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SOMMAIRE
REMERCIEMENTS
SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE
PARTIE I
PARTIE II
CHAPITRE I : Simulation de la croissance des feuilles en fonction de la somme de degrés jours ......... I-1
CHAPITRE II : Simulation de la septoriose des feuilles du blé d'hiver au GD de Luxembourg ....……. II-1
CHAPITRE III :Evaluation des paramètres météorologiques qui favorisent l’épidémie de la rouille jaune
au GD de Luxembourg par l’utilisation du modèle de DENNIS (1988) ……………...… III-1
CHAPITRE IV : Simulation de la rouille jaune du blé d’hiver au GD de Luxembourg. Calibration et
validation ……………………………………………………………………………… IV-1
CHAPITRE V : Analyse conceptuelle des paramètres météorologiques influençant la rouille brune au
GD de Luxembourg …………………………………………………………………… V-1
CHAPITRE VI : Analyse conceptuelle des composantes microclimatiques ……………………………. VI-1
RESUME
ANNEXES
THÈSE DE DOCTORAT – SOMMAIRE
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Remerciements
Au terme de ce travail de recherche, c’est pour moi un agréable devoir d’exprimer mes plus chaleureux
remerciements aux nombreuses personnes qui m’ont apporté leur concours et m’ont soutenu dans cette
tâche de longue haleine.
Ce travail n’aurait pu voir le jour sans la confiance totale que m’ont accordée le prof Henri Maraite et Dr
Bernard Tychon. Qu’ils soient ici remerciés pour le soutien constant et important qu’ils m’ont
généreusement donné durant l’ensemble de ce travail et pour leur enthousiasme qui a stimulé ma
motivation. J’ai beaucoup apprécié ce « double encadrement », pluridisciplinaire, qui nous a permis, il me
semble, d’accéder à des discussions enrichissantes et à des initiatives motivantes. De plus, je ne voudrais
passer sous silence leurs qualités humaines, essentielles à mes yeux dans toute relation. Merci beaucoup.
Mes pensées iront ensuite vers le prof Lucien Hoffmann, qui a rendu possible ce travail en y collaborant
activement et en mettant à ma disposition les données météorologiques nécessaires aux différentes
simulations. Qu’il soit ici remercié pour ses encouragements et ses conseils tout au long de ce travail mais
aussi dans le cadre du projet Sintama dont il assure la coordination.
Je tiens à remercier le Dr Jean Marc Moreau d’avoir accepté d’être dans mon comité de thèse, pour
m’avoir transmis sa passion pour la modélisation en épidémiologie végétale, et surtout n’avoir jamais
cessé de m’encourager et m’appuyer tout au long de cette recherche.
J’exprime toute ma gratitude envers le prof Steven Porter pour avoir accepté de participer à la
commission d’examen de cette thèse mais aussi pour sa collaboration très efficace dans l’analyse
conceptuelle des paramètres microclimatiques.
Un grand merci également au prof Jacques Nicolas d’avoir accepté de participer à l’évaluation de ce
travail et pour les nombreuses discussions constructives que j’ai eu avec lui sur la modélisation et sa
précieuse aide en statistiques.
Je tiens aussi à remercier l’Administration des Services Techniques de l’Agriculture particulièrement
monsieur Antoine Aschman, pour son aide matérielle, et surtout pour ses encouragements tout au long de
ce travail.
Je suis également très reconnaissant au Ministère de la Culture, de l’Enseignement Supérieur et de la
Recherche du Grand-Duché de Luxembourg pour les moyens qu’ils ont mis à ma disposition pour que ce
travail se réalise dans les meilleures conditions.
Je remercie chaleureusement la direction et le personnel du Lycée Technique Agricole d’Ettelbrück pour
leur support technique et matériels qu’ils ont mis à ma disposition pour la réalisation des essais. A
monsieur Feltgen pour la mise à la disposition du site Everlange. Je remercie très fortement monsieur
Guy Reiland, pour son amitié avant tout, à qui revient la gestion des essais du blé d’hiver à Everlange et
qui m’a apporté de nombreux conseils et encouragements ainsi que la diffusion des résultats de cette
recherche dans le cadre de la visite annuelle du site d’Everlange. Je remercie également messieurs
Mirgain et Feipel pour leur participation technique à la réalisation de ce travail. Mes remerciements
s’adressent aussi aux personnels du Lycée Technique Agricole particulièrement Marc pour les
équipements parfois lourds des expérimentations aux champs et à Albert pour la moissonneuse.
Mes remerciements débordent du cadre académique et s’adressent également à tout le personnel de la
Chambre d’Agriculture luxembourgeoise particulièrement Simone Marx pour ses encouragements et pour
sa participation à la valorisation des résultats de cette recherche ainsi que la traduction en allemand des
bulletins d’avertissements hebdomadaires réalisés dans le cadre du projet Sintama.
Je souhaite aussi remercier l’Unité de Phytopathologie de l’UCL à Louvain-la-Neuve pour le soutien que
j’y ai reçu. Je remercie tout particulièrement Dimitri Lemaire, Frédéric Calay et Olivier Amand qui m’ont
apporté de nombreux conseils lors de la réalisation des simulations sur Proculture. Mes remerciements
vont aussi à Mercado Vergnes pour son aide précieuse à l’identification des souches de
l’helminthosporiose et à Christine Bousmane pour ses encouragements.
J’exprime ma sincère reconnaissance à l’équipe du Dr Bernard Tychon qui m’a permis d’accomplir ce
travail dans des conditions amicales et enrichissantes, Abdeslam, Alex, Bertrand, Djaby, Emmanuelle,
Etienne, Florence, Yvon, Quentin, Patrice, Pierre, Marie, Virginie, Touré, Stéphanie, et tous les autres qui
se reconnaîtront.
Je n’oublie pas l’équipe de la Cellule CREBS du Centre de Recherches Publiques Gabriel Lippmann pour
leur collaboration et leurs encouragements. Je tiens à remercier particulièrement Fabienne Crumière,
Gilles Drogue et Laurent Pfister pour leurs précieux conseils et pour la mise à disposition des données
météorologiques.
Je tiens aussi à remercier Didier Dehem et Laurent Delobe de l’IRM et Lionel Delvaux du Ministère de
l’Agriculture de la Région Wallonne pour leur contribution tout au long de ce travail.
Je tiens aussi à remercier l’ensemble du personnel du Département des Sciences et Gestion de
l’Environnement de l’Université de Liège pour sa disponibilité. Un grand merci à Michel Gofflot,
Catherine Heyman et Anne-Sylvie Lahure pour leur soutien.
Forte dédicace aussi à mes chers amis pour tout ce bon temps passé ensemble : Bruno, Fine, Mafe,
Carole, Abderrahim, Abdelmonaim, Abdeslam, Bouafa, Emmanuelle, Florence, Manu, Marie, Mohamed,
Hossein, Quentin, Danny, Touré, Djaby, Yvon, Ismail….
Finalement je remercie tendrement ma famille, tout particulièrement mes parents pour leur indéfinissable
soutien. Un grand merci à mes frères, mes sœurs, mes nièces, mes neveux ainsi qu’à mes beaux frères et
sœurs pour leurs encouragements.
RESUME
EL JARROUDI M.
Evaluation des paramètres épidémiologiques des principales maladies cryptogamiques affectant les
feuilles du blé d’hiver au Grand-Duché de Luxembourg : calibration et validation d’un modèle de
prévision
Le développement de la lutte raisonnée repose sur variétés sensibles pendant toutes les années de
une meilleure compréhension des relations entre validation. Cependant, une sous-estimation a été
les plantes hôtes et les agents pathogènes pour observée pour les variétés résistantes.
positionner un traitement fongicide. L’objectif de
ce travail est de proposer un modèle Parallèlement à cette étude sur la septoriose, une
d’avertissement pour les principales maladies étude a été développée sur les deux rouilles du blé
cryptogamiques affectant les feuilles du blé d’hiver : a) la rouille jaune qui a connu un
d’hiver au Grand-Duché de Luxembourg. Afin de développement spectaculaire sur les variétés
se rapprocher de la réalité au champ, nous avons susceptibles (Flair). Cette maladie a eu un
réalisé des essais avec des mélanges de variétés développement très précoce en 2000 (stade
sur des sites avec des caractéristiques climatiques gonflement). Les premiers foyers ont été observés
et pédologiques différentes. Notre démarche a dès la floraison. Un modèle de simulation de cette
consisté tout d’abord à proposer un cadre de maladie a été proposé dans cette étude ; b) la
modélisation du système « blé-parasite-climat » rouille brune, qui a une évolution très importante
qui a orienté les expérimentations réalisées. entre 1999 et 2000 à Everlange et qui constitue la
principale maladie de la Moselle luxembourgeois.
La variété constitue un élément clé dans la Elle se répète au fil des années et à des moments
conception d’un système intégré. La valeur du cruciaux de la croissance du blé d’hiver. Dans
phyllotherme varie entre une variété hâtive et une cette étude, nous analysons les paramètres
variété tardive. Pour cette dernière, la valeur du météorologiques nocturnes qui favorisent cette
phyllotherme varie aussi entre les feuilles situées maladie.
à la base et celles situées au sommet de la tige.
Le degré de sévérité de la maladie varie aussi En plus des deux rouilles, l’helminthosporiose a
selon la variété (résistante ou sensible). Ce travail connu une évolution remarquable dans les
propose une étude de simulation entre 2000 et variétés susceptibles entre 1999 et 2000 à
2002 de la forme anamorphe de Mycosphaerella Everlange. L’interaction de ces variétés avec un
graminicola très connue sous le nom de Septoria semis sans labour et des conditions
tritici. Cette simulation se base sur le système météorologiques favorables a été à l’origine de
Proculture développé par l’Unité de l’expansion très précoce de la maladie en 2000.
Phytopathologie de l’UCL. Ce système se Cette interaction entre les variétés susceptibles, le
démarque des systèmes d’avertissements microclimat au sein du couvert et certaines
classiques par sa prise en compte d’un module de pratiques agricoles (la fumure azotée, …) a été à
croissance des feuilles et la date d’apparition des l’origine de la propagation de l’oïdium en 2000
symptômes sur ces feuilles. Ce système simule en Moselle et en 2003 à Reuler.
correctement la croissance des cinq dernières
feuilles. Deux types de validations (quantitative et Enfin, cette étude présente aussi une méthode
qualitative) ont été réalisés via ce système en d’analyse conceptuelle des paramètres
fonction d’une variété susceptible (Bussard) et météorologiques basée sur la transformation de
une variété résistante (Dream). Le succès de la Fourrier. Cette analyse permet de visualiser les
validation qualitative dépasse 90 % à Everlange différentes fluctuations intra-journalières qui
et atteint 96 à 98 % à Reuland pour les variétés existent entre les sites d’essai. A long terme, il
sensibles et les variétés résistantes. Concernant la sera possible, avec cette méthode d’automatiser
validation quantitative, les tests statistiques des cartes de risque d’infection des parasites
révèlent un grand succès de Proculture pour les cryptogamiques du blé d’hiver.
Mots-clés : essai, paramètres météorologiques, variété, blé d’hiver, plante, feuille, système, simulation,
Septoria tritici, rouille jaune, rouille brune, helminthosporiose, oïdium, analyse, validation, conception,
phyllotherme.
PARTIE I
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Contexte général
Cette thèse intitulée : « Evaluation des paramètres épidémiologiques des principales
maladies cryptogamiques affectant les feuilles du blé d’hiver au Grand-Duché de
Luxembourg : calibration et validation d’un modèle de prévision» a suscité un ensemble
de réflexions lors de son initiation qui se résume comme suit :
Cette culture est à la fois la plus représentée en grandes cultures et la plus exposée aux
infections de toute nature.
Introduction - 1
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
"Entre les parcelles d’une même exploitation, beaucoup de facteurs culturaux peuvent
différer : variété (hâtive, tardive, résistance, sensibilité), date de semis, précédent
cultural, densité de semis, apport en azote ; chacun d’entre eux a une influence sur les
développements des maladies. Il est dès lors rare que l’ensemble des parcelles présente
le même état sanitaire ou les mêmes risques d’attaques fongique et il faut donc
raisonner les traitements fongicides parcelle par parcelle (RAPILLY, 1991)".
Les relations entre le développement d’un agent pathogène et les dommages qu’ils
engendrent ne sont pas directes (LE MAY, 2002). La structure du couvert joue un rôle
prépondérant dans la sensibilité variétale (LE MAY, 2002). Comme celle-ci n’est pas
stable d’une année à l’autre, la sensibilité des variétés face à la maladie peut même
s’inverser selon les années. Les positions spatiales respectives des deux organismes
jouent un rôle crucial dans l’expression de la nuisibilité (ROBERT, 2003). Le choix
variétal en est un exemple trivial, mais les interactions avec la fertilisation azotée par
exemple et les facteurs météorologiques en général restent peu claires.
Introduction - 2
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
Ainsi, la première motivation du choix de ce sujet est surtout la recherche d’un optimum
économique dans le contrôle de la liaison sévérité de maladie-efficacité de
traitement-gain de rendement.
Les objectifs de cette thèse, qui répondent aux souhaits de l’ASTA, sont :
• Déterminer les principales maladies cryptogamiques affectant les feuilles du blé
d’hiver au Grand-Duché du Luxembourg. Aucune quantification de maladie n’a
été établie avant cette thèse ;
1
Règlement (CEE) n° 2078/92 du conseil du 30 juin 1992 concernant les modes de production agricole
compatibles avec les exigences de la protection de l’environnement ainsi que l’entretien de l’espace
rural (journal officiel des communautés Européennes n°215 du 30 juillet 1992).
Introduction - 3
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
Les essais de la fumure azotée sont réalisés par le Lycée Technique Agricole qui se base
sur le logiciel Azote développé par le Professeur Falisse de Gembloux. Des conseils de
fumure azotée en grandes cultures et cultures fourragères sont formulées par la
Chambre d’Agriculture dans le but de prévenir la surfertilisation et d’optimiser la
fumure. Les conseils sont justifiés par un ensemble d’outils d’analyse pratiquée par la
Chambre d’Agriculture (analyses de sol, de lisier d’ensilage, plans de fumure, visites du
champ). La fumure azotée est appliquée pendant trois phases du blé d’hiver : a) la
première application se fait à la sortie de l’hiver (généralement entre fin février et début
mars) avec une dose variable selon le type de sol ; b) La deuxième dose est appliquée
pendant les deux premières semaines d’avril généralement au stade premier nœud avec
une dose variable ; c) La troisième dose est appliquée généralement pendant la
deuxième décade de mai (généralement pendant la sortie de la dernière feuille).
L’application des herbicides se fait généralement entre fin mars et fin avril avec
différents produits (Topik, Javelin, DPP, Cameo, ...).
Introduction - 4
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
mélange de Stéréo (1.3 l/ha) et Alto (0.3 l/ha) associé à un régulateur de croissance. Les
mélanges de produits varient selon les agriculteurs. Le deuxième traitement se fait au
stade épiaison avec un mélange des produits. Les produits les plus utilisés sont : Sphère
(1 l/ha), Opus team (1.5 l/ha), Stéréo (1 l/ha), Allegro (1 l/ha), Opéra (1.5 l/ha), Amistar
(1 l/ha), Bravo (2 à 2.5 l/ha), Alto (0.5 l/ha).
Les fongicides les plus utilisés sur les céréales sont les strobilurines depuis 1997 et les
inhibiteurs de la biosynthèse des stérols ou IBS. Ces molécules (IBS) représentent la
catégorie la plus efficace des fongicides disponibles pour lutter contre de nombreux
pathogènes. Il existe deux groupes principaux de fongicides IBS. Les inhibiteurs de
déméthylation (les DMI triazoles, imidazoles, pyrimidines, etc.) qui possèdent un large
spectre d’activité vis-à-vis d’un ensemble de pathogènes économiquement important
(SKIDMORE, 1993 ; STEVA, 1993 ; LEROUX et al., 2002) et les « morpholines »
(morpholines, pipéridines) qui ont un spectre d’activité plus étroit et sont
principalement utilisées soit seules soit mélangées avec des DMI pour lutter contre les
pathogènes des céréales surtout l’oïdium et les rouilles.
Cependant, une résistance croisée (la résistance est croisée entre deux groupes de
fongicides lorsqu’une souche de champignon résistante à l’un de ces fongicides est
également résistante à l’autre fongicide) entre les fongicides appartenant au groupe des
DMI a été mise en évidence pour des doses réduites multiples (METCALFE & SHAW,
1998; METCALFE et al., 2000).
Introduction - 5
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
Figure 1-2 :
Diagramme décrivant les
fonctions pouvant être affectées
par un parasite cryptogamique
de feuille.
(NEY et al., 1998)
BOOTE et al. (1983) établissent un classement des parasites selon les processus affectés
chez l’hôte. Sept classes sont définies selon les perturbations provoquées : réduction de
biomasse, réduction de photosynthèse, accélération de la sénescence foliaire, réduction
de l’absorption lumineuse, détournement des assimilas, consommation des tissus et
perturbation de l’absorption d’eau (WAGGONER & BERGER, 1987 ; BRYSON et al., 1997).
Les auteurs insistent sur le fait que certains agents pathogènes affectent plusieurs
processus qui peuvent être eux-mêmes en interaction. Pour les maladies foliaires, la
proportion de tissus sains ou fonctionnels par rapport aux tissus malades est largement
utilisée pour estimer les partes de rendement.
BASTIAANS (1991) in ROBERT (2003) propose un modèle simple pour estimer les
perturbations de la photosynthèse de la feuille malade. Ce modèle permet de classer les
effets des maladies foliaires sur la photosynthèse des feuilles en trois catégories selon
que la diminution est égale, supérieure ou inférieure à la proportion de surface
présentant des symptômes. Une perturbation égale à la proportion de surface malade
suggère que la surface verte ait un fonctionnement normal alors que la surface malade
ne photosynthétise plus. Une perturbation supérieure à la proportion de surface
visiblement atteinte signifie que le parasite diminue la photosynthèse de la surface verte
qui ne présente pas de symptômes apparents.
Introduction - 6
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
Cependant, bien que ces relations prennent en compte l’effet des maladies sur le
couvert, elles présentent un certain nombre de limites car elles sont notamment
statiques. Elles ne tiennent pas compte des compensations possibles de la plante malade
au cours du déroulement des épidémies. De plus, deux épidémies différentes peuvent
induire un même GLAI ou HAD et pourtant entraîner une nuisibilité différente.
JOHNSON (1987) précise ainsi qu’il est nécessaire, dans certains cas, de tenir compte de
la localisation de la maladie dans le couvert. Par exemple, la perte des feuilles âgées du
bas du couvert n’a pas les mêmes conséquences que celles des feuilles plus jeunes du
haut du couvert. La diminution de photosynthèse des feuilles malades situées à la base
peut être compensée soit par une augmentation de photosynthèse de feuilles supérieures
saines, soit par une augmentation de surface foliaire. La quantification du niveau et du
seuil maximal de compensation n’est pas aisée (NEY et al., 1998). C’est pourquoi de
nombreux auteurs ont adopté une autre démarche qui consiste à intégrer les
perturbations identifiées sur la plante malade dans un modèle d’élaboration du
rendement. Cette fois, la démarche est dynamique et permet de prendre en considération
les compensations au sein de la plante malade à travers les interactions entre les
processus d’un modèle plante ainsi que la localisation des symptômes dans le couvert.
Dans leurs travaux, (GOODING et al., 2000 ; GOODING et al., 2002) ont montré que le
rendement du blé est particulièrement corrélé à la durée de maintien de la surface verte
des trois feuilles supérieures après leur émergence. Les maladies cryptogamiques
peuvent causer des dommages considérables si les trois feuilles supérieures du blé ont
été attaquées (KING et al., 1983 ; SHAW & ROYLE, 1989a). La chute du rendement peut
être très importante si la dernière feuille est attaquée (SHAW & ROYLE, 1989b ; THOMAS
et al., 1989 ; SHAW & ROYLE, 1993).
Les trois dernières feuilles constituent les facteurs déterminants pour le rendement
(MOREAU & MARAITE, 1999 ; MOREAU & MARAITE, 2000). Selon GOODING et al. (2000)
la dernière feuille a probablement une importance particulière parce que :
• C’est la dernière feuille à être formée. Donc, si les autres feuilles sont atteintes,
toute la compensation sera basée sur cette feuille ;
• Elle est au sommet du feuillage de la culture et intercepte donc plus de lumière
que les feuilles inférieures ;
• Elle est dans la proximité vasculaire directe de l’épi, au contraire des autres
feuilles.
Les approches par modélisation estiment qu’au moins 45 % de l’hydrate de carbone de
grain sont dérivés de la dernière feuille (F1) (LUPTON, 1972). Il est donc nécessaire de
connaître le lien entre la croissance des peuplements malades (biomasse aérienne / m2)
et leur rendement (biomasse des grains / m2). Dans les couverts sains, on estime qu’il y
a une relation linéaire entre le rendement et la biomasse : le rendement est le produit de
la biomasse et de l’Harvest Index (HI). Dans les couverts malades, en revanche, le
transfert des assimilats par les parasites peut être perturbé au niveau des feuilles
Introduction - 7
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
malades et de la plante entière (GAUNT, 1995). Par conséquent, le HI peut être modifié
(BASTIAANS, 1993 in ROBERT, 2003).
Dans la feuille infectée, le champignon constitue un nouveau puits qui perturbe les
translocations à courte distance au sein de la feuille. En prélevant les assimilas de la
feuille pour son propre métabolisme et pour la production des spores, le parasite entre
en compétition avec la plante (GARRY, 1996). De plus, des feuilles fortement infectées
peuvent devenir des puits à l’échelle de la plante et bénéficier d’un apport de saccharose
important (SCHOLES et al., 1994). Dans ce cas, le pathogène utilise non seulement les
assimilats de la feuille contaminée, mais peut aussi profiter des assimilats d’autres
organes dirigés vers la feuille infectée. Ainsi, les flux de carbone entre les organes
peuvent être perturbés. La concurrence avec les organes en croissance affecte d’autant
plus la plante que la période d’attaque du parasite est précoce (BASTIAANS, 1993 in
ROBERT, 2003). Dans ce cas, estimer la perte de rendement des couverts malades
nécessite de comprendre la perturbation dans la répartition des assimilats des plantes
malades.
MADDEN & NUTTER (1995) ont proposé une synthèse des paramètres importants à
prendre en considération pour la prédiction des pertes de rendement : ce sont le
positionnement relatif des épidémies et du cycle de culture, la localisation des maladies
dans le couvert, les effets physiologiques perturbés et leur quantification et enfin, les
compensations possibles.
Introduction - 8
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
Enfin, notre conception finale de la lutte intégrée consiste à bien comprendre les
interactions qui existent dans un système phytosanitaire en relation avec les paramètres
environnementaux en général et micrométéorologiques en particulier.
En parallèle, à cette analyse du pathosystème, une autre analyse pourrait être consacrée
au couple dose-efficacité et à une estimation même grossière du rendement financier
pour les différents scénarios de traitement.
Introduction - 9
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
développé aux Pays-Bas, est, à l’échelle mondiale, l’un des premiers modèles de la
gestion des maladies du blé d’hiver (IVES et al., 1984).
Le but qui était escompté par la conception de ce système opérationnel informatisé était
de permettre aux agriculteurs de suivre l'état sanitaire de leurs cultures et de leur
proposer des recommandations sur les modalités de traitements chimiques de leurs
champs ainsi que les retombées économiques de telles décisions (RABBINGE & RIJSDIJK,
1984 ; ZADOKS & RIJSDIJK, 1984). En effet, dès les années 60, ZADOKS s’intéresse à la
dynamique des épidémies. En 1971, il propose un modèle de développement de la
population de parasites en intégrant les paramètres climatiques (ZADOKS, 1971). Il met
en évidence les deux paramètres majeurs du développement des épidémies : la durée de
la période de latence et le taux de multiplication du parasite. Epipre utilise, pour son
fonctionnement, des données météorologiques journalières pour une période précise. Il
ne donne aucune indication sur la période hivernale du fait que les données
météorologiques antérieures à la période printanière ne sont pas incluses dans sa base de
donnée. Ce système se base sur une fonction d’évaluation stochastique. L’agriculteur
observe sa parcelle et à partir de cette seule donnée insérée par celui-ci, le système
calcule l’évolution future de la maladie en se basant sur cette fonction stochastique.
Ceci rend les prévisions de ce système peu discriminantes parce que les références de
base fournies par l’agriculteur sont insuffisantes.
En France, un modèle de précision Presept basée sur les conditions climatiques a été
développé dans les années 90 suite aux recherches de RAPILLY & JOLIVET (1976) sur le
modèle Episept. Ce modèle se base sur des données météorologiques horaires et utilise
des méthodes mathématiques pour l’étude des processus stochastiques de
développement des surfaces malades et des surfaces fructifiées. La méthodologie
appliquée par le modèle Episept paraît très intéressante pour comprendre
l’épidémiologie du parasite en fonction des conditions météorologiques. Cependant, le
manque d’informations concernant la relation évolution du parasite - formation des
feuilles - stade de la plante, rend les simulations du modèle Episept et, par conséquent,
celles du Persept très régionales et très globales.
Dans tous ces modèles, la maladie est une variable d’entrée et l’évolution de l’épidémie
n’est pas modélisée en fonction de la formation des feuilles. Ceci affecte la qualité des
prévisions. On peut s’interroger sur les modalités de couplage : peut-on combiner deux
modèles élaborés indépendamment l’un de l’autre ou est - il nécessaire d’avoir identifié
les variables de couplage avant la conception de chacun des modèles ? Il est en effet
nécessaire de distinguer clairement l’interfaçage de deux modèles qui permet de les
réunir par l’intermédiaire d’un nombre très limité de variables et le couplage qui
constitue une véritable question de recherche et de modélisation (ROBERTS, 2003). Dans
cette optique, la plate-forme « Proculture » développée par l’Unité de Phytopathologie
de l’UCL (MOREAU & MARAITE, 1999 et 2000) constitue une base intéressante pour la
gestion de la culture du blé d’hiver au Grand-Duché du Luxembourg. Proculture se base
sur les données météorologiques horaires (pluie, température et humidité) des stations
Introduction - 10
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
météorologiques les plus proches des champs de blé d’hiver pour identifier les périodes
d’infection les plus favorables de S. tritici. Ces conditions d’infections sont :
" Pluie ≥ 0,1 mm pendant la première heure pour préparer les pycnides et pluie ≥ 0,5
mm pendant la deuxième heure pour éclabousser ces pycnides ; HR > 60 % sans
interruption pendant 16 heures ; Température > 4°C sans interruption pendant 24
heures (MOREAU & MARAITE, 1999 ; CALAY et al., 2002)."
Introduction - 11
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
Tableau 1-1 : Comparaison entre les différents systèmes d’avertissements situés dans les pays
limitrophes du Grand-Duché de Luxembourg.
Paramètres Epipré Persept Proplant Proculture
Variation non non non oui
Hivernale.
Recalage oui non non oui
phénologique.
Fonction de Stochastique Stochastique non mécaniste
tendance.
Recalage de la Au moins 2 à 3 non non Une seule
fonction de observations. observation
tendance.
Echelle de Parcelle. Régional Régional Parcelle
prévision.
Couplage non non non oui
phyllochrome-
parasite.
quantification non non non oui
Recalage de la oui non non oui
maladie.
Approche non non non oui
mécaniste
Indice de tendance non non oui
rendement et
maladie
Introduction - 12
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
peuvent influencer non seulement le développement des épidémies mais également les
fonctions de dommages. WEBER et al., (1994) ont montré que le développement de
Septoria nodorum et de Erysiphe graminis dans un couvert de blé dépend fortement des
interactions entre les deux agents pathogènes.
De plus, l’estimation des pertes de rendement causées par un complexe parasitaire par
l’intermédiaire de la somme des fonctions de dommage de chacun des parasites peut
être fausse lorsque les interactions entre les fonctions de dommage se produisent.
L’effet combiné sur le rendement peut être égal, plus important ou moins important que
la somme des pertes dues aux agents pathogènes isolés.
Quantifier les interactions entre les agents pathogènes pourrait apporter une grande
contribution pour expliquer les épidémies de certaines maladies et l’estimation de
rendement.
Dans ce contexte, une meilleure connaissance de la relation entre les formations des
feuilles du blé d’hiver au Grand-Duché de Luxembourg et les principaux agents
pathogènes qui les affectent sont nécessaires. Ce constat a motivé fortement le choix de
ce projet de recherche.
Le haut intérêt scientifique de l’étude du couplage entre la formation des cinq dernières
feuilles du blé d’hiver et l’évolution des périodes d’infection a également motivé cette
recherche.
Introduction - 13
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
Introduction - 14
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
TABLEAUX
1-1 : Comparaison entre les différents systèmes d’avertissements situés dans les pays limitrophes du
Grand-Duché de Luxembourg....................................................................................................................................................... 12
FIGURES
1-1 : Le triangle a représente les interactions entre la plante, l’agent pathogène et l’environnement (météo). .................................... 6
1-2 : Diagramme décrivant les fonctions pouvant être affectées par un parasite cryptogamique de feuille. ........................................ 6
1-3 : Schéma montrant l’objectif principal du modèle d’avertissement à concevoir au Grand-Duché de Luxembourg....................... 9
1-4 : Principales étapes d’ajustement de Proculture via le Web. .......................................................................................................... 12
REFERENCES
AMAND, D., F. CALAY, L. COQUILLART, T. LEGAT, sur les moyens alternatifs de lutte contre les organismes
B. BODSON, J.-M. MOREAU & H. MARAITE (2003). nuisibles aux végétaux. Lille. 04-07 mars 2002. pp. 14-22.
"First detection of resistance to Qol fungicides in
Mycosphaerella graminicola on winter wheat in Belgium." FILHO, A. B., S. M. T. P. G. CARNEIRO, C. V. GODOY, L.
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Introduction - 15
THÈSE DE DOCTORAT – Introduction générale
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Introduction - 16
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
CHAPITRE I
I. Introduction
De nos jours, bien qu'on mette en oeuvre un arsenal considérable de moyens de
protection de nature chimique et biologique, certaines maladies cryptogamiques
affectant les feuilles du blé d’hiver constituent toujours une des causes importantes de
pertes. Pour pouvoir mettre en œuvre des méthodes de control adéquat contre une
maladie, il faut, d’une part déterminer le degré de son importance à l’échelle de la
région et son effet sur la variation du rendement et d’autre part comprendre les facteurs
épidémiologiques qui favorisent cette maladie.
Ainsi, la majorité de nos expérimentations dans le cadre de cette thèse ont eu pour
objectifs d’acquérir les connaissances nécessaires sur les principales maladies
cryptogamiques des feuilles de blé au Grand-Duché de Luxembourg pour l’élaboration
d’un système d’avertissement.
Partie I I-1
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
• Dans une même région donnée, des secteurs exposés potentiellement à des
écoulements catabatiques. Ces écoulements ont en effet une grande influence sur
les écarts importants de température et d’humidité relative du fait de
l’accumulation de couches d’air froid dans les dépressions topographiques en
cas de déficit radiatif prononcé;
• La définition du point le plus représentatif au sein d’une région. Il faut tenir
compte des différences entre un site qui est situé dans un plateau et l’autre dans
une cuve ;
• Les limitations techniques dans le nombre de sites pour avoir un échantillonnage
représentatif de l’ensemble des régions céréalières du Grand-Duché de
Luxembourg.
Ainsi, grâce à la collaboration de l’Administration des Services Techniques de
l’Agriculture (ASTA), du CRP-Gabriel Lippmann et surtout du Lycée Technique
Agricole d’Ettelbrück, nous avons sélectionné un ensemble de critères pour le choix de
nos sites d’essais qui sont :
• Avoir un site représentatif de chaque grande région céréalière du Grand-Duché
de Luxembourg. Ces sites choisis se situent tous dans un plateau du fait que la
culture du blé d’hiver est majoritairement semée sur des plateaux au Grand-
Duché de Luxembourg ;
• Ces sites devraient disposer de caractéristiques climatiques différentes pour
caractériser l’importance régionale de chaque maladie ;
• La proximité entre le site d’essai et une station météorologique horaire pour
l’élaboration du modèle d’avertissement ;
• La possibilité de répéter la culture proche du même site chaque année et avec le
même agriculteur ;
• L’accessibilité par la route pour effectuer les observations des maladies ;
• La collaboration de l’agriculteur et la mise à disposition de moyens techniques
pour la réalisation des essais ;
Enfin, du fait qu’aucune quantification de la maladie n’a été établie avant l’initiation de
cette thèse et vu le nombre important d’échantillons à quantifier, nous avons opté pour
trois sites qui répondent parfaitement aux critères de choix énoncés ci-dessus et qui
sont :
• Everlange qui se situe à proximité d’une station météorologique et où la majorité
de l’infrastructure technique a été assurée par le Lycée Technique Agricole
d’Ettelbrück ;
• Reuland (Reuland en 2000 et 2001, Christnach en 2003) et la Moselle
(Frohmüller en 2000, Emerange en 2001 et Burmerange en 2003) où les travaux
techniques ont été assurés par les agriculteurs qui cultivaient le champ en
collaboration avec le Lycée Technique Agricole d’Ettelbrück.
Partie I I-2
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
II.2.1 . Everlange
Le site d’Everlange se situe dans une des principales régions céréalières du
Grand-Duché de Luxembourg appelée Redange-sur-Attert (16 601 ha de surface
agricole utilisée (STATEC, 2001)). Il se trouve à mi-chemin entre Everlange et Schandel
(carte 1-1-1). Son périmètre est approximativement de 1480.7 m et sa surface de
101 067 m2.
II.2.2. Reuland
Reuland se situe au centre du Grand-Duché de Luxembourg entre Mersch et
Echternach. Les surfaces agricoles utilisées sont de 10 192 ha pour Mersch et 10 139 ha
pour Echternach en 2000 (STATEC, 2001)et le blé d’hiver constitue la céréale la plus
représentée au niveau de cette région (STATEC, 2001).
II.2.3. Moselle
Cette région se situe au sud de la Moselle à l’extrême sud du Grand-Duché de
Luxembourg (carte 1-1-3). Cette région aussi est considérée à vocation agricole
(photo 1-1-1). Les trois sites d’essai de cette région (Frohmüller, Emerange et
Burmerange) sont distants de 2 Km.
Partie I I-3
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
Carte 1-1- 3 : Situation géographique des sites d’essais dans la Moselle pendant l’année 2000 et
2001.
Partie I I-4
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
Photo 1-1- 1 : Vue générale des parcelles d’essai dans la Moselle luxembourgeois en 2000 et 2001.
b c b d c d
a d a c b a
Figure 1-1- 1 : Emplacement de la collecte d’échantillons de sol au niveau des trois sites d’essai.
Dix prélèvements de sol ont été effectués à l’aide d’une tarière pour chaque partie de
champ par horizon de 20 cm jusqu’à 60 cm (0-20, 20-40, 40-60 cm) sur une surface de
4 m2. Les échantillons de chaque profondeur sont ensuite bien mélangés dans un seau.
Deux sous-échantillons frais de 200 g chacun ont été ensuite prélevés de ce mélange et
conservés dans une chambre froide à 4°C pour une durée maximale d’un jour pour
éviter la décomposition de la matière organique. Les analyses granulométriques et
chimiques des échantillons ont été effectuées par le laboratoire de contrôle et d’essais
appartenant au Service de Pédologie de l’Administration des Services Techniques de
l’Agriculture.
Cependant, en 2001, ces analyses chimiques ont été généralisées à l’ensemble des trois
sites d’essai à la sortie de l’hiver (28 février 2001) pour déterminer les propriétés ainsi
que la dose de nutrition azotée à apporter aux champs.
En 2003, les informations sur le type de sol ont été fournies par la Chambre
d’Agriculture Luxembourgeoise.
Partie I I-5
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
A B
Oesling
Gutland
Carte 1-1-4 : Répartition des stations pluviométriques (A) et automatiques (B) de l’ASTA.
La carte C représente les différentes altitudes des deux régions du Grand-Duché de Luxembourg
(Gutland et Oesling). Les points verts représentent les stations du réseau du Ministère de
l’Equipement et des Transports de la Région Wallonne.
Partie I I-6
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
Ces indices ont pour objectif de visualiser les variations climatiques entre les différentes
régions du Grand-Duché du Luxembourg. Nous avons calculé trois indices : a) le
premier concerne la variation du cumul de la pluie et le nombre de jours sans pluie sur
l’ensemble de territoire luxembourgeois entre l’hiver 1999 et le printemps 2000 ; b) le
deuxième concerne la variation de l’humidité relative et de la température sur
l’ensemble du territoire luxembourgeois pendant l’hiver 2001-2002 en utilisant le
réseau automatique de l’ASTA ; et c) le troisième concerne la combinaison entre les
facteurs météorologiques (le nombre d’heures avec pluie et température inférieure à
0°C entre le 16 octobre et le 21 mars 2002 ; le nombre d’heures avec pluie, une
humidité relative supérieure à 80% et la température comprise entre 4 et 18°C du
1er mai au 15 juin 2002).
Par le calcul de ces différents indices, nous visons à déterminer les contrastes qui
pourraient exister entre les sites d’essai pendant l’hiver et en printemps pendant la
croissance du blé d’hiver.
% % %
Année Site Profondeur argile total total
<0,002 limon sable
0-20 43 50 7
2000 Frohmüller
20-40 52 45 5
40-60 53 40 6
0-20 46 46 8
Emerange
20-40 46 48 7
40-60 48 46 6
0-20 21 42 37
2001 Everlange
20-40 30 39 31
40-60 39 34 27
0-20 13 42 44
Reuland
20-40 18 46 36
40-60 20 42 39
Au niveau d’Everlange et Reuland, le sol est plus sableux qu’à Emerange et Frohmüller.
Ces derniers sites sont caractérisés par des sols lourds avec un taux élevé en argile et
limon (tableau 1-1-1).
Partie I I-7
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
Figure 1-1-2 :
La désignation texturale complète ou classe est déterminée sur la base des rapports de
masse des trois fractions (% argile < 0.002 mm, % total limon, % total sable).
L’appellation du sol a été déterminée avec le diagramme triangulaire de JAMAGNE
(1967) (figure 1-1-2).
0 – 20 cm Argile Limon Argile Argile
légère sableux lourde lourde
lourd
Figure 1-1-3 : Variation de la texture du sol dans les trois sites d’essais.
La texture a été déterminée pour l’ensemble des sites d’essais et pour chaque
profondeur, ce qui permet d’établir le profil du sol des trois régions (figure 1-1-3).
Les expressions « léger » et « lourd » sont utilisées dans la conversation courante pour
caractériser le comportement physique général des différents sols. Les sols lourds sont
les sols argileux qui ont une très grande microporosité retenant l’eau pratiquement en
permanence, raison pour laquelle ils sont lourds. A l’inverse les sols sableux sont
souvent peu humides car incapables de conserver l’eau pluviale.
En 2003, l’analyse granulométrique faite par la Chambre d’Agriculture dans les sites
d’essais a révélé un sol marneux avec texture lourde à Christnach et un sol argilo-
limoneux à Burmerange.
Partie I I-8
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
La teneur de ces deux éléments est très importante dans le bloc 1 par rapport au bloc 2.
Cette variation de teneur de ces deux éléments pourrait avoir un effet sur la variation de
la hauteur des plantes entre les deux blocs.
Tableau 1-1- 2 : Variation de la teneur de certains éléments chimiques du sol à Frohmüllen en 2000.
Légende des classes : A = très basse ; B = basse ; C = bonne ; D = élevée ; E = très élevée.
70
60
50
40
30
20
10
0
0-20 20-40 40-60 0-20 20-40 40-60 0-20 20-40 40-60 0-20 20-40 40-60
Figure 1-1-4 : La teneur en azote minéral en kg N/ha pour une profondeur de sol de 20 cm et du
phosphore (P2O5) à Frohmüller en 2000.
Partie I I-9
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
En 2001, l’écart de la teneur en azote minéral entre Emerange et les deux autres sites est
très important (tableau 1-1-3). Cet écart est probablement dû à une application très
précoce de l’azote par l’agriculteur. En Moselle luxembourgeoise, les agriculteurs ont
tendance à appliquer une forte dose de la fumure azotée avant la fin de février. Cette
tendance chez les agriculteurs est justifiée par la texture des sols qui sont très lourds et
la nécessité d’une première dose importante pour relancer la culture.
Tableau 1-1-3 : Variation de la teneur de certains éléments chimiques du sol dans les trois sites
d’essais en 2001.
40-60 7 3 10 6 2 4
0-20 7 13 26 7 1 179
Emerange 20-40 7 3 16 5 1 42
40-60 7 1 8 3 1 44
III.3.1. Pluviométrie
A. Cumul de la pluie
Cette étude (figure 1-1-5 A1) montre que pendant l’hiver 1999, l’Oesling (cf. La carte
1-1-1 C pour les limites des deux régions du Grand-Duché de Luxembourg) est
beaucoup plus arrosé que le Gutland, la différence du cumul de pluie peut atteindre plus
de 200 mm par saison. Cependant, au printemps et une partie de l’été 2000
(figure 1-1-5 B1), c’est le Gutland qui est plus arrosé que l’Oesling. Il est important de
rappeler que la majorité des surfaces emblavées par la culture du blé d’hiver se trouve
dans le Gutland. C’est la partie située à l’extrême Sud-ouest du territoire
luxembourgeois qui est caractérisée par une forte pluviométrie hivernale. En revanche,
la Moselle et le Nord-est du Gutland sont caractérisés par un régime pluviométrique
hivernal le plus faible du territoire luxembourgeois.
Partie I I - 10
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
caractérisées par le plus faible cumul de pluie, ce qui signifie qu’il y pleut souvent mais
avec une intensité très faible. Le nombre de jours sans pluie est très important en
Gutland par rapport à celui en Oesling. Le Gutland est caractérisé par plus de beau
temps en hiver que l’Oesling. Au printemps 2000 (figure 1-1-5 B2), il pleuvait souvent
à l’Est du Gutland et dans la Moselle (le nombre de jours sans pluie est faible et le
cumul de la pluie est assez important dans ces deux parties). Les zones du Sud du pays
entre la Moselle et l’Ouest du pays sont caractérisées par un nombre important de jours
sans pluie, alors que le cumul de pluie était assez important, ce qui signifie que cette
région a été caractérisée par une forte pluie orageuse pendant cette saison, de même que
le centre et le nord du Gutland. L’Oesling a été caractérisé par plus de beau temps que
le Gutland pendant le printemps et une partie de l’été 2000. En somme, ce premier
indice montre de grands contrastes en ce qui concerne la pluie entre les sites d’essai de
la Moselle par rapport à ceux du Nord du Gutland et Reuler (Nord-est de l’Oesling) qui
ont été sélectionnés en 2003.
Partie I I - 11
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
Cumul de la pluie
pendant l’hiver 1999
B1 B2
Cumul de la pluie
pendant le printemps
2000
C1 C2
Humidité relative (%)
moyenne pendant
l’hiver 2001
Température (°C)
moyenne pendant
l’hiver 2001
D1 D2
Partie I I - 12
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
IV. CONCLUSION
Le choix des sites d’essai exprime les principales situations sol-climat rencontrées au
Grand-Duché de Luxembourg pour la culture de blé d’hiver. Notre étude sur les
variations de trois paramètres météorologiques (humidité, pluie et température) et leur
interaction a révélé des contrastes très importants entre les sites d’essais.
Le Grand-Duché de Luxembourg est un petit pays d’une superficie de 2586 km2 mais
avec des caractéristiques pédo-climatiques très variables entre les différentes régions de
ce pays. L’objectif est de vérifier dans cette thèse si ces différents microclimats sont à
l’origine d’une variation du potentiel de la maladie entre les différentes régions du
Grand-Duché de Luxembourg.
Ces hypothèses seront vérifiées lors de l’étude des conditions favorisant les principales
maladies qui seront quantifiées au Grand-Duché de Luxembourg.
Partie I I - 13
THÈSE DE DOCTORAT - PARTIE I - Chapitre I
TABLEAUX
1-1-1 : Emplacement de la collecte d’échantillons de sol au niveau des trois sites d’essai. ...............................................................I-5
1-1-2 : Texture triangulaire montrant les pourcentages d’argile (< 0.02 mm), de limon (0.002-0.005 mm) et de sable
(0.05-2 mm) dans les classes fondamentales de texture du sol ............................................................ ..................................I-8
1-1-3 : Variation de la texture du sol dans les trois sites d’essais. .......................................................................................................I-8
1-1-4 : La teneur en azote minéral en kg N/ha pour une profondeur de sol de 20 cm et du phosphore (P2O5) à Frohmüller en
2000. ..........................................................................................................................................................................................I-9
1-1-5 : Résultats de l’interpolation de trois paramètres (humidité relative, pluie et température) sur l’ensemble du territoire
luxembourgeois. ......................................................................................................................................................................I-12
PHOTOS
1-1-1 : Vue générale des parcelles d’essai dans la Moselle luxembourgeois en 2000 et 2001. ..........................................................I-5
CARTES
REFERENCES
Partie I I - 14
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre II
CHAPITRE II
MÉTHODOLOGIE DE MESURE
I. Introduction
Les expérimentations ont été réalisées dans les trois sites d’essai décrits dans le
chapitre I. Avant de procéder à la réalisation de ces expérimentations, un ensemble de
considérations générales méritent d’être signalées à savoir :
• Nous avons été confrontés à une double contrainte. D’une part, il fallait
déterminer les paramètres pertinents à mesurer pour l’élaboration du modèle des
principales maladies cryptogamiques des feuilles du blé d’hiver étudiées.
D’autres part, la difficulté de ce travail est que les observations se font dans les
essais en pleine nature et non en conditions contrôlées.
• Notre échantillonnage des plantes doit être représentatif de l’ensemble du
champ.
• Les hypothèses de travail ainsi que les paramètres d’ajustements diffèrent entre
chaque modèle. Pour certaines maladies à répartition homogène dans le champ
(cas de la septoriose), ce sont des quantifications des surfaces foliaires malades
et vertes qui doivent être appliquées. Cependant, pour les maladies à foyer telles
que les rouilles, des mesures qualitatives concernant le nombre de foyers, leurs
dimensions et leurs localisations doivent accompagner les mesures quantitatives
de la surface foliaire malade et verte.
Notre choix de méthodologie de mesure a été basé sur les recherches bibliographiques
relatives à la modélisation couplée du pathosystème « hôte – parasite – climat ».
Ainsi, tous les paramètres que nous avons tenté de mesurer peuvent contribuer
directement ou indirectement à l’explication de développement de certaines épidémies.
Les essais ont été suivis pendant cinq années successives, ce qui constitue une grande
base de données pour le Grand-Duché de Luxembourg qui ne possédait aucune archive
Partie I II - 1
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre II
de maladies du blé d’hiver. En outre, ces données d’observation seront utilisées pour
l’ajustement et la calibration de modèles relatifs aux principales maladies affectant le
feuillage du blé d’hiver. Ce dernier point constitue une des originalités de ce travail.
Dans la littérature, les auteurs calibrent leur modèle en se basant sur des conditions
contrôlées et se focalisent sur la simulation seulement après afin de décrire l’évolution
de la sévérité de la maladie dans le champ.
(ROBERT, 2003)
Partie I II - 2
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre II
Tableau 1-2- 1 : Plan expérimental réalisé à Everlange pendant les quatre années d’essais
(99, 00, 01 ,02 et 03).
Légende : A- Bloc présentant des essais avec un seul traitement et un double traitement en fonction
du régulateur ; Blocs B à D- Essai avec deux doses pleines (B) et avec une dose pleine (C) et sans
fongicide (D) ; E- Essai avec des variations de fumure azotée au cours de trois apports (tallage,
redressement, épiaison) ; F- Essai variétal sans fongicide ; Nomenclature de variétés- Ac / Achat,
Ar/ Aron, Ari/ Aristos, As/ Astron, Ba/ Batis, Bi/ Biscay, B/ Bussard, D/ Dream, Dr/ Drifter, F/
Flair, R/ Ritmo, S/Sponsor, V/ Vivant, U/ Urban ; V pour traitement = variable ; (+) signifie que ces
parcelles ont reçu un surplus de 40 unités d’azote (N). 2 T correspond à deux traitements avec T1 =
GS32 (bloc A en 98-99, 99-00, 00-01 et 02-03) et GS32+ pour bloc B et GS31 en 01-02. T2
correspond au traitement GS59.
1998-1999
02-03
99-00 00-01 01-02
Blocs A B C D E F
Semis 9 oct. 15 oct. 18 oct. 12 oct. 4 oct. 14 oct. 6 nov.
Densité 350 K/m2 325 325 350 325 350 375
Précèdent Colza et petits pois Colza Colza Petits pois Colza Colza Colza
Flair F, Ba, R, S, V U Ar, B, As, B, D, F, B, D, F, Ac, Bi, Dr
Variétés Achat Achat Achat
U, Ari R R
Répétition traitement 4-V 0-V 0-1 0-0 4-16 4-20 4-20 4-32 4-32 4-32
Taille parcelle ( m2) 8x1.5 33.3x15 8x1.5 33.3x15 8x1.5 8x1.5 8x1.5 8x1.5 8x1.5 8x1.5
Dose 1.5 l/ha - - - - - - - - - - -
Terpal
Date 6 mai - - - - - - - - - - -
Dose 0.4 l/ha - - - - - - - - - - -
Régulateur Modus
Date 6 mai - - - - - - - - - - -
Dose - 0.75 l/ha 0.75 l/ha - 0.75 l/ha - 0.75 l/ha 0.75 l/ha 0.75 l/ha 0.75 l/ha 0.75 l/ha 0.75 l/ha
Cycocel
Date - 6 mai 6 mai - 6 mai - 11 avril 2 avril 11 avril 23 avril 23 avril 23 avril
Kg/ha 40 25 40 70 40 40 40 40
Tallage
Date 15 mars 15 mars 10 mars 27 mars 18 mars 20 mars 20 mars 20 mars
Variable
Kg/ha 55 65 50 50 55 60 80 60 60 60 60
Fumure Redressement
Date 16 avril 16 avril 12 avril 20 avril 12 avril 18 avril 18 avril 18 avril
Kg/ha 75 85 65 65 90 95 80 75 65 65 65
Epiaison
Date 7 juin 7 juin 31 mai 9 juin 3 juin 8 mai 8 mai 8 mai
Produit - - - - - - - Allegro - Opéra
GS 32
GS31-GS32 Dose - - - - - - - 1 l/ha - 1.5 l/ha
Date - - - - - - - 9 mai - 5 mai
Produit - - - - - - - - - Opéra
GS37 Dose - - - - - - - - - 1.5 l/ha
Date - - - - - - - - - 12 mai
GS37
GS39
Stade - - - - - - - GS39 GS41 GS39 GS37
23 mai
16 mai
Produit - - Alleg
- ro - -Alleg ro - - Allegro - Opéra
Dose 1 l/ha 1 l/ ha 1 l/ha - 1.5 l/ha
GS39
Date 31 mai
- - 2 4- mai - 2 4- mai - - - 20 mai 27 mai
(GS49)
+40 N - - - - - - - (+) - - (+) - - -
Produit Opus team Allegro Allegro - Allegro - Allegro Allegro Opéra Horizon
GS59
Dose 1.5 l/ha 1 l/ha 1 l/ha - 1 l/ha - 1 l/ha 1 l/ha 1.5 l/ha 1 l/ha
Date 3 juin 24 mai 24 mai - 24 mai - 2 juin 12 juin 29 mai 2 juin
Produit Allegro Allegro - - - - Opus team Opus team Sphère Sphère
T1
GS31 Dose 1 l/ha 1 l/ha - - - - 1.5 l/ha 1.5 l/ha 1 l/ha 1 l/ha
GS32+GS59
2T
Date - - - - - - - - - 5 mai
Produit - - - - - - - - - Horizon
GS59 Demi dose - - - - - - - - - 0.5 l/ha
Date - - - - - - - - - 2 juin
Produit - - - - - - - - - Sphère
GS37+½ dose
GS59
Date - - - - - - - - - 12 mai
Produit - - - - - - - - - Horizon
GS59 Demi dose - - - - - - - - - 0.5 l/ha
Date - - - - - - - - - 2 juin
Récolte 29 juillet 3 août 4 août 3 août 13 août 19 juillet
Partie I II - 3
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre II
Tableau 1-2-2 : Plan expérimental réalisé à Reuland et la Moselle en 2000, 2001 et 2003 et à Reuler
dans l’Oesling en 2003.
