0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
152 vues39 pages

Memoire

je veux toute la bibliographie de ce document

Transféré par

drameyaya199
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
152 vues39 pages

Memoire

je veux toute la bibliographie de ce document

Transféré par

drameyaya199
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

INTRODUCTION

GENERALE
Il n’est pas inutile de s’interroger sur la nature et les objectifs de l’archéologie, cette
discipline scientifique qui a existé dès les temps les plus anciens de l’humanité, en Égypte, en
Mésopotamie, en Chine, en Grèce ou à Rome, poussant les hommes à s’intéresser à leurs
prédécesseurs et aux vestiges laissés par eux, connus par la tradition orale, visibles dans le
paysage puis bientôt émergeant des fouilles de plus en plus méthodiques effectuées par les
e
collectionneurs dès la Renaissance, les antiquisants dès le XVIII siècle, les préhistoriens dès
le XIX e siècle et les archéologues devenus professionnels du XX e
siècle, enrichissant les
données des historiens par le déchiffrement des plus anciennes écritures puis par la culture
matérielle des objets découverts et enfin par la reconstitution des sites archéologiques, des

paysages, des territoires et des sociétés (François Djindjian, 2011)1.


Depuis les années 1980, le rôle de l'archéologue s'est transformé en celui d'un expert
de laboratoire, et l'archéologie s'est diversifiée en spécialités telles que l'archéozoologie, la
géoarchéologie, la paléobotanique, la palynologie, la pédologie, la céramologie, l'archéologie
funéraire, l'archéogéographie, la paléohistoire, la paléométallurgie, la tracéologie et bien
d'autres. En somme, à l'image de la médecine où le généraliste est remplacé par le spécialiste,
l'archéologue de terrain – qui génère les données, à la fois généraliste et expert – reste en
première ligne. Cela dit, l'énorme coût d'un projet de fouilles s'étalant sur deux décennies ne
semble plus aussi rentable comparé au sensationnalisme d'un bref article dans Nature.
L'archéologie, en tant que discipline dédiée à la reconstruction du passé par une approche
systémique globale, englobe entièrement ou partiellement les autres domaines des sciences
humaines, sociales et biologiques. Ceci inclut indépendamment leur héritage illustre et leur
statut académique : histoire antique, ethnologie, épigraphie, anthropologie, géographie
humaine, géologie du quaternaire, zoologie, botanique, environnement, entre autres. Elle
adapte les méthodes et techniques de ces disciplines à ses propres exigences2.

Par ailleurs, l'archéologie a occupé de plus d'un siècle une place significative dans
diverses batailles politiques à travers le continent africain. Dans de nombreux pays, elle a été
mise en œuvre pour renforcer un sentiment national ou, de manière plus générale, pour
susciter de la fierté dans l'histoire africaine. Par exemple, au Grand Zimbabwe, les
informations archéologiques ont été négligées ou falsifiées pour appuyer des théories euro-
centristes et coloniales concernant les sociétés anciennes. Les chercheurs doivent toujours
1
François Djindjian, Manuel D’archéologie ; Méthodes, objets et concepts, Armand colin, collection U, 2011, p.
7-9
2
idem
tenir compte du contexte social et politique dans lequel leur recherche est effectuée et ses
résultats sont analysés (Alexandre Livingstone Smith1 et Scott MacEachern, 2017)3.
La plupart des campagnes de recherche (archéologiques) au Sénégal ont mis l'accent
sur l'histoire précoloniale et se situent dans trois repères temporels. Les premières campagnes,
menées par des passionnés comme de Mézière, Jouenne (1930) ou Joire (1947-1955), ont
joué un rôle crucial dans l'identification de sites et la définition de comportements culturels et
technologiques. Depuis les années 1970-1980, les premières équipes de recherche
professionnelle ont été constituées par ces mêmes étrangers, puis par des nationaux, dans le
contexte de leur parcours académique individuel. Ils se sont particulièrement intéressés à des
sites paléolithiques, néolithiques et protohistoriques. Même si ces études ont potentiellement
aidé à identifier des sites, il est difficile de nier que l'orientation académique de l'archéologie a
souvent négligé les problématiques sociétales. Cette discipline, rarement enseignée à quelques
élèves, se caractérisait par son isolement et son silence lors des discussions de l'époque (les
origines et identités égyptiennes des populations sénégambiennes). L'intérêt pour les relations
entre les vestiges archéologiques et les populations a commencé à se formaliser à partir des
années 1970. Dans une longue et extensive collecte des coutumes villageoises, les
ethnologues sont devenus les précurseurs de l'inventaire des paysages archéologiques, ce qui a
conduit à l'actuelle représentation des sites protohistoriques (Moustapha Sall, 2017, pp18)4.

Pour ce qui est du Sud du Sénégal, l’œuvre de De Sapir (1971) fut la


première tentative de classification des céramiques archéologiques du
Sénégal dans une étude consacrée aux amas coquilliers de la Casamance.
Les sites fouillés par De Sapir dans les iles Bliss ont livré une variété de
matériaux (tessons de poterie, coquillage et fer). Pour ce qui est des
critères de classification De Sapir se base sur les paramètres
ornementaux. Cette étude de la composition des décors est associée à
une analyse technologique visant à déterminer le type de dégraissant, afin
d’établir une chronologie de l’occupation des sites. Les variations
constatées à ces deux niveaux ont été utilisées entre autres pour définir
quatre phases d’occupations (Moustapha Sall, 2001) 5

3
Alexandre Livingstone Smith et al, Manuel de terrain en Archéologie africaine, de la collection « Documents
de Sciences humaines et sociales », 2017, Pp.8
4
Alexandre Livingstone Smith et al -OP-CIT, pp.18
5
Moustapha Sall, Traditions céramiques, identités et peuplement en Sénégambie. Ethnographie comparée et
essai de reconstitution historique, thèse présentée pour l’obtention du grade de docteur en philosophie et lettres,
2001, pp.7-12
Force est de constater, que ce terroir (la Casamance) n’a pas était
l’eldorado des chercheurs (archéologues) dû à de nombreux facteurs :
historiques (les conflits) et environnementaux (la difficulté d’accéder aux
sites et l’érosion côtière). La première mention des amas de la Basse Casamance est
due à Raymond Mauny (1957 ; 1961) (Baldé et al 2021)6.

Ainsi, le but est d'explorer la signification culturelle de ces accumulations de


coquillages dans l'existence des habitants de Hitou, tout en contribuant à l'élargissement de la
bibliographie régionale. Compte tenu du déficit de fouilles archéologiques dans le sud du
Sénégal en comparaison avec d'autres régions telles que les îles Saloum ou la vallée du fleuve
Sénégal (Sall, 2001, Pp 10-13)7.

I. Problématique
Situer dans la partie méridionale du Sénégal, la Casamance
regorge une richesse culturelle énorme considérer comme un creuset de
civilisations ou évolue plusieurs ethnies (Diola, Baynouk, Socé, Peul etc.).
Cette région a une personnalité bien marquée du fait de son climat
soudano guinée, qui lui vaut des précipitations moyennes annuelles de
1500mm à Ziguinchor et du fait de sa population (Aug. Chevalier, 1901) 8.

Ce terroir (la Casamance), demeura longtemps le domaine réservé des comptoirs


Portugais, la présence Française dans cette rivière se limitant aux apparitions sporadiques de
quelques navires venus du Nord. À la suite des Portugais, les négociants Français de Saint
Louis et de Gorée, attirés par les richesses naturelles de la Casamance cherchèrent à s’établir
au bord de son fleuve. C’est ainsi qu’en 1828, le gouverneur du Sénégal a envoyé le résident
Dangles de négocier la création de comptoirs avec les villages de l’estuaire. Mais ceux que
Dangles présenta dans les traites comme des souverains propriétaires des lieux n’étaient en
réalité que de simple porte-parole de leur communauté. Cette méprise eut des conséquences
tragiques pour les gardiens du pavillon français parce que les populations se sont opposées. Et
ce n’est qu’avec l’acquisition de l’ile de Carabane, en 1836, que la présence de la France en

6
Baldé et al, Nouvelles recherche archéologiques sur les amas coquilliers de iles de Niomoune (Basse
Casamance, Sénégal) : Résultats préliminaires, Institut fondamental d’Afrique noire-Université Cheikh Anta
Diop de Dakar, 2021
7
Moustapha Sall -OP-CIP, pp.10-13
8
Aug. Chevalier, La Casamance, Annales de géographie, 1901, pp. 165-176
Casamance devint réellement effective (Phillppe Méguelle, 2012)9. Toutefois, malgré leur
installation, les populations vont résister à cette occupation.

Par ailleurs, dans les années 1982, la Casamance était plongée dans
un conflit qui a beaucoup marqué l’histoire de la région opposant le
pouvoir central et le mouvement des forces démocratiques de la
Casamance (MFDC) créé en 1947 (Jean Marie François Biague, 2008) 10.

