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Le Mal Lecture Linéaire Seule 2

Le poème 'Le Mal' d'Arthur Rimbaud dépeint d'abord la brutalité de la guerre à travers des images puissantes et des métaphores, critiquant le bruit et la déshumanisation des soldats. Dans un second mouvement, il évoque une scène de deuil et remet en question l'indifférence d'un Dieu face à la souffrance humaine, tout en utilisant un vocabulaire religieux pour satiriser l'Eglise. Rimbaud juxtapose ainsi la fureur de la guerre avec la tendresse pour la Nature et la douleur des mères, créant un tableau poignant et critique de la condition humaine.

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Le poème 'Le Mal' d'Arthur Rimbaud dépeint d'abord la brutalité de la guerre à travers des images puissantes et des métaphores, critiquant le bruit et la déshumanisation des soldats. Dans un second mouvement, il évoque une scène de deuil et remet en question l'indifférence d'un Dieu face à la souffrance humaine, tout en utilisant un vocabulaire religieux pour satiriser l'Eglise. Rimbaud juxtapose ainsi la fureur de la guerre avec la tendresse pour la Nature et la douleur des mères, créant un tableau poignant et critique de la condition humaine.

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Arthur Rimbaud, « Le Mal », Poésies

Repérage Observation & analyse Interprétation

1er mouvement (les quatrains) : le tableau de la guerre


v. 1 et 5 - Anaphore de la locution conjonctive - Concomitance de 2 moments, qui font du
(+ v. 3) « tandis que » (reprise par « qu’» au v. 3) : sonnet un diptyque.
Prop. sub. circ. de temps

- Allitérations en [R] : « crachats », - Environnement sonore bruyant désagréable,


« rouges », « mitraille », « jour », qui mime le bruit des armes à feu.
1er quatrain « écarlates », « verts », « près », « Roi », De cette façon, Rimbaud critique le bruit et la
« raille », « croulent ». fureur de la guerre.
+ personnification du son fait par les balles
« sifflent »

- Métaphore « crachats rouges » (ou - Image saisissante et inquiétante (comme un


personnification) monstre) du feu produit par les armes.

- Présence de couleurs vives : « ciel bleu », - Dimension picturale de la scène évoquée.


« rouges », « écarlates » (= rouge vif),
« verts ».
v. 3 et 4 Emploi du présent (« sifflent », « raille », Tableau animé : sorte d’hypotypose car on voit
« croulent »). la scène !
Champ lexical de la multitude : « les Une scène de foule, confuse. Registre épique.
bataillons », « en masse ».

- métonymies (« écarlates ou verts ») pour - Les soldats sont déshumanisés (ils sont
désigner les soldats avec possible jeu de comme des soldats de plomb) à cause de la
mot par homophonie « ou verts » = guerre..
« ouverts ». Effacement de la référentialité (rouge pour
Présence d’une majuscule au mot « Roi » et l’uniforme des Français ; vert pour celui des
paronomase [rwa]/[raj] Prussiens). C’est donc la guerre en général que
critique le poète. De même, Napoléon III n’est
pas nommé : Rimbaud critique ainsi le
comportement de tous les dirigeants.

2e quatrain - Emploi de termes évaluatifs : « folie », - Un poème dénonciateur dans lequel le poète
épouvantable » s’implique.
v. 5&6
- Champ lexical de l’anéantissement : - la guerre déshumanise, ce que critique
« broie » + métaphore « un tas fumant ». Rimbaud.

- hyperbole « cent milliers d’hommes ». - Scène de foule (par opposition à la scène


intime à venir).

- Rupture énonciative avec l’adresse à la - Parenthèse lyrique à l’intérieur du tableau


v. 7 & 8 Nature et le tutoiement (« ta joie »)  apocalyptique : tendresse du poète pour la
personnification de la Nature. Nature.
Tonalité lyrique : exclamation évaluative
« pauvres morts », « ô » lyrique, signe Contrepoint : Rimbaud fait l’éloge de la
d’emphase. Nature, considérée comme une divinité.
+ emploi d’un vocabulaire religieux pour
évoquer la Nature : « joie », exaltation
déférente « ô toi », « saintement » La Nature est perçue de façon positive (et
Enumération « dans l’été, dans l’herbe, s’oppose à l’artifice de la guerre et au vice des
dans ta joie » gouvernants).

2ème mouvement (les tercets) : tableau d’une scène de deuil


- Proposition principale « Il est un Dieu » - 2ème partie du diptyque.
+ mention de nlles couleurs : « noir » et
« or » Changement de cadre : la scène est à présent
- Enumération d’éléments descriptifs : en intérieur puisqu’il s’agit d’une église (fort
champ lexical des objets de la liturgie contraste avec le 1er tableau). Scène intimiste.
chrétienne : « nappes damassées »,
« autels », « encens », « calices d’or ».
1er tercet
- Tournure emphatique (« il est… ») qui
met en valeur l’article indéfini « un ».
Double subordonnée relative avec même
antécédent : « un Dieu » pour indiquer les Critique du Dieu monothéiste, indifférent à la
actions, les attitudes de Dieu : « rit » souffrance des hommes en s’endormant.
rappelle « raille ». Puis antithèse
« s’endort » et « se réveille » (et contraste
important avec le tableau de la guerre).
Incongruité de la formule « hosannah »
(chant de joie) Satire de la cupidité de Dieu et des richesses
Champ lexical du luxe : « calices d’or », de l’Eglise.
« nappes damassées ». Rimbaud crée comme une homophonie sonore
Jeux sonores : allitérations en [s] avec pour pasticher les sonorités des chants
« damassées », « encens », « calices », religieux (et s’en moquer) et mimer
bercement », « hosannah », « s’endort » + l’endormissement de Dieu.
assonances en [an] avec « encens »,
« bercement », « s’endort »

2ème tercet - Champ lexical de la souffrance morale : Scène pathétique de deuil : il s’agit sans doute
« mères ramassée », « angoisse », des mères des soldats.
« pleurant ».
Contraste saisissant entre la peine et la joie Satire de l’Eglise et de la supercherie
(« hosannah »). religieuse aux yeux de Rimbaud.
Contraste aussi entre l’humilité des mères Satire de Dieu / souffrance des hommes.
(« ramassées », geste d’offrande pudique) et
l’attitude moqueuse de Dieu.

- Homophonie « sou lié » et « soulier ». - Pied de nez de Rimbaud : fantaisie  liberté


poétique et irrévérence morale.

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