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Adada

Le document est un cours sur l'électromagnétisme, spécifiquement axé sur les aspects énergétiques et les ARQS, destiné aux étudiants de la filière PSI. Il aborde des concepts tels que l'énergie électromagnétique, la modélisation, et les exemples pratiques d'électrocinetique. Le cours est structuré en plusieurs chapitres détaillant des analyses qualitatives, des bilans d'énergie, et des propriétés de symétrie.

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Cours

Sciences physiques
Filière PSI

ÉLECTROMAGNÉTISME
Tome 3 : ASPECTS ÉNERGÉTIQUES ET ARQS

Mustapha SAÏM Lycée Henri Wallon Valenciennes

http ://[Link]/mustapha-saim/

Année scolaire 2025 — 2026


Sciences physiques
Cours
Deuxième partie : Électromagnétisme
Tome 3 : Aspects énergétiques et ARQS
Filière PSI

M USTAPHA S AÏM

Professeur en mathématiques spéciales

Lycée Henri Wallon Valenciennes


Table des matières

B ÉLECTROMAGNÉTISME 1
10 ÉNERGIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE 3
1 ANALYSE QUALITATIVE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1 Énergie cédée à la matière par le champ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Énergie transportée par le champ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Énergie contenue dans le champ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2 MODÉLISATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.1 Puissance volumique cédée par le champ à la matière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Puissance transportée par le champ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.3 Énergie contenue dans le champ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3 BILAN LOCAL D’ÉNERGIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
4 DENSITÉ VOLUMIQUE D’ÉNERGIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE ET VECTEUR DE POYNTING . . . . . . . . . . . 6
5 EXEMPLES : ÉLECTROCINÉTIQUE EN RÉGIME PERMANENT ET DANS L’ARQS . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5.1 Rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5.2 Le condensateur plan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5.3 Le solénoïde infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
5.4 Le conducteur ohmique unidimensionnel à symétrie cartésienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
5.5 Conclusion : aspect énergétique de la modélisation électrocinétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
6 QUANTITÉ DE MOUVEMENT ET PHOTON . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
6.1 Quantité de mouvement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
6.2 Le photon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
7 PROPRIÉTÉS DE SYMÉTRIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

11 APPROXIMATION DES RÉGIMES QUASI-STATIONNAIRES 11


1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.1 Expressions des ordres de grandeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2 Hypothèses de l’ARQS magnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2 Induction électromagnétique dans un conducteur massif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.1 Induction électromagnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2 Exemple de courants de F OUCAULT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3 Induction électromagnétique dans un circuit électrique filiforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.1 Flux magnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.2 Densité volumique d’énergie magnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.3 Inductance mutuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.4 Énergie magnétique de deux circuits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

iii
Deuxième partie

ÉLECTROMAGNÉTISME

1
Chapitre 10

ÉNERGIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE

Sommaire
1 ANALYSE QUALITATIVE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2 MODÉLISATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3 BILAN LOCAL D’ÉNERGIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
4 DENSITÉ VOLUMIQUE D’ÉNERGIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE ET VECTEUR DE POYNTING . . . . . . . . . . . 6
5 EXEMPLES : ÉLECTROCINÉTIQUE EN RÉGIME PERMANENT ET DANS L’ARQS . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
6 QUANTITÉ DE MOUVEMENT ET PHOTON . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
7 PROPRIÉTÉS DE SYMÉTRIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

1 ANALYSE QUALITATIVE

1.1 Énergie cédée à la matière par le champ


Le champ électromagnétique peut céder de l’énergie à la matière. En effet, en exerçant des forces de L ORENTZ sur les parti-
cules chargées de la matière, le champ électromagnétique est susceptible de fournir à celles-ci du travail.
On peut citer comme exemples concrets de conversion de l’énergie électromagnétique :
— la conversion en énergie cinétique macroscopique dans le cas du faisceau d’un accélérateur de particules,
— la conversion en énergie interne dans le cas de l’échauffement d’un conducteur par effet Joule,
— la conversion en énergie interne dans le cas de l’échauffement des aliments placés dans un four à micro-ondes émet-
tant des ondes hertziennes dont les fréquences sont de l’ordre du gigahertz.

1.2 Énergie transportée par le champ


L’énergie que le champ peut céder à la matière est transportée par le champ lui-même.

D ÉFINITION 10.1 : Rayonnement électromagnétique

De façon générale, le phénomène de transport d’énergie par le champ électromagnétique est appelé rayonnement élec-
tromagnétique.

On peut citer comme exemples concrets de rayonnement électromagnétique :


— Le rayonnement solaire qui, à travers le vide interplanétaire, transporte jusqu’à la Terre sous forme d’ondes électro-
magnétiques (principalement dans les domaines visible et infrarouge) l’énergie produite par les réactions thermonu-
cléaires dont l’intérieur du Soleil est le siège.
— Dans un autre domaine du spectre, l’énergie qui met en mouvement les charges de l’antenne d’un récepteur radio a
été transmise à travers l’espace sous forme d’ondes hertziennes. Cette énergie provient d’une antenne émettrice qui
rayonne de l’énergie électromagnétique.

