Introduction Moctar Corrigé
Introduction Moctar Corrigé
L’aquaculture, définie comme l’élevage contrôlé d’organismes aquatiques tels que les
poissons, mollusques, crustacés et plantes aquatiques, constitue aujourd’hui l’un des secteurs
alimentaires les plus dynamiques du monde (FAO, 2022). Elle s’impose comme une
alternative durable face à la surexploitation des ressources halieutiques naturelles et à
l’augmentation de la demande mondiale en protéines animales, dans un contexte de forte
croissance démographique (Naylor et al., 2021).
À l’échelle mondiale, la production aquacole a connu une croissance exponentielle,
représentant plus de la moitié de la production totale de poisson destiné à la consommation
humaine (FAO, 2020). Cette progression est favorisée par la diversification des espèces
élevées, l’amélioration des techniques d’élevage et l’adoption de systèmes plus performants,
permettant de répondre à la demande croissante en produits aquatiques (Tidwell & Allan,
2001). Cette production aquacole a atteint environ 122 million de tonnes en 2020, contribuant
à plus de la moitié des produits halieutiques consommés par l’homme (FAO, 2022).
En Afrique subsaharienne, l’aquaculture se développe lentement mais sûrement, en réponse
aux défis liés à l’insécurité alimentaire, au chômage rural et à la pression sur les ressources
naturelles. La production aquacole reste toutefois faible, représentant à peine 2,7 % de la
production mondiale, bien que le potentiel y soit considérable (Brummett et al., 2008). Bien
que la production aquacole demeure inférieure à celle observée en Asie, la pisciculture
connaît un essor considérable au cours de ces deux dernières décennies (Brummett &
Williams, 2000). Cette dynamique est soutenue par le développement de la pisciculture en
étangs, en cages et en bassins, avec des espèces adaptées comme le tilapia (Oreochromis
niloticus) et le poisson-chat africain (Clarias gariepinus), qui sont particulièrement prisés pour
leur rusticité et leur acceptabilité sur les marchés (Ayinla, 2007). Ainsi, la pisciculture est
perçue comme un moyen de lutte contre l’insécurité alimentaire et de création d’opportunités
économiques pour les populations rurales (FAO, 2021).
Au Niger, pays sahélien enclavé et confronté à des défis climatiques majeurs,
l’aquaculture et la pisciculture se développent progressivement comme alternatives pour
renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle (Issa, 2018). Introduite dans les années 1970,
la pisciculture s’est largement orientée vers l’élevage du Clarias gariepinus et du tilapia, deux
espèces adaptées aux conditions écologiques locales et aux besoins des consommateurs
(Bouba & Issoufou, 2016). Cependant, la filière demeure confrontée à des contraintes liées au
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manque d’infrastructures modernes, à l’accès limité aux intrants de qualité et à la cherté des
aliments pour poissons (Adamou, 2019).
La région de Maradi, l’une des zones les plus peuplées et agricoles du Niger, dispose
d’un potentiel important pour le développement de la pisciculture. Avec ses retenues d’eau,
mares permanentes et une forte disponibilité de sous-produits agricoles, elle constitue un
terrain favorable à la production de poissons (INRAN, 2020). En effet, la région de Maradi est
considérée comme le grenier agricole du Niger; la pisciculture est en plein essor grâce aux
initiatives privées, communautaires et institutionnelles (FAO, 2021). Le Clarias gariepinus y
occupe une place importante dans les élevages piscicoles en raison de sa croissance rapide, de
sa capacité d’adaptation et de sa forte valeur marchande (Houndonougbo et al., 2020).
Malgré le potentiel de production aquacole dans la ville de Maradi, de nombreux pisciculteurs
font face à des difficultés liées à l’approvisionnement en aliments de qualité, souvent importés
ou vendus à des prix [Link], le coût élevé des aliments importés constitue une
contrainte majeure limitant la productivité et la rentabilité des exploitations piscicoles (Issa,
2018). Paradoxalement, la région regorge d’une diversité de sous-produits agricoles qui
pourraient être valorisés dans la formulation des aliments pour Clarias gariepinus, mais qui
restent souvent mal identifiés, mal caractérisés ou peu exploités.
Pour pallier ce problème, l'Université Dandicko Dankoulodo de Maradi (UDDM) s'est
engagée dans des travaux de recherche pouvant améliorer la production aquacole. C’est dans
cette optique que s’inscrit le présent travail intitulé « Inventaire des sous-produits agricoles
locaux entrant dans la composition de l’aliment de Clarias gariepinus dans la ville de Maradi
». L’étude vise à identifier les ressources agricoles locales pouvant être valorisées dans la
formulation d’aliments pour poissons, afin de réduire les coûts de production, améliorer la
rentabilité des fermes piscicoles et renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans la
région (Adamou, 2019; FAO, 2020).
Dès lors, les questions de recherches ci-dessous ont été formulées:
Quelles sont les ressources agricoles locales pouvant être valorisées dans la
formulation d'aliments pour poisson (Clarias gariepinus)?
Quelles sont les différentes techniques utilisées pour la fabrication des aliments de
poisson ?
Quels sont les avantages et les inconvénients liés à la fabrication des aliments de
poisson dans les fermes piscicoles de Maradi?
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A. Objectifs
1. Objectif général
L'objectif général est d'inventorier et d'identifier les sous-produits agricoles locaux pouvant
entrer dans la composition de l’aliment de Clarias gariepinus dans la ville de Maradi.
2. Objectifs spécifiques:
Cette étude vise spécifiquement à:
Recenser les différents sous-produits agricoles disponibles localement à Maradi.
Identifier les sous-produits potentiellement utilisables dans l’alimentation du Clarias
gariepinus.
Évaluer la disponibilité saisonnière et les quantités approximatives de ces sous-
produits
B. Hypothèses de recherche
H1: Il existe plusieurs sous-produits agricoles disponibles localement à Maradi utilisables
dans la formulation d’aliments pour Clarias gariepinus.
H2: Ces sous-produits sont disponibles en quantités suffisantes et à coût abordable pour être
intégrés dans les rations piscicoles.
H3: Les pisciculteurs de Maradi connaissent peu ou valorisent peu ces ressources locales dans
la formulation des aliments.
