Chapitre 1 : Objet et Méthode de la Science économique
Section 1 : Notion de biens et de besoins économiques
OP1 : Distinguer acte économique et acte non économique
OP2 : Connaître l’objet de la science économique
OP3 : Définir biens et besoins économiques et connaître les différentes classifications
OP3.1. : Définir et classer les biens selon
- leur finalité (bien de production – bien de consommation)
- leur durabilité (bien durable – bien semi-durable – bien périssables)
- leur appartenance (biens individuels – biens collectifs)
OP3.2. : Définir et classer le besoins selon :
- l’urgence de la satisfaction (primaire secondaire, tertiaire)
- l’initiative de la satisfaction.
Introduction
La science économique est une science qui cherche à satisfaire les besoins des individus en
produisant des biens et des services. Le problème économique se pose en ces termes : d'une part, les
besoins sont illimités, d'autre part les biens et services sont limités, d'où la nécessité d'effectuer des
choix.
L’économie est la science qui étudie la façon dont les individus ou les sociétés utilisent les
ressources rares en vue de satisfaire au mieux leurs besoins illimités.
I. Notion d’activité économique
L’activité économique est la démarche qui par laquelle les hommes cherchent à adapter les
ressources rares de la nature à leurs besoins illimités.
Elle se déroule suivant un certain nombre de phases :
- La production : qui est l’opération de création de biens et services
- La consommation : qui est l’acte par lequel les besoins sont satisfaits
- L’échange : qui est l’acte par lequel les biens de consommation sont mis à la disposition des
consommateurs.
- L’investissement : qui est la mise en place des instruments de production tels que les
machines, les bâtiments….
II. Les besoins économiques
Un besoin économique est un sentiment de privation, de manque que l'individu cherche à faire
disparaître par la consommation d'un bien ou d’un service. Les besoins peuvent être classés en
différentes catégories :
1. La classification selon l’urgence de la satisfaction
a. Les besoins primaires
Les besoins primaires sont des besoins dont la satisfaction est indispensable à la survie de l’homme.
Exemples : Manger, boire, dormir etc.
b. Les besoins secondaires
Les besoins secondaires sont des besoins dont la satisfaction est nécessaire et non indispensable à la
survie de l’homme.
Exemples : Le besoin de lire, de se vêtir etc.
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c. Les besoins tertiaires :
Les besoins tertiaires sont des besoins dont la satisfaction n’est ni nécessaire ni indispensable à la
survie de l’homme.
Exemples : les besoins de luxe.
2. La classification selon l’initiative de la satisfaction
a. Besoin individuel
C’est un besoin éprouvé par un individu et dont la non satisfaction ne porte pas préjudice aux autres
membres de la société.
Exemple : fumer, lire
b. Besoin collectif
C’est un besoin éprouvé par un groupe d’individus en même temps.
Exemple : se soigner à hôpital, aller à l’école
III. Les biens économiques
Un bien économique est une chose matérielle (stylo, cahier) ou immatérielle (marque, procédé de
fabrication), fruit d'un travail humain, qui permet de satisfaire un besoin. Un bien est dit
économique lorsqu’il remplit les trois critères suivants :
- il doit être utile c’est à dire apte à satisfaire un besoin ;
- il doit être rare, c’est à dire que son acquisition nécessite un sacrifice (un effort physique ou un
effort financier) ;
- il doit être accessible : c’est-à-dire disponible sur le marché.
Un bien est dit non économique ou libre lorsque son acquisition pour la satisfaction des besoins ne
nécessite aucun sacrifice. Ex : l’air
Un service est une activité humine visant à satisfaire un besoin d’autrui. Il ne peut pas être stocké
(gardé). Il est consommé au moment où il est produit.
Les biens peuvent être classés en différentes catégories :
1. La classification selon leur finalité
a. les biens de production
Ce sont les biens qui permettent de fabriquer d'autres biens.
Exemple : machines, bâtiments, congélateur, machine à coudre …
b. les biens de consommation
Ce sont les biens dont l’utilisation permet de satisfaire un besoin.
Exemple : vêtement, cahier, pain…
2. La classification selon leur durabilité
a. Biens durables
Ce sont des biens dont l’utilisation dure plusieurs années.
Exemple : la voiture.
b. Biens semi-durables
Ce sont des biens qui se terminent en fonction de la fréquente d’utilisation à moyen et long terme.
Exemple : les chaussures, les stylos etc.
c. Biens périssables ou non durables
Ce sont les biens qui se terminent dès la première utilisation.
Exemple : les produits alimentaires
3. La classification selon leur appartenance
a. Biens individuels
Ce sont les biens qui appartiennent à une personne ou à une famille. Dés leurs achats, ils ne sont plus
accessibles à autrui.
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b. Biens collectifs
Ce sont des biens qui appartiennent à tout le monde et qui sont mis à la disposition de la population
(collectivité) directement par l’Etat.
Exemple : hôpital, école, police…
Section 2 : Principaux courants de la pensée économique
OP4 : Définir la science économique selon les principaux courants de pensée économique (2 h)
OP4.1. : connaître la définition classique : « l’économie, science des richesses »
OP4.2. : connaître la définition marxiste : « l’économie, anatomie du corps social »
OP4.3 : connaître la définition néoclassique : « l’économie, science de l’échange et des choix ».
Introduction
La définition de la science économique peut être différente selon les courants de pensée
économique. La pensée économique est caractérisée par la multiplicité des théories, la divergence
des analyses et le caractère contradictoire des propositions de politiques économiques. Chaque
courant de pensée a été marqué par le contexte économique, social, politique et philosophique dans
lequel il est apparu. Nous étudierons trois principaux courants de pensée économique : le courant
classique, le courant marxiste et le courant néoclassique.
IV. Principaux courants de la pensée économique
1. Le courant classique « l’économie, science des richesses »
On qualifie d’économie classique l’ensemble des travaux des économistes entre 1776 et le milieu
des années 1870. Les économistes classiques définissent la science économique comme « la science
qui a pour objet l’étude des actes de production, de répartition et de consommation des richesses, de
la manière dont les hommes vivant en société font face aux problèmes de la rareté». La théorie
classique repose sur trois points essentiels :
- L’individualisme économique
- L’affirmation de la liberté économique
- La permanence de l’équilibre économique
Les principaux auteurs classiques sont :
Adam Smith (Ecossais) : 1723- 1790
David Ricardo (Anglais) : 1772- 1823
Robert Thomas Malthus(Anglais) : 1766- 1834
Jean Baptiste Say (Français) : 1767 – 1832
2. Le courant marxiste « l’économie, anatomie du corps social »
Il est constitué par Karl Marx et ses partisans. Les marxistes définissent la science économique
comme « la science qui étudie les formes selon lesquelles les hommes produisent, consomment,
échangent et règlent la répartition des richesses au sein de rapport de production caractéristique
d’une société ». La théorie marxiste repose sur trois points :
- La notion de plus-value
- Les contradictions du capitalisme
- La propriété collective des moyens de production
Les principaux auteurs marxistes sont :
Karl Marx (Allemand) : 1818- 1883
Friedrich Engels (Allemand) :
Vladimir I. O. Lénine (russe) :
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Rosa Luxemburg (Polonaise) :
3. Le courant néoclassique « l’économie, science de l’échange et des
choix ».