1.3 Énergie contenue dans le champ


Le phénomène de transport d’énergie par le champ électromagnétique conduit également à considérer que de l’énergie est
emmagasinée dans les régions de l’espace où règne un champ électromagnétique.
On peut citer comme exemple l’énergie électromagnétique emmagasiné dans un condensateur chargé.

3
Page 4 ÉLECTROMAGNÉTISME

2 MODÉLISATION
On va maintenant reprendre les divers aspects de l’énergie électromagnétique en donnant des définitions quantitatives.

2.1 Puissance volumique cédée par le champ à la matière


Nous avons établi l’expression de la puissance volumique cédée par le champ électromagnétique à la matière et qui s’exprime
en W m−3 :

dP #» #»
pv = = j ·E.

2.2 Puissance transportée par le champ


On définit un vecteur courant d’énergie, qui joue, vis à vis du transport de l’énergie électromagnétique, le rôle que joue la
#» #»
densité de courant j pour le transport de la charge. Ainsi, de la même manière que le champ vectoriel j a pour flux la

charge transportée par unité de temps (intensité), le champ vectoriel Π à identifier doit être tel que son flux à travers une
surface S orientée représente la puissance électromagnétique P qui traverse celle-ci :

D ÉFINITION 10.2 : Vecteur de P OYNTING

La puissance électromagnétique rayonnée à travers une surface S est égale au flux à travers celle-ci du vecteur courant

d’énergie électromagnétique, appelé vecteur de P OYNTING Π(M , t ) :

#» # »
Ï
P= Π· dS.
S

R EMARQUE

— Le vecteur de P OYNTING s’exprime en W m−2 .



— Le courant d’énergie électromagnétique Π est appelé vecteur de P OYNTING, du nom de l’anglais J OHN H ENRY

POYNTING qui a tiré en 1884 de la théorie de M AXWELL une expression de Π qui reste à la base de la compré-
hension du rayonnement électromagnétique et qui sera établie dans la section suivante.

J OHN H ENRY P OYNTING (9 septembre 1852 - 30 mars 1914) est un physicien anglais qui
a travaillé, entre autres, sur les ondes électromagnétiques. Il fut professeur de physique
au M ASON S CIENCE C OLLEGE (qui devint plus tard l’Université de B IRMINGHAM) de 1880
jusqu’à sa mort. Il a défini ce que l’on appelle le vecteur de P OYNTING qui représente la
puissance par unité de surface que transporte une onde électromagnétique et la direc-
tion de ce flux d’énergie. Ce vecteur est utilisé dans le théorème de Poynting, qui établit
la conservation d’énergie des champs électriques et magnétiques.

D ÉFINITION 10.3 : Intensité énergétique d’un rayonnement

On appelle intensité énergétique I = I (M ) d’un rayonnement en un point M la valeur moyenne de la puissance que
reçoit par unité de surface un détecteur plan dirigé perpendiculairement à la direction de propagation du rayonnement
¿ À
dP
I= .
dS
CHAPITRE 10. ÉNERGIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE Page 5

R EMARQUE

— Cette définition est générale et ne correspond pas uniquement au rayonnement électromagnétique.


— L’intensité énergétique s’exprime dans le SI en W m−2 .
— La définition de l’intensité énergétique correspond aux réalités techniques des détecteurs qui ont en général
des temps de réponse beaucoup trop élevés pour suivre les évolutions des puissances instantanées et ne sont
effectivement sensibles qu’à leur moyenne temporelle.

T HÉORÈME 10.1 : Intensité énergétique d’un rayonnement électromagnétique

L’intensité énergétique d’un rayonnement électromagnétique s’identifie à la moyenne temporelle de la norme de son
vecteur de P OYNTING D ° #»°E
I = °Π° .
° °

D ÉMONSTRATION

2.3 Énergie contenue dans le champ


En poursuivant la transposition à l’énergie électromagnétique des concepts introduits pour décrire la charge électrique, on
identifie une densité d’énergie électromagnétique w qui joue vis-à-vis de l’énergie électromagnétique un rôle analogue à
celui de la densité volumique de charge ρ :

D ÉFINITION 10.4 : Densité d’énergie électromagnétique

L’énergie électromagnétique W (t ) emmagasinée à l’instant t dans un volume V peut se calculer par intégration d’un
champ scalaire w(M , t ) appelé densité volumique d’énergie électromagnétique :
Ñ
W (t ) = wdτ.
V

R EMARQUE

La densité volumique d’énergie électromagnétique w s’exprime en J m−3 .

3 BILAN LOCAL D’ÉNERGIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE

T HÉORÈME 10.2 : Bilan local d’énergie électromagnétique

L’équation qui traduit le bilan local de l’énergie électromagnétique est

∂w #» #» #»
= − div(Π) − j · E .
∂t

D ÉMONSTRATION
Page 6 ÉLECTROMAGNÉTISME

R EMARQUE

#» #»
Le couple [ρ, j ] (densité de charge, densité de courant) a servi de modèle à l’introduction du couple [w, Π] (densité
d’énergie électromagnétique, vecteur de P OYNTING). Il est donc logique de comparer le bilan local d’énergie électro-
magnétique à l’équation de conservation de la charge

∂ρ #»
= − div( j ).
∂t
#» #»
où l’on note l’absence d’un terme de source analogue à j · E car il n’existe pas de sources de charge.

