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Corrigé Procédure

Le document traite de la compétence du tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne dans le cadre d'un litige impliquant Monsieur Hoff et d'autres parties concernant des réparations et des préjudices. Il examine les questions de compétence territoriale et matérielle, ainsi que les implications des demandes incidentes et des interventions volontaires. Enfin, il aborde les règles de calcul du montant des demandes pour déterminer la compétence juridictionnelle appropriée.

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Corrigé Procédure

Le document traite de la compétence du tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne dans le cadre d'un litige impliquant Monsieur Hoff et d'autres parties concernant des réparations et des préjudices. Il examine les questions de compétence territoriale et matérielle, ainsi que les implications des demandes incidentes et des interventions volontaires. Enfin, il aborde les règles de calcul du montant des demandes pour déterminer la compétence juridictionnelle appropriée.

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PREPARATION ESTIVALE 2025 A L’EXAMEN D’ENTREE AUX CRFPA

Épreuve de procédure civile, procédures civiles d’exécution,


modes alternatifs de règles des conflits et arbitrage
Corrigé du galop d’essai no 2
5 juillet – 11 juillet 2025

I – Monsieur Hoff a été assigné devant le tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne en


réparation de préjudices divers et distincts, à savoir celui du syndic des copropriétaires, d’une
part, et celui de Monsieur Scott et Madame Bouchou, d’autre part. Ces derniers, qui sont
intervenus volontairement à l’instance, sont locataires, et demandent le paiement d’une somme
d’argent ayant pour but de financer d’importants travaux de rénovation. Monsieur Hoff est
cependant lui-même victime d’un préjudice, car sa nouvelle salle de bain lui a coûté 8 500
euros.
Au stade de l’ouverture de l’instance et de la présente consultation, ce sont des questions de
compétence (A et B), d’action (C), comme de réaction (D), qui se posent.
Ainsi, le tribunal judiciaire de proximité de Nogent-sur-Marne est-il compétent pour connaître
de ce litige ? Les demandes du syndic des copropriétaires et des locataires, Monsieur Scott et
Madame Bouchou, sont-elles régulières et/ou recevables ? Monsieur Hoff doit-il soulever, outre
les moyens de défenses que les réponses aux questions précédentes permettront, le cas échéant,
d’identifier, des demandes incidentes, spécialement en intervention forcée ? En stratégie du
contentieux, cette dernière question renvoie aux tactiques, manœuvres ou figures de la réaction :
Monsieur Hoff pouvant, au regard du préjudice qu’il subit lui-même, ne pas se contenter
d’exiger le rejet des prétentions adverses et agir contre des tiers, Monsieur Salvatoire, voire
Leroy Merlin.
A. Sur la compétence du tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne
8 pts.
En droit, le tribunal judiciaire, juridiction de droit commun (coj., art. L. 211-3) résultant de la
fusion du tribunal de grande instance et du tribunal d’instance 1, peut comprendre, soit au sein
de son siège, soit en dehors de son siège :
- un « pôle » de proximité (i.e., au siège du tribunal) ;

1
Cette fusion résulte de la loi du 23 mars 2019 de programmation 2017-2022 et de réforme pour la justice, ainsi
que du décret du 11 décembre 2019 réformant la procédure civile.

