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Imprimé par ALGERIE CERIST le samedi 13 juin 2015
Biologie médicale
[90400105]
Enterobius vermicularis agent de l'oxyurose
M Th Baixench
Jean DupouyCamet : Professeur.
Laboratoire de parasitologiemycologie, hôpital Cochin, 27 rue du faubourg Saint Jacques, 75014 Paris France
Résumé
L'oxyurose est une parasitose digestive humaine bénigne due à un helminthe : Enterobius vermicularis. La
contamination se fait par voie orale. C'est une parasitose particulièrement fréquente chez les enfants, où
elle provoque principalement un prurit anal vespéral intense. Le diagnostic repose sur la mise en évidence
®
des oeufs et/ou des vers adultes sur la marge anale par le test de Graham ou Scotch test. Les
traitements antihelminthiques sont efficaces (flubendazole, pamoate de pyrantel ) et doivent comporter
deux cures espacées de 3 semaines.
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INTRODUCTION
L'oxyurose est une helminthose digestive cosmopolite, très répandue et généralement bénigne. Elle est
particulièrement fréquente chez les enfants d'âge scolaire et dans les collectivités.
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DÉFINITION. AGENTS PATHOGÈNES
Les agents pathogènes sont des eucaryotes métazoaires nématodes (Nematoda, Oxyuridae). Ce sont des
parasites exclusifs du genre humain.
Deux espèces sont décrites : Enterobius vermicularis (Linnaeus, 1758), et Enterobius gregorii (Hugot,
1983) [5] récemment individualisée. Les deux espèces se différencient par la morphologie des adultes
mâles, et peuvent être retrouvées chez le même patient [1].
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RAPPELS ÉPIDÉMIOLOGIQUE ET PHYSIOPATHOLOGIQUE
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L'oxyurose est une parasitose liée au péril fécal : la contamination se fait par voie orale en ingérant les
oeufs présents dans des aliments souillés, ou par manuportage. La contamination par inhalation d'oeufs
présents dans les poussières est également possible [6].
Les oeufs libèrent des larves, qui vont migrer dans le tube digestif et devenir adultes dans la région caecale
3 à 4 semaines plus tard. Après accouplement, les adultes femelles migrent vers la marge anale, où elles
se fixent et pondent des milliers d'oeufs. Ceuxci sont directement infestants, et les cycles
d'autoréinfestation sont fréquents surtout chez l'enfant, par manque d'hygiène des mains.
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RAPPELS CLINIQUE ET PARACLINIQUE
L'oxyurose peut être une parasitose latente.
Chez l'enfant, la symptomatologie de l'oxyurose est dominée par l'apparition d'un prurit anal plutôt
vespéral caractéristique : il est dû à la fixation des adultes femelles sur la marge anale. Des troubles
digestifs à type de douleur intestinale vague, et des manifestations neuropsychiques (irritabilité,
agressivité, énurésie...) liées à l'insomnie sont fréquemment décrits.
Chez la fillette, les femelles adultes peuvent migrer au niveau de la vulve et entraîner une vulvite ou une
vulvovaginite avec présence de leucorrhées [8].
Les localisations ectopiques sont rares : des localisations appendiculaires (fig 1) sont retrouvées à
l'examen de pièces opératoires d'appendicectomie, sans que l'étiologie parasitaire de l'accès aigu soit
prouvée [7]. Plus rarement, des localisations au niveau de l'appareil génital féminin (ovaires, trompes) ou
du péritoine ont été rapportées [9].
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PRÉLÈVEMENTS
®
Scotch test anal
Il est réalisé sur la marge anale par la méthode de Graham : c'est le test de référence.
La recherche se fait de préférence le matin, avant toute toilette et défécation. Le test nécessite du ruban
adhésif transparent et des lames porteobjets. Sur un patient à genoux et penché en avant, on déplie les
plis périanaux et on y applique le ruban adhésif. Celuici est ensuite collé soigneusement sur une lame
porteobjet en chassant autant que possible les bulles d'air.
Prélèvements de selles
Une selle entière est recueillie dans un pot à selle et acheminée au laboratoire.
Autres prélèvements
L'examen de leucorrhées chez la fillette devra toujours être associé à la recherche d'oxyures par la
méthode de Graham.
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DIAGNOSTIC AU LABORATOIRE
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Diagnostic spécifique
Le diagnostic de l'oxyurose est un diagnostic uniquement direct lié à la mise en évidence du parasite sur
les différents prélèvements. Il n'existe pas de diagnostic indirect immunologique.
La méthode de Graham est le test le plus performant : il permet de retrouver les oeufs et les femelles
adultes d'Enterobius.
