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Memoire Zouciz

Ce mémoire examine la passivité du juge congolais dans la répression des violations graves du droit international humanitaire en République Démocratique du Congo, en analysant les causes et les impacts de cette situation. Il propose également des pistes de solution pour renforcer l'efficacité du système judiciaire congolais face à l'impunité des crimes internationaux. L'étude s'appuie sur des méthodes exégétiques et sociologiques pour évaluer les défis juridiques et structurels rencontrés par la justice congolaise.

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Memoire Zouciz

Ce mémoire examine la passivité du juge congolais dans la répression des violations graves du droit international humanitaire en République Démocratique du Congo, en analysant les causes et les impacts de cette situation. Il propose également des pistes de solution pour renforcer l'efficacité du système judiciaire congolais face à l'impunité des crimes internationaux. L'étude s'appuie sur des méthodes exégétiques et sociologiques pour évaluer les défis juridiques et structurels rencontrés par la justice congolaise.

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i

UNIVERSITE KONGO
FACULTE DE DROIT

LA PASSIVITE DU JUGE CONGOLAIS DANS LA


REPRESSION DES VIOLATIONS GRAVES DU DROIT
INTERNATIONAL HUMANITAIRE : CAUSES,
IMPACTS ET PERSPECTIVES POUR UNE JUSTICE
PLUS ACTIVE

Présenté par :
NSUNGU LUBOKO Exaucée
Diplômée d’Etat

Mémoire présenté et défendu en vue de


l’obtention du grade de licencié en droit

Directeur : Jean-Baptiste SIANGANU


Professeur
Rapporteur : Jeancy NSALA
Assistant

ANNEE ACADEMIQUE 2024 - 2025


i

EPIGRAPHE

« Ce ne sont pas les lois qui font la justice, mais les hommes
chargés de les appliquer ».

Nelson MANDELA (président de l’Afrique du Sud 1994-1999)


ii

DEDICACE

À mes très chers parents, Albert LUBOKO NZUIKI et Brigitte


MAKELE DITONA, pour leur amour, leurs sacrifices et leur soutien
inconditionnel, qui ont été la source de ma force tout au long de mon
parcours.
iii

REMERCIEMENTS

La concrétisation de ce travail est la conjugaison du soutien matériel, moral et


financier de plusieurs personnes qu’il me tient à cœur de remercier sincèrement.

J’exprime ma profonde gratitude à Monsieur le Professeur Jean-Baptiste


SIANGANU ainsi qu’à Monsieur l’assistant Jeancy NSALA MONOKIBENI,
respectivement Directeur et Rapporteur de ce travail pour l’encadrement bienveillant
qu’ils m’ont apporté au cours de la rédaction de ce travail.

Je remercie mes frères et sœurs, Glodi NDELO, Aldo NZUIKI, Prefina


TSANA, Princia LUBOKO et samuela ZOVO pour leurs encouragements constants.

J’exprime également toute ma gratitude à toutes les personnes qui ont, d’une
façon ou d’une autre, concouru à la réalisation de ce travail, notamment : Wilby
LUMPUNGU, Cléopas NDANGI, Jean-David Emmanuel MUKEBA, Laurence ZOVO,
Salem MAKASI, Etervie MAKASI et Divin BIANDA dont la présence bienveillante et
les encouragements ont éclairé chaque étape de ma formation à l’université KONGO.

Enfin que toutes les personnes qui, de près ou de loin, m’ont soutenu dans la
réalisation de ce travail, veuillent ici trouver l’expression de ma profonde reconnaissance.

Exaucée-Véronique NSUNGU LUBOKO


iv

ACRONYMES, SIGLES ET ABRÉVIATIONS

TPIY : Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie

CPI : Cour pénale internationale

CICR : Comité international de la Croix rouge

R.D.C : République démocratique du Congo

ONU : Organisation de Nations-Unies

ART : Article

CJM : Code judiciaire militaire

ART : Article

CPM : Code pénal militaire

CIJ : Cour internationale de justice

TGM : Tribunal militaire de garnison

BDP : Bureau du procureur

ONG : Organisation non gouvernementale

RCA : République centrafricaine

FARDC : Forces armées de la République démocratique du Congo

N° : Numéro

UNIKIN : Université de Kinshasa


v

OP CIT : Opus citatum

LOC.CIT : Loco citato

IBIDEM : Ouvrage précédemment cité

UCB : Université Catholique de BUKAVU


1

INTRODUCTION
La présente introduction comprend la problématique, les
hypothèses de recherche, l’intérêt du sujet, les méthodes de recherche, le
choix et l’intérêt du sujet ainsi que les techniques mises en œuvre pour cette
recherche, une délimitation du champ de l’étude ainsi qu’une annonce du
plan.
1. Problématique de l’étude
L’impunité est, dans la Constitution de la République démocratique
du Congo, rangée parmi les corollaires de l’injustice à l’origine de l’inversion
générale des valeurs et de la ruine du pays. Or depuis plus de deux décennies,
la RD Congo est le théâtre des crimes odieux : crimes de guerre, crimes
contre l’humanité – pour ne citer qu’eux- perpétrés à l’occasion des conflits
armés qui ensanglantent ses régions orientales.
Ces crimes qualifiés des plus graves et, heureusement
imprescriptibles, appellent justice et réparation. C’est à juste titre que M.
NYABIRUNGU décrivant l’environnement international pour le moins
brouillé estime qu’« à l’occasion des événements tragiques qui ont
bouleversé le monde, qu’il s’agisse des guerres, des conflits internes ou des
génocides, justice a toujours été réclamée mais rarement rendue1».
C’est bien une redondance que l’histoire récente de la République
démocratique du Congo est émaillée d’une spirale de conflits armés
caractérisés par des violations massives de droits de l’homme et du droit
international humanitaire. La répression de ces violations des droits de
l’homme s’impose avec une acuité singulière en R.D.C d’autant qu’elle
s’avère une condition impérieuse de la restauration de la paix. Car, la
population civile, la plus grande victime de ces conflits armés, voudrait, en
plus des négociations politiques, voir réprimer les graves violations dont elle
est victime.

1
NYABIRUNGU mwene SONGA, Droit International Pénal. Crimes contre la Paix et la sécurité de l’humanité,
Editions Droit et Société « DES », Kinshasa, 2013, p. 8.
2

Cependant, au regard l’envergure des crimes internationaux, de la


complexité du contexte de leur perpétration ainsi que de la situation politique
et sécuritaire volatile de la R.D.C., le système judiciaire congolais semble
bien souvent dépassé.
C’est justement en vue d’adapter et revigorer le système judiciaire
congolais et d’éluder en même temps la passivité du juge congolais face à
l’impunité de ces crimes internationaux que le gouvernement congolais a
entrepris un mouvement de réforme des institutions judiciaires. Dans ce
cadre, une nouvelle architecture en termes d’organisation et de compétences
judiciaires a été mise en place à travers l’adoption d’un nouveau code pénal
militaire, de suite de la ratification du traité de Rome portant Statut de de la
Cour pénale internationale (CPI) ainsi que l’intégration dans la loi n° 15/022
du 31 décembre 2015 modifiant et complétant le Décret du 30 janvier 1940
portant Code pénal congolais des crimes internationaux tels que définis par le
Statut de Rome2 .
La présente étude qui est axée sur la passivité du juge congolais
dans la répression des crimes internationaux se veut une analyse critique des
causes de la non application par le juge congolais des outils de répression des
crimes internationaux à sa portée.
Elle tente de répondre aux préoccupations fondamentales relatives à
la léthargie du juge congolais face aux crimes internationaux perpétrés en
République Démocratique notamment au cours des guerres qui ravagent les
contrées orientales de ce pays.
Elle propose, au-delà, des pistes de solution à la situation
d’impunité des crimes internationaux commis en RDC dans la perspective
d’une justice plus active.
Telles sont les préoccupations auxquelles nous allons répondre dans
les lignent qui suivent.
2. Hypothèses de recherche

2
GININGAKPIO MIUDIPALO D., Etude Critique du système congolais de répression des crimes internationaux :
considérations sur les crimes commis par les rebelles ougandais de la LRA, disponible sur https ://www.ijisr.issr-
journals.org/ consulté le 20 avril 2025.
3

En réponse à ces questions, nous partons des hypothèses selon


lesquelles l’opinion publique, relativement à la répression des crimes
internationaux, serait insatisfaite et désenchantée vis-à-vis de la justice
congolaise. Cette attitude s’expliquerait par des facteurs aussi bien endogènes
qu’exogènes au système judiciaire congolais.
Pour pallier les faiblesses du système congolais de répression des
crimes internationaux, il faudrait d’une part réformer l’organisation,
fonctionnement et les compétences des juridictions congolaises en
reconnaissant aux juridictions de droit commun une compétence d’attribution
exclusive en matière de crimes internationaux, renforçant les garanties du
droit à un procès équitable, augmentant le budget de fonctionnement de la
justice et en veillant à promouvoir la coopération judiciaire entre les Etats
affectés par les rébellions, notamment celle de l’armée de résistance du
Seigneur, en mettant sur pied une commission mixte d’enquêtes composée
des experts et juristes de ces Etats3.