#» #»
Toujours en comparant le couple [ρ, j ] avec j = ρ #» v pour un seul type de porteurs de charges à la vitesse #»
v avec le couple

[w, Π], on peut définir la célérité de propagation de l’énergie c#»e par :

D ÉFINITION 10.5 : Célérité de propagation de l’énergie

En notant u la densité volumique d’énergie totale, la célérité de propagation de l’énergie est


D #»E
Π
c#»e =
〈u〉

où le symbole 〈〉 correspond à la moyenne temporelle.

4 DENSITÉ VOLUMIQUE D’ÉNERGIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE ET VECTEUR DE POYN-


TING

T HÉORÈME 10.3 : Densité volumique d’énergie électromagnétique et vecteur de P OYNTING


L’expression de la densité volumique d’énergie électromagnétique w et celle du vecteur de P OYNTING Π sont
#» #»
ε0 2 1 2 #» E ∧B
w= E + B et Π= .
2 2µ0 µ0

D ÉMONSTRATION
CHAPITRE 10. ÉNERGIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE Page 7

5 EXEMPLES : ÉLECTROCINÉTIQUE EN RÉGIME PERMANENT ET DANS L’ARQS

5.1 Rappels
On rappelle les expressions utilisées dans le cours d’électrocinétique de première année. En régime permanent et dans le
cadre de l’ARQS, la puissance P = P (t ) reçue à l’instant t par un dipôle soumis à un tension u = u(t ) et traversé par une
intensité i = i (t ) est

p = ui .

L’énergie δW qu’il reçoit pendant la durée dt au cours de laquelle il est traversé par la charge δq = i d t est donc :

δW = pdt = ui dt = udq.

Dès lors, on peut obtenir les résultats suivants pour le condensateur, la bobine et le conducteur ohmique :
— L’énergie emmagasinée dans un condensateur de capacité C au cours de sa charge de q = 0 à q = Q est

1 Q2
W= .
2 C

— L’énergie emmagasinée dans une bobine d’auto-inductance L quand on y établit un courant dont l’intensité varie de
i = 0 à i = I est
1
W = LI 2 .
2

— La puissance dissipée dans un conducteur ohmique de résistance R et parcouru par un courant d’intensité i est

P = R I 2.

Nous allons retrouver ces résultats en étudiant des modèles simples et en considérant leur énergie électromagnétique.

5.2 Le condensateur plan


On considère un condensateur plan, d’épaisseur e et de surface S. On se place dans le cadre du modèle qui néglige les effets
de bord.

T HÉORÈME 10.4 : Énergie emmagasinée dans un condensateur

L’énergie emmagasinée dans un condensateur plan est

1 Q2 ε0 S
W= avec C= .
2 C e

D ÉMONSTRATION
Page 8 ÉLECTROMAGNÉTISME

5.3 Le solénoïde infini


On considère un solénoïde de longueur l et de section S qui comporte N spires parcourues par une intensité I . On se place
dans le cadre du modèle qui néglige les effets de bord.

T HÉORÈME 10.5 : Énergie emmagasinée dans un solénoïde

L’énergie emmagasinée dans un solénoïde est

1 µ0 N 2 S
W = LI 2 avec L= .
2 l

D ÉMONSTRATION

5.4 Le conducteur ohmique unidimensionnel à symétrie cartésienne


On considère un conducteur ohmique cylindrique d’axe Oz, de conductivité γ, de longueur l et de rayon a. Il est parcouru
selon Oz par une intensité I .

T HÉORÈME 10.6 : Puissance du conducteur ohmique unidimensionnel à symétrie cartésienne

La puissance P qui rentre dans le conducteur est

l
P = RI2 avec R= .
γS

D ÉMONSTRATION

R EMARQUE

En supposant le régime stationnaire établi, on peut détailler les divers transferts énergétiques qui constituent l’effet
Joule :
— Le champ électromagnétique transmet au câble la puissance

#» # »
Ï
P= Π · dS.
S

— Cette puissance
#» #»
Ñ
P= j · E dτ
CHAPITRE 10. ÉNERGIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE Page 9

est cédée aux porteurs qui assurent la conduction car l’énergie électromagnétique contenue dans le câble est
constante en régime stationnaire.
— Les porteurs ayant, en régime stationnaire, une énergie cinétique moyenne constante, cèdent cette puissance P
au réseau métallique.
— Son énergie interne U étant constante en régime stationnaire, le réseau cède cette puissance à l’air ambiant ex-
térieur.
En régime non stationnaire, et notamment dans le régime transitoire qui se produit lorsque l’on établit le courant, la
puissance P est partiellement transformée en augmentation de l’énergie interne du réseau, laquelle se manifeste par
une élévation de la température du métal.

5.5 Conclusion : aspect énergétique de la modélisation électrocinétique


En régime stationnaire et dans l’ARQS, on décrit couramment un circuit par les modèles C (capacité), L (inductance) et R
(résistance) non pas uniquement pour représenter des objets bien délimités (condensateur, bobine, tronçon conducteur)
mais en tant que modèle de l’ensemble des parties du circuit où l’énergie est respectivement emmagasinée dans un champ
électrique, emmagasinée dans un champ magnétique et dissipée par effet J OULE.
Les éléments du modèle sont en fait défini par les expressions :

1 Q2 ε0 2 1 1 2 #» #»
Ñ Ñ Ñ
WE = = E dτ WB = LI 2 = B dτ P = R I 2 = j · E dτ.
2 C 2 2 2µ0

Citons deux exemples :


— Même s’il ne comporte pas de condensateurs, un circuit a toujours une certaine capacité, due à ses parties qui com-
portent des conducteurs rapprochés. On parle d’effet capacitif.
— Même s’il ne comporte pas de bobines, un circuit parcouru par un courant a toujours une certaine inductance. On
parle d’effet inductif.