La ville de Maradi est située dans la partie méridionale du Niger, précisément entre 13°29'30''
de latitude nord et 7°05'48'' de longitude est. Elle se trouve à une altitude moyenne de 355
mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle est le chef-lieu de la région de Maradi, l’une des
huit régions administratives du Niger, et constitue également un important centre
administratif, commercial et culturel. Maradi est limitée au nord par la commune rurale de
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Safo, au sud par le Nigéria (État de Katsina), à l’ouest par la commune rurale de Sarkin
Yamma et à l’est par celle de Dan Issa. Sa situation géographique stratégique, à environ 40
km de la frontière nigériane, en fait une plaque tournante du commerce transfrontalier. La
ville est traversée par la route nationale RN1, qui relie Niamey à Zinder et contribue
fortement à l’activité économique et à la mobilité des populations. [INS, 2023]
Figure 1: Carte de localisation de la Commune urbaine de Maradi (Shap files IGNN, 2025)
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1.2.2 Sol
Les sols de Maradi sont majoritairement constitués de sols ferrugineux tropicaux sur cuirasses
latéritiques. Ces sols, bien que relativement fertiles, présentent une forte sensibilité à l’érosion
hydrique en raison de la texture sableuse dominante. Dans les zones dépressionnaires, on
observe des sols hydromorphes riches en matière organique, propices aux cultures irriguées
comme les légumes et les céréales de contre-saison. Toutefois, la fertilité naturelle est en
déclin à cause de la pression agricole, du surpâturage et de la déforestation. Des pratiques de
conservation des eaux et des sols (CES/DRS) ont été introduites pour freiner la dégradation
(FAO, 2022; INRAN, 2021).
1.2.3 Climat
Le climat de Maradi est de type sahélien sec, soumis à l’influence de deux masses d’air :
l’harmattan sec et poussiéreux venant du nord et la mousson humide en provenance du golfe
de Guinée. La température moyenne annuelle est d’environ 29 °C. Les extrêmes vont de 14
°C en décembre-janvier à plus de 42 °C en avril-mai. La pluviométrie annuelle est estimée à
environ 450 mm, concentrée sur une période de 3 à 4 mois. L’humidité relative est faible en
saison sèche (moins de 20 %) et modérée pendant la saison pluvieuse (jusqu’à 70 %). Ce
climat exerce une pression sur les activités agricoles et nécessite l’adoption de variétés
résistantes à la sécheresse (DMN2023).
1.2.4 Végétation
La végétation est typique de la zone sahélo-soudanienne. Elle est constituée de savanes
herbeuses à arbustives, parsemées d’espèces ligneuses telles que Combretum glutinosum,
Acacia nilotica, Faidherbia albida, Piliostigma reticulatum et Guiera senegalensis. La densité
végétative est plus élevée dans les bas-fonds et autour des villages bénéficiant de projets de
reboisement. Néanmoins, le couvert végétal est menacé par les prélèvements abusifs de bois
de feu, le surpâturage et les feux de brousse. Plusieurs ONG comme Karkara et le CRESA
appuient les initiatives communautaires de restauration écologique (SPRINGER, 2024;
ME/LCD, 2020).
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changement climatique ont contribué au déclin de plusieurs espèces locales (DRE/Maradi,
2022).
1.3.2 Éducation
L’offre éducative à Maradi est variée: enseignement primaire, public et privé, collèges,
lycées, établissements techniques, centres de formation professionnelle et deux universités:
l’Université Dan Dicko Dankoulodo et l’Université Libre de Maradi. Malgré les progrès, le
système éducatif fait face à des difficultés telles que le manque d’enseignants qualifiés,
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l’insuffisance d’infrastructures scolaires et la déscolarisation précoce des filles. Le taux brut
de scolarisation est estimé à 70 % au primaire mais chute à moins de 30 % au secondaire
(MEN Niger, 2023; UNICEF, 2022)
1.4.1 Population
Maradi est la troisième ville du pays avec une population estimée à 412 000 habitants en
2024. Elle connaît une croissance démographique rapide de 3,7 % par an, ce qui exerce une
pression considérable sur les services sociaux, le logement, l’emploi et l’environnement. La
majorité des habitants a moins de 25 ans, représentant une importante main-d’œuvre
potentielle, mais également un défi pour les politiques d’emploi. L’urbanisation anarchique et
le chômage urbain posent des problèmes de sécurité et hygiene (INS Niger, 2023; DOCSLIB,
2021)
1.4.2 Agriculture
L’agriculture est la principale activité économique de la région de Maradi. Les cultures
vivrières telles que le mil, le sorgho, le niébé et le maïs occupent de vastes superficies. Les
cultures de rente comprennent l’arachide, le souchet et la pastèque. L’agriculture irriguée se
développe dans les bas-fonds et les périmètres aménagés (environ 10 000 ha en 2023).
L’insécurité foncière, le changement climatique, la rareté des intrants et l’accès limité aux
marchés sont les principaux obstacles à une agriculture durable (Djwezi. 2021; INRAN, 2023)
1.4.3 Élevage
L’élevage, pratiqué sous forme extensive et semi-intensive, constitue une source importante
de revenus et de résilience. Les principales espèces élevées sont les bovins, ovins, caprins,
camelins et la volaille. Des foires et marchés de bétail sont organisés régulièrement. Les
contraintes majeures sont la raréfaction des pâturages, les conflits agriculteurs-éleveurs, les
maladies animales et le manque d’eau d’abreuvement. Des services vétérinaires sont déployés
mais restent insuffisants pour couvrir toute la population animale (Djwezi. 2021; DRE
Maradi, 2022]
1.4.4 Commerce
Maradi est considérée comme la capitale économique du Niger. Elle joue un rôle fondamental
dans le commerce transfrontalier avec le Nigéria. On y retrouve de nombreux marchés :
marchés hebdomadaires (Katanga, Zaria, Alheridji), marchés de gros, boutiques, dépôts de
distribution, etc. Les produits les plus échangés sont les céréales, les produits manufacturés, le
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bétail, les produits textiles, électroniques et cosmétiques. Le commerce informel reste très
développé. Des problèmes de fiscalité, de sécurité routière et de corruption entravent parfois
son bon fonctionnement (MCN, 2023]
1.4.5 Artisanat
Le secteur artisanal est varié et dynamique. Il comprend la fabrication de produits en cuir, la
poterie, la teinture, la vannerie, la soudure, la couture et la bijouterie. L’artisanat est une
source importante d’emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes. Il existe des
coopératives artisanales dans plusieurs quartiers. Cependant, les artisans manquent de
financements, d’équipements modernes et d’accès aux marchés internationaux. Des efforts
sont faits par les chambres de métier et les proj de développement pour structurer ce secteur
(Djwezi. 2021; MAM, 2022).
