Memoire
Memoire
GENERALE
Il n’est pas inutile de s’interroger sur la nature et les objectifs de l’archéologie, cette
discipline scientifique qui a existé dès les temps les plus anciens de l’humanité, en Égypte, en
Mésopotamie, en Chine, en Grèce ou à Rome, poussant les hommes à s’intéresser à leurs
prédécesseurs et aux vestiges laissés par eux, connus par la tradition orale, visibles dans le
paysage puis bientôt émergeant des fouilles de plus en plus méthodiques effectuées par les
e
collectionneurs dès la Renaissance, les antiquisants dès le XVIII siècle, les préhistoriens dès
le XIX e siècle et les archéologues devenus professionnels du XX e
siècle, enrichissant les
données des historiens par le déchiffrement des plus anciennes écritures puis par la culture
matérielle des objets découverts et enfin par la reconstitution des sites archéologiques, des
Par ailleurs, l'archéologie a occupé de plus d'un siècle une place significative dans
diverses batailles politiques à travers le continent africain. Dans de nombreux pays, elle a été
mise en œuvre pour renforcer un sentiment national ou, de manière plus générale, pour
susciter de la fierté dans l'histoire africaine. Par exemple, au Grand Zimbabwe, les
informations archéologiques ont été négligées ou falsifiées pour appuyer des théories euro-
centristes et coloniales concernant les sociétés anciennes. Les chercheurs doivent toujours
1
François Djindjian, Manuel D’archéologie ; Méthodes, objets et concepts, Armand colin, collection U, 2011, p.
7-9
2
idem
tenir compte du contexte social et politique dans lequel leur recherche est effectuée et ses
résultats sont analysés (Alexandre Livingstone Smith1 et Scott MacEachern, 2017)3.
La plupart des campagnes de recherche (archéologiques) au Sénégal ont mis l'accent
sur l'histoire précoloniale et se situent dans trois repères temporels. Les premières campagnes,
menées par des passionnés comme de Mézière, Jouenne (1930) ou Joire (1947-1955), ont
joué un rôle crucial dans l'identification de sites et la définition de comportements culturels et
technologiques. Depuis les années 1970-1980, les premières équipes de recherche
professionnelle ont été constituées par ces mêmes étrangers, puis par des nationaux, dans le
contexte de leur parcours académique individuel. Ils se sont particulièrement intéressés à des
sites paléolithiques, néolithiques et protohistoriques. Même si ces études ont potentiellement
aidé à identifier des sites, il est difficile de nier que l'orientation académique de l'archéologie a
souvent négligé les problématiques sociétales. Cette discipline, rarement enseignée à quelques
élèves, se caractérisait par son isolement et son silence lors des discussions de l'époque (les
origines et identités égyptiennes des populations sénégambiennes). L'intérêt pour les relations
entre les vestiges archéologiques et les populations a commencé à se formaliser à partir des
années 1970. Dans une longue et extensive collecte des coutumes villageoises, les
ethnologues sont devenus les précurseurs de l'inventaire des paysages archéologiques, ce qui a
conduit à l'actuelle représentation des sites protohistoriques (Moustapha Sall, 2017, pp18)4.
3
Alexandre Livingstone Smith et al, Manuel de terrain en Archéologie africaine, de la collection « Documents
de Sciences humaines et sociales », 2017, Pp.8
4
Alexandre Livingstone Smith et al -OP-CIT, pp.18
5
Moustapha Sall, Traditions céramiques, identités et peuplement en Sénégambie. Ethnographie comparée et
essai de reconstitution historique, thèse présentée pour l’obtention du grade de docteur en philosophie et lettres,
2001, pp.7-12
Force est de constater, que ce terroir (la Casamance) n’a pas était
l’eldorado des chercheurs (archéologues) dû à de nombreux facteurs :
historiques (les conflits) et environnementaux (la difficulté d’accéder aux
sites et l’érosion côtière). La première mention des amas de la Basse Casamance est
due à Raymond Mauny (1957 ; 1961) (Baldé et al 2021)6.
I. Problématique
Situer dans la partie méridionale du Sénégal, la Casamance
regorge une richesse culturelle énorme considérer comme un creuset de
civilisations ou évolue plusieurs ethnies (Diola, Baynouk, Socé, Peul etc.).
Cette région a une personnalité bien marquée du fait de son climat
soudano guinée, qui lui vaut des précipitations moyennes annuelles de
1500mm à Ziguinchor et du fait de sa population (Aug. Chevalier, 1901) 8.
6
Baldé et al, Nouvelles recherche archéologiques sur les amas coquilliers de iles de Niomoune (Basse
Casamance, Sénégal) : Résultats préliminaires, Institut fondamental d’Afrique noire-Université Cheikh Anta
Diop de Dakar, 2021
7
Moustapha Sall -OP-CIP, pp.10-13
8
Aug. Chevalier, La Casamance, Annales de géographie, 1901, pp. 165-176
Casamance devint réellement effective (Phillppe Méguelle, 2012)9. Toutefois, malgré leur
installation, les populations vont résister à cette occupation.
Par ailleurs, dans les années 1982, la Casamance était plongée dans
un conflit qui a beaucoup marqué l’histoire de la région opposant le
pouvoir central et le mouvement des forces démocratiques de la
Casamance (MFDC) créé en 1947 (Jean Marie François Biague, 2008) 10.
9
Philippe Meguelle, Chefferie coloniale et égalitarisme Diola : les difficultés de la politique indigène de la
France en Basse Casamance (Sénégal), 1828-193, Paris, Harmattan, 2012, pp.64-66
10
Biague Jean Marie François, Pourquoi la Casamance n’est pas indépendante. Une
introspection prospective, 2008, pp.5-6
11
Jockey Philippes, L’archéologie, 2003, pp.11-12
12
Niane Djibril Tamsir, Soundiata, 1960
mentionné beaucoup de villages non exploités pour les recherches
archéologiques, comme Hitou et d’autres villages. C’est la raison de nos
recherches sur cette zone ou la rareté des documents archéologiques
approfondis est vivement remarquée.