Nomenclature de variétés : B/ Bussard, D/ Dream, F/ Flair, R/ Ritmo. 2 T : 2 traitements avec T1 pour Reuland = GS39 en
99-00 et GS32+ en 2001 et GS32 en 2003 ; T1 pour Moselle = GS45 en 99-00 et GS32+ en 00-01 et à GS32 en 02-03 ; T1 pour
Reuler = GS32 en 02-03. T2 correspond au GS59.
fractions
150 en 3
200 en 3
Kg/ha - 54 - 70 54
Fumure Redressement
Date - 8 avril - 4 avril 3mai
Kg/ha - 54 - 38 54
Epiaison
Date - 15 mai - 10 mai 15juin
T1
Date 23 mai 9 mai 5 mai 23 mai 9 mai 5 mai 12 mai
GS31-
2T
+40 N - - - - - - -
Produit Allegro Allegro Horizon Allegro Allegro Horizon Horizon
GS59
T2 Dose 1 l/ha 1 l/ha 1 l/ha 1 l/ha 1 l/ha 1 l/ha 1 l/ha
Date 2 juin 9 juin 6 juin 2 juin 9 juin 27 mai 12 juin
Produit - - - - - - -
GS32 Demi dose - - - - - - -
doseGS59
GS32+½
½ dose
Date - - - - - - -
Produit - - - - - - -
GS59 Demi dose - - - - - - -
Date - - - - - - -
Produit - - Sphère - - Sphère Sphère
GS37+½ dose
GS59
Partie I II - 4
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre II
Tableau 1-2-3: Schéma présentant spatialement les différentes parcelles du bloc E avec la fumure
azotée variable.
Légende : 0 = représente les parcelles sans aucun apport d’azote ; Les autres chiffres expriment l’unité
d’azote qui a été apportée en Kg/ha en trois fractions. Les trois chiffres du haut en bas représentent
respectivement les fractions d’azote apportées aux stades tallage, redressement et épiaison.
1 m 50
0 50 50 0 30 0 50 0 30
50 0 50 0 75 50 0 0 75 8m
50 50 0 50 0 0 0 0 75
50 100 0 0 30 100 100 0 100
50 0 100 0 0 100 0 100 100
50 0 0 100 75 0 100 100 100
50 0 0 50 0 0 30 100 0
50 0 50 0 75 0 75 100 100
0 50 0 0 75 0 75 100 100
50 0 50 100 0 0 0 100 100
0 50 50 0 0 100 0 100 0
50 50 50 0 0 0 100 0 100
0 100 100 0 0 0 100 50 0
100 0 100 0 75 100 0 50 50
100 100 0 100 0 0 0 50 50
100 30 0 50 0 0 0 50 50
100 75 0 0 0 50 0 50 0
100 75 0 0 75 0 50 0 50
30 100 0 100 30 100 0 0 100
75 100 100 0 75 100 0 100 0
75 100 100 100 75 0 100 0 0
0 50 0 0 50 50 50 0 50
0 0 50 0 50 50 0 50 50
0 0 0 50 65 0 50 50 50
Pour Reuland et la Moselle, en 2000 comme en 2001, la surface accordée par le Lycée
Technique Agricole ne permettait pas de tester plus de deux variantes (témoin et deux
traitements) au sein de même type de variété qu’à Everlange (figure 1-2-1).
Partie I II - 5
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre II
Figure 1-2- 1 : Disposition spatiale des parcelles à Reuland en 2000 et Burmerange en 2003 (bloc aléatoire).
Partie I II - 6
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre II
Entre 2001 et 2003, les essais réalisés à Everlange se focalisaient surtout à définir le
moment optimum de traitement en se basant sur le modèle qui a été ajusté à partir des
données d’observations de l’année 2000. Pour déterminer l’importance du traitement
optimum réalisé en se basant sur le modèle, nous avons jugé important de tester les
traitements qui se réalisent au Grand-Duché de Luxembourg en se basant sur le stade
phénologique.
1TGS3 2 2 T + 40N
1TGS59 + 4 0 N
2T 2T
Figure 1-2-2 : Représentation spatiale du dispositif expérimental mis en place à Everlange pendant
les trois années 2001, 2002 et 2003 (bloc aléatoire). 2T correspond à deux traitements fongicides.
40N = 40 unités d’azote.
Ainsi, en 2001, en plus de la définition du traitement optimum, des traitements ont été
réalisés au stade GS32, GS39, GS59 et GS32+GS59 (2T) en quatre répétitions pour
chaque variété (figure 1-2-2). La disposition spatiale a été la même pendant les 3 années
2000, 2001 et 2002. Les seules différences sont :
Partie I II - 7
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre II
Tableau 1-2-4 : Méthodologie de mesure et de récolte de données dans les trois sites d’essai pendant
les trois années d’essai.
Nombre Nombre
Site année d’observations
Début Fin Fréquence Type de mesure
d’objets
Traitement Témoin
16 16 4/ toute
4 pour toute la
99 4 4 juin juillet la
saison
saison
Everlange
16 13
00 5 22
9 19
01 6 23
avril juillet
Rendement en Kg/ha
Stade phénologique
02 6 20
avril juillet
7 14
03 9 15
avril juillet
3 pour toute la saison
20 10
00 2 10
Reuland
avril juillet
1 fois par semaine
9 19
01 2 13
avril juillet
7 14
03 8 15
avril juillet
20 10
00 2 10
Moselle
avril juillet
9 9
01 2 12
avril juillet
7 14
03 8 15
avril juillet
Partie I II - 8
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre II
B. Type de mesures
Les mesures qui ont été réalisées sur le terrain pendant les quatre années d’essai sont :
• La hauteur de la plante en cm : cette hauteur a été mesurée à différents niveaux
en fonction de sa croissance à savoir entre les nœuds, de la base de la tige
jusqu’aux nœuds, de la base de la tige jusqu’a la dernière feuille, de la base de la
tige jusqu'à l’épi, les longueurs des feuilles. Ces mesures de hauteur n’ont pas
été régulières pour toutes les années. En 1999 et 2000, nous n’avons pas mesuré
tous les paramètres cités ci-dessus (seulement la hauteur jusqu'à la base de la
dernière feuille et la hauteur jusqu'à la base de l’épi) mais en 2001, tous ces
paramètres ont été mesurés.
• Le stade phénologique du blé selon le code décimal de ZADOKS et al., (1974).
Ainsi, les principaux stades phénologiques ont été déterminés pendant les
campagnes d’observation (tableau 1-2-5).
• Détermination des feuilles émergées et / ou en émergence, soit par la méthode
de marquage de la dernière feuille, soit par dissection au laboratoire.
• Identification des symptômes observés à l’aide d’une loupe f.g.8x. La cotation
des maladies du feuillage a été réalisée par l’estimation de l’attaque par strate
foliaire successive afin de suivre l’évolution et la dynamique de la maladie au
Partie I II - 9
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre II
II.2.2. Au laboratoire
Les échantillons aléatoires récoltés sur le terrain sont conservés dans la chambre froide
à 4°C pendant une journée puis sont analysés au laboratoire à l’aide du
stéréomicroscope et du microscope. Cette analyse consiste à estimer le pourcentage de
la feuille émergée qui se fait en la comparant à celle qui la précède sachant que
l’estimation de cette dernière est déjà faite et en comparant aussi au niveau de la partie
basale de la feuille (figure 1- 2-3).
Figure 1-2-3 :
Pour quantifier la surface foliaire malade nous nous sommes basés sur les échelles de
détermination de JAMES (1976) et le logiciel Distrain qui permettent une estimation
correcte de la surface présentant des nécroses et des chloroses. L’utilisation de ces deux
outils permet d’aboutir à une très bonne précision. Les clefs de détermination
Partie I II - 10
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre II
permettent de donner des estimations pour chacune des maladies cryptogamiques des
feuilles de blé.
L’identification des champignons cryptogamiques affectant les feuilles du blé d’hiver a
été réalisée via le stéréomicroscope et le microscope. Mais pour certaines maladies
telles que les deux rouilles (jaune et brune) et l’helminthosporiose, nous avons travaillé
en étroite collaboration avec l’équipe du Professeur Maraite de l’Unité de
Phytopathologie de l’UCL pour caractériser les souches de ces champignons.
III. Discussion
Notre démarche pour le choix des paramètres cités ci-dessus s’explique comme suit :
1. Echantillonnage des plantes : notre échantillonnage a été aléatoire. C’est le
caractère aléatoire qui rend probable le fait qu’un échantillon soit représentatif
de la population sous-jacente d’où il est issu. Ainsi, à chaque campagne
Partie I II - 11
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre II
d’observation, dix plantes ont été prises aléatoirement sur quelques pas le long
de chaque parcelle (TOTTMAN, 1987; LOVELL et al., 1997 ).
2. Hauteur de la plante : Plusieurs auteurs ont mentionné un lien important entre la
sévérité de certains champignons cryptogamiques du blé d’hiver tel que S. tritici
et les deux facteurs "date d’attaque" et "hauteur de la plante" (TAVELLA, 1978 ;
LOVELL et al., 1997). Néanmoins, peu de connaissances existent au sujet de la
manière avec laquelle la structure des feuilles influence la dispersion de
l’inoculum. La mesure de la hauteur est également très importante pour
expliquer la dynamique de l’évolution de l’épidémie pour les maladies à
gradient de dispersion vertical par les éclaboussures. Ainsi, la hauteur séparant
deux feuilles en fonction de leur émergence s’avère nécessaire pour expliquer
les processus de contamination des feuilles en général et des feuilles supérieures
en particulier (cf. annexe pour les données concernant ce paramètre).
3. Le stade phénologique du blé : cette donnée est la plus importante pour
l’ajustement et le calibrage du modèle d’avertissement à la parcelle.
L’identification de ces stades de croissance en relation avec l’émergence de
chaque feuille est très importante pour déterminer le moment optimum
d’application fongicide en fonction de l’intensité de la maladie mais aussi
comme référence pour les applications d’herbicides (TOTTMAN, 1977 ;
TOTTMAN, 1987 ; RAPILLY, 1991).
4. Pendant les quatre premières années de cette recherche, nous avons réalisé un
protocole expérimental avec des variétés choisies présentant des degrés de
résistance variable pour telle ou telle maladie. La variété est un élément-clé pour
la mise en place d’un système d’avertissement pour la culture du blé d’hiver.
5. En 2003, nous avons réalisé à Everlange un essai avec des dates de semis
différentes de la variété Achat. Ce protocole a été réalisé pour déterminer les
variations des degrés-jours pour chaque semis.
Les résultats des mesures qui ont été développées dans cette partie consacrée à la
méthodologie de notre travail seront analysés en procédant aux étapes suivantes :
1. Analyse des résultats des différentes maladies qui ont été observées pendant les
quatre années d’essais et leur importance économique ;
2. Etude du modèle de simulation de la croissance des feuilles en se basant sur
l’étude du phyllotherme.
3. Etude du couplage du pathosystème « hôte-parasite-climat » par l’analyse des
différents systèmes d’avertissements développés dans les pays limitrophes au
Grand-Duché de Luxembourg pour les principales maladies qui seront
observées.
Enfin, quatre hypothèses de travail ressortent de ce chapitre :
• Le comportement vis-à-vis d’une maladie diffère d’une variété à l’autre. Deux
variétés peuvent présenter le même comportement face à une maladie dans les
étages foliaires situés à la base mais un comportement différent pour les étages
foliaires du sommet ;
• Un seul traitement fongicide bien positionné donne une rentabilité économique
équivalente à deux traitements fongicides ;
• Le phyllotherme est variable entre une variété tardive et une variété hâtive. Ce
paramètre varie aussi en fonction des étages foliaires ;
• L’interaction entre les pratiques agricoles et le microclimat favorise l’effet
régional de certaines maladies ;
Partie I II - 12
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre II
TABLEAUX
1-2-1 : Plan expérimental réalisé à Everlange pendant les quatre années d’essais (99, 00, 01 ,02 et 03)......................................... II-3
1-2-2 : Plan expérimental réalisé à Reuland et la Moselle en 2000, 2001 et 2003 et à Reuler dans l’Oesling en 2003. .................. II-4
1-2-3: Schéma présentant spatialement les différentes parcelles du bloc E avec la fumure azotée variable. .................................. II-5
1-2-4 : Méthodologie de mesure et de récolte de données dans les trois sites d’essai pendant les trois années d’essai................... II-8
1-2-5 : Signification du stade phénologique de ZADOKS et al. (1974). ............................................................................................ II-10
FIGURES
1-2-1 : Disposition spatiale des parcelles à Reuland en 2000 et Burmerange en 2003 (bloc aléatoire)............................................ II-6
1-2-2 : Représentation spatiale du dispositif expérimental mis en place à Everlange pendant les trois années 2001, 2002 et .............
2003 (bloc aléatoire). 2T correspond à deux traitements fongicides. 40N = 40 unités d’azote............................................. II-7
1-2-3 : Exemple schématique de la formation des feuilles du blé d’hiver....................................................................................... II-10
REFERENCES
RAPILLY, F. (1991). Epidémiologie en pathologie végétale ZADOKS, J. C., T. T. CHANG & C. F. KONZAK (1974).
: mycoses aériennes. Epidémiologie en pathologie végétale. "A decimal code for the growth stages of cereals weeds."
L. T. Doc. Paris. Institut National de la Recherche Research 14: 415-421.
Agronomique INRA. ISBN 2-7380-0297-8. 317 p. pp. 240-
261.
Partie I II - 13
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
CHAPITRE III
I. Introduction
La septoriose des feuilles causée par Septoria tritici [ROBBINS & DESMAZIERES]
(SHIPTON ET AL., 1971), teléomorphe Mycosphaerella graminicola [FUCKEL, SCHROETER]
(HALAMA, 1996) est un pathogène d'importance mondiale (BROKENSHIRE, 1975 ; EYAL
et al., 1985 ; VAN GINKEL & SCHAREN, 1988; EYAL, 1999 ) Cette maladie cause une
perte significative du rendement dans beaucoup de surfaces emblavées en culture de blé
(KING et al., 1983 ; EYAL et al., 1985 ; ROYLE et al., 1986 ; SHAW & ROYLE, 1989a; ROYLE
et al., 1993 ) surtout quand les trois dernières feuilles sont sévèrement attaquées(SHAW &
ROYLE, 1989b ; THOMAS et al., 1989).
Les travaux de MAGBOUL et al. (1992) ont montré que la septoriose induit une
sénescence accélérée sur les feuilles malades. Dans leurs travaux, ces chercheurs
quantifient l’accélération de sénescence globale sur la feuille en considérant la
sénescence apicale et celle autour des lésions. Cette maladie induit une importante
baisse de l’activité photosynthétique foliaire (SHTIENBERG, 1992 ; ZUCKERMAN et al.,
1997) et de la transpiration (CORNISH et al., 1990 ; SHTIENBERG, 1992). S. tritici détruit
les cellules soit lorsque le mycélium pénètre dans celles-ci, soit par l’intermédiaire
d’enzymes pectolytiques et cellulolytiques. Elles perdent alors toute capacité à
photosynthétiser ou à transpirer (SHTIENBERG, 1992). La baisse de transpiration relative
au témoin est réduite de façon proportionnelle à la surface malade (CORNIC & BRIANAIS,
1991 ; SKIDMORE, 1993). En revanche, la diminution de la photosynthèse semble plus
que proportionnelle à la surface malade (SHTIENBERG, 1992). Cependant, cette réduction
n’a jamais été quantifiée.
Les décisions du moment de pulvérisation contre la septoriose au Grand-Duché de
Luxembourg sont souvent faites selon un principe de "précaution" basé sur le stade de
croissance de la culture. La culture reçoit au moins deux traitements fongicides pendant
la saison.
Partie I III-1
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
Du point de vue épidémiologique, des traitements fixés par le stade phénologique sont
arbitrairement prévus et ne peuvent donc être couronnés que partiellement de succès. Le
risque d’application de fongicides économiquement et écologiquement injustifiables ne
peut pas être exclu (VERRET & HOFFMANN, 1990). Dans la littérature, le développement
de la sévérité de la maladie sur la dernière feuille (F1) a été associé à la pluie arrivant
pendant l'extension de la tige (COAKLEY et al., 1985 ; THOMAS et al., 1989 ; MURRAY et
al., 1990 ; SHAW & ROYLE, 1993 ; BANNON & COOKE, 1998).
Parallèlement les résultats de COOK & THOMAS (1990) in SHAW & ROYLE (1993), ont
montré qu'une application systémique d'un fongicide pendant l'apparition de la dernière
feuille (GS39) donnait souvent une réponse de rendement profitable et était plus
efficace que des traitements antérieurs ou postérieurs. Ils ont attribué l'efficacité du
fongicide au contrôle de S. tritici, sans donner d’explication quant au choix du moment
optimum pour le contrôle de cette maladie.
L’objectif de ce travail est de réaliser un suivi de S. tritici au Grand-duché du
Luxembourg pendant les saisons 1999 à 2003 afin de mieux comprendre l’épidémie de
cette maladie. En plus de cette étude épidémiologique, nous réaliserons une étude
comparative de la rentabilité économique des traitements fongicides effectués à chaque
stade phénologique (à partir du stade GS31). Enfin, nous expliquerons l’opportunité de
procéder au traitement fongicide en fonction des différentes situations de la maladie.
Partie I III-2
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
Nous avons calculé l’AUDPC (SHANER & FINNEY, 1977) et relative pour une meilleure
visualisation de l’évolution de la maladie.
Pour le rendement brut, le calcul se fait sur le terrain par la détermination du poids de
grains de chaque parcelle (photo 1-3-1). Des échantillons de grains sont ensuite analysés
au laboratoire du Lycée Technique Agricole d’Ettelbrück pour déterminer le taux
d’humidité des grains (TR) à l’échelle de la parcelle. Nous avons calculé ensuite le
rendement net (équation 1-3-1) ramené à 15 % d’humidité (le blé d’hiver est
commercialisé à 15 % au Grand-Duché de Luxembourg).
Rdt net = (((Rdt brut – (TR% * Rdt brut)) / 0.85) (équation 1-3-1)
Avec Rdt net = Rendement net en qx/ha ; Rdt brut = Rendement brut observé en qx /ha ; TR = Taux humidité
observé en % ; 0,85 = Taux d’humidité ramené à 15 %.
Ensuite, en se basant sur ce rendement net et les dépenses des différentes variantes
testées (prix des différents intrants + passage + prix des semences), il a été possible de
calculer le rendement financier de chaque variante selon les prix agréés au Grand-duché
du Luxembourg et d’établir ainsi un bilan économique du rendement. Nous avons
calculé la différence du rendement net et financier de chaque traitement par rapport au
témoin. Enfin, nous avons établi un bilan du pourcentage de gain de chaque traitement
réalisé par rapport au témoin.
Photo 1-3- 1 : Différentes phases de la récolte réalisées en collaboration avec le Lycée Technique
Agricole d’Ettelbrück : A- La moissonneuse récolte le blé à l’échelle de chaque parcelle. B - Calcul
du poids de grains à la parcelle.
Partie I III-3
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
III.1.1. Everlange
A. Année 1998-1999
La variation de la septoriose est hautement significative entre variétés (P < 0.001).
Bussard et Aron étaient significativement les plus sensibles des 5 variétés semées
(figure 1-3-1). L’effet du traitement est hautement significatif (P < 0.001) lorsqu’on
suppose que tous les intrants sont homogènes.
A 1H+2F F1 F2 F3 F4
P<0.001
% de la surface septoriée % de la surface septoriée
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Flair Batis Ritmo Sponsor Vivant
1H+1F Variétés
80 B
70 P<0.001
60
50
40
30
20
10
0
Flair Batis Ritmo Sponsor Vivant
C 0H+0F Variétés
% de la surface septoriée
120 P<0.001
100
80
60
40
20
0
Flair Batis Ritmo Sponsor Vivant
Variétés
0H+0F
D P<0.001
% de la surface septoriée
100
c
c
80 b a
a
60
40
20
0
Aristos Urban Astron Bussard Aron
Variét és
Partie I III-4
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
01-avr.-00
08-avr.-00
15-avr.-00
22-avr.-00
29-avr.-00
03-juin-00
10-juin-00
17-juin-00
24-juin-00
01-juil.-00
08-juil.-00
15-juil.-00
22-juil.-00
29-juil.-00
06-mai-00
13-mai-00
20-mai-00
27-mai-00
0
Pluie en mm
5
10
F3 F2 F1 15
20
25
F2 F1 30
F3 35
Année 2000
% de la surface septoriée
100
80
60
40
20
0
F5
F4
F5
F4
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F2
F5
F4
F3
F2
F4
F3
F2
F1
F4
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F2
F1
F2
F1
GS32 GS31 GS39 GS37 GS52 GS43 GS69 GS65 GS83 GS77 GS89 GS85
B D B D B D B D B D B D
2000
01-avr.-01
08-avr.-01
15-avr.-01
22-avr.-01
29-avr.-01
03-juin-01
10-juin-01
17-juin-01
24-juin-01
01-juil.-01
08-juil.-01
15-juil.-01
22-juil.-01
06-mai-01
13-mai-01
20-mai-01
27-mai-01
0
5
Pluie en mm
10
15
20
F3 F2 F1 25
Année 2001
100
% de la surface septoriée
80 F3 F2 F1
60
40
20
0
F5
F4
F5
F4
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F2
F5
F4
F3
F2
F4
F3
F2
F1
F4
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F1
F2
F1
F2
GS30 GS29 GS33-37 GS32 GS51 GS43 GS70 GS67 GS88 GS85 GS95 GS90
B D B D B D B D B D B D
2001
01-avr.-02
08-avr.-02
15-avr.-02
22-avr.-02
29-avr.-02
03-juin-02
10-juin-02
17-juin-02
24-juin-02
01-juil.-02
08-juil.-02
06-mai-02
13-mai-02
20-mai-02
27-mai-02
0
1
Pluie en mm
2
F3 3
4
F2 5
Année 2002 F1 6
% de la surface septoriée
F3 F2 F1
100
80
60
40
20
0
F7
F6
F5
F7
F6
F5
F7
F6
F5
F7
F6
F5
F6
F5
F6
F5
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F2
F5
F4
F3
F2
F4
F3
F2
F1
F4
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F2
F1
F2
F1
GS26 GS30 GS29 GS31 GS31+ GS33 GS37 GS39 GS41 GS45 GS65 GS67 GS72 GS77 GS87 GS89
A Dr A Dr A Dr A Dr A Dr A Dr A Dr A Dr
2002
01-avr.-03
08-avr.-03
15-avr.-03
22-avr.-03
29-avr.-03
03-juin-03
10-juin-03
17-juin-03
24-juin-03
01-juil.-03
06-mai-03
13-mai-03
20-mai-03
27-mai-03
0
Pluie en mm
2
4
6
8
F3 F2 F1 10
Année 2003 12
% de la surface septoriée
100
80
60
40
20
0
F7
F6
F5
F7
F6
F5
F6
F5
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F2
F1
F4
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F2
F1
Achat
2003
Figure 1-3- 2 : Evolution de la septoriose à Everlange pendant les années 2000, 2001, 2002 et 2003
sur les feuilles du blé en fonction du stade de croissance selon ZADOCKS et al.(1974) et les variétés
ainsi que la pluie enregistrée pendant ces années. En 2000 et 2001, B et D représentent
respectivement Bussard et Dream. En 2002, A et Dr représentent respectivement Achat et Drifter.
Les flèches (noir : Bussard en 2000 et 2001 et Drifter en 2002 ; orange : Dream en 2000 et 2001 et
Achat en 2002) représentent le moment de formation des trois dernières feuilles.
Partie I III-5
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
Des symptômes typiques ont été observables dès le début du mois de mai sur F5 et F4.
Les pluies enregistrées à Everlange à partir de la mi-avril ont permis à la maladie de
s’installer sur la F3 dès son émergence. Les pluies de la deuxième décade de mai
(figure 1-3-2) ont permis une prolifération rapide de la maladie sur la F3 et une
infection primaire des deux derniers étages foliaires supérieurs. C’est ainsi qu’à la
floraison, près de la moitié de la surface de F3 de Bussard était souvent nécrosée par la
maladie. La colonisation des dernières feuilles F2 et F1 de Bussard a été accélérée à
partir du mi juin.
B.2. Année 2001
Les mois de mars et avril 2001 furent particulièrement pluvieux (figure 1-3-2). Entre fin
avril et début mai 2001, la septoriose des feuilles était aussi développée sur les feuilles
F5 et F4 que pendant les mêmes mois en 2000. Cependant, le mois de mai a été sec avec
un nombre de jours sans pluie fort important.
Ce manque de pluie n’a pas permis le repiquage de la septoriose si bien que les
symptômes sur les 2 dernières feuilles étaient très faibles dans les parcelles non traitées
durant tout le mois de juin à Everlange (figure 1-3-2).
La maladie a repris son développement vers la fin de la maturité à Everlange sur les
variétés susceptibles telle que Bussard.
Pendant les deux années 2000 et 2001, la différence de susceptibilité entre les variétés a
été très hautement significative (P < 0.001). La susceptibilité de Bussard par rapport à
Dream vis-à-vis de la septoriose a été très net et hautement significatif (P < 0.001)
surtout pour les trois étages supérieurs. La résistance de Dream par rapport à Bussard
vis-à-vis de la septoriose se distingue nettement lorsque la feuille est jeune et diminue
au fur et à mesure du temps. L’écart de l’AUDPC relative (%) de Dream calculé par
rapport à Bussard passe de 88 % lorsque la F3 est jeune à presque 48 % lorsque cette
feuille est âgée (figure 1-3-3). Pour F2, cet écart passe de presque 100 % (au début) à
54 %. Concernant F1, cet écart passe de 100 % à 68 %. Cette variation dans l’échelle de
résistance prend une allure exponentielle entre le début de la saison et la fin pour F3 et
F2 et tend vers la linéarité pour F1.
B.3. Année 2002
Les premiers symptômes de la maladie ont été détectés le 12 avril 2002 sur la F5 de
Drifter (figure 1-3-2). Ces symptômes étaient très négligeables. A cette date, le taux de
la maladie sur la F7 de Drifter dépassait 60 % et s’approchait de 52 % sur Achat. Cette
feuille était complètement nécrosée lors de l’observation du 19 avril 2002 (92 % sur F7
de Drifter et 67 % sur celle d’Achat) et l’évolution de la septoriose a été significative
sur la F6. La première apparition de la maladie sur F5 d’Achat a été enregistrée le
26 avril 2002 (0.3 %). Les pluies de la 2ième moitié d’avril (figure 1-3-2) ont permis une
progression de la maladie sur F4 et F5. Certains F2 présentaient des symptômes très
négligeables au 20 mai 2002. Ces F2 ont été attaquées au début de leur émergence grâce
aux pluies du début mai 2002.
Pendant la 2ième moitié de mai, très peu de jours de pluie ont été enregistrés mais leur
nature orageuse a permis néanmoins une multiplication très significative de la maladie
sur la F5, F4, F3 et la F2 et une 1ere attaque de F1.
Enfin, les pluies du mois de juin ont favorisé un taux de multiplication très important de
la maladie.
Partie I III-6
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
35
F1
28
21
14
0
130 139 148 157 166 175 184 193 202
Date en jours Julien
Figure 1-3- 3 : Ecart de l’AUDPC relative de Dream par rapport à Bussard prise comme référence
(100%). Exemple à Everlange en 2001.
B.4. Année 2003
Au 7 avril, le taux de symptômes de S. tritici ne dépassait pas 10 % sur la F7 et les F6 et
F5 étaient intactes (figure 1-3-2). Les premiers symptômes ont été détectés sur la F6 le
14 avril et sur la F5 le 22 avril (très négligeable). Les pluies de fin avril et début mai
(figure 1-3-2) ont été très favorables à la progression de la maladie sur cet étage
(observation du 2 juin). La progression de la maladie sur la F4 et la F3 résulte de faibles
quantités d’inoculum présents sur la F5 fin avril. Certaines F2 présentaient déjà des
symptômes négligeables le 26 mai (0.2 %). La seule explication quant à l’origine de
ces symptômes est la présence et la contribution du stade téléomorphe M. graminicola
[FUCKEL, SCHROETER]. La même explication est valable pour les symptômes très
négligeables observés sur la F1 le 2 juin.
Il est important de signaler que le début de la saison 2003 a été marqué par une très
faible intensité de la maladie. Cependant les faibles pluies de fin mai et début juin ont
favorisé la montée de la maladie et sa progression.
III.1.2. Reuland
En 2000, les premiers symptômes ont été détectés sur la F5 et la F4 le 8 mai
(figure 1-3-4). Les pluies (figure 1-3-4) du mois de mai ont permis à l’agent pathogène
d’atteindre les 3 étages foliaires supérieurs dès leur émergence. Les pluies de fin mai et
début juin ont accéléré le taux de multiplication du champignon sur les 3 étages
foliaires. Le taux de symptômes enregistré sur les trois derniers étages foliaires de
Bussard diffère significativement (P < 0.05) de celui de Dream. En effet, Bussard est
très susceptible vis-à-vis de la septoriose alors que Dream a un comportement qui tend
vers la résistance.
Partie I III-7
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
01-avr.-00
08-avr.-00
15-avr.-00
22-avr.-00
29-avr.-00
03-juin-00
10-juin-00
17-juin-00
24-juin-00
01-juil.-00
08-juil.-00
15-juil.-00
22-juil.-00
06-mai-00
13-mai-00
20-mai-00
27-mai-00
0
Pluie en mm
20
40
F3 F2 F1 60
80
F3 F2 F1
100
% de la surface septoriée
80
60
40
20
0
F5
F4
F5
F4
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F2
F5
F4
F3
F2
F4
F3
F2
F1
F4
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F2
F1
F2
F1
GS32 GS31 GS37 GS33 GS45 GS42 GS67 GS63 GS77 GS72 GS82 GS77
B D B D B D B D B D B D
2000
03-juin-01
10-juin-01
17-juin-01
24-juin-01
01-juil.-01
08-juil.-01
15-juil.-01
22-juil.-01
01-avr.-01
08-avr.-01
15-avr.-01
22-avr.-01
29-avr.-01
06-mai-01
13-mai-01
20-mai-01
27-mai-01
0
Pluie en mm
5
10
15
F3 F2 F1 20
25
80 F3 F2 F1
% de la surface septoriée
60
40
20
0
F5
F4
F5
F4
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F2
F5
F4
F3
F2
F4
F3
F2
F1
F4
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F1
F2
F1
F2
GS29 GS28 GS32 GS31 GS47 GS39 GS69 GS65 GS77 GS72 GS87 GS82
B D B D B D B D B D B D
2001
01-avr.-03
08-avr.-03
15-avr.-03
22-avr.-03
29-avr.-03
03-juin-03
10-juin-03
17-juin-03
24-juin-03
01-juil.-03
06-mai-03
13-mai-03
20-mai-03
27-mai-03
0
10 Pluie en mm
20
F3
30
F2 F1
80
% de la surface septoriée
60
40
20
0
F7
F6
F5
F7
F6
F5
F6
F5
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F2
F1
F4
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F2
F1
Flair
2003
Figure 1-3- 4 : Evolution de la septoriose à Reuland pendant les années 2000, 2001 et à Christnach
en 2003 sur les feuilles du blé en fonction du stade de croissance selon Zadocks et al. 1974 et des
variétés. En 2000 et 2001, B et D représentent respectivement Bussard et Dream. Les flèches (noir :
Bussard ; orange : Dream) représentent le moment de formation des trois dernières feuilles.
En 2001, les premières traces de la maladie on été enregistrées sur la F5 le 23 avril.
Cependant, les conditions météorologiques du mois de mai (figure 1-3-4) défavorables à
la septoriose ont empêché l’expansion de cette maladie sur les trois étages foliaires
supérieures. Ce sont les pluies de la deuxième moitié de juin qui ont permis à ce parasite
Partie I III-8
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
d’atteindre les deux derniers étages mais avec un taux très faible même au niveau des
variétés susceptibles telle que Bussard.
En 2003, les premiers symptômes ont été observés le 14 avril sur la F7 et le 5 mai sur la
F6. L’infection de la F5 n’a été possible que grâce aux pluies de fin avril (figure 1-3-4).
La période sèche survenue pendant la première quinzaine de mai a retardé les
progressions de la maladie vers les étages foliaires supérieurs. Cette progression n’était
possible que pendant la dernière décade de mai et début juin. Cependant, le taux de
symptômes enregistré sur les deux derniers étages foliaires reste très faible à la fin de la
saison.
III.1.3. Moselle
En 2000, à Frohmüllen, les premières traces de la septoriose ont été détectées le 08 mai
sur la F5 (figure 1-3-5). La F3 a été infectée dès son émergence par l’inoculum présent
sur la F5. Les pluies du début de mai ont permis à une quantité d’inoculum faible et
dispersé présente sur la F4 d’atteindre la feuille F2 (figures 1-3-5). Les températures
très douces de la première quinzaine de mai ont accéléré l’émergence de F1 et la
distance entre les feuilles (figure 1-3-6). En plus, les conditions météorologiques
pendant la formation de F1 étaient défavorables au parasite. Ceci a rendu difficile voire
impossible le transfert de l’inoculum vers la F1. SHAW (1987) a constaté une réduction
très importante de spores transportées verticalement par l’éclaboussure à chaque
augmentation de la hauteur de 10 cm. La quantité d’inoculum projetée au sommet de la
culture par les éclaboussures diminue au moins exponentiellement avec la hauteur
(SHAW, 1991; SHAW & ROYLE, 1993 ).
Le temps sec du mois de juin n’a pas permis aux taux très faibles d’inoculum présents
sur la F3 et la F2 de s’étendre sur ces étages. Ce qui explique le taux très faible de
symptômes enregistré sur les trois étages foliaires supérieurs même au sein des variétés
susceptibles telle que Bussard.
En 2001, les premiers symptômes de la maladie ont été observés à Emerange sur la F5
le 23 avril (figure 1-3-5). A cette date, le taux de maladie sur la F4 de Bussard ne
dépassait même pas 0.1 %. Les pluies de fin mars et début avril (figures 1-3-5) ont
favorisé l’installation de l’inoculum sur la F5 et la F4 dès leur émergence. Cependant,
les quantités d’inoculum faibles et dispersées présentes sur la F5 et la F4 n’ont pu
atteindre qu’une fréquence très négligeable de F3.
• Les températures élevées des deux premières décades de mai ont accéléré la
croissance de la plante et l’allongement rapide des distances entre les vieilles
feuilles situées à la base de la tige et les deux dernières feuilles situées au
sommet de la tige. En plus, l’absence de la pluie au début de l’émergence de F2
et pendant toute sa formation (figure 1-3-7) rend difficile, voire impossible
l’installation de l’inoculum sur cette feuille.
• L’absence de pluie au moment de l’émergence de F1 et l’absence de symptômes
sur la F3 rendent impossible le cheminement de l’inoculum vers cet étage
foliaire.
Donc, l’absence de la pluie pendant toute la période de formation de F2 et les
températures élevées du mois de mai (ces températures ont accéléré la pleine extension
de la tige) ont fortement limité le transport vertical de l’inoculum. D’où l’importance de
la relation entre l’architecture de la plante et les conditions météorologiques.
Partie I III-9
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
01-avr.-00
08-avr.-00
15-avr.-00
22-avr.-00
29-avr.-00
03-juin-00
10-juin-00
17-juin-00
24-juin-00
01-juil.-00
08-juil.-00
15-juil.-00
06-mai-00
13-mai-00
20-mai-00
27-mai-00
0
5
Pluie en mm
10
15
F3 F2 20
F1
25
30
F3 F2 F1
80
% de la surface septoriée
60
40
20
0
F5
F4
F5
F4
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F2
F5
F4
F3
F2
F4
F3
F2
F1
F4
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F2
F1
F2
F1
GS37 GS32 GS45 GS37 GS59 GS45 GS72 GS69 GS82 GS77 GS92 GS87
B D B D B D B D B D B D
Frohmüllen
2000
01-avr.-01
08-avr.-01
15-avr.-01
22-avr.-01
29-avr.-01
03-juin-01
10-juin-01
17-juin-01
24-juin-01
01-juil.-01
08-juil.-01
06-mai-01
13-mai-01
20-mai-01
27-mai-01
0
Pluie en mm
5
10
15
20
F2 F1 25
F3 30
F3 F2 F1
80
% de la surface septoriée
60
40
20
0
F5
F4
F5
F4
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F2
F5
F4
F3
F2
F4
F3
F2
F1
F4
F3
F2
F1
F3
F2
F1
F3
F2
F1
GS31 GS30 GS39 GS37- GS61 GS53 GS77 GS70 GS90 GS82
B D B D B D B D B D
Emerange
2001
01-avr.-03
08-avr.-03
15-avr.-03
22-avr.-03
29-avr.-03
03-juin-03
10-juin-03
17-juin-03
24-juin-03
01-juil.-03
06-mai-03
13-mai-03
20-mai-03
27-mai-03
Pluie en mm
5
10
F3 15
20
F2 25
F1 30
80
% de la surface septoriée
60
40
20
0
F7
F6
F5
F7
F6
F5
F6
F5
F5
F4
F3
F5
F4
F3
F2
F1
F4
F3
F2
F1
F3
F2
F1
Dekan
Burmerange
2003
Figure 1-3- 5 : Evolution de la septoriose dans la Moselle pendant les années 2000, 2001 et en 2003
sur les feuilles du blé en fonction du stade de croissance selon ZADOKS et al. (1974) et des variétés.
En 2000 et 2001, B et D représentent respectivement Bussard et Dream. Les flèches (noir :
Bussard ; orange : Dream) représentent le moment de formation des trois dernières feuilles.
En 2003, le taux de symptômes enregistré sur la F7 le 7 avril était très négligeable
(figure 1-3-5) ; la F6 et la F5 étaient intacts. Les premières traces de la maladie ont été
observées sur la F6 et la F5 le 22 avril (1 % sur la F6 et 0.1 % sur la F5). Le mois
Partie I III-10
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
d’avril était sec et doux avec des humidités relatives avoisinant les 30 %. Ces conditions
météorologiques étaient défavorables à la progression de la maladie sur la F6 et la F5 et
à l’infection de F4. Les pluies de fin avril ont été à l’origine de l’infection de F4 et F3
par l’inoculum très négligeable produit sur la F5. Cependant, des symptômes très
négligeables ont été détectés fin mai en même temps sur la F2 et la F1. La seule
explication à notre sens est la présence de la forme M. graminicola (très négligeable).
L’évolution de la septoriose a été très faible sur la F1 en juin et juillet.
20
Différence entre feuille en cm
16
12
8
4
0
D B D B D B D B D B D B
06-mai-00 15-mai-00
Figure 1-3- 6: Variation de la distance entre les feuilles en 2000 dans les trois sites d’essai à deux
dates pour deux variétés Bussard (B) et Dream (D).
F5 F4 F3
% de la surface
60
40
malade
20
0
Nombre de jours pluvieux
5
et sans pluie
10
15
F3 F2 F1
25
20
15
en mm
10
Pluie
5
0
23-avr.-01
25-avr.-01
27-avr.-01
29-avr.-01
01-mai-01
03-mai-01
05-mai-01
07-mai-01
09-mai-01
11-mai-01
13-mai-01
15-mai-01
17-mai-01
19-mai-01
21-mai-01
23-mai-01
25-mai-01
27-mai-01
Figure 1-3- 7 : Relation entre les jours pluvieux, le taux de symptômes enregistré sur les trois
feuilles de base (F5, F4 et F3) de Bussard (variété sensible) et le moment de formation des trois
dernières feuilles (F3, F2 et F1) dans la Moselle en 2001. Les flèches représentent le moment de
formation de chacune des trois dernières feuilles.
Partie I III-11
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
III.1.4. Synthèse
Une étude de synthèse a été développée sur l’ensemble des sites d’essais comprenant
toutes les campagnes d’observations réalisées (figure 1-3-8). Cette étude comparative a
été réalisée en utilisant le test de Tukey en fonction du taux de maladie enregistré sur les
trois dernières feuilles (F3, F2 et F1) de Bussard à la fin de la maturité laiteuse.
% de la surface présentant des symptômes
100 c b a
90 a P<0.001
80
70 e d b
60
50
40 a
30
c
20 b
10 b
0
1999 2000 2001 2002 2003 2000 2001 2003 2000 2001 2003
F3 F2 F1
Figure 1-3- 8 : Comparaison des années par le test de Tukey en fonction du taux de maladie
enregistrée sur les trois dernières feuilles (F3, F2 et F1) à la fin de la maturité laiteuse dans les trois
sites d’essai. La différence de lettre représente une différence significative au seuil de 5 %.
Ainsi, à Everlange, le test de Tukey révèle que 2000 est l’année qui a connu un
développement très important de la septoriose par rapport aux quatre autres années
d’essais.
L’année 2002 se classe selon le test de Tukey au 2ième rang suivi de 1999. Le taux le
plus faible de la maladie a été enregistré en 2001 et 2003.
A Reuland, 2000 est l’année qui a connu la plus forte évolution de la septoriose par
rapport à 2003 et 2001.
Emerange a été le site qui a connu le plus faible taux de la septoriose par rapport aux
deux autres sites d’essais.
Donc, il ressort de cette étude qu’il existe une grande interaction (P < 0.001) entre la
variété semée et l’emplacement du site. En effet, en plus des variétés, la variation des
conditions météorologiques d’un site à l’autre joue un rôle très important dans la
variation de la maladie. Ceci révèle l’importance de l’échelle parcellaire pour
caractériser cette interaction.
Cependant, cette étude sur la variation de la septoriose dans l’ensemble des sites
d’essais ne permet pas à elle seule de quantifier l’ensemble des fonctions de la feuille
perturbée par la septoriose. Pour montrer l’effet de symptômes nécrotiques sur la
dégradation de la surface verte, nous avons étudié la relation existant entre les
symptômes engendrés par la septoriose et la dégradation de la surface verte. Notre étude
a révélé une relation directe entre la septoriose et la réduction de la surface verte
(figure 1-3-9). L’effet majoritaire de la septoriose sur la photosynthèse nette est lié à la
réduction de surface verte par les symptômes. L’accélération de la sénescence des
feuilles malades participe également largement à la baisse de la photosynthèse nette par
Partie I III-12
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
Feuille F1
Septoriose
Surface verte
0 11 19 25 32 39 46 53 63
Feuille F2
Septoriose
Surface verte
0 11 19 25 32 39 46 53 63
Feuille F3
Septoriose
Surface verte
0 11 19 25 32 39 46 53
Nom bre de jours après ém ergence de F1
Figure 1-3- 9 : Variation simultanée de la surface verte et de la septoriose des trois dernières
feuilles de Bussard en 2001 à Everlange en fonction du nombre de jours après l’émergence de F1.
Partie I III-13
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
100
F3
60
R
2
=
0,
99
40
F2
R
2
F1
=
0,
R 2 = 0 ,9 5
99
20
10 30 50 70 90
% d e la s u r fa c e m a la d e
1 00
80
B
% de la surface verte
60
40
20
0 10 20 30 40 50 0 10 2 0 3 0 40 5 0 0 10 2 0 30 40 5 0 0 10 20 30 40 50
N o m b re d e jo urs e ntre é m erge nce co m p lète d e F 1 et son d é ssè che m e nt
III.2.1. Everlange
A. Effet du traitement sur la sévérité d’attaque des feuilles.
A Everlange, en 2000, la différence entre les parcelles témoins et celles ayant reçu un
traitement (figure 1-3-11) est hautement significative pour les variétés sensibles
(Bussard) et les variétés résistantes (Dream). En ce qui concerne la comparaison entre
traitements, on ne distingue une différence significative entre variantes que pour les
feuilles F2 et F3 de Bussard (P < 0.0001) dans l’essai à deux variantes. Pour Dream,
cette différence est non significative pour les trois dernières feuilles (tableau 1-3-1).
En 2001, la septoriose ne s’est pas développé de manière aussi importante qu’en 2000
sur Dream. Pour une variété sensible telle que Bussard, la différence entre les parcelles
Partie I III-14
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
témoins et celles traitées est hautement significative (P < 0.0001) pour les trois
dernières feuilles (F3, F2 et F1). Entre les parcelles avec deux traitements et celles avec
un seul traitement, la différence est non significative seulement pour la F1, et
significative pour la F2 et la F3. Concernant la F2, c’est le traitement réalisé au stade
GS37 qui a assuré la meilleure protection de cette feuille. Pour la F3, la meilleure
protection a été réalisée par les variantes GS32+GS59, GS32 et GS37 (tableau 1-3-1).
Pour Dream, la différence est significative entre les parcelles témoins et celles traitées
mais le taux de la maladie enregistré sur les trois dernières feuilles témoins n’était pas
très important (ressemble au traitement GS59 de Bussard).
% de la surface foliaire presentant des
120
100
80
60
40
20
0
symptômes
GS32+GS59+N
GS59+N
GS32+GS59+N
GS59+N
control
GS32+GS59
GS59
control
GS32+GS59
GS59
control
GS32
GS37
GS39
GS59
control
GS32
GS37
GS39
GS59
control
GS32+GS59
GS32+GS59
GS31+GS59
GS37-39
GS59
control
GS31+GS59
GS37-39
GS59
control
GS32
GS37
GS39
GS59
GS41
GS32+GS59
1/2GS37+1/2GS59
Bussard Dream Bussard Dream Achat Drifter Achat
2000 2001 2002 2003
Everlange
F3 F2 F1
Figure 1-3- 11 : Variation de la septoriose en fonction des différentes variantes testées sur les trois
dernières feuilles (F3, F2 et F1) des variétés Bussard et Dream à Everlange pendant les années 2000
à 2003. Ces proportions représentent le niveau de la maladie enregistré entre la fin de la maturité
laiteuse et le début de la maturité pâteuse (GS77).
En 2002, la différence entre les parcelles témoins et celles traitées est hautement
significative (P < 0.001) pour Achat et Drifter. Cependant, entre les parcelles traitées, le
traitement réalisé au stade GS37-39 semble avoir une efficacité semblable à celle de
deux traitements pour la variété Achat. Le traitement réalisé au stade GS59 a eu un effet
par rapport au témoin mais avec une efficacité significativement moins importante que
les traitements GS39 et GS31+GS59 (tableau 1-3-1). Concernant Drifter, l’efficacité des
traitements GS37-GS39 et GS31+GS59 par rapport au traitement GS59 se distingue
seulement sur la F3. Pour les deux autres feuilles (F2 et F1), l’efficacité était
équivalente pour tous les traitements qui ont été réalisés.
En 2003, le traitement GS59, n’a eu aucune efficacité significative par rapport au
témoin pour les trois dernières feuilles (F3, F2 et F1). Le traitement réalisé au stade
GS31-GS32 a permis une protection efficace de la feuille F3. Par contre, cette
protection a été très négligeable pour F2 voir absente pour la F1. La meilleure efficacité
du traitement pour les trois dernières feuilles a été pendant la période GS41.
Partie I III-15
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
Tableau 1-3- 1 : Test de comparaison de Duncan entre les différentes variantes testées de 2000 à
2002 pour chacune des trois dernières feuilles (F3, F2 et F1). Les différentes lettres représente une
différence significative au seuil α = 0.05.
2000 2001 2002
Bussard Dream Bussard Dream Achat Drifter
F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3
Control A A A A A A A A A A A A A A A A A A
GS59 B B B B B B B B B B B B B B B B B B
GS32 B C C B B B
GS39 C C C
GS41 B C D B B B
GS31+GS59 B C C B B B B C D B B B C C C B B C
GS37 B D D B B B B B C
B. Etude du rendement
En 2000, la différence du rendement net pour Bussard est très hautement significative
(Pr > F = 0.0026, P < 0.01) entre les parcelles témoins et celles traitées. Cependant, la
différence entre les traitements n’est pas significative (figure 1-3-12 A). Le rendement
financier ne justifie pas le recours à 2 traitements pour Bussard. Les 2 traitements n’ont
pas garanti la couverture des frais de la production. La rentabilité de Bussard ne se
justifie financièrement que par le recours à un seul traitement (figure 1-3-12).
100
A
Rendement net en qx/ha
80
60
40
20
1100
Rendement financier en Euro/ha
B
900
700
500
300
GS32+GS59+N
GS32+GS59+N
GS32+GS59
GS32+GS59
GS31+GS59
GS37-GS39
GS31+GS59
1/2GS37+1/2GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS37-GS39
GS59+N
GS59+N
GS32
GS37
GS39
GS59
GS41
GS59
GS59
GS59
GS59
GS32
GS37
GS39
GS59
GS32
GS37
GS39
GS59
Control
Control
Control
Control
Control
Control
Control
Figure 1-3- 12 : Variation du rendement net en qx/ha (A) et du rendement financier en Euro/ha (B)
à Everlange pendant les années 2000 à 2003 en fonction des différentes variantes testées pour deux
variétés Bussard et Dream. Le rendement financier est calculé en se basant sur les données
suivantes : a) prix du blé à la vente est de 10.4 € /qx; .b) le prix de fongicide à l’hectare avec passage
oscille entre 65 € et 67.5 € ; c) le prix du régulateur à l’hectare avec passage est 32.5 € ; d) pour les
parcelles qui ont reçue en plus 40 N, le prix à l’hectare avec passage est de 40 €.
Concernant Dream (variété résistante), la différence entre les parcelles témoins et celles
traitées est à la limite de significativité. Le rendement financier ne diffère pas
significativement par rapport au témoin. En effet, Dream a été une variété très résistante
Partie I III-16
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
et la moins affectée par la septoriose par rapport à Bussard. Ces résultats semblent
confirmer notre analyse sur l’effet du traitement où l’importance du choix variétal a été
mentionnée.
En 2001, pour Bussard, la différence est significative entre les parcelles témoins et
celles avec traitement. Entre les différents traitements, la différence a été significative
(P < 0.05) entre le traitement réalisé au stade GS37 et les autres traitements. Ces
derniers ne sont pas différents entre eux. Ils diffèrent par rapport au témoin si la
différence est fixée à 6 qx/ha. L’analyse du rendement financier (figure 1-3-13) montre
que le traitement réalisé au stade GS37 est avantageux par rapport aux autres
traitements.
Pour Dream, aucune différence significative du rendement net n’a été enregistrée entre
les différents traitements testés par rapport au témoin. L’analyse du rendement financier
indique qu’aucun traitement testé n’a pu compenser les dépenses de l’achat des intrants.
En 2002, pour Achat la meilleure rentabilité économique a été assurée par le traitement
réalisé entre le stade GS37 et GS39. Les traitements GS59 et GS31+GS59 n’ont même
pas permis de compenser les dépenses de l’achat des intrants.
Pour la variété Drifter où le traitement réalisé entre les stades GS37 et GS39 a permis
d’assurer une meilleure rentabilité financière. Les traitement GS59 et GS31+GS59 ont
aussi une différence significative par rapport au témoin (P < 0.05). Cependant, l’analyse
du rendement financier a montré que le traitement réalisé entre les stades GS37 et GS39
a assuré un gain de plus de 80 Euro/ha par rapport au traitement épiaison (moins de
20 Euro/ha). En outre, les 2 traitements n’ont même pas permis de compenser les
dépenses de l’achat des intrants.