Chapitre 2: Génératié sur la pisciculture
2.1. Définition et cadre conceptuel
Les premières formes de pisciculture datent d’environ 2000 av. J.-C. en Chine, où des carpes
étaient élevées dans des étangs associés à la riziculture. En Égypte ancienne, des dessins sur
les murs de tombes illustrent des bassins à poissons, prouvant la pratique précoce de l’élevage
piscicole (Nash, 2011). En Afrique subsaharienne, la pisciculture moderne fut introduite à
partir des années 1940 par les administrations coloniales pour promouvoir la sécurité
alimentaire. Au Niger, elle a connu un développement notable à partir des années 1980 à
travers les projets FAO, IFAD et d'autres ONG (Moreau & Sossoukpe, 2015).
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Réduire la dépendance à la pêche artisanale, souvent confrontée à la surexploitation.
Créer de l’emploi et des revenus durables, notamment pour les jeunes et les femmes en zones
rurales. Contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages à faibles revenus.
Participer à la lutte contre la pauvreté dans les zones enclavées (FAO, 2018).
Ce poisson-chat africain est une espèce omnivore, résistante aux faibles teneurs en oxygène et
à la densité élevée. Il présente un excellent taux de conversion alimentaire (FCR < 1,5) et une
croissance rapide. Il peut atteindre 1 kg en 5 mois. Clarias est donc très adapté aux systèmes
intensifs et semi-intensifs à Maradi (Ayinla et al., 1994).
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2.6. Apports socio-économiques de la pisciculture
La pisciculture:
Permet une production rapide (cycle de 4–6 mois) adaptée aux besoins locaux.
Recycle les sous-produits agricoles (tourteaux, sons, résidus de légumineuses).
Génère des revenus additionnels pour les exploitants agricoles.
Fournit une alternative à la migration en milieu rural.
Joue un rôle clé dans la nutrition des enfants et des femmes enceintes grâce à la
richesse du poisson en oméga-3, vitamines B, fer et zinc (Moreau & Sossoukpe,
2015).
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Chapitre 3: Synthèse bibliographique sur Clarias gariepinus
3. Modèle biologique expérimental : le poisson chat africain Clarias gariepinus
3.1. Position systématique
L’espèce Clarias gariepinus (Burchell, 1822) (Figure 2) appartient à la Classe des
Ostéichtyens, à la Sous-Classe des Actinoptérygiens, au Super-Ordre des Téléostéens, à
l’Ordre des Siluriformes, à la Famille des Clariidae et au genre Clarias (Teugels, 1989).
Communément appelé le poisson chat-Africain, il a été décrit dans le Nord et le Centre de
l’Afrique, sous le nom de Clarias lazera, dans la région orientale sous celui de Clarias
senegalensis, dans la partie occidentale sous celui de Clarias mossambicus et dans la partie
méridionale comme Clarias gariepinus (Teugels, 1982). Il s’agit cependant, dans toutes ces
régions, d’une seule espèce, Clarias gariepinus (Teugels, 1989). De ce fait, les ex Clarias
senegalensis, Clarias lazera, Clarias mossambicus et Clarias gariepinus s’appellent
aujourd’hui tous Clarias gariepinus (Lacroix, 2004).
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épine. Les yeux en position supéro-latérale sont relativement petits. Contrairement à certaines
autres espèces telles que C. stappersii (Boulenger, 1915) et C. albopunctatus (Nichols et La
Monte, 1953), C. gariepinus fait partie des espèces munies de longs barbillons qui, en plus de
la fonction gustative, serviraient en tant que récepteurs tactiles (Teugels, 1989). C. gariepinus
dispose également d’un organe supra-branchial formé par des structures arborescentes, aux
parois fortement vascularisées, lui permettant de respirer l’air atmosphérique. Le nombre
élevé (de 24 à 120 selon la taille du poisson) de branchiospines sur le premier arc branchial
est une caractéristique de l’espèce C. gariepinus (Teugels, 1989; Compaoré et al., 2015). À
l’âge adulte, l’espèce peut atteindre une taille de 170 cm (IGFA, 2001) in Anvo (2018) pour
une masse de 60 kg (Robins, 1991). D’un point de vue morphologique interne, le poisson-chat
africain dispose d’un tube digestif composé de l’œsophage, de l’estomac et de l’intestin
(Moawad et al., 2016). L'estomac chez un individu adulte est constitué d’un sac musculaire en
forme de « J » situé derrière le foie, sur le côté gauche de la cavité abdominale, avec une
longueur moyenne de 3,3 à 4,5 cm. Il s'étend de l'œsophage à l'intestin proximal.
Extérieurement, il a deux surfaces, une surface dorsale liée au rein et une ventrale reliée à
l'intestin proximal, et deux courbures commençant au cardia du côté droit et au pylôre du côté
gauche. À l'intérieur, l'estomac est divisé en trois régions distinctes : cardiaque, fundique et
pylorique (figure 2) (Moawad et al., 2016). Les caractéristiques histologiques de l'estomac du
poisson-chat africain correspondent à celles d'un poisson carnivore. Cependant, la nature
omnivore de cette espèce fut confirmée par Uys (1989) qui démontra que C. gariepinus
possédait des protéases similaires à celles des espèces carnivores, des mécanismes de
digestion de l’amidon semblables à ceux des espèces herbivores, et des lysosomes et des
phosphatases alcalines comme les détritivores.
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Photo 2. Structures externe (I) et interne des différentes parties du tube digestif du Clarias
gariepinus Œsophage (E), partie cardiaque de l'estomac (C), partie fundique de l'estomac (F),
pylore (P), constriction pylorique (PC), intestin moyen (MI), mésentère de l'intestin (M),
canal hépato-pancréatique (HPD), intestin pylorique (PI), intestin rectal (RI), artère
mésentérique crânienne (CMa) (Photo de Moawad et al., 2016)
Les individus de Clarias gariepinus sont facilement trouvés dans les eaux douces africaines,
en particulier dans les eaux calmes comme les lacs, les ruisseaux, les rivières et surtout les
plaines inondées et les zones marécageuses où ils arrivent à survivre pendant la saison sèche
(Lacroix, 2004). L’espèce peut tolérer un pH variant entre 6 et 8 (Riede, 2004) et une
température allant de 8 à 35 °C (De Moor et Bruton, 1988) et même au-delà (Santi, 2017). La
présence d’un organe respiratoire accessoire permet à cette espèce de respirer de l’air quand
elle est très active ou dans des conditions très sèches (De Moor et Bruton, 1988). C’est une
espèce omnivore de fond mais qui se nourrit occasionnellement à la surface (Teugels, 1989).
