EDOs
EDOs
Note :
Lorsque la variable dépendante est une fonction d’au moins deux variables indépendantes et
que l’équation différentielle implique des dérivées par rapport à au moins deux de ces variables
(dérivées partielles), l’équation en question est dite aux dérivées partielles (EDP).
On appelle ordre d’une EDO, l’ordre de la dérivée la plus élevée qu’elle contient. L’équation
(1.1) est d’ordre n.
Exemples :
Notes :
- On suppose qu’il est possible d’isoler y ( n ) dans l’équation (1.1) de sorte que
y ( n ) = f ( x, y, y, y,..., y ( n−1) ) .
dny
- La notation y ( n ) ( x) sera utilisée pour la dérivée d’ordre n, , à partir de n = 4.
dx n
On entend par degré d’une EDO la puissance de l’ordre le plus élevé de dérivée intervenant
dans l’équation.
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Exemple :
Note :
La solution de (1.1) s’appelle aussi courbe intégrale. En vue d’avoir une solution unique de
(1.1), on définit très souvent les conditions initiales (CI) ou les conditions limites (CL).
Exemple :
t
e
− s2
Vérifier si la fonction y = et ds + et
2 2
est une solution de l’équation différentielle
0
y − 2ty = 1.
L’EDO E ( x, y, y, y,..., y ( n ) ) = 0 est linéaire si E est une fonction linéaire des variables y, y ,
y ,…, y ( n ) . Ainsi, l’EDO linéaire générale d’ordre n s’écrit :
an ( x) y ( n) + an−1 ( x) y ( n−1) + ... + a1 ( x) y + a0 ( x) y = r ( x), où les ai ( x) sont des fonctions de la
variable x appelées coefficients de l’EDO et r ( x ) est une fonction de x qui s’appelle second
membre de l’EDO.
Une équation qui n’est pas de la forme précédente est une équation non linéaire.
Exemples :
1. L’équation y + 2et y + yy = t 4 est non linéaire à cause de la présence du terme yy .
d 2 g
2. L’équation d’un pendule simple + sin = 0 est une équation non linéaire à cause
dt 2 L
de la présence de sin .
d 2 g
Pour de faibles oscillations, sin . On a donc + = 0 , qui est une équation
dt 2 L
linéaire. Cette méthode d’approximation d’une équation non linéaire par une équation
linéaire s’appelle linéarisation.
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Sans résoudre explicitement l’équation (1.2), on peut avoir une bonne idée du comportement
de ses solutions en traçant (à l’aide d’un logiciel mathématique) un champ de directions. On
évalue d’abord la fonction f en chaque point d’une grille rectangulaire composée d’au moins
une centaine de points ; ensuite, pour chacun des points, on trace un petit segment de droite
ayant pour pente la valeur de la fonction f calculée en ce point.
Figure 1.1 : Champ de direction pour l’équation dv / dt = 9,8 − (v / 5). (Source : Équations
différentielles, Boyce, Diprima, N’dri)
Travaux dirigés
1
1. Trouver toutes les solutions de l’équation différentielle y ( x) = + 1 pour x 0.
x
x
2. L’équation y( x) = x + y ( x − u )du est un exemple d’équation intégro-différentielle.
0
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3. Trouver une solution de la forme y = ecx , où c est une constante à déterminer, de l’équation
différentielle suivante : y( x) = y( x) + y ( x).
a) y( x) y( x) + y ( x) = e x ;
f f
b) 2 f ( x, y) = cos + ;
x y
f f
c) + = ln ( x 2 + y 2 ) .
x y
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2.1.1 Définition
Si M ( x, y ) = M ( x) et N ( x, y ) = N ( y ) , alors (2.2) s’écrit : M ( x)dx + N ( y )dy = 0. On dit qu’il
s’agit d’une EDO à variables séparables (ou séparables). On aura donc :
M ( x)dx + N ( y)dy = c , où c est une constante arbitraire.
Exemples :
− x 2 ( y − 2)
1. Résoudre l’équation différentielle : y( x) = .
( x + 2) y 2
1+ y2
2. Intégrer l’équation : y = .
1 + x2
L’EDO M ( x, y )dx + N ( x, y )dy est dite homogène si les fonctions M et N sont homogènes de
dy
même degré. On peut donc affirmer de façon équivalente que l’EDO = f ( x, y ) est
dx
homogène si et seulement si la fonction f ( x, y ) est homogène de degré zéro.
Cette équation homogène, qui n’est pas à variables séparables, peut être transformée en
équation à variables séparables à l’aide d’un changement de variable approprié.
1
En effet, M (tx, ty ) = t n M ( x, y ) et N (tx, ty ) = t n N ( x, y ) (par hypothèse). En posant t = , on a :
x
n
y 1 y y
M 1, = M ( x, y ) M ( x, y) = x n M 1, et N ( x, y) = x n N 1, .
x x x x
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dy
L’EDO M ( x, y ) + N ( x, y )= 0 devient :
dx
y
M 1,
y
=−
dy M ( x, y ) x
=− = g . (2.3)
dx N ( x, y ) y x
N 1,
x
y dy dv
On pose v = ou y = vx et on a : = v + x . En remplaçant cette dernière expression dans
x dx dx
dv dx dv
(2.3), on obtient : v + x = g (v) + = 0, qui est une équation à variables
dx x v − g (v )
séparées.
Exemple :
dy y − 4 x
Résolvez l’équation différentielle = .
dx x− y
f f
Si (et seulement si) il existe une fonction f ( x, y ) telle que = M ( x, y ) et = N ( x, y ), on
x y
dit que l’équation M ( x, y )dx + N ( x, y )dy = 0 est une équation différentielle exacte.
f f
On a : M ( x, y )dx + N ( x, y )dy = 0 dx + dx = 0 df ( x, y ) = 0 f ( x, y ) = c (solution
x y
implicite).
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2.2.3 Théorème
Soit les fonctions M, N et leurs dérivées partielles respectives M y et N x , continues dans une
région du plan simplement connexe. Une condition nécessaire et suffisante pour que l’EDO
M ( x, y )dx + N ( x, y )dy = 0 soit une équation différentielle exacte est que la relation suivante
soit vérifiée :
M N
= . (2.4)
y x
f ( x, y )
Par ailleurs, = M ( x, y ) f ( x, y ) = M ( x, y )dx + h( y ) (i), où h( y ) est une fonction
x
arbitraire qui ne dépend que de y. La fonction f ( x, y ) doit être telle que
f ( x, y )
y
= N ( x, y )
y
( M ( x, y)dx ) + h( y) = N ( x, y) . Il vient que :
h( y) = N ( x, y) −
y
( M ( x, y)dx )dy (ii).
Puisque (ii) est une fonction de y seulement, la fonction que l’on intègre ne doit pas dépendre
de x. Il s’en suit :
x
N ( x, y ) −
y
( M ( x, y)dx ) = 0
N ( x, y )
x
=
2
xy
( M ( x, y)dx )
N ( x, y )
x
=
2
yx
(
M ( x, y )dx )
N ( x, y ) M ( x, y )
= . (iii)
x y
Donc, si la condition (iii) est vérifiée, on peut construire une fonction f telle que les équations
f ( x, y ) f ( x, y )
= M ( x, y ) et = N ( x, y ) soient aussi satisfaites. On peut affirmer que (2.4) est
x y
une condition suffisante pour que l’EDO considérée soit exacte.
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Exemple :
Résoudre l’équation ( x 2 + y ) dx + ( x − y 2 ) dy = 0.
La plupart des EDOs ne sont pas exactes. Cependant, lorsqu’une EDO possède une solution
générale f ( x, y ) = c , on peut montrer qu’il est possible de trouver un facteur intégrant pour la
transformer en équation exacte. En d’autres termes, il existe une fonction ( x, y ) telle que
( x, y) M ( x, y)dx + N ( x, y)dy = df ( x, y). (2.5)
L’équation (2.5) permet d’établir que le facteur intégrant ( x, y ) doit satisfaire à l’équation aux
dérivées partielles suivante :
M N
M −N + − = 0. (2.6)
y x y x
En général, cette équation est difficile à résoudre. En pratique, on n’arrive à déterminer les
facteurs intégrants que dans des cas particuliers. Des facteurs intégrants simples peuvent être
trouvés quand est une fonction d’une des variables x ou y seulement mais non des deux.
d M N
Si = ( x ), on a : − N = − −
dx y x
M N
−
d y x
= dx.
N
d M N
Si = ( y ), on a : M = − −
dy y x
M N
y − x
d
=− dy
M
Exemple :
À domicile. On peut vérifier qu’un deuxième facteur intégrant de l’EDO précédente est
1
( x, y ) = .
xy (2 x + y )
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dy ( x)
+ p ( x) y ( x) = q ( x ). (2.7)
dx
q ( x ) est appelé second membre de l’équation.
Exemple :
La plupart des EDOs linéaires du premier ordre ne peuvent pas être résolues de façon triviale.
Leibniz a découvert qu’en multipliant l’EDO par une fonction non nulle ( x) , on peut la
convertir en une équation qu’on peut intégrer facilement en utilisant la règle du produit des
dérivées.
dy ( x)
On a : ( x) + ( x) p ( x) y ( x) = ( x)q( x), ( x) étant le facteur intégrant.
dx
dy ( x) d ( x) d ( x)
( x) + y ( x) = ( x) q( x), avec = ( x) p ( x).
dx dx dx
d
( x) y ( x) = ( x)q ( x) (i)
dx
d ( x) d ( x)
Or, = ( x) p ( x) = p( x)dx, si ( x) 0.
dx ( x)
ln ( x) = p( x)dx ( x) = exp p( x)dx .
y ( x) =
1
( x)
( ( x)q( x)dx + c ) (2.8)
Note :
dy ( x)
1. Résoudre l’EDO linéaire + xy ( x) = 2 x.
dx
2. Résoudre le problème de valeur initiale : ty + 2 y = 4t 2 , y (1) = 2.
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Si les fonctions p et q sont continues dans un intervalle ouvert I = a, b contenant le point x0 ,
alors il existe une solution unique y ( x ) qui satisfait l’EDO y + p ( x) y = q ( x) , quel que soit x
dans l’intervalle I, et qui satisfait également à la condition initiale y ( x0 ) = y0 .