Cette crise a freiné pas mal de projets de recherches dans le


domaine comme l’archéologie qui joue un rôle important dans l’étude de
l’histoire des populations et leurs environnements sur la base des collectes
de vestiges matérielles et l’analyse de tous les objets retraçant leurs
idéaux, activités et comportements. Comme son nom l’indique
l’archéologie est composée de deux termes grecs archaia qui signifie les
choses anciennes et logos qui signifie discours ou parole, donc
l’archéologie se présente comme un discours sur les origines autant que
comme un discours sur l’ancien, et témoigne d’un refus originel de
l’immédiateté de l’existence. Celle-ci n’est pas un donné, mais le fruit
d’une construction. Dès lors, les liens entre archéologie et histoire sont
indéfectibles. Pas d’archéologie sans histoire (Philippes Jockey, 2003) 11.

Cette connaissance du passé nous permet en quelques sortes


d’apprécier et de mesurer les progrès que les hommes ont accomplis dans
la transformation des conditions de vie, afin que l’homme s’enracine dans
sa culture et sa tradition (Djibril Tamsir Niane, Soundiata)12. Elle nous
donne aussi les moyens d’élargir nos connaissances dans l’étude des
civilisations humaines.

Force est de constater que, cette crise qui a longtemps secouer la


Casamance opposant le pouvoir central et le MFDC et la difficulté
d’accéder aux sites archéologiques dans les iles Bliss ou De Sapir a

9
Philippe Meguelle, Chefferie coloniale et égalitarisme Diola : les difficultés de la politique indigène de la
France en Basse Casamance (Sénégal), 1828-193, Paris, Harmattan, 2012, pp.64-66
10
Biague Jean Marie François, Pourquoi la Casamance n’est pas indépendante. Une
introspection prospective, 2008, pp.5-6
11
Jockey Philippes, L’archéologie, 2003, pp.11-12
12
Niane Djibril Tamsir, Soundiata, 1960
mentionné beaucoup de villages non exploités pour les recherches
archéologiques, comme Hitou et d’autres villages. C’est la raison de nos
recherches sur cette zone ou la rareté des documents archéologiques
approfondis est vivement remarquée.

En cet effet, avant que les données de terrain ne nous conduisent à Hitou, nous avons
porté le choix sur l'île de Diogue comme zone d'étude. Malheureusement, nous n'y avons pas
trouvé de dépôts de coquillages anciens. Nous avons noté dès notre arrivée à Diogué le 11
Juin 2025 que l'avancée de la mer est très marquée sur le littoral. On peut encore apercevoir
les ruines de certains bâtiments. Avec l’autorisation du chef de village Chérif Diatta, qui nous
a dit : « pendant leur enfance il avait des amas mais, les eaux ont tout pris. Comme, vous êtes
là pour les études vous ne perdrez rien d’aller voir vous-même »13. C’est ainsi qu’on a
commencé la prospection dans la journée du 12 Juin accompagné d'un jeune du village, en
cours de route pendant toute la journée on n’a pas recensé le moindre amas mais que, des
dépôts d’amas récents. On observe la même chose les jours suivants, le 13, 14 et 15 juin, c’est
dans ce contexte, qu’on a choisis Hitou comme zone d’étude.

Sur ceux, notre argumentation tournera autour de ces questions :


En quoi l’étude archéologique des amas coquilliers de Hitou permet-elle de
reconstituer les modes de vie et les interactions sociales des populations ?
Comment préserver certains sites en voit de disparition dû à l’action
anthropique et l’avancé de la mer ? Qu’elle est l’interaction entre les
populations et leur environnement ? Cette problématique nous permettra
d’examiner comment les vestiges matériels retrouvés dans les amas
coquilliers peuvent fournir des informations précieuses sur les habitudes
alimentaires, les pratiques économiques, les structures sociales et les
relations entre les communautés. Puis en tirer des perspectives pour
préserver les sites archéologiques qui sont de plus en plus exposés.

II. Justification du sujet

La justification du choix de ce sujet portant sur l’étude des amas coquilliers de Hitou
repose sur plusieurs facteurs : historiques, culturels et surtout environnementaux. Les amas
coquilliers des iles Bliss Kassa dans la basse Casamance, incluant ceux de Hitou sont des

13
Cherif Diatta, chef de village de DIOGUE
témoins archéologiques uniques qui offrent un aperçu précieux sur les pratiques de
subsistance, les croyances et les modes de vie des populations de cette région. Initialement,
notre recherche se concentrait sur Diogue. Ce n'est qu'une fois à Diogué que nous avons
réalisé que les eaux avaient tout submergé. C'est dans ce cadre que nos travaux de recherche
nous ont conduits sur une île, Hitou, située à quelques kilomètres de Diogué.

Ces amas coquilliers sont aujourd’hui menacés par des pressions


anthropiques, comme leur utilisation dans des projets de construction,
ainsi que par des changements climatiques, en particulier l’érosion côtière
(Marie Christine Cormier Salem ; 1990)14. Ces menaces augmentent le
risque de destruction irréversible de ces sites, compromettant ainsi l’accès
aux informations qu’ils renferment sur la protohistoire de la Casamance et
du Sénégal (Balde et al, 2021)15.

En dehors de la pression anthropique, la Casamance a été historiquement perçue comme


une zone instable, les recherches (archéologiques) dans cette région sont restées limitées.
Cependant, il est essentiel de revoir cette perspective pour ne pas négliger un patrimoine
d’une grande valeur scientifique et culturelle. Hitou, notamment, s'inscrit dans un ensemble
de sites (Niomoune, Itou, Diakène Diola, Loudia Ouolof, Samatite, Kande et Kagnout)
regorgeant d'accumulations de coquillages (Carte 1) qui pourrait apporter une contribution
majeure à notre compréhension du passé ancien de cette zone, de ses mouvements
environnementaux et des interactions entre les populations et leur environnement naturel
(Thiaw, 2010, p1-4)16. Par conséquent, cette recherche cherche à enregistrer, sauvegarder et
mettre en valeur le patrimoine de Hitou (les amas coquilliers), tout en éveillant la conscience
des communautés locales sur son importance, dans le but d'élargir la bibliographie concernant
l'histoire de la région.

III. Les objectifs d’études

L’étude des amas coquilliers des iles Bliss plus particulièrement


ceux de Hitou à attirer notre attention du point de vue de son potentiel

14
Marie Christine Cormier Salem, Aménagement des espaces aquatiques en Casamance,
1990, pp. 209-224
15
Baldé et al, Nouvelles recherche archéologiques sur les amas coquilliers de iles de Niomoune (Basse
Casamance, Sénégal) : Résultats préliminaires, Institut fondamental d’Afrique noire-Université Cheikh Anta
Diop de Dakar, 2021
16
culturel et environnemental. L’objectif principal de cette recherche est
avant tout de faire un inventaire des sites archéologiques de Hitou. En
effet, les amas coquilliers offrent un aperçu direct des habitudes
alimentaires et économiques de ces populations. Les vestiges qui seront
retrouvés comme les restes d’animaux consommés montrent les choix
alimentaires de ces communautés et les ressources disponibles dans leur
environnement. Cela peut aussi révéler des informations sur les pratiques
de chasse, de pèche et d’élevage, ainsi que les échanges commerciaux
avec les autres communautés voisines.

De plus, il existe également un intérêt scientifique à étudier l'effet de l'environnement


sur la conservation des sites archéologiques. Des phénomènes comme l'érosion côtière liés
aux changements climatiques ont un impact sur la stabilité des accumulations de coquillages
et contribuent à leur disparition accélérée (Balde et al, 2022) 17. L'étude de ces phénomènes
nous offre l'espoir d'élaborer des stratégies de préservation efficaces pour sauvegarder ces
lieux face aux impacts négatifs de l'environnement et des interventions humaines (Ibrahima
Thiaw, 2017)18.
Un autre aspect intéressant de cette recherche est d'appréhender
la structure sociale de ces groupes. L'arrangement des éléments et leur
répartition au sein des amas de coquillages peuvent révéler des structures
hiérarchiques, des rassemblements familiaux ou d'autres types de
structure communautaire. Cela nous permettra de mieux comprendre
comment les relations entre les groupes ethniques étaient structurées vue
la dichotomie qui tourne autour de la question des premiers habitants de
la Casamance. Et comment elles ont pu influencer le développement de
leurs pratiques culturelles et économiques (Moustapha Sall et Amadou
kane Beye, 2019, pages 14)19.