En cet effet, avant que les données de terrain ne nous conduisent à Hitou, nous avons
porté le choix sur l'île de Diogue comme zone d'étude. Malheureusement, nous n'y avons pas
trouvé de dépôts de coquillages anciens. Nous avons noté dès notre arrivée à Diogué le 11
Juin 2025 que l'avancée de la mer est très marquée sur le littoral. On peut encore apercevoir
les ruines de certains bâtiments. Avec l’autorisation du chef de village Chérif Diatta, qui nous
a dit : « pendant leur enfance il avait des amas mais, les eaux ont tout pris. Comme, vous êtes
là pour les études vous ne perdrez rien d’aller voir vous-même »13. C’est ainsi qu’on a
commencé la prospection dans la journée du 12 Juin accompagné d'un jeune du village, en
cours de route pendant toute la journée on n’a pas recensé le moindre amas mais que, des
dépôts d’amas récents. On observe la même chose les jours suivants, le 13, 14 et 15 juin, c’est
dans ce contexte, qu’on a choisis Hitou comme zone d’étude.
La justification du choix de ce sujet portant sur l’étude des amas coquilliers de Hitou
repose sur plusieurs facteurs : historiques, culturels et surtout environnementaux. Les amas
coquilliers des iles Bliss Kassa dans la basse Casamance, incluant ceux de Hitou sont des
13
Cherif Diatta, chef de village de DIOGUE
témoins archéologiques uniques qui offrent un aperçu précieux sur les pratiques de
subsistance, les croyances et les modes de vie des populations de cette région. Initialement,
notre recherche se concentrait sur Diogue. Ce n'est qu'une fois à Diogué que nous avons
réalisé que les eaux avaient tout submergé. C'est dans ce cadre que nos travaux de recherche
nous ont conduits sur une île, Hitou, située à quelques kilomètres de Diogué.
14
Marie Christine Cormier Salem, Aménagement des espaces aquatiques en Casamance,
1990, pp. 209-224
15
Baldé et al, Nouvelles recherche archéologiques sur les amas coquilliers de iles de Niomoune (Basse
Casamance, Sénégal) : Résultats préliminaires, Institut fondamental d’Afrique noire-Université Cheikh Anta
Diop de Dakar, 2021
16
culturel et environnemental. L’objectif principal de cette recherche est
avant tout de faire un inventaire des sites archéologiques de Hitou. En
effet, les amas coquilliers offrent un aperçu direct des habitudes
alimentaires et économiques de ces populations. Les vestiges qui seront
retrouvés comme les restes d’animaux consommés montrent les choix
alimentaires de ces communautés et les ressources disponibles dans leur
environnement. Cela peut aussi révéler des informations sur les pratiques
de chasse, de pèche et d’élevage, ainsi que les échanges commerciaux
avec les autres communautés voisines.
Les amas coquilliers du delta du fleuve Sénégal ont été décrits avec précision par Joire
(1947) et de longues discussions ont suivi quant à leur nature, qu'ils soient artificiels ou
naturels. Il semble que ce soient surtout des amas artificiels, car ils contiennent des déchets
d'habitation, mais quelques amas semblent avoir été formés par l'érosion des vagues. Mais, les
amas coquilliers du delta du Saloum ont été mentionné pour la première fois par Valantin
Fernandez (1507), ces sites mentionnés ont fait l’objet de plusieurs études dont on peut citer
Dioh et Guèye 2006 ; Martin et Becker, 1984 ; Descamps et Thilmans, 1979 ; Descamps et al.
1977 ; Descamps et al. 1974 (Diouf, 2021)21.
Pour les amas coquilliers du Sud, Raymond Maury fut le premier à faire le
recensement des sites archéologiques dans le sud du Sénégal plus précisément dans les iles
Bliss par contre, pour les fouilles systémiques c’est O. Linares de Sapir (1971) qui a mené ce
travail. Ce dernier, lors de ces fouilles, les huit sites ont livré une variété de
matériaux tels que les tessons de poterie, des coquillages et du fer). Ces
matériaux ont été classés en quatre phases par De Sapir : de 200BC à
200AD pour la phase I, de 200AD à 700AD pour la phase II, de 700AD à
1500AD pour la phase III et de 1500 à la période actuelle pour la phase IV.
Pour l’interprétation des phases d’occupations, De Sapir considéré en outre
20
Moustapha Sall et Amadou kane Beye-OP-CIT, pp. 16-20
21
Diouf Michel Waly, CONTRIBUTION Á L’ÉTUDE DES AMAS COQUILLIERS DU GANDOUL (DELTA
DU SALOUM, SÉNÉGAL) : APPROCHE ARCHÉOLOGIQUE ET ETHNOARCHÉOLOGIQUE, 2019, pp.5-
6
que les actuelles populations Joola seraient venues se superposer sur l’ancienne couche
agricultrice car « une occupation d’un endroit pendant plus de 400 ans implique une
agriculture sédentaire, peut-être de riziculture inondée. L’utilisation de biotopes jusqu’alors
inexploités tels que les chemaux de mangrove et la vallée alluvial, qui en fait a peut-être été
introduite par de nouveaux colons dans la région venant du sud probablement les Diolas qui
ont déplacés les rares habitants originels de la période I » l’absence de la présence de
chamotte et l’absence de restes de mollusque dans la phase I, montre que les populations non
identifiées qui seraient à l’origine de l’édification de ces sites. Parlant de l’origine de ces
populations non identifiées, De Sapir avance l’hypothèse selon laquelle « leur provenance
immédiate était à l’Est et ils se sont déplacés dans cette zone en suivant les riches terres
alluviales le long du fleuve Casamance et de ses affluent ».