1
x
solution générale à l’équation (2.7) sous la forme y ( x) = ( s)q( s)ds + c . Pour
( x) x0
satisfaire à la condition initiale y ( x0 ) = y0 , on doit choisir c = y0 . Ainsi, la solution au problème
de valeur initiale est donnée par :
1
x
y ( x) = ( s)q( s)ds + y0 . (2.9)
( x) x0
Pour transformer l’équation (2.10) en une équation linéaire, il suffit de procéder au changement
de variable suivant : ( x) = y1− n ( x).
d dy dy d
On a : = (1 − n) y − n = (1 − n) −1 y n et y = y n . L’EDO (2.10) devient :
dx dx dx dx
d
(1 − n) −1 y n + p ( x) y n = q ( x) y n
dx
d
+ (1 − n) p ( x) = (1 − n)q ( x ). (2.11)
dx
Exemple :
y
Résolvez le problème de valeur initiale : y − = − y 3 , y (1) = 1.
t
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dy ( x)
= q0 ( x) + q1 ( x ) y ( x ) + q2 ( x ) y 2 ( x ). (2.12)
dx
Il n’existe pas, en général, de résolution par quadrature à cette équation, mais il existe une
méthode de résolution dès que l’on connait une solution particulière.
Supposons que y1 est une solution particulière de l’EDO (2.12). On peut obtenir une solution
1 u
plus générale en effectuant la substitution : y = y1 ( x ) + . On en déduit que y = y1 − 2 .
u ( x) u
u
2
1 1
L’EDO (2.12) devient : y1 − 2 = q0 + q1 y1 + + q2 y1 +
u u u
u q 2q y q
q0 + q1 y1 + q2 y12 − 2 = q0 + q1 y + 1 + q2 y12 + 2 1 + 22
u u u u
u q u + 2q2 y1u + q2
− 2 = 1
u u2
−u = (q1 + 2q2 y1 )u + q2
u + (q1 + 2q2 y1 )u = −q2 , qui est une équation linéaire.
Travaux dirigés
1. Résoudre (explicitement, si possible) les équations différentielles ordinaires suivantes :
a) xydx + ln 2 ydy = 0 ;
b) xe x − y dx + ye y − x dy = 0 ;
c) − x 2 ydx + ( x3 + y 3 )dy = 0.
x cos y
a) y( x) = ;
y sin x
1 − 2 xy
b) y( x) = .
x2 + y
4. Trouver un facteur intégrant pour chacune des équations différentielles ordinaires suivantes :
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5. Déterminer vers quelle valeur les solutions des équations différentielles tendent lorsque t tend
vers l’infini :
a) y(t ) − y (t ) = 1 + t ;
b) y(t ) + 2 y (t ) = te−2t .
1
a) y(t ) + y (t ) = ty 2 (t ), pour t 0;
t
b) y(t ) − 2 y (t ) = y 4 (t ).
7. Trouver la fonction y ( x ) qui satisfait l’équation différentielle suivante et qui est telle que
1 dy
y ( −2) = : x + y (1 − x 3 y ) = 0 , pour x 0.
4 dx
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3.1 Introduction
Si la fonction r (t ) est égale à zéro, l’EDO (3.2) est dite homogène. Autrement, elle est dite non
homogène.
Un problème de valeur initiale comporte une EDO du type (3.1) ou (3.2) ainsi que deux
conditions initiales : y (t0 ) = y0 , y(t0 ) = y0 .
Note :
En général, on note par t la variable indépendante puisque c’est souvent le temps qui joue ce
rôle en physique. Néanmoins, on se servira parfois de la lettre x.
Dans certains cas particuliers, il est possible de réduire l’ordre d’une EDO d’ordre deux, non
homogène, à coefficients non constants ou même non linéaire, en effectuant une substitution
appropriée. La nouvelle équation d’ordre un ainsi obtenue peut être résolue par l’une des
méthodes étudiées précédemment.
Cas 1. Les équations sans variable dépendante : la fonction f (t , y , y ) ne dépend pas de y, c’est-
à-dire que y = f (t , y ).
On pose u (t ) = y(t ) u (t ) = y (t ) et on obtient une nouvelle équation d’ordre un telle que
u = f (t , u ).
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Exemple :
Cas 2. Les équations sans variable indépendante : la fonction f ne dépend pas explicitement de
la variable indépendante t, c’est-à-dire que y = f ( y, y ).
Exemple :
3 2
Résoudre le problème de valeurs initiales : y(t ) = y (t ), y (0) = 1, y (0) = 1.
2
En supposant que les fonctions p et q de l’EDO (3.2) sont constantes et que r (t ) = 0, on obtient
l’EDO linéaire homogène d’ordre deux suivante :
y(t ) + py(t ) + qy (t ) = 0. (3.3)
Interprétation. Si r est une racine de l’équation polynomiale précédente, alors y (t ) = ert est une
solution de l’EDO (3.3).
Si l’équation (3.4) admet deux racines réelles distinctes (r1 r2 ), alors y1 (t ) = er1t et y2 (t ) = er2t
sont deux solutions à l’équation (3.3). Par conséquent, la solution générale est donnée par :
y(t ) = c1 y1 (t ) + c2 y2 (t ) = c1er1t + c2er2t . (3.5)
Exemples :
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1
4 y − 8 y + 3 y = 0, y (0) = 2, y(0) = .
2
Exemple :
dt dt
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y1 y2
W= = y1 y2 − y1 y2 . (3.8)
y1 y2
y0 y2 (t0 ) y1 (t0 ) y0
y0 y2 (t0 ) y1 (t0 ) y0
c1 = et c2 = .
y1 (t0 ) y2 (t0 ) y1 (t0 ) y2 (t0 )
y1(t0 ) y2 (t0 ) y1(t0 ) y2 (t0 )
Définition. Un ensemble fondamental de solutions (EFS) de l’EDO (3.7) est tout ensemble de
deux solutions linéairement indépendantes de cette équation. En d’autres termes, y1 (t ), y2 (t )
est un EFS si et seulement si : c1 y1 (t ) + c2 y2 (t ) = 0 c1 = c2 = 0.
En d’autres termes, toute solution particulière de l’EDO (3.7) peut être obtenue à partir de y (t )
, qui est la solution générale de cette équation différentielle.
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Exemples :
Démonstration. Notons que y1 et y 2 satisfont à l’EDO (3.7) : y1 + p(t ) y1 + q(t ) y1 = 0 et
y2 + p(t ) y2 + q(t ) y2 = 0. En multipliant la première équation par − y2 et la seconde par y1 et
en additionnant membre à membre les équations résultantes, on obtient :
( y1 y2 − y1y2 ) + p(t )( y1 y2 − y1 y2 ) = 0.
Exemple :
Soit l’EDO homogène (3.3) donnée par : y(t ) + py(t ) + qy (t ) = 0, p et q étant des constantes.
Nous avons montré précédemment que les solutions y1 (t ) = er1t et y2 (t ) = er2t de cette EDO sont
linéairement indépendantes, r1 et r2 étant les racines réelles distinctes de l’équation
caractéristique associée (3.4) : r 2 + pr + q = 0. On en déduit, dans ce cas, que la solution
générale de cette équation est y(t ) = c1er1t + c2er2t .
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Traitons à présent le cas où le discriminant de l’équation (3.4) est strictement négatif, c’est-à-
dire que = p 2 − 4q 0. L’équation caractéristique admet deux racines complexes conjuguées
telles que r1 = + i et r2 = − i .
Rappel. La formuler d’Euler est donnée par : ei = cos + i sin . D’après cette formule :
er1t = e t (cos t + i sin t ) et er2t = e t (cos t − i sin t )
er1t + er2t = 2e t cos t et er1t − er2t = 2ie t sin t.
Toute combinaison linéaire des solutions de l’EDO (3.3) est aussi une solution de cette équation.
Il vient donc que y1 (t ) = et cos t et y2 (t ) = et sin t sont aussi des solutions de cette EDO
(en laissant tomber les constantes). En effet :
e t cos t e t sin t
W ( y1 , y2 ) = = e 2 t 0, t.
e cos t − e sin t e sin t + e cos t
t t t t
Donc, y1 (t ) = et cos t et y2 (t ) = et sin t forment un EFS. D’où la solution générale de
l’EDO : y(t ) = et (c1 cos t + c2 sin t ).
Exemples :
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1 d 2 y dy 1 dy
t . 2 2 − + p.t. . + qy = 0
2
t dz dz t dz
d2y dy
2
+ ( p − 1) + qy = 0 ou y( z ) + ( p − 1) y( z ) + qy ( z ) = 0.
dz dz
Il nous faut trouver une deuxième solution qui soit linéairement indépendante de y1 (t ). Posons :
y2 (t ) = u(t ) y1 (t ) = u(t )ert , u (t ) étant une fonction non constante. On a :
y2 (t ) = ert [u(t ) + ru(t )]
et y2(t ) = ert r[u(t ) + ru (t )] + [u(t ) + ru(t )] = ert [u(t ) + 2ru(t ) + r 2u(t )]
ert (u + 2ru + r 2u ) + pert (u + ru ) + quert = 0
u + (2r + p)u + (r 2 + pr + q)u = 0.
p
Or, r = − et p 2 = 4q u = 0 u (t ) = c1t + c2 , où c1 et c2 sont des constantes. Donc,
2
y2 (t ) = c1ty1 (t ) + c2 y1 (t ). En prenant, c1 = 1 et c2 = 0, on obtient y2 (t ) = tert .
y1 (t ) ty1 (t )
W ( y1 , y2 )(t ) = = [ y1 (t )]2 = e 2 rt 0, t. y1 (t ) et y2 (t ) sont deux solutions
y1(t ) y1 (t ) + ty1(t )
linéairement indépendantes. D’où la solution générale : y(t ) = c1ert + c2tert = (c1 + c2t )ert .
Exemple :
1
Trouvez la solution au problème de valeur initiale : y − y + 0, 25 y = 0, y (0) = 2, y (0) = .
3
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On peut utiliser la technique précédente pour obtenir une deuxième solution y2 (t ) dans le cas
de l’EDO linéaire homogène à coefficients non constants y(t ) + p (t ) y(t ) + q (t ) y (t ) = 0,
lorsqu’on connait une solution y1 (t ) de cette équation.
Si l’on pose finalement : v (t ) = u (t ), on a : y1v + (2 y1 + py1 )v = 0, qui est une équation du
premier ordre (à variables séparables).