6 QUANTITÉ DE MOUVEMENT ET PHOTON

6.1 Quantité de mouvement


Le champ électromagnétique exerce des forces de L ORENTZ sur les particules chargées de la matière. Il est donc susceptible
de fournir à celles-ci de la quantité de mouvement.
Dans le cadre d’une théorie qui exclut le transport instantané à distance, on doit en conclure que le champ électromagnétique
contient de la quantité de mouvement. Ce sujet étant en dehors du programme, on se borne à donner sans démonstration
l’expression de la densité volumique de quantité de mouvement du champ électromagnétique dont on vérifiera la pertinence
dans des cas particuliers :

d #»
p Π #» #»
= 2 = ε0 E ∧ B .
dτ c0

6.2 Le photon
L’explication des lois du rayonnement thermique donnée en 1900 par l’allemand M AX PLANCK (1858-1947) a conduit ce
dernier à postuler que les échanges d’énergie entre le champ et la matière ne peuvent se faire que sous forme de quanta d
’énergie, le quantum associé à une onde électromagnétique de fréquence ν étant donné, h étant une constante universelle
(constante de P LANCK), par :

E = hν avec h = 6,626 176 × 10−34 J s.

Cette relation est appelée la relation de P LANCK -E INSTEIN car elle a également servi de base à la théorie de l’effet photoélec-
trique proposée en 1905 par E INSTEIN.
En 1923, l’observation par l’américain A RTHUR C OMPTON (1892-1962) du changement de fréquence de rayons X diffusés par
des électrons libres (effet C OMPTON) a montré que l’énergie du quantum peut être attribuée à une particule qui a reçu le nom
de photon.
La théorie, vérifiée expérimentalement, permet de montrer que les ondes électromagnétiques ont dans le vide une célérité
c 0 indépendante de leur fréquence ν et indique également que le photon a une masse nulle et lui assigne en conséquence
une quantité de mouvement :
Page 10 ÉLECTROMAGNÉTISME

E hν
p= = .
c0 c0

On peut vérifier que cette relation est en accord avec la relation de L OUIS DE B ROGLIE qui donne la longueur d’onde λ associée
à une particule de quantité de mouvement p :

c0 h
λ= = .
ν p

On peut résumer la définition et les propriétés du photon :

P ROPRIÉTÉ 10.1 (Le photon)

Le photon est une particule que la théorie quantique associe à une onde électromagnétique plane progressive et mo-
nochromatique. De masse nulle et de charge nulle, le photon a une vitesse c 0 dans le vide par rapport à tout référentiel
galiléen.

7 PROPRIÉTÉS DE SYMÉTRIE
L’analyse des équations de M AXWELL a montré qu’en régime variable, les sources de champ électromagnétique ne sont plus
uniquement les charges et les courants, mais qu’un champ électrique variable peut-être source d’un champ magnétique
(équation de M AXWELL -A MPERE) et qu’un champ magnétique variable peut-être source d’un champ électrique (équation de
M AXWELL -FARADAY).
Compte tenu de ces nouvelles propriétés, il n’est plus possible, comme en régime permanent, de séparer les propriétés de
symétrie du champ électrique de celles du champ magnétique car elles sont corrélées.
Néanmoins, les conclusions obtenues en régime permanent se reconduisent en régime variable à condition de prendre en
compte les plans de symétrie ou d’antisymétrie communs à l’ensemble des deux répartitions de charges et de courants.
On retiendra donc les propriétés suivantes

P ROPRIÉTÉ 10.2 (Propriétés d’invariance et de symétrie du champ électromagnétique)


— En cas d’invariance du couple (ρ, j ) par translation selon un axe ou par rotation autour d’un axe, le champ élec-
#» #»
tromagnétique ( E (M , t ), B (M , t )) est alors indépendant du paramètre caractérisant la translation ou la rotation.
#» #»
— À chaque instant t , pour tout point M appartenant à un plan de symétrie Π+ du couple (ρ, j ), E (M , t ) est contenu

dans Π+ , et B (M , t ) est orthogonal à Π+ .
#» #»
— À chaque instant t , pour tout point M appartenant à un plan d’antisymétrie Π− du couple (ρ, j ), E (M , t ) est

orthogonal à Π− , et B (M , t ) est contenu dans Π− .
Chapitre 11

APPROXIMATION DES RÉGIMES


QUASI-STATIONNAIRES

Dans ce chapitre, on étudie de façon plus spécifique les régimes lentement variables qui se différentient des régimes perma-
nents, mais pour lesquels on peut négliger les phénomènes de propagation.
L’induction électromagnétique se situe typiquement dans le cadre de l’ARQS. D’autre part, l’étude des courants induits dans
les circuits filiformes menée en première année est élargie au cas des courants induits dans les conducteurs massifs, appelés
courants de F OUCAULT.

