R.
C
128.878/TGI/Gombe
NOTE DE PLAIDOIRIE
POUR : Madame MWAMBA ZULA Nelly,
Demanderesse ;
Par Maîtres, André MALANGU MUABILA et
Déborah LEKIARI NGAA, Avocats au Barreau
de Kinshasa/Gombe,
Innocent KIBUNDULU KAZADI, Aimé KIALA
KIALA, Alain NDJIBU DISASHI, Daudet KAMAYI
DIKAMBA, Jean-Pierre KABEMBA KAPENGA,
Stephie MPOYI WA MPOYI, Dieudonné
KALONDA KALONDA, Emmanuel MALANGU
KONGOLO, Claude NYEMBO KAMBILO, Aimé
MUANZA LOMBE et Syntyche BENA ZINGA,
Avocats au Barreau de Kinshasa/Matete, tous y
demeurant au n°82, Boulevard du 30, Résidence
Nathalie, 1er étage, app. 3, à Kinshasa/Gombe ;
CONTRE : Monsieur ITENGO EYENGA EKOFO Robert ;
Défendeur;
Vu l’exploit introductif d’instance, à savoir l’assignation à bref
délai en déguerpissement et en paiement des dommages-
intérêts,
Vu la loi n°15/025 du 31 décembre 2015 relative aux beaux à
loyers non professionnels en ses articles 13, 29 point 4, et 37
point 3
Vu le contrat de bail à usage résidentiel entre la plaidante et le
défendeur signé en date du 10 juin 2021 en ses articles 4, 5 et 6
Vu les pièces cotées et paraphées ;
Vu le procès-verbal de non-conciliation
N°DUH-CB/BH-CB/SEC/005/2024 du 06/02/2024 dument établi
par la Division Urbaine de l’Habitat de la Circonscription de
BARUMBU, ville-province de Kinshasa ;
Attendu qu’à l’audience de ce jour, au regard de la défaillance
de la partie défenderesse, la plaidante a sollicité et obtenu le
défaut,
Attendu que la plaidante a saisi votre Auguste tribunal pour
l’entendre dire :
- Recevoir et amplement fondée la présente action ;
- Ordonner le déguerpissement de la parcelle située au
numéro 204, de l’avenue Kabinda, dans la Commune de
Lingala à Kinshasa ;
- Condamner sieur ITENGO EYENGA EKOFO Robert au
paiement de 7000U$D, payable en francs congolais et au
meilleur taux du jour à titres des arriérés de loyers ;
- Condamner l’assigné, conformément à l’article 258 du Code
civil congolais Livre III, au paiement des dommages-intérêts
de 25.000 $ Us équivalent en Francs congolais et au meilleur
taux du jour pour tous les préjudices causés ;
- Dire le jugement à intervenir exécutoire nonobstant tout
recours et sans caution et ce, conformément à l’article 21 du
Code de procédure civile et 37 de la loi relative aux baux à
loyer non professionnels ;
- Frais comme de droit ;
Attendu qu’avant de démontrer le fondement de la présente
cause, la plaidante tient à éclairer la lanterne de votre Auguste
tribunal par une brève narration des faits ;
I. FAITS ET RETROACTES
Attendu qu’en date du 10 juin 2021, la plaidante a conclu un
contrat de bail à usage résidentiel avec l’assigné pour une durée
de trois années renouvelables prenant cours à la signature de
toutes les parties ;
Que durant le bail, l’assigné ne parvenait pas à s’acquitter de
ses obligations contractuelles allant jusqu’à accumuler plus de 6
mois d’arriérés de loyer pour des raisons évidemment inavouées
et ce, en violation non seulement des dispositions de la loi des
parties mais aussi de la loi 31 décembre 2015 relative aux baux
à loyer non professionnels.