3. Intérêt de l’étude

L’intérêt de la présente étude est double: théorique et pratique


Théoriquement, l’étude dresse un état des lieux de la réponse
judiciaire congolaise aux crimes internationaux commis en RDC en
répertoriant les défis et obstacles de nature juridique, logistique, structurelle
et politique qui plombent la poursuite des crimes internationaux en R.D.C.
Sur le plan pratique, l’étude prospecte la nouvelle grille de
l’organisation judiciaire congolaise en matière de répression des crimes
internationaux dans le but d’aguerrir le juge congolais qu’il convient
d’affranchir de sa torpeur face aux crimes internationaux perpétrés en RDC
qui nécessitent l’implémentation d’une justice plus active. Méthodes et
techniques de recherches utilisées
Deux méthodes ont essentiellement été mises en exergue dans la
réalisation de la présente étude. D’une part, la méthode exégétique, nous a
3
GININGAKPIO MIUDIPALO D., Etude Critique du système congolais de répression des crimes internationaux, op cit.
4

permis d’analyser certains textes nationaux ; en l’occurrence, la Constitution


de 2006 telle que modifiée à ce jour, la Loi n°06-018 du 20 juillet 2006
complétant et modifiant le décret de 30 janvier 1940 portant code pénal
congolais etc., et différents instruments internationaux ratifiés par la
République Démocratique du Congo notamment le statut de Rome, etc…
D’autre part, la méthode sociologique nous a permis à travers des enquêtes de
terrain de recueillir les points de vue de la population civile à travers les
agrégats consultés sur les causes de la passivité du juge congolais face aux
crimes internationaux et les palliatifs idoines à y apporter.
Ces deux méthodes ont été épaulées par la technique documentaire
ayant consisté en la consultation des textes juridiques nationaux
internationaux, des ouvrages tant généraux que spécifiques, des articles de
revues, des travaux scientifiques et autres documents contenant les
informations en la matière sous examen.
4. Délimitation du champ de l’étude
Pour bien cerner le sens et la profondeur de la présente thématique,
il est important de cadrer la présente recherche dans un contour spatio-
temporel.
Dans l’espace, l’étude porte sur la République Démocratique du
Congo, car c’est le lieu de la commission des crimes internationaux.
Dans le temps, l’étude va de 2002, année de ratification par la RDC
du Statut de Rome à nos jours.
5. Plan sommaire
Pour des raisons de cohérence, la présente étude subdivise en deux
chapitres dont le premier traitera sur les notions generales sur les crimes
internationaux (Chapitre 1) et le second quant à lui examinera de la
répression des crimes internationaux perpètres en rdc par le juge congolais
(Chapitre 2).
5

CHAPITRE 1. NOTIONS GENERALES SUR LES CRIMES


INTERNATIONAUX
Le présent chapitre abordera trois sections dont le cadre général
(section 1), les crimes internationaux (section 2).
Section 1 Cadre général
Il convient de présenter tour à tour la genèse des crimes
internationaux (§1) et la notion des crimes internationaux (§2).
§1 Genèse des crimes internationaux
Historiquement, la pénétration du droit pénal dans l'ordre juridique
international est étroitement liée aux conséquences des guerres ou, plus
généralement, aux comportements anormaux perturbant la communauté
internationale dans son ensemble.
Comme les tribunaux nationaux, les juridictions internationales
doivent permettre de punir les coupables, de réparer les effets de leurs crimes
et d'éviter que l'impunité ne soit la règle lorsqu'il est question de violations
graves de droit de l'homme.
C'est ainsi que les premières tentatives en vue de poursuivre les
crimes internationaux remontent à la fin de la première guerre mondiale. Les
efforts entrepris ont permis d'abord la mise sur pied des tribunaux militaires
internationaux de Nuremberg et de Tokyo et plus tard, la naissance des
tribunaux internationaux pour l'ex-Yougoslavie et pour le Rwanda et de la
Cour pénale internationale.
Le premier crée par l'accord quadripartite de Londres du 8 Août
1945 (Royaume-Uni, URSS, Etats-Unis et la France), a son siège à
Nuremberg (Allemagne), pour « juger et punir de façon appropriée et sans
délais, les grands criminels de pays de l'Axe4 ».
Quant au tribunal de Tokyo, il vit le jour pour «le juste et prompte
châtiment des grands criminels de guerre de l'extrême orient par une
proclamation du commandant suprême des forces alliées, le 19 Janvier 1946.

4
MULUMBA NKELENDA E., Les poursuites pénales internationales, Kinshasa, Mars, 2008, p. 3.
6

Plus tard, le TPIY fut créé pour juger les personnes présumées
responsables de violations graves de droit international humanitaire
commises sur le territoire de l'ex-Yougoslavie depuis l'année 1991».
Il s'agit notamment des infractions graves aux conventions de
Genève de 1949, violation des lois et coutume de la guerre, génocide, et
crimes contre l'humanité.
Ensuite, suivra le Tribunal pénal international pour le
Rwanda(TPIR), habilité à juger les personnes présumées responsables de
violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire
du Rwanda et les rwandais présumés responsables de telles violations
commises sur le territoire d'Etats voisins entre le 1er Janvier et le 31
Décembre 19945.
Le traité de Rome, adopté le 17 Juillet 1998 et entré en vigueur le
er
1 juillet 2002 a marqué le paroxysme de ces poursuites par la création de la
Cour Pénale Internationale. Les crises humanitaires impliquant la
perpétration d'atrocités à grande échelle et pour faire face aux carences de
mécanismes répressifs existants ont conduit à une autre génération, celle des
juridictions internationalisées ou hybrides à ne pas confondre avec les
premières6.
Dans le prétoire, le système accusatoire privilégie la preuve
testimoniale et le plaidoyer de culpabilité.
§2. Notion des crimes internationaux
La notion de « crimes internationaux » recouvre un ensemble
hétérogène d’incriminations dont le caractère international tient « aux valeurs
protégées » qui seraient par nature des valeurs universelles touchant à la
dignité humaine, dont la protection relève de l’humanité tout entière, et non
de tel ou tel État en particulier. Le droit international est chargé de définir les
valeurs propres à l’humanité afin d’en interdire la violation et de sanctionner
pénalement les actes de tyrannie qui en sont la négation. En ce sens, les
crimes internationaux sont qualifiés comme tels car ils échappent aux limites
5
MUSHAGALUSA RWABASHI J.P., La poursuite des crimes internationaux devant les juridictions militaires
congolaises : analyses des garanties procédurales, UCB, Mémoire, Deuxième licence, fadroit, 2011, Inédit.
6
MULUMBA NKELENDA E., op.cit., p. 7.
7

du droit interne et constituent un danger pour la communauté internationale


dans son ensemble.
Les crimes internationaux se distinguent du fait criminel ordinaire
par la quantité massive des préjudices occasionnés aux personnes touchées,
mais ils s’en éloignent aussi par leur degré de violence et donc sa qualité :
intention élevée de malveillance, violence aggravée contre les populations
civiles, etc. Ils correspondent donc à des comportements hors normes
perpétrés dans un contexte de violences extrêmes, donnant faculté au droit
international humanitaire d’y trouver application.
Les crimes de droit international sont :
- Les crimes contre l’humanité ;
- Le crime de génocide ;
- Les crimes de guerre ;
- Le crime d’agression dont la définition a été récemment adopté au
cours de la Conférence de révision du Statut de Rome qui s’est tenue du
31 mai au 11 juin 2010 à Kampala en Ouganda.
Ces incriminations sont prévues au titre V du Code Pénal Militaire,
ainsi que par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale lequel, par sa
ratification par la RD Congo, fait partie intégrante de l’ordonnancement
juridique interne en vertu de l’article 153 de la Constitution.
Aussi en vertu de la hiérarchie des normes juridiques en droit
congolais, le Statut de Rome de la Cour pénale internationale a toujours été
préféré par les juridictions militaires. C’est donc essentiellement au travers de
cet instrument juridique international que seront analysés les éléments de ces
incriminations au travers de la jurisprudence des juridictions militaires7.
Section 2. Les crimes internationaux
Cette section portera sur les crimes de guerre et crime de génocide
(§1) et les crimes contre l’humanité et d’agression (§2).

7
EKOFO INGANYA M., La réparation des crimes internationaux en droit congolais, disponible sur http //www.
ASF.Be consulté le 12 juin 2025.
8

§1. Les crimes de guerre et crime de génocide


Tour à tour, nous allons analyser les crimes de guerre (1.1) et le
crime de génocide (1.2).
1.1. Les crimes de guerre
Le crime de guerre est l'ensemble des agissements qui
méconnaissent les lois et coutumes de guerre.8 Actuellement, des efforts
internationaux déployés pour prohiber certains comportements contraires à
ces lois et coutumes se sont concrétisés à partir essentiellement de la seconde
moitié du 19ème siècle avant de trouver un premier couronnement dans les
conventions de la Haye de 1849 et de 1907 et un second dans le statut du
Tribunal de Nuremberg (art.6.b). Dès Nuremberg, on a trouvé que les lois et
les coutumes de la guerre s'étaient cristallisées en droit coutumier.
Une autre définition nous est donnée par le statut de la C.P.I :«les
crimes de guerre incluent notamment les violations graves des lois et
coutumes applicables aux conflits armés,...».
Le droit de la guerre allait ensuite connaitre un développement
considérable sous l'impulsion du Comité International de la Croix Rouge
(CICR) avec les quatre conventions de Genève du 2 Août 1949, apportant la
démonstration que la distinction entre les lois et les coutumes de guerre et
droit international humanitaire étaient moins absolue qu'on ne le pensait.
Ces conventions de Genève forment donc une sorte de code du
crime de guerre sans que d'ailleurs le mot soit utilisé par elles, il sera employé
plus tard, par l'article 85 du Protocole Additionnel du 08 juin 1977.
Pour donner un aperçu du contenu de ces conventions, on dira que
l'article 3 de chacune d'elles commence par poser un certain nombre des
dispositions minimales applicables aux conflits armés y compris les conflits
armés non internationaux.
Se trouvent ainsi prohibés, en tout temps et en tout lieu, à l'égard
des personnes protégées par chaque instrument :

8
HUET A. et al, Droit pénal international, Paris, PUF, 3ème éd., 2005, p. 102.
9

- Les atteintes portées à la vie et l'intégrité corporelle notamment le


meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements
inhumains, les tortures et supplices ;
- Les prises d'otages ;
- Les atteintes à la dignité des personnes notamment les traitements
humiliants,...
C'est sur base de ces définitions que les Etats ont à leur tour, par le
biais du législateur, défini ces crimes en droit interne. S'agissant de la R.D.C,
depuis le code de justice militaire de 1972, le crime de guerre y était défini
comme «toutes les infractions aux lois du Zaïre qui ne sont pas justifiées par
les lois et coutumes de la guerre».
Il s'agissait d'une définition conforme à l'Accord de Londres du 08
Août 1945 qui le définissait comme «des violations des lois et coutumes de
guerre».
Par contre, le code pénal militaire congolais de 2002 le définit
comme «toutes infractions aux lois de la République commises pendant la
guerre et qui ne sont pas justifiées par les lois et coutumes de la guerre.
Contrairement à l'ordonnance de 1972, la nouvelle loi innove en
précisant que les infractions doivent être commises pendant la guerre. Elle
rencontre donc clairement le principe de la légalité et de l'incrimination
précise9 .
1.2. Le crime de génocide
La convention de l'ONU du 09 décembre 1948 pour la prévention et
la répression du crime de génocide le définit comme étant «l'un quelconque
des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie,
un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
a. Meurtre des membres du groupe,
b. Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale des membres du
groupe,