Et pour finir, cette recherche vise aussi à enrichir les connaissances


académiques en archéologie de la Casamance précisément celles de Hitou
vue le nombre minium de recherches faites dans la zone dû à de
nombreux facteurs (les conflits et les difficultés d’accéder aux sites
17
Balde et al-OP-CIT, 2022
18
Alexandre Livingstone Smith et al-OP-CIT, pp.45-47
19
Moustapha Sall et Amadou kane Beye, Histoire archéologique du peuplement baynouk
en Basse Casamance (Sud-Ouest, Sénégal), 2019, pp. 14
archéologiques). Les amas coquillers en tant que formation particulière,
représentant une source d’information unique. En étudiant leurs
caractéristiques on peut développer des approches analytiques nouvelles
qui peuvent être appliquées dans d’autres contextes archéologiques, afin
de se penser sur les relations entre différentes communautés. Les objets
importés et les éléments culturels trouvés dans les amas peuvent montrer
des échanges entre groupes, des alliances, des conflits potentiels. Cela
ouvre la voie à une compréhension plus large des dynamiques régionales
et des influences culturelles au-delà des frontières locales (Sall et Beye,
2019, Pages 16-20)20

IV. Hypothèse de recherche

Les amas coquilliers du delta du fleuve Sénégal ont été décrits avec précision par Joire
(1947) et de longues discussions ont suivi quant à leur nature, qu'ils soient artificiels ou
naturels. Il semble que ce soient surtout des amas artificiels, car ils contiennent des déchets
d'habitation, mais quelques amas semblent avoir été formés par l'érosion des vagues. Mais, les
amas coquilliers du delta du Saloum ont été mentionné pour la première fois par Valantin
Fernandez (1507), ces sites mentionnés ont fait l’objet de plusieurs études dont on peut citer
Dioh et Guèye 2006 ; Martin et Becker, 1984 ; Descamps et Thilmans, 1979 ; Descamps et al.
1977 ; Descamps et al. 1974 (Diouf, 2021)21.

Pour les amas coquilliers du Sud, Raymond Maury fut le premier à faire le
recensement des sites archéologiques dans le sud du Sénégal plus précisément dans les iles
Bliss par contre, pour les fouilles systémiques c’est O. Linares de Sapir (1971) qui a mené ce
travail. Ce dernier, lors de ces fouilles, les huit sites ont livré une variété de
matériaux tels que les tessons de poterie, des coquillages et du fer). Ces
matériaux ont été classés en quatre phases par De Sapir : de 200BC à
200AD pour la phase I, de 200AD à 700AD pour la phase II, de 700AD à
1500AD pour la phase III et de 1500 à la période actuelle pour la phase IV.
Pour l’interprétation des phases d’occupations, De Sapir considéré en outre
20
Moustapha Sall et Amadou kane Beye-OP-CIT, pp. 16-20
21
Diouf Michel Waly, CONTRIBUTION Á L’ÉTUDE DES AMAS COQUILLIERS DU GANDOUL (DELTA
DU SALOUM, SÉNÉGAL) : APPROCHE ARCHÉOLOGIQUE ET ETHNOARCHÉOLOGIQUE, 2019, pp.5-
6
que les actuelles populations Joola seraient venues se superposer sur l’ancienne couche
agricultrice car « une occupation d’un endroit pendant plus de 400 ans implique une
agriculture sédentaire, peut-être de riziculture inondée. L’utilisation de biotopes jusqu’alors
inexploités tels que les chemaux de mangrove et la vallée alluvial, qui en fait a peut-être été
introduite par de nouveaux colons dans la région venant du sud probablement les Diolas qui
ont déplacés les rares habitants originels de la période I » l’absence de la présence de
chamotte et l’absence de restes de mollusque dans la phase I, montre que les populations non
identifiées qui seraient à l’origine de l’édification de ces sites. Parlant de l’origine de ces
populations non identifiées, De Sapir avance l’hypothèse selon laquelle « leur provenance
immédiate était à l’Est et ils se sont déplacés dans cette zone en suivant les riches terres
alluviales le long du fleuve Casamance et de ses affluent ».

Par ailleurs, on a aussi le professeur Moustapha Sall qui dans sa thèse Traditions
céramiques, identités et peuplement en Sénégambie. Ethnographie comparée et essai de
reconstitution historique, 2001, soulève la problématique de la relation entre les traditions
céramiques et les dynamiques identitaires ainsi que le peuplement dans la région de la
Sénégambie. Pour lui au lieu de s’attarder dans des démarches d’ethnos archéologique c'est-à-
dire définir les cultures anciennes sur la base de caractéristiques typologique ou la définition
du concept de culture archéologique. Lui il cherche à comprendre comment les style et
techniques de production céramique peuvent servir de marqueur identitaire et témoins des
interactions culturelles entre différents groupes ethniques de la région. En utilisant une
approche d’ethnographie comparée, il explore comment ces traditions céramiques permettent
de retracer l’histoire des populations de leur migration et de leurs relations interculturelles.
Cette approche de M. Sall vise à reconstruire l’histoire des peuples Sereer, Joola, Soocé et
Wolof, évoluant respectivement dans ces zones, le Centre ouest du Sénégal, le Sud Est du
Sénégal, l’Ouest de la Gambie et le Nord-ouest du Sénégal. Le choix de la zone d’étude
résulte d’une certaine continuité de ces études effectuées dans la vallée du fleuve Sénégal
pour le cas du pays Sereer. Il a choisi de s’intéresser aux groupes qui se disent actuellement
ou sont considérés comme de Sereer. Wolof, Soocé et Joola. Les sereer et les joola sont d’une
part considérée comme étant les descendants des édificateurs de certains sites de la vallée du
fleuve Sénégal au Nord, tumuli et les amas coquilliers du littoral Sud pour les Joola. En
étudiant toute la chaine de production de ces peuples pour en tirer les analogies qui lies ces
groupes, M. Sall nous informe que les groupes à partir desquelles les actuelles identités Sereer
et Joola ont été construites ne constituent pas des identités homogènes. Ils se distinguent les
uns par rapport aux autres par la langue, les comportements socioculturels et politiques. De
quel Sereer ou Jool parle-ton ?22

Ce panorama historique sur l’histoire de la Basse Casamance et les fouilles


archéologiques faites dans les iles Bliss nous ont révélé un terrain très
fertile pour l’étude archéologique en raison de son potentiel (pratiques
alimentaires, les échanges commerciaux et les modes de vie des
populations) non exploités jusqu’à nos jours. La thèse de Michel Waly
Diouf Contribution à l’étude des amas coquilliers du Gandoul
(Delta du Saloum, Sénégal)23, publié en 2021, examine comment
l’exploitation des coquillages a façonné les pratiques alimentaires et
culturelles des populations locales.

Bien que les données précises concernant Hitou soient limitées, l'examen des
regroupements de coquillages pourrait indiquer que les habitants de Itou se sustentaient
principalement en pêchant et en ramassant des coquillages. Cela pourrait illustrer des
traditions culturelles spécifiques liées à l'écosystème marin. Ces assemblages pourraient
indiquer des échanges commerciaux entre différents groupes côtiers, car l'analyse des
coquillages pourrait mettre en évidence la présence d'espèces non indigènes suggérant un
large réseau de troc. Il est essentiel de se pencher sur l'impact des activités humaines sur
l'environnement. Les recherches archéologiques, semblables à celles conduites par Diouf 24,
illustrent comment l'accumulation de coquillages peut signaler des changements
environnementaux tels que la surexploitation des ressources halieutiques et la dégradation des
écosystèmes marins.

Ces hypothèses soutenues par des recherches archéologiques et


ethnographiques pourraient guider des études futures et des fouilles dans
le village de Hitou, permettant d’approfondir notre compréhension de
l’histoire de la Basse Casamance et l’Afrique de l’ouest de manière
générale.

V. Méthodologie de recherche

22
Sall Moustapha-OP-CIT, pp.7-12
23
Michel Waly Diouf, CONTRIBUTION Á L’ÉTUDE DES AMAS COQUILLIERS DU GANDOUL (DELTA
DU SALOUM, SÉNÉGAL) : APPROCHE ARCHÉOLOGIQUE ET ETHNOARCHÉOLOGIQUE, 2019,
pp.192-254
24
Idem
Notre sujet sera scindé comme suit :
La première partie traitera des éléments physiques et humains de Hitou. Cette section,
qui fournit une description et un emplacement spatial des relations complexes entre les
individus et leur environnement, comprend deux chapitres. Dans le premier chapitre nommé
« Situation géographique », nous aborderons l'emplacement géographique et le cadre
géologique De notre zone d’étude, ainsi que ses caractéristiques physiques (hydrographie,
climatique, économie…). Dans le second chapitre intitulée « Cadre humain », on abordera
l'histoire de la population étudiée puis, la diversité et la croyance de la population.
Dans la seconde partie : « Etudes générale des amas coquilliers », nous aborderons
principalement le sujet de l'archéologie. Dans le troisième chapitre, intitulé « Méthodologie de
recherche », nous parlerons des innombrables méthodes que nous avons employées pour
réaliser notre prospection.

Dans la troisième partie : « Analyse théorique du matériel », il sera question


d'examiner le matériel céramique recueilli sur le terrain et de l’interpréter. Dans cette partie
(Chapitre IV) constitue de deux sous parties : le premier « analyse du matériel » et le second
« Interprétation ».
Pour conclure, nous résumerons notre étude avant de proposer une vision globale des
recherches.
Première partie : La Situation géographique et
Le Cadre humain

Chapitre I : Situation géographique

La Casamance s’étend sur plus de 28000 km 2, soit le 1/7 de la


superficie du Sénégal, de part et d’autre du fleuve dont elle porte le nom,
son peuplement constitue un autre facteur ayant participé
significativement à la formation de sa personnalité. Son peuplement
constitue un facteur ayant participé significativement à la formation de sa
personnalité (Tidiane Sané et Ibrahima Mbaye, 2007) 25. D’un point de vue
géographique, la Casamance se distingue par sa situation périphérique.
Longtemps traitée comme une simple dépendance de la colonie du
Sénégal, cette région fut encore coupée du reste du territoire sénégalais
par les frontières colonialistes. Son éloignement de Gorée et Saint Louis,
25
Sané Tidiane et Mbaye Ibrahima, Etat des lieux et étude diagnostique de l’environnement de la Casamance,
Ethnos études sur l’homme et la société, 2007, p. 184-201
les anciens chefs-lieux administratifs, ainsi que son accès difficile
favorisèrent le développement du particularisme Diolas (Philippe Méguelle,
2012, page 38)26.

