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Qualité de L - Air (I)

Le document présente un cours sur la qualité de l'air intérieur, abordant les polluants, leurs sources et les méthodes d'évaluation. Il souligne l'importance de la qualité de l'air pour la santé et l'économie, ainsi que les enjeux liés à la construction et à la ventilation. La pollution intérieure est un problème croissant, nécessitant une attention particulière pour prévenir des impacts sanitaires significatifs.

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Qualité de L - Air (I)

Le document présente un cours sur la qualité de l'air intérieur, abordant les polluants, leurs sources et les méthodes d'évaluation. Il souligne l'importance de la qualité de l'air pour la santé et l'économie, ainsi que les enjeux liés à la construction et à la ventilation. La pollution intérieure est un problème croissant, nécessitant une attention particulière pour prévenir des impacts sanitaires significatifs.

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LA ROCHELLE UNIVERSITE

Cours de Qualité des


Environnements
Intérieurs
I-Qualité de l’air : polluants des
ambiances intérieures et méthodes
d’évaluation de la qualité de l’air
Patrice BLONDEAU

2020

MASTER GENIE CIVIL – 2IEME ANNEE – OPTION GI3ER


NOTE

XX
Les sigles i renvoient à des informations complémentaires situées sur la diapositive ou les
diapositives xx référencées à côté du sigle. Ces diapositives d’information complémentaire
se trouvent en fin du document

Ce sigle est utilisé dans le diaporama pour revenir à la diapositive originale dans le
Powerpoint. Il n’y a pas lieu d’en tenir compte dans ce document écrit
Université de La Rochelle
Master Ingénierie du Bâtiment - Option GI3ER

UE Qualité des environnements intérieurs


Polluants des ambiances intérieures et méthodes
d’évaluation de la qualité de l’air intérieur

P. Blondeau

Sommaire

Diapositive
La problématique de la qualité de l’air intérieur ………………………. 4
Enjeux : pourquoi s’intéresser à la qualité de l’air intérieur ? …… 5
Les polluants des ambiances intérieures ………………………………….. 14
 Composés gazeux inorganiques ………………………………………… 16
 Radon ……………………………………………………………………………….. 20
 Particules et fibres …………………………………………………………….. 29
 Composés organiques volatils (COV) ………………………………….. 37
 Composés organiques semi-volatils (COSV) ……………………….. 43
 Bio-contaminants ………………………………………………………………. 53
Evaluation des risques sanitaires ………………………………………………. 60

Evaluation de la qualité olfactive de l’air …………………………………… 65

Diagnostic de qualité de l’air intérieur ……………………………………... 71


Diapositives en lien hypertexte ……………………………………………….. 84 2
La problématique de la qualité de l’air intérieur

Les premiers problèmes de QAI sont apparus après l’instauration des premières
règlementations thermiques du bâtiment (années 70), à travers 2 types de polluants :
 Les bio-effluents
Les bio-effluents désignent tous les composés
malodorants qu’émet le corps humain et qui
sont à l’origine d’inconforts olfactifs
 L’humidité
Une humidité trop élevée dans les bâtiments peut provoquer :
• Des inconforts thermiques (sudation)
• Des dégradations du bâti dues à la condensation
• Des problèmes sanitaires liés au développement de
microorganismes : moisissures, acariens, …

La solution désignée a toujours été la ventilation, c’est-à-dire le


renouvellement de l’air intérieur vicié par de l’air extérieur supposé propre …
 Débits de ventilation règlementaires définis comme un optimum entre énergie
et santé (à partir de 1982 en France)
 VMC double-flux pour limiter les déperditions afférentes au renouvellement d’air
3

La problématique de la qualité de l’air intérieur

Depuis plusieurs années, remise en question de ce concept de qualité


de l’air pour deux raisons essentielles :

Nombreuses sources de pollution intérieure (voir suite)

Grand nombre de polluants à considérer pour


l’analyse de la qualité de l’air intérieur : plus
de 800 substances chimiques et
agents biologiques
recensés à ce jour

Pollution croissante de l’air


extérieur

La ventilation peut en certaines


circonstances contribuer à
polluer l’air intérieur
4
Enjeux : pourquoi s’intéresser à
la qualité de l’air intérieur ?

1 Parce qu’elle a un fort impact sur la santé …

La pollution n’est pas la seule source de pollution … mais l’inhalation est la


principale voie d’exposition à la pollution

Répartition des différentes voies d’exposition à la pollution :


Boisson
9% Boisson
19%
Nourriture
14%

Nourriture Air
Air 22% 59%
77%
Adultes Enfants
Source : Licari et al, 2005, Children's health and environment - Developing action plans, WHO Europe publications, ISBN 92-890-1374-5

Enjeux : pourquoi s’intéresser à


la qualité de l’air intérieur ?

La contribution des environnements intérieurs à l’exposition globale par inhalation


est prédominante …

Les citadins passent plus de 80% de leur temps dans des environnements intérieurs

Source : Klepeis et al (Journal of exposure analysis and


Extérieur environmental epidemiology, 2001) - échantillon de 9386
Transports personnes de tous âges réparties sur 48 états américains
6% 8%
Autre lieu
intérieur
11%
Bar/restaurant
2%
Lieu de travail
5% Habitation
68%

Répartition du temps passé dans différents micro-environnements aux Etats-Unis


6
Enjeux : pourquoi s’intéresser à Monde
la qualité de l’air intérieur ?
… Et la pollution de l’air tue ! Air
extérieur
Rapport de l’OMS « pollution de l’air et mortalité » (Mars 2014)
Air 3.7 millions
 8 millions de décès prématurés dans le monde en 2012
intérieur
 75% en Asie du sud-est et Pacifique Ouest
4.3 millions
 50% dus à la pollution de l’air intérieur (chauffage
et cuisine à partir de biomasse ou charbon)

Europe Pacifique Ouest

Amérique

Est Méditerranée
Asie du Sud-Est

Afrique

Source : WHO (2014) Burden of disease from Household Air Pollution for 2012 - Summary of results.
7
[Link]

Enjeux : pourquoi s’intéresser à


la qualité de l’air intérieur ?

2 Parce que ça coûte cher !

3 aspects économiques du coût de la qualité de l’air intérieur :

 Coût privé : productivité du personnel et


absentéisme au travail

 Coût social : mortalité précoce et morbidité

 Marché économique de la qualité de l’air intérieur

8
Enjeux : pourquoi s’intéresser à
la qualité de l’air intérieur ?
Coût privé : productivité du personnel et absentéisme au travail
Pour un entrepreneur, les salaires constituent la principale charge financière

Coût total de l’opération 100%


+ 1% de productivité :

Coût relatif au bâtiment Dépenses liées au personnel (salaires) Coûts divers  = 0.8 % dépenses
10% 80% 10% de fonctionnement
(= coût énergie)
Fonctionnement et Coûts de construction
maintenance 3% 7%  Compense une
augmentation
Dépenses de 5% du coût
énergétiques de construction
0.3-0.6% Décomposition des dépenses de fonctionnement
dans un immeuble de bureaux (source : Guide
Electricité Chauffage REHVA n°6, 1ère édition)
0.2-0.4% 0.1-0.2%

De nombreuses études scientifiques montrent une corrélation nette entre conditions


d’ambiance sur le lieu de travail et productivité / absentéisme au travail 9

Enjeux : pourquoi s’intéresser à


la qualité de l’air intérieur ?

« Aux Etats-Unis, les 4 maladies respiratoires


Milton (2002), Congés Brundage (1998), maladie,
maladie, bureaux casernes, toutes les années les plus communes (incluant rhume et
Brundage (1998), maladie, Drinka (1996), maladie, grippe) sont à l’origine de 176 millions de
casernes, données 1983 maisons de retraite
Modélisation de la
jours d’arrêt de travail » (Fisk, 2000)
concentration en particules

1 La prévalence de ces maladies peut être


réduite par le contrôle de:
0.8

0.6 - l’humidité ambiante


0.4 - la qualité particulaire de l’air
0.2

Les études présentant des corrélations


1 2 3 4
entre qualité de l’air et productivité
Taux de renouvellement d’air (h-1)
et/ou absentéisme au travail
permettent de justifier des
Prévalence de la maladie ou des congés maladie
investissements pour une meilleure
par rapport au cas sans ventilation
(Fisk et al, 2003)
qualité de l’air intérieur

10
Enjeux : pourquoi s’intéresser à
la qualité de l’air intérieur ?
Coût social
Mortalité précoce liée à la QAI (ANSES, 2014)
Probabilité pour un enfant de ressentir au
 Environ 20 000 décès annuels liés à la QAI moins 2 des 3 symptômes suivants :
 Coût social estimé à 19 milliards d’euros/an(1) eczema, rhinite, respiration sifflante, en
fonction du taux de renouvellement d’air
Morbidité : remboursement congés maladies et soins de la maison (Bornehag et al, 2005)

Asthme en France (Santé Publique France, 2019) :


2
 4 millions de personnes touchées
(400 000 asthme sévère) 1.5
 1000 décès /an, 230 000 journées d’hospitalisation,
1
 7 millions de jours d’arrêt de travail/an en 2012
Allergie en France : nombre de personnes touchées 0.5

0
0.17 0.29 0.38 0.62
Taux de renouvellement d’air moyen (vol/h)

Dont 3,4% allergies alimentaires Prévision OMS 1Sur la base d’un coût de la vie de 115 000
11
Source : [Link] €/an donné par le rapport Quinet de 2013

Enjeux : pourquoi s’intéresser à


la qualité de l’air intérieur ?
Marché économique de la qualité de l’air intérieur
La santé est (de loin) la première préoccupation des français (81%, Sondage BVA, 11/2016)
La pollution de l’air est une des principales préoccupations environnementales des français

Évolution des préoccupations environnementales des Français

En %
60
Pollution de l'eau

50
Changement
climatique

40 Pollution
atmosphérique

30 Catastrophes
naturelles

Augmentation des
20
déchets ménagers

Perte de biodiversité
10

Pollution sonore
0
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Note : cumul des deux premières réponses.
Source : SOeS, plateforme Environnement de l’enquête de conjoncture auprès des ménages (Insee)

 Les particuliers sont de plus en plus sensibles à la problématique de la qualité de l’air


intérieur et sont prêts à payer pour des produits qui revendiquent des vertus sur ce point
 Les bureaux d’étude spécialisés relèvent une augmentation régulière des demandes de
conseils dans la conception sanitaire des ensembles de bureaux et lieux publics
 Plusieurs (grandes) sociétés proposent des prestations de diagnostic de qualité de
12
l’air et des installations de ventilation à leur clients (avec préconisations)
Contexte et enjeux : pourquoi s’intéresser
à la qualité de l’air intérieur ?