9
ROBERT J., et DUFFART J., Droit de l’homme et libertés fondamentales, Paris, 8ème éd. Montchretien, 2009, p. 276.
10

c. Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence


devant entrainer sa destruction physique totale ou partielle,
d. Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe,
e. Transfert forcé d'enfants d'un groupe à un autre10.
En tant que crime de droit des gens, le génocide apparait comme
une espèce particulière du genre humain que représente le crime contre
l'humanité. Il fait partie du droit international coutumier comme l'a rappelé la
Cour Internationale de Justice : « la norme interdisant le génocide constituait
assurément une norme impérative (jus cogens) ».
Comme le crime de guerre, le législateur congolais n'est pas resté
indifférent en matière du crime de génocide. La R.D.C étant partie à la
convention de 1948, le législateur, tout en mentionnant le génocide dans la
définition des crimes contre l'humanité, en a donné une définition
particulière. Par génocide, il faut entendre la destruction totale d'un groupe
ethnique, religieux ou politique. Cette définition critiquable de l'ancien code a
été énoncée par l'article 164 du code pénal militaire de 2002.
Le génocide s'apparente donc au crime contre l'humanité sans aucun
doute le plus grave. On retrouve en effet dans les mêmes infractions, la même
gravité extrême des actes commis, l'atteinte à la vie n'étant qu'une variété
parmi d'autres atteintes portées à l'homme, l'intention de l'auteur étant de
collaborer à une politique systématique d'anéantissement physique ou morale.
C'est donc des motifs discriminatoires sont plus nombreux dans le
crime contre l'humanité (raciaux, ethniques, religieux, sociaux, politique,
culturels...) que dans le génocide (nationaux, ethniques et religieux
seulement).
Ensuite, nous y constatons la même indifférence à la qualité de
l'auteur qui peut être un gouvernant, un fonctionnaire ou un particulier11.

10
Art. 2 de la convention de 1948 ; art. 6 du statut de Rome de la Cour Pénale internationale.
11
MUSHAGALUSA RWABASHI JP, op.cit.,P.06.
11

§2 Les crimes contre l’humanité et d’agression


L’analyse du présent paragraphe porte sur le crime contre
l’humanité (2.1) et le crime d’agression (2.2).
2.1. Le crime contre l’humanité
Selon le statut du Tribunal militaire de Nuremberg, « les crimes
contre l'humanité, c'est-à-dire, l'assassinat, l'extermination, la réduction en
esclavage, la déportation et tout autre acte inhumain commis contre toutes les
populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour
les motifs raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu'ils aient
été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la
compétence du tribunal ou en liaison avec ce crime».
Dans la foulée, un certain nombre d'instruments internationaux
reprirent la production des crimes contre l'humanité notamment les traités
signés par les alliés avec l'Italie, Roumanie, Hongrie, Bulgarie, et la
Finlande12. La première mention de ces crimes se trouve donc dans la ferme
condamnation par la France, le Royaume-Uni et la Russie des massacres
d'arméniens dans l'empire Otman.
C'est pourquoi il a été imaginé des tribunaux spéciaux pour juger
ces crimes sans localisation géographique précise, depuis la guerre des
puissances européennes de l'axe. C'est ainsi qu'à la demande de l'assemblée
générale, l'organisation des Nations Unies, la commission du droit
international adopta les principes de Nuremberg qui définissent les crimes
contre l'humanité en tant que crime de droit international.
Dans le nouveau code pénal militaire congolais, le crime contre
l'humanité est défini comme étant des« violations graves du droit
international humanitaire commises contre toutes populations civiles avant ou
pendant la guerre », d'où, il résulte une confusion d'avec les crimes de guerre.
Ainsi, cette matière n'est plus nouvelle dans l'arsenal juridique
congolais car elle est réglementée13.

12
CASSESSE A, International crimil low, Paris, Ed. Apedone, p. 74.
13
MUSHAGALUSA RWABASHI JP, op.cit., Inédit.
12

2.2. Le crime d’agression


Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale a prévu le crime
d’agression parmi les infractions rentrant dans la compétence de la Cour.
C’est au cours de la conférence de révision du Statut de Rome qui s’est tenue
à Kampala du 31 mai au 11 juin 2010 que les États présents à cette
Conférence ont adopté une définition du crime d’agression et le régime de
l’exercice de la compétence de la Cour à l’égard de ce crime.
Selon l’article 8 bis adopté à Kampala aux fins du présent Statut,
on entend par crime d’agression individuel la planification, la préparation, le
lancement ou l’exécution par une personne effectivement en mesure de
contrôler ou de diriger l’action politique ou militaire d’un État, d’un acte
d’agression qui, par sa nature, sa gravité et son ampleur, constitue une
violation manifeste de la Charte des Nations Unies.
En accord avec l’approche du droit international public, on entend
par acte d’agression l’emploi par un État de la force armée contre la
souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre
État ou de toute autre manière incompatible avec la
Charte des Nations Unies. Qu’il y ait ou non déclaration de guerre,
les actes suivant sont des actes d’agression au regard de la résolution 3314
(XXIX) de l’Assemblée générale des Nations Unies adoptée en date du 14
décembre 1974:
a) L’invasion ou l’attaque du territoire d’un Etat par les forces
armées d’un autre Etat, ou toute occupation militaire, même temporaire,
résultant d’une telle invasion ou d’une telle attaque, ou toute annexion par
l’emploi de la force du territoire ou d’une partie du territoire d’un autre Etat;
b) Le bombardement, par les forces armées d’un Etat, du territoire
d’un autre Etat, ou l’emploi de toutes armes par un Etat contre le territoire
d’un autre Etat ;
c) Le blocus des ports ou des côtes d’un Etat par les forces armées
d’un autre Etat ;
13

d) L’attaque par les forces armées d’un Etat contre les forces armées
terrestres, navales ou aériennes, ou la marine et l’aviation civiles d’un autre
Etat ;
e) L’utilisation des forces armées d’un Etat qui sont stationnées sur
le territoire d’un autre Etat avec l’accord de l’Etat d’accueil, contrairement
aux conditions prévues dans l’accord ou toute prolongation de leur présence
sur le territoire en question au-delà de la terminaison de l’accord ;
f) Le fait pour un Etat d’admettre que son territoire, qu’il a mis à la
disposition d’un autre Etat, soit utilisé par ce dernier pour perpétrer un acte
d’agression contre un Etat tiers ;
g) L’envoi par un Etat ou en son nom de bandes ou de groupes
armés, de forces irrégulières ou de mercenaires qui se livrent à des actes de
force armée contre un autre Etat d’une gravité telle qu’ils équivalent aux
actes énumérés ci-dessus, ou le fait de s’engager d’une manière substantielle
dans une telle action.
C’est à partir du 1er janvier 2017, date à compter de laquelle les
États parties devront prendre une décision pour activer la compétence que la
Cour pourra exercer sa compétence à l’égard du crime d’agression.
Le texte des articles 15 bis et 15 ter détermine les conditions
d’exercice de la compétence de la Cour à l’égard du crime d’agression et le
régime juridictionnel unique différent des autres crimes du Statut. Ces articles
définissent quand le Procureur de la Cour pénale internationale peut ouvrir
une enquête14.
§3 Les organes de poursuites
D’emblée, il convient de démontrer dans la présente section, la
compétence (§1) et l’exception aux règles de la compétence (§2).
3.1. De la compétence des juridictions en matière des crimes internationaux
Il sera question de déterminer dans le présent paragraphe, les
critères de compétence des juridictions nationales (A), la compétence des

14
EKOFO INGANYA M, op.cit., p. 16-17.
14

juridictions congolaises en matière des crimes internationaux (B) et enfin, la


mise œuvre des règles internationales (C).
A. Les critères de compétence des juridictions nationales
La compétence d'une juridiction, est l'aptitude légale à connaitre
d'une cause15. C'est donc le pouvoir reconnu à la juridiction d'instruire et de
juger un litige qui lui est déféré16.
Ainsi, les critères de compétence des juridictions nationales en
matière des crimes internationaux tiennent au principe de territorialité(1), de
la personnalité active et passive(2) ou de la compétence universelle(3).
1. Principe de la territorialité
La juridiction nationale de l'Etat où les crimes ont été commis est
compétente. C'est ainsi que l’Assemblée Générale des nations unies souligna
que les crimes internationaux, où qu'ils aient été commis et quel que soit le
moment, doivent faire objet de poursuite.
2. Les principes de personnalité active et passive
Dans le premier cas, sera compétente, la juridiction nationale de
l'Etat de l'auteur de l'infraction ; et dans l'autre, celle de la victime de
l'infraction.
3. La compétence universelle
Dans un souci de lutter contre l'impunité de ces crimes qui affectent
l'humanité tout entière, le concept de compétence universelle est venu
combler les bases trop restrictives du droit pénal (territorialité, personnalité
active et passive).
Tout Etat est tenu de rechercher les auteurs de crimes internationaux
; il est obligé, soit de les poursuivre pour ces faits, quelle que soit leur
nationalité, celle des victimes et le lieu où ces faits ont été perpétrés, soit de
les extrader17.

15
BOSLY H.D, Elément de droit de la procédure pénale, Bruxelles, Academia, bruylant, 1995, p. 196.
16
STEPHANI G et ALII, Procédure pénale, Paris, Dalloz, 1987, p. 395.
17
MUSHAGA LUSA RWABASHI JP, op.cit.
15

En matière de violations des droits de l'homme, l'Etat partie exerce


une compétence universelle inconditionnelle.
En résumé, au-delà des principes précités, dans le système de la
répression nationale, l'incrimination internationale peut être d'origine
coutumière ou conventionnelle. En ce dernier cas, l'incrimination sera directe
ou indirecte.
Elle est directe lorsqu'elle est directement instituée par une
convention internationale, et indirecte lorsqu'elle découle du droit interne sur
la base d'une obligation internationale18.