Ce poisson-chat s’alimente préférentiellement la nuit sur une grande variété de proies comme
les insectes, le plancton, les invertébrés et les poissons, mais consomme également des jeunes
oiseaux, des chairs pourrissantes et des plantes (De Moor et Bruton, 1988). La taille de la
maturité sexuelle chez cette espèce est de 30,8 cm (IGFA, 2001) in Anvo (2018). Les mâles et
les femelles de C. gariepinus peuvent facilement être distingués visuellement car il existe un
dimorphisme sexuel bien marqué de la papille génitale. Le mâle possède une papille génitale
distincte et allongée, localisée derrière l’anus. Cette papille génitale est moins allongée et est
arrondie chez les femelles.
L’espèce Clarias gariepinus a une distribution quasi panafricaine et est originaire du Nil
inférieur (Arndt et al., 2003). Selon Skelton et Norris (1996), c’est probablement le poisson le
plus largement distribué en Afrique. Elle serait absente dans la partie maghrébine, dans la
haute et la basse Guinée ainsi que dans la province du Cap en Afrique du Sud. Outre cette
distribution africaine, C. gariepinus est également présent en Asie mineure (Jordanie, Israël,
Syrie et le sud de la Turquie) (Teugels, 1989). Durant ces 20 dernières années, C. gariepinus a
été introduite en Europe, en Asie et en Amérique du Sud (Ducarme et Micha, 2003;
Poompuang et Na-Nakorn, 2004) pour l’aquaculture (Figure 3). En Europe, elle est utilisée
pour l'aquaculture intensive, alors qu'en Asie, elle est utilisée pour l'hybridation avec des
espèces locales. En fait, l'hybride de Clarias gariepinus et Clarias macrocephalus est populaire
dans la communauté de l'aquaculture en Asie en raison de son taux de croissance rapide et de
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sa résistance aux maladies (Senanan et al., 2004).
Clarias gariepinus est l'une des espèces les mieux adaptées à la pisciculture en Afrique
(Micha, 1973; Huet et Timmermans, 1986). Les raisons qui rendent cette espèce prometteuse
en pisciculture sont entre autres sa croissance rapide donnant une production élevée et un taux
de conversion alimentaire (TCA) meilleur en comparaison avec les autres Clariidés (Van
Weerd, 1995), sa résistance aux manipulations et au stress (elle supporte de longs transports
hors de l'eau et peut résister dans les eaux très pauvres en oxygène qui ne conviennent plus
aux autres espèces), sa faculté de vivre dans les milieux les plus divers, la possibilité de
l'élever en milieux restreints, sa capacité d'accepter des régimes alimentaires très variés ainsi
que la qualité de sa chair, fort appréciée par de nombreuses populations africaines
(Hogendoorn, 1979; Huet et Timmermans, 1986). De ce fait, sa production a pris une
importance considérable en Afrique subsaharienne ces dernières années. Elle est dominante
dans trois pays que sont le Nigéria, l’Ouganda et le Kenya (FAO, 2014). La production
annuelle de ce poisson au Nigéria dépasse celle de tilapia et représente 70 à 80 % de la
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production totale de poissons d'eau douce dans le pays. L’importance et les potentialités du
Clarias se manifestent aussi à travers ses introductions, sa production intensive et son
exportation à travers le monde. En Europe (Pays-Bas, Belgique, Allemagne, Hongrie, etc.), en
Asie (Thaïlande, Philippines, Bangladesh, Vietnam, etc.) et en Amérique latine. Si le tilapia
est souvent qualifié de « poulet aquatique », le Clarias, quant à lui, est qualifié de « poisson
fait pour la pisciculture et les consommateurs africains » (Bondad-Reantaso, 2007). Bien que
cette espèce soit élevée dans de nombreuses régions, cela n’est pas sans difficulté.
En effet, la phase larvaire est la plus difficile dans l'élevage du Clarias. Les œufs de Clarias
ayant une faible réserve vitelline, les larves doivent impérativement trouver une source
alternative d’alimentation à partir du deuxième jour après l’éclosion. Cette phase larvaire
nécessite une alimentation avec des proies vivantes pendant au moins les 4-5 premiers jours
après le début de leur alimentation exogène (Hecht, 1996). À ce stade, les larves acceptent
préférentiellement de la nourriture vivante, en l’occurrence des nauplii d’Artemia (Taille =
400-500 μm) ou, à défaut, du zooplancton (~200 μm) vivant ou congelé (Ducarme et Micha,
2003).
À partir du 9e-11e jour jusqu’au 16e-17e jour, elles peuvent être entièrement alimentées avec
un aliment composé sec dont la taille est fonction de la dimension de leur bouche en
complément d’une distribution décroissante de nauplii d’Artemia (Hecht, 1996; Ducarme et
Micha, 2003). Après cette phase, les alevins peuvent recevoir uniquement de l’aliment sec
dont la quantité et la dimension devront être adaptées au poids moyen des alevins. C’est dire
que la phase la plus délicate de l’élevage de C. gariepinus est la période allant de l’éclosion
jusqu’au stade de 10 g. En circuit fermé et à la température de 30 °C, Hogendoorn (1981)
avait trouvé que les alevins de 0,5 g pouvaient atteindre un poids de 10 g en 4 semaines,
quand les poissons étaient continuellement nourris (jour et nuit) à la demande ou à un taux de
nourrissage de 8 % de leur biomasse. Il faut aussi que durant cette phase, il existe un très fort
cannibalisme au sein des fratries. Dès que les poissons atteignent un poids de 10 à 12 g, la
conduite de l’élevage ne pose plus de difficultés majeures étant donné que les alevins
acceptent la nourriture artificielle. Dans les étangs de grossissement et en cages flottantes, les
individus de Clarias peuvent atteindre un poids de 1200 g en 4 à 6 mois à la température
variant entre 25 et 28 °C (Hogendoorn et al. 1983; Huet et Timmermans, 1986; Legendre et
al., 1992). Ceci permettrait deux à trois récoltes par an. Pour le grossissement des poissons de
10 à 250 g, dans les bassins en béton de 20 m³, alimentés en eau neuve à raison de 5 à 10 m³
par heure, les poissons peuvent être stockés à 1 000-1 200 pièces au m³ (Ducarme et Micha,
2003). Le niveau d’eau doit être remonté au fur et à mesure de la croissance. Le taux de
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conversion alimentaire (TCA) sur ce segment d’élevage est estimé à 0,65-0,7 avec un aliment
49/11 (ratio protéines/lipides) (Ducarme et Micha, 2003). Pour des charges maximales (en fin
d’élevage) variant entre 250 et 300 kg par m³, les productions seront estimées entre 1 et 2
kg/m³/jour (Ducarme et Micha, 2003).
