comptabilisée par une écriture. Chaque écriture est séparée par deux traits.
Chaque écriture comprend
une date,
un ou plusieurs comptes débités et leurs montants
respectifs, En assurant la stricte égalité
entre les montants débités et
un ou plusieurs comptes crédités et leurs
les montants crédités
montants respectifs,
un libellé explicatif et justificatif de l'écriture portée dans le
journal. Sous-section 2. Réglementation relative au journal
Le journal est un livre comptable dont la forme et les règles de tenue sont fixées par la loi en vertu de
laquelle les écritures sont comptabilisées dans le journal sous une forme définitive.
Forme légale du journal : Le journal est un livre cousu, coté et paraphé par une autorité
administrative avant qu'aucune écriture n'y soit portée. Lorsque l'entreprise utilise l'informatique,
seuls les totaux mensuels du journal édité par l'ordinateur sont reportés sur le journal tenu à la main.
Règles légales de tenue du journal : Le journal doit être tenu avec beaucoup de soin sans blanc,
ni rature, ni grattage, ni surcharge, ni altération d'aucune sorte.
Sous-section 3. Totalisation des pages du journal
Chaque page du journal doit être totalisée à l'encre en bas de page.
Le total de chaque page est reporté à l'encre en haut de la page suivante:
3
Page 1 Page 2
Report xxx xxx
A reporter A reporter
On doit s'assurer tout au long de la tenue du journal en permanence de la stricte égalité entre le total
des débits et le total des crédits.
Les écritures du journal sont reportées dans les comptes à deux colonnes qui forment ce qu'on
appelle le grand livre.
Sous-section 4. Les fonctions comptables et juridiques du journal Dans
toute comptabilité, le rôle du journal apparaît comme étant primordial.
L'importance du journal a un double fondement
un fondement de technique comptable,
et un fondement juridique.
Fondement de technique comptable : Le journal se présente comme un instrument d'analyse
comptable des opérations de l'entreprise. Il a un rôle technique essentiel.
Il décrit les opérations effectuées dans l'ordre où elles ont été constatées, et la suite des égalités
comptables qui les ont exprimées, pour que l'on puisse s'assurer de l'exactitude des traductions
comptables et de leurs conséquences.
Fondement juridique : En droit, il ne suffit pas d'affirmer un fait, encore faut-il le prouver. C'est le
journal qui fournit cette preuve, parce que c'est lui qui décrit les opérations effectuées par l'entreprise,
une par une, de façon précise, définitive, à la date de l'opération parmi les autres opérations du
même jour.
Ainsi, le Grand livre affirme alors que le journal prouve.
Aussi, doit-on veiller à observer scrupuleusement l'ensemble des règles techniques et juridiques
régissant le journal
Trois règles techniques :
1) Le tenir à jour.
2) Formuler chaque opération en égalité comptable.
3) Vérifier l'exactitude des formules ou écritures en totalisant membre à membre les égalités et
en constatant l'égalité des totaux.
Trois règles juridiques :
1) Faire parapher le journal déjà coté avant tout usage pour empêcher toute substitution ou
reconstitution tardive.
2) Tenir le journal de telle sorte qu'aucune écriture ne puisse être supprimée, modifiée, effacée ou
ajoutée sans que cette altération ne vienne entacher le journal d'irrégularité de nature à le rendre
sans effet.
3) Enregistrer chronologiquement les transactions et événements constatés.
Section 2. Le grand livre
Le grand livre comprend tous les comptes de l'entreprise. Il est utilisé pour classer et synthétiser les
transactions et pour contrôler la fiabilité et la validité des comptes.
C'est grâce au grand livre qu'on obtient les informations agrégées qui vont servir à établir la balance et
les états financiers (exemples : total des ventes, total des achats ou des achats consommés, etc...).
Les comptes du grand livre peuvent être des comptes de bilan (permanents) ou des comptes de
gestion (temporaires).
Les comptes de bilan comprennent les comptes des classes 1 à 5 : Les comptes d'actifs, les
comptes de passifs et les comptes de capitaux propres qui apparaissent au bilan. Ces comptes ne
4
sont pas soldés à la fin de l'exercice comptable. Les soldes de fin de période des comptes de
bilan sont repris à la réouverture de l'exercice suivant.
En revanche, les comptes de gestion qui sont les comptes de charges et de produits sont
soldés après avoir servi à déterminer le résultat. Ils sont transférés pour solde en fin d'exercice
dans le compte «13 Résultat de l'exercice».
Plusieurs présentations des comptes du grand livre sont possibles
Première présentation
DÉBIT COMPTE CRÉDIT
Date Libellé de l'opération Montant Date Libellé de l'opération Montant
Solde créditeur au Solde débiteur au
TOTAL TOTAL
Deuxième présentation
COMPTE
Montants
Date Libellé de l'opération
Débits Crédits
Solde créditeur ou débiteur au
TOTAL
Troisième présentation
COMPTE
Mouvements
Date Libellé de l'opération Soldes
Débits Crédits
... ... ... ... ...
... ... ... ... ...
... ... ... ... ...
TOTAL
... ... ...
Les entreprises utilisent différentes couleurs de comptes pour distinguer visuellement entre les
différents types de comptes.
Ainsi, on peut utiliser des couleurs différentes pour distinguer entre les types de comptes suivants
- Comptes de bilan et comptes de gestion.
Comptes de bilan, comptes de charges et comptes de produits, etc...
Report des écritures du journal au grand livre :
Le report des écritures du journal aux comptes du grand livre s'effectue selon la méthode de travail
suivante
1) On reporte sur chaque compte les écritures, qui le concernent : soit en suivant l'ordre des
écritures du journal en changeant à chaque fois de compte, soit en reportant sans interruption
l'ensemble des écritures concernant le même compte.