B. La compétence des juridictions congolaises en matière des crimes


internationaux
En vertu de la constitution du 18 février 2006, la justice en RDC est
rendue par les cours et tribunaux civils et militaires 19. Cependant, la
juridiction est admise comme étant le pouvoir de juger, de dire le droit
contesté entre parties, la compétence s'entend comme la mesure du pouvoir
qui lui appartient d'instruire et de juger un litige qui lui est déféré ; mieux
l'aptitude d'une juridiction déterminée à connaître d'un procès donné20.
En effet, au regard de l'état actuel du Droit congolais, seules les
juridictions militaires sont compétentes de juger les crimes internationaux. Ce
souhait n'est pas nouveau en droit congolais : les crimes internationaux ont
toujours relevés de la législation pénale militaire. Ils sont définis et prévus au
code de justice militaire de 1972 et par la suite au code pénal militaire de
2002 et leur répression étant dévolue au cours et tribunaux militaire par l'art
76 du code judiciaire militaire de 2002 et par les articles 161 et 162 du code
pénal militaire.
S'agissant de la compétence matérielle (ratione materiae), l'art 76 du
CJM 2002 dispose : les juridictions militaires connaissent, sur le territoire de

18
DAVID E, Eléments de droit pénal international et Européen, Bruxelles, Bruylant, 2009, pp. 712 et 896.
19
Art. 149 de la Constitution du 18 Février 2006 tel que modifié à ce jour.
20
KAMBALA MUKENDI J, Eléments de droit pénal militaire congolais, Kinshasa, Editions Universitaires Africaines, p.
65.
16

la RDC, des infractions d'ordre militaire punies en application du code pénal


militaire. Au regard de cette disposition, nous établissons le constat que la
compétence matérielle à l'égard des crimes internationaux pose problème en
Droit congolais. En effet, ces crimes ne constituent pas « stricto sensu » des
infractions d'ordre militaire.
Cependant, le seul tempérament que ce constat pourrait souffrir,
c'est le fait que leur définition n'est prévue qu'au seul code pénal militaire.
La même loi souligne qu'en cas d'indivisibilité ou de connexité
d'infractions avec ces crimes, les juridictions militaires sont seules
compétentes.
Quant à la compétence personnelle, elle est déterminée par la
qualité et le grade que porte le justiciable au moment de la commission des
faits (art 104 CJM). Son corollaire vient s'ajouter « les juridictions militaires
jugent les militaires et leurs assimilés».
Les dispositions du statut de Rome combinées de celles du CJM
2002 spécialement les articles 76, 80 à 81, 164 à 186 du CPM démontrent
clairement que les juridictions militaires sont compétentes de connaître des
poursuites déclenchées contre les auteurs des crimes internationaux, civils,
soient-ils, nationaux ou étrangers.
Quant à la compétence territoriale, l'article 97 du CJM dispose :
toute infraction dont un acte caractérisant l'un des éléments constitutifs a été
accompli en RDC est réputée commise sur son territoire. La juridiction du
lieu où cet acte a été commis sera en conséquence compétente21.
D'autres cas sont réglés par les conflits de compétence, renvoi pour
cause de suspicion légitime ou de sûreté publique, litispendance, connexité,
etc.
C. La mise en œuvre des règles internationales
Les poursuites engagées devant les juridictions nationales doivent
se conformer aux règles internationales les plus protectrices. En effet,
conduite au niveau national, la répression n'en trouve pas mois son
21
MUSHAGALUSA RWABASHI JP, op.cit., Inédit.
17

fondement dans le droit international. Cela conduit à rappeler que l'ordre


juridique interne n'est ici que l'instrument d'une répression qui obéit à une
logique internationale et dont les principes sont posés par les normes
internationales, principalement les sources conventionnelles22.
Cela se justifie par le fait que les Etats s'engagent ainsi notamment
par les différentes conventions portant définition de crimes internationaux, à
adapter leur droit interne aux objectifs fixés : «la prévention et la répression
de ces crimes, la soumission au droit international, en vertu du principe «
pacta sunt servanda » est donc sans équivoque.
L'obligation de prendre des mesures internes découle d'ailleurs
d'une obligation plus générale (celle de l'exécution de bonne foi des
engagements internationaux. Ainsi, dès lors qu'un Etat a ratifié un traité, il
contracte l'obligation de donner effet aux dispositions conventionnelles créant
ces obligations, au besoin par l'adoption des normes internes23.
Il s'agit d'ailleurs d'une obligation de nature coutumière, que la
Cour Permanente de Justice Internationale (C.I.J) a ainsi formulée : « un Etat
qui a valablement contracté des obligations internationales est tenu d'apporter
à sa législation, les modifications nécessaires pour assurer l'exécution des
engagements pris24 ».
3.2. Exceptions aux règles de la compétence
Il convient de noter qu’il se dégage des exceptions aux règles de la
compétence à l’endroit de Président de la République et le premier ministre.
Il est institué un Parquet Général près la Cour Constitutionnelle. Le
Parquet Général exerce les attributions qui lui sont dévolues par la Loi
organique portant organisation et fonctionnement de la cour constitutionnelle.
Il est placé sous l’autorité du Procureur Général près la Cour
Constitutionnelle. Le parquet général près la cour constitutionnelle est
compétente pour poursuivre les crimes de guerre, lorsqu’ils sont commis par
les justiciables de la cour constitutionnelle25.
22
ASCENSIO H et al. Droit International pénal, Paris, Ed.Apedone, 2000, p. 871.
23
ASCENSIO H et al., op.cit., p. 871.
24
MUSHAGALUSA RWABASHI JP, op.cit., Inédit.
25
Art. 12 de la loi organique n°133/026 du 15 octobre 2013 portant organisation et fonctionnement de la cour
constitutionnelle.
18

La Cour est la juridiction pénale du Président de la République et du


Premier Ministre pour les infractions politiques de haute trahison, d’outrage
au Parlement, d’atteinte à l’honneur ou à la probité ainsi que pour délit
d’initié. Elle connaît aussi des infractions de droit commun commises par
l’un ou l’autre dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions.
Elle est également compétente pour juger leurs coauteurs et complices.
Ainsi le président de la république et le premier ministre en cas de
la commission des crimes de guerre sont poursuivis devant la cour
constitutionnelle26.

26
MUNDEKE KASOMBA B, Poursuites et répression des crimes de guerre en droit congolais, Kinshasa, Fadroit,
Unikin, 2020, p. 17.
19

CHAPITRE 2. LA REPRESSION DES CRIMES INTERNATIONAUX


PERPETRES EN RDC PAR LE JUGE CONGOLAIS
Après avoir posé les bases conceptuelles et juridiques dans le premier
chapitre, il convient à présent d’aborder dans ce second chapitre, les principes
régissant la poursuite et la répression des crimes internationaux (section 1)
avant d’analyser les justifications de la passivité du juge congolais face à ces
crimes (section 2).
Section 1. Principes relatifs à la poursuite et à la répression des crimes
internationaux
Cette première section sera articulée autour de deux points
essentiels : D’abord, les différents principes régissant la poursuite des crimes
internationaux (§1), et ensuite, ceux relatifs à leur répression (§2).
§1. Les différents principes
Le présent paragraphe analysera le point ci-après : Principe de la
complémentarité (A), L’imprescriptibilité (B), La responsabilité exclusive de
la personne physique (C), L’irresponsabilité des mineurs (D), La
responsabilité pénale individuelle (E), L’impertinence de la qualité officielle
(F) et la responsabilité des supérieurs hiérarchiques (G).
A. Principe de la complémentarité
L'établissement de la paix dans le monde est l'un des objectifs que
vise le droit pénal international car la paix passe par la justice. Il se révèle
impérieux que dans les poursuites des faits gravissimes que sont les crimes
internationaux, les juridictions nationales collaborent avec celles
internationales dont l'indépendance et l'impartialité sont de moindre doute 27.
La CPI est complémentaire des juridictions pénales nationales, car il est
du devoir de chaque Etat de soumettre à sa juridiction criminelle les
responsables des crimes internationaux.
Le principe de la complémentarité met l’accent sur la responsabilité
première des juridictions nationales en matière de poursuite des crimes

27
KAMBALA MUKENDI J, op.cit., p. 72.
20

rentrant dans la compétence de la CPI, tout en prévoyant un remède quand


lesdites juridictions ne peuvent ou ne veulent pas remplir leurs objectifs28.

B. L’imprescriptibilité
Depuis le droit de Nuremberg et de Tokyo, en passant par la
convention des Nations Unies sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et
des crimes contre l’humanité du 26 novembre 1968, jusqu’au statut de Rome
de la CPI pour finir par la Loi n°15/022 du 31 décembre 2015 modifiant et
complétant le décret du 30 janvier 1940 portant code pénal, les crimes contre
la paix et la sécurité de l’humanité sont imprescriptible.
Ainsi l’article 34 bis du code pénal congolais dispose : « Les crimes
et les peines prévus par le titre IX relatif aux crimes contre la paix et la
sécurité de l'humanité sont imprescriptibles. Ils ne sont susceptibles ni
d'amnistie, ni de grâce29 ».
C. La responsabilité exclusive de la personne physique
Le vieux brocard « societas non delinquere potest » semble inspiré
positivement tant le droit national que l’ordre normatif international
universel, alors même que certaines lois particulières en droit congolais et de
l’ancienne jurisprudence internationale dégage une position spécifique. La
législation congolaise consacre exceptionnellement la responsabilité des
personnes morales du chef « d’infraction à la réglementation du change » et
de la société maritime. Alors qu’en droit international privé, l’expérience de
Nuremberg révèle quelques condamnations des organisations comme le
service de sûreté de Himmler (SD), la Gestapo, les corps des chefs du parti
NAZI, etc.30.
Seules les personnes physiques peuvent engager leur responsabilité
pénale devant les cours et tribunaux pour les crimes relevant de la
compétence de la Cour pénale internationale31.
28
MUNDEKE KASONGA B, op cit, p.5
29
MUNDEKE KASOMBA B, op.cit., p. 5.
30
MUTATA LUABA L, droit pénal militaire congolais, des peines et incriminations de la compétence des juridictions
militaires en RDC, Kinshasa, 2ème éd., Editions du service de documentation et d’Etudes du ministère de la justice
et droits humains, 2012, p. 789.
31
MUNDEKE KASOMBA B, op.cit., p. 5-6.
21