3 Parce que c’est le moment !

L’instauration des nouvelles règlementations thermiques a induit de


nouvelles pratiques de construction et de ventilation

 Exigence de maîtrise des infiltrations d’air dans la RT 2012 :


Q4,max = 0.6 m3/h/m2 avec contrôle
 Systématisation des pratiques de ventilation intermittente ou modulée (horloge,
hygro B, sonde CO2) pour limiter le renouvellement d’air et les déperditions qui s’y
rapportent

 Mise en œuvre de puits climatiques, de nouveaux modes de chauffage (biomasse


par exemple)
 Utilisation de nouveaux matériaux, par exemple superisolants ou peintures
fabriquées à partir de nanoparticules

Quel impact sur la qualité de l’air intérieur ? N’est-on pas en train de reproduire à
grande échelle des bâtiments qui s’avèreront rapidement être malsains ? 13

Les polluants des ambiances intérieures


Classification Fibres(*)

Composés
Particules
organiques Particules
Composés semi-volatils inertes
organiques &
non organiques Pesticides, PCB minérales
CO, NO, NO2, HAP, Phtalates

O3, SO2,
Particules

métalliques
Pb, Cu, Se,
Polluants Composés Cr, As, Cd
Virus
gazeux organiques
&
volatils
bactéries
Allergènes
Pollens,
Composés acariens,
radioactifs ... Bio- Moisissures
Radon contaminants

(*) Une fibre se caractérise par un ratio longueur / épaisseur > 3 14


Les polluants des ambiances intérieures
Sources

Air extérieur
Oxydes d’azote, ozone,
particules, pollens, benzène

Matériaux Occupants
Activités
Mobilier Humidité, CO2,
Formaldéhyde bactéries, CO, COV,
COV, COSV, particules, etc.
(nano)particules

Sous-Sol
Radon, COV
15

Les polluants des ambiances intérieures


Composés gazeux inorganiques

Nombre limité de substances : monoxyde de carbone (CO),


oxydes d’azote (NO, NO2), ozone (O3), dioxyde de soufre (SO2),
ammoniac (NH3)
Sources :
 Milieu extérieur (ventilation) Voir diapositive suivante
 Combustions (NOx, SO2, CO) : tabagisme, encens, 85
cuisine, chauffage, garage attenant au logement, …
 Photocopieur, imprimante (O3)
 Matériaux de construction (NH3)

- Dégradation des colles par l’alcalinité


et l’humidité résiduelle d’une chape Emissions secondaires(*)
de NH3 à l’origine
- Formulations non stables de phosphates d’odeurs désagréables
d’ammonium utilisés comme retardateurs (odeurs « fantôme »)
de flamme dans la ouate de cellulose
(*) Par opposition aux émissions primaires, les émissions secondaires désignent les émissions de molécules qui 16
n’étaient pas présentes initialement dans le matériau, mais qui y ont été formées par une réaction chimique
Les polluants des ambiances intérieures
Composés gazeux inorganiques : ozone et oxydes d’azote

En absence de sources internes, le ratio entre concentrations intérieures et extérieures


(I/O) en monoxyde d’azote et en ozone est inférieur à 1

2,5
O3 NO NO2
Réactivité chimique
2

Ratio (I/O)
et décomposition à
la surface des matériaux 1,5
qui contribuent à
détruire ces molécules 1

0,5

0
) ) ) ) ) ) 1) 2) S) ) ) ) ) ) ) ) )
En cas d’épisode de (W (S (W (R (W (S ( (W (S (W (S (W (S (S (W
e s tes ier ier nd nd r (W r (W or re dre lin lin es es leu eu
pollution atmosphérique, ar ca ois oi afo af Do Do
t r s o D d n
an a
a d
Va V and an La La
l
c s v v L
il est conseillé de rester Des De La La L -X t-X n sn
St S Es E
chez soi (concentrations Ratios de concentrations en NOx et ozone à l’intérieur et à l’extérieur
plus faibles) de différentes écoles de l’agglomération de La Rochelle
17

Les polluants des ambiances intérieures


Composés gazeux inorganiques : monoxyde de carbone

Près de 5000 personnes sont victimes


Concentration dans l’air d’intoxications aigues au CO chaque année
en France

INTOXICATION AIGUE Près de 100 décès (hors incendies et suicides)


10000 ppm Décès

1000 ppm Coma en 1 heure Le CO se fixe sur l’hémoglobine, ou chasse l’O2


fixé sur l’hémoglobine(*) pour former une
500 ppm Vomissement, syncope molécule stable, la carboxyhémoglobine (COHb) :

INTOXICATION CHRONIQUE Hb+CO → COHb


200 ppm Fatigue, nausée
HbO2+CO → COHb + O2
100 ppm Mal de tête
La baisse de l’oxygène sanguin provoque une
30 ppm Perception lumineuse anoxémie (troubles réversibles), voire une
Source: plaquette DDASS 59 asphyxie à concentration en CO élevée

(*) L’affinité du CO pour l’adsorption sur l’hémoglobine est 270 fois supérieure à celle de l’O2 18
Les polluants des ambiances intérieures
Composés gazeux inorganiques : monoxyde de carbone

Les intoxications sont principalement dues aux émissions d’appareils de


chauffage permanents ou d’appoint mal raccordés ou non raccordés à l’extérieur

Intoxications par le CO en France (source: InVS, Mai 2013)


19

Les polluants des ambiances intérieures


Le radon

La radioactivité dite naturelle provient de


radionucléides présents dans la croûte terrestre et
dans les matériaux a
 Uranium 238 et ses descendants, dont le
Radon 222
 Thorium 232 et ses descendants b
g
 Potassium 40 b
a g
En se désintégrant, le Rn 222 et ses descendants
émettent des rayonnements ionisants et des éléments
présents sous forme de particules a
Contamination par irradiation externe
(désintégration des radionucléides à
l’extérieur de l’organisme)

Contamination par irradiation interne suite à


l’inhalation de radon et le dépôt dans les
poumons des particules radioactives
20
Les polluants des ambiances intérieures
Le radon

Caractéristiques des rayonnements ionisants

Rayonnement a : portée de quelques cm


(contribue principalement à l’irradiation interne),
arrêté par une feuille de papier, fort impact sur la
santé (voir coefficient R sur diapositive 25)

Rayonnement b : portée de quelques m, arrêté


par une feuille d’aluminium

Rayonnement g : portée de plusieurs m,


arrêté par le plomb ou une forte
épaisseur de béton

21

Les polluants des ambiances intérieures


Le radon

Voies de contamination du bâtiment :


Ventilation et infiltrations d’air
Diffusion à travers la dalle, notamment par
les fissures et les défauts d’étanchéité liés
au passage de gaines et tuyauteries
Absorption/désorption dans l’eau  le
radon est très soluble dans l’eau; il peut
en être désorbé lorsque l’eau est
chauffée et utilisée (douche, vaisselle, …)
Emission par les matériaux de construction
 Pierre (granite, pierre de Volvic)
 Matériaux manufacturés
(voir diapositive suivante)
Source : Ressources Naturelles Canada

Les émissions de radon depuis le sol varient


au gré des saisons et des conditions météo
22
Les polluants des ambiances intérieures
Le radon

La contribution des matériaux de construction à l’exposition moyenne à la radioactivité


naturelle est significative : ≈ 27 % (17 % irradiation externe + 10% irradiation interne)

L’utilisation de déchets Mesure de l’activité du radium 226 dans différents matériaux de


industriels à forte activité construction, d’après la présentation de J. Syren, Défis Bâtiment et
dans la fabrication de certains Santé, Angers, 24/05/2012
matériaux de construction Laine de verre (5% silicate de soude)
pose problème, par exemple : Granite (Limousin)
 Phosphogypse (1) dans le Granite (Haute Loire)
plâtre et le ciment Moellon (Ile de France)
Dalle/mur béton (Doubs)
 Boues rouges (2) dans
la brique,
Brique
le ciment, les céramiques
Granite (Puy de Dôme)
Laine de roche
La règlementation de 2018 permet de
Moellon (Ile de France)
limiter la radioactivité des matériaux
Brique
utilisés pour la construction (voir
Laine de verre
chapitre règlementation)
0 50 100 150 200 250
(1) Gypse
non naturel, déchet de fabrication de l’acide phosphorique et des engrais Activité du radium 226 (Bq/kg)
phosphatés - Permet la régularisation de la prise hydraulique du plâtre et du ciment
(2) Déchets issus de la fabrication de l’aluminium 23

Polluants des ambiances intérieures Radioactivité dans


Le radon : unités de la radioactivité le milieu
Bq/m3
Becquerel/m3 : mesure de la radioactivité (activité volumique)
1 Bq = 1 désintégration par seconde Dose absorbée par
le corps D
Gray (Gy) : mesure de la dose absorbée Gray = 1 J/kg
Un individu se trouvant dans un milieu radioactif n’absorbe
qu’une partie des rayonnements ionisants émis. La quantité Facteur de
absorbée s’exprime en Gray, correspondant à l’énergie reçue pondération des
par unité de masse corporelle : 1 Gy = 1 J/kg rayonnements R

Sievert (Sv) : mesure des effets sur la santé Dose équivalente


Le Sievert mesure les effets biologiques (cancers) en tenant H
compte du fait qu’à énergie égale, l’impact n’est pas le même Sievert
suivant la nature des rayonnements et la zone du corps exposée : Facteur de
 Dose équivalente (corps entier) : R sensibilité des
Radiation R
 Dose efficace (organe spécifique) : R et T tissus T(*)
Electrons (b) 1
Dans les règlementations, les limites Dose efficace
Photon (g) 1
acceptables sont soit exprimées en E
Protons 2 Sievert
Bq/m3 ou en débit de dose, en mSv/an
Particules (a) 20 (voir ci-après) (*) peau : 0.01 , cerveau : 0.05, estomac : 0.12, … 24
Les polluants des ambiances intérieures
Le radon : exposition et effets sur la santé

Campagne nationale de mesures menée par l’Institut de Radioprotection et de


Sureté Nucléaire (IRSN) entre 1982 et 2000

Mesures dans 12600 maisons couvrant l’ensemble


des départements métropolitains
 Moyenne arithmétique nationale brute : 90 Bq.m-3 Activité mesurée
 Moyenne arithmétique pondérée par la population
de chaque département : 68 Bq.m-3 Max :
4687 Bq.m-3

60 000 habitations individuelles avec niveau d’activité > 1000 Bq.m-3


1000 Bq.m-3

300 Bq.m-3 : Niveau de référence fixé au niveau


européen (2014) pour toutes les lois relatives à la 300 Bq.m-3
gestion du risque radon : construction de nouveaux
bâtiments, travaux pour la réduction de l’exposition, …

25

Les polluants des ambiances intérieures


Le radon : exposition et effets sur la santé

Carte des activités volumiques


du radon dans les habitations

Bilan de 1982 à 2000

Moyennes arithmétiques
départementales
en Bq.m-3

0-50
51-100
101-150
> 150

26
Les polluants des ambiances intérieures
Le radon : exposition et effets sur la santé

Niveau moyen en France :


 Identique à celui de la Suisse,
Allemagne, Espagne
 3 fois plus élevé qu’aux Pays-Bas
ou au Royaume-Uni
Potentiel d’émission du radon depuis le sol
en Poitou-Charentes (source BRGM)  2 fois plus faible qu’en Finlande
ou en Suède 27

Les polluants des ambiances intérieures


Le radon : exposition et effets sur la santé

Exposition moyenne de la population aux En moyenne, le radon est la 2ième


rayonnements ionisants : Bilan IRSN 2015 source de rayonnements ionisants,
après l’imagerie médicale
En France l’exposition est comprise
entre 1.6 et 23.6 mSv/an suivant le lieu
d’habitation, le suivi médical,
l’alimentation, …

« calculer votre exposition annuelle » :


[Link]

En France, le radon joue un rôle dans


la survenue de 5 à 12 % des décès par
cancer du poumon (InVS, 2007)
2ème cause de cancer du poumon
avec une estimation moyenne de
Source : IRSN. Exposition de la population française aux rayonnements
3000 décès en France chaque
ionisants, Rapport IRSN/2015-00001, 23 p, 2015 année (IRSN, 2017)
NB : le corps humain est radioactif; il émet environ 120 Bq/kg dont 50% de potassium 40 28
Les polluants des ambiances intérieures
Particules et fibres : sources

Sources de particules dans les Photocopieurs et


environnements intérieurs imprimantes

Réactions chimiques spray

Milieu extérieur entre gaz  production


(ventilation) d’AOS(*) Cosmétiques
(sprays, laques)