Par ailleurs, on a aussi le professeur Moustapha Sall qui dans sa thèse Traditions
céramiques, identités et peuplement en Sénégambie. Ethnographie comparée et essai de
reconstitution historique, 2001, soulève la problématique de la relation entre les traditions
céramiques et les dynamiques identitaires ainsi que le peuplement dans la région de la
Sénégambie. Pour lui au lieu de s’attarder dans des démarches d’ethnos archéologique c'est-à-
dire définir les cultures anciennes sur la base de caractéristiques typologique ou la définition
du concept de culture archéologique. Lui il cherche à comprendre comment les style et
techniques de production céramique peuvent servir de marqueur identitaire et témoins des
interactions culturelles entre différents groupes ethniques de la région. En utilisant une
approche d’ethnographie comparée, il explore comment ces traditions céramiques permettent
de retracer l’histoire des populations de leur migration et de leurs relations interculturelles.
Cette approche de M. Sall vise à reconstruire l’histoire des peuples Sereer, Joola, Soocé et
Wolof, évoluant respectivement dans ces zones, le Centre ouest du Sénégal, le Sud Est du
Sénégal, l’Ouest de la Gambie et le Nord-ouest du Sénégal. Le choix de la zone d’étude
résulte d’une certaine continuité de ces études effectuées dans la vallée du fleuve Sénégal
pour le cas du pays Sereer. Il a choisi de s’intéresser aux groupes qui se disent actuellement
ou sont considérés comme de Sereer. Wolof, Soocé et Joola. Les sereer et les joola sont d’une
part considérée comme étant les descendants des édificateurs de certains sites de la vallée du
fleuve Sénégal au Nord, tumuli et les amas coquilliers du littoral Sud pour les Joola. En
étudiant toute la chaine de production de ces peuples pour en tirer les analogies qui lies ces
groupes, M. Sall nous informe que les groupes à partir desquelles les actuelles identités Sereer
et Joola ont été construites ne constituent pas des identités homogènes. Ils se distinguent les
uns par rapport aux autres par la langue, les comportements socioculturels et politiques. De
quel Sereer ou Jool parle-ton ?22
Bien que les données précises concernant Hitou soient limitées, l'examen des
regroupements de coquillages pourrait indiquer que les habitants de Itou se sustentaient
principalement en pêchant et en ramassant des coquillages. Cela pourrait illustrer des
traditions culturelles spécifiques liées à l'écosystème marin. Ces assemblages pourraient
indiquer des échanges commerciaux entre différents groupes côtiers, car l'analyse des
coquillages pourrait mettre en évidence la présence d'espèces non indigènes suggérant un
large réseau de troc. Il est essentiel de se pencher sur l'impact des activités humaines sur
l'environnement. Les recherches archéologiques, semblables à celles conduites par Diouf 24,
illustrent comment l'accumulation de coquillages peut signaler des changements
environnementaux tels que la surexploitation des ressources halieutiques et la dégradation des
écosystèmes marins.
V. Méthodologie de recherche
22
Sall Moustapha-OP-CIT, pp.7-12
23
Michel Waly Diouf, CONTRIBUTION Á L’ÉTUDE DES AMAS COQUILLIERS DU GANDOUL (DELTA
DU SALOUM, SÉNÉGAL) : APPROCHE ARCHÉOLOGIQUE ET ETHNOARCHÉOLOGIQUE, 2019,
pp.192-254
24
Idem
Notre sujet sera scindé comme suit :
La première partie traitera des éléments physiques et humains de Hitou. Cette section,
qui fournit une description et un emplacement spatial des relations complexes entre les
individus et leur environnement, comprend deux chapitres. Dans le premier chapitre nommé
« Situation géographique », nous aborderons l'emplacement géographique et le cadre
géologique De notre zone d’étude, ainsi que ses caractéristiques physiques (hydrographie,
climatique, économie…). Dans le second chapitre intitulée « Cadre humain », on abordera
l'histoire de la population étudiée puis, la diversité et la croyance de la population.
Dans la seconde partie : « Etudes générale des amas coquilliers », nous aborderons
principalement le sujet de l'archéologie. Dans le troisième chapitre, intitulé « Méthodologie de
recherche », nous parlerons des innombrables méthodes que nous avons employées pour
réaliser notre prospection.
Situé entre, la Gambie anglaise et la Guinée portugaise, exactement entre 12° 30 et 13°
de latitude nord et 19° et 16° de longitude ouest, existe un pays verdoyant et mystérieux, le
plus remarquable, mais aussi le plus inquiétant du Sénégal. Cette région nommée la
Casamance du nom du fleuve qui l’arrose 27 est la partie sud du Sénégal divisée en trois
régions naturelles : la haute Casamance (Kolda), la moyenne Casamance (Sédhiou) et la basse
Casamance qui correspond à la région de Ziguinchor (figure0). Cette dernière présente des
spécificités végétales remarquables par rapport au reste du Sénégal : un climat tropical
humide caractérisé par une saison sèche et une saison des pluies qui dure à peu près six mois.
Il s’y ajoute un nombre important de rizières, de palmiers, d’arbres fruitiers et « un réseau
compliqué de marigots qui constituent les couloirs de pénétration à travers de véritables îlots
de terres bien drainés, ceinturés de dépressions basses et humides où s’insinue la mangrove 28.
La basse Casamance offre une diversité d’activités agricoles grâce à ses terres fertiles. Parmi
ces activités, nous avons la riziculture considérée comme l’une des plus remarquables en
Afrique et qu’on ne trouve nulle part ailleurs au Sénégal. La majeure partie de la population
de la Basse Casamance constituée en majorité de Joola s’adonne à cette civilisation
(Khadidiatou Diatta, page 24)29.
