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Poesie Negro

La poésie négro-africaine, contrairement à d'autres mouvements littéraires, allie beauté esthétique et réflexions sur des enjeux sociaux et identitaires. À travers une analyse des champs lexicaux, le texte met en lumière la lutte du peuple noir pour la liberté, sa souffrance et sa résilience, exprimées par la musique et la poésie. En conclusion, cette poésie se révèle être un outil d'engagement et de combat pour la société, tout en véhiculant des émotions profondes.

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Poesie Negro

La poésie négro-africaine, contrairement à d'autres mouvements littéraires, allie beauté esthétique et réflexions sur des enjeux sociaux et identitaires. À travers une analyse des champs lexicaux, le texte met en lumière la lutte du peuple noir pour la liberté, sa souffrance et sa résilience, exprimées par la musique et la poésie. En conclusion, cette poésie se révèle être un outil d'engagement et de combat pour la société, tout en véhiculant des émotions profondes.

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CHAMPS LEXICAUX ET EXPRESSIONS SOCIALES

INTRODUCTION

La poésie-négro africaine remplit, fondamentalement, une fonction qui semble faire


d’elle un paradoxe, aussi bien dans l’univers littéraire, en générale, que dans le milieu
poétique, en particulier. La poésie, étant un art dont le bien dire constitue l’essence, devrait
s’intéresser qu’à elle-même, et se consacrer exclusivement à sa quête du beau. Le mouvement
du parnasse en est l’exemple parfait, étant donné que pour celui-ci, la substance vitale d’une
œuvre est la beauté. Il est raisonnable de savoir la poésie centrée sur la structure formelle et le
jeu de mots. C’est un procédé par lequel le poète exhibe ses émotions, ces sentiments, dans
l’optique de susciter une affectivité chez le lecteur et le poéticien. Les poèmes romantiques,
parnassiens, futuristes, surréalistes, etc., bien que différents, obéissent à un même principe :
beau poétique découle de l’expression subjective, personnelle, individuelle, affective. La
poésie négro-africaine, par contre, associe à beauté des vers, des pensées collectives, des
traces identitaires. C’est une poésie qui se fait reflet saccadé de la société. Senghor dit en
substance qu’elle est ‘‘utile’’, du fait qu’elle parle en faveur de la société. C’est dans cette
perspective d’utilité que s’inscrit le texte, objet de notre réflexion. Issue de Césarienne de
Zadi Zaourou, aux pages 36 à 38, il traduit un conflit identitaire à travers une pléthore de
figures. Alors qu’on contemple sa qualité esthétique, on considère également son
imprégnation des défis existentiels et contemporains. Afin d’en faire un bon décryptage, il
s’avère nécessaire de recourir à une théorie d’approche adaptée à la poésie négro-africaine. La
théorie ‘‘Champs lexicaux et expressions sociales’’ la plus approprié, pour apprécier
l’association de la clameur identitaire et l’extase poético-stylistique. Pour ce faire, après une
lecture discernée du texte, nous dégageront les champs lexicaux possibles, pouvant aboutir à
la formulation d’un dogme intellectuel que nous analyserons en confrontation du texte.

I. Lecture discernée du texte


Dans cette première étape de notre analyse, il s’est agi, pour nous, de prendre
connaissance du texte à travers une lecture plurielle. Cette lecture n’a pas consisté à
comprendre le texte, mais, plutôt, à le ressentir. En abordant le texte, donc, ce fut l’émotion
subjectif qui nous a permis de capter la charge affective qui émane de ce texte. Ce contact
avec le texte a aussi permis de deviner et de chercher, dans le dictionnaire, le sens des termes
difficiles qui s’y trouvent. Suite à cela, divers champs lexicaux ont été supposés, au nombre
desquels six (6) furent retenus.

II. Elaboration des champs lexicaux possibles

A l’appréciation de la substance du texte, les champs lexicaux possible qui semble se


dégager sont les suivants : la gloire, le corps, la lutte, la peine, la musique et l’allégresse.

a. Le champ lexical de la gloire

« Dieu » V1 ; « Honneur » V17 ; « maître des temps » V17 ; « important personnage » V20 ;
« haut » V22 ; « bagnon » V25 ; « sainte colline » V39.