L'examen de la lame se fait au microscope à un grossissement de 100 ou 400.
L'examen parasitologique des selles est rarement positif : l'observation macroscopique de la selle permet
parfois de visualiser des vers adultes à la surface de selles moulées.
L'oeuf d'oxyure (fig 1 et 2) mesure de 50 à 60 μm sur 30 à 32 μm, il est transparent, ovoïde; il est
caractérisé par sa forme asymétrique (un côté plat et l'autre convexe). Sa coque est lisse et épaisse. Il est
embryonné dès sa ponte : l'embryon est gyriniforme (amas arrondi avec une encoche remplissant l'oeuf),
devenant vermiforme (ver mobile replié sur luimême) en quelques heures.
Les vers adultes retrouvés par le test de Graham ou l'examen des selles sont presque toujours des
femelles : elles sont blanches, mesurent 10 mm de longueur sur 5 mm de diamètre, avec une extrémité
caudale très effilée. Les vers adultes mâles mesurent 3 à 5 mm, et ont une extrémité caudale recourbée
en crosse.
Éléments non spécifiques du diagnostic
L'hyperéosinophilie, discrète, est inconstante au cours de l'oxyurose. Elle peut être associée à une
élévation des immunoglobulines (Ig)E totales [10].
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INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS BIOLOGIQUES
Le diagnostic d'oxyurose est posé par la mise en évidence du parasite. Seul un test de Graham négatif,
pratiqué selon les recommandations décrites cidessus, permet d'exclure le diagnostic.
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TRAITEMENT
Le diagnostic de l'oxyurose nécessite un traitement. Les médicaments actifs sur Enterobius sont
nombreux et efficaces. Les traitements devront toujours comporter deux cures espacées de 3 semaines
(délai nécessaire pour que le cycle de l'oxyurose se déroule) [3, 4].
Parmi les traitements disponibles :
®
flubendazole (Fluvermal ) : 1 comprimé à 100 mg en une seule prise (2 comprimés par jour
pendant 3 jours en cas d'infestation sévère);
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pamoate de pyrantel (Combantrin ) : 1 comprimé à 125 mg en une seule prise.
Les rechutes, fréquemment observées, sont liées à des recontaminations ou au cycle d'autoréinfestation
particulier à l'oxyurose.
La prophylaxie de l'oxyurose repose sur le traitement simultané de tous les membres de la famille ou de la
collectivité, et l'application de règles d'hygiène :
lavage des mains après l'émission d'une selle et avant tout repas;
brossage des ongles coupés courts (réservoir potentiel d'oxyures);
changement du linge intime et de la literie.
Références
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[1] Ahn YK, Chung PR, Soh CT Enterobius gregorii Hugot, 1983 recovered from school children in KangwonDo,
Korea. Kisaengchunghak Chapchi 1992 ; 30 : 163167 [crossref]
[2] Avolio L, Avoltini V, Ceffa F, Bragheri R Perianal granuloma caused by Enterobius vermicularis: report of a
new observation and review of the literature. J Pediatr 1998 ; 132 : 10551056 [crossref]
[3] Bouree P L'oxyurose. (Éditions Scientifiques et Médicales Elsevier SAS, Paris) (Ed.) Maladies
infectieuses : 1986; 8117A1016.
[4] Georgiev VS Chemotherapy of enterobiasis (oxyuriasis). Expert Opin Pharmacother 2000 ; 2 : 267275
[5] Hugot JP Enterobius gregorii (Oxyuridae, Nematoda), a new human parasite. Ann Parasitol Hum
Comp 1983 ; 58 : 403404
[6] Hugot JP, Reinhard KJ, Gardner SL, Morand S Human enterobiasis in evolution: origin, specificity and
transmission. Parasite 1999 ; 6 : 201208
[7] Makni S, Makni F, Ayadi A, Jlidi R Apendicular enterobiasis. À propos de 205 cas. Ann
Chir 1998 ; 52 : 668
[8] O'Brien TJ Paedriatric vulvovaginitis. Australas J Dermatol 1995 ; 36 : 216218 [crossref]
[9] Tornieporth NG, Disko R, Brandis A, Barutzki D Ectopic enterobiasis: a case report and review. J
Infect 1992 ; 24 : 8790 [crossref]
[10] Villarreal O, Villarreal JJ, Domingo JA Progressive eosinophilia and elevated IgE in
enterobiasis. Allergy 1999 ; 54 : 646648 [crossref]
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Fig. 1 :
Fig. 1 :
Oeufs d'oxyures dans une pièce d'appendicectomie.
Fig. 2 :
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Fig. 2 :
®
Scotch test anal : présence d'oeufs d'oxyures.
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