Cette zone (la basse Casamance) est divisée en deux zones par rapport au fleuve qui la
borde. Ainsi, nous avons la rive gauche de la Casamance et la rive droite de la Casamance où
26
Philippe Meguelle-OP-CIT, p.38
27
Thomas, L-V, Les Diola. Essai d’analyse fonctionnelle sur une population de Basse Casamance Dakar,
I.F.A.N, 1959, vol 1, p.9
28
Roche, C, Conquêtes et résistances des peuples de la Casamance, Paris, Karthala, 1985, p.15
29
Khadidiatou Diatta, THIONCK-ESSYL : HISTOIRE RURALE D’UN TERROIR DU BULUF, Mémoire de
Marter, 2014, p. 37
30
PELISSIER. P. 1966. Les paysans du Sénégal. Les civilisations agraires du Cayor à la Casamance, Saint-
Yrieix, Imprimerie Fabrègue, p. 626
se situe notre zone d’étude, à savoir les îles Bliss et plus particulièrement Hitou. De cet effet,
notre zone d’étude Hitou se situe dans le littoral sud du Sénégal a 12°37’17 nord de latitude,
16°41’31 ouest de longitude et 6m d’altitude 31, dans la commune de Kafountine, la région de
Ziguinchor, le département de Bignona et l’arrondissement de Kataba 1(figure0). Hitou
constitue le village le plus ancien de la zone. La plupart des populations des villages
environnants comme Diogué, Kande, Haère et Bakassouk sont originaires de Hitou. Il est
limité au nord par le village de Haère, à l’est par la rivière de Koumanbène, à l’ouest par la
rivière de kainoun et le bolong d’Asselinguéne et au sud par le fleuve Casamance. Il a une
population de 374 habitants repartie en trois grands quartiers qui sont Badiath, Djiventh, et
Katène. Il est composé essentiellement de Diolas pour la plupart animistes. L’un des
problèmes rencontrés à Hitou est l’enclavement. Sa position au centre de l’estuaire fait du Site
l’un des plus isolés de la zone des possibilités de déplacement qui excèdent rarement deux
fois par semaine. L’approvisionnement en denrées élémentaires se fait sur place par le biais
des boutiques de quartiers ou à l’extérieur (Diogué ou Ziguinchor)32.
1. Le climat
La Commune de Kafountine plus particulièrement Itou est située dans la région Sud-
Soudanaise et, en raison de sa localisation sur la côte, elle relève du territoire côtier Sud-
Soudanais. Cette affiliation implique l'examen des paramètres climatiques qui le distinguent
par rapport aux autres régions du Sénégal. Tout au long de l'année, la Commune de
Kafountine, en tant que partie du territoire côtier Sud-Soudanais, est soumise aux influences
consécutives des alizés et de la mousson (Mamadou BARRY, 2015, p 30)33. Leur fréquence et
leur direction sont liés à l’alternance saisonnière :
L’alizé maritime qui est un vent de direction Nord à Nord-Ouest issu de l’anticyclone
des Açores. Ce vent balai tout le littoral Sénégalais. Il est constamment frais et sur amplitude
31
[Link] consulté le 17-07-2025 à 12h50
32
[Link]
%2Ffra19%[Link]&psig=AOvVaw1OPfnjQUGVux55A6PJFxl5&ust=1754497382664000&source
=images&cd=vfe&opi=89978449&ved=0CAQQn5wMahcKEwjwrKubivSOAxUAAAAAHQAAAAAQBA. Consulté le
05-08-2025 à 16h15.
33
Mamadou Barry, EROSION COTIERE ET IMPACTS DANS LA COMMUNE DE KAFOUNTINE (BASSE CASAMANCE),
Mémoire de Master, 2016, p. 30
diurne est faible. Ce vent peut occasionner notamment entre Décembre et février des
précipitations hors saison localement appelée « heug ».
L’alizé continental ou harmattan est un vent de direction Nord-Est très sèche qui sévit
entre Novembre et Mai et qui n’a pas d’apport pluviométrique.
La mousson est un vent qui provient de l’anticyclone Saint Helene. Ce vent qui souffle
entre Juin et Octobre emprunte un trajet maritime qui le rend très humide. Il est a l’origine des
pluies abondantes dans la zone34.
34
ANACIM
Figure 0 : Rose des vents de la station de Ziguinchor
Source : ANACIM
Sur ceux, ces deux vents sont à l’origine des deux saisons : une saison sèche qui
s’étale de novembre à mi-juin et ; une saison des pluies de mi-juin à octobre au cours de
laquelle sont menées les activités agricoles (PEPAM, Juillet 2010) 35. Ce climat (soudano-
guinéen) couvre toute la basse Casamance. Comprise entre les isoètes 1200 et 1800 mm/an, la
35
MINISTERE DE L’URBANISME ET DE L’ASSAINISSEMENT, PLAN LOCAL D’HYDRAULIQUE ET
D’ASSAINISSEMENT-PLHA Communauté rurale de KAFOUNTINE (Version Finale), Programme d’eau
potable et d’assainissement du millénaire « PEPAM », Juillet 2010, p.7
région reçoit les pluies sous trois formes : orages isoles, lignes de grains et pluies continues et
pendant quatre mois avec un maxima entre fin Juillet et début Aout et fin septembre (fig 0)
(Sall M., 2001, page 29)36.
Le graphique ci-dessous Figure 0, nous montre l’évolution de la précipitation d’Itou sur une
periode allant du 18 Juillet au 01 Aout37.
Figure 0
Source : [Link]
36
Sall Moustapha-OP-CIT, p.29
37
[Link] consulté le 17-07-2025 à 12h 50
38
[Link] consulté le 17-07-2025 à 12h 50
Température d’itou de 1996-2021
Figure 0
Source : [Link]
2. L’hydrologie
39
Tidiane SANÉ et al-OP-CIT, p. 184-201
40
Moustapha Sall-OP-CIT, p. 29
Par ailleurs, la communauté rurale de Kafountine est irriguée par une multitude de
petits (bolong) qui se jettent en général dans le marigot de Diouloulou ou dans le fleuve
Casamance (Figure0).la densité de ces marigots et les différents connections entre eux font
que la CR est essentiellement constituée d’iles dont Hitou qui ne sont accessible que par
pirogue (PEPAM, 2010, P.18)41. Les quatre villages, Niomoune, Hitou, Haère et Bakassouk se
trouvent tous circonscrits entre trois principaux bolongs à savoir Hounambène,
Houniomouneye et Asseleguène. A l’intérieur de ces bolongs se développe un écosystème de
mangrove particulièrement important42.