La théorie néoclassique se construit en réponse à la thèse marxiste et a pour objet de montrer que le
capitalisme et l’économie de marché sont supérieurs à toute autre organisation économique.
L’analyse néoclassique repose sur l’étude du comportement des agents économiques (la rationalité)
Les néoclassiques définissent la science économique comme « celle qui étudie la manière dont les
hommes rendent rationnelles leurs actions». La théorie néo-classique repose sur deux points
essentiels :
- L’approche micro-économique
- La notion d’équilibre générale
Les principaux auteurs néoclassiques sont :
Léon Walras (français) : 1834- 1910
Vilfredo Pareto (italien) : 1848- 1923
Alfred Marshall (britannique) : 1842- 1924
Arthur Cécil Pigou (britannique) : 1877- 1959
V. Relation de la science économique et les autres sciences
sociales
Il existe une distinction bien établie entre les sciences de la nature (sciences physique) et les
sciences de l’homme (sciences sociales). Les premières traitent des relations entre les choses, c'est-
à-dire des rapports entre les phénomènes naturels (exemple : la géologie). Les secondes concernent
les relations entre l’homme et les choses et les relations entre les hommes et les hommes.
Bien qu’étant une science sociale autonome, la science économique entretient néanmoins des
relations avec les principales sciences sociales (la sociologie, l’histoire, la géographie) et les
sciences exactes (mathématique).
La sociologie décrit les phénomènes sociaux. L’économiste autrichien joseph Schumpeter
considère que l’analyse économique s’occupe de savoir comment les gens se conduisent à
tout moment et quels effets découleront de leur conduite. La sociologie économique répond
quant à elle à la question de savoir comment ils en sont venus à se conduire comme ils l’ont
fait
L’histoire permet à l’économiste de comprendre le cadre dans lequel s’effectue l’activité
économique et facilite les explications dynamiques grâce à son analyse de l’évolution des
institutions.
La géographie renseigne l’économiste sur les concentrations spatiales de l’énergie, des
matières premières et des populations
Les mathématiques peuvent rendre de grands services à l’économie, grâce à l’évolution
actuelle des mathématiques.
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Chapitre 2 : Les concepts de base de la Comptabilité
Nationale
Section 1 : Définition et Rôle
OP1 : Définir la comptabilité nationale, connaître son rôle et ses limites (2 h)
OP4.1. : Définir la comptabilité nationale
OP4.2. : Connaître l’intérêt de la Comptabilité Nationale
OP4.3. : Connaître les limites de la Comptabilité Nationale
I. Notion de comptabilité nationale
1. Définition de la comptabilité nationale
La comptabilité nationale ou comptabilité économique ou encore comptes de la nation est
une technique qui permet de représenter l’ensemble des informations chiffrées relative à l’activité
économique d’une nation.
2. L’intérêt de la comptabilité nationale
Elle fournit une description détaillée de la production, de la consommation, de la répartition
et de l’accumulation des richesses dans un pays. La comptabilité nationale est appliquée à l’échelle
macroéconomique c'est-à-dire l’évolution de l’économie du pays. La comptabilité nationale est un
instrument à la main de l’Etat qui lui permet de prendre des décisions sur les choix de la politique
économique à adopter. Elle se mesure à prix constants (c'est-à-dire qu'elle ne tient pas compte de
l'inflation). Les comptes nationaux sont publiés par trimestre ou par année. L'information la plus
connue est le PIB.
3. Les limites de la comptabilité nationale
L’emploi des indicateurs de la comptabilité nationale pour apprécier le niveau de développement
présente plusieurs limites compte tenu des considérations ci-dessous.
Ces indicateurs mesurent de façon imparfaite la valeur de la production réalisée. Par
exemple : le travail des femmes au foyer, le bricolage, l’informel ou économie souterraine,
l’autoconsommation ne sont pas pris en compte.
Les indicateurs de la comptabilité nationale comptabilisent positivement toutes les
productions, y compris celles qui contribuent à la dégradation de l’environnement, au
dysfonctionnement des activités, à la destruction d’éléments de patrimoine.
Le PIB ne tient pas compte de la distribution des revenus, or le bien-être n’est pas
certainement le même selon que les richesses d’une nation sont distribuées de façon
égalitaire ou non. Le PIB/hbt est une moyenne qui ne donne aucune information sur le sort
des classes moins aisées.
Au total les indicateurs de la comptabilité nationale ne fournissent que des informations
économiques parfois incomplètes qui ne permettent pas un jugement objectif sur les niveaux de
développement.
Section 2 : Les secteurs institutionnels et le circuit économique
OP 2 : Définir les agents économiques et les secteurs institutionnels (6 heures)
OP 2.1. : Distinguer les différents secteurs institutionnels à partir d’un tableau permettant de
faire apparaître leur activité principale et leur ressource principale avec des exemples
concrets pour chaque secteur institutionnel
OP 2.2. : Représenter les relations entre secteur institutionnel sous la forme d’un circuit
économique simplifié.
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II. Les Secteurs Institutionnels
1. Notion d’unité institutionnelle :
En comptabilité nationale, les agents économiques sont appelés unités institutionnelles. Une
unité institutionnelle est un ensemble homogène qui regroupe des décideurs et qui réalisent des
opérations identiques. Une unité institutionnelle est considérée comme résidente, si elle réalise des
opérations économiques sur le territoire nationale pendant un an ou plus quelque soit sa nationalité.
Sinon elle est non résidente.
Exemple :
L’entreprise d’un pays étranger Coca cola installée au Sénégal (SOBOA) depuis des années
est une unité institutionnelle résidente (UIR) ;
Le touriste malien au Sénégal pour 3 mois est une UINR ;
L’ambassade du Sénégal en Gambie est une UIR ;
L’ambassade du Japon au Sénégal est une UINR.