Situé entre, la Gambie anglaise et la Guinée portugaise, exactement entre 12° 30 et 13°
de latitude nord et 19° et 16° de longitude ouest, existe un pays verdoyant et mystérieux, le
plus remarquable, mais aussi le plus inquiétant du Sénégal. Cette région nommée la
Casamance du nom du fleuve qui l’arrose 27 est la partie sud du Sénégal divisée en trois
régions naturelles : la haute Casamance (Kolda), la moyenne Casamance (Sédhiou) et la basse
Casamance qui correspond à la région de Ziguinchor (figure0). Cette dernière présente des
spécificités végétales remarquables par rapport au reste du Sénégal : un climat tropical
humide caractérisé par une saison sèche et une saison des pluies qui dure à peu près six mois.
Il s’y ajoute un nombre important de rizières, de palmiers, d’arbres fruitiers et « un réseau
compliqué de marigots qui constituent les couloirs de pénétration à travers de véritables îlots
de terres bien drainés, ceinturés de dépressions basses et humides où s’insinue la mangrove 28.
La basse Casamance offre une diversité d’activités agricoles grâce à ses terres fertiles. Parmi
ces activités, nous avons la riziculture considérée comme l’une des plus remarquables en
Afrique et qu’on ne trouve nulle part ailleurs au Sénégal. La majeure partie de la population
de la Basse Casamance constituée en majorité de Joola s’adonne à cette civilisation
(Khadidiatou Diatta, page 24)29.

Comme le souligne Paul Pélissier, le trait géographique essentiel de la basse


Casamance réside dans l’existence d’un réseau très dense de marigots qui morcelle en
plateaux la masse de grès argileux couvrant de façon continue tout le territoire. Dans les terres
basses de l’estuaire, ces innombrables marigots dessinent à travers les marais de véritables
labyrinthes au milieu desquels se perdre des ilots sableux cernes par les vasières (P. Pélissier,
page 626)30.

Cette zone (la basse Casamance) est divisée en deux zones par rapport au fleuve qui la
borde. Ainsi, nous avons la rive gauche de la Casamance et la rive droite de la Casamance où

26
Philippe Meguelle-OP-CIT, p.38
27
Thomas, L-V, Les Diola. Essai d’analyse fonctionnelle sur une population de Basse Casamance Dakar,
I.F.A.N, 1959, vol 1, p.9
28
Roche, C, Conquêtes et résistances des peuples de la Casamance, Paris, Karthala, 1985, p.15
29
Khadidiatou Diatta, THIONCK-ESSYL : HISTOIRE RURALE D’UN TERROIR DU BULUF, Mémoire de
Marter, 2014, p. 37
30
PELISSIER. P. 1966. Les paysans du Sénégal. Les civilisations agraires du Cayor à la Casamance, Saint-
Yrieix, Imprimerie Fabrègue, p. 626
se situe notre zone d’étude, à savoir les îles Bliss et plus particulièrement Hitou. De cet effet,
notre zone d’étude Hitou se situe dans le littoral sud du Sénégal a 12°37’17 nord de latitude,
16°41’31 ouest de longitude et 6m d’altitude 31, dans la commune de Kafountine, la région de
Ziguinchor, le département de Bignona et l’arrondissement de Kataba 1(figure0). Hitou
constitue le village le plus ancien de la zone. La plupart des populations des villages
environnants comme Diogué, Kande, Haère et Bakassouk sont originaires de Hitou. Il est
limité au nord par le village de Haère, à l’est par la rivière de Koumanbène, à l’ouest par la
rivière de kainoun et le bolong d’Asselinguéne et au sud par le fleuve Casamance. Il a une
population de 374 habitants repartie en trois grands quartiers qui sont Badiath, Djiventh, et
Katène. Il est composé essentiellement de Diolas pour la plupart animistes. L’un des
problèmes rencontrés à Hitou est l’enclavement. Sa position au centre de l’estuaire fait du Site
l’un des plus isolés de la zone des possibilités de déplacement qui excèdent rarement deux
fois par semaine. L’approvisionnement en denrées élémentaires se fait sur place par le biais
des boutiques de quartiers ou à l’extérieur (Diogué ou Ziguinchor)32.

1. Le climat

La Commune de Kafountine plus particulièrement Itou est située dans la région Sud-
Soudanaise et, en raison de sa localisation sur la côte, elle relève du territoire côtier Sud-
Soudanais. Cette affiliation implique l'examen des paramètres climatiques qui le distinguent
par rapport aux autres régions du Sénégal. Tout au long de l'année, la Commune de
Kafountine, en tant que partie du territoire côtier Sud-Soudanais, est soumise aux influences
consécutives des alizés et de la mousson (Mamadou BARRY, 2015, p 30)33. Leur fréquence et
leur direction sont liés à l’alternance saisonnière :

 L’alizé maritime qui est un vent de direction Nord à Nord-Ouest issu de l’anticyclone
des Açores. Ce vent balai tout le littoral Sénégalais. Il est constamment frais et sur amplitude

31
[Link] consulté le 17-07-2025 à 12h50
32
[Link]
%2Ffra19%[Link]&psig=AOvVaw1OPfnjQUGVux55A6PJFxl5&ust=1754497382664000&source
=images&cd=vfe&opi=89978449&ved=0CAQQn5wMahcKEwjwrKubivSOAxUAAAAAHQAAAAAQBA. Consulté le
05-08-2025 à 16h15.
33
Mamadou Barry, EROSION COTIERE ET IMPACTS DANS LA COMMUNE DE KAFOUNTINE (BASSE CASAMANCE),
Mémoire de Master, 2016, p. 30
diurne est faible. Ce vent peut occasionner notamment entre Décembre et février des
précipitations hors saison localement appelée « heug ».
 L’alizé continental ou harmattan est un vent de direction Nord-Est très sèche qui sévit
entre Novembre et Mai et qui n’a pas d’apport pluviométrique.
 La mousson est un vent qui provient de l’anticyclone Saint Helene. Ce vent qui souffle
entre Juin et Octobre emprunte un trajet maritime qui le rend très humide. Il est a l’origine des
pluies abondantes dans la zone34.

34
ANACIM
Figure 0 : Rose des vents de la station de Ziguinchor

Source : ANACIM

Sur ceux, ces deux vents sont à l’origine des deux saisons : une saison sèche qui
s’étale de novembre à mi-juin et ; une saison des pluies de mi-juin à octobre au cours de
laquelle sont menées les activités agricoles (PEPAM, Juillet 2010) 35. Ce climat (soudano-
guinéen) couvre toute la basse Casamance. Comprise entre les isoètes 1200 et 1800 mm/an, la

35
MINISTERE DE L’URBANISME ET DE L’ASSAINISSEMENT, PLAN LOCAL D’HYDRAULIQUE ET
D’ASSAINISSEMENT-PLHA Communauté rurale de KAFOUNTINE (Version Finale), Programme d’eau
potable et d’assainissement du millénaire « PEPAM », Juillet 2010, p.7
région reçoit les pluies sous trois formes : orages isoles, lignes de grains et pluies continues et
pendant quatre mois avec un maxima entre fin Juillet et début Aout et fin septembre (fig 0)
(Sall M., 2001, page 29)36.

Le graphique ci-dessous Figure 0, nous montre l’évolution de la précipitation d’Itou sur une
periode allant du 18 Juillet au 01 Aout37.

Précipitation d’Itou de 1996-2021

Figure 0
Source : [Link]

En raison de l’influence maritime, la température moyenne annuelle ne dépassait


guère 25 degrés mais la chaleur devenait accablante au début et à la fin de chaque saison
sèche (Meguelle, 2012, page 38). Les températures minimales sont atteintes au mois de
Janvier alors que les maximales sont enregistrées pendant la saison des pluies en Juillet et
Août voire en Septembre (Olivier Agnandoul Bassene et al, 201).
Le graphique Figure 0 présente l’évolution des températures d’Itou sur une période allant du
18 Juillet au 1er août38.