Gain de rendement
3000 A
2500
net en kg/ha
2000
1500
1000
500
0
200 B
Financière en Euro/ha
150
100
Gain et perte
50
0
-50
-100
-150
GS32+GS59+N
GS32+GS59+N
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS37-GS39
GS31+GS59
GS37-GS39
GS31+GS59
GS32+GS59
1/2GS37+1/2GS59
GS59+N
GS59+N
GS59
GS59
GS32
GS37
GS39
GS59
GS32
GS37
GS39
GS59
GS59
GS59
GS32
GS37
GS39
GS59
GS41
Control
Control
Control
Control
Control
Control
Control
Figure 1-3- 13 : Gain du rendement net à Everlange entre 2000 et 2003 des parcelles traitées par
rapport aux témoins en kg/ha (A) et le gain et la perte financière en Euro/ha par rapport aux
témoins (B). Les barres verticales représentent la variation d’Ecart-type. Le cercle représente la
variation au sein de Dream en 2001.
En 2003, le meilleur rendement net et financier (en €) a été assuré par le traitement
réalisé au stade GS41 (figure 1-3-13). Ce traitement dépasse les autres traitements
surtout GS32+GS59. Les traitements qui ont été réalisés au stade GS59, GS37 et les
deux demi doses apportées au stade GS37 (Sphère 0.5 l/ha) et GS59 (Horizon 0.5 l/ha)
ont abouti aussi à un gain de rendement.
Partie I III-17
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
Pour le traitement réalisé au stade GS39, il a été appliqué 4h juste avant une forte pluie.
Par conséquence cette pluie aurait affecté l’efficacité du produit (en comparaison par
rapport au traitement GS37 et GS41).
Pour quantifier l’importance économique de chaque traitement pendant les 4 années
d’essais, nous avons calculé en % le gain du rendement net de chaque traitement par
rapport au témoin (figure 1-3-14). Ces résultats montrent que pour les variétés sensibles,
le traitement permet de réaliser un gain net de plus de 25 % par ha par rapport au
témoin. Cependant, pour les variétés résistantes, ce gain ne dépasse pas 10 % dans les
meilleurs des cas. En plus, lorsque l’année est faible en septoriose comme c’était le cas
en 2001, le gain assuré par le traitement d’une variété résistante est très négligeable.
0
Chute de rendement net en %
-5
-10
-15
-20
-25 GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS37-GS39
GS31+GS59
GS37-GS39
GS31+GS59
GS32+GS59
1/2GS37+1/2GS59
GS32+GS59+N
GS32+GS59+N
GS59
GS59
GS32
GS37
GS39
GS59
GS32
GS37
GS39
GS59
GS59
GS59
GS32
GS37
GS39
GS59
GS41
GS59+N
GS59+N
control
Control
Control
Control
Control
Control
Control
Figure 1-3- 14: Pourcentage des gains de rendement net des différents traitements par rapport au
témoin à Everlange entre 2000 et 2003.
Cette étude montre aussi qu’un seul traitement appliqué à un stade bien précis assure un
meilleur gain non seulement par rapport au témoin mais aussi par rapport aux autres
traitements.
Donc, l’application d’un traitement fongicide est conditionnée par trois éléments
importants et indispensables :
• L’importance de l’inoculum primaire et la variation des conditions
météorologiques pendant la montaison ;
• Le choix des variétés : cette étude met en évidence une grande différence de
comportement entre Bussard (sensible) et Dream (résistante) ;
• Le stade de traitement en fonction de l’évolution de la maladie sur la F4 et la F3.
Il s’agit de déterminer un seuil de référence par rapport au niveau de maladie
enregistré sur la F4 et/ou la F3. ZADOKS (1985) a défini trois seuils important qui
consistent à relier la sévérité de la maladie à un stade donné particulier (celui qui
donne la meilleure relation) et les pertes de rendement : a) le seuil de dommage
qui correspond à la plus faible quantité de pathogène qui cause un dégât; b) le
seuil d’action qui est la quantité de maladie à partir de laquelle l’agriculteur doit
agir pour éviter que la population de pathogènes atteigne le seuil de dommage et
enfin c) le seuil d’avertissement qui est le seuil auquel l’agriculteur doit se
préparer à traiter. Seulement, faut-il prendre comme référence le niveau de
maladie ou la fréquence de feuilles malades ?
Pour répondre à cette question, nous avons comparé la relation existant entre le niveau
de maladie enregistré sur la F4 et la F3, au moment de l’application des traitements
GS37-GS39 et GS59 pour deux variétés Drifter et Achat, et le gain de rendement
Partie I III-18
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
(figure 1-3-15) ainsi que la relation qui relie la fréquence des populations F2 et F3
(pendant l’application des traitements GS37-GS39 et GS59) et le gain de rendement.
En se basant uniquement sur le taux de la maladie, le meilleur seuil de traitement est
enregistré lorsque le taux de la maladie ne dépasse pas 5% pour la F3 et 10 % pour la
F4. Mais le taux de la maladie enregistré sur la F4 (r2 = 0.89, P < 0.05) semble être un
meilleur indicateur que celui de F3. Cependant, la corrélation est plus importante en se
basant sur la fréquence des F3 malades que sur le taux de la maladie.
Enfin, d’autres recherches complémentaires devraient être réalisé dans l’avenir pour
approfondir cette question de seuil d’avertissement pour la septoriose en prenant en
compte les variétés. Ces seuils devraient être défini aussi pour les autres maladies
cryptogamiques telles que la rouille brune et l’oïdium.
100
30
% de la surface foliaire présentant des symptômes
80
40
10
20
7 12 17 7 12 17
Partie I III-19
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
F3 F2 F1
Reuland
100
80
% de la surface foliaire présentant des symptômes 60
40
20
0
GS39+GS59
GS39+GS59
GS39+GS59
GS39+GS59
GS32+GS59
GS32
GS37
GS39
GS59
GS41
GS37+1/2
Control
Control
Control
Control
control
1/2 dose
Bussard Dream Bussard Dream Flair
Emerange
80
60
40
20
0
GS45+GS59
GS39+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32
GS37
GS39
GS37+1/2
GS59 Opéra
control
Control
Control
Control
Control
Horizon
1/2 dose
GS59
Bussard Dream Bussard Dream Dekan
Figure 1-3- 16 : Variation de la septoriose en fonction des différentes variantes testées sur les trois
dernières feuilles (F3, F2 et F1) des variétés Bussard et Dream à Reuland et dans la Moselle
(Emerange) pendant les années 2000, 2001 et 2003. Ces proportions représentent le niveau de la
maladie enregistré entre la fin de la maturité laiteuse et le début de la maturité pâteuse.
En 2001, le double traitement fongicide (GS32+GS59) dans la Moselle n’a apporté
aucune protection significative par rapport au témoin même pour les variétés sensibles.
Ceci s’explique par la rareté de périodes pluvieuses qui ont été enregistrées dans ce site
et donc l’absence de maladie. Par contre, à Reuland, l’effet du traitement a été très
hautement significatif (P < 0.001) mais diffère énormément entre variétés (P < 0.001).
En effet, l’efficacité de 2 traitements ne se justifie que pour Bussard. Pour Dream,
aucune différence n’a été enregistrée entre le témoin et le double traitement
(GS32+GS59). L’analyse de l’efficacité de traitement par la procédure de Tukey qui
utilise le test de Student (HSD) montre que les 2 traitements n’ont eu aucun effet sur la
F1 de Bussard, la F1 et la F2 de Dream. Concernant la F2 de Bussard, un écart de 11 %
a été enregistré entre le témoin et traitements. Pour la F3, un écart de 31 % entre les
parcelles témoins et celles traitées a été enregistré pour Bussard et 7 % pour Dream.
L’analyse du rendement net (figure 1-3-17) n’indique aucune différence significative
(même pour les variétés sensibles) entre les 2 traitements et le témoin à Reuland et à
Emerange.
En 2003, la différence est hautement significative (P < 0.05) entre les différentes
variantes et le témoin à l’exception du traitement réalisé au stade GS59 (Opéra 1,5 l/ha)
à Christnach (Reuland) et celui réalisé avec Horizon 1l/ha à Emerange. Cependant, le
taux de la maladie enregistré sur la F2 et la F1 était très faible même sur les parcelles
témoins à Emerange.
Partie I III-20
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
90
80
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
2 trait
2 trait
2 trait
2 trait
2 trait
2 trait
Dream Bussard Dream Bussard Dream Bussard
2000 2001
Figure 1-3- 17 : Variation du rendement net en qx/ha à Reuland pendant les années 2000 à 2001 et
à Emerange en 2001 pour deux variétés Bussard et Dream.
L’analyse du gain de rendement net (kg/ha) et du rendement financier (Euro/ha) à
Christnach (figure 1-3-18), ne révèle aucune différence significative entre les différents
traitements et le témoin. Aucun traitement n’a pu compenser les dépenses des intrants.
Les parcelles témoins ont assuré une meilleure rentabilité financière par rapport aux
différents traitements.
Pour le site de Burmerange, c’est le traitement GS39 qui a assuré la meilleure
rentabilité économique et financière. Cette efficacité du traitement GS39 par rapport
aux autres variantes ne s’explique pas par la variation de la septoriose mais par sa
meilleure protection contre la rouille brune.
Témoin =998 €
Témoin =904 €
financier en Euro/ha
Gain de rendement
Gain de rendement
1600 -60
1400 -40
1200
en Kg/ha
-20
1000
800 0
600 20
400 40
200 60
0 80
32
37
39
45
59
9
9)
+5
+5
32
37
Figure 1-3- 18 : Gain du rendement net en Kg/ha à Christnach et Emerange en 2003 des parcelles
traitées par rapport aux témoins et le gain et la perte financière en Euro/ha par rapport aux
témoins .
Partie I III-21
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
Gain dederendement
Perte rendementen
en %
% du
du traitement par rapport
témoin par rapport au témoin
au traitement
0
-25 -20 -15 -10 -5 0
-20
-40
2
F3 R = 0,4752 -100
20
0
-10 -8 -6 -4 -2 -20 0
2
F1 R = 0,8 -40
B 2
F2 R = 0,57 -60
-80
F3 R2 = 0,325 -100
0
-16F1 R2 = 0,1574
-14 -12 -10 -8 -6 -4 -2 -10 0
-20
C F2 R2 = 0,1397
-30
-40
-50
-60
F3 R2 = 0,1377 -70
Figure 1-3- 19 : Relation entre l’amélioration des trois dernières feuilles et les gains en rendement
entre 2000 et 2003. A : Everlange ; B : Christnach ; C : Emerange.
En effet, à Christnach et Everlange, l’état sanitaire de F1 a beaucoup influencé la
définition du rendement finale. Les feuilles F2 et F3 ont moins influencé le rendement
final par rapport à F1 mais agissent indirectement sur l’état sanitaire de ce dernier étage.
A Emerange, la corrélation entre l’état sanitaire des trois dernières feuilles et la perte de
rendement a été beaucoup moins importante par rapport aux deux autres sites. Ceci
s’explique par le faible taux de maladie enregistré dans ce site pendant les années 2000
à 2003.
Pour déterminer la période la plus propice à la définition du rendement, nous avons
calculé l’AUDPC des trois dernières feuilles entre la fin de la floraison et la pleine
maturité pour chaque variante qui a été testée pendant les années 2000 à 2002 à
Everlange (figure 1-3-20). Cette analyse a montré une corrélation négative très
importante et significative entre l’AUDPC et le gain de rendement pour les variétés
susceptibles (Bussard, Achat) et pour les années à fortes potentialités de maladies (2000
et 2002). Donc, la définition du rendement dépend essentiellement de l’état des trois
dernières feuilles entre la fin de la floraison et la maturité.
En 2003, nos résultats (figure 1-3-21) confirment ceux des autres années d’étude et
montre que le rendement final se définit à partir de la fin de floraison. Entre deux
périodes (à partir de la floraison), c’est la variation de l’AUDPC de la septoriose et de la
surface verte qui affecte le rendement. Cependant, la période de floraison n’a pas trop
d’effet sur le rendement final. De plus, le rendement est affecté par l’état de la surface
verte pendant la période s’étalant entre la fin de floraison et fin de la maturité laiteuse et
non pas par celle de la maturité finale. En effet, la formation et le grossissement des
grains se font pendant la maturité laiteuse. Une réduction de la surface verte entraînera
une réduction de la photosynthèse. Pendant la phase de la maturité laiteuse, nous
Partie I III-22
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
remarquons (figure 1-3-21 D) une relation entre d’une part, le taux de la septoriose et le
gain de rendement et d’autre part entre la surface verte et le gain de rendement.
Ces perturbations liées au parasite, affectent l’interception lumineuse et le processus de
photosynthèse (MADEIRA et al., 1994). Donc, l’état sanitaire de la feuille pendant la
période de la maturité laiteuse a une relation directe avec le gain de rendement. Dans
cette étude, notre analyse s’est basée uniquement sur la surface verte exprimée en %.
Nous estimons que la surface verte exprimée par unité de surface mesurée en m2
pourrait apporter une grande contribution lorsqu’il s’agit de comparer un ensemble de
variétés. Les dimensions des surfaces foliaires sont différentes entre variétés.
2000 0
1800
1400 600
1200
800
1000
1000
800
600 1200
400 1400
200 1600
0 1800
GS32+GS59+N
GS32+GS59+N
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS37-GS39
GS31+GS59
GS37-GS39
GS31+GS59
GS59+N
GS59+N
Control
Control
Control
Control
Control
GS59
GS59
GS32
GS37
GS39
GS59
GS32
GS37
GS39
GS59
GS59
GS59
control
F1 F2 F3 Gain de rendement
2000 2001 2002
F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3
Achat -0,96 -0,95 -0,96
Bussard -0,92 -0,92 -0,73 -0,75 -0,80 -0,86
Dream -0,65 -0,72 -0,80 -0,44 -0,45 -0,42
Drifter -0,87 -0,9 -0,9
Figure 1-3- 20 : Variation de l’AUDPC des trois dernières feuilles (F3, F2, F1) et le gain de
rendement en kg/ha à Everlange entre 2000 et 2002.
Partie I III-23
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
% de la surface septoriée
120 0
% de la surface verte
100 20
80 40
60 60
40 80
20 100
0 120
GS32+GS59
Témoin
GS32+GS59
Témoin
GS32+GS59
Témoin
GS32
GS37
GS39
GS59
GS41
GS32
GS37
GS39
GS59
GS45
GS32
GS37
GS39
GS59
F3M F2M F1M F3SV F2SV F1SV RDT
B
80 0
60 5
40 Everlange Christnach Burmerange 10
20 15
20
0
25
-20
30
-40
35
-60 40
-80 45
-100 50
120
100 C
80
60
40 Everlange Christnach B urmerange
20
0
-20
-40
-60
-80
-100
-120
GS32+GS59
Témoin
GS32+GS59
Témoin
GS32+GS59
Témoin
GS32
GS37
GS39
GS59
GS41
GS32
GS37
GS39
GS59
GS45
GS32
GS37
GS39
GS59
Everlange Christnach Burmerange
D Date
S SV S SV S SV S SV S SV
Figure 1-3- 21 : Relation gain de rendement maladie en 2003. A/% de Surface verte (SV) et
maladie (M) sur les trois dernières feuilles au stade GS77 (23 juin).B/Evolution de la septoriose (%)
et réduction de la surface verte (%) enregistrée entre fin floraison (GS69) et maturité laiteuse en
relation avec le gain de rendement. C/ Evolution de la septoriose (%) et réduction de la surface
verte (%) enregistrée entre fin de maturité laiteuse et maturité pâteuse. D/ corrélation
(* : significatif au seuil de 5%) entre septoriose, surface verte avec le gain de rendement dans les
trois sites d’essais.
Partie I III-24
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
Partie I III-25
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
100
80
70
60
50
40
30
20
10
0
05-juin-00
15-juin-00
22-juin-00
5-juin-00
15-juin-00
22-juin-00
29-juin-00
5-juin-00
15-juin-00
22-juin-00
29-juin-00
9-juil-00
15-juin-00
22-juin-00
29-juin-00
9-juil-00
12-juil-00
5-juin-00
15-juin-00
5-juin-00
15-juin-00
26-juin-00
5-juin-00
15-juin-00
26-juin-00
15-juin-00
26-juin-00
10-juil-00
08-mai-00
11-mai-00
18-mai-00
29-mai-00
08-mai-00
11-mai-00
18-mai-00
29-mai-00
22-mai-00
29-mai-00
8-mai-00
22-mai-00
29-mai-00
15-mai-00
29-mai-00
29-mai-00
F5 F4 F3 F2 F1 F5 F4 F3 F2 F1
Everlange Reuland
2000
100
Les barres
90 représentent l'écart
% de la surface foliaire présentant des symptômes de S.tritici
70
60
50
40
30
20
10
0
7-juin-01
18-juin-01
25-juin-01
7-juin-01
18-juin-01
25-juin-01
28-juin-01
2-juil-01
25-juin-01
2-juil-01
5-juil-01
9-juil-01
19-juil-01
2-juil-01
5-juil-01
9-juil-01
12-juil-01
19-juil-01
5-juin-01
11-juin-01
25-juin-01
2-juil-01
9-juil-01
25-juin-01
2-juil-01
9-juil-01
19-juil-01
2-juil-01
9-juil-01
19-juil-01
4-mai-01
10-mai-01
21-mai-01
28-mai-01
10-mai-01
21-mai-01
28-mai-01
23-avr-01
7-mai-01
21-mai-01
7-mai-01
21-mai-01
28-mai-01
F5 F4 F3 F2 F1 F5 F4 F3 F2 F1
Everlange Reuland
2001
F5 F4 F3 F2 F1 F5 F4 F3 F2 F1
00 624 620 1204 1134 835 743 813 532 479 82 908 626 1568 1419 497 747 1031 135 223 44
V
01 1457 1769 288 416 460 120 460 223 202 14 954 1038 15 35 231 110 127 44 6 5
00 6 12 10 21 15 4 6 6 6 4
D
01 6 10 6 7 5 4 5 5 5 4
00 0.2 0.5 0.9 -2.1 -2.9 0.6 -2.6 1.4 -2.6 -4
St
01 -0.2 -1.4 0.7 2.4 2.9 0.1 -0.9 0.5 0.8 0.6
00 0.8 NS 0.6 NS 0.4 NS 0.05 * 0.01 ** 0.6 NS 0.6 NS 0.2 NS 0.04 * 0.02 *
P
01 0.8 NS 0.2 NS 0.5 NS 0.05 * 0.03 * 0.9 NS 0.4 NS 0.6 NS 0.4 NS 0.6 NS
00 2.4 2 2 2.1 2.1 2.8 2.4 2.4 2.4 2.8
VC
01 2.4 2 2.4 2.4 2.6 2.8 2.6 2.6 2.6 2.8
Figure 1-3- 22 : Variation du % de la surface foliaire présentant des symptômes de Septoria tritici
de Bussard et des écarts (barres verticales) de cette dernière variété par rapport à Flair à
Everlange et Reuland en 2000 et 2001. Les résultats du tableau représentent les résultats
statistiques (Test d'égalité des espérances: deux observations de variances différentes) avec la
variance (V) calculée pour chaque feuille de Bussard (1ere colonne) et Flair (2éme colonne), degré de
liberté (D), Statistique t (St), probabilité P (T< = t) bilatéral (P), Valeur critique de t bilatéral (VC).
NS = non significatif (P > 0.05), *=significative (P < 0.05), **=hautement significative (P < 0.01).
Partie I III-26
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
F2
300
AUDPC Standard
5-22juin
200
H% 21h, Pluie =13.3mm
19mai-6juin
100
F1
12-29mai
IV. Conclusion
La septoriose des feuilles causée par S. tritici [ROBBINS & DESMAZIERES] (téléomorphe
M. graminicola) est la principale maladie affectant le blé d’hiver (Triticum aestivum) au
Grand-duché du Luxembourg (EL JARROUDI et al., 2001 ; EL JARROUDI et al., 2002). Elle
peut causer une perte de rendement de 20 à 30 %, selon les conditions météorologiques
et les conditions culturales, particulièrement le choix variétal.
La mise en application d’une agriculture de précision repose sur la compréhension des
besoins de chaque variété en périodes humides pour les 5 étages foliaires (F5 à F1).
En effet, cette étude a montré l’importance du choix variétal dans toute stratégie de
traitement (le meilleur exemple est la variation entre Bussard et Dream). En plus du
choix variétal, cette étude a montré que le recours à plusieurs traitements (2 traitements)
basés uniquement sur le stade phénologique n’apporte aucune justification financière
par rapport à un seul traitement bien ciblé. Pour les années à faible potentiel de
septoriose, le recours à 2 traitements ne couvre même pas les prix des intrants d’où la
nécessité de mettre en place un système d’avertissement pour cette maladie au
Grand-Duché de Luxembourg pour cibler le moment optimum du traitement.
Partie I III-27
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
1-3-1 : Test de comparaison de Duncan entre les différentes variantes testées de 2000 à 2002 pour chacune des trois
dernières feuilles (F3, F2 et F1). Les différentes lettres représente une différence significative au seuil α = 0.05.. …..III-16
FIGURES
1-3-1 : Variation de la septoriose en 1999 à Everlange en fonction de variétés pendant la maturité laiteuse (GS72) :
A/ 2 traitements, le 1er est Allegro (1 l/ha) appliqué le 12 mai 1999, le 2ème est Opus Team (1.5 l/ha) appliqué le
5 juin 1999 avec un raccourciseur Cycocel (0.5 l/ha) appliquée le 20 avril 1999 ;B/ un seul traitement Allegro
(1l/ha) appliqué le 24 mai 1999 avec un raccourcisseur Cycocel (0.5 l/ha) appliqué le 20 avril 1999 ;C/ Témoin
sans traitement et sans raccourciseur, D/ Test variétal sans traitement ni raccourcisseur (des lettres minuscules
différentes indiquent une différence variétale significative au seuil α = 5 %). .. ………………………………………..III-4
1-3-2 : Evolution de la septoriose à Everlange pendant les années 2000, 2001, 2002 et 2003 sur les feuilles du blé en
fonction du stade de croissance selon ZADOCKS et al.(1974) et les variétés ainsi que la pluie enregistrée pendant
ces années. En 2000 et 2001, B et D représentent respectivement Bussard et Dream. En 2002, A et Dr
représentent respectivement Achat et Drifter. Les flèches (noir : Bussard en 2000 et 2001 et Drifter en 2002 ;
orange : Dream en 2000 et 2001 et Achat en 2002) représentent le moment de formation des trois dernières
feuilles........................................................................................................................................................……………….III-5
1-3-3 : Ecart de l’AUDPC relative de Dream par rapport à Bussard prise comme référence (100%). Exemple à
Everlange en 2001. ………………………………………………………………………………………………………III-7
1-3-4 : Evolution de la septoriose à Reuland pendant les années 2000, 2001 et à Christnach en 2003 sur les feuilles du
blé en fonction du stade de croissance selon Zadocks et al. 1974 et des variétés. En 2000 et 2001, B et D
représentent respectivement Bussard et Dream. Les flèches (noir : Bussard ; orange : Dream) représentent le
moment de formation des trois dernières feuilles. .. ……………………………………………………………………..III-8
1-3-5 : Evolution de la septoriose dans la Moselle pendant les années 2000, 2001 et en 2003 sur les feuilles du blé en
fonction du stade de croissance selon ZADOKS et al. (1974) et des variétés. En 2000 et 2001, B et D représentent
respectivement Bussard et Dream. Les flèches (noir : Bussard ; orange : Dream) représentent le moment de
formation des trois dernières feuilles. ………………………………………………………………………………….III-10
1-3-6: Variation de la distance entre les feuilles en 2000 dans les trois sites d’essai à deux dates pour deux variétés
Bussard (B) et Dream (D)...…………………………………………………………………………………………….III-11
1-3-7 : Relation entre les jours pluvieux, le taux de symptômes enregistré sur les trois feuilles de base (F5, F4 et F3) de
Bussard (variété sensible) et le moment de formation des trois dernières feuilles (F3, F2 et F1) dans la Moselle
en 2001. Les flèches représentent le moment de formation de chacune des trois dernières feuilles. .…………………III-11
1-3-8 : Comparaison des années par le test de Tukey en fonction du taux de maladie enregistrée sur les trois dernières
feuilles (F3, F2 et F1) à la fin de la maturité laiteuse dans les trois sites d’essai. La différence de lettre représente
une différence significative au seuil de 5 %...………………………………………………………………………….III-12
1-3-9 : Variation simultanée de la surface verte et de la septoriose des trois dernières feuilles de Bussard en 2001 à
Everlange en fonction du nombre de jours après l’émergence de F1... ………………………………………………..III-13
1-3-10 : Variation de la surface verte en 2003 : A- Résultats de l’ajustement de l’évolution de la septoriose et la chute de
la surface verte à Everlange. B- Evolution de la surface verte entre la fin de l’émergence de la dernière feuille F1
jusqu’à la dégradation totale d’Achat (Everlange), de Bussard (Reuler), de Dekan (Burmerange) et de Flair
(Christnach). ……………………………………………………………………………………………………………III-14
1-3-11 : Variation de la septoriose en fonction des différentes variantes testées sur les trois dernières feuilles (F3, F2 et
F1) des variétés Bussard et Dream à Everlange pendant les années 2000 à 2003. Ces proportions représentent le
niveau de la maladie enregistré entre la fin de la maturité laiteuse et le début de la maturité pâteuse (GS77). ...……..III-15
1-3-12 : Variation du rendement net en qx/ha (A) et du rendement financier en Euro/ha (B) à Everlange pendant les
années 2000 à 2003 en fonction des différentes variantes testées pour deux variétés Bussard et Dream. Le
rendement financier est calculé en se basant sur les données suivantes : a) prix du blé à la vente est de 10.4
€ /qx; .b) le prix de fongicide à l’hectare avec passage oscille entre 65 € et 67.5 € ; c) le prix du régulateur à
l’hectare avec passage est 32.5 € ; d) pour les parcelles qui ont reçue en plus 40 N, le prix à l’hectare avec
passage est de 40 €........................................................................................................................................……………III-16
1-3-13 : Gain du rendement net à Everlange entre 2000 et 2003 des parcelles traitées par rapport aux témoins en kg/ha
(A) et le gain et la perte financière en Euro/ha par rapport aux témoins (B). Les barres verticales représentent la
variation d’Ecart-type. Le cercle représente la variation au sein de Dream en 2001. .. ………………………………..III-17
1-3-14: Pourcentage des gains de rendement net des différents traitements par rapport au témoin à Everlange entre 2000
et 2003.…………………………………………………………………………………………………………………..III-18
1-3-15 : Variation du gain de rendement en qx/ha en fonction du taux de symptômes enregistrés sur la F3 et la F4 et la
fréquence de la population des F3 malades au moment de l’application des traitements GS37-GS39 et GS59. Les
cercles représentent le meilleur seuil de préférence.... …………………………………………………………………III-19
1-3-16 : Variation de la septoriose en fonction des différentes variantes testées sur les trois dernières feuilles (F3, F2 et
F1) des variétés Bussard et Dream à Reuland et dans la Moselle (Emerange) pendant les années 2000, 2001 et
2003. Ces proportions représentent le niveau de la maladie enregistré entre la fin de la maturité laiteuse et le
début de la maturité pâteuse. ...…………………………………………………………………………………………III-20
1-3-17 : Variation du rendement net en qx/ha à Reuland pendant les années 2000 à 2001 et à Emerange en 2001 pour
deux variétés Bussard et Dream. .....……………………………………………………………………………………III-21
1-3-18 : Gain du rendement net en Kg/ha à Christnach et Emerange en 2003 des parcelles traitées par rapport aux
témoins et le gain et la perte financière en Euro/ha par rapport aux témoins ... ………………………………………III-21
1-3-19 : Relation entre l’amélioration des trois dernières feuilles et les gains en rendement entre 2000 et 2003. A :
Everlange ; B : Christnach ; C : Emerange. ……………………………………………………………………………III-22
1-3-20 : Variation de l’AUDPC des trois dernières feuilles (F3, F2, F1) et le gain de rendement en kg/ha à Everlange
entre 2000 et 2002. .....………………………………………………………………………………………………….III-23
Partie I III-28
THÈSE DE DOCTORAT - Partie I - Chapitre III
1-3-21 : Relation gain de rendement maladie en 2003. A/% de Surface verte (SV) et maladie (M) sur les trois dernières
feuilles au stade GS77 (23 juin).B/Evolution de la septoriose (%) et réduction de la surface verte (%) enregistrée
entre fin floraison (GS69) et maturité laiteuse en relation avec le gain de rendement. C/ Evolution de la
septoriose (%) et réduction de la surface verte (%) enregistrée entre fin de maturité laiteuse et maturité pâteuse.
D/ corrélation (* : significatif au seuil de 5%) entre septoriose, surface verte avec le gain de rendement dans les
trois sites d’essais. ..........……………………………………………………………………………………………….III-24
1-3-22 : Variation du % de la surface foliaire présentant des symptômes de Septoria tritici de Bussard et des écarts
(barres verticales) de cette dernière variété par rapport à Flair à Everlange et Reuland en 2000 et 2001. Les
résultats du tableau représentent les résultats statistiques (Test d'égalité des espérances: deux observations de
variances différentes) avec la variance (V) calculée pour chaque feuille de Bussard (1ere colonne) et Flair (2éme
colonne), degré de liberté (D), Statistique t (St), probabilité P (T< = t) bilatéral (P), Valeur critique de t bilatéral
(VC). NS = non significatif (P > 0.05), *=significative (P < 0.05), **=hautement significative (P < 0.01)....………..III-26
1-3-23 : Variation de l’AUDPC de F1 et F2 de Flair en 2000 à Everlange et les principales périodes d’infections. H
représente le nombre d’heures d’humidité de la classe comprise entre 90 et 100 %. .....………………………………III-27
PHOTOS
1-3-1 : Différentes phases de la récolte réalisées en collaboration avec le Lycée Technique Agricole d’Ettelbrück : A-
La moissonneuse récolte le blé à l’échelle de chaque parcelle. B - Calcul du poids de grains à la parcelle. .....………..III-3
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Partie I III-30
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
CHAPITRE IV
I. Introduction
La rouille brune, dont l’agent est Puccinia recondita f.sp. tritici, est responsable de
pertes fréquentes et importantes du rendement en Europe du Nord (BURLEIGH et al.,
1972; SCHOLES, 1992 ). Plusieurs auteurs ont signalé le besoin d’évaluer très tôt
quantitativement les conséquences des altérations provoquées par le champignon sur la
plante hôte. Bien que les fonctions physiologiques de la réponse de la feuille aux
maladies ont été largement étudiées comme des effets globaux, la quantification précise
des symptômes de la maladie et de l’ampleur des dégâts subis par la plante hôte est
souvent insuffisante dans la littérature pour la modélisation de ces processus.
Ce champignon entraîne le plus souvent une baisse de la photosynthèse des tissus
infectés. Lorsque la maladie progresse, le rapport chlorophylle a /chlorophylle b
diminue (MAC GRATH & PENNYPACKER, 1990). La perte d’eau accélérée a été
généralement attribuée à la rupture de l’épidémie provoquée par le pathogène au
moment de la sporulation, tandis que la réduction d‘activité photosynthétique
provoquerait une augmentation de la concentration interne de CO2 impliquant la
fermeture des stomates, une augmentation de la résistance foliaire, et donc une
diminution de la transpiration (BETHENOD et al., 2001). La perturbation de la
photosynthèse par la rouille brune a été quantifiée dans plusieurs études mais les
résultats sont assez contradictoires. Selon les travaux de SHTIENBERG (1992) au champ,
P. recondita a une action légèrement plus grande que son effet visible. SHTIENBERG
(1992) considère que la rouille brune modifie la photosynthèse de 20 % à 40 % dans un
couvert mais seulement très peu la respiration.
La nuisibilité causée par la rouille brune est plus difficile à aborder car les symptômes
développés sont complexes, ce qui rend plus délicat l’établissement des relations entre
eux et les dommages. Cette difficulté apparaît clairement à travers les résultats
Partie I IV- 1
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
Partie I IV- 2
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
III- Résultats
III.1. Année 1999
Des étages foliaires présentant des lésions sporulantes de Puccinia recondita ont été
quantifiés à partir de l’épiaison à Everlange en 1999. Cependant, la répartition de la
maladie était très hétérogène (figure 1-4-1) et la différence entre variétés était très
hautement significative (P < 0.001).
50 0
45 5
% de la surface foliaire présentant
des symptômes de rouille brune
40 10
30 20
25 25
20 30
15 35
10 40
5 45
0 50
F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3
GS70 GS77 GS69 GS75 GS67 GS72 GS65 GS70 GS67 GS72 GS65 GS70 GS62 GS70 GS65 GS70 GS65 GS72 GS69 GS72
Aristos Aron Astron Batis Bussard Flair Ritmo Sponsor Vivant Urban
Figure 1-4- 1 : Variation de la rouille brune et la rouille jaune dans chacun des trois étages foliaires
supérieurs à Everlange en fonction de variétés en 1999. Echelle en abscisse correspond
respectivement aux trois dernières feuilles, stades phénologiques selon ZADOKS et al. (1974) et les
variétés.
La différence de comportement variétal a été nettement remarquable en 1999 à
Everlange. Ainsi, la variété Aristos, ne présentait aucun symptôme de la rouille brune
pendant toute la période d’observation, tandis que Bussard se distinguait déjà nettement
par sa grande susceptibilité des autres variétés à l’épiaison. Au stade maturité laiteuse,
la maladie a atteint un niveau important de son expansion. En 1999, une compétition
très importante a été observée entre les deux rouilles (jaune et brune) pour envahir les
surfaces vertes. Les trois dernières feuilles d’Aristos et Urban (figure 1-4-1) ont été
envahies par les deux champignons.
III.2.1. Everlange
La rouille brune a été spectaculaire à Everlange en 2000 surtout pour Ritmo et Bussard.
Le maximum de la maladie a été enregistré au début de la maturité laiteuse pour F3 et
au début de la maturité pâteuse pour F2 et à la fin de la maturité pâteuse pour F1
(photo 1-4-1, figure 1-4-2).
Partie I IV- 3
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
Everlange
80
60 F1
40
% de la surface foliaire présentant des symptômes 20
0
80 F2
60
40
20
35
30 F3
25
20
15
10
5
0
15- 29- 5- 15- 19- 22- 29- 3-juil 5- 15- 19- 22- 29- 3-juil 11- 28- 9-juil 12- 11- 28- 9-juil 12- 24- 1-juil 4-juil 24- 1-juil 4-juil 23- 30- 7-juil
mai mai juin juin juin juin juin juin juin juin juin juin juin juin juil juin juin juil juin juin juin juin
Moselle F1
100
80
% de la surface foliaire présentant des symptômes
60
40
20
0
F2
80
60
40
20
0
40
35
30
25 F3
20
15
10
5
0
5-juin 15-juin 22-juin 5-juin 15-juin 22-juin 3-juil 5-juin 9-juil 5-juin 9-juil 10-juin 16-juin 23-juin 30-juin 7-juil
Reuland
20 F1
15
10
% de la surface foliaire présentant des symptômes
5
0
25
20 F2
15
10
5
0
25
20 F3
15
10
5
0
5-juin 15-juin 22-juin 3-juil 5-juin 15-juin 22-juin 3-juil 25-juin 2-juil 9-juil 25-juin 2-juil 9-juil 19-juil 16-juin 30-juin 7-juil
Figure 1-4- 2 : Variation de la rouille brune sur les trois dernières feuilles entre 2000 et 2003 à
Everlange, la Moselle et à Reuland. N.B : pour une question de précision les échelles sont différents
entre les différents graphiques.
Partie I IV- 4
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
Photo 1-4- 1 : Symptômes de la rouille brune en 2000 à Everlange et dans la Moselle luxembourgeoise.
Le comportement variétal a été nettement distingué à Everlange (P < 0.001). La
classification de Duncan (méthode basée sur l’analyse de la variance proc ANOVA du
logiciel SAS) a révélé un comportement qui tend vers la résistance pour Dream et Flair
en 2000 et 2001 (figure 1-4-3). Ritmo a été la variété la plus attaquée suivi de Bussard.
La procédure Lifereg a confirmé la classification établie par la méthode de Duncan.
Maturité
Maturité laiteuse (GS77) Maturité
Maturité pâteuse (GS87)
présentant des symptômes
60 Procé
Procédure Duncan
P=0.05
% de la surface foliaire
50
40
P=0.2
30
20 P<0.001 P<0.001 P<0.001 P<0.001
10
0
c c b a c b a a
1
d’écart par rapport à Ritmo
Estimation du coefficient
0
-1
-2 Procé
Procédure Lifereg
-3
-4
Dream FLAIR Bussard Ritmo Dream FLAIR Bussard Ritmo
2000 2001
Figure 1-4- 3 : Classification selon la procédure Duncan (haut) et Lifereg (bas) des variétés en fonction de
l’intensité de la maladie enregistrée sur F1 et F2 à Everlange au stade maturité laiteuse en 2000 et au stade
maturité pâteuse en 2001. La procédure Lifereg consiste à comparer les coefficients estimés par une régression
par rapport à la valeur zéro pour une variété de référence (Ritmo dans notre cas). Pour chaque année, les
lettres différentes représentent une différence significative et la valeur de la probabilité calculée est donnée en
haut de la figure au seuil de 5 % et 1 %.
Partie I IV- 5
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
années 60. Elle a été modélisée soit par un modèle puissance (GREGORY, 1968 ; MUNDT
& LEONARD, 1985), soit par un modèle exponentiel (KIYOSAWAS & SHIYOMI, 1972).
Figure 1-4- 4 : Situation de la rouille brune à Everlange pendant le stade de maturité laiteuse en 2000.
Ces études ont modélisé des gradients, aplatis dans la direction des vents dominants,
traduisant le dépôt progressif des spores à partir du foyer. EVERSMEYER & KRAMER
(1980) ont montré l’importance de l’orientation du vent dans la dispersion des spores de
rouille à 15 cm au-dessus du couvert, résultat qui a été confirmé par les travaux de
ROELS & MARTELL (1984).
En 2001, la maladie a été tardive par rapport à 2000 et son taux de multiplication a
atteint le maximum au stade maturité pâteuse (figure 1-4-2). En 2002 et 2003, la rouille
brune a été tardive et très négligeable à Everlange.
III.2.2. Moselle
En Moselle luxembourgeoise, la rouille brune constitue la principale maladie du blé
d’hiver. Cette maladie a été quantifiée pendant les deux campagnes de mesure
(2000 et 2001) qui ont été réalisée dans le cadre de cette thèse et en 2003 dans le cadre
du projet Sintama coordonné par le Centre de Recherche Publique Gabriel Lippmann
(figure 1-4-2).
En 2000, cette maladie a été repérée avec des taux de multiplication des symptômes très
importants sur les plants situés dans la première ligne du champ par rapport à ceux qui
se trouvaient à l’intérieur, où la maladie était très négligeable.
L’hypothèse la plus plausible est la variation de la nutrition minérale entre les deux
parties du champ qui a coïncidé avec une variété susceptible et les conditions
météorologiques favorables.
Pour répondre à cette question, nous avons analysé le 19 juin 2000 (début de la maturité
du blé) des échantillons de sol des parcelles de la première ligne du champ avec des
échantillons issus de l’intérieur du champ (cf. chapitre I de cette partie pour les résultats
d’analyses).
Les résultats de notre quantification montrent que la maladie était plus importante dans
les parcelles avec une dose de P2O5 de 34 mg/100 g du sol (première ligne) qu’avec une
dose de phosphore de 8 mg /100 g du sol (figure 1-4-5).
Partie I IV- 6
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
700
P2O5 = 34 mg/100 g du sol P2O5 = 9 mg/100 g du sol
Azote miné
minéral = 55 kg/ha/100 g du sol Azote miné
minéral = 47 kg/ha/100 g du sol
600
500
Valeurs de l’AUDPC
400
300
200
100
0
F3 F2 F1 F3 F2 F1 F3 F2 F1 F3 F2 F1 F3 F2 F1 F3 F2 F1 F3 F2 F1 F3 F2 F1
Figure 1-4- 5 : Variation de l’AUDPC standard entre les parcelles avec une dose de P2O5 de
34 mg/100 g du sol et une dose de phosphore de 8 mg/100 g du sol.
En effet, la rouille brune est un parasite biotrophe qui ne se développe que sur les tissus
vivants et ne peut donc s’étendre sur les tissus contaminés et tués par un autre parasite
(ROBERT, 2003). La forte dose de phosphore dans les premières lignes a favorisé une
croissance assez importante des plantes. (cf. Partie I, chapitre VII de cette thèse,
figure 1-3-3) ainsi qu’une grande densité foliaire. Avec cette hauteur atteinte, les plantes
ont plus tendance à se chevaucher et à ombrager la couverture végétale (entre la F1 et
les feuilles situées à la base, F1 est la dernière feuille formée), ce qui a crée une
humidité ambiante entre les plantes favorable au parasite. De plus, ROBERT (2003),
suggère que la densité foliaire est le facteur principal de la dispersion des spores de
rouille brune.
La rouille brune a été plus importante en 2000 qu’en 2001 où seule la variété Bussard a
été affectée par la maladie avec un maximum de multiplication enregistré pendant la fin
de maturité pâteuse (9 juillet 2001). Pendant 2000 et 2001, la rouille brune a été
enregistrée à des stades tardifs du blé d’hiver mais en 2003, la présence de la maladie a
été enregistrée dès l’épiaison (figure 1-4-2).
La variation de la maladie est statistiquement très hautement significative entre les sites.
Ce qui implique que le microclimat de chaque site favorise l’effet régional de certaines
maladies.
III.2.3. Reuland
A Reuland, la maladie a été observée en 2000 et 2001 mais avec un taux inférieur à
celui enregistré à Everlange et dans la Moselle. En 2003, le taux de maladie a été plus
important à Reuland qu’à Everlange.
Partie I IV- 7
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
A Everlange en 2000, la maladie était très précoce, elle a déjà été détectée à l’épiaison
et donc les traitements GS59 (Allegro 1 l/ha) et GS59+40N ont eu un effet sur les
périodes survenues après l’épiaison. Les résultats du test de Tukey révèlent que tous les
traitements appliqués à Everlange ont eu un effet significatif par rapport au témoin.
Aucune différence significative n’a été révélée entre les traitements (figure 1-4-6).
Le double traitement fongicide dans la Moselle (GS45 + GS59) et à Reuland
(GS39 + G59) a assuré une bonne protection des trois dernières feuilles.
En 2001, la maladie était très tardive par rapport à l’année 2000 dans les trois sites
étudiés. Un traitement précoce réalisé au stade GS32 (Allegro 1 l/ha) à Everlange, n’a
eu aucun effet sur la protection des feuilles F1 et F2 (ces dernières n’avaient pas encore
été émergées à ce stade). Le niveau de la maladie sur ces deux dernières feuilles est
proche ou légèrement supérieur au témoin à la maturité. Les deux traitements réalisés au
stade GS32 (Opus team 1.5 l/ha) et au stade GS59 (Allegro 1 l/ha) ont assuré une bonne
protection des trois dernières feuilles dans les trois sites d’essai.
En 2003, tous les traitements réalisés à partir du stade GS37 avec Opéra 1.5 l/ha ont
assuré une bonne protection des trois dernières feuilles à Everlange et Christnach.
Aucune différence significative n’a été enregistrée entre le traitement qui a été réalisé au
stade GS32 (Opéra 1.5l/ha) et le témoin. Enfin, en Moselle (figure 1-4-6), ce sont
surtout les traitements tardifs réalisés à partir du stade GS39 et les doubles traitements
qui ont assuré une bonne protection des trois dernières feuilles.
A Everlange, la relation entre le rendement relatif (%) (le rendement relatif des parcelles
traitées est calculé par rapport au témoin qui représente 100 %) des parcelles ayant reçu
le traitement fongicide et la différence de maladie (moyenne des trois dernières feuilles)
par rapport au témoin pendant la maturité révèle l’importance de réaliser un traitement
contre cette maladie en 2000 et 2001 (figure 1-4-7 A). En 2002, le niveau de maladie
était très négligeable et aucun traitement ne se justifiait.
La différence variétale se remarque nettement en 2000 et 2001 à Everlange entre les
variétés très sensibles telles que Bussard et Ritmo et les variétés résistantes telles que
Flair et Dream.
A Reuland en 2001, seul Bussard présente des pourcentages significatifs de la maladie
par rapport aux parcelles traitées. La relation du rendement relatif (%) et la différence
de la maladie par rapport au témoin mettent en évidence cette relation (figure 1-4-7 B).
En Moselle luxembourgeoise, la relation entre le rendement relatif (%) et la différence
de la maladie en % par rapport au témoin indique une efficacité du traitement
seulement sur Ritmo en 2000 et Bussard en 2001 (figure 1-4-7 C).
En 2003, le meilleur gain de rendement par rapport au témoin est obtenu par le
traitement GS39 qui se démarque nettement des autres traitements appliqués
(figure 1-4-7 D). Ce traitement a assuré la meilleure rentabilité économique et
financière en Moselle en 2003.
Partie I IV- 8
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
Début maturité
maturité laiteuse (GS72) Maturité
Maturité pâteuse (GS85) Maturité
Maturité pâteuse (GS87)
15 juin 2000 9 juillet 2001 7 juillet 2003
présentant des symptômes 35 a
a Everlange
% de la surface foliaire
30 a
25
20 a a a a
15 b
10 a b c a a
5 b b b b b b b b b c c c b b b b b b b b b b a b b a a b b b b b a a aa a a a
b b
0
GS32+GS59+ 40N
40N
40N
GS31+GS59+40N
GS31+GS59+40N
GS31+GS59+40N
GS31+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS59 + 40N
+ GS59
GS59 + 40N
+ GS59
GS59 + 40N
+ GS59
+ GS59
+ GS59
+ GS59
+ GS59
+ GS59
+ GS59
GS32
GS32
GS32
GS32
GS32
GS32
GS59
GS59
GS59
GS31
GS37
GS39
GS59
GS31
GS37
GS39
GS59
GS31
GS37
GS39
GS59
GS31
GS37
GS39
GS41
GS59
GS31
GS37
GS39
GS41
GS59
GS31
GS37
GS39
GS41
GS59
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
GS32+GS59+
GS32+GS59+
GS32
GS32
GS32
GS32
GS32
GS32
GS32
GS32
GS32
F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3
Début de maturité
maturité Début de maturité
maturité Maturité
Maturité pâteuse (GS85) 7 juillet 2003
laiteuse (GS70) pâteuse (GS82)
15 juin 2000 9 juillet 2001
25 a
présentant des symptômes
% de la surface foliaire
20 a Reuland
a
15 a
b a
10 a
a
c
5 c c c c b b a
b b b b a b b
b b b b b b
0
GS39+GS59
GS39+GS59
GS39+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS31
GS37
GS39
GS45
GS59
GS31
GS37
GS39
GS45
GS59
GS31
GS37
GS39
GS45
GS59
GS32
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
GS32
GS32
F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3
Maturité
Maturité laiteuse (GS77) Maturité
Maturité pâteuse (GS89) Maturité
Maturité pâteuse (GS89)
15 juin 2000 7 juillet 2001 7 juillet 2003
90
présentant des symptômes
a
80 Moselle
% de la surface foliaire
a
70
60
50 b b
40 a
30 c b
20 a c c
a a
10 a a b
a d d d d b b b b
0 b b b b b b
GS45+GS59
GS45+GS59
GS45+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS39+GS59
GS39+GS59
GS39+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS31+GS59
GS31
GS37
GS39
GS59
GS31+GS59
GS31
GS37
GS39
GS59
GS31+GS59
GS31
GS37
GS39
GS59
GS31+GS59
GS32
GS32
GS32
F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3
Figure 1-4- 6 : Variation de la rouille brune au stade maturité sur les trois dernières feuilles (F3, F2
et F1) dans les trois sites d’essai pendant les années 2000, 2001 pour la variété Bussard et 2003 pour
la variété Achat à Everlange, Flair à Christnach et Dekan à Burmerange. Les différentes lettres
représentent une différence significative au seuil de 5% pour chaque feuille (la classification a été
faite par la méthode Tukey chaque année et pour chaque feuille). En abscisse ce sont
respectivement du haut en bas les différentes variantes testées, les trois dernières feuilles et l’année
d’observation.
Partie I IV- 9
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
IV. Discussion
La rouille brune a connu un développement spectaculaire ces cinq dernières années au
Grand-Duché de Luxembourg particulièrement pendant les années 1999-2000 et 2001 à
Everlange et en 2000, 2001 et 2003 en Moselle luxembourgeoise. Ce travail a permis de
distinguer certaines interactions et concurrences entre la rouille brune et la septoriose
des feuilles causée par Septoria tritici au niveau de leurs développements.
La rouille brune est dominante dans les endroits à faible intensité de la septoriose
(Moselle). Les deux parasites coexistent mais seulement pendant la période où la
surface de la feuille est verte. En effet, la rouille brune est un parasite biotrophe, qui ne
se développe que sur les feuilles vivantes. Une course est observée entre la rouille qui se
propage vite sur tous les étages foliaires et la septoriose qui suit un gradient vertical des
feuilles situées à la base de la tige vers les feuilles situées au sommet du couvert
végétal. La rouille brune est nettement remarquable sur les feuilles encore vertes et au
fur et à mesure que la feuille se dessèche, les lésions de la rouille sont recouvertes par la
septoriose (figure 1-4-8). Ainsi, cette maladie est observée à la fin de la saison
uniquement sur les deux derniers étages foliaires (figure 1-4-9).
Partie I IV- 10
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
45 28
Flair 2000
26 Ritmo 2000
40
A/ Everlange 24 B/ Reuland
35 22
Bussard 2001
Gain de rendement net (%) du traitement 20 Bussard 2000
20 600
en 2003
1100
14
600
net en Kg/ha
12 Flair 2001 100
par rapport au témoin
au témoin
10 2100 C h ristn ach
Bussard 2000
Gain de rendement
1600 Tém oin = 97 q x/ha
Ritmo 2001
8 1100
Par rapport
Dream 2000 600
6 Bussard 2001
100
4
2100 D em i-d o se
Flair 2000 E verlan g e
2 1600 Té m o in = 78 qx/ha
Témoin 1100
0 600
100
-2
1/2 (32+59 ) 1/2(37 +59) 32 32+59 37 39 41 45 59
-9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1
D ifférentes variantes testées
Différence de la moyenne de la maladie (en %) Diff érentes variantes testées
sur les trois dernières feuilles traitées par rapport au témoin
Figure 1-4- 7 : Relation du gain de rendement net (%) des parcelles traitées et la différence de maladie par rapport au témoin pendant trois années 2000, 2001 et 2002 à Everlange.
(A) ; en 2000 et 2001 à Reuland (B) et dans la Moselle (C). La figure D représente le gain de rendement net (kg/ha) en 2003 des différentes variantes testées dans les quatre sites.
Partie I IV- 11
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
Puccinia recondita
Septoria tritici
F1
80
40
20
80
30 40 50 60 70 80
F290
60
40
20
30 40 50 60 70 80
80
F390
60
40
20
30 40 50 60 70 80 90
Stade phénologique
Figure 1-4- 8 : Interaction entre la rouille brune et la septoriose des feuilles causée par Septoria
tritici à Everlange en 2000.
Par ailleurs, nous avons observé une évolution ultérieure importante de la septoriose
dans les parcelles qui ont été attaquées par la rouille brune. Ce qui laisse supposer que la
rouille brune favorise indirectement l’installation et le développement de la septoriose
(figure 1-4-9).
Cette interaction entre ces deux parasites n’a jamais été abordée dans les modèles
épidémiologiques et en particulier dans les modèles d’avertissements.
Partie I IV- 12
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
Rouille brune
100 Septoria tritici F2
60
40
20
39 43 55 61 65 69 70 39 43 55 61 65 69 70 39 43 55 61 65 69 70 39 43 55 61 65 69 70
Figure 1-4- 9 : Evolution de la rouille brune et de la septoriose causée par Septoria tritici sur la F2
de Bussard à Everlange en 2000. En abscisse le stade phénologique selon ZADOKS et al. (1974).