Exemple :
Sachant que y1 (t ) = t 3 est une solution à t 2 y(t ) + ty(t ) − 9 y(t ) = 0 pour t 0, trouver une
deuxième solution linéairement indépendante.
3.6.1 Introduction
Revenons à l’équation non homogène y(t ) + p(t ) y(t ) + q(t ) y (t ) = r (t ) (3.2), où les fonctions
p, q et r sont continues pour tout intervalle ouvert I.
une solution particulière y p (t ) de l’équation non homogène, soit par la méthode des coefficients
indéterminés soit par la méthode de variation des paramètres.
La méthode des coefficients indéterminés requiert que l’on pose a priori une expression
explicite pour la solution particulière y p (t ), dont les coefficients constants devront être
précisés. On substitue ensuite cette expression dans l’équation (3.2) et on tente de déterminer
les coefficients de sorte que l’équation soit satisfaite.
Cas 1. r (t ) = Aet , étant une racine réelle de l’équation caractéristique associée à l’EDO de
multiplicité k.
Exemple :
Exemple :
n
Cas 3. r (t ) est un polynôme de degré n, c’est-à-dire que r (t ) = Ati i , avec An 0. Une
i =0
n
solution particulière est de la forme y p (t ) = Bi t i , où les Bi sont des coefficients à déterminer.
i =0
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Cas 4. r (t ) = ( A0 + At
1 + ... + Ant ) e cos t ou r (t ) = ( A0 + A1t + ... + Ant ) e sin t , avec Ai ,
n t n t
Note :
n
Si la fonction r (t ) peut être exprimée comme une somme de n termes telle que r (t ) = ri (t ),
i =1
Exemple :
Soit l’EDO y(t ) + p(t ) y(t ) + q(t ) y (t ) = r (t ) (3.2), dont la solution homogène est donnée par
yh (t ) = c1 y1 (t ) + c2 y2 (t ).
La méthode des coefficients indéterminés ne fonctionne que dans le cas où les fonctions p (t )
et q (t ) sont des constantes. De plus, la forme de r (t ) doit être simple.
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yp (t ) = u1 (t ) y1(t ) + u2 (t ) y2 (t ) et yp (t ) = u1 (t ) y1(t ) + u1 (t ) y1(t ) + u2 (t ) y2 (t ) + u2 (t ) y2(t ). En
substituant yp (t ) et yp (t ) dans (3.2), on a :
u1 (t ) y1(t ) + u1 (t ) y1(t ) + u2 (t ) y2 (t ) + u2 (t ) y2(t ) + p(t ) u1 (t ) y1(t ) + u2 (t ) y2 (t )
+ q(t ) u1 (t ) y1 (t ) + u2 (t ) y2 (t ) = r (t )
u1 (t ) y1(t ) + p(t ) y1(t ) + q(t ) y1 (t ) + u2 (t ) y2(t ) + p(t ) y2 (t ) + q(t ) y2 (t )
entre les crochets sont nulles. Il s’en suit que : u1 (t ) y1(t ) + u2 (t ) y2 (t ) = r (t ). D’où le système de
deux équations à deux inconnues :
u (t ) y (t ) + u (t ) y (t ) = 0
1 1 2 2
.
u1 (t ) y1(t ) + u2 (t ) y2 (t ) = r (t )
Théorème. Une solution particulière de l’équation différentielle non homogène (3.2) est donnée
par :
y (t )r (t ) y (t )r (t )
y p (t ) = − y1 (t ) 2 dt + y2 (t ) 1 dt , (3.10)
W ( y1 , y2 )(t ) W ( y1 , y2 )(t )
où y1 (t ) et y2 (t ) constituent un ensemble fondamental de solutions de l’équation différentielle
homogène.
Exemple :
1
Résoudre l’EDO y(t ) + y (t ) + y (t ) = e − t .
2
Note :
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 12
Les équations linéaires du deuxième ordre à coefficients constants apparaissent souvent dans la
modélisation des processus physiques classiques tels que les oscillations d’un système masse-
ressort, les vibrations de torsion et la circulation d’un courant électrique dans un circuit branché
en série.
Supposons un objet de masse m suspendu à l’extrémité d’un ressort vertical. L’objet étire le
ressort d’une longueur L. Quand l’objet est au repos, la force gravitationnelle P et la force de
rappel Fr s’équilibrent. On a : P = − Fr . D’après la loi de Hooke, Fr = −k L, k étant le
coefficient de raideur du ressort. On peut donc écrire : mg = k L.
Fr
l + L + y
L
y P = mg
Dans ce cas, seules les forces de gravitation et de rappel du ressort agissent sur l’objet. On a :
my(t ) = mg − k[L + y (t )] my(t ) + ky (t ) = 0. Puisque k 0, la solution générale de cette
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 13
k
équation est donnée par : y (t ) = c1 cos 0t + c2 sin 0t , avec 0 =
. 0 , mesurée en radians
m
par seconde, est appelée la fréquence angulaire naturelle du mouvement.
Sachant que cos(a − b) = cos a cos b + sin a sin b, on peut réécrire la solution générale comme
suit : y (t ) = R cos(0t − ), avec c1 = R cos , c2 = R sin et R = c12 + c2 2 . On déduit que :
c2
tan = , où est l’angle de phase du déplacement.
c1
Nous allons tenir compte de la force d’amortissement Fa , qui agit dans la direction opposée au
mouvement et dont la grandeur est proportionnelle à la vitesse de l’objet. On a : Fa = −by(t ),
où b est le coefficient d’amortissement. L’équation du mouvement (3.11) devient :
my(t ) = mg + Fr + Fa my(t ) + by(t ) + ky (t ) = 0.
Les valeurs de r1 et r2 sont négatives et, par conséquent, la solution y (t ) tend toujours vers
zéro lorsque t → +. Il n’y a pas d’oscillations dans ce cas : on dit que le mouvement est
suramorti.
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 14
b
− t
Cas 2. Si b 2 − 4km = 0, alors y(t ) = (c1 + c2t )e 2m
.
Comme précédemment, la solution y (t ) tend vers zéro lorsque t → +, sans oscillations.
L’amortissement est dit critique.
−
b
t 4km − b 2
Cas 3. Si b − 4km
2
0, alors y(t ) = e 2m
(c1 cos t + c2 sin t ), avec = 0.
2m
La solution y (t ) tend toujours vers zéro lorsque t → +. Si l’on pose c1 = R cos et
b
− t
c2 = R sin , alors on obtient : y (t ) = Re 2m
cos( t − ). On assiste donc à un mouvement
oscillatoire amorti et l’amortissement est dit sous-critique.
Bien que le mouvement ne soit pas périodique, le paramètre , appelé quasi fréquence,
1
b2 2 b2
détermine la fréquence à laquelle la masse oscille. On a : = 1 − 1 − .
0 4km 8km
b
− t
Figure 3.3 : Oscillation amortie : y (t ) = Re 2m
cos( t − ). (Source : Équations
différentielles, Boyce, Diprima, N’dri)
Exemple :
Nous considérons le cas où une force externe périodique Fe = F cos te y est appliquée au
système masse-ressort. F et sont des constantes positives représentant respectivement
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 15
k F
Cas 1. Si = 0 = . On a : y(t ) = c1 cos 0t + c2 sin 0t + cos t.
m m(0 2 − 2 )
La solution qui satisfait aux conditions initiales y (0) = 0 et y(0) = 0 est donnée par :
F 2F (0 − ) ( + )
y(t ) = (cos t − cos t ) ou y (t ) = sin t sin 0 t.
m(0 − ) m(0 − )
2 2 0 2 2
2 2
Si 0 − est petit, alors 0 + est beaucoup plus grand que 0 − . Par conséquent,
(0 + ) ( − )
sin t est une fonction qui oscille plus rapidement par rapport à sin 0 t. Ainsi, le
2 2
mouvement est une oscillation rapide de fréquence (0 + ) 2, mais dont l’amplitude
2F ( − )
sinusoïdale varie lentement et vaut : sin 0 t.
m 0 −
2 2
2
Cas 2. Si = 0 , en utilisant le fait que i0 est une racine de l’équation caractéristique, on
F
obtient que y(t ) = c1 cos 0t + c2 sin 0t + t sin 0t. Cette fois-ci le mouvement augmente
2m0
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 16
indéfiniment lorsque t → +, à cause du terme t sin 0t dans la solution. Il s’agit du
phénomène de résonance.
Si r1 et r2 sont les racines de l’équation caractéristique, la solution homogène est donnée par :
yh (t ) = c1er1t + c2er2t . On peut vérifier que les racines r1 et r2 sont réelles et négatives, ou bien
complexes conjuguées avec une partie réelle négative. Dans tous les cas, cette solution
s’approche de zéro lorsque t → +. On l’appelle solution transitoire.
La solution particulière, due à la force extérieure, est donnée par y p (t ) = A cos t + B sin t , A
et B étant des coefficients à déterminer. Elle ne disparait pas lorsque t augmente. Elle est donc
appelée solution permanente ou réponse forcée. La solution générale à l’équation (3.12) est
donc : y(t ) = yh (t ) + y p (t ).
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 17
Considérons le modèle du flux d’un courant électrique I (t ) dans un circuit simple branché en
série et comportant quatre éléments :
Figure 3.6 : Circuit électrique série. (Source : Équations différentielles, Boyce, Diprima,
N’dri)
D’après la deuxième loi de Kirchhoff, la somme des chutes de tension le long du circuit fermé
est nulle. On a :
Q (t ) dI (t ) Q(t ) dI (t ) dQ (t )
− E (t ) + I (t ) R + +L = 0 ou I (t ) R + +L = E (t ). Or I (t ) = , on
C dt C dt dt
obtient donc :
d 2Q(t ) dQ(t ) 1
- L 2
+R + Q(t ) = E (t ), avec Q(t0 ) = Q0 , Q(t0 ) = I (t0 ) = I 0 ;
dt dt C
d 2 I (t ) dI (t ) 1 dE (t )
- L 2
+R + I (t ) = , I (t0 ) = I 0 , I (t0 ) = I 0 .
dt dt C dt
Note :
I 0 peut être déterminé par la charge et le courant de départ, qui sont des quantités physiquement
1
mesurables. En effet, LI (t ) + RI (t ) + Q(t ) = E (t )
C
1
LI (t0 ) + RI (t0 ) + Q(t0 ) = E (t0 )
C
E (t0 ) − RI 0 − Q0 C
I 0 = .