Le taux de croissance varie en fonction de la qualité et de la quantité d'aliment, de la densité
d'élevage ainsi que de la qualité physico-chimique de l'eau, surtout de la température qui n’est
pas toujours optimale (Hogendoorn, 1979; Hogendoorn et al., 1983; Huet et Timmermans,
1986; Degani et al., 1989) (Hogendoorn, 1979; Hogendoorn, 1983; Huet, 1986; Degani et al.,
1989). Les poids demandés pour la commercialisation varient entre 800 et 1 500 g. 1.5.
Besoins nutritionnels de Clarias gariepinus 1.5.1. Besoins en protéines et en acides aminés
Les besoins de C. gariepinus en protéines alimentaires diminuent du stade larvaire au stade
adulte de 55% (Uys et Hecht, 1985) à 40% (Uys, 1989). Certains auteurs (De Graff et
Janssen, 1996; Guillaume et al., 1999) estiment que le niveau protéique optimal des régimes
pouvait être abaissé d’environ 25 % chez des poissons comme la truite, la carpe et le poisson-
chat entre le stade alevin et l’âge d’un an. Chez les géniteurs, les besoins en protéines sont
mal connus (Takeuchi et al., 1981). Toutefois, certaines études montrent que les apports
protéiques assurant une bonne croissance permettent également une bonne viabilité des œufs
produits par la femelle chez la truite arc-en-ciel Oncorhynchus mykiss (Takeuchi et al., 1981)
et une meilleure croissance ovarienne chez le guppy (Poecilia reticulata) (Dahlgren, 1980).
Les acides aminés (AA) sont des éléments constitutifs des protéines. Au-delà de l’apport
quantitatif en protéines, les sources protéiques de l’aliment doivent fournir des acides aminés
en quantité adéquate pour permettre une utilisation optimale de l’apport protéique. Les AA
ont été classés en deux groupes selon qu’ils soient essentiels (indispensables) ou non
essentiels (non indispensables). Les acides aminés indispensables (AAI) sont ceux qui ne
peuvent pas être synthétisés par les animaux selon leurs besoins. Ainsi, ces AAI doivent être
fournis par l’alimentation dans des conditions où les taux d’utilisation sont supérieurs aux
taux de synthèse (Li et al., 2009), alors que tous les acides aminés non indispensables (AANI)
peuvent être synthétisés de novo par les animaux et servent préférentiellement à la synthèse
de nouvelles protéines ou de composés azotés (acides nucléiques, peptides, hormones…).
Chez les poissons, comme chez d’autres animaux d’élevage, les mêmes dix acides aminés
sont indispensables: arginine, histidine, isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine,
threonine, tryptophane et valine. Les besoins quantitatifs en AAI ne sont pas connus pour C.
gariepinus, exception faite pour la méthionine (1,7 % de protéines) chez les larves de cette
espèce (Uys et Hecht, 1985). Toutefois, ils sont assimilés à ceux du poisson-chat américain
16
Ictalurus punctatus (Wilson et Moreau, 1996) ou du Clarias hybride C. macrocephalus x C.
gariepinus (Wilson, 2002).
Les lipides constituent, avec les protéines, une source d’énergie particulièrement bien adaptée
à la physiologie et au métabolisme des poissons (Corraze, 1999). Les besoins en lipides de C.
gariepinus varient de 8,2 à 17% de matière sèche d’aliment (Machiels et Henken, 1985;
Pantazis, 1999; Ali, 2001; Ali et Jauncey, 2005). Les besoins nutritionnels des larves et des
alevins en lipides sont de l’ordre de 9% du régime alimentaire (Uys et Hecht, 1985). La
littérature disponible ne donne pas les besoins en acides gras du poisson-chat africain.
Toutefois, l’étude de Hoffman et Prinsloo (1995) qui donne le profil en acides gras des filets
de C. gariepinus pourrait renseigner sur leurs besoins en acides gras (Tableau II). En effet, la
teneur en lipides et la composition des acides gras corporels des poissons reflètent celles des
lipides alimentaires (Corraze, 1999). Toutefois, les niveaux recommandés des acides gras de
la série oméga-3 sont de 0,5 à 0,75 % d’acides gras polyinsaturés et de 1 à 2% d’acide
linolénique (Guillaume et al., 1999) et le rapport 1:1 entre les acides gras des séries oméga-3
et oméga-6 apparaît optimal pour leur croissance et leur condition corporelle (Uys et Hecht,
1985).
17
Tableau 2: Profil en acides gras (% des lipides totaux) des filets de Clarias gariepinus
18
certains minéraux. En effet, les teneurs d’incorporation du Phosphore varie de 4,75 à 7,93
g/Kg; le Calcium de 4,25 à 5,14g/Kg; le Magnésium de 0,25 à 0,42 g/Kg; le Potassium de
1,07 à7,41 g/Kg; le Zinc de 22,38 à 49,73 mg/Kg; le Sélénium de 0,27 à 0,43 mg/Kg; le
manganèse de 7,4 à 14,1 mg/Kg; le Fer de 58,0 à 193,7 mg/Kg et le Cuivre de 3,09 à 9,88
mg/Kg. Par ailleurs, les besoins en minéraux de certaines espèces telles que le poisson-chat
américain Ictalurus punctatus sont bien connus (Wilson et Moreau, 1996), alors que les
besoins quantitatifs en minéraux ne sont pas connus pour C. gariepinus. Toutefois, ils peuvent
être déterminés d’après les besoins d’Ictalurus punctatus (Guillaume et al., 1999; Webster et
Lim, 2002).1.5.5. Besoins en énergie L’énergie brute, l’énergie digestible, l’énergie
métabolisable et l’énergie nette peuvent toutes servir à mesurer l’énergie provenant des
aliments. L’énergie brute dépend de sa composition chimique et peut être calculée par
addition des quantités d’énergie brute apportées par chacun des composés organiques du
régime. L’énergie digestible correspond à l’énergie brute ingérée diminuée de l’énergie brute
des fèces. L’énergie métabolisable est l’énergie digestible diminuée de l’énergie rejetée sous
forme d’excrétion branchiale et urinaire. L’énergie nette est l’énergie métabolisable diminuée
des dépenses liées à la consommation et à l’utilisation de l’aliment. Les poissons, comme tous
les animaux, ont besoin d’énergie pour assurer leurs fonctions vitales. Les besoins
énergétiques des poissons dépendent de l’animal lui-même (espèces, stade physiologique),
ainsi que des facteurs environnementaux, en particulier de la température du milieu
(Guillaume et al., 1999). Les besoins en énergie brute varient entre 11 et 24 kJ/g (Machiels et
Henken, 1985; Degani et al., 1989; Pantazis, 1999; Ali et Jauncey, 2005). Par ailleurs, les
besoins en énergies digestible et métabolisable chez C. gariepinus Varié entre 10,5 et 18,5
kJ/g d’aliment (Machiels et Henken, 1985; Hecth et al., 1988; Van Weerd, 1995).