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- une « chambre » de proximité (i.e., en dehors du siège du tribunal mais toujours dans
son ressort), qui est aussi dite, en pratique, « tribunal de proximité » (coj., art. L. 212-
8).
Pour déterminer avec précision la compétence du tribunal de proximité, il faut se référer à
l’article D. 212-19-1 du code de l’organisation judiciaire, lequel renvoie aux tableaux IV-II et
IV-III annexés.
En l’espèce, le tableau IV-III n’est pas applicable : il précise la compétence de chambres de
proximité qui ne se situent de toute évidence pas dans le ressort du tribunal judiciaire de Créteil.
Par conséquent, c’est, par élimination, le tableau IV-II qu’il convient de consulter ici. Celui-ci
permettra de préciser la compétence territoriale du tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne
(1), puis sa compétence matérielle interne (2).
1. Le contrôle de la compétence territoriale du tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne
3 pts.
En droit, il faut en premier lieu rappeler que le tribunal territorialement compétent pour
connaître d’un litige est, par principe, le tribunal du lieu où demeure le défendeur (c. pr. civ.,
art. 42). Pour les personnes physiques, le lieu où demeure le défendeur s’entend de son domicile
ou, par défaut, de sa résidence (c. pr. civ., art. 43). Le demandeur bénéfice aussi, dans certains
contentieux, d’options de compétence que précise l’article 46 du code de procédure civile. En
matière délictuelle, il peut ainsi saisir, outre la juridiction du lieu où demeure le défendeur, la
juridiction du lieu du fait dommageable ou celle dans le ressort de laquelle le dommage a été
subi (v., par ex., en ce sens : Cass., 2ème civ., 28 févr. 1990, n° 88-11.320). En matière mixte,
c’est-à-dire personnelle et réelle, le demandeur peut aussi saisir la juridiction du lieu où est situé
l’immeuble. En second lieu, l’article IV-II du code de l’organisation judiciaire permet de savoir
que le tribunal judiciaire de Créteil comporte les six chambres de proximité suivantes :
Charenton-le-Pont, Ivry-sur-Seine, Nogent-sur-Marne, Saint-Maur-des-Fossés, Sucy-en-Brie
et Villejuif.
En l’espèce, la topographie du litige indique que le tribunal judiciaire de Créteil, dont dépend
le tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne en vertu du tableau IV-II précité, est compétent.
Cette conclusion s’impose non seulement au regard du lieu où demeure le défendeur, mais aussi
au regard du lieu du fait dommageable ou du préjudice subi et du lieu de l’immeuble. Tout se
passe à Nogent-sur-Marne. Territorialement, la demande du syndic donc a été portée devant la
bonne juridiction, à savoir le tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne, qui est l’une des six
antennes du tribunal judiciaire de Créteil. La question qui se pose maintenant est de savoir si le
tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne est matériellement compétent pour connaître du
litige, et s’il ne relève pas plutôt, comme le pressent l’ami juriste de Monsieur Hoff, du tribunal
judiciaire de Créteil.
2. Le contrôle de la compétence matérielle du tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne
5 pts.
En droit, le tableau IV-II précité du code de l’organisation judiciaire – auquel renvoie, pour
rappel, l’article D. 212-19-1 du même code – comporte 64 entrées qui permettent de préciser la
compétence matérielle interne des tribunaux de proximité.

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La première de ses entrées, qui est la plus notoire, indique que le tribunal de proximité connaît,
par préférence au tribunal judiciaire, des actions personnelles ou mobilières dont la valeur
n’excède pas 10 000 euros.
Le calcul du montant de la demande se fait comme pour le calcul du taux de ressort (c. pr. civ.,
art. 34), ce qui permet de raisonner par analogie, spécialement au regard des dispositifs des
articles 35 à 37 du code de procédure civile. À la lecture des faits, une première question se
pose, celle de savoir s’il convient d’intégrer dans le calcul du taux de compétence, la demande
du syndic fondée sur l’article 700 (a). On se demandera ensuite s’il convient d’additionner le
montant de sa demande avec celle des locataires, qui interviennent volontairement à l’instance
(b).
a. La question de l’intégration de l’article 700 dans le calcul du taux de compétence
1 pts (sur les 5 pts attendus ici).
En droit, l’article 35, alinéa 2, du code de procédure civile, précise que lorsque plusieurs
prétentions sont émises dans le cadre de l’instance par un seul et même plaideur, le calcul du
montant de la demande dépend de la valeur totale de ces prétentions si, toutefois, elles se
fondent sur les mêmes faits ou s’avèrent connexes. Dans ces conditions, il convient de les
additionner. Pour autant, il résulte d’une jurisprudence constante de la Cour de cassation que
les frais irrépétibles de l’article 700 n’entrent pas dans le calcul du montant de la demande pour
déterminer la compétence du tribunal (v., par ex., en ce sens : Cass., 3ème civ., 6 janv. 1981, n°
79-10.651).
En l’espèce, le syndic sollicite, outre le paiement d’une somme de 5100 euros correspondant au
coût des réparations, le paiement de 1000 euros sur le fondement de l’article 700. Dès lors, par
application de la jurisprudence constante précitée de la Cour de cassation, le montant de cette
seconde demande n’entre pas dans le calcul du taux de compétence. Reste à savoir s’il convient
de cumuler le montant de sa demande initiale avec le montant de la demande en intervention
volontaire des locataires, Monsieur Scott et Madame Bouchou.
b. La question du cumul du montant des demandes principale et incidente
4 pts (sur les 5 pts attendus ici).
Il existe à l’analyse, ici, deux façons de voir les choses. La première, certainement majoritaire
mais qui n’en demeure pas moins discutable en pratique, conduit à appliquer l’article 37 du
code de procédure civile puisqu’en l’espèce, une demande initiale a été assortie d’une demande
en intervention volontaire, ce qui correspond à première vue au domaine d’application de ce
texte. On verra cependant qu’une application de l’article 35, du même code, est possible,
suivant la jurisprudence même de la Cour de cassation. Cette seconde approche peut s’avérer,
en outre, plus utile stratégiquement pour la défense des intérêts de Monsieur Hoff, qui cherche
a priori à faire « feu de tout bois » contre ses adversaires.
Attention : les deux approches sont néanmoins alternatives. Un étudiant qui n’envisagerait
donc que l’application de l’article 37 pourrait obtenir les 4 points ici prévus.
En droit, l’évaluation du montant du litige pour calculer la compétence du tribunal de proximité
ou du tribunal judiciaire en présence de demandes plurielles se fait, classiquement, suivant qu’il
existe une pluralité de demandes initiales au sens de l’article 53 du code de procédure civile,
ou qu’il existe une demande initiale assortie de demandes incidentes, au sens de l’article 63 du