Sommaire
1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2 Induction électromagnétique dans un conducteur massif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3 Induction électromagnétique dans un circuit électrique filiforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

1 Généralités

1.1 Expressions des ordres de grandeur


En notant r = SM la distance reliant un point S d’une distribution D de charges et de courants et M un point où est créé le
champ électromagnétique et T le temps caractéristique d’évolution de D et donc des champs, les équations de M AXWELL -
FARADAY et M AXWELL -A MPÈRE qui relient le champ électrique et le champ magnétique s’écrivent en ordre de grandeur

E B B 1 E
≈ et ≈ µ0 j + 2
r T r c0 T

D ÉMONSTRATION

1.2 Hypothèses de l’ARQS magnétique


1.2.1 Définition
Il existe deux types d’ARQS, l’une qualifiée d’ARQS magnétique, étudiée dans ce chapitre, l’autre qualifiée d’ARQS électrique,
traitée en TD dans l’exercice « Condensateur alimenté en haute fréquence ».

11
Page 12 ÉLECTROMAGNÉTISME

Alors que l’ARQS électrique se présente comme un écart à l’électrostatique, l’ARQS magnétique constitue un écart à la ma-
gnétostatique dans le sens où comme en magnétostatique, un champ magnétique est crée par un courant, mais ce courant
n’étant plus permanent, sa présence engendre en plus de l’existence d’un champ magnétique, celle d’un champ électrique.

En effet, le champ magnétique variable est lié au champ électrique par l’équation de M AXWELL -FARADAY dont l’expression
en ordre de grandeur, obtenue dans le paragraphe précédent, s’écrit

rB
E≈ .
T

En reportant cette expression M AXWELL -A MPÈRE, il vient

B r
≈ µ0 j + 2 2 B.
r c0 T

r
Le terme B de l’égalité précédente, apparaît comme un écart à la forme que l’on obtiendrait en régime permanent
c 02 T 2
B
≈ µ0 j , correspondant à l’équation de M AXWELL -A MPÈRE en régime permanent.
r
Lorsque cet écart est infiniment petit devant les autres termes, on peut alors le négliger et considérer que l’équation de
M AXWELL -A MPÈRE conserve la même forme que celle du régime permanent.

Cette approximation est donc possible lorsque


B r
À 2 2B donc
r c0 T

r ¿ c 0 T.

r
Cela signifie que le temps τ = nécessaire à la propagation des signaux temporels associés aux grandeurs électromagné-
c0
tiques, de S jusqu’au point d’observation M , est suffisamment faible devant T , temps caractéristique décrivant l’évolution
temporelle de ces signaux, pour que le phénomène de propagation puisse être considéré comme instantané.
#» #»
Toute modification temporelle en S, étant perçue instantanément en M , tout se passe comme si le lien entre j et B n’était
pas affecté par le phénomène de propagation.

Il existe cependant une différence entre ce régime et le régime permanent de la magnétostatique qui s’observe au niveau du
rB #»
champ électrique. En effet, la relation E ≈ montre que, contrairement au régime permanent, E n’est pas nul.
T
Finalement, on retiendra la propriété suivante

P ROPRIÉTÉ 11.1 (ARQS magnétique)

L’AROS magnétique est valable dès que r ¿ c 0 T , où r est la distance caractéristique entre les sources et l’observateur,
et T la temps caractéristique de variation des sources. Elle signifie que tout phénomène de propagation est considéré
comme instantané : l’observateur est immédiatement au courant des variations des sources.

R EMARQUE


Dans le cas du régime sinusoïdal de pulsation temporelle ω = , la condition précédente r ¿ c 0 T peut s’écrire r ¿
T
λ en faisant intervenir la longueur d’onde λ = c 0 T de l’onde électromagnétique. Dès lors que la taille du dispositif
électrocinétique est très faible devant la longueur d’onde électromagnétique engendrée par les signaux électriques de
pulsation ω, le système évolue dans le cadre de l’ARQS.
À titre d’exemple, on peut appliquer cette dernière condition au cas d’un câble coaxial utilisé au laboratoire afin de
raccorder un générateur et un dipôle. Si le générateur délivre un signal de fréquence f = 100 kHz, la longueur d’onde
c0
vaut alors λ = = 3 km. Les longueurs usuelles des câbles coaxiaux au laboratoire, de l’ordre de quelques mètres, sont
f
faibles devant 3 km. On peut donc conclure que le phénomène de propagation est instantané entre l’entrée et la sortie
du câble.
CHAPITRE 11. APPROXIMATION DES RÉGIMES QUASI-STATIONNAIRES Page 13

1.2.2 Propriété de l’ARQS magnétique


1. Équation de M AXWELL de l’ARQS
L’ARQS néglige les phénomènes de propagation, ce qui revient finalement à considérer que c 0 tend vers l’infini.
En d’autres termes, les équations de M AXWELL de l’ARQS négligent dans l’équation de M AXWELL -A MPÈRE le terme
#» #»
∂E 1 ∂E #»
ε0 µ0 = 2 devant µ0 j .
∂t c 0 ∂t