L
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 18
Travaux dirigés
1. Trouver la solution particulière des équations différentielles suivantes qui satisfait aux
conditions initiales indiquées :
a) 2 y(t ) − 5 y(t ) + 2 y (t ) = 0 ; y (0) = 2, y(0) = 1 ;
b) y(t ) − 3 y(t ) − 10 y (t ) = 0 ; y (0) = 0, y(0) = 1.
3. Trouver les solutions (non nulles) des équations différentielles non linéaires suivantes :
a) y(t ) + e y(t ) = 0 ;
b) y(t ) y (t ) = y (t ).
a) y1 (t ) = e−t ; y2 (t ) = 2 − e−t ;
b) y1 (t ) = ln t ; y2 (t ) = t + ln t ; pour t 0.
a) 2 y(t ) + 2 y(t ) + y (t ) = 0 ;
b) 3 y(t ) − 2 y(t ) + y (t ) = 0.
a) x 2 y( x) + xy( x) − 3 y ( x) = 0 ;
b) x 2 y( x) + 2 y ( x) = 0.
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 19
11. Trouver une solution particulière des équations différentielles suivantes par la méthode des
coefficients indéterminés :
a) y(t ) − y (t ) = t 2et ;
b) 2 y(t ) + y(t ) = sin t + et .
12. Résoudre l’équation différentielle non linéaire 3z 2 (t ) z (t ) + 6 z (t )[ z (t )]2 + 2 z 3 (t ) = sin t en
posant d’abord que y (t ) = z 3 (t ), puis en utilisant la méthode des coefficients indéterminés.
13. Trouver (en utilisant la méthode de variation des paramètres) une solution particulière de :
2 1
a) y(t ) − 2
y (t ) = pour t 0 ;
t t
b) (1 + t ) y(t ) + (1 + t ) y(t ) = t pour t
2
−1.
14. Un ressort est étiré de 10 cm vers le bas par une force de 3 newtons. Un objet de 2 kg est
suspendu au ressort et il est aussi attaché à un amortisseur hydraulique qui exerce une force de
3 newtons quand la vitesse de la masse est de 5 m/s. Si l’objet est tiré vers le bas sur 5 cm au-
dessous de sa position d’équilibre avec une vitesse initiale vers le bas de 10 cm/s, déterminer
sa position y au temps t. Trouvez la quasi-fréquence et le ratio de par rapport à la
fréquence naturelle du mouvement non amorti correspondant.
15. Un bloc cubique de côté l et de masse volumique flotte dans un fluide de masse
volumique 0 , où 0 . Si le bloc est légèrement immergé puis relâché, il oscille dans la
direction verticale. En supposant qu’on peut négliger l’amortissement hydraulique du fluide et
de l’air, construisez l’équation différentielle régissant le mouvement et déterminez la période
du mouvement.
Suggestion. Référez-vous au principe d’Archimède : Un objet qui est complètement ou
partiellement immergé dans un fluide subit une force vers le haut égale au poids du fluide
déplacé.
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Équations différentielles ordinaires (EDOs)1
4.1.1 Introduction
dx
L[ y ] = r ( x ) ou Dn y + an−1 ( x) Dn−1 y + ... + a1 ( x) Dy + a0 ( x) y = r ( x).
Pour obtenir une solution unique de (4.1), on doit disposer de n conditions initiales, soit :
y ( x0 ) = y0 , y( x0 ) = y0 , …, y ( n−1) ( x0 ) = y0( n−1) , (4.2)
où x0 peut être n’importe quel point dans l’intervalle I.
Théorème d’existence et d’unicité. Si les fonctions an −1 ( x), …, a1 ( x), a0 ( x ) sont continues dans
l’intervalle ouvert I, alors il existe une et une seule solution y ( x ) de l’équation différentielle
(4.1) satisfaisant aux conditions initiales (4.2). Cette solution existe partout dans l’intervalle I.
Si les fonctions y1 ( x), y2 ( x), …, yn ( x) sont des solutions de l’équation homogène, alors la
combinaison linéaire y ( x) = c1 y1 ( x) + c2 y2 ( x) + ... + cn yn ( x) est encore une solution de cette
équation. Les ci sont des constantes arbitraires.
Pour déterminer les constantes c1 , c2 , …, cn pour n’importe quelle valeur de x0 dans I et peu
importe y0 , y0 , …, y0( n−1) , il faut que les équations suivantes soient satisfaites :
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Équations différentielles ordinaires (EDOs)2
c1 y1 ( x0 ) + ... + cn yn ( x0 ) = y0
c1 y1( x0 ) + ... + cn yn ( x0 ) = y0
Une condition nécessaire et suffisante pour que le système précédent admette une solution quels
que soient y0 , y0 , …, y0( n−1) est que le wronskien de y1 , y2 , …, y n soit non nul en t = t0 , soit :
y1 y2 ... yn
y1 y2 ... yn
W ( y1 ,..., yn ) = 0 en t = t0 .
Un ensemble de solutions y1 , y2 , …, y n à l’équation (4.3) dont le wronskien est non nul est
appelé un ensemble fondamental de solutions (EFS). La solution générale de l’équation
différentielle homogène est ainsi donnée par : y ( x) = c1 y1 ( x) + c2 y2 ( x) + ... + cn yn ( x).
Note :
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Équations différentielles ordinaires (EDOs)3
Le polynôme P(r ) = an r n + an−1r n−1 + ... + a1r + a0 est appelé polynôme caractéristique de
l’équation (4.4) et P (r ) = 0 est son équation caractéristique.
Note :
Pour évaluer l’indépendance linéaire de y1 ( x), y2 ( x), …, yn ( x) , on évalue leur wronskien, qui
doit être différent de zéro.
Cas 1. P (r ) = 0 possède n racines réelles et distinctes.
n
On obtient que EFS = er1x , er2 x ,..., ern x , ce qui donne la solution générale : y ( x) = ci eri x .
i =1
Exemple :
Trouver la solution générale de y (4) + y − 7 y − y + 6 y = 0. De plus, déterminez la solution qui
satisfait aux conditions initiales y (0) = 1, y(0) = 0, y(0) = −2, y(0) = −2, y(0) = −1.
Note :
On peut utiliser l’astuce suivante pour factoriser un polynôme à coefficients entiers tel que
P(r ) = an r n + an−1r n−1 + ... + a1r + a0 = 0. Si r = p q en est une racine rationnelle, où p et q sont
premiers entre eux, alors p doit être un diviseur de a0 et q doit être un diviseur de an .
EFS = e r1x , xe r1x , x 2 e r1x ,..., x m1 −1e r1x , e r2 x , e r3 x ,..., e n−m1+1 .
r x
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Équations différentielles ordinaires (EDOs)4
Dans ce cas, ces racines sont conjuguées et de la forme i , puisque les coefficients a0 , …,
a n sont réels. Un ensemble fondamental de solutions pour deux racines conjuguées s’écrit :
EFS = e( +i ) x , e( −i ) x ou e x cos x, e x sin x.
Rappel : racines d’ordre n d’un nombre complexe. En général, pour obtenir les n racines d’ordre
n d’un nombre complexe (ou réel), on peut utiliser la formule d’Euler :
ei = cos + i sin (ei ) n = ein = cos n + i sin n .
Soit P(r ) = r 3 + 2. P(r ) = 0 r 3 = −2. Les trois racines troisièmes de −2 = 2ei ( + 2 k ) , où k est
1 1 (2 k +1)
i
un entier, sont obtenues de la manière suivante : (−2) 3 = 2 3 e 3
. Pour k = 0,1, 2, on obtient :
1
i
1
1 3
1
3 i
1 1 5
i
1
1 3
r1 = 2 e
3 3
= 2 + i
3
, r2 = 2 e = −2 et r3 = 2 e = 2 3 − i
3 3 3
.
2 2 2 2
Exemples :
1. Trouver la solution générale de y (4) − y = 0. Trouver aussi la solution qui satisfait aux
7 5
conditions initiales : y (0) = , y(0) = −4, y(0) = , y(0) = −2.
2 2
2. Trouver la solution générale de y + 2 y + y = 0.
(4)
Note :
Une racine complexe peut être multiple seulement si l’équation différentielle (4.4) est d’un
ordre supérieur ou égal à quatre. Si une racine complexe + i est répétée m fois, la racine
complexe conjuguée − i est aussi répétée m fois. On peut trouver 2m solutions à valeurs
réelles qui correspondent à ces 2m solutions à valeurs complexes. Un ensemble fondamental de
solutions associé à ces racines est donné par :
EFS = e( +i ) x , e( −i ) x , xe( +i ) x , xe( −i ) x ,..., xm−1e( +i ) x , xm−1e( −i ) x
ou e x cos x, e x sin x, xe x cos x, xe x sin x,..., x m−1e x cos x, x m−1e x sin x.
Soit l’équation linéaire du n-ième ordre non homogène à coefficients constants définie par :
L[ y] = an y ( n) ( x) + an−1 y ( n−1) ( x) + ... + a1 y( x) + a0 y( x) = r ( x). (4.5)
Cas 1. Si r ( x) = Ae x , où est une racine de l’équation caractéristique associée à l’EDO (4.5)
de multiplicité m ( m ), alors on choisit comme solution particulière y p ( x) = Bx m e x , avec
B un coefficient à déterminer.
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Équations différentielles ordinaires (EDOs)5
Note :
Si r ( x ) comporte plusieurs termes, il est souvent plus facile de calculer séparément la solution
particulière correspondant à chaque terme dans r ( x).
Puisqu’il y a n fonctions à déterminer, on doit préciser n conditions, dont l’une d’elles est que
y p ( x) doit satisfaire à l’équation (4.1). Au final, on doit résoudre un système de n équations
linéaires à n inconnues u1, u 2 , …, un :
1 1 2 2
y u + y u + ... + y
n un = 0 (4.6)
( n −1)
y1 u1 + y2 ( n −1)u2 + ... + yn ( n −1)un = r ( x)
Une condition suffisante pour qu’il existe une solution au système d’équations (4.6) est que le
déterminant de la matrice des coefficients soit non nul pour tout t. Et ce déterminant est
précisément le wronskien W ( y1 , y2 ,..., yn ) , qui est toujours différent de zéro (car y1 , y 2 ,…, y n
sont des solutions linéairement indépendantes de l’équation homogène).