2. Les Secteurs Institutionnels résidents
Un secteur institutionnel est l’ensemble des unités institutionnelles ayant la même activité
principale (fonction principale) et la même ressource principale (sources de revenu principale). On
distingue cinq secteurs institutionnels résidents.
a) Les Ménages
L’activité principale des ménages est la consommation à partir de ressources principales obtenues
de deux manières. Tout d'abord par la rémunération des facteurs de production; à savoir le travail, la
terre, le capital (salaires, profits etc.). D'autre part, par les transferts effectués par d'autres secteurs
institutionnels à destination des ménages (dons, prestations sociales, indemnités diverses etc.). On
distingue aussi deux types de ménages: Le ménage "ordinaire", à savoir un ensemble de personnes
vivant dans un logement, du ménage "collectif" qui sont les populations des maisons de retraite, des
foyers de travailleurs, les prisons, les hôpitaux etc. On retrouve également dans ce secteur les
entreprises individuelles. Par exemple : les agriculteurs, les artisanats, les tailleurs, les menuisiers,
les petits commerçants, etc.
b) Les Sociétés Non Financières (SNF)
Il concerne l’ensemble des sociétés ayant un statut juridique d'entreprise dont la fonction principale
est de produire des biens et services marchands. A ce titre les sociétés publiques produisant des
biens et services marchands, sont classées dans le secteur des SNF. Les ressources des sociétés non
financières sont les ventes de la production et les subventions reçues.
c) Les Sociétés Financières (SF) ou Institutions de Crédit
Elles ont pour fonction principale le financement de l’activité économique, elles se chargent de
collecter, de transformer et de répartir les disponibilités financières à l’ensemble de l’économie. Il
tire ses ressources des engagements financiers contractés par les clients (dépôts, emprunts, services
bancaires etc.). Ce secteur est constitué essentiellement des banques.
d) Les Administrations Publiques
Ce secteur comprend pour l’essentiel l’Etat et les collectivités locales (administrations générales,
communes, régions, communautés rurales). Comme activité principale, les administrations
publiques produisent des biens et services non marchands destinés à la collectivité et effectuent des
opérations de redistribution des revenus et des richesses nationaux. Leurs ressources principales
proviennent des versements obligatoires effectués par tous les secteurs institutionnels (impôts et
taxes).
e) Institutions Sans But Lucratif au Service des Ménages (ISBLSM)
ou Administrations Privées
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Elles ont comme activité principale la production de biens et services sans but lucratif destinés aux
ménages. Leurs ressources principales proviennent des cotisations volontaires effectuées par les
membres et accessoirement des ventes effectuées sans but lucratif. Comme d’exemples
d’administrations privées, on a : les coopératives, les partis politiques, les syndicats, les ASC, les
ONG, les centres culturels, les associations de défense des droits de l’homme et des consommateurs
etc.
3. Secteurs institutionnels non-résidents ou Reste Du Monde
C’est l’ensemble de tous les autres pays sauf le nôtre. Il regroupe l’ensemble des unités
institutionnelles non résidentes qui effectuent des opérations avec l'économie nationale. La
comptabilité nationale l’appelle : «Reste Du Monde (RDM) ». L’extérieur est considéré comme
secteur institutionnel dans la mesure où l’économie nationale est en relation très étroites avec lui :
non seulement nous importons et exportons des biens et des services, mais nous échangeons
également avec l’extérieur de capitaux et des hommes (flux migratoires).
4. Circuit économique
Les secteurs institutionnels sont en relations réciproques grâce à des échanges économiques. Le
circuit économique est une représentation imagée et simplifiée de l'activité économique qui permet
de montrer par des flux (mouvements) les relations essentielles entre les différentes unités
institutionnelles.
a. Les flux
Les flux représentent les mouvements de biens et services et les mouvements de monnaie entre
les différentes unités institutionnelles. Chaque flux est caractérisé par sa nature et le sens du
mouvement, représenté, par convention, au moyen d'une flèche orientée.
On distingue dans le circuit économique des flux réels et des flux monétaire.
Les flux réels : Ils sont représentés par des mouvements de biens et de services.
Exemple :
Ventes de marchandises.
Transport de produits par chemin de fer.
Les flux monétaires : Ils sont représentés par des mouvements de signe monétaire.
Exemple :
Retrait de billets à un distributeur.
Paiement des objets achetés dans un supermarché.
Dépôts d’argent à la banque.
NB : En général, les flux sont réciproques. A un flux réel (travail par exemple) correspond en
contrepartie un flux monétaire (salaire). Cependant, certains flux sont unilatéraux et n'ont donc pas
de contrepartie. Il peut s'agir, par exemple, d'un flux réel qui n'a pas de contrepartie monétaire
(service gratuit d'une administration publique). Aussi un flux monétaire peut avoir une contrepartie
monétaire au lieu d’une contrepartie réelle.
b. Présentation du circuit économique :
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Section 3 : Les opérations de la comptabilité nationale
OP 3 : Connaître les différentes opérations de la Comptabilité Nationale (2 heures)
OP 3.1. Connaître les opérations sur biens et services
OP 3.2. Connaître les opérations de répartition
OP 3.3. Connaître les opérations financières
I. Les opérations de la comptabilité nationale
Une opération est activité socialement organisée en vue de créer, de transformer ou d’utiliser
des biens et services pour la satisfaction des besoins. La comptabilité distingue 3 catégories
d’opérations :
- Les opérations sur biens et services
- Les opérations de répartition
- Les opérations financières
1. LES OPERATIONS SUR BIENS ET SERVICES
Les opérations sur biens et services décrivent l'origine et l'emploi des biens et services. Ils peuvent
provenir d'une production nationale ou être importés. Ces produits disponibles sur le territoire
national se répartissent ensuite en cinq emplois. Ils servent à la consommation finale, ils sont
intégrés dans le processus productif soit en tant que consommation intermédiaire, soit en tant que
formation brut de capital fixe (FBCF) ce qui correspond à l’investissement. Une partie importante
est également vendue à l’étranger, ce sont les exportations. Enfin, ce qui n’est pas utilisé est stocké.
Nous disposons de l’égalité suivante :
Egalité fondamentale : P + M = CI + CF + FBCF + ΔS + X
Ressources = Emploi
P : Production
M : Importation
CI : Consommation Intermédiaire
CF : Consommation Finale
ΔS : Variations de Stocks
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X : Exportation
a. La production
La production est une activité socialement organisée qui permet de créer des biens et
services. La production peut être marchande ou non marchande.
La production marchande : production destinée à être vendue sur un marché (but lucratif). La
production marchande est évaluée au prix du marché.