On retiendra donc le tableau des équations de Maxwell dans l’ARQS




 #»
div( B ) = 0







#» ρ



 div( E ) =


TARQS : ε 0


 # » #» ∂ B
rot E = −


∂t





# » #» #»


 rot B = µ0 j


2. Le champ magnétique de l’ARQS


Le champ magnétique de l’ARQS vérifie les mêmes équations locales que celles vérifiées par le champ magnétique
stationnaire 

 #»
 div( B ) = 0


# » #» #»
 rot B = µ0 j


On peut donc reconduire à l’instant t le même raisonnement permettant d’établir le théorème d’A MPÈRE. Dans l’ARQS,
le théorème d’A MPÈRE reliant, à l’instant t , la circulation du champ magnétique le long d’un contour fermé Γ, et l’in-
tensité algébrique I (t ) traversant ce contour, est

#» # »
I
B (M , t ) · dOM = µ0 I (t ).
M ∈Γ

On retiendra donc la propriété suivante

P ROPRIÉTÉ 11.2 (ARQS)

Dans le cadre de l’ARQS, le champ magnétique vérifie les lois de la magnétostatique


#» #»
B ARQS = B RP .

3. Le champ électrique de l’ARQS


Le champ électrique de l’ARQS ne vérifie pas les mêmes équations locales que celles vérifiées par le champ électrique
stationnaire 

 #» ρ
 div( E ) =


TARQS : ε 0

# » #» ∂B


 rot E = −


∂t

On retiendra donc la propriété suivante

P ROPRIÉTÉ 11.3 (ARQS)

Le champ électrique de l’ARQS n’est pas identique à celui du régime stationnaire, il en diffère par la présence du
champ électromoteur dit de N EUMANN, à circulation non conservative, qui traduit le phénomène d’induction
#» #» #»
E ARQS = E RP + E Neumann .
Page 14 ÉLECTROMAGNÉTISME

4. Électrocinétique dans l’ARQS


En prenant la divergence de l’équation de M AXWELL -A MPÈRE dans l’ARQS, on obtient

div( j ) = 0.

D’autre part, la loi d’O HM étant valable pour les conducteurs aux fréquences industrielles et hertziennes, sa validité est
encore acquise dans le cadre de l’ARQS pour des circuits de dimension usuelle.
On retiendra donc la propriété suivante

P ROPRIÉTÉ 11.4

Le caractère conservatif de l’intensité (loi des nœuds) ainsi que la loi d’O HM sont valables dans le cadre de l’ARQS
comme en régime stationnaire. Il en est de même de toutes les conséquences de ces deux lois (loi des mailles, loi
de diviseur de tension, loi de diviseur de courant, association de dipôles, théorème de superposition, théorème
de Thévenin et de Norton).

2 Induction électromagnétique dans un conducteur massif

2.1 Induction électromagnétique


Dans l’ARQS, même s’il reste suffisamment faible, le champ électrique n’est pas nul. Son existence étant due à la présence du
#» #»
champ magnétique variable, on dit que le couple ( j , B ) est inducteur. La présence d’un courant inducteur variable, créant
un champ magnétique inducteur également variable, engendre la présence d’un champ électrique nommé champ électrique
induit.
r
Les hypothèses de l’ARQS magnétique, conduisant à la condition E ≈ B ¿ c 0 B , assurent que le champ électrique induit est
T
suffisamment faible pour ne pas affecter le champ magnétique inducteur qui ne dépend ainsi que des courants inducteurs.
On peut s’interroger sur la validité de cette dernière propriété en milieu conducteur. En effet, la présence d’un champ élec-
trique dans un milieu conducteur engendre un déplacement de charges et l’apparition d’un courant. Un tel courant, créé par
un champ électrique induit porte le nom de courant induit. Ce courant induit crée, au même titre que le courant inducteur,
un champ magnétique induit qui se superpose au champ inducteur. Selon la taille, la conductivité du conducteur et la fré-
quence du régime, le champ magnétique induit peut êtres négligeable devant le champ inducteur, ce qu’on suppose dans la
suite. Ce critère introduit une nouvelle condition qui est étudiée sur l’exemple suivant.

2.2 Exemple de courants de F OUCAULT


2.2.1 Description du dispositif
On considère un conducteur massif, c’est-à-dire taillé dans une morceau de métal de volume non nul, qui évolue dans le
cadre de l’ARQS magnétique. Le dispositif, représenté en figure 11.1 page ci-contre, comporte un courant inducteur produit
par une source de tension sinusoïdale de pulsation ω qui alimente un solénoïde formé de spires circulaires jointives, de rayon
R 1 . La longueur L du solénoïde est suffisamment grande devant R 1 pour que, dans l’espace utile au voisinage du centre O, on
puisse négliger les effets de bord et considérer qu’il se comporte comme un solénoïde infini.
Le courant inducteur noté i 0 (t ), égal à i 0 (t ) = I m cos (ωt ), circule dans les N spires du solénoïde et crée le champ magnétique
inducteur quasi uniforme au voisinage de O, égal à

#» N # » = B cos (ωt ) u# » avec B = µ N I .


B = µ0 I m cos (ωt ) u z 0 z 0 0 m
L L

Dans ce champ magnétique inducteur, on place un cylindre en métal de conductivité électrique γ, de rayon l et de lon-
gueur h. De plus, L est suffisamment grand pour que le champ magnétique inducteur reste uniforme sur tout le volume du
#» # ».
conducteur égal à B = B 0 cos (ωt ) u z
Le conducteur soumis au champ magnétique variable devient le siège de courants induits circulant dans toute la masse du
conducteur, les courants de F OUCAULT.