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même code. Ces demandes incidentes peuvent émaner de l’adversaire, telles qu’une demande
reconventionnelle, mais aussi des tiers, telles qu’une demande en intervention volontaire.
Dans le premier cas, ce sont les articles 35 et 36 qui s’appliquent.
Dans le second cas, on se réfère généralement à l’article 37.
α. Application l’article 37 du code de procédure civile
En vertu de l’article 37 du code de procédure civile, « lorsque la compétence dépend du montant
de la demande, la juridiction connaît de toutes interventions et demandes reconventionnelles et
en compensation inférieures aux taux de sa compétence alors même que, réunies aux prétentions
du demandeur, elles l’excéderaient ».
Suivant l’article 66 du code de procédure civile, la demande en intervention a pour objet, et
pour effet, « de rendre un tiers partie au procès engagé entre les parties originaires ». Elle peut
être, selon qu’elle émane d’un tiers ou d’une partie à l’instance, « volontaire » ou « forcée » (c.
pr. civ., art. 66, al. 2).
En l’espèce, le syndic est l’auteur de la demande initiale : Monsieur Scott et Madame Bouchou
ayant rejoint l’instance par la suite, via une demande en intervention, qui est donc « volontaire »
au sens de l’article 66 du code de procédure civile.
Dès lors, il est permis de considérer que le calcul du montant du litige doit se faire par
application de l’article 37 du code de procédure civile précité, lequel s’applique littéralement
dans le cas d’une adjonction d’une demande en intervention à la demande initiale ; que cette
demande en intervention soit a priori forcée comme volontaire, la loi, lato sensu, ne distinguant
pas entre les deux. Le tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne serait donc effectivement
compétent, alors même que la réunion de ces prétentions (5100 + 3000 + 3000) excède de toute
évidence le taux de compétence du tribunal de proximité, tel qu’il résulte du tableau IV-II
précité du code de l’organisation judiciaire – auquel renvoi, pour rappel, l’article D. 212-19-1
du même code.
β. Application des articles 35 du code de procédure civile
En droit, cependant, la Cour de cassation est venue préciser, par un arrêt rendu en 2007 (Cass.,
2ème civ., 24 mai 2007, n° 06-12.741), le domaine d’application de l’article 37 ou, du moins,
son articulation avec l’article 35 du code de procédure civile. Par motifs propres et adoptés, une
cour d’appel avait décidé, pour calculer le montant du litige, et donc le taux de ressort, que des
demandes principale et incidente, « qui n’étaient pas dirigées contre le même adversaire », ne
pouvaient se cumuler. Lu a contrario, cet arrêt de rejet de la Cour de cassation, donc de
confirmation de la solution retenue par les juges du fond, permet de considérer que dans le cas
où des demandes de cet ordre sont dirigées contre le même adversaire, le cumul est possible.
La question qui demeure est alors celle de savoir s’il faut que ces demandes soient le fait du
même demandeur ou si l’article 35 al. 2 se maintient même en l’absence de pluralité de
demandeurs. Une lecture extensive telle qu’ici proposée, discutable mais envisageable, soutient
que l’article 35 al. 2 peut être appliqué malgré la pluralité de demandeurs.
Dans ce cas on pourrait éventuellement envisager l’article 36 du code de procédure civile qui
propose une méthode de calcul un peu différente par rapport à celle de l’article 35, alinéa 2,
c’est-à-dire du cumul des différentes sommes en présence. Selon lui, en effet, lorsque des