36
Sall Moustapha-OP-CIT, p.29
37
[Link] consulté le 17-07-2025 à 12h 50
38
[Link] consulté le 17-07-2025 à 12h 50
Température d’itou de 1996-2021

Figure 0
Source : [Link]

2. L’hydrologie

Le réseau hydrographique de la Casamance est relativement dense et assez bien


développé, le fleuve Casamance est le principal axe de drainage ( Tidiane SANÉ et Ibrahima
MBAYE, 2007)39. Avec ses affluents et défluent il arroge toute la région. Long de 300 km, il
est formé par la réunion de plusieurs petits marigots près de Sare Baïdo Mali a 50 m
d’altitude, entre Fafekourou et Vélingara. Etroit en son embouchure (1 à 2km), son lit
s’élargie et atteint 6 à 10 km au confluent avec le Soungrougrou. Celui-ci, avec les marigots
de Diouloulou, de Bignona et de Baïla, constituent ses plus importants affluents sur la rive
droite. Sur la rive gauche, le fleuve Casamance reçoit le kamobeul bolon (Sall, thèse, page
29)40.

39
Tidiane SANÉ et al-OP-CIT, p. 184-201
40
Moustapha Sall-OP-CIT, p. 29
Par ailleurs, la communauté rurale de Kafountine est irriguée par une multitude de
petits (bolong) qui se jettent en général dans le marigot de Diouloulou ou dans le fleuve
Casamance (Figure0).la densité de ces marigots et les différents connections entre eux font
que la CR est essentiellement constituée d’iles dont Hitou qui ne sont accessible que par
pirogue (PEPAM, 2010, P.18)41. Les quatre villages, Niomoune, Hitou, Haère et Bakassouk se
trouvent tous circonscrits entre trois principaux bolongs à savoir Hounambène,
Houniomouneye et Asseleguène. A l’intérieur de ces bolongs se développe un écosystème de
mangrove particulièrement important42.
De ce fait, ces ruisseaux, malgré leur approvisionnement en eau par le fleuve
Casamance via le marigot de Diouloulou, sont affectés par l'eau de mer lors des montées
pendant les saisons sèches, particulièrement en mars-avril lors de l'étiage du fleuve
Casamance où le débit reste très faible durant cette période. Ces eaux de surface qui
serpentent dans l'estuaire de la Casamance préservent la mangrove et les espèces animales. Ils
fonctionnent comme un moyen de communication et favorisent la mobilité des habitants des
îles (pirogue). Dans ces eaux, ainsi que dans les bolongs, les communautés insulaires
s'adonnent à la pêche traditionnelle et à l'aquaculture (Mamadou BARRY, 2016 p28)43.

3. La Géomorphologie

Le relief des îles Bliss est constitué de terres basses avec une altitude maximum de 14m
traversées par les marigots et bolongs. Le long des marigots, on ne rencontre que les sols du
domaine marin salé et sur salé (Binta Badji, 2014)44.
La mise en place des grandes unités géomorphologiques caractéristiques de l’estuaire
de la basse Casamance, relève de cette période comprise entre le Nouakchottien de l’actuel
(fig0). Au maximum de la transgression, vers 5500 BP, la mer pénètre dans la zone déprimée
de la Basse Casamance qui se présente alors sous la forme de Golfe largement ouvert sur
l’océan (fig0 A). Le comblement actuel de la basse vallée est attribuée à la transgression
Nouakcchottienne avec une sédimentation essentiellement marin jusqu’à 4000 BP. Vers cette
41
PEPAM-OP-CIT, p.18
42
[Link]
%2Ffra19%[Link]&psig=AOvVaw1OPfnjQUGVux55A6PJFxl5&ust=1754497382664000&source
=images&cd=vfe&opi=89978449&ved=0CAQQn5wMahcKEwjwrKubivSOAxUAAAAAHQAAAAAQBA. Consulté le
05-08-2025 à 16h15
43
Mamadou Barry-OP-CIT, Pp.28
44
Binta Badji, Dynamique des unités morphologiques des iles Karones et Bliss de 1980 à 2010 ? Mémoire de
master, 2014, p.44
période se sont formés les cordons sableux anciens. Grâce à la dérive littorale nord-sud qui
ont progressivement fermé le golfe de la Casamance (fig0 B). La sédimentation marine est
alors relayée par une sédimentation de type lagunaire, notamment à l’arrière des cordons
sableux. Vers 3000 BP la progression des cordons littoraux est telle que le golfe se présente
alors sous la forme d’une grande lagune, avec d’épais dépôts de vase ou la mangrove peut se
développer intensément (fig0 C). Enfin vers 1500 BP, la Casamance prend une allure
comparable à l’actuel (fig0 D). La fermeture du golfe par les cordons littoraux entraine la
diminution des apports marins et provoque un ralentissement de l’évolution morphologique.
Certaines unités telles que les tannes apparaissent a l’arrière des mangroves a la faveur d’un
climat sec qui conduit à la dernière transformation importantes du paysage (Kalck, 1978) 45.

45
Kalck (Y), 1978, Evolution des zones de mangroves au Quaternaire récent. Etudes géologiques et
géomorphologiques. Thèse de 3eme cycle U.L.P Strasbourg, pp. 121
Figure 0 :
Evolution du golfe de Casamance au Quaternaire récent (d’après Kalck, 1978)

Les autres unités géomorphologiques : kjokken-moddinger (dépôts artificiels de coquilles)


terrasses les plus récentes cordons littoraux, constituent les jalons de phase d’alluvionnement
actuelle. Les plus importants cordons littoraux et flèche sableuses se sont formés sous
l’influence de la dérive littorale nord-sud. L’ensemble de ces unités se déplace
progressivement vers l’ouest, suivant un système de progradation bien mis en évidence par la
figure 5 (Kalck, 1978)46.
Parallèlement les vasières à mangroves comblent peu à peu la lagune et donnent a
l’ensemble de la zone estuarienne sa morphologie actuelle. De nos jours, des modifications
écologiques localisés et réversibles viennent s’ajouter au phénomène majeur qui est la
tendance à un assèchement progressif de ces zones encore humides avec conséquences :
 La réduction de certaines surfaces d’eau consécutive a la sècheresse actuelle.
 Le recul de certaines vasières et l’accroissement des tannes, particulièrement dans la
partie externe des estuaires du Nord.
 L’ébauche de formes dunaires mineures sur les cordons sableux a couvert végétal
déficient.

46
idem
Figure 0 :
Les systemes de progradation en Casamance ( d’apres Kalck, 1978). a- système de
vasieres de mangroves. b- système de cordons littoraux

4. La Pédologie

Le sol est défini comme étant une couche de matière organique et inorganique de
quelques centimètres à plusieurs mètres accumulés à la surface de la roche comprenant de
l’eau, de l’air et des organismes vivants, des matières organiques à divers stades de
décomposition et d’élaboration, des éléments minéraux etc (Larousse, 2012) 47. Ainsi d’après
les différentes études pédologiques effectuée au Sénégal et en particulier en Casamance cinq
types de sols sont observés dans notre zone : les sols halomorphes sur alluvion sableuse, les
sols ferralitiques sur gré sablo-argileux, les sols hydromorphes sur vase marine, les sols
minéraux bruts et les sols dit peu évolués (Binta Badji, 2014)48.
Pour Itou, on a un sol halomorphe sur alluvions sableuses : Leur formation est
générée par la présence du sel. Ces sols résultent de l'influence marine actuelle qui sévit dans
le site mais aussi des épisodes transgressifs paléogéographiques du Nouakchottien. Le
Nouakchottien est marqué par une transgression qui a conduit à la sursalinisation de la mer et
des cours d'eaux, à la baisse de leur niveau et à la remontée de la langue saline. Les sols
halomorphes sur alluvions sableuses sont retrouvés dans les îles Bliss, aux abords des cours
d'eau et rizières et aujourd'hui dans presque toutes les rizières de notre milieu d'études.

5. La Végétation

La Commune de Kafountine située en Basse Casamance particulièrement Itou est


majoritairement couverte par la mangrove (image0), qui est parfois interrompue par d'autres
espèces moins prédominantes. La mangrove est un type d'écosystème humide et d'eaux
saumâtres situé dans les formations halomorphes. Elle englobe plus de la moitié de la
végétation côtière de la Commune, dominée par la section insulaire souvent désignée sous le

47
Larousse, 2012
48
Binta Badji-op-cit, p.58
nom de zone de mangrove49. Il est important de souligner l'utilité de la mangrove dans la
protection et la récupération des terres contre la mer. Les racines et les pneumatophores des
échasses ou des étançons capturent la boue et les débris à marée haute, formant des terres
sèches au fur et à mesure que les mangroves vieillissent. Les plantes plus jeunes situées au
bord de l'eau étendent leurs racines vers l'avant. Ce processus naturel a traversé les âges et a
été utilisé par les Diola pour récupérer des terres supplémentaires pour leurs rizières. La
mangrove sert également aujourd'hui de bois de chauffage et de charpente pour les maisons
Diola. Des plaques de palétuvier probablement décomposé étaient fréquentes dans nos
fouilles (De Sapir, 1971)50.