Après la gloire, l’on note également le lexique du corps.

b. Le champ lexical du corps

« Yeux » V3 ; « pupilles » V10 ; « rétines » V11 ; « nez » V13 ; « vomer » V15 ; « poing »
V15 ; « chair » V20 ; « poils » V27 ; « lèvre » V27 ; « moustache » V28 ; « langue » V35 ;
« sensuelle » V42.

En plus du corps et la gloire, les champs lexicaux se poursuivent avec celui de la lutte.

c. Le lexique de la lutte

« Querelle » V2 ; « braise » V10 ; « flamme » V10 ; « s’efforcent » V6 ; « entrave » V6 ;


« sauvage » V22, « preux » V42.

Suite à la lutte, il est important de relever la peine qui accompagne.

d. Le lexique de la peine
« Infirme » V3 ; « endeuillés » V5 ; « « orbite timide » V5 ; « sans éclat » V12 ;
« contraindre » V13 ; « plaignons-le » V14 ; « bésicles pesants » V13 ; « mal formé » V15 ;
« bravache » V15 ; « main malveillante » V20 ; « méfait » V20 ; « fragile » V20 ; « laideur »
V25 ; « faim » V47.

Cette étape ne s’achève pas avec le vocabulaire de la peine ; il y a aussi celui de la


musique.

e. Le vocabulaire de la musique

« Planches sonores » V37 ; « rythment » V37 ; « chants » V37 ; « HYMNE » V48.

L’élaboration des champs lexicaux possible se clôture avec le champ lexical de


l’allégresse.

f. Le vocabulaire de l’allégresse

« Louons-le » V23 ; « rient » V42 ; « respire » V44 ; « souffle » V44 ; « prospère » V44 ;
« savoure » V48.

III. Formulation du dogme intellectuel

Cette phase de notre étude, par son intitulé, est assez explicite. Ici, il est question de
former, de formuler une phrase ou des propositions logiques à partir des différents champs
lexicaux dégagés ci-dessus. La phrase produite par ces vocabulaires est appelée ‘‘dogme
intellectuel’’.

Le nôtre s’énonce comme suit : reconnaissant que la gloire n’appartient à aucun être
humain, le peuple, malgré la peine endurée dans son corps, demeure constant dans la
lutte pour la liberté qu’il clame avec allégresse, à travers la musique. Effectivement si,
dans l’histoire du monde, certains peuples ont dû vivre le martyr dans leurs corps d’un côté,
ils ont, en revanche, refusé la résignation et ont résiliés, dans un esprit pugilistique, l’idée de
dépendance à leurs bourreaux. En l’occurrence, le peuple Noir subit des traitements qui lui
était défavorable en raison de sa pigmentation. Cela se lit dans l’histoire avec la traite
transatlantique, l’esclavage et la colonisation, où les Noirs furent aliénés, avilis, vilipendés,
chosifiés, brutalisés… Toutefois, ce peuple a conscience que sa rédemption ou sa liberté ne
dépend pas de l’octroi de ses oppresseurs, et persiste dans sa quête, ses épreuves, son combat.
Nous en voulons pour exemples certaines figures de proue dans cette lutte telles que Harriet
Tobman, aussi appelé Moïse noir ou mère Moïse ; Whipped Peter, qui signifie ‘‘Pierre le
fouetté’’ (de son vrai nom : Gordon) et Martin Luther King. Ce sont des figures
emblématiques de la lutte contre l’esclavage et la ségrégation raciale aux États-Unis
d’Amérique. Parmi ces icônes, nous nous attarderons sur la vie de Whipped Peter. Réduit en
esclavage dans une plantation de Louisiane, il chante des chants antillais (de son origine) à
Dieu ; car, pour lui, la délivrance vient de Lui. Il s’échappe en mars 1863, mais est poursuivis
par son ancien bourreau pendant dix jours. Ce fut, pour lui, une épreuve pénible au bout de
laquelle il parvient à atteindre son objectif : rejoindre l’armée de l’Union stationnée à Bâton
rouge. Avec celle-ci, il libérait les esclaves de Louisiane et retrouvait sa famille dont il était
séparé. Ces retrouvailles furent, pour lui, un temps d’allégresse et de reconnaissance à son
Dieu.