Ecriture à la craie
dans les écoles
Matériaux de construction
Combustions : et isolants (effet de
chauffage, l’érosion) : amiante
tabagisme,
SILENCE !!!
(fibres), nanoparticules
bougies, contenues dans les enduits
cuisine (voir ou peintures
diapo 33)

(*) Aérosol
Organique Secondaire : les produits des réactions sont des substances semi-volatiles qui se retrouvent en partie sous forme
condensée dans l’air, c’est-à-dire sous forme de très fines gouttelettes en suspension (particules liquides) 29

Les polluants des ambiances intérieures


Particules et fibres : sources

Mise en évidence de l’influence forte sur les concentrations intérieures des


transferts de l’extérieur, mais aussi pour les plus grosses particules, des émissions
par les occupants et de la remise en suspension de particules déposées
(source : Blondeau et al, 2004)
1000000
Extérieur Intérieur
0,3 < d < 0,4 mm
100000

10000
Pics pendant les
périodes 1,6 < d < 2,0 mm
d’occupation : 1000

émissions par les


occupants et
100
remise en
suspension de 7,5 < d < 10 mm
particules 10
déposées

1
24/5/00 25/5/00 26/5/00 27/5/00 28/5/00 29/5/00 30/5/00 31/5/00 1/6/00 2/6/00 3/6/00 4/6/00 5/6/00 6/6/00 7/6/00 8/6/00 9/6/00

Evolution des concentrations moyennes en poussières en fonction de


leur taille à l’intérieur et à l’extérieur d’une école 30
Les polluants des ambiances intérieures
Particules et fibres : sources

Evolution du ratio entre concentrations à l’intérieur Le ratio est proche de 1


et à l’extérieur de différentes écoles en fonction de pour les particules fines :
la taille des particules
 Ces particules proviennent
[Link] en majorité de l’extérieur
14
Pollens  Le niveau de pollution
Lavoisier intérieur est sensiblement
12
Lavoisier R
le même qu’à l’extérieur
10
Descartes "été"
Rapport Int/Ext

8 Globalement, par le fait des


Descartes "hiver"
émissions internes et des
6
Lafond "été" phénomènes de remise en
4 Laleu "été"
suspension qui se superposent
aux transferts depuis
2
Lafond "hiver"
l’extérieur, les environnements
0 intérieurs peuvent présenter
3-
0,
4
4-
0,
5
0,
65 -0
,8
0,
8-
1
1-
1,
6
1,
6-
2
2-
3
3-
4
4-
5
5-
7,
5
5-
10 -1
5
-2
0
>2
0 des niveaux d’exposition aux
0, 0, 5- 65 7, 10 15
0, 0,
Taille des particules (µm) particules qui sont (beaucoup)
plus élevés qu’à l’extérieur
Source : Blondeau et al (2004)

31

Les polluants des ambiances intérieures


Particules et fibres : sources

Mise en évidence des émissions en particules par les activités de cuisson dans un logement
PM2.5-Séjour-Cuisine PM10-Séjour-Cuisine
PM2.5-ATMO LR Station Verdun PM10-ATMO LR Station Verdun
Occupation
160

​ FOUR+FRITURE+HOTTE GRILLE-PAIN CUISINE CUISINE


140
Concentration en particules (µg/m³)

120

100

80

60

40

20

0
02/05/2018 14:24 02/05/2018 19:12 03/05/2018 00:00 03/05/2018 04:48 03/05/2018 09:36 03/05/2018 14:24 03/05/2018 19:12 04/05/2018 00:00

Suivi des concentrations en PM2.5 et en PM10 dans un logement à La Rochelle 32


Les polluants des ambiances intérieures
Particules et fibres : impact sur la santé

Critères de risque sanitaire associés aux particules :


Taille : plus les particules sont fines, plus elles pénètrent profondément dans
l’organisme, et donc plus elles sont potentiellement dangereuses pour la santé
Les particules sont classées en fonction de leur diamètre aérodynamique
10
Diamètre aérodynamique (mm)

PM10 ( < 10 mm) : Particules respirables


Peuvent atteindre les bronches
Remarque : les PM10 incluent les PM2.5, les PM1 et les PM0.1

2.5
PM2.5 ( < 2.5 mm) : Particules fines
Pénètrent dans les alvéoles pulmonaires
1.0
PM1 : Particules très fines ou ultrafines
0.1 Passent à travers les alvéoles pulmonaires
PM0.1 ( < 0.1 mm) : Nanoparticules
Passent à travers les membranes cellulaires
NB : PM = Particulate Matter 33

Les polluants des ambiances intérieures


Particules et fibres : impact sur la santé

Gamme de taille des particules en fonction de leur origine


Pollens
Moisissures Plantes
Spores de plante
Déjection
Bactéries acarien
Cheveux Animale
Virus
Amiante
Carbone
Poussière de métaux Minérale
Fibre d’isolant
Poussière de ciment
Fumée de cigarette Combustion
Fumée de combustion (bois)
Spray pour cheveux
Fibre textile artificielle Bâtiment,
source : Toner de photocopieuse hygiène
Owen et al, 1990 Humidificateur

0.01 0.1 1 10 100 1000


Taille des particules dans l’air intérieur en mm 34
Les polluants des ambiances intérieures
Particules et fibres : impact sur la santé

Critères de risque sanitaire associés aux particules (suite) :


Composition chimique
La composition des particules (éléments métalliques, minéraux et organiques) détermine :
 Leur capacité d’élimination par l’organisme : certains éléments métalliques ont par
exemple tendance à s’accumuler dans le corps, provoquant à terme des maladies
 Leur potentiel oxydant qui détermine leur pouvoir d’inflammation des tissus
pulmonaires et donc le risque de maladies respiratoires
Fibres d’amiante
Morphologie, pour les fibres
Il est aujourd’hui admis que les cas de cancers du poumon suivant
l’exposition aux fibres d’amiante sont moins liés à sa nature chimique
qu’à ses caractéristiques géométriques : fibres creuses et pointues qui
se plantent dans les tissus pulmonaires et provoquent des nécroses

A soulevé de nombreuses questions quant au risque présenté par les autres fibres
minérales utilisées dans le bâtiment (laine de verre, de laitier ou de roche)
Mesures de protection imposées dans le cadre de la règlementation du travail,
pour les professionnels qui installent ce type de matériaux 35

Les polluants des ambiances intérieures


Particules et fibres : impact sur la santé

Pathologies et risques associés à l’exposition aux particules et fibres

Exposition chronique aux particules :


 Augmentation du risque de contracter des maladies cardiovasculaires,
respiratoires (obstruction pulmonaire), et des cancers pulmonaires (OMS)
 Amplification de la symptomatologie allergique

L’impact sanitaire des nanoparticules fait toujours débat


 Des expériences animales avec des nanoparticules de TiO2
ont montré des effets sur le développement et des effets
génotoxiques Image MEB de nanoparticules
 Les nanoparticules de TiO2 ont été classées 2B par le CIRC de TiO2 agglomérées

Après avoir été un temps classées dans la catégorie 2B (cancérogène possible), les
laines minérales artificielles ont été rétrogradées en catégorie 3 par le CIRC

Les fibres organiques des isolants d'origine végétale ou animale (chanvre, lin, coton,
cellulose, laine de mouton) n'ont pas encore été soumises a une évaluation
toxicologique rigoureuse 36
Les polluants des ambiances intérieures
Composés organiques volatils (COV)

Les composés organiques volatils contiennent du


carbone et de l’hydrogène, plus éventuellement :
Température
 Des atomes d’oxygène  COV oxygénés (ou carbonylés)
d’ébullition
 Des atomes de fluor (F), chlore (Cl), brome (Br)
ou iode (I)  COV halogénés
380-400°C
La volatilité est une caractéristique physico-chimique des
Composés
substances qui traduit leur propension à se vaporiser
organiques
facilement. Elle s’exprime à travers la température
semi-volatils
d’ébullition (tables thermodynamiques) : plus Teb
240-260°C
diminue, plus le composé est volatil
On parle de composé organique volatil si sa
température d’ébullition est inférieure à 240- Composés
260°C. Au-delà la substance est dite semi-volatile organiques 50-100°C
(COSV, voir ci-après) volatils
(très volatils
600 composés organiques volatils différents si Teb < 50 C)
0
peuvent être considérés comme des polluants
de l’air intérieur (Jensen et Wolkoff, 1996)*
*VOCBASE – odor thresholds, mucous membrane irritation thresholds and physico-chemical parameters. National Institute of Occupational Health, Copenhagen 37

Les polluants des ambiances intérieures


Composés organiques volatils (COV)

Les COV se répartissent en plusieurs familles


et sous-familles :

Hydrocarbures (C,H) Benzène (C6H6)

 alcanes, alcènes n-décane, n-undécane, ...


 composés aromatiques benzène, toluène , xylène, styrène,...
 terpènes(*) d-limonène, a-pinène, isoprène, menthol, camphre, …

Composés oxygénés (C,H,O)


 aldéhydes formaldéhyde, acétaldéhyde, hexaldéhyde, acroléine ...
 cétones acétone, butanone, 4-méthylpentan-2-one,..
 alcools n-propanol, propanediol, 2-éthylhexanol,...
 acides carboxyliques acide acétique, acide propanoïque,...
Formaldéhyde (HCHO)
 éthers de glycol et acétates 2-butoxyéthanol, 1-méthoxy-2propylacétate, …

Composés chlorés (C,H,Cl) tétrachloroéthylène, 1,4-dichlorobenzène,...


(*)
COV biogéniques : composants majeurs de la résine - principaux éléments des essences végétales aromatiques encore appelées « huiles essentielles », 38
Composés odorants ayant des propriétés détergentes et odorantes  utilisation dans les produits de nettoyage et les déodorants d’ambiance
Les polluants des ambiances intérieures
Composés organiques volatils (COV)

Sources de COV :
Milieu extérieur : air (ventilation), sol (réhabilitation
de friches industrielles avec sol pollué) 98
Occupants, par la respiration et les émissions par le
corps (biogéniques ou par produits cosmétiques)
Combustions : chauffage bois (aromatiques, alcanes),
cuisine, tabagisme, encens, bougies... 85
Appareils d’impression (photocopieurs, imprimantes)
Produits d’entretien (terpènes, formaldéhyde, …)
Déodorants d’ambiance (terpènes)
Ordinateurs 86

Moisissures (COV microbiens, voir plus loin)


Matériaux de construction, décoration, mobilier
 Emissions primaires (COV initialement contenus dans le matériau)
 Emissions secondaires de COV sous l’effet de l’humidité, de l’ozone ou du
rayonnement (aldéhydes et autres composés carbonylés toxiques et odorants) 39

Les polluants des ambiances intérieures


Composés organiques volatils (COV)

2-butoxy-éthylacétate
Concentrations en COV dans les logements français 1-méthoxy-2propylacétate
20 styrène
Présent dans 100%
trichloroéthylène
des logements
Acroléine
Concentration (mg/m3)

15 tétrachloroéthylène
2-butoxyéthanol
1 méthoxy2propanol
Benzène
10 Éthylbenzène
o-xylène
1,2,4-triméthylbenzène
5 1,4-dichlorobenzène
n-décane
m/p xylène
n-undécane
0
Intérieur Extérieur Acétaldéhyde
toluène
Médiane des concentrations en COV mesurées dans les 567 logements de la
Hexaldéhyde
campagne nationale logements de l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur
Formaldéhyde 40
Les polluants des ambiances intérieures
Composés organiques volatils (COV) : effets sur la santé