D'après Cormier-Salem (1999), il s'agit de la zone directement exposée aux effets des
marées, qui correspond à l'étage supérieur du littoral et méridional, ainsi qu'à la partie haute
de l'étage infralittoral selon le système traditionnel de zonation utilisé en milieu marin 51.
On désigne généralement les espèces végétales qui la composent sous le nom de
palétuviers, dont trois ont tendance à occuper cette région. On rencontre généralement des
palétuviers appartenant aux genres Rhizophora, Avicennia et Laguncularia. Sur le plateau, on
observe une forêt dense de feuillus caractérisée par des troncs élancés. On peut notamment
trouver les formations végétales suivantes : Dialium guineensis (Tamarinier), Khaya
senegalensis (caicédrat), Saba senegalensis (Mad), Borassus aethiopum (Rônier), Ceiba
pentendra (Fromager), Andansonia digita (Baobab), Pterocarpus erinaceus (Ven) et bien
d'autres encore52.

Les pentes et les zones basses sont en grande partie composées de palmeraies
dominées par le palmier à huile (Elaeis guineensis). Ces palmeraies forment une communauté
uniforme à la frontière des forêts de plateaux, aux limites des villages et sur les pentes, ainsi
que dans les dépressions et vallées. Cette flore révèle une certaine diversité floristique qui
peut être associée à l'existence de la nappe phréatique à une profondeur relativement
superficielle (Barry, 2016, P33)53.

La distribution de la végétation dépend des facteurs physico-chimiques du sol, du


gradient climatique et des éléments associés aux actions humaines. On observe une transition

49
Mamadou Barry-OP-CIT, Pp.33
50
De Sapir, Milieu de Basse Casamance et problèmes de la protohistoire diola, 1971
51
CORMIER-SALEM (M-C), 1999. Les Rivières du sud, sociétés et mangroves Ouest africaines, Volume1,
IRD, Paris
52
Mamadou Barry-OP-CIT, p.33
53
idem
de la forêt, plus ou moins dense, en Basse-Casamance vers une savane boisée caractérisée par
de grands arbres dispersés dans l'Oriental du Sénégal (Bothié Koïta et Alphousseyni Bodian,
2000)54

6. Les secteurs économiques

La CR de Kafountine singulièrement Itou possède de fortes potentialités économiques


qui facilitent son développement. Elle bénéficie de conditions naturelles et climatiques
propices à diverses activités économiques, dont l'agriculture, l'élevage et la pêche sont les
principaux exemples. Grâce à ses nombreux attraits et potentialités naturelles, le tourisme y
est également fréquent. La région, qui possède une côte maritime et l'embouchure du fleuve
Casamance, est située dans une position géostratégique favorable qui abrite la majeure partie
des activités économiques de la Casamance. Elle est également dotée d'un potentiel faunique
considérable comprenant des galeries forestières et certaines forêts protégées (Agence
nationale de statistique et de la démographie, décembre 2023)55.

 L’agriculture

L'agriculture joue un rôle crucial dans l'existence des communautés, car presque
toutes les personnes, en particulier les autochtones, s'adonnent à cette pratique. Il convient
également de souligner que le riz demeure la principale source de spéculation pour une frange
de la population de Itou et des iles Bliss-kassa de manière générale. Dans les îles Bliss-Kassa,
le riz reste la culture céréalière prédominante, surtout compte tenu des conditions
agronomiques plutôt propices à la culture du riz. La riziculture est donc la principale activité,
voire la seule, bien qu'elle soit encore traditionnelle (Ramatoulaye Sane, 2022)56 .

En fait, à l'instar de Pélissier (1966) qui évoquait la Casamance, le Bliss-kassa est


aussi « un environnement diola avec une longue tradition rizicole ». Depuis toujours, la
culture du riz est l'activité centrale des communautés, car elle représente leur source majeure
de nourriture. Si les agriculteurs du Petit-Kassa continuent à cultiver le riz, c'est parce qu'ils la
considèrent comme « profitable » en fonction de leurs besoins et des autres occupations57.

54
Bothié Koïta et al, Evolution de la diversité végétale avec le temps de jachère dans la zone soudanienne du
Sénégal, La jachère Cil Afrique tropicale- Ch. Floret. R. Pontanier John Libbey Eurotexl, Paris, 2000, pp. 408-
414
55
Agence nationale de la statistique et de la démographie, Situation économique et sociale de Ziguinchor (2020-
2021), Décembre 2023
56
Ramatoulaye Sane, Riziculture et changements socio-environnementaux en milieu insulaire de Basse-
Casamance : cas des îles Bliss-Kassa (Petit-Kassa) dans la commune de Kafountine, 2022, p.34-36
D’après Seraphin Carem Diatta, « La culture du riz représente le socle primordial de
la civilisation agricole pour les habitants insulaires du Bliss-kassa. Elle n'est pas seulement
Destinée à la consommation, elle a aussi d'autres fonctions nutritives. Elle est aussi destinée
à d'autres fins, comme les cérémonies traditionnelles qui nécessitent du riz local. C'est
pourquoi la culture du riz est perçue comme une nécessité, non seulement pour l'alimentation,
mais également en tant qu'aspect social important. La figure 4 illustre que la culture du riz en
mangrove et sur plateau est la plus répandue dans cet environnement »58.

« À Itou, d'autres pratiques agricoles telles que les cultures commerciales et


céréalières (comme l'arachide, le niébé, etc.), le maraîchage et les cultures d'arbres fruitiers
sont moins répandues. L'extension des autres secteurs agricoles semble difficile en raison de
la qualité médiocre des sols pour certaines cultures et de l'indisponibilité des terres agricoles.
Le maraîchage fait généralement partie des pratiques agricoles courantes sur une portion
restreinte de la parcelle après la récolte du riz, pour subvenir aux besoins alimentaires de la
famille ou dans les jardins communautaires gérés par les femmes. On cultive davantage
l'oignon, l'oseille, l'aubergine (diakhatou) et la tomate »59.

A l’exception des cocotiers, l’arboriculture est peu développée dans la zone. C’est
encore très récemment que les insulaires s’adonnent timidement à cette culture arboricole
avec la plantation d’anacardiers et de manguiers (Sane, 2022)60

 La Pêche

En Casamance, l’extension de la pêche est une des réponses des sociétés agraires à la
crise de leur système d’exploitation suite à la péjoration climatique, favorisant la salinisation
accrue des sols et des eaux et accélérant le recul de la riziculture (Cormier-Salem, 1992) 61.

La pêche fait partie des activités les plus prospères de l’économie et l’une des
principales sources de revenus directs ou indirects des populations de Itou et de la commune
(Barry, 2016)62. Elle est pratiquée de manière permanente par les autochtones et de manière
saisonnière

57
PELISSIER. P. 1966. Les paysans du Sénégal. Les civilisations agraires du Cayor à la Casamance. Version
électronique de l’ouvrage paru sous le même titre [Saint-Yrieix, Fabrègue : 939 p.], 537 p.
58
Séraphin Carem Diatta, 777313208, interrogé le 29-06-2025 à Itou
59
Idem
60
Ramatoulaye Sane-OP-CIT, p. 36
61
CORMIER-SALEM M.C. 1991. Dynamique et usages de la mangrove dans les pays des rivières du sud, du
Sénégal à la Sierra Leone. IRD Éditions. p. 141-151.
62
Mamadou Barry-OP-CIT, p. 34
Par les étrangers venus du nord du Sénégal (les pêcheurs Lébous et les Guet Ndariens) et des
pays limitrophes du Sénégal : Burkinabé, Ghanéens, Maliens, Guinéens etc (Khatab Gueye)63.

La pêche continentale est plus pratiquée par les populations, notamment dans les
bolongs. Elle est destinée à combler les besoins alimentaires familiaux. Toutefois, cette pêche
a considérablement évolué au cours des années et est aujourd’hui considérée comme une
ressource financière. Elle passe donc d’une activité de subsistance à une activité commerciale.
A cette pêche est associée la cueillette des huîtres, l’exploitation des coquillages et d’autres
crustacés (Sane, 2022)64.

 L’élevage

Pour Carem, à l'inverse de la culture du riz, l'élevage n'est pas une pratique très
répandue à Itou. C'est pourquoi il n'existe pas d'éleveurs spécifiques dans la région, les
paysans exercent simultanément les métiers d'agriculteur, d'éleveur et de pêcheur. Bien que
peu développé, l'élevage continue cependant d'être une activité couramment pratiquée par la
population. Dans ce contexte, diverses pratiques d'élevage sont mises en œuvre. Cela
concerne les bovins, les porcins, les ovins, les caprins et les volailles. Cependant, cette
activité n'appartient pas au domaine économique. En fait, les éleveurs ne font des ventes que
lorsqu'ils en ont nécessité. On les emploie fréquemment pour des rites sacrificiels (« kawasen
»), ainsi que pour des cérémonies comme les mariages et les funérailles65.