2.2.2 les courants de F OUCAULT

— Le champ électrique induit est


#» 1 # ».
E (r, t ) = B 0 ωr sin (ωt ) u θ
2
CHAPITRE 11. APPROXIMATION DES RÉGIMES QUASI-STATIONNAIRES Page 15

F IGURE 11.1 – Description du dispositif

— Les courants de F OUCAULT induits dans le cylindre conducteur ont une densité volumique de courant

#» 1 # ».
j i (r, t ) = γB 0 ωr sin (ωt ) u θ
2

— La puissance volumique reçue par le cylindre volumique à l’instant t est

1
p v (r, t ) = γB 02 ω2 r 2 sin2 (ωt )
4
et la puissance moyenne dissipée dans tout le cylindre s’écrit

1
P moy = πγB 02 ω2 hl 4 .
16
Cette puissance reçue échauffe le conducteur par effet J OULE.

D ÉMONSTRATION
Page 16 ÉLECTROMAGNÉTISME

On retiendra donc la propriété suivante

P ROPRIÉTÉ 11.5 (Courants de F OUCAULT)

Un conducteur massif métallique soumis à un champ magnétique variable est parcouru par des courants induits nom-
més courants de F OUCAULT. Ces courants échauffent le conducteur par effet J OULE.

R EMARQUE

Ce phénomène est utilisé dans certains dispositifs comme des fours à induction ou des plaques à induction, ou l’on
utilise cette puissance J OULE pour échauffer le métal. Dans le cas des fours à induction, cet échauffement provoque
la fusion du métal, pour celui des plaques à induction, la chaleur dissipée dans le fond métallique des ustensiles de
cuisine chauffent les aliments. Ces dispositifs sont donc agencés pour organiser au mieux les courants de F OUCAULT
afin de les rendre les plus intenses possibles.
À contrario, ce phénomène peut se révéler très gênant comme dans le cas des transformateurs ou des machines élec-
triques étudiés dans la partie conversion de puissance, car cette puissance consommée par effet J OULE contribue d’une
part à l’échauffement indésirable des dispositifs et d’autre part, réduisent la part de puissance utile délivrée par ces dis-
positifs. Ainsi, ces derniers sont agencés pour minimiser, voire annuler, les courants de F OUCAULT.

2.2.3 Champ magnétique créé par les courants induits


#» #»
Dans les paragraphes précédents, le champ magnétique B i créé par les courants induits, de densité volumique j i , est négligée
devant le champ créé par le courant d’intensité i 0 qui parcourt le solénoïde. Ce résultat est valable sous condition :
s
2
Dans l’ARQS, tant que la taille caractéristique du conducteur reste inférieure à l’épaisseur de peau δ = , le
µ0 γω
champ magnétique induit est négligeable devant le champ magnétique inducteur.

D ÉMONSTRATION
CHAPITRE 11. APPROXIMATION DES RÉGIMES QUASI-STATIONNAIRES Page 17

2.2.4 Généralisation
Le dispositif étudié précédemment a permis de mettre en évidence l’existence des courants de F OUCAULT. Ces courants
dépendent de la géométrie du dispositif. Cependant, quelques propriétés se retrouvent quelle que soit cette géométrie.

P ROPRIÉTÉ 11.6 (Courants de F OUCAULT)

Dans le cadre de l’ARQS, un conducteur métallique soumis à un champ magnétique inducteur sinusoïdal est le siège
s électromagnétique dissipée sous forme d’effet Joule. En notant l la
de courants de F OUCAULT et reçoit de la puissance
2
distance caractéristique du conducteur et δ = l’épaisseur de peau, tant que la condition la condition l ¿ δ est
µ0 γω
réalisée, cette puissance est :
— proportionnelle au carré de la fréquence ;
— proportionnelle à la conductivité du métal ;
— proportionnelle au carré du champ magnétique inducteur.
Le facteur de proportionnalité dépend de la géométrie du dispositif.

3 Induction électromagnétique dans un circuit électrique filiforme

3.1 Flux magnétique


Le flux magnétique joue un rôle particulier en raison d’une part de son caractère conservatif et d’autre part de la loi de

FARADAY e = − du phénomène d’induction électromagnétique qui lie la f.e.m. induite dans un contour C au flux qui
dt
traverse la surface S s’appuyant sur ce contour :

#» #»
Ï
Φ= B (M ) · d S .
M ∈S

3.1.1 Inductance propre



On considère le cas où B représente le champ propre d’un circuit C , c’est-à-dire ayant pour source le circuit lui-même, Φ dé-
signant de même le flux propre du circuit (flux envoyé par le circuit à travers lui-même). L’expression du champ magnétique

montre que B est proportionnel à I . On déduit que Φ est également proportionnel à I et l’on écrit, L désignant un coefficient
caractéristique du circuit appelé inductance propre de celui-ci et exprimé dans le SI en henry (H) :

Φ = LI .