Partie I IV- 13
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
Tableau 1-4- 1 : Corrélation entre le rendement relatif (%) et la différence de maladie par rapport au témoin
enregistré sur les trois dernières feuilles (F3, F2 et F1) de deux variétés (Bussard et Ritmo) à Everlange en
2000 et 2001. (*) P < 0.05
Tableau 1-4- 2 : Corrélation entre le rendement relatif (%) et la différence de maladie par rapport au témoin
enregistré sur les trois dernières feuilles (F3, F2 et F1) de Dekan à Burmerange en 2003 . (*) P < 0.05
GS77 GS87
F1 - 0.76* - 0.62
F2 - 0.77* - 0.69
F3 - 0.79* -
V. Conclusion
Cette étude a montré l’importance de la rouille brune au Grand-Duché de Luxembourg.
Cette maladie pourrait contribuer significativement à la chute du rendement final si les
alertes relatives à cette maladie ne sont pas diffusées à temps. Une grande interaction et
compétition existent entre la rouille brune et la septoriose. SCHOLES (1992) a souligné
que la diversité des réponses aux maladies observées chez la plante hôte provient de
l’interaction de facteurs variés, comme la résistance de plante, son stade de
développement, les conditions culturales, la virulence du pathogène, la sévérité de
l’attaque, ainsi que l’interaction avec d’autres stress biotiques (parasite) ou abiotiques
(hydrique, rayonnement).
La rouille brune constitue la principale maladie de la Moselle luxembourgeois, elle se
répète au fil des années et à des moments cruciaux de la croissance du blé d’hiver. Au
début, cette maladie apparaissait à la fin de la maturité mais ces dernières années, la
présence de la maladie est enregistrée dés l’épiaison, d’où l’intérêt d’étudier les
paramètres météorologiques qui favorisent cette maladie. L’étude concernant l’effet du
climat sur le développement de la rouille brune au Grand-Duché de Luxembourg est
détaillé dans le chapitre II de la deuxième partie de cette thèse. Enfin, la quantification
des paramètres de la rouille brune du blé d’hiver et les effets des variables externes qui
les influencent sont des éléments de base dans la modélisation de cette maladie. Chaque
phase du cycle d’infection peut être modélisée séparément, de l’infection à la croissance
de lésion et la dispersion des spores vers les autres plantes (HAU & DE VALAVIELLE-
POPE, 1998).
Partie I IV- 14
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
1-4- 1 : Corrélation entre le rendement relatif (%) et la différence de maladie par rapport au témoin enregistré sur les trois
dernières feuilles (F3, F2 et F1) de deux variétés (Bussard et Ritmo) à Everlange en 2000 et 2001. (*) P < 0.05 ..........IV-14
1-4- 2 : Corrélation entre le rendement relatif (%) et la différence de maladie par rapport au témoin enregistré sur les trois
dernières feuilles (F3, F2 et F1) de Dekan à Burmerange en 2003 . (*) P < 0.05 .............................................................IV-14
FIGURES
1-4- 1 : Variation de la rouille brune et la rouille jaune dans chacun des trois étages foliaires supérieurs à Everlange en
fonction de variétés en 1999. Echelle en abscisse correspond respectivement aux trois dernières feuilles, stades
phénologiques selon ZADOKS et al. (1974) et les variétés.....................................................................................................IV-3
1-4- 2 : Variation de la rouille brune sur les trois dernières feuilles entre 2000 et 2003 à Everlange, la Moselle et à Reuland.
N.B : pour une question de précision les échelles sont différents entre les différents graphiques. ......................................IV-4
1-4- 3 : Classification selon la procédure Duncan (haut) et Lifereg (bas) des variétés en fonction de l’intensité de la maladie
enregistrée sur F1 et F2 à Everlange au stade maturité laiteuse en 2000 et au stade maturité pâteuse en 2001. La
procédure Lifereg consiste à comparer les coefficients estimés par une régression par rapport à la valeur zéro pour
une variété de référence (Ritmo dans notre cas). Pour chaque année, les lettres différentes représentent une différence
significative et la valeur de la probabilité calculée est donnée en haut de la figure au seuil de 5 % et 1 %. .......................IV-5
1-4- 4 : Situation de la rouille brune à Everlange pendant le stade de maturité laiteuse en 2000. ....................................................IV-6
1-4- 5 : Variation de l’AUDPC standard entre les parcelles avec une dose de P2O5 de 34 mg/100 g du sol et une dose de
phosphore de 8 mg/100 g du sol. ...........................................................................................................................................IV-7
1-4- 6 : Variation de la rouille brune au stade maturité sur les trois dernières feuilles (F3, F2 et F1) dans les trois sites d’essai
pendant les années 2000, 2001 pour la variété Bussard et 2003 pour la variété Achat à Everlange, Flair à Christnach
et Dekan à Burmerange. Les différentes lettres représentent une différence significative au seuil de 5% pour chaque
feuille (la classification a été faite par la méthode Tukey chaque année et pour chaque feuille). En abscisse ce sont
respectivement du haut en bas les différentes variantes testées, les trois dernières feuilles et l’année d’observation.........IV-9
1-4- 7 : Relation du gain de rendement net (%) des parcelles traitées et la différence de maladie par rapport au témoin
pendant trois années 2000, 2001 et 2002 à Everlange. (A) ; en 2000 et 2001 à Reuland (B) et dans la Moselle (C).
La figure D représente le gain de rendement net (kg/ha) en 2003 des différentes variantes testées dans les quatre
sites.......................................................................................................................................................................................IV-11
1-4- 8 : Interaction entre la rouille brune et la septoriose des feuilles causée par Septoria tritici à Everlange en 2000.................IV-12
1-4- 9 : Evolution de la rouille brune et de la septoriose causée par Septoria tritici sur la F2 de Bussard à Everlange en 2000.
En abscisse le stade phénologique selon ZADOKS et al. (1974). .........................................................................................IV-13
PHOTOS
1-4- 1 : Symptômes de la rouille brune en 2000 à Everlange et dans la Moselle luxembourgeoise. ................................................IV-5
REFERENCES
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Puccinia recondita and post-infection drought." connues.
Photosynthetica 39: 581-590.
EVERSMEYER, M. G., C. L. KRAMER & I. E. BROWDER
BURLEIGH, J. R., A. P. ROELFS & M. G. (1980). "Effect of temperature and host : parasite combination
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caused by Puccinia recondita." Phytopathology 62: 944- plants." Phytopathology 70: 938-941.
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CLIFFORD, B. C. & R. G. HARRIS (1981). "Controlled Dispersal gradients." Ann. Rev. Phytopathol. 6: 181-212.
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recondita f.sp. tritici on wheat in Britain." HAU, B. & C. DE VALAVIELLE-POPE (1998). Wind-
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rouille jaune du blé en France. Des épidémies déclenchés MAC GRATH, M. T. & S. P. PENNYPACKER (1990).
par une nouvelle race, un hiver doux et un printemps "Alteration of physiological processes in wheat flag leaves
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EVERSMEYER, M. G. & C. L. KRAMER (1980).
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Partie I IV- 15
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre IV
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dispersal from a point source within a wheat canopy." exchange processes : a comparative study." Phytopathology
Phytopathology 74: 1262-1267. 82: 760-765.
Partie I IV- 16
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
CHAPITRE V
I. Introduction
La rouille jaune du blé provoquée par Puccinia striiformis WESTENDORP peut causer une
perte significative de rendement quand des méthodes de contrôle appropriées, à savoir
la combinaison de variétés cultivées résistantes et des pulvérisations de fongicide, ne
sont pas disponibles ou sont incorrectement appliqués (RAPILLY, 1979 ; AYLOR, 1990 ;
MURRAY et al., 1994 ; BAYLES et al., 2000; SACHE, 2000). Des épidémies de rouille jaune
du blé se sont développées au Grand-Duché de Luxembourg de 1999 à 2001,
déclenchées très probablement par le contournement du gène de résistance Yr 17 en
Europe du Nord (BAYLES et al., 2000 ; HOVMOLLER, 2001 ; HOVMOLLER et al., 2002). La
virulence vis-à-vis de Yr 17 a été détectée dès 1994 en Angleterre et au Danemark où la
superficie des terres emblavées par des variétés portant le gène Yr 17 et sensibles à la
rouille jaune a augmenté de 1994 à 1997. La virulence vis-à-vis de Yr17 a été détectée
en France et en Allemagne en 1997 avec une fréquence de plus de 70 % en 1999,
suggérant une migration des spores du parasite à partir de l’Angleterre ou du Danemark
(BAYLES et al., 2000). Le Grand-Duché de Luxembourg est un pays limitrophe de
l’Allemagne et de la France, et la plupart des variétés du blé d’hiver sont importées de
l’Allemagne, ce qui explique probablement l’évolution très remarquable de la rouille
jaune enregistrée en 1999 , 2000 et 2001. Cependant, la présence de souches capables
Partie I V-1
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
III. Résultats
III.1. Année 1998-1999
Les observations ont débuté tardivement à Everlange (16 juin 1999) mais la maladie
était très présente pendant la maturité sur les trois dernières feuilles F3, F2 et F1
(figure 1-5-1). La différence variétale a été très perceptible et très hautement
significative (P < 0.001).
Pour les variétés sévèrement attaquées, la différence entre le témoin et le traitement est
significative (P < 0.05). Le traitement GS39 a eu la même efficacité qu’un double
traitement réalisé respectivement aux stades GS32 et GS59 (figure 1-5-2). Le gain de
rendement des parcelles traitées est très important par rapport aux parcelles témoins
(figure 1-5-2). Une relation importante (r2 = 0.92) a été enregistrée entre le gain de
rendement de Flair et le niveau de maladie enregistré sur la F1 pendant la maturité
laiteuse.
Partie I V-2
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
25
15
10
0
GS70
GS77
GS89
GS69
GS75
GS82
GS67
GS72
GS80
GS65
GS70
GS85
GS67
GS72
GS82
GS65
GS70
GS85
GS62
GS70
GS82
GS65
GS70
GS85
GS65
GS72
GS82
GS69
GS72
GS82
Aristos Aron Astron Batis Bussard Flair Ritmo Sponsor Vivant Urban
F1 F2 F3
Figure 1-5-1 : Evaluation de la rouille jaune sur les trois étages foliaires supérieurs (F3, F2 et F1) en
fonction de variétés pendant trois stades phénologiques (floraison, maturité laiteuse et maturité
pâteuse) à Everlange en 1999.
SPONSOR
VIVANT
RITMO
Rendement net du témoin en kg/ha
FLAIR
Batis
6800
6600
6400
6200
6000
5800
5600
5400
5200
5000
2500
Gain de rendement net en kg/ha
2000
1500
1000
500
-500
-1000
16
% de la surface foliaire malade
14
12
10
8
6
4
2
0
SPONSOR
SPONSOR
SPONSOR
VIVANT
VIVANT
VIVANT
FLAIR
FLAIR
FLAIR
Batis
Batis
Batis
RITMO
RITMO
RITMO
F1 F2
Figure 1-5-2 : Pourcentage de la surface foliaire malade pendant la maturité laiteuse (24 juin) et le
gain de rendement en kg/ha par rapport au témoin du traitement réalisé au stade GS39 (Allegro 1
l/ha) et deux traitements réalisés respectivement au stade GS32 (Allegro 1 l/ha) et GS59 (Opus team
1.5 l/ha) à Everlange en 1999 en fonction de variétés. La figure du dessus représente le rendement
du témoin pour chacune des variétés testées.
Partie I V-3
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
50
75
100
125
150
20 F3
foliaire malade
% de la surface
15
10
5
0
18-mai 25-mai 1-juin 8-juin 12-juin 19-juin 22-juin 29-mai 5-juin 15-juin 26-juin 3-juil 29-mai 5-juin 15-juin 26-juin 3-juil
200
Standard
AUDPC
400
600
GS39=18 mai GS39=22 mai GS39=15 mai F2
40
foliaire malade
% de la surface
30
20
10
0
18-mai 25-mai 1-juin 8-juin 12-juin 19-juin 22-juin 29-mai 5-juin 15-juin 26-juin 3-juil 29-mai 5-juin 15-juin 26-juin 3-juil
200
AUDPC
300
400
500
600
F1
60
foliaire malade
% de la surface
50
40
30
20
10
0
18-mai 25-mai 1-juin 8-juin 12-juin 19-juin 22-juin 29-mai 5-juin 15-juin 26-juin 3-juil 29-mai 5-juin 15-juin 26-juin 3-juil
Figure 1-5-3 : Evaluation du pourcentage de la surface foliaire de la variété Flair présentant les
symptômes de rouille jaune et l’AUDPC calculée entre deux stades différents de la culture pour les
trois dernières feuilles (F3, F2 et F1) à Everlange, Reuland et la Moselle en 2000. N.B. : pour une
question de précision, les échelles sont variables entre les trois feuilles (F1, F2 et F3).
Partie I V-4
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
50
75
100
F3
20
foliaire malade
% de la surface
15
10
0
28-mai 18-juin 2-juil 5-juil 9-juil 18-juin 2-juil 9-juil 21-mai 5-juin 18-juin
50
100
150
GS39 = 25 mai GS39 = 28 mai GS39 = 21 mai F2
35
foliaire malade
% de la surface
30
25
20
15
10
5
0
28-mai 18-juin 2-juil 5-juil 9-juil 18-juin 2-juil 9-juil 21-mai 5-juin 18-juin
50
100
150
F1
25
foliaire malade
% de la surface
20
15
10
5
0
28-mai 18-juin 2-juil 5-juil 9-juil 18-juin 2-juil 9-juil 21-mai 5-juin 18-juin
Figure 1-5-4 : Evaluation du pourcentage de la surface foliaire de la variété Flair présentant les symptômes de
rouille jaune et l’AUDPC Standard calculée entre deux stades différents de la culture pour les trois dernières
feuilles (F3, F2 et F1) à Everlange, Reuland et la Moselle en 2001.
Partie I V-5
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
Photo 1-5-1 : Symptômes de la rouille jaune causée par Puccinia striiformis en 2000 et 2001 à Everlange et
Reuland. Sur la variété Flair.
Partie I V-6
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
Standard
AUDPC
50
100
150
F3
20
18
16
% de la surface
foliaire malade
14
12
10
8
6
4
2
0
GS69 GS72 GS69 GS72 GS69 GS72 GS69 GS72 GS69 GS72 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85
Témoin GS59 GS59+40N GS32+GS59 GS32+GS59+40N Témoin GS32 GS37 GS39 GS59 GS32+GS59
2000 2001
GS69-GS72 GS69-GS72 GS69-GS72 GS69-GS72 GS65-GS72 GS72-GS85 GS72-GS85 GS65-GS72 GS65-GS72 GS72-GS85 GS72-GS85
0
50
Standard
AUDPC
100
150
200
35
30
% de la surface
foliaire malade
25
20
15
10
5
0
GS69 GS72 GS69 GS72 GS69 GS72 GS69 GS72 GS69 GS72 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85
Témoin GS59 GS59+40N GS32+GS59 GS32+GS59+40N Témoin GS32 GS37 GS39 GS59 GS32+GS59
2000 2001
100
AUDPC
150
200
250
300
F1
45
40
% de la surface
35
foliaire malade
30
25
20
15
10
5
0
GS69 GS72 GS69 GS72 GS69 GS72 GS69 GS72 GS69 GS72 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85 GS65 GS72 GS85
Témoin GS59 GS59+40N GS32+GS59 GS32+GS59+40N Témoin GS32 GS37 GS39 GS59 GS32+GS59
2000 2001
Figure 1-5-5 : Variation de la rouille jaune en fonction des différentes variantes testées sur les trois dernières
feuilles (F3, F2 et F1) de Flair à Everlange pendant les années 2000 et 2001. Deux types d’illustrations sont
présentés pour chaque feuille et chaque traitement : a) la première (en-bas) représente le pourcentage de la
surface foliaire présentant des symptômes pendant les stades de croissance où la maladie a été enregistrée ; b)
le deuxième (au-dessus) représente l’AUDPC Standard calculé entre deux stades de croissances. Les fongicides
testés sont : i) En 2000, Allegro (1 l/ha) pour le traitement GS59, pour le double traitement le premier
traitement a été réalisé au stade GS32 par Opus team (1.5 l/ha) et au stade GS59, le produit utilisé est Allegro
(1 l/ha).
En 2001, tous les traitements réalisés à Everlange à partir du stade GS37 ont assuré une
bonne protection des trois dernières feuilles (figure 1-5-5). Cependant, le traitement
réalisé au stade GS32 a assuré la protection de la F3 mais sans aucune efficacité pour la
F1. L’AUDPC de F1 du traitement GS32 est plus importante que celle du témoin. En
2001, l’apparition de la maladie était tardive par rapport à 2000 à Everlange comme à
Reuland. Nous remarquons une grande différence de modalité de traitement entre
l’année 2000 et 2001.
Partie I V-7
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
120
100
AUDPC relative (%)
r2=0,2 40
40
r2=0,3 F1
F1 20 r2=0,7*
2 * F2
F2 r =0,56 F3 r2=0,89*
0
0 F3
0 10 20 30
0 10 20 30
Rendement net en qx/ha Rendement net en qx/ha
F1
100 F1
F2
F2
F3
80 F3
150
AUDPC relative (%)
AUDPC relative (%)
60
100
r2=0,54*
40 r2=0,5* r2=0,0006
r2=0,14
50
20
r2=0,4
r2=0,2
0 0
0.0 2.5 5.0 7.5 10.0 12.5 0.0 2.5 5.0 7.5 10.0 12.5
Rendement net en qx/ha Rendement net en qx/ha
Figure 1-5-6 : Etude de la corrélation entre le gain de rendement net en qx/ha et de l’AUDPC
relative de F1, F2 et F3 calculée par rapport au témoin en 2000 et 2001 à Everlange.
IV. Discussion
IV.1. Année 1999
Les essais mis en place par le Lycée Technique Agricole d’Ettelbrück ont permis de
déceler l’importance du facteur variétal dans la lutte intégrée contre la rouille jaune.
L’étude comparative a révélé un effet très hautement significatif (P < 0.001). Les
variétés les plus touchées sont Flair, Aristos, Astron et Urban. Les variétés Ritmo,
Bussard, Batis, Aron, Sponsor et Vivant ont été très résistantes à la maladie (niveau de
la maladie très négligeable à nulle). De plus, une grande hétérogénéité a été observée
entre les extrémités d’un bloc avec une variété susceptible. Le degré de sévérité de la
maladie diffère entre les extrémités du bloc. Il a été très important avec un foyer
Partie I V-8
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
Partie I V-9
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
de la première plante atteinte ainsi que les foyers qui ont été générés à l’intérieur du
champ et dans nos essais. Ainsi, un foyer de 3 m de longueur et 1.5 m de largeur autour
de la première plante a été observé dans le champ de Flair le 19 juin. A cette date, des
petits foyers ont été observés dans les parcelles d’essais et à proximité du premier foyer
qui a été détecté mais aucun foyer n’a été signalé à l’intérieur du champ (figure 1-5-8).
Entre le 19 juin et le 26 juin (GS75-GS77), nous avons observés l’apparition de
plusieurs îlots de maladie à l’intérieur du champ Flair. Des zones de plus de 15 m de
long ont été détectées. Ces foyers étaient très importants dans la descente, puis quasi
nuls dans la vallée et enfin, ils apparaissaient de nouveau dans la montée.
Partie I V - 10
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
Figure 1-5-7 : Les foyers de la rouille jaune enregistrés en 2000 et 2001 à Everlange.
L’analyse des données météorologiques pendant la formation des premiers foyers
(fin mai) a révélé la présence d’un vent et d’une pluie favorables à une dissémination
locale des spores (figure 1-5-9). Les spores de rouille jaune sont aérodynamiquement
adaptées pour l’enlèvement par le vent, le déplacement et le transport (ORR et al., 1972
in SACHE, 2000). La turbulence observable à petite échelle provoque un dépôt de spores
à courte distance et de façon directionnelle. Ceci explique pourquoi les foyers primaires,
d’un rayon de quelques mètres, sont souvent presque symétriques, même en présence de
vent dominant. Des rafales et des tourbillons de vent apparaissent aléatoirement au sein
du couvert végétal et « arrachent » quelques spores à la zone turbulente. Ces spores
peuvent alors être incorporées aux flux soufflant au-dessus du couvert végétal et être
entraînées à plus longue distance. La direction moyenne de ces flux de spores suit celle
des vents dominants, ce qui n’exclut pas l’apparition de foyers contre le vent mais
entraîne une dissémination préférentielle de la maladie selon le vent dominant (SACHE,
1994 et 2000). En 2001, à Everlange, la formation des foyers était plus tardive et de
nombreux foyers ont été observés seulement le 9 juillet, ce qui correspond au stade
GS87 (figure 1-5-7).
Figure 1-5-8 : Evolution des foyers de la rouille jaune détectés à Reuland entre le 19 juin et le
26 juin 2000.
Partie I V - 11
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
V. Conclusion
La rouille jaune a connu un développement remarquable en 2000 et son intensité diffère
selon le site d’essai (très hautement significatif P < 0.001). Ainsi, le site Reuland était le
site le plus exposé et le plus attaqué par cette maladie. Cette importance de la rouille
jaune pendant l’année 2000 et 2001 qui fait suite à celle de l’année 1999 confirme
l’épidémie de cette maladie au Grand-Duché de Luxembourg.
Ce développement spectaculaire de la rouille jaune observé sur Flair dans les sites
d’essais n’est pas due au contournement du gène de résistance Yr17 du faite que cette
variété possède Yr1 mais ne possède pas le Yr17. En revanche, des études de la
virulence de la rouille jaune ont été conduites tout au long de la période 1993-1999 au
Danemark, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni dont le but était d’étudier la
structure de la race et l’évolution de la population de microbe pathogène (BAYLES et al.,
1995 et 1997 in BAYLES et al., 2000).
Ce développement important de la rouille jaune au Grand-Duché de Luxembourg et
dans les pays limitrophes (Belgique, Allemagne et la France) entre 1999 et 2001
souligne également l’importance de surveiller les populations de ces microbes
pathogènes aéroportés sur une échelle internationale.
RH by Date
Humidité relative en %
100
90
80
70
60
25 4
Vent en m/s
20 3
15 2
10 1
1/05/2000 22/05/2000 12/06/2000 3/07/2000 24/07/2000 1/05/2000 22/05/2000 12/06/2000 3/07/2000 24/07/2000
60 17000
Pluie en mm
40 13000
9000
20
5000
0
1/05/2000 22/05/2000 12/06/2000 3/07/2000 24/07/2000 1/05/2000 22/05/2000 12/06/2000 3/07/2000 24/07/2000
Date
Figure 1-5-9 : Variation de température (°C), humidité relative (%), pluie (mm), vent (m/s) et rayonnement à
Reuland du 1er mai au 24 juillet 2000. Le cercle indique la période où les conditions sont propices à la
formation de foyers.
Partie I V - 12
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
recherches sur les souches de cette maladie entre ces pays limitrophes ; d) installer des
capteurs de spores et les distances que peuvent parcourir lorsqu’une épidémie est
déclarée dans l’un de ces pays.
Partie I V - 13
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre V
1-5-1 : Evaluation de la rouille jaune sur les trois étages foliaires supérieurs (F3, F2 et F1) en fonction de variétés pendant
trois stades phénologiques (floraison, maturité laiteuse et maturité pâteuse) à Everlange en 1999...................................... V-3
1-5-2 : Pourcentage de la surface foliaire malade pendant la maturité laiteuse (24 juin) et le gain de rendement en kg/ha par
rapport au témoin du traitement réalisé au stade GS39 (Allegro 1 l/ha) et deux traitements réalisés respectivement au
stade GS32 (Allegro 1 l/ha) et GS59 (Opus team 1.5 l/ha) à Everlange en 1999 en fonction de variétés. La figure du
dessus représente le rendement du témoin pour chacune des variétés testées. ...................................................................... V-3
1-5-3 : Evaluation du pourcentage de la surface foliaire de la variété Flair présentant les symptômes de rouille jaune et
l’AUDPC calculée entre deux stades différents de la culture pour les trois dernières feuilles (F3, F2 et F1) à
Everlange, Reuland et la Moselle en 2000. N.B. : pour une question de précision, les échelles sont variables entre les
trois feuilles (F1, F2 et F3)...................................................................................................................................................... V-4
1-5-4 : Evaluation du pourcentage de la surface foliaire de la variété Flair présentant les symptômes de rouille jaune et
l’AUDPC Standard calculée entre deux stades différents de la culture pour les trois dernières feuilles (F3, F2 et F1) à
Everlange, Reuland et la Moselle en 2001. ............................................................................................................................ V-5
1-5-5 : Variation de la rouille jaune en fonction des différentes variantes testées sur les trois dernières feuilles (F3, F2 et F1)
de Flair à Everlange pendant les années 2000 et 2001. Deux types d’illustrations sont présentés pour chaque feuille
et chaque traitement : a) la première (en-bas) représente le pourcentage de la surface foliaire présentant des
symptômes pendant les stades de croissance où la maladie a été enregistrée ; b) le deuxième (au-dessus) représente
l’AUDPC Standard calculé entre deux stades de croissances. Les fongicides testés sont : i) En 2000, Allegro (1 l/ha)
pour le traitement GS59, pour le double traitement le premier traitement a été réalisé au stade GS32 par Opus team
(1.5 l/ha) et au stade GS59, le produit utilisé est Allegro (1 l/ha).......................................................................................... V-7
1-5-6 : Etude de la corrélation entre le gain de rendement net en qx/ha et de l’AUDPC relative de F1, F2 et F3 calculée par
rapport au témoin en 2000 et 2001 à Everlange. .................................................................................................................... V-8
1-5-7 : Les foyers de la rouille jaune enregistrés en 2000 et 2001 à Everlange. ........................................................................... V-11
1-5-8 : Evolution des foyers de la rouille jaune détectés à Reuland entre le 19 juin et le 26 juin 2000......................................... V-11
1-5-9 : Variation de température (°C), humidité relative (%), pluie (mm), vent (m/s) et rayonnement à Reuland du 1er mai au
24 juillet 2000. Le cercle indique la période où les conditions sont propices à la formation de foyers. ............................. V-12
PHOTOS
1-5-1 : Symptômes de la rouille jaune causée par Puccinia striiformis en 2000 et 2001 à Everlange et Reuland. Sur la variété
Flair. ........................................................................................................................................................................................ V-6
REFERENCES
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dispersal of Fungal Pathogens." Ann. Rev. Phytopathol. 28: the grain development stage of crop growth." Plant Pathology
73-92. 43: 397-405.
BAYLES, R. A., K. FLATH, M. S. HOVMOLLER & C. RAPILLY, F. (1979). "Yellow Rust Epidemiology." Ann.
DE VALAVIEILLE-POPE (2000). "Breakdown of the Yr17 Rev. Phytopathol. 17: 59-73.
resistance to yellow rust of wheat in Northern Europe."
Agronomie 20: 805-811. RAPILLY, F. (1991). Epidémiologie en pathologie végétale :
mycoses aériennes. Epidémiologie en pathologie végétale. L.
CARON, D. (1993). Maladies des blés et des orges. Paris. T. Doc. Paris. Institut National de la Recherche Agronomique
ITCF Institut Technique des Céréales et des Fourrages. INRA. ISBN 2-7380-0297-8. 317 p. pp. 240-261.
ISBN 2.86492.156.1. 87 p.
SACHE, I. (1994). "La dissémination éolienne des maladies
HOVMOLLER, M. S. (2001). "Disease severity and cryptogamiques." Phytoma. La défense des végétaux 467: 20-
pathotype dynamics of Puccinia striiformis f.sp. tritici in 25.
Denmark." Plant Pathology 50: 181-189.
SACHE, I. (2000). "Short-distance dispersal of wheat rust
HOVMOLLER, M. S., A. F. JUSTESEN & J. K. M. spores by wind and rain." Agronomie 20: 757-767.
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Puccinia striiformis f.sp. tritici in north-west Europe." Plant SHANER, G. & R. E. FINNEY (1977). "The effect of
Pathology 51: 24-32. nitrogen fertilization on the expression of slow-mildewing
resistance in knox wheat." Phytopathology 67: 1051-1056.
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losses." Ann.Rev.Phytopathol. 12: 27-48. VAN DEN BOSCH, F., J. C. ZADOCKS & J. A. METZ
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MURRAY, G. M., P. J. ELLISON, A. WATSON & B. R. focus expansion." Phytopathology 78: (1) 54-58.
CULLIS (1994). "The relationship between wheat yield and
Partie I V - 14
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VI
CHAPITRE VI
EPIDÉMIOLOGIE DE L’HELMINTHOSPORIOSE AU
GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
I. Introduction
L’helminthosporiose des feuilles de blé causé par Pyrenophora tritici-repentis
(anamorphe Drechslera tritici-repentis SHOEMAKER) pourrait être à l’origine des pertes
considérables du rendement (pourrait atteindre 20 % lorsque la variété est susceptible et
les conditions d’infections sont favorables) dans les régions céréalières lorsque les
conditions épidémiologiques du parasite lui sont favorables (WATKINS et al., 1978 ;
HOSFORD, 1982 ; REES & PLATZ, 1983 ; FERNANDEZ et al., 2002 ). Le champignon
produit deux types de symptômes distincts chez les variétés susceptibles : les nécroses
et les chloroses (ALI et al., 1999). Le cycle primaire de la maladie est initié par les
ascospores et les conidiophores issus des résidus de la culture précédente (ADEE &
PFENDER, 1989). Le cycle secondaire est déclenché par les conidies issues des lésions
primaires. Ce cycle se répète en fonction des conditions épidémiologiques favorables
jusqu’à la maturité de l’hôte (WRIGHT & SUTTON, 1990). L’humidité et la température
sont les premiers facteurs déterminant l’infection de l’helminthosporiose. Pour les
variétés susceptibles, la période humide minimale nécessaire pour l’infection des
feuilles par les conidies est de 6 h (HOSFORD et al., 1990). La sévérité de la maladie
augmente avec la durée de la période humide pour les variétés susceptibles (LAMARI et
al., 1992). Les températures autour de 20 °C et une période humide de 24 h sont les
conditions appropriées pour une infection régulière (LAMARI et al., 1992). En plus de
ces conditions, la présence de l’eau liquide est indispensable à l’infection (FRANCL,
1997).
L’objectif de ce chapitre est d’analyser l’importance de cette maladie au Grand-Duché
de Luxembourg et de comprendre les mécanismes de son évolution au sein de ce pays.
Partie I VI - 1
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VI
III. Résultats
Pendant la saison 1998-1999
La maladie a été enregistrée en fin de saison avec des amplitudes variables en fonction
de variétés (P < 0.001) (figure 1-6-1 A). La maladie a été très importante sur les feuilles
traitées (GS39 et GS32+GS59) par rapport au témoin (P < 0.001). L’étude de la
corrélation entre l’AUDPC calculée pour les feuilles traitées (toutes les parcelles traitées
avec un ou deux traitements fongicides ont reçu un régulateur de croissance) et la
Partie I VI - 2
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VI
hauteur de chacune des variétés (figure 1-6-1 B), montre une corrélation négative
importante entre la hauteur de la plante en cm et le traitement GS32+GS59 (r = - 0.96, r2
= 0.9, P < 0.001), ainsi que le traitement GS39 (r = - 0.68, r2 = 0.5, P < 0.001).
L’étude de la relation du gain de rendement des deux moments de traitements et
l’AUDPC des deux dernières feuilles (figure 1-6-2) montre une faible corrélation
négative avec la feuille F1 et une corrélation très négligeable avec la feuille F2.
0
entre stade GS70 et GS85
AUDPC Standard calculé
50
100
150
200
250
300
350
400
Pas de ré
régulateur de croissance Avec ré
régulateur de croissance A
60
% de la surface foliaire Quantifié
50
40
au stade GS70 et GS85
30
20
10
0
F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3
Batis Flair Ritmo Sponsor Vivant Batis Flair Ritmo Sponsor Vivant Batis Flair Ritmo Sponsor Vivant
GS70 GS85
Un seul traitement ré
réalisé
alisé au stade GS39 Deux traitements ré
réalisé
alisés aux stades GS32 + GS59
R2 = 0,47 R2 = 0,88
74 74
72 72
70 70
B
68 68
66 66
64 64
62 62
60 60
58 58
0 30 60 90 120 150 180 210 0 30 60 90 120 150 180
AUDPC Standard de F1 entre stade GS70 et GS85
Figure 1-6- 1 : A) Variation de la surface foliaire présentant des symptômes au stade GS70 et GS85
sur les trois dernières feuilles (F1, F2 et F3) des variétés testées ainsi que l’AUDPC standard
calculée entre le stade GS70 et GS85 pour trois variantes testées à Everlange en 1999. B) Analyse de
la corrélation entre la hauteur en cm de chaque variété testée avec un régulateur de croissance et
l’AUDPC Standard de F1 calculée entre stade GS70 et GS85 pour deux variantes (1 seul traitement
et deux traitements)
Partie I VI - 3
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VI
Rendement net du té
témoin
Rendement en kg/ha
7000
6500
6000
5500
5000
Ritmo Flair Batis Sponsor Vivant
Deux traitements ré
réalisé
alisés aux stades GS32 + GS59 Un seul traitement ré
réalisé
alisé au stade GS39
200
100
80 150
60 100
40
50
20
F1 r = -0.22
F1 r = -0,3
0 0
-1000 -500 0 500 1000 1500 2000 2500 -1000 -500 0 500 1000 1500
Gain de rendement en kg/ha Gain de rendement en kg/ha
Figure 1-6- 2 : Etude de la corrélation de l’AUDPC de la F1 et la F2 entre GS70 et GS85 des trois
variantes testées et le gain de rendement en Kg/ha en fonction de variétés en 1999. Le rendement
net est le rendement brut ramené à 15% d’humidité (le blé d’hiver est commercialisé à 15% au
Grand-Duché de Luxembourg).
Pendant la saison 1999-2000
La maladie a été enregistrée sur toutes les variétés semées pendant cette année (Bussard,
Dream, Flair et Ritmo) à partir de l’épiaison (figure 1-6-3).
GS55-GS61
GS61-GS70
GS55-GS61
GS61-GS70
GS61-GS70
GS55-GS61
GS70-GS77
GS70-GS77
GS70-GS77
GS70-GS77
GS61-GS70
GS55-GS61
0
50
AUDPC
100
150
200
30
25
% de la surface foliaire malade
20
15
10
5
0
F1F2F3F1F2F3F1F2F3F1F2F3F1F2F3F1F2F3F1F2F3F1F2F3F1F2F3F1F2F3F1F2F3F1F2F3F1F2F3F1F2F3F1F2F3F1F2F3
GS55 GS61 GS70 GS77 GS55 GS61 GS70 GS77 GS55 GS61 GS70 GS77 GS55 GS61 GS70 GS77
Figure 1-6- 3 : Variation du pourcentage de la surface foliaire malade au sein de trois dernières
feuilles des variétés testées en 2000 à Everlange ainsi que la variation de l’AUDPC entre GS55 et
GS61 ; GS61 et GS70 ; GS70 et GS77.
L’évolution de la maladie était très remarquable pendant la maturité (GS77). Le
pourcentage de maladie enregistré à ce stade sur les trois dernières feuilles de Bussard
diffère significativement des autres variétés testées. Les effets du double traitement
(GS32+GS59) et du traitement réalisé au stade GS59 étaient très visible au stade GS77
Partie I VI - 4
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VI
sur la F1 des différentes variétés testées (figure 1-6-4 A), mais ces traitements n’ont
montré aucun effet quarante jours (GS89) après la dernière application
(figure 1-6-4 B). En effet, la valeur de l’AUDPC calculée entre la fin de maturité
laiteuse (GS77) et la fin de la maturité pâteuse (GS89) a été plus grande et très
hautement significative par rapport à celle calculée pendant le début et la fin de la
maturité laiteuse (entre GS71 et GS77) pour toutes les variétés testées (figure 1-6-4 B).
La gamme de produits fongicide qui ont été utilisés dans nos essais a assuré une certaine
protection contre cette maladie puisqu’au stade GS77 la différence est nette entre les
parcelles témoins et celles traitées. Cependant, ces produits n’ont pas permis de stopper
les infections tardives de ce champignon. Notre principale question déduite de cette
évolution très importante de la maladie à la fin de la saison sur les feuilles témoins et
celles traitées est la suivante : est-ce la gamme du produit utilisé qui n’est pas très
efficace contre cette maladie ? Est-ce une nouvelle souche qui s’est développée et qui
cause des problèmes même aux parcelles traitées ? Les résultats de l’identification des
souches font ressortir deux types de souches : a) une souche identifiée « LB2038-1 »
(Souche LB2038-1 prélevée le 15 juin 2000 à Everlange sur la feuille F2 de Bussard
traitée avec Allegro + 50 N au stade GS59) sur la feuille traitée (photo 1-6-1) et b) une
souche « LB2037-3» (Souche LB2037-3 collectée le 15 juin 2000 à Everlange sur F2 de
Bussard témoin) des feuilles témoins. La largeur et la longueur des conidies varient
entre 11-13 µm et 160-185 µm respectivement.
Photo 1-6- 1 : Tâches helminthosporiennes bien nettes sur les deux feuilles traitées et témoin et
l’identification des deux souches. La photo d a été prise avant l’induction des conidiosphores et
conidies. Echantillons récoltés par El JARROUDI, M. (Université de Liége). Photos microscopiques
prises par MERCADO VERGNES (FYMY, UCL).
Partie I VI - 5
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VI
GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77
Témoin GS32+GS59 GS32+GS59+40N GS59 GS59+40N Témoin GS32+GS59 GS32+GS59+40N GS59 GS59+40N
BUSSARD Dream
% de la surface foliaire malade
35
30
25
20
15
10
5
0
F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3
GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77 GS71 GS77
Témoin GS32+GS59 GS32+GS59+40N GS59 GS59+40N Témoin GS32+GS59 GS32+GS59+40N GS59 GS59+40N
Flair Ritmo
700
600
500
AUDPC
400
300
200
100
0
F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3
Témoin GS32+GS59 GS32+GS59+40N GS59 GS59+40N Témoin GS32+GS59 GS32+GS59+40N GS59 GS59+40N
GS71-GS77 GS77-GS89
BUSSARD
700 B
600
500
AUDPC
400
300
200
100
0
F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3
Témoin GS32+GS59 GS32+GS59+40N GS59 GS59+40N Témoin GS32+GS59 GS32+GS59+40N GS59 GS59+40N
GS71-GS77 GS77-GS89
Dream
700
600
500
AUDPC
400
300
200
100
0
F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3
Témoin GS32+GS59 GS32+GS59+40N GS59 GS59+40N Témoin GS32+GS59 GS32+GS59+40N GS59 GS59+40N
GS71-GS77 GS77-GS89
Flair
700
600
500
AUDPC
400
300
200
100
0
F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3
Témoin GS32+GS59 GS32+GS59+40N GS59 GS59+40N Témoin GS32+GS59 GS32+GS59+40N GS59 GS59+40N
GS71-GS77 GS77-GS89
Ritmo
Figure 1-6- 4 : A) Pourcentage de la surface foliaire malade observé des trois dernières feuilles de quatre variétés testées en
fonction des différents traitements [GS32+GS59, le premier produit est Opus team (1.5 l/ha) et le deuxième traitement est
Allegro (1 l/ha) ; Allegro (1 l/ha) pour GS59] réalisés en 2000 (N=40 unités d’Azote). B) Valeur de l’AUDPC entre les stades
GS71 et GS77 et entre les stades GS77 et GS89. En abscisse les stades de croissance (A) et les différentes variantes (A et B).
Partie I VI - 6
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VI
30
20
en qx/ha
10
180
160
Valeurs de l’AUDPC
entre GS71 et GS77
140
120
100
80
60
40
20
0
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59
GS32+GS59+40N
GS32+GS59+40N
GS32+GS59+40N
GS32+GS59+40N
GS59
GS59
GS59
GS59
GS59+40 N
GS59+40 N
GS59+40 N
GS59+40 N
Témoin
Témoin
Témoin
Témoin
Bussard Dream Flair Ritmo
F1 F2
Figure 1-6- 5 : Variation de l’AUDPC des trois dernières feuilles calculé pour chaque traitement
entre GS71 et GS77 et le gain de rendement en 2000 à Everlange.
Tableau 1-6- 1 : Etude de la corrélation entre l’AUDPC de F1 et F2 des différentes traitements
testées calculée entre GS71 et GS77 et le gain de rendement de chaque variété en 2000 à Everlange.
(*) P<0.05
Variétés Corrélation AUDPC/gain de rendement
F1 F2
IV. Discussion
Epidémiologie de la maladie.
• En 1999, le niveau de la maladie (figure 1-6-1) a été très faible pendant la
maturité laiteuse (GS70). La maladie a atteint un niveau spectaculaire à la fin de
la saison (GS85) sur les feuilles traitées par rapport aux témoins. A ce stade, les
F1 du témoin étaient déjà nécrosées par d’autres maladies (cfr. les paragraphes
consacrés à chacune des maladies quantifiés dans cette partie de thèse) telles que
la septoriose, la rouille brune etc. et la rémanence du produit (Allegro 1l/ha) était
déjà dépassée, ce qui explique le taux spectaculaire de la maladie sur la F1.
Mais, cette évolution tardive de la maladie n’a pas trop affecté le gain de
Partie I VI - 7
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VI
rendement (figure 1-6-2). En effet, une faible corrélation négative (r = - 0.22) est
enregistrée entre le taux de la maladie sur la F1 et le gain de rendement.
En 2000, les conditions épidémiologiques étaient très propices au
développement du parasite et la maladie a été observée dès l’épiaison
(figure 1-6-3). La distinction est très nette pour les F1 de toutes les variétés entre
les parcelles témoin et celles traitées avec un double traitement (GS32+GS59)
mais aussi avec un traitement réalisé au stade GS59. Une corrélation négative a
été mise en évidence entre le gain de rendement en qx/ha et l’AUDPC de F1 de
toutes les variétés testées calculées pour chaque traitement (double traitement,
traitement GS59 et témoin) entre GS71 et GS77. Cependant, entre GS77 et
GS89, le développement de la maladie a été généralisé à toutes les parcelles
traitées et non traitées de toutes les variétés mises en essai à Everlange. Cette
maladie a été observée aussi à Reuland et dans la Moselle (Frohmüllen) (figure
1-6-6). Le calcul de l’AUDPC de F1 et F2 des quatre variétés semées dans les
trois sites d’essais entre GS69 et GS77 et entre GS77 et GS89 fait ressortir
nettement le comportement variétal. L’analyse de variance par la procédure
GLM de SAS réalisé sur les données de la maturité et de la fin de la saison
donne comme résultats :
• A Everlange, pendant la maturité laiteuse (GS71-GS77), pour les feuilles F2 et
F1, c’est la variété Bussard qui a été la plus touchée par la maladie (P < 0.0001)
par rapport aux autres (Flair Dream et Ritmo). A ce stade, aucune différence
significative de la maladie n’a été enregistrée entre Flair, Dream et Ritmo
(P = 0.7275 > 0.05). Cependant, à la fin de la saison (GS89), même si
l’évolution de la maladie est très significative sur toutes les variétés (P < 0.001),
le degré de la maladie est très variable en fonction des variétés. Bussard est la
variété la plus sensible alors que les trois autres tendent vers la résistance.
300
250
AUDPC
200
150
100
50
0
F1 F2 F1 F2 F1 F2 F1 F2 F1 F2 F1 F2
Figure 1-6- 6 : Comparaison de l’AUDPC de la F1 et la F2 calculée pour chacune des variétés entre
GS69 et GS77 ainsi qu’entre GS77 et GS89 dans les trois sites, Reuland, Frohmüllen et Everlange
en 2000.
• A Reuland, seul Ritmo diffère significativement (P < 0.0111) des trois autres
variétés semées.
• A Frohmüllen, pendant la maturité, aucune différence significative de la
maladie sur la F1 (P < 0.055) n’a été enregistrée entre les variétés alors que le
degré de la maladie est très variable pour la F2 (P = 0.0016). A la fin de la
saison, la distinction entre les variétés susceptibles (Ritmo et Bussard) est très
remarquable.
Partie I VI - 8
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VI
Relation plante-champignon-climat
A la fin de la saison, l’évolution de la maladie a été enregistrée dans les trois sites
d’essais. S’agit-t-il d’une interaction entre les pratiques agricoles au Grand-Duché de
Luxembourg et les conditions météorologiques qui ont été très propices à l’évolution de
la maladie ?
Pour répondre à cette question, nous avons vérifié les conditions météorologiques (ces
conditions météorologiques ont été déterminées sur base de la littérature, en particulier
les conditions de LAMARI et al., 1992) qui s’ajustent mieux avec l’évolution de la
maladie.
L’helminthosporiose a été observé en 1999 à Everlange mais en 2000, l’évolution de la
maladie a été beaucoup plus importante dans ce site par rapport à la Moselle et à
Reuland. Le semis a été fait sans labour à Everlange (le précédent culturel est Colza).
Cette pratique agricole est la principale source de l’inoculum dans ce site. En 2000, la
maladie a été observée dès le début d’épiaison et le maximum de surface foliaire malade
a été enregistré au stade maturité laiteuse (GS77). Cette importante évolution de la
maladie est la conséquence d’une interaction entre une variété sensible (Bussard) avec
un semis sans labour et les conditions météorologiques favorables (figure 1-6-7 A) dès
le stade GS39 (19 mai). La première période d’infection favorable à la maladie a été
enregistrée au début du stade gonflement (24 mai) avec les conditions météorologiques
favorables de plus de cent heures. Les premiers symptômes issus de cette période ont
été observés début juin une semaine après cette infection. Les symptômes observés
entre le 8 et 12 juin sont issus de la période d’infection du 1er juin avec 46 h d’humidité
relative supérieure à 70 %, de la pluie et une température comprise entre 11 et 16°C.
Entre le 12 et le 15 juin aucun changement significatif de la maladie n’a été observé sur
les trois dernières feuilles (F1, F2 et F3). La période du 8 juin avec 85 h d’humidité
supérieure à 70 %, des averses et une température entre 11 et 16°C a été à l’origine de
l’évolution de la maladie sur la F1 observé le 21 juin. Les périodes d’infections du 26
juin et début juillet étaient à l’origine du développement très important de la maladie
observée entre GS77 et GS89 sur toutes les parcelles traitées et non traitées (figure 1-6-
4 B). L’analyse de corrélation (figure 1-6-7 B) a révélé un grand ajustement entre le
niveau de la maladie enregistré à Everlange et le nombre de périodes d’infection
calculées.
En 2001, un retard de la phénologie a été observé par rapport à 2000 et le nombre
d’heures de la première période d’infection (GS37) n’atteint pas 34 alors qu’en 2000 le
nombre d’heures de cette période était de 121 (figure 1-6-8). La période d’infection la
plus importante a été enregistrée le 19 juin avec 89 heures favorables. Cette dernière
période a été très pertinente à l’installation de la maladie sur les trois étages foliaires.
Partie I VI - 9
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VI
(P < 0.05) pour celles traitées au stade GS59 et un r2 = 0.9 (P < 0.05) pour celles traitées
aux stades GS32 et GS59. La hauteur pourrait influencer le degré et le niveau de la
maladie. Des études supplémentaires seront nécessaires pour approfondir ce concept.
30
% de la surface foliaire présentant des symptômes
A
20
F1
10
0
30
20
F2
10
d’helminthosporium
10
F3
5
0
Nombre d’heures favorable
150
100
À l’infection
50
120 0
100
humidité relative en %
5
Température en °C et
80
Pluie en mm
10
60
15
40
20
20
0 25
1/05/00
3/05/00
5/05/00
7/05/00
9/05/00
11/05/00
13/05/00
15/05/00
17/05/00
19/05/00
21/05/00
23/05/00
25/05/00
27/05/00
29/05/00
31/05/00
2/06/00
4/06/00
6/06/00
8/06/00
10/06/00
12/06/00
14/06/00
16/06/00
18/06/00
20/06/00
22/06/00
24/06/00
26/06/00
28/06/00
30/06/00
2/07/00
4/07/00
6/07/00
8/07/00
10/07/00
PLUIE HR TEMP
400 F1 F1
65 F2 Flair
F2 Bussard
300 * F3
F3 2 =0,
9 50 *
r 5
0,8 *
200 * r2 = 2
0,8
r2 =0,93
35
r2 =
100 20 *
7
0,8
0 * 5 r2 =
r2 =0,84 -10
Area Under Disease Progress Curve
-100
3 8 13 3 8 13
150
F1 Ritmo 95 F1 Dream
F2 *
120 * F2 5
6 0,9
F3 0,9 74 F3 r2 = *
r2 = * 96
90
97 53 2 =0,
0 , r
r2 =
60 32 *
r2 =0,99
* r2 =0,98
30 11
0 -10
3 8 13 3 8 13
Partie I VI - 10
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VI
F1
0,5
0,4
F2
2,5
2
1,5
1
0,5
0
F3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
Favorables à l’infection
Nombre d’heures
100
50
120 0
et humidité relative en %
100 2
Température en °C
Pluie en mm
80 4
60 6
40 8
20 10
0 12
1/05/2001
3/05/2001
5/05/2001
7/05/2001
9/05/2001
11/05/2001
13/05/2001
15/05/2001
17/05/2001
19/05/2001
21/05/2001
23/05/2001
25/05/2001
27/05/2001
29/05/2001
31/05/2001
2/06/2001
4/06/2001
6/06/2001
8/06/2001
10/06/2001
12/06/2001
14/06/2001
16/06/2001
18/06/2001
20/06/2001
22/06/2001
24/06/2001
26/06/2001
28/06/2001
30/06/2001
2/07/2001
4/07/2001
6/07/2001
8/07/2001
10/07/2001
Précipitation Humidité Température
Figure 1-6- 8 : Variation des conditions météorologiques, le nombre d’heures d’infections et le pourcentage
de la surface foliaire malade (Bussard) à Everlange entre le 1er mai et début juillet 2001.
V. Conclusion
Cette étude sur l’helminthosporiose des feuilles du blé d’hiver fait ressortir un ensemble
de points :
• L’helminthosporiose est une maladie qui existe au Grand-Duché de
Luxembourg.
• Une sévérité de la maladie généralisée sur toutes les variétés pendant l’année
2000 dans les trois sites d’essai. Les variétés Bussard et Ritmo sont les plus
susceptibles à cette maladie.
• L’étude des conditions météorologiques favorables à cette maladie a montré
qu’il est possible de prévoir cette maladie et de la maîtriser.
• Cette évolution de la maladie est liée à l’interaction entre les conditions
météorologiques et les pratiques culturales et le précédent culturel (surtout blé
sur blé). En effet, ces dernières années, les cultures sans labour
(l’helminthosporiose est plus importante dans les cultures sans labour que celles
avec labour) se pratiquent de plus en plus au Grand-Duché de Luxembourg.
• En plus des variétés susceptibles, certains fongicides sont spécifiques pour la
septoriose des feuilles et les rouilles mais peuvent induire un effet d’inversion
(DELOS et al., 2001).