19
Tableau 3: Profil en acides aminés indispensables (AAI) des sous-produits agro-industriels
sources de protéines inventoriées (Richter et al., 2003; Sauvant et al., 2002)
3.6. Les sous produits agricoles locaux entrant dans la composition de l'aliment de Clarias
gariepinus dans la ville de Maradi
Les sous-produits agricoles locaux pouvant entrer dans la composition de l'aliment de Clarias
gariepinus incluent:
Farines végétales: issues de cultures telles que le soja, le maïs, le blé, qui sont riches
en protéines et en énergie.
Sous-produits de céréales: comme le son de blé, le son de maïs, qui sont des sources
de fibres et d'énergie.
Tourteaux de graines oléagineuses: tels que le tourteau de soja, le tourteau d'arachide,
qui sont riches en protéines.
20
Huiles végétales: comme l'huile de palme, l'huile de soja, qui sont des sources de
lipides.
Il est important de noter que la composition spécifique de l'aliment dépendra des besoins
nutritionnels du Clarias gariepinus à différents stades de croissance, ainsi que de la
disponibilité et du coût des sous-produits agricoles locaux dans la région de Maradi.
Les aliments pour Clarias gariepinus peuvent être répartis en trois catégories selon les stades
de croissance:
Alevins: nécessitent des aliments avec des taux de protéines élevés (environ 48 %).
Juvéniles: nécessitent des aliments avec des taux de protéines un peu plus bas (environ
42 %).
Adultes: nécessitent des aliments avec des taux de protéines encore plus bas (environ
38 %).
21
Avant toute utilisation, les matières premières doivent être triées, nettoyées et séchées pour
prévenir les contaminations. Le broyage s’effectue à l’aide de moulins artisanaux pour obtenir
une farine fine, nécessaire à la bonne digestibilité par les poissons.
3.7.3. Formulation de la ration alimentaire
La formulation d'aliments pour Clarias gariepinus à base de sous-produits agricoles locaux
nécessite une analyse détaillée des besoins nutritionnels de l'espèce et des caractéristiques des
ingrédients disponibles localement. La formulation consiste à mélanger différents ingrédients
pour obtenir un aliment équilibré, selon le stade de développement du poisson (alevin,
juvénile, adulte). Un bon aliment contient 25 à 40 % de protéines, avec une source d’énergie,
de minéraux et de vitamines. Exemple de formulation artisanauxquels ont été adresséess (100
kg):
Tourteau d’arachide 30 kg
Son de mil: 25 kg
Farine de poisson locale: 15 kg
Feuilles séchées de niébé: 10 kg
Fruits secs (papaye): 5 kg
Farine de manioc: 10 kg
Sel + poudre d’os: 3–5 kg
22
3.7.7. Séchage des granulés
Le séchage solaire est le plus utilisé à Maradi. Il consiste à étaler les granulés sur des bâches
ou des claies en plein soleil pendant 6 à 12 heures. Cela permet de réduire l’humidité à moins
de 10 %, pour une bonne conservation. (Rakotoarisoa et al., 2019; CNRA Niger, 2020)
23
traitement des données. La collecte des données a été effectuée auprès des pisciculteurs
auxquels ont été adressées les questions.
Dans le cadre de cette étude, une fiche d'enquête a été élaborée afin de collecter les
informations individuelles auprès des pisciculteurs. Pour la collecte des données, une liste des
fermes piscicoles dans la commune urbaine de Maradi (qui contient les noms et les numéros
de téléphone des propriétaires de chaque ferme piscicole) a été saisie auprès du Service
Technique de l'Environnement de Maradi, avec laquelle on a eu en contact avec les
pisciculteurs de la ville et repéré leurs fermes. Sur cette liste, 15 fermes sont mentionnées,
mais sur le terrain, seulement 6 fermes piscicoles sont actuellement opérationnelles dans la
ville. L'enquête exploratrice s'est déroulée de 10 à 25 Juillet 2025
Les données collectées lors de cette étude sont basées sur l'alimentation de poissons-chats
gariepinus dans les fermes piscicoles de la ville de Maradi. Des observations directes sur les
sites des pisciculteurs enquêtés, suivies d'entretiens individuels avec les responsables des
fermes à l'aide des questionnaires et fiches d'enquête élaborés dans une application portable
Kobocollect.
Les données collectées pour ce travail ont été d’abord saisies, traitées et analysées sur le
tableur Excel Office 2016 (pour l’élaboration des tableaux et des graphiques). Le logiciel
Microsoft Word a été également utilisé pour la saisie et QGIS 3.10.1 pour l’élaboration de la
carte de la zone d’étude.
24
CHAPITRE 5 : RESULTATS ET DISCUSSION
5.1 Résultat
Les données recueillies lors des enquêtes menées auprès des fermes piscicoles opérationnelles
de la ville de Maradi montrent que 16,66 % des pisciculteurs ont un âge compris entre 30 et
40 ans, 50 % ont entre 40 et 50 ans, et 33,33 % se situent dans la tranche d’âge de 50 à 60 ans.
25
Figure 4: Les proportions des langues parlées par les pisciculteurs enquêtés
26
Figure 6: Les proportions des oeuvrages utilisées par les pisculteurs enquetés
Le tableau 5 explique le resultat des superficies uitilisés par les pisculteurs enquetés. Il
resssort du result obtenu que 66,7% des pisculteurs enquetés utilisant une superficie compris
entre 1-2 ha tandis que 33,3% utilisent 2-3 ha
5.1.8 Préférences en matière d’ouvrages
Le resultat obtenus suite à l’enquetes menés montre que les pisciculteurs de Maradi préfèrent
le bassin comparativement à d’autres types d’ouvrages.
27
Photo: Préférences en matière d’ouvrages ( en étang et en bassin)
Figure8: Les proportions des vidanges faits dans le temps par les pisciculteurs
5.1.9 Espèces de poissons élevées
28
La figure 9 explique le resultat d’enquete sur les espèces de poissons élevées. Selon les
pisciculteurs enquêtés le poisson-chat africain (Clarias gariepinus) est le plus élèvé
comparativement à certains pisciculteurs qui élèvent d’autres espèces telles que: le tilapia
(Oreochromis niloticus) élevée par 66,67 % des pisciculteurs, et une espèce de poisson marin
(Spinachia vulgaris) élevée par 33,33 % des enquêtés.