De ce fait, ces ruisseaux, malgré leur approvisionnement en eau par le fleuve
Casamance via le marigot de Diouloulou, sont affectés par l'eau de mer lors des montées
pendant les saisons sèches, particulièrement en mars-avril lors de l'étiage du fleuve
Casamance où le débit reste très faible durant cette période. Ces eaux de surface qui
serpentent dans l'estuaire de la Casamance préservent la mangrove et les espèces animales. Ils
fonctionnent comme un moyen de communication et favorisent la mobilité des habitants des
îles (pirogue). Dans ces eaux, ainsi que dans les bolongs, les communautés insulaires
s'adonnent à la pêche traditionnelle et à l'aquaculture (Mamadou BARRY, 2016 p28)43.
3. La Géomorphologie
Le relief des îles Bliss est constitué de terres basses avec une altitude maximum de 14m
traversées par les marigots et bolongs. Le long des marigots, on ne rencontre que les sols du
domaine marin salé et sur salé (Binta Badji, 2014)44.
La mise en place des grandes unités géomorphologiques caractéristiques de l’estuaire
de la basse Casamance, relève de cette période comprise entre le Nouakchottien de l’actuel
(fig0). Au maximum de la transgression, vers 5500 BP, la mer pénètre dans la zone déprimée
de la Basse Casamance qui se présente alors sous la forme de Golfe largement ouvert sur
l’océan (fig0 A). Le comblement actuel de la basse vallée est attribuée à la transgression
Nouakcchottienne avec une sédimentation essentiellement marin jusqu’à 4000 BP. Vers cette
41
PEPAM-OP-CIT, p.18
42
[Link]
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05-08-2025 à 16h15
43
Mamadou Barry-OP-CIT, Pp.28
44
Binta Badji, Dynamique des unités morphologiques des iles Karones et Bliss de 1980 à 2010 ? Mémoire de
master, 2014, p.44
période se sont formés les cordons sableux anciens. Grâce à la dérive littorale nord-sud qui
ont progressivement fermé le golfe de la Casamance (fig0 B). La sédimentation marine est
alors relayée par une sédimentation de type lagunaire, notamment à l’arrière des cordons
sableux. Vers 3000 BP la progression des cordons littoraux est telle que le golfe se présente
alors sous la forme d’une grande lagune, avec d’épais dépôts de vase ou la mangrove peut se
développer intensément (fig0 C). Enfin vers 1500 BP, la Casamance prend une allure
comparable à l’actuel (fig0 D). La fermeture du golfe par les cordons littoraux entraine la
diminution des apports marins et provoque un ralentissement de l’évolution morphologique.
Certaines unités telles que les tannes apparaissent a l’arrière des mangroves a la faveur d’un
climat sec qui conduit à la dernière transformation importantes du paysage (Kalck, 1978) 45.
45
Kalck (Y), 1978, Evolution des zones de mangroves au Quaternaire récent. Etudes géologiques et
géomorphologiques. Thèse de 3eme cycle U.L.P Strasbourg, pp. 121
Figure 0 :
Evolution du golfe de Casamance au Quaternaire récent (d’après Kalck, 1978)
46
idem
Figure 0 :
Les systemes de progradation en Casamance ( d’apres Kalck, 1978). a- système de
vasieres de mangroves. b- système de cordons littoraux
4. La Pédologie
Le sol est défini comme étant une couche de matière organique et inorganique de
quelques centimètres à plusieurs mètres accumulés à la surface de la roche comprenant de
l’eau, de l’air et des organismes vivants, des matières organiques à divers stades de
décomposition et d’élaboration, des éléments minéraux etc (Larousse, 2012) 47. Ainsi d’après
les différentes études pédologiques effectuée au Sénégal et en particulier en Casamance cinq
types de sols sont observés dans notre zone : les sols halomorphes sur alluvion sableuse, les
sols ferralitiques sur gré sablo-argileux, les sols hydromorphes sur vase marine, les sols
minéraux bruts et les sols dit peu évolués (Binta Badji, 2014)48.
Pour Itou, on a un sol halomorphe sur alluvions sableuses : Leur formation est
générée par la présence du sel. Ces sols résultent de l'influence marine actuelle qui sévit dans
le site mais aussi des épisodes transgressifs paléogéographiques du Nouakchottien. Le
Nouakchottien est marqué par une transgression qui a conduit à la sursalinisation de la mer et
des cours d'eaux, à la baisse de leur niveau et à la remontée de la langue saline. Les sols
halomorphes sur alluvions sableuses sont retrouvés dans les îles Bliss, aux abords des cours
d'eau et rizières et aujourd'hui dans presque toutes les rizières de notre milieu d'études.
5. La Végétation
47
Larousse, 2012
48
Binta Badji-op-cit, p.58
nom de zone de mangrove49. Il est important de souligner l'utilité de la mangrove dans la
protection et la récupération des terres contre la mer. Les racines et les pneumatophores des
échasses ou des étançons capturent la boue et les débris à marée haute, formant des terres
sèches au fur et à mesure que les mangroves vieillissent. Les plantes plus jeunes situées au
bord de l'eau étendent leurs racines vers l'avant. Ce processus naturel a traversé les âges et a
été utilisé par les Diola pour récupérer des terres supplémentaires pour leurs rizières. La
mangrove sert également aujourd'hui de bois de chauffage et de charpente pour les maisons
Diola. Des plaques de palétuvier probablement décomposé étaient fréquentes dans nos
fouilles (De Sapir, 1971)50.
D'après Cormier-Salem (1999), il s'agit de la zone directement exposée aux effets des
marées, qui correspond à l'étage supérieur du littoral et méridional, ainsi qu'à la partie haute
de l'étage infralittoral selon le système traditionnel de zonation utilisé en milieu marin 51.