Partie I VI - 11
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VI
1-6- 1 : Etude de la corrélation entre l’AUDPC de F1 et F2 des différentes traitements testées calculée entre GS71 et GS77
et le gain de rendement de chaque variété en 2000 à Everlange. ..........................................................................................VI-7
FIGURES
1-6- 1 : A) Variation de la surface foliaire présentant des symptômes au stade GS70 et GS85 sur les trois dernières feuilles
(F1, F2 et F3) des variétés testées ainsi que l’AUDPC standard calculée entre le stade GS70 et GS85 pour trois
variantes testées à Everlange en 1999. B) Analyse de la corrélation entre la hauteur en cm de chaque variété testée
avec un régulateur de croissance et l’AUDPC Standard de F1 calculée entre stade GS70 et GS85 pour deux
variantes (1 seul traitement et deux traitements) ...................................................................................................................VI-3
1-6- 2 : Etude de la corrélation de l’AUDPC de la F1 et la F2 entre GS70 et GS85 des trois variantes testées et le gain de
rendement en Kg/ha en fonction de variétés en 1999. Le rendement net est le rendement brut ramené à 15%
d’humidité (le blé d’hiver est commercialisé à 15% au Grand-Duché de Luxembourg). ....................................................VI-4
1-6- 3 : Variation du pourcentage de la surface foliaire malade au sein de trois dernières feuilles des variétés testées en
2000 à Everlange ainsi que la variation de l’AUDPC entre GS55 et GS61 ; GS61 et GS70 ; GS70 et GS77.....................VI-4
1-6- 4 : A) Pourcentage de la surface foliaire malade observé des trois dernières feuilles de quatre variétés testées en
fonction des différents traitements [GS32+GS59, le premier produit est Opus team (1.5 l/ha) et le deuxième
traitement est Allegro (1 l/ha) ; Allegro (1 l/ha) pour GS59] réalisés en 2000 (N=40 unités d’Azote). B) Valeur de
l’AUDPC entre les stades GS71 et GS77 et entre les stades GS77 et GS89. En abscisse les stades de croissance
(A) et les différentes variantes (A et B).................................................................................................................................VI-6
1-6- 5 : Variation de l’AUDPC des trois dernières feuilles calculé pour chaque traitement entre GS71 et GS77 et le gain de
rendement en 2000 à Everlange.............................................................................................................................................VI-7
1-6- 6 : Comparaison de l’AUDPC de la F1 et la F2 calculée pour chacune des variétés entre GS69 et GS77 ainsi qu’entre
GS77 et GS89 dans les trois sites, Reuland, Frohmüllen et Everlange en 2000..................................................................VI-8
1-6- 7 : A) Variation des conditions météorologiques, le nombre d’heures d’infections et le pourcentage de la surface
foliaire malade (Bussard) à Everlange entre le 1er mai et début juillet 2000. B) Corrélation entre le niveau de la
maladie enregistré sur chacune des trois dernières feuilles de chaque variété en 2000 à Everlange et le nombre de
périodes d’infections. ...........................................................................................................................................................VI-10
1-6- 8 : Variation des conditions météorologiques, le nombre d’heures d’infections et le pourcentage de la surface foliaire
malade (Bussard) à Everlange entre le 1er mai et début juillet 2001. ..................................................................................VI-11
PHOTOS
1-6- 1 : Tâches helminthosporiennes bien nettes sur les deux feuilles traitées et témoin et l’identification des deux
souches. La photo d a été prise avant l’induction des conidiosphores et conidies. Echantillons récoltés par El
JARROUDI, M. (Université de Liége). Photos microscopiques prises par MERCADO VERGNES (FYMY, UCL). ................VI-5
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Disease. Fargo. Workshop R.M. Hosford, Jr. Ed. North 157.
Dakota State University. pp. 1-5.
Partie I VI - 12
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VII
CHAPITRE VII
I. Introduction
L’oïdium, causé par Blumeria graminis (DC.) SPEER f. sp. tritici Em. Marchal, est la
principale maladie foliaire affectant le blé d’hiver dans les climats maritimes
caractérisés par des températures douces (ZELLER et al., 2002).
Cette maladie peut causer des dégâts très importants (GE et al., 1998)(le rendement final
pourrait être affecté de plus de 17%) sur cultivars susceptibles si les conditions
météorologiques lui sont favorables (LEATH & BOWEN, 1989 in ZELLER,2002).
L’histoire de la culture intensive du blé en monoculture, a favorisé l’adaptation rapide
du champignon et une érosion de la résistance des variétés (SVEC & MIKLOVICOVA,
1998). Des variétés mixtes ainsi que celles possédant la résistance spécifique ou non
spécifique à ce parasite renforcent le contrôle biologique de la maladie.
En plus des variétés, une attention particulière devrait être accordée à la caractérisation
des microclimats favorables au champignon (WOLFE & LIMPERT, 1987 ; FELSENSTEIN et
al., 1991 ; ZELLER & FISCBECK, 1992 ; ANDRIVON & DE VALLAVIEILLE-POPE, 1993).
Partie I VII - 1
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VII
Le but de ce chapitre est de caractériser l’importance de cette maladie sur chacun des
sites d’essai (Everlange, Reuland, Emerange) pendant les années 1999, 2000, 2001,
2002 et 2003 ainsi qu’à Reuler en 2003.
Partie I VII - 2
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VII
Année 2000
En 2000, dans la Moselle luxembourgeoise, la maladie ne s’est développée fortement
que sur la variété Ritmo (figure 1-7-1). La maladie enregistrée sur les trois derniers
étages foliaires de Ritmo diffère significativement (P < 0.05) par rapport aux autres
variétés (figure 1-7-2) ainsi que par rapport à la localisation de la variété dans le champ.
Seules les répétitions situées dans la première ligne du champs présentaient un degré
important de maladie par rapport à celles se trouvant à l’intérieur.
Pour vérifier cette hypothèse, nous avons analysé le 19 juin 2000 (début de la maturité
du blé) des échantillons du sol des parcelles de la première ligne du champ avec celles
de l’intérieur du champ (cf. chapitre 1 de cette partie pour les résultats d’analyse). Les
résultats indiquent un lien entre la variation de l’AUDPC dans le champ et la dose de
P2O5 (mg / 100 g du sol). Ainsi, AUDPC a été de 737 pour une dose de phosphore de
34 mg/100 g du sol (première ligne) par rapport à une AUDPC de 136 pour une dose de
phosphore de 8 mg /100 mg du sol. La dose de l’azote minéral diffère aussi entre la
première ligne (55 kg/ha) et la deuxième ligne (47 kg/ha). Cependant, c’est la variation
du phosphore qui est hautement significative (P < 0.001) entre les deux parties du
champ. Cette dose de phosphore enregistrée dans la première ligne associée à l’azote
minérale a favorisé une croissance assez importante des plantes (figure 1-7-3). Avec
cette hauteur atteinte, les plantes de Ritmo (susceptible) ont plus tendance à se
chevaucher et à créer à leur base un microclimat favorable à l’oïdium.
Partie I VII - 3
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VII
Moselle 2000
1,5 F1 40 F3
0 0 0
143 167 178 143 167 178 143 167 178
Jours Julien
45
% de la surface foliaire malade
40
35
30
25
20
15
10
5
0
32 39 45 53 71 83 32 39 53 71 77
F1 F2 F3
Reuler 2003
F1 40 F2 25 F3
5 GS77
GS77
% de la surface foliaire malade
GS71 GS77 35
GS71
4 20
30
25 AUDPC=144
3 15 GS53
AUDPC =28
20
GS71
2 15 10 AUDPC=208
AUDPC=21
GS53 AUDPC=172
10
1 GS53 5 GS39
5
AUDPC =33 GS39 AUDPC=117 AUDPC=65
0 0
0
153 161 174 181 153 161 174 181
161 174 181
Jours Julien
600 a
500
400
300
200 b
100
d c
f e f f e d e
f
0
F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3 F1 F2 F3
Figure 1-7- 2 : Variation de l’AUDPC en fonction de variétés en 2000 à Frohmüllen entre stade
GS45 et GS71. Les lettres différentes symbolisent une différence significative au seuil de 5 % entre
les variétés pour le même étage foliaire.
Partie I VII - 4
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VII
120 a
115
110 e
105
c
100 b
f
95
la base de l’épi
g d
90
85
80 h
75
Bussard Dream Flair Ritmo Bussard Dream Flair Ritmo
Variétés
Figure 1-7- 3 : Variation de la hauteur de la plante au début de la maturité laiteuse (GS71) des
quatre variétés testées en fonction de la dose de phosphore. Les lettres différentes représentent une
différence significative de la hauteur au seuil α de 5 % pour la même variété à deux doses
différentes de P2O5 et de l’azote minéral.
Ce microclimat créé par les plantes a tendance à propager et conserver l’inoculum
d’oïdium endogène sur les feuilles situées à la base par rapport à la F1. Ce qui explique
l’importance de la maladie enregistrée sur F3 par rapport à F2 et F1. Le pourcentage de
la surface foliaire enregistré sur les trois dernières feuilles et l’AUDPC relative calculée
pour chacun des trois étages foliaires supérieurs à Frohmüllen, confirme notre
raisonnement (tableau 1-7-2).
Tableau 1-7- 2 : Variation de l’AUDPC relative de F2 et F1 par rapport à F3 à Frohmüllen en 2000.
Stade AUDPC Relative (%) F1 AUDPC Relative (%) F2
GS39 0 23
GS45 1 28
GS71 2 31
GS83 3 31
En plus de ce microclimat généré par les plantes et les conditions du milieu, les
températures enregistrées dans la Moselle créent un climat favorable à cette maladie qui
dépend beaucoup de ce facteur. Dans leur étude, WARD & MANNERS (1974) et AKAI
(1952) ont montré que l’optimum de température pour le développement du mycélium
de ce champignon est de 20°C et la gamme de température favorable à l’infection est
plus large. Cependant la limite supérieure pour l’infection est de 30°C. Dans la Moselle,
le nombre de jours favorables au parasite avec une température supérieure à 10°C
associé à une humidité supérieure à 60 % et sans pluie était de 18 jours (soit 442 heures)
entre le début d’émergence des deux dernières feuilles (début mai) et la maturité
laiteuse (fin juin). Dans cet intervalle de conditions favorables au parasite, ce sont
surtout les classes de températures situées entre 14 et 18°C et entre 10 et 14°C qui
dominaient avec respectivement comme nombre d’heures 176 et 168 (figure 1-7-4). En
ce qui concerne les humidités, c’est la classe entre 60 et 70 % (146) qui dominait suivie
de celle avec une humidité relative supérieure à 80 % (135). Ainsi, cette évolution
remarquable de la maladie à Frohmüllen en 2000 est le résultat d’une interaction entre
le climat doux qui caractérise cette région de la Moselle et, surtout, l’effet variétal qui
était très important.
Partie I VII - 5
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VII
Année 2003
En 2003, l’oïdium a connu une évolution assez remarquable à Reuler. Cette évolution se
remarque nettement sur la F3 par rapport à F2 et F1. L’AUDPC relative (%) de F2
représente 71 % de celle de F3 alors que celui de F1, ne représente que 14 %. Par
conséquent, comme à Frohmüllen en 2000, ce sont les feuilles F2 et F3 qui sont
touchées. Reuler est un site de 7.9 ha qui se trouve au nord-est du Grand-Duché de
Luxembourg qui se caractérise par une forte humidité pendant une grande partie de
l’année et un pH qui tend vers l’acidité (figure 1-7-5). Cette évolution a atteint son
maximum entre l’épiaison et la maturité. Ceci pourrait s’expliquer par : a) les
températures et les humidités (figure 1-7-5) qui sont favorables pour le développement
de ce champignon ; b) en plus de ces conditions météorologiques favorables, les
pratiques agricoles ont aussi favorisé l’installation de la maladie. En effet, l’apport de la
fumure azotée a été de 213 kg d’azote minéral (figure 1-7-5).
200
Nombre d’heures favorables à l’infection
n =442
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
10 à 14°C 14 à 18 °C 18 à 22 °C >22 °C
Classes de températures
150
Nombre d’heures favorables à l’infection
145
140
135
130
125
120
115
110
60 à 70% 70 à 80% >80%
Classes d'humidités
Figure 1-7- 4 : Nombre d’heures des différentes classes de température et d’humidité relative
calculé dans l’intervalle de conditions favorables au champignon (température supérieure à 10°C
associé à une humidité supérieure à 60% et sans pluie) dans la Moselle entre début mai et fin juin
2000 (station météorologique de Findel).
Cependant, à Reuler, les AUDPC enregistrées sur la F3 sont très inférieures à celles
enregistrées à Frohmüllen en 2000. L’analyse des données météorologiques du mois de
mai (figure 1-7-5) révèle de fortes pluies pendant les trois premières décades de mai.
Partie I VII - 6
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VII
20
pour 100 g du sol séché
15
10
0
P2O5 K2O M gO Na
Fumure azotée :
• Début mars : 20 m2 lisier bovin par injecteur soit 40 kg d’azote efficace;
• 10 mars 2003 : 250 kg Ammonsulfatsalpeter (26% N, 13% S) soit 65 kg N;
• 3 mai 2003 : 200 kg ammonitrates (27% N) soit 54 kg N;
• 15 juin 2003 : 200 kg ammonitrates soit 54 kg N;
Somme : 213 kg/N
120 0
et Humidité relative en %
10
100
20
Température en °C
80
Pluie en mm
30
60 40
50
40
60
20
70
0 80
1/05/2003
3/05/2003
5/05/2003
7/05/2003
9/05/2003
2/06/2003
4/06/2003
6/06/2003
8/06/2003
11/05/2003
13/05/2003
15/05/2003
17/05/2003
19/05/2003
21/05/2003
23/05/2003
25/05/2003
27/05/2003
29/05/2003
31/05/2003
10/06/2003
12/06/2003
14/06/2003
16/06/2003
Figure 1-7- 5 : Analyse du sol à Reuler en Novembre 2002 (figure du haut) ; les différents apports de la
fumure azotée (tableau) et la variation des paramètres météorologiques (température en °C, humidité en % et
pluie en mm) entre le 1er mai et le 15 juin 2003.
Effet de traitement
En 2000, le double traitement appliqué au stade GS45 (Opus team 1,5 l/ha) et GS60
(Allegro 1 l/ha) ont permis de freiner l’oïdium mais n’a pas permis de la stopper
complètement (tableau 1-7-3). En appliquant le traitement, l’AUDPC relative de la F1
traitée ne représente que 7 % du témoin, mais celle de la F2 et la F3 est proche ou
constitue la moitié de celle du témoin. La comparaison du rendement net de la parcelle
traitée et témoin, témoigne de l’importance du traitement (20 % de gain). Ce gain de
rendement du double traitement par rapport au témoin est le résultat d’une protection
combiné contre l’oïdium mais aussi la rouille brune qui était importante sur Ritmo en
2000 (cf. chapitre IV de cette première partie de thèse).
Partie I VII - 7
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VII
Tableau 1-7- 3 : Effet de traitement au stade GS45 (Opus team 1.5 l/ha) et GS60 (Allegro 1 l/ha)
sur le rendement net (kg/ha) en 2000 dans la Moselle. L’AUDPC a été calculée entre le début de la
floraison (GS60 enregistré le 5 juin) et le début de la maturité laiteuse (GS71 enregistré le 15 juin).
AUDPC
Traitement RDT
F1 F2 F3
Témoin 16 180 564 7750
GS45 + GS60 2 50 185 9333
En 2003, la maladie a été observée dans toutes les parcelles traitées à des degrés
variables selon le moment de traitement (figure 1-7-6). Ceci montre que la gamme de
produits testés dans nos essais n’assure pas une efficacité complète contre l’oïdium. En
effet, une résistance de l’oïdium aux strobilurines et au quinoxyfen a été signalé depuis
plusieurs années en Europe occidentale (MOREAU, 2004). L’analyse de la surface
foliaire présentant des symptômes de l’oïdium au stade GS53 et au début du stade GS71
des différents traitements testés (figure 1-7-6) montre que les traitements réalisés avant
l’épiaison étaient plus efficaces par rapport à celui de l’épiaison. Ceci pourrait
s’expliquer par une différence de produits appliqués entre les stades phénologiques. En
effet, au stade GS59, le produit appliqué est Horizon (1 l/ha) alors que celui du stade
GS37 est Opéra (1.5 l/ha). Cette différence est probablement due plus au type de produit
appliqué et à son efficacité intrinsèque qu’au moment de traitement. Cependant, même
pour un même produit (Opéra 1.5 l/ha) une différence significative a été mise en
évidence à l’épiaison (figure 1-7-6) entre les traitements réalisés au stade GS37 et au
stade GS39. L’efficacité des traitements GS32 et GS37 est plus importante que celle du
traitement GS39. Ce qui signifie que le moment d’application joue un rôle aussi
important que le type de produit appliqué.
Le calcul de l’AUDPC (calculé pour chacun des trois derniers étages foliaires) de
chaque traitement entre le stade GS53 et GS71 (figure 1-7-7) a révélé que le traitement
réalisé au stade GS59 (horizon 1 l/ha) n’avait aucune efficacité contre l’oïdium. Le
traitement réalisé au stade GS37 (Opéra 1.5 l/ha) a eu la même efficacité que deux
demi-doses appliquées respectivement au stade GS37 (Opéra 0.75 l/ha) et au stade
GS59 (Horizon 0.5 l/ha). Ces deux variantes ont assuré une meilleure protection des
deux dernières feuilles contre l’oïdium. Les résultats de corrélation montrent bien cette
tendance. Le gain de rendement augmente au fur et à mesure que l’AUDPC relative
s’éloigne de témoin pris comme référence (100 %). Cette corrélation s’explique
beaucoup mieux avec la F1 (r2 = 0.6, P < 0,001) qu’avec la feuille F2 (r2 = 0.4,
P < 0,001) et F3 (r2 = 0.3). Pour la F2, c’est le traitement réalisé au stade GS59 qui n’a
pas assuré l’efficacité de cette feuille. L’AUDPC calculée pour ce traitement entre stade
GS53 et GS71 est supérieure au témoin.
Partie I VII - 8
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VII
GS32+GS59
1/2(GS37+GS59)
1/2(GS37+GS59)
GS59
GS39
GS37
GS32
GS59
GS39
GS37
GS32
Temoin
Temoin
10-juin 23-juin
F1 F2 F3
1700
1300
900
Gain de rendement net en Kg/ha
500
300
21 42 63
AUDPC Standard
F2
3500
2000 R2=0,4
200
500
F3
-1000
-2500
-4000
50 100 150 100
F2
F3
2500
2100
R2=0,3
1700 0
F1
1300
900
Figure 1-7- 7 : Variation de l’AUDPC standard au sein des trois dernières feuilles en fonction des
traitements en 2003 et résultats de corrélation de l’AUDPC relative de chacun des trois derniers
étages foliaires avec le gain de rendement net en kg/ha.
Partie I VII - 9
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VII
IV. Conclusion
Partie I VII - 10
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VII
TABLEAUX
1-7- 1 : Calendrier des pulvérisations fongicides réalisées en 2003 à Reuler et le produit qui a été testé. ..................................... VII-2
1-7- 2 : Variation de l’AUDPC relative de F2 et F1 par rapport à F3 à Frohmüllen en 2000......................................................... VII-5
1-7- 3 : Effet de traitement au stade GS45 (Opus team 1.5 l/ha) et GS60 (Allegro 1 l/ha) sur le rendement net (kg/ha) en
2000 dans la Moselle. L’AUDPC a été calculée entre le début de la floraison (GS60 enregistré le 5 juin) et le début
de la maturité laiteuse (GS71 enregistré le 15 juin). ........................................................................................................... VII-8
FIGURES
1-7- 1 : Evolution du % de la surface foliaire présentant des symptômes et de l’AUDPC à Frohmüllen en 2000 sur Ritmo
et 2003 à Reuler sur Bussard. L’AUDPC a été calculé pour les trois dernières feuilles (F3, F2 et F1). L’échelle des
abscisses de la figure représentant le pourcentage de la surface foliaire malade correspond aux stades
phénologiques selon ZADOKS et al. (1974) ......................................................................................................................... VII-4
1-7- 2 : Variation de l’AUDPC en fonction de variétés en 2000 à Frohmüllen entre stade GS45 et GS71. Les lettres
différentes symbolisent une différence significative au seuil de 5 % entre les variétés pour le même étage foliaire........ VII-4
1-7- 3 : Variation de la hauteur de la plante au début de la maturité laiteuse (GS71) des quatre variétés testées en fonction
de la dose de phosphore. Les lettres différentes représentent une différence significative de la hauteur au seuil α de
5 % pour la même variété à deux doses différentes de P2O5 et de l’azote minéral............................................................. VII-5
1-7- 4 : Nombre d’heures des différentes classes de température et d’humidité relative calculé dans l’intervalle de
conditions favorables au champignon (température supérieure à 10°C associé à une humidité supérieure à 60% et
sans pluie) dans la Moselle entre début mai et fin juin 2000 (station météorologique de Findel). .................................... VII-6
1-7- 5 : Analyse du sol à Reuler en Novembre 2002 (figure du haut) ; les différents apports de la fumure azotée (tableau) et
la variation des paramètres météorologiques (température en °C, humidité en % et pluie en mm) entre le 1er mai et
le 15 juin 2003...................................................................................................................................................................... VII-7
1-7- 6 : Variation du pourcentage de la surface foliaire présentant des symptômes en fonction des différents traitements
testés entre l’épiaison et le début de maturité laiteuse à Reuler en 2003. Echelle en abscisse correspond aux stades
d’application du produit fongicide. Les fongicides appliqués sont : i) Opera (1.5 l/ha) pour les stades GS32 à GS39
et la première demi-dose appliqué au stade GS37 ; ii) Horizon (1l/ha) pour le stade GS59 et la demi-dose GS59. ......... VII-9
1-7- 7 : Variation de l’AUDPC standard au sein des trois dernières feuilles en fonction des traitements en 2003 et résultats
de corrélation de l’AUDPC relative de chacun des trois derniers étages foliaires avec le gain de rendement net en
kg/ha. .................................................................................................................................................................................... VII-9
PHOTOS
1-7- 1 : Importance de l’Oïdium à Frohmüllen en 2000 sur la variété Ritmo................................................................................... VII-3
REFERENCES
GE, Y.-F., J. W. JOHNSON, J. J. ROBERTS & S. WOLFE, M. S. & E. LIMPERT (1987). Integrated control of
RAJARM (1998). "Temperature and resistance gene cereal mildews : monitoring the pathogen. Dordrecht.
interactions in the expression of resistance to Blumeria Martinus Nijhoff Publishers. For the Comission European
graminis f.sp.tritici." Euphytica 99: 103-109. Communities EUR 10842. ISBN 90-247-3626-9. pp. 49-56.
JAMES, W. C. (1976). Manual of plant growth stages and ZELLER, F. J. & G. FISCBECK (1992). Cereal Rusts and
diseases assessment keys. Ministry of Agriculture Fisheries. Mildews. 8th European and Mediterranean Cereal Rusts and
Food. (sans volume). Mildews Conference. Weihenstephan. Germany. V.
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MOREAU, J. M. (2004). Lutte contre les maladies en
froment, vue côté produits. Fumure et protection ZELLER, F. J., L. KONG, L. HARTL, V. MOHLER & S. L.
phytosanitaire des céréales. Livre blanc. Editeurs K. HSAM (2002). "Chromosomal location of genes for
responsables : A. Falisse et P. Meeus. Fongicide. pp. 7-12. resistance to powdery mildew in common wheat (Triticum
aestivum L.em Thell.) 7. Gene Pm29 in line Pova." Euphytica
QUINN, J. A. & C. C. POWELL (1985). "Growth and 123: 187-194.
sporulation of oïdium begonia : development of a
deterministic model." Annals of Applied Biology 107: 163-
178.
Partie I VII - 11
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VIII
CHAPITRE VIII
I. Introduction
Une des grandes difficultés de conception de la lutte raisonnée provient de la nécessité
de prendre en compte les divers actes techniques qui peuvent influencer l’apparition et
la progression de la maladie, et même éventuellement modifier les souches des agents
pathogènes. Le choix variétal en est un exemple trivial, mais les interactions avec la
fertilisation azotée et les facteurs abiotiques restent peu claires. AYRES (1991) souligne
que les stress abiotiques peuvent modifier la réponse des plantes aux pathogènes soit
directement, en jouant sur le cycle de développement des parasites, soit indirectement,
en jouant sur la tolérance de l’hôte. Par ailleurs, il montre à travers divers exemples que
ces interactions peuvent s’exprimer différemment à l’échelle de l’organe, de la plante ou
du couvert. A l’échelle du cycle du champignon, TIEDEMANN (1996) a montré que la
teneur en azote des feuilles jouait sur la rapidité du cycle et sur l’intensité de la
sporulation. Par ailleurs, son étude montre que ces interactions dépendent du
champignon, en particulier, de son caractère biotrophe ou nécrotrophe. TALBOT et al.
(1997) et SNOEIJERS et al. (2000) ont montré au niveau génétique que l’expression des
symptômes dépendait de la concentration en azote des feuilles. A l’échelle du couvert,
la fertilisation azotée a souvent pour conséquence une augmentation des épidémies.
SAVARY et al. (1995) ont montré que l’impact de la fertilisation azotée sur le
développement des épidémies est essentiellement dû à un effet indirect sur la structure
du couvert : une augmentation de la densité du couvert accroît les contacts entre feuilles
et la durée de mouillage des feuilles.
L’objectif de ce chapitre est de décrire l’effet de l’azote sur l’évolution de certaines
maladies cryptogamiques des feuilles du blé d’hiver au Grand-Duché de Luxembourg
en 1999.
Partie I VIII - 1
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VIII
III. Résultats
III.1. Hauteur de la plante
(P < 0,05).
75
Dose d'azote
III.2.1.Rouille jaune
La rouille jaune a connu un développement important à Everlange en 1999. Toutes les
parcelles avec différentes doses de fumure azotée ont été attaquées au stade GS65 mais
à des degrés variables (figure 1-8-2).
Partie I VIII - 2
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VIII
700 0
AUDPC 500
10
400
15
au stade GS65
300
20
200
100 25
0 30
GS65- GS70- GS65- GS70- GS65- GS70- GS65- GS70- GS65- GS70- GS65- GS70- GS65- GS70- GS65- GS70- GS65- GS70-
GS70 GS85 GS70 GS85 GS70 GS85 GS70 GS85 GS70 GS85 GS70 GS85 GS70 GS85 GS70 GS85 GS70 GS85
F1 F2 F3
Figure 1-8- 2 : Evolution de la rouille jaune à Everlange en 1999 sur les trois feuilles supérieures
(F1 est la dernière feuille formée) en fonction de la variation de la fertilisation azotée après
traitement fongicide allegro (1l/ha) appliqué au stade GS59.
F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3 F4
% de la surface foliaire malade
GS61
GS75
GS85
GS61
GS75
GS85
GS61
GS75
GS85
GS61
GS75
GS85
GS61
GS75
GS85
GS61
GS75
GS85
GS61
GS75
GS85
GS61
GS75
GS85
GS61
GS75
GS85
GS61
GS75
GS85
GS61
GS75
GS85
GS61
GS75
GS85
0
5
10
15
20
25
30
35
40
45
700
Standard
600
AUDPC
500
400
AUDPC
300
200
100
0
GS65- GS75- GS65- GS75- GS65- GS75- GS65- GS65- GS75- GS65- GS75- GS65- GS75- GS65- GS65- GS75- GS65- GS75- GS65- GS75- GS65-
GS75 GS85 GS75 GS85 GS75 GS85 GS75 GS75 GS85 GS75 GS85 GS75 GS85 GS75 GS75 GS85 GS75 GS85 GS75 GS85 GS75
F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3 F4 F1 F2 F3 F4
Figure 1-8- 3 : Variation de la septoriose sur les quatre dernières feuilles en fonction de la dose de
la fertilisation azotée après un traitement allegro (1l/ha) réalisé au stade GS59 en 1999.
L’étude de corrélation entre l’AUDPC de F3 et la variation d’azote a été très important
entre GS61 et GS70 (r = 0,96 ; P < 0,001) ainsi qu’entre GS75 et GS82 (r = 0,91 ;
P < 0,001). Lorsque l’analyse de variance a été réalisée sur les quatre derniers étages
foliaires, la probabilité est proche de α = 0,05 (juste significative) et non significative
pour α = 0,01. Ceci est dû aux deux dernières feuilles où le niveau de maladie enregistré
n’était pas très important.
Partie I VIII - 3
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VIII
IV. Discussion
La fertilisation azotée influence beaucoup le développement des épidémies de certaines
maladies en modifiant soit la structure du couvert, soit l’état physiologique. Dans la
plupart des travaux, ces deux processus (structure du couvert et état physiologique) ne
peuvent pas être séparés et cela explique certainement pourquoi des effets
contradictoires sont souvent observés. Dans le chapitre VII de cette partie, nous avons
évoqué l’effet de l’azote sur la variation de l’oïdium dans la Moselle en 2000 et à
Reuler en 2003. Cependant, cette maladie n’a pas été observée à Everlange en 1999
même au sein des variétés sensibles telles que Ritmo et Bussard. L’effet de la fumure
azotée sur l’oïdium aurait été précisé pour chaque dose si la maladie a été détectée dans
ce site.
En 1999, une augmentation du taux de la rouille jaune a été constatée dans les parcelles
ayant reçu une forte dose d’azote (100-100-100) par rapport aux parcelles témoins. Cet
accroissement de sévérité de la maladie avec de forts apports d’azote a été généralement
lié à l’augmentation de la densité de couvert (figure 1-8-1) qui accroît l’humidité
relative, la durée d’humectation et les contacts entre les feuilles (TOMPKINS et al., 1993 ;
SAVARY et al., 1995). En effet, l’intensification de la densité de surface foliaire permet
d’augmenter le nombre de feuilles cibles disponibles pour la dispersion du parasite. De
plus, la structure du couvert influence le développement des épidémies car d’une part,
elle engendre le microclimat local et donc joue sur les paramètres du cycle et d’autre
part, elle détermine la distance entre les organes et influence ainsi la dispersion de la
maladie dans le couvert. Cependant, les résultats de la septoriose des feuilles causée par
S. tritici sur les quatre dernières feuilles ne révèlent pas la même tendance que la rouille
jaune sauf pour la F3. La différence de maladie enregistrée sur les feuilles F1 et F2 en
fonction de l’augmentation de la fertilisation azotée est non significative (P > 0,05). Les
travaux de LOVELL et al. (1997), constatent que logiquement, la quantité de spores
devrait être plus importante dans les parcelles avec de fortes doses d’azote par rapport à
celles avec de faibles doses, la différence de sévérité entre les différentes doses est
statistiquement non significative. L’augmentation de la densité foliaire favorisée par de
forts apports d’azote entraîne une fermeture du couvert végétal qui diminue la
pénétration des gouttes de pluie à l’intérieur du couvert, ce qui peut réduire les
disséminations se produisant par les éclaboussures.
Partie I VIII - 4
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VIII
80
75
70
65
Rendement net en qx/ha
60
55
50
45
40
35
30
0-0-0 0-0-50 0-50-0 50-0-0 0-0-100 0-100-0 100-0-0 0-50-50 50-0-50 50-50-0 0-100-100 100-0-100 100-100-0 50-50-50 35-75-75 100-100-100
65 65 65
55 55 55
45 45 45
35 35 35
25 25 25
0-0-0 0-0-50 0-50-0 50-0-0 0-0-100 0-100-0 100-0-0 0-0-0 0-50-50 50-0-50 50-50-0 0-100-100 100-0-100 100-100-0 0-0-0 50-50-50 35-75-75 100-100-100
Une seule fraction d'azote Deux fractions d'azotes Trois fractions d'azotes
Figure 1-8- 4 : Variation du rendement en qx/ha en fonction des différentes fractions d’azote. Corrélation des différentes doses d’azote avec le rendement net.
Partie I VIII - 5
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VIII
EYAL (1981) et DANON et al. (1982) révèlent dans leurs études réalisées sur S. tritici que
le déroulement des épidémies peut être influencé par la taille de la plante hôte. Son
développement est lié à la distance des entre-nœuds. Plus la distance entre les feuilles
est faible, plus la progression de la septoriose du bas vers le haut du couvert est rapide
(BAHAT et al., 1980; LOVELL et al., 1997 ).
V. Conclusion
Cette étude a montré l’importance de l’effet prédisposant des apports élevés en azote
dans les épidémies de certaines maladies telles que la rouille jaune. Généralement, les
modèles utilisés dans la conception de la lutte raisonnée ne prennent pas en compte les
apports en azote qui peuvent changer radicalement la nuisibilité et la pression de
maladie. Il est indispensable de prendre en considération l’apport en azote dans les
modèles qui s’adressent aux complexes parasitaires. Prendre en compte ce facteur
permettrait de contribuer à une bonne interprétation de la nuisibilité de certaines
maladies cryptogamiques foliaires telles que la rouille jaune.
Partie I VIII - 6
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE I – Chapitre VIII
1-8- 1 : Matrice de corrélation entre l’AUDPC de F1, F2 et F3 et la dose d’azote entre GS65 et GS75 ainsi qu’entre GS75
et GS85 . NS : Non significatif ; * : Significatif (P < 0,05) ; ** : Hautement significatif
(P < 0,01) ; *** : Très hautement significatif (P < 0,001).................................................................................................. VIII-3
FIGURES
1-8- 1 : Variation de la hauteur de la plante jusqu’à la base de l’épi (en cm) de Urban (semée le 9 octobre 1998) pendant
les trois mesures faites à Everlange en 1999 (14 juin, 30 juin et 14 juillet ) en fonction de la dose azotée...................... VIII-2
1-8- 2 : Evolution de la rouille jaune à Everlange en 1999 sur les trois feuilles supérieures (F1 est la dernière feuille
formée) en fonction de la variation de la fertilisation azotée après traitement fongicide allegro (1l/ha) appliqué au
stade GS59........................................................................................................................................................................... VIII-3
1-8- 3 : Variation de la septoriose sur les quatre dernières feuilles en fonction de la dose de la fertilisation azotée après un
traitement allegro (1l/ha) réalisé au stade GS59 en 1999................................................................................................... VIII-3
1-8- 4 : Variation du rendement en qx/ha en fonction des différentes fractions d’azote. Corrélation des différentes doses
d’azote avec le rendement net............................................................................................................................................. VIII-5
REFERENCES
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pathogens and other stresses. Responses of plants to 85: 959-965.
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MAC LAREN, M. A. YNALVEZ & P. S. TENG (1995). J. of Plant Pathology 73: 331-334.
"Direct and indirect effects of nitrogen supply and disease
Partie I VIII - 7
PARTIE II
CHAPITRE I
I. Introduction
Le développement et la croissance sont deux concepts qui sont souvent employés dans
la simulation de la croissance de la culture. Le développement touche à l'âge
physiologique de la plante et à sa formation (PENNING DE VRIES in WANG et al., 1998).
La croissance se réfère à l'augmentation de poids, de volume, de longueur ou de surface
de quelques parties ou de toute la plante (RITCHIE & NESMITH, 1991 in WANG et al.,
1998). La quantité totale de croissance pour un intervalle de temps donné dépend en
grande partie de la photosynthèse, tandis que la répartition de l'assimilât entre les
différents organes est contrôlée par le stade de développement de la plante. Donc la
simulation du développement de la plante est une partie essentielle d'un modèle de la
culture.(WANG & ENGEL, 1998)
Pour le blé d'hiver le système de code décimal défini par ZADOKS et al., (1974) a été
largement employé pour caractériser les stades de développement de la plante. Ce code
correspond à une échelle non linéaire basée sur des états phénologiques irrégulièrement
espacés depuis le semis jusqu’à la maturité.
Partie II I-1
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
[
ℜdev, emerg = (Τave − Τbase ) × 0.5 / ∑ Τ day −1 ] (équation 2-1-1)
où ΣT est la somme de température nécessaire pour l'émergence (°C jour). Tave et Tbase
sont respectivement la température moyenne journalière de l'air et la température à la
base de la culture. ΣT dépend de la profondeur de semis. La simulation de l'émergence
des feuilles est possible par une étude du phyllotherme (délai qui sépare l'émergence
d'un limbe de l'apparition du limbe suivant). La valeur du phyllotherme (ΣT) est
approximativement constante partout dans la saison de croissance si elle est mesurée en
degrés jours (RICKMAN, 1991). Le blé a caractéristiquement un phyllotherme d'environ
100 degrés jours croissants avec une température de base de 0°C (KLEPPER et al., 1983;
KIRBY et al., 1985). In PAVELEY et al.(1999), les feuilles émergent approximativement à
des intervalles de 110 degrés jours (0°C) mais vivent approximativement entre 700 et
1000 degrés jours. La valeur de phyllotherme est de 125 degrés jours in KANG et al.
(1998).
Partie II I-2
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
Tableau 2-1- 1 : Variétés qui ont été étudiées selon leur caractère hâtif ou tardif (basé sur la
comparaison entre les variétés pour une même date de semis du % de formation des trois dernières
feuilles dans les essais et les brochures des sélectionneurs des variétés). Les variétés ont été testées
dans des sites différents au Grand-Duché de Luxembourg entre 2000 et 2003.
Dream tardive
2000
Flair hâtive
Dream tardive
2001
Everlange Flair hâtive
Achat tardive
2002
Drifter hâtive
Dream tardive
2000
Flair hâtive
Reuland
Dream tardive
2001
Flair hâtive
Partie II I-3
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
III. Résultats
Ce phyllotherme était de 140 degrés jours pour F3 d’Achat en 2002 et 128 pour Drifter.
Cette étude montre que la valeur du phyllotherme varie avec la variété semée.
Partie II I-4
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
F1
100
400
% de surface foliaire formée
F2
100
300
F3
100
200
20 avril 16 avril F4
100
Figure 2-1-1 : Variation du phyllotherme en fonction des trois dernières étages foliaires à Everlange
et Reuland au niveau de Flair et Dream en 2000, Achat et Drifter à Everlange en 2002. Les dates
sur les graphes indiquent le moment où les premières observations ont été réalisées.
La formation de F1 pour Flair est située entre 115 à Reuland et 123 degrés jours à
Everlange. En 2002, le phyllotherme ne dépassait pas 128 degrés jours pour toutes les
variétés semées. Ce phyllotherme se situe plutôt dans l’intervalle 110 à 115. L’analyse
de régression a montré une excellente relation (r2 proche de 1) entre la somme de degrés
jours à base zéro et le pourcentage de formation des trois dernières étages foliaires de
chacune des variétés testées à Everlange et Reuland en 2000 et 2002 (figure 2-1-2).
Partie II I-5
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
Figure 2-1- 2: Relations entre la somme de degrés jours à base zéro et le pourcentage de surface foliaire formée de Flair et Dream à Everlange et Reuland en 2000
et d’Achat et Drifter à Everlange en 2002.
Partie II I-6
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
A
60 60
Reuland Everlange
50 50
60
30
50
20 20
40
10 10
30
0 0
20
930 946 970 994 979 990 1041 1068
10
15
1 mai 11 mai
8 7 mai 18 mai
0
15 4 mai 14 mai 25 29 avril 10 mai 115 123 130 135 140 145
900 950 1000 1050 1100 1150 900 950 1000 1050 1100 1150 1200 1250
50 50
30 30 40
20 20
30
10 10
20
0 0
1006 1020 1066 1096
1109 1118 1136 1181 10
970 1020 1070 1120 1170 1220 1270 970 1070 1170 1270 1370
50 50
35
30 30
Fréquence (%) des feuilles émergées
30
20 20
25
10 10 20
15
0 0
1121 1132 1150 1175 1215 1246 1260 1285 1298 10
5
17 21 mai 28 mai 10 19 mai 27 mai
0
15 17 mai 26 mai
55 19 mai 27 mai 111 118 130 135 145
25 15 mai 25 mai
20 17 mai 26 mai
Phyllotherme
38 14 mai 24 mai
8 16 mai 25 mai 12 12 mai 22 mai
1050 1100 1150 1200 1250 1300 1150 1200 1250 1300 1350 1400 1450
Figure 2-1-3 : Variation du phyllotherme au sein de chaque fréquence de feuilles émergentes de Flair à
Everlange et Reuland en 2001. A : F3 ; B : F2 ; C : F1. Dans chacun des deux sites, chaque feuille est
représentée par deux figures : la première indique la somme de degrés jours à base 0 de chaque fréquence ; la
deuxième indique le phyllotherme correspondant à chaque fréquence. Une troisième figure représente les
proportions de chaque phyllotherme qui a été enregistré dans les deux sites.
Partie II I-7
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
1. Flair
• A Everlange, sur 60 % des F3 émergentes, l’écart entre les premiers 20 % et les
40 % qui suivent n’est que de 12 degrés jours. Cependant, l’écart entre les
premiers 20 % F3 émergentes et les derniers 15 % formés s’étend à 90 degrés
jours soit presque 10 jours. Le phyllotherme moyen calculé pour l’ensemble des
fréquences par l’équation 2-1-2 est de 136 degrés jours.
Concernant la F2, sur 70 % des feuilles émergentes, l’écart entre les premiers
28 % et les 42 % qui suivent n’est que de 9 degrés jours. L’écart entre les
premiers 28 % F2 émergentes et les derniers 12% formés s’étend à 89 degrés
jours soit presque 8 jours. Le phyllotherme moyen calculé pour l’ensemble des
fréquences est de 129 degrés jours.
L’écart entre les premiers 12 % F1 formés et les 38% qui s’en suivent est de
16 degrés jours. Cet écart s’étend à 84 degrés jours entre la première fréquence
formée (12 %) et les derniers 10 % formés. Le phyllotherme moyen est de
133 degrés jours.
Sur les 58 % des F2 émergentes, l’écart entre les premiers 8 % (figure 2-1-3)
formés et les 50 % qui s’en suivent est 14 degrés jours. Mais cet écart est de
90 degrés jours entre les premiers 8 % formés et les derniers 20 % formés. Le
phyllotherme moyen est de 127 degrés jours.
2. Dream
• A Everlange, l’écart entre les premières apparitions de F3 (12 %) et celles qui
s’en suivent (figure 2-1-4) est de 51 degrés jours. Cet écart atteint 119 degrés
jours entre les premiers 12 % et les dernières fréquences de F3 formées. Le
phyllotherme moyen est de 150 degrés jours.
Pour les F2, l’écart entre les premières feuilles émergées et la fréquence
maximale de feuilles émergées (48 %) est de 89 degrés jours. Cet écart s’étend à
122 entre les premières feuilles apparues et les dernières feuilles formées (40 %).
Le phyllotherme moyen est de 127 degrés jours.
Partie II I-8
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
40 40
Synthése des deux sites
50
40
20 20
30
10 10
20
0 0
946 978 1020 1051 990 1041 1076 1091 1109
10
2 4 mai 15 mai 0
13 11 mai 23 mai 130 146 150 160 168 175
16 3 mai 14 mai
32 9 mai 22 mai Phyllotherme
38 1 mai 12 mai
45 5 mai 17 mai 32 29 avr 11 mai
10 2 mai 14 mai 12 23 avr 7 mai
850 950 1050 1150 1250 900 1000 1100 1200 1300
0 0 30
1066 1108 1150 1202 1109 1164 1198 1231
20
10
950 1050 1150 1250 1350 1000 1100 1200 1300 1400
C
70 70
Reuland Everlange
60 60
Synthése des deux sites
50 80
50
Fréquence (%) des feuilles émergées
70
40 40
Fréquence (%) des feuilles émergées
60
30 30
50
20 20
40
10 10
30
0 0
1187 1202 1218 1251 1252 1277 1323 1353 20
10
0
20 26 mai 2 juin 5 23 mai 29 mai 90 94 100 105 110 115
1150 1200 1250 1300 1350 1400 1200 1250 1300 1350 1400 1450 1500
Partie II I-9
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
3. Synthèse
Une étude synthèse a été faite dans les deux sites pour déterminer le phyllotherme
principal qui a été enregistré pour chaque feuille pour deux types de variétés (hâtive
et tardive).
En somme, la variation du phyllotherme entre les étages foliaires est plus contrastée
dans le cas des variétés tardives que des variétés hâtives.
Partie II I - 10
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
comparaison se base sur le nombre de degrés jours à base 0°C, Reuland paraît en avance
par rapport à Everlange. Parmi les hypothèses plausibles nous pouvons citer :
• Le microclimat lié à un site agit efficacement sur le développement de la plante ;
• La variation du tallage entre variétés ;
• La différence de date de semis entre les sites agit sur le nombre de talles et le
nombre de feuilles qui seront formées.
A
100
500
F1
100
400
Changement de site F2
100
300
F3
100
200
F4
100
F5
0
500 700 900 1100 1300 1500 1700
100 F4
0 F5
350 450 550 650 750 850 950 1050
Figure 2-1-5 : Variation de la formation des 5 dernières feuilles en fonction de la somme de degrés
jours A : dans les 4 sites d’essais en 2003. B : en fonction de trois dates de semis à Everlange pour la
variété Achat. La première observation correspond au 7 avril.
En 2000, l’écart de semis entre Everlange (15 octobre) et celui de Reuland (18 octobre)
n’est que de 3 jours. Mais, en fonction de la somme de degrés jours à base 0°C, la
formation des feuilles est très en avance à Reuland par rapport à Everlange. Afin
d’approfondir cette question, nous avons analysé les données récoltées en 2003 dans le
Partie II I - 11
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
Les résultats de cette analyse (figure 2-1-5 A), montrent que Burmerange situé dans la
Moselle luxembourgeoise est le site le plus tardif lorsque la comparaison se base sur la
somme de degrés jours alors que les premières apparitions des feuilles sont enregistrées
dans ce site lorsque la comparaison se base sur la date d’observation. Reuler parait
parmi les sites les plus hâtifs lorsque la comparaison se base sur la somme de degrés
jours alors que ce site est le plus tardif lorsque la comparaison se base sur la date
d’observation. La somme de degrés jours à base zéro sous-évalue le développement
phénologique, d’autres facteurs interviennent telles que la date de semis, les degrés
jours à des bases supérieures à zéro et le photopériodisme Les conditions
microclimatiques de chaque site agissent sur le tallage et le nombre de feuilles qui
seront formées mais ceux-ci sont modulés par la date de semis. Pour illustrer
l’importance de la date de semis dans la variation du nombre de talles et les feuilles qui
seront formées, nous avons analysé l’émergence des 5 dernières feuilles en fonction de
la somme de degrés jours dans le même site (Everlange) et pour la même variété
(Achat) mais avec trois dates de semis différentes, 4 octobre 2002,
14 octobre 2002 et 6 novembre 2002 (figure 2-1-5 B).
Les résultats de cette analyse montrent que l’apparition des 5 dernières feuilles a
nécessité moins de degrés jours pour le semis du 6 novembre par rapport au semis du 4
octobre et le semis du 14 octobre par rapport au semis du 6 novembre. Même
constatation lorsque nous comparons l’apparition des 5 dernières feuilles entre le semis
du 6 novembre et le semis du 14 octobre. Pour comprendre ce phénomène, nous avons
jugé qu’il est indispensable d’analyser pendant la période qui sépare les trois semis les
températures à différentes bases (0, 1, 2, ...). Nous avons essayé de déterminer la base
qui donne un cumul de zéro degrés jours entre le semis du 4 octobre et les deux semis
du 14 octobre et 6 novembre àfin de déceler toutes les bases qui ont eu lieu pendant
cette période. Ensuite, nous avons calculé la fréquence de chaque base par rapport à la
base 0 pendant trois périodes: a) entre le semis du 4 octobre et le semis du 14 octobre;
b) entre le semis du 4 octobre et le semis du 6 novembre;c) entre le semis du 6
novembre et la date de la première observation effectué sur le terrain (7 avril).
Ces résultats montrent que le semis du 6 novembre et dans une moindre mesure le semis
du 14 octobre ont perdu des températures très favorables à la germination et au levé
(température supérieure à 6°C) qui ont été pratiquement inexistantes pendant la période
hivernale. De plus l’apparition des 5 dernières feuilles du semis du 6 novembre à des
sommes de degrés jours beaucoup plus inférieures à celles du semis du 4 octobre révèle
que le semis du 6 novembre a réduit des étapes de la phénologie correspondant à un
phyllotherme de base 0 supérieure à 243 degrés jours soit la durée de presque deux
Partie II I - 12
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
300
Semis
SemisAdu 4 octobre Semis duB14 octobre
Semis
250
200
a
150
100
50
0
-50
-100
5/10/2002
6/10/2002
7/10/2002
8/10/2002
9/10/2002
10/10/2002
11/10/2002
12/10/2002
13/10/2002
14/10/2002
15/10/2002
16/10/2002
17/10/2002
18/10/2002
19/10/2002
20/10/2002
21/10/2002
22/10/2002
23/10/2002
24/10/2002
25/10/2002
26/10/2002
27/10/2002
28/10/2002
29/10/2002
30/10/2002
31/10/2002
1/11/2002
2/11/2002
3/11/2002
4/11/2002
5/11/2002
6/11/2002
BASE0 BASE1 BASE2 BASE3 BASE4 BASE5 BASE6
BASE7 BASE8 BASE9 BASE10 BASE11 BAE12
300
Somme de degrés jours à différentes base
250
200 b
150
100
50
0
BASE0
BASE1
BASE2
BASE3
BASE4
BASE5
BASE6
BASE7
BASE8
BASE9
BASE10
BASE11
BAE12
120 80
6 novembre et 7 avril
De chaque base entre
Gain en degrés jours
63 70
Proportion de chaque base par rapport à la base 0
100 50 60
100
38 c 50
40
82 27
18 30
80 11 20
6 3 -1 10
65 1 0 0 0 0 0 0 0 0
0
novembre
60 -3 -2 -3 -1 -10
de chaque
-8 -7 50 -5 -4 -8 -5
base
-10 -11 -20
4 octobre
-14
A
-18
C
-23 -30 de chaque
au semisaudusemis
40 -27 36 -40 et duB6et
-32
-37 -50
jours jours
des Semis
25
-60
14 octobre
16
par rapport
20 -70
en degrés
10 -80
6 3
en degrés
1 0 -90
base
par rapport
0 -100
des semis du
Perte
BASE0
BASE1
BASE2
BASE3
BASE4
BASE5
BASE6
BASE7
BASE8
BASE9
BASE10
BASE11
Perte
Figure 2-1-6 : Variation de la somme de degrés jours entre trois semis. a : somme de degrés jours
entre les trois semis à différentes bases jusqu’à ce que la somme soit égale à 0. b : Somme de degrés
jours représenté par chaque base présente pendant la période séparant les trois semis. c : Gain (%)
de chaque base en degrés jours entre le 6 novembre et 7 avril et perte (%) en degrés jours des semis
B et C par rapport au semis A.
IV. Discussion
Le Phyllotherme diffère significativement (P < 0,0001) entre les variétés hâtives et les
variétés tardives et entre les trois dernières feuilles (F3, F2 et F1). En effet, notre
analyse a montré que les feuilles F3 nécessitent plus de degrés jours. Ce phyllotherme
est supérieur ou égal à 130 degrés jours mais ne dépasse pas 140 degrés jours pour les
Partie II I - 13
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
variétés hâtives. Par contre il pourrait atteindre 150 degrés jours pour les variétés
tardives telles que Dream et aux alentours de 140 degrés jours pour les variétés à
développement intermédiaire (Achat).
Les deux dernières feuilles surtout la dernière nécessitent beaucoup moins de degrés
jours pour leur formation surtout les variétés tardives telles que Dream et Achat. Le
nombre de degrés jours ne dépasse pas 110 degrés jours et se situe souvent dans
l’intervalle entre 90 et 100 degrés jours pour Dream. Donc, la valeur du phyllotherme
devrait être modifié dans le logiciel Proculture lorsque les deux dernières feuilles
commencent à sortir pour minimiser la somme des carrés des erreurs de précision de la
simulation. En plus cette étude a montré que la F3 est la référence la plus indispensable
pour toute simulation de la croissance des feuilles. Notre analyse a montré que les
5 dernières feuilles apparaissent plus tôt dans le cas du semis tardif que les semis
précoces.
La probabilité pour que la F1 ait un phyllotherme de 130 degrés jours ne dépasse pas
9 % et pour que ce phyllotherme soit inférieur à 110 degrés jours, cette probabilité est
supérieure à 80 %.
Dans la simulation de la croissance des feuilles surtout les trois dernières feuilles, le
phyllochrome programmé présente la durée entre la première apparition de la feuille et
la formation complète. Pourtant, les analyses de nos observations montrent que
l’émergence de la nouvelle feuille située au-dessus commence avant que celle qui la
précède n’achève sa formation complète.
Souvent la nouvelle feuille commence à émerger lorsque celle qui la précède est entre
80 et 90 % (figure 2-1-7).
Ces constatations sont très importantes dans les simulations du couplage du module de
croissance avec les périodes d’infections.