La production non marchande : composée de biens et services gratuits ou à un prix qui n'est pas
établi pour générer un bénéfice. La production non marchande est évaluée à son coût de production.
b. La consommation finale (CF)
La consommation finale (CF) est la valeur des biens et services utilisés pour la satisfaction
immédiate des besoins humains.
c. La consommation intermédiaire (CI)
La consommation intermédiaire est la valeur des biens et services consommés au cours de la
période dans le cycle de production.
d. La formation brute de capital fixe (FBCF)
Elle représente l’investissement matériel. C’est la valeur des biens durables acquis par les unités
institutionnelles résidentes pour être utilisée dans le processus de production pendant au moins une
année. Ces biens peuvent être des immeubles (bâtiment, logement) ou des meubles (matériels de
transports, machines etc.) les grosses réparations de ces biens sont considérées comme de la FBCF.
e. La variation de stocks (ΔS)
Les stocks comprennent tous les biens et services d’une durée de vie < 1an détenu à un
moment donné par les unités de production résidentes et destinés à une utilisation ou une vente
future. La variation de stock est la différence entre les entrées et les sorties en stock (stock final –
stock initial).
f. Les exportations
Les exportations représentent la valeur des biens et services vendus par les unités institutionnelles
résidents à des unités institutionnelles non-résidentes. Compte tenu de la définition de résident, il
n’est pas nécessaire que les produits franchissent la frontière du territoire économique pour qu’ils
soient considérés comme exportation. Ainsi la consommation finale sur le territoire économique
d’une unité institutionnelle non-résidente est considérer comme une exportation.
g. Les importations
Elles représentent la valeur des biens et services vendus par les unités institutionnelles non-
résidentes à de résidents. Il n’est pas nécessaire aussi que les produits franchissent la frontière
nationale pour qu’ils soient considérés comme importation. La consommation finale hors territoire
des unités institutionnelles résidents est considérer comme importation.
2. OPERATIONS DE REPARTITION
Elles décrivent l’origine et la répartition des revenus. Toute opération de répartition fait l’objet
d’une double inscription : en emplois du compte de l’unité institutionnelle qui la verse et en
ressources du compte de l’unité qui en bénéficie. On peut les diviser en opération de répartition du
revenu et opération de transfert en capital.
a. Les Opérations de répartition primaire ou du revenu
Il s’agit :
- Les rémunérations des salariés : elles représentent les salaires, les traitements bruts, les
cotisations sociales effectives à la charge des employeurs. Dans salaire et traitement est
compris les cotisations à la charge des salariés.
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- Les impôts liés à la production et l’importation : (TVA, droits de douanes, taxes sur les
salaires etc.) ;
- Les subventions d’exploitation et à l’importation (aides versées par les administrations
publiques ou institutions communautaires)
- Les revenus de la propriété de l’entreprise : Ils comprennent les intérêts, les dividendes, les
revenus de la terre et d’actifs incorporels, la participation des salariés au fruit de l’expansion
des entreprises
- Les opérations d’assurance-dommage : composés de primes d’assurance dommage,
indemnités d’assurance dommages
- Les transferts courants sans contrepartie non dénommés ailleurs : ils regroupent les impôts
sur le revenu( impôts directs) des personnes physiques, des sociétés, les cotisations sociales,
les prestations sociales, autres transferts courants( transferts courant entre administrations
publiques, les transferts aux administrations privées, la coopération internationale courant
(entre résident et non-résidents, transferts privés internationaux( entre ménages résidents et
non-résidents) en fin les divers ( amendes, bourses etc.)
b. Les opérations de répartition secondaire ou du patrimoine ou du
transfert de capital
Il s’agit :
- Les aides à l’investissement : sont représentées par les subventions d’équipement allouées
aux agents économiques par les administrations publiques et le reste du monde pour les
aider à financer leur investissement (subvention d’équipement, prime de plan épargne-
logement)
- Les impôts en capital : ce sont les impôts perçus par les administrations publiques sur le
capital des agents économiques parmi ces impôts il y a les droits de succession et les droits
d’enregistrement (droit de succession c’est le droit que l’héritier paye à l’Etat pour entrer
dans ses droits) les droits d’enregistrement sur le capital ce qu’on paye au notaire qui le
reverse à, l’Etat.
- Les autres transferts en capital : ce sont les primes d’épargne logement, les legs et donation
(donner de l’argent pour construire un logement ou investir dans d’autre chose).
3. OPERATIONS FINANCIERES
A l'issue des opérations sur biens et services et de répartition, chaque secteur se trouvera en
situation excédentaire ou déficitaire. Les opérations financières recouvrent l’ensemble des relations
entre agent à capacité de financement et agents à besoin de financement. Elles portent sur les
créances et les dettes entre agents, et montrent comment les agents à besoin de financement ont
couvert ce besoin et, symétriquement, comment les agents à capacité de financement ont employés
cet excédent.
Exemple : Les ménages, une fois leurs consommations effectuées, leurs impôts payés, ...
dégageront une épargne. Une partie de cette épargne sera affectée à la FBCF (acquisition de
logements), mais globalement les ménages disposent d'une capacité de financement. Les entreprises
par contre ont des besoins de financement constants. On distingue :
a. Les instruments de paiement
Ils permettent d'effectuer les règlements en monnaie nationale ou devises. Il s’agit :
- des moyens de paiement internationaux(MPI) : ce sont des moyens de paiement émis par
le reste du monde et qui permettent d’effectuer des paiements à l’étranger. Ce sont des
devises (dollar, yen, ou DTS (droits de tirage spéciaux)
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- La monnaie : au restreint (M1) disponibilité monétaire dépôts à vue, billets, pièces)
b. Les instruments de placement
Il s’agit :
- Des dépôts non monétaires : ce sont les dépôts qu’on ne peut mobiliser on retrouve les
dépôts à terme (compte bloqué), les comptes sur livrets et les bons négociables
- Des bons négociables ou titre du marché : ce sont les certificats de dépôt, bon des trésors
en compte courant, billet de trésorerie.
- Des obligations : ce sont des titres de créances à moyen et long terme donnant droit à une
perception annuelle d’intérêt et remboursable à l’échéance.
- Des actions Ce sont des titres représentatifs de droit de propriété sur l’entreprise. Ces titres
permettent d’obtenir des dividendes si l’entreprise est bénéficiaire.
c. Les instruments de financement
Il s’agit :
- Des crédits à court terme durée < 2ans
- Des crédits à moyen et long terme : 2ans ≤ moyen terme < 7ans et long terme > 7ans
d. Les réserves techniques d'assurances (RTA)
Elles désignent les réserves que constituent les entreprises d’assurance afin de pouvoir procédé à
des paiements futurs, elles sont considérées comme des dettes pour les entreprises d’assurances et
de créances pour les assurés.
Section 3 : Les agrégats de la comptabilité nationale
OP4 : Définir, distinguer et calculer les différents agrégats de la Comptabilité Nationale (6
heures)
OP4.1. Définir la notion d’agrégat
OP4.2. Distinguer agrégat au prix du marché et agrégat aux coûts des facteurs
OP4.3. Calculer les principaux agrégats (PIBE, PIB, PNB, PNB par habitant et RN)
La notion de valeur ajoutée
La valeur ajoutée est la contribution productive propre d’une unité institutionnelle. C'est-à-dire la
richesse créée par les agents économiques. Elle est mesurée en retranchant de la production vendue
les consommations intermédiaires.
Valeur ajoutée=Valeur des biens produits-Valeur des consommations intermédiaires
La valeur ajoutée peut être calculée au prix du marché ou bien aux coûts des facteurs.
Valeur ajoutéeCF = VAPM – Impôts indirects + Subventions d’exploitation
Remarque : la valeur ajoutée est toujours calculée au prix du marché.