On désigne généralement les espèces végétales qui la composent sous le nom de
palétuviers, dont trois ont tendance à occuper cette région. On rencontre généralement des
palétuviers appartenant aux genres Rhizophora, Avicennia et Laguncularia. Sur le plateau, on
observe une forêt dense de feuillus caractérisée par des troncs élancés. On peut notamment
trouver les formations végétales suivantes : Dialium guineensis (Tamarinier), Khaya
senegalensis (caicédrat), Saba senegalensis (Mad), Borassus aethiopum (Rônier), Ceiba
pentendra (Fromager), Andansonia digita (Baobab), Pterocarpus erinaceus (Ven) et bien
d'autres encore52.
Les pentes et les zones basses sont en grande partie composées de palmeraies
dominées par le palmier à huile (Elaeis guineensis). Ces palmeraies forment une communauté
uniforme à la frontière des forêts de plateaux, aux limites des villages et sur les pentes, ainsi
que dans les dépressions et vallées. Cette flore révèle une certaine diversité floristique qui
peut être associée à l'existence de la nappe phréatique à une profondeur relativement
superficielle (Barry, 2016, P33)53.
49
Mamadou Barry-OP-CIT, Pp.33
50
De Sapir, Milieu de Basse Casamance et problèmes de la protohistoire diola, 1971
51
CORMIER-SALEM (M-C), 1999. Les Rivières du sud, sociétés et mangroves Ouest africaines, Volume1,
IRD, Paris
52
Mamadou Barry-OP-CIT, p.33
53
idem
de la forêt, plus ou moins dense, en Basse-Casamance vers une savane boisée caractérisée par
de grands arbres dispersés dans l'Oriental du Sénégal (Bothié Koïta et Alphousseyni Bodian,
2000)54
L’agriculture
L'agriculture joue un rôle crucial dans l'existence des communautés, car presque
toutes les personnes, en particulier les autochtones, s'adonnent à cette pratique. Il convient
également de souligner que le riz demeure la principale source de spéculation pour une frange
de la population de Itou et des iles Bliss-kassa de manière générale. Dans les îles Bliss-Kassa,
le riz reste la culture céréalière prédominante, surtout compte tenu des conditions
agronomiques plutôt propices à la culture du riz. La riziculture est donc la principale activité,
voire la seule, bien qu'elle soit encore traditionnelle (Ramatoulaye Sane, 2022)56 .
54
Bothié Koïta et al, Evolution de la diversité végétale avec le temps de jachère dans la zone soudanienne du
Sénégal, La jachère Cil Afrique tropicale- Ch. Floret. R. Pontanier John Libbey Eurotexl, Paris, 2000, pp. 408-
414
55
Agence nationale de la statistique et de la démographie, Situation économique et sociale de Ziguinchor (2020-
2021), Décembre 2023
56
Ramatoulaye Sane, Riziculture et changements socio-environnementaux en milieu insulaire de Basse-
Casamance : cas des îles Bliss-Kassa (Petit-Kassa) dans la commune de Kafountine, 2022, p.34-36
D’après Seraphin Carem Diatta, « La culture du riz représente le socle primordial de
la civilisation agricole pour les habitants insulaires du Bliss-kassa. Elle n'est pas seulement
Destinée à la consommation, elle a aussi d'autres fonctions nutritives. Elle est aussi destinée
à d'autres fins, comme les cérémonies traditionnelles qui nécessitent du riz local. C'est
pourquoi la culture du riz est perçue comme une nécessité, non seulement pour l'alimentation,
mais également en tant qu'aspect social important. La figure 4 illustre que la culture du riz en
mangrove et sur plateau est la plus répandue dans cet environnement »58.
A l’exception des cocotiers, l’arboriculture est peu développée dans la zone. C’est
encore très récemment que les insulaires s’adonnent timidement à cette culture arboricole
avec la plantation d’anacardiers et de manguiers (Sane, 2022)60
La Pêche
En Casamance, l’extension de la pêche est une des réponses des sociétés agraires à la
crise de leur système d’exploitation suite à la péjoration climatique, favorisant la salinisation
accrue des sols et des eaux et accélérant le recul de la riziculture (Cormier-Salem, 1992) 61.
La pêche fait partie des activités les plus prospères de l’économie et l’une des
principales sources de revenus directs ou indirects des populations de Itou et de la commune
(Barry, 2016)62. Elle est pratiquée de manière permanente par les autochtones et de manière
saisonnière
57
PELISSIER. P. 1966. Les paysans du Sénégal. Les civilisations agraires du Cayor à la Casamance. Version
électronique de l’ouvrage paru sous le même titre [Saint-Yrieix, Fabrègue : 939 p.], 537 p.
58
Séraphin Carem Diatta, 777313208, interrogé le 29-06-2025 à Itou
59
Idem
60
Ramatoulaye Sane-OP-CIT, p. 36
61
CORMIER-SALEM M.C. 1991. Dynamique et usages de la mangrove dans les pays des rivières du sud, du
Sénégal à la Sierra Leone. IRD Éditions. p. 141-151.
62
Mamadou Barry-OP-CIT, p. 34
Par les étrangers venus du nord du Sénégal (les pêcheurs Lébous et les Guet Ndariens) et des
pays limitrophes du Sénégal : Burkinabé, Ghanéens, Maliens, Guinéens etc (Khatab Gueye)63.
La pêche continentale est plus pratiquée par les populations, notamment dans les
bolongs. Elle est destinée à combler les besoins alimentaires familiaux. Toutefois, cette pêche
a considérablement évolué au cours des années et est aujourd’hui considérée comme une
ressource financière. Elle passe donc d’une activité de subsistance à une activité commerciale.
A cette pêche est associée la cueillette des huîtres, l’exploitation des coquillages et d’autres
crustacés (Sane, 2022)64.