Outre leur toxicité, nombre de COV présentent un risque Cancérigène,


Mutagène ou Reprotoxique (CMR) avéré ou probable

Classement CIRC Classement CE Classement CE Classement CE


Substance
Cancérogénicité Cancérogénicité Mutagénicité Reprotoxicité
Acétaldéhyde 2B 2
Acroléine 3
Benzène 1 1A 1B
Dichloropropane 1 1B
Dichlorométhane 2A 2
Ethanol 1
Formaldéhyde 1 1B 2
Tétrachloroéthylène 2A 2
Trichloroéthylène 1 1B 2
Classification par le CIRC et la Commission Européenne de COV sélectionnés (2017; liste non exhaustive)
– Voir la signification des classifications en diapositive
87
Plusieurs COV biogéniques (COV d’origine naturelle émis par la végétation et notamment
le bois), comme le d-limonène ou le a-pinène, sont reconnus comme étant des
allergènes possibles 41

Les polluants des ambiances intérieures


Composés organiques volatils (COV) : effets sur la santé

L’exposition aux COV sur les lieux de travail est aussi reconnue comme un des facteurs du
Syndrome du Bâtiment Malsain (SBM, syndrome collectif dans un même bâtiment)
Définition de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) :
« Réaction de la majorité des occupants d'un immeuble à leur environnement intérieur,
réaction qui ne peut pas être directement reliée à des causes évidentes telles qu'une
exposition à une concentration excessive d'un contaminant connu ou à
une défectuosité d'un système de ventilation »
Pathologie : 11 symptômes tendant à disparaître quand la personne quitte
son lieu de travail
Yeux secs, yeux larmoyants, nez bouché, nez coulant, gorge sèche,
poitrine oppressée, symptômes grippaux, peau sèche, peau irritée
ou irruptions, maux de tête, apathie/fatigue

Caractérisation du niveau de SBM dans les bâtiments par


des questionnaires remis aux occupants  calcul de
l’indice BSI = nombre moyen de symptômes ressentis par
personne (0 < BSI < 11)
L’indice BSI est généralement plus élevé dans les bâtiments neufs, caractérisés
par des concentrations en COV élevées du fait des émissions par les matériaux 42
Les polluants des ambiances intérieures
Composés organiques semi-volatils : les pesticides

Il existe de nombreux usages des pesticides dans les bâtiments


Milieu extérieur (ventilation) : pesticides agricoles, herbicides, produits phytosanitaires
Traitements antiparasitaires pour les animaux
domestiques, sous forme de collier ou autre(1)
Insecticides ménagers, par exemple anti-moustiques,
sous forme de spray ou diffuseur sur prise
électrique(2), ou anti-acariens pour les literies
Produits d’entretien : produits de nettoyage vendus
comme étant antibactériens ou anti-moisissures
Isolant laine de mouton
Matériaux de construction et mobilier en bois :
 Matériaux biosourcés : traitements anti-rongeur / antimites,
fongicides, ignifuges
88 - 92
 Bois : traitement systématique avant commercialisation contre
les champignons lignivores et les insectes xylophages, et/ou
traitements antiparasitaires des charpentes
(1) Le 17 avril 2012, l’ANSES a retiré l’autorisation de mise sur le marché d’un certain nombre de colliers présentant un
risque sanitaire par exposition cutanée
(2) Toutes les solutions alternatives aux produits chimiques (pyréthrinoïdes) sont inefficaces contre les piqures de
moustiques: huiles essentielles, huiles végétales, citronnelle, appareils UV ou ultrasons (Que Choisir n°439, 2011) 43

Les polluants des ambiances intérieures


Composés organiques semi-volatils : autres substances (sources)

Phtalates : DMP, DEP, DEHP, DINP…


Plastifiants pour matériaux plastiques souples : sol PVC, papier peint lessivable,
rideau de douche, cosmétiques, parfum, adhésifs, jouets, mobilier, …
NB : 20 m2 de sol vinyle = jusqu’à 20 kg de phtalates !
Phényl-éthers polybromés (PEPB) et sustances organo-posphorées :
retardateurs de flamme utilisés dans les mousses, tissus, appareils
électriques
NB : Matelas  jusqu’à 3 kg de retardateur de flamme
Polychlorobiphényles (PCB) – Utilisés dans les produits
d’étanchéité des bâtiments et colles – Interdits depuis
1987 mais substances très persistantes
Composés fluorés
Produits de construction et de consommation
Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) :
Combustions (trafic, encens, tabagisme, cuisson)
85
Parabènes (conservateurs cosmétiques), Bisphénol A
(plastiques alimentaires), Alkylphénol et nonyl phénol
(tensio-actifs des détergents) 44
Polluants des ambiances intérieures Phtalates
COSV : état de la pollution
Air
De par leur faible volatilité, les substances
appartenant à la famille des COSV sont présentes Composés
bromés
dans 3 compartiments des ambiances intérieures :
 La phase gazeuse (air ambiant) Composés
fluorés
 Les particules en suspension
 Les particules déposées au sol ou sur le mobilier 1 10 101 102 103 104 105
Concentration (pg.m-3)
Dans tous les cas, leurs concentrations sont très
Médiane Moyenne
faibles  voir ci-contre et diapositives suivantes
(NB : 1 ng = 10-9 g, 1 pg = 10-12 g) et donc
Phtalates
difficilement mesurables
Une autre caractéristique des COSV, toujours liée à HAP
leur faible volatilité, est qu’ils sont émis dans l’air en
des quantités très faibles mais pendant des temps Composés
très longs par les matériaux qui les contiennent bromés
 Polluants persistants dans les bâtiments : on y Composés Poussière
trouve encore des substances interdites depuis fluorés
plusieurs années, comme les PCB ou le lindane 101 102 103 104 105 1 10
(interdit en 1998 !) Concentration (ng.g-1)
Concentrations en COSV mesurées dans des logements à Ottawa (source : Zhu et al, IAQVEC 2007) 45

Les polluants des ambiances intérieures


COSV : état de la pollution

Concentrations en COSV dans la poussière déposée des logements français

ng/g Phtalates BPA, perméthrine Muscs, BDE-209 HAP, PBDE PCB


(> 10 µg/g) (> 1 µg/g) ( 100 ng/g) (10-100 ng/g) ( 1 ng/g)
1 000 000
337 100
100 000
143 000
4 240 Median
Médiane
10 000
16 960
757
1 000 2 612

322
100
25 17
8 7 7 6 6
10 25

1
Benzo(a)pyrene
DBP
DEHP

Fluorene

BDE 99
DiNP

Galaxolide
DEP

Lindane

BDE 47
DiBP

Permethrin

PCB 101

PCB 118
PCB 138
BBP

Bisphenol-A

Tonalide

PCB 153
Anthracene
BDE 209

Phenanthrene
Tributylphosphate

4,4-DDE

N =3 581 991 logements

Source : thèse Corinne Mandin (2015) – Résultats issus de la campagne nationale Plomb-habitat : analyse d’échantillons de
poussière prélevés dans les sacs d’aspirateur de 145 logements hébergeant des enfants de moins de 6 ans 46
Les polluants des ambiances intérieures
COSV : état de la pollution

Concentrations en COSV dans les PM10 en suspension dans l’air des logements français
Phtalates Triclosan, HAP Perméthrine, HAP PBDE + PCB
pg/m3 (> 1 ng/m3) (100-300 pg/m3) (10-100 pg/m3) ( 1 pg/m3)
100 000
46 000

10 000
7 900

1 600 306 Median


Médiane des
1 000 concentrations
178
114
100
229
56 11 9
10
5
2 2
1
2 1 1

Benzo(a)anthracène
Benzo(k)fluoranthène
DEHP

PCB 101
DiNP

Pyrène

4,4'-DDT
PCB 153
PCB 138
PCB 118

PCB 180
Triclosan

Perméthrine

Fluorène
DiBP

PBDE 99
Benzo(a)pyrène

Chrysène

PBDE 47
Benzo(ghi)pérylène
BBP

Phenanthrène
Benzo(b)fluoranthène

Indéno(123cd)pyrène

Dibenzo(ah)anthracène

Anthracène
Fluoranthène

N=24 672 136 logements

Source : thèse Corinne Mandin (2015) – Résultats issus de la campagne nationale logement de l’OQAI : analyse des PM10
prélevées dans l’air de 285 logements 47

Les polluants des ambiances intérieures


COSV : voies d’exposition

Les COSV présents dans les environnements intérieurs peuvent


pénétrer dans l’organisme par la respiration, l’absorption par la
peau et l’ingestion de particules (enfants en bas âge)

Voie Absorption
Origine Ingestion Inhalation
par la peau
Inhalation gaz
Eau +
Aliments Inhalation
( emballage) + particules
Ingestion Absorption
directe peau
Cosmétiques + particules (enfants)

Air + + + Sorption sur


les particules(*) Dépôt particules
+absorption peau
Une étude récente pointe la contribution de
l’absorption par la peau pour les substances Dépôt particules
présentant :
 Une masse molaire élevée Emission dans
l’ambiance
 Un fort coefficient de partition air/lipide
 Voir diapositive suivante (*) partitionnement air / poussières différent suivant les espèces 48
Les polluants des ambiances intérieures
COSV : voies d’exposition

Etude de Weschler et al, EHP, 2015 : 6 sujets exposés à des concentrations élevées en DEP et
DnBP avec et sans capuche autour de la tête (protection des voies respiratoires)

Analyses des métabolites dans les


DEP DnBP
urines après 54 h

49

Les polluants des ambiances intérieures


COSV : effets sur la santé
Articles téléchargeables sur le
Développement de cancers site de l’APPA
[Link]
Leucémies infantiles (Turner et al, 2010)
 Lien avec l’utilisation pendant la grossesse d’insecticides (OR
= 2.05; IC95% 1.80-2.32) et d’herbicides (OR = 1.61; IC95%
1.20–2.16)
 Lien avec l’exposition pendant l’enfance aux insecticides
(OR = 1.61; IC95% 1.33-1.95)
Cancers hormonaux (sein, vagin, testicules, prostate)

Perturbations du système endocrinien(1,2)


Système reproducteur : les pesticides sont particulièrement incriminés mais les
phtalates, les phénols et les parabènes sont aussi suspectés
 Baisse de la fertilité masculine: déclin de la spermatogénèse observé et évalué à
50% en 50 ans (Carlsen et al, 1992)
 Puberté précoce : âge de référence = 10 ans 5 mois en 1970, 9 ans 7 mois en 1998
(1) Le
système endocrinien est composé de plusieurs organes (pancréas, surrénales, testicules, ovaires, thyroïde, …) qui secrètent des
hormones diffusées dans le sang. Il coordonne les organes et les tissus pour assurer le fonctionnement correct de l’organisme
(2) Perturbateur endocrinien : substance ou mélange exogène altérant les fonctions du système endocrinien et induisant donc des effets
nocifs sur la santé d’un organisme intact, de ses descendants ou sous-populations (UE, 1996) → perturbations trans-générationnelles 50
Les polluants des ambiances intérieures
COSV : effets sur la santé

Système respiratoire
Augmentation du risque d’asthme chez les enfants en
fonction de la quantité de di(2ethylhexyl)phtalate dans
 Certains pesticides sont associés au la poussière des logements (Bornehag et al, 2004)
syndrome de Sensibilité Chimique
3
Multiple (hypersensibilité à diverses
substances présentes dans l’air)

Risque relatif d’asthme


 Les COSV, et en particuliers les 2
phtalates sont une des causes de la
recrudescence de l’allergie et de
l’asthme 1

 L’étude de Bornehag et al (2004)


montre une corrélation nette 0
entre eczéma/asthme et
0.3 0.6 1.0 2.1
concentrations en phtalates dans
Concentration moyenne en phtalate
la poussière des logements
mg de DEHP par g de poussière domestique
51

