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Lecture linéaire n°1: Chapitre 19, Candide, Voltaire

Introduction
un philosophe des Lumières. Ces philosophes œuvrent àla diffusion des savoirs pour
Voltaire est
que l'homme soit libre. Les Lumières sont donc un regroupement d'intellectuels pour la liberté des
Hommes. La société du XVIIle est une société composée de 3 ordres: le clergé, la noblesse et le
tiers état. Les Lumières dénoncent les injustices de la société d'ordres. Voltaire est un bourgeois, il

fait donc partie du tiers état. Voltaire utilise le genre du conte philosophique pour véhiculer les idées
des Lumières, notamment avec Candide en 1759. Dans ce conte, le lecteur suit l'histoire du
personnage éponyme (=donneson prénom à l'euvre ). De chapitre en chapitre, le jeune garçon
découvre les différents maux du siècle, comme la guerre, l'inquisition et ici, l'esclavage. Dans cet

extrait, Candide arrive à Surinam, où découvre, accompagnéde Cacambo,un nègre. Un dialogue


il

débute entre eux. Il semble alors judicieux de se demandercomment Voltaire met son récit au servie
de la dénonciation de l'esclavage.
NB :la noblesse la bourgeoisie = la bourgeoisie se trouve dans le tiers état
Llà3 mise en place du cadre
• L3 à 9 début de dialogue entre Candide et le nègre
• L10à 13 -
de la mère rapportées par le fils
les paroles
L 13à 18 -
dénonciation plus virulen te de l'esclavage
Dans le chapeau, y a la mise en place du cadre spatial. On apprend que l'histoire se déroule à
il
Surinam, ville qui existe vraiment et qui est une possession hollandaise. La présence du mot nègre
nous indique que la rencontre se fait aveC un esclave noir, c'est donc une référence au commerce
triangulaire qui a lieu entre 1'Europe, 1'Afrique et l'Amérique.

mise en place du cadre

«En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n'ayant plus que la

moitié de son habit, c'est-à-dire d'un caleçon de toile bleue ; il manquait àce pauvre
homme la jambe gaucheet la main droite. »
Ily a la mise en place d'une fiction ancrée dans une réalité que le lecteur du XVIlle siècle connaît
bien. Le récit est en effet doté d'une description. Les 2 temps utilisés dans le récit sont situés dans le

passé ( passé composé,imparfait ). Par les adjectifs, Voltaire fait naître un registre pathétique :
étendu, pauvre. Le nègre est géographiquement inférieur à Candide et a une posture avilissante et

humiliante. La mutilation est mise en valeur par négation restrictive. Il y a une gradation de
l'horreur, de l'horreur, de sa posture, Voltaire passe au corps mutilé de 1'esclave.

début de dialogue entre Candide et le nègre

« Eh, mon Dieu !Lui dit Candide en hollandais, que fais-tu là, mon ami, dans I'état
horrible où je te vois ? J'attends mon maître, M. Vandervendur, le fameux négociant,

répondit le nègre. »
Dans ce deuxième mouvement, Voltaire met en place un dialogue entre Candide et le nègre.
L'étonnement de Candide est visible àl'interjection et à l'exclamative ( ainsi qu'au juron ). Candide
passe de l'étonnement à l'indignation : « état horible», homible est un adjectif dépréciatif

indiquant la subjectivité de Candide. Par l'emploi de « mon ami », il fait de l'esclave son égal, ce
qui montre aussi sa naïveté. Avec un personnage naif, Voltaire porte un regard neuf sur la société,

car le personnage a (porte


un regard innocent sur une situation que les gens
une forme de neutralité
vivent quotidiennement, qui n'étonne plus ). Le nègre a un ton résigné, pour lui la situation est
normale. L'adjectif fameux laisse planer un doute sur la cause de sa réputation : fameux pour sa
cruautéou pour sa richesse ? Le nom Vandervendur évoque la férocité, la dent dur.
> « Est-ce M. Vandervendur, dit Candide, qui t'a traité ainsi ? Oui monsieur, dit le nègre,
c'est l'usage. »
On retrouve une nouvelle fois la banalisation de la violence dans les paroles du nègre : « c'est
l'usage ». En disant cela, 1'esclave souligne que cela arrive souvent. Derrière son vécu, c'est celui
de tous les esclaves qu'il véhicule, c'est la généralisation d'un cas particulier.

« On nous donne un caleçon de toile pour tout deux fois l'année. Quand nous
vtement
travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main;
quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe :je me suis trouvédans les deux
Cas. »)

Les conditions de vie de l'esclave nous sont présentées comme déplorables. Le « on » désigne les
esclavagistes. Le « nous » désigne les esclaves comme un tout, une communauté.« On » s'oppose
au « nous ». Le présent a une valeur de vérité générale, c'est un fait. À l'époque, le code noir régit
les lois de l'esclavage : on y trouve l'ensemble des règles esclavagistes pour les esclaves noirs.

C'est donc une allusion au code noir. Les deux exemples sont construits de la même façon, il y a un
parallélisme de construction. La première proposition est dans les deux cas une proposition
subordonnée conjonctive circonstancielle de temps, construite par rapport à la deuxième, qui est la

principale. Ce parallélisme a pour but de nous faire éprouver de la pitié. L'argumentation est

construite en partant de l'exemple pour aller vers l'argument. Voltaire fait la généralisation d'un cas
particulier ( vous =européens = lecteur ).

« C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe ».


Cette phrase est emphatique, quinmet en valeur un mot. Le mot mis en valeur est « prix », ce qui
accentue le côté économiqueet rappel le commerce triangulaire. La mise en parallèle d'un plaisir
luxueux(sucre ) avec les souffrances endurées par l'esclave fait ressortir une forme de culpabilité
chez les Européens, et donc les lecteurs.

les paroles de la mère rapportées par le fils

Ce troisième mouvement met en place une analepse (= flash back ) prolepse bond en avant (=

).
Le nègre rappelle des souvenirs en faisant intervenirsa mère.
> « Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me
disait : "
Mon cher enfant,bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux,
tu as l'honneur d'êre esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton

père et de ta mère. »
Cependantest un connecteur logique d'opposition. Le vocabulaire élogieux de la mère entre en
contradiction avec les mauvais traitements. On retrouve le champ lexical de l'argent, rappel de
l'aspect financier :fortune, écus, ainsi que la domination blancs/ noirs et la contradiction de la

religion avec l'esclavagisme.

dénonciation plus virulente de l'esclavage

« "Hélas !je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les
chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous. »

Le mouvement débute par « Hélas !», qui est une interjection de désolation qui introduit la
dernier
réponse mère et le constat d'échec. La deuxième phrase contient une comparaison avec un
à sa

comparatif d'infériorité :
moins que, une accumulation et une hyperbole mille fois moins. :
« Les fétiches hollandais qui m'ont converti [...] nous sommes tous enfants d'Adam, blancs
et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous
cousins [...] Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user avecses parents d'une manière
plus horrible. »

Ce passage montreque l'esclavage est toléré par


la religion, qui l'utile pour la conversion de ces
esclaves. Il y a ici usage de la prétérition :je ne vais pas parler de cela mais je le fait quand même.
L'argumentation finale est la convaincante car elle s'appuie sur les arguments et non sur les
sentiments. « Or » est un connecteur, permettant l'enchaînement logique des idées et montrant la

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