La notion d’agrégats
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Les agrégats sont des grandeurs économiques qui permettent de mesurer l’activité économique
d’une nation. La comptabilité distingue les agrégats de produits, de revenu et de dépense.
a. Les agrégats de produits
La production intérieure brute d’exploitation (PIBE)
La PIBE représente l’ensemble des valeurs ajoutées des secteurs institutionnels qui sont considérés
productifs dans l’ancien système de la comptabilité nationale à savoir les secteurs marchands non
financiers. Elle correspond donc à la richesse créée par les entreprises (sociétés) non financières.
PIBE = ∑ VA des sociétés non financières
Le produit intérieur brut (PIB)
C’est l’ensemble des biens et services produits au cours d’une période sur le territoire national
quelque soit la nationalité des producteurs. Ainsi l’activité des entreprises nationales installées à
l’étranger n’entre pas dans le calcul du produit intérieur brut.
Il existe trois approches pour le calcul du PIB au prix du marché.
L’approche de la production :
PIBPM = ∑ VA Unités résidentes + TVA + DD
L’approche par les revenus :
PIBPM = ∑Rémunérations des salaires + impôts liés à la production et à
l’importation + EBE – Subventions d’exploitation
L’approche par la demande :
PIBPM = CF + FBCF + ∆S + (X – M)
PIBCF = PIBPM – Impôts indirects (ILP) + Subventions d’exploitation
Remarque : EBE est le surplus restant après prélèvement sur la valeur ajoutée des charges de
personnels, ainsi que des impôts et taxes.
Produit National Brut (PNB)
Il mesure la richesse créée par les nationaux aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger. Le
critère retenu est la nationalité. On prend en compte ce qui est produit par les résidents installés sur
le territoire national et à l’étranger.
PNBPM = PIBPM + revenus reçus du RDM – revenus versés au RDM
PNBPM = PIBPM + solde des revenus des facteurs (SRF)
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PNBCF = PIBCF + SRF
Ou
PNBCF = PIBPM – Impôts indirects (ILP) + Subventions d’exploitation + SRF
FIC ( formation ∫ é rieure de capital fixe ouinvestissement ) ou FBC =FBCF+Variation de Stocks
Solde revenu des facteurs = RSR du reste du monde – RSV au reste du monde + revenu de la
propriété et l’entreprise reçu du reste du monde – revenu de la propriété et de l’entreprise versé au
reste du monde.
b. Les agrégats de revenu
Le revenu national au prix du marché (RNPM) ou produit
national net (PNNPM)
Le revenu national est égal au produit national au coût des facteurs, puisque celui-ci a pour contre
partie les revenus servant à la rémunération des facteurs de production et net des amortissements
c'est-à-dire des sommes consacrées au remplacement du matériel usé. On a :
RNB = PNB RIB = PIB
RNCF = PNBPM – Amortissements – Impôts indirects + Subventions d’exploitation
RNCF = PNBCF – Amortissements (CCF)
RNPM = PNBPM – Amortissements (CCF)
Impôts indirects = impôts liés à la production et à l’importation = Droits de Douanes +
TVA + Autres Impôts
c. Les agrégats de dépense
Les agrégats de dépense sont principalement la dépense intérieure brute et la dépense nationale
brute.
Dépense intérieure brute (DIB)
DIBPM = CF + FBCF+Δ S = PIB + M - X
Dépense nationale brute (DNB)
DNBPM = DIBPM + solde des revenus des facteurs = PNB +M – X
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Chapitre 3 : LA PRODUCTION
Définition
La production est une activité socialement organisée, destinée à créer des biens et services à partir
des facteurs de production acquis sur le marché.
Les économistes considèrent traditionnellement qu’il a deux facteurs de production: le facteur
capital (moyen de production) est constitué des bâtiments, de la terre, des machines et des matières
premières, etc. et Le facteur travail est apporté par les hommes et les femmes ; c’est-à-dire la
population.
Section 1 : Le facteur travail
OP1 : Définir, connaître et calculer les principaux indicateurs démographiques (6 heures)
Population totale, taux de croissance démographique, taux de natalité et de mortalité, taux
d’accroissement naturel, taux de migration nette
OP2 : Définir, connaître et calculer les principaux indicateurs d’activité (6 heures)
Population active disponible, population active occupée, population active inoccupée, taux
d’activité, taux d’occupation, taux de chômage, charge de la population active
OP3 : Répartir la population active suivant
- les secteurs d’activités économiques (primaire, secondaire et tertiaire)
- le degré d’organisation (moderne, informel) (2 heures)
OP4 : Définir et calculer les indicateurs d’efficacité du facteur travail (4 heures)
Productivité physique du travail, productivité en valeur du travail, productivité marginale
Définition
Le travail est l’ensemble des activités économiques, intellectuelles et manuelles organisées et
coordonnées des hommes, aidés ou non par des machines, en vue de produire des biens et des
services économiques. Il dépend de la qualité et de la quantité du travail. Pour mesurer la quantité
du travail on se sert des indicateurs démographiques et des indicateurs d’activités.
I. Le facteur travail
1. Les principaux indicateurs démographiques
Un indicateur démographique est un outil de mesure ou critère d’appréciation de l’état de la
population à un moment donné. La démographie est l’étude de la population au point de vue de son
volume, de sa composition, de sa répartition dans l’espace et dans le temps et de son mouvement
(mesure, cause, conséquence). Comme indicateurs démographique on peut citer :
a. La population totale
La population totale est l’ensemble des personnes résidentes du territoire national. Le critère retenu
est la résidence. La population nationale par contre est l’ensemble des personnes ayant la nationalité
du pays considéré.
Population totale = Population nationale + Etrangers vivants dans le pays –
Nationaux vivants à l’étranger
Application : au Sénégal, en 2002, on a estimé les données suivantes : population nationale
9552442 ; les nationaux vivants à l’étranger 100864 ; les étrangers 403760 ;
On vous demande de calculer la population totale.
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Remarque : on peut mesurer la variation d’une population pendant une période en faisant la
différence entre la population à la fin de la période et la population au début de la période. La
variation absolue, nous permet de dire de combien à augmenter la population durant une période
donnée.
Variation absolue de la population = Population en fin de période – Population
en début de période
Application : la population sénégalaise a été estimée en 2002 et 2005 respectivement 10817844 et
9956202.
Calculer la variation absolue de la population sénégalaise durant cette période 2002-2005.
b. Le taux de croissance démographique
La population d’un pays varie dans le temps. Ainsi pour mesurer cette variation on utilise le taux de
croissance démographique. Il permet de savoir si une population a augmenté plus vite par rapport à
une autre.
Application : la population sénégalaise a été estimée en 2002 et 2005 respectivement 10817844 et
9956202. Calculer le taux de croissance démographique du Sénégal pour cette période 2002-2005.
c. Le taux de natalité
La natalité est l’ensemble des naissances vivantes. Il mesure le nombre de naissances vivantes pour
1000 habitants pendant un an. C’est l’un des principaux indicateurs démographiques.
