Dissertation : « Erreur cause de nullité du mariage »
Introduction
Le mariage, bien qu'étant un acte juridique, ne se réduit pas à un simple contrat. Il repose avant tout
sur l'engagement libre et volontaire des futurs époux. L'article 146 du Code civil énonce clairement
cette exigence : « Il n’y a pas de mariage, lorsqu’il n’y a point de consentement. » Le consentement
des futurs époux doit être à la fois libre et exempt de vices. L’intégrité du consentement constitue
donc une condition sine qua non de la validité du mariage. Au-delà de la vérification de l'absence de
vices, le droit français exige l’existence même du consentement des époux.
La liberté du consentement est l’un des fondements du mariage en droit français. Il s'agit en effet
d’un droit subjectif de la personnalité, ce qui signifie qu'il ne peut être soumis à des restrictions
arbitraires. Ce droit garantit à chacun la liberté de choisir entre le célibat, le mariage, le PACS ou le
concubinage. L’importance de ce principe a été réaffirmée par le Conseil constitutionnel, dans sa
décision du 22 juin 2012 (n° 2012-261), déclarant l'article 180 du Code civil conforme à la
Constitution, à la suite d’une question prioritaire de constitutionnalité.
Toutefois, bien que le mariage soit un acte fondamentalement libre, il n’échappe pas à l’influence du
droit des contrats. À ce titre, les vices du consentement prévus à l’article 1109 du Code civil
s’appliquent également au mariage. Le consentement doit être exempt d’erreur, de violence ou de
dol. Néanmoins, étant donné que le mariage n'est pas un contrat comme les autres, certaines
adaptations sont nécessaires. Par exemple, si le dol n’est pas envisageable dans le cadre du mariage
(selon la maxime de Loysel : « en mariage, trompe qui peut »), l’erreur reste une cause de nullité,
mais elle prend une forme particulière dans le mariage.
L’erreur sur la personne ou sur les qualités substantielles de la personne constitue un vice du
consentement spécifique au mariage, tel qu’établi par l’article 180 du Code civil, reprenant une
jurisprudence ancienne (arrêt Berthon, Cass. ch. réun., 24 avril 1862). Ainsi, si l’un des époux a été
victime d’une erreur sur la personne ou sur des qualités substantielles de l'autre, il peut demander la
nullité du mariage. En outre, l’article 180 du Code civil précise que cette demande de nullité ne peut
être faite que par les époux eux-mêmes, ou par celui dont le consentement a été vicié.
Le respect de l'intégrité du consentement dans le mariage doit être effectif, et cela passe par une
sanction sévère. L’annulation du mariage pour cause de vice du consentement vise à protéger la
validité de l’union et à garantir qu’elle soit réellement l’expression de la volonté libre et éclairée des
époux. La nullité, qu’elle soit relative ou absolue, a les mêmes conséquences : elle entraîne
l’annulation de l’acte du mariage. Les tempéraments apportés par la notion de mariage putatif
permettent de mieux encadrer ces situations, tout en restant fidèle à l’idée qu’un mariage doit
toujours être une union volontaire entre deux personnes pleinement conscientes de leur
engagement.
Ainsi, le droit français stigmatise l'erreur comme un vice du consentement dans le mariage (I) et en
assure la protection par la nullité du mariage (II).
I. L’erreur, vice du consentement
A) Erreur sur la personne
B) Erreur sur les qualités essentielles de la personne
II. La sanction : la nullité relative
A) Condition de mise en œuvre
B) Effets de la nullité