D. L’irresponsabilité des mineurs


En matière des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité la
majorité pénale est fixée à dix-huit ans révolus au moment des faits. Ainsi ne
peuvent répondre de ces crimes que les personnes âgées de moins de dix-huit
ans au moins. Cependant, si un adulte utilise un enfant pour commettre ces
crimes, il va lui seul répondre des crimes commis par ledit enfant32.
E. La responsabilité pénale individuelle
Quiconque commet un crime relevant de la compétence de la Cour
est individuellement responsable et peut être puni conformément au présent
Statut. Conformément à ce statut, une personne (physique) est pénalement
responsable et peut être punie pour un crime relevant de la compétence de la
Cour si:
 Elle commet un tel crime, que ce soit individuellement, conjointement
avec une autre personne ou par l’intermédiaire d’une autre personne,
que cette autre personne soit ou non pénalement responsable;
 Elle ordonne, sollicite ou encourage la commission d’un tel crime, dès
lors qu’il y a commission ou tentative de commission de ce crime;
 En vue de faciliter la commission d’un tel crime, elle apporte son aide,
son concours ou toute autre forme d’assistance à la commission ou à la
tentative de commission de ce crime, y compris en fournissant les
moyens de cette commission;
 Elle contribue de toute autre manière à la commission ou à la tentative
de commission d’un tel crime par un groupe de personnes agissant de
concert. Cette contribution doit être intentionnelle33 et, selon le cas :
 Viser à faciliter l’activité criminelle ou le dessein criminel du groupe, si
cette activité ou ce dessein comporte l’exécution d’un crime relevant de
la compétence de la Cour ; ou
 Être faite en pleine connaissance de l’intention du groupe de commettre
ce crime ;
 S’agissant du crime de génocide, elle incite directement et
publiquement autrui à le commettre ;
32
MUNDEKE KASOMBA B, op.cit., p. 6.
33
Ibidem.
22

 Elle tente de commettre un tel crime par des actes qui, par leur
caractère substantiel, constituent un commencement d’exécution mais
sans que le crime soit accompli en raison de circonstances
indépendantes de sa volonté. Toutefois, la personne qui abandonne
l’effort tendant à commettre le crime ou en empêche de quelque autre
façon l’achèvement ne peut être punie en vertu du Statut de la Cour
pénale internationale pour sa tentative si elle a complètement et
volontairement renoncé au dessein criminel. Aucune disposition du
Statut de la Cour pénale internationale relative à la responsabilité
pénale des individus n’affecte la responsabilité des États en droit
international. Seules les personnes physiques peuvent engager leur
responsabilité pénale devant les cours et tribunaux pour les crimes
relevant de la compétence de la Cour pénale internationale34.

F. L’impertinence de la qualité officielle


Le Statut de Rome ne s’applique à tous de manière égale, sans
aucune distinction fondée sur la qualité officielle. En particulier, la qualité
officielle de chef d’État ou de gouvernement, de membre d’un gouvernement
ou d’un parlement, de représentant élu ou d’agent d’un État, n’exonère en
aucun cas de la responsabilité pénale au regard du présent Statut, pas plus
qu’elle ne constitue en tant que telle un motif de réduction de la peine35.
En ce qui concerne les poursuites pour les crimes visés au titre IX
du code pénal relatif aux crimes contre la paix et la sécurité de l'humanité, la
loi s'applique à tous de manière égale sans aucune distinction fondée sur la
qualité officielle. En particulier, la qualité officielle de chef d'Etat ou de
gouvernement, de membre du gouvernement, de membre du parlement ou de
représentant élu ou d'agent public de I ‘Etat, n'exonère en aucun cas de la
responsabilité pénale, pas plus qu'elle ne constitue en tant que telle un motif
de, de la peine36.
G. la responsabilité des supérieurs hiérarchiques
34
MUNDEKE KASOMBA B, op.cit., p. 7.
35
Art. 21 al. 1 du statut de Rome.
36
Art. 20 quater de la loi n° 15/022 du 31 décembre 2015 modifiant et complétant le décret du 30 janvier 1940
portant code pénal, JORDC, 57° année, numéro spécial du 29 février 2016.
23

Un chef militaire ou une personne faisant effectivement fonction de chef


militaire est pénalement responsable des crimes relevant de la compétence de
la Cour commis par des forces placées sous son commandement et son
contrôle effectifs, ou sous son autorité et son contrôle effectifs, selon le cas,
lorsqu’il ou elle n’a pas exercé le contrôle qui convenait sur ces forces dans
les cas où :
 Ce chef militaire ou cette personne savait, ou, en raison des
circonstances, aurait dû savoir, que ces forces commettaient ou allaient
commettre ces crimes ; et
 Ce chef militaire ou cette personne n’a pas pris toutes les mesures
nécessaires et raisonnables qui étaient en son pouvoir pour en empêcher
ou en réprimer l’exécution ou pour en référer aux autorités compétentes
aux fins d’enquête et de poursuites.
En ce qui concerne les relations entre supérieur hiérarchique et subordonnés
non militaires, le supérieur hiérarchique est pénalement responsable de
crimes visés par les articles 221 à 223 du Code pénal commis par des
subordonnés places sous son autorité et son contrôle effectifs, lorsqu'il n'a pas
exercé le contrôle qui convenait sur ces subordonnés dans les cas où :
1. le supérieur hiérarchique savait que ces subordonnés commettaient ou
allaient commettre ces crimes ou a délibérément négligé de tenir compte
d'informations qui l'indiquaient clairement;
2. ces crimes étaient liés à des activités relevant de sa responsabilité et de son
contrôle effectif;
3. Le supérieur hiérarchique n'a pas pris toutes les mesures nécessaires et
raisonnables en son pouvoir pour en empêcher ou en réprimer l'exécution ou
pour en référer aux autorités compétentes aux fins d'enquêtes et de
poursuites.
Le fait pour la disposition de l’article 28, a, i du statut de Rome dise “ce chef
militaire ou cette personne” nous fait comprendre que le supérieur
hiérarchique peut être un chef militaire, une autorité politique ou civil tout
court.37
§2. De la répression
Il sera question d’analyser tour à tour, la répression des crimes
internationaux devant les tribunaux nationaux (2.1), la répression des crimes

37
MUNDEKE KASOMBA B, op.cit., p. 8
24

internationaux devant les tribunaux internationaux (2.2) et ensuite, des


juridictions internationalisées ou mixtes (2.3).
2.1. La répression des crimes internationaux devant les tribunaux
nationaux
La sanction infligée par un pays à ses propres ressortissants
coupables de crimes graves est une manière évidente de procéder afin de
tourner la page d’une période douloureuse de son histoire. Au regard des
crimes commis en RDC avant l’avènement du Statut de Rome, la question
pendante est la gestion du passif de la guerre avec les vertus de la justice et
de promouvoir en même temps une paix durable et une réconciliation
nationale. En raison du principe de territorialité, les tribunaux congolais se
doivent d’assumer en premier la charge de lutter contre l’impunité des crimes
commis en RDC.
La justice congolaise a le devoir de mobiliser ses propres tribunaux
afin de poursuivre les auteurs des crimes antérieurs à la Cour pénale
internationale. Mais les difficultés d’un pays ravagé de mener une telle
opération avec succès sont évidentes.
En RDC, le problème de la légalité ne se pose pas au regard du
principe de droit international constaté par le tribunal de Nuremberg. Ce
dernier stipule que le fait que le droit interne ne punisse pas un acte qui
constituait un crime en droit interne ne dégage pas la responsabilité en droit
international de celui qu’il a commis.16 Il est également important de prendre
en considération la crise que traverse l’appareil judiciaire congolais lié à son
fonctionnement et à son organisation. Une crise, dont les sources sont
multiples, qui nuit à une lutte efficace contre l’impunité.
Voici quelques maux de l’appareil judiciaire congolais (il s’agit
d’obstacles qui sont de nature à empêcher la RDC d’exercer de manière
effective et équitable la poursuite des crimes internationaux commis sur son
territoire) :
 Le cadre législatif inapproprié : certains codes, notamment le code
pénal, nécessitent une réforme pour être conforme à la constitution et
aux instruments internationaux ratifiés par la RDC ;
25

 L’absence d’indépendance réelle des juges : en dépit des dispositions


constitutionnelles (article 151 de la Constitution) consacrant
l’indépendance de la magistrature et la séparation des pouvoirs, la
réalité sur le terrain prouve le contraire38;
 Le manque d’expertise de la justice congolaise en matière de poursuite
des crimes internationaux : sans remettre en cause la compétence des
magistrats congolais, le constat est que la poursuite de ces crimes exige
une formation adéquate qui permettrait aux magistrats d’enquêter sur
des crimes complexes. Il serait nécessaire d’organiser des formations
spécialisées, des stages et des recyclages sur les questions liées à la
poursuite des crimes internationaux non seulement pour les magistrats
mais également l’ensemble du corps judiciaire ;
 Le manque d’équipements et de moyens : l’absence d’équipements
pour une bonne administration de la justice est la conséquence du faible
budget alloué à la justice;
 La tradition de l’impunité des crimes régnant en RDC :
a. le manque d’assimilation des esprits à se soumettre à la sanction pénale
quel que soit le rang et la fonction de la personne qui aurait commis des
crimes graves sur son territoire39 ;
b. Le constat est que parmi les anciens « présumés » bourreaux, certains
obtiennent des mandats politiques ou des postes dans l’armée (le cas de
Bosco Ntanganda).
La paralysie judiciaire des victimes devant les juridictions militaires
Une chose est vraie, l’option qui consistait à poursuivre les responsables au
moyen de la justice congolaise seule, a été laissée de côté en raison des
risques de corruption ainsi que du manque de ressources (infrastructures,
texte de lois et expertise des auxiliaires de la justice) du système actuel.
Pour certains, il serait possible de créer des chambres spécialisées
au sein du système judiciaire congolais avec possibilité d’inclure des juges
étrangers. Une équipe au niveau du ministère de la justice étudie la
38
KINWANI J et MANGO J, « Problématique de la garantie de l’indépendance du pouvoir judiciaire par le conseil
supérieur de la magistrature en RDC », in Bulletin RCN Justice et démocratie n° 28 deuxième trimestre 2009, Justice
et séparation du pouvoir, p. 18.
39
CIFENDE KACIKO M, « La répression pénale des violations graves du droit international humanitaire : le cas de la
République Démocratique du Congo » in Annales de Droit de Louvain, Vol.61, 2001, n°4 p. 487
26

