La différence entre l’oralité et l’écriture
Introduction
Depuis la nuit des temps, les êtres humains ont cherché à communiquer, à transmettre leurs pensées,
leurs émotions et leurs connaissances. La communication est un pilier fondamental de la vie sociale et
culturelle. Avant l’invention de l’écriture, la parole constituait le seul moyen de communication et de
transmission du savoir. Progressivement, l’homme a créé des signes et des symboles pour conserver et
diffuser ses messages : c’est ainsi qu’est née l’écriture.
Aujourd’hui encore, dans de nombreuses sociétés, surtout africaines, l’oralité garde une place
importante aux côtés de l’écriture. Mais quelles sont les véritables différences entre ces deux modes de
communication ? Pour y répondre, il convient d’examiner les caractéristiques de chacun, leurs
avantages et leurs limites.
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Développement
1. L’oralité : la parole vivante et spontanée
L’oralité désigne l’ensemble des formes de communication qui passent par la parole et la voix. Elle est le
moyen le plus ancien et le plus naturel de transmettre un message. Dans les sociétés traditionnelles
africaines, par exemple, l’oralité occupe une place centrale : les contes, les proverbes, les poèmes, les
chants et les récits historiques sont transmis de bouche à oreille.
L’oralité permet une communication directe et vivante entre les interlocuteurs. Elle favorise l’émotion,
l’interaction et la participation du public. Le ton de la voix, les gestes et les expressions du visage
enrichissent le message. C’est une communication humaine et chaleureuse, qui s’adapte facilement au
contexte et à l’auditoire.
Cependant, l’oralité présente aussi des limites. Elle dépend entièrement de la mémoire et de la fidélité
de la transmission. Chaque fois qu’une histoire est racontée, elle peut être modifiée, raccourcie ou
amplifiée. Ainsi, les informations risquent de se perdre ou d’être transformées au fil du temps. L’oralité,
bien qu’essentielle, ne garantit donc pas toujours la conservation exacte du savoir.
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2. L’écriture : la mémoire durable et la précision
L’écriture est née du besoin de conserver la parole et de fixer la pensée. Elle repose sur l’utilisation de
signes graphiques (lettres, symboles, caractères) pour représenter la langue parlée. Grâce à elle,
l’homme peut enregistrer, transmettre et partager ses idées au-delà du temps et de l’espace.
Contrairement à la parole, l’écriture ne dépend pas de la présence physique des personnes. Un texte
écrit peut être lu des siècles plus tard, dans un autre lieu ou par d’autres générations. Elle favorise ainsi
la pérennité du savoir et la diffusion des connaissances. C’est grâce à l’écriture que l’histoire, la science,
la littérature et la philosophie ont pu se développer et se transmettre à travers le temps.
Mais l’écriture, malgré ses avantages, a aussi ses faiblesses. Elle est souvent perçue comme froide et
impersonnelle, car elle ne transmet ni les émotions de la voix ni les gestes de l’orateur. De plus, elle
demande un apprentissage rigoureux et n’est pas accessible à tous, contrairement à la parole, que tout
individu peut utiliser naturellement.
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3. Différences essentielles et complémentarité
La principale différence entre l’oralité et l’écriture réside donc dans leur forme d’expression et leur
fonction de transmission.
L’oralité repose sur la parole, la mémoire et la présence directe des interlocuteurs.
L’écriture, elle, repose sur les signes graphiques et permet la conservation des idées dans le temps.
Mais ces deux formes ne s’opposent pas : elles se complètent. Dans le monde moderne, les médias, la
radio, la télévision et les réseaux sociaux utilisent à la fois la parole et le texte. L’oralité donne vie à la
parole, tandis que l’écriture en garde la trace. Ensemble, elles assurent la richesse et la continuité de la
communication humaine.
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Conclusion
En définitive, l’oralité et l’écriture sont deux modes de communication différents mais complémentaires.
L’oralité se distingue par sa vivacité, sa chaleur humaine et sa spontanéité, tandis que l’écriture se
caractérise par sa durabilité, sa précision et sa capacité à conserver la mémoire collective.
L’oralité rapproche les individus dans l’instant présent, alors que l’écriture relie les générations à travers
le temps. Dans les sociétés africaines comme ailleurs, ces deux formes coexistent et se renforcent
mutuellement. Comprendre leurs différences, c’est reconnaître la richesse de la parole et la puissance
de la trace écrite, qui ensemble construisent la mémoire et la culture de l’humanité.