63
Khatab Gueye, 770116473, interrogé le 14-06-2025 à Diogué
64
Sané Ramatoulaye-OP-CIT, p. 37
65
Séraphin Carem Diatta, le 29/06/2025
Chapitre II : Cadre humain

1. Historique du peuplement

Les conditions historiques du peuplement de la Basse-Casamance semblent difficiles à


appréhender en raison de l'ancienneté et de la grande complexité des mouvements migratoires
dans la région. Cependant, les traditions locales aussi bien que les sources écrites et les
travaux universitaires admettent unanimement que les premiers occupants de la Casamance
furent les Baïnoun. Comme la plupart des peuples établis sur la côte occidentale de 1'Afrique,
les Baïnoun affirment que leurs ancêtres sont venus de l'Est, chassés du Gabou sous la
pression de l'Empire du Mali66. Ils se réfugièrent alors dans les contrées boisées et
marécageuses de la Basse-Casamance et fondèrent un royaume sur la rive Nord du fleuve,
face à l'embouchure du Soungrougrou. L'existence de ce royaume Baïnoun, appelé Kasa, est
attestée dès le XV° siècle par les récits de voyage des premiers Européens qui explorèrent la
Casamance67.
De ce fait, pour notre zone d’étude Hitou, qui se trouve dans l'estuaire du fleuve
Casamance, détient une position cruciale à la jonction de la terre et de la mer. L'emplacement
spécifique de Hitou en fait un élément inséparable de l'ensemble estuarien de la Casamance.
En interrogent Carem sur les premiers habitants, il nous a fait savoir que « Hitou a été fondée
par les Banounk et ce n'est qu'ultérieurement que leurs grands-parents se sont installés ». En
fait, il y a toujours une famille Banounk qui réside dans le village »68. Avec cette information,
nous avons décidé de rendre visite à la famille Banounk pour les questionner, mais tous les
membres adultes capables de nous répondre étaient en voyage.

66
L’exil des Baïnoun se retrouve dans le nom « Baïnounk », employé par les Malinkés pour les désigner, et qui
serait formé à partir des termes « abaï » (= « chassez le ») et « nounko_ » (= « celui qui a été chassé »), Roche,
(1976, 1985 : 22).
67
Une synthese des divers recits de voyage faisant reference au royaume baïnoun de Casamance a été faites par
Jean Boulègue, 1972, p. 1-14
68
Carem
Ainsi, une autre source nous révèle qu’il est compliqué, si ce n'est irréalisable,
d'étudié la population de cet endroit de manière indépendante. Les résidents de Hitou ont des
antécédents historiques partagés avec les populations adjacentes. L'établissement de cette
région suit une tendance migratoire clairement établie. Le processus s'est déroulé dans un sens
allant du sud au nord, en suivant les contours de l'estuaire. L'origine de ce mouvement graduel
de populations se situe dans des zones telles que Diembéring et la Pointe Saint Georges. Ces
zones d’émission ont joué un rôle fondamental dans l’occupation humaine des rives de la
Casamance. Les premiers occupants de l’île de Hitou sont donc issus de la façade occidentale
du Blouf, une région densément peuplée et culturellement dynamique. Ces migrants ont
traversé les bras de mer pour s’installer durablement sur l’île de Hitou. Une fois installés, ils
ont mis en place des structures sociales adaptées à leur nouveau cadre de vie. Ils ont bâti des
villages, organisé la gestion des ressources naturelles, et instauré des règles de cohabitation.
Progressivement, leur présence s’est consolidée, ouvrant la voie à une expansion territoriale.
Après avoir occupé Hitou, ces populations ont poursuivi leur progression vers d'autres
localités. C’est ainsi que des zones telles que Bakassouk et Haère ont été à leur tour
peuplées69.

2. La Diversité ethnique

Hitou est essentiellement composé de « Diola Kasa » pour la plupart animistes et


chrétiens. Les personnes qui parlent la langue Diola n’ont pas toujours porté un même nom.
Ce n’est que vers le milieu du 19ième siècle, pendant la période coloniale, que le terme wolof
« Yola » (Diola) commença à être utilisé, par plusieurs sous-groupes de la Basse Casamance,
comme marque d’une appartenance commune face aux étrangers, qui arrivaient de plus en
plus nombreux. Bien que chaque groupe se différencie des autres par un nom bien précis, le
Casamançais (de la Basse Casamance) se présentera le plus souvent en premier lieu comme
Diola, parlant le diola (Kennedy, 1964)70. On a aussi une famille Bainouk qui se réside dans le
village. Il existe toujours des petites poches de Bainouks, mais cette ethnie ne domine plus sur
le plan économique et politique comme du temps où ses membres pratiquaient le commerce
avec les pays lointains. Néanmoins, certaines caractéristiques de la culture bainouk survivent

69
[Link]
%2Ffra19%[Link]&psig=AOvVaw1OPfnjQUGVux55A6PJFxl5&ust=1754497382664000&source
=images&cd=vfe&opi=89978449&ved=0CAQQn5wMahcKEwjwrKubivSOAxUAAAAAHQAAAAAQBA. Consulté le
05-08-2025 à 16h15.
70
Kennedy, Alistair M. 1964. Dialect in Diola. Journal of African Languages, p. 96.
encore dans des communautés diolas. De plus, il semblerait que deux noms de famille très
courants, Diatta et Sambou, soient d’origine bainouk (Mark, 1985)71.

3. Les Croyances

Les croyances traditionnelles des Diolas comprennent une cosmologie assez complexe
dans laquelle l’homme, la nature et la religion sont étroitement liés mais un certain nombre de
Diolas ont adopté le christianisme ou l’islam. C’est dans un contexte où coexistaient déjà
plusieurs religions complémentaires que les Diolas sont entrés en contact avec de nouveaux
systèmes religieux. Malgré tout, les Diolas, qui ont tendance à résister à toute influence
extérieure, ont été très lents à adopter des religions étrangères. Les groupes qui maintenant se
disent catholiques ou musulmans gardent encore beaucoup de leurs croyances traditionnelles,
dont certaines ont même été totalement intégrées à la nouvelle religion. La plupart des Diolas,
vivant au sud du fleuve Casamance, ne pratiquent que leur religion traditionnelle en
dépit de la présence de quelques missions catholiques et évangéliques.
L’islam aussi n’a eu que peu d’impact sur les pratiques religieuses de ces
Diolas du Sud (Mark 1985 : 115). 72

A Hitou deux religions sont pratiquées, il s’agit du christianisme et de l’animisme. La


particularité de cette population est que tout le monde est chrétien. Mais cela ne leur empêche
pas d’être animistes car c’est cette religion qui est dépositaire de toute leur tradition. Elle
assure la cohésion du groupe et réglemente l’organisation sociale à travers les interdits et les
obligations. Les diolas croient en un Dieu unique « émit » en diola, mais aussi à une puissance
divine surnaturelle et le manifestent par les cultes et rites et autres cérémonies d’initiations.
Les fétiches « bu kin » sont les sièges de ces forces mystiques. Ils sont sous l’autorité des
anciens, qui sont les intermédiaires entre la population et les forces surnaturelles 73.

71
Mark, Peter. 1985. A cultural, economic and religious history of the Basse Casamance since 1500. Stuttgart:
Steiner Verlag Wicsbaden, p. 17-18
72
Mark, op, cit, p.115.
73
[Link]
%2Ffra19%[Link]&psig=AOvVaw1OPfnjQUGVux55A6PJFxl5&ust=1754497382664000&source
=images&cd=vfe&opi=89978449&ved=0CAQQn5wMahcKEwjwrKubivSOAxUAAAAAHQAAAAAQBA. Consulté le
05-08-2025 à 16h15.
Deuxième partie : Etudes générale des
amas coquilliers
Chapitre I : Méthodologie de la recherche des sites de Hitou

1. La recherche documentaire

Elle constitue notre première méthode d’investigation. Elle consiste à collecter, de


manière générale, toutes les informations relatives au sujet et nécessaires à la compréhension
de la thématique. Elle s’est appliquée sur une durée de quatre mois (4) mois et nous a fourni
une importante documentation aussi bien sur l’étude physique qu’humaine du secteur.
Pour ce faire, nous nous sommes appuyés sur des ouvrages spécialisés pour la
réponse à certaines questions liées particulièrement à l’archéologie et/ou les amas coquilliers,
mais aussi à l’aspect physique du secteur, notamment à la géomorphologie, à la topographie
du relief, à l’hydrographie et au climat etc. Grâce à ces ouvrages, nous avons pu retracer par
exemple l’histoire de la zone et comprendre la configuration actuelle des îles Bliss.

L'utilisation de livres généralistes et de dictionnaires, en particulier géographiques


(voir les références), nous a également été d'une grande aide car elle a facilité notre
compréhension de certains concepts et notions. De nombreux articles d'archéologie, d'histoire
et d'ethnographie, ainsi que des travaux de thèse, de master et de maîtrise, ont aussi été
utilisés pour comprendre l'histoire ancienne et récente des communautés vivant dans les îles
Bliss.