Partie II I - 14
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
120
90 F1
% de formation de F2
80
70
60
50
40
Dream
Dream
Dream
Dream
Bussard
Flair
Bussard
Flair
Bussard
Flair
Bussard
Flair
Flair
Dekan
Bussard
Achat
Achat
Ritmo
Ritmo
Biscay
Drifter
Ritmo
Ritmo
2000 2001 2002 2003 2000 2001 2003 M oselleReuler
Figure 2-1-7 : Ecart entre la formation de F2 et la F1 qui commence à émerger pendant les
4 années d’observation. Les barres représentent le % de formation de F1 et la base des barres
représente le degré de formation de F2 au même moment.
Selon, SHAW et ROYLE (1986), les feuilles apparaissent typiquement chaque 10 jours
pendant le printemps et la tige s'étend de 20 cm par semaine vers le haut pendant
l'apparition des trois dernières feuilles. Le transport de l'inoculum des feuilles
inférieures aux feuilles supérieures de la culture est un facteur de limitation dans les
épidémies de S. tritici parce qu'il dépend fortement du stade et de l'architecture de la
plante pendant la formation des 5 dernières feuilles mais aussi des conditions d'infection
pendant la formation de ces feuilles. Ainsi, si la maladie devait devenir sévère sur les
feuilles supérieures, elles devraient être infectées très tôt au cours de leur formation
(SHAW & ROYLE, 1993).
Ainsi, selon SHAW et al., (1993), les effets d'amplification de très petites différences de
dans les dates d'apparition des 3 dernières feuilles signifient que ceci devrait être pris en
compte pour une prédiction précise et efficace: Avec des averses sporadiques, deux
cultures qui diffèrent seulement de 2 ou 3 jours dans le développement des 3 dernières
feuilles peuvent avoir des quantités finales de la maladie très différentes. Deux
mécanismes peuvent contribuer à cela:
1. Si les pluies intenses favorables à un déplacement important de spores dans la
culture sont sporadiques. Le temps de la première infection des deux cultures ou
les parties de celles ci pourrait différer beaucoup plus par la différence du temps
dans le développement de la culture. Supposons qu'une partie de la culture
atteigne GS37, 2 jours en avance par rapport à l’autre partie. Les éclaboussures
n’ont eu lieu que le premier jour et pas pendant 3 autres semaines et pendant cette
pluie, le bout de la dernière feuille (F1) apparaît dans la partie la plus avancée de
la culture. Une seconde pluie permettrait ainsi la multiplication substantielle de la
nécrose sur la dernière feuille de la partie avancée de la culture, mais causerait
seulement quelques lésions primaires sur la partie légèrement postérieure.
2. Une jeune feuille pourrait être facilement infectée à son émergence parce que les
spores y sont transférées par les éclaboussures par contact physique avec les
feuilles inférieures. La quantité de spores déplacées vers les feuilles supérieures
est fonction des éclaboussures dont l’efficacité diminue avec chaque
augmentation de 10 cm de la hauteur de la plante (SHAW, 1987). La distance
Partie II I - 15
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
V. CONCLUSION
Il ressort de cette étude sur la croissance des feuilles que le phyllotherme, terme
essentiel à prendre en considération pour la simulation, dépend fortement des variétés et
de la date de semis. La valeur du phyllotherme est plus élevée pour les feuilles F3 que
pour les deux dernières feuilles. Ainsi, nous suggérons de prendre dans la simulation de
la croissance de F3 un phyllotherme de 135 degrés jours pour les variétés hâtives et
entre 140 à 145 pour les variétés tardives. Pour la F2, l’idéal est de prendre un
phyllotherme de 127 degrés jours et pour la F1 un phyllotherme situé entre 120 et
130 degrés jours pour les variétés hâtives. Ce phyllotherme correspond à 100 degrés
jours pour la F1 de la variété Dream (variété tardive). Cette étude a montré aussi que les
nouvelles feuilles apparaissent avant que celles qui les précédent n’atteignent leur
formation finale. Ces nouvelles feuilles émergent souvent quelques jours avant que le
phyllochrome de la feuille qui la précède n’atteigne son niveau maximum. Ceci est très
important pour l’analyse du couplage du module de croissance avec les périodes
d’infections.
En plus notre étude a montré que la date de semis influence le nombre de feuilles qui
seront formées. Plus le semis est tardif, plus le nombre de thalles sera réduit. Il est très
important de réaliser la simulation en prenant comme référence la F3 qui permet de
mieux recaler la phénologie. Le microclimat de chaque site en relation avec sa topologie
influence aussi la croissance de la plante en relation avec la date de semis. Burmerange
est un site caractérisé par la douceur de la température et le semis a été réalisé au début
d’octobre mais en fonction de degrés jours ce site apparaît plus tardif par rapport aux
autres sites. D'où l'intérêt d'une étude topoclimatique de chaque région climatique.
Néanmoins, certains points sont jugés importants à développer :
Partie II I - 16
THÈSE DE DOCTORAT –PARTIE II – Chapitre I
TABLEAUX
2-1-1 : Variétés qui ont été étudiées selon leur caractère hâtif ou tardif (basé sur la comparaison entre les variétés pour une
même date de semis du % de formation des trois dernières feuilles dans les essais et les brochures des
sélectionneurs des variétés). Les variétés ont été testées dans des sites différents au Grand-Duché de Luxembourg
entre 2000 et 2003. ................................................................................................................................................................I-3
2-1-2 : Stations météorologiques qui ont été utilisées pour les analyses des données d’observations. ...........................................I-4
FIGURES
2-1-1 : Variation du phyllotherme en fonction des trois dernières étages foliaires à Everlange et Reuland au niveau de
Flair et Dream en 2000, Achat et Drifter à Everlange en 2002. Les dates sur les graphes indiquent le moment où
les premières observations ont été réalisées..........................................................................................................................I-5
2-1- 2: Relations entre la somme de degrés jours à base zéro et le pourcentage de surface foliaire formée de Flair et
Dream à Everlange et Reuland en 2000 et d’Achat et Drifter à Everlange en 2002. ...........................................................I-6
2-1-3 : Variation du phyllotherme au sein de chaque fréquence de feuilles émergentes de Flair à Everlange et Reuland en
2001. A : F3 ; B : F2 ; C : F1. Dans chacun des deux sites, chaque feuille est représentée par deux figures : la
première indique la somme de degrés jours à base 0 de chaque fréquence ; la deuxième indique le phyllotherme
correspondant à chaque fréquence. Une troisième figure représente les proportions de chaque phyllotherme qui a
été enregistré dans les deux sites...........................................................................................................................................I-7
2-1-4 : Variation du phyllotherme au sein de chaque fréquence de feuilles émergentes de Dream à Everlange et Reuland
en 2001. A : F3 ; B : F2 ; C : F1. Dans chacun des deux sites, chaque feuille est représenté par deux figures : la
première indique la somme de degrés jours à base 0 de chaque fréquence ; la deuxième indique le phyllotherme
correspondant à chaque fréquence. Une troisième figure représente les proportions de chaque phyllotherme qui a
été enregistré dans les deux sites...........................................................................................................................................I-9
2-1-5 : Variation de la formation des 5 dernières feuilles en fonction de la somme de degrés jours A : dans les 4 sites
d’essais en 2003. B : en fonction de trois dates de semis à Everlange pour la variété Achat. La première
observation correspond au 7 avril. ......................................................................................................................................I-11
2-1-6 : Variation de la somme de degrés jours entre trois semis. a : somme de degrés jours entre les trois semis à
différentes bases jusqu’à ce que la somme soit égale à 0. b : Somme de degrés jours représenté par chaque base
présente pendant la période séparant les trois semis. c : Gain (%) de chaque base en degrés jours entre le 6
novembre et 7 avril et perte (%) en degrés jours des semis B et C par rapport au semis A...............................................I-13
2-1-7 : Ecart entre la formation de F2 et la F1 qui commence à émerger pendant les 4 années d’observation. Les barres
représentent le % de formation de F1 et la base des barres représente le degré de formation de F2 au même
moment. ...............................................................................................................................................................................I-15
REFERENCES
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D. H. MAC KENZIE (1981). "Phasic development in field rain splash using a fluorescent tracer method and its
crops. I. Thermal response in the seedling phase." Field application to the epidemiology of cereal pathogens." Plant
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and tillers in winter wheat. In wheat growth and modeling. decimal code for the growth stages of cereals weeds."
E. W. R. K. ATKIN. Nato Asi. Ser. A. 86. 406 p. Research 14: 415-421.
Partie II I - 17
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
CHAPITRE II
I. Introduction
Les produits chimiques utilisés dans la protection de la septoriose des feuilles du blé
d’hiver au Grand-Duché de Luxembourg sont chers. Leur utilisation fréquente accélère
l’apparition de souches pathogènes résistantes aux traitements. Pour ces raisons, le
cahier des charges de l’agriculteur évolue rapidement. Il devient donc urgent de
développer des stratégies plus raisonnables et plus respectueuses de l’environnement
qui permettent de guider l’agriculteur luxembourgeois à mieux gérer sa culture. La
gestion de Septoria tritici doit se baser sur deux modules :
• le 1er décrit les cycles infectieux primaires (la germination, la latence et la
sporulation à partir d’une infection) en relation avec la croissance des feuilles ;
• le 2ème module simule la dispersion des spores dans le couvert.
Le premier module comprend deux sous modules, la période infectieuse et le module de
croissance. Pour l’élaboration du modèle épidémiologique du complexe foliaire, l’étude
de la bibliographie a permis d’estimer que l’effet du climat sur l’épidémie de la
septoriose avait déjà été largement étudié. En revanche, les effets de l’hôte sur le
développement de la maladie avaient été très peu explorés, tant dans les phénomènes de
Partie II II - 1
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
Partie II II - 2
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
Partie II II - 3
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
0
y = -2,65x + 14,602
R2 = 0,1507 5
novembre
10
15
20
Maladie de F2 en Logarithme
-1,5 -1 -0,5 0 0,5 1 1,5 2 2,5
Nombre de jours avec la
T°c entre -5 et 10°c du 1
0
octobre au 31 mars
50 y = 0,9427x + 155,84
R2 = 0,0134
100
150
200
Maladie de F2 en Logarithme
<=-2°c entre 4 novembre et
Nombre de jours avec T°C
1
2
3
4
5
y = 0,497x + 1,0052
R2 = 0,0702 6
Figure 2-2- 1 : Résultats de corrélation entre les conditions météorologiques hivernales des années 2000, 2001
et 2003 et le niveau de maladie sur la F2 pendant la maturité laiteuse exprimée en logarithme dans trois sites
d’essai (Everlange, Reuland et Moselle).
Ainsi, nous avons comparé les facteurs météorologiques évoqués dans la littérature qui
agissent sur la septoriose pendant le printemps (tableau 2-2-1). Pour le seuil minimal de
température à prendre pour l’infection, nous jugeons que 7°C est trop élevé lorsque
l’objectif fixé au départ est de déceler toutes les périodes d’infections possibles. Avec
Proculture, certaines périodes d’infections ont échappé à la simulation lorsque le seuil
minimal de température était de 5°C pendant 48 heures (CALAY et al., 2002).
Cependant, de nombreux modèles négligent les périodes d’interruption de la
température ou de l’humidité alors que c’est un élément indispensable dans la
modélisation. Selon SHAW (1991), les ruptures des périodes à 75 % d’humidité relative
pendant 48 heures ont réduit légèrement le processus d’infection mais des ruptures à
50 % d’humidité relative ont de grands effets mais permettent pourtant encore à
l’infection de se produire. Pour simuler l’infection, certains modèles prennent des
conditions journalières (ADAS et TYLDESLEY & THOMPSON, 1980), d’autres se basent
sur des conditions horaires (Proculture, …). Nous avons comparé les modèles ADAS,
TYLDESLEY & THOMPSON (1980) et Proculture (figure 2-2-2).
Partie II II - 4
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
Tableau 2-2- 1 : Tableau synthétique de la littérature des conditions météorologiques favorisant l’infection de
S. tritici. Les conditions de Proculture sont mentionnées par MOREAU & MARAITE (1999) et CALAY et al., (2002).
Les chiffres () représentent le nombre de jours. Min/minimale ; Opt/optimale ; Max/ maximale ; Int/intensité;
h/heure.
Min Opt Max Ambiante durée Max de maladie Int (mm) Période
08-avr.-00
15-avr.-00
22-avr.-00
29-avr.-00
03-juin-00
10-juin-00
17-juin-00
24-juin-00
01-juil.-00
08-juil.-00
15-juil.-00
22-juil.-00
29-juil.-00
06-mai-00
13-mai-00
20-mai-00
27-mai-00
0
en mm
5
Pluie
10
15
20
25
30
Tyldesley et Thompson (1980)
35
Infection journalière selon
1
Infection journalière
selon ADAS
0
Infection journalière
1
selon Proculture
0
03-juin-00
10-juin-00
17-juin-00
24-juin-00
01-juil.-00
08-juil.-00
15-juil.-00
22-juil.-00
29-juil.-00
01-avr.-00
08-avr.-00
15-avr.-00
22-avr.-00
29-avr.-00
06-mai-00
13-mai-00
20-mai-00
27-mai-00
Date
Figure 2-2-2 : Comparaison des simulations de l’infection des modèles TYLDESLEY & THOMPSON (1980), ADAS
et Proculture. Station météorologique d’Everlange (2000).
Les résultats de cette comparaison entre les trois modèles montrent une certaine
similitude entre ADAS et Proculture. Cependant, le nombre de périodes d’infection
parait plus important avec Proculture qu’avec ADAS. Ceci s’explique par le fait que
Proculture fonctionne à l’échelle horaire, ces exigences de pluie ne sont pas très
importantes, il suffit de 0.1mm pendant la première heure pour préparer les pycnides et
0.5 mm pendant la deuxième heure pour disperser par des éclaboussures les conidies
produits par ces pycnides. Alors qu’ADAS est très exigent pour la pluie. Cette exigence
Partie II II - 5
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
1
Une comparaison entre les systèmes d’avertissements existant dans les pays limitrophes a été
développée lors de l’introduction générale de cette thèse.
Partie II II - 6
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
0,05
Température en °c -0,1
-0,15
Variété sensible 1/p = 0,0052θ-2,7*10-7*θ4
Hâtive
Variété résistante 1/p = 0,0048θ-2,7*10-7*θ4 -0,2
Tardive
B
Date
15/04/2000
22/04/2000
29/04/2000
13/05/2000
20/05/2000
27/05/2000
10/06/2000
17/06/2000
24/06/2000
15/07/2000
22/07/2000
29/07/2000
1/04/2000
8/04/2000
6/05/2000
3/06/2000
1/07/2000
8/07/2000
16 0
15
14
11 F2
10 F1 2
9
8
7
6 3
5
4
3 4
2
1
0 5
F3 F2 F1
Figure 2-2-3 : La latence selon SHAW (1990). A/ Les limites du modèle concernant le paramètre température.
B/ Cumul de la latence en fonction de deux équations (variétés sensible et résistante) pour chaque infection.
Les petites flèches vertes représentent la fin de la latence pour les variétés sensibles et celles en violet
représentent la fin de la latence pour les variétés résistantes. Les flèches avec une ligne continue représentent
le début de la formation des trois dernières feuilles de Bussard (sensible) et celles en lignes discontinues
représentent le début de la formation des trois dernières feuilles de Dream (résistante).
Partie II II - 7
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
Partie II II - 8
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
température minimale a été abaissée de 5°C à 4°C et l’infection d’une feuille est
possible dès le début de sa sortie ; b) le paramètre de « pourcentage de développement
foliaire minimal pour qu’une infection soit possible » est abaissé à 5 % ; c) la possibilité
de procéder au recalage phénologique et de la septoriose via le Web en introduisant le
pourcentage de la dernière feuille formée. Ce dernier point constitue un grand succès
pour Proculture par rapport à ses anciennes versions. Au début, le système demandait
uniquement le stade phénologique observé lors de la dernière sortie effectuée sur le
terrain. Cependant, en se basant uniquement sur le stade phénologique, la fiabilité de la
simulation pourrait être affectée. Supposons qu’une visite a été faite dans un site x le 30
mai 2000 et la culture était à l’épiaison. Notre difficulté résultait du fait que la culture
pourrait être dans cette phase soit depuis une semaine ou venait d’y entrer. Ainsi, pour
chercher le meilleur ajustement, il fallait effectuer une série de simulations autour de
l’épiaison en cherchant la date et le stade qui permettaient une simulation logique de la
croissance de la plante avec les données d’observations.
De plus, dans cette étude, nous avons calibré, via la nouvelle version de Proculture deux
types de comportement variétal: la précocité et la sensibilité. Pour les variétés sensibles
(Bussard), le recalage phénologique se base sur le pourcentage de F3 formé qui doit être
bien précis. Cette dernière donnée constitue l’élément clé pour toute simulation future.
Pour ceci, la fiabilité d’une bonne calibration et d’une bonne simulation se base sur un
bon échantillonnage qui reflète l’état de la population d’une parcelle. Pour les variétés
résistantes, en plus des données relatives au recalage phénologique, des ajustements
sont faits autour de la date d’observation afin d’obtenir la meilleure simulation qui
reflète la réalité de la parcelle.
La simulation quantitative de la septoriose sur les 5 dernières feuilles se base sur des
fonctions logistiques qui décrivent les courbes de progression de la maladie,
sélectionnées en fonction de la variation de la résistance (PAVELEY, 1999). Ces
fonctions se basent sur trois critères : a) le rapport entre l’inoculum et la sévérité future
de la maladie est exponentielle ; b) les différences entre les très petites quantités de
maladies observées sur les feuilles situées à la base de la culture détermineraient si une
épidémie substantielle pourrait arriver pendant la durée de vie des feuilles supérieures ;
c) le modèle traite avec la quantité de l’inoculum arrivant au sommet du couvert
végétale (LOVELL et al., 1997).
Il est devenu clair que la position de la source de l’inoculum par rapport au sommet du
couvert végétale peut avoir une influence profonde sur l’efficacité de transfert de spores
aux feuilles nouvellement émergées.
Les simulations de la quantification de la maladie ont été réalisées à l’Unité de
Phytopathologie de l’UCL.
La calibration a été réalisée de 2000 à 2002 dans deux sites (Everlange et Reuland) en
se basant sur les données d’observations récoltées sur le terrain à une fréquence de
2 fois/semaine pour Everlange et une fois/semaine pour Reuland.
Partie II II - 9
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
Partie II II - 10
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
A Event Observed
No (misses)
c (missises) d (correct rejections) c+d
a+c b+d
Total observed a+b+c+d=n
Probability of detection a
(POD) of "Yes" observations POD = [0,1]
aa+c
+b 1
La validation quantitative a été basée sur des méthodes statistiques (ANOVA, l’analyse
du rapport de la somme des valeurs observées et simulées, analyse du rapport (%) de la
différence de la moyenne des valeurs observées et des valeurs simulées par rapport aux
valeurs simulées, étude de la corrélation pour α = 5 %, analyse de la pente, analyse de
l’ordonnée à l’origine de la droite de régression où x = Proculture et y = Essai).
IV. Résultats
Les simulations de Proculture ont clairement révélé des différences importantes entre
les années et entre les sites (figure 2-2-6).
En 2000, à Everlange, la F5 a été infectée par l’inoculum présent sur les feuilles situées
à la base au moment de sa formation par les périodes d’infection de fin mars. La 1ère
infection de F4 a été causée par les périodes d’infection de la deuxième décade d’avril.
A cette date, aucun symptôme n’était observable sur la F5. La seule source de spores
pour infecter la F4 était les feuilles situées à la base (F7, F6). La présence des
Partie II II - 11
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
symptômes sur F5 et une grande probabilité d’infection fin avril ont été à l’origine de
l’infection primaire de F3 pendant son émergence. Pendant le début d’émergence de F2
durant la première décade de mai, les conditions météorologiques n’étaient pas
favorables à de nouvelles infections. Les nouvelles périodes d’infections ont été
détectées seulement durant l’émergence de F1. F2 et F1 ont été infectées au même
moment par l’inoculum généré par les feuilles F4 et F3.
A Reuland, les feuilles F5 et F4 ont été infectées durant leur émergence. L’inoculum
était déjà produit sur la F5 au moment de l’émergence de F3, ce qui a provoqué une
infection précoce de cette feuille le 24 avril. La F2 a été infectée pendant son émergence
par l’inoculum produit sur la F4. La F1 a été infectée au moment de son émergence par
l’inoculum produit sur la F3.
En 2001, à Everlange, Les feuilles F5 et F4 ont été infectées durant leur émergence par
les feuilles de base. La F3 a été atteinte très probablement par l’inoculum produit sur F5
fin avril. La F2 a été probablement infectée au début de sa formation par la F4 pendant
la 1ère décade de mai. Certaines F1 ont été infectées par F3 au moment de leur formation
(14 avril). Pour Dream, la F2 et la F1 ont été infectées par l’inoculum produit par la F3.
A Reuland, la F3 de Bussard a été probablement infectée pendant la période d’infection
de fin avril lorsque F5 était à la même position que F4 et F3. La F2 a été infectée très
probablement par F3 et dans une moindre mesure par F4 (position très proche). La F1 a
été infectée par l’inoculum produit sur F3. Pour Dream, la F3 a été infectée par
l’inoculum produit par la F4 durant la deuxième décade de mai. La F2 et la F1 ont été
infectées en même temps par l’inoculum produit sur la F3 au début du mois de juin.
En 2002, l’infection de F4 et F3 est résultante de faibles et distantes quantités
d’inoculum présent sur la F5 le 17 avril. Certaines F2 présentent des symptômes très
négligeables. Ces symptômes très négligeables ne devraient provenir que de F4 or, lors
de la visite du 3 mai (tableau 2-2-3), aucun symptôme n’avait été détecté sur la F4.
Deux hypothèses sont plausibles, a) l’infection de certaines F2 a eu lieu lors de leur
formation début mai par un inoculum si faible et distant sur la F4, il n’est pas étonnant
que nous ne puissions pas détecter ces symptômes primaires ; b) un transfert horizontal
de l’inoculum à partir d’autres plantes avoisinantes pourrait aussi être à l’origine de
l’infection de certaines F2. Concernant la F1, une infection primaire a eu lieu à partir de
très faibles symptômes présents sur la F3. Les pluies du 19 mai ont été à l’origine de
l’augmentation des symptômes sur la F2 et d’un cycle secondaire sur la F3. Le taux
d’augmentation brutal des symptômes observés sur la F2 entre le 16 et le 18 juin
pourrait être la résultante de l’infection secondaire du 25 et 26 mai mais aussi une
contribution des ascospores de M. graminicola qui ne sont pas prises en considération
par Proculture.
Partie II II - 12
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
1/10/99 1/12/99 1/02/00 31/03/00 31/05/00 31/07/00 1/10/99 1/12/99 1/02/00 31/03/00 31/05/00 31/07/00
2 2
101 101
100 C F1 100 C F1
2 2
10 101 10 101
100 F2 100 F2
2
101 10 Everlange 2000 2
101 10 Everlange 2000
100 F3 100 F3
10 101
2
Bussard 10
2
101 Dream
2
100 F4 2
100 F4
101 10 101 10
100 F5 100 F5
10 10
Infections Infections
B t° % hr journalières
B t° % hr
journalières 100
30 100 30
Pluie 30 Pluie 30
(mm) 20 20 80 (mm) 20 20 80
A 10 60
A 10 60
10 10 0
0 40 40
0 0
1/10/99 1/12/99 1/02/00 31/03/00 31/05/00 31/07/00 1/10/99 1/12/99 1/02/00 31/03/00 31/05/00 31/07/00
Données climatiques journalières Données climatiques journalières
31/10/00 1/01/01 1/03/01 1/05/01 1/07/01 31/10/00 1/01/01 1/03/01 1/05/01 1/07/01
2 2
101 101
100 C F1 100 C F1
2 2
10 101 10 101
100 F2 100 F2
2
101 10 Everlange 2001 2
101 10 Everlange 2001
100 F3 100 F3
10
2
101 Bussard 10
2
101 Dream
2
100 F4 2
100 F4
101 10 101 10
100 F5 100 F5
10 10
Infections B t° % hr Infections B t° % hr
journalières journalières
30 100 Pluie 30 30 100
Pluie 30
(mm) 20 20 80 (mm) 20 80
A 10 20 A 10
60 60
10 0 10 0
40 40
0 0
31/10/00 1/01/01 1/03/01 1/05/01 1/07/01 31/10/00 1/01/01 1/03/01 1/05/01 1/07/01
Données climatiques journalières Données climatiques journalières
1/10/01 1/12/01 1/02/02 1/04/02 1/06/02 1/10/01 1/12/01 1/02/02 1/04/02 1/06/02
2 2
101 101
100 C F1 100 F1
10
2
101 10
2
101
C
100 F2 100 F2
2
101 10 Everlange 2002 F3
2
101 10 Everlange 2002
100 100 F3
10
2
101 Drifter 10
2
101 Achat
2
100 F4 100 F4
2
101 10 101 10
100 F5 100 F5
10 10
Infections Infections
journalières
B t° % hr B t° % hr
100 journalières
100
Pluie 20 25 Pluie 20 25
(mm) 15 A 80 A 80
(mm) 15
10 0 60 10 0 60
5 40 5 40
0 0
1/10/01 1/12/01 1/02/02 1/04/02 1/06/02 1/10/01 1/12/01 1/02/02 1/04/02 1/06/02
Données climatiques journalières Données climatiques journalières
1/10/99 1/12/99 1/02/00 31/03/00 31/05/00 1/10/99 1/12/99 1/02/00 31/03/00 31/05/00
2 2
101 101
100 C F1 100 C F1
2 2
10 101 10 101
100 F2 100 F2
2
101 10 Reuland 2000 2
101 10 Reuland 2000
100 F3 100 F3
10
2
101 Bussard 10 101
2
Dream
2
100 F4 2
100 F4
101 10 101 10
100 F5 100 F5
10 10
Infections Infections
journalières
B t° % hr
journalières
B t° % hr
60 30 100 60 30 100
Pluie Pluie
20 80 (mm) 40 20 80
(mm) 40 A A
10 60 10 60
20 0 20 0
40 40
0 -10 0 -10
1/10/99 1/12/99 1/02/00 31/03/00 31/05/00 1/10/99 1/12/99 1/02/00 31/03/00 31/05/00
Données climatiques journalières Données climatiques journalières
31/10/00 1/01/01 1/03/01 1/05/01 1/07/01 31/10/00 1/01/01 1/03/01 1/05/01 1/07/01
2 2
101 101
100 C F1 100 C F1
2 2
10 101
10 101
F2 100 F2
2
101
100
10 Reuland 2001 2
101 10 Reuland 2001
100 F3 100 F3
10
2
101 Bussard 10 101
2
Dream
100 F4 2
100 F4
2 101 10
101 10 F5
100 F5 100
10 10
Infections
Infections
B t° % hr journalières
B t° % hr
journalières 100
100 Pluie 25
Pluie 25
20 20 20 20
(mm) 15 80 (mm) 15 A 80
A 10 10
10
10 60 60
5 0 5 0
0 40 0 40
31/10/00 1/01/01 1/03/01 1/05/01 1/07/01 31/10/00 1/01/01 1/03/01 1/05/01 1/07/01
Données climatiques journalières Données climatiques journalières
Figure 2-2-6 : Les sorties de Proculture pour les simulations du risque de la septoriose des feuilles du blé d’hiver
pour les années 2000 à 2002 à Everlange et Reuland.
A : Valeurs journalières de la température moyenne de l’air (°c), Humidité relative (%) et la pluie (mm) mesurée à Everlange (2000),
Useldange (2001 et 2002) et Hersberg (proche de Reuland en 2000 et 2001) - B : Nombre d’heures par jour des plus importantes
probabilités d’infection - C : Lignes : développement de la surface foliaire (échelle logarithmique) des 5 dernières feuilles F5 à F1
(F1 est la dernière feuille formée), rose : quantification des symptômes issus de l’infection primaire des feuilles F5 à F1, rose foncé :
les symptômes issus des infections secondaires, barres bleues : % de symptômes observés.
Partie II II - 13
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
Tableau 2-2-3 : Pourcentage moyen de la surface foliaire présentant des symptômes de S. tritici dans les
dernières feuilles d’une variété sensible (Bussard) et d’une variété résistante (Dream) à Everlange et Reuland
pendant les années 2000 et 2001 et les variétés Achat et Drifter à Everlange en 2002. Les valeurs en rouge
représentent une différence significative par rapport à la dernière observation au seuil α = 5 %. Les valeurs en
noir sont les valeurs qui ne sont pas significativement différentes (α = 5 %) par rapport aux dernières
observations faites sur le terrain. Le nombre de ces valeurs en noir pour chaque feuille déterminera le nombre
de périodes non prévues par le modèle et non détectées sur le terrain.
Avril Mai Juin Juillet
2000 16 6 8 11 15 18 22 25 29 1 5 8 12 15 19 22 26 29 3 6 10 13
Bussard F1 - - - - - - - - 0.3 1 2 2 6 10 15 26 42 43 46 46 47 68
F2 - - - - - - - - 2 4 11 15 22 29 42 60 72 72 75 78 78 93
(GS39: 15/5/00) F3 - - - 5 4 4 5 6 15 18 35 44 52 55 56 67 77 77 80 - - - -
F4 - 1 5 18 20 22 24 26 54 56 76 84 84 82 83 91.4 97.2 98 100 - - - -
F5 - 3 18 56 59 61 63 66 76 80 - - - - - - - - - - - - -
9 23 4 7 10 14 17 21 28 31 5 7 11 14 18 21 25 28 2 5 9 12 19
Everlange 2001
Bussard F1 - - - - - - - - 0.1 0.2 0.7 0.4 0.4 0.3 0.2 0.1 1 2 10 12 18 20 40
F2 - - - - - - - - 0.8 0.3 2 1 1 1 1 2 7 8 31 34 56 59 82
(GS39: 22/5/01) F3 - - - - - 1 1 2 4 3 7 4 5 3 6 6 20 27 57 55 85 82 -
F4 - - - 2 2 16 13 23 31 26 33 27 32 28 32 27 54 55 88 83 - - -
F5 0.3 4 4.2 23 24 59 60 77 80 77 79 77 82.4 78 - - - - - - - - -
2002 12 19 26 3 9 16 20 23 27 30 3 6 10 13 16 20 24 1 4 8
Drifter F1 - - - - - - - - - 0.3 1 2 3 5 7 10 17 24 44 42
F2 - - - - - - 1 2 2 2 3 5 9 14 30 39 61 63 76 73
(GS39: 16/5/02) F3 - - - - - 0.3 2 3 10 10 21 35 50 57 75 79 90 93 96 94
F4 - - - - 0.2 1 2 6 19 27 46 68 81 91 96 95 99 - - -
F5 1 9 11 11 9 19 31 36 62 72 85 98 98 - - - - - - -
Achat F1 - - - - - - - - - 0.1 1 2 1 2 5 6 8 24 39 39
F2 - - - - - - 0.2 0.4 0.1 0.4 1 5 7 17 28 37 51 67 76 85
(GS39: 22/5/02) F3 - - - - - 0.1 1 3 3 5 11 28 35 48 65 76 86 90 91 88
F4 - - - - 0.1 0.4 4 10 19 31 47 69 81 95 95 97 99 - - -
F5 - - 0.3 0.1 0.1 1 13 29 50 73 82 94 97 - - - - - - -
Avril Mai Juin Juillet
2000 20 8 15 22 29 5 15 26 3 10
Bussard F1 - - - - 0.3 1 17 45 46 48
F2 - - - 5 7 20 50 79 78 78
(GS39: 19/5/00) F3 - - 1 12 34 62 76 85 84 88
F4 - 2 7 32 58 90 91 99 99 -
F5 - 22 45 66 80 - - - - -
-
Dream F1 - - - - - 0.1 2 11 14 18
F2 - - - - 0.2 1 8 25 27 31
(GS39: 25/5/00) F3 - - - 2 6 14 30 51 48 51
F4 - - 3 5 20 49 62 82 80 -
F5 - 2 15 29 53 - - - -
Avril Mai Juin Juillet
Reuland 2001 9 23 7 14 21 28 5 11 18 25 2 9 19
Bussard F1 - - - - - - - - - - 0.3 2 5
F2 - - - - - - 0.1 0.1 0 0.2 4 11 26
(GS39: 28/5/01) F3 - - - - 0.1 1 1 0.3 0.4 1 19 32
F4 - - 1 3 6 8 10 8 7 11 42
F5 - 4 20 38 64 71 69 65
Dream F1 - - - - - - - - - - - 1 3
F2 - - - - - - - - - 0.1 0.1 2 23
(GS39: 5/6/01) F3 - - - - - 0.2 0.1 1 0.2 1 2 13
F4 - - - 0.1 1 2 1 3 2 5.1 10
F5 - 1 11 9 12 11 7 15
Partie II II - 14
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
Tableau 2-2-4 : Test de concordance entre les simulations de Proculture et les observations de la maladie sur
les 5 dernières feuilles à Everlange (2000 à 2002) et Reuland (2000 à 2001). Les occurrences statistiques ont été
calculées sur base de tables de contingence.
Infections Prévues Non Non prévues et Occurrences statistiques
prévues et et non prévues et non
détectées détectées Détectées détectées POD FAR CSI PC (%)
F2 10 0 1 8
F3 15 0 1 10
F4 11 0 1 11
F5 8 0 2 5
Total 54 0 6 42 0.9 0 0.9 94
Dream F1 5 2 0 7
F2 7 1 1 7
F3 7 1 1 7
F4 7 2 0 10
F5 5 0 0 6
Total 31 6 2 37 0.94 0.16 0.8 90
F2 6 0 0 10
F3 7 2 0 11
F4 10 3 0 11
F5 16 1 0 9
Total 45 6 1 49 0.98 0.12 0.87 93
Dream F1 3 1 0 4
F2 4 2 0 10
F3 6 1 0 11
F4 8 1 0 11
F5 10 4 0 8
Total 31 9 0 44 1 0.22 0.78 89
F2 11 1 0 3
F3 13 0 0 5
F4 10 0 0 4
F5 8 1 0 3
Total 50 3 0 20 1 0.06 0.94 96
Drifter F1 7 1 1 4
F2 11 1 1 5
F3 12 1 0 5
F4 9 1 0 3
F5 10 1 1 3
Total 49 5 3 20 0.94 0.09 0.84 90
F2 20 0 2 2
F3 25 0 0 2
F4 16 0 0 2
F5 13 0 0 0
Total 88 0 4 8 0.96 0 0.96 96
Dream F1 4 0 0 2
F2 9 0 0 2
F3 11 0 1 2
F4 13 0 0 1
F5 8 0 0 0
Total 45 0 1 7 0.98 0 0.98 98
F2 7 0 0 3
F3 8 2 0 3
F4 11 1 0 4
F5 16 1 0 2
Total 47 5 0 12 1 0.1 0.9 93
Dream F1 2 4 0 0
F2 5 1 0 1
F3 3 1 1 4
F4 5 3 0 3
F5 7 5 1 5
Total 22 14 2 13 0.92 0.39 0.58 68.6
Partie II II - 15
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
La détermination des tables de contingence se base sur la figure 2-2-6 et tableau 2-2-3
pour déterminer le tableau 2-2-4. Il convient de souligner que les simulations de
Proculture sont journalières alors que les observations de la maladie se font à une
fréquence de deux fois par semaine pour Everlange et une fois par semaine pour
Reuland. Pour calculer les infections prévus et détectées nous procédons comme suit : i)
nous nous référons au tableau 2-2-3 pour voir si l’observation que nous venons de faire
pour chaque étage foliaire diffère significativement par rapport à la dernière
observation ; ii) si c’est le cas nous déterminons le nombre de périodes d’infections qui
venaient de s’achever (figure 2-2-6) entre la première observation et la dernière en se
basant sur Proculture ; iii) nous comptabilisons ces périodes en faveur des infections
prévues et détectées pour chaque étage foliaire. Si les données d’observations que nous
venons de récolter sur le terrain ne différent pas significativement par rapport à la
dernière observation faite sur le terrain mais Proculture indique trois périodes
d’infections qui ont achevés entre les deux observations. Ces trois périodes seront
comptabilisés en faveur des infections prévues et non détectées. Par exemple pour le
calcul de la première ligne du tableau 2-2-4 pour la F1, 10 périodes d’infections ont été
simulées par Proculture et détectées sur le terrain. Cependant, l’apparition des premières
traces de la maladie a été prévue par Proculture pour début juin alors la maladie a été
observée sur le terrain le 29 mai à une fréquence très négligeable. Cette période a été
comptabilisée en faveur du score non prévues et détectées.
Ainsi, la superposition des simulations de Proculture et des valeurs détectées sur le
terrain nous a permis de calculer différentes périodes (tableau 2-2-4) qui serviront de
base à la détermination de tables de contingence. Ces dernières sont indispensables au
calcul des occurrences statistiques (figure 2-2-7).
Everlange 2000
Bussard POD=a/a+b=54/54=1
POD = a/a+c = 54/60 =0.9
Détectées
Far=b/a+b=0/54=0
Infections
Oui 54 0 54
CSI=a/a+c+b=54/54+6+0=0.9
Non 6 42 48
PC =a+d/n *100=54+42/102=94%
Total 60 42 102=n
Figure 2-2-7 : Exemple de calcul des occurrences statistiques pour Bussard semée à Everlange en 2000.
Partie II II - 16
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
été détectées sur certaines feuilles (F2 à Reuland) un à deux jours avant la date
annoncée par Proculture. Probablement, la maladie apparaît sur quelques rares feuilles
avant que la fin de latence n’atteigne 100%. De plus, il est important de signaler que la
durée d’apparition des symptômes pour une même période entre la première apparition
et le taux maximum d’apparition s’échelonne de quelques heures à 7 jours en fonction
de la température (figure 2-2-8). Pour une température optimale entre 12 °C et 14°C, la
durée entre la première apparition et le taux maximum n’est que de quelques heures à
2 ou 3 jours mais cette durée s’allonge lorsque la température de l’air est supérieure à
18°C (figure 2-2-9). Ceci explique la longue durée entre la première apparition et le
taux maximal d’apparition pendant le mois de juin. Ce dernier argument semble
expliquer pourquoi le taux de maladie à Reuland est passé sur la F2 de Bussard de
19.5 % le 5 juin à 78.6 le 26 juin et pour la F1 de 0.7 le 5 juin à 45.4 le 26 juin
(figure 2-2-8 B).
A
12 Infection
Nombre de période de latence
10
6
F2; F1
4
F3
2 F4
F5
0
1/04/2000
8/04/2000
15/04/2000
22/04/2000
29/04/2000
6/05/2000
13/05/2000
20/05/2000
27/05/2000
3/06/2000
10/06/2000
17/06/2000
24/06/2000
1/07/2000
8/07/2000
15/07/2000
B
18
Infection
16
14
Nombre de latence
12
10
8
6 F1
4 F2
F3
2 F4
F5
0
1/04/2000
8/04/2000
15/04/2000
22/04/2000
29/04/2000
6/05/2000
13/05/2000
20/05/2000
27/05/2000
3/06/2000
10/06/2000
17/06/2000
24/06/2000
1/07/2000
8/07/2000
15/07/2000
Figure 2-2-8 : La durée de chaque latence entre la première apparition des symptômes et le taux maximum
d’apparition en 2000 à Everlange (A) et Reuland (B). Les lettres indiquent le moment d’apparition des
premiers symptômes sur les 5 dernières feuilles.
-10
-7
-5
-3
0
3
5
7
10
12
14
17
20
22
24
26
29
31
33
-0,05
-0,1
Température en °c
-0,15
-0,2
-0,25
1/p = 0,0049θ-4,1*10-7*θ4
-0,3
-0,35 Maximum d’apparition
Figure 2-2-9 : Les limites de la latence en fonction de la température pour le taux maximum d’apparition de
symptômes.
Pour la variété Dream (résistante), la validation qualitative est très satisfaisante pour
Everlange comme pour Reuland. Dans ce dernier site, le succès du modèle est de 98 %
Partie II II - 17
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
pour cette variété sans aucune fausse alerte (FAR = 0) et toutes les périodes d’infections
ont été correctement prévues (CSI = 98 %). Cependant, à Everlange, le taux de réussite
dépasse 90 % mais quelques fausses alertes ont été enregistrées (FAR = 16 %). Ceci
pourrait s’expliquer par la fréquence d’échantillonnage qui est intensive (2 x / semaine)
à Everlange par rapport à Reuland (1 x / semaine). Dream est une variété très résistante
et l’appréciation de l’évolution des premiers symptômes sur les feuilles a été très
difficile d’une part par la très faible réponse à une période d’infection primaire de
Dream par rapport à Bussard et d’autre part un échantillonnage aléatoire de deux fois
par semaine rend difficile d’apprécier l’évolution des premiers symptômes sur la feuille.
Ceci explique pourquoi certaines périodes ont été prévues à Everlange mais non
détectées. Une synthèse du modèle en relation avec les données d’observation
d’Everlange et Reuland pour Bussard et Dream (figure 2-2-10) confirme la bonne
concordance qui existe entre chaque période d’infection prévue et l’évolution des
symptômes sur les trois dernières feuilles et la chute de la surface verte. La nécrose de
F2 et F1 de Bussard a été très accélérée par rapport à Dream. Ceci est dû à la sensibilité
de Bussard à la septoriose, la rouille brune et l’helminthosporiose dont les conditions
épidémiologiques étaient très favorables en 2000.
En 2001, pour Bussard, les résultats des scores statistiques font apparaître une
probabilité de succès de « Proculture » de l’ordre de 93 % dont 87 % sont correctement
prévus à Everlange. A Reuland, le succès de Proculture enregistré était identique à
Everlange mais avec plus de 90 % de périodes d’infection qui ont été correctement
prévues.
Pour Dream, les résultats de simulation à Everlange indiquent un taux de réussite de
89 % avec 78 % correctement simulés. Tandis qu’à Reuland, le taux de réussite était
seulement de 69 % dont 58 % correctement prévus. Ces fausses alertes enregistrées en
2001 par rapport à 2000 pour Bussard et particulièrement pour Dream à Reuland ne sont
pas dues à Proculture mais aux conditions culturales de cette année. En effet, en 2001,
la population de plantes de chaque variété et particulièrement Dream était très
hétérogène à cause des intempéries hivernales, ce qui a entraîné une diminution du
nombre de plants à la sortie de l’hiver à Everlange mais surtout à Reuland. Cette
hétérogénéité de la population de Dream à Everlange et particulièrement à Reuland rend
difficile l’appréciation des nouvelles périodes d’infections prévues par Proculture, ce
qui a entraîné un grand nombre de fausses alertes.
En 2002, le succès du modèle a été confirmé à Everlange pour Achat comme pour
Drifter. Ce taux de réussite est de 96 % pour Achat avec 94 % de périodes correctement
prévues et des fausses alertes ne dépassant pas 6 %. Pour Drifter, ce taux de réussite est
de 90 % avec 9 % de fausses alertes et 84 % de périodes correctement prévues.
Le nombre de périodes d’infections à Everlange en 2002 (57) est légèrement supérieur à
celui de 2000 (54) et très important par rapport à 2001 (45). Concernant les trois étages
foliaires supérieurs (F1, F2 et F3), le nombre de périodes d’infections en 2002 (35) est
similaire à 2000 et très important par rapport à 2001 (19).
A Reuland, le nombre de périodes d’infection pendant l’année 2001 (47) est très
inférieur à celui de l’année 2000 (88) surtout pour celles qui concernent les trois étages
foliaires supérieurs (F1, F2 et F3). Le nombre de périodes d’infections était de 49 en
2000 pour les trois dernières feuilles par rapport à 20 en 2001, ce qui explique la faible
évolution de la maladie enregistrée sur ces trois feuilles. Le nombre de périodes
d’infections est important à Reuland par rapport à Everlange en 2000 et 2001.
Partie II II - 18
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
Figure 2-2-10 : Relation périodes d’infections prévues par Proculture (lignes en couleurs discontinues) , formation des trois dernières feuilles (courbes continu) et le taux de la
septoriose (barres verticales), pour Bussard à Everlange (A) et Reuland (C) et pour Dream à Everlange (B) et Reuland (D) en 2000 en fonction de la somme de degrés jours. Les
flèches verticales indiquent le moment d’apparition des premiers symptômes sur chaque feuille. Les flèches horizontales indiquent l’évolution des symptômes.
Partie II II - 19
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
Partie II II - 20
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
100
80 F1
60
40
20
-20
-40
-60
-80
% de la surface foliaire malade observée et simulée
100
80 F2
60
40
20
0
-20
-40
-60
-80
-100
100
80 F3
60
40
20
0
-20
-40
-60
-80
-100
100
80 F4
60
40
20
-20
-40
-60
-80
-100
Varié
Variété
100
80
F5 sensible
60
Bussard Drifter
40
20
-20
-40
Dream Achat
Varié
Variété
-60
-80
résistante
-100
3-juil
13-juil
3-juil
10-juil
1-juil
4-juil
8-juil
1-juin
12-juin
22-juin
5-juin
15-juin
26-juin
3-juin
6-juin
10-juin
13-juin
16-juin
20-juin
24-juin
6-mai
8-mai
8-mai
3-mai
9-mai
11-mai
18-mai
29-mai
15-mai
22-mai
29-mai
16-mai
20-mai
23-mai
27-mai
30-mai
16-avr
20-avr
12-avr
19-avr
26-avr
2000 2002
Figure 2-2-11 : Comparaison des valeurs simulées par Proculture et celles observées à Everlange et Reuland,
pour les 5 dernières feuilles de Bussard (variété sensible) et Dream (variété résistante) en 2000, Drifter et
Achat en 2002 avec ajustement du % septoriose au nombre d’heures favorables. Pour chaque feuille,
l’ordonné en dessus de l’axe des abscisses représente les valeurs simulées (Proculture) et observées (Essai) de
Bussard (à gauche) en 2000 à Everlange et Reuland et Drifter (à droite) à Everlange en 2002. l’ordonné en
dessous de l’axe des abscisses représente les valeurs simulées et observées de Dream (à gauche) en 2000 à
Everlange et Reuland et Drifter (à droite) à Everlange en 2002.
l
Partie II II - 21
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
Tableau 2-2-5 : Résultats de tests statistiques entre la simulation de Proculture et l’observation dans les deux sites d’essai de 2000 à 2002 pour Everlange et 2000 à 2001 pour Reuland.
Avec R : coefficient de corrélation, P : Test ANOVA au seuil α = 5% entre les valeurs simulées et les valeurs observées, a : le taux de variation de l’équation de régression (x =
Proculture et y = Essai), b : offset de l’équation de régression.
P > 0.05 : NS (Non significatif) ; P < 0.05 : * (significatif) ; P < 0.01 :** (hautement significatif) ; P < 0.001 : *** (très hautement significatif).
Variétés Bussard Dream Drifter Achat
R P a b R P a b R P a b R P a b
Partie II II - 22
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
-80 -60 -40 -20 0 20 40 60 80 100-40 -20 0 20 40 60 -80 -60 -40 -20 0 20 40 60 80 -80 -60 -40 -20 0 20 40 60 80 -100 -80 -60 -40 -20 0 20 40 60 80 100
23-avr
4-mai F5 F4 F3 F2 F1
10-mai
14-mai
E verlange 17-mai
Proculture 21-mai
28-mai
Essai 5-juin
11-juin
Proculture
25-juin
2-juil
Essai
2001
19-juil
23-avr
7-mai
14-mai
R euland
21-mai
28-mai
5-juin
11-juin
25-juin
2-juil
9-juil
Figure 2-2-12 : Comparaison des valeurs simulées par Proculture et celles observées à Everlange et Reuland, pour les 5 dernières feuilles de Bussard (variété sensible) et Dream
(variété résistante) en 2001. Pour chaque feuille, l’ordonné en dessus de l’axe des abscisses représente les valeurs simulées (Proculture) et observées (Essai) de Bussard en 2001 à
Everlange et Reuland. L’ordonné en dessous de l’axe des abscisses représente les valeurs simulées et observées de Dream en 2001 à Everlange et Reuland.
Partie II II - 23
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
/ Somme Valeurs
/ mProculture
100 0
90 0,2
Proculture
80 0,4
70 0,6
simulées
60
(mEssai-mProculture)
0,8
50
simulées
Rapport :
valeurs observées
1
40
1,2
valeurs
10 1,6
0 1,8
F5
F4
F1
F4
F3
F5
F4
F2
F1
F5
F4
F3
F2
F5
F4
F2
F1
F3
F2
F5
F3
F2
F2
F1
F3
F1
F3
F4
F1
F5
Somme
/ Somme
2000 2002 2000 2001 2001
observées
B
Somme % Proculture
% (mEssai-mProculture)/mProculture
100 0
90 0,2
80 0,4
% Essai / valeurs
70 0,6
Rapport :
60
0,8
50
1
SommeSomme
40
30 1,2
20 1,4
10 1,6
0 1,8
%
F5 F4 F3 F2 F1 F5 F4 F3 F2 F1 F5 F4 F3 F2 F1 F5 F4 F3 F2 F1
2000 2001
Figure 2-2-13: Résultats du rapport Σ % de la surface foliaire atteinte observée dans les essais / Σ
% de la surface atteinte simulée par Proculture (Barre bleue) et le % en valeur absolue de la
différence de la moyenne des essais et celles simulées par rapport à celles simulées par Proculture
sur les 5 dernières feuilles ( courbe). A : Résultats des variétés sensibles et celles qui tendent vers la
sensibilité, B : résultats de Dream (variété résistante).
Pour Achat, les déviations entre les valeurs simulées et observées ne dépassent pas 10 %
(figure 2-2-13) et atteignent même 0 % pour F3. Pour Drifter, ces déviations sont très
négligeables et non significatives pour les étages foliaires situés à la base mais ces
déviations ont été très importantes pour la F1 et la F2 (entre 30 % pour la F2 et 50 %
pour la F1). Remarquons que pour les variétés sensibles, la simulation quantitative
fonctionne très bien pour les 5 feuilles (F5 à F1). Cependant, pour les variétés
résistantes ou qui ont une tendance vers la résistance, la différence entre la simulation et
l’observation est presque négligeable pour les étages situés à la base mais un
changement de comportement est enregistré pour les deux dernières étages foliaires.
Cette situation a été enregistrée aussi pour la variété Flair (cf.chapitre III). Pour ces
variétés, un facteur de correction est à ajouter pour les deux derniers étages foliaires
(F1 et F2). Il s’agit de programmer un facteur de réduction de 30% sur la simulation F2
et de 50 % sur la simulation de F1.
V. Discussion
Deux méthodes statistiques ont été appliquées pour la validation de Proculture au
Grand-Duché de Luxembourg : la validation qualitative et la validation quantitative. La
validation qualitative a été basée sur les scores statistiques calculés à partir des tables de
contingences. Cette méthode a ses avantages mais aussi quelques faiblesses. Son grand
avantage est qu’elle permet d’estimer les fausses alertes (FAR) et le succès du logiciel
Partie II II - 24
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
(CSI). Le plus grand avantage de cette méthode est le calcul de FAR et de CSI qui
permet de juger la fiabilité du logiciel. Parmi les faiblesses de cette méthode est la
différence du pas de temps entre les dates d’observations et les simulations du logiciel.