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prétentions sont émises dans une même instance, « en vertu d’un titre commun », par plusieurs
demandeurs ou contre plusieurs défendeurs, la compétence comme le taux de ressort sont
déterminés, pour l’ensemble des prétentions, par la plus élevée d’entre elles.
La Cour de cassation est néanmoins venue préciser qu’en l’absence de titre commun, chacune
des prétentions doit être considérée isolément (Cass., 2ème civ., 5 juin 1991, n° 90-14.346), sans
préjudice de l’application de l’article 35, alinéa 2 (Cass., 2ème civ., 4 mars 2004, n° 03-12.510),
ce qui témoigne, au demeurant, de la portée, très générale, de cet alinéa.
Concrètement, si les prétentions des différents demandeurs ne sont pas formulées en vertu d’un
titre commun, mais sont connexes ou fondées sur les mêmes faits et, qui plus est, dirigées contre
un même adversaire, la valeur totale des prétentions doit être prise en compte (Cass., 2ème civ.,
4 mars 2004, arrêt préc.).
S’agissant de la définition du titre commun au sens de l’article 36 précité du code de procédure
civile, le tribunal de grande instance de Paris a pu juger, le 13 janvier 1988 (D., 1988, IR., 41),
qu’il pouvait s’entendre d’un fait juridique de nature à engager la responsabilité délictuel ou
quasi délictuel d’une personne. Reste que la Cour de cassation retient une analyse plus
restrictive : seul un acte juridique, tel qu’un contrat, peut être constitutif d’un titre commun
(Cass., 2ème civ., 29 avr. 1997, n° 95-11.551). Il convient donc de retenir cette lecture restrictive
de la notion de « titre commun » en dernière analyse.
En l’espèce, il convient de considérer qu’en dépit du fait que les demandes du syndic et des
locataires, Monsieur Scott et Madame Bouchou, procèdent toutes de la même cause, à savoir le
défaut d’étanchéité de la douche à l’italienne de Monsieur Hoff, il n’y a pas de titre commun,
tel qu’un contrat, de nature à permettre l’application de la méthode de calcul du montant du
litige de l’article 36 du code de procédure civile. Autrement dit, il n’y a pas lieu de considérer
la compétence matérielle interne du tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne au regard de la
plus élevée des demandes des intéressés. Ceci dit, chacune des prétentions émises doit être
considérée, par principe, isolément.
Pour autant, il convient de ne pas exclure, ici, la méthode de calcul du montant du litige de
l’article 35, alinéa 2, du code de procédure civile, en ce qu’il existe entre les demandes du
syndic et des locataires, Monsieur Scott et Madame Bouchou, plus qu’un lien de connexité (qui
peut être définie au regard du dispositif de l’article 367 du même code), mais un fait
dommageable commun qui est, vraisemblablement, le défaut d’étanchéité de la douche à
l’italienne de Monsieur Hoff. Ces demandes sont en outre dirigées contre le même adversaire,
de sorte que l’application de l’article 37 peut être écartée au profit de l’article 35, alinéa 2.
Par conséquent, il est possible de soutenir que le tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne
n’est pas compétent pour connaître du litige, dont le montant dépasse largement, par addition
des demandes du syndic et des locataires, Monsieur Scott et Madame Bouchon, le taux de
compétence de cette juridiction : 10 000 euros (coj., art. D. 212-19-1, tableau IV-II annexé, 1°).
En effet, même en excluant de l’addition les 1000 euros demandés par le syndic au titre de
l’article 700 par application d’une jurisprudence constante de la Cour de cassation (Cass., 3ème
civ., 6 janv. 1981, arrêt préc.), le montant total des prétentions émises serait de 11 100 euros
(5100 + 3000 + 3000).
B. L’exception de procédure à soulever
2 pts.