proposition des chambres spécialisées en se basant sur l’article 149 alinéa 5


de la Constitution de la RDC qui admet la création par une loi des « chambres
spécialisées ».
Ces Chambres, seules compétentes pour juger des crimes
internationaux seront « mixtes » afin de renforcer l’indépendance, l’intégrité
et les capacités des magistrats. A côté de ces garanties d’indépendance, ces
magistrats internationaux interviendront aussi comme appui (volume du
contentieux, apport de moyens en matière de poursuites) et comme
renforcement des capacités (transmission d’une expérience en matière de
répression de crimes internationaux et de jurisprudence pénale
internationale).
A défaut d’un mécanisme national de répression des crimes
internationaux, voyons comment les tribunaux étrangers peuvent contribuer à
la répression des crimes internationaux commis avant l’avènement de la
CPI40.
2.2. La répression des crimes internationaux devant les tribunaux
internationaux
A. Le rôle de la CPI en vertu de sa politique de poursuite
L'avènement de la Cour pénale internationale est un pas important
dans l'évolution du droit pénal international. En effet, la CPI est la première
juridiction pénale internationale permanente chargée de réprimer les crimes
les plus graves et à reconnaître et garantir le droit des victimes à participer, à
être représentées et à recevoir réparation.
A ce titre, elle constitue l’une des réponses aux crimes
internationaux commis en RDC, après le 1er juillet 2002, date d’entrée en
vigueur de son statut. Ainsi la CPI n’est pas compétente à l’égard des crimes
commis en RDC avant l’entrée en vigueur de son statut. Et même pour la
période où elle est compétente, la CPI ne pourra pas poursuivre tous les
crimes commis en RDC pour les raisons suivantes :

40
BAKAMA E, La répression des crimes internationaux par les juridictions congolaises, disponible sur http// :
www. [email protected]
27

 la CPI n’a pas pour vocation de juger tout le monde, d’où le risque de
laisser échapper les auteurs de crimes de rang inférieur, car la CPI ne
juge que les hauts responsables ;
 le caractère complémentaire de la CPI qui constitue l’une de ses
principales particularités. L’article 1er du Statut de Rome souligne
qu’elle est complémentaire des juridictions nationales ;
 les ressources limitées de la cour, oblige le Bureau du procureur organe
chargé de mener des enquêtes et des poursuites à sélectionner les
situations et les affaires41.
B. Politique des poursuites du bureau du procureur et ses faiblesses
A la lecture de l’avant-projet de document de politique générale du
Bureau du procureur, il ressort quatre principes qui guident le BdP dans la
sélection pouvant conduire à l’ouverture d’une enquête. Il s’agit de :
l’indépendance, l’impartialité, l’objectivité et la non-discrimination.
L’indépendance impliquerait non seulement de s’assurer que le processus
n’est pas été influencé par les souhaits présumés d’une source extérieure
particulière, ni par l’importance de la coopération d’une partie déterminée, ni
par la qualité de la coopération fournie. Mais cette indépendance s’exprime
également par le pouvoir du BdP d’ouvrir une enquête de sa propre initiative
(la situation du Kenya). Toutefois le BdP applique une politique qui
encourage et favorise des renvois volontaires des Etats parties dans ce qui
constitue la première application de la compétence de la CPI. Reste à savoir
si la politique d’encouragement du renvoi volontaire est conforme aux
exigences du principe d’indépendance du BdP. La réponse à cette question
dépendra du choix des incidents ainsi que des personnes qui feront l’objet de
poursuites. Fort est de constater dans le sillage de Human Rights Watch, que
les «mandats d’arrêt délivrés à ce jour dans les situations liées à un renvoi
volontaire visent uniquement des dirigeants rebelles ». Quoi de plus normal
qu’un régime ne renvoie à la CPI que ses adversaires et qu’il se montre très
coopératif dans les poursuites intentées contre eux. Dans ces conditions, la
politique d’encourager les renvois volontaires conduirait inéluctablement à

41
MBOKANI J, « L’impact de la stratégie de poursuite du procureur de la CPI sur la lutte contre l’impunité et la
prévention des crimes de droit international, » in Annales de Droit de Louvain, (ADL) N° 69, Vol 3, 2009, p. 7.
28

des poursuites discriminatoires fondées sur l’appartenance politique. Elle


serait en violation de principe de non-discrimination42.
L’impartialité et l’objectivité se mesurent non seulement dans la
capacité du BdP à respecter et à faire respecter le principe de la présomption
d’innocence des personnes poursuivies et celle de résister à la pression de
l’opinion publique, des médias, des victimes et même des ONG mais aussi
dans sa capacité à mener une instruction à décharge, comme l’exige le Statut
de Rome. Sur la question de la présomption d’innocence, le Bdp a encore des
efforts à faire en évitant par exemple certains propos devant les médias qui
porteraient atteinte à la présomption d’innocence. Trois critères guident
l’ouverture d’une enquête par le BdP, l’existence d’une base légale, la
recevabilité et l’intérêt de la justice. La recevabilité comprend deux critères :
 la complémentarité (art.17) et ;
 la gravité (art.17-1-d).
Le critère de gravité est un critère statutaire de la recevabilité. Ce
critère est difficile à évaluer et se prête facilement à des interprétations
subjectives. L’incertitude sur le contenu de la notion de la gravité est
perceptible dans les différentes prises de positions du BdP, positions parfois
contradictoires, dans au moins quatre cas, à savoir l’affaire Bosco Ntanganda,
la situation en Irak, et enfin la requête du procureur du 20 novembre 2008
aux fins d’obtenir un mandat d’arrêt contre trois chefs rebelles au Darfour43.
Dans l’affaire Bosco Ntanganda dans les procédures relatives à la
demande du mandat d’arrêt, la chambre préliminaire avait conclu au rejet de
la demande du mandat d’arrêt contre Bosco Ntanganda aux motifs que les
faits n’atteignaient pas le seuil de gravité requis, tel que la chambre venait de
le circonscrire. La chambre préliminaire a estimé qu’une affaire était grave
lorsqu’une réponse affirmative était donnée aux questions suivantes :
 la conduite qui est l’objet de la présente affaire est-elle systématique ou
à grande échelle ;
 en prenant en considération la réaction sociale causée à la communauté
internationale par ce genre de conduite ;
42
MBOKANI J, op.cit., p. 8.
43
Ibidem.
29

 la question du rang de la personne poursuivie dans l’organisation,


l’entité étatique ou l’Etat ainsi que le rôle joué par la personne dans
l’organisation. Mais aussi le rôle joué par l’organisation, l’entité
étatique ou l’Etat dans la commission globale des crimes de la
compétence de la Cour dans la situation pertinence. La chambre
d’appel a balayé ces critères les estimant erronés, sans pour autant
donner ces critères propres pour déterminer le seuil de la gravité requis
pour qu’une affaire soit recevable.
Le problème demeure donc entier. En attendant qu’une
jurisprudence pertinente vienne préciser les choses, il est permis de dire que
la condition de l’article 17-1-d, est une condition d’application compliquée.
En outre cette condition comporte le risque d’entrainer une perception
négative et dangereuse consistant à banaliser les crimes ou incidents qui n’ont
pas été sélectionnés par le procureur pour les enquêtes et les poursuites.
Les choses iraient beaucoup mieux sans cette condition floue du
critère de la gravité tant en ce qui concerne les questions relatives à la
recevabilité que celles de la politique de poursuite du procureur44.
L’intérêt de la justice (art 53-1-c) est composé de trois éléments ; le
caractère exceptionnel du recours aux intérêts de la justice comme fondement
d’une décision de ne pas poursuivre ; l’interprétation de l’article 53 doit être
faite en conformité avec les buts et les objectifs du Statut de Rome; les
intérêts de la justice ne doivent être confondus avec les intérêts de la paix ni à
ceux des victimes. Les poursuites sont dirigées contre les individus bien
déterminés à l’issue de l’enquête, et constituent l’acte d’ouverture d’une
affaire. Les ressources limitées de la CPI ne permettent pas au procureur de
poursuivre tous les criminels. Il est opéré une double sélection :
- en premier lieu, choisir les personnes qui seront poursuivies ;
- la compétence personnelle de la Cour s’exerce sur les personnes pour les
crimes les plus graves ayant une portée internationale ;
- et ensuite choisir les crimes qui leur sont imputés. Il faudra également
choisir entre une procédure confidentielle et une procédure publique. Le
44
MBOKANI J, op.cit., p. 8.
30

choix des affaires et celui des incriminations sont normalement soumis au


contrôle juridictionnel de la chambre préliminaire.
Par ailleurs, les critiquent à l’égard de la Cour concerne, son mode
de fonctionnement. La CPI ne serait pour certains, qu’un outil de la puissance
occidentale, laquelle après avoir imposé sa force diplomatique et
économique, a achevait sa domination par un raffinement juridictionnel. La
Cour est également mis en cause pour pratiquer le double standard et n’être
qu’une « une cour pour l’Afrique ». S’il est exact que les cinq procédures
dont est saisie la Cour concernent l’Afrique, cette critique n’est pas fondée.
D’abord, dans trois dossiers (Ouganda, RDC et RCA), ce sont les
Etats eux-mêmes qui ont donné compétence à la Cour. Ensuite, dans l’affaire
du Darfour, la procédure a été engagée à l’initiative du Conseil de sécurité
contre le Soudan, qui n’est pas partie au traité de Rome. Le « double standard
» n’est pas le fait de la Cour mais du Conseil de sécurité qui saisit la Cour
contre le Soudan mais s’abstient de toute démarche à l’encontre d’Israël et
d’autres cas. Mais il est difficile de faire le reproche à la CPI de ne pas
enquêter sur les faits de Gaza, si on ne lui donne pas tous les éléments
permettant d’ouvrir l’enquête45.
C. L’action de la CPI en RDC
Pour pallier à l’insuffisance de son appareil judiciaire à poursuivre
les crimes commis sur son territoire, la RDC par le biais d’une lettre du
président Joseph Kabila adressé à la CPI a autorisé la CPI à se saisir des
affaires de violations du droit international commises « dans l’ensemble du
pays depuis le 1er juillet 2002. En ces termes « En raison de la situation de la
situation particulière que connait mon pays, les autorités compétentes ne sont
malheureusement pas en mesure de mener des enquêtes sur les crimes (…) ni
d’engager les poursuites nécessaires sans la participation de la CPI.
Cependant, les autorités de mon pays sont prêtes à coopérer avec cette
dernière dans tout ce qu’elle entreprendra à la suite de la présente requête. »
Trois affaires sont en cours d’examen par la CPI, il s’agit de :
 le procureur Thomas Lubanga Dyilo (procès en cours) ;
45
GILLES DEVERS, « Gaza : La Procédure devant la Cour Pénale Internationale », article publié le 1er juin 2009 sur le
site http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13891 (consulté le 18 aout 2010). p. 11.
31