Les informations livresques ont été corroborées par des sources "webographiques",
dans le but de parfaire la recherche documentaire. En fait, nombre d’ouvrages n’ont été
disponibles que dans l’internet. Pour cela, beaucoup de sites web, à caractère scientifique (Cf.,
aux références bibliographiques), ont été régulièrement visités en vue d’obtenir des éléments
de réponse à des questions spécifiques relatives à certaines biodiversités74.
74
Michel Waly Diouf, op, cit, p. 8
2. La prospection

Larousse définis la prospection comme une exploration méthodique d’un lieu pour
trouver quelque chose ou quelqu’un75. La prospection est certainement la composante de
l’archéologie qui mettra le plus de temps à se développer et à acquérir une assise scientifique.
Il est vrai qu’elle est aujourd’hui intimement liée à la notion de problématique historique,
même si les chercheurs du trésor ont profité de la mise au point de procèdes scientifiques de
détection. Ceux-ci, mettant en œuvre un appareillage compliqué, ne verront le jour qu’a la
faveur, très souvent, de la recherche militaire, après la seconde guerre mondiale. À une
exception près, cependant, celle de la photographie aérienne (P. Jockey, 2003)76.

a) La prospection aérienne et photo interprétations

Il est manifeste que l’archéologie aérienne représente l’un des progrès les plus
considérables de notre siècle. Établie et mise en œuvre dès le début de ce siècle, elle doit sa
notoriété à l'expansion de l'aviation durant la Première Guerre mondiale. Cette discipline a
connu une croissance rapide, principalement grâce à ses applications militaires, qui ont été
développées en partie durant l'entre-deux-guerres. D'ailleurs, le lien entre l'archéologie et le
domaine militaire sera renforcé pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les
archéologues seront sollicités pour examiner des photographies aériennes de territoires
ennemis77.

La prospection aérienne repose sur un principe simple la recherche par voie


aérienne et l’enregistrement photographique de structures ou d’aménagements particuliers
comme les amas coquilliers à la faveur de conditions climatique et végétales spécifiques.
L’altitude de survol, outre qu’elle permet de couvrir rapidement des étendues considérables,
sans que la végétation ou le relief ne constituent un obstacle, mais en évidence des zones
archéologiques qui ne seraient pas apparues dans le cadre d’une prospection terrestre simple78.

75
[Link] consulté le 07-08-2025 à 16h05
76
P. Jockey, op,cit, p. 145
77
P. Jockey, op, cit, p. 216-217
78
Idem
Dans le contexte de notre enquête sur les amas coquilliers de Hitou, nous avons
eu recours à Google Earth comme instrument d'exploration (figure 0).

 La détermination de la zone d’étude

Dans un premier temps, nous avons délimité la zone d'étude sur Google Earth. Cette
étape consiste à délimiter géographiquement et/ou contextualiser le terrain sur lequel porte
notre rechercher. Cette étape est crustale car elle permet de cibler l’analyse, de faciliter la
collecte des données et d’assurer la pertinence des résultats.

 Création d’une grille dans google earth

Une grille couvrant l'ensemble de la zone a été mise en place. Une méthode
systémique a été effectué, la zone d’étude est divisée en grilles carrées à l’aide des outils de
mesure de google earth permettant d’avoir une couverture exhaustive du terrain, une
localisation précise des anomalies et une priorisation des zones à investiguer sur le terrain.

 Collecter les objets identifiés comme amas par le biais d’image dans
chaque carré

Par la suite, chaque carré de la grille a été inspecté par le biais d'images. De plus,
nous avons rassemblé les coordonnées de tous les objets identifiés comme des amas de
coquillages.

 Transferer les données collectés dans un GPS

Une fois les coordonnées collectées, nous avons transféré toutes les données dans un
GPS pour nous orienter sur le terrain.
Détermination de la zone
d’étude

Créer une grille couvrant


toute la zone

Collecter les objets identifiés comme amas


par le biais d’image dans chaque carré de la
grille

Transferer les données collectés


dans un GPS

Figure 0 : les étapes de la prospection sur google Earth


b) Résultats de la prospection aérienne et photo interprétations

Ce tableau ci-dessous nous montre les résultats de notre prospection via Google earth sur
Hitou :

NOMBRE DE SITES SITES ACCESSIBLES SITES NON ACCESSIBLES

04 02 02

Tableau 1 : Résultats de la prospection sur Google earth

3. Le travail de terrain

a) La mission archéologique

Suite à la consolidation de l'ensemble des informations dans un GPS, une mission sur
le terrain a été effectuée du 28 mai au 1er juin 2025, sous la direction de mon professeur
encadreur Monsieur Kebe et Monsieur Sagna (Géomaticien). Au cours de cette mission, nous
étions trois : moi-même accompagné de mes deux collègues Ndeye Sene et Christiana
Sambou. La mission principale consiste à valider les lieux déjà identifiés grâce à Google
Earth, puis à procéder à leur exploration et à mener nos investigations. Nous sommes arrivés
à Hitou aux alentours de 11h45 dans la journée du 28 Mai, puis nous avons fait la
connaissance de la famille de notre tuteur CAREM. À l'instar de tous les étrangers qui visitent
un village, nous avons cherché à rencontrer le chef du village afin de lui expliquer les motifs
de notre présence sur ses terres puis mener nos enquêtes. Fort heureusement, le chef était une
personne ouverte d'esprit. Il nous a attentivement écoutés et a donné son accord pour que nous
puissions accomplir notre tâche. Malheureusement, pour notre enquête, il nous a demandé de
revenir le jour suivant car il était en train de se préparer pour une grande cérémonie rituelle
appelée « ufireu ».

- Méthodologie de prospection

L’enregistrement sur site constitue un aspect fondamental de la prospection


archéologique. Il fournit l’un des éléments constitutifs des enquêtes, analyses et
interprétations ultérieures. Pour nommer les sites, en plus des noms vernaculaires du site,
nous avons ajouté les initiales du village de Hitou plus un numéro donné à partir de l’ordre de
visite du site. Ex : le site de Hitou 1 (Hi 1) est le site que nous avons prospecté en premier.

 Première journée (28 Mai)


 Hitou 1 (Hi 1)

Quand on est arrivé à Hitou dans les environs de 11h45 en route vers la maison, nous
avons aperçu un site qui n'était pas répertorié sur notre GPS. Comme c'était à proximité de
notre logement, vers 17h, nous avons décidé d'explorer le site connu sous le nom de Hitou 1
(Hi 1).
L'emplacement du site Hitou 1 (Hi 1) se situe à une longitude de 16°69 et une latitude de
16°62, avec une altitude de 7,25 mètres. L'identification du site s'est effectuée par le biais
d'une observation visuelle. La visibilité globale de l'endroit est bonne, même si parfois elle
peut être légèrement altérée. Néanmoins, le ciel demeure clair et sans nuages, ce qui facilite
une observation efficace de l'environnement. La force du vent constatée sur les lieux est
faible, avec une prédominance de la direction sud-est vers nord-est. Du point de vue
géomorphologique, le lieu est caractérisé par un ensemble de dunes surmonté d'une colline et
agrémenté de dépôts de coquillages, qui témoignent d'un ancien dynamisme côtier.
L'endroit est caractérisé par une végétation peu dense, constituée principalement d'arbustes et
d'arbres tels que le manguier, le fromager, le cocotier, le baobab et la mangrove. L’hydrologie
du secteur est marquée par la présence d’un bras de mer, qui contribue à la richesse
écologique de la zone. Le milieu naturel comporte une butte et un sol sablo-limoneuse qui
atteste d'un environnement plutôt aride, mais influencé par la proximité de la mer. Dans les
phénomènes naturels, on observe le chevauchement de racines et de troncs d'arbres, tandis
que les processus anthropiques se manifestent par la présence d’une concession et d’une piste
traversant la zone. La caractéristique des dépôts de surface se réfère à une butte où la densité
des dépôts est moyenne et disperser. La surface observée est majoritairement composée de
poterie. La collecte s'est réalisée par ramassage de surface, et les éléments rassemblés ont été
emballés dans un unique sachet. Il est important de noter que le site est en danger car, il est
juste au milieu des concessions.

Figure 0 : Le site de Hitou 1 (Hi 1)


Source : Yaya Drame

 Deuxième journée (29 Mai)


 Hitou 2 (Hi 2)

Le lieu, localisé à la longitude 16°69 et à la latitude 16°62, se trouve à une hauteur de


5 mètres. Il a été révélé de façon visuelle. La visibilité globale est moyenne, même si à
certains endroits, elle est un peu altérée, tandis que la clarté du ciel demeure moyenne. Le
vent, de force moyenne, se dirige de l'ouest vers le nord avec une température moyenne. Sur
le plan géomorphologique, le site se présente sous la forme d’une butte constituée d’un amas.
La végétation y est peu dense, composée principalement d’arbustes et d’arbres tels que le
manguier, le baobab, le palmier, le ditakh (Detarium senegalense) et la mangrove.
L’hydrologie environnante est marquée par la proximité de la mer, la mangrove et un bolong.
L’environnement naturel montre un sol sableux, cohérent, mais affecté par des phénomènes
d’érosion liés à la présence de la mangrove. Les processus naturels incluent donc la croissance
d’arbres et l’érosion du sol, tandis que les processus anthropiques témoignent d’une
exploitation de l’amas, du dépôt d’ordures et de coquillages récents. Le site est en danger,
principalement à cause de ces perturbations humaines. Les dépôts de surface, de nature
buteuse, présentent une densité moyenne et une distribution dispersée. Le matériel de surface
observé se compose essentiellement de fragments de poterie. La collection a été réalisée par
ramassage de surface, et un seul sac de matériel a été récolté.

Figure 0 : Le site de Hitou 2 (Hi 2)


Source : Yaya Drame

Vous aimerez peut-être aussi