Les polluants des ambiances intérieures


COSV : effets sur la santé

Système immunitaire
Système nerveux central et développement
 Chez les agriculteurs, l’exposition aux pesticides double le risque de survenue de
Parkinson (Elbaz et al, 2009)
 Augmentation du risque de handicap mental lié à l’exposition de la mère aux PEPB et
PCB
 Augmentation de l’agressivité, et diminution de l’activité motrice, de la
mémoire, de l’attention chez les enfants (Bisphénol A, Braun et al, 2009)

Système métabolique et cardio-vasculaire Bisphénol A

 Le diabète de type I est en augmentation en France comme en


Europe depuis 20 ans (augmentation moyenne de 3.9% par an).
L’hypothèse environnementale est retenue (étude TEDDY)
 Obésité, diabète de type II, maladies cardiovasculaires, AVC sont
en forte recrudescence. Les perturbateurs endocriniens font
partie des multiples facteurs qui expliquent cette situation
52
Les polluants des ambiances intérieures
Biocontaminants : virus et bactéries

Particules de taille comprise entre 0.4 et 5 mm


Les occupants (animaux y compris) sont les principaux
émetteurs de bactéries dans l’air par la respiration, la 95
parole, la toux, les éternuements et les squames
 La majorité des bactéries émises ne sont
cependant pas pathogènes (aucun risque
pour la santé)
Temps de survie de différentes souches
 Les microgouttelettes contenant les virus du virus de la grippe dans l’air intérieur
ou bactéries peuvent être projetées à 6 m porcine aviaire
lors d’une épisode de toux/éternuement

Les virus ont une durée de vie limitée


lorsqu’ils sont émis dans l’air 
décroissance plus ou moins rapide de la
concentration dans l’air et donc du risque

Jusqu’à la Covid 19, la transmission des maladies


virales (grippe, gastro-entérite) était considérée
comme s’effectuant surtout par toucher via les
surfaces : poignées portes, WC, … Source : Pyankov et al, Journal of Aerosol Science, 2012 53

Les polluants des ambiances intérieures


Biocontaminants : virus et bactéries

Covid 19 : un cas particulier particulièrement critique dans les environnements intérieurs ?


« 90% des contaminations qui ont pu être tracées l’ont été dans
des environnements intérieurs » (bâtiments et transports en
commun principalement) – Billet sciences France Info 29/07/2020
 Charges virales importantes dans l’air du fait de l’aérosolisation
(virus portés par de fines particules qui restent en suspension
dans l’air) et de l’accumulation de virus par manque de
renouvellement d’air ?
 Forte dispersion des particules dans les locaux climatisés par le brassage de l’air ?
 Persistance de la Covid 19 sur les surfaces (paroi, mobilier) ?

Comparaison des durées de demi-vie (en h) du SARS-Cov 1 (2003) et SARS Cov 2 sur différents types de surfaces
Aérosol (air) Cuivre Carton Acier inox Plastique

Source : The new england journal of medicine, 2020


Les polluants des ambiances intérieures
Biocontaminants : moisissures

Les spores pénètrent dans les bâtiments par la


ventilation et les occupants (voir ci-après) et se
déposent sur les surfaces
Les spores germent et la flore fongique se
développe si 3 conditions sont réunies :
 Chaleur suffisante
 Surfaces humides
Condensation (pont thermique)
Infiltrations d’eau / dégât des eaux
 Support nutritif suffisant Développement fongique mesuré après 2, 7, 16 et 23
jours sur différents matériaux exposés à de même
Dépend de la nature du matériau conditions d’ambiance (source Draghi et al, 2013)

Plus de 120 espèces de champignons recensées dans l’habitat


Mucor Aspergillus Cladosporium Ulocladium Penicillium Aureobasidium

55

Les polluants des ambiances intérieures


Biocontaminants : moisissures

Les moisissures émettent :

Des spores (taille de 2 à 100 mm) qui sont


allergisantes et peuvent provoquer des rhinites,
des bronchites allergisantes ou de l’asthme

Des mycotoxines capables de provoquer une


affection du système immunitaire, une hémorragie
pulmonaire (cas de morts précoces de nourrissons),
voire une altération des capacités mentales à très
forte exposition

Des Composés Organiques Volatils Microbiens (COVM)


qui ont des propriétés irritantes et sont à l’origine des
odeurs de moisi ou de renfermé dans les lieux
insuffisamment aérés(*)

(*)Les composés organiques volatils microbiens sont principalement des alcools aliphatiques, des cétones et des
terpènes. Le seul Aspergillus Clavatus émet jusqu’à 50 COVM différents 56
Les polluants des ambiances intérieures
Biocontaminants : allergènes végétaux et animaux

Pollens
 Taille supérieure à 10 mm
 Proviennent de l’extérieur ou sont
émis par les plantes d’intérieur
 10 à 30% de la population mondiale
serait allergique aux pollens
Pollen pin

Blattes (déjections)
Divers pollens

 Se développent dans les endroits poussiéreux,


les vide-ordures

 Une blatte peut avoir jusqu’à 100 000


descendants !!!

Blattes germaniques 57

Les polluants des ambiances intérieures


Biocontaminants : allergènes végétaux et animaux

Chien, chat (principalement protéines salive)

Particules allergènes de petite taille, surtout dans le cas du


chat ( < 2.5 mm)

 Peuvent rester en suspension dans l’air plusieurs heures


 Peuvent être retrouvées dans des bâtiments où il n’y a pas de chat

Particules se fixent facilement sur les vêtements,


participant à la contamination de bâtiments où les
animaux domestiques sont interdits

Le délai pour passer de la sensibilisation à l’allergie


peut être de plusieurs années (notamment dans
le cas du chien)

58
Les polluants des ambiances intérieures
Biocontaminants : allergènes végétaux et animaux

Acariens (déjections)
5 familles, divisées en 18 genres et 48 espèces
Mesurent de 250 à 350 mm - 10 à 40 mm
pour les particules fécales (1)
Se nourrissent essentiellement de protéines
contenues dans la poussière et de débris
humains et animaux (2)
Se développent dans les tapis, moquettes, matelas(3), oreillers, le pelage
des animaux, les peluches ...

Facteurs de survie et développement (4)

Température Humidité Altitude


15°C < T < 35°C 55% < < 85% < 1500 m

(1) Durant sa vie, un acarien produit 200 fois le poids de son corps en matières allergisantes !
(2) un adulte perd en moyenne 1.5 gramme de peau morte par jour. C'est suffisant pour nourrir environ 1 million d'acariens !
(3) Un couple d’acariens peut donner naissance à plus de 200 000 descendants en 4 mois … un lit peut contenir jusqu’à 2 millions d’acariens 59
(4) Durée vie des acariens = 3 mois dans des conditions optimales, seulement 4 à 11 jours si l'humidité est inférieure à 50%

Evaluation des risques sanitaires

Les méthodes de caractérisation des risques sanitaires


liés à la présence de polluants dans l’air dépendent de
l’effet suscité par l’exposition aux substances :

 Toxicité avec effet de seuil


Les effets sanitaires apparaissent si l’exposition
est supérieure à un certain niveau

 Cancérogénicité sans effet de seuil


Toute exposition est dangereuse mais le risque de
cancer augmente avec l’exposition

 Perturbation du système endocrinien

Certaines substances peuvent avoir plusieurs effets :


 Le formaldéhyde et le benzène sont à la fois toxiques et cancérigènes
 Certains COSV sont à la fois cancérigènes et des perturbateurs endocriniens
60
Evaluation des risques : effet toxiques à seuil

Le risque sanitaire est évalué en appliquant le paradigme établi


par Paracelse au 16ième siècle : « C’est la dose qui fait le poison »

Concentrations Pour une exposition par inhalation,


de la substance dans les l’exposition est classiquement prise égale à
différents environnements la concentration moyenne (pondérée par le
fréquentés par les individus temps) à laquelle sont exposés les individus
étudiés pendant la période d’observation

Calcul de l’exposition = quantité


(dose) de substance absorbée
pendant la période d’observation
Budget espace/temps
Qualification du
des individus
risque sanitaire :
Indique la proportion du temps oui/non
où se trouvent les individus Valeur Toxicologique de Référence
pendant la période d’observation (VTR) = seuil de risque

Les VTR des substances sont définies à partir « Oui » si Exposition  VTR
d’expériences animales en appliquant un
facteur de sécurité (au minimum de 100)
pour la transposition à l’homme 61

Evaluation des risques : effets cancérigènes

Toute exposition présentant un risque(*), le niveau de risque est exprimé en Excès de Risque
Individuel (ERI) = Excès de cas de cancer attendus dans une population exposée sur une vie
entière (fixée à 70 ans) à une concentration donnée du polluant concerné

Substance ERI Cancer


1x 10-6(0,2 mg/m3)
Benzène(1) Leucémie
1 x 10-5 (2 mg/m3)
2,7 x 10-8 (125 mg/m3) Voies respiratoires,
Formaldéhyde(2)
1,0 x 10-6 (250 mg/m3) Leucémie
Trichloréthylène(2) 4,3 x 10-7 (1 mg/m3) Poumon, Testicules
0,6 x 10-5 /(Bq/m3) - non fumeur
Radon(2) Poumon 95
15 x 10-5 /(Bq/m3) – fumeur à vie

(1) World Health Organization, Regional office for Europe. WHO guidelines for indoor air quality: selected
pollutants. Téléchargeable à l’adresse
[Link]
(2) ANSES. Valeurs Guides de Qualité de l’air intérieur, 2008

(*) Dans
les faits, pour quelques rares substances et notamment le formaldéhyde, il n’y aurait pas de risque avéré
en dessous d’une certaine exposition 62
Evaluation des risques : perturbateurs endocriniens

Changement de paradigme
Le principe fondateur en toxicologie « c’est la dose qui fait le poison » est remis en cause
dans le cas des perturbateurs endocriniens :

La période d’exposition in utero apparaît déterminante 94


« La période fait le poison », et l’origine des temps pour
l’exposition n’est pas la naissance mais le début de la gestation
La graduation des effets à la dose
« Avec certains perturbateurs endocriniens, on peut observer des
effets à faible dose, mais pas à dose élevée », Birnbaum (2010)

Le temps écoulé entre l’exposition et ses effets


 Les effets cliniques néfastes peuvent apparaître
longtemps après que l’exposition ait cessé
 Les effets peuvent être transmis a posteriori aux futures
générations en modifiant l’expression des gênes, entraînant des
pathologies sur plusieurs générations
63

Evaluation des risques : perturbateurs endocriniens


En absence de méthode d’évaluation des risques, le principe de précaution conduit
pour l’heure à restreindre ou à interdire l’usage des substances incriminées
Nombre de substances appartenant à la famille des COSV ont été classés CMR ou PE par
l’UE et font en ce sens l’objet de restrictions ou d’interdictions sur le territoire européen
Elles sont complétées par des lois interdisant complètement ou partiellement l’usage
de certaines substances sur le territoire français
Interdiction en
Substances Usages
France
Isolants électriques utilisés dans les transformateurs électriques mais aussi de
PCB nombreux appareils électroménagers, des peintures et des colles. Classés 2A 1987
(cancérogènes probables) par le CIRC, 1 pour le PCB 126
Insecticide organochloré utilisé pour le traitement des bois de charpente,
Lindane 1988
les traitements antipuces et anti-poux
Phtalates utilisés dans les matériaux synthétiques souples (principalement 2009 (matériaux
DEHP et DBP
revêtement de sol) de construction)
Insecticide organochloré utilisé dans les produits anti-moustiques (bombes
Dichlorvos aérosol, plaquettes ou diffuseurs à brancher sur une prise électrique). 2013
Classé 2B (cancérigène possible) par le CIRC
Chlorpyrifos Acaricide et insecticide ménager (traitement des literies) 2004
2015 (plastiques
Bisphénol A Plastiques alimentaires, tétines de biberon
alimentaires) 64
Evaluation de la qualité olfactive de l’air
Considérations générales