L’élevage
Pour Carem, à l'inverse de la culture du riz, l'élevage n'est pas une pratique très
répandue à Itou. C'est pourquoi il n'existe pas d'éleveurs spécifiques dans la région, les
paysans exercent simultanément les métiers d'agriculteur, d'éleveur et de pêcheur. Bien que
peu développé, l'élevage continue cependant d'être une activité couramment pratiquée par la
population. Dans ce contexte, diverses pratiques d'élevage sont mises en œuvre. Cela
concerne les bovins, les porcins, les ovins, les caprins et les volailles. Cependant, cette
activité n'appartient pas au domaine économique. En fait, les éleveurs ne font des ventes que
lorsqu'ils en ont nécessité. On les emploie fréquemment pour des rites sacrificiels (« kawasen
»), ainsi que pour des cérémonies comme les mariages et les funérailles65.
63
Khatab Gueye, 770116473, interrogé le 14-06-2025 à Diogué
64
Sané Ramatoulaye-OP-CIT, p. 37
65
Séraphin Carem Diatta, le 29/06/2025
Chapitre II : Cadre humain
1. Historique du peuplement
66
L’exil des Baïnoun se retrouve dans le nom « Baïnounk », employé par les Malinkés pour les désigner, et qui
serait formé à partir des termes « abaï » (= « chassez le ») et « nounko_ » (= « celui qui a été chassé »), Roche,
(1976, 1985 : 22).
67
Une synthese des divers recits de voyage faisant reference au royaume baïnoun de Casamance a été faites par
Jean Boulègue, 1972, p. 1-14
68
Carem
Ainsi, une autre source nous révèle qu’il est compliqué, si ce n'est irréalisable,
d'étudié la population de cet endroit de manière indépendante. Les résidents de Hitou ont des
antécédents historiques partagés avec les populations adjacentes. L'établissement de cette
région suit une tendance migratoire clairement établie. Le processus s'est déroulé dans un sens
allant du sud au nord, en suivant les contours de l'estuaire. L'origine de ce mouvement graduel
de populations se situe dans des zones telles que Diembéring et la Pointe Saint Georges. Ces
zones d’émission ont joué un rôle fondamental dans l’occupation humaine des rives de la
Casamance. Les premiers occupants de l’île de Hitou sont donc issus de la façade occidentale
du Blouf, une région densément peuplée et culturellement dynamique. Ces migrants ont
traversé les bras de mer pour s’installer durablement sur l’île de Hitou. Une fois installés, ils
ont mis en place des structures sociales adaptées à leur nouveau cadre de vie. Ils ont bâti des
villages, organisé la gestion des ressources naturelles, et instauré des règles de cohabitation.
Progressivement, leur présence s’est consolidée, ouvrant la voie à une expansion territoriale.
Après avoir occupé Hitou, ces populations ont poursuivi leur progression vers d'autres
localités. C’est ainsi que des zones telles que Bakassouk et Haère ont été à leur tour
peuplées69.
2. La Diversité ethnique
69
[Link]
%2Ffra19%[Link]&psig=AOvVaw1OPfnjQUGVux55A6PJFxl5&ust=1754497382664000&source
=images&cd=vfe&opi=89978449&ved=0CAQQn5wMahcKEwjwrKubivSOAxUAAAAAHQAAAAAQBA. Consulté le
05-08-2025 à 16h15.
70
Kennedy, Alistair M. 1964. Dialect in Diola. Journal of African Languages, p. 96.
encore dans des communautés diolas. De plus, il semblerait que deux noms de famille très
courants, Diatta et Sambou, soient d’origine bainouk (Mark, 1985)71.
3. Les Croyances
Les croyances traditionnelles des Diolas comprennent une cosmologie assez complexe
dans laquelle l’homme, la nature et la religion sont étroitement liés mais un certain nombre de
Diolas ont adopté le christianisme ou l’islam. C’est dans un contexte où coexistaient déjà
plusieurs religions complémentaires que les Diolas sont entrés en contact avec de nouveaux
systèmes religieux. Malgré tout, les Diolas, qui ont tendance à résister à toute influence
extérieure, ont été très lents à adopter des religions étrangères. Les groupes qui maintenant se
disent catholiques ou musulmans gardent encore beaucoup de leurs croyances traditionnelles,
dont certaines ont même été totalement intégrées à la nouvelle religion. La plupart des Diolas,
vivant au sud du fleuve Casamance, ne pratiquent que leur religion traditionnelle en
dépit de la présence de quelques missions catholiques et évangéliques.
L’islam aussi n’a eu que peu d’impact sur les pratiques religieuses de ces
Diolas du Sud (Mark 1985 : 115). 72
71
Mark, Peter. 1985. A cultural, economic and religious history of the Basse Casamance since 1500. Stuttgart:
Steiner Verlag Wicsbaden, p. 17-18
72
Mark, op, cit, p.115.
73
[Link]
%2Ffra19%[Link]&psig=AOvVaw1OPfnjQUGVux55A6PJFxl5&ust=1754497382664000&source
=images&cd=vfe&opi=89978449&ved=0CAQQn5wMahcKEwjwrKubivSOAxUAAAAAHQAAAAAQBA. Consulté le
05-08-2025 à 16h15.
Deuxième partie : Etudes générale des
amas coquilliers
Chapitre I : Méthodologie de la recherche des sites de Hitou
1. La recherche documentaire
Les informations livresques ont été corroborées par des sources "webographiques",
dans le but de parfaire la recherche documentaire. En fait, nombre d’ouvrages n’ont été
disponibles que dans l’internet. Pour cela, beaucoup de sites web, à caractère scientifique (Cf.,
aux références bibliographiques), ont été régulièrement visités en vue d’obtenir des éléments
de réponse à des questions spécifiques relatives à certaines biodiversités74.
74
Michel Waly Diouf, op, cit, p. 8
2. La prospection
Larousse définis la prospection comme une exploration méthodique d’un lieu pour
trouver quelque chose ou quelqu’un75. La prospection est certainement la composante de
l’archéologie qui mettra le plus de temps à se développer et à acquérir une assise scientifique.