Remarque 1 : la population totale moyenne est égale à la somme de la population de début de
période et la population de fin de période le tout divisé par deux.
Application : en 2006, la population du Sénégal a été estimée à 11987121 et le nombre de
naissance à 393178. Calculer et interpréter le taux de natalité.
d. Le taux de mortalité
Le taux de mortalité mesure le nombre de décès pour 1000 habitants pendant un an. Il dépend de
nombreux facteurs, comme le niveau de vie, l’accès aux soins médicaux, l’alimentation etc.
Au Sénégal le taux de mortalité infantile est de 83 ‰ c'est-à-dire pour 1000 enfants il y a eu 83
décès en 2005.
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Application : en 2006, la population du Sénégal a été estimée à 11987121 et le nombre de décès à
112679. Calculer et interpréter le taux de mortalité.
e. Le solde naturel
Si on ne prend en compte dans la mesure de l’évolution de la population que les flux naturels
(naissances, décès), on obtient un solde qu’on appelle solde naturel. Il est donc égal à la différence
entre les naissances et les décès au sein d’une même population.
Solde naturel = Nombre de naissances – Nombre de décès
Application : en 2006, on a enregistré au Sénégal 393178 naissances et 112679 décès. Calculer le
solde naturel de la population du Sénégal en 2006.
f. Le taux d’accroissement naturel
C’est le taux de croissance de la population résultant des seules évolutions naturelles (naissances et
décès).
Il est aussi égal à la différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité.
TAN = TN - TM
Application : pour un pays «X », on a enregistré un TAN de 12%.
Interprétation : TAN = 12% : signifie, pour une population de 100 habitants, on a enregistré une
augmentation de 12 individus du seul fait des naissances et des décès.
g. Le solde migratoire et le taux de migration nette
Les migrations sont des déplacements de personnes d’une zone à une autre. On appelle
immigration la venue d’étrangers sur le territoire national et émigration la sortie de nationaux vers
l’extérieur. La différence entre ces deux flux (entrées et sortie) constitue le solde migratoire.
Solde migratoire = Nombre d’immigrants – Nombre d’émigrants
En faisant le rapport entre le solde migratoire (ou immigration nette) et la population totale le tout
multiplié par 100, on obtient le taux de migration nette. Il correspond au nombre de migrés pour une
population de 100 habitants pour une période donnée.
Remarque : le taux de croissance démographique est égal à la somme du taux d’accroissement
naturel et du taux de migration nette.
TCD = TAN + TMN
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2. Les indicateurs d’activités
Ce sont des instruments sociodémographiques qui sont destinés à suivre, à démontrer, à classer le
volume du facteur travail dans un pays donné. Ils sont définis à partir des statistiques pour mieux
appréhender l’enjeu social de l’emploi.
La population en âge de travailler c’est l’ensemble des personnes en âges d’exercer une activité.
Selon le BIT (Bureau International du Travail), cet âge est compris entre 15 et 64 ans de même
l’ANSD (Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie).
a. La population active
La population active est l’ensemble des populations qui exercent une activité rémunérée ou qui sont
à la recherche d’une telle activité. On y distingue 2 groupes :
La population active occupée
C’est l’ensemble des personnes qui exercent effectivement une activité rémunérée.
La population active inoccupée
Elle regroupe les chômeurs. D’après le BIT (Bureau International du Travail) est chômeur toute
personne qui n’a pas d’emploi rémunéré mais qui le cherchent et qui fait effectivement des
démarches pour en trouver un et apte à travailler dans 15 jours ou a trouvé un emploi qui commence
ultérieurement.
Population active = Population active occupée + Population active inoccupée (chômeurs)
b. La population inactive
La population inactive regroupe toutes les personnes qui ne participent pas à l’activité économique :
élève, étudiants, les femmes au foyer, les retraités, certains handicapés, ainsi que les enfants de
moins de 10 ans font partie de la population inactive. C’est donc l’ensemble des individus qui ne
sont pas en âge de travailler.
Population inactive = Population totale – Population active
c. Le taux d’activité ou Le taux brut d’activité ou taux d’activité global
(TAG)
Il mesure la proportion des actifs par rapport à la population totale.
Interprétation
TAG au Sénégal est de 33,5%.
33,5% : Sur 100 Sénégalais pris dans la population totale, les 34 environ sont des actifs.
d. Le taux d’occupation (TO)
Il mesure la proportion de la population active qui exerce effectivement un emploi.
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Interprétation
TA du Sénégal en 1989 était égal à 88%.
88% : En 1989, sur 100 sénégalais actifs, les 88 exercent effectivement un emploi rémunéré.
e. Le taux de chômage (TC)
Il exprime la proportion de la population active qui ne parvient pas à trouver un emploi.
Interprétation
TC du Sénégal en 2000 était égal à 85% .
85 % : En 2000, au Sénégal, sur 100 sénégalais actifs, les 85 étaient des chômeurs.
Remarque
TO + TC = 100%
f. La charge de la population active ou taux de dépendance
Il s’agit de la proportion des inactifs pris en charge par 100 actifs. En effet, dans une population, les
actifs subviennent non seulement à leurs propres besoins mais également aux besoins des inactifs.
Interprétation
TD du Sénégal en 1982 était égal à 255%.
5% : En1982, au Sénégal, 100 actifs prenaient en charge 255 inactifs.
3. Répartition de la population active
Un secteur est composé de l’ensemble des agents ayant la même activité principale. On peut classer
les activités économiques selon leur nature ou selon leur degré d’organisation.
a. Classification des activités économiques selon les secteurs
L’économiste américain Colin Clark a classé les activités économiques en trois secteurs : le
primaire, le secondaire et le tertiaire.
Le secteur primaire : c’est l’ensemble des activités ayant trait à l’exploitation directe de la
nature sans transformation des produits obtenus : agriculture, pêche, élevage, extraction
minière.
Le secteur secondaire : ce secteur assure la transformation des produits issus du secteur
primaire (produits agricoles, miniers etc.) en biens manufacturés (huile, voiture etc.). Il
comprend l’industrie, le bâtiment et les travaux publics.
Le secteur tertiaire : il regroupe l’ensemble des autres activités. En général, il s’agit des
activités de services : commerce, hôtellerie, prestation de services (télécommunication,
réparation etc.).
NB : on utilise la notion de secteur quaternaire qui désigne la partie moderne des activités
économiques telles que la communication, l’informatique, la recherche- développement,
l’informatique, l’enseignement etc.
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b. Classification des activités économiques selon leur degré d’organisation
Selon le degré d’organisation, on distingue le secteur moderne ou formel et le secteur informel.
Le secteur moderne ou formel: les activités modernes sont celles qui sont contrôlées et
soumises à une réglementation. Elles utilisent les progrès les plus récents de la science et des
techniques.