Une forte odeur peut résulter :

 D’une faible concentration en une substance


présentant un fort pouvoir odorant 98

 De la présence simultanée de plusieurs polluants en


concentrations très faibles

Composés Concentration (mg/m3)


Hydrogène sulfuré (H2S) 0.0047
Sulfure organique 0.07
Mercaptans 0.003 Exemple :
Amines 0.4 ordures ménagères
Acides organiques 1.5 D’après ANDERSON (1984)
Scatole 0.22
Alcools 0.3

La perception des odeurs dépend de nombreux facteurs : psychologiques,


sociologiques, ethniques, … (voir ci-après) 65

Evaluation de la qualité olfactive de l’air


Considérations générales

Une odeur a un caractère affectif (hédonique)

Le caractère hédonique d’une


odeur peut varier en
fonction de son Forte odeur
Concentration

intensité de soufre Clou girofle


Urine de chat Géranium

Cassis Rose

8-mercapta-menthone eugéniol

Dans la pratique, la connaissance des seules concentrations en polluants


olfactifs permet difficilement de juger de la qualité de l’air perçue
La caractérisation des odeurs se fait de manière empirique par jugement
d’un panel d’individus entraînés ou pas (jury de nez)
66
Evaluation de la qualité olfactive de l’air
Intensité de l’odeur

Source : projet européen AIRLESS Panel note la force de la sensation


6.0 perçue à partir d’équivalences
préétablies
Intensité de l’odeur

5.5

5.0

4.5

4.0
Forte odeur 4
3.5
200,000 300,000 400,000 500,000 600,000 700,000
Odeur modérée
Nombre de bactéries (CFU/m2) 3
Faible odeur
2
Simple perception
Intensité d’une odeur résultant de la de l’odeur 1
présence de bactéries à la surface
Pas d’odeur 0
interne d’un humidificateur
67

Evaluation de la qualité olfactive de l’air


Intensité de l’odeur

L’intensité perçus d’une odeur varie en fonction de


la concentration du composé odorant suivant la loi
de Steven :

S = kC n
avec 0.2 < n < 0.7 suivant les composés
Division par 2 de l’intensité
de l’odeur :
Sensation odorante S

 Division par 3 de la
concentration si n = 0.2

 Division par 30 de la n = 0.7


concentration si n = 0.7 ! n = 0.2

Concentration
68
Evaluation de la qualité olfactive de l’air
Caractère hédonique de l’odeur

Notation de l’appréciation de l’odeur par le panel sur une échelle préétablie


ayant pour extrémités les propositions sensations très plaisante et très
désagréable
Filtre (Q =200 l/s) Joint (Knudsen; 1998)
Acceptabilité de l’odeur Moquette (Knudsen; 1998) Polyolifine (Knudsen; 1998)
1
résultant de différents

Acceptabilité moyenne
0.8
éléments du bâtiment ou 0.6
de l’installation en fonction 0.4
0.2
du facteur de dilution 0
-0.2
-0.4
Source : Projet européen
-0.6
AIRLESS -0.8
-1
1 10 100
Remarques : Facteur de dilution

Augmentation de l’intensité Augmentation de l’insatisfaction


d’une source désagréable
Augmentation de l’intensité d’une La sensation peut devenir désagréable
source odorante jugée plaisante 69

Evaluation de la qualité olfactive de l’air


Facteurs influençant la sensation olfactive

Acuité olfactive du récepteur


96
Culture du récepteur
97
Durée et fréquence de
l’exposition

Etat psychique et
« confort » de l’individu

Contexte de l’exposition
à l’odeur
97
Vision de la source olfactive Etude de l’influence de la température et de
l’humidité sur la perception des odeurs liées
Paramètres environnementaux aux émissions des matériaux
de l’ambiance (température,
Source : FANG, CLAUSEN et FANGER (1996)
humidité)
70
Diagnostic de qualité de l’air intérieur
Quels polluants retenir pour le diagnostic ?

L’OQAI(1) et l’ANSES(2) ont établi une hiérarchisation des


polluants dans les logements, les bureaux et les écoles Classe A: Logements (15)
en croisant les données de concentrations dans ces formaldéhyde
bâtiments et les données toxicologiques des substances benzène
monoxyde de carbone
Classement des polluants en Classe A: Ecoles (6)
di-2-éthylhexylphtalate(DEHP)
5 groupes : formaldéhyde acroléine
 A: Hautement prioritaires benzène plomb
 B: Très prioritaires acétaldéhyde acétaldéhyde
 C: Prioritaires PM10 et PM2.5 PM10 et PM2.5
 D: Non prioritaires chrome cadmium
 E: Inclassables arsenic
Classe A: Bureaux (5) benzo[a]pyrène
NB : ces classements ne sont benzo[a]anthracène
benzène
pas figés mais sont voués à 1,4-dichlorobenzène
PM2.5
évoluer en fonction des chloroforme
mélange de PCB
connaissances toxicologiques
éthylbenzène
et des niveaux d’expositions
formaldéhyde
(1) Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur
(2) Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail 71

Diagnostic de qualité de l’air intérieur


Mesure de l’activité du radon

Plusieurs solutions pour faire un diagnostic radon :

 Poser dans les pièces des dosimètres et les faire analyser en


laboratoire : mesure de la concentration moyenne en radon
pendant la période où les dosimètres ont été exposés ( 25 €
pour un dosimètre + analyse)

 Utiliser des compteurs qui donnent une mesure instantanée


ou intégrée sur quelques jours de l’activité du radon (à partir
de 250 €)
 Faire appel à un organisme agréé par l’Autorité de Sureté
Nucléaire (ASN)

L’activité volumique du radon est à mesurer dans les parties basses


des bâtiments (sous-sol, rez-de-chaussée) sauf cas particulier
(suspicion d’émission par les matériaux de construction par exemple)

Le radon fait l’objet d’une surveillance obligatoire dans les ERP


de certains départements (voir cours règlementation)
72
Diagnostic de qualité de l’air intérieur
Mesure des concentrations en microorganismes (bactéries, spores)

Mesures avec un système préleveur / impacteur puis mise en culture et comptage


 Aspiration d’un débit d’air Q pendant un temps t avec le préleveur : Impaction des
microorganismes sur la gélose placée en travers de l’écoulement dans le préleveur
(gélose = support nutritif favorable au développement des espèces dont on
souhaite mesurer les concentrations)
 Incubation en étuve (conditions de température / humidité favorables au
développement des microorganismes)
 Comptage des colonies au microscope  Concentrations exprimées en Unité
Formant Colonie (UFC) /m3air
Après incubation en étuve pendant quelques jours…
Impacteur
Débit d’air
normalisé
Q Pompe

Boîte de pétri
(gélose)
Q
Temps de prélèvement  Volume d’air prélevé Aspergillus brasiliensis Staphyloccocus epidermidis 73

Diagnostic de qualité de l’air intérieur


Mesure des concentrations en particules en suspension

Les concentrations en particules en suspension (PM10 / PM2,5) peuvent être mesurées


de 2 façons :

Par un système de préleveur (concentration en masse) :

 Collection des particules sur un filtre sélectif placé dans le


préleveur pendant un temps t en h (débit du préleveur Q m3/h)
 Pesée du filtre  masse m en mg
 Calcul de la concentration moyenne en
 C
particules (mg/m3) pendant la période t Compteur de particules

Par un compteur optique (concentration en nombre)


Mesures en continu du nombre de particules / m3air dans différents
segments de taille (par ex. 0,1-0,2 µm; 0,2-0,35 µm, …) 31

Problème de la conversion de concentrations en nombre en concentrations


massiques, unité dans laquelle sont exprimées les valeurs guides : la masse volumique
des particules dépend de leur taille et de leur composition chimique, qui peut être très
variable
74
Diagnostic de qualité de l’air intérieur
Mesure des concentrations en polluants gazeux

Il existe 2 grands types de méthodes suivant les polluants, leur niveau de concentration
dans l’air, et l’exploitation que l’on veut faire de la mesure :

Instruments portables avec lecture directe à coût abordable


pour les substances dont les concentrations sont élevées
 Monoxyde de carbone
 Dioxyde de carbone
 COV totaux (concentration de tous les COV se situant dans
une certaine gamme de volatilité, exprimée en équivalent
toluène le plus souvent)
 …

On trouve sur le marché


beaucoup d’instruments qui ne
sont ni suffisamment sensibles, ni
suffisamment sélectifs pour
! obtenir une mesure fiable des
concentrations en polluants pour
lesquels ils sont vendus
75

Diagnostic de qualité de l’air intérieur


Mesure des concentrations en polluants gazeux

 Les sondes de COV Totaux ne permettent pas de juger de la qualité sanitaire de l’air mais
d’identifier des sources d’émission en croisant les profils mesurés et les activités dans la
pièce où ont été mesurées les concentrations

 L’enregistrement des concentrations en CO2 permet de retrouver le taux de renouvellement


d’air de la pièce par ajustement à un modèle de conservation massique simple (voir TD)

Concentration en COVT (µg/m3) - Salle LPEC Génie Civil Concentration en CO2 ( ppm ) - Salle LPEC département Génie Civil
600 4000

Week-end 3500
500
 Faible occupation de la salle (semaine projet, max 12 personnes)
 Temps doux : larges périodes d’aération
3000

400 2500

2000
300

1500
Objectif qualité
200
1000 Moyenne en période
d’occupation : 1130 ppm
100 500
NB : période d’occupation = 9h00 à 18h00 les jours ouvrés
0
02/03/2017 00:00 04/03/2017 00:00 06/03/2017 00:00 08/03/2017 00:00 10/03/2017 00:00 12/03/2017 00:00
0
02-mars-17 [Link] AM 04-mars-17 [Link] AM 06-mars-17 [Link] AM 08-mars-17 [Link] AM 10-mars-17 [Link] AM
Temps

Suivi des concentrations en CO2 et COVT dans une salle de cours de l’IUT de La Rochelle 76
Diagnostic de qualité de l’air intérieur
Mesure des concentrations en polluants gazeux

Echantillonnage actif ou passif sur adsorbant (tube) et analyse différée en laboratoire


pour les substances dont les concentrations sont faibles (ordre du µg/m3)  COV
 Échantillonnage actif avec une pompe de débit
calibré  prélèvement de quelques minutes à
quelques heures pour recueillir une masse de
polluant suffisante sur l’adsorbant

Actif  ponctuel
Passif  moyen

Comparaison échantillonnage actif/passif


 Échantillonnage passif par diffusion naturelle
du polluant vers le tube d’adsorbant 
prélèvement pendant 8h à plusieurs jours
(flux capté plus faible qu’avec une pompe) Echantillonneurs passifs

Dans les 2 cas, les concentrations sont déterminées en laboratoire, en mesurant la masse
captée par les tubes adsorbants et en la rapportant au temps et au débit d’échantillonnage
Les méthodes de mesure des concentrations en polluants dans l’air intérieur
(prélèvement et analyse) sont décrites dans la série de normes ISO-16000 77

Diagnostic de qualité de l’air intérieur


Valeurs de référence pour l’évaluation de la qualité sanitaire de l’air intérieur