Cependant, cette méthode a montré un grand succès pour la validation du radar
météorologique (pas de temps en minutes) en fonction des stations météorologiques
(pas de temps journalier) (RUBEL et al., 2002). Cette méthode constitue la meilleure
alternative pour la validation qualitative. En effet, les simulations de l’apparition des
premières apparitions des symptômes par Proculture sur les cinq dernières feuilles (F5 à
F1, F1 étant la dernière feuille formée) ont été confirmé sur le terrain. Cette méthode
basée sur les occurrences statistiques permet de calculer les scores pour chaque feuille
simulée. Les validations qualitative et quantitative sont complémentaires. Les résultats
de la validation qualitative sont confirmés par la validation quantitative qui se base sur
la comparaison entre les valeurs simulées et observées. Par exemple, en 2000 pour
Bussard à Everlange et Reuland, la validation quantitative n’a révélé aucune différence
significative entre les valeurs simulées par Proculture et celles observées sur le terrain et
un coefficient de corrélation proche de 1. La validation qualitative fournit un CSI
supérieure à 90% et aucune fausse alerte. Les deux méthodes appliquées pour la
validation de Proculture confirment le succès de ses simulations au Grand-Duché de
Luxembourg. La particularité de ce logiciel est sa capacité d’analyser les interactions
entre le blé d’hiver et le développement de S. tritici pour simuler la progression de la
maladie dans la culture. Certaines difficultés résultent dans le processus de transfert
d’inoculum entre les étages foliaires par le contact direct entre les feuilles (LOVELL et
al.1997 ; SHAW & ROYLE.1993). Le transfert horizontal de l’inoculum entre les feuilles
reste à améliorer. Cependant, les trois années de validation de Proculture au Grand-
Duché de Luxembourg ont révélé que les sorties du modèle pourraient être utilisées
pour prédire les infections primaires et secondaires exprimées ou en incubation à
condition d’être plus précis sur le recalage phénologique.
Concernant ce dernier point, pendant la phase de montaison, il est très difficile de se
prononcer sur le n° de l’étage foliaire en formation sans recours soit à la méthode de
dissection ou au marquage des feuilles. Cet input est très important pour le suivi futur
de la maladie. En outre, ce point constituera un grand dilemme lorsque l’agriculteur
introduira lui-même les informations relatives à sa parcelle ou à son champ. Toutes les
décisions qu’il va prendre par la suite peuvent être biaisées si le n° de la feuille
introduite au sein de Proculture ne correspond pas réellement à celui de la parcelle. Une
alternative serait de déterminer pour chaque variété la somme de degrés jours
correspondant à chaque étage foliaire entre le semis et le début de sa formation. L’étude
réalisée sur Flair à Everlange et Reuland révèle (figure 2-2-14) que la formation des
trois étages foliaires a été faite à un intervalle de somme de degrés jours proches entre
2000 et 2001. Ce modèle fournit aussi des informations sur la progression de la maladie
sur les cinq dernières feuilles (F5 à F1). Il donne des informations relatives à la
dynamique de la sévérité de la maladie sur les 5 dernières feuilles. Actuellement,
Proculture garantit la possibilité de moduler la différence variétale. Ce dernier point
constitue une des originalités de ce travail. Ceci fait démarquer Proculture des systèmes
d’avertissements plus classiques. Le succès du modèle dépasse 90 % à Everlange et
atteint 96 à 98 % à Reuland pour les variétés sensibles (Bussard) et les variétés
résistantes (Dream). La septoriose des feuilles est causée principalement par la forme
anamorphe S. tritici. En outre, des auteurs recommandent de développer des modules
concernant la forme téléomorphe M. graminicola pour expliquer des changements
brutaux dans le taux de maladie exprimé (CHEN & MAC DONALD, 1996 ; KEMA &
SILFHOUT, 1996 ; HUNTER et al., 1999 ; ERIKSEN et al., 2001) ainsi que la compétition
Partie II II - 25
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
avec les autres maladies particulièrement la rouille brune qui a été observée sur Bussard
à Everlange en 2000. En effet, la rouille ne se développe que lorsqu’elle est en avance
sur la septoriose et si les conditions climatiques lui sont favorables. Il y a donc une
course de vitesse entre la rouille qui infecte tous les étages du couvert et la septoriose
qui se propage de feuille en feuille du bas vers le haut. Au niveau foliaire, la production
de spores est largement diminuée quand les deux parasites coexistent sur la même
feuille (ROBERT et al., 2002 ; ROBERT, 2003 ; ROBERT et al., 2004). D’une part, la
septoriose recouvre les lésions de rouille qui cessent de sporuler. Mais, de plus, la
sporulation des lésions de rouille situées sur la même feuille que celles de septoriose est
également très affectée : la taille ainsi que la sporulation par unité de surface sont
diminuées (ROBERT et al., 2002 ; ROBERT, 2003 ; ROBERT et al., 2004). De plus, il est
important de prédire non seulement le moment d’apparition des premiers symptômes
mais aussi le moment où le taux maximal de symptômes est atteint. Ceci permettrait de
prévoir plus précisément le moment de nécrose des trois dernières feuilles.
Concernant, la validation quantitative, les tests statistiques révèlent un grand succès du
modèle pour les variétés sensibles pendant toutes les années de validation. Ceci
constitue un grand succès de Proculture pour l’évaluation des avertissements du
moment optimum de traitement. Pour les variétés résistantes (Dream), la concordance a
été très importante entre la simulation et l’observation pour les étages foliaires situés à
la base. Mais pour les deux derniers étages, une surestimation a été observée. La variété
ne se comporte pas de la même façon entre les étages foliaires de la base et ceux du
sommet (RAPILLY, 1991). Trois types de résistances variétales à la septoriose sont
connues : a) un ralentissement du cycle du champignon (SHAW, 1990) ; b) une
diminution du taux de multiplication du champignon par cycle (SHAW & ROYLE, 1993) ;
c) une phénologie différente résultant en une mauvaise synchronisation de la sortie des
feuilles avec les épisodes pluvieux (SHAW & ROYLE, 1993). Pour améliorer, il est
important d’ajouter un facteur correctif correspondant à 30 % de la simulation pour la
F2 et 50 % pour la F1.
Enfin, vu le succès de validation de la plate-forme Proculture au Grand-Duché de
Luxembourg, il a été utilisé en 2001 et 2002 pour aider les agriculteurs luxembourgeois
à mieux gérer leur culture et à définir le moment optimum du traitement. Ce sont surtout
les premières infections prévues sur F3 (entre 5 et 10 %) et les simulations des futures
latences qui ont été prises en considération pour déclencher un signal d’alarme.
Actuellement, ce logiciel est utilisé pour évaluer les avertissements sur tout le territoire
luxembourgeois en fonction des différentes caractéristiques climatiques de ce pays dans
le cadre du projet Sintama : « Conception et élaboration d’un système intégré
d’avertissement des maladies cryptogamiques du blé d’hiver au Luxembourg » financé
par l’ASTA et coordonnée par la Cellule CREBS du CRP-GL. Les avertissements
évalués via Proculture sont publiés dans la page Web de la Chambre d’Agriculture
Luxembourgeoise en français et en allemand et dans la presse agricole luxembourgeoise
en allemand. Ce logiciel est continuellement amélioré grâce aux résultats de chaque
saison. Parmi les perspectives, il est prévu d’approfondir les seuils de maladie de F3 et
de F4 pour formuler un avertissement. Avec le succès de Proculture enregistré, les
études ultérieures seraient de déterminer le seuil approximatif à prendre en
considération selon les variétés et l’insérer au sein de Proculture. Des améliorations sont
possibles aussi pour prévoir la maladie à long terme en introduisant au sein du logiciel
des données météorologiques issues des centres de prévision météorologiques. Ceci
pourrait se faire par une collaboration avec les instituts météorologiques.
Partie II II - 26
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
120
100 A F1
% de la surface foliaire formée 80
F3 F2
60
40
20
0 970
980
998
1015
1037
1064
1086
1109
1132
1159
1188
1218
1236
1255
1291
1327
1361
1396
1434
1459
16 avril
120
100 B F1
80 F3 F2
60
40
20
0
970
980
998
1015
1037
1064
1086
1109
1132
1159
1188
1218
1236
1255
1291
1327
1361
1396
1434
1459
120 21 Avril
100
80 C F3 F2 F1
% de la surface foliaire formée
60
40
20
0
796
807
836
859
879
903
931
959
974
1002
1019
1053
1087
1105
1123
1154
1191
1244
1261
19 avril
120
100
D F3 F2 F1
80
60
40
20
0
796
807
836
859
879
903
931
959
974
1002
1019
1053
1087
1105
1123
1154
1191
1244
1261
26 avril
Somme de degrés-jours à partir du semis
Figure 2-2-14 : Début approximatif de la formation des trois étages foliaires de Flair à Everlange en 2000 (A),
en 2001 (B) et Reuland en 2000 (C) et 2001 (D).
Partie II II - 27
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
FIGURES
2-2- 1 : Résultats de corrélation entre les conditions météorologiques hivernales des années 2000, 2001 et 2003 et le
niveau de maladie sur la F2 pendant la maturité laiteuse exprimée en logarithme dans trois sites d’essai
(Everlange, Reuland et Moselle)............................................................................................................................................. II-4
2-2-2 : Comparaison des simulations de l’infection des modèles TYLDESLEY & THOMPSON (1980), ADAS et Proculture.
Station météorologique d’Everlange (2000)........................................................................................................................... II-5
2-2-3 : La latence selon SHAW (1990). A/ Les limites du modèle concernant le paramètre température. B/ Cumul de la
latence en fonction de deux équations (variétés sensible et résistante) pour chaque infection. Les petites flèches
vertes représentent la fin de la latence pour les variétés sensibles et celles en violet représentent la fin de la latence
pour les variétés résistantes. Les flèches avec une ligne continue représentent le début de la formation des trois
dernières feuilles de Bussard (sensible) et celles en lignes discontinues représentent le début de la formation des
trois dernières feuilles de Dream (résistante). ........................................................................................................................ II-7
2-2- 4 : Simulation de la septoriose par « PROCULTURE » au niveau de chaque feuille (Everlange 2001). ....................................... II-8
2-2- 5 : Exemple de graphe de sortie de Proculture pour chaque site............................................................................................... II-10
2-2-6 : Les sorties de Proculture pour les simulations du risque de la septoriose des feuilles du blé d’hiver pour les années
2000 à 2002 à Everlange et Reuland. ................................................................................................................................... II-13
2-2-7 : Exemple de calcul des occurrences statistiques pour Bussard semée à Everlange en 2000................................................ II-16
2-2-8 : La durée de chaque latence entre la première apparition des symptômes et le taux maximum d’apparition en 2000
à Everlange (A) et Reuland (B). Les lettres indiquent le moment d’apparition des premiers symptômes sur les 5
dernières feuilles. .................................................................................................................................................................. II-17
2-2-9 : Les limites de la latence en fonction de la température pour le taux maximum d’apparition de symptômes. .................... II-17
2-2-10 : Relation périodes d’infections prévues par Proculture (lignes en couleurs discontinues) , formation des trois
dernières feuilles (courbes continu) et le taux de la septoriose (barres verticales), pour Bussard à Everlange (A) et
Reuland (C) et pour Dream à Everlange (B) et Reuland (D) en 2000 en fonction de la somme de degrés jours. Les
flèches verticales indiquent le moment d’apparition des premiers symptômes sur chaque feuille. Les flèches
horizontales indiquent l’évolution des symptômes. ............................................................................................................. II-19
2-2-11 : Comparaison des valeurs simulées par Proculture et celles observées à Everlange et Reuland, pour les 5 dernières
feuilles de Bussard (variété sensible) et Dream (variété résistante) en 2000, Drifter et Achat en 2002 avec
ajustement du % septoriose au nombre d’heures favorables. Pour chaque feuille, l’ordonné en dessus de l’axe des
abscisses représente les valeurs simulées (Proculture) et observées (Essai) de Bussard (à gauche) en 2000 à
Everlange et Reuland et Drifter (à droite) à Everlange en 2002. l’ordonné en dessous de l’axe des abscisses
représente les valeurs simulées et observées de Dream (à gauche) en 2000 à Everlange et Reuland et Drifter
(à droite) à Everlange en 2002. ............................................................................................................................................. II-21
2-2-12 : Comparaison des valeurs simulées par Proculture et celles observées à Everlange et Reuland, pour les 5 dernières
feuilles de Bussard (variété sensible) et Dream (variété résistante) en 2001. Pour chaque feuille, l’ordonné en
dessus de l’axe des abscisses représente les valeurs simulées (Proculture) et observées (Essai) de Bussard en 2001
à Everlange et Reuland. L’ordonné en dessous de l’axe des abscisses représente les valeurs simulées et observées
de Dream en 2001 à Everlange et Reuland.......................................................................................................................... II-23
2-2-13: Résultats du rapport Σ % de la surface foliaire atteinte observée dans les essais / Σ % de la surface atteinte simulée
par Proculture (Barre bleue) et le % en valeur absolue de la différence de la moyenne des essais et celles simulées
par rapport à celles simulées par Proculture sur les 5 dernières feuilles ( courbe). A : Résultats des variétés
sensibles et celles qui tendent vers la sensibilité, B : résultats de Dream (variété résistante). ............................................ II-24
2-2-14 : Début approximatif de la formation des trois étages foliaires de Flair à Everlange en 2000 (A), en 2001 (B) et
Reuland en 2000 (C) et 2001 (D).......................................................................................................................................... II-27
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Partie II II - 29
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre II
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Partie II II - 30
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre III
CHAPITRE III
I- Introduction
La rouille jaune est causée par Puccinia striiformis Westend qui est un champignon
parasite biotrophe dit aussi « obligatoire » car il ne peut se développer que sur des tissus
vivants de la plante (DE VALLAVIEILLE-POPE et al., 2000b). Le cycle de vie de
P. striiformis semble limité seulement aux stades urédénial et télial.
L’épidémie de la rouille jaune a été analysée au Grand-Duché de Luxembourg pendant
au moins trois années d’observations (de 1999 à 2001).
Cette maladie est capable de s’étendre sur de grandes surfaces pendant des périodes très
courtes parce qu’elle est principalement dispersée par voie de nombreuses spores
microscopiques, asexuées dicaryotiques qui sont les urédospores (SACHE, 2000).
Les conditions environnementales pendant le printemps et le début de l’été sont les
facteurs contribuant le plus à la production de spores. Les énormes quantités de spores
produites sont prêtes à être enlevées de la plante hôte et à être transportées à des
Partie II III - 1
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre III
Partie II III - 2
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre III
Conception de la méthode
La durée d’humidité nécessaire à la germination dépend de la température. En présence
d’une période humide proche de la saturation, l’intervalle de températures nécessaire à
l’infection et à la germination varie selon les auteurs (tableau 2-3-1).
Tableau 2-3-1 : Principales conditions de températures favorables aux principales phases du cycle
de base de P. striiformis
al., (2000A)
5 8 12 Oui DE VALLAVIEILLE-POPE et al., (1995);
Pénétration DE VALLAVIEILLE-POPE et al., (2000)
DENNIS (1988)
-4 7-10 18 oui
Partie II III - 3
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre III
III. Résultats
L’analyse a donné les résultats suivants :
• La classe de températures favorable à l’infection se situe entre 2°C et 16°C avec
un optimum entre 8°C et 12°C (figure 2-3-1). Cependant, des températures
supérieures à 16°C inhibent le processus d’infection par P. striiformis. En effet,
l’étude de la variation de l’infection (DENNIS, 1988) pour chaque température en
fonction de la période humide (figure 2-3-1, A) a révélé qu’au-delà de 18°C,
aucune infection n’est possible.
• La période humide minimale nécessaire à l’infection du blé d’hiver par
P. striiformis est de 4 heures. L’optimum se situe entre 8 et 18 heures. L’étude
de la variation de l’infection (DENNIS, 1988) pour chaque période humide en
fonction de la température (figure 2-3-1, B) a montré que l’infection est
impossible pour les périodes humides de 1 heure et au-delà de 28 heures quelle
que soit la valeur de la température.
Partie II III - 4
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre III
A
100
80
70
60
50
40
30
20
10
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30
B
100
90
Infection (%) de Puccinia striiformis
80
70
60
50
40
30
20
10
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
T empérature en ° C
1h 4h 8h 12 h 15 h 18 h 22 h 26 h 28 h
Figure 2-3-1 : Evaluation des paramètres météorologiques par le modèle de Dennis (1988). A :
Variation de l’infection en fonction de la durée de la période humide pour chaque température. B :
Variation de l’infection en fonction de la température pour chaque période humide.
Partie II III - 5
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre III
IV. Discussion
Le succès d’infection de Puccinia striiformis est plus important à 5 °C qu’à 15°C
quelque soit la durée d’humectation. Une température de 18°C inhibe complètement
l’infection quelque soit la durée de la période humide (figure 2-3-1, A).
Notre étude de corrélation (figure 2-3-2, tableau 2-3-2) confirme les résultats de
l’analyse.
600
AUDPC Standard of F1
AUDPC Standard of F2
400
r=0.86* 400
r=0.94* r=0.75
300
r=0.83*
200 r=0.65 200 r=0.68
100
0
0
0 10 20 30 0 10 20 30
300
r=1*
200
r=0.74
r=0.70
100
0 10 20 30
Fréquence des conditions météorologiques entre 10 mai et 10 juillet
Les conditions météorologiques qui favorisent la maladie sont variables selon la période
considérée :
• Hiver : l’AUDPC de F1 et F2 (calculée dans les trois sites en 2000 et 2001) est
corrélé avec des températures comprises entre 4°C et 7°C, une humidité relative
supérieure à 70 %, la présence de l’eau. L’épidémie de rouille jaune est
favorisée par un hiver doux et humide. Des températures supérieures à 7°C
Partie II III - 6
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre III
IV. Conclusion
La conceptualisation quantitative et qualitative de la rouille jaune du blé d’hiver causée
par P. striiformis au Grand-Duché de Luxembourg a permis de définir les conditions
météorologiques qui favorisent cette maladie dans ce pays.
Cette étude a permis d’évaluer pour chaque saison les conditions météorologiques
journalières qui favorisent l’épidémie de la rouille jaune au Grand-Duché de
Luxembourg. Une étude détaillée sur les conditions météorologiques horaires à l’échelle
de chaque décade est développée dans le chapitre IV.
Partie II III - 7
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre III
FIGURES
2-3-1 : Evaluation des paramètres météorologiques par le modèle de Dennis (1988). A : Variation de l’infection en
fonction de la durée de la période humide pour chaque température. B : Variation de l’infection en fonction de la
température pour chaque période humide.............................................................................................................................. III-5
2-3-2 : Corrélation entre AUDPC de F1, F2 et F3 et la fréquence de conditions météorologiques déterminées pendant les
années 2000 et 2001 à Everlange, Reuland et Obercorn. ...................................................................................................... III-6
REFERENCES
Partie II III - 8
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
CHAPITRE IV
I. Introduction
La progression au champ d’une épidémie de rouille jaune causée par Puccinia
striiformis est le résultat d’interactions complexes entre la croissance de la population
parasite, celle du peuplement végétal hôte, et les facteurs climatiques qui influencent les
deux partenaires biologiques "de l’interaction hôte parasite" (SACHE, 2002). De plus,
l’implication simultanée d’échelles spatiales et temporelles différentes dans un même
phénomène, la dispersion des spores, et sa conséquence principale, l’extension spatiale
de la maladie (MAC CARTNEY & FITT, 1998), doivent être prises en compte (SACHE,
2002). La dispersion spatiale de la maladie dépend de la sensibilité des spores aux
agents climatiques et des conditions climatiques nécessaires à l’infection (SACHE,
1994 ; DE VALLAVIEILLE-POPE et al., 2000 ; SACHE, 2000). GREGORY (1968) distingue
un certain nombre de principes qui s’appliquent aux gradients de dispersion de la rouille
jaune : a) un gradient de dispersion implique une source locale d’inoculum ; b) un
gradient de dispersion implique une population d’hôtes susceptibles ; c) la diffusion
secondaire aplanit un gradient primaire ; d) quand l’incidence de maladies est exprimée
comme une fraction d’individus infectés, la transformation d’infections multiples doit
être appliquée.
La libération des spores de rouille, présentes en équilibre instable au sein de lésions
ouvertes à la surface des feuilles, est de type passif et fait intervenir essentiellement le
vent et la pluie (SACHE, 2002). Les spores de rouille jaune sont libérées difficilement par
le vent. En effet, la forme du gradient de dispersion de P. striiformis est influencée par
Partie II IV - 1
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
les conditions d’humidité relative. Plus celle-ci est élevée, plus les unités de
dissémination sont constituées d’amas de spores adhérant entre elles. A faible humidité
relative, la majorité des unités de dissémination est formée d’une seule spore
(RAPILLY, 1977 ; RAPILLY, 1991). Le déclenchement matinal de la libération est plus
tardif chez la rouille jaune, dont les lésions mucilagineuses semblent devoir être
exposées plus longtemps au soleil avant d’être complètement sèches et pouvoir libérer
les spores qu’elles contiennent (SACHE, 2002). Le vent ne constitue pas un facteur
limitant pour la libération des spores, qui s’effectue régulièrement sur une base
quotidienne pendant toute la durée de l’épidémie (SACHE, 2000). La pluie intervient,
très localement, sous forme d’épisodes de durée et intensités variables, souvent
intermittentes (SACHE, 2000 et 2002). Chaque épisode pluvieux provoque quasi-
instantanément une libération massive de spores. Les épisodes se différencient par
rapport à la libération ultérieure des spores, qui n’est pas modifiée par une pluie de
basse intensité, mais est presque nulle suite à une pluie de forte intensité (GEAGEA et al.,
1999). Une forte pluie est capable d’épuiser le stock de spores disponible dans les
lésions (SCHAFFNIT, 1909 in SACHE, 2002), qui ne recommenceront à produire des
spores qu’à l’issue d’une période sans pluie nécessaire au séchage des lésions
(CHESTER, 1946 ; GEAGEA et al., 1999 ; GEAGEA et al., 2000; SACHE, 2002 ). La pluie
semble être l’agent essentiel de dépôts de spores (MAY, 1958) qui peuvent sans cela
rester très longtemps en suspension dans l’air de par leur très faible masse.
Si les conditions microclimatiques favorables au processus d’infection au Grand-Duché
de Luxembourg sont maintenant bien connues (EL JARROUDI et al., 2004), l’étude de
l’interaction de la durée de chaque paramètre météorologique et son importance en
terme d’efficacité de l’infection n’a jamais été abordé.
L’objectif de ce chapitre est de proposer un modèle de simulation de la rouille jaune au
Grand-duché du Luxembourg. Ce modèle sera un module complémentaire au système
d’avertissement Proculture mis en place pour la simulation de la septoriose des feuilles
causée par S. tritici.
Partie II IV - 2
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
Tableau 2-4-1 : Les limites d’humidité relative et de la pluie fixées pour chaque algorithme sur base
de la littérature (SACHE, 1994 ; DE VALLAVIEILLE-POPE et al., 2000 ; SACHE, 2000). et des
résultats du chapitre 2 III.
Humidité relative Pluie
Algorithme 1 92 4 non - -
Algorithme 2 75 18 non - -
Algorithme 3 85 10 non - -
La rouille jaune est une maladie très complexe et difficile à ajuster. Aborder l’efficacité
de l’infection et les paramètres qui la favorisent constitue une grande contrainte et une
alternative pour juger tel ou tel algorithme. Trois conditions doivent se réunir pour
affronter cette problématique : a) la présence de l’inoculum; b) la présence d’une variété
susceptible ; c) la présence et la connaissance des conditions météorologiques
favorables à la maladie.
Pour résoudre cette problématique, nous avons jugé qu’il est indispensable de procéder
pas à pas pour déterminer les paramètres prépondérants qui ont favorisé la rouille dans
trois sites d’Everlange, Reuland et de la Moselle pendant les années 2000 et 2001.
Ensuite, il s’agit de spécifier, par les occurrences statistiques, le seuil minimal favorable
à l’infection. Pour ceci, nous avons scindé notre étude en quatre parties. La première
consiste à analyser la fréquence de conditions d’humidité, température et précipitations
dans différentes classes telles que décrites au tableau 2-4-2 au cours des périodes ayant
un intérêt pour le suivi de la maladie.
Tableau 2-4-2: Les paramètres analysés à différents intervalles en 2000 et 2001 à Everlange
(Données météorologiques horaires d’Everlange en 2000 et d’Useldange en 2001), Reuland
(Données météorologiques d’Hersberg) et la Moselle (Données météorologiques de Findel).
Paramètre ClassesHumidité
d'humidité
(H) (H) Classes de température
Température (T) (T ) Classes
Pluiede(P) en mm
pluie (P) en mm
16°C>T>4°C
18°C>T>16°C
22°C>T>18°C
Partie II IV - 3
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
1 2.5 + 5.65T
=
p 1005 + 11.3T
Où p = période de latence, T = température moyenne journalière.
Nous avons analysé les limites de sensibilité de cette formule aménagée par RAPILLY
(1976) pour déterminer les seuils de température qui agissent sur ce modèle
(figure 2-4-1). Cette étude a permis de dégager des sensibilités de la fraction de temps
de latence en fonction de quatre classes de températures : a) Le développement du
parasite est très affecté et risque d’être stopper pour les températures moyennes
journalières inférieure à -10°C (SHRUM, 1975; RAPILLY & JOLIVET, 1976). Pour la
latence, l’avance acquise sur le temps de sporulation est annulée; b) Les températures
comprises entre 0 et - 10°C sont inhibitrices mais n’arrêtent pas le développement du
parasite tant que les températures ne descendent pas en dessous de - 10°C
(RAPILLY, 1976; SHRUM, 1975). La fraction de temps de latence (1/p) accomplie est
retranchée de la somme des fractions de latence déjà calculées; c) la fraction de temps
de latence (1/p) est nulle ou tend vers zéro pour les températures moyennes journalières
comprises entre 0 et 4°C; d) La fonction de latence (1/p) effectuée est ajoutée aux
précédentes pour les températures supérieures à 4°C.
Partie II IV - 4
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
0,15
Latence 1/p selon Rapilly (1976)
0,1
0,05
0
-10 -8 -6 -4 -2 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32
-0,05
-0,1
Température (°C) moyenne journalière
Figure 2-4- 1 : Les limites du modèle de latence (RAPILLY, 1976) concernant les températures
rencontrées au Grand-Duché de Luxembourg (-10 à 33°C).
Nous avons calculé la latence correspondant aux simulations des infections pour
l’algorithme de choix issu de la calibration.
Partie II IV - 5
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
Observations
Total
O NO
Simulées
CSI =
Total observées POD = H/H+M H/H+F+M
III. Résultats
III.1. Calibration
Partie II IV - 6
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
Mai Juin Mai Juin Mai Juin Mai Juin Mai Juin Avril Mai Juin
1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3
0
10
20
% de la fréquence horaire du paramètre à l’échelle décadaire 30
40
50
60
70
80
90
100
80 Humidité
70
60
50
40
30
20
10
60
40
20
0
-20
-40
-60
1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3
Mai Juin Mai Juin Mai Juin Mai Juin Mai Juin Avril Mai Juin
0<T <4 4<T <8 8<T <12 12<T <16 16<T <18 18<T <22 8<T <16 4<T <16
Figure 2-4-2 : Fréquence horaire de trois paramètres (pluie, humidité relative et température) à l’échelle de la décade dans les trois sites d’essai en 2000 et 2001. Les flèches en
rouge représentent le moment où la maladie a été enregistrée.
Partie II IV - 7
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
A-1 B-1
40 70
entre 18et 22 °C
inférieure à 60%
18 et 22°C 25
40
entrecomprise
20
30
15
Température
20
10
comprise
5 10
0 0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60
T empérature
Probabilité de la classe compris entre
avec température 4 et 16°C
comprise entre 4 °C et 16°C Probabilité de la classe avec température
T empérature supérieure à 4°C,supérieure à 4°Csupérieure
Humidité relative et humidité
à 92%relative supérieure à 92%
B-2
100
80 80
60 60
40 40
20 20
0 0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
0<T<4 8<T<12 8<T<16 16<T<18 4<T<16 4<T ET 92<H 4<T ET 75<H<85 4<T ET H<60
III.1.2. Evaluation des interactions entre les paramètres météorologiques (Partie II)
L’analyse de l’interaction de la classe dominante de la température (entre 4 et 16°C)
avec les différentes classes d’humidité (figure 2-4-4) a révélé l’importance de la classe
avec l’humidité relative supérieure à 92 % avant la latence de la rouille jaune et de la
classe avec l’humidité relative inférieure à 60% lorsque la maladie a été absente. Une
corrélation négative et significative (r = - 0.6 ; P < 0.05) a été mise en évidence entre
ces deux classes d’humidité ce qui confirme notre analyse
(figure 2-4-3 B). En plus de cette analyse, nous avons calculé la fréquence d’occurrence
au niveau de chaque décade de l’interaction entre la présence de la pluie et la classe de
l’humidité dominante. Notre analyse a montré que les faibles pluies
(entre 0 et 1 mm) s’associent majoritairement à un minimum de 4 heures consécutives
d’humidité supérieure à 92 % avec une température comprise entre 4 et 16°C.
La présence de la pluie avec des classes d’humidité inférieure à 92 % a été presque
Partie II IV - 8
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
Partie II IV - 9
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
60
40
20
-20
-40
-60
-80
1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3
Mai Juin Mai Juin Mai Juin Mai Juin Mai Juin Avril Mai Juin
4<T ET 92<H 4<T et 85<H<92 4<T ET 75<H<85 4<T ET 65<H<75 4<T ET H<60 4<T, 92<=H, P>0
Figure 2-4- 4: Variation des différentes classes de l’humidité pour une température comprise entre 4 et 16°C pendant les décades de mai et juin en 2000 et 2001
(pendant cette année la maladie a été tardive jusqu’au 19 juillet et dans la Moselle, elle a été très précoce) dans les trois sites d’essais. Une classe avec la fréquence de
la présence de la pluie (P > 0) et l’humidité relative supérieure à 92 % et la température comprise entre 4 et 16°C a été testée. Les flèches orange représentent le
moment où la maladie a été enregistrée. Les petits cercles indiquent le moment de formation des foyers.
Partie II IV - 10
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
Partie II IV - 11
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
mai juin juillet mai juin juillet mai juin juillet mai juin juillet M ai Juin Avril M ai Juin
1 2 3 1 2 3 1 2 1 2 3 1 2 3 1 2 1 2 3 1 2 3 1 2 1 2 3 1 2 3 1 2 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3
0
0
20
40
60
80
100
120
F2
140
160
180
200
220
240
A 260
0
AUDPC Standard calculé pour chaque décade
20
40
60 F3
80
100
120
0
10
20 F4
30
40
0
1
2
3 F5
4
5
6
Minimum 8 heures consécutifs
145 50
105 10
85 -10
65 -30
45 Minimum 4 heures consécutifs -50
25 -70
5 -90
B -15 -110
-35 -130
-55 -150
-75 -170
1 2 3 1 2 3 1 2 1 2 3 1 2 3 1 2 1 2 3 1 2 3 1 2 1 2 3 1 2 3 1 2 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3
M ai Juin Juillet M ai Juin Juillet M ai Juin Juillet M ai Juin Juillet M ai Juin Avril M ai Juin
A1 A2 A3 A4 A5 4<T ET 92<H 4<T et 85<H<92 4<T ET 75<H<85 4<T ET 65<H<75 4<T ET H<60
Avril 3 1
C 1 1 1 1 0 0 0
Mai 2 1 1 1 0 0 1
3 1 0 1 1 0 0
1 1 0 1 1 0 0
Juin 2 1 1 0 1 0 0
3 0 1 1 1 0 0
1 0 1 0 1 0 0
Juillet
2 1 1 0
Partie II IV - 12
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
Tableau 2-4-4 : Résultats de scores et des occurrences statistiques des différents paramètres
météorologiques de chaque seuil de fréquence fixé pour l’ensemble des classes pour minimum 4
heures consécutives et pour minimum 8 heures consécutives.
Seuil Paramètre météorologique Minimum 4 heures consécutives Minimum 8 heures consécutives
S+O NS+O S+NO POD FAR CSI S+O NS+O S+NO POD FAR CSI
Nous remarquons que pour la classe avec température supérieure à 4°C associée à une
humidité supérieure à 92 %, le FAR diminue au fur et à mesure que le seuil augmente
mais des diminutions sont enregistrées aussi pour le POD et CSI. A chaque
augmentation du seuil, les conditions deviennent très exigeantes et donc tout ce qui est
simulé sera observé. Mais lorsque la valeur du seuil est très importante (exemple 35 %)
POD a tendance à s’éloigner de 1 et nous risquerons de détecter certaines périodes sans
qu’elles soient simulées par le modèle. Donc, le seuil qui devra être choisi devrait
correspondre à un CSI proche de 1, un FAR proche de 0 et un POD proche de 1. Ainsi,
le meilleur seuil correspond à 15 % (température comprise entre 4 et 16°C et humidité
supérieure à 92 %) pour minimum 4 heures consécutives et à 10 % pour minimum 8
heures consécutives. Le choix de ces seuils se justifie par le FAR qui est proche de 0, un
CSI qui reste proche de 1 (0.85 pour minimum 4 heures consécutives et 0.78 pour
minimum 8 heures consécutives) et un POD proche de 1. Les seuils supérieurs à 15 %
affaiblissent le CSI et POD et ceux inférieurs accroissent le FAR, ce qui engendrerait
une faible qualité de simulation.
Partie II IV - 13
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
Partie II IV - 14
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
15 A F1
10
symptômes
des symptômes
5
0
présentant
10
5
0
de la surface foliairedes
30
25 F3
20
% présentant
15
10
5
0
5
F4
4
3
2
1
0
Infection
Nombre de latence
30
Latence
25
20
15
exprimées
10
5
0
-16 -12 -8 -4 0 4 8 12 16 20 24 28 32 36 40 44 48 52 56 60
60 B F1
présentant des symptômes % de la surface foliaire présentant des symptômes
40
20
% de la surface foliaire
40 F2
20
30
F3
20
10
0
4 F4
3
2
1
Nombre d’infections
Infection
Nombre de latence
30
Latence
25
20
exprimées
15
10
5
0
Figure 2-4- 6: Superposition de la latence calculée pour chaque infection simulée par le modèle et la maladie mesurée (en % foliaire) sur les feuilles. A : Everlange 2000 (station
météorologique d’Everlange du Lycée Technique Agricole d’Ettelbrück) ; B : Reuland 2000 (station météorologique d’Hersberg du CRP-GL). L’échelle des abscisses est exprimée par
le nombre de jours par rapport à la formation de la dernière feuille (F1).
Partie II IV - 15
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
40
A F1
20
30
F3
20
10
1
F4
0,5
1
F5
0,5
0
de latence
Infection
Latence
20
15
exprimées
10
Nombre
5
0
20
15
% de la surface foliaire
10
des symptômes
5
0
25
20 F2
15
la surface foliaire présentant
10
5
0
% deprésentant
20
F3
15
10
5
0
3 F4
2
1
0
Nombre d’infections
de latence
Infection
Latence
40
30
20
Nombre
10
exprimées
-30 -28 -26 -24 -22 -20 -18 -16 -14 -12 -10 -8 -6 -4 -2 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 44 46 48 50 52 54 56 58 60 62
Figure 2-4- 7 : Superposition de la latence de chaque infection simulée par le modèle et la maladie mesuré (en % foliaire) sur les feuilles. A : Everlange 2001 (station météorologique
d’Useldange de l’Administration Des Services Techniques de l’Agriculture) ; B : Reuland 2001 (station météorologique d’Hersberg du CRP-GL). L’échelle des abscisses est exprimée
par le nombre de jours par rapport à la formation de la dernière feuille (F1).
Partie II IV - 16
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
50
40
% rouille observé
30
20
10
0
2 4 5 6 9
nom bre de périodes infectieuses
F1 F2
Figure 2-4- 8 : Relation entre le nombre d’infection entre le 01/05 et le 01/07 en 2000 et 2001 et le
pourcentage de rouille jaune observé sur F1 et F2 à Everlange et Reuland.
IV. Discussion
Notre méthode se base en partie sur une approche stochastique pour déterminer les
conditions favorables à la rouille jaune au Grand-Duché de Luxembourg. Cette
approche est analysée dans les situations où l’inoculum primaire est disponible (cas de
2000 et 2001 à Everlange et Reuland et 2001 dans la Moselle) et dans le cas où
l’inoculum n’est pas disponible (cas de la Moselle en 2000). Cette approche diffère de
celle de la septoriose qui est plus mécaniste. Dans cette approche, la formation des
feuilles n’est pas prise en compte du fait que la dispersion de la maladie est aléatoire et
ne suit pas un gradient vertical comme la septoriose. Dans nos observations, nous avons
souvent tendance à observer dans le cas de la rouille jaune et la rouille brune plus de
maladie sur la F2 que sur la F1. La F1 est située au sommet de la plante et reçois plus de
rayons solaires et constitue un ombrage pour la F2. La rouille jaune est très sensible aux
ultraviolets. Cependant, les spores de la rouille jaune sont dispersées par le vent et sont
déposées sur les feuilles grâce à de fines pluies. Les spores de S. tritici sont projetées
par les éclaboussures du bas vers le haut mais celles de la rouille sont déposées par le
haut (SACHE, 2000). Nous sommes en face de deux phénomènes de dispersion tout à fait
différents. Dans le cas de la septoriose, il est possible de connaître la feuille qui sera
infectée sur base des informations concernant la feuille formée et la trajectoire des
éclaboussures. Dans le cas de la rouille jaune, il est difficile d’estimer la feuille exacte
qui sera infectée puisque les spores sont déposées. En revanche, il est possible d’estimer
sur base du stade de la croissance de la plante, la position de l’inoculum par rapport à la
couverture végétale.
Cette étude a permis de dégager les conditions météorologiques qui ont favorisé la
rouille jaune au Grand-Duché du Luxembourg. Si les conditions favorisant la dispersion
de cette maladie ont été largement évoquées dans la littérature (SACHE & DE
VALAVIELLE-POPE, 1993 ; GEAGEA et al., 1999 ; DE VALLAVIEILLE-POPE et al., 2000;
GEAGEA et al., 2000 ), la quantification des conditions météorologiques n’a en revanche
jamais été évoquée. Dans les conditions contrôlées, les auteurs (SACHE & DE
VALAVIELLE-POPE, 1993 ; DE VALLAVIEILLE-POPE et al., 1994 ; GEAGEA et al., 1999 ; DE
VALLAVIEILLE-POPE et al., 2000 ; GEAGEA et al., 2000) ont étudié les conditions
météorologiques qui ont favorisé la dispersion des spores et leurs dépôts sur le couvert
végétal avec des intervalles qui diffèrent d’un auteur à l’autre. Mais dans la réalité du
terrain, la maladie est confrontée à des contrastes météorologiques et
topoclimatologiques importants qui font varier les niveaux de la maladie par rapport à
Partie II IV - 17
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
celles contrôlées. Ce qui démarque notre étude par rapport à celles déjà décrites dans la
littérature est la quantification et la détermination de seuils limites des conditions
météorologiques qui ont assuré une efficacité d’infection en fonction des différentes
conditions météorologiques du Grand-Duché de Luxembourg.
De plus, dans la littérature aucun renseignement relatif aux périodes d’interruption des
paramètres météorologiques et leur effet sur l’infection n’a été évoqué. Ce
renseignement pourrait être déterminé dans les conditions contrôlées mais resterait
difficile à interposer dans un champ réel (contrastes topoclimatologiques, susceptibilité
variétal, présence de l’inoculum).
La présence de la maladie dans trois sites à caractéristiques climatiques différentes au
Grand-Duché de Luxembourg en 2000 et 2001 et l’absence de la maladie en 2000 dans
la Moselle ont permis de dégager les conditions à prendre en considération dans la
simulation.
Ainsi, notre étude de fréquences d’occurrence horaire à l’échelle de la décade nous a
permis de déterminer les classes de températures, d’humidité et de pluie qui ont favorisé
l’épidémie de la rouille jaune. Il s’agit d’une humidité supérieure à 92 % associée à une
température comprise entre 4 et 16°C. La pluie est indispensable au début de l’épidémie
pour son déclenchement mais elle n’est pas nécessaire dans le processus d’infection. Le
rôle de la pluie est aussi déterminant dans la formation des foyers à proximité (SACHE,
2000 ; SACHE, 2002). Nos résultats sur le rôle de la pluie sont en accord avec ceux de
GEAGEA et al. (1999 et 2000).
Partie II IV - 18
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
l’infection et de la latence données par notre modèle sont en très bonne concordance
(r = 0.92, P < 0.05) avec les données d’observation.
Ce module lié à la rouille jaune sera développé au sein de l’interface Proculture déjà mis
en place pour les avertissements septoriose au Grand-Duché de Luxembourg dans le
cadre du projet Sintama coordonné par le Centre de Recherche Public Gabriel
Lippmann. Dans cette étude, nous n’avons pas pris en considération le rayonnement qui
pourrait être très important parce qu’il n’est pas mesuré par toutes les stations
météorologiques implantées au Grand-Duché de Luxembourg. Cependant, nous avons
jugé qu’en analysant la température, nous déduisons indirectement l’effet du
rayonnement.
Partie II IV - 19
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
2-4-1 : Tableau 2-4-1 : Les limites d’humidité relative et de la pluie fixées pour chaque algorithme sur base de la littérature
(SACHE, 1994 ; DE VALLAVIEILLE-POPE et al., 2000 ; SACHE, 2000). et des résultats du chapitre 2 III....................IV-3
2-4-2: Les paramètres analysés à différents intervalles en 2000 et 2001 à Everlange (Données météorologiques horaires
d’Everlange en 2000 et d’Useldange en 2001), Reuland (Données météorologiques d’Hersberg) et la Moselle
(Données météorologiques de Findel). ..................................................................................................................................IV-3
2-4-3: Méthodes de calculs de scores et des occurrences statistiques. Légende: O = observée; S = simulée; NO = non
observée; NS = non simulée. .................................................................................................................................................IV-6
2-4-4 : Résultats de scores et des occurrences statistiques des différents paramètres météorologiques de chaque seuil de
fréquence fixé pour l’ensemble des classes pour minimum 4 heures consécutives et pour minimum 8 heures
consécutives. ........................................................................................................................................................................IV-13
FIGURES
2-4- 1 : Les limites du modèle de latence (RAPILLY, 1976) concernant les températures rencontrées au Grand-Duché de
Luxembourg (-10 à 33°C). .....................................................................................................................................................IV-5
2-4-2 : Fréquence horaire de trois paramètres (pluie, humidité relative et température) à l’échelle de la décade dans les
trois sites d’essai en 2000 et 2001. Les flèches en rouge représentent le moment où la maladie a été enregistrée. ............IV-7
2-4- 3 : Analyse de la température et de l’interaction de la température et de l’humidité. A-1 : Etude de la corrélation
entre la classe de température comprise entre 4 et 16°C et celle comprise entre 18 et 22°C. A-2 : Représentation
en bulles des différentes classes de températures. B-1 : Corrélation entre la classe avec humidité inférieure à 60 %
et humidité relative supérieure à 92 % pour la même classe de température. B-2 : Représentation en bulles des
différentes classes d’humidité pour une température comprise entre 4 et 16°C. ..................................................................IV-8
2-4- 4: Variation des différentes classes de l’humidité pour une température comprise entre 4 et 16°C pendant les décades
de mai et juin en 2000 et 2001 (pendant cette année la maladie a été tardive jusqu’au 19 juillet et dans la Moselle,
elle a été très précoce) dans les trois sites d’essais. Une classe avec la fréquence de la présence de la pluie (P > 0)
et l’humidité relative supérieure à 92 % et la température comprise entre 4 et 16°C a été testée. Les flèches orange
représentent le moment où la maladie a été enregistrée. Les petits cercles indiquent le moment de formation des
foyers. ...................................................................................................................................................................................IV-10
2-4- 5 : Superposition de la maladie et les paramètres météorologiques. A : AUDPC de la maladie à l’échelle de la décade
pour chacune des cinq dernières feuilles (trait continu représente l’écart type). B : Variation de la fréquence
horaire de chaque classe à l’échelle décadaire pour minimum 4 heures consécutives et pour minimum 8 heures
consécutives. C : Code binaire de chaque décade exprimant le développement (1) ou l’absence de développement
de la maladie (0)...................................................................................................................................................................IV-12
2-4- 6: Superposition de la latence calculée pour chaque infection simulée par le modèle et la maladie mesurée (en %
foliaire) sur les feuilles. A : Everlange 2000 (station météorologique d’Everlange du Lycée Technique Agricole
d’Ettelbrück) ; B : Reuland 2000 (station météorologique d’Hersberg du CRP-GL). L’échelle des abscisses est
exprimée par le nombre de jours par rapport à la formation de la dernière feuille (F1). ....................................................IV-15
2-4- 7 : Superposition de la latence de chaque infection simulée par le modèle et la maladie mesuré (en % foliaire) sur les
feuilles. A : Everlange 2001 (station météorologique d’Useldange de l’Administration Des Services Techniques de
l’Agriculture) ; B : Reuland 2001 (station météorologique d’Hersberg du CRP-GL). L’échelle des abscisses est
exprimée par le nombre de jours par rapport à la formation de la dernière feuille (F1). ....................................................IV-16
2-4- 8 : Relation entre le nombre d’infection entre le 01/05 et le 01/07 en 2000 et 2001 et le pourcentage de rouille jaune
observé sur F1 et F2 à Everlange et Reuland. .....................................................................................................................IV-17
REFERENCES
Partie II IV - 20
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II– Chapitre IV
GREGORY, P. H. (1968). "Interpreting Plant Disease ROUZET, J. (1995). "Etude d'un modèle de prévision Prgi
Dispersal gradients." Ann. Rev. Phytopathol. 6: 181-212. concernant la rouille jaune du blé." Med.Fac.Landbouw
Univ.Gent 60/26: 447-451.
MAC CARTNEY, H. A. & B. D. L. FITT (1998). Dispersal
of foliage fungal plant pathogens : mechanisms, gradients ROWELL, J. B. & R. W. ROMIG (1966). "Detection of
and spatial patterns. The epidemiology of plant diseases. K. urediospores of wheat rusts in spring rains." Phytopathology
A. Publisher. Dordrecht. pp. 138-160. 56: 807-811.
MAY, F. G. (1958). "The whashout of Lycopodium spores SACHE, I. (1994). "La dissémination éolienne des maladies
by rain." Quarterly Journal of the Royal Meterological cryptogamiques." Phytoma. La défense des végétaux 467: 20-
Society 84: 451-458. 25.
NAGARAJAN, S., H. SINGH, L. M. JOSHI & E. E. SACHE, I. (2000). "Short-distance dispersal of wheat rust
SAARI (1977). "Prediction of Puccinia graminis f.sp. tritici spores by wind and rain." Agronomie 20: 757-767.
on wheat in India by trapping the uredospores in rain
samples." Phytoparasitica 5: 104-108. SACHE, I. (2002). L'épidémiologie végétale : un avenir
incertain pour une discipline ancienne ? Diplôme d'habilitation
RAPILLY, F. (1977). "Réflexions sur les notions de à diriger les recherches. Université Paris-Sud, 44 p.
propagules et d'unité de dissémination en épidémiologie
végétale." Ann. Phytopathol. 9: 161-176. SACHE, I. & C. DE VALAVIELLE-POPE (1993).
"Comparison of the wheat brown and yellow rusts for
RAPILLY, F. (1991). Epidémiologie en pathologie végétale monocyclic sporulation and infection processes, and their
: mycoses aériennes. Epidémiologie en pathologie végétale. polycyclic consequences." Journal of Phytopathology 138: 55-
L. T. Doc. Paris. Institut National de la Recherche 65.
Agronomique INRA. ISBN 2-7380-0297-8. 317 p. pp. 240-
261. SHRUM, R. D. (1975). Simulation of wheat stripe rust
Puccinia striiformis West. using Epidemic, a flexible plant
RAPILLY, F. & E. JOLIVET (1976). "Construction d'un disease simulator. Pa. State Univ.Agric.Exp.stn.Prog.Rep. 341
modèle (EPISEPT) permettant la simulation d'une épidémie p.
de Septoria nodorum Berk. sur blé." Revue de statistique
appliquée 24: 31-60. ZADOKS, J. C. (1961). "Yellow rust on wheat : studies in
epidemiology and physiologic specialisation."
Tijdschr.Planteziekten 67: 69-256.
Partie II IV - 21
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II – Chapitre V
CHAPITRE V
I. Introduction
La rouille brune du blé, dont l’agent est Puccinia recondita f.sp. tritici est une maladie
qui commence à prendre une importance capitale au Grand-Duché de Luxembourg ces
dernières années. Elle a eu un développement spectaculaire particulièrement dans la
région de Redange (1999, 2000 et 2001) et de la Moselle (2000, 2001 et 2003). Les
apparitions fréquentes de cette maladie à des stades sensibles de la croissance du blé
(entre stade GS55 et GS77), son fort potentiel épidémique et sa faculté de dispersion à
grande échelle montre qu’une étude conceptuelle approfondie sur les mécanismes de
son développement est une nécessité.
La rouille brune est causée par un champignon biotrophe strict, incapable de se
développer autrement qu’en interaction étroite avec des tissus hôtes verts, sur la base de
relations hôte-parasite hautement spécifiques. Les facteurs abiotiques qui favorisent la
capacité et l’efficacité d’infection sont la température, la durée d’humectation et le taux
d’humidité relative (MAC GREGOR & MANNERS, 1976 ; DE VALLAVIEILLE-POPE et al.,
1995 ; SACHE, 1997 ; HAU & DE VALAVIELLE-POPE, 1998 ; DE VALLAVIEILLE-POPE et
al., 2000a). La présence d’eau libre sur la surface de la feuille en forme de gouttelettes
de rosée est essentielle pour la germination de spores de rouille brune (HAU et al., 1998 ;
DE VALLAVIEILLE-POPE et al., 2000). Dans un environnement contrôlé, une période
Partie II V-1
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II – Chapitre V
Partie II V-2
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II – Chapitre V
brune a lieu essentiellement la nuit. La pénétration dans l’hôte, nocturne également, est
négligeable en dessous de 10°C et au-dessus de 20°C (CLIFFORD & HARIS, 1981 ;
EVERSMEYER et al., 1988). Le taux de développement des structures d’infection est plus
lent dans la lumière que dans l’obscurité. Les nuits claires, caractérisées par une source
d’humidité importante avec des températures favorables pour la rosé sont plus
importantes épidémiologiquement que des nuits nuageuses (EVERSMEYER, 1988). Ainsi,
dans cet article, notre analyse consiste à déterminer les paramètres météorologiques
nocturnes propices à la germination de la rouille brune pendant la décade qui précède
chaque fin de latence dans les trois sites d’essai entre 2000 et 2003. La période de
latence est de l’ordre de 8 à 20 jours entre 10 et 20°C, mais peut se réduire à 6 jours
avec des températures de 20°C le jour et 10°C la nuit pour les variétés susceptibles
(EVERSMEYER, 1988).
Notre méthodologie d’analyse pour l’ensemble des stations météorologiques horaires a
été scindée en trois parties. La première consiste à déterminer le nombre d’heures
nocturnes (entre 20 h et 6 h du matin) à l’échelle de chaque décade pour différentes
classes d’humidité, de température et de précipitations (tableau 2-5-1) pendant trois
périodes (hiver, entre le 21 mars et le 10 mai et entre le 10 mai et le 10 juillet).
Tableau 2-5- 1 : Les différentes classes de température et d’humidité analysées entre 2000 et 2003
dans les différentes stations météorologiques étudiées.
Humidité (H) Température (T) Pluie (P) en mm
Partie II V-3
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II – Chapitre V
III. Résultats
III.1. Evaluation des paramètres météorologiques nocturnes (partie I)
Dans les quatre sites d’essais, la fréquence des heures sans pluie est beaucoup plus
importante que la fréquence avec pluie (figure 2-5-1). Les quatre hivers (entre 2000 et
2003) ont été humides et relativement doux avec des classes de températures
dominantes comprises entre 0 et 4°C (25 %) et entre 4 et 8°C (23 %). Entre la phase du
tallage (fin mars) et la montaison (10 mai), ce sont deux classes de températures qui
dominaient (4 à 8°C et 8 à 16°C), associées à des humidités supérieures à 60 %. Les
périodes avec des humidités inférieures à 60% ne dépassaient pas 4 %. Les périodes
avec pluie ne dépassaient pas 5%. Cependant, entre l’émergence des trois dernières
feuilles et la maturité finale, c’est une seule classe de température qui l’emporte ; celle
comprise entre 8 et 16°C sans pluie et une humidité supérieure à 60 %. Cette dernière
comprend dans les faits une majorité de situations où l’humidité est supérieure à 80 %.