À partir de la règle de Cramer, on trouve la solution du système d’équations (4.6) :
r ( x)W j ( x)
uj = , j = 1, 2,..., n.
W ( x)
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Équations différentielles ordinaires (EDOs)6
Note :
Le wronskien peut être calculé à partir de l’identité d’Abel :
W ( x) = W ( y1 , y2 ,..., yn )( x) = c exp − an−1 ( x)dx , an−1 ( x) étant le coefficient de y ( n −1) . On
détermine la constante c en évaluant W en un point approprié.
Exemple :
Travaux dirigés
1. Trouver la solution générale des équations différentielles suivantes :
a) y (4) (t ) − 2 y(t ) + y (t ) = 0 ;
b) y (6) (t ) − 2 y(t ) + y(t ) = 0.
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Équations différentielles ordinaires (EDOs)7
4. Considérez le système masse-ressort (voir figure 4.1) constitué de deux objets suspendus à
des ressorts dont les constantes de raideur sont respectivement 3 et 2. Supposez qu’il n’y a pas
d’amortissement dans le système.
a) Montrez que les déplacements u1 et u2 des objets depuis leurs positions d’équilibre
respectives satisfont aux équations : u1 + 5u1 = 2u2 , u2 + 2u2 = 2u1.
b) Résolvez la première équation pour u 2 , puis effectuez une substitution dans la deuxième
équation afin d’obtenir l’équation du quatrième ordre pour u1 suivante :
u1(4) + 7u1 + 6u1 = 0.
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 1
5.1 Introduction
Les systèmes d’équations différentielles ordinaires interviennent dans les problèmes incluant
plusieurs variables dépendantes, chacune d’elles étant une fonction d’une même variable
indépendante. On note t la variable indépendante et x1 , x2 , …, xn les variables dépendantes
qui sont des fonctions de t.
5.1.1 Système masse-ressort
Soient deux objets, de masses respectives m1 et m2 , qui se déplacent sur une surface (sans
frottement) sous l’influence des forces externes F1 (t ) et F2 (t ). Ils sont contraints par trois
ressorts caractérisés respectivement par les constantes k1 , k2 et k3 . Les équations régissant les
déplacements respectifs x1 et des objets sont données par :
d 2 x1
m1 = −k1 x1 − k2 ( x1 − x2 ) + F1 (t )
dt 2
= −(k1 + k2 ) x1 + k2 x2 + F1 (t ),
(5.1)
d 2x
m2 22 = −k3 x2 − k2 ( x2 − x1 ) + F2 (t )
dt
= k2 x1 − (k2 + k3 ) x2 + F2 (t ).
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 2
dx(t )
exponentielle. On a : = a1 x(t ), avec a1 une constante positive. De même en l’absence de
dt
dy (t )
lapins, on suppose que la population de renards décroît exponentiellement : = −a2 y (t ),
dt
avec a2 une constante positive.
On suppose que le nombre de rencontres entre les lapins et les renards est proportionnel au
produit des variables x (t ) et y (t ). On aura donc :
dx (t )
= a1 x(t ) − b1 x (t ) y (t ),
dt
dy (t )
= −a2 y (t ) + b2 x(t ) y (t ), b1 et b2 étant des constantes positives.
dt
On dit que le système (5.3) admet une solution dans un intervalle ouvert I = a, b s’il existe
un ensemble de n fonctions x1 (t ) = 1 (t ), x2 (t ) = 2 (t ), …, xn (t ) = n (t ), qui sont différentiables
en tout point dans I et qui satisfont au système d’équations (5.3) en tout point de cet intervalle.
On peut aussi avoir des conditions initiales de la forme x1 (t0 ) = x10 , x2 (t0 ) = x20 , …,
xn (t0 ) = xn 0 , où t0 est une valeur précise de t dans I. On forme ainsi un problème de valeur
initiale.
Notons que toute équation différentielle d’ordre n peut facilement être transformée en un
système de n équations différentielles d’ordre un. En effet, soit l’équation
d n y (t )
n
= f (t , y, y,..., y ( n −1) ).
dt
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 3
Il suffit de définir n nouvelles variables comme suit : xi (t ) = y (i −1) (t ) pour i = 1,..., n. On peut
écrire que :
x1(t ) = x2 (t )
x (t ) = x (t )
2 3
.
x (t ) = x (t )
n −1 n
xn (t ) = f (t , x1 , x2 ,..., xn )
Exemple :
Transformez l’équation différentielle non linéaire d’ordre trois suivante en un système
d’équations du premier ordre : y(t ) − ty(t ) + [ y(t )]2 + t 2 y (t ) = et .
Si chacune des fonctions f1 , …, f n des équations (5.3) est une fonction linéaire des variables
dépendantes x1 , …, xn , le système d’équations est linéaire ; autrement, il est dit non linéaire.
D’où le système général à n équations linéaires du premier ordre :
x1(t ) = p11 (t ) x1 + ... + p1n (t ) xn + q1 (t )
x (t ) = p (t ) x + ... + p (t ) x + q (t )
2
21 1 2n n 2
. (5.4)
xn (t ) = pn1 (t ) x1 + ... + pnn (t ) xn + qn (t )
Si chacune des fonctions q1 (t ), …, qn (t ) est nulle, le système (5.4) est homogène ; sinon, il est
non homogène.
Théorème d’existence et d’unicité. Si les fonctions pij (t ), pour i, j = 1,..., n, sont continues dans
l’intervalle ouvert I = a, b , alors il existe une solution x1 = 1 (t ), …, xn = n (t ) au système
(5.4) dans cet intervalle. De plus, il existe une solution unique qui satisfait aux conditions
initiales x1 (t0 ) = x10 , …, xn (t0 ) = xn 0 , où t0 est un point dans I.
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 4
x1 (t ) q1 (t )
x2 (t ) q2 (t )
En définissant les vecteurs x (t ) = et q (t ) = , ainsi que la matrice
xn (t ) qn (t )
p11 (t ) p12 (t ) p1n (t )
p (t ) p22 (t ) p2 n (t )
P(t ) = 21 , le système (5.4) peut s’écrire comme suit :
pn1 (t ) pn 2 (t ) pnn (t )
x = P(t ) x + q (t ). (5.5)
On suppose que les fonctions pij (t ) et qi (t ) sont continues dans l’intervalle ouvert I = a, b .
On peut donc affirmer que le système possède une solution dans cet intervalle. Pour q (t ) = 0,
on obtient le système homogène :
x = P(t ) x. (5.6)
Théorème 1. Si les fonctions vectorielles x j (t ), pour j = 1,..., k , sont des solutions du système
k
homogène (5.6), alors x (t ) = c j x j (t ) est aussi une solution de ce système d’équations
j =1
k
En effet, x(t ) = c j xj (t ) et x j (t ) satisfait à l’équation (5.6). On a :
j =1
k k k
P(t ) x (t ) = P(t ) c j x j (t ) = c j P(t ) x j (t ) = c j xj (t ).
j =1 j =1 j =1
x1 j (t )
x2 j (t )
En posant que x j (t ) = pour j = 1,..., n, il y a lieu de définir matrice X(t ) dont les
xnj (t )
colonnes sont les solutions du système (5.6). On note :
x11 (t ) x12 (t ) x1n (t )
x (t ) x22 (t ) x2 n (t )
X(t ) = ( x1 (t ) x2 (t ) xn (t )) = 21 . (5.7)
xn1 (t ) xn 2 (t ) xnn (t )
On peut montrer que les colonnes de X(t ) sont linéairement indépendantes pour une valeur
donnée de t si et seulement si det X(t ) 0 pour cette valeur de t. Ce déterminant est, par
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 5
définition, le wronskien des n solutions xi (t ). On note : W ( x1 , x2 ,..., xn )(t ) = det X(t ). Les
solutions x1 , …, xn sont alors linéairement indépendantes en un point si et seulement si
W ( x1 , x2 ,..., xn ) est non nul en ce point.
x (t0 ) = x0 des conditions initiales, où t0 est un point quelconque dans I, alors on peut trouver
n
des constantes c1 , …, cn pour lesquelles c x (t ) = x
j =1
j j 0 0 si et seulement si W ( x1 ,..., xn )(t0 ) 0.
Note :
Théorème 4. Soit x1 , …, xn des solutions du système (5.6) qui satisfont aux conditions :
1 0 0
0 1 0
x1 (t0 ) = e1 = 0 , x2 (t0 ) = e2 = 0 , …, xn (t0 ) = en = , pour t0 a, b . Alors, x1 , …, xn
0
0 0 1
forment un ensemble fondamental de solutions du système (5.6).
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En effet, le théorème d’existence et d’unicité nous permet d’affirmer qu’il existe effectivement
des solutions (uniques) qui satisfont aux conditions ci-dessus. Il est clair que le wronskien de
ces solutions est égal à 1 lorsque t = t0 . Par conséquent, x1 , …, xn sont des solutions
linéairement indépendantes.
Note :
1 0 0
0 1 0
(t0 ) = = I, qui est en fait la matrice identité.
0 0 1
Si on évalue Ax en un grand nombre de points d’une grille rectangulaire et qu’on trace les
vecteurs résultants, on obtient un champ de directions de vecteurs tangents aux solutions du
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système d’équations différentielles. Il y a lieu de superposer les solutions d’un portrait de phase
sur le champ de directions.
Une autre façon de déterminer qualitativement le comportement des solutions du système de
dimension 2 est de tracer le graphique des solutions x1 (t ) ou x2 (t ) en fonction de t.
2 0
Trouver la solution générale du système x = x.
0 −3
La particularité de ce système est que la matrice des coefficients est diagonale. Par conséquent,
en exprimant le système sous forme scalaire, on obtient : x1 = 2 x1 , x2 = 2 x2 . On trouve
facilement la solution générale : x1 = c1e2t , x2 = c2e−3t , où c1 et c2 sont des constantes
arbitraires. En écrivant la solution sous forme vectorielle, on obtient :
c e 2t e 2t 0 1 0
x = 1 −3t = c1 + c2 −3t = c1 e 2t + c2 e −3t .
c2 e 0 e 0 1
Dans l’exemple précédent où la matrice des coefficients est diagonale, on a trouvé deux
solutions indépendantes sous forme d’une fonction exponentielle multipliée par un vecteur.
Essayons maintenant d’étendre cette idée au système général x = Ax en cherchant des
solutions de la forme x = kert , où il faut déterminer l’exposant r et le vecteur constant k .