Qu’actuellement, il a déjà épuisé sa garantie locative de 3 mois
et il totalise 7000U$D des impayés en raison de 1000U$D par
mois ;
Que suite à son insolvabilité avérée, doublée d’une forte dose de
violation de la loi précitée, et comme de droit, la plaidante a saisi
le service d’habitat de la commune de Lingwala, ce dernier va
dresser une mise en demeure à l’assigné allant du 18 Juin au 02
aout 2024 ;
Que n’ayant réservé aucune suite favorable à la mise en
demeure, l’assigné a délibérément opté ne pas s’exécuter foulant
aux pieds ses obligations contractuelles et partant la loi des
parties ;
Qu’à ce jour, l’assigné occupe indument l’immeuble ci-haut
épinglé, empêchant ainsi la plaidante à poser les actes relevant
de ses prérogatives en tant que Bailleresse ;
Que c’est pourquoi, la plaidante, aiguillonné par l’éminence
d’une dépossession immobilière en gestation, vous saisit pour
violation par l’assigné de la loi des parties (contrat de bail à
usage résidentiel aux fins d’assurer la défense des intérêts de les
Béatitudes Immobilier ;
Tels sont les faits de la présente cause.
II. DISCUSSION EN DROIT
A. QUANT A LA FORME
De la recevabilité de la présente action sur pied de
l’article 36 de la loi n°15/025 du 31 décembre 2015
relative aux beaux à loyers non professionnels
Attendu que la loi n°15/025 du 31 décembre 2015
relative aux beaux à loyers non professionnels, à son article 36
deux étapes de la procédure à savoir, la procédure
administrative devant le Services de l’Habitat avant de saisir le
juge en ces termes :
« Les litiges entre bailleur et preneur ne sont pas
recevables devant les tribunaux s’ils n’ont pas été
préalablement soumis à la procédure de conciliation
devant le service compètent, à l’initiative de l’une des
parties » ;
Qu’il ressort de ce qui précède que la plaidante avait bel et bien
saisi les Services de l’habitat, lequel service est compétent et
que la procédure a débouché à un échec ayant conduit
l’établissement d’un procès-verbal de non conciliation
N°DUH/CB/BH- CB/SEC/005/2024 ;
Attendu que la plaidante a obtenu auprès des Services
compétents le procès-verbal de non conciliation, pièce maitresse
et exigée pour la saisine de votre Auguste tribunal;
Que de tout ce qui procède, il plaira à la juridiction de céans de
déclarer recevable la présente action et en conséquence en
examiner le fond
B. QUANT AU FOND
Qu’au fond, tous les moyens tournent autour de la violation des
articles 13 et 29 de la loi relative aux baux à loyers non
professionnels et de l’article 6 du contrat de bail. Ces
dispositions sanctionnent toute violation par le preneur, ici le
défendeur à une résiliation de plein de droit du bail comme
suite :
1. Du non payement des loyers mensuels
Attendu l’article 13 susmentionné dispose:
« Le preneur est tenu aux obligations suivantes : -Payer le loyer
selon les modalités convenus… »
Qu’à la lecture de cette disposition, le législateur détermine les
obligations du preneur dont parmi celui du payement des loyers
dans les conditions advenues entre parties; ainsi, toute violation
de cette exigence légale est renfermée dans les dispositions
pertinentes de l’article 29 point 4 de la même loi en ses termes :
« Le preneur s’expose à une résiliation de plein droit du bail par
le bailleur ou son représentant en cas de : -Non payement du
loyer atteignant au moins trois mois »;
Qu’au regard de cette disposition sus évoquée qui va en
harmonie avec l’article 6 du contrat de bail, le locataire s’expose
à une résiliation de plein droit lorsqu’il accumule plus de 3 mois
impayés alors qu’à ces jours, l’assigné a accumulé 7 mois
impayés de loyer mensuels qui s’équivalent à la somme totale
dont le montant s’élève à 7.000$ (Sept mille Dollars américains)
en raison 1000$ (mille dollars américains) par mois,
Qu’eu égard de tout ce qui est développé ci-dessus, le tribunal se
rendra à l’évidence qu’il y a inexécution des obligations
contractuelles dans le chef du défendeur et partant, il n’hésitera
pas de constater la résiliation de plein droit du contrat de bail et
qu’en conséquence dira la présente action amplement fondée.