Sur la base des VTR et des ERI, des Valeurs Guides pour l’Air Intérieur (VGAI) ont été
établies pour un certain nombre de polluants (voir diapositive suivante)
Ces VGAI sont des concentrations moyennes dans l’air (expositions) qui définissent
des objectifs de qualité de l’air intérieur. Elles correspondent :
 A la VTR publiée la plus faible pour la substance, c’est-à-dire la concentration en
dessous de laquelle il n’existe a priori aucun risque toxique
 Pour les substances cancérigènes, à la concentration pour laquelle le risque
de cancer est jugée socialement acceptable(*)

Les VGAI sont établies par des organismes sanitaires compétents et habilités :
 En France : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation,
de l’environnement et du travail (ANSES)
 Pour l’UE : Projet INDEX “Critical Appraisal of the Setting and
Implementation on Indoor Exposure Limits in Europe Union”
 A l’échelle mondiale : Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

Par exemple, la VGAI de 2 mg/m3 pour le benzène a été définie sur la base du fait qu’un cas de cancer pour
(*)

100 000 personnes exposées à vie à cette concentration est acceptable (ERI = 1 x 10 -5 pour C = 2 mg/m3) 78
Diagnostic de qualité de l’air intérieur
Valeurs de référence pour l’évaluation de la qualité sanitaire de l’air intérieur

Polluant Valeur Guide (temps d’exposition) Organisme


Monoxyde de carbone 100 / 60 / 30 / 10 mg.m-3 (15 min/30 min /1h/8h) ANSES
(CO) 7 mg.m-3 (24h) OMS
Naphtalène 10 mg.m-3 (> 1 an) ANSES, INDEX, OMS
200 / 20 mg.m-3 (1 h / > 1 an) ANSES
Dioxyde d’azote (NO2) 200 / 40 mg.m-3 (pointe / 1 semaine) INDEX
40 mg/m3 (1 an) OMS
Formaldéhyde 50 / 10 mg.m-3 (2 h / > 1 an) ANSES
30 / 20 / 10 / 2 mg.m-3 (1 à 14 j / 14 j à 1 an / > 1 an / ANSES
Benzène
vie entière pour un niveau de risque de 10-5)
Tétrachloroéthylène 1380 / 250 mg.m-3 (1 à 14 jours / > 1 an) ANSES
PM2.5 25 / 10 mg.m-3 (24h / long terme) ANSES
PM10 50 / 20 mg.m-3 (24h / long terme)
Acroléine 6.9 / 0.8 mg.m-3 (1 h / > 1 an) ANSES
Acétaldéhyde 3000 / 160 mg.m-3 (1 h / > 1 an) ANSES
Ethylbenzène 21700 / 1500 mg.m-3 (24 h / > 1 an) ANSES
Styrène 200 mg.m-3 (long terme) INDEX
o-xylènes, m/p-xylènes 250 mg.m-3 (long terme) INDEX
Radon 100 Bq.m-3 (long terme) OMS
79

Diagnostic de qualité de l’air intérieur


Valeurs de référence pour l’évaluation de la qualité sanitaire de l’air intérieur
Exposition au
Les VGAI ne doivent pas être formaldéhyde (mg/m3)
confondues avec les Valeurs de
Gestion, (VG) établies en France Valeurs de gestion du formaldéhyde
par le Haut Conseil de Santé Des travaux doivent rapidement être
Publique (HCSP) engagés pour ramener les concentrations
Les valeurs de gestion sont des en dessous de la valeur repère de 30 mg/m3
valeurs de référence utilisables dans 100 Valeur d’action rapide
le cadre de mesures de qualité de
Mesures à prendre pour abaisser le niveau
l’air intérieur moyen de concentration en formaldéhyde
Elles visent à déclencher différents en-dessous de la valeur repère
types d’action en fonction des 50 Valeur d’information
concentrations mesurées. En ce sens (niveau maximal acceptable)
les VG intègrent aussi des
considérations pratiques 30 Valeur repère
Pas d’action spécifique à engager à court terme
Des VG ont été définies pour le Valeur cible (=VGAI)
10
formaldéhyde, le radon, le benzène,
Objectif de qualité de l’air vis-à-vis de ce
le trichloréthylène, le
polluant
tétrachloroéthylène et les particules 80
Diagnostic de qualité de l’air intérieur
Indicateurs de qualité de l’air intérieur : norme EN 12551 (2007)

La norme EN 15251 (2007)* adresse les 4 composantes majeures de la qualité des


environnements intérieurs : confort thermique, qualité lumineuse, confort
acoustique et qualité de l’air
Elle définit 4 niveaux de qualité pour chaque
composante : classe I (meilleure) à classe IV
(moins bonne)
Les seuils définissant les 4 classes constituent
des critères objectifs :
 Pour la prescription dans le cadre de projets
de construction ou de réhabilitation 
objectif affiché dans les CCTP qui va servir
de base à la conception du bâtiment
 Pour l’évaluation de la qualité des
environnements intérieurs de bâtiments
existants, dans le cadre de diagnostics
* NF EN 15251 « Critères d’ambiance intérieure pour la conception et l’évaluation de la performance énergétique des bâtiments
couvrant la qualité de l’air intérieur, la thermique, l’éclairage et l’acoustique » 81

Diagnostic de qualité de l’air intérieur


Indicateurs de qualité de l’air intérieur : norme EN 12551 (2007)

Pour la qualité de l’air, la norme EN 12551 se fonde sur la concentration en CO2


dans les pièces
Davantage un critère de qualité de la ventilation, ou de qualité olfactive de
l’air (le CO2 est un traceur des émissions de bio-effluents et donc du niveau
d’odeurs corporelles) que de qualité sanitaire de l’air
Les 4 classes de qualité de l’air sont définies en Concentrations maximales en CO2 en
surplus de la concentration extérieure
fonction des concentrations en CO2 dans les pièces, définissant les 4 classes de QAI dans
en plus de la concentration extérieure ( 450 ppm) la norme EN 15251
Classe de Concentration
 Conception : spécification des débits de ventilation à qualité de l’air en CO2 (ppm)
mettre en œuvre pour obtenir le seuil max définissant
I 350
la classe de qualité de l’air spécifiée dans le CCTP
II 500
 Diagnostic : mesure des concentrations en CO2 pendant
la période d’occupation et représentation sous forme III 800
d’empreinte du % de temps où les concentrations se IV > 800
situent dans chaque classe

82
Diagnostic de qualité de l’air intérieur
Indicateurs de qualité de l’air intérieur : norme EN 15251-1 (2020)

La norme EN 15251-1 (2020)* reprend les principes de la norme EN 15251 :


 Traite des 4 composantes de la qualité des environnements intérieurs
 Définit 4 classes de qualité pour chacune d’elles, nommées I, II, II, IV ou A,B,C,D pour
identification avec les étiquettes énergétiques
Indice TAIL
 Propose une synthèse graphique (TAIL), avec Classe II (jaune) en confort
Classe I (vert en confort
un code couleur, de l’évaluation vis-à-vis des 4 thermique (T = thermal acoustique (A = Acoustics)
composantes, ainsi qu’une évaluation globale environment)

de la qualité des environnements intérieurs du


bâtiment  classe QEI du bâtiment = classe
de la composante ayant la bonne évaluation
La classe de qualité de l’air est définie sur
IV
la base de plusieurs grandeurs : débit de
ventilation, concentrations en CO2, radon
formaldéhyde, benzène, PM2.5, humidité Classe III (orange) en qualité Classe IV (rouge) en qualité
de l’air (I = indoor air quality) lumineuse (L = Light)
relative et traces de moisissures  intègre la
qualité de la ventilation, la qualité olfactive et Classe de qualité globale du bâtiment (ici
IV car L=IV, moins bonne des 4 évaluations)
la qualité sanitaire de l’air intérieur
*NF EN 16798-1 « Performance énergétique des bâtiments - Ventilation des bâtiments - Partie 1 : données d’entrées d'ambiance intérieure pour la conception et
l'évaluation de la performance énergétique des bâtiments couvrant la qualité de l'air intérieur, l'ambiance thermique, l'éclairage et l'acoustique (Module M1-6) » 83

Diapositives en lien hypertexte pour


informations complémentaires

84
Emissions en polluants par les bâtons
d’encens et les bougies parfumées
Etude EBENE (Octobre 2017)
Concentrations mesurées dans la
maison expérimentale MARIA
pendant et après la combustion

85

Emission en COV Mac Pro, le pépin toxique pour Apple ?


Certains ordinateurs émettraient des vapeurs suspectes. La
par les ordinateurs firme n’a pas encore réagi.
Certains modèles d’ordinateurs Apple émettent des vapeurs toxiques et le
géant à la pomme ne pipe mot. Un chercheur du CNRS l’a découvert à ses
dépens. En février 2007, le labo du chercheur - qui souhaite rester anonyme -
Ordinateur bureau & écran TFT
acquiert un Mac Pro pour l’étude de structures de molécules en 3D. Après
120 l’avoir déballé, il repère une forte odeur. Dix jours plus tard, ses yeux, son nez,
Taux d'émission (microg/h/unité)

son larynx sont irrités. « Dès sa mise en route, l’ordinateur a distillé des
100
substances qui, au bout d’une semaine d’utilisation, m’ont provoqué une
80 irritation prononcée de la cornée et des voies respiratoires », raconte-t-il. Même
à l’arrêt, l’ordinateur [Link] biologiste moléculaire contacte alors Apple Care,
60 le service d’assistance aux clients d’Apple, lequel lui envoie un technicien pour
changer l’alimentation de l’ordinateur. La puanteur persiste, le chercheur
40
insiste. Apple procède à un échange mais - manque de chance, le second
20 appareil empeste de la même façon. Intrigué, notre chercheur commence à
farfouiller sur Internet et découvre que son cas est loin d’être isolé. En
0 Allemagne, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, les forums de discussion
10 yd
e de yd
e de
O
C regorgent de témoignages. « Odeur de voiture neuve », « de tapis garni de
6-
C
éh hy éh hy TV
C d dé ld dé pourriture », « sensations de vertiges », « nausées », « migraines ». On y trouve
al al ra xa
l
es m ét le même de judicieux conseils : « Moi, je travaille les fenêtres ouvertes. ».
i qu for ac va he
at Pugnace, le scientifique contacte Greenpeace qui le renvoie sur un laboratoire
o m
ar d’analyses, Analytica, connu pour avoir débusqué le caractère toxique du
pétrole de l’Erika. Analytica piège les molécules du fameux fumet. « Nous avons
identifié sept contaminants organiques volatils », explique Bernard Tailliez,
Ordinateur bureau & écran CRT
patron du labo. Le cocktail détecté est peu engageant puisqu’il s’agit
200 notamment de styrène, de benzène et de ses dérivés…
Taux d'émission (microg/h/unité)

180 Libération a fait passer l’étude à l’Institut national de l’environnement industriel


160 et des risques (Inéris). « Ces substances sont pour la plupart des irritants des
140 yeux, de la peau et des voies respiratoires, ce qui peut entraîner des signes
120 cliniques lors d’expositions aiguës. Certains sont nocifs ou toxiques par voie
100 orale, mais là, il s’agit d’inhalation », analyse Sylvie Tissot, toxicologue à l’Inéris.
80 Donc, a priori, pas de risque. Toutefois, une molécule pose problème. « Le
60 benzène peut avoir des effets sur la moelle osseuse. Imaginons qu’une personne
40 travaille huit heures par jour pendant deux mois en inspirant de telles vapeurs,
20 des personnes sensibles pourraient très bien développer des leucémies », affirme
0 Annie Leszkowicz, experte en risque chimique auprès de l’Agence française de
sécurité sanitaire de l’environnement et du travail…
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Article paru le 26/09/2008


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Source : Destaillats et al, 2008 86