(A − rI)k = 0, (5.9)
où I est la matrice identité d’ordre n n. Ainsi, résoudre un système d’équations différentielles
(5.8) consiste à déterminer les valeurs propres et les vecteurs propres de la matrice A.
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Si les valeurs propres sont réelles et distinctes, alors un vecteur propre k j est associé à chaque
valeur propre rj et l’ensemble de n vecteurs propres k1 , …, kn est linéairement indépendant.
Les solutions correspondantes au système (5.8) sont : x1 (t ) = k1er1t , …, xn (t ) = kn ernt .
Pour montrer que ces solutions forment un ensemble fondamental, on évalue leur wronskien :
k11e r1t k1n e rnt k11 k1n
( r1 +...+ rn ) t
W ( x1 ,..., xn )(t ) = =e 0, car la fonction exponentielle
r1t rn t
kn1e knn e kn1 knn
n’est jamais nulle et le déterminant dont les colonnes sont des vecteurs propres est non nul.
D’où la solution générale de l’équation (5.8) :
x = c1k1er1t + + cn knernt . (5.11)
Notes :
- Si A est une matrice réelle et symétrique, toutes les valeurs propres r1 , …, rn sont réelles.
De plus, même si certaines valeurs propres sont multiples, il existe toujours un ensemble
de n vecteurs propres k1 , …, kn linéairement indépendants. Dans ce cas, la solution est
encore donnée par l’équation (5.11).
- Si A admet des coefficients complexes, alors ses valeurs propres complexes ne sont plus
deux à deux conjuguées et les vecteurs propres sont à valeurs complexes, même si la
valeur propre associée peut être réelle. La solution générale est encore donnée par
(5.11), à condition que les valeurs propres soient distinctes.
Exemples :
1 1
1. Trouver la solution générale du système : x = x.
4 1
0 1 1
2. Trouver la solution générale de x = 1 0 1 x.
1 1 0
Supposons qu’il existe une paire de valeurs propres complexes telles que r1 = + i et
r2 = − i . Dans ce cas, les vecteurs propres correspondants k1 et k2 sont aussi conjugués. Les
solutions x1 (t ) = k1er1t et x2 (t ) = k2er2t sont alors conjuguées complexes l’une de l’autre. On peut
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donc trouver deux solutions à valeurs réelles de l’équation (5.8) correspondant aux valeurs
propres r1 et r2 en prenant les parties réelles et imaginaires de x1 (t ) ou x2 (t ).
Rappel. Une valeur propre de multiplicité m 2 peut admettre une multiplicité géométrique
inférieure à m, c’est-à-dire qu’il peut y avoir moins de m vecteurs propres linéairement
indépendants associés à cette valeur propre.
Supposons que r est une racine de multiplicité m de l’équation caractéristique det(A − rI) = 0.
Dans ce cas, deux possibilités se présentent.
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Note :
Même si det(A − rI) = 0, on peut montrer qu’il est toujours possible de résoudre l’équation
(5.14) pour déterminer .
Exemple :
1 −1
Trouvez un ensemble fondamental de solutions à x = Ax = x.
1 3
Soit T la matrice dont les colonnes sont les vecteurs propres k1 , …, kn de A. On définit une
nouvelle variable indépendante y telle que : x = Ty. En substituant l’expression de x dans
(5.15), on obtient : Ty = ATy + q (t ). En multipliant membre à membre par T −1 , on a :
y = (T−1AT) y + T−1q(t ) = Dy + h (t ), (5.16)
où D est la matrice diagonale dont les éléments diagonaux sont les valeurs propres r1 , …, rn de
A et h (t ) = T−1q(t ).
Une fois qu’on a calculé les n fonctions yi (t ), il suffit d’utiliser la relation x = Ty pour obtenir
la solution générale x (t ).
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Note :
Si la matrice A est hermitienne, alors on trouve T −1 rapidement. On choisit les vecteurs propres
k1 , …, kn de A de sorte qu’ils soient normalisés, c’est-à-dire que (ki , ki ) = 1 pour tout i et qu’ils
soient orthogonaux. On peut montrer dans ce cas que l’inverse de T est égale à sa matrice
adjointe : T −1 = T* . En particulier si A est réelle et symétrique, alors l’inverse de T est égale à
sa transposée : T −1 = TT .
Exemple :
−2 1 2e − t
Trouver la solution générale de x = x + = Ax + q (t ).
1 −2 3t
Cherchons une solution particulière (non homogène) en remplaçant le vecteur constant c par
une fonction vectorielle u (t ). On a : x p = (t )u (t ), où u (t ) est un vecteur à déterminer. En
substituant x p dans (5.5), on obtient : (t )u (t ) + (t )u (t ) = P(t ) (t )u (t ) + q (t ). Puisque (t )
est une matrice fondamentale, on a : (t ) = P(t ) (t ). On obtient finalement :
(t )u (t ) = q (t ). (5.18)
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La matrice (t ) est non singulière, car ses colonnes sont des vecteurs linéairement
indépendants. −1 (t ) existe et, par conséquent, u(t ) = −1 (t )q (t ) u (t ) = −1 (t )q (t )dt , à
une constante vectorielle additive près. La solution générale de (5.5) est ainsi donnée par :
x = xh + x p = (t )c + (t ) −1 (t )q (t )dt. (5.19)
Considérons le problème de valeur initiale tel que x (t0 ) = x0 . Il est pratique de réécrire la
t
solution (5.19) sous la forme suivante : x = (t )c + (t ) −1 ( s)q ( s)ds, où t0 est un point
t0
quelconque dans l’intervalle I = a, b . La condition initiale est satisfaite lorsque c = −1 (t0 ) x0 .
t
Par conséquent, x = (t ) (t0 ) x0 + (t ) −1 ( s)q ( s)ds est la solution au problème à valeur
−1
t0
initiale donné.
Note :
À domicile. Utilisez la méthode de variation des paramètres pour trouver la solution générale
−2 1 2e − t
du système : x = x + = Ax + q (t ).
1 −2 3t
On a vu qu’un tel système est résolu en cherchant des solutions de la forme x = kert , ce qui
conduit à la relation (A − rI)k = 0. Par conséquent, r doit être une valeur propre, obtenue en
résolvant l’équation det(A − rI) = 0, et k le vecteur propre correspondant de la matrice A.
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Dans le cas particulier où le système (5.21) est de la forme (5.20), on trouve que le seul point
critique possible, si det A 0, est x = 0 , c’est-à-dire l’origine (0, 0). Pour le système (5.20), le
point critique x = 0 peut être appelé un nœud, un point de selle, un centre ou un point spirale,
selon le cas.
Figure 5.2 : a) Portrait de phase d’un système dont l’origine est un nœud. b) Représentation
de x1 en fonction de t. (Source : Équations différentielles, Boyce et Diprima)
On considère l’équation caractéristique det(A − rI) = 0, que l’on peut réécrire comme suit :
r 2 − (a11 + a22 )r + a11a22 − a12a21 = 0. On pose :
p = a11 + a22 , q = a11a22 − a12 a21 et = p 2 − 4q, (5.22)
p étant la trace de la matrice A, q son déterminant et le discriminant de l’équation
caractéristique.
Proposition 1. Le point critique (0, 0) est :
- nœud si q 0 et 0 ;
- point de selle si q 0 ;
- centre si p = 0 et q 0 ;
- point spirale si p 0 et 0.
En fonctions des racines r1 et r2 de l’équation caractéristique, on peut affirmer que l’origine est
- un nœud si r1 et r2 sont réelles, distinctes et de même signe, ou encore réelles et égales ;
- un point de selle si r1 et r2 sont réelles, distinctes et de signes opposés ;
- un centre si r1 et r2 sont des nombres purement imaginaires ;
- un point spirale si r1 et r2 sont des nombres complexes conjugués, mais non pas des
nombres purement imaginaires.
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Notes :
Figure 5.3 : a) Portrait de phase d’un système dont l’origine est un point de selle. b)
Représentation de x1 en fonction de t. (Source : Équations différentielles, Boyce et Diprima)
En ce qui concerne la stabilité du point critique (0, 0), l’ensemble de toutes les trajectoires
observées est tel qu’il n’y a que trois situations possibles :
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Figure 5.4 : a) Portrait de phase d’un système dont l’origine est un point spirale. b)
Représentation de x1 en fonction de t. (Source : Équations différentielles, Boyce et Diprima)
Figure 5.5 : a) Portrait de phase d’un système dont l’origine est un centre. b) Représentation
de x1 en fonction de t. (Source : Équations différentielles, Boyce et Diprima)
Exemple :
Étudier la stabilité de l’origine pour le système linéaire :
x1(t ) = x2 (t )
.
x2 (t ) = −2 x1 (t ) − x2 (t )
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Exemple :
Soit le système non linéaire :
x1(t ) = x2 (t )
.
x2 (t ) = − x2 (t ) + x1 (t ) + x1 (t ) − 2 x1 (t )
3 2
Définition 1. On dit qu’un point critique x0 du système (5.23) est stable si pour tout 0, il
existe un 0 tel que chaque solution x = (t ) du système (5.23), qui en t = t0 satisfait à
(t0 ) − x0 , existe pour toute valeur positive t et satisfait à (t ) − x0 pour tout t t0 .
En d’autres termes, toutes les solutions qui débutent suffisamment près (c’est-à-dire à une
distance inférieure à ) de x0 demeurent près (à une distance inférieure à ) de x0 .
Définition 2. On dit qu’un point critique x0 est asymptotiquement stable s’il est stable et s’il
existe un 0 0 tel que si une solution x = (t ) satisfait à (t0 ) − x0 0 , alors lim (t ) = x0 .
t →+
En d’autres termes, les trajectoires qui débutent suffisamment près de x0 doivent non seulement
rester près, mais doivent finir par s’approcher de x0 lorsque t → +.
Note :
Un point critique qui n’est pas stable est dit instable.
5.6.2 Linéarisation
Étudions à présent le comportement des trajectoires du système (5.21) près d’un point critique
x0 ou P0 ( x10 , x20 ). Pour une description plus facile des trajectoires, on pourrait faire une
approximation du système non linéaire (5.21) à l’aide d’un système linéaire approprié.