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Le sujet invite les étudiants à traiter cette question dans tous les cas, soit même dans l’hypothèse
où ils auraient retenu la compétence du tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne. Il convient
donc de la traiter et d’accorder les points prévus à cet effet, si la question est, cependant, bien
traitée.
En droit, le juge n’est jamais tenu, sauf règles particulières (Ass. Plén., 21 déc. 2007, n° 06-
11.343), de relever d’office son incompétence (c. pr. civ., art. 76 et 77). Il en résulte que, sauf
à vouloir les couvrir en y renonçant, les exceptions d’incompétence doivent être soulevées par
les parties à l’instance, spécialement par le défendeur au moyen d’un déclinatoire de
compétence. L’exception d’incompétence est visée aux articles 75 et suivants du code de
procédure civile, et répond aux deux conditions cumulatives suivantes :
- Parce qu’il s’agit d’une exception de procédure, l’exception d’incompétence répond au
régime des exceptions de procédure, lequel est précisé par l’article 74, alinéa 1er, du
code de procédure civile. Ainsi, l’exception d’incompétence doit être soulevée in limine
litis, c’est-à-dire avant toute défense au fond et/ou fin de non-recevoir, et simultanément
aux autres exceptions de procédure. En procédure orale, comme c’est par principe le cas
devant le tribunal de proximité2, elle doit être soulevée à la barre du tribunal avant toute
référence à des prétentions au fond ou moyens de défense (Cass., 2ème civ., 16 oct. 2003,
n° 01-13.036 ; 1er oct. 2009, n° 08-14.135).

- A peine d’irrecevabilité précise l’article 75 du code de procédure civile, le déclinatoire


de compétence doit être motivé et comporter l’indication de la juridiction devant
laquelle, selon son auteur, la demande ou les demandes doivent être portée.
Par dérogation aux règles relatives au règlement des incidents de compétence, il convient de
noter que l’article 82-1 du code de procédure civile organise depuis le 1er janvier 2020, un
système administratif de règlement des questions de compétence au sein du tribunal judiciaire.
Ce texte, qui permet de renvoyer l’affaire par simple mention au dossier, d’une chambre à une
autre du tribunal judiciaire, que ce soit à la demande d’une partie ou d’office par le juge,
s’enclenche avant la première audience.
En l’espèce, la première audience n’a pas encore eu lieu. Dans ces conditions, tout est
envisageable : le tribunal de proximité pourrait relever d’office son incompétence, voire mettre
en œuvre le dispositif de l’article 82-1 du code de procédure civile, que ce soit d’office ou sur
la demande de Monsieur Hoff. Le relevé d’office de l’exception d’incompétence n’est toutefois
pas obligatoire et, pour ce qui est de la mise en œuvre du dispositif de l’article 82-1 précité,
celui-ci demeure peu utilisé en pratique. Dans l’intérêt de la défense de Monsieur Hoff, il est
certainement plus intéressant de soulever un déclinatoire de compétence.
Par conséquent, un déclinatoire de compétence sera formé. Il conviendra de le faire lors de la
première audience du tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne, cela avant toute référence à
d’éventuelles prétentions, défenses au fond ou fins de non-recevoir. L’exception

2
On rappellera simplement ici, pour information, que si la représentation par avocat est par principe obligatoire
devant le tribunal judiciaire (c. pr. civ., art. 760), ce principe souffre d’une série d’exceptions qui figurent, soit
dans les lois et les règlements, soit au dispositif de l’article 761 du code de procédure civile. Or, selon cette
disposition, lorsque l’enjeu du litige est inférieur ou égal à 10 000 euros, de sorte que la demande doit être portée
devant le tribunal de proximité, les parties ne sont pas tenues de constituer avocat. Dans ce cas, la procédure est
orale (c. pr. civ., art. 817).