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Classification du caractère cancérigène, mutagène
et reprotoxique des substances chimiques
En Europe : classification par la Commission Européenne (CE) du danger
cancérigène, mutagène ou reprotoxique (CMR) sur une échelle à 3 niveaux

Catégorie Niveau d’évidence CMR

1A Certain : substances que l’on sait être cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques pour l’homme

1B Forte présomption : substances devant être assimilées à des substances CMR pour l’homme
Possible : substances préoccupantes pour l'homme en raison d'effets cancérogènes, mutagènes ou
2 reprotoxiques possibles, mais pour lesquelles les informations disponibles ne permettent pas une évaluation
suffisante

NB : 3 classements distincts pour Catégorie Niveau d’évidence


les effets cancérigène, mutagène
et reprotoxique Certain : Indications suffisantes de cancérogénicité pour
1
l'homme
Probable : Indications limitées de cancérogénicité chez
2A
l'homme et suffisantes chez l'animal
A l’échelle internationale :
Possible : Indications limitées de cancérogénicité chez
classification du danger 2B l'homme et insuffisantes chez l'animal ou indications
cancérigène par le Centre insuffisantes chez l'homme et suffisantes chez l'animal
International de Recherche sur Inclassable : Indications insuffisantes chez l'homme et
3
le Cancer (CIRC) sur une échelle insuffisantes ou limitées chez l'animal
à 5 niveaux 4
Improbable : Indications suggérant une absence de
cancérogénicité chez l'homme et chez l'animal de laboratoire 87

Matériaux biosourcés et qualité


de l’air intérieur (1/5)
Il existe une large palette d’isolants biosourcés. Leur dénomination commerciale
indique les matières premières naturelles dont est majoritairement constitué le
produit mais :

Ces produits contiennent aussi des fibres synthétiques


(polyester, polypropylène, polyéthylène) utilisées
comme liants

Ils peuvent intégrer plusieurs types de matière première


naturelle :
 Textile effiloché (coton) dans la laine de lin
 Fibres de coton dans la laine de chanvre ou de bois, la ouate de cellulose
 Laine de mouton dans la laine de coton ou la plume de canard

Ces matériaux contiennent également des substances ignifuges et des pesticides


destinés à prévenir des attaques par les insectes et les rongeurs

Impact possible sur la qualité de l’air intérieur


88
Matériaux biosourcés et qualité
de l’air intérieur (2/5)

Produits à base de chanvre

Les fibres de chanvre sont naturellement fongicides et


antibactériennes. Elle ne contiennent pas de kératine, et ne
sont donc a priori pas sujettes aux attaques par les mites (1)
Panneaux de chanvre
Pas de traitement avec des pesticides

 Conditionnement en rouleaux ou en vrac : adjonction d’additifs ignifuges et anti-


rongeurs, le plus souvent du sel de bore (2)

 Enduits et bétons isolants : utilisent des liants à base de chaux  Aucun additif

(1)
Les cas reportés d’infestation aux mites d’habitations isolées au chanvre concerneraient des produits
contenant un mélange chanvre / coton
(2) Possèdedes propriétés ignifuges, insecticides et fongicides. Issu du milieu naturel (borax) et longtemps
considéré comme inoffensif pour l’homme, le sel de bore a été classé CMR de catégorie 2 par la directive
européenne du 6 Novembre 2008, interdit comme aditif dans les matériaux en Septembre 2012
89

Matériaux biosourcés et qualité


de l’air intérieur (3/5)

Isolants en fibres animales


Les produits à base de laine de mouton et de plumes de canard
peuvent être attaqués par les mites qui se nourrissent de la
kératine (protéine)

Ils sont traités avec des pesticides tels que le sel de bore, le
sulcofuron (MITIN) ou la perméthrine
(EULAN SPA 01,KONSERVAN)
Laine de mouton
Matériaux hydrophiles à ne pas utiliser dans les pièces humides

Laine de lin et de coton


Le processus de transformation intègre un
traitement anti-acarien, fongicide et ignifuge,
au sel de bore ou à d’autres substances
Cristaux de borax
(Borax, silicate de sodium)
Mite
90
Matériaux biosourcés et qualité
de l’air intérieur (4/5)
Laine de bois
Ignifugée et traitée avec des produits fongicides et
insecticides : sel de bore, polyphosphate d’ammonium
En plus des pesticides, émet des terpènes et du
formaldéhyde (surtout si le liant est à base de formol) Panneaux de fibre de bois

Interrogations quant à la résistance aux insectes xylophages (termites notamment dans les
régions concernées)  Film protecteur ou traitements antiparasitaires

Ouate de cellulose

Produits isolants fabriqués à partir de journaux recyclés ou des


coupes de papier neuf d’imprimerie
Le papier moulu reçoit un traitement antifongique, ignifuge et
insecticide : sels de bore, borax, acide borique, hydrate d'alumine
ou hydroxyde d'aluminium

Ouate de cellulose injectée Outre les pesticides, émission possible de composés toxiques
par les résidus d’encre (plomb, éthers de glycol)
91

Matériaux biosourcés et qualité


de l’air intérieur (5/5)
Conclusion

D’une manière générale, les aspects évoqués ne justifient pas que soient remis en cause
les vertus des matériaux biosourcés

 Les isolants sont rarement au contact direct des ambiances habitées, ce


qui réduit leur impact potentiel sur la santé des occupants

 Présence de composés nocifs ne signifie pas nécessairement danger

Pour le choix d’un matériau et d’un produit, il convient de se renseigner:

 Sur la composition exacte du produit (matières premières naturelles et


synthétiques rentrant dans sa composition)

 Sur les traitements complémentaires mis en œuvre lors du processus de


fabrication: nature et quantité des pesticides, produits anti-rongeurs ou produits
ignifuges utilisés

92
Bactéries et moisissures dans l’air intérieur

Mise en évidence de l’influence des occupants : Mesures des concentrations en cellules


bactériennes et spores dans 6 écoles réparties dans différents pays (Hosposdsky et al, 2015)
Ratios de concentrations Int/Ext en périodes Contributions respectives de la ventilation (apports
d’occupation et d’inoccupation de l’extérieur) et des émissions internes (incluant la
Occupation
remise en suspension) aux concentrations
10000 Hors occupation Bactéries intérieures en spores et bactéries
100
Bactéries
1 100%

0.01 80%
Copenhagen Berlin Aarhus Salinas Lanzhou 1 Lanzhou 2
60%
10
Ventilation 40%
1 (apports
extérieur) 20%

0.1 0%
Champignons Copenhagen Berlin Aarhus Salinas Lanzhou 1 Lanzhou 2
0.01
Copenhagen Berlin Aarhus Salinas Lanzhou 1 Lanzhou 2 Champignons
100%
100 Emissions
10
internes et 80%
remise en 60%
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suspension
0.1 40%
Particules totales (masse)
0.01 20%
Copenhagen Berlin Aarhus Salinas Lanzhou 1 Lanzhou 2
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Taux d’émission en bactéries : 14  14 millions cellules/personne/h Copenhagen Berlin Aarhus Salinas Lanzhou 1 Lanzhou 2

Taux d’émission en spores : 14  21 eq. spores/personne/h 93

Effets des perturbateurs endocriniens en fonction de la période d’exposition

Période fœtale Enfance Age adulte

Baisse de fertilité
Système Malformation au niveau Cancers hormonaux
reproducteur de l’appareil reproducteur (sein, testicules, prostate)
Effets neurotoxiques
Système nerveux Atteinte du système Problèmes d’apprentissage
central nerveux central Troubles du comportement
Retard de croissance
Développement
intra-utérin

Système
Allergies respiratoires
respiratoire

Système cardio- Maladies


vasculaire cardio-vasculaires

Système
Troubles de l’immunité
immunitaire
Perturbations du
Système métabolisme (diabète
métabolique de type II, obésité)
Source: Duval G., Simonot B. Les perturbateurs endocriniens : un enjeu sanitaire pour le XXIième siècle, Air pur n°79, 2010 94
Radon, tabagisme et risque de cancer
Source : Darby, S et al. BMJ 2005;330:223
Risque relatif de cancer du poumon (par
rapport à C = 0 Bq/m3) en fonction de la
concentration en radon dans les logements

Risque de cancer du poumon à 75 ans pour des fumeurs


et non fumeurs en fonction de la concentration en radon
dans les maisons (la taille des cercles indique la proportion
de mesures à la concentration en abscisse)

« Les fumeurs chroniques courent 20 à 25 fois plus de risque de contracter un cancer du poumon
qu’un non fumeur à des concentrations moyennes de radon telles que communément observées
dans les habitations de diverses régions du monde » OMS, communiqué de presse du
15/12/2010 95

Sensibilité aux odeurs

Les femmes ont une meilleure sensibilité olfactive que les


hommes, en particulier celles en âge de procréer

La sensibilité olfactive diminue avec l’âge


Non seulement on perd la sensibilité olfactive,
mais on perd également la capacité à distinguer
les odeurs

A 80 ans, 80% des sujets présentent un


dysfonctionnement du système olfactif
et 50% sont "anosmiques"

Source: Pr Jean-François Vibert, Cours M1 Neurophysiologie Sens chimiques (2007) 96


Variabilité ethnique de l’appréciation
d’une odeur et influence du contexte

Le clou de girofle est très fréquemment utilisé en Europe du


Nord ou aux États-Unis, y compris dans l’élaboration de
chewing-gums. Par contre, en France, son odeur est moins
appréciée, car elle évoque les soins dentaires.

Le durian est un fruit exotique à odeur fécale, immangeable


pour les occidentaux et pourtant très apprécié des
asiatiques

Les Français n’apprécient pas particulièrement l’odeur


de goudron alors que, dans les shampooings, ils
associent son caractère âcre à un facteur d’efficacité

Source : Techniques de l’Ingénieur 97

Principaux composés odorants associés aux


nuisances olfactives environnementales
Seuil olfactif Source : Techniques
Classe Composé Formule Caractéristique de l’odeur
(mg/m3 d’air) de l’ingénieur
Hydrogène sulfuré H2S Œuf pourri 0,0001 à 0,03
Méthylmercaptan CH3SH Chou, ail 0,0005 à 0,08
Éthylmercaptan C2H5SH Chou en décomposition 0,0001 à 0,03
Soufrés
Diméthylsulfure (CH3)2S Légume en décomposition 0,0025 à 0,65
Diéthylsulfure (C2H5)2S Éthérée 0,0045 à 0,31
Diméthyldisulfure (CH3)2 S2 Putride 0,003 à 0,014
Ammoniac NH3 Très piquante, irritante 0,5 à 37
Méthylamine CH3 NH2 Poisson en décomposition 0,021
Éthylamine C2 H5 NH2 Piquante, ammoniacale 0,05 à 0,83
Azotés Diméthylamine (CH3 )2 NH Poisson avarié 0,047 à 0,16
Indole C8 H6 NH Fécale, nauséabonde 0,000 6
Scatole C9 H8 NH Fécale, nauséabonde 0,0008 à 0,1
Cadavérine NH2 (CH2 )5 NH2 Viande en décomposition 0,002 à 0,01
Acétique CH3 COOH Vinaigre 0,025 à 6,5
Acides Butyrique C3 H7 COOH Beurre rance 0,0004 à 3
Valérique C4 H9 COOH Transpiration 0,0008 à 0,1
Formaldéhyde H CHO Âcre, suffocante 0,033 à 12
Acétaldéhyde CH3 CHO Fruit, pomme 0,04 à 1,8
Aldéhydes
Butyraldéhyde C3 H7 CHO Rance 0,013 à 15
et cétones
Isovaléraldéhyde (CH3 )2 CH CH2 CHO Fruit, pomme 0,072
Acétone CH3 CO CH3 Fruit doux 1,1 à 2 98

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