On mentionne sur le compte du grand livre
la date de l'opération,
le folio du journal (ou numéro de page du journal). Cette indication importante en pratique
puisqu'elle permet de naviguer du grand livre au journal est, généralement, négligée dans les
exercices d'application,
le libellé de l'opération,
le montant.
5
2) On indique au journal, par un code ou tout autre signe conventionnel du type 4 placé auprès de
la somme reportée que le report a bien été effectué au grand livre.
3) On s'assure ensuite, par la revue des colonnes du journal, que toutes les sommes ont été bien
cochées et donc reportées aux comptes du grand livre.
Une fois tous les reports réalisés, on procède à l'arrêté de chaque compte du grand livre, en totalisant
les mouvements débits et crédits de chaque compte pour en dégager le solde, en vue d'établir la
balance des comptes.
Ainsi, les comptes du grand livre seront récapitulés dans un état appelé balance.
Section 3. La balance
L'ensemble des comptes du grand livre sont regroupés dans un document appelé balance dans l'ordre
des codes du plan des comptes de l'entreprise. La sous-totalisation des comptes de bilan ainsi que
la sous-totalisation des comptes de gestion rendent le résultat immédiatement lisible sur la balance
soit
En cas de bénéfice
(1) Σdes soldes débiteurs des comptes de bilan - Σ des soldes créditeurs des comptes de
bilan Bénéfice.
(2) Σ des soldes créditeurs des comptes de gestion - Σ des soldes débiteurs des comptes de gestion
Bénéfice.
Le bénéfice dégagé par différence entre les comptes de bilan et celui dégagé par différence entre
les comptes de gestion, comptes de produits et comptes de charges, sont strictement égaux.
En cas de perte ou de déficit
(1) Σ des soldes créditeurs des comptes de bilan -Σdes soldes débiteurs des comptes de bilan
Perte ou déficit.
(2) Σdes soldes débiteurs des comptes de gestion - Σ des soldes créditeurs des comptes de
gestion Perte ou déficit.
Le déficit dégagé par la différence entre les comptes de bilan est le même que celui
dégagé par différence entre les comptes de gestion.
Balance au
Soldes de fin de
Soldes d'ouverture Mvts. de l'exercice Total des Mvts
Liste des comptes période
Débiteurs Créditeurs Débit Crédit Débit Crédit Débiteurs Créditeurs
Comptes des classes
5
Total des comptes de DB CB
bilan
Comptes des classes
et
7
Total des comptes de DG CG
gestion
Total général TD TC
TD DB + DG = TC CB + CG
DB - CB résultat bénéficiaire = CG – DG
6
CB - DB Résultat déficitaire DG - CG
Exemple : Soit la balance de la société KLM établie au
31/12/N. Balance au 31/12/N
Liste des comptes Mouvements Soldes
Crédit Débiteurs Créditeurs
108 Compte de l'exploitant 280.000 280.000
2282 Equipements de bureau 20.000 20.000
37 Stocks de marchandises 306.000 114.400 191.600
401 Fournisseurs d'exploitation 240.000 240.000
404 Fournisseurs d'immobilisations 20.000 20.000
411 Clients 100.000 100.000
532 Banque 403.000 51.050 351.950
54 Caisse 10.000 10.000
Sous-total des comptes de bilan 839.000 815.450 563.550 540.000 résultat = + 23.550
603 Achats consommés 114.400 16.000 98.400
□
606 Achats non stockés mat. et fourni. 450 450
613 Locations 1.000 1.000 Concordance
64 Charges de personnel 600 600
Totale
707 Ventes de marchandises 20.000 143.000 123.000
□
755 Escomptes obtenus 1.000 1.000
Sous-total des comptes de gestion 136.450 160.000 100.450 124.000 résultat = + 23.550
Total général 975.450 975.450 664.000 664.000
La balance possède des propriétés arithmétiques simples : La somme du total des mouvements
de débits est égale à la somme du total des mouvements de crédits et le total des soldes
débiteurs est égal au total des soldes créditeurs. Et surtout, la balance permet par la vérification
de la stricte concordance entre les totaux du journal et les totaux des mouvements de la balance
de présumer l'exactitude arithmétique des travaux comptables.
La balance est un instrument de récapitulation et de contrôle qui permet de s'assurer qu'à tout
débit enregistré correspond un crédit d'égal montant.
Les soldes de la balance mettent en évidence la liaison entre le résultat de l'exercice tel qu'il ressort
des comptes de gestion d'une part et le résultat tel qu'il ressort du bilan d'autre part
Variation des capitaux Propres Résultat (Produits - Charges)
La balance permet de fournir une synthèse des chiffres (montants cumulés et soldes de chaque
compte à une date donnée) servant à l'élaboration des états financiers.
Section 4. La justification et le contrôle des comptes
L'établissement de la balance à partir des comptes du grand livre permet d'avoir l'assurance de
l'exactitude arithmétique du travail comptable.
Fort de cette présomption d'exactitude arithmétique, le comptable va pouvoir procéder à la
vérification des comptes un à un. Cette vérification va l'amener à corriger les erreurs éventuellement
identifiées et à ajuster certains comptes pour assurer un bon rattachement de toutes les opérations à
leur période comptable ou exercice.
Les écritures complémentaires de rectification et d'ajustement viennent compléter le journal. Elles sont
reportées dans le grand livre et une nouvelle balance vérifiée ou après inventaire est établie. Cette
nouvelle balance va servir de document de base à partir duquel on va construire les états financiers.