Figure 9: Les pourcentages de Clarias gariepinus elevés par rapport aux autres especes de
poissons dans les differents ouvrages
29
Figure 10: procuration de poissons élevées par certains pisciculteurs
3.1.11 L'espece de poissons
Selon le résultats obtenus comme illustre la figure 11 tous les pisciculteurs enquêtés disent
élever le poisson-chat (Clarias gariepinus).
Figure 11: Les pourcentages de Clarias gariepinus elevés par rapport aux autres especes dans
les differents ouvrages
30
Figure 12 Les pourcentages de Clarias gariepinus elevés par rapport aux autres especes dans
les differents ouvrages
3.1.13 Achats et frequence de la distribution des aliments aux poissons par les pisciculteurs
Les données collectées suite à cette etude montre que les pisciculteurs enquetés achetent les
aliments par sacs de 15 kg, coûtant entre 12 000 et 15 000 F CFA, selon leur disponibilité sur
le marché. Ils achètent leurs aliments industriels sur le marché local, notamment les marques
Skretting, Coppens, Raanan et Aqualis, malgré leurs prix élevés. Ces pisciculteurs nourrissent
aussi leurs poissons deux fois par jour (matin et soir), aux mêmes heures et aux mêmes
endroits. Quant aux aliments industriels, ils se présentent sous différentes tailles et
formulations, adaptées à la croissance et aux besoins nutritionnels des poissons. Ainsi, les
petits poissons reçoivent de petits granulés, tandis que les plus grands consomment des
granulés de plus grande taille. De plus, cette distribution des aliments est effectuée en
fonction du nombre et de la taille des poissons dans le bassin ou l’étang. Plus, le nombre de
poissons est élevé, plus la quantité d’aliment distribuée augmente. En moyenne, il ressort de
l’analyse qu’environ 284,6 poissons consomment un sac de 15 kg d’aliment par mois. Chaque
ration correspond à un nourrissage du matin ou du soir.
À titre exemple :
31
0,5 kg pour 280 poissons
0,5 kg pour 240 poissons
0,3 kg pour 180 poissons
3.2 Discussion
Dans le cadre de cette étude visant à connaitre le niveau des connaissances sur l’alimentation
de l’espece de poison Clarias gariepinus à base des ingredients locaux, on a identifié 15
fermes piscicoles mais seulement 6 qui sont actuellement operationnelles dans la ville de
Maradi, parce que certains ont carrément abandonné cette activité à cause de certaines
circonstances, les travaux acharnés et le financement que demande l'élevage et d’autres
l’exercent actuellement en dehors de la ville dû à certaines situations.
L’analyse des résultats obtenus auprès des pisciculteurs en cours de production de la ville
met en évidence plusieurs réalités structurelles, techniques et socio-économiques qui
influencent le développement de la pisciculture, en particulier celle du Clarias gariepinus. Les
32
données recueillies montrent que la majorité des pisciculteurs sont des hommes adultes, âgés
de 40 à 60 ans, mariés et ayant reçu principalement une éducation coranique. Ce profil traduit
le caractère un peu désuet ou pas tout à fait moderne et légèrement empirique de la
pisciculture dans la région, souvent pratiquée comme une activité complémentaire plutôt que
comme une filière professionnelle et organisée. Le faible niveau d’alphabétisation et
l’absence quasi totale de femmes limitent la diffusion des innovations et l’adoption de
techniques modernes de production.
Les résultats révèlent par ailleurs que le Clarias gariepinus est l’espèce la plus élevée par
l’ensemble des pisciculteurs de la ville. Ce choix s’explique par ses caractéristiques
biologiques : rusticité, croissance rapide, résistance aux maladies et aptitude à s’adapter à
divers types d’ouvrages (bassins ou étangs). Toutefois, cette spécialisation exclusive sur une
seule espèce peut constituer une vulnérabilité économique et biologique, car elle ne favorise
pas la diversification des systèmes de production. L’introduction d’autres espèces, comme le
tilapia (Oreochromis niloticus), déjà présente chez certains pisciculteurs, permettrait une
meilleure résilience des exploitations conformement aux résultats de (Abdoulaye, 2017) dont
le théme était << la pratiuque de la pisciculture et contrainte dans l commune urbaine de
Maradi>>
Un constat majeur de l’étude est la dépendance quasi totale des pisciculteurs aux aliments
industriels importés (Skretting, Coppens, Raanan, Aqualis). Ces aliments, vendus entre 12
000 et 15 000 F CFA le sac de 15 kg, représentent la principale charge des exploitations
piscicoles. Cette dépendance entraîne une faible rentabilité et accroît la vulnérabilité du
secteur face aux variations du marché international. Or, la région de Maradi dispose d’un
important potentiel en sous-produits agricoles pouvant être valorisés pour la formulation
d’aliments piscicoles : tourteaux d’arachide et de coton, son de mil et de riz, farine de manioc,
déchets de blé, feuilles de niébé, voire fruits séchés comme la papaye et la mangue. Ces
33
ingrédients, souvent disponibles à bas coût ou considérés comme des déchets, constituent des
ressources locales prometteuses pour la production d’aliments équilibrés et nutritifs pour
Clarias gariepinus.
Des études menées en Afrique de l’Ouest (Rakotoarisoa et al., 2019 ; Adande et al., 2022) ont
montré que les aliments à base de sous-produits agricoles locaux peuvent couvrir les besoins
nutritionnels du Clarias gariepinus en protéines (35–45 %), lipides (8–15 %) et glucides (15–
30 %). Leur utilisation pourrait réduire de 40 à 50 % les coûts d’alimentation, qui représentent
généralement 60 à 70 % du coût total de production piscicole (FAO, 2020). Cependant, le
manque de connaissances techniques, l’absence de matériel de transformation (broyeurs,
mélangeurs, extrudeuses) et la faiblesse de l’encadrement technique limitent encore la
fabrication locale d’aliments dans la ville de Maradi comme disait (Nestor et al, 2016) dans
son étude réalisée en Côte d'Ivoire sur <<l'utilisation des sous-produits agroalimentaire dans
l'alimentation des poissons d'élevage>>.