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d’incompétence devra être motivée au regard des éléments de fait et de droit précédemment
évoqués, au risque de s’exposer à l’irrecevabilité du moyen.
C. Sur la recevabilité et la régularité des demandes du syndic et des locataires
8 pts.
1. Du point de vue de la recevabilité des demandes
4 pts.
Au regard de la façon dont le sujet est rédigé, deux questions se posent, ici. La première tient
au contrôle de l’intérêt légitime à agir au sens de l’article 31 du code de procédure civile du
syndic et des locataires. La seconde tient à l’hypothétique irrecevabilité des demandes (selon
les dires de l’ami juriste de Monsieur Hoff), pour manquement à un préalable amiable
obligatoire.
a. Sur l’intérêt légitime à agir du syndic et des locataires
3 pts.
En droit, l’action n’est recevable qu’à la condition de faire la démonstration d’un intérêt
légitime à agir. L’article 31 du code de procédure civile, dispose en effet que « l’action est
ouverte à tous ceux qui ont un intérêt légitime au succès ou au rejet d’une prétention, sous
réserve des cas dans lesquels la loi attribue le droit d’agir aux seules personnes qu’elle qualifie
pour élever ou combattre une prétention, ou pour défendre un intérêt déterminé ». Toute
prétention émise par ou contre une personne dépourvue du droit d’agir, notamment en raison
d’un défaut d’intérêt, est irrecevable (c. pr. civ., art. 32). L’intérêt à agir doit être, de
jurisprudence constante, né et actuel (v., par ex., Cass., 1ère civ., 3 mars 2010, n° 08-13.500),
direct et personnel (v., par ex., Cass., 3ème civ., 13 févr. 1991, n° 89-14.958), sans quoi il ne
serait pas « légitime » au sens de l’article 31 du code de procédure civile.
Pour l’appréciation des caractères de l’intérêt légitime à agir, la Cour de cassation rappelle, de
jurisprudence constante (v., parmi les arrêts les plus récents, Cass., 3ème civ., 23 juin 2016, n°
15-12.158), que « l’intérêt à agir n’est pas subordonné à la démonstration préalable du bien-
fondé de l’action » (Cass., 17 mai 1993, n° 91-15.761 ; 2 nov. 2005, n° 02-17.697 ; Cass., 3ème
civ., 16 avr. 2008, n° 07-13.846 ; etc.) et qu’en particulier, « l’existence du préjudice invoqué
par le demandeur n’est pas une condition de recevabilité de son action mais du succès de celle-
ci » (Cass., 2ème civ., 6 mai 2004, n° 02-16.314).
En l’espèce, il n’est pas douteux que le syndic a intérêt à agir contre Monsieur Hoff. Il a subi,
du fait du défaut d’étanchéité de sa salle de bain et du dégât des eaux en ayant résulté, un
préjudice important qu’il évalue à hauteur de 5100 euros. Ce prix qu’il a supporté, correspond
aux travaux consécutifs de rénovation des parties communes de l’immeuble collectif à usage
d’habitation, dont le syndic défend, logiquement, les intérêts des propriétaires. Reste à savoir
si cette conclusion vaut pour les locataires.
On pourrait en effet considérer qu’en vertu des articles 605 et 606 du code civil, les grosses
réparations sont à la charge du propriétaire, de sorte que les locataires ne justifieraient pas d’un
intérêt direct et personnel à agir. Ce serait oublier qu’ils souffrent, tout à fait personnellement,
d’une perte de jouissance, du fait du dégât des eaux litigieux même si, il est vrai, leur action
paraît tardive (mais ne s’explique-t-elle pas d’ailleurs par l’inertie de leur propriétaire ?).