Le système (5.21) est localement linéaire au voisinage d’un point critique P0 ( x10 , x20 ) lorsque
les fonctions fi ( x1 , x2 ) admettent des dérivées partielles jusqu’à l’ordre deux. On utilise alors
les développements de Taylor autour de P0 pour écrire f1 ( x1 , x2 ) et f 2 ( x1 , x2 ) sous la forme :
fi ( x1 , x2 ) = fi ( x10 , x20 ) + ( x1 − x10 ) fi ( x10 , x20 ) + ( x2 − x20 ) f i ( x10 , x20 ) + Ri ( x1 , x2 ), pour
x1 x2
i = 1, 2.
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Ri ( x1 , x2 )
Il est clair que → 0 lorsque ( x1 , x2 ) → ( x10 , x20 ).
x − x0
d ( xi − xi 0 ) dxi
Puisque ( x10 , x20 ) est un point critique, on a : fi ( x10 , x20 ) = 0. Par ailleurs, = ,
dt dt
pour i = 1, 2. On obtient donc :
d ( xi − xi 0 )
= ( x1 − x10 ) fi ( x10 , x20 ) + ( x2 − x20 ) fi ( x10 , x20 ) + Ri ( x1 , x2 ) ou
dt x1 x2
f1 ( x10 , x20 ) f1 ( x10 , x20 )
d x1 − x10 x1 x2 x −x
1 10 + 1 1 2 .
R (x , x )
= (5.24)
dt x2 − x20 x −x
f 2 ( x10 , x20 ) 2 20 2 1 2
R (x , x )
x f 2 ( x10 , x20 ) x2
1
Le système d’équations différentielles du premier ordre (5.25) est appelé linéarisation autour
du point d’équilibre ( x10 , x20 ) du système (5.21). On pourra donc connaitre le comportement de
( x1 (t ), x2 (t )) autour de son point critique P0 en étudiant le comportement de (u1 (t ), u2 (t )) près
de l’origine.
Note :
x f1 ( x1 , x2 ) x2
f1 ( x1 , x2 )
La matrice J = est la matrice jacobienne des fonctions f1 et f 2
1
x f 2 ( x1 , x2 ) x2
f 2 ( x1 , x2 )
1
par rapport à x1 et x2 . On doit supposer que J est non nulle au point ( x10 , x20 ).
Exemple :
Trouvez la linéarisation du système
x1(t ) = x2 (t )
x2 (t ) = − x2 (t ) + x1 (t ) + x1 (t ) − 2 x1 (t )
3 2
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Travaux dirigés
1. Donner la solution d’équilibre des équations :
dx (t ) dy (t ) 1
= x(t )[ y (t ) − 1], = y 2 (t ) − 2 .
dt dt x (t )
2. Dériver (par rapport à t) l’équation différentielle ordinaire d’ordre deux ci-dessous, puis
transformer l’équation obtenue en un système de trois équations différentielles d’ordre un :
y(t )[ y(t )]2 + y (t ) = 1.
5. On considère deux réservoirs (figure 5.6). Le premier contient 30 litres d’eau et 25 grammes
de sel, tandis que le deuxième contient 20 litres d’eau et 15 grammes de sel. On suppose que
l’eau, venant de l’extérieur, entre dans le réservoir I (respectivement II) au taux de 1,5
(respectivement 1) litre par minute ; cette eau contient 1 (respectivement 3) gramme (s) de sel
par litre. De plus, le mélange est constamment remué, de sorte que la distribution du sel dans
les réservoirs est uniforme.
Supposons maintenant que le mélange se déverse du réservoir I au réservoir II au taux de 3
litres par minute. Enfin, le mélange quitte le réservoir II au taux de 4 litres par minute ; 2 de ces
4 litres par minute retournent au réservoir I, et le reste (soit aussi 2 litres par minute) s’échappe
à l’extérieur.
a) Soit Qi (t ) la quantité de sel dans le réservoir i à l’instant t, pour i = 1, 2. Déterminer le
système d’équations auquel les fonctions Qi (t ) satisfont (en précisant les conditions
initiales).
b) Pour quelles valeurs de t ces équations sont-elles valables si la capacité du réservoir I est de
100 litres ?
6. Supposons que les vecteurs suivants :
et e2t 1
2t
x1 (t ) = 0 , x2 (t ) = −e et x3 (t ) = 1
et −2e 2t 0
sont trois solutions d’un système d’équations différentielles de matrice P(t ) de dimension 3 3.
Les vecteurs sont-ils linéairement indépendants ? Justifier.
7. Les vecteurs
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e 2t te 2t
x1 (t ) = 2t et x2 (t ) = 2t
−e −(1 + t )e
sont des solutions linéairement indépendantes du système :
x1(t ) = x1 (t ) − x2 (t )
.
x2 (t ) = x1 (t ) + 3 x2 (t )
x (0) 1 2
Trouver la solution particulière du système pour laquelle 1 = : a) ; b) .
x2 (0) 0 −2
a) ;
dx 2
= x1 − x2
2 2
dt
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dx1
dt = − x1 + x2
b) .
dx 2
= sin( x1 x2 )
dt
13. Déterminer le type de point critique qu’est l’origine pour chacun des systèmes suivants :
x(t ) = x1 (t ) + x2 (t )
a) 1 ;
x2 (t ) = x1 (t ) − x2 (t )
x(t ) = x1 (t ) − x2 (t )
b) 1 ;
x2 (t ) = 2 x1 (t ) − x2 (t )
x(t ) = −2 x1 (t ) − 3x2 (t )
c) 1 ;
x2 (t ) = −2 x1 (t ) − 4 x2 (t )
x1(t ) = x1 (t ) + x2 (t )
d) .
x2 (t ) = −3x1 (t ) + 3x2 (t )
x(t ) = x2 (t )
a) 1 ;
x2 (t ) = x1 (t ) + 2 x2 (t )
x(t ) = − x1 (t )
b) 1 ;
x2 (t ) = 2 x1 (t ) − 2 x2 (t )
x1(t ) = x1 (t ) + x2 (t )
c) .
x2 (t ) = −3x1 (t ) − 3x2 (t )
1 3 1
x(t ) = x (t ) + .
1 −1 −t
17. Étudier la stabilité du point critique P0 (1,1) pour le système non linéaire :
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x1(t ) = x1 (t ) + x2 (t ) − 2
.
x2 (t ) = sin[ x1 (t ) x2 (t )]
S’il s’agit d’un point critique stable, préciser s’il est asymptotiquement stable ou non.
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6.1 Introduction
Les méthodes étudiées précédemment permettent de résoudre des équations différentielles qui
font intervenir des fonctions continues dans l’intervalle a, b . Lorsque les systèmes physiques
sont régis par des fonctions discontinues ou de type impulsion, ces méthodes sont souvent
inefficaces. L’approche basée sur la transformée de Laplace permet de résoudre une plus grande
variété de problèmes.
6.1.1 Intégrales impropres
Définition 1. Une intégrale dans un intervalle non borné est appelée intégrale impropre et est
définie comme une limite d’intégrales dans des intervalles finis. On a :
+ b
a
f (t )dt = lim f (t )dt ,
b →+
a
(6.1)
+
l’intégrale I f =
0
f (t )dt converge absolument.
Exemples :
+
1. Soit f (t ) = ect , t 0, où c est une constante non nulle. Calculer
0
f (t )dt.
+
1
2. Soit f (t ) = , t 1. Calculer
t
1
f (t )dt.
Une fonction f (t ) définie sur l’intervalle a, b est dite continue par morceaux dans cet
intervalle si elle est continue pour tout t a, b , sauf peut-être en un nombre fini de
discontinuités de type saut.
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Notes :
2. Si f est continue par morceaux dans l’intervalle fini a t b, alors on peut affirmer que
b
l’intégrale f (t )dt
a
existe. En effet, cette intégrale est simplement la somme des
a
f (t )dt = f (t )dt + f (t )dt + f (t )dt.
a t1 t2
3. Si f est continue par morceaux dans a t b pour tout b a, alors f est considérée
comme une fonction continue par morceaux pour tout t a.
+ +
f (t ) g (t ) 0 pour t M et si
M
g (t )dt diverge, alors
0
f (t )dt diverge aussi.
Notes :
1. Pour trouver la fonction f (t ) qui correspond à la fonction F ( s ), il faut calculer la
transformée inverse.
2. Une transformée intégrale quelconque est un opérateur linéaire. En effet,
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Théorème 2. Soit f une fonction définie et continue par morceaux dans tout intervalle fini 0, b.
Supposons qu’il existe des constantes K et c telles que f (t ) Ke pour tout t 0. Alors la
ct
Notes :
1. Les conditions du théorème 2 sont suffisantes mais pas nécessaires.
2. Une fonction qui satisfait au théorème 2 est dite d’ordre exponentiel c sur l’intervalle
0, + .
3. Si L f (t ) existe, on peut montrer que lim F ( s) = 0.
s →+
Exemples :
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avec y (0) et y(0) fixées, il suffit d’appliquer la transformée de Laplace à chaque membre de
l’équation (6.4). Cependant, il faut s’assurer que L y(t ) et L y(t ) existent.
Théorème 1. Supposons que f une fonction continue et que f est continue par morceaux dans
tout intervalle fini 0, b. Supposons aussi qu’il existe des constantes K, c et M (K et M étant
positives) telles que f (t ) Ke pour tout t M . Alors, la transformée de Laplace L f (t )
ct
Démonstration. Considérons que la fonction f admet des points de saut dans l’intervalle 0, b ,
que l’on note t1 , t 2 , …, t n . On écrit donc :
b t1 t2 b
e f (t )dt = e f (t )dt + e− st f (t )dt + ... + e − st f (t )dt. En intégrant par parties chaque
− st − st
0 0 t1 tn
e f (t )dt = e − st f (t )
− st − st − st
+e f (t ) + ... + e f (t )
0 0 t1 tn
t1 − st t2 b
+ s e f (t )dt + e f (t )dt + ... + e − st f (t )dt .
− st
0 t1 tn
Puisque f est continue, les contributions des termes en t1 , t 2 , …, tn s’annulent. De plus, on
peut combiner les intégrales dans le membre de droite en une seule intégrale, de façon à obtenir :
b b
0 0
= − f (0) + sL f (t ) si s c.