En ce qui concerne les preferences en matière des ouvrages, tous les pisciculteurs preferent le
bassin, ils l’utilisent pour élever les alevins et les poisons adultes tandis que d’autres utilisent
l’étang pour seulement élever les alevins, ils considere le bassin comme le plus pratique et
mieux adapté aux superficies limitées dont ils disposent, comparativement à d’autres types
d’ouvrages. Sur le plan technique, la majorité des pisciculteurs vidangent leurs bassins toutes
les deux semaines, ce qui traduit un effort de gestion de la qualité de l’eau. Néanmoins, la
fréquence de vidange et les quantités d’aliments distribuées (en moyenne un sac de 15 kg pour
284 poissons par jour) suggèrent un certain déséquilibre dans la gestion alimentaire. Cela met
en évidence la nécessité d’une formation approfondie sur le rationnement, la conversion
alimentaire et la surveillance de la croissance des poissons afin d’améliorer la productivité et
la rentabilité des élevages.
En définitive, les résultats de cette étude confirment que la pisciculture à Maradi est dominée
par des pratiques empiriques et une forte dépendance aux intrants importés, au détriment de la
valorisation des ressources agricoles locales. La promotion de la recherche appliquée sur les
sous-produits locaux, la formation des pisciculteurs à la formulation d’aliments équilibrés et
la mise en place d’unités locales de fabrication d’aliments piscicoles représentent des
perspectives concrètes pour le développement durable du secteur. Une telle approche
permettrait non seulement de réduire les coûts de production, mais aussi de créer de la valeur
ajoutée locale, d’améliorer la sécurité alimentaire et de renforcer l’autonomie économique des
pisciculteurs de la région de Maradi.
34
Conclusion et recommandations
Au regard des différents résultats obtenus à l’issue de cette étude menée, l’évaluation nous a
permis de mettre en évidence le potentiel considérable de la région pour la production
piscicole durable. Maradi dispose d’un environnement favorable ressources agricoles
abondantes, conditions climatiques propices et forte demande en poisson mais la dépendance
aux intrants importés freine l’émergence d’une pisciculture économiquement viable.
Ensuite, l’inventaire réalisé dans la ville de Maradi a aussi permis de mettre en évidence la
disponibilité et la diversité des sous-produits agricoles susceptibles d’être intégrés dans
l’alimentation du Clarias gariepinus. Toutefois, leur valorisation reste limitée par le manque
de connaissances techniques et d’équipements adaptés. Les pisciculteurs continuent de
dépendre d’aliments importés coûteux, compromettant la rentabilité de leurs exploitations.
Pour inverser cette tendance, il est indispensable de promouvoir des initiatives locales de
formulation et de fabrication d’aliments à base d’ingrédients locaux. L’appui des institutions
publiques, universitaires et privées est essentiel pour former les pisciculteurs, soutenir la
recherche appliquée et créer des unités communautaires de production d’aliments piscicoles.
En somme, la valorisation des sous-produits agricoles à Maradi représente une opportunité
stratégique pour développer une pisciculture durable, accessible et compétitive, contribuant
35
ainsi à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois et à la réduction de la pauvreté dans la
région.
Recommandations pour la valorisation de la filière piscicole à Maradi
Au terme de cette étude, plusieurs recommandations peuvent être formulées pour renforcer et
valoriser durablement la filière piscicole dans la ville de Maradi:
1. Recommendations techniques
Promouvoir la formulation locale d’aliments piscicoles : Il est nécessaire de développer des
formules d’aliments à base d’ingrédients locaux comme le son de mil, le tourteau d’arachide,
la farine de manioc, les feuilles de niébé ou les fruits séchés. Ces ressources, disponibles à
faible coût, peuvent être transformées pour produire des aliments équilibrés répondant aux
besoins nutritionnels du Clarias gariepinus.
Mettre en place des unités locales de production d’aliments piscicoles : La création de petites
unités de fabrication au niveau communautaire ou coopératif permettrait d’assurer une
production régulière et standardisée d’aliments locaux à moindre coût.
Renforcer les capacités techniques des pisciculteurs : Il est recommandé d’organiser des
formations pratiques sur la formulation, la granulation et la conservation des aliments, ainsi
que sur la gestion des bassins et le suivi sanitaire des poissons.
Encourager la recherche appliquée: Les institutions telles que l’Université Dan Dicko
Dankoulodo de Maradi (UDDM) et l’INRAN devraient développer des travaux de recherche
visant à évaluer la valeur nutritive, la digestibilité et le rendement zootechnique des aliments à
base de sous-produits locaux.
2. Recommandations organisationnelles
Structurer la filière piscicole : La création de coopératives ou d’associations de pisciculteurs à
Maradi faciliterait la mutualisation des moyens, le partage d’expériences et l’accès à des
financements et équipements collectifs.
Mettre en place un cadre de concertation entre acteurs : Il serait utile d’instaurer une
collaboration entre pisciculteurs, chercheurs, services techniques, ONG et partenaires au
développement pour coordonner les interventions dans le secteur.
Favoriser l’accès au financement: Les pisciculteurs devraient bénéficier de lignes de crédit
adaptées auprès des institutions financières locales afin d’acquérir les équipements
nécessaires à la production d’aliments et à l’extension de leurs fermes.
3. Recommandations socio-économiques et politiques
36
Appuyer la politique nationale de promotion de l’aquaculture : Les pouvoirs publics doivent
intégrer la pisciculture dans les stratégies agricoles régionales et nationales, en favorisant les
projets axés sur la valorisation des produits locaux.
Encourager les initiatives privées et communautaires : Les jeunes entrepreneurs et
groupements féminins devraient être incités à investir dans la production d’aliments piscicoles
et la commercialisation des produits dérivés du poisson.
Renforcer la sensibilisation sur l’importance de la pisciculture: Il est nécessaire d’organiser
des campagnes de sensibilisation pour faire connaître le potentiel économique et nutritionnel
du Clarias gariepinus et inciter la population à s’engager davantage dans cette activité.
4. Recommandations environnementales
Valoriser les déchets agricoles et agro-industriels: Les résidus de transformation (sons,
tourteaux, farines végétales) doivent être collectés et réutilisés dans la formulation d’aliments,
contribuant ainsi à la réduction des déchets et à la protection de l’environnement.
Promouvoir une pisciculture durable: Il est important de développer des pratiques
respectueuses de l’environnement, notamment la gestion rationnelle de l’eau, la réduction des
rejets organiques et la protection des écosystèmes aquatiques.
En somme, la valorisation de la filière piscicole à Maradi repose sur trois piliers essentiels:
1. L’autonomie alimentaire grâce à l’utilisation des sous-produits agricoles locaux ;
2. La professionnalisation des pisciculteurs par la formation et la structuration en
organisations solides ;
3. L’appui institutionnel et financier favorisant la mise en place d’unités locales de
production.
Ces actions coordonnées permettront de rendre la pisciculture plus compétitive, durable et
contributive à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté dans la région de Maradi.
37
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