Le secteur informel : est constitué par l’ensemble des activités de production de biens et
services dont l’organisation ne suit pas les réglementations appliquées dans le secteur
moderne. Ce secteur est aussi appelé secteur non structuré (secteur non organisé).
4. Les indicateurs d’efficacité du facteur travail
La productivité du travail se définit comme le rapport entre un résultat obtenu (production) et la
quantité de facteur travail qu'il a fallu utiliser. Elle permet de mesurer l’efficacité du système
productif d’une entreprise. Son efficacité sera d’autant plus grande qu’elle produira une quantité
donnée avec moins de facteurs de production.
Pour avoir une idée sur l’efficacité de la production d’une entreprise, les économistes utilisent les
indicateurs de mesure suivants : la productivité moyenne du travail et la productivité marginale du
travail.
a. La productivité moyenne du travail
C’est un ratio qui permet de mesurer le rendement du travail, c'est-à-dire l’apport d’une unité de
travail dans la production réalisée. La production moyenne totale peut s’exprimer de différentes
façons.
La productivité physique du travail (PPL)
La productivité physique du travail est le rapport entre le volume de production réalisé et le volume
de travail nécessaire à cette production ou l’effectif.
Ou
a.1. Productivité moyenne en valeur du travail (PMVL) :
La productivité en valeur du travail
C’est le rapport entre la production en valeur et l’effectif ou les salaires versés qui sont nécessaires
à la réalisation de cette production.
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b. La productivité marginale du travail
La productivité marginale du travail correspond à la production supplémentaire qui est due à la
dernière unité de facteur de travail employée ou utilisée. C’est donc le rapport entre la variation
absolue de la production et celle du travail.
PmL = avec y = production et L = travail
est la variation absolue de la production obtenue.
est la variation absolue de la quantité de travail ou de l’effectif employé.
Application
Facteur travail Production Productivité
Nombre de Nombre Quantité en Quantité en PPML PMVL PmL
travailleurs d’heures tonne valeur
effectuées
10 1000 4 1600000f 4kg/h 160000f/
20 2000 8 3200000f 4kg/h P 4
40 4000 12 4800000f 3kg/h 160000f/ 2
50 6000 20 8000000f 3,33kg/h P 4
70 8000 30 12000000f 3,75kg/h 120000f/ 5
P
160000f/
P
171000f/
P
Travail à faire : reproduire et compléter le tableau ci-dessus sachant que le kilogramme coûte 400f.
Section 2 : Le facteur capital
OP5 : Définir les différentes acceptions du terme capital (2 heures)
Suivant l’approche libérale, suivant l’approche marxiste
OP6 : Définir et calculer les indicateurs d’efficacité du facteur capital (2 heures)
Coefficient de capital, productivité moyenne du capital, efficacité marginale du capital
II. Le facteur capital
D’une manière générale, le capital est tout patrimoine, toute richesse susceptible de procurer un
revenu. Mais, ce terme revêt une signification particulière pour chaque courant de pensée
économique et selon l’optique à partir de laquelle on analyse le capital.
1. Le capital selon l’approche néoclassique
Les économistes néoclassiques distinguent deux types de capital : le capital fixe et le capital
circulant.
a. Le capital fixe
C’est l’ensemble des biens qui concourent à plusieurs cycles de production. Ils se détruisent par
usure ou par dépréciation. Exemple : les bâtiments, les machines, les outillages etc.
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b. Le capital circulant
Ce sont les biens qui disparaissent au cours du cycle de production. Exemple : les matières
premières le carburant etc.
Remarque : le capital technique constitue les capitaux fixes et les capitaux circulants. Il permet
d’augmenter la productivité et d’obtenir d’autres biens d’une plus grande utilité.
2. Le capital selon l’approche marxiste
Pour les marxistes, le capital n’est pas seulement un ensemble de biens ou de flux financiers. C’est
surtout un rapport social entre ceux qui détiennent les moyens de production et ceux qui n’ont que
leur force de travail (ouvriers). Ainsi ils distinguent deux types de capital. Le capital constant et le
capital variable.
a. Le capital constant
Il est constitué par l’ensemble des moyens de production qui résultent du travail passé : bâtiments,
machines, matières premières etc.
Au cours du processus de production, le capital constant est tout simplement incorporé dans la
valeur du produit fabriqué. Donc il ne crée pas une nouvelle valeur ; sa valeur est constante.
b. Le capital variable
La force du travail a la propriété non seulement de reproduire sa propre force de travail, mais
également de créer une valeur supplémentaire. Sa valeur augmente au fur et à mesure que se
déroule la production. Elle est variable. La partie du capital destinée à l’achat de la force de travail
(salaire) est donc un capital variable.
3. Les indicateurs d’efficacité du facteur capital
Pour mesurer le volume et l’efficacité du capital, on utilise les indicateurs suivants : le coefficient
de capital et la productivité du capital.
a. Le coefficient de capital
Le coefficient moyen du capital
Il indique le nombre d’unités de capital nécessaire pour obtenir une unité de production.
Exemple : une entreprise agricole a pu réaliser en 1999 une production évaluée à 350M de francs
avec un capital technique de 140M francs. Calculer le CMK.
CMK=0,4 : cela signifie que pour réaliser une production de 1f, il faut un capital de 0,4.
Le coefficient marginal de capital
Il permet de répondre à la question : de combien faut-il augmenter le capital (investissement) si la
production augmente d’une unité supplémentaire ?
Coefficient marginal de capital (CmK) = avec y = production et K = capital
Exemple : cette entreprise agricole a pu avec un investissement supplémentaire obtenir une
production de 520M de francs et un capital de 290M de francs. Calculer le coefficient marginal du
capital (CmK).
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CmK = 0,9 : signifie que pour réaliser une production supplémentaire de 1f, il faut nécessairement
augmenter le capital de 0,9f.
b. La productivité du capital
La productivité du capital est un indicateur de l'efficacité du capital fixe mobilisé dans la
production. Exprimée en valeur. Les coefficients de capital sont les inverses des productivités de
capital
La productivité moyenne du capital
C’est le rapport entre la production et le capital utilisé.
Ou
Exemple : calculer la productivité moyenne du capital de l’exemple précédent.
PMK = 1,8 : cela signifie que pour un franc investi, permet de réaliser une production de 1,8f.
La productivité marginale du capital
Elle indique l’augmentation de la production résultant de l’utilisation d’une unité supplémentaire de
capital.
Productivité marginale du capital (PmK) =
Ou
Exemple : calculer la productivité marginale de cette entreprise agricole.
PmK = 1,1 : cela signifie que l’utilisation d’une unité supplémentaire de franc de capital permet
d’augmenter la production de 1,1f.
Application : reproduire et compléter le tableau ci-dessous.