 le procureur Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo (ouverture du


procès prévue au 24 novembre 2009) ;
 le procureur c Bosco Ntanganda (qui demeure en liberté malgré un
mandat d’arrêt lancé contre lui.) Par ces affaires, la CPI contribue à la
lutte contre l’impunité des crimes graves en RDC.
Néanmoins, certaines préoccupations subsistent entre autres sur l’absence de
poursuite après les enquêtes sur les crimes de Bukavu, sur la situation des
victimes et intermédiaires dans l’affaire Thomas LUBANGA et sur le
renforcement des capacités de la justice interne dans le cadre de la «
complémentarité positive46».
2.3. Des juridictions internationalisées ou mixtes
Pour suppléer temporairement la capacité nationale d’investigations
ou de poursuites de crimes internationaux, l’apport extérieur peut prendre la
forme de chambres mixtes ou de tribunaux internationalisés.
Dans le cadre de la RDC, les chambres mixtes seraient chargées de
juger les personnes présumées auteurs ou responsables d’actes de génocide,
de crimes contre l’humanité et de guerre ou de toute autre violation grave de
droits de l’homme et de droit international humanitaire. Elles auraient
également comme objectifs de contribuer au redressement de la justice, de
renforcer les capacités de la justice congolaise dans la lutte contre l’impunité,
de redorer l’image de la justice auprès des populations, de rétablir la paix
sociale à travers une justice pour tous.
La répression des crimes internationaux requiert une expérience
considérable en matière d’enquêtes et de stratégies de poursuite. La
participation d’experts internationaux, connaissant la gestion d’enquêtes, de
poursuites et de procès criminels complexes, peut se révéler capitale là où
l’exposition à ce type d’affaires et l’expérience qu’elles exigent sont plus
limitées au niveau national, comme c’est le cas en RDC. La capacité
d’organisation des procédures judiciaires apportant des garanties en matière
de procès équitable, sans ingérence politique, ainsi que celle de protection des
témoins, des victimes et du personnel judiciaire sont aussi cruciales47.

46
BAKAMA E, loc.cit, P.53.
32

La mise en place d’une chambre mixte au sein du système judiciaire


congolais avec le soutien d’experts internationaux inspirée principalement du
modèle de la chambre pour les crimes de guerre du cambodge pourrait
procurer à celui-ci l’élan dont il a besoin pour s’attaquer à l’impunité
endémique qui règne en RDC tant sur les crimes graves que sur les délits
pénaux « normaux ». Cette participation internationale serait temporaire et se
focaliserait sur le soutient à apporter pendant la phase de transition tandis que
l’appareil judiciaire congolais passerait par une période de réforme.
La création de chambre mixte nécessite un certain nombre de
préalable. Le premier concerne la base juridique de création de ces chambres
mixtes.
Deux voies sont possibles, soit par le biais d’une loi nationale par
l’intégration de ces chambres mixtes dans le système judiciaire, soit par la
conclusion d’un accord avec les Nations unies.
Dans le cas de la loi nationale, il appartient au législateur de
préciser la composition des chambres mixtes ainsi que son fonctionnement.
Toutefois, une coopération régionale et internationale s’avère important pour
permettre l’extradition de ressortissants nationaux ou étrangers soupçonnés
d’avoir commis des crimes relevant de la compétence de ces chambres.
Dans le cas de l’accord avec les Nations unies, les chambres mixtes
obtiennent un financement et une certaine visibilité sur la scène internationale
mais ces dernières fonctionnent en marge du système nationale.
Concernant la localisation de ces chambres, elle dépend du mode de
création. Si elles découlent d’une loi nationale, il appartient au législateur
d’en déterminer la localisation au sein de son appareil judiciaire. Dans le cas
de l’accord avec les Nations unies, la localisation est déterminée dans celui-
ci.
S’agissant des compétences matérielle et temporelle, elles
porteraient essentiellement sur les crimes internationaux (crimes contre
humanité, de guerre et de génocide) commis avant l’avènement de la CPI.
47
Human Rights Watch, Une « chambre mixte pour le Congo ? Document de réflexion, Septembre 2009, p.3
disponible en ligne sur le lien http://www.hrw.org, consulté le 22 Août 2025.
33

L’élargissement de cette compétence pour les crimes actuels notamment avec


la recrudescence des violences sexuelles à l’endroit des femmes et enfants à
l’est de la RDC pourrait faire l’objet d’un débat.
Elles exerceraient le droit de poursuite sur toute personne y compris
les ressortissants étrangers soupçonnée d’avoir commis un crime grave en
RDC.
La RDC ne sera pas le premier pays à tenter l’expérience des
chambres mixtes. En effet le Cambodge, le Timor Orientale, le Sierra Leone,
le Kosovo les ont connues. Leur nature mixte est leur trait commun. Ces
chambres mixtes sont le résultat d’une hybridation entre éléments nationaux
et internationaux à tous les niveaux constitutif, organique, matériel et formel.
Ces organes judiciaires sont composés de juges locaux et étrangers 48.

Section 2 Justifications de la passivité du juge quant à la répression des


crimes internationaux
Dans cette seconde section, il sera question d’identifier les obstacles
majeurs qui justifient la passivité du juge face à la répression des crimes
internationaux (§1) et envisager quelques pistes de solutions susceptibles d’y
remédier (§2).
§1 Les différents obstacles
La passivité des juges congolais face aux crimes internationaux
découle de divers facteurs, notamment le manque de moyens (1.1), la
faiblesse des institutions (1.2), des obstacles politiques et logistiques (1.3) et
qui entravent l'application des lois congolaises et le respect du Statut de
Rome (1.4), conduisant à des lacunes dans la poursuite et le jugement de ces
crimes.
1.1. Manque de moyens et de compétences
Les juges peuvent manquer des ressources matérielles, techniques et
de formation nécessaires pour instruire et juger des affaires de crimes

48
ANNE-CHARLOTTE M., Les juridictions pénales internationalisées : un nouveau modèle de justice hybride, Paris,
Ed. Pedone, 2007, p. 3.
34

internationaux, qui sont complexes et requièrent des compétences


spécialisées.
1.2. Faiblesse institutionnelle
Le système judiciaire peut être affaibli par le manque
d'indépendance, la corruption, la politisation des tribunaux et l'absence de
moyens logistiques suffisants pour mener à bien des enquêtes et des procès.
1.3. Obstacles politiques et logistiques
Les facteurs politiques, tels que l'ingérence du pouvoir exécutif ou
le manque de volonté politique, ainsi que les difficultés logistiques liées aux
conflits, peuvent entraver le travail des magistrats.
Bien que l'indépendance des magistrats soit constitutionnelle 49, ceux derniers
ne sont soumis dans l'exercice de leurs missions qu'à l'autorité de la loi 50, la
pratique ne révèle qu'une autre vérité.
Partant de la jurisprudence, il convient de préciser, sans risque de
nous voir contredit, que des pressions politiques sont exercées de manière
routinière sur les magistrats soit dans le but de les contraindre à abandonner
les poursuites, soit encore pour influencer leurs décisions.
En effet, la classe politique actuelle étant constituée en grand
nombre d'anciens rebelles, pareilles pressions visent les cas fréquents à
protéger leurs anciens alliés.
Ainsi, dans l'affaire Gédéon KYUNGU MUTANGA ancien Chef de
May-May du Nord Katanga, il est sans doute clair que ce dernier a bénéficié
d'une protection de ses anciens alliés du gouvernement de Kinshasa dont
leurs pressions visaient à influencer le cours de l'instruction à son égard.
Toutes ces constatations prouvent l'inefficacité des juridictions
congolaises à poursuivre équitablement les crimes internationaux. Elles ont
ensuite à l'origine de l'impunité de ces crimes graves dont les auteurs
continuent d'être nommés officiers sous prétexte de retour à la paix. Nous
nous demandons où est-ce que nous en sommes avec cette paix que le
49
Art. 149 de la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée à ce jour.
50
Art. 150 de la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée à ce jour.
35

gouvernement a toujours alléguée comme obstacle à toute poursuite. Ce


malaise politique ne laissant pas de côté les magistrats civils, le transfert de la
compétence vers les juridictions ordinaires à poursuivre les crimes
internationaux ne pourrait résorber ce problème. Nous pensons que la
meilleure façon de contourner cet obstacle consisterait à créer une juridiction
spécialisée pour juger les présumés auteurs des crimes internationaux51.
1.4. Adéquation entre le droit interne et le Statut de Rome :
Pour lutter contre l'impunité, le droit interne congolais doit
s'harmoniser avec le Statut de Rome, qui définit la responsabilité pénale pour
les crimes internationaux.
Cependant, la RDC en tant qu’Etat partie, a ratifié le statut de Rome
et a procédé à des reformes législatives pour intégrer ses dispositions. Des
lois comme les codes pénal et judiciaire militaires de 2002 ont été adaptées,
bien que des confusions persistent dans la législation sur les crimes de guerre
et contre l’humanité. Des reformes ultérieures en 2015 ont tenté d’aligner le
droit interne sur les principes du statut de Rome, notamment par l’adoption
de projets de lois sur le droit pénal, le droit pénal militaire et la procédure
pénale.
§2 Pistes de solutions
La passivité des juges congolais face aux crimes est un problème
complexe causé par des facteurs systémiques notamment :
 Le manque de moyens financiers : à ce stade, le système judiciaire
congolais dispose de ressources limitées, ce qui entrave sa capacité à
poursuivre et à juger les crimes internationaux ;
 Complexité des procédures : qu’il sied de constater que la justice
congolaise peine à gérer la complexité des conflits et des violations du
droit international humanitaire, ce qui rend difficile la mise en œuvre
effective de la justice pour les victimes ;
 Manque de formation et d'expertise : Il peut y avoir un manque de
formation spécialisée des juges congolais dans la matière des crimes
internationaux, qui nécessite des connaissances spécifiques.
51
MUSHAGALUSA RWABASHI JP, op.cit., Inédit.
36