Ainsi, les paramètres météorologiques qui auraient très probablement facilité la
germination et la pénétration dans l’hôte de la rouille brune sont les températures
nocturnes comprises entre 8 et 16°C, sans pluie et une humidité relative supérieure à
60 %.
30
25
Hiver
20 nn==19235
15
% de la fréquence horaire du paramètre à l’échelle décadaire
10
30
25
Début printemps jusqu'à la phase de croissance du blé
20 (21 mars au 10 mai)
15 n = 6612
10
60
50
De l'émergence des trois dernières feuilles à la maturité pâteuse
40 (11 mai au 10 juillet)
30 n = 7871
20
10
0
8<T<16
8<T<16
8<T<16
8<T<16
8<T<16
8<T<16
8<T<16
8<T<16
16<T
16<T
16<T
16<T
16<T
16<T
16<T
16<T
T<0
0<T<4
4<T<8
0<T<4
4<T<8
0<T<4
4<T<8
0<T<4
4<T<8
T<0
0<T<4
4<T<8
0<T<4
4<T<8
0<T<4
4<T<8
0<T<4
4<T<8
Figure 2-5- 1: Fréquence horaire de trois paramètres (pluie, humidité relative et température) à
l’échelle de la décade dans les trois sites d’essai entre 2000 et 2003. (n) représente le nombre
d’heures total qui a servi au calcul de la fréquence.
Partie II V-4
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II – Chapitre V
très important vers le début mai. Les conditions de 2000 ont été très propices à la
maladie et à un stade très précoce de la croissance du blé alors que pendant les autres
années, les seuils maximaux ont été atteints vers fin juin. Les fréquences des classes
avec des températures inférieures à 4°C et supérieures à 16°C ont été très minimes. Les
périodes pluvieuses ont été insignifiantes par rapport aux non pluvieuses. Donc, cette
analyse confirme la dominance pendant la croissance du blé de températures comprises
entre 8 et 16°C associées à une humidité supérieure à 60 % et sans pluie.
Cependant, à ce stade notre étude a été basée uniquement sur la fréquence de présence
horaire à l’échelle décadaire sans aucune restriction.
Dans la troisième partie, nous allons prendre en considération uniquement les classes
qui sont présentes dans deux cas : a) au moins 12 heures nocturnes consécutives ; b) au
moins 24 heures nocturnes consécutives.
Partie II V-5
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II – Chapitre V
A
100 0
90 5
80 10
70 15
60 20
50 25
40 30
30 35
20 40
10 45
0 50
3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1
Mar Avr Mai Juin July Mar Avr Mai Juin July Mar Avr Mai Juin July Mar Avr Mai Juin July
B
100 0
90 10
80 20
70 30
60 40
50 50
40 60
30 70
20 80
10 90
0 100
C
100 0
90 10
80 20
70 30
60 40
50 50
40 60
30 70
20 80
10 90
0 100
3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1
Mar Avr Mai Juin July Mar Avr Mai Juin July Mar Avr Mai Juin July
8<T <16, H>80,P 16<T <24, H>80,P 8<T <16, H<60,NP 4<T <8, H>80,NP 8<T <16, H>80,NP 16<T <24, H>80,NP
Figure 2-5- 2 : Fréquence horaire de trois paramètres (pluie, humidité relative et température) à l’échelle de la décade entre le tallage (fin mars ) et la maturité
finale (début juillet) entre 2000 et 2003 dans les trois sites d’essais. A : Everlange ; B : Reuland ; C : Moselle. P : pluie ; NP : pas de pluie.
Partie II V-6
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II – Chapitre V
80
60
40
20
0
140
120
100
80
60
40
20
0
16<T<24, H>70,NP 16<T<24, H>80,NP 8<T<16, H>80,P 16<T<24, H>80,P 8<T<16, H<60,NP
80
% de la surface foliaire malade
F1 F2 F3
70
60
50
40
30
20
10
0
Epidémie
Epidémie
Epidémie
Epidémie
Epidémie
Epidémie
Epidémie
Epidémie
Epidémie
Epidémie
Redressement
Redressement
Redressement
Redressement
Redressement
Redressement
Redressement
Redressement
Redressement
Redressement
2000 2001 2002 2003 2000 2001 2003 2000 2001 2003
Figure 2-5- 3 : Variation en nombre d’heures des différentes classes combinées de température, humidité et
la pluie pendant la phase de redressement et au moment de l’épidémie (10 mai à 10 juillet) entre 2000 et 2003.
Les différentes classes sont superposées à la maladie observée (entre l’apparition des premiers pustules et
début juillet) sur les trois dernières feuilles (F3, F2 et F1)
Partie II V-7
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II – Chapitre V
Figure 2-5- 4 : Etude de corrélation entre le nombre d’heures avec au moins 12 heures consécutives des
classes associées de température, d’humidité et de la pluie (ces classes précèdent la latence) avec le taux de
maladie observée (entre l’apparition de la première pustule début mai au 10 juillet) sur les trois dernières
feuilles (F1, F2 et F3) entre 2000 et 2003 dans les trois sites d’essais.
Pluie Humidité Température F1 F2 F3
Cette concordance est aussi importante lorsque le nombre d’heures consécutif est d’au
moins 24 heures. Pour la F1, cette corrélation est de 0.93 (P < 0.05) pour une humidité
supérieure à 60%, de 0.93 (P < 0.05) pour une humidité supérieure à 70 % et de 0.89
(P < 0.05) pour une humidité supérieure à 80 %. Cette analogie entre F2 et la classe
d’humidité supérieure à 60% est de 0.87 (P < 0.05), de 0.88 (P < 0.05) avec celle
supérieure à 70 % et de 0.86 (P < 0.05) avec celle supérieure à 80%.
Ainsi, plus le nombre d’heures consécutives de la classe de température comprise entre
8 et 16 °C, humidité supérieure à 60 %, sans pluie est croissant, plus la sévérité de la
rouille brune sera importante.
Pour déterminer les classes de températures et d’humidités optimales nocturnes qui
favorisent la germination de la rouille brune, nous avons calculé le nombre d’heures
consécutif (au moins 12 heures) pour une température supérieure à 8°C et une humidité
supérieure à 60 % sans pluie au moment où le taux de la maladie enregistré sur la F1 et
la F2 a été très important dans les trois sites d’essais entre 2000 et 2003.
Nous avons calculé la fréquence des différentes classes de températures (8 à 10°C ; 10 à
12°C ; 12 à 14°C ; 14 à 16°C ; 16 à 18°C, ...) et des différentes classes d’humidités
(60 à 65 ; 65 à 70 ; 70 à 75 ; 75 à 80 ; 80 à 85 ; 85 à 90 ; 90 à 95 ; 95 à 100 et >=100)
sur l’ensemble d’heures nocturnes qui précèdent chaque latence (figure 2-5-5). La fin de
nouvelles périodes de latence (cette période est généralement d’une semaine entre fin
mai et début juillet) a été déterminée en se basant sur le test de comparaison statistique
(α =5%) appliqué sur les valeurs observées (fréquence de 2 fois par semaine). Ainsi, les
classes de conditions météorologiques nocturnes qui présentent les valeurs de fréquence
importantes la décade qui précède chaque fin de latence sont les plus favorables à la
germination de la rouille brune. Les résultats de cette analyse montrent que les classes
avantageuses à la germination de la rouille brune sont celles avec des températures
comprises entre 12 et 16 °C (47 %) et les humidités relatives optimales fluctuant entre
80 et 100 % (67 %). La fréquence des classes avec des températures supérieures à 20°C
est très faible (moins de 2 %) et celle avec des humidités inférieures à 70 % ne dépasse
pas 8 %.
Partie II V-8
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II – Chapitre V
2000 2001 2002 2003 2000 2001 2003 2000 2001 2003
15-juin
22-juin
18-juin
28-juin
13-juin
23-juin
30-juin
15-juin
26-juin
25-juin
10-juin
16-juin
23-juin
15-juin
26-juin
11-juin
25-juin
10-juin
16-juin
23-juin
29-mai
1-juin
7-juin
5-juin
5-juin
2-juin
2-juil
9-juil
4-juil
7-juil
3-juil
2-juil
9-juil
7-juil
9-juil
A
100 0
90
200
% de la surface foliaire malade
70
400
60
50 600
40
800
30
20
1000
10
0 1200
55 69 75 53 69 72 77 88 65 77 77 87 91 55 67 75 77 69 75 87 65 75 77 85 51 66 71 77 65 77 95 65 72 77 85
2000 2001 2002 2003 2000 2001 2003 2000 2001 2003
20
20 30
F1 = 0,076x - 7,7184
40
10 R2 = 0,87
50
0 60
0 50 100 150 200 250 300 350 400 45070
-10 80
C
50 -20
F2 = 0,1328x - 13,117
R2 = 0,78 -10
40 0
10
30
20
20 F1 = 0,0767x - 6,3686 30
R2 = 0,86 40
10
0 60
0 50 100 150 200 250 300 350 400 45070
-10 80
D
50 -10
0
40
F2 = 0,1321x - 7,203 10
R2 = 0,73
30 20
30
20
40
10 F1 = 0,0751x - 2,7918 50
R2 = 0,79 60
0
70
0 50 100 150 200 250 300 350 400
-10 80
Nombre d’heures de chaque classe
Partie II V-9
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II – Chapitre V
25
n = n =1914
20
Probabilité de présence
15
10
0
8 à 10 10 à 12 12 à 14 14 à 16 16 à18 18 à 20 20 à 22 22 à 24 24 à 26 26 à 28 60 à 65 65 à 70 70 à 75 75 à 80 80 à 85 85 à 90 90 à 95 95 à 100 >100
Température Humidité
Figure 2-5- 6 : Fréquence calculée pour chaque classe de températures et d’humidités pendant la
germination de la rouille brune au Grand-Duché du Luxembourg entre 2000 et 2003. (n) représente le nombre
d’heures qui ont été favorables à la maladie.
IV. Discussions
L’approche suivie dans cette analyse ressemble à celle de la rouille jaune. C’est une
approche plutôt stockastique que mécanistique. Pour expliquer le développement de la
rouille brune au Grand-Duché de Luxembourg, nous avons restreint notre étude aux
périodes nocturnes, du fait que les différents contrastes entre les paramètres
météorologiques peuvent être décelés facilement pendant cette période. De plus
KNIGHTS & LUCAS (1980) ont mis en évidence un effet significatif de la lumière sur la
réduction de la germination de la rouille. Notre étude s’est basée sur une méthode de
déduction en se référant aux périodes de présence et d’absence de la maladie entre 2000
et 2003 pour déterminer les conditions propices à l’expansion de la rouille brune. Si les
conditions météorologiques en conditions contrôlées sont connues (EVERSMEYER,
1988 ; DE VALLAVIEILLE-POPE et al., 1995 ; DE VALLAVIEILLE-POPE et al., 2000a ;
SACHE, 2000), la détermination des conditions nocturnes qui favorisent la maladie n’a
été jamais évoquée. Ainsi, l’étude de la fréquence de chaque classe de températures et
d’humidités avec et sans pluie a permis de détecter les classes qui dominent pendant
l’hiver, entre le début du tallage et la montaison et entre l’émergence des trois dernières
feuilles et la maturité finale. Cette étude a montré que ce sont les températures
nocturnes comprises entre 8 et 16°C associées à des humidités supérieures à 60 %
rencontrées pendant au moins 12 heures consécutives qui sont à l’origine de la
germination de la rouille brune au Grand-Duché de Luxembourg. Ces dernières
conditions ont été très corrélées avec chaque augmentation du pourcentage de la surface
foliaire présentant des symptômes. Les classes avec des températures inférieures à 8°C
et supérieures à 16°C n’ont pas eu d’effets significatifs sur la maladie. Une étude sur les
conditions météorologiques (température supérieure à 8°C et humidité supérieure à
60 %, sans pluie) qui ont été à l’origine de l’accélération de la maladie pendant les
quatre années d’observation a permis de calculer la fréquence de chaque classe de
température combinée à l’humidité.
Cette étude a montré que la fréquence des classes de températures nocturnes comprises
entre 24 et 28°C était nulle au moment de l’épidémie sur les quatre années d’étude. La
fréquence des températures nocturnes comprises entre 18 et 24°C ne dépasse pas 10 %.
L’analyse des heures consécutives (au moins 12 heures consécutives et au moins
24 heures consécutives) de chaque classe de températures nocturnes fait ressortir celles
comprises entre 12 et 16°C (47 %) avec un optimum entre 14 et 16°C. Ces résultats sont
Partie II V - 10
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II – Chapitre V
Partie II V - 11
THÈSE DE DOCTORAT – PARTIE II – Chapitre V
2-5- 1 : Les différentes classes de température et d’humidité analysées entre 2000 et 2003 dans les différentes stations
météorologiques étudiées........................................................................................................................................................ V-3
FIGURES
2-5- 1: Fréquence horaire de trois paramètres (pluie, humidité relative et température) à l’échelle de la décade dans les
trois sites d’essai entre 2000 et 2003. (n) représente le nombre d’heures total qui a servi au calcul de la fréquence........... V-4
2-5- 2 : Fréquence horaire de trois paramètres (pluie, humidité relative et température) à l’échelle de la décade entre le
tallage (fin mars ) et la maturité finale (début juillet) entre 2000 et 2003 dans les trois sites d’essais. A : Everlange ;
B : Reuland ; C : Moselle. P : pluie ; NP : pas de pluie.......................................................................................................... V-6
2-5- 3 : Variation en nombre d’heures des différentes classes combinées de température, humidité et la pluie pendant la
phase de redressement et au moment de l’épidémie (10 mai à 10 juillet) entre 2000 et 2003. Les différentes classes
sont superposées à la maladie observée (entre l’apparition des premiers pustules et début juillet) sur les trois
dernières feuilles (F3, F2 et F1) .............................................................................................................................................. V-7
2-5- 4 : Etude de corrélation entre le nombre d’heures avec au moins 12 heures consécutives des classes associées de
température, d’humidité et de la pluie (ces classes précèdent la latence) avec le taux de maladie observée (entre
l’apparition de la première pustule début mai au 10 juillet) sur les trois dernières feuilles (F1, F2 et F3) entre 2000 et
2003 dans les trois sites d’essais............................................................................................................................................. V-8
2-5- 5 : Superposition de la maladie et des paramètres météorologiques. A : Superposition du pourcentage de la surface
foliaire présentant des symptômes de rouille brune dans chaque site et à chaque stade phénologique (entre 2000 et
2003) et le nombre d’heures des paramètres météorologiques de chaque décade qui précède chaque période de
latence. B : Ajustement entre la somme d’heure de la classe avec une température comprise entre 8 et 16°C, une
humidité supérieure à 60 %, sans pluie (NP) et le niveau de maladie enregistré sur F1 (points en vert) et F2 (points
en bleu) ; C : Ajustement entre la somme d’heures de la classe avec une température comprise entre 8 et 16°C, une
humidité supérieure à 70%, sans pluie (NP) et le niveau de maladie enregistré sur F1 (points en vert) et F2 (points en
bleu); D : Ajustement entre la somme d’heures de la classe avec une température comprise entre 8 et 16°C, une
humidité supérieure à 80 %, sans pluie et le niveau de maladie enregistré sur F1 (points en vert) et F2 (points en
bleu)......................................................................................................................................................................................... V-9
2-5- 6 : Fréquence calculée pour chaque classe de températures et d’humidités pendant la germination de la rouille brune au
Grand-Duché du Luxembourg entre 2000 et 2003. (n) représente le nombre d’heures qui ont été favorables à la
maladie. ................................................................................................................................................................................. V-10
REFERENCES
CLIFFORD, B. C. & R. G. HARRIS (1981). "Controlled HAU, B. & C. DE VALAVIELLE-POPE (1998). Wind-
environment studies of the epidemic potential of Puccinia dispersal diseases. In The epidemiology of plant diseases. E.
recondita f.sp. tritici on wheat in Britain." D. G. J. K. A. Publishers. Dordrecht. Ed. pp. 323-347.
Trans.Br.Mycol.Soc. 77: 351-358.
MAC GREGOR, A. J. & J. C. MANNERS (1976). Some
DE VALLAVIEILLE-POPE, C., L. HUBER, M. effects of lights on the growth of yellow rust on wheat. Proc.
LECONTE & H. GOYAU (1995). "Comparative effects of Eur. and Med. cereal rust conf. Interlaken. pp. 56-66.
temperature and interrupted wet periods on germination,
penetration and infection of P. recondita f. sp. tritici and P. PARLEVLIET, J. E. (1979). "Components of resistance that
striiformis on wheat seedlings." Phytopathology 85: (4) 409- reduce the rate of epidemic development." Annual Review of
415. Phytopathology 17: 203-222.
DE VALLAVIEILLE-POPE, C., J. ROUZET, M. SACHE, I. (1997). "Effect of density and age of lesions on
LECONTE, M. DELORS & M. N. MISTON (2000a). "La sporulation capacity and infection efficiency in wheat leaf rust
rouille jaune du blé en France. Des épidémies déclenchés (Puccinia recondita f. sp. tritici)." Plant Pathology 46: 581-
par une nouvelle race, un hiver doux et un printemps 589.
humide." Phytoma. La défense des végétaux 527: 22-29.
SACHE, I. (2000). "Short-distance dispersal of wheat rust
DE VALLAVIEILLE-POPE, C., S. GIOSUC, L. MUNK, spores by wind and rain." Agronomie 20: 757-767.
A. C. NEWTON, R. E. NIKS, H. OSTERGARD, J. PONS-
KUHNEMANN, V. ROSSI & I. SACHE (2000b). ZADOKS, J. C., T. T. CHANG & C. F. KONZAK (1974). "A
"Evaluation de paramètres épidémiologiques et leur decimal code for the growth stages of cereals weeds."
utilisation dans les épidémies et les modèles de prédiction de Research 14: 415-421.
maladies de céréales aéroportées." Agronomie 20: 715-727.
Partie II V - 12
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
CHAPITRE VI
ANALYSE CONCEPTUELLE DES COMPOSANTES MICROCLIMATIQUES
I. Introduction
Les conditions météorologiques exercent une influence déterminante sur les maladies
des plantes. La réussite des différentes phases d’une épidémie dépend étroitement
d’événements microclimatiques précis. C’est le climat qui gouverne en grande partie les
changements quantitatifs d’états aux niveaux du parasite, de la maladie, de l’épidémie
mais aussi de la population hôte.
La mise en place d’un réseau opérationnel pour les avertissements du moment optimal
du traitement fongicide pour le Grand-Duché de Luxembourg nécessite un réseau de
stations météorologiques représentatif de tout le territoire. Le choix de l’emplacement
de la station par rapport aux champs de céréales et sa distance par rapport aux autres
stations météorologiques constituent de grandes contraintes pour l’agrométéorologiste.
Les champs pluviométriques sont, avec les températures, les deux variables
météorologiques les plus communément suivies à travers le réseau d’observations de
l’Administration des Services Techniques de l’Agriculture (ASTA). Depuis peu, les
Partie II VI - 1
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
L’étude épidémiologique des principales maladies qui ont été enregistrées a montré une
grande variation entre les sites d’essais au Grand-Duché de Luxembourg. Chaque
maladie a ses exigences spécifiques en nombre d’heures de durée d’humectation,
d’humidité relative, de température et de pluie qui peuvent varier d’un site à l’autre.
Cependant, l’étude de simples corrélations entre les stations météorologiques ne permet
pas de déceler cette variation. Ainsi, l’objectif de ce travail est de proposer une
méthodologie qui permet de spécifier le microclimat lié à chaque station et à chaque
région du Grand-Duché de Luxembourg.
Partie II VI - 2
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
Enfin, cette analyse permet aussi de justifier l’emplacement d’une station par rapport à
une autre. Pour comprendre l’importance de cette méthodologie dans la mise en place
d’un système opérationnel, nous avons comparé pour deux stations météorologiques, les
séries originales entre elles et les séries filtrées entre elles. Notre analyse s’est basée sur
une étude de corrélation accompagnée de tests de signification.
Partie II VI - 3
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
II.2.1. Equations
1 +q
Yt = ∑ X t −i
2q + 1 i = − q
(Equation 2-6-1)
1 +q
Zt = ∑ Yt −i
2q + 1 i = − q
(Equation 2-6-2)
1 +q
Wt = ∑ Zt −i
2q + 1 i = − q
(Equation 2-6-3)
Les équations 2-6-1 à 2-6-3 se résument de la façon suivante pour les trois paramètres
(température (t), pluie (ra) et humidité relative (rh)) :
t120 = KZ (t, 120, 3) ; rh120 = KZ (rh, 120, 3) ; ra120 = KZ (ra, 120, 3) ; (q = 120, K = 3)
Partie II VI - 4
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
Ces deux variations sont calculées par un jeu de moyennes mobiles avec deux filtres
1 et 6 (figures 2-6-3 A et B).
Partie II VI - 5
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
22
Moyenne mobile 3 fois centrée sur 1 heure
20 20
Variation intraday
18
16
Température en °c 15
14
Variation diurnal
12
10 10
8
Moyenne mobile 3 fois centré sur 6 heures
6
5
24
Heure
variation sur 48h, début mai 2001
6 8
3 4
0 0
-1
-2
-3 -4
-4
-5
-6 -8
1 2 3 4 5 6 7 8 9
1ere décade de mai
30
20
Température en °c
15
10
0
Juillet 2001 Août 2001
Figure 2-6- 3 : Méthodologie de détermination des différentes variations. A : Calcul de la variation intraday
et diurnal ; B : Représentation de la variation intraday et diurnal ; C : Calcul de la variation synoptic et
seasonal (station d’Useldange entre 6 avril 2001 et 5 février 2002).
Partie II VI - 6
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
WSY peut être calculé à partir des variations Intraday et Diurnal par :
WSY est un lissage qui représente les oscillations du paramètre étudié à moyen terme.
Exemple : température
tid = t – t13 t = tid + t13 t = tid + (tDU + t63) t = tid + tDU + tSy + tLo
tDU = t13 – t63 t13 = tDU + t63 t63 = tSy + t120
tSy = t63 – t120 t63 = tSy + t120 tLo = t120
tLo = t120 tLo = t120
Une série chronologique dans un intervalle de temps égal est une série dans laquelle la
distance entre les points adjacents est constante (LOMB, 1976 ; HORNE & BALIUNAS,
1986). Le périodogramme est un outil naturel pour l’analyse spectrale d’une série
temporelle stationnaire du second ordre. La littérature sur les séries temporelles donne
grand nombre de propriétés, principalement asymptotiques, que le signal soit à
Partie II VI - 7
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
dépendance courte ou longue. Le périodogramme (ou spectrum) pour une série de temps
xt est (FAY, 2000) :
Δ ⎛⎜ ⎛ n −1 ⎛ n −1 2 ⎞⎞⎞
S ( f ) = ⎜ ⎜ ∑ xt cos 2π f t Δ + ⎜ ∑ xt sin (2π f t Δ ) ⎟ ⎟⎟ ⎟⎟
⎜ ( ) 2
n ⎝ ⎝ t =− n ⎝ t =− n ⎠⎠⎠
Où f est la fréquence, n est le nombre d’observations dans la série chronologique, Δ est (n + 1) / 2 pour n
impair et (n + 2) / 2 pour n pair.
Lorsque la variable étudiée évolue périodiquement, le spectre est discret, c’est-à-dire
caractérisé par un nombre fini de fréquences (raies distinctes). La fréquence de base, qui
définit la périodicité principale de l’onde, est appelée fondamentale. Les autres
fréquences sont les harmoniques (harmoniques 2, 3, 4, …) pour les fréquences doubles,
triples, quadruples de la fondamentale (NICOLAS, 2003).
III. Résultats
Partie II VI - 8
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
Pluie (mm)
25
Everlange
20
15
10
5
0
0 5 10 15 20 25
Reuland
Température (°C)
40
30
Everlange
20
10
0
-10
-10 -2 6 14 22 30
Reuland
100
80
60
40
20
20 40 60 80 100 120
Reuland
Reuland
Figure 2-6- 4 : Corrélation entre Everlange et Reuland en 2000 pour trois paramètres météorologiques
horaires (humidité relative en %, température en °C et pluie en mm).
Partie II VI - 9
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
Horaire Horaire
Température 1
Everlange Humidité -0.6 1
Horaire
Pluie 0.06 0.02 1
Temperature 0.96 -0.54 0.06 1
Reuland Humidité -0.47 0.87 0.03 -0.5 1
Pluie 0.06 0.09 0.6 0.04 0.13 1
Intraday
Température 1
Everlange Humidité -0.67 1
Intraday
Partie II VI - 10
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
B1 Temps en jours B2
Variation Synoptic de la température
C1 Temps en jours C2
Variation Seasonal de la température
D1 Temps en jours D2
Partie II VI - 11
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
0,8
Température intraday
0,6
Coefficient de corrélation
0,4
0,2
Humidité intraday
0,0
-0,2
1,05
0,95
Coefficient de corrélation
0,75
0,55
0,45
1-15 juillet
15-24 juillet
1-15 mai
15-31 mai
1-15 juin
15-30 juin
15-31decembre
1-15 janvier
15-31 janvier
1-15 decembre
1-15 avril
1-15 novembre
15-30 avril
15-30 novembre
1-15 février
15-29 février
15-31 octobre
1-15 mars
15-31 mars
Temps
Figure 2-6- 6 : Variation du coefficient de corrélation entre Everlange et Reuland pour les deux
variations Intraday et Diurnal en fonction du temps en 2000. Le coefficient de corrélation a été
calculé sur des données horaires sur une période de 15 jours.
Partie II VI - 12
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
IV. Discussion
La méthode de périodogramme de la variation de la température horaire à Useldange
permet de déceler la fréquence de base et les différentes harmoniques enregistrées dans
la fréquence fondamentale (figure 2-6-7).
Partie II VI - 13
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
Cette méthode permet aussi de déceler les fluctuations d’un paramètre à différents
niveaux topographiques. Ceci permet de comprendre et d’expliquer la variation d’une
maladie entre un plateau et un bas fonds ou entre deux versants Nord et sud ou une
pente. L’utilisation de cette méthode permet de donner les différents gradients de la
température et de l’humidité entre chaque niveau topographique. Ceci renforcera les
explications concernant certaines maladies à effet régional telles que les rouilles qui
dépendent beaucoup de la variation de la température et de l’humidité relative. L’étude
réalisée en 2001 sur les stations horaires de l’ASTA montre cette variation
(figure 2-6-8, A et B). Des écarts de températures s’observent entre les trois stations
météorologiques de l’ASTA à savoir Reuler qui se trouve dans l’Oesling, Useldange au
Nord-ouest du Gutland et Obercorn au Sud-ouest du Gutland. Les écarts de
températures s’expliquent par les inégalités du relief, l’altitude moyenne de l’Oesling
est de 450 m environ, celle du Gutland atteint à peine 250 m. Au niveau du Gutland, des
microclimats existent au niveau de chaque station. Des microclimats locaux sont
localisés au Sud-ouest (Obercorn) et au Nord-est du Gutland (Useldange). Concernant
l’humidité relative, cette analyse met en évidence une grande variation entre les trois
stations de l’ASTA. En effet, Reuler est caractérisé par une forte humidité et Useldange
(se situe à la limite entre le Gutland et l’Oesling) se caractérise par une tendance de
l’humidité qui fluctue entre celle du Gutland et celle de l’Oesling. Obercorn se
caractérise par une tendance journalière très différente de celle des deux autres stations.
Pour la pluie, les grandes fluctuations intraday enregistrées entre Everlange et Reuland
en 2000 s’expliquent par les deux épisodes stratiformes et convectifs. Sur une période
de 24 heures, la pluie est souvent enregistrée dans les deux sites mais à l’intérieur de la
journée, la dispersion est beaucoup plus grande. Il pleut dans un site et il faut attendre
un laps de temps pour qu’il pleuve dans l’autre et vice-versa.
Partie II VI - 14
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
A
Obercorn Reuler
Variation Intraday de la température
2
Useldange
-2
1 2
1ers jours de Mai.
10
B
8 Obercorn
Reuler
6
Variation Intraday de l’humidité
-2
-4
-6
-8 Useldange
-10
1 2
1ers jours de mai
Figure 2-6- 8 : Variation Intraday de la température (A) et de l’humidité (B) dans trois stations
météorologiques de l’ASTA pendant les premiers jours de mai 2001.
Partie II VI - 15
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
Tableau 2-6- 2 : Corrélation pour Reuland entre température, humidité relative, pluie calculée
dans les conditions de la septoriose et humidité relative, température, pluie calculées pour chaque
série (Intraday, Diurnal, synoptic et seasonal).
Température
Température Humidité Pluie
contrôlée contrôlée contrôlée
Intraday Diurnal Synoptic Seasonal
Température contrôlée 1
Humidité contrôlée 0.09 1
Pluie contrôlée 0.05 0.12 1
Température Intrday 0.02 -0.006 0.009 1
Température Diurnal 0.04 0.007 0.03 0.5 1
Température Synoptic 0.03 -0.09 0.08 0.08 0.23 1
Température Seasonal 0.3 -0.48 -0.04 0.0001 0.0005 0.07 1
Humidité
Température Humidité Pluie
contrôlée contrôlée contrôlée
Intraday Diurnal Synoptic Seasonal
Température contrôlée 1
Humidité contrôlée 0.09 1.
Pluie contrôlée 0.047 0.12 1
Température Intrday -0.01 0.01 0.04 1
Température Diurnal -0.13 0.01 0.06 0.5 1
Température Synoptic 0.26 0.48 0.14 0.08 0.29 1
Température Seasonal -0.19 0.6 0.08 6.4e-005 0.0005 0.1 1
Pluie
Température Humidité Pluie
contrôlée contrôlée contrôlée
Intraday Diurnal Synoptic Seasonal
Température contrôlée 1
Humidité contrôlée 0.09 1
Pluie contrôlée 0.047 0.12 1
Température Intrday 0.009 0.003 0.1 1
Température Diurnal 0.002 0.02 0.4 0.3 1
Température Synoptic 0.1 0.19 0.5 0.01 0.24 1
Température Seasonal 0.1 0.12 0.2 7.7e-006 0.0003 0.1 1
Partie II VI - 16
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
grande. Cette méthode est très intéressante pour superposer la variation des maladies
cryptogamiques en fonction de chaque gradient de température et d’humidité relative.
Ainsi, en présence de l’inoculum d’un parasite cryptogamique, il est possible de déceler
les fluctuations nocturnes et diurnes à chaque niveau topographique et de présenter une
carte de risque pour ces champignons. Dans le futur, il sera important d’automatiser
cette analyse et de l’intégrer dans un programme qui permettra de générer des cartes de
risques d’infections pour l’ensemble du territoire luxembourgeois.
Partie II VI - 17
THÈSE DE DOCTORAT–PARTIE II– Chapitre VI
TABLEAUX
2-6- 1 : Matrice de corrélation de la température, de l’humidité relative et la pluie entre Everlange et Reuland en 2000 pour les
différentes variations (horaire, intraday, diurnal, synoptic et seasonal) ........................................................................................VI-10
2-6- 2 : Corrélation pour Reuland entre température, humidité relative, pluie calculée dans les conditions de la septoriose et
humidité relative, température, pluie calculées pour chaque série (Intraday, Diurnal, synoptic et seasonal)...............................VI-16
FIGURES
2-6- 1 : Schéma représentant la variation de filtres en fonction de différentes périodes.............................................................................VI-3
2-6- 2 : Schéma des différentes variations météorologiques. .......................................................................................................................VI-4
2-6- 3 : Méthodologie de détermination des différentes variations. A : Calcul de la variation intraday et diurnal ; B : Représentation
de la variation intraday et diurnal ; C : Calcul de la variation synoptic et seasonal (station d’Useldange entre 6 avril 2001 et
5 février 2002)...................................................................................................................................................................................VI-6
2-6- 4 : Corrélation entre Everlange et Reuland en 2000 pour trois paramètres météorologiques horaires (humidité relative en %,
température en °C et pluie en mm). ..................................................................................................................................................VI-9
2-6- 5 : Différentes variations de la température et de l’humidité à Everlange et Reuland en 2000. A : Variation Intraday ; B :
Variation Diurnal ; C : Variation Synoptic; D : Variation Seasonal. Légende : tc = température contrôlée ; Rhc = humidité
relative contrôlée.............................................................................................................................................................................VI-11
2-6- 6 : Variation du coefficient de corrélation entre Everlange et Reuland pour les deux variations Intraday et Diurnal en fonction
du temps en 2000. Le coefficient de corrélation a été calculé sur des données horaires sur une période de 15 jours..................VI-12
2-6- 7 : Périodogramme de la variation de la température horaire à Useldange.........................................................................................VI-13
2-6- 8 : Variation Intraday de la température (A) et de l’humidité (B) dans trois stations météorologiques de l’ASTA pendant les
premiers jours de mai 2001.............................................................................................................................................................VI-15
2-6- 9 : Distribution de la variance en fonction de la moyenne (MEEHL et al., 2000)................................................................................VI-16
REFERENCES
Partie II VI - 18
CONCLUSION GÉNÉRALE
et
PERSPECTIVES
ANNEXES
Les annexes sont compilées dans le cd-rom ci-joint.
Elles comprennent :
Cadre de l’étude
Cette thèse intitulée : « Evaluation des paramètres épidémiologiques des principales
maladies cryptogamiques affectant les feuilles du blé d’hiver au Grand-Duché de
Luxembourg : calibration et validation d’un modèle de prévision » s’inscrit à l’interface
des disciplines d’agrométéorologie et de pathologie végétale. Elle voudrait contribuer à
améliorer la compréhension des relations qui existent entre le peuplement végétal du blé
d’hiver et le complexe parasitaire foliaire affectant cette culture au Grand-Duché de
Luxembourg.
Pour répondre à ces hypothèses, des essais avec un mélange de variétés ont été installés
au Grand-Duché de Luxembourg entre 1999 et 2003 en collaboration avec le Lycée
Technique Agricole dans des sites à caractéristiques météorologiques différentes. Pour
chaque variété testée, des comparaisons ont été établies d’une part entre un double
traitement fongicide (GS32+GS59) et un seul traitement réalisé entre GS32 et GS59 et
d’autre part, entre les parcelles témoins et celles traitées.
Ensuite, pour vérifier les hypothèses de départ, nous avons subdivisé notre travail en
deux grandes parties :
Conclusion générale - 1
DISCUSSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES
Enfin, dans une optique d’adapter un modèle de prévision permettant le couplage entre
la croissance des feuilles et les périodes d’infection, il nous a fallu analyser les
composantes micrométéorologiques qui favorisent le développement de ces parasites
foliaires au Grand-Duché de Luxembourg et les limites de chacune de ces composantes
dans le cycle épidémique de ces maladies.
Epidémiologie de la septoriose
La septoriose des feuilles causée par la forme conidienne Septoria tritici [ROBBINS &
DESMAZIÈRES] téléomorphe Mycosphaerella graminicola [FUCKEL, SCHROETER] est la
principale maladie foliaire affectant la culture du blé d’hiver au Grand-duché du
Luxembourg. Cette maladie peut causer une perte de rendement entre 20 et 30 % (partie
I, chapitre III) pour les années à forte septoriose si la dernière feuille est sévèrement
attaquée (r2=0.6, P < 0.05). En effet, l’état sanitaire de F1 a beaucoup influencé la
définition du rendement final. Les feuilles F2 et F3 ont moins influencé le rendement
final par rapport à F1 mais agissent indirectement sur l’état sanitaire de ce dernier étage
(partie I, chapitre VII). La variation de la maladie a été très hautement significative
(P < 0.001) entre une variété sensible (Bussard) et une variété résistante (Dream). Il
existe une différence significative (P < 0.001) du pourcentage de la septoriose observé
pour une même variété semée dans deux sites à caractéristiques climatiques différentes
(partie I, chapitre VII, III.1.). En effet, en plus des variétés, la variation des conditions
météorologiques d’un site à l’autre joue un rôle très important dans la différence de la
maladie. Ceci révèle l’importance de l’échelle parcellaire pour caractériser cette
interaction. Le taux le plus faible de la maladie a été enregistré dans la Moselle.
Concernant, l’effet des différents traitements fongicides appliqués, notre étude a révélé
une grande différence entre une variété résistante (Dream) et une variété susceptible
(Bussard) ainsi qu’entre une année à forte maladie et une année à faible maladie. En
effet, l’efficacité des deux traitements par rapport à un seul traitement n’a été distinguée
qu’au niveau des F2 et F3 des variétés susceptibles. Pour les variétés résistantes, aucune
Conclusion générale - 2
DISCUSSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES
différence significative n’a été observée entre deux traitements et un seul traitement
(partie I, chapitre VII, III.2.).
Il existe une relation directe entre le niveau de septoriose, la chute de la surface verte
enregistrée sur les trois dernières feuilles pendant la maturité laiteuse et la perte de
rendement (cf. figure 1-3-21, partie I, chapitre III).
Simulation de la septoriose
De nombreux modèles de simulation de la septoriose avaient déjà été conçus dans les
pays limitrophes du Grand-Duché de Luxembourg tels que Proplant en Allemagne,
Epiprè aux Pays-Bas, Persept en France et Proculture en Belgique. Notre choix s’est
fixé sur le modèle Proculture développé par l’Unité de Phytopathologie de l’Université
catholique de Louvain-la-Neuve sous la direction du Professeur H. MARAITE. Proculture
se démarque des systèmes d’avertissement classiques par sa capacité de coupler la
formation des feuilles et la période de latence. Notre tâche a été de calibrer ce modèle
en fonction des caractéristiques climatiques de chaque région étudiée et de développer
ses performances en fonction de deux types de variétés sensible et résistante (partie II,
chapitre II). Cette dernière tâche n’a jamais été développée au sein de Proculture. Les
études réalisées avec ce logiciel sont de deux types : a) une étude qualitative qui
consistait à valider les périodes d’infection simulées par le modèle par rapport aux
variations de maladie enregistrées sur les sites d’essai ; b) une étude quantitative qui
consistait à valider les pourcentages de la surface foliaire malade enregistrés dans les
sites d’essai par rapport à ceux simulés par Proculture pour deux types de variétés
(sensible et résistante). Ce système a été continuellement amélioré grâce aux résultats
de chaque saison. Des particularités propres à ce pays ont été mises en évidence :
variétés différentes de celles des régions céréalières belges, un ensemble de
Conclusion générale - 3
DISCUSSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES
Ce logiciel permet de prévoir les latences futures sur les cinq dernières feuilles ainsi que
le pourcentage de la surface malade qui sera atteint, ce qui le place au premier rang dans
l’évaluation des avertissements agricoles parmi toute la panoplie des systèmes existants.
Actuellement, ce système est utilisé dans les avertissements du moment optimum dans
le cadre du projet intitulé : « Conception et élaboration d’un système intégré
d’avertissement des maladies cryptogamiques du blé d’hiver au Luxembourg » financé
par l’ASTA et coordonné par la Cellule CREBS du CRP-GL. Les avertissements
évalués via Proculture sont publiés sur la page Web de la Chambre d’Agriculture
Luxembourgeoise en français et en allemand et dans la presse agricole luxembourgeoise
en allemand.
Cependant, il conviendrait, dans une suite à cette recherche, de développer des modules
concernant la forme téléomorphe M. graminicola pour expliquer des changements
brutaux dans le taux de maladie exprimé ainsi que l’interaction avec les autres maladies,
particulièrement la rouille brune qui a été observée sur Bussard à Everlange en 2000. De
plus, il est important de prédire le taux maximum d’apparition de la maladie. Ceci
permettrait de prévoir plus précisément le moment de nécrose des trois dernières
feuilles. Il est intéressant aussi d’améliorer la notion de seuil d’avertissement qui est le
seuil auquel l’agriculteur doit se préparer à traiter. Les données nécessaires pour établir
ces seuils d’avertissement sont des données épidémiologiques et agronomiques issues
d’expérimentations au champ. Des améliorations sont également possibles pour prévoir
la maladie à long terme en introduisant au sein du logiciel des données météorologiques
issues des centres de prévisions météorologiques. Ceci pourrait se faire par une
collaboration avec les instituts météorologiques.
Conclusion générale - 4
DISCUSSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES
En plus de cette étude, les analyses de nos observations montrent que l’émergence de la
nouvelle feuille située au-dessus commence avant que celle qui la précède n’achève sa
formation complète. Souvent la nouvelle feuille commence à émerger lorsque celle qui
la précède atteint 80 et 90% de son développement final. Il est indispensable donc de
retenir que les feuilles nouvellement formées apparaissent souvent avant que les feuilles
qui les précèdent achèvent complètement leur croissance (l’intervalle de précision est de
2 à 5 jours avant que la feuille précédente ne soit formée complètement). Cette dernière
idée n’a jamais été signalée dans la littérature et constitue une des originalités de ce
travail.
Enfin, la simulation de la croissance des trois dernières feuilles a été réalisée sur une
même variété dans un même site en fonction de trois dates de semis en se basant sur la
somme de degrés-jours. Cette étude a montré que la date de semis influence le nombre
de feuilles qui seront formées. Plus le semis est tardif, plus le nombre de talles sera
réduit.
Conclusion générale - 5
DISCUSSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES
pour atteindre son maximum pendant la maturité laiteuse (entre GS69 et GS77). En
2001, l’évolution de la maladie était un peu tardive et le maximum a été enregistré à la
fin de la maturité pâteuse pour Everlange et à la fin de la maturité laiteuse pour Reuland
(partie I, chapitre V). Cette évolution est la conséquence d’une interaction de trois
facteurs : a) la susceptibilité variétale (P < 0.001) ; b) la présence de l’inoculum ; c) les
facteurs météorologiques favorables à la maladie. En 2000, les traitements précoces ont
été plus efficaces que ceux réalisés au stade GS59. Cependant, en 2001, tous les
traitements réalisés à Everlange à partir du stade GS37 ont assuré une bonne protection
des trois dernières feuilles. En revanche, le traitement réalisé au stade GS32 a permis la
protection de la F3 mais n’a montré aucune efficacité pour la F1.
Concernant l’ajustement de la relation maladie-rendement, cette corrélation est très
importante en 2000 entre l’AUDPC relative calculée (entre le stade GS65 et GS75) et le
gain de rendement net (cf. partie I, chapitre V, figure 1-5-6). Entre la floraison et la
maturité laiteuse, la maladie a atteint son évolution maximale. En 2001, la maladie était
tardive et la corrélation entre le gain de rendement net et l’AUDPC relative calculée
(entre GS69 et GS75) était très faible pour la F1 et la F2 et moyenne pour la F3 entre la
fin de floraison et la maturité laiteuse.
L’analyse des seuils de fréquence d’occurrence des différentes classes calculées par pas
de temps horaire à l’échelle de la décade a révélé l’importance de prendre le seuil de 15
% de la classe dominante avec minimum 4 heures consécutives (l’humidité supérieure à
92 % et la température comprise entre 4 et 16°C). Ce seuil de 15 % se réduit à 10 %
pour un minimum de 8 heures consécutives de la classe dominante
(partie II, chapitre IV, tableau 2-4-4). Les occurrences statistiques calculées pour ces
seuils ont fait émerger un CSI (Critical success index) de 0.85 pour minimum 4 heures
Conclusion générale - 6
DISCUSSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES
Cette étude nous a permis de proposer un modèle de simulation de la rouille jaune pour
le Grand-Duché de Luxembourg. Les conditions qui doivent être réunies pour favoriser
l’épidémie de la maladie sont une humidité supérieure à 92 % pendant au moins 4
heures associée à une température comprise entre 4 et 16°C pendant au moins 48
heures. La période de latence relative à l’infection journalière donnée par chaque
modèle a été calculée par l’équation de ZADOKS (1961) adaptée par RAPILLY (1976). Les
résultats des simulations de l’infection et de latence donnés par notre modèle sont en
très bonne concordance (r = 0.92, P < 0.05) avec les données d’observations. Ce modèle
doit être confirmé au cours des prochaines campagnes.
A Everlange en 2000, la maladie était très précoce, elle a déjà été détectée à l’épiaison,
ce qui signifie que les traitements GS59 (Allegro 1 l/ha) et GS59+40N ont eu un effet
sur les périodes survenues après l’épiaison. En 2001, la maladie était très tardive par
rapport à l’année précédente dans les trois sites étudiés. Un traitement précoce, réalisé
au stade GS32 (Allegro 1 l/ha) à Everlange, n’a eu aucun effet sur la protection des
feuilles F1 et F2 (partie I, chapitre VI).
En 2003, tous les traitements effectués à partir du stade GS37 avec Opéra 1.5 l/ha ont
assuré une bonne protection des trois dernières feuilles à Everlange et à Christnach.
Aucune différence significative n’a été enregistrée entre le traitement qui a été réalisé au
stade GS32 (Opéra 1.5 l/ha) et le témoin. Cependant, en Moselle, ce sont surtout les
traitements tardifs, réalisés à partir du stade GS39 et les doubles traitements qui ont
assuré une bonne protection des trois dernières feuilles. Une compétition pour
l’occupation de la surface verte a été observée entre la rouille brune et la septoriose. La
rouille brune est dominante en Moselle. L’analyse de rendement a révélé un gain
significatif du traitement réalisé au stade GS39 en Moselle par rapport aux autres
traitements. Or, ce site est caractérisé par une faible intensité de la septoriose et par
conséquent on peut admettre que l’impact du traitement est essentiellement lié à la
rouille brune.
Conclusion générale - 7
DISCUSSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES
Une des perspectives qui apparaît comme un point-clé à aborder par la suite est
l’influence de la structure du peuplement végétal sur le développement des épidémies.
L’inversion de classement de la tolérance des variétés face aux épidémies d’une année à
l’autre pourrait en effet s’expliquer par des changements de structure de ces
peuplements. Pour prendre en compte ces effets, il est nécessaire d’établir les termes de
passage entre la structure du couvert et le microclimat développé. Ceci serait très
intéressant dans des régions luxembourgeoises comme la Moselle où le microclimat et
la structure du peuplement végétal favorisent l’installation de la rouille brune.
La prise en compte des interactions entre les dommages engendrés par les parasites et le
stress hydrique est également une perspective de recherche intéressante. La brumisation
n’est certes pas une pratique agricole mais cela souligne que l’état hydrique des plantes
joue un rôle dans l’expression de la nuisibilité (ROBERT, 2003 ; ROBERT et al., 2004).
L’étude de cette problématique permettrait de souligner quels sont les principaux
problèmes observés (stress hydrique, qualité des récoltes) et les caractéristiques des
épidémies selon les régions.
Conclusion générale - 8
DISCUSSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES
Pour une diffusion plus large des avis Proculture ainsi que les simulations relatives à
chaque maladie, il est important de définir spatialement les paramètres météorologiques
et de prendre en considération la topographie afin d’automatiser les cartes de risque
d’infection. Notre étude basée sur la transformation de Fourrier (partie II, chapitre VI) a
permis de décomposer les données météorologiques en un ensemble de variations
(Intraday, Diurnal, Synoptic et Seasonal). La variation Intraday nous a permis de
déceler les fluctuations de chaque paramètre étudié à l’intérieur de la journée. Ceci
permet de déterminer les écarts de chaque paramètre analysé pour chaque zone
topographique. Ainsi, avec cette méthode, il est possible de définir par rapport à un
point de repère, les différentes fluctuations d’un paramètre météorologique (grande,
faible ou nulle). Pour approfondir ce concept, il est important d’étudier la relation entre
le niveau de maladie enregistré et les conditions topoclimatologiques.
Conclusion et perspectives
La synthèse des résultats permet de mettre en valeur la complexité du système « hôte-
parasite-climat ». Les acteurs de ce système et leurs interactions sont en effet multiples.
Ceci explique la complexité de notre problématique qui consistait à procéder par
Conclusion générale - 9
DISCUSSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES
différentes étapes pour la résoudre. Aux termes de cette thèse, il est possible de
répondre aux hypothèses formulées lors de l’introduction générale :
1. La septoriose a été observée chaque année entre 1999 et 2003 dans tous les
essais à des degrés variables selon les conditions météorologiques et selon la
variété. Une relation directe a été observée entre la variation de la maladie sur la
F1 à la maturité et la variation du rendement final. Les parcelles témoins ont eu
une perte de 20 à 30 % par rapport aux parcelles traitées du rendement net en
2002 et 2003 à Everlange (principale région céréalière). La rouille brune a été
observée en fin de saison avec de très faibles intensités en 2002 et 2003 à
Everlange et par conséquent, l’impact du traitement est essentiellement lié à la
septoriose. La septoriose causée par Septoria tritici est la plus importante
maladie qui affecte les feuilles du blé d’hiver dans les principales régions
céréalières du Grand-Duché de Luxembourg. Ce qui confirme la première
hypothèse formulée lors de l’introduction générale de cette thèse ;
2. Les températures nocturnes comprises entre 8°C et 16°C associées à des
humidités relatives supérieures à 70 % favorisent la germination de la rouille
brune au Grand-Duché de Luxembourg. En 2003, ces conditions ont été atteintes
en Moselle dès le stade GS39 et les premières pustules ont été observées dès le
début d’épiaison. La rouille brune a été spectaculaire en Moselle au stade
maturité alors qu’elle a été très négligeable dans les autres sites. Ceci confirme
que le microclimat local favorise l’effet régional de certaines maladies telles que
la rouille brune (hypothèse 2) ;
3. Les études réalisées sur les deux rouilles (brune et jaune) et la septoriose ont
révélé des exigences pour l’infection en terme de température, d’humidité
relative et de la présence de l’eau liquide spécifiques à chaque champignon
(hypothèse 3). La rouille jaune est très sensible à la température et aux variations
de l’humidité relative. Les températures supérieures à 16°C sont inhibitrices
pour ce champignon. Cependant, pour la rouille brune la plage thermique
favorable à l’infection est plus grande que la rouille jaune ce qui peut expliquer
la prédominance de l’un par rapport à l’autre suivant les régions. Pour l’eau
liquide, les exigences pour l’infection sont spécifiques entre les parasites. Entre
la septoriose et la rouille jaune, l’intensité des précipitations agit différemment
sur la dispersion des spores. Les fortes pluies favorisent la dispersion des spores
par le phénomène d’éclaboussures au sommet de la plante dans le cas de
Septoria tritici. Cependant, cette forte pluie à une contribution globale négative
au développement des épidémies de la rouille jaune (CHESTER, 1946). Le
lessivage des spores est total en cas de pluie de forte intensité (SACHE, 2002) ;
4. La simulation de la croissance des feuilles en fonction de la somme de degrés
jours (partie II, chapitre I) a montré une différence significative du phyllotherme
(hypothèse 4) entre la variété Bussard (hâtive) et Dream (tardive). La F3 de
Dream nécessite une somme de 150 degrés jours alors la F3 de Bussard
nécessite un phyllotherme principal de 130 degrés jours ;
5. Le phyllotherme principal de la variété tardive Dream a passé en 2001 de
150 degrés jours pour la F3 à 127 degrés jours pour la F2 et 100 degrés jours
pour la F1. Cette différence de phyllotherme entre les feuilles de la base et du
sommet de la tige (hypothèse 5) s’observe plus pour les variétés tardives que
pour les variétés hâtives ;
6. L’interaction entre le microclimat (humidité ambiante au sein de la couverture
végétale), la susceptibilité variétal et certaines pratiques agricoles (fumure
Conclusion générale - 10
DISCUSSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES
Dans notre étude, nous n’avons pas analysé les simulations des périodes d’infections
engendrées par la forme téléomorphe Mycosphaerella graminicola. Les simulations
concernant cette maladie ont été très peu explorées dans la littérature. L’étude de ce
champignon permettrait une meilleure gestion de la culture du blé d’hiver.
Le système Proculture ne permet pas d’estimer les dommages futurs engendrés par
l’interaction d’un complexe parasitaire. Ces études constituent une perspective de
recherche intéressante.
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DISCUSSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES
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