Capital Production CM CmK PMK PmK
Quantité Coût K
1 1000 5000
2 0 15000
3 2500 25000
4 0 30000
5 3600 60000
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0
4500
0
9000
0
III. La combinaison des facteurs de production
OP7 : Définir les caractéristiques des facteurs de production (complémentaire et
substituabilité) (1 heure)
OP8 : Construire la courbe d’iso production (isoquant) de l’entrepreneur à partir d’une
fonction de production simplifiée (1 heure)
OP9 : Calculer l’intensité capitalistique et l’intensité en travail des différentes combinaisons
des facteurs de production (2 heures)
OP10 : Déterminer arithmétiquement la combinaison optimale de facteurs à partir de
l’isoquant et de l’isocoût (2 heures).
Pour produire, il est nécessaire d'avoir à la fois du facteur travail et du facteur capital. L'association
entre les deux est appelée combinaison.
PROBLEMATIQUE (en guise de fiche)
Le problème de l’entrepreneur est le choix de la combinaison productive c'est-à-dire la combinaison
qui permet de produire au moindre coût.
Exemple : Pour produire un bien un entrepreneur a le choix entre des techniques de production
différentes qui font appel à plusieurs combinaisons de facteur (travail et capital).
Combinaison capital Travail
A 6 200
B 10 250
C 10 150
D 40 50
La combinaison A : a fait appel à beaucoup de travail et peut de capital (par rapport aux autres
combinaisons). On distingue la combinaison A est une combinaison à faible intensité capitalistique.
Au contraire, la combinaison d’utilise plus de capital que les autres et peu de travail. Il a une forte
intensité capitalistique.
La combinaison B est inefficace, car elle utilise plus de facteurs que la combinaison A et C ; elle
doit être rejetée
Il reste donc la combinaison A, C et D. Le problème est donc de savoir quelle est parmi ces
combinaison la moindre coûteuse. Pour répondre à cette question, il faut connaître le prix des
facteurs de production et de déterminer le coût de production de chaque combinaison.
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Prix des facteurs Coût des combinaisons
K L A C D
Cas I 500 300 63000 50000 35000
Cas II 2000 500 112000 95000 105000
Cas III 1500 500 109000 90000 85000
Cas I : la combinaison D est la combinaison la plus efficace, car elle coûte moins chère.
Cas II : la combinaison C est celle qui est la plus efficace.
Cas III : la combinaison D est la plus efficace.
1. La fonction de production et les caractéristiques des facteurs de
production
a. La fonction de production
La fonction de production exprime la relation existante entre la production et les quantités de
facteurs utilisés. Sous sa forme la plus générale, elle indique les quantités de facteurs, capital et
travail nécessaires pour obtenir une production.
Avec : Q : la production ; K : le facteur capital et L : le facteur travail
b. caractéristiques des facteurs de production
Les facteurs de production utilisés présentent deux caractéristiques fondamentales : la
complémentarité et la substituabilité.
Les facteurs complémentaires
Deux ou plusieurs facteurs sont complémentaires lorsqu’ils ne peuvent être utilisés que dans
une proportion déterminée pour un volume donné de production.
Exemple :Un bus a besoin d'un conducteur
Les facteurs substituables
Deux facteurs de production sont substituables lorsqu’ils peuvent se remplacer efficacement
dans le processus de production pour un volume donné de production.
Une machine peut effectuer le travail d'un salarié
Exemple : Un ouvrier remplacé par un robot.
2. Courbe d’iso production (isoquant) de l’entrepreneur à partir d’une
fonction de production simplifiée
a. Définition
La courbe isoquant est un ensemble de points représentant des combinaisons de quantités diverses
de facteurs de production, qui permettent au producteur de réaliser un même volume de production.
b. Représentation graphique
Soit Q (K, L) la fonction de production de l’entreprise précédente.
Avec Q (K, L) = 2K1/2L1/2 et Q0 = 26
Travail à faire
1) Ecrire une équation de l’isoquant sous la forme K = f(L).
2) Faire une représentation graphique de cette équation.
Solution
1) L’équation de l’isoquant :
(K, L) = 2K1/2L1/2 et Q0 = 26 Q0 = 2K1/2L1/2
Le choix des valeurs de K et L :
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K 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
L 84,5 42,25 28,16 21,13 16, 14,08 12,07 10,56 9,38 8,45
9
K La coube d'isoquant
25
20
15
10
L
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
La coube d'isoquant
3. Déterminer arithmétiquement la combinaison optimale de facteurs à
partir de l’isoquant et de l’isocoût
a. La droite d’iso-coût
Définition
Une droite d’iso-coût est le lieu géométrique de points indiquant des complexes de quantités de
facteurs de production dont l’acquisition par le producteur nécessite la même dépense (le même
budget).
Représentation graphique
Pour produire, une entreprise dispose d’une «enveloppe » de 100f, le prix du facteur travail est de 3f
(w : taux de salaire) et le prix du facteur capital est de 5f (r : taux de rémunération du capital).
Travail à faire
1) Ecrire la contrainte budgétaire.
2) Etablir l’équation de la droite d’iso coût.
3) Faire une représentation graphique.
Solution
1) R = rK + wL 100 = 5K + 3L
2) 5K = 100 – 3L
3) La représentation graphique :
K 0 20
L 33,33 0
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k La droite d'isocoût
25
20
15
10
0
l
0 33.33
2. La combinaison optimale
a. Définition
Une combinaison optimale est un complexe de quantités de facteurs de production qui permet à
un producteur de fabriquer un volume de production donné au moindre coût. Cette combinaison
se situe au point de tangente entre la droite budgétaire et la courbe isoquant la plus élevée
possible.
b. Détermination graphique de la combinaison optimale
Reprenons notre entreprise avec sa fonction de production Q (K, L) = 2K1/2L1/2, Q0 = 26 et elle
dispose la même enveloppe budgétaire de 100f. Elle utilise deux facteurs de production dont les
prix sont : w = 3f et r = 5f.
Travail à faire
Déterminer graphiquement la combinaison optimale de cette entreprise.
25
20
15
A (16,9; 10)
10
La courbe d'isoquant Droite de budget
0 16,9
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
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3. Intensité en travail et intensité capitalistique des différentes
combinaisons des facteurs de production
a. Intensité en travail
On appelle intensité en travail le rapport qui mesure le nombre d’unités de travail qui est
combiné avec une unité du facteur capital. Ce rapport exprime donc l’importance relative (ou
intensité) du facteur travail par rapport au facteur capital.
Exemple : IL = 1/2 signifie que dans cette combinaison de facteurs de production, on a associé une
unité de facteur capital à une demi-unité de facteur travail.
b. Intensité capitalistique
L’inverse de ce rapport qui est , exprime quant à elle l’importance relative du facteur capital
par rapport au facteur. Pour cela, on l’appelle intensité capitalistique.
Exemple : IK = 2, signifie qu’on associe dans cette combinaison de production une unité de facteur
travail à deux unités de facteur capital.
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