Il est vrai qu’elle est aujourd’hui intimement liée à la notion de problématique historique,
même si les chercheurs du trésor ont profité de la mise au point de procèdes scientifiques de
détection. Ceux-ci, mettant en œuvre un appareillage compliqué, ne verront le jour qu’a la
faveur, très souvent, de la recherche militaire, après la seconde guerre mondiale. À une
exception près, cependant, celle de la photographie aérienne (P. Jockey, 2003)76.
Il est manifeste que l’archéologie aérienne représente l’un des progrès les plus
considérables de notre siècle. Établie et mise en œuvre dès le début de ce siècle, elle doit sa
notoriété à l'expansion de l'aviation durant la Première Guerre mondiale. Cette discipline a
connu une croissance rapide, principalement grâce à ses applications militaires, qui ont été
développées en partie durant l'entre-deux-guerres. D'ailleurs, le lien entre l'archéologie et le
domaine militaire sera renforcé pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les
archéologues seront sollicités pour examiner des photographies aériennes de territoires
ennemis77.
75
[Link] consulté le 07-08-2025 à 16h05
76
P. Jockey, op,cit, p. 145
77
P. Jockey, op, cit, p. 216-217
78
Idem
Dans le contexte de notre enquête sur les amas coquilliers de Hitou, nous avons
eu recours à Google Earth comme instrument d'exploration (figure 0).
Dans un premier temps, nous avons délimité la zone d'étude sur Google Earth. Cette
étape consiste à délimiter géographiquement et/ou contextualiser le terrain sur lequel porte
notre rechercher. Cette étape est crustale car elle permet de cibler l’analyse, de faciliter la
collecte des données et d’assurer la pertinence des résultats.
Une grille couvrant l'ensemble de la zone a été mise en place. Une méthode
systémique a été effectué, la zone d’étude est divisée en grilles carrées à l’aide des outils de
mesure de google earth permettant d’avoir une couverture exhaustive du terrain, une
localisation précise des anomalies et une priorisation des zones à investiguer sur le terrain.
Collecter les objets identifiés comme amas par le biais d’image dans
chaque carré
Par la suite, chaque carré de la grille a été inspecté par le biais d'images. De plus,
nous avons rassemblé les coordonnées de tous les objets identifiés comme des amas de
coquillages.
Une fois les coordonnées collectées, nous avons transféré toutes les données dans un
GPS pour nous orienter sur le terrain.
Détermination de la zone
d’étude
Ce tableau ci-dessous nous montre les résultats de notre prospection via Google earth sur
Hitou :
04 02 02
3. Le travail de terrain
a) La mission archéologique
Suite à la consolidation de l'ensemble des informations dans un GPS, une mission sur
le terrain a été effectuée du 28 mai au 1er juin 2025, sous la direction de mon professeur
encadreur Monsieur Kebe et Monsieur Sagna (Géomaticien). Au cours de cette mission, nous
étions trois : moi-même accompagné de mes deux collègues Ndeye Sene et Christiana
Sambou. La mission principale consiste à valider les lieux déjà identifiés grâce à Google
Earth, puis à procéder à leur exploration et à mener nos investigations. Nous sommes arrivés
à Hitou aux alentours de 11h45 dans la journée du 28 Mai, puis nous avons fait la
connaissance de la famille de notre tuteur CAREM. À l'instar de tous les étrangers qui visitent
un village, nous avons cherché à rencontrer le chef du village afin de lui expliquer les motifs
de notre présence sur ses terres puis mener nos enquêtes. Fort heureusement, le chef était une
personne ouverte d'esprit. Il nous a attentivement écoutés et a donné son accord pour que nous
puissions accomplir notre tâche. Malheureusement, pour notre enquête, il nous a demandé de
revenir le jour suivant car il était en train de se préparer pour une grande cérémonie rituelle
appelée « ufireu ».
- Méthodologie de prospection
Quand on est arrivé à Hitou dans les environs de 11h45 en route vers la maison, nous
avons aperçu un site qui n'était pas répertorié sur notre GPS. Comme c'était à proximité de
notre logement, vers 17h, nous avons décidé d'explorer le site connu sous le nom de Hitou 1
(Hi 1).
L'emplacement du site Hitou 1 (Hi 1) se situe à une longitude de 16°69 et une latitude de
16°62, avec une altitude de 7,25 mètres. L'identification du site s'est effectuée par le biais
d'une observation visuelle. La visibilité globale de l'endroit est bonne, même si parfois elle
peut être légèrement altérée. Néanmoins, le ciel demeure clair et sans nuages, ce qui facilite
une observation efficace de l'environnement. La force du vent constatée sur les lieux est
faible, avec une prédominance de la direction sud-est vers nord-est. Du point de vue
géomorphologique, le lieu est caractérisé par un ensemble de dunes surmonté d'une colline et
agrémenté de dépôts de coquillages, qui témoignent d'un ancien dynamisme côtier.
L'endroit est caractérisé par une végétation peu dense, constituée principalement d'arbustes et
d'arbres tels que le manguier, le fromager, le cocotier, le baobab et la mangrove. L’hydrologie
du secteur est marquée par la présence d’un bras de mer, qui contribue à la richesse
écologique de la zone. Le milieu naturel comporte une butte et un sol sablo-limoneuse qui
atteste d'un environnement plutôt aride, mais influencé par la proximité de la mer. Dans les
phénomènes naturels, on observe le chevauchement de racines et de troncs d'arbres, tandis
que les processus anthropiques se manifestent par la présence d’une concession et d’une piste
traversant la zone. La caractéristique des dépôts de surface se réfère à une butte où la densité
des dépôts est moyenne et disperser. La surface observée est majoritairement composée de
poterie. La collecte s'est réalisée par ramassage de surface, et les éléments rassemblés ont été
emballés dans un unique sachet. Il est important de noter que le site est en danger car, il est
juste au milieu des concessions.