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Au demeurant, il ne faut pas oublier qu’en principe, « l’existence du préjudice invoqué par le
demandeur dans le cadre d’une action en responsabilité n’est pas une condition de recevabilité
de son action mais de son succès (Cass., 2ème civ., 6 mai 2004, arrêt préc.). Par conséquent, leur
action est, comme celle du syndic, a priori recevable, sauf à tout mélanger, en confondant
l’intérêt à agir avec le bien-fondé de leur demande. Une question de recevabilité de l’action se
pose encore du point de vue d’un éventuel préalable amiable obligatoire.
b. Sur le prétendu manquement à un préalable amiable obligatoire
1 pts.
En droit, les demandes soumises au tribunal judiciaire, dont le tribunal de proximité en
constitue – on l’a vu – une chambre, doivent être précédées d’une tentative de règlement
amiable du litige lorsqu’elles sont notamment inférieures ou égales à 5000 euros. L’article 750-
1 du code de procédure civile l’énonce clairement.
En l’espèce, cependant, la demande du syndic en paiement d’une somme d’argent est supérieur
au seuil des 5000 euros de l’article 750-1 précité. Il en résulte que, contrairement aux dires de
l’ami juriste de Monsieur Hoff, celui-ci ne peut se fonder sur ce texte pour opposer au syndic
une fin de non-recevoir tirée de la violation du préalable amiable obligatoire.
2. Du point de vue de la régularité de la demande du syndic
4 pts.
a. L’hypothèse de la nullité pour vice de fond de la demande du syndic
2 pts.
En droit, le défaut de capacité d’ester en justice constitue une cause de nullité pour vice de
fond (c. pr. civ., art. 117). Or, la Cour de cassation a eu l’occasion de juger que les responsables
des désordres affectant un immeuble en copropriété et leurs garants étaient en droit, en tant que
défendeurs à l’instance, de se prévaloir de l’irrégularité de fond tenant au défaut de pouvoir du
syndic d’agir en justice (Cass., 3ème civ., 12 oct. 1988, Bull. Civ., III, n° 140). Ce défaut de
pouvoir peut résulter du fait que le syndic n’a pas été autorisé à agir en justice par une décision
de son assemblée générale (Cass., 3ème civ., 10 oct. 1990, n° 89-13.854). En bref, l’action du
syndic doit être soumise au vote à peine de nullité pour vice de fond (Cass., 3ème civ., 11 janv.
1995, n° 93-11.939). Cette sanction semble être celle qu’il convient de prononcer pour ce type
d’irrégularité (v., cependant, Cass., 2ème civ., 14 janv. 1987, Bull. Civ., II, n° 5, qui excluait le
prononcé d’une nullité pour vice de fond dans ce genre de cas ; mais l’arrêt est ancien et ne
correspond donc plus à l’état de la jurisprudence applicable).
On ajoutera que la nullité pour vice de fond qui résulte d’un défaut d’habilitation à agir du
syndic, par délibération de l’assemblée générale des copropriétaires, constitue un moyen
d’ordre public que le juge doit, normalement, relever d’office (c. pr. civ., art. 120, al. 1er et,
surtout, Cass., 3ème civ., art. 14 mai 1974, JCP. G., 1974, II, 17795, note Guillot).
En l’espèce, rien n’est dit sur la convocation d’une assemblée générale préalable à l’exercice
de l’action du syndic. On sait, tout au plus, que certains de ses membres entretiennent une
inimitié notoire avec Monsieur Hoff, ce qui pourrait laisser penser qu’ils ont pris l’initiative de
l’action du syndic sans procéder à un vote. Par conséquent, si tel devait être le cas, il serait
possible de soulever, ici, une exception de nullité pour vice de fond et, cela, conformément au
dispositif de l’article 118 du code de procédure civile, donc en tout état de cause et sans devoir
justifier d’un grief.

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b. La régularisation de la nullité pour vice de fond de la demande du syndic
2 pts.
Reste qu’en droit, l’article 121 du code de procédure civile dispose que « dans les cas où elle
est susceptible d’être couverte, la nullité ne sera pas prononcée si sa cause a disparu au moment
où le juge statue ». La Cour de cassation est venue affirmer à ce propos, que l’irrégularité de
fond qui, en raison d’un défaut de pouvoir, affecte la validité de l’assignation par un syndic de
copropriété, des responsables de malfaçons affectant un immeuble, n’est pas susceptible d’être
couverte après l’expiration du délai de prescription de l’action (Cass., 3ème civ., 16 janv. 1985,
Bull. Civ., III, n° 13 et, plus récemment, Cass., 3ème civ., 13 janv. 2010, n° 09-10.398).
En l’espèce, si donc l’hypothèse d’une nullité pour vice de fond de la demande du syndic devait
se confirmer, celui-ci pourrait certainement régulariser sa demande en provoquant une
délibération de son assemblée générale, l’autorisant à agir en justice. Pour autant, le syndic
devrait le faire sans attendre, c’est-à-dire avant que le tribunal de proximité ne statue et, surtout,
avant que ne soit acquise la prescription de son action. A cet égard, il convient en effet de
signaler un certain écoulement du temps, entre l’exercice par le syndic de cette action, et la
survenance du fait dommageable : le dégâts des eaux survenus après la rénovation de la salle
de bain de Monsieur Hoff, au mois de juillet 2020.
Car en droit, il est vrai, les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à
compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant
de l’exercer (c. civ., art. 2224).
En l’espèce, et comme on vient de le dire, le dégât des eaux est survenu au début du mois de
juillet 2020. C’est à ce moment-là que le dit dégât des eaux est apparu aux yeux de tous, de
sorte que le délai de prescription de l’action du syndic en réparation – qui est, bien entendu, une
action personnelle ou mobilière au sens de l’article 2224 du code civil – a commencé à courir
à cette date. Par conséquent, la prescription de son action, qui peut être qualifiée d’in extremis,
menace.
En droit, néanmoins, la demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription
ainsi que le délai de forclusion (c. civ., art. 2241, al. 1er), et cela même lorsqu’elle est portée
devant une juridiction incompétente ou lorsque l’acte de saisine de la juridiction (i.e.,
l’assignation enrôlée) est nulle par l’effet d’un vice de procédure (c. civ., art. 2241, al. 2), tel
qu’un vice de forme ou de fond (Cass., 3ème civ., 11 mars 2015, n° 14-15.198 ; 10 nov. 2016,
n° 14-25.318).
En l’espèce, l’assignation du syndic a été signifiée avant l’expiration du délai de prescription
de droit commun de l’article 2224 du code civil (cf., supra). Par conséquent, elle a pu
interrompre le délai quinquennal en question, quand bien même elle serait affectée d’un vice
de fond. Le syndic pourra donc très certainement procédé à la régularisation de sa demande, en
sollicitant une habilitation à agir de la part de son assemblée générale.
D. La réaction envisageable de Monsieur Hoff
2 pts.
En droit, les demandes initiales (c. pr. civ., art. 53 et s.) peuvent être complétées de demandes
incidentes, lesquelles sont : la demande reconventionnelle, la demande additionnelle et la
demande en intervention (c. pr. civ., art. 63).