Pour remédier à ce problème, nous suggérons à l’Etat congolais :


- De faire la rédaction d’un projet et de faire une demande d’assistance auprès
des Nations Unies pour la création d’un tribunal pénal internationalisé, une
chambre mixte ou encore des chambres spécialisées en spécifiant la part de la
contribution du Congo pour la gestion des crimes antérieurs à la CPI.
- D’allouer les moyens conséquents pour la réforme de la justice congolaise
dans sa globalité ;
-Renforcer la formation des juges, l'amélioration des moyens matériels et le
soutien technique sont essentiels pour renforcer la capacité des juridictions
congolaises à traiter ces crimes.
- De mettre en conformité le droit pénal congolais avec le Statut de Rome est
cruciale pour définir précisément les crimes et les formes de responsabilité, et
ainsi réduire les ambiguïtés et les incohérences.
37

CONCLUSION

Sur la passivité du juge congolais dans la répression des violations


graves du droit international humanitaire, le constat que des crimes graves
ont été commis en RDC par des groupes armés, de troupes étrangères et
même certains soldats des FARDC est indéniable. Ces crimes, parmi lesquels
on dénombre des viols et autres formes de violences sexuelles contre les
femmes et les enfants, mais aussi des massacres ont été commis
particulièrement à l’Est de la RDC52.
La juxtaposition des méthodes exégétique qui a permis l’analyse de
certains textes nationaux en l’occurrence, la Loi n°06-018 du 20 juillet 2006
complétant et modifiant le décret de 30 janvier 1940 portant code pénal
congolais etc., et différents instruments ratifiés par la RDC notamment le
statut de Rome…etc, et la méthode sociologique par la techniques
d’entretiens sur l’aptitude du juge congolais à sévir sur les crimes
internationaux a débouché sur une vue panoramique de la problématique
traitée.
Il en ressort que la passivité du juge congolais face aux crimes
internationaux est tributaire de diverses causes telles que le manque de
moyens et de compétences, les faiblesses institutionnelles, les obstacles
politiques, la corruption, les interférences politiques et les contraintes
logistiques et structurelles.
Bien que la législation congolaise ait été adaptée et revigorée afin
de s'aligner sur les normes internationales, les flottements dans la mise en
œuvre des lois et l'application de la justice par les tribunaux congolais
demeurent légion. D’où le recours à la greffe du droit international à travers
la Cour pénale internationale qui ne saura, par elle-même, totalement
accomplir cette mission en raison de sa compétence subsidiaire et du
caractère minimal de son intervention.
52
Club des amis du droit du Congo, la répression des crimes internationaux par les juridictions congolaises, 2010
38

En vue de pallier efficacement a léthargie persistante du juge


congolais face aux crimes internationaux, nous recommandons la formation
solide des juges et procureurs notamment dans le domaine de crimes
internationaux, la demande auprès des Nations Uniesde la mise en place d’un
tribunal pénal international sinon la création des chambres spécialisées au
sein des juridictions congolaises, l’institution d’un de ces mécanismes devant,
à coup sûr, accroitre les chances de répression des crimes internationaux
commis en RDC , la réparation des victimes et, à terme, la pacification de ce
pays. Par dessus tout, il appartient à la RDC d’allouer des moyens
conséquents à la réforme de la justice congolaise dans sa globalité qui passe
par le renforcement des capacités des juges. Il est d’ores et déjà recommandé
d’envisager au profit des juges des formations régulières, l’amélioration de
leurs conditions matérielles de travail de façon à les mettre réellement à jour
par rapport à la problématique lancinante de la répression des crimes
internationaux qui, malheureusement, reste d’actualité choquante.
39

BIBLIOGRAPHIE
I. INSTRUMENTS JURIDIQUES
A. Textes internationaux
1. Statut de Rome.
2. convention de 1948
B. Textes nationaux
1. La constitution de la RDC du 18 février 2006 telle que modifiée par la
loi N°11/002 du 20 janvier 2011
2. La loi n°06-018 du 20 juillet 2006 modifiant et complétant le décret du
30 juin 1940 portant code pénal Congolais.
3. Décret de 30 janvier 1940 portant code pénal congolais.
4. Loi organique n°133/026 du 15 octobre 2013 portant organisation et
fonctionnement de la cour constitutionnelle.
5. Décret-loi n°003/2002 du 30 mars 2002.
II. DOCTRINES
A. Ouvrages
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internationales, Kinshasa, Mars, 2008.
2. HUET (A) et ALI, Droit pénal international, Paris, PUF, 3ème éd.,
2005.
3. ROBERT (J) et. DUFFART (J), Droit de l’homme et libertés
fondamentales, Paris, 8ème éd. Montchretien, 2009.
4. ANNE-CHARLOTTE (M), les juridictions pénales internationalisées:
nouveau modèle de justice hybride, Paris, Ed. Pedone, 2007. Inédit.
40

5. CASSESSE (A), International crimil low, Paris, Ed. Apedone,


6. BOSLY (H.D), Elément de droit de la procédure pénale, Bruxelles,
Academia, bruylant, 1995.
7. STEPHANI (G) et ALII, Procédure pénale, Paris, Dalloz, 1987, p.
395.
8. DAVID (E). Eléments de droit pénal international et Européen,
Bruxelles, Bruylant, 2009.
9. KAMBALA MUKENDI (J), Eléments de droit pénal militaire
congolais, Kinshasa, Editions Universitaires Africaines, Inédit.
10. ASCENSION (H) ET ALII, Droit International pénal, Paris, Ed.
Apedone, 2000.
11. MUNDEKE KASOMBA (B), Poursuites et répression des crimes de
guerre en droit congolais, Kinshasa, Fadroit, Unikin, 2020.
B. Articles des Revues Mémoires
1. MUTATA LUABA (L), droit pénal militaire congolais, des peines et
incriminations de la compétence des juridictions militaires en RDC,
Kinshasa, 2ème éd., Editions du service de documentation et d’Etudes
du ministère de la justice et droits humains, 2012.
2. KINWANI (J) et MANGO (J), « Problématique de la garantie de
l’indépendance du pouvoir judiciaire par le conseil supérieur de la
magistrature en RDC », in Bulletin RCN Justice et démocratie n° 28,
deuxième trimestre 2009.
3. CIFENDE KACIKO (M), « La répression pénale des violations graves
du droit international humanitaire : le cas de la République
41

Démocratique du Congo » in Annales de Droit de Louvain, Vol.61,


2001.
4. MBOKANI (J), « L’impact de la stratégie de poursuite du procureur de
la CPI sur la lutte contre l’impunité et la prévention des crimes de droit
international, » in Annales de Droit de Louvain, (ADL) N° 69, Vol 3,
2009.
C. MEMOIRES
1. MUSHAGALUSA RWABASHI (JP), La poursuite des crimes
internationaux devant les juridictions militaires congolaises : analyses
des garanties procédurales, UCB, Mémoire, Deuxième licence, fadroit,
2011.
D. WEBOGRAPHIE
1. EKOFO INGANYA (M), La réparation des crimes internationaux en
droit congolais, disponible sur http //www. ASF.Be.
2. BAKAMA (E), La répression des crimes internationaux par les
juridictions congolaises, disponible sur http// : www.
[email protected]
3. GILLES DEVERS, « Gaza : La Procédure devant la Cour Pénale
Internationale », article publié le 1er juin 2009 sur le site
http://www.mondialisation.com
4. HUMAN RIGHTS WATCH (H), Une « chambre mixte pour le
Congo ? Document de réflexion, Septembre 2009, disponible en ligne
sur le lien http://www.hrw.org.
42

TABLE DES MATIERES

EPIGRAPHE i
DEDICACE.................................................................................................................................................ii
REMERCIEMENTS...................................................................................................................................iii
ACRONYMES, SIGLES ET ABRÉVIATIONS.........................................................................................v
INTRODUCTION.......................................................................................................................................1

1. Problématique de l’étude...............................................................................1
2. Hypothèses de recherche...............................................................................2
3. Intérêt de l’étude............................................................................................3
4. Délimitation du champ de l’étude................................................................4
5. Plan sommaire................................................................................................4
CHAPITRE 1. NOTIONS GENERALES SUR LES CRIMES INTERNATIONAUX...............................6

Section 1 Cadre général.......................................................................................6


§1 Genèse des crimes internationaux...................................................................................................6
§2. Notion des crimes internationaux..................................................................................................7

Section 2. Les crimes internationaux..................................................................8


§1. Les crimes de guerre et crime de génocide....................................................................................9
§2 Les crimes contre l’humanité et d’agression.................................................................................12
§3 Les organes de poursuites.............................................................................................................14
CHAPITRE 2. LA REPRESSION DES CRIMES INTERNATIONAUX PERPETRES EN RDC PAR LE
JUGE CONGOLAIS.................................................................................................................................20

Section 1. Principes relatifs à la poursuite et à la répression des crimes


internationaux.....................................................................................................20
§1. Les différents principes................................................................................................................20
§2. De la répression...........................................................................................................................25

Section 2 Justifications de la passivité du juge quant à la répression des


crimes internationaux........................................................................................35
§1 Les différents obstacles.................................................................................................................35
43

§2 Pistes de solutions.........................................................................................................................37
CONCLUSION.........................................................................................................................................39
BIBLIOGRAPHIE....................................................................................................................................41
TABLE DES MATIERES.........................................................................................................................44

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