La vie de Gordon est une parfaite image de celle du peuple noir qui milite
incessamment contre les peines que lui ont fait endurer ses persécuteurs. Afin de trouver du
réconfort et du renforcement, il se réfugie dans des créations musicales. L’on relève, parmi
ces créations musicales, le Jazz, créé entre les XIX e et XXe siècles, pendant la discrimination
raciale aux USA, et le Gospel, conçu au XVII e siècle dans le contexte tragique de l’esclavage,
mais est devenu une musique de célébration et d’identification dans le milieu chrétien. A
travers ce style musicale, les esclaves noirs communiquaient et adressaient des prières à Dieu,
s’identifiant au peuple d’Israël déporté à Babylon. Cela est corroboré par l’œuvre musicale
intitulé Rivers of Babylon de M. Boney.

IV. Analyse textuelle du dogme intellectuel

La lecture de ce texte poétique nous fait comprendre que la poésie, de son caractère
exclamatif, fais partie du langage quotidien du peuple noir, étant donné que celui-ci est
prompt à traduire ses émotions par de vives exclamations : interjection, soupire, gestuelle et
autres. Le texte le confirme à travers une avalanche d’indices tels que les interjections « ô »
(V1, V7), « Ah » (V15, V16), « oh » (V22), et la ponctuation : le point d’exclamation « ! »
(V1, V7, V12, V16, V20, V22, V26, V27, V39, V48), les tirets « - » (V2, V4, V9, V11, V15)
et le point d’interrogation « ? » (V13, V28, V29, V36). Ces relevés textuels de l’exclamation
font saillir la rudesse de la lutte qu’expriment les lexies « braise » V10, « flamme » V10,
« entrave » V6. Le combat n’est pas qu’une simple épreuve, mais une rixe laissée paraître par
le terme « querelle » V2, dont les conséquences se font ressentir directement sur le corps. La
synecdoque « yeux infirmes » en est la preuve. Ici, en mentionnant les yeux, le poète désigne
l’intégrité physique du corps. Considérés comme la lumière du corps, les yeux permettent à
l’être vivant de prendre conscience de ce qui l’entoure. Mais l’aspect dure et « sauvage » V22
de la bataille porte atteinte à la condition physique du corps, d’où l’emploi des épithètes
« infirmes » V3, « timide » V5. Cette dégradation corporelle entraine l’être dans une
impuissance sans précédent. Les expressions illustrant cette idée sont : « poing mal formé »
V15, « chair fragile » V20. L’on remarque, à travers ces indices, la peine du peuple noir qui
voit ses membres constamment « endeuillés » V5 par la « main malveillante » V20 de son
tortionnaire. Mais, contre toute attente, il exprime sa joie de vivre et sa raison d’être par la
musique, visible dans le texte à travers l’éventail lexical « rythment » V37, « chants » V37,
« HYMNE » V48. Le peuple, par ce moyen, offrent la gloire à « Dieu » V1, « maître des
temps » V17, qui, pour lui, est, sans doute, son unique libérateur dans la bataille qu’il mène
désespérément. C’est, donc, cette espérance qui est à l’origine de l’allégresse du peuple
lexicalement énoncée par « respire » V44, « souffle » V44 et « savoure » V48. Le texte
présente, à travers ces énoncés, l’assurance qu’a le peuple en un avenir meilleur dont il se
délecte, d’avance, dans son imaginaire.

Conclusion

La théorie champs lexicaux et expressions sociales, appliquée au texte étudié montre,


avec beaucoup d’émotion, que, bien que la poésie soit un art d’extravagance et de la beauté du
phrasé, elle ne demeure pas moins utile à la société. Elle se fait lieu de combat, d’engagement.
Dans l’Afrique ancestrale, la parole engagée est beaucoup plus imagée, rythmée et plein de
symboles. Elle est, donc, poésie. La contemporanéité négro-africaine, également, semble voir
en la poésie la meilleure expression de l’engagement littéraire. Celle-ci indexe avec rudesse,
émotion, intelligence, lyrisme ; aussi avec pédagogie. Car en Afrique noire, là où il y a le bien
dire, il y a enseignement. Le texte étudié en est la preuve.

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