R EMARQUE

L’inductance propre est par définition toujours positive et ne dépend que des caractéristiques physiques et géomé-
triques du circuit C .
Page 18 ÉLECTROMAGNÉTISME

3.2 Densité volumique d’énergie magnétique


On rappelle l’expression de la densité volumique d’énergie magnétique :

T HÉORÈME 11.1 :


Soit une distribution volumique D de courants permanents créant un champ magnétique B (M ). La densité volumique
d’énergie magnétostatique s’écrit

dWm B 2 (M )
wm = = .
dτ 2µ0
L’énergie magnétique est donc
1 #» 1
Ñ
Wm = B 2 (M )dτ = LI 2 .
2µ0 M ∈R3 2

R EMARQUE

Le calcul de l’inductance propre peut s’effectuer de deux façons différentes


— grâce à la définition en exploitant la relation Φ = LI ,
1 2 1 Ð #»2
— grâce à l’aspect énergétique en exploitant la relation LI = M ∈R3 B (M )dτ.
2 2µ0

3.3 Inductance mutuelle


Soient C 1 et C 2 deux circuits filiformes parcourus par les intensités I 1 et I 2 .
On note Φ1 = Φ11 + Φ12 le flux traversant C 1 , somme :
— du flux propre Φ11 = L 1 I 1 que C 1 envoie à travers lui-même,

— et de Φ12 , flux envoyé à travers C 1 par le champ B 2 dont C 2 est la source.

Le champ B 2 étant proportionnel à I 2 , on définit l’inductance mutuelle M 12 par

Φ12 = M 12 I 2 .

En effectuant un calcul identique, on obtient Φ21 = M 21 I 1 et en exploitant le caractère symétrique du problème, on a M 21 =


M 12 = M . Cette valeur commune est appelée inductance mutuelle des deux circuits :

D ÉFINITION 11.1 : Inductance mutuelle

Φ12 = M I 2 et Φ21 = M I 1 .

Le signe de M dépend des conventions prises pour orienter C 1 et C 2 .


|M | est faible pour des circuits éloignés ou dirigés de façon telle que le flux d’un circuit rentre mal dans l’autre. Il devient
particulièrement grand dans une configuration, réalisée par exemple dans un transformateur, où le flux créé par un bobinage
traverse entièrement l’autre.

3.4 Énergie magnétique de deux circuits


On considère à nouveau C 1 et C 2 deux circuits filiformes parcourus par les intensités i 1 et i 2 .
Ces deux circuits filiformes sont indéformables et fixes, caractérisés par leurs résistances R 1 , R 2 , leurs inductances propres
L 1 , L 2 et leur inductance mutuelle M , et alimentés par deux générateurs de f.e.m. E 1 , E 2 .
La f.e.m. induite dans C 1 est
dΦ1 dΦ11 dΦ12 di 1 di 2
e1 = − =− − = −L 1 −M .
dt dt dt dt dt

En utilisant la loi de P OUILLET et en procédant de même pour C 2 , on en tire :

di 1 di 2 di 2 di 1
E1 − L1 −M = R1 i 1 et E2 − L2 −M = R2 i 2 .
dt dt dt dt
CHAPITRE 11. APPROXIMATION DES RÉGIMES QUASI-STATIONNAIRES Page 19

En multipliant ces équations respectivement par i 1 et i 2 , et en sommant, on voit apparaître un bilan énergétique :
µ ¶
d 1 1
E 1 i 1 + E 2 i 2 = R 1 i 12 + R 2 i 22 + L 1 i 12 + Mi 1 i 2 + L 2 i 22 .
dt 2 2

En intégrant ces équations entre un état initial à l’instant t = 0 où i 1 (0) = i 2 (0) = 0 et un état final à l’instant t = τ où i 1 (τ) = I 1
et i 2 (τ) = I 2 , on obtient : Z τ Z τ
1 1
R 1 i 12 + R 2 i 22 dt + L 1 I 12 + M I 1 I 2 + L 2 I 22 .
¡ ¢
(E 1 i 1 + E 2 i 2 ) dt =
0 0 2 2
Le premier membre représente l’énergie fournie par les générateurs pendant l’opération. Une partie de celle-ci a été dissipée
par effet J OULE comme l’indique la première intégrale du second membre. Conformément à la conservation de l’énergie,
il est naturel d’admettre que la quantité supplémentaire représente l’énergie emmagasinée dans le champ magnétique du
système :

1 1 1 #»
Ñ
Wm = L 1 I 12 + M I 1 I 2 + L 2 I 22 = B 2 (M )dτ.
2 2 2µ0 M ∈R3

On retrouve bien entendu les expressions déjà connues de l’énergie emmagasinée dans le champ d’un seul circuit.
p
On obtient par ailleurs l’inégalité |M | < L 1 L 2 en exprimant le caractère toujours positif de Wm .

D ÉMONSTRATION

On peut ainsi caractériser le couplage de C 1 et C 2 par la quantité positive sans dimension, appelée coefficient de couplage
des deux circuits :
|M |
k=p É1
L1L2
— Le cas k = 0 représente une absence de couplage magnétique entre les deux circuits.
— Le cas k = 1 représente un couplage parfait : toutes les lignes de champ créées par un circuit passent à travers l’autre.
Nous étudierons dans le cadre de la partie « Conversion de puissance » le cas du transformateur où, par construction,
le couplage entre le primaire et le secondaire est presque parfait.
Table des figures

11.1 Description du dispositif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

21

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