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L y(t ) + pL y(t ) + qL y (t ) = L r (t )
s 2 L y (t ) − sy (0) − y(0) + p L y (t ) − y (0) + qL y (t ) = L r (t )
s 2Y ( s) − sy (0) − y(0) + p sY ( s) − y (0) + qY ( s) = R( s)
R( s) + sy (0) + y(0) + py (0)
Y ( s) = . (6.5)
s 2 + ps + q
cosat s
, s 0
s2 + a2
sinh at a
, s a
s − a2
2
cosh at s
, s a
s − a2
2
e at sin bt b
, s a
(s − a)2 + b2
e at cos bt s−a
, s a
(s − a)2 + b2
e at t n , n n!
, s a
( s − a ) n +1
e at f (t ) F (s − a)
u (t )
e − s
, s 0
s
(t − ) e − s
u (t ) f (t − ) e − s F ( s )
( −t ) n f (t ) F ( n ) (s)
f (t ) sL f (t ) − f (0)
f (t ) s 2 L f (t ) − sf (0) − f (0)
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Si les valeurs de y (0) et y(0) sont données et si la fonction R ( s ) a été calculée, nous pouvons
donc obtenir une expression explicite pour la transformée de Laplace de y (t ). La fonction y (t )
peut être trouvée en calculant la transformée de Laplace inverse de Y ( s ).
Notes :
1. Le dénominateur dans le membre droit de l’équation (6.5) est le polynôme
caractéristique de l’équation différentielle (6.4). Une façon de procéder pour calculer
L−1 Y ( s) consiste à décomposer ce polynôme et à utiliser le développement en
fractions partielles de Y ( s ).
2. L’avantage de la méthode des transformées de Laplace est qu’elle peut être utilisée
même si la fonction r (t ) n’est pas continue, pourvu que sa transformée de Laplace
existe.
3. Dans le cadre de ce cours, les transformées inverses seront trouvées en consultant le
tableau 6.1.
Exemples :
1. Résoudre l’équation différentielle y − y − 2 y = 0 avec les conditions initiales
y (0) = 1, y (0) = 0.
2. Résoudre l’équation différentielle y(t ) + y (t ) = t pour t 0, avec les conditions
initiales y (0) = 1, y(0) = 2.
P( s)
Supposons que F ( s ) = , où Q( s ) est un polynôme de degré n de racines distinctes r1 , …,
Q( s)
rn et P ( s ) est un polynôme de degré strictement inférieur à n. Dans ce cas, on peut montrer que
P( s ) / Q( s ) admet un développement en fractions partielles de la forme :
P( s ) A A P(rk )
= 1 + ... + n et que Ak = , k = 1,..., n.
Q( s) s − r1 s − rn Q(rk )
Serge KATANGA
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Équations différentielles ordinaires (EDOs) 7
Puisque la transformée de Laplace admet des valeurs de t dans l’intervalle 0, + , on pose
+ +
e− st +
e− s
c 0. On a : L u (t ) = e u (t )dt =
− st
e dt =
− st
= si s 0.
0 −s s
La fonction de Heaviside est utile pour exprimer la translation d’une fonction f de unités
vers la droite, soit f (t ) = u (t ) f (t − ). On a :
0 si t
f (t ) = . (6.7)
f (t − ) si t
De plus, on calcule :
+ + +
L f (t ) = e f (t )dt =
− st
e f (t − )dt =
− st
e
− s ( + v )
f (v)dv (v = t − )
0 0
+
=e − s
e
− sv
f (v)dv = e − s L f (t ) = e − s F ( s).
0
Une autre propriété des transformées de Laplace qui ressemble à celle que l’on vient d’établir
est obtenue en calculant :
+ +
L eat f (t ) = e e f (t )dt =
− st at
e
− ( s −a )t
f (t )dt = F (s − a ). Si L f (t ) existe pour s c, alors
0 0
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sin t si 0 t 4
f (t ) = .
sin t + cos t − si t
4 4
Trouvez L f (t ) .
1 − e −2 s
2. Trouvez la transformée inverse de F ( s) = .
s2
Ce problème peut modéliser la charge d’un condensateur dans un circuit électrique simple avec
une fonction potentielle unité échelon lorsque 5 t 20. La TL de l’équation est :
2s 2Y ( s) − 2sy(0) − 2 y(0) + sY ( s) − y(0) + 2Y ( s) = L u5 (t ) − L u20 (t )
e−5 s − e−20 s
2s Y ( s) + sY ( s) + 2Y ( s) =
2
s
e−5 s − e−20 s 1
Y (s) = = (e −5 s − e −20 s ).H ( s ), avec H ( s ) = .
s(2s + s + 2)
2
s (2s + s + 2)
2
Si h(t ) = L−1 H (s) , on a : y (t ) = u5 (t )h(t − 5) − u20 (t )h(t − 20). Pour déterminer h(t ), on utilise
A Bs + C 1
le développement en fractions partielles : H ( s ) = + 2 . On trouve : A = , B = −1
s 2s + s + 2 2
1
et C = − . Ainsi,
2
1 1 1 1 1
s+ s+ +
H (s) = 2 − 2 2 = 2 −
1 4 4
s 2s + s + 2 s 2 2
1 15
s+ +
4 16
1 s+
1 15
1 1
= 2 − 4
2
+ . 4
2 .
s 2 1 15 1 15
2 2
15
s + 4 + 4 s+ +
4 4
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1 1 − 4t 15 1 − 4t 15
En se reportant au tableau 6.1, on trouve : h(t ) = − e cos t+ e sin t .
2 2 4 15 4
D’où :
0 si 0 t 5
y (t ) = h(t − 5) si 5 t 20 .
h(t − 5) − h(t − 20) si t 20
En particulier, y (5) = h(5 − 5) = h(0) = 0 et y (20) = h(15) − h(0) 0,50162.
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(e −5 s − e −20 s ) (e −5 s − e −20 s ) 1
( s 2 + 1)Y ( s ) = Y ( s ) = H ( s ), avec H ( s ) = 2 2 . La solution
5s 2
5 s ( s + 1)
1
au problème de valeur initiale vaut donc : y (t ) = [u5 (t )h(t − 5) − u10 (t )h(t − 10)], avec h (t ) la
5
1 1
1 1
transformée inverse de H ( s ). On a : H ( s) = 42 − 2 4 h(t ) = t − sin 2t.
s s +4 4 8
D’où la solution :
0 si 0 t 5
1
y (t ) = h(t − 5) si 5 t 10 .
5
1
5 [h(t − 5) − h(t − 10)] si t 10
Notons que la fonction de contrainte r (t ) est continue, mais r (t ) est discontinue en t = 5 et en
t = 10. On peut vérifier que y et ses deux premières dérivées sont continues partout, mais que
y(t ) admet des discontinuités en t = 5 et en t = 10 qui concordent avec les discontinuités de
r (t ) en ces points.
Note :
On considère la forme générale de l’EDO linéaire du deuxième ordre y + p (t ) y + q (t ) y = r (t ),
où p et q sont continues dans l’intervalle a t b, mais où r est seulement continue par
morceaux. Si y = (t ) est une solution de l’équation donnée, alors et sont continues dans
a t b, mais admet des discontinuités de type saut aux mêmes points que r.
+
contrainte r (t ). Puisque r (t ) = 0 à l’extérieur de t0 − , t0 + , on peut écrire : I ( ) = r (t )dt.
−
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+
1
On a : I ( ) = 2 dt = 1 pour tout 0. Lorsque → 0 ,
+
r (t )dt = on obtient la fonction
− −
idéale suivante :
0 si t 0 +
(t ) =
+ si t = 0
et (t )dt = 1.
−
(6.9)
Les relations (6.9) définissent la fonction delta de Dirac ou fonction impulsion unitaire, qui
transmet une impulsion de magnitude 1 en t = 0, mais qui est nulle quel que soit t 0.
Note :
Aucune fonction élémentaire ne satisfait aux équations (6.9). La fonction est un exemple de
fonction généralisée ou distribution.
On peut définir une fonction impulsion unitaire en un point arbitraire t = t0 (en supposant que
t0 0 )et donnée par (t − t0 ). À partir des équations (6.9), on obtient :
0 si t t0 +
(t − t0 ) =
+ si t = t0
et
−
(t − t )dt = 1.
0 (6.10)
1 − st t0 +
e− st0 e s − e − s
=− e = .
2 s t0 − 2 s
En appliquant la règle de l’Hospital lorsque → 0+ , on obtient :
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e − st0 s
lim+ L d (t − t0 ) = lim+ (e + e − s ) = e − st0 . On peut donc écrire L (t − t0 ) = e− st0 , t t0 .
→0 →0 2
Ainsi, L (t ) = lim+ e = 1.
− st0
t0 →0
Il est possible de définir l’intégrale du produit de la fonction delta et de toute fonction continue
+ +
f. On a :
−
(t − t ) f (t )dt = lim d (t − t ) f (t )dt.
0
→0+
−
0
+ t0 +
1 1
Or, d (t − t0 ) f (t )dt = f (t )dt = 2 2 f (t )
*
(théorème de la moyenne pour les
−
2 t0 −
(t − t ) f (t )dt = f (t ).
−
0 0 (6.11)
Exemple :
Résoudre l’équation différentielle non homogène y(t ) + y (t ) = (t − 1) pour t 0, avec les
conditions initiales y (0) = 1 et y(0) = 2.
Travaux dirigés
1. Déterminer si les intégrales suivantes convergent absolument ou non :
+
cos t
a)
1
t2
;
+
b) cos (t )dt ;
2
0
+
e
−t 2
c) cos tdt.
0
2. Utiliser le fait que L t −1/2 = pour calculer L t 3/2 pour s 0.
s
Indication. S’inspirer de la relation : L f (t ) = s L f (t ) − sf (0) − f (0).
2
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5. Réécrire les fonctions suivantes en donnant une expression valable pour tout t 0 à l’aide
de la fonction de Heaviside :
t si 0 t 1
a) f (t ) = 0 si 1 t 2 ;
1 si t 2
1 − t si 0 t 1
b) f (t ) = t − 1 si 1 t 2 .
t + 1 si t 2
7. Résoudre (à l’aide des transformées de Laplace) l’équation différentielle suivante, sous les
conditions y (0) = 1 et y(0) = −1 : y(t ) − y (t ) = r (t ), où
t si 0 t 1
r (t ) = 0 si 1 t 2.
1 si t 2
8. Calculer :
+
a) [ (t + 2) + (t − 2)]t dt ;
3
−
+
b) (t − 4)t 2 dt.
2
−
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