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La demande en intervention d’un tiers à l’instance peut être, selon l’article 66 du code de
procédure civile, « volontaire » ou « forcée », suivant qu’elle émane du tiers ou d’une partie à
l’instance.
En l’espèce, Monsieur Hoff a été, comme il le dit lui-même, victime d’un travail a priori mal
fait de l’entrepreneur qui est intervenu chez lui, Monsieur Salvatore, lequel a par ailleurs utilisé,
pour rénover la salle de bain du premier, des matériaux achetés chez Leroy Merlin. Le défaut
d’étanchéité peut donc provenir, non seulement du travail de Monsieur Salvatore, mais aussi
des matériaux vendus par ladite société, peut-être atteints de malfaçons.
Par conséquent, Monsieur Hoff devrait former, pour contre attaquer ou, sans doute plus
exactement, modifier les données du litige à son avantage, deux demandes en intervention
forcée dirigées contre Monsieur Salvatore et l’entreprise Leroy Merlin. Ces deux demandes
doivent être faites par voie d’assignation en application de l’article 68, alinéa 2, du code de
procédure civile. Monsieur Hoff ne devra a priori par tarder à procéder de la sorte, tant il est
vrai que son action peut également encourir le risque de la prescription de droit commun (cf.,
supra), sauf à faire jouer la garantie décennale. Si malgré tout, elle devait être prescrite, il
pourrait tenter de soutenir que l’effet interruptif de prescription de l’assignation du syndic lui
profite en raison d’une cause commune (v., par ex., Cass., 3ème civ., 22 sept. 2004, n° 03-
10.923). Cela se discute cependant en juridiction, d’où la nécessité d’agir vite en intervention
forcée.
EN CONCLUSION, Monsieur Hoff devrait pouvoir commencer par soulever, en défense, une
exception d’incompétence et désigner, comme juridiction compétente, le tribunal judiciaire de
Créteil, suivant le calcul du montant du litige précédemment opéré (cf., supra) et la stratégie
contentieux retenue.
Monsieur Hoff pourra également soulever le vice de fond de l’assignation du syndic, qui n’a
peut-être pas été habilité à agir par son assemblée générale. Il pourra le faire en tout état de
cause, mais le plus tôt sera le mieux.
Les actions du syndic et des locataires ne paraissent pas, pour leur part, irrecevables, de sorte
que la défense de Monsieur Hoff sera, pour l’essentiel, une défense au fond.
Il pourra toutefois contre attaquer, en formant contre l’entrepreneur, Monsieur Salvatore, et la
société Leroy Merlin, deux demandes en intervention forcée, lesquelles prendront la forme de
deux assignations. Un risque de prescription de ses demandes existe malgré tout, au regard de
l’ancienneté des faits dommageables, sauf à faire jouer la prescription décennale du
constructeur ou les exceptions au principe selon lequel, l’effet interruptif d’une demande en
justice (i.e., celle du syndic) ne profite qu’à son auteur.

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