2. Du fondement de la condamnation aux dommages-
intérêts pour préjudices subis.
Attendu que le plaidant assure la survie de sa petite famille à
travers la location de cet unique immeuble et que 7 mois se sont
passés sans qu’aucun frais de loyer ne soit payé causant
d’énormes préjudices, il y a lieu que votre Auguste tribunal fasse
application de l’article 258 et spécialement l’article 414 du
Code civile congolais Livre III qui dispose ;
« En cas de résiliation par la faute du locataire celui-ci est tenu
de payer le prix du loyer pendant le temps nécessaire à la
relocation sans préjudice des dommages et intérêts qui ont pu
résulter de l’abus »
Qu’il est impérieux de préciser pour démontrer les préjudices
que le défendeur continue logé sans foi ni loi, non seulement
sans se soucier de payer les loyers et des arriérés mais aussi et
surtout en empêchant ainsi la plaidante de poser les actes
relevant de ses prérogatives entant que bailleresse;
Qu’au demeurant, il plaira à l’auguste Tribunal de condamner
l’assigné aux dommages et intérêt payables en francs congolais
de l’ordre de 25.000 $ Us équivalent en Francs congolais, pour
tous les préjudices confondus ;
3. De l’application de l’article 21 du code de
procédure civile et de l’article 37 de la loi n°15/025
du 31 décembre 2015 relative aux baux à loyer non
professionnels
Attendu que l’article 21 du code de procédure civile reconnaît au
juge le pouvoir d’assortir sa décision d’une clause exécutoire
nonobstant tout recours en ces termes :
« L’exécution provisoire sans caution, est ordonnée même
d’office, s’il y a titre authentique, promesse reconnue ou
condamnation précédente par un jugement dont il n’y ait pas
appel »
Attendu que l’article 37 point 3 de la loi relative aux baux à loyer
non professionnel dispose :
« La décision rendue en matière de libération des lieux est
exécutoire nonobstant tout recours. »
Qu’au vu de ce qui précède, les dispositions pertinentes sus
évoqués reconnait au juge le pouvoir de rendre une décision
d’assortir d’une clause exécutoire nonobstant tout recours en
ces termes,
Qu’ainsi, la plaidante sollicite que votre Auguste tribunal fasse
application de l’article 21 du code de procédure civile et de
l’article 37 point 3 de la loi relative aux baux à loyer non
professionnel ;
A CES CAUSES
- Sous toutes réserves que de droit ;
- Sans reconnaissance préjudiciable aucune ;
- Sous dénégation de tout fait, acte non expressément
reconnu ;
Plaise au Tribunal de :
- Dire recevoir et amplement fondée la présente action ;
- Ordonner le déguerpissement de la parcelle située au
numéro 204, de l’avenue Kabinda, dans la Commune de
Lingwala à Kinshasa ;
- Condamner sieur ITENGO EYENGA EKOFO Robert au
paiement de 7.000U$D, payable en francs congolais et au
meilleur taux du jour à titres des arriérés de loyers ;
- Condamner l’assigné, conformément à l’article 258 du Code
civil congolais Livre III, au paiement des dommages-intérêts
de 25.000$ Us équivalent en Francs congolais et au meilleur
taux du jour pour tous les préjudices causés ;
- Dire le jugement à intervenir exécutoire nonobstant tout
recours et sans caution et ce, conformément à l’article 21 du
Code de procédure civile et 37 de la loi relative aux baux à
loyer non professionnels ;
- Frais comme de droit ;
Et ce sera justice,
Ainsi fait à Kinshasa, le 19/03/2025
Pour la plaidante,
L’un de ses
Conseils,
Aimé
MUANZA LOMBE